0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
39 vues26 pages

Guide pédagogique sur le Radeau de Géricault

Important

Transféré par

wandaogoissaka773
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
39 vues26 pages

Guide pédagogique sur le Radeau de Géricault

Important

Transféré par

wandaogoissaka773
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Guide pédagogique n° 4 / 2018 réalisé par la Maison des Arts ENSEIGNANTS ET RELAIS

GUIDE PÉDAGOGIQUE POUR


SOMMAIRE DU DOSSIER

Repères de l’exposition ……………………………………………………………………………………....….. p. 2

Contact partenariats et visuels ………………………………………….…………………………………….. p. 2

Présentation générale de l’exposition ……………………...…………………………………………..… p. 3

Le naufrage de la Méduse, un tragique fait divers ? ………………………………………………. p. 4

Le Radeau de la Méduse de Géricault, 1818-1819 …………………………………………………. p. 5

Le Radeau de la Méduse de Géricault dans les arts, de 1819 à nos jours ……………… p. 7

La postérité du Radeau de la Méduse de Géricault :


œuvres de comparaison .……………….………………….…........................................... p. 10

Vocabulaire d’analyse d’œuvre …………………………….………………….….………………………... p. 17

Pistes de travail avant la visite de l’exposition ………………………….………………………….. p. 18

Pistes de travail pendant la visite …………………………………………………………………………… p. 19

Pistes de travail après la visite de l’exposition ……………………….………….….………..….. p. 21

Indications bibliographiques ………………………….……………………………….…….………..…….. p. 23

Page 1 sur 26
Repères de l’exposition

N. B. : exceptionnellement, le parcours de l’exposition se déroule de l’étage au rez-de-chaussée.

Premier étage

Salle 4 :
Le Radeau de la Méduse
et Théodore Géricault

Salles 5 et 6 :
Jean-Michel Charpentier
ʺUn huis clos maritime grandeur natureʺ

Clarisse Griffon du Bellay


ʺUn Radeau en héritageʺ

Rez-de-chaussée

Salle 1 :
Jean-Michel Charpentier
ʺUn huis clos maritime grandeur natureʺ

Clarisse Griffon du Bellay


ʺUn Radeau en héritageʺ

Couloir et Salle 2 :
Lionel Guibout
ʺMedusa Projectʺ

Salle 3:
Gérard Rancinan
ʺLe Radeau des Illusionsʺ

Contact partenariats et visuels


Pour toute demande de renseignements sur l’exposition, de visuels des œuvres exposées et de
partenariat avec la Maison des Arts, vous pouvez contacter :
Chloé Eychenne
Conseillère artistique et chargée du développement des publics
[email protected]
01.40.96.31.52

Page 2 sur 26
Présentation générale de l’exposition
Pourquoi l’exposition « Le Radeau de Géricault, 1818-2018 » ?

À l’occasion du bicentenaire du chef-d’œuvre de Géricault, Le radeau de la Méduse, peint entre


1818 et 1819 et conservé au musée du Louvre, la Maison des Arts souhaite présenter une
exposition consacrée à cette toile majeure emblématique de la peinture française du XIX e
siècle et à son influence sur les artistes contemporains, dont le message socio-politique semble
évoluer au fil de l’histoire. Avec cette exposition, la Maison des Arts souhaite mettre en avant
la création contemporaine tout en l’inscrivant dans le temps long de l’Histoire de l’art. C’est
également une occasion de participer à la formation du regard et de la culture artistique du
public, notamment des plus jeunes.

Qui sont les artistes évoqués et présentés dans l’exposition ?

Théodore Géricault (1791-1824). Né à Rouen, Géricault et sa famille s’installe à Paris en


1795 ou 1796. À la suite du décès de sa mère en 1808, il hérite d’une fortune qui lui permettra
de vivre confortablement toute sa vie. La même année, il commence à fréquenter l’atelier du
peintre d’histoire et de batailles Carle Vernet ; son sujet privilégié d’alors est le cheval. Il entre
ensuite vers 1810 dans l’atelier du peintre Pierre Guérin, grand prix de Rome qui rencontre un
vif succès. C’est là qu’il rencontre en 1815-1816 le peintre Eugène Delacroix, qui l’admirera
tant. Travailleur forcené, il acquiert et développe une originalité picturale : touches
apparentes, cadrages, choix des sujets. Il reçoit au Salon de 1812 une médaille d’or pour son
tableau Officier de chasseurs (Louvre), dans lequel il critique la guerre. Il s’engage cependant
en 1814 dans la Garde nationale à cheval de Paris puis dans la Compagnie de Mousquetaires
de Louis XVIII. Il présente au Salon de 1814 trois œuvres fortes témoignant de son
nationalisme. En 1816, après avoir échoué plusieurs fois au Prix de Rome, Géricault part seul
en Italie : c’est un choc esthétique sans pareil, à commencer par les œuvres de Michel-Ange et
de Raphaël (dont on retrouve des échos dans Le Radeau de la Méduse). En Italie, le style de
Géricault s’affirme davantage, vers toujours plus d’énergie ; il explore des thématiques
inhabituelles telles que les scènes de rapts, de décapitation, mais aussi des scènes de la vie
quotidienne et toujours des chevaux. Quelques mois après son retour en France début 1818,
Géricault entend parler de l’épisode du radeau de la Méduse et décide d’en faire son grand
sujet pour le Salon de 1819, durant lequel l’œuvre suscite un vif intérêt. Il présente le tableau
les deux années suivantes en Grande-Bretagne, où il rencontre un grand succès. Il commence
également à Londres en 1821 la lithographie. Après son retour en France, trois chutes de
cheval compromettent gravement la santé de Géricault. Il meurt à 32 ans le 26 janvier 1824.

Quatre artistes contemporains ayant exploré le thème du radeau de la Méduse et l’œuvre de


Géricault sont ensuite présentés dans l’exposition.
Jean-Michel Charpentier. La confrontation avec le Radeau de Géricault au Louvre a été un
choc esthétique pour cet artiste qui, à partir de là, se concentre sur la thématique de l’humain.
Peintre, illustrateur, graveur et carnettiste, il a imaginé une grande fresque inspirée du radeau
de la Méduse en vue plongeante sous la forme de vingt-trois toiles emboitables aux
dimensions réelles du radeau (20 x 7 m). L’œuvre immerge le spectateur dans le drame qui se
joue sous ses yeux.
Clarisse Griffon du Bellay. L’artiste est sculpteure sur bois. Elle est une descendante d’un
rescapé du radeau de la Méduse. Elle a interprété l’histoire du radeau, avant tout personnelle,
et l’œuvre de Géricault à travers une installation monumentale figurant le radeau,
accompagnée de plusieurs sculptures autonomes sur le thème du cannibalisme. Ses œuvres
expressionnistes sur la thématique sont avant tout cathartiques.
Lionel Guibout. Peintre, graveur, dessinateur, il a consacré une dizaine d’années à travailler
sur le radeau de la Méduse. Son Medusa Project englobe peintures, arts graphiques, sculptures
et livres d’artiste. L’ensemble retrace l’histoire du naufrage, qu’il interprète comme un
événement mythologique.
Gérard Rancinan. Le célèbre photographe, que vous aviez pu découvrir dans l’exposition
« L’ivresse du mouvement » consacrée à la photographie de sport en 2017, a réinterprété le
radeau de Géricault dans une installation emblématique Le radeau des illusions. Il détourne ici
le chef-d’œuvre pour évoquer le rêve illusoire des pays pauvres à la recherche d’un Eldorado :
le monde occidental.

