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Cours Sur Le Trade Finance

Manuel d'apprentissage

Transféré par

Serge Daksa
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CHAPITRE 1

INTRODUCTION AU
COMMERCE INTERNATIONAL

1
Dans ce chapitre, nous étudierons :
I. Le rôle des différentes parties impliquées dans le Commerce
International
II. Conditions Générales des Services Bancaires pour le Commerce
International
III. Conditions Essentielles des Services Bancaires pour le
Commerce International

I. Le rôle des différentes parties impliquées dans le Commerce


International

DEPARTEMENTS PUBLICS

Banques Centrales
Les Banques Centrales sont responsables de mettre en place les réglementations qui peuvent
affecter la balance des paiements du pays. Elles contrôlent et gèrent l’arrivée et la sortie des
devises à travers la balance des paiements.
Certains gouvernements doivent prendre des mesures pour limiter la sortie du pays des
réserves de devises étrangères. Cela arrive quand il y a un manque de devises étrangères dans
la balance des paiements. En d’autres termes, il y a plus de devises quittant le pays qu’y
entrant. Une de ces mesures consiste en la mise en place d’un contrôle des changes. Dans la
plupart des pays en développement, ces contrôles sont en place.

Chambres de Commerce et d’Industrie


Exécutent et mettent en place les accords de commerce et les réglementations en rapport
avec les importations et les exportations (par exemple, délivrer les permis d’importation).

Les Autorités Portuaires


 Contrôlent et gèrent les mouvements des navires à l’entrée et à la sortie du
port, ainsi que les opérations de ce port
 Entretiennent les équipements du port
 Supervisent le chargement des marchandises dans les navires
 Prélèvent les coûts de stockage, de manipulation et d’entrepôt

2
Les Autorités Douanières
L’expédition de marchandises doit se faire en passant par un port. Ce port peut être un port
maritime, un aéroport ou un poste frontière. Les autorités douanières assurent la conformité
des procédures pour les importations et les exportations de marchandises. Elles peuvent
inspecter les marchandises, et déterminent quelles taxes douanières doivent être payées en
fonction de la nature de ces marchandises. Les autorités douanières travaillent de très près
avec l’Organisation Internationale des Douanes (WCO) pour assurer la conformité avec les
exigences douanières internationales.

Organisations Internationales de Commerce

Organisation Mondiale du Commerce (OMC) – World Trade Organisation (WTO)


L’OMC, a été créée le 1er Janvier 1995 en Suisse et comporte 164 pays membres. Les fonctions
principales de l’OMC sont :

s en développement

Website: [Link]

Organisation Mondiale des Douanes (OMD) – World Custom Organisation (WCO)


L’OMD est un organisme intergouvernemental indépendant dont la mission est d’améliorer
l’efficacité et la compétence de l’administration douanière. L’OMD promeut des
environnements douaniers honnêtes, transparents et prévisibles dans le monde entier. Cela
permet au commerce international légitime de se développer, et aux activités illégales de
diminuer. Mise en place en 1952, elle a 177 gouvernements comme membres.

Les fonctions principales de l’OMD sont :


 Harmoniser et mettre en place des systèmes douaniers et des procédures uniformes,
simples et efficaces.
 Promouvoir activement la coopération des membres entre eux et avec les agences
internationales pour combattre les infractions douanières et faciliter la conformité
avec les réglementations.
 Favoriser la communication et la coopération entre ses membres.

Ci-dessous sont indiquées quelques-unes des plus importantes initiatives de l’OMD :


L’Harmonisation des descriptions des produits et du système de codification
 C’est la base pour l’encaissement des taxes douanières et pour les statistiques du
commerce international
 Elle couvre 98% de tout le commerce mondial

3
L’Evaluation du Système Douanier
 Assure qu’un système uniforme et impartial soit utilisé pour l’évaluation des
marchandises importées dans un pays
Le Système ATA
 Permet un libre mouvement de marchandises au-delà des frontières, sous une base
temporaire, sans prélèvement de taxes et autres droits douaniers
Website: [Link]

L’Association Internationale des Transports Aériens (AITA) - The International Air Transport
Association (IATA)
AITA, créée à Cuba en 1945, promeut et s’implique activement dans des services aériens
sécurisés, fiables et économiques pour le bénéfice des clients mondiaux. AITA développe des
standards, pratiques et procédures pour l’industrie aérienne. AITA représente 275
compagnies aériennes dans 117 pays différents dans le monde et couvre 84% du trafic aérien.
Website: [Link]

Chambre de Commerce Internationale (CCI) - International Chambre of Commerce (ICC)


La CCI est la voix des affaires mondiales et ses fonctions principales sont :
 Edicter des règles uniformes et des standards pour
• Crédits Documentaires, Encaissements Documentaires, Garanties à Demande,
Remboursements, etc.
• Tribunal International d’Arbitration
• Incoterms®2010
• Codes pour la publicité, la promotion, etc.
 Promeut la croissance et la prospérité et la diffusion de l’expertise des affaires
 Défend le commerce international
 Combat le crime commercial
Website: [Link]

Chambres de Commerce Locale


Les Chambres de Commerce locales dans le monde créent des liens avec la Chambre de
Commerce Internationale (CCI) et sont principalement responsables pour :
 Émettre et authentifier les certificats d’origine ;
 Établir les carnets ATA pour les marchandises quittant temporairement un pays ; et
 Informer leurs membres des réglementations globales et des développements du
commerce

4
Organisation Internationale de Normalisation - International Organization for
Standardization (ISO)
Créée en 1947, l’ISO est le plus grand développeur mondial de standards techniques, mais
aussi de standards économiques et sociaux. C’est un réseau d’instituts de standards nationaux
de 164 pays (un membre par pays). Le Secrétariat de l’ISO contrôle le système ISO de sa base
en Suisse.

L’ISO est une organisation non-gouvernementale, ses membres se composent d’instituts du


secteur public et du secteur privé.

Les standards ISO contribuent à :


 Des produits et services plus sécurisés, plus efficaces et plus transparents ;
 Un commerce plus facile entre les pays ;
 Procurer aux gouvernements une base technique pour la réglementation de la santé,
de la sécurité et de l’environnement ;
 Transférer la technologie aux pays en développement ; et
 Préserver les clients
Website: [Link]

Fédération Internationale des Sociétés d’Inspection – International Federation of Inspection


Agencier (IFIA)
Fondée en 1982, l’IFIA regroupe des organismes qui proposent des services d’inspection,
d’essai et de certification à l’échelle internationale. Son rôle est d’examiner et, si possible,
d’améliorer les méthodes, les normes, les procédures de sécurité et les règles utilisées par les
membres pour le bénéfice des membres et de leurs clients. L’IFIA représente, à l’heure
actuelle, environ 50 des plus grandes entités mondiales d’inspection, test et certification.
Ses membres doivent mettre en place les Codes de Conformité IFIA, et la
conformité permanente des membres est auditée de manière indépendante sur une base
annuelle.
Les objectifs de l’IFIA sont :
 Améliorer les méthodes, standards, procédures de sécurité et les règles utilisés par ses
membres
 Établir des termes et conditions pour les affaires, qui seront légalement applicables
 Promouvoir une reconnaissance globale de la profession par rapport à la confiance et
à l’intégrité
 Défendre les intérêts de ses membres et promouvoir les valeurs de leurs services
Website: [Link]

Les sociétés d’inspection agissent généralement pour le compte de l’importateur, ou du pays


importateur. Elles inspectent les marchandises et certifient que celles-ci sont aux standards
demandés par l’importateur, ou le pays de l’importateur. Des exemples sont la Société

5
Générale de Surveillance SA (SGS), le Bureau Veritas SA (BIVAC), Cotecna Inspection SA.,
Intertek Group PLC, etc.

Les Nations Unies (NU) - The United Nations (UN)


Bien qu’elles ne soient pas un acteur direct du commerce international, les Nations Unies
promeuvent le commerce international de bien des façons, par ses différentes agences, en
assurant :
 Le maintien de la paix et sécurités internationales
 L’aide alimentaire là où elle est nécessaire
 Le développement du commerce équitable.
Website: [Link]

Les acteurs économiques privés ou publics

Les Acheteurs (Importateurs)


Les importateurs sont les acheteurs de marchandises et/ou de services. Ils peuvent acheter
des matières premières qui seront utilisées pour la fabrication des marchandises, ou vendre
les produits importés tels quels au client final. Ils peuvent aussi agir en tant qu’agent pour une
société locale ou être des intermédiaires (c’est-à-dire acheter des marchandises et les
revendre avec un bénéfice à une autre société qui utilisera les matières premières, ou vendra
les marchandises. L’importateur est une partie importante : sans lui, il n’y a pas de transaction
commerciale

Les Vendeurs (Exportateurs)


Les exportateurs sont les vendeurs des marchandises et/ou des services. Ils vendent leurs
marchandises aux acheteurs (importateurs). Les exportateurs peuvent aussi agir en tant
qu’agent ou intermédiaire. L’exportateur est, comme l’importateur, une partie importante :
sans lui, pas de transaction commerciale.

Les transporteurs
Les transporteurs sont les personnes qui, par un contrat de transport, s’engagent à transporter
ou à faire transporter des marchandises
 Le transport peut se faire par mer, air, route, rail, canaux ou par une combinaison de
ces modes de transport
 Le transporteur peut être le propriétaire, ou l’affréteur, du moyen de transport (navire,
avion, camion ou train)
 Il vend de l’espace pour la cargaison et émet les documents de transport
 Lorsque le transporteur n’a pas de bureau dans un pays, il nomme un agent pour agir
en son nom

6
Les Transitaires
Les transitaires agissent comme des intermédiaires (courtiers) entre l’exportateur et le
transporteur. Leurs fonctions peuvent comprendre :
 S’occuper de toutes les obligations relatives au fret pour les exportateurs
 Trouver de la place pour les containeurs et autres types de fret
 Préparer la documentation pour l’exportation
 Conseiller les exportateurs sur les meilleurs moyens de transporter certains types de
marchandises
 Fusionner des cargaisons de différents exportateurs

Agents de Dédouanement
Les agents de dédouanement agissent pour le compte des importateurs et sont responsables
de :
 Dédouanement des marchandises pour le compte des importateurs
 Identifier les codes corrects et calculer les taxes d’importation basées sur ces codes
 Effectuer le paiement aux autorités douanières pour le compte des importateurs
 Arranger le stockage et la livraison des marchandises

Les Chargeurs
Les chargeurs sont responsables :
 Du chargement des marchandises à bord du navire
 Du déchargement des marchandises du navire

Compagnies d’Assurance
Les compagnies d’assurance s’occupent de l’assurance des marchandises expédiées et
émettent des polices et/ou des certificats pour prouver que la couverture d’assurance existe
.
Banques Commerciales
Les banques commerciales jouent un rôle majeur dans le commerce international et
remplissent les fonctions suivantes :
 Procurer des financements aux importateurs et aux exportateurs
 Fournir des instruments et des mécanismes de paiement des importations et des
exportations
 Aider à contrôler les risques sous la forme d’instruments de contrepartie (tels que des
contrats de change à terme)
 Mettre en place les moyens de paiement tels que les Crédits Documentaires (L/C’s),
les Encaissements Documentaires, les Garanties, etc.
 Acheter les devises étrangères aux exportateurs et vendre les devises étrangères aux
importateurs
 Contrôler le flux des documents de commerce (connaissements, factures, certificats
d’origine, etc.) sous les crédits et encaissements documentaires

7
 Assurer la conformité avec les obligations législatives telles que les mesures anti-
blanchiment d’argent.
 Etablir des relations de correspondent avec les autres banques pour faciliter un flux de
fonds régulier
 Dans la plupart des pays, les banques commerciales sont aussi responsables pour
appliquer les réglementations de change

II. Conditions Générales des Services Bancaires pour le


Commerce International
Pourquoi le commerce est-il attractif pour les banques ?
Les produits et services bancaires du commerce international ont le potentiel pour contribuer
de manière significative à la profitabilité générale de la banque :
 Besoins de financement peu élevés
 Source majeure de profits par les commissions
 Marges compétitive comparées aux risques encourus
 Devises étrangères captives
 Service de valeur ajoutée
 Apporte une valeur additionnelle aux affaires du client
 Loyauté et développement de la clientèle

Besoins de financement peu élevés


 Puisqu’une grande partie des facilités sont hors bilan, les exigences de financement
pour ces opérations sont minimes. Ceci constitue une économie importante sur le
moyen et long terme, car le coût pour mettre en place des dépôts et financer un
service de prêt peut être considérable.
 Les autorités monétaires convertissent les transactions hors-bilan avec un ratio de
conversion basé sur le produit induit. En termes de standard international dans les
pratiques bancaires, les autorités monétaires suivent les directives de la Convention
de Bâle. Par exemple :
• Les crédits documentaires sont calculés à 20% lorsqu’ils sont émis. Lorsque les termes
et conditions ont été remplis, c’est-à-dire les documents présentés, la responsabilité
passe d’un simple engagement à un crédit direct et le poids relatif passe de 20 à 100%.
• Les garanties de performance représentent un engagement hors bilan et leur ratio
est de 50%.
• Les garanties de facilité, de même que les Standby Letters of Credit émises pour
garantir une facilité de crédit, sont à 100% car elles sont considérées comme ayant un
risque équivalent à un prêt bancaire

8
 Le fait que le poids du risque soit moins élevé pour les produits du commerce implique
que la marge de profitabilité de la banque est supérieure à celle des dépôts et des
prêts.
 La Convention Bâle III toujours en cours de discussion et d’élaboration, devrait être
mise en place de façon définitive en 2019. Cela va certainement se traduire par une
augmentation des obligations en fonds propres pour les produits internationaux.

Source majeure de Profits par les Commissions


 La plupart des produits de commerce international sont proposés sur la base d’une
commission et c’est traditionnellement une contribution majeure à la profitabilité de
la banque
 Pour les produits tels que les crédits documentaires, les encaissements documentaires
et les garanties, la commission est généralement un pourcentage fixe de la valeur
totale de la transaction
 Plus la valeur de la transaction est élevée, plus la commission sera importante

Marges Compétitives Comparées aux Risques Encourus


 En raison de la profitabilité des produits de commerce international, les banques
ciblent de manière agressive les clients actifs sur ce marché
 Il y a suffisamment d’espace pour un tarif flexible en fonction du profil de risque d’un
client spécifique.
• Si un client a un profil de risque élevé, tel qu’un faible bilan ou un flux de trésorerie
limité, la marge sur les produits du commerce peut être augmentée au niveau qui
représentera réellement le profil de risque du client
• Au contraire, la marge pourra être baissée pour les clients avec un meilleur profil de
risque

Devises étrangères captives


 La grande majorité des transactions du commerce international est établie en dollars
US, ou en Euros.
• presque toutes les transactions de commerce international résultent en un achat de
devises d’un client, ou une vente de devise à un client
• les profits provenant de la différence naturelle entre les taux d’achat et de vente sont
importants pour toutes les banques et représentent souvent plus que les commissions
obtenues du produit ou service sous-jacent
• le service de change d’une banque est généralement localisé dans le département
Trésorerie de la banque et cela implique une communication et une coopération
efficaces entre le département Trésorerie et le département de Commerce
International

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Services de Valeur Ajoutée
 L’escompte de créances à l’exportation sous des crédits documentaires peut être
offert pour diminuer la pression du flux de trésorerie sur un business.
 Ces escomptes peuvent souvent être faits sans recours contre le client et, de ce fait,
n’a pas d’impact sur les lignes de crédit du client.
 En escomptant des créances à l’exportation, la profitabilité des banques est
augmentée car des frais supplémentaires sont pris pour ce service.

Apporte une Valeur Additionnelle aux Affaires du Client


 Les produits de commerce international sont parmi les plus complexes qu’une banque
puisse offrir.
 Le traitement effectif des services de commerce nécessite du personnel hautement
qualifié.
 Quand du personnel qualifié assiste les clients à structurer des transactions de
commerce, de manière à réduire les risques pour le client, la banque est perçue plus
comme un partenaire que comme un simple fournisseur de produit ou de service avec
un coût.
• Cela permet d’assurer une relation profitable à long terme avec un client

Loyauté et Développement de la Clientèle


 La qualité des services de commerce international joue un rôle majeur dans la décision
d’un client de choisir son banquier préféré.
 Si la qualité des services fournis par le département du commerce international d’une
banque est bonne, c’est souvent le facteur décisif pour choisir où il effectuera ses
opérations bancaires en général.

III. Conditions Essentielles des Services Bancaires pour le


Commerce International
La raison de cette section est de discuter des conditions essentielles pour le commerce
international dans les banques, en général. Le succès de l’offre de produits de commerce
international d’une banque dépend d’un nombre de conditions critiques.

Les conditions suivantes sont communes à toutes les banques offrant des produits et/ou
services de commerce international, quelle que soit la taille de la banque, et quel que soit le
pays où la banque opère :
 L’équipe bancaire du commerce international
 Le réseau de correspondants
 Les conditions techniques
 Les décisions de crédit rapides et motivées
 Appréciation générale des produits de commerce international
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 La qualité du service offert

L’Equipe Bancaire du Commerce International


Du personnel compétent et bien formé est une condition critique pour une banque pour
fournir des produits et services de commerce international de qualité à ses clients. La
formation d’un personnel bancaire international est une tâche permanente car
l’environnement dans lequel il travaille change constamment. Plus le personnel est
expérimenté, moins le risque de perte potentiel est élevé.

Le réseau de correspondants
Plus aucune banque ne peut travailler avec succès sans un réseau de banques
correspondantes à travers lequel elle peut délivrer ses produits et recevoir des transactions
de ce même réseau. Le flux du commerce d’un pays détermine aussi les priorités et le besoin
d’avoir des correspondants au moins dans les pays avec les flux commerciaux les plus
importants. Le réseau de correspondants joue aussi un rôle dans l’établissement de limites
pour la banque et son pays pour faciliter la confirmation de crédits documentaires à
l’exportation, etc.

Conditions Techniques
Il est de la plus grande importance pour une banque d’avoir des systèmes informatiques
fiables et suffisants pour assurer :
 Des communications sécurisées avec son réseau de correspondants, ainsi qu’avec ses
agences – un bon exemple en est le réseau SWIFT
 Une comptabilisation appropriée des engagements, de l’exposition, des profits, etc.
 Un contrôle effectif des facteurs de risque
 La diffusion d’informations fiables pour permettre l’émission de rapports adéquates
aux autorités monétaires

Décisions de Crédit Rapides et Motivées


Les clients doivent souvent prendre des décisions rapides quand ils importent ou exportent. Il
est essentiel qu’une demande de facilité pour financer le commerce, telle qu’une demande
d’ouverture de crédit documentaire, soit approuvée (ou rejetée) d’une manière rapide et
efficace. Des délais dans la procédure de prise de décision sont l’une des causes les plus
communes pour la perte d’opportunités dans le développement du financement du
commerce.

Appréciation Générale des Produits du Commerce International


Le personnel des banques, en général, doit avoir une compréhension et une appréciation
générale de l’offre de produits de commerce international de la banque. C’est une condition
critique Pour assurer que toutes les opportunités de financement du commerce sont
transmises à l’équipe du commerce international. Cela demande aussi une formation
permanente, mais sans doute moins intense que celle offerte à l’équipe du commerce
international.
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La Qualité du Service Offert
Une banque qui a la capacité de fournir un service de qualité optimal à ses clients de
commerce international, peut se permettre de charger une prime plus élevée pour l’offre de
ses produits de commerce international. Les clients qui reçoivent un service de qualité sont
moins enclins à changer de banque si celle-ci ne peut pas offrir la même qualité de service.
Les éléments de service incluent la capacité technique, la rapidité de réponse, et la valeur
ajoutée aux affaires du client.

12
CHAPITRE 2
VUE D’ENSEMBLE DES RISQUES
DU COMMERCE INTERNATIONAL

13
Le but principal de toute transaction de vente est d’échanger des
marchandises, ou des services, contre de l’argent. Le risque joue un grand rôle
déterminant la méthode de paiement à utiliser pour le règlement entre
l’acheteur et le vendeur.

Ces risques concernent aussi bien le commerce domestique, bien que dans une moindre
mesure, que dans le commerce international

Les risques dans le commerce domestique :


Dans le cas du commerce domestique, à l’intérieur d’un pays, le vendeur et l’acheteur sont
exposés au risque commercial et au risque de transport.
 Le Risque Commercial :
- L’acheteur ne paie pas la marchandise.
- Le vendeur ne fournit pas la marchandise après réception du paiement.

 Le risque de transport :
- Dommage ou perte de marchandises pendant le transport, entre le vendeur et
l’acheteur.

Les Risques dans le commerce International :


Aujourd’hui, le commerce international est bien plus complexe qu’il y a 100 ans ; les choses
se passent plus rapidement. Les acheteurs peuvent trouver leurs produits sur Internet,
comparer les prix d’un grand nombre de fournisseurs possibles, visualiser leurs produits,
placer leur commande et payer électroniquement.

Mais les risques du commerce international n’ont pas changé. Acheteurs et vendeurs doivent
toujours traiter avec des clients lointains, faire face à des langues étrangères, des cultures
différentes et des systèmes légaux différents.

Les risques du commerce international peuvent être classés en trois catégories principales :
• Risque pays
• Risque commercial
• Risque opérationnel

I - Risque Pays
Le risque pays est représenté par n’importe quel événement dans le pays de l’acheteur ou du
vendeur qui peut affecter le paiement par l’acheteur au vendeur, ou affecter la fourniture des
marchandises/services du vendeur à l’acheteur. Le gouvernement du pays de l’acheteur ou
du vendeur est généralement la cause, ou contrôle ces événements.
14
Le risque pays couvre les événements politiques, sociaux et économiques, et comprend :
• La réglementation des changes
• Les changements de politique gouvernementale
• Les embargos commerciaux
• Le manque de devises étrangères

Le risque pays surgit quand un acheteur étranger souhaite effectuer le paiement des montants
dus à un exportateur mais en raison du règlement de contrôle des changes ou de quelques
autres restrictions gouvernementales, l’importateur ne peut effectuer le règlement au départ
de son pays.

II - Risque Commercial
Le risque commercial consiste en un ou plusieurs des risques suivants :
• Risque Acheteur
La capacité de l’acheteur à payer le vendeur pour des raisons autres que le risque pays
• Risque vendeur
La capacité du vendeur à fournir la qualité et quantité correctes de marchandises au
moment convenu, pour des raisons autres que le risque pays
• Risque bancaire
La capacité d’une banque à honorer ses propres engagements (payer ses dettes) pour
des raisons autres que le risque pays.

III - Risque Opérationnel


C’est le risque que des choses puissent aller mal au cours de la transaction, telles que :
• Contrat de vente incomplet ou incorrect
• Structure incorrecte du crédit documentaire
• Différences avec le contrat de vente
• Assurance - Les marchandises ne sont pas correctement assurées
• Risque de performance de tierces parties
Compagnies d’inspection
Compagnies de transport
Transitaires
Services des douanes
Fournisseurs de marchandises,
Etc …

Autres catégories de risques :


Quand on considère les risques relatifs au financement du commerce international, on devrait
également prendre en compte les risques additionnels suivants :

Le risque souverain (à ne pas confondre avec le risque pays) est un terme souvent employé
dans les opérations bancaires internationales pour décrire :

15
a) Le risque de non-remboursement d'un prêt à un organisme public ;
b) Le risque de non-paiement de marchandises vendues à un organisme public
c) Le risque de défaut pour des garanties émises sur le gouvernement.

Le risque de transfert est également un terme employé pour décrire la situation dans laquelle
l'importateur souhaite effectuer le paiement et a accès à la devise locale mais en raison des
restrictions ou des règlements existants, il ne lui est pas possible d’effectuer le paiement dans
une devise étrangère ou une devise forte.
La cause principale du risque pays et de transfert réside dans la faible performance
économique d’un pays et par ses conséquences sur l’absence de réserves en devises
étrangères, nécessaire aux paiements internationaux.

Dans le commerce International, les risques sont accrus du fait des facteurs additionnels
suivants :
1) Lois, Douanes et Traditions : Dès qu’un exportateur et un importateur se retrouvent
impliqués dans une opération de commerce international, ils sont confrontés à
différentes lois, coutumes, traditions et parfois même des difficultés dues au barrage
de la langue.
Chaque pays a ses propres lois et son propre système légal. Cela rend difficile pour les
exportateurs et les importateurs la mise en place des contrats de vente qu’ils concluent.
Lancer des actions légales internationales coûte très cher.

