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1

UNIVERSITE DE KISANGANI

B.P.2012
KISANGANI
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET
DE GESTION
Département des Sciences Economiques

IMPACT DE LA MONDIALISATION
SUR LA PAUVRETE EN
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE
DU CONGO
Par

Christ EBUTA RISASI


Mémoire
Présenté et défendu en vue de l’obtention du Grade de
Licencié en Sciences Economiques.
Directeur : Pr Jean-Paul LISELE SHUWA
Encadreur : C.T Adrien AHADI MUTUNZI

Année Académique 2023-2024


Deuxième Session
1

INTRODUCTION

0.1. Contexte d'étude

La mondialisation économique est une réalité incontournable. L’augmentation


et l’accélération de la circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux, de la
technologie et de l’information hors des frontières nationales ont donné naissance à une
économie mondiale de plus en plus intégrée. C’est l’une des marques essentielles de la
mondialisation, qui a jeté les bases d’un univers où l’interconnexion et l’interdépendance
n’ont jamais été aussi fortes.

La République démocratique du Congo, malgré son abondance en ressources


naturelles, figure parmi les nations les plus pauvres du monde. En 2023, environ 74,6 % des
Congolais vivaient avec moins de 2,15 dollars par jour. La mondialisation, avec ses flux
commerciaux et financiers accrus, a le potentiel d’influencer significativement la réduction de
la pauvreté dans des pays comme la RDC. Cependant, l’efficacité de la mondialisation en tant
que moteur de prospérité dépend fortement de la capacité du pays à intégrer l’économie
mondiale de manière équitable et durable.

La RDC a connu une croissance économique robuste, principalement tirée par


un secteur minier dynamique, avec une croissance du PIB réel de 7,8 % en 20231.
Néanmoins, cette croissance n’a pas nécessairement conduit à une réduction proportionnelle
de la pauvreté. Les défis incluent une inflation élevée, un taux de change déprécié, et un
déficit du compte courant en détérioration1. De plus, la situation sécuritaire volatile,
notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, ainsi que les conflits
intercommunautaires, entravent les efforts de développement et de réduction de la pauvreté.

L’étude pourrait donc examiner comment la mondialisation, à travers le


commerce international et les investissements étrangers, affecte la répartition des richesses et
la création d’emplois en RDC. Elle pourrait également analyser les politiques
gouvernementales et les initiatives internationales visant à maximiser les bénéfices de la
mondialisation pour les populations pauvres, tout en atténuant ses effets négatifs potentiels.
2

0.2. Problématique

Puisque tout homme doit pouvoir vivre décemment, l’existence de la pauvreté


est insupportable. L’humanité, et tout particulièrement les églises, ont, tout au long de
l’histoire, déployé des œuvres caritatives pour améliorer la situation des pauvres, quelles que
soient les causes de leur pauvreté. De nos jours, l'économie mondiale est plus interconnectée
que jamais. Les pays échangent massivement des biens, des services et des capitaux qui
franchissent de plus en plus librement les frontières nationales.

Depuis les années 1980, la libéralisation des échanges commerciaux et


financiers a entraîné une intégration accélérée des économies nationales. Cela s’est traduit par
une explosion du commerce international de marchandises et de services, ainsi que des
investissements direct étrangers. Cette mondialisation économique a permis de stimuler la
croissance et le développement dans de nombreux pays, notamment grâce à l’accès à de
nouveaux marchés et à l’intensification de la concurrence. Cependant, elle a aussi engendré
des disparités et des déséquilibres, avec des gagnants et des perdants. A cet égard, la
mondialisation comporte à la fois des aspects positifs, novateurs et dynamiques, et des aspects
négatifs, perturbateurs et marginalisateurs.

Le débat est intense aujourd’hui entre les partisans de la mondialisation et les «


altermondialisation ». Les divergences restent profondes entre les deux camps quant aux
conséquences sur les populations les plus pauvres de la planète. Si, d’un côté, certains
prétendent que la mondialisation contribue à réduire la pauvreté à travers le surplus de
croissance qu’elle génère, d’aucuns affirment, au contraire, qu’elle ne fait que polariser
davantage les richesses sans engendrer un accroissement global de l’activité économique,
conduisant ainsi à une marginalisation continue des plus pauvres.

Il convient, préalablement à l’analyse des différents arguments, de s’attarder


quelque peu sur les concepts de pauvreté et de mondialisation. La pauvreté est
multidimensionnelle, elle traduit l’impossibilité d’accéder à des conditions de vie socialement
adéquates et recouvre diverses formes de privations. Le concept de mondialisation a fait
l’objet d’une multitude de définitions mettant en relief le fait qu’il s’agit d’une notion aux
multiples facettes. Par définition, d'après l’(UNESCO), Le terme de mondialisation
correspond à un libre échange des marchandises, des capitaux, des services, des personnes,
des techniques et de l'information. Il désigne le processus d'intégration des marchés et de
3

rapprochement des humains qui résulte notamment de la libéralisation des échanges, du


développement des moyens de transport de personnes et de marchandises, et des retombées de
technologies de l'information et de la communication (TIC) à l'échelle planétaire.

Dans les années 1990, la montée de la pauvreté dans de nombreux Pays en


développement (PED) et la persistance de la crise de la dette ont suscité une critique de plus
en plus large des politiques d'ajustement structurel (PAS) fondées sur le « consensus de
Washington » ainsi qu'une contestation de la légitimité des Institutions de Bretton Woods. Ce
mouvement d’indignation condamne le caractère injuste de la mondialisation qui exclut les
plus pauvres des fruits de la croissance qu’elle engendre d’une part et d’autre part, de les faire
profiter moins que proportionnellement. L’ampleur et la persistance de la pauvreté dans le
monde conduit à l’effritement de « l’utopie du village planétaire » et tend à renforcer une
vision pessimiste au sujet de la capacité de la mondialisation et de la croissance économique à
réduire la pauvreté.

C’est ainsi que la banque mondiale et les institutions financières internationales


ont réagi en abandonnant les programmes d'ajustement structurel pour mettre l'accent sur la
lutte contre la pauvreté, placée désormais au centre des politiques de développement1. Cette
prise de conscience a abouti à la définition dans le cadre des Nations Unies des Objectifs du
Millénaire pour le Développement (OMD), dont le premier objectif visait à éliminer l’extrême
pauvreté et la faim en divisant par deux le pourcentage de la population vivant dans une
situation de pauvreté extrême à l'horizon 2015 et le dernier visait la mise en place d’un
partenariat mondial pour le développement en créant un système commercial et financier
multilatéral ouvert, réglementé, prévisible et non discriminatoire.

WASHINGTON, 5 octobre 2022 selon une nouvelle étude de la Banque


mondiale, l'objectif d'élimination de l'extrême pauvreté dans le monde a peu de chances d’être
atteint d'ici à 2030 en l’absence de taux de croissance record pendant le reste de cette
décennie. L'étude montre que la pandémie de COVID-19 a infligé le plus grand revers à
l’action menée depuis 1990 pour faire reculer la pauvreté dans le monde et que la guerre en
Ukraine menace d'aggraver la situation.

L'année 2020 a marqué un tournant historique, avec la rupture d'un cycle de


convergence mondiale des revenus. Les personnes les plus pauvres ont payé le plus lourd
tribut à la pandémie, les pertes de revenu ont atteint en moyenne 4 % pour les 40 % les plus
4

pauvres de la population, soit deux fois plus que pour les 20 % les plus riches. En
conséquence, les inégalités dans le monde ont augmenté pour la première fois depuis des
décennies.

Le nouveau Rapport sur la pauvreté et la prospérité partagée dresse un premier


état de lieux de la pauvreté dans le monde après la série de chocs inédite qui a ébranlé
l'économie mondiale ces dernières années. Il en ressort que la pandémie a fait basculer près de
70 millions de personnes dans l'extrême pauvreté en 2020, soit la plus forte augmentation en
un an depuis 1990 et le début du suivi des chiffres de la pauvreté dans le monde. Cela signifie
que 719 millions de personnes vivaient avec moins de 2,15 dollars par jour à la fin de 2020.

En RDC, la pauvreté a atteint un stade insupportable et extrême à cause de la


prédominance de technologique archaïque à très faibles productivités dans tous les secteurs
d'activités économiques et de la faiblesse des moyens logistiques modernes indispensables
pour la défense de la production rurale locale face à la concurrence internationale qui s'accroit
au jour le jour grâce à la modernisation.

Au regard de ce qui précède, nous constatons que la république démocratique


du Congo est un pays des pays sous-développés en Afrique, pauvre et moins avancée
économiquement, et dont la pauvreté se lit sur les visages fatigués des populations quelle a
chosifiées, affamées, amaigries et amoindries. L’arrière-pays n’attire plus personne et les
habitants de cette République se sentent abandonnés (Michel, 2014). La pénurie criante des
infrastructures de base (routes, hôpitaux, écoles, transports, habitat, marchés etc.), et des voies
de communications à l’intérieur- même des provinces accroît le sentiment d’abandon et les
conditions de vie difficiles de la population.

Ainsi pour ce travail, nous nous estimons touchés de la situation et qui nous
pousse à aborder ce chemin de l’analyse de revenu et s'emploie.

Notre travail tournera autour de question suivante :

 Quel est l’impact de la mondialisation sur la pauvreté en République


Démocratique du Congo durant la période sous examen ?
0.3. Hypothèse
 La mondialisation aurait des effets significativement positifs sur l’amélioration de
condition de vie des plus démunis.
5

0.4. Objectifs
 Évaluer l’impact de la mondialisation sur l’amélioration de condition de vie des
plus démunis.
0.5. Choix et intérêt du sujet
Le présent travail présente un intérêt à deux volets à savoir : volet scientifique
et volet social
 Sur le plan scientifique le présent travail présente l’intérêt d’être une étude
préliminaire qui réside dans la compréhension des mécanismes économiques et
sociaux qui façonnent le bien-être des populations vulnérables. Cela permet ainsi de
guider les politiques de développement et d'améliorer les conditions de vie des plus
démunis. Ce travail pourra présenter les données de bases et élémentaires pour des
prochaines recherches qui seront menées dans cette ligne d’idées.
 Sur le plan social, notre travail présente l’intérêt de relever et déterminer à quel
point l'impact de la mondialisation contribuée à la réduction de la pauvreté dans les
pays pauvres
0.6. Méthodes et techniques utilises

Une approche quantitative pourrait être utilisée, avec des données secondaires
provenant de sources telles que la Banque centrale du Congo, la Banque mondiale et le FMI.
Des modèles de régression pourraient être employés pour analyser l’impact des variables
indépendantes sur la variable dépendante.

0.7. Délimitions du sujet

Tout travail scientifique doit avoir un objet précis, circonscrit dans l'espace et
dans le temps. Sur ce, notre travail se focalise la République démocratique du Congo. Cette
étude est réalisée en 2024 et fait appel aux données issues de la banque centrale du Congo.

0.8. Subdivision du travail

A part l’introduction, conclusion et les suggestions, ce travail est subdivisé en


trois chapitres à savoir : Le premier chapitre parle des généralités théoriques et empiriques de
l’étude ; Le deuxième parle du milieu, matériels et méthodes e utilisés pour réaliser ce travail ;
Et afin, le troisième chapitre présent les résultats, les interprète et les discute.
6
7

CHAPITRE UN : REVUE DE LA LITTERATURE

Le premier chapitre est consacré à la généralité théorique et empirique de


l'étude. En faisant intervenir un certain nombre des concepts que nous estimons nécessaire de
clarifier en vue de permettre à nos lecteurs d'en saisir le contenu et de mieux comprendre les
idées sous-jacentes.

Section 1: Revue théorique

Il existe deux courants concernant le lien entre la mondialisation et la pauvreté,


et ces contradictions subsistent toujours, même dans les analyses empiriques.

Pour certains, la mondialisation transforme le commerce, les finances, l'emploi,


la migration, la technologie, les communications, l'environnement, les systèmes sociaux, les
modes de vie, les cultures et les modèles de gestion à travers le surplus de croissance quelle
génère. La technologie et la mondialisation se renforcent mutuellement en ce sens que la
mondialisation encourage l'innovation et la diffusion rapide des technologies, ce qui peut
améliorer la productivité et la qualité de vie. La principale conséquence attendue, sur le plan
économique, est la diminution des prix des biens et services par rapport à leur niveau d’avant
la libéralisation, sans pour autant diminuer ou altérer leur qualité. Cela est la principale
condition de l’augmentation du bien-être de tous les participants à l’échange. Håkan
Nordström pense que « pendant que il n’existe pas de relation simple et directe entre le
commerce et la pauvreté. les éléments de preuve semblent indiquer que la libéralisation des
échanges est généralement un effet positif contribuant à la réduction de la pauvreté. Cela
permet aux gens d'exploiter leur potentiel productif, favorise la croissance économique réduit.