Page 3 sur 26
Le naufrage de la Méduse, un tragique fait divers ?
À la Restauration, par le Traité de Paris de 1815, la France récupère ses comptoirs au Sénégal,
alors possessions de l’Angleterre depuis 1809. Louis XVIII, nouvellement installé sur le trône
de France, décide d’envoyer une expédition de colons pour reprendre possession des territoires
récemment rétrocédés. La flottille, composée de la frégate Méduse, de la corvette l’Echo, de la
flûte la Loire et du brick l’Argus, appareille le 17 juin 1816 de la rade de l’île d’Aix et doit rallier
Saint-Louis-du-Sénégal. La Méduse embarque environ 240 personnes sur les quelques 400 que
compte l’expédition. Parmi ses passagers, se trouvent le nouveau gouverneur du Sénégal, le
colonel Julien-Désiré Schmaltz (1771-1827) et sa famille, des soldats et des passagers
désireux de tenter leur chance en Afrique tels que l’aide-chirurgien Jean-Baptiste Henri
Savigny (1793-1843), le géographe Alexandre Corréard (1788-1857) ou encore Joseph Jean
Baptiste Alexandre Griffon du Bellay (1788-1862), secrétaire du gouverneur.

La Méduse est placée sous le commandement d’Hugues Duroy de Chaumareys (1763-1841),


un noble émigré pendant la Révolution revenu d'exil à la Restauration et officier de la Marine
n’ayant pas navigué depuis plus de vingt ans. Voulant prendre de l'avance sur les autres
navires de la flottille, Chaumareys fait accélérer la cadence de la Méduse, contre l’avis de son
équipage et ignorant les signaux envoyés par les autres bâtiments. Suite à des erreurs de
navigation, la Méduse dévie de sa trajectoire et s’échoue le 2 juillet 1816 sur le banc d’Arguin,
au large des côtes de la Mauritanie (l’épave ne sera retrouvée qu’en 1986 par l’explorateur
Théodore Monod).

Les différentes tentatives de remise à flot du navire échouent et une tempête guette ;
l'évacuation devient alors nécessaire. Dans la nuit du 3 juillet, un conseil restreint prend la
décision de fabriquer un radeau de vingt mètres par sept pour suppléer les six chaloupes de
sauvetage. Dix-sept personnes choisissent de rester sur l’épave. Après avoir établi une liste de
répartition des passagers, environ 150 personnes embarquent le 5 juillet sur le radeau,
principalement des soldats et marins, mais aussi quelques passagers. Leur nombre étant trop
important pour le radeau, ils doivent se tenir debout serrés les uns aux autres et baignent
dans l'eau jusqu'à mi-corps. Placés sous les ordres de l’aspirant de marine Jean-Daniel
Coudein, les infortunés ne disposent que d'un paquet de biscuits, immédiatement consommé,
de deux barriques d'eau douce et six de vin.

La décision de tracter le radeau par les canots de sauvetage fait rapidement long feu. Le lien
avec le radeau se coupe, peut-être sur l’ordre du commandant. Les passagers des canots
optent pour des options différentes : ceux du gouverneur et du commandant rejoignent Saint-
Louis-du-Sénégal en trois jours, une chaloupe surchargée de soixante personnes débarque sur
la côte de la Mauritanie et tente sa chance à pied.

Livrés à eux-mêmes, les naufragés du radeau vont errer en mer durant treize jours. À bord de
cette embarcation de fortune, la situation se dégrade rapidement. À une peur légitime,
s’ajoutent la colère d’avoir été abandonnés, la soif, la faim et le délire éthylique. D’importantes
mutineries se produisent les 7 et 8 juillet. Au septième jour de dérive, ils ne sont ainsi plus que
vingt-sept à bord. Les passagers sont contraints de boire leur urine et s’adonnent à des actes
d'anthropophagie sur les cadavres jonchant le radeau alors que, physiologiquement, ils
auraient pu tenir plusieurs semaines sans alimentation. Le 13 juillet, les passagers jugés les
plus mal en point sont jetés à la mer pour permettre la survie des autres. Le 17 juillet, les
naufragés aperçoivent une première fois l’Argus venu à leur secours mais ce dernier ne les voit
pas. Deux heures plus tard, l’Argus paraît à nouveau : c’est la délivrance. Quinze hommes sont
ainsi sauvés, mais ils sont en piteux état, brûlés par le soleil et les jambes rongées par l’eau
salée baignant des plaies à vif. Cinq d’entre eux meurent avant d’avoir regagné la côte.

Connu à Paris dès le mois de septembre 1816, l'événement devient un scandale d'ampleur
internationale. Un procès dégrade le 3 mars 1817 le commandant Hugues Duroy de
Chaumareys et le condamne à trois ans de prison. Cette catastrophe cristallise ainsi les
tensions de l’époque. Des Français jugent la monarchie nouvellement restaurée responsable de
la tragédie et condamnent la politique coloniale du pays.

Page 4 sur 26
Le Radeau de la Méduse de Géricault, 1818-1819
En 1817, de retour d'un séjour de deux années en Italie, le peintre Théodore Géricault (1791-
1824) découvre par hasard le récit de cet effroyable événement par les rescapés Jean-Baptiste
Henri Savigny et Alexandre Corréard. Il se prend alors de fascination pour le sujet. Rêvant d’un
thème d’envergure à présenter au Salon, il délaisse sa première idée - l’affaire Fualdès, un
sombre crime politique - pour le radeau de la Méduse.

Un long travail préparatoire

Géricault entreprend un long travail préparatoire à l’exécution de son tableau. Après la lecture
du témoignage de Savigny et de Corréard, il rencontre ces derniers ainsi que d’autres rescapés
dont Valéry Touche-Lavillette, le charpentier de la Méduse, avec lequel il fabrique une
maquette du radeau sur laquelle il dispose des figurines en cire.

Par ailleurs, à la recherche d’une vérité anatomique et dans les expressions, le peintre étudie à
la morgue et à l’hôpital Beaujon à Paris les visages d’agonisants, de cadavres et de corps
amputés ; il se fait également livrer des membres amputés à son atelier par du personnel de
l’hôpital. Il séjourne également au Havre pour s’imprégner de la mer et voir les bateaux.

