Développements pour l'agrégation mathématique
Thèmes abordés
Développements pour l'agrégation mathématique
Thèmes abordés
de l'agrégation externe
de mathématiques
Romain GIUGE
Année 2012-2013
Ce document regroupe les développements que j'ai préparé pour les oraux de
l'agrégation externe de mathématiques. Mon travail n'a pas été de me restreindre
aux développements proprement dits. J'ai voulu aller plus loin en ajoutant à la suite
de chaque développement des compléments pouvant concerner, selon les cas, des
rappels de dénitions et de théorèmes utilisés dans le développement, des ajouts de
remarques, d'applications et d'exemples liés au développement. Le but recherché est
que chaque développement se suse à lui-même autant que possible, en permettant
d'élargir un peu son champ et éventuellement d'anticiper des questions du jury.
Un exemple parmi tant d'autres : dans le développement "Densité des fonctions
continues et nulle part dérivables" sont donnés des exemples de fonctions continues
et nulle part dérivables qu'il est bon d'avoir en tête lorsqu'on le présente.
J'adresse pour nir un grand remerciement à notre formidable club agrég de Lyon
pour cette super année de préparation : merci à Donatien Bénéat pour toutes ses
méthodes bizarres sorties de son esprit ou de livres que personne n'a jamais pensé
à emprunter ; à Abdelhakc Yakoub pour son rôle de délégué parfaitement réalisé
avec une belle organisation des évènements de notre promo de l'université Lyon 1 ; à
Nicolas Doyen pour notre course aux développements, pour ses 74 développements
uniquement d'algèbre dont on n'oubliera pas la longueur interminable de chacun,
et pour ses réponses précises à mes questions d'algèbre ; à Sa Sainte Omniscience
Guillaume Delon pour ses corrections, ses éclaircissements des documents de Nico-
las, et ses nombreux chocolats ; à Simon Boyer pour sa solution qui nous a tous
fait gagner des points aux écrits et son talent pour des présentations de leçons pé-
dagogiques, bien qu'interminables ; à Chloé Bourquard pour toutes les fois où elle
a bien voulu manger avec nous et pour les leçons pénibles qu'elle a dû présenter
dans l'année mais dont l'utilité a été certaine. Et merci à toute notre promo pour
l'ambiance formidable qu'on a eu cette année !
1 || Romain Giuge
Table des matières
1 Couplages 5
1.1 Leçons d'algèbre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Leçons d'analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2 Développements d'algèbre 16
2.1 Algorithme pour le calcul des facteurs invariants . . . . . . . . . . . . 17
2.2 Comptage de racines par les formes quadratiques . . . . . . . . . . . 22
2.3 Décomposition de Dunford . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.4 Décomposition polaire dans GLn (C) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.5 Décomposition QR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.6 Dénombrement des polynômes irréductibles sur un corps ni . . . . . 42
2.7 Dénombrement des solutions d'une équation diophantienne . . . . . . 46
2.8 Ellipse de Steiner et application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.9 Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q . . . . . . . . . . . 54
2.10 Méthode de Gauss-Seidel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
2.11 Quelques propriétés des homographies . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
2.12 Réduction des isométries d'un espace euclidien . . . . . . . . . . . . . 73
2.13 Simplicité de An . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
2.14 Sous-groupes compacts de GLn (R) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
2.15 Surjectivité de l'exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
2
Table des matières
3 || Romain Giuge
Table des matières
4 || Romain Giuge
Chapitre 1
Couplages
5
1.1. Leçons d'algèbre
6 || Romain Giuge
1.1. Leçons d'algèbre
7 || Romain Giuge
1.1. Leçons d'algèbre
8 || Romain Giuge
1.1. Leçons d'algèbre
â Surjectivité de l'exponentielle.
25. 154 - Sous-espaces stables d'un endomorphisme ou d'une famille d'endomor-
phismes en dimension nie. Applications.
â Réduction des isométries d'un espace euclidien.
â Décomposition de Dunford.
â Sous-espaces de dimension nie de C (R, C) stables par translations (stabilité
par l'endomorphisme de dérivation).
26. 155 - Endomorphismes diagonalisables en dimension nie.
â Théorème de Burnside.
â Décomposition de Dunford.
27. 156 - Exponentielle de matrices. Applications.
â Surjectivité de l'exponentielle.
â Théorème de Liapounov.
â Diérentielle d'une limite et application exponentielle.
28. 157 - Endomorphismes trigonalisables. Endomorphismes nilpotents.
â Théorème de Burnside.
â Décomposition de Dunford.
29. 158 - Matrices symétriques réelles, matrices hermitiennes.
â Méthode de Gauss-Seidel.
â Lemme de Morse.
â Décomposition polaire dans GLn (C).
â Points extrémaux de la boule unité de Mn (R).
30. 159 - Formes linéaires et hyperplans en dimension nie. Exemples et applica-
tions.
â Théorème de Cartan-Dieudonné.
â Théorème de Krein-Milman.
â Comptage de racines par les formes quadratiques.
â Théorème des extrema liés.
::::::::::::::::::::::::::::
9 || Romain Giuge
1.1. Leçons d'algèbre
32. 161 - Isométries d'un espace ane euclidien de dimension nie. Formes ré-
duites. Applications en dimensions 2 et 3.
â Réduction des isométries d'un espace euclidien.
â Théorème de Cartan-Dieudonné.
â Points extrémaux de la boule unité de Mn (R).
33. 162 - Systèmes d'équations linéaires. Opérations, aspects algorithmiques et
conséquences théoriques.
â Méthode de Gauss-Seidel.
â Décomposition QR.
34. 170 - Formes quadratiques sur un espace vectoriel de dimension nie. Ortho-
gonalité, isotropie. Applications.
â Comptage de racines par les formes quadratiques.
â Théorème de Liapounov.
â Lemme de Morse.
35. 171 - Formes quadratiques réelles. Exemples et applications.
â Comptage de racines par les formes quadratiques.
â Théorème de Liapounov.
â Lemme de Morse.
36. 180 - Coniques. Applications.
â Ellipse de Steiner et application.
â Théorème de Pascal.
37. 181 - Barycentres dans un espace ane réel de dimension nie, convexité.
Applications.
â Sous-groupes compacts de GLn (R).
â Théorème de Krein-Milman.
â Points extrémaux de la boule unité de Mn (R).
38. 182 - Application des nombres complexes à la géométrie.
â Ellipse de Steiner et application.
â Quelques propriétés des homographies.
39. 183 - Utilisation des groupes en géométrie.
â Quelques propriétés des homographies.
â Ellipse de Steiner et application (à adapter avec l'action du groupe ane).
40. 190 - Méthodes combinatoires, problèmes de dénombrement.
10 || Romain Giuge
1.2. Leçons d'analyse
11 || Romain Giuge
1.2. Leçons d'analyse
12 || Romain Giuge
1.2. Leçons d'analyse
13 || Romain Giuge
1.2. Leçons d'analyse
14 || Romain Giuge
1.2. Leçons d'analyse
15 || Romain Giuge
Chapitre 2
Développements d'algèbre
16
2.1. Algorithme pour le calcul des facteurs invariants
Etape 1. Si U = 0, n de l'algorithme.
Etape 2. Sinon, soit (i0 , j0 ) tel que ϕ(ui0 ,j0 ) = min{ϕ(ui,j ), ui,j 6= 0}. Permuter les
colonnes C1 et Cj0 puis les lignes L1 et Li0 an de placer ui0 ,j0 en haut à
gauche de U .
Etape 3. Traitement de la première colonne. Soit i = 2.
Etape 3.a. Eectuer la division euclidienne de ui,1 par u1,1 :
ui,1 = u1,1 q + ri avec ri = 0 ou ϕ(ri ) < ϕ(u1,1 ).
17 || Romain Giuge
2.1. Algorithme pour le calcul des facteurs invariants
Etape 5.a. S'il existe i1 > 2 et j1 > 2 tels que u1,1 ne divise pas ui1 ,j1 , ajouter la
colonne Cj1 à la colonne C1 et retourner à Etape 3.
Etape 5.b. Sinon, retourner à Etape 1. avec la matrice extraite U = (ui,j )26i6m .
26j6n
Comme on revient souvent en arrière, il n'est pas garanti que l'agorithme termine.
Cependant, il terminera car à chaque retour en arrière, ϕ(u1,1 ) décroît d'au moins
une unité, et comme ϕ est à valeur dans N, l'algorithme s'arrêtera au bout d'un
nombre ni d'étapes.
A chaque étape de l'algorithme, les opérations eectuées sont des opérations
élémentaires sur les lignes et les colonnes, d'où le résultat après traduction en termes
de matrices.
Unicité des di :
Pour U ∈ Mm×n (A), on note
Proposition. Soient U, U 0 ∈ Mm×n (A) deux matrices équivalentes. Alors pour tout
j ∈ [[1, min(m, n)]], on a
hΛj (U )i = hΛj (U 0 )i.
Démonstration. Supposons d'abord que U = P U 0 avec P ∈ GLm (A). Alors les lignes
de U sont combinaisons linéaires des lignes de U 0 . Par multilinéarité du déterminant,
un mineur de taille j de U est combinaison linéaire de mineurs de taille j de U 0 , et
ainsi hΛj (U )i ⊂ hΛj (U 0 )i. Comme on peut aussi écrire U 0 = P −1 U , on obtient de
même hΛj (U 0 )i ⊂ hΛj (U )i, d'où égalité.
De la même manière, si U = U 0 Q avec Q ∈ GLn (A), on a hΛj (U 0 )i = hΛj (U )i
(cette fois les colonnes de U sont combinaison linéaires des colonnes de U 0 ).
En rassemblant, si U = P U 0 Q, alors hΛj (U )i = hΛj (U 0 )i.
18 || Romain Giuge
2.1. Algorithme pour le calcul des facteurs invariants
Remarque. Les corps sont des anneaux euclidiens. En eet, la division euclidienne
dans un corps K s'écrit : pour tout (x, y) ∈ K × (K\{0}), x = (xy −1 )y + 0. Le reste
est toujours nul, donc on peut choisir n'importe quelle stathme ϕ.
Ainsi, lorsque A est un corps, l'algorithme aboutit à la matrice Jr : en réalité,
on a n'importe quel nombre non nul sur la diagonale pour i 6 s, et comme les di
sont donnés à des inversibles près, on peut mettre 1. L'algorithme fournit ainsi une
méthode de calcul du rang par opérations élémentaires.
Enn, la proposition donne la caractérisation du rang par les mineurs extraits :
le rang d'une matrice est égal au plus grand ordre d'un mineur non nul de cette
matrice.
U 0 = Diag(d1 , . . . , dr , 0, . . . , 0)
avec d1 | . . . |dr . Par conséquent, il existe une base (e1 , . . . , en ) de M et une base
(f1 , . . . , fs ) de N telles que Id(fi ) = di ei pour tout i 6 r et Id(fi ) = 0 pour tout
i > r. Comme Id(fi ) 6= 0, on a nécessairement r = s.
19 || Romain Giuge
2.1. Algorithme pour le calcul des facteurs invariants
1 1 0
Par le théorème précédent, il nous sut de calculer les facteurs invariants de
la matrice U = V − XI3 . Pour cela, d'après ce qui précède, on a deux méthodes :
appliquer l'algorithme ou calculer les PGCD des mineurs de taille 1, 2 et 3 de U .
Appliquer l'algorithme est très long et fastidieux, mais à l'issue, on aura également
les matrices P et Q : par exemple P est le produit des matrices des opérations
élémentaires qu'on aura eectué sur les lignes.
On va se contenter de calculer les PGCD des mineurs. On a directement Λ1 (U ) =
1. Le calcul plutôt simple des 9 mineurs de taille 2 donne Λ2 (U ) = X − 1. Enn, le
calcul du déterminant de U donne Λ3 (U ) = (X − 1)3 . Finalement, on obtient
d1 = Λ1 (U ) = 1
d2 = ΛΛ12 (U
(U )
)
=X −1
d3 = Λ3 (U ) = (X − 1)2 ,
Λ2 (U )
20 || Romain Giuge
2.1. Algorithme pour le calcul des facteurs invariants
Références :
Beck, Malick, Peyré - Objectif agrégation - Page 285 (algorithme), page 291
(théorème de la base adaptée), page 278 (théorème de structure), page 301
(théorème pour le calcul des invariants de similitude), page 319 (exercice de
mise en pratique).
21 || Romain Giuge
2.2. Comptage de racines par les formes quadratiques
Les si sont réels : en eet, on peut les calculer avec les formules de Newton qui
donneront une expression en fonction des polynômes symétriques élémentaires, eux-
mêmes fonction des coecients de P .
Pn−1
En notant lk (x) = αki xi , on obtient :
i=0
n n−1
! n−1 !! n
X X X j X
i
Q(x) = α k xi αk xj = lk (x)2 .
k=1 i=0 j=0 k=1
Les formes linéaires lk pour k ∈ [[1, r]] sont linéairement indépendantes sur C. En
eet, on écrit le déterminant de leurs r premières coordonnées dans la base duale
(e∗0 , . . . , e∗n−1 ) de la base canonique de Cn , sachant que lk = n−1
i=0 αk ei :
i ∗
P
1 ··· 1
α1 ··· αr
det
.. .
..
. ··· .
α1r−1 · · · αrr−1
22 || Romain Giuge
2.2. Comptage de racines par les formes quadratiques
On remarque maintenant que si αk n'est pas réel, alors αk fait aussi partie des ra-
cines de P et est diérent de αk . Quitte à réordonner, on suppose que α1 , . . . , αp sont
les racines réelles distinctes de P , et αp+1 , αp+1 , . . . , αp+c , αp+c ses racines complexes
distinctes (on a alors r = p + 2c). Il vient :
r p p+c
X X X 2
Q= mk lk2 = mk lk2 + mk lk2 + lk .
k=1 k=1 k=p+1
On note vk = lk +lk
2
et wk = lk −lk
2i
de sorte que les coecients de vk et wk soient réels.
On a alors :
2
lk2 + lk
− = vk2 . wk2
2
On en déduit une décomposition de Q sur R en somme de carrés de formes linéaires
réelles :
p p+c
X X
2
2mk vk2 − wk2 .
Q= mk lk +
k=1 k=p+1
et donc
bp+1 cp+1 bp+c cp+c
a1 l1 + · · · + ap lp + + lp+1 + · · · + + lp+c
2 2i 2 2i
bp+1 cp+1 bp+c cp+c
+ − lp+1 + · · · + − lp+c = 0.
2 2i 2 2i
En se rappelant que lp+i = lp+c+i (si on classe les lk dans le bon ordre), on a donc
obtenu une combinaison linéaire complexe non triviale des lk , 1 6 k 6 r, ce qui est
absurde car elles sont linéairement indépendantes sur C comme démontré ci-dessus.
Cette décomposition indique que la signature de Q est (p + c, c), qui vaut aussi
(s, t). Donc p = s − c = s − t est le nombre de racines réelles distinctes de P . Enn,
r = p + 2c = s − t + 2t = s + t est le nombre de racines complexes distinctes de
P.
23 || Romain Giuge
2.2. Comptage de racines par les formes quadratiques
On a montré que les (lk )16k6r sont indépendantes sur C, donc le rang de Q sur C
(i .e. en tant que forme quadratique sur C) vaut r : en eet, Q s'écrit comme somme
de carrés de r formes linéaires indépendantes. Si on note B(x, y) = 06i,j6n si+j xi yj
P
la forme polaire associée à Q (en tant que forme quadratique sur C), alors la matrice
de Q est (B(ei , ej ))06i,j6n−1 et est de rang r. Comme le rang d'une matrice ne dépend
pas du corps de base (car il correspond à l'annulation d'un déterminant extrait), le
rang de Q sur R vaut aussi r (en eet, (B(ei , ej ))06i,j6n−1 est également la matrice
de Q en tant que forme quadratique sur R). Enn, le rang de Q valant s + t, on
obtient r = s + t, d'où la deuxième armation du théorème.
appelés sommes de Newton. On a les relations suivantes entre les sommes de Newton
et les polynômes symétriques élémentaires :
Sk − Σ1 Sk−1 + · · · + (−1)k−1 Σk−1 S1 + (−1)k |{z}
k Σk = 0
ne pas
oublier
24 || Romain Giuge
2.2. Comptage de racines par les formes quadratiques
xki − σ1 xk−1
i + · · · + (−1)n σn xk−n
i = 0.
Ensuite,
! n
!
X X X X
σ2 Sk−2 = xi xj xk−2
l = xi xjk−1 + xi xj xk−2
l .
i<j l=1 i6=j i<j
l6=i,j
25 || Romain Giuge
2.2. Comptage de racines par les formes quadratiques
Remarque. Sur un corps de caractéristique nulle (il faut pouvoir diviser par les
entiers), on peut inverser facilement le système triangulaire donné par les n premières
égalités. On peut ainsi exprimer les sommes de Newton en fonction des polynômes
symétriques élémentaires, et donc aussi en fonction des coecients de P .
Théorème. Soit Q une forme quadratique sur E de dimension nie. Il existe des
formes linéaires l1 , . . . , lk sur E , linéairement indépendantes, telles que :
Q = l12 + · · · + lm
2 2
− lm+1 − · · · − lk2 .
26 || Romain Giuge
2.2. Comptage de racines par les formes quadratiques
Pn b1,j
où Q2 est homogène de degré 2 en x3 , . . . , xn . On pose alors r1 = x1 + j=3 a
xj
b
et r2 = x2 + nj=3 2,j xj . On obtient
P
a
Q = ar1 r2 + Q3
Corollaire. Il existe une base de E dans laquelle la matrice de Q est diagonale avec
des 1, −1 et 0 sur la diagonale. On dit que la matrice de Q dans cette base est
diagonale normalisée.
Théorème. Soit Q une forme quadratique sur E de dimension nie. Soit B une base
dans laquelle la matrice A de Q soit diagonale normalisée. Soient a le nombre de
coecients +1 dans A et b le nombre de coecients −1. Alors (a, b) est la signature
de Q. En particulier, a et b ne dépendent pas de la base choisie.
Démonstration. Soit (α, β) la signature de Q. On sait que Q est dénie positive sur
le sous-espace de E engendré par les vecteurs e de la base pour lesquels Q(e) = +1.
Ce sous-espace est de dimension a. On a donc α > a. D'autre part, Q est négative
sur le sous-espace F engendré par les autres vecteurs de la base (les vecteurs e pour
lesquels Q(e) = −1 ou 0). Soit G un sous-espace de E de dimension α sur lequel Q
est dénie positive. Si α > a, alors dim(G) + dim(F ) > dim(E). Par la formule de
Grassmann, cela implique que dim(G ∩ F ) > 0. Il existe donc x ∈ F ∩ G, x 6= 0.
Mais comme x ∈ F , Q(x) 6 0, et comme x ∈ G et x 6= 0, Q(x) > 0, ce qui est
impossible. On a donc α = a. En appliquant ce résultat à la forme quadratique −Q,
on obtient aussi β = b.
Références :
Gantmacher - Théorie des matrices, tome 2 - Page 199.
27 || Romain Giuge
2.3. Décomposition de Dunford
Qi , ils sont donc premiers entre eux dans leur ensemble. Par l'identité de Bézout, il
existe U1 , . . . , Ur ∈ K[X] tels que U1 Q1 + · · · + Ur Qr = 1, ce qui implique
p1 + · · · + pr = Id. (∗)
Théorème (Décomposition de Dunford). Soit f ∈ L(E) tel que son polynôme ca-
ractéristique Pf soit scindé sur K . Alors il existe un unique couple (d, n) ∈ K[f ]2
avec d diagonalisable et n nilpotent tels que f = d + n et d ◦ n = n ◦ d.
Démonstration. On écrit Pf = (X − λ1 )m1 . . . (X − λr )mr et on note Fi = Ker((f −
λi Id)mi ). Alors d'après la proposition précédente, E = F1 ⊕ · · · ⊕ Fr . On dénit d
et n sur les Fi en posant d|Fi = λi IdFi et n|Fi = f − λi IdFi . Alors n|Fi est nilpotent
28 || Romain Giuge
2.3. Décomposition de Dunford
d'indice mi et n est nilpotent d'indice m = maxi (mi ). Sur chaque Fi , di est une
homothétie donc d ◦ n = n ◦ d. Si on note pi le projecteur sur Fi parallèlement à
F1 ⊕ · · · ⊕ Fi−1 ⊕ Fi+1 ⊕ · · · ⊕ Fr , alors d = λ1 p1 + · · · + λr pr et d est un polynôme
en f car les pi le sont. Enn, n = f − d est aussi un polynôme en f . On a prouvé
l'existence du couple (d, n) demandé.
dans K(X) :
r X ri
1 X xi,j
= .
P i=1 j=1
(X − λi )j
r
1 X Ui
= .
P i=1
(X − λi )ri
29 || Romain Giuge
2.3. Décomposition de Dunford
Les relations sur les pi (i.e. p2i = pi et pi ◦ pj = 0) entraînent dp = ri=1 λpi pi . Donc
P
∞ ∞
r
! r
p p
X d X X λ i
X
ed = = pi = eλi pi .
p=0
p! i=1 p=0
p! i=1
D'autre part,
∞ i −1
r m
!
X np X X (f − λi Id)p
en = = pi .
p=0
p! i=1 p=0
p!
On en déduit, toujours grâce aux relations sur les pi ,
i −1
r m
!
X X (f − λi Id)p
ef = ed en = e λi pi .
i=1 p=0
p!
−1 4 0
−3 −4 7
et
3 4 −6
p2 = (M − 2I3 )2 = 3 4 −6 .
3 4 −6
Ainsi
M λ1 1
e =e I3 + (M − λ1 I3 ) p1 + eλ2 p2 = e2 (M − I3 )p1 + e3 p2 .
1!
30 || Romain Giuge
2.3. Décomposition de Dunford
On montre par récurrence que Q0 (xn ) est inversible dans A (la suite est alors bien
dénie) et Q(xn ) ∈ (Q(xn )2 ). Comme P divise QPPCM(αi ) , Q(x) est nilpotent dans
n
Références :
Gourdon - Algèbre - Page 192.
31 || Romain Giuge
2.4. Décomposition polaire dans GLn (C)
t t
AA X = t AXAX = kAXk2 > 0,
X
32 || Romain Giuge
2.4. Décomposition polaire dans GLn (C)
Donc pour tout i, j , |pij | 6 1, et donc Un est borné par 1 au sens de la norme dénie
par kP k = sup |pij | (toutes les normes sont équivalentes sur Mn (C) de dimension
nie).
Par compacité de Un , il existe une sous-suite (Uϕ(p) ) de (Up ) qui converge vers
U ∈ Un . Par conséquent :
0
33 || Romain Giuge
2.4. Décomposition polaire dans GLn (C)
Enoncé du théorème adapté pour la leçon Exemples d'actions de groupes sur les
espaces de matrices :
Théorème. On considère l'action de groupe suivante sur Mn (C) :
ϕ : Un × Mn (C) −→ Mn (C)
(U, M ) 7−→ U M.
Ox = {g.x, g ∈ G}.
34 || Romain Giuge
2.4. Décomposition polaire dans GLn (C)
ϕ : Hn++ −→ Hn++
√ .
H 7−→ H
−1
Φ−1 (M ) = M ϕ t M M , ϕ tM M .
Proposition. Si A est symétrique réelle, toutes ses valeurs propres sont réelles.
Démonstration. Soit λ ∈ C une racine complexe du polynôme caractéristique de A.
Il existe un vecteur colonne X 6= 0 tel que AX = λX . On a d'une part :
t
XAX = t XAX = t XλX = λ t XX,
car A est symétrique. Mais si on écrit t X = (z1 , . . . , zn ), alors t XX = ni=1 |zi |2 > 0
P
35 || Romain Giuge
2.4. Décomposition polaire dans GLn (C)
car u est symétrique pour la première égalité. Donc u(x) ∈ F . On applique ensuite
l'hypothèse de récurrence à u|F qui est toujours symétrique.
H = P DP −1
avec D diagonale réelle. On note P = (pij ), i .e. εi = nk=1 pki ek pour tout i. Alors
P
Références :
Gourdon - Algèbre - Page 249.
Mneimné et Testard - Introduction à la théorie des groupes de Lie classiques -
Page 19 (pour l'homéomorphisme).
Serre - Les matrices (pour l'homéomorphisme et l'application).
