Espaces Vectoriels
Espaces Vectoriels
2 Familles de vecteurs 8
2.1 Sous-espace vectoriel engendré par une famille de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.2 Familles génératrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.3 Familles libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3.2 Cardinal d’une famille libre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.4 Bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1
1 Structure d’espace vectoriel
1.1 Structure sur un ensemble
On appelle structure sur un ensemble une série de lois de composition (addition, produit, etc...) et de
propriétés vérifiées par ces lois. Il y a deux intérêts à structurer un ensemble :
• Dégager des propriétés obtenues à l’aide de cette structure.
• Généraliser ces propriétés à tout autre ensemble qui aura la même structure.
1.2 Définition
On peut également dire R-espace vectoriel, espace vectoriel réel ou simplement espace vectoriel.
(i) ∀x ∈ E, 0 · x = 0E
(ii) ∀λ ∈ R, λ · 0E = 0E .
(iii) ∀λ ∈ R, ∀x ∈ E, λ · x = 0E ⇔ λ = 0 ou x = 0E .
x + 0 · x = 1 · x + 0 · x = (1 + 0) · x = 1 · x = x
De même, 0 · x + x = x. Ainsi, 0 · x est un élément neutre pour la loi + et donc, par unicité, 0 · x = 0E .
(ii) Soit, de plus, λ ∈ R avec λ 6= 0. On a
1 1 1
x=1·x=λ· · x = λ · 0E + · x = λ · 0E + λ · · x = λ · 0E + 1 · x = λ · 0E + x.
λ λ λ
2
On en déduit donc que λ · 0E est un élément neutre pour la loi + et, comme précédemment, cela donne
λ · 0E = 0E .
(iii) On considère maintenant, x ∈ E et λ ∈ R tels que λ · x = 0E . Si λ 6= 0, alors
1 1
x=1·x= · (λ · x) = · 0E = 0E ,
λ λ
ce qui permet de conclure.
L’ensemble Rn
Un élément x de Rn s’écrit (on choisit de les écrire en colonnes ici, mais on peut également les écrire en
lignes)
x1
x
2
x
x= 3 avec ∀i ∈ [[1, n]], xi ∈ R
..
.
xn
L’addition et le produit externe sont réalisés coordonnée à coordonnée :
x1 y1 x 1 + y1 x1 λ x1
x y x + y x λ x
2 2 2 2 2 2
x3 + y3 = x3 + y3 et λ · x3 = λ x3 .
.. .. .. .. ..
. . .
. .
xn yn x n + yn xn λ xn
3
a1,1 a1,2 ... a1,p λ a1,1 λ a1,2 ... λ a1,p
a2,1 a2,2 ... λ a2,1
a2,p λ a2,2 ... λ a2,p
et λ ·
.. .. .. = .
.. .. .
. . . .. . .
an,1 an,2 . . . an,p λ an,1 λ an,2 . . . λ an,p
L’élément nul de Mn,p (R) est la matrice nulle
0 0 ... 0
0 0 . . . 0
0n,p =
.. .. .
..
. . .
0 0 ... 0
L’ensemble Mn,p (R) des matrices à n lignes et p colonnes à coefficients dans R est un espace vectoriel.
En prenant P et Q de degré inférieur ou égal à r, l’addition et le produit externe sont ceux définis classiquement
sur les fonctions :
r
X r
X r
X r
X
P +Q= (ai + bi ) X i et λ · P = λai X i , avec P = ai X i et Q = bi X i .
i=0 i=0 i=0 i=0
4
Remarque 1.3 : Intérêt des espaces vectoriels
On remarque donc que, selon le contexte, les éléments d’un espace vectoriel peuvent être des matrices, des
n-uplets de R, des polynômes, des fonctions, des suites... L’étude générale des espaces vectoriels permet
de dégager des propriétés communes à tous ces ensembles structurés.
Pour montrer qu’un vecteur x de E est combinaison linéaire d’une famille (f1 , . . . , fp ), on résout l’équation
vectorielle (amenant à un système linéaire) x = λ1 · f1 + · · · + λp · fp , d’inconnues λ1 , . . . , λp .