Il réalise au total une cinquantaine de projets et d’esquisses, que l’on peut répartir en cinq
groupes : les scènes de mutinerie, les scènes de cannibalisme, la vue de l’Argus à l’horizon,
l’appel aux sauveteurs et le sauvetage des naufragés. Toutes ces esquisses ont sûrement un
rôle documentaire pour contextualiser le sujet car on ne les retrouve pas dans le tableau.

Un chaos bien ordonné

Peint entre novembre 1818 et juin 1819, le Radeau de


la Méduse est une huile sur toile de format colossal,
environ cinq mètres de haut sur un peu plus de sept
mètres de large. L'œuvre a été acquise par le musée
du Louvre en 1824, peu après la mort du peintre.

Par cette monumentalité, les personnages à l'arrière-


plan sont à échelle humaine et ceux du premier plan
légèrement plus grands. Ce format accentue
l’immersion du spectateur dans l'action du tableau.

L’étude des esquisses préparatoires montre que Géricault a longtemps hésité sur le choix du
sujet. Il finit par privilégier le moment où les naufragés aperçoivent pour la première fois
l’Argus.

Sur le radeau posé en biais, le chaos évoqué par


Géricault est savamment ordonné autour de trois
structures pyramidales. La première est formée par le
mât et les cordes le tenant. La deuxième se trouve à
gauche du tableau, elle est formée par des hommes
morts ou désespérés. La dernière, sur la droite,
présente à sa base des cadavres et des mourants,
desquels émergent les survivants et au sommet de
laquelle culmine un homme noir qui fait signe au
navire en agitant sa chemise en direction de l’Argus
venant les délivrer. Le regard du spectateur va
naturellement de la gauche vers la droite, attiré dans
un mouvement ascendant vers la délivrance des naufragés. La scène baigne dans un clair-
obscur caravagesque qui lui confère un aspect tragique, renforcé par la palette sombre et
restreinte du peintre.

Alors que ses études tournaient largement autour de la question du cannibalisme, Géricault n’y
fait aucune allusion directe dans le tableau final. Il l’évoque de manière allégorique par la
présence du groupe du père et de son fils mort au premier plan à gauche, sûrement tiré de la
figure d’Ugolin dans La Divine Comédie de Dante. De même, alors qu’il a pourtant lu les
Page 5 sur 26
témoignages et rencontré des survivants, il choisit pour accentuer le drame de la scène de
peindre une mer démontée alors que le temps était clair et la mer calme. L’œuvre s’inspire
donc de la réalité mais Géricault propose une vision subjective et synthétique, aux accents
théâtraux.

Il fait enfin poser de nombreux modèles : des amis proches tels que le peintre Eugène
Delacroix, des peintres apprentis comme Jamar, des modèles professionnels tels que Joseph,
des rescapés (Savigny, Corréard), des malades, des mourants et lui-même.

Une œuvre point de jonction entre classicisme et modernité

L’œuvre de Géricault, œuvre majeure de la peinture française du XIXe siècle, s’inspire des
grands maîtres de l’histoire de l’art. Il emprunte par exemple la terribilità de Michel-Ange (des
formes tout à la fois colossales, puissantes et tourmentées), le clair-obscur du Caravage, ou
encore l’harmonie de la composition et la netteté des contours du classicisme français (cf. les
œuvres de Jacques-Louis David par exemple).

Cependant, le Radeau de la Méduse est un tableau novateur et est considéré comme le


manifeste du Romantisme car il déroge aux règles jusque-là établies. Seule peinture d’histoire
de Géricault, le Radeau renouvelle les codes de ce genre pictural établi au XVII e siècle. À la
place d’un récit épique à valeur intemporelle tiré de la mythologique, de la Bible ou de
l’Histoire et construit autour d’un héros réel ou légendaire dont les gestes et émotions sont
stéréotypés, Géricault choisit en effet d’illustrer sa vision personnelle, dans une esthétique
morbide, d’un fait divers d’actualité, dans lequel est relatée l’histoire d’un groupe d’inconnus
placé dans une posture peu glorieuse, tout en conservant le gigantisme d’un format
traditionnellement dévolu à la peinture d’histoire.

Réception et interprétation de l’œuvre par les contemporains de Géricault

Présenté au Salon de 1819 sous un titre qui ne dupe personne ʺScène de naufrageʺ, le tableau
de Géricault rencontre immédiatement un vif succès.

Dès 1819, alors que Géricault se défend dans sa correspondance de toute interprétation autre
qu’une allégorie de l’horreur, l’on s’adonne à interpréter le Radeau de Géricault de diverses
manières, selon que l’on est libéral ou monarchiste. En raison de la présence de la croix de la
Légion d’honneur au cou du père (en bas à gauche), on y voit une allégorie du naufrage
politique de la France, menée à la dérive par un roi réactionnaire. L’historien Jules Michelet, en
1848, fait du tableau une allégorie politique : « C’est la France elle-même, c’est notre société
tout entière qu’il embarqua sur ce radeau de la Méduse ».

Au-delà de la condamnation de la monarchie, on y voit également une critique de l’esclavage


et de la politique coloniale de la France. En effet, alors que les récits des rescapés ne
mentionnaient qu’un homme noir à bord du radeau, Géricault a choisi d’en peindre trois, dont
l’un dans la position clé guidant notre regard vers le sauvetage. La traite a été abolie le 15
avril 1818 mais reste pratiquée jusqu’en 1833. Or, la lutte contre l’esclavage semble être une
cause chère à Géricault, qui à de nombreuses reprises a fait le portrait d’hommes et de
femmes noirs ou métis. Le tableau peut ainsi être lu comme un message humaniste et
républicain pour la fraternité des peuples.

Page 6 sur 26
Le Radeau de la Méduse de Géricault dans les arts,
de 1819 à nos jours

Copier une œuvre pour la protéger

La pratique de la copie est fortement répandue jusqu’au XIX e siècle et ne souffre pas de
critique comme de nos jours. Tous les artistes y ont ainsi recours, à la fois pour se former par
la pratique, fixer le souvenir des œuvres mais également approcher au plus près du génie de
leurs prédécesseurs. C’est par exemple le cas de Jacques-Édouard Jabiot, qui copie en 1854 le
Radeau de la Méduse de Géricault.

Dès la fin des années 1850, l’huile cuite au plomb utilisée par Géricault pour vernir le Radeau
de la Méduse renforce les ombres et provoque des craquelures. Pour sauvegarder la mémoire
du chef-d’œuvre attaqué par le temps, le musée du Louvre commande alors une copie
conforme du tableau aux peintres Étienne-Antoine-Eugène Ronjat et Pierre-Désiré Guillement
en 1859. Cette œuvre, aux dimensions exactes de l’originale, est aujourd’hui conservée au
Musée de Picardie d’Amiens.

