Notes
Notes
Jérome Scherer
mise en page par Émir Nairi
Semestre de printemps
23 juin 2020
Introduction
Ces notes ont été réalisées par un étudiant du cours de l'année 2018-2019.
Elles sont susceptibles de contenir des erreurs. Avec votre volonté, nous par-
viendrons à les évincer : vous êtes libres de me signaler n'importe quelle co-
quille/erreur/point peu clair/manque de détails à l'adresse suivante : emir.nairi@ep.ch.
Les sections non traitées lors de l'année 2018-2019 sont annotées par (?).
Parfois le polycopié ne suit pas le cours dans le sens où des dénitions d'une
semaine n+k sont parfois données lors du cours de la semaine n.
La n du polycopié contient quelques exercices (corrigés) qui m'avaient parus
intéressants l'année dernière : certains présentent une généralisation ou illustrent
les quelques concepts du cours.
Aussi, ces notes ayant été réalisées de façon volontaire, j'en prote pour
glisser une petite dédicace à l'équipe : le Motoculteur de Gadji, MagicFinger,
Lilianou de Waterlou, Lomen et l'Algébriste. Bises et amusez-vous bien !(sauf le
dernier).
Émir
i
Table des matières
Introduction i
Table iv
I Anneaux 1
1 Quelques généralités sur les Anneaux 2
1.1 Dénitions de base et exemples connus . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.1 La notion d'anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Homomorphismes d'anneaux et sous-anneaux . . . . . . . 3
1.2 Anneaux de polynômes, entiers modulaires . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Séries formelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.2 Évaluation des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.3 Anneaux de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.4 Les entiers modulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Anneaux intègres et corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.1 Quelques dénitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3.2 La caractéristique d'un anneau . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.3 Le corps des fractions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.4 Localisation (?) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.4 Idéaux et anneaux quotients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Idéaux : dénitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.2 Anneau quotient, théorèmes d'isomorphisme . . . . . . . . 14
1.4.3 Le théorème chinois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.5 Idéaux premiers, maximaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5.1 Idéaux premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.5.2 Idéaux maximaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.5.3 Quelques idéaux particuliers (?) . . . . . . . . . . . . . . 25
1.6 La fonction ϕ d'Euler et le théorème de Fermat . . . . . . . . . . 27
ii
TABLE DES MATIÈRES iii
II Les Corps 49
3 Extensions de corps 50
3.1 Extensions et corps nis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.1.1 Structure de K-algèbre et retour rapide aux polynômes . 50
3.1.2 Extensions algébriques et transcendantes . . . . . . . . . 55
3.1.3 Corps de rupture et corps de décomposition . . . . . . . . 59
3.1.4 Corps algébriquement clos . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
3.1.5 Corps nis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
IV Exercices ? 87
6 Énoncés 88
TABLE DES MATIÈRES iv
7 Corrigés 95
Première partie
Anneaux
1
Chapitre 1
• a · (b + c) = a · b + a · c pour tous a, b, c ∈ A,
• (b + c) · a = b · a + c · a pour tous a, b, c ∈ A ;
4. Il existe un élément 1 = 1A appelé unité ou élément neutre pour la mul-
tiplication tel que 1A · a = a = a · 1A pour tout a ∈ A.
Remarque 1.1.2. Tous les anneaux que nous considérerons sont donc
.
uni-
taires
Exemple 1.1.3. Les entiers relatifs Z, les nombres rationnels R, les nombres
complexes C, munis de l'addition et de la multiplication usuelles, forment des
2
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 3
anneaux. Pour tout anneau A et tout entier n ≥ 1, l'ensemble Mn (A) des ma-
trices carrées de taille n × n forme un anneau pour la somme et la multiplication
matricielles. L'anneau nul {0} est le seul anneau dans lequel 0 = 1.
Remarque 1.1.4. Il existe des dénitions plus souples, on pourrait par exemple
parler d'anneau sans unité (par exemple les fonctions réelles à support compact
ou encore 2Z), mais nous ne le ferons pas dans ce cours. Une raison simple pour
cela est que nous allons souvent considérer des ensembles de multiples d'un
élément a (a) = {x · a | x ∈ A}, de manière analogue à ce que
donné, nous
faisons dans Z où (n) désigne l'ensemble des multiples de n. Sans unité dans
notre anneau a n'appartiendrait pas à (a)...
Voici une liste de propriétés qui sont vraies dans tout anneau et dont les
preuves gurent dans le cours d'algèbre linéaire de première année.
Les anneaux de matrices, même lorsque les coecients vivent dans un anneau
commutatif (non nul), ne sont pas des anneaux commutatifs dès que n ≥ 2
puisque
1 0 0 1 0 1 0 0 0 1 1 0
· = 6= = ·
0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
1. f (a + b) = f (a) + f (b) ;
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 4
2. f (a · b) = f (a) · f (b) ;
3. f (1A ) = 1B .
Exemple
1.1.11. Le sous-ensemble C de M2 (R) formé des matrices de la forme
a b
où a, b ∈ R est un sous anneau. En eet il s'agit clairement d'un sous-
−b a
groupe (pour l'addition), la matrice I2 ∈ C et on vérie à la main que le produit
de deux matrices de C est encore dans C .
L'application
f : C → C qui envoie le nombre complexe a + bi sur la matrice
a b
est un isomorphisme d'anneaux.
−b a
X
(ai )i∈N · (bi )i = ( ai bj )k (1.1)
i+j=k
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 5
On note la suite (0(0) , 1(1) , 0(2) , ...0) comme t et tn comme (0(0) , 0(1) , .., 1(n) , 0(n+1) , ..0).
n
On pourra vérier que t · t · t...t = t avec notre dénition.
| {z }
séries formelles
n f ois
On note cet anneau A[[t]], l'anneau des . Une suite (ai )i∈N est
k
P
identiée à k∈N ak t . Il ne s'agit pas de l'anneau des polynômes, toutefois on
vérie que l'ensemble
P
k∈N ak tk : ∃m ∈ N tq : ∀k ≥ m, ak = 0
des séries à support ni est un sous anneau, et il s'agit de l'anneau des polynômes
à coecients dans A, à une seule indéterminée, t et noté A[t].
Remarque 1.2.1. Il sera utile pour la suite de voir que, ∀a ∈ A, ”a = (a , 0, ...0)”.
Autrement dit, A ⊂ A[t], et dans la suite on notera i le morphisme d'inclusion. (0)
A
f
/B
>
i
evb
A[t]
nies
Soit G un groupe, A un anneau. L'anneau A[G], appelé anneau du groupe
G, est constitué de l'ensemble des combinaisons linéaires d'éléments de
G, avec pour coecients des éléments de A, i.e l'ensemble des expressions
Pm
k=1 ak gk , où m ∈ N, ak ∈ A & gk ∈ G, ∀k ∈ [m]
La somme de ces éléments est dénie terme à terme, et la multiplication induite
par celle de G
m n loi de G
X X X z }| {
( ai gi )( bj hj ) = ai bj (gi hj ) (1.2)
i=1 j=1 i,j
|{z}
loi de A
distributivité
(1 + (12))2 = (1 + (12))(1 + (12))
z}|{
= 1 + 1(12) + (12)1 + (12)(12) = 2 + 2(12)
| {z }
=1
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 7
Dénition 1.3.3. Un anneau non nul A est un corps s'il est commutatif et que
A× = A \ {0}.
On parle parfois de corps gauche lorsque l'hypothèse de commutativité n'est
pas demandée, mais dans ce cours les corps seront commutatifs par dénition.
Exemple 1.3.8. (a) car(Z) =0 = car(Q) = car(R) puisque f est injective.
(b) car(Z/n) = n = car(M ( (n))) = car( n[t]).
Z
n
Z
b∈A .
b
∗
2. Pour la transitivité, supposons que (a, b) ∼ (a0 , b0 ) et que (a0 , b0 ) ∼ (ã, b̃).
Alors on a les égalités
ab0 = a0 b & a0 b̃ = b0 ã
(ab̃ − bã)b0 = 0.
2. produit : · =
b b0 bb0
a c ac
Ces opérations sont bien dénies (i.e, ne dépendent pas du choix du repré-
b d cd
Démonstration. si
a
b = a0 c
b0 et que d = c0
d0 , alors on a les relations
ad+bc a0 d0 +c0 d0
bd = b0 d0
⇔
(ad + bc)b0 d0 = (a0 d0 + c0 b0 )bd
⇔
adb0 d0 = bcb0 d0 = a0 d0 bd + c0 b0 bd
⇔
ab0 dd0 + cd0 bb0 = a0 bd0 d + c0 db0 b
En utilisant nos relations d'équivalence, on trouve bien l'égalité. Le produit se
montre de façon similaire.
0K = 0
1 = 0
b , ∀b ∈ A∗
de plus
1K = 1
1 = b
b , ∀b ∈ A∗
K est un corps des fractions par construction. Chaque élément peut s'écrire
comme produit d'un élément de A et d'un inverse d'un élément de A∗ . Cette
écriture, modulo la relation d'équivalence sur le corps des fractions dénie pré-
cédemment, est unique.
n o
p(t)
K(t) = q(t) : p(t) ∈ K[t], q(t) ∈ K[t]∗
A
j
/L
?
i
f
K
Exemple 1.3.24.
1. Si A = Z et S = Z , alors l'anneau S
∗ −1
sera l'anneau Q, et i : Z → Q
l'injection canonique.
A
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 12
nombres décimaux.
Remarque 1.3.25. Remarquons qu'on ne restreint pas 0 6∈ S . Mais comme
expliqué plus haut, on construit le localisé de façon à ce que les éléments de S
A
Construction
Sur l'ensemble A × S, on dénit la relation d'équivalence
De cette façon, l'application i que nous avions dénie plus haut est un mor-
phisme d'anneau car
0 1
i(0) = 1 =0 et i(1) = 1 =1
Par suite
a+b a b
i(a + b) = 1 = 1 + 1 = i(a) + i(b)
et
ab ab
i(ab) = 1 = 11 = i(a)i(b)
Soit s ∈ S . Alors i(s) = 1s ∈ S −1 A et 1
s ∈ S par construction, ainsi i(s) 1s = s
s =1
−1
et les éléments de S sont inversibles dans S A.
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 13
construit plus haut. Alors, pour tout homomorphisme d'anneau B et tout mor-
phisme d'anneau f : A → B tel que f (S) ⊂ B , il existe un unique homomor-
×
suivant commute.
A
f
/B
<
i
ϕ
−1
S A
∀a ∈ A, ∀i ∈ I, ai ∈ I (resp. ia ∈ I)
Si I est un idéal à gauche et à droite, on dit que I est un idéal . bilatère
Remarque 1.4.2. Si A est commutatif, tout idéal est bilatère, et on dira sim-
plement que I est un idéal.
