SynthesisReport FR
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Le Canada
dans un
climat en
changement
Rapport de synthèse
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
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Citation recommandée :
No de cat. : M34-84/2023F-PDF
ISBN : 978-0-660-68100-9
Conclusions principales 5
Avant-propos 7
1.0 Introduction 8
2.1 Les infrastructures vieillissantes du Canada sont fortement menacées par les changements
climatiques18
2.3 Notre alimentation et nos ressources naturelles sont très sensibles aux changements climatiques 27
2.5 Les approches fondées sur la nature permettent d’économiser de l’argent et offrent de nombreux
avantages33
2.6 L’amélioration des mesures incitatives et de la coordination peut contribuer à combler le fossé de
l’adaptation du Canada 40
2.7 L’adaptation locale joue un rôle de premier plan dans notre réponse aux changements climatiques 44
2.8 L’action climatique autodéterminée et menée par les peuples autochtones favorise la réconciliation 51
3.0 Conclusion 65
4.0 Références 66
Annexe 2 : Énoncés principaux, conclusions principales et messages clés des rapports produits
dans le cadre du processus d’évaluation nationale des connaissances 2016–2023 71
Annexe 3 : Exemples de lacunes dans les connaissances relevées dans les rapports les plus
récents de l’évaluation nationale des connaissances Le Canada dans un climat
en changement 77
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Remerciements
Nous tenons à remercier le Comité consultatif de l’évaluation nationale pour ses précieux conseils et
commentaires tout au long du processus :
Ellen Curtis, Éducation physique et santé Canada Linda Mortsch, Université de Waterloo
Susan Evans, ministère de l’Agriculture, de Graeme Reed, Assemblée des Premières Nations
l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario
Marjorie Shepherd, Environnement et
Elaine Fox, gouvernement du Manitoba Changement climatique Canada
De nombreuses personnes ont également contribué directement à ce rapport, en fournissant des textes
d’appui, en révisant le contenu et en aidant à la rédaction. Nous tenons à remercier les personnes suivantes
pour leur contribution :
Al Douglas
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Conclusions principales
Avant-propos
La publication du présent rapport de synthèse marque une étape importante dans le processus d’évaluation
nationale des connaissances du Canada. Au cours des six dernières années, nous avons travaillé avec
plus de 650 experts dans tout le pays pour produire un total de six rapports. En nous appuyant sur la base
de connaissances fournie par les processus d’évaluation antérieurs, nous avons introduit de nombreuses
nouvelles approches et abordé de nouveaux thèmes et de nouvelles questions. De nouvelles voix se sont
ajoutées et nous sommes particulièrement heureux d’avoir inclus un rapport mené par des Autochtones,
intitulé Assurer notre avenir : Rapport sur la résilience autochtone (à paraître). Ces rapports constituent une
base de connaissances solide et crédible pour orienter la prise de décision.
Nous devons également reconnaître les immenses changements survenus au Canada au cours des six
années qui ont suivi le lancement de l’actuel processus d’évaluation. En raison du moment choisi pour la
collecte et l’analyse des connaissances ainsi que du processus de publication, bon nombre des changements
et des impacts les plus récents n’ont pas été pris en compte dans cette série de rapports. Par exemple, après
la pandémie mondiale qui a touché tous les aspects de notre vie, le Canada a connu plusieurs phénomènes
climatiques majeurs. Mentionnons notamment l’ouragan destructeur de catégorie 4 Fiona dans la région de
l’Atlantique en 2022 et les incendies de forêt généralisés et dévastateurs dans une grande partie du Canada
en 2023. Ces phénomènes indiquent clairement qu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’adaptation
pour renforcer notre résilience face aux changements climatiques. L’urgence d’agir s’est également amplifiée
et il est de plus en plus évident que les impacts climatiques, même si le réchauffement planétaire est moins
important, peuvent avoir des conséquences graves et parfois irréversibles.
Sur une note positive, des avancées significatives ont également été réalisées en ce qui concerne le
programme de lutte contre les changements climatiques. Le Canada possède désormais sa toute première
Stratégie nationale d’adaptation, élaborée en consultation avec les gouvernements, les experts, les
intervenants et les détenteurs de droits de tout le pays, et publiée en 2023 (Gouvernement du Canada, 2023).
Cette stratégie axée sur l’ensemble de la société comprend un cadre visant à réduire les risques et à mettre
en place des collectivités résilientes aux changements climatiques. Elle comprend également des buts,
des objectifs et des cibles permettant de s’assurer que les investissements actuels et futurs sont ciblés
et efficaces.
Nous espérons que ce rapport de synthèse et les autres rapports produits dans le cadre de ce processus
d’évaluation contribueront à orienter les décisions et les mesures qui s’imposent d’urgence aujourd’hui
pour nous permettre, ainsi qu’aux générations futures, de survivre et de prospérer dans le contexte des
changements climatiques au Canada.
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1.0 Introduction
Le climat mondial change à un rythme alarmant. La température à la surface de la planète a augmenté
de plus de 1 °C depuis l’ère préindustrielle et continuera d’augmenter au moins jusqu’au milieu du
siècle dans tous les scénarios d’émissions envisagés par le Groupe intergouvernemental d’experts sur
l’évolution du climat (GIEC, 2023a). Au Canada, le réchauffement passé et futur est environ deux fois
plus important que le réchauffement planétaire, avec un réchauffement encore plus important dans les
régions du Nord (voir le RCCC-4 1).
« Une fenêtre d'opportunité se referme rapidement pour assurer un avenir viable et durable pour tous. »
(GIEC, 2023a)
Avec la hausse des températures, le réchauffement climatique entraîne des changements dans les régimes
de précipitations, l’augmentations de la fréquence et de l’intensité de phénomènes extrêmes, la diminution de
la couverture neigeuse, de la glace et du pergélisol, des changements dans la qualité et la quantité de l’eau, le
réchauffement des océans et l’élévation du niveau de la mer. Ces changements affectent déjà de nombreux
aspects de la vie au Canada : notre santé et notre bien-être, nos économies, notre environnement, notre
culture et même nos identités. La nécessité d’action climatique n’a jamais été aussi urgente. L’adaptation de
nos processus, pratiques et structures (voir l’encadré 1) est essentielle pour réduire les risques croissants
liés aux changements climatiques. L’atténuation des changements climatiques est également essentielle :
en l’absence de réductions importantes des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l’échelle mondiale au
cours de la présente décennie, en vue de parvenir à des émissions carboneutres d’ici le milieu du siècle, le
réchauffement de la planète devrait dépasser 1,5 °C. Le dépassement de ce seuil aurait des répercussions
étendues et dévastatrices au Canada et ailleurs dans le monde (GIEC, 2022). Les mesures et les décisions
doivent impérativement s’appuyer sur les meilleurs renseignements connus.
1 Les abréviations suivantes pour chacun des rapports d’évaluation nationale des connaissances, suivies du numéro du
chapitre, sont utilisées pour renvoyer les lecteurs à des chapitres précis pour plus de renseignements. Voir l’annexe 1 pour
les citations des rapports. Les lecteurs sont encouragés à utiliser des citations spécifiques à un chapitre, si nécessaire.
RCCC : Rapport sur le climat changeant du Canada <[Link]
REN : Rapport sur les enjeux nationaux <[Link]
RPR : Rapport sur les perspectives régionales <[Link]
SCCC : La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement <[Link]
changing-climate/fr/>
RRA : Assurer notre avenir : rapport sur la résilience autochtone
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L’adaptation fait référence aux mesures qui réduisent les impacts négatifs des changements climatiques ou
qui tirent parti de nouvelles occasions. L’adaptation aux changements climatiques renforce la résilience et
réduit les risques liés aux impacts actuels et futurs des changements climatiques. Elle implique l’adaptation
des plans, des politiques et des mesures, et elle peut être réactive (c.-à-d. se produire en réponse aux impacts
des changements climatiques) ou proactive (c.-à-d. se produire avant que les impacts des changements
climatiques ne soient constatés).
L’adaptation est souvent décrite comme un cycle (voir la figure 1), qui englobe plusieurs étapes, commençant
par la sensibilisation aux changements climatiques et la nécessité de s’adapter, jusqu’à l’apprentissage et
l’ajustement après la mise en œuvre des mesures d’adaptation ciblées. Par nature, l’adaptation est itérative
et, bien qu’elle soit présentée comme un processus séquentiel, les organisations peuvent emprunter des
voies différentes. Tout au long du processus, il est nécessaire de renforcer la capacité d’adaptation et de
mobilisation des connaissances.
En 2017, le gouvernement du Canada a lancé son quatrième processus d’évaluation national des
connaissances, Le Canada dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir,
dans le but d’évaluer, de synthétiser et de partager les connaissances les plus récentes sur les impacts des
changements climatiques et l’adaptation au Canada, afin d’orienter et de faire progresser la prise de décision.
Menée par Ressources naturelles Canada, cette initiative collaborative s’échelonnant sur plusieurs années
a donné lieu à une série de rapports faisant autorité (voir la figure 2) qui évaluent manière dont et pourquoi
le climat canadien change, les impacts de ces changements sur nos communautés, notre environnement et
notre économie, et comment nous nous adaptons. Les énoncés principaux, les principales constatations et
les messages clés de chacun de ces cinq rapports d’évaluation figurent à l’annexe 2.
Figure 2 : Aperçu des rapports produits dans le cadre du processus d’évaluation nationale des connaissances.
Le processus d’évaluation s’est appuyé sur un vaste partenariat d’experts en la matière et d’utilisateurs
de l’évaluation, issus notamment d’universités, de groupes professionnels et non gouvernementaux,
d’organisations autochtones, du secteur privé et de tous les ordres de gouvernement. Une mobilisation
accrue a été une priorité tout au long du processus, afin de garantir la crédibilité, la rigueur et l’utilité des
rapports. Après une réunion sur l’établissement de la portée tenue en 2016, des experts, les publics cibles
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et les membres du public ont été invités à apporter leurs commentaires, notamment par le biais d’ateliers,
de conférences, de sondages et d’une mobilisation en ligne. L’examen externe a été essentiel pour garantir
la crédibilité et la pertinence des rapports d’évaluation : plus de 300 experts invités et enregistrés ont fourni
plus de 10 000 commentaires aux équipes d’auteurs. Les nombreuses étapes du processus d’évaluation
pluriannuel sont décrites dans la figure 3.
Les rapports d’évaluation s’appuient sur les connaissances actuelles concernant la science des changements
climatiques, les impacts des changements climatiques et l’adaptation à ces changements. Les sources
comprennent des ouvrages évalués par des pairs, des ouvrages plus généraux, des points de vue de
praticiens, des connaissances autochtones et des connaissances locales. Une meilleure prise en compte
des connaissances autochtones était l’une des priorités de l’actuel processus d’évaluation. Les délais de
production ont imposé des dates limites pour l’incorporation de nouvelles sources de connaissances et de
documentation. Ainsi, les rapports peuvent ne pas faire référence à la documentation ou aux connaissances
les plus récentes sur un sujet donné.
Figure 3 : Aperçu des étapes du processus d’évaluation nationale des connaissances du Canada.
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Les conclusions du Rapport sur le climat changeant du Canada (RCCC), le rapport scientifique de base sur
le climat du processus d’évaluation, soulignent l’urgence d’agir pour atténuer les changements climatiques
et s’y adapter. De nombreuses données confirment que le climat du Canada évolue, avec des changements
documentés dans toutes les régions, dans l’atmosphère, la terre et les océans environnants.
La poursuite du réchauffement climatique est inéluctable, car certaines émissions supplémentaires de GES
sont inévitables (voir le RCCC-3). Par conséquent, de nombreuses tendances climatiques déjà amorcées au
Canada se poursuivront. Par exemple, davantage d’épisodes de chaleur extrême, moins d’épisodes de froid
extrême, des saisons de croissance plus longues, une augmentation des précipitations annuelles, des débits
printaniers de pointe plus précoce, des saisons de couverture de neige et de glace plus courtes, la fonte des
glaciers, le dégel du pergélisol et l’élévation du niveau de la mer le long de plusieurs littoraux canadiens (voir
le tableau 1). Cependant, il existe des variations régionales qu’il est important de comprendre avant d’élaborer
des plans d’adaptation. Par exemple, alors que l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale est sans
équivoque, le niveau relatif des mers le long du littoral canadien est également influencé par des facteurs
locaux. Ces facteurs entraînent des taux d’élévation du niveau de la mer dans certaines zones côtières qui
sont supérieurs à la moyenne mondiale, alors que dans d’autres zones, le niveau relatif de la mer baisse en
raison du relèvement postglaciaire (voir le RCCC-7). Dans l’Arctique et le Canada atlantique, la disparition de
la glace de mer accroîtra encore les risques de dommages côtiers causés par l’élévation du niveau de la mer
et les ondes de tempête.
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Tableau 1 : Évaluation des changements observés, de leur attribution et des changements futurs pour un ensemble sélectionné
d’indicateurs climatiques provenant du Rapport sur le climat changeant au Canada (RCCC) (Bush et Lemmen [éds.], 2019) et de
rapports contribuant à la sixième évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
CANADA INTERNATIONAL
Température moyenne de l’air Les températures moyennes annuelles Plus de la moitié du réchauffement Les augmentations prévues Les activités humaines,
et saisonnières ont augmenté dans observé au Canada est due à de la température moyenne au principalement par les émissions
l’ensemble du Canada, avec un l’influence des activités humaines. Canada sont environ deux fois plus de gaz à effet de serre, sont
{RCCC ch. 4} réchauffement plus important en hiver. importantes que les augmentations sans équivoque à l’origine du
correspondantes de la température réchauffement de la planète.
{RS RID du GIEC, A.1; RS du
La meilleure estimation de l’augmentation moyenne mondiale, quel que soit le
GIEC, 3.1.1}
de la température annuelle moyenne entre scénario d’émissions. La poursuite des émissions de gaz
1948 et 2016 est de 1,7 °C pour l’ensemble à effet de serre affectera encore
du Canada, soit environ le double de davantage toutes les principales
l’augmentation correspondante de la composantes du système climatique
température moyenne mondiale au cours et de nombreux changements seront
de la même période. irréversibles sur des échelles de
temps s’étendant de centaines < des
milliers d’années.
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CANADA INTERNATIONAL
Températures extrêmes Les températures extrêmement élevées L’augmentation observée des Les températures extrêmement Les extrêmes de chaleur (y
sont devenues plus élevées, tandis que températures quotidiennes les élevées devraient devenir plus compris les vagues de chaleur)
les températures extrêmement basses plus basses et les plus élevées de élevées à l’avenir, tandis que sont devenus plus fréquents et
{RCCC ch. 4} sont devenues moins basses. l’année au Canada entre 1948 et les températures extrêmement plus intenses dans la plupart des
2012 peut être attribuée en grande basses devraient devenir encore régions continentales depuis
{RID du GTI du GIEC, A.3.1}
partie à l’influence anthropique. moins basses. les années 1950, tandis que les
extrêmes de froid (y compris les
vagues de froid) sont devenus
moins fréquents et moins
marqués.
Précipitation moyenne annuelle Les précipitations moyennes annuelles L’augmentation observée des Les précipitations annuelles Les précipitations continentales
ont augmenté en moyenne au Canada. précipitations au Canada est au devraient augmenter partout au moyennes à l’échelle mondiale ont
moins en partie due à l’influence Canada au cours du 21e siècle. augmenté depuis 1950.
{RCCC ch. 4} humaine.
L’influence humaine a contribué
{RID du GTI du GIEC, A.1.4}
à l’évolution des précipitations
observée depuis le milieu du 20e
siècle.
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CANADA INTERNATIONAL
Précipitations extrêmes Pour l’ensemble du Canada, les données Sans objet. À l’avenir, les précipitations L’influence humaine a contribué
d’observation concernant les changements quotidiennes extrêmes devraient à l’intensification des fortes
dans les quantités de précipitations augmenter. précipitations à l’échelle
{RCCC ch. 4} extrêmes quotidiennes sont insuffisantes. continentale en Amérique du Nord.
CANADA INTERNATIONAL
Débit saisonnier des Au cours des dernières décennies, le Bien qu’aucune étude canadienne Les changements saisonniers En réponse aux changements de la
cours d’eau débit printanier de pointe après la fonte n’ait directement attribué le dans le débit fluvial devraient cryosphère, des changements ont
des neiges s’est produit plus tôt, avec changement dans le moment de se poursuivre, avec des été observés dans la saisonnalité
des débits plus élevés en hiver et au la survenue des débits de pointe changements correspondants des du débit fluvial, notamment une
{RCCC ch. 6} début du printemps. aux changements climatiques régimes dominés par la fonte des apparition plus précoce du débit de
anthropiques, il y a de fortes raisons neiges vers des régimes dominés pointe dans les bassins versants
{GTI du GIEC; RT, encadré RT.6}
Dans certaines régions, une réduction de penser que les changements par les précipitations. des hautes latitudes et des régions
des débits estivaux a été observée. observés dans la saisonnalité du montagneuses.
débit des cours d’eau sont en partie
imputables au réchauffement
anthropique.
CANADA INTERNATIONAL
Sources : RS RID du GIEC : GIEC, 2023a; RS du GIEC : GIEC, 2023b; RID du GTI du GIEC : GIEC, 2021a; RT du GTI du GIEC : Arias et coll., 2021; GTI du GIEC CH. 11 : Seneviratne et coll., 2021.
Les répercussions les plus graves des changements climatiques sont souvent liées à l’évolution des extrêmes climatiques. Une évaluation minutieuse des changements dans ces extrêmes a été
entreprise dans le cadre du RCCC, qui a relevé des preuves solides des changements constatés dans les températures extrêmes. Toutefois, au moment de l’évaluation, aucune observation ne
permettait encore de conclure à une augmentation constante des extrêmes de précipitations de courte durée dans l’ensemble du pays. Il est important de noter que les températures extrêmes
chaudes et les précipitations extrêmes devraient devenir plus fréquentes et plus intenses. Le premier aura pour effet d’accroître la gravité des vagues de chaleur et de contribuer à augmenter les
risques de sécheresse et d’incendie de forêt, tandis que le second augmentera les risques d’inondations en milieu urbain et dans les régions intérieures. Il convient de noter que la combinaison de
températures plus chaudes et de manteaux neigeux moins importants à l’avenir entraîne une incertitude quant à l’évolution des inondations liées à la fonte des neiges.