36 || Romain Giuge
2.5. Décomposition QR
2.5 Décomposition QR
On note Tn++ le groupe des matrices triangulaires supérieures de Mn (C) dont
tous les coecients diagonaux sont strictement positifs. On note aussi Un le groupe
des matrices de Mn (C) unitaires, i .e. les M telles que t M M = In .
Théorème. Pour tout A ∈ GLn (C), il existe un unique couple (Q, R) ∈ Un × Tn++
tel que A = QR. De plus, cette factorisation permet de résoudre le système Ax = b.
Démonstration. Nous ne montrerons que l'existence. Voir les suppléments plus bas
pour l'unicité.
Soit A ∈ GLn (C) dont on note a1 , . . . , an ses vecteurs colonnes qui forment une
base de Cn . Appliquons le procédé d'orthonormalisation de Gram-Schmidt. On pose
q1 = kaa11 k . On construit les vecteurs qj pour j > 2 par la formule de récurrence de
Gram-Schmidt :
j−1
wj X
qj = avec wj = aj − (qk , aj )qk ,
kwj k k=1
On note (qi,j )16i6n les composantes du vecteur qj et (ai,j )16i6n celles du vecteur aj .
Alors
q1,1 . . . q1,n r1,1 . . . r1,n j
!
. .. .. . .
.. X
.
. . . . . = qi,k rk,j = (aij )i,j = A,
k=1 i,j
qn,1 . . . qn,n 0 . . . rn,n
| {z }| {z }
=Q =R
et on a bien R ∈ Tn++ .
37 || Romain Giuge
2.5. Décomposition QR
Cependant, sur ordinateur, la propagation d'erreurs d'arrondis fait que les vec-
teurs qi calculés ne sont pas forcément linéairement indépendants, donc en particulier
pas orthogonaux. Cela empêche donc la matrice Q d'être exactement orthogonale.
Ces instabilités numériques sont dues au fait que la procédure d'orthonormalisation
produit des valeurs très petites, ce qui pose problème en arithmétique à virgule ot-
tante (i .e. l'arithmétique des nombres réels sur ordinateur où tout réel est représenté
par un nombre ni de bits). Il convient alors de recourir à une version plus stable
de l'algorithme, appelée procédé de Gram-Schmidt modié.
La modication consiste tout simplement en un réordonnancement des calculs
de façon à ce que dès qu'un vecteur de la base orthonormée est obtenu, tous les
vecteurs restants à orthonormaliser lui soient rendus orthogonaux. Les deux versions
de Gram-Schmidt sont mathématiquement équivalentes, mais la version modiée est
préférable à la première lorsque les calculs sont eectués sur ordinateur.
38 || Romain Giuge
2.5. Décomposition QR
39 || Romain Giuge
2.5. Décomposition QR
vtv
H(v) = In − 2 t .
vv
On pose de plus H(0) = In , ce qui permet de considérer la matrice identité comme
une matrice de Householder.
40 || Romain Giuge
2.5. Décomposition QR
Démonstration. Commençons par montrer que Tn++ ∩Un = {In }. Il est clair que In ∈
Tn++ ∩ Un . Réciproquement, soit M ∈ Tn++ ∩ Un . Alors M = (mij ) est triangulaire
supérieure (i .e. mij = 0 si i > j ) avec mii > 0 et M t M = In . On a donc :
Xn
M tM = mik mjk = In .
k=max(i,j)
i,j
En prenant j = n, on trouve nk=n mik mnk = min mnn = 0 pour tout i < n, ce qui
P
pour tout i < n − 1, ce qui implique mi,n−1 = 0 pour tout i < n − 1. On recommence
jusqu'à j = 1 et on obtient nalement que tous les coecients non diagonaux sont
nuls. Comme les coecients diagonaux sont des réels > 0 tels que |mii |2 = 1, on en
déduit M = In .
Soient maintenant (Q1 , R1 ) et (Q2 , R2 ) ∈ Un × Tn++ tels que A = Q1 R1 = Q2 R2 .
Alors Q−1
2 Q1 = R2 R1 . Or Q2 Q1 ∈ Un et R2 R1 est triangulaire supérieure avec
−1 −1 −1
Q−1
2 Q1 ∈ Un ∩ Tn
++
et R2 R1−1 ∈ Un ∩ Tn++ .
Références :
Filbet - Analyse numérique, algorithme et étude mathématique - Exercice 1.5
page 49, solution page 55.
Legendre - Méthodes numériques, Introduction à l'analyse numérique et au cal-
cul scientique - Cours PDF daté de 2009/2010 (pour Gram-Schmidt modié,
les algorithmes et les complexités).
Ciarlet - Introduction à l'analyse numérique matricielle et à l'optimisation -
Les nombres d'opérations y sont aussi.
41 || Romain Giuge
2.6. Dénombrement des polynômes irréductibles sur un corps ni
et
1 X n d
Nq (n) = µ q ,
n d
d|n
fois
| {z }
k
n
Ainsi α est racine de X q − X et P divise ce polynôme car ses racines sont simples
(c'est un polynôme irréductible sur un corps ni, et tout corps ni est parfait, donc
P est séparable).
Si on prend un autre polynôme Q ∈ Iq (d0 ) avec d0 un diviseur de n, alors Q divise
n
aussi X q − X , et les deux polynômes P et Q étant irréductibles, leur produit P Q
n
divise X q − X .
Finalement :
n
Y Y
P divise X q − X .
d|n P ∈Iq (d)
n
Réciproquement, soit P ∈ Fq [X] un facteur irréductible de X q − X de degré
n
d > 1. Soit α ∈ Fqn une racine de P (X q − X est scindé sur Fqn , donc P aussi).
Alors
[Fqn : Fq (α)][Fq (α) : Fq ] = n.
42 || Romain Giuge
2.6. Dénombrement des polynômes irréductibles sur un corps ni
Or [Fq (α) : Fq ] = deg(P ) = d car P est irréductible sur Fq , c'est donc le polynôme
minimal de α sur Fq . Ceci prouve que d divise n.
n
On vient donc de montrer que tout facteur irréductible de X q − X est un
polynôme de Iq (d) avec d un diviseur de n. Il existe donc des polynômes deux à
deux distincts Qi dans Iq (di ) avec di un diviseur de n et des entiers αi > 1 tels que
n
Y
Xq − X = Qαi i .
i
n
Montrons maintenant que X q − X est sans facteur carré dans Fq [X]. Supposons
n
par l'absurde que ce polynôme admet un facteur carré : on écrit X q − X = Q2 P
n
avec P, Q ∈ Fq [X]. En dérivant, on obtient q n X q −1 − 1 = 2QQ0 P + Q2 P 0 . Comme
q n = 0 dans Fq , on en déduit que Q divise le polynôme constant −1. Donc Q est
constant, ce qui est absurde. Ceci montre que pour tout i, αi = 1, et enn :
!
n
Y Y Y
Xq − X = Qi divise P.
i d|n P ∈Iq (d)
Pour calculer Nq (n), on passe au degré dans cette dernière égalité polynomiale :
X
qn = dNq (d).
d|n
On introduit alors les fonctions arithmétiques f et g dénies par f (n) = nNq (n) et
g(n) = q n pour n ∈ N∗ . La formule précédente s'écrit :
X
g(n) = f (d) = f ∗ 1l(n).
d|n
f = g ∗ µ,
soit encore
1 X n d
Nq (n) = µ q .
n d
d|n
43 || Romain Giuge
2.6. Dénombrement des polynômes irréductibles sur un corps ni
Remarque. Si on pose rn = n
q d , alors :
P
d|n µ d
d6=n
bX
2c
n
q b 2 c+1 − q
n
d
|rn | 6 q = .
d=1
q−1
On en déduit :
q n + rn qn qn
Nq (n) = ∼ = .
n n→∞ n logq (q n )
On peut faire l'analogie avec le nombre π(n) de nombres premiers inférieurs à n :
n
π(n) ∼ .
n→∞ ln(n)
Remarque. On obtient une autre démonstration de l'existence d'un corps à pn élé-
ments avec n ∈ N∗ : avec r = 1, le dénombrement des polynômes irréductibles sur
Fq pour q = pr = p montre que
avec rn déni comme dans la remarque précédente (la fonction µ peut être négative).
Or |rn | < pn , donc Np (n) 6= 0. Il existe donc P irréductible de degré n dans Fp [X].
Alors K = Fp [X]/(P ) est un corps (car P est irréductible), de cardinal pn car K est
un Fp -espace vectoriel de dimension n.
Remarque. Le corps Fp est un sous-corps de Fq (c'est son sous-corps premier, i .e.
plus petit sous-corps inclu dans Fq ). En eet, la caractéristique d'un corps ni est
nécessairement un nombre premier (plus petit entier n tel que n1 = 0), donc en
notant ϕ : Z → Fq , n 7→ n1, alors Ker(ϕ) = pZ, si bien que Z/pZ = Fp ∼ = Im(ϕ) ⊂
Fq , d'où Fp ⊂ Fq . Ensuite Fp est un corps premier : si k est un sous-corps de Fp , en
particulier k est un sous-groupe additif de Fp , donc le cardinal de k divise celui de
Fp (théorème de Lagrange), qui vaut p, donc k = {0} ou Fp . Comme 1 ∈ K , on a
donc k = Fp .
Si P est un polynôme de Fp [X] irréductible dans Fq [X], il est irréductible dans
Fp [X]. En eet, si P = QR avec Q, R ∈ Fp [X], alors P, Q, R ∈ Fq [X], et donc Q ou
R est de degré 0.
µ : N∗ −→
{−1, 0, 1}
1 si n = 1,
n 7−→ 0 si n a un facteur carré,
(−1)r sinon, où r est le nombre de facteurs premiers de n.
44 || Romain Giuge
2.6. Dénombrement des polynômes irréductibles sur un corps ni
Références :
Francinou et Gianella - Exercices de mathématiques pour l'agrégation, Algèbre
1 - Page 189.
45 || Romain Giuge
2.7. Dénombrement des solutions d'une équation diophantienne
∞
r
! r ∞
!
Y X Y X
F (X) = X nαi = X n 1l{n∈αi N}
i=1 n=0 i=1 n=0
∞
!
X X
= X n1 1l{n1 ∈α1 N} . . . X nr 1l{nr ∈αr N}
n=0 n1 +···+nr =n
∞
!
X X
= X n1 α1 . . . X nr αr
n=0 n1 α1 +···+nr αr =n
∞
! ∞
X X X
n
= 1 X = sn X n .
n=0 n1 α1 +···+nr αr =n n=0
46 || Romain Giuge
2.7. Dénombrement des solutions d'une équation diophantienne
1 1
(n + 1) . . . (n + k − 1) n+k = O nk−1
(k − 1)! ω
car |ω| = 1. Donc pour tout k < r, c'est un O (nr−2 ), soit encore un o (nr−1 ). On
en déduit que dans l'expression de sn , les contributions des (ω−X)
1
k sont négligeables
nr−1
sn ∼ a1,r .
n→∞ (r − 1)!
Il ne reste plus qu'à calculer a1,r . On a
r r
Y 1−X Y 1
(1 − X)r F (X) = αi
= αi −1
.
i=1
1 − X i=1
1 + X + · · · + X
47 || Romain Giuge
2.7. Dénombrement des solutions d'une équation diophantienne
S1 T1 + · · · + Sr Tr = 1.
P P S1 T1 + · · · + P Sr Tr B1 Br
= = α1 + · · · + αr .
Q Q Q1 Qr
B1 B1,α1 A1,α1
α1 = α1 −1 + .
Q1 Q1 Qα1 1
B1 A1,1 A1,α
α1 = B1,1 + + · · · + α11 ,
Q1 Q1 Q1
Références :
Chambert-Loir - Analyse 1.
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Analyse 2 - Page 197.
Gourdon - Analyse.
48 || Romain Giuge
2.8. Ellipse de Steiner et application
j2 j c
car O étant!le centre de gravité de ABC , on a a + b + c = 0. D'autre part, comme
1 1
det 6= 0, ce système est de rang 2. Il existe donc un unique couple (α, β) ∈
j j2
C2 vériant les 3 équations. Si α = 0, alors le triangle ABC est l'image du triangle
IJK par la similitude indirecte z 7→ βz qui conserve les rapports de distances, il est
donc équilatéral comme IJK , ce qui est exclu. Donc α 6= 0, et de même β 6= 0.
Proposition. Les axes des foyers de l'ellipse de Steiner du triangle ABC sont les
deux racines carrées du nombre complexe αβ .
Démonstration. Soit C le cercle de Steiner du triangle équilatéral IJK . Comme f
−
→ −→
est une transformation ane bijective (car par exemple ϕ envoie la base (IJ, IK)
−→ −→
sur la base (AB, AC)), elle envoie C sur une conique C 0 = f (C) de même nature,
i .e. une ellipse. Comme les barycentres sont conservés par les applications anes,
les milieux des côtés du triangle IJK sont envoyés sur les milieux des côtés du
triangle ABC . En admettant que C 0 est tangente à chacun des côtés de ABC en
leurs milieux (voir plus bas la démonstration de l'existence de l'ellipse de Steiner),
par unicité de l'ellipse de Steiner, C 0 est l'ellipse de Steiner du triangle ABC .
Comme C est le cercle inscrit au triangle équilatéral IJK , c'est le cercle de centre
O et de rayon 12 (il passe par le milieu de JK qui est en z = − 12 ). Donc M ∈ C si
et seulement s'il existe t tel que l'axe de M dans (O, → −u ,→
−
v ) soit z = 21 eit . Donc
M 0 = f (M ) ∈ C 0 si et seulement s'il existe t tel que l'axe de M 0 dans (O, → −u ,→
−
v)
soit z = ϕ(z) = 2 (αe + βe ).
0 1 it −it
49 || Romain Giuge
2.8. Ellipse de Steiner et application
de F 0 est ϕ+ψ
2
+ π . Ensuite on note c = OF . Si N désigne un point de C sur la
médiatrice de [F F 0 ] (i .e. N est un sommet de l'ellipse sur son petit axe), alors on
a ON = |α|−|β|
2
, OF = c et N F = |α|+|β| 2
(le demi-grand axe, car par la dénition
|α|+|β|
bifocale, N F + N F 0 = 2 2 et comme N est sur la médiatrice, N F = N F 0 ). Par
le théorème de Pythagore, on a donc
2 2
2 |α| + |β| |α| − |β|
c = − = |αβ|.
2 2
carrées de αβ .
Application. Si Q = (X − a)(X − b)(X − c), alors les racines de Q0 sont les axes
des foyers de l'ellipse de Steiner du triangle ABC .
Démonstration. On a
Q = X 3 − (a + b + c)X 2 + (ab + bc + ca)X − abc.
50 || Romain Giuge
2.8. Ellipse de Steiner et application
= (1 + j + j 2 )α2 + (1 + j + j 2 )β 2 + 3αβ(j + j 2 )
= −3αβ,
car 1 + j + j 2 = 0. Donc
Q = X 3 − 3αβX − abc.
On obtient ainsi que Q0 = 3X 2 − 3αβ . Les racines de Q0 sont donc les racines de
X 2 − αβ , i.e. les deux racines carrées de αβ , qui sont les axes des foyers de l'ellipse
de Steiner de ABC d'après la proposition précédente.
Théorème. L'image d'une conique par une application ane bijective est une co-
nique de même nature.
Démonstration. Soit f une application ane bijective associée à une application
linéaire bijective ϕ. Soit (O, →
−
u ,→
−
v ) un repère. Alors les coordonnées du point M dans
(O, u , v ) sont les mêmes que les coordonnées de f (M ) dans (f (O), ϕ(→
→
− →
− −u ), ϕ(→
−
v ))
(qui est bien un repère puisque ϕ est bijective et donc conserve les bases). En eet,
par bijectivité de ϕ, on a l'équivalence
−−→ −−→ −−−−−−−→
OM = x→ −u + y→ −
v ⇐⇒ ϕ OM = f (O)f (M ) = xϕ(→ −u ) + yϕ(→
−
v ),
−−→ −−−−−−−→
où l'on a utilisé que ϕ M N = f (M )f (N ).
Ainsi, si C est une conique d'équation (E) dans (O, →−
u ,→−v ), alors son image
C = f (C) est dénie par la même équation dans (f (O), ϕ( u ), ϕ(→
0 →
− −
v )). Donc C 0 est
une conique de même nature que C .
Théorème. Pour tout triangle du plan, il existe une unique ellipse tangente à cha-
cun des côtés en leur milieu, appelée ellipse de Steiner.
Démonstration. Nous ne montrerons que l'existence, l'unicité est plus délicate.
Soit ABC un triangle non applati du plan ane. On note A0 , B 0 , C 0 les milieux
respectifs des segments [BC], [AC], [AB].
Comme les points A, B, C ne sont pas alignés, ils dénissent un repère du plan
ane. Si le triangle ABC est équilatéral, l'existence d'une ellipse répondant au
problème est évidente : il s'agit du cercle inscrit au triangle. L'idée est donc de se
ramener à un triangle équilatéral.
Soit A0 B0 C0 un triangle équilatéral. Il existe une unique bijection ane telle que
51 || Romain Giuge
2.8. Ellipse de Steiner et application
−−−→ −→ −−−→ −→
En eet, g est dénie par g(A0 ) = A, → −g (A0 B0 ) = AB et →−g (A0 C0 ) = AC , et on
note que → −
g est uniquement déterminée par l'envoi d'une base sur une base. Ainsi
par g , le triangle équilatéral A0 B0 C0 est envoyé sur le triangle ABC .
Comme les barycentres sont conservés par les applications anes, les milieux des
côtés du triangle A0 B0 C0 sont envoyés sur les milieux des côtés du triangle ABC .
De plus, l'image d'une conique par une application ane bijective reste une
conique de même nature. Donc g envoie le cercle inscrit C de A0 B0 C0 sur une ellipse
E.
Enn, une application ane est diérentiable, de diérentielle sa partie linéaire.
En eet, si M et N sont deux points, on a
−−→ −−→ −−→
g(M ) = g(N ) + →−g (N M ) = g(N ) + Dg(N ).N M + o kN M k ,
et donc Dg(N ) = → −
g . Par conséquent, si →
−
u est un vecteur directeur de la tangente
→
− →
−
en un point M de C , alors g ( u ) dirige la tangente à l'ellipse E au point g(M ).
Ainsi, comme la droite (A0 B0 ) est tangente à C en C00 le milieu de [A0 B0 ], on
−−−→ −−−−−−−→ −→
obtient que → −
g (A0 B0 ) = g(A0 )g(B0 ) = AB dirige la tangente à E en g(C00 ) = C 0 .
Donc la droite (AB) est tangente à E en C 0 . Le raisonnement est le même pour
les autres tangences. L'ellipse E est donc tangente au triangle ABC aux points
A0 , B 0 , C 0 .
M F + M F 0 = 2a ⇐⇒ (M F + M F 0 )2 = 4a2
⇐⇒ (x − c)2 + y 2 + (x + c)2 + y 2 + 2M F.M F 0 = 4a2
⇐⇒ 2x2 + 2y 2 + 2c2 + 2M F.M F 0 = 4a2
⇐⇒ M F.M F 0 = 2a2 − c2 − x2 − y 2
=⇒ (M F.M F 0 )2 = (a2 + b2 − x2 − y 2 )2
⇐⇒ (x2 − 2cx + c2 + y 2 )(x2 + 2cx + c2 + y 2 )
= (a2 + b2 − x2 − y 2 )2
⇐⇒ (x2 + y 2 + c2 )2 − 4c2 x2 = (a2 + b2 − x2 − y 2 )2
⇐⇒ (x2 + y 2 + c2 )2 − (a2 + b2 − x2 − y 2 )2 = 4c2 x2
⇐⇒ (a2 + b2 + c2 )(2x2 + 2y 2 + c2 − a2 − b2 ) = 4c2 x2
⇐⇒ 2a2 .2(x2 + y 2 − b2 ) = 4c2 x2
52 || Romain Giuge
2.8. Ellipse de Steiner et application
⇐⇒ a2 x2 + a2 y 2 − a2 b2 = c2 x2
⇐⇒ (a2 − c2 )x2 + a2 y 2 = a2 b2
⇐⇒ b2 x2 + a2 y 2 = a2 b2
x2 y 2
⇐⇒ 2 + 2 = 1.
a b
Il reste à prouver que l'implication au milieu est en fait une équivalence. A la n,
on obtient que nécessairement, x2 6 a2 et y 2 6 b2 , donc a2 + b2 − x2 − y 2 > 0 et on
a bien l'équivalence.
Références :
Deuxième composition du CAPES externe de 1990.
53 || Romain Giuge
2.9. Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q
Q(X p ) = P (X)R(X).
Or P et Q(X p ) sont unitaires, leurs contenus valent donc 1. D'où b = ±a (le contenu
est déni modulo Z∗ ), et donc R ∈ Z[X].
On projette l'égalité Q(X p ) = P (X)R(X) dans Fp . On écrit Q = ar X r + · · · + a0
avec ai ∈ Z. Alors comme ai = ai p pour tout i, on a :
Q(X p ) = ar X pr + · · · + a0
54 || Romain Giuge
2.9. Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q
= ar p X pr + · · · + a0 p
= (ar X r + · · · + a0 )p
= Q(X)p .
p
Soit S un facteur irréductible de P sur Fp . Puisque Q = P R, on obtient S divise
Q. Comme P Q divise Φn sur Q (on est toujours sous l'hypothèse P 6= Q faite plus
haut), il divise Φn sur Z (grâce aux contenus, de la même façon que P divise Q(X p )
2
sur Z), alors P Q divise Φn sur Fp , et donc S divise Φn sur Fp . On en déduit que
Φn a une racine double (dans un corps de rupture de S sur Fp ). Mais Φn n'a pas
de racine double : en eet, sinon, comme Φn divise X n − 1, ce polynôme aurait une
racine double. Ce n'est pas le cas puisque sa dérivée vaut nX n−1 ayant 0 pour seule
racine (car p et n sont premiers entre eux), et 0 n'est pas racine de X n − 1.
On a donc une absurdité qui nous permet de conclure que P = Q.
Soit ω 0 une racine primitive n-ième de 1. Alors il existe m premier avec n tel que
ω 0 = ω m . On écrit m = pα1 1 . . . pαr r avec pi ne divisant pas n. Par une récurrence sur
le nombre de facteurs premiers de m, on montre que ω 0 et ω ont même polynôme
minimal sur Q. En eet, ω et ω p1 ont même polynôme minimal d'après ce qui précède,
2
puis ω p1 et (ω p1 )p1 = ω p1 ont même polynôme minimal, etc... Donc P (ω 0 ) = 0 pour
toute racine primitive n-ième de 1, et par conséquent,
Φn divise P sur Q.
Remarque. Comme Φn est irréductible sur Q, que Φn ∈ Z[X] et que son contenu
vaut 1 (car il est unitaire), on en déduit que Φn est irréductible sur Z.
Proposition. On a : Y
Xn − 1 = Φd .
d|n
55 || Romain Giuge
2.9. Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q
Les ω k pour k ∈ [[0, n − 1]] étant deux à deux distincts, on en déduit que :
n−1
Y Y
n
X −1= (X − ω k ) divise Φd .
k=0 d|n
Or
Y X X
deg Φd = deg(Φd ) = ϕ(d) = n = deg(X n − 1).
d|n d|n d|n
c(P ) = PGCD(a0 , . . . , an ).
56 || Romain Giuge
2.9. Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q
Alors p divise ci0 +j0 (il divise tous les ck ) et p divise ai bj . Donc p divise
P
i+j=i0 +j0
i<i0 ou j<j0
ai0 bj0 , ce qui est absurde, car p étant irréductible, cela implique qu'il divise ai0 ou
bj0 . Finalement
c(P Q) = 1.
57 || Romain Giuge
2.9. Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q
(ii ) Si deg(P ) > 0, on a nécessairement c(P ) = 1 (on rappelle que le contenu est
déni modulo A∗ ). En eet, on aurait sinon P = c(P )Q avec c(P ) 6∈ A∗ et
Q ∈ A[X]. Comme P est irréductible et que c(P ) 6∈ A[X]∗ (car A[X]∗ = A∗ ),
on a Q ∈ A[X]∗ . Donc Q ∈ A∗ et alors deg(P ) = 0.
