Élaborée par Locke (1632-1704) et Montesquieu (1689-1755), la théorie
de la séparation des pouvoirs vise à séparer les différentes fonctions de
l’État, afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice
de missions souveraines.
Si cette théorie est souvent invoquée dans les régimes démocratiques,
elle a été plus ou moins rigoureusement mise en pratique. La France a,
pour sa part, développé sa propre conception de la séparation des
pouvoirs, fondée sur la limitation des attributions de l’autorité judiciaire à
l’égard de la puissance publique.
La théorie classique
La théorie classique de la séparation des pouvoirs distingue trois
fonctions principales au sein des différents régimes politiques :
• la fonction d’édiction des règles générales constitue la fonction
législative ;
• la fonction d’exécution de ces règles relève de la fonction
exécutive ;
• la fonction de règlement des litiges constitue la fonction
juridictionnelle.
Partant du constat que, dans le régime de la monarchie absolue, ces
trois fonctions sont le plus souvent confondues et détenues par une
seule et même personne, la théorie de séparation des pouvoirs plaide
pour que chacune d’entre elles soit exercée par des organes
distincts, indépendants les uns des autres, tant par leur mode de
désignation que par leur fonctionnement. Chacun de ces organes
devient ainsi l’un des trois pouvoirs : le pouvoir législatif est exercé par
des assemblées représentatives, le pouvoir exécutif est détenu par le
chef de l’État et les membres du Gouvernement, le pouvoir judiciaire,
enfin, revient aux juridictions.
L’objectif assigné par Montesquieu à cette théorie est d’aboutir à
l’équilibre des différents pouvoirs : "Pour qu’on ne puisse pas abuser
du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir
arrête le pouvoir."
La doctrine des checks and balances
Cette théorie a fortement inspiré les rédacteurs de la Constitution
américaine, qui ont institué en 1787 un régime présidentiel organisé
selon une séparation stricte des trois pouvoirs, tempérée par l’existence
de moyens de contrôle et d’action réciproques conçus conformément à
la doctrine des "checks and balances" (que l’on peut traduire par
l’existence de procédures de contrôles et de contrepoids).
Afin d’éviter que chacun des pouvoirs n’abuse de ses prérogatives, les
constituants américains ont ainsi prévu un strict partage des
compétences entre organes fédéraux et États fédérés. Ils ont
également réparti le pouvoir législatif entre deux assemblées, donné au
Président un droit de veto sur les textes législatifs, et reconnu
parallèlement au Sénat la faculté de s’opposer aux nominations relevant
du Président ou encore aux traités internationaux négociés par
l’administration.
La séparation des pouvoirs et la protection des droits de l’homme
L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du
26 août 1789 se réfère également à cette théorie en disposant que
"Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni
la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution". La
séparation des pouvoirs apparaît ainsi comme le corollaire
indispensable de la protection des droits naturels de l’homme : le
contrôle mutuel qu’exercent les trois pouvoirs les uns envers les autres
préserve l’individu des atteintes à ses droits fondamentaux. Dans le
même temps, la séparation des pouvoirs constitue un obstacle au
despotisme et à la tentation du pouvoir personnel, puisqu’aucune
personne ne peut concentrer entre ses mains la totalité des attributs de
la souveraineté.
De la séparation stricte à la collaboration des pouvoirs
Toutefois, cette théorie n’a pas toujours été strictement mise en
œuvre par les différents régimes démocratiques. En effet, une
séparation trop stricte des pouvoirs peut aboutir à la paralysie des
institutions : tel fut le cas en France sous le Directoire (1795-1799) et
sous la IIe République (1848-1851), où le conflit entre l’exécutif et le
législatif s’est à chaque fois soldé par un coup d’État.
Aussi de nombreux régimes préfèrent-ils le principe de la collaboration
des différents pouvoirs à celui de leur stricte séparation : la distinction
entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire demeure, mais ces pouvoirs
disposent de moyens d’action les uns à l’égard des autres. La faculté
pour le chef de l’État de dissoudre l’une des chambres composant le
Parlement, la possibilité pour le pouvoir législatif de renverser le
Gouvernement, la soumission des magistrats du parquet à l’autorité
hiérarchique du Gouvernement en sont autant d’exemples.