Réglementations gouvernementales – Barrières douanières


Des exemples de réglementations gouvernementales qui peuvent créer des obstacles
pour les importateurs et les exportateurs :
- Réglementation des changes de la Banque Centrale
Certains pays mettent en place des réglementations des changes pour
réguler le montant de devises étrangères entrant ou sortant d’un pays. Un
importateur d’un marché étranger peut souhaiter effectuer un paiement à
un exportateur dans une devise étrangère telle que le dollar US, mais parce
que la devise étrangère n’est pas disponible, le gouvernement de
l’importateur peut interdire de tels paiements en devises fortes.
- Quotas d’Importation
Il y a des restrictions sur la quantité de certaines marchandises qui peuvent
être importées dans un pays.
- Embargos commerciaux / Listes noires / Réglementation Anti-dumping
L’importation et/ou l’exportation de certaines marchandises entre certains
pays peuvent être interdites, ou réglementées par les gouvernements
impliqués.
16
- Taxes et Droits d’Importation
Des droits et taxes peuvent être dus à un gouvernement du pays
importateur. Ils doivent être payés par l’exportateur ou l’importateur, en
fonction des Termes du Commerce International (INCOTERM) spécifiés
dans le contrat de vente.
Certains pays mettent en place des droits de douane très élevés sur
certains produits comme les textiles. Ils font cela pour protéger leur
industrie nationale.
- Licences d’importation et d’exportation
Généralement les exportateurs et les importateurs doivent s’enregistrer
auprès des autorités avant de pouvoir exporter et/ou importer.
- Marques enregistrées et patentes
Les importateurs et les exportateurs doivent considérer les lois locales et
internationales.
- Conditions sanitaires et phytosanitaires
Chaque pays a ses propres conditions pour différent types de produits qui
peuvent être importés ou exportés.
- Conditions légales pour l’emballage et l’étiquetage
Chaque pays a ses propres conditions d’étiquetage et d’emballage pour les
produits à l’exportation et à l’importation.
- Conditions documentaires
Certains pays demandent des documents très spécifiques pour le
dédouanement.

2) Risques sur devise étrangère : Dans le commerce international le vendeur doit souvent
faire sa cotation de prix dans la devise de l'acheteur étranger, ou dans une autre devise
de référence. Si la valeur de la devise du contrat de vente baisse entre la vente du
produit et le paiement, l'exportateur peut perdre tout ou une partie de la marge
bénéficiaire basée sur le cours original de la devise indiquée dans la facture
commerciale.
Les fluctuations des taux de change peuvent avoir un sérieux impact sur la rentabilité.
Si par exemple, le Franc CFA s’apprécie par rapport au dollar US (devient plus fort), les
exportateurs perdent des revenus et génèrent moins de profits. Le contraire est vrai
pour les importateurs : plus le Franc CFA est fort, moins cher il leur coûte d’importer. Si
le Franc CFA s’affaiblit, alors les exportateurs en profitent et les importateurs en
subissent les inconvénients.

3) Distance et retard : Dans le commerce international, les contrats ont souvent une

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valeur importante en comparaison à ce qui se passe dans le commerce domestique. En
raison de la distance, la livraison de marchandises peut prendre plus de temps. Il peut
également y avoir plusieurs entreprises impliquées dans le transport des marchandises.
Ceci augmente le risque de dommage ou de perte et augmente par conséquent le
risque de non-paiement des marchandises commandées.
Si l'acheteur refuse de payer lorsque les marchandises sont livrées en bon état, il peut
être difficile pour le vendeur d’obtenir exécution du paiement dans un pays étranger.
Même si le vendeur peut exercer un droit de rétention sur la marchandise, il peut être
coûteux de réexpédier la marchandise. L’option de vendre la marchandise à un autre
acquéreur se soldera par une vente au rabais.

Le commerce international tend à créer des difficultés pour le vendeur et


l'acheteur mais les risques tendent à être plus importants pour le vendeur. Le
vendeur devra bien considérer non seulement la situation financière de
l'acheteur mais également celle de toutes les autres parties à la transaction,
c'est-à-dire celle des banques ainsi que les conditions économiques et
politiques propres au pays de l'acheteur.

18
CHAPITRE 3

VUE D’ENSEMBLE DES METHODES


DE PAIEMENT DU COMMERCE
INTERNATIONAL

19
Cette partie du manuel est destinée à donner une simple vue d’ensemble des modes de
paiement à la disposition des exportateurs et importateurs. Ces modes de paiement et les
règles internationales qui les régissent seront examinés en détail au fur et à mesure du
séminaire. Les méthodes pour structurer les paiements en fonction des modes de paiement
choisis seront aussi examinées.

Les méthodes de paiement du commerce international ne sont pas aussi


simples que pour le commerce local, qui peut se régler en espèce ou par
chèque.

Lors d’un règlement à l’international, les différentes méthodes de règlement à


la disposition des importateurs et exportateurs, requièrent l’intervention des
banques. Ces différentes méthodes sont :

a) Ouverture de compte courant (ou ouvert)


b) Encaissements simple et documentaire :
a. A vue
b. A terme
c) Crédits documentaires :
a. A Vue
b. A terme
d) Paiement d’avance.

(a) Compte courant (ou ouvert) :


Ce mode implique que la majorité des risques incombe au vendeur et que l’acheteur supporte
le risque minimum.
Dans ce mode, les marchandises sont expédiées par le vendeur avec l'accord de l'acheteur et
le paiement sera effectué à l'arrivée des marchandises ou après une période convenue. Le
vendeur n'a aucune garantie que l'acheteur remplira ses obligations et effectuera réellement
le paiement. L’acheteur pour sa part, reçoit les marchandises avant d’en effectuer le
paiement.
En dépit du niveau élevé de risque apparent, il est important de se rappeler que ce mode est
le mode de paiement la plus courant dans le commerce international. Si l'exportateur connaît
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bien l'importateur et s'ils ont de bons rapports et une bonne expérience d’échanges établie,
c’est peut-être le mode le plus approprié pour ces opérations.
D’autant plus que s’il s’agit de transactions entre 2 parties ayant conclu un contrat d’agence
de représentation ou tout autre accord engageant légalement les parties, le compte courant
sera encore plus sécurisé.
Il serait inhabituel pour un exportateur de traiter ainsi avec un importateur inconnu de lui sur
un marché étranger.
Indépendamment des transferts de paiement, l’intervention de la banque dans ce mode est
limitée et la banque n’a aucun rôle à jouer pour garantir que le paiement sera réellement
effectué.
Ce mode est à éviter pour des exportateurs traitant avec des nouveaux clients et des nouveaux
pays.

Diagramme d’une Transaction en compte ouvert

Compte Ouvert
Méthode d’ Opération
(3) L’Acheteur
dédouane les
Marchandises
(4)
Instructions de Payer
par SWIFT Banque de
Acheteur
l’Acheteur

(1) (2)
Contrat Expédie les (5)
de Vente marchandises Paie
et envoie les
documents

(5) Paie Banque du


Vendeur
Vendeur

Modus Operandi
1. L’acheteur et le vendeur signent un contrat de vente
2. Le vendeur expédie les marchandises et envoie les documents directement à
l’acheteur
3. L’acheteur dédouane les marchandises à l’arrivée
4. L’acheteur donne les instructions à sa banque de payer le vendeur
5. Le paiement est effectué

21
a. La banque de l’acheteur paie le vendeur, généralement par SWIFT, ou par
chèque de banque ou par transfert télégraphique.
b. La banque du vendeur paie le vendeur
Comment est-ce que le vendeur peut réduire le risque ?
• Le vendeur peut obtenir un rapport bancaire ou financier pour déterminer la situation
financière, le sérieux et l’honnêteté de l’acheteur. Si le vendeur veut travailler avec
l’acheteur sur une base permanente, il peut alors mettre à jour ces informations
régulièrement.
• Le vendeur doit être sûr que le pays de l’acheteur ne mettra pas en place des
réglementations qui empêcheront l’acheteur de payer. Le vendeur peut obtenir un rapport
sur la situation du pays de l’acheteur et de sa banque.

Quel est le risque pour l’acheteur ?


• Difficile d’imposer le contrat de vente en cas de non-performance du vendeur
• Absence de contrôle sur les dates d’expédition

Comment l’acheteur peut-il réduire le risque ?


• L’acheteur peut demander au vendeur d’émettre une garantie de bonne exécution.

Quand l’utiliser ?
• Des relations bien établies entre le vendeur et l’acheteur sont essentielles
• L’acheteur doit être sérieux, honnête et d’une bonne situation financière
• Le risque pays du pays de l’acheteur est minimal
• Le vendeur doit avoir suffisamment d’argent dans ses mains pour permettre des
paiements à terme.

Résumé
• Le compte ouvert favorise l’acheteur
• Il peut mettre en péril le fonds de roulement du vendeur si l’acheteur veut allonger les
termes de paiement
• Il ne doit être utilisé que lorsque la réputation financière et le standing de l’acheteur, ainsi
que le pays de l’acheteur sont sans reproche.

(b) Les Encaissements :


Les encaissements sont un mode par lequel l'exportateur demande à sa banque d’agir en tant
qu'agent collecteur pour le paiement sur un marché étranger. La banque de l'exportateur
emploiera les services d'un de ses correspondants d'outre-mer ou d'une banque
spécifiquement nommée par l’exportateur pour encaisser en son nom le règlement dû par
l'importateur.

Il existe deux types d’encaissement, les encaissements simples et les encaissements


documentaires.
22
L’encaissement simple :
C’est l’encaissement par le canal bancaire de chèques ou de traites tirés sur l’étranger.

L’encaissement documentaire :
Dans ce cas, les documents relatifs à l’opération d'import/export tels que la facture, les
documents de transport et les documents d'assurance sont fournis par l'exportateur à la
banque avec instruction de les remettre à la banque de l’importateur dans un pays étranger.
L'instruction indiquera comment les documents doivent être remis auprès de l'importateur.
Des documents peuvent être remis contre le paiement immédiat « à vue », connu sous le nom
de D/P (documents contre paiement), ou contre l'acceptation d’une traite (la lettre de
change), connu sous le nom de D/A (documents contre acceptation).
Il est important de comprendre que même si des banques sont impliquées dans le processus
d’encaissement documentaire, l’exportateur n'a aucune forme de garantie de paiement par
une banque avant que les marchandises soient expédiées et les documents remis par le biais
du système bancaire.

Les Règles uniformes de la CCI relatives aux encaissements de la Chambre de Commerce


Internationale (Paris) régissent les opérations d’encaissements documentaires (RUE 522).

Diagramme d’une Transaction par Encaissement Documentaires :

Encaissements Documentaires
Les Parties et le Modus Operandi
(6) l’Acheteur
dédouane les
marchandises

(7) Paie

Tiré Banque
(Acheteur) (5) Remet les documents
Chargée de
selon les instructions l’Encaissement

(1) (4)
Contrat (2) (7)
Expédie les Envoie les
de Vente documents Paie
Marchandises

(3) Remet les documents


Demandeur à la banque
(Tireur/ (7) Paie Banque
Vendeur) Remettante
21

Modus Operandi
1. L’acheteur (Tiré) et le vendeur (Donneur d’ordre/Tireur) signent le contrat de vente
2. Le donneur d’ordre expédie les marchandises au tiré

23
3. Le donneur d’ordre remet les documents à la banque remettante avec instructions de
remettre les documents contre :
• Paiement du montant dû, ou
• Acceptation d’une traite
4. La banque remettante transmet les documents à la banque chargée de l’encaissement
dans le pays du tiré
5. La banque chargée de l’encaissement peut être la banque du tiré, ou une autre banque
désignée par la banque remettante
6. Si la banque chargée de l’encaissement n’est pas la banque du tiré, alors la banque
chargée de l’encaissement transmet les documents à la banque du tiré, appelée
banque présentatrice parce qu’elle présente les documents au tiré
7. La banque présentatrice doit communiquer, et, effectuer le paiement à travers la
banque chargée de l’encaissement elle ne peut communiquer directement avec la
banque remettante
8. La banque chargée de l’encaissement /présentatrice remet les documents au tiré selon
les instructions reçues de la banque remettante
9. L’acheteur dédouane les marchandises
10. La banque chargée de l’encaissement / présentatrice obtient le paiement du tiré et
transmet ce paiement à la banque remettante pour crédit au compte du donneur
d’ordre.

Avantages et inconvénients pour les parties


- Le Donneur d’ordre
Avantages
• Garde un certain contrôle sur les marchandises, à condition que les documents soient
transmis par la banque remettante
• Le paiement est en général plus rapide que dans le cas d’un compte ouvert
• Le donneur d’ordre peut obtenir un financement en escomptant la traite
• Une traite acceptée est un instrument légal de reconnaissance de dette

Inconvénients
• Si le tiré ne prend pas possession des documents et des marchandises, le donneur
d’ordre peut avoir à payer des coûts supplémentaires pour retourner la marchandise ou
trouver un autre acheteur
• Le tiré peut annuler l’ordre avant l’acceptation ou le paiement
• Le tiré peut être empêché d’effectuer le paiement en raison de nouvelles lois et
règlementations dans son pays
• L’acceptation d’une traite n’est pas une garantie de paiement. La banque du tiré peut ne
pas payer à l’échéance si le tiré bloque le paiement ou s’il n’y a pas assez de provision sur
le compte du tiré.

- Le Tiré
24
Avantages
• Peut être moins cher qu’un crédit documentaire
• Les charges bancaires sont en général plus faibles
• Pas d’impact sur les facilités de crédit sauf si la traite est avalisée
• Sous encaissement D/A :
• Les marchandises peuvent être vendues avant que le paiement ne soit dû
• Le tiré peut inspecter les marchandises avant d’effectuer le paiement

Inconvénients
• Si les documents sont remis contre paiement, le tiré peut devoir payer avant l’arrivée
des marchandises
• Sous D/P, le tiré ne peut pas inspecter les marchandises avant le paiement
• Absence de contrôle sur les dates d’expédition, le type et le nombre de documents joints
à l’encaissement

Comment le Donneur d’ordre peut-il réduire les risques ?


• Le donneur d’ordre doit remettre tous les documents à la banque remettante. Si le
donneur d’ordre envoie un jeu de documents originaux directement au tiré, celui-ci peut
dédouaner les marchandises et alors le donneur d’ordre perd le contrôle sur celles-ci
• Le donneur d’ordre peut réunir des informations sur le niveau financier et l’intégrité du
tiré par sa banque et par tout autre type de rapports
• Le donneur d’ordre doit rechercher la situation économique et politique dans le pays du
tiré à travers des rapports sur le pays du tiré.

Comment le tiré peut-il réduire les risques ?


• D/P – en négociant des termes de paiement plus favorables
• D/A – le paiement peut être stoppé même avec une traite acceptée
• Demander au principal d’émettre une garantie de performance.

Quand l’utiliser ?
• Le vendeur et l’acheteur savent qu’ils sont sérieux – relation bien établie
• Pas de doute au sujet de la capacité et de la volonté de payer de l’acheteur
• Pas de doute au sujet de la capacité et de la volonté du vendeur d’expédier la
marchandise
• Le risque pays du pays de l’acheteur est acceptable
• Le système de paiement du pays de l’acheteur n’est pas restreint par un contrôle des
changes
• Quand le vendeur veut un meilleur contrôle sur les marchandises, comparé à un compte
ouvert.

25
(c) Les Crédits documentaires :
Les crédits documentaires ou les lettres de crédit sont des engagements bancaires destinés à
effectuer le paiement contre présentation de documents stipulés. Ils sont largement
répandus et de plus en plus utilisés au fur et à mesure que les barrières au commerce
international s’effondrent. En fait, la plupart des achats effectués par les pays d’Extrême-
Orient (Taiwan, Corée, Hong Kong, Japon) sont couverts par des crédits documentaires. La
plupart des exportations vers le Moyen-Orient, l'Afrique ou l'Amérique du Sud tendraient à
être également couverts par des crédits documentaires. Les crédits documentaires
deviennent une méthode de paiement généralement utilisée pour le commerce avec la Russie
et les pays qui gravitent dans son orbite.

Dans le cadre d’un crédit documentaire l’exportateur s’appuie sur la notoriété d’une banque
plutôt que sur l’importateur pour obtenir son règlement. Ceci encourage le commerce
international car il permet aux négociants de surmonter les problèmes liés aux lois locales,
instabilités politiques ou autres problèmes reliés aux transactions commerciales à
l’international. Les banques, à travers leur réseau de correspondant mondial, analyseront le
risque inhérent à chaque transaction et s’engageront soit en émettant un crédit documentaire
soit en confirmant un crédit documentaire émis par une tierce banque.

Les crédits documentaires permettent d’effectuer le paiement soit immédiatement à


présentation des documents (à vue) soit à une date postérieure au transport des
marchandises (à terme).

Le crédit documentaire est un mode de paiement sécurisé. En addition au fait que c’est une
banque qui s’engage à effectuer le paiement, le crédit documentaire reflète aussi le sérieux
de l’engagement de l’acheteur à acquérir les marchandises (à travers l’engagement de la
banque émettrice). Il faut noter cependant qu’il n’y a pas d’obligation de payer de la part de
cette dernière, si les documents ne sont pas conformes au crédit documentaire.

Les crédits documentaires fournissent un montant de commissions significatives pour une


banque, et, ce autant pour les crédits documentaires émis à la demande de clients
importateurs que pour les crédits documentaires notifiés ou confirmés pour le compte
d’exportateurs.

Typiquement, les documents exigés de l'exportateur dans le cas de crédit documentaire sont
les documents émis en relation avec l’exportation des marchandises :
 Une Facture commerciale représentant les marchandises et le contrat commercial.
 Un Document de transport qui prouve l'expédition des marchandises.
 Un certificat d'origine pour vérifier l'origine ou le lieu de fabrication des marchandises.
 Un certificat d'assurance prouvant que les marchandises ont été assurées contre la perte
ou les dommages pendant le transport.

26
Du point de vue des banques, le crédit documentaire est un instrument idéal adossé à un
paiement en raison de la certitude du paiement qu’il opère. Ceci serait particulièrement vrai
d'un exportateur disposant d’une expérience professionnelle démontrée. Dans ce cas, les
banques peuvent accepter de pré financer l’expédition et ce, en fonction du niveau de
confiance qu’elles ont en cet exportateur.

D’autre part, les crédits documentaires offrent un service de financement et de paiement tout
à fait approprié pour l’importation des marchandises finies ou semi-finies. Bien que la banque
prenne un risque en émettant un crédit documentaire, elle peut être assurée que la facilité de
crédit sera utilisée spécifiquement en fonction des objectifs prévus et que le paiement ne sera
effectué que si les documents établissent que les produits spécifiés ont été embarqués en
conformité avec la commande.

Les crédits documentaires sont émis en accord avec les Règles et Usances Uniformes de l’ICC
relatives aux Crédits Documentaires, publication N° 600 de la Chambre de Commerce
Internationale, Paris, France. (RUU 600 effectives depuis le 1 er juillet 2007).

Diagrammes des Crédits Documentaires


Crédits Documentaires
Les Parties et la Mise en Place
(2) Demande d’ouverture
Donneur du Crédit Banque
d’Ordre Emettrice

(3a)
Instructions de
(1) Remboursement
Contrat
Banque de (3)
Remboursement Ouvre le
de Vente Crédit

Banque
Notificatrice/
Bénéficiaire Désignée/
(4) Avise le
bénéficiaire Confirmante

27
Crédits Documentaires
Les Parties et le Paiement
(9)Donneur
d’Ordre dédouane
les marchandises
(8) Vérifie et remet
les documents
Donneur Banque
d’Ordre Emettrice
(10) Débite le Donneur d’Ordre

(5) (7) (10)


Expédie les Vérifie & Crédite la
Marchandises envoie les Banque du
documents Bénéficiaire

(7) Bénéficiaire reçoit


le paiement Banque
Notificatrice/
Bénéficiaire (10) Présente les documents Désignée/
Confirmante

Modus Operandi
1. Le donneur d’ordre et le bénéficiaire signent un contrat de vente
2. Le donneur d’ordre demande à sa banque d’émettre le crédit en accord avec les
termes et conditions acceptées entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire.
3. La banque du donneur d’ordre (banque émettrice) émet le crédit en faveur du
bénéficiaire
4. La banque notificatrice vérifie la validité du crédit et notifie le bénéficiaire du crédit
qui a été ouvert en sa faveur
a. La banque émettrice peut autoriser la banque notificatrice, ou toute autre
banque, à ajouter sa confirmation au crédit
5. Le bénéficiaire expédie les marchandises au donneur d’ordre
6. Le bénéficiaire présente les documents spécifiés dans le crédit à la banque
désignée/confirmante. La banque désignée est généralement aussi la banque
notificatrice
7. La banque désignée/confirmante vérifie et transmet les documents à la banque
émettrice
8. La banque émettrice vérifie et remet les documents au donneur d’ordre, s’ils sont
en conformité avec les termes et conditions du crédit
9. Le donneur d’ordre dédouane les marchandises
10. La banque émettrice débite le compte du donneur d’ordre et paie la banque
désignée/confirmante qui, en retour, paie le bénéficiaire.

La séquence de la procédure de paiement n’est pas toujours la même. Dépendant de l’autorité


qui lui a été délivrée par la banque émettrice, la banque désignée peut négocier les documents
28
et les transmettre à la banque émettrice, demandant le paiement, ou effectuant le paiement
en demandant le remboursement selon les termes du crédit.

Avantages et inconvénients pour le Donneur d’ordre et le Bénéficiaire


- Le Bénéficiaire
Avantages
• Le bénéficiaire recevra le paiement s’il se conforme aux termes du crédit. S’il ne peut pas
s’y conformer, il conserve le contrôle des marchandises, à condition que la banque garde
tous les originaux des documents
• Le bénéficiaire peut accorder des délais de paiement au donneur d’ordre car il pourra
escompter le montant sans impact sur ses lignes de crédit
• La dépendance pour le paiement est sur la banque et non pas sur le donneur d’ordre
• Le paiement dépend uniquement des documents et non pas du contrat inhérent ou des
marchandises
• Le paiement au bénéficiaire est généralement sans recours ; la banque ne pourra pas
récupérer les fonds versés au bénéficiaire en cas de non-paiement de la banque émettrice

Inconvénients
• Nécessite du personnel qualifié pour s’assurer que les documents sont préparés
correctement et que les termes et conditions du crédit sont suivis
• Le donneur d’ordre peut ne pas avoir la capacité suffisante, sous les facilités bancaires,
et cela peut résulter en des délais pour l’émission du crédit
• Généralement plus cher que les autres méthodes de paiement, principalement quand le
crédit est confirmé

- Le Donneur d’ordre
Avantages
• Peut obtenir des délais de paiement, spécialement si le bénéficiaire est en mesure
d’escompter le montant sous le crédit
• Peut contrôler la qualité, la quantité et les dates d’expédition en indiquant :
• le type de documents corrects
• quelle partie doit émettre les documents
• les informations contenues dans les documents
• Bénéficie de la protection de la banque émettrice : celle-ci ne paiera que si le bénéficiaire
est en conformité complète avec les termes et conditions du crédit

Inconvénients
• Généralement plus cher que les autres méthodes de paiement
• Impacts sur les facilités bancaires
• Peut avoir un impact sur le fonds de roulement si la banque émettrice demande une
couverture espèce

29
Risques pour le Bénéficiaire
• Non-conformité avec les termes et conditions du crédit
• Risque commercial de la banque émettrice/confirmante
• Risque pays de la banque émettrice/confirmante

Risques pour le Donneur d’ordre


• Le bénéficiaire peut ne pas expédier la qualité et la quantité correcte de marchandises
Les banques ne vérifient que les documents
• Des documents frauduleux peuvent être présentés
• Coûts additionnels si les documents sont retardés

Quand l’utiliser ?
• Le niveau financier et/ou l’intégrité du donneur d’ordre est inconnu ou non acceptable
• Si c’est une nouvelle relation ou s’il y a un historique de problèmes dans la relation entre
le donneur d’ordre et le bénéficiaire
• Le risque pays du pays du donneur d’ordre n’est pas acceptable, ou au moins douteux
• Le bénéficiaire veut contrôler les marchandises jusqu’à ce qu’il reçoive le paiement.

