Etat Ena
Etat Ena
L'Etat est la forme la plus élaborée de la vie commune d'une société humaine. Il exerce son pouvoir par le biais
du gouvernement. L'Etat dispose d'un certain nombre de monopoles comme l'utilisation légitimée de
la contrainte physique (pour faire respecter le loi), la collecte des impôts...
Par extension, l'Etat désigne l'ensemble des institutions et des services qui permettent de gouverner et 25
d'administrer un pays : ministères, directions, régions, préfectures, départements, communes, villes,
délégations, administrations déconcentrées ou décentralisées. L’Etat en tant qu’institution s’écrit toujours avec e
majuscule, avec miniscule c’est n’est plus l’Etat, l’état de quelque chose, du corps, de l’athmosphère par exemple.
1. Etat-nation : l'Etat coïncide avec la nation définie en fonction d'une identité commune et qui lui confère sa
légitimité.
Etat-Providence : conception de l'Etat qui met l'accent sur le rôle particulièrement important de celui-ci en matière
de redistribution des richesses, de régulation de l'Economie, d'assistance aux plus défavorisés et de fourniture de
biens collectifs.
Etat sénégalais : L'Etat sénégalais, le régime politique de l'Etat sénégalais", promulgue sa nouvelle constitution
succédant à celle de France en 1960.
La CEDEAO, l'UMOA, l’UA sont des organisations supranationales constituées d'Etats membres, mais elle-
même n'est pas un Etat car elle ne possède que certains de ses attributs.
Etat fédéral : forme d'Etat souverain dans lequel des entités territoriales, appelées Etats fédérés, disposent
d'une large autonomie et d'une organisation étatique complète respectant le principe du partage
des pouvoirs avec le niveau fédéral.
Chaque entité membre de la fédération possède son propre gouvernement, un statut et des pouvoirs garantis
par la Constitution fédérale, mais reconnait dans le gouvernement fédéral une autorité supérieure et
commune à tous les membres.
Les Etats qui composent une fédération ne disposent ordinairement d'aucun pouvoir en matière de politique
étrangère et n'ont pas, au sens du droit international, le statut d'États indépendants. Ils n'ont généralement pas
le droit de faire sécession unilatéralement.
La forme d'organisation de l'Etat fédéral est appelée le fédéralisme et s'oppose à l'Etat unitaire.
Exemples d'Etats fédéraux : Les Etats-Unis, l'Allemagne, la Suisse, la Belgique, la Russie, l'Inde, le Brésil,
l'Australie, le Nigeria, etc.
4. L'Etat unitaire, Etat dans lequel les pouvoirs politiques se trouvent concentrés à un seul
niveau (l'autorité centrale), peut prendre une forme plus ou mois souple selon le degré de décentralisation mise en
place.
3. 1. Etat centralisé
L'Etat unitaire centralisé assure et garantit à tous les citoyens une loi identique sur l'ensemble du territoire par
la centralisation du pouvoir en un seul échelon. L'autonomie des collectivités territoriales est très réduite. Du point
de vue juridique, il n'existe qu'une seule personne morale de droit public, l'Etat.
Dans un Etat centralisé, la déconcentration correspond à un découpage du territoire
en circonscriptions administratives (région, département, sous-préfectures) où sont nommés des représentants de
l'Etat (ex : gouverneur, préfets et sous-préfets) qui disposent de compétences et de pouvoirs au nom de l'Etat.
Cette organisation de l'Etat a été celle du Sénégal depuis 1960 jusqu'au mouvement de décentralisation engagé depuis
1972 avec la mise en place des communautés rurales.
3. 2. Etat décentralisé
L'Etat unitaire décentralisé accorde certaines compétences et latitudes d'action aux collectivités territoriales,
considérées comme compatibles avec le principe d'identité de la loi. Mais il conserve un pouvoir de contrôle de
la légalité et de l'opportunité des actes administratifs des collectivités territoriales.
Exemples : le Sénégal, la France, l'Espagne, L'Italie. 25
3. 2. 1.
Au Sénégal, dans le respect de l'unité nationale et de l'intégrité du territoire, les collectivités locales sont : le
département, la commune et la ville. Elles sont dotées de la personnalité morale et de l'autonomie financière
et s'administrent librement par des conseils élus au suffrage universel. Elles ont pour mission : la conception,
la programmation et la mise en œuvre des actions de développement économique, social et environnemental
d’intérêt local.
Les collectivités locales sont seules responsables, dans le respect des lois et règlements, de l'opportunité
de leurs décisions.
Elles associent en partenariat, le cas échéant, à la réalisation des projets de développement économique,
social et environnemental, les mouvements associatifs et les groupements à caractère communautaire
dans le respect de l’équité de genre. Elles règlent, par délibérations, les affaires de leurs compétences,
concourent avec l'Etat, à l'Administration et à l'aménagement du territoire, au développement
économique, éducatif, social, sanitaire, culturel et scientifique ainsi qu'à la protection et à la mise en
valeur de l'environnement et à l'amélioration du cadre de vie. L'Etat exerce les missions de souveraineté,
le contrôle de légalité des actes des collectivités locales, assure la coordination des actions de
développement et garantit la cohésion et la solidarité nationales ainsi que l'intégrité du territoire.
4. 2. 1. 1. Le DEPARTEMENT :
Le département est une collectivité locale, personne morale de droit public, administré par un conseil
départemental élu au suffrage universel direct.
Compétences du département :
le conseil départemental règle par ses délibérations les affaires du département. Le département a compétence pour
promouvoir :
- le développement économique,
- éducatif, social, sanitaire, culturel et scientifique,
- réaliser les plans départementaux de développement,
- organiser l'aménagement du territoire, dans le respect de l'intégrité, de l'autonomie et des attributions des
autres collectivités locales. Il peut engager des actions complémentaires de celles de l'Etat et des autres collectivités
locales situées dans la région circonscription administrative, dans les domaines et les conditions fixés par la loi.
Le conseil départemental
Le bureau du Conseil départemental est formé :
- Président,
- deux vice-présidents,
- deux secrétaires élus parmi les conseillers. Les conseillers sont élus au suffrage universel direct à un tour avec
une liste majoritaire et une liste proportionnelle.
La durée du mandat est de 5 ans, de même que la durée du bureau.
Le bureau forme de droit 4 commissions :
- 1. Commission des affaires administratives, juridiques et du règlement intérieur ;
- 2. Commission de l'éducation, de la santé et de la population, des affaires sociales et culturelles, de la jeunesse
et des sports ;
- 3. Commission des finances, du plan et du développement économique ;
- 4. Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire, des domaines, de l'urbanisme et de
l'habitat.
3. 2. 1. 2. La COMMUNE
25
La commune est une collectivité locale crée par décrêt, personne morale de droit public. Elle regroupe les
habitants du périmètre d'une même localité composé de quartiers et/ou de villages unis par une solidarité
résultant du voisinage, désireux de traiter de leurs propres intérêts et capables de trouver les ressources
nécessaires à une action qui leur soit particulière au sein de la communauté nationale et dans le sens des intérêts
de la nation.
Le conseil municipal, composé de conseillères et de conseillers municipaux élus pour cinq ans au suffrage
universel direct, est l'organe délibérant de la commune. Il élit, en son sein :
- le maire et,
- un à 10 adjoints selon la taille de la population, ne pouvant pas dépasser ce chiffre, quelle que soit la taille de la
population.
- un secretaire municipal, qui assiste aux réunion, mais n’a pas voix délibérante au Conseil.
Son bureau est composé du maire et des adjoints élus, pour la durée du mandant. Les membres du bureau, en
raison des responsabilités qui leur sont dévolues, doivent savoir lire et écrire dans la langue officielle (français).
Fonctionnement des organes de la commune.
- Le maire est le représentant de la collectivité locale, il est chargé, sous le contrôle du conseil municipal :
1. de conserver, d'entretenir et d'administrer les propriétés et les biens de la commune et de faire, en conséquence,
tous actes conservatoires de ses droits ;
2. de gérer les revenus, d’adminitrer les services communaux et la comptabilité communale ;
3. de préparer et de proposer le budget, d'ordonnancer les dépenses et de prescrire l'exécution des recettes ;
4. de diriger les travaux communaux ;
5. de veiller à l'exécution des programmes de développement financés par la commune ou réalisés avec sa
participation ;
6. de pourvoir aux mesures relatives à la voirie municipale ;
7. de souscrire les marchés, de passer les baux des biens et les adjudications des travaux communaux selon les
règles établies par les lois et règlements ;
8. de passer, selon les mêmes règles, les actes de vente, d'échange, de partage, d'acceptation de dons ou legs,
d'acquisition, de transaction, lorsque ces actes ont été autorisés par le conseil municipal ;
9. de représenter la commune en justice ;
10. de prendre, à défaut des propriétaires ou des détenteurs du droit de chasse préalablement mis en demeure, toutes
les mesures nécessaires à la destruction d'animaux déclarés nuisibles par les lois et règlements, et éventuellement de
requérir les habitants avec armes et chiens propres à la chasse de ces animaux, de surveiller et d'assurer l'exécution
des mesures ci-dessus et d'en dresser procès-verbal ;
11. de veiller à la protection de l'environnement, de prendre en conséquence les mesures propres, d'une part, à
empêcher ou à supprimer la pollution et les nuisances, d'autre part, à assurer la protection des espaces verts et, enfin,
à contribuer à l'embellissement de la commune ;
12. de nommer aux emplois communaux ;
13. d'apporter assistance aux lieux de culte ;
14. et, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal. Le maire ou son délégué représente
l'administration communale dans tous les conseils, commissions et organismes dans lesquels sa représentation est
prévue par les lois et règlements en vigueur.
Dans sa circonscription, le maire est le représentant du pouvoir exécutif auprès de la population. A ce titre, il
est chargé sous l'autorité du représentant de l'Etat :
1. de la publication et de l'exécution des lois, des règlements et des décisions du pouvoir exécutif ;
2. de l'exécution des mesures de sûreté générale ; 25
3. les fonctions spéciales qui lui sont attribuées par les lois et règlements.
L'Etat peut céder aux collectivités locales tout ou partie de ses biens meubles ou immeubles relevant de son
domaine privé, ou passer avec ces collectivités des conventions portant sur l'utilisation desdits biens. La
cession par l'Etat des biens meubles et immeubles cités à l'alinéa premier du présent article notamment des
immeubles bâtis ou non bâtis aux collectivités locales pour leur permettre d'exécuter leurs missions et d'abriter
des agences décentralisées ou des équipements collectifs, peut être opérée, soit à l'initiative des collectivités
locales, soit à l'initiative de l'Etat.
L'Etat peut, soit faciliter aux collectivités locales l'accès à la pleine propriété de tout ou partie des biens
meubles et immeubles relevant de son domaine privé, soit affecter simplement le droit d'usage à ces
collectivités locales de certains de ses biens meubles et immeubles.
Pour les projets initiés sur le domaine public maritime et le domaine fluvial par les personnes physiques, les
collectivités locales ou toute autre personne morale, il est requis l'autorisation du conseil départemental, après
avis de l’organe délibérant de la commune où se situe le projet. Cette délibération est soumise à l'approbation
du représentant de l'Etat.
Pour les projets ou opérations initiés par l'Etat sur le domaine public maritime et sur le domaine fluvial, soit
dans le cadre de l'exercice de la souveraineté, soit dans l'optique de la promotion du développement
économique et social, l'Etat prend la décision après avis des conseils départemental et municipal sauf
impératif de défense nationale ou d'ordre public. L'Etat communique la décision pour information aux
conseils départemental et municipal.
Dans les zones du domaine public maritime et du domaine public fluvial, dotées de plans spéciaux
d'aménagement approuvés par l'Etat, les compétences de gestion sont déléguées par ce dernier aux
départements et communes concernés respectivement pour les périmètres qui leur sont dévolus dans lesdits
plans. Les redevances y afférentes sont versées aux collectivités locales concernées.
Les actes de gestion qu'elles prennent sont soumis à l'approbation du représentant de l'Etat et
communiqués, après cette formalité, aux conseils départemental et municipal pour information.
Le domaine public artificiel reste géré par l'Etat. Toutefois, l'Etat peut transférer aux collectivités locales,
suivant des modalités de classement qui sont fixées par décret, la gestion des monuments historiques. Les
communes sont chargées de la gestion de la voirie non classée située à l'intérieur du périmètre communal.
4. 1. 4. Du domaine national
Les projets ou opérations initiés sur le domaine national par une personne physique, une collectivité locale où
toute autre personne morale distincte de l'Etat, sont établis conformément aux dispositions de la loi sur le
domaine national. Pour les projets et opérations qu'il initie sur le domaine national, l'Etat prend la décision
après avis des conseils locaux concernés, sauf impératif de défense nationale ou d'ordre public. Cette 25
décision est communiquée, pour information, aux conseils locaux concernés.
Les terrains du domaine national sis dans les communes peuvent être immatriculés au nom de l'Etat et affectés
aux communes en tant que de besoin, notamment pour servir d'assiette à des projets d'équipements collectifs.
La propriété des terrains immatriculés reste à l'Etat dans le cadre des lotissements des terrains du domaine
national des zones urbaines. Toutefois, la commission d'attribution des parcelles issues de ces lotissements est
présidée par le maire. La composition des membres de cette commission est fixée par décret. Les décisions de
la commission font l'objet d'un acte portant attribution de parcelles aux affectataires. Cet acte est soumis à
l'approbation du représentant de l'Etat.
Pour tout projet ou opération de la compétence de l'Etat dans les zones urbaines, à l'exclusion de terrains à
usage d'habitation, celui-ci prend la décision après avis du conseil départemental et du conseil municipal
concernés. Cette décision est communiquée au conseil départemental et conseil municipal concernés. Les
terres du domaine national à vocation agricole situées dans les zones urbaines sont gérées conformément aux
dispositions de la loi sur le domaine national concernant les zones urbaines, en tout ce qui n'est pas contraire
aux dispositions de la présente loi.
Lorsque des terres précédemment situées dans des zones pionnières sont reversées dans des zones de terroir,
l'Etat conserve la gestion des parties des zones pionnières ayant fait l'objet d'un aménagement spécial et y
exerce les prérogatives nécessaires quant à leur mode de gestion. L'Etat peut affecter ou céder tout ou partie de
ces zones d'aménagement spécial, suivant des critères fixés par décret, à des personnes physiques, des
collectivités locales ou à toute personne morale, pour la réalisation de projets de développement économique
et social.
4. 2. 1. Compétences du département
4. 2. 2. compétence de la commune :
5. 3. 1. Compétences du département :
4. 1. Compétences du département
5. 1. Compétences du département
Le département reçoit les compétences suivantes :
♦ la promotion et la valorisation des sites et monuments historiques ;
♦ la participation à la recherche et à la découverte des vestiges préhistoriques ou historiques ;
♦ la création et la gestion d’un orchestre départemental ;
♦ la gestion d’un musée départemental ;
♦ la création et la gestion d’établissements socioculturels, de bibliothèques ;
♦ la création et la gestion d’orchestres, d’ensembles lyriques traditionnels, de corps de ballets et de troupes de
théâtre ;
♦ la promotion de la culture nationale et locale ;
♦ la conservation des sites et monuments historiques.
9. 2. : compétences de la commune
6. 1. Compétences du département
♦ la construction et équipement des écoles élémentaires, préscolaires, écoles communautaires de base et écoles
franco-arabe ;
♦ Participation à la gestion et à l’administration des écoles élémentaires, préscolaires, daaras, écoles
communautaires de base et écoles franco arabes ;
♦ Recrutement de personnels d’éducation et de formation pour les classes préscolaires communautaires et des
centres d’éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes ;
♦ l’appui aux Daaras ;
♦ les soutiens scolaires ;
♦ L’allocation et la répartition de bourses et d’aides scolaires ;
♦ le recrutement et prise en charge des personnels d’appoint des écoles élémentaires, préscolaires, des écoles
franco arabes et écoles communautaires de base ;
♦ la promotion des langues nationales et de la tradition orale ;
♦ Le recrutement d’alphabétiseurs ;
♦ La formation des formateurs et alphabétiseurs ;
♦ le soutien à la formation professionnelle ;
♦ la participation à l’acquisition de manuels et de fournitures scolaire pour les écoles élémentaires,
préscolaires, écoles communautaires de base et écoles franco-arabe.
♦ élaboration et mise en œuvre du plan communal de lutte contre l’analphabétisme.
11. De la planification
7. 1. Compétence du département
7. 2. Compétence de la commune
♦ l’élaboration et l’exécution du plan de développement communal (PDC), en articulation avec les Plan de
développement de la ville ;
♦ la mise en œuvre du contrat plan avec l’État pour la réalisation de projets de développement.
1. 7. De l’aménagement du territoire
1. 7. 1. Compétence du département
Le département élabore et met en œuvre son schéma d’aménagement du territoire.
7. 2. Compétences de la commune
- La commune donne son avis sur le projet du schéma d’aménagement du territoire du département et en
assure l’opérationnalisation des options.
7. De l’urbanisme et de l’habitat
7. 1 : Compétences du département
le département reçoit les compétences suivantes :
♦ l’approbation des schémas directeurs et d’urbanisme (SDAU) ; 25
♦ le soutien à l’action des communes en matière d’urbanisme et d’habitat.
7. 2. Compétences de la commune
2. 2. 1. 3. La VILLE
3. 2. 1. 3. 1. 1. Le conseil de la ville est l'organe délibérant de la ville. Il est composé des conseillères et des
conseillers désignés, pour cinq ans, ils sont issus des conseils élus dans les differentes communes composant
la ville, il n’y a pas d’élection, mais désignation à partir des conseils municipaux déjà élus dans les
communes.
Pour déterminer le nombre d’adjoints, il faut ajouter un par trances de 30 000 hts sans que cela ne puisse
dépasser cinq.
L'élection du maire de la ville qui suit le renouvellement général du conseil de la ville a lieu huit jours après
celle des maires des communes constituant la ville.
Les fonctions de maire de ville et de maire de commune sont incompatibles.
4. 2. 1. 3. 2. Compétences de la ville
3. 2. 1. 3. 4. Le secrétaire général de la ville est nommé par le maire, après avis consultatif du représentant
de l'Etat, parmi les agents et fonctionnaires de la hiérarchie A de la fonction publique, ou de niveau
équivalent, dans des conditions précisées par décret. Il assiste aux réunions du bureau, avec voix
consultative. Le maire met fin à ses fonctions dans les mêmes formes.
Dans le cas où les intérêts particuliers du maire se trouvent en opposition avec ceux de la ville, le conseil
désigne un autre de ses membres pour représenter la ville, soit en justice, soit dans les contrats.
3. 2. 1. 3. 5. Les décisions et les arrêtés du maire de la ville ne sont exécutoires qu'après avoir été portés à
la connaissance des intéressés, par voie de publication et d'affichage, toutes les fois qu'ils contiennent des
dispositions générales et, dans les autres cas, par voie de notification individuelle. La publication est constatée
par une déclaration certifiée par le maire de la ville. La notification est établie par le récépissé de la partie
intéressée ou, à défaut, par l'original de la notification conservé dans les archives du siège de la ville. Les
actes pris par le maire de la ville sont enregistrés à leur date dans un registre spécial tenu au siège de la ville.
Il en est fait dépôt à la préfecture.
Le maire de la ville exerce la police des routes dans l'intérieur des agglomérations, mais seulement en ce qui
concerne la circulation sur lesdites voies.
3. 2. 1. 4. 1. 2. Vote et règlement
Le budget de chaque ville est proposé par le maire, voté par le conseil de la ville et approuvé par le
représentant de l'Etat.
