Pour accomplir le processus de leur vie végétative, les plantes ont besoin d'eau, de
près de vingt éléments nutritifs qu'elles trouvent sous forme minérale dans le sol, de
dioxyde de carbone (CO2) apporté par l'air, et d'énergie solaire nécessaire à
la synthèse chlorophyllienne.
Puis, avec l'avènement de l'industrie chimique, charbonnière et pétrolière
au XIXe siècle, sont apparues des formes chimiques de plus en plus « pures » des
éléments de base (NPK). Ces engrais chimiques, en dépit de leurs effets immédiats
sur la croissance, n'ont pas toujours été facilement acceptés : par exemple, en 1858,
dans le nord de la France, la presse locale rapportait qu'à l’approche des
semailles « les agriculteurs sont harcelés par des marchands d’engrais qui
prétendent que leurs concentrés chimiques sont plus efficaces que le fumier. La
Société impériale d’agriculture, qui a effectué des essais, met en garde contre ces
engrais concentrés, qui ne sauraient selon elle remplacer le fumier »4.
Les engrais doivent apporter, en justes proportions :
des éléments de base, aussi appelés
macronutriments, azote (N), phosphore (P), potassium (K) ; on parle des :
engrais ternaires de type NPK si les trois sont associés,
engrais binaires NP, NK ou PK,
engrais simples s'ils sont constitués d'un seul de ces éléments
N ou P ou K ;
des éléments secondaires, calcium (Ca), soufre (S), magnésium (Mg) ;
des oligo-éléments, tels que le fer (Fe), le manganèse (Mn),
le molybdène (Mo), le cuivre (Cu), le bore (B), le zinc (Zn), le chlore (Cl),
le sodium (Na), le cobalt (Co), le vanadium (V) et le silicium (Si).
Ces éléments secondaires se trouvent habituellement en quantité suffisante dans le
sol, et ne devraient être ajoutés qu'en cas de carence, la plupart devenant toxiques,
à faible dose, au-delà d'un seuil variant selon les éléments, certaines synergies entre
éléments, et selon le pH du sol.
Les plantes ont besoin de quantités relativement importantes des éléments de base,
les macro-éléments. L'azote, le phosphore et le potassium sont donc les éléments
qu'il faut ajouter le plus souvent aux sols pauvres ou épuisés par l'agriculture
intensive. Ces ressources sont consommées par les plantes et ne se reconstituent
pas entièrement par la jachère.
L’azote (N) contribue au développement végétatif de toutes les parties
aériennes de la plante. Il est profitable à la plantation, au printemps, lors
de la pousse de la végétation, et aux légumes feuillus, à condition de le
distribuer sans excès car cela se ferait au détriment du développement
des fleurs, des fruits (alimentation humaine) ou des bulbes, l'azote permet
à la plante de fabriquer en quantité et en vitesse accrue les acides
nucléiques, aminées ainsi que la synthèse des protéines et de la
chlorophylle pour permettre à la plante une croissance plus
rapide[réf. nécessaire]. On trouve de l'azote dans le sang séché, dans les tontes
de gazon ou dans le purin d'orties. Sous forme chimique (ion NO3-
dit « nitrate »), il est particulièrement soluble dans l'eau et utilisé en excès
il est à l'origine de la pollution azotée.
Le phosphore (P) renforce la résistance des plantes et contribue au
développement des racines. Le phosphore est extrait principalement
des roches phosphatées, on le trouve également dans la poudre d'os ou
dans les fientes. Utilisé en excès, il est un facteur d'eutrophisation de l'eau.
Les engrais phosphatés chimiques contiennent une multitude d'éléments
minéraux secondaires et d'oligo-éléments dont de petites quantités
d'uranium (radionucléide) et de cadmium (métal lourd).
Le potassium (K) contribue à favoriser la floraison et le développement des
fruits. Le potassium se trouve dans la cendre de bois, qui peut par ailleurs
contenir des métaux lourds, ou des radionucléides dans certaines régions.
La chaux calcique est un amendement agricole et une source de calcium. La
chaux dolomitique fournit du calcium et du magnésium. Le soufre est généralement
présent en quantité suffisante dans le sol.