100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
2K vues16 pages

Septiemes Toutes

Transféré par

mkayubadoyen
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
2K vues16 pages

Septiemes Toutes

Transféré par

mkayubadoyen
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

BIENTOT LA RENTREE

Papa – Il y a quelque temps, votre mère et moi vous avions demandé d’abandonner
petit à petit vos jeux de vacances pour revoir vos matières, car la rentrée
scolaire approche.
Mariette – C’est vrai, Papa. La rentrée c’est dans trois semaines. Vous avez vos
billets de vacances. Pourtant nous ne voyons aucun signe d’achats des
fournitures scolaires.
Maman – Soyez calmes, les enfants. Votre Père et moi avons déjà réuni ce que nous
avons pu.
Papa – nous avons effectivement déjà réuni quelques objets classiques : cartables,
stylos, cahiers, règles, rapporteurs, crayons…
Elsa – Papa, vous n’avez pas oublié les uniformes, j’espère ? Il nous en faut des
neufs, y compris les souliers, puisque tous, nous avons réussi l’an dernier.
Papa – Maman s’apprête à tout cela. Ne soyez pas trop exigeants, mes enfants.
Tenez compte des temps difficiles que nous traversons.
Maman – un peu de patience ! Nous avons tenu compte de moyens dont nous
disposons ainsi que de vos besoins : votre petit frère David qui commence ses
études a besoin d’une tenue neuve. A Mariette aussi, il en faut une parce que
l’ancien uniforme n’est plus à sa taille. Elsa, tu prendras donc la jupe de
Mariette. Christie et Rose continueront avec leurs tenues achetées l’année
passée.
Elsa – Non, Maman, il me faut aussi une nouvelle tenue.
Papa – Assez ! Pensez que nous n’avons pas encore trouvé l’argent pour payer vos
frais scolaires.
Mariette – Papa ! Angélique pleure. Elle veut aussi aller à l’école.
Papa – Non! Elle n’a pas encore l’âge. Son temps viendra. Pour le moment, maman
l’initiera petit à petit à domicile.
Elsa – Mais pourquoi ? Il y a pourtant des enfants comme elle chez nous en
première enfantine.
Maman – D’accord, mais il faut voir aussi nos moyens. Etudiez d’abord, elle vous
suivra plus tard.
9
Papa – Oui, vous qui recommencez bientôt, soyez studieux polis et obéissants à
l’école. Car votre en dépend. Et puis, travaillez aussi. Personne n’a droit au
redoublement.
Les enfants – C’est promis, Papa!
2

LE MARCHE DE NUIT

Le crépuscule tombait sur Ganmé ; les femmes et les jeunes filles, vendeuses
du marché de nuit, exposaient déjà leurs marchandises sur des vans de jonc ou de
rotin placés sur des trépieds. La nuit venait : des milliers d’étoiles vacillaient au
moindre souffle de vent, s’éteignaient, se rallumaient, aussitôt et semblaient faire
des clins d’yeux aux passants. Les marchandes encombraient « maro », le marché de
nuit. Les clients déambulaient parmi les étalages, s’arrêtaient devant les lampions,
demandaient les prix, discutaient, riaient, marchandaient, obtenaient des réductions
insignifiantes et achetaient. Des mécontents (il y en a toujours) boudaient,
Grognaient, se fâchaient et partaient, se confondant avec l’obscurité, là-bas, au pied
de la mosquée.

LE CHAT BOTTE
Un chat, qui veut faire épouser à son maître, très pauvre, la fille du roi, invente
mille tours pour faire croire que le jeune homme est très riche.
Le Chat Botté, qui allait toujours devant, rencontra des moissonneurs et
leur dit : « Bonnes gens qui moissonnez, si vous ne dites que tous ces blés
appartiennent à Monsieur le M. le Marquis de Carabas, vous serez tous hachés menus
comme chair à pâté. » A peine achevait-il ces mots que le Roi vint à passer. Il voulut
savoir à qui appartenait tous ces blés qu’il voyait. « Mes amis, dit-il aux
moissonneurs, à quel riche seigneur appartiennent donc ces blés ? – C’est à
Monsieur, le Marquis de Carabas, Sire, répondirent-ils. – Mes félicitations, Monsieur,
dit le Roi. Je voudrais en avoir chaque année d’aussi beaux ! » Pendant ce temps
notre Chat Botté courait toujours … « Quand passera le carrosse du roi, disait-il aux
gens, vous crierez : Vive le Roi ! Vive le Marquis de Carabas ! » Ainsi faisaient les
villageois. Le roi, émerveillé et ravi rentra au palais persuadé que le Marquis était un
bien grand seigneur.