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 14
Exemple 1.4.7. ,
ev1 : R[t] 7→ R ker(ev1 ) = (t − 1). C'est un idéal principal.
1.4.2 Anneau quotient, théorèmes d'isomorphisme
Les constructions qui suivent trouvent leur origine dans le fait que l'inclusion
ensembliste ⊂ munit l'ensemble de tous les idéaux à gauche de A d'une structure
d'ensemble partiellement ordonné (poset). Etant donné deux idéaux à gauche I
et J on peut donc légitimement se demander quels sont les idéaux plus petits
(resp. plus grands) que I et J.
1. Intersection. Le meet de I et J , c'est-à-dire le plus grand des minorants
de I et J est l'intersection I ∩ J . On vérie aisément que I ∩ J est un idéal
à gauche de A et qu'il est plus grand contenu à la fois dans I et dans J .
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 15
3. Produit. Le produit
de I et J , est I · J = {
Pn
k=1 xk · yk | k ∈ N, xk ∈
I, yk ∈ J}. On vérie aisément que I · J est un idéal à gauche de A
Remarque 1.4.8. La réunion d'idéaux n'est pas un idéal en général, ce n'est
pas vrai déjà au niveau des sous-groupes. C'est pour obtenir la stabilité de la
somme que l'on dénit I +J et la propriété de stabilité pour le produit par des
éléments de A à gauche suit.
Le produit de deux idéaux est aussi déni de sorte à garantir la stabilité de
la somme et la propriété de stabilité pour le produit par des éléments de A à
gauche suit directement de celle de I (sans devoir utiliser celle de J ).
Les relations entre les idéaux dénis ci-dessus sont visuellement éclairantes
dans le cas d'idéaux bilatères (chaque èche décorée d'un petit crochet indique
une inclusion) :
;Iq
, "
I ·J / I ∩J r I< + J
# -
J
(a + I) + (b + I) = (a + b) + I
(a + I) · (b + I) = (a · b) + I
Démonstration. On sait déjà (cf cours de Théorie des groupes) que A/I possède
une structure de groupe. On vérie que · est bien dénie. On rappelle que
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 16
a ≡ a0 mod(I) ⇐⇒ a − a0 ∈ I ⇐⇒ ∃i ∈ I : a + i = a0
si b = b0 + j et a = a0 + i pour i, j ∈ J , on aimerait montrer que la multiplication
ne dépend pas du choix de représentant, c'est-à-dire
ab ≡ a0 b0 mod(I)
On calcule :
π(1A ) = 1A = 1A + I = 1A/I
et ∀a, b ∈ A : π(ab) = ab = a · b = π(a) · π(b).
Donc c'est un homomorphisme d'anneau.
Corollaire 1.4.13. Tout idéal bilatère d'un anneau est noyau d'un homomor-
phisme.
Proposition 1.4.14 . Soit f : A 7→ B un morphisme
d'anneau tel que I , un idéal bilatère de A, est inclus dans ker(f ).
(Propriété universelle)
f (1A/I ) = f (1A ) = 1B
et pour le produit
1. f est injective :
f (a) = 0 = f (a) ⇐⇒ a ∈ ker(f ) ⇐⇒ a = 0
2. Im(f ) = Im(f ◦ π) = Im(f ) et f est surjective dans son image.
et que
Im(evi ) = Z[i]
on a
Z[t] ∼
(t2 + 1) = Z[i]
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 18
1 + 3i = 0
=⇒ 1 = −3i
=⇒ i = 3
=⇒ −1 = 9
=⇒ 10 = 0
à droite).
Démonstration. Le cas à droite se traite de façon identique.
−1
1. f (J) est un sous groupe de (A, +).
2. Soit i ∈ f −1 (J) et a ∈ A. f (ai) = f (a)f (i) ∈ J .
ai ) ∈ f (I).
bj = f (|{z}
∈I
- C'est un inverse :
0 = π(x − j) ⇐⇒ x − j ∈ I =⇒ x ∈ j + I =⇒ x ∈ J
en se rappelant que J contient I. On a montré la deuxième inclusion
et donc le fait que notre application est bijective.
Démonstration. On commence par observer que I +J/I est l'image de l'idéal bi-
latère I +J par π (réduction modulo I ). Donc c'est un idéal de A/I . Considérons
la composition de π et π̄ comme suit :
π π̄
A 7→ A/I 7→ (A/I)/(I + J/I)
¯
a 7→ ā 7→ ā
Comme composition d'application surjective, cette application est surjective.
On calcule le noyau deπ̄ ◦ π .
¯
π̄ ◦ π(a) = 0̄ ⇐⇒ π(a) = ā ∈ ker(π̄) = I + J/I = π(I + J) ⇐⇒ a ∈ I + J
On conclut en utilisant le théorème d'isomorphisme.
a b
Exemple 1.4.23. A={
0 d
| a, b, d ∈ Z}
0 b
I={ | b ∈ Z}
0 0
a c
J ={ |a, c ∈ 2Z, b ∈ Z}
0 b
a c
I +J ={ | a, b ∈ 2Z, d ∈ Z}
On cherche à étudier . Pour cela on procède en deux temps :
0 b
A/I + J
1. On commence par quotienter par I . Il est clair que
= Z × Z (projection sur les composantes diagonales)
A/I ∼
et de la même façon
I + J/I ∼
= 2Z × 2Z
Exemple 1.4.26. 1. Dans Z, les seuls idéaux sont des idéaux principaux (on
dit que Z est ).
principal
Ces idéaux, de forme (n) et (m) pour certains entiers n et m, sont premiers
entre eux ⇐⇒ pgdc(n, m) = 1 i.e ∃a, b ∈ Z tels que : an + bm = 1.
(Bezout)
z = z · 1 = z · (x + y) = |{z}
z |{z} z ∈ IJ
x + y |{z}
|{z}
∈J ∈I ∈J ∈I
On en déduit que IJ = I ∩ J .
Nous pouvons attaquer le
a 7→ (a, a) 7→ (a + I, a + J)
identité de Bézout
La procédure que nous utilisons pour montrer la surjectivité est importante et
utilise une (elle revient dans quelques exercices). Soit a, b ∈ A.
Nous aimerions montrer que (a + I, b + J) ∈ Im(π). Dénissons c := ay + bx ∈ A
et remarquons que π(c) = (c + I, c + J) = (ay + |{z}
bx +I, ay +bx + J) =
|{z}
∈I ∈J
(ay + I, bx + J). De plus la relation x+y = 1 donne x = 1−y et y = 1−x d'où
π(c) = (a · (1 − x) + I, b(1 − y) + J) = (a + I, b + J)
ce qui conclut la preuve.
A/I ∼
= A/J × A/K
Dénition 1.5.1.
Un idéal I est dit premier si I est un idéal propre (i.e I ( A) et si
(ab ∈ I) =⇒ a ∈ I ou b ∈ I
.
Exemple 1.5.2. Dans un anneau A, (0) est premier ⇐⇒ A est intègre.
De la dénition précédente et de notre observation initiale suit :
Démonstration. I 6= A I=A 1 ∈I
. En eet si , A f (1 ) = 1
et puisque A B , alors
J = B . Donc I ( A. Si aa0 ∈ I , alors f (aa0 ) = f (a)f (a0 ) ∈ J
=⇒ f (a) ∈ J ou f (a0 ) ∈ J =⇒ a ∈ I ou a0 ∈ I et donc I est premier.
On se base sur l' axiome du choix sous la forme du lemme de Zorn pour
prouver le résultat suivant :
élément maximal.
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 25
L'idée pour la suite sera d'utiliser comme ensemble X l'ensemble des idéaux
propres de A contenant I, et de choisir la relation d'inclusion comme relation
d'ordre partiel.
E = {J ⊆ A| I ⊆ J et J est propre}
I ∈E E
partiellement ordonné
Remarquons que et donc que est non vide. Cet ensemble, muni de la
relation d'inclusion, est . On a toujours I ⊆ J, ∀J ∈ E. Si
E possède un élément maximal, alors on aura montré le théorème.
on montre que
Soit F ⊆ E une chaîne de E, montrons que F possède un majorant. Posons
I = J∈F J .
S
Dénition 1.5.15.
Soit un anneau. On dit que x ∈ A est nilpotent s'il existe n ∈ N tel que
.
A
xn = 0
On appelle de A l'ensemble des éléments nilpotents de A, que l'on
notera N(A).
nilradical
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 26
x∈A p A
est un élément nilpotent. Mais l'anneau
p est intègre car p est pre-
Théorème 1.6.7. Si n = p r1 rk
avec k ∈ N , r ∈ N , i ∈ [k] et les p distincts
∗ ∗
Qk
ϕ(n) = i=1 pri i −1 (pi − 1)
Démonstration. Suit de la proposition précédente et du fait que
Exemple 1.6.8. .
288 = 25 · 32 ϕ(288) = 24 · (2 − 1) · 31 · (3 − 1) = 25 · 3 .
Proposition 1.6.9. Soit (C , ·) un groupe cyclique d'ordre n. Alors #{g ∈
.
n
Cn | < g >= Cn } = ϕ(n)
Démonstration. Ce groupe est isomorphe à (Z/n, +).
CHAPITRE 1. QUELQUES GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX 29
2. k ≡ k[p], ∀k ∈ Z
p
Remarque 2.1.2. Si A n'est pas intègre, le degré peut diminuer. En eet dans
Z [t] on calcule par exemple
(6)
Si A n'est pas intègre il faut supposer que l'un des coecients dominants de f
ou de g est inversible pour garantir l'égalité.
Le lemme permet de conclure aussi que A[t] est intègre en restreignant notre
attention sur le coecient dominant d'un produit de polynômes non nuls.
30
CHAPITRE 2. CLASSIFICATION DES ANNEAUX 31
Démonstration. m = (f ) n = (g)
Soit deg et deg . On montre d'abord l'unicité.
Supposons que q1 g + r1 = f = q2 g + r2 . Alors (q1 − q2 )g = r2 − r1 . Comme
le coecient dominant de g est inversible, le degré du polynôme de gauche est
strictement plus grand que celui de r2 − r1 , ce qui est impossible, à moins que
q1 − q2 = 0. Ainsi q1 = q2 et alors r2 − r1 = 0 également si bien que r1 = r2 .