Il reste à montrer que P est irréductible dans K[X]. On écrit P = QR avec
Q, R ∈ K[X]. On peut écrire Q = ab Q2 et R = dc R2 avec Q2 , R2 ∈ A[X]
primitifs et a, b, c, d ∈ A. On a alors
bdP = acQ2 R2 .
xn = −an−1 xn−1 − · · · − a0 .
(Q2 − Q1 )P = (R1 − R2 ).
58 || Romain Giuge
2.9. Irréductibilité des polynômes cyclotomiques sur Q
Références :
Perrin - Cours d'algèbre - Page 83.
Gourdon - Algèbre - Page 91 (pour la dénition des polynômes cyclotomiques
et le fait qu'ils sont dans Z[X]).
59 || Romain Giuge
2.10. Méthode de Gauss-Seidel
ek+1 = xk+1 − x
= (M −1 N xk + M −1 b) − (M −1 N x + M −1 b)
= M −1 N ek .
60 || Romain Giuge
2.10. Méthode de Gauss-Seidel
pour tout i ∈ [[1, n]]. Soit i tel que |xi | = maxk |xk |. On suppose |λ| > 1. Alors :
n i−1
1 X X X
|λ||aii | = − aij xj − λ aij xj 6 |λ||aij |,
|xi | j=i+1 j=1 j6=i
ce qui donne |aii | 6 j6=i |aij | et contredit le fait que A est à diagonale strictement
P
d'où
1
ke0 k 6 kx0 − x1 k.
1 − kBk
Il vient alors
kBkk
kek k 6 kx1 − x0 k
1 − kBk
et il est facile de trouver un nombre d'itérations k de sorte que kek k 6 ε pour le
ε > 0 que l'on veut.
62 || Romain Giuge
2.10. Méthode de Gauss-Seidel
2 2 1
Pour la méthode de Jacobi, toutes les valeurs propres sont nulles, alors que pour
celle de Gauss-Seidel, on a 0, 0.35 et 5.64 > 1.
63 || Romain Giuge
2.10. Méthode de Gauss-Seidel
Donc n
kAxk∞ X
kAk∞ > = kAxk∞ > (Ax)k > max |aij |,
kxk∞ 16i6n
j=1
d'où le résultat.
64 || Romain Giuge
2.10. Méthode de Gauss-Seidel
On obtient alors
Soit la norme kBkA,ε = k(U Dδ )−1 B(U Dδ )k∞ pour B ∈ GLn (K). Cette norme vérie
bien kAkA,ε 6 ρ(A) + ε. Il reste à montrer que c'est une norme subordonnée. On a :
k(U Dδ )−1 B(U Dδ )xk∞ k(U Dδ )−1 Byk∞ kBykA,ε
kBkA,ε = sup = sup −1
= sup
x6=0 kxk∞ y6=0 k(U Dδ ) yk∞ y6=0 kykA,ε
Références :
Rombaldi - Analyse matricielle, cours et exercices résolus.
Filbet - Analyse numérique, algorithme et étude mathématique - Pages 38 à
47 (pour une autre méthode et des compléments).
65 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
Dans toute cette section, on se place dans le plan R2 que l'on identie à C.
On note H le groupe des homographies constitué des transformations de la forme
z 7→ az+b
cz+d
avec ad − bc 6= 0.
Enn, on note Ĉ = C ∪ {∞}.
Démonstration. Soit h : z 7→ .
Si c = 0, h est une similitude directe. Si c 6= 0,
az+b
cz+d
on décompose h en éléments simples :
a bc − ad 1
h(z) = + .
c c cz + d
66 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
a b b
+ 0
+ + c = 0,
z0z0 z z0
soit encore a + bz 0 + bz 0 + cz 0 z 0 = 0 qui est un pseudo-cercle car |b|2 > ac. De plus,
si z = 0 appartient au pseudo-cercle d'équation azz + bz + bz + c = 0, alors c = 0 et
l'ensemble obtenu après transformation est une droite à laquelle on ajoute le point
{∞}.
67 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
Mais ce dernier angle vaut (sD (u), sD (v)) car sD0 (u) = v et sD0 (v) = u.
68 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
−−→ !−1
k OM .u kuk2 −−→
= 1+2 + (OM + u)
OM 2 OM 2 OM 2
−−→ !
k −−→ k OM .u −−→
= OM + u−2 OM + o (kOM k) .
OM 2 OM 2 OM 2
On en déduit que
−−→ !
k OM .u −−→
Dϕ(M ).u = u−2 OM .
OM 2 OM 2
Donc Dϕ(M ) est la composée de la réexion par rapport à la droite vectorielle ortho-
gonale à OM et de l'homothétie de rapport OM k
2 . En particulier, Dϕ(M ) transforme
les angles orientés en leurs opposés car on a montré dans la proposition précédente
que les réexions renversent les angles orientés.
A présent, soient deux courbes planes se coupant en un point A. L'angle de
ces deux courbes est l'angle de leurs tangentes en A. Considérons les images de
ces courbes par une inversion dont le pôle n'est pas en A. Ce sont deux nouvelles
courbes qui se coupent en l'image A0 de A. Les tangentes en A0 à ces deux courbes
sont les images des tangentes en A aux deux courbes d'origine par la diérentielle de
l'inversion utilisée. En particulier, l'angle des courbes images est l'opposé de l'angle
des courbes de départ.
69 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
Pour la simple 3-transitivité, il sut de montrer la propriété pour (z10 , z20 , z30 ) =
(0, 1, ∞), car alors il existera une unique homographie h1 envoyant (z1 , z2 , z3 ) sur
(0, 1, ∞) et une unique homographie h2 envoyant (z10 , z20 , z30 ) sur (0, 1, ∞), donc h−12 ◦
h1 est une homographie envoyant (z1 , z2 , z3 ) sur (z1 , z2 , z3 ). Elle est unique car si h3
0 0 0
2. Si z1 = ∞ :
az1 + b
= 0 ⇐⇒ a = 0.
cz1 + d
Il vient ensuite
b b
= ∞ ⇐⇒ d = −cz3 ; = 1 ⇐⇒ b = c(z2 − z3 ).
cz3 + d cz2 + d
3. Si z2 = ∞ :
az2 + b
= 1 ⇐⇒ a = c.
cz2 + d
Il vient ensuite
az1 + b az3 + b
= 0 ⇐⇒ b = −az1 = −cz1 ; = ∞ ⇐⇒ d = −cz3 .
cz1 + d cz3 + d
70 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
4. Si z3 = ∞ :
az3 + b a
= ∞ ⇐⇒ = ∞ ⇐⇒ c = 0.
cz3 + d c
Il vient ensuite
az1 + b az2 + b
= 0 ⇐⇒ b = −az1 ; = 1 ⇐⇒ d = a(z2 − z1 ).
d d
si et seulement s'il existe une homographie h telle que h(wi ) = wi0 pour tout i ∈
{1, 2, 3, 4}.
En particulier, les homographies conservent le birapport : si h ∈ H ,
[w1 , w2 , w3 , w4 ] = [h(w1 ), h(w2 ), h(w3 ), h(w4 )].
Supposons [w1 , w2 , w3 , w4 ] = [w10 , w20 , w30 , w40 ], i .e. k(w4 ) = k 0 (w40 ). Alors h =
k 0−1 ◦ k est une homographie telle que h(wi ) = wi0 pour tout i ∈ {1, 2, 3} et
71 || Romain Giuge
2.11. Quelques propriétés des homographies
Réciproquement, supposons qu'il existe une homographie h telle que h(wi ) = wi0
pour tout i ∈ {1, 2, 3, 4}. Alors h est l'unique homographie qui envoie (w1 , w2 , w3 ) sur
(w10 , w20 , w30 ). Comme k 0−1 ◦ k eectue ces trois mêmes transformations, par unicité,
on a donc h = k 0−1 ◦ k . Donc w40 = h(w4 ) = k 0−1 (k(w4 )), d'où k 0 (w40 ) = k(w4 ), soit
encore
[w1 , w2 , w3 , w4 ] = [w10 , w20 , w30 , w40 ].
[w1 , w2 , w3 , w4 ] = h(w4 ) ∈ R.
h(w4 ) = [w1 , w2 , w3 , w4 ] ∈ R,
et par conséquent, h(w4 ) appartient à la droite réelle, qui est également le pseudo-
cercle contenant ∞, 0 et 1. Comme h−1 est encore une homographie, on en déduit
que w4 appartient au pseudo-cercle contenant w1 , w2 et w3 , i .e. w1 , . . . , w4 sont
cocycliques ou alignés.
Références :
Issu d'un document ayant pour sources :
Samuel - Géométrie projective.
Cartan - Fonctions d'une ou plusieurs variables complexes.
Berger.
Audin - Géométrie - Page 78 (les réexions renversent les angles orientés),
page 95 (les inversions renversent les angles orientés).
72 || Romain Giuge
2.12. Réduction des isométries d'un espace euclidien
0 . . . . . . . . . Cp
où D1 est une matrice diagonale de 1 (éventuellement de taille nulle), D−1 une ma-
trice diagonale de −1 (aussi éventuellement de
! taille nulle), p > 0 (éventuellement
cos(θi ) − sin(θi )
nul) et les Ci de la forme .
sin(θi ) cos(θi )
(f + f −1 )∗ = f ∗ + (f −1 )∗ = f −1 + f,
73 || Romain Giuge
2.12. Réduction des isométries d'un espace euclidien
Comme kf (e1 )k = 1, on peut écrire f (e1 ) = cos(θ1 )e1 + sin(θ1 )e2 . Ensuite il existe
a, b ∈ R tels que f (e2 ) = ae1 + be2 . On exploite le fait que f (e1 )|f (e2 ) = 0 :
a cos(θ1 )+b sin(θ1 ) = 0. On a soit cos(θ1 ) 6= 0, soit sin(θ1 ) 6= 0 (car kf (e1 )k = 1 6= 0).
Supposons que sin(θ1 ) 6= 0. Alors
−a cos(θ1 )
b= .
sin(θ1 )
2
On a d'autre part que kf (e2 )k2 = a2 + b2 = 1, donc a2 + a2 cos (θ1 )
sin2 (θ1 )
= 1, et après
multiplication par sin (θ1 ), il vient a = sin (θ1 ). Donc il existe ε ∈ {−1, 1} tel que
2 2 2
qui est une matrice symétrique réelle. On obtient donc une valeur propre réelle pour
f et donc f admet une droite stable : on est ramené au cas où V est une droite.
ce qui prouve que f (w) ∈ V ⊥ . Comme f|V ⊥ est une isométrie de V ⊥ , on peut
appliquer l'hypothèse de récurrence. Enn, quitte à réordonner les vecteurs de la
base trouvée, on obtient bien la matrice de f de la forme demandée.
74 || Romain Giuge
2.12. Réduction des isométries d'un espace euclidien
Références :
Aucune.
75 || Romain Giuge
2.13. Simplicité de An
2.13 Simplicité de An
Théorème. Pour n 6= 4, le groupe alterné An est simple.
Démonstration. On commence par les cas où n 6 4 : A1 = S1 = {Id} est simple,
A2 = {Id} est simple, Card(A3 ) = 3!2 = 3 donc A3 est simple (le cardinal d'un
sous-groupe de A3 divise 3, donc vaut 1 ou 3, c'est donc soit {Id}, soit A3 ), A4 n'est
pas simple car il contient V4 = {Id, (12)(34), (13)(24), (14)(23)} comme sous-groupe
distingué non trivial.
Soit maintenant n > 5. On commence par montrer que les 3-cycles sont conjugués
dans An . Soient c1 = (i1 i2 i3 ) et c2 = (j1 j2 j3 ) deux 3-cycles. Si σ ∈ Sn , on vérie
facilement que
σ(i1 i2 i3 )σ −1 = (σ(i1 )σ(i2 )σ(i3 )).
On choisit alors σ telle que σ(i1 ) = j1 , σ(i2 ) = j2 , σ(i3 ) = j3 et envoyant bijective-
ment [[1, n]]\{i1 , i2 , i3 } sur [[1, n]]\{j1 , j2 , j3 }. Si σ ∈ An , c'est terminé. Sinon, puisque
n > 5, il existe i4 , i5 6∈ {i1 , i2 , i3 } et alors en notant τ = (i4 i5 ) et σ 0 = στ , on a
σ 0 c1 σ 0−1 = c2
Ainsi τ est une permutation dont le support est inclu dans {a, b, c, σ(c), σ(b)}. De
plus, pour s'assurer que τ 6= Id, choisissons c 6= σ(b). Ainsi τ (σ(b)) = c 6= σ(b). On
a donc prouvé que r 6 5.
Supposons par l'absurde que r = 5. Alors H contient un élément h dont le
support est de cardinal 5 : c'est nécessairement un 5-cycle car le produit d'un 3-
cycle et d'une transposition n'est pas dans An . On note h = (i1 i2 i3 i4 i5 ). Alors après
76 || Romain Giuge
2.13. Simplicité de An
calculs :
−1 −1
h
|{z} | (i 2 i5 )(i 1 i 4 ) h (i 2 i 5 )(i1 i4 ) = (i1 i4 i3 ) ∈ H,
∈H car (i2 i5 )(i1 i4 )∈An
{z }
∈H
ce qui est absurde car H contiendrait un élément dont le support est de cardinal
3 < r. Donc r 6 4.
Supposons maintenant par l'absurde que r = 4. Alors H contient un élément
h dont le support est de cardinal 4 : c'est nécessairement un produit de deux
transpositions à supports disjoints car les 4-cycles ne sont pas dans An . On note
h = (i1 i2 )(i3 i4 ). Alors après calculs :
ce qui est absurde car H contiendrait un élément dont le support est de cardinal
3 < r. Donc r 6 3.
Enn, aucune transposition n'est dans H car les transpositions ne sont pas dans
An . D'où r > 3, et donc r = 3, ce qui achève la démonstration.
Applications possibles :
77 || Romain Giuge
2.13. Simplicité de An
Dénition. Le support d'une permutation σ est l'ensemble des i tels que σ(i) 6= i.
Dénition. Un groupe G est dit simple s'il a exactement deux sous-groupes distin-
gués : {e} et lui-même.
78 || Romain Giuge
2.13. Simplicité de An
Références :
Risler et Boyer - Algèbre pour la licence 3.
Perrin - Cours d'algèbre - Page 30 (pour la première application).
79 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
Les inégalités précédentes sont donc des égalités, d'où ku0 (x + y)k = ku0 (x)k +
ku0 (y)k, ce qui implique que u0 (x) et u0 (y) sont positivement liés (une norme eu-
clidienne vérie cette propriété). Comme u0 est linéaire et inversible, cela entraîne
immédiatement que x et y sont positivement liés. Le résultat est donc établi.
80 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
Compléments de la démonstration :
81 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
t
XM X = t t|XAX t
{z } +(1 − t) |XBX
{z } > 0.
>0 >0
On (q, R) = M ∈ Mn (R) / t M SM = S .
Finalement, G ⊂ (CP )−1 On (R)CP , soit encore CP G(CP )−1 ⊂ On (R). Mais
CP G(CP )−1 reste un sous-groupe, donc CP G(CP )−1 = H avec H sous-
groupe de On (R). D'où
G = (CP )−1 HCP.
82 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
Le fait que On (R) ⊂ G ⊂ (CP )−1 On (R)CP entraîne que CP On (R)(CP )−1 ⊂
On (R). Or P On (R)P −1 = On (R) car P ∈ On (R). Donc COn (R)C −1 ⊂ On (R). On
note C = Diag(λ1 , . . . , λn ) et
0 ... 1
.
.. . . . ... .
J =
1 ... 0
83 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
Soient E un espace ane euclidien de dimension nie non nulle et A une partie
de E .
Proposition.
(i) Cv(A) est l'ensemble des combinaisons convexes d'éléments de A.
(ii) Si A est convexe et compacte, on a A = Cv(Fr(A)) où Fr(A) désigne la fron-
tière de A.
Théorème (Carathéodory). Tout élément de Cv(A) s'écrit comme combinaison
convexe de k points de A avec k 6 dim(E) + 1.
est liée car de cardinal > dim(E). Donc il existe λ2 , . . . , λk non tous nuls tels que
λ2 (a2 − a1 ) + · · · + λk (ak − a1 ) = 0.
µ1 (a1 − y) + · · · + µk (ak − y) = 0.
Pk
En particulier, l'égalité est vraie pour x. On a d'autre part j=1 µj = 0, donc il
existe j tel que µj > 0. Soit
ti ti
λ = min , µi > 0 = 0 .
µi µi0
84 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
D'autre part,
k
X k
X k
X
νi = ti −λ µi = 1.
i=1 i=1 i=1
| {z } | {z }
=1 =0
x = t1 a1 + · · · + tk ak
= t1 a1 + · · · + tk ak − λ µ1 (a1 − x) + · · · + µk (ak − x)
k
!
X
= (t1 − λµ1 )a1 + · · · + (tk − λµk )ak − λ µi x
i=1
| {z }
=0
k
X X
= ν i ai = ν i ai .
i=1 i6=q
L'ensemble K est compact car fermé borné, fermé comme image réciproque de 1 par
la fonction continue g : (t1 , . . . , tn+1 ) 7→ t1 + · · · + tn+1 . Soit
f: K × E n+1 −→ E
(t1 , . . . , tn+1 , a1 , . . . , an+1 ) 7−→ t1 a1 + · · · + tn+1 an+1 .
85 || Romain Giuge
2.14. Sous-groupes compacts de GLn (R)
Démonstration. Comme la partie A est bornée, elle est contenue dans une boule
fermée B = B(a, r). Or, B étant convexe, il vient Cv(A) ⊂ B . D'où Cv(A) est
bornée.
Il est clair que δ(A) 6 δ(Cv(A)).
Soit maintenant x = t1 a1 + · · · + tk ak ∈ Cv(A) écrit comme combinaison convexe
d'éléments de A. Si a ∈ A, alors
ka − xk = kt1 (a − a1 ) + · · · + tk (a − ak )k
6 t1 ka − a1 k + · · · + tk ka − ak k
6 δ(A)(t1 + · · · + tk ) = δ(A),
ky − xk = kt1 (y − a1 ) + · · · + tk (y − ak )k
6 t1 ky − a1 k + · · · + tk ky − ak k
6 δ(A)(t1 + · · · + tk ) = δ(A),
Références :
Alessandri - Thèmes de géométrie - Pages 59, 141 et 160.
Tauvel - Cours de géométrie - Page 77 (pour le théorème de Carathéodory).
86 || Romain Giuge
2.15. Surjectivité de l'exponentielle
g ∈ H ). Comme gV est ouvert pour tout g , c H est ouvert, et donc H est fermé.
Alors exp(C[A]) = U .
En particulier, il existe P ∈ C[X] tel que A = eP (A) , et exp : Mn (C) → GLn (C)
est surjective.
Démonstration. Soit A ∈ GLn (C). D'abord, C[A] = {P (A), P ∈ C[X]} est un
sous-espace vectoriel de Mn (C) de dimension nie, donc fermé. Pour toute matrice
M ∈ C[A], comme eM est limite d'éléments de C[A], on a eM ∈ C[A]. De plus eM
est inversible d'inverse e−M ∈ C[A]. Comme tous les éléments de C[A] commutent,
on en déduit que exp induit un homomorphisme du groupe additif (C[A], +) dans le
groupe multiplicatif U des inversibles de C[A]. On vérie bien que U est un groupe :
si M ∈ U , M −1 ∈ C[M ] ⊂ C[A] par le théorème de Cayley-Hamilton, donc dans
U (sinon on peut aussi dire que comme M est inversible, X et ΠM le polynôme
minimal de M sont premiers entre eux, et avec le théorème de Bézout, il existe deux
polynômes P et Q tels que P X + QΠM = 1, d'où M −1 = P (M ) ∈ C[M ] ⊂ C[A]).
87 || Romain Giuge
2.15. Surjectivité de l'exponentielle
exp(C[A]) = U.
Remarque. exp : Mn (R) → GLn (R) n'est pas surjective : exp est continue et GLn (R)
a deux composantes connexes alors que Mn (R) est connexe.
Sens indirect : soit A ∈ GLn (R). On suppose qu'il existe B ∈ GLn (R) telle que
A = B 2 . On a aussi B ∈ GLn (C), donc d'après le théorème, il existe Q ∈ C[X] tel
que B = eQ(B) . Mais comme B est une matrice réelle, on a
B = B = eQ(B) = eQ(B) .
On obtient alors
A = BB = BB = eQ(B) eQ(B) .
Or Q(B) et Q(B) = Q(B) commutent comme polynômes en B , donc :
A = eQ(B)+Q(B) = eM
88 || Romain Giuge
2.15. Surjectivité de l'exponentielle
Références :
Aucune.
89 || Romain Giuge
2.16. Théorème de Burnside
Démonstration. Le sens direct est immédiat : si G est ni de cardinal p, alors par le
théorème de Lagrange, Ap = In pour tout A ∈ G. Donc G est d'exposant e ni avec
e qui divise p.
Supposons maintenant que G est un sous-groupe d'exposant e ni. Alors le po-
lynôme P = X e − 1 annule tous les éléments de G. Or P est scindé à racines simples
dans C, donc tous les éléments de G sont diagonalisables. De plus, pour tout A ∈ G,
on sait que les racines du polynôme caractéristique χA sont aussi racines de tout
polynôme annulateur. Donc les racines de χA , qui sont les valeurs propres de A, sont
des racines de P , i .e. des racines e-ième de l'unité.
On va construire une application ϕ injective de G dans ϕ(G) avec ϕ(G) ni.
Ainsi on aura Card(G) 6 Card(ϕ(G)) < ∞.
On note Vect(G) le sous-espace vectoriel de Mn (C) engendré par G, qui est donc
de dimension nie. Les éléments de G forment une famille génératrice de Vect(G)
dont on peut extraire une famille libre C1 , . . . , Cr ∈ G, base de Vect(G). Soit
ϕ : G −→ Cr
A 7−→ (tr(AC1 ), . . . , tr(ACr )).
Montrons que Im(ϕ) est nie. Les valeurs propres de toute matrice A ∈ G sont des
racines e-ième de l'unité qui sont en nombre ni, donc {tr(A), A ∈ G} est ni. Mais
comme G est un groupe, ACi ∈ G pour tout i ∈ [[1, r]] et tout A ∈ G. Donc pour
tout i et tout A, tr(ACi ) ∈ {tr(B), B ∈ G}. Les tr(ACi ) ne peuvent donc prendre
qu'un nombre ni de valeurs, d'où Im(ϕ) est ni.
Montrons maintenant que ϕ est injectif. Soient A, B ∈ G tels que ϕ(A) = ϕ(B).
Alors pour tout i, tr(ACi ) = tr(BCi ). Pour M ∈ G ⊂ Vect(G), il existe α1 , . . . , αr
tels que M = α1 C1 + · · · + αr Cr et on a :
r
X r
X
tr(AM ) = αi tr(ACi ) = αi tr(BCi ) = tr(BM ).
i=1 i=1
90 || Romain Giuge
2.16. Théorème de Burnside
de N , où les λi sont non nuls et deux à deux distincts, r 6 n. Pour tout p ∈ [[1, n]],
on a : r
X
p
tr(N ) = αi λpi = 0.
i=1
Si on suppose que N n'est pas nilpotente, alors 0 n'est pas la seule valeur propre
de N , et donc (α1 , . . . , αr ) est un zéro non trivial du système suivant d'inconnues
x1 , . . . , x r :
λ x + · · · + λr xr = 0
1 1
..
(S) .
λr x + · · · + λr x = 0
1 1 r r
Or les λi étant non nuls et deux à deux distincts, V est non nul car multiple du déter-
minant de Vandermonde non nul associé aux scalaires λi . Donc N est nécessairement
nilpotente.
Montrons donc enn que tr(N p ) = 0 pour tout p ∈ [[1, n]]. Comme AB −1 et In
commutent, on a :
p
−1
X p
p
N = (AB p
− In ) = (−1)p−k (AB −1 )k .
k=0
k
D'autre part, comme tr(AM ) = tr(BM ) pour tout M ∈ G, on a pour k ∈ [[1, n]],
91 || Romain Giuge
2.16. Théorème de Burnside
Références :
Alessandri - Thèmes de géométrie - Page 113.
92 || Romain Giuge
2.17. Théorème de Cartan-Dieudonné
g = s0 ◦ f = s1 ◦ · · · ◦ sp(g) .
