Structures algébriques
PCSI 2 Lycée Pasteur
15 octobre 2007
1 Structures algébriques
1.1 Lois de composition
Dénition 1. Soit E un ensemble. Une loi de composition interne (ou lci) sur E est tout simplement
une application ∗ : E × E → E . on note x ∗ y plutôt que ∗(x, y) l'image d'un couple d'éléments de
E.
Remarque 1. Autrement dit, ∗ est une opération interne à l'ensemble E .
Exemples : Vous connaissez déjà un bon paquet de lois de compositions internes. La somme ou le
produit sur N, Q, R ou C en sont bien sûr. Par contre, la soustraction n'est pas une loi de composition
interne sur N, et la division n'est une loi de composition interne sur aucun de ces ensembles puisqu'on
ne peut pas diviser par 0.
La composition sur l'ensemble des fonctions de R dans R ou l'intersection sur l'ensemble des
parties de N sont également des lois de composition internes.
Le produit scalaire n'est pas une loi de composition interne sur l'ensemble des vecteurs du plan
puisque le résultat de l'opération n'est pas un vecteur.
Dénition 2. Une lci ∗ sur un ensemble E est dite associative si ∀(x, y, z) ∈ E 3 , (x∗y)∗z = x∗(y∗z).
Une lci ∗ sur un ensemble E est dite commutative si ∀(x, y) ∈ E 2 , x ∗ y = y ∗ x.
Exemples : La plupart des lci que vous connaissez sont associatives (somme, composition,
intersection). Pourtant, une opération aussi simple que la soustraction sur Z n'est pas associative.
Un bon exemple de lci qui n'est pas commutative est la composition sur l'ensemble de fonctions de
R dans R.
Dénition 3. Un élément e ∈ E est dit neutre pour une lci ∗ si ∀x ∈ E , x ∗ e = e ∗ x = x.
Proposition 1. Si une lci admet un élément neutre, celui-ci est unique.
Démonstration. Supposons qu'il existe deux éléments neutres e1 et e2 . On a alors e1 ∗ e2 = e1 car e2
est un élément neutre, mais aussi e1 ∗ e2 = e2 car e1 est un élement neutre, donc e1 = e2 .
Exemples : L'addition, sur tous les ensembles où elle est dénie, a pour élément neutre 0, et
le produit 1. L'élément neutre pour la composition est l'application identité, celui de la réunion est
l'ensemble vide.
Dénition 4. Soit (E, ∗) un ensemble muni d'une lci possédant un élément neutre e. On dit que
x ∈ E est inversible s'il existe y ∈ E tel que x ∗ y = y ∗ x = e.
Remarque 2. Cette notion d'inverse correspond bien à l'inverse usuel quand l'opération est un pro-
duit, mais il s'agira de l'équivalent de l'opposé pour la somme. Pour la composition, seules les
applications bijectives sont inversibles. Notons qu'un élément peut être inversible à gauche mais pas
à droite, c'est-à-dire qu'il peut existe un y tel que y ∗ x = e, mais pas de z tel que x ∗ z = e. Par
exemple, dans l'ensemble des applications de N dans N, la fonction n 7→ 2n est inversible à gauche
(son inverse à gauche est g : n 7→ E( n2 )), mais pas à droite.
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Dénition 5. Lorsqu'il existe, on note x−1 l'inverse de x (même si la lci n'est pas un produit).
Proposition 2. L'inverse d'un élément, lorsqu'il existe, est unique. Il est lui-même inversible, et
(x−1 )−1 = x. Si deux élements x et y sont inversibles, alors x∗y est inversible et (x∗y)−1 = y −1 ∗x−1 .
On peut par ailleurs simplier par un élément inversible : si x ∗ y = x ∗ z , avec x inversible, alors
y = z (et de même à droite).
Démonstration. Supposons que x ait deux inverses, notés y et z . On a alors y∗x∗z = y∗(x∗z) = y∗e =
y , mais aussi y∗x∗z = (y∗x)∗z = e∗z = z donc y = z . La relation (x−1 )−1 découle de la symétrie de la
dénition de l'inverse. L'inverse du produit ne pose pas de problème : y −1 ∗x−1 ∗x∗y = y −1 ∗y = e, et
de même dans l'autre sens, donc ça marche. Et pour obtenir les simplications, il sut de multiplier
par x−1 .
Dénition 6. Soit E un ensemble muni de deux lci . et ∗. On dit que . est distributive sur ∗ si
∀(x, y, z) ∈ E3, x.(y ∗ z) = (x.y) ∗ (x.z) et (y ∗ z).x = (y.x) ∗ (z.x).
