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Introduction à la métrologie industrielle

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ISET de Gabes-2001/2002 Cours Mesures Electriques

Chapitre I

LA METROLOGIE INDUSTRIELLE

I- INTRODUCTION
La mesure est de nos jours un outil essentiel qui met la théorie à l’épreuve : « Si la théorie est
l’esprit, la mesure est la main qui la guide».
En effet c’est une expérience physique qui consiste à exprimer, transmettre une grandeur physique et
en attribuer une valeur numérique.
De se fait, elle est indispensable dans la vie industrielle et même privée et ce besoin se justifie par le
fait qu’a l’aide des mesures, on arrive à connaître et définir des grandeurs non accessibles à nos sens
et/ou les quantités des grandeurs qui dépassent leur étendue (cas des températures et pressions qui
peuvent être supérieures à celles que nous pourrions supporter :
-Pression de 150 bars
-Température de 500°c

II- DÉFINITIONS :

II-1 La métrologie :
C’est la branche de la science qui traite des mesures. On l’appelle une science appliquée qui permet à
l’industriel de contrôle, influencer divers paramètres ou grandeurs .On la définit aussi comme un art de
quantification.

II-2- La mésurande :
C’est la grandeur physique, objet de la mesure.
Exemple : déplacement, T, pression.

II-3) le mesurage :
C’est l’ensemble des opérations expérimentales qui concourent à la connaissance de la valeur
numérique du mesurande.

III- LES GRANDEURS


Il s’agit d’un concept, de la on ne peut pas donner définition à ce terme et on parle de quantité ou
d’état ou de dimension d’une grandeur. Par conséquent, la grandeur est la qualité physique d’entités
telles que : La longueur, le volume, la masse, le temps etc.…

III-1- Les grandeurs fondamentales


Ce sont trois grandeurs indépendantes les une des autres, à partir desquelles toutes les autres peuvent
être déduites, à savoir :
 la longueur
 la masse
 le temps
Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 1 
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III-2- LES Grandeurs principales :


Puisque trios grandeurs sont insuffisantes à la réalisation d’une métrologie pratique, on leur adjoint
quatre autres grandeurs pour aboutir à un ensemble redondant. (Certains éléments de cet ensemble
s’équivalent et ne sont pas indispensables).
Les sept grandeurs principales sont :
 la longueur ;
 la masse ;
 le temps ;
 la température ;
 l’intensité d’un courant électrique ;
 la quantité d’entités matérielles (particules diverses etc…).

III-3- Les grandeurs dérivées :


Ce sont toutes les grandeurs non désignées comme principales.

IV-LES DIMENSIONS :
A chaque grandeur on attribue une dimension qui lui est propre et que l’on symbolise par une lettre ou
un signe s’il s’agit d’une grandeur principale à savoir (voir tableau 1-1) :
-L : Longueur, M : Masse, T : Temps, θ : Température, I : Intensité électrique et C : Intensité
lumineuse. Et par combinaison de ces symboles, on dimensionne les grandeurs dérivées. (Voir Tab 1)

Grandeurs Dimensions Observations

Longueur .L
Masse M
Temps T
Température Θ Ou M.L2.T-2
Surface L2 De même que le débit d’info.
Volume L3 Utilisé en spectroscopie
Fréquence T-1
Nombre d’onde L-1
Vitesse L.T-1
Accélération L.T-2
Force M.L.T-2 Ou travail ou chaleur
Energie M.L2.T-2
Puissance M.L2.T-3
Pression M.L-1.T-2 Ou L-1.T-1 suivant le cas
Viscosité dynamique M.L-1.T-1 Ou M.L2T-1 suivant le cas
Viscosité Cinétique L2.T-1

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 2 


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Intensité électrique I
Charge électrique I.T Ou quantité d’électricité
Potentiel électrique M.L2.T-3.I-1
Résistance M.L2.T-3.I-2
Capacité M-1 .L-2.T4.I-2
Conductance M-1 .L-2.T3.I-2
Inductance M .L2.T-2.I-2
Champ électrique M.T-3.I-2
Champ magnétique L-1.I
Induction magnétique M.T-2.I-1 De même que le moment magnétique car dim (A) = 1
2 -2 -1
Flux magnétique M .L .T .I
Force magnétomotrice I

Intensité lumineuse C De même que le flux lumineux


Luminance L-2.C De même que l’éclairement
Vergence L-1
Intensité sonore ? Ici, l’A.D. est en défaut

Information Sans
Atténuation Sans
Angle plan Sans Défaut de l’A.D.
Angle solide sans Défaut de l’A.D.
Tableau 1
Note : A.D. : Analyse Dimensionnelle

Ce tableau pose quelques problèmes :


 certains couples de grandeurs ont même dimension ;
 de nombreuses grandeurs sont dénuées de dimension. On dit que leur dimension est 1(un) ; il
est faux de leur attribuer la dimension 0 ( zéro) , ce sont les puissances des grandeurs
principales qui les composent qui sont nulles, et non les dimensions elles-mêmes.

V- LES UNITÉS
Elles sont également des quantités de grandeur fixées et servent de référence pour exprimer la mesure
des grandeurs. Il existe plusieurs systèmes d’unités, mais le plus utilisé est le système internationale
(S.I) qui est actuellement en vigueur dans plus de 50 pays adhérant à la convention de mètre.( voir
tableau 2)

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 3 


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Grandeur Unité S.I Autres unités Symbole Valeur


S.I.
Longueur METRE m 1
Micron µm ou µ 10-6
Mille marin

Superficie mètre carré m2 1


Are a 102

Volume mètre cube m3 1


Litre 1 10-3
Stére st 1

Angle plan radian rd 1


Tour tr 2.π
Grade gr π/200
Degré ° π/180
,
Minute π/10800
,,
seconde π/648000

Angle solide stéradian sr 1


Masse KILOGRAMME Kg 1
Tonne T 103
Quintal Q 102
gramme G 10-3

Masse volumique Kilogramme par Kg/m3 1


mètre cube
Temps Seconde S 1
Minute mn 60
Heure h 3600
Jour j 86400

Fréquence Hertz Hz 1

Vitesse Mètre par seconde m/s 1

Accélération Mètre par seconde m/s2 1


Dans la seconde
Gal gal 102

Force Newton N 1
Dyne Dyn 10-5

Energie (travail Joule J 1


quantité de chaleur) Erg Erg 10-7
Watt-heure Wh 3600
Electronvolt Ev 1.6 10-19
Calorie cal 4.185

Puissance Watt W 1

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 4 


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Erg par seconde erg/s 10-7

Contrainte et pression Pascal pascal 1


Bar bar 105
Barye (sans) 0.1

Viscosité dynamique [Link] Pa.s 1


Poise Po 0.1

Viscosité cinématique Poiseuille Po/(kg.m3) 1


par kg par m3
Stokes St 10-4

INTENSIT DE AMPERE A 1
COURANT

f.e.m., d.d.p. Volt V 1

résistance électrique Ohm Ω 1

quantité d’électricité Coulomb C 1


Ampè[Link] A.h 3600

capacité électrique Farad F 1

inductance électrique Henry H 1

flux magnétique Weber Wb 1


Maxwell M 10-8

induction magnétique tesla T 1


Gauss G 10-4

TEMPERATURE KELVIN K 1
INTENSITE CANDELA Cd 1
LUMINEUSE

Flux lumineux Lumen Lm 1

Eclairement Lux Lx 1
Phot Ph 104

Luminance Candela par m2 Cd/m2 1

Vergence Dioptrie δ 1

Activité radionucléaire (sans nom) S-1 1

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 5 


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Curie Ci 3.7*1010

Quantité de (néant) roengten R


rayonnement
Tableau 2

Les unités du système international peuvent être précédés d’un préfixe formé à partir des puissances de
10.(tableau 3)

1018 hexa E
1015 péta P
1012 téra T
109 giga G
106 méga M
103 kilo k
10-3 milli m
10-6 micro μ
10-9 nano n
10-12 pico p
10-15 femto f
10-18 alto a
Tableau 3
Certaines unités liées aux forces de l’habitude ne font pas partie du S.I. mais tout de même sont
employées.(tableau 4)

Grandeur Unité Symbole Equivalence Utilisation


Angle Grade gr 
200
Degré ° 
180
Minute ‘ 
10800
Seconde ‘’ 
648000
Masse Tonne t 103kg Commerce
Quintal q 102kg
Livre 0.5kg
Longueur Mille 1852m navigation

Aire Hectare ha 104 m2 Superficies


Are a 102 m2 agraires

Volume Litre l 10-3 m3 Bois de


Stère St 1m3 chauffage
Temps Minute min 60s
Heure h 3600s
Jour d,j 86400s
Vitesse Km/heure km/h 1 m/ s Navigation
3.6
Nœud(1mille/h) 1852 m/ s
Tour/min tr/min 3600
2 rd/ s
Tour/sec tr/s 60

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 6 


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2 rd/ s
Energie Watt heure wh 3600J Consommation
Calorie Cal 4.1855J électrique
Thermie Th 4.1855*106J Chauffage

Pression Bar Bar 105Pa Métrologie,


Pression des
fluides
Température Degré Celcius °C 1°C = 1K
θ(°C) = θ(K)-273.15
Tableau 4
Quelques unités d’origine anglo-saxon sont également utilisées :

- Le pouce (inch) = 1in = 25.4mm


- Le pied (foot) = 1ft = 0.305m
- La livre (pound) = 1lb = 453.6g
- Le mile 1mi = 5280ft = 1609m
- Le mil = 1mil = 10 -3in = 25.4μm

VI- LES ÉTALONS :


On peut définir « mesurer » par « comparer »une grandeur inconnue à une grandeur de référence :
l’étalon. Le résultat de la mesure est alors le nombre d’unités de l’étalon comprises dans la grandeur
inconnue.
Exemple : Lorsqu’on effectue une mesure de distance, on utilise directement l’étalon (le mètre).
Mais la mesure d’une tension se fait sans étalon : c’est l’appareil de mesure lui même qui est
« étalonné », à l’aide d’un appareil de calibrage de grande précision qui doit être conforme à la valeur
du volt « légal ». D’où le besoin d’un certain nombre d’étalons pour réaliser les mesures et vérifier les
instruments qui doivent être précis et stable. Il existe des unités au niveau mondial pour fabriquer les
étalons (par exemple BNM : Bureau National de Métrologie). On a besoin par exemple des étalons de
tensions (piles de type Weston) de temps et de résistance.
Parmi les étalons qui nous intéressent particulièrement on peut citer :

 Etalon de mesure :
- Pile de Weston étalon de f.e.m. E v = 1.0185V à 20°C
- Diode Zener qu’on doit contrôler à l’aide d’une pile étalon (utilisée dans les
appareils électroniques)

 Etalon de résistance :
On utilise des alliages dont la résistance varie faiblement en fonction de la température :
- Le manganine (80¨%Cu, 12%Mn, 8%§Ni)
- Le constantan (60% Cu, 40%Ni)

 Etalon de capacité
Les condensateurs à air sont des condensateurs les plus stables et utilisés en étalon (de
l’ordre de 105pF). C’est un cylindre de 50cm de diamètre et de 120cm de hauteur.

 Etalonnage d’un ampermètre :


L’appareil à étalonner Ax et l’appareil étalon AE sont tous deux insérés en série dans un
circuit parcouru par une intensité, réglable I dont la valeur maximale sera celle du
calibre des deux appareils. Pour chaque valeur choisie sur l’appareil Ax on relèvera la

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 7 


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valeur exacte correspondante sur l’appareil AE. On déduira la correction en dressant un


tableau

 Etalonnage d’un volmètre :


L’appareil à étalonner Vx est monté en parallèle avec l’étalon VE aux bornes d’une
source de tension réglable.

 La seconde
Elle est obtenue à partir de fréquence délivrée par des horloges atomique.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 8 


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Chapitre II :

ERREURS DE MESURAGE

I- INTRODUCTION
Aucune mesure n’est parfaite. Quelque soit le soin apporté à sa mise en œuvre, la précision de
l’appareil, la compétence de l’opérateur, le respect des règles de manipulation et de contrôle sévère de
tous les paramètres d’influence, il restera toujours une incertitude sur la mesure, aussi infinie soit-elle.
C’est pourquoi toute mesure, pour être complète, doit comporter la valeur mesurée et les limites de
l’erreur possible sur la valeur donnée.

II- CLASSIFICATION DES ERREURS :


Suivant les causes, on a deux types d’erreurs :

II-1- Les erreurs systématiques


C’est toute erreur due à une cause conne ou connaissable. Elles ont pour causes :

II-1-1- Méthode de mesure :


Parfois la méthode de mesure choisie entraîne une perturbation sur la grandeur à mesurer.
Exemple : pour la mesure d’une résistance ou d’une puissance ? on a à choisir entre le montage amont
et aval.

