Chapitre II
LES EQUATIONS GENERALES DU TRANSFERT
DE MATIERE
I - FLUX DE MATIERE
I.1 - DIFFUSION MOLECULAIRE
Le transfert de matière par agitation moléculaire est appelé diffusion
moléculaire. La diffusion moléculaire est le transport d'un ou plusieurs
constituants dans un fluide au repos, ce fluide ayant une hétérogénéité de
concentration.
I.2 - LOI DE FICK
La 1ère loi de Fick s'écrit :
→ →
Jj = Djk grad Cj (2.1)
où Djk est le coefficient de diffusion (m².s-1) du constituant j dans le milieu
(j, k) et Jj la densité de flux de matière par diffusion : mole.m-2.s-1.
I.3 - RELATION ENTRE LES FLUX DE MATIERE
La densité de flux peut s'écrire :
→ →
Jj = Cj V Dj (2.2)
→
où V Dj est la vitesse de diffusion de j (m.s-1).
Si le transfert a lieu dans un fluide en écoulement, la vitesse de transport de j,
→
Vj s'écrit :
→ → →
V j = V Dj + V (2.3)
1
→
où V est la vitesse moyenne de l'écoulement.
d'où :
→ → →
Cj V j = Cj V Dj + Cj V (2.4)
et :
→ → →
Nj= J j+ T j (2.5)
Nj : densité de flux global de j
Tj : densité de flux de transport de j
→
La vitesse moyenne V est définie dans un système à n espèces par :
n→ n →
∑ Nj = ∑ Cj V (2.6)
j =1 j =1
soit :
n→
∑ Nj → →
→ ∑ Cj Vj ∑ Nj
V = 1 = = (2.7)
n ∑ Cj C
∑ Cj
1
d'où :
→ → Cj n
Nj = Jj + ∑ Nj (2.8)
C j =1
→ → Cj n
Nj = − D jk grad Cj + ∑ Nj (2.9)
C j=1
2
II - EQUATION DE CONTINUITE POUR UN FLUIDE
n
(S)
V
R
Le bilan matière s'écrit :
Entrée - Sortie + Formation = Accumulation - Disparition
→ →
Entrée - Sortie : − ∫ ρ V n dS
S
Formation : − ∫ ∑ q m d VR
VR
où qm est une quantité de matière (kg. m-3.s-1) avec :
qm > 0 apparition (source)
qm < 0 disparition (puit)
∂ρ
Accumulation : ∫ ∂t dV
VR
R
d'où l'écriture du bilan :
∂ρ →→
∫ ∂ t R ∫S n dS − V∫ ∑ qm d VR = 0
V
d V + ρ V
(2.10)
R R
En utilisant le théorème de la divergence :
→ → →
∫ ρ V n dS =
S
∫ div ( ρ V ) dVR
VR
(2.11)
on en déduit :
∂ρ →
+ div ( ρ V ) − ∑ q m = 0 (2.12)
∂t
3
• si ∑ q m = 0, le flux est dit conservatif
∂ρ →
+ div ( ρ V ) = 0 (2.13)
∂t
• en absence d'accumulation ( ρ = cte )
→
div V = 0 (2.14)
III - EQUATION DE CONTINUITE RELATIVE A UN CONSTITUANT
III.1 - EQUATION GENERALE
n
VR
j, k
Vj
Moles de j - Moles de j + Moles de j = Moles de j
sortant dans VR sortant de VR générées accumulées dans VR
- Moles de j
disparues
→ →
Entrée - Sortie : − ∫ Cj Vj n ds
S
Réaction : ∫ rj
VR
dVR rj > 0 : génération
rj < 0 : disparition
∂ Cj
Accumulation : ∫
VR
∂t
dVR
D'où l'écriture du bilan :
→ → ∂ Cj
− ∫ Cj Vj n ds + ∫ rj dV = ∫ dVR
S VR
R
VR
∂t (2.15)
4
D'après le théorème de la divergence :
→ → →
∫ Cj V n dS =
S
∫ div (Cj Vj ) dVR
VR
(2.16)
on peut écrire :
→ ∂Cj
div ( CjVj) − rj + =0 (2.17)
∂t
→ →
avec Nj = CjVj :
∂Cj
div Nj − rj + =0
∂t (2.18)
d'où :
→ → ∂Cj
div ( Cj V − D jk grad Cj ) − rj + =0 (2.19)
∂t
III.2 - CAS PARTICULIERS
Avec D jk = cte
→ ∂Cj
div Cj V − D jk ∆Cj − rj + =0 (2.20)
∂t
→
Avec D jk = cte et div V = 0
∂Cj → →
+ V grad Cj = D jk ∆Cj + rj (2.21)
∂t
Si le transport négligeable et rj = 0 :
∂Cj
= D jk ∆Cj (2ème loi de Fick)
∂t (2.22)
Remarque : Dans le cas du transfert dans un milieu complexe ; on utilise les mêmes
relations en remplacant Djk par Djm, qui représente le coefficient de diffusion du
constituant j dans le milieu, m.
