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Programme de Colle Intégration

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Anisse Benallegue
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Lycée Saint-Louis. PSI*2. Année 2024–2025.

1
Programme de colle – Intégration

1 Vocabulaire de topologie (N1 ) Elle sépare les points : ∀x ∈ E, N (x) = 0 ⇒ x = 0E .


(N2 ) Elle est positivement homogène : ∀x ∈ E, ∀λ ∈ K, N (λx) = |λ|N (x).
1.1 Borne supérieure (N3 ) Elle satisfait l’inégalité triangulaire : ∀(x, y) ∈ E 2 , N (x + y) 6 N (x) + N (y).
On rappelle la définition des termes majorant, minorant, maximum, minimum d’une On dit que (E, N ) est un espace vectoriel normé.
partie de R lorsqu’ils existent. Exemple de partie non majorée : R+ ; de partie majorée La notion de distance, le terme d’espace métrique, et le théorème ci-dessus sont hors
sans maximum : [0, 1[. programme. Je les donne car il est impossible de ne pas se représenter la distance entre
Définition. — On dit qu’une partie A de R possède une borne supérieure lorsque deux éléments d’un espace vectoriel normé.
l’ensemble de ses majorants possède un minimum, qu’on appelle la borne supérieure Théorème (rappel de Sup). — Si E estpun R espace vectoriel, et si h , i est un
de A et qu’on note sup(A) (je n’ai pas rappelé formellement la notion borne inférieure). produit scalaire sur E, alors N : x ∈ E 7→ hx, xi est une norme sur E, dite norme
Méthode. — Pour vérifier qu’un nombre réel M est la borne supérieure d’une partie A euclidienne associée au produit scalaire h , i.
de R, on montre que : Théorème. — Le tableau ci-dessous présente les expressions de six normes, trois sur Rn
1) ∀a ∈ A, a 6 M . et leurs analogues sur C 0 ([a, b], R) où [a, b] est un segment non banal de R (elles sont
2) ∀ε ∈ R∗+ , ∃a ∈ A, M − ε < a. désormais supposées connues). La lettre x désigne vecteur de Rn de composantes xk
pour 1 6 k 6 n et f : [a, b] → R désigne une fonction continue :
Théorème. — Soient A une partie non vide de R et M ∈ R. Alors M = sup(A) si et
seulement si les deux conditions suivantes sont réalisées
Pn Rb
1) ∀a ∈ A, a 6 M . kxk1 = k=1 |xk | kf k1 = a |f (t)| dt
2) Il existe une suite (an ) d’éléments de A qui converge vers M . qR
pPn
2 b
Théorème. — Toute partie majorée non vide de R possède une borne supérieure (ad- kxk2 = k=1 xk kf k2 = a
f (t)2 dt
mis).
Méthode. — Pour démontrer des inégalités portant sur des bornes supérieures (de la kxk∞ = max16k6n |xk | kf k∞ = supt∈[a,b] |f (t)|
forme sup A 6 sup B),
• On commence par écrire une inégalité portant sur les éléments des parties en
Remarque. — On peut remplacer sup par max dans la définition de kf k∞ ci-dessus,
question : a 6 b avec a élément quelconque de A (b peut dépendre de a).
car toute fonction continue à valeurs réelles définie sur un segment est bornée et atteint
• Puis on majore b par sup B, qui est indépendant de a.
ses bornes.
• On lit alors que sup B est l’un des majorants de A. On invoque enfin la définition 2
de sup A (c’est le plus petit des majorants de A) pour conclure que sup A 6 sup B. Définition. — Une distance sur un ensemble X est une fonction d : X → R+ vérifiant :
2
(D1 ) Elle sépare les points : ∀(x, y) ∈ X , d(x, y) = 0 ⇒ x = y.
Exemple. — Si X est un ensemble non vide et si B(X, R) désigne l’ensemble des
(D2 ) Elle est symétrique : ∀(x, y) ∈ X 2 , d(x, y) = d(y, x).
fonctions bornées de X dans R, on peut définir, pour toute f ∈ B(X, R), le nombre
(D3 ) Elle satisfait l’inégalité triangulaire : ∀(x, y, z) ∈ X 3 , d(x, y) 6 d(x, z) + d(z, y).
kf k∞ = sup{|f (t)|, t ∈ R}, On dit que (X, d) est un espace métrique.
Théorème. — Si E est K–espace vectoriel et si N est une norme sur E, la fonction
noté aussi sup |f |, et qu’on prononce « Norme uniforme de f ». On a alors : pour toutes d : (x, y) ∈ E 2 7→ N (x − y) est une distance sur E.
fonctions f et g dans B(X, R), la fonction f + g est bornée et kf + gk∞ 6 kf k∞ + kgk∞ .