1.2 Groupes
Dénition 7. Un groupe (E, ∗) est un ensemble E muni d'une lci ∗ associative, possédant un élément
neutre et pour laquelle tout élement de E est inversible. Si de plus la loi ∗ est commuttative, on dit
que (E, ∗) est un groupe commutatif, ou abélien.
Exemples : Le couple (N, +) n'est pas un groupe, mais (Z, +) en est un. De même, (R, ×) n'est
pas un groupe mais (R∗ , ×) en est un. L'ensemble des fonctions de R dans R muni de la composition
n'est pas un groupe. Si on se restreint aux applications bijectives, c'en est un.
L'ensemble des polynomes de degré n, muni de l'addition, n'est pas un groupe. Par contre,
l'ensemble des polynomes de degré inférieur ou égal à n en est un.
Dénition 8. Soit (G, ∗) un groupe et H ⊂ G, on dit que H est un sous-groupe de G si (H, ∗|H )
est un groupe.
Exemples : Le groupe (Z, +) est un sous-groupe de (Q, +), qui est lui-même un sous-groupe de
(R, +), qui est enn un sous-groupe de (C, +). Plus intéressant, le groupe des nombres complexes de
module 1 est un sous-groupe du groupe multiplicatif C∗ , ×).
Proposition 3. Un sous-ensemble H de (G, ∗) est un sous-groupe si et seulement si il contient e et
est stable par produit et passage à l'inverse.
Démonstration. Si un sous-ensemble de G vérie ces trois propriétés, c'est bien un sous-groupe.
Réciproquement, si H est un sous-groupe, il possède un élément neutre e0 . Soit alors x un élément
de H , on a x ∗ e0 = x = x ∗ e (la première étoile prise dans H , la deuxième dans G), donc e0 = e
par simplication. De même, l'inverse de x dans H est nécessairement un inverse dans G également,
donc il s'agit de l'unique inverse de x par ∗, et H est stable par inversion. Enn, H doit clairement
être stable par produit.
Dénition 9. Soient (G, ∗) et (H, .) deux groupes. on dit que l'application f : G → H est un
morphisme de groupes si ∀(x, y) ∈ G, f (x ∗ y) = f (x).f (y).
Exemples : La multiplication par 2 est un morphisme de groupes de (Z, +) dans lui-même,
puisque 2(x + y) = 2x + y . En fait, la multiplication par n'importe quel entier reste un morphisme
de groupes. L'opération de dérivation de l'ensemble des fonctions de R dans lui-même, muni de la
somme de fonctions, est un morphisme de groupes.
On a par ailleurs démontré en deux temps dans les chapitres précédents que les applications de
la forme t 7→ eat (a ∈ R) étaient des morphismes de groupes de (R, +) vers (R∗+ , ×), et même que
c'était les seuls. Réciproquement, les logarithmes sont les seuls morhismes de groupe de (R∗+ , ×) vers
(R, +).
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Proposition 4. Soit f un morphisme de groupes de (G, ∗) vers (H, .), alors l'image par f de l'élément
neutre de G est l'élément neutre de H , et ∀x ∈ G, (f (x))−1 = f (x−1 ).
Démonstration. On a ∀x ∈ G, f (x).f (e) = f (x ∗ e) = f (x), et f (e).f (x) = f (e ∗ x) = f (x), donc f (e)
est bien l'élément neutre e0 de H . On en déduit que ∀x ∈ G, e0 = f (e) = f (x ∗ x−1 ) = f (x).f (x−1 )
(et de même en échangeant les rôles de x et de x−1 ), donc f (x) et f (x−1 ) sont bien inverses l'un de
l'autre dans H .
Exemples : On retrouve le fait, par exemple, que e−x = (ex )−1 .
Dénition 10. Soient f : (G, ∗) → (H, .) et g : (H, .) → (K, §) deux morphismes de groupe, alors
g ◦ f est un morphisme de groupes de G dans K .
Démonstration. C'est en fait évident : ∀(x, y) ∈ G2 , g ◦ f (x ∗ y) = g(f (x).f (y)) = (g ◦ f (x))§(g ◦
f (y)).
Dénition 11. Soit f : (G, ∗) → (H, .) un morphisme de groupes et eH l'élément neutre de H pour
la loi ., on appelle noyau de f , et on note ker f , l'ensemble {x ∈ G | f (x) = eH }. On appelle image
de f , et on note im f , l'ensemble image de G par l'application f .
