0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
246 vues80 pages

Thèse LEJAMTEL 2024

Transféré par

nawfalgam
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
246 vues80 pages

Thèse LEJAMTEL 2024

Transféré par

nawfalgam
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Le bridge collé cantilever postérieur en céramique dans

les thérapeutiques contemporaines


Malo Lejamtel

To cite this version:


Malo Lejamtel. Le bridge collé cantilever postérieur en céramique dans les thérapeutiques contempo-
raines. Sciences du Vivant [q-bio]. 2024. �dumas-04801301�

HAL Id: dumas-04801301


https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04801301v1
Submitted on 25 Nov 2024

HAL is a multi-disciplinary open access L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est


archive for the deposit and dissemination of sci- destinée au dépôt et à la diffusion de documents
entific research documents, whether they are pub- scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
lished or not. The documents may come from émanant des établissements d’enseignement et de
teaching and research institutions in France or recherche français ou étrangers, des laboratoires
abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.

Distributed under a Creative Commons Attribution - NonCommercial - NoDerivatives 4.0


International License
THÈSE POUR L'OBTENTION DU DIPLOME D'ÉTAT DE DOCTEUR EN
CHIRURGIE DENTAIRE

Année : 2024
Thèse N°: 29054

Le bridge collé cantilever postérieur en


céramique dans les thérapeutiques
contemporaines

Thèse soutenue le 05/11/2024 devant le jury composé de:

présentée par Reza ARBAB-CHIRANI


Professeur des universités, Praticien hospitalier, U.F.R.
Malo LEJAMTEL d’ododontologie de Brest / Président du jury

Valérie CHEVALIER-HERISSET
Maitre de conférences des universités, Praticienne hospitalière, U.F.R.
d’odontologie de Brest / Assesseure

Bertrand PIVER
Maitre de conférences des universités, Praticien hospitalier, U.F.R.
d’odontologie de Brest / Assesseur

Gil TIRLET
Ex-Maître de Conférences des Universités, Ex Praticien Hospitalier
MCU-PH, pratique privée / Invité

Lorraine CLAPPE
Cheffe de clinique des universités, assistante hospitalière, U.F.R.
d’odontologie de Brest / Directrice de thèse

FIOFEFg

UFR D'ODONTOLOGIE - 22 avenue Camille Desmoulins - 29238 BREST CEDEX 3 - CS 93837 - Tél. 02 98 01 66 34 -
https://nouveau.univbrest.fr/odontologie/fr
UNIVERSITÉ DE BRETAGNE OCCIDENTALE

-=-=-=-=-=-=-=-=-

PRESIDENT Monsieur Pascal OLIVARD

DIRECTRICE GENERAL DES SERVICES Madame Brigitte BONIN

CORPS PROFESSORAL DE L'U.F.R. D’ODONTOLOGIE DE BREST

AU 01/09/2024

Année Universitaire 2024-2025


-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

DOYEN Madame Sylvie BOISRAME

PROFESSEURS DES UNIVERSITÉS – PRATICIENS HOSPITALIERS

S56 Odontologie Pédiatrique Madame Frédérique d’ARBONNEAU


S57 Parodontologie Monsieur Hervé BOUTIGNY-VELLA
S57 Chirurgie Orale Madame Sylvie BOISRAME
S58 Dentisterie Restauratrice, Endodontie Monsieur Reza ARBAB-CHIRANI
S58 Fonction-Dysfonction, Imagerie, Biomatériaux Madame Céline BODERE

MAITRES DE CONFÉRENCES DES UNIVERSITÉS - PRATICIENS HOSPITALIERS

S56 Odontologie Pédiatrique Madame Charlotte GOUEDARD


S56 Prévention, Epidémiologie, Economie Santé, Odonto légale Monsieur Bertrand PIVER
S57 Biologie Orale Monsieur Jean-Éric ALARD
S58 Dentisterie Restauratrice, Endodontie Madame Valérie CHEVALIER-HERISSET
S58 Dentisterie Restauratrice, Endodontie Madame Karen VALLAEYS
S58 Prothèses Monsieur Brice CHAUVEL
S58 Prothèses Monsieur Vincent JARDEL
S58 Fonction-Dysfonction, Imagerie, Biomatériaux Madame Anaïs BONNABESSE

MAITRE DE CONFÉRENCES DES UNIVERSITÉS

S57 Biologie Orale Madame Laëtitia LE POTTIER

MAITRE DE CONFÉRENCES ASSOCIÉ

S56 Prévention, Epidémiologie, Economie Santé, Odonto légale Monsieur Kevin-John FOUILLEN

CHEF DE CLINIQUE DES UNIVERSITÉS – ASSISTANTS DES HOPITAUX

S56 ODF Madame Manon LIEVIN


S57 Chirurgie Orale Monsieur Valentin ANDRE
S57 Chirurgie Orale Madame Marie ORLIAGUET
S57-Pardodontologie Monsieur Maxime DUMOUCHEL
S57 Parodontologie Madame Amandine QUEMENEUR
S58 Dentisterie Restauratrice, Endodontie Madame Johanna KICHENIN
S58 Dentisterie Restauratrice, Endodontie Monsieur Quentin MARC
S58 Prothèses Madame Camille BOSSARD
S58 Prothèses Madame Lorraine CLAPPE

ASSISTANTS ASSOCIES

S56 Odontologie Pédiatrique Monsieur Ewen LE DRAST


S57 Biologie Orale Madame Vanessa LOBOGNON

1
Remerciements

Président du Jury

A monsieur le professeur Reza ARBAB-CHIRANI :

Professeur des Universités

Docteur en Chirurgie-Dentaire

Praticien hospitalier du CHU de Brest

Ancien doyen de la faculté d’Odontologie de Brest

Je suis très sensible à l’honneur que vous me faites d’avoir accepté la présidence du jury de
ma thèse d’exercice et d’avoir pris le temps d’examiner mon manuscrit. La qualité de votre
enseignement m’a beaucoup apporté dans mon exercice professionnel. Veuillez trouver ici
l’expression de mon profond respect.

2
Directrice de thèse

A Docteur Lorraine CLAPPE

Docteur en Chirurgie-Dentaire

Assistante des hôpitaux

Praticienne hospitalière du CHU de Brest

Depuis les assistances lors de ton internat, tes enseignements et ta disponibilité ont toujours
été d’une aide précieuse. Je t’avais demandé de l’aide pour mes premières urgences et maintenant tu
finis par diriger ma thèse, merci pour ta confiance et tes conseils avisés, travailler sous ta direction a
été un véritable honneur.

3
Au docteur Valérie CHEVALIER-HERISSET

Docteur en Chirurgie-Dentaire

Maitre de conférences des universités

Praticienne hospitalière du CHU de Brest

Je vous remercie d’avoir accepté de faire partie de mon jury de thèse. Je vous suis très
reconnaissant de votre investissement et de votre bienveillance depuis les premiers jours. Je repense
notamment à votre présence lors de mon premier cas de facettes. Merci encore pour ces années
passées ensemble.

4
Au docteur Bertrand PIVER

Docteur en Chirurgie-Dentaire

Maitre de conférences des universités

Praticien hospitalier du CHU de Brest

Je vous exprime ma profonde gratitude pour votre confiance et votre expérience partagée
durant ces quelques mois dans votre cabinet : vos conseils et votre expertise m’ont construit dans
mon parcours de formation. Merci de vous être rendu disponible, votre présence au sein de mon jury
me touche particulièrement.

5
Au docteur Gil TIRLET

Pratique privée

Membre du Groupe International de Bioémulation

Fondateur des Bioteams nationales Responsable de la Bioteam Paris

Ex Maître de Conférences des Universités (Dept de Prothèse, Univ Paris Descartes)

Ex Praticien Hospitalier MCU-PH (Charles Foix)

Oncle, parrain, enseignant, photographe, DJ et parfois dentiste, merci de m’avoir ouvert les
yeux et la voie pour un avenir s’annonce qui radieux. Ta présence au sein de mon jury, même à
distance, représente un véritable honneur et permet de conclure de la meilleure des manières mon
cursus d’étudiant en odontologie.

6
A mes parents, je me rends compte de tout le soutien dont vous avez fait preuve depuis aussi
longtemps que je m’en souvienne. Je vous dois énormément et j’espère pouvoir vous le rendre un
jour. Céline, Harald, merci pour tout.

A Philippine, ma « grande » sœur, avec qui j’ai vécu une superbe année en colocation, quel dommage
que cela n’ait pas rué plus longtemps.

Colombe, ma jumelle, reine de l’organisation et des préparatifs d’anniversaire, merci d’avoir mis tes
compétences en diaporama à mon service.

Else, ma partenaire de jeu, toujours disponible pour une petite partie, j’espère que l’on continuera
quand, à ton tour, tu voudras faire une pause.

Bon courage pour la suite les filles, c’est à votre tour maintenant !

A mes grands-parents, vous qui êtes toujours disponibles et prêts à m’accueillir. Je reviendrai toujours
avec plaisir pour prendre le thé ou faire une partie de cartes aluettes.

A tous les cousin·e·s pour ces étés passés ensemble à la fin desquels on espère toujours que le
prochain arrivera plus vite.

A tous mes ami·e·s, de la fac, des scouts, de l’école et d’ailleurs que j’ai et aurai toujours autant de
plaisir à retrouver

A ma binôme d’externat, tu m’as porté dans ton sac à dos pendant deux ans et malgré cela tu
continues de me soutenir et de m’aider jusqu’à la rédaction de ma thèse, merci pour ta patience.

7
8
Le bridge collé cantilever postérieur en
céramique dans les thérapeutiques
contemporaines

9
Plan

Liste des acronymes :........................................................................................................................ 12

Table des figures et tableaux : .......................................................................................................... 13

Introduction ........................................................................................................................................ 16

1 Le bridge collé cantilever .......................................................................................................... 17

1.1 Définition ................................................................................................................................ 17

1.2 Transfert de technologie ........................................................................................................ 17

1.3 Historique du bridge collé cantilever ...................................................................................... 18

2 La biomécanique du bridge collé cantilever postérieur .......................................................... 22

2.1 Biomécanique cantilever ........................................................................................................ 22

2.2 Spécificité des bridges cantilever postérieurs ........................................................................ 25

2.3 Principes de préparation ........................................................................................................ 25

2.3.1 Préparation de la dent pilier ............................................................................................ 26

2.3.1.1 Choix de la dent pilier ............................................................................................. 26

2.3.1.2 Préparation de la dent pilier saine dans l’environnement idéal............................... 27

2.3.1.3 Préparation de la dent pilier dans un contexte non idéal ........................................ 28

2.3.2 La connectique................................................................................................................ 31

2.4 Choix des matériaux .............................................................................................................. 32

2.4.1 Biomatériau idéal ............................................................................................................ 32

2.4.2 La céramique en remplacement du métal ....................................................................... 32

2.4.3 La zircone ....................................................................................................................... 33

2.4.3.1 La zircone 3YTZP................................................................................................... 34

2.4.3.2 Les zircone 4 et 5Y-TZP ......................................................................................... 38

2.4.4 Le disilicate de lithium ..................................................................................................... 39

2.4.5 Quelle céramique choisir ?.............................................................................................. 40

2.5 Protocole d’assemblage ......................................................................................................... 42

2.5.1 Préparation de la surface céramique .............................................................................. 42

2.5.2 Préparation de la surface dentaire .................................................................................. 43

2.5.3 Le collage........................................................................................................................ 44

2.5.3.1 L’importance du 10-MDP ........................................................................................ 45

10
2.5.4 Intégration occlusale ....................................................................................................... 46

2.5.5 Maintenance et hygiène .................................................................................................. 48

3 Le bridge collé cantilever postérieur dans l’arsenal thérapeutique....................................... 49

3.1 Indications .............................................................................................................................. 49

3.1.1 Contre-indications absolues à la chirurgie implantaire .................................................... 49

3.1.2 Contre-indications relatives à la chirurgie implantaire ..................................................... 50

3.1.3 Cout du traitement .......................................................................................................... 51

3.2 Les avantages du BCCP ........................................................................................................ 52

3.2.1 Intérêt du pilier unique .................................................................................................... 52

3.2.2 Thérapeutique non invasive ............................................................................................ 52

3.3 Situations particulières à risque ............................................................................................. 52

3.4 Longévité des bridges collés cantilever postérieurs ............................................................... 54

3.4.1 Recul clinique du bridge collé cantilever postérieur ........................................................ 54

3.4.1.1 Durée de vie ........................................................................................................... 55

3.4.1.2 Les limites .............................................................................................................. 57

3.4.1.3 Principales sources d’échec ................................................................................... 58

3.4.2 Réintervention ................................................................................................................. 59

3.4.2.1 Renouvellement ..................................................................................................... 59

3.4.2.2 Implantologie .......................................................................................................... 60

3.4.2.3 Changement de thérapeutique ............................................................................... 60

3.5 Longévités des différentes architectures de bridges .............................................................. 60

4 Cas cliniques .............................................................................................................................. 63

4.1 Remplacement d’une 16 avec appui sur 17 ........................................................................... 63

4.2 Remplacement d’une 15 avec appui sur 16 ........................................................................... 64

4.3 Remplacement d’une 23 avec appui sur 24 et d’une 26 avec appui sur 27 ........................... 66

Conclusion .......................................................................................................................................... 70

Références bibliographiques ............................................................................................................ 71

11
Liste des acronymes :

• 10-MDP : 10-Methacryloyloxydecyl dihydrogène phosphate

• BCCP : bridge collé cantilever postérieur

• HAS : Haute Autorité de Santé

• PIM : Position d’Intercuspidie Maximale

• SFCO : Société Française de Chirurgie Orale

12
Table des figures et tableaux :

Figures :

Figure 1 (a,b) : palais des Congrès et de la Culture de Lucerne (a). Maison Robie à Chicago (b),
images issues d’internet.
Figure 2 : proposition de bridge pour remplacer les incisives maxillaires en prenant appui sur les
canines par l’intermédiaire d’un bandeau en or (Low 1886)
Figure 3 : proposition de bridge pour remplacer les quatre incisives centrales avec un appui sur les
canines de type couronne périphérique (Low 1886)
Figure 4 (a,b) : Bridge Rochette à deux ailettes (a). Réadaptation après décollement pour former un
bridge cantilever (b) (Shaw et Tay 1982)
Figure 5 (a,b,c) : première proposition de préparation pour bridge collé cantilever antérieur (a). Pièce
réalisée pour le remplacement de la 31 (b). Situation finale avec le bridge mis en place (c) (Kern and
Gläser, 1997).
Figure 6 : représentation du rayon de courbure des connectiques de bridges (Oh et Anusavice 2002)
Figure 7 : illustration des forces de traction et compression appliquées sur une architecture cantilever
(Attal et al., 2022).
Figure 8 : conséquences sur la géométrie du rayon de courbure des connectiques de bridges. (Attal et
al. 2022, 2).
Figure 9 : schéma représentant la force que peut supporter une structure en cantilever (Attal et al.
2022)
Figure 10 : mise en évidence des valeurs de h et b au secteur postérieur où la valeur de h dépend de
l’axe occluso-apical, sens d’application de la force occlusale en postérieur (Attal et al. 2022, 2).
Figure 11 : schéma représentant la distribution des contraintes à la surface de l’ailette (Attal et al.
2022).
Figure 12 : illustration de la propagation de fissure dans l’adhésif à la suite d’un mauvais étalement de
la colle au fond du sillon occlusal. (Attal, François, et al. 2023)
Figures 13 (a,b) : illustrations de différentes surfaces de préparation. La face proximale à l’édentement
est entièrement sollicitée pour maximiser les dimensions de la connectique (a) (Dursun et al., 2024).
La face vestibulaire est laissée intacte sur cette première prémolaire pour conserver une meilleure
esthétique (b) (Attal et al., 2023b). Dans les deux cas, la valeur H, dans le sens occluso-apical est
maximisée et les points de contacts distaux à l’édentement sont conservés pour faciliter le calage
occlusal.
Figure 14 (a,b,c) : le soin mésial de la 27 (a) a été déposé pour la réalisation de l'ailette, la surface de
préparation intra amélaire est suffisante pour un collage qualitatif (b et c) (Attal et al., 2023a).
Figure 15 (a,b) : la forme de préparation permet d'exploiter l'émail périphérique dans une situation
d'usure par bruxisme ou érosion (a). Le recouvrement complet de la 17 permet de recentrer les fêlures
observées pendant l’examen clinique (b) (Attal et al., 2023b)