En tout ce qui concerne les modalités d'approbation du budget de la ville, des budgets annexes des services
publics à caractère industriel ou commercial ou des établissements publics de la ville s'appliquent les
dispositions du CCL.
25
2. 1. 4. 1. 2. 1. Les recettes de la ville :
a) Les produits des impôts directs ci-après, perçus sur le territoire de la ville :
- la contribution des patentes et la taxe complémentaire y afférente ;
- la contribution foncière sur les propriétés bâties.
2. Toutefois, les recettes citées ci-dessous, sont perçues par la commune si les redevables exercent leurs
activités dans les infrastructures et équipements marchands. Les modalités d'assiette et de perception de ces
impôts ainsi que leurs taux sont déterminés par la loi.
Les produits des centimes additionnels à la contribution des patentes perçues par la ville. L'absence de toute
nouvelle proposition vaut reconduction du maximum fixé l'année précédente. Les centimes sont perçus sur les
mêmes rôles que ceux de la contribution à laquelle ils s'appliquent. Pour assurer la trésorerie des villes, l'Etat
leur consent au début de chacun des deux premiers trimestres de l'année financière, une avance égale à 25 %
des recouvrements effectués au cours de la dernière gestion connue au titre des impôts directs énumérés au
paragraphe 1er du présent article.
d) Les produits des taxes sur les distributions d'essence, de gas-oil ou de tous autres carburants. Ces taxes
directes et indirectes, dont les modalités d'assiette et de perception ainsi que les taux maxima sont déterminés
par la loi, sont créées par délibération du conseil de la ville dans les conditions prévues au titre
- 60 % du produit des amendes prononcées par les tribunaux correctionnels ou de simple police pour les
contraventions et délits commis sur le territoire de la ville ;
- produits des services de la ville ;
- remboursement des frais d'hospitalisation du personnel ;
- produits des expéditions des actes administratifs ;
- droit de séjour de cercueil au dépositoire ; 25
- produits des pompes funèbres et tarifs pour l'élévation de monument au cimetière.
3. 3. Les contrôles
4. 3. 1. Contrôle de légalité
Les actes pris par les collectivités locales sont transmis au représentant de l'Etat auprès, du département ou de
la commune, lequel en délivre aussitôt accusé de réception. La preuve de la réception des actes par le
représentant de l'Etat peut être apportée par tout moyen. L'accusé de réception qui est immédiatement délivré
peut être utilisé comme preuve. Pour les actes ci-dessous énumérés, le représentant de l'Etat dispose d'un délai
de quinze jours pour en demander une seconde lecture. Cette demande revêt un caractère suspensif, aussi bien
pour le caractère exécutoire de l'acte que pour tout délai de procédure contentieuse. Sont concernés par ces
dispositions les actes suivants :
- les délibérations des conseils ou les décisions prises par délégation des conseils ;
- les actes à caractère réglementaire pris par les collectivités locales dans tous les domaines qui relèvent de
leur compétence en application de la loi ;
- les conventions relatives aux marchés ainsi que les conventions de concession ou d'affermage de services
publics locaux à caractère industriel ou commercial ;
- les décisions individuelles relatives à la nomination, à l'avancement de grade ou d'échelon d'agents des
collectivités locales ;
- les décisions individuelles relatives aux sanctions soumises à l'avis du conseil de discipline et au
licenciement d'agents des collectivités locales. Ces actes sont exécutoires de plein droit, quinze jours après la
délivrance de l'accusé de réception, sauf demande de seconde lecture de la part du représentant de l'Etat, et
après leur publication ou leur notification aux intéressés. Ce délai de quinze jours peut être réduit par le
représentant de l'Etat à la demande du président du conseil départemental ou du maire.
Les décisions réglementaires et individuelles prises par le président du conseil départemental ou le maire
dans l'exercice de leurs pouvoirs de police, les actes de gestion quotidienne pris au nom des collectivités
locales autres que ceux mentionnés ci-dessus sont exécutoires de plein droit dès qu'il est procédé à leur
publication ou à leur notification aux intéressés, après transmission au représentant de l'Etat.
Par dérogation au caractère exécutoire des actes, restent soumis à l'approbation préalable du représentant de
l'Etat les actes pris dans les domaines suivants :
- les budgets primitifs et supplémentaires ;
- les emprunts et garanties d’emprunts ;
- les plans de développement des collectivités locales ;
- les conventions financières de coopération internationale comportant des engagements d'un montant fixé par
décret ;
- les affaires domaniales et l’urbanisme ;
- les garanties et prises de participation dans des sociétés privées exerçant des activités d'intérêt général à
participation publique ;
- les marchés supérieurs à quinze (15) millions pour les petites communes, 50 millions pour les autres trois
cents (300) millions pour communes capitales régionales et les villes de Dakar, cent (100) millions pour les
départements, et les contrats de concession d'une durée supérieure à trente ans.
Ces délibérations et décisions sont transmises au représentant de l'Etat. L'approbation du représentant de
l'Etat est réputée tacite si elle n'a pas été notifiée à la collectivité locale dans le délai d'un mois à compter de 25
la date de l'accusé de réception par le représentant de l'Etat. Ce délai d'un mois peut être réduit par le
représentant de l'Etat à la demande du président du conseil départemental ou du maire.
Le représentant de l'Etat défère à la Cour Suprême les actes qui lui sont transmis dans le cadre de la
procédure normale. qu'il estime entachés d'illégalité, dans les deux mois suivant leur transmission. Cette
juridiction doit se prononcer dans un délai maximum d'un mois. Ces actes déférés au juge ne sont pas
susceptibles de recours hiérarchique. Sur demande du président du conseil départemental ou du maire, le
représentant de l'Etat l'informe de son intention de ne pas déférer au juge administratif un acte qui lui a été
transmis en procédure normale. Lorsque le représentant de l'Etat défère un acte au juge administratif, il en
informe par écrit sans délai le président du conseil départemental ou le maire et lui communique toutes
précisions sur les illégalités invoquées à l'encontre de l'acte incriminé.
Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de sursis à exécution. Il est fait droit à cette
demande si l'un des moyens invoqués dans la requête paraît, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier
l'annulation de l'acte attaqué. Lorsque l'acte attaqué est de nature à compromettre l'exercice d'une liberté publique
ou individuelle, le Président de la Cour suprême ou un de ses membres délégué à cet effet prononce le sursis dans
les quarante huit heures. La Cour suprême peut, sur sa propre initiative, prononcer le sursis à exécution pour tout
marché public que lui transmet le représentant de l'Etat aux fins d'annulation.
Le Gouvernement soumet chaque année, à l'Assemblée nationale, qui en débat au cours de sa première session
ordinaire, un rapport sur le contrôle de légalité exercé l'année précédente à l'égard des actes des collectivités
locales.
Le président du conseil départemental ou le maire peut déférer à la Cour Suprême, pour excès de pouvoir, la
décision de refus d'approbation du représentant de l'Etat prise dans le cadre de ses compétences. Ces recours font
l'objet de la procédure. L'annulation de la décision de refus d'approbation par la Cour suprême, équivaut à une
approbation dès notification de l'arrêt à la collectivité locale.
Sans préjudice du recours direct dont elle dispose, si une personne physique ou morale est lésée par un acte
mentionné auprès du représentant de l'Etat qui peut déférer l'acte en cause devant la Cour Suprême dans les
deux mois suivant sa saisine par la personne physique ou morale lésée. Ces actes déférés ne sont pas
susceptibles de recours hiérarchique.
Le juge des comptes juge l'ensemble des comptables publics des collectivités locales, ainsi que les
comptes des personnes qu'il a déclarées comptables de fait. Les comptes des collectivités locales dont la
population n'excède pas 15 000 habitants et dont le montant des recettes ordinaires figurant au dernier compte
administratif est inférieur à un montant fixé par décret, font l'objet, sous réserve des alinéas ci-après, d'un
apurement administratif par les trésoriers-payeurs régionaux à l'exception de leurs propres comptes de gestion.
Les décisions d'apurement assorties, le cas échéant, de toute observation pouvant entraîner la mise en débet du
comptable sont transmises par le trésorier-payeur régional à la Cour des Comptes. La mise en débet du
comptable ne peut être prononcée que par le juge des comptes. Pour les comptes soumis au régime de
l'apurement administratif et qui ne font pas l'objet d'observations sous réserve des recours éventuels et du droit
d'évocation du juge des comptes, les arrêtés des comptes des trésorierspayeurs régionaux emportent décharge
définitive du comptable.
Le trésorier-payeur régional adresse au juge des comptes tous les arrêtés de décharge qu'il a pris. Le juge
des comptes peut exercer son droit d'évocation et de réformation sur les arrêtés visés au quatrième alinéa du
présent article dans le délai de six mois à compter de la date de leur notification au comptable. Ce délai peut
être prorogé par le juge compétent une fois sans toutefois excéder six mois. Pour les collectivités locales dont
il assure le jugement effectif des comptes du comptable en application des alinéas précédents, le juge des
comptes vérifie sur pièces et, si nécessaire, sur place la régularité des recettes et dépenses décrites dans les
comptabilités des collectivités locales. Il s’assure de l'emploi régulier des crédits, fonds et valeurs. Il peut
assurer la vérification des comptes des établissements, sociétés, groupements et organismes, quel que soit leur 25
statut juridique, auxquels les collectivités locales apportent un concours financier.
Le juge des comptes concourt au contrôle budgétaire des collectivités locales. Il examine la gestion des
collectivités locales. Les observations qu'il présente en ce domaine ne peuvent être formulées sans un entretien
préalable entre le magistrat rapporteur ou le président de la section des comptes et l'ordonnateur de la
collectivité locale concernée. Lorsque des observations sont formulées, elles ne peuvent être arrêtées
définitivement avant que l'ordonnateur ait été en mesure de leur apporter une réponse écrite. Le juge des
comptes prend toutes les dispositions nécessaires pour garantir le secret de ses investigations. Les
observations définitives formulées par le juge des comptes sur la gestion d'une collectivité locale sont
communiquées par l'organe exécutif de la collectivité locale à son assemblée délibérante, dès sa plus proche
réunion. Le juge des comptes en informe le représentant de l'Etat concerné. Le juge des comptes consacre
chaque année une partie de son rapport public à la gestion des collectivités locales. Le juge des comptes
informe le président du conseil départemental ou le maire, des observations relatives à leur gestion qu'il
envisage d'insérer dans ce rapport et les invite à lui faire part de leurs réponses. Celles-ci sont publiées à la
suite de ses observations.
1. Etat fédéral : forme d'Etat souverain dans lequel des entités territoriales, appelées Etats fédérés, disposent d'une
large autonomie et d'une organisation étatique complète respectant le principe du partage des pouvoirs avec le
niveau fédéral.
Chaque entité membre de la fédération possède son propre gouvernement, un statut et des pouvoirs garantis par
la Constitution fédérale, mais reconnait dans le gouvernement fédéral une autorité supérieure et commune à tous les
membres.
Les Etats qui composent une fédération ne disposent ordinairement d'aucun pouvoir en matière de politique
étrangère et n'ont pas, au sens du droit international, le statut d'États indépendants. Ils n'ont généralement pas le
droit de faire sécession unilatéralement.
La forme d'organisation de l'Etat fédéral est appelée le fédéralisme et s'oppose à l'Etat unitaire.
Exemples d'Etats fédéraux : Les Etats-Unis, l'Allemagne, la Suisse, la Belgique, la Russie, l'Inde, le Brésil,
l'Australie, etc.
Par exemple en matière de loi, États-Unis et au Canada, par exemple. La Cour suprême a alors une compétence très
large dans les domaines judiciaire et politique.
Aux Etats-Unis, la loi est une compétence partagée entre les cours t’Etats et la Cour suprême, instituée par Article
III de la Constitution, est le tribunal de dernier ressort. Siégeant à Washington, elle est compétente dans tous les
cas qui relèvent de la Constitution, des lois et des traités. A la fois cour constitutionnelle et cour judiciaire, est aussi
garante du système politique fédéral.
25
2. Finances publiques, locales et droit budgétaire
1. Notions générales
1. 1. Comment se prépare le budget de l’Etat ?
Les méthodes de prévision ont évolué et l’automaticité des méthodes anciennes a fait place aujourd’hui à
des procédés plus souples et plus précis qui permettent de tenir compte de l’évolution probable de la
conjoncture budgétaire.
Trois problèmes doivent, en l’espèce, être résolus :
* la prévision des ressources (c’est-à-dire des recettes) détermine les possibilités de charges (c’est-à-dire
des dépenses). Cela signifie que, normalement, l’Etat ne saurait dépenser au-delà de ses recettes et surtout
de ses recettes certaines.
En effet, tout comme la gestion de votre budget, vous n’êtes pas censé dépenser plus que votre salaire.
* La prévision des charges. 25
* La détermination de l’équilibre.
1. 1. 1. La prévision des ressources
L’évaluation des ressources doit être faite d’une manière aussi exacte que possible. Il faut en effet que les
rentrées se réalisent conformément aux prévisions pour que l’équilibre financier déterminé par la loi de
finances soit effectivement respectée. Le Ministre de l’Economie et des Finances, s’il utilise les informations
fournies par les autres ministères pour évaluer les produits divers, est seul pour fixer les prévisions de recettes.
Ce premier constat appelle deux remarques : tout d’abord, il ne faut pas que le Ministre des Finances soit trop
optimiste en majorant les prévisions de recettes pour avancer un budget plus « présentable ».
Il ne faut pas non plus que le Ministre des Finances soit trop pessimiste en minimisant volontairement ses
prévisions de recettes afin d’obtenir (plus facilement) un effort fiscal (plus important ?) que ne l’exige
réellement la conjoncture économique.
Afin d’éviter les risques d’arbitraire dans l’évaluation des recettes, on a longtemps préconisé des méthodes
d’évaluation automatique ; aujourd’hui celles-ci sont abonnées au profit de méthodes plus précises et plus
souples.
L’évaluation est désormais faite à partir des comptes de la nation. Plus précisément, elle est fondée sur les
budgets économiques qui tentent de prévoir l’ensemble des opérations des agents économiques.
Etablis à partir d’une projection des résultats les plus récents fournis par la Comptabilité nationale, les
budgets économiques reposent sur une série d’hypothèses, notamment le taux de croissance du produit
intérieur brut (PIB) et ses composants (production, importation) ainsi, que ses résultats (consommation,
exportation, investissement). Le taux de hausse des prix (inflation) a également une grande importance.
Outre les prévisions de variables macro-économiques, les budgets économiques retracent les effets attendus
de la politique économique choisie par le gouvernement.
Ils sont présentés au parlement avec le rapport économique et financier annoncé au projet de la loi de finances,
l’un ayant trait à l’année en cours, l’autre à l’année à venir.
Dans le rapport économique et financier qui accompagne le projet de loi de finances, un tableau explicite
la méthode suivi pour l’évaluation des recettes budgétaires : il part des évaluations de la loi de finances
antérieure, les corrige d’après les résultats obtenus en cours d’exercice, les adapte pour tenir compte des
hypothèses économiques prévues, puis les ajuste pour tenir compte des modifications législatives ou autres.
Enfin, en ce qui concerne les impôts directs, on utilise le montant des rôles émis pendant la période des douze
derniers mois et après lui avoir appliqué certaines corrections (décisions législatives nouvelles portant par
exemple sur certains tarifs…), on calcule les recettes probables pour l’année budgétaire en cours.
1. 1. 2. La prévision des charges
Les dépenses sont évaluées directement : le travail est effectué par chaque département ministériel en
collaboration avec le Ministère de l’Economie et des Finances.
Il est d’abord procédé, pour chaque ministère, au calcul des crédits nécessaires à la reconduction des moyens
prévus au budget précédent puis, le cas échéant, à l’évaluation des mesures nouvelles.
Le ministère des Finances n’ignore pas la tendance de ses collègues à majorer (systématiquement ?) leurs
demandes ; aussi un contrôle financier strict est effectué sur les prévisions effectuées par les différents
départements ministériels.
Le problème crucial qui se pose est bien évidemment de savoir dans quelle mesure le total des dépenses
prévues est lié au total des ressources prévisibles. Ministre des Finances devra assurer l’égalité rigoureuse des
dépenses et des recettes en imposant, le cas échéant des réductions de crédits, ou en exigeant des ressources
supplémentaires. C’est le problème de l’équilibre financier que la loi de finances a pour objet de déterminer.
1. 1. 3. Quel équilibre financier ?
On observera ici une évolution dans les règles suivies, et un certain assouplissement dans la détermination de
l’équilibre s’est réalisé.
A la thèse de l’équilibre rigoureux qui fut affirmée par les classiques, s’est opposée la thèse du déficit
systématique puis, progressivement, une doctrine nouvelle de l’équilibre s’est peu à peu dégagée.
1. 1. 3. 1. La thèse de l’équilibre dont jean Baptise SAY s’est fait le chantre
Longtemps, la règle budgétaire fut la règle de l’équilibre existant entre les dépenses et les recettes : c’est-à-
dire qu’une véritable égalité mathématique entre les dépenses et les recettes constituait une règle intangible en
matière de gestion budgétaire. « les classiques » transposaient dans le domaine des finances publiques le 25
principe élémentaire des finances publiques le principe élémentaires des finances privées, d’après lequel un
particulier ne doit pas dépenser plus qu’il n’encaisse, sous peine de courir à la ruine.
Le dogme de l’équilibre budgétaire a été battu en brèche lorsqu’on s’est aperçu :
- que les budgets étaient présentés et votés en équilibre, mais que leur exécution se soldait souvent par un
déficit ;
- que l’équilibre des budgets présentés était fréquemment artificiel car bien souvent les dépenses
d’investissement étaient exclues de ce budget pour en faciliter l’équilibre. Cette pratique a été appelée la
politique de « débudgétisation » des investissements. Mais ces dépenses d’investissement devraient cependant
être financées par emprunt.
Ces observations ont conduit à mettre en doute la valeur du dogme de l’équilibre budgétaire, la thèse du
déficit systématique a été avancée.
1. 1. 3. 2. La thèse du déficit systématique
Cette théorie a été développée par John Maynard KEYNEX (1883-1946). Il s’agit ici de préciser que le déficit
n’aurait pas que des effets négatifs dans la mesure où :
- Ce déficit, un jour ou l’autre être combler et l’Etat, pour ce faire, devra contracter des emprunts alourdissant
la dette publique à rembourser ;
- Un déficit systématique nuit au crédit de l’Etat.
Aujourd’hui, sous la pression de la crise économique, tous les gouvernements qui se sont succédés depuis
1980 ont pratiqué une politique de déséquilibre budgétaire. En assurant un minimum de dépenses
publiques, les gouvernements successifs souhaitaient ainsi lutter contre le chômage.
Résumé
Principes :
Les gouvernements souhaitent assurer, depuis plus de 25 ans, un minimum de dépenses publiques afin
d’assurer à la vie économique de la nation un minimum de stimulation et lutter ainsi contre le chômage.
A noter : le budget de l’Etat peut être voté en déséquilibre (contrairement au budget des collectivités locales).
Intervenant : le Ministre des Finances a un rôle prépondérant dans la coordination et dans la réalisation
budgétaire.
La loi de Finances est la traduction de la politique économique menée par le gouvernement. Le budget n’est
que sa traduction comptable stricto sensu.
1. 2. Le budget de l’Etat censé respecter certains grands principes
La loi soumet la présentation budgétaire au respect des principes traditionnels.
Ces principes sont encore de nos jours maintenus, mais la loi admet certains aménagements dans le but de
permettre au Gouvernement de rompre avec la rigidité définie par les principes au temps de la neutralité des
finances publiques.
