Le droit des sociétés
CHAPITRE 1 : LA NOTION DE SOCIÉTÉ
Section 1 : La définition de la société
La société permet à une entité d'exercer une activité économique.
I. La notion de société
1. Les types de personnes
Le droit reconnaît deux types de personnes :
● Personnes physiques : individus (ex : M. Xavier).
● Personnes morales : entités juridiques (ex : une société).
La société est une personne morale, créée par un acte juridique et dotée d’une
personnalité juridique (capacité à avoir des droits et obligations).
2. Définition légale
L'article 1832 du Code civil définit la société comme :
« Un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes conviennent de mettre en
commun des biens ou leur industrie, en vue de partager le bénéfice ou de
profiter de l’économie qui pourra en résulter.
II. Les caractéristiques de la société
A. La pluralité d’associés
● Une société peut être constituée par une ou plusieurs personnes physiques ou
morales.
● Les apports des associés :
1. Apports en numéraire : argent
2. Apports en nature : biens (ex : un bien immobilier)
3. Apports en industrie : savoir-faire, compétences, force de travail
B. La recherche d'un bénéfice ou d'une économie
● L'objet social : activité économique que la société exerce pour générer des
bénéfices.
● Le bénéfice : gain, profit ou avantage découlant de l’activité économique réalisée
par la société.
III. La société VS l’entreprise
1. Différence entre société et entreprise
● Société : personne morale ayant un patrimoine propre, distinct de celui des
associés.
● Entreprise individuelle : L’entité n’est pas une personne morale. Les biens de
l’entreprise sont confondus avec ceux de la personne physique (ex : M. Xavier).
2. Loi du 14 février 2022
● En cas de défaillance professionnelle, seuls les biens professionnels de
l’entrepreneur (entreprise individuelle) peuvent être saisis, à condition que
l’entrepreneur n’ait pas renoncé à la séparation entre biens professionnels et
personnels.
IV. Le droit des sociétés
Le droit des sociétés est une branche du droit privé et du droit des affaires, régissant la
vie des sociétés :
● Constitution (création de la société)
● Fonctionnement (gouvernance, gestion, obligations)
● Dissolution (fin de la société)
Les relations couvertes par ce droit incluent :
● Les relations internes : entre associés, dirigeants, administrateurs.
● Les relations externes : avec les tiers.
Le droit des sociétés concerne toutes les sociétés, commerciales ou civiles, et impose des
règles concernant :
● Les statuts : contrat fondateur de la société, définissant sa forme juridique, son
capital, sa gestion, etc.
Les statuts sont essentiels pour :
● Définir la forme de la société (SARL, SAS, SA, etc.)
● Fixer le mode de constitution, de gestion et d’administration
Section 2 : Les sources du droit des sociétés
I. La loi
Le droit des sociétés est principalement régi par la loi, et plus particulièrement par plusieurs
codes juridiques. Les lois sur les sociétés sont regroupées dans plusieurs textes législatifs et
réglementaires.
A. Le Code civil
● Origine : Le Code civil a été promulgué en 1804, mais il a été modifié par la loi du 4
janvier 1978 concernant les sociétés.
● Articles concernés :
○ Articles 1832 à 1873 : Ces articles encadrent les sociétés en général, avec
des subdivisions importantes :
■ Dispositions générales sur les sociétés (articles 1832 à 1844-17).
■ Sociétés civiles (articles 1845 à 1870-1).
■ Sociétés en participation (articles 1871 à 1873).
○ Article 1843 : Il précise que les règles du Code civil s’appliquent à toutes les
sociétés, sauf disposition contraire pour certaines formes spécifiques (par
exemple, les sociétés commerciales soumises au Code de commerce).
B. Le Code de commerce
● Origine : Le Code de commerce a été instauré en 1817 et refondu par la loi du 24
juin 1966. Il a ensuite été recodifié par une ordonnance du 18 septembre 2000.