13
Figure 16 : améloplastie de l'antagoniste (en pointillés) pour permettre une épaisseur suffisante pour
l'ailette (Dursun et al., 2024)
Figure 17 : schéma montrant l’aplanissement de la face proximale et son impact sur la valeur h. Ici, la
préparation de droite présentera une bien meilleure résistance mécanique (Attal et al., 2022).
Figure 18 : contraintes emmagasinées par la prothèse (bleu) et par le système adhésif (rouge) en
fonction de l’épaisseur de l’ailette (Attal et al. 2022).
Figure 19 : illustration de la fatigue hydrique à basse température. L’eau pénètre dans la structure
cristalline entraînant la formation de grains qui augmentent de volume et diminuent les propriétés
mécaniques de la céramique (Mainjot, 2019)
Figure 20 : les différentes formes cristallographiques de la zircone (Mainjot 2019)
Figure 21 : graphique représentant la translucidité (ordonnée) par rapport à la résistance à la flexion
des différentes zircones (abscisses) (Kongkiatkamon et al., 2023).
Figure 22 : illustration des épaisseurs de préparation nécessaire pour différentes céramiques, mettant
en évidence la résistance plus importante de la zircone 3Y-TZP par rapport aux autres céramiques
disponibles. (Regin, Mahdhaoui, et Attal 2020)
Figure 23 : protocole de préparation d’un bridge collé postérieur en zircone (Boitelle, Attal, et François
2023)
Figure 24 : protocole de préparation de la surface dentaire avant la pose d’un bridge collé postérieur
en zircone (Boitelle, Attal, et François 2023)
Figure 25 : schéma représentant le lien chimique permis par les molécules de 10-MDP entre la
zircone et le composite de collage (Boitelle, Attal, et François 2023)
Figure 26 : lien entre la concentration de 10-MDP appliquée à la zircone et la résistance aux forces de
cisaillement observées. (Nagaoka et al. 2017)
Figure 27 : arbre décisionnel de choix du guidage en fonction de la dent remplacée (Dursun et al.,
2024).
Figure 28 : contacts enregistrés en PIM pour le remplacement d’une canine avec appuis sur première
prémolaire, les contacts sont idéalement répartis et suffisamment légers sur la canine. (Attal, Coudray,
et al. 2023)
Figure 29 : Fil dentaire GUM® Access Floss avec deux parties passe-fil, GUM®
Figure 30 : principe de préparation et design de la pièce céramique (Lam, 2024).
Figure 31 (a,b,c,d) : mise en évidence de l’anatomie de la pièce réalisée (a,b,c). Thérapeutique mise
en place (d) (Dr Clappe Lorraine).
Figure 32 (a,b) : radiographie rétro alvéolaire de la situation initiale. Situation initiale en occlusion.
Figure 33 (a,b) : Préparation, en vue vestibulaire (a). L’ancienne restauration présente en occluso-
mésial a été complètement déposée (b). vue occlusale, nous observons l’espace interdentaire
important entre 16 et 13 (Marie Elies et Dr Clappe Lorraine).
Figure 34 (a,b,c) : situation finale en vue vestibulaire de la restauration mise en place (a). Vue
occlusale, il n’y a pas de point de contact entre les 14 et 13 car l’espace d’édentement des 2
prémolaires n’a été remplacé que par une seule (b). Photographie de face, la restauration s’intègre
esthétiquement au sourire de la patiente (c) (Marie Elies et Dr Clappe Lorraine).

14
Figure 35 (a,b,c) : photographies issues de la première consultation, à l'échelle du visage, du sourire
et dento-gingivale (Dr Attal et Tirlet).
Figure 36 (a,b) : situation avant et après coronoplastie de la 34 pour permettre une préparation intra-
amélaire de la 24. La surface disponible à la réalisation de la connectique est indiquée dans le
rectangle blanc et met en évidence des dimensions suffisantes pour une infrastructure en zircone.
Figure 37 (a, b) : forme de contour de la préparation de la dent support du bridge (a). Pièce
prothétique mise en évidence sur le modèle en plâtre (b).
Figure 38 (a,b,c,d,e,f) : protocole de collage de la pièce. Coloriage de l’intrados (a) pour s’assurer d’un
sablage efficace (b). Après mise en place du champ opératoire, sablage puis mordançage 30
secondes à l’acide orthophosphorique de la dent support (c) avant rinçage et séchage (d) et mise en
place de l’adhésif. Mise en place de la pièce avec le composite de collage à l’aide d’une clé de
positionnement puis polymérisation sous glycérine (e). Dépose du champ opératoire et retrait des
excès de colle (f).
Figure 39 : équilibrage occlusal, les contacts sur l'intermédiaire sont allégés en occlusion statique et
complètement déchargés en occlusion dynamique pour laisser place à une fonction de groupe.
Figure 40 (a,b) : résultats à 1 an après la pose du bridge de 26-27 (2 ans après la pose du premier).
Vue radiographique (a), vestibulaire (b) et occlusale (c).

Tableaux :

Tableau 1 : Les différentes caractéristiques des céramiques utilisées dans le domaine médical (traduit
en français) (Piconi et Maccauro 1999)
Tableau 2 : composition et propriétés mécaniques moyennes de la zircone 3Y-TZP (Jacquot et al.,
2010)
Tableau 3 : Niveau de la force d’adhérence obtenu par des tests de microtraction (MPa) (Boitelle,
Attal, et François 2023)
Tableau 4 : résultats de l’expérimentation in vitro de comparaison des propriétés mécaniques de
différentes céramiques. (Kwon et al. 2018)
Tableau 5 : tableau récapitulatif des différents taux de succès et survie des publications concernant le
BCCP.
Tableau 6 : critères USPH adaptés à l'étude conduite par I. Sailer (Sailer et al., 2013)
Tableau 7 : tableau comparatif des taux de succès, de survie et de la conservation tissulaire des
différentes thérapeutique fixes proposées pour le remplacement unitaire sur des périodes
d’observation allant de 5 à 20 ans (Mine et al., 2021).

15
Introduction

Avec l’avènement de l’implantologie, il semble difficile de laisser une place à d’autres solutions
prothétiques fixées pour le remplacement d’une dent unitaire. En effet, l’implantologie est à l’heure
actuelle la solution privilégiée. Cependant les contre-indications à l’implantologie sont nombreuses
que ce soit d’un point de vue biologique ou mécanique (Hwang and Wang, 2006). Ces situations
impliquent la recherche d’autres solutions fiables et confortables pour les patients. Dans ce contexte,
en secteur antérieur, les bridges collés cantilevers font partie intégrante de l’arsenal thérapeutique
du·de la chirurgien·ne dentiste. Nous disposons aujourd’hui de suffisamment de recul clinique
permettant de confirmer l’efficacité et la fiabilité de cette architecture de restauration. Par ailleurs, la
thérapeutique est validée depuis un rapport de l’HAS datant de 2016, confirmant ainsi son efficacité
(Haute Autorité de Santé, 2016).

Devant les excellents résultats retrouvés au secteur antérieur, de nombreux·es auteur·trice·s


se sont intéressé·e·s à une application de cette géométrie, au secteur postérieur. En effet, le bridge à
traditionnel à trois éléments, reste la principale alternative à l’implantologie. Les solutions collées
étaient il y a quelques années encore, peu utilisées du fait des mauvais résultats de longévités
associés (Mine et al., 2021). Toutefois, adopter une forme de préparation périphérique entraîne la
dégradation de 63 à 72% des tissus dentaires sains (Edelhoff and Sorensen, 2002). Dans un contexte
de dentisterie à minima, cette thérapeutique ne peut plus être la solution de première intention. Les
multiples progrès des biomatériaux utilisés tant dans le système de collage que dans la conception de
la pièce ont permis de surpasser les principales sources d’échec des premières propositions de
bridges collés postérieurs.

Dans ce travail, nous retracerons l’historique du bridge collé cantilever postérieur, de ses inspirations
à ses indications actuelles. Nous étudierons la conception de telles pièces prothétiques ; les
exigences de préparations et de matériaux, sa mise en place et son collage. Enfin, nous comparerons
les résultats cliniques en termes de longévité avec les autres thérapeutiques disponibles et
rechercherons les causes d’échec ainsi que les possibilités de réintervention par la suite.

L’objectif de ce travail étant de permettre à l’omnipraticien d’ajouter le bridge collé cantilever à son
arsenal thérapeutique par la maitrise de ses indications et à l’optimisation de sa réalisation.

16
1 Le bridge collé cantilever

1.1 Définition

La mécanique « cantilever », ou « porte à faux » en français, représente un élément rattaché à


une structure d’appui par une seule de ses extrémités. Elle peut être comparée à une poutre
encastrée qui subit des forces de flexion en son extrémité libre (Attal et al., 2022). En odontologie, elle
se retrouve particulièrement pour les bridges supportés par une seule dent pilier pour lesquels
l’intermédiaire est en extension.

Un bridge collé est une pièce prothétique rattachée à ses piliers par des ailettes collées sur
l’émail à l’aide de résine composite. Il s’oppose au bridge traditionnel dont les piliers sont recouverts
par une préparation périphérique, ne permettant que le scellement de la pièce.

Les bridges collés cantilever sont donc l’association de ces deux caractéristiques : une
structure composée d’une seule ailette, collée sur une dent pilier, et d’un intermédiaire permettant de
remplacer la dent manquante. Ceux-ci sont considérés comme postérieurs à partir de l’utilisation de la
première prémolaire comme dent support.

1.2 Transfert de technologie

Des technologies en porte à faux existent à l’origine dans bien d’autres domaines que
l’odontologie. Notamment en architecture où les premières structures ont été retrouvées en ancienne
Chine. La réalisation de structures plus contemporaines, comme des ponts ou des balcons, se
retrouvent depuis le XIXe siècle. Aujourd’hui, les exemples sont multiples, comme le palais des
Congrès et de la Culture de Lucerne ou la maison Robie à Chicago (Beydoun et al., 2021).

17
Figure 1 (a,b) : palais des Congrès et de la Culture de Lucerne (a). Maison Robie à Chicago (b), images issues
d’internet.

On la retrouve également dans d’autres domaines comme l’ingénierie aéronautique ou


l’automobile. L’application de cette technologie dans ces différents domaines a donc donné l’impulsion
pour la transférer vers l’Odontologie afin de réaliser certaines pièces prothétiques.

1.3 Historique du bridge collé cantilever

L’histoire du bridge commence en 1886, où les différentes étapes pour la réalisation d’un
bridge remplaçant les incisives maxillaires absentes, sont décrites. Le but était de trouver une
alternative aux thérapeutiques de remplacement amovibles qui étaient très inconfortables pour les
patients. L’idée était ainsi de remplacer les quatre incisives maxillaires par des dents en porcelaine
soudées entre elles, avec à chaque extrémité un bandeau en or entourant les canines bordant
l’édentement. En cas de complication des dents supports, les canines étaient couronnées et intégrées
au bridge précédent. (Low, 1886)

Figure 2 : proposition de bridge pour remplacer les incisives maxillaires en prenant appui sur les canines par
l’intermédiaire d’un bandeau en or (Low 1886)

18
Figure 3 : proposition de bridge pour remplacer les quatre incisives centrales avec un appui sur les canines de
type couronne périphérique (Low 1886)

Le bridge collé, quant à lui, fait son apparition en 1973. Alain Rochette propose de remplacer
une incisive mandibulaire à l’aide d’un bridge composé de deux ailettes en alliage métallique précieux,
(De March et al., 2021; Rochette, 1973). Cependant cette thérapeutique ne présentait qu’un faible
taux de survie. Le concept fut amené à évoluer au cours des années suivantes afin de stabiliser et
d’augmenter la durabilité des soins.

En 1982, 15 ans après l’apparition du bridge de Rochette, la thérapeutique est jugée comme
fiable à moyen terme avec un taux de survie satisfaisant à 20 mois. A cette même période, les
premières expérimentations de transformation de bridge à deux ailettes en cantilever apparaissent :
après le décollement d’une ailette, celle-ci était retirée de la thérapeutique pour ne laisser que celle
encore en place. Ces essais semblent, à l’époque, montrer une alternative thérapeutique possible.
(Shaw and Tay, 1982)

Figure 4 (a,b) : Bridge Rochette à deux ailettes (a). Réadaptation après décollement pour former un bridge
cantilever (b) (Shaw et Tay 1982)

19
Le principal défaut du bridge collé de Rochette étant sa longévité plutôt faible, différentes
recherches ont essayé de trouver un moyen d’améliorer celle-ci. Elle se sont d’abord intéressées à
l’effet de l’augmentation du nombre de pilier mais ont révélé de manière unanime qu’ajouter des piliers
entraînait davantage de risque de décollement. La probabilité d’échec est doublée lorsque la
restauration présente plus que deux piliers (Olin et al., 1991).

En 1996, une première étude permet de valider le succès du bridge collé en extension à long
terme (Hussey and Linden, 1996), 112 patients pour 142 bridges font l’objet d’une étude de
survivabilité et les résultats démontrent une durée de vie de la thérapeutique supérieure à celle des
bridges collés à deux ailettes.

Matthias Kern et Rainer Gläser proposent, en 1997, de réaliser un bridge collé cantilever en
céramique afin de remplacer une incisive mandibulaire centrale gauche. Dans cet article, la
conception de la thérapeutique est montrée en détail, l’objectif est de diminuer le plus possible
l’atteinte dentinaire pour garantir un bon collage sur l’émail posant ainsi des limitations à la taille de la
préparation ainsi qu’aux situations ne permettant pas la mise en place de telles thérapeutiques. (Kern
and Gläser, 1997). Il faudra attendre 2006 en France avant la réalisation d’un bridge collé cantilever
en céramique dans un cas décrit par les docteurs Tirlet et Attal.

Figure 5 (a,b,c) : première proposition de préparation pour bridge collé cantilever antérieur (a). Pièce réalisée
pour le remplacement de la 31 (b). Situation finale avec le bridge mis en place (c) (Kern and Gläser, 1997).

Dans une étude de 1998, Chan et Barnes montrent que les bridges cantilever collés de faible
étendue (une incisive) présentent une durée de vie similaire aux bridges conventionnels à deux piliers
fixés (Chan and Barnes, 2000).

20
A partir du début des années 2000, de nombreuses études vont confirmer la fiabilité de cette
thérapeutique. Il s’agira alors de faire part des évolutions possibles en termes de matériaux utilisés, de
mise en forme de préparation et d’architecture de la pièce prothétique. Aujourd’hui le bridge collé
cantilever antérieur est largement reconnu et utilisé à tel point qu’il est inscrit dans la CCAM sous le
code HBLD093.

En secteur postérieur, la légitimation de la thérapeutique est plus difficile à mettre en place


(De Kanter et al., 1998). En 1998, les bridges collés conventionnels présentent des taux de survie
partiel ou complet assez faible à 5 ans. Les études réalisées ensuite s’accordent sur le fait que la
réalisation d’un bridge collé à un seul pilier présente une meilleure longévité, indépendamment de la
localisation ou du matériau utilisé (Sailer et al. 2013).

Une autre solution envisagée pour remplacer les dents postérieures était de créer un bridge
collé à deux piliers dont un « non rigide fixe-mobile ». Le but étant de conserver une légère mobilité
entre les piliers pour éviter les décollements associés aux bridges collés à deux piliers. Ces bridges
aux préparations minimalement invasives étaient réalisés en céramo-metal et présentaient des
résultats satisfaisants malgré quelques cas de décollement. Le taux de survie était évalué à 93.9% à 3
ans. (Botelho et al., 2017)

Les dernières études se révèlent optimistes à propos du bridge collé cantilever postérieur
(BCCP). Une première étude rétrospective révèle un taux de survie de 100% après au moins 3
années d’observation, et une absence complète de décollement (Yazigi and Kern, 2022a). Une
seconde étude prospective (Passia et al., 2023) montre également un taux de survie à 2 ans de 100%
et deux cas de décollement.

