0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
50 vues6 pages

Les Formes Poétiques: Formes Apparues Dès L'antiquité - Épopée

Transféré par

mstaymane
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
50 vues6 pages

Les Formes Poétiques: Formes Apparues Dès L'antiquité - Épopée

Transféré par

mstaymane
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Outils d’analyse

Les formes poétiques


Quelles sont les différentes formes poétiques que vous connaissez ? …………………………………………………………………………

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Pour écrire des poèmes, les auteurs peuvent se donner différentes contraintes en ce qui concerne la forme. Les
poètes ont souvent repris ou renouvelé d’anciennes formes mais ils ont aussi inventé de nouvelles formes. Voici
quelques exemples

 Formes apparues dès l’antiquité

- ÉPOPÉE : Long poème narratif qui célèbre les exploits d’un héros.
 Homère, Odyssée, VIIIe siècle av J-C

Dans l’Odyssée, Homère raconte les aventures d’Ulysse. Après la Guerre de Troie, il met 20 ans à retrouver son île
natale, Ithaque. Son périple est raconté sous la forme d’un long poème accompagné de musique (lyre) par l’aède.

- HYMNE : A l’origine, poème, chant en l’honneur d’un dieu. Chant, poème lyrique exprimant la joie,
l'enthousiasme, célébrant une personne, une chose.

 Alphonse de Lamartine, Harmonies poétiques et religieuses, « Hymne à la nuit », 1830

Ô Nuits, déroulez en silence


Les pages du livre des cieux ;
Astres, gravitez en cadence
Dans vos sentiers harmonieux ;
Durant ces heures solennelles,
Aquilons, repliez vos ailes,
Terre, assoupissez vos échos ;
Étends tes vagues sur les plages,
Ô mer ! et berce les images
Du Dieu qui t'a donné tes flots.

- ODE : Poème lyrique, (dans la poésie grecque, destiné à être chanté et accompagné de musique) composé de
strophes identiques par le nombre de vers et la mesure des vers.

 Pierre de Ronsard, « Mignonne allons voir si la rose… » , Les Odes, 1550

Mignonne, allons voir si la rose


Qui ce matin avait éclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
N'a point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,


Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Outils d’analyse
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,


Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté

ÉLÉGIE : Poème de longueurs inégales qui exprime la tristesse, la souffrance, la plainte.


 Alphonse de Lamartine, Méditations poétiques, « Le lac », 1820

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,


Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,


Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !
[…]
Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !
[…]
Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.
[…]

 Formes apparues au Moyen-âge et à la Renaissance

- ACROSTICHE : Poème dont les lettres initiales ou les premiers mots de chaque vers forment un mot ou un
message quand on les lit de haut en bas.

 Guillaume Apollinaire, « Maria », Le poète assassiné, 1916

Mon aimée adorée avant que je n'aille


Avant que notre amour triste défaille
Râle et meure ô m'amie une fois
Il faut nous promener tous les deux seuls dans les bois
Alors je m'en irai plus heureux que les rois

- BLASON : Court poème faisant l’éloge d’une partie du corps.


 Mellin de Saint-Gelais, « Blason de l'œil », 1547

Œil attrayant, œil arrêté,


Outils d’analyse
De qui la céleste clarté
Peut les plus clairs yeux éblouir,
Et les plus tristes éjouir
Œil, le seul soleil de mon âme,
De qui la non visible flamme
En moi fait tous les changements
Qu'un soleil fait aux éléments,
Disposant le monde par eux
À temps froid ou à chaleureux,
A temps pluvieux ou serein,
Selon qu'il est proche ou lointain.

SONNET: Poème à forme fixe composé de 14 vers répartis en deux quatrains (=strophe de 4 vers) et deux tercets
(=strophe de 3 vers). Le schéma des rimes est précis :
- Sonnet à la française : ABBA ABBA CDC EDE.
- Sonnet à l’italienne : ABBA ABBA CCD EED
La fin du sonnet est souvent une chute, une fin surprenante.

