Lecteur PDF
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2020-2021
Document pédagogique
Repères bibliographiques
1. Compétences
Pour rédiger un texte en français, il vous faut maîtriser des techniques discursives auxquelles
sont associés des outils linguistiques. Le tableau suivant vous permet d’avoir une vision
d’ensemble sur les compétences discursives à mobiliser pour la rédaction et vous donne
l’occasion de faire le bilan sur les compétences que vous considérez comme déjà acquises et
celles à acquérir et ainsi de vous orienter dans le module […].
Voici un rappel des tâches à effectuer pour lancer vos recherches bibliographiques :
déterminer des mots-clefs relatifs à votre thème, que vous utiliserez pour rechercher
des textes en veillant à ce que ces mots-clefs puissent être cherchés dans le titre, le
sous-titre ou le contenu ;
vérifier grâce au sommaire des ouvrages que vous avez sélectionnés et que vous vous
êtes procurés qu'ils correspondent bien, dans leur entier, ou en partie, à ce que vous
recherchez ;
effectuer dans les bibliographies des ouvrages le même type de recherche par mots-
clefs dans les titres et suivant les noms des auteurs dont vous constatez la récurrence et
le lien avec les thèmes qui vous intéressent.
Pensez aussi à consulter les sites des revues de votre discipline, où des archives sont en ligne.
Cela peut nécessiter de s'inscrire par l'intermédiaire de l'unité de recherche à laquelle vous
êtes rattaché, mais c'est un type de ressource très riche, comme les sites suivants par exemple :
Une fois votre liste de questions terminée, voyez si vous pouvez en fusionner certaines. Votre
objectif est de tendre vers l'essence de la problématique et de vous donner des pistes pour la
construction de votre plan. En effet, arriver à trois questions dans l'idéal, mais cela peut aller
de deux à quatre, vous permet d'avoir les parties de votre plan. Rassemblez ainsi vos idées,
puis organisez-les thématiquement, spatialement sur des feuilles de brouillon si vous
travaillez sur papier ou dans des documents distincts ou au moins séparés par des sauts de
page si vous travaillez sur un logiciel de traitement de texte. Vous allez ainsi construire votre
plan.
Rédiger des phrases, voire des petits paragraphes, de transitions entre les parties peut être fait
à ce stade, afin de clarifier l’organisation de votre rédaction. Rappelez-vous que votre lecteur
ne dispose pas de votre plan qui est votre outil et constitue la structure de votre
argumentation. Vous devez donc garder à l’esprit de permettre au lecteur de suivre votre
cheminement de pensée et de ne jamais se sentir perdu.
Récapitulez les titres et sous-titres de votre plan détaillé sur une page. Cela vous servira pour
garder une vue d'ensemble sur votre travail et vous permettra de vérifier que les parties
s'articulent bien entre elles suivent un déroulement logique.
Une fois votre plan déterminé avec le plus de précision possible, vous pouvez passer à la
phase de rédaction.
Type de caractères : romain standard pour ce dont vous êtes l'auteur et en italique pour
les citations (cf plus bas « les caractères italiques")
Police : Times New Roman ou Arial ou tout autre type de police de caractère aisément
lisible et pas trop fantaisie !
Taille : la taille des caractères du corps de texte doit être lisible (caractères ni trop
grands, ni trop petits), sans oublier que les notes de bas de page sont en caractères de
taille inférieure à celle du corps du texte et doivent demeurer lisibles également. Par
exemple, si vous avez opté pour la police Time New Roman comme dans le présent
module, la taille habituelle est de 12 pour le corps de texte et de 10 pour les notes de
bas de page.
Marges : 2,5 centimètres de chaque côté du texte, c'est-à-dire en haut, en bas, à droite
et à gauche.
Pieds de page : permettent de faire figurer les notes de bas de pages ainsi que les
numéros des pages.
En-têtes : peuvent être utilisées pour faire figurer l'intitulé de votre travail ainsi que
votre nom et le cadre dans lequel le travail est effectué (date, nom du diplôme préparé,
etc.). Ne surchargez pas les en-têtes, elles servent uniquement à permettre à votre
lecteur de se savoir à tout moment à quel document il a affaire.
