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Introduction au Droit des Affaires

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Cours de droit des affaires

INTRODUCTION AU DROIT DES AFFAIRES

Section 1: LE PARTICULARISME DU DROIT DES AFFAIRES


Il s’agira de montrer ce qui fait la particularité du droit des affaires en définissant
d’abord ce droit.
§ 1. Définition du droit des affaires
Il se définit comme l’ensemble des règles concernant les activités commerciales
(production, échanges) effectuées par les individus et les entreprises.
Il se définit aussi comme étant l’ensemble des règles juridiques régissant les actes de
commerce, les commerçants (personnes physiques et morales) ainsi que les
opérations juridiques qu’ils effectuent. Il faut préciser que le droit des affaires est un
droit d’exception. Le droit civil (droit commun) ne s’appliquera, dans le domaine des
activités commerciales, que si le droit des affaires n’a pas prévu de règles
particulières. Par ailleurs, le droit des affaires est plus vaste que le droit commercial car
il s’étend au droit commercial, au droit du travail, au droit pénal des affaires, au droit
public, au droit de la propriété intellectuelle, au droit de la consommation…

§ 2. Particularisme du droit des affaires


L’objectif du droit des affaires est de répondre aux nécessités du commerce. Pour cela
il recherche des solutions et emploie des techniques différentes du droit civil. Ce
sont : A- Recherche de la rapidité et de la simplicité

Cela se manifeste dans le moindre formalisme. En droit des affaires, les actes
juridiques peuvent être prouvés par tous moyens. De plus, le rôle donné à
l’apparence est plus grand qu’en droit civil, car l’on veut dispenser de longues
vérifications les commerçants pressés par le temps. Enfin, le délai de prescription est
plus court qu’en droit civil.

B- Promotion du crédit

Tous les commerçants utilisent le crédit. Le droit des effets de commerce, et


spécialement de la lettre de change, vise à faciliter le crédit en mobilisant des
créances dans un titre que l’on fait circuler facilement. On note aussi les adaptations
apportées aux sûretés mobilières notamment le nantissement qui est un gage sans
dépossession.

C- Recours à la publicité
Les besoins d’information des associés, des tiers (créanciers…) rendent nécessaire la
publicité des situations et des actes commerciaux (Registre du commerce et du crédit
mobilier, journal d’annonces légales…).

NB : Les risques du commerce rendent la sécurité des transactions d’autant plus


nécessaire qu’elles fondent l’exclusion du droit commercial de certaines personnes
réputées faibles (les mineurs et les incapables majeurs).

Section 2 : LES SOURCES DU DROIT DES AFFAIRES


Il s’agira d’indiquer les sources du droit des affaires. Depuis le 1 er Janvier 1998, un
nouveau droit des affaires est applicable en Côte d’Ivoire. Il s’agit du traité OHADA
qui est la source principale. A coté, on note les sources secondaires ou encore sources
traditionnelles.
§ 1. Source principale du droit des affaires
Elle est constituée par les actes uniformes qui désignent les actes pris pour l’adoption
des règles applicables du traité créant l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires dite OHADA.
Comme actes uniformes actuellement applicables, on a :
- l’acte uniforme portant droit commercial général ;
- l’acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement
d’intérêt économique ;
- l’acte uniforme portant sur l’organisation des sûretés ;
- l’acte uniforme relatif au droit de l’arbitrage ;
- l’acte uniforme relatif aux contrats de transport de marchandises par route…
NB : D’autres actes encore en projet viendront compléter ce dispositif au fur et à
mesure de leur adoption.
A- Les Etats membres du traité OHADA
En Avril 2003, 16 Etats sont parties à l’OHADA : Bénin, Burkina Faso,
Cameroun, Centrafrique, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Guinée
Bissau, Guinée Equatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo.
NB : L’organisation est ouverte à tout Etat membre ou non de l’Union Africaine
désireux d’y adhérer.
B- Les institutions du traité OHADA

Le conseil des ministres Organe normatif, il est chargé d’adopter les actes
uniformes.
Le secrétariat permanent Installé au Cameroun, il assure le secrétariat du
traité.
La cour commune de justice et Située en Côte d’Ivoire, elle est chargée d’assurer le
d’arbitrage respect du droit dans l’interprétation et
l’application du traité.
Basée au Bénin, elle est administrativement
L’Ecole régionale supérieure rattachée au Secrétariat permanent. Elle est chargée
de la magistrature de la formation et du perfectionnement des
magistrats et des professionnels du monde des
affaires.
§ 2. Sources secondaires du droit des affaires
Il s’agit du droit civil, des usages, de la jurisprudence et de la doctrine.
A- Le droit civil

Le droit civil constitue le droit commun qui régit les relations de droit privé. Aussi,
pour bien comprendre les règles du droit commercial, il faut se référer aux principes
généraux du droit civil et notamment aux règles relatives aux obligations en général.

B- Les usages

Il s’agit des pratiques professionnelles qui ont un caractère habituel. Ils ont encore un
rôle très important en droit des affaires. On a :

- les usages de droit ou coutumes qui se présentent comme une pratique


restreinte, limitée à un petit nombre de commerçants qui se conforment toujours à la
même manière d’agir lorsque les circonstances sont identiques et vont se généraliser
pour conférer un caractère collectif. Quant à la force probante des usages de droit, il
convient de préciser que ces usages s’imposent eux-mêmes comme norme objectives
dont les parties peuvent y déroger par convention. En l’absence de l’expression de la
volonté des parties, l’usage de droit s’applique. L’usage de droit permet de déroger à
des dispositions impératives du droit civil. C’est le cas de la solidarité qui ne se
présume pas en matière commerciale contrairement aux dispositions de l’article 1202
du code civil. La preuve de l’usage de droit n’a pas à être rapportée par celui qui
l’invoque car le juge doit le connaître et l’appliquer comme la loi elle-même. La
doctrine considère que la violation d’un usage de droit par le juge constitue la
violation d’une règle de droit et est susceptible de cassation par la cour suprême.

- les usages conventionnels ou usages de fait qui se présentent comme une


pratique restreinte, limitée à un petit nombre de commerçant qui se conforment
toujours à la même manière d’agir lorsque les circonstances sont identiques. Par
imitation, les mêmes actes juridiques ou les mêmes actes matériels se généralisent
pour conférer aux usages un caractère collectif. Il se forme donc une règle tacite qui,
en s’incorporant dans des contrats de type déterminé, bénéficie à tous ceux qui sont
engagés dans des liens identiques. Les usages conventionnels ont la valeur d’une
règle supplétive résultant de l’autonomie de la volonté. Ce qui signifie que même si
le contrat ne fait pas référence à ces usages, et que les parties n’ont pas écartés leur
application expressément, ils sont sensés l’avoir adopté. Autrement dit, c’est la
volonté des parties, qu’elle soit expresse ou tacite, qui conduit à l’application de
l’usage conventionnel. Tant que les parties n’y ont pas consenti, l’usage
conventionnel ne s’applique pas. Il appartient à celui qui invoque un usage
conventionnel d’en apporter la preuve ou d’en établir l’existence. Le juge peut écarter
l’application de l’usage en faisant état de la volonté contraire des parties qui avaient
la liberté de ne pas le respecter. La violation de l’usage conventionnel par le juge ne
donne pas ouverture à cassation.

C- La jurisprudence
Elle est déterminée par l’ensemble des décisions de justice. Avec l’institution de la loi
portant arbitrage et l’institution d’une procédure d’arbitrage par l’OHADA, il faut
dire que la jurisprudence reste une source essentielle du droit commercial.

