Management s4 Decrypt
Management s4 Decrypt
UE 117 MANAGEMENT
Année 2017-2018
Ce fascicule comprend :
La série 4
Le devoir 4 à envoyer à la correction
François Goxe
En collaboration avec le Sophie Morin-Delerm
Madina Rival
Michel Seccia
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
Management • Série 4
Les auteurs :
François GOXE : Doctorant en sciences de gestion, chercheur au Crepa de l’université de Paris-
IX Dauphine.
Sophie MORIN-DELERM : Docteur en sciences de gestion, maître de conférences en sciences
de gestion à l’ICSV, Cnam Paris.
Madina RIVAL : Professeur agrégé d’économie et de gestion, maître de conférences en sciences
de gestion au Cnam Paris.
Michel SECCIA : Expert-comptable, doctorant en sciences de gestion, chercheur au Crepa de
l’université de Paris-IX Dauphine.
� • • • [Link] • • • �
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
2
UE 117 • Management
OBJECTIFS DE LA SÉRIE 4 5
INTRODUCTION................................................................................................. 7
TITRE 2. LA COMMUNICATION..................................................................... 48
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
201171TDPA0417 3
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
4
UE 117 • Management
Objectifs de la série 4
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 5
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
4
PARTIE
Les comportements organisationnels
et la communication
Introduction
Qu’appelle-t-on comportement organisationnel ?
La dernière série du cours aborde l’une des questions essentielles du management des indivi-
dus. Comment ces derniers se comportent-ils en tant qu’individus, mais aussi dans les groupes
qu’ils composent et comment ces comportements influencent-ils la performance de l’organisa-
tion ? Les éléments de réponse sont à rechercher dans un domaine d’étude pluridisciplinaire,
associant la psychologie, la sociologie, l’anthropologie ou encore les sciences politiques : le
comportement organisationnel. Ce courant d’analyse a pour finalité de comprendre les détermi-
nants et mécanismes comportementaux individuels et collectifs, mais aussi d’inciter les déci-
deurs à les intégrer pour animer leurs équipes dans le sens d’une amélioration de la performance
globale. Le défi est d’importance car les managers sont confrontés à des situations de plus en
plus complexes. Les organisations, à l’image des sociétés en général, mélangent des individus
d’origines et de cultures différentes, et cette diversité croissante n’est plus gommée par les prin-
cipes de l’Organisation scientifique du travail (OST) qui visaient au contraire à standardiser les
comportements et les rendre le plus routiniers possibles. Promouvoir l’autonomie, la délégation
des responsabilités, l’individualisation de la gestion des ressources humaines par les logiques
compétences et les rémunérations, stimuler l’innovation, le changement, le travail en groupe
voire en réseau, etc. : toutes ces actions propulsent les problématiques du comportement orga-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 7
Management • Série 4
Contenu de la série
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
traitera également du comportement des groupes que l’on ne peut réduire évidemment à la
simple agrégation des comportements individuels des individus qui les composent. De ce point
de vue, le paragraphe consacré aux groupes constitue une liaison pertinente avec la partie sui-
vante qui analyse la gestion des conflits au sein des organisations.
Chapitre 2. La gestion des conflits dans l’organisation
La deuxième partie est consacrée aux conflits dans l’entreprise. Elle a pour double motivation de
poser le cadre théorique et pratique de l’analyse des situations conflictuelles et de décrire les
différents modes de résolution utilisés par les gestionnaires. Comme toute communauté humaine,
l’entreprise ou toute autre organisation en général, doit être considérée comme un système
social dans lequel évoluent de nombreux acteurs qui établissent entre eux des relations en fonc-
tion de leurs buts et leurs stratégies. Ces buts et stratégies n’étant pas nécessairement conver-
gents, les conflits naissent, se développent, se régulent, s’enveniment, se dénouent, etc.
L’analyse de la gestion des conflits s’articulera autour d’une problématique essentielle pour les
organisations : dans quelle mesure les conflits peuvent-ils être utiles, à quelles conditions doit-
on les laisser se développer ou au contraire les réduire pour éviter d’éventuels effets destruc-
teurs pour l’équilibre social au sein de l’organisation ?
Titre 2. La communication
L’objectif de cette partie est de dresser un portrait transversal de la communication, en partant
de ses origines, de ses significations, de ses utilisations en gestion des ressources humaines
(communication interne), en marketing (communication externe) puis en finance (communication
externe). Seront donc ainsi couvertes les quatre dimensions traditionnelles de la communication
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
8
UE 117 • Management
(appelées aussi communication des quatre « C »), celle qui s’adresse aux collaborateurs (c’est la
communication interne), celle destinée aux consommateurs (c’est la communication marketing),
celle en direction des apporteurs de capitaux (c’est la communication financière), et enfin celle
qui s’adresse à l’ensemble des citoyens (c’est la communication sociétale).
« Les deux choses les plus importantes n’apparaissent pas au bilan de l’entreprise :
sa réputation et ses hommes. »
Henry Ford.
On entend souvent dire que le fondement de l’entreprise est le profit. Les scandales financiers
(Enron, Worldcom, etc.), la montée des revendications demandant aux entreprises de se montrer
plus citoyennes ou encore les nouvelles législations encourageant le développement durable ont
pourtant apporté une nouvelle perspective à cette affirmation et semblent donner aujourd’hui
raison aux propos visionnaires d’Henry Ford…
La recherche en gestion a tenté de dépasser la vision déshumanisée de l’entreprise et ouvert peu
à peu la « boîte noire » que celle-ci constituait dans la théorie économique classique, en s’intéres-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
sant en particulier à son contributeur le plus élémentaire mais aussi le plus essentiel : l’individu.
Partant du principe que gérer et diriger les hommes nécessite au préalable de les comprendre, cette
partie propose de retracer les grandes lignes de la recherche sur le comportement des individus
dans l’organisation en partant de la relation suivante dite « équation de la performance individuelle » :
Schéma 1
Attributs individuels
Traits personnels et capacité
à accomplir une tâche
PERFORMANCE
« Équation de la performance individuelle », Wood et al., 1998, d’après Blumberg et Pringle, 1982.
D’après cette « équation », la performance est fonction des attributs individuels, du soutien
organisationnel et de l’effort de travail, les trois composantes interagissant les unes avec les
autres.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 9
Management • Série 4
Expliciter ce que sont les attributs individuels, voir comment ceux-ci influent sur l’effort de travail
mais également suggérer certaines façons d’agir sur ces attributs en bâtissant un contexte orga-
nisationnel favorable, tels sont les objectifs de cette partie.
Schéma 2
Valeurs
Dynamiques personnelles
Traits Façon dont un individu Conceptions
sociaux « assemble » ces éléments personnelles
pour créer son identité
Ajustement
émotionnel
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Nous proposons dans les paragraphes suivants d’expliciter chacun de ces éléments.
A. VALEURS
« Les valeurs ne sont pas juste des mots, elles sont ce par quoi et pour quoi nous exis-
tons ; elles sont les causes que nous défendons et ceux pour qui nous nous battons. »
Les propos de John Kerry n’ont peut-être pas suffisamment convaincu les électeurs américains
mais ces quelques mots résument néanmoins assez bien la notion de valeurs.
Définition
Les valeurs représentent l’ensemble des évaluations et jugements internes de ce qu’une ou
plusieurs personne(s) considère(nt) comme positif, utile ou important ; la distinction entre le
juste et l’injuste, le bien et le mal.
Comprendre les valeurs qui animent ses collaborateurs est important du point de vue du mana-
ger car elles guident le comportement des individus.
Les types de valeurs sont multiples mais l’on peut retenir en particulier les six catégories (déjà
anciennes) de Allport, Vernon et Lindzey (1931, 1960), ensuite reprises et commentées par une
large part de la littérature (Rokeach, Schwartz) : théorique (ouverture au changement, soif de
découverte, etc.), économique (rapport à l’argent, importance des récompenses pécuniaires,
etc.), esthétique (intérêt pour le beau, l’art, etc.), sociale (intérêt pour l’humain, la relation), poli-
tique (intérêt pour le pouvoir) et religieuse (intérêt pour le mystique, la métaphysique).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
10
UE 117 • Management
La théorie des valeurs universelles de Schwartz1 identifie dix valeurs de base qui sont :
• l’autonomie : elle est ancrée dans les besoins vitaux de contrôle et de maîtrise et les exigences
d’interactions nécessaires à l’autonomie et à l’indépendance ;
• la stimulation : elle découle du besoin vital de variété et de stimulation ; elle permet de main-
tenir un niveau d’activité optimal et positif tout en écartant la menace qu’amènerait un niveau
trop élevé de stimulation ;
• l’hédonisme : les valeurs d’hédonisme proviennent des besoins vitaux de l’être humain et du
plaisir associé à leur satisfaction ;
• la réussite : être performant dans la création ou l’accès à des ressources est une nécessité
pour la survie des individus ; c’est également indispensable pour que les groupes ou les insti-
tutions puissent atteindre leurs objectifs. Les valeurs de réussite concernent principalement le
fait d’être performant au regard des normes culturelles dominantes, et d’obtenir ainsi l’appro-
bation sociale ;
• le pouvoir : l’objectif de la valeur de pouvoir est de garantir un statut social prestigieux, un
contrôle des ressources et une domination des personnes ;
• la sécurité : les valeurs de sécurité découlent des nécessités fondamentales du groupe et de
l’individu. Il y a deux sortes de valeurs de sécurité. Certaines concernent avant tout des inté-
rêts individuels, d’autres concernent surtout des intérêts collectifs. Les deux sortes de valeurs
de sécurité peuvent être réunies dans une valeur qui les englobe ;
• la conformité : les valeurs de conformité proviennent de la nécessité pour les individus d’inhi-
ber ceux de leurs désirs qui pourraient contrarier ou entraver le bon fonctionnement des inte-
ractions et du groupe. Elles concernent l’autolimitation dans les interactions quotidiennes,
généralement avec des personnes proches ;
• la tradition : les groupes développent des pratiques, des symboles, des idées et des croyances
qui représentent leur expérience et leur destin commun et deviennent ainsi les coutumes et les
traditions du groupe, qui leur accorde beaucoup de valeur. Ces coutumes et traditions
deviennent l’expression de la solidarité du groupe, expriment sa valeur singulière et contri-
buent à sa survie. Elles prennent souvent la forme de rites religieux, de croyances, et de
normes de comportement ;
• la bienveillance : les valeurs de bienveillance proviennent de la nécessité pour le groupe de
fonctionner de manière harmonieuse et du besoin d’affiliation de l’individu en tant qu’orga-
nisme. Les relations au sein de la famille ou des autres groupes de proches sont ici cruciales.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
EXEMPLE APPLICATIF 1
Vos valeurs
En reprenant les 6 catégories de Allport et al., comment définiriez-vous vos valeurs ? Étaient-
elles les mêmes il y a 10 ans ? Si la réponse est négative, comment expliqueriez-vous qu’elles
aient changé ?
Notons que les valeurs fluctuent bien évidemment d’un individu à l’autre en fonction d’un grand
nombre de facteurs dont l’âge, l’éducation, le cadre familial ou bien encore la culture. Notons par
ailleurs que ce dernier critère, l’influence de la culture (nationale ou d’entreprise), a été l’objet
d’un nombre particulièrement important de recherches dont celles d’Hofstede sur les différences
nationales (individualisme/collectivisme, distance de pouvoir, rapport à l’incertitude, masculinité/
féminité, orientation long/court terme). Les valeurs d’un individu sont ainsi un subtil mélange
d’inné et d’acquis, d’éléments hérités et/ou construits par socialisation.
1. Schwartz, S. (2006), « Les valeurs de base de la personne : théorie, mesures et applications », traduc-
tion Béatrice Hammer et Monique Wach, Revue française de sociologie, N°4 - Volume 47, p. 929-968.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 11
Management • Série 4
Notons enfin que la compréhension des valeurs des individus avec lesquels on travaille ne prend
cependant de sens que lorsqu’on analyse ces dernières en relation avec ses propres valeurs.
Meglino et al. (1990) montrent en effet que l’adéquation entre les valeurs d’un individu, celles de
ses collaborateurs/dirigeants et les valeurs de l’entreprise (la « congruence de valeurs ») influence
au moins autant l’attitude et la performance de l’individu que ses valeurs personnelles
(Stinglhamber et al., 2004). Nous retrouvons ici le thème de l’éthique : dans quelle mesure une
personne est-elle prête à travailler pour une organisation aux activités/valeurs contraires à ses
principes/valeurs personnelles ?
EXEMPLE APPLICATIF 2
B. CONCEPTIONS PERSONNELLES
Définition
Les conceptions personnelles sont fondées sur la réflexivité (la mesure selon laquelle l’indi-
vidu a conscience de sa propre personne) et les jugements qu’il porte sur lui-même et sur sa
vie.
Une de ces conceptions personnelles est mesurée par le lieu de contrôle de Rotter (1966).
EXEMPLE APPLICATIF 3
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
tions suivantes :
1. La plupart des problèmes qui nous arrivent sont dus à un manque de chance.
2. Il y aura toujours des guerres, quoi qu’on fasse pour les éviter.
3. Les gens ignorent généralement la vraie valeur d’un individu.
4. La plupart des étudiants ne réalisent pas combien leurs notes dépendent de faits
indépendants de leur volonté.
5. Quoi que nous fassions, il y a toujours des gens qui ne nous aiment pas.
6. Les questions d’examens sont souvent si éloignées des cours que ça ne sert pas
à grand‑chose de réviser.
7. Pour trouver un bon travail, il faut surtout se trouver au bon endroit au bon moment.
8. Le monde est gouverné par une poignée de personnes influentes et l’on ne peut pas faire
grand-chose contre cela.
9. Le patron est souvent celui qui a eu la chance d’être au bon endroit le premier.
10. La plupart des gens ne réalisent pas combien leur vie dépend de la chance.
11. Il est difficile de savoir si quelqu’un vous aime vraiment.
12. Sur le long terme, les mauvaises expériences sont contrebalancées par les bonnes.
13. J’ai souvent l’impression qu’il m’arrive des choses que je ne contrôle pas.
14. Ça ne sert pas à grand-chose de chercher à plaire aux gens, ceux qui vous apprécient
vous apprécieront quoi que vous fassiez.
15. Je ne comprends pas toujours pourquoi les hommes politiques font ce qu’ils font.
Additionnez vos réponses. Un score supérieur à 50 indique un lieu de contrôle externe, un score
inférieur dénote un lieu de contrôle interne (voir la suite du cours).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
12
UE 117 • Management
Le lieu de contrôle mesure le degré de contrôle qu’une personne estime avoir sur sa vie : un
individu avec un lieu de contrôle interne attribuera les événements qui lui arrivent à ses compé-
tences et choix personnels, un lieu de contrôle externe dénote un individu plus fataliste, jugeant
que sa vie est largement le fruit du hasard.
De telles conceptions ont une forte influence sur le comportement de l’individu et sur ses rap-
ports aux autres. On voit ici que certains traits de personnalité, tel qu’un lieu de contrôle externe,
peuvent poser une difficulté à l’entreprise : comment motiver des personnes qui ont l’intime
conviction de ne pas maîtriser leur propre vie ? Peut-on modifier de tels préjugés ? Les théories
de la motivation que nous exposerons plus bas apporteront quelques éléments de réponse.
C. AJUSTEMENT ÉMOTIONNEL
Définition
L’ajustement émotionnel mesure les réactions de l’individu en situation difficile, en situation
de stress.
Un des instruments développés pour mesurer le comportement type d’un individu en situation
de stress est un questionnaire créé par Jenkins (1979) d’après les travaux de Rosenman et
Friedman (1959) établissant deux types de comportements, communément appelés type A et
type B. Nous vous invitons à répondre à ce questionnaire dans l’activité suivante avant d’expli-
citer ces deux types de comportements.
EXEMPLE APPLICATIF 4
Type A/Type B
Vous pouvez définir votre type d’ajustement émotionnel en effectuant le test à l’adresse sui-
vante :
[Link]
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Une personne de type A se montre généralement impatiente, compétitive, pressée par le temps,
par les objectifs à atteindre et obtient souvent de bons résultats mais au détriment de sa santé. Le
type B, au contraire, est de nature patiente, détendue et se montre souvent plus créatif. Rosenman
et Friedman, tous deux cardiologues, ont étudié les effets de telles prédispositions psychologiques
sur le risque d’attaque cardiaque et prouvent, sans grande surprise, que le type A présente signi-
ficativement plus de risques que le type B. Dans le cas du comportement organisationnel qui nous
intéresse, cette étude met en valeur une nouvelle source de différence entre individus et montre
une nouvelle fois la complexité de la tâche du manager. Si les individus de type A vont avoir natu-
rellement tendance à respecter les échéances et les objectifs établis, leur performance à moyen ou
long terme risque d’être fortement menacée par leur surmenage2. Un type B va, au contraire, avoir
besoin de plus d’encadrement et de motivation extérieure mais ne souffrira pas des mêmes maux.
D. TRAITS SOCIAUX
Pour reprendre les termes de Schermerhorn et al. (1994), les traits sociaux sont « les types de
comportements produits par un individu lorsqu’il interagit avec les autres dans un contexte
social » (comment est-ce que je réagis au contact des autres ?).
Un certain nombre de modèles proposent d’analyser ces traits et leurs impacts sur le comporte-
ment humain en catégorisant les individus par types psychologiques. Peut-être avez-vous déjà
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 13
Management • Série 4
rencontré le plus répandu (et l’ancêtre) de ces modèles : le modèle de Myers-Briggs ou MBTI
(Myers-Briggs Type Indicator)3. Celui-ci, inspiré des travaux de Jung, est l’un des premiers à
définir des « types psychologiques ».
K. Myers et sa fille, I. Myers-Briggs, considèrent quatre activités mentales avec chacune deux
traits sociaux opposés. Ces activités sont les suivantes :
• la collecte d’information. « Sensation »/« Intuition ». Tous les individus cherchent en perma-
nence à rassembler des informations sur le monde qui les entoure. Certains ont une préférence
pour l’application de routines, l’usage de règles et cherchent à obtenir le maximum de détails
possibles grâce à l’ensemble de leurs sens ; en termes MBTI, de tels individus ont une préfé-
rence pour la Sensation. Au contraire, les individus cherchant à obtenir une information plus
globale, rejetant les règles et cherchant des alternatives en faisant usage de leur « sixième
sens », ont une préférence pour l’Intuition ;
• l’évaluation de l’information : « Pensée »/« Sentiment ». Les individus relevant du premier
type font plus appel à la raison qu’à leurs émotions lorsqu’ils évaluent une situation et inverse-
ment pour les individus de la deuxième catégorie ;
• le choix du mode d’action : « Jugement »/« Perception ». Selon Myers-Briggs, les « Jugeurs »
recherchent le contrôle et la maîtrise alors que les « Perceveurs » favorisent la souplesse et la
flexibilité ;
• le rapport au monde extérieur. « Introversion »/« Extraversion ». Les « Introvertis » tirent leur
énergie d’un relatif repli sur leur monde intérieur alors que les « Extravertis » ont plus besoin
des autres pour se construire.
Les tests MBTI définissent ainsi seize profils psychologiques, par exemple « Sensation – Pensée
– Jugement – Introversion » (SPJI) ou « Intuition – Pensée – Perception – Extraversion » (IPPE),
distribués de façon non homogène.
Il convient de reconnaître que le modèle MBTI et la catégorisation définitive qu’il propose sont sujets
à de nombreuses critiques, notamment la simplification excessive des types psychologiques qui
enferme les individus dans des « boîtes ». Un tel modèle montre néanmoins la possibilité et l’intérêt
de collaborer entre individus de types psychologiques/traits sociaux différents. Par exemple, les
« Sensitifs » peuvent avoir besoin des « Intuitifs » pour aborder de nouvelles possibilités, anticiper
les tendances ou encore envisager la situation dans son ensemble. Réciproquement, les « Sensitifs »
peuvent apporter aux « Intuitifs » un regard affûté et réaliste sur les problèmes du moment.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
EXEMPLE APPLICATIF 5
[Link]
pour obtenir une liste de liens et de plus amples détails sur les différents types psychologiques.
Ces quelques paragraphes doivent vous avoir permis de mieux apprécier la diversité des indivi-
dus. Demandez à vos proches ou à vos amis de répondre à un ou plusieurs des questionnaires
présentés au cours de cette partie ; il y a de très fortes chances que leurs résultats soient diffé-
rents des vôtres…
Pour reprendre notre schéma initial, les différents éléments psychologiques se chevauchent et
se combinent pour former une quasi-infinité de personnalités potentielles. Au moment de
conclure ce paragraphe, insistons sur le fait qu’il n’existe pas de profil unique et idéal mais
3. On estime que plus de 2 millions de personnes passent un test MBTI chaque année. Il est employé
aussi bien par des agences de recrutement ou des agences pour l’emploi que par des consultants ou
les services RH de nombreuses entreprises.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
14
UE 117 • Management
qu’il y a tout de même une relation indirecte entre personnalité et performance du fait que
la personnalité contribue à déterminer les comportements de l’individu. C’est en tout cas sur ce
postulat que semblent se fonder un grand nombre de politiques de recrutement…
Insistons également sur le fait que comprendre les ressorts psychologiques qui animent l’indi-
vidu peut, certes, permettre au manager de sélectionner les profils qu’il estime les plus adaptés
mais aussi d’assigner les tâches les plus pertinentes en fonction des capacités et prédisposi-
tions de chacun ou encore agir sur les individus pour influencer leurs comportements, en d’autres
termes, les motiver, comme nous allons le voir ci-après.
Si nous avons tous une idée plus ou moins précise de ce qui nous motive, la multiplicité quasi
infinie de ces motivations d’un individu à l’autre nous fait prendre conscience de l’extrême
richesse des processus mentaux qui nous animent. Il n’est donc pas surprenant que les théories
visant à expliquer ces processus soient elles-mêmes légion. Il y a plus de trente ans, Toulouse et
Poupart (1976) parlaient déjà de « la jungle des théories de la motivation au travail » et, en 1981,
Kleinginna et Kleinginna recensaient 140 définitions de ce même concept (Roussel, 2000).
Les paragraphes suivants reprennent les deux principaux courants théoriques dans ce domaine :
les « théories du contenu » qui partent du postulat que les individus sont motivés par des besoins
qu’ils cherchent à satisfaire et recherchent donc quels sont ces besoins, et les « théories du pro-
cessus » qui cherchent à identifier comment les travailleurs sont motivés, quel est le processus
motivationnel. Nous présenterons pour chacun de ces deux courants quelques-unes des recherches
les plus représentatives : hiérarchie de Maslow, théorie ERG et théorie bifactorielle comme théories
du contenu ; théorie de l’équité et théorie de l’attente comme théories du processus.
A. THÉORIES DU CONTENU
1. Hiérarchie de Maslow
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
La théorie hiérarchique des besoins fondamentaux de Maslow (1954) est la plus ancienne, la
plus connue (mais aussi la plus remise en question) des théories du contenu.
Maslow affirme qu’il existe une hiérarchie des besoins humains (communément appelée « pyra-
mide des besoins » ci-après).
Besoins d’estime
(Estime de soi, statut,
réputation, etc.)
Besoins de sécurité
(Recherche d’un environnement sain, stable, sans dangers)
Besoins physiologiques
(Alimentation, sommeil, sexualité, etc.)
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 15
Management • Série 4
L’idée principale de Maslow n’est pas simplement d’identifier ces besoins mais de mettre l’ac-
cent sur la hiérarchie qui existe entre eux : un besoin ne peut émerger que lorsque les besoins
subalternes sont déjà satisfaits (les besoins physiologiques étant les plus élémentaires). Selon
Maslow, ces besoins peuvent également varier au cours de la vie.
Nous ne nous attarderons pas plus sur cette théorie étant donné que, malgré sa popularité, il
n’existe pas ou peu de recherches la validant empiriquement. Elle eut tout de même le mérite de
suggérer qu’un individu n’a pas uniquement des besoins de survie (physiologiques et de sécu-
rité) mais cherche à satisfaire des besoins plus abstraits et plus complexes. Elle constitue en
cela une première étape dans la réflexion sur la motivation.
2. Théorie ERG
Dans le prolongement de la hiérarchie des besoins de Maslow, Alderfer (1969) dégage trois caté-
gories de besoins dont les initiales donnent le nom à sa théorie :
a. Besoins « inférieurs »
Besoins existentiels (physiologiques et de sécurité) Existence
Besoins relationnels (appartenance, amour, travail) Relatedness
Besoins de croissance (comparables à l’estime et réalisation de soi Growth
de Maslow)
b. Besoins « supérieurs »
Les catégories sont très proches de celles de Maslow et ne constituent guère une avancée. En
revanche, l’apport de cette théorie est de considérer, d’une part, que ces besoins peuvent
s’exercer simultanément et, d’autre part, qu’ils font l’objet d’un processus dynamique : la
satisfaction des besoins « inférieurs » entraîne une progression vers des besoins plus élevés ; au
contraire, la frustration des besoins « supérieurs » (relationnels et croissance) est susceptible
d’entraîner une régression vers des besoins plus élémentaires que sont les besoins existentiels
(voir schéma suivant).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Besoins Existentiels (E) Besoins de Croissance (G)
Satisfaction
Frustation
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
16
UE 117 • Management
Réussite
Facteurs de motivation
Reconnaissance
Travail en soi
Responsabilité
Avancement
Croissance
Règles en place dans l’entreprise
Supervision
Relation avec superviseur
Facteurs d’hygiène
Condition de travail
Salaire
Relations avec collègues
Vie privée
Relations avec subordonnés
Statut
Sécurité
– 60 – 40 – 20 0 20 40 60
Fréquence comme facteur Fréquence comme facteur
de dissatisfaction (%) de satisfaction (%)
Ces conclusions sont fondamentales dans la mesure où elles représentent la base des politiques
d’enrichissement du travail.
En effet, Herzberg préconise, au vu de ses recherches, de garantir à l’individu de bonnes condi-
tions de travail (c’est-à-dire d’assurer les facteurs d’hygiène) mais surtout d’augmenter sa moti-
vation en agissant sur les facteurs motivants suscités. Herzberg suggère entre autres de réduire
les contrôles tout en augmentant le niveau de responsabilité, d’accroître la liberté d’initiative, la
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
latitude décisionnelle, de proposer aux travailleurs des tâches plus complexes et plus variées,
tout cela dans le but d’encourager les travailleurs à évoluer dans l’entreprise.
Une autre conclusion à la fois surprenante et particulièrement intéressante est que le salaire, les
compensations pécuniaires ne sont pas un facteur motivant mais un facteur d’hygiène : si
le salaire doit être équitable (voir B. 1. Théorie de l’équité ci-après) et en rapport avec le travail
fourni, il ne suffit pas à motiver l’individu.
Il faut toutefois rappeler qu’Herzberg a été fréquemment critiqué car il « confond » la motivation
au travail avec la satisfaction au travail, dont la définition admise est de désigner « un état émo-
tionnel agréable ou positif résultant de l’évaluation faite par une personne de son travail ou de
ses expériences au travail » (Locke, 1976, p. 1300).
EXEMPLE APPLICATIF 6
Herzberg et vous
Que pensez-vous de la théorie d’Herzberg ? Quels sont vos facteurs d’hygiène ? Parmi les fac-
teurs motivants, quels sont ceux qui vous semblent les plus importants ? Vous sentez-vous plus
motivé(e) par l’argent que par des récompenses intrinsèques ?