II-1-2- L’opérateur :
Parfois, lors d’une mesure, l’aiguille ou le spot lumineux s’immobilise entre deux traits de la
graduation ce qui oblige l’opérateur à estimer une fraction de division de l’échelle de lecture, il en
résulte une erreur inévitable.

II-1-3- l’appareil de mesure :


La classe de précision d’un appareil de mesure dépend des imprécisions de fabrication, de calibrage et
de conception. Plus la fabrication est soignée, plus l’erreur est petite. De plus l’erreur dépend du
réglage de zéro électrique ou mécanique et de la courbe d’étalonnage de l’appareil.

II-1-4- Remède aux erreurs systématiques


On peut y remédier par un bon réglage de zéro, un bon étalonnage et une appréciation de la fraction de
division, en tenant compte des erreurs de méthode dans la mesure en les calculant.

II-2- Les erreurs aléatoires


C’est toute erreur qui n’obéit à aucune loi connue lorsqu’elle est prise sur un seul résultat. Elle obéit
aux lois de la statistique lorsque le nombre de résultats devient très grand. Elles peuvent provenir de :

II-2-1- L’opérateur
Pour les multimètres analogiques avec plusieurs échelles imbriquées de façon compliquée et graduée
d’une façon ambiguë sur un même cardon, l’opérateur peut se tromper sur l’échelle de lecture.
Ajoutons à cela le défaut de parallaxe qui est une erreur que l’on commet lors d’une lecture « en
biais » lorsque l’aiguille est toujours un peu écartée de l’échelle.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 9 


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II-2-2- L’appareil
A cause des influences extérieures comme la position, la température, l’humidité de l’air, les champs
parasitaires magnétiques ou électriques, l’instrument peut fausser une mesure.
Exemple :
 Les champs parasitaires magnétiques peuvent rendre impossible la mesure par induction aux
environs d’un transformateur ;
 Le champ magnétique terrestre peut faire dévier le faisceau d’électron d’un oscilloscope de
façon que les lignes du faisceau ne soient pas exactement parallèles.
Egalement, la position (horizontale ou verticale) d’utilisation des appareils de mesure est aussi
décisive. Ces appareils doivent être utilisés conformément à la position indiquée sur le cardon.

Quant aux températures, pour un écart de +10°C de la température d’utilisation de l’appareil indiquée
sur le cardon, l’erreur peut être supérieure à celle indiquée par la classe de l’appareil.

II-2-3- Le montage :
Les mauvais contact, à savoir : serrage des pièces, état de surface, fils de connexion…, et le défaut
d’isolement, qui peut causer un courant de fuite, sont à l’origine des erreurs.

II-3- Remèdes aux erreurs aléatoires :


Pour remédier à ces erreurs, il suffit que les montages soient clairs et soignés et les paramètres mis en
jeu soient bien connus et maîtrisés. En effet, il suffit d’utiliser un bon oscilloscope possédant un
réglage qui permet d’éliminer la rotation du faisceau.
On peut aussi réduire ces erreurs en faisant une série de mesures et en calculant la valeur moyenne
arithmétique.
G  G1 G2 G3 Gn   Gk
n

n k 1 n
Suivant l’expression de la mesure on a deux types d’erreurs :

I-3-1- L’erreur absolue, incertitude absolue :


C’est l’écart qui existe entre la valeur mesurée de la grandeur (V mes) et sa valeur théorique exacte (Ve),
exprimée avec la même unité que la grandeur :
Ea = Vmes – Ve [2-1]
Comme la valeur exacte de la grandeur à mesurer est inconnue, il faut évaluer une limite supérieure de
l’erreur absolue qui ,n’est autre que l’incertitude absolue notée V . Une fois cette incertitude est
déterminée, la mesure s’intercale dans un intervalle de confiance. (Fig. 2-1)
Intervalle de confiance
incertitude

V V

Vm
Vm - V Vm + V

Figure 2-1
Valeur mesurée

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 10 


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II-3-2- L’erreur relative, incertitude relative :


L’erreur relative est le quotient de l’erreur absolue à la valeur exacte.

Er  Ea  Vm Ve [2-2]
Ve Ve

Comme il s’agit d’un nombre sans dimension (pas d’unité), on l’exprime généralement en
pourcentage (%) :

Er (%)  Ea  100  Vm Ve [2-3]


Ve Ve

Egalement, si la valeur exacte de la grandeur Ge est inaccessible, on prendra la limite supérieure de


l’erreur relative qui n’est autre que l’incertitude relative.

Incertitude absolue V
 [2-4]
Valeur mesurée Ve

On peut l’exprimer en % :

V  V 100 [2-5]
V Ve

Remarque : les erreurs sont de signe quelconque (positives ou négatives)

III- EXPRESSION DU RÉSULTAT :


Le résultat peut s’exprimer de deux façons :

III-1- Façon 1
La valeur adoptée est égale à la valeur mesurée suivie de l’évaluation de l’incertitude absolue :

Vadoptée  Vmes  V [2-6]

III-2- Façon 2
La valeur adoptée est égale à la valeur mesurée suivie de l’évaluation de l’incertitude relative :

Vadoptée  Vmes  Ee(%) [2-7]

Exemple :
 Soit la mesure de la grandeur d’une planche de bois avec un mètre à ruban.
Vmes 0.5m à 1mm près
Façon 1 : L1  0.5  103m
103
Façon 2 : Er1  100  0.2% donc L1  0.5m à 0.2% près
0.5
 Soit la mesure de la longueur d’un atelier à l’aide d’un décamètre.
Vmes 102m à 0.1m près

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 11 


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Façon 1 : L2  102  101m


101
Façon 2 : Er1  100  0.0% donc L1  0.5m à 0.2% près
120
On remarque qu’en exprimant l’expression du résultat à l’aide de l’erreur relative, le résultat est plus
significatif.

IV- CALCUL D’ERREUR POUR LES OPÉRATIONS DE BASE :


En général, la valeur de la grandeur à mesurer (V) est obtenue par une relation mathématique :
V = f (a, b, c). De ce fait, on peut utiliser l’outil mathématique « calcul de la différentielle » afin de
déterminer les incertitudes :
f f f
V  f(a,b,c)  V  a  b  c
a b c [2-8]
Avec :
f f f
, et :Les dérivées partielles
a b c
Δa , Δb et Δc : Les différentielles desvariables
En résumé on a :
f f f
Incetitude absolue : E a = ΔV  a  b  c
a b c
ΔV  f Δa  f Δb  f Δc
Incetitude relative : E r = = + +
V a V b V c V

Appliquons ces deux formules afin de déterminer les incertitudes absolues et relatives dans le cas des
opérations de base :

IV-1- Somme :
Cas d’une association de boîtes de résistances en série : R = R1 + R2 + R3
R R R
 Ea = ΔR = ΔR1 + ΔR 2 + ΔR 3
 R1  R2  R3
 (R1 +R 2 +R 3 )  (R1 +R 2 +R 3 )  (R1 +R 2 +R 3 )
Ea = ΔR = ΔR1 + ΔR 2 + ΔR 3
 R1  R2  R3

Ea = ΔR = ΔR1 + ΔR 2 + ΔR 3 [2-9]

ΔR ΔR1 +ΔR 2 +ΔR 3 ΔR1 +ΔR 2 +ΔR 3


 Er = = ; Er = [2-10]
R R1 +R 2 +R 3 R1 +R 2 +R 3

ΔR1 ΔR 2 ΔR 3 ΔR ΔR1
Si > > alors 
R1 R2 R3 R R1

IV-2- Différence :
Soit I = I1 – I2,

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 12 


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I I
 E a = ΔI = ΔI1  ΔI 2  1 ΔI1 - 1 ΔI 2  ΔI1 - ΔI 2 [2-11]
 I1  I2

Comme on ignore le signe de l’erreur, on se place dans le cas le plus défavorable

Ea = ΔI = ΔI1 + ΔI2 [2-12]

ΔI ΔI1 +ΔI 2 ΔI ΔI +ΔI 2


 Er = = généralement on a : Er =  1 [2-13]
I I1 -I 2 I I1 -I 2

IV-3- Produit
Cas d’une énergie : w = U.I.T

w w w
 E a = Δw = ΔU + ΔI + ΔT
U I T

 (U.I.T)  (U.I.T)  (U.I.T)


Ea = Δw = ΔU + ΔI + ΔT
U I T

Ea = Δw = I.T. ΔU + U.T. ΔI + U.I. ΔT [2-14]

Δw ΔU ΔI ΔT
 Er = = + + [2-15]
w U I T

On pourra simplifier les calculs dans les cas d’un produit et d’un quotient en utilisant le logarithme :

W = U.I.T donc Log (w) = Log(U) + Log(I) + Log(T)

dw dU dI dT
La dérivée de Log(x) étant 1/x on a : = + +
w U I T
Δw ΔU ΔI ΔT
D’où Er = = + + [2-16]
w U I T

IV-4- Quotient
U
Cas de l’expression d’une résistance (Loi d’Ohm) : R =
I
dR dU dI
En utilisant le logarithme on a : Log(R) = Log (U) – Log (I) donc = - d’où
R U I
ΔR ΔU ΔI
= -
R U I
ΔR ΔU ΔI
En se plaçant dans le cas le plus défavorable on a : = + [2-17]
R U I

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 13 


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IV-5- Racine carrée


dU 1 dP dR
Soit U = P.R On a : Log (U) = ½ (Log (P) + Log (R)) donc = ( + ) d’où
U 2 P R
ΔU 1 ΔP ΔR
= ( + ) [2-18]
U 2 P R

IV-6- Applications
Calculer la différentielle logarithmique des expressions suivantes :
dQ 1 d(S2 -P 2 )
1) Q = S2 -P 2  Log (Q) = ½ (Log(S2 – P2))  = . .
Q 2 (S2 -P 2 )
On calcule la dérivée de (S2 – P2) : d (S2 – P2) = [Link] – [Link]

dQ [Link] ΔQ S.ΔS-P.ΔP S2 ΔS P 2 ΔP
D’où = ainsi , = = - [2-19]
Q (S2 -P 2 ) Q (S2 -P 2 ) S2 -P 2 S S2 -P 2 p

a ΔG b  Δa Δb 
2) G =  =  +  [2-1]
a-b G a-b  a b 

V- CALCUL DE L’INCERTITUDE TOTALE :

V-1- Cas des appareils à déviation :


Ce type d’appareil a pour principe de donner une déviation d’aiguille sur une échelle graduée
proportionnelle à la valeur de la grandeur à mesurer. Un appareil de mesure à déviation est caractérisé
par son indice de classe de précision qui entraîne, suite à son utilisation, une incertitude ou erreur
instrumentale de classe ( ΔVc ). L’opérateur n’étant pas parfait lui non plus, il entraîne une erreur de
lecture ( ΔVL ) lors de la mesure. La méthode est aussi une source d’erreur à évaluer ( ΔVm ).
D’où l’erreur totale commise sur une mesure employant un appareil à déviation :

 ΔV T = ΔV = ΔVc + ΔVL + ΔVm [2-20]

Avec :

Classe × Calibre
ΔVc = [2-21]
100
n × Calibre
ΔVL = [2-22] Où n : L’appréciation : nombre de divisions d’erreur de lecture ;
Echelle

ΔV ΔVC ΔVL ΔVm ΔVC +ΔVL +ΔVm


( ) totale % = %+ %+ %= [2-23]
V Vm Vm Vm Vm

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 14 


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Application1 : Mesure d’une tension

Soit l’exemple d’une mesure de tension à l’aide d’un voltmètre à déviation de classe 0.5, de calibre 30
et 75V. L’échelle comporte 150 divisions. L’appréciation de la lecture se fait à 0.5 division près.
On a effectué deux mesures pour une d.d.p. inférieure à 30V sur les deux calibres. On n’a pas d’erreur
de méthode
- L1 = 148 divisions sur le calibre 30V
- L2 = 59.5 divisions sur le calibre 75V
Corrigé :

 Calcul d’erreur sur calibre 30V

La tension à mesurer Ve = 30V

[Link] × Calibre 148 × 30


La tension mesurée = = = 29.6V
Echelle 150

0.5 ×30
Incertitude absolue de classe : ΔVc = = 0.15V
100

0.5 ×30
Incertitude absolue de lecture : ΔV1 = = 0.1V
150

Incertitude absolue totale ΔV = 0.15 + 0.1 = 0.25

ΔV 0.25
Er = % = ×100 = 0.8%
V 29.6

Résultat : 29.6 ± 0.25V ou 29.6V à 0.8% près

 Calcul d’erreur sur calibre 75V

La tension à mesurer Ve = 30V

59.5 × 75
La tension mesurée = = 29.75V
150

0.5 ×75
Incertitude absolue de classe : ΔVc = = 0.45V
100

0.5 ×75
Incertitude absolue de lecture : ΔV1 = = 0.25V
150

Incertitude absolue totale ΔV = 0.45 + 0.25 = 0.70V

V 0.7
Er  %  100  2.4%
V 29.6

Résultat : 29.6 ± 0.70V ou 29.6V à 2.4% près

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 15 


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Interprétation :

Pour utiliser un appareil à déviation, afin d’obtenir la mesure la plus précise et l’erreur relative la plus
petite, il faut utiliser le calibre donnant la grande déviation. Il est valable d’inclure l’erreur de lecture
dans l’erreur de classe (Cas de l’industrie).