D- La doctrine

Elle exprime la pensée des juristes qui participent à l’interprétation des lois et
formulent des suggestions. Avec les actes uniformes, le rôle de la doctrine est
renforcé car elle contribue constamment à asseoir un droit commercial cohérent dans
son application.

Remarques : TRIBUNAUX DE COMMERCE ET D’ARBITRAGE


En Côte d’Ivoire, il n’existe pas de tribunaux de commerce dans l’organisation
judiciaire comme en France. Ce sont les Tribunaux de Première Instance qui sont
chargés des litiges commerciaux. En effet, il existe en leur sein une chambre
commerciale qui connaît des différends en matière commerciale. Ensuite, en cas
d’appel ce sont les chambres commerciales des cours d’appel qui sont compétentes.
Enfin, les décisions rendues par les juridictions d’appel sont déférées à la Cour
Commune de Justice et d’Arbitrage qui est saisie par la voie du recours en cassation
pour connaître des pourvois dirigés contre lesdites décisions.
En outre, la loi n°93-671 du 9 août 1993 relative à l’arbitrage et ayant créée la Cour
d’Arbitrage de Côte d’Ivoire ainsi que le traité OHADA instituant la Cour Commune
de Justice et d’Arbitrage ont introduit l’arbitrage en droit ivoirien en matière
commerciale. L’arbitrage consiste à confier la solution d’un conflit à un ou plusieurs
arbitres, choisis par les parties. Le recours à l’arbitrage est décidé par une convention
d’arbitrage ou un compromis d’arbitrage, par lequel, après la naissance du litige, les
parties décident de recourir à l’arbitrage. Il est aussi décidé par une clause
compromissoire insérée dans un contrat, donc avant tout litige. Cette clause n’est
valable que dans les contrats entre commerçants. Elle entraîne pour les signataires du
contrat un recours obligatoire à l’arbitrage.

Chapitre préliminaire : LA FORMATION ET LES CONDITIONS DE VALIDITE


DES CONTRATS

Il s’agit de voir comment les contrats se nouent et les conditions à remplir pour que
les conventions passées soient valables.
§ 1. La formation des contrats
Par définition, un contrat est la rencontre d’une offre de contracter et une
acceptation. Aussi convient-il de voir successivement l’offre et l’acceptation ainsi que
le moment et le lieu de formation du contrat.

A- L’offre
L’offre est encore appelée pollicitation. C’est une déclaration unilatérale de volonté
adressée par une personne à une autre, et par laquelle l’offrant ou le pollicitant
propose à autrui la conclusion d’un contrat. Celle-ci doit être ferme, non équivoque,
précise et complète. En outre, l’offre doit être faite dans une certaine forme pour
produire des effets.
- Les formes de l’offre :
L’offre expresse est formulée soit oralement soit par écrit soit encore
visuellement.
L’offre tacite est la résultante d’une attitude ou d’un acte de l’offrant par
lequel se manifeste indirectement sa volonté d’offrir. Ex : des marchandises
disposées dans une vitrine, un vendeur de journaux vous tendant un journal.
- Les effets de l’offre :
Si le pollicitant avait fixé un délai d’acceptation, il devra maintenir son offre
jusqu’à l’expiration du délai. S’il n’avait pas fixé de délai, l’offre devra être
maintenue pendant un délai raisonnable qui est fixé par les tribunaux suivant
les usages et les circonstances.
B- L’acceptation
C’est la manifestation de volonté par laquelle une personne donne son accord à une
offre de contracter qui lui est faite. En outre, pour que le contrat se forme, il faut que
l’acceptant et l’offrant aient le même champ contractuel. C’est pourquoi, l’acceptation
doit obéir à des conditions précises pour produire valablement des effets.
- Les conditions de l’acceptation :
L’acceptation expresse est celle donnée par écrit ou verbalement.
(L’acceptation tacite est celle qui résulte le plus souvent de l’exécution
spontanée du contrat proposé).
L’acceptation doit être pure et simple, sans aucune réserve possible. Une
acceptation sous réserve est une contre offre ou un appel à entrer en
pourparler.

NB : On s’interroge sur le silence suite à une offre. A ce sujet, on fait valoir le


principe selon lequel le silence ne vaut pas acceptation contrairement à ce que dit
l’adage «qui ne dit mot consent».

- Les effets de l’acceptation : Lorsque l’acceptation est claire, sans réserve et


non équivoque, elle entraîne l’irrévocabilité de l’offre et la conclusion du
contrat.
C- Le moment et le lieu de formation du contrat
En principe, les contrats se forment entre présents. Mais, il arrive que l’offre et
l’acceptation interviennent par téléphone ou par lettre. C’est le problème des contrats
par correspondance. Cette situation pose un problème tellement abstrait que la
tendance majoritaire, tant en doctrine qu’en jurisprudence décide que « c’est
généralement une question de fait dont la solution dépend des circonstances de la
cause ».
§ 2. Les conditions de validité des contrats
Les quatre conditions de validité énoncées par le code civil sont le consentement non
entaché de vices, la capacité des parties, l’objet et la cause.
A- Le consentement
Le consentement, c’est l’accord de volonté par lequel se forme le contrat. Aussi, la
première condition de validité d’un contrat est un consentement non vicié. Les vices
du consentement sont l’erreur, le dol et la violence.
• L’erreur : Elle est une cause de nullité de la convention que si elle tombe sur la
substance même de la chose qui en est l’objet. Ex : vous achetez un tableau
considéré comme une œuvre d’un peintre célèbre. Vous apprenez ensuite, et
cela est confirmé par une expertise, que ce tableau n’est pas de ce peintre.
Elle est aussi une cause de nullité quand elle tombe sur la personne du
cocontractant dans le cas où la considération de la personne avec laquelle on
contracte joue un rôle déterminant. Ex : il y a erreur sur la personne lorsqu’il
apparaît que l’une des parties avait l’intention de contracter avec une agence
commerciale d’expérience, et non avec une personne physique.
• Le dol : On appelle dol les manœuvres frauduleuses, tromperies, mensonges,
réticences, dont une personne use pour en tromper une autre à l’occasion d’un
contrat. Ex : un commerçant simule des bénéfices exagérés pour vendre plus
cher son fonds de commerce.
• La violence : C’est la contrainte exercée sur la volonté d’une personne pour la
forcer à contracter en la menaçant d’un mal considérable. La violence doit
présenter une certaine gravité. Ex : vous ne pouvez payer à l’échéance l’un de
vos créanciers. Celui-ci en vous menaçant de poursuite, vous oblige à passer
un contrat désavantageux pour vous.
B- La capacité des parties
Pour contracter valablement, il est nécessaire d’avoir la capacité exigée pour
accomplir l’acte envisagé. Il s’agit de vérifier la capacité de jouissance et la capacité
d’exercice. Par ailleurs, pour les personnes morales, la question de la capacité
d’exercice ne se pose pas ; elles agissent par l’intermédiaire de représentants qui
tirent en général leurs pouvoirs d’un mandat.
C- L’objet
L’objet du contrat désigne l’opération juridique que les parties ont voulu effectuer.
Il doit être déterminé ou déterminable, possible et dans le commerce, conforme à
l’ordre public et aux bonnes mœurs.
Ex : la vente de ses droits par un héritier avant le décès de la personne à laquelle il
succédera.
D- La cause
La cause du contrat est le mobile, le motif ayant déterminé chacune des parties à
contacter. Elle doit être licite, conforme à l’ordre public et aux bonnes mœurs. Ex : les
contrats ayant pour but l’exploitation de maisons de jeux. Une donation faite à une
personne continuer son concubinage.

