INTRODUCTION
L'élevage constitue une des principales activités des populations du Nord-Cameroun (provinces
du Nord et de l'Extrême-Nord). Cette région se situe au premier rang pour le cheptel bovin, 1
657 400 têtes, soit 38 pour cent du cheptel national. Les cheptels de moutons et de chèvres
s'élèvent respectivement à 1 362 600 et 1 507 300 têtes, soit 57,8 pour cent et 51,7 pour cent
des chiffres nationaux. Ainsi, l'élevage représente la deuxième source de revenus pour les
populations rurales, après le coton.
Plusieurs contraintes entravent l'accroissement de la productivité du cheptel. Celles-ci sont liées
pour la plupart à l'eau et à l'alimentation, à la santé, aux pratiques d'élevage et à l'écoulement
des produits. En outre, l'extension des cultures et des zones cynégétiques réduit
considérablement les parcours. La productivité doit augmenter pour faire face à la demande
encore plus forte qui a suivi la dévaluation du franc CFA et aux récentes mesures de
consolidation de la monnaie nigériane. L'importance de l'élevage relève de plusieurs aspects:
économique: c'est la première ou deuxième source de revenus dans la zone cotonnière;
alimentaire et nutritionnel: les protéines animales (viande, lait et produits laitiers, œufs) sont
équilibrées en acides aminés indispensables;
industriel et artisanal: pour le secteur des cuirs et peaux;
écologique: pour la valorisation de la biomasse végétale des terres marginales et fumure
organique des terres agricoles;
social: force de travail par la culture attelée (augmentation des surfaces cultivées et, par
conséquent, des productions et des revenus, travaux et transport moins pénibles);
socioculturel: fêtes religieuses;
financier: l'élevage est une forme de capital productif, mais il joue aussi un rôle d'épargne et de
trésorerie adapté aux besoins quotidiens ou ponctuels.
De nombreux travaux sur l'amélioration de la productivité des bovins ont été menés dans les
stations de recherche, sans une bonne connaissance de l'élevage traditionnel. Cette étude vise
donc à mieux connaître les principales caractéristiques démographiques et zootechniques des
troupeaux bovins en milieu paysan de la zone soudano-sahélienne du Cameroun, et les
principales contraintes à leur productivité.
LE MILIEU PHYSIQUE
Les deux provinces du Nord et l'Extrême-Nord ont une superficie de 100 000 km2, soit 21 pour
cent du territoire national (figure 1). Cette vaste étendue est occupée de façon inégale:
surpeuplée dans l'Extrême-Nord (50 habitants par kilomètre carré), et sous-peuplée dans le
Nord (9 habitants par kilomètre carré). L'adéquation entre la productivité des parcours et leur
charge est loin d'être optimale. En raison de la présence des glossines, vecteurs de la
trypanosomiase, les immenses parcours de la province du Nord (Sud-Bénoué), surtout utilisés
comme zone de transhumance de saison sèche lorsque l'herbe se raréfie, sont moins pâturés
que ceux de l'Extrême-Nord qui connaissent actuellement des problèmes de surpâturage (7
UBT/km2 contre 28,5 UBT/km2).
La pluviométrie diminue à mesure que l'on monte vers l'Extrême-Nord, de même que la
quantité de fourrage. Les pâturages sont communaux et constitués de graminées naturelles et
de ligneux. Dans le Nord, le tapis herbacé est dominé par Andropogon gayanus, Brachiaria
bryzantha, Loudetia togoensis et Pennisetum pedicellatum. Dans l'Extrême-Nord, l'on rencontre
Sclerocarya byrrea et Anogeussus leicarpus. D'autres espèces, telles que Schizachyrium exile,
Pennisetum spp. et Schoenefeldia gracilis, dominent les zones inondables (Yaérés). Les ligneux
les plus abondants sont Combretum glutinosium, Annona senegalensis, Strychnos spinosa,
Vitellaria paradoxa et Acacia dudgeoni sur les sols sableux, et Parinari curatellifolia, Terminalia
laxiflora, Gardenia aqualla et Ziziphus abyssinica sur les sols temporairement inondés.
LE MILIEU HUMAIN
La typologie des éleveurs du Nord-Cameroun a fait l'objet d'investigations de la part de
Planchenault (1992) et a été reprise dans le cadre du zonage par Dugué, Koulandi et Moussa
(1994) qui classaient les éleveurs en quatre catégories, selon l'importance accordée à l'élevage:
i) les éleveurs purs qui ne pratiquent pas l'agriculture et ont comme unique ressource les
produits de l'élevage. Ils sont plus nombreux dans la province du Nord, où les parcours sont
abondants; ii) les éleveurs-agriculteurs qui ont pour activité principale l'élevage mais pratiquent
l'agriculture afin de couvrir une partie de leurs besoins vivriers (maïs, niébé, arachide, sorgho);
iii) les agro-éleveurs qui accordent plus d'importance à l'agriculture, car ils produisent pour
vendre, et pour qui l'élevage a toute sa dimension; et iv) les cultivateurs de coton qui ont
accumulé du bétail grâce à cette culture de rente.
