Revue de l’Infirmier Congolais
Article Original ISSN: 2520 - 0844
Évaluation de la gestion des déchets ménagers dans la commune de
Katuba à Lubumbashi (République Démocratique du Congo)
Olivier Mukuku
, Jacques M. Musung 2
, Claudine K. Samba 1
, Christelle N. Tshibanda
Carrel Z. Mavuta
, Martine M. Bamba
, Oscar N. Luboya
1,3
1 Institut Supérieur des Techniques Médicales de Lubumbashi, Lubumbashi, République Démocratique
du Congo.
2 Département de Médecine Interne, Faculté de Médecine, Université de Lubumbashi, Lubumbashi,
République Démocratique du Congo.
3 Département de Pédiatrie, Faculté de Médecine, Université de Lubumbashi, Lubumbashi, République
Démocratique du Congo.
Introduction
La gestion des déchets est la canalisation organisée et
systématique des déchets à travers les voies pour
s’assurer qu’ils sont éliminés avec attention à des
garanties acceptables de santé publique et environnementales [1]. Cependant, une gestion adéquate ne
peut être réalisée sans un plan de gestion des déchets
bien conçu. Selon Rossel et Jorge [2], les stratégies de
planification de la gestion des déchets devraient
préconiser l’évitement de la production de déchets,
l’utilisation de technologies plus propres, la promotion
du recyclage et de la récupération des déchets, en
utilisant un traitement approprié pour les déchets
générés et l’élimination adéquate des déchets [1].
Le défi de la gestion des ordures ménagères est devenu
une priorité pour les gouvernements partout dans le
monde. À l’échelle mondiale, on prend de plus en plus
conscience de la planification et de la gestion de
l’environnement car la population de plus en plus
grande et l’urbanisation accélérée ont provoqué une
augmentation de la génération de déchets ménagers
[1]. Certains pays développés, comme l’Allemagne, les
États-Unis et le Japon, ont réussi à gérer les déchets.
Correspondance:
Olivier Mukuku, Institut Supérieur des Techniques Médicales de Lubumbashi,
Lubumbashi, République Démocratique du Congo.
Téléphone: +243997925649 - Email: oliviermukuku@[Link]
Reçu: 21-10-2017 Accepté: 22-11-2017 Publié: 20-02-2018
Copyright © 2018. Olivier Mukuku et al. This is an open access
article distributed under the Creative Commons Attribution License, which
permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium,
provided the original work is properly cited.
Résumé
Objectif. Décrire les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés ainsi que la gestion des déchets
ménagers dans la commune de Katuba à Lubumbashi, République Démocratique du Congo.
Matériel et méthodes. Il s’agit d’une étude descriptive transversale. Nous avons effectué une enquête
avec
sondage en grappe auprès des ménages dans la commune de Katuba au cours de la période allant du 1er
avril
au 31 mai 2017.
Résultats. Au total, 152 ménages ont été enquêtés. L’âge moyen des enquêtés était de 35,4 ± 13,2 ans
(extrêmes : 18 et 79 ans) et 42,8% d’entre eux avaient un âge compris entre 20 et 30 ans. Cent trente-
deux
(86,8%) répondants étaient de sexe féminin. L’utilisation des poubelles de stockage était présente dans
82,2%
des ménages. Le triage des ordures était pratiqué par 11,2% des ménages, la valorisation de déchets
était
insuffisamment pratiquée (3,9%). Le transport des ordures ménagères se faisait par les pousses-pousses
(petits
chariots) dans 94,1% des cas et l’évacuation des ordures se faisait une fois par semaine dans 73,7% des
cas.
Soixante-sept virgule un pourcent des enquêtés connaissaient les dangers dus à la présence des déchets.
Conclusion. Le tri et l’élimination des déchets ménagers posent des réels problèmes dans la commune
de
Katuba. Cependant, les populations connaissent les dangers liés à ces ordures. Une meilleure implication
des
conseillers urbains dans la gestion des ordures ménagères serait une solution.
Mots-clés : Déchets ménagers, Ordures, Gestion, Lubumbashi.
Pour citer cet article:
Mukuku O, Musung JM, Samba CK, Tshibanda CN, Mavuta CZ, Bamba MM, et al. Évaluation de la gestion
des déchets ménagers
dans la commune de Katuba à Lubumbashi (République Démocratique du Congo). Revue de l’Infirmier
Congolais. 2018 ; 2: 50-56.