Ainsi, bien que le bridge 3 éléments reste le « gold standard » pour le remplacement des
prémolaires et molaires, le BCCP en céramique, qui semble pouvoir présenter des résultats de
longévité similaires, apparait aujourd’hui comme une nouvelle thérapeutique fiable et efficace.

21
2 La biomécanique du bridge collé cantilever
postérieur

Un bridge collé cantilever en secteur postérieur est une structure complexe. Son anatomie, le
matériau de réalisation et son assemblage relèvent de décisions cliniques précises et d’applications
rigoureuses. L’objectif principal de la thérapeutique restant de remplacer une dent absente tout en
conservant le maximum de tissus dentaires pour la dent support, et ce, dans un contexte occlusal
parfois difficile à appréhender.

2.1 Biomécanique cantilever

L’anatomie d’un bridge présente de nombreuses courbures plus ou moins importantes, les
connectiques étant les zones où celles-ci sont les plus prononcées. La distribution des contraintes à
l’intérieur de la pièce prothétique se concentre principalement autour de ces courbures et
particulièrement lorsqu’elles sont plus abruptes (Oh and Anusavice, 2002).

Un bridge en céramique est particulièrement sensible aux forces de tractions qui lui sont
appliquées. En effet, les matériaux fragiles, sans déformation plastique comme les céramiques,
présentent une résistance bien plus importante en compression qu’en traction (Piconi and Maccauro,
1999). La préparation des dents supports ainsi que l’anatomie prothétique doivent donc être adaptées
de sorte à minimiser l’intensité de ces forces pour renforcer la pièce.

Dans le cadre de bridges traditionnels, ces zones de fragilité sont situées au niveau gingival
des connectiques. En effet, c’est le point de départ de fracture dans l’immense majorité des cas. La
forme de la connectique au niveau occlusal impacte donc très peu la résistance mécanique des
pièces prothétiques. Ainsi, lorsque le rayon de la connectique est plus important, l’intensité de
courbure est donc moindre et le bridge présente un risque de fracture bien plus faible (Oh and
Anusavice, 2002).

22
Figure 6 : représentation du rayon de courbure des connectiques de bridges (Oh et Anusavice 2002)

En ce qui concerne les bridges cantilevers, le comportement n’est pas le même. La pièce peut
se présenter comme une poutre encastrée dans un pilier, où seule une des extrémités est mobile. Les
contraintes de flexion et compression sont donc inversées. Ainsi le point faible de la connectique se
trouve au niveau occlusal. C’est donc pour l’embrasure occlusale que le rayon de courbure doit être
augmenté afin de garantir la résistance mécanique la plus importante de la pièce prothétique. (Attal et
al., 2022)

Figure 7 : illustration des forces de traction et compression appliquées sur une architecture cantilever (Attal et al.,
2022).

Figure 8 : conséquences sur la géométrie du rayon de courbure des connectiques de bridges. (Attal et al. 2022,
2).

23
Ces notions ont également un impact sur l’aspect esthétique de la pièce. Lorsque la pièce est
placée en secteur plus antérieur, il faudra trouver un compromis afin que la pièce puisse satisfaire les
exigences mécaniques comme esthétiques.

Ce constat nous permet d’établir la capacité de résistance de tout bridge cantilever, régie par une
formule mathématique F = (Rm.b.h²)/6L dans laquelle :

• F représente la force que peut supporter le bridge.


• Rm est la résistance du matériau.
• b correspond à la largeur de la connectique, soit le sens vestibulo-lingual
• h est la hauteur de la connectique dans le sens de la force et la valeur devant être la plus
importante.
• L est la distance entre la connectique et le point d’application de la force.

Figure 9 : schéma représentant la force que peut supporter une structure en cantilever (Attal et al. 2022)

24
2.2 Spécificité des bridges cantilever postérieurs

Les contraintes occlusales observées en antérieur et postérieur sont différentes. En secteur


antérieur, les forces appliquées à une structure prothétique se font principalement dans le sens
palato-vestibulaire. Ainsi, les préparations prothétiques des dents supports de BCCP étaient avancées
en vestibulaire au maximum (Etienne, 2021). Tandis qu’en secteur postérieur, ces forces sont
occluso-apicales. La mise en forme de la dent pilier en postérieur doit donc ménager la hauteur
occluso-apicale la plus importante possible de sorte à optimiser la résistance de la pièce (Attal et al.,
2022).

En effet, nous avons vu précédemment que c’est l’épaisseur de la connectique dans le sens
de la force qui impacte le plus la résistance du bridge, puisque c’est la valeur au carré de celle-ci qui
influence la résistance.

Figure 10 : mise en évidence des valeurs de h et b au secteur postérieur où la valeur de h dépend de l’axe
occluso-apical, sens d’application de la force occlusale en postérieur (Attal et al. 2022, 2).

2.3 Principes de préparation

La formule de la résistance mécanique des bridges collés cantilever met en évidence plusieurs
points clés pour la réalisation de la pièce prothétique :

• Il faut maximiser la hauteur de la préparation ; c’est cette valeur qui impacte le plus la
résistance du bridge. En secteur postérieur, il faut donc choisir la dent support ayant la
hauteur coronaire la plus importante.
• Le choix du matériau influence directement la réussite du traitement, il doit donc être le plus
résistant possible
• Les points de contacts occlusaux doivent être le plus proche possible de la connectique.

25
La préparation de la dent pilier sera, idéalement, intra amélaire. Cela permet de conserver une
résistance pour la dent support par le maintien d’une coque d’émail rigide et permet également de
garantir un collage de meilleure qualité (Attal et al., 2022).

2.3.1 Préparation de la dent pilier

La première étape de la réalisation d’un bridge collé cantilever est l’étude des potentielles
dents supports. Comme pour tout traitement de prothèse fixée, une analyse globale du contexte
clinique et radiologique est nécessaire pour rechercher la présence de parafonctions et évaluer la
situation parodontale.

2.3.1.1 Choix de la dent pilier

La situation optimale est telle que l’édentement doit être unitaire et encastré. En effet le point
de contact de la pièce prothétique sur la dent proximale opposée à celle support aura son importance
dans la stabilisation de la pièce (Attal et al., 2023b; Attal and Tirlet, 2022).

Pour le remplacement de prémolaire ou molaire, l’appui peut se faire sur la dent mésiale ou
distale adjacente à l’édentement. Pour remplacer une canine, il est préférable de prendre appui sur la
première prémolaire. À l’heure actuelle, utiliser l’incisive latérale ne semble pas pouvoir garantir la
réussite du traitement. (Attal et al., 2023b). Enfin, dans le cas du remplacement de la dernière dent de
l’arcade (seconde ou troisième molaire le plus souvent), un bridge collé cantilever ne peut pas être
une solution adaptée puisqu’aucun contact stabilisateur ne peut être établi.

Une fois que ces conditions sont remplies, il faut définir quelle dent peut être éligible à la mise
en place de la thérapeutique. La dent support idéale doit être saine, exempte de lésions d’usure et
présenter une couronne suffisamment cohésive. Cependant, une dent présentant une restauration
n’est pas inapte à soutenir le bridge mais il faut être très rigoureux quant à l’analyse de celle-ci. Elle
doit présenter une surface amélaire suffisante, idéalement d’au moins 30mm², permettant un collage
efficace (Yazigi and Kern, 2022b), bien que d’autres études semblent indiquer que ces valeurs ne sont
pas nécessaires si la géométrie de la pièce est suffisamment adaptée (Tamura et al., 2011).

26
2.3.1.2 Préparation de la dent pilier saine dans l’environnement idéal

La préparation de la dent support, si elle est saine, doit se limiter à une atteinte intra-amélaire,
ceci pour différentes raisons (Attal et al., 2022).

• L’émail représente une coque rigide à la surface de la dent, ce qui garantit sa solidité et
empêche toutes déformations. Ceci permet également de diminuer le risque de décollement.
• L’émail permet un collage de qualité bien supérieure à la dentine, autre élément très important
pour la longévité de notre thérapeutique.

Concernant la surface de l’ailette, ses dimensions doivent être d’au moins 30mm² sur de l’émail
sain (Yazigi and Kern, 2022b). Dans le sens antéro-postérieur, il a été constaté que les contraintes
occlusales se répartissent dans les 3mm bordant l’édentement. Au-delà, le recouvrement n’a pas
d’intérêt mécanique mais permet de faciliter le positionnement de la pièce au moment du collage (Attal
et al., 2022, p. 2).

Figure 11 : schéma représentant la distribution des contraintes à la surface de l’ailette (Attal et al. 2022).

La préparation de la dent support doit prendre en compte des contraintes supplémentaires (Attal
et al., 2022) :

• La face proximale à l’édentement doit ménager un espace suffisant pour y accueillir la


connectique. Ainsi, la hauteur de cette dernière est la plus importante possible.
• En secteur esthétique, la face vestibulaire peut rester intacte au dépend d’une préparation
d’au moins 2/3 de la face linguale.
• En secteur molaire, la face vestibulaire et les cuspides proximales peuvent être exploitées.
• La crête marginale opposée à l’édentement doit, si possible, être conservée.
• Les fonds de sillons doivent être ouverts, ou obturés, afin d’éviter un risque de contraintes trop
importantes et la formation de fissures au cas où la colle ne comblerait pas tout l’espace.
• Certains points de contact peuvent être conservés pour garder un repère pour le calage
occlusal (Dursun et al., 2024).

27
Figure 12 : illustration de la propagation de fissure dans l’adhésif à la suite d’un mauvais étalement de la
colle au fond du sillon occlusal. (Attal, François, et al. 2023)

Figures 13 (a,b) : illustrations de différentes surfaces de préparation. La face proximale à l’édentement est
entièrement sollicitée pour maximiser les dimensions de la connectique (a) (Dursun et al., 2024). La face
vestibulaire est laissée intacte sur cette première prémolaire pour conserver une meilleure esthétique (b) (Attal et
al., 2023b). Dans les deux cas, la valeur H, dans le sens occluso-apical est maximisée et les points de contacts
distaux à l’édentement sont conservés pour faciliter le calage occlusal.

2.3.1.3 Préparation de la dent pilier dans un contexte non idéal

Même s’il s’agit de la situation idéale il n’est pas toujours possible de choisir une dent pilier
totalement saine. Lorsque ce cas se présente, les impératifs de préparations doivent être adaptés afin
de prendre en compte le contexte global ainsi que celui propre à la dent support afin de garantir
l’efficacité du BCCP (Attal et al., 2023b) :

28
• Dans le cas où la dent pilier présente une ou plusieurs restaurations. Celles-ci doivent être
entièrement déposées au préalable. Le collage peut se faire sur la dentine alors exposée mais
une préparation suffisante de la surface amélaire restante doit être envisagée.

Figure 14 (a,b,c) : le soin mésial de la 27 (a) a été déposé pour la réalisation de l'ailette, la surface de préparation
intra amélaire est suffisante pour un collage qualitatif (b et c) (Attal et al., 2023a).

• Lorsque la dent présente un défaut amélaire occlusal causé par une usure érosive ou de
bruxisme, la forme de la préparation doit être plus périphérique et s’apparenter à celle d’un
overlay. Une telle mise en forme permet l’exploitation de l’émail périphérique ainsi qu’un
collage de bonne qualité. Il est également recommandé d’utiliser une céramique très
résistante pour éviter tout risque de fracture ou chipping (Dursun et al., 2024).

• La présence de fêlures ou fractures superficielles ne contre indique pas l’utilisation d’une dent
en tant que pilier. La préparation doit également être périphérique cette fois pour permettre de
recentrer les forces et éviter la progression des lésions.

29
Figure 15 (a,b) : la forme de préparation permet d'exploiter l'émail périphérique dans une situation d'usure par
bruxisme ou érosion (a). Le recouvrement complet de la 17 permet de recentrer les fêlures observées pendant
l’examen clinique (b) (Attal et al., 2023b)

Certains rapports occlusaux doivent également être pris en compte

• Une béance non traitée n’est pas une contre-indication à la sollicitation de la dent en tant que
pilier. Dans ce cas la préparation peut être minimale pour permettre de retrouver un contact
occlusal avec l’antagoniste grâce à l’épaisseur de la pièce prothétique. Il est cependant
particulièrement important de bien ouvrir les sillons occlusaux dans ces situations pour éviter
un mauvais étalement de la colle (Attal et al., 2023b).

• A l’inverse, des contacts occlusaux très marqués associés à une faible épaisseur d’émail
occlusale peuvent nécessiter une améloplastie de la dent antagoniste afin de permettre un
collage intra amélaire et une épaisseur de l’ailette suffisante (Dursun et al., 2024).

Figure 16 : améloplastie de l'antagoniste (en pointillés) pour permettre une épaisseur suffisante pour l'ailette
(Dursun et al., 2024)

30
2.3.2 La connectique

Il s’agit de la partie critique de la pièce prothétique à réaliser : de sa forme dépend la résistance


du bridge. Comme vu précédemment, c’est la hauteur, dans le sens de la force qui doit être
maximisée. La section de la connectique doit être au minimum de 9mm², 3mm en vertical et 3mm en
largeur (Yazigi and Kern, 2022b), dans le cas du remplacement de molaire, cette valeur est
augmentée à 12mm² (Attal et al., 2022). Il est donc important de ménager un espace suffisant sur la
face proximale de la dent support.

Figure 17 : schéma montrant l’aplanissement de la face proximale et son impact sur la valeur h. Ici, la préparation
de droite présentera une bien meilleure résistance mécanique (Attal et al., 2022).

La mise en forme de la face proximale à l’édentement, doit toujours être réalisée de sorte à
permettre à la valeur de h d’être la plus importante possible.

Nous avons vu précédemment que le rayon de courbure de la connectique au niveau occlusal


devait être le plus grand possible pour diminuer les contraintes en flexion de la pièce (Attal et al.,
2022). Cette étape nécessite une communication préalable avec le prothésiste afin d’optimiser cette
valeur en fonction de l’architecture possible de la pièce.

31
2.4 Choix des matériaux

2.4.1 Biomatériau idéal

Quand il s’agit de réaliser des restaurations prothétiques fixées, le choix du matériau est
primordial. De nombreuses caractéristiques vont guider ce choix (Mainjot, 2018) :

• La biocompatibilité : que le matériau ne soit pas toxique, nocif ou n’entraine pas de réaction
de rejet de l’organisme. (Shahi et al., 2019)
• Le biomimétisme, ou à quel point les propriétés optique et mécanique du matériau sont
proches de celles des tissus dentaires.
• La longévité.
• La facilité de retouche ou de réparation en cas d’échec.
• La facilité de fabrication ainsi que son coût.

Si le matériau idéal n’existe pas, il faut choisir celui qui remplit au mieux les objectifs principaux de
la thérapeutique choisie.

Dans le cadre du BCCP, il s’agit d’avoir le matériau aux meilleures capacités de collage tout en
conservant des propriétés mécaniques adaptées aux contraintes occlusales postérieures et
permettant une conservation tissulaire maximale. Dans la plupart des cas, l’aspect esthétique est
plutôt secondaire.

2.4.2 La céramique en remplacement du métal

Les premiers bridges cantilevers développés étaient réalisés en céramo-métal dû au manque


de stabilité dans l’environnement buccal des premières céramiques. Par la suite, le métal a été
abandonné puisque les études rapportaient un taux de décollement plus fréquent. En effet, il était
rapporté deux fois plus fréquemment que pour les ailettes en céramique. (Thoma et al., 2017)

Un autre facteur, en faveur de l’utilisation des céramiques est la biocompatibilité de celles-ci.


Les matériaux métalliques, sensibles à la corrosion ou aux manifestations d’électrogalvanisme, se
révèlent davantage cytotoxiques (Cheylan and Archien, 2005). Par la suite, le développement de
céramiques plus résistantes (In-Ceram) et présentant de meilleurs propriétés esthétiques et de
biocompatibilité ont permis une transition vers l’utilisation de ces céramiques sans chape métallique
(Kern et al., 1991).

32
Dans le cadre des bridges collés cantilever postérieurs, Kern et Yazigi ajoutent que l’utilisation
de zircone au lieu du métal présente de meilleurs résultats. Ceci s’explique par la rigidité de la
céramique bien supérieure à celle du métal, ce qui diminue la flexion au niveau de la connectique
réduisant ainsi le stress causé sur la surface de collage (Yazigi and Kern, 2022b). Il faut cependant
noter que les céramiques sont par natures plus sujettes aux fractures que les métaux (Zhang and
Lawn, 2018).