Il reste à montrer l'existence. Si m<n q = 0 et r = f . Supposons
on pose
donc que m≥n et on procède par récurrence sur m. Quand m = −∞, alors
f = 0 et on écrit 0 = 0 · g + 0. On initialise la récurrence quand m = 0. Dans ce
cas f est un polynôme constant a0 . On voit alors que g est aussi un polynôme
−1
constant b0 , inversible comme élément de A, et on pose q = a0 · b0 et r = 0.
h = f − am b−1
n t
m−n
g
Dénition 2.1.6. Soit A un anneau intègre. On dit que A est euclidien s'il
existe une fonction euclidienne σ : A → N telle que :
∗
Puisque x est arbitraire, chaque élément non nul est inversible et K est un
corps.
Cette section utilise dans une moindre mesure la théorie présentée dans les
sections suivantes. Il est conseillé d'y revenir plus tard.
On commence par deux lemmes qui nous seront utiles par la suite.
Z[X] 2 Z [X]
Z[i] ∼ (X + 1) ∼ (p)
(p) = (p) = (X 2 + 1)
On tire de ceci que l'idéal (p) est premier dans Z[i] (i.e, p est irréductible dans
Z[i]) si et seulement si −1 n'est pas un carré modulo p (pour avoir que X2 − 1
n'a pas de racine).
CHAPITRE 2. CLASSIFICATION DES ANNEAUX 34
x ∼ y ⇐⇒ x = ±y ou x = ± y1
Nous ne prouverons pas que c'est une relation d'équivalence (mais c'est assez
facile). La classe d'équivalence d'un élément x a pour cardinal :
2 si x= ± x1
4 sinon
Les éléments qui ont une classe d'équivalence de cardinal 2 sont 1 et celle d'un
élément qui satisfait x2 = −1. On se rappelle que les classes d'équivalence sont
π(a)2 − π(a)
π(a)2 = −1. Puisque p ≡ −1[4] c'est absurde (cf lemme I). Ainsi
π(a) = π(b) = 0 et a et b sont multiples de p. Écrivons a = a0 p et b = b0 p et
02 2 02 2 2 02 02 2
on a alors n = a p + b p = p (a + b ). Alors m = n/p est un entier qui
est somme de deux carrés : par hypothèse de récurrence, l'exposant de p dans
la décomposition en facteur premiers de m est pair, et il en est donc de même
pour n.
Théorème 2.1.19 (Lagrange, 1770). Tout entier positif est la somme de quatre
carrés.
2.2 Anneaux factoriels, polynômes irréductibles
Les analogies trop strictes avec Z sont parfois dangereuses. Dans cette section
on explore les limites du fait que les seules unités de Z sont ±1.
CHAPITRE 2. CLASSIFICATION DES ANNEAUX 36
Remarque 2.2.2. L'intégrité nous permet d'éviter les diviseurs de 0. Noter que
la relation "être associé" dénit une relation d'équivalence entre les éléments de
A. Nous noterons "∼" cette relation pour abréger la suite.
Remarque 2.2.5. L'idée est que q est associé à un élément (non inversible de
A. Dans un anneau factoriel, les éléments irréductibles forment "les briques"
pour construire les autre éléments (comme Z et les nombres premiers).
Exemple 2.2.6. 1. Dans Z, les éléments irréductibles sont ±p où p est pre-
mier.
2. Si K est un corps, K[t] = K . Les polynômes irréductibles le sont au
× ∗
polynôme de Z[t] pour être irréductible est d'avoir le pgdc de ses coecients
égal à 1.
4. 13 est irréductible dans Z, mais pas dans Z[i].
Remarque utile pour la suite : contenir, c'est diviser a ∈ (q)
: si , alors
∃u ∈ A : a = uq i.e q|a.
q = ab = ubq =⇒ ub = 1 =⇒ b ∈ A×
ce qui achève la preuve.
a = upr11 ...prkk , u ∈ A× , k ∈ N∗ et ri ∈ N∗
et où les pi sont irréductibles (on peut les supposer distincts avec les puissances).
Supposons désormais que ∀i on a pi ∼ qi avec pi = vi pi , et v i ∈ A× . Alors
Remarque 2.2.11. Une solution pour rendre cette décomposition unique est
de quotienter l'anneau A par la relation d'équivalence "être associé".
Grâce à cette décomposition il est possible de dénir la notion de pgdc pour
deux éléments non nuls a et b. En eet celui-ci correspond, lorsque l'on dispose
d'une décomposition de a et b en produit d'irréductibles, au produit des éléments
irréductibles communs dans leurs décompositions. Nous pourrions ensuite dénir
la notion d'éléments premiers entre eux : a et b sont premiers entre eux si
pgdc(a, b) ∈ A . Ceci permet d'ailleurs de conserver de nombreux analogues
×
Démonstration. a
On décomposeb et de manière essentiellement unique a =
up1 ...pr et b = vq1 ...qs avec u, v, pi , qj comme dans la dénition d'anneau facto-
riel.
ab = uvp1 ..pr q1 ..qs . Si q| ab alors il existe c ∈ A tel que qc = ab. Décomposons
c = wr1 ..rt de façon essentiellement unique aussi. On a alors l'égalité
CHAPITRE 2. CLASSIFICATION DES ANNEAUX 39
Démonstration. cf série.
essentiellement unique
On pourrait démontrer directement que la division euclidienne permet de
factoriser de manière les polynômes à coecients dans
stabilisation
un corps, mais nous allons montrer qu'en fait tout anneau principal est factoriel.
Pour cela nous aurons besoin d'une propriété de des chaînes crois-
santes d'idéaux et c'est la raison de cette excursion dans le monde des anneaux
noethériens.
Dénition 2.2.16. Un anneau commutatif A est noethérien si tout idéal est de
génération nie. Autrement dit, si I est un idéal de A, il existe un entier k∈N
et des éléments a1 , . . . , ak ∈ A tels que I = (a1 , . . . , ak ).
Exemple 2.2.17. Si A est un anneau principal, il est noethérien.
Si K est un corps, l'anneau de polynôme K[t] à une indéterminée est noethé-
rien. Plus généralement tout anneau principal est noethérien puisque les idéaux
sont tous engendrés par un seul élément. Nous verrons plus tard que K[t1 , . . . , tn ]
est noethérien pour tout n, mais non principal puisque l'idéal (t1 , . . . , tn ) n'est
pas principal.
En revanche l'anneau de polynômes K[t1 , t2 , t3 , . . . ] à une innité dénom-
brable d'indéterminées n'est pas noethérien car l'idéal
Démonstration. A
On suppose que est noethérien et on considère une chaîne
S
d'idéaux croissante I0 ⊂ I1 ⊂ I2 ⊂ . . . . On dénit N = j Ij , qui est un idéal
(comme dans la preuve de l'existence d'un idéal maximal). Il existe donc des
éléments a1 , . . . , ak ∈ A tels que N = (a1 , . . . , ak ). Chaque élément ai de N
appartient donc à un idéal Iji n est le plus grand des ij on conclut que
et si
In ⊂ N ⊂ In . Donc N = In , la chaîne stabilise.
M donne que les idéaux (b) et (c) ne sont pas dans I : en particulier, b et c se
décompose comme produit de facteurs irréductibles. Mais alors x = bc aussi, ce
qui est absurde.
a = up1 . . . pr
a = vq1 . . . qs
avec u, v ∈ A× et pi , qj des irréductibles, on montre que r=s et que les irré-
ductibles pi , qj sont associés deux à deux. On procède par récurrence sur r.
associés (c'est cette étape qui utilise pleinement l'hypothèse de principalité !).
Donc il existe w ∈ A× tel que q1 = wp1 . On obtient les décompositions pour a :
a = up1 = vwp1 q2 . . . qs
En simpliant par q1 (toujours possible de simplier dans un anneau intègre)
on a a = vwq2 . . . qs . Le cas r = 0 nous amène à une contradiction et donc (le
cas s = 0 étant aussi impossible par l'étape r = 0) que s = 1.
♠ cas r>1 : on écrit encore
a = up1 . . . pr = vq1 . . . qs
en supposant que s ≥ r. Puisque q1 est irréductible, alors (q1 ) est premier, et
donc puisque a ∈ (q1 ), alors soit p1 ∈ (q1 ) soit up2 . . . pr ∈ (q1 ). Dans le premier
cas, on a que p1 et q1 sont associés. Dans le second, l'hypothèse de récurrence
assure que q1 est associé avec un des pj pour j = 2, ..r . Dans tous les cas q1 est
associé avec l'un des pj , j = 1, ..r et pour simplier supposons qu'il s'agit de p1 .
Alors de façon identique au cas r = 1, on simplie par q1 et on a
a = up2 . . . pr = vwq2 . . . qs
On conclut par récurrence que r=s et que les pj , qi sont associés deux à deux.
On a montré l'unicité essentielle.
est dit primitif (c'est aussi le cas, par la dénition ci-dessus, si cont(f ) ∈ A ). ×
irréductible.
Exemple 2.2.31. Dans Z[t], le contenu de f = 6t3 − 15t + 3 vaut 3 (ou −3).
On peut écrire f = 3 · (2t3 − 5t + 1) ou f = −3 · (−2t3 + 5t − 1).
Puisque f et g sont primitifs, p ne divise pas tous leurs coecients. Soit encore
k = min{i ∈ {1, . . . , m} : p 6 | ai } et l = min{i ∈ {1, . . . , m} : p 6 | bi }. Calculons
le coecient de degré k + l dans f g . Ce coecient est égal à
X X X
ai bj = ai bj + ai bj + ak bl
i+j=k+l i<k,i+j=k+l j<l,i+j=k+l
Par dénition de k et l,
P
p| i<k,i+j=k+l ai bj
et
P
p| j<l,i+j=k+l ai bj + ak bl .
mais p ne divise pas ak bl , par le lemme d'Euclide. On a montré que pour un
irréductible quelconque p, p ne divise pas tous les coecients de f g.
Corollaire 2.2.33. Soit A un anneau factoriel, f, g ∈ A[t] non nuls. Alors
cont(f g) = cont(f )cont(g) .
Démonstration. On écrit f = c · f0 et g = d · g0 . Alors f g = cd · f0 g0 et par le
lemme précédent, f0 g0 est primitif, et donc cd est le contenu de f g .
f= 1
d · (a0 + ..an tn )
| {z }
coef f icients dans A
= dc (a00 + ..a0n tn ) = dc f0
Démonstration. 0
Soit
0 ∗
0
f ∈ K[t], et on écrit f = dc f0 = dc0 f00 , avec f0 et f00 ∈ A[t]
primitifs, c, c ∈ A et d, d ∈ A . Si f admet ces deux décompositions alors
0 0 0 0
on tire cd f0 = c df0 ∈ A[t]. f0 et f0 étant des polynômes primitifs, on a que
0
c d ∼ cd . Ainsi il existe u ∈ A tel que c0 d = ucd0 =⇒ dc0 = u dc . La deuxième
0 0 ×
Existence : Dans K[t], puisque K[t] est principal donc factoriel, f s'écrit
f = f1 ..fn , avec les fi ∈ K[t] irréductibles. Écrivons fi = ci gi où gi est primitif
∗
dans A[t], et ci le contenu dans K . Alors f = c1 ..cn g1 ..gn . Par le lemme de
Gauss g1 ..gn est primitif, et puisque f est à coecients dans A[t] alors c1 ..cn ∈ A.
