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Comprendre la Contrefaçon en Droit

Transféré par

Hamdi Salmouna
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Première partie : LA DETERMINATION DE LA

Contrefaçon.

-a) l’appréhension de la contrefaçon :


Le droit d’auteur offre en principe aux créateurs une protection suffisante pour
maintenir le dynamisme et la rentabilité des activités de conception, d’élaboration
et de diffusion des œuvres de l’esprit.

Néanmoins, les enjeux sont immenses, l’atteinte à la propriété soit plus


généralement l’usurpation du bien d’autrui faisant l’objet d’interdits sociaux, quel
que soit l’ordre normatif dans duquel la prohibition puise son discours fondateur,
cette atteinte se désigne par un terme spécifique dénommé l’acte de contrefaçon.
Longtemps vu comme un épiphénomène touchant les marques de luxe et quelques
chansons ou films, la contrefaçon constitue aujourd’hui une quasi pandémie contre
laquelle se mobilisent les autorités publiques de la plupart des Etats et les
organisations internationales. Selon l’expression employée par un rapport récent de
l`OCDE1, la contrefaçon est << une maladie généralisée qui affecte un large
éventail de secteurs industriels et qui peut avoir des effets dévastateurs sur la
société dans son ensemble>>

En effet, en raison de la diversité des droits de propriété intellectuelle, il n’existe


pas en droit tunisien, à proprement parler de définition juridique unique de la
contrefaçon, en réalité, on trouve un certain nombre de textes spécifiques
instaurant ainsi autant d’actions en contrefaçon que de droits a protéger tel que la
loi n° 2001-21 du 6 février 2001, relative à la protection des dessins et

1
Organisation de coopération et développent économique
modèles industriels dans son article 24 2, aussi la loi n° 2001-36 du 17
avril 2001, relative à la protection des marques de fabrique, de
commerce et de services dans son article 443 et la Loi n° 2000-84 du 24 août
2000, relative aux brevets d'invention dans son article 824. Cet ensemble de textes
n’offrent pas une définition claire de la contrefaçon, a l’échelle international on
trouve la définition adoptée par l’organisation mondiale du commerce (OMC) dans
l’article 51 de l’accord sur les aspects des Droits de Propriété Intellectuelle qui
touchent au commerce : << les marchandises de marque contrefaites s`entendent
de toutes les marchandises, y compris leur emballage, portant sans autorisation
une marque de fabrique ou de commerce qui est identique à la marque de fabrique
ou de commerce valablement enregistrée pour lesdites marchandises, ou qui ne
peut être distinguée dans ses aspects essentiels de cette marque de fabrique ou de
commerce, et qui de ce fait porte atteinte aux droits du titulaire de la marque en
question en vertu de la législation du pays d’importation, les marchandises pirates
portant atteinte aux droits d’auteur s’entendront de toutes les copies faites sans le
consentement du détenteur du droit ou d’une personne dument autorisée par lui
dans le pays de production et qui sont faites directement ou indirectement a partir
Dun article, dans les cas où la réalisation de ces copies aurait constitué une
atteint au droit d’auteur ou à un droit connexe en vertu de la législation du pays
d’importation. >>.

2
. -`` Toute atteinte portée aux droits du titulaire d’un dessin ou modèle industriel tels que définis par l’article 4 de la

Présente loi, constitue un délit de contrefaçon et engage la responsabilité civile et pénale de son auteur.``

