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Volume 2, Numéro 12, Décembre 2024

Géovision Mieux comprendre l’espace N° 12_ Décembre 2024 (Volume 2)

Revue du Laboratoire Africain de


Démographie et des Dynamiques Spatiales

ISSN : 2707-0395

‘‘ Mieux comprendre l’espace


,,

Géovision, Revue du Laboratoire Africain de Démographie et des Dynamiques Spatiales, Département de Géographie
_Université Alassane Ouattara _ ISSN : 2707-0395 Copyright @ décembre 2024_Tous droits réservés
Courriel: revuegeovision@[Link]
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Géovision Mieux comprendre l’espace N° 12_ Décembre 2024 (Volume 2)

ADMINISTRATION DE LA REVUE
Directeur de publication : Pr MOUSSA Diakité, Professeur Titulaire, Université Alassane
Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Rédacteur en chef : Pr LOUKOU Alain François, Professeur Titulaire, Université Alassane
Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)

Rédacteur en chef adjoint : Dr ZAH Bi Tozan, Maître de Conférences, Université Alassane


Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)

Chargé de Diffusion et de Marketing : Dr FOFANA Bakary, Géographe, LABORADDYS

SECRÉTARIAT DE RÉDACTION
Dr DIARRASSOUBA Bazoumana, Maître de Conférences, Université Alassane Ouattara
(Bouaké-Côte d’Ivoire)
Dr FOFANA Bakary, Géographe, LABORADDYS

COMITÉ SCIENTIFIQUE ET DE LECTURE

Pr MOUSSA Diakité, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)


Pr BÉCHI Grah Félix, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
PhD : Inocent MOYO, University of Zululand (Afrique du Sud) / Président de la Commission
des études africaines de l’Union Géographique Internationale (UGI)
Pr AFFOU Yapi Simplice, Université Félix Houphouët Boigny Cocody-Abidjan (Côte d’Ivoire)
Pr ALOKO N’guessan Jérôme, Université Félix Houphouët Boigny Cocody-Abidjan (Côte
d’Ivoire)
Pr ASSI-KAUDJHIS Joseph P., Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Pr BIGOT Sylvain, Université Grenoble Alpes (France)
Professor J.A. BINNS, Géographe, University of Otago (Nouvelle-Zélande)
Pr BOUBOU Aldiouma, Université Gaston Berger (Sénégal)
Pr BROU Yao Télésphore, Université de La Réunion (La Réunion-France)
Pr Momar DIONGUE, Université Cheick Anta Diop (Dakar-Sénégal)
Pr Emmanuel EVENO, Université Toulouse 2 (France)
Pr KOFFI Brou Émile, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Pr KONÉ Issiaka, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Pr Nathalie LEMARCHAND, Université Paris 8 (France)
Pr Pape SAKHO, Université Cheick Anta Diop, (Dakar-Sénégal)
Pr SOKEMAWU Koudzo Yves, Université de Lomé (Togo)
Dr Ibrahim SYLLA, Université Cheick Anta Diop, (Dakar-Sénégal)
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Géovision Mieux comprendre l’espace N° 12_ Décembre 2024 (Volume 2)

Pr LOUKOU Alain François, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)

Pr VEI Kpan Noel, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)


Dr (MC) ZAH Bi Tozan, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)

Dr (MC) DIOMANDÉ Béh Ibrahim, Université Alassane Ouattara (Bouaké- Côte d’Ivoire)
Dr (MC) SORO Nabegue, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Dr (MC) KOFFI Kan Émile, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Dr (MC) ETTIEN Dadja Zenobe, Université Alassane Ouattara (Bouaké-Côte d’Ivoire)
Dr COULIBALY Seidou, Université Jean Lorougnon Guédé (Daloa-Côte d’Ivoire)

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INDEXATIONS INTERNATIONALES

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INSTRUCTIONS AUX AUTEURS


Dans le souci d’uniformiser la rédaction des communications, les auteurs doivent se référer aux normes
du Comité Technique Spécialisé (CTS) de Lettres et Sciences Humaines/CAMES. En effet, le texte doit
comporter un titre (Times New Roman, taille 12, Lettres capitales, Gras), les Prénom(s) et NOM de
l’auteur ou des auteurs, l’institution d’attache, l’adresse électronique de (des) auteur(s), le résumé en
français (250 mots), les mots-clés (cinq), le résumé en anglais (du même volume), les keywords (même
nombre que les mots-clés). Le résumé doit synthétiser la problématique, la méthodologie et les
principaux résultats. Le manuscrit doit respecter la structure d’un texte scientifique comportant :
Introduction (Problématique ; Hypothèse compris) ; Approche méthodologique ; Résultats et Analyse ;
Discussion ; Conclusion ; Références bibliographiques. Le volume du manuscrit ne doit pas excéder 15
pages, illustrations comprises. Les textes proposés doivent être saisis à l’interligne 1, Times New
Roman, taille 11.

1. Les titres des sections du texte doivent être numérotés de la façon suivante : 1. Premier niveau
(Times New Roman, Taille de police 12, gras) ; 1.1. Deuxième niveau (Times New Roman, Taille de
police 12, gras, italique) ; 1.2.1. Troisième niveau (Times New Roman, Taille de police 11, gras,
italique).

2. Les illustrations : les tableaux, les cartes, les figures, les graphiques, les schémas et les photos
doivent être numérotés (numérotation continue) en chiffres arabes selon l’ordre de leur apparition dans
le texte. Ils doivent comporter un titre concis, placé au-dessus de l’élément d’illustration (centré ; taille
de police 11, gras). La source (centrée) est indiquée en dessous de l’élément d’illustration (Taille de
police 10). Ces éléments d’illustration doivent être annoncés, insérés puis commentés dans le corps du
texte.

3. Notes et références : 3.1. Éviter les références de bas de pages ; 3.2. Les références de citation sont
intégrées au texte citant, selon les cas, ainsi qu’il suit : -Initiale (s) du Prénom ou des Prénoms et Nom
de l’auteur, année de publication, pages citées. Exemple : (B. FOFANA, 2021, p.28) ; -Initiale (s) du
Prénom ou des Prénoms et Nom de l’Auteur (année de publication, pages citées). Exemple : B.
FOFANA (2021, p.28).

4. La bibliographie : elle doit comporter : le nom et le (les) prénom (s) de (des) auteur(s) entièrement
écrits, l’année de publication de l’ouvrage, le titre, le lieu d’édition, la maison d’édition et le nombre de
pages de l’ouvrage. Elle peut prendre diverses formes suivant le cas :
- pour un article : LOUKOU Alain François, 2012, « La diffusion globale de l’Internet en Côte d’Ivoire.
Évaluation à partir du modèle de Larry Press », in Netcom, vol. 19, n°1-2, pp. 23-42.

- pour un ouvrage : HAUHOUOT Asseypo Antoine, 2002, Développement, aménagement,


régionalisation en Côte d’Ivoire, EDUCI, Abidjan, 364 p.

- un chapitre d’ouvrage collectif : CHATRIOT Alain, 2008, « Les instances consultatives de la politique
économique et sociale », in Morin, Gilles, Richard, Gilles (dir.), Les deux France du Front populaire,
Paris, L’Harmattan, « Des poings et des roses », pp. 255-266.

- pour les mémoires et les thèses : DIARRASSOUBA Bazoumana, 2013, Dynamique territoriale des
collectivités locales et gestion de l’environnement dans le département de Tiassalé, Thèse de Doctorat
unique, Université Félix Houphouët Boigny, Abidjan, 489 p.- pour un chapitre des actes des ateliers,
séminaires, conférences et colloque : BECHI Grah Felix, DIOMANDE Beh Ibrahim et GBALOU De
Sahi Junior, 2019, Projection de la variabilité climatique à l’horizon 2050 dans le district de la vallée du
Bandama, Acte du colloque international sur « Dynamique des milieux anthropisés et gouvernance
spatiale en Afrique subsaharienne depuis les indépendances » 11-13 juin 2019, Bouaké, Côte d’Ivoire,
pp. 72-88

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- Pour les documents électroniques : INS, 2010, Enquête sur le travail des enfants en Côte d’Ivoire.
Disponible à : [Link]
consulté le 12 avril 2019, 80 p.