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 17
Management • Série 4
B. THÉORIES DU PROCESSUS
1. Théorie de l’équité
En préambule à l’explication de cette théorie, précisons que l’équité s’entend comme « l’appré-
ciation juste ». L’équité n’est pas l’égalité en ce que l’équité fait appel au jugement, au sen-
timent de justice.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Selon Adams (1963, 1965), un individu effectue perpétuellement une comparaison entre sa
situation personnelle et celles d’autres personnes ; il observe son environnement afin de déter-
miner s’il est traité avec équité vis-à-vis de ses semblables. Comme le résume Roussel (2000) :
« Si l’individu, à l’issue de cette comparaison, est insatisfait de sa situation, l’iniquité qu’il
perçoit crée chez lui une tension qu’il va chercher à réduire4. Cette tension le conduit à
déclencher son comportement vers un but, à déployer les efforts nécessaires pour réduire
le sentiment d’iniquité qui l’anime. Il est motivé. »
Notons, de plus, que cette iniquité peut être perçue comme favorable ou défavorable à l’individu.
Dans les deux cas, elle sera source de motivation mais provoquera différentes réactions tendant
toutes à rétablir l’équité.
Ce processus comparatif peut être représenté de la façon suivante :
Avantages retirés de l’emploi par l’individu Avantages retirés de l’emploi par les autres
(Ai) (Aa)
Contribution personnelle à l’activité Contribution des autres à l’activité
de l’entreprise Comparaison de l’entreprise
(Ci) (Ca)
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
18
UE 117 • Management
Si le rapport Ai/Ci est perçu comme supérieur à Aa/Ca, l’individu peut se sentir survalorisé et de
ce fait accroître sa contribution ou en améliorer la qualité. Si, au contraire, Ai/Ci est perçu comme
inférieur à Aa/Ca, l’individu se sentant sous-récompensé peut demander une augmentation, une
promotion ou au contraire quitter l’entreprise afin de trouver une situation plus proche de ce qu’il
perçoit comme équitable.
EXEMPLE APPLICATIF 7
Équité et multinationales
La théorie de l’équité est particulièrement pertinente dans le cas de multinationales employant
des travailleurs locaux au salaire local et des expatriés aux salaires du pays d’origine souvent
augmenté de primes d’expatriation. Quels problèmes cela peut-il poser d’après la théorie de
l’équité ?
3. Modèle intégrateur
Les travaux de Porter et Lawler (1968), Nadler et Lawler (1977) ont tenté d’étendre les différentes
théories du processus et d’y associer les acquis des théories du contenu pour obtenir un modèle
synthétique que l’on peut représenter de la manière suivante (schéma 6) :
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 19
Management • Série 4
Valeur Récompenses
intrinsèques
Effort de Equité Satisfaction
Performance
travail perçue
Récompenses
Probabilité extrinsèques
perçue Rôle perçu
et contexte
organisationnel
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
D’un point de vue managérial, ces théories complètent ou dépassent les théories du contenu car
elles fournissent non seulement une justification aux comportements observés mais également
un certain nombre de leviers d’actions. Si les théories du contenu se bornaient à expliquer les
motifs de satisfaction d’un individu, les théories du processus font le lien entre satisfaction, moti-
vation et effort de travail, les trois composantes de notre équation initiale.
Ces théories ne sont cependant pas exemptes de critiques. Au même titre que les théories du
contenu, ces théories restent des heuristiques, des simplifications de la réalité, et ne per-
mettent pas en cela « d’appréhender toute la complexité de l’origine et des mécanismes des
comportements » (Roussel, ibid.). Les chances sont bien minces qu’un quelconque individu se
soit totalement reconnu dans l’un ou plusieurs des processus décrits. Le manque de validité
empirique déjà reprochée aux théories du contenu s’applique également aux théories du pro-
cessus (Schwab et al. 1979) et s’explique notamment par la relative imprécision dans la défini-
tion et la mesure des croyances et perceptions individuelles sous-tendant ces modèles
(Expectation, Instrumentalité, Valence, Équité, etc.). La notion d’effort et de performance
comme conséquence directe du processus motivationnel, sous-jacente à l’ensemble de ces
théories, n’est elle-même pas aussi évidente qu’elle n’y paraît. Quel est l’effort attendu ? S’agit-il
uniquement de la réalisation d’objectifs quantitatifs ponctuels ou plutôt d’une contribution conti-
nue à la bonne conduite des affaires telle qu’une certaine dose de créativité, d’enthousiasme ou
d’esprit d’équipe ? Les théories du processus ne proposent en cela qu’une réponse partielle et
des actions épisodiques sans logique d’ensemble.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
20
UE 117 • Management
C. CONCLUSION
Ainsi que nous le suggérions dans le dernier paragraphe, les théories de la motivation restent
encore aujourd’hui incomplètes mais permettent néanmoins d’identifier un certain nombre de
phénomènes clés.
Les travaux sur les attributs individuels tout comme les théories du contenu n’ont certes pas
explicité les moyens d’agir sur la motivation de l’individu mais elles ont permis de mettre en
lumière l’existence de conditions favorables ou au contraire défavorables à la satisfaction de
celui-ci et donc, indirectement, à sa performance.
Les théories du processus ont, quant à elles, examiné les mécanismes à l’œuvre dans la motiva-
tion même, les choix conscients ou inconscients que chacun effectue continuellement et qui
déterminent sa participation, ses efforts et sa performance.
Pour Ernest Renan : « Chaque homme de génie est un capital accumulé de plusieurs généra-
tions. » Cette formule est vraie non seulement pour des hommes de génie mais pour chaque
homme. Quels que soient les théories et les rêves de la recherche scientifique, retenons pour
conclure que l’homme ne peut être traité comme une abstraction isolée. La valeur de l’homme
se mesure à sa puissance d’action sur les choses à condition que le groupe, l’organisation et
plus largement la société lui en donnent les moyens.
Peut-être connaissez-vous l’histoire des aveugles et de l’éléphant… Six aveugles habitent dans
un village où passe pour la première fois un éléphant. Intrigués par cet animal inconnu à propos
duquel se racontent les histoires les plus fabuleuses, ceux-ci décident d’aller le tâter pour s’en
faire une idée. Ils s’approchent prudemment de la bête et touchent chacun la partie de la bête la
plus proche d’eux. Le premier touche la large oreille et croit qu’il s’agit d’un éventail. Le second
touche une patte et déclare que c’est une colonne. Le troisième saisit la trompe et se dit certain
qu’il s’agit d’un gros serpent. Le quatrième palpe l’énorme ventre et pense que c’est un mur. Le
cinquième touche la queue et croit que c’est une corde. Enfin, le sixième caresse une défense et
affirme que c’est une gigantesque pipe. Interloqués par la diversité et l’incohérence de leurs
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
différentes découvertes, les aveugles se disputent pour savoir lequel d’entre eux a raison mais
aucun n’arrive à définir complètement ce qu’est un éléphant.
Nous sommes un peu dans notre panorama du comportement organisationnel face à un tel élé-
phant. En effet, aussi fine que soit l’analyse du comportement individuel, celle-ci ne peut se
comprendre que dans la perspective plus large du ou des groupes dans le(s)quel(s) s’insère
chaque personne. « La vie des entreprises n’est faite que de celles des individus et des groupes »
dit Daniel Jouve5. Nous proposons donc à présent d’entamer une réflexion sur les groupes dans
l’organisation en détaillant leur nature, leur fonctionnement, leurs atouts mais aussi leurs dangers.
A. DÉFINITIONS
Définition
Groupe : « Ensemble de personnes (plus de deux) qui entretiennent des relations structurées
en fonction d’un objectif commun. »
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 21
Management • Série 4
Chacun de nous appartient à divers groupes, qu’il s’agisse de nos familles, d’associations de
toutes sortes ou encore de groupes de travail. Dans le dernier cas, celui qui nous intéresse ici,
l’appartenance de l’individu à un (et souvent plusieurs) groupe(s) vient encore complexifier la
tâche de celui ou celle qui cherche à comprendre comment manager les hommes. Si, comme
nous l’avons vu dans les paragraphes précédents, l’individu est l’objet d’un grand nombre de
dynamiques internes, il en est de même à l’échelle du groupe. Comme nous allons le voir, le
groupe n’est pas simplement le fruit d’une superposition de dynamiques individuelles mais
porte ses modes de fonctionnement propres.
B. TYPES DE GROUPES
Les groupes sont multiples et au sein même de l’entreprise coexistent différents types de
groupes : formels, informels et psychologiques.
1. Groupes formels
Les groupes formels sont les groupes « officiels », ceux désignés par une autorité formelle pour
atteindre un objectif précis (concevoir un nouveau produit, gérer les nouveaux clients, vérifier les
comptes, etc.). Les rôles et statuts y sont clairement déterminés. D’une certaine manière, l’en-
treprise est un réseau coordonné (du moins on l’espère…) de groupes formels (Likert, 1961).
Certains groupes formels sont permanents, ce sont notamment ceux que l’on retrouve dans
l’organigramme de l’entreprise (départements, filiales, etc.), d’autres sont temporaires, dispa-
raissant une fois l’objectif atteint.
2. Groupes informels
Les groupes informels émergent naturellement au gré des interactions répétées entre individus,
sans intervention directe de l’autorité formelle. Ces groupes se créent en fonction d’affinités
personnelles, d’amitiés, d’intérêts communs qui peuvent être d’ordre professionnel ou extrapro-
fessionnel (sport, famille, religion, etc.). Les groupes informels dépassent les repères hiérar-
chiques voire même les frontières de l’entreprise (voir schéma 7 ci-après).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
22
UE 117 • Management
EXEMPLE APPLICATIF 8
• la nature de la tâche : de manière générale, plus la tâche à accomplir est complexe et plus,
logiquement, le groupe a du mal à être performant ; une plus grande complexité requérant une
plus forte coopération et un plus fort engagement des membres ;
• les caractéristiques individuelles des membres : comme nous l’avons vu dans la partie
précédente, chaque individu est motivé et réagit de façon différente. Plus les membres seront
homogènes, plus il leur sera facile de s’accorder, améliorant ainsi la rapidité de décision. Une
plus grande hétérogénéité entre les membres permettra peut-être quant à elle un plus grand
choix d’alternatives, plus de créativité ;
• les ressources à disposition : chaque groupe a besoin de ressources. Un problème majeur
est de dispenser ces ressources équitablement sans quoi les différents groupes qui consti-
tuent l’organisation risquent de s’affronter et de s’annihiler pour le contrôle de ces ressources,
engendrant une faible performance de l’ensemble ;
• la culture nationale/d’entreprise : plusieurs recherches (dont Hofstede, 1981) se sont inté-
ressées à l’impact des cultures sur la performance des groupes. Certaines cultures seraient
plus individualistes que d’autres, ce qui porterait préjudice à la performance des groupes ou
du moins rendrait moins aisée la coopération.
EXEMPLE APPLICATIF 9
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 23
Management • Série 4
A. CYCLE DE VIE
Formation
Confrontation
Normalisation
Production
Dissolution
Comme tout ensemble dynamique, les groupes ont un cycle de vie avec plusieurs phases pré-
sentant chacune des enjeux différents pour le manager (Tuckman, 1965).
(1) Formation
Les membres ont différents niveaux de connaissance les uns par rapport aux autres, certains
ayant déjà eu des contacts professionnels ou personnels, d’autres étant totalement étrangers.
L’enjeu est ici de faciliter l’entrée en collaboration des individus, de répondre aux questions
implicites telles que « Pourquoi suis-je dans ce groupe ? », « Quel est l’objectif du groupe ? »,
« Comment allons-nous fonctionner ? », etc.
(2) Confrontation
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Les membres commencent à être en confiance, cherchent à « marquer leur territoire », opposent
leurs ambitions et opinions. L’enjeu est de gérer ces tensions pour éviter une escalade dans le
conflit et ainsi passer à la phase suivante.
(3) Normalisation
Le groupe bâtit sa propre identité et commence à atteindre une certaine harmonie grâce aux
efforts conscients de ses membres. Il s’agit, à cette étape, d’encourager le développement
d’une « norme », d’inciter à la cohésion en corrigeant les éléments centrifuges.
(4) Production
Le groupe est parvenu à maturité et fonctionne de façon relativement autonome, concentrant
son énergie à la tâche. Le leader/manager ne fait qu’assister le groupe, laissant aux membres
une grande latitude décisionnelle.
(5) Dissolution
Une fois la tâche achevée, le groupe perd sa raison d’être et se désagrège. Deux possibilités se
présentent alors : assigner une nouvelle tâche ou accompagner la dissolution en formant de
nouveaux groupes (retour cyclique à la phase de Formation).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
24
UE 117 • Management
B. COMPÉTITION OU SYNERGIE ?
Ainsi que nous le suggérions dans le paragraphe précédent, le groupe est « vivant » dans la
mesure où il évolue en fonction du comportement de ses membres et de l’évolution de son
contexte mais aussi parce qu’il acquiert peu à peu un fonctionnement propre. Comme dans tout
rapprochement entre plusieurs parties, deux logiques peuvent se présenter : une compétition
potentiellement destructrice entre parties prenantes (entre individus ou sous-groupes d’indivi-
dus) ou au contraire une coopération créatrice de valeur.
Le groupe est constamment en proie à des forces opposées. Pour prendre une analogie en
sciences physiques, on parle de force centrifuge (qui tend à s’éloigner du centre, autrement dit
à déstructurer le groupe) ou de force centripète (qui tend à se rapprocher du centre, à structu-
rer le groupe)6. Par exemple, un individu créatif, proposant des alternatives, encourageant les
autres à collaborer et à s’exprimer sera a priori une force centripète. Au contraire, un individu
défaitiste, trop critique ou refusant de s’impliquer peut constituer un obstacle à la performance
(c’est-à-dire l’accomplissement des objectifs) du groupe, une force centrifuge. Toutefois, les
forces centrifuges ne sont pas toutes négatives. Il existe, ainsi, une force centrifuge tout à fait
intéressante : la force centrifuge créatrice. (Exemple : l’idée géniale qui arrive lorsque nous ne
l’attendons plus).
La tâche du manager est de canaliser ces forces pour en tirer parti. Notons qu’il ne s’agit pas
d’inhiber toute compétition ni toute critique entre individus, phénomène qui, comme nous le ver-
rons dans le paragraphe suivant, peut être tout aussi dangereux, mais de faire la synthèse de ces
forces en tendant à établir ainsi une synergie7. On parle de synergie lorsque le tout est supérieur
à la somme de ses parties ; dans le cas qui nous intéresse, lorsque la performance résultante du
groupe est supérieure à ce qu’aurait été la somme des performances des membres du groupe
travaillant séparément (1 + 1 > 2). À ce stade, la prise en compte du cycle de vie du groupe est
nécessaire : l’individu créatif que nous citions en exemple pourrait être un élément moteur en
début de cycle pourvu qu’on l’encourage à formuler ses idées, contribuant ainsi à la formation du
groupe et à la compréhension de ses objectifs ; mais cet apport créatif pourrait tout autant semer
la zizanie dans un groupe déjà mature en remettant en cause des décisions déjà prises.
EXEMPLE APPLICATIF 10
Le paradoxe d’Abilene
La scène se passe lors d’une brûlante après-midi d’été à Coleman, petite ville du Texas à plus
de 80 km au nord d’Abilene. Un couple et les parents de la jeune femme jouent confortablement
aux dominos sous le porche les protégeant de la chaleur lorsque le beau-père leur propose
d’aller faire un tour à Abilene pour dîner. Sa fille semble accepter avec joie. Le gendre, bien que
peu enthousiaste à l’idée d’endurer le long trajet dans la chaleur accablante de la voiture, accepte
néanmoins pour faire plaisir à sa femme. La belle-mère accepte elle aussi.
6. Notons à ce propos que les différents traits identitaires dont nous avons discuté précédemment peuvent
favoriser l’une ou l’autre de ces logiques.
7. Pour mieux visualiser ce processus de négociation entre forces centrifuge et centripète, vous pouvez
voir le film 12 hommes en colère de Sidney Lumet sur la difficile prise de décision d’un jury d’assises.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 25
Management • Série 4
EXEMPLE APPLICATIF 11
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• le groupe a perdu un certain sens de la réalité en minimisant les risques.
Malgré ces analyses, le nouvel accident de la navette Columbia, le 1er février 2003, presque
17 ans jour pour jour après l’explosion de Challenger, semble indiquer que le phénomène n’est
pas encore résolu…
Quels dangers du groupe illustrent ce cas ? En connaissez-vous d’autres exemples ?
Ainsi que les deux cas précédents le suggèrent, les dangers qui menacent le groupe ne sont pas
nécessairement explicites et un accord, une harmonie de façade ne mettent pas moins en péril
la survie du groupe que des conflits ouverts. Comme nous l’avons vu précédemment, les conflits
ouverts font même partie intégrante du cycle de vie du groupe.
Si la constitution et la mise en place du groupe sont difficiles, et nécessitent un certain renonce-
ment à une partie de son indépendance de la part de chaque individu, le groupe une fois consti-
tué garantit à la fois une plus grande force et une plus grande sécurité face au monde extérieur,
qu’il s’agisse d’autres groupes, des partenaires, des dirigeants de l’entreprise, des syndicats ou
bien encore de la société en général. Un sentiment d’appartenance, une identité commune se
développent également. Chacun tend à se solidariser. Ces quelques éléments et bien d’autres
encore constituent autant de motifs pour que les membres aient intérêt à préserver l’intégrité
et la survie du groupe. Le groupthink représente à cet égard un exemple significatif : le groupe
s’isole peu à peu du système plus large auquel il appartient et exclut les éléments perturbateurs.
Le paradoxe d’Abilene constitue une autre forme de danger que l’on pourrait qualifier de
« consensus mou ». Tout comme dans le cas du groupthink, les membres du groupe cherchent
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
26
UE 117 • Management
à préserver le groupe mais sans mettre en œuvre de réelle stratégie pour cela. Un consensus
s’installe sans pour autant susciter l’adhésion enthousiaste de chacun et pour finalement abou-
tir à un résultat au mieux médiocre vérifiant ainsi l’adage qu’« à vouloir satisfaire tout le monde,
on ne satisfait personne ».
2. Résolutions
Comment, en tant que manager, faire face aux conflits et autres dangers relatifs aux groupes ?
Pour résumer les propos précédents, il s’agit avant tout d’établir un équilibre dynamique entre
l’unité du groupe et le maintien des individualités créatrices.
Sans établir de « recette », on peut toutefois envisager quelques pistes et notamment les travaux
de Schein (1988) qui proposent un processus consultatif ou « leadership partagé ».
Selon un tel processus, chaque membre doit accomplir deux types d’activités :
• des activités relatives à la tâche du groupe (Task activities) :
Initier (Proposer de nouvelles idées ou approches)
Informer (Fournir des faits et informations pertinentes)
Clarifier (Identifier les relations entre idées, coordonner les membres)
Le premier type d’activités doit permettre une émulation créative entre les membres, un certain
nombre de techniques ont ainsi été conçues à cet effet (brainstorming). Le deuxième type
encadre la vie du groupe, veille à son bon fonctionnement en favorisant la concorde.
Pour représenter une forme d’organisation efficace, le groupe doit donc être géré. Cette tâche
n’incombe pas seulement à un leader qu’il soit ou non membre ; mais, dans la mesure du pos-
sible, à l’ensemble des participants.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
EXEMPLE APPLICATIF 12
Conclusion
« Tous les hommes qu’on a découverts dans les pays les plus incultes vivent en société.
L’instinct de l’homme, fortifié par la raison, le porte à la société comme de manger et de boire.
Quiconque vivrait absolument seul perdrait bientôt la faculté de penser et de s’exprimer. »
Voltaire.
L’homme est un animal social qui ne peut vivre et prospérer sans groupe, classe, tribu, caste,
milieu professionnel. Dans la société moderne, la complexité et la confusion des concepts
peuvent égarer ou interdire les prévisions.
L’appartenance à un groupe est un gage d’efficacité : le groupe permet de favoriser l’initiative, le
goût de l’indépendance, le refus du grégarisme. Dans un groupe convenablement géré, la mise en
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 27
Management • Série 4
commun de différentes actions concourt à un effet unique et permet la plus grande efficacité avec
une indéniable économie de moyens. Tout en reconnaissant que l’individu doit s’intégrer à un
groupe pour atteindre un but commun, il est essentiel de le respecter en préservant son autonomie.
Notons pour conclure qu’aussi riches que soient les théories présentées, le rapprochement des
différents paradigmes, l’articulation entre les différents niveaux d’analyse (de l’individu au groupe
et à l’entreprise voire à la société dans son ensemble) restent à faire…
Objectifs
Ce chapitre consacré aux conflits dans l’entreprise a pour double motivation de poser un
cadre théorique et pratique de l’analyse des situations conflictuelles et de décrire les diffé-
rents modes de résolution utilisés par les gestionnaires.
Comme toute communauté humaine, l’entreprise doit être considérée comme un système
social dans lequel évoluent de nombreux acteurs qui établissent entre eux des relations en
fonction de leurs buts et de leurs stratégies. L’analyse doit donc se focaliser sur les rela-
tions sociales et leurs interactions.
L’objectif est ainsi de permettre une lecture avisée de ce thème crucial dans la gestion des
organisations. Nous proposons dans tableau ci-après un résumé des points et concepts
abordés.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
II. Définition : qu’est-ce que le conflit ? Typologie de Bréard et Pastor (2007) : conflits de nature
économique, sociale, technologique, psychologique et affective.
III. Les différentes sources du conflit au sein de
l’entreprise Trois composantes : des acteurs, un différend et un contexte.
IV. Les composantes d’une situation conflictuelle4 formes de conflits en fonction des relations entre les acteurs :
conflit intraindividuel, interpersonnel, de groupes et intergroupe.
S2. Les modèles théoriques État des lieux des principales théories de la pensée
I. Modèle rationnel administrative autour de la notion du conflit.
II. Modèle des relations humaines Modèle rationnel : le conflit est nuisible et doit être évité.
III. Modèle politique Modèle de relations humaines : le conflit est inévitable et négatif.
IV. Modèle systémique Modèle politique : le conflit est considéré comme un état naturel.
Modèle systémique : le conflit est inévitable et fonctionnel.
S3. Gestion des conflits : diagnostic et analyse À partir des travaux d’Alain Rondeau, présentation d’un modèle
I. Deux modèles d’analyse complet d’analyse et de diagnostic des conflits.
II. Un modèle de diagnostic complet Analyse structurelle : analyse des conditions préalables
A. L’analyse structurelle et statiques du conflit.
B. L’analyse dynamique Analyse dynamique : analyse du processus d’échange
C. L’analyse diachronique et d’influence entre les acteurs.
Analyse diachronique : analyse des changements
des comportements tout au long du processus.
S4. Les stratégies d’intervention : méthodes Stratégies de résolution : médiation, coopération et concertation,
de résolution des conflits négociation, autres outils.
I. Les stratégies de résolution des conflits Nouvelle approche : intégrer la gestion des conflits au cœur du
II. Une nouvelle approche managériale de gestion management.
de conflit
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
28
UE 117 • Management
Ainsi, tout conflit possède deux caractéristiques fondamentales. Il doit être considéré comme un
état inévitable et normal dans la vie d’une organisation et il possède toujours une dimension
sociale.
Cette constatation est alimentée par de nombreuses disciplines, qui permettent de créer un
champ de connaissance spécifique sur l’étude des conflits. Par exemple, la psychologie, la
sociologie, l’économie ou le droit s’y sont intéressés. Plusieurs auteurs, comme J.-D. Reynaud,
G. Simmel, M. Weber et E. Durkheim ont considéré le conflit comme une forme « normale »
de toute relation sociale.
Le gestionnaire doit donc se poser la question de la compréhension des mécanismes de
construction des conflits afin d’être capable d’un diagnostic pertinent de la situation et de per-
mettre une meilleure préparation. Son objectif est de mettre en place des outils et des tech-
niques adaptés à la gestion des processus des situations conflictuelles.
8. Dominique Genelot (1992), Manager dans la complexité. Réflexion à l’usage des dirigeants, ADAGP,
Paris, p. 203.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 29
Management • Série 4
Il est difficile de définir le conflit, car il peut apparaître sous de nombreuses formes et se déve-
loppe dans des situations très différentes. Le Petit Larousse nous donne une définition géné-
rale. Il s’agit de l’« opposition d’intérêts entre deux ou plusieurs parties, dont la solution peut
être recherchée soit par des mesures de violence, soit par des négociations, soit par l’appel à
une tierce personne. ». Ainsi, comme nous l’avons précisé, le conflit possède toujours une
dimension relationnelle qui met au centre du jeu un différend entre plusieurs parties.
Dans le cadre de notre approche des conflits dans l’organisation, nous proposons la définition
d’Alain Rondeau9 qui définit l’existence d’un conflit dans une organisation « lorsqu’une partie (un
individu ou un groupe) en percevra une autre comme un obstacle à ses préoccupations, ce qui
entraînera chez elle un sentiment de frustration, et qui pourra l’amener ultérieurement à réagir
face à l’autre partie ».
Cette définition permet d’identifier plusieurs composants :
• l’interdépendance qui considère le conflit comme un phénomène relationnel dans lequel
une partie dispose d’un pouvoir sur l’autre. Cette notion de pouvoir devra être prise en compte
dans l’analyse du conflit en développant les enjeux et les rapports existants ;
• l’incompatibilité qui explique l’origine et le déclenchement du conflit et renvoie à la percep-
tion d’une partie (ou des deux) sur la situation. La gestion des conflits devra ainsi utiliser les
outils de diagnostic et de communication capables d’identifier les représentations et d’agir sur
elles en opérant une réinterprétation des paramètres du conflit ;
• l’interaction qui va décrire le développement de la situation conflictuelle sous l’angle des
échanges entre les parties.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
de pouvoir ou émergent à partir de problèmes organisationnels. Bien entendu, le plus souvent
plusieurs dimensions se retrouvent dans les situations rencontrées dans les entreprises.
Plusieurs recherches se sont intéressées à l’origine des conflits et ont défini différentes typolo-
gies.
Certaines analyses décrivent trois types de conflits en distinguant les conflits hiérarchiques,
organisationnels et comportementaux.
D’autres contributions s’intéressent aux sources liées au fonctionnement dans l’organisation en
distinguant les dysfonctionnements concernant la fonction prévision (e.g. absence de diagnostic
portant sur les réalisations de l’organisation, absence d’objectifs clairs, pertinents et acceptés) ;
les dysfonctionnements concernant la fonction organisation (e.g. une mauvaise définition des
tâches, des méthodes et procédures de travail lourdes, routinières et hyper-hiérarchisées) ; les
dysfonctionnements concernant la fonction de coordination (e.g. absence de valorisation des
efforts et des résultats obtenus, absence d’information concertée) ; les dysfonctionnements
concernant la fonction de contrôle (e.g. absence de suivi des résultats de l’unité́, absence de
suivi des performances individuelles) ; les dysfonctionnements concernant la rareté des res-
sources ; les dysfonctionnements dus à des incompatibilités d’objectifs et les dysfonctionne-
ments dus a un manque de communication (e.g. bureaux fermés, utilisation limitée des moyens
de communication).
9. Alain Rondeau (1990), « La gestion des conflits dans les organisations », in Jean-François Chanlat.
L’individu dans l’organisation : les dimensions oubliées, Ste-Foy, PUL, Éditions Eska, 1990,
p. 507-526.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
30
UE 117 • Management
D’autres encore s’intéressent aux éléments constitutifs du problème générant le conflit, en pro-
posant à l’instar de Steers10 une distinction entre les conflits d’objectifs, cognitifs et affectifs.
