Ecole des Ponts ParisTech – APGE
LES MOUVEMENTS DE VERSANTS
Classification - typologie
Facteurs de prédisposition
Facteurs de déclenchement
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Stabilisations
Surveillance des versants instables
Scénarios d’événements
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Etude de cas : implantation d’un viaduc
Isabelle Thénevin – Joël Billiotte – Emad Jahangir
Les mouvements de versants
Les mouvements de masse Les mouvements particulaires
(érosion sensu stricto)
Les mouvements lents Les mouvements de terrain
de fluage (surface de rupture matérialisée et
déplacements relatifs)
Composante verticale des Composante horizontale des
vecteurs déplacement dominante vecteurs déplacement dominante
(subsidence, tassements, (landsliding, glissements de terrain)
affaissements)
1
Classification de Varnes (1978)
Type de matériau
Type de mouvement Sols
Roche
Grossiers Fins
Écroulement rocheux Écroulement de débris Écroulement de
Chutes Rock fall Debris fall terrain
Earth fall
Basculement rocheux Basculement de débris Basculement de
Basculements Rock topple Debris topple terrain
Earth topple
Affaissement rocheux Affaissement de débris Affaissement de
Glissements avec rotation Rock slump Debris slump terrain
Earth slump
Roc en glissement Débris en glissement Terrain en glissement
Rock block slide Debris block slide Earth block slide
Glissements avec translation Glissement rocheux Glissement de débris Glissement de terrain
Rock slide Debris slide Earth slide
Expansion de roches Expansion de débris Expansion de terrain
Expansions latérales Rock spread Debris spread Earth spread
Avalanche de roches Lave torrentielle Coulée de terrain
Écoulements Rock flow Debris flow Earth flow
Mouvements complexes Combinaison de deux ou plusieurs types de mouvements principaux
Block slide details
Gravitational sagging
Fléchissement - fauchage
Figure : USGS
2
Cliché R. Cojean
Glissement rocheux de Luc-en-Diois (Drôme, France)
Cliché R. Cojean Cliché R. Cojean
6
Eboulement de Randa (Valais, Suisse)
3
Cliché R. Cojean
Glissement de Barjac (Lozère, France)
7
Cliché IGN
8
Glissement-coulée de La Valette (Alpes-de-Haute-Provence, France)
4
Glissement du Bouffay (Calvados, France)
E Helluin, 1984
Cliché R. Cojean
temps
Facteurs déclenchants FC
Intensité
Rupture
Intensité
Rupture
Facteurs de prédisposition (+ déclenchants lointains) FP
temps
FP + FC > Seuil de résistance = Rupture
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Facteurs de prédisposition d’origine pétrographique
et/ou structurale
Matériaux de faibles caractéristiques mécaniques :
– Argiles molles;
– Sols métastables (argiles sensibles ou quick clays, limons
et loess sensibles au phénomène d’effondrement de texture);
– Altérites;
– Matériaux affectés de fissures et micro-fissures;
– Matériaux ayant déjà subi une rupture (résistance de pic →
résistance résiduelle);
Massif (sols ou roches) dont la structure est défavorablement orientée
par rapport au versant ou au talus :
– Eléments structuraux multiples affectant tout le volume du massif:
joints stratigraphiques dans les roches sédimentaires, surfaces de
foliation ou de schistosité dans les roches métamorphiques;
– Elément structural particulier : contact lithologique normal entre deux
formations géologiques, surface de discordance, faille, …
Massif présentant des caractéristiques particulières :
– Contraste de raideur : matériaux raides reposant sur des matériaux mous;
– Contraste de perméabilité : matériaux perméables reposant sur des
matériaux imperméables (ligne de sources, sagnes, …).
• Facteurs déclenchants lointains
– Soulèvements d’origine tectonique, volcanique ou en rapport avec
le rebond élastique postglaciaire;
– Erosions d’origine fluviale, glaciaire ou marine agissant en pied de
versant ou falaise;
– Erosions souterraines par dissolution de roches solubles (roches
carbonatées ou salines : gypse) et formation de karst;
– Erosions souterraines par lessivage de particules fines (sols
granulaires fins) et formation de conduits de suffosion.