L'élevage des bovins est pratiqué par des populations pastorales en majorité Mbororo, Foulbé,
Arabes chouas et Bornouans. Les Massa et les Toupouri, autrefois agriculteurs, possèdent aussi
quelques bovins. Grâce à l'extension de la culture attelée, les Moundang, les Guiziga et les
Mbainawa s'intéressent davantage à l'élevage bovin. Cependant on note une absence ou une
insuffisance d'associations ou d'organisations d'éleveurs dans la région.
LES SYSTÈMES D'ÉLEVAGE
L'alternance des saisons sèche et humide, ainsi que le caractère erratique de la pluviométrie
marquent profondément les systèmes de production. Dugué, Koulandi et Moussa (1994)
distinguent trois systèmes.
Le système transhumant
Les éleveurs se déplacent vers de nouveaux pâturages en saison sèche, à la recherche de
pâturages restés humides. La distance moyenne de leur déplacement est de 30 à 90 km et les
départs s'échelonnent d'octobre à décembre. Une vague tardive transhume vers les mois de
janvier ou février. Ils sont nombreux dans le Nord et ils se déplacent avec tout leur troupeau,
toute leur famille et ne s'adonnent pas à l'agriculture. La diversification des revenus se fait à
travers la composition de troupeaux mixtes de bovins et d'ovins. Ils complémentent souvent les
animaux avec du sel gemme et du sel et les vermifugent régulièrement. Le gardiennage des
troupeaux est de type familial.
Le système semi-sédentaire
Dans ce système, on distingue des éleveurs-agriculteurs. La plupart d'entre eux produisent du
mil, du sorgho mouskouari et du maïs pour leur propre consommation. Ils attendent la récolte
du mouskouari pour faire paître les chaumes. Après ce pacage, ils vont vers les plaines
inondables (yaérés) dans l'Extrême-Nord et vers les points d'eau dans les autres zones. La
distance moyenne de leur déplacement est de 10 à 30 km. L'élevage est leur principale activité,
et ils exercent à moindre degré une activité agricole essentiellement vivrière. Nombreux dans le
centre-nord, les éleveurs-agriculteurs utilisent une main-d'œuvre en partie familiale pour le
gardiennage des troupeaux et une main-d'œuvre salariée pour les cultures. Ils complémentent
leurs animaux des résidus de récolte et du sel.
Le système sédentaire
Dans le système sédentaire, l'agriculture et l'élevage sont pratiqués sur les mêmes exploitations.
On retrouve ce type d'éleveurs dans toute la région; ce sont des agro-éleveurs très diversifiés
qui produisent et vendent du coton, du maïs, du sorgho, du niébé et parfois des fruits et
légumes. Leur déplacement est d'environ 10 km. Le gardiennage se fait par un membre de la
famille ou un salarié. Les résidus de récolte disponibles et les sous-produits agricoles et agro-
industriels, comme le tourteau de coton, sont très utilisés. Ils pratiquent la culture attelée et
complémentent leurs animaux avec du sel de cuisine et du sel gemme. Le développement de ce
type d'élevage est principalement dû au revenu provenant du coton, des cultures d'oignon ou
du riz. Le cheptel bovin par propriétaire est généralement faible, allant d'une paire de bœufs de
trait à un petit troupeau de 10 à 20 têtes.
Conduite des troupeaux
Les troupeaux, parfois mixtes avec les petits ruminants, pâturent généralement pendant la
journée, entre 8 heures et 17 heures, alors que les veaux sont gardés dans la concession à
l'ombre, attachés à une corde. Ils sont détachés lorsque le troupeau revient au campement le
soir. Pendant la saison sèche (mars-juin) quand le déficit alimentaire atteint un niveau critique,
certains bergers font pâturer les animaux pendant la nuit, entre 1 heure et 7 heures pour
augmenter l'ingestion des fourrages.
La fréquence d'abreuvement est d'une fois par jour. Elle varie en fonction de la distance entre le
village et le point d'eau. L'abreuvement se fait généralement à volonté aux marigots en saison
des pluies. Lorsque les cours d'eau tarissent en saison sèche, les animaux s'abreuvent à la mare
ou aux puits. L'exhaure se fait manuellement ou à l'aide d'une motopompe. Les animaux jeunes,
fatigués ou malades sont abreuvés au campement par les femmes et les enfants. Les abreuvoirs
sont de grandes cuvettes, des demi-fûts ou des bidons.
PRODUCTIVITÉ DES BOVINS EN MILIEU PAYSAN
L'étude de la productivité des bovins est basée sur un suivi zootechnique de 36 élevages en
milieu paysan mis en place à partir de 1989. Le présent rapport est une analyse des données
recueillies entre 1990 et 1995.