L’influence de Géricault dans la peinture et la sculpture du XIXe siècle

Le Radeau de la Méduse de Géricault devient une référence incontournable pour les peintres de
la jeune génération. Il en va ainsi d’Eugène Delacroix (1798-1863), qui voue une admiration
sans borne au père du Romantisme et écrit notamment dans son journal : "Géricault m'avait
permis de contempler Le Radeau de la Méduse alors qu'il était encore en train d'y travailler.
Cela eut un tel effet sur moi qu'à peine sorti de l'atelier, je commençai à courir tel un forcené
jusqu'à chez moi, sans que rien ne puisse m'arrêter." On retrouve cette forte influence dans la
composition et les contrastes chromatiques de célèbres tableaux de Delacroix comme La
barque de Dante (1822) et La Liberté guidant le peuple (1830), tous deux conservés au musée
du Louvre.

Le Radeau de Géricault inspire également les sculpteurs, peut-être en raison de la grande


plasticité et de l’expressivité des personnages. Ainsi, en 1839-1840, à la demande du fils du
peintre, le sculpteur Antoine Étex (1808-1888) réalise un tombeau pour Géricault – au
cimetière du Père-Lachaise à Paris - sur la face principale duquel il sculpte un bas-relief du
Radeau. Quelques années plus tard, entre 1857 et 1861, Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875),
copie le tableau de Géricault au musée du Louvre puis en réalise des esquisses en terre cuite
dont il s’inspire fortement pour réaliser son groupe en bronze Ugolin, aujourd’hui conservé au
Musée d’Orsay.

Le Radeau de la Méduse dans la culture populaire depuis le XIX e siècle

L’influence du Radeau de la Méduse de Géricault est telle qu’on la retrouve dès les années
1830 dans la culture populaire. Tous deux intitulés Le naufrage de la Méduse, un opéra des
frères Cogniard est donné à Paris, au Théâtre de la Renaissance et un drame de Charles
Desnoyer est joué, également à Paris, au Théâtre de l’Ambigu-Comique la même année 1839.
Au frontispice du livret de la pièce de théâtre se trouve une lithographie du tableau de
Géricault. De nombreuses lithographies, faciles à produire et à reproduire, permettent ainsi la
diffusion massive du tableau de Géricault.

L’œuvre est également mentionnée en 1876 par Émile Zola dans son célèbre roman
L’Assommoir. Au cours du chapitre trois, lors du mariage de Gervaise et de Coupeau, la noce
décide d’aller visiter le musée du Louvre. Pendant leur parcours, les protagonistes passent
ainsi devant le tableau de Géricault : ʺ[…] Puis, au bout, Monsieur Madinier les arrêta
brusquement devant le Radeau de la Méduse ; et il leur expliqua le sujet. Tous, saisis,
immobiles, ne disaient rien. Quand on se remit à marcher, Boche résuma le sentiment général
: c'était tapé.ʺ

Page 7 sur 26
Dans la culture populaire, la référence au naufrage de la Méduse et à l’œuvre de Géricault qui
lui est inextricablement liée semble s’essouffler à la fin du XIX e siècle et dans la première
moitié du XXe siècle. On retrouve leur trace à partir de la fin des années 1950, notamment
avec la couverture de la bande dessinée Coke en stock, une aventure de Tintin publiée par
Hergé en 1958. La bande dessinée a souvent, depuis, cité le Radeau de Géricault (cf. Astérix
légionnaire, De cape et de crocs tome 8, etc…). Les illustrateurs empruntent le plus souvent la
composition pyramidale à Géricault.

On trouve également des références au Radeau en musique. C’est notamment le cas de la


célèbre chanson de Georges Brassens, Les copains d’abord (1964), mais également de celle du
groupe anglais The Pogues intitulée The walk of Medusa (1990), qui témoigne de l’intérêt
toujours aussi international pour ce fait divers mis en lumière par Géricault.

Les arts vivants ne sont pas en reste et, dans la lignée du XIX e siècle, des pièces de théâtre,
mais aussi des films, ont vu le jour ayant pour thème le Radeau, et ce encore tout récemment.
On n’y relate plus une succession de faits depuis le naufrage jusqu’au sauvetage. Il s’agit
plutôt de s’interroger sur des points précis comme la question taboue du cannibalisme, celle
des responsabilités dans le naufrage et celle d’une certaine esthétique de la mort.

Enfin, il est à noter que l’œuvre de Géricault a plusieurs fois été détournée dans un contexte
publicitaire au cours des XXe et XXIe siècles, le plus souvent dans des campagnes au service
d’une cause - comme en 2015 pour l’ONG Surfrider pour la protection des océans - renouant
ainsi avec la dimension engagée du Radeau de la Méduse.

Le Radeau de la Méduse dans les arts des XXe et XXIe siècles

L’influence du Radeau de la Méduse de Géricault sur les artistes modernes et contemporains se


fait jour surtout à partir des années 1970. L'œuvre sert alors différents discours, mais son
utilisation ne semble jamais neutre.

D’une manière générale, on constate que les artistes ayant recours à Géricault dans leur
travail se documentent beaucoup sur l’histoire de cet épisode mais sont globalement attirés
par l’Histoire. On a pu noter depuis les années 1990, une tendance à un retour de l’histoire
comme sujet choisi par les peintres contemporains. Mais, comme Géricault en son temps, il ne
s’agit pas d’une peinture d’histoire à la manière classique. Cette peinture, comme les autres
disciplines artistiques, sont rarement historiques au sens strict, comme dans le Radeau de la
Méduse de Clarisse Griffon du Bellay. Le sujet n’est parfois qu’un simple prétexte en vue de
libérer le travail formel, comme dans l’œuvre de Frank Stella Raft of Medusa, part I, dans
laquelle le récit du naufrage est l’occasion pour l’artiste de mettre en avant des jeux de
matières provenant de bateaux.

La poétique du fragment chère à Géricault, qui se voit surtout dans ses travaux préparatoires
au Radeau, se retrouve dans des œuvres originales mettant l’accent sur des détails de
l’histoire. C’est notamment le cas d’artistes comme Elizabeth Zvonar ou Rachel Kneebone, qui
choisissent de représenter des amas de fragments humains, délaissant l’aspect narratif.

Comme pour mieux s’affronter au gigantisme de la toile de Géricault, on peut constater que les
œuvres modernes et contemporaines s’appropriant ou détournant le Radeau de la Méduse
optent presque tous pour d’immenses formats. Il peut s’agir de fresques à l’échelle
monumentale, comme celle de Jean-Michel Charpentier aux dimensions du radeau réel. Il peut
également s’agir de démultiplier l’œuvre sur une multitude de support. Ainsi de nombreux
artistes, fascinés par l’histoire du Radeau comme a pu l’être Géricault, se plongent plusieurs
années durant dans de vastes projets dans lesquels ils explorent plusieurs facettes et plusieurs
directions de ce tragique fait divers. Bien souvent, ils réalisent des installations mêlant
plusieurs techniques artistiques, différents points de vue, etc. Les travaux de Lionel Guibout et
de Martin Kippenberger s’inscrivent dans cette démarche.

