Gestion des inondations à Sussex, NB
Gestion des inondations à Sussex, NB
MÉMOIRE
PRÉSENTÉ
DE LA MAÎTRISE EN GÉOGRAPHIE
PAR
FRANCIS DUHAMEL
7 MAI 2021
UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL
Service des bibliothèques
Avertissement
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le formulaire Autorisation de reproduire et de diffuser un travail de recherche de cycles
supérieurs (SDU-522 – Rév.10-2015). Cette autorisation stipule que «conformément à
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commercialiser ou non ce travail dont [il] possède un exemplaire.»
REMERCIEMENTS
Ce mémoire est dédié à mes parents, Dominique et Louis, qui m’ont encouragés à
suivre mon cœur dans le choix de mes études, qui m’ont procurés tous les moyens pour
mener à bien mon parcours académique et qui m’ont toujours apportés un
inconditionnel support moral. Je remercie de tout cœur Marie-Pascale, Marilène,
Patrick, Ian, Victor, François et Jessika qui sont mes meilleurs amis géographes et qui
resteront des amis proches après les études, ainsi que tous les autres étudiants et
étudiantes que j’ai croisé sur mon chemin, avec qui j’ai fêté, discuté et appris. Je
remercie Charlotte Poirier, ma collègue de travail à l’été 2019, pour son aide sur le
terrain et son point de vue sur la méthodologie de mon projet.
Gostaria de agradecer todas as pessoas que me receberam tão bem em Curitiba. Entre
elas, os professores Francisco de Assis Mendonça e Leonardo José Cordeiro Santos e
os estudantes Isabela, Cynthia, Luciano e principalmente Gabriela e Juliana. Todos
vocês foram muito acolhedores e me fizeram descobrir o seu país com os seus olhares
geográficos, oferecendo-me desde o primeiro momento suas calorosas amizades, que é
típico do seu povo. Vocês são definitivamente amigos para a vida e já estou ansioso
pelos nossos inevitáveis encontros.
Merci énormément aux habitants de Sussex et Sussex Corner qui ont participés à cette
étude. J’ai la conviction que la concertation active et l’inclusion des citoyens est
centrale à la réduction du risque de catastrophe dans les petites communautés.
Je remercie finalement tous les géographes qui m’ont précédés et qui ont contribués à
façonner une discipline qui, par sa capacité à saisir simultanément les dimensions
physiques et humaines du territoire et leurs relations complexes à travers les nouvelles
technologies est, à mon avis, la plus outillée pour faire face aux problématiques
comtemporaines et futures de nos socitétés dont l’étude nécessitent un regard holistique
et multi-scalaire avec des compétences interdisciplinaires.
DÉDICACE
ABSTRACT ................................................................................................................ xv
INTRODUCTION ........................................................................................................ 1
CONCLUSION ........................................................................................................... 90
vii
RÉFÉRENCES.......................................................................................................... 126
LISTE DES FIGURES
Figure 0-1. Adaptation simplifiée du "AR5 conceptual framework" (IPCC, 2014) ..... 2
Figure 2-2. Limites du bassin versant de la haute rivière Kennebecasis et des cinq sous-
bassins (Fortin et al., 2019) ................................................................................. 30
Figure 2-3. Vue de la rivière Trout Creek à partir du pont de Post Rd, Sussex Corner
............................................................................................................................. 31
Figure 3-1. Les différentes composantes du risque et les variables associées ............ 38
Figure 4-13. Exposition des bâtiments de Sussex aux inondations fluviales - Cote de
récurrence de 20 ans ............................................................................................ 65
Figure 4-14. Exposition des bâtiments de Sussex aux inondations fluviales - Cote de
récurrence de 100 ans .......................................................................................... 66
Figure 4-15. Exposition des bâtiments de Sussex Corner aux inondations fluviales -
Cote de récurrence de 20 ans .............................................................................. 66
Figure 4-16. Exposition des bâtiments de Sussex Corner aux inondations fluviales -
Cote de récurrence de 100 ans ............................................................................ 67
Figure 4-19. Accessibilité des bâtiments pour les véhuciles d’urgence à Sussex - Cote
de récurrence de 100 ans ..................................................................................... 70
Figure 4-20. Accessibilité des bâtiments pour les véhuciles d’urgence à Sussex Corner
- Cote de récurrence de 100 ans .......................................................................... 71
Figure 5-1. Comparaison des indices des différentes dimensions du risque entre deux
bâtiments – Cote de récurrence de 100 ans ......................................................... 78
Tableau 2-1. Augmentation prévue des débits de crue due aux changements climatiques
pour trois petits affluents de la rivière Kennebecasis. Source : R.V. Anderson
Associates Limited, 2016 .................................................................................... 34
Tableau 4-1. Profil des répondants pour les zones inondables à Sussex et Sussex Corner
............................................................................................................................. 52
AD Aire de diffusion
RÉSUMÉ
The ongoing climate change will likely lead to increased flooding in southern New
Brunswick and associated costs, as well as traumatic consequences for the individuals
who experience them. The risk manifests itself when there is a flood (hazard), elements
exposed and a population affected (vulnerability) by this hazard.
This thesis explores the risk-based approach, considering both the physical and human
dimensions of the phenomenon in order to produce a more realistic and adequate
analysis of the risk. To do this, exposure was combined with vulnerability, which was
approached in a multidimensional way, that is to say through the consideration of
socioeconomic, structural (building) and individual aspects. All of these elements were
combined in a multi-criteria analysis to develop an overall risk index viewable at
building scale. The relative importance of the indicators was determined through a
participatory process involving experts in the field of civil protection and flooding at
the local and national levels. The area studied concerns Sussex and Sussex Corner, two
small communities heavily affected by flooding for the past 10 years.
Les inondations représentent l'aléa naturel avec la fréquence la plus élevée et la plus
large répartition géographique à l’échelle planétaire (United Nations Office for
Disaster Risk Reduction [UNISDR], 2017). La situation est similaire au Canada
(Sécurité publique Canada, 2019), de même que dans plusieurs provinces comme le
Québec et le Nouveau-Brunswick (Fortin et al., 2018). En effet, au Nouveau-
Brunswick les inondations ont été particulièrement dommageable au cours de la
dernière décennie (Fortin et al., 2019), notamment dans le bassin versant du fleuve
Saint-Jean avec des évènements majeurs survenus en 2010, 2014, 2017 et 2018. Cette
dernière inondation a d’ailleurs endommagé plus de 12 000 propriétés et généré plus
75 millions de dollars en dommages (Gouvernement du Nouveau-Brunswick, 2018).
Ces chiffres ne prennent toutefois pas en considération les conséquences
psychologiques et émotionnelles des victimes.
Les changements climatiques en cours et à venir permettent d’anticiper une hausse des
évènements météorologiques extrêmes (Easterling, 2000; Peduzzi et al., 2013;
Intergovernmental Panel on Climate Change [IPCC], 2012), et ceux-ci auront
vraisemblablement des impacts significatifs sur les régimes hydrologiques (El-Jabi et
al., 2016; Li & Jin, 2017; Nigatu et al., 2016). On est alors en droit de s’attendre à une
fréquence accrue des inondations (Aubrecht et al., 2013; Hirabayashi & Kanae, 2009).
Dans le sud du Nouveau-Brunswick, il est mentionné que les changements climatiques
favoriseront une augmentation significative des évènements à haute fréquence – les
2
Les sciences humaines sont d’ailleurs de plus en plus pertinentes dans la gestion des
risques naturels. En effet, malgré l’avancement des technologies et des connaissances
portant sur plusieurs aléas, les conséquences désastreuses des évènements
météorologiques proviennent plutôt du niveau de vulnérabilité préexistante des
individus et collectivités exposées (Veyvret & Reghezza, 2006; Ministère de la
Sécurité Publique [MSP], 2008). La vulnérabilité est alors définie comme étant:
« … la prédisposition des éléments exposés à l’aléa, tel que les êtres humains,
leurs moyens de subsistance et leurs ressources, à subir des effets négatifs
lorsqu’ils sont impactés par cet aléa (...). La vulnérabilité est liée aux
prédispositions, susceptibilités, fragilités, faiblesses, lacunes ainsi qu’au manque
de capacité d’adaptation qui favorisent les effets néfastes sur les éléments
exposés. » (IPCC, 2012; p.69).
4
Question 3.2 Cette approche par la vulnérabilité apporte-t-elle vraiment une meilleure
analyse du risque ?
Dans ce chapitre, les considérations théoriques et l’état de l’art par rapport aux
différents concepts reliés au risque seront explorés. Une attention particulière est
attribuée aux concepts de vulnérabilité et de perception du risque, ainsi qu’aux
approches et techniques de mesure.
1.1 La vulnérabilité
La vulnérabilité a d’abord été introduite par les sciences sociales, en réponse à la vision
orientée purement sur l’aléa dans les années 1970. L’étude de la vulnérabilité comme
mesure de réduction du risque a donc évolué de manière parallèle, et parfois en
opposition, au paradigme dominant basé sur les interventions techniques dans les
7
années 1980 (Birkmann, 2006). Le concept a ensuite évolué dans plusieurs directions
en fonction de l’objet d’étude et de la discipline concernée (Cardona, 2013). Il existe
aujourd’hui à tout le moins cinq dimensions de la vulnérabilité :
de vie des humains (MSP, 2008). Elle désigne également l’interrelation entre
différents écosystèmes et leur capacité à faire face à des perturbations, à se
remettre de dégradations ou d’une diminution des ressources et à tolérer des
pressions naturelles ou anthropiques dans le temps et dans l’espace (IPCC, 2012).