IMPLANTATION DU SUIVI ZOOTECHNIQUE
Choix des éleveurs-collaborateurs
Le choix des sites, des éleveurs et des troupeaux résulte d'un compromis entre la volonté d'une
représentativité des diverses zones écologiques et des systèmes d'élevage d'une part,
l'acceptation par les éleveurs des contraintes du suivi et l'impérieuse nécessité de mettre en
place aussi rapidement que possible un réseau d'observation, d'autre part. Ainsi, 11 sites ayant
des charges et des types de pâturages différents ont été sélectionnés à travers les deux
provinces. Dans chaque localité, plusieurs éleveurs ont été contactés. Les objectifs du suivi ainsi
que la méthodologie leur ont été clairement expliqués, notamment la nécessité de boucler leurs
animaux. Après plusieurs passages réguliers, 36 éleveurs parmi les plus motivés ont été retenus.
Le troupeau constitue l'unité d'observation de base du suivi. L'ensemble des troupeaux d'un
village représente un lot. Ils ont été appariés et choisis au hasard, de façon à ce qu'un lot reçoive
0,5 kg et l'autre 1 kg de tourteau de coton (Alibet) par animal et par jour. Le complément est
distribué en groupe, pendant quatre mois de saison sèche, de février à mai de chaque année.
L'Alibet produit par la Société de développement du coton au Cameroun (SODECOTON) contient
40,8 pour cent de matières azotées totales. C'est un mélange de 95 pour cent de tourteau, 3,5
pour cent de sel, 1 pour cent de calcaire et 0,5 pour cent de complément minéral et vitaminé
(CMV).
Identification des animaux
Le troupeau constitue donc l'unité d'observation de base du suivi. Chaque animal a été identifié
par une boucle en plastique à l'oreille dont le numéro est lisible à distance. Une enquête
rétrospective sur la carrière reproductrice de toutes les femelles a été réalisée (nombre de
vêlages, d'avortements et de morts-nés). L'âge des animaux a été déterminé par les méthodes
usuelles: examen de la dentition et des cornes. Les renseignements concernant chaque animal
ont été consignés dans la «fiche de l'animal».
Mesures barymétriques
En milieu paysan, la pesée des bovins est pratiquement impossible en raison du coût élevé des
bascules pèse-bétail. L'estimation indirecte du poids par des mesures corporelles - la plus facile
à prendre et en même temps la plus correlée au poids vif étant le périmètre thoracique (PTHO) -
a été envisagée. Les animaux étaient pesés à jeun à l'aide d'une bascule digitale «Marechalle
Pesage» et le périmètre thoracique (tour de la poitrine sous la base de la bosse) à l'aide d'un
mètre ruban. A partir de 1 037 couples de données (poids-périmètre thoracique), des équations
de correspondance ont été établies. Les facteurs âge, race, milieu et état physiologique des
bovins peuvent affecter la précision de la mesure mais par souci de simplicité, ces facteurs n'ont
pas été considérés dans l'analyse. Le poids des veaux mesurés avec un peson avant l'âge de trois
jours a été considéré comme poids à la naissance. Le poids des animaux de plus de 50 kg a été
déterminé à partir des formules barymétriques:
pour les mâles: poids (kg) = 100,264 - 2,641 x PTHO + 0,0251 x PTHO² (R² = 0,96);
pour les femelles: poids (kg) = 124,69 - 3,171 x PTHO + 0,0276 x PTHO² (R² = 0,96).
Collecte, gestion et traitement des données
Le suivi des troupeaux est mensuel. Lors des visites, les informations collectées sur les
troupeaux et les animaux sont enregistrées sur les fiches correspondantes et saisies sur
ordinateur, utilisant le logiciel de gestion de troupeau PIKBEU (Sahut et Planchenault, 1989). Les
fiches contenant les données les plus récentes sont alors imprimées pour la prochaine visite.
CARACTÉRISTIQUES DES TROUPEAUX EN MILIEU PAYSAN
Taille des troupeaux
La taille moyenne des troupeaux est de 52 ± 30 bovins. Sur les 36 élevages suivis en milieu
paysan, 29 ont un seul troupeau, quatre possèdent deux troupeaux, deux possèdent trois
troupeaux et un seul a cinq troupeaux.
Composition par race et par sexe
De nombreuses races bovines se rencontrent dans la région, ainsi que dans les troupeaux suivis
et les plus importantes sont les zébus Akou (39 pour cent), Goudali (28 pour cent), Mbororo (18
pour cent), et Arabes chouas. Deux noyaux de taurins sont identifiés dans l'Extrême-Nord
(Kapsiki) et le Nord (Namchi) et leur trypanotolérance est en cours d'évaluation.