Page 8 sur 26
Mais ce qui semble caractériser l’ensemble des œuvres modernes et contemporaines utilisant
le Radeau de la Méduse de Géricault, bien souvent, est le détournement du tableau pour servir
un autre propos engagé, reflétant des considérations sociopolitiques. Une des premières
occurrences de ces détournements date de 1974-1975. Le collectif des Malassis (dont Henri
Cueco) exécute alors dans un centre commercial grenoblois la fresque Onze variations sur le
Radeau de la Méduse ou la dérive de la société, qui détourne l’œuvre de Géricault vers un
discours contre les dérives de la société de consommation.

Le Radeau de Géricault est en réactualisation constante, au gré des évolutions sociales de


notre temps. Ainsi, qu’il s’agisse d’œuvres anciennes relues par leurs artistes à la lumière de
l’actualité ou bien de créations contemporaines, l’œuvre de Géricault soutient principalement
aujourd’hui un rappel des naufrages de bateaux de migrants en mer Méditerranée et la crise
des réfugiés en général. C’est le cas du Radeau des Illusions (2009) de Gérard Rancinan, mais
aussi de The Raft of the Medusa (2009) d’Adad Hannah, de Harragas, les damnés de la mer
(2009) de Kader Attia, du Radeau de la Méduse de Banksy (2015, effacé en 2017), ou encore
de The raft of Lampedusa (2016), un groupe sculpté par Jason deCaires Taylor et exposé au
fond de l’océan.

Dans les œuvres de ces artistes un drame humain au sens général semble se jouer. On voit
ainsi surgir une même volonté, consciente ou non, de tirer l’épisode choisi vers une dimension
plus universelle, capable de parler à tout le monde.

Page 9 sur 26
La postérité du Radeau de la Méduse de Géricault :
Œuvres de comparaison

XIXe siècle

Eugène Delacroix, La barque de Eugène Delacroix, La Liberté guidant


Dante, 1822, huile sur toile, 189 × le peuple, 1830, huile sur toile, 230 x
241,5 cm, Paris, Musée du Louvre 325 cm, Paris, Musée du Louvre

Antoine Etex, Le radeau de la Méduse, 1839, Jean-Baptiste Carpeaux, Naufragée échouée,


bas-relief en plâtre, Montargis, Musée Girodet vers 1860, esquisse en terre cuite d’après le
Radeau de la Méduse de Géricault, 92 x 28,3 x
11,5 cm, Paris, Musée d’Orsay

Jean-Baptiste Carpeaux, Ugolin,


1862, bronze, 194 x 148 x 119
cm, Paris, Musée d’Orsay

Page 10 sur 26
XXe siècle

Hergé, Les aventures de Tintin, tome 19 Coke Albert Uderzo et René Gosciny, Astérix légionnaire,
en stock, 1958, couverture et p. 39 1967, planche p. 35

Les Malassis (collectif), Onze variation sur le Radeau de la Elizabeth Shannon, Raft of the
Méduse ou La dérive de la société, 1975, fresque peinte, 2000 Medusa, 1978, dimensions
m2, Grenoble-Échirolles, Centre commercial Grand Place inconnues, installation composée de
bois, cordages, ossements et câbles,
coll. part.

Jan Fabre, Le radeau. L’art est/n’est pas Speedy Graphito, Le radeau de la Méduse ou le
solitaire, 1986, technique mixte radeau des Médusé, 1987, livre

Page 11 sur 26
John Connell et Eugene Newmann, The raft Frank Stella, Raft of Medusa, part I, 1990, huile
project (extrait), 1989-1994, installation et émail sur aluminium en nid d'abeille gravé
composée de bois et de métal, dimensions avec tubes d'acier, poutres et éléments
inconnues, coll. part. métalliques, 424 x 414 x 403 cm environ, New
Canaan (États-Unis), The Glass House

Martin Kippenberger, Raft of the Medusa


(extrait), 1996, huile sur toile, 200 x 240 cm,
Köln (Allemagne), Galerie Gisela Capitain

Valérie Favre, Les restes de la Méduse, 1996,


techniques diverses, dimensions variées, Paris,
Centre Pompidou

Page 12 sur 26
XXIe siècle

Hu Jieming,
Raft of the
Medusa, 2000,
série de quatre
photographies,
150 x 225 cm
chacune,
coll. part.

Bruce High Quality Foundation, The Joel Peter Witkin, The raft of George W.
raft of Medusa, 2004, photographie, Bush, 2006, photographie, dimensions non
106 x 106 cm, coll. part. connues, coll. part.

Bertille Bak, Le radeau de la Méduse,


Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, De cape
2008, tapisserie, 90 x 130 cm,
et de crocs, tome 8 Le maître d’armes,
Collection Frey, Grande Finale Freland
2007, planche 18
Page 13 sur 26
Rodger Roundy, A cute girl, 2008, 183 x Pierre-Adrien Sollier, Le radeau de la Méduse
244 cm, technique non connue, Healdsburg avec des playmobil, 2009, acrylique sur
(États-Unis), Paul Mahder Gallery toile, 130 x 97 cm, coll. part.

Elizabeth Zvonar, Raft of the Medusa (after Adad Hannah, Le Radeau de la Méduse,
Gericault), 2009, porcelaine, 23 x 18 x 13 2009, tableaux vidéos (extrait)
cm environ, coll. part.

Kader Attia, Harragas, les damnés de la mer, 2009, mosaïque de photographies


(vue générale et détail)

Philippe Lucchese, Le radeau de la Ju Duogi, The vegetable museum, 2008,


Méduse, 2014, photographies (extrait) montage
Page photographique
14 sur 26 à partir de légumes
Renaud Guérin, Le radeau de la Méduse, série de photographies, (extraits)

Wolfe von Lenkiewicz, The raft of the Jeff Koons, Gazing Ball (Gericault Raft of the
Medusa, 2013, Medusa), 2014-2015, huile sur toile, verre et
aluminium, 175.9 x 259 x 37.5 cm, coll. part.