Les pressions précédemment mentionnées sont plus souvent qu’autrement de
sources anthropiques. Les indicateurs de vulnérabilité environnementales sont,
par exemple, l’utilisation de fertilisants, la déforestation, la dénudation des
pentes, l’agriculture intensive, etc. (Barnet et al., 2008).
…la prédisposition des éléments exposés à l’aléa, tel que les êtres humains, leurs
moyens de subsistance et leurs ressources, à subir des effets négatifs lorsqu’ils
sont impactés par cet aléa (...). La vulnérabilité est liée aux prédispositions,
susceptibilités, fragilités, faiblesses, lacunes ainsi qu’au manque de capacité
9
d’adaptation qui favorisent les effets néfastes sur les éléments exposés (IPCC,
2012; p.69).
(ii) Multi-scalaire car la vulnérabilité d’un système ou d’une société n’est pas la
même que celle de la région, du ménage ou de l'individu (Birkmann, 2007). La
vulnérabilité est souvent augmentée par des évènements non extrêmes, mais très
récurrents qui sont rarement visibles au niveau national ou régional, mais qui le
10
Elle se veut moins abstraite et plus adaptée aux besoins réels de la sécurité civile en
matière de réduction de la vulnérabilité. Selon ce cadre théorique, les conditions de
vulnérabilité dépendent d'une part, de l'exposition et de la susceptibilité d'éléments
physiques dans les zones à risque et, d'autre part, de la fragilité socio-économique et
du manque de résilience sociale et de capacité à faire face au risque. Les auteurs
considèrent alors le risque comme le couplage des dommages physiques potentiels,
déterminés par la sensibilité des éléments du cadre bâti en fonction de l’intensité et
l’occurrence d’un aléa, et du facteur d’impact correspondant aux fragilités socio-
économiques et au manque de résilience. Enfin, on propose ici que la réduction de la
vulnérabilité doit accorder une importance particulière à la préparation plutôt qu’à la
gestion des urgences et autres interventions en cas de catastrophe (Birkmann, 2006).
Il existe principalement deux types d’approches pour choisir les indicateurs et leur
poids respectif : (i) les approches inductives et (ii) les approches déductives (Batista,
2014; Fernandez et al., 2016; Hinkel, 2011; Dewan, 2013; Niemeijer, 2002; Niemeijer
& Groot, 2008; Tate, 2012).
Les approches inductives sont uniquement centrées sur le traitement statistique des
données. Elles consistent à choisir un large éventail de variables initiales (généralement
20) pour ensuite en réduire le nombre selon les corrélations entre elles (Adger et al.,
2004; Tate, 2012). Elles sont dites inductives car l’on part du particulier pour en arriver
à des conclusions générales. Par exemple, si des données montrent que la mortalité due
14
aux vagues de chaleur est plus élevée dans les quartiers à faible revenu, la variable
faible revenu peut donc indiquer potentiellement une vulnérabilité aux vagues de
chaleur (Hinkel, 2011). D’un point de vue statistique, l’analyse en composantes
principales (ACP) ou l’analyse factorielle est habituellement utilisée. On sélectionne
ainsi les variables de vulnérabilité ainsi que leur pondération en fonction de la variance
expliquée dans les composantes ou les facteurs sélectionnés (Cutter et al., 2003). On
peut ensuite créer des indices de vulnérabilité sociale à partir de méthodes inductives
tel que l’indice de vulnérabilité sociale (Cutter et al., 2003). Les variables qui
proviennent de sources différentes et qui sont composées de différents types de données
(âge, salaire, taille du ménage, etc.) doivent être normalisées. Les approches inductives
utilisent généralement une méthode de normalisation dont la valeur moyenne est nulle
(0) et l’écart type de un (1), ce qui s’avère particulièrement utile en présence de valeurs
extrêmes (Baptista, 2014).
L’approche déductive, par comparaison à l’approche inductive, est plus adaptée à des
situations où le nombre de variables est faible (Baptista, 2014). Elle repose sur des
connaissances préexistantes pour arriver à une conclusion spécifique. Par exemple, la
littérature nous renseigne à l’effet que la participation à des activités politiques est
importante pour réduire la pauvreté; il est alors possible d’en déduire que les variables
mesurant la non-participation à la politique permettent d’estimer la pauvreté (Hinkel,
2011). Dans certains cas, le choix et la pondération des variables sont faits à partir d’un
cadre théorique préexistant et issu de la littérature scientifique (Balica et al., 2012). Or,
se fier uniquement à la littérature peut s’avérer inadéquat puisque la vulnérabilité est
spécifique à un endroit précis et une population donnée. Ainsi, les jugements d’experts
dans le domaine et la réalité géographique sont sollicités selon une approche
participative pour identifier et sélectionner les variables pertinentes (Tate, 2012).
Celles-ci sont aussi normalisées mais plutôt à travers une transformation basée sur le
minimum et le maximum (entre 0 et 1) (Baptista, 2014).
15
• Elle comble le fossé entre les modélisateurs et les utilisateurs de même qu’entre la
science et la politique (Barthel et al., 2017);
• Elle procure une compréhension plus approfondie des conditions à l’échelle locale
(Müller et al., 2011) et permet d’aboutir à une évaluation fine de la vulnérabilité de
la population. Les experts étant généralement sélectionnés pour leurs bonnes
connaissances des caractéristiques du risque dans la zone étudiée (Tanguy, 2016);
• Elle est transdisciplinaire (Müller et al., 2011), ce qui va de pair avec le cadre
théorique de l’approche holistique de l’appréhension du risque et de la vulnérabilité,
selon lequel les variables doivent permettre de mesurer la vulnérabilité d’un point
de vue global et multidisciplinaire (Birkman, 2006);
• Elle considère les connaissances dépassant les limites d’une organisation et, par
conséquent, favorise une compréhension plus large et systémique du problème ce
qui permet à son tour de concevoir des modèles de vulnérabilité plus efficaces
(Müller et al., 2011).
L’agrégation des jugements d’experts peut se faire par groupe de discussion (focus
group), par un processus analytique hiérarchique (PAH) ou par une méthode hybride.
Les groupes de discussion ne donnent pas toujours des résultats robustes puisque les
experts peuvent avoir des avis très différents (Brooks et al., 2005). La plupart des
études de vulnérabilité avec une approche déductive et l’avis d’experts utilisent le PAH
(Saaty, 1980). Il s’agit d’une méthode déductive qui permet de calculer le poids des
différentes variables selon l’avis de plusieurs experts en considérant les interrelations
entre les critères d’entrée afin de quantifier leur importance relative (Saaty, 2008).
L’agrégation est l’étape suivante où toutes les variables sélectionnées sont additionnées
en fonction de leur poids relatif afin de créer un indice de vulnérabilité (Tate, 2012).
Pour ce faire, les auteurs ont souvent recours à l’analyse multicritère (AMC). L’AMC
est un outil d’aide à la décision qui permet de structurer formellement des problèmes à
17
facettes multiples (De Brito & Evers, 2016), c’est à dire avec différents types de
données et des intérêts et objectifs variables selon les acteurs et les décideurs (De Brito
& Evers, 2016; Tsoutsos et al., 2009). La principale lacune de cette méthode est sa
subjectivité dans l'importance relative accordée aux critères (Tsoutsos et al., 2009),
lacune qui est normalement comblée, en partie du moins, par l’approche participative
avec l’avis d’experts (De Brito & Evers, 2016) ou pars une approche inductive
statistiquement robuste (Cutter et al., 2003). L’AMC est souvent utilisée dans la
cartographie du risque d’inondation et de la vulnérabilité (Barczak & Grivault, 2007;
Kubal et al., 2009; Lee et al., 2013; Scheuer et al., 2011) puisqu’elle permet, à l’aide
d’un système d’information géographiques (SIG), de combiner toutes les variables et
de visualiser les zones les plus vulnérables et ainsi produire un outil d’aide à la décision
(Malczewski & Rinner, 2005).
plus petite unité géographique de diffusion de l’information pour laquelle une large
quantité de données socio-économiques est disponible est l’aire de diffusion (AD),
accessible via Statistique Canada. Chaque AD regroupe entre 400 et 700 habitants.
Cette large échelle d’analyse implique que la totalité de l’AD est exposée au même
niveau de risque d’inondation, ce qui est d’autant plus problématique puisque les
changements de vulnérabilité se font surtout à une échelle plus fine. Par exemple, les
indicateurs d’exposition tels que le niveau d’eau et la vitesse d’écoulement diffèrent
d’une manière significative dans l’AD, et sont même inexistants en dehors des plaines
inondables, lesquelles peuvent représenter des portions plus ou moins importantes dans
certaines AD. La cartographie par AD suggère donc que tous les individus présents
dans la zone sont vulnérables de manière équivalente, ce qui est erroné puisque les
disparités socio-économiques changent à l’échelle des quartiers, voire des bâtiments.
Dans une perspective multi-scalaire, il est possible d’étudier simultanément les
disparités de vulnérabilité entre les quartiers à partir d’une cartographie à l’échelle du
bâtiment, mais le contraire est impossible d’où l’intérêt de travailler à une échelle fine.
De plus, la cartographie à l’échelle du bâtiment est avantageuse pour la sécurité civile
afin de prioriser certaines populations et quartiers particulièrement vulnérables et ce,
autant en phase de prévention, d’atténuation, d’intervention et de rétablissement
(Tanguy, 2016).