Sur l'ensemble des troupeaux, les mâles représentent 39,2 pour cent du cheptel, se
décomposant en 36,9 pour cent de mâles entiers et en 2,3 pour cent de castrés utilisés surtout
comme animaux de trait. Ce pourcentage est identique dans d'autres élevages africains (Landais
et Cissoko, 1986) et même sud-américains (Salas, Planchenault et Roy, 1988) où près du tiers du
troupeau est constitué de mâles. On note un certain nombre de femelles âgées dans les
troupeaux (figure 1). Même si elles ne sont pas toujours très fécondes, les vieilles vaches, plus
rustiques, sont conservées car elles ont échappé aux multiples aléas de l'élevage (peste bovine
de 1982 et disettes de 1984, 1985 et 1987). Elles constituent le capital de confiance de l'éleveur.
Evolution de la reproduction
Au cours de cinq années de suivi en milieu paysan, 2 070 naissances, dont 67 avortements (3,2
pour cent) ont été enregistrés. La répartition des naissances en fonction des saisons indique les
proportions suivantes: 34,3 pour cent en saison sèche froide (octobre à janvier), 45,6 pour cent
en saison sèche chaude (février à mai) et 20,1 pour cent en saison des pluies (juin à septembre).
Près de 80 pour cent de naissances surviennent pendant la saison sèche, d'octobre à mai. Cela
correspond à des saillies de la saison des pluies lorsque les pâturages sont abondants et de
bonne qualité.
Age au premier vêlage
L'âge moyen au premier vêlage défini à partir de 588 observations est de 53 ± 16 mois. Ce retard
de précocité pourrait être lié au retard de croissance des jeunes femelles. Une bonne
complémentation à base d'Alibet a permis de réduire cet âge de 56 ± 16 mois dans les élevages
recevant 0,5 kg d'Alibet à 52 ± 17 mois dans les élevages recevant 1 kg par animal et par jour.
Pour les 245 femelles nées au cours du suivi dont la date de naissance est bien connue, l'âge
moyen au premier vêlage est de 48 ± 8 mois. Les femelles de Lougguéré sont plus précoces (45 ±
13 mois) par rapport à celles des élevages autour de Garoua (50 ± 9 mois).
Intervalle entre vêlages
L'intervalle entre vêlages obtenu à partir de 796 observations est de 18,5 ± 6 mois. Ce long
intervalle résulte sans doute d'un an_strus post-partum beaucoup plus long attribuable aux
fluctuations des disponibilités fourragères. Il est de 19 ± 7 mois dans les élevages recevant 0,5 kg
d'Alibet et 17,7 ± 6 mois dans ceux recevant 1 kg par animal et par jour. Les femelles nées au
cours de l'étude ont un intervalle légèrement plus réduit d'un mois, soit 17,7 ± 6 mois.
L'intervalle intervêlage est fonction des conditions d'élevage. Le sevrage tardif des veaux est une
des causes de sa prolongation. Il est de 14 ± 3 mois à Lougguéré contre 18 ± 6 mois à Garoua.
Taux de fertilité
Le taux de fertilité apparent dans les élevages est de 53,7 ± 17,7 pour cent et le taux de
fécondité de 52,1 ± 17,1 pour cent (tableau 1). Le taux de fertilité apparent est plus élevé dans
les élevages bénéficiant des meilleures conditions de conduite: 59,2 pour cent à Lougguéré
contre 49,8 pour cent dans les élevages de l'Extrême-Nord. Dans l'ensemble, le taux de fertilité
évolue en dents de scie d'une année sur l'autre.
1
Taux de fertilité apparent et taux de fécondité des bovins en milieu paysan au Nord-Cameroun
Apparent fecundity and fertility rates of cattle in rural northern Cameroon
Tasa de fertilidad aparente y tasa de fecundidad de los vacunos en el medio rural del norte del
Camerún
Taux de fertilité apparent (%)
Taux de fécondité (%)
Variable
Nombre
Moyenne
Ecart-type
Nombre
Moyenne
Ecart-type
Moyenne générale
104
53,72
17,70
104
52,1
17,1
Zone
Garoua
43
53,60
20,00
43
52,00
19,4
Lougguéré
59,41
18,74
58,32
18,7
Mindif
25
49,79
12,14
25
47,82
11,5
Nord-Est Bénoué
31
56,13
17,75
31
54,65
17,2
Année
1990
19
52,51
16,1
19
50,92
15,9
1991
20
59,18
19,7
20
57,39
18,8
1992
19
44,21
18,7
19
40,65
15,8
1993
23
56,66
13,5
23
56,04
13,5
1994
23
54,87
17,9
23
53,94
17,6
2
Quotient de mortalité des veaux et taux de mortalité des bovins de plus d'un an en milieu
paysan au Nord-Cameroun
Mortality of calves and cattle of more than one year in rural northern Cameroon
Cociente de mortalidad de los animales jóvenes y tasa de mortalidad de los vacunos de más de
un año en el medio rural del norte del Camerún
Quotient de mortalité des veaux de zéro à un an (%)
Taux de mortalité des bovins de plus d'un an (%)
Variable
Nombre
Moyenne
Ecart-type
Nombre
Moyenne
Ecart-type
Moyenne générale
108
11,39
11,74
106
2,32
2,79
Zone
Garoua
44
13,52
14,00
44
1,66
2,7
Lougguéré
9,97
8,51
1,89
2,8
Mindif
25
12,68
11,8
24
3,74
3,5
Nord-Est Bénoué
34
7,90
7,81
33
2,21
1,9
Année
1990
19
8,44
10,4
18
1,97
2,9
1991
20
11,54
8,8
20
1,80
1,6
1992
23
12,35
14,7
22
3,23
4,0
1993
23
7,49
10,1
23
2,26
2,6
1994
23
16,65
12,0
23
2,21
2,2
Mortalité des veaux
Le quotient de mortalité des veaux a été calculé sur les cohortes annuelles de 1990 à 1994. Il
s'agit du pourcentage de morts entre zéro et un an par rapport aux veaux nés au cours de
l'année. Le quotient de mortalité est relativement élevé, 11,4 pour cent en moyenne (tableau 2).