Un complément au RCCC, publié en 2022, a fourni aux Canadiens et aux Canadiennes un point de vue d’expert sur la cohérence des conclusions du RCCC avec celles du rapport d’évaluation
scientifique le plus récent du GIEC (GIEC, 2021b). Bien que le rapport du GIEC n’ait pas évalué les changements climatiques pour l’ensemble du Canada, de nombreux résultats mondiaux et
régionaux ont été confirmés comme étant cohérents avec les conclusions du RCCC (voir aussi le tableau 1) et, dans certains cas, les renforçant.
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• Les impacts des changements climatiques, ainsi que les mesures d’adaptation, sont
particulièrement évidents dans certains secteurs et écosystèmes critiques. Les rapports
d’évaluation révèlent clairement que le climat du Canada est en train de changer et que les
impacts se font sentir dans l’ensemble du pays. Ces impacts sont particulièrement prononcés
pour les infrastructures, la santé humaine, les ressources naturelles et le fonctionnement des
écosystèmes. En réaction à ces impacts, nous voyons des exemples de mesures d’adaptation
mises en œuvre, ce qui ce qui fournit des preuves, de l'inspiration et de l'élan pour prendre de
nouvelles actions.
• L’économie canadienne est affectée par les coûts importants et croissants des impacts des
changements climatiques. Notre économie est très sensible aux changements climatiques, les
phénomènes extrêmes ayant des répercussions particulièrement importantes et perturbatrices,
en plus d’entraîner des coûts directs et indirects. Les analyses économiques ont révélé que
l’adaptation peut réduire les coûts prévus des changements climatiques, les dommages évités
dépassant généralement les coûts des mesures d’adaptation.
• Des mesures rapides, éclairées et coordonnées sont nécessaires pour combler le fossé de
l’adaptation du Canada. À mesure que nos connaissances sur les impacts des changements
climatiques et l’adaptation à ces changements progressent, des leçons se dégagent sur la
manière d’aller de l’avant. Notamment, l’importance de réduire les obstacles et d’augmenter les
incitatifs, de continuer à stimuler les mesures à l’échelle locale, d’accroître l’action climatique
menée par les Autochtones, de s’attaquer aux inégalités sociales et économiques et d’accroître la
participation du secteur privé en matière d’adaptation.
L’adaptation est de plus en plus urgente pour réduire les risques climatiques qui pèsent sur les
infrastructures, lesquelles offrent des espaces sûrs pour vivre et travailler et soutiennent nos systèmes
d’énergie, de transport et de traitement de l’eau. De nombreuses approches sont élaborées et utilisées
pour réduire les risques climatiques et améliorer la résilience des infrastructures canadiennes.
Les infrastructures du Canada fournissent des services essentiels aux Canadiens, notamment la gestion des
eaux usées et des eaux pluviales, l’accès à l’eau potable, la production et la distribution d’énergie, ainsi que
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le transport des biens et des personnes. Les bâtiments publics (tels que les établissements de santé) et les
bâtiments privés (tels que les habitations et les entreprises) en font également partie. Une grande partie
des infrastructures canadiennes est vieillissante et environ un tiers d’entre elles doivent être rénovées ou
remplacées en raison de leur mauvais état (Comité directeur du projet, 2016). Le Conseil des académies
canadiennes (2019) a indiqué que le secteur des infrastructures était le principal secteur menacé par
les impacts des changements climatiques au Canada, mais aussi le secteur présentant le plus grand
potentiel d’adaptation.
La plupart des infrastructures existantes du Canada ont été conçues en fonction des anciennes conditions
climatiques et une grande partie d’entre elles ont été utilisées bien au-delà de leur capacité et de leur durée
de vie prévues (voir le REN-2). Par conséquent, l’intégrité et la performance de ces infrastructures sont
mises à l’épreuve, même dans les conditions climatiques actuelles. Des exemples de déclin et d’échec des
services sont déjà visibles dans tout le pays (voir le REN-2; le RRA). Par rapport aux régions urbaines, les
collectivités rurales et éloignées, y compris celles situées dans le nord du Canada, sont exposées à des
risques plus élevés pour la santé, la sécurité et le bien-être en raison de la dégradation ou de la défaillance
d’infrastructures essentielles. Cela est dû à leur isolement géographique, à leur dépendance à l’égard de
points d’accès limités pour entrer dans leurs collectivités et en sortir, et à leur accès limité aux services (voir
les sections 2.7 et 2.9; le RRA; le tableau 3.8 dans le REN-3).
Le coût des dommages causés aux infrastructures par les changements climatiques et les phénomènes
météorologiques extrêmes est de plus en plus élevé, avec de nombreuses répercussions pour la population
canadienne. Au cours des 50 prochaines années, il est estimé que 5,3 milliards de dollars par an seront
nécessaires pour réduire les risques climatiques qui pèsent sur les infrastructures municipales au Canada,
notamment les routes, les installations, les réseaux d’égouts et les bâtiments (Bureau d’assurance du
Canada et Fédération canadienne des municipalités, 2020). Ce chiffre est prudent et sous-estime l’ensemble
des investissements nécessaires pour protéger les infrastructures du Canada, car il ne tient compte que
des infrastructures appartenant aux municipalités, de certains risques climatiques et non de l’ensemble
des impacts (voir le REN-6). Les changements climatiques augmentent également les risques pour les
établissements de santé, ce qui a des conséquences importantes pour la prestation de services de santé,
particulièrement après des catastrophes climatiques (voir les sections 2.2 et 2.9; le SCCC-3; le SCCC-10).
Compte tenu de l’interdépendance entre les différents systèmes d’infrastructure, les dommages causés
par les changements climatiques et les phénomènes météorologiques extrêmes peuvent avoir des impacts
en cascade, avec de vastes répercussions sociales et économiques (voir la section 2.9; le RPR-3). Par
exemple, les perturbations dans les transports affectent les chaînes d’approvisionnement et créent des
risques pour d’autres secteurs de l’économie (voir le REN-7). Les dommages causés aux routes, aux ponts
ou aux transports publics peuvent empêcher les gens de se rendre au travail, de reconduire leurs enfants à
l’école ou à la garderie, ou d’accéder aux soins de santé (voir le REN-6). Les infrastructures endommagées
perturbent également la prestation de services essentiels tels que l’électricité ou l’eau potable, ce qui affecte
les personnes qui vivent dans des zones qui ne sont pas directement touchées par le risque climatique (voir
le REN-6). Déterminer les interdépendances est de plus en plus considéré comme une étape importante dans
la réduction des risques climatiques (C40 Cities et AECOM, 2017).
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De nombreuses approches sont élaborées, mises à l’essai et utilisées pour réduire les risques climatiques et
améliorer la résilience des infrastructures canadiennes face aux changements climatiques. Notamment :
• des lignes directrices, des codes et des normes qui tiennent compte des conditions climatiques
futures (telles que les normes élaborées dans le cadre de l’Initiative de normalisation des
infrastructures du Nord);
• des évaluations des risques liés aux infrastructures (telles que le protocole du Comité sur la
vulnérabilité de l’ingénierie des infrastructures publiques élaboré par Ingénieurs Canada) afin de
faciliter la prise de décision et la hiérarchisation des mesures d’adaptation;
• des outils fondés sur des mesures incitatives (tels que les taxes d’amélioration locales et les
droits d’aménagement);
• l’utilisation croissante d’infrastructures vertes (telles que les jardins pluviaux ou les bassins de
rétention pour réduire le ruissellement des eaux pluviales) et d’approches de développement à
faible impact (voir le REN-2; le RPR-3).
Nombre de ces approches peuvent être appliquées conjointement et offrent souvent une série d’avantages
connexes aux collectivités.
La gestion des actifs est une autre approche utilisée de plus en plus fréquemment par les collectivités pour
évaluer, contrôler et gérer leurs infrastructures, y compris les actifs naturels tels que les terres humides et
les forêts urbaines (voir le REN-2; le RPR-3). L’intégration des considérations relatives aux changements
climatiques dans les pratiques de gestion des actifs aide les collectivités à mieux comprendre comment
les changements climatiques affectent les niveaux de service, afin qu’elles puissent prendre des décisions
en conséquence (voir l’étude de cas 2.1 dans le REN-2; Fédération canadienne des municipalités, 2018). Un
nombre croissant de possibilités de formation au renforcement de la résilience climatique sont également
proposées aux collectivités et aux professionnels travaillant à la conception et à la gestion des infrastructures
(voir l’encadré 2).
Les infrastructures vieillissantes dans l’ensemble du Canada sont confrontées à une multitude de défis dans
un climat changeant. Selon Serge Dupuis, professeur de génie civil (voir la vidéo 1), le plus grand défi est
l’augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes : « Les critères de conception existants et passés
n’ont jamais été conçus pour répondre à ces circonstances extrêmes. » Les routes et les ponts du Nouveau-
Brunswick, par exemple, sont menacés par les inondations intérieures et côtières liées à l’élévation du niveau
de la mer, aux ondes de tempête et aux rivières gonflées par des précipitations extrêmes.
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Pour se préparer à ces changements, les professionnels du génie doivent être mieux informés et guidés pour
répondre à l’évolution des besoins du Canada en matière d’infrastructures. Dans le cadre du programme
Renforcer la capacité et l’expertise régionales en matière d’adaptation (RCERA) de Ressources naturelles
Canada (2017‒2022), l’Université de Moncton a géré une équipe qui a aidé les membres de la profession
d’ingénieur à mieux contribuer à l’adaptation aux changements climatiques. « Nous avons organisé
des ateliers en personne et des webinaires techniques. Nous avons même collaboré à l’élaboration et
à l’organisation d’un cours de formation certifié sur l’évaluation des risques afin de mieux préparer nos
professionnels de l’infrastructure à faire face aux conditions météorologiques extrêmes qui s’annoncent. »
Disposer des bonnes informations est essentiel pour protéger les infrastructures contre les changements
climatiques. « Les professionnels du génie, explique le professeur Dupuis, ont besoin de données sur la
quantité de pluie tombée au cours d’une période donnée […] pour les aider à gérer les dimensions de
l’infrastructure, comme les ponceaux. Ils doivent connaître le nombre de jours de chaleur, le nombre de jours
de gel et de dégel. Ce type d’information nous aide à mieux concevoir, gérer ou remplacer certaines des
infrastructures dont nous disposons actuellement. »
Vidéo 1 : Entretien vidéo avec Serge Dupuis, professeur de génie civil à l’Université de Moncton, sur l’amélioration
de la résilience climatique des infrastructures. <[Link]
Alors que les changements climatiques ont déjà des répercussions négatives sur la santé des Canadiens
et des Canadiennes et sur leurs systèmes de santé, il est urgent de prendre des mesures d’adaptation
pour réduire les risques. Des efforts continus et coordonnés sont essentiels pour protéger la santé de la
population canadienne contre les impacts actuels et futurs des changements climatiques.
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Les changements climatiques augmentent les risques pour la santé humaine et le bien-être, affectant
l’ensemble des Canadiens et des Canadiennes (voir la figure 4; le SCCC‒tous les chapitres; le REN-3; le
RPR-6; le RRA) et entraînant des impacts sévères et parfois catastrophiques. Les changements climatiques
augmentent les risques pour la santé par des voies sociales, environnementales, culturelles et économiques
complexes et interconnectées qui ont un impact sur les individus et les collectivités (voir le SCCC-1; le RRA).
Les populations touchées de manière disproportionnée sont les peuples autochtones, les femmes, les enfants,
les jeunes, les personnes âgées, les personnes à faible revenu, les sans-abris, les personnes souffrant de troubles
physiques et mentaux préexistants et certains groupes professionnels, comme les travailleurs en plein air et les
premiers intervenants. Une adaptation rapide et une réduction significative des émissions de GES sont essentielles
pour protéger notre santé des impacts futurs des changements climatiques.
Figure 4 : Exemples de risques liés aux changements climatiques pour la santé au Canada. Pour plus de détails,
voir le rapport La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement. Source : Charness et
coll., 2023.
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Dangers naturels
Les vagues de chaleur, les inondations, les feux de forêt, l’érosion côtière et les sécheresses sont des
exemples de risques naturels dont la fréquence ou l’intensité sont influencées par les changements
climatiques et qui présentent des risques importants pour la santé de la population canadienne (voir le
SCCC-3). Par exemple, les épisodes de chaleur peuvent entraîner des problèmes cardiovasculaires et
respiratoires, des complications de grossesse (voir le SCCC-3; le RPR-2; le RPR-3) et des centaines de décès
dans les collectivités touchées (voir le SCCC-3). Les dégâts causés par les inondations peuvent rendre les
habitations dangereuses, par exemple en introduisant des moisissures, des champignons et des bactéries
ou en provoquant des pannes d’électricité (voir le SCCC-3; le SCCC-9; le SCCC-10). Les inondations graves
peuvent entraîner des noyades, des blessures et des hypothermies, et conduire à des évacuations, ce qui a
des répercussions sur la santé physique et mentale des collectivités (voir le REN-6). Les évacuations à long
terme, y compris des territoires traditionnels, ont eu des répercussions importantes sur la santé et le bien-
être des peuples autochtones touchés (voir le SCCC-4; le RPR-6; le REN-3; le REN-6; le RRA).
Qualité de l’air
Maladies infectieuses
Les changements climatiques font également peser de graves risques sur la santé des Canadiens et des
Canadiennes en raison des nombreuses maladies qui pourraient apparaître ou se propager au Canada à
cause du réchauffement continu. Ces maladies comprennent les maladies transmises par les insectes
(p. ex. le virus du Nil occidental) ou les animaux (p. ex. la rage) ou transmises entre humains (p. ex. la grippe
saisonnière), ainsi que les maladies contractées par l’inhalation de bactéries présentes dans l’environnement
(p. ex. la maladie du légionnaire). Les changements climatiques jouent un rôle clé dans la propagation de
la maladie de Lyme vers le nord (voir le RPR-3) : les cas humains au Canada sont passés de 144 en 2009 à
2 025 en 2017 (voir la figure 6.5 dans le SCCC-6).
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Les changements climatiques augmentent les risques en matière de sécurité et de sûreté alimentaires en
perturbant des éléments essentiels des systèmes alimentaires, notamment la transformation, le transport
et la distribution des aliments, ainsi que les activités de préparation des aliments (voir le RRA). Par exemple,
les changements dans la couverture et l’épaisseur de la glace de mer menacent les activités de chasse
traditionnelles dans le Nord tout en augmentant le risque de blessures. La fréquence et la gravité accrues des
tempêtes et des fortes précipitations peuvent entraîner une contamination des aliments par le transport des
agents pathogènes nocifs du sol et des eaux usées vers les sources d’eau utilisées pour laver ou transformer
les aliments ou irriguer les cultures (voir le SCCC-7). À l’échelle mondiale, les changements climatiques ont
été qualifiés de principaux facteurs d’augmentation des prix des denrées alimentaires, notamment en raison
des perturbations de la chaîne d’approvisionnement dues à des phénomènes météorologiques extrêmes, ce
qui peut accroître l’insécurité alimentaire des ménages et entraîner une mauvaise nutrition (voir l’encadré 9.2
dans le REN-9; le SCCC-8).
La qualité de l’eau potable, laquelle est essentielle pour la santé et le bien-être, est également menacée
par les changements climatiques (voir le SCCC-7; le REN-4). De nombreuses collectivités autochtones du
Canada sont confrontées à d’importants problèmes d’accès à l’eau potable, qui peuvent être exacerbés
par les changements climatiques (voir le SCCC-2; le RRA). Les fortes précipitations peuvent contaminer
les puits privés et même les systèmes municipaux (voir le REN-4), tandis que les sécheresses accrues et
les incendies de forêt peuvent affecter la disponibilité et la qualité de l’eau (voir le RPR-3). La mauvaise
qualité de l’eau peut entraîner de la déshydratation, des conditions d’hygiène déplorables et une série de
maladies transmises par l’eau, entre autres risques pour la santé (voir le SCCC-7).
Santé mentale
Le risque croissant que les changements climatiques font peser sur la santé mentale est une préoccupation
importante pour de nombreuses autorités sanitaires. Les exemples incluent l’aggravation d’une maladie
mentale existante (p. ex. la psychose), l’apparition d’une nouvelle maladie mentale (p. ex. le syndrome de
stress post-traumatique) et les facteurs de stress liés à la santé mentale tels que le chagrin, l’inquiétude,
l’anxiété et les traumatismes indirects (voir la figure 4; SCCC-4; le REN-3; le RRA). Les données suggèrent que,
sans mesures d’adaptation supplémentaires, les conséquences des changements climatiques sur la santé
mentale au Canada risquent de s’aggraver avec le réchauffement continu.
Systèmes de santé
Les systèmes de santé au Canada ne sont pas préparés aux changements climatiques. Les changements
climatiques augmentent les risques pour les établissements de santé, les services de santé et les chaînes
d’approvisionnement, et rendent de plus en plus difficile l’exécution des opérations essentielles par le
personnel de santé publique (voir le SCCC-10). Les inondations, les feux de forêt, les épisodes de chaleur
extrême et les tempêtes violentes qui ont eu lieu récemment ont eu des répercussions sur les établissements
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de santé, obligeant notamment les centres de soins et les hôpitaux à fermer temporairement, à évacuer
des patients ou à annuler des opérations et d’autres services (voir le SCCC-10). Les mesures prises par
les autorités sanitaires pour protéger les Canadiens et les Canadiennes contre les impacts actuels des
changements climatiques présentent d’importantes lacunes. Peu de provinces et de territoires disposent de
mesures complètes ou substantielles pour protéger la santé dans le cadre de leurs stratégies plus larges de
lutte contre les changements climatiques, et encore moins d’un plan d’action ou d’une stratégie distincte pour
préparer les individus et les systèmes de santé (voir le SCCC-10).
De nombreux risques sanitaires associés aux changements climatiques peuvent être réduits grâce à
l’adaptation (voir le SCCC-10) et les autorités sanitaires commencent à planifier et à prendre des mesures sur
ce front. Par exemple, depuis que Montréal a mis en place un plan d’action contre les chaleurs accablantes, le
nombre de décès quotidiens a été divisé par cinq, les diminutions les plus importantes étant observées chez
les personnes âgées (Benmarhnia et coll., 2016).
L’adaptation peut contribuer à améliorer la santé des collectivités et à renforcer la résilience climatique des
systèmes de santé grâce à des mesures préventives telles que :
Des efforts bien conçus pour s’adapter aux impacts des changements climatiques et réduire les émissions
de GES peuvent avoir des retombées positives très importantes et à court terme sur la santé. Par exemple,
en agissant sur la pollution atmosphérique, le Canada pourrait éviter des milliers de décès prématurés par
an d’ici le milieu du siècle (voir le SCCC-5). Des efforts continus et coordonnés pour faire face aux risques
climatiques liés à la santé sont essentiels pour réduire la vulnérabilité aux impacts actuels et futurs.
