Guide pédagogique sur le Radeau de Géricault
Guide pédagogique sur le Radeau de Géricault
Le Radeau de la Méduse de Géricault dans les arts, de 1819 à nos jours ……………… p. 7
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Repères de l’exposition
Premier étage
Salle 4 :
Le Radeau de la Méduse
et Théodore Géricault
Salles 5 et 6 :
Jean-Michel Charpentier
ʺUn huis clos maritime grandeur natureʺ
Rez-de-chaussée
Salle 1 :
Jean-Michel Charpentier
ʺUn huis clos maritime grandeur natureʺ
Couloir et Salle 2 :
Lionel Guibout
ʺMedusa Projectʺ
Salle 3:
Gérard Rancinan
ʺLe Radeau des Illusionsʺ
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Présentation générale de l’exposition
Pourquoi l’exposition « Le Radeau de Géricault, 1818-2018 » ?
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Le naufrage de la Méduse, un tragique fait divers ?
À la Restauration, par le Traité de Paris de 1815, la France récupère ses comptoirs au Sénégal,
alors possessions de l’Angleterre depuis 1809. Louis XVIII, nouvellement installé sur le trône
de France, décide d’envoyer une expédition de colons pour reprendre possession des territoires
récemment rétrocédés. La flottille, composée de la frégate Méduse, de la corvette l’Echo, de la
flûte la Loire et du brick l’Argus, appareille le 17 juin 1816 de la rade de l’île d’Aix et doit rallier
Saint-Louis-du-Sénégal. La Méduse embarque environ 240 personnes sur les quelques 400 que
compte l’expédition. Parmi ses passagers, se trouvent le nouveau gouverneur du Sénégal, le
colonel Julien-Désiré Schmaltz (1771-1827) et sa famille, des soldats et des passagers
désireux de tenter leur chance en Afrique tels que l’aide-chirurgien Jean-Baptiste Henri
Savigny (1793-1843), le géographe Alexandre Corréard (1788-1857) ou encore Joseph Jean
Baptiste Alexandre Griffon du Bellay (1788-1862), secrétaire du gouverneur.
Les différentes tentatives de remise à flot du navire échouent et une tempête guette ;
l'évacuation devient alors nécessaire. Dans la nuit du 3 juillet, un conseil restreint prend la
décision de fabriquer un radeau de vingt mètres par sept pour suppléer les six chaloupes de
sauvetage. Dix-sept personnes choisissent de rester sur l’épave. Après avoir établi une liste de
répartition des passagers, environ 150 personnes embarquent le 5 juillet sur le radeau,
principalement des soldats et marins, mais aussi quelques passagers. Leur nombre étant trop
important pour le radeau, ils doivent se tenir debout serrés les uns aux autres et baignent
dans l'eau jusqu'à mi-corps. Placés sous les ordres de l’aspirant de marine Jean-Daniel
Coudein, les infortunés ne disposent que d'un paquet de biscuits, immédiatement consommé,
de deux barriques d'eau douce et six de vin.
La décision de tracter le radeau par les canots de sauvetage fait rapidement long feu. Le lien
avec le radeau se coupe, peut-être sur l’ordre du commandant. Les passagers des canots
optent pour des options différentes : ceux du gouverneur et du commandant rejoignent Saint-
Louis-du-Sénégal en trois jours, une chaloupe surchargée de soixante personnes débarque sur
la côte de la Mauritanie et tente sa chance à pied.
Livrés à eux-mêmes, les naufragés du radeau vont errer en mer durant treize jours. À bord de
cette embarcation de fortune, la situation se dégrade rapidement. À une peur légitime,
s’ajoutent la colère d’avoir été abandonnés, la soif, la faim et le délire éthylique. D’importantes
mutineries se produisent les 7 et 8 juillet. Au septième jour de dérive, ils ne sont ainsi plus que
vingt-sept à bord. Les passagers sont contraints de boire leur urine et s’adonnent à des actes
d'anthropophagie sur les cadavres jonchant le radeau alors que, physiologiquement, ils
auraient pu tenir plusieurs semaines sans alimentation. Le 13 juillet, les passagers jugés les
plus mal en point sont jetés à la mer pour permettre la survie des autres. Le 17 juillet, les
naufragés aperçoivent une première fois l’Argus venu à leur secours mais ce dernier ne les voit
pas. Deux heures plus tard, l’Argus paraît à nouveau : c’est la délivrance. Quinze hommes sont
ainsi sauvés, mais ils sont en piteux état, brûlés par le soleil et les jambes rongées par l’eau
salée baignant des plaies à vif. Cinq d’entre eux meurent avant d’avoir regagné la côte.