1.2 Normes sur un espace vectoriel 2 Intégration sur un segment


Ce paragraphe sert uniquement à nommer les quantités (si elles existent) telles que On suppose que a et b sont des réels tels que a < b. En Sup, on a intégré des fonctions
continues sur un segment [a, b]. On voudrait intégrer certaines fonctions discontinues.
R qR
supt∈Df |f (t)|, I |f (t)| dt ou encore 2
|f (t)| dt, et à apprendre les techniques de
I
démonstration permettant de prouver qu’une fonction N : E → R+ est une norme sur
un espace vectoriel E. Aucune question de topologie ne peut être posée aux élèves. 2.1 Subdivisions
Définition. — Une norme sur un K–espace vectoriel E est une fonction N : E → R+ Définitions. — 1) Une subdivision de [a, b] est un (n + 1)–uplet σ = (a0 , a1 , . . . , an )
vérifiant : de réels tel que a = a0 < a1 < · · · < an = b.
2) Les ai sont appelés les points de la subdivision. 2.4 Intégrale des fonctions continues par morceaux sur un seg-
3) Une subdivision θ est dite plus fine qu’une subdivision σ si l’ensemble des points ment
de σ est contenu dans l’ensemble des points de θ. Rb
f (t) dt d’une fonction continue f
Problème : en pratique, le calcul de l’intégrale
a
Théorème. — Si deux subdivisions σ1 et σ2 sont données, il existe des subdivisions Rb
plus fines à la fois que σ1 et σ2 , et parmi elles, une moins fine que toutes les autres. se fait à l’aide d’une primitive F de f , par la formule a f (t) dt = F (b) − F (a). Et
On constate rapidement cette propriété. l’existence (et l’expression) d’une primitive F de f se fait grâce
R xau théorème fondamental
de l’intégration, qui dit que si f ∈ C ([a, b], K), alors x 7→ a f (t) dt est une primitive
de f : problème de logique.
2.2 Fonctions en escalier
Définitions. — 1) On dit qu’une fonction ϕ de [a, b] dans K est en escalier lorsqu’il 2.4.1 Théorème d’approximation uniforme par des fonctions en escalier
existe une subdivision σ = (a0 , a1 , . . . , an ) de [a, b] telle que, pour tout i ∈ {0, . . . , n−1},
la restriction de ϕ à ]ai , ai+1 [ soit constante. Ce résultat est hors programme et admis.
2) On dit alors que la subdivision σ est adaptée à ϕ. Théorème. — Soient f ∈ CM([a, b], R) et ε ∈ R∗+ . Il existe deux fonctions ϕ et ψ en
On note E ([a, b], K) l’ensemble des fonctions en escalier de [a, b] dans K. escalier de [a, b] dans R telles que f − ε 6 ϕ 6 f 6 ψ 6 f + ε.
Exemple. — La fonction indicatrice 1J d’un intervalle J ⊂ [a, b]. On a donc en particulier kf − ϕk∞ 6 ε et kf − ψk∞ 6 ε, d’où le nom d’approximation
Pn−1 Pn uniforme (la norme est appelée la norme uniforme). On dit aussi que E ([a, b], R) est
En pratique, on écrira ϕ = i=0 λi 1]ai ,ai+1 [ + i=0 µi 1{ai } pour désigner une fonction
dense dans CM([a, b], R) pour la norme uniforme.
en escalier dont σ = (a0 , . . . , an ) est une subdivision adaptée.
Corollaire. — Soient f ∈ CM([a, b], K) et ε ∈ R∗+ . Il existe une fonction ξ ∈
Remarque. — Si σ est une subdivision adaptée à une fonction ϕ ∈ E ([a, b], K), toute
E ([a, b], K) telle que kf − ξk∞ 6 ε.
subdivision plus fine que σ est encore adaptée à ϕ. Si ψ est une autre fonction en escalier
sur [a, b], il existe une subdivision adaptée à ϕ et ψ à la fois.
2.4.2 Plan de la construction de l’intégrale sur un segment des fonctions
Théorème. — La partie E ([a, b], K) est un sous-espace vectoriel de K[a,b] .
continues par morceaux