1.2 L’aléa
L’aléa est l’évènement perturbateur. Il est utilisé pour décrire l'occurrence potentielle
d'évènements (e.g. glissement de terrain, tremblement de terre, verglas, etc.) ou
anthropiques (e.g. attentat terroriste, accident industriel majeur, etc.) pouvant avoir un
impact physique, social, économique et environnemental dans une zone donnée au
cours d'une période donnée. L’aléa peut être soudain (e.g. séisme, avalanche, crue
19
L’aléa considéré dans le cadre de ce travail est l’inondation. Selon l’IPCC (2012),
l’inondation se définit comme « le débordement des limites normales d'une rivière ou
d'un autre plan d'eau, ou l'accumulation d'eau sur des zones qui ne sont normalement
pas submergées » (IPCC, 2012; p.529). Il sera question ici des inondations fluviales
(ou intérieures) d’eau libre issues de la fonte rapide de la neige et de pluies abondantes
faisant augmenter le débit et le niveau de l’eau jusqu’à ce atteidre le lit majeur. Le
niveau et la fréquence des inondatiosn sont calculés statistiquemenent en fonction des
données historiques en utilisant les termes « période de retour » et « récurrence ». Il
s’agit de la durée moyenne de l’occurrence d’un événement d’une intensité donnée.
1.3 L’exposition
« un processus relationnel primaire qui procède par l’action de nos sens, et donc
en présence du phénomène, puis d’un décodage contigu et immédiat afférent à
une signification basique en vertu d’un filtre cognitif dénotatif permettant de
21
Dans le cas de la perception du risque en particulier, nous nous intéressons non pas à
un objet (inondation), mais plutôt à un concept (le risque). La recherche sur la
perception du risque étudie donc les émotions et les comportements face aux aléas
(Kellens et al., 2011) et l’évaluation de la probabilité perçue du danger et des impacts
négatifs (Becker et al., 2014; Bubeck et al., 2012; Grothmann & Reusswig, 2006;
Lechowska, 2018). Une perception accrue signifie généralement une sensibilisation
élevée aux risques engendrés par l’aléa (Lechowska, 2018). D’un point de vue
géographique, on ne s’intéresse pas aux mécanismes physiologiques de la perception,
mais plutôt au traitement et à l’évaluation de l’information (Bédard, 2016).
un terme existant. Or, le terme perception semble englober ici celui de la représentation
puisque bon nombre de ces études analysent l’interprétation du risque d’une population
en faisant uniquement référence aux inondations passées ou futures (Armaş & Avram,
2009; Duží et al., 2014; Kaye & Johnston, 2010; Miceli et al., 2008; Terpstra et al.,
2006). Dans la littérature francophone, les deux termes sont parfois confondus et inters
changés. Dans ce mémoire, le terme perception sera utilisé au sens large, c’est à dire
comme englobant la perception et la représentation, ceci par souci de simplification et
par respect de la littérature anglo-saxonne dominante dans le domaine.
Les divers acteurs concernés par l’aménagement du territoire ont des relations
subjectives différentes par rapport au territoire en fonction de leurs tâches respectives.
Ainsi, la perception du risque par les acteurs institutionnels (scientifiques et
représentants de l’autorité publique) est différente de la perception des individus
affectés ou susceptibles de l’être (Martin et al., 2016; Maidl & Buchecker, 2015). Une
gestion dite descendante (top-down) des catastrophes ignore généralement les
connaissances locales, la dynamique sociale, la culture et la participation des personnes
les plus à risque à travers une vision paternaliste. Les capacités de prévision et
d'intervention les plus avancées ont une efficacité limitée lorsque les personnes à risque
ne sont pas considérées dans la planification des mesures d'urgence et la prise de
décision (Weichselgartner & Breviere, 2011). Il est donc important de comprendre
comment les gens touchés voient leur propre situation afin d’améliorer la coordination
entre les autorités et la population (Baggio & Rouquette, 2006; Harvatt et al., 2011).
La connaissance des perceptions de la population permet alors d’améliorer
sensiblement l’application de mesures adaptées pour la gestion des risques (Kellens et
al., 2011), notamment en communiquant de manière plus efficace et en ciblant les
informations pertinentes pour la population (Bradford et al., 2012; Kammerbauer &
23
Minnery, 2019). Certains auteurs placent même la perception du risque au centre des
préoccupations, puisque le manque de connaissance quant aux perceptions du risque
par la population serait la principale raison de l’échec des politiques publiques de
gestion des inondations (Bradford et al., 2012; Messner & Meyer, 2006). En effet,
celle-ci permet de pallier d’une part, le manque de données quantitatives pour mesurer
la vulnérabilité et, d’autre part, d’adopter des mesures adaptées aux conditions locales
(Thong, 2019).
étanches, etc. Ces mesures de préparation individuelle pourraient réduire les couts de
50 à 80% (Owasu et al., 2015). On estime que ces installations seraient même rentables
dans les cas où le risque annuel d’inondation est supérieur à 2% (Thurston et al., 2008).
Bien que certaines mesures préparatoires puissent s’avérer onéreuses, d’autres peuvent
être réalisées sans un investissement monétaire important comme l’installation des
objets de valeur aux étages supérieurs, la présence d’une trousse d’urgence en lieu sûr,
l’action de s’informer sur les risques et les mesures de protection, etc. (Bubeck et al.,
2012; Paton & Johnston, 2001).
La majorité des études sur la perception du risque d’inondation est fondée sur le
paradigme psychométrique (Villa et Bélanger, 2012). Celui-ci propose que le risque
est un concept subjectif, puisqu’il n’existe pas indépendamment de nos esprits et de
nos cultures (Slovic, 2000a). Différentes caractéristiques de la perception et leurs
interrelations peuvent ainsi être mesurées et modélisées pour décrire ce phénomène
social d’une manière statistique et quantitative (Bodemer & Gaissmaier, 2015;
25
Le risk-as-feeling stipule que les comportements issus des situations à risque sont
dictés par deux processus qui s’influencent simultanément (Loewenstein et al., 2001) :
le processus émotionnel et le processus cognitif. Le processus émotionnel concerne les
émotions telles que la peur, l’inquiétude et l’anxiété, lesquelles influencent les
comportements de l’individu. Le processus cognitif est une évaluation des probabilités
des conséquences et, par conséquent, tend à être plus objectif. Il s’agit en fait d’une
évaluation de la gravité des résultats potentiels. Le risk-as-feeling supporte donc la
complémentarité de ces deux processus mais n’exclue pas la possibilité que les
réactions émotionnelles puissent être différentes des réactions cognitives. Il est alors
tout à fait possible qu’un individu adopte des approches qui s’éloignent de ce qu’il
considère, sur les plans pragmatique et cognitif, comme la meilleure ligne de conduite
(Loewenstein et al., 2001).
les aspects suivants : les connaissances, les émotions et la capacité d’agir, lesquels
peuvent toutefois être mentionnés sous d’autres terminologies (Raue et al., 2018).
Selon le paradigme Risk-as-feeling, les décisions des personnes à risque sont motivées
non seulement par les connaissances reliées aux conséquences probables du risque,
mais surtout par les émotions et les inquiétudes générées par le risque (Loewenstein et
al., 2001). Les composantes affectives issues d’un sentiment d'inquiétude associé à un
scénario probable sont moins réfléchies que les composantes cognitives (Bodemer &
Gaissmaier, 2015; Loewenstein et al., 2001; Peters et al., 2006). Les émotions peuvent
alors servir d'indices pour le jugement de probabilité. Par exemple, lorsque les
personnes évaluent la probabilité qu'un évènement dangereux se produise, elles se fient
habituellement aux expériences affectives antérieures, aux sentiments actuels et aux
images associées à l'évènement (Slovic et al., 2004). Les émotions sont donc souvent
liées aux inquiétudes (Peters et al., 2006; Sjobergl, 1998).
27
La perception est également mesurable selon le contrôle que l’individu croit avoir sur
la situation (Lopez-Vazquez & Marvan, 2012). Selon le modèle transactionnel du stress
de Lazarus et Folkman (1984), l’individu fait simultanément une évaluation de la
menace et de sa capacité à y faire face afin de déterminer s’il adopte des stratégies de
protection. Si l’évènement est considéré comme très menaçant et que la capacité à y
faire face est faible, l’anxiété et le stress engendrés empêcheront l’adoption de mesures
de préparation. Les niveaux de protection sont élevés lorsque l’évènement est jugé
menaçant, mais que les capacités à y faire face sont aussi élevées (Lazarus et Folkman,
1984). En ce qui concerne les capacités, on note une différence si elles relèvent des
personnes touchées ou uniquement des autorités. C’est la notion de locus de contrôle
interne et externe. Le locus de contrôle tire son origine de la théorie de l’apprentissage
social de Rotter (1966), où les expériences mènent les individus à se questionner sur le
contrôle qu’ils ont sur une situation (López-Vázquez & Marván, 2012). Par exemple,
si la responsabilité est décrite ou pensée comme le résultat d’actions entreprises par les
personnes elles-mêmes, on parle alors de locus de contrôle interne. À l’inverse, si les
forces externes sont perçues comme étant responsables d’une situation, on parle alors
d’un locus de contrôle externe (Rose et al., 2010).