Remarques : Les nullités des contrats


L’absence d’une condition de validité est sanctionnée par la nullité du contrat.
Les nullités se répartissent en :
• Nullité relative : La nullité relative est édictée afin de protéger l’une des
parties contractantes.
Ex : nullité pour incapacité, nullité pour vice du consentement.
• Nullité absolue : La nullité absolue sanctionne les atteintes à l’intérêt général.
Ex : nullité pour objet ou cause illicite.
Lorsque la nullité est prononcée par le juge, elle a un effet rétroactif c’est-à-dire que
le contrat est anéanti dès l’instant même où il a été conclu. Il faut, en outre, distinguer
la nullité de certaines telles que l’inopposabilité (elle sanctionne l’inobservation des
conditions de publicité du contrat), la résolution (elle sanctionne l’inexécution ou la
mauvaise exécution du contrat), la résiliation (elle supprime pour l’avenir un contrat
successif en raison de l’inexécution par l’une des parties de ses obligations),
l’inexistence (elle qualifie l’absence d’un élément essentiel de l’acte pour qu’il soit
efficace. Par exemple le consentement).

LES EFFETS DES CONTRATS


KONE achète à crédit des livres chez un libraire. Malheureusement, il décède deux
semaines plus tard. Ses enfants sont-ils tenus par la convention de leur père ?
Il convient de voir les effets des contrats entre les parties et à l’égard des personnes
autres que les parties.
§ 1. Les effets des contrats entre les parties
Le principe de la force obligatoire des contrats est l’un des aspects de celui plus général de
l’autonomie de la volonté. Ce principe a en outre un fondement moral ; il est
commandé par la nécessité d’assurer la sécurité des transactions. Le contrat s’impose
aux parties qui l’ont signé, au juge et au législateur.
• Aux parties : Le contrat a force de loi. Les parties étant liées par le contrat,
elles ne peuvent être déliées que par un nouvel accord. Le droit de résiliation
unilatérale ne peut être exercé que dans des cas exceptionnels.
• Au juge : En cas de litige, il ne peut modifier le contrat dont les clauses sont
claires, même s’il est déséquilibré.
• Au législateur : Une nouvelle loi n’est pas rétroactive, sauf exceptions. Elle ne
s’applique pas aux contrats en cours.

§ 2. Les effets des contrats à l’égard des personnes autres que les parties
Les tiers n’ont pas signé le contrat. Celui-ci n’a pas d’effet sur eux. Il peut seulement
leur être opposable et servir de preuve à leur encontre. On dit alors que le contrat a
un effet relatif vis-à-vis des tiers.
Les contrats passés n’ont donc aucun effet direct ou indirect à l’égard des personnes
totalement étrangères aux parties qui forment le groupe des tiers.
Cependant, le contrat peut avoir des effets sur certains tiers particuliers. Ce sont :
• Les héritiers : Ils continuent la personne du défunt et deviennent titulaires de
ses droits et débiteurs de ses obligations.
• Les créanciers chirographaires : Ils subissent indirectement les effets des
contrats passés par leur débiteur. Ces contrats leur profitent ou leur nuisent
dans la mesure où ils ont pour conséquence un accroissement ou une
diminution de son patrimoine.
• Les ayants cause à titre particulier : Ils reçoivent de leur auteur le droit tel
qu’il existait dans son patrimoine ; ce droit est par suite affecté par les contrats
passés par lui antérieurement à la transmission et qui l’intéresseraient
directement.

Remarques : La stipulation pour autrui


Les parties ont la possibilité de créer des droits au profit des tiers en incluant dans le
contrat une stipulation pour autrui. Par cette institution et sans aucune intervention
de sa part, un tiers devient créancier de l‘une d’elles appelée promettant, à la suite
d’un engagement inclus dans le contrat qu’elle a conclu avec l’autre qui est le
stipulant.
Les principales applications de la stipulation pour autrui se rencontrent dans le
contrat d’assurance sur la vie et le contrat de transport.
Ex : Une personne vend un ordinateur pour 300.000 FCFA. Elle désire donner à un
ami une somme de 100.000 FCFA. A cet effet, il est stipulé que l’acquéreur prend
l’engagement de verser à cette personne la somme de 100.000 FCFA par paiements
successifs, aux échéances fixées. Ainsi, sans être intervenu dans le contrat et peut-être
à son insu, l’ami, personne étrangère aux parties, devient créancier de cette somme.
Dès le moment même de la conclusion du contrat, un droit de créance vient de naître
à son profit, en vertu d’une stipulation contenue dans le contrat de vente. L’acheteur
qui est son débiteur est appelé le promettant ; le vendeur grâce auquel il est devenu
créancier est le stipulant ; lui-même enfin qui bénéficie de la stipulation est appelé le
tiers bénéficiaire.

CHAPITRE I : LE COMMERCANT
Aux termes de l’article 2 de l’acte uniforme portant droit commercial général « sont
commerçants ceux qui accomplissent des actes de commerce et en font leur
profession ». Quels sont les actes qui déterminent la qualité de commerçant ? Quelles
sont les conditions d’accès à la profession commerciale ? Quelles sont les obligations
qui incombent au commerçant ?
Section I : LES ACTES DE COMMERCE
§ 1. Définition de l’acte de commerce
L’acte uniforme n’a pas défini l’acte de commerce. Il a procédé à une énumération
desdits actes. Toutefois, la doctrine définit l’acte de commerce comme un acte qui
réalise une entremise dans la circulation des richesses, effectué avec l’intention de
réaliser un profit pécuniaire.
§ 2. La classification des actes de commerce
L’étude des actes de commerce va se faire à travers une catégorisation de ceux-ci.
Ainsi, on a les actes de commerce par nature, les actes de commerce par la forme, les
actes de commerce par accessoire et les actes mixtes.

A- Les actes de commerce par nature

Ce sont les actes de commerce isolés et les actes de commerce accomplis en raison
d’une entreprise.

1- Les actes de commerce isolés

Il y a plusieurs types d’acte de commerce isolés cités par l’acte uniforme.

• L’achat de biens meubles ou immeubles en vue de la


revente ;
Pour que cette opération d’achat et de revente ait un caractère commercial, certaines
conditions doivent être remplies :

- Il faut qu’il y ait achat préalable du bien à vendre, sinon il n’y a pas d’acte de
commerce. C’est pourquoi les exploitations agricoles sont exclues du domaine
commercial car l’agriculteur vend les produits du sol. L’on assimile aux
exploitations agricoles les exploitations de pêche et d’élevage.

- Il faut une intention de revente de la part de l’acheteur. Cette intention doit


exister au moment de l’achat. Le fait de ne pas parvenir à revendre n’enlève pas à
l’achat son caractère commercial.

- Il faut la recherche de profit peu importe qu’il y ait eu perte à la suite de la


revente. Ainsi, acheter pour donner n’est pas un acte de commerce.

• Les opérations de banque, de bourse, de change, de


courtage, d’assurance et de transit ;
Les opérations de banque et de change qui sont relatives à l’argent et au crédit sont
toujours commerciales à condition qu’elles soient faites professionnellement. Les
opérations de courtage qui consistent à mettre des personnes en contact en vue de la
conclusion d’un contrat sont commerciales dès lors qu’elles sont faites
habituellement. Les opérations de bourse qui sont des transactions effectuées sur un
marché public spécialisé dans les opérations d’achat et de vente de valeurs
mobilières sont commerciales car réalisées professionnellement par des
professionnels du commerce de l’argent.