2.3 Fonctions continues par morceaux Les résultatsPsuivants sont admis.


n−1 Pn
— Si ϕ = i=0 λi 1]ai ,ai+1 [ + i=0 µi 1{ai } ∈ E ([a, b], K) et σ = (a0 , . . . , an ) est
Définitions. — 1) On dit qu’une fonction f de [a, b] dans K est continue par mor- R Pn−1
adaptée à ϕ, on pose [a,b] ϕ = i=0 λi (ai+1 − ai ), et on montre que cela ne
ceaux lorsqu’il existe une subdivision σ = (a0 , a1 , . . . , an ) de [a, b] et des fonctions
dépend pas de la subdivision σ adaptée à ϕ.
continues gi : [ai , ai+1 ] → K telles que, pour tout i ∈ {0, . . . , n − 1}, les restrictions de
— L’intégrale ainsi construite est une forme linéaire sur E ([a, b], K). En particulier,
f et de g à ]ai , ai+1 [ soient égales.
ϕ pour tout z ∈ C et toute ϕ ∈ E ([a, b], C).
R R
[a,b]
zϕ = z [a,b]
2) On dit que la subdivision σ est adaptée à f . R
— Si K = R, elle est de plus positive (0 6 ϕ entraîne 0 6 [a,b] ϕ) donc croissante
On note CM([a, b], K) l’ensemble des fonctions continues par morceaux de [a, b] dans K. R R
(ϕ 6 ψ entraîne [a,b] ϕ 6 [a,b] ψ).
Remarques. — Si σ est une subdivision adaptée à une fonction ϕ ∈ CM([a, b], K), R R R
— Si K = C, on a [a,b] ϕ = [a,b] Re(ϕ) + i [a,b] Im(ϕ).
toute subdivision plus fine que σ est encore adaptée à ϕ. Si ψ est une autre fonction
continue par morceaux sur [a, b], il existe une subdivision adaptée à ϕ et ψ à la fois. — Si f R∈ CM([a, b], R), on montre grâce au théorème R d’approximation uniforme que
sup{ [a,b] ϕ, ϕ ∈ E ([a, b], R), ϕ 6 f } et inf{ [a,b] ψ, ψ ∈ E ([a, b], R), f 6 ψ}
Théorème. — Une fonction f : [a, b] → C est continue par morceaux si et seulement
existent et sont égales. Cette valeur commune est l’intégrale de f sur [a, b], notée
s’il existe une subdivision σ = (a0 , a1 , . . . , an ) de [a, b] telle que : R
f .
(1) les restrictions de f à ]ai , ai+1 [ sont continues ; [a,b] R R R
(2) f admet des limites finies à droite et à gauche en chaque ai , chaque fois que cela — Si f ∈ CM([a, b], C), on pose [a,b] f = [a,b] Re(f ) + i [a,b] Im(f ).
a un sens.
Théorème. — Si f ∈ CM([a, b], K), alors elle est bornée. 2.4.3 Propriétés de l’intégrale des fonctions continues par morceaux
Théorème. — Si f appartient à CM([a, b], K), alors |f | et f , ainsi que Re(f ) et Im(f ) Pour toutes fonctions f et g dans CM([a, b], K) et tous scalaires λ et µ de K, on a la
appartiennent aussi à CM([a, b], K). propriétés suivantes.
Rb Rb Rb
Théorème. — La partie CM([a, b], K) est un sous-espace vectoriel de K[a,b] . — La linéarité : a (λf + µg)(t) dt = λ a f (t) dt + µ a g(t) dt ;

2
Rb
— La positivité : 0 6 f =⇒ 0 6 a f (t) dt ; Théorème (formule de Taylor avec reste intégral). — Soit f ∈ C n+1 (I, K)
Rb Rb
— La croissance : f 6 g =⇒ a f (t) dt 6 a g(t) dt ; et (a, x) ∈ I 2 . Alors
Exemple. — (Inégalité de la moyenne avec coefficients pour les fonctions conti- (x − a)n (n)
Z x
(x − t)n (n+1)
nues). Soit (a, b) ∈ R2 avec a < b, f et g dans CM([a, b], R). On suppose g > 0 et f (x) = f (a) + (x − a)f 0 (a) + · · · + f (a) + f (t) dt.
Rb Rb
f (t)g(t) dt
n! a n!
a
g(t) dt 6= 0. Montrer que quotient aR
b
g(t) dt
est situé entre inf(f ) et sup(f ).
Rab
Théorème (inégalité de Taylor-Lagrange). — Soit f ∈ C n+1 (I, K) et (a, x) ∈
Rb
— L’inégalité triangulaire : | a f (t) dt| 6 a |f (t)| dt ;
Rb Rb
— L’inégalité de la moyenne | a f (t)g(t) dt| 6 kf k∞ a |g(t)| dt ; I 2 . Si f (n+1) est bornée (ce qui est garanti si I est un segment), alors
Rb qR qR
b 2 b n
— L’inégalité de Cauchy et Schwarz | a f (t)g(t) dt| 6 a
f (t) dt a g 2 (t) dt. X (x − a)k |x − a|n+1 (n+1)
Rβ f (x) − f (k) (a) 6 kf k∞ .
Rappel des notations α f (t) dt suivant les positions relatives de α et β. k! (n + 1)!
k=0