93 || Romain Giuge
2.17. Théorème de Cartan-Dieudonné
ϕ(M ) = s1 ◦ · · · ◦ sp (M ),
(ii) Soit A ∈ E . Par hypothèse, ϕ(A) 6= A car ϕ ne xe aucun point. Soient H
l'hyperplan médiateur de [A, ϕ(A)] et σ la réexion par rapport à H . Alors
σ ◦ ϕ(A) = A. D'après le cas précédent, σ ◦ ϕ s'écrit comme produit d'au plus
p(−σ−◦−→
ϕ) 6 n réexions. En composant par σ , on obtient que ϕ est produit
d'au plus n + 1 réexions.
94 || Romain Giuge
2.17. Théorème de Cartan-Dieudonné
Compléments :
Montrons qu'on ne peut pas écrire ϕ comme produit de moins de réexions
qu'annoncé dans le théorème de Cartan-Dieudonné ane.
On écrit ϕ = s1 ◦ · · · ◦ sk . Alors →
−
ϕ =→−
s1 ◦ · · · ◦ →
−
sk , donc k > p(→
−
ϕ ). Ce qui prouve
le résultat pour le point (i).
Pour le point (ii), on suppose que k < p(→ −ϕ ) + 2. Comme le déterminant d'une
→
− −
→
réexion vaut −1, on a det( ϕ ) = (−1) = (−1)p( ϕ )+2 puisqu'on sait qu'on peut
k
Dénition. On note O(E) l'ensemble des isométries vectorielles d'un espace vec-
toriel euclidien E . Il s'agit de l'ensemble des applications linéaires conservant le
produit scalaire.
95 || Romain Giuge
2.17. Théorème de Cartan-Dieudonné
Proposition. Soient a et b deux vecteurs distincts d'un espace euclidien E tels que
kak = kbk. Alors il existe une unique réexion échangeant a et b.
(a + b, a − b) = kak2 − kbk2 = 0
Références :
Cognet - Algèbre bilinéaire - page 96.
Tauvel - Cours de géométrie - page 97 (pour Cartan-Dieudonné ane).
96 || Romain Giuge
2.18. Théorème de Chevalley-Warning
Card(Z(P1 , . . . , Pr )) ≡ 0 [p].
d'où :
X
S(x) = Card(Z(P1 , . . . , Pr ))1Fq .
x∈Fn
q
97 || Romain Giuge
2.18. Théorème de Chevalley-Warning
cette dernière inégalité stricte étant donnée par l'hypothèse du théorème. Cette
majoration implique que pour tout monôme X1α1 . . . Xnαn apparaissant dans l'écri-
ture de S , il existe i ∈ [[1, n]] tel que αi < q − 1, car sinon on aurait deg(S) >
deg(X1α1 . . . Xnαn ) = ni=1 αi > n(q − 1). Pour un tel i, on a αi = 0 ou q − 1 - αi , et
P
Card(Z(P1 , . . . , Pr )) ≡ 0 [p].
f : Fq −→ Fq
x 7−→ gx
est bijective, il vient :
X X X
xm = (gx)m = g m xm ,
x∈Fq x∈Fq x∈Fq
soit encore
X
(1 − g m ) xm = 0.
x∈Fq
98 || Romain Giuge
2.18. Théorème de Chevalley-Warning
dans Fq de caractéristique p où on a q = 0.
Card(Z(P1 , . . . , Pr )) > 1.
Card(Z(P1 , . . . , Pr )) ≡ 0 [p].
Donc Card(Z(P1 , . . . , Pr )) > p > 2 et il existe un autre zéro que 0Fnq commun à tous
les Pi .
Application. Toute forme quadratique sur un Fq -espace vectoriel de dimension > 3
est isotrope, i.e. admet un zéro non trivial.
Démonstration. Soit Q une forme quadratique sur E un Fq -espace vectoriel de di-
mension n > 3, i .e. Q ∈ Fq [X1 , . . . , Xn ]. Par dénition d'une forme quadratique,
Q est un polynôme homogène de degré 2. On applique le corollaire précédent avec
r=1:
(i ) Q est sans terme constant car homogène de degré 2.
(ii ) deg(Q) = 2 < n.
Donc Q admet un zéro non trivial.
Références :
Jean-Pierre Serre - Cours d'arithmétique - Page 13.
99 || Romain Giuge
2.19. Théorème de Frobenius-Zolotarev
0 ... ... 1
en échangeant correctement les vecteurs de la base et en leur faisant subir des ho-
mothéties. Soit u ∈ GL(V ) une transvection, u = In + λEij avec i 6= j . On a :
−1
On obtient nalement un morphisme δ = ε ◦ det : F∗p → {−1, 1} tel que
δ ◦ det = ε. Le but est de montrer que δ est le symbole de Legendre.
On note d'abord que p· : F∗p → {−1, 1} est un morphisme (il est multiplicatif)
et qu'il est non trivial. En eet, il vaut −1 sur les générateurs de F∗p (on sait que F∗p
est cyclique) : si g est un générateur de F∗p , g est d'ordre p − 1, et si g était un carré,
p−1
on aurait g = h2 , donc g 2 = hp−1 = 1, ce qui contredirait la dénition de l'ordre.
Mais comme F∗p est cyclique, tout morphisme de groupes de F∗p sur {−1, 1} est
déterminé par l'image d'un générateur : il n'y en a donc que deux, qui sont le
morphisme trivial et le symbole de Legendre.
Il reste à montrer que δ n'est pas le morphisme trivial. Comme V est un Fp -espace
vectoriel de dimension n, on a V ∼ = Fnp ∼
= Fpn = Fq . On prend g un générateur de F∗q
et on considère
ϕ : Fq −→ Fq
x 7−→ gx
qui est une application Fp -linéaire. Donc ϕ ∈ GL(V ). De plus, ϕ est égal en tant
que permutation au cycle (1, g, g 2 , . . . , g q−2 ) qui est de longueur paire q − 1, donc
ε(ϕ) = −1. Comme ε = δ◦det, on a δ(det(ϕ)) = −1 et donc δ n'est pas le morphisme
trivial.
Finalement, δ ne peut être que le symbole de Legendre, d'où le résultat.
Cela revient aussi à dire que D(G) est stable par les automorphismes intérieurs, i .e.
les ig : x 7→ gxg −1 .
au plus deux racines (qui sont en fait 1 et −1), alors pour tout x ∈ F∗p , on a soit
p−1 p−1
x 2 = 1 (lorsque x est un carré), soit x 2 = −1 (lorsque x n'est pas un carré).
Donc
x p−1
=x 2 .
p
Ainsi il s'agit bien d'un morphisme :
ab p−1 p−1 p−1 a b
= (ab) 2 = a 2 b 2 = .
p p p
Références :
Beck, Malick, Peyré - Objectif Agrégation - Page 251.
(uk , z − p(xk )) 6 0.
En passant à la limite quand k → ∞, on obtient (u, z −p(c)) 6 0, i .e. (u, z) 6 (u, c).
Ceci prouve que C est inclu dans un des demi-espaces fermés délimité par H et H
est donc un hyperplan d'appui.
linéaire sur E telle que H = {x ∈ E / ϕ(x) = λ}. Comme K est contenu dans un
demi-espace fermé délimité par H , on a par exemple ϕ(u) 6 λ et ϕ(v) 6 λ. Mais
ϕ(a) = ϕ(u)+ϕ(v)
2
= λ, donc nécessairement ϕ(u) = ϕ(v) = λ, ce qui signie que u et
v sont dans H , donc dans K ∩ H . Par conséquent, comme a est un point extrémal
de K ∩ H , on a u = v = a.
Dénition. Un point x d'un convexe X est dit extrémal si X\{x} est encore
convexe. Cela équivaut à dire que x ne peut pas s'écrire comme milieu de deux
points distincts de X .
Exemple. Les points extrémaux d'un carré plein de R2 sont ses quatre sommets.
Références :
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Analyse 3 - Page 101.
P = X n − σ1 X n−1 + · · · + (−1)n σn .
On note Ωn l'ensemble des polynômes unitaires de Z[X] de degré n dont les racines
complexes sont de module 6 1. La majoration précédente montre qu'il n'y a qu'un
nombre ni de choix pour les coecients de P (les σi sont entiers et bornés). Donc
Ωn est ni.
On dénit maintenant, pour k ∈ N∗ , les polynômes Pk et Qk par
n
Y
Pk (X) = (X − αik ) et Qk (X, Y ) = X k − Y ∈ Z[X, Y ].
i=1
On a alors :
Y m
Y n
Y
ResX (P, Q) = anm bm
n (xi − yj ) = anm Q(xi ) = (−1)mn bm
n P (yj ).
16i6m i=1 j=1
16j6n
Démonstration. On a P = am (X − x1 ) . . . (X − xm ) et Q = bn (X − y1 ) . . . (X − yn )
qu'on regarde comme polynômes de A = Z[am , bn , x1 , . . . , xm , y1 , . . . , yn , X]. Il s'agit
de montrer que xi − yj divise ResX (P, Q) ∈ Z[am , bn , x1 , . . . , xm , y1 , . . . , yn ]. Pour se
xer les idées, on prend i = 1 et j = 1, et on eectue la division euclidienne par
x1 − y1 , par rapport à l'indéterminée x1 :
Y
R=F (xi − yj ).
i,j
considération sur les degrés montre que F ne dépend ni des xi , ni des yj ), d'où le
résultat.
Références :
Szpirglas - Mathématiques L3 Algèbre - Page 573.
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Algèbre 1 - Page 213.
fλ = l1 l2 l3 + λm1 m2 m3 .
Montrons que fλ est de degré exactement 3 en x, y . Supposons que son degré soit
< 3. On écrit li = ai x + bi y + ci et mi = αi x + βi y + γi . Alors la partie homogène de
degré 3 de fλ est
Comme elle est nulle, que R[x, y] est factoriel, et que les ai x + bi y et αi x + βi y sont
irréductibles dans R[x, y], on obtient que pour tout i, il existe j tel que li et mj
soient égaux à une constante multiplicative près. Par conséquent, Li serait parallèle
à Mj , ce qui est contraire aux hypothèses (les deux droites se coupent en un point
appartenant à C , en particulier pas à l'inni).
Finalement, l'équation fλ (x, y) = 0 dénit une cubique Fλ . De façon évidente,
les six points d'intersection Li ∩ Mj , i, j ∈ {1, 2, 3}, i 6= j , appartiennent à Fλ .
Soit p ∈ C distinct des six points Li ∩ Mj , i 6= j : p n'appartient donc à aucune
des droites Mi , car une droite coupe une conique en au plus deux points (une conique
a une équation de degré 2 en x, y , donc si on y injecte y = ax + b, on obtient que
x est racine d'un polynôme de degré 2). Par conséquent, le polynôme m1 m2 m3 ne
s'annule pas en p. On peut alors poser
(l1 l2 l3 )(p)
λ=− .
(m1 m2 m3 )(p)
fλ = cl.
Or, pour i ∈ {1, 2, 3}, le point pi appartient à Fλ mais pas à C (car l'intersection
Li ∩ C contient au plus deux points, qui sont Li ∩ Mj pour j 6= i). Par conséquent,
pour tout i, on a l(pi ) = 0, ce qui exprime que les pi sont alignés sur la droite
d'équation l = 0.
y 2 = f (x)
en ayant remplacé les y 2 par f (x) dans l'équation e(x, y) = 0, g et h sont alors des
polynômes tels que deg(g) 6 2 et deg(h) 6 3. Notre but est de montrer qu'il y a au
plus six solutions au système (∗) d'inconnues x, y .
Il va falloir distinguer les solutions (x, y) telles que g(x) = 0 (qui impliquent
h(x) = 0) et celles telles que g(x) 6= 0. Soient x1 , . . . , xk les racines communes à g
et h, répétées avec multiplicité. Comme g est de degré au plus 2, on a k 6 2. On
factorise g et h :
k
Y k
Y
g(x) = (x − xi )g̃(x), h(x) = (x − xi )h̃(x),
i=1 i=1
avec g̃ et h̃ deux polynômes sans racines communes, deg(g̃) 6 2−k et deg(h̃) 6 3−k .
Comme l'équation y 2 = f (x) est de degré 2 en y , pour chaque xi , il existe au plus
deux valeurs de y telles que y 2 = f (xi ). Donc le système (∗) possède au plus 2k
solutions dont l'abscisse x vérie g(x) = 0.
Les solutions de (∗) dont l'abscisse x est telle que g(x) 6= 0 sont aussi solutions
de
2
y = f (x)
(∗∗) g̃(x)y + h̃(x) = 0
g̃(x) 6= 0.
Montrons donc que le polynôme h̃2 − g̃ 2 f n'est pas nul. Supposons h̃2 = g̃ 2 f .
Quitte à simplier l'équation par les facteurs irréductibles de degré 2 communs à g̃
et h̃, on peut supposer g̃ et h̃ premiers entre eux. Alors h̃2 = g̃ 2 f implique que g̃ est
constant. Si g̃ était la constante nulle, h̃ aussi, et g et h seraient nuls également, ce
qui est absurde car g(x)y + h(x) = 0 dénit la cubique F de degré 3. Donc
1
f˜ = 2 h̃2 .
g̃
Remarque. 6 vient de 2 ∗ 3, le produit des degrés des polynômes qui dénissent les
courbes.
Alors si p1 , p2 et p3 sont alignés, il existe une conique qui contient tous les mi ,
i ∈ {1, . . . , 6}.
Démonstration. On sait qu'il existe une unique conique passant par 5 points donnés.
Notons C la conique passant par m1 , m2 , m3 , m4 , m5 . Soit m06 le point d'intersection
de C avec m5 p3 autre que m5 , et soit p01 = m3 m4 ∩ m06 m1 .
Par le théorème de Pascal appliqué à m1 , m2 , m3 , m4 , m5 , m06 (p3 est l'intersection
de m2 m3 avec m5 m06 , etc...), on a p01 ∈ p2 p3 . On en déduit que p01 = p2 p3 ∩ m3 m4 , et
comme p1 est aussi à cette unique intersection, p01 = p1 . Mais
m6 = m1 p1 ∩ m5 p3 et m06 = m1 p01 ∩ m5 p3 ,
Références :
Un document PDF de Jérôme Germoni.
Shafarevich - Basic algebraic geometry - Page 20.
avec les ci ∈ K ∗ et les Pi unitaires non constants (car deg(P ) < deg(Q)) sans facteur
carré, et premiers entre eux deux à deux. Quitte à regrouper, on peut supposer les ci
deux à deux distincts. Alors :
(i) Pour tout i, on a Pi = PGCD(P − ci Q0 , Q).
(ii) Les ci sont exactement les racines du polynôme
de l'énoncé : n
P X P0
= ci i .
Q i=1
Pi
On en déduit en multipliant par Q ni=1 Pi ,
Q
n
Y n
X
P Pi = Q ci Pi0 Ui . (∗)
i=1 i=1
Par conséquent, dans K[X], on a que Q divise ni=1 Pi et Pj divise Q ni=1 ci Pi0 Ui
Q P
pour tout j . Soit i ∈ [[1, n]]. Comme pour tout j 6= i, Pi divise Uj , on en déduit
que Pi divise ci QPi0 Ui . Or Pi est sans facteur carré, donc Pi est premier avec Pi0 ,
et de plus, Pi est premier avec Ui car il est premier avec tous les Pj pour j 6= i.
Finalement, on en conclut que Pi divise Q. Ceci étant vrai pour tout i et que les Pi
sont premiers entre eux deux à deux, il vient
n
Y
Pi divise Q.
i=1
n
X n
X n
X X
0
P − ci Q = cj Pj0 Uj − ci Pj0 Uj = (cj − ci )Pj0 Uj = (cj − ci )Pj0 Uj .
j=1 j=1 j=1 j6=i
car Pj divise tous les autres termes de la somme. Mais comme Pj est premier avec
Pj0 et premier avec Uj , on obtient
PGCD (P − ci Q0 , Pj ) = 1.
Finalement,
n
Y
PGCD(P − ci Q0 , Q) = PGCD (P − ci Q0 , Pj ) = PGCD (P − ci Q0 , Pi ) = Pi
j=1
car Pi divise P − ci Q0 .
Comme Q = ni=1 Pi et comme les Pi sont deux à deux premiers entre eux (dans
Q
K[X], donc dans L[X] par l'identité de Bézout), T doit nécessairement diviser un
et un seul des Pi , qu'on note Pi0 . Mais
n
X
0
P − cQ = (cj − c)Pj0 Uj .
j=1
Comme T divise Pi0 , il divise tous les Ui pour i 6= i0 . Et puisque T divise P − cQ0 ,
on a alors
T divise (ci0 − c)Pi00 Ui0 .
Or T ne divise pas Ui0 , car sinon il diviserait un Pi pour i 6= i0 . Donc si on suppose
que c est diérent de tous les ci , alors T divise Pi00 , et donc Pi0 admet un facteur
carré, ce qui est absurde. Donc il existe i tel que c = ci .
Réduction de Hermite :
Par le théorème de décomposition en éléments simples, la recherche de primitives
de fractions rationnelles est ramenée à la recherche de primitives de QPi où Q est sans
facteur carré et deg(P ) < deg(Q). Comme Q est sans facteur carré, Q et Q0 sont
premiers entre eux, et par l'identité de Bézout, il existe U, V tels que U Q + V Q0 = 1.
En multipliant par P , il vient
P = P U Q + P V Q0 .
P = RQ + SQ0
SQ0
Z Z Z
P R
= +
Qi Qi−1 Qi
S0
Z Z Z
P R S
= + −
Qi Qi−1 (1 − i)Qi−1 (1 − i)Qi−1
(i − 1)R + S 0
Z
S
= + ,
(1 − i)Qi−1 (i − 1)Qi−1
Références :
Saux-Picart - Cours de calcul formel, Algorithmes fondamentaux - Page 153.
a 1 y 1
= et = ,
x b 1 a
où la première fraction est le quotient des longueurs des deux segments parallèles
(faire le dessin).
√
Proposition. Si x est constructible, alors x est constructible.
Références :
Audin - Géométrie - Page 130.
on obtient Q
qn − 1 m | n Φm (q)
Y
= Q = Φm (q).
qd − 1 m | d Φm (q) m | n, m - d
q n −1
Donc si d 6= n, Φn (q) | qd −1 .
On écrit maintenant l'équation aux classes :
X
Card(K ∗ ) = Card(Z ∗ ) + Card(Ox )
x∈E
On a donc :
q n − 1 = q kd+r − 1
= q kd q r − q r + q r − 1
= q r (q kd − 1) + (q r − 1)
k−1
!
X
= q r (q d − 1) q id (−1)k−1−i + (q r − 1).
i=0
Références :
Perrin - Cours d'algèbre - Page 82.
Σ = {n ∈ N / ∃a, b ∈ N avec n = a2 + b2 }.
p ∈ Σ ⇐⇒ p = 2 ou p ≡ 1 [4].
Z[i]/(p) ∼
= Z[X]/(X 2 + 1) /(p)
∼
= Z[X]/(X 2 + 1, p)
∼
= Z[X]/(p) /(X 2 + 1)
∼
= (Z/pZ)[X]/(X 2 + 1) = Fp [X]/(X 2 + 1).
La dernière équivalence est justiée par le fait que Fp est factoriel (car c'est un
corps), donc aussi Fp [X]. On poursuit encore :
ϕ : F∗q −→ F∗2
q
2
x 7−→ x
Alors r = z − qt ∈ Z[i] est tel que |r| = |t| zt − q < |t|. En élevant au carré, on
obtient N (r) < N (t). On a donc bien écrit z = qt + r avec N (r) < N (t).
En eet, soit
ϕ: Z[i] −→ (Z/pZ)[X]/(X 2 + 1)
a + ib 7−→ a + bΠ(X)
où Π : (Z/pZ)[X] → (Z/pZ)[X]/(X 2 + 1) est la surjection canonique. On vérie
alors que ϕ est un morphisme d'anneau surjectif (facile), de noyau (p) = pZ[i]
(facile aussi).
Références :
Perrin - Cours d'algèbre - Page 56.
obtient r
G
Or ⊂ Ok .
k=0
Soit maintenant A ∈ rk=0 Ok . Il existe k ∈ [[0, r]] tel que A ∈ Ok , i .e. A s'écrit
F
0 0 0
Pour tout n ∈ N∗ , An ∈ Or et limn→∞ An = A, donc A ∈ Or . On a donc démontré
l'autre inclusion.
qui est continue car les coecients de P Jr Q−1 sont polynomiaux en les coecients
de P et Q (on rappelle que Q−1 = det(Q)
1 t
com(Q)).
Ensuite, comme GLn (C) et GLp (C) sont connexes, leur produit GLn (C)×GLp (C)
l'est aussi.
Enn,
Or = ϕr GLn (C) × GLp (C)
est connexe comme image d'un connexe par une application continue.
Dénition. Le groupe G = GLn (K) × GLp (K) agit à gauche sur Mn,p (K) par :
On dit que deux matrices A, B ∈ Mn,p (K) sont équivalentes si elles sont dans la
même orbite pour cette action, appelée action de Steinitz.
!
Ir 0
Proposition. Soit r ∈ [[1, min(n, p)]] et Jr = . L'orbite de Jr est l'ensemble
0 0
des matrices de rang r de Mn,p (K). De plus, toute matrice de Mn,p (K) est dans
l'orbite d'une unique matrice Jr .
Théorème (Théorème du rang). Deux matrices A, B ∈ Mn,p (K) sont dans la même
orbite si et seulement si elles ont même rang.
Références :
Caldero, Germoni - Histoires hédonistes de groupes et de géométries.
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Algèbre 2 - Page 217 (autre
version).
129
R∞
3.1. Calcul de l'intégrale 0
tα−1 eit dt
On a donc envie de faire tendre x vers l'inni à l'intérieur de l'intégrale pour obtenir
J , soit encore de faire tendre y vers 0 dans l'intégrale :
Z ∞
K(y) = e−uy eiu uα−1 du.
0
Mais le théorème de continuité sous le signe intégral ne s'applique pas car on ne peut
dominer e−uy eiu uα−1 par une fonction intégrable indépendante de y que sur [ε, ∞[
pour ε > 0. On prouve ainsi que K est continue sur [ε, ∞[ pour tout ε > 0, donc
sur R∗+ , mais on ne peut pas conclure que K est continue en 0.
Pour montrer que K est continue en 0, on va l'exprimer comme limite uniforme
de fonctions continues en 0. On considère la suite de fonctions (Kn )n∈N∗ où les Kn
sont dénies par : Z n
Kn (y) = e−uy eiu uα−1 du
0
pour tout y > 0. Comme on intègre sur un compact, le théorème de continuité sous
le signe intégral s'applique immédiatement : les Kn sont continues sur R+ . Il reste
à montrer que la convergence vers K est uniforme. On calcule la diérence :
Z ∞
Kn (y) − K(y) = e−uy eiu uα−1 du
n (i−y)u ∞ Z ∞ (i−y)u
e α−1 e α−1
= u − du
i−y n n i − y u2−α
(i−y)n Z ∞ (i−y)u
1 e e
= 1−α
+ (α − 1) du .
i−y n n u2−α
q
Comme |e (i−y)n
| 6 1 et i−y = 1+y
1 1
2 6 1, on obtient :
Z ∞
1 1
|Kn (y) − K(y)| 6 1−α + (1 − α) 2−α
du
n n u
et cette majoration tend vers 0 quand n tend vers l'inni indépendamment de y .
Au nal, on a :
1 1 1 iα arctan(x)
I(x) = α K = Γ(α) α e ,
x x (1 + x2 ) 2
pour tout x > 0. En faisant tendre x vers l'inni, on obtient :
π
J = K(0) = Γ(α)eiα 2 .
En prenant α = 12 , on trouve :
∞
1 iπ √ iπ
Z
ix2
J =2 e dx = Γ e 4 = πe 4 .