Par factorialité de A, c1 ..cn = p1 ..pr avec les pi irréductibles de A. D'autre part
CHAPITRE 2. CLASSIFICATION DES ANNEAUX 46
les fi étant irréductibles dans K[t], les gi aussi qui sont de plus primitifs. Le
théorème de Gauss permet d'armer qu'ils sont irréductibles dans A[t]. On
conclut en écrivant f = p1 ..pr g1 ..gn .
Unicité essentielle : Si f est une constante, alors il est dans A et il n'y a
rien à montrer.
Soit p1 ..pr f1 ..fm = q1 ..qs g1 ..gn deux décompositions de f dans A[t].
Démonstration. Par récurrence, A[X] étant factoriel et A[X1 , ..Xn ] = A[X1 ..Xn−1 ][Xn ].
Exemple 2.2.45. 1. 3X +15X +10 est irréductible car 5 6 |3, 5|10, 15 mais
4 2
montrer que f est irréductible (notons que ce polynôme est primitif) dans
Z[t], on pose y = t − 1. On a montré en série 2 que cette transformation
admet un isomorphisme entre Z[t] et Z[y]. Modulo p, la transformation
x 7→ x est un morphisme d'anneau donc (y + 1) − 1 = y modulo p.
p p p
O Un anneau principal est factoriel, mais un anneau factoriel n'est pas né-
cessairement principal. Prendre pour exemple Z[X].
R Un anneau factoriel n'est pas nécessairement noethérien : prendre pour
exemple R[(Xn )n∈N ]. La suite d'idéaux In = (X1 , ..Xn ) est croissante mais
ne stabilise pas.
√
P L'anneau Z[i 5] est intègre, et noethérien(chaque idéal est de génération
nie). Il n'est pas factoriel (vu en série : décomposition non essentiellement
unique).
Série 1 : Lorsque
que A est un anneau tel que le groupe additif (A, +) est
isomorphe à (Z (n) , +) alors A est isomorphe à l'anneau
Z
(n) . Attention ce
n'est pas toujours le cas pour les anneaux en général : Z[S3 ] est isomorphe en
tant que groupe abélien à Z6 mais pas en tant qu'anneau.
Les Corps
49
Chapitre 3
Extensions de corps
50
CHAPITRE 3. EXTENSIONS DE CORPS 51
Voici une petite liste de faits bien connus pour des polynômes à coecients
dans R ou C qui sont vraies en toute généralité sur un anneau factoriel.
D(f ) = (t − a)m D(g) + m(t − a)m−1 g et D(f )(a) = 0 + m(a − a)m−1 g(a)
Rappelons que
Lemme 3.1.10. Tout homomorphisme d'anneaux entre deux corps est injectif.
Ceci nous permet d'identier un corps K avec son image. Parfois nous abu-
serons de notations en écrivant (ou pas) "f (K) = K " an de nous permettre de
nous restreindre à l'étude d'extensions K ⊆ L.
Dénition 3.1.11.
Si K est un sous corps de L on dit que L est une extension de K .
Exemple 3.1.12. On a la suite d'inclusions
Q ⊂ R ⊂ C, et Q[ 2] ⊂ R.
√
a Q[i] ∼= Q[t]/(t2
+ 1) est un corps et alors Q[i] = Q(i).
Remarque 3.1.23. Ceci est en fait une légère extension du morphisme d'éva-
luation que nous avions déjà rencontré. Lorsque A = k on le retrouve.
Dans la suite on étudie le plus petit sous corps d'un corps.
Lemme 3.1.24.
Soit K un corps. Alors K contient un plus petit sous corps K . 0
que K est de caractéristique 0 et s'il est ni de cardinal p, on dit que K est de
caractéristique p.
Le résultat suivant classe les corps en fonction de leur corps premier :
à
Z .
(p)
Dénition 3.1.28.
Un corps K est dit premier s'il ne contient aucun sous corps strict.
Exemple 3.1.29. Q est un corps premier.
3.1.2 Extensions algébriques et transcendantes
Pour la suite on se xe K⊂L une extension et α ∈ L.
Dénition 3.1.30. On dit que α est sur K s'il existe f ∈ K[t] non
nul tel que f (α) = 0. Dans le cas contraire on dit que α est sur
algébrique
K.
transcendant
Dénition 3.1.32.
Une extension de corps de type K ⊆ K(α) est dite monogène.
Soit K ⊂L une extension de corps et α ∈ L. Considérons evα : K[t] → L,
l'évaluation en α, qui envoie un polynôme f sur f (α).
Si α K , alors, par dénition, il existe un polynôme non
est algébrique sur
nul f K[t] qui annule α, autrement dit le noyau de l'évaluation est non nul.
de
Comme K[t] est un anneau principal il existe un polynôme mα,K ∈ K[t] tel que
ker(evα ) = (mα,K ).
Exemple 3.1.35. Soit p un nombre premier. Alors Q[e2iπ/p ] est un corps qui
forme une extension de degré p − 1 de Q, En eet nous avons vu que tp−1 + · · · +
t + 1 est irréductible sur Z, donc sur Q. Comme α = e2iπ/p est une racine de
tp − 1 diérente de 1, on conclut par la proposition que (1, α, . . . , αp−2 ) forme
2iπ/p
une base de Q[e ] sur Q et αp−1 = −(αp−2 + · · · + α + 1).
Si α est transcendant, le noyau de evα est nul. Alors K[α] = Im(evα ) est
isomorphe à l'anneau K[t] qui n'est pas un corps.
2. Conséquence de 1.
Q[α] = Q[β], mais ce sont deux corps diérents : l'un est un sous corps de R,
3
α β
l'autre non.
L'extension R ⊂ C a pour particularité que tout élément de C est algébrique
sur R. C'est un exemple d'extension dite algébrique.
Proposition 3.1.43.
Soit K ⊂ L une extension de degré ni. Alors L est algébrique sur K .
Démonstration. α∈L
Supposons qu'il existe transcendant. Alors, par le corol-
laire précédent, l'extension K ⊂ K(α) est de degré inni. Mais, par multiplica-
tivité des degrés et puisque K(α) ⊂ L, ceci implique que l'extension K ⊂ L est
de degré inni, une contradiction.
Corollaire 3.1.44.
Si α est algébrique sur K , alors K(α) est algébrique sur K .
Démonstration. α
Puisque K
est algébrique sur [K(α) : K] < ∞
alors et on
applique la proposition précédente.
Corollaire 3.1.45.
Si α, β ∈ L sont algébrique sur K alors
α + β , α − β , αβ , α −1
le sont aussi.
CHAPITRE 3. EXTENSIONS DE CORPS 58
Proposition 3.1.47. Soit f ∈ K[t] irréductible. Alors K[t]/(f ) est une exten-
sion de K dont le degré est le degré du polynôme f , contenant une racine α de
f.
Démonstration. (f )
Le fait que ce quotient soit un corps vient du fait que est
maximal car irréductible. Dans ce cas là (nous ne le préciserons plus dans
la suite), on a K qui s'identie à un sous corps de K[t]/(f ) (les classes des
constantes). La racine de f est t̄ = t + (f ). Dans K[t]/(f ), en écrivant f =
a0 + ..am tm , on a dans le quotient
dimension 3 sur Z/3. Si α = t alors (1, α, α ) est une base de ce corps qui a 27
2
éléments.
Exemple 3.1.49. Considérons le polynôme t − X ∈ R(X)[t]. Le critère
2019
Exemple 3.1.50.
Le polynôme t − 2 ∈ Q[t] est irréductible.√ On forme Q[ √2] qui est un corps
3 3
Ici M est un exemple de construction de corps que l'on étudiera par la suite,
scinde
qu'on appelle .
corps de décomposition
sède une racine complexe, ce n'est pas son corps de décomposition.√ Son corps
de décomposition lui n'est pas un corps de rupture pour la racine 2 car il est 3
trop grand.
L'existence d'un corps de décomposition pour f consiste à décomposer f en
facteur irréductible et à procéder de la même façon que l'exemple précédent,
avec chaque facteur irréductible de f . Pour l'unicité on procède comme suit : on
considère un isomorphisme de corps K∼ = K 0 , et on l'étend en un isomorphisme
φ : K[t] → K 0 [t] (on envoie chaque coecient d'un polynôme sur son image par
le premier isomorphisme). Ceci nous amène au prochain théorème :
CHAPITRE 3. EXTENSIONS DE CORPS 60
⊆
E / E0
ψ
exhibe un isomorphisme qui étend φ de K(α) vers K 0 (α0 ). On conclut par ré-
currence car [E : K(α)] < [E : K] (on a pris α dans E − K ) par multiplicativité
des degrés, et [K(α) : K] > 1.
K
φ
/ K0
∼
=
⊆
∼
K(α)
= / K 0 (α0 )
⊆
E / E0
ψ
Le théorème montre une chose plus générale que la question d'unicité que
l'on s'était posée : on y revient de la façon suivante :
scindé
de vérier qu'un corps est algébriquement clos. On rappelle qu'un polynôme est
s'il se décompose en un produit de polynômes de degré un.
Proposition 3.1.57.
Les conditions suivantes sont équivalentes pour un corps K .
(i) Le corps K est algébriquement clos.
(ii) Tout polynôme de K[t] est scindé.
(iii) Tout polynôme irréductible de K[t] est de degré un.
(iv) Toute extension algébrique E de K est de degré un, i.e. [E : K] = 1.
Démonstration. (i) ⇒ (ii)
L'implication se montre par récurrence sur le degré.
Tout polynôme de degré un est scindé si bien que l'induction est initialisée. Soit
f (t) n > 1. Alors par dénition d'algébriquement clos, f (t) admet une
de degré
racine a ∈ K , i.e. t − a divise f (t). Il existe donc un polynôme g(t) ∈ K[t]
de degré n − 1 tel que f (t) = (t − a) · g(t). Par hypothèse de récurrence g(t)
est scindé et on conclut alors que f (t) est scindé, c'est un produit de deux
polynômes scindés.