Jagdish Bhagwati, économiste indien renommé, est un ardent défenseur du


libre-échange et de la mondialisation. Sa pensée s'inscrit dans une optique similaire à celle de
Thomas Friedman, mettant en avant les avantages de l'ouverture des marchés mondiaux et de
l'intégration économique pour favoriser la croissance, le développement et la réduction de la
pauvreté à l'échelle mondiale. Voici un aperçu de ses principales idées et théories :

 Libre-échange et commerce international

Bhagwati est un fervent défenseur du libre-échange. Il soutient que l’ouverture


des marchés et la réduction des barrières commerciales sont essentielles pour le
développement économique global. Selon lui, le libre-échange permet aux pays de se
8

spécialiser dans les domaines où ils ont un avantage comparatif, ce qui conduit à une
allocation plus efficace des ressources et à une augmentation de la prospérité mondiale1

 Mondialisation
Bhagwati est également un ardent défenseur de la mondialisation. Dans son
ouvrage "Plaidoyer pour la mondialisation", il argue que la mondialisation économique, bien
qu'elle présente des défis, est globalement bénéfique pour le développement économique. Il
critique les mouvements antimondialisation, affirmant que les bénéfices de la mondialisation
sont souvent moins visibles que ses coûts, mais qu'ils sont néanmoins réels et significatifs².
 Réduction de la pauvreté :

Bhagwati souligne le rôle du commerce international dans la réduction de la


pauvreté en offrant des opportunités d'emploi, d'investissement et de développement
économique aux pays en développement. Il met en avant les effets positifs du commerce sur
la croissance économique, les revenus des ménages et les conditions de vie des populations
les plus défavorisées.

 Flux de capitaux

Contrairement à son soutien au libre-échange des biens, Bhagwati est plus


sceptique quant à la libéralisation des flux de capitaux. Il a souligné que les mouvements de
capitaux peuvent être déstabilisateurs et entraîner des crises financières, comme cela a été
observé lors de la crise financière asiatique de 1997. Il distingue clairement entre les bénéfices
du commerce des biens et les risques associés aux flux de capitaux³.

 Critique des barrières commerciales

Bhagwati critique les barrières commerciales telles que les tarifs douaniers, les
quotas et les subventions qui entravent le commerce international et limitent les possibilités de
croissance. Il plaide en faveur d'une plus grande ouverture des marchés mondiaux et d'une
libéralisation commerciale pour favoriser l'intégration économique et la prospérité partagée.

En résumé, la pensée de Jagdish Bhagwati met en avant les bénéfices du libre-


échange et de la mondialisation pour la croissance économique, le développement durable et
la réduction de la pauvreté à l'échelle mondiale, tout en reconnaissant les défis et les risques
associés, notamment en ce qui concerne les flux de capitaux. Ses travaux ont contribué à
9

promouvoir une vision positive de l'intégration économique et des échanges internationaux


comme moteurs de progrès et de prospérité pour tous

Toujours dans la même perceptive, Milton Friedman, économiste américain


lauréat du prix Nobel d'économie, est l'une des figures emblématiques du courant de pensée
néolibéral et du libre marché. Sa pensée s'inscrit dans une optique similaire à celle de Jagdish
Bhagwati et Thomas Friedman en ce qui concerne la mondialisation et ses effets sur
l'économie mondiale.

 Libéralisme économique et mondialisation

Friedman était un ardent défenseur du libéralisme économique qui est comme


un moteur de prospérité économique et de croissance, croyant fermement que les marchés
libres et la concurrence sont essentiels pour la prospérité économique. Il voyait la
mondialisation comme une extension naturelle de ces principes, permettant aux pays de tirer
parti de leurs avantages comparatifs et de maximiser leur efficacité économique. Il soutient
que l'ouverture des marchés, la suppression des barrières commerciales et la libre circulation
des biens, des services et des capitaux favorisent l'efficacité économique, la spécialisation et
la création de richesse à l'échelle mondiale.

 Critique de l'interventionnisme et le rôle limité de l’État dans le marché

Friedman critiquait l’intervention excessive de l’État dans l’économie. Il


pensait que les gouvernements devraient se concentrer sur la création d’un environnement
stable et prévisible, plutôt que d’intervenir directement dans les marchés. Selon lui, la
mondialisation réduit le pouvoir des gouvernements de manipuler les marchés, ce qui conduit
aux mécanismes de marché, tels que la concurrence, les incitations et la propriété privée, qui
sont essentiels pour garantir une allocation efficace des ressources et une croissance durable.
Il plaide en faveur d'une plus grande autonomie des acteurs économiques, d'une
réglementation légère et d'un cadre favorable à l'entrepreneuriat et à l'innovation.

En résumé, la pensée de Milton Friedman sur la mondialisation met en avant


les avantages du libre-échange, de la concurrence et du marché comme moteurs de croissance
économique, d'efficacité et de prospérité pour les individus et les sociétés à l'échelle
mondiale. Ses idées ont influencé les politiques économiques favorables à l'ouverture des
marchés et à la libéralisation commerciale dans de nombreux pays.
10

Pour le journaliste et auteur américain Thomas Friedman, est connu pour son
analyse de la mondialisation et de ses effets sur l'économie mondiale. Dans ses ouvrages
comme « The Lexus and the Olive Tree » et « The World is Flat », explore en profondeur
l'impact de la mondialisation. Il soutient que la mondialisation a le potentiel de réduire la
pauvreté en créant des opportunités économiques sans précédent pour les individus, les
entreprises et les pays en leurs facilitant l'accès aux marchés mondiaux¹. Cependant, il
reconnaît également que les bénéfices de la mondialisation ne sont pas répartis de manière
égale et que certains groupes peuvent en souffrir¹.

Friedman met en avant l'idée que la mondialisation peut entraîner une


croissance économique rapide, mais elle peut aussi accentuer les inégalités si les politiques
adéquates ne sont pas mises en place pour protéger les plus vulnérables.

D’autres par contre pensent que les marchés doivent être encadrés si l'on veut
stimuler leur énergie productive et les mettre au service du développement durable de la
société et de l'environnement. L'affaiblissement des gouvernements nationaux et
l'élargissement à l'échelle mondiale des marchés libres et des innovations technologiques sans
contre-pouvoirs pour les réglementer sont des facteurs qui ont contribué à marginaliser de
grandes régions et d'importants groupes humains. Cette situation explique en partie la hausse
du chômage, de la pauvreté, des inégalités et de l'aliénation. La criminalité, le terrorisme, la
violence, les guerres civiles, les maladies et la destruction de l'environnement prennent des
proportions planétaires.

Ajit Singh and Rahul Dhumale montrent qu’il n’y a pas une évidence
empirique suffisante pour établir une conclusion robuste. Mais les données disponibles
indiquent que la globalisation (entendu par la libéralisation financière et le commerce) et la
technologie sont les deux facteurs significatifs en ce qui concerne l’augmentation des
inégalités et de la pauvreté dans les pays en voie de développement pendant les deux dernières
décennies.

Joseph Stiglitz aussi, économiste et lauréat du prix Nobel, a souvent critiqué la


mondialisation néolibérale, en particulier son impact sur la pauvreté et les inégalités, et est un
partisan d'une mondialisation plus équitable et inclusive. Selon lui, la mondialisation telle
qu’elle est pratiquée aujourd’hui ne fait que polariser davantage les richesses aux banques,
aux grandes entreprises et aux plus riches sans engendrer un accroissement global de l’activité
11

économique, conduisant ainsi à une marginalisation continue des classes populaires et


moyennes.

Stiglitz soutient que la mondialisation a augmenté les inégalités économiques,


en particulier dans les pays développés, où les revenus des plus riches ont considérablement
augmenté, tandis que ceux des classes moyennes et inférieures ont stagné ou diminué. Il
plaide pour une réécriture des règles de la mondialisation afin qu’elle puisse bénéficier à un
plus grand nombre de personnes, notamment en améliorant les conditions de vie des plus
pauvres.

Il a également souligné que la mondialisation, en l’état actuel, a souvent


conduit à des politiques économiques qui ne tiennent pas compte des besoins des pays en
développement, aggravant ainsi la pauvreté dans ces régions.

Tout comme Susan George, politologue et militante altermondialiste, a


beaucoup écrit sur les effets négatifs de la mondialisation, notamment sur la pauvreté et les
inégalités. Dans ses ouvrages, elle critique vivement les politiques néolibérales et les
institutions internationales comme le FMI et la Banque mondiale, qu’elle accuse de favoriser
les intérêts des pays riches et des grandes entreprises au détriment des populations pauvres.

George soutient que la mondialisation a souvent conduit à l’appauvrissement


des pays en développement en imposant des politiques d’austérité, de privatisation et de
déréglementation. Ces politiques ont souvent entraîné une réduction des services publics
essentiels, comme la santé et l’éducation, aggravant ainsi la pauvreté.

Elle plaide pour une mondialisation plus équitable, qui prendrait en compte les
besoins des populations les plus vulnérables et qui viserait à réduire les inégalités plutôt qu’à
les augmentes1.

En résumé, Susan George critique les effets déséquilibrés et injustes de la


mondialisation sur les pays pauvres, plaidant pour une mondialisation plus équitable,
respectueuse de l'environnement, axée sur les droits humains et favorisant le développement
durable.

De même que Naomi Klein, journaliste et auteure canadienne, sa pensée


s'inscrit dans une optique similaire à celle de Susan George, et a beaucoup écrit quant aux
effets négatifs de la mondialisation sur la population, l'environnement et la justice sociale,
12

notamment dans son livre “La Stratégie du Choc”. Elle y décrit comment les politiques
néolibérales, souvent imposées en période de crise, ont exacerbé les inégalités et la pauvreté1.

Klein soutient que la mondialisation, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui,


favorise les grandes entreprises et les élites économiques au détriment des populations
vulnérables. Elle critique particulièrement les politiques de privatisation, de déréglementation
et de réduction des dépenses publiques, qui, selon elle, ont conduit à une augmentation de la
pauvreté et des inégalités1.

En bref Naomi Klein critique les effets dévastateurs de la mondialisation


néolibérale sur les pays pauvres, mettant le en avant les inégalités, l'injustice sociale qui en
découlent. Elle appelle à une transformation radicale de système économique mondial pour
promouvoir un développement durable, équitable et respectueux des droits humains.

Quant à nous, nous pensons comme les néolibéraux que la mondialisation est
inévitable et bénéfique pour les pays en développement comme pour les pays développés.
Nous pensons aussi qu’une libre circulation des capitaux internationaux a des effets
déstabilisateurs sur les économies sous-développés si l'on est sait pas le géré.

Pour la chine par exemple, il y a une croissance favorable mais qu’en est-il au
niveau de l’équité ? Cette croissance ne fait qu’augmenter les inégalités et c’est une
croissance qui n’est aperçu que dans les grandes villes de la chine. Nous osons dire aussi que
dans la plupart des cas, ce sont les filiales des multinationales qui se sont implantées en chine
qui ont favorisé les plus cette croissance.

Pour que la mondialisation soit viable, il faut que les structures économiques
des pays en voie de développement soient fortes. Même si cela n’est pas le cas aujourd’hui,
nous estimons qu’au fur et à mesure que les pays progressent dans l’échange, les pays pauvres
pourront voir leur structure d’échange être modifiée pour qu’ils puissent devenir compétitifs
et jouir des effets de la mondialisation.

Section 2: Revue empirique

Nous ne nous sommes pas le premier moins encore le dernier à mener une
étude sur l'impact de la mondialisation sur la pauvreté dans les pays pauvres, cas de la
République démocratique du Congo, c'est dans cette logique que nous avons jugé bon de
13

fouiller dans la littérature existante pour se tailler une originalité et nous étions intéressés par
les travaux ci-dessous :

Harrison, A. , (2006), dans son article intitulé « La mondialisation profite-t-elle


aux pauvres ? », il ressort que l'état de nos connaissances suggère quatre leçons, que les
dirigeants mondiaux gagneraient à prendre en compte :

En premier lieu, dans les pays de main d’œuvre peu qualifiée, les pauvres ne
profitent pas toujours de la libéralisation des échanges. Beaucoup d'économistes considèrent
que si ces pays tirent un avantage comparatif de l'abondance d'une main-d’œuvre bon marché
pour l'exportation de biens requérant un travail peu qualifié, ladite main-d’œuvre en
bénéficiera également. Mais cette relation n'a rien d'automatique. Pour qu'il en soit ainsi, les
travailleurs devraient en effet être capables de quitter aisément les usines qui ferment pour
accéder aux nouveaux emplois créés par la mondialisation. Or, dans de nombreux pays, parmi
lesquels la Chine et l'Inde, cette mobilité reste une vue de l'esprit. Et même les travailleurs des
pays pauvres ne peuvent entrer dans le marché global sans un minimum de formation et
d'éducation. Les pays qui ont été capables de se positionner sur les marchés mondiaux sont
ceux qui ont su développer leur système éducatif, leurs infrastructures et leur marché de
l'emploi.