Connu à Paris dès le mois de septembre 1816, l'événement devient un scandale d'ampleur
internationale. Un procès dégrade le 3 mars 1817 le commandant Hugues Duroy de
Chaumareys et le condamne à trois ans de prison. Cette catastrophe cristallise ainsi les
tensions de l’époque. Des Français jugent la monarchie nouvellement restaurée responsable de
la tragédie et condamnent la politique coloniale du pays.
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Le Radeau de la Méduse de Géricault, 1818-1819
En 1817, de retour d'un séjour de deux années en Italie, le peintre Théodore Géricault (1791-
1824) découvre par hasard le récit de cet effroyable événement par les rescapés Jean-Baptiste
Henri Savigny et Alexandre Corréard. Il se prend alors de fascination pour le sujet. Rêvant d’un
thème d’envergure à présenter au Salon, il délaisse sa première idée - l’affaire Fualdès, un
sombre crime politique - pour le radeau de la Méduse.
Géricault entreprend un long travail préparatoire à l’exécution de son tableau. Après la lecture
du témoignage de Savigny et de Corréard, il rencontre ces derniers ainsi que d’autres rescapés
dont Valéry Touche-Lavillette, le charpentier de la Méduse, avec lequel il fabrique une
maquette du radeau sur laquelle il dispose des figurines en cire.
Par ailleurs, à la recherche d’une vérité anatomique et dans les expressions, le peintre étudie à
la morgue et à l’hôpital Beaujon à Paris les visages d’agonisants, de cadavres et de corps
amputés ; il se fait également livrer des membres amputés à son atelier par du personnel de
l’hôpital. Il séjourne également au Havre pour s’imprégner de la mer et voir les bateaux.
Il réalise au total une cinquantaine de projets et d’esquisses, que l’on peut répartir en cinq
groupes : les scènes de mutinerie, les scènes de cannibalisme, la vue de l’Argus à l’horizon,
l’appel aux sauveteurs et le sauvetage des naufragés. Toutes ces esquisses ont sûrement un
rôle documentaire pour contextualiser le sujet car on ne les retrouve pas dans le tableau.
L’étude des esquisses préparatoires montre que Géricault a longtemps hésité sur le choix du
sujet. Il finit par privilégier le moment où les naufragés aperçoivent pour la première fois
l’Argus.
Alors que ses études tournaient largement autour de la question du cannibalisme, Géricault n’y
fait aucune allusion directe dans le tableau final. Il l’évoque de manière allégorique par la
présence du groupe du père et de son fils mort au premier plan à gauche, sûrement tiré de la
figure d’Ugolin dans La Divine Comédie de Dante. De même, alors qu’il a pourtant lu les
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témoignages et rencontré des survivants, il choisit pour accentuer le drame de la scène de
peindre une mer démontée alors que le temps était clair et la mer calme. L’œuvre s’inspire
donc de la réalité mais Géricault propose une vision subjective et synthétique, aux accents
théâtraux.
Il fait enfin poser de nombreux modèles : des amis proches tels que le peintre Eugène
Delacroix, des peintres apprentis comme Jamar, des modèles professionnels tels que Joseph,
des rescapés (Savigny, Corréard), des malades, des mourants et lui-même.