Proposition 5. Le noyau d'un morphisme est un sous-groupe du groupe de départ, son image un
sous-groupe du groupe d'arrivée.
Démonstration. D'après ce qui précède, l'élément neutre de G est un élément du noyau. De plus, le
noyau est stable par produit et par inverse : si (x, y) ∈ (ker f )2 , f (x ∗ y) = f (x).f (y) = eH .eH = eH ,
et f (x−1 ) = (f (x))−1 = e−1
H = eH . Pour l'image, ce n'est pas plus dur : le neutre est image du
neutre, le produit est image des produits et l'inverse image de l'inverse donc c'est immédiat.
Proposition 6. Un morphisme de groupe f est surjectif si et seulement si im f = H . Il est injectif
si et seulement si ker f = {eG }.
Démonstration. Pour la surjectivité, c'est la dénition. Pour l'injectivité, on a clairement, si f est
injectif, ker f = {eG }, puisque eG est un antécédent de eH , et que celui-ci n'a pas le droit d'en avoir
plus d'un. Réciproquement, raisonnons par contraposée. Supposons qu'un élément y ∈ H ait deux
antécédents distincts x et x0 par f , on a alors f (x−1 ∗ x0 ) = y −1 .y = eH , donc x−1 ∗ x0 ∈ ker f , et
x−1 ∗ x0 6= eG car x et x0 sont distincts.
Exemple : L'image de Z par l'application qui à un entier associe son double est l'ensemble des
entiers pairs, qui est donc un sous-groupe de Z.
Dénition 12. Un morphisme de groupes bijectif est appelé isomorphisme de groupes. Deux groupes
sont dits isomorphes s'il existe un isomorphisme de groupes entre eux.
1.3 Anneaux, corps
Dénition 13. Un anneau (A, +, .) est un ensemble A muni de deux lois de composition internes +
et . telles que (A, +) soit un groupe commutatif, d'élément neutre noté 0A , et la loi . soit associative,
admette un élément neutre 1A , et soir distributive par rapport à +. Si de plus la loi . est commutative,
on dit que A est un anneau commutatif.
Remarque 3. Dans un anneau, on notera donc −x l'inverse d'un élément x pour la loi +, et x−1 son
inverse pour la loi ., lorsqu'il existe.
Exemples : (Z, +, .) est un anneau commutatif( on n'impose absolument pas que la loi multipli-
cative soit une loi de groupe). L'ensemble P(R) muni des lois ∩ et ∪ n'est pas un anneau : chacune
des deux lois et associative, commutative, elles sont distributives l'une par rapport à l'autre, et il y
a un élément neutre pour chaque (∅ pour la réunion, R pour l'intersection), mais aucune n'est une
loi de groupe car tous les éléments de l'ensemble ne sont pas inversibles.
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Proposition 7. Quelques règles de calcul dans un anneau (A, +, .) :
• ∀a ∈ A, 0A .a = a.0A = 0.
• ∀a ∈ A, (−1A ).a = −a.
Démonstration. Constatons que a.0 + a.0 = a.(0 + 0) = a.0, donc en simpliant par a.0 (on a le
droit, car + est une loi de groupe), on obtient a.0 = 0. Même preuve pour le produit à droite. Pour
la deuxième propriété, on a 1.a + (−1).a = (1 + (−1)).a = 0.a = 0, donc (−1).a est l'opposé de
1.a = a, c'est-à-dire égal à −a.
Dénition 14. Dans un anneau, on peut dénir par récurrence na, comme valant 0 si n = 0, et
a + (n − 1)a si n > 1. On a en fait na = n.a, où n = 11 + · · · + 1A (n fois). En utilisant la propriété
précédente, on a de même pour n 6= 0, (−n).a = −(n.a). On peut également dénir les puissances
(positives) d'un élément quelconque de l'anneau de façon usuelle.
Proposition 8. Soit (A, +, .), un anneau, et (a, b) ∈ A2 deux éléments qui commutent (a.b = b.a),
n
n k n−k
alors ∀n ∈ N, (a + (formule du binome de Newton).
X
b)n = a b
k
k=0
n−1
On a également ∀n > 1, an−1−k bk ). Lorsque 1 − a est inversible, on a aussi
X
(a − b)n = (a − b)(
k=0
n
ak = (1 − an+1 )(1 − a)−1 (somme d'une suite géométrique).