LA CHEVRE DE MONSIEUR SEGUIN

M. Seguin a déjà perdu plusieurs chèvres qui s’en sont allées dans la
montagne où le loup les a mangées.
3

… Un matin, comme M. Seguin achevait de traire sa chèvre, elle lui dit dans
son dialecte : « Ecoutez, monsieur Seguin, je m’ennuie chez vous. Laissez-moi aller
dans la montagne. – Ah ! Mon Dieu ! … Elle aussi : » cria M. Seguin stupéfait. Puis,
s’asseyant dans l’herbe à côté de sa chèvre : Comment Blanquette, tu veux me
quitter ? » Blanquette répondit : « Oui, monsieur Seguin. – Est-ce que l’herbe te
manque ici ? – Oh non ! Monsieur Seguin. – Tu es peut-être attachée de trop court ;
veux-tu que j’allonge la corde ? – Ce n’est pas la peine, monsieur Seguin. Alors,
qu’est-ce qu’il te faut ? Qu’est-ce que tu veux ? - Je veux aller dans la montagne,
monsieur Seguin. – Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu’il y a le loup dans la
montagne … Que feras-tu quand il viendra ? … ».

CHEF D’EQUIPE
 Maman, devine ; que m’est-il arrivé ?
 Mais, mon petit, comment veux-tu que je le sache ? Je donne ma langue au chat.
 Eh bien, Madame O’Brien, sachez que vous avez devant vous un chef d’équipe. La
maman demeura muette de stupeur. Perdrait-il la tête ? Quoi, son petit, vingt-deux
ans juste, chef d’équipe des dockers ? Bien sûr, le chef d’équipe était mort deux
jours auparavant. Mais pourquoi aurait-on choisi John pour le remplacer ?
 John, si un autre que toi le disait, je ne le croirais pas. Pourquoi t’a-t-on choisi, toi ?
 Pourquoi, maman ? Ils ont dit qu’ils me choisissaient parce qu’ils étaient « sûrs »
de moi.

GEORGES ET SA VOITURE

Depuis un an Georges avait une voiture dont il était très satisfait. Elle était
assez petite et pouvait passer partout. Peu encombrante, peu salissante, très
économique, facile à entretenir, elle était cependant fort jolie.

Mais, à côté de lui, vint habiter un riche commerçant qui avait, lui, une très
grosse et luxueuse voiture. Beaucoup plus grande que celle de Georges, plus large et
plus longue, avec des phares puissants et un klaxon qui ameutait tout le quartier…

Et la jalousie entra dans le cœur de Georges… Sans cesse il comparait sa


petite voiture avec celle du voisin. Elle était moins jolie, moins luxueuse, mois
élégante que cette superbe limousine. Il ne pensait plus qu’elle était aussi rapide,
plus facile à manier et bien plus économique.
4

Il ne voyait plus qu’une chose : la Cadillac du voisin était la plus belle de


toutes les voitures du quartier, la sienne était bien misérable.

AMI ?... ENNEMI ? (Partie 1)

Il faisait chaud, tout semblait dormir sous le soleil. Mon travail était
terminé. Maman m’avait dit : ‘c’est bien, Kioka ! Tu es libre jusqu’à ce soir, mais
rentre avant la nuit. » Je suis descendu à la rivière. Je connaissais de bonnes places,
je pouvais m’amuser là toutes l’après-midi.

A mon passage, des dizaines de grenouilles vertes se jetaient à l’eau. Je


m’amusais à marcher tout près du bord pour les voir sauter en l’air et tomber dans la
rivière. Plus loin, je m’arrêtais pour garder les poissons. Ils se poursuivaient à travers
les herbes. Oh ! Ce gros silure ! Si je pouvais l’attraper ! Comme maman serait
contente ! J’essaie ? Pourquoi pas ? Et je descends dans l’eau, doucement, sans bruit,
pour ne pas l’effrayer.

J’approchais de mon poisson. Plouf ! Une pierre tombe dans l’eau, juste
sous mon nez. Plus de poisson ! Je lève les yeux. Un garçon, un peu plus grand que
moi, était là, sur l’autre rive, les bras croisés. Il me regardait.