L’œuvre de Géricault, œuvre majeure de la peinture française du XIXe siècle, s’inspire des
grands maîtres de l’histoire de l’art. Il emprunte par exemple la terribilità de Michel-Ange (des
formes tout à la fois colossales, puissantes et tourmentées), le clair-obscur du Caravage, ou
encore l’harmonie de la composition et la netteté des contours du classicisme français (cf. les
œuvres de Jacques-Louis David par exemple).
Présenté au Salon de 1819 sous un titre qui ne dupe personne ʺScène de naufrageʺ, le tableau
de Géricault rencontre immédiatement un vif succès.
Dès 1819, alors que Géricault se défend dans sa correspondance de toute interprétation autre
qu’une allégorie de l’horreur, l’on s’adonne à interpréter le Radeau de Géricault de diverses
manières, selon que l’on est libéral ou monarchiste. En raison de la présence de la croix de la
Légion d’honneur au cou du père (en bas à gauche), on y voit une allégorie du naufrage
politique de la France, menée à la dérive par un roi réactionnaire. L’historien Jules Michelet, en
1848, fait du tableau une allégorie politique : « C’est la France elle-même, c’est notre société
tout entière qu’il embarqua sur ce radeau de la Méduse ».
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Le Radeau de la Méduse de Géricault dans les arts,
de 1819 à nos jours
La pratique de la copie est fortement répandue jusqu’au XIX e siècle et ne souffre pas de
critique comme de nos jours. Tous les artistes y ont ainsi recours, à la fois pour se former par
la pratique, fixer le souvenir des œuvres mais également approcher au plus près du génie de
leurs prédécesseurs. C’est par exemple le cas de Jacques-Édouard Jabiot, qui copie en 1854 le
Radeau de la Méduse de Géricault.
Dès la fin des années 1850, l’huile cuite au plomb utilisée par Géricault pour vernir le Radeau
de la Méduse renforce les ombres et provoque des craquelures. Pour sauvegarder la mémoire
du chef-d’œuvre attaqué par le temps, le musée du Louvre commande alors une copie
conforme du tableau aux peintres Étienne-Antoine-Eugène Ronjat et Pierre-Désiré Guillement
en 1859. Cette œuvre, aux dimensions exactes de l’originale, est aujourd’hui conservée au
Musée de Picardie d’Amiens.
Le Radeau de la Méduse de Géricault devient une référence incontournable pour les peintres de
la jeune génération. Il en va ainsi d’Eugène Delacroix (1798-1863), qui voue une admiration
sans borne au père du Romantisme et écrit notamment dans son journal : "Géricault m'avait
permis de contempler Le Radeau de la Méduse alors qu'il était encore en train d'y travailler.
Cela eut un tel effet sur moi qu'à peine sorti de l'atelier, je commençai à courir tel un forcené
jusqu'à chez moi, sans que rien ne puisse m'arrêter." On retrouve cette forte influence dans la
composition et les contrastes chromatiques de célèbres tableaux de Delacroix comme La
barque de Dante (1822) et La Liberté guidant le peuple (1830), tous deux conservés au musée
du Louvre.
L’influence du Radeau de la Méduse de Géricault est telle qu’on la retrouve dès les années
1830 dans la culture populaire. Tous deux intitulés Le naufrage de la Méduse, un opéra des
frères Cogniard est donné à Paris, au Théâtre de la Renaissance et un drame de Charles
Desnoyer est joué, également à Paris, au Théâtre de l’Ambigu-Comique la même année 1839.
Au frontispice du livret de la pièce de théâtre se trouve une lithographie du tableau de
Géricault. De nombreuses lithographies, faciles à produire et à reproduire, permettent ainsi la
diffusion massive du tableau de Géricault.