3
. - ``Toute atteinte portée aux droits du propriétaire de la marque constitue une contrefaçon engageant la responsabilité civile et

pénale de son auteur.``

4
. ``- Toute atteinte portée aux droits du titulaire du brevet, tels que définis à l'article 46 de
la présente loi, constitue un délit de contrefaçon.``
En droit français, l’article L335-2 du Code propriété intellectuelle (CPI) indique
que :<< Toute édition d'écrits, de composition musicale, de dessin, de peinture ou
de toute autre production, imprimée ou gravée en entier ou en partie, au mépris
des lois et règlements relatifs à la propriété des auteurs, est une contrefaçon et
toute contrefaçon est un délit.>>. La contrefaçon de brevets est définie comme
l’atteinte portée aux droits du breveté. L’article L. 615-1 du CPI énonce en effet
que : « Toute atteinte portée aux droits du propriétaire du brevet, tels qu’ils sont
définis aux articles L. 613-3 à L. 613-6, constitue une contrefaçon ». Il y a donc en
principe contrefaçon de brevet lorsqu’un tiers, qui n’a pas le consentement du
titulaire du brevet, exploite de façon directe ou indirecte l’invention telle que
définie par au moins une des revendications du brevet.

Quant à la doctrine on trouve plusieurs définitions de la contrefaçon tel que le :<<


fait pour un autre que le titulaire d’un droit de propriété intellectuelle ou son
licencié d’exploiter ce monopole, portant ainsi atteinte aux droits de son titulaire,
la contrefaçon est un délit correctionnel. Elle constitue aussi un fait générateur de
responsabilité civile. >> 5, aussi la contrefaçon implique :<< une reproduction
brutal et complète de la marque>> du moins << dans sa partie essentielle et
caractéristique>>6 c’est une reproduction << a l’identique ou au quasi-
identique de tout ou partie de la marque d’autrui. >>7

Par reproduction on vise << l’exécution matérielle ou la fabrication d’un signe


identique à la marque d’autrui, sans que la personne réalisant cette copie ait à cet
effet obtenu l’autorisation du titulaire de la marque. Il peut s’agir soit de la

5
Guillien, Raymond, et al. « Lexique Des Termes Juridiques » Sous
la direction de Serge Guinchard, Gabriel Montagnier
6
Pouillet
7
Albert Chavanne et Jean-Jacque Burst : Droit de la propriete intellectuelle.
fabrication de la marque elle-même…soit de la fabrication du matériel servant à
apposer les marques>>8

La contrefaçon est donc un délit qui consiste à porter atteinte sous quelque forme
que ce soit aux différents droits de la propriété intellectuelle et industrielle
regroupant les dispositions applicables à la propriété littéraire et artistique d’une
part et a la propriété industrielle d’autre part. c’est un délit particulier qui emporte
plusieurs spécificités. En effet l’un de ces spécificités c’est que la nature d’atteint
sur les droits se diffèrent selon les types de la propriété, d’abord la doctrine est
unanime qu’il ne saurait s’agir de contrefaçon lorsque la reproduction incriminée
ne reproduit pas servilement la reproduction invoquée, dans cette hypothèse, il y a
reproduction pure et simple de la propriété intellectuelle d’autrui, une reproduction
brutale et complète, cependant il convient de constater que cette audace trop osée
est rarement rencontrée en pratique spécialement dans le domaine des marques.
Pour cette raison la jurisprudence ancienne a assimilé la reproduction quasi-
servile(quasi-identique), non visée par la législation actuelle, a la reproduction
servile(identique), c’est lorsque la marque reproduite ne présente par rapport à la
marque originale que différence si légère quelle laisse subsister l’apparence d’une
identité totale entre les marque. Cela nous permet de dire que la contrefaçon
s’apprécie par les ressemblances et non les différences.

Ensuite, la contrefaçon peut être totale ou partielle, la contrefaçon partielle consiste


non dans la reproduction totale de la propriété déposée, mais dans la reproduction
de certains éléments déposes et protégeables.

Quelle soit servile ou quasi-servile, totale ou partielle la partie reproduite de la


propriété invoquée doit être essentielle et caractéristique, c’est à dire quelle retient
à elle seul l’attention de la clientèle, il ne saurait y avoir de contrefaçon lorsqu’on
8
Plasseraud et Dehaut: Marques création valorisation protection
reproduit un élément secondaire qui ne joue aucun rôle déterminant dans le
pouvoir d’attraction de la propriété. Dans ce sens la cour d’appel de Tunis a décidé
<< qui y a contrefaçon de marque de fabrique lorsque celle-ci a été reproduite
dans ses éléments essentiels et caractéristiques abstraction faite de la possibilité de
confusion>>9.