- Qu’est-ce tu fais là ?
- Je pêche.
- Ah ! Ah ! Tu pêches
- Oui, enfin… j’essaie de pêcher.
- Tu ne peux pas pêcher ici ! c’est mon coin !
- Tiens ! Tiens ! et depuis quand ?
- Depuis toujours. C’est moi qui l’ai découvert !
- Tu l’as découvert sur cette rive-là, mais moi, je l’ai découvert par ici, en venant
de Kimpuka.
- Le garçon paraissait furieux. Il tenait un gros bâton. Il se baisse ; ramasse un
autre bâton à ses pieds et le lance vers moi. Le bâton reste piqué entre deux
rochers
- - viens ici, si tu oses ! on verra bien !
- Je me demandais : « est-ce qu’il faudra me battre pour avoir le droit de venir
nager et pêcher dans ma rivière ? »

AMI ? …. ENNEMI ? (Partie 2)


5

Le bâton était là, devant moi. Me battre ? Ne pas me battre ? Que faire ? Je
prends le bâton, je traverse la rivière et me voici sur le terrain ennemi. Le garçon fait
un pas en avant, le bras levé.

- Alors, dis-je, tu veux vraiment te battre ? Moi, non.


- Moi, si ! Tu es sur mon terrain. Personne ne passe ici sans se battre. Je suis le
chef du pays !
- Ah ! Eh bien ! Moi aussi, je suis un chef du pays d’en face ! je t’invite, passe de
l’autre côté, viens chez moi.

Nous passons l’eau tous les deux. Nous voilà arrivés. Le garçon n’osait plus
lever son bâton ; il m’observait, prêt à se défendre. Je plante mon arme en terre et je
m’avance vers lui, mais tendue.

- Je m’appelle Kioka, du village de Kimpuka. Tu es le bienvenu chez moi. Veux-tu


encore te battre ?
- …Non !...Maintenant je ne peux plus, je ne suis chez moi.

Les yeux de mon compagnon restaient fixés sur moi. Il semblait prêt à me dévorer. Il
me crie :

- Alors tu ne sais pas te battre ?


- Oh ! Si ! Et je me suis parfois battu avec ceux qui venaient sur mon terrain. Un
jour, j’ai presque crevé l’œil à un garçon. Cela m’a fait réfléchir… il ne m’avait
rien fait… L’œil d’un garçon ! Non Vraiment, c’est payer trop cher le plaisir de
jouer au grand chef ! Alors, j’ai décidé : Je ne me battrai plus, c’est bien fini !
- Tu as peur ! voilà la vérité ! tu n’es pas un homme. Tu ne seras jamais un
homme !
Je sentais la colère monter en moi. Il ne voulait rien comprendre ! Est-ce qu’il
fallait lui donner une leçon ?
Tu peux me frapper, tu verras si je bouge. Je n’ai jamais reculé devant un
serpent ou un chien furieux. Essaie !
Il lève son bâton, le fait tourner au-dessus de sa tête. Je sens le bâton passer
sur mes cheveux je n’ai pas bougé, je n'ai même pas fermé les yeux, je n’ai
pas cessé de fixer son regard.
- Ça ! Pour un homme, tu es un homme ! je n’ai pas encore rencontré un type
comme toi ! Formidable !

Cette fois, il lança son bâton derrière lui et s’avança vers moi avec un large sourire.
6

- Je suis Ntumisingu, du village de Bonga. Mes amis m’appellent Ntumi. Quelle


poignée de main ! Mes doigts ne l’oublieront jamais ! Et les grandes tapes dans
le dos !
- Dis, Kioka, tu n’as pas eu peur ?
- Si, naturellement, mais tu ne l’as pas vu !
- C’est plus difficile que de se battre…Tu ne penses pas ?
- Si. Et c’est plus beau…
- Et maintenant, nous sommes vraiment amis ?
- Oui, pour toujours, si tu veux !

LE LOUP ET L’AGNEAU

La raison du plus fort est toujours la meilleure,


Nous l’allons montrer tout à l’heure.

Un agneau se désaltérait
Dans le courant d’une onde pure.
Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.
- Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Tu seras châtié de ta témérité.
- Sire, répond l’agneau, que votre Majesté
Ne se mette pas en colère
Mais plutôt qu’elle considère
Que je me vais désaltérant
Dans le courant,
Plus de vingt pas au-dessous d’elle,
Et, que par conséquent en aucune façon
Je ne puis troubler sa boisson.
- Tu la troubles, reprit cette bête cruelle ;
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.
- Comment l’aurais-je fait, si je n’étais pas né ?
Reprit l’agneau ; je tette encore ma mère.
- Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
- Je n’en ai point
7

- C’est donc quelqu’un des tiens ;


Car vous ne m’épargnez guère
Vous, vos bergers et vos chiens :
On me l’a dit. Il faut que je me venge. »

Là-dessus, au fond des forêts


Le loup l’emporte, et puis le mange.
Sans autre forme de procès.

