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Géographie 3e

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REPUBLIQUE DU TCHAD

Unité - Travail – Progrès


MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE
ET DE LA PROMOTION CIVIQUE

I TE
R D
E
INT
T E
N
VE

Manuel de l’élève

Edition : 2016
Collection : Ecole et savoirs
SOMMAIRE
Pages
Avant-propos…………………………………………………………………………… i
Equipe éditoriale ………………………………………………………………………. ii
Objectifs et contenus…………………………………………………………………... iii
Indications pédagogiques ……………………………………………………………… iv
Progression annuelle des enseignements/apprentissages ……………………………… v
LES LECONS
PALIER 1……………………………………………………………………………… 02
1. LE TCHAD (1) : Présentation physique (relief, hydrographie)……………………. 03
2. LE TCHAD (2) : Présentation physique (climat, sols et végétation)………………. 12
3. LE TCHAD (3) : Peuplement……………………………………………………… 21
4. LE TCHAD (4) : Population (diversités et évolution)……………………………... 25

PREMIERE SEMAINE D’INTEGRATION……………………………………... 32


PALIER 2……………………………………………………………………………… 35
5. LE TCHAD (5) : Agriculture (cultures vivrières, atouts, difficultés)……………… 36
6. LE TCHAD (6) : Agriculture (cultures commerciales, atouts, difficultés)………… 45
7. LE TCHAD (7) : Elevage (essor, contraintes).……….……………………………. 54
8. LE TCHAD (8) : Pêche……………………………………………………………. 65

DEUXIEME SEMAINE D’INTEGRATION……………………………………… 70


PALIER 3……………………………………………………………………………… 73
9. LE TCHAD (9) : Ressources naturelles (localisation et exploitation)……………... 74
10. LE TCHAD (10) : Industries (diversités et contraintes)…………………………… 84
11. LE TCHAD (11) : Transport et communication…………………………………… 92
12. LE TCHAD (12) : Commerce, tourisme et artisanat………………………………. 102

TROISIEME SEMAINE D’INTEGRATION…………………………………….. 111


PALIER 4……………………………………………………………………………… 114
13. LE TCHAD (13) : Problèmes de développement …………………………………. 115
14. L’AFRIQUE (1) : Les grands traits physiques (relief, hydrographie)…………….. 120
15. L’AFRIQUE (2) : Les grands traits physiques (climats, sols et végétation)………. 130

QUATRIEME SEMAINE D’INTEGRATION…………………………………… 137


PALIER 5……………………………………………………………………………… 140
16. L’AFRIQUE (3) : La population africaine (diversité, évolution)………………….. 141
17. L’AFRIQUE (4) : L’urbanisation (développement des villes et exode rural)……... 147
18. L’AFRIQUE (5) : L’industrialisation (conditions et problèmes)………………….. 154

CINQUIEME SEMAINE D’INTEGRATION…………………………………… 159


Crédits iconographiques……………………………………………………………… 162
i

Avant-propos

Ce manuel de géographie destiné aux élèves de la classe de troisième (3ème) de l’enseignement


moyen au Tchad a été élaboré grâce à l’appui financier du gouvernement Tchadien à travers la
subvention de l’Etat 2014 accordée au Centre National des Curricula (CNC) dans le cadre de
l’accomplissement de ses missions définies par la Loi n° 20/PR/PM/2002 du 13 décembre
2002, le créant.

La relecture, la révision et la publication du présent manuel ont été rendues possibles grâce à
la Coopération Tchad-Banque Islamique de Développement à travers la mise en œuvre du
Projet de Développement de l’Enseignement Bilingue (PRODEB II).
ii
Equipe éditoriale

Ce manuel de géographie destiné aux élèves de la classe de troisième (3ème) de l’enseignement


moyen au Tchad a été réalisé par une commission technique spécialisée composée des
chercheurs du Centre National des Curricula (CNC) et des personnes ressources, ci-dessous :

Conception
Mme - RONELMBADJE TABITHA, Inspectrice de l’Enseignement Primaire,
chercheur au CNC.
MM - MADJADOUM Gon Ka-NINGUEYO, Docteur en Géographie, Enseignant chercheur
à l’Ecole Normale Supérieure de N’Djaména, personne-ressource.
- IBRAHIM YOUSSOUF ABOULBACHIR, Docteur en Sciences de l’Education,
chercheur au CNC
- RATNA GADOUM, Doctorant en Analyse Spatiale, Enseignant chercheur à l’Université
de N’Djaména.
- PAHIMI GUELVA, Doctorant en Sciences de l’Education, chercheur au CNC.
- NDJERASSEMBAYE DJIMTOIDE, Titulaire de Maîtrise en Géographie, chercheur au
CNC.

Illustration et édition
MM - ADOUM GOUDJA KODNGARGUE, Chef de Division de l’Iconographie, CNC ;
- MOULDESSOU DJACKNA, Chef de Division de la Planification et des Coûts des
Opérations, CNC.
- ABDERAZACK HAROUNE, Chef de Division PAO, CNC.
Avec la collaboration de :
MM. – BANANEH EHNENKI, Assistant en Géographie, Directeur des Etudes de l’Ecole
Normale Supérieure de N’Djaména, personne ressource,
- IBRAHIM HAMIT MAHAMAT, Professeur certifié en économie, chercheur au CNC.
- MAHAMAT AL-BOUKHARY OUMAR, Inspecteur Principal de l’Enseignement
Primaire, personne ressource.

Coordination :

Supervision :
DEWA GOLOUM, Chef de Département des Curricula et Appuis Pédagogiques, CNC

Sous la direction de :
Dr ABOUBAKAR ALI KORE, Directeur Général du Centre National des Curricula
iii
Objectifs généraux
L’enseignement de la Géographie au Cycle Moyen doit permettre à l’apprenant
d’être capable de :
- utiliser correctement les notions élémentaires de Géographie ;
- reproduire des schémas, des croquis, des graphiques ;
- lire une carte, localiser un point ou un phénomène ;
- identifier un phénomène géographique : ses causes, ses conséquences ;
- résoudre un problème géographique par l’observation, la description, l’interprétation et
l’explication ;
- utiliser correctement les notions de géographie acquises ;
- interpréter les graphiques, les cartes relatifs à des paysages ou des phénomènes ;
- manipuler les techniques et outils géographiques ;
- rechercher personnellement les informations d’ordre géographique ;
- utiliser ses connaissances en géographie physique, économique et humaine pour expliquer
les relations entre les hommes et leurs milieux de vie.

Objectifs spécifiques
L’Enseignement de la géographie en troisième doit permettre à l’apprenant de :
- utiliser les connaissances générales sur le milieu physique du Tchad ;
- expliquer les relations entre les hommes et ce milieu ;
- présenter les problèmes liés au développement économique du Tchad ;
- décrire les aspects physiques, humains, économiques de l’Afrique ;
- identifier les problèmes de développement du continent africain.

Contenu
A. Le Tchad
- Présentation physique : relief, hydrographie ;
- Présentation physique : climat, sols et végétation ;
- Peuplement ;
- Population : diversité et évolution ;
- Agriculture : cultures vivrières, atouts, difficultés ;
- Agriculture : cultures commerciales, atouts, difficultés ;
- Elevage : essor, contraintes ;
- Pêche : essor, contraintes ;
- Ressources naturelles : localisation et exploitation ;
- Industries : diversité et contraintes ;
- Transport et communication ;
- Commerce, tourisme et artisanat ;
- Problèmes de développement du Tchad.

B. L’Afrique
- Les grands traits physiques ;
- La population africaine : diversité, évolution ;
- L’industrialisation : conditions et problèmes ;
- L’urbanisation : développement des villes et exode rural.
iv
INDICATIONS PEDAGOGIQUES

Ce manuel de géographie destiné aux élèves de la classe de troisième (3ème) de


l’Enseignement Moyen au Tchad s’appuie entièrement sur le curriculum qui prend en compte
les orientations des programmes réactualisés de l’Enseignement Moyen fixés par arrêté n°
250/PR/PM/MEN/CNC/2008 du 09 Septembre 2008.

Le manuel contient 18 leçons. Chaque leçon est structurée de la manière suivante :

- Titre de la leçon : qui précise le sous-thème à développer ;

- Objectifs pédagogiques : ce que l’apprenant est censé acquérir à la fin de la leçon ;

- Stratégies : la manière d’acquérir les savoirs et savoir-faire ;

- Contenus : l’ensemble des notions essentielles à acquérir ;

- Evaluation : la vérification de ce que l’apprenant a acquis au regard des objectifs


fixés ;
- Résumé : les notions essentielles à retenir ;

- Lexique : une définition des mots difficiles ;

- Exercices pratiques : exercices proposés à la fin de chaque leçon permettant à l’élève


d’utiliser ses acquis, le préparant ainsi à la résolution des situations d’intégration.

La progression annuelle des enseignements/apprentissages en géographie est organisée en


paliers. Chaque palier compte 3 ou 4 thèmes sur lesquels porteront les semaines
d’enseignement/apprentissage.

A la fin de chaque palier, une proposition de situations d’intégration est faite.

- Semaine d’intégration : c’est une période pendant laquelle l’enseignant entraîne les
élèves à la résolution des deux « exercices » proposés à la fin de chaque palier, appelés
situations d’intégration, qui revêtent un caractère d’apprentissage, et les soumet à une
évaluation formative portant sur une autre situation d’intégration se trouvant dans le guide
du professeur.

Le manuel n’est qu’un support. Le savoir-faire de l’enseignant aidera à mieux comprendre la


géographie.
v

PROGRESSION ANNUELLE DES ENSEIGNEMENTS/APPRENTISSAGES DE


GEOGRAPHIE EN 3ème

PALIER 1 PALIER 2 PALIER 3 PALIER 4 PALIER 5


Semaine 1-6 Semaine 7-12 Semaine 13-18 Semaine 19-24 Semaine 25-30
Le Tchad : Le Tchad : Le Tchad : Le Tchad : L’Afrique :

- Présentation - Agriculture - Ressources - Problèmes de - La population


physique (relief, (cultures naturelles développement. africaine (diversité,
hydrographie) ; vivrières, atouts, (localisation et évolution) ;
difficultés) ; exploitation) ; L’Afrique :
- Présentation - L’urbanisation
physique (climat, - Agriculture - Industries - Les grands (développement des
sols et (cultures (diversité et traits physiques villes et exode rural) ;
végétation) ; commerciales, contraintes) ; (relief,
atouts, hydrographie) ; - L’industrialisation
- Peuplement ; difficultés) ; - Transport et (conditions et
communication ; - Les grands problèmes).
- Population - Elevage(essor, traits physiques
(diversité et contraintes) ; - Commerce, (climats,
évolution). tourisme et végétation et
- la pêche artisanat ; faune).
(essor,
contraintes).

Semaine Semaine Semaine Semaine Semaine d’intégration


d’intégration d’intégration d’intégration d’intégration
LES LEÇONS

Manuel de Géographie 3ème. Page |1


PALIER 1 :

LE TCHAD

1. LE TCHAD (1): Aspects physiques (relief, hydrographie)


2. LE TCHAD (2) : Aspects physiques (climat, sols et végétation)
3. LE TCHAD (3) : Peuplement
4. LE TCHAD (4) : Population (diversité et évolutions)

Manuel de Géographie 3ème. Page |2


1 Le Tchad (1) :
Aspects physiques (le relief et l’hydrographie)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer sur une carte du continent africain, le Tchad ;
- décrire le relief du Tchad ;
- décrire le réseau hydrographique du Tchad ;
- expliquer le lien entre le relief et l’hydrographie au Tchad.

STRATEGIES
Observons la carte physique du Tchad et identifions les différents types de relief et l’hydrogra-
phie.
Décrivons le relief du Tchad.
Décrivons les différents cours d’eau et lacs du Tchad.

CONTENU

1. Présentation du Tchad
Pays continental, le Tchad est situé entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e
degrés de longitude Est. Il s’étend sur 1 700 km du Nord au Sud et sur 1 000 km de l’Est à
l’Ouest. Il est le trait d’union entre le Maghreb et l’Afrique Centrale. Couvrant 1 284 000 km2,
le Tchad occupe le 5è rang des pays les plus vastes d’Afrique après l’Algérie, la République
Démocratique du Congo, le Soudan et la Libye. Il partage des frontières communes avec la
Libye au Nord ; la République Centrafricaine (RCA) au Sud ; le Soudan à l’Est ; le Cameroun,
le Niger et le Nigeria à l’Ouest. Sur ce vaste pays d’Afrique subsaharienne vit une population
de 11 039 873 habitants (INSEED, 2014). Il comprend de nos jours, 23 régions administratives,
67 départements, 260 sous-préfectures et les 10 arrondissements de la ville de N’Djaména, se-
lon l’Ordonnance n° 027/PR/2012 du 04 septembre 2012.

De par sa position géographique, au Sud du Tropique du Cancer et au cœur du continent afri-


cain, le Tchad dispose des potentialités pour son développement économique : le potentiel hu-
main, agro-pastoral, minier, artisanal et touristique... Cependant le pays est marqué par une
continentalité avérée dont le marasme économique est l’une des conséquences. Il est un pays
doublement enclavé, de l’intérieur comme de l’extérieur. A l’intérieur, les infrastructures de
communication sont insuffisamment développées et ne permettent pas l’accès à certaines ré-
gions. Au niveau extérieur, le Tchad n’a aucun débouché sur la mer. Le port Harcourt au Nige-
ria, est le port le plus proche se trouvant à 1 700 km de N’Djaména, la capitale.

Manuel de Géographie 3ème. Page |3


Figure 1:Division administrative du Tchad

Manuel de Géographie 3ème. Page |4


2. Aspects Physiques
Le Tchad présente un relief contrasté comprenant des montagnes, des plateaux, des plaines et
des dépressions. Ce relief présente une cuvette dont le point le plus bas se trouve dans la dé-
pression du Djourab avec une altitude moyenne de 160 m. Cette cuvette a des bordures suréle-
vées par les massifs du Tibesti au Nord, de l’Ennedi au Nord-est, du Ouaddaï à l’Est, des pla-
teaux du Bauchi (Nigeria) et de l’Aïr (Niger) à l’Ouest, ceux de l’Oubangui (RCA) ainsi que
les Monts Mandara et par les Monts de Lam au Sud et au Sud-ouest. Le relief du Tchad lui
confère un réseau hydrographique d’une grande richesse donnant lieu à des lacs, des cours d’eau
permanents et temporaires irriguant la bonne partie du pays.

Figure 2: Carte du relief et de l’hydrographie (Atlas de l’Afrique : Tchad, éd. du Jaguar 2012)

2.1 Le relief

En observant la carte orographique (du relief) du Tchad, il ressort que ce pays continental est
marqué par quatre principales formes, à savoir : les montagnes, les plateaux, les plaines et les
dépressions. Les traits du relief s’ordonnent de manière irrégulière sur le territoire national.

Manuel de Géographie 3ème. Page |5


2.1.1 Les montagnes

Les hautes montagnes se situent dans les massifs du Tibesti, de l’Ennedi, du Ouaddaï géogra-
phique, du Guéra et des Monts de Lam. Le massif du Tibesti est un massif montagneux du
Sahara central, situé principalement à l'extrême Nord du Tchad, avec une petite extension dans
le Sud de la Libye. Son point culminant, l'Emi Koussi (3 414 mètres d'altitude) se trouve à son
extrémité méridionale. Il est à la fois le plus haut sommet du Tchad et du Sahara. Le tiers du
massif est d'origine volcanique et se compose notamment de cinq (5) volcans, boucliers ma-
jeurs, surmontés de larges cal-
deiras : l'Emi-Koussi, le Tarso
Toon (2 575 mètres), le Tarso-
Voon (2 845 mètres), le Tar-
soYega (2 972 mètres) et le Pic
Toussidé (3 315 mètres). Le Pic
Toussidé est un volcan actif. Il
domine à plus de 1 000 mètres
d'altitude, la caldeira de huit kilo-
mètres de diamètre et de
768 mètres de profondeur au ni-
veau du Trou au Natron.

Photo 1 : Emi-koussi
En bordure de ce massif, les régions désertiques du Borkou et de l’Ennedi présentent un relief
en marches d’escalier avec un point culminant, l’Ennedi à 1 450 mètres d’altitude. Les massifs
montagneux s’observent également dans le Ouaddaï géographique avec des altitudes élevées
aux monts Kapka (1 200 mètres) et Maraone (1 320 mètres).

Le massif du Guéra appelé autrefois massif central tchadien présente des points culminants dont
les plus élevés sont le mont Abtouyour avec une altitude de 1 613 mètres, la chaîne d’Aboutel-
fane (1 506 mètres) où s’observe la « Reine du Guéra », le mont Guédi et le mont Kadam dont
les sommets ne dépassent guère 985 mètres.

Au Sud du pays, le plus haut sommet se trouve dans les Monts de Lam à 1163 mètres d’altitude
à Baïbokoum.

Photo 2 : Massif du Ouaddaï Photo 3 : Abtouyour dans le Guéra

Manuel de Géographie 3ème. Page |6


2.1.2 Les plateaux

Au Tchad, les plateaux, vastes surfaces plus ou moins plates dominant souvent des plaines,
s’observent principalement à l’Est, au centre et au Sud. A l’Est, ce sont les plateaux gréseux de
l’Ennedi et de l’Erdi séparés par la dépression de Mourdi ; leurs sommets varient entre 500 et
1 500 mètres. Au centre, le plateau granitique de moindre importance d’Hadjer Lamis où se
distingue le « rocher éléphant », surplombe la plaine environnante donnant lieu à un inselberg
« montagne –île » . Au Sud du pays, des plateaux granitiques dont les hauteurs varient entre
500 et 800 mètres d’altitude s’observent dans les régions du Mayo-Kebbi (à Fianga, à Pala et
à Léré), du Moyen Chari (les Monts Niellim) et de la Tandjilé-Est (Koro).

Photo 4 : Mont Illi (Fianga Photo 5: Hadjer Lamis)

2.1.3 Les plaines et dépressions

Les plaines sont généralement des cuvettes remblayées par des dépôts fluviatiles (déposés par
les eaux des fleuves), dunaires ou marécageuses. Elles occupent la grande partie de l’intérieur
du pays. Ce sont les plaines exondées et inondées du Chari, du Logone et du Salamat. Les
plaines du bas-Chari et du bas-Logone s’abaissent doucement jusqu’au Lac Tchad. Puis vient
le relief peu contrasté du Kanem, de l’Eguey et la dépression du Bodélé dans le Djourab résul-
tant de la présence des ergs donnant l’aspect d’un paysage onduleux (une alternance de dunes
et de dépressions).