0 2
Références :
Gourdon - Analyse - Page 164 (exercice 4, question 2).
qui nous donne kgkp 6 1. En particulier, on a g(x) < ∞ presque partout, et donc
que la série
X
fn1 + fni+1 (x) − fni (x)
i>1
est absolument convergente pour presque tout x. On note alors f (x) la somme de
cette série lorsqu'elle converge et on pose f (x) = 0 sur l'ensemble restant qui est de
mesure nulle. Comme
k−1
X
fn 1 + fni+1 (x) − fni (x) = fnk ,
i=1
on a directement f (x) = limi→∞ fni (x) pour presque tout x. Nous avons donc trouvé
une fonction f qui est la limite simple presque partout de (fni ). Il faut maintenant
démontrer que cette fonction est la limite de (fn ) au sens de Lp (µ).
Soit ε > 0. Il existe N tel que pour tout n, m > N , kfn − fm kp 6 ε. On applique
à nouveau le lemme de Fatou :
Z Z
p
lim inf |fni − fm | dµ 6 lim inf |fni − fm |p dµ 6 εp .
X| i→∞ i→∞ X
{z }
=|f −fm |p
Cette inégalité montre que f − fm ∈ Lp (µ), que f ∈ Lp (µ) (en eet, on écrit
f = (f − fm ) + fm et on applique l'inégalité de Minkowski), et que kf − fm kp → 0
quand m → ∞. La démonstration est donc terminée dans le cas où p < ∞.
Supposons maintenant p = ∞. On note Ak l'ensemble sur lequel |fk (x)| > kfk k∞
et Bn,m l'ensemble sur lequel |fn (x) − fm (x)| > kfn − fm k∞ . Alors les Ak et les Bn,m
sont de mesure nulle par dénition de la norme inni sur L∞ (µ). On note :
∞
! ∞ [ ∞
!
[ [
E= Ak ∪ Bn,m .
k=1 n=1 m=1
L'ensemble E est de mesure nulle car c'est une union dénombrable d'ensembles de
mesure nulle. Pour x ∈ c E ,
donc (fn (x))n∈N est une suite de Cauchy dans C, qui converge donc vers f (x) ∈ C.
D'autre part, on sait qu'il existe N tel que pour tout n, m > N ,
|fm (x)| 6 |fn (x)| + |fn (x) − fm (x)| 6 kfn k∞ + kfn − fm k∞ 6 kfn k∞ + ε.
Dans ce qui suit, on désigne par X un espace mesuré quelconque muni d'une
mesure positive µ.
Dénition (Lp (µ), 1 < p < ∞). Soit 1 < p < ∞. Pour toute fonction f mesurable
à valeurs complexes dénie sur X , on pose
Z p1
kf kp = |f |p dµ
X
µ g −1 (]α, ∞]) = 0.
Dénition (L∞ (µ)). Pour toute fonction f mesurable à valeurs complexes dénie
sur X , on pose
kf k∞ = la borne essentielle de |f |
et on appelle L∞ (µ) l'ensemble de toutes les fonctions f mesurables pour lesquelles
kf k∞ < ∞.
Théorème. Soit 1 6 p 6 ∞. Soit (fn )n∈N une suite de Cauchy dans Lp (µ), qui
possède donc une limite f ∈ Lp (µ). Alors il existe une sous-suite de (fn ) qui converge
ponctuellement presque partout vers f .
Démonstration. Pour p < ∞, c'est la suite (fni )i∈N de la démonstration. Pour p =
∞, la suite toute entière, (fn )n∈N , convient.
Références :
Rudin - Analyse réelle et complexe - Page 82.
Alors :
(i) Toutes les solutions (maximales) du système x0 = (A + B(t))x + f (t) sont
bornées.
(ii) Toutes les solutions maximales de x0 = B(t)x ont une limite nie en +∞.
(iii) En supposant de plus t 7→ etA bornée sur R tout entier, on a que pour toute
solution maximale de x0 = (A + B(t))x, l'application y : t 7→ e−tA x(t) a une
limite en +∞.
Démonstration. (i) Soit M un majorant de ketA k. Par la formule de Duhamel ap-
pliquée avec le terme source B(t)x + f (t) dépendant de x, on a
Z t
tA
x(t) = e x(0) + e(t−s)A (B(s)x(s) + f (s)) ds.
0
Rt Rt
On note u(t) = kx(t)k, F (t) = 0
kf (s)k ds et β(t) = 0
kB(s)k ds. On obtient alors
la majoration suivante :
Z t
u(t) 6 M u(0) + M (β 0 (s)u(s) + f (s)) ds
0
Z t
= M (u(0) + F (t)) + M β 0 (s)u(s) ds.
0
solution de
x00 + (1 + q(t))x = 0.
Alors il existe α, β ∈ R tels que limt→∞ x(t) − α cos(t) − β sin(t) = 0.
!
x(t)
Démonstration. On pose X(t) = . Alors X est solution du système X 0 =
x0 (t)
(A + B(t))X avec
! !
0 1 0 0
A= et B(t) = .
−1 0 −q(t) 0
Or !
cos(t) sin(t)
etA =
− sin(t) cos(t)
est bornée pour t ∈!R. Donc la question précédente s'applique : Y (t) = e−tA X(t) a
α
une limite nie à l'inni, i .e.
β
!
α
e−tA X(t) − −→ 0.
β t→∞
Formule de Duhamel :
En appliquant la méthode de variation de la constante, on trouve que les solutions
de l'équation u0 = Au + b(t) sont donnés par la formule de Duhamel :
Z t
(t−t0 )A
u(t) = e u(t0 ) + e(t−s)A b(s) ds.
t0
La formule de Duhamel peut s'appliquer à des équations dont le terme source (ici
b(t)) dépend aussi de u(t), ce qui fournit une équation implicite en u.
Dénition. Soit λ une valeur propre d'une matrice A. On dit que λ est semi-simple
si les dimensions de l'espace propre et de l'espace caractéristique associés sont égales,
i .e. si
dim(Ker(A − λIn )) = dim(Ker((A − λIn )m ))
où m est la multiplicité de λ. Comme Ker(A−λIn ) ⊂ Ker((A−λIn )m ), cela implique
l'égalité de ces sous-espaces.
On dit que λ est simple si
Références :
Benzoni-Gavage - Calcul diérentiel et équations diérentielles - Page 210
(exercice 6.3).
Alors clairement, B ⊂ ∪∞ ˚
n=1 Fn . Il reste à montrer que Fn est fermé et Fn = ∅.
Montrons que Fn est fermé. Soit (fk ) une suite de Fn convergeant vers f ∈ E .
Pour tout k ∈ N, il existe xk tel que pour tout y , |fk (y) − fk (xk )| 6 n|y − xk |. Le
segment [0, 1] étant compact dans R, il existe une suite extraite (xϕ(k) ) qui converge
vers x ∈ [0, 1]. Pour alléger les notations, on note encore (xk ) cette suite extraite.
Soit y ∈ [0, 1]. On veut alors montrer que fk (y) − fk (xk ) → f (y) − f (x) quand
k → ∞, car ainsi, en passant à la limite dans l'inégalité plus haut, on aura |f (y) −
f (x)| 6 n|y − x|, pour tout y , i.e. f ∈ Fn . On a :
fk (y) − fk (xk ) − f (y) − f (x) 6 |fk (y) − f (y)| + |fk (xk ) − f (xk )|
+|f (xk ) − f (x)|
6 2kfk − f k∞ + |f (xk ) − f (x)|,
La fonction g0 est continue sur [0, 1], dérivable sauf en un nombre ni de points,
et aux points où elle est dérivable, |g00 (x)| = εN . De plus, kg0 k∞ = 2ε . Si on pose
g = P + g0 , alors kf − gk∞ 6 kf − P k∞ + kg0 k∞ < ε. Il reste à voir si g ∈ c Fn . Pour
x, y ∈ [0, 1], on eectue la minoration :
Ainsi :
|g(y) − g(x)| > (εN − M )|x − y|.
En reprenant plus haut, on xe l'entier N tel que N > n+1+M
ε
, ce qui implique :
Finalement, pour tout x ∈ [0, 1], on peut trouver y ∈ [0, 1] tel que |g(y) − g(x)| >
n|y − x|, i .e. g ∈ c Fn .
Ainsi,
1
f x+ bm
− f (x)
1 > (ab)m −→ ∞,
m→∞
bm
est continue sur R mais dérivable en aucun point de R. Noter que x 7→ {x} est
1-périodique et continue sur [0, 1] avec {0} = {1} = 0, donc continue sur R. Par
conséquent les fonctions x 7→ {1010nx} sont continues sur R.
n
En eet, x ∈ c
(∪∞ équivaut à x 6∈
n=1 Fn ) n=1 Fn ,
∪∞ qui est équivalent à x 6∈ Fn pour
tout n, équivalent à x ∈ Fn pour tout n, équivalent à x ∈ ∩∞
c
n=1 Fn .
c
Références :
Zuily et Queélec - Eléments d'analyse (2ème édition) - Page 263.
Valiron - Page 160 (pour l'exemple de la fonction de Weierstrass).
Démonstration. On commence par noter que tout polynôme appartient à L2 (I, ρ),
donc en particulier les polynômes orthogonaux : par dénition de la fonction poids,
x 7→ xn ∈ L1 (I, ρ) pour tout n, donc les carrés de ces fonctions aussi. Le résultat
s'ensuit par linéarité.
Par dénition, les polynômes orthogonaux Pn associés à ρ forment une famille
orthonormale pour le produit scalaire (·, ·). Pour prouver qu'ils forment une base
hilbertienne, nous allons montrer que
ce qui démontrera le résultat (c'est l'une des caractérisations des bases hilbertiennes
lorsque la famille est orthonormée). Mais les X k s'expriment sur les Pn et récipro-
quement, c'est donc équivalent à montrer que {x 7→ xn , n ∈ N}⊥ = {0}.
Soit alors f ∈ L2 (I, ρ) telle que I xn f (x)ρ(x) dx = 0 pour tout n ∈ N. On veut
R
pour ω ∈ R.
prolonge en une fonction holomorphe sur Bα . Soient g(z, x) = e−izx f (x)ρ(x) pour
x ∈ I et z ∈ Bα , et Z
F (z) = g(z, x) dx.
I
Montrons que F est bien dénie et holomorphe sur Bα . On vérie pour cela les
hypothèses du théorème d'holomorphie sous le signe intégral :
(i) Pour tout x ∈ I , z 7→ g(z, x) est holomorphe.
(ii) Pour tout z ∈ Bα , x 7→ g(z, x) est mesurable (comme produit de fonctions
mesurables).
α
(iii) Pour tout z ∈ Bα , |g(z, x)| 6 e 2 |x| |f (x)|ρ(x) qui est une fonction intégrable
sur I et indépendante de z . En eet, par l'inégalité de Cauchy-Schwarz :
Z Z 12 Z 21
α
|x| α|x| 2
e 2 |f (x)|ρ(x) dx 6 e ρ(x) dx |f (x)| ρ(x) dx < ∞.
I I I
On peut donner l'exemple suivant pour justier que l'hypothèse d'existence d'un
α > 0 tel que Z
eα|x| ρ(x) dx < ∞
I
est nécessaire.
Exemple. Soient I =]0, ∞[ et la fonction de poids ρ(x) = x− ln(x) . Alors les po-
lynômes orthogonaux associés au poids ρ ne forment pas une base hilbertienne de
L2 (I, ρ).
on ne pourra donc pas approcher f par un polynôme à ε près. La famille des poly-
nômes orthogonaux associés au poids ρ n'est alors pas dense dans L2 (I, ρ), ce n'est
donc pas une base hilbertienne.
pour tout n ∈ N.
Remarque. Par dénition de la fonction poids, la mesure ρdλ sur I est nie. En
particulier, on a l'emboîtement décroissant des espaces Lp (I, ρdλ), i .e. Lq (I, ρdλ) ⊂
Lp (I, ρdλ) si q > p.
Hilbert séparable et (en )n∈N une famille orthonormée de H . Les propriétés suivantes
sont équivalentes :
H = Vect(en , n ∈ N).
N
X
lim x− (x, en )en = 0.
N →∞
n=0
Références :
Beck, Malick et Peyré - Objectif agrégation - Page 140.
x ∈ B ⇔ t xx 6 1 ⇔ t (Ax)S(Ax) 6 1 ⇔ Ax ∈ BS .
Soit l'application
µ : Sn++ (R) −→ R
S 7−→ √ 1
.
det(S)
Le but est de minimiser µ sur l'ensemble des S ∈ Sn++ (R) telles que K ⊂ BS . On va
montrer que µ est strictement convexe sur le convexe Sn++ (R). Soient R, S ∈ Sn++ (R).
Par le théorème de pseudo-réduction simultanée pour des matrices symétriques dé-
nies positives, il existe P ∈ GLn (R) telle que
R = t P P et S = t P Diag(s1 , . . . , sn ) P
où si > 0 pour tout i. Soit t ∈ [0, 1]. Pour y voir clair dans nos raisonnements de
convexité, on note ri = 1 pour tout i, de sorte que R = t P Diag(r1 , . . . , rn ) P . On a
n
!− 21
Y
= det(P )2 (tri + (1 − t)si )
i=1
n
1 Y 1
= exp − (ln(tri + (1 − t)si )
| det(P )| i=1
2
n
1 Y 1
6 exp − (t ln(ri ) + (1 − t) ln(si )) ,
| det(P )| i=1 2
1
Or x 7→ e− 2 x est convexe, donc
1 Qn Qn
| det(P )|µ(tR + (1 − t)S) 6 te− 2 ln( i=1 ri ) + (1 − t)e− 12 ln( i=1 si )
Comme K est compact, il est borné : il existe r > 0 tel que K ⊂ rB . Mais
rB = BS0 où S0 = r12 In . On considère alors l'ensemble
L'ensemble E est :
(i) Non vide : S0 ∈ E .
(ii) Convexe : car µ est convexe. On vérie que si S1 , S2 ∈ E , tS1 +(1−t)S2 ∈ E :
µ(tS1 + (1 − t)S2 ) 6 µ(S0 ) par convexité de µ. De plus, pour tout x ∈ K ,
t
x(tS1 + (1 − t)S2 )x 6 1, donc K ⊂ BtS1 +(1−t)S2 .
(iii) Fermé : le seul point non trivial est que la limite d'une suite d'éléments de
E reste dénie positive, ce qui est assuré par la condition µ(S) 6 µ(S0 ) qui
implique det(S) > det(S0 ) > 0.
(iv) Borné : comme 0 est un point intérieur de K , il existe λ > 0 tel que K
contienne λB . Soit S ∈ E . On a λB ⊂ K ⊂ BS . Si x ∈ B , on a λx ∈ BS ,
√ √ √
i .e. t (λx)S(λx) 6 1, i .e. k Sxk2 6 λ12 . Donc k Sk = supkxk61 k Sxk 6 λ1 .
√ √
Il s'ensuit alors que kSk 6 k Skk Sk 6 λ12 .
(v) Compact : car fermé borné dans Mn (R) de dimension nie.
La fonction µ est continue (le déterminant et la racine carrée sont continues) sur
le compact E , donc y atteint son minimum. L'unicité du minimum est acquise par
la stricte convexité de µ sur le convexe E .
S2 = t B t CD2 CB = t P D2 P.
Références :
Alessandri - Thèmes de géométrie.
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Algèbre 3 - Page 229 (si on veut
quelques variations dans la méthode).
Soit h̃ la fonction 2L-périodique égale à h1 sur [−L, L]. Comme h(L) = 0, h̃ est conti-
nue sur R et C 1 par morceaux. La série de Fourier de h̃ converge donc normalement
et ∞
2 L
X nπ Z nπ
h̃(x) = bn sin x avec bn = h(x) sin x dx,
n=1
L L 0 L
pour tout x ∈ R (les coecients de Fourier an sont nuls car h̃ est impaire). On note
que la convergence normale signie ici
∞
X
|bn | < ∞.
n=1
est dénie et continue sur Q. En eet, la série la dénissant est normalement conver-
gente (son terme général est majoré par |bn |). La condition u(0, t) = u(L, t) = 0 est
trivialement vériée. De plus, si t ∈ [ε, M ] avec ε > 0, k, k1 , k2 ∈ N avec k1 + k2 = k ,
on a :
∂ k un 2 2
2k − nLπ2 ε
6 C k |b n |n e
∂xk1 ∂tk2
k
qui est le terme général d'une série convergente. La série n>1 ∂x∂k1u∂tnk2 converge donc
P
sup u = sup u.
K K∩∂Q
(x − xε )2
g(x) − g(xε ) = g 0 (xε )(x − xε ) + g 00 (xε ) + o (x − xε )2 .
2
Comme g atteint son maximum en xε , g(x) − g(xε ) 6 0, et en regardant l'égalité
pour x assez proche de xε (des deux côtés de xε , grâce au fait que xε ∈]0, L[), ceci
implique g 0 (xε ) = 0 et g 00 (xε ) 6 0. On obtient donc
∂uε ∂ 2 uε
(mε ) = 0 et (mε ) 6 0.
∂x ∂x2
D'autre part, comme tε ∈]0, T ], on peut toujours envisager son taux d'accroissement
en tε par valeur inférieure :
Il découle de tout cela que P uε (mε ) 6 0, ce qui contredit le fait que P uε > 2ε
sur Q.
Donc mε ∈ K ∩ ∂Q et :
sup u = sup u.
K K∩∂Q
∂ 2u ∂ 2u
+ 2 =0
∂t2 ∂x
qui intervient par exemple en électromagnétisme.
X X
|cn (f 0 )|2 = n2 |cn (f )|2 = kf 0 k22 .
n∈Z n∈Z
Références :
Zuily et Queélec - Eléments d'analyse (2ème édition) - Page 103.
3t2
3t
(x, y) = , .
1 + t3 1 + t3
Symétries :
Les fonctions x et y sont dénies sur R\{−1}. On remarque que x 1t = y(t) et
Variations :
On calcule les dérivées :
1 − 2t3 2 − t3
x0 (t) = 3 et y 0
(t) = 3t .
(t3 + 1)2 (t3 + 1)2
On obtient le tableau de variations suivant :
1
t −1 0 2− 3 1
2
x(t)−∞%0% 2 3 & 32
1
y(t)+∞&0% 2 3 % 32
Branches innies :
Notons que l'on passe par l'origine en t = 0 où on a une tangente horizontale
y(t)
puisque x(t) = t → 0.
y(t)
Lorsque t tend vers −1, on a x(t)
= t → −1. On étudie donc
t2 + t 3t
x(t) + y(t) = 3 3
= → −1.
1+t 1 − t + t2
Donc la droite y = −x − 1 est asymptote à C , et la courbe est au-dessus de son
aymptote car
3t (t + 1)2
x(t) + y(t) + 1 = + 1 = > 0.
t2 − t + 1 t2 − t + 1
La dernière écriture est une intégrale curviligne : on intègre par rapport au paramètre
t sur le pourtour C de la boucle, que l'on parcourt dans le sens trigonométrique (un
mobile parcourant la courbe voit l'intérieur à sa gauche).
Références :
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agré-
gation - Page 237 et page 269 (pour l'aspect sous-variété).
Cε = {z ∈ C / |z| = ε et Re(z) 6 0} ,
+
n √ o
Iε,R = t + iε / 0 6 t 6 R2 − ε2 ,
−
n √ o
Iε,R = t − iε / 0 6 t 6 R2 − ε2 ,
Γε,R = Reiθ / θ ∈ [−π, π], |θ| > θε,R ,
où θε,R = arctan R2 −ε2 .
√ ε
pour tout ε, R.
Nous allons maintenant calculer la limite de l'intégrale sur chaque morceau de
∂Kε,R quand ε → 0. Sur Cε , on a :
Z Z π Z 3π
2
iθ
2 ε
f (z) dz = f (εe )iε dθ 6 α iθ |
dθ
Cε 3π
2
π
2
ε |1 + εe
Z 3π
2 ε πε πε1−α
6 dθ = = −→ 0.
π
2
εα |1 − ε| εα (1 − ε) 1 − ε ε→0
Sur Γε,R , on a :
2π−θε,R 2π
ei(1−α)θ ei(1−α)θ
Z Z Z
1−α
f (z) dz = iR dθ −→ iR1−α dθ.
Γε,R θε,R 1 + Reiθ ε→0 0 1 + Reiθ
On étudie maintenant l'intégrale sur Iε,R
+
et sur Iε,R
−
. Pour t ∈]0, ∞[, on a :
1 1
|f (t + iε)| = 6 .
(t + iε)α (1 + t + iε) tα (1 + t)
Ce majorant est intégrable sur Iε,R
+
et sur Iε,R
−
et ne dépend pas de ε. On peut
appliquer le théorème de convergence dominée :
Z Z R Z Z 0 −2iπα
1 e
f (z) dz −→ α
dt et f (z) dz −→ α
dt.
+
Iε,R ε→0 0 t (1 + t) −
Iε,R ε→0 R t (1 + t)
On fait maintenant tendre ε vers 0 dans la formule donnée par le théorème des
résidus. On obtient :
Z R Z 2π i(1−α)θ
−2iπα 1 1−α e
(1 − e ) α (1 + t)
dt + iR iθ
dθ = 2iπe−iπα ,
0 t 0 1 + Re
et cela pour tout R > 1. Mais
Z 2π i(1−α)θ
R1−α 2π
Z
1−α e
iR dθ 6 dθ −→ 0.
0 1 + Reiθ R−1 0 R→∞
Proposition (Formule des compléments). Pour tout z ∈ C tel que Re(z) ∈]0, 1[, on
a:
π
Γ(z)Γ(1 − z) = .
sin(πz)
Démonstration. On doit prouver l'égalité de fonctions holomorphes sur le domaine
{z ∈ C / Re(z) ∈]0, 1[}, il sut donc de prouver l'égalité pour z = α ∈]0, 1[. En
eet, leur fonction diérence est une fonction analytique qui aura ainsi un zéro non
isolé et sera donc nulle sur tout le domaine (principe des zéros isolés et principe du
prolongement analytique).
Soit α ∈]0, 1[. On note U = {(s, t) ∈ R2 / s, t > 0}. On a :
Z ∞ Z ∞
α−1 −t −α −s
Γ(α)Γ(1 − α) = t e dt s e ds
0 0
Z α
1 t
= e−(t+s) dsdt
U t s
par le théorème de Fubini-Tonelli (tout est positif et intégrable). On eectue le
changement de variable ϕ : (s, t) 7→ s + t, st d'inverse ψ : (u, v) 7→ 1+v u uv
qui
, 1+v
dénit un C -diéomorphisme de U sur U (ϕ et ψ sont clairement diérentiables sur
1
D'où enn :
π π
Γ(α)Γ(1 − α) = I1−α = = .
sin π(1 − α) sin(πα)
Dénition. Pour tout z ∈ C tel que Re(z) > 0, on dénit la fonction Γ, appelée
fonction gamma d'Euler, par :
Z ∞
Γ(z) = tz−1 e−t dt.
0
Cette intégrale converge absolument pour Re(z) > 0. La fonction Γ peut être pro-
longée analytiquement en une fonction méromorphe sur C\(−N), les nombres 0, −1,
−2, . . . étant des pôles de Γ.
Références :
Amar et Matheron - Analyse complexe - Page 249.
M
|F (x + n)| 6
(1 + |x + n|)α
et si A > 0, |x| 6 A, et |n| > 2A, alors |x + n| > |n| − |x| > |n| − A > |n| − |n|
2
= |n|
2
.
Donc
M
|F (x + n)| 6 α
|n|
1+ 2
qui est le terme général d'une série (à double sens) convergente. Comme F est par
hypothèse continue, f l'est aussi. On eectue le changement d'indice p = n + 1 :
X X
f (x + 1) = F (x + n + 1) = F (x + p) = f (x),
n∈Z p∈Z
qui nous donne que f est 1-périodique. On calcule son coecient de Fourier d'indice
m: Z 1 XZ 1
−2iπmt
cm (f ) = f (t)e dt = F (t + n)e−2iπmt dt,
0 n∈Z 0
Par hypothèse, m∈Z |F̂ (m)| converge, donc m∈Z |cm (f )| converge. On en déduit
P P
pour tout x ∈ R.
Démonstration. Soit g : x 7→ e−2iπxτ . On a :
Z Z
fcg(x) = f (t)g(t)e −2iπxt
dt = f (t)e−2iπ(x+τ )t dt = fˆ(x + τ ).