L'implication (ii) ⇒ (iii) est immédiate et (iii) ⇒ (i) découle du fait que
K[t] est factoriel.
Pour montrer (iii) ⇒ (iv) considérons une extension algébrique E de K ,
un élément α ∈ E et mα son polynôme minimal. Alors mα est un polynôme
irréductible de K[t], donc de degré 1. Autrement dit α ∈ K . Nous avons montré
que E = K .
Pour terminer prouvons (iv) ⇒ (iii) : Soit f ∈ K[t] un polynôme irréduc-
tible. Alors K[t]/(f ) est une extension algébrique de K dont le degré sur K est
deg(f ). Or [E : K] = 1. Donc f est de degré un.
des modules, ce que nous ne ferons pas ici. Pour le moment nous nous satisferons
de l'approche plus pragmatique suivante.
Démonstration. I = K[T ]
Supposons que 1∈I h (T ), .., h (T ) ∈
. Donc , et il existe 1 n
K[T ] (ayant chacun un nombre ni d'indéterminées dans leur écriture) tels que
h1 (T )f1 (t1 ) + ..hn (T )fn (T ) = 1 (?)
Soit S⊂T le sous-ensemble d'indéterminées utilisé par les polynômes h1 , ..hn , f1 , ..fn .
Cet ensemble est ni (et en réalité dans la suite on travaille dans K[S]). Soit
p1 (t1 ) un facteur irréductible de f1 (t1 ), et on choisit α1 une racine de ce facteur.
On pose K(α1 ) ∼ = K[t] (p (t )) . On procède inductivement, en choisissant dans
1 1
K(α1 ) un facteur irréductible p2 (t2 )f2 (t2 ) et une racine α2 de ce facteur, et
de
on quotiente à nouveau. Par suite on pose E = K(α1 , ..αn ), construit par induc-
K(α1 , ..αi−1 ) ∼
tion, de façon à ce que
p (t ) = K(α1 , ..αi ). Dans E , chaque fi a
i i
une racine αi . Considérons le morphisme d'anneau d'évaluation des polynômes
K[S] → E
en évaluant en ti = α i et en complétant arbitrairement pour les autres indé-
terminées. Alors notre relation (?) (l'égalité est conservée en évaluant des deux
cotés) devient 1 = 0. I est propre.
Remarque 3.1.60. Si f, g ∈ K[t] sont premiers entre eux, alors par Bézout
. Si on considère (f (t ), f (t )) ∈ K[t , t ] alors le lemme précédent
nous dit que (f (t ), f (t )) 6= K[t , t ].
(f, g) = K[t] 1 2 1 2
1 1 2 2 1 2
n
X
f (t) = ai ti
i=1
alors
n
X
f (tf ) = ai (tf )i
i=1
I = ( {f (tf )f ∈K[t] } )
Xm
={ hi (T )fi (tfi ) | m ∈ N, hi ∈ K[T ], tfi ∈ T }
i=1
K1 = K[T ] M
qui est un corps.
K → K[T ] → K[T ] M
f (tf ) = f (tf ) = 0
les éléments de K .
Remarque 3.1.63. Si K est un corps, dénombrable (ou ni) alors K[t] aussi,
et donc K , K , ..K aussi. En particulier Q est dénombrable ou encore Z/p.
1 2
Galois
(p)
tination de cette étude est l'introduction des groupes de . Dans la suite
on notera Fp le corps ni à p éléments. On a vu en série que la caractéristique
d'un corps ni K est un nombre premier p. Il contient donc Fp via i : Z → K
et le noyau s'identie à Fp . Alors K est un Fp espace vectoriel et card(K) = pn
où n est la dimension de K comme Fp espace vectoriel.
Démonstration. E Soit t −t
le corps de décomposition du polynôme
q
. C'est une
extension de Fp comme vu précédemment. Dans E , considérons K l'ensemble
q
des racines de t − t. On montre que c'est un corps.
(α + β)p = αp + β p
CHAPITRE 3. EXTENSIONS DE CORPS 65
car les termes divisibles par p sont nuls dans toute extension de Fp (i.e E
est de caractéristique p), et ceci est en fait valable pour les éléments de E .
Par suite
n n−1 n−1
(α + β)q = (α + β)p = ((α + β)p )p = ((αp + β p ))p = .. =
pn pn
α +β =α+β
et donc α + β ∈ K.
Corollaire 3.1.66.
Considérons g ∈ F irréductible, de degré n. Alors g|t
p
pn
−t .
Démonstration. K = F [t] (g)
Posons
p , c'est un corps. Alors [K : Fp ] = n et
n
card(K) = p α = t une racine de g dans K . Il n'y a à isomorphisme près
. Soit
n
qu'un unique corps à pn éléments, le corps de décomposition de tp − t, alors
pn
les éléments de K sont racines de t − t. En particulier ce polynôme s'annule
en α. Or puisque g ∈ Fp [t] est irréductible, il est le polynôme minimal de cette
pn
racine et donc g|t − t.
Remarque 3.1.67. Non seulement g hérite d'une racine évidente dans K , mais
tous les polynômes irréductibles scindent dans K ! En eet le polynôme t − t pn
scindent dans son corps de décomposition et on peut donc identier g avec les
facteurs (t − a ) qui factorisent t − t.
k
pn
25
f où les f sont des polynômes
Q
t − t = t(t − 1)(t − 2)(t − 3)(t − 4)
irréductibles. k i i
On montrera plus tard qu'en fait les f sont tous de degré 2 et qu'ils sont donc
au nombre de 10.
i
CHAPITRE 3. EXTENSIONS DE CORPS 66
Sous sa forme un peu plus faible le Théorème de structure des groupes abé-
liens arme qu'un tel groupe est isomorphe à un produit de groupes cycliques.
Supposons par exemple que A = C2 × C2 × C4 × C3 × C9 × C7 . Les ordres des
groupes cycliques de cette décomposition ne répondent pas aux conditions de
divisibilité de la proposition, mais on peut en regrouper certains (les puissances
premières les plus grandes d'abord) grâce au Théorème Chinois pour obtenir
A∼
= C2 × C6 × C252 et 2 | 6 | 252 = 4 · 9 · 7.
Démonstration. A
La multiplication est commutative si bien que
∼
est un groupe
abélien. Par la proposition ci-dessus A = Cd1 × · · · × Cdk pour des entiers di qui
d
divisent tous dk . En particulier a k = 1 pour tout a ∈ A. Autrement dit tout
d
élément de A est racine du polynôme t k − 1 qui a au plus dk racine dans le
corps K.
Or A est constitué de d1 · d2 . . . dk éléments et on en déduit que k = 1, c'est-
à-dire que A ∼ = Cd1 est cyclique. En particulier K × tout entier est cyclique,
d'ordre q − 1.
Démonstration. ⇒ f | t − t
" " : si
pn
, alors on peut construire
F pn le corps de
décomposition de ce polynôme. On peut déjà ajouter une racine de f en prenant
Fp [t] F [t]
(f ) ⊆ Fpn . Par la proposition précédente, cette inclusion ne
p
(f ) , et
tient que si d divise n.
La proposition précédente nous dit que, dès lors que d | n, alors tout polynôme
irréductible de degré d scinde dans Fp n !
= F64 a
F8 a = F4
F2
Introduction à la théorie de
Galois
Dans ce chapitre on fait une rapide introduction à la théorie de Galois.
est 4.
Aux exemples précédents s'applique la prochaine dénition.
69
CHAPITRE 4. INTRODUCTION À LA THÉORIE DE GALOIS 70
Exemple 4.1.4.
1. Gal(C/R)√∼= C .
2. Gal(Q[i, 2]/Q) ∼= C
2
2 × C2 ∼
= V4
n
f (α) = 0 = a0 + ..an α .
Par suite
c) Gal(E/K) agit sur les racines de f par le premier point. La délité découle
du point b) : le seul élément de Gal(E/K) xant toutes les racines de f est
IdE .
1)
σ(x ± y) = σ(x) ± σ(y) = x ± y
2)
σ(xy) = σ(x)σ(y) = xy
3)
σ(x−1 ) = σ(x)−1
4)
σ(0) = 0, σ(1) = 1
On observe encore que t9 −1 = (t3 −1)(t6 +t3 +1) = (t−1)(t2 +t+1)(t6 +t3 +1)
et que par conséquent
ζ 3 + ζ 8 + ζ 10 + ζ 15 + ζ 5 + ζ 6 + ζ 12 + +ζ 13 + ζ 6 + ζ 7 + ζ 11 + ζ 12
CHAPITRE 4. INTRODUCTION À LA THÉORIE DE GALOIS 72
Observons que h(t) = g(γ −ct) ∈ K(γ)[t], et que puisque h(α) = g(γ −cα) =
g(β) = 0, ce polynôme s'annule en α. On va étudier le pgdc de f et h dans
K(γ)[t], et pour ce faire nous nous plaçons dans K(γ)[t]. Alors on peut écrire
βj − β
cas 2) : lorsque j > 1 on veut que α − αi 6= . Comme le corps K
c
est de caractéristique nulle, il est inni et un tel c existe, et on en xe un.
De fait, puisque pgdc(f, h) s'écrit comme un produit de racines de f (de sa
décomposition dans la clôture K(γ)) et que par notre choix de c il ne s'annule
en aucun αi pour i > 1, on en déduit qu'il s'agit exactement de t−α et donc
α ∈ K(γ) ! Et donc K(α, β) = K(γ).
Pour conclure, il sut d'écrire : K(α1 , . . . , αn ) = K(α . . . αn−1 )(αn ) =
K(γ1 )(αn ) = K(γ1 , αn ) = K(γ̃).
En fait le théorème de l'élément primitif est aussi valable lorsque les corps
sont nis (et donc de caractéristique non nulle).
Démonstration. E
Puisque
×
E
est un corps ni,
×
est cyclique. Il est donc généré
par un élément α∈E . Alors K(α) = E .
CHAPITRE 4. INTRODUCTION À LA THÉORIE DE GALOIS 74
Exemple 4.2.2.
ment neutre.
Proposition 4.2.3.
Soit un groupe ni de K -automorphismes d'une extension K ⊂ E tel que
. Soit encore β ∈ E, et sa G-orbite G · β = {β , .., β }. Alors β est
G
K = EG
algébrique, et son polynôme minimal est m = Q (t − β ).
1 r
r
β,K i=1 i
Démonstration. β
Ce polynôme est clairement annulateur de β ∈ G·β , car .