2.4.4 Propriétés supplémentaires spécifiques aux fonctions continues 2.4.6 Fonctions continues par morceaux sur un intervalle quelconque I
Rb
— La positivité stricte : si f ∈ C 0 ([a, b], R+ ), alors a f (t) dt = 0 ⇐⇒ f = 0 ; Définition. — Une fonction f ∈ KI est continue par morceaux lorsque ses restric-
tions à tout segment [a, b] ⊂ I le sont.
Rb
Exemple. — L’expression kf k1 = a |f (t)| dt définit une norme sur C 0 ([a, b], R).
Rb Notations CM(I, K) ou Cm 0
(I, K), mêmes propriétés algébriques que sur un segment.
— La relation hf, gi = a f (t)g(t) dt définit un produit scalaire sur C 0 ([a, b], R) dont
qR Attention : une fonction continue par morceaux sur un intervalle quelconque I n’est
b
la norme associée est notée kf k2 = a
f (t)2 dt. pas nécessairement bornée, comme le montre l’exemple de la partie entière.
Rb qR qR
b 2 b 2
— L’inégalité de Cauchy et Schwarz | a f (t)g(t) dt| 6 a
f (t) dt a
g (t) dt in-
terprétée comme |hf, gi| 6 kf k2 kgk2 , avec égalité si et seulement si f et g sont 2.5 Techniques de calcul et de démonstration
proportionnelles.
2.5.1 Relation entre termes d’une suite d’intégrales, formules closes
Exemple. — (Un grand classique des oraux) Soit f ∈ C 0 ([a, b], R∗+ ). Montrer que
Rb Rb Rb
( a f (t) dt)( a fdt 2
(t) ) > (b − a) . Cas d’égalité ?
On se donne une suite d’intégrales de terme général In = a fn (t) dt, où les fn ∈
— Le théorème fondamental de l’intégration R: si f est continue sur un intervalle I CM([a, b], K).
x
quelconque, si c ∈ I, alors F : x ∈ I 7→ c f (t) dt est de classe C 1 et est une Méthode. — 1) Pour démontrer une relation entre In et In+1 (voire entre trois termes
primitive de F . consécutifs de la suite d’intégrales), on utilise une intégration par parties.
Exemple. — (Égalité de Young). Soit f ∈ C 1 (R+ , R+ ) strictement croissante et On ne démontre jamais une relation entre deux termes consécutifs d’une
bijective. Montrer que suite par récurrence, mais toujours en utilisant la définition de cette suite
Z x Z f (x) (et des techniques de calculs adaptées à chaque situation)
∀x ∈ R+ , f (t) dt + f −1 (t) dt = xf (x). 2) Pour démontrer une formule close (donnant In directement en fonction de n), on
0 0 raisonne par récurrence sur n, l’hérédité se prouvant grâce à la relation entre In et In+1 .
Si la formule close est donnée dans l’énoncé, il n’y a rien de plus à faire,
Exemple. — (Égalité de la moyenne avec coefficients pour les fonctions continues). Soit mais si la question est posée de manière ouverte (« Trouver une expression
(a, b) ∈ R2 avec a < b, f et g dans C 0 ([a, b], R). On suppose g > 0. Montrer qu’il existe de In »), on la découvre au brouillon et, sur la copie, on annonce la formule
Rb Rb
c ∈ [a, b] tel que a f (t)g(t) dt = f (c) a g(t) dt. devinée au brouillon et on la prouve par récurrence.
R π/2
Exemples. — 1) Les intégrales de Wallis Wn = 0 (cos t)n dt (voir le chap. Séries).
2.4.5 Propriétés relatives aux fonctions de classe C n avec n > 1 R1
2) Les intégrales In = 0 (1 − t2 )n dt. Lien avec W2n+1 .
On rappelle la formule d’intégration par parties, valable pour u et v dans C 1 ([a, b), K) :
Rb 0 Rb
a
u (t)v(t) dt = [u(t)v(t)]ba − a u(t)v 0 (t) dt.
2.5.2 Le lemme de Lebesgue
On rappelle aussi la formule de Taylor avec reste intégral et l’inégalité de Taylor-
Lagrange. Ce n’est pas un résultat du programme, mais il est souvent utilisé.