Les caractères italiques, penchés vers la droite, correspondent au soulignement dans le
texte manuscrit. Ils servent à signaler les citations que vous empruntez à d'autres
auteurs, à indiquer des titres d'ouvrages ou encore à mettre en valeur, comme le ferait
à l'oral un accent d'intensité.
Les caractères gras, plus larges et plus noirs, sont utilisés pour mettre en valeur des
mots (exemple : entrées de dictionnaire) ou des titres de parties. En matière de titres,
ils sont traditionnellement au-dessus, hiérarchiquement, des titres en italique.
Le texte est habituellement présenté sous forme « justifié », c'est-à-dire que le texte est
réparti également sur la largeur de la page et non aligné à gauche ou à droite, ou
centré.
Espacement : Entre les paragraphes d'une même partie : passez à la ligne
Chaque nouveau paragraphe est introduit par un alinéa (passage à la ligne) et un retrait (début
de la ligne suivante après un espace blanc).
Pour signaler un passage à une nouvelle partie principale du plan, laissez plus d'espace (deux
lignes). Le lecteur doit comprendre visuellement qu'il y a un changement de partie, avant
d'avoir confirmation par la lecture du nouveau paragraphe.
4. 2. Citations et références
La manière de faire référence à des auteurs ou de faire apparaître des citations au sein de votre
texte est expliquée de façon détaillée dans le module S1 OM1 : Méthodes de recherche en
sociolinguistique (Philippe Blanchet et Thierry Bulot).
Une remarque complémentaire: si votre citation est longue (à partir de cinq lignes), faites-là
apparaître dans un paragraphe à part, en caractères plus petits que votre texte (soit de taille 10)
et suivant des marges plus réduites également, et toujours entre guillemets, comme suit :
“L'idéal du style dissertatif est vraiment un degré zéro de l'écriture ; la seule valeur proprement esthétique que l'on puisse encore y rencontrer, c'est le
brillant, c'est-à-dire l'art de la « formule ». En un certain sens, la formule brillante (et l'on sait comment le style essayiste de notre époque honore et
pratique cette valeur) est tout simplement une figure de rhétorique : antithèses, métaphores, oxymores, chiasmes, paronomases, toutes ces ressources
classiques sont mises à contribution ; mais en un autre sens elle ne veut être rien d'autre que l'extrême point de concentration d'une écriture vouée à
une seule efficacité : « non un trait oratoire, mais l'aboutissement logique d'une pensée qui se cherche » - et qui triomphe en se trouvant ; non un
ornement surajouté, mais l'intensité même et l'éclat du raccourci intellectuel.“ (GENETTE, G., 1969 : 40)[ Note : Pour plus de détails sur la réflexion
qu'a menée Gérard Genette sur la place de la rhétorique, je vous renvoie à son ouvrage Figures II, et plus particulièrement, en ce qui concerne le
présent cours, à sa partie intitulée « Rhétorique et enseignement » p.p.23-42. ]
Ici, l'auteur met en évidence certains termes en l'utilisant l'italique. Il est donc préférable pour
nous de ne pas faire figurer la citation de cet auteur en italique dans notre texte, sans quoi
nous lisserions son propos. Voici un cas où l'auteur choisit de ne pas suivre une norme face à
une situation qui la rend inappropriée.
4. 3. Bibliographie
Je vous renvoie également vers le module S1 OM1 : Méthodes de recherche en
sociolinguistique (Philippe Blanchet et Thierry Bulot) en ce qui concerne la présentation de
votre bibliographie.
5 Rédiger son introduction, son développement et sa
conclusion
5. 1. Présentation
Ce qui suit vous donnera des indications sur les rédactions classiques. L'objectif est ici de
vous présenter les normes attendues habituellement dans les écrits académiques. Il ne
s'agit aucunement d'une prescription à suivre à la lettre, mais d'une structure de base pour
vous aider à transmettre vos idées avec clarté. Il vous appartient de vous approprier ce cadre
de préparation et de rédaction et de développer votre méthode et votre expression propre, en
opérant consciemment vos choix.