MANDELA ET LE POUVOIR

Répondant à un journaliste qui l’interrogeait sur ses projets et ambitions


politiques, le Président Mandela a dit : « Je suis un politicien, et la politique
s’intéresse au pouvoir. Je souhaiterais, bien sûr, un gouvernement de l’ANC. Mon
espoir principal et ma responsabilité consistent cependant à ce que le peuple sud-
africain remporte la victoire dans sa quête de justice, de liberté, de dignité. Mon
principal souci n’est donc pas de gagner les élections. C’est la liberté politique et
économique de notre peuple. C’est plus important que de savoir qui gagne la
première élection multiraciale ou les suivantes. Ma responsabilité finale, c’est la
libération, non le pouvoir. »

Ce qui compte pour le Président Mandela, c’est la justice, la liberté, la dignité.


Son pouvoir personnel ne compte pas. Ce qui compte pour lui, c’est « la liberté
politique et économique de son peuple ». En d’autres termes mots, le Président
Mandela est un politique qui ne travaille pas pour lui-même, mais pour son peuple. Il
ne cherche pas, dans son action politique, d’avantages personnels, mais les
conditions d’existence les meilleures et les plus dignes pour son peuple. Il est prêt à
renoncer au pouvoir, s’il le fallait, pour que le peuple obtienne liberté et dignité.

UNE FINALE DE FOOTBALL

Au collège comme partout dans le pays, le football est encore le sport-roi.


L’année écoulée, la finale du tournoi interclasse avait opposé la cinquième A à la
quatrième B.
8

Nous avions assisté à un beau match. L’arbitre était très bien respecté par tous
les joueurs parce qu’il était intègre. A l’issue de la première manche qui n’avait duré
que quarante minutes, les deux équipes étaient à égalité : zéro but partout.

Sur le plan technique, la quatrième avait remarquablement dominé la


cinquième. Mais c’est une équipe sans finisseur. En cinquième, les spectateurs
étaient impressionnés par la détermination de l’équipe, l’esprit de combativité et le
calme sportif.

La seconde période a connu plusieurs bouleversements. Dès la soixantième


minute de la rencontre, Mwamba, le numéro neuf de la cinquième a inscrit le premier
but de la partie. Dans les deux camps, chaque joueur a donné le meilleur de lui-
même. Peu avant la fin des temps règlementaires, la quatrième va égaliser grâce à
son numéro six, Mavita. Tout sera remis en question… Il fallait jouer les
prolongations.

Après une deuxième pause de quinze minutes, les deux équipes vont jouer une
première prolongation conformément au règlement de la FIFA. A la cinquième
minute, la cinquième bénéficie d’un penalty. Pwati, le numéro 10, le ratera en tirant
au-dessus de la barre transversale. Au marquoir, rien n’avait changé. C’est à la
douzième minute de la prolongation que la quatrième bénéficiera d’un corner tiré de
gauche à droite ; et Fumu, marquera de la tête un but indiscutable. La règle de la
« mort subite » aura eu raison de la cinquième et la quatrième obtiendra la coupe
pour couronner ses efforts.

POUR QUI VOTER ?

M. Nzunzu : Nous sommes en démocratie. La démocratie suppose la tolérance,


l’amour de la paix. L’unique moyen de changer les choses, c’est le vote,
les élections. Or, pour bien voter, il faut être très bien informé. C’est
pourquoi même moi, bien qu’exploité comme toi, je respecte les
autorités. Mais je les attends fermement aux élections. C’est maintenant
le moment de connaitre les gens pour qui tu vas voter.

Tata Inkipa : Pour ça, pas de problème ! Je connais beaucoup de gens de ma tribu et
de ma région qui sont des politiciens. Je n’aurai qu’à voter celui d’entre
eux qui m’achètera de la bière. Et puis, je ne peux jamais voter pour
quelqu’un qui n’est pas de ma tribu.
9

M. Nzunzu : Non ! Non ! Non ! C’est à cause du tribalisme et de la corruption, de la


bière dans les votes que notre pays fait marche arrière depuis
l’Indépendance. Pour que les choses changent, il faut choisir les
hommes compétents, honnêtes, responsables, peu importe leur région
d’origine. D’ailleurs, dans la démocratie, si un chef est tribaliste et qu’il
donne du travail seulement à ses frères, les journalistes vont le montrer
du doigt, […] et puis on va le « révoquer ».