La deuxième leçon est que les gains de la mondialisation sont mieux distribués
quand des politiques complémentaires sont mises en place. En Zambie, par exemple, les
paysans n'ont profité de l'ouverture récente des marchés que quand ils bénéficiaient d'un accès
au crédit, d'un savoir-faire technique et d'autres marchepieds. Les pays émergents doivent
mettre en place des programmes pour protéger leur population des effets pervers de la
mondialisation. Au Mexique, par exemple, les petits exploitants céréaliers qui subissaient la
concurrence croissante des importations ont reçu des subventions. Sans ces transferts, la chute
des prix aurait divisé leurs revenus par deux dans les années 1990.

On aurait donc tort de compter sur les seules réformes commerciales pour
réduire la pauvreté. La conclusion du cycle de Doha ne suffira pas, loin s'en faut, à soulager la
pauvreté mondiale. La libéralisation des échanges doit s'accompagner d'une aide des pays
riches, sous forme de prêts et de projets pour développer l'éducation et les infrastructures.

La troisième leçon est que les crises financières sont très coûteuses pour les
pauvres. En Indonésie, la pauvreté a augmenté après la crise monétaire de 1997. Une
14

meilleure intégration des marchés financiers mondiaux était censée lisser les fluctuations de la
consommation, mais sur ce point les prédictions des économistes n'ont pas été réalisées. Les
pays à bas revenu profiteront donc d'autant mieux de l'intégration financière qu'ils auront créé
des institutions solides et mené des politiques de stabilisation macroéconomique. Dans le jeu
des flux financiers, on notera par ailleurs que les investissements directs ont un effet
bénéfique pour la population locale, alors que l'arrivée de capitaux libres voit souvent au
contraire une augmentation de la pauvreté. C'est ce qui se passe en Inde et au Mexique.

La mondialisation crée aussi bien des gagnants que des perdants chez les
pauvres. Dans une même région, elle peut avoir des effets diamétralement opposés. Au
Mexique, alors que les petits producteurs de céréales et la plupart des producteurs moyens
voyaient leurs revenus baisser de moitié au cours des années 1990, les5grandes exploitants
ont vu au contraire leurs positions se renforcer et leurs salariés en ontè profité.

Dans de nombreux pays, les réformes commerciales et financières des années


1980 et 1990 ont profité aux salariés des secteurs exportateurs, alors que le taux de pauvreté
augmentait dans les secteurs confrontés à la concurrence croissante des importations. Enfin,
dans un même pays ou une même région, une réforme commerciale peut causer des pertes de
revenu pour les paysans tout en se traduisant par des gains pour les consommateurs ruraux ou
urbains.

Tout cela n'est pas sans conséquences pour le débat sur la mondialisation. Il est
bien entendu que les pays en développement ont besoin d'accéder aux marchés des pays
développés, ce qui rend si cruciale la réussite du cycle de Doha. Mais la libéralisation des
échanges fait aussi des perdants parmi les pauvres. Comme ils sont nombreux, il est
nécessaire de les faire bénéficier de programmes sociaux pour les aider dans la transition vers
une économie plus ouverte. Ceux qui en ont le plus besoin sont les habitants des pays frappés
par les crises financières, mais aussi les petits paysans qui ne peuvent rivaliser avec
l'efficacité des grandes exploitations ou la concurrence des importations.

Pour que les pauvres profitent de la mondialisation, les Etats doivent leur
fournir une meilleure éducation, un accès plus large aux infrastructures et au crédit, à la santé
publique et à la technologie, les conditions en somme d'une meilleure mobilité.
15

Il serait illusoire et dangereux de faire croire que la libéralisation des échanges


peut à elle seule réduire la pauvreté. Le libre échange ne tiendra cette promesse que si les
Etats lui en donnent les moyens.

Kohl, R., (Kohl, R., 2003), dans son article intitulé « Mondialisation, pauvreté
et inégalité », séminaire de Centre de Développement de l’OCDE. Cette publication fait suite
à une manifestation exceptionnelle qui a réuni des représentants de la société civile venant de
pays pauvres et des experts de l'OCDE en Décembre 2000. Il ressort de cet ouvrage que la
mondialisation peut avoir un impact positif sur les pays pauvres, à condition toutefois qu’elle
s’accompagne de mesures visant à favoriser une répartition équitable des ressources humaines
et matérielles. En outre, les pays dans lesquels les infrastructures et les compétences sont
sous-développées auront besoin de continuer à protéger les secteurs et les segments de la
population qui sont vulnérables, tout en acceptant le caractère transitoire d’une telle protection

Hérault, N., (2006) dans sa thèse intitulé « mondialisation, pauvreté et inégalité


: Un modèle de micro-simulation en équilibre général appliqué à l’évaluation de la
libéralisation commerciale en Afrique du Sud »

En considérant le cas de l’Afrique du Sud, La méthode employée a consisté à


utiliser un modèle de micro- simulation en équilibre général. Il s’agit d’un instrument
permettant d’analyser les répercussions microéconomiques, à court moyen terme, d’une
politique macroéconomique, tout en tenant compte de la structure de l’économie sud-
africaine, ainsi que de l’hétérogénéité des ménages.

En effet, il s’est avéré particulièrement primordial de relier les aspects


macroéconomiques, liés à la libéralisation commerciale, aux aspects microéconomiques
relatifs à la pauvreté et aux inégalités. Au niveau macroéconomique, l’impact de la
libéralisation commerciale, modélisée par la suppression des droits de douane, s’avère positif
dans son ensemble, puisque la croissance économique et l’emploi sont stimulés par cette
politique. La progression des importations, qui enregistrent un regain de compétitivité, exerce
une pression à la baisse sur les prix, ainsi que sur le taux de change. La dépréciation de ce
dernier, alliée à la baisse du prix des produits importés, contribue à l’augmentation des
exportations. Cependant, certains secteurs de l’économie, et en particulier certaines industries
manufacturières intensives en main-d’œuvre, ne peuvent faire face aux importations et voient
leur niveau d’activité régresser.
16

Toutefois, l’impact global sur l’industrie manufacturière reste positif. Dans le


même temps, les services semblent bénéficier davantage de la libéralisation commerciale. Par
ailleurs, en raison du chômage de masse, les salaires des travailleurs les moins qualifiés ne
progressent pas au même rythme que l’activité économique et, surtout, ils augmentent
beaucoup plus lentement que le rendement du capital et les salaires des travailleurs très
qualifiés. La question se pose alors de savoir quel est l’impact sur les ménages sud-africains
et, en particulier, sur la pauvreté et les inégalités. Le module de micro-simulation a été
construit pour répondre à ce genre d’interrogations. En intégrant explicitement l’hétérogénéité
des ménages, et en permettant aux individus de modifier leur comportement sur le marché du
travail, suite à la modification de leur environnement économique, il permet d’analyser, de
manière relativement détaillée, comment les ménages sud-africains sont affectés par la
politique de libéralisation commerciale.

En particulier, il permet de constater que les principaux bénéficiaires de


l’expansion de l’emploi formel sont les ménages les plus pauvres. Ces derniers bénéficient
également du regain d’activité dans le secteur informel qui profite des retombées liées à
l’expansion du secteur formel. La croissance de l’emploi formel et du secteur informel, ainsi
que la baisse de l’indice des prix à la consommation, sont à l’origine d’une réduction
substantielle de la pauvreté, ainsi que d’une légère diminution des inégalités de revenu. En
effet, l’augmentation apparente des inégalités entre les groupes ethniques est plus que
compensée par la réduction des inégalités inter-ethniques.

SEHI-BI, B.B., (2019), dans sa thèse sur l'impact de la mondialisation sur la


taille de l’État : analyse théorique et empirique sur un panel de pays à revenu élevé,
intermédiaire et faible. Longtemps après l’avènement de la Théorie générale de Keynes
(1936) qui promeut le rôle du secteur public en matière de stabilisation économique, le débat
opposant les partisans du keynésianisme aux tenants du « laisser-faire » demeure controversé ;
et ce, malgré la Grand Récession de 2008-2009 qui aurait pu marquer un retour définitif, ou
du moins pour longtemps, à l’interventionnisme étatique.

La thèse ambitionne d’analyser les effets de la mondialisation sur la taille de


l’État à travers la mesure de l’impact de la croissance économique et celle de l’ouverture
économique (commerciale et productive) sur la part des dépenses publiques dans le PIB. Nous
mesurons en outre l’impact du solde budgétaire sur le solde commercial. Pour ce faire, nous
utilisons d’une part, un modèle vectoriel autorégressif (VAR) en panel que nous estimons par
17

la méthode GMM. D’autre part, nous mettons également en œuvre des méthodes applicables
aux panel hétérogènes dynamiques (PMG, MG et DFE).

Le travail de recherche indique que le lien entre la croissance économique et


les dépenses publiques est fonction de la nature des dépenses et de l’évolution des inégalités
(dans les pays à revenu élevé). Il montre aussi que dans les pays à revenu élevé et
intermédiaire, la relation entre les soldes budgétaire et courant dépend de l’évolution de la
production ; le solde courant influence par ailleurs le solde budgétaire dans les pays à revenu
intermédiaire. Enfin, le travail révèle que l’ouverture commerciale peut entrainer une certaine
inefficacité de l’action publique à travers la baisse des recettes fiscales.
18

CHAPITRE DEUX : MILIEU D’ETUDE ET CADRE METHODOLOGIQUE

Ce chapitre s'articule sur la présentation du milieu d'étude et le cadre


méthodologique sur lequel ce travail s’appesantir.

2.1 Présentation du milieu d’étude

La présente étude est réalisée en République démocratique du Congo. Ainsi,


dans cette partie nous présentons dans un premier temps :

2.1.1 Aperçu historique de la République démocratique du Congo

Le pays qui porte aujourd’hui le nom de république démocratique du Congo est


peuplé depuis au moins 200 000 ans av. J.-C. environ. Il y eut des grands États centralisés sur
ce territoire comme les Kongo, les Basongyes de la province de Lomami Kuba, Garengaze,
Lunda et l'Empire luba... Les Européens ne reconnaissent la région qu'en 1482-1483 avec la
découverte de l'embouchure du fleuve Congo par le marin portugais Diogo Cão (1450c-
1490c) qui ouvre les populations (de la partie occidentale) à d'autres formes de commerce
international, concernant principalement l'or, l'ivoire et les esclaves. Le commerce
triangulaire, portugais, néerlandais, français, britannique, ou autre, vient compléter et
amplifier des réalités d'esclavage en Afrique, la traite orientale concernant uniquement les
sultanats des régions orientales. Le royaume du Kongo est alors à son apogée. À partir de
1879, l'explorateur Henry Morton Stanley (1841-1904) explore l'intérieur du futur pays pour
le compte du roi des Belges Léopold II. Au cours de la conférence de Berlin (1884-1885), ce
dernier parvient à faire reconnaître aux autres puissances européennes sa prise de possession
du Congo. C'est le début de la colonisation. Le secteur contrôlé prend le nom d'État
indépendant du Congo bien qu'il soit en fait la propriété personnelle de Léopold. En 1908, le
Parlement belge reprend, par legs du roi Léopold II, la tutelle sur le territoire, nouvellement
dénommé Congo belge.