Dans son travail de médecine d’urgence dans les collectivités du nord du Canada, la Dre Courtney Howard a vu
de première main comment les effets des changements climatiques, tels que les incendies de forêt prolongés,
l’évolution de la glace de mer et le dégel du pergélisol, affectent la santé des populations (voir la vidéo 2). « Je
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m’occupe d’une population de patients qui doit déjà composer avec des températures de deux et demi à trois
degrés Celsius supérieures à celles relevées à la naissance d’un aîné de 80 ans », explique-t-elle.
Selon la Dre Howard, les établissements de santé, les chaînes d’approvisionnement et les médecins de
l’ensemble du Canada doivent prendre des mesures dès maintenant pour mieux se préparer aux types
d’urgences auxquelles ses patients sont déjà aux prises. Par exemple, les hôpitaux doivent s’assurer qu’ils
disposent de sources d’énergie de secours en cas de canicule et de systèmes de ventilation adaptés aux
conditions météorologiques extrêmes. En 2014, la salle d’opération de Yellowknife a dû fermer en pleine crise
des incendies de forêt parce que son système d’échangeur d’air aspirait la fumée de l’extérieur. Les visites
aux urgences pour asthme ayant doublé et les cas de pneumonie ayant augmenté de 50 %, les médecins
locaux sont désormais encouragés à renouveler les inhalateurs des personnes à haut risque avant le début de
la saison des incendies de forêt.
« Nous devons nous assurer de construire des systèmes et des infrastructures de santé adaptés au climat
que nous allons connaître au cours de ce siècle, affirme la Dre Howard, par opposition au climat que nous
avons connu au cours du siècle dernier. »
Les changements climatiques devraient également être intégrés dans la formation des médecins : « Un
sondage mondial […] réalisé récemment a indiqué que moins de 15 % des étudiants en médecine dans le
monde étudient les effets des changements climatiques sur la santé dans le cadre de leur programme
d’études. » Elle est convaincue que des connaissances plus approfondies sur la manière dont les
changements climatiques affectent la santé humaine aideront ses collègues à mieux protéger les patients et
les collectivités, aujourd’hui et dans les décennies à venir.
La Dre Howard souligne également les différentes actions que les individus et les collectivités peuvent
entreprendre pour se soutenir mutuellement lors d’événements susceptibles d’avoir des conséquences
négatives sur la santé, par exemple en veillant sur les voisins âgés pendant les vagues de chaleur. Au bout du
compte, dit-elle, « ce sont nos voisins qui nous aideront à nous préparer aux pires conséquences des
changements climatiques ».
Vidéo 2 : Entrevue avec la Dre Courtney Howard, médecin urgentiste à Yellowknife (T.N.-O.) et professeure agrégée
de clinique à la Cumming School of Medicine de l’Université de Calgary, sur les impacts des changements
climatiques et l’adaptation à ces changements en ce qui concerne la santé humaine.
<[Link]
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27
Si nous ne parvenons pas à adapter notre gestion des secteurs des ressources naturelles et de la
production alimentaire aux changements climatiques, nous menacerons les économies et les emplois
locaux et nous aurons des conséquences sur la gestion des ressources transfrontalières, sur les
chaînes d’approvisionnement du Canada et sur notre participation au commerce mondial. Différentes
mesures d’adaptation sont mises en œuvre dans ces secteurs pour réduire les risques et les impacts des
changements climatiques.
Certains secteurs économiques du Canada sont particulièrement sensibles aux changements climatiques,
car ils dépendent de conditions météorologiques favorables et sont vulnérables aux conditions
météorologiques extrêmes. Ces secteurs comprennent les secteurs des ressources naturelles, comme
la foresterie et l’exploitation minière, et les secteurs de la production alimentaire, comme l’agriculture,
l’aquaculture et la pêche (voir le RPR-7), qui sont essentiels à nos moyens de subsistance. De nombreuses
communautés rurales, éloignées et autochtones du Canada tirent jusqu’à 50 à 100 % de leur revenu de base
des secteurs de l’alimentation et des ressources naturelles (voir la figure 3.4 dans le REN-3).
Foresterie
Les forêts canadiennes sont de plus en plus exposées aux risques d’incendie et de sécheresse. Si les
incendies de forêt sont un élément naturel de l’écologie forestière, les changements climatiques devraient
en augmenter la fréquence, la gravité et la taille (voir la figure 7.1 dans le REN-7; le REN-5; le RPR-6).
Cette situation menace l’approvisionnement en bois, l’habitat et la biodiversité, ainsi que les services
écosystémiques comme le stockage du carbone (voir l’encadré 5.2 dans le REN-5), le contrôle de la qualité
de l’eau, la protection contre les glissements de terrain et les valeurs culturelles et sociales que les forêts
offrent aux collectivités avoisinantes (voir le REN-4; le REN-5). Les coûts économiques des incendies de forêt
peuvent également être considérables. Par exemple, l’incendie de forêt de Fort McMurray en 2016 a entraîné
des pertes assurées de près de 4 milliards de dollars (Bureau d’assurance du Canada, 2019). Il a également
entraîné une série de coûts indirects, notamment des dépenses de santé liées à la pollution causée par
l’incendie (voir la section 2.9; le REN-7; le RPR-3). Les conséquences sociales, mentales et physiques des
incendies de forêt et de la fumée sur la santé touchent les collectivités voisines et éloignées (voir le SCCC-3;
SCCC-4; le REN-3).
Les changements climatiques sont à l’origine de perturbations telles que les infestations de ravageurs (p. ex.
la tordeuse des bourgeons de l’épinette) qui affectent la structure, la composition, la santé et la résilience
des forêts du Canada. Dans le passé, les réponses aux impacts des changements climatiques sur les forêts
étaient principalement réactives, comme l’a été la réponse à l’épidémie de dendroctone du pin ponderosa
dans l’ouest du Canada. Plus récemment, de nouvelles sources de connaissances, de nouveaux outils
et de nouveaux protocoles ont été mis au point pour aider les praticiens à gérer ces impacts de manière
proactive. Parmi les exemples, citons un guide pratique pour l’intégration des changements climatiques
dans la planification de la gestion forestière (Edwards et coll., 2015), des documents d’orientation pour les
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propriétaires de boisés privés (ministère des Richesses naturelles et des Forêts, 2015) et SeedWhere, un outil
d’aide à la décision pour faciliter la régénération des forêts (voir l’encadré 3.4 dans le RPR-3).
Diverses mesures d’adaptation sont mises en œuvre pour réduire le risque et l’impact des perturbations dans
les forêts canadiennes (voir l’encadré 4). Ces mesures comprennent la gestion active des combustibles
(p. ex. l’éclaircissement, l’enlèvement des débris et le brûlage dirigé), l’adaptation des calendriers de récolte, la
planification de la gestion forestière et l’aide à la migration des espèces d’arbres vers des lieux mieux adaptés
au climat (voir le REN-7; le RPR-2; le RPR-3; le RPR-5; le RRA). Les activités d’Intelli-feu (p. ex. la gestion de
la végétation) et les plans de préparation aux situations d’urgence sont également utilisés pour accroître la
résilience des collectivités face aux incendies de forêt (voir le REN-7; le RRA).
La foresterie joue un rôle essentiel dans l’économie du Québec, générant des emplois et des exportations de
bois, de meubles, de pâte à papier et de sirop d’érable. Cependant, ces forêts sont de plus en plus menacées
par les incendies de forêt, la sécheresse et les parasites.
Carine Annecou, ingénieure forestière, a travaillé à l’élaboration d’un guide sur les stratégies sylvicoles de
gestion des risques liés aux changements climatiques pour les peuplements forestiers de la région du Centre-
du-Québec (voir la vidéo 3). En explorant la vulnérabilité des forêts québécoises, elle a constaté qu’il est tout
aussi important de parler de résilience.
« Je parle du risque au lieu de parler de la vulnérabilité, parce que ça me permet d'intégrer dans le risque, la
résilience aussi », explique-t-elle. « Comment une forêt peut-elle s’adapter [aux changements climatiques] et
comment pouvons-nous l’aider à s’adapter? »
La consultation d’un large éventail d’intervenants a été essentielle pour trouver des approches permettant
d’accroître la résilience des forêts. « Le message que j’adresse à mes collègues », ajoute Mme Annecou,
« c’est de travailler en concertation avec tous les intervenants. Ça, c'est la force de notre démarche. Quel
que soit votre domaine d’activité, s’il est possible de collaborer avec d’autres secteurs de la foresterie, de
nombreuses mesures peuvent être étudiées. »
En plus de présenter différentes perspectives pour trouver des mesures d’adaptation appropriées, Mme
Annecou encourage les particuliers et les spécialistes de la foresterie à améliorer la diversité dans les
forêts elles-mêmes, que ce soit sur une petite parcelle de terre ou à plus grande échelle. Compte tenu de
l’incertitude quant à la manière dont les forêts s’adapteront aux changements climatiques et aux pressions
démographiques auxquelles elles sont confrontées, « il faut commencer à penser à la forêt d’une manière
plus complexe », affirme-t-elle.
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« Il faut varier les espèces, les hauteurs et les diamètres pour donner à ces peuplements une chance de se croître
[…] Toutes ces mesures sont très générales, mais elles font partie des remèdes reconnus maintenant. »
Vidéo 3 : Entrevue avec Carine Annecou, ingénieure forestière au Conseil régional de l’environnement du Centre-
du-Québec concernant les impacts des changements climatiques et l’adaptation à ces changements dans le
secteur forestier au Québec. <[Link]
Extraction minière
Les changements climatiques présentent des risques pour l’industrie minière canadienne à chaque étape du
cycle minier, de l’exploration à la restauration. Par exemple, des périodes plus courtes de sol gelé peuvent
rendre l’accès à certains sites d’exploration plus difficile. Toutefois, c’est la fin du cycle qui est la plus affectée
par les changements climatiques, en grande partie en raison des incidences sur la gestion des résidus
miniers et la remise en état des sites de stockage des déchets (voir le REN-7). La gestion à long terme des
résidus doit impérativement tenir compte des changements climatiques afin d’éviter que ces matériaux
toxiques ne soient libérés dans l’environnement (voir le REN-7; le RPR-2). De nouvelles méthodes, de
nouveaux outils et de nouvelles orientations sont nécessaires pour garantir que les méthodes de confinement
et de remise en état des résidus puissent résister à la fois aux conditions météorologiques extrêmes et aux
changements climatiques à évolution lente tels que la dégradation du pergélisol (voir le REN-7).
Les changements climatiques pourraient également créer de nouvelles possibilités. Par exemple, une saison
chaude plus longue laisserait plus de temps pour la cartographie et la livraison des matières premières.
L’accès accru à de nouveaux sites miniers, rendu possible par l’allongement des saisons sans glace dans
le Nord canadien, pourrait également offrir des perspectives économiques, mais doit être envisagé dans le
contexte des impacts potentielles sur les populations, les sociétés et les cultures nordiques, ainsi que sur les
écosystèmes (voir le RPR-6).
Pêches et aquaculture
Les industries canadiennes de la pêche et de l’aquaculture sont touchées par les changements de
température et de composition chimique des océans, ce qui a des répercussions sur les moyens de
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subsistance et la gestion des pêches. Des facteurs liés aux changements climatiques (tels que le
réchauffement des océans) combinés à des facteurs non liés aux changements climatiques (tels que la
surpêche) affectent les changements dans la distribution et l’abondance de diverses espèces de poissons
(voir le REN-7; le RRA). Par exemple, le réchauffement des océans modifie la répartition du crabe des neiges, la
deuxième pêcherie la plus précieuse du Canada atlantique (voir l’étude de cas 7.3 dans le REN-7). L’acidification
des océans a un impact sur le développement et la santé générale du homard (la pêche la plus lucrative du
Canada atlantique) dans le golfe du Maine, la baie de Fundy et le plateau néo-écossais (voir l’étude de cas
7.5 dans le REN-7). Les impacts sur les espèces de poissons peuvent également affecter la capacité des
peuples autochtones à accéder aux aliments traditionnels et à exercer leurs pratiques culturelles, ce qui a des
conséquences sur la santé et le bien-être (voir la section 2.8 et l’étude de cas 5.1 dans le RPR-5; le RRA).
Ces impacts constituent une préoccupation socio-économique majeure au Canada, particulièrement dans les
provinces atlantiques, où de nombreuses collectivités côtières dépendent de la pêche pour leur subsistance
et leur économie locale (voir le RPR-1; le RPR-2; le RRA). La surveillance des espèces et les pratiques de
gestion qui améliorent la protection de l’habitat sont deux possibilités d’adaptation mises en œuvre pour faire
face aux impacts des changements climatiques sur les pêcheries canadiennes (voir le RPR-2; le RRA). Par
exemple, dans l’Ouest canadien, de nouvelles dispositions ajoutées au traité canado-américain sur le saumon
du Pacifique contribueront à réduire les impacts des changements climatiques sur les stocks de saumon
grâce à des mesures de conservation améliorées.
Agriculture
Certains producteurs canadiens devraient pouvoir bénéficier des changements climatiques, notamment
grâce à l’allongement des saisons de croissance et au potentiel accru des cultures spécialisées, comme
l’expansion des régions viticoles au Québec et dans le Canada atlantique (voir le RPR-1; le RPR-2).
Toutefois, ces avantages pourraient être largement contrebalancés par des impacts négatifs, tels que
l’augmentation des précipitations extrêmes, l’aggravation de la sécheresse et l’accroissement des risques
liés aux parasites et aux maladies (voir le RPR-1; le RPR-2; le RPR-3; le RPR-4; le RPR-5). Les exploitations
agricoles canadiennes s’adaptent aux changements climatiques en utilisant une série de stratégies telles que
l’agriculture sans labour, la rotation des cultures et l’irrigation de précision (voir le REN-7; le RPR-4), bien que
des lacunes subsistent en matière de planification, de mise en œuvre et d’évaluation. La poursuite des efforts
de collaboration au niveau des exploitations agricoles, des régions et des provinces contribuera à assurer
l’adaptation du secteur agricole dans un climat changeant au Canada.
Commerce mondial
Les impacts des changements climatiques sur les secteurs des ressources naturelles et de la production
alimentaire du Canada posent également des risques liés au commerce, en particulier pour l’exportation
de produits primaires tels que le bois, les minéraux, le poisson et les produits agroalimentaires (voir le
REN-6; le REN-7; le REN-9). Le Canada est tributaire du commerce international et subira de plus en plus
les répercussions économiques des impacts des changements climatiques dans le reste du monde. Le
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Pour limiter les perturbations induites par les changements climatiques, une adaptation proactive sera
nécessaire. Il pourrait s’agir de promouvoir la croissance dans des secteurs et des régions susceptibles de
contrebalancer les pénuries prévues dans d’autres pays en raison des impacts des changements climatiques,
de réduire la dépendance à l’égard des importations de produits de base, de diversifier les partenaires
commerciaux et de remédier aux faiblesses des institutions commerciales (voir le REN-9).
Les impacts des changements climatiques coûtent déjà des milliards de dollars à la population canadienne
chaque année, et les coûts continueront d’augmenter. Les avantages (y compris les coûts évités) obtenus
grâce aux mesures d’adaptation dépassant généralement les coûts de mise en œuvre, les arguments
économiques en faveur de l’adaptation sont solides.
Au cours des dernières décennies, les coûts directs des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les
incendies de forêt, les inondations, les sécheresses et les tempêtes, ont augmenté (voir le REN-6). L’impact
économique total de ces événements est encore plus élevé, puisque les coûts n’incluent pas les pertes
indirectes liées aux achats interentreprises dans les chaînes d’approvisionnement. La fréquence et la gravité
de nombreux types de phénomènes météorologiques extrêmes devraient continuer à augmenter à mesure
que le climat se réchauffe (voir le RCCC-4; le RCCC-6; le RCCC-7). Le risque de voir se multiplier les situations
d’urgence en matière de sécurité publique s’en trouve accru, avec des conséquences économiques de plus en
plus lourdes.
Les changements climatiques touchent presque tous les secteurs économiques du Canada, qu’il s’agisse des
secteurs de production de biens (tels que l’agriculture, la sylviculture, l’exploitation minière [voir la section
2.3] et l’industrie manufacturière) ou des secteurs de services (tels que l’immobilier, les soins de santé et le
tourisme), avec d’importantes répercussions économiques. Par exemple, pendant l’hiver chaud record de
2011‒2012, l’Ontario a connu une baisse de 10 % du nombre total de visites de skieurs et une diminution de
17 % de la durée de la saison de ski, par rapport à un hiver climatiquement normal sur la période 1981‒2010
(voir le REN-7; Rutty et coll., 2017). Des effets similaires sur les visites et la durée de la saison ont été
constatés sur le marché québécois au cours de l’hiver 2015‒2016, avec une réduction de 12,5 % des visites
de skieurs (voir le REN-7; Association des stations de ski du Québec, 2016).
Outre ces pertes concrètes, les impacts des changements climatiques entraînent un large éventail de coûts
sociaux, culturels et environnementaux, tels que les maladies et les décès prématurés (voir la section 2.2),
la réduction des services écosystémiques (voir la section 2.5) et la perte de sites d’importance culturelle
(voir la section 2.9). Par exemple, l’érosion côtière a déjà détruit certains sites archéologiques autochtones
dans le parc national de Kouchibouguac (voir la figure 1.13 dans le RPR-1). Ces coûts intangibles ou « non
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marchands » liés aux changements climatiques sont plus difficiles à calculer en valeur monétaire et sont
souvent laissés de côté dans les analyses économiques (voir le REN-6). De même, les impacts indirects sur
l’économie et les conséquences sur la croissance économique future sont souvent omis. Par conséquent, de
nombreuses estimations des coûts liés aux changements climatiques sont probablement très prudentes.
Sans nouvelles mesures d’adaptation, une étude a estimé les coûts annuels projetés pour le Canada d’ici
2050 entre 30 et 62 milliards de dollars (dollars de 2019), en fonction du scénario d’émissions de GES et du
taux de croissance économique sous-jacent, avec un risque de 5 % que les coûts dépassent 131 milliards de
dollars. D’ici 2075, la même étude prévoit des coûts annuels au Canada de l’ordre de 74 à 319 milliards de
dollars, avec une probabilité de 5 % qu’ils dépassent 1 185 milliards de dollars (voir le REN-6; TRNEE, 2011).