Application2 : Mesure d’une puissance dissipée dans un circuit :

On associe 3 résistances en série :


R1 = 47Ω à + 5%
R2 = 33Ω à + 3%
R3 = 22Ω à + 2%
L’intensité de courant I = 2A a été mesurée avec une incertitude absolue totale de +0.05A. On se
propose de calculer l’incertitude relative commise sur la puissance totale P = R.I 2, en exprimant Le
résultat de deux façons.
Corrigé :

P = R.I2 = (R1 + R2 + R3).I2. Appliquons le Log : Log (P) = Log(R) + [Link] (I)

ΔP ΔR ΔI ΔR ΔR1 +ΔR 2 +ΔR 3


= + 2. mais, =
P R I R R1 +R 2 +R 3

R1  470.05 2.35

R  22 0.02 0.44

R2  330.053 0.99

d’où R  2.350.440.99 3.78

R 3, 78
Incertitude relative sur R:   0, 037  3, 7%
R 22  33  47

ΔP ΔR ΔI
= + 2. = 0.037 + 2* 0.05/2 = 0.037 + 0.05 = 0.087 = 8.7%
P R I

Incertitude commise sur P : P = R.I2 = (R1 + R2 + R3). I2 = 408W

Résultat : P = 408W à 8.7% près .

Incertitude absolue commise sur P : ∆P = 0,087 ; l’erreur sur P vaut 0,087 x 408 = 35,5 W

D’où 372,5 W  P  443,5 W

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 16 


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V-2- Cas des appareils numériques :


Pour ce type d’appareil, la notion de classe n’est pas encore définie, mais, les constructeurs fournissent
sous le nom de précision une indiction qui permet de calculer l’incertitude totale sur la mesure.
La précision est généralement donnée en pourcentage de la lecture pour chaque gamme et de deux
façons :

a- x% + y% de la gamme utilisée
Avec : x% : le terme proportionnel à la lecture et y% : le terme proportionnel à la gamme.

Exemple :
Une tension de 9V est mesurée par un appareil numérique sur sa gamme 20V. La précision indiquée
est de + 0.1% pour la lecture et de + 0.01 pour la gamme. On demande les erreurs absolues et relatives.

Corrigé :

On a : x% = 0.1%, y%=0.01 gamme=20V


x  Vm
* Le terme variant avec la lecture entraîne une erreur absolue : U L  [2-24] d’où
100
0.1 9
U L   0.009V
100

y  gamme
* Le terme dépendant de la gamme : U G  [2-25]
100

0.01 20
d’où U G   0.002V
100

L’erreur absolue : U  0.0090.0020.011V


L’erreur relative : U %  0.011100  0.12%
U 9

b- x% + y unités :

x  Vm
On garde le même terme correspondant à l’erreur liée à la lecture : U L  [2-26]
100

Le second terme représente l’erreur due à la gamme dont la formule est :

y  gamme
U G  [2-27]
nombre de po int s de mesure

Exemple :
Soit un voltmètre numérique possédant 300points (000-----299), et présentant une précision de
0,2%±1U, avec une gamme de 30V.
On a mesuré une tension de 24V. Calculer l’incertitude sur cette mesure.

Corrigé :
30
Le 1er terme : on cherche la correspondance de 1U (unité) : 1U = =0,1V=ΔU G .
300
Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 17 
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0,2×24
Le 2ème terme : ΔU L = =0,048V
100
D’où l’incertitude absolue : ∆U = 0 ,1 + 0,048 = 0,148 0,15 ;
R U 0,15
L’incertitude absolue : R  A % 100  0, 6%
RB U 24
Dans l’expression de l’incertitude absolue, le second terme est, en général, le plus important et on a
intérêt, pour faire une mesure, de choisir la plus petite gamme possible.

VI- EXERCICES

VI -1- EXERCICE 1
On a effectué une mesure de tension à l’aide d’un voltmètre à déviation, de classe 0 ,5 ; de calibres 30
et 75.
Lors de mesure, on a relevé les lectures suivantes :
 L1 = 148 divisions sur calibre 30V ;
 L2 = 59,5 divisions sur calibre 75V ;
L’échelle comporte 150 divisions. L’appréciation de la lecture est estimée de ½ division près. Pas
d’erreur de méthode.
Calculer pour les deux calibres 30 et 75V :
1°) l’erreur de lecture absolue ;
2°) l’erreur de classe absolue ;
3°) l’erreur totale sur la mesure de tension absolue ;
4°) commenter et interpréter les résultats ;

Corrigé :

 pour calibre 30V :


Erreur de lecture : ∆UL = 0,1V ;
Erreur de classe : ∆UC = 0,15V ;
Erreur totale :∆UT = 0,25V

 pour calibre 75V :


Erreur de lecture : ∆UL = 0,25V ;
Erreur de classe : ∆UC = 0,375V ;
Erreur totale : ∆UT = 0,625V ;

Plus on choisit le calibre le plus adéquat (le calibre qui donne la plus grande deviation), plus on
minimise l’erreur.

VI -2- EXERCICE 2

On applique à une résistance inconnue R une tension U = 27,2V lue sur un voltmètre numérique
possédant trois tubes lumineux, 300 points de mesure, une gamme de 30V et une précision de
± (0,2% , 2U).
Le courant I est mesure a l’aide d’un ampermetre a déviation de classe 0,5, N=100 et calibre de 1A ;
La lecture est L= 92,25 divisions.
On estime le ¼ de division.
1°) Calculer l’erreur de lecture absolue sur R ;
2°) Donner la valeur numérique de R ;

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 18 


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Corrigé :

1°) ∆I = 0,0075A
∆U = 0,2544V
∆UR = 0,517

2°) I = 0,92 A , R = 29,5

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 19 


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CHAPITRE III

LES METHODES DE MESURE

Les méthodes de mesure peuvent être rangées en trois grandes classes :

I- MÉTHODE DE DÉVIATION :

I-1- Déviation directe :


La grandeur inconnue est fonction de la déviation quantitative d’un appareil de mesure.
Exemple : une tension Ux est définie par la déviation d’un voltmètre.

I-2- Déviation indirecte :


Les déviations conjuguées de plusieurs appareils de mesure permettent par l’intermédiaire d’une
expression mathématique de préciser la grandeur inconnue G.
U
Exemple : Une résistance est définie par la relation R = . Il faut mesurer U et I puis calculer R.
I

I-3- Déviation et substitution :


La grandeur inconnue Gx est remplacée par une grandeur étalon ajustable GE. L’égalité de la grandeur
inconnue et de la grandeur étalon connue est réalisée lorsque les déviations des appareils de mesure
sont identiques dans les deux cas.

Exemple :

Avec U1 = U2 : Si I1 = I2 alors x = RE

II- MÉTHODE DE ZÉRO

II-1- directe :
La grandeur inconnue est déterminée lorsque l’appareil de mesure donne une déviation effectuée nulle
Exemple : (Fig. 3-1)
R
IG =0  Rx = R  A [3-1]
RB

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 20 


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Figure 3-1

II-2- Par substitution


La grandeur inconnue X est remplacée par une grandeur étalon ajustable R. dans les deux circuits,
l’appareil de mesure indique une déviation nulle par suite RX = RE.

III- MÉTHODE DE RÉSONANCE :

III-1- Méthode Directe :


La grandeur inconnue est déterminée lorsque la déviation de l’appareil de mesure passe par un
maximum ; c’est la résonance.

Exemple (Fig. 3-2)

Figure 3-2

Un circuit RLC est alimenté par une tension sinusoïdale de fréquence variable. Lorsque la déviation
1
observée sur l’ampermètre passe par un maximum il est possible d’écrire : Lω =

III-2- par substitution :


La grandeur inconnue VX est remplacée par une grandeur étalon ajustable VE .Lorsque les déviations
sont maximales et identiques dans les deux cas : VE = VX

Et pour finir, dans tous les cas, les électroniciens feront appel,dans leurs principes, aux méthodes
directes .
La détermination de la grandeur inconnue dépendra toujours au moins d’une mesure effectuée.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 21 


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CHAPITRE IV

LES APPAREILS DE MESURE

I- GENERALITES
Un appareil de mesure est un système qui traduit un phénomène physique non ou difficilement
accessible à nos sens, en un autre phénomène pouvant être visualisé et estimé.
On distingue deux types d’appareils :
 Les appareils analogiques : par leur principe de fonctionnement, donne théoriquement une
valeur de la grandeur à mesurer exactement proportionnelle à cette grandeur.
 Les appareils numériques : ils donnent une valeur représentant la grandeur à mesurer au pas
de quantification prés. Cette valeur est donnée sous une forme de nombre (affichage numérique).

I-1- LES APPAREILS DE MESURE ANALOGIQUES : TECHNOLOGIE


Un appareil de mesure comporte généralement un ou plusieurs inducteurs fixes (aimant permanent,
électroaimant, …) agissant sur un équipage mobile autour d’un axe.
La technologie interne de ces appareils repose sur trois éléments :
 La suspension de l’équipage mobile
 Le dispositif de lecture qui peut être à aiguille ou à spot lumineux.
 Le dispositif d’amortissement qui peut être magnétique ou par air.

Selon leur terminologie, il existe plusieurs types d’appareils analogiques, à savoir :


 Les quotienmètres (balance électrique) ;
 Appareils intégrateurs (compteur, fluxmètre) ;
 Appareils électroniques ;
 Appareils analogiques à affichage numérique ;
 Appareils à déviation.

Et on s’intéressera à l’étude des appareils analogiques à déviation.

I-2- Classification des appareils analogiques à déviation :


On peut classer les appareils de mesure, de type à déviation, selon la nature du phénomène physique
qui détermine leur fonctionnement :

 Appareils magnétoélectriques :

Ils reposent sur l’action du champ magnétique d’un aimant fixe sur une bobine traversée par un
courant.

 Appareils ferromagnétiques :

Ils reposent sur l’action des forces électromagnétiques sur une partie métallique en fer doux.

 Appareils électrodynamiques :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 22 


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Ils reposent sur l’action du champ produit par une bobine fixe sur celui produit par une bobine mobile.

 Appareils ferro-dynamiques :

Même principe que les appareils électrodynamiques, mais avec un noyau de fer doux à l’intérieur des
bobines.

 Appareil à induction :

Ils reposent sur l’action de champs alternatifs sur un équipage mobile.

 Appareils thermiques :

Ils reposent sur l’action de la dilatation due à l’effet joule dans un conducteur traversé par un courant,
ou déformation d’un dispositif bimétallique on encore par phénomène de thermocouple.

 Appareils électrostatiques

Ils reposent sur l’action d’attraction exercée par l’armature fixe d’un condensateur sur son armature
mobile.

I-3- Qualité des appareils analogiques de mesure


Principe de fonctionnement et mode de construction sont les principaux facteurs de la qualité d’un
appareil de mesure.

I-3-1- Indice de classe de précision

Elle exprime l’imperfection de fabrication des appareils de mesure.


Les matériaux utilisés, les techniques de fabrication et de mise au point font qu’un appareil n’indique
jamais la vraie valeur. La norme C42-100 définit les valeurs suivantes de classe :
 Les appareils étalons : classe 0.5 ; 0.1 et 0.2 (utilisés en laboratoire).
 Les appareils de contrôle : classe 0.5 et 1 (utilisés pour contrôle et vérification)
 Les appareils industriels : classe 1.5 et 2.5.
 Les indicateurs : classe 5.

I-3-2- Sensibilité :

C’est l’aptitude de l’appareil à déceler de petites variations de la longueur à mesurer.

I-3-3- Fidélité

C’est la qualité de l’appareil à donner toujours la même indication pour la même valeur de la même
grandeur mesurée. La fidélité peut être perturbée par :
 Les chocs sur les parties mobiles ;
 Les champs magnétiques terrestres ou produits par un appareil voisin générateur de champ
parasitaire ;
 Les phénomènes électrostatiques ;
 L’humidité qui fait diminuer la résistance d’isolement des circuits électriques de l’appareil.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 23 


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 Le vieillissement de l’appareil qui se manifeste par la diminution du champ magnétique des


aimants permanents dans les appareils magnétoélectriques ;
 La température en dilatant les pièces mécaniques et la résistance des conducteurs.

I-3-4- Rapidité d’indication

C’est la qualité que possède un appareil à donner dans un temps minimal la valeur de la grandeur à
mesurer ou ses variations.