Le 30 juin 1960 le Congo arrache son indépendance à la Belgique. Patrice


Lumumba (1925-1961) joue un rôle capital dans cette émancipation. Chargée d'espoir,
l'indépendance bascule le pays dans le chaos : le Katanga puis le Kasaï font sécession ;
craignant pour leur vie, les Belges s'enfuient ; la Belgique puis les Nations unies envoient des
troupes ; les gouvernements congolais se succèdent après l'assassinat de Lumumba (janvier
1961).
19

En 1965, Mobutu (1930-1997), chef d'Etat-major de l'armée, renverse par un


coup d’Etat le président Joseph Kasa-Vubu. Le Congo retrouve une certaine stabilité au prix
d'un régime autoritaire. Il devient le Zaïre. Mobutu se maintient au pouvoir pendant trente-
deux ans. En 1997, l'avance de l'AFDL avec M'zée Laurent Désiré Kabila, une force armée
rebelle, l'oblige à fuir Kinshasa. Le régime tombe, affaibli par la crise économique, discrédité
par la corruption, et abandonné par les puissances occidentales. Le porte-parole de l'AFDL,
Laurent-Désiré Kabila, se proclame chef d'État en mai 1997. Le pays change encore une fois
de nom devenant la république démocratique du Congo. Kabila conduit le pays d'une manière
aussi autocratique que son prédécesseur et le plonge dans la guerre (Deuxième guerre du
Congo). Depuis l'assassinat de Kabila (2001) et la fin du conflit, le Congo est entré dans une
phase de démocratisation, marquée notamment par la tenue d'élections libres en 2006, 2011 et
2018. Le président actuel est Félix Tshisekedi, fils d'Étienne Tshisekedi, succédant à Joseph
Kabila (fils de Laurent Kabila) depuis janvier 2019. Cette succession marque pour la première
fois l'alternance pacifique en RDC.

2.1.2 Situation géographique

La République démocratique du Congo est située au cœur de l’Afrique et


englobe l’essentiel du bassin du fleuve Congo1. Elle est le deuxième plus grand pays
d’Afrique, après l’Algérie et occupe la 11e place au monde, avec une superficie de 2 345 410
km². Elle partage ses frontières avec neuf pays d’Afrique, la RDC est limitée au nord par la
République centrafricaine et le Soudan du Sud, à l’Est par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi
et la Tanzanie, au sud par la Zambie et l’Angola et à l’Ouest, l’enclave angolaise de Cabinda,
la république du Congo (Congo-Brazzaville) et une quarantaine de kilomètres de côte
atlantique la limite.

À l'est, la frontière suit l'axe tectonique de ses grands lacs sur une longueur de
1 400 km dans une direction à peu près nord-sud. Avec l'Ouganda, la limite est marquée par le
lac Albert, la rivière Lubirihia, le Ruwenzori et le lac Edouard ; avec le Rwanda par le lac
Kivu, avec le Burundi par le Ruzizi et le nord du lac Tanganyika ; avec la Tanzanie par les
600 km du lac Tanganyika ; enfin avec la Zambie par le lac Moero et le Luapula. À l’Ouest,
le fleuve Congo le départage de la république du Congo.
20

Son territoire se déploie entre 5°30' de latitude Nord et 13°50' de latitude sud,
un tiers en étant situé au nord de l’équateur. En longitude est de Greenwich, il va de 12°15' à
31°15'

2.1.3 Situation politico-administrative

Le pays a conclu des élections générales en décembre 2023, aboutissant à un


deuxième mandat de 5 ans pour le président en exercice Tshisekedi, mais une majorité reste à
négocier au Parlement pour former un gouvernement. Parvenir à un consensus politique,
accroître la présence et la crédibilité de l'État, notamment par une meilleure gouvernance, et
faire avancer les réformes structurelles sont essentiels pour maintenir la stabilité et la paix,
attirer les investissements et créer des emplois.

Ces derniers mois, la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et


de l'Ituri s'est dramatiquement détériorée, avec des affrontements entre l'armée et des groupes
armés forçant des milliers de personnes à fuir. D'autres poches d'insécurité sont apparues dans
le pays, notamment en raison de conflits intercommunautaires.

2.1.4 Situation économiques

Après avoir atteint un pic de 8,9 % en 2022, la croissance du PIB réel en RDC
est restée robuste à 7,8 % en 2023, soutenue par un secteur minier dynamique, qui a progressé
de 15,4 % contribuant à environ 70 % de la croissance globale en 2023. La production
agricole a ralenti à une croissance de 2,2 % en 2023 (contre 2,4 % en 2022).

Du côté de la demande, la croissance a été tirée par l'investissement privé et les


exportations, tandis que les pressions inflationnistes ont entraîné une contraction de la
consommation privée, potentiellement impactant la réduction de la pauvreté. Le déficit du
compte courant s'est détérioré à 6,3 % du PIB en 2023, contre 4,9 % en 2022, en raison de la
hausse des prix à l'importation. Le taux de change s'est déprécié de 21,6 % en 2023 et
l'inflation a accéléré à 19,9 % en moyenne en 2023 (contre 9,2 % en 2022).

La croissance du PIB devrait se modérer à 6 % en 2024 et se stabiliser autour


de 5,8 % sur la période 2025-26, tirée par le secteur minier. Avec le secteur agricole
employant plus de 60 % de la main-d’œuvre en RDC, la vulnérabilité de l'économie aux
risques liés au changement climatique (inondations, sécheresses) est substantielle. Enfin, une
escalade de la guerre à l'est et une volatilité politique continue pourraient compromettre la
21

capacité à progresser dans les efforts de réformes structurelles ambitieuses. Pour atténuer ces
risques, le défi immédiat de la RDC est de renforcer la sécurité et de maintenir la stabilité
politique et macroéconomique tout en construisant des institutions solides pour assurer une
croissance durable.

2.1.5 Situation sociale

La RDC se classe au 164e rang sur 174 pays selon l'indice de capital humain
2020, conséquence de décennies de conflits, de fragilité et de développement compromis.
L'indice de capital humain de la RDC s'établit à 0,37, au-dessous de la moyenne des pays
d’Afrique Subsaharienne (0,40). Cela signifie qu'un enfant congolais né aujourd'hui ne peut
espérer réaliser que 37 % de son potentiel, par rapport à ce qui aurait été possible s'il avait
bénéficié d'une scolarité complète et de qualité, et de conditions de santé optimales. Les
principaux facteurs à l'origine de ce score sont le faible taux de survie des enfants de moins de
cinq ans, le fort taux de retard de croissance des enfants et la piètre qualité de l'éducation.

Le taux de retard de croissance en RDC (42 % des enfants de moins de cinq


ans) est l'un des plus élevés d'Afrique subsaharienne et la malnutrition est la cause sous-
jacente de près de la moitié des décès dans cette classe d’âge. Et contrairement à d'autres pays
africains, la prévalence du retard de croissance en RDC n'a pas diminué au cours des vingt
dernières années. En raison d’un taux de fécondité très élevé, le nombre d'enfants souffrant
d'un retard de croissance a augmenté de 1,5 million.

La RDC abrite diverses populations autochtones dont l’existence est marquée


par un grand nombre de difficultés : expulsion de leurs terres ancestrales, discriminations ou
encore manque d’accès à des services de base comme les soins de santé et l’éducation. Ces
populations continuent malgré tout de jouer un rôle important dans la préservation de la
diversité culturelle du pays et la promotion de pratiques de gestion durable des ressources. Et
si des efforts existent pour reconnaître et protéger les droits des populations autochtones, il
reste encore beaucoup à faire pour assurer leur pleine participation à la société et la protection
de leurs modes de vie traditionnels.

L'accès à l'éducation s'est considérablement amélioré au cours des deux


dernières décennies, en particulier chez les filles et les plus jeunes. Entre 2000 et 2017, le taux
net de scolarisation dans le primaire a augmenté de 50 %, passant de 52 à 78 %. Mais le taux
d'achèvement du primaire reste bas (75 %), et la qualité de l'éducation extrêmement faible : on
22

estime que 97 % des enfants de dix ans en RDC sont en situation de pauvreté des
apprentissages, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas en mesure de lire et comprendre un texte simple.

Les femmes se heurtent à des obstacles importants en matière de perspectives


économiques et d'autonomisation et elles sont notamment confrontées à un niveau élevé de
violences et de discriminations. Seulement 16,8 % des filles terminent l'école secondaire, soit
environ deux fois moins que les garçons. Les mariages précoces et les taux de fécondité
élevés posent problème, le niveau de fécondité des femmes et adolescentes sans aucune
éducation étant deux fois supérieur au taux observé chez celles qui ont achevé leurs études
secondaires (7,4 enfants contre 2,9, DHS 2014). La moitié des femmes déclarent avoir subi
des violences physiques et près d'un tiers ont subi des violences sexuelles, le plus souvent au
sein du couple (DHS 2013).

Le taux d'activité des femmes en RDC est estimé à près de 62 %, la plupart


d'entre elles travaillant dans l'agriculture. Bien que ce taux soit relativement élevé, les femmes
gagnent beaucoup moins que les hommes et possèdent moins d'actifs. Un rapport réalisé en
2021 recense trois grands facteurs à l'origine des écarts persistants et significatifs entre les
sexes dans le pays : le contrôle des terres, la capacité d'expression et d'action, et le risque et
l'incertitude, en particulier la vulnérabilité aux chocs et aux violences de genre.

Les systèmes de santé de la RDC ont été durement touchés par le conflit
prolongé qui sévit dans le pays et par des crises humanitaires complexes qui perdurent de
longue date dans le monde. Cette situation a en outre été considérablement aggravée par la
pandémie de COVID-19 et, avant elle, par les épidémies récurrentes de choléra, de rougeole
ou d’Ebola. La demande de vaccins anti-COVID a été relativement limitée en raison de fortes
réticences dans la population. Il apparaît par ailleurs que la pandémie a eu un impact négatif
sur le degré d'utilisation des services de santé depuis mars 2020 : baisse des consultations
hospitalières et prénatales, accès réduit au planning familial et à la contraception,
augmentation de l'insécurité alimentaire et hausse des cas de violences sexuelles et sexistes.
En raison de la pandémie, près de 23 millions d'enfants n'ont pas été vaccinés comme ils
l’auraient dû en 2020, soit le nombre le plus élevé depuis plus d'une décennie selon des
données récentes de l'OMS et de l'UNICEF. Tous ces éléments mettent en lumière l’impact de
la COVID-19 sur les systèmes de santé, laissant à craindre que l'interruption temporaire des
services de santé de base entraîne, faute d’action, une crise sanitaire secondaire.
23

2.2. Méthodologie
2.2.1. Méthodes
Pour parvenir à la vérification de l’hypothèse et atteindre l’objectif assigné,
l’étude fait recours à la méthode analytique, opérationnalisée dans une approche
économétrique. Cette méthode est appuyée d’une part, par la technique documentaire pour la
collecte des données nécessaires à la matérialisation de la recherche et d’autre part par
l’analyse statistique et mathématique des faits sociaux et économiques observés à travers des
données collectées auprès de différentes sources. Ces données sont analysées à l’aide du
logiciel Eviews 12 et Excel.

2.2.2. Techniques de collecte des données


La technique documentaire nous a permis de collecter les données en
consultant diverses archives, des rapports de la banque mondiale et ensuite les travaux réalisés
par d’autres chercheurs ayant un rapport étroit avec notre sujet. Par ailleurs, La technique
d’observation directe désengagée nous a permis d’expliquer les phénomènes à travers la
description des comportements, des situations et des faits.

2.2.3. Présentation du modèle


Dans cette recherche, il est question d’identifier et analyser les défis
internationaux et nationaux auxquels la RDC est confrontée dans sa transition vers une
économie respectueuse de l’environnement. Pour atteindre les objectifs assignés de cette
recherche, l’utilisation d’un modèle économétrique est nécessaire. C’est ainsi que le recours à
l’utilisation du Modèle Autorégressif à Retards Distribués ou Echelonnés (ARDL) a été
nécessaire.
2.2.3.1. Choix et spécification du modèle

Pour vérifier l’impact de différentes variables (indicateur de développement


humain, degré d’ouverture, investissements directs étrangers, produit intérieur brut par
habitant et indicateur de la qualité institutionnelle), il est question d’estimer un modèle
Autorégressif à retards échelonnés ou distribués. Qui est ici le modèle ARDL, un modèle
dynamique. Ce dernier a la particularité de prendre en compte la dynamique temporelle (délai
d’ajustement, anticipations, etc.) dans l’explication d’une variable (série chronologique),
améliorant ainsi les prévisions et efficacité des politiques (décisions, actions, etc.),
contrairement au modèle simple (non dynamique) dont l’explication instantanée (effet
24

immédiat ou non étalé dans le temps) ne restitue qu’une partie de la variation de la variable à
expliquer. Dans la famille des modèles dynamiques, l’on distingue trois types de modèles.
Si l’on considère la variable dépendante « Y t » et la variable indépendante « X t
», l’on pourra noter :
- Les modèles autorégressifs (AR) : c’est des modèles dynamiques où l’on trouve,
parmi
les variables explicatives ( X t ), la variable dépendante décalée (ses valeurs passées). En
général, ils se présentent comme suit (forme implicite) :

Y t =f ( X t , Y t ) …(1 a)
p

Le terme « autorégressif » traduit la régression d’une variable sur elle-même, soit sur
ses propres valeurs décalées.