Photo 6: Plaine du Salamat

Manuel de Géographie 3ème. Page |7


2.2 L’hydrographie
De par sa situation latitudinale et son étalement sur différentes zones climatiques, le Tchad
présente une hydrographie composée de lacs, de cours d’eau permanents, de cours d’eau inter-
mittents (oued ou enneri) et des eaux souterraines.

2.2.1 Les Lacs


L’observation de la carte hydrographique du Tchad permet d’identifier une dizaines de lacs
endoréiques.
- Le Lac Tchad fut l’un des grands lacs d’Afrique après les lacs Victoria, Tanganyika et Nyassa.
Il couvrait un secteur de plus de 25 000 km2 en 1963. Il est de nos jours un lac peu étendu avec
une superficie de moins de 1 500 km2 et une profondeur n’excédant pas 4 mètres. Les eaux du
lac Tchad sont douces, ce qui est rare pour un lac endoréique, c'est-à-dire dont les eaux ne se
jettent pas dans un océan. Le bassin hydrographique du lac Tchad est théoriquement de
2 380 000 km2, couvrant 7,8 % du continent, mais le bassin actif n'est en fait que de
967 000 km2. Le principal apport en eau pour 90 %, vient du fleuve Chari et de son affluent
Logone. Le Komadougou Yobé (Nigeria), El-Beïd (Niger), ne participent que pour 5 % aux
eaux du lac, tandis que le reste (5 %) provient des autres petites rivières.

Le rôle économique du Lac Tchad est très important, car il doit fournir l'eau à plus de 20 mil-
lions de personnes des quatre pays limitrophes : le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.

Photo 7 : Lac Tchad

Outre le Lac Tchad, plusieurs autres lacs parsèment le pays notamment :


- les lacs d’Ounianga (Ounianga Kabir et Ounianga Saker) qui sont salés. Ils sont exclusi-
vement alimentés par des eaux souterraines.

Photo 8 : Lac d’Ounianga Saker Photo 9 : Lac d’Ounianga Kabîr

Manuel de Géographie 3ème. Page |8


- quatre petits lacs jalonnent la vallée du Mayo-Kebbi : le Lac Tikem (15 km²), le Lac Fianga
(30 km²), le Lac Léré (42 km²) et le Lac Tréné (12 km²). Ces lacs sont des reliques de
l’ancienne mer paléotchadienne qui communiquaient avec l’Océan Atlantique par l’inter-
médiaire de la Bénoué ;
- le Lac Iro (200 km²), dans le Moyen Chari ;
- le Lac Wey, à l’Ouest de Moundou dans le Logone Occidental ;
- le Lac Fitri (420 km² et 1 200 km² en période des crues), reste de l’extension de l’ancienne
mer paléotchadienne à l’époque du quaternaire, est alimenté par les eaux du Batha. Sa su-
perficie varie d’une année à l’autre.

2.2.2 Les cours d’eau permanents


Le réseau hydrographique permanent est composé du Chari et du Logone qui sont les fleuves
les plus importants du pays.
- Le Chari, long de 1 200 Km, draine un bassin versant d’environ 472 960 km². Grossi par le
Logone à la confluence de N’Djaména, il
a un débit de 1 080 m3/seconde. Il prend
sa source à partir de trois branches mères
que sont l’Ouham, le Bamingui et le Gri-
bingui, issues des monts Yadé en RCA. Il
est alimenté par les eaux de pluies et par
ses affluents : les bahrs Aouk, Keita et Sa-
lamat sur la rive droite et les bahrs Kôh,
Sara et le Mandoul sur la rive gauche.
Photo 10 : Le Chari à Sarh
Au-delà de Niellim, le Chari ne reçoit plus aucun affluent important. En revanche, son cours se
divise et donne naissance à un défluent : le Bahr Erguig dont le lit est de nos jours ensablé. A
l’Est, à une trentaine de kilomètres de N’Djaména, coule un autre défluent, le Barh Ligna.

- Le Logone, long de 1 000 km, a un bassin versant de 77 650 km² avec un débit faible de 16
à 20 m3/seconde au niveau du haut Logone. Il est constitué de deux branches principales, la
Vina et la Mbéré qui prennent leur source sur le plateau de l’Adamaoua au Cameroun. Il
reçoit la Lim et la Pendé dont leur source se trouve en RCA dans les Monts Yadé.

Photo 11 : Le Logone en crue à Djoumane

Manuel de Géographie 3ème. Page |9


- La Tandjilé est le seul affluent de la rive gauche du Logone. Le Logone ne reçoit plus aucun
apport jusqu’à N’Djaména où il rejoint le Chari. En aval de Laï, il se divise et déverse ses
eaux de crue dans les plaines inondables. Sur sa rive droite, le Logone déverse ses eaux
dans le Bâ-Ili au Nord, tandis que sur sa rive gauche, une grande partie des eaux se déverse
dans le Mayo-Kebbi à partir des dépressions de Eré.

Les deux fleuves (Chari et Logone) forment un confluent à N’Djaména et cheminent ensemble
sur près de 125 km pour se jeter dans le Lac Tchad.

2.2.3 Les cours d’eau intermittents


Les cours d’eau intermittents sont localisés pour la plupart dans le centre et le Nord du pays. Ils
sont entre autres : des ouadi (oued) et des enneri qui ont des écoulements très brefs. Parmi ces
ouadi on peut citer le Batha issu du massif du Ouaddaï et qui se jette dans le Lac Fitri. Sa
longueur est d’environ 500 km ; le Bahr-El-Ghazal (Soro), défluent du Lac Tchad, alimentait
entre temps le Djourab mais de nos jours, avec l’avancée du désert, il se trouve avec un lit
ensablé empêchant la remontée des eaux. Toutefois, les eaux souterraines sont abondantes dans
cette zone désertique.

2.2.4 Les eaux souterraines


Le Tchad possède de vastes régions constituées de formations sédimentaires (sables, grès), ser-
vant de sièges d’aquifères continus. Les potentialités en eau souterraine du pays se situent dans
une fourchette de 400 à 750 milliards de m3 et celles des ressources en eau exploitable entre
260 et 544 milliards de m3.

ÉVALUATION
Quelle position le Tchad occupe-t-il dans le continent africain ? Donnes-en les coordonnées
géographiques.
Quelles sont les différentes formes de relief du Tchad ?
Où se situent l’altitude la plus élevée et le point le plus bas au Tchad ?
Quels sont les principaux cours d’eau et lacs du Tchad ?
Quelle relation existe entre le relief et l’hydrographie du Tchad ?

RESUME
Le Tchad, situé entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e degrés de longitude
Est, couvre une superficie de 1 284 000 km². Il s’étend sur 1 700 km du Nord au Sud et sur
1 000 km de l’Est à l’Ouest.
Le Tchad est une immense cuvette dont les bordures sont surélevées des massifs montagneux
et des plateaux. Des cours d’eau sillonnent l’intérieur de cette cuvette et se jettent dans des
lacs. Le relief du Tchad est contrasté. Il comprend des montagnes, des plateaux, des plaines
et des dépressions. Les principales hautes montagnes se situent dans les massifs du Tibesti
(l'Emi Koussi à 3 415 mètres), dans l’Ennedi (1 450 m), dans le Ouaddaï géographique
(Maraone 1 320 m), dans le Guéra (Abtouyour à 1 613 m), et dans les Monts de Lam (1 163
mètres).

Manuel de Géographie 3ème. Page | 10


Les plateaux s’observent principalement à l’Est (l’Ennedi et l’Erdi), au Centre (Hadjer La-
mis) et au Sud (Fianga, Pala, Niellim, Koro…).
Le Tchad présente des plaines exondées et inondées qui sont celles du bas-Chari et du bas-
Logone qui s’abaissent doucement jusqu’au Lac Tchad. Puis vient le relief peu contrasté du
Kanem, de l’Eguey et la dépression de Bodélé dans le Djourab (altitude moyenne de 160 m).
Le Tchad présente une hydrographie composée des lacs (Lac Tchad, Lac Iro, Lacs d’Ou-
nianga…), de cours d’eau permanents (Chari et Logone), de cours d’eau intermittents
(oued ou enneri) et des eaux souterraines (400 à 750 milliards de mètres cubes).

LEXIQUE
Boucliers majeurs : vastes surfaces de terrains très anciens de l’ère précambrienne.
Caldeiras : dépressions de grandes dimensions et de forme circulaire, qui résultent de l'effon-
drement de la partie centrale d'un volcan.
Baïbokoum : nom donné au chef-lieu du département de la Nya Pendé provenant de la défor-
mation du groupe de mots mbay mboko kone qui veut dire en Mboum, « un chef au pied de la
montagne ».
Oued ou enneri : ce sont des cours d’eau des régions sèches qui gonflent dès que survient un
orage et disparaissent très vite à cause de la forte évaporation et de l'infiltration.
Défluent : bras d’un cours d’eau alimenté par le déversement des eaux d’un fleuve en période
de crue.
Affluent : cours d’eau qui se jette dans un fleuve et l’alimente par ses eaux.

EXERCICES PRATIQUES
1. Réalise la carte hydrographique du Tchad.
2. Dis pourquoi le Chari et le Logone convergent vers le Lac Tchad.
3 Pourquoi le Lac Tchad ne se trouve-t-il pas là où il y a le point le plus bas du pays.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 11


2 Le Tchad (2) :
Aspects physiques (climat, sols et végétation)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- distinguer les différentes masses d’air qui règnent sur le Tchad ;
- délimiter les différentes zones climatiques et végétales du Tchad ;
- décrire les aspects bioclimatiques du Tchad ;
- identifier les types de climat, de végétation et de sols du Tchad.

STRATEGIES
Observons la carte bioclimatique et identifions les différents types de climat et de végétation
du Tchad.
Décrivons la carte bioclimatique et pédologique du Tchad.
Identifions les différents types de formations végétales et pédologiques au Tchad.

CONTENU
1. Aspects Physiques
Le Tchad, compris entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e degrés de longitude
Est, permet de distinguer différentes zones climatiques, des domaines végétaux et des types de
sols qui s’accommodent étroitement.

1.1 Le Climat
Le climat au Tchad est sous l’influence de l’an-
ticyclone des Açores et de l’anticyclone de
Sainte-Hélène. C’est un climat chaud où l’am-
plitude thermique est forte toute l’année (supé-
rieure à 10° C).

1.1.1 Les masses d’air


Pendant la saison sèche, l’anticyclone des
Açores qui s’étend sur la Libye et le Sahara en-
voie sur le Tchad le flux de l’alizé boréal (har-
mattan) qui se dirige du Nord-est vers le Sud-
ouest. Ce vent chaud et sec atteint le Sud et
toute la Cuvette Tchadienne.

Figure 3 : Carte des zones climatiques

Manuel de Géographie 3ème. Page | 12


A la fin de la saison sèche au contraire, l’air maritime humide et chaud en provenance de Sainte
Hélène (anticyclone de Sainte Hélène) dans le Golfe de Guinée souffle dans la direction Sud-
ouest Nord-est, fournit le flux de l’alizé austral (mousson). Cette masse d’air chaud et humide,
en franchissant l’équateur est déviée vers le Nord-est avant de parvenir au Tchad.

La rencontre de ces deux flux d’anticyclone forme un Front de Convergence Intertropicale


(CIT) ou Zone de Convergence Intertropicale (ZIT). Les oscillations de la zone de convergence
intertropicale ou du Front Intertropical (FIT) est à l’origine de l’implantation de la saison sèche
ou de la saison des pluies au Tchad selon la situation en latitude : on parle de phénomènes de
mousson.

1.1.2 Les différents types de climat au Tchad


Le Tchad est un pays chaud avec trois grands types de climat :
- Le climat désertique
Le climat désertique règne dans le Nord du Tchad constamment balayé par les alizés qui sont à
l’origine des vents de sable. Ces vents de sable ou la brume sèche n’affectent pas seulement la
région mais l’ensemble du Tchad pendant la saison sèche ainsi que certains pays limitrophes
jusqu’au golfe de Guinée et même la forêt Dans cette partie du pays, la température maximale
amazonienne. moyenne est de 30° C dans les parties les plus basses du
massif du Tibesti et de 20° C sur les hauteurs. La tem-
Figure 4: diagramme ombrothermique de Faya
pérature minimale moyenne est de 12° C dans les val-
lées mais seulement de 9° C sur la majorité des plateaux
et peut descendre à 0° C sur les sommets les plus élevés
en hiver. A Bardaï, dans un oued à 1 000 mètres d'alti-
tude au cœur du massif, les températures moyennes va-
rient entre 4,6° C et 23,7° C en hiver, (…) et entre 19,4°
C et 36,7 °C en été. Les records minima peuvent at-
teindre -10° C. A Zouar, la température peut monter à
44° C l'été et passer sous 0° C, voire atteindre -19° C sur
les plateaux à pâturages environnants, en hiver. Ce cli-
mat se caractérise par une pluviométrie de moins de 50
mm de pluies voire nulles pendant plusieurs années de
suite, c’est le cas de la station de Faya.

(Source : DREM)

- Le climat sahélien
Le climat sahélien est chaud. Les vents y sont
assez importants et la température moyenne
est de 27° C. Il concerne les régions du centre
du pays et une partie de l’Ennedi-est, avec
une saison des pluies très courte et une plu-
viométrie comprise entre 100 et 600 mm. Ce
climat connaît une longue saison sèche qui
dure 8 à 9 mois.

Figure 5 : Diagramme ombrothermique de N’Djaména (Source : DREM)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 13


- Le climat soudanien
Le climat soudanien est un climat tropical qui a deux saisons dont une des pluies et une saison
sèche. Les vents y sont également assez importants avec des tourbillons en début de la saison
des pluies et la température moyenne est de 27° C. Il y a deux types de climat soudanien : le
soudanien proprement dit compris entre les isohyètes 800 et 1 000 mm avec une saison sèche
et une saison des pluies qui ont une durée plus ou moins égale selon la situation latitudinale ; le
guinéen, plus humide (entre 1 000 et plus de 1 200 mm de pluies par an), règne à l’extrême Sud
du pays avec 3 à 6 mois de saison sèche.
.

Figure 6 : Diagramme ombrothermique de Sarh (Source : DREM)

Il convient de relever que ce zonage climatique est menacé par l’avancée du désert. Les
isohyètes regressent en latitude. L’isohyète 500 qui était aux latitudes d’Abéché pendant la
période 1951-1975, a reculé de 250 km vers le Sud et est de nos jours, sensiblement aux latitudes
de Mongo-Massénya.

Toutefois entre les trois zones climatiques s’observent des zones de transition : le saharo-
sahélien (entre les climats saharien et sahélien) et le sahélo-soudanien (entre les climats sahélien
et soudanien).

1.2 La végétation

En fonction de sa situation en latitude, le Tchad présente trois zones climatiques du Nord au


Sud (désertique, sahélienne, tropicale) bien distinctes. Malgré la disparité qui puisse exister à
l’intérieur de chaque zone caractérisée par les aléas climatiques, notamment la variabilité de ses
précipitations, six zones bioclimatiques s’observent : la zone saharienne (<100 mm) ; la zone
saharo-sahélienne (100 à 200 mm) ; la zone sahélienne (200 à 600 mm) ; la zone sahélo-souda-
nienne (600 à 800 mm) ; la zone soudanienne (800 à 1 200 mm) et la zone Guinéenne (>1 200
mm).

1.2.1 La zone saharienne


Zone de précipitations rares, le domaine saharien présente des formations végétales très clair-
semées. Toutefois, cette configuration pratiquement zonale est susceptible d’être exceptionnel-
lement modifiée par des conditions locales liées au sol, à l’hydrographie et/ou au relief.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 14


Photo 12 : palmiers dattiers dans le désert Photo 13 : Equisetum ramosissimum (plante vivace du désert)

Entre 1 800 et 2 700 mètres d’altitude, sur les versants, la partie en amont des oueds et des
plateaux se trouve le domaine des formations herbeuses saharo-montagnardes. Sur les pentes
supérieures abritées de l'Emi-Koussi, se trouve également l'espèce herbeuse endémique rase
Eragrostis kohorica, du nom du cratère qui coiffe le volcan. Quelques arbustes rabougris, ponc-
tuent ce milieu.

Au-delà de 2 600 mètres d'altitude se trouve le domaine des formations arbustives naines saha-
riennes. Ces plantes ne dépassent pas un mètre de hauteur et leur taille se situent généralement
entre 20 et 50 centimètres. Enfin, sur les sommets les plus élevés du Tibesti, dans les crevasses
humides formées par les anciennes coulées de lave, se trouve le domaine des formations à Erica
arborea, la bruyère arborescente, dont le substrat est assuré par des mousses. Ces ensembles
sont implantés dans une vaste zone totalement dénudée. Dans les oasis se développent des pal-
meraies de dattiers illustrées par celles de Faya. Dans les zones dunaires, des espèces comme
l’Equisetum ramosissimum s’adaptent.

1.2.2 La zone saharo-sahélienne

Zone de transition entre le domaine saharien et sahélien, la zone saharo-sahélienne présente une
formation végétale charnière steppique herbeuse à acacia et aristida.

1.2.3 La zone sahélienne

Dans le domaine sahélien, les formations steppiques prennent leur extension en présentant deux
ensembles : la steppe arbustive et herbacée à acacia et aristida d’une part et la steppe arborée à
acacia et balanites d’autre part. Cette dernière est plus importante entre les isohyètes 300 et 500
mm. Le paysage change peu à peu avec des arbres de plus en plus petits au Nord de l’axe
N’Djaména-Abéché. Ce sont des épineux (acacia seyal, acacia senegal, acacia nilotica, acacia
albida, balanites aegyptiaca, boscia senegalensis) ou des palmiers (doum, rônier). Dans cette
zone, le tapis vert dominé par des graminées s’installe à chaque saison des pluies. Le calotropus
procera qui est un indicateur de pauvreté de sol prédomine par endroit.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 15


Photo 14 : Paysage sahélien au Tchad (à gauche, calotropus procera ; à droite acacia seyal)

1.2.4 La zone Soudanienne


Le domaine soudanien est celui des savanes et des forêts claires : la strate arborée, plus ou
moins dense, dépasse rarement 15 à 20 mètres de hauteur, avec des espèces dominantes comme
Isoberlinia doka, khaya senegalensis (caïlcédrat), Afzelia africana, Lophila lanceolata, Daniel-
lia oliveri, Parkia biglobosa (néré), Vitellaria paradoxa et des arbustes comme Piliostigma
reticulatum, Combretum nigricans, Parinari curratellifolia. La partie septentrionale est domi-
née par les combrétacées. La strate graminéenne dense renferme surtout des espèces pérennes
comme Andropogon gayanus, Panicum phragmitoides et Hyparrhenia.