Tata Inkipa : Mais comment savoir à l’avance que tel est honnête et tel autre ne
l’est pas ? Tout le monde dit toujours qu’il aime son pays.

M. Nzunzu : Tu as raison. Si tu veux, nous allons parler de ce problème la prochaine


fois car je dois aller travailler. Tu vois, si les dirigeants doivent être
honnêtes, toute la population doit aussi l’être. C’est le travail de chaque
citoyen qui développera ce pays.

Tata Inkipa : Merci fiston. Nous causerons à ton retour. Et je te réserve une surprise.

LE SIDA, OSONS EN PARLER !

Au Congo, comme dans beaucoup de pays d’Afrique, d’Amérique, et même


d’Europe, les survivances traditionnelles (tabous) empêchent les parents d’aborder le
thème de la sexualité avec les enfants. Le programme scolaire pour sa part, n’offre
pas toujours aux jeunes l’occasion de poser toutes les questions sur le sujet.

La position officielle des églises sur les questions telles la contraception,


l’usage de préservatif, et autres, n’est pas toujours clairement définie. L’union de la
jeunesse protestante et l’union de la jeunesse catholique se sont constituées en
réseau pour assurer aux adolescents et aux jeunes la formation nécessaire pour leur
permettre d’aborder la vie d’adultes, en particulier la vie sexuelle, en personne
avertie et responsable.

En effet, beaucoup de jeunes (chrétiens y compris) avaient une fausse


perception du sida. Au-delà d’un Syndrome Imaginaire pour Décourager les
Amoureux (SIDA), les chrétiens s’imaginaient qu’ils ne pouvaient attraper le sida car
ils étaient protégés par le Saint-Esprit. Certains pensent que l’usage du condom est
un péché ; que le sida est dû à l’excès de rapport sexuel, une maladie de la
prédestination (fatalité) ; une maladie qui atteint les riches, les prostituées et les
homosexuels, …
10

Le travail réalisé au cours de diverses activités menées a favorisé une


évolution positive dans la perception du sida auprès des jeunes sensibilisés. En effet,
ceux-ci considèrent actuellement le sida comme un problème de société et non plus
un problème touchant une certaine catégorie de personnes. Ils l’ont déclaré en ces
termes : « Si vous pensez que le sida c’est l’affaire des autres, vous risquez de vous
retrouver avec les autres ; comme la bombe, le sida tue tous, jeunes et vieux … »

La campagne qui a déjà touché plus de vingt mille jeunes se poursuit et devra
atteindre d’ici fin 1997 plus de cinquante mille jeunes et adolescents. Le leitmotiv de
la campagne reste la prévention : il n’existe en ces jours ni vaccin, ni traitement
contre le sida. Mais une information adéquate et un comportement sexuel
responsable permettront de freiner la propagation du sida et partant de se sauver de
millions de vies.

MON ONCLE

Quand je me rendais à Tindican, c’était le plus jeune de mes oncles qui


venait me chercher. Il était le cadet de ma mère et, avec ses quinze ans, il aurait pu
passer pour mon grand frère. Sa gentillesse à mon égard était incroyable et mes
parents n’hésitaient jamais à me confier à lui. Il me prenait par la main et
raccourcissait ses pas, si bien que notre route nous prenait régulièrement quatre
heures au lieu de deux ! Quatre heures de marche en savane, ce devait être bien
ennuyeux, pensez-vous. Du tout ! Nous avions nos distractions et nos jeux qui
faisaient passer le temps bien vite. Ici habitait notre lièvre que nous délogions de son
gite ; là, dans le baobab, criaillait une bande de vautours qui s’envolaient à notre
approche étendant leurs grandes ailes. Au fond d’une vallée, il y avait aussi ce petit
bois où nous rencontrions une bande de singes.