- Les modèles à retards échelonnés ou distributed lag (DL) : c’est des modèles
dynamiques qui ont pour variables explicatives : X t et ses valeurs passées ou décalées.
En général, leur forme est :
Y t =f ( X t , X t ) …(1 b)
q

Le terme « retards échelonnés » montre que les effets à court terme de X t sur
Y t sont différents de ceux à long terme. D’un point de temps à un autre, les échelles de
réaction de Y t au changement de X t diffèrent.

- Les modèles autorégressifs à retards échelonnés (ARDL) : ces modèles combinent les
caractéristiques de deux précédents ; on y trouve, parmi les variables explicatives ( X t ),
la variable dépendante décalée (Y t ) et les valeurs passées de la variable
p

indépendante ( X t ). Ils ont la forme générale suivante :


q

Y c =f ( X t ,Y t , X t ) …(1 c )
p q

Ces modèles dynamiques souffrent généralement de problèmes


d’autocorrélation d’erreurs, avec la présence de la variable endogène décalée comme
explicative (modèles AR et ARDL), et de multi-colinéarité (modèles DL et ARDL), ce qui
complique l’estimation des paramètres par les Moindres Carrés Ordinaires/MCO. Dans cette
étude, il est possible de recourir aux techniques d’estimation robuste (méthode SUR, etc.)
pour pallier à ces problèmes. Aussi, l’on retiendra que les variables considérées dans ces
25

modèles se doivent d’être stationnaires pour éviter des régressions fallacieuses. Sous sa forme
(explicite) générale, un modèle ARDL se note alors comme suit :

Y t =φ+ a1 Y t +…+ a p Y t + b0 X t + …+b q X t +e t … (1 d)


1 p q

Ou encore :
p q
Y t =φ+ ∑ ai Y t + ∑ b j X t +e t …(1 d )
i j
i=1 j=0

Avec e t iid (0 , σ ) : terme d’erreur ; «b 0 » traduit l’effet à court terme de X t sur


Y t . Si l’on considère la relation de long terme ou d’équilibre suivante « Y t =k + ϕ X t +u», l’on
peut calculer l’effet à long terme de X t sur Y t (soit «ϕ ») en le notant comme suit :

ϕ=
∑bj
¿¿

Comme pour tout modèle dynamique, l’on se servira des critères d’information
(AIC, SIC et HQ) pour déterminer le décalage optimal (p* ou q*). Un décalage optimal est
celui dont le modèle estimé offre la valeur minimale d’un des critères énoncés. Ces critères
sont : celui d’Akaike (AIC), celui de Schwarz (SIC) et celui de Hannan et Quinn (HQ). Leurs
valeurs sont calculées comme de la manière suivante :

2 2
AIC( p)=log |^Σ|+ n p
T

log T 2
SIC ( p)=log |^Σ|+ n p
T

2 log T 2
HQ (p)=log |^Σ|+ n p
T

Avec : ^Σ = matrice des variance-covariance des résidus estimés ; T


correspondant nombre d’observations ; p = décalage ou lag du modèle estimé ; et n est
nombre de régresseurs.

Tous ces modèles dynamiques aident à capter la dynamique de court terme et


les effets à long terme d’une ou plusieurs variables exogènes sur une variable à endogène.
Cela ne sera possible que si les séries chronologiques sous études sont cointégrées,
permettant ainsi l’estimation d’un modèle à correction d’erreur/MCE. En fait, deux séries sont
dites « cointégrées » si elles sont intégrées de même ordre ; et, une série sera dite
26

« intégrée d’ordre d » s’il va falloir la différencier « d » fois pour la rendre stationnaire. Une
série stationnaire l’est en moyenne et en variance, si sa moyenne ( E ( Y t ) =c ) reste invariante

ou constante au fil du temps et que sa variance ne s’amplifie pas avec le temps ( Var ( Y t )=σ ),

de même pour ses covariances ( E ( Y t−c )( Y t− p−c ) =Y p ) . Pour tester la stationnarité


d’une série temporelle (absence de racine unitaire), plusieurs tests sont disponibles dans la
plupart de logiciels : test de Augmented Dickey-Fuller/ADF, test de Phillippe-Perron/PP, test
de Andrews et Zivot/AZ, test Ng-Perron, Kwiatkowski, Phillips, Schmidt et Shin/KPSS,
Ouliaris-Park-Perron, Eliott-Rothenberg-Stock, etc. Les trois premiers tests sont faciles
d’application et sont couramment utilisés. L’on notera que le test ADF est efficace en
présence d’autocorrélation des erreurs, le test PP est conseillé en présence d’erreurs
hétéroscédastiques, le test AZ est adapté pour des séries qui sont victimes de changement
de régime (rupture de tendance) identifié de façon endogène, et le test KPSS décompose
une série en trois composantes (partie déterministe, partie aléatoire, bruit blanc) avec
l’hypothèse nulle de stationnarité.

L’on retiendra d’un modèle ARDL que, faisant partie de la famille des modèles
dynamiques, il permet d’estimer les dynamiques de court terme et les effets de long terme
pour des séries cointégrées ou même intégrées à des ordres différents comme on le verra avec
l’approche de test aux bornes de Pesaran et al. (1996), Pesaran et Shin (1995), et Pesaran et al.
(2001). Toutefois, l’on ne sait pas appliquer un modèle ARDL pour des séries intégrées à des
ordres qui dépassent 1.

2.2.2.2. L’approche de test aux bornes ou test de cointégration de Pesaran et al.


La cointégration entre séries suppose l’existence d’une ou plusieurs relations
d’équilibre à long terme entre elles, lesquelles relations pouvant être combinées avec les
dynamiques de court terme de ces séries dans un modèle (vecteur) à correction d’erreurs qui
prend la forme suivante :
p
Δ Y t= AY t −1 + ∑ Bi Δ Y t +U t ⋯(2 a)
i
i=1

Avec :Y t =vecteur de variables stationnaires sous études (dont on explique la


dynamique) ; Bi = matrice dont les éléments sont des paramètres associés à Δ Y t ; A = matrice
i

de même dimension que Δ Y t ( où r ( A )=nombre de relations de cointégration ) ; Δ = opérateur


de différence 1ère.
27

Pour tester l’existence ou non de la cointégration entre séries, la littérature


économétrique fournit plusieurs tests ou approches dont le test de Engle et Granger (Engle &
Granger, 1987), ceux de Johansen (1988; 1991) et Johansen et Juselius (1990), et celui de
Pesaran et al. (1996), Pesaran et Shin (1995) et Pesaran et al. (2001). Le test de cointégration
de Engle et Granger (1991) n’aide à vérifier la cointégration qu’entre deux séries intégrées de
même ordre (soit ordre d’intégration = 1), il est donc adapté au cas bivarié et s’avère ainsi
moins efficace pour des cas multivariés (Pesaran et al., 1987). Le test de cointégration de
Johansen (1988; 1991) permet de vérifier plutôt la cointégration sur plus de deux séries, il a
été conçu pour des cas multivariés. Toutefois, bien que le test de Johansen, fondé sur
une modélisation vectorielle autorégressive à correction d’erreur (VECM), constitue un
remède aux limites du test de Engle et Granger pour le cas multivarié, il exige aussi que
toutes les séries ou variables soient intégrées de même ordre, ce qui n’est pas toujours le
cas en pratique.

Alors, lorsqu’on dispose de plusieurs variables intégrées d’ordres différents


(I(0), I(1)), l’on peut recourir au test de cointégration de Pesaran et al. (2001) appelé « test de
cointégration aux bornes » ou « bounds test to cointegration », developpé au départ par
Pesaran et Shin (1999). Si l’on recourt au test de cointégration de Pesaran pour vérifier
l’existence d’une ou plusieurs relations de cointégration entre les variables dans un modèle
ARDL, l’on dira que l’on recourt à l’approche « ARDL approach to cointegrating » ou que
l’on applique le test de cointégration par les retards échelonnés.

Le modèle qui sert de base au test de cointégration par les retards échelonnés
(test de Pesaran et al. (2001)) est la spécification ARDL cointégrée suivante (elle prend la
forme d’un modèle à correction d’erreur ou un VECM), lorsqu’on étudie la dynamique entre
deux séries « Y t et X t » :

p q−1
Δ Y t=λ 1 Y t −1+ λ2 X t −1 + ∑ ai Δ Y t + ∑ b j Δ X t + π 0+ π t +¿ e t ⋯(2 b)¿
i j
i=1 i=1

Cette spécification (2b) présente le modèle ARDL, soit la relation (1d), sous forme
d’un MCE ou un VEC, ce qui suppose l’existence des relations de cointégration entre séries.
La relation (2b) peut s’écrire aussi comme suit :

p q −1
Δ Y t=π 0 + π t + ∑ ai Δ Y t + ∑ b j Δ X t +θut −1 +¿ e t ⋯(2 c )¿
i j
i=1 i=1
28

Où «θ » est le terme de correction d’erreur, coefficient d’ajustement ou force de rappel.


Se basant sur la relation (2c), après estimation, l’on va conclure à l’existence d’une relation de
cointégration entre Yt et Xt si et seulement si :
0<|θ^ |1; θ<
^ 1; et rejet « H :θ=0 »(θ est stastiquement significatif ).
0

Il y a deux étapes à suivre pour appliquer le test de cointégration de Pesaran, à


savoir :

 La détermination du décalage optimal avant tout (AIC, SIC) et


 Le recourt au test de Fisher pour vérifier les hypothèses (Cfr relation 2 b ) :
H o =λ1= λ2=0 : Existence d’une relation de cointégration
H o ≠ λ1 ≠ λ2 ≠ 0 : Absence d’une relation de cointégration

La procédure du test est telle que l’on devra comparer les valeurs de Fisher
obtenues aux valeurs critiques (bornes) simulées pour plusieurs cas et différents seuils par
Pesaran et al. L’on notera des valeurs critiques que la borne supérieure (2 ème ensemble)
reprend les valeurs pour lesquelles les variables sont intégrées d’ordre 1 I(1) et la borne
inférieure (1er ensemble) concernent les variables I(0).

Ainsi :

 Si Fisher calculé >borne supérieure : Cointégration existe


 Si Fisher calculé <borne inférieure: Cointégration n’existe pas
 Si borne inférieure< Fisher calculé < borne supérieure: Pas de conclusion

2.2.3. Interprétation
La présente section se consacre sur l’interprétation des résultats de l’estimation
du modèle ARDL cointégré en donnant la dynamique de long terme suivie de celle de court
terme. Ainsi, il importe également de souligner si les différents tests statistiques et
économétriques concourant à la validation du modèle sont respectés.

En vue d’atteindre les objectifs assignés à cette investigation, la nature des


données recueillies a obligé la spécification d’un modèle autorégressif à retard échelonné. Ce
modèle se spécifie de la manière suivante :

p q
Y t =φ+ ∑ ai Y t + ∑ b j X t +e t
i j
i=1 j=0
29

Où Y t représente l’empreinte écologique, variable avec laquelle nous avons


mesuré la pression sur l’environnement ; Y t −i avec i allant de 1 à p, les valeurs décalées ou
passées de l’empreinte écologique; X t − j avec j allant de 0 à q , le vecteur des variables
explicatives et e t le terme d’erreur ; a i et b i sont donc les paramètres à estimer.

Tous les paramètres seront lus et interprétés au seuil de 5% comme le


préconise la plupart de recherches en sciences économiques.

2.2.4. Nature et source des données

Les cinq séries chronologiques développées dans le cadre de cette étude


couvrent la période allant de 1990 à 2020 en RDC. Ainsi, les données portant sur l’IDH,
degré d’ouverture, le PIB par habitant, et des Investissements Directs Etrangers, sont tirées de
la base des données propre à la banque mondiale : World Development Indicators (WDI),
alors que celles ayant trait avec l’Indicateur de la Qualité des institutions proviennent de Penn
World Table (PWT).

Ainsi, le tableau ci-dessous résume les variables retenues ainsi que les signes
attendus.

Tableau 1 : Présentation des variables retenues et signes attendus

Variables Abréviations Signes attendus


Indicateur de développement humain IDH +/-
Degré d’ouverture DO +/-
Les investissements directs étrangers IDE +/-
Produit intérieur brut par habitant PIBH +/-
Qualité des institutions IQI +
Source : Auteur, sur base de la théorie économique

N.B : Les signes (+) et (-) correspondent respectivement aux effets positifs et négatifs
attendus.