(d) Payement d’avance :

C'est évidemment la modalité de paiement la plus sûr pour le vendeur ou exportateur.


L'importateur paye l'exportateur avant expédition et supporte de ce fait le risque total de
livraison. Le paiement d’avance a tendance à être employé pour des produits où la demande
et le besoin sont grands et l'approvisionnement limité. L'acheteur supporte tous les risques
et le vendeur n'en prend aucun.

Cependant, ce type de paiement peut ne pas être possible dans un certain nombre de cas.
C'est un fait commercial que pour emporter de nouveaux marchés dans des pays étrangers,
l’exportateur doit souvent accorder à l'acheteur des délais de paiement. Ceci est connu
comme période de crédit.

30
Diagrammes des Paiements d’Avance

Paiement d’ Avance
Méthode d’ Opération
(5) L’acheteur
dédouane les
marchandises

(2)
Instructions de Payer
par SWIFT Banque de
Acheteur
l’Acheteur

(1) (4)
Contrat Expédie les (3)
de Vente marchandises Paie
et envoie
les documents

(3) Paie Banque du


Vendeur
Vendeur

Modus Operandi
1. L’acheteur et le vendeur signent un contrat de vente
2. L’acheteur donne les instructions à sa banque de payer le vendeur
3. Le paiement est effectué
a. La banque de l’acheteur paie le vendeur, généralement par SWIFT, ou par
chèque de banque ou par transfert télégraphique.
b. La banque du vendeur paie le vendeur
4. Le vendeur expédie les marchandises et envoie les documents directement à
l’acheteur
5. L’acheteur dédouane les marchandises à l’arrivée

Quel est le risque pour le vendeur ?


 Risque pays – le pays de l’acheteur peut empêcher le paiement d’avance pour les
importations de marchandises
 Des coûts additionnels et/ou des pertes peuvent être encourus si les marchandises sont
fabriquées avant que le paiement ne soit reçu de l’acheteur

31
Quel est le risque pour l’acheteur ?
 Risque commercial – le vendeur peut ne pas expédier la qualité et/ou quantité de
marchandises requise ou peut ne pas les expédier du tout
 Le vendeur a, et les marchandises, et les fonds

 Le pays du vendeur peut imposer des lois qui peuvent empêcher l’expédition des
marchandises

Comment les parties peuvent-elles minimiser les risques ?


 Les rapports sur le pays sont utiles pour déterminer la stabilité du pays de l’acheteur
 Le vendeur ne doit pas encourir des coûts avant de recevoir le paiement d’avance de
l’acheteur
 L’acheteur peut obtenir des rapports bancaires ou autres pour déterminer la fiabilité et
l’intégrité du vendeur
 L’acheteur peut demander au vendeur d’émettre une garantie de paiement d’avance
couvrant les fonds avancés au vendeur, au cas où le vendeur ferait défaut

Quand l’utiliser ?
 L’acheteur a une confiance absolue que le vendeur expédiera la qualité et/ou quantité
correcte de marchandises
 C’est une nouvelle relation ou il y a un historique de problèmes dans la relation entre
l’acheteur et le vendeur
 Le risque pays du pays de l’acheteur n’est pas acceptable.
 Le vendeur n’est pas capable d’octroyer un crédit à l’acheteur

SWIFT
Dans le cas où les clients effectuent les paiements par le biais de compte courant (ou ouvert)
ou paiement à l'avance, le système SWIFT serait la méthode la plus communément employée
pour transférer des fonds.

SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) Fondé en 1973 à


Bruxelles, gère un réseau international de télétransmission des messages entre les banques
adhérentes, dans le monde entier, ces messages constituent un des éléments indispensables
du traitement des opérations du commerce international.
De ce fait Les messages acheminés par SWIFT sont normalisés, cette normalisation assure la
rapidité d'émission et facilite la lecture des messages à leur arrivée.
C'est un système sûr, rapide et fiable.

32
CHAPITRE 4

LES CONTRATS DANS LE COMMERCE


INTERNATIONAL

33
Contrats Internationaux
Il y a différents types de contrats dans les transactions du commerce
international, par exemple :
 Contrats de Vente
 Factures Pro-forma
 Assurance Maritime
 Assurance-Crédit
 Contrats de Transport
 Termes de Livraison (Incoterms®2010) (sont abordés dans le chapitre
suivant 4 bis)

Les contrats à l’international

Lors de l’établissement d’un contrat de vente de marchandises ou produits à l’international


les acheteurs et vendeurs suivent un processus bien standardisé.

Il est donc important que les importateurs et les exportateurs couvrent tous les aspects de la
transaction dans les contrats respectifs. Si un conflit devait survenir, toutes les parties
sauraient alors quel jeu de lois va s’appliquer pour résoudre ce conflit.

Connaissance des acheteurs et vendeurs (Due Diligence)


Il est très important que des acheteurs et vendeurs de pays différents prennent quelques
mesures afin de vérifier la bonne foi et l’authenticité de leurs partenaires commerciaux, en
particulier avec les nouveaux partenaires, avec qui ils n’ont jamais traité auparavant.
Cela est d’autant plus important quand les sommes impliquées sont importantes.

Il est recommandé aux acheteurs et vendeurs d’obtenir :


a) Des banquiers de leurs contreparties commerciales, des rapports financiers donnant les
lignes générales de l’historique des activités avec leurs clients. Il est également possible
d’obtenir ces rapports financiers d’agences de notation ou crédit spécialisées.

b) Des références commerciales, il s’agit là de rapports émis par une autre entité
indépendante, qui a déjà traité avec les partenaires commerciaux concernés. Il n’y a pas à
proprement parlé de format type de ces références commerciales, il s’agit en fait d’un
historique établi par une entité indépendante et vérifiable, décrivant leurs expériences
commerciales.

Si l’une des parties contractantes (acheteur/vendeur) se refuse à fournir ces informations de


base, cela pourra être un signal d’alarme que tout n’est pas aussi parfait qu’il n’y parait.

34
Contrats de Vente

Les contrats forment une part intégrale de toute transaction commerciale. Vous devez avoir
une compréhension globale de la transaction et identifier les aspects affectant la structure des
produits du commerce. Un contrat de vente contient typiquement les éléments suivants :
 Nom et adresse complets des parties au contrat
 Détails bancaires des deux parties
 Description complète des marchandises et /ou services
 Spécifications techniques des marchandises
 Période de garantie et assistance éventuelles, en cas de machineries ou équipements
lourds
 La quantité et la qualité des marchandises
 Le prix de ces marchandises et /ou services
 Dates et lieu de livraison des marchandises
 Termes de livraison, par exemple Incoterms
 Pays d’origine des marchandises
 Ports de chargement et de déchargement
 Expéditions partielles – autorisées ou non autorisées
 Transbordements – autorisés ou non autorisés
 Inspection des marchandises par une tierce partie
 Spécifications d’emballage – comment les marchandises doivent-elles être
empaquetées ? La compagnie d’assurance peut spécifier ses conditions pour l’emballage
pour rendre l’assurance valide.
 Procédures en cas de conflit ou d’arbitrage
 Quand les parties déclarent un conflit, qui agira en tant qu’arbitre ?
 Transférabilité :
 Si le contrat est négociable ou transférable, cela veut dire que chaque partie peut
transférer ses droits à une autre partie. Les parties doivent être prudentes avant
d’autoriser l’autre partie à transférer ses droits.
Exemple : A a un contrat avec B. Suivant le contrat, B doit fournir à A un produit
spécifique avant que la saison d’hiver ne commence. A choisi B parce que B a une
bonne réputation sur le marché. Si le contrat autorise B à transférer ses droits à C,
alors A est en risque car C peut ne pas être capable de lui fournir la qualité et/ou la
quantité correcte de marchandises en temps voulu.
 La loi gouvernant le contrat
 Procédures contractuelles à suivre, par exemple : signatures
 Qui porte la responsabilité d’obtenir le permis d’importation ? C’est généralement
l’importateur
 Conditions préalables :

35
Parfois une des parties doit faire d’abord quelque chose, avant que le contrat n’entre
en vigueur. L’exportateur peut demander à l’importateur d’ouvrir d’abord un crédit
documentaire à une certaine date avant que le contrat n’entre en vigueur
 Performance :
 L’importateur peut aussi demander à l’exportateur d’émettre une garantie de
performance en faveur de l’importateur

Factures Pro-forma

L’acheteur souhaitant commander une marchandise déterminée demandera au(x) vendeur(s)


potentiel(s) de lui établir une cotation plus communément appelée une facture pro-forma.
Le vendeur établira cette pro-forma invitant l’importateur à accepter les termes et contions
énoncés tel que :
1) Nom, adresse et coordonnées complètes du vendeur
2) Une description détaillée de la marchandise concernée
3) Le prix unitaire et total de la marchandise qui sera déterminé par l’Incoterm convenu
entre les deux parties
4) La facture pro-forma indiquera également le mode de paiement que devra utiliser
l’acheteur si la vente est conclue
5) Elle indiquera de même toute période de crédit que le vendeur accordera à l’acheteur

La facture pro-forma est similaire à la facture commerciale, mais est envoyée avant que les
marchandises ne soient fournies
Les importateurs demandent parfois une facture pro-forma pour que les autorités du pays
importateur émettent un permis d’importation ou pour que la banque de l’importateur ouvre
un crédit documentaire
Les exportateurs doivent généralement confirmer, sur la facture commerciale, que les
marchandises sont en accord avec la facture pro-forma. Le détail de la facture commerciale
doit donc être identique à celui de la facture pro-forma
La facture pro-forma est souvent le seul contrat entre l’importateur et l’exportateur et il est
donc essentiel d’y incorporer tous les termes et conditions de la transaction
La facture pro-forma trouve également son intérêt dans la possibilité offerte à l’acheteur de
pouvoir comparer plusieurs offres reçues de différents fournisseurs (vendeurs).
Dès lors que l’acheteur est satisfait de l’offre proposée dans la pro-forma, et que les deux
parties le sont de la bonne foi de l’autre partie contractante, l’acheteur commandera les
marchandises en émettant un ordre d’achat.
La facture pro-forma et l’ordre d’achat constituent la base du contrat international de vente

36
Assurance Maritime

Qu’est-ce qu’une assurance maritime ?


C’est le fait d’assurer des marchandises contre les pertes ou dommages pendant leur
transport d’un lieu à un autre. Le terme “Assurance Maritime” est un terme générique et n’est
pas, comme le nom pourrait l’indiquer, réservé à l’assurance des transports par mer. Cette
assurance procure une couverture pour les transports par :
 Voie terrestre (route et rail) ; et/ou
 Air ; et/ou
 Mer et voie fluviale

La valeur de l’assurance
La valeur assurée des marchandises doit toujours être supérieure au montant de la facture ;
les droits d’importation seront toujours payables aux autorités douanières, même si les
marchandises arrivent endommagées.

Qui est responsable pour souscrire l’assurance maritime ?


Cela dépend des termes et conditions du contrat de vente, et plus spécialement des termes
commerciaux applicables. Sous les Incoterms® 2010, CIF et CIP sont les seules règles
Incoterms® où le vendeur est obligé de souscrire l’assurance au bénéfice de l’acheteur.
Il n’y a pas d’obligation pour le vendeur ou l’acheteur de souscrire une assurance sous aucune
des autres règles Incoterms® et la partie responsable d’obtenir l’assurance doit être indiquée
dans le contrat de vente. La partie responsable doit assurer une couverture des marchandises
suffisante pendant le transit entre le vendeur et l’acheteur.

En pratique, l’acheteur est généralement responsable d’obtenir l’assurance maritime pour les
règles Incoterms® 2010 suivantes :
EXW - Ex Works
FCA - Free Carrier
FAS - Free Alongside Ship
FOB - Free On Board
CFR - Cost and Freight
CPT - Carriage Paid To
Et le vendeur est généralement responsable d’obtenir l’assurance maritime pour :
DAT - Delivered At Terminal
DAP - Delivered At Place
DDP - Delivered Duty Paid
Le vendeur est obligé de souscrire l’assurance maritime pour le compte de l’acheteur :
CIF - Cost, Insurance and Freight
CIP - Carriage and Insurance Paid To

37
Note important : il y a des exceptions à cette règle. Un vendeur peut modifier une règle
Incoterm® en, par exemple, cotant ‘FOB, y compris l’assurance’.

Types d’assurance maritime

Polices d’assurance
 Police Voyage – couvre une consignation particulière d’un lieu à un autre.
 Police à durée limitée – fournit une couverture pour une période fixée, par exemple :
une année.
 Police Ouverte ou Flottante – procure une couverture pour un montant total. L’assuré
déclare les expéditions individuelles et la police reste active jusqu’à ce que le montant
soit épuisé.

Certificats d’assurance
Les certificats d’assurance certifient que la couverture des marchandises existe sous une
police ouverte.

Certificat ou Note de courtier


“Certificat de courtier” ou “Notes de Couverture” sont des déclarations par des courtiers pour
“prouver” que la couverture existe. Ils ne sont pas acceptables pour l’importateur ou les
banquiers qui financent l’expédition.

Institute Clauses
Les compagnies d’assurance utilisent les Institute Clauses pour indiquer le type de risques
couverts, par exemple :
 Institute Cargo Clause A – la couverture la plus complète
 Le “A” sous Institute Clause A, signifie “tous risques”. C’est trompeur car la Clause A
exclu les guerres, les émeutes, les manifestations civiles, les grèves ou autres
mouvements sociaux.
 Institute Cargo Clause B – couverture moyenne - couvre uniquement les risques
désignés
 Institute Cargo Clause C – couverture minimale – couvre uniquement les risques
indiqués
 Institute War Clauses (Cargo) and Institute War Clauses (Air Cargo)
 Les risques de guerre sont limités à la période pendant laquelle les marchandises sont
dans le navire ou l’avion. Il n’y a pas de couverture terrestre pour ce type de risque.
 Institute Strike Clauses (Cargo) and Institute Strike Clauses (Air Cargo)
 Cela couvre les marchandises, d’entrepôt à entrepôt, contre les pertes provenant de
grèves et autres activités liées telles que les émeutes et les manifestations civiles.

C’est pour cette raison que la clause d’assurance dans les crédits documentaires doit être
claire, par ex. :

38
“Police ou certificat d’assurance maritime pour la valeur facturée des marchandises, plus xx %
couvrant Institute Cargo Clause A, y compris risques de guerre, de grève, d’émeute et de
manifestation civile, et assurée d’entrepôt à entrepôt. Réclamation payable à ………. (Pays de
l’importateur).”

Assurance-Crédit

Qu’est-ce qu’une assurance-crédit ?


C’est une couverture d’assurance donnée par les compagnies d’assurance aux exportateurs
pour les pertes encourues, dues au non-paiement par les importateurs.

Combien et quand l’assurance-crédit paie-t-elle si l’importateur fait défaut ?


La couverture est généralement donnée pour jusqu’à 80 % de la valeur des marchandises. La
compagnie d’assurance paie généralement 6 mois après la dernière date d’expédition, sauf
s’il y a un conflit entre l’exportateur et l’importateur. Dans le cas d’un conflit, elle repoussera
le paiement jusqu’à ce que le conflit soit résolu.

Quels types de risques sont couverts ?


 Insolvabilité de l’acheteur
 Défaut de paiement de l’acheteur
 Refus par l’acheteur de prendre possession des marchandises
 Blocage des fonds par les gouvernements
 Prévention de performance du contrat
 Non-paiement causé par des événements politiques
 Décharge légale d’une dette en devise étrangère
 Guerre empêchant la performance

Quels types de risques ne sont pas couverts ?


 L’exportateur ne remplissant pas les termes de la police
 Non-acceptation ou non-paiement attribué à l’exportateur
 Pertes de change
 Pertes provenant des contraventions au contrôle de change
 Défaut de l’acheteur d’obtenir le droit d’importer et de sécuriser les devises étrangères
pour le paiement
 Insolvabilité de la banque chargée de l’encaissement sous un encaissement
documentaire
 Les pertes couvertes par d’autres types d’assurance tels qu’assurance maritime, feu, etc.
 Les pertes provenant de la rupture du contrat par l’exportateur
 Les pertes provenant de la non-conformité aux lois
 Annulation d’un contrat par l’acheteur avant l’envoi des marchandises
 Les conflits

39
Contrats de Transport

Le transporteur des marchandises et l’expéditeur entrent dans un contrat de transport pour


l’acheminement des marchandises d’un lieu à un autre. Le mode de transport peut être par
mer, air, rail, route ou une combinaison. De tous les types de contrats de transport, celui pour
le transport par mer est le plus complet. En conséquence, c’est celui dont nous étudierons le
contenu plus en détail.

Quand l’expéditeur des marchandises livre ses marchandises au transporteur, celui-ci


(représenté par le capitaine du navire) émet un reçu pour les marchandises. On appelle ce
reçu de marchandises un connaissement (B/L). Ce B/L est un document de propriété, c’est à
dire que le porteur peut réclamer les marchandises qu’il représente. Le B/L stipule aussi le
contrat de transport sur son verso.

Le contrat de transport définit les termes et conditions sous lesquels le transporteur s’engage
à transporter les marchandises. En d’autres mots, il définit les responsabilités et engagements
des parties au contrat. Les points principaux d’un contrat de transport sont :
 Lois et juridiction
 La plupart des B/L sont soumis aux lois anglaises et à la juridiction de la Haute Cour
de Justice de Londres
 Pour les expéditions de marchandises de, et vers les USA, la plupart des B/L sont
soumis aux lois américaines et à la juridiction du Tribunal du District de New York
 Ils se référent aussi à la convention internationale relative aux B/L’s (Règles de La
Hague) et, pour les expéditions de marchandises de, et vers les USA, au US Carriage
of Goods by Sea Act 1936
 Le transporteur s’engage à transporter les marchandises du port de chargement au port
de déchargement
 Il définit les responsabilités pour le chargement, le déchargement, la durée du
déchargement, etc.
 Les marchandises dangereuses sont soumises à déclaration par l’expéditeur
 Les heures et dates de départ et d’arrivée
 L’expéditeur indemnise le transporteur pour les déclarations de la nature, du poids, des
mesures et du contenu des marchandises et emballages
 Il y a des conditions et des déclarations spécifiques pour certaines marchandises, par
exemple
 Acier
 Bois
 Marchandises fragiles
 Marchandises chauffées

40
 Stockage sur le pont
 Animaux vivants
 Le paiement du coût du fret
 Les conditions pour les expéditions par containeur
 Clauses de Force Majeure – c’est à dire que le transporteur n’est pas responsable des
actes de Dieu, du terrorisme, etc.

41
CHAPITRE 4 BIS
LES INCOTERMS® 2010 (INTERNATIONAL
COMMERCIAL TERMS)
Le mouvement des marchandises entre pays est un business risqué. Si les marchandises ne sont pas
délivrées ou sont endommagées, cela se termine souvent en actions légales par une des parties. D’où
le développement, par la CCI, d’un jeu de règles qui facilitent la définition, pour les acheteurs et les
vendeurs, de leurs responsabilités respectives.

Les INCOTERMS® 2010 sont les termes commerciaux clés, développées par la Chambre de commerce
Internationale (CCI) qui définissent les obligations des vendeurs et acheteurs pour la livraison des
marchandises tangibles dans une transaction commerciale tant nationale qu’internationale. Les
marchandises intangibles, tels que les logiciels informatiques, ne sont pas inclues dans la portée de ces
règles. Les Incoterms® 2010 s’appliquent au contrat de vente et non pas au contrat de transport.

Ces règles ont été revues et modifiées en :

1936 – 1957 – 1967 – 1974 – 1980 – 1990 – 2000 - 2010

Les Incoterms® (« International Commercial Terms » ou « termes de commerce nationaux et


internationaux ») sont un ensemble de règles internationales uniformes qui définissent les obligations
du vendeur et de l'acheteur dans les contrats de commerce international.

Les Incoterms® ne sont pas une Loi mais reflètent les pratiques commerciales actuelles, voilà pourquoi
ils ont été fréquemment mis à jour ces dernières années pour correspondre aux changements des
pratiques commerciales internationales. Etant donné que ce n’est pas une Loi les acteurs commerciaux
à l’international ne sont pas obligés de les utiliser dans leurs contrats de vente.

Cependant l’utilisation des Incoterms® permet l’élaboration de contrats commerciaux plus clairs,
définissant les obligations respectives des parties de façon très précise, et le moindre doute sur les
obligations concernant le transport, les dédouanements et le lieu de livraison des marchandises, est
définitivement éliminé.

Toutefois les Incoterms® ne traitent pas du transfert de propriété des marchandises. Dans la majorité
des pays le transfert de propriété des marchandises a lieu au moment de la remise du connaissement
maritime à l’acheteur. Dans d’autres pays, dépendant du contrat d’achat conclu entre les deux parties,
ce transfert, a lieu tel que stipulé dans le contrat.

Le principal bénéfice de l’utilisation des Incoterms®, est que les vendeurs et acheteurs n’ont pas besoin
d’interminables négociations afin de déterminer les conditions de chaque transaction. Une fois qu’ils

42
ont adoptés un terme commercial tel que FOB par exemple, ils peuvent acheter et vendre à un prix
FOB sans avoir à discuter de la partie responsable du fret, assurance et autres frais et risques.

En choisissant un terme commercial, il faut toujours se référer à la version correcte et à la source de


celui-ci. Il y a plusieurs sources parmi lesquelles les règles Incoterms® 2010 de la CCI sont les plus
utilisées. Les acheteurs et les vendeurs souhaitant utiliser les règles Incoterms® 2010 de la CCI doivent
indiquer clairement qu’elles s’appliquent au contrat de vente.

But
Le but des Incoterms® 2010 est de fournir un jeu de règles internationales pour l’interprétation des
termes de commerce les plus communément utilisés dans le commerce international et domestique.
Les Incoterms sont importants car ils déterminent la responsabilité de chaque pour :

 La livraison des marchandises du vendeur à l’acheteur


 Les tâches à accomplir, par exemple : les dédouanements à l’exportation et à l’importation
 Le partage des coûts et des risques entre les parties

La livraison et le Transfert de Risques

Dans les règles Incoterms®, « livraison » est utilisé pour indiquer à quel moment le risque de perte ou
de dommage que les marchandises peuvent subir, passe du vendeur à l’acheteur.

Les Incoterms® offrent aux vendeurs et acheteurs un choix en ce qui concerne la livraison de la
marchandise, dépendant de l’Incoterms® choisi, le lieu de livraison peut se situer dans les entrepôts ou
locaux propres du vendeur, ou à n’importe quel endroit, jusqu’aux entrepôts ou locaux propres de
l’acheteur.

Pour exemple sous EXW la livraison peut avoir lieu lorsque les marchandises sont mises à la disposition
de l’acheteur dans les locaux propres du vendeur. Et sous DDP la livraison peut avoir lieu lorsque les
marchandises sont mises à la disposition de l’acheteur dans ses locaux propres.

Principaux changements entre les Incoterms 2000 et les Incoterms® 2010


Le nombre de règles Incoterm® a été réduit de 13 à 11.
Les quatre termes suivants ont été supprimés des Incoterms 2000 : DEQ, DAF, DES et DDU.

Les Incoterms® 2010 incluent les nouveaux termes suivants :


 DAT – (Delivered at Terminal) – marchandises non déchargées
 DAT remplace la règle Incoterms 2000 DEQ
 DAP – (Delivered at Place) – les marchandises sont prêtes à être déchargées
 DAP remplace les règles Incoterms 2000 DAF, DES et DDU.

43
Le concept de livraison des marchandises ayant lieu lorsque les marchandises passent la “rambarde du
navire” a été remplacé par la notion “à bord”. Donc, pour les contrats FOB, CFR et CIF, les marchandises
sont déclarées délivrées lorsqu’elles sont “à bord” du navire. Cela élimine les inquiétudes passées
concernant le risque passant arbitrairement entre l’acheteur et le vendeur au travers d’une ligne
invisible au-dessus de la rambarde du navire.

Les catégories et règles Incoterms® 2010


Les Incoterms® 2010 consistent en 11 règles qui sont classées en deux catégories distinctes, en
fonction du mode de transport. La table ci-dessous montre les deux catégories différentes, les
abréviations des règles, leur description complète et le mode de transport applicable.