● Le Code de commerce comprend 9 livres et contient des dispositions spécifiques aux
sociétés commerciales, telles que :
○ SNC (Société en nom collectif)
○ Société en commandite simple
○ SARL (Société à responsabilité limitée)
○ SA (Société anonyme)
○ SCA (Société en commandite par actions)
○ SAS (Société par actions simplifiée)
● Il régit aussi des dispositions pénales spécifiques relatives aux sociétés
commerciales.
C. Les usages
● Les usages sont des pratiques non écrites qui se développent dans certains
secteurs ou régions.
● Ce sont des comportements répétés ou habituels considérés comme des règles de
droit en raison de leur ancienneté et de leur caractère impératif.
● En droit des affaires, certains principes, comme la solidarité des codébiteurs, ont
émergé de tels usages.
● Les juges peuvent reconnaître ces pratiques comme ayant force obligatoire,
notamment en cas de silence des textes sur une question donnée.
II. La jurisprudence
La jurisprudence désigne l'ensemble des décisions des tribunaux qui éclairent
l'interprétation des lois. Elle a une influence majeure sur l'évolution du droit, bien qu’elle n'ait
pas de force obligatoire directe en France, sauf lorsqu’elle fait autorité.
1. Rôle de la jurisprudence
● La jurisprudence éclaire l'interprétation des lois ou des décrets, ce qui en fait une
source importante de droit.
● Une décision de la Cour de cassation peut créer une règle de droit applicable à
l'avenir, en posant une jurisprudence qui servira de référence pour d'autres
décisions judiciaires.
2. Types de juridictions
● Première instance :
○Les tribunaux de commerce jugent les litiges commerciaux. Ils sont
composés de juges élus qui ne sont pas des magistrats professionnels.
○ Les tribunaux judiciaires jugent les affaires civiles, composés de
magistrats professionnels.
● Secondes instances (Appels) :
○ Les cours d'appel jugent les affaires, en rendant un arrêt. Faire appel
suspend l'exécution du jugement jusqu'à l'arrêt de la cour d'appel.
○ Il est possible de faire appel pour les jugements supérieurs à 5 000 €.
● Dernier recours (Cour de cassation) :
○ La Cour de cassation étudie la bonne application du droit par les juridictions
inférieures. Elle peut rejeter le pourvoi ou casser l’arrêt, renvoyant ainsi
l’affaire devant une autre cour d’appel.
○ La personne souhaitant saisir la Cour de cassation doit faire un pourvoi en
expliquant les moyens juridiques pour lesquels elle estime que le jugement
est erroné.
○ Exemple notable : la notion d’affectio societatis (volonté de s’associer) a
été créée par les juges de la Cour de cassation.
Section 3 : Le choix d'une structure juridique
I. Les critères propres à l'activité
Le choix d'une structure juridique dépend de plusieurs critères, principalement liés à l’activité
économique envisagée.
A. Le but de l’activité
● Activité lucrative : Si l'objectif est de réaliser un bénéfice, il faut choisir une société
(SARL, SAS, etc.) ou une entreprise individuelle (EI).
● Activité non lucrative : Si l'objectif n'est pas de réaliser un bénéfice ou de partager
ces bénéfices, on se dirige vers une association ou une coopérative.
B. Le domaine d'activité
● Activité civile : Si l’activité relève du domaine civil (agriculture, profession libérale,
immobilier), il faut choisir une société civile :
○ SCM (Société Civile de Moyens)
○ SCI (Société Civile Immobilière)
○ SCPI (Société Civile de Placement Immobilier)
○ SCP (Société Civile Professionnelle)
● Activité commerciale : Si l’activité est liée à l’achat-revente, la location, le transport,
ou des opérations bancaires, il faut opter pour une société commerciale :
○ SNC (Société en Nom Collectif)
○ SCA (Société en Commandite par Actions)
○ SCS (Société en Commandite Simple)
○ SARL, EURL, SAS, SCOP (Société Coopérative de Production)
Exception : Les débits de tabac doivent être exploités en entreprise individuelle ou en
SNC.
C. Le nombre d’entrepreneurs
● Entreprise individuelle ou société unipersonnelle : Si l’entrepreneur est seul, il
peut choisir une entreprise individuelle (EI ou EIRL) ou une société unipersonnelle
(EURL, SASU).