Les opérations d’assurance qui consistent à prémunir contre les risques sont des actes
de commerce car l’assureur exploite une société conçue et organisée pour lui
procurer des bénéfices (à l’exclusion des assurances mutuelles).

Les opérations de transit qui sont des formalités d’entrée et de sortie des
marchandises effectuées par les transitaires pour le compte de leurs clients sont
commerciales car faites professionnellement.

• Les opérations de location de meubles ;


La location de meubles comme les bâches, les chaises, les voitures, les
vaisselles…constituent des actes de commerce quand elles sont faites à titre habituel.

• Les opérations de manufacture, de transport et de


télécommunication ;
Les opérations de manufacture sont relatives à la transformation de produits
réalisés à partir de matières premières dans les usines, les ateliers, les fabriques…et
destinés à la vente. Ces actes sont commerciaux même s’ils ne sont pas fait dans le
cadre d’une entreprise.
Les opérations de transport sont les actes liés au transport des personnes et des
marchandises que soit par terre, par mer ou par air. Ces actes sont des actes de
commerce même s’ils ne sont pas faits dans le cadre d’une entreprise.

Les opérations de télécommunication sont les actes liés aux moyens modernes de
communication que sont le téléphone, le fax, la téléphonie cellulaire, Internet… Ces
opérations sont commerciales même si elles sont privées ou publiques.

• Les opérations des intermédiaires ; Ce sont les


intermédiaires de commerce et les autres intermédiaires.
Sont intermédiaires de commerce, le commissionnaire (celui qui agit en son propre
nom ou sous un nom social pour le compte d’autrui.), le courtier (individu qui met
en relation des personnes souhaitant conclure un contrat entre elles, sans conclure
lui-même le contrat.) et l’agent commercial (mandataire qui, à titre de profession
indépendante, est chargé, de façon permanente, de négocier et, éventuellement de
conclure des contrats de vente, d’achat, de location ou de prestation de services, au
nom et pour le compte d’autres personnes, sans être lié envers eux par un contrat de
louage de services.)

Toutes ces personnes étant commerçantes, la loi considère que les actes qu’elles
accomplissent sont présumés commerciaux. Quant aux autres intermédiaires, la loi
vise les agences immobilières, les agences de renseignements commerciaux et les
cabinets d’affaires qui se chargent professionnellement de gérer les affaires d’autrui
ou d’administrer ses biens. La loi indique que leurs actes ayant un caractère
commercial quoique eux-mêmes ne soient pas nécessairement commerçants, leurs
opérations sont dites actes de commerce.

• Les actes effectués par les sociétés commerciales


Ces sociétés étant commerciales tous les actes qu’elles effectuent sont réputés
commerciaux. Ce sont les actes des sociétés à responsabilité limitée, des sociétés en
nom collectif, des sociétés anonymes et des sociétés en commandite simple.

2- Les actes de commerce en raison d’une entreprise

On a les industries extractives et les entreprises culturelles. Les industries extractives


(exploitation des mines, carrières et de tout gisement de ressources naturelles) ont un
caractère commercial dès lors que l’exploitation est faite industriellement. Aussi, les
exploitations artisanales ou villageoises ont un caractère civil. Les entreprises
culturelles sont entreprises de spectacles publics et les entreprises d’édition. Les
entreprises de spectacles publics (cinéma, théâtre, prestations musicales…) sont
commerciales si les spectacles sont donnés habituellement, de façon publique et dans
un but de spéculation. Les entreprises d’édition sont commerciales car elles sont des
intermédiaires intéressés dans la circulation des œuvres intellectuelles.
B- les actes de commerce par la forme

Ces actes ont toujours le caractère commercial quels que soient l’objet et le but de
l’acte, qu’il soit fait professionnellement par un commerçant ou à titre isolé par un
non commerçant. Il s’agit de la lettre de change, du billet à ordre, du warrant d’une
part, et des sociétés commerciales par la forme (SA, SARL, SNC, SCS) d’autre part.

C- Les actes de commerce par accessoire

Ce sont des actes de nature civile qui deviennent actes de commerce parce
qu’accomplis par un commerçant pour les besoins de son commerce. Ex : l’achat
d’un micro-ordinateur par un commerçant pour son usage personnel est un acte civil.
Par contre, si l’achat est fait pour les besoins du commerce tel que la gestion de ses
ventes, il devient un acte de commerce par accessoire. De même, des actes
normalement commerciaux deviennent civils dès lors qu’ils sont l’accessoire d’une
activité principale de nature civile. Ex : Le professeur de comptabilité qui, tout en
dispensant ses cours, achète pour les revendre à ses étudiants, des plans comptables,
accomplit des actes civils par accessoire.

NB : La commercialité par accessoire s’applique aussi aux actions nées des délits,
quasi-délits et des quasi-contrats.

D- Les actes mixtes

1- Définition

L’acte mixte est celui qui est commercial pour l’une des parties et civil pour l’autre.

Ex : L’achat dans un magasin est commercial pour le vendeur et civil pour l’acheteur
non commerçant.

2- Régime juridique

L’intérêt que présentent les actes mixtes réside dans la détermination de leur régime
juridique. Ainsi, en matière de :

- Preuve : Ce régime est fonction de la personne contre qui la preuve est faite.
Si la preuve est faite par le non commerçant contre le commerçant, le principe de la
liberté de la preuve en matière commerciale est admis.

Par contre, si c’est le commerçant qui fait preuve contre le non commerçant, la
preuve est faite par écrit.

- Compétence matérielle du tribunal : Il faut tenir compte de la qualité du


défendeur. Ainsi si le défendeur est civil, seul le tribunal civil est compétent. Par
contre, si le défendeur est commerçant, le civil peut soit le tribunal civil soit le
tribunal de commerce.

- Mise en demeure : elle se fait selon les modes du droit civil quand c’est un
commerçant qui met un non commerçant en demeure. Par contre, si c’est un non
commerçant qui met en demeure, cela se fait par tous moyens.

- Solidarité : elle ne se présume pas entre codébiteurs civils d’un commerçant ;


tandis qu’elle se présume entre codébiteurs commerçants d’un créancier civil.

- Prescription : elle est de 30 ans pour les créances civiles alors qu’elle est de
5 ans pour les créances commerciales.

Section 2 : LES CONDITIONS D’ACCES A LA PROFESSION COMMERCIALE


Certaines conditions tiennent à la qualité de celui qui exerce l’activité, d’autres à sa
capacité et ses pouvoirs, d’autres enfin, à sa moralité.
§ 1. La qualité de commerçant
Elle s’acquiert par l’accomplissement d’actes de commerce, à titre de profession
habituelle et à titre indépendant.
A- L’accomplissement d’actes de commerce
Pour être commerçant, il faut accomplir des actes de commerce par nature.
C’est la répétition professionnelle d’actes de commerce qui donne la qualité de
commerçant. Cette règle vaut surtout pour les personnes physiques car les sociétés à
l’exception de quelques unes sont toutes commerciales par la forme.
B- L’accomplissement d’actes de commerce à titre de profession habituelle
La profession habituelle implique la répétition habituelle d’actes de commerce et la
volonté de tirer de cette activité suivie tout ou partie de ses ressources nécessaires à
l’existence.
C- L’accomplissement d’actes de commerce à titre indépendant
Il faut en plus exercer son activité en son nom et pour son compte, à ses risques et
périls et toute indépendance. Ainsi, ceux qui, bien que participant à une activité
commerciale, ne jouissent pas d’une indépendance suffisante ne sont pas des
commerçants. C’est le cas des salariés du commerçant, des mandataires, des gérants
des SARL et des administrateurs des SA.