Le deuxième diagramme est un sommaire des Incoterms® 2010 et montre le lieu où la responsabilité
passe de l’exportateur à l’importateur.

44
TOUT MODE OU MODES DE TRANSPORT

EXW Ex Works (… lieu de livraison désigné)

FCA Free Carrier (… lieu de livraison désigné)

CPT Carriage Paid To (… lieu de destination désigné)

CIP Carriage & Insurance Paid To (… lieu de destination désigné)

DAT Delivered At Terminal (. Terminal portuaire ou lieu de destination


désigné)
DAP Delivered At Place (… lieu de destination désigné)

DDP Delivery Duty Paid (… lieu de destination désignée)

TRANSPORT PAR MER ET PAR VOIES FLUVIALES

FAS Free Alongside Ship (… port de chargement désigné)

FOB Free On Board (… port de chargement désigné)

CFR Cost and Freight (… port de destination désigné)

CIF Cost, Insurance and Freight (… port de destination désigné)

45
46
Des exemples pratiques de règles Incoterms® 2010
Un importateur ivoirien (IMP) basé à Abidjan, Côte d’Ivoire, souhaite acheter 1000 MT d’engrais (les
marchandises). Il négocie avec un exportateur (EXP) à Kano, Nigéria. Pendant les négociations, EXP doit
décider quel prix coter. EXP doit tenir compte des coûts divers associés à l’exportation. EXP considère
ce qui suit :

 Coûts
 Assurance
 Fret

EXP cote EXW Kano, Nigeria – Incoterms® 2010

 EXP remplit ses obligations de livraison en mettant les marchandises disponibles pour IMP, à ses
locaux ou à un autre lieu désigné
 IMP supporte tous les coûts et risques pour déplacer les marchandises du lieu désigné à Kano,
Nigéria
 EXW représente l’obligation minimale pour le vendeur
 La cotation d’EXP sera pour le coût des marchandises

EXP cote FCA Aeroport International de Lagos, Nigeria – Incoterms® 2010

 EXP remplit ses obligations de livraison en remettant les marchandises au transporteur désigné
par IMP, avant chargement, au lieu, ou place désignée au Nigéria (Aéroport International de
Lagos, Nigéria)
 IMP supporte tous les coûts et risques pour déplacer les marchandises du lieu désigné au Nigéria
(Aéroport International de Lagos, Nigeria) Jusqu’à Abidjan
 La cotation d’EXP sera pour le coût des marchandises et le coût du pré-transport au lieu désigné
au Nigéria (Aéroport International de Lagos, Nigéria)

EXP cote FOB Lagos, Nigéria – Incoterms® 2010

 EXP remplit ses obligations de livraison quand les marchandises sont “à bord” du navire au port
de Lagos
 IMP supporte tous les coûts et risques de ce lieu jusqu’à Abidjan
 La cotation d’EXP sera pour le coût du pré-transport des marchandises jusqu’au port désigné
(port de Lagos) et des marchandises chargées “à bord” du navire

EXP cote CFR Abidjan, Côte d’Ivoire – Incoterms® 2010


47
 EXP livre lorsque les marchandises sont “à bord” du navire au port de Lagos, Nigéria
 EXP doit payer tous les couts avant la livraison et le fret de Kano au port de Lagos
 IMP supporte le risque de perte ou dommage des marchandises du moment où les marchandises
sont chargées “à bord” du navire au port de Lagos, Nigéria et paie tous les coûts additionnels
après la livraison des marchandises
 La cotation d’EXP sera pour le coût des marchandises, le coût du pré-transport jusqu’au port de
Lagos, Nigéria et le coût du transport principal entre le port de Lagos, Nigéria et le port de
Abidjan, Côte d’Ivoire

EXP cote CIF – Abidjan, Côte d’Ivoire Incoterms® 2010

 EXP délivre lorsque les marchandises sont “à bord” du navire au port de Lagos, Nigéria
 EXP doit payer les coûts avant la livraison et le fret de Kano au port de Lagos
 EXP doit obtenir l’assurance maritime pour couvrir IMP contre la perte ou le dommage des
marchandises pendant le transport jusqu’au port de Abidjan, Côte d’Ivoire – couverture
minimale seulement
 IMP supporte les risques de perte ou dommage des marchandises à partir du moment où celles-
ci sont charges “à bord” du navire au port de Lagos, Nigéria et paie tous les coûts additionnels
après la livraison des marchandises
 La cotation d’EXP sera pour le coût du pré-transport des marchandises jusqu’au port de Lagos,
le coût du transport principal entre le port de Lagos et le port de Abidjan, et le coût de
l’assurance jusqu’au port de Abidjan

EXP cote CPT Aéroport International d’Abidjan, Côte d’Ivoire – Incoterms ® 2010

 EXP délivre les marchandises au transporteur qu’il a désigné


 EXP paie le fret du transport des marchandises à l’aéroport international d’Abidjan, Côte d’ Ivoire
 IMP est responsable du risque de perte ou dommage des marchandises à partir du moment où
EXP délivre les marchandises au premier transporteur
 La cotation d’EXP sera pour le coût des marchandises et le pré-transport à l’aéroport
international de Lagos, Nigéria, le coût du transport principal entre l’aéroport international de
Lagos, Nigéria et l’aéroport international d’Abidjan, Côte d’ Ivoire

EXP cote CIP Aéroport International d’Abidjan, Côte d’Ivoire – Incoterms ® 2010

 EXP délivre les marchandises au transporteur qu’il a désigné


 EXP paie le fret des marchandises jusqu’à l’aéroport international de Abidjan, Côte d’Ivoire

48
 EXP doit obtenir l’assurance maritime pour couvrir IMP des pertes et dommages des
marchandises durant le transport jusqu’à l’aéroport international de Abidjan, Côte d’Ivoire –
couverture minimale seulement
 IMP est responsable des risques de perte ou dommages des marchandises à partir du moment
où EXP délivre les marchandises au premier transporteur
 La cotation d’EXP sera pour le coût des marchandises, le pré-transport jusqu’à l’aéroport
International de Lagos, Nigéria, le coût du transport principal entre l’aéroport international de
Lagos et l’aéroport international de Abidjan, et le coût de l’assurance jusqu’à l’aéroport
international de Abidjan, Côte d’Ivoire

EXP cote DDP 8 route principale, Abidjan, Côte d’Ivoire - Incoterms® 2010

 EXP est responsable de mettre les marchandises à la disposition d’IMP, non déchargées, au lieu
de destination désigné dans le pays d’importation, mais dédouanées à l’importation
 EXP supporte les risque et coût, y compris le risque d’accomplir les formalités de dédouanement
et le paiement des droits, taxes et autres frais pour délivrer les marchandises au 8 route
principale, Abidjan, Côte d’Ivoire
 Ce terme représente l’obligation maximale pour EXP
 La cotation d’EXP sera pour le coût des marchandises, le pré-transport jusqu’au port de Lagos,
le coût du transport principal entre le port de Lagos et le port de Abidjan, le post-transport
jusqu’au 8 route principale, Abidjan, Côte d’Ivoire et les droits, taxes, et autres charges de
livraison des marchandises au 8 route principale, Abidjan, Côte d’Ivoire
 Ne pas utiliser ce terme si EXP ne peut obtenir la licence d’importation, directement ou
indirectement

Note :

Il y a trois types de transport :

 Pré-transport - transport jusqu’au port de chargement


 Transport principal - transport du port de chargement au port de déchargement
 Post-transport - transport du port de déchargement au lieu de livraison

Conclusion

Les termes commerciaux jouent un rôle capital dans les transactions du commerce international. Les
Incoterms® 2010 consistent en deux catégories distinctes avec 11 termes commerciaux individuels.
Certains Incoterms ne peuvent être utilisés que pour les transports par mer ou par voie fluviale. Les
termes de commerce définissent les responsabilités de l’acheteur et du vendeur. Une règle Incoterms®
2010 n’est complète que lorsqu’elle indique le lieu et la source, par exemple :

49
DDP 8 route principale, Abidjan, Côte d’Ivoire – Incoterms® 2010.

Pour plus de détails, il faudrait se référer à la publication N° 715 « INCOTERMS® 2010 », ainsi qu’à la
publication N° 720 « ICC Guide to Incoterms® 2010 » de la Chambre de Commerce Internationale de Paris,
France.

50
CHAPITRE 6

LES ENCAISSEMENTS SIMPLES

& DOCUMENTAIRES

51
Ce chapitre définit les principes clés et les séquences des encaissements
documentaires.

Principes Clés
 Introduction
 Définition
 Règles Uniformes pour les Encaissements – RUE 522
 Parties et Modus Operandi
 Remise des Documents
 D/P - Documents contre Paiement
 D/A - Documents contre Acceptation
 Lettre de changes Avalisés
 Documents remis contrairement aux Instructions
 Non-Paiement ou Non-Acceptation
 Protêt
 Paiements Partiels
 Endos
 Contrôle des Marchandises / Documents de Propriété

Séquence d’un Encaissement Documentaire

Principes Clés
Introduction
Les encaissements documentaires, communément appelés remises documentaires, procurent
aux parties un compromis entre le compte ouvert et le paiement d’avance. Les encaissements
documentaires sont utilisés pour obtenir le paiement d’un acheteur au travers du système
bancaire international. L’essence d’un encaissement documentaire est que la banque ne
remet les documents de propriété à l’acheteur que ; soit contre acceptation d’une traite à
terme, soit contre le paiement du montant du.

Il offre au vendeur un degré de sécurité, à condition que les documents de propriété soient
adressés au travers du système bancaire. Les banques agissent en tant qu’intermédiaires et
contrôlent les marchandises par les documents de propriété.

Les encaissements documentaires sont appropriés quand le vendeur a confiance dans la


capacité de l’acheteur à payer et que le risque pays de l’acheteur est modéré, mais qu’il
souhaite toujours s’assurer que le paiement est fait ou qu’une sécurité est donnée avant que
les marchandises ne soient remises à l’acheteur.
Définition

52
Un encaissement, est l’encaissement, au travers d’une banque, de fonds dus par un acheteur,
contre la remise de certains documents.
Cet encaissement peut être :
 Simple contre présentation de documents financiers seulement (chèque, traite)
 Documentaire contre présentation de documents commerciaux accompagnés ou non
de documents financiers

Les Règles Uniformes pour les Encaissement (RUE 522)


La plupart des banques et des pays ont souscrit aux Règles Uniformes pour les Encaissements
publiées par la Chambre de Commerce Internationale, publication CCI No. 522 (RUE 522).

Ces règles assurent un degré élevé d’uniformité dans les procédures d’un encaissement tant
simple que documentaire. Elles régulent les droits et devoirs des parties, bien que les
problèmes de base soient laissés aux législations nationales. Aux termes des RUE 522,
l’engagement des banques est limité principalement à l’envoi et la remise des documents
contre paiement ou acceptation.

Parties et Modus Operandi

(6) l’Acheteur
dédouane les
marchandises

(7) Paie
Banque
Tiré
Chargée de
(Acheteur) (5) Remet les documents
selon les instructions l’Encaissement

(1) (2) (4)


Contrat Envoie les (7)
de Vente Expédie les Paie
Marchandises documents

(3) Remet les documents


Demandeur à la banque
(Tireur/ (7) Paie Banque
Vendeur) Remettante

53
Les Parties :
Le Donneur d’ordre
 Aussi appelé le tireur, vendeur ou exportateur

La Banque Remettante
 La banque du Donneur d’ordre qui remet les documents à la banque chargée de
l’encaissement pour le compte du Donneur d’ordre

La Banque chargée de l’encaissement


 Le correspondant de la banque remettante ; la banque chargée de l’encaissement et
présentatrice peut être la même banque

La Banque Présentatrice
 La banque présentant l’encaissement au tiré et obtenant le paiement du tiré

Le Tiré
 Aussi connu comme l’acheteur ou l’importateur
 La partie à laquelle la banque présentatrice présente l’encaissement

Modus Operandi :
(1) L’acheteur (“tiré”) et le vendeur (“Donneur d’ordre/tireur”) signent le contrat de vente
(2) Le Donneur d’ordre expédie les marchandises au tiré
(3) Le Donneur d’ordre remet les documents à la banque remettante avec instructions de
ne remettre les documents que :
(3.1) Contre paiement du montant du ; ou
(3.2) Contre acceptation d’une lettre de change
(4) La banque remettante envoie les documents à la banque chargée de l’encaissement
dans le pays du tiré
(4.1) La banque chargée de l’encaissement peut être la banque du tiré, ou une banque
désignée par la banque remettante
(4.2) Si la banque chargée de l’encaissement n’est pas celle du tiré, alors la banque
chargée de l’encaissement envoie les documents à la banque du tiré (la banque
présentatrice) pour présentation des documents au tiré
(4.3) La banque présentatrice doit communiquer et effectuer le paiement au travers de
la banque chargée de l’encaissement ; elle ne peut communiquer directement
avec la banque remettante
(5) La banque chargée de l’encaissement/présentatrice remet les documents au tiré selon
les instructions reçues de la banque remettante

54
(6) L’acheteur dédouane les marchandises
(7) La banque chargée de l’encaissement/présentatrice obtient le paiement du tiré et
effectue le paiement à la banque remettante pour crédit au compte du Donneur d’ordre

Remise des Documents


La remise des documents au tiré peut se faire des deux manières suivantes :

Documents contre Paiement (D/P)


 La banque chargée de l’encaissement ne remettra les documents que si elle reçoit le
paiement du tiré
• En débitant le compte du tiré pour l’équivalent en devises étrangères, ou en débitant
un compte en devises
• Le tiré doit donner des instructions à la banque quant au moyen d’obtenir les devises

Documents contre Acceptation (D/A)


 La banque chargée de l’encaissement doit s’assurer que la lettre de change est acceptée
avant que les documents ne soient remis
• Une lettre de change irrégulièrement accepté peut être impayée à l’échéance
 La personne acceptant une lettre de change peut être autorisée à le faire sous un accord
de mandat entre le tiré et la banque
 Une fois que la lettre de change est acceptée les documents sont remis au tiré
 La banque chargée de l’encaissement informe alors la banque remettante que la lettre
de change a été acceptée et de la date d’échéance
 En principe, la lettre de change sera retenue par la banque chargée de l’encaissement /
présentatrice jusqu’à la date d’échéance
• Parfois la lettre de change acceptée sera retournée à la banque remettante, par
exemple quand le Donneur d’ordre souhaite escompter la lettre de change auprès
d’une institution de son propre pays

Lettres de changes Avalisées


Le tiré s’en remet généralement à la santé financière du tiré, et du pays du tiré, pour le
paiement d’une lettre de change. Un aval existe quand une banque (ou une autre partie)
garantie le paiement d’une lettre de change à l’échéance. Une fois qu’une lettre de change
est avalisée, le risque du point de vue du tiré, passe du tiré au garant.
 La banque qui ajoute son aval à une lettre de change n’est pas une partie à la lettre de
change avant d’ajouter son aval. Dès qu’elle a ajouté son aval sur la lettre de change, la
banque est appelée le garant
 Les lettres de changes avalisés sont utilisées soit lorsque le Donneur d’ordre :
• Veut une garantie que le paiement sera fait à l’échéance et/ou

55
• Souhaite escompter le produit d’une lettre de change à terme / à usance
 La banque remettante doit instruire la banque chargée de l’encaissement d’ajouter son
aval dans les instructions d’encaissement, par exemple : “documents à remettre contre
acceptation de la lettre de change et après avoir ajouté votre aval” ou une clause
similaire.
 La banque chargée de l’encaissement ne doit pas ajouter son aval sur une lettre de
change si elle n’a pas préalablement été acceptée par le tiré
 La banque chargée de l’encaissement peut seulement imposer un recours légal si la
lettre de change est acceptée selon les termes de l’accord signé (mandat) en vigueur
 La banque garante enregistre la valeur de la lettre de change avalisée contre les facilités
de crédit du tiré
 Dans certains pays, les avals ne sont pas légalement reconnus et des garanties séparées
doivent être émises.

Documents Remis Contrairement aux Instructions d’Encaissement


 Les tirés demandent souvent que la banque leur remette les documents avant paiement
ou acceptation d’une lettre de change ou émette une mise à disposition pour des
marchandises consignées à la banque
 Le Donneur d’ordre veut garder le contrôle de la marchandise et, pour cette raison,
utilise les banques pour remettre les documents d’une manière contrôlée.
 Les banques chargées de l’encaissement et présentatrice ont l’obligation de protéger le
Donneur d’ordre et elles seront tenues responsables du paiement de l’encaissement si
elles remettent les documents contrairement aux instructions, ou émettent une mise à
disposition avant que le paiement ou l’acceptation ne soit reçu.

Non-Paiement ou Non-Acceptation
Si le tiré refuse de payer ou d’accepter la lettre de change, la banque chargée de
l’encaissement doit suivre les instructions d’encaissement, informer la banque remettante et
attendre des instructions complémentaires. A ce stade, il peut y avoir des négociations
supplémentaires entre le Donneur d’ordre et le tiré. Celui-ci peut être d’accord pour payer ou
accepter la lettre de change si les termes sont changés, par exemple : réduction du montant
ou extension de la date d’échéance à une date ultérieure.

La banque chargée de l’encaissement / présentatrice doit prendre ses instructions


uniquement de la partie de qui elle reçoit l’ordre d’encaissement.

56
Protêt
Protester est une procédure légale prouvant le déshonneur d’une lettre de change (“traite”)
ou d’un billet à ordre (“B/O”).
Les raisons d’un protêt sont de :
 Prouver qu’une présentation de la traite ou B/O a été réellement faite ; et
 Conserver les droits de recours contre les endosseurs précédents et le Donneur d’ordre,
si la traite, ou le B/O, a été escompté ou négocié
Une traite, ou un B/O, n’est pas honoré quand :
 Une traite à vue est impayée à présentation au tiré ; ou
 Une traite à terme n’est pas acceptée à présentation ou est impayée à l’échéance
Le protêt est généralement fait par un officier ministériel (notaire ou un huissier de justice)
qui appellera le tiré et demandera le paiement ou l’acceptation. Si la traite reste non-acceptée
ou impayée, l’officier enregistrera les raisons données par le tiré. Cette information est inscrite
dans un document formel appelé un acte de protêt. Cet acte de protêt peut être présenté
devant un tribunal comme preuve.
Chaque pays a ses propres lois à propos du protêt et le Donneur d’ordre doit s’assurer qu’un
protêt aura les effets voulus dans le pays du tiré avec lequel il traite.
Les banques prennent des frais pour un protêt. Ces frais sont variables et composés des coûts
de la banque et de ceux de l’officier ministériel. Le Donneur d’ordre est responsable de payer
ces frais de protêt car celui-ci est fait à sa demande.

Paiements Partiels
Parfois les tirés offrent de faire des paiements partiels sous un encaissement. Les banques ne doivent
pas accepter des paiements partiels, sauf si le Donneur d’ordre les a acceptés. Si le Donneur d’ordre
et le tiré se mettent d’accord sur des paiements partiels, des lettres de changes séparées doivent être
émises pour chaque paiement partiel. Ces lettres de changes doivent être acceptées par le tiré et
présentés pour paiement à leurs dates d’échéance respectives.

Endos
 Le Donneur d’ordre (tireur) d’une lettre de change doit endosser le verso de l’instrument
• La raison d’un endos est de faire de la traite un instrument valide et de permettre à
la banque remettante d’encaisser le paiement pour le compte du Donneur d’ordre
 La banque remettante place alors une inscription au-dessus de l’endos du tireur :
“Payer à l’ordre de (nom de la banque remettante)”
 La banque remettante place aussi son propre endos au verso de la lettre de change en
signant : “Pour et pour le compte de (nom de la banque remettante)”
• Cet endos permet à la banque chargée de l’encaissement/présentatrice d’obtenir
l’acceptation et/ou paiement pour le compte de la banque remettante

57
 À réception de la lettre de change de la banque remettante, la banque chargée de
l’encaissement/présentatrice place une inscription au-dessus de l’endos de la banque
remettante :
“Payer à l’ordre de (nom de la banque chargée de l’encaissement/présentatrice)”

Au travers de ces endos et inscriptions, les banques deviennent « porteur de bonne foi ».
 Un porteur a certains droits, y compris le droit de :
• Insérer la date réelle d’émission ou d’acceptation
• Présenter un instrument non-accepté à l’acceptation
• Présenter cet instrument pour paiement
• Noter ou protester un instrument pour déshonneur

Contrôle des Marchandises / Documents de Propriété


 Le Donneur d’ordre peut seulement garder le contrôle des marchandises par le
document original de propriété
 Le Donneur d’ordre doit envoyer tous les documents de propriété originaux au travers
de la banque, s’assurant ainsi que le tiré ne pourra retirer les marchandises que contre
acceptation/paiement
 Les expéditions couvertes par un connaissement peuvent être consignées à ordre ou à
l’ordre d’une partie désignée. Un connaissement est un document de propriété qui
garantit que les marchandises ne seront remises qu’au porteur légal.
 Les marchandises expédiées par air, poste, rail ou camion sont couvertes par des lettres
de transport aérien, des notes de consignation par route, etc. et ces documents ne sont
pas des documents de propriété. Les marchandises peuvent être remises par le
transporteur au consignataire désigné sur le document de transport, sans vérifier si c’est
bien le tiré qui a pris possession des documents
• Le Donneur d’ordre peut toujours se protéger en consignant les marchandises à la
banque chargée de l’encaissement, à condition que celle-ci l’accepte préalablement.
Si le Donneur d’ordre n’obtient pas cet accord de la banque chargée de
l’encaissement, la banque n’a pas d’obligation d’agir comme consignataire.
 Si la banque chargée de l’encaissement est d’accord pour que les marchandises lui soient
consignées, elle devra autoriser le transporteur à remettre les marchandises au tiré,
après son paiement ou acceptation

58
Séquence d’un Encaissement Documentaire
 Etape 1 - Conclusion du Contrat de Vente
 Etape 2 – Le Donneur d’ordre instruit la Banque Remettante
 Etape 3 – La Banque Remettante prépare les Instructions d’Encaissement
 Etape 4 – La Banque chargée de l’encaissement traite l’Encaissement

Etape 1 – Conclusion du Contrat de Vente


Les détails de la négociation entre le Donneur d’ordre et le tiré sont contenus dans le contrat
de vente.
Le Donneur d’ordre et le tiré doivent avoir convenus qu’un encaissement documentaire est la
méthode de paiement la plus appropriée. Le contrat de vente ne concerne pas les banques ;
elles sont seulement concernées par la conformité avec les instructions du Donneur d’ordre.
Le Donneur d’ordre doit s’assurer que les documents présentés reflètent les termes et
conditions du contrat de vente. Sinon, le tiré peut ne pas vouloir prendre possession des
documents. Cela peut résulter en ce que le Donneur d’ordre doive trouver un autre acheteur
ou supporte des frais additionnels pour le retour des marchandises, par exemple :
Les termes du contrat de vente spécifient que le tiré doit payer pour les marchandises
60 jours après la date d’expédition et la lettre de change est tirée à vue au lieu des 60
jours date d’expédition. Le tiré peut alors refuser de prendre possession des
documents.

Etape 2 – Le Donneur d’ordre instruit la Banque Remettante


 Le Donneur d’ordre doit donner des instructions complètes, exactes et sans ambiguïté à la
banque remettante
 La banque remettante est souvent le banquier principal du Donneur d’ordre, mais celui-ci peut
choisir une autre banque pour traiter ses encaissements documentaires
 Il n’est pas obligatoire pour le Donneur d’ordre de maintenir un compte avec la banque
remettante
 Le Donneur d’ordre peut choisir de ne pas utiliser une banque remettante et d’adresser
directement les instructions d’encaissement à la banque chargée de l’encaissement
 L’avantage d’utiliser une banque remettante est que celles-ci ont généralement de bonnes
lignes de communication avec plusieurs banques tout autour du monde
 La procédure d’encaissement est généralement plus efficace

La forme et la structure des instructions d’encaissement sont spécifiées dans l’Article 4 des
RUE 522. Les banques ne doivent pas examiner les documents pour obtenir des instructions.
Le Donneur d’ordre doit s’assurer que toutes les instructions pertinentes sont clairement
spécifiées dans les instructions d’encaissement.
Lorsque le Donneur d’ordre délivre les documents en accord avec les instructions
d’encaissement à la banque remettante, celle-ci commencera à préparer ses instructions
d’encaissement documentaire pour la banque chargée de l’encaissement.