Aujourd’hui le métal a complètement été abandonné pour la réalisation des bridges collés
cantilever. Deux familles de céramiques sont les plus utilisés et décrites dans la littérature, les
vitrocéramiques, et plus spécifiquement celles à base de disilicate de lithium, et les céramiques
polycristallines à base de zircone. Le choix de la céramique la plus adaptée à la réalisation de la pièce
prothétique est guidé par les impératifs énoncés précédemment.

2.4.3 La zircone

L’oxyde de zirconium, ou zircone, est identifiée pour la première fois en 1789. Les premières
utilisations de celle-ci étaient loin du domaine médical, mais le matériau était déjà réputé pour ses
propriétés mécaniques. Elle apparait dans le domaine biomédical en 1969, où elle fut d’abord utilisée
pour la réalisation de prothèses totales de hanche (Piconi and Maccauro, 1999).

Par sa haute résistance à la corrosion, ses propriétés biocompatibles supérieures aux autres
céramiques (chimiquement inerte, n’entraînant pas de réaction des tissus), la zircone est considérée
comme un matériau très adapté pour les restaurations dentaires mais également dans d’autres
domaines biomédicaux notamment en implantologie (Gautam et al., 2016). Au niveau gingival en
contact avec les fibroblastes ou cellules kératinocytes, la zircone est considérée comme aussi
adaptée que le titane, du point de vue de l’attachement ou la prolifération cellulaire (Grenade et al.,
2017).

A l’état naturel, la zircone peut exister sous 3 formes :

• Monoclinique à température ambiante.


• Tétragonale entre 1170°c et 2270°c.
• Cubique au-delà de 2270°c.

33
Chacune de ces phases occupant respectivement un volume de plus en plus réduit et présentant
des propriétés mécaniques différentes. La phase monoclinique, trouvée à température ambiante reste
celle présentant les propriétés mécaniques les moins adaptées. Ainsi, afin de modifier les propriétés
mécaniques de la zircone, différentes molécules ont été intégrées à la formulation chimique de la
céramique (ZrO2–MgO, ZrO2-CaO, ZrO2-Y2O3). Le but étant de la maintenir hors de sa phase
monoclinique, présentant moins d’intérêts mécaniques que la phase tétragonale (Zhang and Lawn,
2018). Les zircones TZP (Tetragonal Zirconia Polycrystals), stabilisées à l’aide d’oxyde d’yttrium, sont
celles dont l’étude et l’utilisation ont été les plus approfondies. (Piconi and Maccauro, 1999)

Tableau 1 : Les différentes caractéristiques des céramiques utilisées dans le domaine médical (traduit en
français) (Piconi et Maccauro 1999)

Propriétés Unité Alumine Mg-PSZ TZP

Composition ZrO2 + 8/10mol% ZrO2 + 3mol%


99% Al2O3 + MgO
chimique MgO Y2O3
Densité g.cm-3 ≥3.97 5.74 – 6 >6
Porosité % <0.1 - <0.1
Résistance en
MPa >500 450-700 900-1200
flexion
Résistance en
MPa 4100 2000 2000
compression
Module de
GPa 380 200 210
Young
Résistance à la
MPa.m-1 4 7-15 7-10
fracture Kic
Coefficient
d’expansion K-1 8.10-6 7-10.10-6 11.10-6
thermique
Dureté HV10 22 12 12

2.4.3.1 La zircone 3YTZP

L’ajout de 3mol% d’oxyde d’yttrium dans la zircone, permet de la stabiliser dans sa phase
tétragonale dans un état « métastable », normalement impossible à maintenir à température
ambiante. Ceci a pour effet de nettement améliorer les propriétés mécaniques de la céramique :

• La résistance à la flexion se situe alors entre 900 et 1300 MPa.


• Sa résistance à la compression autour des 2000 MPa.

34
La zircone 3Y-TZP présente donc une résistance mécanique aux contraintes occlusales du
secteur postérieur suffisante. Toutefois, l’épaisseur de matériau doit être de 0.7mm au minimum
(Yazigi and Kern, 2022b) et il n’est pas nécessaire qu’elle dépasse 1mm. Au-delà, les contraintes
emmagasinées par la céramique sont constantes : la résistance n’est pas améliorée (Attal et al.,
2022).

Figure 18 : contraintes emmagasinées par la prothèse (bleu) et par le système adhésif (rouge) en fonction de
l’épaisseur de l’ailette (Attal et al. 2022).

Bien qu’étant un matériau très dur, la zircone 3Y-TZP n’entraîne pas d’usure des dents antagonistes.
La microstructure de la zircone, très fine, ne provoque pas d’abrasion (Mainjot, 2019).

Tableau 2 : composition et propriétés mécaniques moyennes de la zircone 3Y-TZP (Jacquot et al., 2010)

35
Un autre avantage de cette incorporation d’oxyde d’yttrium, est la capacité qu’a la zircone à
« reformer » ses fissures. Lorsque l’état métastable est modifié par un apport extérieur d’énergie, la
structure cristalline retrouve son état le plus stable : la forme monoclinique. Lorsqu’une fissure se
propage dans la zircone 3Y-TZP, les forces responsables de celle-ci sont telles qu’elles entraînent
une modification structurelle des cristaux qui reprennent l’état monoclinique, plus volumineux (de 3 à
5%), comblant ainsi l’espace et réduisant la propagation de la fracture (Benalcázar-Jalkh et al., 2023;
Mainjot, 2018).

Il faut cependant être vigilant car cette propriété rend la zircone sensible à la « fatigue
hydrique à basse température » ; lorsqu’elle est continuellement exposée à l’humidité de son
environnement et à un stress mécanique chronique, tel que celui des cycles masticatoires, une
transformation spontanée de la phase tétragonale à monoclinique peut avoir lieu à la surface. Ceci
ayant pour effet de créer des micro-fractures, du fait de l’augmentation de volume, fragilisant le
matériau en surface (Denry and Kelly, 2008).

Figure 19 : illustration de la fatigue hydrique à basse température. L’eau pénètre dans la structure cristalline
entraînant la formation de grains qui augmentent de volume et diminuent les propriétés mécaniques de la
céramique (Mainjot, 2019)

36
Figure 20 : les différentes formes cristallographiques de la zircone (Mainjot 2019)

Propriétés de collage : contrairement aux céramiques à phase vitreuse, la zircone ne peut pas
être mordancée. Un traitement de surface uniquement chimique est donc inutile, mais des alternatives
existent :

• Un traitement mécanique : sablage à l’alumine, qui permet de nettoyer la surface et


d’augmenter l’adhérence biomécanique.
• Un traitement tribochimique : sablage aux particules d’alumines recouvertes de silice, qui
permet, en plus de l’action du sablage, de déposer une couche de silice en surface du
matériau. Cette couche superficielle, donne la possibilité de réaliser une silanisation pour
améliorer l’adhérence.
Cette technique n’est plus d’actualité depuis la popularisation des adhésifs à base de
10-Methacryloyloxydecyl dihydrogène phosphate (ou 10-MDP) dont nous parlerons par la
suite.

Le traitement mécanique de la surface de la zircone permet d’atteindre des valeurs d’adhésion


à l’émail proches des céramiques vitreuses, réputées pour leurs propriétés adhésives (Boitelle, Attal,
et François, 2023).

37
Un des principaux défauts de la zircone reste l’esthétique, en raison de son importante
opacité. Très adaptée pour les restaurations postérieures, son utilisation en secteur antérieur est donc
encore peu recommandée (Zhang and Lawn, 2018).

2.4.3.2 Les zircone 4 et 5Y-TZP

Pour essayer d’améliorer les propriétés optiques de la zircone tout en conservant sa


biocompatibilité, des modifications ont été apportées à la 3Y-TZP. Dans la 5Y-TZP, la concentration
d’oxyde d’yttrium est plus importante, 5 mol% et 4mol% pour la 4Y-TZP. Ceci a pour effet de stabiliser
la zircone dans sa phase cubique majoritairement (Alraheam et al., 2020).

Cette augmentation de phase cubique provoque une amélioration des propriétés esthétiques,
du fait d’une amélioration de la translucidité de 20 à 25% (Kongkiatkamon et al., 2023). En
contrepartie, les propriétés mécaniques sont 2 à 3 fois inférieures à celles de son homologue 3Y-TZP
pour des épaisseurs similaires. (Alraheam et al., 2020; Kongkiatkamon et al., 2023). En ce qui
concerne les valeurs d’adhésion, à court et long terme, elles sont proches de celles de la zircone 3Y-
TZP. (Kwon et al., 2018).

Figure 21 : graphique représentant la translucidité (ordonnée) par rapport à la résistance à la flexion des
différentes zircones (abscisses) (Kongkiatkamon et al., 2023).

A l’heure actuelle le compromis proposé par les zircones 4 et 5 Y-TZP ne permet pas de
conserver des propriétés mécaniques suffisantes pour une application postérieure. Leur application se
limite au secteur antérieur où les contraintes occlusales sont moins importantes (Liao et al., 2023).

38
2.4.4 Le disilicate de lithium

Il s’agit de la deuxième famille de céramiques très utilisées en prothèse fixée, les céramiques
vitreuses notamment représentées par les céramiques enrichies en disilicate de lithium. D’abord
commercialisées sous le nom d’IPS Empress 2, indiquées pour les facettes, inlays, onlays et
couronnes pour bridges antérieurs à trois unités. Par la suite, après avoir optimisé la composition en
disilicate de lithium, une nouvelle génération de céramique a été produite : l’IPS E.max. La principale
valeur ajoutée étant la possibilité d’usiner ce matériau à partir d’un bloc monolithique (Pieger et al.,
2014).

Les vitro-céramiques présentent plusieurs avantages :

• Une meilleure translucidité associée à des propriétés esthétiques supérieures à la zircone,


leur permettant de mieux correspondre aux teintes de l’émail.
• Une phase vitreuse, permettant le mordançage et la silanisation des pièces renforçant leurs
capacités adhésives et permettant un collage très performant (Boitelle et al., 2023). Ceci
aboutit à la formation de microrugosités favorisant une bonne liaison micromécanique entre la
dent et la pièce.
• Un module d’élasticité inférieur à la zircone permettant une meilleure adaptation à la dent
support. Ainsi, les fractures initiées à la surface de collage sont moins fréquentes (Zhang and
Lawn, 2018).

Tableau 3 : Niveau de la force d’adhérence obtenu par des tests de microtraction (MPa) (Boitelle, Attal, et
François 2023)

Disilicate de lithium Zircone (3Y-TZP)

Colle sans potentiel adhésif 30 – 40 10 – 30

Colle avec potentiel adhésif X 12 - 40

Les caractéristiques esthétiques du disilicate de lithium en font un matériau de choix pour les
restaurations antérieures. D’un point de vue mécanique, la résistance à la flexion de ces céramiques
se situe entre 260 et 360 MPa selon leur composition, donc bien inférieures à celles de la zircone 3Y-
TZP (Denry and Holloway, 2010). Ces propriétés mécaniques nécessitent également une épaisseur
de matériau plus importante, pour éviter le risque de fracture. (Regin et al., 2020)

39
2.4.5 Quelle céramique choisir ?

Plusieurs études ont cherché à comparer les propriétés mécaniques de ces différentes céramiques
afin de déterminer la meilleure utilisation clinique de chacune d’entre elles (Gresnigt et al., 2020; Kwon
et al., 2018).

D’un point de vue mécanique, la zircone 3Y-TZP offre une résistance à la fracture plus
importante (Regin et al., 2020). A épaisseur égale, elle est deux fois plus résistante que son
homologue 5Y-TZP et presque 3 fois plus que les céramiques à base de disilicate de lithium. Ainsi,
l’épaisseur de préparation nécessaire à l’obtention d’une pièce suffisamment solide sera moindre et la
conservation de tissu dentaire proportionnelle. Outre l’aspect purement conservateur de cette
propriété, cela permet également de se limiter à une préparation intra amélaire.

Tableau 4 : résultats de l’expérimentation in vitro de comparaison des propriétés mécaniques de différentes


céramiques. (Kwon et al. 2018)

Zircone 3Y-TZP Zircone 5Y-TZP Disilicate de lithium


Propriété Unité
(Katana HT) (Katana UTML) (e.max CAD LT)
Résistance en
MPa 1194 +/- 111 688 +/- 159 460 +/- 53
flexion
Translucidité 6.96 +/- 0.53 8.30 +/- 0.24 9.28 +/- 0.36
Résistance au
décollement
(sans stockage MPa 34.22 +/- 5.14 35.04 +/- 5.69 35.50 +/- 3.45
dans l’eau)
Résistance au
décollement
(après 150 jours MPa 28.37 +/- 6.03 25.03 +/- 6.44 22.32 +/- 3.45
dans l’eau)

40
Figure 22 : illustration des épaisseurs de préparation nécessaire pour différentes céramiques, mettant en
évidence la résistance plus importante de la zircone 3Y-TZP par rapport aux autres céramiques disponibles.
(Regin, Mahdhaoui, et Attal 2020)

L’utilisation de vitrocéramiques renforcées au disilicate de lithium n’est pas impossible. Le


remplacement d’une canine absente avec appui sur la première prémolaire en utilisant ce matériau a
récemment été proposé (Massé et al., 2023). Cependant les impératifs de préparations imposent dans
ces situations une absence totale de contraintes occlusales sur l’ailette et, idéalement, la réalisation
d’un pontique de connexion deux fois plus volumineux. De plus, le contexte de ce cas est
exceptionnellement favorable d’un point de vue occlusal, avec une prise en charge orthodontique
préalable. Le recul clinique actuel nous oriente davantage vers l’utilisation de la zircone.

Aujourd’hui, les capacités adhésives de la zircone s’approchent de celles des vitrocéramiques


(tableau 3). Toutefois, la zircone 3Y-TZP est bien plus adaptée aux contraintes occlusales
postérieures. De manière générale, les principales complications des BCCP sont les décollements et
les fractures de la pièce. Lorsque les valeurs minimales de connectique sont respectées avec la
zircone (9mm²), aucun cas de fracture n’est reporté dans la littérature (Attal et al., 2023a, p. 4).

On note également que la zircone entraîne une usure moins importante de la dent antagoniste
par rapport aux céramiques à base de disilicate de lithium (Harada et al., 2016).

La zircone 3Y-TZP, par ses propriétés optiques satisfaisantes mais surtout grâce à ses
propriétés mécaniques bien supérieures aux autres céramiques, apparait donc comme le matériau de
choix pour la réalisation de BCCP.

41
Dans le cadre de restauration en secteur plus esthétiques (remplacement d’une canine avec
appui sur la première prémolaire), une stratification à l’aide d’une céramique à base de disilicate de
lithium pourrait être réalisée pour pallier les mauvaises propriétés optiques de la zircone.

2.5 Protocole d’assemblage

Le protocole d’assemblage est identique à toutes les zircones. Comme pour les autres
céramiques, le protocole de collage de la zircone doit se faire à l’abri de la salive. La première étape
sera toujours la mise en place d’un champ opératoire afin de garantir la longévité de la pièce.

2.5.1 Préparation de la surface céramique

Par l’absence de phase vitreuse, la zircone ne peut pas être mordancée, contrairement à la
plupart des céramiques utilisées pour les restaurations collées, tel que le disilicate de lithium. Un
traitement mécanique en surface est donc nécessaire.

• La première étape consiste en un sablage de la surface de l’ailette, 10 secondes à l’oxyde


d’aluminium 50 μm à une pression de 2 bars.
• La seconde étape consiste en l’application du composite de collage. Cependant, selon le
protocole adopté par la·le chirugien·ne dentiste une étape supplémentaire peut être
nécessaire :
o Lorsque le composite de collage contient des molécules de 10-MDP celui-ci est
appliqué directement sur l’intrados de la pièce en céramique (Panavia 2.0 Kuraray par
exemple).
o Dans le cas où le composite de collage ne contient pas de 10-MDP, l’application d’un
primer adapté à la zircone contenant ces molécules doit être réalisée au préalable. (Z
Prime, Bisico) (Attal, François, et al. 2023).