Des évaluations économiques des impacts des changements climatiques ont également été réalisées pour
plusieurs villes du Canada, notamment Edmonton, Halifax et Mississauga (voir le REN-2; le REN-6), et ont été
préparées pour plusieurs secteurs sensibles aux changements climatiques (tels que la foresterie, l’agriculture et
les zones côtières). Ces évaluations suggèrent que les changements climatiques offriront certaines possibilités,
mais que les incidences économiques dans leur ensemble seront importantes et majoritairement négatives.
Le secteur agricole, par exemple, pourrait bénéficier d’une saison de croissance plus longue dans un climat
plus chaud, particulièrement dans les provinces des Prairies, bien que les agriculteurs soient également
confrontés à une variabilité accrue des précipitations, à des phénomènes météorologiques extrêmes et à
des ravageurs envahissants (voir la section 2.3; le REN-6; le REN-7; le RPR-4). Certains secteurs touristiques
(tels que l’agrotourisme, le golf et les activités récréatives de plein air) bénéficieront de saisons chaudes
prolongées (voir le RPR-2). Les changements climatiques peuvent également créer de nouveaux marchés
pour des produits et services novateurs (voir le REN-6).
Outre la projection des coûts de l’inaction (c.-à-d. les coûts du maintien du statu quo face aux changements
climatiques), l’analyse économique permet d’éclairer la planification de l’adaptation. Elle peut aider les
dirigeants d’entreprise et les autres décideurs à déterminer le montant des investissements nécessaires
à l’adaptation, les types de mesures d’adaptation nécessaires et le moment où elles doivent être mises en
œuvre, ainsi que la manière dont les coûts et les avantages de l’adaptation seront répartis (voir le REN-6).
La transition vers une économie résiliente aux changements climatiques et à faibles émissions de carbone,
qui associe les efforts d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets, nécessite
des investissements considérables (voir le REN-8). Comme un certain réchauffement est inévitable (voir
le RCCC-4), des investissements majeurs dans l’adaptation sont nécessaires, car il n’est pas possible
d’éviter tous les impacts économiques jusqu’au milieu du siècle grâce à l’atténuation des émissions de GES.
Heureusement, les outils d’aide à la décision économique (tels que l’analyse coûts-avantages et l’analyse
coût-efficacité) indiquent que l’adaptation peut réduire les coûts prévus des changements climatiques, les
dommages évités dépassant souvent les coûts de mise en œuvre des mesures d’adaptation (Commission
mondiale sur l’adaptation, 2019; Lempert et coll., 2018). La Commission mondiale sur l’adaptation (2019)
a constaté que chaque dollar investi dans l’adaptation aux changements climatiques pourrait générer
des avantages économiques (dommages évités) de l’ordre de 2 à 10 dollars. Un examen de 60 projets
d’adaptation canadiens a révélé que les mesures d’ingénierie douces, telles que le remblayage des plages,
constituaient des investissements plus efficaces que les mesures d’ingénierie lourdes, telles que les murs en
béton et les enrochements. Les mesures d’ingénierie douces ont permis d’économiser en moyenne 10 dollars
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pour chaque dollar investi, contre 3 dollars pour chaque dollar investi dans l’ingénierie lourde (voir l’étude de
cas 6.5 et l’annexe 6.4 dans le REN-6).
En plus de permettre d’éviter des dommages, les mesures d’adaptation aux changements climatiques
peuvent produire de nombreux avantages connexes (voir l’étude de cas 6.6 dans le REN-6; la figure 5.15
dans le REN-5), bien qu’ils ne soient généralement pas pris en compte dans les analyses économiques. Ces
avantages comprennent la réduction des émissions de GES, l’amélioration de la santé et de la sécurité, la
préservation du patrimoine culturel et des résultats plus équitables (voir le REN-6). La prise en compte de
ces avantages connexes dans les analyses économiques renforce l’argumentaire déjà solide en faveur de
l’investissement dans l’adaptation. L’analyse économique a toutefois démontré qu’il est peu probable que des
investissements proactifs dans l’adaptation compensent complètement les dommages économiques prévus,
compte tenu de l’ampleur et de la profondeur des impacts des changements climatiques, ainsi que des
obstacles techniques, écologiques et économiques (voir la section 2.6; le REN-6).
Les approches d’adaptation fondées sur la nature sont souvent plus rentables et offrent une série
d’avantages connexes. La protection des écosystèmes vulnérables est également essentielle pour
préserver les services qu’ils fournissent et maintenir la biodiversité.
Les écosystèmes font partie intégrante de notre vie et de nos paysages. Au Canada, elles comprennent
les terres humides, les forêts, les prairies, la toundra, les lacs et les rivières, ainsi que les zones côtières
et marines. Outre leur beauté naturelle et leur impact positif sur notre qualité de vie et notre santé, elles
fournissent une série de services d’approvisionnement et de régulation (voir le tableau 2 pour des exemples;
le tableau 5.1 dans le REN-5), dont beaucoup peuvent contribuer à l’adaptation aux changements climatiques
(voir le REN-2; le REN-5; le RPR-2; le RPR-3; le RRA). Par exemple, les terres humides contribuent à la
régulation de l’eau, les forêts améliorent le refroidissement et la qualité de l’air, et les structures côtières
naturelles protègent contre les effets de l’élévation du niveau de la mer et des inondations (voir le REN-2; le
REN-5; le RPR-1; le RPR-5). La protection des écosystèmes contribue également à atténuer les changements
climatiques en maintenant les puits de carbone (voir l’encadré 5.2 dans le REN-5; le RPR-3).
Les changements climatiques affectent la capacité des écosystèmes du Canada à fournir des services dont
dépendent de nombreuses collectivités. Les impacts sur les écosystèmes ont souvent des effets en cascade
dans des domaines comme l’emploi et la sécurité d’emploi, la sécurité alimentaire, ainsi que la qualité et la
disponibilité de l’eau (voir la figure 5.9 dans le REN-5; le RRA), avec des conséquences disproportionnées pour
les populations les plus vulnérables du pays (voir le REN-2; le REN-3; le REN-6). Ces impacts devraient être
généralisés et cumulatifs et il est essentiel d’en tenir compte lors de l’élaboration de politiques et de mesures
d’adaptation aux changements climatiques (voir le REN-3; le RRA).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
34
SERVICES SERVICES
SERVICES DE RÉGULATION D’APPROVISIONNEMENT D’APPROVISIONNEMENT
(MATÉRIEL) (NON MATÉRIEL)
Les approches d’adaptation fondées sur la nature comprennent l’utilisation d’infrastructures naturelles (telles
que les terres humides pour la protection des côtes), l’application d’approches fondées sur les écosystèmes
(telles que la conservation et la restauration), l’utilisation de la gestion des actifs naturels et l’amélioration des
zones protégées (voir le REN-5; le RRA). Ces approches d’adaptation visent à améliorer les services fournis
par les écosystèmes et à en tirer profit (voir le tableau 3 pour des exemples). Ces approches suscitent de
plus en plus d’intérêt et sont de plus en plus appliquées au Canada et ailleurs dans le monde. L’attrait de ces
approches provient en grande partie de leur souplesse et de leur rentabilité par rapport aux approches
« lourdes » (comme l’utilisation de digues ou d’autres infrastructures construites) (voir le REN-5; le REN-6; le
RPR-1; le RPR-2). Elles offrent également de nombreux avantages connexes, comme le piégeage du carbone,
la régulation de la température et les possibilités de loisirs, qui augmentent encore leur rapport coût-efficacité
(voir le REN-6).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
35
APPROCHES
OBJECTIFS/
FONDÉES SUR EMPLACEMENT FAITS EN BREF SOURCE
ÉCOSERVICES
LA NATURE
Maintien de Hamilton, Ottawa Protection contre les Une étude évalue les Étude de cas
la ceinture de et Toronto inondations, piégeage services écosystémiques 5.8 dans le
verdure de (Ontario) du carbone, loisirs fournis par la ceinture REN-5
l’Ontario et refuge contre la de verdure à plus de 3,2
chaleur urbaine milliards de dollars par an
(Green Analytics, 2016).
Utiliser la forêt Kingston, Ontario Réduire les chaleurs Les écoservices de la Étude de cas
urbaine pour extrêmes, améliorer forêt urbaine de Kingston 5.7 dans le
atténuer l’effet la qualité de génèrent une somme REN-5.
d’îlot thermique l’air et réduire le estimée à 1,87 million de
ruissellement des eaux dollars par an (SENES
de pluie Consultants Ltd., 2011).
Gestion des Gibsons et Gestion des actifs L’Initiative des actifs Étude de cas
actifs naturels Nanaimo naturels tels que naturels municipaux 5.9 dans le
municipaux et (Colombie- les boisés, les fournit une méthode REN-5
prestation de Britannique) terres humides et d’évaluation des services
services les ruisseaux en écosystémiques et
zones urbaines permet de mieux
dans le cadre d’une comprendre les services
stratégie municipale municipaux rendus par la
d’infrastructure durable. nature.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
36
APPROCHES
OBJECTIFS/
FONDÉES SUR EMPLACEMENT FAITS EN BREF SOURCE
ÉCOSERVICES
LA NATURE
APPROCHES
OBJECTIFS/
FONDÉES SUR EMPLACEMENT FAITS EN BREF SOURCE
ÉCOSERVICES
LA NATURE
Malgré leurs avantages évidents et leur adoption croissante, les approches fondées sur la nature ne sont
souvent pas la solution privilégiée. C’est particulièrement le cas pour les infrastructures liées à l’eau, où les
mesures « lourdes » ou construites tendent à dominer le dialogue et les décisions. Dans le Canada atlantique,
les propriétaires privés, les municipalités et les industries choisissent presque toujours des infrastructures
lourdes (telles que des enrochements et des digues) pour se protéger de l’érosion côtière, alors qu’il est prouvé
que les infrastructures naturelles sont plus rentables et plus résilientes (voir le REN-5; le RPR-1). Dans certains
cas, les approches construites et naturelles sont combinées pour fournir des services supplémentaires et
complémentaires. Par exemple, dans de nombreuses villes, les systèmes municipaux d’écoulement des eaux
pluviales intègrent des toits verts, des rigoles de drainage écologiques (surfaces inclinées et végétalisées),
des bassins de biorétention, des jardins pluviaux et des arbres urbains afin de contrôler et de réduire le
ruissellement (voir la figure 5; le REN-2; le REN-4).
Figure 5 : Images de différentes approches fondées sur la nature pour traiter le ruissellement des eaux pluviales :
a) stationnement du Kortright Centre à Vaughan (Ontario) avec biorétention intégrée (photo reproduite avec
l’autorisation de Daniel Philippi, 2022); b) bassin de rétention le long d’Elm Drive à Mississauga (Ontario) (photo
reproduite avec l’autorisation de Daniel Philippi, 2022); et c) toit vert sur le Walker Living Campus du District
School Board of Niagara dans l’aire de conservation de Woodend (Ontario) (photo reproduite avec l’autorisation
de Jocelyn Baker, 2023).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
38
La vulnérabilité des écosystèmes aux changements climatiques et à d’autres facteurs de stress est
un élément important à prendre en compte lors de la planification d’approches fondées sur la nature.
Ces approches s’appuient sur des écosystèmes sains. Au Canada, des éléments indiquent déjà que les
changements climatiques affectent la capacité de certains écosystèmes à fournir des services et les impacts
des changements climatiques devraient s’intensifier au cours des prochaines décennies (voir le REN-5). Ces
impacts sont notamment liés à des phénomènes météorologiques extrêmes (voir le REN-5), à des espèces
envahissantes, à des modifications de l’aire de répartition des espèces (voir le RPR-2; le RPR-3; le RPR-4; le
RRA) et à la compression côtière (voir le RPR-1; le RPR-2). Ces impacts se combinent à d’autres facteurs
de stress, tels que l’aménagement du territoire, la pollution atmosphérique, les espèces envahissantes et la
surexploitation, pour mettre les écosystèmes en péril.
Les efforts de conservation et de protection des écosystèmes peuvent donc être considérés comme des
éléments importants des plans et des stratégies d’adaptation (voir l’encadré 5; le REN-5; le RPR-2; le RPR-3;
le RRA). Ces mesures comprennent l’augmentation de la connectivité des écosystèmes (comme les corridors
d’habitat ou les espaces protégés), la protection de la biodiversité, la restauration des habitats, la restriction
stratégique des prélèvements d’eau, la définition et la protection de zones ou d’espèces particulières et la
limitation d’autres facteurs de stress, tels que le développement humain et les activités industrielles (voir le
RPR-3; le RRA). Ces efforts sont particulièrement importants lorsque les écosystèmes sensibles sont utilisés
pour améliorer la capacité d’adaptation (voir le REN-2) et assurer des services de régulation (voir le REN-5).
« La conservation des écosystèmes doit être intégrée à la prise de décision, et ce, dans tous les
secteurs, afin de maintenir les services écologiques. » (voir le RPR-2)
Les connaissances et le leadership autochtones apportent une contribution importante aux plans et aux
stratégies de conservation et de protection des écosystèmes (voir le RPR-3; le RRA). Cela s’observe dans les
aires protégées et de conservation autochtones (APCA), où les peuples autochtones soutiennent la santé des
écosystèmes et la biodiversité tout en sauvegardant les droits autochtones, notamment l’autodétermination
(voir la section 2.8; l’étude de cas 5.4 dans le REN-5; le RRA).
Réflexions de Michelle Molnar, directrice technique de l’Initiative des actifs naturels municipaux
Selon Michelle Molnar, auteure principale et coordonnatrice du chapitre sur les services écosystémiques du
Rapport sur les enjeux nationaux, le Canada est particulièrement bien placé pour appliquer des approches
fondées sur la nature pour s’adapter aux changements climatiques, car il est l’un des cinq pays qui, ensemble,
abritent 70 % de la nature sauvage intacte du monde (voir la vidéo 4). La gestion des écosystèmes est
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
39
également importante pour préserver les nombreux services qu’ils fournissent. Selon Mme Molnar, la
protection de ces derniers exigera un changement d’état d’esprit :
« Lorsque nous réfléchissons aux écosystèmes, nous devons commencer à intégrer la pensée systémique […].
Fondamentalement, nous devons adapter notre réflexion à des échelles spatiales et temporelles très différentes.
Les impacts physiques et les conséquences des changements climatiques et des phénomènes extrêmes ne
s’arrêtent pas ou ne commencent pas aux frontières définies par les humains, [comme] les frontières politiques.
Les temporalités sociales sont également très différentes des temporalités adaptées par la nature. Le besoin le
plus important en matière d’écosystèmes est donc d’adopter une autre façon de penser. »
Dans l’ensemble du Canada, Mme Molnar voit des exemples de la façon dont les approches fondées sur la
nature sont utilisées pour faire face aux effets des changements climatiques, notamment en restaurant les
plaines inondables naturelles et les côtes pour faire face à l’augmentation des risques d’inondation. « Nous
constatons que les approches fondées sur la nature sont souvent rentables, très souples et qu’elles offrent
un large éventail d’avantages connexes », ajoute-t-elle.
En fonction de leurs priorités, les collectivités peuvent exploiter ces approches de différentes manières :
« Dans certaines régions, il peut s’agir de conserver des parties importantes d’un écosystème et dans des
zones plus urbaines, il peut s’agir d’introduire la nature dans la ville, que ce soit au moyen d’arbres de rue ou
de murs verts. »
L’exploration des approches fondées sur la nature n’en est qu’à ses débuts. Le Canada dans un climat en
changement est la première évaluation nationale des connaissances du Canada à prendre en compte les
impacts des changements climatiques sur les écosystèmes et les services qu’ils fournissent, ainsi que le rôle
des approches fondées sur la nature dans l’adaptation. Pour Mme Molnar, il s’agit d’un début important :
« Nous espérons que les évaluations futures s’appuieront sur ce chapitre pour saisir et refléter les leçons
tirées, car les approches fondées sur la nature et les services écosystémiques sont des domaines de
recherche qui évoluent rapidement. »
Vidéo 4 : Entrevue vidéo avec Michelle Molnar, directrice technique de l’Initiative des actifs naturels municipaux, sur la
nécessité de préserver les écosystèmes et d’intégrer des approches fondées sur la nature pour l’adaptation.
<[Link]
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
40
Au Canada, les progrès en matière d’adaptation sont toujours lents, avec relativement peu d’exemples
de mesures mises en œuvre malgré des pertes croissantes. Des mesures incitatives plus importantes,
l’élimination des obstacles et une meilleure coordination entre les secteurs et les échelles contribueront à
combler le fossé de l’adaptation.
Les Canadiens et les Canadiennes reconnaissent que les changements climatiques constituent l’une des plus
grandes menaces auxquelles notre pays est confronté, et ils en ressentent déjà les effets. La planification
croissante de l’adaptation au sein de tous les ordres de gouvernement, dans toutes les régions du pays et
dans de nombreux secteurs et entreprises en est le reflet. Toutefois, la planification ne se traduit pas par des
mesures suffisamment rapides pour faire face aux changements climatiques actuels et prévus.
Bien que des exemples prometteurs d’adaptation soient mis en œuvre dans tout le pays (voir le tableau 3, le
tableau 5 et le tableau 6), les rapports du Canada dans un climat en changement ont révélé que les efforts
actuels sont insuffisants pour combler un fossé grandissant en matière d’adaptation, c’est-à-dire que ces
efforts ne permettent pas encore de compenser les effets négatifs des changements climatiques et de tirer
profit des nouvelles possibilités (voir le REN-6). Cette conclusion est également confirmée par une enquête
comparative menée auprès des experts impliqués dans le processus d’évaluation actuel (voir l’encadré 6).
L’augmentation des dommages et des coûts associés causés par les phénomènes météorologiques extrêmes
en est une autre preuve (voir la section 2.4; le REN-6). Les changements climatiques progressifs, tels que
l’élévation du niveau de la mer (voir le REN-3; le RPR-1; le RPR-5; le RPR-6) et le dégel du pergélisol dans le
nord du Canada (voir le RPR-6), creusent également le fossé de l’adaptation.
À la fin du processus d’évaluation actuel, les membres du comité consultatif et les auteurs principaux
coordonnateurs ont été invités à contribuer à l’établissement d’une référence pour les progrès en matière
d’adaptation au Canada, en s’appuyant sur leur expertise et leurs connaissances (plus de 50 % des
répondants ont plus de 15 ans d’expérience dans le domaine de l’adaptation). Les évaluations futures viseront
à comparer les progrès réalisés en matière d’adaptation par rapport à ce critère.