5. 2. L'introduction et la conclusion
Quelle que soit la longueur d'un écrit, qu'il s'agisse d'un mémoire ou d'une synthèse d'articles,
les étapes du travail sont semblables. Une fois le plan détaillé construit avec précision, vous
pouvez rédiger une première mouture de votre introduction et de votre conclusion. Rappelez-
vous que ces éléments essentiels de votre texte sont le premier et le dernier contact de votre
lecteur avec votre texte, voire les seuls, dans un premier temps du moins, s'il vise à se faire
une idée rapide de l'objet auquel il a affaire.
L'introduction doit donc expliquer le sujet abordé dans votre texte, mettre en évidence l'unité
de votre propos et annoncer les grandes lignes de votre développement.
La conclusion quant à elle sert de bilan et permet un élargissement. Elle fait en effet le point
sur chacune des questions qui ont été abordées dans l'introduction et précise les résultats de
l'enquête qui a été menée tout au long du développement. En effet, lorsque l'on rédige « à la
française », on peut considérer que l'on mène le lecteur à travers son texte comme s'il lisait un
roman policier. Le texte doit donc ménager un certain suspens, donner des pistes, des indices
et aboutir à une élucidation qui grâce aux arguments développés tout au long du texte
apparaîtra comme logique et emportera, si ce n'est l'accord du lecteur avec ce que vous
développez, tout au moins sa compréhension de la logique de votre réflexion.
Par exemple, en ce qui concerne vos travaux pour le dossier préparatoire à votre mémoire, il
pourra s'agir de montrer dans votre introduction que vous êtes conscient de la manière dont
votre recherche s'inscrit dans le champ et où elle se situe par rapport à des travaux déjà
effectués. Quant à l'élargissement de votre conclusion, il consistera à signaler les perspectives
ouvertes par votre travail et ce qu'il vous reste à explorer.
5. 3. Rédiger l'introduction
C'est le premier contact avec votre lecteur, elle doit donc retenir son attention, présenter votre
sujet et annoncer le plan que vous allez suivre pour le traiter.
La première phrase est essentielle pour ce faire. Il est donc conseillé d'adopter directement le
style qu'il est souhaitable d'avoir tout au long de la rédaction : faire des phrases courtes,
claires et percutantes/pertinentes. Adopter un style épuré et concis.
La première phrase doit être en rapport avec le sujet sans le couvrir entièrement. Il ne faut
bien sûr pas qu'elle réponde à la question implicite ou explicite que pose la problématique.
Elle sert d'accroche et doit donc être ouverte sur ce qui suit, donner envie au lecteur de
poursuivre sa lecture. Elle peut donner l'idée de ce qui vous a amené à traiter ce sujet, et ainsi
ancrer le lecteur dans le processus de votre recherche et l'amener avec vous dans le récit que
vous allez dérouler en racontant vos travaux, vos questionnements, vos propositions de pistes,
etc..
Il ne s'agit surtout pas de le traiter en résumé, mais de le définir, en montrant d'où il émerge,
en introduisant la problématique et en montrant comment vous le cadrez.
Reformuler vos questions sous la forme affirmative tout en les articulant vous permettra
d'annoncer votre plan dans votre introduction.
5. 4. Rédiger la conclusion
La conclusion doit tenir en un seul paragraphe et peut être structurée comme suit :
Exemples :
« il est évident que... »
« nous allons bien sûr aborder... »
« cette démonstration magistrale... »
Toujours dans le but de vous assurer que le lecteur pourra bien suivre l'organisation de votre
texte, pensez à terminer les paragraphes des parties principales par une formule résumant le
contenu de celui-ci.
6. 1. 1. Les temps
Exemples :
« nous verrons dans la partie 2 que »
« nous avons abordé le sujet de »
« ces exemples ont été examinés »
6. 1. 2. Les pronoms personnels
Dans le type d'écrit dont il s'agit ici, la forme impersonnelle est privilégiée, sauf quand il est
pertinent de rappeler au lecteur la personne physique derrière l'auteur, dans ses choix
personnels de chercheur. Il est alors tout-à-fait logique d'employer le pronom personnel « je ».
Pour un écrit plus neutre, il est convenu d'utiliser plutôt des pronoms à valeur impersonnelle :
ou la première personne du pluriel, selon une convention de pluriel d'humilité courante dans
les écrits scientifiques :
Ex : « nous allons aborder… », plutôt que « je vais aborder… »
Un texte est un ensemble organisé de phrases où l’emploi des temps et la concordance des
temps ainsi que les pronoms anaphoriques jouent un rôle de cohérence sur l’ensemble du
texte.