Éditorial
Comme intelligence de l’espace et savoir stratégique au service de tous, la géographie œuvre
constamment à une meilleure compréhension du monde à partir de ses approches et ses méthodes, en
recourant aux meilleurs outils de chaque époque. Pour les temps modernes, elle le fait à l’aide des
technologies les plus avancées (ordinateurs, technologies géospatiales, à savoir les SIG, la télédétection,
le GPS, les drones, etc.) fournissant des données de haute précision sur la localisation, les objets et les
phénomènes. Dans cette quête, les dynamiques multiformes que subissent les espaces, du fait
principalement des activités humaines, offrent en permanence aux géographes ainsi qu’à d’autres
scientifiques des perspectives renouvelées dans l’appréciation approfondie des changements opérés ici
et là. Ainsi, la ruralité, l’urbanisation, l’industrialisation, les mouvements migratoires de populations, le
changement climatique, la déforestation, la dégradation de l’environnement, la mondialisation, etc. sont
autant de processus et de dynamiques qui modifient nos perceptions et vécus de l’espace. Beaucoup plus
récemment, la transformation numérique et ses enjeux sociaux et spatiaux ont engendré de nouvelles
formes de territorialité et de mobilité jusque-là inconnues, ou renforcé celles qui existaient au préalable.
Les logiques sociales, économiques et technologiques produisant ces processus démographiques et ces
dynamiques spatiales ont toujours constitué un axe structurant de la pensée et de la vision géographique.
Mais, de plus en plus, les sciences connexes (sciences sociales, sciences économiques, sciences de la
nature, etc.) s’intéressent elles aussi à l’analyse de ces dynamiques, contribuant ainsi à l’enrichissement
de la réflexion sur ces problématiques. Dans cette perspective, la revue Géovision qui appelle à observer
attentivement le monde en vue de mieux en comprendre les évolutions, offre aux chercheurs intéressés
par ces dynamiques, un cadre idéal de réflexions et d’analyses pour la production d’articles originaux.
Résolument multidisciplinaire, elle publie donc, outre des travaux géographiques et démographiques,
des travaux provenant d’autres disciplines des sciences humaines et naturelles. Géovision est éditée sous
les auspices de la Commission des Études Africaines de l’Union Géographique Internationale (UGI),
une instance spécialement créée par l’UGI pour promouvoir le débat académique et scientifique sur les
enjeux, les défis et les problèmes spécifiques de développement à l'Afrique. La revue est semestrielle,
et parait donc deux fois par an (en anglais et en français).

La rédaction

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AVERTISSEMENT
Le contenu des publications n’engage que leurs auteurs. La Revue Géovision
ne peut, par conséquent, être tenue responsable de l’usage qui pourrait en être
fait.

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SOMMAIRE
ÉVOLUTION DE LA GESTION DES ARBRES DANS LES CHAMPS ET JACHÈRES DE LA
COMMUNE DE DJOUGOU (NORD DU BENIN), VERS LA FIN DES PARCS AGROFORESTIERS
TRADITIONNELS ? Abidine KOUKPERE1, Rodrigue HOUESSE2 ...................................................... 11

IMPACT DE L’UTILISATION D’HERBICIDE DANS LES SAVANES SAHELIENNES. LE CAS DES


SOLS AGRICOLES DANS LA PROVINCE DU LOGONE OCCIDENTAL AU TCHAD Model DJEMON
....................................................................................................................................................................... 29

URBANISATION ET VULNÉRABILITÉ SOCIOSANITAIRE ASSOCIÉE : EXEMPLE DE LA


BILHARZIOSE A RICHARD-TOLL (SÉNÉGAL) Massar Sène ............................................................. 42

DYNAMIQUE SPATIALE AGRICOLE DANS LES ZONES HUMIDES ET CONTEXTE CLIMATIQUE


DANS LE DEPARTEMENT DE BOUAFLE Kouadio Alain Joël N’GUESSAN1, Kan Emile KOFFI2,
Grah Félix BECHI3 ..................................................................................................................................... 58

APPROVISIONNEMENT EN EAU POTABLE ET GESTION DES OUVRAGES HYDRAULIQUES


DANS LA COMMUNE DE OUESSÈ (DÉPARTEMENT DES COLLINES, BENIN) Souleymane
AFOUDA1*, Romaric OGOUWALE1 et Joseph DJEVI2 ........................................................................ 75

SOCIO-ECONOMIC AND ENVIRONMENTAL STUDY OF THE EXPLOITATION OF RONE TREES


(Borassus aethiopium Mart) IN THE SUB-PREFECTURE OF BOUNA IN THE SOUTH OF CHAD
ADAMOU YERIMA1, MOUNDAKOM YANDI2, KELGUE Salomon3 ................................................ 90

LES EXPORTATIONS DE BOIS DÉBITÉS AU PORT D’OWENDO : ORGANISATION LOGISTIQUE


ET CONTRAINTES Brice IBOUANGA ................................................................................................. 102

LES DETERMINANTS DE LA DENSIFICATION DEMOGRAPHIQUE DANS LA ZONE DENSE DE


KORHOGO EBIAN Jean Paul Enoh Koffi1, ESSAN Kodjia Valentin2, ALOKO-N’GUESSAN Jerôme3
..................................................................................................................................................................... 115

ANALYSE DES DÉTERMINANTS SOCIO-ÉCONOMIQUES ET ENVIRONNEMENTAUX DU


CONCASSAGE MANUEL DE PIERRES À KORHOGO AU NORD DE LA CÔTE D’IVOIRE ALLOU
Tolla Koffi1, KOULOMIAN Dao2 ............................................................................................................ 129

INSTITUT DE FORMATION ET D’EDUCATION FEMININE (IFEF) : QUEL APPORT POUR LES


FEMMES DE LA VILLE DE PRIKRO ? ASSUÉ Yao Jean-Aimé1, KOUAKOU Adjoa Mauraine-
Fabienne2, CISSÉ Kané Vassouleymane3................................................................................................ 145

PRATIQUE DES ACTIVITÉS RIZICOLES FACE AUX CONTRAINTES PLUVIOMÉTRIQUES DANS


LA RÉGION DE SÉGOU (CENTRE DU MALI) Lamine Boua COULIBALY .................................... 155

TERRITORIALISATION DE LA CONTESTATION DES ELECTIONS LOCALES EN COTE D’IVOIRE


DE 2012 A 2023 Adou Jean Marc Le Thoi ADJI1, Kobenan Christian Venance KOUASSI2, One Enoc
GUEDE3, Dadja Zénobe ETTIEN4, Joseph Pierre ASSI-KAUDJHIS5................................................ 168

PÉRIURBANISATION ET ACCÈS AUX SERVICES SOCIAUX DE BASE DANS


L’ARRONDISSEMENT DE GLO-DJIGBE (COMMUNE D’ABOMEY-CALAVI AU SUD-BENIN) :
DYNAMIQUES ACTUELLES ET PERSPECTIVES BALOUBI Makodjami David ............................ 183

STRATÉGIES DES MARCHANDS FACE AUX CRISES ET INCERTITUDES DU COMMERCE DANS


DEUX ZONES TRANSFRONTALIERES DU BENIN, NIGER ET NIGERIA Mahaman Moustapha
MAMADOU KONE 1................................................................................................................................ 199

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RISQUES AGROCLIMATIQUES POTENTIELS DE LA CULTURE DU MAÏS DANS UN CONTEXTE


DE CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS LA RÉGION DU PORO (NORD DE LA CÔTE D’IVOIRE)
1Gueadan Guy Charles DOH *, 2Dotchan BAMBA, 3 Kpaka Sabine DOUDOU DIOBO, 4 Narcisse

Bonaventure ASSI-KAUDJHIS ............................................................................................................... 211

QUELQUES TOPONYMES DE LA PROVINCE DE PONI. PREUVES INTRINSÈQUES DE


L’EXPRESSION IDENTITAIRE ET D’UNE MÉMOIRE COLLECTIVE YOUL Palé Sié Innocent
Romain1, TRAORÉ Daouda2, KABORE Bernard3 ............................................................................... 224

MODE D’ACCÈS ET RECOURS AUX SOINS DE SANTÉ DANS LE VILLAGE DE


DOUGOULAKORO (COMMUNE DE BAGUINÉDA-CAMP, MALI) MALICK TIMBINE1, ADAMA
KONE2, ISSA TOGOLA3, MOUNÉROU DJIRÉ4 ................................................................................. 234

STRATÉGIE DE RÉSILIENCE DES PETITS PRODUCTEURS DE RIZ FACE AUX CHANGEMENTS


CLIMATIQUES DANS LA PLAINE DE SATÉGUI-DÉRESSIA AU SUD DU TCHAD ASSOUE Obed
..................................................................................................................................................................... 246