Le domaine soudanien couvre les plaines inondables du Salamat et du Chari-Logone. On y


rencontre toutefois des forêts galeries le long des fleuves Chari, Logone et de certains de leurs
affluents ou défluents.

Photo 15: Parkia biglobosa (néré) Photo 16 : Butyrospermum parkii (karité)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 16


1.2.5 La zone guinéenne
A l’extrême Sud du Tchad, s’étend le domaine guinéen où les légumineuses et les combrétacées
dominent. C’est une formation qui passe de la savane arborée à combrétacées à la forêt claire
où certaines espèces végétales dépassent fréquemment les 20 mètres de hauteur. Ce sont entre
autres Daniellia oliveri (bita), khaya senegalensis (caïlcédrat), Anogeissus léocarpus, Parkia
biglobosa (néré), Butyrospermum parkii... Dans cette zone se développent également des forêts
galeries le long des cours d’eau.

Photo 17: khaya senegalensis (caïlcédrat) Photo 18 : une forêt galerie à Manda (Sarh)

Tableau 1 : Noms scientifiques et vernaculaires de quelques plantes du Tchad

Noms scientifiques et/ou fran- Noms en Arabe Noms en Sara Noms en Noms en Noms en Ba-
çais tchadien Massa Foulbé guirmi
Acacia albida haraz diri, djomdi
Acacia laeta/gomme arabique kitir, kitra
Acacia nilotica garat, suntay mälihä malegiäda gabdi, gawahi kamarädje
Acacia seyal kuk, talayer kunpar, kunda glara bulbi Kalay, klay
Adansonia digitata hamar, hamaraya kobna bokki
Afzelia africana gila, gla
Anogeissus leiocarpus rimte, sab ida, yideh, ira seyetna kadjoli, kojoli dudio, dudjio
Balanites aegyptiaca hidjelij djond, djian codonno tähe, tanni djian
Bombax costatum joho kuna, kura gunura djoe
Borassus flabellifer/palmier rô- delep, daleyb mar uruda, uruna dubbi, mbere kaw, kohu
nier
boscia senegalensis mehret, moheb boldidi, ngas poropora, tä- nkuale ken gas
gasa
Calotropus procera asera, asora kamda,koinkag furuda bambambi karpo
Daniella, oliveri musabi bita, biteye mudasna kayerlahi
Detarium microcarpum abuleyle kutu, kudu gasna, gasta käkei gorklo, ngorkulo
Ficus glumosa djimmis kol gumna,digana
Ficus platyphylla djimeyz al aha- kob, kobu klera dundehi eku
mar
Guiera senegalensis abeS, rabbeS kamda fulafula, gelonde, gelonki bairma
Hyphaene thebaïca/palmier dum, zaf gara, garia urlayda gellehi demu
doum
Khaya senegalensis /caïlcedrat muray dil, mbag, baki gamna dallehi del
Parkia biglobosa mate, made djida naheri
Parinari curatellifolia kuma
Prosopis africana girli sam, ngo hoyna kahi girli
Tamarindus indica ardeb mas, masi cïda, cïna diabbi mas, mase
Terminalia avicennioides rôh, rondu galop, laklarona koulahi koro, kuro
Vitellaria paradoxa ou Butyros- umkurum sihë, roy karehi
perum parkii
Ziziphus mauritiana amnabak ngokro voyda diabi sabil, sabili

Manuel de Géographie 3ème. Page | 17


1.3 Les sols
La répartition des types de sols obéit aux conditions climatiques. Ainsi on distingue :
- les sols ferralitiques, riches en hydroxyde de fer et d’alumine abondant au Sud du 10ème
parallèle et qui se sont formés sur des plateaux à dominance sableuse. Les sols ferrugineux
tropicaux plus ou moins lessivés et les sols ferralitiques sont atypiques du Logone occiden-
tal, du Moyen Chari, du Logone oriental, des Monts de Lam et d’une partie de la Tandjilé.
Les caractéristiques principales de ces sols sont leurs dispositions aux activités agro-sylvo-
pastorales ;
- les sols rouges : sols à sesquioxydes des koros (plateaux) se rencontrent en dehors des
plaines inondables, dans presque tout le Sud du Tchad jusqu’à la frontière du Cameroun.
Ces sols sont favorables à l’agriculture ;

Photo 19 : Sol rouge dans la zone méridionale

- les plaines du piémont du massif du Ouaddai, les plaines alluviales d’inondation du Chari,
du Salamat, du Logone, les sols des polders du Lac Tchad et les oasis du Nord sont le
domaine des sols hydromorphes, des sols halomorphes et des vertisols. On rencontre éga-
lement ces types de sols à Yao, à Ounianga, et dans les oasis de Faya. Les sols minéraux
bruts d’apport éolien, sont localisés dans le Djourab, le Mourdi, et au Nord du Tibesti ;

- les sols halomorphes alcalins plus ou moins salés sont répertoriés dans les ouaddis de Mort-
cha. Ces sols sont favorables à l’activité pastorale et à la plantation des palmiers dattiers ;

- les nombreux types des sols minéraux bruts, squelettiques d’érosion n’ayant aucune valeur
agricole se rencontrent dans la zone des chaînes montagneuses comme celles du Guéra ;

- les sols peu évolués, lithiques se localisent à Bitkine, Mongo, et les sols iso-humiques de
l’axe Abéché Biltine regorgent de potentialités agro-pastorales ;

- les sols lessivés et les sols halomorphes sur les matériaux sablo-argileux des berges et ter-
rasses des ouaddis ont de potentialités agro-sylvo-pastorales ;

Manuel de Géographie 3ème. Page | 18


- les vertisols du Nord de Mongo et du Sud de Bitkine, de Mangalmé, d’Am-Timan, de
N’Djaména, d’Adré et de Goz-Beida demeurent favorables à la culture de décrue, notam-
ment le sorgho.

Photo 20 : Vertisols dans le Chari-Baguirmi

ÉVALUATION
Quelles sont les masses d’air dominantes au Tchad ?
Quelles sont les zones climatiques du Tchad ?
Quelles sont les différents types de végétation au Tchad ?
Qu’est-ce qu’un CIT ou un FIT ?
Où se situe la zone sahélienne au Tchad ?
Cite 5 types de sols du Tchad.

RESUME
Le climat du Tchad est sous la dépendance de l’anticyclone des Açores et de l’anticyclone
de Sainte-Hélène. C’est un climat chaud où l’amplitude thermique est forte toute l’année
(supérieure à 10° C).
La rencontre de ces deux flux d’anticyclone forme un Front de Convergence Intertropicale
(CIT) ou Zone de Convergence Intertropicale (ZIT) à l’origine des pluies.

En fonction de sa situation en latitude, le Tchad présente trois principales zones climatiques


du Nord au Sud (désertique, sahélienne, soudanienne). Malgré les disparités qui puissent
exister à l’intérieur de chaque zone caractérisée par les aléas climatiques, notamment la va-
riabilité de ses précipitations, six zones de végétations s’observent : la zone saharienne ; la
zone saharo-sahélienne ; la zone sahélienne ; la zone sahélo-soudanienne ; la zone souda-
nienne et la zone guinéenne.

La répartition des types de sols obéit aux conditions climatiques. Ainsi on distingue : les sols
rouges, les sols hydromorphes, les sols halomorphes, les vertisols, les sols ferralitiques et les
sols iso-humiques.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 19


LEXIQUE
Alizés : ce sont des vents réguliers qui soufflent entre les Tropiques vers l’équateur.

Hydroxyde de fer : une composition chimique résultant de l’union d’un radical hydroxyle avec
le fer.

EXERCICES PRATIQUES
1. Reproduis les diagrammes ombrothermiques ci-dessous.

a) Colore en jaune les périodes sèches de l’année de chaque type de climat.


b) Décris et commente ces diagrammes ombrothermiques.

1. A quel type de zone bioclimatique et sols peuvent correspondre les formations végétales ci-
dessous ?

(1) (2) (3)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 20


3 Le Tchad (3) :
Le peuplement du Tchad

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- présenter les premiers foyers de peuplement du Tchad ;
- décrire la mise en place de la population du Tchad ;
- citer les langues parlées et les religions pratiquées au Tchad.

STRATEGIES
Observons la carte des différents royaumes qui se sont succédé au Tchad et déterminons les
foyers de peuplement.
Découvrons les différentes langues et religions du Tchad.

CONTENU

1. Le peuplement
L’histoire du peuplement du Tchad remonte à des temps très anciens. La mise au jour le 23
janvier 1995 à l’Est de Koro Toro de la mandibule d’un hominidé, nommé « Abel » ou le
Tchadanthropus , qui a vécu il y a environ 3,5 Ma (millions d’années) par la Mission Paléoan-
thropologique Franco-Tchadienne dirigée par le Professeur Michel Brunet, a permis de situer
le début du peuplement du Tchad.

En 2001, la même mission découvrit un nouvel hominidé baptisé sahelanthropus tchadensis


(Toumaï) dans le désert du Djourab. Cet hominidé, d’un âge proche de 7 Ma, découvert à 2 600
km à l’Ouest du Rift, démontre que des hominidés vivaient en Afrique Centrale et particulière-
ment au Tchad à une période antérieure à celle de leurs plus anciens cousins connus d’Afrique
australe et orientale : Australopithèque afarensis, espèce à laquelle appartient Lucy (découvert
en 1974 par Yves Coppens dans la vallée du Rift).

La présence humaine est également révélée de façon très ancienne et continue par un abondant
outillage lithique : galets aménagés, matériels paléolithiques et néolithiques découverts dans
différents endroits du pays. Dès le néolithique apparaissent les vestiges d’autres activités ou
inventions humaines. L’art rupestre (gravure et peinture) est particulièrement riche au Tibesti
et en Ennedi où les parois rocheuses (grès, tufs volcaniques) formaient un support idéal. Pen-
dant cette même période du Néolithique, des pasteurs venus de l’Est se sont joints aux premiers
occupants. Autour du Lac Tchad au premier millénaire avant Jésus Christ (Av.J.C.), les Sao se
sont installés et ont développé une brillante civilisation. Plus tard, des grands Empires se sont
constitués et se sont succédé, laissant des ruines importantes. Ce sont les Empires du Kanem-
Bornou (un des grands Empires de l’Afrique précoloniale, fondé au IXe siècle), du Baguirmi
(fondé au XVIe siècle probablement par les Kenga) et du Ouaddaï (fondé vers la fin du XVIe

Manuel de Géographie 3ème. Page | 21


siècle) dans la partie nord et centre du pays. Dans la partie méridionale, des royaumes se sont
formés avant la pénétration de la colonisation notamment la monarchie du Mbang de Bédaya,
fondée vers 1750 ; la monarchie spirituelle de Wang Doré de Fianga et le royaume moundang
du Gong de Léré, fondé vers le milieu du XVIIIe siècle.

2. Les langues et les religions au Tchad


2.1 Les langues
La diversité linguistique est l'une des caractéristiques de la population tchadienne. On dénombre
plus de 130 langues (et de nombreux dialectes) réparties en une dizaine de groupes de
langues. Seules 18 des 130 langues sont parlées chacune, par au moins 50 000 locuteurs. Ces
groupes de langues sont formés de plusieurs familles ; celles-ci sont ramifiées en de nombreuses
ethnies.
Tableau 2 : Groupes de langues

NNN Groupes de langues Quelques langues apparentées


sara, barma ou baguirmi, bilala, kenga, mbay, ngambay, sara kaba, gou-
1 Sara-Bongo-Baguirmien
lay…
massana, moussey, marba, kotoko, boudouma, dangleat, bidiyo, moubi,
2 Tchadiques
somraï, nantchéré, guidar…
3 De l’Adamawa oriental moundang, toupouri, kim, mboum, mesme…
Langues arabes du Tchad : assalé, dagana, béni seit, dakhakiré, missé-
4 Arabe
rié, mahamid, ouled rachid…
5 Central saharien kanembou, bornouan ou kanouri, zagaoua, teda, daza, kreda, bideayat…
6 Peul foulbé, mbororo…
7 Mabang maba, marfa, massalat, rounga, bakhat…
8 Tama tama, kibet, mararit…
9 Dadjo dadjo…
10 Mimi mimi…
11 Boua boua, niellim, tounia, toumak, fanian, day…
Source : Atlas pratique du Tchad, 1972.

La plupart des langues du Tchad ne sont donc parlées que par un petit nombre de locuteurs. On
comprendra que cette grande diversité linguistique impose au Tchad comme dans d'autres pays,
certaines contraintes fonctionnelles, sans oublier que l'arabe classique et le français constituent
les deux langues officielles du pays.

Quelques langues véhiculaires sont parlées dans les différentes régions du pays. Ainsi, dans la
région du Moyen Chari et du Mandoul, le sara sert de langue véhiculaire, mais plus au Nord,
le long du fleuve Chari, on parle le baguirmi. Mais la langue véhiculaire la plus populaire est
l’arabe tchadien. Au Ouaddaï, presque tout le monde n'utilise que l'arabe tchadien, comme au
Guéra, au Salamat, au Batha et à N’Djaména. Dans les deux Logones, dans une partie de la
Tandjilé et du Mayo-Kebbi-Ouest, la langue dominante est le ngambaye. Au Mayo-Kebbi et
dans la Tandjilé, bien d’autres langues sont parlées telles que le massana, le marba, le moussei,
le kabalaye, le nangtchéré, le foulbé, le moundang, le toupouri, le guidar…Le Kanem, le Lac

Manuel de Géographie 3ème. Page | 22


et le Barh el Gazal connaissent la dominance du kanembou, du boudouma et du kréda, tandis
qu’au Borkou, à l’Ennedi et au Tibesti, les langues les plus parlées sont entre autres, le toubou,
le gorane, le zaghawa, le daza…

Bref, dans l'ordre d’importance de leurs locuteurs, arrive en première place l'arabe tchadien
dans le Nord et de plus en plus dans le Sud, en second lieu le français à peu près partout et, en
troisième lieu, le sara dans le Sud. Toutefois, comme langue de prestige, le français occupe le
premier rang devant l'arabe et le sara,

2.2 Les religions


Le Tchad est un Etat laïc, mais la religion demeure un élément important dans ce pays. Plus de
la moitié de la population, soit 55,7 % est de confession musulmane (confréries sunnite, soufie,
tidjane), alors que 20 % des Tchadiens sont catholiques et 15 % protestants. Il existe également
une petite communauté orthodoxe. Les autres pratiquent des religions traditionnelles ou ani-
mistes. Le Nord, plus étendu, a une population nomade et sédentaire fortement islamisée ; tan-
dis que le Sud, moins étendu et plus peuplé, est majoritairement sédentaire, animiste et chrétien.

Photo 21: Une Eglise Catholique (Koumra) Photo 22 : Une Mosquée (Moundou)

ÉVALUATION
Où les hominidés ont-ils été découverts ? Donne leurs noms.
Quelles sont les régions les plus peuplées au Tchad ?
Cite 5 langues parlées au Nord et 5 autres parlées au Sud du pays.
Quelles sont les religions pratiquées au Tchad ?

RESUME

L’histoire du peuplement du Tchad remonte à des temps très anciens par la découverte le 23
janvier 1995 à l’Est de Koro Toro de la mandibule d’un hominidé, nommé « Abel », qui a
vécu il y a environ 3,5 Ma et celle du sahelanthropus tchadensis (Toumaï) dans le désert du
Djourab, d’un âge proche de 7 Ma. La présence humaine est également révélée de façon très
ancienne par d’abondant outillage lithique : galets aménagés, matériels paléolithiques et
néolithiques découverts dans différents endroits du pays.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 23


La diversité linguistique est l'une des caractéristiques de la population tchadienne. On dé-
nombre plus de 130 langues et de nombreux dialectes répartis en une dizaine de groupes de
langues. L'arabe classique et le français sont les deux langues officielles du pays.
Le Tchad est un État laïc, mais la religion demeure un élément important dans ce pays. Plus
de la moitié de la population, soit 55,7 % est de confession musulmane (confréries sunnite,
soufie, tidjane), alors que 20 % des Tchadiens sont catholiques et 15 % protestants. Il existe
également une petite communauté orthodoxe. Les autres pratiquent des religions tradition-
nelles ou animistes.

LEXIQUE
Hominidé : primate tel que l’homme et ses ancêtres.
Australopithèque : hominidé fossile.

EXERCICES PRATIQUES

1. L’histoire du peuplement du Tchad remonte à des temps très anciens. Justifie cette affirma-
tion.

2. Observe ce tableau de grands groupes ethniques.

Tableau de quelques grands groupes ethniques

Grands groupes eth- Milieu ur-


Milieu rural Ensemble
niques bain
Arabe 164 024 597 750 761 774
Baguirmien 34 551 57 525 92 076
Gorane 103 318 280 470 383 778
Hadjarai 98 125 315 794 413 919
Kanembou 117 868 438 607 556 475
Ouaddaïen 85 837 455 445 541 282
Peul 26 020 125 663 151 683
Sara 394 116 1 320 650 1 714 766
Source : BCR, Ministère du plan et de la coopération, RGPH/93

a) Qu’en déduis-tu par rapport au milieu de résidence ?

b) Dis pour chaque groupe ethnique la ou les principale (s) région (s) d’origine.

3. Dans ta localité, les résidents forment-ils un groupe ethnique homogène ? Sinon, pourquoi ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 24


4 Le Tchad (4) :
Population (diversité et évolution)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer dans le temps les différents recensements de la population du Tchad ;
- décrire l’évolution, la diversité et la structure de la population ;
- expliquer les mouvements migratoires de la population du Tchad et sa répartition dans
l’espace.

STRATEGIES
Observons les données des différents recensements et analysons-les.
Observons la carte démographique du Tchad et identifions les mouvements migratoires et la
répartition de la population.

CONTENU
1. Différentes opérations de collecte des données sur la population au Tchad
Le Tchad n’a pas connu beaucoup d’opérations de collecte de données pour déterminer l’effec-
tif de sa population ou encore sa structure.