42
Figure 23 : protocole de préparation d’un bridge collé postérieur en zircone (Boitelle, Attal, et François 2023)

Un nettoyage via un jet de vapeur à la suite du sablage peut être ajouté. Ceci permettrait
d’améliorer l’adhérence des molécules de 10-MPD, nécessaire à un collage de bonne qualité. (Boitelle
et al., 2023)

2.5.2 Préparation de la surface dentaire

La préparation de l’émail peut commencer par le passage d’une pierre ponce afin de nettoyer
la surface.

S’en suivent les étapes du collage amélaire :

• Mordançage de l’émail pendant 30 secondes à l’acide phosphorique entre 30 et 40%


• Rinçage pendant au moins 15 secondes puis séchage
• Application du système adhésif, conformément aux normes du producteur. Cependant, il est
primordial que ce système contienne un monomère de phosphate (10-MDP). Certaines colles
de composite en possèdent directement dans leur composition, c’est le cas de la Panavia 2.0
de Kuraray. Désormais, les adhésifs universels en possède également dans leur composition
(Kern, 2023).

43
Figure 24 : protocole de préparation de la surface dentaire avant la pose d’un bridge collé postérieur en zircone
(Boitelle, Attal, et François 2023)

La préparation idéale est intra amélaire, certaines situations cliniques imposent une préparation
intra-dentinaire. Ces situations impliquent une préparation de la surface dentinaire différente. Tout
d’abord la réalisation d’un scellement dentinaire immédiat (IDS, Immediate Dentin Sealing) le jour de
la préparation. Celui-ci a pour effet d’améliorer les capacités adhésives de la dentine tout en diminuant
les sensibilités post opératoires. Les étapes de réalisation de l’IDS sont les suivantes :

• Mordançage de la dentine pendant 5 à 15 secondes à l’acide orthophosphorique


• Rinçage puis séchage
• Application du système adhésif (un ou deux temps, les deux ont prouvés leur efficacité)
• Application d’une fine couche de composite fluide (Ceinos et al., 2023).

2.5.3 Le collage

Après un essayage de la pièce, le champ opératoire est installé. Pour faciliter le placement de
l’ailette, il est recommandé de faire réaliser une clé de repositionnement par le prothésiste au
préalable.

Après mise en place de la pièce, un premier flash de polymérisation permet d’initier la prise de
la colle pour retirer les excès facilement. À la suite de cela, la polymérisation complète peut être
réalisée, sous glycérine en au moins 3 sessions de 40 secondes.

44
2.5.3.1 L’importance du 10-MDP

Une simple abrasion préalable de la pièce prothétique ne peut suffire à obtenir un lien de
collage suffisant à la zircone (Nagaoka et al., 2017). La composition du système adhésif joue
également un rôle primordial à l’obtention d’une adhésion d’excellente qualité. C’est
pourquoi l’utilisation du 10 MDP, ou 10-Methacryloyloxydecyl dihydrogène phosphate, est
indispensable lors du collage des pièces telles que les bridges collés cantilever. Plusieurs études ont
démontré la formation de liaisons de collage de meilleure qualité lorsque le système adhésif utilisé
contenait cette molécule. (Carrilho et al., 2019; Fehrenbach et al., 2021; Kern, 2015).

Ceci s’explique par différentes caractéristiques :

• La capacité de former des sels de calcium stables, insolubles : MDP-Ca. Ces sels permettent
de protéger les fibres de collagène, évitant ainsi leur dégradation. La dégradation des fibres
de collagène ayant pour effet de détériorer la liaison hybride formée à l’interface des surfaces
de collage, compromettant l’efficacité à long terme. (Carrilho et al., 2019)
• Un équilibre adapté entre ses propriétés hydrophiles et hydrophobes permettant d’humidifier
correctement la surface et de favoriser la liaison avec la dentine.

Cette molécule est également responsable d’une meilleure adhésion avec la zircone (Boitelle et
al., 2023; Nagaoka et al., 2017). En effet, le 10-MDP, permet la liaison la plus fiable entre les esters
phosphates du composite de collage et les groupes hydroxyles à la surface de la zircone, comme
illustré en figure 24 (Boitelle et al., 2023).

La figure 25, révèle également la résistance du lien de collage en fonction de la concentration en


monomère des systèmes adhésifs utilisés. Il est à noter que la plupart des adhésifs et composites
commercialisés avec du 10-MDP en contiennent une proportion supérieure à 1wt% (1% du poids du
produit) et garantissent ainsi une liaison efficace et durable.

Figure 25 : schéma représentant le lien chimique permis par les molécules de 10-MDP entre la zircone et le
composite de collage (Boitelle, Attal, et François 2023)

45
Figure 26 : lien entre la concentration de 10-MDP appliquée à la zircone et la résistance aux forces de
cisaillement observées. (Nagaoka et al. 2017)

Bien que le 10-MDP soit nécessaire à la longévité du collage, il doit aller de pair avec le
sablage préalable à l’alumine à 50 microns. Cela a pour effet de nettoyer et d’augmenter la rugosité
de la surface, potentialisant ainsi l’effet du 10-MDP. (Kern, 2015)

Pour ce qui est de l’application du silane et du sablage tribochimique, ils sont à bannir lors du
collage des zircones. En effet, ceux-ci ont pour effet d’empêcher la formation d’une liaison directe
entre les monomères et la surface de la céramique. Par conséquent, les décollements sont bien plus
fréquents, 46,2% en 1 an d’observation. (Kern, 2015).

2.5.4 Intégration occlusale

Comme toute pièce prothétique, le BCCP doit remplir les trois critères de l’intégration occlusale :
centrage, calage et guidage.

• Centrage : La pièce ne doit pas déloger la mandibule et entraîner une malposition de celle-ci.
Il faut donc éviter toute prématurité sur le chemin de fermeture.
• Calage : la pièce prothétique doit s’intégrer correctement dans l’occlusion du·de la patient·e
en permettant de conserver des contacts répartis uniformément.
• Guidage : la pièce doit s’intégrer correctement aux fonctions de guidages sans créer
d’interférence.

46
Les réglages de l’occlusion sont faits de sorte que les contraintes soient appliquées au plus
proche de l’intermédiaire du bridge afin de ne pas entraîner de flexion trop forte.

• En position d’intercuspidie maximale (PIM), les contacts sont bien répartis sur l’ailette et la
connectique et plus légers sur l’intermédiaire.
• Lors des fonctions de latéralité, le guidage est choisi selon la dent remplacée, de sorte à
garder la fonction de groupe ou canine tout en évitant les sollicitations du bridge.

Figure 27 : arbre décisionnel de choix du guidage en fonction de la dent remplacée (Dursun et al., 2024).

L’épaisseur de la pièce en céramique étant très fine, il est déconseillé de la retoucher le jour
de la pose. Si une surocclusion est remarquée, il sera préférable de réaliser une coronoplastie de
l’antagoniste. (Dursun et al., 2024)

Figure 28 : contacts enregistrés en PIM pour le remplacement d’une canine avec appuis sur première prémolaire,
les contacts sont idéalement répartis et suffisamment légers sur la canine. (Attal, Coudray, et al. 2023)

47
2.5.5 Maintenance et hygiène

Il est important que la surface sous l’intermédiaire soit correctement nettoyée, via l’utilisation
de fil dentaire. Le passage de celui-ci se faisant au niveau de la face proximale libre. (Attal et al.,
2023a, p. 4).

Figure 29 : Fil dentaire GUM® Access Floss avec deux parties passe-fil, GUM®

Pour le suivi, un premier contrôle peut être réaliser quelques semaines après la pose. Par la
suite, la pièce sera surveillée lors des futurs rendez-vous annuels ou bi-annuels du·de la patient·e.

Un décollement de la pièce ne signifiant pas l’échec de la thérapeutique, celle-ci peut être remise
en place en suivant consciencieusement le protocole évoqué plus tôt.

48
3 Le bridge collé cantilever postérieur dans
l’arsenal thérapeutique

3.1 Indications

L’implantologie reste le « gold standard » pour le traitement d’un édentement unitaire. (Bartala,
2015 ; Attal and Tirlet, 2022). Ainsi, le BCCP complète notre arsenal thérapeutique et doit être
considéré comme une thérapeutique complémentaire à l’implantologie. Les indications du BCCP sont
donc équivalentes aux contre-indications à la thérapeutique implantaire.

3.1.1 Contre-indications absolues à la chirurgie implantaire

Selon les dernières recommandations de la SFCO (Société Française de Chirurgie Orale),


certaines situations contre-indiquent strictement toute thérapeutique implantaire :

• Les patient·e·s ayant été victime d’un infarctus du myocarde ou d’un accident vasculo-
cérébral au cours des six derniers mois. Durant cette période, il est important d’éviter tout
stress, notamment chirurgical, pouvant entraîner des complications post-ischémiques.

• Les patient·e·s présentant un haut risque d’endocardite infectieuse. Les dernières


recommandations de l’HAS de 2024 sont plus souples vis-à-vis de la thérapeutique
implantaire qui peut désormais être envisagée chez ces patient·e·s. Cependant certains
facteurs contre-indiquent toujours fermement l’implantologie (Haute Autorité de Santé, 2024).

• Les patient·e·s souffrant de troubles mentaux, les rendant incapables de comprendre ou


anticiper logiquement le traitement implantaire.

• Les patient·e·s sous traitement par biphosphonates en intra-veineuse. Les risques


d’ostéonécrose sur les sites implantaires sont bien plus importants dans ces situations.

Dans toutes ces situations, le BCCP représente une alternative de choix pour permettre le
remplacement d’une dent unitaire. (Hwang and Wang, 2006).

49
3.1.2 Contre-indications relatives à la chirurgie implantaire

D’autres conditions physiologiques ou pathologiques représentent des contre-indications relatives


à la thérapeutique implantaire. Une contre-indication relative n’interdit pas strictement cette
thérapeutique mais est associée à un taux d’échec plus important (Hwang and Wang, 2007) :

• Les patient·e·s en cours de croissance : plusieurs études réalisées sur des modèles porcins
ont révélé que des implants posés chez un sujet en croissance ne suivent pas la croissance
osseuse mais restent fixés dans leur position initiale. Ainsi, le comportement d’un implant
chez un.e jeune patient.e serait comparable à celui d’une dent ankylosée (Odman et al., 1991;
Sennerby et al., 1993).

• Les patient·e·s âgé·e·s : de manière générale, les patient·e·s âgé·e·s sont plus facilement
sujet·te·s à divers problèmes de santé qui pourraient contre-indiquer la thérapeutique. De plus
les phénomènes de cicatrisation et l’adaptation après la pose sont moins bien supportés.
Enfin les problèmes d‘hygiène, associés à la diminution de la motricité, augmentent le risque
de complications à la suite de la pose implantaire (Hwang and Wang, 2007).

• L’ostéoporose ou tout facteur entraînant une faible densité osseuse ou encore les patient·e·s
présentant un rapport os trabéculaire/os compact très défavorable. Ceci entraîne des
difficultés à l’ostéointégration (Martinez et al., 2001; Ye et al., 2024).

• Les patient·e·s sous traitement par radiothérapie au-delà de 40Gy localisée au niveau de la
tête et du cou. Bien que de nouvelles revues de la littérature montrent des taux de succès
encourageant, l’implantologie en territoire irradié reste majoritairement très déconseillée
(Lescaille, 2020 ; Lee et al., 2022).

• Les patient·e·s fumeur·euse·s : les effets du tabac sont multiples au niveau péri-implantaire,
on observe particulièrement une diminution du contact os-implant et une densité minérale
osseuse inférieure. Le risque d’échec implantaire est estimé au double chez la·le patient·e
fumeur.se à hauteur d’au moins 10 cigarettes par jour. Ainsi, lorsque la·e patient·e ne
présente aucune motivation au sevrage tabagique, il peut être préférable de l’orienter vers
une thérapeutique non implantaire (Catros et al., 2023).

• Les patient·e·s atteints de diabète non équilibré : les résultats concernant les thérapeutiques
implantaires chez les patient·e·s dont le diabète est équilibré sont cependant très proches de
ceux chez la·le patient·e sain·e.

50
• Un espace interdentaire trop faible ne permettant pas la mise en place d’un implant. La
largeur minimale de l’espace disponible entre les dents proximales à l’édentement doit être
d’au moins 5.5mm, en considérant le diamètre de l’implant et la distance minimale le séparant
des dents adjacentes. Tout espace inférieur à cette valeur signifie une contre-indication à la
thérapeutique implantaire (Sailer et al., 2013 ; Système implantaire dentaire Straumann®,
2023).

• Un échec implantaire précédent : après un échec implantaire ayant nécessité l’extraction de


l’implant, une réimplantation peut être envisagée mais au prix d’une longévité diminuée, et ce,
pour chaque réimplantation. De plus, la réintervention peut également entraîner un surcoût ou
encore démotiver la·le patient·e. (Greenstein and Cavallaro, 2014).

• Le génotype interleukin-1 (successibilité aux maladies parodontales), le VIH, les maladies


cardiovasculaires ou l’hypothyroïdie (modification du métabolisme osseux).

Les situations décrites précédemment enregistrent un taux d’échec supérieur. Ainsi, le BCCP
constitue une alternative possible, à proposer au·à la patient·e.

3.1.3 Cout du traitement

Aussi, l’implantologie est aujourd’hui une solution parfois trop couteuse pour la·le patient·e.
Ce coût est justifié par l’accastillage chirurgical et prothétique nécessaire (champ stérile, matériel à
usage unique…). Le BCCP représente une solution alternative moins onéreuse (Sailer et al., 2013).
Sans être une contre-indication d’ordre biologique, l’aspect financier peut, dans certains cas, être à
l’origine d’une renonciation à la thérapeutique implantaire.

51
3.2 Les avantages du BCCP

3.2.1 Intérêt du pilier unique

Le principal bénéfice mécanique de la géométrie cantilever est la présence d’une unique pilier
diminuant le risque de décollement (Lam et al., 2019). En effet, chaque pilier présent sur une pièce
prothétique collée augmente le risque de décollement. Ceci est dû à la différence de mobilité
alvéolaire des dents supports. Celle-ci résulte en la création de forces de cisaillement et, finalement,
au décollement d’une des ailettes. Une expérience in vitro sur le sujet démontre la propagation de
fractures dans le ciment utilisé pour les bridges trois éléments du fait des contraintes différentielles
entre les piliers (Wong and Botelho, 2014). Ces résultats se sont retrouvés sur les applications
cliniques chez l’humain (Sasse and Kern, 2014).

3.2.2 Thérapeutique non invasive

Contrairement à d’autres thérapeutiques possibles pour le remplacement de dents absentes,


le bridge collé cantilever en céramique offre une solution peu invasive sans influence négative sur le
résultat esthétique. La préparation ne concerne qu’une seule dent, tout en se limitant à une atteinte
intra-amélaire. Par opposition, le bridge d’architecture traditionnelle entraîne une dégradation de 63 à
72% des tissus dentaires sains (Edelhoff and Sorensen, 2002).

Le succès de cette thérapeutique se retrouve dans les résultats des différentes études
réalisées à ce sujet, à la fois sur l’aspect de la réussite technique et de la satisfaction des patients.
(Mourshed et al., 2018). En effet, cette mise en forme superficielle évite de causer une irritation
pulpaire. Ainsi, il est possible de réaliser la préparation sans anesthésie préalable et sans sensibilités
post-opératoires. De plus il s’agit d’une thérapeutique rapide à réaliser (deux à trois séances),
confortable et esthétique (Attal et al., 2023a, p. 4; Yazigi and Kern, 2022b).

Cela en fait donc une solution fixée de choix tant que les conditions nécessaires à sa réalisation
sont réunies. (Yazigi and Kern, 2022b)

3.3 Situations particulières à risque

Les contre-indications concernant la réalisation BCCP ne sont pas clairement énoncés dans la
littérature. Il existe cependant des situations complexes nécessitant une vigilance particulière et des
protocoles adaptés.