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Facteurs déclenchant naturels et directs
– Période pluvieuse de longue durée conduisant à une saturation des
sols et à une remontée des niveaux piézométriques des nappes
phréatiques;
– Evénement de pluie intense ou orage violent, de forte érosivité;
– Fonte rapide du manteau neigeux;
– Dégel rapide des sols (donnant des sols saturés, ameublis par le
processus de cryo-osmose et la formation de lentilles de glace durant
le gel);
– Abaissement rapide d’un plan d’eau (après une période de crue
par exemple);
– Séisme;
– Séisme avec « effet de site » d’origine géologique ou topographique;
– Séisme avec processus de liquéfaction de sols (sols granulaires fins
silteux, de faible compacité, saturés);
– Déforestation par incendie.
Facteurs déclenchant d’origine anthropique
– Excavation en pied de pente ou à mi-pente;
– Chargement mécanique en tête de pente ou à mi-pente;
– Montée d’un plan d’eau submergeant un versant (par mise en eau
d’un réservoir de barrage) ou un talus (par inondation d’une
ancienne carrière ou mine à ciel ouvert, après arrêt des pompage
d’exhaure ou de rabattement de nappe);
– Abaissement rapide d’un plan d’eau (situation de vidange rapide
d’un réservoir de barrage);
– Fuites de canalisations souterraines (eau potable, eaux usées, …);
– Irrigations incontrôlées;
– Extractions de substances souterraines (mines et carrières);
– Vibrations artificielles (par compactage dynamique de sols, battage de
palplanches);
– Déforestation volontaire, modification des bilans hydriques des
pentes et érodabilité des sols accrue.
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Principe et méthodes de stabilisation
D’après le guide technique LCPC « stabilisation des glissements de terrain »
Dans ce cas concret: la technique par butée de pied est apparue
la plus adéquate pour stabiliser l’ensemble de la pente et la partie
remblai support d’une voie rapide
Techniques de stabilisation par terrassement 1/5
Stabilisation du remblai ferroviaire d’Ormoy (Essonne):
banquette sur sol compressible insuffisante,
clouage nécessaire
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Techniques de stabilisation par terrassement 2/5
Différents dispositifs de renforcement.
Route d’accès au tunnel du Fréjus
en déblai-remblai: mur Peller,
murs en terre armée, murs ancrés
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Techniques de stabilisation par terrassement 3/5
Glissements de la route d’accès au tunnel routier du Fréjus
instabilités dans colluvions schisteuses (Houiller)
de 3 à 6m d’épaisseur
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Techniques de stabilisation par terrassement 4/5
Stabilisation par bêche du remblai au PK 1,9
de la déviation de Nabringhen (Pas-de-Calais)
Techniques de stabilisation par terrassement 5/5
Stabilisation par aménagement en tête,
avec remblai en polystyrène,
glissement de la RD 227 à Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme)
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Stabilisations par drainage 1/5
Réseau de drainage de surface,
glissement de la RD 12 (d’après Livet, 1980)
Stabilisations par drainage 2/5
Coupe schématique
d’une tranchée drainante
Drainage mis en oeuvre sur le glissement de Vaucluse (Doubs):
formations de pente calcaro-argileuses sur marnes de l’Oxfordien
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Stabilisations par drainage 3/5
Stabilisation du glissement de Moissac (Tarn-et-Garonne),
et suivi de l’efficacité du drainage, d’après Deniau et al, 1981
Stabilisations par drainage 4/5
Drainage du glissement de Chatel-Guyon (Puy-de-Dôme)
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Stabilisations par drainage 5/5
Stabilisation du glissement de Sobache (Bas-Rhin):
glissement rocheux dans schistes très fracturés
avec niveaux graphiteux
Stabilisations par renforcements mécaniques 1/3
Renforcement par tirants sur l’autoroute A41,
butte de « Chez Jacquet », Haute-Savoie:
1 Mm3 déstabilisés, 50 tirants actifs,
de 35 à 40 m de longueur, sur 3 niveaux
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Stabilisations par renforcements mécaniques 2/3
paroi berlinoise réalisée avec profilés H,
fichés dans les marnes,
mise en place de tirants et treillis soudés
(104 tirants précontraints netre 450 et 550kN),
gunitage entre profilés,
clouage des pentes inférieures
dans les marno-calcaires
Falaise de la côte des Basques,
Biarritz (Pyrénées –Atlantiques), d’après Sève et al, 1994
Stabilisations par renforcements mécaniques 3/3
Renforcement par tirants et protection de fondations d’ouvrage
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Protections passives 1/2
Fondation des piles du viaduc du Bois d’Arlod (Isère)
Protections passives 2/2
Protection passive par virole
de fondation et pile de viaduc
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15
Principes des méthodes de surveillance
Pente instable
Retour
Capteurs d’expérience
Mesures ;
Transmissions ;
Traitements.