I-3-5- Justesse

C’est la qualité d’un appareil à traduire la vraie valeur qu’il mesure.

I-4- Normalisation :
D’après l’UTE (Union Techniques de l’Electricité), la publication homologuée concernant les
appareils de mesure à déviation est la C42-100

I-4-1- Indications données par le constructeur :

Les indications indispensables à une utilisation rationnelle de l’appareil, portées sur le cadran
sont :
 Marque et modèle
 Indication de la nature du courant à mesurer
 Tension d’épreuve diélectrique
 Position d’utilisation du cadran (verticale, horizontale, inclinée)
 Classe de précision
 Principe de fonctionnement
 Domaine d’utilisation en fréquence
 La chute de tension pour le choix d’un shunt extérieur

I-4-2- Symboles (voir annexes)

II- LES APPAREILS DE MESURE NUMÉRIQUE

II-1- Généralités
Les appareils de mesure numérique sont de plus en plus utilisés grâce à leur fidélité, précision et
facilité de lecture.

Il est nécessaire que les utilisateurs d’appareils numériques connaissent le langage adopté par les
constructeurs de ces appareils pour comprendre

Le principe est de convertir une grandeur analogique en une valeur numérique pouvant être affichée.
Pour cela il faut utiliser des circuits électroniques dont les principaux sont : les convertisseurs
analogiques numériques, l’oscillateur, le compteur, l’afficheur.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 24 


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II-2- Constitutions
Un multimètre ou appareil numérique peut être décomposé en plusieurs blocs fonctionnels :

Entrées
Affichage

Comptage
Protections
Commutations Conversion
Source Ω Analogique Logique de
Conversion Numérique commande horloge

Réf

FIG : Schéma synoptique d’un appareil numérique

Le circuit d’entrée reçoit le signal et a pour fonctions :


 La commutation de fonctions et de gammes, indication de la position du point décimal
au circuit d’affichage ;
 Division de tension ou amplification ;
 Conversion des tensions et de courants alternatifs en valeur efficace ;
 Génération de courant ou de tensions permettant la mesure des résistances ;
 La protection de l’appareil contre les mauvaises utilisations.

Ce circuit transforme le signal reçu en une tension mesurable par le convertisseur


analogique/numérique (CAN). Ce dernier compare la tension analogique à une tension de référence et
fournit sa valeur numérique sous forme d’un nombre d’impulsions, à un compteur qui affichera le
résultat. Le convertisseur fournit également la polarité du signal mesuré au circuit d’affichage.
L’ensemble est piloté par un circuit de commande, une horloge assurant le déroulement successif des
opérations de conversion et de comptage.

II-3- Caractéristiques d’un multimètre


Les multimètres sont caractérisés par :
 Nombre de points

C’est la première caractéristique d’un multimètre ;


Exemple : Affichage de 0000 à 9999 : 10000 valeurs possibles donc 10000 points de mesure.

 Résolution

C’est la valeur du pas de quantification dans la gamme. Elle correspond à la petite variation de la
valeur de la grandeur que l’appareil peut détecter dans une gamme
Exemple : Appareil à 100000 points de mesure, dans la gamme 1V, la résolution est égale à 10µV.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 25 


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 Fidélité

Elle est liée à la stabilité des caractéristiques des composants électroniques utilisés et la stabilité des
références de tension et de temps.
Exemple : Oscillateur ou horloge à quartz à 5MHz.  Stabilité : 5.10-7 par mois.
La variation de fréquence en un mois : 5.106 x 5.10-7 = 2.5Hz.

 Précision

Elle ne dépend que de la résolution et qui fait intervenir la qualité des composants, la précision des
références de tension et de temps.
Egalement, elle permet de calculer l’erreur totale sur la mesure.
La précision est également donnée en pourcentage de la lecture pour chaque gamme.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 26 


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CHAPITREV

LES APPAREILS DE MESURE A AIGUILLE

A- LES APPAREILS MAGNETOELECTRIQUES


Dans les appareils magnétoélectriques, on utilise l'action d'un champ magnétique, produit par un
aimant, sur des conducteurs mobiles.

I- LES CONSTITUTIONS D'UN APPAREIL MAGNÉTOÉLECTRIQUE


L'appareil se compose des circuits magnétiques, électriques et d’un dispositif de lecture. (Fig. 5-1)

Figure 5-1 : Galvanomètre magnétoélectrique

I-1- Circuit magnétique


Ce circuit comprend :
- un aimant permanent fixe produisant le champ d'induction B ;
- un noyau et des pièces polaires assurant une répartition convenable de l'induction dans l'entrefer.

Généralement, le noyau est un cylindre en acier doux creux.

I-2- Circuit électrique


Ce circuit (Fig. 5-2) comprend un cadre rectangulaire mobile formé de n spires en fil de cuivre
isolé dont les extrémités (des spires) sont soudées :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 27 


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- soit à deux crochets fixés à des ressorts spiraux qui servent à amener le courant et qui donnent le
couple antagoniste, couple de torsion, (cadre tendu).
- soit à deux crochets fixés à des fils de torsion en argent. Ceux-ci assurent la suspension du cadre
suivant son axe de symétrie (cadre suspendu).
Le cadre ainsi suspendu constitue l'équipage mobile de l'appareil.

Figure 5-2 : Circuit électrique d’un galvanomètre magnétoélectrique

I-3- Dispositif de lecture


Il existe deux types d’appareils selon le type de dispositif de lecture :

I-3-1- Dispositif de lecture a aiguille


Le dispositif est formé d’un cadran gradué en regard duquel se déplace une aiguille solidaire du cadre.
(Fig.5-3)

Figure 5-3 : Appareil magnétoélectrique à aiguille

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 28 


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I-3-2- Dispositif de lecture a spot lumineux


Le dispositif (Fig.5-4) est constitué par :
- un petit miroir concave collé sur l'équipage mobile ;
- une règle graduée en millimètre orientable ;
- une source lumineuse constituant la partie mécanique.
La source lumineuse envoi un rayon lumineux sur le miroir concave qui le réfléchit sur la règle,
déterminant une image appelée SPOT. Lorsque le cadre mobile tourne d'un angle θ, le rayon réfléchi
tourne de 2θ.

Figure 5-4 : Dispositif de lecture à spot lumineux


Si α la déviation du spot sur la règle et D la distance du miroir à l'échelle de lecture (cette distance est
fixe pour un système optique donné), l'expression de la rotation du cadre mobile est pour de petits
angles :

 
tg 2     [5-1]
D 2D

II- RÉALISATION D'UN AMPERMÈTRE MAGNÉTOÉLECTRIQUE

II-1- Principe
Un galvanomètre n’est autre qu’un cadre mobile particulièrement sensible, à partir duquel, on peut
réaliser un voltmètre ou un ampermetre de calibre imposé à l’avance.
Un galvanomètre seul est un ampermètre , mais qui ne pourrait mesurer que les courants inférieurs à sa
sensibilité.
Suivant la valeur de l'intensité susceptible d'être mesurée, le constructeur fabrique des micro-
ampermètres (µA) ou des milli-ampermètres (mA).
En partant de ce appareils, on peut dire que:
 Si le cadre traversé par un courant de 1µA dévie au maximum, le calibre de l'appareil sera
de 10-6 A
 Si le cadre traversé par un courant de 1mA dévie au maximum, le calibre sera de 10 -3 A.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 29 


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Afin de mesurer des intensités plus élevées, on doit associer à l’équipage une résistance additionnelle
appelée Shunt, montée en parallèle. Fig. (5-5)

Figure 5-5

* RG : la résistance interne + résistance série d'amortissement ;

* It : le courant total pour le quel on veut obtenir pleine échelle ;

* IG : la sensibilité du galvanomètre (courant pour déviation totale).

On a:
It = IG + IS [5-2]
[Link] = [Link] [5-3]

La chute de tension aux bornes du shunt et du galvanomètre étant la même, La valeur de shunt est
déterminée par :
RG . I G
RS  [5-4]
It  IG
Remarque :
Un appareil analogique à déviation est d’autant plus sensible que, pour un même courant, la déviation
 est plus grande (nombre de divisions).

II-2-Exercice : 1
Un galvanomètre de sensibilité 50µA possède une résistance interne de 1000Ω. On demande de
déterminer la valeur du shunt procurant une sensibilité de 10mA.

Corrigé :
It
On appelle m = : Pouvoir multiplicatif du shunt.
IG
R I - IG
On a R S (I t - IG ) = R G . IG  G = t = m - 1 [5-5]
RS IG

RG
Donc RS  [5-6]
m 1

It 10 . 103
Dans notre exemple, on a : m  1   200
IG 50 . 10 6
Les constructeurs logent dans un même boîtier différents shunts pour constituer un ampermètre à
plusieurs calibres. (Fig5- 6)

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 30 


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Figure 5-6

Pour les appareils destinés à mesurer des courants de 10A et plus. Le shunt est mis à l'extérieur du
boîtier de l'appareil pour assurer une bonne ventilation.

II-3-Exercice: 2
RG = 100Ω ; It max = 1mA
Déterminer les valeurs des résistances des shunts nécessaires pour réaliser les trois calibres suivants :
1A, 0.1A et 10mA

III- RÉALISATION D'UN VOLTMÈTRE MAGNÉTOÉLECTRIQUE

III-1- Principe
Lorsque un galvanomètre de résistance série RG est parcouru par un courant I, la chute de tension
UG = RG.I est crée à ses bornes. On peut dire que celui-ci mesure la différence de potentiel UG à ses
bornes, donc c'est un millivoltmètre.
La chute de tension UG est généralement faible (quelques centaines de mV) pour le rendre apte à
mesurer des tensions plus élevées, on lui adjoint une résistance R série. (Fig.5-7)

Figure 5-7

Pour obtenir une déviation totale en présence de potentiel U M, il suffit de réaliser la condition
suivante :
U
U M  ( R  RG ).I G  R  M  RG [5-7]
IG

III-2-Exercice : 1
A partir d'un milliampèremètre de calibre 1mA, de résistance interne RG = 100Ω, on veut réaliser un
voltmètre de calibre [Link] doit être la valeur de résistance a mettre en série,

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 31 


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Corrigé :
10
Pour le faire, on doit placer en série une résistance R telle que R   100  9900 .
10 3

Les constructeurs réalisent, comme pour les ampèrmètres, des boîtiers dans lesquels on peut loger
plusieurs résistances additionnelles et à plusieurs bornes dont une commune.

III-3-Exercice : 2
1°) Réaliser un voltmètre possédant trois calibres : 10V, 30V et 100 V à partir d'un milliampermètre de
calibre 1mA et de résistance interne RG = 100Ω.
2°) Pour un voltmètre, on définit une résistance du voltmètre telle que :

Calibre de voltmètre
RV   RG  R
IG
Déterminer pour chaque calibre la résistance du voltmètre correspondante.

IV- LES APPAREILS MAGNÉTOÉLECTRIQUES À CONVERTISSEUR

En courant continu, on exploite directement les appareils magnétoélectriques, mais en courant


alternatif, on doit faire appel à un circuit spécial : le convertisseur alternatif-continu.

La conversion peut être faite de deux manières :


 Par la mesure de la valeur moyenne du signal redressé et affichage de la valeur efficace
correspondante dans le cas des signaux sinusoïdaux.
 Par la mesure de la valeur efficace vraie (True RMS) valable quelque soit la forme du
signal.

IV-1- Convertisseur à redresseur (Fig.5-8)

Figure 5-8
Il existe deux types de circuits redresseurs utilisés en appareil magnétoélectriques lors d'une mesure
d'un courant alternatif à savoir:

IV-1-1- Montage à deux diodes avec transformateur à prise médiane (Fig.5-9)

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 32 


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Figure 5-9

IV-1-2- Montage à quatre diodes disposées en pont (Fig 5-10)

Figure 5-10

IV-1-3- affichage du résultat de la mesure


En utilisant l’appareil en courant continu, il indique la valeur moyenne de la grandeur mesurée.
En courant alternatif, l’appareil de mesure indique la valeur efficace.
Et pour ne pas compliquer la lecture sur plusieurs échelles (une pour valeurs continues et d’autres pour
valeurs alternatifs), les constructeurs ont cherché une équivalence en les deux mesures.
 Si le courant a une forme sinusoïdale i (t) = IM sin (wt),
T
2
Imoy =  i(t)dt= I M ; (lue sur l'échelle utilisée en courant continu).
0
π
Or la valeur efficace du courant dont on s'intéresse généralement est :
T
1 2 I π 2I π
Ieff = 
T0
i (t)dt = M =
2 2 2
. ( M) =
π 2 2
I moy


Pour la mesurer, il suffit de multiplier la lecture par le coefficient  1.1
2 2
En fait dans le but d'éviter ce calcul, les constructeurs adoptent l'une des solutions au niveau de
l’affichage :
 Le cadran est muni de deux échelles une pour lecture en courant continu et une pour la
lecture en courant alternatif (généralement imprimée en rouge).
 Le cadran ne possède qu'une échelle commune aux calibres "continu" et "sinusoïdal". Cela
est possible grâce à l'emploi d'un transformateur incorporé.