52
• Lésions d’usure : bien que les lésions d’usure n’exercent aucune influence sur la qualité du
collage à l’émail, elles diminuent sa qualité à la dentine. Dans un cas d’usure extrême, ne
laissant que la dentine disponible en surface de collage, un traitement de surface, préalable
au mordançage, tels que l’application de riboflavine, de proanthocyanidine ou l’utilisation de
laser permet d’obtenir un meilleur collage (Wiegand et al., 2021). Toutefois, si la dent support
présente suffisamment d’émail circonférentielle, il suffit de revoir la mise en forme pour
garantir le plus de contact à l’émail. (Alghauli et al., 2023).

• Édentement de 2 dents adjacentes ou espace interdentaire important : les capacités


mécaniques du bridge collé cantilever ne permettent pas la mise en charge de deux
intermédiaires de bridges pour un seul pilier. La réalisation d’un BCCP nécessite la présence
d’une dent proximale de part et d’autre de l’édentement. Cependant, la réalisation de deux
bridges collés cantilever de part et d’autre de l’édentement permet de combler l’espace (figure
15). (Attal et al., 2023b; Garling et al., 2023).

• Contexte occlusal non équilibré : il est nécessaire de traiter les parafonctions au préalable
lorsque celles-ci peuvent compromettre la réussite du traitement. Dans le cas de bruxisme,
pour éviter une surcharge occlusale et diminuer le risque de fracture de la céramique, la
prescription du port d’une plaque de libération occlusale est indiquée. En cas de bruxisme
léger, réadapter la forme de préparation de la dent support pour l’adapter aux forces
occlusales présentes est suffisant (Dursun et al., 2024).

• Rapports occlusaux autre que la normocclusion : les rapports occlusaux entre dents
antagonistes de type bout à bout ou ciseaux et ciseaux inversés sont très défavorables à la
stabilité occlusale. Lors de la réalisation de bridges collés cantilevers dans de tels contextes,
les surfaces de guidage de la pièce doivent être réalisées attentivement pour éviter les
risques de décollement. Ceci nécessitant jusqu’à parfois supprimer complètement ces
surfaces de guidage (Dursun et al., 2024).

53
• Égression trop importante de l’antagoniste : cette situation est très défavorable à toutes
thérapeutiques de remplacement de dent absente. Particulièrement lorsqu’un traitement
d’ingression orthodontique ou une améloplastie ne s’avèrent pas suffisant pour permettre la
réalisation de la pièce prothétique dans de bonnes conditions. Un espace occlusal insuffisant
ne permettrait pas la réalisation d’une connectique suffisamment large et induirait un risque de
fracture de la pièce (Dursun et al., 2024).

D’une manière générale lorsque la dent support ou le contexte environnemental ne peut garantir
la solidité ou la longévité de la restauration, la réalisation d’un BCCP est contre-indiquée.

3.4 Longévité des bridges collés cantilever postérieurs

Pour évaluer la longévité d’une thérapeutique, il est important de prendre en compte trois données
différentes :

• Le succès : la pièce prothétique remplie les objectifs cliniques fixés par la·le patient·e et la·le
praticien·ne. Elle est également restée en place durant toute la période d’observation, sans
complications.
• La survie : la pièce prothétique est encore fonctionnelle après une période donnée.
• L’échec : une complication thérapeutique nécessitant la dépose de la pièce prothétique sans
possibilité de la remettre en place en l’état.

Dans le cadre des BCCP, le décollement avec possibilité de remettre en place la pièce
prothétique sans avoir à modifier la préparation n’est pas considéré comme un échec. Il ne
compromet donc pas la survie de la thérapeutique mais uniquement le succès (Mine et al., 2021).

3.4.1 Recul clinique du bridge collé cantilever postérieur

En secteur antérieur, les bridges collés cantilever en céramique ont déjà fait leurs preuves. Le
recul suffisant a permis de classer la thérapeutique comme fiable, statut confirmé par l’HAS en 2016.
Les premières publications réalisées à ce sujet dataient de 20 ans auparavant (Kern and Gläser,
1997). Les premières publications à propos de l’équivalent postérieur remontent quant à elles à 2013
(Sailer et al., 2013). Il faut cependant noter que les pièces étaient réalisées en vitrocéramique et non
en zircone. Il est donc encore trop tôt pour correctement objectiver l’efficacité de la thérapeutique et sa
durée de vie.

54
D’autres études plus récentes se sont intéressées à la survie de bridges collés cantilever en
céramo-métal pour la comparer à celle des bridges collés 3 éléments (Botelho et al., 2020). Le design
de ces préparations diffère de ceux de leurs homologues en céramique mais les résultats sont
toutefois encourageant en matière de décollement et de satisfaction des patients.

3.4.1.1 Durée de vie

En 2013 était publiée la première étude sur les bridges collés cantilever postérieurs en
céramique. 35 pièces prothétiques, réparties entre les secteurs antérieur et postérieur, réalisées en
vitrocéramique renforcée en disilicate de lithium ont été réévaluées après une période d’observation
moyenne de 6 ans. Aucun décollement n’a été enregistré et 2 cas de chipping ont été retrouvés. Le
taux de succès et de survie ont été reportés de 94.3% et 100% respectivement (Sailer et al., 2013).

La première étude rétrospective concernant uniquement le BCCP en zircone date de 2022.


(Yazigi and Kern, 2022b). 27 pièces posées entre 2008 et 2019 sur 21 patients âgés de 16 à 72 ans
ont été retenues pour l’étude. Les critères de sélection des patients étaient définis de sorte à
permettre de réaliser la thérapeutique dans les conditions idéales : bonne hygiène bucco-dentaire,
édentement limité à la largeur d’une dent unique, surface des potentielles dents supports suffisante
pour la préparation dans les meilleures conditions (7mm d’épaisseur de l’ailette, 9mm² pour la surface
de la connectique et 30mm² de surface de collage à l’émail).

La période d’observation s’étendait de 13 à 151 mois pour une moyenne de 53+/-39 mois. La
majorité des restaurations concernaient le remplacement de prémolaires (2/3 des restaurations). Le
taux de survie sur la totalité de la période d’observation est de 100%, ne révélant aucun décollement.
Parmi les complications possibles envisagées par l’étude, une seule a été mise en évidence : la
présence d’une carie au collet de la dent pilier n’ayant pas d’impact négatif sur la survie de la
thérapeutique. Ainsi le succès de la thérapeutique a été reporté de 96.3%.

Une première étude prospective randomisée concernant les bridges cantilever collés
postérieurs en zircone est actuellement en cours (Passia et al., 2023). Celle-ci vise à comparer deux
agents de collage, le Panavia 21 et Panavia V5. Cette étude concerne 24 restaurations mise en place
chez 18 patients dans des conditions de préparation similaires à celles décrites dans la publication
précédente (Yazigi and Kern, 2022b).

La première publication de cette étude révèle un taux de survie à 100% après une période
d’observation s’étendant à 22.5+/-13.5 mois. D’autres publications pour évaluer la survie et les
différences à plus long termes sont prévues notamment à 5 ans après la mise en place. Bien sûr il est
difficile de déterminer le succès à long terme sur une période d’observation aussi courte mais les
résultats sont déjà positifs.

55
Plus récemment, une nouvelle étude prospective à 3 ans de recul a été publiée (Lam, 2024).
Dans cette publication, le design de préparation diffère de celui sur lequel nous nous sommes
concentrés. Ces formes de contours sont propres aux travaux de M. Botelho et décrites en figure 29.
21 bridges posés chez 17 sujets ont été réévalués à la fin de l’étude. Les taux de succès et de survie
reportés après 3 ans sont de 76.2% et 88.1% respectivement. 2 cas de fracture et 2 cas de
décollement avec remise en place par la suite ont été rapportés.

Figure 30 : principe de préparation et design de la pièce céramique (Lam, 2024).

L’auteur de la publication explique ces différences de survie et succès par deux facteurs
principaux :

• Le design différent de celui des études dirigées par M. Kern


• Le fait que la plupart des pièces prothétiques aient été réalisées par des étudiants

Cependant cette étude apporte des résultats très encourageants à propos de la satisfaction des
patients puisque 97.4% des patients recommanderaient cette solution thérapeutique.

En France, les différents articles des Dr Attal et Tirlet traitant du sujet sont également optimistes
sur le sujet avec la présentation de cas toujours en place après 10 ans (Attal and Tirlet, 2022).
Cependant, aucune étude prospective ou rétrospective, sur de plus larges échantillons, n’a encore été
publiée à ce jour.

56
Tableau 5 : tableau récapitulatif des différents taux de succès et survie des publications concernant le BCCP.

Date et auteur Période observation Taille échantillon Succès Survie

35 pièces
Sailer 2013 6 ans 94.3% 100%
28 patients
27 pièces
Yazigi et Kern 2022 53 +/-39 mois 96.3% 100%
21 patients
24 pièces
Passia et Kern 2023 22.5 +/- 13.5 mois NR 100%
18 patients
21 pièces
Lam et Botelho 2024 3 ans 76.2% 81.8%
17 patients

Il reste encore difficile de définir d’une durée de vie du traitement puisqu’à l’heure actuelle le
recul clinique est insuffisant. Malgré cela, les résultats obtenus lors des diverses études semblent
projeter un taux de survie similaire à ceux des bridges traditionnels à 2 piliers (Passia et al., 2023).

3.4.1.2 Les limites

Bien que les premiers cas de bridges collés cantilever postérieurs présentés remontent à plus
de 10 ans, il s’agit encore d’une thérapeutique récente. Très peu d’articles traitent du sujet, et les
auteurs·trices sont souvent les mêmes.

La plus ancienne étude réalisée sur le sujet date de 2013. Bien que les résultats soient
prometteurs, il faut être vigilant quant à leur interprétation puisqu’elle mêlait bridge collés antérieurs et
postérieurs et que près de 30% des patients présent au début de l’étude n’ont pas donnés suite après
les 5 années (Sailer et al., 2013).

Par ailleurs, les études réalisées à ce sujet ne présentent pas de haut niveau de preuve
scientifique, ceci est corrélé au nombre trop faible d’échantillons disponibles. Il faut également noter
que les bridges cantilever collés antérieurs avaient également été validés par l’HAS sans qu’aucune
étude contrôlée randomisée n’ait été réalisée à l’époque (Haute Autorité de Santé, 2016).

La définition de l’échec et de la survie n’est pas clairement définie dans les différentes
publications ; il n’existe pas de consensus pour les qualifier. L’USPH (United States Public Health
Service) a fourni des critères pour définir les différentes formes de complications en fonction de leur
gravité, classées de A à D ; A étant l’absence de complication et D la forme la plus dégradée. L’étude
d’I. Sailer propose l’application de ces critères adaptées à sa publication afin d’objectiver clairement
les différentes formes d’échec (Sailer et al., 2013). Cependant aucune autre publication n’a utilisé de
tels critères par la suite. En l’absence de critères objectifs, l’interprétation de l’échec ou du succès est
donc laissée libre à l’observateur et dépendante ainsi de sa propre définition.

57
Tableau 6 : critères USPH adaptés à l'étude conduite par I. Sailer (Sailer et al., 2013)

3.4.1.3 Principales sources d’échec

Nous avons mis en évidence différents situations cliniques présentant des risques à prendre en
compte lors de la réalisation de la thérapeutique. La première source d’échec serait de ne pas faire
attention à ces facteurs et de créer des situations défavorables pouvant entrainer un échec.

• Rapports occlusaux inadaptés (bout à bout, occlusion en ciseaux) : des rapports de


normocclusion facilitent la réalisation du bridge, des rapports d’occlusion inversée nécessitent
une analyse approfondie des surfaces de guidage et une maitrise particulière de leurs
fonctionnements. Mais des rapports occlusaux en bout à bout ou en ciseaux sont très difficiles
à appréhender. La réalisation de la thérapeutique dans ces conditions est bien plus complexe
et plus sujette aux échecs (Dursun et al., 2024).

58
• Usure par bruxisme : lorsque la·le patient·e présente un bruxisme important, les sollicitations
occlusales sont plus importantes. Nous avons mis en évidence précédemment l’importance
de réaliser la pièce en zircone monolithique afin d’éviter les fractures de la céramique
esthétique. La mise en place d’un plan de libération occlusale permet également de diminuer
ces sollicitations. il faut également essayer de réaliser une ailette avec un recouvrement
suffisamment important pour garantir la stabilité et la rigidité de la pièce (Dursun et al., 2024).

• Mauvaise gestion de l’espace d’édentement : en cas d’égression trop importante de


l’antagoniste, un espace de préparation suffisant doit être aménagé. Si la préparation n’est
pas suffisante dans le sens occluso-apical, la pièce serait trop fragile et risquerait de fracturer.
Dans le sens antéro-postérieur, un espace trop large est à appréhender correctement.
Lorsque le point de contact avec la dent proximale à l’édentement ne peut pas être obtenu,
les sollicitations occlusales doivent être réduites pour éviter les décollements.

• La·le patient·e est également impliqué·e dans la survie de la thérapeutique. Une mauvaise
hygiène bucco-dentaire pourrait par exemple entraîner la formation de caries sur la dent
support compromettant la survie du traitement (Yoshida et al., 2019).

Les caractéristiques mécaniques de la zircone permettent d’assurer un risque de fracture presque


nul lorsque les dimensions minimales de la pièce sont respectées. La préoccupation majeure doit
alors être la gestion du décollement, principale complication observée.

3.4.2 Réintervention

La multitude de traitement disponible à la suite d’un échec ou après la réalisation d’une bridge
cantilever collé postérieur en fait un de ses principaux avantages. À la suite d’un échec thérapeutique,
il convient de déterminer la raison de celui-ci afin d’établir la suite thérapeutique la plus adaptée à la
situation.

3.4.2.1 Renouvellement

En cas de décollement, la pièce prothétique peut être remise en place. Si le décollement est
issu d’un problème lors du protocole de collage, celui-ci doit être réalisé dans de meilleures
conditions. S’il est issu de contraintes occlusales mal réparties, des retouches peuvent être opérées
sur la pièce ou, pour ne pas la fragiliser, sur la dent antagoniste.

59
Lorsque la situation favorable, en l’absence d’apparition de fragilités de la dent support, la
thérapeutique peut être renouvelée. La préparation de la dent support peut être réadaptée à la
situation jusqu’à un recouvrement périphérique restant intra amélaire (Attal et al., 2023b).

3.4.2.2 Implantologie

Nous avons mis en évidence précédemment différentes contre-indications relatives à la


thérapeutique implantaire chez certain·e·s patient·e·s. Chez les patient·e·s jeunes particulièrement le
BCCP représente une alternative lorsque ce n’est pas envisageable du fait de la croissance osseuse
résiduelle (Kern and Gläser, 2023). C’est également le cas chez les patient·e·s fumeur·euse·s ou
ceux·celles pour qui l’aspect économique représente un frein et pour qui la situation a évolué.

En plus d’induire une dégradation tissulaire minimale de la dent support, le bridge collé
cantilever permet un maintien de l’espace interdentaire. Ainsi l’espace implantaire nécessaire est
conservé et la pose peut être envisagée (Perrin, 2021).

La thérapeutique implantaire peut donc facilement être envisagée à la suite d’un bridge collé
cantilever. Il ne faut cependant pas voir le cantilever comme une solution transitoire mais avant tout
comme une solution d’usage (Tirlet and Attal, 2015).

3.4.2.3 Changement de thérapeutique

Enfin, dans le cas où l’implantologie n’est pas envisageable et que le bridge collé cantilever ne
peut pas être renouvelé, d’autres solutions thérapeutiques sont possibles. La réalisation de bridges
traditionnels, cantilevers voire d’une solution prothétique amovible sont des suites opératoires
possibles à la suite du bridge collé cantilever.

3.5 Longévités des différentes architectures de bridges

De nombreuses architectures de bridges sont toujours utilisées et toutes ont été amenées à
évoluer, chacune répondant différemment à un même objectif : remplacer une dent absente.

Aujourd’hui, avec plus de recul, nous pouvons comparer les résultats de longévités de ces
différentes solutions thérapeutiques. Pour ce faire, nous allons nous appuyer sur une étude de 2021
incluant 29 publications concernant les bridges traditionnels, collés, cantilever ou non. Les résultats
de longévité sont résumés dans le tableau 7.

60
Tableau 7 : tableau comparatif des taux de succès, de survie et de la conservation tissulaire des différentes
thérapeutique fixes proposées pour le remplacement unitaire sur des périodes d’observation allant de 5 à 20 ans
(Mine et al., 2021).