2 1 0 0
3
Exemple 1. Dans R , le vecteur x = 5 est-il combinaison linéaire de la famille 1 , 1 , 0 ?
9 1 1 1
Solution.
! ! !!
2 1 1 0 1 1
Exemple 2. Dans M2 (R), la matrice A = est-elle combinaison linéaire de la famille , ?
−1 1 0 1 1 1
Solution.
Exemple 3. Dans R[X], le polynôme P = X 3 +7 est-il combinaison linéaire de la famille (X + 2)3 , (X + 1)2 , 1 ?
Solution.
Une partie non vide de E est donc un sous-espace vectoriel de E si elle stable par addition et par
multiplication externe.
5
Propriété 1.7 : Un sous-espace vectoriel contient le vecteur nul
Si F est un sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel E, alors 0E ∈ F .
∀x, y ∈ F, ∀λ ∈ R, λ · x + y ∈ F.
Exemple 4. Soit R[X] l’espace vectoriel des polynômes. Soient a ∈ R et Ea l’ensemble des polynômes qui
s’annulent en a. Montrer que Ea est un sous-espace vectoriel de R[X].
Solution.
Exemple 5. Soit A(N, R) l’espace vectoriel des suites. Montrer que l’ensemble des suites convergentes S c
est un sous-espace vectoriel de A(N, R).
Solution.
Exemple 6. Montrer que l’ensemble des matrices inversibles de Mn (R) n’est pas un sous-espace vectoriel
de Mn (R).
Solution.
La caractérisation d’un sous-espace vectoriel est beaucoup plus simple que celle d’un espace vectoriel.
Pour montrer qu’un ensemble est un espace vectoriel, on utilisera cette propriété : on montrera que c’est un
sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel de référence.
Démonstration. Il faut démontrer qu’un sous-espace vectoriel vérifie tous les points de la définition 1.1.
6
Propriété 1.11 : Intersection de sous-espaces vectoriels
Soient (E, +, ·) un espace vectoriel et F et G deux sous-espaces vectoriels de E, alors F ∩ G est un
sous-espace vectoriel de E.
7
2 Familles de vecteurs
2.1 Sous-espace vectoriel engendré par une famille de vecteurs
Vect(f1 , . . . , fp ) est un sous-espace vectoriel de E, dit sous-espace vectoriel engendré par (f1 , . . . , fp ).
Solution.
( ! )
λ1 + λ2 λ2
Exemple 9. Montrer que F = avec (λ1 , λ2 ) ∈ R2 est un espace vectoriel.
λ1 λ1 − λ2
Solution.
n o
λ1 X 2 + 1 + λ2 X 2 − 1 + λ3 avec (λ1 , λ2 , λ3 ) ∈ R3
Exemple 10. Montrer que G = est un espace
vectoriel.
Solution.
8
2.2 Familles génératrices
Vect(f1 , . . . , fp ) = E.
Cela revient à dire que tout vecteur de E est une combinaison linéaire de la famille (f1 , . . . , fp ), ou encore :
p
X
∀x ∈ E, ∃ (λ1 , . . . , λp ) ∈ Rp , x = λ1 · f1 + λ2 · f2 + · · · + λp · fp = λi · fi .
i=1
x
Exemple 11. Déterminer une famille génératrice de F = y ∈ R3 vérifiant 3x − y + 4z = 0 .
z
Solution.
Exemple 12. Pour a ∈ R, on a vu dans l’exemple 4 que l’ensemble des polynômes s’annulant en a était un
espace vectoriel. Soit G l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à 2 s’annulant en 1,
Vect(f1 , . . . , fi , . . . fj . . . , fp ) = Vect(f1 , . . . , fj , . . . fi . . . , fp )
Un espace vectoriel admettant une famille génératrice admet en fait une infinité de familles génératrices,
certaines étant plus simples que d’autres. Cette proposition est utile pour trouver une famille génératrice
plus simple.
9
1 2 −4
Exemple 13. Simplifier Vect 1 , 1 , −1 en effectuant des opérations sur cette famille.