On doit encore montrer que mβ,K est à coecients dans K . Soit σ ∈ G. On
étend de façon naturelle l'action de G sur E en action de G sur E[t] en prenant
σ(b0 + ..bn tn ) = σ(b0 ) + ..σ(bn )tn . On montre que mβ,K est xé par l'action de
G : puisque K est le corps des points xes par l'action de G, ceci montrera que
mβ,K est bien à coecients dans K . Calculons l'image de notre polynôme par
σ.
Qr Qr
σ( i=1 (t − βi )) = i=1 (t − σ(βi )) = mβ,K
le polynôme étant symétrique, et σ envoyant chaque racine de mβ,K sur une
autre racine (de façon injective).
Pour terminer, on sait que β est racine de mβ,K . Par la Proposition 4.1.5,
on sait que chaque βi dans l'orbite l'est aussi et donc le polynôme minimal ne
pourrait être plus petit.
Corollaire 4.2.4. Soit G < Gal(E/K) un sous groupe tel que K = E . Alors G
r = |G · β| = [G : Gβ ]||G|
K ⊂ K(α1 ) ⊂ · · · ⊂ K(α1 , . . . , αn )
Par multiplicativité des degrés, puisque chaque extension est de degré ni
(bornée par |G|), alors la suite stabilise et donc E = K(γN ) pour un certain
N ∈ N (et en particulier l'extension est nie). On a [E : K] = |G · γN | qui divise
|G|.
Si σ ∈ G xe γN , i.e si σ(γN ) = γN , alors comme σ est un K -automorphisme,
σ = id . Ainsi, le seul élément dans le stabilisateur de γN , note GγN est l'identité,
et donc [G : GγN ] = |G|.
|G| = [E : E G ]|[E : K]
[E : K] = |G| ⇐⇒ K = E G
et donc que
Qn
[E : K] = i=1 deg (mαi ,K(α1 ,...,αi−1 ) = r1 × . . . rn = |Gal(K (α1 , . . . αn )/K) |
et donc l'extension est galoisienne.
φ:G→L
H ≤ G 7→ E H
ψ:L→G
si K ⊂ L ⊂ E : L 7→Gal(E/L)
Le théorème de correspondance galoisienne arme que ces deux applications
sont inverses.
benius.
Les Modules
79
Chapitre 5
4. unité : 1m = m.
80
CHAPITRE 5. GÉNÉRALITÉS SUR LES MODULES 81
Ce qui ne coïncide pas en général avec a • (b • m). Par contre si A est un anneau
commutatif c'est le cas et tout module à gauche est un module à droite et
vice-versa. On parle alors simplement de A-module.
Exemple 5.0.4. Un
Z-module n'est rien d'autre qu'un groupe abélien. En eet
par dénition un module est un groupe abélien. Réciproquement si M est un
groupe abélien, il existe une action de Z sur M , et une seule qui vérie les
quatre axiomes de la dénition ci-dessus, dénie par 1m = m et inductivement
par km = (k−1)m+m pour tout k ≥ 2 ; enn, pour k < 0 on pose km = −(km).
∀a ∈ A, ∀m ∈ M : f (am) = af (m).
CHAPITRE 5. GÉNÉRALITÉS SUR LES MODULES 82
Tz : M → M
a 7→ az
est un homomorphisme de A-module.
Démonstration. L'unicité est claire puisqu'elle l'est déjà au niveau des groupes
abéliens sous-jacents : on doit poser h(x) = ((f (x), g(x)) pour tout x ∈ X .
L'existence est garantie par le fait queh déni comme ci-dessus est aussi compa-
tible avec l'action puisque h(ax) = (f (ax), g(ax)) = (af (x), ag(x)) = ah(x).
CHAPITRE 5. GÉNÉRALITÉS SUR LES MODULES 83
M
f
/N π / Coker(f)
g
{ h
O /X
Pour tout homomorphisme de A-module g : N → X tel que g ◦ f = 0, alors il
existe un unique homomorphisme de A-module h tel que h ◦ π = g.
Démonstration. Laissée.
CHAPITRE 5. GÉNÉRALITÉS SUR LES MODULES 84
Dénition 5.0.18. Un A-module à gauche M est dit libre s'il existe un en-
notation L
M∼
L
semble I et un isomorphisme = i∈I A = i∈I Ai où dans le produit,
A est vu comme A-module à gauche.
Si bi ∈ M correspond à δji où
1 si j=i
δji =
0 sinon.
(bi )i∈I := B correspondent à une base dePM . Dans ce cas chaque élé-
alors les
ment deM s'écrit comme combinaison
L A-linéaire i∈I ai bi de manière unique.
Remarquons que par dénition de i Ai , la somme est nie.
B _
f
/N
>
φ
Théorème 5.0.22. Soit M un A-module libre. Toutes les bases de M ont même
cardinal.
CHAPITRE 5. GÉNÉRALITÉS SUR LES MODULES 85
Soit ⊂ k est une famille avec seulement un nombre ni d'indices tels
(xi )i∈IP
que xi 6= 0, et i xi π(bi ) = 0, choisissons pour tout i un élément ai ∈ A tel que
xi = π(ai ) (avec ai = 0 si xi = 0). Alors
!
X X
π ai bi = xi π(bi ) = 0
i i
P
et donc comme élément de V on en déduit que s = ai bi ∈ m · M ⊂ M . Par
suite il existe une famille (λi )i∈I de m, telle que seulement un nombre ni de λi
P
sont non nuls avec s = i λi bi . Puisque les (bi )i∈I forment une base de M , on
a unicité de l'écriture et λi = ai , ∀i ∈ I , puis xi = π(λi ) = 0 puisque (λi )i ⊂ m.
Ainsi la famille (π(bi ))i∈I est libre donc c'est une base de V.
On en déduit que si (ηj )j∈J est une base de M , alors (π(ηj ))j∈J est une base
de V et donc que I et J ont même cardinal.
Remarque 5.0.23. Le fait que A soit commutatif nous assure l'existence d'un
idéal maximal. Aussi la commutativité se comportent bien avec la somme.
∞
L
Lorsque A= EndR (R ), A A = A.
Démonstration. L'application
M
Am → M
m∈M
bm 7→ m
est surjective. On applique ensuite le théorème d'isomorphisme (vu série 14)
pour les A-modules.
CHAPITRE 5. GÉNÉRALITÉS SUR LES MODULES 86
Dénition 5.0.26. On dit qu'un A-module P est projectif s'il possède la pro-
priété de relèvement P
∃g
∀f
~
M
π /N
surjective
Quatrième partie
Exercices ?
87
Chapitre 6
Énoncés
Exercice 1. Soit K un corps. Montrer que si f ∈ K[t] est irréductible, on a soit
∀α ∈ K : f (α) 6= 0 soit ∃!α ∈ K : f (α) = 0.
-
Exercice 2. Soit A un anneau commutatif. Montrer que si I et J sont étrangers,
I et J0 sont étrangers alors I et JJ 0 sont étrangers.
A/I1 ..In ∼
Qn
= k=1 A/Ik
88
CHAPITRE 6. ÉNONCÉS 89
Exercice 10. Soit A un anneau commutatif. Supposons que tous les idéaux de
A sont premiers. Montrer que A est un corps.
Exercice 12. Soit A un anneau intègre tel que tout suite décroissante d'idéaux
est stationnaire. Montrer que A est un corps.
Exercice 13. Vrai ou Faux ? Tout sous anneau d'un anneau noethérien est
noethérien. Même question avec factoriel.
d. Supposons que les Ai soient des corps. Montrer que l'anneau A possède
un nombre ni d'idéaux. Peut-on en déduire que A est un corps ?
Exercice 17.
Soit A un
Qnanneau commutatif, p un idéal premier et I1 , ..In des idéaux de A,
tels que k=1 Ik ⊂ p. Montrer que p contient au moins un des Ik .
Exercice 18. Soient p1 , ..pn des idéaux premiers d'un anneau commutatif A.
Soit encore I un idéal de A tel que I ⊆ ∪ni=1 pk . Montrer qu'il existe i tel que
I ⊂ pi .
Exercice 19. Soit A un anneau principal, et I un idéal de A. Montrer que si
q∈I est irréductible alors soit I = (q) ou I = A.
Exercice 20. Soit A un anneau commutatif, et I un idéal de A. Montrer que
l'ensemble des idéaux premiers de A/I est en bijection avec l'ensemble des idéaux
premiers de A contenant I.
Exercice 21. Soit A un anneau commutatif, M1 et M2 deux idéaux maximaux
distincts. Montrer que le quotient A/M1 M2 n'est pas intègre.
Exercice 22.
CHAPITRE 6. ÉNONCÉS 90
b. En déduire que l'on peut choisir des polynômes comme famille génératrice
de K.
c. On suppose que les fi sont des polynômes. Montrer qu'il existe g ∈ C[X]
tel que l'idéal engendré par les (fi )i dans C[X] soit (g).
Exercice 25. Vrai ou faux ? Un produit ni d'anneau noethérien est noethérien.
Exercice 26. Soit A un anneau principal. Soit I un idéal premier non nul de
A[X]. Montrer que I ∩A est un idéal maximal de A.
Exercice 27. Soit A un anneau factoriel, B un anneau factoriel. Supposons que
A∼
= B, par un isomorphisme φ.
1. Montrer qu'un élément de A inversible est envoyé sur un élément inversible.
Par symétrie en prenant φ−1 , la préimage d'un inversible est inversible.
2.Montrer qu'un élément irréductible de A est un envoyé sur un irréductible de
B.
Exercice 28. Montrer que la famille (xi )i∈N , où xi = ln(pi ) et (pi )i∈N désigne la
suite des nombres premiers est Q libre. Ceci prouve que le degré de l'extension
[R : Q] = ∞.
Exercice 29. Montrer qu'il existe sur R un ensemble non dénombrable d'élé-
ments transcendants sur Q.
Exercice 30. Soit√A un anneau commutatif, et I un idéal. On dénit le radical
de l'idéal I, noté I l'ensemble
√
I = {x ∈ A| ∃n ∈ N, xn ∈ I}
√
Montrer que a. I est un idéal de A.
√ √ √ √
IJ = I ∩J = I∩ J
p√ √
c. I= I.
√ √
d. Ip = I.
√ √
e. Si I⊆J alors I⊆ J.
√
f. Si p est un idéal premier, alors p = p.
√ √ √
h. I +J ⊆ I+ J.
Exercice 33. Soit A un anneau principal et K son corps des fractions. Soit
encore B un sous anneau de K contenant A. Montrer qu'il existe une partie
multiplicative S de A tel que B = S −1 A.