● Plusieurs entrepreneurs : Si plusieurs personnes sont impliquées, plusieurs options
sont possibles, comme une société ou un GIE (Groupement d'Intérêt
Économique).
● Plus de 100 associés : Une SARL n'est pas adaptée pour un nombre aussi élevé
d’associés.
II. Les critères patrimoniaux de l’entrepreneur
Le choix de la structure juridique peut également être influencé par la situation patrimoniale
de l'entrepreneur, en particulier la responsabilité personnelle et les aspects fiscaux et
sociaux.
A. L'engagement de la responsabilité personnelle
● Sociétés : En général, une société engage son propre patrimoine, sauf dans
certaines formes comme la SNC où la responsabilité est indéfinie et solidaire.
● Entreprise individuelle :
○ Avant 2022 : L'EI engageait l’ensemble du patrimoine personnel de
l'entrepreneur.
○ Depuis 2022 : La loi sépare les biens professionnels et personnels. Seuls les
biens professionnels peuvent être saisis par les créanciers en cas de dettes
professionnelles, sauf si l'entrepreneur renonce à cette séparation.
○ EIRL : L'EIRL permettait de protéger une partie du patrimoine personnel en
l'affectant à l’activité professionnelle. Cependant, l’EIRL a été supprimée en
2022.
● Protection du patrimoine :
○ Déclaration d’insaisissabilité : L'entrepreneur peut protéger certains biens
fonciers (non affectés à l’activité professionnelle) en les déclarant
insaisissables devant un notaire. Cela empêche les créanciers professionnels
de saisir ces biens.
○ Loi Macron (2015) : La résidence principale de l'entrepreneur est
automatiquement insaisissable par les créanciers professionnels.
B. L’engagement du patrimoine personnel
● En entreprise individuelle, l'entrepreneur est responsable indéfiniment de ses
dettes professionnelles avec l'ensemble de son patrimoine personnel. Cependant, il
peut prendre des mesures pour protéger certains biens.
● Exemple de protection : Un entrepreneur peut protéger sa résidence principale
grâce à la loi Macron, ce qui la rend insaisissable par les créanciers professionnels.
III. Le régime fiscal et social
A. Le régime fiscal
● Entreprise individuelle (EI) : Par défaut, elle est soumise au régime réel d'impôt
sur le revenu. L'imposition dépend des bénéfices réalisés.
○ BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) : Pour une activité
commerciale, industrielle ou de prestation de services.
○ BNC (Bénéfices Non Commerciaux) : Pour des activités libérales.
● Régime simplifié : La plupart des EI sont soumises au régime réel simplifié, sauf si
leur chiffre d'affaires dépasse certains seuils. Les seuils sont les suivants :
○ 789 000 € pour les activités de vente (achat-revente, etc.).
○ 238 000 € pour les prestations de services.
B. Le régime social
● Travailleur Non Salarié (TNS) : L'entrepreneur individuel relève du régime des TNS.
Il cotise à l'URSSAF pour la retraite (de base et complémentaire), la maladie
indemnitaire, et les indemnités journalières.
● Régime général : Depuis 2020, l'entrepreneur individuel est intégré au régime
général de la sécurité sociale.
C. Avantages et inconvénients
● Avantages :
○ Simplicité de création, aucune personne morale n’est nécessaire.
○ Moins de formalités administratives (pas de statut à rédiger, pas d'assemblée
générale).
○ L’entrepreneur est le seul maître à bord, ce qui simplifie la gestion.
● Inconvénients :
○ Risque sur le patrimoine personnel, bien que la loi ait réduit ce risque.
○ Moins de crédibilité qu'une société, ce qui peut compliquer les relations avec
les partenaires commerciaux (banques, fournisseurs).
Section 5 : La microentreprise
A. Définition
La microentreprise est une forme simplifiée d'entreprise individuelle, qui a remplacé
l'auto-entreprise en 2018. Elle n’a pas de personnalité juridique propre.