Les 23 répondants étaient tout à fait d’accord ou très d’accord pour dire que les mesures d’adaptation au
Canada sont insuffisantes pour faire face aux impacts constatés des changements climatiques et à ceux
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
41
qui sont projetés. Les trois principaux obstacles limitant les progrès en matière d'adaptation ont été jugés
comme étant les suivants :
Figure 6 : Avis des auteurs coordonnateurs principaux de l’évaluation et des membres du comité consultatif sur
l’état d’avancement de l’adaptation du Canada. Remarque : Une quatrième solution — « Évaluation et ajustement
des mesures prises » — n'a été choisie par aucun des répondants.
Les avis étaient partagés au sein du groupe quant à savoir s’il existe des preuves que les limites de
l’adaptation (seuil à partir duquel les risques graves ne peuvent plus être évités grâce à l’adaptation) ont été
atteintes au Canada, mais ces experts ont reconnu que le nord du Canada et de nombreuses zones côtières
sont particulièrement touchés par les changements climatiques. En réponse à la question de savoir ce qui
est le plus nécessaire pour faire progresser l’adaptation au Canada, le groupe a signalé la nécessité d’une
action coordonnée, d’approches plus inclusives et équitables de l’adaptation, d’une meilleure compréhension
des synergies et des compromis, d’une action et d’un financement accrus du secteur privé, et d’une priorité
accordée à l’adaptation au sein des différents ordres de gouvernement.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
42
De nombreuses recherches ont examiné les différents obstacles qui limitent la mise en œuvre des initiatives
d’adaptation (voir le tableau 4 pour des exemples; le tableau 2.3 du REN-2; l’encadré 3.6 du RPR-3). Dans
l’ensemble, les obstacles les plus fréquemment cités sont liés aux ressources financières, bien que des
problèmes de capacité soient également fréquemment évoqués. C’est la tendance qui se dégage au fil du
temps, des schémas similaires ayant été signalés en 2008 (Lemmen et coll.), en 2014 (Warren et Lemmen) et
en 2016 (Lemmen et coll.).
Ressources financières insuffisantes Le manque de fonds et de ressources a été cité comme l’une
des principales raisons pour lesquelles les établissements de
santé n’entreprennent pas d’évaluation de la résilience aux
changements climatiques (voir le SCCC-10).
Manque de ressources humaines Les problèmes de capacité sont souvent plus évidents dans
les collectivités et les organisations les plus vulnérables aux
risques liés aux changements climatiques, notamment dans les
collectivités rurales, nordiques et autochtones (voir le RRA; le
REN-3; le REN-4).
Accès limité aux données et Les collectivités de l’Ontario qui entreprennent des évaluations
renseignements pertinents des risques ou des plans d’adaptation ont indiqué que le manque
de données climatiques exploitables constituait un obstacle (voir
le RPR-3).
Mauvaise coordination ou mauvaise Une étude menée en Ontario a indiqué que l’adaptation
compréhension des rôles était entravée par une mauvaise définition des rôles et des
responsabilités en matière d’infrastructures hydrauliques,
ainsi que par une coordination insuffisante entre les services
gouvernementaux (voir le RPR-3).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
43
Échecs en matière de marché Les entreprises et les ménages peuvent manquer d’informations
sur les risques climatiques. Dans certaines situations, certains
acteurs (p. ex. les propriétaires) ont connaissance de ces
informations, mais pas d’autres (p. ex. les acheteurs potentiels et
les assureurs) (voir le REN-6).
Obstacles à une participation équitable Certains groupes et individus peuvent être exclus de la
participation à la planification et aux processus d’adaptation en
raison de facteurs tels que les charges financières, les exigences
de déplacement, la langue et les besoins en matière de garde
d’enfants (voir le SCCC-9).
Le Canada, en tant que pays riche et développé, doté d’une population très instruite et de ressources
abondantes, est bien placé pour jouer un rôle de premier plan dans l’adaptation aux changements
climatiques. Pour atteindre notre potentiel, nous devrons surmonter les obstacles qui ont entravé les progrès
réalisés jusqu’à présent, en nous y attaquant directement par le biais de programmes de financement et
de renforcement des capacités et en créant un environnement propice à l’adaptation. Pour ce faire, il peut
s’avérer nécessaire d’utiliser les approches de la carotte et du bâton, telles que les subventions, les taxes
et les redevances, afin d’encourager les changements positifs, de supprimer les incitatifs qui favorisent le
développement dans les zones à risque, de promouvoir la mobilisation et la collaboration par des réseaux et
d’autres initiatives visant à instaurer la confiance, et de fournir des sources d’orientation, telles que des outils
d’aide à la décision et des services d’interprétation des données. Dans l’ensemble, la conscience de ce qu’il
faut faire pour créer un environnement plus favorable est relativement claire et de plus en plus répandue,
mais la question de savoir qui et comment est moins évidente. Toutefois, tout le monde s’accorde à dire que
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
44
chacun a un rôle à jouer dans la création d’un environnement plus propice à l’adaptation, y compris tous les
ordres de gouvernement à travers des politiques, des lois et des règlements (voir le REN-6).
Il devient également évident que même si les conditions favorables sont optimisées, l’adaptation peut
être compromise par des biais comportementaux et des motivations. Ces facteurs peuvent influer sur
l’efficacité de l’utilisation des renseignements existants. Dans le pire des cas, ils peuvent conduire à l’inertie
décisionnelle, à une action tardive et à des décisions malavisées (voir le REN-6).
Les rapports d’évaluation Le Canada dans un climat en changement présentent plusieurs suggestions
récurrentes pour passer de la planification de l’adaptation à une mise en œuvre réussie, en comblant le fossé
de l’adaptation. Notamment :
• Améliorer la coordination entre tous les groupes d’intervenants (y compris le secteur privé)
et tous les gouvernements impliqués dans l’adaptation. Cela vient s’ajouter à la collaboration
nécessaire pour garantir que les décisions sont bien informées (y compris par les connaissances
autochtones), cohérentes et inclusives (voir le REN-2; le REN-3; le RPR-2; le RPR-3; le RRA).
• Adopter une approche de gestion adaptative, caractérisée par un processus itératif de suivi, de
modélisation prédictive, d’évaluation et d’apprentissage (voir le REN-3; le REN-4; le REN-6; le
RPR-3; le RPR-4).
• Établir une analyse de rentabilisation de l’adaptation pour apporter aux décideurs les preuves et
la confiance nécessaires pour investir dans des mesures d’adaptation et maximiser les avantages
connexes (voir la section 2.5; le REN-6).
• Prévoir des mécanismes pour aider à financer la mise en œuvre des mesures d’adaptation, là
où c’est nécessaire.
• Combler les lacunes en matière de données et de connaissances qui peuvent entraîner des
retards dans la mise en œuvre (voir annexe 3; tous les chapitres du REN et du RPR).
« La gestion adaptative fournit un processus structuré et itératif de prise de décision robuste en dépit
de l’incertitude. » (voir le REN-4)
Les gouvernements locaux et les collectivités autochtones du Canada subissent déjà les effets des
changements climatiques sur leurs infrastructures, leurs économies et leur bien-être. Avec leurs
partenaires locaux, ils sont bien placés pour adopter des mesures d’adaptation, compte tenu de leurs
connaissances locales et autochtones, de leurs réseaux sociaux solides et de leurs relations avec la terre.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
45
Les collectivités du Canada subissent déjà les effets des changements climatiques, notamment les
dommages causés aux infrastructures, les perturbations dans les entreprises et les emplois, ainsi que
les conséquences sur la santé et le bien-être. La manière dont ils sont affectés dépend largement de leur
situation géographique, de la taille et de la démographie de leur population, ainsi que d’autres facteurs
contextuels. Les impacts sont causés par des phénomènes météorologiques extrêmes (tels que les
inondations, les sécheresses, les chaleurs accablantes [voir l’étude de cas 3.5 dans le RPR-3] et les incendies
de forêt) et des changements à évolution lente (tels que l’élévation du niveau de la mer, la diminution de la
couverture de neige et de glace, le dégel du pergélisol et les changements dans les précipitations).
Les caractéristiques qui aggravent la vulnérabilité des villes canadiennes aux changements climatiques
sont notamment le vieillissement des infrastructures, la forte densité de population, la dégradation des
écosystèmes et la proximité de masses d’eau (voir la figure 7). Ainsi, les changements climatiques peuvent
entraîner des dommages coûteux pour les villes, avec des conséquences dévastatrices pour leurs habitants.
Par exemple, plusieurs zones urbaines, dont Toronto, Fredericton, Calgary et certaines parties du sud du
Québec, ont connu des inondations importantes et coûteuses ces dernières années (voir le REN-2; le RPR-2;
le RPR-4). Les inondations de 2013 à Calgary ont causé plus de 6 milliards de dollars de dégâts, dont plus de
400 millions de dollars pour les infrastructures municipales (voir le RPR-4; Ville de Calgary, 2017). De même,
les inondations de 2013 à Toronto ont coûté plus d’un milliard de dollars en pertes assurées, avec des pertes
non assurées beaucoup plus élevées (voir le tableau 3.1 dans le RPR-3).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
46
Figure 7 : Actifs et défis pour les villes et les collectivités rurales et éloignées liés aux impacts des
changements climatiques et à l’adaptation à ces changements. Sources : Brown et coll., 2021; Vodden
et Cunsolo, 2021.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
47
Par rapport aux grands centres urbains, les collectivités rurales et éloignées ont généralement accès à moins
de ressources financières, humaines et institutionnelles formelles (voir la figure 7). En outre, les dommages
causés aux infrastructures de transport essentielles (telles que les routes ou les ponts) par des phénomènes
météorologiques extrêmes peuvent limiter considérablement la circulation des biens et des personnes et
restreindre l’accès aux services essentiels, en particulier lorsqu’il y a peu de routes pour entrer et sortir d’une
collectivité donnée (voir l’étude de cas 3.3 dans le REN-3).
Représentant l’ordre de gouvernement le plus proche des citoyens, les municipalités ont un rôle clé à jouer
dans l’adaptation, notamment en favorisant la collaboration avec différents groupes et en supprimant les
obstacles à l’adaptation. Les collectivités locales (telles que Surrey, en Colombie Britannique, Edmonton,
en Alberta, et Montréal, au Québec) se préparent de plus en plus aux changements climatiques grâce
à l’élaboration de plans d’adaptation ou à l’intégration de considérations relatives aux changements
climatiques dans d’autres politiques et plans municipaux (voir l’encadré 7). De nombreux exemples
prometteurs de mesures d’adaptation locales sont également mis en œuvre dans tout le pays, notamment
des aménagements à faible impact (tels que l’utilisation de revêtements perméables et de rigoles de drainage
biologiques) et des approches fondées sur la nature (telles que l’augmentation de la taille des forêts urbaines
et la restauration des terres humides côtières) (voir la section 2.5; le REN-2). De nombreuses collectivités
autochtones, dont la Nation Tsleil-Waututh (voir l’étude de cas 2.5 dans le REN-2), la Première Nation de
Georgina Island (voir l’étude de cas 3.6 dans le RPR-3) et la Première Nation Mi’kmaq de Lennox Island,
progressent également en matière de planification de l’adaptation (voir l’étude de cas 1.8 dans le RPR-1).
Cependant, la mise en œuvre des plans et des mesures d’adaptation continue de représenter un défi
pour de nombreuses collectivités locales et autochtones, et la mise en œuvre ne suit pas le rythme des
risques croissants posés par les changements climatiques. Un sondage réalisé en 2018 auprès de 180
collectivités locales au Canada a révélé que si plus de la moitié d’entre elles avaient entamé des discussions
formelles sur la planification de l’adaptation au sein de leur collectivité au cours des quatre dernières
années, ces discussions sont parfois ponctuelles et réactives, et ne débouchent souvent pas sur une mise
en œuvre (McMillan et coll., 2019). Les obstacles à la mise en œuvre (voir la section 2.6) sont souvent
liés au financement, au manque d’accès ou de compréhension des outils d’aide à la décision, aux priorités
concurrentes, à la gouvernance et aux cloisonnements professionnels (voir le REN-2).
Il est impératif de prendre des mesures urgentes pour réduire au minimum les répercussions négatives sur
les villes et les petites collectivités et pour tirer parti des possibilités (voir le tableau 5 pour des exemples
de mesures d’adaptation locales). La mise en œuvre stratégique et proactive de mesures d’adaptation
locales commence à émerger et contribuera à renforcer la capacité d’adaptation et la résilience climatique
aujourd’hui et à l’avenir.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
48
Planification de Le plan de résilience climatique de Calgary (2018) définit les risques Étude de
l’adaptation à climatiques et les vulnérabilités des services et des opérations de la cas 4.5 dans
Edmonton et à ville, et décrit les unités opérationnelles responsables de la gestion le RPR-4
Calgary (Alberta) de ces risques. La ville d’Edmonton a préféré adopter une approche
progressive pour élaborer sa stratégie d’adaptation, en procédant
à une évaluation des risques et à une analyse économique, et en
faisant participer divers intervenants à des ateliers thématiques.
Stratégie Environ 20 % des terres de la ville de Surrey se trouvent dans une Étude de
d’adaptation aux plaine inondable côtière et plusieurs secteurs sont exposés à des cas 5.2 dans
inondations côtières risques d’inondation. L’élaboration de la Stratégie d’adaptation le RPR-5
à Surrey (Colombie- aux inondations côtières a nécessité la mobilisation de divers
Britannique) intervenants et partenaires. Les orientations stratégiques ont été
élaborées dans le cadre d’un processus itératif de conception
adaptative, qui a permis de définir 46 solutions d’adaptation, dont 13
grands projets d’infrastructure.
Projet « Lighthouse » Le projet « Lighthouse » de Brampton est une collaboration entre Étude de
de Brampton, en le gouvernement local et 20 organismes confessionnels. Cette cas 2.4 dans
Ontario : Soutenir collaboration permet aux organismes confessionnels d’aider les le REN-2
les populations populations vulnérables lors de phénomènes météorologiques
vulnérables lors extrêmes et de situations d’urgence non liées aux changements
de phénomènes climatiques.
météorologiques
extrêmes
Améliorer la Les risques d’inondation persistants ont donné lieu à plus de deux Étude de
résilience des décennies d’efforts visant à assurer une meilleure résilience des cas 2.1 dans
infrastructures infrastructures de la ville. Les mesures d’adaptation comprennent le REN-2
à Fredericton le dimensionnement des ponceaux à 20 % au-dessus d’une période
(Nouveau-Brunswick) de retour de 1:100 et l’utilisation des sentiers du corridor ferroviaire
pour réduire les comme voies de transport de rechange lorsque les inondations
risques d’inondation perturbent la circulation des véhicules.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
49
Adaptation locale L’adaptation aux changements climatiques dans le bassin des Étude de
dans le bassin des Grands Lacs nécessite un leadership transfrontalier et une cas 3.3 dans
Grands Lacs coordination entre l’ensemble des ordres de gouvernement, des le RPR-3
organisations et des organismes. Les gouvernements locaux de
l’Ontario, du Québec et de plusieurs États américains collaborent à
des projets pilotes, qui comprennent une plateforme de partage des
données et des ressources pour l’adaptation locale et offrent des
possibilités de renforcement des capacités techniques.
Politiques et En 2013, Calgary a connu sa plus grande inondation depuis 1897, Étude de
mesures visant à avec des dégâts s’élevant à 6 milliards de dollars. La ville a adopté cas 4.1 dans
réduire le risque une approche holistique pour réduire les risques d’inondation, en le RPR-4
d’inondation dans employant de multiples stratégies pour les bassins versants, les
la ville de Calgary, collectivités et les propriétés.
Alberta
Projet de protection Les violentes tempêtes de 2016 et 2017 ont détruit plus de Étude de
et de réhabilitation 200 mètres de la promenade de l’Anse du Sud, ce qui a incité la cas 2.3 dans
du littoral de l’Anse ville de Percé à prendre des mesures d’adaptation, y compris le RPR-2
du Sud à Percé, la réalimentation des plages, pour protéger les infrastructures
Québec touristiques le long de la côte et dans le centre de la ville.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
50
La petite ville de Selkirk, dans le sud-est du Manitoba, connaît bien les inondations dues aux fortes pluies.
Au cours des dix dernières années, Duane Nicol, adjoint administratif principal, a été témoin de deux
phénomènes majeurs qui ont provoqué le débordement des réseaux d’égouts pluviaux et l’inondation
d’habitations (voir la vidéo 5). « Le problème principal, explique-t-il, ce sont les tempêtes intenses qui se
produisent tout au long de l’année, mais surtout au printemps. »
Aux autres municipalités qui souhaitent s’adapter aux changements climatiques, M. Nicol suggère d’adopter
une vision à long terme : « Nous savons que les changements climatiques vont perdurer pendant des dizaines
d’années. Nous devrons faire face à cette situation, en tirer des leçons et nous adapter lentement à l’évolution
de l’environnement. […] Nos systèmes d’infrastructure, nos systèmes culturels, nos systèmes sociaux sont
le fruit d’une évolution qui a pris des décennies et des siècles. […] C’est donc une évolution, et non une
révolution, qui sera à l’ordre du jour. »
Selon lui, l’action climatique ne consiste pas à investir dans des « projets phares » qui permettent aux
dirigeants municipaux de se distinguer. Il souligne le travail moins passionnant, mais essentiel, d’intégration
des considérations relatives aux changements climatiques dans les cadres quotidiens qui déterminent la manière
dont les infrastructures et autres actifs sont gérés. « Si vous changez les critères de décision, si vous changez le
cadre, […] vous allez prendre tous ces dollars et les transformer en dollars pour l’action climatique. »
Il souligne également l’importance d’une communication claire et de l’adhésion des gens. Il s’agit de
« s’assurer que […] nous parlons de tous les avantages connexes et […] de la raison pour laquelle ce
changement dans l’infrastructure ou dans la manière dont nous gérons notre municipalité est en fait
bénéfique pour vous, le citoyen. »
M. Nicol estime que les évaluations, comme Le Canada dans un climat en changement, sont des outils
importants pour les collectivités comme la sienne, car ils permettent aux dirigeants locaux de tirer des
leçons des expériences vécues par d’autres. « Nous n’avons pas la capacité nécessaire dans les petites
municipalités, où la personne qui occupe le poste d’adjoint administratif principal est probablement aussi
celle qui s’occupe des finances. La possibilité de voir ce qui a déjà été pensé et fait, et d’emprunter certaines
de ces idées, facilite grandement leur mise en œuvre dans votre propre compétence. »
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
51
Vidéo 5 : Entrevue avec Duane Nicol, adjoint administratif principal de la ville de Selkirk (Manitoba), sur les
impacts des changements climatiques et l’adaptation à ces changements dans sa collectivité.