Remarques : LA DISTINCTION COMMERCANT- ARTISAN


L’artisan est différent du commerçant. L’artisan est un professionnel qui
exerce un travail essentiellement manuel et qui vit surtout du produit de son travail
et de celui de sa famille. Il prend une part personnelle importante dans l’exécution de
son travail c’est pourquoi il ne doit pas spéculer sur le travail d’autrui (doit employer
moins de 10 salariés non compris les membres de sa famille). Il ne doit pas spéculer
ni sur des machines importantes, ni sur des stocks trop importants ni sur la vente de
produits qu’il ne fabrique pas lui-même. Toutefois, l’artisan quoique non assujetti
aux règles du droit commercial, bénéficie du droit au renouvellement du bail dans
les mêmes conditions que les baux commerciaux.
§ 2. Les conditions de capacité et de pouvoir
Il convient de voir successivement les incapacités et la femme mariée commerçante.
A- Les incapacités
La loi indique que « nul ne peut accomplir des actes de commerce à titre de
profession habituelle s’il n’est juridiquement capable d’exercer le commerce ».
Cette disposition concerne les mineurs et les majeurs incapables.
- Les mineurs : le mineur non émancipé ne peut être commerçant. Ses
représentants légaux ne peuvent exercer le commerce en son nom. C’est
pourquoi s’il hérite d’un fonds de commerce, il ne peut l’exploiter lui-même ;
le fonds sera mis en location-gérance ou vendu.
S’agissant du mineur émancipé, il ne peut être commerçant que s’il a 18 ans révolus,
s’il a une autorisation spéciale de faire le commerce et si cette autorisation est inscrite
au registre du commerce et du crédit mobilier.
- Les majeurs incapables
Ce sont ceux qui sont dans un état habituel d’imbécillité, de démence ou de fureur
pour lesquels l’interdiction a été prononcée par le tribunal.
Ils n’ont pas la capacité de faire le commerce. Leurs représentants légaux ne peuvent
le faire en leur nom.
B- La femme mariée commerçante
La femme mariée est libre de faire le commerce. Cependant, elle sera qualifiée de
commerçante que si elle accomplit des actes de commerce à titre de profession
habituelle et séparément de ceux de son mari. Toutefois si l’exercice de l’activité
commerciale de la femme mariée s’avère contraire à l’intérêt de la famille, sur
demande de son époux, le tribunal peut prononcer la cessation de l’activité. Dans
l’exercice de son activité séparée, la femme a la libre administration, jouissance et
disposition sur tous ses gains et biens.
Elle engage dans l’exercice de cette activité des biens qui sont variables en fonction
de son régime matrimonial.
- S’il s’agit du régime de la séparation des biens, elle n’engage que ses biens.
- S’il s’agit du régime de la communauté des biens, il faut distinguer entre les
biens propres de chacun des époux, les biens communs et les biens réservés.
• La femme engage toujours les biens réservés quand elle
exerce le commerce ;
• Pour les autres biens, il faut distinguer si le mari a fait
opposition fondée ou non.
1) En cas d’opposition, si la femme continue son activité,
elle engage ses biens propres (plus les biens réservés).
2) S’il n’y a pas eu opposition ou si celle n’est pas fondée,
elle engage les biens communs + les biens propres de
chacun des époux (plus les biens réservés).

§ 3. Les conditions de moralité


Ce sont les incompatibilités, les interdictions et les déchéances.
A- Les incompatibilités
Le cumul d’activités commerciales et non commerciales est parfois interdit, car le
commerce apparaît comme une activité risquée sur les plans financier et
déontologique. Ainsi, il est interdit aux fonctionnaires, aux officiers ministériels et
aux auxiliaires de justice (avocats, huissiers, notaires, commissaires-priseurs…) , aux
membres de certains ordres (architectes, experts comptables, médecins,…) d’exercer
le commerce.

NB : Les actes de commerce accomplis par un « cumulard » restent valables et


peuvent faire considérer leur auteur comme un commerçant de fait. Par conséquent,
il pourra être mis en faillite et pourra aussi encourir des sanctions disciplinaires telles
la révocation, la destitution ou la radiation.
B- Les interdictions
Dans un but d’assainissement des professions commerciales, la loi prévoit qu’un
commerçant puisse être interdit de façon générale et définitive ou temporaire de
l’exercice d’une activité commerciale. Cette mesure peut être prononcée soit par un
tribunal comme peine principale ou comme peine complémentaire soit par une
juridiction professionnelle. L’interdiction peut être levée à la demande de l’interdit
après au moins 5 ans par la juridiction qui l’a prononcée. L’interdit ne peut faire le
commerce dans l’intervalle, ni être gérant, ni être administrateur d’une société
commerciale. S’il passe outre, il devra assumer toutes les conséquences y compris les
sanctions pénales.
C- Les déchéances
Sont frappées de déchéance, les personnes ayant été condamnées à une peine de
prison de plus de 3 mois, sans sursis, pour vol, escroquerie, infraction aux lois des
sociétés. La déchéance est liée automatiquement au jugement de condamnation ;
c’est-à-dire que le tribunal n’a pas besoin de le prononcer expressément. Le déchu ne
peut faire le commerce, ni être gérant, ni être administrateur d’une société
commerciale. S’il passe outre, il devra assumer toutes les conséquences y compris les
sanctions pénales.

Section 3 : LES OBLIGATIONS DU COMMERCANT


Certaines sont d’ordre fiscal, d’autres d’ordre social. Toutefois les obligations qui
sont relatives à l’activité particulière des commerçants sont au nombre de trois.
Ce sont l’immatriculation, la tenue des livres de commerce et la loyale concurrence.
§ 1. L’obligation d’immatriculation
Elle se fait au registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM). Il faut donc voir
respectivement l’organisation du registre et les effets et la sanction de
l’immatriculation.
A- L’organisation du registre du commerce et du crédit mobilier
Il y a les registres locaux, le fichier national et le fichier régional.
1- Les registres locaux
Il est tenu dans le ressort de chaque tribunal ou section de tribunal un registre
du commerce et du crédit mobilier tenu par le greffier sous la surveillance du
président du tribunal. Tout commerçant personne physique doit requérir son
immatriculation dans le 1er mois d’exploitation de son commerce dans le ressort du
lieu d’exploitation de son activité. Les sociétés commerciales doivent le faire dans le
mois de leur constitution dans le ressort du lieu de leur siège social. La demande
d’immatriculation consiste à fournir au greffier des renseignements relatifs à
l’identité et à l’activité du commerçant. En pratique, l’immatriculation consiste à
attribuer un numéro au demandeur.
2- Le fichier national
Il a pour objet de centraliser les informations contenues dans chaque registre du
commerce et du crédit mobilier local. Tenu auprès de la cour d’appel d’Abidjan, ce
fichier permet d’éviter qu’un commerçant ne se fasse immatriculer dans une ville
alors qu’il est sous le coup d’une déchéance ou d’une interdiction ayant entraîné sa
radiation d’un précédent registre.