6. 2. 1. Répétition et progression
Afin d’assurer la cohérence d’un texte, il faut pouvoir suivre un fil conducteur qui existe
grâce à la récurrence d’éléments relatifs au thème abordé. Les reprises permises par les
anaphoresfont partie des techniques assurant la continuité d’un texte.
Toute communication, qu’elle soit orale ou écrite, vise à transmettre un message et c’est
pourquoi le développement d’un texte doit apporter des informations au lecteur. Cet apport
d'informations permet la continuité du propos qui s'exprime dans le développement.
Le lecteur pourra suivre la progression de votre rédaction si vous avez construit un équilibre
entre les reprises et les apports.
Lorsqu'on considère la phrase au niveau communicatif, elle peut être analysée comme suit :
- Thème : ce dont parle le locuteur, déjà établi par le contexte, ou simple point de départ de
l’énoncé
- Propos : ce qu’on dit du thème, l’apport d’information
NB : thème du discours (ce dont parle le texte), pas toujours exprimé explicitement dans
l’énoncé.
Dans un texte, le thème est déterminé par le contexte antérieur et il assure la continuité du
texte. Le propos quant à lui assure la progression en apportant une information nouvelle.
La progression thématique la plus fréquente dans les textes de type argumentatif est celle que
l’on nomme « la progression linéaire simple », où le thème d’une phrase peut être tiré du
propos de la phrase précédente, en le reprenant ou en s’y opposant.
Exemple : « […] les rapports de domination sociale […] sont dépeints avec une grande
subtilité : dans les deux films, on a des figures de prolétaire qui rendent visible par contraste
l’habitus de classe des hommes de pouvoir. Mais cette diversité même semble indiquer que cet
univers masculin se suffit à lui-même. »
La progression à thème dérivé est utilisée principalement pour les séquences descriptives et
peut donc vous être utile pour décrire les principales caractéristiques d’un ouvrage par
exemple. Cette progression consiste à organiser à partir d’un hyperthème des phrases dont les
les thèmes représentent un élément particulier.
La progression à thème constant est la plus courante et la plus simple puisqu’il s’agit de
reprendre le thème d’une phrase à l’autre en le mettant en rapport avec des propos différents.
Exemple : « Trois films français sortis récemment parlent de la pratique du pouvoir politique
en décrivant les hautes sphères de l’exécutif : […]. Ces trois films ne s’adressent pas au même
public […] »
Dans la rédaction en français, les répétitions sont généralement considérées comme des
lourdeurs. Vous trouverez donc dans ce qui suit des moyens pour enrichir votre expression et
éviter les répétitions quand elles sont superflues. Notez toutefois que dans un écrit
scientifique, les répétitions des termes-clefs ne sont pas à éviter puisque nous avons le souci
d'une terminologie précise. Ce n'est donc pas sur ces termes ou expressions que vous pouvez
utiliser des synonymes ou des périphrases, sans quoi votre texte risquerait de manquer de
rigueur.
En tant que reprise d’un élément antérieur dans un texte, l’anaphore permet d’assurer la
continuité thématique de celui-ci. Il convient donc de s’assurer que les anaphores utilisées ne
soient pas ambigües. La plupart du temps, les groupes nominaux ne sont pas sur des plans
équivalents, ce qui permet de faire la bonne association référent-anaphore. Mais pour être
certain de ne pas gêner la compréhension de votre lecteur, vérifiez que le terme antérieur
auquel votre pronom anaphorique fait référence soit évident.
Exemple : L’auteur de ce texte est spécialisé en études cinématographiques. Il est très confus.
Dans votre rédaction, veillez à lever ces ambiguïtés. Ici par exemple, vous pouvez reformuler
votre phrase comme suit par exemple:
Les anaphores - qu'elles soient grammaticales, lexicales, des nominalisations (voir partie
relecture) - peuvent reprendre un substantif, une partie de phrase ou des phrases entières.