Peter Saul, Last moment on the the Banksy, Le radeau de la Méduse, 2015,
Raft of the Medusa, 2015, acrylique sur œuvre de street art dans une rue de
toile, 162 x 203 cm, Mary Boone Gallery Calais, effacé en 2017

Page 15 sur 26
Campagne publicitaire de l’ONG Surfrider, 2015 Rachel Kneebone, Raft of the Medusa, 2015,
porcelaine,

Reconstitution du radeau de la Méduse, Jason deCaires Taylor, The raft of


2016, bois et cordages, Rochefort, Musée Lampedusa, 2016, sculptures en ciment,
de la Marine Lanzarote (îles Canaries), Museo Atlántico
(Galerie sous-marine)

Gérard Willemenot, Le radeau de la Méduse, Kent Monkman, Miss Chief’s wet dream, 2018,
date inconnue, 60 x 92 cm, huile sur bois, acrylique sur toile, 144 x 288 cm, collection
coll. part. Donald R. Sobey

Page 16 sur 26
Vocabulaire d’analyse d’œuvre

Technique :
- Peinture
- Sculpture
- Gravure
- Livre d’art
- Dessin
- Photographie
- Installation
- Archive

Format :
- Carré / Rectangulaire / Rond
- Vertical (format « portrait ») / Horizontal (format « paysage »)
- Petit / Moyen / Grand / Grandeur nature / …

Cadrage :
- Gros plan : une partie du sujet ou de l’environnement
- Plan moyen : le sujet apparaît en entier
- Plan large ou plan d’ensemble : le sujet dans une partie de l’environnement
- Plan général : le sujet dans son environnement général
- Plan rapproché : le sujet est coupé à la taille ou à la poitrine, le décor est secondaire
- Plan américain : le sujet est coupé à mi-cuisse, le décor est secondaire

Angle de prise de vue :


- À hauteur d’œil : le sujet est perçu frontalement
- Plongée : le spectateur regarde le sujet qui est au-dessous de son regard (il plonge son
regard vers le bas)
- Contre-plongée : le spectateur regarde le sujet qui est au-dessus de son regard (il lève
les yeux vers le haut)

Profondeur de champ :
- Premier plan
- Deuxième plan
- Arrière-plan

Composition :
- Lignes verticales : impression de stabilité
- Lignes horizontales : impression de stabilité
- Lignes obliques : impression d’instabilité, dynamisme
- Lignes droites / courbes
- Inscription des volumes dans des formes géométriques

Lumière :
- Jour / Nuit
- Naturelle / Artificielle
- Son origine
- L’effet produit

Noir et blanc :
- Contrasté / Doux (dominante grise)
- Sombre / Clair

Couleurs :
- Chaudes / froides
- Contrastées / Non contrastées
- Sombres / Claires

Page 17 sur 26
Pistes de travail avant la visite de l’exposition

Avant la visite, la thématique de l’exposition peut être abordée de diverses manières.

1. Se documenter sur l’histoire du radeau la Méduse, sur Géricault et le Romantisme (cf.


indications bibliographiques). Utiliser notamment le site Gallica de la Bibliothèque
nationale de France pour apprendre à rechercher des documents de différentes natures
autour d’une même thématique.

2. Élaborer une grille d’analyse d’une peinture et d’une sculpture et s’exercer avec une
œuvre de l’exposition

- Décrire le format
- Décrire la technique
- Décrire les différents plans composant une image
- Trouver les lignes de la composition
- Comprendre l’intention de l’artiste

3. Montrer des détails d’œuvres à retrouver le jour de la visite pour affuter le regard.

4. Observer les travaux préparatoires de Géricault sur Internet et les comparer à la


version finale du tableau.

5. Comparer l’œuvre de Géricault à celle, par exemple, de Joel Peter Witkin (composition,
technique, interprétation).
 Lire l’interview de l’artiste dans The Guardian expliquant sa démarche :
https://www.theguardian.com/artanddesign/2016/feb/18/joel-peter-witkins-
best-photograph-george-w-bush-the-raft-of-the-medusa-interview

6. Pour le cycle 3, lire l’album de François Place et Brunot Pilorget Le radeau de Géricault
(2018).
 Dossier pédagogique « Pont des Arts » :
https://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/contenus-associes-dossier-
pedagogique-N-16036-25067.pdf

7. Imaginer un ou plusieurs ateliers d’écriture autour du Radeau de Géricault.

Page 18 sur 26
Pistes de travail pendant la visite

Voici quelques pistes principales à explorer dans l’exposition salle par salle, que vous retrouvez
sous forme de questions ludiques dans le livret-jeu fourni avec ce guide pédagogique.

Salle 4 – Le radeau de la Méduse et Théodore Géricault


 La question du fait divers, d’actualité : à partir des documents d’archives et du tableau
de Géricault
 La question du témoignage autobiographique : à partir des documents d’archives,
notamment le récit du passager Griffon du Bellay
 Le mouvement romantique en peinture : à partir du tableau de Géricault
 Le genre de la peinture d’histoire : à partir du tableau de Géricault
 La notion d’artiste engagé, par l’’interprétation du tableau de Géricault : le peintre ne
parlait que d’une esthétique morbide et d’une fascination pour l’horreur du drame mais
c’est aussi une œuvre engagée car elle critique la monarchie nouvellement restaurée et
témoigne de la volonté de Géricault de fraternité entre les peuples après l’abandon
officiel de la traite négrière de 1815, qui perdure cependant
 L’influence de l’œuvre de Géricault sur les artistes du XIX e siècle : à partir des pièces de
théâtre, livrets d’opéras évoqués ans la salle et à partir de recherches sur Internet
 La question de la copie en art, valorisée au moins jusqu’au début du XX e siècle : à
partir du tableau de Géricault et la copie de Jacques-Édouard Jabiot

Salles 5, 6 et 1 – Jean-Michel Charpentier, ʺUn huis clos maritime grandeur natureʺ


et Clarisse Griffon du Bellay, ʺUn Radeau en héritageʺ
 La question des travaux préparatoires (rôles, comparaison avec œuvres finales, etc.) :
à partir de toutes les œuvres de ces trois salles
 Comparer l’œuvre de Clarisse Griffon du Bellay au tableau de Géricault : même
gigantisme ici traduit en trois dimensions, composition pyramidale, expressions
pathétiques, un fait divers d’actualité mais œuvre cathartique pour l’artiste car l’histoire
du radeau fait partie de son histoire personnelle, technique différente, esthétique
morbide plus poussée, œuvre non romantique mais expressionniste, corps faméliques,
allusions directes au cannibalisme
 Comparer l’œuvre de Jean-Michel Charpentier au tableau de Géricault : même
gigantisme par la volonté de faire une fresque aux dimensions réelles du radeau de la
Méduse (20 x 7 mètres), couleurs crépusculaires réduites, attention portée au modelé
des corps, insertion d’un autoportrait du peintre mais vue en plongée et non frontale,
des groupes de personnages plus isolés, insertion de personnages sans lien avec
l’œuvre de Géricault ou les récits de rescapés du radeau
 Reprise d’une thématique, de schémas de composition, etc. mais dans les deux cas,
une volonté de la part des artistes de porter un discours plus universel sur la condition
humaine plus généralement

Couloir et Salle 2 – Lionel Guibout, ʺMedusa Projectʺ


 La question des travaux préparatoires (rôles, comparaison avec œuvres finales, etc.)
 Repérer différentes techniques : sculpture en bronze, lithographies pour l’édition de
livres, dessin avec des encres sur papier (noire, sépia, etc.), huile et acrylique sur toile
 Les rapports entre le texte et l’image, la question de l’illustration
 Comparer les œuvres de Lionel Guibout avec le récit de Savigny
 Cadrages de Lionel Guibout plutôt cinématographiques ; il considère ses travaux
préparatoires comme les différents rushs d’un film
 Comparer l’œuvre de Lionel Guibout au tableau de Géricault : tous les deux inspirés par
les récits de survivants du radeau de la Méduse, composition pyramidale, long et
important travail préparatoire, esthétique morbide et gigantisme de la composition et
des corps mais traitement de l’événement en une constellation de détails narratifs
contrairement à la synthèse proposée par Géricault, variété des techniques employées,
trait de Lionel Guibout beaucoup plus nerveux et dynamique