B. Régimes
La microentreprise bénéficie d'un régime simplifié pour la comptabilité et les formalités
administratives.
C. Conditions
● Le chiffre d'affaires annuel (CA) ne doit pas dépasser :
○ 173 200 € pour les entreprises de vente de marchandises, objets, ou
prestations d'hébergement.
○ 72 600 € pour les prestataires de services ou les professions libérales.
Ces seuils sont recalculés chaque année et sont appliqués sur une année civile complète
(du 1er janvier au 31 décembre). Si l’activité commence en cours d’année, le chiffre
d'affaires sera proratisé.
Section 6: L’EIRL
Bien que supprimée par la loi du 14 févr 2022, cette structure juridique n'est pas supprimer
pour les entrepreneurs individuels qui avaient choisi ce statut. Depuis le 15 juin 2000, le
Code de commerce avait prévu le statut de l'EIRL, il concerne les activités commerciales,
artisanales, agricoles ou libérales. c'est une entreprise individuelle et non une société donc
sans création
Chapitre 2 : Les conditions de création d'une société
I. Les conditions de fond
La création d'une société nécessite un contrat de société (statuts), soumis aux principes
généraux du droit des contrats, et donc à certaines conditions de fond. Ces conditions sont :
1. Le consentement des associés
○ Vices du consentement :
■ Dol : Tromperie par réticence d’informations essentielles (ex : faux
documents comptables).
■ Simulation : Donner l'apparence d'un contrat sans réelle volonté de
s'associer.
■ Types de simulation :
■ Existence du contrat (ex : société fictive).
■ Nature du contrat (ex : changements non exprimés).
■ Personne de l'associé (ex : interposition de
prête-noms).
■ Affection societatis : Volonté des associés de collaborer ensemble
de manière égalitaire. L’absence d'affectio societatis se manifeste
dans des sociétés fictives ou des sociétés de fait (ex : gérant de fait).
2. L'objet social
○ Définition : Activité que la société va exercer (ex : vente, transport,
restauration).
○ Réglementation : Certaines activités peuvent être soumises à une législation
spécifique (ex : pharmacie, débit de boisson).
○ Rôle :
■ Détermine la structure juridique de la société.
■ Fixe l’étendue des pouvoirs des dirigeants.
■ Les actes dépassant l'objet social peuvent être annulés (ex : cession
de fonds de commerce sans l’accord des associés).
II. Les conditions relatives à la société
Les conditions relatives à la société concernent les apports des associés.
1. Les apports : Les associés peuvent réaliser trois types d'apports :
○ Apports en numéraire : Versement d'argent à la société.
■ Différence avec les apports en compte courant (prêt remboursable).
■ Libération des apports : Doit être précisée dans les statuts.
Certaines sociétés (SARL, SA) ont des règles spécifiques.
○ Apports en nature : Apports d’objets autres que de l'argent (biens corporels,
incorporels, immeubles).
■ Ces apports doivent être évalués (via un commissaire aux apports ou
selon les statuts).
■ Régles spécifiques :
■ SARL, EURL, SAS : Commissaire aux apports obligatoire si la
valeur de chaque bien dépasse 30 000 € et si la valeur totale
des apports excède la moitié du capital social.
■ SA : Commissaire aux apports obligatoire en toutes
circonstances.
○ Apports en industrie : Apport de travail, savoir-faire, ou expertise (pas
d’évaluation en valeur monétaire).
Chapitre 3 : La responsabilité de la société
Il existe deux types principaux de responsabilité pour la société : la responsabilité civile et
la responsabilité pénale.
A. La responsabilité civile de la société
La responsabilité civile de la société peut être contractuelle ou délictuelle.
1. Responsabilité contractuelle :
○
Lorsqu’une société contracte une obligation, elle est tenue d'exécuter le
contrat en vertu du principe selon lequel les conventions légalement formées
ont force obligatoire (article 1103 du Code civil).
○ Le contrat signé par le dirigeant, en tant que représentant légal, lie la société
conformément à la théorie de la représentation.
