PLAN
1. Notion de secret professionnel - Article 458 du
Code pénal ;
2. Les objectifs du secret professionnel ;
3. Règles déontologiques ;
4. Limites et exceptions au secret professionnel ;
5. Partage du secret professionnel ;
6. Violation du secret professionnel ;
7. Projet de loi – Article 46 bis Code d’Instruction
Criminelle ;
1. Article 458 du Code Pénal
Les médecins, chirurgiens, officiers de
santé, pharmaciens, sages-femmes et
toutes autres personnes dépositaires, par
état ou par profession, des secrets qu'on
leur confie, qui, hors le cas où ils sont
appelés à rendre témoignage en justice ou
devant une commission d'enquête
parlementaire et celui où la loi les oblige
à faire connaître ces secrets, les auront
révélés, seront punis d'un emprisonnement
de huit jours à six mois et d'une amende de
cent euros à cinq cents euros
Jurisprudence
Liège – 27/06/2012 : Un inspecteur des
finances peut, sans violer son secret
professionnel, communiquer aux autorités
judiciaires des documents dont il a eu
connaissance dans le cadre de ses fonctions.
(Art. 337 C.I.R. 1992, art. 458 C.pén.).
Civ. Bruxelles – 23/03/2015 : Le secret
professionnel porte sur tout ce que l'avocat se
voit confier, apprend, constate ou surprend par
l'exercice de sa profession, à l'occasion de sa
profession et en raison de sa qualité.
2. Objectifs du secret professionnel
L’obligation de secret professionnel répond
aux objectifs suivants :
protéger la personne qui se confie en
respectant sa vie privée ;
protéger le professionnel qui peut mettre en
avant l’obligation de secret ;
préserver la confiance envers certaines
professions ;
protéger la société dans son ensemble.
3. Règles Déontologiques - discrétion
Les règles déontologiques sont les règles
de bonne conduite d’une profession ou
d’un secteur particulier d’activités.
Elles évoluent, s’adaptent, se transforment,
sur base d’une réflexion sur la pratique
menée par les professionnels eux-mêmes.
Le respect du secret professionnel est
consacré par un grand nombre de codes
de déontologie.
Obligation contractuelle ou statutaire.
4. Limites ou exceptions au secret
professionnel
Le Code pénal énonce des exceptions au
caractère absolu de la règle du secret
professionnel :
1. Le témoignage devant un juge mais pas
une obligation ;
2. Obligations par loi de révéler :
- Les maladies transmissibles – AR 17/07/2002 – CF ;
- La non-assistance à personne en danger : obligation de
porter secours et non de dénonciation ;
- L’état de nécessité : conflit de valeurs ;
4. Limites ou exceptions au secret
professionnel
Etat de nécessité - 4 conditions :
le danger est grave et réel ;
Le danger est imminent ;
Evaluation contextualisée et
circonstanciée ;
Toutes les autres manières de protéger la
victime ont été envisagées - principe de
subsidiarité ;
5. Partage du secret professionnel
5. Partage du secret professionnel
Dans notre législation, il n’y a aucune
réglementation spécifique relative à la
pratique du secret partagé.
Toutefois, certaines informations
couvertes par le secret professionnel
peuvent être partagées dans le cadre
d'un objectif de nature professionnelle.
5. Partage du secret professionnel
Dans les cas où le partage du secret s’avère
nécessaire, il ne peut se faire que dans le respect des
conditions suivantes :
obtenir l'accord de la personne concernée ;
ne partager les informations qu'avec d'autres
personnes tenues au secret professionnel ;
ne partager les informations qu'avec d'autres
professionnels poursuivant la même mission ;
partager uniquement les informations strictement
nécessaires ou utiles.
5. Partage du secret professionnel
Ces conditions cumulatives ont pour
objectif de ne pas dénaturer la raison
d'être du secret professionnel mais
d'en faire un outil propre à réaliser
de manière efficace le travail d'une
équipe.
6. Violation du secret professionnel :
l'article 458 du Code Pénal
On parle de violation du secret professionnel lorsque
3 éléments sont réunis :
le fait d’appartenir à un état ou à une profession
visée par la disposition pénale ;
la circonstance que le fait révélé a été recueilli dans
l’exercice de cet état ou de cette profession ;
la révélation elle-même avec ou sans volonté de
nuire.
La violation du secret professionnel peut entraîner
une sanction pénale, une sanction disciplinaire ou
une condamnation à des dommages et intérêts.
Jurisprudence
Anvers – 25/11/1993 : « En conséquence, violent l'obligation au secret
professionnel les dépositions faites auprès de la police judiciaire, par
des travailleurs sociaux, membres du personnel d'une C.P.A.S.,
relatives à un fait qui leur a été confié dans l'exercice de leur
profession, ainsi que le dépôt, au dossier répressif, de pièces émanant
du dossier individuel de demande d'aide au C.P.A.S. Ces données
obtenues irrégulièrement doivent être écartées des débats et ne
peuvent, de quelque manière que ce soit, servir de preuve, fût-ce via
une nouvelle audition du personnel concerné. »
Cass. – 13/05/1987 : « L'état de nécessité allégué par une personne
poursuivie pour violation du secret professionnel ne peut être écarté,
dès lors que, eu égard à la valeur respective des devoirs en conflit et
en présence d'un mal grave et imminent pour autrui, cette personne a
pu estimer qu'il ne lui était pas possible de sauvegarder autrement
qu'en violant ce secret, un intérêt plus impérieux qu'elle avait le devoir
ou qu'elle était en droit de sauvegarder avant tous les autres (art. 71 et
458 C. pén.). »
Jurisprudence
Cass. 17/11/2015 : « Le secret professionnel pénalement
sanctionné par l'article 458 du Code pénal n'interdit pas à un
client d'enregistrer une conversation ayant lieu dans le
cabinet de son conseil entre lui-même, son conseil et un
tiers et d'utiliser cet enregistrement si cela s'avère
nécessaire à sa défense dans une procédure pénale
engagée notamment contre ce conseil. »
7. Projet de loi – Article 46 bis Code
d’Instruction Criminelle
7. Projet de loi - Article 46 bis Code
d’Instruction Criminelle
Les deux premiers paragraphes de l’article
visent à instaurer une obligation d’information
passive pour les institutions de sécurité
sociale. Ces institutions sont tenues de fournir
au Procureur du Roi les renseignements
administratifs nécessaires dans le cadre
d’un dossier terroriste.
En cas de refus – sanction pénale possible.
Concours à l’information / au secret.
7. Projet de loi - Article 46 bis Code
d’Instruction Criminelle
Le troisième paragraphe de l’article proposé
comporte une obligation d’information active
imposant aux membres du personnel des
institutions de sécurité sociale qui, de par leur
profession, prennent connaissance d’une ou
de plusieurs informations pouvant constituer
des indices sérieux de l’existence d’une
infraction terroriste, d’en faire la déclaration
conformément à la procédure visée à l’article
29 du Code d’instruction criminelle.
7. Projet de loi - Article 46 bis Code
d’Instruction Criminelle – critiques
But légitime ;
Concerne l’essence du secret
professionnel ;
Obligation d’informer le Procureur du Roi ;
Information liée à une infraction terroriste
existante mais également celle qui tendrait
à prévenir ces infractions ; intention précise
de l’auteur ?
Responsabilité trop importante ;