Page 19 sur 26
Salle 3 – Gérard Rancinan, ʺLe Radeau des Illusionsʺ
 Comprendre la notion d’ʺinstallationʺ en art contemporain : ici, plusieurs éléments
d’apparences disparates dialoguent pour évoquer un seul et même sujet
 Évoquer les collaborations entre artistes, ici le photographe Gérard Rancinan et
l’écrivaine Caroline Gaudriault
 Comparer l’œuvre de Gérard Rancinan au tableau de Géricault : il s’agit d’un
détournement de l’œuvre de Géricault, comme Gérard Rancinan l’a fait avec d’autres
tableaux célèbres comme La Liberté guidant le Peuple de Delacroix (lui-même inspiré
par le Radeau de Géricault) : même composition à partir de structures pyramidales, le
radeau posé en biais sur la mer, la grande vague à gauche, l’éclaircie dans le ciel, les
personnages tournées vers le haut droit de l’œuvre vers leur espoir, les couleurs, même
gigantisme de la composition, c’est aussi une œuvre engagée mais la scène se passe
dans les années 2000, shooting de la photographie qui se rapproche du cinéma
(figurants, costumes, décor entièrement fabriqué, tournage mis en scène par le
photographe, etc.), la mer est en fait une mer de plastique, l’œuvre évoque l’illusion
des migrants pensant trouver sur les terres occidentales un eldorado qui n’existe pas

Page 20 sur 26
Pistes de travail après la visite de l’exposition

Le thème de l’exposition peut être exploité dans de nombreuses matières. Voici quelques
exemples.
 En français et en littérature : étude d’un corpus de textes autour du radeau de la
Méduse : récit des rescapés du radeau de la Méduse Savigny et Corréard (disponible
sur Gallica), critiques d’art lors de la présentation du tableau de Géricault au Salon de
1819, coupures de presse relatant l’épisode (sur Gallica), passages de romans, de
pièces de théâtre et de bandes dessinées faisant référence au Radeau de la Méduse ;
étude du Romantisme dans la littérature, etc.
 En histoire : étudier la période de la Restauration dans laquelle prend place le radeau
de la Méduse et les évolutions sociopolitiques du temps, l’abolition de la traite des
esclaves par exemple.
 En EMC : élargir par exemple la portée du tableau de Géricault à la question des
migrants en Europe via un débat, etc.
 En musique : analyser des chansons et des opéras sur le thème du radeau de la
Méduse, étudier des œuvres du courant romantique tout en regardant le tableau, etc.
 En mathématiques : analyse de la composition du tableau de Géricault, organisée
autour de structures pyramidales, toile partagée en carrés égaux, etc.

 Propositions d’ateliers artistiques :

1. Premier atelier : Reconstitution du Radeau de la Méduse de Géricault à la


manière de Gérard Rancinan

Buts de l’atelier :
- Observer et comprendre la construction du tableau de Géricault
- Prendre possession de son corps et de l’espace

Techniques travaillées :
- Bricolage
- Expression corporelle, théâtre
- Photographie numérique

Déroulé de l’atelier :
- Fabriquer le décor de l’œuvre : découpe de sacs poubelle pour recouvrir le sol pour
représenter la mer ; peindre une fresque collective représentant le ciel avec les nuages
et l’éclaircie
- Construire un radeau : par exemple à partir de morceaux de bois, de palettes en bois,
de cordages et de vieux draps
- Faire poser les élèves comme les personnages du tableau de Géricault
- Prendre la composition en photo
- Ensuite, éventuellement, modifier les poses et reprendre en photo pour créer une
galerie de variations autour du tableau vivant

2. Deuxième atelier : Représenter un fait d’actualité à la manière de Géricault

But de l’atelier :
- S’intéresser à l’actualité
- S’approprier la composition de Géricault et sa signification

Techniques travaillées :
- Recherche, lecture et compréhension d’un article de presse écrite ou en ligne
- Écriture
- Décalquage
- Dessin
- Peinture

Page 21 sur 26
Déroulé de l’atelier :
- Dans un quotidien papier ou en ligne, chaque élève repère un événement de l’actualité
qui l’intéresse
- Imaginer une histoire à partir de ce fait d’actualité avec des mots : choisir le moment,
les personnages, etc.
- Sur une feuille A3, reporter grâce à un papier calque les lignes de la composition du
Radeau de la Méduse de Géricault (composition pyramidale, grande ligne ascendante
d’en bas à gauche vers en haut à droite pour traduire l’espérance, etc.)
- Retranscrire sur cette feuille l’histoire choisie en images dessinées, en prenant soin de
l’intégrer dans la composition de Géricault
- Coloriser l’œuvre à la peinture

3. Troisième atelier : Détournement du Radeau de la Méduse de Géricault


(2 versions)

But de l’atelier :
- Observer et comprendre la construction du tableau de Géricault
- Percevoir les notions d’échelles

Techniques travaillées :
- Découpage
- Décalquage
- Dessin
- Collage
- Coloriage

Déroulé de l’atelier :
- Découper des silhouettes de personnages dans des catalogues et magazines
- Sur une feuille A3, reporter grâce à un papier calque les lignes de la composition du
Radeau de la Méduse de Géricault (composition pyramidale, grande ligne ascendante
d’en bas à gauche vers en haut à droite pour traduire l’espérance, etc.)
- Coller sur la feuille les personnages découpés à l’intérieur de cette composition
- Colorier le décor
OU
- Copier la structure de l’œuvre de Géricault sur une feuille A3 : le radeau posé en biais,
le mat, les cordages et la voile
- Remplacer les personnages de Géricault par d’autres au choix

Page 22 sur 26
Indications bibliographiques

Sitographie Géricault (1791-1824), Paris, Éditions


Kimé, 1997
Jean-Michel Charpentier :
www.jeanmichelcharpentier.fr Lionel Guibout (ill.) sur le récit de Jean-
Baptiste Savigny, Méduse, 2000
Clarisse Griffon du Bellay :
www.clarissegriffondubellay.com Michel Hanniet, Le naufrage de la Méduse,
1816-2016. Des causes du naufrage à ses
Lionel Guibout : conséquences politiques, Louviers, Ancre de
www.galleriadelleone.com/medusa-project Marine éditions, 2016

