RE2020 : Réglementation pour bâtiments durables
RE2020 : Réglementation pour bâtiments durables
RE 2020
R É G L E M E N TAT I O N E N V I R O N N E M E N TA L E
Éco-construire
pour le confort de tous
Les bâtiments, du fait de leurs consommations d’énergie
mais aussi de la façon dont nous les construisons,
représentent une part conséquente des émissions de gaz
à effet de serre en France.
Grâce à la réglementation environnementale 2020
nous accélérons la décarbonation de ce secteur en agissant sur
la phase de construction qui, pour un bâtiment neuf performant,
représente entre 60 % et 90 % de son impact carbone total.
D’ici 2030, la réglementation fera baisser cet impact de plus
de 30 %. Nous assurerons également que les bâtiments de demain
consommeront encore moins d’énergie et une énergie décarbonée.
Enfin, grâce à la RE2020, ces bâtiments seront mieux adaptés
aux futures canicules. Activer tous les leviers disponibles
de décarbonation : c’est ainsi que nous mènerons la transition
écologique du secteur.
Barbara Pompili,
ministre de la Transition écologique
Emmanuelle Wargon,
ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique,
chargée du Logement
CONTEXTE
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LA RE2020
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l’ensemble du cycle de vie du bâtiment, y En parallèle, un label d’État, qui sera créé
compris ses phases de construction et de dans la foulée de la RE2020, permettra à ceux
démolition. qui le souhaitent, maîtres d’ouvrage publics
Surtout, l’ensemble des nouvelles exigences ou privés, d’anticiper les futures exigences de
engage une transformation profonde des la RE2020, de montrer l’exemple et de préfi-
types de bâtiments et modes de construc- gurer les bâtiments d’après-demain.
tion, notamment avec la disparition progres-
sive du chauffage exclusivement au gaz et la
montée en puissance rapide des systèmes
constructifs bas-carbone, notamment bois et
biosourcés.
Pour cette raison, le Gouvernement a choisi
d’inscrire la RE2020 dans le temps long, en
fixant un cap clair et une trajectoire progres-
sive : la réglementation sera progressive-
ment de plus en plus exigeante, depuis son
entrée en vigueur en 2021, jusqu’à 2030 avec
trois jalons prévus en 2024, 2027 et 2030 qui
constituent autant de marches de rehausse-
ment des exigences.
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CALENDRIER
La RE2020 est prévue par la loi sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique
(Elan). Initiée en janvier 2020 pour une application initialement prévu au 1er janvier 2021, le Gouver-
nement a décidé de décaler l’élaboration de la RE2020 en raison de la crise sanitaire. La réglemen-
tation entrera en vigueur à l’été 2021. Elle concernera les bâtiments dont les permis de construire
seront déposés postérieurement à cette date. La première échéance d’entrée en vigueur concer-
nera les logements ainsi que les bureaux et l’enseignement. Les bâtiments tertiaires plus spéci-
fiques feront l’objet d’un volet ultérieur de la réglementation. Le label accompagnant la RE2020
sera consolidé au second semestre 2021.
Les premiers textes réglementaires (décret et arrêté) concernant les logements seront mis en
consultation tout début décembre. Au-delà des grandes orientations et des principaux para-
mètres, la phase de consultation qui s’ouvre permettra de recueillir les retours et avis techniques
de toutes les parties prenantes pour procéder aux derniers ajustements de la future réglementa-
tion. L’ensemble de la réglementation dans sa version définitive pourra être publié d’ici la fin du
premier trimestre 2021, ce qui donnera à tous les acteurs de la filière de la construction un temps
d’appropriation avant l’entrée en vigueur. La réglementation pour les bâtiments tertiaires scolaires
et de bureaux sera mise en consultation en léger décalage avec une entrée en vigueur concomi-
tante à celle du résidentiel. La réglementation concernant le tertiaire spécifique fera quant à elle
l’objet d’un décalage d’environ un an.
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OBJECTIF N° 1
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Ainsi, avec la RE2020, la France, à l’instar
d’autres pays européens (Pays-Bas, Suède,
Royaume-Uni) se met en capacité de se
passer définitivement des énergies fossiles et
du gaz dans les bâtiments neufs.