Évaluation de la gestion des déchets ménagers … Mukuku et al.
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Il y a un passage d’un système de gestion des déchets
basé sur les décharges vers un système plus intégré. La
gestion intégrée des déchets est considérée comme la
clé du succès du traitement des ordures ménagères
[3,4]. La séparation des déchets est une composante
essentielle d’un système intégré de gestion des déchets
intégrée [5].
Bien que des progrès aient été réalisés en ce qui
concerne la séparation des sources de déchets
mondiaux, il existe encore un grand écart dans la
réduction et le recyclage des déchets domestiques par
rapport à de nombreux pays avancés. Plusieurs facteurs
majeurs ont limité l’application pratique des systèmes
établis: (1) la méthode de tri n’était pas bien définie et
les résidents étaient facilement confondus par les
concepts généraux tels que les matières recyclables et
non recyclables, les matériaux combustibles et non
combustibles; (2) la récupération est devenue difficile
une fois que les matières recyclables ont été mélangées
avec des déchets de haute teneur en eau ; et (3) il y
avait un manque d’installations compatibles pour le
traitement des déchets séparés [4].
Dans de nombreuses villes (à croissance rapide) des
pays en développement, le traitement des déchets
ménagers est devenu un problème politique essentiel.
Les politiques et les règlements visant à la bonne
gestion des déchets, allant du contrôle particulier des
déchets au niveau des ménages aux efforts intégrés de
réduction des déchets dans les municipalités et à
l’échelle de l’économie, ont été mis en œuvre avec des
résultats mitigés [6].
Une bonne gestion des déchets solides implique la
hiérarchie séquentielle de la réduction des sources, de
la réutilisation, du recyclage et de l’élimination sûre [7].
Il serait impossible de comprendre et de gérer
efficacement les déchets si la gestion ne tient pas
compte de la génération de déchets. Afin de maintenir
une bonne gestion des déchets, nous avons besoin non
seulement de données précises sur la génération de
déchets, mais aussi d’informations sur le comportement
et l’attitude des personnes en matière d’ordures
ménagères [8]. Les efforts de réduction des déchets
ménagers à la source et au moyen de diverses
techniques comme le recyclage, la réutilisation et le
compostage déterminent le schéma de gestion des
déchets optimal [6]. Il est souligné que les dommages
environnementaux ne résultent pas seulement de la
quantité de déchets générés (de la consommation et de
la production), mais aussi de la manière dont les
déchets sont éliminés [6]. Contrairement au monde
développé, le dumping dans les zones ouvertes, les
routes et les vallées a été largement utilisé dans de
nombreuses villes des pays en développement. De
nombreuses études [9-11] ont cherché les déterminants
de divers comportements et attributs sur les pratiques
de recyclage des déchets ménagers. Cependant, il existe
une lacune dans la littérature sur les facteurs
responsables de l’élimination des déchets solides des
ménages, en particulier dans les villes des pays en
développement. Bien que toutes ces études se
concentrent sur le comportement du recyclage, cette
étude souligne le comportement des ménages selon le
choix des méthodes alternatives d’élimination des
déchets. Bien que la compréhension du comportement
économique et social des ménages soit essentielle pour
améliorer la gestion des déchets solides des ménages,
ces études en République Démocratique du Congo
(RDC) ne sont guère disponibles. Des études empiriques
sur l’impact du statut économique et social des
ménages et les attributs des déchets et des
préoccupations environnementales sur les pratiques
d’élimination des déchets solides sont nécessaires pour
améliorer la gestion des déchets solides au niveau des
ménages en RDC en général et dans la ville de
Lubumbashi en particulier où la problématique de la
gestion de l’environnement est pertinente. La collecte
des ordures ménagères constitue l’une des plus grandes
difficultés que rencontrent les autorités urbaines. Ces
difficultés se traduisent par une accumulation des
ordures ménagères, la création de nombreux dépôts
sauvages, la stagnation des eaux usées et pluviales dans
de nombreux quartiers et manque de la sensibilisation
stratégique de la population.
La commune de Katuba, la plus vaste de la ville de
Lubumbashi n’est pas épargnée de cette situation.
Comme toutes les autres communes, Katuba a connu
une explosion démographique ces dernières décennies.