59
Etape 3 – La Banque Remettante prépare les Instructions d’Encaissement
Cette procédure consiste à :
 Recevoir les instructions d’encaissement du Donneur d’ordre
 Vérifier les instructions d’encaissement et les documents
 Sélectionner une banque chargée de l’encaissement
 Préparer les instructions d’encaissement

Recevoir les Instruction pour l’Encaissement Documentaire du Donneur d’ordre


Lorsque la banque remettante reçoit les instructions d’encaissement du Donneur d’ordre, elle
les entre dans un registre ou un système de suivi :
 Date et heure de réception
 Liste des documents reçus
 Nombre de chaque document reçu
 Alloue un numéro de référence pour suivre les progrès

Il est de pratique internationale pour les banques de traiter et remettre l’encaissement


documentaire dans les 24 heures de la réception du Donneur d’ordre pour éviter des délais
dans la remise des marchandises au tiré.

Vérifier les Instructions d’Encaissement et les Documents


Les banques remettantes ne sont sous aucune obligation d’examiner les documents ni de faire
autre chose que ce qui est demandé par le Donneur d’ordre. La banque remettante est
responsable d’instruire la banque chargée de l’encaissement de suivre les instructions du
Donneur d’ordre.
En plus des points spécifiés dans l’Article 4 des RUE 522, la banque remettante doit couvrir au
moins les aspects suivants :
 Toutes les lettres de changes, les connaissements et les documents d’assurance doivent
porter des endos corrects
 La banque remettante doit clarifier toute instruction conflictuelle avec le Donneur d’ordre.

Sélectionner une Banque chargée de l’encaissement


Le tiré donne souvent le nom de sa banque et de son agence bancaire au Donneur d’ordre. Si
le tiré ne donne pas cette information au Donneur d’ordre, la banque remettante
sélectionnera une banque de son choix dans le pays du tiré. Le choix de la banque remettante
sera basé sur les critères suivants :
 Avec quelles banques a-t-elle des relations de correspondant ?
 Est-ce que la banque choisie a la compétence et la capacité à traiter correctement
l’encaissement et à veiller aux intérêts du Donneur d’ordre ?
 Quelle est la tarification de la banque chargée de l’encaissement choisie ?

60
Si possible, la banque chargée de l’encaissement sera la banque où le tiré maintient ses
comptes bancaires. Sinon, des coûts additionnels peuvent être dus et les risques de délai sont
augmentés. La banque du tiré peut ne pas avoir les compétences ou la capacité à traiter
effectivement les encaissements documentaires. Le Donneur d’ordre doit laisser à la banque
remettante la décision du choix de la banque à utiliser.

Préparer les Instructions d’Encaissement


La banque remettante préparera maintenant les instructions d’encaissement. La plupart des
banques utilisent un logiciel informatique pour traiter les encaissements documentaires. Les
informations pertinentes sont saisies dans le système et le formulaire d’instructions pour
l’encaissement est généré.
Les documents, avec le formulaire d’instructions pour l’encaissement est alors envoyé par
courrier à la banque chargée de l’encaissement.

Etape 4 – La Banque chargée de l’encaissement traite l’Encaissement


Cette procédure consiste en :
 La banque chargée de l’encaissement vérifie l’encaissement reçu
 La banque chargée de l’encaissement traite l’encaissement
 La banque chargée de l’encaissement informe le tiré de l’arrivée des documents
 La banque chargée de l’encaissement effectue le paiement

La Banque chargée de l’encaissement vérifie l’Encaissement reçu


 Alloue un numéro de référence unique qui sera utilisé pour tracer le statut de l’encaissement
 Vérifie les documents contre la liste de documents indiqués dans les instructions d’encaissement
 S’il y a des documents manquants ou incorrects ou des instructions que la banque chargée
de l’encaissement ne peut pas suivre, la banque chargée de l’encaissement contactera
immédiatement la banque remettante pour des instructions complémentaires.
 Si tous les documents sont reçus et que toutes les instructions sont claires et sans ambiguïté, la
banque chargée de l’encaissement procédera à l’encaissement.

La Banque chargée de l’encaissement traite l’Encaissement


 La banque chargée de l’encaissement saisit maintenant les informations de l’encaissement dans
ses systèmes informatiques
 La banque chargée de l’encaissement peut alors transcrire les informations sur ses propres
formulaires
 Cela rend plus facile pour les agences de la banque chargée de l’encaissement car elles
travaillent alors sur des documents standard qu’elles connaissent et comprennent.

La Banque chargée de l’encaissement informe le Tiré de l’Arrivée des Documents


 La banque chargée de l’encaissement contacte généralement le tiré par téléphone
61
 La banque chargée de l’encaissement peut alors envoyer / faxer les copies des documents au
tiré pour lui permettre d’identifier les marchandises et vérifier si les instructions et autres
informations reflètent correctement le contenu du contrat de vente avec le Donneur d’ordre
 Elle permet aussi au tiré d’établir si les documents reçus lui permettront de prendre
possession des marchandises et de les dédouaner
 Le tiré peut aussi aller à la banque pour examiner les documents originaux
 La banque chargée de l’encaissement n’est pas autorisée à remettre les documents originaux au
tiré, sauf si la lettre de change est acceptée ou payée.
 La banque chargée de l’encaissement n’est pas plus autorisée à remettre les documents au tiré
pour lui permettre d’inspecter les marchandises avant l’acceptation ou le paiement, sauf si
autorisation expresse du Donneur d’ordre.

La Banque chargée de l’encaissement effectue le Paiement


 La banque chargée de l’encaissement obtient les instructions de paiement du tiré
 Débite le compte du tiré pour l’équivalent en devises étrangères en utilisant un contrat à
terme ou au comptant, ou débite un compte en devise au nom du tiré
 Remet le produit selon les termes d’instruction de l’encaissement
 Recouvre tous les frais et commissions

62
CHAPITRE 6

VUE D’ENSEMBLE SUR LES CREDITS


DOCUMENTAIRES

63
Ce chapitre explique les principes essentiels des crédits documentaires et la séquence de leurs
traitements.

Contenu
 Introduction
 Définition
 Règles et Usances Uniformes relatives aux Crédits Documentaires – RUU
600
 Parties et Modus Operandi
 Crédits Irrévocables et Révocables
 Crédits Confirmés et Non-Confirmés
 Réalisation et Paiement
 Les séquences d’ouverture et de réalisation
 Les Risques pour les Banques

Introduction
Les Crédits Documentaires (crédits) facilitent les transactions de Commerce International en
procurant de la sécurité tant à l’acheteur qu’au vendeur. Avec un crédit, une banque se met
à la place de l’acheteur et garantit le paiement au vendeur, à condition que les termes et
conditions spécifiés dans le crédit soient respectés ; il y a une relation de débiteur entre la
banque émettrice et le vendeur.
Les crédits protègent les intérêts des vendeurs et des acheteurs. L’acheteur doit savoir ce qu’il
paie, et, qu’il recevra la qualité et la quantité correcte de marchandises. Le vendeur doit être
sûr qu’il sera payé lorsqu’il transmettra le contrôle des marchandises à l’acheteur. Les autres
méthodes de paiement tendent à favoriser soit l’acheteur, soit le vendeur.
Les crédits procurent une bonne balance en satisfaisant les besoins, et des acheteurs, et des
vendeurs.
C’est pour cette raison que les crédits sont considérés comme les plus sûrs et les meilleurs
moyens de paiement pour les opérations du commerce international.

64
Définition
Un engagement donné par une banque (banque émettrice), à la demande d’un acheteur
(donneur d’ordre), de payer le vendeur (bénéficiaire) des marchandises, des services ou une
performance, un certain montant, à condition que le bénéficiaire se conforme aux termes et
conditions contenus dans le crédit, pendant la période de temps indiquée.

Les Règles et Usances Uniformes de l’ICC relatives aux Crédits Documentaires


(RUU 600)
Les RUU 600 fournissent les règles sous lesquelles tous les crédits doivent être émis et traités.
Les règles contenues dans la dernière révision sont entrées en vigueur le 1 er Juillet 2007 et
sont acceptées virtuellement par tous les pays faisant du commerce.
Bien que les règles de ces RUU ne représentent pas, en elles-mêmes, un cadre légal, dans le
cas d’une dispute où un crédit documentaire a été stipulé avoir été émis sous les RUU, un
tribunal prendra ces règles en considération lorsqu’il déterminera les positions contractuelles
de ceux impliqués dans la transaction.

Parties au crédit
Les parties légales au crédit sont la banque émettrice et le bénéficiaire. Si le crédit est
confirmé, la banque confirmante devient aussi une partie légale.
D’autres parties jouant un rôle dans la procédure de crédit sont :
 Acheteur / Donneur d’Ordre / Ordonnateur
 Banque Notificatrice
 Banque Désignée (La banque qui vérifie les documents et/ou paie le Crédit)
 Donneur d’Ordre
L’acheteur/importateur/émetteur est connu comme le donneur d’ordre. Celui-ci
demande à la banque émettrice d’ouvrir le crédit.
 Bénéficiaire
Le vendeur/fournisseur/exportateur est connu comme le bénéficiaire. Le fournisseur
peut ne pas être nécessairement le bénéficiaire car un courtier, ou un agent, peut avoir
conclu la transaction. Le bénéficiaire présente les documents sous le crédit.
 Banque Emettrice
La banque émettrice, s’engage à payer le bénéficiaire, à condition que des documents
conformes soient présentés. La banque émettrice à une relation de débiteur avec le
bénéficiaire du crédit.
 Banque Notificatrice
La banque notificatrice informe le bénéficiaire qu’un crédit a été reçu en sa faveur. Sa
responsabilité principale est de vérifier l’apparente authenticité du crédit, et de le
transmettre sans délais au bénéficiaire
 Banque Confirmante

65
La banque confirmante s’engage à payer, à condition que les documents conformes
lui soient présentés et que les termes et conditions du crédit soient respectés. La
banque confirmante ajoute son engagement à celui de la banque émettrice.
 Banque Désignée
La banque autorisée à faire le paiement à l’exportateur et celle à qui les documents
seront présentés. La banque notificatrice est souvent la banque désignée. Les crédits
sont parfois émis pour être « réalisables auprès de toutes banques ». Dans ce cas,
n’importe quelle banque qui le souhaite peut prendre la responsabilité du paiement
et devient ainsi la banque désignée.
 Banque de Remboursement – pas une partie au crédit
Un crédit peut comporter une référence à une banque de remboursement. La banque
de remboursement n’est pas partie au crédit et, si elle n’honore pas une demande de
remboursement, la banque émettrice garde la responsabilité du paiement.

Crédits Documentaires
Les Parties et la Mise en Place
(2) Demande d’ouverture
Donneur du Crédit Banque
d’Ordre Emettrice

(3a)
Instructions de
(1) Remboursement
Contrat
Banque de (3)
Remboursement Ouvre le
de Vente Crédit

Banque
Notificatrice/
Bénéficiaire Désignée/
(4) Avise le
bénéficiaire Confirmante

66
Crédits Documentaires
Les Parties et le Paiement
(9)Donneur
d’Ordre dédouane
les marchandises
(8) Vérifie et remet
les documents
Donneur Banque
d’Ordre Emettrice
(10) Débite le Donneur d’Ordre

(5) (7) (10)


Expédie les Vérifie & Crédite la
Marchandises envoie les Banque du
documents Bénéficiaire

(7) Bénéficiaire reçoit


le paiement Banque
Notificatrice/
Bénéficiaire (10) Présente les documents Désignée/
Confirmante

Modus Operandi

1. Le donneur d’ordre et le bénéficiaire concluent le contrat de vente


2. Le donneur d’ordre demande à sa banque d’émettre le crédit en accord avec les termes
et conditions convenus entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire
3. La banque du donneur d’ordre (banque émettrice) émet le crédit en faveur du bénéficiaire
4. La banque notificatrice authentifie la validité du crédit et informe le bénéficiaire de
l’ouverture du crédit en sa faveur
4.1. La banque émettrice peut autoriser la banque notificatrice, ou une autre banque, à
ajouter sa confirmation au crédit
5. Le bénéficiaire expédie les marchandises au donneur d’ordre
6. Le bénéficiaire présente les documents spécifiés dans le crédit à la banque
désignée/confirmante
6.1. La banque désignée est en général aussi la banque notificatrice
7. La banque désignée/confirmante vérifie les documents et les transmet à la banque
émettrice
8. La banque émettrice vérifie et remet les documents au donneur d’ordre, s’ils sont en
conformité avec les termes et conditions du crédit
9. La banque émettrice débite le compte du donneur d’ordre et transfère les fonds à la
banque désignée/confirmante qui, à son tour, paie le bénéficiaire

67
La séquence de la procédure de paiement n’est pas toujours la même. En fonction de l’autorité
donnée par la banque émettrice, la banque désignée peut négocier (escompter) les
documents et les adresser à la banque émettrice, réclamant le paiement, ou effectuer le
paiement en réclamant le remboursement selon les termes du crédit.

Crédits Irrévocable et Révocables


Crédits Irrévocables
Les crédits irrévocables sont les plus communément utilisés.
Quand elle les émet, la banque émettrice donne un engagement irrévocable d’honorer le
paiement, si le bénéficiaire se conforme aux termes du crédit.
Le crédit ne peut être amendé ou annulé qu’avec le consentement de toutes les parties
Les RUU 600 indiquent que tous les crédits sont réputés irrévocables, sauf si les parties en
décident autrement par modification des règles dans les termes et conditions du crédit lui-
même.

Crédits Révocable
Les crédits révocables peuvent être annulés ou amendés à tout moment après l’ouverture
sans le consentement préalable, ou la connaissance, du bénéficiaire (sauf si les documents ont
été levés par une banque désignée)
Ils laissent le bénéficiaire sans recours contre la banque émettrice
Pour cette raison, ils offrent peu de protection au bénéficiaire et ne doivent normalement pas
être accepté comme un instrument de paiement, ou comme collatéral, si la banque finance le
client
On voit rarement des crédits révocables. S’il n’est pas expressément désigné comme
« révocable », un crédit documentaire est automatiquement considéré comme
« irrévocable », selon les RUU 600.

Crédits Non Confirmés et Crédits Confirmés

68
Un crédit non confirmé est notifié au bénéficiaire par la banque notificatrice sans ajouter son
propre engagement indépendant de payer ou sans accepter la responsabilité du paiement
Cependant, la banque émettrice autorisera, en général, la banque désignée à payer le
bénéficiaire en son nom. Mais le paiement peut être retardé de quelques jours si la banque
désignée attend de recevoir les fonds de la banque émettrice
Le bénéficiaire peut être uniquement tributaire du paiement de la banque émettrice. Il peut
donc demander à la banque notificatrice de l’aider à évaluer la solidité financière de la banque
émettrice :
 Est-ce qu’elle confirmerait un crédit pour le pays et la banque émettrice concernés ?
 Est-ce que la réputation de la banque émettrice à régler ses transactions est bonne ?
 Les informations sur la banque émettrice peuvent être obtenues de différentes
sources, par exemple du Bankers’ Almanach
 Quels sont les délais prévus entre la présentation des documents et le paiement ?

69
Crédits Documentaires
Confirmé
(2) Demande d’ouverture
Donneur du Crédit Banque
d’Ordre Emettrice

(1) 1. Relation de Dette (3)


Contrat Ouvre le
de Vente 2. La banque confirmante est
obligée de payer, si Crédit
conformité

Banque
Notificatrice/
Bénéficiaire Désignée/
(4) Avise le
bénéficiaire Confirmante

10

Les bénéficiaires demandent souvent à ce qu’un crédit en leur faveur soit confirmé par une
autre banque, généralement par une banque de leur propre pays.
Si une banque ajoute sa confirmation à un crédit, cela veut dire qu’elle ajoute son nom au
crédit et donc s’engage à payer si les termes et conditions du crédit sont remplis.
L’engagement de payer existe, même si le pays de la banque émettrice se trouve en défaut.
Dès que la confirmation est ajoutée, la banque devient Banque Confirmante.
La banque confirmante doit être autorisée par la banque émettrice à ajouter sa confirmation
au crédit
Une confirmation est généralement demandée parce que :
 Le risque pays de la banque émettrice n’est pas acceptable pour le bénéficiaire.
 Le risque commercial de la banque émettrice n’est pas acceptable pour le bénéficiaire.
 Le bénéficiaire préfère traiter avec, et compter sur, une banque de son propre pays.
 Le paiement est, en général, plus rapide car le crédit est payable aux comptoirs de la
banque confirmante. Il n’est pas nécessaire d’attendre que les documents aient été
reçus par la banque émettrice et obtenir son accord de paiement, sauf en cas de
documents divergents.
 Il est plus facile d’escompter le produit de l’opération

Quand une banque ne peut ajouter sa confirmation à un crédit, elle doit immédiatement
aviser la banque émettrice pour que celle-ci puisse prendre d’autres dispositions.
Une transaction peut être perdue si aucune banque n’est disposée à ajouter sa confirmation.
Les banques peuvent refuser d’ajouter leur confirmation si le risque pays et/ou le risque
commercial de la banque émettrice ne leur est pas acceptable.

70
La banque confirmante chargera des frais de confirmation pour ajouter sa confirmation à un
crédit car il y a un risque de perte potentielle pour la banque. Les frais dépendent de la banque
émettrice et de son pays.

Qu’est-ce qu’une “confirmation silencieuse” ? – (Article 12a)


Une ‘confirmation silencieuse’ existe lorsqu’une banque désignée donne au bénéficiaire un
engagement de payer sous un crédit non confirmé, à condition que les termes et conditions
soient conformes. Le texte de cet engagement de payer est similaire à celui d’une
confirmation normale, mais la banque émettrice peut ne pas en être avisée.
La banque désignée charge des frais de confirmation pour cet engagement de payer. La
banque désignée peut émettre un engagement de payer sous les termes de l’Article 12 (a) des
RUU 600 :

Article 12 (a)
« Sauf si une banque désignée est la banque confirmante, une autorisation d’honorer ou de
négocier n’impose aucune obligation pour la banque désignée d’honorer ou de négocier, à
moins que cette banque désignée n’ait expressément donné son accord et l’ait communiqué
au bénéficiaire »
L’Article 12 (a) doit être lu au regard de la définition d’une banque confirmante comme défini
dans l’Article 2 Des RUU 600 :
« Banque confirmante signifie la banque qui ajoute sa confirmation à un crédit conformément
à l’autorisation, ou à la demande, de la banque émettrice »

Lorsque les deux articles ci-dessus sont lus ensembles, il est clair qu’une banque qui émet un
engagement de payer à un bénéficiaire, aux termes de l’article 12 (a), n’est pas une banque
confirmante aux termes de la définition ci-dessus.
Les banques doivent éviter d’utiliser les mots ‘confirmation silencieuse’, mais plutôt les mots
‘engagements de payer’.

Réalisation et Paiement
Les RUU 600 définissent :
Article 6 a
“Un crédit doit indiquer la banque auprès de laquelle il est réalisable ou s’il est réalisable
auprès de toute banque. Un crédit réalisable auprès d’une banque désignée est aussi réalisable
auprès de la banque émettrice “

Article 6 b
“Un crédit doit indiquer s’il est réalisable par paiement à vue, par paiement différé, par
acceptation ou par négociation”

Les articles 7 et 8 définissent les engagements des banques émettrices et confirmantes dans
ces types de crédit
Un crédit documentaire peut être réalisable auprès de la banque émettrice par :
71
 Paiement à Vue, ou
 Paiement Différé, ou
 Acceptation

Un crédit documentaire ne peut être réalisable auprès de la banque émettrice par


négociation. Mais il est courant qu’une banque émettrice rende le crédit réalisable auprès
d’une autre banque, la banque désignée/confirmante, ce qui veut dire que cette banque est
autorisée :
• à payer (paiement à vue), ou
• à contracter un engagement de paiement différé (paiement différé), ou
• à accepter un effet (Acceptation), ou
• à négocier (Négociation)

Il est à noter, que dépendant du lieu de réalisation et des modalités de paiements, il y a des
différences que le donneur d’ordre, et le bénéficiaire, doivent clairement comprendre, et, les
choisir en connaissance de cause, afin d’atténuer les risques, obtenir des paiements rapides
et négocier des délais de paiement.

72
73
Crédits Documentaires - Séquences
 Phase 1 – Finalisation du Contrat de Vente
 Phase 2 – Le Donneur d’Ordre réclame l’ouverture d’un crédit
 Phase 3 – La Banque Emettrice émet le Crédit
 Phase 4 – Le crédit est notifié au bénéficiaire
 Phase 5 – Le bénéficiaire reçoit le crédit
 Phase 6 - Préparation des documents
 Phase 7 - Présentation des documents – Divergences
 Phase 8 - Les documents sont envoyés à la banque émettrice
 Phase 9 – La banque émettrice reçoit les documents
 Phase 10 - Procédure de paiement

Phase 1 – Conclusion du contrat de vente


Le contrat de vente contient souvent peu d’informations sur le crédit qui couvrira la
transaction. C’est cependant le seul document où l’acheteur et le vendeur peuvent s’assurer
que les délais seront réduits au minimum et que les procédures de crédit se passeront
normalement.

74
Les exportateurs devraient fournir à leurs acheteurs à l'étranger des instructions standard
sous forme d’annexe au contrat de vente, spécifiant leurs exigences en matière d’ouverture
de crédit documentaire.

Il est bien entendu que les banques étrangères ne pourront pas toujours ouvrir des crédits qui
correspondront exactement aux instructions données, et ce pour un certain nombre de raisons.
Cependant, en suggérant le format voulu, l'exportateur peut considérablement réduire la
survenance de problèmes lors de l’émission et par conséquent le nombre d’amendements.

Il est fondamental pour le vendeur comme pour l'acheteur que le crédit soit correct dès le
début. Les corrections et changements (connus sous le terme d'amendements) prennent en
effet beaucoup de temps et accroissent les frais bancaires.

Les instructions envoyées par le client exportateur devraient inclure, au minimum, les
conditions suivantes :
(a) Le crédit doit être irrévocable
(b) Spécifier si le crédit peut être « confirmé/non confirmé ».
(c) La date de validité du crédit et le nombre de jours autorisé après expédition pour la
présentation des documents (normalement 21 jours). Les dates devraient tenir
compte des temps de production/fourniture, et des disponibilités d'expédition.
(d) Le lieu d'expédition qui devra figurer sur le crédit, par exemple « expédition de
l’aéroport X à l’aéroport Y ».
(e) Si le crédit doit autoriser le transbordement des marchandises. Dans la plupart des
cas ceci devrait être autorisé.
(f) Si le crédit autorise une expédition unique ou des expéditions partielles.
(g) Le détail de la description des marchandises mentionnée dans le C/D - une
description, claire et succincte, est tout ce qui est demandé.
(h) Qui devra payer les frais bancaires locaux et à l’étranger. Ceux-ci peuvent être
considérables et la partie qui devra en supporter la charge devrait être déterminée dès
le départ.
(i) La réaffirmation des conditions de paiement conformément au contrat de vente, par
exemple « paiement à vue » ou « paiement à 30 jours, de la date de… ». Par exemple
; « réalisable par paiement à vue auprès de la Good Bank Ireland ».
(j) Le nom et l'adresse SWIFT et les NUMÉROS de Télex de la banque par laquelle le crédit
devrait être notifié. Les exportateurs devraient éviter de demander des crédits notifiés
par une banque « locale » ou une « banque importante » car ceci pourrait les amener
à traiter avec un certain nombre de banques. Ils devraient mentionner une banque
spécifique.

75
(k) Si l'exportateur et l'acheteur peuvent déterminer les documents d'expédition à
présenter, ceux-ci devraient être mentionnés.

Se référer au chapitre 4 pour des informations complémentaires sur les contrats de vente.