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IV-2- Convertisseur à thermocouple


On utilise un procédé différentiel utilisant des éléments sensibles à la température. Dans ce cas la
valeur efficace vraie est obtenue par deux procédés :Fig 5-11

Figure 5-11

V- Conclusion

Une polymesure magnétoélectrique comporte généralement trois échelles :


 Sans redresseur : une échelle noire parfaitement linéaire, graduée en valeurs moyennes
pour le courant continu.
 Avec redresseur : deux échelles rouges linéaires ou non graduées en valeurs efficace pour le
courant alternatif.

Les appareils à cadre mobile ont une consommation généralement très faible mais la capacité interne
des diodes limite leur réponse en fréquence à 10 kHz.
Ces appareils sont sensibles aux influences des champs magnétiques externes car ces champs sont
négligeables par rapport au champ magnétique crée par l'aimant permanent.

VI- APPLICATIONS

VI-1- EXERCICE I
IG
G
Déterminer les valeurs des résistances
des shunts nécessaires pour réaliser
trois calibres suivants :
1A, 0,1A et 10 mA ;

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On voulait a partir d’un galvanomètre de résistance interne RG = 100, de courant de sensibilité total
I = 1mAc, construire un ampermetre magnétoélectrique a trois calibres respectivement sont : 1A, 0,1A
et 10 mA.
1°) calculer les pouvoirs multiplicateurs des trois shunts ;
2°) calculer les valeurs de shunts nécessaires pour obtenir ces trois calibres ;

Corrigé :

30 10 I R R
1°) m = R 30  RV 30  RV 10  3
 3  20 103  G et on a : R S = G  m= G +1
10 10 IT m-1 RS
1
m1 =  1000 ;
10-3
0,1
m2 = -3  100 ;
10
10-2
m3 = -3  10 .
10

R G +R S2 +R S3 RG R R
2°) on a : R S1 =   S2  S3
m1 -1 m1 -1 m1 -1 m1 -1
En remplaçant par leurs valeurs :

100 R S2 R S3
RS 1     RS 1  0,1  103 RS 2  103 RS 3 [A]
1000-1 1000-1 1000-1

De même pour le second calibre on a :

R G +R S3 RG R S3
R S1 +R S2 = = +
m 2 -1 m 2 -1 m 2 -1

100 R S3
R S1 +R S2 = +  R S1 +R S2 =1,01+0,01R S3
100-1 100-1

R S1 +R S2 =1,01+0,01R S3 [B]

Et pour le denier calibre, on vérifie les relations suivantes :


RG
R S1 +R S2 +R S3 =  RS 1  RS 2  RS 3  11,11 [C]
m 2 -1

11,11-1,01
[B]  R S1 +R S2 =1,01+0,01R S3 d’où [C] devient 1,01+0,01 R S3 + R S3 =11,11  R S3 
1,01
D’où R S3 =10Ω

[B] : R S1 +R S2 = 1,01 + (0,01×10) = 1,11


Et on a
R S1 =0,1+10-3R S2 +10-3R S3  R S1 -10-3R S2 =10-3 10  0,1  0,11

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On fait la soustraction de ces équations :

1,11 - 0,11
R S2 + 10-3R S2 = 1,11 - 0,11  R S2 
10-3  1

D’où R S2 = 0,999 =1Ω

* R S1 =1,11-R S2 =1,11-1=0,11Ω d’où R S1 = 0,11Ω

VI-2- EXERCICE 2

On voulait réaliser un voltmètre a trois calibres : 10V, 30V et 100V a partie d’un milliampermetre
magnétoélectrique de calibre 1mA et de résistance interne RG = 100.

G
G

1°) sachant que pour un voltmètre a un seul calibre, la résistance du voltmètre/

Calibre du voltmtre
Rv =
IG
Calculer RV10, RV30 et RV100.

Corrigé :

* Détermination de RV10

10
R V10 = -3
=104Ω
10
U10 10
R10   RG  3  100  9900
IG 10

* Détermination de RV30

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30
R V30 = = 3.104Ω
10-3

* Détermination de RV10

100
R V100 = -3
=100 104Ω
10

U calibre
Or les résistances des calibres vérifient l’équation suivante : R calibre = - RG
IG
D’où :
* R V10 =R G + R10
* R V30 =R G +R10 +R 30 =R V10 +R 30
* R V100  RG  R10  R30  R100  RV 30  R100

30 10
D’ou R 30  RV 30  RV 10  3
 3  20 103   R 30  20 103 
10 10

100 30
R100  RV 100  RV 30  3
 3  70 103   R100  70 103 
10 10

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B- LES APPAREILS FERROMAGNETIQUES


Ces appareils sont basés sur les forces électromagnétiques qu’un champ d’induction magnétique
exerce sur une ou plusieurs pièces magnétiques. Ce champ magnétique est crée par une bobine
parcourue par un courant. Il existe deux types d’appareil ferromagnétique.

I-1- LES APPAREILS À ATTRACTION


I-1-1- les élément d’un appareil à attraction (Fig. 5-12)
Une bobine fixe (1) parcourue par le courant I, attire une pièce de fer doux (2) qui, supportant
l’aiguille indicatrice et les masselottes d’équilibrage, constitue l’équipage mobile. Un ressort spiral (3)
détermine le couple antagoniste.
L’amortissement (4) à se fait souvent par viscosité et le pivotement sur crapaudines.

Figure 5-12

I-1-2- Principe de fonctionnement :

I-1-2-1- En courant continu

La bobine parcourue par le courant I crée un champ d’induction B, le noyau de fer doux est attiré.
Son déplacement entraîne un mouvement de rotation de l’aiguille. Pour une rotation élémentaire d de
l’aiguille, l’induction propre L de l’ensemble bobine – noyau, varie de dL (variation élémentaire). Le
travail élémentaire du couple moteur doit être égal à la variation de l’énergie du champ magnétique.
Une énergie stockée par une bobine d’induction L et parcourue par un courant I est

1
Wem = L I2 [5-8]
2

Pour un déplacement élémentaire

1  1 2 1
I2
dL
CM ×dθ = d  LI 2  = I D’où CM = [5-9]
2  2 2 dθ

A ce couple moteur s’oppose le couple de rappel de ressort CR = C.θ.

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1 2 dL
En état d’équilibre (immobilisation de l’aiguille) : CM = CR  I = Cθ
2 dθ
D’où l’angle correspondant à l’équilibre se déduit :

 1 dL  2
θ    .I  K.I [5-10]
2

 2C dθ 

La déviation α est donc de la forme : K.I 2 = f(I 2 ) [5-11]

La graduation n’est donc pas linéaire, les divisions se resserrent au fur et à mesure que le courant
décroît, si bien que le premier quart de l’échelle n’est guerre utilisable. En courant continu, le
branchement de l’appareil est quelconque, la division est indépendante du ses du courant.

I-1-2-1- En courant alternatif

Si i = IM .sin(ωt) = 2. [Link](ωt) on a : i 2 = 2.I [Link] 2( ωt) = I 2.(1-cos(2ωt))


Et on a
1 dL 1 dL 1 T 2 1 dL 1 2 T 1 dL 2
θ = . < i2 > =  i dt = . . .I  1-cos(2ωt  )dt = .I
2C dθ 2C dθ T 0 2C dθ T 0 2C dθ

Avec I : valeur efficace de i Ainsi :   1 . dL .I 2 [5-12]


2C d

En conséquence, la rotation θ est donc même pour le courant continu que pour le courant périodique
de valeur efficace I. d’où, le cardon ne comporte qu’une seule graduation.

I-2- Les appareils à répulsion (voir figure 5-13) :


La bobine fixe (1) parcourue par le courant à mesurer aimante deux pièces de fer doux, l’une fixe (2),
l’autre mobile (3).
Les aimantations étant de même sens, ces deux pièces se repoussent, assurant le déplacement de
l’aiguille indicatrice (4) et du volet amortisseur (5).
La répulsion a lieu quelque soit le sens du courant. Sa force est fonction de I 2. Par suite la déviation est
égale à :   f(I 2)

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Figure 5-13

I-3- Conclusion
Les appareils ferromagnétiques présentent un avantage important sur les appareils magnétoélectriques
à redresseur : leur cardon ne comporte qu’une graduation. Très robuste, ils sont réalisés même en
classe 0.54 et 0.2. Cependant ils ont trois inconvénients :

 la rotation du cadre étant proportionnelle à I2, la graduation n’est pas linéaire.


 Compte tenu de leur technologie, leur indication est très influencée par la fréquence du
courant ; la bande de fréquence utilisable est très étroite (de25 à 60Hz).
 Leur consommation est importante.

En ampermètres, le changement de calibre se fait par la mise en série ou en parallèle de deux demi-
bobines.

En voltmètres, le changement de calibre s’obtient par des résistances additionnelles en série.

C- LES APPAREILS ELECTRODYNAMIQUES

Ces appareils sont bas2s sur les actions électrodynamiques mutuelles développées par un circuit
inducteur fixe (généralement constitué par deux demi bobines), créant un champ magnétique a
l’intérieur duquel se déplace un cadre mobile de faible inertie monte sur pivots et entraînant une
aiguille .(Fig 5-14)

Figure 5-14

I- CONSTITUTIONS
Il est constitué d’un circuit inducteur fixe, formé de deux enroulements connectés en série ou en
parallèle, crée un champ d’induction B dans lequel peut se mouvoir un cadre mobile, réalisé en fil fin
(faible inertie ) et muni d’un dispositif de rappel a ressorts spiraux .
Le cadre mobile supporte l’aiguille indicatrice et les masselottes d’équilibrage.

II – PRINCIPE DE FONCTIONNMENT
L’énergie stockée dans les deux bobines est donnée comme suit :
1 2 2 1 2 2
Wem = L1I1 + L 2 I 2 +M12 I1I 2
2 2
Avec M12 : coefficient d’induction mutuelle exercée par la bobine 1 sur la bobine 2.

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Le travail élémentaire du couple moteur est égale a la variation de l’énergie stockée par rapport a une
rotation élémentaire dθ :
dM12  δWem  dM12
CM = =  d'ou C M = I1I 2
dθ  δθ I1 ,I2 :constants dθ
A l’équilibre, le couple antagoniste de ressort de rappel s’oppose au couple moteur jusqu’au avoir
l’égalité :
dM12 dM12
A l’équilibre : CM =CR  I1I 2 =Cθ d'ou θ = I1I 2
dθ dθ
dM12
Si par construction, le terme est rendu sensiblement constant, la déviation  est la fonction

de I1 I2.

III- UTILISATION DE L’APPAREIL ÉLECTRODYNAMIQUE EN COURANT


ALTERNATIF
L’équipage mobile ayant une période propre très supérieure a celle des courants i1 et i2, et soumis a un
couple moteur moyen :
T T T
1 1 dM12 1 dM12
CM =  CM dt =  i1i 2dt =  i i dt
1 2
T0 T 0 dθ T dθ 0

D’où une rotation permanente θ donnant une déviation permanente .


T T
1 dM12 1 1
θ=
C
×
dθ T 0 1 2
i i dt=K×
T0
i1i 2 dt

Pour i1 = I1 2 cos( wt  1 ) et i2 = I2 2 cos( wt  2 ) ,


alors   K I1I 2 cos(1  2 ) [5-13]
Si 1  2 = 0 (les deux courants ont le même déphasage), la déviation est proportionnelle au produit
des valeurs efficaces I1I2.

III-1- Ampermetre électrodynamique


Dans le cas d’un milliampermetre (fig 5-15)

Figure 5-15

Les deux circuits sont connectés en série : I1 = I2 =I La déviation est fonction de kI² : θ = KI²
La déviation est proportionnelle à I². L’échelle quadratique étalonnée en continu demeure valable en
alternatif.
- Pour procéder à un ampermetre (fig 5-16) :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 41 


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Figure 5-16

Le cadre est connecté en déviation sur un shunt R1 à travers une résistance R2.
Le changement de calibre s’opère par la mise en parallèle des enroulements fixes (fig5.17).

Figure 5- 17

III-2- un voltmètre électrodynamique (fig 5-18)


Un voltmètre est obtenue en disposant une résistance additionnelle r en série avec le milliampermetre
si Rv : la résistance totale du circuit :
U2
θ=K×I =K 2 =K1  U 2  θ=K1×U [5-14]
2 2

RV

Figure 5-18

III-3- un wattmètre électrodynamique (fig 5-19)


L’inducteur fixe en gros fil constitue le circuit intensité du wattmètre. Sa résistance est repérée rA;
Le cadre en fil fin est le circuit tension du wattmètre. Sa résistance est opérée Rv .