HYDRAULIQUE MODERNE ET NOUVELLE TERRITORIALITÉ DANS LE DELTA DU FLEUVE


SÉNÉGAL Saliou KAMARA1, Adrien COLY2, Ndoumbé NDONGO3, Philippe MARTIN4 ............. 258

ANALYSE DES EXTERNALITÉS NÉGATIVES DES ACTIVITÉS PORTUAIRES SUR


L’ENVIRONNEMENT AU SUD DU BENIN Sylvain AKIYO1 et 2, Luc Ogousinya BIAOU CHABI*2,
Séraphin MOUZOUN2, Benjamin ALLAGBE2 et Ibouraïma YABI1 .................................................. 275

ANALYSE DES MODES DE GESTION DES BOUES DE VIDANGE EN COMMUNE I DU DISTRICT


DE BAMAKO AU MALI Yakouréoun DIARRA .................................................................................... 291

ÉTAT DES LIEUX DES RESSOURCES NATURELLES ET IMPACTS DES SEUILS D’ÉPANDAGES
SUR LA PARTIE OUEST DE LA VALLÉE DE MINAO, COMMUNE RURALE DE KALFOU ISSAKA
MAHAMAN Dalibou ................................................................................................................................ 304

AU CŒUR DES LOGIQUES D’ACTEURS AUTOUR DU BARRAGE DE SALBISGO AU BURKINA


FASO : CAS DES USAGERS AGRICOLES Frédéric BATIONO1, Abdoul Rasmané ZONGO2, Joël
OUEDRAOGO3, Yélézouomin Stéphane Corentin SOME4 .................................................................. 317

PLACE DU TRAVAIL EN ÉQUIPE DANS LA CULTURE DE LA QUALITÉ DES SOINS ET DE LA


SÉCURITÉ DES PATIENTS AU CHU GABRIEL TOURE DE BAMAKO Yaya TRAORE1, Soungalo
YAO2, Adama DIABATE3 ........................................................................................................................ 332

FONCTIONS SOCIALES DU RITE D’INITIATION « ATIKIN DOU-DOU des ADEPTES DU VODOUN


THRON KPETO DEKA ALAFIA CHEZ LES ADJA DE DOGB0 TAKPE Kouami Auguste ............. 343

LES SAVOIRS ANCESTRAUX DANS LA CONSERVATION : PROCESSUS D’ACQUISITION,


EVOLUTION ET FACTEURS D’EROSION AU SEIN DES COMMUNAUTES RIVERAINES DE LA
FORET CLASSEE DE KOUSMAR (NDIAFFATE, SENEGAL) Biram NDOUR1, Babacar DIOUF2,
Ramatoulaye DIALLO3 ............................................................................................................................ 355

GESTION DES ACTIVITÉS HALIEUTIQUES AU GABON : CAS DE LA PÊCHE ILLÉGALE DANS


L’ESTUAIRE DU KOMO Aline Joëlle LEMBE BEKALE1, Ismaël Réginald IBOUANGA2 ............. 370

CROISSANCE URBAINE ET AMÉNAGEMENT HYDRO-AGRICOLE A KONNI (NIGER),


MAHAMANE ABDOUL-KADER Moustapha (*) (1), HAROUNA KASSOUM Nazifi (1), IDRISSA
BONDABA Tayabou (2), DAMBO Lawali (3) ........................................................................................... 383

DYNAMIQUES TERRITORIALES DE L’OFFRE DE SOINS DANS LA WILAYA DE CONSTANTINE,


PRATIQUES ET REPRÉSENTATIONS DES POPULATIONS Chiraz ZEGHDAR............................. 395
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MOBILITÉ PASTORALE DES ÉLEVEURS PEUL ET STRATÉGIES D’ACCÈS AUX RESSOURCES


DANS LE DÉPARTEMENT DE KOUNGHEUL (SÉNÉGAL) Mamadou Saidou DIALLO, Ibrahima
Faye DIOUF ............................................................................................................................................... 410

IMPACTS DES INDUSTRIES CHIMIQUES DU SÉNÉGAL (ICS) SUR LA PRODUCTION AGRICOLE


DANS LES COMMUNES RIVERAINES (DÉPARTEMENT DE TIVAOUANE/REGION DE THIÈS),
Henri Marcel SECK.1, El hadji Balla DIEYE2, TIDIANE SANE 3 Bonoua FAYE4 ........................... 421

ACCÈS À L’ÉNERGIE DANS LE PÉRIURBAIN DE LA VILLE DE OUAGADOUGOU, BURKINA


FASO GANSAONRÉ Raogo Noël............................................................................................................ 435

ATOUTS ET PROBLÈMES DES MÉTIERS DE L’ARTISANAT DE SERVICE DANS LA COMMUNE


DE BANTE AU CENTRE DU BENIN Toundé Roméo Gislain KADJEGBIN ..................................... 450

LA FEMME CONGOLAISE ET LA MISSION PROTESTANTE AU CONGO : LECTURE DE


L’HYMNOGRAPHIE POST-COLONIALE (1947-1969). Aris Cristel KIBAMBA KIKOULOU....... 463

LA RÉALITÉ MIXTE EN GÉOGRAPHIE ET AMÉNAGEMENT : UNE INNOVATION IMMERSIVE


PERTINENTE ? BAILLY ERIC1, WHAL JULIEN2, OKONEK NICOLAS3 ..................................... 477

CONTRIBUTION DE L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DE LA GEOGRAPHIE PHYSIQUE A


L’EDUCATION AU DEVELOPPEMENT DURABLE DANS LES CLASSES DU SECONDAIRE AU
GABON Séverin EMANE MBA ............................................................................................................... 489

ACCESSIBILITÉ GÉOGRAPHIQUE AUX SOINS OBSTÉTRICAUX ET NÉONATALS D’URGENCE


(SONU) AU BURKINA FASO EN 2020 Kinda Abdoul Aziz*1, Cissé Kadari1, Yugbare Belemsaga
Danielle1, Lougue Siaka1, Nacanabo Relwemdé1, Bandaogo Souleymane1, Compaoré Rachidatou1,
Ouedraogo Henri Gauthier1, Sory Issa2, Aude Nikièma3, Kouanda Séni1,4. ........................................ 499

ANALYSE DES EFFETS DE LA SÈCHERESSE ET DES INONDATIONS SUR LA CULTURE DU MAÏS


DANS LA COMMUNE RURALE DE DIALAKOROBA AU MALI Mamy DIARRA1, N’Famara
TRAORE2, Sory Ibrahim BAH3 .............................................................................................................. 517

L’ADDICTION A INTERNET CHEZ LES ÉTUDIANTS DE L’UNIVERSITÉ ALASSANE OUATTARA


(CÔTE D’IVOIRE) : UNE RÉALITÉ Kouamé Fréderic N’DRI1, Barakissa SORO2, Kone Ferdinand
N’GOMORY3, Dhédé Paul Éric KOUAME4 .......................................................................................... 528

CONTRIBUTION DES STRUCTURES DE COLLECTE À LA GESTION DES DÉCHETS SOLIDES


MÉNAGERS EN CÔTE D’IVOIRE : CAS DE LA VILLE DE BLOLÉQUIN Evrard KPAE1, VEI Kpan
Noel2, Kouassi Samuel KONAN3 ............................................................................................................. 538

EVOLUTION DE LA BIOMASSE DANS LES BASSINS D’APPROVIONNEMENT EN BOIS DE LA


VILLE DE NIAMEY AU NIGER MAHAMADOU MOUDI Rachid1 IBRAHIM MOUSSA Saidou2,
SOULEY Kabirou 3................................................................................................................................... 556

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URBANISATION ET VULNÉRABILITÉ SOCIOSANITAIRE ASSOCIÉE :


EXEMPLE DE LA BILHARZIOSE A RICHARD-TOLL (SÉNÉGAL)
Massar Sène
Espaces et sociétés urbaines, laboratoire LEIDI de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis,
[Link]@[Link]
Résumé