R R
soit
X X
f (x + n)e−2iπ(x+n)τ = fˆ(n + τ )e2iπnx .
n∈Z n∈Z
X X
f (x + n)e−2iπnτ = fˆ(n + τ )e2iπ(n+τ )x .
n∈Z n∈Z
On peut intégrer termes à termes par rapport à la variable τ (grâce aux hypothèses
de convergence) les deux membres de l'égalité : d'une part
Z 1X
f (x + n)e−2iπnτ dτ = f (x),
0 n∈Z
et d'autre part
Z 1X XZ n+1 Z
ˆ
f (n + τ )e 2iπ(n+τ )x
dτ = fˆ(t)e2iπtx dt = fˆ(t)e2iπtx dt,
0 n∈Z n∈Z n R
d'où le résultat.
On calcule enn :
∞
X
−2πa|n|
X
−2πan 1 1 + e−2πa
e =2 e −1=2 −1= = coth(πa),
n∈Z n=0
1 − e−2πa 1 − e−2πa
d'où le résultat.
Si F ∈ S(R) (l'espace de Schwartz), F̂ ∈ S(R) (voir [ZQ] page 321). Donc les
hypothèses de la formule sommatoire de Poisson sont vériées.
la suite (TN )N ∈N converge dans S 0 (R) vers une distribution δZ qui vérie la relation
δˆZ = δZ .
N
X N
X ∞
X
(TN , ϕ) = (δn , ϕ) = ϕ(n) −→ ϕ(n).
N →∞
n=−N n=−N n=−∞
P∞
On dénit alors δZ par (δZ , f ) = n=−∞ f (n) pour f ∈ S(R).
Vérions que δZ est bien une distribution tempérée. Pour f ∈ S(R), on a
!
X X 1 X 1
|(δZ , f )| 6 |f (n)| = |f (0)| + 2
|n2 f (n)| 6 kf k0,0 + kf k2,0 ,
n∈Z ∗
n n∈Z ∗
n2 n∈Z
où kf kn,p = supx∈R |xn f (p) (x)| (ce sont les semi-normes dénissant la topologie de
S(R)). Donc δZ est une distribution tempérée.
Pour f ∈ S(R), on a par dénition de la transformée de Fourier sur S 0 (R) :
(δˆZ , f ) = (δZ , fˆ) = n∈Z fˆ(n). La formule sommatoire de Poisson en x = 0 nous
P
X
(δˆZ , f ) = f (n) = (δZ , f ),
n∈Z
soit δˆZ = δZ .
Conventions :
Pour f ∈ L1 (R), on dénit la transformée de Fourier de f sur R par
Z
fˆ : x 7→ f (t)e−2iπxt dt.
R
Références :
Zuily et Queélec - Eléments d'analyse, 2ème édition - Page 93.
F = {M ∈ Mn (R) / S0 M ∈ Sn (R)},
qui est un sous-espace vectoriel de Mn (R) de même dimension que Sn (R) car S0 est
inversible. Soit alors ψ = ϕ|F . On a :
avec y(x) = M (x)x. Or Q(0) = 21 D2 f (0) est de signature (p, n − p) : il existe donc
un changement linéaire de coordonnées y(x) = Au(x) avec A inversible tel que
t
yQ(0)y = t u t AQ(0)A u = u21 + · · · + u2p − u2p+1 − · · · − u2n .
On en déduit que Dϕ(0) = A−1 M (0) = A−1 qui est inversible. D'après le théorème
d'inversion locale, ϕ est un C 1 -diéomorphisme entre deux voisinages de l'origine
dans Rn .
k k k
X ∂kf
D f (a)(h) = D f (a)(h, h, . . . , h) = (a)hi1 . . . hik .
16i1 ,...,ik 6n
∂xi1 . . . ∂xik
Références :
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agréga-
tion - Page 209 (le lemme), page 354 (le théorème) et page 341 (l'application).
pour tout t1 , t2 ∈ [t0 , b[. Par le critère de Cauchy, on en déduit que y(t) admet une
limite nie l lorsque t tend vers b à gauche. On peut prolonger y par continuité
en b en posant y(b) = l et on a (b, y(b)) ∈ K ⊂ U car K est fermé. De plus,
y 0 (t) = f (t, y(t)) → f (b, y(b)) quand t → b. Par le théorème de prolongement de la
dérivée, cela prouve que y 0 (b) existe et vaut f (b, y(b)).
Maintenant, le théorème d'existence locale des solutions implique qu'il existe une
solution locale z au problème de Cauchy de donnée initiale z(b) = l = y(b) sur un
intervalle [b − ε, b + ε]. On obtient alors un prolongement ỹ de y sur [t0 , b + ε] en
posant ỹ(t) = z(t) pour t ∈ [b, b + ε].
Alors toute solution maximale de l'équation diérentielle y0 = f (t, y) est globale, i .e.
dénie sur J tout entier.
diérentielle :
0
v(t)e−K(t−t0 ) = (v 0 (t) − Kv(t))e−K(t−t0 ) 6 Ce−K(t−t0 ) ,
d'où
C
v(t)e−K(t−t0 ) − v(t0 ) 6 1 − e−K(t−t0 ) .
K
Comme v(t0 ) = ky(t0 )k, il vient
C K(b−t0 )
− 1 + ky(t0 )keK(b−t0 ) .
sup ky(t)k 6 sup v(t) 6 R = e
t∈[t0 ,b[ t∈[t0 ,b[ K
∂f 2ty
(t, y) = p 6 |t|
∂y 2 t2 + y 2
car √ |y| 6 1. Par l'inégalité des accroissements nis, y 7→ f (t, y) est lipschitzienne
t +y 2
2
Comme |y3 cos(y3 ) + sin(y3 )| n'est pas borné quand y1 et y2 varient dans R, f n'est
pas lipschitzienne sur R.
Remarque. Les conditions du théorème ne sont pas nécessaires. En eet, considérons
f : R −→ R
0 si y 6 0
y 7−→
y ln(y) si y > 0.
Alors f n'est pas lipschitzienne : si elle l'était, on aurait |f (y) − f (0)| 6 k|y − 0|
pour tout y > 0, soit |y ln(y)| 6 k|y| pour tout y > 0, soit encore | ln(y)| 6 k pour
tout y > 0 (faux au voisinage de 0 et au voisinage de l'inni). Donc f ne vérie pas
l'hypothèse (i) du théorème.
D'autre part, f ne vérie pas non plus l'hypothèse (ii) : sinon il existerait des
constantes c, k ∈ R telles que |y ln(y)| 6 c + k|y| au voisinage de l'inni, ce qui est
absurde. On note au passage que comme (i) implique (ii), si f ne vérie pas (ii),
elle ne peut pas vérier (i).
Résolvons maintenant l'équation diérentielle y 0 = f (y). Les fonctions constantes
égales à k ∈] − ∞, 0] ∪ {1} sont solutions sur R. Soient y une solution maximale et I
un intervalle sur lequel elle est strictement positive et diérente de 1 (s'il n'en existe
pas, alors y 0 = 0 sur tout intervalle où elle est dénie, donc y est constante égale à
k ∈] − ∞, 0] ∪ {1} sur tout son intervalle de dénition grâce à sa continuité, et cet
intervalle vaut nécessairement R puisque y est une solution maximale). Alors sur I ,
on a
y0
= 1.
y ln(y)
y0
Or ln(ln(y))0 = y ln(y)
, donc il existe K ∈ R tel que
t+K
y(t) = ee ,
pour tout t ∈ I . Cette fonction est toujours strictement plus grande que 1, elle est
donc solution sur R. Toute solution maximale de l'équation diérentielle y 0 = f (y)
est donc globale bien qu'aucune des hypothèses du théorème ne soit vériée.
Références :
Demailly - Analyse numérique et équations diérentielles - Pages 138 (pour le
critère de maximalité) et 144 (pour la globalité).
quitte à réduire J en prenant α plus petit de sorte que Cα < 1. Ainsi, l'intervalle
J est stable par F . Pour x0 ∈ J , la suite (xn ) est donc bien dénie. De plus, pour
tout n > 0,
|xn+1 − a| = |F (xn ) − a| 6 C|xn − a|2 ,
2
soit encore, en multipliant par C : C|xn+1 − a| 6 C|xn − a| . Par une récurrence
immédiate, on obtient :
2n
C|xn − a| 6 C|x0 − a|
avec C|x0 − a| 6 Cα < 1, d'où la convergence quadratique.
Exemple. Soient y > 0 et la fonction f dénie par f (x) = x2 −y. On veut approcher
√
a= y.
On choisit comme intervalle d'étude [c, d] avec 0 < c < d et c2 < y < d2 (pour
√
que a = y soit compris entre c et d). Toutes les hypothèses du théorème et de la
proposition sont alors vériées pour f (f 00 = 2 > 0, donc f est convexe). On doit
alors itérer la fonction
x2 − y 1 y
F (x) = x − = x+ ,
2x 2 x
en partant d'un x0 > a, par exemple x0 > max(y, 1). L'erreur en = |xn − a| commise
à la n-ième itération est majorée par l'inégalité déjà établie :
2n
C|xn − a| 6 C|x0 − a| .
Ici, C = M
2f 0 (γ)
= kf 00 k∞
2f 0 (a)
= 2
4a
= 1
2a
. D'où :
2n
x0 − a
en 6 2a .
2a
Bien sûr, si on a pris x0 trop grand, cette majoration ne nous donne rien. Mais la
convergence quadratique est quand même juste car d'après la démonstration faite,
la suite converge nécessairement vers a, donc pour n assez grand, la majoration
quadratique de l'erreur sera valable.
f (xn )
xn+1 = xn − .
f 0 (xn )
r
!−1
X mi
xn+1 = xn − .
i=1
xn − α i
P (x)
En particulier si xn > αr , alors xn+1 < xn . En dérivant F (x) = x − P 0 (x)
, on trouve
P (x)P 00 (x)
F 0 (x) = P 0 (x)2 . Donc F 0 > 0 sur ]αr , ∞[ car P est unitaire et on a dit plus haut
que P , P 0 , P 00 ne s'annulent pas sur ]αr , ∞[. Donc F est strictement croissante sur
]αr , ∞[. Si αr < xn , alors αr = F (αr ) < F (xn ) = xn+1 . La condition x0 > αr
implique donc que xn > αr pour tout n > 0.
Finalement, la suite (xn ) est décroissante minorée, elle converge donc vers un
élément qui annule PP0 , i.e. vers αr .
Proposition. En ayant
n choisit x0 > αr , si mr > 2, alors il existe c > 0 tel que
|xn − αr | ∼ c 1 − 1
mr
.
Démonstration. Comme P 0 (x) Pr
i=1 x−αi , on a en dérivant cette égalité :
mi
P (x)
=
r
P 00 (x)P (x) P 0 (x)2 X mi
− = − .
P (x)2 P (x)2 i=1
(x − α i )2
P (x)
On dérive ensuite F (x) = x − P 0 (x)
:
P (x)P 00 (x)
F 0 (x) =
P 0 (x)2
2
P (x)P 00 (x) P (x)
=
P (x)2 P 0 (x)
!2 !−2
r r r
X m i
X m i
X mi
= − 2
i=1
x − α i i=1
(x − α i ) i=1
x − αi
r
! r
!−2
X mi X mi
= 1− 2
.
i=1
(x − α i ) i=1
x − α i
D'où :
1
F 0 (αr ) = lim F 0 (x) = 1 − < 1.
x→αr mr
F 00 (zn )
xn+1 − αr = F 0 (αr )(xn − αr ) + (xn − αr )2 .
2
D'où :
xn+1 − αr
εn = 0
− 1 = O (xn − αr ) = O (dn ) .
F (αr )(xn − αr )
On passe au logarithme :
Par conséquent, la série dénie par ce terme général converge, ce qui signie que
ln(xn − αr ) − n ln(F 0 (αr )) converge vers un réel λ. Finalement :
n
λ 0 n λ 1
xn − αr ∼ e F (αr ) = e 1 − .
mr
Donc tout x0 > αr convient pour avoir la convergence de (xn ) vers αr . Pour
trouver un tel x0 , on écrit P = xn + an−1 xn−1 + · · · + a0 , et alors si P (α) = 0, on a
n−1
X n−1
X
n i
|α| = ai α 6 |ai ||α|i .
i=0 i=0
Pn−1
Si |α| > 1, en divisant cette inégalité par |α|n−1 , on obtient |α| 6 i=0 |ai |. D'où :
n−1
!
X
|αr | 6 max 1, |ai | .
i=0
Pn−1
Il nous sut donc ne prendre n'importe quel x0 plus grand que max 1, i=0 |ai | .
Soit β une racine de P 0 . S'il s'agit aussi d'une racine de P , alors le résultat est clair.
Sinon on a : r r
P 0 (β) X mi X β − αi
= = mi = 0.
P (β) i=1
β − αi i=1
|β − αi |2
D'où : r r
X mi X mi
β 2
= αi .
i=1
|β − αi | i=1
|β − αi |2
En posant ai = mi
|β−αi |2
, on a donc :
r
X a
β= Pr i αi ,
i=1 j=1 aj
d'où le résultat.
Remarque : Dans le cas où les racines sont toutes réelles, le résultat s'obtient
aussi en remarquant que chaque αi est une racine de P 0 de multiplicité mi − 1 et
en appliquant le théorème de Rolle sur chaque intervalle ]αi , αi+1 [, on obtient r − 1
autres racines. On a alors bien n − 1 racines, toutes comprises entre les αi .
Références :
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agré-
gation - Page 152.
Chambert-Loir - Exercices d'analyse 2 (pour l'application aux polynômes).
somme, on a
z −1
f (z) = ee
pour tout |z| < R.
(ii) Pour tout k ∈ N, on a
∞
1 X nk
Bk = .
e n=0 n!
Démonstration. Pour k ∈ [[1, n]], on note Ek l'ensemble des partitions de [[1, n + 1]]
pour lesquelles la partie de [[1, n + 1]] contenant n + 1 est de cardinal k + 1. Alors on
a:
n
Card(Ek ) = Bn−k .
k
En eet, il y a nk choix possibles pour la partie à k +1 éléments contenant l'élément
n + 1 (on a k éléments à choisir dans [[1, n]]), puis il faut réaliser une partition des
n − k éléments restants.
Les ensembles E0 , E1 , . . . , En forment clairement une partition de l'ensemble des
partitions de [[1, n + 1]]. On a donc
n n
X n X n
Bn+1 = Bn−k = Bj
k=0
k j=0
j
car n−k
n
= nk . On montre maintenant par récurrence sur n que Bn 6 n!. Pour
f 0 (z) = f (z)ez .
z
On en déduit qu'il existe C ∈ C tel que f (z) = Cee . En évaluant en 0, comme
f (0) = B0 = 1, on trouve C = e−1 . D'où
z −1
f (z) = ee .
(nz)k
En notant un,k = n!k!
, on a, pour tout n ∈ N,
∞ ∞
X X |nz|k e|nz|
|un,k | = = .
k=0 k=0
n!k! n!
Puis, n
∞ ∞
X e|nz| X e|z| |z|
= = ee .
n=0
n! n=0
n!
P P∞
Donc la série n k=0 |un,k | est convergente. Par le théorème de Fubini pour les
séries doubles, on peut intervertir les symboles sommes :
∞ X ∞ ∞ X∞ ∞ ∞
!
k
X X X X n zk
f (z) = e−1 un,k = e−1 un,k = e−1 .
n=0 k=0 n=0 k=0 n=0
n! k! k=0
pour tout k ∈ N.
Démonstration. Pour k ∈ [[1, n]], on note Ek l'ensemble des partitions de [[1, n + 1]]
pour lesquelles la partie de [[1, n + 1]] contenant n + 1 est de cardinal k + 1. Alors on
a:
n
Card(Ek ) = Bn−k .
k
En eet, il y a nk choix possibles pour la partie à k +1 éléments contenant l'élément
n + 1 (on a k éléments à choisir dans [[1, n]]), puis il faut réaliser une partition des
n − k éléments restants.
Les ensembles E0 , E1 , . . . , En forment clairement une partition de l'ensemble des
partitions de [[1, n + 1]]. On a donc
n n
X n X n
Bn+1 = Bn−k = Bj
k k=0 j=0
j
car n
= nk .
n−k
P∞
On note F = Bn
n=0 n! X
n
la série génératrice exponentielle de (Bn ). On dérive
F :
∞
0
X Bn+1
F = Xn
n=0
n!
∞ n
!
X 1 X n
= Bk Xn
n=0
n! k=0
k
∞ n
!
X X Bk 1
= X n.
n=0 k=0
k! (n − k)!
On sait que l'équation A0 = E1 A admet une unique solution dans C[[X]] lorsque
A(0) est donné. En eet, en écrivant A = ∞ n=0 an X , on obtient (n + 1)an+1 =
n
P
Pn
k=0 (n−k)! , ce qui détermine uniquement la suite (an ) en fonction de a0 .
ak
égale à F .
z
L'équation f 0 (z) = E1 (z)f (z) = ez f (z) s'intègre en f (z) = Kee , et f (0) = 1
donne K = e−1 . Pour tout z ∈ C, on a :
∞ ∞ ∞
z
X enz X 1 X (nz)k
ee = = .
n=0
n! n=0
n! k=0
k!
(nz)k
En notant un,k = n!k!
, on a, pour tout n ∈ N,
∞ ∞
X X |nz|k e|nz|
|un,k | = = .
k=0 k=0
n!k! n!
Puis, n
∞ ∞
X e|nz| X e|z| |z|
= = ee .
n=0
n! n=0
n!
P P∞
Donc la série n k=0 |un,k | est convergente. Par le théorème de Fubini pour les
séries doubles, on peut intervertir les symboles sommes :
∞ X ∞ ∞ X∞ ∞ ∞
!
k
X X X X n zk
f (z) = e−1 un,k = e−1 un,k = e−1 .
n=0 k=0 n=0 k=0 n=0
n! k! k=0
Finalement,
∞ ∞ ∞
!
X Bk k −1
X X nk Xk
F = X =e ,
k=0
k! k=0 n=0
n! k!
d'où l'on déduit ∞
−1
X nk
Bk = e
n=0
n!
pour tout k ∈ N.
Références :
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Algèbre 1 - Page 14.
Saux-Picart - Cours de calcul formel, Algorithmes fondamentaux - Page 132
(exercice 14, pour une idée dans le cadre des séries formelles).
N ∞ N
X an X r − 1 X an 1
x6 + = + ,
n=1
rn n=N +1
r n
n=1
r n r N
et l'inégalité est stricte puisque x est irrationnel. On a donc que l'ensemble de gauche
est inclu dans celui de droite. Pour l'autre inclusion, voir ((i)) des compléments.
Par conséquent, P (ε1 = a1 , . . . , εN = aN ) = r1N (la mesure de l'ensemble de
droite). Par ailleurs, on a
X X 1 rN −1 1
P (ε1 = a1 ) = P (ε1 = a1 , . . . , εN = aN ) = N
= N
= .
a2 ,...,aN ∈A a2 ,...,aN ∈A
r r r
1
P (ε1 = a1 , . . . , εN = aN ) = = P (ε1 = a1 ) . . . P (εN = aN ),
rN
ce qui prouve l'indépendance des εi (voir ((ii)) des compléments) qui suivent une loi
uniforme sur A.
Nb,n X1 + · · · + Xn p.s. 1
= −→ E[X1 ] = P (ε1 = b) = .
n n n→∞ r
Ceci étant vrai pour tout b ∈ A, on en déduit que presque tout x ∈ Ω est simplement
normal en base r.
Soit maintenant b = (u, v) ∈ A2 . On note Yi = 1l{εi =u, εi+1 =v} . Alors en notant
Nb,n (x) = Card({i ∈ [[1, n − 1]] / εi (x) = u, εi+1 (x) = v}), on a
Nb,n Y1 + · · · + Yn−1
= .
n n
On ne peut pas conclure directement car les Yi ne sont pas indépendantes. Mais les
Yi sont identiquement distribuées, et (Y1 , Y3 , . . . ) d'une part et (Y2 , Y4 , . . . ) d'autre
part sont des suites indépendantes. Par la loi forte des grands nombres, on obtient :
p.s.
Y1 +Y3 +···+Y2n−1 −→ E[Y1 ] = P (ε1 = u, ε2 = v) = r12
n n→∞
p.s.
Y2 +Y4 +···+Y2n −→ 1
n
E[Y2 ] = P (ε2 = u, ε3 = v) = r2
.
n→∞
Donc
Y1 +Y3 +···+Y2n−1 p.s.
Y1 +Y2 +···+Y2n = 1 Y2 +Y4 +···+Y2n 1 1
+ r12 1
2n 2 n
+ n
−→ 2 r2
= r2
n→∞
Y1 +Y2 +···+Y2n−1 = n Y1 +Y3 +···+Y2n−1 Y2 +Y4 +···+Y2n−2 p.s.
2n−1 2n−1 n
+ n
−→ 12 .
n→∞ r
On en déduit que
Nb,n p.s. 1
−→ .
n n→∞ r2
On peut faire de même avec les mots b ∈ Ak de longueur k > 1.
Compléments de la démonstration :
(i) Montrons que
N N
# "
X an X an 1
{ε1 = a1 , . . . , εN = aN } ⊃ n
, n
+ N ∩ Ω.
n=1
r n=1 r r
Fixons x = ∞ εn (x)
n=1 rn dans l'ensemble de droite. Supposons qu'il existe i 6 N
P
N ∞
εi (x) − ai X εn (x) − an X εn (x)
x − SN = i
+ n
+ n
.
r n=i+1
r n=N +1
r
| {z }
= Ri
et tels qu'il n'existe pas de rang n0 à partir duquel εn (x) = r − 1 pour tout n (le
développement est propre).
Soient k > 1 et b ∈ Ak . On pose
Dénition. On dit que x est simplement normal en base r si, pour tout b ∈ A,
Nb,n (x) 1
−→ .
n n→∞ r
Dénition. On dit que x est normal en base r si, pour tout k > 1 et tout b ∈ Ak ,
Nb,n (x) 1
−→ k .
n n→∞ r
Dénition. On dit que x est normal s'il est normal en toute base r > 2.
Il est dicile de répondre à la question "existe-t-il des nombres normaux ?" car
on ne connaît la loi de développement en base r d'aucun irrationnel de [0, 1] donné
à l'avance. Les probabilités nous aident donc beaucoup.
Références :
Zuily et Queélec - Eléments d'analyse (2ème édition) - Page 539.
Alors il existe C > 0 tel que kf −Bn k∞ 6 Cω √1n , en particulier (Bn ) converge
vers f uniformément. De plus, cette estimation est optimale.
Démonstration. Soit x ∈ [0, 1]. Soit (Xn )n>1 une suite de variables de Bernoulli de
Pn
paramètre x indépendantes et identiquement distribuées. On note Sn = k=1 Xk .
Alors Sn suit une loi binomiale de paramètres (n, x) et
X n
Sn k n k
E f = f x (1 − x)n−k = Bn (x).
n k=0
n k
Sn √ Sn √
1 1
ω √ x− n 6 x− n+1 ω √ .
n n n n
Donc
Sn
|f (x) − Bn (x)| = E[f (x)] − E f
n
Sn
6 E f (x) − f
n
Sn
6 E ω x−
n
Sn √
1
6 ω √ E x− n+1
n n
√
1 Sn
6 ω √ n x− +1 ,
n n 2
1
par l'inégalité de Hölder, où kXk2 = E[X 2 ] 2 . Or E x − Snn = 0, donc x − Snn 2 =
1 1
Var x − Snn 2 = n12 Var(Sn ) 2 . Et Var(Sn ) = ni=1 Var(Xi ) = nx(1 − x) car les Xi
P
1 √
1 1 1
kf − Bn k∞ > √ n= √ √ > √ ω √ .
2n e 2 n e 2 e n
Var(X1 )
6 ω(δ) + 2kf k∞ ,
nδ 2
par l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, en notant que E Snn = E[X1 ] = x. D'autre
part, Var(X1 ) = x(1 − x) 6 14 (par une étude variationnelle par exemple). Finale-
ment,
kf k∞
kf − Bn k∞ 6 ω(δ) + ,
2nδ 2
Démonstration. Pour éviter de noter les valeurs absolues, on peut supposer X, Y >
0. Si E[X p ] = 0, alors E[XY ] = 0 et l'inégalité est vraie. On suppose maintenant
E[X p ] > 0. Quitte à considérer X ∧ n et Y ∧ n puis à passer à la limite quand n → ∞
par le théorème de convergence monotone, on peut supposer X et Y bornées. On
dénit une probabilité Q par
Xp
Q(dω) = P (dω)
E[X p ]
Y
Z = 1lX>0 .