Elles utilisent les pronoms personnels de la 3e personne(dont « en » et « y »), les pronoms
relatifs (ex : duquel, auquel, ce qui, ce que) ou diverses formules. Des formules permettant
de :
ex :« ce dernier » ;
Pour exprimer un raisonnement logique, il est utile de connaître un certain nombre de verbes
explicatifs permettant de rapporter une explication, c'est-à-dire à établir une relation entre la
cause et la conséquence.
Vous trouverez les valeurs et les contextes d'utilisation des différents verbes explicatifs dans
un dictionnaire français unilingue (comme le Petit Robert ou le Larousse par exemple), mais
voici une liste indicative :
expliquer, se traduire par, aboutir à, mener à, conduire à, entraîner, engendrer, agir sur,
influencer, être à l'origine de, avoir pour effet/ avoir pour résultat, produire, déterminer,
imposer, permettre, contribuer à, …
provenir de, résulter de, s'expliquer par, dépendre de, être dû à (féminin = due à), être la
conséquence de, découler de, avoir pour origine...
6. 3. Structurer son texte grâce aux connecteurs logiques
Le texte argumenté se veut être la manifestation du mouvement de la pensée de l’auteur,
organisé de manière à être compris par le lecteur, que l’auteur souhaite rallier à son propos.
La réflexion de l’auteur va suivre un développement qui amènera à une conclusion, comme un
résultat logique de cette suite d’idées. La cohésion sera un aspect essentiel pour que le texte
ait de la tenue ne soit pas une juxtaposition d’idées. C’est en liant les idées entre elles que
l’auteur permettra au lecteur de suivre le fil de l’argumentation.
Votre texte est un ensemble dont les parties sont reliées au niveau de la pensée. Vous devez
donc le faire apparaître grâce à des transitions. Ne cherchez donc pas à établir de rapport
artificiel entre vos parties ou vos paragraphes. Si la mise en lien vous apparaît laborieuse, c'est
que les idées que vous essayez de mettre en lien ne sont peut-être pas réellement reliées ?
Ou doivent être présentées selon un ordre différent.
Evitez donc d'introduire vos nouvelles parties par des formules telles que « en outre » ou « de
plus » qui peuvent convenir pour un simple passage d'un paragraphe à un autre, ou encore
« nous allons maintenant aborder un autre aspect de notre thème ». Si elles annoncent bien le
passage à un point différent du précédent, ces expressions n'explicitent pas le lien qui existe
entre votre nouveau point et le précédent.
Veillez à exprimer un rapport logique entre vos idées en employant des connecteurs logiques.
Vous pouvez ainsi exprimer toute une palette de rapports comme vous le verrez dans le
tableau qui suit. Ilest tiré de ABBADIE C., CHOVELON B., MORSEL M.-H., 1994,
L’expression française écrite et orale. Exercices pour étudiants étrangers de niveau avancé,
PUG, « Flem », Grenoble et liste les principaux articulateurs logiques avec leurs usages et des
exemples :
En ce qui concerne
Certes vous êtes en droit de…
Concéder Certes… mais
mais je pense que…
Je vous serai donc
Conclure Donc reconnaissant de bien
vouloir…
En fait, il n’a jamais été
En fait
question de…
Détromper
En réalité
En réalité, elle ne veut pas…
Toutefois il serait souhaitable
Toutefois de…
Au contraire il vaudrait
mieux…
Avant tout je dois vous
Avant tout expliquer…
Ce qui précède concerne les liens que l'on exprime explicitement. Rappelons ici qu'il n'est pas
exclu d'exprimer des liens implicitement, c'est-à-dire sans connecteurs logiques. Lorsque vous
choisissez cette option, il vous faut alors construire la relation logique – et donc assurer la
cohésion de votre texte - par d'autres moyensque le lecteur percevra dans le contexte.
Voici les principaux moyens implicites d'exprimer une relation entre des parties :
Les paragraphes forment toujours des unités de sens autour d'un thème précis : le passage d'un
paragraphe au suivant est visible sur la page et la forme générée par l'ensemble du texte est
révélatrice de la dynamique du texte. Si les paragraphes sont longs et peu nombreux, le lecteur
s'attend à une pensée dense et l'auteur doit donc veiller à ce qu'elle soit très bien structurée s'il
ne veut pas submerger le lecteur. Dans le cas contraire, si les paragraphes sont courts et
nombreux, ils dénotent d'un style plus télégraphique. Si vous constatez que votre texte revêt
cette apparence, assurez-vous qu'elle ne correspond pas à un caractère décousu de votre
pensée, que vous exprimez sous forme de liste.
le système énonciatif
Utiliser les pronoms (exemple : ceci...), les temps verbaux, et divers moyens lexicaux assurant
une continuité ou une opposition par exemple. Dans la phrase suivante, c'est le verbe qui sert
de connecteur :
Voici ci-dessous un tableau qui présente les signes de ponctuation et leurs usages communs.