Il est très variable d'un élevage à l'autre. En effet, dans certains élevages un veau sur deux meurt
avant l'âge d'un an. Le taux de mortalité est plus élevé autour de Garoua (13,5 pour cent) ce qui
est sans doute attribuable à la traite importante des vaches par les bergers pour la vente du lait
à des prix forts rémunérateurs, et ce, au détriment des veaux dont 30 pour cent des mortalités
sont enregistrées au cours du premier mois de leur vie et 75 pour cent au cours de la période
d'octobre à mars. Les veaux chétifs ont plus de probabilité de mourir.
Mortalité des bovins
La mortalité des bovins est beaucoup plus faible: 2,3 pour cent. Elle varie en fonction des années
et des régions (tableau 2). L'Extrême-Nord enregistre des taux plus élevés, 3 pour cent contre
1,7 pour cent à Garoua, en raison de l'insuffisance des disponibilités fourragères et des
problèmes d'infestations parasitaires. D'autres élevages ont connu des taux de mortalité plus
élevés, pouvant atteindre 14,6 pour cent. Les principales causes de mortalité ont été
répertoriées. Ainsi, en dehors des causes accidentelles, le parasitisme digestif et la malnutrition
constituent les causes majeures de mortalité chez les bovins. On note la recrudescence de
certaines maladies dans la région, telles que la tuberculose, la pasteurellose, la cowdriose, le
charbon symptomatique et bactéridien.
Bien que Pagot, Tacher et Dulieu (1981) avançaient un taux de mortalité des veaux de 30 à 40
pour cent au Nord-Cameroun, nos résultats concordent avec ceux de Planchenault (1992) qui, à
partir d'une enquête de productivité a observé des taux de 7 et 10 pour cent pour les veaux de
zéro à un an et de 2 pour cent pour les adultes. La fièvre aphteuse, pour laquelle le vaccin est
relativement coûteux, sévit de façon endémique dans la région. La lutte contre les glossines a
permis de contrôler la trypanosomiase bovine. On observe cependant des foyers résiduels,
attribuables à une réinfestation par les glossines ou par une transmission mécanique du parasite
par des Tabanidés, en particulier.
Evolution pondérale
Le poids à âge-type des bovins en milieu paysan est résumé dans le tableau 3. A la naissance, les
mâles sont légèrement plus lourds (0,8 kg) que les femelles. Après le sevrage qui survient
naturellement entre huit et 10 mois, les mâles ont une croissance plus rapide que les femelles.
Ils atteignent leur poids adulte à partir de cinq ans, soit environ 350 à 400 kg. Le poids adulte des
femelles est atteint à partir de quatre ans, environ 270 kg. Pendant la saison sèche, les animaux
accusent une chute de poids considérable. Elle est beaucoup plus importante chez les femelles
dont les adultes perdent près de 15 kg en un mois, entre avril et mai, avec le retour des pluies.
On note une grande variabilité de poids attribuable à plusieurs facteurs dont les plus importants
sont la race, la saison de naissance, la complémentation de saison sèche, les disponibilités
fourragères et les soins aux animaux.
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1
Carte du Nord-Cameroun
Map of northern Cameroon
Mapa del norte del Camerún
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2
Pyramide des âges des bovins suivis en milieu paysan au Nord-Cameroun, en janvier 1995
Age pyramid of monitored cattle in rural northern Cameroon
Pirámide de edades de los vacunos examinados en el medio rural del norte del Camerún
Productivité numérique et productivité pondérale
La productivité numérique est un indicateur de tendance prenant en compte les veaux vivants à
un an, nés de 100 femelles reproductrices. Au Nord-Cameroun, 100 femelles reproductrices
produisent en moyenne 46 veaux vivant à un an. La productivité est plus faible dans la province
de l'Extrême-Nord, avec 42 veaux par an. Elle est de 45 veaux autour de Garoua et de 50 dans le
Nord-Est Bénoué.
La productivité pondérale prend en compte la productivité numérique et le poids des veaux à un
an. Le poids moyen du veau varie en fonction des zones et des conditions d'élevage. Il est de 172
kg à Lougguéré, 115 à Garoua, 134 kg dans le Nord-Est Bénoué et 118 kg dans l'Extrême-Nord.