X p−1
On applique l'inégalité de Jensen à Z :
EQ [Z]q 6 EQ [Z q ].
Or Z Z
Y (ω) Y (ω)X(ω) E[XY ]
EQ [Z] = Q(dω) = P (dω) = .
Ω X(ω)p−1 Ω
p
E[X ] E[X p ]
E[Y q]
De même, EQ [Z q ] = E[X p ]
. D'où le résultat.
On choisit w = u + s |v−u|
v−u
. Alors |w − u| = s 6 s, donc
D'autre part,
v−u |v − u| − s
|w − v| = u + s − v = (u − v) = |v − u| − s .
|v − u| |v − u|
Or si |u − v| 6 s + t, alors
−s 6 |u − v| − s 6 t.
Quitte à inverser s et t, on peut supposer s 6 t. Alors −t 6 −s et on en déduit :
−t 6 |u − v| − s 6 t,
Démonstration. On écrit Y =
Pn
k=1 ak Xk . Comme les Xk sont i .i .d . avec E[Xk ] = 0
n
et E[Xk2 ] = 1, on a kY k22 = k=1 a2k . On remarque qu'on peut supposer kY k2 = 1,
P
n q n q n p
Y Y Y 2 1 2 √
|Z| = 1 + a2k Xk2 = 1 + a2k 6 eak = e 2 kY k2 = e.
k=1 k=1 k=1
√
Donc kZk∞ 6 e. De plus, pour j ∈ [[1, n]], on a :
" #
Y
E[Xj Z] = E Xj (1 + iaj Xj ) (1 + iak Xk )
k6=j
Y
= E Xj + iaj Xj2
E[1 + iak Xk ]
| {z } k6=j | {z }
=iaj =1
= iaj ,
On en déduit enn :
√
|E[Y Z] | = 1 = kY k2 6 kZk∞ kY k1 6 ekY k1 .
Références :
Zuily et Queélec - Eléments d'analyse pour l'agrégation - Page 518.
La première étape est d'appliquer le théorème central limite pour avoir la conver-
gence en loi de (Zn ) vers une gaussienne centrée réduite. Les Xn sont bien i .i .d . de
carré intégrable, avec E[X1 ] = 1 et σ = Var(X1 ) = 1, donc le théorème s'applique
p
et nous donne :
Z ∞
Sn − n 1 u2
P (Zn > t) = P √ > t −→ √ e− 2 du = P (Z > t),
n n→∞ 2π t
pour tout t ∈ R, où Z est une v .a. de loi gaussienne centrée réduite.
E[Zn2 ]
P (Zn > t) 6 P (Zn2 > t2 ) 6
t2
par l'inégalité de Markov (qui s'applique car Zn2 > 0). Ensuite
et on a ainsi majoré P (Zn > t) par une fonction intégrable sur R∗+ indépendante de
n. Par le théorème de convergence dominée, on obtient
Z ∞ Z ∞
P (Zn > t) dt −→ P (Z > t) dt.
0 n→∞ 0
D'où enn Z ∞ n n √ 1 1
P (Zn > t) dt = n −→ √ ,
0 e n! n→∞ 2π
ce qui nous donne la formule de Stirling.
Démonstration. On a
∞ k
k −λ λ
X X
GX (t) = E t = t e = e−λ etλ = eλ(t−1) .
k=0
k!
Par indépendance, GX+Y (t) = GX (t)GY (t) = e(λ+µ)(t−1) . Donc GX+Y est la fonction
loi
génératrice d'une v .a. de loi P(λ + µ). Donc X + Y = P(λ + µ).
Rappel : On s'est servi du fait que la fonction génératrice caractérise entièrement
la loi d'une v .a.. En eet, si X et Y sont deux v .a. à valeurs entières telles que
GX (t) = GY (t) pour tout |t| < 1 (la série dénissant GX converge au moins pour
|t| < 1 puisque GX (1) = 1 < ∞), l'unicité du développement d'une fonction en série
entière montre que X et Y ont la même loi.
Théorème (Théorème central limite). Soit (Xi ) une suite de v .a.i .i.d . de carré
intégrable (et non constantes). On note µ = E[X1 ] et σ2 = Var(X1 ) avec σ > 0.
Alors en notant Sn = X1 + · · · + Xn , on a
Sn − nµ loi
√ −→ N (0, 1),
σ n n→∞
pour tout x ∈ R.
Références :
Aucune.
kz − z 0 k2 = 2kzk2 + 2kz 0 k2 − kz + z 0 k2
avec z = hn − x et z 0 = hp − x :
En développant, on en déduit
Montrons qu'il est unique : soit a0 ∈ H tel que pour tout x ∈ H , f (x) = (a, x) =
(a0 , x). Alors (a − a0 , x) = 0 pour tout x ∈ H , donc a − a0 = 0.
De plus, on a kT k = kT ∗ k.
Démonstration. Pour y ∈ F , on considère l'application
φy : x 7→ (T (x), y),
qui est clairement linéaire. Elle est continue par l'inégalité de Cauchy-Schwarz :
Mais on a
kT ∗ (y)k = sup |(x, T ∗ (y))|,
kxk=1
kT ∗ (y)k 6 kT kkyk,
kT k = k(T ∗ )∗ k 6 kT ∗ k,
et enn kT k = kT ∗ k.
Références :
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Analyse 3 - Page 152.
Skandalis - Topologie et analyse, 3ème année - Page 252 (raccourci pour mon-
trer que la projection est continue), page 261 (pour l'application à l'existence
d'un adjoint).
p−2
et enn : kf kp 6 C 2 kf k2 .
Finalement, comme k · kp et k · k∞ sont équivalentes sur F , il existe α > 0 tel
que kf k∞ 6 αkf k2 , pour tout f ∈ F .
Soit (f1 , . . . , fn ) une famille libre de fonctions de F , qu'on peut supposer ortho-
normale dans L2 muni du produit scalaire induit par la norme k · k2 (quitte à utiliser
le procédé de Gram-Schmidt). On note B la boule unité fermée de Cn pour la norme
k · k2 . Pour c = (c1 , . . . , cn ) ∈ B , on pose
n
X
fc = ci f i .
i=1
Sachant que B est séparable (car inclu dans Cn séparable), il existe une suite
(c(k))k∈N dense dans B . Pour tout k , il existe une partie mesurable Ωk de X , avec
µ(Ωk ) = µ(X), telle que kfc(k) k∞ = supx∈Ωk |fc(k) (x)|. Alors Ω = ∞ k=1 Ωk est encore
T
une partie mesurable avec µ(Ω) = µ(X) (le complémentaire de Ω est une réunion
dénombrable d'ensembles de mesure nulle, donc de mesure nulle).
Pour tout x ∈ Ω et tout k ∈ N, |fc(k) (x)| 6 kfc(k) k∞ . D'après le résultat prélimi-
naire,
|fc(k) (x)| 6 kfc(k) k∞ 6 αkfc(k) k2 6 α.
Par densité, il s'ensuit immédiatement que |fc (x)| 6 α pour tout c ∈ B et tout
x ∈ Ω (la convergence d'une suite (c(ki ))i∈N de Cn pour la norme k · k2 implique la
convergence composante par composante).
Pour x ∈ Ω, on pose :
Il vient alors
n
1 X
fc(x) (x) = fi (x)fi (x) = k(f1 (x), . . . , fn (x))k2 .
f1 (x), . . . , fn (x) i=1
2
D'où nalement :
n 6 α2 µ(X),
et par conséquent F est de dimension nie.
Remarque. L'intérêt de s'être ramené à L2 est que c'est le seul des espaces Lp à être
muni d'un produit scalaire hermitien :
Z
(f, g) = f g dµ
X
qui en fait un espace de Hilbert, i .e. un espace vectoriel complet pour sa norme
k · k2 induite par ce produit scalaire hermitien. On a pu ainsi dénir une famille
orthonormée dans L2 . On note également que ce produit scalaire est bien déni car
si f, g ∈ L2 , f g ∈ L1 grâce à Cauchy-Schwarz (ou l'inégalité de Hölder avec p = 2
et q = 2).
Remarque. Les hypothèses du théorème ne peuvent pas être diminuées. En eet, si
F 6⊂ L∞ ou si p = +∞, alors si on prend F = Lp , F est de dimension innie. Pour
voir que Lp est de dimension innie, par exemple lorsque le domaine X d'intégration
est X = [0, 1] (de mesure nie), on peut prendre la famille des indicatrices 1l[ 1 , 1 [
n n+1
pour n ∈ N∗ qui est libre dans Lp pour p 6 ∞.
Si on suppose maintenant F ⊂ L∞ et p < ∞, mais µ(X) = ∞, le théorème
est encore faux. On prend par exemple X = [0, ∞[ et F l'adhérence dans Lp de
l'espace vectoriel de Lp engendré par les fonctions indicatrices 1l[n,n+1[ . On vérie
que F ⊂ L∞ : si f ∈ F , il existe une suite de complexes (λi )i>1 telle que
∞
X
f= λi 1l[i,i+1[ .
i=0
Comme f ∈ Lp , on a ∞ i=0 |λi | < ∞, donc λi → 0, donc la suite (λi ) est bornée, et
p
P
donc f est bornée, i .e. f ∈ L∞ . Pourtant, les 1l[n,n+1[ forment une famille libre de
F , qui est donc de dimension innie.
Dans ce qui suit, on désigne par X un espace mesuré quelconque muni d'une
mesure positive µ.
On rappelle que Lp (µ) est un espace vectoriel complexe. C'est immédiat avec
l'inégalité de Minkowski qui montre que si f, g ∈ Lp (µ), alors f + g ∈ Lp (µ), et
le fait que kαf kp = |α|kf kp . On peut donc bien sûr parler de la dimension de F
sous-espace vectoriel fermé de Lp (µ) comme C-espace vectoriel.
Références :
Rudin - Analyse fonctionnelle.
Alors ψ est de classe C ∞ sur R. En eet, elle est de classe C ∞ sur R∗ et on montre
par une récurrence facile que pour tout t > 0 et tout k ∈ N, il existe un polynôme
Pk tel que
(k) 1 −1
ψ (t) = Pk e t.
t
On montre ensuite par récurrence sur k que ψ est k fois dérivable sur R avec ψ (k) (t) =
0 pour tout t 6 0 : c'est vrai pour k = 0 et si c'est vrai au rang k , alors
1
ψ (t) − ψ (0) 1t Pk 1t e− t si t > 0
(k) (k)
=
t 0 si t < 0,
qui tend vers 0 quand t → 0, et donc ψ (k) est dérivable en 0 et ψ (k+1) (0) = 0. Ainsi
ψ est indéniment dérivable sur R, donc de classe C ∞ sur R.
qui est C ∞ sur R, strictement croissante, nulle pour t 6 0 et égale à 1 pour t > 1.
Enn, la fonction
x−a d−x
f : x 7→ β β
b−a d−c
est C ∞ sur R, comprise entre 0 et 1, égale à 1 si x ∈ [b, c], nulle si x 6 a et x > d.
Théorème (Théorème de Borel). Soit (an )n∈N une suite quelconque de réels. Alors
il existe une fonction u ∈ C ∞ (R) telle que u(n) (0) = an pour tout n ∈ N.
Démonstration. D'après la proposition précédente, il existe une fonction f ∈ C ∞ (R)
k
égale à 1 pour |x| 6 1
2
et nulle pour |x| > 1. Notons fk (x) = f (λk x)ak xk! et montrons
que l'on peut choisir les λk > 0 pour assurer la convergence uniforme sur R de la
P (m)
série fk et de chaque série dérivée fk pour m ∈ N.
P
Comme f et toutes ses dérivées f (p) sont continues et nulles en dehors de [−1, 1],
on peut trouver un majorant Kp sur R pour chacune de ces fonctions. Soit Mm le
(m)
maximum des Kp pour p 6 m. Pour |x| > λ1k , fk (x) = 0 car f est nulle en dehors
de [−1, 1]. Pour |x| 6 λ1k , on a la majoration :
m
(m)
X m m−p 1 1
fk (x) 6 |ak |Mm λk k−p
p=0
p (k − p)! λk
m
1 1 X m
6 |ak |Mm
(k − m)! λk−m
k p=0
p
2m Mm |ak |
= .
(k − m)! λkk−m
On choisit alors
λk = max(1, |ak |)
de sorte que λk−m
k > λk > |ak | car k − m > 1. Ainsi :
(m) 2m Mm
fk (x) 6 ,
(k − m)!
(m)
pour tout x ∈ R (évidemment vrai aussi pour |x| > λ1k où fk (x) = 0). La série
(m) 2m Mm
de fonctions k>0 fk est donc normalement convergente (la série k>m (k−m)! est
P P
m ∈ N,
X∞
(m) (m)
u (x) = fk (x).
k=0
En particulier, pour tout m ∈ N,
∞
X
(m) (m)
u (0) = fk (0) = am ,
k=0
xk
car fk (x) = ak k! pour tout x avec |x| 6 ,
et ainsi
1
2λk
x k (m)
0 si k 6= m
(m)
fk (0) = ak (0) =
k! am si k = m.
serait évident en prenant u(x) = ∞ n=0 an x . Si cette série entière avait un rayon de
n
P
pour tout x ∈ V . Ceci est absurde car la série entière n!xn a un rayon de conver-
P
gence égal à 0.
Remarque. Le théorème de Borel se généralise aux fonctions de n variables : si
(aα )α∈Nn est une suite quelconque de réels, alors il existe une fonction u ∈ C ∞ (Rn )
telle que ∂ α u(0) = aα pour tout α (en notation multi-indice). Pour cela, on peut
prendre
X xα
u(x) = f (λα x)aα ,
α
α!
avec f ∈ C ∞ (Rn ), f (x) = 1 pour kxk 6 12 , f (x) = 0 pour kxk > 1, et les λα > 0
choisis convenablement par des calculs similaires aux précédents.
Références :
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agré-
gation - Page 359.
d'où
JFt (x) = t an (x)tn−1 + · · · + a1 (x) + 1 > 0.
(ii) On montre que Ft est injective sur B̊ pour t susamment petit. Soient x, y ∈ B̊
tels que Ft (x) = Ft (y). On a donc :
(1 − t)(x − y) = t r(y) − r(x) .
Version complète :
Théorème. On note B la boule unité fermée de Rn pour une norme k·k quelconque.
Alors toute application continue f : B → B admet un point xe.
Démonstration. On peut supposer que la norme k·k est la norme euclidienne usuelle.
Soit f : B → B continue. Raisonnons par l'absurde en supposant que f n'a pas de
point xe.
Montrons d'abord qu'on peut supposer f de classe C 1 . Soit α = inf x∈B kf (x)−xk.
Par compacité de B , cette borne inférieure est atteinte, et comme f n'a pas de point
xe, α > 0. Soit g une fonction de classe C 1 telle que
α
kf − gk∞,B = sup kf (x) − g(x)k < ,
x∈B 2
que l'on obtient par le théorème de Stone-Weierstrass en raisonnant sur les compo-
santes de f : f = (f1 , . . . , fn ) et on pose g = (g1 , . . . , gn ) avec gi des fonctions de
classe C 1 telles que kfi − gi k∞ = supx∈B |fi (x) − gi (x)| < 2√α n . On a
α
kg(x)k 6 kg(x) − f (x)k + kf (x)k 6 kf − gk∞,B + kf (x)k < + 1,
2
pour tout x ∈ B . On pose alors h = 1
1+ α
g, qui est C 1 sur B et à valeurs dans B .
2
Enn, pour tout x ∈ B , on a
Donc
kh(x) − xk > kf (x) − xk − kh(x) − f (x)k > 0,
i .e. h n'a pas de point xe. Ainsi, si on montre qu'il est absurde que toute fonction
C 1 de B dans B n'a pas de point xe, il sera aussi absurde que f n'a pas de point
xe.
Montrons que r est de classe C 1 sur B . Pour x ∈ B , il existe λ(x) ∈ R+ tel que
On a même ∆(x) > 0 car sinon il n'y aurait qu'un seul point d'intersection entre la
droite passant par x et f (x) et la sphère S , ce qui est absurde. Donc, λ(x) étant la
racine positive de l'équation, on obtient :
p
−2 f (x), x − f (x) + ∆(x)
λ(x) = ,
2kx − f (x)k2
et il est clair que λ est de classe C 1 sur B . Donc r est de classe C 1 sur B .
On pose maintenant Ft (x) = (1 − t)x + t r(x) pour t ∈ [0, 1]. Il est clair que Ft
est une application de classe C 1 de B dans B . En notant λ la mesure de Lebesgue
sur Rn , on dénit pour t ∈ [0, 1],
Z
P (t) = det (DFt (x)) dλ(x),
B̊
d'où
JFt (x) = t an (x)tn−1 + · · · + a1 (x) + 1 > 0.
(ii) On montre que Ft est injective sur B̊ pour t susamment petit. Soient x, y ∈ B̊
tels que Ft (x) = Ft (y). On a donc :
(1 − t)(x − y) = t r(y) − r(x) .
Alors h 1 ◦ f ◦ hR : B(0, 1) → B(0, 1) est continue. Elle admet donc un point xe x :
R
1
h 1 ◦ f ◦ hR (x) = f (Rx) = x.
R R
Donc Rx ∈ B(0, R) est un point xe de f .
Références :
Aucune.
lorsque x → 1− .
Alors la série an converge et sa somme vaut l.
P
Démonstration. On note que S est bien dénie pour |x| < 1 car la série entière
an z n a un rayon de convergence > 1 grâce à an = O n1 .
P
Pour approcher f ainsi, on l'écrit f (x) = x + x(1 − x)g(x) pour une bonne
fonction g , en réalité dénie par g(x) = fx(1−x)
(x)−x
si 0 < x < 1, et g(0) = −1, g(1) = 1.
Il existe deux fonctions continues g1 et g2 telles que g1 6 g 6 g2 et kg2 −g1 k1 6 ε (on
prend g1 égale à g partout sauf sur un petit voisinage à gauche de la discontinuité et
on relie les deux extrémités par une droite). Ensuite, comme g1 et g2 sont continues
sur le segment [0, 1], par le théorème de Stone-Weierstrass, il existe deux polynômes
Q1 et Q2 tels que −ε 6 gi − Qi 6 ε sur [0, 1]. Alors les polynômes R1 = Q1 − ε et
R2 = Q2 + ε vérient
R1 6 g1 6 g 6 g2 6 R2
et R2 − R1 = Q2 − Q1 + 2ε 6 g2 − g1 + 4ε. D'où :
Z 1 Z 1
(R2 (x) − R1 (x)) dx 6 (g2 (x) − g1 (x) + 4ε) dx = kg2 − g1 k1 + 4ε 6 5ε.
0 0
P2 (x) − P1 (x)
Q(x) = = R2 (x) − R1 (x),
x(1 − x)
pour tout x ∈ [0, 1[. Comme P1 ∈ E , on a déjà A(x) −→− 0. Pour montrer que
x→1
B(x) → 0, par linéarité, on calcule la limite lorsque Q est un monôme : pour tout
x ∈ [0, 1[,
∞ 1
1−x
Z
X
n n k 1 1
(1 − x) x (x ) = k+1
= k
−→− = tk dt.
n=0
1−x 1 + x + · · · + x x→1 k + 1 0
Cela signie que B(x) = |B(x)| 6 kQk1 +ε pour x assez proche de 1− , i .e. B(x) 6 6ε.
Enn, il existe η < 1 tel que pour tout x ∈ [η, 1[,
∞
X
an f (xn ) 6 (6M + 1)ε.
n=0
∞
X (−1)n−1
S(x) = xn = ln(1 + x).
n=1
n
La fonction S admet donc une limite quand x → 1− , qui vaut ln(2). Le théorème
s'applique : an converge et
P
∞
X
an = ln(2).
n=1
∞
X (−1)n n
S(x) = x .
n=0
2n + 1
√
arctan( x)
S(x) = √
x
pour tout x ∈ [0, 1[. La fonction S admet donc une limite quand x → 1− , qui vaut
arctan(1) = π4 . Le théorème s'applique : an converge et
P
∞
X π
an = .
n=0
4
Références :
Gourdon - Analyse - Page 289.
{X ∈ B} = ({X ∈ B} ∩ {X = Y }) t ({X ∈ B} ∩ {X 6= Y }) .
kP X − P Y k 6 P (X 6= Y ).
Donc
P (X 6= Y ) = P (Y = 0)P (W = 1) + P (Y > 2)
= e−p (1 − (1 − p)ep ) + (1 − e−p − pe−p )
= p(1 − e−p )
6 p2 ,
loi
car e−p > 1 − p. Finalement, si S1 = X , en posant Z = Y , on a le résultat annoncé
par le théorème :
kP S1 − P Z k = kP X − P Y k 6 P (X 6= Y ) 6 p2 .
Par indépendance, GX+Y (t) = GX (t)GY (t) = e(λ+µ)(t−1) . Donc GX+Y est la fonction
loi
génératrice d'une v .a. de loi P(λ + µ). Donc X + Y = P(λ + µ).
Enn, on a clairement ni=1 {Xi = Yi } ⊂ {Sn = Z}. Donc {Sn 6= Z} ⊂
T
Sn
i=1 {Xi 6= Yi }, et ainsi :
n
! n n
[ X X
P (Sn 6= Z) 6 P {Xi 6= Yi } 6 P (Xi 6= Yi ) 6 p2i .
i=1 i=1 i=1
λk −λ λ2
P (Sn = k) − e 6 −→ 0,
k! n n→∞
et ceci prouve que (Sn ) converge en loi vers Z (voir compléments plus bas).
bornée.
(iii) limn→∞ ϕXn (t) = ϕX (t) pour tout t ∈ R.
k−1<s<k <t<k+1
Références :
Carrieu - Probabilités, exercices corrigés - Page 78.
En particulier, si Re(λi ) < 0 pour tout i et si a est tel que 0 < a < min(−Re(λi )),
alors ketA xk 6 Ke−at kxk pour tout t > 0.
Démonstration. On écrit x = x1 + · · · + xr avec xi ∈ Ei = Ker((A − λi In )mi ) (sous-
espace caractéristique de A associé à la valeur propre λi de multiplicité mi ). Chaque
Ei est stable par A et
i −1 k
m
!
X t
etA xi = etλi et(A−λi In ) xi = etλi (A − λi In )k xi .
k!
k=0
On majore :
i −1 k i −1
m m
!
X t X |t|k
(A − λi In )k 6 Ci 6 Ci (1 + |t|)mi −1 6 Ci (1 + |t|)n−1 ,
k=0
k! k=0
k!
k
car |t|k! 6 |t|k 6 mik−1 |t|k . Puis :
r
X
tA
ke xk 6 ketA xi k
i=1
r
!
X
6 max(Ci )(1 + |t|)n−1 etRe(λi ) max(kxi k).
i=1
Or N (x) = max(kxi k) est une norme et toutes les normes sur Rn sont équivalentes,
donc il existe C 0 tel que max(kxi k) 6 C 0 kxk, ce qui donne le résultat.
Enn, si Re(λi ) < 0 pour tout i et si a est tel que 0 < a < min(−Re(λi )), on a
r
!
tA
ke xk X
−at
6 C 0 max(Ci )(1 + |t|)n−1 et(Re(λi )+a) ,
e kxk i=1
et ce majorant est borné pour tout t > 0 car il tend vers 0 quand t → ∞, d'où la
deuxième assertion.
Théorème. On considère le système diérentiel
y 0 = f (y), y(0) = x0
Par équivalence des normes, il existe C > 0 tel que Ckyk2q 6 kyk2 , d'où nalement :
On suppose maintenant que la condition initiale x0 vérie q(x0 ) = kx0 k2q < α.
Alors q(y(t)) = ky(t)k2q < α pour tout t > 0. En eet, sinon il existerait un plus
petit temps t0 > 0 tel que q(y(t0 )) > α. Par continuité de t 7→ q(y(t)), on a en
fait q(y(t0 )) = α, et alors q(y)0 (t0 ) 6 −βq(y(t0 )) < 0. Donc q(y(t)) décroît et est
strictement plus grand que α pour t légèrement inférieur à t0 , ce qui contredit la
dénition de t0 . Donc pour tout t > 0, q(y(t)) < α, ce qui implique
Compléments :
On a ainsi prouvé que les solutions de y 0 = f (y) se comportent de la même
façon que celles de z 0 = Az au voisinage de l'équilibre 0. L'origine est un point
d'équilibre attractif, propriété qui se transmet du système diérentiel linéaire au
système perturbé par le petit terme correctif r(y). La solution du système linéarisé
est en eet z(t) = etA x qui converge exponentiellement vers 0 d'après le lemme.