Les aménagements déterminés vont permettre au Gouvernement de faire du budget un instrument de politique
économique.
1. 2. 1. Le principe de l’annualité
1. 2. 1. 1. La théorie
Le budget doit être présenté chaque année, c’est le principe de l’annualité. Cette durée correspond à celle de
l’année civile qui commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre. 25
Deux idées commandent ce principe :
- la première veut que pour être efficace, l’autorisation donnée par le Parlement au Gouvernement pour
encaisser les recettes et engager les dépenses, soit périodique ;
- la deuxième exige que l’action gouvernementale ne soit pas soumise à des surveillances trop rapprochées
pour ne pas rompre s continuité.
1. 2. 1. 2. Les aménagements
- les lois de programme
Si l’annuité convient aux dépenses de fonctionnement essentiellement répétitives, les dépenses
d’investissement doivent obéir à une procédure particulière.
Les travaux à effectuer sur une période supérieure à une année font onc l’objet de lois de programme. Le but
de cet aménagement est de pallier les inconvénients de l’annualité budgétaire en ce qui concerne les
investissements.
Les crédits totaux nécessaires à la réalisation complète d’une opération d’investissement autorisée par la loi
feront l’objet d’une autorisation de programme tandis que les crédits nécessaires au payement de la tranche
des travaux qui seront réalisés chaque année feront l’objet de crédits de payement ou lois de programme.
Il en résulte que l’autorisation valable sans limitation de durée sera pluriannuelle, tandis que les lois de
programme qui prévoient les crédits à inscrire dans chaque budget sont annuelles. Le principe de l’annualité
est respecté.
Les lois de finances rectificatives
Les crédits accordés peuvent être insuffisants par suite de l’inexactitude des prévisions budgétaires, on recourt
alors aux lois de finances rectificatives ou « collectifs budgétaires » qui doivent être discutés et votés par le
Parlement dans les mêmes formes que le budget de l’année ou la loi de finances initiale.
Le report de crédits
En principe le budget est annuel, les autorisations de dépenses tombent le 31 décembre et les crédits non
utilisés ne peuvent servir à couvrir des dépenses de l’année suivante. Les crédits étant spécialisés pour un
exercice déterminé sont donc annulés, s’ils sont inutilisés.
Pour éviter cette annulation et conformément au principe de la continuité des services publics, la loi prévoit la
possibilité de reporter ces crédits par simple arrêté du Ministre des Finances.
1. 2. 2. Le principe de l’unité
1. 2. 2. 1. La théorie
Le budget doit être connu dans un document unique, c’est le principe de l’unité.
Cela veut dire que budget ne doit pas se présenter dispersé qui obligent à des rapprochements.
1. 2. 2. 2. Les aménagements
Les comptes spéciaux du Trésor (voir en supra).
1. 2. 3. Le principe d’universalité
1. 2. 3. 1. Le principe
Le budget doit être sincère pour répondre au principe de l’universalité. Le budget doit additionner toutes les
ressources d’une part et toutes les dépenses d’autre part en un chiffre pour les unes et pour les autres.
Ce principe interdit donc :
* de contracter les recettes et les dépenses, c’est-à-dire qu’il interdit de ne retenir au budget le montant de la
différence entre une recette et une dépense. Les recettes et les dépenses doivent donc être décrites en totalité,
sur deux lignes différentes : c’est la règle dite de produit brut.
Ce que l’on veut éviter, c’est d’empêcher les administrations d’effectuer des dépenses au-delà des recettes
accordées par le Parlement ;
* d’affecter une recette à une dépense.
C’est là une application du principe de l’unité de l’Etat et de la solidarité nationale.
En effet, c’est l’ensemble des recettes qui doit couvrir les dépenses. D’autre part, autoriser l’affectation c’est
autoriser le Gouvernement à dépenser jusqu’à concurrence d’un montant attendu de recettes ou bien à 25
suspendre l’activité d’un service public pour insuffisance des ressources.
1. 2. 3. 2. Les aménagements
Les budgets annexes
Ils constituent un aménagement du principe de la non-affectation des recettes aux dépenses.
Ils sont à l’origine des budgets industriels qui furent très en vogue après la première guerre mondiale en France
(1914/1918 : reconstruction oblige).
En effet, certains services, bien que ne possédant pas d’autonomie financière, sont autorisés à agir sur le
volume de leurs dépenses dans la mesure où ils peuvent augmenter leurs ressources ou organiser des reports
de crédits d’une année à une autre.
La loi de finances prévoit que ces services peuvent faire l’objet de budgets annexés à celui de l’Etat.
Ces services tels que certaines agences décrivent leur activité dans un budget particulier dont le résultat est
pris en une seule ligne dans le budget de l’Etat.
Les budgets annexés ont tendance à disparaître soit en intégrant le budget général, soit en se transformant en
budget autonomes comme celui de la Poste.
1. 2. 4. Le principe de spécialité
1. 2. 4. 1. Le principe
Le budget doit être précis, c’est la règle de la spécialité
Ce principe recommande d’individualiser les dépenses dans des rubriques qui regroupent des dépenses de
même nature ou de même destination. Ces rubriques sont les chapitres budgétaires.
Chaque chapitre doit contenir des services de même nature. Un même chapitre ne peut contenir à la fois des
dépenses de personnel et des dépenses de matériel.
Cependant, lorsque des crédits de natures différentes doivent être utilisés pour la réalisation d’une même
opération et c’est le cas des crédits de recherche de l’enseignement supérieur, ces crédits sont rassemblés dans
un même chapitre.
Le chapitre demeure l’unité de base et fondamentale du budget et c’est, chapitre par chapitre que le budget est
autorisé et voté.
1. 2. 4. 2. Les aménagements
Les crédits globaux
Il s’agit surtout de crédits mis en réserve dans des comptes dits « comptes réservoirs » en attendant d’être
affectés pour telle opération.
1. 2. 5. Le principe de l’équilibre
Le budget doit être voté en équilibre dans la théorie classique des finances publiques.
L’équilibre du budget a été toujours recherché car c’est un signe de bonne gestion qui inspire la confiance à la
fois sur le plan national et vis-à-vis de l’étranger et des institutions internationales.
Cet équilibre est rarement atteint. Pour l’atteindre dans les années 1959, en France les pouvoirs publics
évaluaient d’abord le montant des dépenses à réaliser puis répartissaient ce montant sur l’ensemble des
contribuables afin de déterminer la quote-part de chacun.
On disait volontiers « l’Etat a des besoins, il doit les satisfaire pour le bonheur de tous ».
* Mais l’Etat ne peut assurer les dépenses publiques dans tous les domaines et les besoins sont illimités. Par
contre, les facultés contributives des citoyens connaissent des limites au-delà desquelles un Gouvernement ne
peut aller.
* Pour des raisons d’ordre politique, l’Etat ne peut majorer au maximum l’impôt. Il lui faut donc accorder des
priorités aux dépenses et donc doit-il faire un choix en fonction des ressources dont il dispose.
Le ministère du Budget évalue le montant des ressources totales de l’Etat et c’est en fonction de ce montant
qu’il accordera les crédits aux ministres dépensiers, dans le respect de l’équilibre budgétaire. Cet équilibre
cependant s’avère très difficilement réalisable en période de crise économique.
Si actuellement le Gouvernement manifeste sa volonté de réduire le déficit budgétaire afin de ne pas alourdir 25
la pression fiscale. Il lui est cependant impossible de supporter totalement celui-ci.
Résumé
Principes Exceptions
Annualité
* Budget voté chaque année pour une durée d’un an * Autorisation de programme en investissement
(année civile)
* Annulation des crédits non utilisés (obligation * Report de crédits en investissement
d’une nouvelle autorisation pour une utilisation
l’année suivante)
Unité
* Totalité des dépenses et des recettes inscrites dans * Multiplicité des documents budgétaires
le budget * budgets annexes
* un seul document
Universalité
Equilibre
* Evaluation sincère et équilibré des dépenses et des * le budget de l’Etat peut (et est) voté en
recettes déséquilibre !
25
1. 3. A propos de l’évolution des structures budgétaires de l’Etat, ou la nécessité de conjuguer une
nécessaire rationalisation des documents financiers afin de s’adapter à une demande sociale en
constante évolution
Disposer de documents budgétaires et comptables est, comme nous venons de le voir, une condition sine qua
non en vue d’une bonne gestion financière.
A ce titre, le principe de l’unité budgétaire présente de nombreux avantages : il permet de vérifier, grâce à un
document unique si le budget est en équilibre, apprécier l’utilité et l’urgence des dépenses et contribuer ainsi à
la mesure de l’efficacité des politiques publiques menées par le Gouvernement.
Cependant, la multiplication et l’évolution des interventions de l’Etat au XX e siècle ont entrainé une évolution
de ses structures budgétaires. Cela s’est traduit non seulement par une transformation des documents
budgétaires étatiques, mais aussi par une diversification du contenu de la loi de Finances, et enfin, (comme
nous le verrons dans le chapitre 6) pourrons nous constater un certain affaiblissement du rôle du Parlement 25
dans la procédure d’élaboration de la loi de Finances.
Cette loi fait partie du « bloc constitutionnalité », et a ainsi vis-à-vis du législateur la même force juridique
que la constitution elle-même.
« Les lois de finances déterminent la nature, le montant et les affectations des ressources et des charges de
l’Etat, compte tenu d’un équilibre économique et financier qu’elles définissent » le budget est constitué par
l’ensemble des comptes qui décrivent pour une année civile toutes les ressources et toutes les charges
permanentes de l’Etat ».
Cet article appelle plusieurs remarques !
L’article consacre la pluralité des lois de finances. Il existe en effet trois catégories de lois de finances :
* la loi de Finances de l’année, qui prévoit et autorise pour chaque année civile l’ensemble des ressources et
des charges de l’Etat :
* les lois de finances rectificatives, qui peuvent en cours d’année modifier les dispositions de la loi de
finances de l’année ;
* la loi de règlement, qui constate les résultats financiers de chaque année civile et approuve la différence
entre résultats et prévisions de la loi de finances de l’année complétée, le cas échéant, par ses lois de finances
rectificatives.
Si la loi des Finances a vocation à être un document de synthèse regroupant l’ensemble des recettes et des
dépenses publiques, la diversité des actions de l’Etat aujourd’hui, implique que celles-ci ne peuvent plus être
retracées dans un document unique.
Une distinction a été donc établie à l’intérieur de la loi de Finances annuelle entre trois catégories de budgets :
* le budget général,
* les budgets annexes,
* les comptes spéciaux du Trésor.
1. 3. 2. 1. Le budget général
Le budget général contient les données relatives aux recettes et aux dépenses de l’Etat ; à l’exception de celles
qui sont isolées dans un budget annexe ou dans un compte du Trésor.
D’un point de vue technique, les recettes budgétaires n’ont été que très peu modifiées, il en va différemment
en ce qui concerne la présentation des crédits correspondants aux dépenses prévues dans le budget général.
1. 3. 2. 1. 1. Les recettes publiques
* des recettes budgétaires très peu modifiées.
Les recettes du budget général sont constituées par des ressources de nature fiscale et des ressources non
fiscales.
Les ressources de nature fiscale occupent une place essentielle comme nous le verrons plus tard dans le
financement du budget général parce qu’elles évoluent en fonction de l’activité économique.
Conséquence du développement expotentiel du rôle de l’Etat dans la société, on peut noter qu’à ses ressources
traditionnelles (impôts et revenus du domaine public) viennent s’ajouter d’autres ressources résultant des
différentes activités qu’il assume (participation financière dans plusieurs sociétés privées ou d’économie
mixte par exemple…).
- l’impôt : que ce soit l’impôt direct ou de l’impôt indirect, il s’agit ici de la recette budgétaire par
excellence, et l’impôt est toujours destiné à la couverture d’une dépense publique. Cet impôt, direct ou
indirect précisons-le encore, présente certaines caractéristiques importantes.
C’est un prélèvement forcé relevant de la puissance publique, et l’Etat dispose d’un arsenal de mesures
contraignantes afin de de forcer l’assujetti à payer son dû fiscal. L’impôt est donc obligatoire. C’est la loi 25
qui le prévoit et il est d’usage d’affirmer que le Parlement, en votant le budget donne l’accord de la nation afin
de payer l’impôt et autorise le Gouvernement à lever.
- c’est un prélèvement légal : cette « évidence » est assurée par la constitution et l’article 1 de la loi de
Finances de l’année.
- c’est un prélèvement égalitaire : chacun paie une contribution proportionnelle à ses ressources.
Bien évidemment, l’impôt constitue pour l’Etat une recette définitive, l’Etat ne rembourse pas le prélèvement
opéré sur les revenus du contribuable (impôt direct) ou sur les achats du consommateur.
L’emprunt : on rapproche souvent l’emprunt de l’impôt, cependant, à l’inverse de celui-ci l’emprunt est
surtout une recette provisoire car le Trésor public est obligé de rembourser, avec intérêts, la somme perçue.
Les ressources fiscales sont plus productives. On peut relever que les recettes de TVA beaucoup de moyens à
l’Etat presque le double de celles de l’impôt sur les revenus des personnes physiques et l’impôt sur les
sociétés.
Les ressources du budget obéissent, par principe, à la règle classique de la non-affectation des recettes c’est à
dire qu’elles constituent des prélèvements ayant vocation à assurer la couverture globale de l’ensemble des
dépenses publiques.
De nos jours, la notion de « charges publiques » a évolué d’une manière si extraordinaire que la classification
des différentes dépenses s’appuie davantage sur la nature des charges publiques que sur leur montant, et ajoute
à la notion juridique des derniers publics une nouvelle notion de politique.
* classification des charges : on distingue traditionnellement deux catégories parmi les charges de l’Etat.
- les charges permanentes :
. les dépenses ordinaires,
. les dépenses en capital,
. les prêts et avances de l’Etat.
- complètent ces charges permanentes les opérations de trésorerie relatives aux remboursements d’emprunt.
A cette classification administrative, il peut être ajouté une nomenclature :
* dépenses de fonctionnement de l’Etat : elles couvrent les frais de fonctionnement de l’Etat moderne, c’est-
à-dire d’un Etat qui non seulement assure la sécurité intérieure et la défense extérieure, mais encore diffuse la
science, les techniques, l’information et la culture.
* dépenses de transfert : l’Etat doit opérer un transfert du revenu national des classes les plus favorisées aux
classes les moins favorisées, des travailleurs aux chômeurs, des bénéficiaires du progrès aux citoyens les plus
humbles quant à leurs ressources.
L’Etat opère ces transferts par le jeu combiné du prélèvement fiscal et de l’action des allocations ou
subventions économiques.
Ce sont surtout des dépenses d’assistance et de solidarité.
* dépenses en capital : elles correspondent non seulement aux titres du budget général retraçant les
investissements de l’Etat, mais aussi aux investissements des budgets annexes et à la majorité des prêts et
avances du Trésor.
Chacune de ces dépenses produit des effets économiques.
Les dépenses de fonctionnement représentent le coût apparent, pour l’économie productive, des services non
marchands par l’Etat à la Nation.
En fait, le coût réel de ces services est moindre car d’une part certains d’entre eux ont une rentabilité
économique certaine, et d’autres servent à soutenir la demande et par conséquent à accroitre la production.
A cette classification, il conviendrait d’ajouter les dépenses fiscales, nouvelle nature de dépenses bien qu’elles
soient des renonciations, à ressources. En effet, lorsque le Gouvernement accorde des abaissements d’impôts,
des exonérations, des allégements, c’est autant des « manque à gagner » pour le budget, et inévitablement
ces dépenses creusent davantage le déficit budgétaire.
Celle-ci n’est pas organisé par des textes, elle se déroule de janvier à septembre de l’année préparation 25
budgétaire et selon la chronologie suivante :
Janvier/février Prévision d’ensemble des dépenses et des recettes. Rédaction par la Direction du Budget des
premières esquisses budgétaires
Mi-mars Débat d’orientation budgétaire associant le Parlement à la préparation du budget, ce qui
permet aux parlementaires de s’exprimer sur les grandes orientations budgétaires.
Fin mai Les lettres de cadrage adressées par 1er le Ministre à chaque ministre établissant les
hypothèses de dépense des différents ministères.
Début juin Premières conférences budgétaires : techniciens de la Direction du Budget et représentants
des ministères confrontent leurs opinions quant aux options prises par le 1er Ministre et son
équipe.
Juillet A l’issue de ces arbitrages, chaque ministre reçoit une lettre plafond établissant précisément
les moyens dont il dispose.
Août Secondes conférences budgétaires permettant les ultimes arbitrages.
Septembre Présentation du projet de loi de Finances au conseil des ministres.
Novembre Le Parlement discute le projet de loi de Finances avant le premier mardi d’octobre.
Les parlementaires ont 70 jours pour examiner ce texte qui pourra, le cas échéant, être
amendé.
Décembre Après son adoption, la loi de Finances est publiée au plus tard le 31 décembre au journal
officiel.
1. 3. 2. 2. Les budgets annexes
Les budgets annexes sont des budgets spéciaux dont certains services publics sont dotés et auxquels on veut
donner une gestion commerciale, c’est à dire qu’on veut couvrir leurs dépenses au moyen de leurs propres
moyens.
Ces services ont leur budget propre qui est détaché du budget général ; la réglementation applicable aux
budgets annexes est la souplesse de gestion des services dotés de ce type de budget.
La loi pose le principe de l’affectation des recettes des services dotés d’un budget annexe à leurs propres
dépenses.
De plus, lorsque les ressources d’un budget annexe ne suffisent pas à couvrir la totalité des dépenses,
l’équilibre des budgets annexes peut être assuré par une subvention du budget général : celui-ci, en sens 25
inverse, bénéficie du reversement des excédents éventuels.
En principe, ce système des budgets annexes ne devrait pas qu’à des services ayant pour activité de produire
des biens et des services marchands. Ce qui n’est pas toujours vrai.
Par ailleurs, le maintien de ces budgets annexes dans la loi de finances permet de leur garantir un
fonctionnement.
L’importance des budgets annexes a beaucoup diminué depuis que le principal d’entre eux, celui de la Poste, a
été supprimé, suite à une réorganisation de ce service public.
Ceux-ci ont été créés pour retracer des mouvements de fonds provisoires. Historiquement, la création de ces
comptes est liée au fait qu’il n’est pas possible de confondre et de traiter les recettes et les dépenses publiques
définitives et permanentes d’une part, et les simples mouvements d’entrées et de sorties provisoires de fonds
des caisses de l’Etat d’autre part.
Certaines recettes par exemple n’ont qu’un caractère provisoire : les cautionnements versés par les comptables
publics en garantie contre les erreurs ou malversations et qui sont remboursés à leur sortie de fonction (par
exemple).
Cette pratique a donné lieu cependant à certains abus, ainsi dans certains cas ont été inscrits sur un compte
spécial une somme destinée à être recouvrée mais qui en pratique était irrécouvrable : telles les dépenses de
reconstruction après-guerre.
La loi encadre désormais strictement cette pratique, et ont été créés six classes de comptes spéciaux :
- Les comptes d’affectation spéciaux : qui retracent des opérations définitives ou temporaires, financés par
des ressources propres. L’un des plus importants concerne le financement des organismes publics de radio et
de télévision ;
- Les comptes de commerce : ils retracent des opérations à caractère industriel et commercial effectuées à
titre accessoire pour certains services de l’Etat ;
- Les comptes de règlement avec les gouvernements étrangers et les institutions internationales : ils
enregistrent les opérations effectuées en application d’accords étatiques internationaux ;
Les comptes d’opération monétaire : ils enregistrent les dépenses et les recettes de caractère monétaire
(vente de pièces métalliques fabriquées par la banque centrale ;
- Les comptes de prêt : qui retracent les prêts d’une durée supérieure à quatre ans consentis par l’Etat ;
Ces comptes permettent à l’Etat de consentir des prêts à des taux très avantageux à des entreprise du secteur
public et privé ;
- Les comptes d’avance : ils enregistrent les avances consenties par l’Etat aux collectivités locales et aux
organismes sociaux.