Alertes Amélioration
de la connaissance
des phénomènes
Décisions
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Principaux types de capteurs
• Mesures de déplacements: mire à vernier, distancemètre à fil invar,
distancemètre électro-optique, pendule inverse, tassomètre.
• Mesures déformations: étrier, fissuromètres, extensomètres.
• Mesures de rotations: servo-accéléromètre en forage, nivelle (clinomètre),
inclinomètre.
• Détection de changement d’état: détecteur de rupture.
• Détection d’un dépassement de seuil: détecteur de contact.
• Mesure de paramètres climatiques: pluviomètre et pluviographe, nivomètre,
thermomètre.
• Mesure de paramètres hydrologiques et hydrogéologiques: limnigraphe,
capteur de pression interstitielle, piézomètres.
• Mesure acoustique de détection de rupture: géophone.
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ANALYSE DE SCÉNARIOS
D’ ÉVÉNEMENTS
Comment identifier tous les scénarios
possibles et réalistes?
Comment caractériser leurs paramètres
d’intensité?
Comment préciser leurs délais d’occurrence?
OBSERVATIONS, ANALYSES, MODÉLISATIONS
Etude de cas
Implantation d’un viaduc
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Le cadre autoroutier régional
Le cadre géologique
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Le contexte géomorphologique des argiles glaciaires du Trièves
(principales avancées des glaciers de vallée au Quaternaire)
Le cadre morphologique du lac de Trièves
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Extension des argiles du Trièves
(zone entourée de tiretés blancs)
Orientation d’un plan dans l’espace: direction,
orientation, azimut, pendage
Notations:
1°) Orientation de l’horizontale du plan, angle de pendage et sens du pendage:
N 90 / 30°S
2°) Azimut du vecteur pendage et angle de pendage:
N 180 / 30°
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Suivi d’un glissement de terrain par tube inclinométrique
Déformation du tube inclinométrique
au cours d’un glissement lent
Sonde inclinométrique
Sismologie - Zonage sismique de la France
Viaduc de l’Ebron:
Règle PS 92: Zone Ib
(sismicité faible),
Classe d’ouvrage: D
aN = 2,5m.s-2
Passé en Zone 4 d’aléa moyen
dans le dernier zonage 2010
de la France
Zonage sismique réglementaire de la France
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Bases de la réglementation du génie parasismique en
France 2/2
• Ouvrages à haut risque : centrales nucléaires, grands barrages,
industries chimiques ; Études spécifiques.
• Ouvrages à risque normal : Études par catégories d’ouvrages
Zones Classes de bâtiments
de sismicité accélérations nominales en m.s-2
B C D
0 Sismicité négligeable
Ia Très faible sismicité 1,0 1,5 2,0
Ib Faible sismicité 1,5 2,0 2,5
II Sismicité moyenne 2,5 3,0 3,5
III Forte sismicité 3,5 4,0 4,5
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Zonage réglementaire
Influence du sol
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