Les chercheurs s’intéressent donc à la confiance qu’ont les individus envers les
autorités publiques quant à leur protection contre les inondations (Becerra et al., 2013;
Grothmann & Reusswig, 2006; Harvatt et al., 2011; Villa & Bélanger, 2012). Une forte
dépendance envers les autorités publiques pour faire face aux inondations peut affaiblir
la motivation des individus (Maidl & Buchecker, 2015). Or, il est généralement admis
qu’un fort locus de contrôle interne, et donc une confiance en soi-même pour surmonter
une catastrophe, mène à des comportements préventifs (Rose et al., 2010; Sattler et al.,
2000). La signification qu’un individu donne à un évènement ainsi qu’aux dommages
28
RÉGION D’ÉTUDE
Les rivières Trout Creek et Kennebecasis prennent toutes deux leur source dans les
collines calédoniennes, une sous-région de l’écorégion des Hautes-terres du Nouveau-
Brunswick (Zelany, 2007). La lithologie du secteur est composée de différents groupes
de roches sédimentaires datant du Carbonifère inférieur (GNB, 2008a), lesquelles sont
recouvertes par des dépôts meubles quaternaires d’origine glaciaire et fluvio-glaciaire
dans lesquels le réseau hydrographique actuel s’incise (GNB, 2008b).
Figure 2-2. Limites du bassin versant de la haute rivière Kennebecasis et des cinq sous-
bassins (Fortin et al., 2019)
En bordure de ces rivières, on note des dépôts alluviaux atteignant parfois plus de deux
mètres d’épaisseur. Il s’agit de terrasses fluviales, de dépôts liés aux inondations
récurrentes et de chenaux et méandres abandonnés (figure 2-3). La Trout Creek est une
petite rivière à forte pente et l’exhumation partielle du système racinaire ainsi que la
scarification de nombreux arbres riverains du côté amont témoignent d’une activité
glacielle récurrente. Le cours d’eau est aussi capable d’un fort charriage sédimentaire,
particulièrement lors de fortes crues.
31
Figure 2-3. Vue de la rivière Trout Creek à partir du pont de Post Rd, Sussex Corner
Les précipitations sont plutôt bien réparties annuellement. Or, certains évènements de
précipitations extrêmes (50 mm de pluie en 24 heures) peuvent survenir à cause des
tempêtes (GNB, 2019). L’hydrogramme de crue est de type nivo-pluvial, avec un fort
débit au printemps à cause de la fonte de la neige et l’apport de précipitations liquides.
On note un second maximum, plus modeste, en automne relié uniquement aux
32
précipitations liquides (figure 2-4) (Collins et al., 2014). L’étiage survient pendant les
mois d’été, c’est à dire de juillet au début septembre (ECC, 2019b).
70
Débit mensuel moyen (m3/s)
60
50
40
30
20
10
0
Jan Fév Mar Avr mai Jun Jul Aoû Sep Oct Nov Déc
Mois
La crue principale survient généralement entre les mois de mars et de mai, avec un
maximum en avril. Des évènements extrêmes peuvent toutefois survenir à l’occasion
en hiver, de janvier à mars, lors de périodes de redoux et de fortes pluies. Les débits
élevés en hiver sont toutefois associés à des évènements de courte durée et de forte
intensité, alors que les débits printaniers sont plus étendus dans le temps (Fortin et al.,
2019). Le bassin versant s’urbanise de plus en plus alors que la forêt et les zones
agricoles sont transformées en zone urbaines. De 1971 à 2010, la superficie des zones
urbaines a augmenté de 13,2% au profit de la foret (-4,0%) et des zones agricoles (-
9,2%). L’analyse des images satellites pour les deux dates montrent une légère
augmentation des zones d’exploitation forestière (coupes à blanc). L’augmentation des
zones imperméables issues de l’urbanisation ainsi que les coupes forestières
contribuent à l’augmentation du risque d’inondation surtout pour le « Parson Brook »,
un petit affluent de la rivière Trout Creek et qui déborde régulièrement lors de fortes
précipitations (R.V. Anderson Associates Limited, 2016).
33
La ville de Sussex a été fondée dans la vallée de la rivière Kennebecasis sur les terres
fertiles situées en plaine inondable. Au total, 51 inondations ont été répertoriées entre
1854 et 2014 dans la base de données historiques sur les inondations du Nouveau-
Brunswick (GNB, 2015; figure 2-5). La fréquence des inondations semble augmenter
depuis 2008, puisqu’une inondation survient aux deux ans, les plus dommageables
étant celles d’avril 2014 et de janvier 2018. L’inondation de 2018 a causé 1,4 million
de dollars de dommages aux infrastructures. Ce montant est difficile à assumer pour
une petite municipalité et ses citoyens, surtout lorsque ce type d’évènement survient à
une fréquence élevée. Ces inondations ont d’ailleurs motivé l’étude technique « Sussex
Region Flood Risk Mitigation Plan (RVA, 2019) » qui propose une série d’intervention
technique dont l’appel au Programme national d'atténuation des catastrophes du
Gouvernement du Canada (Gouvernement du Canada, 2017) afin de construire une
digue derrière le Gateway Mall (Ville de Sussex, 2019b; Ville de Sussex, 2020),
laquelle est censée protéger les commerces.
Or, les dommages sont en grande partie assumés par les propriétaires privés dans les
quartiers résidentiels de Sussex et Sussex Corner, dommages évalués à plus de 17
millions de dollars pour l’inondation de 2014 (Ville de Sussex, 2019b).
Tableau 2-1. Augmentation prévue des débits de crue due aux changements climatiques
pour trois petits affluents de la rivière Kennebecasis. Source : R.V. Anderson
Associates Limited, 2016
Sussex et Sussex Corner ont une population respective de 5 298 et 1 461 habitants selon
les données de recensement en date de 2016 (Statistique Canada, 2016a, b). La
population est majoritairement féminine (54,49% et 52,05%) et vieillissante, puisque
plus de 25% des populations de Sussex et Sussex Corner ont plus de 65 ans. À cet égard,
si la population de la ville de Sussex a décliné légèrement de 2001 à 2016, notamment
la proportion des jeunes de moins de 20 ans, on note en revanche une augmentation
significative des ainés dont le nombre a presque doublé, correspondant aussi à la hausse
de l’âge médian qui est passé de 46,7 à près de 50 ans (Conseil Multiculturel du
Nouveau-Brunswick, 2018).
La région n'a pas attiré de nombreux immigrants ces dernières années. Entre 2011 et
2016, seulement 20 personnes provenant d’un autre pays ont déménagé à Sussex. Les
nouveaux habitants proviennent surtout du Nouveau-Brunswick. Environ 86% de la
population de Sussex et Sussex Corner parle uniquement l’anglais, alors que 13%
parlent les deux langues officielles. Pour ce qui est de l’éducation, 28% des habitants
36
ayant plus de 15 ans n'ont aucun certificat, diplôme ou grade, 29% ont un diplôme
d'études secondaires ou l'équivalent et 43% détiennent un certificat, diplôme ou un
grade postsecondaire par comparaison aux valeurs moyennes provinciales (29%, 26%
et 45%) (Statistique Canada, 2016a, b).
MÉTHODOLOGIE
Risk Map Sussex Area, New Brunswick » et publiée originalement en 1985 par le
gouvernement (Environment Canada Inland Waters and New Brunswick Department
of the Environment Water Resources Branch, 1985), a été utilisée avec les données
LiDAR (GéoNB, 2020) pour calculer les niveaux d’eau au terme d’un traitement
géomatique et ce pour différentes périodes de retour.
3.2 La vulnérabilité
Celui-ci est divisé en trois sections principales. La première section concerne les
informations générales de nature sociodémographique du répondant. Il s’agit
d’informations utiles pour connaitre quelles sont les composantes susceptibles
d’influencer le niveau et le type de perception et de préparation face au risque.
Les questionnaires ont été déposés à une maison sur deux pour chacune des zones
présélectionnées (zones A à F décrites ci-après). Aucun contact direct n’a été fait lors
de la distribution, à l’exception de quelques résidents présents et qui ont manifesté un
intérêt pour en savoir davantage sur la recherche en cours. La première distribution de
200 portfolios a eu lieu le mardi 16 juillet 2019. Une deuxième distribution a eu lieu le
vendredi 19 et le dimanche 21 juillet. Un message a aussi été publié préalablement à la
deuxième collecte sur la page Facebook du Comité de restauration du bassin versant
de la rivière Kennebecasis ([Link] de manière
à informer davantage la population de l’étude en cours et ainsi favoriser l’obtention
d’un plus grand nombre de réponses. La distribution et la collecte des questionnaires
se sont déroulées entre 8h00 et 19h00. Chacun des questionnaires a été codifié et un
point GPS a été noté pour chaque questionnaire complété. Les participants à l’étude
sont les résidents de Sussex et Sussex Corner situés dans une zone inondable, telle que
cartographiée et récemment mise à jour (Fortin et al., 2017; GNB, 2019). Six zones (A,
B, C, D, E et F; figure 3-2) composées de bâtiments résidentiels et particulièrement
affectées par les inondations au cours des dernières années ont été sélectionnées en
vertu de leur forte exposition aux inondations (GNB, 2015).
42
Les zones A, B et C sont situées dans la ville de Sussex alors que les zones D, E et F
sont situées dans la ville de Sussex Corner. Les zones A et B sont au centre-ville de
Sussex, respectivement au sud et au nord de la rivière Trout Creek. La zone A
comprend les rues Queen, Pine, Wallace, Maxwell, Golding et Arnold alors que la zone
B comprend les rues Holman, Stewart, McLean, Mills et l’avenue Maple. La zone C
est située au sud de la ville de Sussex (les rues Willow, Birch, Clover et Oak) sur la
rive sud de la rivière Trout Creek. La zone D, située à Sussex Corner comprend les rues
Meadows Crescent, Cunningham Ave, et Allison Dr.