La productivité pondérale est le poids de veau produit par femelle reproductrice et par an. Dans
la figure 3, on observe que la productivité pondérale est deux fois plus élevée à Lougguéré (90
kg) que dans l'Extrême-Nord (49 kg) et qu'elle est plus élevée dans le Nord-Est Bénoué (67 kg)
qu'à Garoua (52 kg).
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Rareté des pâturages pendant cinq à sept mois de saison sèche
Pasture scarcity during the five to seven dry season months
Pastos escasos durante los cinco a siete meses de estación seca
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Après la récolte, les tiges de mil sont conservées avec des épineux pour l'alimentation animale
After the harvest, the millet stalks are kept with gorse for animal feed
Después de la recolección, los tallos de mijo se conservan con zarzas para la alimentación animal
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L'eau, un des facteurs limitant la productivité animale. Ici, un éleveur remplit manuellement un
abreuvoir pour ses animaux
Water - a limiting factor in productivity. In the photo, a cattle farmer fills a watering trough for
his animals
El agua es uno de los factores limitantes de la productividad animal. En la foto, un ganadero
llena manualmente un abrevadero para sus animales
Aptitude laitière
Les races locales ne sont pas de bonnes laitières. Cependant, une bonne alimentation peut
augmenter leur production. Une étude de neuf semaines a été menée avec des vaches locales
en lactation. Au cours de chaque essai, deux groupes de vaches étaient formés sur la base du
niveau de production laitière, de la durée et du nombre de lactations. Un groupe était
complémenté chaque matin et l'autre servait de témoin.
Au cours du premier essai, deux lots de sept vaches avec une production laitière moyenne de
1,25 litre par jour ont été constitués. Le lot complémenté recevait 1,7 kg d'un complément
composé de tourteau de coton, de maïs et de farine de poisson. Leur production laitière a
augmenté régulièrement pour atteindre 2,3 litres par jour à la fin de l'essai, alors que la
tendance était à la baisse chez le lot témoin.
Au cours du second essai, deux lots de six vaches avec une production laitière moyenne de 0,85
litre par jour ont été formés. Le lot complémenté recevait 1,5 kg de tourteau de coton par vache
et par jour. La complémentation a augmenté considérablement la production laitière qui a
atteint 2,73 litres en fin de lactation alors que celle des vaches témoins n'a connu qu'une légère
augmentation pour atteindre 1,26 litre. Dans les deux essais, la complémentation a permis une
augmentation de la production laitière, un gain pondéral des veaux, un meilleur état des vaches
et un gain financier aux éleveurs.
3
Poids par âge-type des bovins en milieu paysan au Nord-Cameroun
Cattle weight by age class in rural northern Cameroon
Peso para cada grupo de edad de los vacunos en el medio rural del norte del Camerún
Mâle
Femelle
Age
(ans)
Nombre de mesures
Poids
(kg)
Ecart-type de la moyenne
Nombre de mesures
Poids
(kg)
Ecart-type de la moyenne
Naissance
124
23,3
5,4
106
22,5
6,0
0,5
85
100
29
106
89
25
276
141
39
360
134
34
534
191
43
1 014
187
42
360
247
51
794
245
42
207
306
62
623
279
43
90
360
62
458
294
90
30
389
58
346
295
52
4
Taux d'exploitation et de vente des bovins en milieu paysan au Nord-Cameroun
Cattle performance and sales in rural northern Cameroon
Tasa de explotación y tasa de venta de vacunos en el medio rural del norte del Camerún
Taux d'exploitation (%)
Taux de vente (%)
Variable
Nombre
Moyenne
Ecart-type
Nombre
Moyenne
Ecart-type
Moyenne
111
19,64
13,6
111
15,21
17,1
Zone
Garoua
49
19,19
14,0
49
13,78
13,3
Lougguéré
37,15
26,2
5
35,6
25,7
Mindif
24
25,00
11,8
24
9,98
5,4
Année
1990
19
13,76
10,3
19
10,62
9,2
1991
21
18,35
12,4
21
14,33
10,7
1992
23
20,24
12,2
23
15,73
12,3
1993
24
23,27
15,3
24
16,27
12,9
1994
24
21,22
15,8
24
18,05
15,9
Exploitation des troupeaux
L'exploitation concerne les animaux sortis par la volonté de l'éleveur et sans retour possible
dans le troupeau, pour des raisons telles que la vente, l'abattage, la dot ou le don. Même si
l'effectif du troupeau demeure pour beaucoup trop d'éleveurs le symbole du prestige social, ils
n'hésitent plus à commercialiser leurs animaux en cas de besoin. L'exploitation des animaux est
très précoce, parfois dès l'âge de deux ans; celle des femelles est plus faible. Elles sont retenues
le plus longtemps possible comme reproductrices (figure 3). Le taux d'exploitation est de 19,6 ±
13,6 pour cent dans les élevages (tableau 4). Il est de 25 pour cent dans l'Extrême-Nord et de
13,8 pour cent dans la région Nord-Est Bénoué. Les éleveurs de l'Extrême-Nord pourraient être
obligés à déstocker beaucoup plus d'animaux avant la transhumance en raison de la précarité
des ressources fourragères.