Vers le milieu du chemin mon oncle s’arrêtait. « Alors, tes petites jambes,
pas trop fatiguées ? A ton âge je crois que j’aurais aimé me reposer une peau. « Nous
cherchions un bon arbre qui nous protégerait de son ombre. Alors il me parlait de la
ferme et me donnait les dernières nouvelles : « Tu sais, notre vache a donné son
veau la semaine passée. – Il est beau ? – Magnifique ! »

L’HERITAGE

Le vieux chef Samba était mort, laissant trois fils, Momar, Birame et
Moussa, auxquels il avait laissé tous biens. Les funérailles de Samba furent
grandioses ; on en parla dans tous les pays. Après le deuil qui dura toute une lune,
11

les fils de défunt décidèrent d’ouvrir les autres contenant l’héritage paternel. Celle de
Birame était le plus légère ; il l’ouvrit et y trouva des bouts de ficelle … Celle de
Moussa était la Plus lourde, il l’ouvrit et la vida sur le sol ; il en sortit de la poussière
d’or et d’énormes pépites. Momar enfin ouvrit la sienne, y plongea la main et en
retira du sable, rien de sable …

« Je ne comprends pas, dit Moussa, cette affaire est pour moi un mystère,
plus j’y réfléchis, moins j’en vois la signification. Père nous aimait tous d’un amour
égal ; pourquoi me laisser à moi, le plus jeune, tout cet or et vous en priver ? – je
crois, repartit Birame, que notre père vous a laissé ses biens sans savoir le temps de
nous en préciser la destination. Rappelez –vous, il nous a montré les outres et nous
avons prises au hasard. Allons trouver les anciens et demandons –leur de nous
éclairer. »

LE LABOUREUR ET SES ENFANTS

Travaillez, prenez de la peine :


C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche laboureur, s’entend sa fin prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parlant sans témoins.
« Gardez –vous, leur dit –il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents :
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août :
Creusez, fouillez, bêchez : ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse. »
Le père mort, les fils vous retournent le champ,
Deçà, delà, partout : si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort,
Que le travail est un trésor.

LE FILS DE TAILLEUR DE PIERRE


12

Ma mère avait du mal à nous nourrir : moi, mon frère aveugle, une petite
sœur et maman, c’était bien des dents autour d’un pain. Je me sentais courageux et
déjà fort. Je dis à ma mère : « Donne les outils de mon père. »

Elle me les donna, en pleurant de les revoir.

Je descendis aux villages de la vallée et je dis : « qui est –ce qui veut que je
tire de la pierre pour lui ? Je ne travaillerai rien que pour mon pain. »

On essaya et on m’envoya à la carrière.

Je commençais à travailler. Je ne remontais que la samedi soir à la maison


et je rapportais à ma mère le peu d’argent que j’avais gagné et le peu de pain que
j’avais épargné dans la semaine.

Ma mère m’embrassait et me disait : « Quel malheur que tu n’aies pas les


bras, car tu as le cœur de ton père ! Ah ! Nous étions si heureux ensemble. »

LOBIKO, DEMOISELLE D’HONNEUR

Aujourd’hui Lobiko s’est levée de grand matin : ne doit – elle pas être
demoiselle d’honneur au mariage de son amie très chère ?

Lobiko s’est lavée avec grand soin le visage et les mains, elle s’est brossé les
dents, s’est parfumée et a revêtu sa plus jolie blouse de soie verte et deux pagnes à
grands ramages chatoyants. Hier déjà, elle avait demandé à Marguerite de lui faire
une jolie chevelure tressée dans laquelle elle a glissé ce matin une garniture de
perles. Un ravissant foulard brodé, un collier, des bracelets…, vraiment, Lobiko est
jolie, jolie ! Sur son passage, les gens se retournent. Un gamin a même commencé à
crier : « Lobiko, Lobiko ooo kitoko ooo » et tous les gamins du quartier ont repris en
chœur : « Kitoko oo Lobiko … cocorico ! » Furieuse, Lobiko s’est retournée. « Voulez –
vous vous taire, vilains gamins ! » Croyez – vous que les gamins se sont tus ?
« Cocorico, cocorico ooo Loboko ! ... » Lobiko s’est baissée pour leur jeter des pierres
et … Son joli foulard tombé. Taquin, le vent s’est emparé du bon foulard ; le voilà qui
s’envole et retombe dans une grande flaque d’eau : les gamins se sont saisis da
trophée et se sont enfuis de toute la vitesse de leurs jambes. Pauvre Lobiko ! Vas –tu
aller au mariage tête nue ? Vous devinez que les garnements se sont plu à raconter
l’histoire à tous les habitants du quartier !
13

MON FILS SERA MEDECIN !

Matho était un de meilleurs élèves au Collège. C’est un esprit littéraire et


critique, mais très faible pour les choses pratiques. Nous avons conseillé à Matho de
s’orienter vers la section littéraire. Le petit, se connaissant bien, était d’accord avec
nous. Pourtant deux jours après, son père est venu nous voir « Mon fils, dit-il, ne peut
pas étudier les lettres. Moi durant toute ma jeunesse, je rêvais d’être médecin.
Comme je n’ai pas eu cette chance là, à mon fils de la tenter. Il doit être médecin. Il
faut donc qu’il s’oriente dès à présent vers la section scientifique. » Nous avons
beaucoup discuté avec le père de Matho, lui présentant tous les bulletins antérieurs
de son fils pour lui faire comprendre qu’il prenait un risque en voulant orienter son
enfant vers les sciences. Il a rejeté tous nos arguments.

