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Introduction aux turbomachines hydrauliques

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0.

INTRODUCTION

Si les origines de la machine hydraulique se perdent dans l'antiquité, il a fallu attendre la fin du
ème
18 siècle pour voir le mathématicien Euler développer une étude théorique des turbomachines,
ème
puis le 19 siècle pour qu’apparaisse la première turbine moderne.

La turbine hydraulique produit environ le quart de l'énergie électrique consommée dans le monde
et il est très rare de rencontrer des unités industrielles où il n'y a pas de pompes, de ventilateurs
ou de compresseurs. De ce fait, il est donc important pour l'ingénieur de connaître ce type de
machines et c'est le but du cours de turbomachines.
Bien évidement il m'est impossible de rentrer dans les détails compte tenu du nombre d'heures
qui me sont allouées (9 h cours, 6 h TD, 3h TP). Aussi le but recherché ici est de donner une
description claire du fonctionnement et de l'utilisation des machines hydrauliques. Ni l'aspect de
conception, ni l'aspect technologique ne seront abordés.
Nous considérons ici les turbomachines à fluide incompressible dites encore turbomachines
hydrauliques. Les principes généraux et les notations fondamentales que nous établirons sont
également applicables aux turbomachines à fluide compressible, moyennant adaptation.
L'étude des turbomachines hydrauliques dans lesquelles les effets thermiques sont négligeables
peut être entièrement basée sur les lois fondamentales de la mécanique rationnelle et de la
mécanique des fluides, qu’on suppose connue.

I. GENERALITES SUR LES TURBOMACHINES

1°) Définition
On appelle turbomachine toute machine dans laquelle un fluide échange de l'énergie avec un
ensemble mécanique de révolution tournant autour de son axe de symétrie (une ou plusieurs
roues ou rotors munis des aubes ou des augets).
2°) Classification et Géométrie
Dans les turbomachines le transfert d'énergie s'effectue entre le fluide et une roue mobile. La
théorie du fonctionnement est la même quelque soit le sens du transfert, mais on distingue :
• Les turbines, dans lesquelles l'énergie du fluide fait tourner la roue : turbines, éoliennes,
etc.… Dans ces machines l'énergie du fluide est cédée à la roue.

2
• Les turbopompes et les turbocompresseurs qui ont pour objet principal de mettre sous
pression, soit un liquide, soit un gaz.
• Les turbosoufflantes, les ventilateurs, les hélices dans lesquels on communique au fluide
à la fois de l'énergie de pression et de l'énergie cinétique en proportion variable selon les
appareils.
Suivant la manière dont le fluide traverse la roue mobile, on dit que, dans la traversée d'une
machine, on a un passage axial là où la vitesse du fluide n’a en plus de sa composante
circonférentielle, qu’une composante axiale; chaque ligne de courant se trouve sur la surface
d’un cylindre circulaire coaxial à la machine. Une machine est dite axiale si le courant y est
sensiblement axial, du moins dans la région où la majeure partie du travail est effectuée. Citons
les pompes et les ventilateurs hélicoïdes, des turbines à hélices et les turbines Kaplan (figure 1).

Machine à passage axial

Figure 1: Vue Schématique d’une turbine Kaplan

3
De façon analogue, on dit qu’on a un passage radial là où la vitesse n’a, en plus de sa
composante circonférentielle, qu’une composante radiale; chaque ligne de courant se trouve
dans un plan perpendiculaire à l’axe de la roue (Les particules fluides se déplacent dans des plans
normaux à l’axe de la roue). Une machine est dite radiale si le courant y est à peu près radial.
Dans ce cas on qualifie de :
• Centrifuges, les machines dans les quelles les particules s’éloignent de l’axe,
• Centripètes, les machines dans lesquelles les particules se rapprochent de l’axe.

Citons les pompes et les ventilateurs centrifuges, les turbines hydrauliques Francis (figure2).

2
1
ω

Machine à passage radiale- centrifuge

Figure 2: Vue schématique d'une turbine Francis

4
Roues d’une turbine Francis
On dit qu'une turbomachine est à passage mixte, hélico-centrifuge ou hélico-centripète, quand
le courant possède trois composantes: circonférentielle, axial et radial à l'une des extrémités. Les
particules fluides se déplacent sur des surfaces de révolution coaxiales à l’axe de la roue (des
cônes de révolution par exemple).
Pour les machines à passage tangentiel : les particules fluides se déplacent dans des plans
parallèles à l’axe de la roue. Par exemple, pour les turbines hydrauliques Pelton, on fait agir sur la
roue un ou plusieurs jets qui arrivent sue les augets avec une vitesse possédant seulement une
composante circonférentielle (figure 3).

Figure 3 : Turbine Pelton

5
• Les turbomachines hydrauliques génératrices ont pour fonction d'accroître l'énergie du
fluide qui les traverse sous forme potentielle ou cinétique, c’est essentiellement les turbopompes.
• Les turbomachines hydrauliques réceptrices ont pour fonction de recueillir l'énergie qui
leur est cédée par le fluide qui les traverse, cette est transformée en énergie mécanique. En fluide
incompressible, les seules turbomachines réceptrices sont les turbines hydrauliques.
• Les turbomachines réversibles sont tantôt réceptrices tantôts génératrices.

3°) Constitution des turbomachines

Une turbomachine est composée essentiellement d'un mobile de révolution tournant dans un
stator limitée par une enveloppe étanche. Suivant que ce mobile comporte un ou plusieurs rotors,
la machine est dite monocellulaire ou multicellulaire. Une machine monocellulaire complète se
compose des trois organes distincts que le fluide traverse successivement, soit, depuis l'entrée
jusqu'à la sortie, le distributeur, le rotor comportant une roue et le diffuseur. Le distributeur
et le diffuseur font partie de stator de la machine.
- Distributeur : cet organe fixe a pour rôle de conduire le fluide depuis la section d'entrée de la
machine jusqu'à l'entrée du rotor.
- Roue : c'est l'organe essentiel de la turbomachine, il comporte des aubages où s'opèrent les
échanges entre énergie mécanique et énergie du fluide. La forme géométrique de la roue qui
impose l'allure générale de la trajectoire des particules fluide à travers de cet organe, constitue
une base de classification. Elle varie suivant les divers paramètres de fonctionnement
(hauteur produite, débit et vitesse de rotation) résumés par un seul paramètre ou nombre de
Brauer, Ns, défini plus loin. On notera une évolution progressive depuis les plus faibles valeurs
pratiques du paramètre Ns (25) jusqu’aux plus élevées (285). Aux valeurs faibles et moyennes
correspondent des roues à écoulements centrifuges, aux plus élevées des pompes hélices.
- Diffuseur : c’est l’organe qui est destiné à transformer en pression l’énergie cinétique
résiduelle de l’eau, tout en évacuant celle-ci. On trouve deux types de diffuseurs :
Diffuseur à ailettes : Dans les diffuseurs à ailettes, un certain nombre d’aubages, de tracé
curviligne analogue à celui des aubes de la roue, assure cette transformation. Ce type de
diffuseur est très généralement utilisé dans les pompes multicellulaires.

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