 Arthur Rimbaud, « Le dormeur du val », Les cahiers de Douai, 1870

C'est un trou de verdure où chante une rivière


Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil de la montagne fière,
Luit : C'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,


Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme


Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;


Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 Formes modernes développées au XIXe et XXe siècles

- POÈME EN PROSE : C’est Baudelaire qui définit le mieux ce genre nouveau : « Une prose poétique, musicale,
sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux
ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience. » Le poème en prose n'a pas de vers ni de rimes finales.

 Francis Ponge, « Le Pain », Le Parti pris des choses, 1942

« Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou
fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit
ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en
devient friable... »
Outils d’analyse
- POÈME EN VERS LIBRES : Le vers libre s’affranchit des contraintes de la poésie classique. Il s’appuie sur deux
procédés essentiels :
- L’effacement de la rime. Dans un poème en vers libres, la rime n’est plus systématique.
- Une métrique irrégulière. Le vers libre abandonne la métrique classique. Le nombre de syllabes de chaque vers
n’est plus régulier, ce qui donne au poème des rythmes nouveaux.

 Blaise Cendrars, Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France, 1913

« Et dans les trous


Les roues vertigineuses les bouches les voies
Et les chiens du malheur qui aboient à nos trousses
Les démons sont déchaînés
Ferrailles
Tout est un faux accord »

- CALLIGRAMME : Poème dont les mots forment un dessin en lien avec le texte.

 Guillaume Apollinaire, poèmes à Lou, 1915

- HAIKU : Poème d’origine japonaise très bref : 17 syllabes en 3 vers (en théorie 5-7-5)
 Paul Eluard, « La nouvelle revue française », 1920
Paysage de paradis
Nul ne sait que je rougis
Au contact d’un homme, la nuit

- CHANSON : Poème destiné à être mis en musique, composé de couplets et d’un refrain
 Choisissez votre chanson

Auteur : ……………………………………………………………………………………….
Titre : …………………………………………………………………………………………..
Outils d’analyse
EXERCICE 1 Quelles sont les formes de ces différents poèmes ?
1) « Marine », Arthur Rimbaud, Illuminations, 1886

Les chars d’argent et de cuivre – Forme poétique :………………………………………………………


Les proues d’acier et d’argent – Pourquoi ? ………………………………………………………………..
Battent l’écume, –
Soulèvent les souches des ronces. ………………………………………………………………………………….
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux, ……………………………………………………………………………………
Filent circulairement vers l’est,
Vers les piliers de la forêt, –
Vers les fûts de la jetée,
Dont l’angle est heurté par des tourbillons de lumière.

2) « Enivrez-vous », Baudelaire, Le Spleen de Paris, 1869 Forme poétique : …………………………………………………

Pourquoi ? ……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Il faut être toujours ivre. Tout est là : c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps
qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre
chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau,
à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle,
demandez quelle heure il est ; et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront : « Il est l'heure de
s'enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de
poésie ou de vertu, à votre guise.

3) « Heureux qui comme Ulysse », Joachim du Bellay, Les Regrets, 1558

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,


Ou comme celui-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d’usage et raison, Forme poétique : ……………………………………………………..
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! Pourquoi ? ………….………………………………………………………

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village ………………………………………………………………………………………


Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, ……………………………………………………………………………………….
Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,


Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,


Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

4) « La courbe de tes yeux », Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926

La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,


Un rond de danse et de douceur, Forme poétique : ………………………………………………………………………
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr, Pourquoi ? ………………………………………………………………………………..
Outils d’analyse
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu. ……………………………………………………………………………………………………

Feuilles de jour et mousse de rosée, …………………………………………………………………………………………………..


Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

Parfums éclos d'une couvée d'aurores


Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leurs regards.

EXERCICE 2 :
Quel poème selon vous n’appartient pas au genre poétique ? Pourquoi ?………………………………………………..

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Préjugé : poésie = des vers et des rimes → c’est par ellement vrai pour la poésie tradi onnelle (XVIe-XIXe siècle),
mais pas pour la poésie moderne (XIXe-XXe siècle). Un poème ne comporte pas obligatoirement des vers et des
rimes !

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un texte est considéré comme poétique ? ………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………

………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

EXERCICE 3 :
Atelier d’écriture poétique :

Choisir une forme entre acrostiche, sonnet, poème en vers libre, calligramme ou chanson et écrire un poème
original et personnel sur un thème qui vous inspire.

Vous aimerez peut-être aussi