Gérard Rancinan : Sylvain Laveissière, Régis Michel et Bruno


www.rancinan.com Chenique, Géricault, catalogue d’exposition,
Grand Palais 1991-1992, Paris, Éditions de
la Réunion des musées nationaux, 1991
Essais et témoignages
Philippe Masson, L’affaire de la Méduse. Le
naufrage et le procès, Paris, Tallandier,
Nina M. Athanassoglou-Kallmyer, Théodore 1989
Géricault, Londres, Phaidon, 2010
Jonathan Miles, Le radeau de la Méduse,
Jacques-Olivier Boudon, Les naufragés de la Bordeaux, Éditions Zeraq, 2015
Méduse, Paris, Belin, 2016
Sylvie Petit, Le radeau de la Méduse dans la
Maria Teresa Caracciolo, Le romantisme, littérature et l’imaginaire aux XIXe et XXe
Paris, Citadelles & Mazenod, 2013 siècles, thèse de doctorat en Littérature et
civilisation françaises et comparées,
Jean-Yves Blot, La Méduse, chronique d’un Besançon, 2001
naufrage ordinaire, Paris, Arthaud, 1982
Michel Schneider, Rêve de pierre, le radeau
Jean-Michel Charpentier, Le Radeau. Récit de la Méduse, Paris, Gallimard, 1991
des rescapés de la Méduse Alexandre
Corréard & Jean-Baptiste Savigny,
Bordeaux, Elytis, 2010
Littérature et Théâtre
Bruno Chenique (dir.), Géricault, au cœur
de la création romantique : Etudes pour le Auguste Bailly, Le radeau de la Méduse,
radeau de la Méduse, catalogue 1929
d’exposition, musée d’art Roger-Quilliot,
Clermont-Ferrand, 2 juin-2 septembre Alessandro Baricco, Océan mer, 1997
2012, Clermont-Ferrand, Musée d’art
Roger-Quilliot, 2012 Germain Bazin, Théodore Géricault, Paris,
La bibliothèque des arts, 1987-1992
Valérie Dupont et Bertrand Tillier (dir.),
Sociétés & Représentations, n° 33 : Pour de André Benedetto, Le radeau de la Méduse,
faux ? Histoire et fiction dans l’art 1984 (in Le Titanic et autres clips, 1986)
contemporain, printemps 2012 (théâtre)

Denis Escudier, L’affreuse vérité de M. Antoine Choplin, Radeau, 2015


Savigny, Saint-Jean-d'Angély,
Bordessoules, 1991 Catherine Cuenca, Le naufragé de la
Méduse, 2016 (jeunesse)
Caroline Gaudriault et Gérard Rancinan,
Métamorphoses. Natures mortes et Catherine Decours, Le lieutenant de la
conversations, Paris, éditions Paradox, frégate légère, 2005
2009
Charles Desnoyer, Le naufrage de la
Martial Guédron, La plaie et le couteau. La Méduse, drame en cinq actes, 1839,
sensibilité anatomique de Théodore disponible sur :
www.books.google.fr/books?id=71mA8OHy
6ZUC&pg=PA16&dq=charles+desnoyer+m
Page 23 sur 26
%C3%A9duse&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj série de tableaux dont Le radeau de la
2zKaX6bncAhXBzIUKHWb3AZoQ6AEIKzAB# Méduse de Géricault, qui préfigure la fin
v=onepage&q=charles%20desnoyer%20m tragique du personnage)
%C3%A9duse&f=false (théâtre)
Bande dessinée
Erik Emptaz, La malédiction de la Méduse,
2005 Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou, De cape
et de crocs, tome 8 Le maître d’armes,
Lionel Guibout (ill.) et Michel Tournier 2007
(texte), Méduse, 2002
Franck Giroud et Gilles Mezomo, Théodore
Jacques Henric, Méduse, scènes de Géricault. Le radeau de la Méduse, 2016
naufrage, 1993
Fred, Le naufragé du « A », 1972
Jean-François Hutin, Le complot de la
Méduse, 2010 Hergé, Les aventures de Tintin, tome 19
Cock en stock, 1958
Thomas Jolly, Le radeau de la Méduse,
2016 (théâtre, extraits disponibles sur Albert Uderzo et René Goscinny, Astérix
Internet) légionnaire, 1967

Dorothée Koechlin de Bizemont, Écris, Wolinski, Pauvres mecs !, Paris, Albin


Charlotte ! Journal d’une rescapée de la Michel, 2001
Méduse, 2010

François Place et Bruno Pilorget, Le Radeau


de Géricault, 2018
Filmographie

Roger Planchon, Le radeau de la Méduse ou Iradj Azimi, Le Radeau de La Méduse,


Gustave et Théo, 1995 (in Théâtre complet, 1998, 2h10 (avec Jean Yanne)
Paris, Gallimard, collection Blanche, 2010)
(théâtre) Alain Chabat, Astérix e Obélix : mission
Cléopâtre, 2002 : scène de naufrage des
Martine Le Coz, Le Nègre et la pirates
Méduse, 1999
Décod’art, Théodore Géricault, une vie au
Mary-Jane Noël, Le radeau de la Méduse, galop, 3’09 :
2005 https://education.francetv.fr/matiere/arts-
visuels/quatrieme/video/theodore-gericault-
Pascale Perrier et Hélène Masson Bouty, une-vie-au-galop
Tempête dans l’atelier de Géricault. Le
radeau de la Méduse, Paris, Oskar éditions, Alain Jaubert, Le radeau de la Méduse de
2010 (jeunesse) Théodore Géricault, Arte France, Palette
Production, Musée du Louvre, 2001, 29’
Jean Ristat, Le naufrage de la Méduse,
1986 (théâtre) Herlé Jouon, La véritable histoire du radeau
de la Méduse, 2014, 1h30
Eugène Sue, La salamandre, 1832
Peter Webber, The Medusa, 2018 (avec
Vercors, Le radeau de la Méduse, 1969 Pierce Brosnan et Jesse Eisenberg)

Jules Vernes, Le Chancellor, 1875


Musique et chansons
François Weyergans, Le radeau de la
Méduse, 1983 Bernard Ascal et Cécile Charbonnel, Pablo
Picasso, Poèmes et propos (mis en
Émile Zola, L’Assommoir, 1877 (chap. 3 : chansons), 3. Le radeau de la Méduse,
passage de la noce au musée du Louvre, 2014, 1’38
assimilation de la vie de Gervaise à une

Page 24 sur 26
Georges Brassens, Les copains d’abord,
1964, 4’01, disponible sur : Hans Werner Henze (compositeur) et Ernst
www.youtube.com/watch?v=CWJmBBxJlig Schanbel (texte), Le radeau de la Méduse,
1968, 1h15, disponible sur :
Charles Desnoyer (texte) et Adolphe www.youtube.com/watch?v=-CkJqyS2ta8
Vaillard (compositeur), Le Bien en
naviguant, 1839 [chanson pour l’opéra de The Pogues, The wake of the Medusa,
Charles Desnoyer Le naufrage de la 1990, 3’04, disponible sur :
Méduse], partition disponible sur : www.youtube.com/watch?v=lyUwykasKhY
www.gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11798
00w

Page 25 sur 26

Vous aimerez peut-être aussi