Avant son indépendance, il n’a connu qu’un comptage administratif exhaustif en 1921 qui avait
dénombré 1 271 700 habitants. L’objectif n’était que pour déterminer le nombre des adminis-
trés. En 1968, un dénombrement était organisé pour déterminer le nombre des personnes impo-
sables. Ce recensement a donné un effectif de 3 229 500 âmes. Il avait un objectif purement
fiscal car il n’avait pas pris en compte les mineurs.

Ce n’est qu’en 1993 que le premier Recensement Général de la Population et de l’Habitat a eu


lieu. Ce recensement a donné un nombre de 6 288 261 habitants. Le second qui devrait avoir
lieu 10 ans plus tard selon les normes des Nations Unies n’a eu lieu qu’en 2009. Celui-ci a
évalué la population tchadienne à 10 941 682 habitants. Les projections de 2014 faites sur la
base des données du recensement (RGPH2) ont estimé la population du Tchad à 11 039 873
âmes.

2. L’évolution de la population du Tchad


Au Tchad, les écarts constatés entre les différentes données des recensements organisés, ont
montré que la population de ce pays augmente à une vitesse exponentielle. De 1968 à 2014, le
Tchad a vu sa population quadrupler. Le recensement de 1993 donne un taux d’accroissement
intercensitaire de 2,7 %. Ce taux a augmenté jusqu’à 3,6 % en 2009. Ce qui signifie que la
population du Tchad doublerait encore en moins de 20 ans.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 25


L’évolution de la population 12000
tchadienne est considérée comme 10000

Population
l’une des plus élevée de la sous- 8000
région. Cette évolution au cours 6000
de ces dernières années est due à 4000
l’amélioration de la situation ali- 2000
mentaire, au progrès de la méde- 0
cine et aux taux élevés de la cou- 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020
verture vaccinale (des femmes en Année
grossesse et des enfants de moins
de 5 ans). Figure 7 : Courbe de l'évolution de la population (Ratna, 2014)

Ces facteurs ont eu une incidence sur le taux de mortalité qui passe de 24 %o en 1960 à 14 %o
en 2009 entraînant ainsi une très forte fécondité (7 enfants par femme en moyenne selon
RGPH2). Par ailleurs, la stabilité politique relative et l’exploitation du pétrole ont contribué
également à l’augmentation de la population tchadienne avec le retour au pays de certains Tcha-
diens de l’étranger. Depuis quelques années, le Tchad est devenu un pays d’asile des refugiés
en provenance du Soudan, de la Centrafrique, de la Libye et des travailleurs étrangers.

3. La structure de la population du Tchad


La population du Tchad est majoritairement jeune car au dernier recensement, les moins de 25
ans représentent 68 % de la population totale dont les moins de 15 ans occupent 50,6 % et ceux
ayant entre 15 et 24 ans les 17,5 % restants. Les personnes âgées (60 ans et plus) ne représentent
que 4,5% de la population totale. La jeunesse de la population est une potentialité pour l’éco-
nomie du pays parce la tranche d’âge allant de 15 à 60 ans constituent la population active.
L’espérance de vie à la naissance au Tchad est de 51,6 ans pour les hommes et 53,4 ans pour
les femmes.

Photo 23 : Population jeune Figure 8 : Pyramide des âges 2012 (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

La population rurale du Tchad représentait 79 % de la population totale en 1993. La proportion


de cette catégorie de la population est restée sensiblement la même en 2009 dont 3,4 % de
nomades. La population du Tchad est à dominance féminine car les femmes représentaient 52
% de la population totale en 1993, tandis qu’en 2009 leur proportion était de 50,6 %. Compte

Manuel de Géographie 3ème. Page | 26


tenu de ce fort taux de représentativité, il convient, pour un développement harmonieux et du-
rable du pays, de prêter une attention particulière à l’éducation des filles.

4. L’inégale répartition de la population du Tchad


La densité de la population tchadienne explique l’évolution, de celle-ci et son inégale réparti-
tion. De 4,9 habitants au km² en 1993, la densité moyenne de la population du Tchad est passée
à 8,6 en 2009. Par rapport à la vitalité des zones, la densité du Tchad est inégalement répartie.
Les parties nord et nord-ouest du Tchad, désertiques (Borkou, Ennedi, Tibesti, Kanem et Barh
El Gazal) sont les plus faiblement peuplées. Par contre les zones du Sud plus humides sont des
zones de concentration de la population. Ces zones attirent de nos jours même les éleveurs
nomades qui ont tendance à s’y sédentariser. Cette sédentarisation des nomades s’observe au-
tour des grands centres urbains comme Moundou, Doba, Koumra et dans les vallées du Man-
doul, du Barh-Kôh et du Bahr Sara.
Il faut noter que N’Djaména au Centre-ouest, est la Région la plus densément peuplée du Tchad
à cause de son statut politique, économique et administratif. L’Est du Tchad, le Ouaddaï géo-
graphique, est aussi une zone de moyenne concentration de la population à cause de son relief
qui lui confère un climat propice à l’agriculture et à l’élevage.

5. Diversité de la population tchadienne

La population tchadienne est marquée par une grande diversité. D’abord, le Tchad symbolise
le trait d’union entre l’islam venu du Nord et les religions animistes traditionnelles dont cer-
taines se sont orientées spirituellement vers la chrétienté introduite durant la période coloniale.

Le deuxième ensemble de pluralités tchadiennes se caractérise par une multiplicité d’ethnies,


dont chacune est toujours très minoritaire au plan national et même souvent au plan régional.
Chaque ethnie est le résultat d’une histoire particulière, ayant une géographie spécifique pou-
vant même induire un sentiment territorial transfrontalier : les membres d’une ethnie tchadienne
peuvent en effet se sentir plus proche d’habitants d’un pays limitrophe que des membres d’une
autre ethnie tchadienne dont ils sont pourtant les voisins.

Le troisième ensemble est linguistique, avec une diversité de dialectes encore plus large que
celle des ethnies, diversité qui ne s’approprie aucune des deux langues officielles, d’autant que
le niveau d’analphabétisme reste très élevé.

Demeure enfin une diversité économique encore importante selon les modes de vie sédentaires,
nomades ou semi-nomades qui proviennent eux-mêmes de la façon dont chaque ethnie ou sous-
ethnie s’est organisée, au sein de ce vaste pays, pour assurer la vie de ses familles, de ses clans
ou de ses tribus.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 27


Figure 9 : Carte de densité de la population du Tchad

Manuel de Géographie 3ème. Page | 28


6. Les mouvements migratoires
6.1. Les migrations internes
Les mouvements migratoires se traduisent par les départs et les arrivées qui ne se compensent
pas toujours. De ce fait par rapport aux statuts de N’Djaména, c’est la ville la plus attractive du
Tchad car elle enregistre plus d’entrées que de sorties. La zone soudanienne est la zone qui se
caractérise par une forte mobilité de la population du fait d’un nombre important d’entrants et
de sortants alors que la zone saharienne et sahélienne est déficitaire avec à la tête la Région du
Batha selon le RGPH2.

6.2. Les migrations internationales


Le Tchad représente un carrefour majeur de civilisations en Afrique où se croisent depuis des
siècles des éleveurs, des commerçants, des religieux, des migrants pour de causes politiques,
climatiques et pour beaucoup de
nos jours pour de causes écono-
miques et de guerre (réfugiés
soudanais, centrafricains et li-
byens,…).

Depuis les débuts des travaux


d’exploitation du pétrole au
Tchad, ce pays est devenu attrac-
tif pour les chercheurs d’emploi
qui, pour la majorité, trouvent
leur compte dans les métiers de
construction et des affaires.

Jadis, à cause de l’instabilité po-


litique au Tchad et des aléas cli-
matiques de 1972 et 1984, les
Tchadiens ont beaucoup émigré
dans les pays voisins (Cameroun,
Nigeria, RCA, Soudan, Li-
bye,…) pour y chercher le tra-
vail, faire les études et le com-
merce. Mais ces dernières années
avec les crises dans ces pays,
beaucoup de ces Tchadiens sont
obligés de retourner dans leur
pays. C’est aussi une des causes
de la croissance de la population
du Tchad.

Figure 10 : Carte du solde migratoire du Tchad en 2009 (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 29


7. L’urbanisation au Tchad
La population urbaine est composée de la population qui vit dans les chefs-lieux des départe-
ments ainsi que dans la commune de N’Djaména. Elle est de 2 399 965 habitants soit environ
22 % de la population totale (selon le RGPH2, 2009). Près de 40 % de cette population se trouve
à N’Djaména, la capitale.

En dehors de N’Djaména, c’est la région du Borkou qui semble la plus urbanisée avec une
proportion de 39,9 %, vient ensuite le Logone Occidental avec un taux de 24,1%. Les régions
du Mandoul, du Lac, du Batha, de la Tandjilé, de Hadjer Lamis, du Mayo-Kebbi Ouest et du
Mayo-Kebbi Est ont un taux de moins de 15 %. Par contre, c’est dans le Chari Baguirmi que
cette proportion est de loin la plus faible (4,9 %). Le pays paraît très faiblement urbanisé.

Tableau 3 : Les dix premières villes les plus peuplées du Tchad


Rang Ville Population Total
Masculine féminine
01 N’Djaména 506 218 445 200 951 418
02 Moundou 69 468 67 783 137 251
03 Abéché 53 709 44 254 97 963
04 Sarh 48 478 48 746 97 224
05 Kélo 28 821 29 038 57 859
06 Am-Timan 26 301 25 969 52 270
07 Doba 24 663 24 984 49 647
08 Pala 24 822 24 639 49 461
09 Bongor 22 408 22 170 44 578
10 Goz-Beida 20 328 20 920 41 248
Totaux 825 216 753 703 1 578 919
Source : RGPH2, 2009

ÉVALUATION
Donne l’effectif de la population tchadienne en 1921, 1968, 1993 et 2009.
Quels sont les éléments qui expliquent l’évolution de cette population ?
Qu’est-ce qu’une population rurale et une population urbaine ?
Pourquoi la capitale N’Djaména est la plus peuplée ?
Quels sont les types de migration observés au Tchad ?

RESUME
Au Tchad, avant l’indépendance, un comptage administratif en 1921 avait dénombré
1 271 700 habitants. En 1968, un dénombrement était organisé et a donné un effectif de 3
229 500 habitants. Ensuite, le premier Recensement Général de la Population et de l’Habitat
en 1993 estime la population à 6 288 261 habitants tandis que celui de 2009 a dénombré
10 941 682 habitants. La projection de 2014 (RGPH2) estime la population à 11 039 873
habitants avec une densité de 8,6 habitants au km².

La population du Tchad a augmenté à une vitesse exponentielle car de 1968 à 2014 elle a
quadruplé. Cette augmentation est due essentiellement au taux d’accroissement intercensi-
taire qui a passé de 2,7 % en 1993 à 3,6 % en 2009, à l’amélioration de la situation alimen-
taire, au progrès de la médecine, à l’exploitation du pétrole, au retour au pays de certains
Tchadiens de l’étranger. Aussi, le taux de mortalité est-il passé de 24 %o en 1960 à 14 %o

Manuel de Géographie 3ème. Page | 30


en 2009 entraînant ainsi une très forte fécondité de 7 enfants par femme en moyenne
(RGPH2).
La population du Tchad est très jeune car au dernier recensement, les moins de 25 ans repré-
sentent 68 % de la population totale. Elle est à dominance féminine car les femmes représen-
taient 52 % de la population totale en 1993 et 50,6 % en 2009. L’espérance de vie à la
naissance au Tchad est de 51,6 ans pour les hommes et 53,4 ans pour les femmes.
La population tchadienne est marquée par une grande diversité : religieuse, multiplicité d’eth-
nies, linguistique avec une diversité de dialectes et enfin économique.
La population du Tchad est inégalement répartie. Les parties faiblement peuplées sont celles
du Nord et Nord-ouest du pays car désertiques et les zones du Sud plus humides sont celles
de concentration de la population. La population urbaine du Tchad est composée de la popu-
lation qui vit dans les chefs-lieux des régions, des départements, des sous-préfectures ainsi
que dans la commune de N’Djaména, la capitale. Cette population urbaine est de 2 399 965
citadins soit environ 22 % de la population totale.

LEXIQUE
Taux d’accroissement intercensitaire : taux d’accroissement annuel moyen pour la période
séparant deux recensements généraux.

EXERCICES PRATIQUES
1. A l’aide du tableau des effectifs de la population de la région du Kanem ci-après, construis
la pyramide des âges de cette population.

Source : RGPH2, 2009


Tranches Population Population fé- 3. Donne les raisons de l’augmentation ra-
d’âge masculine minine pide des populations des trois premières
0 an 4 473 4 259
villes du Tchad.
1-4 ans 27 080 24 844
5-9 ans 31 924 29 387
10-14 ans 22 248 21 874
15-19 ans 15 143 16 631
20-24 ans 9 533 14 066
25-29 ans 7 123 12 336
30-34 ans 7 434 12 285
35-39 ans 6 233 8 162
40-44 ans 7 554 8 520
45-49 ans 4 699 3 932
50-54 ans 5 642 5 429
55-59 ans 2 740 1 556
60-64 ans 4 476 3 164
65-69ans 1 832 918
70-74 ans 2 562 1 739
75-79 ans 704 396
80 ans et + 1 322 1 001

2. Pourquoi le flux migratoire est beaucoup


plus dense des zones rurales vers les zones
urbaines que des zones urbaines vers les
campagnes ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 31


4. Calcule la densité de la population au km2 des régions du tableau ci-après. Compare les dif-
férentes densités et déduis-en les plus élevées et les plus basses.
Région Superficie (km²) Population
Guéra 61 927 538 359
Logone Occidental 8 983 689 044
Mandoul 17 665 628 065
WadiFira 52 373 508 383
Tibesti 217 005 21 303
Source : RGPH 2, 2009

Manuel de Géographie 3ème. Page | 32


PREMIERE SEMAINE D’INTEGRATION

Manuel de Géographie 3ème. Page | 33


PALIER 1

Situation 1

Titre : Le Tchad, mon pays

Contexte : Toi et ton camarade Ousmane, vous êtes en classe de 3eme à Am-Timan. Après
quelques mois de cours de géographie générale du Tchad, ton camarade te dit qu’il ne connaît
pas bien les différents aspects physiques et humains du pays, malgré les explications du profes-
seur. Tu l’aides à comprendre.

Consigne :

1. Situe sur une carte d’Afrique, le Tchad avec ses coordonnées géographiques et les pays limi-
trophes.

2. Sur cette carte délimite-lui les différentes zones climatiques et indique-lui les directions fré-
quentes des vents dominants qui soufflent sur le pays.

3. Décris-lui la mise en place de la population du Tchad, son évolution et sa structure.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 34


PALIER 1

Situation 2 :

Titre : L’évaluation des leçons de géographie

Contexte : Pour évaluer les leçons du premier palier, le professeur te demande d’accomplir les
tâches ci-dessous à l’aide de la carte du Tchad que tu dois reproduire sur ton cahier.

Consigne :

1. Sur la carte que tu as reproduite, place


les types de sols suivants : les sols fer-
ralitiques, les sols rouges, les sols hy-
dromorphes, les sols halomorphes et
les vertisols dans leurs régions biocli-
matiques.

2. Les raisons de départ et d’arrivée des


personnes dans les centres urbains sont
multiples. Explique les mobiles de ces
mouvements migratoires et les consé-
quences qui en découlent.

3. Au Tchad, il y a une diversité de


langues parlées par un nombre plus ou
moins important de locuteurs. Cer-
taines langues se sont imposées par le
nombre de leurs locuteurs. Donne au
moins quatre de ces langues véhicu-
laires et place-les sur la carte dans les
régions où elles sont le plus parlées.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 35


PALIER 2 :

LE TCHAD
5. LE TCHAD (5) : Agriculture (cultures vivrières, atouts, difficultés)
6. LE TCHAD (6) : Agriculture (cultures commerciales, atouts, difficultés)
7. LE TCHAD (7) : Elevage (essor, contraintes)
8. LE TCHAD (8) : La pêche (essor, contraintes)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 36


5 Le Tchad (5) :
Agriculture (cultures vivrières, atouts, difficultés)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer les zones où se pratiquent les cultures vivrières au Tchad ;
- expliquer les techniques culturales ;
- expliquer l’importance de ces cultures dans la vie des tchadiens ;
- identifier les atouts et les contraintes de l’agriculture vivrière au Tchad.

STRATEGIES
Observons la carte de productions céréalières du Tchad et identifions les différentes cultures
vivrières et leurs zones de production.
Expliquons l’importance de ces cultures dans la vie des Tchadiens, dégageons les facteurs fa-
vorisant ces cultures et les difficultés qui sont liées à ces activités.

CONTENU
Le Tchad de par sa situation géographique présente une zone céréalière assez vaste qui se limite
entre les isohyètes 200 et 1 200 mm. L’économie du Tchad repose en partie sur l’agriculture
qui a pu se développer malgré certaines contraintes. Elle occupe une bonne frange (80 %) de
la population à dominante rurale, pour laquelle elle constitue l’activité principale. C’est géné-
ralement une agriculture de subsistance que pratiquent la plupart des tchadiens même si au-
jourd’hui, avec l’introduction de la charrue et du tracteur, il est permis de parler d’une agricul-
ture dont le surplus de certains produits est commercialisé.

1. Les techniques culturales


Depuis la nuit des temps et jusqu’à nos jours, la plupart des paysans pratiquent la culture sur
brûlis. Les parcelles sont défrichées et brûlées avant les semis. Toutefois, certaines espèces
d’arbres utiles sont épargnées. Il s’agit de la culture itinérante ou extensive. Ce sont générale-
ment des petites exploitations familiales d’une superficie de 2 à 3 ha en culture pluviale et de
0,1 à 1 ha en culture irriguée. Une parcelle est souvent exploitée pendant 3 ou 4 ans puis laissée
en jachère pour quelques années pour permettre au sol de se reconstituer. L’assolement et l’as-
sociation sont également pratiqués par la plupart des paysans tchadiens.

Néanmoins, avec la politique de protection de l’environnement, l’usage rationnel des espaces


naturels est de plus en plus observé. La pratique de l’utilisation des engrais organiques pour
fertiliser les sols et réduire la durée des jachères est connue par la majorité des paysans. Le
parcage est également un moyen de fertilisation du sol qu’utilisent certains d’entre eux. Mais,
à présent, nombreux sont ceux qui font usage des engrais chimiques et des produits phytosa-
nitaires.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 37


2. Les cultures vivrières
Les cultures vivrières au Tchad reposent sur la production des céréales, des légumineuses, des
tubercules et des produits maraîchers qui entrent dans l’alimentation de la population. La cueil-
lette n’est pas non plus négligeable dans nombre de régions.