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 42 


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Figure 5-19

Deux montages sont possibles :

III-3-1 montage aval (fig 5-20)

U U
I1 =I 2 +I avec I 2 = d'ou I1 = +I
RV RV
U U K U2
θ=KI1I 2 =K( +I)× = (UI+ )
RV RV RV RV

K U2
θ= (UI+ ) [5-15]
RV RV Figure 5- 20
Figure 5-
L’appareil indique la puissance absorbée par le récepteur UI augmentée de la puissance consommée
par son circuit tension.

III-3-2- montage amont (fig 5-21)

rA U
I1 = I et I 2 = I+
RV RV
K
θ= (UI+rA I 2 ) [5-16]
RV

Figure 5-21
C’est la puissance consommée par le circuit intensité qui est mesuré en excès.

IV CONCLUSION
Les appareils électrodynamiques sont des appareils très précis mais ils ont un inconvénient à savoir :
Le champ interne est faible et pour le renforcer, il fau mesurer de forts courants d’entrée I1I2 ce qui
conduit a une consommation relativement grande.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 43 


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D- LES APPAREILS FERRODYNAMIQES

I- PRINCIPE
Les appareils ferrodynamiques (fig. 5-22)fonctionnent suivant le même principe que les appareils
électrodynamiques, mais, les lignes d’induction sont canalisées par des circuits magnétiques feuilletés
pour diminuer le courant de Foucault.
Les couples moteurs sont plus importants, les appareils plus robustes mais moins fidèles que les
appareils électrodynamiques
Bobines fixes

Figure 5-22

II- EXEMPLE D’APPLICATION


Les appareils ferrodynamiques peuvent être utilisés comme ampermetre et voltmètre à courant continu
et à courant alternatif.
Ils sont utilisés aussi comme wattmètre. Dans ce cas la bobine fixe est nommée bobine de courant et la
bobine mobile est nommée bobine de tension.(Fig.5-23)

I W

Figure 5-23

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 44 


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E- LES APPAREILS À INDUCTION (LES COMPTEURS


D'ÉNERGIE)

Ces appareils (voir fig5-24) fonctionnent selon le même principe que les moteurs à induction et par
conséquence ne sont utilisables qu'en courant variable.

Figure 5- 24

I- PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT

L'élément moteur est un disque métallique généralement en aluminium (Al) et parfois en cuivre (Cu).
L'action simultanée de deux électroaimants l'un parcouru par le courant I absorbé par l'installation,
l'autre en parallèle sur les deux conducteurs détermine un couple moteur proportionnel à [Link]φ
(puissance absorbée par l'installation).(Fig.5-25)

Figure 5- 25

Les deux bobines produisent des courants de Foucault dans le disque : les actions réciproques de deux
électroaimants provoquent un couple moteur. L'aimant permanent dont la position est réglable, crée un
couple résistant parfaitement constant dans le temps qui freine le mouvement de rotation du disque.
L'enregistrement de l'énergie s'effectue par un dispositif mécanique indicateur.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 45 


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II- APPLICATION : COMPTEURS D'ÉNERGIE

II-1- Compteur d'énergie active (Fig. 5-26)


Les plus connus sont les appareils à deux circuits inducteurs (celui du courant et celui de la tension)
avec un disque en aluminium (Al) ou en cuivre (Cu), utilisé comme compteur d'énergie en courant
alternatif. Son montage est identique à celui d'un wattmètre électrodynamique.

Figure 5-26

II-2- Compteur d'énergie réactive

Les installations importantes, qui emploient des récepteurs inductifs (transformateurs et moteurs)
absorbent de l'énergie réactive. Le fournisseur d'énergie intéressé par cette consommation
(augmentation de l'intensité par diminution du facteur de puissance), la fait enregistrer par des
compteurs d'énergie réactive qui indiqueront la quantité [Link]φ.
De construction analogue au précédent, ce compteur a le circuit tension inductif.

III- CONCLUSION
Utilisés surtout comme compteurs d'énergie actives et réactives et comme relais de protections, les
appareils à induction possèdent un fort couple moteur et sont très robustes .

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 46 


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F- LES APPAREILS DE MESURE ÉLECTROSTATIQUES

L'appareil électrostatique utilise la force électrostatique exercée par l'armature fixe d'un condensateur
variable sur son armature mobile. Ils sont utilisés comme voltmètre de grande résistance interne.

I- PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT
L'armature mobile porte une aiguille indicatrice et l'amortissement peut être réalisé soit par un frein à
air soit par un disque conducteur se déplaçant entre les pôles d'un aimant permanent. (Fig.5-27)

Figure 5-27

Le moment du couple moteur pour une tension U appliquée entre les armatures fixes et mobile est:

1 dC
CM  U2 [5-17]
2 d

A l'équilibre : CM = CR avec CR = a.θ où a : constante de torsion des ressorts spiraux de rappel.


Donc :

1 dC
  U2 [5-18]
2a d
dC
Par construction, = constante, donc la déviation est proportionnelle au carré de la tension
d
appliquée: α = K.U2.
En alternatif, l'appareil mesure la valeur efficace de la tension quelle que soit sa forme. Il est, en effet,
pratiquement insensible à la fréquence. S'il est peu sensible, sa consommation, par contre, est nulle.

G- LES APPAREILS THERMIQUES

Ces appareils basés sur l'effet thermique du courant se divisent en deux catégories :

 Les appareils à action directe dans lesquels on utilise l'allongement d'un fil conducteur qui,
traversé par le courant à mesurer s'échauffe et se dilate.
 Les appareils à action indirecte dans lesquels on mesure la force électromotrice d'un
thermocouple chauffé par le courant à mesurer.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 47 


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I- LES APPAREILS THERMIQUES A ACTION DIRECTE

I-1- Principe de fonctionnement


Le courant à mesurer I traverse un fil AB bronze spécial qui se dilate. Un ressort maintient le fil tendu
et un système à poulie transforme la flèche f en une rotation θ. Solidaire de la poulie, une aiguille se
déplace devant un cadran.(Fig. 5-28)

Figure 5-28

L'amortissement est assuré par une palette de cuivre se déplaçant entre les pôles d'un aimant
permanent.
La puissance développée dans le fil de résistance R est RI 2. Celui-ci s'échauffe et se dilate.
A l'équilibre thermique, l'apport de chaleur RI 2 est égal à la chaleur dissipée par rayonnement et
convection. Les forces mécaniques résultant de l'action du ressort sur le fil s'équilibre, engendrant une
déviation α de l'aiguille.

α = K.I2 : L'échelle est quadratique.

Pour que l'appareil ait une bonne sensibilité et une rapidité de réponse convenable, il faut que le fil AB
ait une longueur aussi grande et un diamètre faible, ce qui augmente la résistance interne.

I-2- Emploi en courant alternatif

L'intensité efficace d'un courant périodique est définie à partir de l'effet thermique du courant :
T T
1 1 1 IV 1 I
   et  Rx
2 2 2
I eff = i dt d'ou RI eff = Ri 2 dt
T 0 T 0 RV U RX U

L’appareil thermique mesure rigoureusement l’intensité efficace quelque soit la forme du courant :
T
K
T 
α= i 2 dt = K I eff 2
[5-19]
0

L’échelle quadratique, étalonnée en courant continu est directement utilisable en courant alternatif.

I-3- CONCLUSION
L’appareil thermique à action directe fonctionne indifféremment en continu et en alternatif.
Insensible aux champs magnétiques extérieurs, il donne quelque soit la forme de la grandeur mesurée
sa valeur efficace.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 48 


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Malheureusement, sa consommation est élevée et son manque de fidélité et de sensibilité impose des
étalonnages fréquents.
Ses indications sont influencées par la température ambiante et son temps de réponse est médiocre
(30 secondes environ).
Toutes ces raisons limitent son emploi et lui font préférer les appareils à action indirecte.

II- LES APPAREILS THERMIQUES A ACTION INDIRECTE

II-1- Principe de fonctionnement (Fig.5-29)

Figure 5-29

Le courant à mesurer I traverse une résistance R, consommant une puissance joule RI². Cette
puissance échauffe une soudure thermoélectrique T dont la f.e.m E est mesurée à l’aide d’un
millivoltmètre à cadre mobile.
La force électromotrice E est proportionnelle à la qualité de chaleur reçue par seconde par la soudure,
c.à.d au carré de l’intensité.

II-2- Conclusion
Comme l’appareil thermique à action directe, l’appareil à thermocouple (fig. 5-30)mesure la valeur
efficace de la grandeur qu’elle que soit sa forme.
Malgré son prix relativement élevé, sa sensibilité est non comparable par rapport a celle de l’appareil
thermique classique.

Figure5-30

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 49 


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CHAPITRE VI

MESURE DES RESISTANCES

I- DÉFINITIONS :

Le degré d’opposition au déplacement du courant électrique dans un circuit définit la résistance


électrique de ce circuit.
Dans la pratique industrielle, il est indispensable, pour assurer la maintenance et le dépannage des
appareils et équipements électriques et électroniques de contrôler la continuité d’un circuit, de
connaître la valeur d’une résistance, de vérifier le niveau d’isolement d’une installation.
Pour permettre le choix des méthodes de mesure, on peut classer arbitrairement les résistances comme
suit :

Très faible résistance Faible résistance Moyenne résistance Grande résistance Très grande résistance

10-3 10-2 10-1 1 10 102 103 104 105 106 107 108 109

II- METHDE DE DEVIATION DIRECTE


C’est la méthode plus simple et la plus utilisée dans la mesure de résistances. Cette méthode utilise,
comme un mesureur principal : l’ohmmètre.
C’est un appareil à lecture directe gradué en ohm qui donne directement la valeur de résistance par une
déviation α.

II-1- Principe (fig.6-1)


E : f.e.m. d’une pile intérieure de résistance interne Ri, alimente le circuit.
R : résistance ajustable pour réglage de zéro.
G : un galvanomètre muni d’un shunt RS
G

Figure 6-1

E
D’après la loi des mailles : I =
r+R i +R S +R x
Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 50 
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E
Et on a I = α.k donc α.k = [6-1]
r+R i +R S +R x

II-2- Méthode de mesure


1- on court-circuite les bornes de l’ohmmètre, un courant de court-circuit ICC parcourt l’appareil.

E
ICC = = kαCC [6-2]
r+R i +R S

2- On coupe le court-circuit et on branche la résistance Rx à mesurer, un courant I parcourt


l’appareil.

E
I = = kα [6-3]
r+R i +R S +R x

En faisant le rapport membre à membre :

αCC E r+R i +R S +R x Rx
= × = 1+
α R i +r+R S E R i +r+R S

αCC R .k.αCC E+k.αCC .R x


= 1+ x =
α E E
E(α CC -α)
α CC .E = E.α+k.αCC .R x .α  R x =
k.α CC .α

E (α CC -α)
Rx = [6-4]
k α CC .α

La fonction Rx  f() a pour représentation une hyperbole dont le zéro de la graduation correspond à
une résistance infinie et la déviation maximale (αCC) correspond à une résistance nulle.

Figure 6-2 : la représentation de Rx = f( )


Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 51 
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Dans cette courbe, on constate que :


1- le « zéro » de la graduation en ohms correspond à la déviation CC (qui est la graduation
maximale).
2- La déviation nulle (=0) correspond à une résistance infinie (Rx débranchée).

II-3- Conclusion

Un ohmmètre à déviation permet d’obtenir très rapidement une valeur approchée des résistances
qqs Ω < Rx < qqs MΩ. Mais la précision est généralement médiocre (10%)

III-MÉTHODE DE DEVIATION INDIERCTE (VOLTMÈTRE ET


AMPERMÈTRE)
Cette méthode consiste à déterminer la valeur d’une résistance en appliquant la loi d’ohm. En effet, on
U
mesure la tension à ases bornes (U) et le courant (I) qui la parcourt et R= =Cte .
I
Et pour la mesure de ces deux grandeurs, on doit utiliser un ampermetre et u voltmetre et selon leur
position on distingue deux montages :

III-1- Montage amont (Fig.6-3)

Figure 6-3

En appliquant la loi de maille :


U
On a : la résistance mesurée : R = et R = R x +R A ;
I
0,1
Avec RA : résistance interne de l’ampermètre RA = ;
Calibre
D’où
U
Rx = -R A Donc R x = R-R A
I

* L’erreur absolue sur cette mesure est


U
ΔR x = R mesurée -R exacte = -R x  R  Rx  RA
I

* L’erreur relative :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 52 


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ΔR x R-R x RA RA RA
= = =  car RA << R
Rx Rx Rx R-R A R
ΔR x R
= A [6-5]
Rx R

 L’erreur relative de la méthode amont est d’autant plus faible que la résistance à mesurer est plus
grande devant la résistance interne de l’ampermètre

III-2- Montage aval (Fig.6-4)


I
A
Iv IRx

+ U Rx
V
-
Rv

Figure 6-4

U U U 1 I I
On a: R = = or I=I V +I Rx  R =  = v + Rx
I IV +I x I V +I Rx R U U
1 I 1 I 1 1 1
Or = V et = Rx D’où = +
RV U RX U R Rv Rx
Avec R v : la résistance interne du voltmètre R v = ρ×calibre

R.R v
Rx = [6-5]
R v +R

* L’erreur absolue sur cette mesure est : ΔR x = Valeur mesurée -Valeur exacte

R v .R x R v .R x -R x R v -R 2x
ΔR x = R-R x = -R x  ΔR x =
R v +R x R v +R x

-R 2x
ΔR x = , [6-6]
R v +R x

ΔR x -R x -1
* L’erreur relative : = =
Rx R v +R x R
1+ v
Rx

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 53 


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ΔR x -1
= [6-7]
Rx R
1+ v
Rx

 L’erreur relative est petite si Rv 1 c’est-à-dire Rv Rx


Rx
L’erreur relative par cette méthode est d’autant plus faible que la résistance à mesurer est plus petite
devant la résistance interne du voltmètre
Ainsi, il y a intérêt à appliquer aux bornes de Rx une tension U aussi grande que possible.