Les signes attendus des variables ainsi présentés décrivent leurs effets sur la
pauvreté en RDC. Leurs coefficients permettent d’appréhender les proportions dans lesquelles
elles affectent la pauvreté et sont interprétés comme des effets marginaux et des élasticités.
30

CHAPITRE TROIS : DONNEES ET RESULTATS

Le présent chapitre est axé sur une vérification empirique des déterminants de
l’industrialisation en RDC. Il est subdivisé en trois points notamment le choix et la
spécification du modèle, l’analyse descriptive et stochastique des variables ainsi que la
présentation, l’interprétation et la discussion des résultats.

3.1. Choix et spécification du modèle

L’analyse stochastique des variables sous examen nous a conduit à recourir à


un modèle autorégressif à retards échelonnés (modèle ARDL) suivant la nouvelle approche de
cointégration de Pesaran et al. (2001)1 ou test de cointégration aux bornes. Le modèle ARDL
est l’une des classes des modèles dynamiques. Ces derniers ont la particularité de prendre en
compte la dynamique temporelle (délai d’ajustement, anticipations, etc.) dans l’explication
d’une variable (série chronologique), améliorant ainsi les prévisions et efficacité des
politiques (décisions, actions, etc.), contrairement au modèle simple (non dynamique) dont
l’explication instantanée (effet immédiat ou non étalé dans le temps) ne restitue qu’une partie
de la variation de la variable à expliquer.

En effet, bien que la littérature antérieure sur le sujet suggère plusieurs


variables susceptibles d’influencer la mondialisation, il n’est pas possible de les inclure
toutes. A cet effet, la présente étude retient les seules variables susceptibles d’expliquer au
mieux la dynamique de la mondialisation en RDC.

Comme dit précédemment, la présente étude cherche à saisir l’effet sur la


pauvreté mesurée par l’indice de développement humain (IDH) (variable dépendante) de
degré d’ouverture (DO), les investissements directs étrangers (IDE), le PIB par habitant pris
en logarithme et l’indicateur de la qualité des institutions (IQI) qui sont les variables d’intérêt
en tenant. Ainsi, l’on se propose d’estimer un modèle ARDL pour la fonction suivante (forme
fonctionnelle linéaire) :

IDH =f ( DO , IDE , LPIBH , IQI ) (1)

1
Cette approche a l’avantage de tester la cointégration lorsqu’on dispose de plusieurs variables intégrées
d’ordres différents (I (0), I (1) seulement et non I (2)). Ceci constitue un remède aux limites du test de Engle et
Granger pour le cas multivarié ainsi que l’approche de Johansen qui, exige aussi que toutes les séries ou
variables soient intégrées de même ordre ; ce qui n’est pas toujours le cas en pratique et manque de puissance
pour des échantillons de petite taille.
31

p q q q q
IDH t =a0 + ∑ a1 i IDH t−i + ∑ a2 i DO t−i + ∑ a 3i IDEt −i +¿ ∑ a4 i LPIBH t−i + ∑ a5 i IQI t −i + et (2)¿
i=1 i=0 i=0 i=0 i =0

Avec a 0 , a 1i , a2 i , a3 i ,a 4 i et a 5i les paramètres à estimer et e t ∼ iid (0, σ ) le terme


d’erreur.

3.1.1. Description des variables


Les différentes variables mises en relation pour mesurer l’impact réel de
mondialisation économique sur la pauvreté en RDC, dans le cadre de cette étude, sont les
suivantes :
- IDH (Indicateur de Développement Humain) : est un indicateur composite qui
mesure le développement humain dans un pays. Il prend en compte trois dimensions
fondamentales : la santé (mesurée par l'espérance de vie à la naissance), l'éducation
(mesurée par le taux d'alphabétisation et le nombre d'années de scolarisation) et le
niveau de vie (mesuré par le PIB par habitant ajusté selon la parité du pouvoir d'achat).
En RDC, l'IDH est souvent faible en raison de défis tels que les conflits, la pauvreté
généralisée et un accès limité à des services de base.
- DO (Degré d'Ouverture) : mesure l'intégration d'un pays dans l'économie mondiale,
généralement exprimé en pourcentage des échanges commerciaux (exportations +
importations) par rapport au PIB. Un degré d'ouverture élevé indique une plus grande
participation aux marchés internationaux, ce qui peut stimuler la croissance
économique. En RDC, cette variable peut influencer les opportunités économiques et
l'accès aux biens et services.
- IDE (Indicateur de Développement Humain) : désignent les investissements
réalisés par des entités étrangères dans des entreprises locales, qu'il s'agisse de création
d'entreprise ou d'acquisition d'actifs. Les IDE peuvent jouer un rôle crucial dans le
développement économique en apportant des capitaux, des technologies et des
compétences. En RDC, attirer des IDE est important pour stimuler la croissance
économique et créer des emplois, mais cela dépend largement de la stabilité politique
et des conditions économiques.
- PIBH (Produit Intérieur Brut par Habitant) : est une mesure du produit intérieur
brut divisée par la population totale, ce qui donne une indication du niveau de vie
moyen dans un pays. En RDC, bien que le pays possède d'importantes ressources
naturelles, le PIB par habitant reste faible en raison de la mauvaise gestion
32

économique, des conflits et des inégalités. Cette variable est cruciale pour évaluer le
bien-être économique de la population.
- IQI (Indicateurs de la Qualité des Institutions) : fait référence à l'efficacité, à la
transparence et à l'équité des institutions publiques et privées qui régissent un pays.
Cela inclut des aspects comme l'état de droit, la lutte contre la corruption et la
participation citoyenne. En RDC, une faible qualité institutionnelle est souvent citée
comme un obstacle majeur au développement économique et à l'amélioration du
niveau de vie.

Comme pour tout modèle dynamique, nous nous servirons des critères
d’information (Akaike-AIC, Shwarz-SIC et Hannan-Quin) pour déterminer les décalages
optimaux (p,q) du modèle ARDL par parcimonie2.

Notons qu’après l’estimation du modèle, une série de tests est effectuée (LM
test d’autocorrélation des erreurs de Breusch-Godfrey/BG (lag = 2), test de normalité des
résidus de Jarque-Berra, test d’homoscédasticité (soit le test de Breush-Pagan-Godfrey/BPG,
celui de Harvey, celui de Glejser, celui de ARCH ou White selon le cas, etc.), test de
spécification de Ramsey, test de stabilité, etc) pour la validité du modèle ARDL estimé.

3.2. Analyse statistique


3.2.1. Les statistiques descriptives
Tableau 2 : Les statistiques descriptives

IDH DO IDE LPIBH IQI


Moyenne 0.411287 0.376520 2.887587 6.106357 0.126792
Maximum 0.482000 0.759633 12.71601 6.744710 0.187500
Minimum 0.368000 0.084554 -1.304135 5.811188 0.083333
Ecart-type 0.040260 0.221536 3.536007 0.223059 0.021531
Jarque-Bera 3.569639 2.516128 9.991052 6.545340 9.806954
Probabilité 0.167827 0.284204 0.006768 0.037905 0.007421
Observations 31 31 31 31 31
Source : l’auteur, à partir du logiciel Eviews 12
La lecture du présent tableau montre que les variables prises IDH, DO suivent
la loi normale quant à elles, du fait que leurs probabilités associées au test de Jaque-Bera sont
supérieures au seuil de 5%. A contrario les IDE, LPIBH, IQI ne suivent pas la loi normale

2
Technique qui consiste à retenir le modèle significatif (faible AIC, SIC) qui a le moins de paramètres.
33

dans leurs distributions du fait que leurs probabilités associées au test de Jaque-Bera sont
inférieure au seuil de 5%. Il s’observe également que nos variables ont connu une moyenne
annuelle respectivement de 0.411287 pour l’indice de développement humain, 0.376520 %
pour le degré d’ouverture, 6.106357 en ce qui concerne le PIB par habitant pris en
logarithme, 2.887587 pour les investissements directs étrangers entrants en dollars et
0.126792 pour l’indice de la qualité des institutions, durant la période sous examen.
3.1.1. Analyse stochastique des variables

Avant le traitement d’une série chronologique, il convient d’en étudier les


caractéristiques stochastiques. Si ces caractéristiques c’est-à-dire son espérance et sa variance
se trouvent modifiées dans le temps, la série chronologique est considérée comme non
stationnaire ; dans le cas d’un processus stochastique invariant, la série temporelle est alors
stationnaire (Bourbonnais, 2018). Dans la mesure où les chroniques économiques sont
rarement des réalisations de processus aléatoires stationnaires, il s’avère nécessaire de
procéder au test de stationnarité. Pour ce faire, le test de Dickey-Fuller Augmenté (ADF) a été
d’usage dans cette démarche. Le tableau ci-dessous résume les résultats dudit test.

Tableau 3 : Test de stationnarité des variables sous étude

VARIABLES Test ADF PROBABILITE DECISION


IDH -6.631624 0.0000 I(1)
DO -5.216795 0.0002 I(1)
IDE -3.750452 0.0082 I(0)
LPIBH -2.214994 0.0281 I(1)
IQI -4.596477 0.0015 I(0)
Source : l’auteur, à partir du logiciel Eviews 12

Du tableau ci-haut ressort comme décision : les variables IDH, DO, LPIBH
sont stationnaires après une différentiation, donc intégrée d’ordre 1 ; les variables IDE, IQI
sont stationnaires en niveau c’est-à-dire intégrées d’ordre 0.

3.3. Présentation et interprétation des résultats

Avant de passer à la présentation des résultats de l’estimation proprement dite,


il est important d’abord de déterminer le nombre de décalage optimal comme exige tout
34

modèle dynamique, de faire les différents tests économétriques concourant à la validation


dudit modèle ainsi que le test cointégration aux bornes.

La figure suivante est relative à la détermination du lag optimal :

Figure 1 : Détermination du lag optimal


Comme on peut le voir, le modèle ARDL (1,4,4,2,3) est le plus optimal parmi
les 19 autres présentés, car il offre la plus petite valeur du AIC. Par ailleurs, au regard des
tests qui aident à diagnostiquer le modèle ARDL estimé, l’on note l’absence d’autocorrélation
des erreurs, il n’y a pas d’hétéroscédasticité, il y a normalité des erreurs, le modèle a été bien
spécifié et enfin il y a stabilité des coefficients (CUSUM of Squares Test). L’estimation
dudit ARDL et les tests précités sont présentés en annexes.
35

Tableau 4 : Récapitulatifs des tests sur les résidus

Test de corrélation sérielle (Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test)


F-statistic : 0.607935 Prob. F (2,6) : 0.5749
Obs*R-squared : 4.549486 Prob. Chi-Square (2) : 0.1028
Test d’hétéroscédasticité (ARCH test)
F-statistic : 0.798206 Prob. F (1,24) : 0.3805
Obs*R-squared : 0.836890 Prob. Chi-Square (1) : 0.3603
Test de Normalité des résidus de JarqueBera (JB)
Jarque-Bera : 0.525538 Prob : 0.768920
Test de specification de Ramsey (Ramsey RESET Test)
F-statistic : 2.110963 Prob : 0.1896
Source : Nos analyses sur base du logiciel Eviews12

Du présent tableau, il ressort que l’hypothèse nulle est acceptée pour tous ces
tests. De ce fait, les conditions économétriques exigées (absence d’autocorrélation, absence
d’hétéroscédasticité, normalité des résidus et une bonne spécification de la forme
fonctionnelle du modèle) sont valides.

Figure 2: Test de stabilité structurelle des paramètres


36

Pour ce qui est du test de CUSUM ci-dessus, il permet de détecter les


instabilités structurelles des paramètres du modèle. Il se constate aussi que la courbe ne coupe
pas le corridor, donc il est structurellement stable.

Tableau 5: Test de cointégration aux bornes de Pesaran et al. (2001)

Borne inférieure Borne supérieure


Test Statistique Valeur Seuil I(0) I(1)

F-statistique 15.13661 10% 2.2 3.09


K 4 5% 2.56 3.49
2.5% 2.88 3.87
1% 3.29 4.37

Source : l’auteur, à partir du logiciel Eviews 12

Le tableau ci-dessus nous montre qu’il existe une relation de cointégration vu


que la valeur associée à la statistique de Fisher est supérieure à celle de la borne supérieure au
seuil de 5%. Par conséquent, nous pouvons estimer un modèle à correction d’erreur pour
capter la dynamique de court et celle de long terme.

3.3.1. Dynamique de long terme


Tableau 6 : Dynamique de long terme du modèle

Variables Coefficients t-Statistique Prob.