L’intégration des comptes spéciaux du Trésor dans la loi de Finances ne les empêchent pas de bénéficier d’une
grande souplesse de gestion. Certaines catégories de compte sont ainsi dotées d’autorisation de découverts. Par
ailleurs, les comptes spéciaux du Trésor dérogent à la règle de la non-affectation de certaines dépenses à
certaines recettes. Enfin, précisons que ces comptes spéciaux du Trésor n’appliquent pas de façon stricte le
principe de l’annualité.
En effet, le principe de l’annualité implique qu’au 31 décembre de chaque année toutes les autorisations
budgétaires qui n’ont pas utilisées sont annulées et ne peuvent être reportées sur le budget de l’exercice suivant.
Or, dans la pratique le solde de chaque compte spécial est en principe reporté automatiquement d’une année à
l’autre.
Ainsi, la loi de Finances est un document qui retrace l’ensemble des dépenses et recettes budgétaires.
Cependant, ce principe n’est pas toujours respecté. Depuis quelques années en effet, certaines charges de l’Etat
ne figurent plus dans le tableau retraçant l’ensemble des dépenses budgétaires ; il s’agit notamment des concours
alloués par l’Etat aux collectivités locales qui font l’objet d’un prélèvement sur recettes. C’est ainsi le cas en
matière sociale.
Cette « débudgétisation » en matière sociale notamment constitue pour l’Etat à transférer certaines charges de
systèmes sociaux spéciaux (salariés de la SNCS) au régime général de sécurité sociale.
25
Résumé
Les textes ont imposé une discipline au processus budgétaire. Le temps de discussion budgétaire a été limité,
le Gouvernement maîtrise la discussion budgétaire, le nombre de votes a été réduit, le Parlement dispose d’un
délai global de soixante-dix (70) jours.
Si, à l’issue de ce délai, le Parlement ne s’est prononcé sur le projet de loi de Finances, le Gouvernement peut
dessaisir le Parlement du projet de loi et le mettre en vigueur.
De plus, la maîtrise gouvernementale du délai budgétaire est essentiellement due au recours quasi
systématique à la procédure d’urgence telle que prévue par la Constitution.
Cette procédure prévoit que le Gouvernement peut demander la réunion d’une Commission Mixte Paritaire à
l’issue de l’examen en première lecture du projet de loi de Finances par le Parlement.
Si un compromis n’est pas trouvé, s’il n’a pas l’agrément du Gouvernement, ou si le texte proposé est refusé
par le Parlement, le Gouvernement peut laisser courir le délai de soixante-dix jours puis mettre en vigueur le
projet par ordonnance.
Il peut aussi, après une nouvelle lecture, demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement.
Il est toujours possible, de plus, pour le Gouvernement d’éviter le débat sur son projet de loi de Finances en
engageant sa responsabilité sur le fondement de la Constitution.
Résumé
Principe : le Parlementaire voit son rôle limité dans sa charge d’élaboration budgétaire, ses initiatives éventuelles
ne sauraient entraîner diminution des ressources ni création ou aggravation d’une charge.
Le Gouvernement présente d’abord son budget au Parlement qui a 40 jours pour se prononcer en première lecture.
Si le Gouvernement veut aller vite, il peut faire voter son budget en engageant devant le Parlement, la
responsabilité sur le fondement de l’article 67 de la Constitution.
25
2. L’exécution du budget de l’Etat
2. 1. Les organes chargés de l’exécution du budget
2. 1. 1. Les ordonnateurs et comptables
2. 1. 1. 1. Le principe de séparation
L’exécution des recettes et des dépenses comporte deux phases :
* une phase administrative qui correspond aux opérations de décision, de dépense ou d’établissement des
recettes,
* une phase comptable relative au paiement de a dépense ou à l’encaissement de la recette.
Deux corps d’agents publics sont chargés d’exécuter les deux fonctions.
Cette dualité correspond à une motivation technique : la division du travail en vue d’une meilleure réalisation
mais elle obéit aussi à une raison juridique : les ordonnateurs et les comptables ont des compétences et des
responsabilités différentes. 25
Historiquement, cette séparation a eu pour but de mettre un terme aux prévarications, d’éviter les détournements
de fonds. Elle est la transposition en matière financière de la règle de la séparation des pouvoirs. Les
ordonnateurs prennent des actes administratifs générateurs de dépenses et de recettes mais ils ne disposent pas
matériellement des derniers publics.
Les comptables sont chargés des opérations matérielles d’exécution : ils manient les derniers publics. Ils
exécutent les décisions des ordonnateurs mais ne sont pas leurs subordonnés.
Chacun appartient, ordonnateur et comptable, à deux catégories traditionnellement séparées comme le rappelle la
loi organique sur les Finances publiques : les fonctions d’ordonnateur et celles de comptable sont incompatibles.
2. 1. 2. La notion d’ordonnateur
Les ordonnateurs prescrivent la réalisation effective des recettes et des dépenses publiques.
Cet effet, ils constatent les droits des organismes et liquident les recettes.
En matière de dépense, ils disposent d’un pouvoir discrétionnaire pour engager, certifier, constater et liquider
les dépenses dont ils sont seuls juges de l’opportunité.
Ils sont responsables des certificats qu’ils délivrent et peuvent requérir (obliger) le comptable, de payer sous
réserve des dispositions prises par la loi.
Ils ont un rôle actif. Ils disposent de l’initiative.
Les ordres des ordonnateurs sont retracés dans des comptabilités tenues selon les règles générales définies par
le Ministre du Budget et le Ministre intéressé.
A l’exception des Ministres qui répondent devant l’Assemblée nationale, les ordonnateurs autres que les
ministres rendent compte devant le Ministre de tutelle ou devant le Conseil d’administration.
Les Ministres, s’ils violent les règles budgétaires encourent trois responsabilités : 25
* responsabilité politique : elle est rarement en cause du fait d’une irrégularité budgétaire ;
* responsabilité civile et pécuniaire : la responsabilité civile des ministres est difficile à mettre en œuvre. Le
niveau des responsabilités financières encourues ne permet pas aux ministres de dédommager l’Etat sur leur
patrimoine.
* responsabilité pénale : c’est le crime de forfaiture. « Il est interdit à peine de forfaiture et à tout autre
fonctionnaire public de prendre sciemment des mesures ayant pour objet d’engager des dépenses dépassant les
crédits ouverts ou qui ne résultent pas de la loi ».
* responsabilité disciplinaire : les sanctions disciplinaires sont celles prévues par le statut général des
fonctionnaires ;
* responsabilité pénale : la procédure de forfaiture est applicable à tous les ordonnateurs ;
* responsabilité civile et pécuniaire : si l’irrégularité commise par l’ordonnateur cause un dommage à un
particulier, ce dernier peut toujours mettre en jeu la responsabilité de l’ordonnateur.
Les comptables à compétence générale exécutent aussi bien les opérations de dépenses que les opérations de
recettes et pour tous les services de l’Etat.
Les comptables publics ont diverses attributions.
* ils prennent en charge les ordres de recettes et procèdent à leur recouvrement ;
* ils prennent en charge les ordres de dépense émanant des ordonnateurs accrédités et en assurent le payement ;
* ils payent encore les dépenses au vue des titres présentés par les créanciers ;
* ils sont chargés de la suite à donner aux oppositions et autres significations ;
* ils ont la garde des fonds et valeurs appartenant ou confiés aux organismes publics ;
*ils sont chargés de la conservation des pièces justificatives des opérations et des documents de comptabilité ;
Ils sont enfin chargés de la tenue de la comptabilité du poste comptable qu’ils dirigent.
Ils sont nommés par le Ministre des Finances ou conjointement par le Ministre de tutelle et le Ministre des 25
Finances ou seulement avec l’agrément de ce dernier, dont ils dépendent toujours.
Les comptables publics sont tenus d’exercer différents contrôles dans le cadre de l’exercice de leur
responsabilité.
Le régime applicable aux comptables est nettement plus sévère que celui qui concerne les ordonnateurs en
matière d’obligations et de responsabilités.
Les obligations des comptables publics tiennent à des contraintes fonctionnelles et à la nécessité de fournir
aux collectivités publiques dont ils relèvent d’importantes garanties.
Ils prêtent serment et la garantie financière de la collectivité est assurée par cautionnement, le privilège et
l’hypothèque légale au Trésor.
La responsabilité des comptables tient à ce qu’ils manient des derniers publics. Aussi peut-on craindre de leur
part non seulement des irrégularités budgétaires, mais aussi des malversations.
C’est ce qui explique la sévérité du régime de responsabilité qui est établi à leur encontre
La responsabilité des comptables est d’autant plus facile à mettre en jeu qu’ils n’ont pas, comme les
ordonnateurs, de liberté d’appréciation ou de choix à exercer ; ils doivent se borner à appliquer la loi. Aussi,
toute irrégularité de leur part est-elle rapidement décelée et sanctionnée.
Les procédés de mise en œuvre de la responsabilité des comptables sont rigoureux.
L’appréciation de la responsabilité des comptables publics est fondée exclusivement sur des critères objectifs,
c’est-à-dire des faits tels, qu’ déficit de casse ou l’omission d’une recette, ou des manipulations frauduleuses
susceptibles de recevoir une qualification pénale.
Cependant le comptable dont la responsabilité a été engagée et déclarée en débet, peut, en cas de force
majeure obtenir sa décharge totale ou partielle de sa responsabilité.
2. 2. Le trésor public
3. 2. 1. Considération générale 25
Le Trésor public constitue un service du Ministère des Finances, sans personnalité juridique propre, et qui
s’incarne dans la Direction de la comptabilité publique. La première nommée est chargée de la conception de
la politique de Trésorerie de l’Etat, la seconde de son exécution.
Le « Trésor » est en effet le Trésorier de l’Etat. C’est sa mission première, il gère l’ensemble des mouvements
de fonds.
La Direction du Trésor et de la Comptabilité publique (DTCP) doit gérer pour le compte de l’Etat une
disponibilité de trésorerie suffisante pour que l’Etat puisse effectuer ses dépenses et encaisser ses recettes. La
difficulté majeure de ce service est de faire coïncider autant que possible l’encaissement des recettes et le
règlement des dépenses. Pour ce faire le Trésor public a recours à des emprunts à court terme.
De plus, le Trésor public est chargé d’alimenter les caisses de l’Etat en devises, il achète, vend et emprunte en
monnaies étrangères et la BCEAO est ici son intermédiaire principal.
Il est enfin « assureur de l’économie » en garantissant certains emprunts au nom de l’Etat, ou peut-il accorder
également des garanties dans le domaine du commerce extérieur.
Les correspondants obligatoires du Trésor sont ceux qui doivent, en application des dispositions législatives
ou règlementaires déposer des fonds disponibles au Trésor public. C’est le cas des services de l’Etat disposant
d’un budget annexe ou bien encore des collectivités locales.
Notons également les flux financiers drainés ici par la Caisse des Dépôts et de Consignation.
Les autres correspondants du Trésor sont constitués par des organismes ou des personnes qui ont des caisses
distinctes de celles de l’Etat mais qui, en vertu de convention ou spontanément, versent leurs fonds au Trésor
public.
Il faut avoir à l’esprit que toutes ces valeurs peuvent être utilisées par le Trésor pour combler les déficits
budgétaires de l’Etat.
Ceci est la conséquence d’un principe essentiel en Finances publiques : l’unité de caisse.
L’ensemble des fonds déposés au Trésor public est versé dans une caisse unique et a vocation à être utilisés
par l’Etat pour financer ses besoins financiers.
2. 2. 2. 2. Le recours à l’emprunt
Résumé
Le principe de séparation des ordonnateurs et des comptables est un principe majeur en Droit des
Finances Publiques. Il s’agit de séparer, pour des raisons d’efficacité et de sécurité celui qui est à l’origine la
dépense et/ou de la recette, et celui qui manie les fonds publics.
La responsabilité professionnelle et pécuniaire du comptable peut, en cas d’acte illégal accompli par celui-ci,
être mise en jeu de façon très rigoureuse.
Le Trésor public est le trésorier de l’Etat, c’est sa fonction première : il s’assure du bon encaissement des
recettes de l’Etat afin d’assurer les dépenses de celui-ci.
Le Trésor public n’a pas la personnalité morale. Ses correspondants obligatoires sont notamment les
collectivités locales, les services de l’Etat disposant d’un budget annexe : ses correspondants « facultatifs »
sont ceux qui spontanément, ou en vertu d’une convention déposent leurs fonds au Trésor public.
L’ensemble des fonds déposés au Trésor public, en vertu du principe de l’unité de caisse ont vocation à être
utilisés par l’Etat pour financer ses besoins. 25
2. Les opérations budgétaires
Toute opération budgétaire qu’elle soit de recette ou de dépense comporte deux phases : l’une administrative,
l’autre comptable, au cours desquelles se manifestent successivement l’ordonnateur et le comptable.
2. 2. 1. 1. Opérations de recettes
Phase administrative
La phase administrative concerne l’assiette de la recette ou de dépense qui comprend 4 phases :
* le fait générateur : c’est l’acte qui fait naître une créance déterminée au profit de l’Etat, de la collectivité
locale ou de l’établissement public ;
* constatation et liquidation de la créance : constater une créance, c’est attribuer à la suite du fait
générateur, la qualité de la créance, c’est calculer le montant exact de la somme que le débiteur aura à payer ; 25
*l’établissement du titre de perception : le titre de perception ou titre de recette constatent l’un et l’autre
la recette, mais lorsque c’est l’ordonnateur principal qui émet le document, il s’agit d’un titre de recette alors
que le document est qualifié de titre de recettes alors que le document est qualifié de titre de perception
lorsqu’il est émis par un ordonnateur secondaire. L’un et l’autre matérialisent la créance. En matière d’impôts
directs, le titre de perception le plus connu, c’est le rôle d’imposition (liste nominative énonçant le nom des
contribuables, du département avec indication du montant de l’imposition pour chacun d’eux) ;
* phase comptable : il s’agit du recouvrement, c’est-à-dire l’ensemble des opérations qui vont permettre
l’encaissement par le comptable, des sommes correspondantes aux créances de l’Etat. Le comptable est tenu
de faire toutes les diligences nécessaires pour recouvrir les créances. Il doit en cas de non-paiement, engager
et exécuter les poursuites. Pour les recettes fiscales : elles doivent être recouvrées dans un délai de quatre ans.
Le débiteur doit s’acquitter intégralement de sa dette sans possibilité pour lui de contracter avec une créance
dont il serait lui-même titulaire contre l’Etat.
2. 2. 1. 2. Opérations de dépenses
« Avant être payées, les dépenses sont engagées, liquidées et le cas échéant ordonnées »
L’opération de dépense se déroule en cinq phases, dont quatre administratives et une comptable.
Phase administrative, elle comprend :
* l’engagement. C’est l’acte par lequel un organisme public crée ou constate à son encontre une obligation à
partir de laquelle résultera une charge. Mais l’engagement pour être générateur d’une obligation de payer doit
être suivi de la constatation du service fait. ;
* constatation du service. La constatation du service fait consiste à vérifier si une dette est véritablement née
au compte du service public. Elle consiste à vérifier si la prestation décidée a été effectuée conformément aux
prescriptions du contrat en qualité et en quantité.
* liquidation. La liquidation consiste à calculer le montant exact de la dette de l’Etat. Il s’agit d’un calcul
arithmétique basé sur des données règlementaires. C’est l’opération qui a pour objet de déterminer d’une part
la nature de la dépense (dépense de personnel ou de matériel) et d’arrêter le montant de la dépense (traitement
ou vérification de facture). C’est encore l’opération qui consiste à vérifier si une créance de l’Etat a bien droit
de payement ;
* l’ordonnancement. C’est l’acte administratif qui matérialise, conformément aux résultats de la liquidation,
l’ordre de payer la dette de l’organisme public.
Phase comptable : le payement
Le payement est l’acte par lequel l’organisme public se libère de sa dette.
Le payement proprement dit, qui consiste à faire sortir des fonds de la caisse du comptable, est un acte si
grave qu’il donne lieu à plusieurs contrôles préliminaires effectués par le comptable.
En effet, la grande règle en cette matière est l’adage « qui paie mal, paie deux fois ».
Le comptable doit donc vérifier :
* dans un premier temps, si les opérations administratives ont bien été régulièrement effectuées,
* dans un deuxième temps, si le payement qu’il effectue est bien libératoire. C’est-à-dire, si la personne qui
doit recevoir le payement est bien le créancier de l’Etat, habilité à recevoir ce payement ou éventuellement sur
celles des héritiers.
En aucun cas le comptable ne pourra apprécier l’opportunité qui ressort de la seule compétence de
l’ordonnateur.
C’est l’application du principe de la séparation des ordonnateurs et des comptables.
3. 2. 2. L’enregistrement comptable
C’est le système de gestion qui a été retenu de préférence au système dit de l’exercice avec toutefois un
aménagement qualifié de journée complémentaire.
Ce système a été prévu par l’article 16 l’ordonnance de janvier 1959 avec des aménagements qui tendent à
recourir voire à supprimer la dite période complémentaire.
25
3. 2. 2. 2. La comptabilité
La comptabilité si elle doit transcrire les opérations relatives à l’exécution budgétaire pour en permettre le
contrôle doit être utilisé comme un instrument de gestion.
En effet, la comptabilité traditionnelle établie au début du 19e siècle ne reflétait que des opérations de recettes
et de dépenses, sans prendre
en compte la notion de patrimoine, c’était essentiellement un instrument de contrôle.
La comptabilité moderne utilisée dans le secteur privé devait prendre en compte les différents éléments du
patrimoine et devait en conséquence décrire à la fois les dépenses et les recettes pour dégager un résultat, mais
aussi incorporer le boni ou le déficit pour déterminer la situation de l’entreprise à un moment déterminé :
autrement dit établir le bilan.
La comptabilité devait permettre dans ces conditions, avec une analyse précise des coûts et des rendements,
une utilisation dynamique et non plus figée des résultats.
En vue de permettre une normalisation des comptabilités, le Gouvernement a chargé des spécialistes en 1947,
d’élaborer un plan comptable général appelé à constituer le cadre uniforme des écritures comptables de
toutes les entreprises et qui devait être appliqué au secteur public, par arrêté de mai 1957. Le décret du 29
décembre 1962 décidait que la comptabilité générale de l’Etat serait tenue selon ce plan comptable révisé, a
été établi et s’applique dans tous les pays liés à la France par le franc CFA, depuis 1970.
Depuis quelques années enfin, la nécessité est apparue d’harmoniser les comptabilités à intérieur de l’espace
économique ouest africain : un nouveau plan comptable révisé, a été établi et s’applique dans tous les pays de
l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine : le plan comptable SYSCOA.
Ce plan comptable, qui est un système de classement décimal, détermine des classes, des comptes, des
comptes divisionnaires, des sous-comités.
Ce plan comptable moderne retrace des opérations budgétaires, de trésorerie, patrimoniale et analytique à
l’aide de la méthode dit à partie double.
La comptabilité moderne retrace des opérations budgétaires, de trésorerie, patrimoniale et analytique à l’aide
de la méthode dit à partie double.
La classe 0 est utilisée pour des codes d’imputation provisoire.
La classe 1 regroupe les comptes de capitaux.