Actuellement selon les estimations du bureau
statistique communal, la commune regorge environ 319
274 habitants. En RDC, la gestion des déchets en
générale et celle des ordures ménagères en particulier
représente un problème majeur et crucial. Par ailleurs,
l’absence des structures fonctionnelles pour la collecte
et l’évacuation des ordures ménagères dans la
commune entrainent des décharges sauvages et
incontrôlées dans les rues et dans les cours d’eau des
quartiers de Katuba.
La présente étude s’est fixé comme objectifs de décrire
les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
ainsi que de décrire la gestion des déchets ménagers
ménagères dans la commune de Katuba à Lubumbashi,
RDC.
Évaluation de la gestion des déchets ménagers … Mukuku et al.
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Matériel et méthodes
Cadre d’étude
La commune Katuba est située dans la province du
Haut-Katanga en République démocratique du Congo
et plus précisément dans la ville de Lubumbashi au sud.
La commune de Katuba, la plus vaste de la ville de
Lubumbashi, a connu une explosion démographique ces
dernières décennies. Actuellement, selon les estimations
du bureau statistique communal, la commune regorge
environ 319 274 habitants.
La commune de Katuba est limitée: au Nord par la
rivière Lubumbashi, à l’Est par la rivière Kafubu et la
rivière Lubumbashi, au Sud par la rivière Kafubu et à
l’Ouest par la rivière Katuba et la commune annexe
(quartier Kasungami).
Méthodes et techniques d’enquête
Nous avons mené une étude descriptive transversale du
er avril au 31 mai 2017. Elle a concerné les ménages de
la commune de Katuba, où un échantillon de
convenance a été tiré. Nous avons sélectionné les
ménages, à l’intérieur des quels, les personnes adultes
étaient interrogées. Les avenues ont été considérées
comme grappes. La sélection de ces avenues était
effectuée par l’aléatoire simple, en se servant des
croquis de la commune pour l’identification. Ces
ménages ont été sélectionnés en raison de 10 ménages
par avenue et 17 avenues sur l’ensemble de la
commune de Katuba.
Un total de 170 ménages avait été interrogé parmi
lesquels 18 avaient refusé de répondre aux
questionnaires, ce qui correspond à un taux de réponse
de 89,4%. Grâce à un questionnaire prétexté et validé,
nous avions récolté des données par interview. Une
équipe d’enquêteurs était recrutée et formée avant la
descente dans les ménages afin d’administrer le
questionnaire qui était composé des parties suivantes:
les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
(âge, sexe, niveau d’instruction, occupation), les
paramètres en rapport avec la gestion des déchets
ménagers (utilisation des poubelles de stockage, mode
de stockage, mode de traitement, mode de transport,
rythme d’évacuation, valorisation), la connaissance de
dangers dus à la présence des déchets ainsi que les
propositions des enquêtés concernant la gestion des
déchets (méthode de paiement des frais de collecte des
déchets, vente des déchets recyclables, méthode de
séparation de déchets).
Pour la collecte de nos données, différentes techniques
ont été utilisées notamment l’analyse documentaire,
l’observation libre et interview structuré.
Des visites effectuées sur terrain ont permis d’avoir un
aperçu général sur l’état d’insalubrité de notre milieu
d’étude, d’observer le cadre de vie des populations afin
de nous imprégner des réalités de vie quotidienne dans
la commune de Katuba.
Les enquêtes et interviews réalisées ont permis
d’approfondir les recherches et apporter des éléments
des réponses à certaines questions liées à la gestion des
ordures ménagères. Cette méthode a permis de
recueillir les informations auprès de la population. Pour
ce faire, nous avons utilisé un questionnaire portant sur
la gestion des ordures ménagères.
L’enquête par questionnaire a visé les chefs des
ménages mais le choix était porté sur les personnes qui
s’occupent des travaux ménagers. Le choix des ménages
était aléatoire.
Traitement des données
L’étude a portée sur un échantillon de 152 ménages. La
saisie et l’exploitation des données ont été faites sur le
logiciel Epi Info version 7.2.
L’analyse et l’interprétation ont utilisé le calcul de la
proportion, de la moyenne et l’écart-type.