L’étude porte sur Richard-Toll, ville située à 106 km au Nord de Saint-Louis, à 20 km en aval de Dagana.
L’épidémie de bilharziose qui a éclaté à Richard-Toll à la fin des années 1980 s’est développée en dehors
de son lieu d’endémicité habituel. L’objectif général de cette étude est de comprendre la morbidité locale
(7.8%). Ce travail s’est consolidé sur la base des différents documents relatifs ou proches au thème : des
Travaux d’études et de recherche et des documents officiels. Le document officiel sur lequel se fonde
l’étude est le Rapport Global du District sanitaire de Richard-Toll de 2016. L’enquête de ménages
compte sur 6% de la population et essayait de voir le niveau de satisfaction des populations du service
sanitaire. Il ressort de cette enquête que l’épidémie de bilharziose des années 1980 a durablement marqué
la vie sanitaire de Richard-Toll d’autant que le vecteur s’est développé en marge de son lieu
d’endémicité habituelle. Le déficit des équipements médicaux et le déficit de compétence du personnel
communautaire constituent les plus sérieuses contraintes à une bonne qualité de l’offre de services
sanitaires. Les populations enquêtées sont pour l’essentiel insatisfaites des services de la santé (38%).
Mots-clés : urbanisation-santé-paludisme-bilharziose-infection-localité de Richard-Toll

URBANIZATION AND ASSOCIATED SOCIO SANITARY VULNERABILITY : AN


EXAMPLE OF BILHARZIA IN RICHARD-TOLL (SENEGAL)
Abstract
The study focusses on Richard-Toll, a city located 106 km north of Saint-Louis, 20 km downstream
from Dagana. The bilharzia epidemic that broke out in Richard Toll in the late 1980s developed outside
its usual place of endemicity. The main objective of this study is to understand local morbidity (7.8%).
This work is based on different documents including study and research works and official documents
which are related or close to our theme. The official document on which the study relies is the 2016
Richard Toll Health District Global Report. The household survey accounts for 6% of the population
and tries to see the level of satisfaction of the health service populations. It emerges from this
investigation that the bilharzia epidemic of the 1980s has had a lasting impact on Richard-Toll's health
life, especially since the vector developed outside its usual place of endemicity. The lack of medical
equipment and the lack of the Community staff competence are the most serious constraints to a good
quality of the provision of health services. Almost 38% of the people surveyed are essentially dissatisfied
with health services.

Keywords : urbanization-health-malaria-bilharzia-infection-Richard-Toll
Introduction
L’étude porte sur Richard-Toll, ville située à 106 km au Nord de Saint-Louis, à 20 km en aval de Dagana.
L’agglomération s’est développée sur les terrains régulièrement inondés du Walo dans la latitude 16o28
nord et la longitude 15o ouest. Elle présente des caractéristiques sahéliennes par sa position dans
l’extrême-nord du pays, en transition vers le désert du Sahara, marquée par deux saisons : une saison
des pluies et une saison sèche. Les précipitations sont faibles et irrégulières (entre 100 et 300 mm) (M.,
Sène, 2017 p. 1).
Les bilharzioses humaines sont des maladies extrêmement focalisées, dépendant, pour l’essentiel de
localisation, des sites de transmission que sont les cours d'eau dans lesquels vivent les hôtes

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intermédiaires. Cependant la présence des hôtes intermédiaires ne peut suffire à l'émergence brutale
d'une flambée épidémique si la population riveraine n'entretient pas un contact étroit avec l'eau, ce
contact étant d'autant plus étroit que la pression humaine aux points d'eau est dense et que les activités
humaines s'y prêtent. Le site de Richard-Toll ne fait pas exception à cette règle (Schumacher P. et al,
2007 cités par Massar Sène p.160).
Le choix de cette ville s’adosse à ses vulnérabilités sanitaires. La vie sanitaire à Richard-Toll fut marquée
par la grave épidémie de bilharziose qui y a sévi à la fin des années 1980. Les pratiques urbaines inédites
et le défaut d’assainissement ont impacté la propagation de la maladie. A cette remarque, nous
constatons les carences constatées dans la gestion, clouée par un déficit criard de moyens financiers et
humains et l’insatisfaction des populations cibles.
L’urbanisation dans sa signification actuelle est un phénomène récent dans la vallée en raison de la
spécialisation fonctionnelle de la zone dans l’agriculture. Elle est consécutive au processus d’occupation
entrepris par l’administration coloniale. Les forts les plus importants furent installés dans la vallée :
Dagana, Podor et Matam. L’urbanisation s’étend dans les années 1970 aux hautes terres bordières du
fleuve. Certains villages comme Haéré Lao, Mboumba, Thilogne et Ourossogui, situés sur les terres non
inondables du Diéri se développèrent rapidement à la faveur des échanges entre le Ferlo et la vallée (lait
et produits laitiers du haut Diéri, contre variétés de mil, gousses de goniaké pour le tannage des peaux,
et poissons du fleuve).Ces villages, par leur situation marginale vis-à-vis du pôle d’exploitation
coloniale confinés dans la vallée, sont longtemps restés à l’écart du fait urbain. Cependant, en 1970, la
disparition des « messageries du Sénégal » et l’ouverture de la route du Diéri consacrèrent le
rétrécissement des fonctions fluviales et précipitèrent le déclin des escales. Depuis lors, on relève une
extension rapide de l’urbanisation dans la région. Parmi les bourgs les plus importants, nous retrouvons
Kanel, Ourossogui, Thilogne, Ndioum et Richard-Toll. Il convient cependant de remarquer la
particularité de Richard Toll pour deux raisons fondamentales : sa proximité avec Saint-Louis, tête de
pont de l’axe fluvial et avec la route Saint-Louis-Rosso construite entre les deux guerres et les diverses
tentatives de colonisation agricole dont la première remonte à 1807 avec les expériences du jardinier
Richard qui lui a légué son nom (Badiane M., 2012 cité par Massar Sène 2017 p. 5).

L’épidémie de bilharziose qui est apparue à Richard-Toll à la fin des années 1980 s’est développée en
dehors de son épicentre habituel. Dans de nombreux pays tropicaux et subtropicaux, ces trématodes
provoquent de graves maladies. Dans les pays tempérés, ces parasites ne sont responsables d'aucune
pathologie bien qu'ils soient largement répandus. On estime qu'à travers le monde de 150 à 200 millions
de personnes sont atteintes par les maladies provoquées par les trématodes sanguins. Ces derniers
passent la plus grande partie de leur cycle biologique à l'intérieur de deux hôtes. Les adultes parasitent
un mammifère qui peut être l'homme tandis que les jeunes sont hébergés par des mollusques. Les œufs
éliminés par le mammifère hôte éclosent dans l'eau et donnent naissance à des formes larvaires, ou
miacidés, qui envahissent le mollusque jouant le rôle d'hôte intermédiaire. La forme larvaire du parasite
subit alors une maturation partielle à l'intérieur du mollusque puis retourne dans l'eau sous forme de
larve mûre appelée cercaire. La larve pénètre ensuite à travers la peau de l'hôte définitif et migre par les
vaisseaux sanguins vers des capillaires spécifiques pour achever sa maturation (L’internaute, 2021).
Le contact des populations avec les eaux de surface, les défécations à l’air libre peuvent être cités comme
éléments amplificateurs de la maladie (M. Sène, 2017 p.164).
La question principale que nous formulons est la suivante : Les pratiques urbaines favorisent-elles une
vulnérabilité sanitaire à Richard-Toll ? Nous apposons à cette question centrale des questions
secondaires : la bilharziose est-elle un facteur de morbidité locale à Richard-Toll ? La gestion de la santé
est-elle correcte à Richard-Toll ? Quel est le niveau de satisfaction des populations ?
Cette recherche part de l’hypothèse centrale selon laquelle Richard-Toll connaît une morbidité locale.
Elle fait entrevoir deux hypothèses spécifiques :
La bilharziose est un grand facteur de morbidité locale.
Des faiblesses sont relevées dans la gestion et la qualité des équipements sanitaires à Richard-Toll.