2 −1 7
Solution.
1 2 −4
Exemple 14. Simplifier Vect 1 , 1 , −1 en observant qu’un des vecteurs de cette famille est
2 −1 7
combinaison linéaire des autres.
Solution.
Ceci revient à dire que la seule combinaison linéaire de 0E d’une famille libre (f1 , . . . , fp ) est
0 · f1 + · · · + 0 · fp
1 2 −4
Exemple 15. La famille 1 , 1 , −1 est-elle une famille libre de vecteurs de R3 ?
2 −1 7
Solution.
Pour prouver qu’une famille est libre, on est souvent amené à résoudre un système linéaire.
Solution.
p
X p
X p
X
Démonstration. En effet, si x = λi · fi = µi · fi , alors (λi − µi ) · fi = 0E .
i=1 i=1 i=1
D’après la définition d’une famille libre, pour tout i ∈ [[1, p]], λi − µi = 0, et enfin λi = µi . Les deux
combinaisons linéaires sont donc identiques.
10
Propriété 2.7 : Famille libre
Soit (f1 , . . . , fp ) une famille libre de E et fp+1 ∈ E
Solution.
Familles de polynômes
La proposition qui suit est souvent utilisée pour montrer la liberté d’une famille de polynômes.
Démonstration. Soit (P1 , . . . , Pn ) une famille de polynômes échelonnée en degré. Quitte à permuter les
polynômes, on peut supposer que l’on a
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2.3.2 Cardinal d’une famille libre
Démonstration. (i) Soit (g1 , . . . , gr ) une sous-famille de (f1 , . . . , fp ). Quitte à changer l’ordre de la famille
(f1 , . . . , fp ), on peut supposer que g1 = f1 , . . . , gr = fr . Soient λ1 , . . . λr des réels tels que
λ1 · f1 + · · · + λr · fr = 0E .
En particulier,
λ1 · f1 + · · · + λr · fr + 0 · fr+1 + · · · + 0 · fp = 0E .
Comme la famille (f1 , . . . , fp ) est libre alors tous les scalaires ci-dessus sont nuls et en particulier,
λ1 = · · · = λr = 0. (g1 , . . . , gr ) est bien une famille libre.
(ii) C’est la contraposée du (i).
Solution.
∃λ ∈ R tel que f1 = λ · f2 ou f2 = λ · f1 .
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2.4 Bases
On retiendra de cette définition que si une famille B est une base de l’espace vectoriel E, alors
• comme B est génératrice de E, tout vecteur de E s’écrit comme combinaison linéaire des vecteurs de B.
• comme B est libre, cette combinaison linéaire est unique.
(f1 , . . . , fp ) est une base de Vect(f1 , . . . , fp ) ⇔ (f1 , . . . , fp ) est une famille libre.
Base canonique de Rn
Définissons dans Rn la famille suivante
1 0 0
0 1 0
0 , e2 = 0 , . . . , en = 0 .
e1 =
.. .. ..
. . .
0 0 1
La famille (e1 , e2 , . . . , en ) est génératrice de Rn et libre, c’est la base canonique de Rn .
Pour x ∈ Rn , il existe un unique n-uplet (x1 , x2 , . . . , xn ) ∈ Rn (coordonnées de x) tels que
x1
x
n 2
x
X
x= xi e i = 3
.
i=1 ..
.
xn
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Base canonique de R[X] (hors programme)
La famille de polynômes
(1, X, X 2 , . . . , X n , . . . )
est génératrice de R[X] par définition de R[X]. Elle est aussi libre puisque tout polynôme s’écrit de manière
unique comme combinaison linéaire de cette famille de vecteurs. Cette famille est appelée la base canonique
de R[X].
Solution.
Comme les coordonnées sur une base sont uniques, chaque vecteur a une unique matrice dans une base et
à chaque matrice correspond un unique vecteur dans une base.
Solution.
x1 1 −1 1
Exemple 24. Soit x = x2 ∈ R3 , calculer la matrice de x dans la base B = 1 , 1 , −1.
x3 −1 1 1
Solution.
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