2.1 Les céréales


Au Tchad, plusieurs variétés de céréales sont cultivées sur presque toute l’étendue du territoire.
Les cultures pluviales et celles de contresaison sont produites selon la nature des sols qui leur
conviennent. Les mils, les sorghos, le riz, le maïs, le blé sont les principales céréales cultivées
pour la subsistance.

Figure 11 : Cartes des productions céréalières (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

- Le mil pénicillaire et le sorgho (rouge, jaune, blanc) sont des cultures pluviales et de dé-
crues. Le mil et les sorghos pluviaux sont produits principalement dans la zone soudanienne
où la moyenne pluviométrique dépasse 800 mm par an. Cette zone correspond aux régions
du Logone Occidental, du Logone Oriental, du Mandoul, du Mayo-kebbi-Est, du Mayo-
kebbi-Ouest, du Moyen Chari et de la Tandjilé. D’autres régions connaissant une pluvio-
métrie annuelle qui oscille entre 600 et 800 mm se prêtent également à la culture de ces
céréales de base. Ce sont entre autres, le Chari-Baguirmi, la partie nord du Guéra, le Sila.
Même si certaines variétés peuvent être produites dans les zones les mieux arrosées, les mils
pénicillaires sont les seules céréales supportant moins de 500 mm de pluie par an. La zone
sahélienne est celle où s’observe la culture de ces céréales, particulièrement celles à cycle
court.

- Le sorgho de décrue (berbéré), repiqué entre septembre et octobre, domine dans toutes les
plaines argileuses du Chari-Baguirmi, du Mayo-Kebbi-Ouest et particulièrement du Sala-
mat.

Les mils et les sorghos cultivés au Tchad, avec de nombreuses variétés locales, sont destinés
aux différents usages : les grains réduits en farine servent à la préparation de la boule, de la
bière, de la bouillie… et les tiges, à la construction des hangars, des maisons, des palissades et
comme combustible ainsi qu’à l’alimentation du bétail. La production de mil et du sorgho est
de l’ordre de 1 354 818 tonnes pour la campagne agricole 2013/2014.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 38


Photo 24 : Champ de sorgho rouge Photo 25 Champ de sorgho de décrue-
Le riz, introduit
au Tchad pendant la deuxième Guerre Mondiale, est devenu une culture exclusive dans cer-
taines zones (pays kim dans le Mayo-Kebbi-Est et la Tandjilé) et est une culture des plaines
inondables. Par la suite, cette culture s’est développée dans d’autres régions comme le Mandoul,
les deux Logones. Pendant la campagne agricole 2013/2014, la production était de 378 246
tonnes. Le riz est habituellement produit pour la consommation locale. Mais l’extension de sa
culture le place de nos jours au rang des cultures commerciales.

- Le maïs (417 986 tonnes en 2013/2014) a longtemps été une culture d’appoint pratiquée
aux alentours des concessions, en particulier dans la zone soudanienne. Mais aujourd’hui,
cette culture se développe sur de grandes surfaces (340 565 ha en 2013/2014). Les princi-
pales zones de production du maïs sont les abords méridionaux du Lac Tchad, les polders
et certaines régions de la zone soudanienne. Les habitudes alimentaires, surtout des citadins,
font que le maïs entre de plus en plus dans le circuit commercial.

Photo 26 : Champ de maïs Photo 27 : Epluchage du maïs

Manuel de Géographie 3ème. Page | 39


- La culture du blé est pratiquée depuis longtemps par les paysans dans les polders, aux
abords du lac Tchad. La production de la campagne agricole 2013/2014 n’est que de 1 757
tonnes comparativement à celle de 1965/1966 qui était de 4 800 t. Grâce aux systèmes de
construction des barrages, les pay-
sans gagnaient des terres sur le
Lac Tchad (polders) qui permet-
taient plusieurs récoltes par an :
maïs en novembre, blé en mars et
une seconde fois, le maïs en juil-
let.

Si la production des céréales est l’ac-


tivité principale de ceux qui s’adon-
nent à ce secteur, il n’en demeure pas
moins que les oléagineux occupent
une place aussi importante dans la ca-
tégorie de cultures vivrières. Figure 12: Graphique de la production céréalière (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)
Les superficies cultivées en céréales ont évoluées de 1 548 768 hectares en 1995 à 2 626 046
hectares en 2010 (ONDR 2010) soit une augmentation de 72, 5 % en 15 ans. Elles ont atteint
en 2013/2014, 3 179 095 hectares.

La production agricole en 2010 est de 1 559 152 tonnes (moyenne de dix ans : 2000-2010) pour
une population estimée à 11 578 247 habitants. Le déficit céréalier serait de l’ordre de 392 860
tonnes car la production nationale ne couvrirait que 79 % des besoins de la population tcha-
dienne. Cependant, en 2013/2014 la Direction des Productions Agricoles et des Statistiques
(DPAS) du ministère de l’agriculture a estimé la production céréalière à 2 622 364 tonnes.

2.2 Les oléagineux et légumineuses


Les oléagineux sont à la fois des cultures vivrières et des cultures de rente. Cette filière est
dominée par l’arachide dont la production a été estimée à 965 162 tonnes en 2013/2014, suivie
par le sésame avec 125 881 tonnes, pour la même période. L’arachide et le sésame entrent dans
l’alimentation sous diverses formes : crus, grillés, en pâte, en huile.

Les arachides sont cultivées selon leurs variétés dans les régions où la pluviométrie le permet.
Bien que l’évolution de sa production soit tributaire des aléas climatiques, la culture de l’ara-
chide prend de plus en plus d’importance. C’est ainsi qu’en 2013/2014, la superficie cultivée
en arachide était de 891 039 ha.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 40


Photo 28 : Champ de sésame Photo 29 : Récolte des arachides

Le sésame dont la production commence à prendre de l’ampleur ces dernières années est cultivé
pratiquement dans les mêmes zones que l’arachide : au Guéra, au Ouaddaï, au Sila et dans toute
la zone soudanienne. En dehors de la consommation locale, le sésame est prisé par les popula-
tions des pays voisins tels que le Nigéria, la République Centrafricaine, le Cameroun et le Sou-
dan.

Le pois de terre et le haricot prennent une certaine place dans l’alimentation des populations
tchadiennes. Souvent cultivés en association avec les autres plantes (mil, sorgho, arachide…),
ces légumineuses proviennent en grande partie des cultures pluviales des régions soudaniennes
aussi bien que des zones sahélo-soudaniennes. Toutefois, le haricot ou le niébé est l’une des
cultures de contresaison pratiquées dans la zone du lac Tchad, les vallées inondables des fleuves
et rivières.

Figure 13 : Cartes des productions oléagineuses (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 41


Dans la plupart des zones qui se prêtent à l’agriculture, les paysans pratiquent souvent la culture
associée pour augmenter la durée de l’exploitation, minimiser le risque de perte de production
sur une culture et préserver l’équilibre pédologique. Il s’agit de faire pousser plusieurs plantes
en même temps sur une même surface cultivable. Cette association peut concerner les céréales
et légumineuses ou oléagineux, ou encore légumineuses et oléagineux.

Photo 30 : Champ de haricot

2.3 Les tubercules

Les tubercules cultivés au Tchad sont le manioc, la patate douce, le taro, l’igname et la pomme
de terre. Ces produits entrent dans la consommation locale tant pour l’alimentation familiale
que pour le commerce.

La culture du taro qui était une spécialité du pays kim, s’étend de nos jours dans d’autres régions
du Sud. L’igname ayant pour zone de prédilection l’extrême sud du pays, constitue un appoint
alimentaire appréciable. La patate douce est cultivée dans les régions soudaniennes et au Lac
Tchad. Le manioc également cultivé dans les mêmes zones que la patate douce, connaît une
régression dans la zone méridionale à cause des dégâts occasionnés par le bétail et la disparition
des variétés tardives.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 42


La pomme de terre qui est une spécialité des terres riches des polders, se développe à merveille
et donne des tubercules de bonne qualité. Elle est aussi cultivée dans la zone de Biltine et sur
les terres limoneuses des zones de décrue.

Photo 31 : Récolte des patates Photo 32 : Champ de manioc

2.4 Les fruits et légumes

Cette filière peu développée et mal connue, est concentrée dans certaines régions, alors que
dans les grandes villes, le marché des fruits et légumes frais est prospère.

Les fruits produits et consommés au Tchad sont en particulier la mangue, la papaye, la goyave,
le citron, les dattes, la banane… En dehors de la zone soudanienne, du Ouaddaï et de Wadi Fira
où des vergers existent, la plantation des arbres fruitiers et des agrumes a pris un grand essor
partout où cela est possible, depuis quelques années.

Photo 33: Une bananeraie Photo 34: Une mangueraie

Les légumes, font l’objet de cultures maraîchères autour des grandes villes aux abords des cours
d’eau et lacs et dans les oasis. On y cultive la tomate, le gombo, l’oignon, l’ail, le melon, le
haricot vert, les choux, les laitues, le piment…

Selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture de 2012, la production d’oignon est évaluée
à 45 000 tonnes et celle de l’ail à 10 232 tonnes. De façon informelle, l’exportation de l’ail, de
l’oignon, du piment, de la tomate et du gombo se fait vers le Nigeria, l’Angola et quelques pays
de la Communauté Economique d’Afrique Centrale (CEAC).
Manuel de Géographie 3ème. Page | 43
Les produits maraîchers sont très sollicités et consommés par tous, surtout dans les grandes
villes.

Photo 35 : Les Choux pommés Photo 36 : Une culture maraîchère

3. Les atouts et les difficultés de la production des cultures vivrières au Tchad

La production des cultures vivrières au Tchad a des atouts pour son développement mais les
contraintes ne manquent pas.

3.1. Les atouts de la production vivrière

Le Tchad, par son étendue, dispose de vastes superficies cultivables. En 2010, l’Office National
de Développement Rural (ONDR) a estimé les superficies cultivées à 3 559 841 hectares. Ces
vastes superficies bénéficient de différents types de climats, d’un réseau hydrographique plus
ou moins dense et d’une nappe d’eau souterraine peu profonde dans certaines régions.

En dehors de ce potentiel naturel, le Tchad dispose d’un important capital humain. La popula-
tion tchadienne est jeune ; celle âgée de 15 à 24 ans est estimée à environ 1,3 millions de per-
sonnes dont la majorité vit en milieu rural. Un autre atout est celui du système agro-élevage qui
intègre l’élevage à l’exploitation agricole. Les animaux valorisent mieux les résidus des cultures
car pâturant dans le terroir villageois durant toute l’année, ils fertilisent le sol de leurs déjec-
tions. Ce système est pratiqué par des agriculteurs sédentaires appelés parfois « agriculteurs-
éleveurs ».

La subvention des engrais, les pesticides, la vulgarisation du labour au tracteur introduit depuis
2011, les campagnes de sensibilisation et de formation à l’endroit des paysans par les agents de
l’ONDR et le Programme National de la Sécurité Alimentaire (PNSA) sont autant d’atouts con-
tribuant au développement des cultures vivrières.

3.2. Les difficultés de la production des cultures vivrières

Les atouts de l’agriculture de subsistance sont certes variés. Toutefois, la productivité de cé-
réales et celle d’autres produits vivriers est faible. Cela est dû à des multiples facteurs dont les
principaux sont les aléas climatiques persistants, une insuffisance d’équipements agricoles et

Manuel de Géographie 3ème. Page | 44


d’intrants (semences, engrais, produits phytosanitaires) et l’absence d’un système de crédit agri-
cole pour les cultures vivrières.

L’exode rural est également l’un des facteurs qui handicapent le développement de l’agriculture
en général et des cultures vivrières en particulier.
Par ailleurs, le mode extensif des exploitations agricoles pour les vivriers trouve ses limites
dans la raréfaction de l’espace disponible, la baisse de la fertilité des sols liées à la croissance
démographique et au surpâturage. Les problèmes de l’agriculture vivrière proviennent aussi des
ennemis des cultures (oiseaux, insectes) de la multiplication des conflits fonciers entraînant un
déficit récurrent des vivriers.

Face à cette situation, la production agricole, issue presque exclusivement des exploitations
familiales, n’arrive pas à garantir la sécurité alimentaire dans son concept défini par le Sommet
Mondial de l’Alimentation (SMA) de 1996, à savoir : un état où « tous les êtres humains ont, à
tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive
leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires, pour
mener une vie saine et active ».

ÉVALUATION
Quelles sont les principales zones de cultures vivrières au Tchad ?
Quelle est l’importance des cultures vivrières dans la vie des tchadiens ?
Quelles sont les techniques culturales pratiquées au Tchad ?
Donne au moins quatre facteurs qui peuvent favoriser le développement de la production vi-
vrière au Tchad.
Explique le phénomène récurrent de déficit alimentaire au Tchad.

RESUME
La zone céréalière au Tchad se situe entre les isohyètes 200 et 1 200 mm. Les pratiques cul-
turales sont celles de l’agriculture extensive basée sur de petites exploitations familiales.
Néanmoins, d’autres pratiques sont observées dans certaines régions telles que le parcage des
animaux pour leurs déjections comme engrais organiques, la jachère, l’assolement, l’associa-
tion des cultures et l’usage des produits chimiques voire phytosanitaires.
Les cultures vivrières au Tchad revêtent une grande importance pour 80 % de la population
à dominance rurale, pour laquelle elles constituent l’activité principale. Elles sont constituées
des céréales, des oléagineux, des légumineuses, des tubercules et des fruits qui proviennent
des cultures pluviales ou de contresaison.
Les tubercules cultivés au Tchad entrent dans la consommation locale tant pour l’alimenta-
tion familiale que pour le commerce.
Les légumes, faisant surtout l’objet de cultures maraîchères autour des grandes villes ou toute
autre zone qui s’y prête, sont de diverses variétés. La plantation des arbres fruitiers et des
agrumes a pris un grand essor partout où cela est possible, depuis quelques années.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 45


Les facteurs qui constituent les atouts pour la production vivrière sont l’étendue et la variété
des espaces exploitables, les types de climat, la fertilité exceptionnelle de certaines terres, le
capital humain jeune et nombreux, et enfin certaines techniques de production comme le
parcage des animaux pratiqué dans beaucoup de régions.

Les contraintes de la production vivrières sont principalement les aléas climatiques persis-
tants, l’exode rural, l’insuffisance des intrants pour améliorer les rendements et le mode d’ex-
ploitation extensif. Tous ces facteurs font que le déficit alimentaire au Tchad est récurrent.

LEXIQUE
Frange : une partie de quelque chose.
Produits phytosanitaires : produits de soin et de traitement des végétaux.
Légumineuses : plantes dont les fruits sont des gousses ou des légumes et dont les racines pro-
duisent de l’azote.
Culture d’appoint : culture de complémentarité.
Polders : zones basses conquises sur le lac et mises en valeur.

EXERCICES PRATIQUES
1. Fais un croquis de la carte du Tchad.
a) Délimite sur cette carte la zone de production céréalière.
b) Où se pratiquent les cultures maraîchères ? Donne en cinq lignes leur importance comme
appoint alimentaire.

2. Décris les images ci-dessous.

(1) (2)

3. Explique l’apport de l’ONDR dans la production vivrière et dis si elle est présente dans ta
localité. Sinon pourquoi ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 46


6
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
Le Tchad (6) :
Agriculture (cultures commerciales, atouts, difficultés)

A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :


- identifier en les localisant sur une carte, les principales cultures commerciales au Tchad ;
- décrire quelques moyens et techniques de production de ces cultures ;
- expliquer les atouts qui peuvent permettre le développement des cultures commerciales ;
- décrire les difficultés qui s’opposent au développement des cultures commerciales.

STRATEGIES
Observons la carte agricole du Tchad et identifions les différentes cultures commerciales par
rapport à leurs zones de production.

CONTENU
1. Cultures commerciales
Les cultures commerciales et indus-
trielles sont des cultures de rente. Il
s’agit de l’arachide, du sésame, du
karité, de la spiruline, du coton, de la
canne à sucre, de la gomme arabique,
du tabac… Les opportunités du
marché intérieur motivent pour une
forte diversification des vivriers mar-
chands à destination des villes voire
des pays voisins. Ces vivriers sont,
autant que les cultures industrielles,
sources de revenus non négligeables
dans certaines régions du Tchad. Les
rendements sont fluctuants selon
les années en fonction des aléas cli-
matiques.

1.1 Le coton
Introduit en 1928 pendant la coloni-
sation française, le coton demeure
jusqu’à présent, la première culture
d’exportation et la principale source
de revenus monétaires pour la
masse rurale dans la zone souda-
nienne du Tchad. Figure 14 : Carte agricole (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 47


La culture du coton traverse actuellement une période difficile qui laisse planer des incertitudes
sur son avenir.

Photo 37 : Champ de cotonniers Photo 38 : Assemblage du coton

La production du coton qui a connu une croissance intéressante a chuté pendant les années 1980
à cause des crises politico-militaires qu’a vécues le pays. Cette chute a eu pour conséquences
la fermeture de plusieurs usines d’égrenage jugées peu rentables. De nombreuses zones de pro-
duction furent abandonnées. Mais, dans les années 90, la production cotonnière connut une
augmentation spectaculaire à cause des mesures incitatives décidées par le Gouvernement (aug-
mentation du prix au kilogramme du coton-graines, subvention des intrants...). Si la production
en 2010 était de 52 484 tonnes de coton-graines, celle de 2011 a été estimée à 72 742 tonnes
soit une hausse de 38, 60 %.

Le coton, considéré comme « l’or blanc », représente un enjeu économique et social important
puisqu’il fait vivre plus de deux millions de personnes dont 350 000 producteurs. La production
et la vente du coton-graines sont assurées par les paysans organisés le plus souvent en groupe-
ment. C’est le système autogéré.

Figure 15 : Carte de rendement du coton (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 48


La principale zone qui se prête à la culture du coton est la zone soudanienne. Basée sur l’ex-
ploitation familiale, la culture du coton se faisait traditionnellement par des outils aratoires ru-
dimentaires tels que la daba, la houe etc. Les rendements étaient limités. Grâce à la création de
l’Office National de Développement Rural (ONDR) en 1965, la culture du coton s’est améliorée
et la production s’est intensifiée par l’introduction de la culture attelée. Le tracteur introduit
depuis 2011, contribue dans certaines zones, à l’amélioration de la culture cotonnière. L’ONDR
se charge également de la formation des producteurs et de leur dotation en semences sélection-
nées, en engrais et en produits phytosanitaires.