Taux de Taux de Estimation du Dégradation Possibilités de


succès par survie par Succès/survie tissulaire des suites
année année à 15 ans dents piliers opératoires
Bridge
59.2%
traditionnel à 3 93.1-97.28% 97.44-100% Importante Défavorables
61.6-85.0%
unités
Bridge
58.3-60%
traditionnel 97-97.22% 97.35-100% Importante Défavorables
60.3-75.1%
cantilever

Bridge collé à 20-53.4%


89.6-97.25% 93.4-98.3 % Légère Très favorables
2 piliers 57.4-70.0%

Bridge collé 84.4-100%


95.15-100 % 98.94-100% Légère Très favorables
cantilever 100%

Nous observons, au travers de cette étude, des taux de survie et de succès similaires entre
les bridges d’architecture traditionnelle et les bridges collés cantilever. 15 ans après la mise en place,
l’estimation de survie et succès pour les bridges collés cantilever reste la plus importante.

D’un autre côté, les bridges collés à 2 piliers apparaissent comme la solution la moins fiable
avec un taux de succès à 15 ans entre 20 et 53.4%. Il est important de remarquer que ces taux de
succès et de survie ont bien augmentés en près de 30 ans. En effet, en 1992, le taux de survie était
estimé entre 28 et 44% à 7 ans après leur mise en place (Creugers et al., 1992).

Par ailleurs, cette étude nous révèle que les complications associées aux bridges
d’architecture traditionnelle sont plus graves que pour les bridges collés. En effet les principales
formes répertoriées sont la perte de vitalité de la dent support ou la formation de lésion carieuse,
contrairement aux bridges collés où le décollement est la complication la plus fréquemment
enregistrée (Mine et al., 2021). Ceci se reflète par une variation plus importante entre les taux de
succès et de survie des bridges collés. En effet, les décollements ne sont pas considérés comme des
échecs et n’influencent pas le taux de survie.

Enfin, les derniers éléments importants reportés dans cette étude concernent la conservation
tissulaire et les suites opératoires. Lorsque la dent pilier est saine, sa préparation pour bridge
traditionnel entraîne la destruction de 63 à 72% des tissus sains (Edelhoff and Sorensen, 2002). Ceci
implique des conséquences très défavorables sur les suites opératoires.

61
Cette étude permet de mettre en lumière les qualités de longévité du bridge collé cantilever en
comparaison aux autres alternatives disponibles puisque les résultats de longévité sont égaux voire
meilleurs que ceux des autres architectures possibles. Du fait d’une conservation tissulaire bien plus
importante, les suites opératoires sont également bien plus favorables.

Il faut cependant rester critique vis-à-vis des résultats concernant les bridges collés cantilevers
dans cette étude. En effet, elle ne tient pas compte des différentes formes d’ailette, du remplacement
des dents antérieures ou postérieures, ou de l’utilisation de différents matériaux, les classant sous une
seule et unique catégorie.

62
4 Cas cliniques

4.1 Remplacement d’une 16 avec appui sur 17

Patiente de 64 ans, sans antécédents médico-chirurgicaux particuliers souhaitant la


réhabilitation de sa première molaire maxillaire droite. Elle ne souhaitait pas de solution impliquant
une intervention chirurgicale trop importante et se refusait à la solution implantaire pour des raisons
économiques. Un bridge collé cantilever est proposé à la patiente.

Situation clinique : la 15 présente une couronne en métal bien adaptée qui sera donc laissée
en place. La 17 est porteuse d’une restauration au composite sur les faces mésio-occlusales avec
toutefois une surface amélaire suffisante et une hauteur permettant la réalisation d’une connectique
solide. Les contextes occlusal et parodontal sont favorables à la réalisation d’un BCCP en utilisant la
17 en tant que pilier.

La restauration au composite présente sur 17 fut déposée au moment de la préparation pour


être englobée dans la surface de l’ailette. La pièce fut réalisée en zircone 3Y-TZP et le collage au
Panavia V5, selon les recommandations du fabricant.

Figure 31 (a,b,c,d) : mise en évidence de l’anatomie de la pièce réalisée (a,b,c). Thérapeutique mise en place (d)
(Dr Clappe Lorraine).

63
4.2 Remplacement d’une 15 avec appui sur 16

Patiente de 72 ans, souhaitant le remplacement de la 15 absente. Les 14 et 24 avaient été


extraites au cours d’un traitement orthodontique, la 15 récemment pour raisons parodontales. La
situation parodontale a été préalablement stabilisée et ne contre-indique donc pas le choix de la
thérapeutique. La solution implantaire, imposait un sinus lift que la patiente ne souhaitait pas réaliser.

Situation clinique : L’espace d’édentement est assez large, supérieur à celui d’une unique
prémolaire. La 16 est donc l’unique dent support possible. Elle présente une restauration au
composite occluso-mésiale et un support parodontal assez diminué bien que la situation ait été
stabilisée. La patiente a été prévenue et a accepté la réalisation d’un bridge collé cantilever compte
tenu du contexte peu favorable.

Le choix s’est porté vers le remplacement à la forme de prémolaire, donner une forme de
molaire à l’intermédiaire aurait été inesthétique en brisant la symétrie du sourire de la patiente.
Compte tenu de l’importance de l’espace interdentaire, un point de contact ne peut pas être trouvé
entre l’ailette et la canine proximale à l’édentement. Les contacts occlusaux sur l’ailettes seront donc
complètement retirés pour éviter les sollicitations trop importantes pouvant entrainer un décollement
de la pièce.

Figure 32 (a,b) : radiographie rétro alvéolaire de la situation initiale. Situation initiale en occlusion.

64
Figure 33 (a,b) : Préparation, en vue vestibulaire (a). L’ancienne restauration présente en occluso-mésial a été
complètement déposée (b). vue occlusale, nous observons l’espace interdentaire important entre 16 et 13 (Marie
Elies et Dr Clappe Lorraine).

Figure 34 (a,b,c) : situation finale en vue vestibulaire de la restauration mise en place (a). Vue occlusale, il n’y a
pas de point de contact entre les 14 et 13 car l’espace d’édentement des 2 prémolaires n’a été remplacé que par
une seule (b). Photographie de face, la restauration s’intègre esthétiquement au sourire de la patiente (c) (Marie
Elies et Dr Clappe Lorraine).

65
4.3 Remplacement d’une 23 avec appui sur 24 et d’une 26 avec appui sur 27

Toutes les photographies sont issues de l’article des Dr Attal et Tirlet (Attal et al., 2023a, p. 4)

Patient de 54 ans, présentant un antécédent de chirurgie valvulaire contre-indiquant toute


thérapeutique implantaire. La demande initiale du patient est le remplacement de la 23 absente car
incluse. Par la suite, la 26 sera extraite pour des raisons parodontales, plan sur lequel le patient était
suivi en maintenance. Une proposition de deux bridges collés cantilevers sera faite pour le
remplacement de la 23 et de la 26.

Situation clinique de 23 : la 24 est exempte de restauration et présente une hauteur de face


proximale suffisante pour la préparation. L’encastrement avec la 34 est très fort ce qui nécessitera une
améloplastie afin de garantir une préparation intra-amélaire de la 24. Enfin l’espace d’édentement est
adapté à la restauration.

Situation clinique de 26 : la 27 présente une restauration partielle mais la surface d’émail


disponible est suffisante pour permettre la mise en place d’une ailette. Le support parodontal est plutôt
faible et l’espace d’édentement est très haut, éléments défavorables à la réalisation du traitement. Le
patient est cependant prévenu préalablement des risques associés et souhaite tout de même réaliser
la thérapeutique proposée.

Figure 35 (a,b,c) : photographies issues de la première consultation, à l'échelle du visage, du sourire et dento-
gingivale (Dr Attal et Tirlet).

66
Figure 36 (a,b) : situation avant et après coronoplastie de la 34 pour permettre une préparation intra-amélaire de
la 24. La surface disponible à la réalisation de la connectique est indiquée dans le rectangle blanc et met en
évidence des dimensions suffisantes pour une infrastructure en zircone.

Figure 37 (a, b) : forme de contour de la préparation de la dent support du bridge (a). Pièce prothétique mise en
évidence sur le modèle en plâtre (b).

67
Figure 38 (a,b,c,d,e,f) : protocole de collage de la pièce. Coloriage de l’intrados (a) pour s’assurer d’un sablage
efficace (b). Après mise en place du champ opératoire, sablage puis mordançage 30 secondes à l’acide
orthophosphorique de la dent support (c) avant rinçage et séchage (d) et mise en place de l’adhésif. Mise en
place de la pièce avec le composite de collage à l’aide d’une clé de positionnement puis polymérisation sous
glycérine (e). Dépose du champ opératoire et retrait des excès de colle (f).

Figure 39 : équilibrage occlusal, les contacts sur l'intermédiaire sont allégés en occlusion statique et
complètement déchargés en occlusion dynamique pour laisser place à une fonction de groupe.

68
Figure 40 (a,b) : résultats à 1 an après la pose du bridge de 26-27 (2 ans après la pose du premier). Vue
radiographique (a), vestibulaire (b) et occlusale (c).

69
Conclusion

A la lumière des différentes données de la littérature compilées dans ce travail, nous pouvons
donner quelques éléments de synthèse sur le bridge collé cantilever postérieur et ses indications
cliniques.

A l’heure actuelle, le BCCP ne peut pas remplacer la thérapeutique implantaire. Cependant,


de nombreuses situations cliniques ne permettent pas de proposer une réhabilitation implantaire.
Ainsi, afin d’éviter des mises en forme trop délabrantes comme celles proposées par les architectures
de bridges traditionnels, le bridge collé cantilever constitue une solide alternative pour ces situations.

Le choix de la dent support de la pièce se fera après analyse complète du contexte endo-
buccal du·de la patient·e ; les parafonctions ou tout statut parodontal qui compromettraient la survie
de la thérapeutique doivent être pris en charge préalablement.

Concernant la dent support celle-ci doit présenter une surface d’émail sain d’au moins 30mm²
pour une mise en forme et un collage optimal. La préparation de la dent support doit être adaptée au
contexte occlusal et esthétique imposé par la situation dentaire, en prenant soin de se limiter à une
préparation intra amélaire. La pièce est réalisée en zircone 3Y-TZP, capable de résister aux forces
appliquées au niveau des molaires et prémolaires. Ce matériau impose une surface de connectique
de 9mm² et une épaisseur de l’ailette de 0.7mm, ainsi qu’un protocole de collage spécifique.

Actuellement les données prédictives estiment une durée de vie du traitement similaire à celle
des bridges traditionnels à deux piliers. Il ne s’agit pour l’heure que d’estimations puisqu’aucune étude
rétrospective ne présente de résultat au-delà de 6 ans.

D’autres solutions thérapeutiques alternatives à l’implantologie continuent d’apparaitre, avec


toujours comme objectif une efficacité améliorée pour une dégradation tissulaire de la dent support
minimale. C’est la cas de la dentisterie frugale qui propose un mode de restauration au composite
sans aucune préparation préalable (Staehle et al., 2021, 2015; Staehle, 2023). Tous ces progrès et
nouvelles technologies nous permettent d’être optimiste quant à la possibilité de proposer à tout
patient des solutions prothétiques durables et confortables.

70
Références bibliographiques

Alghauli MA, Wille S, Lehmann F, Kern M. Survival and debonding resistance of posterior
cantilever resin-bonded fixed dental prostheses for moderately and severely worn dentition during
thermomechanical loading. Dental Materials 2023. https://doi.org/10.1016/j.dental.2023.05.006.
Alraheam IA, Donovan T, Boushell L, Cook R, Ritter AV, Sulaiman TA. Fracture load of two
thicknesses of different zirconia types after fatiguing and thermocycling. The Journal of Prosthetic
Dentistry 2020. https://doi.org/10.1016/j.prosdent.2019.05.012.
Attal J-P, Coudray L, Micheau C, Tirlet G. Le bridge collé cantilever postérieur en céramique.
Partie 4. Rapport de cas : deux bridges collés cantilevers chez un patient avec contre-indication à
l’implantologie, 2023. L’Information Dentaire 31.
Attal J-P, François P, Boitelle P, Caussin E, Sailer I, Dursun É, et al. Le bridge collé cantilever
postérieur en céramique. Partie 3. Premières propositions de préparations et illustrations cliniques,
2023. L’Information Dentaire 24.
Attal J-P, Tirlet G. Le bridge collé cantilever postérieur en céramique. Partie 1. Premier cas
clinique présenté après 10 ans de recul clinique. 2022 L’Information Dentaire 9/10.
Attal J-P, Tirlet G, Caussin E, François P, Boitelle P, Sailer I, et al. Le bridge collé cantilever
postérieur en céramique. partie 2. Données biomécaniques et applications cliniques, 2022.
L’Information Dentaire 34.
Bartala M. Prothèse implantoportée unitaire et édentement unitaire postérieur : facteurs de
succès prothétiques, 2015. Réalités Cliniques 1.
Benalcázar-Jalkh EB, Bergamo ETP, Campos TMB, Coelho PG, Sailer I, Yamaguchi S, et al.
A Narrative Review on Polycrystalline Ceramics for Dental Applications and Proposed Update of a
Classification System. Materials 2023. https://doi.org/10.3390/ma16247541.
Beydoun K, Hussein J, Salame A. POWER OF CANTILEVER DESIGN IN THE
CONTEMPORARY ARCHITECTURE. APJ 2021. https://doi.org/10.54729/FOYA4768.
Boitelle P, Attal J-P, François P. Optimiser le collage des bridges cantilever 2023.
L'Information Dentaire 32
Botelho MG, Dyson JE, Mui THF, Lam WYH. Clinical audit of posterior three-unit fixed-
movable resin-bonded fixed partial dentures – A retrospective, preliminary clinical investigation.
Journal of Dentistry 2017. https://doi.org/10.1016/j.jdent.2016.12.003.
Botelho MG, Yon MJY, Mak KCK, Lam WYH. A randomised controlled trial of two-unit
cantilevered or three-unit fixed-movable resin-bonded fixed partial dentures replacing missing molars.
Journal of Dentistry 2020. https://doi.org/10.1016/j.jdent.2020.103519.
Carrilho E, Cardoso M, Marques Ferreira M, Marto CM, Paula A, Coelho AS. 10-MDP Based
Dental Adhesives: Adhesive Interface Characterization and Adhesive Stability—A Systematic Review.
Materials 2019. https://doi.org/10.3390/ma12050790.

71
Catros S, Piteu F, Fénelon M, Fricain J-C. Le tabac est-il une contre-indication à
l’implantologie ou l’implantologie une opportunité de sevrage tabagique ? 2023,L'Information Dentaire
5/6.
Ceinos R, François P, Ruitort R, Dursun É, Tirlet G, Attal J-P. Collage indirect en secteur
postérieur : protocoles et recommandations cliniques Les restaurations partielles collées. Partie 1 :
Préparation dentaire pour restauration partielle postérieure. 2023, L'Information Dentaire 32.
Chan AWK, Barnes IE. A prospective study of cantilever resin‐bonded bridges: An intial report.
Australian Dental Journal 2000. https://doi.org/10.1111/j.1834-7819.2000.tb00239.x.
Cheylan J-M, Archien C. Biocompatibilité des métaux, alliages et céramiques dentaires. 2005,
Réalités Cliniques 16.
Creugers NHJ, Kayser AF, Van’t Hof MA. A Seven-and-a-half-year Survival Study of Resin-
bonded Bridges. J Dent Res 1992. https://doi.org/10.1177/00220345920710111101.
De Kanter RJAM, Creugers NHJ, Verzijden CWGJM, Van’t Hof MA. A Five-year Multi-practice
Clinical Study on Posterior Resin-bonded Bridges. J Dent Res 1998.
https://doi.org/10.1177/00220345980770041401.
De March P, Vaillant-Corroy A-S, Wilk S. Il était une fois… le bridge collé en extension. 2021,
L'Information Dentaire 37.
Denry I, Holloway J. Ceramics for Dental Applications: A Review. Materials 2010.
https://doi.org/10.3390/ma3010351.
Denry I, Kelly J. State of the art of zirconia for dental applications. Dental Materials 2008.
https://doi.org/10.1016/j.dental.2007.05.007.
Dursun E, Attal J-P, Valtaud L, Belet M, François P. Intégration occlusale du bridge collé
cantilever postérieur en céramique. 2024 Biomatériaux Cliniques 9.
Edelhoff D, Sorensen JA. Tooth structure removal associated with various preparation designs
for anterior teeth. The Journal of Prosthetic Dentistry 2002. https://doi.org/10.1067/mpr.2002.124094.
Etienne O. Le cantilever céramique : et pourquoi pas l’ailette canine ? 2021, L’Information
Dentaire 37.
Fehrenbach J, Isolan CP, Münchow EA. Is the presence of 10-MDP associated to higher
bonding performance for self-etching adhesive systems? A meta-analysis of in vitro studies. Dental
Materials 2021. https://doi.org/10.1016/j.dental.2021.08.014.
Garling A, Busch R, Kern M. Replacement of Two Missing Adjacent Teeth with Two Single-
Retainer Resin-Bonded Fixed Dental Prostheses with Improved Proximal Design. Int J Prosthodont
2023. https://doi.org/10.11607/ijp.7711.
Gautam C, Joyner J, Gautam A, Rao J, Vajtai R. Zirconia based dental ceramics: structure,
mechanical properties, biocompatibility and applications. Dalton Trans 2016.
https://doi.org/10.1039/C6DT03484E.
Greenstein G, Cavallaro J. Failed dental implants : diagnosis, removal and survival of
reimplantations. The Journal of the American Dental Association 2014.
https://doi.org/10.14219/jada.2014.28.