3
Rb
Lemme de Lebesgue. — Si f ∈ CM([a, b], C), et si l’on pose ∀n ∈ N, In = — a f (t) dt pour la valeur, une fois la convergence démontrée. R
Rb Rb
f (t)eint dt, alors (In ) converge vers zéro. En particulier, a f (t) cos(nt) dt et Théorème et définition. — Soit f ∈ CM([a, b[, K). L’intégrale [a,b[ f converge si
Rab R
f (t) sin(nt) dt tendent vers zéro quand n tend vers l’infini. et seulement si, pour tout x ∈ [a, b[, l’intégrale [x,b[ f converge. Dans ce cas, la valeur
a Rb
La preuve est donnée pour des fonctions de classe C par intégration par parties, et x f (t) dt est appelée le reste en x, et on a la relation de Chasles :
1

sera faite en exercice pour les fonctions continues par morceaux. Z Z b Z x b


f (t) dt = f (t) dt + f (t) dt.
2.5.3 Sommes de Riemann a a x

On rappelle et on étend le théorème vu en Sup. Pour f ∈ CM([a, b], K) on définit les Faire le parallèle avec le chapitre Séries. En utilisant une
R primitiveR explicite et le
sommes de Riemann régulières d’ordre n ∈ N∗ de f par calcul des intégrales partielles, déterminer la nature de [0,1[ f , de [0,+∞[ g et de
1
, g(t) = e−t et h(t) = 1t . Calculer leurs valeurs si
R
n−1   n   [1,+∞[
h lorsque f (t) = √1−t
b−a X b−a b−a X b−a elles convergent.
Rn (f ) = f a+k et Rn0 (f ) = f a+k ·
n n n n
k=0 k=1 Théorème. — L’ensemble des fonctions f ∈ CM([a, b[, K) dont l’intégrale sur [a, b[
converge est un sous-espace vectoriel de CM([a, b[, K) et, si f et g sont deux telles
Théorème. — Pour toute fonction f ∈ CM([a, b], K) les deux suites de termes généraux Rb Rb
fonctions et α et β deux éléments de K, on a alors a (αf + βg)(t) dt = α a f (t) dt +
Rb
Rn (f ) et Rn0 (f ) convergent vers a f (t) dt. Rb
β a g(t) dt.
Pn 1
Exemple. — Trouver les limites de deux suites de termes généraux un = k=1 n+k et
vn = ( (2n)!
n!nn )
1/n
. 3.2 Cas d’un intervalle de la forme ]a, b] ou ]a, b[
On n’a examiné que le cas des intégrales impropres en leur borne supérieure b. Si a
3 Intégrale sur un intervalle quelconque est un réel ou bien −∞ et si b estR un réel tel que a < b, le cas des fonctions définies sur
]a, b] et des intégrales impropres ]a,b] f est exactement symétrique.
On dit intégrale sur un intervalle quelconque, ou intégrale impropre, ou généralisée,
En utilisant une
R primitiveR explicite et le
R calcul des intégrales partielles, déterminer
par opposition aux intégrales ordinaires qu’on vient d’étudier.
la nature de ]0,1] f , de ]0,1] g et de ]−∞,0] h lorsque f (t) = ln(t), g(t) = t12 et
h(t) = et . Calculer leurs valeurs si elles convergent.
3.1 Cas d’un intervalle [a, b[
Théorème et définition. — Soit f ∈ CM(]a, b[, K). Il y Ra équivalence entre :
— Soit f ∈ CM([a, b[, Les intégrales partielles de f sont les nombres
R
Rx Définition. K). (1) Il existe c ∈ ]a, b[ tel que les deux intégrales impropres f
]a,c] R
et [c,b[
f convergent.
a
f (t) dt pour x ∈ [a, b[. R
(2) Pour tout c ∈ ]a, b[, les deux intégrales impropres ]a,c] f et [c,b[ f convergent.
R
Définition. — Soit f ∈ CM([a, b[, K). L’intégrale [a,b[ f est dite convergente si les R Rb
On dit alors que ]a,b[ f converge, et on définit la valeur de a f (t) dt par la relation de
intégrales partielles admettent une limite finie quand x tend vers b. Dans ce cas, la
Rb Rx Chasles habituelle.
valeur de cette intégrale est notée a f (t) dt = limx→b a f (t) dt.
Les résultats énoncés plus haut s’étendent au cas des intervalles ]a, b] et ]a, b[.
Quelles sont les notions analogues dans le chapitre sur les séries ? Ici, on parle de
Vous êtes prié(e)s de comprendre que ce qui précède est une définition, et qu’on
la valeur d’une intégrale convergente. Quel était le terme utilisé pour une série
ne remet pas en cause une définition. Vérifions si vous avez compris : prouvez
convergente ? Quelles différences fait-on dans les notations (entre la question et R
que ]−∞,∞[ f est divergente lorsque f (t) = t ou lorsque f (t) = arctan(t). Écrire
le résultat en cas de convergence) dans les chapitres Séries et Intégrales ? R +∞
P −∞
arctan(t) dt = 0 n’a aucun sens !
Hélas ! La bonne habitude qu’on avait prise de distinguer la série n∈N un et sa somme
P+∞
n=0 un en cas de convergence n’est R presque jamais respectée par les textes de concours.
1 R1 3.3 Cas d’un segment [a, b]
On lira par exemple «Montrer que 0 √dt 1−t
converge et que 0 √dt 1−t
= 2». La même
notation désigne à la fois l’objet d’étude et la valeur. Néanmoins, dans ce résumé, on Théorème. — Si S = [a, b] est un segment et si f ∈ CM(S, K), alors l’intégrale de
Rb
maintiendra
R la différence de notation : f sur [a, b[ est convergente, et on a l’égalité des valeurs des intégrales a f (t) dt au sens
— [a,b[ f pour l’objet d’étude. de la première de de la deuxième année.