<[Link]
Les systèmes de connaissance autochtones, ainsi que les droits et la gouvernance autochtones, sont essentiels
pour établir des approches justes, équitables, décolonisées et durables en vue de surmonter la crise climatique.
Ces approches reposent sur la reconnaissance du fait que les êtres humains, la culture et le monde naturel sont
inséparables et que nous partageons une responsabilité envers les générations futures.
Les Premières Nations, les Inuit et les Métis, ainsi que leurs territoires, sont touchés de manière
disproportionnée par les changements climatiques et sont confrontés à des risques climatiques croissants
(voir l’encadré 8; le RRA; SCCC-2; le REN-2; le REN-3; le RPR-2; le RRA). Ces impacts peuvent amplifier les
défis environnementaux, sanitaires et socio-économiques existants, y compris les inégalités structurelles
auxquelles les peuples autochtones sont confrontés depuis des générations en raison du colonialisme (voir
le RRA). Les efforts d’adaptation devront s’attaquer aux inégalités persistantes, telles que celles liées au
logement, à la sécurité de l’eau, à l’accès aux soins de santé et à l’éducation (voir SCCC-2; le REN-3; le RRA;
Inuit Tapiriit Kanatami [ITK], 2019; GERARCC, 2018). Les gouvernements autochtones soulignent en outre que
les changements climatiques constituent un état d’urgence non seulement pour leurs peuples, mais aussi
pour leurs terres et leurs modes de vie en relation avec la terre, l’eau, la glace, les animaux et les plantes (voir
le RRA; Reed et coll., 2022).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
52
Les risques liés aux changements climatiques augmentent dans de nombreuses collectivités autochtones,
notamment en ce qui concerne la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, les infrastructures, la santé
mentale et le bien-être, les moyens de subsistance, la culture et l’identité (voir le RRA; le SCCC-2; le REN‑3;
GERARCC, 2018).
Les systèmes alimentaires autochtones, en particulier, subissent des impacts significatifs et uniques (voir le
RPR-2; le RPR-6; le RRA; ITK, 2021). Les changements climatiques ont non seulement eu une incidence sur
la distribution, la qualité et la quantité des sources d’aliments traditionnels et sauvages riches en nutriments,
mais aussi sur l’accès aux aliments achetés en magasin, qui est de plus en plus compromis par le coût
croissant et la précarité des chaînes d’approvisionnement, en particulier dans les collectivités autochtones
qui constituent la grande majorité des collectivités éloignées et accessibles par avion du Canada (voir le RRA;
le REN-5; le RPR-6). Les produits d’épicerie abordables sont souvent de qualité nutritionnelle médiocre par
rapport aux aliments traditionnels et ne peuvent pas remplacer le rôle que la récolte, la transformation et le
partage des aliments traditionnels jouent dans les systèmes de connaissances, les cultures, les identités et
les économies autochtones (voir le SCCC-2; le REN-3; le RPR-2; le RPR-5; le RRA; ITK, 2021). Le ravitaillement
est également fragilisé par le vieillissement des infrastructures aériennes, la glace de mer dangereuse et
mobile ainsi que par la disparition croissante des routes d’hiver qui dépendent de la glace des rivières et des
lacs ou du pergélisol gelé.
Les dirigeants des Premières Nations, des Inuit et des Métis qui s’occupent des questions liées aux
changements climatiques au Canada soulignent depuis longtemps que la réconciliation nécessite de
nouvelles approches pour intégrer les systèmes de connaissances autochtones et respecter les politiques
et les recherches menées par les Autochtones sur l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation
à ceux-ci, en particulier dans le cadre de la prise de décision. Une meilleure compréhension des approches
fondées sur les droits autochtones est nécessaire pour respecter et appliquer les concepts autochtones
de durabilité, y compris l’interconnexion entre les systèmes sociaux et écologiques, sans porter atteinte de
manière significative à leur signification (voir le RRA). Les systèmes de connaissances autochtones jouent un rôle
important dans le renforcement de la capacité d’adaptation et de la résilience des peuples autochtones et de leur
relation réciproque avec le monde naturel (voir le RRA; le SCCC-2; le REN-3; le RPR-4; le RPR-5; le RPR-6).
Les politiques et actions autochtones en matière de climat privilégient les systèmes de connaissances
autochtones et la nécessité de rééquilibrer la relation entre les sociétés humaines et le monde naturel (voir
le tableau 6 pour des exemples). Elles reconnaissent également que les peuples autochtones ont le droit
inhérent à l’autodétermination et à la promotion d’actions climatiques interdépendantes, multidimensionnelles
et qui favorisent simultanément l’adaptation aux changements climatiques, la décarbonisation et la
décolonisation (voir l’encadré 9; le RRA; Reed et coll., 2021).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
53
Le plan climatique renforcé du Canada reconnaît explicitement l’importance de soutenir les actions climatiques
autodéterminées des peuples autochtones et leur rôle essentiel dans le processus de réconciliation entre le
Canada et les peuples autochtones (Environnement et Changement climatique Canada, 2020). Les peuples
autochtones ont apporté des contributions essentielles aux discussions sur les changements climatiques
au Canada ces dernières années et jouent un rôle crucial dans la défense de l’action climatique, notamment
dans les domaines suivants : l’éducation, l’apprentissage et la guérison par la terre, l’énergie propre, le savoir
autochtone et les stratégies scientifiques, la planification et la mise en œuvre de l’adaptation, ainsi que
l’action politique et la diplomatie (voir le RRA; le REN-3; le REN-2; ITK, 2019).
Le Canada peut continuer à s’inspirer de plusieurs rapports fondamentaux pour comprendre comment notre
histoire coloniale est à l’origine de la crise climatique et comment les peuples autochtones en ont subi les
conséquences de manière disproportionnée (Pikialasorsuaq Commission, 2019; Commission de vérité et
réconciliation du Canada, 2015; Commission de vérité Qikiqtani, 2013; Nations Unies, 2007; Gouvernement
du Canada, 1996; Berger, 1977). Ce n’est qu’à travers un processus de réconciliation qui reconnaît le passé
colonial collectif du Canada que la gouvernance climatique menée par les Autochtones sera soutenue de
manière significative par les gouvernements non autochtones, et qu’une voie vers l’intégration respectueuse
des systèmes de connaissances autochtones dans les approches scientifiques conventionnelles pourra être
créée (voir l’étude de cas 6.5 dans le RPR-6; le RRA; le REN-5).
En définitive, les politiques climatiques autochtones sont essentielles pour rétablir les relations des peuples
autochtones avec la terre et l’eau, et pour offrir des voies vers le bien-être où la « réconciliation entre les
peuples autochtones et la Couronne passe par notre réconciliation collective avec la Terre » (Borrows, 2018).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
54
« Les yeux et les oreilles de la Au Canada, il existe aujourd’hui près de 100 Étude de cas 8
terre et de l’eau » : La vague programmes de gardiens autochtones. Ces dans le RRA
croissante des programmes programmes soutiennent la surveillance des
de gardiens autochtones changements climatiques, de l’environnement et
et l’expansion des aires des zones protégées, la restauration écologique, la
protégées et de conservation sensibilisation du public et des jeunes, la conservation
autochtones au Canada et la planification du développement économique
durable.
Programme Intelli-feu de Les membres de la collectivité s’appuient sur les Encadré 2.3 de
l’établissement métis de connaissances autochtones et les renseignements SCCC-2
Peavine fournis par les autorités provinciales chargées de la
lutte contre les incendies pour combiner les pratiques
de brûlage traditionnelles avec des stratégies de
protection contre les incendies et de réduction
des combustibles afin de gérer les incendies d’une
manière qui reflète et protège les normes et les valeurs
culturelles.
Soutenir le bien-être, la force, Les collectivités inuites du Nunatsiavut, en première Étude de cas
la résilience et la continuité ligne face aux changements climatiques, ont conçu des 3.5 dans le
culturelle des Inuit du programmes visant à favoriser le bien-être, la force, la REN-3
Nunatsiavut, au Labrador résilience et la continuité culturelle des Inuit. Cela inclut le
programme Aullak, Sangilivallianginnatuk
(« Going Off, Growing Strong »), qui réunit des jeunes et
des cueilleurs expérimentés pour soutenir les relations
sociales et culturelles, ainsi que la sécurité alimentaire de
la collectivité.
Stratégie nationale sur les La stratégie vise à définir des mesures pour réduire Encadré 5.2
changements climatiques de les émissions de GES, renforcer le leadership des dans RPR-5
la C.-B. Autochtones en matière de climat en Colombie-
Britannique, réduire la vulnérabilité aux impacts
et renforcer les capacités, la compréhension et la
résilience des collectivités des Premières Nations.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
56
Réflexions de Dre Deborah McGregor, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice
environnementale autochtone
Les Premières Nations, les Métis et les Inuit reconnaissent la menace existentielle que représentent les
changements climatiques pour leur survie culturelle. Compte tenu de la longue histoire de colonisation au
Canada, les peuples autochtones explorent leurs propres voies et trouvent des approches fondées sur leurs
connaissances et leur expérience approfondies.
Deborah McGregor, Ph. D., auteure du rapport Assurer notre avenir : rapport sur la résilience autochtone,
présente de nouveaux exemples de mesures d’adaptation menées par les Autochtones, qui se traduisent
principalement par des résolutions et des déclarations formulées par les autorités autochtones à différents
niveaux (voir la vidéo 6). L’Assemblée des Premières Nations (APN), par exemple, travaille à l’élaboration d’une
stratégie nationale sur les changements climatiques, à la suite de la déclaration d’une urgence climatique
des Premières Nations en 2019 (APN, 2019). L’Inuit Tapiriit Kanatami (ITK) a également défini une stratégie
climatique qui aborde les priorités communes des Inuit en matière de climat (ITK, 2019). D’autres collectivités
autochtones travaillent à l’élaboration de plans et de politiques à l’échelle locale.
Qu’est-ce qui définit les stratégies d’adaptation menées par les Autochtones? Deborah McGregor souligne
plusieurs points communs : « Elles sont centrées sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des
peuples autochtones, les connaissances autochtones, les relations des autochtones avec la terre, les
générations futures et les relations avec le monde non humain […] La spiritualité est un autre thème que l’on
ne retrouve pas souvent dans les autres politiques de lutte contre les changements climatiques. »
Selon elle, l’adaptation menée par les Autochtones doit être ancrée dans l’expérience vécue par les Inuit, les
Métis et les Premières Nations. Les peuples autochtones doivent « faire confiance à [nos] propres traditions,
car c’est ce qui nous a permis de survivre malgré les politiques génocidaires, les évacuations forcées
de terres, les pensionnats et les autres menaces qui pèsent sur notre survie. C’est [grâce à] nos propres
connaissances, notre propre mode de vie, notre propre langue, notre propre gouvernance, nos propres lois et
notre propre population ».
Dans la plupart des cas, les peuples autochtones ne sont encore consultés que sur des stratégies et des
processus déterminés par des personnes extérieures. Toutefois, Deborah McGregor trouve de l’espoir dans
le processus d’évaluation des connaissances nationales, Le Canada dans un climat en changement. Dans
les cas où les évaluations antérieures ont sous-représenté l’expertise autochtone, elle est encouragée par
la portée large et holistique des connaissances et de l’expérience présentées dans le rapport Assurer notre
avenir : rapport sur la résilience autochtone. Ce rapport, en particulier, dit-elle, « s’est vraiment efforcé d’inclure
[…] diverses perspectives des collectivités autochtones, mais il était impossible de le faire dans le cadre d’un
seul rapport. Pour moi, c’est donc […] une ouverture. C’est comme donner aux gens un petit aperçu de ce qui
est possible et de ce qui existe ».
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
57
Vidéo 6 : Entrevue vidéo avec Deborah McGregor, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la justice
environnementale autochtone, sur les perspectives liées à l’autodétermination et à l’adaptation dirigée par
les Autochtones. <[Link]
Les inégalités sociales, économiques et sanitaires existantes sont souvent exacerbées par les impacts
des changements climatiques. La participation des personnes les plus touchées par les changements
climatiques est essentielle pour s’assurer que les mesures d’adaptation tiennent compte de ces inégalités.
Les changements climatiques affectent différents groupes de personnes de différentes manières. Ces
changements peuvent être particulièrement perturbateurs pour les personnes défavorisées par des inégalités
préexistantes (voir le RRA; le SCCC-9), augmentant leur vulnérabilité et diminuant leur capacité d’adaptation
(voir le SCCC-9; le REN-2; le REN-3). La vulnérabilité aux changements climatiques est influencée par de
nombreux facteurs, notamment démographiques (tels que l’âge, le sexe ou le statut de logement), socio-
économiques (tels que les revenus ou les conditions de travail), géographiques (tels que le lieu de résidence
et de travail ou l’accès aux services de santé) et culturels (tels que l’ethnicité et le statut autochtone) (voir le
REN-2; le REN-3; le RRA).
Certaines populations et collectivités courent également un risque plus élevé de subir des impacts sanitaires
liés aux changements climatiques. Les déterminants de la santé, dont de nombreux facteurs mentionnés
ci-dessus, jouent un rôle clé dans l’augmentation ou la diminution de la capacité d’adaptation d’un individu,
ainsi que dans son exposition ou sa sensibilité aux risques sanitaires liés aux changements climatiques
(voir la figure 8). Par exemple, certaines professions (comme l’agriculture, l’aménagement paysager ou la
construction) sont particulièrement exposées aux risques climatiques, tels que les chaleurs accablantes (voir
le RPR-2). Les facteurs systémiques d’inégalités en matière de santé, tels que le racisme et la colonisation
historique et continue, augmentent également la vulnérabilité aux changements climatiques, ce qui accroît
les risques pour les collectivités déjà accablées de manière disproportionnée par la maladie, notamment les
collectivités des Premières Nations, des Inuit et des Métis, ainsi que les populations racialisées (voir le
SCCC-2; le SCCC-9; le REN-3; le RPR-4; le RRA).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
58
Figure 8 : Cadre pour les changements climatiques et l’équité en matière de santé. Source : Schnitter et coll., 2022.
L’emplacement est également un facteur important qui détermine la vulnérabilité aux impacts des
changements climatiques. Par exemple, les personnes vivant dans des collectivités rurales et éloignées
subissent souvent davantage d’incidences environnementales, sociales, économiques, culturelles et
sanitaires des changements climatiques que celles qui vivent dans des régions urbaines. Cela tient en grande
partie à leur isolement relatif, à leur accès limité aux services (tels que les soins de santé), à leur dépendance
à l’égard d’infrastructures essentielles peu nombreuses pour satisfaire leurs besoins fondamentaux et à leur
dépendance fréquente à l’égard de ressources naturelles sensibles au climat pour assurer leur subsistance
(voir la section 2.7). Les collectivités côtières sont de plus en plus exposées au risque d’évacuation ou de
déplacement en raison des tempêtes extrêmes, de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer. Bien que des
mesures d’adaptation telles que le recul contrôlé soient possibles, il convient de tenir compte de nombreux
facteurs importants, en reconnaissant que les moyens de subsistance et l’identité de bon nombre de ces
sites sont intrinsèquement liés aux liens culturels et historiques qui les unissent à un lieu.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
59
Les changements climatiques ont des impacts tangibles et intangibles sur les écosystèmes et les paysages,
en particulier dans les régions rurales et éloignées où le lien avec la terre est ancré dans l’identité et les
pratiques culturelles (voir le REN-3; le RRA). Les habitants du nord du Canada, par exemple, vivent souvent
à proximité de leur environnement et dépendent de la terre pour assurer leur subsistance, leur bien-être,
leur culture et leur identité (voir le RPR-6). Même de petits changements dans le climat et l’environnement
peuvent perturber la vie des gens et leur lien avec le lieu. Ce phénomène est particulièrement prononcé pour
les collectivités autochtones, dont les pratiques culturelles (telles que la chasse, la pêche, le piégeage et la
récolte) et les liens avec la terre sont affectés par des changements tels que la diminution de la glace de mer,
les perturbations des sources de nourriture et d’eau, et les modifications de la faune et de la flore (voir le RRA;
le RPR-6). En outre, des études récentes ont exploré la manière dont les changements climatiques limitent l’accès
aux lieux d’importance culturelle, altèrent la transmission intergénérationnelle des connaissances autochtones et
endommagent ou détruisent les paysages et les sites d’importance culturelle et sociale (voir le REN-3; le RPR-1; le
RPR-2; le RPR-5; le RPR-6). Ces pertes intangibles peuvent également alimenter l’anxiété écologique et le chagrin
(voir le RPR-6; le RRA), ainsi que d’autres problèmes de santé mentale (voir SCCC-4; le REN-3).
Malgré les risques climatiques et les inégalités existantes, de nombreuses collectivités continuent à faire
preuve de résilience. De nombreuses collectivités rurales et éloignées bénéficient d’un capital social accru
et d’un accès aux connaissances autochtones ou locales, ce qui renforce leur capacité d’adaptation (voir le
REN-3; le RPR-6; le RRA). Par exemple, la collectivité Eenou de Mistissini, dans le nord du Québec, a présenté
plusieurs mesures visant à surveiller et à faire face à l’évolution de l’état des glaces dans son Plan d’action
en matière d’adaptation aux changements climatiques, en s’inspirant des systèmes de connaissances
autochtones (voir le RPR-2; Grand Conseil des Cris, 2019; Nation crie de Mistissini et Gouvernement de la
Nation crie, 2018).
Les processus de planification de l’adaptation doivent impérativement être équitables et les mesures
d’adaptation doivent bénéficier à ceux qui en ont le plus besoin (voir le RRA). Si les résultats en matière
d’équité ne sont pas pris en compte lors de la planification et de la mise en œuvre, les mesures peuvent avoir
des conséquences inattendues qui ne profitent pas, voire nuisent, aux groupes défavorisés ou aggravent
les inégalités existantes (voir le RRA). Par exemple, une étude menée à Toronto a révélé que les populations
racialisées et à faibles revenus avaient un accès plus limité aux espaces verts que les collectivités à
prédominance blanche (voir le SCCC-9). Les espaces verts ont démontré leur capacité à réduire les risques
sanitaires liés aux îlots de chaleur urbains et aux chaleurs accablantes.