72
Grenade C, De Pauw-Gillet M-C, Pirard C, Bertrand V, Charlier C, Vanheusden A, et al.
Biocompatibility of polymer-infiltrated-ceramic-network (PICN) materials with Human Gingival
Keratinocytes (HGKs). Dental Materials 2017. https://doi.org/10.1016/j.dental.2017.01.001.
Gresnigt MMM, Tirlet G, Bošnjak M, Van Der Made S, Attal J-P. Fracture strength of lithium
disilicate cantilever resin bonded fixed dental prosthesis. Journal of the Mechanical Behavior of
Biomedical Materials 2020. https://doi.org/10.1016/j.jmbbm.2019.103615.
Harada K, Raigrodski AJ, Chung K-H, Flinn BD, Dogan S, Mancl LA. A comparative evaluation
of the translucency of zirconias and lithium disilicate for monolithic restorations. The Journal of
Prosthetic Dentistry 2016. https://doi.org/10.1016/j.prosdent.2015.11.019.
Haute Autorité de Santé. Évaluation des prothèses plurales en extension (bridges cantilever)
et des prothèses plurales collées (bridges collés). 2016.

Haute Autorité de Santé. Prise en charge bucco-dentaire des patients à risque d’endocardite
infectieuse. 2024.

Hussey DL, Linden GJ. The clinical performance of cantilevered resin-bonded bridgework.
Journal of Dentistry 1996. https://doi.org/10.1016/0300-5712(95)00073-9.

Hwang D, Wang H-L. Medical Contraindications to Implant Therapy: Part II: Relative
Contraindications. Implant Dentistry 2007. https://doi.org/10.1097/ID.0b013e31803276c8.

Hwang D, Wang H-L. Medical Contraindications to Implant Therapy: Part I: Absolute


Contraindications : Implant Dentistry 2006. https://doi.org/10.1097/01.id.0000247855.75691.03.

Jacquot B, Lethuillier J, Fages M, Bennasar B, Felenc S, Raynal J, et al. Quelle zircone en


odontologie prothétique ? 2010 L'Information Dentaire 21.
Kern. Resin-Bonded Zirconia Bridges 2023.
https://www.aegisdentalnetwork.com/id/2023/03/resin-bonded-zirconia-bridges.
Kern, Knode, Strubb. The all-porcelain, resin-bonded bridge. Quintessence Int 1991.
Kern M. Bonding to oxide ceramics—Laboratory testing versus clinical outcome. Dental
Materials 2015. https://doi.org/10.1016/j.dental.2014.06.007.
Kern M, Gläser R. Single‐retainer all‐ceramic resin‐bonded fixed dental prostheses: Long‐term
outcomes in the esthetic zone. J Esthet Restor Dent 2023. https://doi.org/10.1111/jerd.13001.
Kern M, Gläser R. Cantilevered All‐Ceramic, Resin‐Bonded Fixed Partial Dentures: A New
Treatment Modality. J Esthet Restor Dent 1997;9. https://doi.org/10.1111/j.1708-8240.1997.tb00951.x.
Kern M, Wegner SM. Bonding to zirconia ceramic: adhesion methods and their durability.
Dental Materials 1998. https://doi.org/10.1016/S0109-5641(98)00011-6.
Kongkiatkamon S, Rokaya D, Kengtanyakich S, Peampring C. Current classification of
zirconia in dentistry: an updated review. PeerJ 2023. https://doi.org/10.7717/peerj.15669.
Kwon SJ, Lawson NC, McLaren EE, Nejat AH, Burgess JO. Comparison of the mechanical
properties of translucent zirconia and lithium disilicate. The Journal of Prosthetic Dentistry 2018.
https://doi.org/10.1016/j.prosdent.2017.08.004.

73
Lam WYH. Posterior two-unit cantilevered zirconia resin-bonded fixed partial dentures: A 3-
year prospective single-arm clinical trial. Journal of Dentistry 2024.
Lam WYH, Chan RST, Li KY, Tang KT, Lui TT, Botelho MG. Ten-year clinical evaluation of
posterior fixed-movable resin-bonded fixed partial dentures. Journal of Dentistry 2019.
https://doi.org/10.1016/j.jdent.2019.06.003.
Lee J, Lee JJB, Cha I, Park KR, Lee CG. Risk factor analysis of dental implants in patients
with irradiated head and neck cancer. Head & Neck 2022. https://doi.org/10.1002/hed.27080.
Lescaille G. Contre-indications en implantologie et attitudes concernant les patients à risque.
2020 Réalités Cliniques 31.
Liao Y, Gruber M, Lukic H, McLees J, Chen S, Boghosian A, et al. Survey of the mechanical
and physical behaviors of yttria-stabilized zirconia from multiple dental laboratories. JADA
Foundational Science 2023. https://doi.org/10.1016/j.jfscie.2022.100018.
Low JE. Bridge Work: Read before the Mississippi Valley Dental Society. Dent Regist 1886.
Mainjot A. Partie 1 - À la rencontre de céramiques pas comme les autres. 2018, Biomatériaux
Cliniques 3.
Mainjot A. Partie 2 - Restaurations émaillées ou monolithiques ? La quête de la résistance et
de la translucidité 2019 Biomatériaux Cliniques 4.
Martinez H, Davarpanah M, Missika P, Celletti R, Lazzara R. Optimal implant stabilization in
low density bone. Clinical Oral Implants Res 2001. https://doi.org/10.1034/j.1600-0501.2001.120501.x.
Massé L, Clark C, Betin S. Le bridge collé canin en vitrocéramique : on adhère ! 2023 Réalités
cliniques 35.
Mine A, Fujisawa M, Miura S, Yumitate M, Ban S, Yamanaka A, et al. Critical review about two
myths in fixed dental prostheses: Full-Coverage vs. Resin-Bonded, non-Cantilever vs. Cantilever.
Japanese Dental Science Review 2021. https://doi.org/10.1016/j.jdsr.2020.12.002.
Mourshed B, Samran Abdulaziz, Alfagih A, Samran Ahalm, Abdulrab S, Kern M. Anterior
Cantilever Resin‐Bonded Fixed Dental Prostheses: A Review of the Literature. Journal of
Prosthodontics 2018. https://doi.org/10.1111/jopr.12555.
Nagaoka N, Yoshihara K, Feitosa VP, Tamada Y, Irie M, Yoshida Y, et al. Chemical
interaction mechanism of 10-MDP with zirconia. Sci Rep 2017. https://doi.org/10.1038/srep45563.
Odman J, Grondahl K, Lekholm U, Thilander B. The effect of osseointegrated implants on the
dento-alveolar development. A clinical and radiographic study in growing pigs. The European Journal
of Orthodontics 1991. https://doi.org/10.1093/ejo/13.4.279.
Oh W, Anusavice KJ. Effect of connector design on the fracture resistance of all-ceramic fixed
partial dentures. The Journal of Prosthetic Dentistry 2002. https://doi.org/10.1067/mpr.2002.123850.
Olin PS, Hill EM, Donahue JL. Clinical evaluation of resin-bonded bridges: a retrospective
study. Quintessence Int 1991.
Passia N, Chaar MS, Kern M. Clinical outcome of posterior cantilever resin-bonded fixed
dental prostheses using two different luting agents. J Prosthodont Res 2023.
https://doi.org/10.2186/jpr.JPR_D_22_00033.

74
Perrin J. Les conséquences du non-remplacement des dents extraites ou absentes. 2021
L’Information Dentaire 32.
Piconi C, Maccauro G. Zirconia as a ceramic biomaterial. Biomaterials 1999.
https://doi.org/10.1016/S0142-9612(98)00010-6.
Pieger S, Salman A, Bidra AS. Clinical outcomes of lithium disilicate single crowns and partial
fixed dental prostheses: A systematic review. The Journal of Prosthetic Dentistry 2014.
https://doi.org/10.1016/j.prosdent.2014.01.005.
Regin, Mahdhaoui, Attal. Les couronnes tout céramique - Partie 2 - Quel choix dans le secteur
psotérieur ? 2020, Biomatériaux Cliniques 5.
Rochette AL. Attachment of a splint to enamel of lower anterior teeth. The Journal of
Prosthetic Dentistry 1973. https://doi.org/10.1016/0022-3913(73)90163-7.
Sailer I, Bonani T, Brodbeck U, Hammerle C. Retrospective Clinical Study of Single-Retainer
Cantilever Anterior and Posterior Glass-Ceramic Resin-Bonded Fixed Dental Prostheses at a Mean
Follow-up of 6 Years. Int J Prosthodont 2013. https://doi.org/10.11607/ijp.3368.
Sasse M, Kern M. Survival of anterior cantilevered all-ceramic resin-bonded fixed dental
prostheses made from zirconia ceramic. Journal of Dentistry 2014.
https://doi.org/10.1016/j.jdent.2014.02.021.
Sennerby L, Ödman J, Lekholm U, Thilander B. Tissue reactions towards titanium implants
inserted in growing jaws. A histological study in the pig. Clinical Oral Implants Res 1993.
https://doi.org/10.1034/j.1600-0501.1993.040202.x.
Shahi S, Özcan M, Maleki Dizaj S, Sharifi S, Al-Haj Husain N, Eftekhari A, et al. A review on
potential toxicity of dental material and screening their biocompatibility. Toxicology Mechanisms and
Methods 2019. https://doi.org/10.1080/15376516.2019.1566424.
Shaw MJ, Tay WM. Clinical performance of resin-bonded cast metal bridges (Rochette
bridges). A preliminary report. Br Dent J 1982. https://doi.org/10.1038/sj.bdj.4804824.
Staehle, Wohlrab T, Saure D, Wolff D, Frese C. A 6.5-year clinical follow-up of direct resin
composite buildups in the posterior dentition: Introduction of a new minimally invasive restorative
method. Journal of Dentistry 2015. https://doi.org/10.1016/j.jdent.2015.07.007.
Staehle, Sekundo C, Hieronymus H, Büsch C, Frese C. Replacing single missing teeth in the
posterior region using direct composite restorations: Survival and clinical quality. Journal of Dentistry
2021. https://doi.org/10.1016/j.jdent.2021.103754.
Staehle HJ. New Methods for Replacing Single Missing Teeth with Non-prep Bridges (NPBs) –
A Case Series. The Journal of Adhesive Dentistry 2023. https://doi.org/10.3290/j.jad.b4515555.
Système implantaire dentaire Straumann®. 2023.
Tamura Y, Tsubota K, Otsuka E, Endo H, Takubo C, Miyazaki M, et al. Dentin bonding:
Influence of bonded surface area and crosshead speed on bond strength. Dental Materials Journal
2011. https://doi.org/10.4012/dmj.2010-157.
Thoma DS, Sailer I, Ioannidis A, Zwahlen M, Makarov N, Pjetursson BE. A systematic review
of the survival and complication rates of resin‐bonded fixed dental prostheses after a mean

75
observation period of at least 5 years. Clinical Oral Implants Res 2017.
https://doi.org/10.1111/clr.13007.
Tirlet G, Attal J. Les bridges collés cantilever en vitrocéramique renforcée au disilicate de
lithium. 2015, Réalités Cliniques 26.
Wiegand A, Lechte C, Kanzow P. Adhesion to eroded enamel and dentin: systematic review
and meta-analysis. Dental Materials 2021. https://doi.org/10.1016/j.dental.2021.09.014.
Wong TL, Botelho MG. The fatigue bond strength of fixed-fixed versus cantilever resin-bonded
partial fixed dental prostheses. The Journal of Prosthetic Dentistry 2014.
https://doi.org/10.1016/j.prosdent.2013.07.004.
Yazigi C, Kern M. Clinical evaluation of zirconia cantilevered single-retainer resin-bonded fixed
dental prostheses replacing missing canines and posterior teeth. Journal of Dentistry 2022.
https://doi.org/10.1016/j.jdent.2021.103907.
Yazigi C, Kern M. Clinical evaluation of zirconia cantilevered single-retainer resin-bonded fixed
dental prostheses replacing missing canines and posterior teeth. Journal of Dentistry 2022.
https://doi.org/10.1016/j.jdent.2021.103907.
Ye Z, Ye H, Wu Y, Jiang Z, Yao H, Xu X, et al. Effect of bone mass density and alveolar bone
resorption on stress in implant restoration of free-end edentulous posterior mandible: Finite element
analysis of double-factor sensitivity. Annals of Anatomy - Anatomischer Anzeiger 2024.
https://doi.org/10.1016/j.aanat.2024.152210.
Yoshida T, Kurosaki Y, Mine A, Kimura-Ono A, Mino T, Osaka S, et al. Fifteen-year survival of
resin-bonded vs full-coverage fixed dental prostheses. Journal of Prosthodontic Research 2019.
https://doi.org/10.1016/j.jpor.2019.02.004.
Zhang Y, Lawn BR. Novel Zirconia Materials in Dentistry. J Dent Res 2018.
https://doi.org/10.1177/0022034517737483.

76
LEJAMTEL Malo

TITRE : Le Bridge collé cantilever postérieur en céramique dans les thérapeutiques contemporaines

RESUME :
Le bridge collé cantilever en céramique permet de s’affranchir des mises en forme, très délabrantes,
des bridges traditionnels dans les situations où la réhabilitation implantaire est impossible.
En secteur antérieur, cette thérapeutique est approuvée par l’HAS depuis 2016. Les conditions de
réalisation en secteur postérieur sont, quant à elles, de mieux en mieux décrites afin de mettre en
évidence les conditions idéales de réalisation d’une telle pièce.
La dent support doit présenter une surface d’émail saine d’au moins 30mm² et s’intégrer dans un
contexte occlusal stable. Le matériau le plus adapté est la zircone 3Y-TZP, il s’agit de la seule
céramique présentant des valeurs de résistance suffisantes pour supporter les contraintes occlusales
postérieures. La partie charnière de la pièce est la connectique, dont la section doit mesurer 9mm².
Enfin, la mise en place de la pièce doit suivre le protocole de collage propre aux céramiques en
zircone et utiliser un système adhésif contenant la molécule 10-MDP.
Les premières publications montrent d’excellents résultats à court terme et, bien qu’aucune étude
n’ait encore révélé de résultats à plus long terme, les données prédictives de survie sont très
encourageantes.

RUBRIQUE DE CLASSEMENT : Prothèse, dentisterie restauratrice et endodontie

MOTS-CLES : Zircone, disilicate de lithium, bridge collé, collage, CFAO, édentement postérieur

JURYS :

Président : Mr. Le Professeur Arbab-Chirani Reza


Assesseurs : Mme. La Docteure Chevalier-Herisset Valérie
Mr. Le Docteur Piver Bertrand
Mme. La Docteure Clappe Lorraine
Mr. Le Docteur Tirlet Gil

Vous aimerez peut-être aussi