3- Le fichier régional
C’est une innovation du traité OHADA. Il tenu auprès de la cour commune de justice
et d’arbitrage et a pour objet de centraliser les renseignements consignés dans chaque
fichier national. Ce fichier permet d’éviter qu’un commerçant ne se fasse
immatriculer dans un Etat partie au traité alors qu’il est sous le coup d’une
déchéance ou d’une interdiction dans un autre Etat.
B- Les effets de l’inscription au registre du commerce et du crédit mobilier
Toute personne immatriculée au registre du commerce et du crédit mobilier est
présumée, sauf preuve contraire, avoir la qualité de commerçant. Du fait de
l’immatriculation, le commerçant bénéficie de tous les avantages liés à la profession
de commerçant. De même, il en assume toutes les obligations. Toutefois, le défaut
d’immatriculation n’exonère pas le commerçant des obligations inhérentes à la
qualité de commerçant. Pour éviter les ambiguïtés et faciliter la présomption la loi
fait obligation au commerçant d’inscrire sur ses documents commerciaux son
numéro d’immatriculation.
C- Les sanctions de l’immatriculation
Tout commerçant qui n’est pas immatriculé au registre est sanctionné par une
amende de 6 000 à 72 000 FCFA par le tribunal avec ordre d’avoir à le faire dans les
15 jours qui suivent le prononcé de la condamnation. Si par contre, des mentions
inexactes ont été fournies lors de l’immatriculation, le commerçant s’expose à une
amende de 36 000 à 72 000 FCFA et /ou d’un emprisonnement d’1 à 6 mois.

§ 2. L’obligation de tenue des livres


La tenue des livres et la preuve par les livres de commerce seront étudiées.
A- La tenue des livres de commerce
Les livres à tenir sont deux ordres. Il y a des livres obligatoires et des livres
facultatifs.
• Les livres obligatoires sont le livre journal (enregistre jour par jour les
opérations de l’entreprise), le livre d’inventaire (consiste en un recensement
des éléments actif et passif en vue de l’établissement d’un tableau descriptif et
estimatif) et le grand livre (il est tenu par compte de clients et de
fournisseurs).
Ces livres doivent être tenus conformément aux dispositions de l’acte uniforme
relatif à l’organisation et à l’harmonisation des comptabilités des entreprises.
• Les livres facultatifs sont le livre de caisse, le livre des effets, le livres
brouillard ou main courante, et de façon générale tous les livres qui paraissent
utiles au commerçant.
Les livres obligatoires doivent être côté et signés par le président de la juridiction
compétente. Ils doivent être tenus sans blanc ni altérations d’aucune sorte.
De plus, les livres comptables doivent être classés et conservés pendant 10 ans.
En outre, les livres irrégulièrement tenus ne peuvent être produits en justice ni faire
foi au profit de ceux qui les tiennent. Enfin, les commerçants qui tiennent des livres
incomplets ou irréguliers sont passibles de 1 à 6 mois et d’une amende de 50 000 à
1 000 000 FCFA. Ceux qui falsifient leurs livres s’exposent à une sanction de 1 à 5 ans
d’emprisonnement et à une amende de 100 000 à 1 000 000 FCFA.
B- La preuve par les livres de commerce
Il faut distinguer selon que la preuve est faite contre le commerçant ou à son profit.
• Preuve contre le commerçant : Les livres de commerce font toujours preuve
contre ceux qui les tiennent.
• Preuve au profit du commerçant : Le commerçant peut se servir de ses livres
comme moyen de preuve si et seulement s’il est opposé à un commerçant.

§ 3. L’obligation de loyale concurrence


Le principe de la liberté du commerce suppose que la concurrence est admise en
matière de commerce. Toutefois, elle doit être loyale sinon l’auteur s’expose à des
sanctions.
A- Les manifestations de la concurrence déloyale
Elles sont nombreuses et peuvent s’induire :
• D’une atteinte au nom commercial ou à la raison sociale ;
• D’un dénigrement ;
• D’un débauchage de personnel ;
• Des menaces adressées à la clientèle ou au concurrent ;
• De la désorganisation du marché …
B- La protection contre la concurrence
Elle est assurée par l’action en concurrence déloyale et par les conventions entre
commerçants.
1- L’action en concurrence déloyale
Elle est fondée sur la responsabilité civile pour faute. Ce qui suppose une faute
constituée par les faits et ou les actes déloyaux, un préjudice causé par cette faute qui
consiste dans le détournement de la clientèle et un lien de causalité entre la faute et
le préjudice. Cela se résout en paiement de dommages et intérêts et ou par l’édiction
de mesures préventives telle que faire cesser la confusion de nom en y adjoignant un
prénom.
2- La protection conventionnelle contre la concurrence
Les procédés utilisés sont :
• Les clauses de non concurrence consistent à ne pas se faire concurrence. Elles
doivent être limitées dans le temps, dans l’espace et dans la nature de l’activité
pour être valables;
• Les clauses de non rétablissement sont la matérialisation de la garantie du fait
personnel. Elles doivent être limitées dans le temps et dans l’espace pour être
valables;
• Les conventions d’exclusivité consistent à réserver l’exclusivité de l’activité ou
de la fourniture d’un produit à l’un des commerçants. Ces contrats
d’exclusivité sont valables à condition qu’ils soient limités dans le temps ou
dans l’espace.
CHAPITRE II : LE CADRE D’EXERCICE DE L’ACTIVITE
COMMERCIALE

Section I : LE FONDS DE COMMERCE


Les éléments du fonds seront étudiés après avoir défini le fonds de commerce.

§ 1. Définition du fonds de commerce


Selon l’acte uniforme le fonds de commerce est constitué par un ensemble de moyens
qui permettent au commerçant d’attirer et de conserver une clientèle. On le définit
aussi comme l’ensemble des biens mobiliers qu’un commerçant ou un industriel
groupe et organise en vue de la recherche d’une clientèle. De cette définition,
découlent plusieurs conséquences :
• Il ne faut pas confondre le fonds de commerce avec l’immeuble dans lequel il
est exploité : les « murs ». En effet, le commerçant propriétaire du fonds peut
être propriétaire des locaux ou locataire, dans ce cas, il bénéficie de la
protection du droit au bail.
• Le fonds de commerce ne comprend que des éléments mobiliers : c’est un
bien meuble incorporel. (C’est la nature juridique du fonds de commerce)
• C’est une universalité, constituée de l’ensemble des droits et des obligations
(actif et passif) relatifs à l’exploitation commerciale.
• Le fonds de commerce n’a pas de personnalité morale : le commerçant
(personne physique ou morale) répond de ses dettes sur l’ensemble de ses
biens (civils et commerciaux).