Brookview, Park, Nature Trail et 5th. Une autre partie de la zone E est située sur la rive
ouest de la rivière et comprend les rues Lee, Front et Lynn Crescent. La zone F est à la
limite entre Sussex et Sussex Corner. Elle est longée par le ruisseau Pearson Creek, un
affluent de la rivière Trout Creek. La zone échantillonnée inclut les rues Creighton,
Stockton, Phillips et Skyline .
Les réponses ont été comptabilisées de manière binaire et catégorielle pour les
informations générales de nature sociodémographique et de manière ordinale lorsque
les réponses utilisaient l’échelle de Likert. C’était le cas pour les énoncés destinés à la
perception. Pour quantifier la préparation, trois indices ont été créés. Le premier est la
préparation personnelle faisant référence à des mesures considérées comme faciles à
établir et peu onéreuses. Le second indice est la préparation structurelle avec des
mesures de modification du domicile qui sont plus complexes et onéreuses à implanter.
Finalement, le troisième indice correspond à la préparation générale qui est l’addition
des deux indices précédents. Les indices sont créés par l’addition de mesures
préparatoires pour chacune des catégories, puis leur classification de 1 à 5 pour la
préparation personnelle et de 1 à 6 pour la préparation structurelle.
Le coefficient alpha de Cronbach (α) a été utilisé pour mesurer la fiabilité des données,
telles que suggéré pour les tests psychométriques (Altman & Bland, 1997). L’analyse
factorielle exploratoire (AFE) a ensuite permis de regrouper et d’identifier les
différents facteurs qui expliquent la majeure partie de la variance et ce, de manière à
réduire le nombre de variables à analyser (Cutter et al., 2003; Durand, 2003; Revelle,
2019). L’AFE permet donc de réduire la redondance des informations colligées
(Baillargeon, 2003) et de créer une typologie de la perception. Les variables similaires
entres-elles se combinent en facteurs et chaque facteur représente un type de
perception.
44
Les indices de perception et de préparation ont ensuite été intégrés dans l’analyse de la
vulnérabilité individuelle selon les résultats de l’AFE. Celle-ci permet d’associer un
poids ou un niveau d’importance à chaque variable. Il s’agit de combiner les
coefficients de saturation en fonction de la contribution de chaque élément à son indice
de perception et de l’importance qu’il représente dans le résultat de l’EFA. Les indices
de perception sont alors considérés comme des moyennes pondérées normalisées. Les
indice des sous-groupes (cognitif, affectif, locus de contrôle) sont calculés en
mutipliant les valeurs sur l’échelle Likert par leurs coeffcients de saturation respectifs
puis en additionant la valeur standardisée (entre 0 et 1) obtenue pour chaque item
enssemble.
45
L’indice de perception est calculé en multipliant les indice des sous-groupes par leur
variance expliquée et par addition des valeurs pondérées et standardisées obtenues.
Chaque individu se voit donc attribuer un indice général de perception et des indices
de perception affective, cognitive et de locus de contrôle qui seront utilisés dans les
étapes suivantes, après avoir été discrétisés.
Puisque toutes les variables sont catégorielles, binaires et ordinale, les tests non
paramétriques utilisés sont les suivants : le Khi-carré (X2) pour identifier les relations
statistiquement significatives (p < 0.05) (Cohen, 1988; Pearson, 1900) et le Gamma de
Goodman-Kruskal (G) pour mesurer la force de cette dépendance, le cas échéant
(Brown & Benedetti, 1977; Goodman & Kruskal, 1954). L’interprétation du test de
Goodman-Kruskal repose sur l’échelle proposée par Rea et Parker (1992). Enfin, la
régression logistique ordinale a permis d’explorer le sens de la relation (Hébert, 1988),
et l’AIC d’identifier le modèle le plus performant (Akaike, 1973). Finalement, le test
d’analyse de variance ANOVA a été effectué pour les corrélations spatiales afin
d’identifier les zones géographiques (A à F) qui sont les mieux préparées et celles ayant
la meilleure perception du risque.
Bien que les caractéristiques physiques d’un bâtiment soient souvent appréhendées en
fonction d’une courbe des dommages et d’une approche d’ingénierie structurale
(Englhardt et al., 2019; McGrath et al., 2019; Schwarz & Maiwald, 2008; Thieken &
Gotch, 2007), l’information utilisée ici relève plutôt du type de bâtiment résidentiel et
de la nature des matériaux (voir figure 4-1). Pour la variable « type de bâtiment »,
quatre catégories ont été utilisées à savoir s’il s’agit d’une maison mobile, une maison
d’un étage sans sous-sol, une maison d’un étage avec sous-sol, ou encore d’une maison
48
à plusieurs étages. La nature des matériaux fait référence au revêtement extérieur selon
les catégories suivantes : bois, vinyle, béton et maçonnerie. Ces informations ont été
acquises lors de la compagne de terrain. La valeur du bâtiment a été évaluée à partir de
la carte d’évaluation foncière (GNB, 2019). La distance du bâtiment par rapport aux
services d’urgence et son accessibilité par le réseau routier ont été calculées à l’aide
d’un SIG. Le service incendie a servi de point de référence, étant donné qu’il s’agit du
quartier général de gestion d’urgence de la région. L’accessibilité au réseau routier a
été analysé avec un niveau d’eau de 30 cm ou plus, soit la limite pour le déplacement
des véhicules d’urgence (GNB, 2017) et ce, en fonction de scénarios d’inondation avec
des récurrences de 20 et 100 ans. À noter qu’aucune restriction de circulation, comme
la présence d’un sens unique, n’a été considérée. Dans le cas où aucun chemin alternatif
n’a été identifié, le bâtiment était considéré comme très vulnérable.
Source
Variables Justification Référence
Maison mobile : très vulnérable car Cutter et al., 2003
absence de fondation Tanguy, 2012
Maison d’un étage sans sous-sol : aucune Müller et al., 2011
possibilité de fuite aux étages supérieurs Tanguy, 2007 Observation
Type de
Maison avec sous-sol : premier élément Müller et al., 2011 terrain +
bâtiment
inondé, risque d’incendie, etc. Tanguy, 2007 geoNB
Maisons à plusieurs étages : possibilité
Englhardt et al., 2019
de déplacer les items de valeurs ailleurs
Godfrey et al., 2015
dans la maison
Indice général du nombre de mesures
Valeur du
d’adaptation, statut socio-économique du Cutter et al., 2003 geoNB
logement
propriétaire, fragilité du bâti
Duží et al., 2017;
Grothmann &
Équipements de préparation aux Reusswig, 2006
Systèmes de
inondations du bâtiment les plus souvent Henstra et al., 2018 Questionnaire
drainage, etc.
cités dans la littérature Kreibich et al., 2002
Müller et al., 2011
Owasu et al., 2015
49
L’analyse multicritère permet de combiner tous les indicateurs en fonction de leur poids
respectif et ainsi produire une carte du risque d’inondation (de Brito & Evers, 2016;
Mateo, 2012). Pour ce faire, et compte tenu que plusieurs indicateurs sont de nature
ordinale ou binaire, tous les indicateurs ont été normalisés avec des valeurs comprises
entre 0 et 1. Par la suite, un indice de risque (IR) a été calculé à partir des valeurs
pondérées de l’exposition (VE) et de la somme des indices des vulnérabilités (VI =
vulnérabilité individuelle; VS = vulnérabilité socio-économique; VB = vulnérabilité
structurelle). Afin de spatialiser les indices, ces derniers furent finalement joints à la
couche de l’empreinte du bâtiment qui provient de Microsoft (2018).
CHAPITRE IV
RÉSULTATS
Au total, 62 portfolios ont été complétés, mais seulement deux en provenance des zones
E et F, ces dernières ont donc été exclues de l’étude. Trois autres questionnaires ont été
exclus pour des raison de consentement et de plusieurs sections incomplètes. Le tableau
4-1 montre le profil des 57 répondants.
La figure 4-1 présente toutes les réponses incluses dans l’EFA avec une variance
cumulée de 61%. En sciences sociales, une variance cumulative de 60% est nécessaire
pour que les résultats soient considérés comme satisfaisants (Hinkin, 1998; Peterson,
2000). Cette analyse a permis d’identifier trois types de perception : la perception
affective, la perception du locus de contrôle et la perception cognitive. La perception
affective du risque d’inondation comprend les énoncés qui sont tous reliés à
l’inquiétude et aux émotions.