D’autres travaux, notamment ceux réalisés par Richard Bréard et Pierre Pastor11 proposent une
typologie plus complète des sources de conflits :
• conflits de nature économique qui se développent par exemple dans des entreprises déga-
geant des bénéfices alors que le personnel estime être lésé dans la répartition des richesses
produites par l’organisation. Ce sentiment de frustration et de colère peut être amplifié si l’en-
treprise avait demandé à ses salariés certains sacrifices lors de périodes difficiles ;
• conflits de nature sociale, lorsque deux catégories de personnel ou deux groupes sociaux se
confrontent autour d’un différend ;
• conflits de nature technologique, dans le cadre notamment de la mise en place d’une nou-
velle technologie, qui va engendrer des bouleversements dans les pratiques de travail. Très
souvent, l’entreprise doit faire face à une résistance au changement de la part des salariés par
crainte de ne pas être capable de s’adapter ou s’ils estiment l’adaptation trop douloureuse ou
synonyme de perte d’avantages ;
• conflits de nature psychologique qui peuvent être reliés à de nombreuses situations : conflits
de personnes, tensions liées à l’âge en raison des attentes et besoins différents entre les géné-
rations, etc. ;
• conflits de nature affective qui peuvent émerger suite à des confrontations au travail, mais
également en dehors de l’entreprise. Les conflits font révéler des incompatibilités entre les
sentiments et les émotions des parties qu’il faudra à la fois comprendre et canaliser.
• une proximité fonctionnelle dans un système donné qui peut s’étendre d’un service ou
département isolé à une entreprise.
Le développement du mouvement conflictuel au sein de l’entreprise va évoluer en fonction de la
forme du conflit qui dépendra des acteurs concernés. Généralement, on identifie quatre formes
différentes en fonction des relations en présence :
• le conflit intraindividuel correspond à un conflit d’un individu avec lui-même lorsqu’il doit
effectuer un choix entre deux solutions incompatibles. Cette situation peut avoir des répercus-
sions au sein de l’environnement de travail en fonction de l’attitude adoptée par l’individu qui
pourra être inadaptée et perturbatrice pour les autres ;
• le conflit interpersonnel se développe dans le cadre d’un différend entre deux individus à
propos de buts à mener, de moyens à décider, de valeurs divergentes ou d’attitudes et de
comportements incompatibles ;
• les conflits de groupes se manifestent à l’intérieur d’un groupe ou entre deux groupes dans
le cadre d’un différend qui peut concerner une partie ou la totalité des personnes membres ;
• le conflit intergroupe oppose deux groupes autour de questions concernant la structure ou
l’organisation dans ses dimensions économiques et sociales.
10. Richard Steers (1981), Introduction to Organizational Behavior, Scott, Foresman, Glenview, Illinois, cité
dans Richard Bréard et Pierre Pastor (2007), Gestion des conflits. La communication à l’épreuve, édi-
tions Liasons.
11. Richard Bréard et Pierre Pastor (2007), op. cit.
12. Richard Bréard et Pierre Pastor (2007), Gestion des conflits. La communication à l’épreuve, op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 31
Management • Série 4
• Réaliser un état des lieux des principales théories de la pensée administrative autour de la
notion du conflit.
Avant de nous interroger sur la gestion du traitement des conflits, nous devons comprendre
comment appréhender les mécanismes complexes de développement des situations conflic-
tuelles au sein d’une entreprise.
Alain Rondeau13 note que les premières réflexions sur la problématique du conflit dans les orga-
nisations sont nées avec les débuts de l’ère industrielle qui a marqué le développement d’une
pensée administrative s’intéressant à la gestion des entreprises comme objet d’analyse. Il note
qu’auparavant les travailleurs étaient rabaissés au niveau d’une classe sociale inférieure et les
dirigeants appréhendaient les conflits éventuels sous l’angle du rapport de la domination ou de
la soumission.
Nous utilisons la classification d’Alain Rondeau avec la présentation de quatre principaux
modèles : modèle rationnel (I), modèle des relations humaines (II), modèle politique (III) et modèle
systémique (IV).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
notion de groupe est absente de cette approche, elle fonctionne à partir d’individus isolés qui
respectent les consignes décrites par les scientifiques. Ainsi, cette conception techniciste et
positiviste du fonctionnement de l’organisation tentera de mettre en place des méthodes d’éli-
mination ou de réduction des situations conflictuelles. Taylor pense obtenir l’efficacité opti-
male en « stimulant l’appât du gain des individus ». C’est la seule et meilleure motivation, puisque
comme le souligne Philippe Bernoux14, les autres (autonomie, travail en groupe, créativité) sont
exclues par le système d’organisation. Les conflits d’ordre sociaux peuvent ainsi apparaître
rapidement dans cette configuration.
Henri Fayol (1841-1925) a publié, en 1916, Administration industrielle et générale – Prévoyance,
Organisation, Commandement, Coordination, Contrôle dans lequel il tente d’établir une « doc-
trine administrative ». D’après lui, le contrôle a pour principale mission de vérifier si tout est
conforme aux objectifs, aux ordres et aux principes et donc d’éviter tout conflit. Pour qu’il soit
performant, le contrôle doit être rapide et prévoir l’usage de sanctions. Comme le principe
d’unité de commandement est choisi (en opposition avec la structure hiérarchique fonction-
nelle de Taylor), il convient, afin d’éviter une dualité de direction, de prévoir à l’avance un sys-
tème de contrôle très rigoureux et exhaustif à toutes les situations possibles.
L’allemand Max Weber (1864-1920) s’est demandé pourquoi les individus obéissent aux ordres.
En faisant une distinction entre la notion de pouvoir, qui est l’aptitude à forcer l’obéissance, et la
notion d’autorité, l’aptitude à faire observer volontairement les ordres, il met l’accent sur le
13. Alain Rondeau (1990), La gestion des conflits dans les organisations, op. cit.
14. « The thinking department » (« le bureau où l’on pense ») cité dans Philippe Bernoux, (1995) La sociolo-
gie des organisations, éd. du Seuil, 3e édition, p. 52.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
32
UE 117 • Management
concept de la légitimité. En effet, seul le système d’autorité permet l’acceptation des ordres
par les subordonnés car ceux-ci les considèrent légitimes. Ainsi, il n’y a pas de pouvoir sans
légitimité, « sans acceptation par l’exécutant de la domination exercée par l’autorité investie du
pouvoir formel »15. C’est donc ce concept de légitimité qui sera mobilisé dans le traitement des
conflits au sein des organisations.
Selon Jean-Claude Scheid16, Max Weber stipule que cette dernière forme d’organisation est la
plus efficace et que le terme bureaucratie n’est pas péjoratif. Il explique que « ce système est
hautement efficace parce que la dépersonnalisation extrême permet une grande coordination et
un très bon contrôle ». Toutes les conséquences d’une action peuvent être calculées, prévues.
L’incertitude est ainsi éliminée afin d’éviter la survenance de processus d’actions généra-
trices de situations conflictuelles.
En résumé, le modèle rationnel propose une forme d’organisation du travail avec une percep-
tion négative du conflit. L’analyse considère le conflit nuisible au bon fonctionnement de
l’organisation et engage le décideur à mettre en place des techniques destinées à l’éviter ou
le réduire en utilisant plusieurs moyens de résolution du conflit :
• une définition des tâches, des règles et des méthodes très précise ayant pour objectif de
dépersonnaliser l’exécution du travail ;
• la concentration du pouvoir au sein d’une équipe restreinte d’ingénieurs ;
• la séparation des tâches afin d’éliminer toute dépendance entre elles.
Ce modèle, occultant les dimensions sociales et psychologiques que l’on retrouve dans toutes
les organisations, présente le risque d’éclatement et de développement de conflits sociaux.
ceux de l’entreprise, le modèle des relations humaines le conçoit comme négatif car il ne per-
met pas la mise en place d’une bonne collaboration.
Alain Rondeau mentionne plusieurs solutions préconisées par ce courant :
• la prise en compte des besoins des travailleurs et l’amélioration des processus de com-
munication (E. Mayo) ;
• la réduction des conflits en recherchant l’adhésion et l’identification des employés en les impli-
quant au système de valeurs (modèle institutionnel, Selznick, 1957) et à la culture de l’entre-
prise (modèle culturel, Deal et Kennedy, 1982) ;
• la mise en place de processus organisationnels permettant aux individus de communiquer aux
autres leurs préoccupations et de pouvoir agir sur les décisions les concernant directement
(modèle participatif, modèles de « qualité de vie au travail » ou de « mobilisation du person-
nel », Mohrman et Lawler, 1985).
Parmi les principaux auteurs et théoriciens, citons E. Mayo, A. H. Maslow, R. Likert, D. Mac
Gregor, F. Herzberg, H. J. Leavitt et M. P. Follett.
L’Australien Elton Mayo (1880-1949) est considéré comme l’un des fondateurs du mouvement
des relations humaines et de la sociologie du travail. Il réagira très fortement contre les concepts
de l’organisation scientifique du travail de F.W. Taylor. Avec sa célèbre enquête à la Western
15. Philippe Bernoux (1995), La sociologie des entreprises, éd. du Seuil, p. 116.
16. Jean-Claude Scheid (1990), Les grands auteurs en organisation, éd. Dunod.
17. Giuseppe Bressi (1995), Organisation et gestion de l’entreprise, éd. Foucher, Paris, p. 29.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 33
Management • Série 4
Electric18 de 1927 à 1932, il put mettre en avant l’importance, pour le travailleur, de la notion
d’appartenance à un groupe. « Les travailleurs ne réagissent pas à la direction de l’organisation,
à ses normes et à ses récompenses en tant qu’individus mais en tant que membres d’un
groupe. » De plus, les rémunérations non économiques jouent un rôle capital dans la motivation
et le bonheur du travailleur. Cette enquête révélera que l’individu réagit de manière positive à
partir du moment ou l’on s’intéresse à lui pour améliorer sa situation19 et elle soulignera l’impor-
tance et l’influence des relations existantes dans un groupe sur les comportements de chacun
des individus, créant des liens affectifs, ce qui donne à la dimension psychologique une impor-
tance considérable.
Selon la théorie des besoins d’Abraham Harold Maslow (1908-1970), ceux-ci sont indispen-
sables à l’homme et possèdent une origine culturelle et sociale en plus de leur origine physiolo-
gique. Il hiérarchise des catégorisations des besoins au sein d’une « pyramide des besoins »
(organiques, de sécurité, d’appartenance, d’estime, de réalisation de soi) en considérant que les
besoins supérieurs ne pourront être totalement satisfaits que lorsque les précédents le seront.
Ainsi, on va vers la recherche d’un certain épanouissement de l’homme au travail, en recher-
chant les facteurs sources de conflits, en lui proposant une plus grande coopérativité et implica-
tion avec l’objectif d’une meilleure productivité. La hiérarchisation des besoins conceptualisée
par Maslow, qui n’est pas très évidente dans la pratique, a fait l’objet de nombreuses critiques20.
L’analyse du conflit dans l’organisation devra donc prendre en compte cette hiérarchisation des
besoins afin de comprendre les actions nécessaires à mettre en place.
Rensis Likert (1903), psychologue américain, a réalisé des recherches sur la mesure des atti-
tudes des individus dans les organisations, dans la lignée de E. Mayo et de K. Lewin. Ses
recherches aboutissent aux mêmes conclusions en montrant que le système participatif par
groupe est largement le plus efficace et peut permettre de réduire les tensions au sein de l’orga-
nisation. Les attitudes coopératives et les meilleures relations de travail permettent un contrôle
décentralisé et responsabilisé, donc plus performant et moins contraignant. Ce système pourrait
ainsi mieux répondre aux situations conflictuelles génératrices de tensions et nécessitant une
meilleure prise en compte des processus de communication.
Douglas Mac Gregor (1906-1964), à la suite des travaux de Maslow, tente de construire une
théorie de direction, « la manière de conduire les hommes »21. Il élabore un modèle basé sur les
théories X et Y qui pourrait influencer le type de leadership à adopter, en fonction des caracté-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
ristiques du groupe, afin d’agir sur les situations :
• la théorie X propose que les individus ont une aversion naturelle et innée pour le travail et
qu’ils évitent les responsabilités. Le management doit, dans une position autoritaire et centra-
lisatrice, à la fois contraindre, contrôler et menacer. L’organisation est ainsi dirigée par un
contrôle strict. Ce mode de commandement est accepté par l’individu car celui-ci est motivé
par la sécurité et ne cherche pas les responsabilités. Cette théorie se rapproche du taylorisme ;
• la théorie Y évoque l’idée qu’il y a une source de satisfaction dans le travail et que les hommes
possèdent de nombreuses potentialités incomplètement exploitées et sont capables de créa-
tivité. Le management proposera une direction par objectif. Cette théorie se rapproche de la
conception de l’organisation et du travail de l’École des relations humaines et s’oriente vers
une démarche de réduction des conflits en identifiant les sources d’insatisfaction afin de les
remplacer par des sources génératrices de satisfaction sociale et psychologique.
Fréderick Herzberg (1923), docteur en psychologie, a créé « l’enrichissement des tâches » à
partir de l’idée qu’il faut enrichir le travail en incluant les facteurs de motivation. Les principes de
ce concept sont de « donner au subordonné des tâches plus complexes, plus de liberté et de
responsabilité, de lui donner directement les résultats des contrôles et non plus au supérieur ».
18. Voir Philippe Bernoux, (1985) La sociologie des organisations, éd. du Seuil, 3e édition, p. 69-78.
19. Philippe Bernoux explique que cela est vrai surtout s’ils « sont dans une faible position dans
l’entreprise ».
20. Voir Philippe Bernoux, op. cit., p. 78-82.
21. Philippe Bernoux, (1985), La sociologie des organisations, éd. du Seuil, 3e édition, p. 82.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
34
UE 117 • Management
Il propose une opposition entre le mythe d’Adam et le mythe d’Abraham22 avec la conception de
l’individu qui est à la fois les deux. « L’homme éprouve deux sortes de besoins, son instinct ani-
mal d’échapper à la douleur et son aspiration humaine à grandir psychologiquement. » Il décrit
cinq facteurs de satisfaction qui peuvent engendrer des changements d’attitudes à long terme,
si leur satisfaction est réussie, et qu’il faudrait prendre en compte dans la gestion du conflit :
l’accomplissement, la reconnaissance, le travail proprement dit, la responsabilité et l’avance-
ment. Il réhabilite la motivation et considère le travail comme le lieu de l’épanouissement pour
l’être humain en développant ses qualités de créativité.
Harold Jack Levitt (1922), qui a fait des recherches avec D. Mac Gregor, A. Bavelas et M. Haire,
s’est intéressé à la psychologie des personnes au travail et au comportement des petits groupes
dans différentes structures d’organisation. Il considérait que « l’autorité qui pèse sur le personnel
d’une entreprise, équivaut à une tentative de contrôle du personnel en créant chez lui artificielle-
ment un conflit psychologique, conflit entre la satisfaction d’un de ses besoins et le désir d’évi-
ter la punition que la satisfaction de ce besoin entraînerait ».
Mary Parker Follett (1868-1932) est une Américaine qui s’intéressa aux problèmes de direction
des entreprises en étudiant les phénomènes du pouvoir et de l’autorité. D’après elle, l’efficacité
d’une organisation est illusoire lorsque la notion de pouvoir dominant est mise en place. Il faut au
contraire adopter celle du pouvoir commun. En effet, « la simple soumission des subordonnées
est insuffisante pour avoir une organisation performante. Il faut une participation à tous les
niveaux par l’imbrication et l’intégration23 ». Elle constate qu’il n’est pas possible d’obtenir un
travail satisfaisant si on ne fait qu’exiger ou ordonner : « Personne ne devrait donner des ordres
à une autre personne mais les deux devraient être d’accord pour prendre les décisions à partir de
la situation. » Les ordres découleront des faits et non l’inverse. « Elle restera jusqu’à nos jours un
des auteurs majeurs, précoces du management les plus négligés. Elle demeura donc « inclassi-
fiable »24 ». Nous retenons particulièrement les caractéristiques du dirigeant de première classe
qui abordera les situations conflictuelles sous l’angle de la responsabilisation des acteurs : « le
vrai pouvoir d’un chef ne se mesure pas au travers de la domination qu’il exerce sur les autres
mais à sa capacité de développer l’autonomie et la responsabilité de ses subordonnés ».
Philippe Bernoux25 explique que l’École des relations humaines et la théorie des motivations ont
trois principales caractéristiques : techniciste (ce ne sont pas les individus eux-mêmes qui
pensent leur travail, mais un organisateur), individualiste (intérêt des besoins de chacun) et
humaniste (recherche de l’épanouissement de l’individu). Ainsi, la préoccupation de ce courant,
comme le note G. Bressi26 est la même : « Comment améliorer la productivité dans l’organisa-
tion ? », ce qui poussera certains auteurs (Archier et Serieyx) à parler de « taylorisme déguisé ».
Après ce courant, les notions de participation et d’intégration seront davantage utilisées
dans l’analyse et le fonctionnement des organisations.
Comme le souligne Alain Rondeau, les deux précédents modèles ne remettent jamais en cause
la nature coopérative de la participation individuelle à l’organisation. Il faut donc attendre le cou-
rant de l’analyse sociopolitique pour que la nature stratégique des rapports entre les divers
acteurs de l’entreprise soit prise en compte.
Cette approche considère le conflit comme un état naturel dans l’entreprise et propose aux ges-
tionnaires de mettre en place des techniques et processus de gestion de conflit. Alain Rondeau
cite notamment les forums de négociation permanente et les différentes formules d’arbitrage.
22. Voir les développements de Jean-Claude Scheid, Les grands auteurs en organisation, op. cit., p. 84-86.
23. Kenneth Blanchard, Spencer Johnson, (1984), Le manager minute, cité par Michel Godet (1991), « Les
dangers de la (seule) réactivité », Revue française de gestion, n° 86.
24. Dimitri Weiss, (1988), Histoire du management, cité par Michel Godet (1991), op. cit.
25. Philippe Bernoux, (1985), La sociologie des organisations, éd. du Seuil, 3e édition.
26. Giuseppe Bressi, (1995), Organisation et gestion de l’entreprise, éd. Foucher, Paris, p. 38.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 35
Management • Série 4
Le courant de l’analyse stratégique est issu des travaux de Michel Crozier et d’Erhard
Friedberg27. Nous empruntons à Yves-Fréderic Livian28 le résumé des idées essentielles du cou-
rant stratégique : « des acteurs ayant des appartenances et des apprentissages dans des
situations concrètes qui, ayant à résoudre à la fois un problème et des enjeux dans la situa-
tion, mobilisent leurs ressources pour mettre en œuvre des stratégies à la recherche du pou-
voir et en quête d’identité. »
La notion de pouvoir est centrale. D’après Y.-F. Livian29, c’est la « capacité que l’acteur a
d’obtenir d’un autre un certain comportement ». Pour Philippe Bernoux, « le pouvoir de A sur B
est la capacité de A d’obtenir que, dans sa relation avec B, les termes de l’échange lui soient
favorables ». Le pouvoir est lié à la fois aux ressources mobilisées par l’acteur et à sa position
dans l’organisation. Donc, le pouvoir n’est pas directement lié à l’individu. Il existe trois moyens
d’obtenir du pouvoir : l’autorité officielle, les compétences et les ressources en termes d’infor-
mation « critique » utile à l’organisation. Il est ainsi indispensable de comprendre que des indivi-
dus dans les organisations disposent plus de pouvoir que d’autres et qu’il faut donc considérer
tous les individus comme des acteurs car ils n’en sont jamais totalement démunis.
En termes de courant, la gestion du conflit est à rapprocher de l’analyse du changement qui est
décrit comme se réalisant forcément de l’intérieur, « avec le système » et non pas contre lui,
progressivement et sans rupture forte. Pour Michel Crozier, les capacités de changement
s’acquièrent par un processus d’apprentissage.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Dans cette approche, le conflit est considéré à la fois comme inévitable et fonctionnel en raison
de l’existence du processus constant d’adaptation auquel est confrontée l’organisation. Pour
être efficaces, les techniques de gestion à déployer devront être reliées et s’adapter aux situa-
tions conflictuelles. En fonction du degré d’incertitude du contexte, le gestionnaire devra tenter
soit de maintenir et d’assouplir les différends, soit, à l’opposé, de favoriser les divergences.
27. Michel Crozier, Erhard Friedberg (1977), L’acteur et le système, Paris, éd. du Seuil.
28. Yves-Frédéric Livian (2000), Introduction à l’analyse des organisations, Économica, Paris, p. 74.
29. Yves-Frédéric Livian, op. cit., p. 70.
30. Théorie générale des systèmes (2012), éd. DUNOD.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
36
UE 117 • Management
À partir des travaux d’Alain Rondeau, présentation d’un modèle complet d’analyse et de dia-
gnostic des conflits.
Nous l’avons vu dans la section 2, la pensée administrative a évolué progressivement d’un
management de résolution de situations conflictuelles à un management de gestion des
conflits. Cette partie s’intéresse, en s’appuyant sur les travaux d’Alain Rondeau31, aux modèles
d’analyse (I) et à un modèle complet de diagnostic de gestion des conflits (II).
31. Alain Rondeau (1990), La gestion des conflits dans les organisations, op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 37
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Analyse des conditions préalables et statiques du conflit :
• les prédispositions et stratégies des parties ;
• les pressions et enjeux du conflit ;
• le cadre de référence ;
• les variables indépendantes.
2e niveau Analyse dynamique L’analyse s’intéresse au processus d’échange et d’influence
du conflit réciproque des acteurs lors de la situation conflictuelle.
Prise en compte du conflit comme un processus interactif
dans lequel les comportements des parties sont partiellement
déterminés par les réactions des autres.
3e niveau Analyse diachronique Analyse des changements des comportements tout au long
du conflit du processus.
32. Kenneth W. Thomas (1976), Conflict and conflict management, pp. 889-935, in M. D. Dunnette (dir.),
Handbook of industrial and organizational psychology. Chicago : Rand McNally, cité par Alain Rondeau,
op. cit. Evert van de Vliert (1984), Conflict-prevention and escalation, p. 521-551 dans P. J. D. Drenth,
K. K. Thierry, P. J. Willems et C. J. de Wolff (dir.), Handbook of work and organizational psychology,
vol. 1, New York : Wiley, cité par Alain Rondeau, op. cit.
33. Evert van de Vliert (1984), op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
38
UE 117 • Management
PARTIE A PARTIE B
prédispositions prédispositions
prévisions prévisions
Rondeau (1990).
2. Prédispositions et prévisions
Ce premier critère s’intéresse aux parties présentes dans les conflits en décrivant deux élé-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
ments :
• les caractéristiques personnelles (prédispositions) pouvant avoir une influence dans le pro-
cessus de conflit, c’est-à-dire l’ensemble des qualités et compétences individuelles et collec-
tives ;
• les facteurs relationnels influençant l’évaluation de chaque partie quant à leur position straté-
gique et l’anticipation du comportement de l’autre partie (prévisions).
3. Pressions
Il est indispensable de rechercher les pressions dont les parties font l’objet. Ce deuxième para-
mètre met en avant la notion de pression sociale exercée par les représentants des groupes
impliqués dans le conflit auprès des autres acteurs membres du groupe. Ces pressions, expli-
cites ou implicites, doivent faire l’objet d’une analyse particulière afin de comprendre la réalité
des jeux de pouvoir et d’influence.
4. Enjeux
Les enjeux présents dans une situation conflictuelle doivent être appréhendés par l’analyse sou-
haitant comprendre les comportements des parties. Les principaux enjeux peuvent avoir diffé-
rentes sources et raisons :
• liées à la maîtrise de ressources rares, générant un conflit d’intérêt entre les différentes par-
ties ;
• en raison d’un désaccord concernant un élément empêchant la satisfaction des « préoccu-
pations » d’une partie ayant pour conséquence des prises de positions adverses.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 39
Management • Série 4
5. Cadre de référence
Afin de comprendre une situation conflictuelle, la seule analyse des comportements des acteurs
ne peut suffire. Il faut également effectuer une analyse complète du cadre de référence, c’est-à-
dire l’ensemble des règles, normes, méthodes et pratiques implicites et explicites qui ont
permis l’émergence et le développement du conflit.
Alain Rondeau le définit comme « l’ensemble des éléments à caractère normatif qui exercent une
contrainte sur les parties et canalisent leur comportement suivant un cheminement prédéterminé ».
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
–– la décision de ne pas agir afin de réduire les tensions et permettre à la situation de se
« relâcher » ;
• l’accommodation qui peut être utile dans plusieurs situations :
–– volonté de conserver la relation avec l’autre partie,
–– si l’on considère que l’enjeu a plus d’importance que la confrontation avec l’autre partie,
–– volonté de se montrer compréhensif et d’afficher une attitude encline à la résolution du
conflit ;
• la collaboration peut être proposée :
–– lorsqu’il est possible de tirer profit de la nouvelle situation et de ses opportunités,
–– s’il existe une complémentarité ou une compatibilité entre les intérêts individuels,
–– s’il est possible de résoudre des problèmes interpersonnels ;
• la compétition peut être envisagée dans les cas suivants :
–– en situation d’urgence,
–– lorsqu’il y a une nécessité de prendre des décisions impopulaires,
–– lorsqu’il s’agit de décisions vitales pour le devenir de l’entreprise ou la situation des
salariés,
–– afin de répondre à des actions malveillantes et dangereuses ;
• le compromis est un comportement répondant aux situations suivantes :
–– échec de la collaboration,
–– impuissance des actions coercitives mises en place,
–– état des lieux démontrant que les parties en conflit disposent d’un pouvoir similaire.
34. Modèle développé par Alain Rondeau, en référence à celui de Thomas (1976), op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
40
UE 117 • Management
domination intégration
(intérêt à satisfaire ses besoins)
dim
ive
en
s ion g rat
inté
Compromis
Partage
échange
n dis
n sio trib
uti
di me ve
Évitement Accommodation
retrait apaisement
apathie obligeance
–
– Coopération (cooperativeness) +
(intérêt à satisfaire les besoins d’autrui)
Rondeau (1990).
Pour résumer, l’analyse structurelle a pour objectif de définir l’influence des quatre para-
mètres (prédispositions et prévisions des parties, pressions, enjeux et cadre de référence) sur
les attitudes comportementales des parties (cinq styles de comportement identifiés).
Cependant, cette première étape d’analyse globale du conflit aborde une démarche linéaire sans
prendre en compte l’ensemble des interactions entre les différentes parties. Elle a pour objectif
de dresser un premier état des lieux avant de se focaliser sur la dynamique d’échange existante
entre les parties. C’est l’objectif de l’analyse dynamique présentée dans la section suivante.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
2. Perception et comportement
Il apparaît que le conflit est avant tout un phénomène perceptuel (Deutsch, 1977) à partir
duquel les parties vont élaborer une conception de la situation conflictuelle pour ensuite adopter
un comportement en réponse.
L’analyse structurelle s’était intéressée à la perception des acteurs dans le cadre de leurs prévi-
sions des orientations de la situation conflictuelle. L’analyse dynamique va plus loin en recher-
chant la relation entre les différentes perceptions ainsi que leur résultat sur les comportements
et les stratégies des acteurs.
35. Références d’Alain Rondeau à Pondy (1967) et Thomas (1976), op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 41
Management • Série 4
PARTIE A
perception Comportement
Épisode précédent
Épisode suivant
événement
résultat
TIERCE PARTIE
PARTIE B
Comportement perception
Rondeau (1990).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
1. Principes
L’analyse diachronique d’un conflit consiste à décrire l’historique du conflit.
Les modifications de la dynamique d’échange entre les parties sont ainsi prises en compte au
fur et à mesure afin de décrire et comprendre les différents processus d’escalade ou d’améliora-
tion du conflit.
En s’appuyant sur des travaux de recherche qui ont analysé les principaux facteurs explicatifs
des évolutions des situations conflictuelles (Tomas, 1976 ; Glasl cité par Van de Vliert, 1984),
Alain Rondeau propose un modèle décrivant six dynamiques réparties dans deux phases de
l’escalade : la détérioration de la perception de l’autre et l’accentuation de la coercition
envers l’autre.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
42
UE 117 • Management
• approbation de tiers : cette recherche d’alliance auprès de tiers peut intervenir lorsque la
communication entre les parties en conflit se dégrade.