Les ventes constituent la principale raison d'exploitation des troupeaux: chaque année 15,2
pour cent des bovins sont vendus dans les élevages suivis. Les jeunes mâles de un à quatre ans
constituent la tranche d'âge la plus vendue (figure 4). Le prix de vente varie en fonction des
types d'animaux, des années, des saisons et des régions. Le prix moyen payé à l'éleveur est
passé de 52 000 ± 24 000 FCFA en 1990 à 36 000 ± 16 000 FCFA en 1992 et 1993. Il est remonté
à 41 000 ± 18 000 FCFA en 1994 suite à la dévaluation du franc CFA. Ces prix relativement faibles
payés aux éleveurs résultent de la présence de multiples intermédiaires dans la
commercialisation du bétail.
Mouvements d'animaux
Au cours de l'étude, 3 387 animaux sont sortis des troupeaux. La nature des sorties est résumée
dans la figure 5. Les ventes constituent la principale cause de sortie. On note un important
mouvement d'animaux de trait intertroupeaux avant et après la période des cultures. Ils sont
généralement confiés aux éleveurs qui les gardent pendant la période morte (décembre à avril).
Certains éleveurs pratiquant d'autres activités (commerçants ou fonctionnaires des villes)
confient leurs animaux aux éleveurs Mbororo des zones périurbaines. En cas de désaccord dans
la gestion de troupeaux avec ces derniers, ils n'hésitent pas à retirer tout ou une partie du
troupeau pour le confier à un autre éleveur.
CONTRAINTES AU DÉVELOPPEMENT DE L'ÉLEVAGE BOVIN AU NORD-CAMEROUN
Plusieurs contraintes entravent l'accroissement de la productivité du cheptel. Celles-ci sont liées
pour la plupart à l'eau et à l'alimentation, à la santé, aux pratiques d'élevage et à l'écoulement
des produits (multiples intermédiaires dans la commercialisation du bétail et, surtout, barrière
sanitaire du Mbé empêchant le passage des bovins du nord au sud du Cameroun). De plus,
l'extension des cultures et des zones cynégétiques réduit considérablement les parcours, et
parfois les pistes à bétail. De nombreux conflits entre agriculteurs, éleveurs et gardes-chasse
sont régulièrement signalés. Un surpâturage important est constaté dans l'Extrême-Nord. Les
pratiques de récupération des résidus de récolte et de complémentation ne sont pas encore très
développées, sauf dans les zones les plus peuplées de l'Extrême-Nord et autour de Garoua. Il
convient aussi de noter une insuffisance de points d'eau dans la région. Si les problèmes fonciers
retardent l'adoption de certains modes de gestion et d'amélioration des parcours, l'absence des
organisations des éleveurs est un grand handicap dans la transmission des technologies,
l'approvisionnement en intrants et la commercialisation des animaux. Malgré le désir de
certains éleveurs de former des groupements d'initiatives communes, ils manifestent une
grande crainte à l'égard du pouvoir traditionnel qui, à son tour, trouve en ces groupes un
obstacle à son autorité. Cela porte à croire que le mode de développement paysannal à travers
les groupements professionnels ne peut s'appliquer partout avec la même efficacité, d'où
l'intérêt d'une meilleure connaissance du milieu humain en ce qui concerne leurs
recommandations.
PERSPECTIVES À MOYEN TERME
Intensification des systèmes de production
La grande variabilité de poids, de l'âge à la première mise bas, de l'intervalle intervêlage et des
différents taux de mortalité indiquent les énormes possibilités d'amélioration de la productivité
existant dans les élevages bovins au Nord-Cameroun. On peut préconiser 0,5 kg d'Alibet par
animal et par jour pendant la saison sèche pour aider au maintien des fonctions de reproduction
des femelles. Toutefois, on peut augmenter le niveau de complémentation à 1 kg par jour
pendant la lactation afin de s'assurer d'une bonne production laitière pour l'allaitement des
veaux et l'alimentation humaine. Cela se traduit par de meilleures performances de croissance,
une bonne vigueur des veaux (figure 6) et une fertilité des femelles plus élevée. Compte tenu
d'une demande en tourteau de coton de plus en plus élevée face à une offre plus faible,
l'utilisation rationnelle des résidus de récolte et l'introduction de bétail sont vivement
recommandées.
La dévaluation du franc CFA a entraîné une augmentation des prix des produits vétérinaires.