Résultats
Le tableau 1 montre les caractéristiques sociodémographiques des répondants. Cent trente-deux
(86,8%) répondants étaient de sexe féminin et le sexe
ratio F/M de 6,6. L’âge moyen était de 35,4 ± 13,2 ans
(extrêmes : 18 et 79 ans) et 42,8% des répondants
avaient un âge variant entre 20 à 30 ans.
Tableau 1. Caractéristiques sociodémographiques
des enquêtés
Variable Effectif
(n=152) Pourcentage
Age
<20 ans 8 5,3
20–30 ans 65 42,8
30–50 ans 60 39,5
>50 ans 19 12,5
Sexe
Féminin 132 86,8
Masculin 20 13,2
Niveau d’instruction
Primaire 28 18,4
Secondaire 95 62,5
Universitaire 24 15,8
Aucune étude 5 3,3
Occupation
Sans emploi 100 65,7
Employé 19 12,5
Commerçant 33 21,8
Évaluation de la gestion des déchets ménagers … Mukuku et al.
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Soixante-deux virgule deux pourcent des répondants
avaient un niveau d’étude secondaire, 18,4% ont un
certificat d’étude primaire et 15,8% sont universitaires.
Soixante-cinq virgule sept pourcent des enquêtés
n’avaient aucune profession et 21,7% étaient commerçants.
Le tableau 2 montre les paramètres en rapport avec la
gestion des ordures. Quatre-vingt-deux virgule deux
pourcent (125/152) d’enquêtés avaient déclaré qu’ils
utilisent des poubelles de nature diverse (sceau, sac,
sachet) pour stocker leurs déchets ménagers solides.
S’agissant du mode de stockage, 88,8% des répondants
mélangent les ordures et seulement 11,2% effectuaient
le tri des déchets en séparant les biodégradables des
non biodégradables.
Tableau 2. Paramètres en rapport avec la gestion
des déchets ménagers
Variable Effectif
(n=152) Pourcentage
Utilisation des
poubelles de stockage
Présente 125 82,2
Absente 27 17,8
Mode de stockage
Triage des ordures 17 11,2
Mélange des ordures 135 88,8
Valorisation
Non 146 96,1
Oui 6 3,9
Mode de traitement
Rejet 78 51,3
Incinération 42 27,6
Enfouissement 32 21,1
Mode de transport
Pousse-pousse 143 94,1
Camionnette 6 3,9
Bouette 3 2,0
Rythme d’évacuation
Chaque jour 16 10,5
Une fois par semaine 112 73,7
Deux fois par semaine 14 9,3
Trois fois par semaine 10 6,5
Près de 4% des ménages valorisaient leurs ordures
ménagères ; certains utilisaient les débris de la cuisine
comme source d’aliments pour les volailles et pour les
porcs et une petite minorité utilisaient les ordures dans
la lutte contre les érosions et inondations. Par contre,
96,1% des ménages ne donnaient pas une valeur à leurs
ordures ménagères.
Vingt-sept virgule six pourcent des ménages éliminaient
leurs ordures par incinération, 21,1% par enfouissement
et 51,3% par rejet qui était le mode d’élimination le plus
utilisé par les ménages de Katuba. Cent quarante-trois
(81,6%) répondants ont déclaré qu’ils recouraient au
service de poussepousses (petits chariots locaux) dans
la collecte des déchets, 6 (3,9%) faisaient appel à une
camionnette et 2% utilisaient leur brouette pour
évacuer les déchets. Quant au rythme d’évacuation de
déchets, 73,7% des enquêtés ont déclaré qu’ils évacuent
les ordures une seule fois par semaine et 10,5% ont
déclaré qu’ils le font chaque jour.
Cent-deux (67,1%) enquêtés ont déclaré connaître les
dangers dus à la présence des déchets dans les milieux
telles les maladies comme le choléra, la fièvre typhoïde
et la gastroentérite (tableau 3). Septante-cinq virgule six
pourcent (115/152) des enquêtés ont déclaré que la
méthode de paiement individuelle (c’est-à-dire que
chacun s’occupe individuellement de la gestion de
déchets) est la plus raisonnable pour percevoir l’argent
de collecte de déchets et 23,7% ont déclaré qu’ils
seraient préférables de percevoir l’argent de collecte
avec les frais d’eau et d’électricité. Cent-trente (85,5%)
enquêtés déclaraient qu’ils ne préféraient jamais vendre
les matières recyclables à des collectionneurs ou à des
dépôts de matériaux de collection. Trente-six virgule
huit pourcent des répondants ont déclaré que la
méthode de séparation de déchets la plus raisonnable
est celle de séparer les déchets alimentaires des déchets
secs et des déchets nocifs alors 36,2% pensent que les
déchets recyclables devraient être séparés des non
recyclables.