§ 2. Composition du fonds de commerce


L’acte uniforme prévoit des éléments principaux et des éléments secondaires.
A- Les éléments principaux du fonds de commerce
Ces éléments sont désignés sous le nom de fonds commercial. Ce sont la clientèle et
l’enseigne ou le nom commercial.
1. La clientèle et l’achalandage
C’est l’ensemble des personnes qui se fournissent chez un commerçant. Lorsqu’elles
sont liées à celui-ci par un contrat d’approvisionnement, on parle de clientèle
captive. Quand ces personnes s’adressent au commerçant de façon habituelle, on
parle de clientèle attitrée. Quant aux clients de passage, on les désigne sous le terme
d’achalandage.
NB : - La clientèle est l’élément indispensable à l’existence du fonds ; sans clientèle, il
n’y a pas de fonds de commerce.
- Le droit de clientèle est protégé contre la concurrence déloyale (Il s’agit de
protéger le commerçant contre les détournements de clientèle par un concurrent).
2. Le nom commercial ou l’enseigne
Le nom commercial est l’appellation sous laquelle le commerçant exerce son activité
(raison sociale, nom patronymique ou nom de fantaisie). L’enseigne est une
désignation de fantaisie ou emblème qui sert à individualiser la boutique où le fonds
est exploité.
NB : Ces éléments sont protégés contre la concurrence déloyale. En effet, leur
usurpation met en jeu la responsabilité délictuelle de l’auteur qui devra payer des
dommages et intérêts au commerçant victime.
B- Les éléments secondaires du fonds de commerce
On dénombre les éléments corporels et les éléments incorporels.
1. Les éléments corporels
Il s’agit :
• Des meubles servant à l’exploitation du fonds (matériel, mobilier,
installations, aménagements, outillages…)
• Des marchandises (matières premières, produits finis ou semi-finis stockés)
2. Les éléments incorporels
Ce sont le droit au bail, les licences d’exploitation et les droits de propriété
intellectuelle et industrielle.
a) Le droit au bail
C’est le droit pour le commerçant ou professionnel locataire de se voir renouveler
son bail arrivé à expiration.
• Le droit au renouvellement
Il est acquis si le commerçant se trouve dans une ville de plus de 5 000 habitants et
s’il justifie avoir exploité le fonds conformément à l’objet du bail depuis deux ans au
moins. Les parties fixent librement la durée du bail. La durée peut être déterminée ou
indéterminée. La demande de renouvellement du bail se fait par acte extrajudiciaire
trois mois avant l’expiration.
• Les conséquences du refus de renouvellement du bail
Dans le cas d’un bail à durée indéterminée, le bailleur qui ne désire pas
renouveler le bail de son locataire devra donner congé par exploit d’huissier de
justice six mois à l’avance. Le bailleur peut s’opposer au droit au renouvellement du
bail à durée déterminée ou indéterminée, en réglant au locataire une indemnité
d’éviction (somme d’argent correspondant au préjudice causé par le défaut de
renouvellement).
• Les cas de reprise
Le bailleur pourra reprendre son local sans versement d’indemnité d’éviction dans
les cas suivants :
- S’il justifie d’un motif grave et légitime à l’encontre du preneur sortant ;
Ex : Non paiement de loyer, modification de l’objet du bail…
- S’il envisage démolir l’immeuble comprenant les lieux loués et de le
reconstruire ;
Dans ce cas, le preneur a une priorité à la relocation après reconstruction. A
défaut, le bailleur lui versera l’indemnité d’éviction.
- S’il reprend l’immeuble pour l’habiter lui-même ou le fait habiter par son
conjoint, ses ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint.
b) Les licences d’exploitation
Il s’agit des licences exigées pour l’exercice de nombreuses activités commerciales :
les débits de boisson, le transport, la pharmacie… Lorsqu’elles ont un caractère
personnel, elles ne font pas partie du fonds car ne pouvant être cédées avec le fonds.
c) Les droits de propriété industrielle et commerciale
Il s’agit des brevets d’invention, des marques de fabrique et de commerce, des
dessins et des modèles et de tout autre droit de propriété intellectuelle nécessaire à
l’exploitation.

Section 2 : LES CONTRATS RELATIFS AU FONDS DE COMMERCE


Les différents contrats relatifs au fonds seront étudiés respectivement. Ce sont la
location-gérance, le nantissement et la cession du fonds de commerce.

§ 1. La location-gérance du fonds de commerce


A- Définition
C’est la convention par laquelle le propriétaire du fonds (bailleur), en concède la
location à un gérant (locataire), qui l’exploite à ses risques et périls en payant au
bailleur un loyer ou d’une redevance. Il suit que la situation du locataire-gérant ne
doit pas être confondue avec celle du gérant salarié qui est lié par un contrat de
travail et qui n’est pas commerçant.
B- Conditions de la location-gérance

Le propriétaire Le contrat Le locataire-gérant


- Doit avoir été Il doit être publié - Doit avoir la
commerçant pendant 2 sous forme d’extrait capacité de faire le
ans. ou d’avis dans un commerce.
- Doit avoir exploité le journal d’annonces - Ne doit pas être
fonds pendant 1 an. légales dans les 15 frappé d’une
- Ne doit pas avoir été jours suivant sa incompatibilité,
interdit ou déchu de faire conclusion. d’une déchéance,
le commerce. Les mêmes mesures d’une interdiction.
- Doit modifier son de publicité doivent - Doit être inscrit au
inscription au RCCM être accomplies en registre du
(Ces délais peuvent être fin de location- commerce et du
réduits par le tribunal et ils gérance. crédit mobilier.
ne s’appliquent pas à l’Etat,
au commerçant devenu
incapable, à un héritier du
fonds)

C- Effets de la location-gérance
- Le propriétaire : Il doit mettre le fonds à la disposition du locataire-gérant ; il
lui doit la garantie contre l’éviction et les vices cachés ; il ne doit pas exploiter
un commerce concurrent.
- Le locataire-gérant : Il doit payer le loyer ; il doit exploiter le fonds avec
diligence ; il ne doit pas en modifier la destination, en étendre l’objet.
- Les créanciers du propriétaire : Ils peuvent faire déclarer leurs créances
exigibles immédiatement par le tribunal s’ils craignent que le contrat de
gérance les mette en péril. L’action doit être intentée dans les 3 mois de l’avis.
- Les créanciers du fonds de commerce : Jusqu’ à la publication du contrat de
location-gérance, le bailleur est solidairement responsable avec le locataire-gérant des
dettes contractées par celui-ci pour le fonds. Ainsi pour les dettes nées avant le
contrat, le bailleur en est seul responsable. Pour celles nées après le contrat et avant
sa publication, le bailleur et le locataire sont responsables solidairement. Pour les
dettes nées après la publication du contrat, le locataire en est seul responsable.
D- La fin de location-gérance
Elle rend immédiatement exigibles les dettes afférentes au fonds contractées par le
locataire. Celui-ci n’a droit à aucune indemnité même s’il a contribué à augmenter la
clientèle. Enfin, sauf clause contraire expresse, il semble que celui-ci puisse s’installer
à proximité du fonds du bailleur et faire concurrence à ce dernier.

§ 2. Le nantissement du fonds de commerce


A- Définition
C’est gage sans dépossession offert par le propriétaire d’un fonds, qui permet à un
créancier de ce propriétaire de se faire payer sur le prix du fonds au cas où la créance
ainsi garantie n’est pas exécutée. Il y a nantissement conventionnel et le nantissement
judiciaire.
B- Le nantissement conventionnel
Il est stipulé par un contrat passé entre le propriétaire du fonds et un créancier.
C’est un acte mixte si le créancier est un non commerçant.
1- Assiette
Le nantissement ne porte jamais sur les marchandises. Si l’acte écrit ne comportait
pas d’indication sur les éléments, il serait présumé porter sur la clientèle, le nom
commercial, l’enseigne, le droit au bail et les licences d’exploitation. Il peut aussi
porter par l’effet d’une clause expresse sur les brevets d’invention, les marques de
fabrique et de commerce, les dessins et modèles et autres droits de la propriété
intellectuelle ainsi que sur le matériel.
2. Formes
C’est un acte écrit qui peut être authentique ou sous seing-privé dûment enregistré.
En outre, il doit faire l’objet d’une inscription au registre du commerce et du crédit
mobilier.
3. Effets
Le créancier nanti peut demander la vente forcée du fonds qui constitue son gage 8
jours après sommation faite de payer demeurée infructueuse, il bénéficie d’un :
- Droit de préférence sur le prix de vente c’est-à-dire qu’il est payé par
préférence aux créanciers chirographaires ;
- Droit de suite c’est-à-dire qu’il peut faire saisir et faire vendre le bien en
quelque main qu’il se trouve.
- Droit de surenchère du sixième.
C- Le nantissement judiciaire
C’est une mesure qui peut être ordonnée par le juge au profit d’un créancier pour
sûreté de sa créance dont le recouvrement est en péril. Il porte sur les mêmes
éléments que le nantissement conventionnel. Il ne produit d’effet que s’il est inscrit
au registre du commerce et du crédit mobilier. En outre, l’inscription a pour effet de
placer le créancier d’un nantissement judiciaire dans la même situation que celui
nanti à titre conventionnel.
§ 3. La cession du fonds de commerce
A- Définition
La cession est une convention par laquelle le propriétaire d’un fonds de commerce
cède celui-ci à un preneur moyennant le paiement d’un prix convenu.
B- Conditions de cession
Il y a des conditions tenant aux parties, au fonds vendu et à son prix et à la forme et à
la publicité de la vente.