Incompatibilité
BRIS DE COMMUNICATION
CATHARSIS
Équilibre des
dommages
Équilibre entre Nouvel équilibre
les parties Perte de entre les parties
l’objectif
premier RUPTURE
Approbation
de tiers
Simplification
cognitive
Biais
perceptuel
ESCALADE
DÉSESCALADE
Rondeau (1990).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 43
Management • Série 4
A. LA MÉDIATION
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Le recours à la médiation s’effectue généralement lorsque les parties en confrontation estiment
que le litige pourra mieux se résoudre en dehors des seuls acteurs impliqués. Le constat est ainsi
double :
• aveu d’échec concernant les ressources en interne capables de dénouer la situation et de
permettre une sortie du conflit ;
• volonté commune d’une recherche de solution qui empêche la rupture de la relation et permet
le développement des échanges.
Le médiateur a un rôle d’intermédiaire et doit faire preuve de neutralité vis-à-vis des parties, afin
d’établir une relation de confiance. Contrairement à l’arbitre, dans la procédure d’arbitrage, il ne
dispose d’aucun pouvoir pour imposer un accord. Il doit veiller à faciliter une solution négociée
en utilisant différentes techniques et méthodes :
• effort de clarification de la situation ;
• réduction des tensions ;
• organisation de réunions ou séparation des parties ;
• élaboration de propositions de solutions ou de concessions.
La démarche de médiation se construit généralement en quatre étapes36.
1. Établissement du cadre après avoir mis en place un climat social plus détendu. Le médiateur
va alors définir, en concertation avec les parties, les règles concernant les modalités des discus-
sions. Il devra expliquer très clairement son rôle afin de garantir auprès de l’ensemble des acteurs
sa neutralité et de présenter son champ d’action et les limites de son intervention.
36. Richard Bréard et Pierre Pastor (2007), Gestion des conflits. La communication à l’épreuve, op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
44
UE 117 • Management
2. Expression des parties qui sera engagée par le médiateur en s’assurant que chacun puisse
à la fois s’exprimer librement et en favorisant les capacités d’écoute. Le médiateur devra ensuite
effectuer un travail de reformulation afin de détecter les causes à l’origine du différend et per-
mettre ainsi une relecture la plus objective possible des faits.
3. Phase de recherche de bases de solutions durant laquelle la médiation doit tenter, en
encourageant le dialogue et les échanges positifs, de développer des premières notions mini-
males d’entente. Toute proposition, même partielle, de solution est utilisée de façon positive afin
de rechercher toutes les voies possibles de sortie du conflit.
4. L’accord, après la tenue des discussions et les tentatives de dialogues constructifs, est
ensuite finalisé et signé par les parties. Cet accord écrit engage ainsi les acteurs dans la conduite
des actions à mettre en place en vue de dénouer le différend.
Il peut arriver également que la médiation ne réussisse pas à se conclure sur l’acceptation d’un
accord mutuel. Le médiateur arrête alors le processus et dresse le constat de la situation.
L’objectif de la médiation est de permettre à l’ensemble des parties engagées de sortir gagnante
du processus, par exemple en sauvant la face dans le cadre de l’acceptation d’un compromis.
Tout l’art du médiateur est de laisser les parties s’engager dans la construction de leurs propres
solutions en les accompagnant tout au long du processus et en les conseillant de façon pertinente.
B. LA COOPÉRATION ET LA CONCERTATION
Kim W. Chan et Renée Mauborgne37 expliquent les bienfaits de la concertation pour la perfor-
mance d’une entreprise. Ainsi, la concertation a une influence directe et profonde sur les attitudes
et les comportements « quand on recherche des performances élevées. Elle crée un climat de
confiance et libère les idées ». De plus, elle apporte une réponse à un besoin humain fondamen-
tal. En effet, quel que soit son rôle dans l’entreprise, chaque individu souhaite être reconnu en tant
qu’homme et non en tant que simple « membre du personnel » ou « actif humain ». Les auteurs
proposent cette conception à partir d’une étude auprès de 19 entreprises dans lesquelles ils ont
mis en évidence l’existence de corrélation entre les procédures, les attitudes et les comporte-
ments. Ainsi, les dirigeants persuadés de l’usage bénéfique de la concertation sont confiants et
totalement impliqués, ce qui donne en retour une coopération active des employés. Au contraire,
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
les dirigeants qui ont l’impression que la concertation est inexistante dans leur organisation, s’ex-
posent au risque d’avoir des employés qui font de « la rétention d’idées et traînent les pieds ».
Ils développent la notion de justice procédurale qui marque « l’entrée dans une économie fon-
dée sur le savoir et suppose de s’intéresser aussi à la manière dont les résultats sont atteints ».
Cette justice procédurale repose sur trois principes :
• l’implication des salariés dans le processus de décision doit signifier une intégration réelle
des individus dans les décisions les concernant « en les laissant libres d’apprécier ou non les
mérites des idées des autres ». L’implication est ainsi la preuve que « les dirigeants respectent
les individus et leurs idées […] et conduit les dirigeants à prendre des décisions plus perti-
nentes » ;
• l’explication de ces décisions doit clairement faire apparaître que l’ensemble des collabora-
teurs impliqués dans un travail doit « comprendre ce qui sous-tend les décisions finales » ;
• la clarté des objectifs à atteindre nécessite de la part des dirigeants une explication fine et
détaillée des nouvelles règles du jeu occasionnées par la nouvelle décision.
Les auteurs expliquent qu’il ne faut pas confondre la concertation avec une approche décision-
nelle consensuelle. Ainsi, « on n’y a recours pour que règne l’harmonie ou pour obtenir le soutien
des gens grâce à des compromis qui s’arrangeraient de l’opinion, des besoins ou de l’intérêt de
chacun. Puisque la concertation donne à chaque idée sa chance, c’est la viabilité des proposi-
tions, et non le consensus, qui est le moteur de la prise de décision ».
37. Kim W. Chan et Renée Mauborgne, (1995), « Le pouvoir méconnu de la concertation », L’Expansion
Management Review, p. 25‑32
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 45
Management • Série 4
Cette conception est très proche des démarches de coopération, puisqu’il s’agit de l’objectif à
favoriser. De nombreuses recherches ont mis en avant l’impact favorable des relations, fondées
sur le mode coopératif entre les groupes, sur les risques de développement de conflits en entre-
prise38. La stabilité du processus coopératif dépend fortement de la clarté et la transparence des
enjeux, autrement dit les règles devront être compréhensibles et d’une lecture simple afin d’évi-
ter les comportements hostiles et fortement individualistes.
C. LA NÉGOCIATION
Les stratégies de négociation évitent au conflit de passer à l’étape de la rupture de la communi-
cation. La négociation permet la rencontre des parties en désaccord et permet de rétablir les
relations afin de donner une possibilité d’ouverture vers des solutions acceptables et positives
pour l’ensemble des acteurs.
La négociation peut être menée de différentes façons, en sachant que le choix de son orientation
déterminera très fortement l’issue du conflit. Généralement, les travaux sur les conduites de
négociation présentent deux formes opposées :
• la négociation irréaliste39 ou la stratégie destructrice, considérée malheureusement comme
l’approche la plus couramment utilisée, qui se fonde sur une guerre des positions. Le terrain
de l’affrontement évolue essentiellement sur le plan de l’identité et de la personnalité des par-
ties en opposition. Les positions sont le plus souvent extrêmes, autrement dit irréalistes, et
chacun des opposants recherche la victoire à tout prix. Cette démarche, définie également
comme la stratégie perdant-perdant, est considérée comme inefficace, voire dangereuse, en
raison des nombreux risques existants :
–– la stratégie de campement sur ses positions entraîne un comportement d’enfermement dans
sa propre idéologie, sans trop se soucier des réalités de l’environnement,
–– la négociation ayant débuté par une opposition forte et radicale, tout compromis, pourtant
favorable au processus de résolution, pourrait être abandonné par risque de paraître affaibli
ou de perdre la face,
–– les discussions menées, étant essentiellement orientées sur les luttes de pouvoir, risquent de
perdre en objectivité et d’éliminer les sentiments de satisfaction en cas d’accord,
–– ce processus douloureux risquera d’avoir des conséquences dans le cadre des futurs
échanges, car la relation de confiance n’aura pu être établie ;
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• la négociation réaliste ou la stratégie constructrice propose comme principe de base que
l’objet du conflit doit être traité avec l’ensemble des parties. Cette stratégie, qui se veut
gagnant-gagnant, identifie plusieurs points clés dans la résolution des situations conflic-
tuelles :
–– le différend doit être défini avec l’ensemble des parties afin de réaliser un premier constat
commun réaliste sur la définition du problème,
–– l’objectif de cette approche est de permettre à chaque partie de reconnaître une légitimité de
l’autre au travers de ses intérêts et besoins,
–– la démarche recherche également l’ouverture d’un dialogue, dans le cadre d’une compré-
hension mutuelle et constructive.
38. Richard Bréard et Pierre Pastor (2007), Gestion des conflits. La communication à l’épreuve, op. cit.
39. Richard Bréard et Pierre Pastor (2007), op. cit., p. 160-161
40. Liste reprise aux auteurs Richard Bréard et Pierre Pastor, op. cit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
46
UE 117 • Management
–– la première phase a pour objectif d’améliorer la perception de l’autre groupe. L’exercice consiste
à demander à chaque groupe de préparer deux documents écrits en identifiant sur le premier sa
propre perception dans la relation avec l’autre et sur le second, sa perception de l’autre groupe.
Cette phase se termine par la réunion des groupes afin de permettre un échange constructif,
–– la seconde phase propose aux groupes, chacun de leur côté, de réaliser une évaluation de
la situation du conflit en distinguant le plus objectivement possible les responsabilités res-
pectives. Une réunion est également prévue afin d’identifier les points communs issus des
analyses et d’engager une réflexion sur la recherche de solutions ;
• la confrontation se rapproche de la consultation intergroupe en appliquant la méthode dans
le cadre de conflit entre deux personnes. Elle peut s’avérer très utile lorsque la situation conflic-
tuelle est récente. La technique consiste à réunir les deux personnes en leur demandant de
rédiger une liste de points positifs et négatifs dans sa relation avec l’autre, ainsi que d’identifier
ce que l’autre a pu indiquer. Il s’agira ensuite de procéder à l’échange des textes et d’établir
une communication permettant à chacun de s’exprimer sur ces commentaires afin de faciliter
la convergence des idées et la communication ;
• l’utilisation d’un tiers se retrouve essentiellement dans le cadre des conflits entre deux dépar-
tements et s’appuie sur les principes de la médiation en faisant appel à une personne neutre,
idéalement un intervenant externe. L’intervenant devra récolter, par le biais d’interviews indivi-
duelles, l’ensemble des avis et analyses des acteurs impliqués dans le conflit. La synthèse de
ces entretiens sera ensuite communiquée aux personnes concernées en distinguant les élé-
ments objectifs des opinions et interprétations émises. Il s’agira ensuite de mettre en place des
réunions de travail qui auront pour objectif d’identifier des solutions positives et innovantes ;
• la contrainte peut être employée lorsque la situation exige un dénouement rapide du conflit.
Le gestionnaire décidera alors de mettre la pression en imposant un délai ou en rajoutant une
contrainte obligeant les parties à trouver dans l’urgence une solution de sortie du conflit ;
• l’arbitrage est une procédure mise en place dans le cadre de règlement d’un litige, souvent
choisie par les entreprises afin d’éviter le recours à la justice et en raison de ses avantages :
–– le choix de l’arbitre est effectué par les parties, suite à une concertation,
–– la procédure est relativement simple et réduisant tout formalisme,
–– les sentences arbitrales ne font pas l’objet de publication.
Contrairement à la médiation, en fin de processus, l’arbitre prendra position et proposera une
décision qui s’appliquera aux parties. Dans le cas d’un refus d’une des parties, le tribunal de
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
grande instance aura la compétence d’ordonner son exécution, sans possibilité d’appel.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 47
Management • Série 4
• il maintient un équilibre de pouvoir en le renforçant par le résultat du conflit qui redistribue « les
cartes » et rétablit un nouvel équilibre engendré par le résultat du conflit ;
• le conflit peut entraîner un changement social « sans que les acteurs aient nécessairement
cet objectif en vue ».
Ainsi, comme le proposent Richard Bréard et Pierre Pastor43, il faudrait placer la notion du
conflit au cœur du management en l’identifiant comme une réserve de potentialité pour l’entre-
prise. Ainsi, dans le cadre de la mise en place d’un management du conflit, les auteurs pro-
posent six axes constitutifs :
• s’engager volontairement sur l’expérimentation des idées novatrices ;
• conduire des choix d’actions en assurant les stratégies alternatives ;
• afficher en permanence une ouverture d’esprit ;
• rechercher sans cesse les situations permettant les consensus ;
• adopter un rôle de catalyseur ;
• permettre l’élaboration de règles et de mesures qui conforteront le consensus obtenu.
Le conflit peut se présenter dans toute organisation qui oppose minimalement deux parties (indi-
vidus ou groupes). Sa présence n’est pas un problème en soi, mais son ignorance totale, oui. Le
déséquilibre provoqué par le conflit est source de changement éventuel s’il est géré adéquate-
ment. Après chaque crise revient habituellement un nouvel équilibre. Le conflit peut être traité
différemment selon ses causes et son type. Il n’y a pas qu’une seule façon de l’aborder. La
communication facilitante demeure une compétence interpersonnelle essentielle pour le mana-
ger dans la gestion des conflits au travail.
• « Dans tout conflit, aucune solution n’est possible si chacun des adversaires est inca-
pable de prendre sérieusement en considération le point de vue de l’autre. »
• Bruno Bettelheim (1903-1990)
Titre 2. La communication
Le thème de la communication est central dans notre société moderne. Il est vaste aussi.
Qu’entend-on par communication ? Quelles sont les origines du terme ? Quels domaines sont
concernés ? Des questions auxquelles il est difficile de répondre simplement.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Dans une conjoncture imprévisible, l’exercice de communication est à la fois indispensable (pour
rassurer et convaincre) et périlleux (dire ce qu’il faut quand il faut).
Mais communiquer, c’est d’abord être à l’écoute constante de ses interlocuteurs. Et cet objectif
n’est pas simple à tenir car les cibles se sont multipliées. La cible se définit ici comme l’ensemble
des personnes visées par une action de communication. Il y a donc une cible touchée par les
actions de marketing direct, une autre par la Lettre aux actionnaires, une troisième par la publi-
cité… Certaines cibles sont volontairement différentes, beaucoup sont communes à plusieurs
actions. Il est d’ailleurs de moins en moins envisageable de concevoir des communications indé-
pendantes et distinctes pour chaque public. L’encastrement est presque total, la nécessité de
cohérence absolue. Ainsi, il est fréquent qu’une même personne appartienne à plusieurs catégo-
ries (elle peut à la fois être salariée d’une entreprise, actionnaire de celle-ci et consommer ses
produits). Par ailleurs, il arrive que la communication déborde largement du contexte dans lequel
on l’a inscrite initialement : une communication financière peut devenir interne, voire sociétale,
lorsqu’elle concerne, par exemple, le plan de restructuration d’une grosse entreprise. Parallèlement,
les évolutions technologiques ont accentué cette porosité. Les outils à disposition autorisent la
communication en temps réel, l’information simultanée dans le monde entier, l’interactivité… et
les domaines concernés ne peuvent qu’être artificiellement dissociés. Ils sont devenus per-
méables. Chaque information, qu’elle soit interne, marketing, financière, émanant d’une entre-
prise publique ou privée, a des répercussions sur l’ensemble de la stratégie de la société, sur le
comportement des consommateurs, sur les investisseurs, sur les salariés, sur les citoyens.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
48
UE 117 • Management
Définition
On appellera de manière générale communication la transmission d’un message entre un
émetteur et un récepteur (ou cible).
À la fin des années 1940 aux États-Unis, Wiener et Shannon ont construit un modèle mathéma-
tique linéaire inspiré des contraintes de la transmission téléphonique.
Message Source
Émetteur
Signal émis
Récepteur
Message Destinataire
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 49
Management • Série 4
Rétroaction
Ainsi, en marketing, le mix communication est reformulé par l’entreprise (et ses agences) en
permanence, en tenant compte des réactions de la cible.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
DE PIERCE, SAUSSURE ET BARTHES
Définie dans les années 1960, elle s’appuie sur l’étude des systèmes des signes non linguis-
tiques. Le signe comprend le signifiant et le signifié et chacun dispose d’une substance et d’une
forme.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
50
UE 117 • Management
I. EN PSYCHOLOGIE
La communication se nourrit de la psychologie. En effet, de nombreux exemples communs
peuvent illustrer cette affirmation.
Quand une entreprise peu attrayante (pour des raisons variées) veut améliorer son image, elle
peut utiliser comme porte-parole (dans un spot TV ou sur quelque média que ce soit) une vedette
du show-business ou du sport. L’utilisation d’un prescripteur leader d’opinion permettra à la
cible de s’identifier au produit/à l’entreprise. Dans le même esprit, lorsqu’une firme souhaite
confirmer les qualités de son produit, elle pourra s’offrir l’image d’une star compétente pour
vanter les caractéristiques du produit. La compétence associée à la sincérité de la source rassu-
rera le consommateur potentiel. Par ailleurs, la communication utilise les leviers de la psychana-
lyse pour, par exemple, réduire un état de tension dont le consommateur est victime. Deux
solutions existent alors : soit l’entreprise prévoit le risque de dissonance cognitive et propose
alors au consommateur des moyens de retrouver l’harmonie, soit le consommateur active ses
propres ressources pour réduire la dissonance. Dans le premier cas, l’entreprise, par la commu-
nication, dispose de quatre options. La première : elle va favoriser l’identification du consomma-
teur. La deuxième : elle va l’inciter à la projection, c’est-à-dire faire adhérer d’autres
consommateurs à son comportement. Il y a là une volonté inconsciente de faire partager le
risque. La troisième : la communication pourra suggérer le transfert. Ainsi, les messages publici-
taires vantant la puissance de voitures de sport sont créés avec l’idée d’exploiter les pulsions
sexuelles. La quatrième enfin : la rationalisation qui rassure l’individu avant ou après l’achat se
matérialise par des informations concrètes et apaisantes fournies par l’entreprise. Elles auto-
risent le consommateur à accepter son choix sans remord.
Dans le cas où le consommateur réduit lui-même la dissonance (car la communication de l’en-
treprise ne l’a pas aidé à atténuer les tensions éprouvées), la solution sera la fuite. Elle pourra
prendre diverses formes : occulter le problème, remettre en cause la source (c’est-à-dire l’entre-
prise, le produit ou son émissaire), etc. L’expérience prouve que l’individu revoit très rarement
son système de valeur. Cette affirmation concerne également l’individu-consommateur.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
II. EN SOCIOLOGIE
Plusieurs sujets pourraient être traités ici, mais nous avons choisi de nous focaliser sur un outil
de communication essentiel dans la vie des consommateurs : les médias. Nous verrons que les
médias ne sont pas des vecteurs neutres d’information. Selon J. Stoetzel44, les médias peuvent
être classés en trois groupes. Les médias, en apportant de l’information, sont tout d’abord un
instrument de relance sociale qui permet à l’individu une intégration dans les divers groupes
sociaux. Les médias sont également des instruments récréatifs. Enfin, ils ont des vertus théra-
peutiques en orientant les pulsions des individus vers d’autres éléments.
Parallèlement, le CCA45 affirme que les médias revêtent diverses fonctions. La fonction
« Antenne » concerne la diffusion des messages au-delà des frontières, la découverte de la
diversité des cultures. La fonction « Ampli » traduit l’amplification. La diffusion et la répétition des
messages accélèrent leur connaissance par la cible. La fonction « Focus » insiste sur les leaders
d’opinion qui relaient les informations innovatrices pour les transmettre à un public global. La
fonction « Prisme » prolonge la fonction focus. Les informations innovatrices sont valorisées et
rationalisées pour éduquer la cible. La fonction « Écho » impose le produit/service vanté par la
communication comme modèle normalisé et intégré dans le style de vie dominant.
L’exemple de la communication d’Apple, tout média confondu, permet de mettre simplement en
pratique les approches de Stoetzel et du CCA.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 51
Management • Série 4
Cette rapide analyse montre que les rôles et les fonctions des médias sont multiples. Par ailleurs,
le choix des médias va également résulter des objectifs de l’entreprise. Il est rare que la commu-
nication intègre toutes les fonctions/assume tous les rôles mais chacun des choix aura une
conséquence sociologique différente avec une perception variée des messages par la cible.
III. EN GESTION
Les grandes fonctions de l’entreprise s’appuient sur la communication. Les exemples sont mul-
tiples. Nous en évoquerons quelques-uns, avec le souci de montrer :
• l’omniprésence de la communication dans les départements, entre les services et avec les
acteurs externes à l’entreprise ;
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• l’éclectisme des outils de communication (journal, intranet, séminaires, mailings, rapports…).
Ainsi, le journal d’entreprise, au format papier ou sur l’intranet de l’organisation, est un outil de
communication/support d’information pour tous les salariés de l’entreprise. Les sources peuvent
être variées : la direction, le comité d’entreprise, les syndicats… disposent d’un espace pour
informer ou alerter les salariés. Le journal d’entreprise est alors à la fois un outil de communica-
tion marketing et de ressources humaines.
Les séminaires d’analyse transactionnelle peuvent également être assimilés à de la communica-
tion. En effet, le séminaire d’une part, le sujet d’autre part, appartiennent à la sphère de la com-
munication. Ainsi, la réunion-séminaire, en petits groupes, favorise l’échange et la convivialité.
L’analyse transactionnelle, ensuite, s’appuie sur des notions de psychologie qui facilitent la
communication en entreprise et permet à chacun d’affirmer sa position face à un supérieur, un
subalterne ou un fournisseur.
Quand la fidélisation du client est devenue une priorité pour l’entreprise (début 2000), nom-
breuses sont les firmes qui ont dédié un département « fid » à cette préoccupation. Il utilise tous
les moyens de communication disponibles, et particulièrement le marketing direct, avec envoi
de mailings personnalisés, pour limiter au maximum la fuite des clients.
Enfin, et nous arrêterons là cet inventaire à la Prévert, les rapports annuels ainsi que les rapports
développement durable (obligatoires pour les entreprises cotées) constituent un outil de com-
munication essentiel pour les financiers mais également pour l’ensemble des stakeholders, à
l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
52
UE 117 • Management
Direction générale
Direction générale
Direction de la
communication
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 53
Management • Série 4
Ici, la direction de la communication domine. Elle intègre les fonctions marketing (publicité et
promotion), relations publiques et communication interne. Cet organigramme marque par sa
volonté d’intégrer les communications en tant qu’éléments stratégiques majeurs. Les outils et
les moyens de communication sont mis en commun.
Après une période de centralisation des directions de la communication, on assiste aujourd’hui
à l’implantation de structures locales organisées en réseaux qui relaient la politique de commu-
nication impulsée au sommet, dans la maison mère.
Chaque type d’organisation correspond à un style de management et de communication.
L’organisation taylorienne, qui décomposait les rôles et les tâches de chacun, s’appuyait sur le
respect des directives, sans discussion. Les organisations modernes, au contraire, organisées
en réseau, reposent sur une structure transversale par projets. Elles sont fondées sur la commu-
nication : multiplication des échanges réels et virtuels, réunions de travail collectif et communi-
cations intermétiers.
Développement des relations, dialogue et écoute sont incarnés par le directeur de la communi-
cation.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Le directeur de la communication a également pour mission de faciliter les éventuels change-
ments organisationnels, en atténuant la résistance des salariés par l’explication et la transpa-
rence.
Enfin, la communication interne exprimée par son directeur, doit créer les conditions de l’impli-
cation et de l’appartenance.
Le métier de chargé de communication interne
Rôle :
• il collecte des infos auprès des dirigeants, des services et les diffuse via un journal interne, des
affiches, des messages, des bulletins ;
• il essaie de développer une culture « maison », un esprit d’équipe.
Formation : première expérience en communication exigée, écoles de commerce, de commu-
nication.
Profil : sens des relations humaines, curiosité, diplomatie, organisation, rapidité.
Évolution : responsable d’un service de communication, directeur de communication.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
54
UE 117 • Management
Circuits d’information
Circuits Caractéristiques Avantages Inconvénients
Hiérarchique • Moyens écrits et oraux • Proximité • Blocages
• Formels ou informels avec les opérateurs et dysfonctionnements
• Individuels ou en groupe • Légitimité fréquents
• Disponibilité inégale
de la hiérarchie
• Pas toujours formée
aux techniques
de communication
Représentatif • Comité d’entreprise • Légitimité + Confusion potentielle
• Délégués syndicaux confiance entre information
• Délégués du personnel • Champ d’action et revendication
• Existence légale, rôle d’information large
et de concertation
Interne • Organisé par la direction de l’entreprise • Pas de frontière Très contrôlée
• Touche de larges publics en interne géographique par la hiérarchie
• Pour une meilleure connaissance ou fonctionnelle
de l’entreprise et de ses activités • Messages
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Pour une meilleure lisibilité, les différents supports écrits et oraux sont présentés dans les
tableaux suivants.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 55
Management • Série 4
A. TRADITIONNELS
Outils de communication écrits traditionnels
Outils Caractéristiques Avantages Inconvénients
Livret Document remis au nouveau Court Court
d’accueil salarié pour :
• présenter l’entreprise
• l’aider à se situer
dans la structure
Plaquette Contient l’ensemble • Courte • Cible large donc
institutionnelle des informations résumées • Forme aérée et esthétique peu d’informations
relatives aux activités • Chiffres clés et graphiques précises
de l’entreprise. C’est un • Pas d’interactivité
document à destination des
salariés mais également
de l’externe
Journal • Principal outil de • Les informations • Tonalité trop
d’entreprise communication interne essentielles de l’entreprise hiérarchique
• Concurrence des nouvelles y étant consignées, le • Manque
technologies qui incite le salarié a le réflexe de s’y d’interactivité
directeur de la communication reporter
à repositionner le journal • Contenu rédactionnel
et à en revoir ses objectifs parfaitement maîtrisé
Lettre En général, en introduction • Courte • Courte
(du président) du rapport de gestion ou pour • Quelques événements • Plus souvent
ouvrir la lettre aux actionnaires valorisants énoncés/ destinée
rappelés aux investisseurs
• Contenu maîtrisé qu’aux salariés
Tableau • Moyen d’information qui permet • Peu onéreux • Souvent limité
d’affichage de prévenir, sensibiliser, • Rapide à mettre en œuvre à l’information
informer • Bon moyen de teasing légale et sociale
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• Information légale, ascendante • En complément d’autres • Discret donc
et descendante supports efficacité réduite
Affichage Bandeau lumineux qui présente • Messages fréquemment • Coûteux
lumineux des informations brèves et réactualisés • Contraignant
récentes
Flash info Se situe entre le journal • Bref • Succinct
ou note flash d’entreprise et la note de service • Collé à l’actualité juste • Souvent défensif
passée ou imminente
Revue Diffusion organisée, en interne, • Information externe Risque de sélection
de presse des articles parus dans la presse relayée en interne donne subjective des
externe concernant l’entreprise un sentiment de neutralité articles parus
de l’entreprise
• Place l’entreprise
dans l’environnement
• Implication/mobilisation
des salariés
Note • Quantitativement, le premier • Nécessaire • Pas d’interactivité
de service outil écrit de communication • Efficace quand leur • Trop nombreuses
ou circulaire dans l’entreprise nombre est mesuré et mal
• Pour fixer les règles hiérarchisées
de fonctionnement interne • Octroie du pouvoir
• Outil de communication (légitime ?) à celui
descendante qui l’émet
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
56
UE 117 • Management
B. TECHNOLOGIQUES
Les relations par voie électronique permettent une communication ascendante, descendante et
transversale. D’autres caractéristiques, peut-être moins essentielles mais néanmoins impor-
tantes, sont présentées dans le tableau suivant.