Tableau 3. Connaissance de dangers dus à la
présence des déchets et propositions des enquêtés
concernant la gestion des déchets
Variable Effectif
(n=152) Pourcentage
Dangers dus aux
déchets
Oui 102 67,1
Non 50 32,9
Méthode de paiement
des frais de collecte
Avec les frais d’eau et
d’électricité 36 23,7
Individuellement 115 75,6
Autre 1 0,7
Vente des déchets
recyclables
Jamais 130 85,5
Parfois 18 11,8
Souvent 4 2,6
Méthode de séparation
de déchets
Déchets alimentaires,
secs et nocifs 56 36,8
Recyclables et non
recyclables 55 36,2
Recyclables, déchets
nocifs et autres déchets 41 27,0
Évaluation de la gestion des déchets ménagers … Mukuku et al.
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Discussion
Caractéristiques sociodémographiques des répondants
La majorité de répondants dans notre étude sont des
femmes (86,8%). La tranche d’âge de 20 à 30 ans était
dominante (42,8%) et la moyenne d’âge était de 35,4 ±
13,2 ans (extrêmes : 18 et 79 ans). Soixante-deux virgule
cinq pourcent des enquêtés ont atteint le niveau de
scolarité secondaire. Vingt-un virgule sept étaient des
commerçants et 16,4% des employés/fonctionnaires.
Sujauddin [12], dans son enquête sur la gestion des
ordures ménagères à Chittagong (Bangladesh), trouvait
un âge moyen des répondants de 43,14 ans et que leur
niveau de scolarité était en moyenne le niveau
secondaire. Il notait également que près de 56% des
répondants étaient des locataires [12]. Dans notre série,
15,8% des enquêtés étaient de niveau universitaire. Une
étude menée à Colombo (Sri Lanka) montrait que 36%
des répondants avaient un niveau de scolarité
universitaire [13]. Xiao, dans son enquête menée dans la
cité de Xiamen (Chine), notait qu’environ la moitié des
répondants (51%) étaient des femmes, 77,7% des
répondants avaient entre 25 et 60 ans et 70,2% avaient
complété plus de 9 ans d’études [14]. A Surabaya
(Indonésie), Dhokhikah trouvait, 67,3% des répondants
étaient de sexe féminin, 70% étaient âgés de 35 à 65
ans et 39% avaient un niveau universitaire [15].
Paramètres en rapport avec la gestion des ordures
L‘étude montre que seulement 11,2% des enquêtés
pratiquaient le triage ou séparation de déchets. Ce taux
était de 53,5% dans l’étude de Xiao [14]. Selon Hu, la
gestion intégrée des déchets est considérée comme la
clé du succès du traitement des ordures ménagères [3].
La séparation des déchets est une composante
essentielle d’un système intégré de gestion des déchets
intégrée [5]. La séparation des déchets augmente la
qualité du compost et des matières recyclables, et
optimise l’incinération [4,16]. L’étude de Warunasinghe
montrait que la combustion (44%), le compostage (16%)
et l’incinération (10%) étaient les méthodes
d’élimination des déchets ménagers [13]. A Goudiry
(Sénégal), Faye, le tri des déchets était effectué par 30%
des ménages dont la séparation manuelle prédominant
(54,2%) [17].
Le recyclage des déchets peut aider à les éliminer et
ainsi qu’à les minimiser [1]. Notre étude rapporte que la
valorisation des déchets ménagers n’était connue et
pratiquée que par 3,9% d’enquêtés. Selon Kofoworola,
les déchets putrescibles peuvent être transformés en
engrais organique ou conditionneurs de sols par le
compostage [1]. C’est une option qui devrait être
promue dans tout programme municipal de gestion des
déchets solides du gouvernement. L’utilisation des sites
d’enfouissement comme méthode de gestion des
déchets est largement pratiquée partout dans le monde.