Quelques jours plus tard, Matho est passé nous saluer et nous a informés que
son père lui avait trouvé une inscription en scientifique dans un notre collège. Malgré
nos regrets, le petit s’est vu contraint de partir. Là, il semble qu’il travail doublement
comme lui a conseillé son père, mais il ne réussit plus avec 80 ou 70%. Il se contente
désormais de réussir avec 60% et parfois même 50 % !

Nous l’avons rencontré dernièrement à une fête du collège et nous avons


échangé quelques propos avec lui. En tout cas, le petit Matho n’est plus cette élite
qu’on enviait. Il est devenu élève moyen, un élève quelconque… « J’accomplis la
volonté de mon père ! », nous a-t-il fait entendre avec humour6.

IL VOULAIT TOUJOURS GAGNER

Après le coup de penalty contre son équipe, Kala renverse son ami et quitte le
terrain. L’arbitre intervient, le match continue et tout se termine bien. Le soir au
réfectoire, Kala ne parle à personne, il ne mange même pas. Le lendemain matin, il
est toujours fâché. Contre tout le monde, on dirait. Les autres ne comprennent pas.
Le match a opposé deux classes du collège, et même si lui était le capitaine d’une
équipe, pourquoi doit-il en faire son problème personnel ? L’affaire a été portée à
l’Abbé Directeur de l’internat. Le verdict est tombé : Kala est exclu du collège.
S’adressant aux élèves qui ont estimé que la mesure était trop dure, l’Abbé s’est
expliqué :
- Un enfant qui n’accepte pas la défaite dans un jeu, un simple jeu de football,
opposant deux classes
14

de son école, c’est un danger public pour l’avenir. Vous n’avez pas vu à la TV ces
jeunes qui ont cassé tout dans la ville, à commencer par le stade, parce que leur
équipe a été battue ? Faut-il encourager des comportements pareils ? N’avez-vous
pas entendu par la presse que quelque part en Afrique un président de la République
a promis de mettre tout à feu s’il venait à perdre les élections ? Ces sentiments,
jeunes gens, commencent à l’enfance par les petites choses comme les jeux. Après
ce discours, tous les enfants ont compris et personne n’a osé protester.
- Pour une fois le Directeur de l’internat a raison, a commenté le doyen des
élèves. Nous lui avons donné des balles pour nous abattre. Et tout cela parce
qu’il y a un Kala qui veut toujours gagner, toujours avoir et jamais perdre,
jamais encaisser. Qu’il paie seul sa facture.

EBOLA A KIKWIT
Mupeka – Cher ami, Lambu, veux-tu me parler brièvement de ce que vous aviez
appelé Ebola ici à Kikwit ?
Lambu – Mon cher, l’histoire est longue. Je sais que tu étais à Kinshasa pendant la
fièvre Hémorragique Virale a ravagé la population de Kikwit.
Mupeka – Nous avons appris par la radio et la télévision que Kikwit était attaqué par
cette maladie très mortelle. Mais il n’était pas possible d’avoir des
nouvelles précises des familles parce que la ville était en quarantaine.
Lambu – tu parles, mon cher ! Dieu merci de nous retrouver vivants. C’était partout
une panique généralisée. Aux moi d’avril-mai 1995, on a enregistré un
grand nombre de décès. Curieusement, tous les morts présentaient
presque les mêmes symptômes.
Mupeka – De quels symptômes s’agissait-il exactement ?
Lambu – Nous pouvons citer : une diarrhée rouge, des maux de tête, une fièvre en
plateau, des douleurs articulaires, une faiblesse intense, des
vomissements, des coliques abdominales. Cinq à sept jours après, des
saignements au niveau des gencives et du nez ; une rougeur des yeux,
des taches rouges sur le tronc, sur l’avant-bras…
Mupeka – Lambu, excuse-moi de t’interrompre. Comment alors de ces signes
cliniques en est-on arrivé à penser à Ebola ?
15