L’œuvre est également mentionnée en 1876 par Émile Zola dans son célèbre roman
L’Assommoir. Au cours du chapitre trois, lors du mariage de Gervaise et de Coupeau, la noce
décide d’aller visiter le musée du Louvre. Pendant leur parcours, les protagonistes passent
ainsi devant le tableau de Géricault : ʺ[…] Puis, au bout, Monsieur Madinier les arrêta
brusquement devant le Radeau de la Méduse ; et il leur expliqua le sujet. Tous, saisis,
immobiles, ne disaient rien. Quand on se remit à marcher, Boche résuma le sentiment général
: c'était tapé.ʺ
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Dans la culture populaire, la référence au naufrage de la Méduse et à l’œuvre de Géricault qui
lui est inextricablement liée semble s’essouffler à la fin du XIX e siècle et dans la première
moitié du XXe siècle. On retrouve leur trace à partir de la fin des années 1950, notamment
avec la couverture de la bande dessinée Coke en stock, une aventure de Tintin publiée par
Hergé en 1958. La bande dessinée a souvent, depuis, cité le Radeau de Géricault (cf. Astérix
légionnaire, De cape et de crocs tome 8, etc…). Les illustrateurs empruntent le plus souvent la
composition pyramidale à Géricault.
Les arts vivants ne sont pas en reste et, dans la lignée du XIX e siècle, des pièces de théâtre,
mais aussi des films, ont vu le jour ayant pour thème le Radeau, et ce encore tout récemment.
On n’y relate plus une succession de faits depuis le naufrage jusqu’au sauvetage. Il s’agit
plutôt de s’interroger sur des points précis comme la question taboue du cannibalisme, celle
des responsabilités dans le naufrage et celle d’une certaine esthétique de la mort.
Enfin, il est à noter que l’œuvre de Géricault a plusieurs fois été détournée dans un contexte
publicitaire au cours des XXe et XXIe siècles, le plus souvent dans des campagnes au service
d’une cause - comme en 2015 pour l’ONG Surfrider pour la protection des océans - renouant
ainsi avec la dimension engagée du Radeau de la Méduse.
D’une manière générale, on constate que les artistes ayant recours à Géricault dans leur
travail se documentent beaucoup sur l’histoire de cet épisode mais sont globalement attirés
par l’Histoire. On a pu noter depuis les années 1990, une tendance à un retour de l’histoire
comme sujet choisi par les peintres contemporains. Mais, comme Géricault en son temps, il ne
s’agit pas d’une peinture d’histoire à la manière classique. Cette peinture, comme les autres
disciplines artistiques, sont rarement historiques au sens strict, comme dans le Radeau de la
Méduse de Clarisse Griffon du Bellay. Le sujet n’est parfois qu’un simple prétexte en vue de
libérer le travail formel, comme dans l’œuvre de Frank Stella Raft of Medusa, part I, dans
laquelle le récit du naufrage est l’occasion pour l’artiste de mettre en avant des jeux de
matières provenant de bateaux.
La poétique du fragment chère à Géricault, qui se voit surtout dans ses travaux préparatoires
au Radeau, se retrouve dans des œuvres originales mettant l’accent sur des détails de
l’histoire. C’est notamment le cas d’artistes comme Elizabeth Zvonar ou Rachel Kneebone, qui
choisissent de représenter des amas de fragments humains, délaissant l’aspect narratif.
Comme pour mieux s’affronter au gigantisme de la toile de Géricault, on peut constater que les
œuvres modernes et contemporaines s’appropriant ou détournant le Radeau de la Méduse
optent presque tous pour d’immenses formats. Il peut s’agir de fresques à l’échelle
monumentale, comme celle de Jean-Michel Charpentier aux dimensions du radeau réel. Il peut
également s’agir de démultiplier l’œuvre sur une multitude de support. Ainsi de nombreux
artistes, fascinés par l’histoire du Radeau comme a pu l’être Géricault, se plongent plusieurs
années durant dans de vastes projets dans lesquels ils explorent plusieurs facettes et plusieurs
directions de ce tragique fait divers. Bien souvent, ils réalisent des installations mêlant
plusieurs techniques artistiques, différents points de vue, etc. Les travaux de Lionel Guibout et
de Martin Kippenberger s’inscrivent dans cette démarche.