A. L’ÉCHANGE DE PROXIMITÉ
L’oral est l’outil de communication le plus ancien et sans doute le plus efficace. En effet, c’est le
seul qui permet une réelle interactivité avec la faculté d’informer le salarié en l’impliquant. À l’ère
de la communication par Internet, foisonnante et désincarnée, les salariés ont besoin d’humani-
ser leurs échanges.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 57
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
de service techniques pour l’atteinte travail et d’échange • Lieu de pouvoir
ou des objectifs • Circulation d’information et de reconnaissance
interservices • Maximum 20 à 30 personnes • Peut favoriser • Inertie fréquente
• Durée : 2 à 3 heures le décloisonnement • Consommateur de temps
• Compte rendu nécessaire entre services (chronophage)
Journée • Permet de faire connaître • Instrument d’image Événement à grande
portes l’entreprise à l’ensemble et de transparence échelle plus proche de
ouvertes des parties prenantes • Peut générer un l’action de marketing-
• Des visites peuvent être sentiment promotion
organisées d’appartenance accru que du management
de la part des salariés des ressources humaines
Relations • Plus particulièrement Les interlocuteurs/ • Assez onéreux
publiques/ destinées aux journalistes, journalistes qui et consommateur de
relations mais toutes les parties connaissent l’entreprise temps
presse prenantes peuvent être et ses activités savent • Assez artificiel
conviées en parler • Répercussions mal
• Prennent souvent la forme maîtrisées
de conférences, petits-
déjeûners, visites d’entreprise,
voyages…
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
58
UE 117 • Management
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 59
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
relation avec l’ensemble harmoniser, coordonner de participants est > 10
des participants • Pas adapté aux
décisions
opérationnelles
Visioconférence Mêmes principes • Gain de temps Limiter le nombre
que la téléréunion mais les • Les participants de participants
participants disposent s’identifient pour maintenir l’efficacité
d’un écran sur lequel ils • Des documents peuvent
visualisent chaque être présentés
membre de la réunion
Définition
Conduire un audit, c’est établir le diagnostic d’une situation dans une perspective de compré-
hension et de prise de décision.
La démarche d’audit est aujourd’hui généralisée en gestion car les entreprises ont à cœur de
comprendre et d’améliorer leurs processus, que ce soit en finance, en gestion des ressources
humaines, en marketing… La communication interne ne fait pas exception à la règle. L’audit de
communication interne vérifie la cohérence de la politique de communication et la gestion des
résultats obtenus. Il permet d’évaluer les ressources et contraintes de l’organisation dans le
domaine de la communication.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
60
UE 117 • Management
B. UN OBSERVATOIRE SOCIAL
L’audit de communication interne met, entre autres, en évidence le climat social. Simplement
exprimé, celui-ci résulte de la comparaison entre ce que le salarié apporte ou attend et ce que
l’entreprise lui offre en contrepartie. Deux grandes familles d’indicateurs sont nécessaires pour
évaluer le climat social :
• les indicateurs objectifs (le plus souvent standardisés, chiffrés et comparables dans le temps) ;
• les indicateurs d’opinion (variables dans le temps et dans l’espace, qualitatifs ou quantitatifs).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 61
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
vous ? (étude d’attitude), que voulez-vous ? (étude de motivation), que pensez-vous ? (étude
d’opinion). Ils obéissent aux contraintes des méthodes qualitatives : entretien dans un lieu
neutre, retranscription littérale, analyse approfondie des propos. Cette technique est onéreuse
car elle mobilise des compétences spécialisées en ressources humaines, en psychologie, en
sociologie, en analyse de discours… En contrepartie, son intérêt est évident : les subtilités d’ex-
pression, leur variété et la perspicacité de l’analyse révèlent des faits, suggèrent des explica-
tions, soulèvent de nouvelles préoccupations.
Les questionnaires écrits peuvent alors prolonger les entretiens. Ils prennent la forme de ques-
tions fermées ou semi-ouvertes, simples et sans ambiguïté. Le questionnaire est transmis en
interne ou par voie postale. Les réponses sont anonymes et traitées par informatique. Comme
les entretiens, cette technique est assez onéreuse mais elle complète parfaitement les tech-
niques qualitatives. En effet, les premiers permettent de comprendre les situations, les seconds
d’évaluer leur intensité.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
62
UE 117 • Management
Techniques d’enquête
Caractéristiques Avantages Inconvénients
• Tous les documents Peu ou pas onéreux • Matériau déjà
recueillis peuvent être dépassé
Étude
utilisés • Pas
documentaire
• Pour analyser les pratiques de préconisations
dans leur environnement
• Les salariés sont invités • Variété et finesse potentielle • Coûts de mise
à s’exprimer librement, des propos en œuvre
en face-à-face, dans un • Perspicacité de l’analyse et d’analyse/
Étude
lieu neutre • Des esquisses d’interprétation interprétation
qualitative
• Pour comprendre • Difficulté
(entretien)
• Trois grandes catégories d’interprétation
d’études : attitude,
motivation, opinion
• Les salariés répondent • Traitement informatique • Coûts en amont :
à un questionnaire rapide et peu onéreux structuration et test
Étude
anonyme de 30 à • Complète les études du questionnaire
quantitative
50 questions qualitatives • Prendre garde
(questionnaire)
• Pour mesurer, établir • Production de statistiques à la représentativité
des tendances et de probabilités
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 63
Management • Série 4
La mise en œuvre d’un audit de communication doit être annoncée en amont et les résultats
doivent être expliqués à la population interrogée mais également à tous les salariés de l’entre-
prise. Les implications doivent également être annoncées dans les supports existants. Cet effort
crédibilise la démarche et manifeste une volonté de communication interne de qualité.
Les choix méthodologiques sont expliqués et les conditions de validité de l’enquête produites.
B. CLIMAT POLITIQUE
L’audit doit être mené dans un climat de confiance, sans méfiance de la part des organisations
syndicales. La clarté des objectifs et de la mise en œuvre sont des conditions qui favorisent la
confiance.
L’implication des différents niveaux de management facilite le bon déroulement du processus
d’enquête en créant les conditions d’échange, de débat et de réflexion. L’idéal est de parvenir à
lever les frontières hiérarchiques, fonctionnelles et géographiques.
En diffusant l’image de l’entreprise et de ses produits, on observe une action en interne (noto-
riété et messages de l’entreprise accentuant la motivation, le sentiment d’appartenance…) mais
également sur le marché et ses acteurs (parties prenantes).
Les communications interne et externe s’appuient l’une sur l’autre, dans une recherche de cohé-
rence permanente.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
prise à l’extérieur, auprès de toutes les parties prenantes, et particulièrement des consommateurs.
Ce troisième chapitre exposera d’abord la place de la communication marketing dans l’entre-
prise, puis le mix communication et ses moyens d’action. Nous décrirons enfin la succession
des actions de communication, de la définition des objectifs à l’audit de communication.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
64
UE 117 • Management
Directeur marketing
Chef de produit
ou chef de marque
L’intérêt de cette organisation réside dans la responsabilisation directe du chef de produit sur
tous les axes de la communication, et particulièrement sur l’efficacité des investissements (les
performances commerciales du produit sont-elles liées à la communication ?). Il reste le seul
interlocuteur des prestataires extérieurs. L’inconvénient majeur découle de l’autonomie des
chefs de produits. En effet, dans cette organisation, chaque responsable produit ou marque peut
travailler avec une agence de communication spécifique. Plus les interlocuteurs extérieurs sont
nombreux, plus la cohérence globale des propos est difficile à assurer.
Directeur marketing
La structure matricielle permet au chef de produit d’être assisté dans son travail par un service
communication. Celui-ci a une vision globale de la stratégie de communication de l’entreprise et
de ses produits. Il choisit les conseils extérieurs (agences de publicité, centrales d’achat d’es-
pace…) en optimisant l’efficacité marketing et financière. L’inconvénient de cette structure réside
dans le risque de conflits entre les chefs de produits et le département communication, qui ont
tous deux des prérogatives équivalentes.
L’organisation par projet, quant à elle, a été développée par les entreprises industrielles. Elle est
adaptée au lancement de nouveaux produits. Un groupe spécifique est constitué, composé de
spécialistes techniques, financiers, marketing, de communication… Cette structure est com-
plexe, efficace mais difficile à mettre en œuvre.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 65
Management • Série 4
Rôles :
• a pour mission d’accroître la notoriété d’une entreprise ;
• se charge des relations avec ses publics et mène des actions de promotion ou autres
adaptées et ciblées ;
• veille à la présence de l’entreprise dans des salons, des expositions, lors de colloques.
Formation
Diplôme IEP, école de commerce, formation universitaire (M2) ou encore école spécialisée
avec une expérience professionnelle.
Attaché de presse
Rôles :
• fait le lien entre deux univers radicalement différents : le monde de l’entreprise et celui
des journalistes ;
• fait connaître via les médias le produit, le service, l’homme ou la société qu’il représente ;
• doit transformer la communication en information.
Formation
Pas de diplôme réellement valorisé. L’expérience professionnelle est indispensable.
Journaliste d’entreprise
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Rôles :
• informe les collaborateurs (salariés, direction) sur l’activité de l’entreprise ;
• en externe, fait circuler des informations pour créer ou renforcer les liens avec ses parte-
naires (clients, fournisseurs…) ;
• utilise les techniques journalistiques et les nouveaux outils de communication virtuels ;
• encourage le personnel à écrire ou à proposer des sujets.
Profil
Curieux, ouvert, et doté d’une bonne plume, il possède les qualités d’un journaliste de
presse, l’esprit d’entreprise et un bon sens politique.
Responsable mécénat
Rôles :
• en accord avec la direction générale, il attribue un soutien financier ou matériel ;
• acteur de la stratégie d’entreprise, le responsable mécénat évalue l’intérêt des partena-
riats sur le long terme ;
• joue un rôle de médiateur avec les partenaires.
•••
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
66
UE 117 • Management
•••
Formation :
• écoles de commerce, de communication, M2 gestion des affaires culturelles, manage-
ment et marketing du sport ;
• l’expérience professionnelle est indispensable.
Rôles :
• doit surprendre, donner dans l’exceptionnel pour communiquer auprès du grand public ;
• doit asseoir et développer la notoriété de l’entreprise ;
• trouve la bonne approche pour séduire le public visé ;
• veille sur toute la logistique du projet ;
• prend contact avec les différents prestataires (traiteurs, cameramen, artistes…) ;
• évalue les retombées de l’événement en collaboration avec l’attaché de presse.
Rôles :
• dynamise les ventes ;
• imagine des actions promotionnelles ;
• élabore le budget « promotion des ventes » ;
• homme de terrain, capable de motiver une équipe de commerciaux et de guider des
chefs de produit ;
• rôle de formateur et de conseil auprès des commerciaux ;
• doit mettre en place des outils performants.
Compétences nécessaires :
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 67
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
tous les documents)
• Acheteurs d’artistes
free-lance (choisissent des
prestataires extérieurs :
illustrateurs, photographes…)
Chef de publicité
Rôles :
• interface entre le client et l’équipe créative de l’agence ;
• assiste à la demande du client et propose des idées de campagne ;
• négocie également le budget ;
• suit le déroulement de la campagne au travers des supports de diffusion.
Profil
Bon gestionnaire, créatif, sens relationnel, d’analyse et de synthèse.
•••
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
68
UE 117 • Management
•••
Consultant
Rôles :
• définit une stratégie de communication ;
• démarche les entreprises pour obtenir des projets et participe aux compétitions organi-
sées par l’État et les régions.
Profil
Polyvalence, esprit d’analyse et de synthèse, diplomatie, beaucoup de rigueur et de curio-
sité.
Médiaplanneur
Rôles :
• justifie qu’au moindre coût, la campagne touchera efficacement le public choisi ;
• recommande les médias à ses clients ;
• établit un plan média.
Profil
Cultivé, bon gestionnaire, analytique et synthétique, rigoureux.
Planneur stratégique
Rôles :
• intervient en amont de la chaîne publicitaire pour réfléchir sur le produit, la marque et
étudier la position des concurrents ;
• fixe les grands axes de la communication et définit les messages ;
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• use de grands moyens : il surfe sur le Web, se nourrit de presse, d’art et de littérature ;
• interface privilégiée entre les commerciaux et les créatifs, le planneur enrichit la réflexion
des uns et alimente l’inspiration des autres.
Profil
Cultivé, analytique et synthétique, rigoureux.
Concepteur-rédacteur
Rôles :
• spécialiste du texte et de la formule choc ;
• conçoit et rédige les messages publicitaires ;
• avec le directeur artistique, qui travaille sur l’image, il forme un « duo créatif », représen-
tant le style et la griffe de l’agence ;
• travaille pour différents types de supports : mailing, affichage, spot radio, catalogue, scé-
nario de film d’entreprise…
Profil
Créatif, analytique et synthétique, rigoureux, connaissance des techniques audiovisuelles.
•••
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 69
Management • Série 4
•••
Assistant en communication
Rôles :
• rédige les communiqués de presse, réalise des dossiers, met à jour les fichiers de presse,
participe à la rédaction du journal d’entreprise, au site Internet ;
• prend part à l’organisation de manifestations.
Profil
Sens relationnel, d’analyse et de synthèse, maîtrise de l’expression écrite et orale, de l’an-
glais, connaissance des techniques audiovisuelles.
Chargé de promotion
Rôles :
• conçoit les opérations promotionnelles d’un client pour dynamiser ses ventes ;
• travaille avec l’équipe créative de son agence afin de réfléchir à tout l’habillage graphique
des supports à mettre en place ;
• supervise leur création et fabrication avant de s’assurer de leur bonne livraison sur le
point de vente.
Profil
Bonne connaissance du marketing, homme/femme de terrain, maîtrise des lois en vigueur,
polyvalence, bon gestionnaire.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Les centrales d’achat d’espace publicitaire ont pour vocation, quel que soit le média, de servir
d’intermédiaires entre les vendeurs et les acheteurs d’espace publicitaire. La centrale d’achat
d’espace achète en gros de l’espace publicitaire à différents supports ou à leur régie, obtient
ainsi des remises importantes qu’elle répercute, en partie, sur les tarifs qu’elle pratique lorsqu’elle
revend les espaces à ses clients, annonceurs et agences de publicité.
Les services proposés sont surtout destinés aux acheteurs (agences ou annonceurs) qui sont
conseillés dans les choix des supports, dans le processus d’achat et qui bénéficient des remises
concédées dans les conditions générales de ventes aux centrales qui génèrent de très gros
volumes d’achats.
Comme dans le commerce de gros et de détail, il existe en France des centrales indépendantes
(Espace Carat), des centrales d’agences créées par des agences de publicité ou des groupe-
ments d’agences (Concerto Média) et enfin, des centrales d’annonceurs (Nestlé, PSA, Lindt).
Pour les achats d’espace sur Internet, il existe, à l’heure actuelle, deux types de centrales d’achat
d’espace : les grands groupes traditionnels et les nouvelles centrales on line.
En France, des grands groupes traditionnels d’achat d’espace sont déjà présents sur les grands
médias (Carat, OMD, MPG) et leurs moyens permettent de créer ou d’acheter toutes les don-
nées et études nécessaires pour limiter au maximum la part d’incertitude lors de décisions stra-
tégiques ou d’achats médias. Ces centrales sont le plus souvent fortement liées à des agences
médias, spécialisées dans la communication on line et/ou off line, qui d’un côté mettent en place
des stratégies médias pour leurs clients, et de l’autre se chargent d’acheter les espaces publici-
taires pour le compte de ces mêmes clients.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
70
UE 117 • Management
Les nouvelles centrales on line comme Eurecate se veulent une alternative aux centrales tradi-
tionnelles et sont généralement fondées par des regroupements d’agences interactives. Elles
sont essentiellement spécialisées dans le conseil et l’achat d’espace interactif.
Les prestations des centrales d’achat d’espace sont :
• le webplanning (conseil aux clients sur le choix des supports on line) : les centrales déve-
loppent des outils et bases de données permettant d’optimiser l’allocation des ressources.
Ces agences développent également des activités de conseil sur les autres techniques de
communication interactive (référencement, sponsoring, sponsoring newsletters…) ;
• le médiaplanning : l’annonceur dispose d’une palette de moyens (Internet, TV, radio, presse,
mailings, foires, distributions sur le lieu de vente) pour communiquer sur sa marque. Il convient
de trouver les bonnes synergies entre les médias on line et les médias off line, de choisir entre
mener une campagne nationale ou locale, afin de réserver les meilleurs emplacements publi-
citaires possibles ;
• l’achat d’espace : par l’effet de volume (mutualisation des achats d’agences) et l’expérience
de ses acheteurs spécialisés, les centrales sont généralement les mieux placées pour négocier
l’achat d’espace. Il est très intéressant que l’achat d’espace puisse se faire en temps réel, afin
de bénéficier des meilleures offres au meilleur moment. Ceci est d’autant plus important qu’une
campagne publicitaire (notamment sur Internet) peut se décider en quelques jours, dans le
cadre d’une action événementielle par exemple. Certains sites proposent également de passer
des ordres d’achat de bannières à cours limité en indiquant un site et un prix d’achat (CPM)
maximum. L’ordre sera exécuté au meilleur prix dès que possible, grâce à des piges de ban-
nières invendues ;
• le suivi de campagne : certaines agences médias ou centrales proposent de faire des bilans
intermédiaires de campagnes où l’effet de la publicité sur le comportement des consomma-
teurs est mesuré (clics, achats…), ce qui permet à l’annonceur de « recadrer » sa campagne si
besoin est, ou au contraire persévérer dans la voie choisie. Les agences vont également pro-
duire un bilan de la campagne à destination d’une agence ou annonceur.
Comme souvent dans les différents domaines marketing, Internet rend plus floues les frontières
des différents prestataires et les agences de communication interactives se battent souvent sur
le même terrain (conseil, achat, bilan).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 71
Management • Série 4
• Le troisième groupe est constitué des organismes de déontologie. En effet, la profession publi-
citaire s’inscrit dans un environnement juridique très contraignant, tant dans le domaine de la
loi et de la jurisprudence que dans celui de la déontologie. En France, en plus des obligations
générales interdisant notamment la publicité mensongère et trompeuse, il existe des régle-
mentations par produit (boissons alcooliques, tabac, produits de santé et de régime) et des
règles par type de média (affichage réglementé pour protéger l’environnement, etc.). Par ail-
leurs, des organismes de déontologie ont édicté des codes de bonne conduite notamment la
Chambre de commerce internationale et, au niveau national, l’Autorité de régulation pro-
fessionnelle de la publicité (ARPP), anciennement appelé le Bureau de vérification de la
publicité (BVP), l’Union des annonceurs (UDA), l’Association des agences-conseils en commu-
nication (AACC)46, etc.
Au début des années 1970 apparaît la notion de positionnement et les politiques de segmenta-
tion se développent. On dispose alors d’une connaissance plus précise des audiences des
médias de masse qui permet un ciblage plus fin, pour toucher des marchés de plus en plus
segmentés. En 1991, la crise économique concomitante à la guerre du Golfe touche de plein
fouet les dépenses publicitaires et met en péril les agences alors engagées dans la course à la
mondialisation. Tandis que les dépenses de promotion des ventes et de marketing direct, qui ont
des effets plus immédiats sur les chiffres d’affaires, continuent à progresser.
Couramment, on distingue la communication média de la communication hors média qui
regroupe l’ensemble des autres outils. Cette délimitation est fondée sur l’émergence du marke-
ting des produits de grande consommation dont la publicité fut souvent la composante majeure
des dépenses de communication marketing. D’où l’habitude de considérer que les plans de
communication étaient construits sur la publicité avec, le cas échéant, des compléments appe-
lés le hors-média.
À l’heure actuelle, cette classification ne saurait être stricte, les deux étant fortement liés et com-
plémentaires. Cependant, c’est celle qui est retenue par les principaux ouvrages de marketing,
de communication et qui est utilisée lors de l’élaboration des budgets.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Chaque moyen de communication présente des caractéristiques pour l’annonceur, plus ou
moins adapté à l’effet recherché. Chaque moyen s’appuie également sur des médias et supports
variés, en fonction des moyens disponibles et des objectifs assignés.
Définition
Un support est un organe de diffusion capable de véhiculer un message publicitaire.
Définition
Un média est un ensemble de supports de même nature.
Ainsi, France 2 est un support du média télévision, Fun Radio, un support du média radio,
Le Figaro est support du média presse, Orange, un support du média Internet, etc.
Avec la fragmentation des supports d’audience des programmes audiovisuels, et notamment la
croissance de l’audience en ligne pour les chaînes de télévision, les annonceurs et les agences
média ne peuvent plus faire l’économie d’une réflexion sur les multisupports pour la diffusion de
leurs films publicitaires.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
72
UE 117 • Management
A. FONCTIONS DE LA TÉLÉVISION
La télévision est un média d’autant plus efficace qu’on en décrypte son utilisation par les télés-
pectateurs. La connaissance précise de la répartition des audiences par chaînes et heures gui-
derait le choix des annonceurs et justifierait son exploitation massive ou modérée. En France, le
rôle de l’Institut Médiamétrie (qui délivre un panel d’audience TV) est essentiel pour que les
annonceurs sachent où (quel support ? chaînes nationales, câble ?…), quand (après-midi, mer-
credi, prime time ?…) et combien (répétition ? fréquence ?) communiquer. Cependant, les résul-
tats du panel s’avèrent peu fiables et le comportement de consommation de médias des
téléspectateurs difficile à prévoir. Par ailleurs, lorsque le téléspectateur est à son domicile avec
la télévision allumée, il peut être concentré sur le programme mais également pris par les tâches
quotidiennes. L’impact de la communication sur la cible est alors très variable. L’investissement
lourd en communication télévisuelle reste une décision onéreuse et qui n’offre pas toujours des
résultats à la hauteur des espérances. Le tableau suivant présente les avantages et les inconvé-
nients de la publicité télévisuelle.
Alors que la télévision atteint un public potentiel approximatif, le cinéma offre une assistance
réelle.
B. FONCTIONS DU CINÉMA
Longtemps, les publicitaires ont vanté la télévision parce qu’elle regroupe les quatre éléments
qui accentuent traditionnellement l’effet d’un message : la vue, le son, la couleur et le mouve-
ment. Le cinéma revêt le même attrait, en plus de comporter un cinquième élément d’impor-
tance : un public captif, obligé d’écouter. Le cinéma constitue le média idéal pour les publicitaires
qui désirent que leur créativité atteigne des spectateurs nombreux et captifs (donc réceptifs).
Lorsqu’un message publicitaire est diffusé dans des conditions techniques exceptionnelles
(grand écran, son dolby, etc.), le spectateur en garde un souvenir plus intense. Cette trace
mémorielle unique est capable de faire évoluer les ventes d’un produit ou la notoriété d’une
enseigne. Le coefficient de mémorisation est de 75 pour le cinéma. Ce coefficient exprime le
pourcentage de spectateurs qui, après le visionnage d’un film, ont mémorisé le message publi-
citaire. Il est le plus fort parmi ceux des grands médias dont les valeurs sont les suivantes : pour
la télévision, ce coefficient est de 15 %, il est de 11 % pour Internet, 10 % pour la presse, 10 %
pour l’affichage, 5 % pour la radio (enquête régie SEP 2006).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 73
Management • Série 4
C. FONCTIONS DE LA RADIO
Contrairement à la télévision ou au cinéma, la radio s’appuie exclusivement sur le son émis et
l’écoute de l’auditeur. Sans image (et donc sans couleur, ni mouvement), seule l’ouïe est sollici-
tée. Fréquemment, l’auditeur mène une activité principale alors qu’il écoute la radio (il conduit,
cuisine, etc.), son attention n’est donc pas maximale. Cependant, il zappe moins volontiers que
devant son téléviseur. Les fonctions mémoire et RDS rendent néanmoins cette possibilité plus
aisée depuis le début des années 1990. Comme pour la télévision, l’efficacité de la communica-
tion sur le média radio et ses divers supports dépend de la connaissance du comportement de
la cible. Nous le savons, le consommateur en général, et le consommateur de médias en parti-
culier, est de plus en plus imprévisible. Par ailleurs, l’audience des radios est en baisse. Diffuser
des spots publicitaires sur ce média est particulièrement efficace pour certaines cibles fidèles à
des supports déterminés (personnes âgées sur France Inter et RTL, par exemple).
D. FONCTIONS DE LA PRESSE
Pour expliquer l’intérêt présenté par la presse, il convient de connaître les fonctions qu’elle rem-
plit auprès des lecteurs et des annonceurs.
La presse, en tant que service, répond à divers besoins. Trois grandes fonctions peuvent être
mises en évidence :
• l’information : il s’agit de la fonction originelle de la presse, mais celle-ci est aujourd’hui
concurrencée sur ce critère par l’émergence de nouveaux médias (la télévision il y a 50 ans,
Internet aujourd’hui). Nous pouvons distinguer plusieurs types d’informations transmises par
la presse : informations de proximité, d’ordre général, locales, professionnelles ou sectorielles
et pratiques. Chaque famille de presse répond à un ou plusieurs types d’information. L’utilité
des médias en termes de recherche d’information semble être perçue différemment selon les
secteurs d’activité. Alors que la télévision apparaît comme un fort vecteur d’informations
concernant l’automobile et l’alimentaire, la presse quotidienne, au même titre que la radio,
ressort comme un excellent outil pour s’informer sur les secteurs Banque et Assurance ;
• le divertissement : il s’agit de la seconde fonction de la presse, la lecture en elle-même repré-
sentant une période de détente et d’évasion ;
• la fonction sociale : la presse représente un moyen d’intégration sociale. Le choix d’un titre
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
est souvent guidé par l’appartenance à un groupe social. Cela peut, par ailleurs, expliquer le
désintérêt pour les quotidiens de la part des adolescents qui ne se retrouvent plus aujourd’hui
dans la lecture des titres existants.
La presse, en tant qu’outil marketing, dispose d’atouts importants pour les annonceurs. L’intérêt
général de la presse dans un plan média repose sur quatre critères :
• l’argumentation : la presse écrite permet de faire passer un discours auprès de la cible visée.
Elle apparaît, en effet, comme le média privilégié par les consommateurs dans l’annonce d’une
« nouvelle importante », et cela se retranscrit dans l’impact des publicités. Grâce à sa forme,
elle permet au consommateur de passer un temps plus ou moins important sur la réflexion
qu’induit le visuel. Par opposition à la télévision ou à la radio, où le message disparaît dès la
fin du spot, la presse permet au lecteur de se poser et de réfléchir au message. Dans le cas
d’une campagne pluri-médias, la presse agit donc comme un complément essentiel à la télé-
vision ou à la radio afin de poser le message ou de détailler l’offre ;
• la proximité : la presse est considérée par les lecteurs comme un média proche, d’une part, en
termes de contenu d’information et, d’autre part, en termes de mode d’achat. Il s’agit en effet
du seul média acheté directement par le consommateur. Cet acte d’achat est une particularité
vis-à-vis des autres médias, consommés passivement par la population. De plus, à une époque
où le terme « entreprise citoyenne » revient régulièrement, la presse offre une opportunité de
« rencontrer » les consommateurs et de les impliquer dans la réflexion engagée par l’entreprise ;
• la sélectivité : il s’agit là de son principal atout car, de tous les médias, la presse est le plus
segmentant en termes de population. En effet, de plus en plus d’annonceurs prennent en
compte l’affinité des titres, et donc la qualité du lectorat. La presse permet un ciblage qualita-
tif (CSP, âge, sexe, centres d’intérêt, etc.) et quantitatif (audience, pénétration) ;
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
74
UE 117 • Management
• la réactivité (hors plan média) : la presse est le média le plus réactif. En effet, avec des délais
de réservation oscillant entre 2 et 7 jours, il permet une forte réactivité face à l’actualité ou à
une situation de crise.