Cette augmentation pourrait conduire à une stagnation, voire à une régression de l'utilisation
des produits zootechniques et vétérinaires, et ce malgré une augmentation du prix du bétail sur
le marché. Les éleveurs pourraient améliorer leurs revenus s'ils vendaient davantage d'animaux
afin d'acheter les intrants nécessaires à une maîtrise des risques sanitaires et à une
augmentation des performances des troupeaux.
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3
Productivité pondérale annuelle par femelle reproductrice en milieu paysan au Nord-Cameroun
Weighted annual productivity per breeding cow in rural northern Cameroon
Productividad ponderal anual por hembra reproductora en el medio rural del norte del Camerún
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4
Distribution des bovins vendus par classes d'âge dans les élevages suivis en milieu paysan au
Nord-Cameroun
Distribution of cattle sold per age class on monitored holdings in rural northern Cameroon
Distribución de los vacunos vendidos por grupos de edades en las explotaciones estudiadas del
medio rural del norte del Camerún
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5
Nature de sortie des bovins de leurs troupeaux
Reason for departure of cattle from herd
Tipos de eliminación de los vacunos de los hatos
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6
Influence de la complémentation avec de l'Alibet sur la croissance des veaux en milieu paysan au
Nord-Cameroun
Impact of Alibet supplementation on calf growth in rural northern Cameroon
Influencia de la alimentación suplementaria de Alibet en el crecimiento de los terneros en el
medio rural del norte del Camerún
Diversification de la production animale
La diversification de la production animale est une nouvelle dynamique dans la région et mérite
un appui technique et organisationnel. C'est le cas de la production laitière et de l'élevage porcin
et de la volaille.
Bien que le lait constitue pour les populations de la région l'un des aliments de base, la récente
dévaluation du franc CFA a renchéri le prix, réduisant considérablement les importations. Pour
satisfaire la demande locale, cette production mérite d'être développée et soutenue. Des
stratégies de complémentation alimentaire des vaches, associées à un programme de sélection
en milieu paysan, permettraient, à moyen terme, d'augmenter la production laitière des vaches
locales et le revenu des éleveurs.
Il convient de noter une émergence de la production porcine dans cette zone, alors que
l'élevage porcin était tabou. La richesse de la région en sous-produits agro-industriels (tourteaux
de coton, farine de riz et résidus de poisson) ainsi que la rusticité des races porcines locales
indemnes de peste porcine africaine en sont les principaux atouts.
Région jadis importatrice des produits de basse-cour, le nord peut devenir exportateur grâce à
l'augmentation de sa production céréalière et à la disponibilité des sous-produits agricoles, mais
il faut, pour ce faire, que les risques sanitaires soient maîtrisés et l'approvisionnement en
intrants assuré en élevages modernes périurbains.
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Les animaux transhumant en fin de saison sèche à la recherche de l'eau
Migratory cattle in search of water in the late dry season
Animales trashumantes al final de la estación seca en busca de agua
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La complémentation protéique des jeunes et des femelles de reproduction, à base de tourteaux
de coton, permet de réduire la mortalité et d'augmenter la fertilité des troupeaux
A protein supplement with cottonseed cake for calves and breeding cows reduces mortality and
increases herd fecundity
La alimentación suplementaria proteica de los animales jóvenes y las hembras reproductoras, a
base de torta de semilla de algodón, permite reducir la mortalidad y aumentar la fecundidad de
los hatos
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Les éleveurs-collaborateurs au cours d'une journée de restitution des résultats du suivi
zootechnique de la productivité de leurs troupeaux
The participating cattle farmers hear the results of productivity monitoring of their herds
Ganaderos-colaboradores en una jornada de presentación de los resultados del estudio
zootécnico de la productividad de sus hatos
CONCLUSION
Face à l'extension des cultures et des zones de chasse, l'intégration de l'agriculture et de
l'élevage est un processus irréversible. Des mutations dans les systèmes de production doivent
s'opérer. L'élevage bovin devra s'intensifier, notamment en se sédentarisant de plus en plus et
en valorisant au mieux les ressources alimentaires (sous-produits agro-industriels, sous-produits
de culture, pâturages naturels et cultures fourragères). L'élevage transhumant, de type
«cueillette», grand consommateur d'espace, aura du mal à se maintenir sans aménagement
particulier. L'évolution la plus vraisemblable est une intensification des systèmes de production,
une meilleure intégration agriculture-élevage et une meilleure maîtrise du foncier par les
éleveurs, qui ont intérêt à s'organiser en associations professionnelles pour mieux prendre en
charge leurs intérêts. Une diversification des productions animales augmenterait davantage
leurs revenus.
Le problème foncier dépasse le cadre de la recherche. Celui de l'organisation des éleveurs
pourrait trouver une solution au niveau des services d'élevage ou des sociétés de
développement et des ONG. Cependant, la recherche peut agir plus efficacement au niveau de
la ferme en développant des pratiques d'alimentation plus intégrées aux pratiques agricoles, des
traitements sanitaires à moindre coût et des modes de gestion permettant une productivité
accrue avec des effectifs animaux plus réduits et sur des superficies restreintes.