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Mais ce qui semble caractériser l’ensemble des œuvres modernes et contemporaines utilisant
le Radeau de la Méduse de Géricault, bien souvent, est le détournement du tableau pour servir
un autre propos engagé, reflétant des considérations sociopolitiques. Une des premières
occurrences de ces détournements date de 1974-1975. Le collectif des Malassis (dont Henri
Cueco) exécute alors dans un centre commercial grenoblois la fresque Onze variations sur le
Radeau de la Méduse ou la dérive de la société, qui détourne l’œuvre de Géricault vers un
discours contre les dérives de la société de consommation.
Dans les œuvres de ces artistes un drame humain au sens général semble se jouer. On voit
ainsi surgir une même volonté, consciente ou non, de tirer l’épisode choisi vers une dimension
plus universelle, capable de parler à tout le monde.
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La postérité du Radeau de la Méduse de Géricault :
Œuvres de comparaison
XIXe siècle
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XXe siècle
Hergé, Les aventures de Tintin, tome 19 Coke Albert Uderzo et René Gosciny, Astérix légionnaire,
en stock, 1958, couverture et p. 39 1967, planche p. 35
Les Malassis (collectif), Onze variation sur le Radeau de la Elizabeth Shannon, Raft of the
Méduse ou La dérive de la société, 1975, fresque peinte, 2000 Medusa, 1978, dimensions
m2, Grenoble-Échirolles, Centre commercial Grand Place inconnues, installation composée de
bois, cordages, ossements et câbles,
coll. part.
Jan Fabre, Le radeau. L’art est/n’est pas Speedy Graphito, Le radeau de la Méduse ou le
solitaire, 1986, technique mixte radeau des Médusé, 1987, livre
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John Connell et Eugene Newmann, The raft Frank Stella, Raft of Medusa, part I, 1990, huile
project (extrait), 1989-1994, installation et émail sur aluminium en nid d'abeille gravé
composée de bois et de métal, dimensions avec tubes d'acier, poutres et éléments
inconnues, coll. part. métalliques, 424 x 414 x 403 cm environ, New
Canaan (États-Unis), The Glass House
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XXIe siècle
Hu Jieming,
Raft of the
Medusa, 2000,
série de quatre
photographies,
150 x 225 cm
chacune,
coll. part.
Bruce High Quality Foundation, The Joel Peter Witkin, The raft of George W.
raft of Medusa, 2004, photographie, Bush, 2006, photographie, dimensions non
106 x 106 cm, coll. part. connues, coll. part.
Elizabeth Zvonar, Raft of the Medusa (after Adad Hannah, Le Radeau de la Méduse,
Gericault), 2009, porcelaine, 23 x 18 x 13 2009, tableaux vidéos (extrait)
cm environ, coll. part.
Wolfe von Lenkiewicz, The raft of the Jeff Koons, Gazing Ball (Gericault Raft of the
Medusa, 2013, Medusa), 2014-2015, huile sur toile, verre et
aluminium, 175.9 x 259 x 37.5 cm, coll. part.
Peter Saul, Last moment on the the Banksy, Le radeau de la Méduse, 2015,
Raft of the Medusa, 2015, acrylique sur œuvre de street art dans une rue de
toile, 162 x 203 cm, Mary Boone Gallery Calais, effacé en 2017
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Campagne publicitaire de l’ONG Surfrider, 2015 Rachel Kneebone, Raft of the Medusa, 2015,
porcelaine,
Gérard Willemenot, Le radeau de la Méduse, Kent Monkman, Miss Chief’s wet dream, 2018,
date inconnue, 60 x 92 cm, huile sur bois, acrylique sur toile, 144 x 288 cm, collection
coll. part. Donald R. Sobey
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Vocabulaire d’analyse d’œuvre
Technique :
- Peinture
- Sculpture
- Gravure
- Livre d’art
- Dessin
- Photographie
- Installation
- Archive
Format :
- Carré / Rectangulaire / Rond
- Vertical (format « portrait ») / Horizontal (format « paysage »)
- Petit / Moyen / Grand / Grandeur nature / …
Cadrage :
- Gros plan : une partie du sujet ou de l’environnement
- Plan moyen : le sujet apparaît en entier
- Plan large ou plan d’ensemble : le sujet dans une partie de l’environnement
- Plan général : le sujet dans son environnement général