52
Tableau 4-1. Profil des répondants pour les zones inondables à Sussex et Sussex Corner
Nb % Nb %
Nb de participants 57 Statut
Propriétaire 50 87.7
Locataire 7 12.3
Zone géographique
A 14 24.6 Occupation
B 14 24.6 Sans emploi 1 1.8
C 16 28.1 Travailleurs 17 29.8
D 13 22.8 Retraités 32 56.1
Autre 7 12.2
Genre
Femme 33 57.9 Nombre d’inondations vécues
Homme 24 42.1 0 15 26.3
1 11 19.3
Âge 2 15 26.3
18 – 25 ans 0 0 3 4 7
26 – 40 ans 7 12.2 4 1 1.8
41 – 64 ans 26 45.6 5 et plus 11 19.3
65 et plus 24 42.1
Expérience d’inondation
Scolarité Oui 42 73.7
Secondaire 18 31.6 Non 15 26.3
Diplôme professionnel ou 18 31.6
autres Résident depuis :
Études universitaires 21 36.8 2 ans et moins
3 à 5 ans 8 14.0
Composition du ménage 6 à 10 ans 5 8.8
1 personne 16 28.1 11 à 20 ans 9 15.8
2 personnes 25 43.9 21 à 30 ans 14 24.6
3 personnes 6 10.5 31 ans et plus 8 14.0
4 personnes et plus 10 17.5 13 22.0
53
Force de l’association selon l’échelle proposée Impression que les mesures pour réduire le
par Pea et Parker, (1992) Finance* risque d’inondation d’une manière durable son
Résultat Force Code de financièrement difficiles à atteindre
d’association couleur Impression que les mesures pour réduire le
Public
0,00 < 0,10 Négligeable risque d’inondations sont supportées par un
finance**
0,10 < 0,2 Faible engagement public suffisant
Impression que les mesures de prépratin aux
0,2 < 0,4 Modérée Prep simple***
inondations sont faciles à implémenter
0,40 < 0,60 Relativement
forte
0,60 et plus Forte
Préparation
Préparation
Préparation
personnelle
structurelle
du locus de
Perception
Perception
Perception
Perception
cognitive
affective
contrôle
Zone
Âge
Genre
Statut
Composition du ménage
Occupation
Expérience d'inondation
Nb d'inondation
Ancienneté
Finance*
Public finance**
Prep simple***
Perception
Perception affective
Perception cognitive
Perception du locus de
contrôle
Préparation
Préparation personnelle
Préparation structurelle
55
Notons que toutes les combinaisons de variables ayant une valeur négligeable
d’association selon le test de Goodman-Kruskal étaient considérées comme
indépendantes dans le test du Khi-carré. Les autres combinaisons ont été considérées
comme non-indépendantes par le Khi-carré. Le genre n’a pas été identifié comme une
variable significative à la perception et la préparation face au risque d’inondation.
Après avoir discrédité les indices de perception et de préparation en six classes (cinq
classes pour la préparation personnelle et structurelle), des régressions logistiques
ordinales ont été effectués avec la perception affective, la perception du locus de
contrôle, la perception cognitive, la perception générale, la préparation personnelle, la
préparation structurelle et la préparation générale comme variables indépendantes. Les
résultats les plus significatifs sont décrits ci-après.
Perception du risque
Perception affective
Préparation au risque
Les variables significatives sont la zone géographique, l’âge, les ressources financières
et l’expérience d’inondation. L’âge semble être déterminant pour l’absence de mesures
de préparation, dans la mesure où les personnes âgées (65 ans et plus) ont adopté très
peu de mesures). Les ressources financières sont directement corrélées avec la mise en
place de mesures de préparation. À l’inverse, l’expérience d’inondation vécue conduit
très souvent à l’adoption de mesures de préparation. Cette conclusion est d’ailleurs
corroborée par l’ANOVA avec une différence significative (figure 4-7). Les habitants
59
très peu onéreuses (ex. lampe de poche, trousse de 72h, etc.). Plus les gens ont la
perception que les mesures de préparation personnelle sont simples et faciles à adopter,
plus ils en adopteront. Finalement, plus le locus de contrôle interne est élevé, plus le
répondant adoptera de mesure préparatoires personelles, à l’inverse, une confiance
acccrue envers les autorités mènent à peu de préparation personelle.
Discipline de formation
Géographie 2 33.3
Gestion 1 16.7
Ingénierie 2 33.3
Chimie 1 16.7
Le niveau d’eau a été jugé par les experts comme étant l’indicateur le plus important,
avec une pondération de 29,87% ce qui montre la nécessité d’inclure cette variable
dans les études du risque. Un expert local a de plus suggéré d’inclure la vitesse
d’écoulement comme une variable importante pour la zone d’étude, la rivière Trout
Creek étant un cours d’eau à forte pente et à fort charriage sédimentaire, même dans
les zones inondables. Ces informations sont corroborées par certains habitants qui
mentionnent que le courant pourrait aisément emporter un enfant, voire un adulte, en
plus d’endommager des maisons plus vulnérables comme les maisons mobiles. Les
figures 4-13 à 4-16 présentent les résultats cartographiques du niveau d’exposition des
zones géographiques A, B, C et D pour des inondations avec des récurrences de 20 ans
et 100 ans.
Figure 4-13. Exposition des bâtiments de Sussex aux inondations fluviales - Cote de
récurrence de 20 ans
66
Figure 4-14. Exposition des bâtiments de Sussex aux inondations fluviales - Cote de
récurrence de 100 ans
Figure 4-15. Exposition des bâtiments de Sussex Corner aux inondations fluviales -
Cote de récurrence de 20 ans
67
Figure 4-16. Exposition des bâtiments de Sussex Corner aux inondations fluviales -
Cote de récurrence de 100 ans
d’identifier des routes alternatives. La carte indique que la totalité des bâtiments des
zones A et B sont isolés, accentuant leur vulnérabilité.
Figure 4-19. Accessibilité des bâtiments pour les véhuciles d’urgence à Sussex - Cote
de récurrence de 100 ans
Les résultats précédents ont étés standardisés comptabilisés aux données des autres
variables de vulnérabilité structurelle selon leur pondération pour créer l’indice pour
chaque bâtiment. Les figures 4-21 à 4-24 affichent l’indice de vulnérabilité structurelle
pour tous les bâtiments à différents niveaux d’exposition.
71
Figure 4-20. Accessibilité des bâtiments pour les véhuciles d’urgence à Sussex Corner
- Cote de récurrence de 100 ans
Les figures 4-25 à 4-28 présentent les cartographies finales du risque, qui comprennent
toutes les dimensions avec leur valeur pondérée.
74
CHAPITRE V
DISCUSSION
En tout, 428 bâtiments résidentiels sont considérés comme exposés à l’aléa inondation
selon la cartographie réalisée pour une cote de récurrence de 100 ans (figure 25 et 26).
Cela ne comprend pas les bâtiments affectés par l’eau souterraine, laquelle touche et
endommage de nombreuses autres résidences à Sussex. Certains bâtiments sont très
sévèrement exposés, avec des niveaux d’eau de plus d’un mètre dans certains cas. La
zone avec la plus forte exposition est la zone B, sur la rue Mclean notamment. Cette
forte exposition rend d’ailleurs le quartier inacessible advenant une inondation
centenale. Il en est de même pour l’intégralité de la zone A puisque les seuls accès sont
les rues King et Golding, ainsi que le passage derrière la caserne de pompier, lesquels
sont tous inondés par plus de 30 cm d’eau. À Sussex Corner, toutes les résidences de
la rue Meadow Crescent ainsi que le parc de maisons mobiles au nord de la Post Rd
seraient aussi inaccessibles lors d’une inondation centenale. Des bâtiments publics
hautement vulnérables se trouvent aussi dans cette zone. Lors d’une inondation
centenale, le « Sussex Lions Villa » et le « Sussex early learning center » seraient isolés
et inaccessibles. Le premier est un complexe d’appartements et d’unités d’habitation
pour les 60 ans et plus et le deuxième est une garderie et une école maternelle.
77
La vulnérabilité socio-économique est beaucoup plus sévère dans les zones A et B ainsi
que dans la portion plus exposée de la zone C. Dans la zone A, 43% des bâtiments sont
considérés comme ayant une vulnérabilité socio-économique très élevée et seulement
cinq d’entre eux ont une vulnérabilité considérable. Ceci est principalement dû au
faible revenu des ménages et le faible niveau de scolarité dans ces zones, ainsi que le
nombre de résidents âgés de plus de 65 ans. Ces zones sont aussi celles qui accueillent
le plus grand nombre de locataires, tandis que les résidents des autres zones sont plus
souvent propriétaires.
La majorité des bâtiments à l’étude ont deux étages et un sous-sol et sont constitués
d’un revêtement de vinyle. La différence de vulnérabilité structurelle entre les
bâtiments est plutôt liée à la valeur foncière, la possession de pompes ou autres
systèmes de drainage, l’accessibilité du réseau routier et la distance des services de
sécurité civile. La dernière variable est probablement la raison pourquoi la vulnérabilité
structurelle est plus élevée dans la zone D que dans les autres zones pour une inondation
d’une récurrence de 100 ans versus 20 ans, étant plus éloignée et plus isolée.
Au total 75 bâtiments résidentiels ont un niveau de risque très élevé, un peu plus de 75%
de ces derniers se trouvent à Sussex, dans les zones A et B. Ce risque élevé s’explique
par leur vulnérabilité socio-économique forte comme mentionné préalablement. Les
autorités devraient donc leur attribuer une attention particulière étant donné qu’ils sont
à la fois très exposés et très vulnérables. Le niveau de risque semble être plus élevé, de
manière générale, dans les zones A et B. La zone D est celle où l’on observe le nombre
le plus élevé de bâtiments considérés comme considérablement à risque. Ceci est
principalement due à leur vulnérabilité individuelle, plus élevée que dans les autres
zones.
78
La figure 5-1 illustre deux bâtiments situés à proximité, avec la même exposition et
des matériaux similaires de construction, mais un risque différent lié à des
vulnérabilités socio-économique et individuelle variables.
Figure 5-1. Comparaison des indices des différentes dimensions du risque entre deux
bâtiments – Cote de récurrence de 100 ans
Cet exemple permet d’illustrer l’intérêt de ne pas se fier exclusivement sur les hauteurs
d’eau dans la zone inondée pour estimer le risque, mais aussi de prendre en compte
toutes les dimensions de la vulnérabilité. Cela montre également l’utilité d’étudier le
risque à l’échelle du bâtiment. L’approche multidimensionnelle a donc une plus-value
dans l’analyse du risque. Le PAH a par contre révélé que ce ne sont pas toutes les
variables qui contribuent de manière significative au risque. Le genre a été
unanimement considéré comme peu significatif pour le risque d’inondation.