Pour s’assurer que les mesures d’adaptation profitent aux personnes les plus à risque, sans exacerber les
inégalités et la vulnérabilité, les décideurs disposent de plusieurs mesures. Par exemple, des processus
inclusifs et équitables de mobilisation communautaire qui favorisent une large participation à la planification
de l’adaptation, ainsi qu’une évaluation et un suivi participatifs des mesures d’adaptation afin de déterminer
dans quelle mesure et de quelle manière elles ont contribué l’équité et réduit la vulnérabilité. Les outils de
prise de décision, tels que la cartographie des actifs, la cartographie du stress thermique, la cartographie
de la vulnérabilité sociale (voir l’étude de cas 1.6 dans le RPR-1) et l’amélioration de la collecte de données,
peuvent également aider les autorités à mieux comprendre les conditions existantes et les inégalités au sein
de leurs collectivités, ainsi que la manière dont ces facteurs interagissent avec les changements climatiques.
Grâce à ces données, ils sont mieux équipés pour déterminer les populations et les régions qui courent un
risque accru et pour planifier et agir en conséquence. Par exemple, la cartographie de la vulnérabilité sociale
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60
en Nouvelle-Écosse a permis de déterminer les populations les plus exposées aux impacts néfastes des
changements climatiques, tels que les inondations côtières, et d’orienter les interventions visant à réduire ces
risques et à se préparer aux situations d’urgence (voir l’étude de cas 1.7 dans le RPR-1).
Une meilleure équité peut être un avantage connexe de stratégies et de mesures d’adaptation bien conçues et
ciblées (voir le tableau 6.3 du REN-6). Par exemple, la ville du Grand Sudbury s’est associée à Greater Sudbury
Transit pour offrir gratuitement tous les trajets en transport en commun pendant les périodes de chaleur
accablante, ce qui a permis d’assurer un accès plus équitable aux centres de rafraîchissement (voir le
SCCC-9). L’importance d’une adaptation équitable aux changements climatiques est de plus en plus reconnue,
de même que la nécessité de veiller à ce que des voix diverses soient incluses dans la planification, la mise
en œuvre et l’exécution des initiatives d’adaptation (voir l’étude de cas 2.3 du REN-2).
Les entreprises sont confrontées à une série de risques directs et indirects liés aux changements
climatiques. La participation et la responsabilisation des entreprises et des autres intervenants du secteur
privé sont essentielles si nous voulons progresser à l’échelle nécessaire pour réduire les risques actuels et
futurs liés aux changements climatiques et tirer parti des possibilités qui s’offrent à nous.
Une grande partie de la documentation sur l’adaptation aux changements climatiques au Canada se
concentre sur le rôle des gouvernements et accorde moins d’attention au secteur privé. Pourtant, les
changements climatiques présentent des risques et des possibilités considérables pour les entreprises du
pays (voir l’encadré 10 et le tableau 7). Ces risques comprennent des risques directs pour leurs installations,
leurs chaînes d’approvisionnement et la santé et le bien-être de leurs employés, ainsi que des risques
indirects liés à la structure du commerce mondial, à l’expédition et à la distribution, et à l’accès aux matières
premières (voir la figure 9; le REN-8; le REN-9). Ces risques peuvent à leur tour accroître les pertes financières
en réduisant les revenus et la productivité, tout en augmentant les frais d’assurance et autres coûts
d’exploitation, ainsi que les dépenses en capital (voir le REN-8). L’adaptation offre également aux entreprises
des possibilités (voir la section 2.4), notamment grâce à l’accès à de nouveaux marchés, à des conditions
plus favorables pour certaines activités et à la modification des schémas d’avantages comparatifs. Dans
l’ensemble, l’adaptation est impérative pour permettre au secteur privé de demeurer concurrentiel dans un
climat changeant.
« Les risques et les occasions liés aux changements climatiques sont des enjeux commerciaux. »
(voir le REN-8)
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
61
Toutefois, les données actuelles suggèrent que l’adaptation du secteur privé canadien a été limitée, car la
plupart des entreprises n’ont pas pris de mesures ou n’ont pas prévu de mesures d’adaptation (voir le REN-7;
le REN-8; le REN-9). Cela pourrait être dû en partie à une sous-déclaration, à des problèmes de confidentialité,
à la concurrence et à une compréhension limitée de ce qui constitue l’adaptation aux changements climatiques
(voir le REN-7; le REN-8). Si les exemples d’adaptation par le secteur privé sont de plus en plus nombreux, la
plupart d’entre eux ont tendance à être de petite taille, ponctuels et réactifs (voir le REN-7). Dans l’ensemble, il est
manifestement nécessaire d’accélérer l’adaptation au sein du secteur privé pour aider à combler le fossé toujours
croissant de l’adaptation au Canada (voir la section 2.6; le REN-6; le REN-7; le REN-8).
Outre les obstacles et les catalyseurs (voir la section 2.6), d’autres facteurs peuvent encourager ou limiter
les mesures d’adaptation dans le secteur privé. L’obligation de divulgation financière sur les risques et les
possibilités liés aux changements climatiques, par exemple, a été reconnue comme un moyen de stimuler
l’action climatique en encourageant les entreprises à devenir plus résilientes aux changements climatiques
(voir le REN-8). Il s’agit également d’un outil important pour révéler les risques liés aux changements
climatiques auxquels les entreprises sont confrontées (voir le REN-8; le REN-9). Les entreprises cotées
en bourse sont légalement tenues de divulguer les risques importants, tels que les dommages et les
perturbations causés par des phénomènes météorologiques extrêmes, la disponibilité limitée de l’eau en
raison de la sécheresse et la volatilité des coûts de l’énergie en raison de l’évolution de la demande. La
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62
divulgation volontaire supplémentaire se fait souvent dans le cadre des processus de rapport des entreprises
(voir le REN-8). Les experts s’interrogent toutefois sur le caractère suffisamment détaillé et complet de la
divulgation des risques climatiques (voir le REN-8). Le Groupe de travail sur les divulgations financières
relatives aux changements climatiques (2017; 2019) formule des recommandations d’amélioration (voir
l’encadré 8.2 du REN-8), tandis que des initiatives telles que le Carbon Disclosure Project et le cadre du
Sustainability Accounting Standards Board sont d’autres mécanismes qui encouragent les progrès dans ce
domaine (voir le REN-8).
L’action du secteur privé peut également être encouragée par des initiatives qui démontrent clairement
l’argumentaire en faveur de l’adaptation (voir la section 2.4). De toute évidence, les avantages économiques
de l’adaptation dépassent généralement les coûts (voir la section 2.4; le REN-6). Toutefois, la base de
données est fragmentée et insuffisante pour éclairer pleinement les décisions commerciales, qui sont
souvent complexes en raison de priorités concurrentes et de la nécessité d’envisager des compromis.
Les calculs sont encore compliqués par les incertitudes inhérentes aux changements climatiques et aux
projections économiques, aux taux d’actualisation futurs et à la prise en compte des avantages connexes, qui
peuvent être difficiles à quantifier (voir le REN-6). Des études de cas sur les mesures d’adaptation mises en
œuvre, décrivant clairement le processus suivi, les hypothèses formulées, les coûts encourus et les résultats
constatés, joueraient un rôle important dans la stimulation de l’action du secteur privé. Par exemple,
Co-operators, une société d’assurance canadienne qui possède des succursales dans tout le pays, a collaboré
avec Comptables professionnels agréés du Canada pour élaborer une stratégie d’adaptation proactive en
vue de gérer les risques et les possibilités liés aux changements climatiques. Elle consiste notamment à
créer de nouveaux produits d’assurance et à collaborer avec les intervenants pour renforcer la résilience des
collectivités face aux précipitations extrêmes et aux inondations (voir la carte des actions en adaptation).
Les mesures incitatives constituent un autre moyen reconnu d’accroître l’action du secteur privé en matière
d’adaptation (voir le REN-6; le REN-7; le REN-8; le RPR-1). Il peut s’agir de subventions destinées à accroître
la résistance aux risques physiques (tels que les inondations et les tempêtes) ou à encourager les pratiques
durables (comme pour l’agriculture; voir le RPR-5). Les mesures incitatives à l’adaptation peuvent être des
récompenses pour des mesures positives, telles que des primes d’assurance réduites et des allégements
fiscaux (voir le REN-8) ou des mesures de dissuasion pour des mesures négatives, telles que des redevances
et des taxes. Souvent proposés par différents ordres de gouvernement, les incitatifs financiers doivent
être soigneusement conçus pour atteindre leur objectif (voir la section 2.6; le REN-6). Les gouvernements
peuvent encourager davantage l’adaptation en mettant en place des politiques, des lois et des règlements
clairs (voir la section 2.6). Cela permet d’orienter les décisions du secteur privé, de donner l’assurance que
les investissements dans l’adaptation sont soutenus par le gouvernement (voir le RPR-5) et de créer des
conditions de concurrence plus équitables. Les gouvernements peuvent également apporter leur contribution
en donnant accès à des données climatiques fiables et faciles à interpréter, ainsi qu’à des services
climatiques sur mesure (comme le Centre canadien des services climatiques).
La transition vers une économie résiliente aux changements climatiques et à faibles émissions de carbone
nécessite des investissements considérables (voir le RPR-8). Le financement du secteur public ne suffit pas
à lui seul à répondre à ce besoin (voir le REN-6). En effet, le secteur privé a un rôle important à jouer pour
combler le déficit de financement, avec l’aide des gouvernements pour lever les obstacles à l’action liés au
marché et au comportement (voir le REN-7).
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
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TYPE INVESTISSEMENT
EXEMPLES MOTIVATIONS
D’ADAPTATION NÉCESSAIRE
Réflexions de Paul Kovacs, fondateur et directeur administratif de l’Institut de prévention des sinistres
catastrophiques de l’Université Western
Fort de plus de 25 ans d’expérience dans l’évaluation des pertes en cas de catastrophe, Paul Kovacs estime
qu’il existe un ensemble de connaissances solides pour aider les entreprises à mieux se préparer aux
changements climatiques (voir la vidéo 7). « Le secteur privé s’efforce manifestement de mieux comprendre
la nature de ces risques et les possibilités de mise en place d’une protection », ajoute-t-il.
Le défi consiste à lui faire franchir le pas de la prise de conscience à l’action. « Il faut absolument qu’il se
prépare plus activement à affronter les extrêmes climatiques », déclare M. Kovacs. « Une solution collective
est nécessaire pour faire face à la menace des changements climatiques et à leurs impacts néfastes […].
Nous observons des signes encourageants d’intérêt et de volonté d’agir, mais ces signes ne se sont pas
encore traduits par des mesures de protection. »
Les enjeux sont considérables, ne serait-ce qu’en valeur monétaire. Selon M. Kovacs, pour la seule année
2022, les entreprises canadiennes ont subi des dommages évitables d’une valeur de plusieurs milliards de
dollars en raison des changements climatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes. Au cours des
40 dernières années, les dommages causés par les intempéries ont doublé tous les cinq à dix ans. Ces coûts
croissants sont l’une des principales raisons pour lesquelles de plus en plus d’entreprises évaluent les risques
et réfléchissent aux mesures de protection à mettre en place.
« Le potentiel de résultats positifs grâce à la préparation aux changements climatiques est très, très
important au Canada », affirme M. Kovacs. « Nous pouvons freiner la tendance à la hausse des pertes en
appliquant les connaissances dont nous disposons, mais cela nécessite d’importants investissements dans
des mesures de protection de la part des entreprises dans tout le pays. »
Vidéo 7 : Entrevue vidéo avec Paul Kovacs, fondateur et directeur administratif de l’Institut de prévention des
sinistres catastrophiques de l’Université Western, sur l’adaptation du secteur privé.
<[Link]
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
65
3.0 Conclusion
Nos connaissances et notre compréhension climat changeant au Canada, ainsi que des impacts attendus et
des possibilités d’adaptation, ont considérablement progressé au cours des dernières années. Les milliers
de références citées dans les rapports d’évaluation Le Canada dans un climat en changement en témoignent.
La base de connaissances s’est également élargie, une grande partie de la documentation portant sur des
questions nouvelles et émergentes, telles que l’importance d’aborder l’équité dans le contexte de l’adaptation
et la nécessité d’intégrer de multiples sources de connaissances dans les décisions d’adaptation, en
particulier les systèmes de connaissances autochtones. Tout au long de ce rapport, nous avons souligné
certaines avancées prometteuses en matière d’adaptation, tout en reconnaissant qu’il reste encore beaucoup
à faire pour combler le fossé de l’adaptation au Canada.
Pour la première fois dans le processus d’évaluation nationale des connaissances, les auteurs de la majorité
des rapports ont été explicitement invités à indiquer les principales lacunes en matière de connaissances et
les nouveaux enjeux. Cela a permis d’établir une base de référence et d’orienter les recherches futures, dans
le but de combler les lacunes et d’élargir la base de connaissances existante. Ces lacunes en matière de
connaissances sont résumées à l’annexe 3.
Dans l’ensemble, il est évident que les répercussions des changements climatiques sur le Canada sont déjà
profondes et que nombre d’entre elles s’amplifieront à l’avenir. Les exemples présentés dans ce rapport ne
donnent qu’un aperçu des risques très divers auxquels nous sommes aux prises. Les mesures que nous
prenons ou ne prenons pas aujourd’hui et à court terme auront des répercussions à long terme.
Les mesures d’adaptation en cours doivent être accompagnées de mesures d’atténuation des changements
climatiques pour limiter l’ampleur du réchauffement planétaire. En agissant à l’échelle mondiale, nous
avons encore la possibilité de façonner notre avenir à long terme et d’empêcher la réalisation de bon
nombre des risques extrêmes, même si cette possibilité se referme rapidement (GIEC, 2023a). Ces
défis sont indéniablement redoutables. Cependant, ils peuvent également être considérés comme une
occasion à saisir. Les changements climatiques nous donnent l’élan et la motivation nécessaires pour
procéder à des changements systémiques dans notre société, notre économie et notre environnement,
afin de faire de notre pays un meilleur endroit pour vivre, travailler et se divertir. L’adaptation planifiée, par
exemple, ne réduit pas seulement les risques climatiques, mais peut également accroître la résilience
générale, contribuer à remédier aux inégalités sous-jacentes, faire progresser la réconciliation et mieux
protéger l’environnement naturel. Tous ont un rôle à jouer, qu’il s’agisse des individus, des ménages, des
collectivités, des entreprises ou des gouvernements de tous types, pour mieux intégrer l’adaptation aux
changements climatiques dans les décisions, les politiques et les processus quotidiens, ainsi que dans les
mandats à long terme.
R A P P O RT D E S Y N T H È S E
66
4.0 Références
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1. Le climat du Canada s’est réchauffé et se réchauffera davantage à l’avenir sous l’influence humaine. Les
émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant des activités humaines détermineront principalement
à quel point le Canada et le reste du monde se réchaufferont dans le futur et ce réchauffement est
effectivement irréversible (RCCC-2.3, RCCC-3.3, RCCC-3.4, RCCC-4.2).
2. Le réchauffement passé et futur au Canada est, en moyenne, environ le double de l’ampleur du
réchauffement mondial. Le Nord du Canada s’est réchauffé et continuera de se réchauffer à plus du double
du taux mondial (RCCC-2.2, RCCC-3.3, RCCC-4.2).
3. Les océans qui bordent le Canada se sont réchauffés, sont devenus plus acides et moins oxygénés,
ce qui correspond aux changements observés dans les océans mondiaux au cours du dernier siècle.
Le réchauffement des océans et la perte d’oxygène s’intensifieront davantage avec plus d’émissions de
tous les gaz à effet de serre, alors que l’acidification des océans augmentera en réaction à des émissions
supplémentaires de dioxyde de carbone. Ces changements menacent la santé des écosystèmes marins
(RCCC-2.2, RCCC-7.2, RCCC-7.6).
4. Les effets du réchauffement généralisé sont évidents dans de nombreuses régions du Canada et il est
prévu qu’ils s’intensifieront dans le futur. Au Canada, ces effets comprennent des extrêmes chauds plus
fréquents et intenses, des extrêmes froids moins fréquents et intenses, des saisons de croissance plus
longues, des saisons de couverture de neige et de glace plus courtes, un écoulement fluvial printanier de
pointe précoce, un amincissement des glaciers, un dégel du pergélisol et une élévation du niveau de la mer.
Comme un réchauffement supplémentaire est inévitable, ces tendances vont continuer (RCCC-4.2, RCCC-5.2,
RCCC-5.3, RCCC-5.4, RCCC-5.5, RCCC-5.6, RCCC-6.2, RCCC-7.5).
5. Les précipitations sont prévues d’augmenter pour la majorité du Canada, en moyenne, bien que les
précipitations estivales puissent diminuer dans certaines régions. Les précipitations ont augmenté dans de
nombreuses régions du Canada et on a assisté à un changement selon lequel les chutes de neige diminuent,
alors que les chutes de pluie augmentent. En effet, on prévoit que les précipitations annuelles et hivernales
augmentent partout au Canada au cours du XXIe siècle. Cependant, des réductions de précipitations
estivales sont projetées pour certaines parties du Sud du Canada dans le cas d’un scénario d’émissions
élevées vers la fin du siècle (RCCC-4.3).
6. La disponibilité saisonnière de l’eau douce est en train de changer vers un risque accru de pénuries d’eau
en été. Des hivers plus chauds et une fonte des neiges plus précoce se combineront pour produire des
écoulements fluviaux hivernaux plus importants, alors que de plus petits manteaux neigeux et la perte de
glace des glaciers au cours de ce siècle se combineront pour produire des écoulements fluviaux estivaux
moins importants. Des étés plus chauds augmenteront l’évaporation de l’eau de surface et contribueront à
la réduction de la disponibilité de l’eau en été à l’avenir malgré l’augmentation des précipitations à certains
endroits (RCCC-4.2, RCCC-4.3, RCCC-5.2, RCCC-5.4, RCCC-6.2, RCCC-6.3, RCCC-6.4).
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7. Un climat plus chaud intensifiera certaines conditions météorologiques extrêmes dans le futur. Les
températures extrêmement chaudes deviendront plus fréquentes et plus intenses. Cela augmentera la
sévérité des vagues de chaleur et contribuera à augmenter les risques de sécheresses et de feux de forêt.
Même si les inondations à l’intérieur des terres résultent de multiples facteurs, des précipitations plus
intenses augmenteront le risque d’inondation en milieu urbain. La façon dont les températures plus chaudes
et les plus petits manteaux neigeux se combineront pour influencer la fréquence et l’ampleur des inondations
relatives à la fonte des neiges est incertaine (RCCC-4.2, RCCC-4.3, RCCC-4.4, RCCC-5.2, RCCC-6.2).