Ainsi, la contrefaçon prend plusieurs formes, le plus souvent, la contrefaçon de


droits d’auteur consistera en reproductions ou représentations non autorisées de
l`œuvre. Mais l’auteur est également habilité à poursuivre d’autre formes de
contrefaçon tel que le débit, l’exportation et l’importation d`ouvrages
contrefaisants, cela vise toute commercialisation illicite de reproduction d`œuvres
couverts par un droit d’auteur. On trouve aussi l’atteinte aux éventuelles mesures
de protection mises en œuvre, c’est le fait de porter atteinte aux mesures de
neutralisations ou de suppressions et le fait de supprimer ou de modifier les
éléments d’information électronique d’identification des œuvres concernées. On
trouve aussi le cas de la violation du droit moral de l’auteur qui est un cas
controversées car la doctrine semble hostile a l’idée que la contrefaçon peut être
constituée par la seul atteint aux attributions d’ordre intellectuel et moral conférés
à l’auteur.

Les particularités de la contrefaçon permettent de la distinguer des délits voisins,


en effet en distingue entre la contrefaçon et l`imitation de la marque mentionné
dans l’article 23-b de la loi n° 2001-36 du 17 avril 2001 relative à la
protection des marques de fabrique, ce délit consiste à emprunter des
éléments de la marque d’autrui sans les reproduire exactement et à
s’en rapprocher au point de créer un danger de confusion dans l’esprit
du public avec la marque imitée. Ce qui distingue la contrefaçon de

9
Cour d’appel de Tunis, n`25-237 du 9-6-1965
l`imitation c’est quelle existe même si l’acteur na pas l’intention de
créer cette confusion tant qu’à limitation. L’intention de créer une
confusion dans l’esprit de public est une condition de l’existence de
l’infraction.

On distingue aussi entre la contrefaçon et les quasi-contrefaçon,


surtout que pendant ces dernières années, la quasi-contrefaçon a pris
une tournure particulière pour le droit d’auteur et les droits voisins.
Parmi les quasi-contrefaçon on trouve les atteintes au savoir-faire 10
qui
est un bien intellectuelle non approprié par un régime de propriété
intellectuelle, la sanction de ces atteintes ne relève pas du régime de
la contrefaçon mais du droit commun : dans le cadre de l’action civile,
le régime de la responsabilité civile et dans le cadre de l’action pénale,
le régime de l’abus de confiance.

On trouve aussi la concurrence déloyale qui est la présence des


commerçants qui proposaient à la vente des produits dont les
similitudes de présentation s’inscrivaient, ce délit et la contrefaçon se
rapprochent de façon que couramment en France l’action en
concurrence déloyale est exercée conjointement avec l’action de
contrefaçon dans le cadre d’une action subsidiaire mais ils se diffèrent
car la concurrence déloyale ne constitue pas une atteint sur un droit de
la propriété intellectuelle. Enfin on a les indications de provenance qui
sont <<des signes distinctifs spécifiques qui orientent le
consommateur>>11, malgré que le législateur français adopte des
solutions procédurales similaires dans l’action en contrefaçon et
l’action civile des atteints sur indications de provenance mais il ne faut
pas les confondre.

10
Nicolas BInctin -Droit de la propriété intellectuelle p.925
11
Nicolas BInctin -Droit de la propriété intellectuelle p.933
On peut conclure que la contrefaçon est toute atteinte aux droits
d’auteur qu`elle soit partielle ou totale, servile ou quasi-servile, ou s’il
s’agit d’une reproduction pure et simple ou brutal et complète. Mais
pour plus comprendre cette infraction on doit dégager les éléments
constitutifs de la contrefaçon.

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