III-3- Conclusion
Si on représente la fonction Rx  f(Rx) pour les deux montages (fig6-5), on aura :
Rx

Figure 6-5

 Pour le montage aval :

ΔR x 1 Rx
=  avec Rx << Rv, c’est une droite linéaire
Rx R Rv
1+ v
Rx

 Pour le montage amont

ΔR x R
= A , C’est une hyperbole.
Rx Rx
* Le point d’intersection des deux courbes est :

RA R
= x R x = R A .R v
Rx Rv

 Si R x  R A .R v , il faut utiliser le montage aval pour les faibles résistances.


 Si R x  R A .R v , il faut utiliser le montage amont pour les grandes résistances.
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IV- METHODE DE ZERO DIRECTE : PONT DE WHEATSTONE

IV-1- Schéma de principe

Un pont de Wheatstone permet la mesure des faibles et moyennes résistance (1Ω < R < 107Ω). Il est
constitué de :

 Quatre résistances dont trois sont étalonnées et connues (R1, R2, R) et une résistance inconnue R x ;
 Un détecteur de courant généralement un galvanomètre à zéro central très sensible.
 Une alimentation continue délivrant un courant continu.

IV-2- Condition d’équilibre

Le pont est équilibré lorsqu’il ne passe aucun courant dans le détecteur G suite à un réglage des
résistances étalonnées, R1, R2, et R . (Fig.6-6)

Figure 6-6

Si IG = 0 UCD = 0  VC = VD

Lorsque IG = 0, I1 traverse R1 et Rx et I2 traverse R2 et R.

On a: UDA = VD – VA = R1.I1
UCA = VC – VA = R2.I2
UDB = VD – VB = Rx.I1
UCB = VC – VB = R.I2
Or : VD – VA – (VC – VA) = R1.I1 – R2.I2 = VD – VC = UDC = 0
Donc R1I1 = R2I2 [6-8]

Et on a : VD – VB – (VC – VB) = Rx.I1 – R.I2 = VD – VC = UDC = 0


Donc RxI1 = RI2 [6-9]

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 55 


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R1.I1 R .I R R R
Si nous faisons le rapport, on a : = 2 2  1 = 2 D’où : R x = 1 . R [6-10]
R x .I1 R.I2 Rx R R2

R1
* Le rapport est appelé rapport de proportion.
R2
* Les résistances R1 et R2 seront constituées par des boites de type 10n (AOIP de précision 0.2%) de
façon que ce rapport appartient à l’ensemble suivant {0.001, 0.01, 0.1, 1, 10, 100, 1000}.
*La résistance R sera constituée par une associatio,n de boîtes à décades (*1, *10, *100, *1000) de
précision 0.2%.

IV-3- Mode opératoire


1- On choisit une convention de définition du galvanomètre :

A gauche A droite
R 0 R1
Il faut diminuer R. 1 Il faut augmenter R.
R2 R2
déviation

2- Généralement, on règle le rapport de proportion à 1


3- On choisit arbitrairement R et on définit la direction du spot, et selon sa direction on augmente
ou on diminue sa valeur jusqu’à obtenir le zéro : un courant est nul.
4- On applique la formule [6-] pour déterminer Rx.

IV-4- Calcul d’incertitude relative

Incertitude totale = incertitude de construction + incertitude de détermination.

R1 ΔR x ΔR1 ΔR 2 ΔR
* Incertitude de construction : R x = .R donc = + + [6-11]
R2 Rx R1 R2 R

On a : R = R d + R c + R b + R a (décades)
ΔR ΔR d +ΔR c + ΔR b + ΔR a
Donc : =
R R d +R c +R b +R a

IV-5- Conclusion

Cette méthode est inefficace pour la mesure d’une résistance très faible (<0.1Ω)

R. contact Rx = 0.1Ω 0.02Ω


0.02Ω

ΔR x 0.18
R mesurée = 0.02*4 + 0.1 = 0.18 , l’incertitude relative est : = .100 = 80%
Rx 0.1

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V- PONT DOUBLE DE THOMSON

C’est une méthode de mesure des résistances de très faibles valeurs (de l’ordre de mΩ). Elle consiste à
comparer la résistance inconnue Rx à une résistance R faible et parfaitement connue.(Fig.6-7)

Figure 6-7
On a : U’ = Rx.I’
U = R.I’
R U' U'
Donc: x = d’où R x = . R
R U U
R étant connue, il suffit de mesurer U et U’ par un pont de mesure spécial appelé pont double de
Thomson.

V-1- Principe
La détermination du rapport U se fait en utilisant un galvanomètre G relié aux bornes de R x et R par
U'
quatre résistances variables égales deux à deux.(Fig. 6-8)

Figure 6-8

A l’équilibre du galvanomètre on a : IG = 0 donc VE = VF d’où VE – VF = 0

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 57 


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Maille (1): R1.I1 = Rx.I’ + R1’. I2


Maille (2): R2.I1 = R.I’ + R2’. I2

R1 R x .I'+R 1' .I 2
En faisant le rapport, on a : =
R2 R.I'+R '2 .I 2
Donc (R x .I'+R1' .I2 ).R 2 = (R.I'+R '2 .I2 ).R1
R1.R '2 -R 2 .R1' I R .R
D’où R x = . 2 + 1
R2 I' R2
I
Pour calculer le rapport 2 , on pose r : résistance de connexion BC
I'
On a : (R1' +R '2 ).I2 = (I'-I2 ).r Û (R1' +R '2 +r).I2 = r.I'
I r
Donc 2 =
I' R1 +R '2 +r
'

R1.R '2 -R 2 .R1' r R .R


En remplaçant , il vient, R x = . ' '
+ 1
R2 R1 +R 2 +r R2
Si on réalise dans la manipulation R1.R2’ = R2.R1’ on obtient :

R1 R1' R
= '  R x = 1 .R [6-12]
R2 R2 R2

V-2- Choix du matériel :


 Les résistances R1 et R1’ sont formées de boîtes de résistances variables par bond à 4 ou 5
décades (-0.1, *1, *10, *100, *1000)
 Les résistances R2 et R2’ sont des boîtes de résistances à 4 décadres (*1, *10, *100, *1000)
 R est une résistance étalon et on la choisit de façon qu’on aura R~Rx
 Une connexion BC de résistance très faible.

V-3- Incertitude de la mesure


R1.R '2 -R 2 .R1' r ΔR x ΔR 1 ΔR 2 ΔR
Si . ' '
est petit on a :  + +
R2 R1 +R 2 +r Rx R1 R2 R

Remarque :

On peut utiliser ce type de pont pour déterminer la résistivité d’un fil métallique de longueur et de
section connues à la place de Rx.

VI- MÉTHODE DE DÉVIATION INDIRECTE : DU VOLTMÈTRE


EN SÉRIE
Cette méthode est adaptée spécialement aux grandes résistances (10kΩ à 10MΩ). Elle n’exige qu’un
voltmètre de résistance interne R v, et un générateur de courant continu. (Fig. 6-9)

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 58 


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K1
I

U Rx
K2

U’
Figure 6-9

U-U'
On a: U = Rx.I + U’ donc R x =
I
Or I  U
Rx  Rv
U-U'
Donc R x = (R x +R v )
U
D’où R x .U = (U-U').R x +(U-U').R v

Si U  n1 divisions
U’ n2 divisions
U-U'  n1-n2 
Alors R x = .R v =   .R v
U'  n1 

VI- CALCUL D’INCERTITUDE

Les erreurs existant sont reliées à l’instrument et à sa lecture. En choisissant un voltmètre bien
étalonné, on n’aura comme erreurs que celles de lecture des deux tensions.
U n1
On pose x = = Donc R x = (x-1).R v
U' n2
D’où
ΔR x ΔR v Δx
= + [6-13]
Rx R v x-1
Δx Δn1 Δn2
Avec = +
x n1 n2
où n1 et n2 : appréciation sur la lecture du voltmètre.

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 59 


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Chapitre VII

MESURE DE PUISSANCE

I- INTRODUCTION

La puissance électrique consommée par un récepteur a pour expression :

 En courant continu : P = U.I.

 En courant alternatif monophasé : Pa = [Link]φ


Pr = U.I. sinφ i(t)

 En courant alternatif triphasé : P a = [Link]φ u(t) Récepteur


Pr = 3.U.I. sinφ
Avec :
I : Valeur efficace de i (t)
Figure 7-1
U : Valeur efficace de u (t)
Φ : Déphasage entre u (t) et i (t)

II- MESURE DE PUISSANCE EN COURANT CONTINU

II-1- Méthode Voltampermétrique


Elle se base sur le principe de la détermination de la valeur de P en mesurant U et I et selon la mise en
place du voltmètre et de l’ampermètre par rapport à la charge, on distingue deux montages :

II-1-1- Montage Amont (Fig. 7-2)

RA
Imes
I
A
Récepteur

Umes V RV
U

Figure 7-2

P = U.I : I = Imes Umes = [Link] + U


P = U.I = Imes (Umes – [Link]) = -RA.Imes2 + [Link] = -RA.Imes2 + Pmezs

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 60 


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0.1
D’où Pexact = P = U×I = Pmes -R A Imes
2
;R A = [7-1]
Calibre

* L’erreur absolue systématique sur la mesure de puissance par ce montage est :

P = Pmes -Pexact = R A I2mes

ΔP = R A Imes
2
[7-2]

* L’erreur relative correspondante :

ΔP 2
R A Imes R I UA
= = A mes =
P U.I U U
ΔP UA
= [7-3]
P U

II-1-2- Montage Aval (fig. 7-3)

Imes
I
A
IV
A
U
V Récepteur
Umes

Figure 7-3

U = Umes
Imes = IV + I
Pexact = P = U.I = Umes.(Imes – IV)
= [Link] – [Link]
= Pmes – [Link]

= Pmes  U mes
2

RV
D’où :
U 2mes
P =Pmes - ; R V = ρ × Calibre [7-4]
RV

* L’erreur absolue sur cette méthode est :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 61 


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ΔP = Pmes - Pexact

U 2mes
ΔP = [7-5]
RV

II-1-3- Choix du montage

Comme on cherche toujours à connaître la puissance consommée par le récepteur et non fournie par la
source, on choisit le montage aval. Ajoutons à cela que la connaissance de R A est mal définie par suite
de l’influence des contacts de connexion alors que la mesure RV est très bonne.

Pexact = Pmes - correction [7-6]

II-2- Méthode du Wattmètre

II-2-1- Qu’est ce qu’un Wattmètre

Un Wattmètre est un appareil de mesure destiné à indiquer la puissance électrique (exprimée en watts)
consommée par le récepteur. Il possède deux bobines (circuits) :
 Une bobine est utilisée pour la mesure du courant appelé « circuit courant » ou gros fil
assimilable à un ampermètre de résistance interne RA ;
 Une bobine est utilisée pour la mesure de tension appelée »circuit de tension » ou fil fin
assimilable à un voltmètre de résistance interne R V.

II-2-2- Symbole d’un wattmètre (Fig.7-4)

a a

W A2 A1 A2
A1

b Figure 7-4 b

La déviation de l’aiguille dépend non seulement du flux magnétique des deux bobines mais aussi du
déphasage entre U et I. nous mesurons donc P = [Link]φ.

Le wattmètre le plus utilisé est de type électrodynamique (voir figure 7-5). Il est constitué d’ »un
circuit inducteur fixe (1), formé de deux bobines connectées en série ou en parallèle créant un champ
d’induction B dans lequel peut se mouvoir un cadre mobile (2) réalisé en fil fin et muni d’un dispositif

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 62 


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de rappel à ressorts spiraux. Le cadre mobile supporte l’aiguille indicatrice (4) et les masse lots
d’équilibrage (5).