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OBJECTIF N° 2
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d’usage de la structure bois est encore plus créer de contrainte d’utilisation immédiate de
faible en logement collectif, a fortiori pour les tel ou tel matériau ou telle ou telle technique.
grands immeubles où les techniques actuelles Une fois cette première phase passée, lorsque
présentent encore des surcoûts significatifs. les méthodes d’analyses de cycle de vie et
Une telle évolution réglementaire doit donc la caractérisation environnementale des
se faire progressivement pour que la filière produits seront tout à fait maîtrisées, les
et l’ensemble des professionnels puissent exigences augmenteront par palier (2024,
s’adapter. La progressivité est également un 2027 puis 2030), induisant un recours de plus
gage de maîtrise des coûts, laissant le temps en plus important aux matériaux à faible
aux filières de monter en puissance, d’en- empreinte carbone et notamment bois et
granger des économies d’échelle et d’assurer biosourcés. L’évolution sera plus rapide pour
le développement d’une production indus- les maisons individuelles, où la construction
trielle nationale pour éviter d’accroître les en ossature bois est déjà assez courante et
importations. À ce titre, le Gouvernement compétitive. Elle sera plus progressive dans le
annoncera prochainement des initiatives collectif, où certaines techniques et réglemen-
pour favoriser l’innovation et le développe- tations (incendie par exemple) ont encore des
ment d’une production nationale de bois marges de progression et d’évolution.
de construction, y compris en favorisant les
À horizon 2030, avec une ambition même
usages mixtes entre matériaux.
supérieure à celle de la SNBC, le seuil maximal
en kgCO2/m2 sera abaissé entre 30 % à 40 % par
Une transition progressive, pour rapport au niveau de référence actuel (niveau
diminuer de 30 % à 40 % les émissions de référence intégrant déjà l’optimisation de
de la construction l’analyse en cycle de vie). Pour les maisons
individuelles, avec de tels seuils, la construc-
Pour toutes ces raisons, la RE2020 fixera
tion en ossature bois deviendra vraisembla-
des exigences progressives et différenciées
blement la norme. En logement collectif,
selon la typologie de bâtiment (individuel ou
les matériaux biosourcés seront vraisembla-
collectif).
blement systématiques en second œuvre et
Dans la première phase (2021-2024), l’enjeu très courants dans le gros œuvre, où les tech-
essentiel sera l’appropriation par l’ensemble niques plus traditionnelles, sous réserve de
de la filière constructive de la méthode leurs progrès technologiques d’ici- là (bétons
d’analyse en cycle de vie. Cela impliquera, bas-carbone par exemple), continueront à
notamment de la part des concepteurs, être présentes. Surtout, de tels seuils ouvrent
maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre mais aussi la voie à l’innovation et à l’optimisation des
fournisseurs, d’optimiser les caractéristiques ressources afin de diminuer drastiquement
environnementales des matériaux et équipe- l’empreinte environnementale de la construc-
ments utilisés, d’en améliorer la traçabilité et la tion et de la démolition.
performance et d’économiser les ressources.
Enfin, dans les zones climatiques les plus
Durant cette phase, il s’agit aussi de gagner
chaudes (pourtour méditerranéen et arrière-
en robustesse dans les analyses en cycle de
pays provençal), ces seuils seront modulés.
vie, qui aujourd’hui présentent encore des
En effet, sauf à introduire des systèmes
marges de variation et d’erreurs importantes
palliatifs parfois coûteux, la construction
(allant jusqu’à 30 %). Les exigences réglemen-
en bois ne garantit pas toujours le même
taires rendront nécessaires de bien renseigner
niveau de confort en cas de forte chaleur
les analyses de cycle de vie et de choisir des
(voir Objectif 3). Aussi, à l’horizon 2030, la
données environnementales spécifiques aux
compatibilité entre exigence de confort
matériaux de construction et équipements
estival, construction bois et maîtrise des
utilisés. Cela impliquera que les fabricants
coûts pourrait être rendue difficile dans ces
caractérisent toujours plus de produits et
zones particulièrement chaudes. L’exigence
équipements mis sur le marché. Ceci induira
du seuil carbone y sera donc modulée pour
surtout une claire incitation à utiliser des
permettre à chaque Français de bénéficier
matériaux à faible empreinte carbone (en
d’un logement confortable l’été sans induire
particulier dans le second œuvre, comme
des surcoûts trop élevés à un endroit donné
l’isolation, les parquets, les menuiseries, pour
du territoire.
les matériaux biosourcés) sans néanmoins
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OBJECTIF N° 3
* Il s’agit du nombre d’heures dans l’année durant lesquelles le bâtiment dépasserait le seuil de 28 °C le jour
(26 °C la nuit), multiplié par la différence entre la température simulée et l’écart avec la limite de 28 °C (resp.