L’utilisation d’un nombre élevé de variables, 19 dans le cadre de cette étude, a pour
79
connaissance élevée de la sévérité du danger, sont les mêmes qui ont une perception
affective et donc une inquiétude du risque. Ces mêmes personnes ont généralement
déjà vécu des inondations et habitent de manière générale à leur domicile depuis au
moins 3 ans. Ces résultats permettent de conclure qu’il y a un certain nombre de
personnes éparpillées dans Sussex et Sussex Corner (aucune corrélation avec la zone
géographique) et qui habitent depuis peu dans leur quartier (moins de 3 ans) qui ne sont
pas conscients des impacts potentiels d’une inondation en vertu de leur exposition et
ne sont pas informés et/ou préoccupés par la situation. Ils ne bénéficient pas de la
perception collective du risque et des contacts favorisant la diffusion communautaire
de l’information sur le risque (Perry et al, 1980) et le soutien moral après un futur
événement d’inondation (Colbeau-Justin & Weiss, 2004; Seeauer & Babcicky, 2017).
Le portrait socio-démographique de la région nous indique en plus que la majorité des
nouveaux arrivants sont des aînés.
De manière similaire à d’autres recherches (Bin & Polasky, 2003; Braford et al., 2012;
Bubeck et al., 2012, 2013; Grothmann & Reusswig, 2006; De Marchi et al., 2007;
Harvatt et al., 2011; Ho & Shaw, 2008; Harries & Penning-Rowsell, 2011; Lawrence,
2014; Heller et al., 2005; Mileti, 1999; Miceli et al., 2008; Motoyoshi, 2009; Norris &
Murrell, 1988; Lawrence, 2014; Piskorz & Borkowska, 2002; Poussin et al., 2014;
Siegrist & Gutscher, 2006, 2008; Thieken et al., 2007; Tierney et al., 2001; Zaalberg
et al., 2009), nos résultats montrent que l’expérience de l’aléa est déterminante pour la
perception et la préparation. Les personnes ayant expérimentées une inondation
perçoivent les conséquences plus sévèrement et leur vulnérabilité plus élevée. Plus du
quart des répondants dans cette étude ont mentionné n’avoir jamais vécu d’inondation.
Ceux-ci sont donc plus enclin à sous-estimer le risque et ses conséquences en termes
de dommages financiers, matériels et émotionnels. La littérature nous apprend
d’ailleurs que la mémoire du risque vient avec l’expérience du vécu (Fuchs, 2017) et
81
que la fréquence élevée des inondations rend la perception du risque plus près de la
réalité, d’où la nécessité de s’y préparer (Kates, 1962; Bubeck et al., 2012; Kreibich &
Bubeck, 2012; Buckland & Rahman, 1999).
L’âge semble également être déterminant dans l’adoption de mesures préventives. Plus
les habitant sont âgés, moins il y a de chance qu’ils se préparent aux inondations,
surtout en ce qui concerne les mesures préparatoires structurelles.
(…) Also now that we are older, we are not able to deal with tending the sump
pumps around the clock and clean up (…)
My children, 2 grown young adults, must be on stand by for every time we
have heavy rainfall for several days because they know their parents cannot
raise the furniture off the floor in the basement without help.
I am sure I have mold in places I cannot see. Arter 29 floods, I know I will
never be able to sell my house. The older I get, the harder it will be to clean
up after a flood have had more floods than anyone in the street. I am 69,
single and live on a small pension so it is difficult to do anything to the house
to help with flood.
Les commentaires reçus de la part de plusieurs résidents vont également en ce sens. Ils
démontrent également une difficulté à gérer les inondations de la part des personnes à
mobilité réduite.
La majorité des études sur le sujet concluent qu’il est hasardeux de lier la perception et
la préparation (Bubeck et al., 2012; Kreibich et al., 2002; Lechowska, 2018; Miceli et
al., 2008; Milne et al., 2000; Scolobig et al., 2012; Siegrist & Gutscher, 2006; Thieken
& Gocht, 2007; Villa & Bélanger, 2012). En effet, nos résultats montrent que ce ne
sont pas tous les types de perception qui conduisent à la mise en place de mesures de
préparation. Le fait d’être inquiet et conscient des conséquences du risque ne mène pas
nécessairement à l’adoption de ces mesures. En effet, la perception affective et
cognitive sont indépendantes et ne font office de prédicteur dans aucun modèle de
régression logistique ordinale.
La perception du locus de contrôle est la seule ayant une relation claire avec les
différents types de préparation. Lorsque la responsabilité de préparation est pensée
comme étant le rôle de l’individu, contrairement aux autorités, la personne aura un fort
locus de contrôle interne et sera enclin à adopter davantage de mesures de préparation
83
qu’un individu ayant un fort locus de contrôle externe et une perception de dépendance
envers une aide publique externe. À l’instar d’autres chercheurs (Colbeau-Justin &
Weiss, 2004; Fancès, 2018; Grothmann & Reusswig, 2006; Sattler et al., 2002; Terpstra
& Gutteling, 2008; Tepstra, 2011), un haut niveau de confiance envers les autorités et
une perception faible de contrôle de la situation réduit l’intention de se préparer aux
inondations. Cette faible confiance en soi semble être liée chez les répondants à un
sentiment d’impuissance et de fatalisme. Les zones C et D sont les mieux préparées et
celles où ont été comptabilisées le plus fort locus de contrôle interne et donc le plus
faible locus de contrôle externe.
Des participants et différents acteurs locaux nous ont mentionné que le « Sussex Fire
Department » est très efficace dans la prévention, l’atténuation, l’intervention et le
rétablissement dans les quartiers riverains de Sussex mais pas ceux de Sussex Corner.
Plusieurs commentaires issus du quartier D faisaient état d’un manque de confiance, et
même d’une méfiance qu’en à la gestion des inondations de la part du conseil municipal
de Sussex.
les plus innovantes pour faire face aux inondations : puits avec jauge pour suivre
l’évolution du niveau de la nappe phréatique, observation de la faune (lorsque les cerfs
sortent de la forêt, ils fuient l’inondation), le reboisement de terrain afin que les arbres
absorbent l’eau et stabilisent les berges, etc.).
Lalwani & Duval (2000), Lindell & Perry (2004) et Terpstra & Gutteling (2008) ont
montré que lorsqu'il n'y a pas de responsabilité personnelle évidente, les sujets se
déresponsabilisent dans des conditions de menace élevée et de ressources insuffisantes
pour y faire face. Leur étude a également montré que lorsque la responsabilité
personnelle de préparation face aux catastrophes était plus évidente, cette
responsabilité n'était acceptée que lorsque les ressources individuelles pour s’adapter
étaient jugées suffisantes par rapport à la menace perçue (Lalwani & Duval, 2000). Le
locus de contrôle est par conséquent lié à la perception de ne pas avoir les ressources
financières pour faire face de manière durable et convenable aux inondations
(Grothmann & Reusswig, 2006). Nos résultats montrent que si l’individu juge ne pas
avoir les ressources financières suffisantes, il jugera que sa capacité d'adaptation est
désavantagée et que des mesures préventives ne peuvent-êtres mises en place. La
perception du locus de contrôle est faible dans les zones A et B; soit les secteurs
vulnérables car désavantagés sur le plan socio-économique. De nombreux résidents ont
assumés de lourdes pertes financières liés aux inondations par le passé.
échéant. Une étude faite en Angleterre a montré que les propriétaires accepteraient de
payer pour des mesures de protection lorsque les investissements seraient inférieurs à
1 000£ (environ 1720$ canadiens) (Owusu et al., 2015), ce qui est loin d’être suffisant
pour adapter adéquatement une maison pour faire face aux inondations. Selon
Thistlethwaite (2018), les propriétaires canadiens ne sont pas prêts à accepter une plus
grande responsabilité dans le risque d’inondation. L’évaluation coût-bénéfice du à la
perception de l’aide gouvernementale et des compagnies d’assurances semble peu
avantageuse pour les habitants touchés. Or, il semble qu’une moindre adoption de
mesures de préparation ne relève pas seulement de nature économique puisque même
les mesures personnelles de préparation qui, comme mentionné plus tôt, sont peu
onéreuses et considérées comme facile à implanter, sont corrélées négativement avec
l’impression de ne pas voir les ressources financières. Le manque d’argent ne semble
donc pas être la seule raison pour l’absence de mesures de préparation.
Ces résultats montrent en fait une culture du risque déficiente et un partage flou de
responsabilité quant à la préparation et la sécurité entre les acteurs à Sussex et Sussex
Corner. Alors que des habitants cherchent à se préparer eux-mêmes, par impression de
manque d’aide externe, d’autres placent ce rôle dans les bras de la sécurité civile,
jusqu’à en créer une dépendance, ce qui restreint leur intention de se préparer.
Nos résultats montrent finalement que plus les gens ont la perception que les mesures
préparatoires personnelles sont simples à adopter, plus ils en adopteront. Les autorités
devraient convaincre les résidents que la préparation est accessible, afin d’augmenter
leur locus de contrôle interne. Cela peut se faire par le biais de la communauté, par le
partage d’expérience entre voisins et par la communication du risque. Si les voisins,
amis, et famille adoptent des mesures de préparation, le ménage aura plus de chance
d’en adopter également (Perry et al., 1980; Sim & Bauman, 1963) en plus de procurer
un soutien émotionnel pendant et après les événements d’inondations (Seeauer &
Babcicky, 2017). Les autorités publiques pourraient trouver des correspondants
volontaires chargés de relayer l’information ou créer un comité rivière chargé de
trouver et de partager les connaissances et les expériences dans chaque quartier
inondable et entre les quartiers.