La presse est le média proposant le plus de diversité en termes de contenu ; il convient de
connaître les familles qui la composent afin de prendre en compte ses forces et ses faiblesses.
Les relations presse sont l’outil essentiel des relations publiques. Les relations presse sont
apparues avec la profession de journaliste vers 1830 aux États-Unis. C’est seulement après la
Seconde Guerre mondiale que les relations publiques commencent à exister en France sous
l’impulsion de Lucien Matrat. Les relations publiques (RP) se définissent de façon très large,
comme un ensemble de techniques de communication destinées à développer une relation de
confiance, d’estime et d’adhésion entre une entreprise, une marque et de multiples publics tels
les consommateurs, les distributeurs, les leaders d’opinion, les pouvoirs publics et plus large-
ment l’ensemble des parties prenantes.
Les relations publiques sont un terme générique qui recouvre des actions très diverses et qui
font appel à des outils tels que les réunions, le lobbying, la communication événementielle, le
parrainage d’événement ou sponsoring, le mécénat, les congrès, les salons et les foires, les
expositions, les cadeaux, les objets publicitaires, etc. Grâce à ces outils, l’entreprise développe
un capital de relations avec le public. Ainsi, les relations presse sont le moyen de relayer l’opé-
ration de relations publiques auprès de l’opinion ou d’un public spécifique. Relations publiques
et relations presse constituent le plus souvent un couple indissociable qu’il faut gérer de façon
cohérente.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 75
Management • Série 4
E. FONCTIONS DE L’AFFICHAGE
L’affichage désigne l’application d’une surface de papier script dans un lieu public sur un support
destiné à son émission, externe ou interne, ce qui en fait un média à part entière. Panneaux
muraux ou en chevalets sur les trottoirs, l’affichage extérieur fait partie de notre paysage quotidien.
L’affichage a longtemps été considéré comme un dérivé de la presse. Les caractères, alors de
petites tailles, créaient des attroupements. À l’époque déjà, l’affichage se différencie de la presse
par son tirage et son contenu. Il se détache progressivement du format « presse politique » pour
transmettre des messages courts, que la cible peut retenir après un passage de quelques
secondes. Consécutivement à l’agrandissement des caractères, l’affichage inclut l’image. C’est
à partir de la deuxième révolution industrielle que l’affiche devient un média de publicité. D’abord
sous la forme d’affiches apposées à même les murs puis sur des panneaux (palissades) de route
de campagne, l’affichage s’est révélé un média destiné à une cible urbaine.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
De nombreux formats existent dans chaque pays et il n’y a que certaines entreprises d’affichage
mondiales qui utilisent un format universel (1,20 × 1,60 et 3,20 × 2,40) dans différents pays
(J.‑C. Decaux, Clear Channel Outdoor ou CBS Outdoor) à travers plusieurs réseaux « marketés »
et fortement ciblés selon les territoires ou univers (ex. : malls, aéroports, gares, univers rural,
grandes et petites agglomérations, métros, bus, parkings, etc.).
Les contrats pour le mobilier urbain sont réalisés avec les communes ou les communautés
urbaines. Celles-ci cèdent pour une durée déterminée des concessions – moyennant diverses
redevances – aux industriels de la publicité extérieure, qui font alors appel à des cabinets de
grands designers pour définir les mobiliers de service public.
Depuis 1992, la société Affimétrie gère en France l’étude d’audience du média Affichage sous
l’égide du CESP. Les résultats d’audience varient en fonction de la durée des campagnes (7 jours,
14 jours, 1 mois, 1 an pour les panneaux longue conservation), du nombre d’emplacements affi-
chés, et des univers sélectionnés. Aujourd’hui, seuls le grand format et le mobilier urbain des
principales régies sont « affimétrés »47.
L’impact de l’affichage est observé avec attention. Mémorisation, attribution, reconnaissance, et
efficacité sur les ventes, sont analysées par de nombreux instituts : Ipsos, Sodis-Conseil, TNS
Wordpanel, etc. Il en est de même pour le parcours de l’œil (Eye-tracking48) sur la surface d’une
affiche ou d’un écran. À côté de ces majors (Decaux, Clear Channel), plus de 60 sociétés indé-
pendantes se partagent le marché.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
76
UE 117 • Management
F. FONCTIONS D’INTERNET
Le 22 mai 2007, le Journal du Net relate une expérience significative : afin d’analyser la complé-
mentarité des supports et les performances comparées de la diffusion d’un spot à la télévision
en prime time, en visionnage à partir d’un enregistreur numérique (DVR) et sur Internet en haut
débit, l’institut d’études Millward Brown a réalisé des tests et mesuré l’impact des publicités
auprès d’un échantillon de 3 030 personnes (méthodes de quotas)49.
Les tests montrent que les personnes ayant regardé l’émission sur Internet ont été 53 % plus
attentifs aux publicités que les téléspectateurs ayant regardé le programme en direct à la télévi-
sion. Les téléspectateurs sur magnétoscope numérique ont été 30 % moins attentifs que les
téléspectateurs en direct. Des différentiels qui peuvent s’expliquer par une plus grande implica-
tion lors de la vision en ligne, des études ayant démontré que les téléspectateurs font souvent
autre chose tout en regardant la télévision. Entre autres, surfer sur Internet. De fait, 6 % des
internautes ont quitté la pièce pendant le visionnage du programme en ligne, contre 18 % pour
les téléspectateurs en direct.
Deuxième témoignage de l’implication des internautes lors de la vision du programme en ligne,
y compris des publicités qui le coupent : le taux de mémorisation 4 fois plus élevé parmi ces
derniers. En outre, 93 % des internautes associaient correctement la marque à la publicité vue,
contre seulement 70 % des téléspectateurs en direct et sur DVR. L’une des explications, en
dehors d’une implication supérieure, est que la publicité en ligne entrecoupait 3 à 6 fois le pro-
gramme, et qu’aucune autre publicité n’était diffusée durant cette coupure. Alors qu’à la télévi-
sion, le spot n’était diffusé qu’une seule fois, au milieu d’autres films publicitaires. Ce qui conduit,
malgré une plus forte mémorisation sur Internet, à un dommage collatéral : 28 % des internautes
ont déclaré en avoir eu assez des publicités durant le programme, contre 15 % des téléspecta-
teurs en direct.
Toutes les plateformes ont un impact positif sur la notoriété, mais le Web réussit une perfor-
mance largement supérieure, puisque le taux grimpe à 82 % parmi les internautes qui ont regardé
le programme et les publicités en ligne, contre 54 % pour les téléspectateurs. Il est certain que
le sponsoring exclusif qui prévaut en ligne est sur ce point plus performant.
Sur le score d’attitude aussi, Internet réalise de meilleures performances que les autres sup-
ports : 44 % des internautes déclarent avoir une bonne opinion de la marque dont ils ont vu la
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
49. Méthodologie : Millward Brown a demandé à l’échantillon de regarder un programme télévisé entre-
coupé de spots de 30 secondes sur l’une des 3 plateformes : TV, DVR ou Internet, puis de répondre à
un questionnaire en ligne le lendemain. Publicités testées sur 3 marques des secteurs suivants : ser-
vices financiers, restauration rapide, grande consommation.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 77
Management • Série 4
marketing interactif pour compléter leurs compétences, ou les réorganiser. Publicis annonçait en
mai 2007, la naissance d’un réseau mondial de services marketing numériques, organisé autour
de deux enseignes : Modem Média, la filiale de communication interactive de Digitas rebaptisée
Publicis Modem, et Publicis Dialog, l’enseigne de marketing services du groupe.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
de la part du propriétaire de l’adresse, pour l’utilisation de cette adresse dans un cadre précis)
de l’abonné. Au Japon, au contraire, parce qu’il n’y a pas d’autorité de régulation, les abonnés
reçoivent jusqu’à 50 SMS publicitaires par jour.
Le Short Message Service (SMS ou texto) est un service proposé conjointement à la téléphonie
mobile, voire à d’autres appareils mobiles comme le Pocket PC, qui permet de transmettre des
messages textuels de petite taille. Des solutions d’envoi de SMS par Internet sont également
utilisées dans les organisations pour des envois ponctuels en nombre (annoncer une soirée ou
l’ouverture de soldes privés).
La connexion Bluetooth (sans fil) est une spécification de l’industrie des télécommunications.
Elle utilise une technologie radio courte distance pour remplacer les câbles entre les ordinateurs
et les périphériques. Depuis début 2006, une nouvelle tendance semble apparaître, le marketing
vers les téléphones portables par Bluetooth. Ce nouvel outil permet un marketing direct vers les
consommateurs. La première vague de cette technologie envoie une question au porteur d’un
téléphone Bluetooth se trouvant dans la zone de couverture du hotspot local – environ 20 mètres.
Si l’utilisateur répond positivement à la question, le contenu est transféré par Bluetooth vers le
téléphone, gratuitement, et rapidement (typiquement 200 kbps). S’il répond non ou ne réagit pas
à la sollicitation, aucune trace de la transaction n’apparaîtra sur le téléphone lorsqu’il aura quitté
la zone de couverture.
Les messages publicitaires les plus prisés sont actuellement les images (fixes ou animées), la
vidéo (une vidéo de 500 kB est téléchargée en 20 secondes sur les téléphones les plus courants)
et les MP3. Le Bluetooth marketing pourrait être considéré comme du spam. Les annonceurs et
les agences doivent proposer un contenu de valeur et scénariser l’interaction pour le populariser.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
78
UE 117 • Management
L’Opt In pourrait être utilisé pour inciter les gens à s’approcher d’un point particulier en réduisant
la zone dans laquelle l’interaction est proposée.
Le Multimedia Messaging Service est un service de messagerie multimédia plus connu sous
le sigle MMS. Il est, comme le SMS, destiné aux utilisateurs de téléphone mobile. Version éten-
due aux données multimédia (audio, photos, vidéo) des SMS, le MMS permet d’envoyer des
images ainsi que des messages écrits agrémentés de données multimédias. Pour l’envoi et la
réception de MMS, on peut soit utiliser le protocole WAP sur un GSM, ou soit utiliser le GPRS
qui est plus rapide. On peut aussi utiliser des PDA communicants équipés de la technologie
WAP ou GPRS. Un MMS est composé d’un fichier au format SMIL, avec ses fichiers joints. Les
nouvelles possibilités de cette technologie ont déjà été exploitées par les géants du marketing.
Des campagnes de communication via MMS ont par exemple été lancées début 2006 par
Gruyère Switzerland et Peugeot. Des systèmes de gestion de contenu (CMS) telles qu’OPUS
connectent déjà le monde mobile du MMS et proposent diverses applications destinées aux
entreprises.
Le tableau qui suit met en évidence les recettes publicitaires de chaque média, et leurs évolu-
tions entre les années 2008 et 2009. On constate une baisse substantielle des recettes pour
chacun des médias. Celle-ci peut s’expliquer par une baisse du nombre d’espaces achetés par
les annonceurs ou/et par une érosion des tarifs pratiqués. En revanche, l’année 2010 a été pro-
metteuse puisque l’ensemble des médias ont affiché une évolution positive en valeur.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 79
Management • Série 4
D’une manière générale, il estime que « les directions marketing sont aujourd’hui plus sensibles
à l’importance du packaging et des valeurs qu’il exprime ».
Chez le concurrent Maggi, proximité et naturel sont également au cœur des messages du pac-
kaging. La typographie manuscrite et certains ingrédients dessinés ou surlignés de blanc rap-
pellent un dessin d’enfant. Selon Hervé de Froment, Country Manager chez Nestlé Roumanie :
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
« Cela apporte un élément de fraîcheur qui va dans le même sens que notre souci de rac-
courcir le temps entre la production et la consommation. »
Chez Danone, la marque Charles Gervais devient Gervais par Sophie, pour incarner là aussi la
proximité. Ainsi, sur les emballages des produits, la jeune femme apparaît en tablier, une cuillère
à la main ou dans la bouche comme le ferait n’importe quel consommateur. Sophie prend la
parole, explique comment elle a conçu la crème, donne une astuce pour agrémenter le dessert,
le tout d’une écriture au style manuscrit.
Les exemples qui exploitent le pouvoir communicant du packaging sont multiples et ce mouve-
ment de proximité ne peut que se développer. Yvon Peltier, directeur du planning stratégique de
Team Créatif, juge :
« Entre les lignes des briefs que font nos clients se lit l’envie d’aller vers l’authenticité la
plus nette possible. Tout ce que l’on entend autour de la santé contribue à revenir aux
basiques. Les produits deviennent plus humbles, les packagings s’épurent, alors qu’en
France ils avaient un peu tendance à être complexes, intellectuels. »
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
80
UE 117 • Management
À côté des enjeux de proximité, la composition d’un produit est devenue un élément essentiel
pour le consommateur, de plus en plus préoccupé par sa santé et les sujets sociétaux (pas
d’OGM, issu du commerce équitable, etc.) Pour apporter des éléments de réponse au public, les
fabricants soignent donc de plus en plus le dos des emballages. Pour Sophie Romet, directrice
associée à l’agence de design Dragon Rouge :
« Les industriels ont pris conscience que l’on pouvait y faire passer beaucoup d’informa-
tions alors qu’auparavant, il arrivait en dernier dans la réflexion. Ils en ont fait un outil pour
créer de la complicité avec le consommateur. »
Au début des années 2000, les biscuits Taillefine mettaient déjà l’accent sur les glucides, fibres
et protéines. Le discours était pédagogique mais pas encore familier. Aujourd’hui, « la marque
joue l’interactivité en faisant poser des questions par une consommatrice type que l’on voit en
photo et en apportant des réponses rassurantes. Il s’agit d’instaurer le dialogue et de créer un
vrai lien », indique Yvon Peltier, directeur du planning stratégique à l’agence de design Team
Créatif, qui travaille pour la marque. Pour renouveler l’intérêt, les thèmes des questions peuvent
différer d’un emballage à l’autre pour le même produit.
Pour les industriels, affiner son discours sur les emballages est une manière d’informer les
consommateurs en les rassurant. C’est aussi une façon de se démarquer non seulement de la
concurrence mais surtout des distributeurs. En effet, les enseignes ont également compris l’inté-
rêt de la communication informative des packagings. Leclerc a ainsi entrepris de refondre chaque
mois les conditionnements de 40 à 50 références Marque Repère pour mieux y détailler les infor-
mations nutritionnelles. En 2005, l’enseigne a même fait du sujet un axe de communication avec
une campagne incitant le consommateur à exiger des informations claires et ayant pour
accroche : « Et si l’emballage vous montrait clairement ce que vous risquez ? » Le packaging est
donc devenu un véritable enjeu.
Comme le packaging, le logo est un outil de communication. Un logotype, plus couramment
appelé logo, est un dessin qui sert à identifier de manière unique les entreprises et leurs produits/
services dans le but de les identifier rapidement et sans hésitation. Un logotype est en général
une marque écrite à l’aide d’une forme de caractères spéciale, et disposée d’une manière parti-
culière, mais lisible. Ces dernières années, le terme de logo est de plus en plus souvent utilisé
pour décrire les sigles, emblèmes, etc.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
L’origine des logos remonte au xixe siècle alors qu’une partie importante de la population était
illettrée et ne pouvait pas différencier aisément les produits de leurs concurrents. Les fabricants
ajoutèrent ensuite le nom de la compagnie ou du produit sous leur signe.
La création d’un logotype peut être considérée comme une création de design. De nombreux
éléments sont à prendre en compte afin de transmettre l’image de l’entreprise, son positionne-
ment. Le choix des formes et des couleurs influent sur la perception du message.
Les logotypes
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 81
Management • Série 4
•••
L’évolution du logo des experts-comptables
• 1945 : la balance (symbole de la justice) entourée de la devise de l’ordre : Science,
Conscience, Indépendance.
• 1987 : la balance et la devise disparaissent, mise en valeur du « E » et du « C » du mot
experts-comptables et du graphisme C (Comptabilité et Conseil).
• 2002 : modernisation du graphisme de 1987, laissé à l’identique mais avec trois barres
obliques (qui figurent le « E » de Expert) rajoutées.
• 2006 : valorisation des lettres « E » et « C », écrites de façon stylisée dans un cadre rec-
tangulaire qui figure l’unité de la profession, le « C » qui sort du cadre pour manifester
l’ouverture de la profession, le rouge pour exprimer la modernité, l’écriture grise pour le
sérieux.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• le marketing direct vendeur : visant à provoquer un achat immédiat, il est issu de la VPC
(vente par correspondance) ;
• le marketing direct de qualification : il permet d’identifier des prospects qui seront ensuite
traités par d’autres moyens commerciaux ;
• le marketing direct de fidélisation : l’objectif est de créer puis d’entretenir des relations sui-
vies avec des prospects et des clients, au travers d’une communication très personnalisée.
La promotion des ventes, quant à elle, a deux objectifs : le recrutement de nouveaux acheteurs
et la fidélisation des acheteurs acquis. Elle revêt différentes formes : offres financières (prix spé-
cial, vente en lots, quantité en plus, couponing et offre de remboursement) ou offres « dotation »
(prime directe, prime différée, prime auto-payante, jeu, concours).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
82
UE 117 • Management
selon ses goûts et sujets de prédilection, chacun peut créer sa propre radio. Ainsi, IBM propose
aux analystes financiers d’écouter en podcast les informations financières et de s’y abonner par
un « fil » RSS.
De plus, les sites Web dynamiques, qui autorisent le visiteur à modifier les pages à volonté,
transmettent une information choisie et toujours enrichie.
Si les consommateurs sont plus réticents que par le passé à recevoir des stimulations commer-
ciales, paradoxalement, ils n’ont jamais été aussi avides de donner leur avis.
Toutes ces évolutions technologiques modifient la relation client car le mode de communication
influe sur la communication et sur sa perception. « Avant, les annonceurs cherchaient à faire du
one-to-one. Aujourd’hui, c’est le consommateur », note Laurent Lilti, ancien président d’Ogil-
vyOne Paris. Cela impose aux marques de renoncer au mode de communication en push pour
préférer une façon plus subtile et moins envahissante de capter l’attention de leurs clients.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 83
Management • Série 4
dans des lieux jusqu’ici vierges de publicité. « Avec les boîtes à pizza, nous offrons à nos clients
annonceurs la possibilité de pénétrer dans les domiciles », explique Matthieu Reinartz, cofonda-
teur de Publipizz créée en 2005 et prestataire de SFR, Warner, M&M’s… Les gobelets de Mediacup
touchent les salariés sur leur lieu de travail au moment de leur pause « Le média tactique décuple
l’impact des campagnes classiques radio ou télé », note Thierry Bride, cofondateur de Mediacup,
créée en 2005 et qui a réalisé sur cette période un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros pour
SFR, Microsoft, la SNCF… Apparues en 2000 en France, les campagnes sur véhicules ren-
contrent aussi un certain succès. « C’est un support 3D sympathique au rapport qualité-prix bien
meilleur qu’une campagne d’affichage », analyse Olivier Maschino, fondateur de Carlogo. Ce
dernier propose des flottes de véhicules publicitaires dans une dizaine de villes en France.
Plus technique, la carte de crédit est également en train de devenir un nouveau support de com-
munication. Selon Alténor Consulting :
« Les cartes vont devenir des outils de fidélisation essentiels permettant une connaissance
extrêmement fine des clients en temps réel lors de leur passage sur le point de vente. »
Autre perspective motivante : la fidélisation sur-mesure. En Corée, la Woori Bank a lancé ISE
Card, une carte couplée avec Visa, destinée aux étudiants. Les cartes co-brandées ciblent une
communauté de personnes ayant des profils ou des intérêts communs. « Des seniors aux jeunes
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
mamans en passant par les fans d’un club de football et les gays, les exemples sont légion »,
souligne Jean-Yves Granger.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
84
UE 117 • Management
Objectif de communication
marketing pour la cible
Contrôle de la stratégie
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 85
Management • Série 4
Au sein de la cible générale, on distingue souvent un cœur de cible sur lequel on concentrera
l’effort de communication, en raison de son importance. Le cœur de cible peut être surexposé
ou bénéficier d’un traitement particulier, tel que des opérations de marketing direct, de promo-
tion ou de RP. Plus la cible générale est vaste, plus on a intérêt à définir un cœur de cible. Il se
compose souvent des catégories suivantes :
• utilisateurs les plus importants en volume et en valeur ;
• consommateurs présentant le plus grand potentiel ;
• leaders d’opinion et/ou innovateurs.
L’analyse du processus de décision d’achat permet de déterminer quelles sont les personnes qui
jouent un rôle important au cours de ce processus. On peut distinguer plusieurs catégories d’in-
tervenants : influenceurs, décideurs, acheteurs, « payeurs » et utilisateurs. Selon les marchés, on
s’adressera à une seule catégorie (achat « automatique »), à plusieurs, parfois à toutes les cibles.
A. COMMUNICATION COLLECTIVE
Cette campagne de communication est demandée par l’ensemble d’un secteur économique
pour mettre en avant un produit ou une catégorie de produits, sans référence à une quelconque
marque. Ainsi, l’industrie laitière peut mener une campagne en faveur des produits laitiers, les
maraîchers cultivateurs de pommes en faveur de toutes les variétés de ce fruit, etc. Au total, ce
type de campagne ne modifie pas la répartition des forces concurrentielles du secteur mais a
pour but, en mettant en avant une catégorie de produits, d’en augmenter la consommation
(quantité et occasions) et donc les ventes en volume. En général, c’est la part de marché qui est
utilisée pour calculer la part de contribution de chacun des acteurs du marché. L’agence de
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
publicité a la difficile tâche de devoir satisfaire plusieurs entreprises en même temps.
Définition
On appelle communication institutionnelle ou corporate l’ensemble des actions de commu-
nication qui visent à promouvoir l’image/les valeurs de l’entreprise ou d’une organisation
auprès de ses clients et différents partenaires.
La communication corporate a pour objectif de :
• construire une image valorisante et conforme au projet d’entreprise ;
• définir le périmètre d’activité ;
• envoyer aux actionnaires et aux milieux financiers des signes forts sur l’ambition et la détermi-
nation de l’entreprise ;
• affirmer une volonté claire de se conformer à la législation et de satisfaire les exigences consu-
méristes et sociétales (économiques, sociales et environnementales) ;
• rassurer, valoriser et motiver « l’interne ».
La communication corporate s’adresse à plusieurs publics aux intérêts souvent divergents : les
actionnaires, les salariés, les consommateurs, les distributeurs, l’opinion publique et le législa-
teur. Souvent, la communication financière structure la communication institutionnelle. Afin qu’elle
reste accessible à l’ensemble des cibles, il faut veiller à la clarté des données communiquées.
En temps de crise, lorsque la légitimité des entreprises est remise en question, l’intérêt de la
communication corporate est évident.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
86
UE 117 • Management
D’une manière générale, les techniques de communication les plus douces, telles le mécénat ou
les relations publiques, sont privilégiées dès que les scores de notoriété et de reconnaissance
des composantes d’image atteignent des niveaux satisfaisants. La mesure de l’efficacité des
campagnes de communication corporate est possible grâce aux baromètres d’image.
C. COMMUNICATION DE MARQUE
À partir des années 1980, et particulièrement face au pouvoir croissant des grandes enseignes,
il devient nécessaire pour les producteurs d’investir la communication de marque. En effet, une
marque forte a de la valeur pour le consommateur et peut représenter une valeur financière
considérable pour l’entreprise.
La publicité, adaptée à la communication de marque, retrouve alors un nouvel élan. Elle va com-
muniquer sur les valeurs que véhicule la marque.
L’impact d’une marque se juge à sa notoriété spontanée et assistée, son image et sa capacité à
modifier un comportement d’achat. Or, le consommateur doit faire face à de multiples stimuli.
Ainsi, dans un hypermarché, 4 000 marques sollicitent le consommateur. Simultanément, 10 000
à 15 000 marques sont vantées chaque année par l’ensemble des grands médias. Dans un
contexte où le consommateur est sursollicité et surinformé, les entreprises doivent faire un tra-
vail de communication sur leurs marques intense et régulier. On parle alors de construction du
capital de marque.
Pour pouvoir mettre en œuvre une communication de marque, il est nécessaire de la décompo-
ser pour identifier les variables perçues par les consommateurs. Kapferer (1991) propose un
« prisme d’identité » en six facettes, adapté au domaine de la communication. Prenons un
exemple de marque pour clarifier le propos.
D. COMMUNICATION-PRODUIT
La communication-produit est centrée sur le produit, elle met en valeur ce que le client achète.
Parfois, le nom du produit est le même que le nom de la marque ou de l’entreprise. Parfois
même, le nom du produit est devenu « générique », c’est-à-dire attribué à l’ensemble des pro-
duits qui couvrent le même usage (ex. : Sopalin, Carte bleue, etc.). Cette situation, qui montre la
notoriété du produit, est également source de dilution de la marque d’origine qui fait bénéficier
de son aura tous ses concurrents.
L’utilité d’une communication-produit est claire car elle soutient le produit quelle que soit sa
position dans le cycle de vie, et permet d’éviter les confusions. Réalisée selon les règles de l’art,
elle fidélise la clientèle et différencie le produit de la concurrence.
Toutes les techniques de communication sont adaptées à une communication-produit.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 87
Management • Série 4
B. COMMUNICATION B TO B
Les termes de « communication Business to Business » recouvrent la communication des pro-
duits achetés par des professionnels. On parle aussi de « communication industrielle ».
Quelques caractéristiques du marché B to B sont à prendre en compte pour la mise en œuvre de
sa communication.
• La première caractéristique est la structure de la demande : l’entreprise fournisseur commu-
nique vers sa clientèle directe mais a-t-elle également la possibilité de s’adresser au client
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
final ? Par exemple, quand Intel fournit des processeurs à IBM, elle communique aussi vers le
client final en l’informant, dans la presse spécialisée ou non, des qualités de son produit. En
revanche, quand Cébal fabrique des tubes de dentifrice pour Tonigencyl, elle ne s’adresse
jamais aux consommateurs qui achètent cette marque. Répondre à cette question – double
cible ou non ? – est indispensable pour construire la campagne de communication, déterminer
le planning et les outils mobilisés.
• Le deuxième groupe de caractéristiques concerne la nature des cibles industrielles : le plus
souvent, elles sont hétérogènes (la segmentation est moins « caricaturale » qu’en grande
consommation). En effet, Legrand va vendre des systèmes électriques à des usines, à des
grands magasins, etc., autant de clients aux profils variés. De même, les cibles sont souvent
réparties sur un vaste territoire. Enfin, la cible de la communication B to B prend la forme d’un
centre d’achat constitué d’individus multiples aux profils divers, avec chacun leurs exigences
et leurs préoccupations. Cet éclectisme nécessite la mise en œuvre d’une politique de com-
munication fondée sur des outils adaptés aux cibles et complémentaires.
Ces caractéristiques – structure de la demande et nature des cibles – justifient la forme que
prennent les campagnes de communication industrielle. Elles sont organisées pour favoriser la
force de vente, s’appuient principalement sur des supports spécialisés tels que les relations
publiques et les salons professionnels. Bases de données de qualité (complètes et renseignées)
et lobbying constituent des outils incontournables. Le plus souvent, la communication indus-
trielle est de nature institutionnelle car les produits, trop banals ou trop complexes, sont difficiles
à valoriser. L’entreprise, en revanche, peut mettre en avant sa personnalité, l’ensemble de ses
atouts, pour sécuriser les acheteurs. Cette remarque est à nuancer pour les entreprises s’adres-
sant simultanément aux consommateurs finals.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
88
UE 117 • Management
C. COMMUNICATION TERTIAIRE
La communication tertiaire comprend la communication politique, caritative, de bancassurance,
etc. Au même titre que la communication industrielle, la communication tertiaire, dite « commu-
nication des services », revêt quelques spécificités.