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Cette étude poursuit deux objectifs. Elle cherche tout d’abord à identifier la morbidité locale. Pour ce
faire elle se propose de montrer que l’extension urbaine exacerbe une vulnérabilité socio-sanitaire à
travers la bilharziose. Ensuite elle analysera les déficits de la maîtrise d’ouvrage.
Pour parvenir à cette fin, nous étudierons successivement la morbidité locale par l’entremise de la
bilharziose et les carences dans la gestion sanitaire de la ville.
1-Matériels et méthode
Ce travail de rétrospective s’est consolidé sur la base des différents documents relatifs ou proches au
thème : des travaux d’études et de recherche et des documents officiels. Les publications de
Handschmacher (1990, 2007), Talla (2006), Wade (2016), PIC (2007) ont montré que la bilharziose
intestinale de 1988 en raison de sa brutalité et son ampleur est aberrante en raison de son déploiement
en dehors de son foyer d’endémicité habituelle. La mise en place des barrages de Diama et de Manantali
a été dans un premier temps incriminée. Mais des investigations plus poussées attestent que les pratiques
urbaines populaires ont leur part de responsabilité. Le document officiel sur lequel se fonde l’étude est
le Rapport Global de District sanitaire de Richard-Toll de 2016. Il comporte plusieurs rubriques comme
la mortalité infantile, le nombre de consultations liées au paludisme, la prévalence des IST chez les
femmes, le dépistage au VIH/SIDA, les patients sous traitement antirétroviral, le nombre d’infections à
la tuberculose et les patients enregistrés et traités pour toutes les affections. En 2015, la morbidité
concernait à Richard-Toll 1290 enfants de moins de 5 ans, supérieurs à 5 ans et non déclarés avec des
pathologies comme la diarrhée et le paludisme (MSAS, 2016).
L’enquête de ménages est réalisée à partir d’un questionnaire qui prend en compte le niveau
d’information, l’avis sur la gestion sanitaire et sa prise en charge par les autorités locales.
L’échantillonnage s’est fait sur la base de la taille démographique et spatiale. Du point de vue
démographique Escale et Khouma étaient les quartiers les plus peuplés. La répartition de l’échantillon
fait percevoir le profil suivant :
Tableau 1 : Répartition de l’échantillon d’enquête

Ensemble Quartiers Effectifs


Noyau originel Ndiangué 15
Ndiao 26
Escale 50
Quartiers péricentraux Gaé 2 20
Campement 12
Quartiers d’extension et Thiabakh 13
populaires

Ndombo-Alarba 20
Khouma 30
Tootal 186
Source : Massar Sène (2019)
Le noyau originel constitue le noyau dur de la ville, les premiers quartiers à s’être édifiés à Richard-
Toll. Les quartiers péricentraux sont proches d’Escale et assez périphériques. Les quartiers d’extension
et populaires se sont édifiés de façon irrégulière (Thiabakh) ou été rattachés à la ville (Ndombo-Alarba).
Au total 186 ménages constituant 6% de la population de Richard-Toll ont servi de levier à la collecte.
La distribution des effectifs suit le poids démographique des différentes unités. Le croisement des
données de la littérature grise et l’avis des populations locales ont permis d’aboutir à des résultats
quantitatifs et qualitatifs.
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Les données ont été traitées grâce aux logiciels Microsoft office Word 2013 pour le texte et Microsoft
office Excel pour certains tableaux. Les cartes ont été réalisées à l’aide d’Arcview et Mapinfo du service
de cartographie de l’Agence régionale de développement de Saint-Louis.
La figure suivante présente les différents quartiers de la ville de Richard-Toll.
Figure 1 : Carte de localisation des différents quartiers de la ville de Richard-Toll

Source : Massar Sène (2019)


2-Résultats et discussion
[Link] morbidité locale liée à la bilharziose : l’extension urbaine, facteur de vulnérabilité
sociosanitaire (bilharziose)

L’épidémie de bilharziose des années 1980 a durablement marqué la vie sanitaire de Richard-Toll
d’autant que le vecteur s’est développé en marge de son lieu d’endémicité habituelle.

La bilharziose intestinale parasitose directement liée à l’eau, va jouer un rôle primordial dans l’évolution
récente de la ville de Richard-Toll devenue commune en 1980. La bilharziose intestinale est une
trématodose due à schistosoma mansoni. Les œufs embryonnés sont excrétés par un homme malade.
Ces œufs, lorsqu’ils rencontrent l’eau, libèrent un miracidium qui pénètre dans un mollusque hôte
intermédiaire Biomphalaria pfeffeiri : puis le miracidium subit un certain nombre de transformations
chez son hôte intermédiaire avant de sortir à la recherche de son hôte définitif-en général l’homme -sous
forme de cercaire. Cette cercaire pénètre alors activement dans la peau de l’hôte définitif s’installant
dans la circulation lymphatico-sanguine. Après fécondation, la femelle pond chaque jour des milliers
d’œufs qui sont finalement éliminés dans les selles permettant au cycle de recommencer.
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En 1986 et 1988, deux grands barrages ont été mis en service pour passer d’une agriculture basée sur le
contrôle de la crue du fleuve à une totale maîtrise de l’eau, à une agriculture basée sur l’irrigation. Le
premier est localisé à Diama (à l’embouchure du fleuve Sénégal) pour empêcher la remontée d’eaux
salées depuis l’océan en période d’étiage, le second est situé en amont à Manantali (Mali), pour créer
un lac réservoir et une unité de production d’électricité. Cet aménagement a été largement décrié ainsi
que l’événement sanitaire qui a suivi la mise en service du barrage de Diama, le déclenchement d’une
épidémie de bilharziose intestinale totalement en dehors de son aire d’endémicité, habituellement
cantonnée au Sud du douzième parallèle Nord (Talla et al, 1990 cités par Massar Sène p.160).
Dans un premier temps, toute la responsabilité de cette épidémie a été attribuée à l’aménagement récent
de la vallée. Puis, la localisation du phénomène à Richard-Toll et une analyse rétrospective du
développement urbain ont permis de montrer que toutes les conditions d’émergence de la maladie se
trouvaient réunies bien avant, en raison même des conditions de développement de la ville, à l’exception
du mollusque biomphalaria p-f-e-f-f-e-i-r-i, hôte intermédiaire absolument indispensable à
l’accomplissement du cycle du parasite. Les barrages n’ont alors été que le facteur déclencheur
permettant aux mollusques hôtes intermédiaires de la bilharziose à schistosma mansoni d’apparaître
sous ces latitudes puis de se développer en recréant artificiellement les conditions écologiques de leur
développement.
Les Biomphalaria résistent mal à la sécheresse contrairement aux Bullins, hôtes intermédiaire de la
Bilharziose urinaire, fréquente dans les zones sahéliennes. Ainsi, la présence des Biomphalaria est-elle
soumise à la présence de nappes pérennes d’eau douce de surface (Sellin et al, 1987 cités par
Handshumacher, 2007).La ville de Richard-Toll, située au Nord du 16e parallèle en plein cœur du Sahel,
n’offrait jusque dans un passé récent aucune possibilité à l’installation du Biomphalaria sans lequel la
transmission est impossible. La modification des conditions hydrologiques de surface, en garantissant
une eau pérenne avec un niveau stable (et donc une stabilité des conditions physico-chimiques), en
empêchant les eaux salées marines de remonter jusqu’au site de Richard-Toll, a permis à l’hôte
intermédiaire de se développer en nombre important et ainsi permettre la transmission. Comme depuis
1970 la mise en route de l’activité agro-industrielle de canne à sucre, les besoins en main d’œuvre
temporaire voire définitive ont entraîné un afflux important de populations de tout le pays, y compris
des zones d’endémicité de la bilharziose intestinale, la présence du parasite, bien que muette était
effective. En raison de la faiblesse du nombre de branchements d’eau potable, les contacts avec les eaux
de surface étaient extrêmement importants tant pour les usagers domestiques que professionnels. Les
conditions se trouvaient désormais réunies pour l’expression virulente de la maladie, conduisant deux
ans après à l’apparition des premiers cas en 1987 à une contamination de 43% de la population de cette
ville de 50 000 habitants (Handschumacher Pascal., 2007 p.164).
La répartition de la bilharziose intestinale au sein de Richard-Toll a été abordée par le biais des charges
parasitaires au sein des concessions. Dans ce contexte de transmission intense, le taux de prévalence est
un indicateur peu discriminant à l’échelle des îlots de résidence. Celle-ci est l’échelle susceptible de
permettre une interprétation des relations entre l’état de l’environnement urbain et le fait de santé. Or,
contrairement au partage de l’espace urbain selon les niveaux d’équipement et les densités de la
population, aucun phénomène du même type ne semble marquer la répartition de Schistosoma mansoni
La proximité du marigot Taouey, un des principaux de l’écosystème aquatique à risque, car favorable à
l’hôte intermédiaire, entraîne des charges parasitaires importantes chez la population riveraine
notamment à Gaya 2 et à Guadalkhout. Il est vrai que ces deux sous-espaces associent à la proximité du
marigot de très fortes densités de population. Les canaux d’irrigation principaux voient également se
répartir sur leurs rives des îlots bordant le canal à Ndiangué. Par ailleurs, quelques îlots périphériques
de l’Escale, de Thiabakh et un grand nombre d’îlots de Khouma et de Gallo Malick sont fortement
infectés. Aucune liaison n’apparaît ainsi entre le niveau d’équipement en infrastructures sanitaires et
l’importance des charges parasitaires. Deux hypothèses peuvent expliquer cette situation.
L’étude de l’environnement urbain à Richard-Toll a révélé la conjugaison de fortes densités de
population avec les niveaux d’équipement les plus élevés. Si l’on rapporte le nombre de robinets par îlot
au nombre moyen d’habitants par famille (7), il apparaît que très souvent la pression humaine aux points
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d’eau est telle qu’elle interdit en pratique l’utilisation à la majorité de la population de l’eau courante.
Ce constat peut dans une certaine mesure, être reproduit pour le nombre moyen d’habitants par latrine.
Le coût de l’eau potable, s’il empêche de nombreux habitants de la ville de se brancher au réseau de
SONES, limite son utilisation pour les autres. Par ailleurs, en raison des déficiences du réseau lui-même
et de la capacité limitée des deux châteaux d’eau, les coupures sont fréquentes. La possession d’un
robinet dans la concession ou une bonne desserte du quartier par les bornes fontaines n’exclut donc pas
le recours aux eaux de surface notamment pour les usages de toilette et de lessive. Ces espaces
théoriquement bien équipés étant très densément peuplés et les points de contact à l’eau limités, la
circulation des parasites entre les personnes peut être facilitée (Handschumacher Pascal et al 1990 :165).
Au contraire, dans les marges peu denses du peuplement, sous équipées et dont l’approvisionnement en
eau dépend totalement des eaux de surface, la circulation du parasite peut être limitée par la faible
pression humaine aux points d’eau. L’exemple du quartier Thiabakh est en ce sens révélateur. Sans eau
potable, il dépend pour son approvisionnement du canal de la Taouey, d’une citerne d’eau mise à
disposition des habitants du quartier une fois par semaine (de même que dans le quartier Taouey) par la
compagnie sucrière, de quelques puits, ainsi que du grand canal d’irrigation pour une petite zone au sud-
est du quartier. Les latrines sont peu répandues. Il s’agit pourtant du quartier le moins infesté. Les faibles
densités de population n’entraînent pas de pression humaine élevée aux points de contact à l’eau. La
présence de la « brousse » au Sud de ce quartier permet aux gens de s’exonérer ailleurs que sur les berges
des cours d’eau. Les possibilités d’infestation des hôtes intermédiaires sont donc réduites au même titre
que les possibilités de contamination des hommes.
Seul un petit triangle situé au Nord-est du quartier Thiabakh en bordure du canal d’irrigation présente
des charges parasitaires élevées. Ce fait révèle une pratique spécifique d’approvisionnement en eau par
siphonnage à partir du canal. En utilisant les tuyaux servant à l’irrigation de la canne à sucre, les
habitants des concessions riveraines du canal disposent de « l’eau courante » à domicile, directement à
partir du canal d’irrigation. Cette pratique se retrouve également dans la zone bordière du canal à
Khouma, zone dans laquelle on constate des charges parasitaires élevées. Le cumul de facteurs
favorisant et limitant le risque bilharzien dans le même espace, construit des systèmes différenciés
interdisant une approche globale à l’échelle de la ville de Richard-Toll. Ces systèmes différenciés sont
le résultat de l’histoire de la ville de Richard-Toll, de son évolution intimement liée à celle de la CSS.
Ils sont également le fait d’interdictions voire de concurrences entre les différents acteurs de la gestion
de cet espace. Les objectifs et les volontés qui sous-tendent les actions de l’Etat, de la municipalité, des
pouvoirs politiques ou religieux, de la compagnie sucrière et de nombreuses petites associations locales
ne vont pas dans le même sens, empêchant des actions communes. Cependant, malgré ce constat et la
diversité des paysages qui en résultent, il n’est guère possible de constater une opposition entre espaces
bien équipés et « protégés » et espace démunis soumis à un risque de contamination important
(Handschumacher Pascal et alii ,1990 p.164).
L’avènement des barrages a davantage développé les maladies hydriques avec l’immobilité de l’eau. La
persistance de ces pathologies est également liée à des habitudes liées à l’utilisation des ressources
hydrauliques. Les populations recourent en majorité à l’eau des fleuves Sénégal et Taouey et aux canaux
de la CSS pour la toilette, la lessive, entre autres.
La question de la bilharziose reste préoccupante comme l’attestent les statistiques du tableau 2 :