La classe 2 décrit des immobilisations.
La classe 3 retrace les stocks.
La classe 4 regroupe les tiers (créanciers et débiteurs).
La classe 5 enregistre les mouvements de fonds (CCP, comptes bancaires, caisses.
Les classes 6 et 7 décrivent les charges et les produits : ce sont les comptes de gestion.
La classe 8 regroupe les valeurs inactives.
La classe 9 est réservée à la comptabilité analytique.
Résumé
Recettes et dépenses de l’Etat sont constituées d’opérations séparées, précises et complémentaires.
Recettes et dépenses peuvent chacune se subdiviser en une phase administrative, puis en une phase comptable
La phase administrative de la recette est constituée de toutes les étapes visant à constater le droit de percevoir
les fonds, la phase comptable est le moment où un titre (« facture ») est émis à l’intention du débiteur, en vue
de percevoir les fonds.
La phase administrative de la dépense permet de s’assure non seulement de l’engagement pris par la personne
publique vis-à-vis d’un tiers, mais aussi de constater que cet engagement s’est réellement concrétisé (« service
fait »), afin de calculer précisément les obligations de l’Etat. La phase comptable de la dépense va permettre
de solder les obligations de l’Etat par le payement de la dette contactée initialement.
Ce payement n’est en rien précédé d’un contrôle d’opportunité.
25
2. 3. Les contrôles de l’exécution du budget
Le budget étant un acte d’autorisation, il est normal de soumettre son exécution au contrôle du Parlement qui
l’a autorisé.
D’autre part, les opérations d’exécution du budget se matérialisent essentiellement par des manipulations de
fonds qui nécessitent l’intervention des ordonnateurs et des comptables, il est nécessaire de s’assurer que ces
agents agissent bien conformément aux lois et aux règlements dans le souci constant de sauvegarder les
derniers publics.
La mise en place d’organes de contrôle est donc indispensable.
Elle répond à un double souci de sincérité et d’efficacité :
* sincérité : c’est-à-dire que l’exécution correspond bien à l’autorisation ;
* efficacité : c’est-à-dire s’assurer que les résultats obtenus correspondent bien aux charges supportées.
On distingue différents modes de contrôle suivant le moment, ou suivant le lieu, où le contrôle est effectué.
2. 3. 1. 1. Contrôles effectués dans le temps
On distingue :
* le contrôle sur place : c’est le contrôle qui se fait au siège même su service contrôlé. Il est effectué par un
fonctionnaire supérieur du comptable contrôlé ;
Le contrôle sur pièces : l’exécution du budget entraîne l’établissement d’une multitude de documents : titres
ou ordres de recettes, ordonnances ou mandats de payement, pièces justificatives, livres de comptabilité,
comptes rendus périodiques ou annuels. Les agents directement intéressés par l’exécution du budget doivent
adresser spontanément ou sur demande les documents comptables et les pièces justificatives à leurs supérieurs
hiérarchiques ou aux organes de contrôle spécialisés pour vérification et justification à postiori de leur gestion.
On distingue :
* le contrôle parlementaire,
* les contrôles administratifs, 25
* les contrôles juridictionnels.
3. 3. 2. 1. Contrôle parlementaire
Sur le plan national, les contrôles pèsent surtout sur les ministres qui sont les ordonnateurs principaux du
budget de l’Etat.
Le Parlement semble donc tout désigné pour exercer un contrôle valable sur le Gouvernement puisque c’est
lui qui autorise le budget.
Le Parlement dispose en principe de plusieurs moyens d’action :
* il peut refuser le vote du budget,
* il peut mettre en jeu la responsabilité des ministres,
* il peut les faire surveiller par les commissions parlementaires,
* il peut interpeller le Gouvernement lors de l’examen ou la discussion des lois rectificatives,
* il vote la loi de règlement.
Le vote du budget : à l’occasion du vote du budget, le parlementaire peut interroger le Gouvernement.
Mise en jeu de la responsabilité des ministres : cette responsabilité des ministres est difficilement
« sanctionnable ».
Surveillance des commissions parlementaires : dans la réalité, toutes les commissions parlementaires sont
intéressées par l’exécution du budget. Il existe cependant des commissions dites financières particulièrement
spécialisées pour :
* pouvoir demander des enquêtes,
* pour poser des questions écrites ou orales, en matière budgétaire.
Interpellations du Parlement : lors de la discussion des lois rectificatives, les parlementaires peuvent à tout
moment interpeller le Gouvernement ou tel ministre sur l’exécution du budget.
Il peut poser des questions écrites ou orales.
Il peut réduire les crédits d’un service et obtenir ainsi sa réorganisation.
Il peut refuser le vote d’une loi rectificative et marquer par le vote d’une motion de censure leur méfiance au
Gouvernement.
La loi règlement : encore appelée « loi de compte », elle constate le montant définitif des encaissements de
recettes et des ordonnancements de dépenses se rapportant à une même année.
Le projet de loi de règlement est établi par le Gouvernement et doit être déposé sur le bureau de l’Assemblé
nationale au plus tard à la fin de l’année qui suit l’exécution du budget.
Il est exécuté et ensuite voté dans les mêmes formes que le projet de loi de finances.
L’ordonnance de 1959 prévoit en outre que le projet de loi de règlement doit être accompagné du rapport de la 25
Cour des comptes.
Le contrôle du Parlement sur le Gouvernement apparaît comme un contrôle efficace et réel.
3. 3. 2. 3. Contrôles juridictionnels
Le contrôle juridictionnel est assuré par deux juridictions, dont l’une la Cour des comptes est assez ancienne
et la Cour de discipline budgétaire et financière.
2. 3. 2. 3. 1. La Cour des comptes
Sa création est subsidiarité de la Cour des comptes de l’UEMOA, qui la contrôle dans ses procédures de
contrôle. Sa création émane de la nécessité de sanctionner la régularité des comptes des comptables et pour
respecter avec clairvoyance la politique commune, surtout dans sa partie surveillance multilatérale.
Le besoin d’unité de jurisprudence préoccupe a fait que pour renforcer le contrôle parlementaire (dont les
membres n’avaient toujours, voire jamais les compétences pour la charge de contrôle qui leur était dévolue.
2. 3. 2. 3. 1. 1. Composition
La Cour peut condamner tout comptable qui apporterait un retard non justifié dans la rédaction de ses
comptes, ou dans la réponse aux injonctions formulées par elle.
Juge des comptes, la Cour rend des arrêts :
* arrêt de décharge, lorsque le compte s’avère régulier. Cet arrêt devient arrêt de quitus lorsque le
comptable quitte définitivement la fonction ;
* arrêt en avance, lorsque le comptable est reconnu créancier du Trésor. C’est-à-dire lorsque des erreurs sont
reconnues à son détriment ;
* arrêt de débet, lorsque des erreurs reconnues sont faites au détriment du Trésor. L’arrêt débet est d’abord
provisoire tant le comptable n’a pas fourni les renseignements au sujet des erreurs, il a deux mois pour
produire ses justifications. Suivant les justifications admises ou rejetées, la Cour rend alors un arrêt de levée 25
d’injonction ou au contraire un arrêt déclare un arrêt définitif le comptable en débet. C’est la procédure du
double arrêt.
Si la Cour des Comptes a une compétence très large en tant que juge des comptes des comptables, elle n’a
par contre aucune compétence juridictionnelle en ce qui concerne les ordonnateurs, dont l’action est jugée par
la Cour de discipline budgétaire.
Elle a été par la loi du 25 septembre 1948, modifiée par la loi des Finances rectificatives du 31 juillet 1963,
complétées par la loi du 13 juillet 1971 qui lui a donné la dénomination actuelle : Cour de discipline
budgétaire et financière.
Résumé
4. 1. 1. La commune Le maire représente l’exécutif. C’est lui qui prépare et qui présente le projet de budget
de la commune au conseil municipal.
4. 1. 2. Le département
Le président du conseil départemental est l’organe de l’exécutif du département. C’est lui qui prépare et qui
présente le projet de budget de la commune au conseil département.
25
3. 1. 3.
3. 1. 4.
3. 3. L’exécution du budget
Le Fonds d’équipement des collectivités locales (FECL) a été institué par la loi de 96, portant loi de Finances
1997/1998, à l’origine sous forme d’un compte d’affectation spécial pour assurer deux missions :
* consentir aux collectivités locales des prêts sans intérêts,
* octroyer des fonds de concours pour la réalisation de leurs investissements. 25
Avec la réforme de 1996, le FECL va bénéficier de dotations plus importantes pour jouer le rôle d’instrument
principal de soutien de l’Etat et des bailleurs de fonds à la politique d’investissement des collectivités locales.
Il dirigé par un comité de gestion qui se réunit périodiquement pour examiner les demandes de prêts et de
fonds de concours présentées par les collectivités locales. Traditionnellement les fonds de concours alloués
sont de deux sortes :
1) des fonds de concours ordinaires (FCO) qui sont des dotations d’équipement alloués aux collectivités
locales sans affectation précise de projets. L’Etat fixe néanmoins les critères de son obtention qui, jusqu’à une
période récente étaient des critères de bonne gestion. Les collectivités locales bénéficiaires restent toutefois,
libres de l’utilisation des fonds obtenus ;
2) des fonds de concours spéciaux (FCS) dont l’attribution n’obéit pas à des critères préétablis. Elle s’opère
le plus souvent en fonction des priorités, des orientations et des préoccupations de Gouvernement ainsi que de
la pertinence des demandes de financement présentées avec les justifications des projets (devis, plans).
Résumé
Communes, départements sont les collectivités locales. Depuis les lois de 1996 et 2015 elles ont bénéficié
d’un transfert de compétences (exercées jusqu’alors par l’Etat) qui leur permet de jouir d’une réelle
autonomie financière et économique ; cela ne signifie pas que les collectivités locales ne font pas l’objet
contrôle.
Financièrement, le budget des collectivités locales doivent être votés le 31 décembre de l’année n pour son
application à l’année n+1.
Par dérogation, ces budgets qui répondent aux grands principes budgétaires applicables aux collectivités
locales peuvent être votés au 31 mars de l’année n à laquelle elle s’applique.
Tous les actes des collectivités qui créent du Droit (délibérations et arrêtés) font l’objet d’un contrôle de
légalité administratif exercé par le représentant de l’Etat. Ce dernier a deux mois à compter de la réception
de l’acte pour exercer ce contrôle qui aboutira en cas d’une illégalité constatée à une requête émise par la
Cour suprême.
Le contrôle des comptes des collectivités locales par la Cour des Comptes se termine habituellement par
une lettre d’observation adressée à l’ordonnateur (exécutif de la collectivité locale) par le Président de la
Cour de Comptes.
1. 2. Vote et règlement
L'année financière des collectivités locales commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre.
Le budget est proposé par l'organe exécutif de la collectivité locale, voté par le conseil et approuvé par le
représentant de l'Etat.
Les budgets des services publics à caractère industriel ou commercial sont votés par le conseil de la
collectivité locale et approuvés dans les mêmes conditions que son budget général. 25
1. 3.Recettes de fonctionnement
Les recettes ordinaires des collectivités locales proviennent du produit des recettes fiscales, de l'exploitation du
domaine et des services locaux, des ristournes accordées par l'Etat ou d'autres collectivités publiques sur le
montant des impôts et taxes recouvrés à leur profit, et de la répartition annuelle du Fonds de dotation de la
décentralisation.
2. Les crédits alloués par le budget de l'Etat ou par tout autre organisme public sous forme de fonds de
concours pour grands travaux d'urbanisme et de dépenses d'équipement, suivant les devis et plans de
campagne délibérés par le conseil de la collectivité locale. 25
1. 4. Dépenses
Les dépenses comprennent les dépenses de fonctionnement et les dépenses d'investissement. Les dépenses
de fonctionnement ont un caractère permanent et permettent à la collectivité de faire face à ses charges et
obligations courantes. Les dépenses d'investissement permettent la réalisation des équipements, bâtiments et
infrastructures ainsi que l'acquisition de matériels relatifs à ces travaux.
Les dépenses de fonctionnement sont obligatoires ou facultatives. Les dépenses obligatoires sont celles qui
doivent nécessairement figurer au budget
- soit parce que la loi l'impose à toutes les collectivités locales ou seulement à celles qui remplissent certaines
conditions ;
- soit parce que, tout en laissant un caractère facultatif à la création de certains services publics ou à la fixation
des programmes de développement, la loi fait obligation aux collectivités locales d'inscrire à leur budget les
dépenses correspondantes, dès lors que ces services ont été créés ou que ces programmes ont été inscrits au
plan de développement. Les dépenses obligatoires doivent faire l'objet d'ouverture de crédits jugé suffisants
par le représentant de l'Etat, avant qu'il soit possible à la commune d'inscrire les dépenses facultatives.
Sont obligatoires, dans les conditions définies par l'article précédent, les dépenses suivantes :
1. 4. 4. les frais de perception des taxes locales et des revenus de la collectivité locale ;
1. 4. 5. les traitements et salaires du personnel titulaire, à l'exclusion de tout personnel contractuel et
journalier, les indemnités dont l'attribution est autorisée par les textes en vigueur en faveur des fonctionnaires
rétribués sur un autre budget et chargés de service local;
1. 4. 6. les pensions et rentes à la charge de la collectivité locale lorsqu'elles ont été régulièrement liquidées et
approuvées ;
1. 4. 7. la clôture des cimetières, leur entretien et leur translation dans les cas déterminés par arrêté de 25
l'autorité compétente ;
1. 4. 11. les dépenses d'entretien et nettoiement des rues, chemins de voirie et places publiques situés sur
le territoire de la collectivité locale et n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté de classement les mettant à la
charge des budgets autres que celui de la collectivité locale ;
1. 4. 12. les dépenses des services publics locaux légalement établis et celles à la charge des collectivités
locales résultant d'un acte réglementaire ;
1. 4. 13. les dépenses occasionnées par le défaut d’excution du président, en cas de refus ou de négligence,
de la part de l'autorité locale, des actes qui sont prescrits,
1. 4. 14. Les dépenses des services locaux de désinfection et d'hygiène dans les conditions déterminées
par la réglementation en vigueur ;
1. 4. 16. les dépenses nécessaires à la réalisation des programmes d'investissements ou des actions de
développement délibérés par le conseil et inscrits au plan de développement;
1. 4. 17. la participation au financement des projets locaux proposés par la collectivité locale et adoptés
par le comité permanent de coordination des petites aides et des projets locaux ;
1. 4. 18. les remises accordées aux chefs de village, délégués de quartier et préposés des marchés locaux.
Sont obligatoires les dépenses induites par les transferts de compétences de l'Etat aux collectivités
locales dans les conditions précisées par la loi de transfert.
Sont facultatives toutes les dépenses n'entrant pas dans les catégories obligatoires dont la nomenclature
figurant ci-dessus est limitative. Une dépense facultative ne peut être inscrite au budget que lorsqu'elle
présente un caractère d'intérêt local.
Le conseil de la collectivité locale peut porter au budget un crédit pour les dépenses imprévues. Dans
la première session qui suit l'ordonnancement de chaque dépense, l'exécutif rend compte au conseil, avec
pièces justificatives à l'appui, de l'emploi de ce crédit. Ces pièces demeurent annexées à la délibération. Ce
crédit ne peut être employé que pour faire face à des dépenses urgentes en vue desquelles aucune dotation
n'est inscrite au budget (la caisse davance des grandes communes).
Les créances dont la liquidation, l'ordonnancement et le payement n'ont pu être effectués dans le délai de
quatre ans à partir de l'ouverture de la gestion à laquelle elles appartiennent sont, sans préjudice des échéances
prononcées par les lois antérieures ou consenties par des marchés ou conventions, prescrites et définitivement
éteintes au profit des collectivités locales à moins que le retard ne soit dû au fait de l'administration ou à
l'existence de recours devant une juridiction. Le délai est de cinq ans pour les créanciers domiciliés hors du
territoire national.
25
1. 5. Comptabilité
Comptabilité de l'organe exécutif local et du comptable
Le président du conseil départemental et le maire peuvent seuls délivrer des mandats. Si après mise en
demeure, ils refusent d'ordonnancer une dépense régulièrement autorisée et liquidée, le représentant de l'Etat
prend un arrêté valant mandat, dans les conditions prévues au
Toutes les recettes locales pour lesquelles les lois et règlements n'ont pas prescrit un mode spécial de
recouvrement s'effectuent sur ordre de recette ou de reversement dressé par l'organe exécutif local sous
réserve de l'application des dispositions de l'article 128 du présent code. Les oppositions sont jugées
conformément aux dispositions du code de procédure civile relative à la procédure fiscale. Lorsque les
créances à recouvrer sont déjà constatées par un titre exécutoire, tel qu'un jugement, un contrat, un bail, une
déclaration ou tout autre titre exécutoire, l'organe exécutif local n'a pas à dresser l'ordre de recette ou de
reversement et la poursuite de la recette se fait en vertu de l'acte même. Dans ce cas, le receveur local doit être
mis en possession d'une expédition en forme du titre et il est autorisé à demander, au besoin, remise à
l'original, sur son récépissé.
Le président du conseil départemental et le maire tiennent la comptabilité des recettes et des dépenses
de la collectivité locale. Le compte administratif pour la gestion close doit être présenté au conseil qui en
délibère.
Les recettes et dépenses de la collectivité locale sont exécutées par un comptable, chargé seul et sous sa
responsabilité :
- de poursuivre la rentrée de toutes les recettes de la collectivité locale et de toutes les sommes qui lui sont
dues ;
- d'acquitter les dépenses ordonnancées par l'organe exécutif local, jusqu'à concurrence des crédits
régulièrement ouverts ;
- d'assurer la garde des fonds et valeurs.
Le comptable public est tenu de transmettre à la collectivité locale sa situation comptable mensuelle et son
compte de gestion annuel.
Les budgets et les comptes restent déposés au siège de la collectivité locale où ils sont à la disposition du
public.
Sans préjudice de l’application des dispositions du Code pénal, toute personne autre que le receveur
du département ou de la commune qui, sans autorisation légale, s'ingère dans le maniement des deniers de la
collectivité locale, est par ce seul fait, constitué comptable de fait. Elle peut, en outre, être poursuivie en vertu
des dispositions du code pénal, comme s'étant immiscée sans titre dans les fonctions publiques.
Les gestions de fait afférentes aux comptes des collectivités locales sont déférées à la Cour des
comptes et jugées par elle. Dans ce cas, les comptes du comptable, partant depuis le début de la gestion de
fait, sont transmis d'office à la Cour des comptes.
1. 7. Dons et legs
Les délibérations du conseil de la collectivité locale ayant pour objet l'acceptation des dons et legs,
lorsqu'il y a des charges ou conditions, ne sont exécutoires qu'après avis conforme du Ministre chargé des
collectivités locales et du Ministre chargé des Finances. S'il y a réclamation des prétendants à la succession,
quelles que soient la quotité et la nature de la donation ou du legs, l'autorisation ne peut être accordée que par
décret.
L'organe exécutif local peut toujours, à titre conservatoire, accepter les dons ou legs et former avant
l'autorisation toute demande en délivrance.
Les collectivités locales et leurs groupements acceptent librement les dons ou legs qui leur sont faits
sans charge, conditions, ni affectation immobilière. Dans tous les cas où les dons et legs donnent lieu à des
réclamations des familles, l'autorisation de les accepter est donnée par décret.
Dans les cas où le produit de la libéralité ne permet plus d'assurer ces charges, un décret, pris après
avis de la Cour suprême, peut autoriser la collectivité locale à affecter ce produit à un autre objet conforme
aux intentions du donateur ou du testateur. A défaut, les héritiers peuvent revendiquer la restitution de la
libéralité.
