0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
103 vues4 pages

Élévation

Transféré par

فا تن
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
103 vues4 pages

Élévation

Transféré par

فا تن
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

### Introduction

Dans le recueil emblématique de Charles Baudelaire, « Les Fleurs du


Mal », publié en 1857 au cœur du mouvement poétique du symbolisme, le
poème « Élévation » apparaît comme une parenthèse méditative entre
deux moments évocateurs. S’insérant après « L’Albatros », qui dépeint la
condition de l’artiste en société, et avant « Correspondances », qui explore
les liens entre le monde humain et le monde spirituel, « Élévation » offre
une réflexion profonde sur la quête de transcendance et de dépassement
des contingences terrestres. Dans cet extrait, Baudelaire invite le lecteur à
entreprendre un voyage intérieur vers des hauteurs spirituelles,
échappatoire aux tourments de l’existence. Le poème évoque ainsi la
tension entre la réalité terrestre et les aspirations de l’âme humaine à
s’élever vers des sphères de pureté et de lumière. Avant ce poème,
l’albatros enchaîné symbolise la chute et la disgrâce de l’artiste confronté
à son incapacité à s’épanouir pleinement dans un monde qui ne le
comprend pas, alors qu’après « Élévation », le poème
« Correspondances » établira des ponts entre le monde visible et invisible,
soulignant l’interconnexion de toutes choses. Ainsi, « Élévation » se
présente comme un moment de contemplation et d'aspiration vers un
idéal supérieur, offrant un instant de répit entre deux tableaux contrastés
pour explorer la dimension transcendante de l’existence à travers les mots
ciselés et les images suggestives de Baudelaire. En somme, ce poème
incarne une pause méditative dans le voyage tourmenté et profondément
introspectif que propose l’auteur à travers « Les Fleurs du Mal », insufflant
une quête spirituelle et une recherche d’élévation au sein d’un univers
poétique marqué par la dualité de l’âme et la quête de sens.

Comment Baudelaire exprime-t-il à travers le poème « Élévation » sa


quête d’élévation spirituelle et sa lutte contre la médiocrité du monde
matériel ?

### I. La forme et le genre poétique du poème

« Élévation » est un poème structuré en alexandrins avec des rimes


embrassées. Cette forme classique confère une musicalité et une
régularité qui soulignent le thème de l’élévation spirituelle. Le genre
poétique du poème s’inscrit dans le symbolisme, où Baudelaire utilise des
images et des métaphores pour évoquer des réalités abstraites et
spirituelles. Les anaphores « au-dessus" et "par-delà » créent un rythme
ascendant, mimant l’élévation du poète au-dessus du monde matériel.
### II. Le mouvement d’élévation vers l’idéal

#### 1. Le mouvement d’élévation

Le titre « Élévation » se déploie dans les deux premiers quatrains,


illustrant le mouvement ascendant du poète. Les compléments
circonstanciels de lieu et les adverbes de lieu en anaphore (comme « au-
dessus » et « par-delà ») créent un effet incantatoire et mélodique,
évoquant une ascension progressive. Cette montée est décrite de manière
graduelle, passant des « montagnes » et « nuages » aux « éthers » et
« confins des sphères étoilées ». Les rimes unissent des éléments
opposés, soulignant le contraste entre le bas matériel et le haut spirituel.

La phrase principale, « mon esprit, tu te meurs », introduit l’âme du poète


comme élément central. Baudelaire personnifie son esprit, le comparant à
« un bon nageur » pour exprimer la facilité et le plaisir qu’il éprouve à
évoluer dans ce monde supérieur. L’usage des sonorités douces évoque
une légèreté presque amniotique, symbolisant un retour aux sources de la
vie.

Les verbes « mouvoir » et « sillonneront des verbes d’action conjugués au


présent de l’indicatif, ce qui marque une action en cours de réalisation au
moment de l’écriture du poème (présent d’énonciation). On peut dire à ce
propos que l’esprit du poète est personnifié :comparé à « un bon nageur »,
il est associé en complément circonstanciel de manière « avec agilité » ce
qui traduit toute l’intensité, le plaisir et l’aisance del’esprit du poète à
évoluer dans ce monde supérieur.

#### 2. Le « monde d’en haut »

Le poème décrit un monde céleste pur et lumineux, en opposition au


monde terrestre impur et rempli de « miasmes morbides ». L’utilisation
des impératifs « envole-toi », « va », et « bois » en début de vers renforce
l’urgence de cette ascension. Le monde supérieur est associé à la divinité
et à la pureté, comme en témoigne l’expression « divine liqueur ».
Cependant, malgré ses efforts pour s’élever, le poète semble condamné à
retourner à la réalité matérielle, marquée par la souffrance et
l'enfermement.

### III. La médiocrité du monde réel


#### 1. Vision du monde réel et poids du spleen

Le monde terrestre est décrit comme lourd et impur, hanté par la


pesanteur et les « miasmes ». Les « ennuis et vastes chagrins"
symbolisent le spleen baudelairien, un état de mélancolie et de désespoir.
Ce contraste avec le monde céleste met en évidence la douleur et la
souffrance de la condition humaine.

#### 2. Chute de l’esprit en proie au Spleen

La métaphore de l’oiseau, particulièrement l’image de l’alouette,


représente la liberté spirituelle. Cependant, le passage de la première
personne (« mon esprit ») à la troisième personne suggère l’échec du
poète dans sa quête de l’idéal. Le poème se termine sur une note de
résignation, reflétant l’impossibilité d’échapper totalement à la réalité
matérielle.

### Conclusion

En conclusion, « Élévation » de Charles Baudelaire se révèle comme un


moment privilégié où l’aspiration de l’âme vers la transcendance se heurte
à la dure réalité terrestre, offrant un instant de répit dans l’œuvre
tourmentée et profondément introspective des « Fleurs du Mal ». À travers
ses images évocatrices et son exploration de l’idéal et du concret, le
poème invite le lecteur à méditer sur la dualité de l’existence humaine et
sur la quête constante de sens et d’élévation. Ainsi, en inscrivant
« Élévation » dans le contexte plus large de son recueil, Baudelaire
souligne la complexité de l’âme et la perpétuelle recherche de
transcendance au sein d’un monde empreint de contradictions et de luttes
internes. En fin de compte, ce poème incarne la tension féconde entre le
spirituel et le matériel, offrant au lecteur une méditation profonde sur la
condition humaine et sur les aspirations éternelles de l’être humain. Ainsi,
« Élévation » se positionne comme un point d’ancrage essentiel dans
l’exploration baudelairienne des multiples facettes de l’existence, faisant
écho à la quête inlassable de beauté, de transcendance et d’absolu qui
traverse l’ensemble de son œuvre. En somme, ce poème incarne à la fois
la lutte intérieure de l’individu et son désir constant de s’élever au-dessus
des contingences du monde matériel, offrant au lecteur une réflexion
profonde sur les aspirations de l’âme et sur la tension inhérente entre le
spirituel et le terrestre qui caractérise l’expérience humaine.

Vous aimerez peut-être aussi