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Tableau 2: La diarrhée chez les enfants de 0 à 59 mois

Nombre total de cas de diarrhée 7856


Cas de diarrhée avec signes 109
évidents de déshydratation
Cas de diarrhée avec 24
déshydratation sévère
Cas de diarrhée avec sang dans les 688
selles
TOTAL 8677
Source : MSAS, 2016

De ce tableau, il ressort que les cas de diarrhée avec sang représentent 9% du nombre de cas diahrée ;
ce qui révèle la sévérité des affections et la nécessité d’un suivi médical plus complexe. Les cas de
diahrée avec déshydrattion sévère sont les plus rares (-1%).
Les populations utilisent l’eau du réseau de la Sénégalaise des eaux uniquement pour la boisson. Cette
attitude est lourde de conséquences néfastes sur la santé d’autant que la transmission de la bilharziose
est cutanée. Des actions de communication pour un changement de comportements (CCC) sont menées
aussi bien par les sous-brigades d’hygiène que par le district sanitaire. Elles portent sur la prohibition de
la défécation et du déversement des ordures ménagères sur les plans d’eau.
En dépit des tous les efforts la présence de la bilharziose est très remarquée même chez les enfants. En
2015, le district sanitaire a recensé 388 enfants de moins de 5 ans souffrant de bilharziose et 55 âgés de
5 ans à plus. Chez les enfants, sa morbidité dépasse le paludisme (11 pour les moins de 5 ans et 8 pour
ceux qui sont âgés de plus de 5 ans).
Le tableau 3 suivant illustre cette situation.
Tableau 3: Morbidité chez les en enfants

< 5 ans >= 5 ans N.D. Total

Diarrhée 388 55 10 453

Paludisme 11 8 0 19

IRA 336 61 0 397

Autres 356 921 13 1290

TOTAL 2159

ND : non déclaré
De ce tableau, il ressort que la diarrhée est la première cause de morbiditité et est liée principalement à
la bilharziose.
Source : Système d’information sanitaire/MSAS, Rapport Global de District (2016)
2.2. Qualité des équipements et gestion de la santé à Richard-Toll
Les équipements sanitaires et la qualité du personnel sont insuffisants à Richard-Toll. La gestion de la
santé est déficiente et clouée par un manque de moyens. Cela explique partiellement le faible niveau
de satisfaction de la population du service sanitaire.
[Link] équipements sanitaires et une qualité du personnel à renforcer
Le déficit des équipements médicaux et le déficit de compétence du personnel communautaire
constituent les plus sérieuses contraintes à une bonne qualité de l’offre de services sanitaires.
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L’insuffisance de matériaux médicaux dans les postes de santé est une préoccupation majeure. Le
diagnostic du nombre d’agents donne comme résultat 4 médecins dont 1 médecin municipal et 1
médecin coopérant espagnol, 3 sages-femmes, 1 infirmier d’Etat, anesthésiste du bloc opératoire, 3
infirmiers communautaires et municipaux dans les postes de santé, des aides-soignants communautaires
et municipaux.
Selon les normes de l’OMS, le personnel existant est insuffisant dans la mesure où il faut 1 médecin
pour 5000 à 1000 habitants, 1 infirmier pour 3000 habitants et 1 sage-femme pour 3000 femmes en âge
de reproduction. Avec une population de 46547 habitants dont 11661 femmes en âge de reproduction,
le personnel actuel de la ville doit être constitué d’au moins 5 médecins, 10 infirmiers qualifiés, et 4
sages-femmes.
L’insuffisance du personnel paramédical qualifié est plus criarde. Les postes actuellement disponibles
sont pourvus de personnels communautaires et municipaux. Ces derniers sont techniquement limités
pour la prise en charge correcte des pathologies. L’inexistence d’un spécialiste en chirurgie dentaire est
une réalité qui tranche d’avec les dispositions du centre de santé doté en équipements neufs. Les
multiples démarches entreprises par le comité de santé pour engager un professionnel sont restées
vaines. Cette situation pousse les populations à recourir aux prestations des cabinets dentaires privés de
la commune mais les tarifs appliqués sont souvent au-dessus des pouvoirs d’achat de la population (Sène
M., 2015).
La figure suivante est une carte du district de santé de Richard-Toll.