Lorsque plusieurs collectivités locales possèdent des biens ou des droits indivis, un décret institue, si
l'une d'elles le réclame, une commission composée de délégués des conseils des collectivités locales
intéressées. Chacun des conseils élit, en son sein, au scrutin secret, le nombre de délégués fixé par le décret de
création. La commission est présidée par un syndic élu par les délégués parmi eux. Une nouvelle commission
est instituée après chaque renouvellement des conseils concernés. Les délibérations sont soumises à toutes les
règles établies pour les délibérations du conseil des collectivités locales.
Les attributions de la commission et de son président comprennent l'administration des biens et
droits indivis et l'exécution des travaux qui s'y rattachent. Ces attributions sont les mêmes que celles des
conseils des collectivités locales et de leurs organes exécutifs en pareille matière. Les ventes, échanges,
partages, acquisitions et transactions demeurent réservés aux conseils qui peuvent autoriser le président de la
commission à passer les actes qui y sont relatifs.
La répartition des dépenses votées par la commission est faite entre les collectivités locales intéressées
par leur conseil. En cas de désaccord entre les conseils intéressés d'un même département, le représentant de
l'Etat compétent y procède. Si les conseils appartiennent à des départements différents, il est statué par arrêté
du Ministère chargé des Collectivités locales. La part de la dépense définitivement assignée à chaque
collectivité locale est portée d'office aux budgets respectifs.
Toute construction nouvelle ou reconstruction pour le compte de la collectivité locale ne peut être faite
que sur la production de plans et devis mis à la disposition du conseil de la collectivité locale. 25
Le budget de la collectivité locale doit comprendre les ressources nécessaires à l'exécution des travaux neufs,
de construction ou de grosses réparations à effectuer au cours de l'année financière pour laquelle il a été voté.
Le conseil détermine l'ordre de priorité de ces travaux suivant leur caractère d'urgence et de nécessité. Lorsque
la durée des travaux doit excéder une année, le conseil évalue la dépense globale nécessaire à l'exécution de
ces travaux et procède à une répartition de cette dépense par gestion budgétaire.
Lexique
Acte administratif : acte juridique qui émane d'une autorité administrative et a pour finalité l'intérêt
général. Il doit être conforme à un ensemble de règles de droit qui constituent la légalité administrative
(Cf. Hiérarchie des normes).
Un acte administratif peut être :
- individuel si les destinataires sont identifiables (Exemples : attribution d'un permis de construire,
d'un arrêté de nomination),
- réglementaire s'il est de portée générale et impersonnelle ou concerne une catégorie de personnes définie
de façon globale (Exemples : les jeunes de moins de 25 ans, les femmes ayant eu au moins 3 enfants).
Certains actes ont une portée mixte : "actes non réglementaires, non créateurs de droits" ou "décisions
d'espèce" qui délimitent un périmètre où doit s'appliquer un régime juridique spécial.
(Exemples : circonscription territoriale, déclaration d'utilité publique).
On distingue :
- l'acte administratif unilatéral (cf. ci-dessous)
- le contrat administratif
Acte administratif unilatéral
Un acte administratif unilatéral (AAU) est un acte qui fixe de nouvelles règles juridiques en créant
des droits et des obligations à l'égard des administrés, sans requérir leur consentement. Il se distingue du
contrat qui, lui, est fondé sur l'accord des deux parties.
L'acte administratif unilatéral peut parfois être pris par une personne privée lorsqu'elle est chargée de la
gestion d'un service public administratif.
L'acte administratif unilatéral bénéficie :
- de la présomption de légalité qui dispense l'administration de l'autorisation préalable du pouvoir judiciaire avant s
mise en oeuvre,
- du "privilège du préalable" qui impose aux destinataires de l'acte de s'y conformer, même si ceux-ci le
contestent devant un tribunal administratif ( Cour supreme) ou font un recours pour excès de pouvoir.
Administration : étymologie : du latin administratio, service, aide, ministère, gouvernement, direction,
gestion, administration, constitué du préfixe ad, pour, à et de ministratio, service.
Sens 1 : L'administration, dans sa définition fonctionnelle, est l'action d'administrer, d'organiser, de gérer,
des biens ou des affaires, que ce soit dans le domaine public ou privé.
Synonymes : gestion, gérance, intendance, régie.
Un conseil d'administration, constitué d'administrateurs nommés par les actionnaires, est l'organe chargé de
gérer une société anonyme.
Sens 2 : Administration, avec une majuscule, est l'organisation chargée de gérer et de diriger lesaffaires
publiques en suivant les directives du pouvoir exécutif d'un Etat. On parle d'Administration publique.
Sans majuscule, elle désigne le service public d'un domaine particulier.
Exemple : l'administration fiscale.
Synonymes : service public, bureaucratie.
L'Administration publique (APU) est rattachée au pouvoir exécutif. On distingue :
- l'administration d'Etat,
- l'administration de la Sécurité sociale,
- l'administration territoriale, ayant une compétence au niveau d'une Région, d'un Département ou d'une Commune, 25
- les établissements publics ayant des compétences spécialisées.
Pour la plupart de ses activités, l'administration est soumise au droit administratif et, pour certaines définies par
la loi, au droit privé.
Aux Etats-Unis, le mot "Administration" suivi du nom du Président désigne le gouvernement américain et les
conseillers chargés d'élaborer sa politique.
Exemple : l'Administration Obama.
Sens 3 : l'administration est l'ensemble des personnes chargées d'administrer le service public.
Synonymes : fonctionnaires, corps administratifs.
Sens 4 : l'administration est l'action de fournir ou de donner une chose à une autre ou à quelqu'un.
Ex : l'administration d'un médicament, d'un sacrement.
Autonomie : étymologie : du grec autos, soi-même, et nomos, loi.
En politique, l'autonomie est la possibilité, pour un territoire, un groupe ou une communauté,
de s'administrer librement dans le cadre prédéfini d'une entité plus large régie par un pouvoir central.
Ce droit est limité par la tutelle administrative ou constitutionnelle du pouvoir central.
Exemple : l'autonomie des collectivités locales.
Un pays ou un Etat (cas du fédéralisme) peut être en situation d'autonomie partielle s'il dispose de larges
pouvoirs dans certains domaines comme la culture, l'éducation, le développement économique, mais dépend
d'une autre organisation dans d'autres domaines comme, en général, les affaires étrangères, la défense et la
monnaie...
Budget : étymologie : de l'anglais budget (même sens), venant de l'ancien français bougette, sac servant de
bourse, porte-monnaie.
Un budget est un état prévisionnel des dépenses et des recettes d'une entreprise, d'un Etat, d'une collectivité
territoriale, d'une institution, d'une association, de tout agent économique, d'un particulier.
Le budget est la traduction exprimée en valeur monétaire des différentes hypothèses concernant
l'environnement, l'activité, l'exploitation, les investissements et les plans d'action envisagés au cours
d'une période déterminée, en général une année, correspondant à un exercice comptable.
Le budget fait l'objet d'un suivi permanent pour s'assurer qu'il est respecté et de mesures correctrices si son
exécution s'écarte ce qui était prévu. Il peut faire l'objet de révisions, par exemple semestrielles ou
trimestrielles, si les hypothèses de départ ont changé ou si le réalisé n'est pas conforme à la prévision initiale.
Pour un particulier ou une famille, le budget est l'ensemble des revenus et des dépenses.
Ex : le budget "vacances".
Pour une entreprise, le budget est un outil de gestion prévisionnelle, d'aide au pilotage, de coordination,
de délégation et de communication.
Nota : Le terme "budget prévisionnel" est un pléonasme.
Collectif : étymologie : du latin collectus, réuni, rassemblé.
Adjectif : qui réunit, qui rassemble, qui concerne plusieurs personnes. Exemple : une action collective.
Nom masculin :
1- Le collectif budgétaire désigne l'ensemble des crédits supplémentaires qui sont demandés à date fixe au
parlement par le gouvernement.
2 - On appelle "collectif" un groupe de personnes ou d'associations qui poursuivent un objectif commun. Il
peut être organisé en association, ce qui lui donne une personnalité morale et en particulier le droit d'agir
en justice.
Résultant d'une entente et d'une volonté de développer des solidarités, un collectif regroupe des moyens, des
compétences et des énergies dans le but d'être plus efficace dans les actions qu'il s'est fixées.
Compte administratif : rapport sincère qui décrit la manière dont le budget de l’année précédent a été exécuté, il
comporte comme le budget deux colonnes, une pour les recettes et une pour les dépenses. Comme le budget il
doit être en équilibre. Il est adopté si son vote emporte une majorité simple et intervient avant la mise place du
nouveau budget.
Débat : étymologie : du verbe débattre, composé du préfixe dé-, exprimant l'intensité, et de battre, issu du 25
latin battuere, battre, frapper, rosser.
Le verbe débattre signifie discuter à plusieurs, chacun exposant ses arguments.
Le débat est l'action de débattre, de discuter. Un débat est une discussion ou un ensemble de discussions, souvent
organisées et généralement animées, entre plusieurs personnes qui exposent des avis, des idées ou
des opinions différentes, voire contradictoires sur un thème donné.
Exemples : un débat passionné, un débat public, un débat télévisé entre deux candidats à l'élection
présidentielle.
Synonymes : contestation, controverse, différend, discussion, polémique, querelle.
Lorsqu'il est situé en seconde partie d'un mot composé, ce dernier signifie qu'un débat est organisé pendant ou
après l'évènement.
Exemples : conférence-débat, dîner-débat.
Nota : le genre du mot composé est celui du premier élément.
Par extension, un débat est une contestation, une altercation.
Au sens figuré, un débat est un conflit intérieur à un individu entre des options ou des pulsions contradictoires.
Exemples : un débat de conscience, un débat cornélien.
En droit constitutionnel, les débats désignent les discussions au sein des assemblées parlementaires pour
examiner une question.
Exemple : les débats parlementaires.
Synonymes : délibération, discussion.
En droit pénal, les débats correspondent à une phase de la procédure judiciaire, en audience publique ou en
Chambre de la Cour suprême, selon le cas, pendant laquelle ont lieu les plaidoiries et les conclusions du
Ministère public. La fin des débats est suivie de la mise en délibéré.
Décentralisation : une politique de transfert des attributions de l'Etat vers des collectivités territoriales ou
des institutions publiques pour qu'elles disposent d'un pouvoir juridique et d'une autonomie financière. Le
transfert de ces attributions, qui restent néanmoins sous la surveillance de l'Etat, permet à ce dernier de
décharger ses administrations centrales et de confier les responsabilités au niveau le plus adapté.
"La décentralisation vise à donner aux collectivités locales des compétences propres, distinctes de celles de
l'État, à faire élire leurs autorités par la population et à assurer ainsi un meilleur équilibre des pouvoirs sur
l'ensemble du territoire. La décentralisation rapproche le processus de décision des citoyens, favorisant
l'émergence d'une démocratie de proximité. La déconcentration est une notion bien distincte ; elle vise à
améliorer l'efficacité de l'action de l'Etat en transférant certaines attributions de l'échelon administratif central
aux fonctionnaires locaux, c'est à dire aux préfets, aux directeurs départementaux des services de l'Etat ou à
leurs subordonnés."
On distingue en général :
- la décentralisation territoriale : elle permet à des représentants élus (Conseil départemental ou Conseil
municipal) de régler des affaires administratives. Le préfet est chargé de vérifier la légalité des
décisions prises par ces autorités locales.
- la décentralisation fonctionnelle ou technique : elle permet à des établissements publics à vocation
spéciale comme les universités et les hôpitaux, de disposer d'une certaine autonomie administrative, avec
leurs propres organes de décision (ex : conseil d'administration) et un budget autonome. La collectivité de
rattachement assure néanmoins un pouvoir de contrôle.
Le Sénégal, ayant opté pour une "république indivisible", est relativement moins décentralisée que les autres
pays européens, certains ayant même choisi le fédéralisme comme l'Allemagne ou la Suisse et le Nigeria.
Au Sénégal, depuis la régionalisation entamée depuis 1972 et consacrée en 1996, ce sont les lois de 1996 qui
ont, les premières, organisé un transfert des compétences vers les collectivités locales :
- Conseil départemental : de la formation professionnelle, de l'aménagement du territoire, gestion des lycées,
la gestion des transports scolaires, des collèges, des archives, de la voirie et de l'action sanitaire et sociale
- Conseil municipal : gestion des écoles primaires, de la voirie et de l'urbanisme communaux.
Le processus s'est poursuivi en sous le gouvernement Mimi TOURE avec l'Acte III de la décentralisation : - 25
-- expérimentation par les collectivités locales, autonomie financière, libertés et responsabilités locales.
L'un des principaux avantages de la décentralisation est de permettre une adaptation des politiques
publiques au plus près de la population. Elle peut cependant conduire à créer de nouveaux déséquilibres au
niveau national, à cause de choix politiques différents et de ressources inégalement réparties.
Déconcentration : étymologie : du latin de-, préfixe de cessation, et de concentrer, venant lui-même du
latin "cum", avec, ensemble et de centrum, centre, branche fixe du compas.
La déconcentration est le fait de déconcentrer ou de se déconcentrer.
La déconcentration désigne un mode d'organisation de l'administration dans lequel certains pouvoirs sont
délégués ou transférés d'une administration centrale vers des services répartis sur le territoire, dits services
déconcentrés ou services extérieurs. Le but est d'améliorer l'efficacité de l'Etat en décongestionnant
l'administration centrale et en accélérant les prises de décisions au niveau local.
En France, la déconcentration est fondée sur le principe de subsidiarité (loi du 6 février 1992) qui fait que
l'échelon le plus élevé ne doit assurer que les missions ne pouvant être exercées à un niveau inférieur.
Ainsi certaines fonctions de gestion et certains pouvoirs décisionnels sont délégués aux gouverneurs,
préfets et aux sous-préfets qui restent hiérarchiquement soumis à l'Etat. C'est toujours l'Etat qui prend les
décisions, mais celles-ci sont prises localement.
A la différence de la décentralisation, les services déconcentrés dépendent directement du pouvoir
central et font partie de la même personne morale que celui-ci.
Considéré comme un aménagement technique de la centralisation, la déconcentration a été jugée
insuffisante pour mener à bien la modernisation de l'Etat. En conséquence, le législateur a développé la
décentralisation vers les collectivités territoriales qui, elles, disposent de leur propre personnalité morale.
Délibérer : étymologie : du latin deliberare, peser, réfléchir mûrement, délibérer, examiner, prendre une
décision.
La délibération est l'action de délibérer, de discuter, de débattre entre plusieurs personnes, de se
concerter pour prendre une décision, une résolution ou résoudre un problème. La délibération peut être
effectuée par un individu seul de manière introspective.
On appelle "délibération", le débat et l'examen d'une question qui précèdent une décision au sein d'une
assemblée, d'un conseil, d'une instance décisionnelle, etc. Elle permet une confrontation des points de vue
dans le but de trancher un problème ou un choix difficile. Exemple : mettre une question en délibération.
Par extension, le terme "délibération" désigne également, certaines instances administratives ou judiciaires,
une décision ou une résolution.
Exemple : une délibération du Conseil municipal, départemental, de ville.
Dans le domaine de la rhétorique, un discours délibératif est un discours qui examine l'avenir, qui pèse le
pour et le contre pour aboutir à une prise de position.
Délibération : décision discutée et votée par une assemblée d’élus locaux (conseil départemental, municipal ou
de ville), que la président de cette assemblée est tenu d’excécuter.
Démocratie : étymologie : du grec dêmos, peuple, et kratos, pouvoir, autorité.
La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe
de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues la naissance, la richesse, la compétence... (principe
d'égalité). En règle générale, les démocraties sont indirectes ou représentatives, le pouvoir s'exerçant par
l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel.
Les autres principes et fondements de la démocratie :
- la liberté des individus ;
- la règle de la majorité ;
- l'existence d'une "constitution" et d'une juridiction associée (le Cour suprême) ;
- la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif et judiciaire) ;
- la consultation régulière du peuple (élection et référendum) ;
- la pluralité des partis politiques ;
- l'indépendance de la justice.
Développement : étymologie : du latin de, préfixe de cessation, de négation, et de velare, voiler, couvrir, 25
envelopper
Le développement est l'action de faire croître, de progresser, de donner de l'ampleur, de se complexifier au
cours du temps.
Le développement économique désigne les évolutions positives dans les changements structurels d'une zone
géographique ou d'une population : démographiques, techniques, industriels, sanitaires, culturels, sociaux...
De tels changements engendrent l'enrichissement de la population et l'amélioration des conditions de vie. C'est
la raison pour laquelle le développement économique est associé au progrès.
La croissance économique n'est qu'une des composantes du développement. Ce dernier peut être mesuré à
l'aide d'indicateurs comme :
- le PIB (Produit Intérieur Brut),
- le PNB (Produit National Brut),
- l'IDH (Indice de développement humain),
- le BIP 40 (Baromètre des Inégalités et de la Pauvreté),
- l'IPH (Indicateur de Pauvreté Humaine).
Dans les pays économiquement avancés le développement est recherché, en général, par l'encouragement de
l'innovation (via la recherche), l'investissement, l'éducation, l'accroissement de la sécurité juridique...
Dans les pays émergents, le développement est principalement basé sur l'exploitation des ressources naturelles
et le faible coût de la main d'oeuvre.
Développement durable : forme de développement économique ayant pour objectif principal de concilier
le progrès économique et social avec la préservation de l'environnement, ce dernier étant considéré comme
un patrimoine devant être transmis aux générations futures.
La Commission Mondiale pour l'Environnement et le Développement de l'ONU (WCED), dite "Commission
Brundtland" en a donné en 1987 la définition suivante : un développement qui répond aux besoins du présent
sans compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins."
Le développement durable est censé pouvoir combiner plusieurs exigences :
- satisfaction des besoins essentiels des générations actuelles et futures, en rapport avec
les contraintes démographiques (eau, nourriture, éducation, santé, emploi),
- amélioration de la qualité de vie (services sociaux, logement, culture...),
- respect des droits et des libertés de la personne,
- renforcement de nouvelles formes d'énergies renouvelables (éolienne, solaire, géothermique),
- etc.
En matière d'agriculture par exemple, le développement durable signifie une gestion économiquement
rentable, sans qu'il soit porté atteinte à l'environnement et sans réduire les ressources naturelles pour les
générations futures. Cela doit se traduire par une production plus saine, moins polluante, respectant les
exigences sanitaires environnementales et prenant en compte l'avenir des agriculteurs. L'agriculture
biologique va dans le sens d'une agriculture durable.
Limites et risques du concept de développement durable :pourquoi les pays riches, maintenant développés,
imposeraient-ils aux pays en développement une vision limitative de leur développement ?
Risque d'une dérive vers des modèles qui admettent la substitution du capital naturel par un capital de
connaissances. De tels modèles sont notamment défendus par des organismes américains.
Appropriation, par les puissances maîtrisant les technologies de l'information, des mécanismes
de normalisation et de régulation internationaux, permettant aux plus riches d'imposer un modèle qui aboutit
de fait à une répartition encore plus injuste des savoirs, et par conséquent des ressources naturelles.
Récupération du label "développement durable" pour soutenir des politiques ou des opérations
commerciales sans rapport ou presque avec la notion même (ex : "tourisme durable" réservé aux plus riches).
