COURS 1
Pourquoi des normes comptables internationales ?
Renforcer la confiance dans les marchés financiers
Renforcer la compétitivité des places financières européennes
Permettre une meilleure analyse financière
Permettre une meilleure circulation des capitaux
Eviter aux entreprises de publier plusieurs jeux de comptes
Permettre une meilleure surveillance prudentielle
Qui est concerné par les normes IFRS ?
Comptes consolidés : obligation pour sociétés cotées européennes,
sur option pour sociétés françaises
Depuis 2005, 7000 groupes européens ont adopté les IFRS
A qui s’adressent les normes comptables internationales ?
En IFRS, les états financiers s’adressent prioritairement aux investisseurs
Les investisseurs sont intéressés par la structure financière, la trésorerie
L’approche est essentiellement centrée sur le bilan
Qui produit les normes IFRS ?
Les normes IFRS sont produites par l’IASB (International Accounting Standards
Board), un organisme privé, à but non lucratif, basé à Londres IASC (1973), IASB
(2001)
L’objectif de départ était d’obtenir un langage comptable unique pour que les
entreprises ne soient pas obligées de retraiter leurs états financiers pour lever
des capitaux sur les marchés étrangers
Par l’accord de NORWALK du 29 octobre 2002, les deux institutions (IASB et
FASB) se sont engagées à faire converger leurs normes et à coordonner leurs
programmes techniques (consolidation, information sectorielle, reconnaissance
du revenu, leasing, pensions)
L’objectif de l’IASB en matière d’information financière
Développer, dans l'intérêt général, un jeu unique de normes comptables de
haute qualité, compréhensibles et applicables qui impose la publication dans les
états financiers d'informations financières de haute qualité, transparentes et
comparables afin d'aider les participants aux marchés internationaux de
capitaux et les autres utilisateurs à prendre des décisions économiques
Promouvoir l'usage et la mise en œuvre rigoureuse de ces normes
Fournir des informations utiles aux investisseurs, aux prêteurs (les banques) et
aux autres créanciers.
La comptabilité comme instrument d’aide à la décision (Decision Usefulness
Approach)
Le processus d’adoption européen
Adoption au niveau technique : EFRAG / Adoption au niveau politique : ARC /
Accord du parlement européen et du conseil européen / Publication au journal
officiel de l’UE
Les critères d’adoption :
- être conforme au principe d’image fidèle
- répondre à l’intérêt public européen
- satisfaire aux critères d’intelligibilité (compréhensible), de pertinence, de
fiabilité et de comparabilité exigés de l’information financière
COURS 2
Les caractéristiques qualitatives essentielles de l’information financière
La pertinence (influencer les décisions prises par les utilisateurs)
La fidélité (description complète, neutre et exempte d’erreurs significatives)
Les caractéristiques qualitatives auxiliaires de l’information financière
Comparabilité (avec des informations provenant d’autres entités ou en interne)
Vérifiabilité (indiquer les méthodes de calcul…)
Rapidité (fournir une information a temps)
Compréhensibilité (classée, définie, et présentée de façon claire)
Les principes comptables
Le principe de prudence en IFRS : l’évaluation des transactions qui ne doivent
être ni sous-évaluée ni surévaluées
Le principe de fiabilité : le nouveau cadre conceptuel de 2010 a supprimé le
principe de fiabilité Ce principe est remplacé par la notion de fidélité
Le principe de comparabilité : permet aux utilisateurs des comptes de ne pas
être trompé par des changements intempestifs des méthodes
Les règles d’évaluation
Le cadre conceptuel révisé en 2018 présente deux méthodes d’évaluation :
- Cout historique
- Valeur actuelle
- juste valeur (prix de sortie)
- valeur d’utilité (flux futurs actualisés)
- cout actuel (montant de trésorerie qu’il faudrait débourser)
- valeur nette de réalisation (montant de trésorerie obtenu en
vendant l’actif)
Juste valeur : prix qui serait reçu de la vente d’un actif ou payé pour le transfert
d’un passif lors d’une transaction normale entre participants de marché a la date
d’évaluation
« Mark to Market » et « Mark to Model »
La hiérarchie des justes valeurs :
- Niveau 1 : Prix côtés, non ajustés, sur des marchés actifs (actions cotées,
obligations d’état…)
- Niveau 2 : Données d’entrée, autres que les prix côtés, qui sont observables
(actions sur un marché inactif, produits structurés…)
- Niveau 3 : Données d’entrée concernant qui sont fondées sur des données non
observables (Hedgefunds, fonds de private equity…)
Les raisons du succès de la juste valeur :
- informer en temps utile sur les variations de valeur
- permet de limiter le pouvoir discrétionnaire laissé aux dirigeants
- réconcilier le résultat comptable et le résultat économique
Les limites de la juste valeur :
Accroissement de la volatilité des mesures comptables
Manque d’objectivité dans les valorisations (données de niveau 3)
Orientation « court termiste » du pilotage de l’entreprise
Coût prohibitif d’obtention de l’information
COURS 3
Le contenu du compte de résultat
Le compte de résultat peut être présenté avec une classification des charges soit
