Prof.
Dankoco Ibrahima Samba
Article : Commercialisation du riz local au Sénégal : la SPCRS est-elle la solution ?
Dr. Ibrahima Hathié
Source : [Link]
Créée en 2010, la Société de promotion et de commercialisation du riz au Sénégal (SPCRS)
suscite beaucoup d’espoir. Elle est censée contribuer à une meilleure pénétration du riz local
dans les circuits de distribution urbains, et accroître ainsi ses parts de marché au détriment du
riz importé. Cette initiative relève d’un véritable pari et les risques d’aboutir à une impasse
sont réels…
La création d’une société privée rassemblant importateurs, producteurs et
transformateurs. Sous l’impulsion du ministère du commerce et la forte pression des
pouvoirs publics, la Société de promotion et de commercialisation du riz au Sénégal (SPCRS)
est créée. Particularité sénégalaise, cette société privée est basée sur la concertation
interprofessionnelle, choix qui résulte d’une volonté politique forte, exprimée également dans
d’autres filières (oignon, tomate, poulet, etc.). L’actionnariat est ainsi composé
d’importateurs/commerçants de riz, d’industriels/transformateurs et d’organisations de
producteurs…
Dans le cadre de la nouvelle formule de commercialisation, la SPCRS achète le paddy aux
coopératives de collecte, utilise des rizeries agréées comme prestataires pour la transformation
et fournit ensuite le riz blanc en gros aux commerçants distributeurs. Les coopératives sont
supposées obtenir de la CNCAS et des autres partenaires financiers un crédit de
commercialisation sur la base d’un système de nantissement des stocks de paddy...
Depuis 2008, les importateurs de riz ressentent une menace sérieuse sur leurs affaires, du fait
des incertitudes liées aux fluctuations des prix mondiaux et aux politiques d’exportations des
pays d’Asie du Sud Est, mais également en raison de l’imprévisibilité des décisions que
pourraient prendre l’État du Sénégal en cas de crise d’approvisionnement du pays en riz. Cette
situation a sans doute incité certains importateurs à envisager une éventuelle diversification de
leurs activités dans le marché du riz local. La mise en place de la SPCRS a ralenti ou remis en
cause ces initiatives individuelles.
Éclairages sur la SPCRS
La SPCRS est une société anonyme appuyée par le gouvernement sénégalais. Elle a été créée
pour promouvoir le riz local dans un contexte où les importations couvrent une grande partie
des besoins en riz.
Son objectif est de prendre en charge la transformation et la distribution du riz local au niveau
national. Dans ce schéma de commercialisation, la collecte est à la charge des producteurs
(coopératives de collecte), qui doivent acheminer la production aux usines. La société achète cette
production, sous traite la transformation, puis commercialise via les réseaux d’importateurs.
La SPCRS comprend 13 importateurs-commerçants de riz, 16 industriels/transformateurs et 6
organisations de producteurs (Asprodeb, Fongs, FPA, Coopératives de collecte et de
commercialisation du riz paddy de Dagana, Podor et Matam). Le capital social de la SPCRS, fixé à 500
millions de FCFA, est détenu à 67% par les importateurs/commerçants, 24% par les producteurs et
9% par les transformateurs. Les producteurs et les transformateurs disposent d’un an pour mobiliser
le quart de leurs parts sociales, et de trois ans pour s’acquitter entièrement de leurs obligations. Le
pilotage de la société est assuré par un conseil d’administration de 12 membres (8 importateurs, 3
producteurs et 1 transformateur) et un comité technique de 3 membres est chargé d’élaborer un
plan d’action de la société.
Selon la directrice de la SPCRS, le véritable problème n’est plus aujourd’hui la qualité du riz local. Des
progrès considérables ont été réalisés dans ce domaine. Le principal point de blocage se situe
davantage au niveau de la collecte et de la transformation, ce dernier point nécessitant de nombreux
investissements (trieuses par exemple pour les rizeries). Elle affirme également que les importateurs
trouvent leur intérêt dans ce système : que ce soit pour accroître leur proximité aux producteurs,
négocier des prix directement avec eux, ou obtenir des informations sur le marché local.
Éléments tirés d’une interview de Fatimata Doucouré Ndiaye, directrice de la SPCRS.
Travail à faire :
1. Selon vous, quels sont les aspects de l’environnement qui constituent des menaces
pour la nouvelle société ?
2. En vous basant sur les différents critères de choix du milieu d’implantation (tels
que présentés dans le cours), quels sont, selon vous, les opportunités qui s’offrent
à la société SPCRS ?
3. Après avoir rappelé les différentes formes juridiques possibles dites laquelle est la
plus adaptée à la SPCRS ? pourquoi ?