Figure 7-5

Le principe de fonctionnement se résume sur le fait que le courant à mesurer passe pare les
enroulements de la bobine fixe provoquant un champ d’induction impliquant une force
électromagnétique. La tension à mesurer se manifeste par un courant qui parcourt la bobine mobile. Ce
courant engendre un champ d’induction dépendant de la tension mesurée ce qui engendre une
deuxième force électromagnétique.

Ces deux forces électromagnétiques provoquant un moment électromagnétique qui cause le


déplacement de l’aiguille de l’instrument de mesure (Fig.7-6)

Figure 7-6

II-2-3- La constante du wattmètre

Comme la déviation est proportionnelle au produit U.I, les graduations sont disposées sur une
échelle dilatée ainsi, la lecture est appréciable à ¼ de division.
On définit la constante du wattmètre est n’est autre que le coefficient de lecture :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 63 


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Calibre(U) × Calibre(I)
k = [7-7]
nombre total de division

Pour déterminer la valeur de puissance, on multiplie la lecture par la constante k

Exemple :
Cal U = 300V; I = 0.5A; L=60div; N = 150 divisions

300×0.5
k = = 1
150

P = k . L = 1 *60 = 60W.

II-2-4- Branchement du wattmètre

II-2-4-1-Montage Amont : (Fig .7-7) et (Fig 7-8)

Figure 7-7

Figure 7-8

Umes = [Link] + U ; I = Imes


Pexact = U.I = (Umes- [Link]).Imes
Pexact = Pmes – RA.I2mes
Pexact = Pmes - R A .I2mes [7-8]

Remarque :

[Link] est la puissance dissipée dans le circuit courant, d’où la correction à apporter est celle perdue :

ΔP = R A .Imes
2
[7-9]
Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 64 
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II-2-4-2-Montage Aval (Fig .7-9) et (Fig 7-10)

Figure 7-9

Figure 7-10

Umes = U ; Imes = I + IV = Umes/RV + I

Pexact = U.I = Umes . (Imes - U mes ).


RV
U 2mes
Pexact = Pmes - [7-10]
RV

Remarque :

U 2mes
est la puissance dissipée dans le circuit tension, d’où la correction à apporter est celle
RV
-U 2mes
consommée : ΔP = [7-11]
RV

III- MESURE DE PUISSANCE ALTERNATIVE MONOPHASÉE :

III-1- Méthode du wattmètre


La puissance moyenne absorbée par un récepteur soumis à une tension périodique est :

1 T
T 0
P = u(t).i(t).dt = [Link] ; Avec : u (t) = U. [Link](ωt)

i (t) = U [Link](t ) ;

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 65 


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III-2- Méthode de trois ampermètres (Fig7-11)

RA
i1
i3 i(t)
A1 A3
i2
R Récepteur
u(t)
e(t)
A2

Figure 7-11

En fonction des grandeurs instantanée, la puissance consommée par la charge :

P = u.i = u.i3
i1 = i2 + i3 = i3 + i
donc : i12  i22  i 2  2.i2.i
u – R.i2 + RA.i3 = 0
donc : i2 = U  RA .i
R R
passons aux valeurs efficaces :
1 T 1 T 1 T 2 T

T 0  i12 dt =
T 0  i 22 dt +
T 0
i 2 dt +
T 0
i 2 .i. dt

1 T 1 T 1 T 2 T U R
=
T 
0
i12 dt =
T 
0
i 22 dt +
T 
0
i 2 dt +
T 0
(
R
+ A i).i. dt
R

U.I R
 I12 = I22 + I 2 + 2 + 2 A I2
R R

P R
 I12 = I22 + I 2 + 2 + 2 A I2
R R
R 2
P = (I1 - I 22 - I 2 ) - 2R A I 2
2
Si on néglige la puissance dissipée dans l’ampermètre 2RA I 2 :

R 2
P = (I1 - I 22 - I 2 ) [7-12]
2

L’incertitude relative de cette mesure :

dP dR d(I12 - I22 - I2 )
Log(P) = Log( R ) + Log( I12 -I22 -I2 ) donc = +
2 P R I12 - I 22 - I 2

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(I12  I 22  I 2) (I12  I 22  I 2) (I12  I 22  I 2)


on a : d( I12 - I22 - I2 ) = dI1  dI 2  dI
I1 I 2 I

d ( I12  I22  I 2 ) = 2I1dI1 + 2I2 dI2 + 2IdI

D’où

ΔP ΔR 2(I1ΔI1 +I2ΔI2 + IΔI)


= + [7-13]
P R I12 - I 22 - I 2

III-3- Méthode de trois voltmètres : (Fig. 7-12)


u2

RA2
V

i(t)

R
u1 u(t) Récepteur
e(t) V1 V

Figure 7-12

En fonction des paramètre instantanés :


u1 = u +u2
u2 = R.i
u12 = u 2 +u 22 +2.u.u 2

En passant aux grandeurs efficaces :

1 T 1 T 1 T 1 T

T 0
u12 dt =
T  0
u 2 dt +
T  0
u 22 dt 
T  0
u2 .u. dt

1 T 1 T 1 T 2 T

T 0
u12 dt =
T  0
u 2 dt +
T  0
u 22 dt +
T  0
R.u.i. dt

 U12 = U22 + U2 + 2RP

donc :

U12 - U 22 - U 2
P = [7-14]
2.R
L’incertitude relative de ce montage sur la mesure de puissance est calculée comme suit :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 67 


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Log(P) = Log( U12 - U22 - U2 ) – Log(2R)

De la même façon que précédemment on a :

ΔP ΔR 2(U1ΔU1 +U 2ΔU 2 + UΔU)


= + [7-15]
P R U12 - U 22 - U 2

IV- MESURE DE PUISSANCE ALTERNATIVE TRIPHASÉE

IV-1- Définition
 Un système triphasé équilibré est un ensemble de trois tensions qui

o Ont la même valeur efficace V1 = V2 = V3 = V


o Ont la même pulsation ω
o Sont régulièrement déphasées de 2π/3 les unes par rapport aux autres.

Exemple : (voir figure 7-13)


V1 = V 2 sin( t)
V2 = V 2 sin( t 2 /3)
V3 = V 2 sin( t 4 /3)

Figure 7-13 : système triphasé équilibré

 Un récepteur triphasé équilibré est constitué de trois récepteurs identiques de même


impédance et de déphasage, et la puissance totale du récepteur triphasé est :

P = [Link] (φ)
V1 = V2 = V3 = V
I1 = I2 = I3 = I
I1 + I2 + I3 = IN = 0 : il n’y a pas de courant dans le fil neutre.

 Un récepteur triphasé est dit déséquilibré si les trois récepteurs ne sont pas identiques, ils
n’ont pas régulièrement un déphasage de 2π/3 les uns par rapport aux autres.

I1 + I2 + I3 = IN  0
P = P1 + P2 + P3 = [Link] (φ1) + [Link] (φ2) + [Link] (φ3)

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 68 


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IV-2- Mesure de puissance active

IV-2-1- Montage 4fils (3fils + neutre) (Fig. 7-14)


Le système de tension simple, composées et les courant se présentent comme sui :
U  2V cos( /3)  V 3
P  [Link]  [Link]
Q  [Link]  [Link]

Figure 7-14 : tensions simples et tensions composées


Remarque :
o Un wattmètre électrodynamique indique une puissance active :
W = [Link](φ)
o La puissance active est toujours positive ainsi, la puissance totale active est toujours positive,
alors que la puissance réactive peut être positive ou négative.

IV -2-1-1-Cas d’un récepteur équilibré (voir figure7-15)

La puissance totale active est égale à la somme des trois puissances actives de chaque phase. Et
comme le système est équilibré en courant, un seul wattmètre suffit

P = 3W1 [7-16]
Avec W1 : la puissance lue sur le premier wattmètre.

Figure 7-15 : montage (3 fils + neutre)-cas d’un récepteur équilibr

IV-2-1-2-Cas d’un récepteur déséquilibré (voir figure 7-16)

W1 = V1.I1. cos (φ1)


W2 = V2.I2. cos (φ2)
W1 = V3.I3. cos (φ3)
Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 69 
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P = W1 + W2 + W3

Figure 7-16: Montage e 4fils – récepteur déséquilibrés

IV-2-2- Montage 3fils (sans neutre)

IV-2-2-1-Cas d’un récepteur équilibré

* Méthode du neutre artificiel (Fig 7-17)

Dans le cas de montage (3fils sans neutre), on crée un neutre artificiel en montant trois résistances
(grandes : de4 à 6 kΩ) en étoile. D’où il suffit de mesurer une seule phase (cas précédent)

Figure 7-17

* Méthode des deux wattmètres (Fig 7-18)

On va considérer la phase 3 comme un point commun des trois wattmètres (neutre). En conséquence,
le wattmètre W3 n’indique plus rien. D’où, il sera supprimé du montage.

W1 = k.L1 = [Link](V13, I1)


W2 = k.L2 = [Link](V23, I2)

Or U13 = U23 = U12 = U


W1 = U13.I1 cos (φ - π/6)
W2 = U23.I2 cos (φ + π/6)
Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 70 
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W1+W2 = U.I (cos (φ-π/6) + cos (φ+π/6)


W1+W2 = U.I cos (φ) = 3 P

Figure 7-18

IV-2-2-2-Cas d’un récepteur déséquilibré

* Méthode des deux wattmètres :

Cette méthode est valable que les récepteurs soient équilibrés ou non.
Remarque :

Les signes des indications de W1 et W2 peuvent être différents : soit le sens positif soit le sens
contraire suivant la nature du récepteur (inductif ou capacitif)

φ (rad)
signe -π/2 -π/3 -π/6 0 +π/6 +π/3 +π/2

W1 - - 0 + + + + + + + + +
W2 + + + + + + + + + 0 + +
Récepteur Capacitifs Inductifs

IV-3- Mesure de puissance réactive


IV-3-1- Cas de récepteurs équilibrées

IV-3-1-1-Méthode d’un seul wattmètre (Fig. 7-19)

On place le wattmètre dans le fil de la phase 1, le circuit tension du wattmètre est branché entre les fils
de phase 2 et 3. D’après le diagramme vectoriel il vient :

W = U23.I1 cos (U23, I1 )


W = U23.I1. cos (π/2 -φ) = [Link]φ d’où W = 3 Q

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 71 


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Figure 7-19

IV-3-1-2-Méthode de deux wattmètres

W1 = U13.I1 cos (π/6 -φ)


W2 = U23.I2. cos (π/6+φ)
Et comme le récepteur est équilibré on a :
U = U23 = U13 et I1 =I2 = I
W1 – W2 = U.I.[ cos (π/6 -φ) - cos (π/6+φ)] = U.I.2sin(π/6).sinφ = [Link](φ) = 3 Q

D’où
Q = 1 (P
1 P2) =
1 [Link] [7-17]
3 3

IV-3-2-Cas des récepteurs déséquilibrés : (Fig 7-20)

On placera trois wattmètres monophasés de la même manière dans chacun de fil de ligne :

W1 mesurera U23 et I1
W2 mesurera U13 et I2
W3 mesurera U12 et I3

Figure 7-20 : Méthode de 23 wattmètre, mesure de puissance réactive

La puissance réactive totale correspond à la somme des puissances et elle est algébrique :

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 72 


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1
Q = (W1 +W2 +W3 )
3

V- CONCLUSION

La méthode des deux wattmètres est en définitive la méthode utilisée pour tous les montages,
équilibrés ou non. Dans le cas des montages équilibrés, on peut obtenir directement la puissance
réactive d’après les indications algébriques des deux wattmètres :

1
Q = (P1 -P2 ) [7-18]
3

le facteur de puissance du récepteur triphasé équilibré est donné par :

Q P -P
tg = = 1 2  cos [7-19]
P P1 +P2

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 73 


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BIBLIOGRAPHIE

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 74 


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BIBLIOGRAPHIE

[1] INSTRUMENTATION INDUSTRIELLE.


Michelle CERR.
Edition LAVOISIER .

[2] INITIATION A LA MESURE ELECTRIQUE.


Edouar PASTOR.
Edition FREAQUENCE.

[3] ESSAIS ET MESURES sur Machines Electriques et Systèmes Electroniques -Tome 2.


Pierre GAROT.
Edition CASTEILA 1991.

[4] MEMEOTECH ELECTRONIQUE : Circuits et Composants.


J.C. Chauveau, G. Chevalier et B. Chevalier.
Edition CASTEILA 1997.

[5] Sites Internet

* [Link]

* [Link]

* Patrice KADIONIK + cours

* [Link]

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 75 


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ANNEXES

Ben Aissa H., Naghmouchi F.  page 76 

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