8. La durée et l’étendue des absences de glace marine dans les régions canadiennes des océans Arctique
et Atlantique s’accroissent. On prévoit que les régions marines de l’Arctique canadien, y compris la mer de
Beaufort et la baie de Baffin, auront de grandes périodes où il n’y aura pas de glace pendant l’été, et ce, d’ici
le milieu du siècle. La dernière région dans l’ensemble de l’Arctique où il aura de la glace marine estivale
devrait se situer au nord de l’archipel Arctique canadien. Cette région sera un refuge important pour les
espèces dépendantes de la glace et une source continue de glace potentiellement dangereuse qui dérivera
dans les eaux canadiennes (RCCC-5.3).
9. Les inondations côtières devraient augmenter dans de nombreuses régions du Canada en raison
de l’élévation locale du niveau de la mer. Les changements dans le niveau local de la mer sont une
combinaison de l’élévation mondiale du niveau de la mer et le soulèvement ou l’affaissement local du sol.
On prévoit une élévation du niveau local de la mer, et une augmentation des inondations, presque tout le
long des côtes de l’Atlantique et du Pacifique canadiennes ainsi que le long de la côte de Beaufort dans
l’Arctique où les terres s’affaissent ou se soulèvent lentement. La perte de la glace marine dans les régions
canadiennes de l’Arctique et de l’Atlantique augmente davantage le risque de dommages aux infrastructures
côtières et aux écosystèmes en raison de vagues et d’ondes de tempête plus importantes (RCCC-7.5).
10. Le taux et l’ampleur des changements climatiques dans le cas d’un scénario d’émissions élevées par
rapport à un scénario de faibles émissions prévoient deux avenirs très différents pour le Canada. Les
scénarios avec un important réchauffement rapide illustrent les effets profonds sur le climat canadien de
la croissance continue d’émissions de gaz à effet de serre. Les scénarios avec un réchauffement limité
se produira seulement si le Canada et le reste du monde réduisent leurs émissions de carbone à près de
zéro dans la seconde partie du siècle et s’ils réduisent les autres émissions de gaz à effet de serre de
façon substantielle. Des projections fondées sur une série de scénarios d’émissions sont nécessaires pour
informer l’évaluation des répercussions, la gestion des risques climatiques et l’élaboration de politiques
(RCCC‒tous les chapitres).
Remarque : Chaque énoncé est renvoyé à des sections précises dans les chapitres du rapport principal, où l’on peut
trouver des preuves à l’appui. Un degré de confiance élevé, voire plus élevé, est associé à chacun de ces énoncés, qui sont
cohérents avec les messages clés de chacun des chapitres et s’en inspirent.
1. Partout au pays, les changements climatiques ont des répercussions sur les infrastructures, la santé et le
bien-être, la culture et l’économie des collectivités de toutes tailles. Les mesures prises à l’échelle locale
pour réduire les risques liés aux changements climatiques se multiplient, même si le manque de moyens
met à mal la capacité d’action de nombreuses collectivités (REN-2; REN-3).
2. Les changements climatiques menacent les services vitaux offerts par les écosystèmes du Canada et
ont des impacts négatifs sur nos ressources en eau. Une coordination, une coopération et une gestion
adaptative efficaces, de même que des efforts de conservation, peuvent aider à atténuer ces impacts. Les
approches en matière d’adaptation basées sur la nature qui maintiennent ou restaurent les écosystèmes,
tels que les terres humides, sont un moyen rentable et durable d’atténuer les impacts des changements
climatiques et de renforcer la résilience (REN-2; REN-4; REN-5).
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3. Si les changements climatiques présentent certains avantages potentiels, ils entraîneront globalement
des coûts économiques croissants pour le Canada. Un climat changeant affecte tous les secteurs de
l’économie canadienne, par ses effets sur la production, l’exploitation ou la perturbation des chaînes
d’approvisionnement. La divulgation des risques liés aux changements climatiques se révèle être un moteur
essentiel de l’adaptation dans le secteur privé (REN-6; REN-7; REN-8).
4. Nous devons regarder au-delà de nos frontières lorsque nous évaluons les impacts d’un climat changeant
sur le Canada. Les impacts des changements climatiques qui se produisent ailleurs dans le monde, ainsi
que les mesures que d’autres pays prennent — ou ne prennent pas — pour s’adapter, peuvent fortement
affecter la disponibilité alimentaire, le commerce et l’immigration. Ces impacts exercent une pression
supplémentaire sur les collectivités, les entreprises et les services publics du Canada (REN-9).
5. D’importantes lacunes subsistent dans notre préparation aux changements climatiques, comme l’ont
montré les récents impacts des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les inondations et les
incendies de forêt. Il est vital pour le bien-être économique et social du Canada d’accélérer les progrès en
matière d’adaptation grâce à des plans et des mesures rapides et réfléchis (REN‒tous les chapitres).
6. Des enseignements sur les bonnes pratiques continuent d’être tirés et contribuent à guider une adaptation
réussie. Ces enseignements comprennent le renforcement d’un leadership fort, la collaboration à grande
échelle et l’adoption d’approches de gestion souples. L’intégration de diverses perspectives et sources de
connaissances, telles que les systèmes de connaissances autochtones, est également indispensable à une
adaptation efficace (REN‒tous les chapitres).
1. Les changements climatiques ont déjà des impacts nuisibles sur la santé des Canadiens et des
Canadiennes. Les changements climatiques ont été à l’origine d’effets récents sur la santé découlant de la
hausse des températures, une chaleur extrême, des feux de forêt et l’expansion des zoonoses au Canada,
comme la maladie de Lyme (SCCC-3; SCCC-5; SCCC-6).
2. Les risques pour la santé augmenteront proportionnellement au réchauffement. Plus le réchauffement
sera important, plus les menaces pour la santé seront grandes. On prévoit une intensification de la fréquence
et de la gravité des épisodes de précipitations intenses, risque d’inondation urbaine, des sécheresses, de
la chaleur extrême, des feux de forêt et des tempêtes, ce qui aura une incidence directe sur la santé avec
l’augmentation des maladies, des blessures et des décès si aucun effort d’adaptation plus poussé n’est
réalisé. Le fardeau actuel relatif à la maladie mentale au Canada est susceptible d’augmenter en raison
des changements climatiques. Les perturbations des réseaux alimentaires et des ressources en eau,
l’aggravation de la pollution atmosphérique, l’émergence et la réémergence des maladies infectieuses
sensibles au climat et les demandes croissantes sur les systèmes de santé continueront de menacer la
santé des Canadiens et des Canadiennes (SCCC-2; SCCC-3; SCCC-4; SCCC-5; SCCC-6; SCCC-7; SCCC-8).
3. Certains Canadiens et Canadiennes sont plus durement touchés par les changements climatiques, car
l’exposition et la sensibilité aux aléas et la capacité à prendre des mesures de protection varient d’une
population et d’une communauté à l’autre, ainsi qu’au sein de ces populations et communautés. Les
changements climatiques ont des impacts de plus en plus importants, qui aggravent les conditions socio-
économiques préjudiciables à la santé comme la pauvreté et qui amplifient les iniquités en santé. Combinés
à l’augmentation des taux de maladies chroniques, à l’isolement social et au vieillissement de la population,
les changements climatiques ont des impacts conséquents sur la santé. Les personnes touchées de façon
disproportionnée par les changements climatiques comprennent les enfants, les femmes enceintes, les
Premières Nations, les Inuits et les Métis, les personnes atteintes de maladies chroniques, les travailleurs en
plein air, les personnes à faible revenu et les personnes handicapées (SCCC-2; SCCC-3; SCCC-9).
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4. Les changements climatiques ont d’ores et déjà des répercussions sur les systèmes de santé au Canada,
par exemple des dommages sur les établissements de santé et des perturbations des services et des
opérations de santé. Ces répercussions prendront de l’ampleur en l’absence de mesures d’adaptation
solides. L’infrastructure sanitaire, les opérations, le financement de la santé, les soins de santé, les
programmes de santé publique, les chaînes d’approvisionnement et le personnel de santé peuvent être
touchés par des événements météorologiques extrêmes et par des stress chroniques causés par le
réchauffement à long terme, réduisant l’accès aux soins et la qualité des soins pour les Canadiens et les
Canadiennes. Les établissements et services de santé dans les zones rurales et éloignées, ainsi que les
systèmes de santé qui n’ont pas évalué et géré les risques, sont confrontés aux plus grandes menaces.
L’aggravation des aléas liés aux changements climatiques pouvant survenir, par exemple, en cas de chaleur
extrême entraînant sécheresse et feux de forêt, présente des risques lourds pour les individus et les
systèmes de santé sur lesquels ils comptent (SCCC-10).
5. On sait que les initiatives permettant de se préparer aux changements climatiques réduisent les risques et
protègent la santé. Nous devons agir maintenant. De nombreuses autorités sanitaires travaillent avec des
décideurs d’autres secteurs, comme la gestion des urgences, pour prendre des mesures visant à protéger
les personnes, les communautés et les systèmes de santé. C’est ce qu’on appelle l’adaptation. Les mesures
d’adaptation doivent être déployées avec rapidité et robustesse si l’on veut réduire les impacts actuels et
futurs sur la santé (SCCC-10).
6. Les impacts des changements climatiques sur la santé des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont
une portée considérable et ont des répercussions disproportionnées sur leurs communautés, notamment
au niveau de la sécurité et la salubrité des aliments et de l’eau, de la qualité de l’air, de l’infrastructure,
de la sécurité personnelle, de la santé mentale et du bien-être, des moyens de subsistance, de la culture
et de l’identité. Les peuples autochtones s’adaptent à des environnements changeants depuis des temps
immémoriaux. Les systèmes de savoir et les pratiques autochtones sont équivalents aux connaissances
scientifiques occidentales. Ils contribuent à la survie, à l’adaptation et à la résilience des peuples
autochtones. Pour se préparer aux changements climatiques, il faut s’attaquer aux déterminants de la santé
et aux iniquités persistantes en santé. Il faut également que les droits et les responsabilités des peuples
autochtones sur leurs terres, leurs ressources naturelles et leurs modes de vie soient respectés, protégés
et mis en avant grâce à l’atténuation des changements climatiques, à l’adaptation, aux politiques et à la
recherche dirigées par les Autochtones (SCCC-2).
7. Pour réussir à protéger tous les Canadiens et Canadiennes des effets des changements climatiques sur
la santé, les décideurs doivent prendre des mesures d’adaptation inclusives et équitables, qui tiennent
compte des besoins des populations racialisées, marginalisées et à faible revenu. Les iniquités existantes
en santé pourraient s’aggraver si aucune initiative pour s’adapter et atténuer les gaz à effet de serre n’est
mise en place prochainement pour remédier à ces problématiques. La rectification des inégalités et le
renforcement des déterminants d’une bonne santé, comme l’amélioration de l’accès aux soins de santé et
de la qualité du logement, peuvent aider à réduire les incidences des changements climatiques sur la santé
individuelle (SCCC-2; SCCC-9).
8. Il est nécessaire de renforcer les efforts réalisés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre afin
de protéger la santé des Canadiens et des Canadiennes. L’émission continue de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère limitera notre capacité d’adaptation et aura des répercussions plus graves sur la santé. Le
secteur de la santé peut faire preuve de leadership en réduisant son empreinte carbone et en améliorant
la durabilité environnementale tout en renforçant la résilience aux futures incidences des changements
climatiques (SCCC-10).
9. La réduction des émissions de gaz à effet de serre peut apporter aux Canadiens et aux Canadiennes des
avantages accessoires conséquents et immédiats en matière de santé. La valeur économique de ces avantages
accessoires peut aider à compenser les coûts de mise en œuvre des mesures. On estime que les avantages
indirects de la lutte contre la pollution atmosphérique pour la santé permettraient notamment d’éviter des milliers
de décès prématurés chaque année au Canada d’ici le milieu du siècle (SCCC-5; SCCC-10).
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1. Les peuples autochtones possèdent des atouts uniques pour répondre aux changements
environnementaux et climatiques. Les peuples autochtones ont déjà réagi aux impacts des changements
environnementaux et climatiques, réagissent activement aujourd’hui et continueront à le faire à l’avenir. Nos
collectivités disposent d’atouts uniques pour faire face à la crise climatique, bien qu’elles soient confrontées
à des impacts disproportionnés des changements climatiques et à des défis liés à l’héritage persistant de la
colonisation.
2. Les changements climatiques sont l’une des nombreuses crises auxquelles sont confrontés les peuples
autochtones. Les changements climatiques entraînent de graves perturbations non seulement pour
l’environnement et l’économie, mais aussi pour la culture, la langue, le transfert de connaissances, les
cérémonies, l’identité, la santé et le bien-être. Ces impacts sont interdépendants et se recoupent avec de
nombreuses autres crises auxquelles sont confrontés les Premières Nations, les Inuit et les Métis.
3. Les connaissances autochtones et les expériences vécues de ces peuples sont des éléments importants
de l’action climatique. Pour répondre au mieux aux impacts des changements climatiques, les systèmes
de connaissances autochtones, leurs observations et les diverses expériences vécues par ceux-ci, avec une
attention particulière aux personnes de diverses identités de genre, les femmes et les jeunes, doivent être
pris en compte dans tous les aspects de la recherche, des approches et de la prise de décision en matière
de changements climatiques. Les Premières Nations, les Inuit et les Métis se sont toujours appuyés sur des
indicateurs et des méthodes uniques et diversifiés pour observer, suivre et évaluer les changements.
4. Le lien entre l’alimentation, l’eau et l’énergie est au cœur du leadership climatique des Premières Nations,
des Inuit et des Métis. La souveraineté alimentaire est au cœur des cultures autochtones. La souveraineté
en matière d’alimentation, d’eau et d’énergie est une priorité essentielle pour les Premières Nations, les
Inuit et les Métis. Dans chaque contexte, la réaffirmation de l’autorité et de la prise de décision permet
une redistribution des pouvoirs en faveur des Premières Nations, des Inuit et des Métis. La revitalisation
d’économies autochtones significatives fondées sur des relations avec la terre, l’eau et la glace est
essentielle à cette redistribution et à l’action climatique menée par les Autochtones.
5. L’autodétermination est essentielle à l’action climatique dirigée par les Autochtones. L’autodétermination
et la gouvernance sont des droits et des aspirations essentiels pour les Premières Nations, les Inuit et les
Métis face aux changements climatiques. Nous devons reconnaître et traiter la manière dont les impacts des
changements climatiques affectent notre capacité à déterminer notre propre avenir, à nous gouverner nous-
mêmes et à adapter nos structures de gouvernance aux impacts des changements climatiques.
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L’agriculture
• De meilleurs outils et approches pour communiquer avec le public au sujet des changements
climatiques, en particulier en ce qui concerne les changements qui sont moins visibles ou qui
surviennent plus lentement.
• Une meilleure compréhension des motifs et des perspectives qui incitent les gens à
s’informer sur les changements climatiques, de la rapidité et de l’efficacité avec lesquelles cet
apprentissage progresse, et des utilisations potentielles de la technologie pour l’apprentissage
et le partage des connaissances dans les collectivités rurales et éloignées.
• Poursuivre les recherches pour surmonter les obstacles à la communication et développer des
voies de communication sur les sciences climatiques.
L’adaptation communautaire
• Des évaluations complètes pour mieux comprendre comment les changements climatiques
affectent la sécurité des déplacements des collectivités rurales et éloignées, en particulier dans
le nord du Canada.
• Recherche de mesures d’adaptation proactives à l’échelle de la communauté, y compris le
déplacement.
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• Leçons tirées d’exemples récents de gestion des urgences en réponse à des phénomènes
météorologiques extrêmes.
• Une meilleure compréhension des convergences et des disparités entre la gestion des
urgences, la réduction des risques de catastrophes et l’adaptation.
• Une meilleure compréhension des liens et des synergies entre les efforts d’atténuation et
d’adaptation aux changements climatiques.
• Des informations supplémentaires sur la manière dont les collectivités et les praticiens
peuvent accéder aux données climatiques et les utiliser au mieux pour mettre en œuvre des
mesures d’adaptation.
• Collecte et analyse plus complètes des données locales qui influent sur la capacité à prévoir la
variabilité des changements climatiques.
• Projections améliorées des vents et des nuages, ainsi que des changements dans le
comportement des incendies de forêt.
• Des recherches plus approfondies sur la manière dont la fréquence et l’ampleur des tempêtes
affecteront les régions côtières.
• Des données améliorées pour mieux prévoir et planifier les futurs changements en cascade, les
rétroactions et les nouveaux types de perturbations.
• Mise à jour de la cartographie des risques d’inondation dans de nombreuses régions du Canada
et amélioration des stratégies de réduction des risques d’inondation.
• Pratiques exemplaires pour l’intégration des projections de modèles de futurs scénarios
climatiques dans la planification de l’adaptation.
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L’économie de l’adaptation
• Recherche et conseils pour mieux quantifier les coûts directs (p. ex. les dommages causés par
une inondation) et indirects (p. ex. l’interruption de la prestation de services) des impacts des
changements climatiques.
• Recherche visant à mieux comprendre les conséquences économiques des phénomènes
extrêmes et des catastrophes.
• Poursuivre les recherches pour lever l’incertitude concernant les résultats cumulés des études
nationales sur les conséquences économiques nettes.
• Recherche sur les coûts économiques dans des régions particulières (p. ex. les provinces des
Prairies, les territoires, l’intérieur de la Colombie-Britannique, l’Ontario) et parmi les Premières
Nations, les Inuit et les Métis.
• Poursuivre les recherches sur la manière dont les changements climatiques affectent de
manière disproportionnée les groupes vulnérables et marginalisés et sur leur capacité
d’adaptation.
• Une meilleure valorisation et une meilleure utilisation des approches fondées sur la nature pour
répondre aux besoins normalement satisfaits par les infrastructures « lourdes » ou « techniques ».
• Une meilleure compréhension des menaces que les ravageurs, les agents pathogènes, les
mauvaises herbes et les espèces envahissantes font peser sur les écosystèmes et leur
fonctionnement.
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La santé humaine
• Une meilleure compréhension des impacts des changements climatiques sur les zones de
transition de la salinité, qui peuvent avoir une incidence sur la qualité et la disponibilité de
l’eau potable.
• Une meilleure compréhension de l’impact des extrêmes dans les niveaux d’eau afin de pouvoir
s’adapter à des scénarios de crue et d’étiage au fil du temps.
• Une meilleure connaissance des impacts des changements climatiques sur
l’approvisionnement en eau potable des eaux souterraines.