5
III.3 - RECAPITULATION
• Equation de continuité (eq. 13) :
∂ρ →
+ div ( ρ V ) = 0 ( flux conservatif)
∂t
- coordonnées rectangulaires (x, y, z)
∂ρ ∂ ( ρVx ) ∂ ( ρVy ) ∂ ( ρVz )
+ + + =0
∂t ∂x ∂y ∂z (2.23)
- coordonnées cylindriques (r, θ, z)
∂ρ 1 ∂ ( ρrVr ) 1 ∂ ∂ ( ρVz )
+ + ( ρVθ ) + =0
∂t r ∂r r ∂θ ∂z (2.24)
• Equation de continuité pour un constituant j :
D jm = cte
En considérant que : rj = 0
→
div V = 0
∂Cj → →
+ V grad Cj = D jm ∆Cj (2.25)
∂t
- coordonnées rectangulaires (x, y, z)
∂ Cj ∂ Cj ∂ Cj ∂ Cj ⎛ ∂ 2Cj ∂ 2Cj ∂ 2Cj ⎞
+ Vx + Vy + Vz = D jm ⎜ + + ⎟ (2.26)
∂t ∂x ∂y ∂z ⎝ ∂x
2
∂ y2 ∂ z2 ⎠
- coordonnées cylindriques (r, θ, z)
∂ Cj ∂ Cj V θ ∂ Cj ∂ Cj ⎛ 1 ∂ ⎛ ∂ Cj ⎞ 1 ∂ 2Cj ∂ 2Cj ⎞
+ Vr + + Vz = D jm ⎜ ⎜r ⎟+ 2 + ⎟
∂t ∂r r ∂θ ∂z ⎝ r ∂ r ⎝ ∂ r ⎠ r ∂θ
2
∂ z2 ⎠
(2.27)
6
- coordonnées sphériques (r, θ, φ)
Cj ∂ Cj 1 ∂ Cj V φ ∂ Cj ⎡ 1 ∂ ⎛ 2 ∂ Cj ⎞ ⎤
+ Vr + Vθ + = D jm ⎢ r2 ∂ r ⎜ r ∂ r ⎟ ⎥
∂t ∂r r ∂θ r sin θ ∂φ ⎣ ⎝ ⎠⎦
1 ∂ ⎛ ∂ Cj ⎞ 1 ∂ 2Cj
+ ⎜ θ +
∂θ ⎟⎠ r 2 sin 2 θ ∂φ 2
sin
r 2 sin θ ∂θ ⎝ (2.28)
IV - COEFFICIENT DE DIFFUSION
IV.1 - COEFFICIENT DE DIFFUSION EN PHASE GAZEUSE
D'après la théorie cinétique des gaz, on peut écrire :
2
dm = λ
3 (2.29)
où dm est la distance à laquelle les molécules ont eu leur dernier choc et λ le
libre parcours moyen ;
et :
c
f= V
4 (2.30)
0,5
⎛ 8RT ⎞
où f est la fréquence du bombardement moléculaire et V = ⎜ ⎟ est la vitesse
⎝ π ⎠
quadratique moyenne des molécules.