- Plan rapproché : le sujet est coupé à la taille ou à la poitrine, le décor est secondaire
- Plan américain : le sujet est coupé à mi-cuisse, le décor est secondaire
Profondeur de champ :
- Premier plan
- Deuxième plan
- Arrière-plan
Composition :
- Lignes verticales : impression de stabilité
- Lignes horizontales : impression de stabilité
- Lignes obliques : impression d’instabilité, dynamisme
- Lignes droites / courbes
- Inscription des volumes dans des formes géométriques
Lumière :
- Jour / Nuit
- Naturelle / Artificielle
- Son origine
- L’effet produit
Noir et blanc :
- Contrasté / Doux (dominante grise)
- Sombre / Clair
Couleurs :
- Chaudes / froides
- Contrastées / Non contrastées
- Sombres / Claires
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Pistes de travail avant la visite de l’exposition
2. Élaborer une grille d’analyse d’une peinture et d’une sculpture et s’exercer avec une
œuvre de l’exposition
- Décrire le format
- Décrire la technique
- Décrire les différents plans composant une image
- Trouver les lignes de la composition
- Comprendre l’intention de l’artiste
3. Montrer des détails d’œuvres à retrouver le jour de la visite pour affuter le regard.
5. Comparer l’œuvre de Géricault à celle, par exemple, de Joel Peter Witkin (composition,
technique, interprétation).
Lire l’interview de l’artiste dans The Guardian expliquant sa démarche :
https://www.theguardian.com/artanddesign/2016/feb/18/joel-peter-witkins-
best-photograph-george-w-bush-the-raft-of-the-medusa-interview
6. Pour le cycle 3, lire l’album de François Place et Brunot Pilorget Le radeau de Géricault
(2018).
Dossier pédagogique « Pont des Arts » :
https://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/contenus-associes-dossier-
pedagogique-N-16036-25067.pdf
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Pistes de travail pendant la visite
Voici quelques pistes principales à explorer dans l’exposition salle par salle, que vous retrouvez
sous forme de questions ludiques dans le livret-jeu fourni avec ce guide pédagogique.
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Salle 3 – Gérard Rancinan, ʺLe Radeau des Illusionsʺ
Comprendre la notion d’ʺinstallationʺ en art contemporain : ici, plusieurs éléments
d’apparences disparates dialoguent pour évoquer un seul et même sujet
Évoquer les collaborations entre artistes, ici le photographe Gérard Rancinan et
l’écrivaine Caroline Gaudriault
Comparer l’œuvre de Gérard Rancinan au tableau de Géricault : il s’agit d’un
détournement de l’œuvre de Géricault, comme Gérard Rancinan l’a fait avec d’autres
tableaux célèbres comme La Liberté guidant le Peuple de Delacroix (lui-même inspiré
par le Radeau de Géricault) : même composition à partir de structures pyramidales, le
radeau posé en biais sur la mer, la grande vague à gauche, l’éclaircie dans le ciel, les
personnages tournées vers le haut droit de l’œuvre vers leur espoir, les couleurs, même
gigantisme de la composition, c’est aussi une œuvre engagée mais la scène se passe
dans les années 2000, shooting de la photographie qui se rapproche du cinéma
(figurants, costumes, décor entièrement fabriqué, tournage mis en scène par le
photographe, etc.), la mer est en fait une mer de plastique, l’œuvre évoque l’illusion
des migrants pensant trouver sur les terres occidentales un eldorado qui n’existe pas
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Pistes de travail après la visite de l’exposition
Le thème de l’exposition peut être exploité dans de nombreuses matières. Voici quelques
exemples.
En français et en littérature : étude d’un corpus de textes autour du radeau de la
Méduse : récit des rescapés du radeau de la Méduse Savigny et Corréard (disponible
sur Gallica), critiques d’art lors de la présentation du tableau de Géricault au Salon de
1819, coupures de presse relatant l’épisode (sur Gallica), passages de romans, de
pièces de théâtre et de bandes dessinées faisant référence au Radeau de la Méduse ;
étude du Romantisme dans la littérature, etc.