DO 0.231579 8.547075 0.0000


IDE 0.004542 1.988700 0.0819
LPIBH -0.047542 -1.210810 0.2605
IQI 0.294764 1.998976 0.0806
C 0.596730 2.546162 0.0344

Source : l’auteur, à partir du logiciel Eviews 12

Du tableau 6 ressortent les informations suivantes : à long terme, seule la


variable DO a un impact sur l’IDH, d’après ce modèle, du fait sa probabilité liée au test de
significativité de leur paramètre est inférieure au seuil de significativité. Les variables IDE,
LPIBH et IQI n’ont aucun impact sur l’IDH de par la non significativité de leurs paramètres.
37

La variable degré d’ouverture a un impact significativement positif sur l’indice


de développement humain. En effet, toute augmentation de DO de 1% entraîne une
augmentation de l’IDH de 0.23%. Cela peut s'expliquer par le fait qu'une plus grande
ouverture commerciale permet à la RDC d'accéder à des marchés internationaux, d'attirer des
investissements et d'importer des biens et services essentiels. Cette dynamique peut conduire
à une amélioration des conditions de vie, à une meilleure éducation et à une santé publique
améliorée.

L'absence d'effet significatif des IDE, du PIB par habitant et de la qualité


institutionnelle sur l'IDH est liée à plusieurs facteurs : Bien que les IDE puissent
théoriquement stimuler le développement, en RDC, ils sont concentrés dans des secteurs peu
créateurs d'emplois ou ne pas avoir un impact direct sur le développement humain. Par
exemple, les investissements dans l'exploitation minière peuvent générer des profits sans
nécessairement améliorer les conditions de vie des populations locales. Un PIB par habitant
élevé ne garantit pas nécessairement une amélioration du bien-être humain si la richesse est
mal répartie ou si les inégalités sont importantes. En RDC, la pauvreté persiste malgré une
croissance économique. Des institutions faibles freinent les effets positifs des politiques
économiques et des investissements sur le développement humain.

3.3.2. Dynamique de court terme


Tableau 7 : Dynamique de court terme du modèle

Variables Coefficients t-Statistique Prob.

D(DO) -0.008229 -1.146745 0.2846


D(IDE) -8.15E-05 -0.686099 0.5120
D(LPIBH) 0.042107 2.389434 0.0439
D(IQI) 0.099362 5.082344 0.0010
CointEq(-1)* -0.145375 -12.14833 0.0000

Source : l’auteur, à partir du logiciel Eviews 12

Avant toute chose, il est nécessaire de se concentrer sur la force de rappel, du


tableau 7 ci-haut. En effet, la force de rappel est significative, négative et inférieure à 1 en
valeur absolue, ce qui vient valider la modélisation faite. Ce paramètre signifie tout
simplement que 14% d’un choc survenu à une année quelconque est résorbé l’année suivant
38

sa parution. Il faut donc 6 années3 1 mois et 17 jours pour revenir à l’état stationnaire après un
choc.

Du présent tableau ressortent les informations suivantes : à court terme, les


variables LPIBH et IQI ont un impact sur l’IDH, d’après ce modèle, du fait leurs probabilités
liées au test de significativité de leurs paramètres sont inférieures au seuil de significativité de
5%. Les variables DO et IDE n’ont aucun impact sur l’IDH de par la non significativité de
leurs paramètres.

La qualité institutionnelle a un impact significativement positif sur l’indice de


développement humain. En effet, toute amélioration de la qualité institutionnelle de 1%
entraîne une augmentation de l’IDH de 0,1%. Cela indique que des institutions efficaces
peuvent rapidement améliorer les conditions de vie en garantissant des services publics
adéquats, en favorisant la transparence et en renforçant la confiance des citoyens dans le
gouvernement. Une bonne gouvernance peut également encourager les initiatives locales et
stimuler le développement communautaire.

Le produit intérieur brut par habitant a un impact significativement positif sur


l’indice de développement humain. En effet, toute augmentation de LPIBH de 1% entraîne
une augmentation de l’IDH de 0,04%. Cela s’explique par le fait qu’une augmentation rapide
des revenus peut améliorer l’accès aux services essentiels tels que la santé et l’éducation. Cela
peut également être lié à une période de croissance économique qui se traduit directement par
une amélioration du niveau de vie.

À court terme, le degré d'ouverture, les IDE et le PIB par habitant n'ont pas
d'effets significatifs sur l'IDH. Cela peut être dû du fait que les effets positifs de ces variables
se manifestent avec un certain délai. Les bénéfices liés au commerce international peuvent
prendre du temps à se matérialiser dans le développement humain. Les investissements
étrangers nécessitent souvent du temps pour se traduire par des créations d’emploi ou des
améliorations sociale.

3.4. Discussion des résultats


3
Années = 1/- (force de rappel)
39

Le présent point se penche sur la discussion de résultats de cette étude.


Discuter les résultats d'une étude c'est les comparer avec ceux des autres études du même
champ de recherche en vue de ressortir les similitudes ou d'expliquer les divergences
remarquées par rapport à la théorie économique et autres résultats empiriques.

Harrison, A., (2006) a abordé les impacts de la mondialisation sur les pauvres,
suggérant que les effets ne sont pas uniformes et dépendent du contexte local. Dans le cas de
la RDC, le fait que seul le degré d'ouverture ait un impact significatif sur l'IDH à long terme
ces résultants ont corroboré l'idée d'Harrison selon laquelle les pays qui s'ouvrent aux
échanges peuvent bénéficier d'une croissance, mais cela ne se traduit pas automatiquement
par une réduction de la pauvreté. Les investissements directs étrangers (IDE), qui n'ont pas
d'effet significatif à long terme, rejoignent le point de Harrison : les IDE peuvent bénéficier à
certains secteurs sans toucher les populations vulnérables. L'accent mis sur le degré
d'ouverture indique qu'une intégration réussie dans l'économie mondiale peut être nécessaire
pour générer des bénéfices tangibles pour les pauvres.

Kohl, R., (2003), explore comment la mondialisation peut exacerber les


inégalités. En RDC, l'absence d'effets significatifs des IDE et du PIB par habitant à long terme
pourrait refléter une situation où la croissance économique ne se traduit pas par une
amélioration des conditions de vie pour tous. Cela peut être dû à des institutions faibles qui ne
parviennent pas à redistribuer équitablement les ressources générées par la mondialisation.
Les résultats indiquent que sans une amélioration substantielle de la qualité institutionnelle,
qui a un impact positif à court terme sur l'IDH, la mondialisation pourrait renforcer les
inégalités plutôt que de réduire la pauvreté.

Hérault N., (2006) : Mondialisation, pauvreté et inégalité en Afrique du Sud, il


a utilisé un modèle de micro-simulation pour évaluer les effets de la libéralisation
commerciale. Son approche démontre que les effets peuvent varier considérablement selon les
groupes socio-économiques. En lien avec ces résultats, cela suggère que même si l'ouverture
commerciale (degré d'ouverture) peut avoir un impact positif sur l'IDH à long terme, cela ne
signifie pas nécessairement que tous les groupes en bénéficient également. En RDC, cela peut
expliquer pourquoi l'impact immédiat du PIB par habitant et de la qualité institutionnelle est
plus prononcé : ces facteurs peuvent directement améliorer le bien-être des plus démunis dans
un contexte où les bénéfices de la mondialisation mettent du temps à se diffuser.
40

Sehi-bi, B. B., (2019) : L'impact de la mondialisation sur la taille de l'État, il a


analysé comment la mondialisation influence le rôle et la taille de l'État dans différents
contextes économiques. Il est possible que dans des pays comme la RDC, où l'État a
historiquement été faible, le manque d'effets significatifs des IDE et du degré d'ouverture sur
l'IDH soit lié à une incapacité institutionnelle à gérer ces flux économiques. Les résultats
montrent qu'en période de court terme, une qualité institutionnelle solide peut compenser
certaines faiblesses structurelles liées à la mondialisation. Cela fait écho à Sehi-bi en
soulignant que sans un État fort capable de réguler et d'encadrer les effets de la
mondialisation, les bénéfices économiques risquent d'être inégalement répartis.

3.4.1. Discussion des résultats avec les théories prises

Milton Friedman, (2002), est un ardent défenseur du libre marché et de la


mondialisation. Selon lui, une plus grande ouverture économique favorise la croissance et le
bien-être général. Dans le contexte de la RDC, le fait que le degré d'ouverture ait un impact
significativement positif sur l'IDH à long terme pourrait être perçu comme une validation de
sa théorie. Cependant, la faiblesse des autres variables (investissements directs étrangers et
qualité institutionnelle) indique que les bénéfices du libre marché ne se traduisent pas toujours
par une amélioration immédiate des conditions de vie.

Jagdish Bhagwati (2004), soutient également les avantages de la


mondialisation, mais il met l'accent sur le besoin d'institutions solides pour garantir que les
bénéfices de cette ouverture économique soient équitablement répartis. Le fait que la qualité
institutionnelle ait un impact positif sur l'IDH à court terme dans cette étude correspond à son
argument selon lequel des institutions robustes sont essentielles pour maximiser les gains de
la mondialisation.

Joseph Stiglitz, (2002), critique souvent la façon dont la mondialisation est


mise en œuvre, soulignant que sans régulations appropriées et sans prise en compte des
inégalités, elle peut aggraver les conditions socio-économiques. Le fait que les
investissements directs étrangers n'aient pas d'effet significatif sur l'IDH appuie sa thèse selon
laquelle ces flux ne profitent pas toujours aux populations locales, surtout dans un pays avec
des institutions faibles.

George Susan, (2010), aborde souvent les dimensions sociales et


environnementales dans le cadre de la mondialisation. Il pourrait faire valoir que même si le
degré d'ouverture est positif pour l'IDH à long terme, cela doit être équilibré par des
41

préoccupations sociales et environnementales. La non-significativité des investissements


directs étrangers peut signifier qu'ils ne contribuent pas au développement durable ou à des
bénéfices sociaux tangibles pour la RDC.

Naomi Klein, (2007), critique la mondialisation néolibérale et ses effets


dévastateurs sur les sociétés et l'environnement. Elle met en avant que les politiques
économiques imposées par des acteurs extérieurs peuvent nuire aux populations locales. Dans
ce contexte, l'absence d'effet significatif des investissements directs étrangers pourrait être
interprétée comme une manifestation des critiques de Klein : ces investissements ne semblent
pas bénéficier aux populations locales et pourraient même exacerber les inégalités.

3.4.2. Recommandations

Au vu de ces résultats, nous recommandons ce qui suit :

- Que l’Etat congolais investisse dans le renforcement des institutions publiques en


formations les fonctionnaires, une meilleure transparence et responsabilité, ainsi que
des mécanismes de lutte contre la corruption ;

- Créer un environnement plus attractif pour les investisseurs étrangers.

- Encourager le commerce international en incluant des accords commerciaux avec


d'autres pays, la promotion de produits locaux à l'international et le soutien aux
exportations.

- Amélioration le PIB par habitant doit être une priorité pour soutenir l'entrepreneuriat
local, l'amélioration de l'accès à l'éducation et à la formation professionnelle, ainsi que
des politiques qui favorisent la création d'emplois.

- Lutter contre la pauvreté en mettant en place des programmes sociaux qui ciblent les
populations les plus vulnérables.

- Encourager la participation des citoyens dans les processus décisionnels pour


renforcer la qualité institutionnelle et améliorer les résultats en matière de
développement humain.
42

CONCLUSION

La présente étude a porté sur l’impact de la mondialisation sur la réduction de


la pauvreté en République Démocratique du Congo. L’objectif était d’évaluer l’impact de la
mondialisation sur l’amélioration de condition de vie des plus démunis. De cet objectif
découle l’hypothèse selon laquelle la mondialisation aurait des effets significativement
positifs sur l’amélioration de condition de vie des plus démunis.

Le modèle ARDL basée sur les méthodes hypothético-déductive et analytique a


été retenue afin de vérifier empiriquement cette hypothèse, en se servant du logiciel Eviews
12. Les techniques documentaire et d’observation des faits étaient en service complémentaire
afin de nous permettre à récolter les données qui ont fait l’objet de nos analyses.

Les analyses ont permis en outre, de confirmer l’hypothèse de cette recherche


en partie selon qu’à long terme, le degré d’ouverture a un effet significativement positif sur
l’amélioration de condition de vie des plus démunis.

Après l’analyse et traitement des données, nous avons abouti aux résultats
selon lesquels à court terme, les variables LPIBH et IQI ont un impact significativement
positif sur l’IDH, d’après ce modèle, du fait leurs probabilités liées au test de significativité de
leurs paramètres sont inférieures au seuil de significativité de 5%. Les variables DO et IDE
n’ont aucun impact sur l’IDH de par la non significativité de leurs paramètres. A long terme,
seule la variable DO a un impact significativement positif sur l’IDH, d’après ce modèle, du
fait sa probabilité liée au test de significativité de leur paramètre est inférieure au seuil de
significativité. Les variables IDE et IQI n’ont aucun impact sur l’IDH de par la non
significativité de leurs paramètres.