4
Corollaire. — Si b est une borne finie et si f ∈ CM([a, b[, K) admet un prolongement 4.2.3 Logarithme.
Rb Rb
par continuité en b, alors [a,b[ f est convergente et a f (t) dt = a f˜ dt, où f˜ est la
R
R
Une primitive de ln est t 7→ t ln(t) − t, et ]0,1] ln converge.
fonction f prolongée par continuité en b. On dit parfois dans ce cas que l’intégrale est
faussement impropre. Démontrer ce théorème et calculer la valeur de l’intégrale.
R
Démontrer le théorème et le corollaire. Application : montrer que ]0,1] sinc
converge, où sinc est la fonction sinus cardinal, d’expression t 7→ sint t . Reco- 4.2.4 Changements de variable affines
pier 100 fois la phrase «Prolonger une fonction par continuité en +∞ ou en −∞
Les changements de variable affines ne modifient pas la nature d’une intégrale et
n’a aucun sens» : on parle seulement de limite dans ce cas. Trouver une fonction
on peut les utiliser librement pour calculer la valeur d’une intégrale impropre. Il est
très simple définie sur [1, +∞[, de limite zéro en +∞, et dont l’intégrale diverge.
admis que les élèves n’ont pasR à énoncer le théorème général de changement de variable.
1
Elles et ils diront donc que 0 √dt 1−t
est une intégrale de Riemann convergente car le
3.4 Une différence importante avec les séries R 1 du
R changement de variable u = 1 − t conduit à 0 √ u
.
Théorème. — Il n’y a pas de lien logique entre la convergence de l’intégrale [a,b[ f
et l’existence d’une limite de f en b.
4.3 Théorèmes de de comparaison
Donner un contre-exemple. À quel résultat du chapitre Séries le titre du paragraphe
fait-il allusion ? Les théorèmes sont énoncés pour un intervalle [a, b[ et des fonctions positives. Ils
s’étendent aux autres types d’intervalles et aux fonctions de signe fixe. Le caractère
local de la nature d’une intégrale montre qu’ils s’étendent aussi aux fonctions qui sont
4 Intégrales des fonctions positives de signe fixe au voisinage de la (des) borne(s) impropre(s) de l’intégrale.
Théorème. — Si f et g sont continues R par morceaux sur [a, b[ et si 0 6 f 6 g au
4.1 Caractérisation de la convergence voisinage de b, alors la convergence de [a,b[ g implique la convergence de celle de f (par
Théorème. — Soit f ∈ C 0 ([a, b[, R+ ) une fonction positive. Alors [a,b[ f converge si et
R
contraposée : la divergence de celle de f implique la divergence de celle de g).
seulement si l’intégrale partielle est majorée sur [a, b[ : ∃M ∈ R+ , ∀x ∈ [a, b[, F (x) = Généralisation au cas de f = Ob (g).
Rb
a
f (t) dt 6 M . En dehors du cas exceptionnel où l’on connaît une primitive de f , la nature
de
R son intégrale ne se détermine pas en effectuant des calculs sur la notation
Énoncer le résultat analogue du chapitre Séries et démontrer le théorème ci-dessus.
[a,b[
f , mais effectuant des calculs sur f (t).