26 °C). Par exemple, pour simplifier, s’il fait 20 °C toute l’année dans un logement, excepté pendant 10 jours
et 10 nuits durant lesquels la température grimpe à 30 °C en continu, l’indicateur du confort d’été sera de
720 DH ( 2 °C x 12h x 10 jours + 4° C x 12h x 10 nuits).
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Une transition à coûts maîtrisés
De manière générale, rendre la réglementation de la construction plus exigeante peut
induire des surcoûts pour le secteur du bâtiment, répercutés le long de la chaîne,
jusqu’au prix du logement lui-même. À titre de comparaison, les surcoûts anticipés lors
de l’élaboration de la RT2012 étaient de 10 % à 15 % des coûts de construction, mais le
Commissariat général au développement durable a estimé a posteriori que ceux-ci ne
s’étaient que faiblement matérialisés et avaient été rapidement absorbés par les effets
d’apprentissage. La longue expérimentation du label BBC avait en effet aidé à préparer
l’adaptation du secteur. Les surcoûts anticipés pour la RE2020 tels qu’estimés sur la
base des exigences de l’horizon 2030 ne dépassent pas 10 % du coût de construction
actuel, que ce soit pour des maisons individuelles ou des logements collectifs. Surtout,
les exigences étant d’application progressive dans le temps, les surcoûts immédiats
(liés aux exigences prévues à l’entrée en vigueur) sont bien plus faibles (de l’ordre de 3
à 4 % des coûts de construction) et les phénomènes d’apprentissage pourront jouer
à plein d’ici 2030. Enfin, ces surcoûts sont à mettre en regard des gains socio-écono-
miques obtenus sur la durée de vie des bâtiments : baisse de facture énergétique,
émissions de carbone évitées, création d’emplois locaux, etc.
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UNE MÉTHODE
Les exigences de la RE2020 seront progres- mations nécessaires pour atteindre un régime
sives dans le temps, notamment en ce qui stable compatible avec les objectifs finaux.
concerne l’empreinte carbone de la phase de Pour favoriser cette mobilisation et activer la
construction, mais aussi pour l’exclusion du capacité d’anticipation de l’ensemble de la
chauffage au gaz dans les logements collec- chaîne, le Gouvernement prévoit également
tifs, qui interviendra à partir de 2024. Il appa- de créer un label d’État. Il aura pour prin-
raît en effet nécessaire à la fois de fixer un cipal objectif de valoriser et récompenser
horizon précis, cadencé et clair, compatible les bâtiments qui atteindront les exigences
avec les objectifs climatiques de la France, des étapes suivantes de la RE2020, c’est-
que tous les acteurs peuvent anticiper et à-dire ceux qui prennent de l’avance sur la
préparer et dans le même temps de laisser réglementation. Ayant vocation à évoluer
le temps nécessaire à l’adaptation de l’en- dans le temps, le label pourra aussi prendre
semble de la filière, qu’il s’agisse des modes en compte des critères nouveaux ainsi que la
de conception, des matériaux, équipement capacité des concepteurs à innover, afin de
et technologie utilisés, mais aussi des façons préfigurer les bâtiments d’après-demain.
de construire et de faire qui exigeront que
Ce label constituera un signe d’exemplarité
les compagnons et artisans modifient leurs
dont pourront se saisir les collectivités locales,
pratiques et se forment. Cela est en particu-
bailleurs sociaux, maîtres d’ouvrage publics et
lier vrai pour l’usage du bois et des matériaux
privés. Il pourra également être accompagné
biosourcés : le recours large au bois d’œuvre
d’incitations fiscales ou réglementaires.
et matériaux biosourcés modifiera substan-
tiellement les manières de concevoir, d’ap- L’élaboration de ce label fait déjà l’objet
provisionner et de mener les chantiers. d’une phase de concertation, sous l’égide du
Plan bâtiment durable, qui réunit les princi-
La progressivité de la réglementation laisse la
pales parties prenantes ainsi que les porteurs
liberté aux acteurs de la chaîne, dans toute la
des labels déjà existants (Alliance HQE, BBCA,
diversité de leurs capacités et situations, de
Effinergie, etc.). La publication de la première
choisir leur rythme pour rejoindre les objec-
mouture du label est prévue pour le second
tifs. À n’en pas douter, de nombreux concep-
semestre 2021.
teurs, commanditaires et maîtres d’ouvrage
choisiront d’anticiper les exigences réglemen-
taires et d’engager rapidement les transfor-
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