Phase 2 – Le donneur d’ordre demande à la banque émettrice l’ouverture du


crédit
La procédure pour ouvrir le crédit consiste en :
 La finalisation du formulaire de demande d’ouverture
 Indemniser la banque émettrice en signant une convention d’ouverture
 Rendre le crédit / l’avance disponible (suffisamment de lignes de crédit)
 Contrôle du respect des normes

Demande d’Ouverture de Crédit


Le donneur d’ordre doit être méticuleux en remplissant la demande d’ouverture de crédit. La
demande d’ouverture est un engagement légal et, en signant ce document, la banque
émettrice est autorisée à débiter le compte du donneur d’ordre pour le paiement du crédit.
Les demandes d’ouverture sont différentes selon les banques. Lors de la demande
d’ouverture, le donneur d’ordre doit fournir à sa banque un certain nombre d’informations
comme suit :

Type de Crédit
Irrévocable - (RUU 600 – Article 3)
Le document standard indique un crédit irrévocable par défaut. Sous les RUU 600 tous les
crédits sont irrévocables, même s’il n’y a pas d’indication pour cela.

Transférable - (RUU 600 – Article 38)


Sélectionner “Transférable” si le donneur d’ordre souhaite autoriser le crédit à être transférer,
totalement ou en partie, à un deuxième bénéficiaire. Cela arrive si le bénéficiaire achète les
marchandises d’un intermédiaire / courtier / agent.
Voir le chapitre suivant pour plus d’information

Standby Letter of Crédit


Une Standby L/C’s est différente d’un crédit normal en ce qu’elle est un instrument de défaut,
et non un instrument de paiement.
Elle autorise le donneur d’ordre et le bénéficiaire à traiter en compte ouvert avec la sécurité
d’un crédit. Il n’y a pas de tirage, sauf si le donneur d’ordre est en défaut.
Le bénéficiaire demande généralement le paiement avec une copie de document(s) et un
certificat du bénéficiaire indiquant que le donneur d’ordre a fait défaut selon les termes du
contrat conclu entre eux.

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Voir le chapitre suivant pour plus d’information

Validité
Expire le ___________ à ____________ (RUU 600 – Article 6)
La date de validité est la date ultime à laquelle le bénéficiaire peut présenter des documents
conformes à la banque désignée ou à la banque émettrice.
La date doit prendre en compte le calendrier de la production et la disponibilité des moyens
de transport.
Le lieu de validité est la ville et pays de la banque où le crédit est réalisable.
Si le crédit est réalisable librement (réalisable auprès de toute banque), alors le lieu de validité
est généralement dans le pays du bénéficiaire.

Donneur d’ordre et bénéficiaire - (UCP 600 – Article 14j)


Les noms et adresses du donneur d’ordre et du bénéficiaire doivent être complétés
exactement comme ils apparaissent dans le contrat de vente.
Eviter d’utiliser des boites postales car cela rend difficile la localisation du bénéficiaire par la
banque notificatrice.

Devise et Montant
La devise et le montant doivent être identiques à ceux du contrat de vente
Tolérance de Pourcentage du Montant - (RUU 600 – Article 30)
Compléter s’il y a un montant maximum ou une tolérance autorisée dans le montant du crédit

Réalisable / Echéance - (RUU 600 – Article 30)


La demande d’ouverture doit indiquer :
Où le crédit est réalisable, c’est-à-dire le nom et l’adresse de la banque désignée
Comment le crédit est réalisable, c’est-à-dire soit à vue, par paiement différé, par acceptation
ou par négociation
En cas de paiement différé, les détails, par exemple le nombre de jours après un événement
spécifique.

Expéditions Partielles - (RUU 600 – Article 31)


Indiquer si les expéditions partielles sont autorisées ou non
S’il n’y a pas d’indication contraire, les expéditions partielles seront automatiquement
autorisées
Si le donneur d’ordre a besoin que les marchandises arrivent, toutes ensembles, alors les
expéditions partielles ne doivent pas être autorisées.

Transbordements - (RUU 600 – Articles 19(b, c), 20 & 21(b, c, d), 23(b, c), 24(d, e)
Les transbordements ont une signification différente en fonction des documents de transport
demandés dans le crédit
Les transbordements ne s’appliquent pas à des connaissements de tierce partie, des reçus de
courrier, des reçus postaux ou des certificats d’envoi

77
Pour les documents de transport couvrant au moins deux modes de transport différents,
transbordement veut dire :
 Décharger d’un moyen de transport et recharger sur un autre moyen de transport (qui
peut être différent) pendant le transport
Pour les connaissements et les lettres de transport par mer non négociables, transbordement
veut dire :
 Décharger d’un navire et recharger sur un autre navire pendant le transport
Pour les lettres de transport aérien, transbordement veut dire :
 Décharger d’un avion pour recharger sur un autre avion pendant le transport
Pour les transports par route ou rail, transbordement veut dire :
 Décharger d’un moyen de transport et recharger sur un autre moyen de transport
(toujours le même type : route ou rail) pendant le transport

Expédition
En fonction du mode de transport et des documents de transport demandés, la demande
d’ouverture doit montrer :
 Le lieu de prise en charge / expédié de / lieu de réception, et / ou
 Le port de chargement / l’aéroport de départ, et
 Le port de déchargement / l’aéroport de destination, et / ou
 Le lieu de destination finale / pour transport à / le lieu de livraison.

Dernière Date d’Expédition - (RUU 600 – Article 3)


La dernière date à laquelle l’expédition peut avoir lieu
Les documents de transport doivent être datés d’avant ou au plus tard, du jour de la dernière
date d’expédition

Description des Marchandises et / ou des Services - (RUU 600 – Article 4)


La description des marchandises doit couvrir les exigences du donneur d’ordre et doit être
complète et précise :
 Elle doit être comme indiquée dans la facture pro forma et le contrat de vente
 Elle doit indiquer les quantités et les prix unitaires
 Elle doit spécifier la tolérance applicable aux marchandises, si autorisée
 Elle doit éviter les détails excessifs, par exemple les spécifications techniques
Il est de bonne pratique de se référer, pour la description des marchandises, à la facture pro
forma ou au contrat de vente entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire.

Termes d’Expédition (Incoterms)


La demande d’ouverture doit indiquer les Incoterms comme dans le contrat de vente
 Elle doit comprendre le lieu, c’est-à-dire le lieu à partir d’où et jusqu’à où les Incoterms
s’appliquent

78
 Elle doit indiquer la source des Incoterms, par exemple Incoterms ® 2010
Se référer au Chapitre 4 bis pour plus d’information sur les Incoterms

Documents Exigés
Les documents exigés pour présentation par le bénéficiaire doivent être soumis, ainsi que le
nombre requis d’originaux et de copies de chaque document
Une facture est exigée dans tous les cas
Le formulaire doit aussi indiquer le type de document de transport à présenter. Cela dépendra
du mode de transport utilisé pour expédier les marchandises
Une police d’assurance, ou un certificat, sera demandée pour les contrats sous CIP or CIF
(Incoterms ® 2010)
Tous les documents exigés, autres que la facture commerciale, le document de transport et le
document d’assurance doivent indiquer :
 Par qui ces documents doivent être émis, et
 Les informations que doivent contenir ces documents
Si le donneur d’ordre a besoin d’un certificat d’origine ou de documents douaniers tels que
EUR 1, alors cela doit être indiqué sur le formulaire.

Conditions Additionnelles - (RUU 600 – Article 14h)


Si un crédit contient une condition sans stipuler le document qui doit être conforme à cette
condition, les banques vont considérer cette condition comme non existante et l’ignorer
Les clauses spéciales telles que révolving, paiement d’avance, et/ou « red clause » doivent
être indiquées sous ‘Conditions additionnelles’.

Frais Bancaires - (RUU 600 – Article 37c)


Le donneur d’ordre et le bénéficiaire doivent s’accorder sur quelle partie est responsable des
frais bancaires.
En règle générale chaque partie assume les frais et commissions de « sa » banque, sauf si
indiqué différemment dans le crédit
Lorsqu’un crédit indique que les frais sont pour le compte d’une partie différente du donneur
d’ordre, et que de tels frais ne peuvent pas être encaissés, le donneur d’ordre reste en dernier
recours, responsable du paiement de ces frais.

Période de Présentation des Documents - (RUU 600 – Article 14c)


C’est la période de temps, en jours après la date d’expédition, pendant laquelle les documents
doivent être présentés par le bénéficiaire à la banque désignée ou à la banque émettrice.
 Seulement applicable si un original du document de transport est demandé – les copies
du document de transport ne sont pas couvertes
 Si aucun original du document de transport n’est demandé, alors les documents
doivent être présentés au plus tard à la date de validité stipulée dans le crédit.

Instructions de Confirmation - (RUU 600 – Article 8)

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Le donneur d’ordre aura été informé par le bénéficiaire si une confirmation est demandée, ou
pas.
La confirmation d’un crédit entraine des frais bancaires additionnels et le donneur d’ordre
doit en tenir compte.

Les banques du bénéficiaire


Le nom complet et l’adresse, le code SWIFT et/ou le numéro de télex de la banque à travers
laquelle le crédit sera avisé.

Avis de Tirages
C’est l’instruction de la banque émettrice à la banque désignée l’informant comment obtenir
le paiement et comment transmettre les documents

Convention d’Ouverture
Les banques insisteront que la convention d’ouverture soit signée par le donneur d’ordre
avant qu’aucun crédit ne soit émis.
En signant cette convention, le donneur d’ordre protège la banque et accepte :
 Que les crédits soient émis selon les Règles et Usances Uniformes relatives aux crédits
documentaires, publiées par la Chambre de Commerce Internationale, dernière
version (RUU 600)
 Que le crédit est une transaction séparée du contrat de vente
 Qu’en ce qui concerne le crédit, toutes les parties ne traitent qu’avec les documents
et non pas avec les marchandises, services ou prestations auxquels le document peut
se référer
 Que les banques ne sont pas responsables de :
• Marchandises et/ou du transport des marchandises
• La correction et l’authenticité des documents
• Des erreurs de traduction et de transmission
 Que le crédit ne peut être annulé ou modifié sans le consentement de toutes les
parties (crédits irrévocables)
 Que les banques peuvent débiter le compte du donneur d’ordre pour payer tous les
tirages, frais et intérêts relatifs au crédit, ou aux paiements faits sous le crédit
 Que le donneur d’ordre accepte la responsabilité pour tous les risques
• Fluctuations de taux de change, délais de courrier ou de communication
 Que les banques ne soient pas responsables en cas de défaut des assureurs, et/ou, si
l’assurance ne doit pas être souscrite par le bénéficiaire, le donneur d’ordre s’engage
à fournir une police, ou un certificat d’assurance accepté par la banque
La convention d’ouverture, au contraire de la demande d’ouverture de crédit, est
généralement une convention globale qui couvre tous les crédits émis pour le compte du
donneur d’ordre. La convention d’ouverture peut aussi être signée pour couvrir une

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transaction spécifique. Les banques ont des conventions d’ouverture différentes. La
convention d’ouverture peut aussi contenir des clauses rendues nécessaires par les
réglementations des différents pays.

Les clients qui émettent constamment des crédits documentaires devraient signer une
convention générale pour ouverture de crédit documentaire.

Rendre le crédit réalisable


La banque émettrice garantit le paiement au bénéficiaire quand elle ouvre un crédit.
La banque émettrice doit s’assurer que le donneur d’ordre peut payer le crédit si les
documents sont présentés
La valeur totale du crédit est prise sur les lignes de crédit du donneur d’ordre
La banque émettrice peut demander une sûreté en espèces, ou tout autre type de sûreté
avant d’émettre le crédit
La banque émettrice vérifie les signatures sur la demande d’ouverture et la convention
d’ouverture
La transaction d’importation doit se conformer à la législation existante
La banque émettrice procède aux vérifications de conformité comprenant le blanchiment
d’argent et le financement du terrorisme
Avant l’ouverture du crédit, la demande d’ouverture et la convention d’ouverture doivent être
signées par des officiers de la banque pour prouver que toutes les formalités ont été
effectuées.
Le crédit peut maintenant être ouvert.

Phase 3 – La banque Emettrice ouvre le Crédit


Voir les RUU 600, Article 7 – Engagements de la banque émettrice
La procédure d’ouverture du crédit consiste en :
 Sélectionner une banque notificatrice / désignée
 Choisir la méthode d’ouverture
 Fournir les instructions de remboursement
 Compléter les dossiers internes

Avant de procéder à l’ouverture du crédit, les chargés de clientèle devraient s'assurer que
les importateurs :
 Peuvent régler les taxes douanières en temps dû ;
 S’assurer de l’existence d’une ligne de crédit autorisant les émissions de crédits
documentaires, et que les garanties nécessaires ont bien été constituées ;
 Vérifier si la couverture à terme de change, ou, un compte en devise étrangère est en
place auprès de la trésorerie de la banque.
 En l'absence d’instructions préétablies, essayer de discuter les termes du contrat de
ventes et toutes les conditions du crédit avec le client, convenant comment le

81
formulaire d’émission de votre banque devrait être rempli.

Sélectionner une banque notificatrice / désignée


Si le donneur d’ordre ne désigne pas une banque, ou si la banque émettrice n’a pas de relation
avec la banque du bénéficiaire, la banque émettrice sélectionnera une banque à travers
laquelle elle avisera le crédit. Les principaux critères de sélection sont :
 La banque choisie doit avoir la capacité technique de traiter le crédit et vérifier les
documents soigneusement
 Le nom de la banque notificatrice doit être acceptable pour le bénéficiaire
 La banque émettrice doit informer le donneur d’ordre si elle choisit une banque
différente de celle désignée par le donneur d’ordre.

Méthodes d’Ouverture
Le crédit peut être ouvert par SWIFT (MT 700), ou par télex testé, ou sur papier à en-tête
envoyé par courrier direct au bénéficiaire ou à la banque notificatrice
Les instructions de la banque émettrice à la banque notificatrice / désignée doivent être claires
et complètes
Une fois ouvert, une copie du crédit doit être envoyée au donneur d’ordre

Instructions de Remboursement
Les instructions de remboursement sont nécessaires pour le paiement, le paiement différé et
les crédits par acceptation car la banque désignée / confirmante a accès aux fonds pour payer
le bénéficiaire :
Par exemple “A réception d’une présentation conforme au crédit, vous pouvez réclamer le
remboursement de la banque B à New York, valeur 3 jours ouvrés de la date de votre message
SWIFT / télex testé indiquant que vous avez reçu une présentation conforme et avez transmis
les documents à la banque émettrice.”
Ou
“A réception d’une présentation conforme sous le crédit, vous êtes autorisés à débiter notre
compte N° xxxxx, dans vos livres, sous avis SWIFT / télex testé, adressé à nous-mêmes,
indiquant que vous avez reçu une présentation conforme, et nous avoir transmis les
documents.”

Sous les crédits par négociation, la banque désignée / confirmante n’a pas accès aux fonds et
la clause de remboursement se lirait :
“Nous remettrons les fonds selon vos instructions à réception de la présentation conforme à
nos guichets.
Veuillez nous informer de la date et du montant de la négociation par message SWIFT /télex
testé en confirmant que vous nous avez adressé les documents.”

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Dossiers Internes
Le montant du crédit et la période de validité doivent être enregistrés comme exposition
contre les lignes de crédit du donneur d’ordre.
Les lignes d’engagement de la banque doivent être modifiées au regard du crédit émis.
Les écritures des frais et commissions doivent être passées.
Les commissions d’ouverture sont prises sur le montant maximum du crédit et calculées sur
toute la période de validité et perçues sur une base trimestrielle, ou toute autre période. Elles
sont payées le jour de l’ouverture.
Les frais, par exemple les frais de SWIFT ou de télex sont récupérés immédiatement.
Une fois ouvert, un crédit irrévocable ne peut être annulé ou modifié qu’avec l’accord de
toutes les parties ; y compris, si confirmé, de la banque confirmante.

Phase 4 – Notifier le crédit au bénéficiaire


Voir les RUU 600, Article 9 – Notifier les crédits et les amendements
Notifier est la procédure par laquelle la banque notificatrice informe le bénéficiaire des détails
du crédit reçu en sa faveur.
Cette procédure consiste en :
 Recevoir le crédit
 Notifier le bénéficiaire

Recevoir le Crédit
Dès que la banque reçoit un crédit de la banque émettrice, elle doit le vérifier.
A réception du crédit, il faut :
 Photocopier le crédit et ouvrir un dossier spécifique. La photocopie va servir à mettre
en évidence certains termes.
 Sauvegarder le crédit original dans un coffre ou un cabinet anti-incendie – il peut être
difficile d’obtenir un remplacement pour un crédit perdu ou endommagé
 Inscrire les détails du crédit dans le registre en lui donnant un numéro de référence
 Vérifier l’authenticité apparente du crédit
 Si une confirmation est demandée dans le crédit, une copie du crédit doit être envoyée
au département de crédit, demandant une autorisation pour ajouter la confirmation
 Vérifier le crédit
 Si certains termes et conditions du crédit ne sont pas clairs, revenir à la banque
émettrice pour éclaircir ces points
 Tous les crédits doivent indiquer clairement qu’ils sont ouverts sous les RUU 600 – voir
l’Article 1
 Accuser réception à la banque émettrice par un SWIFT MT730.

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Notifier le bénéficiaire
Envoyer une photocopie du crédit au bénéficiaire avec une lettre de couverture mentionnant :
 Le numéro de référence du crédit documentaire
 Si la banque a confirmé le crédit
 Si le crédit est notifié sans engagement de la banque
 Si la banque a vérifié l’apparente authenticité du crédit
 Certaines banques notificatrices peuvent éventuellement signaler des clauses à
problème potentiel au bénéficiaire. Elles ne sont pas obligées de le faire, mais cela peut
être une action commerciale.

Phase 5 – Le Bénéficiaire reçoit le Crédit


A réception du crédit, le bénéficiaire doit vérifier son contenu soigneusement pour s’assurer
qu’il est parfaitement en accord avec les termes et conditions du contrat de vente. Sinon, le
donneur d’ordre doit être contacté immédiatement et des changements au crédit demandés.
La procédure consiste à :
 Vérifier le crédit
 Demander des amendements

Vérifier le Crédit
Le crédit doit être vérifié pour tous les aspects, généraux et des documents spécifiques
demandés dans le crédit.
Certains aspects généraux qui doivent impérativement être vérifiés par le bénéficiaire :
 Est-ce que le crédit est soumis aux RUU 600 ?
 Le crédit doit être irrévocable
 Est-ce que les noms et adresse sont corrects ?
 Confirmation (si demandée)
 Montant et devise
 Modes de transport
 Conditions d’expédition
 Transbordements autorisés ou non autorisés ?
 Expéditions partielles autorisées ou non autorisées
 Ports de chargement et de déchargement
 Dernière date d’expédition
 Période de présentation des documents
 Date de validité
 Description des marchandises
 Termes de livraison (FOB, CIF, etc.)
 Comment le crédit est-il réalisable (à vue, à paiement différé, etc …)
 Où le crédit est-il réalisable ?
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 Qui va payer les frais bancaires ?
 Est-ce que le risque pays et le risque de la banque sont acceptables ?
 Est-ce que tous les termes et conditions peuvent être remplis ?

La plupart des problèmes rencontrés, lorsque les documents sont présentés, pourraient être
évités si le bénéficiaire faisait plus attention à s’assurer que les termes et conditions du crédit
peuvent être remplis.

Amendements
Voir les RUU 600, Article 10 – Amendements
Si le bénéficiaire se rend compte qu’il ne pourra pas remplir tous les termes et conditions du
crédit, il doit contacter le donneur d’ordre et demander à ce que la banque émettrice envoie
un amendement pour rendre le crédit opérationnel.
Dans certains marchés, un amendement peut prendre des semaines pour être émis.
En acceptant un amendement, le donneur d’ordre doit aussi vérifier s’il est nécessaire
d’étendre la dernière date d’expédition et/ou la date de validité
Ces amendements entrainent des frais bancaires additionnels.
Le bénéficiaire peut rencontrer des situations où le donneur d’ordre n’est pas d’accord pour
payer le coût de l’amendement. Dans ce cas, le bénéficiaire doit alors considérer de payer lui-
même ces frais pour s’assurer de ne pas perdre la protection du crédit comme garantie de
paiement.
Si des amendements sont nécessaires en raison d’une erreur de la banque, des frais
additionnels ne doivent pas être acceptés, ni par le donneur d’ordre, ni par le bénéficiaire.

Phase 6 – Préparation des Documents


Le bénéficiaire ne pourra jamais prêter assez d’attention à la préparation des documents.
Le paiement du crédit dépend totalement de la conformité des documents avec les termes et
conditions du crédit. Si les documents ne sont pas conformes aux termes du crédit, le
bénéficiaire est à la merci du donneur d’ordre pour le paiement
Le bénéficiaire doit :
 Bien noter les contraintes de temps pour la présentation
 Bien noter les détails requis dans les documents
 Plusieurs institutions peuvent préparer les documents
o Le bénéficiaire doit fournir aux tierces parties préparant les documents tous les
détails nécessaires à la préparation des documents spécifiques
 Le bénéficiaire doit vérifier tous les documents avant la présentation à la banque
désignée
 Le bénéficiaire doit présenter les documents à la banque désignée le plus tôt possible
pour pouvoir corriger les divergences si nécessaires, et représenter les documents.

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Phase 7 – Présentation des Documents à la Banque Désignée
Pour obtenir le paiement, le bénéficiaire doit présenter à la banque désignée, tous les
documents demandés par le crédit en conformité avec les termes et conditions du crédit. Les
banques décident, au vu des documents, s’ils sont conformes.
Une présentation conforme doit être :
 En conformité avec les termes et conditions du crédit
 En accord avec les provisions applicables des RUU 600
 En ligne avec les Pratiques Bancaires Internationales Standard

Ce qui suit doit être observé pendant la vérification d’une présentation pour conformité ou
non-conformité :

Principes Généraux de Vérification des Documents


Assurez-vous d’avoir tous les documents (avec le nombre correct d’originaux et de copies)
comme demandé dans le crédit
Arrangez les documents dans l’ordre dans lequel ils sont listés dans le crédit
Vérifiez que les documents sont présentés dans les délais impartis et que toutes les dates sont
correctes
Vérifiez que les documents sont consistants entre eux
Soyez sûr que les documents sont bien signés, si nécessaire
Assurez-vous que les informations contenues dans chaque document sont en conformité avec
les exigences du crédit
Arrangez-vous pour que les documents soient vérifiés par un autre membre de l’équipe

La Facture Commerciale – (RUU 600 Article 18)


Vérifier que la description des marchandises sur la facture correspond à celle du crédit
 Notez que, dans tous les autres documents, la description des marchandises n’a pas
à être une transcription exacte ; elle peut être indiquée en termes généraux, mais
sans conflit avec la description du crédit (Article 14e)
Vérifier que le montant de la facture n’excède pas le montant du crédit.

Les documents de transport – (RUU 600 Article 19, 20, 21, 22, 23, 24 & 25)
S’assurer que les documents de transport présentés mettent en évidence la méthode
d’expédition exigée.
Les documents de transport présentés doivent mettre en évidence que l’expédition a bien été
faite au plus tard le jour de la date ultime d’expédition indiquée dans le crédit (Article 29).
Tous les documents de transport, à l’exception des connaissements de tierce partie, doivent
clairement indiquer le nom du transporteur actuel et doivent être signés par :
 Transporteur, armateur, ou agent désigné (Articles 19, 20 & 21)
 Armateur, propriétaire, affréteur ou agent désigné (Article 22)
 Transporteur ou agent désigné (Articles 23 & 24)
 Services de courrier, bureau postal (Article 25)
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Un agent doit indiquer pour le compte de qui il signe, par exemple 'ABC Co en tant qu’agents,
pour le compte du transporteur ou de l’armateur'.
Tout amendement ou altération sur le document de transport doit être authentifié par
l’émetteur, ou par une partie autorisée par l’émetteur.
Les documents de transport doivent être 'clean', c’est-à-dire ne doivent avoir aucune clause
sur imposée concernant des défauts des marchandises ou des emballages (par exemple, futs
rouillés ou cartons endommagés).
La description des marchandises peut être faite en termes généraux à condition qu’il n’y ait
pas de conflit avec la description dans le crédit (Article 14e)
Les annotations de fret, c’est-à-dire fret à payer ou fret prépayé doivent se conformer aux
termes du crédit.
Les connaissements ne doivent pas indiquer ‘chargés sur le pont’, sauf si spécialement
autorisé par le crédit (Article 26)
Lorsque le crédit demande ‘un jeu complet d’originaux’, tous les originaux émis doivent être
présentés (Article 19, 20 and 21 iv)
Les originaux des connaissements doivent être proprement endossés (signés) au verso par le
bénéficiaire
S’ils sont émis ‘à ordre’, s’assurer qu’ils sont endossés en blanc.