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Figure 2 : Carte du district sanitaire de Richard-Toll

Moussa
Ndour (2016)

[Link] gestion sanitaire perfectible en proie à un manque de moyens


Un dispositif de fonctionnement a été mis en place pour accompagner l’offre de services sanitaires dans
la commune : il s’agit des comités de santé du centre de Gaé II et ceux des postes de santé existants. Ces
comités sont élus pour un mandat de deux ans, mais la plupart d’entre eux n’ont pas été renouvelés après
deux ans de fonctionnement. Leurs moyens d’action sont insuffisants et sont constitués principalement
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de tickets de consultation et de vente de médicaments. Les recettes dégagées par les postes de santé
permettent à peine d’assurer les motivations des infirmiers chefs de poste et les indemnités des
personnels communautaires. Le comité du centre de santé dégage beaucoup plus de recettes, de l’ordre
de 30.000.000F par an. Celles-ci sont entièrement injectées dans les dépenses de fonctionnement.
Depuis plus de deux ans, aucun investissement d’envergure n’est noté pour améliorer l’offre de services
sanitaires.
Avec l’insuffisance des moyens des dispositifs organisationnels, le conseil municipal demeure un
recours crucial. La commune appuie les structures sanitaires par, entre autres, l’octroi de médicaments,
la dotation de matériels et le recrutement de personnel médical municipal. En revanche, les actions
développées souffrent de déficit de concertation. Le comité de gestion du centre de santé qui est
l’instance appropriée pour définir et adopter les stratégies et actions en direction de la santé tarde à être
mis en place. Certaines structures sanitaires sont plombées par des problèmes de tous ordres. Parmi
ceux-ci nous retenons l’état de délabrement du poste de Ndombo- Alarba et le manque de personnel, la
vétusté du poste de Ndiao, les lenteurs dans la réhabilitation du bâtiment devant servir de centre médico-
social à Escale, le recrutement et la mise à la disposition de services sanitaires de personnel médical ne
possédant aucune compétence de base en soins de santé au moment où des agents communautaires avec
des références plus solides sont laissés en rade (Massar Sène., 2015 p. 175).
2.2.3. Qualité du service sanitaire
Dans la commune, 15% des interrogés jugent le service sanitaire mal assuré. Pour 12%, la qualité est
médiocre. 34%, soit un peu plus du tiers, relèvent qu’elle est moyenne tandis que 38% la jugent
satisfaisante. Un faible pourcentage (2%) est sans réponse. L’échelle plus ponctuelle des quartiers fait
apparaître d’autres tendances. A Ndombo-Alarba, une proportion élevée (65%) estime que la santé est
mal gérée. Le quartier est assez excentré, ce qui explique son éloignement des principaux centres de
santé. Ce problème pourrait trouver solution par deux issues possibles : d’une part un système de
transport adéquat qui raccourcirait les distances et d’autre part par l’installation d’un équipement entre
les deux « masses » de la ville. A Escale 14% assurent que le service est mal assuré tandis qu’à Gaé II
et à Campement, les proportions sont proches (10 %). A Ndiao et à Khouma on a respectivement 08%
et 07%.Pour les réponses ayant trait à la médiocrité de la qualité du service, les proportions les plus
élevées sont relevées à Ndiangué (27%), à Campement (18%) et à Khouma (17%). Elles sont assez
faibles à Gaé II (10%) et à Ndombo-Alarba (05%). Selon 44% d’interrogés à Escale, 42% à Ndiao et
40% à Ndiangué, la qualité est moyenne alors qu’à Khouma, à Thiabakh et à Campement, les ordres de
grandeur se répartissent comme suit : 30%, 31% et 27%. A Ndombo-Alarba et à Gaé II, les proportions
sont de 20 % et de 15%. A Gaé 2 et à Thiabakh, de fortes proportions sont satisfaites du service sanitaire :
65 % et 70%, tandis qu’à Ndiao, la moitié le juge correct (50%). A Campement, à Khouma et à
Ndiangué, les ordres de grandeur ne sont pas éloignés et ressortent respectivement : 45%, 37% et 33%.
Quant à Escale (24%) et Ndombo-Alarba (10%), les proportions sont plus faibles que pour les autres
quartiers.
La qualité du service sanitaire trouve une identité numérique connective au texte précédent par l’examen
du graphique suivant.

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Figure 3: La qualité du service sanitaire

Total

Ndiangué
Campement
Autre
Thiabakh
Satisfaisant
Khouma
Moyen
Ndombo-Alarba
Médiocre
Ndiao Mal assuré
Escale

Gaé 2

0 20 40 60 80

Source : Massar Sène (2015)


Le graphique fait largement percevoir le caractère moyen du service sanitaire qui reste d’être
dans un futur très proche déficitaire du fait de l’étoffement démographique de la ville.
[Link] de la population en matière de santé

Les populations de Richard-Toll sont conscientes des difficultés corrélatives à leur santé. Le diagnostic
leur permet de proposer des thérapeutiques pour améliorer leur sort. L’amélioration de toutes les
questions liées à leur santé les préoccupe. Certains proposent la prise en charge des malades même si
leurs moyens ne le permettent pas. Dans ce sillage, les factures d’ordonnances jugées chères, méritent
un amortissement par une subvention conséquente de l’Etat. Par rapport à la situation de la ville, un
centre économique polarisateur, les populations affirment ne pas comprendre l’inexistence d’un hôpital
dans la ville. Les cas urgents sont souvent évacués à Saint Louis par faute de moyens et de certaines
spécialisations. Les patients sont obligés d’attendre des heures avant de voir les infirmiers ou le médecin.
Les enquêtés qui la fréquentent souhaitent sa modernisation et son équipement. Les infirmiers du centre
de Gaé sont constitués pour l’essentiel par des bénévoles dont les compétences sont limitées. A cette
situation se combine l’absentéisme des sages-femmes.
A Escale, des populations estiment que la qualité des services de la croix rouge mérite d’être améliorée.
A leurs yeux, l’Etat doit multiplier les stratégies de sensibilisation dans le domaine de l’assainissement
et des Maladies Sexuellement Transmissibles (MST). A Escale, les autorités avaient prévu une case de
santé mais elle n’est pas encore réalisée. La plupart des infections sont d’origine hydrique. A Khouma,
des chefs de famille avec qui nous avons eu à discuter, sont revenus sur le problème des moyens. Les
tarifs des tickets de consultation appliqués ne sont pas à la portée de leur bourse et cette difficulté est
renforcée par le coût exorbitant des ordonnances. Les populations préconisent la gratuité des vaccins et
une diminution considérable du coût des médicaments.
A Ndiangué, les résidents estiment que le service d’hygiène doit davantage travailler et subventionner
la santé des populations. A leur en croire, les salles d’hospitalisation du centre de Gaé ne sont pas
ventilées et nul n’ignore la chaleur accablante qu’il fait à Richard-Toll une bonne partie de l’année. Le
problème de la pollution de la CSS a été évoqué, et ses incidences réelles sur la santé des populations
ne sont pas encore bien évaluées.

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Discussion
Le Sénégal a réalisé des progrès remarquables dans la mise en œuvre du Programme national de
développement sanitaire. La morbidité locale était liée au paludisme et à la bilharziose intestinale. Mais
les différentes stratégies intègrent le PNDS et donnent des résultats probants.
Edwin (2016 p.15) affirme :
« Dans les pays en développement, les gens tombent malade parce qu’ils sont pauvres, ils
s’appauvrissent davantage parce qu’ils sont malades et voient leur état empirer du fait de la misère
accrue ».
Ces propos de ce médecin-économiste réactualisent la dimension sociale du développement. L’état de
santé impacte le développement humain en général, notamment la productivité du travail. La baisse de
la productivité engendre des situations de pauvreté qui limitent la performance de l’économie.

Des questions légitimes se posent : Quels sont les programmes appliqués ? Quelles sont les causes de
morbidité ? Quelles sont les infrastructures disponibles ? Comment les différentes pathologies sont
prises en charge au niveau national et local ?