Lambu – Il y a eu d’abord beaucoup de rumeurs. Certains pensaient à une


malédiction due au vol d’un diamant, d’autres voyaient dans cela le sort
d’un voleur de gibier dans l’assommoir d’autrui. Ainsi, tous ceux qui
avaient bénédiction de ce diamant ou d’un morceau de ce gibier,
devraient mourir.
Mupeka – Et toi, as-tu cru à ces rumeurs ? Je ne comprends pas que le vol commis
par une personne puisse entrainer la mort de toute une population !
Lambu – Justement ! Il fallait donc une explication scientifique au phénomène. Ce qui
a conduit le Docteur Kipasa, médecin Directeur de l’Hôpital Général de
Référence de kikwit, à appeler au secours le Professeur Docteur Muyembe
Tamfum de Kinshasa, spécialiste en virologie, pour étudier le cas sur
place.
Mupeka – Qu’est-ce que le Docteur Muyembe a dit ?
Lambu – Après examens et tests au laboratoire, le Docteur a diagnostiqué et informé
la population qu’il s’agissait du virus mortel et très contagieux de la fièvre
Hémorragique Virale Ebola.
Mupeka – comment a-t-il alors sauvés la population ?
Lambu – Avec ses collègues médecins nationaux et étrangers, ils ont sensibilisé la
population et pris les mesures de protection suivantes : ne pas être en
contact avec le sang, les urines, les vomiques les secrétions des sujets
infectés ou suspectés ; éviter la manipulation des cadavres ou de leurs
vêtements ; se laver les mains avec du savon après chaque promenade.
Mupeka – Il parait qu’il y a eu des respecapés ?
Lambu – Effectivement. Les docteurs Beya, Palata etc. Miracle pour certains. En fait,
les médecins ont injecté le sang de convalescents aux malades qui
étaient hospitalisés et mis en quarantaine au Pavillon III. Le Bilan publié à
la fin de l’épidémie, c’est-à-dire à la date du 24 août 1995 présentait un
total de 315 cas dont 244 décès soit un taux de mortalité de 77%

A TABLE
Joël rentre de l’école juste quand ses petites sœurs se mettent à table.
Joël – Quel est le menu1, maman ?
Maman – Tu le sais bien, toi ! C’est le plat dont tu raffoles 2.
Joël – Oui, mais une surprise est possible !
Maman – Va à table. Tu le sauras. Et aide tes sœurs à bien se tenir.
16

Joël – Fais attention, Rachel à la manière de te servir ! En se servant, le


premier pense au dernier et le dernier au premier. Dina, tiens ton couteau
de la main droite et la fourchette de la main gauche.
Dina – Merci, Joël.
Rachel – Qui t’apprend tout cela ?
Joël – Papa me le lisait dans le livre : Les bonnes manières.
Maman – (entre avec un plat fumant) Bon appétit, les enfants.
Rachel – Merci, maman.
Joël – Du riz aux haricots! Hum! Que c’est délicieux 4 ! Merci beaucoup,
maman.
Dina – Et la source est très bien assaisonnée5!
Maman – Merci. Et que désirez-vous pour le dessert ?
Joël – Pour moi, quelque chose d’un peu amer : un pamplemousse, par
exemple.
Rachel – Moi, je voudrais un fruit acide. Et toi, Dina ?
Dina – Moi, ton gâteau-là qui sentait le brulé.
Maman – C’est pour tout de suite.
Les enfants – Merci, maman (la maman sort).
Maman – (qui revient) Débarrassez la table. Déposez les assiettes à la cuisine, sur
l’évier. Je vous sers le dessert.

LES BONNES HABITUDES

Alain n’est pas parti aux cours parce que le chauffeur n’est pas venu le
chercher. Son père ne veut pas entendre ce motif et s’est décidé : « désormais le
chauffeur ne te prendra plus. Tu devras te débrouiller en bus. De toutes les façons,
ton y est à vingt minutes d’ici. S’il n’y a pas de bus, tu y vas à pied. Moi, j’ai fait cela
pendant toutes mes études à partir de six ans, je n’en suis pas mort »

Cela fait deux semaines qu’Alain fait la nouvelle expérience. Tantôt en bus,
tantôt à pied. Il n’en est pas encore mort et parait ne pas trop s’en faire. Ce matin,
comme pour se moquer de lui sa mère lui a dit « tu commences à devenir un homme
comme ça » il lui a répondu « c’est vous qui m’aviez habitué au véhicule, vous
vouliez donc que je devienne une femme ? » Et il est sorti sur cette note-là avec un
ami de son âge qu’il a découvert sur le chemin de l’école, à pied comme lui.

Vous aimerez peut-être aussi