En histoire : étudier la période de la Restauration dans laquelle prend place le radeau
de la Méduse et les évolutions sociopolitiques du temps, l’abolition de la traite des
esclaves par exemple.
En EMC : élargir par exemple la portée du tableau de Géricault à la question des
migrants en Europe via un débat, etc.
En musique : analyser des chansons et des opéras sur le thème du radeau de la
Méduse, étudier des œuvres du courant romantique tout en regardant le tableau, etc.
En mathématiques : analyse de la composition du tableau de Géricault, organisée
autour de structures pyramidales, toile partagée en carrés égaux, etc.
Buts de l’atelier :
- Observer et comprendre la construction du tableau de Géricault
- Prendre possession de son corps et de l’espace
Techniques travaillées :
- Bricolage
- Expression corporelle, théâtre
- Photographie numérique
Déroulé de l’atelier :
- Fabriquer le décor de l’œuvre : découpe de sacs poubelle pour recouvrir le sol pour
représenter la mer ; peindre une fresque collective représentant le ciel avec les nuages
et l’éclaircie
- Construire un radeau : par exemple à partir de morceaux de bois, de palettes en bois,
de cordages et de vieux draps
- Faire poser les élèves comme les personnages du tableau de Géricault
- Prendre la composition en photo
- Ensuite, éventuellement, modifier les poses et reprendre en photo pour créer une
galerie de variations autour du tableau vivant
But de l’atelier :
- S’intéresser à l’actualité
- S’approprier la composition de Géricault et sa signification
Techniques travaillées :
- Recherche, lecture et compréhension d’un article de presse écrite ou en ligne
- Écriture
- Décalquage
- Dessin
- Peinture
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Déroulé de l’atelier :
- Dans un quotidien papier ou en ligne, chaque élève repère un événement de l’actualité
qui l’intéresse
- Imaginer une histoire à partir de ce fait d’actualité avec des mots : choisir le moment,
les personnages, etc.
- Sur une feuille A3, reporter grâce à un papier calque les lignes de la composition du
Radeau de la Méduse de Géricault (composition pyramidale, grande ligne ascendante
d’en bas à gauche vers en haut à droite pour traduire l’espérance, etc.)
- Retranscrire sur cette feuille l’histoire choisie en images dessinées, en prenant soin de
l’intégrer dans la composition de Géricault
- Coloriser l’œuvre à la peinture
But de l’atelier :
- Observer et comprendre la construction du tableau de Géricault
- Percevoir les notions d’échelles
Techniques travaillées :
- Découpage
- Décalquage
- Dessin
- Collage
- Coloriage
Déroulé de l’atelier :
- Découper des silhouettes de personnages dans des catalogues et magazines
- Sur une feuille A3, reporter grâce à un papier calque les lignes de la composition du
Radeau de la Méduse de Géricault (composition pyramidale, grande ligne ascendante
d’en bas à gauche vers en haut à droite pour traduire l’espérance, etc.)
- Coller sur la feuille les personnages découpés à l’intérieur de cette composition
- Colorier le décor
OU
- Copier la structure de l’œuvre de Géricault sur une feuille A3 : le radeau posé en biais,
le mat, les cordages et la voile
- Remplacer les personnages de Géricault par d’autres au choix
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Indications bibliographiques
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Georges Brassens, Les copains d’abord,
1964, 4’01, disponible sur : Hans Werner Henze (compositeur) et Ernst
www.youtube.com/watch?v=CWJmBBxJlig Schanbel (texte), Le radeau de la Méduse,
1968, 1h15, disponible sur :
Charles Desnoyer (texte) et Adolphe www.youtube.com/watch?v=-CkJqyS2ta8
Vaillard (compositeur), Le Bien en
naviguant, 1839 [chanson pour l’opéra de The Pogues, The wake of the Medusa,
Charles Desnoyer Le naufrage de la 1990, 3’04, disponible sur :
Méduse], partition disponible sur : www.youtube.com/watch?v=lyUwykasKhY
www.gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11798
00w
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