par nature, soit par fonction (destination)
Liste des postes (IAS 1) :
- Produits des activités ordinaires
- Charges financières
- Quote-part dans le résultat net des entreprises consolidées par mise en
équivalence
- Charges d’impôt sur les résultats
- Résultat des activités cédées ou en voie de l’être
- Intérêts minoritaires
- Résultat net de l’exercice
Suppression au 1er janvier 2005 de la notion de charge/produit extraordinaire
L’IASB a supprimé en décembre 2003 le concept d’éléments « extraordinaires »
Les produits
Un produit constitue un accroissement d’avantages économiques intervenu au
cours de l’exercice, ayant pour conséquence une augmentation des capitaux
propres
La norme IFRS 15 (qui remplace la norme IAS 18) précise la notion de produit des
activités ordinaires
Les produits doivent être évalués à la juste valeur de la contrepartie reçue ou à
recevoir (différence entre juste valeur et montant nominal comptabilisée en
produits financiers)
Lorsque le prix de vente comprend des services ultérieurs (SAV, garantie), ce
montant est différé et comptabilisé en produits des activités ordinaires sur la
période au cours de laquelle ce service sera exécuté
L’objectif d’IFRS 15 : présenter aux investisseurs les informations utiles aux
utilisateurs des états financiers concernant la nature, le montant, le calendrier et
le degré d’incertitude des produits des activités ordinaires et des flux de
trésorerie provenant d’un contrat conclu avec un client
L’IASB a choisi avec IFRS 15 de comptabiliser les produits lors du contrôle
Exemple d’indicateurs de transfert de contrôle : obligation actuelle de régler,
possession matérielle, transfert des risques et avantages liés à la propriété,
acceptation par le client
Le principe fondamental d’IFRS 15 se décline dans un modèle en cinq étapes :
- Identifier les contrats avec des clients (5 conditions à remplir)
- Identifier les obligations de prestation (OP) (2 conditions à remplir : bénéficier
du b&s de manière isolée et b&s identifiable séparément des autres promesses
du contrat)
- Déterminer le prix de transaction (PT)
- Répartir le PT entre les différentes OP
- Comptabiliser le CA lorsqu’une OP est remplie
Le cas des subventions publiques (IAS 20)
Subventions liées à des actifs : les subventions d’équipement
soit en produits différés soit déduite de l’actif
Subventions liées à des résultats : les subventions d’exploitation
soit en produits soit en « déduction des charges »
Les charges
Une charge constitue une diminution d’avantages économiques intervenue au
cours de l’exercice, ayant pour conséquence une diminution des capitaux
propres.
Les contrats de location
La norme IFRS 16, en vigueur depuis le 1er janvier 2019 impose de porter au
bilan tous les contrats de location pour les preneurs
Les preneurs qui louent des immeuble, véhicules, systèmes informatiques
doivent présenter à l’actif les droits d’utilisation (actualisation des paiements) de
l’objet loué
et au passif l’obligation locative
Deux cas de simplification ou la norme ne s’applique pas :
- Short-Term Leases (contrat <12 mois)
- Low Value Leases (actif < 5000 $)
Le résultat par action (IAS 33)
Les entreprises doivent présenter le résultat par action en séparant les activités
continuées et les activités abandonnées
(Résultat net part du groupe – dividendes préférentiels)
/ nb moyen pondéré d’actions ordinaires en circulation
Le résultat dilué par action se calcule en divisant le résultat net attribuable aux
actions ordinaires corrigé des effets dilutifs sur le résultat (éliminer les charges
d’intérêts nets liés aux obligations), par le nombre total d’actions ordinaires en
circulation suite à la conversion des instruments financiers et autres contrats qui
peuvent être réglés en actions.
L’état du résultat global
Il permet de présenter les opérations qui ne transitent pas par le compte de
résultat comme par exemple les gains ou les pertes latentes sur les titres
disponibles à la vente, des ajustements liés aux engagements de retraites ou des
réévaluations d’actifs corporels
L’information sectorielle (IFRS 8)
Une entité doit fournir des informations qui permettent aux utilisateurs de ses
états financiers d'évaluer la nature et les effets financiers des activités
auxquelles elle se livre et des environnements économiques dans lesquels elle
opère
Inconvénients :
- les couts de production et de certification de l’information
- l’entreprise est obligée de dévoiler des informations stratégiques qui peuvent
être utiles aux concurrents ou aux clients
Le secteur opérationnel présenté doit représenter une part significative du
groupe :
- soit 10% du CA total
- soit 10% du résultat global
- soit 10% du total des actifs
La segmentation de l’information sectorielle doit correspondre à la segmentation
utilisée lors du reporting interne au principal décideur opérationnel.
Les entreprises doivent présenter un indicateur du résultat et du total des actifs
pour chaque secteur à présenter
En application d’IFRS 8 les entreprises doivent fournir les informations suivantes
pour l’ensemble de l’entité :
- Sur les produits et services
- Sur les zones géographiques
- Sur les clients importants