X
k=0
Démonstration. La formule du binome se démontre exactement comme dans le cas réel. Pour la
n−1 n−1 n−1
deuxième formule, pas besoin de récurrence : (a − b)(
X X X
an−1−k bk ) = an−k bk − an−1−k bk+1 =
k=0 k=0 k=0
n−1 n
an−j bj = an − bn . Il sut ensuite d'appliquer la formule au rang n + 1 à a et 1 pour
X X
an−k bk −
k=0 j=1
obtenir la somme géométrique.
Dénition 15. Un anneau commutatif est dit intègre si ∀(a, b) ∈ A2 , a.b = 0 ⇒ a = 0 ou b = 0.
Remarque 4. Une autre façon de voir les choses est de dire que, dans un anneau intègre, on peut
simplier des produits à droite ou à gauche : si a.b = a.c avec a 6= 0, alors b = c (en eet, on
a a.(b − c) = 0, donc b − c = 0). Tous les anneaux ne sont pas intègres (vous verrez un exemple
extrêmement courant en maths quand vous étudierez les matrices), et il faut énormément se méer
de cette simplication qui peut paraitre naturelle mais qui n'est pas toujours vraie.
Dénition 16. Soit (A, +, .) un anneau et B ⊂ A. On dit que B est un sous-anneau de A si B est
un anneau pour les lois de A.
Proposition 9. B est un sous-anneau de A si B est un sous-groupe de A pour l'addition, contient
1A et est stable par produit.
Exemple : Le seul sous-anneau de Z est Z lui-même (on dit que Z ne possède pas de sous-anneau
propre). En eet, si B est un sous-anneau de Z, il contient 0 et 1. Par récurrence, on montre alors
qu'il contient tous les entiers positifs, car si n ∈ B et 1 ∈ B , n + 1 ∈ B qui est stable par somme.
Mais comme sous-groupe, B est aussi stable par passage à l'opposé, donc contient également tous
les entiers négatifs.
Dénition 17. Une application , ×) (A et B étant deux anneaux) est un
L
f : (A, +, .) → (B, L
morphisme d'anneaux si ∀(a, a0 ) ∈ A2 , f (a + a0 ) = f (a) f (a0 ) et f (a.a0 ) = f (a).f (a0 ) et f (1A ) =
AA0 . Si A = B , on parle d'endomorphisme d'anneaux.
Remarque 5. La dernière condition est indispensable et pas automatique.
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Dénition 18. On appelle corps un anneau commutatif (K, +, .) non nul dans lequel tout élément
non nul est inversible pour la loi multiplicative. Autrement dit, (K ∗ , .) est un groupe.
Dénition 19. Un sous-ensemble L d'un corps K est un sous-corps de K s'il est un corps pour
les lois de K , ce qui se produit dès que L est un sous-groupe additif de K et L∗ un sous-groupe
multiplicatif de K ∗ .
Exemple : (Q, +, .) est un sous-corps de (R, +, .), qui est lui-même un sous-corps de (C, +, .).
2 Arithmétique
2.1 Divisibilité, congruences
Dénition 20. Soient (a, b) ∈ N∗ × Z, a divise b (et b est un diviseur de a) s'il existe un entier k ∈ Z
tel que b = ka. On le note a | b.
Proposition 10. La relation de divisibilité est une relation d'ordre sur N∗ . On a de plus les propriétés
suivantes : si a | b et a | c alors ∀(u, v) ∈ Z2 , a | (bu + cv). Si a | b et c | d alors ab | cd.
Démonstration. Le fait que ce soit une relation d'ordre a déjà été vu en exercice lors du chapitre sur
les relations d'ordre. Le reste est essentiellement évident : si b = ka et c = la, avec k et l entiers,
alors bu + cv = (ku + lv)a, donc a | bu + cv . De même, si b = ka et d = lc alors bd = (kl)ac, donc
ac | bd.
Théorème 1. Division euclidienne
Soient (a, b) ∈ Z × N∗ , alors il existe un couple unique d'entiers (p, q) tels que a = bq + r, et
0 6 r 6 b − 1. L'entier q est appelé quotient de la division euclidienne de a par b, et r est le reste de
la division.
Démonstration. Commençons par traiter le cas a > 0, et notons A = {k ∈ N | a − kb > 0}. Ce
sous-ensemble de N est non vide puisqu'il contient 0, et majoré car tous les entiers k strictement
supérieurs à a vérient a − kb < 0 (puisque b > 1), donc contient un plus grand élément, que nous
allons noter q . Notons r = a − qb, on a, par dénition de q , r > 0 et a − (q + 1)b = r − b < 0, donc
0 6 r 6 b − 1, donc on a trouvé un couple convenable.