1- Conditions tenant aux parties


- La capacité : il faut avoir la capacité de faire le commerce. Toutefois si le
vendeur est mineur la vente sera faite par son représentant légal avec
l’autorisation du juge des tutelles.
- Le consentement : Il ne doit pas être vicié par l’erreur, le dol (en effet, il est
possible de se tromper ou d’être trompé sur la clientèle ou le chiffre d’affaires)
ou la violence (lorsque la vente a été consentie suite à des actes de chantage).
- L’objet et la cause : Ils doivent être licites et non contraire aux bonnes mœurs.
2. Conditions tenant au fonds vendu et à son prix
La cession du fonds comprend obligatoirement le fonds commercial. Pour les autres
éléments, il faut une stipulation expresse dans l’acte de vente. Quant au prix du
fonds, il est fixé librement par les parties sous réserve de la surenchère qui peut être
faite par les créanciers du fonds s’ils estiment que le fonds a été vendu à un prix trop
bas.
3- Conditions tenant à la forme et à la publicité de la vente
La cession du fonds se fait par acte écrit authentique ou sous seing-privé enregistré
(pour la protection du vendeur). L’acte de vente doit comprendre un certain nombre
de mentions de nature à renseigner sur la valeur réelle du fonds vendu sous peine de
nullité (pour la protection de l’acheteur). Des formalités de publicité doivent aussi
être faites au registre du commerce et du crédit mobilier (pour la protection des
créanciers du vendeur). Un avis d’insertion est enfin fait dans les 15 jours francs de
l’acte de vente.
C- Effets de la cession
Elle fait naître des obligations à la charge de chacune des parties.
- Obligations du vendeur : Il doit mettre le fonds à la disposition de l’acheteur
à la date prévue dans l’acte de cession. Il devra lui présenter la clientèle.
Il lui doit aussi la garantie contre l’éviction (c'est-à-dire le garantir contre les
troubles de droit provenant d’un tiers) ; la garantie contre les vices cachés (c’est-à-
dire le garantir contre la diminution de jouissance qu’il pourrait subir et ayant
une importance telle qu’il n’aurait pas acheté s’il en avait eu connaissance) et la
garantie de son fait personnel (c’est-à-dire ne rien faire qui puisse troubler
l’acquéreur dans l’exercice des droits qui lui ont été transmis).
Il ne doit pas détourner la clientèle.
- Obligations de l’acheteur : Il doit payer le prix au jour et au lieu fixé dans
l’acte de vente. Ce paiement a lieu entre les mains du notaire ou d’un
établissement bancaire désigné d’accord parties.
- Garanties du vendeur du fonds : La loi a organisé deux garanties qui sont le
privilège sur le fonds et l’action en résolution.
Le privilège protège le vendeur contre les nantissements qui pourraient être
consentis par l’acquéreur et contre les aliénations. Mais, pour jouir de ce privilège,
la vente devra être publiée au RCCM.
L’action résolutoire consiste pour le vendeur impayé à demander au président de
la juridiction du lieu où la vente a été inscrite la résolution du contrat de vente.
Mais, l’action n’aboutira que si et seulement si la vente a été publiée au RCCM.

CHAPITRE III : LE CONTRAT DE VENTE COMMERCIALE


Les conditions de validité, les caractères et les effets de ce contrat seront étudiés après
avoir défini ce type de contrat.
Section 1. Définition
La vente est un contrat par lequel une personne, appelée vendeur, transfère à une
autre personne, appelée acheteur, la propriété d’une chose contre le paiement d’un
prix.
Section 2. Conditions de validité
- Le consentement : Il doit exister et doit être exempt de vices.
- La capacité : Les parties doivent avoir la capacité juridique.
- L’objet : Il doit exister, être dans le commerce et licite.
- La cause : Le motif déterminant la personne à contracter doit être licite.

Section 3. Caractères
Le contrat de vente est un contrat :
• A titre onéreux : C’est ce qui le différencie de la donation.
• Consensuel : Le consentement est formé par la réunion de l’offre et de
l’acceptation.
• Synallagmatique : Il comporte des obligations réciproques pour les parties,
essentiellement payer le prix pour l’acheteur et livrer la chose pour le
vendeur.

Section 4. Effets du contrat
Le contrat de vente a pour effets principaux :
• Le transfert de la propriété et des risques : La loi indique que la propriété est
acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur, dès qu’on est convenu de la
chose et du prix, quoique la chose n’ait pas été livrée ni le prix payé.
Les risques sont transférés en même temps que la propriété. Toutefois, par
l’intervention d’une clause dite clause de réserve de propriété les parties
peuvent différer le transfert de propriété au moment du paiement.
• Les obligations du vendeur : Il y a des obligations générales qui sont la
livraison (livrer une chose conforme à ce qui a été prévu au contrat, tant en ce
qui concerne la quantité et la qualité.) et la garantie contre l’éviction, contre les
vices cachés et les défauts de conformité.
Il y aussi des obligations particulières au vendeur professionnel. Ce sont
l’obligation de sécurité (Il est responsable du dommage que la chose peut
causer à son acquéreur ou des tiers) et l’obligation d’information et de conseil
(Il doit donner tous les renseignements sur l’utilisation et conseiller utilement
le client par rapport à ses besoins).
• Les obligations de l’acheteur : C’est l’obligation de retirement qui équivaut à
prendre livraison de la marchandise.
L’obligation de payer le prix qui doit être déterminé ou déterminable. Le prix
peut être payé soit au comptant, soit à crédit. Enfin, les clauses de révision ou
d’indexation du prix sont admis pour réexaminer le contrat en cas de
bouleversement de l’économie du contrat. Toutefois, l’indice de révision doit
avoir un lien avec l’objet du contrat.
• Les garanties du vendeur non payé : Il possède des droits qui sont le droit de
rétention, droit de résolution, droit de revendication si la chose a été livrée. En
outre, le vendeur pourra obtenir des dommages et intérêts.

Remarques : Les modalités de paiement


Le prix peut être payé, soit au comptant, soit au crédit ; il peut aussi avoir
donné lieu au versement d’arrhes ou d’acomptes.
Lorsqu’il y a versement d’arrhes l’acheteur qui a versé des arrhes peut se dédire
en les abandonnant et le vendeur peut se dédire en versant le double de la
somme. Quant au versement d’acompte, il constate une vente ferme et définitive ;
les parties ne peuvent se dédire.

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