Plusieurs habitants n’ont jamais expérimentés les inondations, par conséquent, ils ne
s’y préparent pas et ont une perception erronée. La communication des risques peut
87
(i) Elle doit être ciblée (Francès, 2018; Maidl & Buchecker, 2015). Dans ce cas-ci on
vise principalement les résidents exposés ayant effectués peu de mesures de
préparation, notamment les retraités et les habitants de plus de 65 ans.
(ii) Elle doit aborder les croyances sous-jacentes, toucher les attitudes des gens et
prendre en compte leurs responsabilités personnelles (Slovic et al., 2004; Keller et
al., 2006; Zaalberg et al., 2009; Terpstra, 2011).
(iii) Elle doit évoquer les conséquences potentielles du risque d’inondation, mais
surtout la possibilité, l'efficacité et les coûts des mesures de précaution privées
(Francès, 2018; Grothmann & Reusswig, 2006).
(iv) Nous avons vu que la perception affective n’est pas corrélée à la préparation, la
peur ne devrait donc pas être utilisé dans la communication du risque (Bradford &
al., 2012).
(v) Finalement, la communication bidirectionnelle est plus efficace que la
communication unidirectionnelle. Elle limite par contre l’accès à l’information du
grand public car de nombreuses personnes ne sont pas prêtes à assister aux
réunions et ateliers d'information (Höppner et al., 2008; Junker et al., 2007). Or,
pour des petites communautés comme Sussex et Sussex Corner, la communication
bidirectionnelle est accessible et même souhaitable. Dans ces campagnes de
communication, les autorités devraient fournir une liste de méthodes simples et
accessibles pour la préparation personnelle comme celles énumérées dans la
première page sur la préparation du questionnaire à la population (voir Annexe C
), une liste de méthodes de préparation structurelles les plus faciles à implanter
(pompes, électricité, outils de base, batteries, éclairage, sacs de sable, fermeture
des ouvertures vulnérables, scellant pour le pourtour), une liste de mesures de
88
Another solution to berm the river not just in business areas but in residential
areas as well. These suggestions are not, if implemented without cost. But my
believe is it would be less expensive in the long run than having to pay out
thousands of dollards for flooded homes (…) not even thinking to the traumatic
affect on people.
I believe that if they dug out the river bed like they did for many years it would
help in lowering the amount of flooding. I wonder what they think happens to
the fish when it floods. Creating a deeper stream for them to line in makes much
more sence.
My greatest concern is the builtup of gravel in the river. I feel the environment
is a higher priority than individuals.
Lived here 40 years and Trout Creek used to be dredged. Never had flood issues
first 20 years. River dredging stopped to protect fish habitat lol! Seems fish are
more important than tax payers. Yes dredging has a financial cost to the
community but seems to me would be less expensive then what incurred now
on a regular basis.
incertitude face aux mesures entreprises par la municipalité et des intérêts divergents
entre les différentes acteurs (environnementaux, publics et citoyens). Cela est exacerbé
par le fait qu’une digue est en construction pour protéger les commerces mais rien n’est
actuellement en construction pour protéger les résidences privées. La municipalité se
doit d’être plus transparente dans ses décisions. Lors des activités de communications
bidirectionnelles, les décideurs devront proposer un réel débat sur le dragage de la
rivière. Quel est l’effet du dragage sur la géomorphologie fluviale, la déstabilisation
des berges et la vitesse du courant ? Le transport sédimentaire important de la Trout
Creek nécessitera un dragage constant, combien coûteront ces opérations ? Est-ce
réellement une option viable à long terme ?
Les inondations récurrentes au sein de ces deux communautés sont révélatrice d’une
dynamique sociale et psychologique complexe. Les habitants potentiellement exposés
à Sussex et Sussex Corner sont conscients du risque, ce qui mène à certaines
inquiétudes. Or, cela ne mène pas toujours à des mesures préventives puisque certains
perçoivent qu’ils n’ont pas de contrôle sur la situation. D’autres placent le rôle de la
sécurité civile dans les bras des autorités uniquement, car ils se considèrent trop
pauvres, trop vieux et trop seuls et donc dépassés par les événements. La sécurité civile
doit trouver des moyens de créer une culture du risque pour tous les habitants qui
doivent devenir conscients d’être des acteurs responsables dans la gestion des risques.
Cette opération doit se faire de manière participative par le biais de la communauté,
avec le partage d’expérience entre les quartiers les mieux préparés et moins à risque et
les autres plus vulnérables. Le processus participatif pourrait être encouragé via la
création d’un comité rivière citoyen chargé de faire le pont entre les résidents, les
décideurs et les autres acteurs du territoires (commerçants, Kennebecasis Watershed
Restoration Committee, etc.). Cela permettrait par le fait même d’accroître l’entraide
citoyenne et donc la résilience de la communauté.
90
CONCLUSION
Les zones E et F ont été exclues à cause d’un trop faible nombre de réponses au
questionnaire. Pourtant, les cartes d’exposition désignent ces zones comme étant des
secteurs touchés par les inondations passées. La zone E, soit un parc de maisons
mobiles, est pourtant plus à risque en raison des conditions socio-économiques des
habitants et la forte vulnérabilité structurelle des bâtiments. La faible participation des
habitants de ce secteur pourrait-elle être redevable à un déni du risque causé par
l’anxiété lié aux conséquences désastreuses qui pourraient survenir en cas d’inondation ?
92
La vulnérabilité est dynamique et variable dans le temps. Cela implique que l’étude
produite demeure valable jusqu’à ce que les gens déménagent et que leurs conditions
de vulnérabilité socio-économique et structurelle changent. Il y a donc une nécessité
de développer un outil dynamique, par exemple une cartographie web, et de la mettre
à jour à travers une participation citoyenne. Ce type d’outil a été proposé aux décideurs
des différents paliers (ville de Sussex et le District de services locaux (DSL) de Sussex).
Or, son implantation nécessiterait des collaborations et du financement, des conditions
à mettre en place dans le cadre de futurs projets.
Les futures recherches pourraient aussi explorer les questions de recherche suivantes :
Pourquoi les inondations sont-elles plus fréquentes dans les quinze dernières années ?
Quel est le rôle des changements climatiques sur le régime hydrologique du bassin
versant de la rivière Kennebecasis ? Quel est le rôle de la déforestation en amont du
bassin versant de la rivière Trout Creek sur le régime hydrologique ? Les réponses à
ces questions permettraient sans doute une meilleure compréhension du
fonctionnement hydrologique du bassin versant.
gestion du risque dans toutes ses phases est assumée par la communauté
(Frankenberger et al, 2013; Rajib,2016). L’individu y joue un rôle crucial par son
niveau de préparation personnel mais surtout dans l’éventualité où il partage ses
expérience avec d’autres individus (Frankenberger et al, 2013). Le support social
encourage notamment le relèvement après catastrophe (Meng, Li & Fang, 2018; Norris
et al., 2008; Patel et al., 2017). Dans notre cas, il devrait également prendre forme de
partage d’expertise concernant les méthodes de prévention.
Nous avons vu qu’à Sussex et Sussex Corner, certains résidents bénéficiaient d’un
beaucoup plus haut degré de préparation que d’autres. Le partage d’expérience entre
les premiers et les seconds nous semblent être un moyen non couteux et efficace de
réduire le risque. Un engagment actif de tous les acteurs d’une communauté, dont les
individus exposés est nécéssaire à l’augmentation de la résilience commuantaire
(Bahadur et al., 2013 ). Cela se fait par renforcement de la cohésion de la communauté
(Patel et al., 2017) et du capital social par la création de réseaux de relation (Patel et
al., 2017; Norris et al., 2008). Concrètement, ce type de réseau pourrait prendre forme
d’un comité rivière, comprenant des acteurs diverses (décideurs, commerçants,
citoyens etc…), qui serait un lieu d’apprentissage social et donc de réflexion collective
par le partage d’expérience et d’idées. Il aurait le rôle de réseau de passation
d’information, de connection entre les différents citoyens et les décideurs. Par le biais
d’un tel réseau, la population étant, plus responsable, contribuerait à une gestion
ascendante du risque. Cette plateforme pourrait finalement agir comme intermédiaire
dans un système de communication bidirectionnel se matérialisant lors de rencontres
communautaires, ce qui créerait un espace de réflexion collective sur les solutions, et
les incitatifs financiers comme des subventions ou des crédits d’impôts pour la mise en
place de mesures préventives de même que l’accessibilité et les avantages coûts-
bénéfices de ces derniers.
95
ANNEXE A
CERTIFICAT D’APPROBATION ÉTHIQUE DU CERPE
97
ANNEXE B
FORMULAIRE DE CONSENTEMENT À LA POPULATION (VERSION
FRANÇAISE)
98
99
100
101
ANNEXE C
QUESTIONNAIRE À LA POPULATION (VERSION FRANÇAISE)
102
103
104
105
106
107
108
109
ANNEXE D
FORMULAIRE DE CONSENTEMENT AUX EXPERTS DE LA SÉCURITÉ
CIVILE (VERSION FRANÇAISE)
110
111
112
ANNEXE E
QUESTIONNAIRE AUX EXPERTS DE LA SÉCURITÉ CIVILE (VERSION
FRANÇAISE)
113
114
115
116
117
118
119
120
121
122
123
124
125
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