4.2 Les intégrales de référence Théorème. — Si f et g sont continues parR morceauxR sur [a, b[ et positives, et si f ∼ g
au voisinage de b, alors les deux intégrales [a,b[ f et [a,b[ g sont de même nature.
4.2.1 Intégrales de Riemann.
Elles concernent la fonction t 7→ t1α et il y en a deux types. 4.4 Règles de Riemann
R +∞ dt
Théorème. — (Sur [1, +∞[). L’intégrale 1 tα converge si et seulement si α > 1.
Théorème : règle de Riemann au voisinage de +∞. — Soit I un intervalle de
Démontrer ce théorème, calculer la valeur de l’intégrale et énoncer le résultat la forme [a, +∞[ et soit f ∈ CM(I, R+ ) une fonction positive.
analogue du chapitre Séries. (1) S’il existe α > 1 tel que lim+∞ [tα f (t)] = 0, alors l’intégrale de f converge.
R1
Théorème. — (Sur ]0, 1]). L’intégrale 0 tdtα converge si et seulement si α < 1. (2) S’il existe α 6 1 tel que lim+∞ [tα f (t)] = +∞, alors l’intégrale de f diverge.
R +∞ dt
Démontrer ce théorème. La fonction t 7→ 1t a-t-elle une intégrale convergente sur Exemple. — Les intégrales de Bertrand 2 tβ (ln t)γ
, où (β, γ) ∈ R2 .
R +∞ dt
]0, 1] ou [1, +∞[ ? Démontrer que 0 tα est divergente quelle que soit α. Théorème : règle de Riemann au voisinage de zéro. — Soit I un intervalle de
la forme ]0, a] et soit f ∈ CM(I, R+ ) une fonction positive.
4.2.2 Exponentielles. (1) S’il existe α < 1 tel que lim0 [tα f (t)] = 0, alors I fR converge.
R

L’intégrale de t 7→ eαt sur [0, +∞[ converge si et seulement si α < 0. (2) S’il existe α > 1 tel que lim0 [tα f (t)] = +∞, alors I f diverge.
R 1/2
Démontrer ce théorème et calculer la valeur de l’intégrale. Exemple. — Les intégrales de Bertrand 0 tβ | dt ln t|γ
, où (β, γ) ∈ R2 .

5
4.5 Comparaison à une série Exemple du sinus R cardinal. — R
(i) L’intégrale ]0,+∞[ sin c converge (on choisissant sin = 1 − cos dans l’IPP).
On rappelle le résultat suivant, donné dans le chapitre sur les séries. R nπ Pn−1 R (k+1)π | sin t|
(ii) Mais ]0,+∞[ | sin c| diverge car π | sint t| dt =
R
dt =
— Si f est continue, positive, décroissante, de P[0, ∞[ dans R, si l’on pose
Théorème. k=1 kπ t
Rn Pn−1 R π | sin u| Pn−1 R π | sin u|
wn = n−1 f (t) dt − f (n), pour tout n ∈ N∗ , alors la série wn converge. k=1 0 u+kπ du >
2
k=1 0 (k+1)π du = π (Hn − 1).
On énonce son corollaire avec le vocabulaire de ce chapitre.
5.3 Changement de variable
P
Corollaire.
R — Sous les mêmes hypothèses, la série f (n) converge si, et seulement
si [0,+∞[ f converge.
Théorème. — Si f ∈ CM 0 (I, K) et ϕ est une bijection de classe C 1 de J sur I, alors
l’intégrale de f sur I converge si et seulementR si et l’intégrale sur I de (f ◦ ϕ) × ϕ0
5 Intégrales des fonctions complexes converge. Dans ce cas, on a l’égalité de valeurs I f = J (f ◦ ϕ)|ϕ0 |.
R