On n'a pas parlé de l'existence d'une solution y dénie pour tout t > 0. Pour
x ∈ Rn , on note y l'unique solution maximale de y 0 = f (y) telle que y(0) = x, dont
l'existence et l'unicité sont données par le théorème de Cauchy-Lipschitz.
On a ensuite prouvé à la n de la démonstration que lorsque kxkq < α, y(t)
reste dans la boule Bq (0, α). Cela empêche donc y d'exploser en temps ni, et donc
y solution maximale est nécessairement dénie pour tout t > 0. En eet, supposons
par l'absurde que y soit dénie sur I =]b, c[ intervalle ouvert maximal contenant
0 avec c ni. Alors comme f est continue, y 0 = f (y) est bornée sur I , par un réel
M > 0. Par l'inégalité de la moyenne, on a donc :
pour tout t1 , t2 ∈ I . Par le critère de Cauchy, on en déduit que y(t) admet une limite
nie l lorsque t tend vers c à gauche. De plus, y 0 (t) = f (y(t)) → f (l) quand t → c.
Par le théorème de prolongement de la dérivée, cela prouve que y 0 (c) existe et vaut
f (l). Si on pose
n
ϕ : ]b, c] −→ R
y(t) si t 6= c
t 7−→
l si t = c,
alors ϕ est solution du système diérentiel sur ]b, c], ce qui contredit la maximalité
de y .
On peut prouver de la même façon le théorème suivant qui montre le phénomène
d'explosion en temps ni :
Références :
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agré-
gation - Page 138.
Si f|Γ admet un extremum local en a ∈ Γ et si les formes linéaires Dg1 (a), . . . , Dgr (a)
sont linéairement indépendantes, alors il existe des réels λ1 , . . . , λr (appelés multi-
plicateurs de Lagrange) tels que
Remarque. Les λi sont uniques car la famille (Dgi (a)) est libre.
Démonstration. D'abord, on remarque que nécessairement, r 6 n car la famille
(Dgi (a)) est libre dans (Rn )∗ de dimension n. Ensuite, si r = n, le théorème est
évident car la famille (Dgi (a)) devient une base de (Rn )∗ et donc Df (a) s'exprime
sur cette base. On suppose donc r 6 n − 1.
Soit s = n − r > 1. On identie Rn à Rs × Rr et on écrit les éléments de Rn sous
la forme (x, y) = (x1 , . . . , xs , y1 , . . . , yr ). On pose a = (α, β) ∈ Rs × Rr .
Comme la famille (Dgi (a)) est libre, la matrice
∂g ∂g1 ∂g1 ∂g1
1
∂x1
(a) . . . ∂x s
(a) ∂y 1
(a) . . . ∂y r
(a)
. .. .. ..
.
. . . .
∂gr ∂gr ∂gr ∂gr
∂x1
(a) . . . ∂x s
(a) ∂y 1
(a) . . . ∂y r
(a)
x ∈ U 0 , y ∈ U 00 et g(x, y) = 0 ⇐⇒ x ∈ U 0 et y = ϕ(x).
D'autre part, pour tout k ∈ [[1, r]], gk (x, ϕ(x)) = 0, donc en dérivant par rapport à
xi , pour tout i ∈ [[1, s]], on obtient
r
∂gk X ∂ϕj ∂gk
(a) + (α) (a) = 0.
∂xi j=1
∂x i ∂y j
Ces deux dernières égalités impliquent que les s premiers vecteurs colonnes de la
matrice ∂f ∂f ∂f ∂f
∂x1
(a) . . . ∂x s
(a) ∂y 1
(a) . . . ∂y r
(a)
∂g1 ∂g ∂g ∂g
∂x1 (a) . . . ∂x1s (a) ∂y11 (a) . . . ∂y1r (a)
M = .
.. .. ..
. . . . .
∂gr ∂gr ∂gr ∂gr
∂x1
(a) . . . ∂x s
(a) ∂y 1
(a) . . . ∂y r
(a)
s'expriment linéairement en fonction des r derniers. Donc rg(M ) 6 r. Or le rang
des vecteurs lignes est égal au rang des vecteurs colonnes, donc les r + 1 vecteurs
lignes de M forment une famille liée. Il existe donc µ0 , . . . , µr non tous nuls tels que
µ0 Df (a) + µ1 Dg1 (a) + · · · + µr Dgr (a) = 0. Comme la famille (Dgi (a)) est libre, on
a nécessairement µ0 6= 0, d'où le résultat en divisant l'égalité par µ0 .
Une application importante du théorème des extrema liés est le théorème suivant
concernant la diagonalisabilité des endomorphismes symétriques :
qui est de classe C ∞ . Comme E est de dimension nie (car euclidien), la sphère unité
de E est compacte et donc f atteint son minimum sur cette sphère en un point v .
D'autre part, on peut considérer le problème de minimisation suivant : on cherche
à minimiser f sous la contrainte g(x) = kxk2 − 1 = 0. Le théorème des extrema
liés nous dit alors qu'il existe λ ∈ R tel que Df (v) = λDg(v). Or comme u est
symétrique, on a (u(x), h) = (x, u(h)), et on obtient en développant f (x + h) =
(u(x + h), x + h) :
Df (x).h = 2(u(x), h).
Enn, comme Dg(x).h = 2(x, h), on obtient
pour tout h ∈ E . On en déduit que u(v) = λv , i .e. que v est un vecteur propre de
u.
On pose maintenant e1 = v et E 0 = Vect(e1 )⊥ . Si x ∈ E 0 , alors
i .e. E 0 est stable par u. On peut donc conclure par récurrence : E possède une base
orthonormée de vecteurs propres pour u.
R, (x1 , . . . , xn ) 7→ ni=1 xi − s et
P
La fonction f est continue sur le compact K = Γ∩(R+ )n (compact car fermé borné) :
soit a ∈ K le maximum global de f sur K . On a en réalité a ∈ U = Γ ∩ (R∗+ )n car
f (x) = 0 si l'un des xi est nul.
Donc f|U admet un extremum global en a, et comme U est un ouvert de Γ, f|Γ
atteint un extremum local en a. Clairement, Dg(a) 6= 0 (c'est même vrai pour tout
x ∈ Rn ), donc on peut appliquer le théorème des extrema liés : il existe λ ∈ R tel
que Df (a) = λDg(a), et donc pour tout i ∈ [[1, n]],
∂f f (a) ∂g
(a) = =λ (a) = λ.
∂xi ai ∂xi
Or f (a) 6= 0, donc tous les ai sont égaux. Comme ni=1 ai = s (car a ∈ Γ), on a
P
ai = ns . Finalement,
Yn s n
f (x) = xi 6 f (a) = ,
i=1
n
Pn
pour tout x ∈ K . Mais pour x ∈ K , on a s = i=1 xi , donc on obtient
n Pn n
Y
i=1 xi
xi 6 ,
i=1
n
et cette inégalité est vraie pour tout x ∈ (R+ )n car elle est vraie pour n'importe
quel s > 0.
1
Application. Soit n ∈ N∗ . On munit Mn (R) de la norme kM k =
P
i,j m2 2
ij .
Alors l'ensemble des éléments de SLn (R) = {M ∈ Mn (R), det(M ) = 1} de norme
minimale est SOn (R) = {M ∈ On (R), det(M ) = 1}.
Démonstration. On remarque que kM k2 = tr(t M M ). Il s'agit donc de minimiser
f (M ) = tr(t M M ) sous la contrainte g(M ) = 0 avec g(M ) = det(M ) − 1.
On vérie les hypothèses du théorème des extrema liés : f et g sont C 1 sur Mn (R)
(car f est une forme quadratique, et g est fonction du déterminant polynomial
en les coecients de la matrice). L'ensemble SLn (R) = g −1 ({0}) est un fermé de
Mn (R), donc le minimum de f sur SLn (R) est atteint en un point A ∈ SLn (R).
En eet, dans tout espace vectoriel de dimension nie, la distance d de 0 à un
fermé F est toujours atteinte puisqu'elle est atteinte sur le compact K des éléments
x de F tels que kxk 6 d + 1. La diérentielle de g est celle du déterminant, donc
Dg(A).H = tr(t com(A)H). Ainsi Dg(A) 6= 0. Le théorème s'applique donc : il existe
λ ∈ R tel que Df (A) = λDg(A).
En développant f (A + H), on trouve Df (A).H = 2tr(t AH). Donc
Rp . On suppose que f (a, b) = 0 et que la matrice jacobienne Dy f (a, b), formée des
dérivées partielles par rapport à y, est inversible, i.e. det(Dy f (a, b)) 6= 0.
Alors l'équation f (x, y) = 0 peut être résolue localement par rapport aux variables
y : il existe V voisinage ouvert de a dans Rn , W voisinage ouvert de b dans Rp ,
avec V × W ⊂ U et Dy f (x, y) inversible pour tout (x, y) ∈ V × W , et une unique
application ϕ : V → W telle que
x ∈ V, y ∈ W et f (x, y) = 0 x ∈ V et y = ϕ(x) .
⇐⇒
Références :
232 || Romain Giuge
3.25. Théorème des extrema liés
Gourdon - Analyse - Page 327 (le théorème), page 319 (la première applica-
tion), page 321 (la deuxième application).
Benzoni-Gavage - Calcul diérentiel et équations diérentielles - Exercice 3.1
page 87 (l'application à la diagonalisabilité des endormorphismes symétriques).
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agré-
gation - Page 192 (théorème des fonctions implicites) et page 372 (suppléments
sur le théorème des extrema liés).
Exemple. D'après le théorème des quatre sommets, une ellipse admet au moins
quatre sommets. Vérions-le.
On paramètre l'ellipse par f : t 7→ (a cos(t), b sin(t)), t ∈ [0, 2π], a, b > 0. On a
f 0 (t) = (−a sin(t), b cos(t)) et f 00 (t) = (−a cos(t), −b sin(t)),
Remarque. Soit C une courbe fermée simple. Le théorème de Jordan, très intuitif,
dit que le complémentaire de la courbe C dans le plan R2 est composé de deux
composantes connexes dont l'une seulement est bornée. On note A l'adhérence dans
R2 de la composante bornée. On dit que la courbe est convexe si pour tous points
P1 , P2 ∈ C , le segment [P1 P2 ] est inclu dans A.
Il est aussi intuitif qu'une courbe fermée simple est convexe si et seulement si
sa courbure reste de signe constant. Pour s'en convaincre, on peut aussi utiliser la
troisième formule de Frénet : γ(s) = θ0 (s). Si la courbure γ reste positive, alors le
paramètre angulaire θ (angle entre la tangente et l'axe des abscisse) est croissant.
On pourrait aussi décomposer la courbe en deux courbes : on note A le point le plus
à gauche, B le point le plus à droite, f1 : x 7→ y1 la courbe "du bas", et f2 : x 7→ y2
la courbe "du haut". Alors f1 est une fonction de R dans R convexe, qui reste donc
au-dessus de ses tangentes, et f2 concave, qui reste en-dessous de ses tangentes.
Dénition. Une courbe continue f : [a, b] → R2 est dite fermée si f (a) = f (b). Elle
est dite simple si f|[a,b[ est injective, i .e. si la courbe ne se recoupe pas elle-même.
Dénition. Soit f : I → R2 de classe C 1 . On dit que le paramétrage f est régulier
si f 0 (t) 6= 0 pour tout t ∈ I .
Dénition. Soient (I, f ) et (J, g) deux arcs paramétrés. On dit qu'ils sont C k -
équivalents s'il existe un C k -diéomorphisme θ de I sur J tel que f = g ◦ θ. On dit
aussi que (J, g) est un paramétrage admissible de l'arc (I, f ).
où le sup est pris sur toutes les subdivisions t0 = a < t1 < · · · < tn = b de l'intervalle
[a, b], n étant quelconque.
Démonstration. Soit t0 = a < t1 < · · · < tn = b une subdivision de l'intervalle [a, b].
Pour i ∈ [[1, n − 1]], on a
Z ti+1 Z ti+1
0
kf (ti+1 ) − f (ti )k = f (t) dt 6 kf 0 (t)k dt.
ti ti
la deuxième inégalité étant donnée par la majoration de l(f ) établie en premier. Les
membres de droite et de gauche tendent vers la même limite kf 0 (t)k quand h → 0,
donc par encadrement, ϕ est dérivable en t et ϕ0 (t) = kf 0 (t)k. Finalement
Z t
ϕ(t) = kf 0 (t)k dt
a
Proposition. Les abscisses curvilignes de l'arc orienté (I, f ) sont exactement les
primitives de la fonction t 7→ kf (t)k.
0
Proposition. Si (I, f ) est un arc paramétré de classe C 1 régulier, alors toute abs-
cisse curviligne est un paramétrage normal de (I, f ).
Démonstration. On note J = s(I) et F = f ◦ s−1 . L'arc (J, F ) est un arc paramétré
équivalent à (I, f ). En dérivant f = F ◦ s, on obtient f 0 (t) = s0 (t)F 0 (s(t)), soit
encore
f 0 (t) f 0 (t)
F 0 (s(t)) = 0 = 0 ,
s (t) kf (t)k
car toute abscisse curviligne est une primitive de t 7→ kf 0 (t)k. On en déduit kF 0 (s)k =
1 et donc s dénit un paramétrage normal (J, F ) de (I, f ).
angulaire. On dérive :
Comme T 0 (s) = γ(s)N (s), en prenant la norme dans ces deux égalités, on obtient
θ0 (s) = γ(s). On en déduit ensuite que N (s) = − sin(θ(s)), cos(θ(s)) . On dérive
dF
f 0 (t) = s0 (t) (s(t)) = s0 (t)T (s(t)).
ds
On dérive une deuxième fois :
dT
f 00 (t) = s00 (t)T (s(t)) + s0 (t)2 (s(t)) .
|ds {z }
=γ(s(t))N (s(t))
Enn, s étant une abscisse curviligne, c'est une primitive de kf 0 (t)k, donc s0 (t) =
kf 0 (t)k. On remarque alors que la courbure γ(s(t)) ne dépend pas de l'abscisse
curviligne s choisie, et on la note γ(t). On a donc démontré ce qu'on voulait.
Références :
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Analyse 4 - Page 335.
241
4.1. Diérentielle d'une limite et application exponentielle
Soit maintenant a ∈ U . Pour r > 0 assez petit, la boule de centre a et de rayon r est
un convexe contenu dans U . On applique l'inégalité de la moyenne à fj − fk entre a
et a + h, pour khk 6 r :
fj (a + h) − fj (a) − fk (a + h) − fk (a) 6 2εkhk.
pour tout j > N et tout khk 6 α. On fait maintenant tendre j vers l'inni :
Pour tout p > 1, l'application M 7→ M p est de classe C 1 sur Mn (C) car polyno-
miale en les coecients de la matrice M . On développe ensuite :
(M + H)p = (M + H)(M + H) . . . (M + H)
= M p + (M p−1 H + M p−2 HM + · · · + HM p−1 ) + o (kHk) ,
où l'on a bien sûr pris une norme d'algèbre sur Mn (C) (par exemple la norme
p
d'application linéaire). Ainsi, pour p > 1, l'application up : M 7→ Mp! a pour dié-
rentielle :
1
Dup (M ).H = (M p−1 H + M p−2 HM + · · · + HM p−1 ).
p!
Alors kDup (M ).Hk 6 1
p!
pkM kp−1 kHk, ce qui nous donne :
kM kp−1
kDup (M )k 6 .
(p − 1)!
Par conséquent, la série p>1 Dup (M ) est absolument convergente dans l'espace
P
complet L(Mn (C), Mn (C)), et la convergence est uniforme sur toute boule kM k 6
R. Comme les
Xk
fk (M ) = up (M )
p=0
Références :
Rouvière - Petit guide de calcul diérentiel à l'usage de la licence et de l'agré-
gation - Page 117.
kM k = sup kM Xk,
kXk=1
kP k = sup kP Xk = 1
kXk=1
Or :
kSk = sup kt P DP Xk = sup kDP Xk = sup kDY k,
kXk=1 kXk=1 kY k=1
Dénition. Un point x d'un convexe X est dit extrémal si X\{x} est encore
convexe. Cela équivaut à dire que x ne peut pas s'écrire comme milieu de deux
points distincts de X .
Exemple. Les points extrémaux d'un carré plein de R2 sont ses quatre sommets.
Proposition (Cas d'égalité dans l'inégalité triangulaire). Soient E un espace pré-
hilbertien et u, v ∈ E . Si ku + vk = kuk + kvk, alors il existe λ, µ ∈ R+ tels que
λu = µv (i .e. u et v sont positivement liés).
Démonstration. Pour montrer l'inégalité triangulaire, on écrit :
ku + vk2 = kuk2 + kvk2 + 2Re(u|v),
Références :
Francinou, Gianella, Nicolas - Oraux X-ENS, Algèbre 3 - Page 130.
pour tout i, j , soit encore B(a) = Λ(a)A en notant B(a) = (Fi (xj + a) − Fi (a))16i,j6n
et Λ(a) = (λij (a))16i,j6n . On en déduit que Λ(a) = B(a)A−1 pour tout a ∈ R. Les fi
étant continues, les Fi sont de classe C 1 et donc aussi l'application a 7→ B(a). Ainsi
a 7→ Λ(a) est de classe C 1 , et donc les λij sont de classe C 1 . En évaluant en x = 0
dans (∗), on trouve
n
X
fi (a) = fk (0)λik (a),
k=1
pour tout a ∈ R, ce qui montre que les fi sont de classe C 1 . Par une récurrence
immédiate, les fi sont en fait de classe C ∞ et on obtient F ⊂ C ∞ (R, C).
On dérive maintenant (∗) par rapport à a et on prend a = 0, ce qui nous donne :
n
X
fi0 (x) = λ0ik (0)fk (x),
k=1
Références :
Aucune.
car on peut vérier à la main que P (σ1 σ2 ) = P (σ1 )P (σ2 ) pour tout σ1 , σ2 ∈ Sn .
Supposons maintenant qu'il existe M ∈ GLn (K) telle que
P (τ ) = M P (σ)M −1 .
P (τ m ) = P (τ ) . . . P (τ ) = M P (σ) . . . P (σ)M −1 = M P (σ m )M −1 .
De même pour τ m .
On pose V = K n . En notant (e1 , . . . , en ) la base canonique de K n , on dénit
une action de Sn sur K n par (ϕ, ei ) 7→ eϕ(i) . Un élément v = (v1 , . . . , vn ) ∈ V est
invariant sous une permutation ϕ ∈ Sn lorsque ses coordonnées vérient vi = vϕ(i)
pour tout i, i .e. lorsqu'elles sont constantes sur les orbites de ϕ. En notant
V ϕ = {v ∈ V / ϕ(v) = v},
qui est clairement un sous-espace vectoriel de V , on a donc que dimK (V ϕ ) est égal
au nombre d'orbites de ϕ (y compris celles réduites à un point). Donc
n
σm
X
dimK (V )= pgcd(k, m)ck (σ),
k=1
et cette égalité est vraie pour tout entier m > 1. On note C(σ) le vecteur colonne
constitué par les ck (σ) pour 1 6 k 6 n. De même pour τ . On note ensuite A = (aij )
la matrice telle que aij = pgcd(i, j). Alors
AC(σ) = AC(τ ).
Il ne reste plus qu'à prouver que la matrice A est inversible pour avoir les égalités
ck (σ) = ck (τ ) pour tout k . On va montrer que le déterminant de A est non nul. Il
s'agit du déterminant de Smith. Pour le calculer, on se rappelle que pour tout entier
d > 1, on a d = k|d ϕ(k) où ϕ est l'indicatrice d'Euler. Ainsi,
P
X n
X n
X
pgcd(i, j) = ϕ(k) = ϕ(k) = rik skj ,
k|pgcd(i,j) k=1 k=1
k|i, k|j
Enoncé du théorème adapté pour la leçon Exemples d'actions de groupes sur les
espaces de matrices :
Théorème. Soit K un corps de caractéristique quelconque. Pour toute permuta-
tion σ ∈ Sn , on note P (σ) ∈ GLn (K) la matrice associée à la permutation de la
base canonique de K n par σ. On considère l'action de GLn (K) sur lui-même par
conjugaison :
(P, Q) 7→ QP Q−1 .
Alors deux permutations σ et τ sont conjuguées dans Sn si et seulement si P (σ) et
P (τ ) sont dans la même orbite.
Références :
Ferrand et Raoult - Sur des matrices de permutations conjuguées (document
PDF).
253
5.1. Application du théorème de Chevalley-Warning
Pour montrer que le théorème est vrai pour n entier > 1 quelconque, on va
montrer que s'il est vrai pour deux entiers m et n, il est vrai pour mn. Le résultat
s'en suivra immédiatement en décomposant n en produit de facteurs premiers.
Supposons donc que le théorème est vrai pour deux entiers m, n > 1, et prenons
des entiers a1 , . . . , a2mn−1 . On applique le théorème avec les 2n − 1 premiers entiers
a1 , . . . , a2n−1 : il existe un sous-ensemble I1 de [[1, 2n − 1]] tel que Card(I1 ) = n et
X
ai ≡ 0 [n].
i∈I1
Finalement,
XX X
ai =n cj = nmk ≡ 0 [mn],
j∈J i∈Ij j∈J
somme de mn entiers ai
| {z }
Références :
Nathanson - Additive number theory - Page 50.
mi > ni et p0i sinon, et dans celle de n0 , p0i si mi > ni et pni i sinon. Alors m0 et n0 sont
m n
premiers entre eux, m0 divise m, n0 divise n, x m0 est d'ordre m0 et y n0 est d'ordre
m n
n0 . D'après ce qui précède, x m0 y n0 est d'ordre m0 n0 = l, i .e. il existe un élément de
G d'ordre l = PPCM(m, n).
L'ensemble des ordres des éléments de G est donc bien stable par PPCM.
est bien dénie et est une bijection. En particulier, si G est ni, Card(Ox ) divise
Card(G).
(g 0−1 g).x = g 0−1 .(g.x) = g 0−1 .(g 0 .x) = (g 0−1 g 0 ).x = e.x = x.
1 t
Z
ϕ(s) ds −→ ϕ(0) = In .
2t −t t→0
Rε
Mais GLn (K) est ouvert, donc il existe ε > 0 tel que −ε ϕ(s) ds ∈ GLn (K). On
intègre maintenant l'équation ϕ(t + s) = ϕ(t)ϕ(s) à t xé pour s ∈ [−ε, ε] :
Z ε Z ε
ϕ(t + s) ds = ϕ(t) ϕ(s) ds,
−ε −ε
ϕ0 (t + s) = ϕ0 (t)ϕ(s)
ϕ(s) = ϕ(0)esA
P (α + i) = (α + i)p − (α + i) − 1 = (αp + ip ) − (α + i) − 1 = ip − i,
où la congruence est à comprendre ici comme l'unique entier congru à 2+2n! modulo
n + 1 et compris entre 1 et n + 1. Alors f est à valeurs dans l'ensemble des nombres
premiers et elle les atteint tous.
Démonstration. Distinguons deux cas :
(i) Si n + 1 est premier, alors par le théorème de Wilson, n! ≡ −1 [n + 1], et donc
2 + 2n! ≡ 0 [n + 1]. Ainsi f (n) = n + 1.
(ii) Si n + 1 n'est pas premier, on écrit n + 1 = ab avec a, b > 1. Si a 6= b, alors
n! = (ab − 1)! est divisible par ab car il contient a et b. Donc n + 1 divise n! et
2 + 2n! ≡ 2 [n + 1].
Si on ne peut pas écrire n + 1 = ab avec a, b > 1 et a 6= b, c'est que n + 1 est le
carré d'un nombre premier : n+1 = p2 . Si p > 2, alors p et 2p apparaissent dans
n!, donc n! ≡ 0 [n+1]. Si p = 2, alors n+1 = 4 et on a 2+2n! = 14 ≡ 2 [n+1].
Finalement, dans tous les cas, si n + 1 n'est pas premier, f (n) = 2.