Critiques du développement durable
Pour les opposants à l'idéologie du développement et de la croissance, il n'est pas possible que le
développement des 20% de la population du monde qui consomment 80 % des ressources naturelles puisse
être durable. Ils dénoncent également le flou de la notion de développement qui peut se rapporter aussi bien au
développement humain qu'à la croissance économique. Chacun peut trouver dans l'expression "développement 25
durable" la confirmation de ses aspirations : soit la remise en cause du développement tel qu'on l'a connu et de
ses excès, soit la confirmation que la croissance peut se poursuivre "durablement".
"La société de croissance n'est pas soutenable, et le "développement durable" n'est qu'un gadget à ranger sur le
rayon des tartes à la crème. Ce n'est pas l'adjectif "durable" ou "soutenable" qui est en cause, mais la notion
même de développement. C'est évidemment sur ce point que la notion de décroissance est extrêmement
choquante puisqu'elle sous-entend qu'il y aurait un "au-delà du développement", idée presque impensable qui
remet en question tout l'imaginaire occidental, fondé sur une croyance aveugle dans le mythe du progrès
depuis plus de deux siècles." Jean-Claude Besson-Girard, La décroissance : un nouveau romantisme
révolutionnaire, Journal Libération, 2 mars 2007
Diplomatie : étymologie : du latin diploma, diplôme, document officiel présenté sur un feuill et plié en deux,
sauf-conduit, passeport, titre, issu du grec díplôma, tablette pliée en deux.
Sens 1 : la diplomatie est le domaine de la science politique et des traditions qui traitent des relations
internationales et des rapports mutuels entre Etats.
La diplomatie est la pratique, l'action et la manière de représenter son pays auprès d'un pays étranger ou dans
les négociations internationales, de concilier leurs intérêts respectifs ou de régler un problème sans recours à la
force. C'est aussi l’art des négociations entre gouvernements.
Ex : une diplomatie secrète
La politique étrangère doit être distinguée de la diplomatie. La première correspond aux choix stratégiques et
politiques en matière de relations extérieures qui, au Sénégal, relèvent du chef de l'Etat, du Premier-
ministre et du ministre des Affaires étrangères. La seconde est la mise en oeuvre de la politique étrangère
par l’intermédiaire des diplomates.
Le corps diplomatique est l'ensemble de tous les diplomates d’un pays. Le rang diplomatique le plus élevé est
celui d’ambassadeur.
Une mission diplomatique est un ensemble de personnes nommées par un État pour exercer, sous
l’autorité d’un chef de mission, des fonctions de caractères diplomatiques sur le territoire d’un État étranger.
Une ambassade est une mission diplomatique ayant à sa tête un ambassadeur, et bénéficie de l’extra-
territoriale.
Les diplomates avec un passeport diplomatique bénéficient d'une immunité diplomatique mais
exclusivement à l'étranger et dans le cadre de leurs fonctions.
Dans les cités autonomes de la Grèce antique les relations diplomatiques étaient assurées par des messagers et
des envoyés des gouvernements. Les missions diplomatiques permanentes ne sont apparues que dans l’Italie
de la Renaissance, au XVe siècle.
Sens 2 : le terme "diplomatie" désigne la carrière diplomatique et la fonction d'une personne employée à
représenter son pays dans sa diplomatie. C'est aussi l'ensemble des diplomates d'un Etat.
Ex : Se destiner à la diplomatie, entrer dans la diplomatie.
Sens 3 : par analogie, dans la vie courante, le terme "diplomatie" qualifie l'habileté, le tact, l'adresse, la
souplesse, la prudence, voire la ruse, dont une personne fait preuve dans la conduite d'une affaire difficile ou
dans les relations avec autrui.
Ex : Il a manqué de diplomatie dans cette affaire.
Domaine de la loi : on appelle domaine de la loi, par opposition à domaine du règlement, le champ de
compétence accordé par la Constitution au pouvoir législatif pour voter des lois.
Dans le but de restreindre le pouvoir législatif, la Constitution de la IVe République a établi une séparation
entre le domaine législatif et le domaine réglementaire, séparation qui n'existait ni dans la IVe République ni
dans la IVe République. La Constitution de la IVe République définit ce qu'est le domaine de la loi,
l'exécutif étant chargé de mettre en place les mesures nécessaires à l'application de la loi. Cependant, depuis,
le domaine de la loi a été progressivement étendu sous l'influence de la jurisprudence de la Cour
suprême qui considère que le domaine établi pas exhaustif.
D'autres parties ou articles de la Constitution, comme le Préambule (pour l'état de siège) ou la Charte de 25
l'environnement élargissent le domaine de compétence du pouvoir législatif. Les lois organiques peuvent aussi
déterminer le contenu d'une catégorie de lois.
Le domaine du règlement est, quant à lui, défini par défaut comme étant constitué de tout ce qui ne relève pas
du domaine de la loi. "Les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi ont un caractère
réglementaire." En outre, le Gouvernement peut demander au Parlement de pouvoir légiférer
par ordonnance dans des domaines qui relèvent habituellement de la loi.
Si le gouvernement ou le président de l'Assemblée nationale considère qu'une proposition de loi ou
un amendement sort du domaine de la loi, il peut y faire une opposition d'irrecevabilité. En cas de
désaccord, la Cour suprême est saissei par l'une ou l'autre des parties et doit statuer dans un délai de 8 jours.
Domaine public : étymologie de domaine : du latin dominium, propriété, droit de propriété, dérivé
de dominus, maître (de maison), possesseur, propriétaire, issu de domus, maison, demeure, logis, habitation.
Etymologie de public : du latin publicus, qui concerne l'Etat, qui intéresse le public, qui est à l'usage de tous,
public,
La locution domaine public désigne, dans le droit civil, l'ensemble des biens qui ne peuvent pas être
une propriété privée et qui sont affectés à l'usage direct du public. Ils sont déclarés res communis (choses
communes) dans le prolongement du droit romain.
Exemples : les autoroutes, les routes nationales, les départementales, les voies communales, les fleuves,
les voies navigables, les ports, les rivages, etc.
Le concept de public est le statut régissant les biens intellectuels qui, à l'issue d'un certain délai (durée de
protection), ne sont plus protégés par les lois nationales ou internationales relatives à la propriété
intellectuelle. Ils cessent d'être la propriété de leurs auteurs ou de leurs héritiers et peuvent être exploités
(publiés, représentés, reproduits,...) sans qu'il soit nécessaire de demander une autorisation préalable
quelconque. Ils ne peuvent être l'objet d'aucune appropriation.
Exemples de biens concernés : oeuvres littéraires, inventions industrielles, réalisations artistiques, la période
de protection des biens intellectuels est définie :
"L'auteur jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son oeuvre sous quelque forme que ce soit et d'en
tirer un profit pécuniaire. Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année
civile en cours et les soixantce-dix années qui suivent."
Droit : étymologie : du latin directus, en ligne droite, direct.
Sens 1 : la faculté de réaliser une action, de jouir de quelque chose, d'y prétendre, de l'exiger.
Exemples : Etre dans son droit, le droit de vote.
Sens 2 : une taxe dont l'acquittement permet d'utiliser ou de réaliser quelque chose ou donne un droit d'entrée, un
avantage, une prérogative...
Ex : droit d'auteur, droit de tirage.
Sens 3 : l'ensemble des règles et des normes générales qui régissent les rapports entre les individus et
définissent leurs droits et prérogatives ainsi que ce qui est obligatoire, autorisé ou interdit. Le droit est
susceptible de voir son exécution appliquée de manière contraignante par l'intervention de la puissance publique,
c'est-à-dire de l'État. C'est ce qui distingue une règle de droit d'une règle de morale ou politesse.
Le droit est segmenté en différents sous-ensembles correspondant à un domaine de la législation. Exemples :
- Droit civil,
- Droit pénal,
- Droit international,
- Droit commercial,
- Droit des affaires.
- Droit du travail,
- Droit privé,
- Droit public….
Droit administratif : branche du droit qui traite des droits et des obligations de l'administration, ainsi que de
l'organisation et du fonctionnement des organismes publics qui ne relèvent pas du pouvoir législatif ou de
25
l'autorité judiciaire.
Ce sont les règles juridiques distinctes de celles de droit privé, régissant l'activité administrative des personnes
publiques et des rapports entre :
- personnes morales de droit public et administrées, pour l'essentiel,
- personnes morales de droit public entre elles.
Dans des Etats arbitraires, comme l'Ancien régime en France, où le roi avait le monopole de la contrainte, l'Etat
refuse de voir les juges s'immiscer dans l'activité administrative. Il en est de même avec un pouvoir "de crise",
comme pendant un révolution. Dans un Etat de droit, le pouvoir judicaire a la capacité de soumettre
l'administration au droit, sans toutefois que celle-ci ne lui soit subordonnée.
En France et au Sénégal, contrairement au système anglo-saxon, il existe une dualité de juridictions entre le droit
commun et le droit administratif qui relève de la compétence des juridictions administratives :
- Tribunaux de grande instance,
- Cours d’Appel (CA),
- Cour suprûeme (CS).
Il existe des juridictions administratives avec des compétences spéciales parmi lesquelles on peut citer :
- le Conseil supérieur de la magistrature,
- le Conseil supérieur de l'éducation nationale,
- les Conseils nationaux de l'ordre des médecins, de l'ordre des pharmaciens, de l'ordre des avocats,
- les sections disciplinaires des Conseils des universités.
Jurispedia propose une définition plus restrictive du droit administratif où l'administration n'est soustraite au
régime du droit commun que si celui-ci n'est pas applicable.
"Le droit administratif est l'ensemble des règles dérogatoires du droit commun qui régissent l'organisation, le
fonctionnement et l'activité des administrations publiques, ainsi que les règles qui déterminent les cas où ces
règles trouvent à s'appliquer."
Le jugement des litiges entre l'administration et les citoyens est assuré par un juge spécialisé : le juge
administratif. Les magistrats administratifs siègent dans les tribunaux administratifs, les cours administratives
d'appel ainsi qu'à la Coour suprême.
Droit civil : étymologie du mot civil : du latin civilis, de citoyen, civil, qui concerne l'ensemble des citoyens,
la vie politique, l'Etat, lui-même issu du latin civis, citoyen.
En France, le droit civil est une branche du droit privé qui regroupe l'ensemble des règles de droit relatives
aux biens, aux conventions et aux relations entre personnes physiques ou personnes morales (de droit
privé), et règles qui relèvent des juridictions civiles : tribunal d’intance et de grande instance. Ces règles de
droit sont issues, pour l'essentiel, du Code civil qui a été mis en place en 1804 par Napoléon Bonaparte alors
Premier consul, dont on a hérité.
Le droit civil est constitué de plusieurs sous-ensembles :
- le droit des personnes,
- le droit de la famille,
- le droit des biens,
- le droit des obligations,
- le droit des successions,
- le droit des sûretés,
- le droit du travail (hors juridictions administratives),
- le droit des assurances,
- le droit de la consommation,
- le droit des baux locatifs, des copropriétés, etc.,
- le droit de la construction,
- le droit des sociétés civiles,
- le droit des professions civiles,
- Etc.
Droits civils : on appelle "droits civils", au pluriel, l'ensemble des prérogatives et des droits conférés à une
personne, dans une société donnée, et garantis par le législateur.
Ils sont notamment constitués :
25
- du droit au respect de la vie privée, au respect de la vie familiale, au respect du domicile et de la
correspondance,
- du droit à l'image,
- du droit à la liberté et à la sûreté,
- du droit d'aller et venir, passer et repasser, liberté de circuler,
- du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion,
- du droit à la liberté d'expression, à la liberté de réunion et à la liberté d'association,
- du droit au mariage,
- du droit de fonder une famille.
Droit commercial : étymologie de commercial : du latin commercium, commerce, négoce, trafic.
L'adjectif commercial qualifie ce qui a un rapport au commerce des biens, que ce soit la vente ou l'achat, ainsi
que ce qui a cours ou ce qui est en usage dans le commerce.
Notion de commerçant : les commerçants sont définis par le Code du commerce comme "ceux qui exercent
des actes de commerce et en font leur profession". La chambre commerciale de la Cour
suprême "qu'une personne morale, même si elle est de statut civil, peut être tenue pour commerçante dans
l'exercice d'une activité habituelle consistant en la pratique répétée d'actes de commerce".
Droit commercial : partie du droit privé qui traite de l'exercice de la profession de commerçant et qui forme
le système juridique applicable aux actes de commerce. Ainsi, il régit l'activité des commerçants
(conception subjective du droit commercial), mais il s'applique également aux non-commerçants quand ils
accomplissent un acte de commerce de manière occasionnelle (conception subjective du droit commercial).
Son objectif est d'assurer la sécurité, l'efficacité et la productivité des échanges économiques.
Les sources du droit commercial se trouvent dans : les traités internationaux.
Exemples :
- La Convention de Varsovie de 1929, pour les transports internationaux aériens.
- La Convention de la Haye de 1973 relative à la responsabilité des objets..
- La Convention de Berne de 1980 pour les transports ferroviaires internationaux.
La Convention de Vienne de 1980 pour la vente internationale de marchandises.
Le juge applique la peine de sanction. Il détermine les actes, comportements ou conduites antisociales qui
constituent les infractions, et définit la réaction de la société, appelée sanction pénale ou peine, à ces
manquements. La personne qui commet une infraction est appelée un délinquant.
Pour qu'un comportement puisse être qualifié d'infraction pénale, il est nécessaire que 3 conditions soient réunies :
- qu'il soit considéré comme marchandises convention de Vienne de 1980 pour la vente internationale.
Le droit communautaire que les Etats-membres de la CEDEAO doivent transposer dans leur droit
national.
Les usages internationaux. Mis aux points par divers organismes internationaux, comme la Chambre de
commerce international ou l'Institut international pour l'unification du droit privé (UNIDROIT), ils pallient
l'absence d'harmonisation entre les droits nationaux.
Les coutumes. Exemples : dans le droit maritime, la pratique des contrats types mis en place par les
chambres de commerce, la jurisprudence arbitrale.
Droit international : ensemble des règles juridiques qui régissent les relations entre les Etats ou entre
les personnes privées dans un cadre international. Les normes de droit international sont composées des
textes ratifiés par plusieurs Etats : accords, conventions, protocoles et traités internationaux. Elles peuvent
être bilatérales (entre deux Etats) ou multilatérales (entre plusieurs Etats). Les Etats signataires s'engagent
à mettre en application ces normes sur leur territoire, uniquement s'il y a réciprocité, en leur accordant un
niveau supérieur à leurs normes nationales.
"De manière constante, les tribunaux et cours d'arbitrage internationaux considèrent que nul Etat ne
peut invoquer une règle de droit interne pour se soustraire à ses obligations internationales. Ceci est précisé
par la Convention de Vienne de 1969 (article 27). Le droit international s'impose donc à l'Etat, même si une
règle de droit interne lui est contradictoire. Cela ne signifie pas que le juge international peut annuler une règle
de droit interne. Il se contente de la rendre inefficace lorsqu'elle produit des effets sur le plan
international." (Wikipédia) 25
Droit international est constitué de deux branches :
- Le droit international privé qui est l'ensemble des règles applicables aux relations de personnes privées de
nationalité différente. Il a pour but de résoudre les conflits de lois issus de relations entre personnes
étrangères, en particulier de savoir quel est le droit qui s'applique à la relation et de traiter des conflits
de juridiction.
- Le droit international public dont l'objet est de régler les rapports existant entre Etats ou organisations
internationales. Il inclut le droit coutumier (règles non écrites de pratique générale acceptées comme règles
de droit) et le droit international humanitaire.
Exemples de domaines d'intervention du droit international :
- la guerre,
- le commerce,
- la mer et les fonds marins,
- l'espace,
- l'Antarctique.
La Cour internationale de justice (CIJ), siégeant à La Haie (Pays-Bas), a pour mission de régler les différends
qui lui sont soumis conformément au droit international. Il existe d'autres instances judiciaires internationales,
comme le Tribunal international du droit de la mer, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie
(TPIY), le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) et la Cour pénale internationale (CPI), ce qui
peut provoquer des conflits de compétence. Les parties en litige peuvent aussi faire appel à une cour
d'arbitrage internationale.
Droit pénal : étymologie du mot pénal : du latin poena, peine (légale); peine, châtiment.
Le droit pénal est la branche du droit qui réunit l'ensemble des règles de conduite imposées par
la société aux citoyens,
- tel par un texte de loi (légalité),
- qu'il ait été effectivement commis (matérialité),
- que la personne qui l'a commis soit apte à comprendre et à vouloir.
Le droit pénal général est l'ensemble des règles applicables aux infractions d'une manière générale, tandis que
le droit pénal spécial contient les règles applicables spécialement à chaque infraction.
Le droit pénal, qui concerne les relations entre la société ou la collectivité publique et un individu, s'oppose
au droit civil qui traite des relations entre individus.
Droit interne : étymologie de interne : du latin internus, interne, intérieur, civil, domestique.
L'adjectif interne qualifie ce qui est en dedans, qui appartient au-dedans, qui se rapporte à la partie intérieure de
quelque chose.
Le droit interne est la partie du droit en vigueur dans un Etat pour régir les rapports sociaux au sein de cet Etat.
Il émane du processus législatif. Synonyme : droit national.
Au Sénégal, la norme suprême du droit interne est la Constitution.
L'expression droit interne est utilisée par opposition au droit international ou au droit communautaire (propre
à l'Union ). Ceux-ci priment sur le droit interne. Lorsque les traités internationaux n'acquièrent une force
juridique qu'après avoir été transposés dans le droit interne, on parle de dualisme. Si le droit international est
applicable directement en droit interne, comme c'est le cas actuellement dans les Etats régis par la supra-
nationalité, on parle alors de monisme.
Election : étymologie : du latin electio, choix.
L'élection est un choix réalisé au moyen d'un suffrage (vote, approbation) auquel toutes les personnes
disposant du droit de vote, le corps électoral, sont appelées à participer.
L'objectif de l'élection est la désignation d'une ou plusieurs personnes pour exercer un mandat
électoral (politique, économique, associatif, syndical, social,...) durant lequel elle(s) représente(nt) leurs
électeurs. Par son vote, le corps électoral leur transfère la légitimité nécessaire pour exercer le pouvoir
attribué à la fonction objet de l'élection.
On appelle circonscription la cellule électorale de base à l'intérieur de laquelle les électeurs ont à choisir
entre les mêmes candidats. Exemples pour le Sénégal : 25
Election Circonscription
Législative Département
Départementale Département
Municipale Commune
Le mode de désignation des élus est appelé scrutin. Il peut être uninominal ou à listes, majoritaire
ou proportionnel, à un tour ou à plusieurs tours.
Historiquement mise en oeuvre dans les régimes aristocratiques (Antiquité grecque) pour désigner les
membres de l'exécutif, l'élection, devenue libre et étendue au suffrage universel, est une des caractéristiques
majeures de la démocratie. Cependant, pour certains, qui sont partisans d'une démocratie directe, celle-ci
doit pouvoir fonctionner sans élection, en particulier, par le referendum ou le tirage au sort des représentants.
Insécurité : étymologie : du préfixe latin in, privé de, et de sécurité, issu du latin securitas, absence de soucis,
tranquillité de l'âme, dérivé de securus, exempt de soucis, exempt de crainte, tranquille.
Fédération : étymologie : du latin foederatio, alliance, lien, pacte, traité, dérivé de foedus, traité, alliance,
pacte, convention, accord particulier, union.
Sens 1
Une fédération est un regroupement de plusieurs Etats souverains, avec un partage des pouvoirs entre
l'échelon fédéral et l'échelon territorial, sous la forme d'un pacte qui garantit à chaque entité les compétences
nécessaires à la gestion de leurs intérêts autonomes. La constitution prévoit la répartition du
pouvoir législatif entre un parlement central et les parlements des territoires composant la fédération. Elle
établit la légitimité de gouvernements territoriaux en leur accordant une totale compétence dans certains
domaines.