Dans le cas où a < 0, on sait qu'il existe un couple (q, r) tel que −a = bq + r, avec 0 6 r 6 b − 1.
Si r = 0, on a donc a = −bq , et l'existence est prouvée. Si b > 0, −a = b(q + 1) + r − b, donc
a = b(−q − 1) − r + b, avec 1 6 b − r 6 r − 1, donc on a également trouvé un couple convenable.
Prouvons désormais l'unicité, supposons qu'on a deux couples (q, r) et (q 0 , r0 ) satisfaisant les deux
conditions. Comme a = bq + r = bq 0 + r0 , on a b(q − q 0 ) = r0 − r. Or, −b + 1 6 r0 − r 6 b − 1, donc si
qq0 6= 0, on doit avoir r0 − r = 0, pour qu'il puisse être divisible par b. Mais dans ce cas, comme b 6= 0,
on a tout de même q = q 0 . Dans tous les cas, les deux couples sont les mêmes, il y a donc unicité du
couple recherché.
Théorème 2. Sous-groupes de Z
Tous les sous-groupes de (Z, +) sont de la forme aZ = {k ∈ Z | a divise k}, avec a ∈ Z.
Démonstration. Soit G un sous-groupe de Z, G contient nécessairement l'élément neutre 0. Notons
G+ = G ∩ N∗ , soit G+ = ∅ et G = {0} (car G étant stable par opposition, s'il ne contient pas
d'entiers positifs, il n'en contient pas non plus de négatifs), soit G+ est un sous-ensemble non vide
de N, donc minoré. Notons a le plus petit élément de G+ . On prouve facilement par récurrence que
∀n ∈ N, na ∈ G : 0 ∈ G et si na ∈ G, na + a ∈ G car G est stable par somme. L'ensemble G
contient aussi les multiples négatifs de a puisqu'il est stable par opposition. Supposons maintenant
qu'il contienne un élément b qui ne soit pas un multiple de a. Par division euclidienne de b par a, il
existe deux entiers p et q tels que b = aq + r, et 0 < r < a (r ne peut pas être nul car b n'est pas
multiple de a). Or, b ∈ G et aq ∈ G, donc r = b − aq ∈ G, ce qui contredit la minimalité de a. C'est
absurde, on a donc G = aZ.
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Dénition 21. Soient n ∈ N∗ . On dit que deux entiers a et b sont congrus modulo n si n | b − a
(autrement dit, a et b ont le même reste lors de leur division euclidienne par n). On le note a ≡ b[n].
Proposition 11. La relation de congruence modulo n est une relation d'équivalence sur Z. De plus,
cette relation est compatible avec la somme et le produit : si a ≡ b[n] et c ≡ d[n], alors a+b ≡ c+d[n],
et ac ≡ bd[n].
Démonstration. La relation est binaire, réexive (a − a = 0 est toujours divisible par n), symétrique
(si b−a est divisible par n, a−b aussi) et transitive : si n | b−a et n | c−b alors n | (b−a)+(c−b) = c−a.
C'est donc une relation d'équivalence. De plus, si n | b − a et n | d − c alors n | b + d − a − c, d'où la
première propriété. Enn, n | b(d − c) + c(b − a), ce qui prouve la deuxième.
Remarque 6. L'ensemble des classes d'équivalence pour la relation de congruence modulo n est noté
Z/nZ, il est constitué de n classes habituellement notées {0̄, 1̄, . . . , n −
¯ 1} (la classe ī est celle qui
contient l'entier i). D'après la propriété précédente, on peut munir Z/nZ d'une somme et d'un produit
qui en font en fait un anneau commutatif. Cet anneau est un corps si et seulement si aucun entier
compris entre 2 et n − 1 n'est divisible par n, c'est-à-dire si n est premier.
2.2 Nombres premiers
Dénition 22. Un entier n ∈ N∗ est dit premier s'il a exactement deux diviseurs : 1 et lui-même.
Remarque 7. L'entier 1 n'est pas premier, par convention. L'entier 2 est le seul entier pair premier.
Théorème 3. Il existe une innité d'entiers premiers.
Démonstration. On l'a déjà faite au moment de l'explication de ce qu'était une preuve par l'absurde.
k
Théorème 4. Soit n ∈ N, alors n peut s'écrire de façon unique sous la forme n pαi i , où p1 , . . . , pk
Y
i=1
sont des entiers premiers, et α1 , . . . , αk des entiers non nuls.
Démonstration. La preuve, technique, n'est pas à votre programme, alors on ne la fera pas.