La dimension stylistique de la ponctuation permet toutefois d’en faire un usage plus libre,
comme dans des écrits poétiques qui peuvent utiliser pleinement les effets produits par la
ponctuation - ou son absence - sur le rythme, ainsi que sur la page et l’aspect visuel du texte.
Signes de
Noms de signes Emploi/usages des signes Fonction prosodique
ponctuation
Signes séparateurs
Le point indique la fin d'une
phrase déclarative. Il est suivi
Le point final d'un blanc et d’une majuscule Il marque une pause forte et la
. pour commencer la phrase fin d’une intonation
suivante. descendante de la voix.
Le point d'interrogation
Le point
marque la fin d'une phrase
d'interrogation Intonation interrogative :
? interrogative directe. Il est
montante.
suivi d'un blanc et d’une
majuscule. Il peut introduire
une explication.
- une énumération ou un
Les deux points
exemple;
:
- un discours rapporté ou une
citation ;
Dans un texte argumentatif, les points de suspension ne sont les bienvenus ni au sein d’une
phrase, ni à la fin, car vous n’êtes pas supposés laisser au lecteur le soin de deviner ou de
compléter votre pensée, dont on attend qu’elle soit exprimée avec clarté et précision. Par
contre, ils s’utilisent entre crochets pour signaler qu’une citation est tronquée.
Quand les deux points introduisent une citation, ils sont accompagnés des guillemets.
Contrairement aux point,point-virgule et virgule qu'on choisit selon le degré de pause qu’on
souhaite marquer, l’emploi des deux-points est déterminé par le sens. Ils marquent
généralement une séparation entre le thème et son développement ou son propos, comme on
le constate dans les titres de presse.
Le tiret, contrairement aux parenthèses et aux crochets, n’est pas forcément doublé quand il
coïncide avec la fin d’une phrase. Il marque une séparation plus forte que les doubles virgules,
mais moins forte que les parenthèses.
"Si l'orthographe était libre - libre d'être simplifiée ou non, selon l'envie du sujet, - elle
pourrait constituer une pratique très positive d'expression; la physionomie écrite du mot
pourrait acquérir une valeur proprement poétique, dans la mesure où elle surgirait de la
fantasmatique du scripteur, et non d'une loi uniforme et réductrice; que l'on songe à la sorte
d'ivresse, de jubilation baroque, qui éclate à travers les "aberrations" orthographiques des
anciens manuscrits, des textes d'enfants
et des lettres d'étrangers: ne dirait-on pas que dans ces efflorescences le sujet cherche sa
liberté: de tracer, de rêver, de se souvenir, d'entendre ? Ne nous arrive-t-il pas de rencontrer
des fautes d'orthographe particulièrement "heureuses", comme
si le scripteur écrivait alors sous la dictée non de la loi scolaire, mais d'un commandement
mystérieux qui lui vient de sa propre histoire - peut-être même de son corps?" (Roland
BARTHES, 1984)[ Note : BARTHES R., Le bruissement de la langue, essais critiques IV,
1984, Seuil, Points Essais, Paris. ]
les noms propres, les noms communs pouvant être influencés par d'autres langues
Exemple : « language » au lieu de « langage » ;
ou mots
Exemple : « divaguations » au lieu de « divagations », sous l'influence du verbe
divaguer » ;
les consonnes à doubler ou pas.
Exemple : « rejetter » au lieu de « rejeter »
« évidement » au lieu de « évidemment »
Ex : On a constaté que les prix avaient fortement augmenté = on a constaté une forte
augmentation des prix.
Eliminez les tournures idiomatiques vides de sens (exemple : « il est avéré que » ou pire « de
tout temps »), voire erronées (exemple : « malgré que », au lieu de « bien que »).