Méthode. — On écrit formellement le changement de variable pour voir à quoi res-


5.1 Intégrales absolument convergentes, intégrabilité semble la nouvelle intégrale, et on vérifie la convergence d’au moins une des deux inté-
grales, puis on dit que l’égalité formelle devient une égalité de valeurs.
Définition. — Si f est une fonction définie sur un intervalle (quelconque) I à valeurs
réelles, on pose ∀x ∈ I, f + (x) = max(0, f (x)) et f − (x) = max(0, −f (x)). Cas particulier des intervalles [a, b[ et [α, β[ et d’un changement de variable C 1 bijectif
croissant.
Exercice. — Tracer les graphes de sin, de sin+ et de sin− sur une même figure.
Exemple. — Le changement de variable t = u2 prouve la convergence et l’égalité des
Théorème. — On a les relations |f | = f + + f − et f = f + − f − . R +∞ e−t R +∞ −u2
deux intégrales suivantes : 0 √ dt = 2 e du.
Corollaire. — Si f ∈ CM(I, R), alors f + et f − sont elles aussi continues par mor- t 0

ceaux.
Définition. — Soient I un intervalle de R et f ∈ CM(I, K). On dit que l’intégrale
5.4 Propriétés
de f sur I est Rabsolument convergente ou que f est intégrable sur I lorsque l’inté- Rb
On rappelle que L1 ([a, b[, K) = {f ∈ CM([a, b[, K), a f converge absolument}, et on
grale impropre I |f | converge. On note L1 (I, K) l’ensemble des fonctions continues par b
définit L2 ([a, b[, K) = {f ∈ CM([a, b[, K), a f 2 converge absolument}.
R
morceaux de I dans K dont l’intégrale converge absolument.
R +∞
Exemple. — Pour z ∈ C, l’intégrale 0 ezt dt converge absolument si et seulement si
Re z < 0. 5.4.1 Propriétés algébriques
Remarque. — Si I est un intervalle borné et si R 1f , continue par morceaux, est bornée Rb
Théorème. — On fixe [a, b[. Les ensembles V = {f ∈ CM([a, b[, K), a f converge}
1
sur I, alors f est intégrable sur I. Exemple de 0 sin( t ) dt. et L1 ([a, b[, K) sont deux sous-espaces vectoriels de CM([a, b[, K), et l’application f ∈
Rb
Théorème. — Soit f ∈ CM(I, K). Si l’intégrale de f sur I est absolument R convergente
R V ou L1 7→ a f est une forme linéaire. On a L1 ⊂ V ⊂ CM, les deux inclusions étant
(si f est intégrable sur I), alors elle est convergente. Dans ce cas, on a | I f | 6 I |f |. strictes.
Définition. — Une intégrale est semi-convergente lorsqu’elle est convergente mais pas
btc
absolument convergente. Exemple de la fonction t ∈ [1, +∞[ 7→ (−1)t . 5.4.2 Autres résultats
Ils sont formulés comme pour les fonctions continues sur des segments, mais il faut
5.2 Intégration par parties ajouter systématiquement les hypothèses de convergence convenables.
Théorème. — Soient f et g dans C 1 ([a, b[, K). • Positivité et croissance de l’intégrale en cas de convergence pour les fonctions réelles.
Rb
g]baR converge, c’est-à-dire si limb (f g) existe et est finie, alors les deux intégrales • Positivité stricte pour les fonctions continues : si f ∈ C 0 ([a, b[, R+ ) et si a f (t) dt
R 1) Si [f Rb
[a,b[
f g et [a,b[ f 0 g ont la même nature.
0
converge, alors 0 f (t) dt = 0 si et seulement si f est la fonction nulle.
Rb Rb Rb
2) Si [f g]ba converge, et si elles convergent, on a l’égalité de valeurs a f (t)g 0 (t) dt = • Inégalité triangulaire dans L1 : si f ∈ L1 ([a, b[, K), alors | a f (t) dt| 6 a |f (t)| dt.
Rb
[f (t)g(t)]na − a f 0 (t)g(t) dt. • Inégalité de la moyenne : si f ∈ L1 ([a, b[, K) et g ∈ CM([a, b[; K) est bornée, alors
Rb [a,b[ R b
Méthode. — On écrit formellement l’IPP pour voir à quoi ressemble la nouvelle inté- le produit f g appartient à L1 , et on a | a f (t)g(t) dt| 6 kgk∞ a |f (t)| dt.
grale, et on vérifie la convergence de [f g]ba et celle d’au moins une des deux intégrales, • Inégalité de Cauchy-Schwarz : si f et g appartiennent q à L2 ([a, b[; R), qRalors le pro-
1
R b Rb b
puis on dit que l’égalité formelle devient une égalité de valeurs duit f g appartient à L ([a, b[, R), et on a | a f (t)g(t) dt| 6 a
f 2 (t) dt a g 2 (t) dt.

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