Exercice 34.Soit A un anneau, et x un élément nilpotent. Montrer que :
a. 1 − x est inversible.
b. si y est tel que 1 − y est nilpotent, alors y est inversible et 1 − y −1 est
nilpotent.
a. Montrer que A est local si et seulement si l'ensemble des ses éléments non
inversible est un idéal.
b. Soit p un idéal premier de A. Montrer que A/p est une partie multiplicative
de A.
c. Soit Ap l'anneau localisé par la partie multiplicative A p. Montrer que Ap
est un anneau local, d'idéal maximal pAp .
Exercice 37.[Anneaux de Jacobson]
Soit A un anneau commutatif. On note
\
R(A) = p
p premier
CHAPITRE 6. ÉNONCÉS 92
et \
F(A) = M
M maximal
.
Exercice 39.
Soit K un corps de caractéristique nulle, et K sa clôture. Montrer que, si
0
f est un polynôme irréductible de K[t], alors pgdc(f, f ) = 1. En déduire que
dans la décomposition en facteurs d'irréductible dans K[t], f n'a que des facteurs
simples (i.e de multiplicité un).
Exercice 40.
Soit K un corps, et f un polynôme irréductible de degré m de K[t], et soit
L son corps de décomposition. Montrer que [L : K] ≤ m!. Est-il possible d'avoir
égalité ?
Exercice 41.
Soit K un corps de caractéristique p > 0, et a ∈ K.
p
1. Soit f (t) = t − t − a ∈ K[t]. Montrer que f est irréductible si et seulement
si f n'a pas de racines.
Exercice 42.
Soit p un nombre premier, et f ∈ Fp [X] un polynôme irréductible de degré
n
n. Montrer que f divise X p − X , et en déduire que f scinde dans Fpn .
Exercice 43.
Soit p un nombre premier. Est-ce qu'il existe, pour tout n ≥ 1, un polynôme
irréductible sur Fp [X] ?
Exercice 44. Soit f un polynôme irréductible de K[X], deg(f ) = n, avec car(K )
= 0. Soit encore K une clôture algébrique de K . Soit X = {α1 , . . . αn } les racines
de f dans K , L = K(α1 , . . . , αn ) et G = Gal(L/K ).
Exercice 45.
Soit p un nombre premier. Montrer que pour tout m ≥ 1, il existe un poly-
nôme irréductible de degré m sur Fp [t].
κ : G → µn (k)
i. P est irréductible.
ii. a n'est pas une puissance d-ième dans k, pour tout diviseur d de
n distinct de 1.
iii. G = µn (k)
CHAPITRE 6. ÉNONCÉS 94
Exercice 49.
Un nombre complexe z ∈ C est dit entier sur Z s'il est racine d'un polynôme
unitaire non nul à coecients entier. Montrer que z ∈ C est entier sur Z si et
seulement si son polynôme minimal sur Q, PQ,z est à coecients entiers.
Exercice 50.[Diagonalisation]
On se xe un corps K
V un K -espace vectoriel de dimension nie. On
et
admet qu'un endomorphisme φ ∈ EndK (V) est K -diagonalisable si et seulement
n
si il est annulé par un polynôme f (X) = αn X +· · ·+α0 , et f ∈ K[X], autrement
dit
αn φn + · · · + α0 Id = 0
1. Supposons que K est une extension de L. Est-ce que si φ est K -diagonalisable,
φ est L-diagonalisable ? Que dire de la réciproque ?
Soit φ, ψ ∈ EndK (V) deux endomorphismes K -diagonalisables, tels que
pour tout λ∈K
φ + λψ
est encore diagonalisable.
2. Est-ce que φ ◦ ψ = ψ ◦ φ?
3. Posons q = pn , p premier et n entier, et supposons que K = Fq . Montrer
qu'un endomorphisme θ est Fq -diagonalisable si et seulement si θq = θ.
4. Si K = F2 , montrer que φ ◦ ψ = ψ ◦ φ.
Exercice 52.
Soit d≥1 un entier, et f ∈ K[X] un polynôme irréductible dans un corps
K de caractéristique nulle, de la forme :
Corrigés
Exercice 1.[corrigé] Le premier cas correspond au cas où deg(f ) > 1 et le
deuxième cas aux polynômes de degré 1. Raisonner par l'absurde : si t − α | f,
alors (f ) ⊂ (t − α) qui est un idéal maximal.
x + j1 = y + j2 = 1
Exercice 5.[corrigé]
a. Pour x ∈ A∗ , considérons les idéaux (xn ), n ∈ N. Alors par hypothèse il
p n p n
existe p < n deux entiers tels que (x ) = (x ). Alors on peut écrire x = ax
∗ p n−p
pour un certain a ∈ A , et 0 = x (1 − ax ). Ceci montre que x est inversible.
b. Si I est un idéal premier, alors A/I est intègre. Cet anneau possède un
nombre ni d'idéaux par le théorème de correspondance. Donc c'est un corps
par a. et I est maximal.
Exercice 8.[corrigé] Un corps n'a que deux idéaux, et le noyau d'un homomor-
phisme est un idéal.
95
CHAPITRE 7. CORRIGÉS 96
Exercice 14.[corrigé]
IJ ⊆ I ·(J +L) et IL ⊆ I ·(J +L) alors IJ +IL ⊆ I ·(J +L). Pour
a. Puisque
πi sont surjectives alors les images πi (I) := Ii sont des idéaux des Ai . Montrons
que I = I1 × I2 .
Soit x = (x1 , x2 ) ∈ I . Alors xi ∈ Ii pour tout i et x ∈ I1 × I2 . On a montré que
I ⊆ I1 × I2 . Si x ∈ I1 × I2 , alors il existe y1 ∈ I1 et y2 ∈ I2 tels que (x1 , y1 ) ∈ I1
et (x2 , y2 ) ∈ I2 . Alors
Exercice 17.[corrigé] Q
Par l'absurde, si Ik 6⊂ p, alors ∃xk tel que xk 6∈ p. Alors x1 ..xn ∈ k Ik mais
n'appartient pas à p.
Exercice 18.[corrigé]
Raisonnons par l'absurde. On peut supposer qu'aucun des pi n'est inclus dans
un autre (au cas contraire, il n'est pas utile dans l'union des pi ). Si I 6⊂ pi , pour
tout i, alors ∀i ∃ xi ∈ I tel que xi 6∈ piQ
.
Soit i ∈ [n].Alors on peut trouver ai ∈ j6=i pj . (La construction
Q est la suivante :
∀j 6= i, prendre yj ∈ pj − pi et considérer le produit j6=i yj ). Considérons
Pn
l'élément x = i=1 xi ai . Comme somme d'éléments de I , x ∈ I . Comme a1 et
x1 n'appartiennent pas à p1 et que cet idéal est premier, alors a1 p1 n'est pas
dans p1 . Toutefois a2 x2 + ..an xn l'est par construction (ai ∈ p1 dès que i ≥ 2).
On en déduit que x 6 inp1 , et le même raisonnement vaut pour tous les pj . On
a trouvé un élément de I qui n'appartient à aucun pj , une contradiction avec
l'hypothèse I ⊂ ∪j pj .
c. C étant un corps, l'idéal engendré par les fi dans C[X] est principal. On
prend g comme générateur.
d. On a montré que l'idéal ((fi )i∈S ) est principal dans C[X] mais pas encore
dans K. Puisque (g) = ((fi )i∈S ) dans C[X], alors g ∈ J, et l'idéal engendré par
g dans K (noté K · (g)) est inclus dans J. Or ∀i ∈ S , il existe hi un polynôme tel
que fi = hi g . Alors fi ∈ C[X] · (g) ⊂ K · (g). On a la double inclusion.
Exercice 25.[corrigé]
Q Vrai. Les idéaux du produit correspondent aux produits
n
des idéaux. SiA = k Ak avec chaque Ak noethérien, alors un idéal de A est de
la forme I = I1 ×..Ik . Chaque Ik est de génération nie, donc I est de génération
nie.
Exercice 28.[corrigé]. Supposons que la famille ne soit pas libre. Alors il exis-
terait n ∈ N, et des éléments de Q notés a1 , ..an non tous nuls tels que
Exercice 30.[corrigé]
√ √ n n n
I ⊆ I , alors 0 ∈ I . De plus si x ∈ I √
a. Puisque , (−x) = (−1) x ∈ I
n
puisque x ∈ I et I est un idéal. Soit désormais x, y ∈ I et n, m ∈ N tels que
√ √
xn ∈ I, y m ∈ I . Alors, puisque A est commutatif :
Pn+m
(x + y)n+m = k=0 n+m
k n+m−k
k x y
Lorsque k ≤ n, n + m − k ≥ m et donc y n+m−k ∈ I . De même lorsque k ≥ n
k
alors x ∈ I et on conclut en utilisant que I est un idéal et que la somme est
une somme d'éléments de I .
√ √ n
Enn soit a ∈ A et pour x ∈ que ax ∈
n n n
I , prouvons
√ √ n ∈ N : x ∈ I.
I . Soit
Alors (ax) = a x ∈ I et donc ax ∈ I . Ceci montre que I est un idéal de
A.
√ n n
P b. Soit x ∈ IJ , i.e ∃n ∈ N tel que x ∈ IJ et doncn on peut écrire √x =
√ ak ∈ I et bk ∈ J . Puisque IJ ⊂ I ∩J , on
k ak bk avec
n
a x ∈ I∩ et x ∈
m
I ∩ J.
Soit x ∈
√ √I ∩ J . Alors il existe n ∈ N tel que x ∈ I et x ∈ J et donc
xn ∈ I ∩ √ J .√
Soit x ∈ I ∩ J . Alors il existe n,√m ∈ N tels que xn ∈ I , √ xm ∈ J .√Par suite
n+m n m
x
√ √= x x ∈ IJ et donc x ∈ IJ . On a montré que IJ = I ∩ J =
I ∩ J.
√ √ p√ p√
c. On a I ⊂ I donc I ⊂ I . Pour l'autre inclusion, soit x ∈ I.
n
√
Alors il existe n ∈ N tel que y = x ∈ I . De même il existe m ∈ N tel que
√
y m = xnm ∈ I et donc ∈ I .
d. C'est un cas particulier de la première question en prenant J =I et en
procédant par récurrence.
√
e. si xn ∈ I ⊂ J , alors x∈ J.
√ √
f. On a déjà p ⊂ p. Réciproquement soit x ∈ p Alors il existe n ∈ N,
n n−1
minimal, tel que x ∈ p. Alors puisque p est un idéal premier, soit x soit x ∈
n−1
p. Mais si x ∈ p, on contredit la minimalité de n et donc x ∈ p.
√ √ √ √
h. On a I ⊂ I + J et de même pour J . Donc I ⊆ I + J et J ⊆ I + J
√ √ √
et donc I + J ⊆ I + J.