Les Documents d’Assurance (RUU600 Article 28)


S’assurer que le type de document d’assurance demandé est bien présenté
Doivent être signés par :
 Une compagnie d’assurance, ou ses agents, ou ses mandataires
 Un souscripteur (underwitter), ou ses agents, ou ses mandataires
(Un mandataire est une personne autorisée à agir en tant que remplaçant)
Un agent / mandataire doit indiquer pour le compte de qui il signe, par exemple 'ABC
Co en tant que mandataire / agent agissant pour le compte de Goods Insurance Co'
Tout amendement ou altération sur le document d’assurance doit être authentifié de la
même manière.
Tous les originaux doivent être présentés, même si le crédit ne demande qu’un original (Article
28 b)
Les notes de couverture émises par toute partie ne sont pas acceptables, par exemple les
notes de courtier (Article 28 c)
S’assurer que la couverture d’assurance est dans la même devise que celle du crédit et pour
un minimum de 110 % de la valeur CIF ou CIP des marchandises, comme indiquée sur la
facture, sauf si indiqué différemment dans le crédit (Article 28 f)
Le document d’assurance doit indiquer que les risques couverts sont conformes aux exigences
du crédit (Article 28 g & h).
S’assurer que le document d’assurance est endossé, si nécessaire. Il doit être émis, ou
endossé, de manière à ce que le donneur d’ordre puisse obtenir le paiement.
Le document doit indiquer où la plainte est recevable. Cependant ce n’est pas obligatoire, sauf
si le crédit indique autrement.

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Autres Documents
Tous les documents, autres que les documents de transport, d’assurance ou la facture, doivent
indiquer :
 Émis par ....................... Et indiquant que .....................................
Autrement les banques accepteront les documents tels que présentés (Article 14 f)

Tous les certificats nécessitent une signature, même si non indiqué dans le crédit (ISBP 37)
S’il y a une exigence pour des documents certifiés et/ou légalisés, cela doit être fait par
l’institution indiquée dans le crédit (par exemple Chambre de Commerce ou Ambassade, etc)
(Article 3)

Les documents peuvent être nommés comme indiqué dans le crédit, porter un titre similaire,
ou être sans titre, tant que le contenu des documents apparait remplir la fonction du
document demandé

Avis d’expédition
 Un crédit peut demander au bénéficiaire d’informer le donneur d’ordre de tous les
détails de l’expédition par télex/fax/email pendant un délai de 'X' nombre de jours de
la date d’expédition, comme indiqué sur le document de transport. C’est
généralement fait pour que le donneur d’ordre puisse arranger la couverture
d’assurance. Il est essentiel de s’assurer que le télex, ou le fax, ou la lettre soit datée
et transmise pendant la période allouée par le crédit.

Lettres de Change / Billets à Ordre


 Doivent être tirés sur la partie indiquée dans le crédit
 Les montants en lettres et en chiffres doivent être en accord
 L’échéance doit être correcte (par exemple paiement à vue, à 30 ou 60 jours, etc. …)
 La devise doit être indiquée en lettres
 Le nombre correct d’effets doit être présenté, en original, ou en ‘duplicata’
 Doivent être signés par une signature autorisée
 Doivent être endossés au verso, si nécessaire

Présentation Conforme
Les banques doivent honorer, ou négocier, quand la présentation est conforme
Les banques confirmantes doivent faire suivre les documents à la banque émettrice
Les banques désignées doivent faire suivre les documents à la banque confirmante, ou à la
banque émettrice
Quand une banque émettrice accepte la conformité, elle doit payer.

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Refus de Documents
Si la banque désignée, confirmante ou émettrice refuse les documents car des divergences
ont été trouvées, elle doit :
– donner un simple avis de refus au présentateur
– s’il y a plusieurs avis délivrés, seul le premier avis est valable
Souvenez-vous que les règles s’appliquent de :
– la banque désignée au bénéficiaire
– la banque confirmante au bénéficiaire ou à la banque désignée
– la banque émettrice au bénéficiaire, ou à la banque désignée ou confirmante
L’avis doit mentionner :
1. Que la banque refuse d’honorer ou de négocier ;
2. Chaque divergence pour laquelle la banque refuse d’honorer ou de négocier
3. Que la banque :
a) Conserve les documents en attente des instructions du présentateur ; ou

b) que la banque émettrice conserve les documents jusqu’à réception d’un accord du
donneur d’ordre et l’accepte, ou jusqu’à réception d’instructions complémentaires du
présentateur avant d’accepter un accord ; ou
c) que la banque retourne les documents ; ou
d) que la banque agit en accord avec les instructions précédemment reçues du
présentateur

Un avis doit être donné au présentateur au plus tard à la fin du cinquième jour ouvrable
suivant le jour de présentation
 Chaque banque a 5 jours pour vérifier les documents
 Si la banque dépasse ce délai de 5 jours, elle ne peut plus dire que les documents ne
sont pas conformes

La banque émettrice peut, à son seul jugement, approcher le donneur d’ordre pour un accord
sur les divergences
 L’avis de refus au présentateur doit toujours être fait dans les 5 jours

Les banques peuvent réclamer le remboursement d’intérêts ou autres s’ils respectent les
règles

Actions à suivre si les documents montrent des divergences


Ayant été avisé de divergence(s), le bénéficiaire doit prendre les actions suivantes :

Corriger les documents et les représenter


S’il y a le temps avant que le crédit n’expire, la meilleure action est de corriger les divergences,
en particulier si les erreurs sont dans les documents émis par le bénéficiaire, par exemple les
factures ou effets.

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Les documents de tierces parties (documents de transport, certificats d’inspection et
certificats d’assurance) ne peuvent être modifiés que par l’émetteur. Tout amendement ou
altération doit être signé et porter le sceau de la compagnie.

Modifier le Crédit
Le bénéficiaire peut demander au donneur d’ordre d’amender le crédit, si le temps le permet.

Demander à la banque d’obtenir la permission de payer malgré les documents divergents.


S’il n’est pas possible de corriger les documents, la banque peut demander la permission de
payer sur présentation des documents divergents. La séquence d’événements est que la
banque notificatrice / confirmante communique (normalement par SWIFT) avec la banque
émettrice, l’avisant des divergences et lui demande d’obtenir la permission du donneur
d’ordre de payer malgré les divergences.
Une fois que la permission est reçue par la banque émettrice, celle-ci instruit la banque
notificatrice / confirmante d’effectuer le paiement ou d’accepter les documents, malgré les
divergences.
Le bénéficiaire doit aussi contacter le donneur d’ordre pour l’informer de ce qui arrive. Non
seulement c’est de la courtoisie, mais cela peut aussi accélérer la procédure de paiement à
être autorisée.
Le donneur d’ordre accepte généralement des divergences mineures tant qu’elles ne :
 Suggèrent pas un problème de quantité, qualité ou types de marchandises fournies
 Montrent pas des prix incorrects
 Indiquent pas l’absence d’un document pouvant empêcher le dédouanement ou la
livraison, par exemple un certificat d’origine.

Envoyer les documents à la banque émettrice sur une base ‘d’approbation’


Dans ce cas, la banque désignée / confirmante envoie les documents divergents à la banque
émettrice pour approbation. Le donneur d’ordre peut décider quand il souhaite prendre
possession des documents de la banque émettrice (si possible attendant jusqu’à ce que les
marchandises arrivent), de la sorte reportant le paiement.
Certaines banques utilisent le terme ‘d’encaissement’ en envoyant les documents divergents
à la banque émettrice. Cela doit être évité car alors la transaction devient un encaissement
documentaire sous les RUE 522 et le bénéficiaire perd la protection du crédit.

Payer le bénéficiaire contre une indemnité /engagement


Le bénéficiaire peut signer un engagement par lequel la banque désignée / confirmante peut
recouvrer le paiement fait au bénéficiaire au cas où la banque émettrice refuse le paiement
en raison des divergences. Le montant de l’engagement vient en diminution des facilités de
crédit du bénéficiaire car le paiement est alors fait avec recours contre le bénéficiaire et
financé par la banque désignée / confirmante.

90
Phase 8 – La Banque Désignée transmet les Documents à la Banque Emettrice
Lorsque la banque désignée a complété les procédures décrites sous la Phase 7, et a décidé
du sort des documents avec le bénéficiaire, elle rassemble les documents pour les envoyer à
la banque émettrice ou à la banque confirmante.
La banque désignée prépare un bordereau comprenant les informations suivantes :
 Tous les numéros de référence importants
 Une liste de tous les types de documents
 Le nombre de chaque type différent de documents
 Le montant du tirage
 Les frais qui sont dus à la banque désignée / confirmante (s’il y en a)
 Les instructions sur comment le paiement doit être fait à la banque désignée
/confirmante (si non encore effectué)
 Les divergences notées (s’il y en a)
La banque désignée / confirmante n’a pas l’obligation de lister les divergences notées. C’est
la responsabilité de la banque émettrice de vérifier les documents indépendamment. La
banque émettrice a une obligation envers le donneur d’ordre de vérifier les documents
soigneusement.

Les documents doivent être envoyés selon les instructions du crédit

En considérant que les documents sont envoyés selon les instructions du crédit, une banque
émettrice ou confirmante doit honorer ou négocier, ou rembourser une banque désignée,
même si les documents ont été perdus entre la banque désignée et la banque émettrice, ou
entre la banque confirmante et la banque émettrice.
 Des copies de tous les documents (recto et verso) doivent être conservées
 La banque confirmante / émettrice peut demander des copies de documents pour
déterminer la conformité au moment où les documents sont envoyés
La banque désignée / confirmante doit maintenant suivre au jour-le-jour les avis de la banque
émettrice pour savoir si les documents sont acceptés ou refusés.

Phase 9 – La Banque Emettrice reçoit les Documents


La banque émettrice suit certaines procédures à réception des documents :
 Vérifie que les documents et autres informations spécifiés dans le document de
couverture sont corrects
 Vérifie les documents soigneusement et liste toutes les divergences
 Informe le donneur d’ordre que les documents ont été présentés et si les documents
sont conformes ou non
 Informe les parties de qui les documents ont été reçus si les documents ont été
acceptés ou refusés

91
 Si les documents sont conformes, ou la banque émettrice / le donneur d’ordre accepte
les divergences, la procédure de paiement démarre

La banque émettrice a 5 jours ouvrés, suivant le jour de réception, pour vérifier les documents
et informer la partie de qui elle les a reçus si ces documents sont refusés.
Les documents sont alors, soit remis au donneur d’ordre, si conformes ou si les divergences
ont été levées, soit gardés à la disposition de la partie les ayant présentés. Dépendant de la
situation, les documents peuvent aussi être retournés à la partie de qui ils ont été reçus.

Phase 10 – Procédure de Paiement


La procédure de paiement peut être divisée de la manière suivante :
 La banque émettrice obtient le paiement du donneur d’ordre
 La banque émettrice s’assure que le paiement atteint sa destination correcte, qu’elle
soit directement le bénéficiaire ou la banque désignée
 Le paiement final au bénéficiaire

La Banque Emettrice obtient le Paiement du Donneur d’Ordre


Chaque crédit doit clairement stipuler quand et comment il sera payé. Avant que les
documents ne soient présentés, la date de paiement n’est décrite ou spécifiée que comme un
événement, par exemple 30 jours après la date de connaissement, et la date exacte de
paiement n’est pas encore connue. Lorsque les documents sont présentés, ou négociés, la
date de paiement est connue de toutes les parties impliquées dans le crédit.
La banque émettrice peut alors procéder au paiement selon les termes du crédit.
Cela est généralement fait en débitant le compte du donneur d’ordre dans les livres de la
banque émettrice.
Cependant, il y a plusieurs variantes possibles et la banque émettrice doit toujours obtenir les
instructions de paiement du donneur d’ordre et ne doit jamais agir d’une manière isolée.
Le donneur d’ordre peut avoir un contrat de change à terme à utiliser pour le paiement ou
peut même vouloir payer en espèces.
Si le paiement doit se faire en devise étrangère, le donneur d’ordre peut encourir des pertes
de change s’il n’est pas en position d’utiliser le contrat de change à terme.
La banque émettrice garde le droit de débiter le compte du donneur d’ordre si les
circonstances l’exigent. Cela peut arriver si le donneur d’ordre refuse de payer car il n’est pas
satisfait de la qualité des marchandises.

La Banque Emettrice effectue le Paiement à la Banque Désignée / Confirmante


La méthode de paiement dépend de la clause de remboursement contenue dans le crédit.
Cette clause de remboursement est utilisée par la banque émettrice pour informer la banque
désignée / confirmante comment elle doit réclamer le paiement lorsque les termes et
conditions du crédit sont remplis.

92
Le paiement est généralement réclamé entre deux et cinq jours de la date où les termes et
conditions ont été remplis. Ceci est pour permettre aux banques respectives de transférer les
fonds entre comptes.

La Banque Désignée / Confirmante paie le Bénéficiaire


La banque désignée / confirmante contacte le bénéficiaire et obtient les instructions de
paiement de ce bénéficiaire
 Vendre les devises à la banque désignée / confirmante, au taux de change actuel au
comptant,
 Et recevoir l’équivalent en monnaie locale
 Vendre les devises à la banque désignée / confirmante en utilisant un contrat de
change à terme souscrit précédemment avec la banque désignée / confirmante
 Instruire la banque désignée / confirmante de payer les devises à une autre banque où
un contrat de change à terme a été souscrit et / ou les devises ont été vendues
 Instruire la banque désignée / confirmante de créditer les devises sur un compte en
devise.

Avant que le paiement ne soit effectué, la banque désignée / confirmante déduira les frais qui
lui sont dus du montant du crédit du au bénéficiaire, sauf si celui-ci a pris des arrangements
différents de payer séparément.

.
Quel est le Risque pour la Banque ?
Crédits Documentaires à l’import
 Structure incorrecte
 Saisir des informations incorrectes
 Agir sur des instructions par fax quand il n’y a pas d’indemnité de fax
 Le formulaire de demande d’ouverture n’est pas signé selon les mandats
 Le formulaire d’indemnité n’est pas signé selon les mandats
 Les aspects du crédit n’ont pas été approuvés
 Pas de preuve d’assurance alors que l’importateur est responsable de la souscrire
 Sélectionner la mauvaise banque notificatrice/confirmante
 Engagement réduit avant que l’amendement ne soit accepté par le bénéficiaire
 Documents mal classes ou perdus après les avoir reçus du service courrier
 Documents non contrôlés correctement ; employés ne signant pas pour la réception
 Connaissement (titre de propriété) non enfermés dans un coffre ignifuge
 Documents non vérifiés quand reçus de la banque désignée/confirmante
 Avis de refus non envoyé au présentateur dans les 5 jours ouvrables selon les RUU 600
 Toutes les divergences non listées dans l’avis de refus
 Remettre les documents au donneur d’ordre avant que les divergences ne soient acceptées

93
 Dupliquer le paiement en utilisant un message type SWIFT incorrect ou quand le paiement n’est
pas fait selon les instructions de remboursement du Crédit
 Ne pas vérifier les queues SWIFT NAK d’une manière régulière

Crédits Documentaires à l’Export


 Crédit non authentifié
 Crédit incomplet notifié au bénéficiaire en raison de problèmes système
 Notifier le Crédit avec des instructions confuses ou incomplètes
 Notifier le mauvais bénéficiaire
 Termes de Crédit non vérifiés avant la notification
 Crédits confirmés
 Approbation pour le risque pays non obtenue
 Approbation pour le risque de la banque non obtenue
 Crédit confirmé sans autorisation de la banque émettrice
 Documents non correctement vérifiés
 Toutes les divergences n’ont pas été notées ; paiement au bénéficiaire sans recours
 Avis de refus non envoyé au présentateur dans les 5 jours ouvrables selon les RUU 600
 Agir en dehors de l’autorisation de la banque émettrice
 Payer/négocier/accepter sans l’autorisation de la banque émettrice

94
CHAPITRE 7

VU D’ENSEMBLE DES CLAUSES


ET CREDITS SPECIAUX
DANS LE COMMERCE
INTERNATIONAL

95
Certains crédits documentaires du fait de leur particularité comportent des
clauses spéciales et tendent à devenir des crédits spéciaux, toujours régis par
les RUU 600, mais dont le traitement est particulier et requiert une attention
particulière.

Clauses Spéciales

Red Clause (Clause Rouge)


Ce type de crédit permet à l'exportateur (bénéficiaire) d’exiger une partie de la valeur totale
du crédit avant expédition des marchandises, en général contre la présentation d'un simple
reçu.
Le montant ainsi reçu peut être utilisé pour compenser les coûts de production ou les coûts
de pré expédition.
Un crédit contenant une « red clause » permet au bénéficiaire d’obtenir un préfinancement
de la banque désignée, à ses propres frais et sous la responsabilité de la banque émettrice.

Son origine vient des fermiers australiens qui exportaient la laine, mais n’avaient pas les fonds
pour payer la tonte des moutons et la préparation de la laine. Les acheteurs de laine
finançaient donc les producteurs de laine en émettant des crédits « red clause » en leur faveur
(ainsi nommés car la clause spécifique dans le crédit était écrite à l’encre rouge pour attirer
l’attention).

Il existe deux sortes de clauses, les red clauses qui sont des avances en blanc sans gage sur les
marchandises, et les green clauses, des avances sur marchandises, pour lesquelles le
bénéficiaire doit remettre des warrants représentatifs de la marchandise

Le donneur d’ordre décide sous quelles conditions il est préparé à fournir un financement. La
valeur totale de l’avance est spécifiée dans le crédit et peut être un montant spécifique ou un
pourcentage du montant total.

Le donneur d’ordre détermine aussi le type de sécurité que la banque désignée doit obtenir
du bénéficiaire avant d’avancer les fonds. Les sécurités sont généralement sous la forme d’un
engagement du bénéficiaire que les documents originaux et titre de propriété seront
présentés sous le crédit.

Le bénéficiaire est responsable de tous les frais et coûts résultant de cette avance. Quand le
bénéficiaire finalement présente les documents, et, la banque désignée effectue le paiement,

96
le montant principal de l’avance, plus les intérêts et autres frais, seront déduits du montant à
payer au bénéficiaire.

Si le bénéficiaire n’honore pas le crédit, la banque désignée se retourne contre la banque


émettrice. Dans le cas d’un défaut du bénéficiaire, la banque émettrice est responsable du
paiement, et par conséquent le donneur d’ordre.

Le donneur d’ordre doit être convaincu que le bénéficiaire délivrera la quantité, et la qualité,
de marchandises en ligne avec le contrat de vente. Le bénéficiaire peut utiliser l’avance pour
d’autres projets, ou livrer des marchandises de qualité inférieure. La seule sécurité pour le
donneur d’ordre est l’engagement du bénéficiaire que les documents originaux et titre de
propriété seront présentés.

On voit très rarement ce type de lettre de crédit car il expose le donneur d’ordre à un risque
élevé.

Les crédits « red clause » sont souvent confondus avec les crédits avec clause de paiement
d’avance. Dans le cas d’un crédit « red clause », la banque désignée avance les fonds au
bénéficiaire sur ses propres fonds. Sous un crédit avec clause de paiement d’avance, le
montant du paiement d’avance est réclamé immédiatement à la banque émettrice
conformément aux termes et conditions du crédit.

Clause de Paiement d’Avance


Une clause de paiement d’avance est similaire à une « red clause » en ce qu’elle permet au
bénéficiaire d’obtenir un financement pré-expédition.

Mais la similitude s’arrête là, car le paiement d’avance est généralement payable contre
présentation par le bénéficiaire d’un reçu et son engagement formel de remboursement(IRU)
du montant avancé au cas où il serait dans l’incapacité d’honorer le crédit, accompagné d’une
facture représentant le montant du tirage. Alors que dans la red clause l’engagement du
bénéficiaire porte seulement sur la présentation de documents originaux et de propriété (à
condition d’honorer le crédit)

La banque désignée réclame immédiatement le montant des paiements d’avance à la banque


émettrice dès que les documents spécifiés sont présentés.

La clause ou le Crédit documentaire revolving (répétitif) :


Un crédit revolving peut être utilisé quand des expéditions régulières du même produit sont
effectuées auprès du même acheteur.
Il peut être « revolving » sur le temps et sur la valeur :
(a) Temps - Une fois utilisé, le crédit est réinstauré pour d'autres expéditions régulières,
par exemple mensuellement, jusqu'à ce que le crédit soit entièrement épuisé.
(b) Valeur - une fois utilisé et payé, la valeur peut être réinstaurée pour d'autres tirages.

97
Ce type d'instrument doit mentionner qu’il est revolving et qu’il se renouvelle soit
automatiquement soit être sujet à certaines dispositions indiquées dans le crédit. Les
avantages principaux, de ce type d’instrument, sont qu'il économise le travail d’émission et le
coût des crédits documentaires identiques et répétés, et que par ailleurs il assure des
conditions documentaires identiques pour toutes les expéditions concernées.

Clause Revolving
Un crédit révolving est disponible pour un montant qui se renouvelle automatiquement, sous
certaines conditions, sans le besoin d’amender le crédit.

Un crédit révolving doit être clair et sans ambiguïté sur la manière dont les renouvellements
seront faits

Les crédits révolving peuvent soit être cumulatifs, soit non cumulatifs :
Par exemple : un crédit révolving est émis pour US$ 10,000.00 par mois, valable pour 6
mois. La clause révolving dans le crédit est comme ci-dessous :
‘Ce crédit documentaire se renouvelle automatiquement six fois pour un montant de US$
10,000.00 par mois (cumulatif ou non cumulatif)’
Cela veut dire qu’un montant d’US $ 10,000.00 est disponible chaque mois, sans égard aux
montants tirés sous le crédit le mois précédent. Le crédit sera émis pour US$ 10,000.00
mais l’engagement total sous le crédit est d’US $ 60,000.00.

En utilisant cet exemple, on peut définir les différences entre cumulatif et non cumulatif :

 Cumulatif
Si aucun tirage n’a lieu pendant le premier mois, le montant total est reporté sur le
mois suivant. Pendant ce deuxième mois, le bénéficiaire peut tirer jusqu’à US$
20,000.00.
Tous les montants non tirés restent disponibles au tirage à tous moments jusqu’à la
date finale d’expédition.
Le montant disponible sous le crédit ne se réduit que des montants des tirages réels
faits et payés.

 Non Cumulatif
Si aucun tirage n’est fait pendant un certain mois, la partie inutilisée ne peut pas être
reportée et le bénéficiaire perd l’expédition de ce mois. Le montant disponible sous le
crédit se réduit d’US $ 10,000.00 par mois, qu’il y ait tirage, ou non.

Il est à noter que dans le cadre d’un revolving non cumulatif, le bénéficiaire s’expose à un
risque de déchéance de crédit, ou plus exactement s’il n’expédie pas une tranche, le donneur
d’ordre peut rejeter les expéditions suivantes.

98
L’engagement total sous un crédit revolving est fixé dès que le crédit est émis. La raison en est
que le crédit est irrévocable et le bénéficiaire peut expédier pour le montant total du crédit
pendant la période de validité.

Les Crédits spéciaux

 Crédits Transférables

Les crédits transférables sont invariablement utilisés quand le premier bénéficiaire ne fournit
pas les marchandises et veut transférer tout ou partie de ses droits et responsabilités sous le
crédit à un ou plusieurs deuxièmes bénéficiaires (si les expéditions partielles sont autorisées,
sinon le transfert se fera en faveur d’un seul second bénéficiaire) qui fourniront les
marchandises. Un crédit ne peut être transféré que si la banque émettrice l’autorise
spécialement à être transférable. Une banque n’a pas d’obligation de transférer un crédit.

La différence majeure entre un crédit back-to-back et un crédit transférable est que les
documents présentés sous le crédit transféré peuvent être utilisés pour la présentation sous
le crédit original, avec une simple substitution de facture par le premier bénéficiaire.