Photo 39 : Labour au tracteur Photo 40 : Désherbage à la houe

Pour encourager et maintenir la filière-coton, le gouvernement a augmenté en 2004 le prix


d’achat au kilogramme de ce produit. La Coton-Tchad, Société Nouvelle, est l’opérateur exclu-
sif du secteur. Elle assure l’égrenage du coton-graines dans 06 usines fonctionnelles sur les 23
qui existaient. La Nouvelle Société Textile du Tchad (NSTT) de Sarh absorbe une bonne partie
de coton-fibre pour ses filatures et tissages.

1.2 La canne à sucre


La canne à sucre est cultivée dans les plaines du Moyen-Chari à Banda où est implantée la
Compagnie Sucrière du Tchad (CST) qui en assure l’exploitation en culture pluviale et irriguée
(par système de goutte à goutte). Comme culture industrielle, elle est généralement cultivée par
de moyens modernes.

Photo 41 : Pivot dans un champ de canne à sucre (Banda à Sarh) Photo 42 : Champ de canne à sucre (Banda/Sarh)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 49


Les labours se font par des tracteurs et la coupe est assurée par une main-d’œuvre saisonnière.
Le ramassage de la canne est assuré par des machines chargeuses qui la mettent dans des véhi-
cules semi-remorques. Ces derniers la transportent jusqu’à l’usine pour la transformation. La
canne à sucre est produite également de manière traditionnelle dans les polders, les ouadis du
Lac Tchad et les plaines inondables de certaines régions pour la consommation locale.

1.3 Le tabac
Cultivé exclusivement dans le Logone Oriental (Baïbokoum et Goré) et dans le Mayo-Kebbi-
Est (Bongor) par des petites exploitations familiales conduites sans moyens modernes, le tabac
est un produit consommé traditionnellement sous diverses formes : à chiquer, à priser ou à fu-
mer. Le tabac industriel, cultivé dans le Logone Oriental, alimente la Manufacture des Ciga-
rettes du Tchad (MCT) implantée à Moundou depuis 1970. Elle en assure l’achat, la transfor-
mation en cigarettes et la commercialisation.

Photo 43 : Champ de tabac

1.4 L’arachide et le sésame

La filière oléagineuse prend une


certaine importance ces dernières
années. Elle est dominée par l’ara-
chide qui représente 68, 8 % de la
production totale. Les principales
zones de production arachidière
sont la zone soudanienne et sou-
dano-sahélienne couvrant les ré-
gions du Logone Occidental, du Lo-
gone Oriental, du Mandoul,
du Mayo-Kebbi-Ouest, Figure 16: Evolution de la production d’arachide au Tchad (Source : ONDR. FMI. BE)
du Moyen Chari ainsi que celles du Guéra, du Baguirmi, du Ouaddaï et du Sila. Ces zones sont
autant favorables à la culture de l’arachide qu’à celle du sésame. La masse arachidière produite

Manuel de Géographie 3ème. Page | 50


atteint 10 % des productions agricoles de la zone sahélienne contre 25 % en zone soudanienne.
L’arachide, décortiquée traditionnellement à la main est aujourd’hui égrainée par des décorti-
queuses mécaniques artisanales. En 2007, 450 000 tonnes d’arachide et 25 300 tonnes de sé-
same ont été produites. La proportion commercialisée de ces produits est respectivement de 60
% pour l’arachide et 30 % pour le sésame. Leur transformation encore artisanale, reste une
pratique féminine. Toutefois, quelques petites entreprises, dénommées « Andourya » (marque
du pressoir), implantées surtout dans certaines villes de la zone de production traitent l’arachide
ou le sésame pour en extraire l’huile.

1.5 La gomme arabique

La gomme arabique, produite par l’acacia senegal, arbre adapté à la zone sahélienne, est la
troisième source de revenus pour le pays après le coton et le bétail. Les gommiers poussent le
plus souvent à l’état naturel. Cependant,
depuis un certain temps, la plantation sys-
tématique et entretenue de cet arbre à
grand intérêt, se fait un peu partout dans
la zone sahélienne: autour de N’Djaména
et dans l’ancien Chari-Baguirmi, dans le
Batha, le Salamat, le Sila…La demande
sur le marché international de la gomme
arabique est importante car ce produit
entre dans les ingrédients de l’industrie
agroalimentaire, pharmaceutique, chi-
mique, cosmétique et textile.

1.6 Le riz Photo 44: Femme arabe récoltant de la gomme arabique

Le riz pluvial couvre en grande partie les


plaines inondables des zones soudaniennes
et soudano-sahéliennes, notamment, les ré-
gions du Mayo-Kebbi-Est, de la Tandjilé, du
Logone Oriental, et du Salamat. Il existe éga-
lement dans ces zones, des périmètres amé-
nagés pour la culture irriguée principalement
à Boumou (Laï), à Bongor, à Nya (Doba) et
dans les plaines du Salamat. Le riz est à la
fois une culture vivrière servant à l’autocon-
sommation et une culture commerciale dont
la récolte de la campagne 2013/2014 a atteint
378 246 tonnes. Photo 45 : Parcelle de riz dans le casier B de Bongo

Manuel de Géographie 3ème. Page | 51


1.7 Le blé
Le blé, dont la culture a été améliorée en 1964 était une culture commerciale du fait que la
demande intérieure était forte dans les années 1970. Il alimentait les Grands Moulins du Tchad
implantés à N’Djaména. La Société de Développement du Lac (SODELAC) assurait l’appui à
la production du blé, l’achat aux paysans et le transport sur la capitale où il était transformé en
farine. Aujourd’hui la culture du blé est l’œuvre des petites exploitations familiales avec une
production réduite. Le blé est cultivé uniquement dans les polders et ouadis aménagés du Lac
Tchad.

1.8 La spiruline

Dans la région du Lac, la Société de Développement du Lac (SODELAC) s’occupe de l’amé-


lioration de la production de la spiruline, micro-algue bleue appelée localement « dihé ». Ex-
ploitée autrefois traditionnellement par les populations autochtones, la production de la spiru-
line se développe exclusivement dans les polders
et les marais salants des environs du Lac Tchad.
Elle est utilisée pour l’alimentation car très riche
en protéines, dans l’industrie cosmétique et les
produits diététiques. Avec une production artisa-
nale d’excellente qualité, le Tchad en est actuelle-
ment l’un des grands producteurs mondiaux aux
côtés de l’Inde et du Mexique.

Photo 46 : Poudre de spiruline

1.9 Le karité
Le karité (Butyrospermum parkii), dont les noix sont utilisées pour produire du beurre qui sert
localement comme huile alimentaire et à l’étranger comme hydratant en cosmétique, représente
un fort potentiel. Ayant pour zone de
prédilection le Moyen Chari, le Man-
doul, le Logone Occidental et le Lo-
gone Oriental, cet arbre poussant à
l’état naturel est protégé, même par les
populations locales. Actuellement,
seulement 5 % des 60 millions
d’arbres sont exploités.

Photo 47 : Noix de karité

Manuel de Géographie 3ème. Page | 52


2. Les atouts et les difficultés de la production
Beaucoup de facteurs peuvent favoriser la production des cultures commerciales au Tchad et
en améliorer le rendement. Cependant, des obstacles de diverses natures restent des défis à
relever.

2.1. Les atouts de la production des cultures commerciales

Le Tchad dispose de vastes superficies cultivables estimées à 39 000 000 d’hectares. Ces vastes
superficies bénéficient de différents types de climats, d’un réseau hydrographique plus ou
moins dense et d’une nappe d’eau souterraine peu profonde dans certaines régions. Si dans la
zone soudanienne et la partie sahélienne, le réseau hydrographique et la pluviométrie plus ou
moins importants donnent aux terres leurs caractères fertiles, dans les zones sahélo-sahariennes
et sahariennes les terres cultivables bénéficient de nappes d’eau souterraines à fleur du sol.

En dehors de ce potentiel naturel, le Tchad dispose d’un important capital humain. La popula-
tion tchadienne est jeune ; celle âgée de 15 à 24 ans est estimée à environ 2,1 millions de per-
sonnes dont la majorité vit en milieu rural.

La subvention des engrais, l’approvisionnement en pesticides, la vulgarisation du labour au


tracteur introduit depuis 2011, les campagnes de sensibilisation et de formation à l’endroit des
paysans par les agents de l’ONDR sont autant d’atouts contribuant au développement des cul-
tures commerciales. Les efforts de l’Institut Tchadien de Recherche Agricole pour le Dévelop-
pement (ITRAD) pour l’amélioration de la qualité des variétés semencières et leur adaptation
au milieu n’est pas négligeable. Il s’agit particulièrement du coton, du riz, de l’arachide.

L’amélioration des techniques de culture est aussi un facteur de meilleure productivité pour les
cultures commerciales : la CST a remplacé son système d’irrigation par pivots par le système
goutte à goutte plus économique et plus performant ; la mécanisation de la culture du coton et
du riz s’est intensifiée c’est le cas du riz dans les casiers A et B de Bongor, C de Doba, l’amé-
nagement hydro-agricole de Boumou (Laï) et dans la région de Salamat.

2.2. Les difficultés de la production des cultures commerciales

Les atouts de la production des cultures commerciales sont variés. Toutefois, la productivité
des cultures commerciales est faible. Cela est dû à des multiples facteurs dont les principaux
sont les aléas climatiques persistants, une insuffisance d’équipements agricoles, d’intrants et
l’absence d’un système de crédit agricole.

Par ailleurs, le mode extensif des exploitations agricoles pour les cultures commerciales trouve
ses limites dans la raréfaction de l’espace disponible, la baisse de la fertilité des sols liées à la
croissance démographique et au surpâturage.

Les cultures maraîchères se développent de plus en plus autour des grandes villes et font vivre
de nombreuses familles. Cependant il n’existe aucune structure d’appui pour aider les maraî-
chers à mieux produire en quantité et en qualité.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 53


ÉVALUATION
Quelles sont, selon les zones de production, les principales cultures commerciales ?
Quels sont généralement les techniques de production des cultures commerciales ?
Donne trois atouts et trois difficultés de la production des cultures commerciales.

RESUME
Les cultures industrielles au Tchad sont rares, mais il apparaît de nos jours des opportunités
du marché intérieur voire extérieur, qui motivent une forte diversification des cultures com-
merciales. Les principales cultures industrielles et commerciales du Tchad, bien que pour la
plupart concentrées dans la zone méridionale, se rencontrent également dans d’autres régions
du Tchad. Ce sont :
- le coton dont la récolte en 2011 a atteint 72 742 tonnes de coton-graine, représente un enjeu
économique et social important qui fait vivre plus de deux millions de personnes dont
350 000 producteurs ;
- la canne à sucre est cultivée industriellement à Banda dans le Moyen Chari. La Compagnie
Sucrière du Tchad en assure la production et la transformation ;
- le tabac, produit très nocif pour la santé, est cultivé autour de certaines villes du Sud. La
MCT en assure la production, l’achat et la transformation en cigarettes à Moundou ;
- la gomme arabique, produite par l’acasia senegal, arbre adapté à la zone sahélienne, est la
troisième source de revenus pour le pays après le coton et les produits de l’élevage. Exportée
vers l’étranger, la gomme arabique entre dans l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique,
chimique et cosmétique ;
- grâce aux nouvelles opportunités du marché dues à la crise cotonnière des années 2 000,
l’arachide, le sésame et le riz connaissent une production de plus en plus forte ;
- le karité (Butyrospemum parkii), arbre poussant à l’état naturel, donne des noix utilisées
pour produire du beurre consommé localement et exporté qui sert dans les produits réhydra-
tants et les cosmétiques ;
- la spiruline qui est produite dans les marais du Lac Tchad est d’une grande importance pour
l’avenir économique du pays. Le Tchad est l’un des principaux producteurs mondiaux de la
spiruline aux côtés de l’Inde et du Mexique.
L’amélioration des techniques culturales, de productivité, la sélection des semences est assu-
rée par l’ONDR, l’ITRAD, la SODELAC…

La production des cultures commerciales a des atouts liés à l’étendue des espaces exploi-
tables, à la richesse exceptionnelle de certaines terres, à la présence des eaux de surface et
souterraines. Mais les aléas climatiques sont un handicap difficilement maîtrisable. De plus,
l’insuffisance et le coût élevé des intrants et des produits phytosanitaires ne favorisent pas le
développement des cultures commerciales.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 54


LEXIQUE
Opportunités : occasions favorables.
Rendements fluctuants : résultats sujets à des variations, changeants par rapport à une moyenne
donnée.

EXERCICES PRATIQUES
1. Fais un croquis de la carte du Tchad et délimites-y la zone productrice de coton.

2. En examinant la carte du Tchad, relève les raisons pour lesquelles cette culture ne se pratique
pas au-delà de l’isohyète 600 mm ?

3. Où peut-on rencontrer les organismes intervenant dans le domaine agricole comme l’ONDR,
la SODELAC et l’ITRAD ? Quel rôle jouent-ils ?

4. L’exode rural permet aux cultivateurs restés sur place d’avoir plus de superficies cultivables.
Peut-on remettre en cause cette assertion ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 55


7
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
Le Tchad (7) :
Élevage (essor, contraintes)

A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :


- situer les différentes zones d’élevage au Tchad ;
- décrire la répartition du cheptel selon les zones bioclimatiques ;
- décrire la mobilité pastorale ;
- énumérer les contraintes qui freinent un meilleur développement de ce secteur.

STRATEGIES
Observons la carte du système d’élevage et identifions les différents types d’élevage au Tchad.
Décrivons les différents axes de transhumance.
- Identifions les différents groupes ethnolinguistiques qui pratiquent l’élevage.

CONTENU
Il y a quelques années, le cheptel au Tchad totalisait 20 000 000 millions de têtes de bétail se
répartissant assez bien selon les zones climatiques du pays : dromadaires au Nord dans les zones
désertiques et semi-désertiques ; bovins et ovins dans le sahel central ; dans les savanes du Sud,
bœufs de culture attelée et d’éleveurs transhumants avec les porcs, les ovins et les caprins. Mais
les crises naturelles et politiques successives ont modifié ce schéma. Toutefois, des potentialités
existent pour un développement conséquent de l’élevage au Tchad.

1. Les ressources pastorales


Les ressources pastorales au Tchad sont variées : les pâturages, les ressources en eau, les res-
sources minérales, les sous-produits agricoles et agro-industriels.
1.1 Pâturages
Au Tchad, les pâturages naturels constituent la principale source d’alimentation du cheptel. Ils
représentent, avec les couloirs de transhumance, 84 millions d’hectares. Suivant les zones cli-
matiques, on distingue quatre types de pâturages :
- les pâturages sahariens se résument aux rares graminées et aux cultures fourragères pratiquées
dans les oasis ;
- les pâturages sahéliens se caractérisent par une steppe arbustive à épineux. Ils constituent la
grande zone d’élevage du pays ;
- les pâturages soudaniens se rencontrent dans un écosystème qui va graduellement de la savane
arbustive à la savane boisée. C’est le domaine des graminées vivaces ;
- les pâturages de décrues ou yaérés sont des étendues de plaines d’inondation non arbustive,
régulièrement recouvertes par les eaux des crues. Ces pâturages à base de graminées, qui don-
nent une très bonne repousse après le feu, supportent une pâture intensive en saison sèche.

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1.2 Les ressources en eau
Les ressources en eau sont très importantes au Tchad. Celles qui sont exploitables par l’homme
comme par le bétail sont les eaux de surface et les eaux souterraines. On estime que les res-
sources mobilisées pour l’abreuvement des troupeaux proviennent pour 30 % des eaux de sur-
face pérennes, pour 15 % des eaux de surfaces temporaires, pour 35 % des puisards et des puits
traditionnels, et enfin pour 20 % des puits modernes.

1.3 Ressources minérales


Les ressources minérales naturelles qu’on exploite par la pratique dite de la « cure salée » sont
constituées du natron et des terres salées de manière générale. Elles sont localisées principale-
ment en zone sahélienne ou saharienne et sont accessibles aux transhumants. Les éleveurs sé-
dentaires utilisent le plus souvent les pierres à lécher produites localement.

1.4 Sous-produits agricoles et agro-industriels


Les sous-produits agricoles sont: les fanes d’arachide, les fanes de niébé (ou haricot), la paille
de riz, les tiges de mil, de sorgho et de maïs. Les sous-produits agro-industriels (SPAI) se com-
posent de tourteaux d’arachide, de graines de coton, de son de riz, des drèches…

2. La protection sanitaire du bétail

La protection sanitaire du bétail doit faire l’objet d’une action prioritaire car les maladies sont
très invalidantes voire mortelles dans la zone tropicale. Pour cela, le Tchad a le privilège d’avoir
un Institut de Recherche en Elevage pour le Développement (IRED) à Farcha (N’Djaména).
Cet Institut oriente ses programmes de recherche vers la production des vaccins. Dans le cadre
de cette protection de la santé animale, plusieurs postes vétérinaires équipés sont implantés à
travers le pays pouvant intervenir en préventif comme en curatif. Ce réseau couvre 131 postes
réparties dans les 18 délégations régionales d’élevage que compte le pays et surveille actuelle-
ment 12 maladies jugées prioritaires (tableau 5). Cependant, la distribution des médicaments et
produits vétérinaires est de plus en plus assurée par des sociétés privées voire par des particu-
liers. En effet le domaine de la Pharmacie Vétérinaire est caractérisé par la politique de priva-
tisation que l’Etat a mis en place. Cette politique de privatisation a permis la création de cer-
taines centrales d’achat telles que la Société d’Approvisionnement en Produits Vétérinaires
(SAPROVET), la société des Produits et Médicaments Vétérinaires (PROMEVET), etc.
Tableau 5 : Liste des maladies surveillées
Maladies Espèces concernées
Peste bovine Bovine
Peste des Petits Ruminants (PPR) Ovine et caprine
Fièvre aphteuse Ovine, caprine, bovine et dromadaire
Fièvre de la Vallée de Rift Ovine, caprine, bovine et dromadaire
Mycoplasmoses des ruminants (PPCB) Bovine
Mycoplasmoses des ruminants (PPCC) Caprine
Charbon bactéridien Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Charbon symptomatique Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Pasteurellose Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Tuberculose Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Newcastle Volailles
Influenza aviaire Volailles domestiques et sauvages
Source : REPIMAT, 2006

Manuel de Géographie 3ème. Page | 57


3. Les systèmes d’élevage
Le Tchad se caractérise par divers systèmes d’élevage mais le mode extensif de conduite des
troupeaux est le plus pratiqué. On peut distinguer quatre systèmes d’élevage : le système pas-
toral nomade, le système agro-pastoral, le système agro-élevage et le système semi-intensif ou
intensif.