Le Sénégal travaille avec les autorités de l’OMS pour l’amélioration des conditions sanitaires des
populations locales. Sur un intervalle de 3 ans (2016-2019), la coopération intègre la couverture sanitaire
universelle, les maladies transmissibles, la sécurité sanitaire et les urgences de santé publique, les
déterminants sociaux, économiques et environnementaux et les maladies non transmissibles. Le
Ministère de la santé et de l’action sociale priorise le renforcement de la mise en œuvre de la CMU, de
Muskoka, du RMVHC, de l’exécution du plan stratégique de lutte contre le paludisme (2016-2020)
[Rapport 2016-2018].
L’Etat a démarré la mise en place de la loi d’orientation sociale avec la carte d’égalité des chances, les
bourses de sécurité familiale, la gratuité des soins en faveur des groupes vulnérables (césariennes, moins
de 5 ans et personnes âgées de plus de 60 ans). Il projette de mettre en place un plateau médical de
standard international « Dakar Medical City ».
Le PNDS a poursuivi comme objectifs la réduction du fardeau de la morbidité et de la mortalité
maternelle et infanto-juvéniles, l’accroissement des performances du secteur en matière de prévention
et de lutte contre la maladie, le renforcement durable du système de santé et l’amélioration du secteur
de la santé.

11 axes représentent les orientations du PNDS. L’accélération de la lutte contre la mortalité et la


morbidité maternelle néonatale et infanto-juvéniles, l’amélioration de la promotion de la santé et le
renforcement de la prise en charge des cas constituent une priorité. Aussi la surveillance intégrée de la
maladie et de la riposte mérite d’être renforcée de même que l’amélioration des ressources humaines et
des infrastructures et équipements de maintenance. Parmi les axes du PNDS nous notons l’amélioration
de la disponibilité des médicaments et des produits médico-chirurgicaux et le renforcement du système
d’information et de la recherche. Le programme prend en charge tout à la fois la promotion de la gestion
axée sur les résultats, l’amélioration des capacités du secteur en matière de planification et de gestion
administrative et financière et le renforcement de la couverture du risque-maladie (PNDS, 2009-2018).

Le Sénégal s’est lancé dans une politique ambitieuse pour relever les défis et résoudre les gaps. Le PNDS
est un document stratégique réalisé en réponse aux défis pour l’atteinte des OMD (ANSD, 2015). Le
déficit infrastructurel constitue l’un des plus grands challenges du système sanitaire dans le pays en
général et dans la région de Saint-Louis en particulier. Entre 2013 et 2014, la région comporte 3
hôpitaux, 7 centres de santé, 107 postes de santé et 187 cases de santé, soit une hausse de 48 cases de
santé par an. Le gap en ressources humaines est criant. Dans les hôpitaux, on comptabilise 9 médecins,
3 dentistes, 13 techniciens supérieurs et aucun pharmacien dans les 5 districts de la région. La région
médicale ne respecte pas les normes de l’OMS et du PNDS (1 médecin pour 10 000 habitants, 1 dentiste
pour 10 000 habitants, 1 sage-femme d’Etat pour 300 à 200 femmes en âge de reproduction). A Saint-
Louis le décompte fait entrevoir 1 médecin pour 103 653 habitants, 1 dentiste pour 310 959 habitants, 1
sage-femme d’Etat pour 13719 habitants. Quant à la ville de Richard-Toll elle comporte 1 hôpital, 1
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centre de santé, 20 postes de santé, 29 cases de santé et maternités. Pour les infrastructures sanitaires
privées on dénombre 6 cliniques et cabinets médicaux, 1 cabinet dentaire, aucun laboratoire d’analyses
médicales, 10 officines de pharmacies. Concernant les ressources humaines, la ville dispose de 3
médecins spécialistes, 2 médecins généralistes, 5 techniciens supérieurs de la santé, 25 infirmiers, 10
sage-femmes, 1 agent social et 7 agents d’hygiène.

L’’Etat a construit un nouveau centre de santé d’un coût de 1.2 Milliards avec une capacité de 29 lits.
Il s’agit d’un bâtiment administratif et d’une polyclinique abritant le service des urgences, un bloc
opératoire, une unité de soins oculaires et un laboratoire. La prise en charge correcte des malades
demeure une préoccupation des autorités.

S’agissant de la bilharziose, Sy et al (2008) notent que la fréquence et l’abondance de Biomphalaria


dans la quasi-totalité des biotopes de la zone de Kédougou contrastent avec la rareté des Bulinus
truncatus. Dans cette zone la permanence des gîtes est assurée par endroits par une végétation dense qui
limite l’action du rayonnement solaire pendant la canicule (40o C entre Mai et Juin). Ces points d’eau
permanents concentrent toutes les activités du village. Ce sont les aires de jeux des enfants et le point
de convergence des femmes. Les auteurs notent qu’au Sénégal la prévalence globale des bilharzioses
varie 0.3% et 1%. Par contre autour du Lac du Guiers elle est de 71%. A Richard-Toll, les nombreux
canaux d’irrigation de la CSS, le fleuve Sénégal et la défécation à l’air libre favorisent la propagation
de la maladie.
Abdellahi et al (2016) révèlent que la bilharziose demeure un problème de santé publique. Chaque forme
de bilharziose présente un impact considérable sur la santé des populations, particulièrement les enfants
en âge d’être scolarisés, les adolescents et les adultes dont les activités impliquent un contact avec l’eau
(agriculture, pêche, femmes de ménage…). Pour la forme intestinale de la bilharziose, les auteurs
concluent 37.4% de cas pour le Sénégal. Cette proportion est fortement localisée dans le bassin du fleuve
Sénégal. Ce qui confirme les résultats de nos recherches, notamment pour les enfants et les adultes dont
l’activité implique une présence près de l’eau.
Selon Abdellahi et al (2016 p.5), malgré plusieurs années des traitements de masse au Praziquantel 600
mg au profit des enfants d’âge scolaire, leur étude a montré que les prévalences des bilharzioses urinaire
et intestinale étaient encore élevées dans le bassin du fleuve Sénégal. Pour la bilharziose urinaire, des
prévalences globales de 39,3 % et 37,4 % ont été signalées en Mauritanie et au Sénégal, respectivement.
Selon la zone écologique, le Delta est plus touché avec 57,4 %. Des études plus anciennes menées dans
les années 90 avaient trouvé des taux semblables [14-17]. Ceci pourrait être expliqué par une fréquence
relativement espacée des traitements de masse. Les directives de l’OMS en vigueur recommandent une
fréquence annuelle (tous les 12 mois) dans les zones de forte endémicité et tous les deux ans pour les
zones de prévalence moyenne [11]. Durant ces périodes, il est probable que les enfants continuent à
fréquenter les plans d’eau contaminés et se réinfectent quelques mois après la prise de praziquantel 600
mg. Ceci nécessite une réflexion sur la pertinence des fréquences du traitement de masse en vue d’un
contrôle et éventuellement d’une pré-élimination des bilharzioses.
De l’avis de Jaquet (2023 p.91), la prévention joue également un rôle clé dans la lutte contre la
bilharziose. Les programmes d’administrations massives de Praziquantel et les campagnes d'éducation
sanitaire des populations ont montré leur efficacité, mais des défis persistent en raison de facteurs socio-
économiques et environnementaux. Les méthodes de contrôle des vecteurs, l'amélioration de l'accès à
l'eau potable, à l'assainissement et à des structures de soins de proximité sont des stratégies
complémentaires essentielles pour réduire l'incidence de la maladie
Conclusion
Richard-Toll connaît de fortes densités de populations en raison de l’implantation de la CSS.
L’insuffisance des canaux de la SONEES, la présence de nombreux canaux, la défécation à l’air libre
ont creusé le lit de la bilharziose intestinale. Cette épidémie a impacté près de la moitié de la
population de la ville. La morbidité (453 chez les enfants en 2016) est élevée. Les équipements
sanitaires sont insuffisants. La gouvernance sanitaire est plombée par un manque de structuration et de
moyens financiers. Les populations enquêtées sont globalement insatisfaites du service sanitaire.

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En définitive la vulnérabilité de la ville face à l’épidémie de bilharziose réactualise la problématique


de la décentralisation et de la coopération décentralisée. Leur réussite dans le volet sanitaire ne passe
que par un renforcement des moyens juridiques, financiers et humains pour un développement
sanitaire et par ricochet social durable.
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