Mais notre étude montre que seulement 21,1% des
enquêtés recouraient à l’enfouissement des ordures. En
plus, en ce qui concerne le traitement des ordures, il est
possible de minimiser les déchets grâce à la pratique de
l’incinération [1]. Cette dernière est pratiquée par 27,6%
de nos enquêtés. Pour Faye à Goudiry (Sénégal), les
procédures d’élimination les plus utilisées étaient
l’étalage dans les terrains vagues (40,2 %), l’utilisation
des dépôts relais (21,2%) et le rejet derrière les
palissades (18,1%) [17].
Selon les enquêtés, la commune de Katuba ne possède
pas de service de collecte des déchets solides au niveau
des ménages par la municipalité. Ce constat est
contraire à celui noté par Tadesse à Mekelle en Ethiopie
qui trouvait que la municipalité s’occupe de recueillir et
de transporter les déchets solides pour ouvrir des sites
de décharges [7,18]. Ce service de collecte des déchets
solides au niveau des ménages par la municipalité de
Mekelle s’effectue principalement en utilisant deux
méthodes principales: les services de collecte porte-àporte par tracteurs-remorques et services de
collecte
utilisant des conteneurs communs à points fixes [7,18]. Il
existe quelques collecteurs de déchets informels dont la
participation à la collecte et à l’élimination des déchets
reste très limitée et conditionnée par le paiement des
frais. L’élimination des déchets est effectué par des
pousse-pousseurs (payants, privés et informels) dans
92,8% selon les enquêtés. Bien que le boom de la
population de la commune ait connu une génération
croissante de déchets solides, le système de gestion de
ces déchets reste largement traditionnel et avec une
pénurie aiguë de capital humain et matériel pour la
gestion des déchets ménagers [1]. Nous avons noté
dans notre série que les pousse-pousses (petits chariots
fabriqués localement) ont été le principal moyen de
transport, de collecte et d’élimination des déchets
utilisée le plus utilisé (94,1%) pour évacuer les déchets ;
la camionnette et la brouette ont été utilisées
respectivement par 3,9 et 2,0% des enquêtés. Dans
l’étude de Faye, le transport des ordures ménagères se
faisait par traction manuelle dans 74,1% et animale dans
6,4% [17].
Bien que 78,3% des enquêtés ont déclaré qu’ils
éliminent les déchets dans un dépotoir, nous constatons
que d’autres ménages n’ont d’autre choix que de
déverser leurs déchets sur le sol, sur les bords des rues
et dans les zones ouvertes (ravins). Tadesse, dans son
étude, avait constaté que malgré qu’il existe des
conteneurs disponibilisés par la municipalité dans la
ville de Mekelle, les ménages continuaient à déverser
Évaluation de la gestion des déchets ménagers … Mukuku et al.
55
leurs déchets dans les zones ouvertes et sur les bords
des routes autour des conteneurs [7]. Dans l’étude de
Kofoworola menée à Lagos (Nigeria), les installations
pour la collecte et la gestion appropriées des déchets
sont absentes ou grossièrement insuffisantes [1]. L’effet
de cette situation est que la plupart de la population
déverse leurs déchets domestiques dans les rues, autour
des poteaux de rue et à côté des remblais le long des
routes [1]. Par conséquent, les paysages défigurés, la
pollution de l’air et les routes partiellement obstruées
sont observés.
Pour renforcer la gestion de déchets dans la
municipalité de Mekelle, Tadesse notait qu’il existe un
système tracteur-remorque où les membres de
l’équipage de la camionnette déchargent les déchets
des bacs et des contenants ménagers dans les
remorques. Malgré ces deux systèmes, il souligne que
ces services de collecte des déchets solides sont
irréguliers et médiocres [7,18]. Ce constat a été fait dans
plusieurs pays en développement tel que le notait une
analyse de la littérature sur la gestion des déchets
ménagers faite par Guerrero [19].
Conclusion
Cette étude sur l’analyse de la gestion des déchets
ménagers a permis de montrer qu’aucun système
spécifique de classification, de collecte ou de traitement
des déchets ménagers n’a été établi dans la commune
de Katuba. Les habitants de cette commune recourent
au rejet dans les rues ou par moment à l’incinération. Le
tri et l’élimination des ordures ménagères posent de
réels problèmes dans la commune de Katuba.
Cependant, les populations connaissent les dangers liés
à ces ordures. Une meilleure implication des conseillers
urbains dans la gestion des ordures ménagères serait
une solution.
Conflits d’intérêt: Aucun.
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