3.1 Le système pastoral nomade

Le système pastoral nomade domine dans la bande saharo-sahélienne avec des troupeaux rela-
tivement importants de dromadaires et de petits ruminants. Il est basé sur l’exploitation exten-
sive des ressources naturelles. Ce type repose sur la mobilité des pasteurs et de leurs troupeaux
à la recherche de l’eau, des pâturages et des zones de cure salée.

3.2 Le système agropastoral ou l’agropastoralisme

C’est aussi un système d’élevage extensif où les éleveurs pratiquent l’agriculture et ont deux
types d’habitat : l’un fixe et l’autre mobile. Les éleveurs contrôlent le territoire qui leur sert de
pâturage et une partie de la main d’œuvre familiale cultive les terres à un certain moment de
l’année. Le système d’élevage agro-pastoral se trouve dans la zone à systèmes de production
agricoles.

3.3 Le système agro-élevage

Ce système d’élevage est intégré à l’exploitation agricole. Il est pratiqué par les paysans du Sud
du pays qui ont adopté la culture attelée et l’agro-élevage (Mayo-Kebbi géographique). Dans
ce système, il y a une forte complémentarité entre l’agriculture et l’élevage. Le bétail peut être
composé de plusieurs espèces qui sont : les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, etc.

3.4 Le système intensif

C’est un système rare qui pratique la stabulation temporaire ou permanente. Il concerne les
stations d’embouche ou de production laitière et surtout des fermes avicoles (production des
œufs et des poulets de chair). Le système intensif est principalement localisé dans les zones
urbaines et péri-urbaines de N’Djaména mais également à Sarh, Moundou, Kélo, Pala.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 58


Figure 17 : Carte du système d'élevage au Tchad (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 59


4. Un cheptel important et inégalement réparti
4.1 Un cheptel important
Le cheptel tchadien est le plus important de l’Afrique centrale mais les effectifs réels sont dif-
ficiles à connaître avec précision. Le dernier recensement date de 1976 et les taux de croissance
net annuel sont de 2,4 % pour les bovins et les ovins-caprins, 3 % pour les camelins, 2 % pour
les équins et asins, 5 % pour les porcins. En 2009, le bétail du Tchad a été estimé à plus de
20 500 000 de têtes dont 7 245 227 bovins, 6 438 454 caprins, 2 955 552 ovins, 3 000 000 de
camelins, 445 567 asins, 405 031 équins et 95 006 porcins. Les effectifs de la volaille sont es-
timés à 47 900 000 têtes. Le recensement général de l’élevage de 2014 a dénombré le cheptel
tchadien à 94 millions de têtes, toutes espèces confondues. L’élevage génère 54 % des res-
sources d’exportation hors pétrole. Il participe fortement à la sécurité alimentaire et nutrition-
nelle des populations ainsi qu’à la lutte contre la pauvreté. De plus, l’élevage constitue un im-
portant pourvoyeur d’emplois.

Le deuxième pôle d’activités de la population tchadienne qu’est l’élevage repose sur un mode
de production extensif où les pâturages (herbacés et arbustifs) constituent la principale source
d’alimentation du bétail.

4.2 Un cheptel inégalement réparti


L’élevage est généralisé sur toute l’étendue du territoire mais les données disponibles nous font
comprendre que toutes les espèces ne sont pas partout répandues dans les mêmes proportions :
- l’élevage des bovins est présent partout sauf dans le Tibesti, le Borkou, l’Ennedi-Est et l’En-
nedi-Ouest où les conditions naturelles lui sont défavorables. Il est fortement implanté dans le
Batha, le Chari Baguirmi, le Guéra, le Lac, le Kanem, le Bahr El Gazal et le Hadjer Lamis.
L’espèce la plus répandue est le zébu arabe. Le zébu mbororo, qui est une spécialité des Peuls
nomades, se rencontre un peu partout dans les zones plus haut citées et dans la zone souda-
nienne. Le zébu toupouri et massa se reconcentre spécifiquement dans les deux Mayo-Kebbi.
L’effectif dans ces régions représente 60 % de l’effectif total. Le Ouaddaï, le Salamat et le
Moyen-Chari réunissent 24 % et les autres régions se partagent les 16 % qui restent. Les Bou-
douma et les Kouri, qui sont des agro-pasteurs-pêcheurs élèvent sur les abords du Lac Tchad,
une race locale de bovin appelée «boeuf kouri», unique dans le monde. Cette race est adaptée à
vivre dans les conditions amphibies lacustres. Les bœufs kouri sont des bons nageurs; ils tra-
versent facilement les chenaux d’eaux libres des archipels lacustres à la recherche de l’herbe
fraîche. Cette race de bovins est très célèbre pour ses cornes protubérantes et son rendement
en lait estimé entre 5 et 10 litres par jour.
Au Sud du pays, depuis plus de quarante ans, par l’introduction de la culture attelée, une cer-
taine forme d’élevage bovin s’est installée. Le nombre des bœufs de labour et des vaches qui
se sont reproduits a augmenté et, associé aux petits ruminants, aux porcs, constitue une nouvelle
donne à prendre en compte là où sévissait la glossine, vecteur de la trypanosomiase.
- l’élevage camelin est l’apanage des régions arides et semi-arides du Nord du pays. Le Batha,
le Kanem, le Lac et le Ouaddaï détiennent 60 % du cheptel. Ce sont les Goranes du Kanem, du
BET et les Arabes du Batha, de Biltine et du Ouaddaï qui élèvent ces grands ruminants associés
aux petits ruminants (chèvres et moutons). La limite sud de l’élevage camelin est constituée par
les régions du Sila, du Guéra, du Chari-Baguirmi et du Nord du Mayo-Kebbi-Est ;
Manuel de Géographie 3ème. Page | 60
Photo 48: Troupeau de dromadaires Photo 49 : Troupeau de bœufs

- l’élevage des petits ruminants est pratiqué dans tout le pays mais le Batha et le Lac viennent
en tête (32 %), suivis du Chari Baguirmi et du Salamat (18 %) puis du Wadi Fira et de Hadjer
Lamis (14 %). Les autres régions se répartissent les 36 % restants;

Photo 50: troupeaux de moutons Photo 51: Troupeau de chèvres

- les trois races d’équins élevés sont la race Dongola, la race arabe et le poney. Les chevaux
sont employés comme moyen de transport, de traction et sont un investissement dans les courses
hippiques ;

- les asins qui, autrefois n’étaient utilisés que pour le transport, ont aujourd’hui une valeur éco-
nomique avérée car de plus en plus utilisés pour la traction des charrues et charrettes. Les ânes
sont partout élevés au Tchad et dans la zone sahélienne en particulier.

- l’élevage porcin est un élevage ignoré mais pourtant bien implanté dans les agro-systèmes
ruraux et péri-urbains du Sud, à l’intérieur et autour de N’Djaména;

- la volaille est constituée de poulets, canards, pintades et pigeons. Les produits de cet élevage
pratiqué partout sur l’étendue du territoire, surtout en périphérie des centres urbains sous formes
de petites exploitations familiales traditionnelles ou modernes, apportent un complément ali-
mentaire carné aux populations. Cet élevage devient de nos jours une source de revenus inté-
ressants.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 61


Photo 52 : un poulailler

Figure 18 : Mobilité pastorale (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 62


5. La transhumance : une mobilité séculaire et stratégique

Pour tirer profit des ressources pastorales extrêmement variables dans le temps et dans l’espace,
les éleveurs se déplacent. Cette stratégie adaptée aux milieux fragiles, permet au bétail d’ex-
ploiter au mieux les ressources en eau et les pâturages qui existent dans différents étages de la
végétation.
Mais il y a plusieurs sortes de transhumance. Selon l’amplitude des déplacements on parle de
grande transhumance (500 à 700 km), de moyenne transhumance (100 à 500 km) et de petite
transhumance (déplacement autour d’un point d’attache).

Dans leurs déplacements, les pasteurs utilisent des couloirs de passage qu’on appelle couloirs
de transhumance. Ces couloirs gérés par les institutions coutumières et l’administration per-
mettaient le mouvement du bétail à l’intérieur des différentes zones écologiques en fonction des
saisons. Les changements climatiques de ces dernières décennies, la croissance démographique
et la croissance du cheptel même ont réduit considérablement les pâturages. Pour s’adapter, les
éleveurs ont modifié leurs mouvements en termes d’amplitude et de durée. Avant les années
70, les mouvements de transhumance ne dépassaient guère le Nord du 11ème parallèle (ligne
Guelendeng-Melfi-Am-Timan).

Aujourd’hui, certains groupes de transhumants atteignent la frontière Centrafricaine. En termes


de durée, l’évolution s’est traduite par un allongement du séjour en zone d’accueil de saison
sèche, ce qui augmente la densité du cheptel dans la zone. Il y a en effet, en plus des animaux
des autochtones, ceux des transhumants. De nos jours, les éleveurs pour la plupart, ne quittent
plus la zone méridionale en saison des pluies. Ces longs séjours des pasteurs créent de plus en
plus des problèmes. Par ailleurs, pendant la saison des pluies, quelques agriculteurs mettent en
culture certaines aires de stationnement plus riches et quelques couloirs de transhumance à leur
portée. Ce qui rend quelquefois difficile, l’accès aux pâturages et aux points d’eau. Ce sont ces
situations et ces problèmes qui engendrent des conflits agriculteurs-éleveurs.

6. Les contraintes de l’élevage au Tchad


Malgré de nombreux atouts dont bénéficie le secteur de l’élevage, il reste toutefois confronté à
de nombreuses contraintes qui limitent considérablement son développement. Les contraintes
majeures de l’élevage au Tchad sont les pâturages, l’approvisionnement en eau et les maladies
animales.

6.1 Les pâturages


Le problème le plus difficile à résoudre est celui des pâturages. Il est difficile à cause de la
péjoration du climat qui amenuise une bonne partie des pâturages du Sahel et aussi de la diffi-
culté à circonscrire les animaux dans un espace donné. Les ranches de l’Ouadi Rimé (Nord de
Djedda, Batha) 74 000 ha et celui de Massakory 15 000 ha, étaient des espaces pourvus d’eau
et de bons pâturages. Les animaux en transit vers les abattoirs de N’Djaména y séjournaient,
étaient nourris et soignés. Ils gagnaient du poids et étaient mieux vendus. Les veaux d’un an
qui y passaient deux ans présentaient de bonnes qualités bouchères. Mais ces ranches, exploités
par des entreprises privées ou parapubliques ne sont pas opérationnels de nos jours. L’idéal

Manuel de Géographie 3ème. Page | 63


aurait été de créer un centre de développement communautaire où des nomades seront fixés. Ils
auront un pâturage dans un espace limité à exploiter avec points d’eau et leurs animaux seront
suivis par des vétérinaires. D’ailleurs cela se fait de façon naturelle puisque les éleveurs no-
mades qui se sont installés depuis plus de six (6) mois sur un terroir sont désormais comptés
comme sédentaires et non plus comme nomades. Ce faisant, le pourcentage des éleveurs no-
mades est passé de 7 % en 1993 à 3 % en 2009 (RGHP2).

6.2 Approvisionnement en eau du bétail

Connaissant l’insuffisance et la quantité d’eau qu’il faut donner à chaque type d’animal par
jour : dromadaire (40-50 l), bovin (40 l), équin (30-40 l), ovin-caprin (5 l) etc. puis, compte tenu
de la population de ces bêtes par région, il faut créer des points d’eau pour résoudre ce problème.
Mais il faut aussi résoudre le problème d’exhaure car les expériences des pompes à moteur,
des systèmes éoliens ou de noria ne sont pas pratiques. Leur entretien les met hors de portée
des éleveurs en peu de temps.

Outre les problèmes évoqués ci-dessus, les filières animales (bovine, ovine, caprine, laitière,
porcine, avicole, de peaux et de cuirs) sont confrontées à de nombreux obstacles dont les pra-
tiques traditionnelles de commercialisation, l’inexistence d’unité de transformation et de con-
servation qui bloquent leur développement.

6.3 Les maladies animales


L’élevage tchadien est également confronté à la prolifération des maladies animales. Deux fac-
teurs importants retardent ou empêchent la prévention ou le traitement de ces maladies. Il y a :
- d’une part, l’ampleur des épizooties non contrôlées occasionnant de fortes mortalités selon les
espèces, le pays ne disposant pas de programme d’éradication des maladies de la liste de l’Or-
ganisation Mondiale de la Santé Animale et de cartes épidémiologiques. Devant l’inexistence
des textes réglementant les déplacements des animaux, la situation épidémiologique est accen-
tuée par les mouvements de bétail non contrôlés et par le fait que le Tchad est entouré de six
pays voisins sans barrière naturelle ;
- d’autre part, la désorganisation des systèmes de distribution des produits vétérinaires due à
l’absence ou à l’inadaptation des cadres réglementaires et à l’échec de la privatisation des ser-
vices vétérinaires ne permet pas un suivi adéquat des animaux.

L’inadaptation et la faiblesse de la recherche, qui sont liées au manque de ressources humaines


qualifiées de la recherche vétérinaire et à l’insuffisance des ressources financières, figurent
parmi les contraintes majeures qui limitent la productivité de l’élevage.

ÉVALUATION
Quelles sont les différentes zones d’élevage au Tchad ?
Comment se répartit le cheptel tchadien selon les zones bioclimatiques ?
Comment s’orientent les mouvements de transhumance ?
Quels sont les contraintes qui freinent le développement de l’élevage au Tchad.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 64


RESUME
En 2009, le bétail du Tchad a été estimé à plus de 20 500 000 de têtes d’animaux qui se répartis-
sent en fonction des zones bioclimatiques.
Les zones d’élevage par excellence sont le Batha, le Chari Baguirmi, le Guéra, le Kanem le Lac
et le Hadjer Lamis.
Les ressources pastorales au Tchad sont variées : les pâturages, les ressources en eau, les res-
sources minérales, les sous-produits agricoles et agro-industriels.
La protection sanitaire du bétail fait l’objet d’une action prioritaire à travers l’Institut de Re-
cherche en Elevage pour le Développement (IRED) qui produit divers vaccins.
Le Tchad se caractérise par plusieurs systèmes d’élevage dont le mode extensif est le plus prati-
qué. Il y a quatre systèmes d’élevage : le système pastoral nomade, le système agro-pastoral, le
système agro-élevage et le système intensif ou semi-intensif. Ce dernier système pratique la sta-
bulation permanente ou temporaire. Il concerne les stations d’embouche ou de production laitière
et surtout les fermes avicoles.
Le cheptel tchadien est le plus important de l’Afrique centrale. L’élevage est généralisé sur toute
l’étendue du territoire avec les espèces suivantes :
- les bovins sont présents partout sauf dans le Tibesti, le Borkou, l’Ennedi-Est et Ennedi-Ouest à
cause des conditions naturelles défavorables. Les différentes races de bovins élevés au Tchad
sont : le zébu arabe (le plus répandu), le zébu mbororo, le zébu massa ou toupouri et le bœuf
kouri ;
- les camelins sont élevés dans les régions arides du Nord du pays ;
- les équins et les asins, élevés un peu partout, servent comme moyen de transport et de traction ;
- les petits ruminants (ovins et caprins) ;
- les porcins bien implantés dans les agro-systèmes ruraux et périurbains du Sud, à l’intérieur et
autour de N’Djaména ;
- la volaille est constituée de poulets, canards, pintades et pigeons qui s’adaptent aux différents
milieux bioclimatiques du pays.
Les éleveurs du Tchad pratiquent une mobilité séculaire et stratégique pour tirer profit des res-
sources pastorales extrêmement variables dans le temps et dans l’espace. On distingue trois types
de transhumance : la grande transhumance, la moyenne transhumance et la petite transhumance.
La transhumance de nos jours connaît de problèmes à cause de la pression démographique, de
changements climatiques et du croît du bétail. Même les couloirs de transhumance ont été per-
turbés entraînant souvent les conflits agriculteurs-éleveurs.
Les problèmes liés aux pâturages, à la fourniture en eau et les maladies animales sont les princi-
pales contraintes qui limitent le développement de l’élevage au Tchad.
LEXIQUE
Station d’embouche : endroit aménagé où l’on engraisse des animaux achetés pour les re-
vendre.
Zone bioclimatique : division climatique d’une région avec ses particularités naturelles qui in-
fluencent les êtres vivants.
Bœuf kouri : bœuf à grosses cornes élevé dans les abords du Lac Tchad.
Chenal : passage resserré, naturel ou artificiel, permettant la navigation et reliant deux points
donnés (îles).
Cornes protubérantes : cornes très développées et renflées surtout à la base.
Archipel : groupe d’îles.
Moyen d’exhaure : moyen d’évacuation d’eau.
Noria : machine hydraulique formée de godets attachés à une chaîne servant à puiser de l’eau.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 65


EXERCICES PRATIQUES
1. En observant la carte ci-dessous, ex-
plique les flux de la transhumance. Enu-
mère les problèmes auxquels sont con-
frontés les transhumants.

2. En te basant sur cette carte, donne les


raisons pour lesquelles le cheptel came-
lin est l’exclusivité de la zone aride ?

3. L’élevage se caractérise par plusieurs


systèmes. Explique en quoi consiste
chacun des systèmes suivants : le sys-
tème pastoral nomade, le système agro-
pastoral, le système agro-élevage et le
système intensif ou semi-intensif.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 66


8
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
Le Tchad (1) :
La pêche (essor, contraintes)

A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :


- situer les différentes zones de pêche au Tchad ;
- décrire le circuit du poisson au Tchad ;
- expliquer les contraintes qui freinent le développement du secteur pêche.

STRATEGIES
- Observons la carte présentant les zones de pêche et situons-les.
- Déterminons les différents circuits empruntés par les poissons pêchés dans les eaux du Tchad.

- CONTENU
La pêche joue un rôle important dans l’économie du pays car elle occupe bon nombre de per-
sonnes, procure des revenus substantiels à plusieurs dizaines de milliers de personnes et ses
produits participent à la satisfaction des besoins nutritifs de base des populations.