Tout d’abord, les services peuvent être de deux natures différentes suivant leurs cibles : les orga-
nisations ou le consommateur individuel. D’un côté, la communication appartient à la sphère
industrielle, de l’autre, elle est de grande consommation.
Le « produit » service, intangible toujours, tantôt banal ou complexe, pose quelques contraintes
à l’entreprise et aux agences de communication. Ainsi :
• l’image institutionnelle de l’entreprise doit être forte pour susciter la confiance ;
• le personnel est le principal contact du client avec l’entreprise, la relation avec le service passe
par les salariés de l’organisation ;
• dans le secteur du service, plus peut-être que dans tout autre, « tout est communication » : les
locaux, le jingle d’accueil, la charte graphique…
Ces contraintes, liées à l’immatérialité des services, expliquent la difficulté de l’entreprise à com-
muniquer avec ses clients actuels mais surtout potentiels. En effet, comment valoriser un service
impalpable dans une publicité télévisée, par exemple ?
Tout d’abord, l’entreprise et son agence devront veiller à raccrocher le service à des éléments
concrets (la garantie associée, le cadre de vente, la musique de fond, etc.). Ensuite, la commu-
nication service devra s’appuyer sur les salariés de l’entreprise. Les inciter à porter le service par
un discours adapté et un comportement avenant, c’est augmenter nettement la confiance des
acheteurs potentiels. Enfin, la communication institutionnelle tiendra une part essentielle dans la
politique de communication de l’organisation.
contraintes partagées par des cibles éloignées géographiquement et culturellement, autant il est
compliqué de construire une politique de communication valable pour tous les territoires inves-
tis. En réalité, même lorsque les choix marketing sont guidés par la standardisation, la commu-
nication est souvent adaptée aux caractéristiques des cibles locales. Seuls les grands produits
consensuels tels le Coca-Cola ou l’œuf Kinder développent une communication totalement
standardisée si ce n’est la traduction des dialogues exprimés dans la langue du pays d’exporta-
tion.
Quelle que soit l’option – standardisation ou adaptation –, des avantages et des inconvénients
existent dans les deux cas. Ceci justifie d’ailleurs des choix souvent mixtes, avec une standardi-
sation de la communication sur certaines zones géographiques et une adaptation partout ail-
leurs.
Le tableau qui suit résume les principaux intérêts et risques de la communication standardisée.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 89
Management • Série 4
A. STRUCTURE DU BUDGET
Le budget de communication d’une entreprise est défini d’abord globalement, puis chaque
poste est déterminé clairement.
Quatre rubriques principales se succèdent : l’achat d’espace dans les médias et supports, les
frais techniques attachés aux différents documents de communication, la rémunération des
agences et conseils extérieurs, le coût de fonctionnement du service de communication de
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
l’entreprise.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
90
UE 117 • Management
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 91
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
objectif est de mesurer les effets à court terme des investissements en communication. Le
volume des ventes et la part de marché sont les deux indicateurs les plus pertinents. Mais l’in-
fluence de la campagne de communication sur les ventes reste difficile à isoler de l’ensemble
des actions marketing.
C. CRITÈRES D’EFFICACITÉ
Quatre critères permettent d’évaluer l’efficacité de la communication marketing :
• la capacité à attirer l’attention du consommateur ;
• la capacité à transmettre clairement le message ;
• la force de persuasion ;
• la capacité à infléchir le comportement du consommateur.
Lorsque la communication parvient à attirer l’attention, à transmettre un message clair et
convaincant et finalement aboutit à un comportement favorable à l’entreprise, c’est que le mes-
sage a su émerger au milieu des centaines de stimuli marketing qui assaillent le consommateur
chaque jour.
Après avoir décrit les principes de la communication interne, puis ceux de la communication
externe sous l’angle du marketing, intéressons-nous à la communication externe qui s’appuie
sur les résultats financiers de l’organisation.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
92
UE 117 • Management
I. LE CONTEXTE ET LE MÉTIER
Une société cotée en Bourse a des obligations légales à remplir. C’est l’information financière.
Elle relève d’un cadre juridique qui repose sur deux principes :
• la transparence (loi du 2 août 1989 sur la sécurité et la transparence du marché financier) ;
• l’égalité de traitement de l’information. Tous les actionnaires ont droit à la même information,
sans tenir compte de leur origine ou du nombre de titres détenus.
La loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) de mai 2001 demande aux entreprises
cotées de communiquer sur les conséquences sociales et environnementales de leurs activités,
dans le cadre de leur responsabilité sociétale. Il n’est pas prévu de sanction spécifique en cas
de non application de cet article, de sorte que les entreprises ne sont pas obligées de satisfaire
les intérêts des parties prenantes (valeur partenariale). La loi relative à la Sécurité Financière
(LSF) (août 2003) reprend différents points du rapport BOUTON afin d’assurer une meilleure
transparence des informations financières. Dans le prolongement des sujets révélés par les
recommandations de l’Union européenne, l’AMF a également publié, le 22 décembre 2008, une
recommandation relative à l’information à donner dans les documents de référence sur les rému-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
nérations des mandataires sociaux, qui sert de référence en matière de communication finan-
cière.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) est l’autorité française de régulation des marchés
financiers qui remplace la COB (Commission des opérations de Bourse). Elle a été instaurée par
la loi du 1er août 2003. Elle collabore avec l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), créée en jan-
vier 2010. L’AMF veille à la protection des épargnants dans le cadre des entreprises faisant
appel public à l’épargne ou dans le cadre d’introduction d’instruments financiers sur les marchés
financiers. Elle veille à la régularité de l’information donnée aux acteurs des marchés financiers,
ainsi qu’au bon fonctionnement des marchés financiers. Pour cela, elle agit en coordination avec
les autres autorités françaises de régulation du secteur de la banque et de l’assurance et coo-
père activement avec ses homologues européens et étrangers. Elle consulte régulièrement pro-
fessionnels, épargnants et universitaires afin de faire évoluer la réglementation financière.
L’information financière regroupe les données objectives, les faits et les chiffres de l’entreprise.
On retrouve le plus souvent le chiffre d’affaires, le résultat d’exploitation, l’autofinancement, les
investissements, les capitaux propres, l’endettement net, le nombre de titres servant au calcul
du bénéfice par action, mais aussi le nombre d’employés, d’usines, etc. Ces données sont
ensuite réparties par branche, filiale, métier, pays, marché final, lieu de production et lieu des
ventes. Une référence à une période antérieure comparable est toujours présente.
Le passage à la communication financière se fait lorsque l’entreprise décide de mettre en œuvre
une stratégie de communication.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 93
Management • Série 4
La communication financière est un des reflets de la culture d’entreprise. Souvent, seuls les titres
qu’elle est amenée à émettre portent la dénomination de sa raison sociale, alors que ses pro-
duits sont connus sous des noms différents. La communication, lors de l’introduction en Bourse
ou du lancement d’une opération financière, fait découvrir au grand public l’entreprise, ses
marques et ses produits.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
cière de l’entreprise et à sa perception par les parties prenantes.
Les axes de communication financière les plus fréquemment exprimés, outre les données
objectives, les faits et les chiffres de l’entreprise, sont :
• des ratios sélectionnés, tels que la durée du carnet de commandes par exemple ;
• ses performances boursières par rapport à l’indice de référence du marché d’origine ;
• la notation donnée par une agence spécialisée sanctionnant la solidité financière selon divers
critères. Depuis 2002, des indices de RSE (responsabilité sociale des entreprises) sont pris en
compte ;
• la stratégie, c’est-à-dire ses grandes orientations de développement ;
• la description des politiques de produits et de services ;
• la description de ses compétences distinctives et de sa compétitivité opérationnelle ;
• le parcours et la qualité des dirigeants ;
• la politique de fidélisation de son actionnariat par la distribution de dividendes au montant
régulier et élevé, par l’attribution gratuite d’actions ou de bons de souscription, par des avan-
tages offerts aux clients particuliers, etc.
Au total, la communication financière s’adresse de plus en plus clairement aux investisseurs
particuliers car ils se révèlent plus stables que les investisseurs institutionnels.
B. INFORMATEUR FINANCIER
Accroître la notoriété des entreprises, valoriser le titre des groupes cotés en Bourse, fidéliser les
actionnaires, tels sont les enjeux de ce métier.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
94
UE 117 • Management
Rôles :
• accroître la notoriété des entreprises ;
• valoriser le titre des groupes cotés en Bourse ;
• identifier les cibles et leurs attentes ;
• fidéliser les actionnaires ;
• transformer des données financières complexes en informations pertinentes ;
• jouer un rôle stratégique de veille informative ;
• entretenir les relations avec la presse spécialisée et publier des communiqués ;
• élaborer des messages et leur support (rapports annuels, lettres aux actionnaires, com-
muniqués financiers…) ;
• suivre les cours et les volumes de transaction ;
• suivre les prévisions de résultats et les recommandations boursières émises par les ana-
lystes financiers ;
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 95
Management • Série 4
les organisations de tutelle, les pouvoirs publics, les syndicats, les clients, les fournisseurs, les
concurrents, le grand public, les étudiants… et chacune a des attentes communicationnelles qui
lui sont propres.
Ces cibles peuvent être regroupées en trois populations :
• les décideurs sont les apporteurs de fonds propres : actionnaires individuels, investisseurs
institutionnels mais aussi les salariés de l’entreprise, actionnaires ou non ;
• les prescripteurs sont les analystes financiers, journalistes, banquiers et agences de notation
dont le jugement peut induire des décisions et provoquer des changements de comportement
chez les décideurs ;
• les cibles périphériques constituent un groupe disparate puisqu’il rassemble des groupes liés
à l’activité de l’entreprise (clients, fournisseurs, concurrents) et des structures résultant de son
statut d’entreprise faisant appel public à l’épargne (Euronext, l’AMF).
A. LES DÉCIDEURS
Les actionnaires (salariés ou non), propriétaires de parts représentatives du capital de l’entre-
prise, ont le pouvoir, par leur vote en assemblée générale, d’approuver ou non la stratégie enga-
gée en leur nom, par les dirigeants.
À défaut d’avoir une action significative sur le management de l’entreprise, l’actionnaire peut, par
la vente de ses titres, marquer son désaccord et provoquer une chute brutale du cours du titre.
Trois types d’actionnaires coexistent :
• l’actionnaire individuel cherche à valoriser son patrimoine par l’intermédiaire de dividendes
et/ou plus-values. Il est attentif d’une part aux résultats de l’entreprise, qui détermine sa capa-
cité à le rémunérer, et d’autre part au gouvernement d’entreprise ;
• les clubs d’investissement cherchent, en général à court terme, à valoriser les fonds investis.
Ils écoutent les avis des prescripteurs avec attention ;
• l’investisseur institutionnel a une mission essentielle : valoriser les fonds qui lui ont été
confiés. Son exigence est double : une attente en matière de création de valeur actionnariale
et un respect des principes de gouvernement d’entreprise.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
B. LES PRESCRIPTEURS
Les analystes financiers ont une triple mission : obtenir l’information à partir de toutes les
sources disponibles internes et externes à l’entreprise, analyser les sociétés et donner un conseil
boursier au marché.
La presse est diverse et l’offre de presse se développe régulièrement entraînant une demande
d’information de plus en plus intense et rapide. Elle peut être spécialisée (comme La Tribune, Les
Échos, L’Agefi) ou non (Le Monde, Le Figaro, Libération), quotidienne ou périodique (Le Journal
des Finances, Investir…), parlée (les stations de radio grand public et thématiques comme
BFM…) ou télévisée (avec les chaînes généralistes et les chaînes plus spécialisées comme
Bloomberg TV ou LCI), nationale ou étrangère (Financial Times ou The Wall Street Journal).
En matière économique, la presse a pour mission d’informer, de rendre compte des événements
et de juger les stratégies, les résultats. Elle a aussi une mission de pédagogie, d’explication de
faits et de situations parfois complexes. En matière boursière, la presse a le pouvoir de conseiller
ou de déconseiller l’achat de titres des sociétés cotées. L’entreprise doit donc leur faciliter le
travail en leur proposant une synthèse claire de leurs résultats.
Les banques constituent une cible naturelle de la communication financière mais aussi un
acteur des opérations financières.
Les agences de notation sont très peu nombreuses. Elles ont un double rôle de juges et de
prescripteurs. Elles constituent une cible de communication de l’entreprise mais aussi des
acteurs influents par les signaux qu’elles émettent quand elles baissent ou élèvent la note de
l’entreprise.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
96
UE 117 • Management
L’information financière peut être périodique ou permanente. Par ailleurs, les supports de la
communication financière sont de plus en plus variés (rapport annuel, communiqués, réunions,
Internet…) et les besoins de réactivité de plus en plus forts (profit warnings, situations de
crises…).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 97
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• Exercice différent selon la structure
de l’actionnariat et la couverture
médiatique recherchée
Semestrielle/ • Menée, en général, par l’informateur Présentation des résultats intermédiaires
trimestrielle financier aux analystes et aux investisseurs
• Comité restreint
• Tenue régulière
• Précision et technicité
Avec • Souvent organisée par une société de • Expliquer la stratégie de l’entreprise
les investisseurs Bourse ––Pour l’émetteur :étoffer son fichier de
ou roadshows • Irrégulières mais assez fréquentes cibles
• Petit comité ––enrichir sa connaissance de la
perception de son image financière par
le marché
––faire passer ses messages
Thématique Les analystes rencontrent des spécialistes • Pour former les analystes financiers
sectoriels pour parfaire leurs connaissances • Pour séduire les cibles
du métier et des parties prenantes
Individuelle • L’informateur financier reçoit l’analyste • L’analyste recueille des informations
avec l’analyste • 100 à 200 entretiens/an stratégiques et financières fines, qu’il
• L’informateur financier lit scrupuleusement comparera avec les autres entreprises du
les rapports des analystes (résultats secteur
des entretiens) pour être au courant • Rédaction d’une note pour
de l’évolution des estimations et adapter recommandation d’achat, de vente ou de
sa communication en conséquence conservation de la valeur
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
98
UE 117 • Management
A. DOCUMENTATION « PAPIER »
Elle est à disposition du public. Elle peut prendre plusieurs formes résumées ici.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 99
Management • Série 4
B. SUPPORTS ÉLECTRONIQUES
Caractéristiques et objectifs de la documentation électronique
Supports
Caractéristiques Objectifs
de documentation
Sur CD-Rom Peut contenir plus d’informations Faciliter le travail des utilisateurs car
qu’un document papier ils peuvent charger toutes les informations
dans leur propre modèle d’analyse
Sur Internet • Permet la consultation à tout • Communication institutionnelle
moment des cours de la Bourse, • Communication interactive
de divers documents et des derniers
communiqués
• Problème de connaissance
de la cible donc difficulté
pour adapter une communication
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
cohérente à chaque cible potentielle
Numéro vert • Communication facturée à la société Contact direct et efficace avec les cibles,
• Numéro ponctuel ou permanent le plus souvent actionnaires particuliers
Numéro azur L’émetteur paie la 1re minute Contact direct et efficace avec les cibles,
de communication, la société le plus souvent actionnaires particuliers
les suivantes
Conférence • Rapidité de réaction Contact direct et efficace avec les cibles
téléphonique • Efficace en cas de communication
de crise
• Pratique quand les investisseurs
sont dispersés géographiquement
• Auditeur passif ou participatif
Vidéoconférence Salle spécialisée et équipement Pour que tous les investisseurs bénéficient
nécessaires des mêmes informations en même temps
(réunion, etc.)
Visioconférence • Salle spécialisée et équipement • Pour que tous les investisseurs
nécessaires bénéficient des mêmes informations
• Interactif en même temps (réunion, etc.)
• Contact direct et efficace avec les cibles
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
100
UE 117 • Management
Fournisseur X
Presse
X X X X X
financière
Presse
X X
spécialisée
Presse
X X
généraliste
Mesurer l’efficacité d’une communication financière c’est, d’une part, évaluer le succès des
opérations ponctuelles (taux de souscription aux opérations en capital, OPA déjouée…) et
d’autre part, sur une plus longue période, observer l’évolution de certains paramètres tech-
niques, d’image et qualitatifs.
A. CRITÈRES BOURSIERS
Le cours de Bourse et les volumes de transaction d’un titre constituent la base de nombreux
calculs.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 101
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
fiques qui peuvent séduire de nouveaux actionnaires est également étudié. Enfin, les montants
investis par actionnaire compléteront l’analyse.
A. ÉCHANTILLON
La composition de l’échantillon dépendra de la problématique : tous les types d’actionnaires,
qu’ils soient français ou étrangers, ainsi que les analystes ou d’autres parties prenantes, pour-
ront être sollicités. L’échantillon est rarement de très grande taille.
B. THÈMES ANALYSÉS
Tous les aspects de la politique de communication peuvent être étudiés, pris un à un, isolément
ou dans leur globalité.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
102
UE 117 • Management
C. STRUCTURE DE L’ANALYSE
En général, et quel que soit l’aspect abordé, le questionnaire est de forme quantitative (ques-
tions fermées). Il commence par l’évaluation du degré de connaissance de la société (secteur
d’activité, produits, principales données financières, etc.). Puis, la perception et la valorisation
du titre sont mesurées. Ensuite, l’échantillon donne son avis sur la stratégie de la société, sa
position concurrentielle et sa structure financière. La qualité de la communication financière est
abordée et évaluée en fonction de la clarté et de la transparence des méthodes et des outils
employés. Enfin, et cette dernière partie du questionnaire se transforme en entretien qualitatif
(expression libre des membres de l’échantillon), des recommandations concernant la communi-
cation financière sont suggérées par les répondants.
E. AUTRES PARAMÈTRES
Parallèlement aux résultats des études, d’autres indicateurs d’évaluation sont considérés. Ainsi,
le prix du meilleur rapport annuel, le Prix Cristal de l’information financière, les classements de
la presse spécialisée, les baromètres, les articles de presse (financière ou généraliste), le courrier
des actionnaires, etc., sont autant d’indices qui doivent être pris en compte pour confirmer ou
réorienter la politique de communication financière.
La communication financière, qui doit servir les objectifs de la société cotée, constitue un sup-
port et un outil dans un environnement de concurrence exacerbée. Elle représente également un
sujet en profonde transformation.
En effet, l’importance de la masse financière internationale extrêmement volatile, le poids gran-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 103
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
UE 117 • Management
Exercice autocorrigé
Énoncé
1re étape
12. Selon ce même modèle, quels éléments déterminent le comportement d’un acteur lors d’un
conflit ?
13. Quels styles de comportements peuvent en résulter ?
14. Pourquoi cette première étape ne suffit-elle pas au diagnostic ?
2e étape
15. Pourquoi cette analyse est-elle qualifiée de « dynamique » ?
16. Qu’apporte cette étape en termes de compréhension du comportement des acteurs ?
17. Comment faire interagir les acteurs en présence ?
3e étape
18. Pourquoi parle-t-on de « diachronie » ? Quel événement marque le passage d’une phase à
l’autre ?
19. Quels processus contribuent à la détérioration de la perception de l’autre ?
20. Quels processus contribuent à l’accélération du conflit ?
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 105
Management • Série 4
Corrigé
1. Qu’est-ce qu’un conflit dans une organisation ? D’après la définition de Rondeau, quels
en sont les trois principales composantes ?
Au sens général un conflit représente l’« opposition d’intérêts entre deux ou plusieurs parties,
dont la solution peut être recherchée soit par des mesures de violence, soit par des négocia-
tions, soit par l’appel à une tierce personne » (Larousse) ce qui, appliqué à l’organisation, peut
se traduire par le fait qu’une partie (individu ou groupe) en perçoive une autre comme un obs-
tacle à ses préoccupations (intérêts), cela entraînant un sentiment de frustration, qui pourra
l’amener ultérieurement à réagir face à l’autre partie (Rondeau).
Les trois composantes constitutives de tout conflit sont donc :
• l’interdépendance (existence d’une relation de pouvoir entre les parties) ;
• l’incompatibilité (divergence d’intérêts souvent liée à une divergence en termes de percep-
tion) ;
• l’interaction (façon dont le conflit va « mûrir » en fonction des réactions mutuelles des parties
en présence).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
constante interaction afin de négocier leurs zones d’influence/zones d’incertitude respectives, le
pouvoir de l’un ayant directement ou indirectement une influence sur le pouvoir de l’autre, phé-
nomène qui constitue un « terreau » fertile pour la naissance (ou l’entretien) de conflits.
4. Quelles peuvent être les sources de conflits d’après Bréard et Pastor ? Donnez un
exemple pour chacune de ces sources potentielles.
• Conflit de nature économique : écart de rémunérations perçu comme injuste (théorie de
l’équité) ;
• Conflit de nature sociale : individu ou groupe perçu comme favorisé par la direction, affronte-
ments entre coalitions d’individus aux intérêts différents, conflits raciaux… ;
• Conflit de nature technologique : résistance au changement technologique, mise en place de
réseaux informatisés… ;
• Conflit de nature psychologique : conflits de générations, conflits de genre, conflit entre per-
sonnalités… ;
• Conflit de nature affective : conflits émergeant de problèmes extraprofessionnels/personnels
(ex. : entreprise familiale).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
106
UE 117 • Management
5. « Une situation conflictuelle est toujours la rencontre entre trois parties : des acteurs,
un différend et un contexte ». De quels types d’acteurs peut-il s’agir ?
• Conflit intraindividuel : conflit entre un individu et lui-même. Ex. : « Dois-je choisir A plutôt que
B sachant que A sera plus profitable pour l’entreprise mais que B peut me procurer des avan-
tages personnels ? »
• Conflit interpersonnel : conflit entre deux individus. Ex. : conflits affectifs, conflit pour une pro-
motion…
• Conflit de groupes : Ex. coalitions pour la défense d’un individu contre un autre/contre l’orga-
nisation, différends entre sous-groupes d’un même service…
• Conflit intergroupe : conflit entre départements/services, conflits entre filiales…
8. Quel modèle considère que chaque acteur agit selon une stratégie ? Quelles techniques
peuvent permettre de gérer ces stratégies ?
Modèle politique ou modèle de l’analyse stratégique. Exemples de techniques : forums de négo-
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 107
Management • Série 4
concepts tant les pratiques ont évolué depuis, en partie en raison des conflits sociaux que la
négation des dimensions sociales sous-jacentes a pu engendrer ; néanmoins, le modèle ration-
nel eut le mérite de questionner la nature des organisations même s’il n’en perçut alors qu’une
partie mécaniste.
Le modèle des relations humaines représente la réponse logique des sciences humaines et
sociales au précédent modèle et à son absence de considérations sociales. Les conflits existent,
les approches rationnelles ont même, contrairement à leurs ambitions originelles, contribué à les
développer ; comment à présent les atténuer ? Le modèle des relations humaines répond par la
recherche de l’adhésion des individus aux objectifs productifs, par la satisfaction de leurs
besoins les rendant plus enclins à participer. Il ne s’agit plus de forcer mais de motiver. Notons
cependant que le conflit reste, dans cette perspective, abordé comme néfaste, improductif et
que le comportement humain et en particulier les processus de motivation restent très superfi-
ciellement analysés, catégorisés selon des types génériques relativement indépendants du
contexte et sans grande interaction entre eux.
On peut voir dans le modèle politique une réponse du moins partielle à cette lacune, la question
du conflit étant abordée cette fois de manière microsociale et non plus de manière isolée mais
mise dans une perspective interindividuelle. Les théoriciens commencent à percevoir la com-
plexité des comportements sous-jacents au processus conflictuel et la façon dont l’organisation
n’est, à l’extrême, qu’un agencement en perpétuel mouvement de processus/stratégies indivi-
duels et interindividuels partiellement rationnels/réfléchis. L’organisation est en fait la rencontre
entre des stratégies industrielles/économiques et des stratégies individuelles ou microsociales
en concurrence pour l’appropriation/utilisation de ressources. L’approche est bien ici complé-
mentaire des précédentes dans la mesure où elle prend en compte, d’une part, l’existence de
processus industriels et économiques analysés par le modèle rationnel, et les confronte, d’autre
part, à des logiques sociales interpersonnelles dans la lignée de l’ERH mais avec une analyse
plus aboutie. Le fait que l’organisation ne représente pour caricaturer qu’un « nœud de vipères »
dont le conflit, perçu comme naturel mais une nouvelle fois néfaste, constitue finalement le prin-
cipal ressort, nie en partie l’existence potentielle de coopérations économiquement productives
et semble condamner toute organisation à une perpétuelle sous-optimalité.
Le dernier modèle présenté, modèle systémique, pourrait être considéré d’une certaine manière
comme une généralisation du précédent. L’organisation est certes un ensemble complexe de
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
parties en interaction mais cet ensemble n’est pas borné aux frontières physiques de l’organisa-
tion. Les frontières du système et la nature des interactions varient constamment en fonction du
contexte. Les conflits qui émergent de ce processus d’adaptation continuel à un contexte
extraorganisationnel et à des interactions intraorganisationnelles incertaines sont, d’une part,
inévitables, et ne sont, d’autre part, pas nécessairement néfastes. Ils contribuent au contraire au
processus d’adaptation, c’est pourquoi en fonction du degré d’incertitude, l’organisation doit
mettre en place des techniques soit encourageant (conflictuelles) soit atténuant (consensuelles)
les divergences.
Pour conclure, il semble raisonnable de dire que ces modèles sont au moins en partie complé-
mentaires dans la mesure où ils ont chacun contribué à la réflexion sur la nature des processus
à l’œuvre dans une organisation et sur la façon dont ces processus interagissent. L’évolution de
la notion de conflit perceptible au travers de ces théories laisse en outre transparaître plus large-
ment l’évolution du concept même d’organisation et de gestion des organisations, passant d’un
management autoritaire mécaniste et déshumanisé à une vision quasi biologique d’une structure
comparable à un « organisme vivant » pour reprendre la métaphore de Morgan, où évoluent des
logiques multiples, tantôt contraires tantôt complémentaires.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
108
UE 117 • Management
11. Quelles sont les trois étapes du modèle de diagnostic proposé ? Résumez en quelques
mots en quoi consiste chaque étape.
Le diagnostic présente trois étapes ou niveaux d’analyse : l’analyse structurelle, l’analyse dyna-
mique et l’analyse diachronique. Les deux premières étapes répondent à la chronologie du
conflit : avant et pendant. La troisième constitue une mise en perspective de l’ensemble.
L’analyse structurelle « vise à comprendre l’ensemble des facteurs influençant les comporte-
ments des acteurs », autrement dit la situation initiale avec son contexte, ses acteurs et leurs
prédispositions respectives, ses enjeux…
L’analyse dynamique étudie le conflit une fois que celui-ci a « éclaté » : comment le conflit est-il
perçu/vécu par la partie A ? par la partie B ? De quelle façon telle conception provoque-t-elle tel
comportement ? Comment ces comportements respectifs interagissent-ils ? Pour quels résul-
tats ?
L’analyse diachronique décrit l’historique du conflit en séquençant le processus selon différentes
phases, l’objectif étant de pouvoir par le futur identifier ces phases en cours de conflit, prévenir
l’escalade et au contraire permettre la « désescalade ».
1re étape
12. Selon ce même modèle, quels éléments déterminent le comportement d’un acteur lors
d’un conflit ?
Selon Rondeau, quatre paramètres sont à considérer : les prédispositions/prévisions (caracté-
ristiques personnelles et prévisions quant à l’évolution probable du conflit), les pressions
(sociales) auxquelles sont soumises les parties en conflit, les enjeux (matériels et/ou immatériels,
psychologiques) et le cadre de référence (règles, normes, méthodes et pratiques favorables au
conflit).