99
Modus Operandi

• Le bénéficiaire d’un crédit transférable demande à la banque de transfert désignée de


transférer une partie, ou la totalité, du crédit à un ou plusieurs deuxièmes bénéficiaires.
• La banque de transfert transfère le crédit selon les instructions, sauf pour les
changements des termes et conditions tels que définis dans l’article 38 des RUU 600.
• Si le second bénéficiaire est basé dans un pays différent de celui de la banque de transfert,
une deuxième banque notificatrice peut être utilisée dans le pays du second bénéficiaire
pour aviser le crédit. Le crédit ne sera généralement payable qu’aux comptoirs de la banque
de transfert et la deuxième banque notificatrice joue le rôle de ‘boite aux lettres’.
• Le second bénéficiaire expédie les marchandises et présente les documents à la banque
de transfert.
• La banque de transfert vérifie les documents et, si conformes aux termes et conditions
du crédit, avise le premier bénéficiaire que les documents ont été présentés et demande à
celui-ci de substituer sa facture pour celle du deuxième bénéficiaire.
• La banque de transfert vérifie la facture substituée et si conforme, transmet les
documents à la banque émettrice et procède aux paiements aux premiers et seconds
bénéficiaires.
• Si la facture substituée n’est pas conforme avec les termes et conditions du crédit, et si
le premier bénéficiaire n’est pas en mesure de la modifier dans les délais, la banque de
transfert transmet les documents reçus du deuxième bénéficiaire à la banque émettrice et
procède au paiement du deuxième bénéficiaire.

Considérations
Aux termes de l’Article 38 (g) des RUU 600, le crédit transféré doit refléter exactement les
termes et conditions, y compris la confirmation, du crédit original. Les seuls termes qui
peuvent changer sont :
• le montant du crédit et le prix unitaire y rattaché qui peuvent être réduits
• la date d’expiration peut être réduite
• les dernières dates de chargement, ou la période donnée pour charger peuvent être
réduites
• la période de présentation peut être réduite
• le nom et l’adresse du premier bénéficiaire peuvent se transformer en nom et adresse
du donneur d’ordre dans le crédit transféré
• le pourcentage de la couverture d’assurance peut être augmenté.

Toute demande de transfert doit indiquer sous quelles conditions les amendements peuvent
être avisés au second bénéficiaire. Le crédit transféré doit contenir ces conditions.

Un crédit transférable ne peut être transféré qu’une seule fois, mais peut être transféré à plus
d’un second bénéficiaire, à condition toujours que les expéditions partielles soient autorisées.
Un second bénéficiaire ne peut pas transférer le crédit à un troisième bénéficiaire.

100
Quel est le risque pour la banque ?
Si le crédit n’est pas transféré exactement selon les termes de l’Article 38 des RUU 600, les
documents présentés par le second bénéficiaire ne peuvent pas être utilisés pour réclamer le
remboursement sous le premier crédit. Si le second bénéficiaire se conforme aux termes et
conditions du crédit, la banque n’a pas de recours contre la banque émettrice, du fait que le
lien de créance est entre la banque émettrice et le premier bénéficiaire.

Le transfert de crédit demande de la précision et doit être traité par des experts en crédits
documentaires.

Exemple d’une transaction transférable typique :


(a) ABC Export reçoit une commande de son client d'outre-mer, DEF Imports Ltd, pour des
matériaux de construction.
(b) Le prix convenu est de 50,000 USD payable par crédit documentaire transférable
(c) ABC reçoit le crédit et commande les matériaux de construction de XYZ pour un prix
d’achat convenu de 45,000 USD.
(d) ABC transfère le crédit à XYZ jusqu'à concurrence de 45,000 USD.
(e) Les marchandises sont embarquées et XYZ présente les documents à la banque de
laquelle il reçoit leurs valeurs facturées d’un montant de 45,000 USD.
(f) ABC se charge alors, avec la banque de transfert, de substituer ses propres factures
pour leur valeur de vente de 50,000 USD.
g) ABC recevra alors le solde qui lui est dû, soit 5,000 USD, ce qui représente sa marge sur
la vente.

Les avantages du crédit transférable :


Le crédit transférable offre les avantages suivants :
(a) Il fournit aux exportateurs le moyen de financer leurs achats auprès de tiers
fournisseurs sans utilisation de lignes de crédit supplémentaires, ce qui est
particulièrement utile pour les petits exportateurs ;
(b) Les fournisseurs auront l’assurance de conditions de paiement sécurisées en fonction
des conditions de paiement du crédit documentaire.

Les inconvénients du crédit transférable :


Les inconvénients sont :
(a) L'exportateur, en demandant à l’acheteur ce type de crédit, peut donner l’impression
que ses ressources financières sont limitées.
(b) En fonction des conditions documentaires du crédit, il peut ne pas être possible
d’occulter le nom de l’acheteur. Il y a alors danger d'une approche directe.
(c) Des frais bancaires additionnels connus sous « commissions de transfert ».

La banque transférante doit toujours percevoir les commissions de transfert au moment du


transfert du Crédit documentaire.

101
 CREDITS DOCUMENTAIRES BACK-TO-BACK

Forme de crédit documentaire utilisée quand le vendeur sous-traite la fabrication ou la


fourniture des marchandises commandées. Il y a ouverture d’un second crédit documentaire.
Les deux crédits documentaires (celui reçu en faveur du vendeur et celui émis en faveur du
sous-traitant) sont domiciliés aux caisses de la même banque. Le vendeur est bénéficiaire du
premier crédit documentaire et donneur d’ordre du second crédit documentaire.
Le vendeur est donc responsable du remboursement de ce deuxième crédit documentaire et
ce, qu’il ait été lui-même réglé ou non, dans le cadre du premier crédit documentaire.

Il arrive que le bénéficiaire d'un crédit documentaire ne soit pas en mesure de fournir lui-
même la marchandise prévue au crédit et fasse appel à la sous-traitance. Pour des questions
de garantie, les sous-traitants demandent souvent à leur tour que le règlement de leur
marchandise soit effectué par crédit documentaire.

En pareil cas, le bénéficiaire du crédit transfert habituellement tout ou une partie de son crédit
à ses sous-traitants. Mais pour effectuer un tel transfert, encore faut-il que le crédit soit
transférable. Plusieurs raisons peuvent en effet empêcher un transfert :

 Le crédit n'est pas expressément qualifié de transférable par la banque émettrice.

 Les conditions de ventes et paiements conclues entre le donneur d'ordre du crédit et


le bénéficiaire sont différentes de celles convenues entre le bénéficiaire et ses sous-
traitants.

 Le crédit est rédigé de telle manière que l'identité des sous-traitants serait révélée au
donneur d'ordre par l'intermédiaire des documents présentés. Une telle raison
pourrait empêcher un transfert dans la mesure où le bénéficiaire du crédit ne souhaite
pas pour des raisons commerciales que le donneur d'ordre du crédit et les sous-
traitants se connaissent et se rapprochent par la suite.

En cas d'impossibilité de transfert, le bénéficiaire du crédit peut demander à la banque


notificatrice/confirmante d'émettre un second crédit documentaire en faveur de ses sous-
traitants.
Si elle y consent, le second crédit devra être libellé de telle façon que les documents requis,
ainsi que toutes les autres conditions, permettent la réalisation du premier crédit. C'est pour
cette raison que ce second crédit prend le nom de "crédit adossé" (back to back Letter of
Credit).
La banque notificatrice/confirmante du premier crédit devient la banque émettrice du second
crédit.

102
Le bénéficiaire du premier crédit devient donneur d'ordre du second crédit et à ce titre
devient également responsable du remboursement des paiements effectués par la banque
émettrice du crédit adossé au titre de ce crédit.
Cette dernière phrase est particulièrement importante puisqu'elle rappelle que le premier
crédit documentaire et le crédit documentaire adossé sont juridiquement distincts.
Le donneur d'ordre du crédit adossé devra assumer le paiement des marchandises, qu'il ait
été lui-même réglé ou non dans le cadre du premier crédit.

Le principe du contre-crédit est rigoureusement identique si ce n'est que la banque émettrice


du second crédit n'est pas la banque notificatrice/confirmante du premier crédit mais une
banque différente. C'est pour cette raison que l'on appelle ce second crédit "contre crédit"
par opposition à un "crédit adossé".

Modus operandi

Crédits Back-to-Back
Modus Operandi
Donneur (2) Demande d’ouverture Banque
d’Ordre Emettrice
(Premier crédit) (Premier crédit)

(1a) (3)
Contrat Ouvre

Bénéficiaire (4) Avise/Confirme Banque Désignée


(8) (Premier crédit) (Premier crédit)
Expédition Donneur d’Ordre Banque Emettrice
(Second crédit) (5) Demande d’ouverture (Second crédit)

(1b) (6)
Contrat Ouvre

Bénéficiaire Banque
(Second crédit) Désignée
(7) Avise/Confirme (Second crédit)

Description
Un crédit documentaire est nouvellement émis, à savoir « dos à dos », sur la base d'un crédit
documentaire existant (crédit documentaire de base), sur ordre de l'intermédiaire (premier
bénéficiaire), au profit d'un autre bénéficiaire (généralement le fournisseur final ou le
producteur de la marchandise).

103
Caractéristiques
 Le crédit documentaire de base et le crédit documentaire back-to-back constituent
deux opérations distinctes. Elles ne sont pas juridiquement liées bien que les deux
constituent ensemble une opération économique homogène.
 Un crédit documentaire back-to-back est envisageable quand le crédit documentaire
de base n'a pas été qualifié de « transférable » ou qu'il ne peut pas être transféré de
façon concordante, selon les dispositions des Règles et Usances uniformes (RUU).

Avantages
 Si les conditions du crédit documentaire back-to-back coïncident avec celles du crédit
documentaire de base (opération dite concordante), le risque est moins grand pour
l'intermédiaire ou la banque émettrice du crédit documentaire back-to-back.
 L’intermédiaire professionnel peut acheter à crédit et vendre à vue, les conditions de
paiement ne devant pas obligatoirement concordées comme dans le cas d’un crédit
transférable.

Inconvénients
La banque émettrice du crédit documentaire back-to-back contracte un engagement
indépendant du crédit documentaire de base vis-à-vis de l'intermédiaire. L'intermédiaire a
donc besoin d'une limite de crédit documentaire pour une telle émission.

Conditions
 La banque n'émettra un tel crédit documentaire back-to-back que si l'intermédiaire se
porte garant d'une exécution irréprochable. Il doit notamment être en mesure de
couvrir les risques survenant dans le cas de transactions non concordantes (par
exemple en raison de différences entre les documents).
 Les prétentions au titre du crédit documentaire de base doivent être cédées à la
banque et la marchandise doit être nantie.

Recommandations
 Les transactions back-to-back comportent un risque considérable. C'est pourquoi le
crédit documentaire transférable doit normalement être privilégié.
 Ces transactions supposent des connaissances techniques adéquates, tant de la part
de l’intermédiaire que de la banque émettrice.

Résumé des crédits documentaires back-to-back


Résultant de la combinaison de deux crédits documentaires de base, la technique du Credoc back to
back n’est pas spécialement traité par les RUU, cette forme de Credoc est utilisée dans un objectif
spécifique : permettre à un intermédiaire de financer une opération de négoce. Le crédit adossé se
définit comme : « un second crédit documentaire ouvert par la banque chargée de réaliser le crédit
principal (banque notificatrice ou confirmante), sur ordre de l’exportateur bénéficiaire du crédit
principal, au profit de son fournisseur à lui ».

104
Contrairement au crédit transférable qui ne forme qu’une seule et même opération juridique, le crédit
adossé se compose de deux crédits documentaires distincts. Les conditions du second crédit seront,
en principe différentes de celles du crédit principal, particulièrement en ce qui concerne les documents
mais ces derniers doivent être compatibles avec ceux du crédit principal, les conditions devant être les
plus simples possibles afin de respecter cette compatibilité. La banque émettrice du second crédit
prend plus de risque que lorsqu’elle réalise un transfert car si l’intermédiaire fait l’objet d’une saisie
arrêt ou tombe en faillite, la banque émettrice du Credoc adossé n’aura plus le droit d’utiliser les fonds
du crédit principal afin de payer le fournisseur au moment de la réalisation du crédit subsidiaire.

Sur le plan économique, les deux crédits constituent une même opération mais ils sont indépendants
en droit. Toutefois il subsiste un lien entre eux, en ce sens que la banque garde les documents et ne
les échanges que contre les documents définitifs.

D’autre part, du fait de la souplesse du procédé, le crédit principal peut être adossé à un ou plusieurs
autres crédits subsidiaires, l’intermédiaire ou le commissionnaire peut utiliser plusieurs combinaisons
commerciales ou financières d’où l’existence de Crédits documentaires adossés atypiques qui font
appel à l’habileté du banquier du fait que ce dernier joue un double rôle, celui de banquier notificateur
et de banquier émetteur.

Enfin, cette forme de Credoc est généralement utilisée lorsque l’intermédiaire bénéficiaire du crédit
principal n’arrive pas à obtenir de l’acheteur la transférabilité du crédit en faveur du véritable
fournisseur.

Ainsi, avec le Credoc adossé, le commissionnaire aura pleinement assumé son rôle d’intermédiaire
entre l’acheteur et le fournisseur réel de la marchandise dont l’identité demeure inconnue du premier ;
telle est la finalité du Credoc back to back.

 La Lettre de Crédit Standby

Définition et Objectif

Une Standby Letter of Crédit (Standby L/C) est un engagement écrit donné par une banque
émettrice, à la demande d’un donneur d’ordre, de payer le bénéficiaire un certain montant
dans le cas où le donneur d’ordre serait en défaut de ses obligations contractuelles.

Les Standby L/C’s sont utilisées comme sécurité pour couvrir les obligations contractuelles
du donneur d’ordre en faveur du/des bénéficiaire(s).

Revue historique

Les Standby L/C’s sont principalement utilisées aux USA, Canada et Amérique du Sud et,
jusqu’à récemment, rarement utilisées au Royaume Uni et en Europe, où les garanties
bancaires étaient utilisées pour les mêmes objectifs. Parce que certaines banques américaines
n’étaient pas autorisées à émettre des garanties, elles ont développé les Standby L/C’s comme

105
alternative, les banques américaines utilisent les Standby pour garantir le paiement ou l'exécution.
Maintenant, elles commencent à être utilisées partout dans le monde.

Cependant, les Standby évoluent comme un produit bancaire important en Europe et s’imposent sur
les marchés émergents.

La Standby est un instrument flexible qui offre beaucoup d'avantages mais qui peut également être
dangereux pour les banques qui ne comprennent pas la nature des Standby.

La Standby est un instrument financier principalement utilisé pour protéger du défaut d’exécution
d’obligations financières et non financières, d’une des parties à un contrat. Une des utilisations
courantes de la Standby est de renforcer l’obligation du donneur d’ordre (l’importateur) envers le
bénéficiaire (l'exportateur) et de rassurer ce dernier. Elle garantit au vendeur qu’il recevra le paiement
en cas de non-paiement par l'acheteur. La Standby est, la plupart du temps, employée comme
instrument par défaut, mais elle peut également être employée comme un instrument de paiement
direct.

Dans son utilisation en tant qu’instrument par défaut, la banque (émettrice) s’engage
inconditionnellement à payer le vendeur (bénéficiaire) contre fourniture des documents qui
établissent qu’une des parties a manqué à ses obligations contractuelles au titre des conditions
stipulées dans la lettre de crédit Standby.

(1) Le donneur d’ordre et le bénéficiaire concluent un contrat de vente

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(2) Le donneur d’ordre demande à la banque émettrice d’émettre une Standby L/C en
accord avec les termes et conditions convenus entre les parties
(3) La banque émettrice émet la Standby L/C en faveur du bénéficiaire
(4) La banque notificatrice authentifie la validité de la Standby L/C et avise le bénéficiaire
qu’elle a été émise en sa faveur
La banque émettrice peut autoriser la banque notificatrice, ou une autre banque, à
ajouter sa confirmation à la Standby L/C
(5) Le bénéficiaire expédie les marchandises et envoie les documents directement au
Donneur d’ordre
(6) Le donneur d’ordre dédouane la marchandise à son arrivée
(7) Le donneur d’ordre instruit sa banque de payer et le paiement se fait dans les termes
normaux d’un compte ouvert
(8) Si le donneur d’ordre ne paie pas en accord avec le contrat de vente, le bénéficiaire fait
une demande en paiement sous la Standby L/C en présentant les documents réclamés par
la Standby L/C
(9) La banque désignée/confirmante vérifie les documents et adresse à la banque émettrice
la demande en paiement
(10) La banque émettrice vérifie les documents et obtient le paiement du donneur d’ordre,
si les documents sont conformes aux termes et conditions de la Standby L/C
(10.1) La banque émettrice paie la banque désignée/confirmante
(10.2) La banque désignée/confirmante paie le bénéficiaire.

Utilisation de la lettre de crédit Standby :

Le bénéficiaire d'une Standby peut mettre en jeu la Standby si la contrepartie n'exécute pas
ses obligations contractuelles, par exemple régler la valeur des marchandises embarquées ou
des services rendus (le bénéficiaire est l'exportateur) ; ou ne pas expédier les marchandises
ou fournir les services convenus (le bénéficiaire est l'importateur). En termes simples, à
chaque fois qu’une partie n'exécute pas ses engagements contractuels, le bénéficiaire peut
réclamer la mise en jeu de la Standby émise par l’autre partie.
La Standby ne devrait être mise en jeu qu’en cas de non-exécution contractuelle. Si le
paiement est effectué selon les conditions stipulées dans le contrat, la Standby ne devrait
jamais être appelée. Toutefois, les standbys devraient être examinées avec beaucoup
d’attention, car le paiement de celles-ci se fait uniquement sur présentation de documents
strictement conformes avec les termes et conditions de la Standby. Il se peut qu’un
bénéficiaire présente des documents mettant en évidence un cas de défaut, alors que celui-ci
n’a pas eu lieu. Par conséquent, il est important d’examiner sérieusement les documents qui
doivent être soumis lors de la demande de paiement, afin de ne pas mettre en jeu de manière
abusive la Standby.

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Différence entre Standby et Crédit documentaire :

Une L/C Standby peut faciliter les transactions si les parties ne se connaissent pas bien ou quand elles
n’ont pas établi une relation de crédit.

Les Standby sont utilisées quand le vendeur effectue la transaction avec des méthodes de
paiement moins sécurisées, par exemple compte courant ouvert.

Les Standby sont aussi bien utilisées dans les opérations domestiques qu’internationales et
pour garantir l’exécution en cas d’appel d’offres, de garanties de bonne exécution, de leasing,
de remboursement de prêts, d’arriérés, etc. et pour mettre en valeur les revenus des actions
industrielles ou tout autre instrument de dette du commerce. La réputation de la banque sert
d’appui au donneur d’ordre dans son obligation de payer.

Cependant, à la différence des crédits documentaires, le bénéficiaire n'aura pas besoin de


présenter de documents commerciaux ou d’expédition, de telle sorte que la banque émettrice
risque de supporter le risque de devoir payer en cas de documents conformes bien qu’aucune
des parties ne soit en défaut.

Il faut se rappeler que dans le cas d’un crédit documentaire, le bénéficiaire devra présenter
des documents tels que :
 Factures commerciales
 Documents d'assurance
 Certificats d'origine
 Documents de transport

Plusieurs de ces documents sont émis par des parties autres que le bénéficiaire, ce qui signifie
que le bénéficiaire d'un crédit documentaire doit présenter des documents émis par d'autres
parties avant de pouvoir réaliser le crédit documentaire tel qu’émis par la banque émettrice.

Quand il convient d’utiliser une L/C Standby :

Ce qui suit doit être présent à l’esprit quand on considère l’utilisation d’une Standby :
1) La lettre de crédit Standby est totalement indépendante de tout accord entre le
bénéficiaire/donneur d’ordre ou entre le donneur d’ordre et la banque émettrice.
2) Les Standby permettent d’éviter les agios dans les transactions payées d’avance et dans les
transactions payables à réception de la marchandise.
3) Les Standby sont clairement avantageuses pour le vendeur / exportateur, car en tant que
bénéficiaire il détient de la banque un engagement de paiement de la transaction même si la
contrepartie est en défaut, pourvu qu’il présente des documents conformes.

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La lettre de crédit Standby peut également présenter des inconvénients :

1) L'émission d'une Standby peut être chère, particulièrement si elle est émise par une banque
et confirmée par une banque locale d’un pays étranger. Le risque d’appel injustifié de la
Standby est plus grand que dans le cas du crédit documentaire.
2) Les Standby ne sont pas universellement acceptées. Au Moyen-Orient, par exemple, les
acheteurs peuvent demander une garantie émise par une banque locale plutôt qu'une
Standby. C'est parce que la loi locale accorde à l’acheteur une protection plus importante en
cas de mise en jeu. Toutefois, ceci est en train de changer et les Standby commencent à être
mieux acceptées dans de telles situations.
3) Les exportateurs priés par leurs acheteurs de fournir une L/C Standby plutôt qu'une garantie
devraient soigneusement évaluer les mérites des deux systèmes, avant d'accepter une telle
demande. La Stand-by constitue toujours un engagement bancaire de premier ordre, fondé
sur la seule présentation de documents.

Documents requis dans une Standby :

L'émetteur (banque) doit honorer la L/C Standby à condition que le bénéficiaire présente les
documents demandés, en stricte conformité avec les termes et conditions stipulées dans la
lettre de crédit Standby.

Une lettre de crédit Standby est habituellement payable contre une déclaration signée ou une
demande de paiement du bénéficiaire déclarant qu'une des parties n'a pas remplie ses
obligations contractuelles.

Les documents suivants sont en général ceux requis dans une Standby :
 La lettre de crédit Standby ;
 Traite payable à vue du montant dû ou lettre de change ;
 Copies des factures impayées ou d'autres documents prouvant l’inexécution.
 Une déclaration signée du bénéficiaire attestant l’inexécution.

Il est recommandé - autant que possible - que la Standby exige quelques documents émis par
une partie indépendante, autre que le bénéficiaire, par exemple copie du document de
transport ou procès-verbal d’exécution.

Processus d’émission et de notification :

Toutes les L/C Standby indiquent une date d'échéance déterminée ou sont émises pour une
période définie. Les Standby sont habituellement valables plus longtemps que les crédits
documentaires. Une demande de paiement sous Standby peut se produire à tout moment
durant la validité de celle-ci. Si la Standby n'est pas appelée avant sa date d'échéance, elle
devient automatiquement caduque.

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Au moment du renouvellement de la Standby, les banques analyseront, à nouveau, la situation
financière de leur donneur d’ordre avant d’accepter ce renouvellement.

Les Standby ne peuvent être transféré que si elles sont expressément qualifiées de
« transférable » par la banque émettrice. La plupart des banques transféreront la Standby du
premier bénéficiaire à une autre personne ou entité, à la condition que la Standby soit
qualifiée de transférable et valable aux guichets de la banque transférante. Si celle-ci
approuve le transfert le premier bénéficiaire devra régler les frais et commissions de transfert
dus à la banque au moment de sa demande.

Si une Standby mentionne qu'elle est transférable, les RUU600 et les RPIS98 diffèrent sur les
conséquences. Les RUU 600 n’autorisent qu’un seul transfert (art 38 d), alors que les RPIS 98
(règle 6.02), précisent que la Standby peut être transférée dans son intégralité plus d’une fois.

Frais et commissions perçus pour les Standby :


Les commissions varient pour chaque demande d’émission de Standby, en fonction du risque
lié à la transaction. Normalement les commissions sont 1-3% de la valeur de celle-ci. Les
banques peuvent également appliquer des commissions fixes.

Les commissions doivent être négociées. Les Standby peuvent contribuer à accroître le
volume des commissions d’une banque pour apparemment peu de travail. Toutefois, les
risques impliqués dans chaque Standby doivent être soigneusement évalués. Un bénéficiaire
sans scrupules pourrait probablement présenter des documents conformes à la Standby alors
même qu’il n’y a pas eu de défaut de la contrepartie.

Ce risque majeur lié aux Stand-by doit être compris par les banques.

Règles de la Chambre de Commerce Internationale :

Du fait de l’utilisation des Standby à l’international, la Chambre de Commerce Internationale


a développé certaines règles pour le traitement uniformisé des Standby :
 Règles et Usances Uniformes de la CCI relatives aux crédits documentaires, publication
N° 600 (RUU 600), qui régissent le traitement des crédits documentaires et des lettres
de crédit Standby ;
 Règles et Pratiques Internationales relatives aux Standby (RPIS 98) qui ne traitent que
les Stand-by.

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