2. Responsabilité délictuelle :
○ La responsabilité délictuelle concerne les actes dommageables non liés à
l'inexécution d’un contrat.
○ Elle peut se manifester sous deux aspects :
■ Responsabilité du fait d'autrui : La société, en tant que commettant,
est responsable des actes de ses préposés (salariés). Si un salarié
agit dans le cadre de ses fonctions et cause un dommage, la société
est responsable.
■ Responsabilité personnelle : La société peut être responsable si elle
agit de manière fautive en dehors de ses engagements contractuels.
○ Exemple jurisprudentiel : L'arrêt Conte Donate (Cour de cassation, 25
février 2000) établit que la société peut être la seule responsable lorsque le
salarié agit dans le cadre de sa mission.
B. La responsabilité pénale de la société
● Historique : La responsabilité pénale des personnes morales a été introduite en
1994, avec la réforme du Code pénal (article 121-2).
● Une société peut être pénalement responsable si l'infraction a été commise pour son
compte par ses représentants ou organes (dirigeants, administrateurs).
● Délégation de pouvoir : Un dirigeant peut se défendre en prouvant qu'il a délégué
son pouvoir à un salarié compétent. Cependant, cette délégation doit respecter des
conditions strictes : le délégataire doit avoir la compétence nécessaire, et le délégant
doit éviter d’interférer dans ses fonctions.
● Sanctions pénales : Les sociétés peuvent être condamnées à des amendes, à la
dissolution, à l'exclusion des marchés publics, ou à la fermeture de l’établissement.
Section 1 : La responsabilité civile du dirigeant
La responsabilité civile des dirigeants varie selon que l'action est engagée par un tiers ou
un associé.
A. La responsabilité des dirigeants à l'égard des tiers
1. Faute de gestion : La question est de savoir si la faute du dirigeant engage sa
responsabilité personnelle ou celle de la société.
○ En principe, les actes du dirigeant sont censés bénéficier à la société qu’il
représente.
○ La distinction entre la faute personnelle (de l'individu) et la faute de gestion
(de la société) doit être faite.
2. Faute détachable de la gestion :
○ La responsabilité personnelle du dirigeant ne peut être engagée que si la
faute est "détachable" de ses fonctions. Cela signifie qu'il doit avoir agi de
manière particulièrement grave, incompatible avec ses fonctions.
○ Jurisprudence importante :
■ Cass. Com. 24 avril 1998 : La responsabilité personnelle n'est
engagée que pour une faute grave et séparée des fonctions sociales.
■ Arrêt Seusse-Sati (1999) : La faute est qualifiée de "séparable"
même si elle ne l'est pas matériellement.
■ Faute pénale intentionnelle : En cas de faute pénale intentionnelle,
la responsabilité civile personnelle du dirigeant est engagée, sans
condition de détachement (arrêt 2010).
○ Action civile : La victime peut exercer une action civile, même si l'infraction
est une infraction pénale, mais elle doit démontrer un préjudice direct et un
lien de causalité.
3. Divergence de traitement :
○ Dans certains cas, un dirigeant peut être poursuivi civilement et pénalement
pour les mêmes faits, ce qui crée un risque de divergence dans les
jugements.
B. La responsabilité des dirigeants envers les associés
● La responsabilité peut aussi être engagée par les associés dans certains cas,
notamment si le dirigeant a violé ses obligations envers la société (ex : gestion
fautive, non-respect des statuts).
Section 4 : Infraction liée à la comptabilité irrégulière
1. Comptabilité irrégulière ou incomplète :
○ Le fait de tenir une comptabilité manifestement irrégulière ou de dissimuler
des actifs ou d’augmenter frauduleusement le passif constitue une infraction
pénale.
○ Cela peut entraîner des sanctions à la fois pénales pour la société et pour les
dirigeants.
2. Article L 654-2 du Code de commerce :
○ Cet article définit les infractions liées à la comptabilité et à la gestion
d'entreprise (ex : fausse information sur les actifs ou les passifs).