La conception française de la séparation des pouvoirs
En outre, la théorie de la séparation des pouvoirs a pris, en France, une
signification particulière, que le Conseil constitutionnel a qualifiée, dans
une décision du 23 janvier 1987, de "conception française de la
séparation des pouvoirs". Celle-ci se distingue de la théorie classique,
puisqu’elle trouve son origine dans les lois des 16 et 24 août 1790 et le
décret du 16 fructidor an III (2 septembre 1795) qui interdisent aux
tribunaux de l’ordre judiciaire de connaître des litiges intéressant
l’administration. Par ces textes, le pouvoir législatif et le pouvoir
exécutif ont été soustraits au contrôle des juridictions judiciaires,
au motif que celles-ci ne disposaient pas d’une légitimité suffisante pour
juger des actes émanant d’autorités procédant du suffrage universel et
agissant au nom de l’intérêt général. L’institution d’une juridiction
administrative à compter de l’an VIII (1799) devait partiellement
modifier cette situation : depuis cette date, les actes de l’administration
ont pu être contestés, mais devant une juridiction, distincte de l’autorité
judiciaire. Au sommet de l’ordre administratif se trouve le Conseil d’État,
créé en 1799, qui outre ses fonctions juridictionnelles exerce un rôle de
conseil du Gouvernement.
La « conception française de la séparation des pouvoirs » est donc
aujourd’hui associée à l’existence d’une dualité de juridictions dans
notre système institutionnel.
Intro :
Problématique :
Comment la liberté politique est elle
conditionné par la séparation des pouvoirs et
la démocratie ?
Def liberté politique
Plan :
I)L'origine de la séparation des pouvoir
A)Quels auteurs ont montré que la séparation des
pouvoirs était nécessaire à la liberté ?(théorie
Locke/Montesquieu)
B) Quel lien y a t-il entre la séparation des pouvoirs
et la déclaration des Droits de l'Homme et du
Citoyen
II)la séparation des pouvoirs dans différents
Etats
A)Comment s'organise la séparation des pouvoirs en
France ?
B)Comment la séparation des pouvoirs est-elle
organisée dans d'autres Etats ?(Amérique)
III)La démocratie et la séparation des pouvoirs
A)La liberté politique est-elle possible dans une
dictature ?
B)La démocratie garantit-elle pour autant toujours la
liberté ?
Conclu :
Résumé... Réponse problématique...
libertés indiv/politique
A)Comment s'organise la séparation des pouvoirs en
France ?
La France a adopté une solution intermédiaire entre séparation stricte et
souple des pouvoirs : le Président est élu, comme aux États-Unis, mais
il peut aussi dissoudre l'Assemblée nationale. Il a donc beaucoup de
pouvoirs.
sa propre conception de la séparation des pouvoirs, fondée sur la
limitation des attributions de l’autorité judiciaire à l’égard de la
puissance publique.
la théorie de la séparation des pouvoirs a pris, en France, une
signification particulière, que le Conseil constitutionnel a qualifiée, dans
une décision du 23 janvier 1987, de "conception française de la
séparation des pouvoirs". Celle-ci se distingue de la théorie classique,
puisqu’elle trouve son origine dans les lois des 16 et 24 août 1790 et le
décret du 16 fructidor an III (2 septembre 1795) qui interdisent aux
tribunaux de l’ordre judiciaire de connaître des litiges intéressant
l’administration.
Par ces textes, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif ont été
soustraits au contrôle des juridictions judiciaires, au motif que
celles-ci ne disposaient pas d’une légitimité suffisante pour juger des
actes émanant d’autorités procédant du suffrage universel et agissant
au nom de l’intérêt général.
Depuis, l’institution d’une juridiction administrative à compter de
l’an VIII (1799) les actes de l’administration ont pu être contestés, mais
devant une juridiction, distincte de l’autorité judiciaire.
Au sommet de l’ordre administratif se trouve le Conseil d’État, créé en
1799, qui outre ses fonctions juridictionnelles exerce un rôle de conseil
du Gouvernement.
La « conception française de la séparation des pouvoirs » est donc
aujourd’hui associée à l’existence d’une dualité de juridictions dans
notre système institutionnel.
B)Comment la séparation des pouvoirs est-elle organisée dans d'autres
Etats ?(Amérique)
*Il existe différentes façons de séparer les pouvoirs. Les États-Unis ont
adopté une séparation dite rigide (ou stricte) des pouvoirs. Le
Président et le Congrès sont élus, et aucun des deux ne peut
remettre l'autre en cause pour des raisons politiques. Le Royaume-
Uni a, lui, fait le choix d'une séparation souple : le gouvernement
n'est pas élu mais est issu de la majorité au parlement. En cas de
désaccord, le parlement peut renverser le gouvernement et le
gouvernement demander la dissolution du parlement.