Coopération (Co) (préoccupation du besoin des autres) ; il s’agit de l’évitement (As-, Co-), l’ac-
commodation (As–, Co+), la collaboration (As+, Co+), la compétition (As+, Co–) et le compromis
(As=, Co=). Ces comportements résultent en grande partie des quatre paramètres cités précé-
demment. Comprendre le type de comportement adopté par chaque acteur doit permettre de
déclencher une éventuelle modification des paramètres/composantes afin de susciter un type
de comportement plus favorable (en particulier la collaboration).
2e étape
15. Pourquoi cette analyse est-elle qualifiée de « dynamique » ?
Le terme « dynamique » met en exergue le fait que le conflit est aussi (et avant tout) un échange,
une interaction entre au moins deux parties en proie à des différences de perceptions et que cet
échange évolue au gré de nombreux épisodes selon un processus itératif (« Chaque partie agit
et modifie ses comportements en fonction des attitudes et stratégies des autres parties »).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 109
Management • Série 4
3e étape
18. Pourquoi parle-t-on de « diachronie » ? Quel événement marque le passage d’une
phase à l’autre ?
Le terme de « diachronie » (du grec dia -chronos : « à travers le temps ») est employé afin de
mettre en avant l’existence de phases fondamentales d’évolution dans le temps au cours de tout
conflit : une période de détérioration de la perception de l’autre qui aboutit à un « bris de com-
munication », autrement dit à une rupture de la communication, ce bris de communication mar-
quant alors le début d’une deuxième étape d’accentuation de la coercition envers l’autre. En
d’autres termes, la première phase, dite de « détérioration de la perception », marque l’émer-
gence du conflit jusqu’au bris de communication selon des processus déjà évoqués dans la
deuxième étape de notre analyse ; la deuxième phase, celle d’accentuation de la coercition
envers l’autre (c’est-à-dire visant à contraindre l’autre partie) représente quant à elle la période
d’accélération du conflit.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Plusieurs moyens peuvent être mis en œuvre pour contraindre l’autre partie et ainsi tenter de
« prendre le dessus » par la force (des moyens coercitifs). Une fois le bris de communication
installé, la volonté de coercition mais aussi une aggravation des perceptions des parties respec-
tives aggravent le conflit de façon radicale. Parmi ces facteurs aggravants, Rondeau évoque la
perte de l’objectif premier (seule la victoire compte, peu importent les dommages collatéraux),
l’équilibrage des dommages (recherche de compensation des pertes subies) ou encore l’incom-
patibilité (la certitude que l’autre partie est irrémédiablement opposée à nos propres intérêts et
que de ce fait aucune solution n’est envisageable).
21. Quelles principales solutions peut-on envisager pour résoudre un conflit ? Décrivez
chacune en quelques mots.
Le cours propose trois solutions principales : la médiation, la coopération et la concertation, et
la négociation.
La médiation consiste à faire appel à un intermédiaire neutre (un médiateur) qui, sans disposer
d’un pouvoir pour imposer un accord doit permettre d’établir une solution satisfaisante pour les
parties respectives. Cette méthode est constituée de quatre étapes : l’établissement du cadre,
l’expression des parties, la recherche de solutions et enfin l’accord.
La coopération et la concertation visent à créer un climat de confiance et de coopération active
sous la férule bienveillante des dirigeants. Les idées de chacun sont prises en compte et éva-
luées conformément au principe de « justice procédurale » (voir question suivante).
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
110
UE 117 • Management
La négociation vise à prévenir le bris de communication en organisant une rencontre entre les
parties et ainsi rétablir la communication. On distingue deux formes de négociation : la négocia-
tion irréaliste/destructrice où les positions extrêmes des parties conduisent souvent à l’anéantis-
sement d’une (gagnant-perdant) voire des deux parties (perdant-perdant) et la négociation
réaliste cherchant à ménager une solution favorable à tous (gagnant-gagnant).
Il existe également d’autres solutions envisageables : la consultation intergroupe, la confronta-
tion, l’arbitrage…
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 111
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
UE 117 • Management
Lexique
AACC (Association des agences conseils en communication) : Syndicat professionnel des-
tiné à défendre les intérêts des agences de communication. Voir le site très riche [Link].
Affimétrie : Groupement d’intérêt économique créé par les principaux afficheurs et dont la fonc-
tion est de fournir des outils de mesure d’efficacité et de planification pour les campagnes d’af-
fichage. Affimétrie fournit un « GRP de l’affichage » à partir d’une analyse des flux de déplacement
de la population qui permet à partir d’un plan d’affichage d’en déduire un taux de couverture et
des fréquences d’ODV (voir lexique).
AIDA : Acronyme reprenant les différentes phases que doit respecter un message publicitaire.
Attirer l’Attention – Susciter l’Intérêt – Provoquer le Désir – Inciter à l’Action. La logique du
modèle AIDA repose sur la théorie des effets publicitaires.
Annonceur : Organisation à l’origine d’une opération de communication publicitaire, qui vise à
promouvoir ses produits ou sa marque. Dans le cadre d’une action de communication, l’annon-
ceur est le client de l’annonce.
Audience (captive, cumulée, potentielle, utile) : Entendu au sens général, l’audience est
constituée de l’ensemble des personnes touchées par un média ou support de communication.
Il peut donc s’agir aussi bien de téléspectateurs que d’auditeurs ou visiteurs d’un site Web.
L’audience publicitaire désigne l’ensemble des personnes exposées à un message publicitaire
diffusé sur un support. L’audience utile est la partie de l’audience d’une campagne qui appar-
tient à la cible visée. Si l’audience totale d’un support est de 400 000 personnes, composée
pour 75 % d’hommes, et si le message publicitaire vise exclusivement les hommes alors l’au-
dience utile du support est de 300 000.
L’audience cumulée est constituée du nombre d’individus différents touchés au moins une fois
par le message publicitaire lors d’une campagne comportant plusieurs vagues ou supports.
Axe publicitaire : Promesse faite par l’annonceur à la cible, destinataire du message.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Bilan de campagne : Document de synthèse, le plus souvent sous forme d’un tableau, qui
regroupe par média et supports les résultats obtenus lors d’une campagne publicitaire ou mar-
keting. Le bilan permet de faire le point sur les résultats de la campagne, mais il permet égale-
ment de comparer les résultats obtenus sur différents supports lors d’une même campagne pour
éventuellement opérer une sélection lors d’une prochaine campagne.
Blog : Un weblog (mot-valise anglais issu d’une contraction de web et log, log désignant les
journaux de bord de la marine et de l’aviation américaine) est un site Web sur lequel une ou plu-
sieurs personnes s’expriment librement, sur la base d’une certaine périodicité. Dans son usage
francophone comme anglophone, weblog est fréquemment raccourci en blog.
Brief : C’est un document plus ou moins long ou une réunion dont l’objectif est de présenter les
faits nécessaires à une agence chargée de formuler une proposition pour une action ou une
création marketing. Le brief expose, entre autres, les objectifs et la stratégie de l’annonceur et
éventuellement un budget et les contraintes d’action.
BVP (Bureau de vérification de la publicité) : Association dont le but est de « mener une action
en faveur d’une publicité loyale, véridique et saine dans l’intérêt des professionnels de la publi-
cité, des consommateurs et du public ». Il s’agit d’un organisme d’autorégulation. Dans le cadre
d’un accord avec l’ensemble des acteurs intéressés, le BVP assure un examen systématique et
préalable à la diffusion de l’intégralité de la production publicitaire télévisuelle. Il peut également
sur demande examiner des créations destinées à d’autres supports. Avec les professionnels de
la publicité, le BVP joue un rôle d’animateur pour l’établissement et l’évolution de règles déonto-
logiques.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 113
Management • Série 4
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
phique de diffusion d’un support ou plus généralement d’un medium.
CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) : Créé en 1989, c’est un organisme officiel de régula-
tion chargé de veiller à la bonne évolution de l’audiovisuel, en particulier aux bonnes règles
d’emploi de la publicité à la télévision. Il a succédé à deux autres organismes : la Haute autorité
de l’audiovisuel et la CNCL (Commission nationale de la communication et des libertés). Voir le
site [Link]
DAGMAR (Define Advertising Goals for Measured Advertising Results) : Méthode de mesure
de l’efficacité de la publicité, mise au point par l’américain Russell H. Colley au cours des années
1960, et qui inspire aujourd’hui encore beaucoup ce type de recherche car il est fondé sur l’ap-
préciation des résultats par rapport aux objectifs correctement définis.
DAR (Day After Recall) : Mesure de la mémorisation d’un message publicitaire un jour après sa
diffusion. Cet indicateur est principalement utilisé pour des spots TV et mesuré par le biais d’un
sondage téléphonique.
Diffusion : Utilisée pour mesurer le potentiel publicitaire d’un titre de presse, la diffusion corres-
pond au nombre moyen d’exemplaires diffusés par numéro. La diffusion se compose d’une dif-
fusion payante et d’une diffusion gratuite.
Duplication d’audience : Phénomène par lequel une part de l’audience cumulée de différents
supports sur une période donnée peut être en fait une audience commune. Sur la période, un
même visiteur peut visiter les sites Internet ou lire les magazines A et B. Relativement bien
connus en presse et TV, les phénomènes de duplication d’audience sont moins bien identifiés
sur Internet.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
114
UE 117 • Management
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 115
Management • Série 4
sur des critères objectifs (image de produit haut de gamme à prix élevé) ou subjectifs (« produit
de vieux »). L’image est la résultante des caractéristiques du produit ou de la marque considérés,
mais elle est également largement influencée par les actions publicitaires. (Communication
d’image)
Impact : L’impact publicitaire se matérialise par le souvenir laissé à l’individu exposé à un mes-
sage publicitaire et par ses éventuels changements d’attitudes ou d’opinions éprouvés à l’égard
de l’annonceur. L’impact peut être mesuré par un score d’impact.
ISA (Imprimé sans adresse) : C’est un prospectus distribué sans identification nominative du
destinataire, mais simplement en fonction d’une zone géographique ciblée. La précision quant à
la sensibilisation de la cible est moindre, mais le coût est très inférieur au mailing nominatif. Sont
ainsi considérés comme ISA, les journaux gratuits, les échantillons ou certains coupons ou bon
de réduction.
Loi Sapin : La loi Sapin du 29 janvier 1993 réglemente les procédures d’achat d’espace publici-
taire dans le cadre d’une loi plus générale anticorruption. La loi instaure un principe de transpa-
rence des prix des espaces publicitaires pour lesquels les conditions tarifaires doivent être
publiques et la facture d’achat envoyée à l’annonceur, même si le règlement se fait par l’agence.
Par ailleurs, l’achat d’espace par un intermédiaire ne peut se faire qu’à travers l’existence d’un
contrat de mandat entre l’annonceur et son agence média.
Loi Evin : La loi Evin du 10 janvier 1991 réglemente la publicité pour l’alcool et le tabac. En ce
qui concerne l’alcool, la loi stipule que seul l’affichage, la radio (sur certaines tranches horaires)
et la presse (hors titres jeunesse) peuvent être utilisés et que le message doit rappeler que
« l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ». Pour le tabac, le principe retenu est celui d’une
interdiction générale de la publicité sauf à l’intérieur des débits de tabac. Les opérations de par-
rainage à des fins publicitaires sont également interdites ainsi que la distribution d’objets publi-
citaires. Enfin, la loi rend obligatoire la présence de mentions de mises en gardes sur les effets
néfastes du tabagisme sur les deux faces du conditionnement.
Mailing : Mailing postal ou publipostage qui regroupe dans un même envoi plusieurs offres
d’annonceurs distincts et éventuellement non concurrents. Le publipostage groupé est surtout
utilisé en B to B sur des fichiers d’abonnés presse professionnelle et prend dans ce cas la forme
d’un ensemble de coupons qui sont de la taille d’une carte à jouer et constitués d’une face de
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
présentation de l’offre et d’une face permettant une réponse postale pour un supplément d’infor-
mation. Le bus mailing permet d’amortir les coûts de l’opération sur plusieurs annonceurs.
Marketing relationnel : Technique marketing qui vise à établir une relation continue et enrichie
avec le consommateur en dehors même des moments de consommation ou d’achat (marketing
transactionnel). Cette relation se construit par l’établissement d’un dialogue entre la marque et
le consommateur s’effectuant sur différents canaux (courrier, téléphone, Internet).
Marketing viral : Mode de promotion d’un site Web ou d’une offre commerciale ou marketing
par lequel ce sont les visiteurs du site ou les destinataires d’une offre qui vont le/la recommander
à des proches ou collègues. L’offre se diffuse alors comme un virus. Cette recommandation peut
être spontanée en fonction de la valeur du site ou de l’offre ou rémunérée à travers un système
de parrainage. Le marketing viral existait avant Internet mais son potentiel est décuplé par la
facilité de transmission de l’information sur ce média.
Mécénat : Soutien financier ou matériel apporté par une entreprise ou un particulier à une action
ou activité d’intérêt général (culture, recherche, humanitaire…). Le mécénat se distingue du
sponsoring par la nature des actions soutenues et par le fait qu’il n’y a normalement pas de
contreparties contractuelles publicitaires au soutien du mécène. Le mécène apparaît donc de
manière relativement discrète autour de l’événement ou de l’action soutenue, mais il peut affi-
cher son soutien sur ses propres supports de communication. Le mécénat correspond généra-
lement à des objectifs d’image et s’explique également de temps en temps par un intérêt
personnel du dirigeant pour la cause soutenue. Le mécénat permet quelques déductions fis-
cales contrairement au sponsoring qui est considéré comme un investissement publicitaire.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
116
UE 117 • Management
Médiamat : Dernière forme d’audimètre utilisé en France, le médiamat a remplacé l’audimat qui
a donné son nom à la mesure de l’audience télévisuelle. Terme associé : Audimètre.
Médiaplanning : Dans le cadre d’une campagne publicitaire, le médiaplanning est l’action qui
consiste à choisir les médias et supports devant être utilisés, le choix des moments de diffusion
ainsi que l’établissement d’un calendrier de campagne. Le choix des médias et supports se fait
à partir de leurs différentes caractéristiques (coût, couverture de la cible, puissance, possibilités
créatives, complémentarités, etc.).
Mémorisation : Action de fixer dans la mémoire. Les études publicitaires s’intéressent aux pro-
cessus de mémorisation. L’établissement de coefficients permet d’apprécier l’effet d’une cam-
pagne ou d’un message.
Message : 1. Information transmise à un public, à une cible. 2. Contenu d’une information, idée
transmise à un public. 3. Support matériel de la communication.
Mix communication : Optimisation du choix des médias utilisés pour une campagne publici-
taire. Le choix se fait à partir des caractéristiques des médias (puissance, coûts, capacité de
ciblage, efficacité publicitaire, cadre juridique…) et de leur capacité à répondre au meilleur coût
aux objectifs de la campagne. Un mix média joue également sur les complémentarités et syner-
gies qui existent entre différents médias.
Notoriété : Pour une marque, la notoriété mesure son degré de présence dans l’esprit des indi-
vidus. Elle reflète essentiellement la mesure de la notoriété spontanée et assistée.
ODV/ODE : L’occasion de voir (ODV) ou l’occasion d’entendre (ODE) correspondent à un contact
dans le domaine de l’affichage publicitaire. Le potentiel ou la puissance d’un emplacement ou
d’un réseau peut être exprimé en occasions de voir (ou d’entendre) sur une période donnée. Le
nombre théorique d’ODV ODE est établi à partir de l’étude des flux de circulation concernés par
l’axe de visibilité (ADV).
OJD : L’Office de justification de la diffusion est un organisme français créé sous la forme d’une
association tripartite par les annonceurs, les agences de publicité et les supports de presse en
1946 – sur les bases de l’OJT/Office de justification des tirages fondé en 1922 par Charles
Maillard – pour contrôler et attester les chiffres de tirage et de diffusion desdits supports. Il
emploie le sigle CHCP pour signaler le Contrôle des supports hors commission paritaire. L’OJD
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 117
Management • Série 4
(display), les distributeurs de coupons ou de dépliants (take-one), le ticket de caisse (till receipt),
les mobiles (advertising mobile), les pancartes (sign), les flèches (arrow), les stop-rayons (spot-
ter), les décorations au sol (on floor advertising), les vignettes autocollantes (sticker), les vitrau-
phanies (reverse sticker), les kakémonos (kakemonos), les messages sonores (audio
announcement), les écrans vidéo sur caddy (caddy cart video display), les bornes d’informations
interactives (interactive data point, ATM/Automated teller machine)…
Positionnement : Le positionnement est un terme dont la définition peut varier selon le contexte
d’usage. Dans son usage dominant, le positionnement correspond à la position qu’occupe un
produit dans l’esprit des consommateurs face à ses concurrents sur différents critères (prix, image,
caractéristiques). Dans une logique volontariste, le positionnement peut désigner le positionne-
ment recherché par l’entreprise et non celui perçu par les consommateurs. Enfin, dans une optique
d’action (usage rare), le terme peut désigner l’ensemble des actions entreprises pour obtenir la
position souhaitée dans l’esprit des consommateurs. Le positionnement des différents offreurs sur
un marché peut être visualisé grâce à une carte conceptuelle. Terme associé : carte conceptuelle
Prétest : Test pratiqué avant l’exploitation d’une campagne publicitaire ou le lancement d’un
produit. Son objectif est de vérifier l’adéquation des choix retenus avant leur mise en application
ou leur commercialisation. Dans le cadre d’une enquête par questionnaire, il vise à tester la per-
ception (la compréhension des questions, la longueur du temps de l’administration, l’adéquation
du système d’échelles retenu, les biais possibles…) dudit questionnaire auprès d’un échantillon
réduit de répondants.
Post-test : Test pratiqué pendant ou après l’exploitation d’une campagne publicitaire ou le lan-
cement d’un produit. Son objectif est en premier lieu de corroborer les résultats des prétests et
en second lieu d’obtenir des informations avant échéance sur les résultats de l’opération.
Presse : Média composé de l’ensemble des organes et publications périodiques : journaux,
revues, magazines, etc. Pour le plus grand nombre, ces publications constituent aussi des sup-
ports de publicité.
Presse-on-line : idem « presse » transmise sur le support Internet.
Publi rédactionnel : Message publicitaire à base de texte et présentant toutes les apparences
d’un article de presse.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Récepteur : Personne recevant un « message ».
Répétition : Le fait d’être redit plusieurs fois de la même manière ou par une expression diffé-
rente. En médiaplanning, la répétition moyenne est l’indicateur permettant de déterminer le
nombre d’expositions de la cible à un support donné (nombre moyen d’ODV par individu touché
au moins une fois).
Rough : Mot anglais. Esquisse crayonnée, maquette simplifiée. Un roughman est un maquet-
tiste.
Rumeur : Bruit se répandant dans le public d’une manière non contrôlée. Toutefois, certains
s’efforcent de créer des rumeurs.
Score brut : Indicateur de mémorisation publicitaire qui se traduit par le pourcentage d’individus
se souvenant d’avoir vu un message publicitaire en mémorisation assistée (« Avez-vous vu la
publicité pour telle marque sur tel support ? »).
Score prouvé : Indicateur d’efficacité publicitaire utilisé dans le domaine de la presse pour
mesurer la mémorisation. Le score prouvé est plus exigeant qu’un score brut car il nécessite
qu’un élément de l’annonce soit restitué par le lecteur. Termes associés : score vu/lu.
Segmentation : Découpage d’une population (clients, prospects) en sous-ensembles homo-
gènes selon différents critères (données sociodémographiques, comportement d’achat…). Les
critères de segmentation choisis doivent permettre d’obtenir des segments de population homo-
gènes, de taille suffisante et opérationnels. Un segment est dit « opérationnel » lorsqu’il est pos-
sible de le toucher (actions marketing) de manière spécifique. La segmentation permet d’effectuer
des actions marketing différenciées en fonction des segments.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
118
UE 117 • Management
Taux de pénétration : Pourcentage des foyers, des individus ou consommateurs potentiels qui
achètent le produit ou la marque considéré.
Top of mind : Au sens strict la notion de top of mind désigne la notoriété de premier rang, c’est-
à-dire le nombre de fois où une marque est citée en première place, en notoriété spontanée.
Dans un sens plus large, le fait qu’une marque soit en top of mind peut simplement désigner le
fait qu’elle soit parmi les marques venant à l’esprit du consommateur. Termes associés : noto-
riété spontanée.
UDA (Union des annonceurs) : Elle accompagne et représente les annonceurs pour faire face
à leurs trois enjeux prioritaires : préserver leur liberté de communiquer, améliorer l’efficacité de
leurs investissements, maîtriser leurs coûts.
USP (Unique Selling Proposition) : En français, Proposition de vente unique, est la promesse
principale utilisée dans le cadre d’un discours publicitaire ou d’un entretien de vente. Pour déli-
vrer tout son potentiel de conviction, l’USP ne doit pas pouvoir être utilisée par la concurrence
et doit être basée sur un élément réellement différenciateur. Le principe de l’USP a été développé
et popularisé par Rosser Reeves.
Valorisation d’espace ou d’exposition médiatique : Procédure qui vise à calculer la valeur
monétaire d’une exposition médiatique (sous forme de rédactionnel) dont bénéficie une marque
ou un produit à la suite d’opérations marketing diverses (communiqué de presse, évènementiel,
sponsoring…). Cette valorisation s’établit en prenant en compte les investissements publici-
taires nécessaires pour obtenir le même type de couverture médiatique. La valorisation des
espaces médiatiques est surtout utilisée pour mesurer la rentabilité de l’action considérée.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 119
Management • Série 4
Index
Adams 18 Motivation 15
Audit 60 Packaging 80
Communication 48 Palo Alto 50
–– Financière 49 Psychologie 51
–– Institutionnelle 86 Rapport annuel 97
–– Interne 49 Shannon 49
–– Marketing 49 Sociologie 51
–– Sociétale 49 Théorie de l’attente (EIV) 19
Conflits 25 Théorie ERG 16
Équité 18 Théories du contenu 15
Groupe 22 Théories du processus 15
Herzberg 16, 17, 33, 37, 107 Valeurs 10
Information 55 Vroom 19
Maslow 15, 16, 33, 34, 37, 107 Wiener 49, 50
Mix 80
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
120
UE 117
Devoir 4
Management
Année 2017-2018
À envoyer à la correction
Auteur : Xavier DEROY
TRAVAIL À FAIRE
1. Vous différencierez la fonction respective des types de communication. De quel(s) type(s) de com-
munication s’agit-il ici ? (3 points)
2. Après avoir rappelé la théorie de Shannon, vous expliquerez quel(s) but(s) vise(nt) plus précisément
la communication institutionnelle des banques classiques d’après le texte. (2 points)
3. Ces changements sont susceptibles d’entraîner des conflits. Vous rappellerez la notion de conflit
et vous qualifierez le(s) type(s) de conflit en vous appuyant sur l’approche de Bréard et Pastor.
(2 points)
4. Vous rappellerez les positions théoriques des écoles de pensée au sujet du conflit. En quoi peuvent-
elles être utiles pour comprendre les politiques de RH annoncées par les banques ? (4 points)
5. Au regard des théories sur la motivation, comment envisagez-vous les effets des changements
communiqués sur la motivation des individus en fonction de leurs positions professionnelles et de
leurs compétences ? (3 points)
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Chez BNP Paribas, on appelle cela « faire respirer le réseau ». Comme la plupart des banques de détail
françaises, BNP va réduire le nombre de ses agences dans le cadre de son nouveau plan stratégique à
l’horizon 2020. La première banque française en termes d’actifs, mais pas en nombre de clients, envi-
sage, selon Le Monde, de fermer 50 agences par an, soit 200 agences en tout sur les 1 964 points de
vente qu’’elle compte dans l’’Hexagone à fin 2016, de l’ordre de 10 % de son parc. Cela s’accompagne-
rait d’une baisse de 2 % à 4 % des effectifs du réseau, sans licenciements, grâce aux départs naturels.
BNP Paribas ne confirme pas ce chiffre, qui serait issu d’une source syndicale. Ce serait pourtant
conforme à l’évolution des dernières années et non une accélération de la réorganisation du réseau de
détail. La banque avait déjà fermé 236 agences en France, entre 2012 et 2016, et au total près de 500
sur ses quatre marchés européens.
Lors de sa journée investisseurs ce lundi, BNP a évoqué la poursuite de l’optimisation du réseau, faisant
valoir que celui-ci est déjà concentré en zone urbaine, où se trouvent les ménages à hauts revenus.
Ces 200 agences, ce serait moins que la Société générale, qui avait annoncé en novembre 2015 qu’elle
fermerait 20 % de ses 2 200 agences d’ici à 2020, soit 440 agences, sans licenciements. Le réseau de
BNP serait ramené autour des 1 760, soit autant que la Société générale.
Même les mutualistes s’y mettent : le groupe BPCE a annoncé fin février que les Banques populaires et
Caisses d’épargne fermeraient en tout 400 agences, soit un peu plus de 5 % de leurs réseaux, actuelle-
ment très denses (8 000 points de vente), essentiellement par regroupements en zone urbaine et périur-
baine, d’ici à 2020. LCL, filiale du groupe Crédit agricole, va fermer 250 agences en quatre ans.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 121
✄
Management • Devoir 4
Le syndicat FO Banques demande l’ouverture d’une table ronde sur l’emploi dans la profession, redou-
tant « une casse sociale sans précédent en préparation dans la banque ».
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
numérique. Dans un environnement de taux bas, qui pèse sur ses revenus, la première banque de la zone
euro veut accentuer ses réductions de coûts, comme le réclament les investisseurs.
« La banque d’un monde qui change » – la signature publicitaire de BNP Paribas – veut désormais
« construire la banque de demain en accélérant la transformation digitale » : c’est l’un des piliers du nou-
veau plan stratégique 2017-2020, en partie dévoilé ce mardi, et qui sera présenté en détail le 20 mars
prochain. Dans un environnement de taux d’intérêt bas, qui pèse sur les revenus de la première banque
de la zone euro et de tout le secteur, ce programme de transformation est intimement lié à la réduction
des coûts, que le groupe s’engage à accentuer, comme le réclament les investisseurs, déçus par les
résultats annuels robustes, mais jugés sans éclats. Or, en 2017 et en 2018, les revenus de la banque de
détail seront encore en recul, à cause de l’effet de latence de la baisse des taux.
« L’essentiel du plan sera consacré à la transformation du groupe, que l’on peut résumer par la transfor-
mation digitale, très qualitative, du modèle bancaire. Nous allons investir 3 milliards d’euros à l’horizon
2020 dans ce programme qui générera 3,4 milliards d’économies sur la période et permettra de dégager
des économies annuelles récurrentes de 2,7 milliards à partir de 2020 » a déclaré l’administrateur direc-
teur général, Jean-Laurent Bonnafé, lors d’une conférence de presse ce mardi.
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
122
✄
UE 117 • Management
L’objectif affiché est de « construire une banque un peu plus digitale et plus efficace » : l’exemple donné
est celui du plafond des cartes bancaires, qui serait une forte cause d’irritation.
« Les clients peuvent désormais modifier le plafond en ligne en quelques clics, cela apporte de la satis-
faction et cela va diminuer de 30 % à terme les appels vers les call centers » se félicite le patron des
marchés domestiques, qui résume « on améliore la recommandation clients et on réduit les coûts en
même temps ».
TRAVAIL À FAIRE
Vous rédigerez l’introduction et le plan détaillé du sujet suivant :
« La digitalisation des entreprises est-elle particulièrement génératrice de conflits ? »
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])
201171TDPA0417 123
✄
Document de travail réservé aux élèves de l'INTEC. Toute reproduction sans autorisation écrite est interdite.
Pierre-Antoine AKE ([Link]@[Link])