Chapitre 5 : Le Dirigeant de la Société
1. Rôle et Définition du Dirigeant
● Pouvoirs externes : Représente la société vis-à-vis des tiers.
● Pouvoirs internes : Organise et gère la société au sein de l'entreprise.
● Conception du rôle :
○ Mandataire social : Agit pour le compte des associés.
○ Incarnation de la société : Plus qu'un simple représentant, il incarne la
société
2. Conditions de Nomination et Cessation des Fonctions
A. Nomination du Dirigeant
● Types de sociétés et titres des dirigeants :
○ Sociétés civiles, SNC, SARL : Gérant.
○ SA, SAS : Président.
● Conditions personnelles à la nomination :
○ SAS : Statuts déterminent librement la nomination (le président peut être
associé ou non).
○ Autres sociétés : Le gérant peut être non associé (par exemple, pour
permettre la gestion par un manager externe).
● Sociétés en commandite par actions (SCA) :
○ Dirigeants sont contrôlés par un conseil de surveillance composé de
commanditaires.
● Personne morale comme dirigeant :
○ Certaines sociétés peuvent être dirigées par une personne morale,
représentée par une personne physique.
B. Procédure de Nomination
● SAS : Statuts précisent les modalités de nomination (majorité, durée,
renouvellement).
● SARL : Gérants sont nommés lors de la création de la société ou par assemblée
générale. Les gérants ultérieurs sont élus en assemblée générale extraordinaire
(AGE).
● SNC : Par défaut, tous les associés sont gérants, sauf clause contraire.
● Sociétés civiles : Les gérants sont désignés dans les statuts, et la désignation
ultérieure se fait à la majorité des associés.
C. Cessation des Fonctions du Dirigeant
● Raisons :
○ Décès : Fonction intransmissible.
○ Démission : Aucun cadre légal de préavis sauf disposition statutaire.
○ Limite d’âge : 65 ans dans les SCA (retraite implicite).
○ Révocation : Par les associés selon les conditions statutaires.
■ SAS : Révocation possible par décision des associés ou par un
associé unilatéralement, avec ou sans indemnités.
■ SARL : Révocation à la majorité des associés lors d'une décision
ordinaire.
■ SNC : Unanimité des associés pour révocation.
■ SCA : Révocation par les statuts ou décision judiciaire.
3. Statut Fiscal et Social du Dirigeant
A. Cumul des Fonctions de Dirigeant avec un Emploi Salarié
● Le dirigeant peut être salarié sous certaines conditions :
○ Lien de subordination : Impossibilité si le dirigeant est associé majoritaire.
○ Fonctions distinctes : Le contrat de travail doit être distinct de ses fonctions
de gestion.
B. Règles Fiscales et Sociales
● Le dirigeant bénéficie d’une protection sociale similaire à celle des salariés (maladie,
retraite).
● Fiscalité : La rémunération des dirigeants est classée dans les Bénéfices
Industriels et Commerciaux (BIC) pour les gérants de SARL ou de Bénéfices Non
Commerciaux (BNC).
4. Pouvoirs des Dirigeants
A. L’Objet Social
● Les dirigeants doivent agir dans les limites de l'objet social défini dans les statuts.
● Objet social large = pouvoirs étendus.
● Objet social restreint = pouvoirs limités.
● En cas de violation de l’objet social, cela constitue une faute de gestion.
B. Clauses Limitatives de Pouvoir
● Les statuts peuvent limiter les pouvoirs des dirigeants (ex : contrats de prêt
supérieurs à un certain montant nécessitant une autorisation des associés).
● Ces clauses ne sont pas opposables aux tiers de bonne foi (ex : banque,
fournisseurs).
Résumé des Cas de Révocation selon le Type de Société
● SAS : Révocation libre par les statuts, avec conditions possibles de préavis et
indemnités.
● SARL : Révocation à la majorité des associés, indemnisation en cas de révocation
sans juste motif.
● SNC : Révocation nécessite l’unanimité des associés.
● SCA : Révocation selon les statuts ou par décision judiciaire.
● Sociétés civiles : Révocation requiert la majorité des associés.