Exercice 31.[corrigé] Soit a b
s et t deux éléments de S
−1
A de produit nul. De
fait il existe u∈S tel que u · ab = 0. Puisque 0 6∈ S alors ab = 0 et on conclut
en utilisant l'intégrité de A.
Exercice 32.[corrigé]
CHAPITRE 7. CORRIGÉS 100
√
On montre d'abord que
√ I est inclus dans tout idéal premier contenant I .
Soit p un tel idéal et a ∈ I√. Alors il existe n ≥ 1 tel que an ∈ I ⊆ p. Par
primalité de p, a ∈ p et donc I ⊂ p.
√
Pour l'autre inclusion on travaille un peu plus. Si a ∈ A/ I il faut montrer
√
qu'il existe un idéal premier de A contenant I mais pas a. Dire que a 6∈ I
n 2
signie que ∀n ≥ 1, a 6∈ I . Posons S := {1, a, a , ..} la famille multiplicative
2
dans A. De même la famille T = π(S) = {1, π(a), π(a ), ..} est une famille
multiplicative de A/I , et elle ne contient pas 0 ! Par conséquent l'anneau localisé
T −1(A/I) possède un idéal maximal M. La construction du localisé nous fournit
−1
un homomorphisme i : A/I → T (A/I) et considérons la composée k : A →
A/I → T (A/I). L'image réciproque de M dans A/I est un idéal premier de
−1
Exercice 33.[corrigé]
S = A B × . C'est évident qu'il s'agit d'une partie multiplicative.
T
Posons
−1
Montrons que B = S A. L'inclusion S −1 A ⊂ B est immédiate. Soit x ∈ B ∗ .
y ∗
Par principalité de A et puisque B ⊂ K , on peut écrire x =
z avec y, z ∈ A et
1
A = (y, z). Soit encore u, v ∈ A tels que uy + vz = 1. Alors z = xu + v . Ceci
−1
montre que Z ∈ S et que x ∈ S A, et donc B ⊂ S −1 A.
Exercice 34.[corrigé]
1 = 1 − xn = (1 − x)(1 + x + ..xn−1 .
a. Il faut utiliser l'identité
b. Soit p∈N (1 − y)p = 0. Alors (1 et y commutent)
minimal tel que
Pp Pp
(−y)p = 1 + k=1 Ck (−x)k = 1 − x k=1 Ck (−x)k−1 .
et l'inverse de x apparaît. Pour la dernière question il sut de vérier que
(1 − x−1 )p = 0.
Exercice 35.[corrigé]
Soit x∈I et y∈J tels que x + y = 1. Alors
P2n
1 = (x + y)2n = k=1 Ck xk y 2n−k
Par suite, ∀k ∈ {0, ..2n}, soit xk ∈ I n soit y 2n−k ∈ J n . Par suite 1 ∈ In + Jn et
donc I + J n = A.
n
Exercice 36.[corrigé]
a. Soit A un anneau local et notons M son idéal maximal. Si x est inversible, il
ne peut appartenir à M car M est propre. Réciproquement si n'est pas inversible,
alors le théorème de Krull arme qu'il existe un idéal maximal contenant x et
donc il s'agit de M.
CHAPITRE 7. CORRIGÉS 101
aucun élément nilpotent et donc le nilradical de cet anneau est nul. Ainsi par
F(A p )
hypothèse aussi et par suite (en utilisant encore le théorème de corres-
pondance)
\
M=p
p⊂M
. On a montré (i).
b. Si a ∈ F et x ∈ A, notre but est de montrer que 1 − ax est inversible. Soit
M un idéal maximal de A. Puisque ax ∈ F ⊂ M et que 1 6∈ M, alors 1 − ax 6∈ M
et ceci est valable pour tout idéal maximal M, donc 1 − ax est inversible.
Réciproquement, si a ∈ A n'est pas dans F alors il existe un idéal maximal
est non nulle. Puisque c'est un cors et que l'application est surjective, il existe
b ∈ A tel que π(a)π(b) = 1A/M . Autrement dit 1 − π(ab) ∈ M et donc il existe
x ∈ A (en fait, x est b ici) tel que 1 − ax n'est pas inversible.
Exercice 38.[corrigé]
α ∈ M . Puisque M est algébrique sur L, alors il existe f ∈ L[t] tel
Soit
quef (α) = 0. Parmi les coecients de f , notons β1 , . . . , βn ceux qui sont dans
L mais pas dans K (si les coecients de f sont tous dans K il n'y a rien à
CHAPITRE 7. CORRIGÉS 102
Exercice 39.[corrigé]
K est de caractéristique nulle, alors f 0 n'est pas nul. Ainsi pgdc(f, f 0 )|f
Puisque
0
et deg(pgdc(f, f )) <deg(f ). Puisque f est irréductible, on en déduit que c'est
0
une constante. Donc f et f sont premiers entre eux. Le théorème de Bézout
nous permet d'écrire
f g + f 0h = 1
pour certainsg, h ∈ K[t]. Si f admet une racine α dans K multiple, alors f 0
annule également α et l'identité de Bézout ci-dessus évaluée en α devient fausse.
Exercice 40.[corrigé]
Il sut d'écrire L = K[α1 , . . . , αm ] et d'écrire que
Exercice 41.[corrigé]
1. Il est clair que si f est irréductible, f n'a pas de racine (car le degré de f est
au moins 2). Inversement supposons que f n'a pas de racines, et écrivons
f = gh, avec g, h ∈ K[t]. On commence par remarquer que f (t) = f (t + 1)
et donc que siα est une racine de f Q
, alors α+1 aussi et que en fait f scinde
p−1
dans L de la façon suivante : f =
Q i=0 (t − α − i). Ainsi par factorialité,
on peut écrire g = i∈X (t − α − i) avec X ⊂ {0, . . . , p − 1}. Supposons
d d−1
P
que deg(g ) = d < p et donc g(t) = t − (dα + i∈X i)t + . . . et donc
P
puisque g ∈ K[t], on a que dα + i∈X i ∈ K et donc si on suppose d > 0,
on obtient que α ∈ K ce qui contredit l'absence de racines de f dans K .
Exercice 42.[corrigé]
Fp [X]
Le cors
(f ) est une extension de degré n de Fp . Par unicité des corps
nis, il s'agit de Fp . Puisque f est irréductible, f est le polynôme minimal pour
n
pn
une racine α dans Fpn . Or le polyôme X − X annule aussi cette racine et donc
n
f |X p − X , qui scinde dans Fpn . Par factorialié, f scinde aussi dans Fpn .
Exercice 43.[corrigé]
Oui. Pour n = 1, on peut prendre le polynôme X. Pour n ≥ 2, on sait que
F pn est une extension de degré n de Fp . Le théorème de l'élément primitif pour
CHAPITRE 7. CORRIGÉS 103
les corps nis (théorème 4.1.11) assure que l'élément x qui engendre l'extension
possède un polynôme minimal de degré n.
Exercice 44.[corrigé]
1. La preuve se trouve exercice 39.
[L : K] = |G| = |X| = n
commut.
g(y) = g(h(x)) = h(g(x)) = h(x) = y
Exercice 45.[corrigé]
L'extension Fp ⊂ Fpm est une extension de degré m. En appliquant le théo-
rème de l'élément primitif sur les corps nis, on trouve un polynôme minimal
(donc irréductible) de degré m.
Exercice 46.[corrigé]
1. la correction est dans l'exercice 42
2. Si f est irréductible, que l'on suppose que f admet une racine α dans Fpr
m
avec r≤ , alors le polynôme minimal de cette racine dans Fp [t] divise f
2
et f n'est pas irréductible.
m
degré r≤ qui le divise. Un tel polynôme a une racine par la question
2
1) dans F pr , ce qui n'est pas possible.
Exercice 47.[corrigé]
Si E contient α et K , il contient K[α] par dénition de K[α]. Donc on dispose
du morphisme d'inclusion j : K[α] → E . Si i désigne l'inclusion de K[α] dans
K(α), alors la propriété universelle du corps des fractions nous assure l'existence
d'un morphisme j̃ de K(α) dans E , tel que j̃ ◦ i = j. Il est injectif comme tout
morphisme de corps.
α = g −1 (κ(g))g −1 (α)
Par hypothèse, k contient les racines de l'unité, donc G xe µn (k),
donc on a
α = κ(g)g −1 (α)
et donc on tire
α(κ(g))−1 = g −1 (α)
et
κ(g −1 ) = (κ(g))−1
De plus soit h ∈ G. On a
Exercice 49.[corrigé]
C'est une application de lemme de Gauss.
Exercice 50.[corrigé]
1. Non pas nécessairement. Par exemple, la matrice (que l'on identie à un
endomorphisme)
0 −1
1 0
n'est pas R-diagonalisable, mais est C-diagonalisable. La réciproque est
vraie car il sut de prendre le polynôme annulateur sur L.
2. L'idée est de prendre deux matrices symétriques (donc diagonalisable)
réelles qui ne commutent pas.
(ψ + φ)2 = ψ 2 + φ2 + ψφ + φψ = ψ + φψ + ψφ + φ = φ + ψ
et donc
ψφ = φψ
ce qui montre la commutativité.
Exercice 51.[corrigé]
1. Appliquer le théorème de Lagrange au groupe additif de A.
2. Considérer le morphisme canonique j : Z → A. La surjectivité découle du
fait que A est de caractéristique et de cardinal p2 .
3. Si A est de caractéristique p, alors il contient Fp . Si c'est un corps, alors
A = Fp2 est un quotient de Fp [X]. Sinon A contient Fp comme corps
premier et donc A est un quotient de Fp [X], par un polynôme de degré 2.
4.
2 2
On obtient les anneaux : (Fp ) , Z/p Z, Fp2 , p
F [X] .
X2
CHAPITRE 7. CORRIGÉS 106
Exercice 52.[corrigé]
Remarquons que f (0) = 1 et que l'ensemble des racines de f est invariant
par x 7→ x−1 . Soit donc
S = {(x1 , x−1 −1
1 ), . . . (xd , xd )}
l'ensemble des racines de f. Le groupe de Galois que l'on étudie est un sous
groupe du groupe des permutations σ de ces racines, et la connaissance de
l'image de x1 , . . . , xd sut pour xer un automorphisme. Soit σ . Il y a 2d possi-
bilités pour σ(x1 ). Puis 2d − 2 autres possibilités pour σ(x2 ), toutes les racines
−1
sauf σ(x1 ) et σ(x1 ). Puis encore 2d − 4 choix pour σ(x3 ). En dénitive, on
d
obtient le majorant 2d · 2(d − 1) · 2(d − 2) · · · = 2 d!.