Loin de nous l’idée d’avoir fait un travail parfait ; sur ce, nous laissons la porte
ouverte aux futurs chercheurs de pouvoir apporter d’autres lumières scientifiques en rapport
avec le sujet, dans le seul but de faire avancer la science.

Enfin, toute œuvre scientifique ne manque jamais des imperfections, c’est


pourquoi nous vous invitons de nous lire intensivement afin de nous apporter vos remarques
et suggestions pouvant nous permettre d’améliorer à la prochaine.
43

BIBLIOGRAPHIE

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données de Panel.

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45

ANNEXES
a

Annexe 1 : test de stationnarité des variables

Null Hypothesis: D(IDH) has a unit root

Exogenous: Constant
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=7)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.631624 0.0000


Test critical values: 1% level -3.699871
5% level -2.976263
10% level -2.627420

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Null Hypothesis: D(DO) has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=7)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.216795 0.0002


Test critical values: 1% level -3.689194
5% level -2.971853
10% level -2.625121

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Null Hypothesis: IDE has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=7)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -3.750452 0.0082


Test critical values: 1% level -3.670170
5% level -2.963972
10% level -2.621007

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Null Hypothesis: D(LPIBH) has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=7)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.214994 0.0281


Test critical values: 1% level -2.647120
5% level -1.952910
10% level -1.610011

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.


b

Null Hypothesis: IQI has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 7 (Automatic - based on SIC, maxlag=7)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.596477 0.0015


Test critical values: 1% level -3.752946
5% level -2.998064
10% level -2.638752

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Annexe 2 : Estimation du modèle proprement dit


Dependent Variable: IDH
Method: ARDL
Date: 10/05/24 Time: 11:51
Sample (adjusted): 1994 2020
Included observations: 27 after adjustments
Maximum dependent lags: 1 (Automatic selection)
Model selection method: Akaike info criterion (AIC)
Dynamic regressors (4 lags, automatic): DO IDE LPIBH IQI
Fixed regressors: C
Number of models evalulated: 625
Selected Model: ARDL(1, 4, 4, 2, 3)
Huber-White (HC0) heteroskedasticity consistent standard errors and
covariance
No d.f. adjustment for standard errors & covariance

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.*

IDH(-1) 0.854625 0.051957 16.44865 0.0000


DO -0.008229 0.007756 -1.060978 0.3197
DO(-1) 0.017490 0.011237 1.556469 0.1582
DO(-2) -0.009677 0.010275 -0.941807 0.3739
DO(-3) 0.019219 0.009714 1.978465 0.0832
DO(-4) 0.014862 0.008521 1.744250 0.1193
IDE -8.15E-05 9.89E-05 -0.824408 0.4336
IDE(-1) 0.000133 0.000118 1.128144 0.2920
IDE(-2) -1.98E-05 9.50E-05 -0.208579 0.8400
IDE(-3) 0.000323 0.000104 3.115682 0.0143
IDE(-4) 0.000306 9.65E-05 3.169582 0.0132
LPIBH 0.042107 0.017517 2.403736 0.0429
LPIBH(-1) -0.090461 0.018863 -4.795572 0.0014
LPIBH(-2) 0.041443 0.008282 5.004210 0.0010
IQI 0.099362 0.008290 11.98645 0.0000
IQI(-1) -0.169118 0.011579 -14.60508 0.0000
IQI(-2) 0.162940 0.017733 9.188324 0.0000
IQI(-3) -0.050334 0.024927 -2.019273 0.0781
C 0.086750 0.019397 4.472368 0.0021

R-squared 0.999246 Mean dependent var 0.415885


Adjusted R-squared 0.997550 S.D. dependent var 0.041183
S.E. of regression 0.002038 Akaike info criterion -9.362434
Sum squared resid 3.32E-05 Schwarz criterion -8.450549
Log likelihood 145.3929 Hannan-Quinn criter. -9.091283
F-statistic 589.2277 Durbin-Watson stat 2.187696
Prob(F-statistic) 0.000000

*Note: p-values and any subsequent tests do not account for model
c

selection.
Annexe 3 : Test d’autocorrélation des erreurs

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:


Null hypothesis: No serial correlation at up to 2 lags

F-statistic 0.607935 Prob. F(2,6) 0.5749


Obs*R-squared 4.549486 Prob. Chi-Square(2) 0.1028

Annexe 4 : Test d’hétéroscedasticité

Heteroskedasticity Test: ARCH

F-statistic 0.798206 Prob. F(1,24) 0.3805


Obs*R-squared 0.836890 Prob. Chi-Square(1) 0.3603

Annexe 5 : Test de normalité des résidus

Annexe 6 : Test de spécification de Ramsey


Ramsey RESET Test

Equation: UNTITLED
Omitted Variables: Squares of fitted values
Specification: IDH IDH(-1) DO DO(-1) DO(-2) DO(-3) DO(-4) IDE IDE(-1)
IDE(-2) IDE(-3) IDE(-4) LPIBH LPIBH(-1) LPIBH(-2) IQI IQI(-1) IQI(-2)
IQI(-3) C

Value df Probability
t-statistic 1.452915 7 0.1896
F-statistic 2.110963 (1, 7) 0.1896

F-test summary:
Mean
Sum of Sq. df Squares
Test SSR 7.70E-06 1 7.70E-06
Restricted SSR 3.32E-05 8 4.15E-06
Unrestricted SSR 2.55E-05 7 3.65E-06
d

LR test summary:
Value
Restricted LogL 145.3929
Unrestricted LogL 148.9510

Annexe 7 : Test de cointégration aux bornes de Pesaran et al. (2001)

F-Bounds Test Null Hypothesis: No levels relationship

Test Statistic Value Signif. I(0) I(1)

F-statistic 15.13661 10% 2.2 3.09


k 4 5% 2.56 3.49
2.5% 2.88 3.87
1% 3.29 4.37

Annexe 8 : Relation de court terme


ARDL Error Correction Regression
Dependent Variable: D(IDH)
Selected Model: ARDL(1, 4, 4, 2, 3)
Case 2: Restricted Constant and No Trend
Date: 10/05/24 Time: 14:10
Sample: 1990 2020
Included observations: 27

ECM Regression
Case 2: Restricted Constant and No Trend

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(DO) -0.008229 0.007176 -1.146745 0.2846


D(DO(-1)) -0.024404 0.007913 -3.083994 0.0150
D(DO(-2)) -0.034081 0.007269 -4.688773 0.0016
e

D(DO(-3)) -0.014862 0.007660 -1.940233 0.0883


D(IDE) -8.15E-05 0.000119 -0.686099 0.5120
D(IDE(-1)) -0.000609 0.000153 -3.965762 0.0041
D(IDE(-2)) -0.000629 0.000151 -4.150035 0.0032
D(IDE(-3)) -0.000306 0.000111 -2.761532 0.0246
D(LPIBH) 0.042107 0.017622 2.389434 0.0439
D(LPIBH(-1)) -0.041443 0.015344 -2.700863 0.0270
D(IQI) 0.099362 0.019550 5.082344 0.0010
D(IQI(-1)) -0.112607 0.022044 -5.108322 0.0009
D(IQI(-2)) 0.050334 0.021000 2.396862 0.0434
CointEq(-1)* -0.145375 0.011967 -12.14833 0.0000

R-squared 0.922560 Mean dependent var 0.003963


Adjusted R-squared 0.845120 S.D. dependent var 0.004063
S.E. of regression 0.001599 Akaike info criterion -9.732805
Sum squared resid 3.32E-05 Schwarz criterion -9.060889
Log likelihood 145.3929 Hannan-Quinn criter. -9.533009
Durbin-Watson stat 2.187696

Estimation Command:
=========================
ARDL(DEPLAGS=1, COV=WHITE, NODF) IDH DO IDE LPIBH IQI @

Estimation Equation:
=========================
IDH = C(1)*IDH(-1) + C(2)*DO + C(3)*DO(-1) + C(4)*DO(-2) + C(5)*DO(-3) + C(6)*DO(-4) + C(7)*IDE +
C(8)*IDE(-1) + C(9)*IDE(-2) + C(10)*IDE(-3) + C(11)*IDE(-4) + C(12)*LPIBH + C(13)*LPIBH(-1) + C(14)*LPIBH(-
2) + C(15)*IQI + C(16)*IQI(-1) + C(17)*IQI(-2) + C(18)*IQI(-3) + C(19)

Substituted Coefficients:
=========================
IDH = 0.854624923689*IDH(-1) - 0.00822863153873*DO + 0.0174902038726*DO(-1) - 0.00967715716723*DO(-
2) + 0.0192190752036*DO(-3) + 0.014862284066*DO(-4) - 8.1520471209e-05*IDE + 0.00013308292773*IDE(-1)
- 1.98154353125e-05*IDE(-2) + 0.000322641886018*IDE(-3) + 0.000305864450065*IDE(-4) +
0.0421068915736*LPIBH - 0.0904610847832*LPIBH(-1) + 0.0414428326319*LPIBH(-2) + 0.099362352214*IQI -
0.169117553074*IQI(-1) + 0.16294004412*IQI(-2) - 0.0503335230353*IQI(-3) + 0.0867497140311

Cointegrating Equation:
D(IDH) = -0.145375076310*(IDH(-1) - (0.23157872*DO(-1) + 0.00454172*IDE(-1) -0.04754158*LPIBH(-1) +
0.29476387*IQI(-1) + 0.59673031))

Annexe 9 : Relation de long terme

Levels Equation
Case 2: Restricted Constant and No Trend

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

DO 0.231579 0.027095 8.547075 0.0000


IDE 0.004542 0.002284 1.988700 0.0819
LPIBH -0.047542 0.039264 -1.210810 0.2605
IQI 0.294764 0.147457 1.998976 0.0806
C 0.596730 0.234365 2.546162 0.0344

EC = IDH - (0.2316*DO + 0.0045*IDE -0.0475*LPIBH + 0.2948*IQI + 0.5967)


f

Annexe 10 : base des données

ANNEE IDH DO IDE PIBH IQI


1990 0,3850 0,16091472 -0,1546563 849,552586 0,13889
1991 0,3840 0,15249467 0,1286082 749,926643 0,13426
1992 0,3800 0,10167329 -0,00887301 645,553646 0,08333
1993 0,3720 0,09404291 0,06416815 537,277226 0,12500
1994 0,3710 0,08455402 -0,0257715 497,889314 0,13889
1995 0,3730 0,10512714 -0,39603509 485,417057 0,13889
1996 0,3720 0,11539215 0,42952774 467,179856 0,13889
1997 0,3740 0,09495814 -0,72814252 430,173535 0,18750
1998 0,3710 0,13135148 0,98636074 413,536328 0,18519
1999 0,3680 0,20977662 0,23687933 386,656207 0,11111
2000 0,3760 0,23079003 0,49345228 350,870833 0,11111
2001 0,3740 0,18653903 1,37428477 334,120044 0,11111
2002 0,3780 0,3017592 2,14937976 334,015688 0,11111
2003 0,3840 0,41689343 4,37764238 341,990665 0,11111
2004 0,3900 0,39243058 3,97216286 353,7319 0,11111
2005 0,3950 0,43562227 1,50445259 363,667548 0,11111
2006 0,4010 0,37014911 1,77208503 370,885835 0,11111
2007 0,4060 0,44695048 10,8023675 381,455568 0,11111
2008 0,4160 0,41707338 8,72627342 392,074717 0,11111
2009 0,4210 0,34245694 -1,3041352 390,112109 0,12269
2010 0,4289 0,46313533 12,7160141 404,151614 0,13889
2011 0,4380 0,55267155 6,17662459 417,757029 0,13889
2012 0,4400 0,62098401 9,8668687 432,678407 0,13889
2013 0,4460 0,62080541 5,19461157 453,998939 0,13889
2014 0,4550 0,64606719 4,17602961 480,766192 0,13889
2015 0,4630 0,59332431 3,07434222 497,317039 0,13889
2016 0,4720 0,56512175 2,51078414 492,802775 0,13889
2017 0,4750 0,67449602 2,75644325 494,781248 0,12037
2018 0,4800 0,75963302 2,95904258 506,958274 0,11111
2019 0,4820 0,66458925 2,60931444 512,586319 0,11111
2020 0,4790 0,72033762 3,07507854 505,348339 0,11111

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