Synonyme : Etat fédéral. Exemples : Etats-Unis, Fédération de Russie, ex URSS.
D'un point de vue juridique, une fédération est fondée sur une constitution et une souveraineté, alors
qu'une confédération d'Etats l'est sur un traité international. La confédération laisse un peu plus de liberté à
ses membres, mais peut évoluer vers une fédération si l'organisme commun a acquis une forte légitimité. La
Suisse a gardé le nom de confédération, mais est en fait une fédération.
Sens 2
Une fédération est le regroupement de
plusieurs sociétés, partis, syndicats, clubs, associations, coopératives, etc., ayant un but commun.
Synonymes : association, confédération, groupement, ligue, syndicat, union.
Exemples : FSU (Fédération Syndicale Unitaire), Fédération anarchiste, fédération de métiers
L'insécurité est le manque ou l'absence de sécurité.
Pour un lieu, c'est le fait de ne pas être sûr, d'être soumis à différentes formes de dangers ou de délinquance.
Ex : l'insécurité de certaines banlieues, l'insécurité des routes.
L'insécurité est aussi l'état de quelque chose qui n'est pas stable, qui est précaire. Ex : L'insécurité
d'un emploi.
Pour une personne, un animal ou une collectivité, l'insécurité est l'inquiétude qui résulte du manque de
sécurité et de l'éventualité d'un danger réel ou imaginé. Dans notre société, elle est l'ensemble des menaces
physiques, morales, économiques, sociales, politiques, environnementales et culturelles rencontrées dans la
vie quotidienne et qui font que la sûreté physique et la tranquillité ne sont plus assurées.
Le sentiment d'insécurité est lié à la perception de la gravité du danger. La sensibilité collective aux facteurs
angoissants varie selon les pays, les périodes ou les segments de population. 25
Exemples de thèmes pouvant être perçus comme facteurs d'insécurité :
- la délinquance,
- l'emploi / le chômage,
- les retraites,
- le logement,
Pour Robert Castel, auteur de "L'insécurité sociale : " Qu'est-ce qu'être protégé ? " (Editions du Seuil, 2003)
l'insécurité sociale, résultant de grandes modifications sociétales qui n'ont pas été anticipées, provoque un
sentiment de mal-être et dissout les liens sociaux.
Les peurs collectives sont fréquemment exploitées, voire suscitées, par certains partis ou courants politiques,
ainsi que par des sectes, afin d'attirer des populations sensibles aux discours sécuritaires et exercer
un pouvoir sur elles.
Synonymes : danger, risque, inquiétude, anxiété, instabilité, précarité, vulnérabilité.
L'insécurité s'oppose au sentiment de sécurité ou de sérénité.
Investissement : étymologie : du latin investire, revêtir, couvrir, entourer.
L'investissement est l'action d'investir, c'est-à-dire d'acquérir de nouveaux moyens de production, d'améliorer
leur rendement ou de placer des capitaux dans une activité économique, dans une entreprise, etc.
Le moteur de l'investissement est la perspective d'en retirer un profit. En effet, investir consiste à engager une
importante dépense aujourd'hui afin d'obtenir un bénéfice dans le futur. La décision relative à un
investissement est prise en comparant les profits espérés avec le taux d'intérêt d'un placement financier.
Dans une entreprise, la distinction entre investissements et charges est établie sur le fait que l'investissement
modifie durablement le cycle d'exploitation et permet sa croissance, tandis que la charge est "consommée"
dans celui-ci.
Les investissements peuvent être classés selon leurs objectifs :
- remplacement d'un matériel obsolète,
- augmentation des capacités de production,
- modernisation afin d'accroître la productivité,
- investissement stratégique pour développer l'entreprise (ex acquisition d'une autre société),
- investissement financier.
On distingue également les investissements matériels (machines, bâtiments, etc.) des
investissements immatériels (brevets, licences, logiciels, innovation, etc.)
Libre administration : un principe de niveau constitutionnel qui donne aux collectivités locales la possibilité
de s'administrer librement, sans être soumises à des contraintes excessives, et sans interférer avec les pouvoirs
législatif, exécutif et judiciaire.
C'est, en particulier la possibilité de :
- disposer d'un conseil élu, doté d'attributions effectives et d'un pouvoir réglementaire,
- disposer de l'autonomie financière,
- créer et supprimer des emplois, recruter et gérer son
- Ces actes peuvent faire l'objet d'un encadrement par la loi, et personnel,
- conclure des contrats,
- fixer leurs propres règles de fonctionnement interne au moyen de leur règlement intérieur.
Elles régies par un contrôle par le juge administratif.
Le principe de libre administration a été confirmé lors de la révision constitutionnelle du 15 mars 2013. La
Constitution l'énonce explicitement : "Les collectivités locales de la République sont les communes,
les départements. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi [...]. Dans les conditions prévues par la
loi, ces collectivités s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire
pour l'exercice de leurs compétences."
La libre administration des collectivités locales est garantie par le Cour suprême qui exerce un contrôle
cependant restreint des lois en censurant celles qui portent atteinte de manière excessive et injustifiée à
la liberté d'administration. Il s'agit donc plus d'une limitation du pouvoir législatif que d'une réelle autonomie. 25
La libre administration est, en effet, soumise au contrôle administratif du préfet qui assure le respect de l'Etat
unitaire et de l'ordre juridique. En outre, l'autonomie financière se trouve contrainte par une pression de plus
en plus forte de la part de l'Etat. Celui-ci transfère des compétences aux collectivités locales qui sont
compensées par des dotations et non par des ressources fiscales que celles-ci pourraient maîtriser.
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) : ont été adoptés par les 189 Etats membres de
l'ONU en septembre 2000. Ils visent à améliorer, d'ici le bien-être de l'Homme en réduisant la pauvreté, la
faim dans monde et la mortalité infantile et maternelle, en garantissant l'accès à l'enseignement pour
tous (l'éducation pour tous), en contrôlant et en gérant les épidémies et les maladies, en abolissant
la discrimination entre les sexes, en assurant un développement durable et en établissant des partenariats
à l'échelle mondiale.
Les OMD sont au nombre de 8 :
Objectif 1 - Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim
Cible 1. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à
un dollar par jour
Cible 2. Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim
Objectif 2 - Assurer l'éducation primaire pour tous
Cible 3. D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever
un cycle complet d’études primaires
Objectif 3 - Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
Cible 4. Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si
possible et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard
Objectif 4 - Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans
Cible 5. Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans
Objectif 5 - Améliorer la santé maternelle
Cible 6. Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle
Objectif 6 - Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
Cible 7. D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/sida et commencé à inverser la tendance actuelle
Cible 8. D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser
la tendance actuelle
Objectif 7 - Assurer un environnement durable
Cible 9. Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance
actuelle à la déperdition des ressources environnementales
Cible 10. Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas accès de façon durable à
un approvisionnement en eau de boisson salubre
Cible 11. Réussir, d’ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis
Objectif 8 - Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
Cible 12. Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des
règles, prévisible et non discriminatoire
Cela suppose un engagement en faveur d’une bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la
pauvreté, aux niveaux tant national qu’international
Cible 13. S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés
La réalisation de cet objectif suppose l'admission en franchise et hors contingents des produits exportés par
les pays les moins avancés ; l’application du programme renforcé d’allégement de la dette des PPTE et
l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels ; et l’octroi d’une APD plus généreuse aux
pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté.
Cible 14. Répondre aux besoins particuliers des petits États insulaires en développement
(en appliquant le Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en
développement et les conclusions de la vingt-deuxième session extraordinaire de l’Assemblée générale)
Cible 15. Traiter globalement le problème de la dette des pays en développement, par des mesures d’ordre
national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme
Cible 16. En coopération avec les pays en développement, formuler et appliquer des stratégies qui 25
permettent aux jeunes de trouver un travail décent et utile
Cible 17. En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et
abordables dans les pays en développement
Cible 18. En coopération avec le secteur privé, faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies, en
particulier des technologies de l’information et de la communication, soient accordés à tous
Ordre public : étymologie : du latin ordo, ordre, disposition, arrangement, règle, régularité.
L'expression "Ordre public" désigne l'ensemble des règles obligatoires qui permettent la vie en société et
l'organisation de la nation. Sans ces règles édictées dans l'intérêt général, les sociétés humaines ne sauraient
survivre. L'ordre public couvre des notions générales comme la sécurité, la morale, la salubrité,
la tranquillité, la paix publique.
Garanti par l'Etat, l'ordre public est du ressort de la police administrative. Le maintien et le rétablissement
de l'ordre public relève du ministère de l'Intérieur. Ils sont assurés par la Police nationale et la Gendarmerie
nationale.
Le trouble à l'ordre public est une situation où la paix publique est atteinte de manière significative. (Ex :
tapage nocturne, exhibitionnisme, attroupement ou émeute…)
Certaines libertés peuvent faire l'objet de restrictions lorsqu'elles vont à l'encontre de l'ordre public. C'est le
cas par exemple de la liberté d'expression : Article 10, alinéa 2 de Convention (européenne) de sauvegarde
des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : "l'exercice de ces libertés comportant des devoirs et
des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par
la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à
l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection
de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation
d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire."
Pouvoir : étymologie : du latin populaire potere, pouvoir.
Sens 1 : le pouvoir est la faculté, la capacité, la possibilité matérielle ou la permission de faire quelque chose.
Sens 2 : le pouvoir désigne la capacité légale de faire une chose, d’agir pour un autre dont on a reçu un mandat.
Exemple : Fondé de pouvoir (s) d’une société.
Le pouvoir est aussi l'acte décrit par lequel on donne à quelqu'un le pouvoir d’agir en son nom ou de le représenter.
Synonymes : mandat, procuration.
Sens 3 : Le pouvoir est l'ascendant, l'emprise, la domination qui sont exercés sur une personne ou un groupe
d'individus. Il peut être physique, moral ou psychologique. Il permet à un individu ou à un groupe d'appliquer, de
faire exécuter ou d'imposer, éventuellement par la force, des décisions dans des domaines très variés (culture,
économie, politique…)
Sens 4 : Suivi d'un qualificatif, le pouvoir désigne une aptitude, une propriété d’une substance ou d'un corps.
Exemple : le pouvoir réfléchissant d'une surface.
Sens 5 : Le pouvoir désigne les formes d'autorité au sein d'un Etat, comme les trois pouvoirs :
législatif, exécutif, judiciaire. Les pouvoirs publics sont les autorités constituées.
Sens 6 : le pouvoir politique est l'autorité souveraine, le gouvernement d’un État. C'est la puissance politique qui
gouverne un État, autorité à laquelle est soumise chaque citoyen.
Le niveau de démocratie, terme qui signifie étymologiquement "pouvoir du peuple", dépend de qui détient le
pouvoir, la façon dont il est obtenu et dont il peut être perdu.
Souveraineté : étymologie : de souverain (autorité suprême d'une monarchie), venant du latin superus,
supérieur.
La souveraineté est le principe de l'autorité suprême. En matière de politique, la souveraineté est le droit absolu
d'exercer une autorité (législative, judiciaire et/ou exécutive) sur une région, un pays ou sur un peuple.
La souveraineté nationale caractérise l'indépendance de l'Etat-nation par rapport à d'autres Etats ou à
des instances internationales, hormis pour les autorités que cet état a librement accepté de céder
(Cf. fédéralisme).
La souveraineté a été définie par Jean Bodin, 1530/1596, dans son traité "Les Six livres de La République"
comme un attribut essentiel de l'État : "La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d'une
25
République." Aucun pouvoir n'est supérieur à la puissance souveraine qui ne peut être anéantie, mais elle n'est
pas sans limite (s'exerce sur le domaine public et non privé). Pour Jean-Jacques Rousseau, le peuple est le seul
détenteur légitime de la souveraineté.
La souveraineté peut être détenue par :
- Dieu ou ses prêtres (théocratie)
- une seule personne (monarchie),
- un groupe de personnes (oligarchie),
- la nation (démocratie représentative),
- le peuple (démocratie directe).
En droit, c'est la Constitution qui définit comment s'exerce la souveraineté, quelles sont les institutions qui
détiennent le pouvoir et comment elles sont contrôlées.
Subordination : étymologie : du latin subordinatio, délégation, composé de sub, sous, au-dessous de, et
de ordinatio, action de mettre en ordre, action de régler; mise en ordre.
La subordination est l'état de dépendance d'une personne à l'égard d'une autre. Elle s'inscrit dans un ordre
hiérarchique qui fait qu'une personne est soumise, dans ses fonctions, à l'autorité d'une autre et qu'elle doit
lui rendre des comptes.
Synonymes : allégeance, asservissement, assujettissement, corrélation,
dépendance, hiérarchie, servitude, tutelle.
Au sens figuré, le mot subordination peut s'appliquer à des rapports de dépendance entre des choses.
Exemple : la subordination de l'armée au pouvoir civil.
Par extension, la subordination peut s'appliquer entre quelqu'un et quelque chose.
Exemple : dans les zones désertiques, la subordination de l'homme à l'eau.
En grammaire, la subordination est un mode de rattachement syntaxique d'une proposition, dite subordonnée,
à une autre, la proposition principale.
Lien de subordination
Dans le droit du travail, le lien de subordination entre une personne et un employeur est ce qui permet de
distinguer le salarié du travailleur indépendant ou du bénévole. Il est, avec la fourniture d'un travail et la
rémunération, l'un des trois éléments déterminants du contrat de travail.
Le lien de subordination n'est pas défini par le Code du travail, mais par la jurisprudence (Cour suprême)
qui le caractérise comme le travail d'une personne sous l'autorité d'un employeur qui :
- lui donne des ordres et des directives,
- en contrôle l'exécution,
- sanctionne les manquements.
Cette autorité doit pouvoir s'exercer à tout moment, sans être nécessairement étroite et ininterrompue.
Le lien de subordination juridique peut être apprécié par un juge pour requalifier une relation de travail à
partir d'un faisceau d'indices :
- horaires imposés,
- lieu de travail déterminé par l'employeur,
- instructions données pour l'exercice d'une activité,
- délais imposés,
- comptes rendus périodiques,
- mise à disposition de matériel ou de matières premières,
- travail au sein d'un service organisé,
- sanctions,
- etc.
Souveraineté : étymologie : de souverain (autorité suprême d'une monarchie), venant du latin superus,
supérieur.
La souveraineté est le principe de l'autorité suprême. En matière de politique, la souveraineté est le droit
absolu d'exercer une autorité (législative, judiciaire et/ou exécutive) sur une région, un Etat ou sur un
peuple.
La souveraineté nationale caractérise l'indépendance de l'Etat-nation par rapport à d'autres Etats ou à
des instances internationales, hormis pour les autorités que cet état a librement accepté de céder 25
(Cf. fédéralisme).
La souveraineté a été définie par Jean Bodin (1530/1596) dans son traité "Les Six livres de La République"
comme un attribut essentiel de l'État : "La souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d'une
République." Aucun pouvoir n'est supérieur à la puissance souveraine qui ne peut être anéantie, mais elle
n'est pas sans limite (s'exerce sur le domaine public et non privé). Pour Jean-Jacques Rousseau, le peuple
est le seul détenteur légitime de la souveraineté.
La souveraineté peut être détenue par :
- Dieu ou ses prêtres (théocratie)
- une seule personne (monarchie),
- un groupe de personnes (oligarchie),
- la nation (démocratie représentative),
- le peuple (démocratie directe)
En droit, c'est la Constitution qui définit comment s'exerce la souveraineté, quelles sont les institutions qui
détiennent le pouvoir et comment elles sont contrôlées
Sûreté : étymologie : dérivé de l'adjectif sûr, du latin securus, exempt de danger, où l'on n'a rien à craindre,
sûr, en sécurité.
La sûreté est l'état, le caractère ou la qualité de ce qui est sûr, de ce qui est à l'abri de tout danger, de ce qui ne
court aucun risque. C'est l'état de quelqu'un qui n'a rien à craindre pour sa personne ni pour ses biens.
Exemples : prendre des précautions pour être en sûreté, mettre ses bijoux en sûreté.
Synonymes : sécurité.
La sécurité exprime plutôt un sentiment, une sensation tandis que la sûreté correspond plutôt à un état
d'assurance ou de protection. On peut se sentir en sécurité sans être en sûreté.
Une sûreté est aussi ce qui rend quelque chose plus sûr, un dispositif ou une mesure de précaution.
Exemples : deux sûretés valent mieux qu'une, un cran de sûreté, une soupape de sûreté, une épingle de sûreté.
Synonymes : assurance, caution, garantie.
En droit civil, on appelle sûretés les garanties fournies pour l'exécution d'une obligation, notamment envers
un créancier au cas où le débiteur ne serait plus en mesure d'honorer ses créances. Les sûretés peuvent prendre
plusieurs formes comme le gage, le droit de rétention, le nantissement, le warrant, les privilèges et les
hypothèques.
Selon l'article 2 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, la sûreté est, avec
la liberté, la propriété, et la résistance à l'oppression, l'un des droits naturels et imprescriptibles de
l'Homme.
Sûreté nucléaire : ensemble des dispositions techniques et des mesures d'organisation relatives à la
conception, à la construction, au fonctionnement, à l'arrêt et au démantèlement des installations nucléaires de
base, ainsi qu'au transport des substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d'en limiter
les effets". Le contrôle de la sûreté nucléaire est assuré par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui est
une autorité administrative indépendante française (AAI).
Sureté de l'Etat : principe qui permet à l'Etat de faire prévaloir la continuité de ses services et l'intérêt
supérieur de la nation, aux dépens de la sûreté personnelle, dans certaines circonstances, notamment lorsque
les intérêts fondamentaux du pays sont menacés ou lorsque des infractions politiques mettent le régime en
danger. Jusqu'en 1981, ces crimes, délits ou infractions étaient jugés par la Cour de sûreté de l'État. Depuis,
hormis pour les affaires de terrorisme, ils relèvent des juridictions de droit commun.
Synonymes : sécurité intérieure, sûreté intérieure.
Tutelle : étymologie : du latin tutela, abri, protection, garde, surveillance, dérivé de tueor, regarder fixement,
avoir à l'oeil, surveiller, protéger.
En droit civil, la tutelle est l'autorité accordée par la loi à un tuteur pour prendre soin de la personne et
administrer les biens d'un "incapable" :
- un mineur dont les parents sont décédés,
- un mineur dont la garde a été retirée à ses parents,
- une personne majeure frappée d'un interdit (capacités physiques ou mentales altérées).
Un tuteur est une personne qui a la responsabilité légale d'un enfant ou d'un adulte, confiée par le juge des 25
tutelles. Il est soumis à la supervision constante de la justice. Son tutorat prend fin sur une décision de justice
ou à la majorité de l'enfant.
Le tuteur d'un mineur est choisi par le conseil de famille à moins qu'il n'ait été désigné dans le testament du
parent décédé. Les personnes placées sous tutelle sont déchues de leurs droits civiques et ne peuvent les
exercer.
Un enfant en tutelle est un enfant placé sous l'autorité d'un tuteur.
Au sens figuré, être sous la tutelle de quelqu'un signifie être contraint par une personne qui a pris une
ascendance sur soi, au point de ne plus pouvoir faire librement ce que l'on veut.
La tutelle administrative est le pouvoir exercé par une personne morale de droit public sur
un établissement public ou un groupement d'intérêt public.
Exemple : ministère de tutelle des Universités.
En droit international, un territoire est placé sous tutelle lorsque son administration a été confiée par
l'ONU à une grande puissance. Ce phénomène est devenue rare avec les indépanedances de ces territoires.