Cj
z
z - dm z z + dm
7
En absence de convection, la densité de flux de diffusion s'écrit :
f
Jj = ( Cjz − dm − Cjz + dm )
ΝaC (2.31)
où Na est le nombre d’Avogadro. On en déduit :
V ⎡ dCj dCj ⎤
Jj = ⎢⎣Cj − dz dm − (Cj + dz dm) ⎥⎦
4 (2.32)
V dCj 1 dCj dCj
Jj = − 2d m = − λV = − D jk (2.33)
4 dz 3 dz dz
d'où la définition du coefficient de diffusion :
1
D jk = λ V
3 (2.34)
D'après la théorie cinétique des gaz, on a :
0,5
1 ⎛ T ⎞
D jk = cte 2 ⎜ ⎟ (2.35)
d molec C ⎝ Mj ⎠
Mj est la masse molaire de j et dmolec le diamètre de la molécule diffusante.
R
Avec C = , on obtient :
RT
T 3/ 2 1
D jk = cte (2.36)
d 2molec P Mj0 ,5
IV.2 - COEFFICIENT DE DIFFUSION EN PHASE LIQUIDE
On écrit généralement que :
D jk = D° . f ( Cj) D jk = D ° pour Cj → 0 (2.37)
jk jk
Pour des solutions aqueuses :
−1,1 −0 , 6
D °j = 1, 4 x10 −8 µ eau υj (2.38)
− eau
8
où µeau est la viscosité de l'eau (centipoises) et υj le volume molaire du soluté à
son point normal d'ébullition (cm3/mole).
Pour des solvents non aqueux :
8, 2 x 10−12 T ⎡ ⎛ 3υk ⎞ ⎤
2/3
°
D = ⎢1 + ⎥
µkυ 1/j 3 ⎣⎢ ⎜⎝ υ j ⎟⎠ ⎦⎥
jk (2.39)
où µk est la viscosité du solvant (cp) et υj, υk sont les volumes molaires
(cm3/mole)
En appelant K l'expression suivante :
⎡ ⎛ 3Vk ⎞ 2 / 3 ⎤
−2
K = 8, 2 x 10 ⎢1 + ⎜ ⎟ ⎥ (2.40)
⎣⎢ ⎝ Vj ⎠ ⎦⎥
On obtient les valeurs de K suivantes :
• benzène : K = 18,9 x 10-12 pour υj < 2 υk
• autres solvants : K = 17,5 x 10-12 pour υj < 2,5 υk
• eau : K = 25,5 x 10-12 pour υj < υk
IV.3 - COEFFICIENT DE DIFFUSION EN PHASE SOLIDE
Si le diamètre des pores, d pore , du milieu poreux est grand devant le libre
parcours moyen ou si la concentration en constituant j est élevée, on admet que la
diffusion est type moléculaire. Dans les cas opposés, la diffusion est dite de Knudsen.
Le coefficient de diffusion de Knudsen s'écrit :
1 (2.41)
D k = d pore V
3
avec :
0,5
⎛ 8RT ⎞
V =⎜ ⎟
⎝ πµ ⎠
et :
4ε
d pore =
(1 − ε ) ρ s S s (2.42)
9
où Ss est la surface spécifique du solide et ε la porosité,
on obtient :
0,5
ε ⎛ T ⎞
Dk = 6,14
(1 − ε ) ρ s Ss ⎜⎝ Mj ⎟⎠ (2.43)
L'influence relative des diffusions moléculaire et de Knudsen est repérée par le
nombre de Knudsen, Nk :
λ (2.44)
Nk =
d pore
N k=10 -2 N k=10 2
diffusion Transition diffusion de
moléculaire Knudsen
IV.4 - NOMBRE DE SCHMIDT
Les caractéristiques de transfert du fluide sont exprimées sous forme
adimensionnelle par le nombre de Schmidt :
υ µ (2.45)
Sc = = = nombre de Schmidt
D jk ρ D jk
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