1. Les différentes zones de pêche


La pêche est pratiquée dans toutes les eaux de surface sauf dans les ouadi. Elle concerne en
particulier le Chari, le Logone, les affluents, les défluents et même dans les plaines d’inonda-
tion. Elle se pratique également dans le Lac Tchad, les lacs du Mayo-Kebbi (lacs Léré, Tréné,
et lacs Toupouri), le Lac Fitri et le Lac Iro.

Les cours d’eau et les lacs ont plus ou moins de poissons selon que les inondations et les eaux
de ruissellement sur les pourtours des rivages mobilisent de fortes quantités de nutriments (phy-
toplancton) dont les poissons se nourrissent.

La productivité des cours d’eau et des lacs est estimée à 31 kg/ha/an, valeur de rendement stan-
dard pour les systèmes soumis au climat sahélien et sahélo-soudanien. La superficie en eau
disponible et potentiellement productrice de ressources halieutiques est considérable, particu-
lièrement lorsque la pluviométrie annuelle est normale (zone de pêche estimée à 70.000 km²).
La pêche se pratique toute l’année mais les rendements n’atteignent un niveau important que
pendant la décrue de décembre, janvier et février et l’étiage de mars, avril, mai et juin.

Les données sur l’effectif des pêcheurs sont très anciennes et peu fiables. Les pêcheurs profes-
sionnels seraient au nombre de 17 000, essentiellement étrangers (nigérians, maliens, ghanéens,
béninois…). Bien équipés de pirogues simples et à moteurs, ils opèrent sur le Lac Tchad, le Lac
Iro et le Lac Léré. S’y ajoutent, un certain nombre de professionnels nationaux (Boudouma,
Kotoko, Kim, Massa…) et près de 150 000 pêcheurs saisonniers (agriculteurs et éleveurs pra-
tiquant la pluriactivité), ainsi qu’un nombre indéterminé de pêcheurs occasionnels. La filière
pêche serait source de revenus pour quelques 300 000 personnes. La pêche proprement dite est
pratiquée par les hommes, alors que les femmes sont surtout impliquées dans la transformation

Manuel de Géographie 3ème. Page | 67


et la commercialisation du poisson. Les pêcheurs, transformateurs et mareyeurs sont organisés
dans certaines zones en groupements, associations et coopératives.

Source : Direction de pêche/PRODEPECHE/2012

Figure 19 : Carte des zones de pêche (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

2. Production et commercialisation
Pour la pêche professionnelle, les engins de pêche les plus utilisés sont les filets maillants, les
palangres... Les palangres sont généralement appâtées au vif pour capturer pendant la période
de hautes eaux les gros individus (capitaines, silures, tilapias, les Heterotis...). Les filets éper-
viers sont les outils les plus employés pendant l’étiage tant par les professionnels que par les
saisonniers et les occasionnels. Ils permettent de capturer de nombreuses espèces de poissons
(salanga, carpes, sardines, gargas, éré-érés, anguille…) qui vivent à faible profondeur dans les
cours d’eau et lacs.

Photo 53 : Engins de pêche : 1. Filet de pêche « épervier » 2. Filet de pêche

Manuel de Géographie 3ème. Page | 68


La production totale est estimée entre 60.000 et 100.000 tonnes de poisson frais par an. Près
de 1/3 du tonnage proviendrait du Lac Tchad, le reste venant du système Chari-Logone, du
Mayo-Kebbi et des autres lacs.

Photo 54: Du poisson fumé Photo 55 : Du poisson frais

La plus grande partie des captures destinées à la commercialisation est fumée (3/4) ou séchée.
La commercialisation du poisson frais (10% des stocks débarqués) fait l’objet d’une forte de-
mande, mais elle est limitée par l’insuffisance du réseau routier et le faible développement des
chaînes de froid. Le bitumage de l’axe routier
Guitté (Lac Tchad) – N’Djaména facilite de-
puis peu, l’approvisionnement de la capitale
en poisson frais.

Des petits véhicules frigorifiques ou char-


geant des barres de glace transportent et ven-
dent du poisson frais dans les centres urbains
comme Pala, Kélo, N’Djaména, Moundou,
Doba… Dans les secteurs de pêche les plus
isolés, tout est fumé ou séché (Salamat, Lac
Iro, Batha, Lac Fitri).
Photo 56 : Chargement de poissons frais en provenance du Lac Tchad

3. Quelques contraintes qui freinent le développement de la pêche

Le développement de la pêche est limité au Tchad par de nombreux facteurs. Il s’agit principa-
lement de :
- l’utilisation des filets prohibés (à petites mailles) qui ne préservent pas les petits indivi-
dus pour leur permettre de se développer et ensuite de se multiplier ;
- le non-respect des zones de mise en défens et des réserves ;
- le manque de matériels et de moyens de conservation des poissons frais qui ne sont pas
à la portée des mareyeurs (véhicules frigorifiques, glacières de grande capacité) ;
- le manque de moyens de transformation et de conservation de poissons (fumage et sé-
chage souvent faits avec des moyens inadaptés, toxiques, et sans hygiène) ;
- les mareyeurs, quand bien même organisés, ne semblent pas bénéficier de formation
pouvant renforcer leurs techniques de transformation et de conservation ;

Manuel de Géographie 3ème. Page | 69


- face aux effets du changement climatique qui diminuent les superficies en eau des lacs,
fleuves et rivières réduisant de fait, la préservation et la multiplication de poissons, très
peu d’initiatives sont prises pour la création des espaces de production et de protection
de certaines espèces. A cela faut-il encore ajouter, pour certaines régions, le mauvais
état des voies de communication (routes mal entretenues, voies navigables de moins en
moins praticables à cause de la diminution de niveaux d’eau dans les lacs, fleuves…)

ÉVALUATION
Quelles sont les différentes zones de pêche au Tchad ?
Quels sont les circuits de distribution du poisson frais dans les villes du Tchad ?
Enumère quelques problèmes que rencontre le secteur pêche au Tchad.

RESUME
La pêche joue un rôle important dans l’économie du pays car elle occupe beaucoup de per-
sonnes, procure des revenus substantiels à des milliers d’autres et ses produits contribuent à
une meilleure alimentation des populations.

La pêche est pratiquée dans toutes les eaux de surface dont le Chari, le Logone et leurs af-
fluents et défluents ainsi que dans leurs plaines d’inondation. Elle se pratique également dans
les lacs : Lac Tchad, lac Léré, lac Tréné et lacs Toupouri, lac Fitri et lac Iro.

La superficie en eau disponible et potentiellement productrice de ressources est estimée à


70.000 km².
Les données sur l’effectif des pêcheurs sont très anciennes et peu fiables. Il y a les pêcheurs
professionnels étrangers (nigérians, maliens, ghanéens, béninois…), nationaux (Boudouma,
Kotoko, Massa, Kim…) et des pêcheurs saisonniers ainsi qu’un nombre indéterminé de pê-
cheurs occasionnels.

Pour la pêche professionnelle, les engins de pêche les plus utilisés sont les filets maillants,
les palangres. Les filets éperviers sont les outils les plus employés tant par les professionnels
que par les saisonniers et les occasionnels. Ces différents engins permettent de capturer di-
verses espèces (capitaines, silures, tilapias, heterotis, salanga, carpes, sardines, garga, éré-
éré, anguille …).

La production totale est estimée entre 60.000 et 100.000 tonnes de poissons frais par an. Près
du 1/3 du tonnage proviendrait du Lac Tchad, le reste venant du système Chari-Logone, des
lacs du Mayo-Kebbi et des autres lacs.

La plus grande partie des captures destinées à la commercialisation est fumée (3/4) ou séchée.
C’est ainsi que dans les secteurs de pêche les plus isolés, tout est fumé ou séché (Salamat,
Lac Iro, Batha, Lac Fitri).
Le développement de la pêche est limité au Tchad par de nombreux facteurs. Il s’agit princi-
palement de :l’utilisation des filets prohibés, le non-respect des zones de mise en défens et
des réserves, le manque de matériels et de moyens de conservation des poissons frais, le
manque de moyens de transformation et de conservation de poissons, les très peu d’initiatives
pour la création des espaces de production et de protection des certaines espèces de pois-
sons…

Manuel de Géographie 3ème. Page | 70


LEXIQUE
Mareyeur : commerçant de poissons frais et des fruits de mer.

EXERCICES PRATIQUES
1. Observe ces photos.

(1) Poisson-chat (2) Tilapia (3) Anguille

a) Ces types de poissons existent-ils dans les cours d’eau de ta localité ?


b) Si non dans quel cours d’eau ou lac que tu connais, peut-on rencontrer au moins une de ces
espèces ?

2. Quels moyens de transport et engins de pêche utilisent les pêcheurs ?

3. Quelles sont les mesures nécessaires à prendre pour que les poissons ne manquent pas dans
nos cours d’eau et lacs ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 71


DEUXIEME SEMAINE D’INTEGRATION

Manuel de Géographie 3ème. Page | 72


PALIER 2.

Situation 1

Titre : Les ressources de mon pays

Contexte : Tu es élève de la classe de 3ème. Avec tes collègues de même niveau, vous engagez
une discussion sur la classification, la répartition et l’importance des ressources agricoles et
pastorales de ton pays. Vous ne vous entendez pas parce que les réponses et les arguments
divergent. Par des exemples concrets, fais comprendre au groupe, chacun de ces aspects.

(1) (2) (3)

(4) (5) (6)

Consigne

1. Explique-leur ce que représente chacune de ces photos.

2. En t’appuyant sur tes explications, montre-leur l’importance de ce que représente chaque


image.

3. Donne les principales régions où se pratiquent ces activités. Déduis-en celles de ta région.

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PALIER 2

Situation 2

Titre : La diversité des produits

Contexte : Pour l’alimentation de sa famille, ton oncle Damba achète souvent du mil rouge, du
maïs et de haricot sur les marchés de N’Djaména où l’on peut trouver aussi pêle-mêle: arachide,
pois de terre, pénicillaire, sorgho, pintade, sésame, veaux, carpes, canne à sucre, mangues, ma-
nioc, bourriquot, chèvre, génisse, brebis, poulet, pouliche, bélier, poulain, anguille, âne, jument,
chevreau, vache, agneau, taro, tétrodon, goyave, patate, taureau. Ton ami Adil s’interroge sur
la provenance et l’importance de ces produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques.

Consigne

1. Pour l’éclairer, regroupe ces produits ou bêtes en famille ou espèce et donne le nom de chaque
groupe ou famille.

2 Présente-lui l’importance des produits agricoles, pastoraux et halieutiques pour la population


et l’économie nationale.

2. Donne-lui les principales zones de production du sorgho de décrue, du maïs ; les zones de
l’élevage des bœufs, des dromadaires. Rappelle-lui quelques atouts et contraintes majeurs de la
pêche au Tchad.

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PALIER 3 :

LE TCHAD
9. LE TCHAD (9) : Ressources naturelles (localisation et exploitation)

10. LE TCHAD (10) : Industries (diversités et contraintes)

11. LE TCHAD (11) : Transport et communication

12. LE TCHAD (12) : Commerce, tourisme et artisanat

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9 Le Tchad (9) :
Les ressources naturelles (localisation et exploitation)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- identifier sur une carte les ressources naturelles du Tchad ;
- décrire la répartition géographique des ressources naturelles du Tchad;
- expliquer l’importance de ces ressources dans le développement économique du pays.

STRATEGIES
Observons les différentes cartes relatives aux ressources naturelles et identifions-les.
- Décrivons la répartition géographique des ressources naturelles du Tchad et expliquons leur
importance dans l’économie du pays.

CONTENU
On entend par ressource naturelle tout bien provenant de la nature de manière directe, sans
intervention humaine. On en trouve dans le règne animal, dans le règne végétal et dans le règne
minéral.

1. Les ressources forestières et fauniques


1.1 Les ressources forestières
Les ressources forestières sont des ressources naturelles non renouvelables dans une certaine
mesure. Elles couvrent au Tchad, selon les estimations de la FAO, 31 170 000 hectares avec un
prélèvement annuel du bois estimé entre 8,2 et 9,8 millions de m3. Ces ressources connaissent
une dégradation qui porte d’une manière générale sur la surexploitation des arbres pour le bois
de chauffe et le bois de construction, le défrichement des terrains pour les cultures sur brûlis.
Certaines essences sont exploitées spécialement pour la fabrication de meubles et outils divers :
bancs, chaises, lits, pirogues, pagaies, charrettes, mortiers, pilons, manches de houe, de hache…

En plus des méfaits liés à la sécheresse s’ajoutent d’autres éléments tels que les vents violents,
la forte chaleur qui sévit dans les zones sahariennes et sahélo-sahariennes. Ces facteurs entraî-
nent le tarissement des eaux de surface et la baisse du niveau des nappes phréatiques. Les
conséquences sur la flore et sur les points d’eau sont évidentes : des arbres sèchent, les cours
d’eau et les lacs s’ensablent. Le désert progresse, car chaque année, environ 80 000 hectares de
bois disparaissent (source Banque Mondiale, 1989). Ce processus de dégradation des milieux
est accentué par l’action de l’homme. Il s’en suit une zonation bioclimatique qui se présente
comme suit :

- dans la zone saharienne la végétation est très clairsemée et inexistante par endroits. Dans le
Tibesti, les ouadis sablonneux présentent des arbres sahéliens comme Tamarix aphylla,

Manuel de Géographie 3ème. Page | 76


Acacia totilis, Acacia seyal, Salvadora persica et Hyphaene thebaica. Les zones humides
de Borkou et d’Ounianga abritent les plus grandes palmeraies du Tchad.

- la zone sahélienne est le domaine de la steppe arborée à Acacia et Balanites et de la steppe


arbustive et herbacée à Acacia et Aristida. Autour du Lac Fitri et d’autres régions du Sahel
se développent des espèces ligneuses comme Combretum glutinosum, Sclerocarya birea,
Faidherbia albida. Dans le lit majeur de ce lac l’Acacia nilotica est exploité à des fins
domestiques et commerciales. Le Faidherbia albida est utilisé par des spécialistes pour
sculpter des ustensiles de cuisine tels que mortiers, pilons, écuelles, cuvettes et embarcation.
Ces arbres constituent les habitats des oiseaux surtout en période de crue et des rongeurs à
l’étiage ;

- dans la zone soudanienne se rencontrent des forêts claires, la savane arborée et la savane
arbustive. Dans ces différentes formations dominent les légumineuses, les combrétacées
(Anogeissus leiocarpus, Combretum glutinosum, guiera senegalensis…) et les acacias. Cer-
taines espèces d’arbres servent à la construction des pirogues, des habitats, des ustensiles
de cuisine, à la fabrication des manches des outils aratoires ainsi qu’à d’autres usages (par
exemple, bois de chauffe).

Ces ressources forestières sont dégradées sur nombre de fronts par l’élevage extensif, les dé-
frichements et dessouchages causés par la culture attelée et le labour au tracteur, l’abattage
abusif pour divers usages, les feux de brousse, la chasse, etc.

Le tracé préalable à la mise en place des pipelines conducteurs du brut et les pistes reliant les
puits de pétrole ont contribué à cette destruction massive.

En conséquence, la vie de l’homme est rendue vulnérable face à ces activités destructrices. Les
tchadiens doivent en prendre conscience et apprendre à préserver leur environnement. La plan-
tation des arbres et leur exploitation rationnelle doivent devenir une règle de vie pratiquée par
tous.

1.2 La faune

Le Tchad est un pays qui a trois grandes zones bioclimatiques qui renferment une diversité
faunique et floristique très appréciable.

1.2.1 Dans la zone désertique où l’aridité des sols ne permet qu’une maigre végétation de
quelques graminées vivaces, l’addax, les gazelles daman et dorcas se partagent l’espace avec
les grands carnivores comme le guépard, l’hyène rayée, ou le chacal commun. Le mouflon à
manchette est adapté aux montagnes du Tibesti mais aussi de l’Ennedi, dans lesquelles il côtoie
le babouin doguera, le patas (singe rouge) et le daman de rocher. Certaines gueltas (sources
existant au pied des rochers) de l’Ennedi abritent encore quelques crocodiles du Nil.

Les rongeurs, (goundi de l’atlas, gerboises et mérionnes) cherchent leur nourriture la nuit en
évitant les caracals, fennecs, renards faméliques, chats des sables, ratels et zorilles de Libye qui
sont des redoutables prédateurs.

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Parmi les oiseaux, l’autruche, l’outarde de Nubie, les vautours et les gangas, s’associent à des
espèces migratrices africaines comme la cigogne d’Abdim, ou européenne telle la bergeronnette
grise. La tortue à éperons, la vipère à cornes, le varan du désert, le fouette-queue, le gecko et le
scinque officinal sont les reptiles les plus fréquents, alors que les scorpions, les solifuges et
coléoptères ténébrionidés sont communs.

1.2.2 Dans la zone sahélo-soudanienne


A l’exception de l’addax, la plupart des espèces du Sahara se retrouvent dans les steppes de la
zone sahélienne et jusque dans les savanes soudaniennes pour les prédateurs et autres espèces.
Dans les régions du Lac Tchad et du Lac Fitri, on observe le rassemblement de milliers d’oi-
seaux aquatiques et de nombreuses espèces de poissons. Des hippopotames abondent aussi
dans le Lac Tchad. L’assèchement progressif du Lac Tchad dû aux changements climatiques
constitue pour ce milieu une menace majeure pour la biodiversité.

La zone soudanienne constitue l’habitat de prédilection des grands mammifères, surtout ras-
semblés dans les aires protégées ainsi que des milliers d’oiseaux qui peuplent les zones hu-
mides. Le bon état des écosystèmes est propice aux rapaces, qui comptent plus de cinquante
espèces. Les réseaux hydrographiques bien développés abritent environ 145 espèces de pois-
sons.

1.2.3 Les aires protégées

Le Tchad est un pays très riche en matière de diversité biologique, son réseau de parcs et ré-
serves couvre près de 10,2 % de la surface du pays. Il s’agit des parcs nationaux, des réserves
de faunes et des domaines de chasse.

- Le Parc National de Zakouma (PNZ)

Crée en 1963, le Parc National de Zakouma a une superficie de 305 400 ha. Il est englobé dans
la réserve de faune de Bahr-Salamat créée en 1964 avec une superficie de 2 060 000 ha. Le
PNZ a pour but la propagation, la protection et la conservation de la vie animale et végétale
sauvages. Il revêt un intérêt scientifique, éducatif et récréatif pour le public. Ses ressources en
eau et en pâturage sont permanentes tout au long de l’année si bien que cette aire protégée
constitue un véritable sanctuaire pour la faune soudanienne du Tchad. Dans ce parc, des milliers
d’éléphants et de buffles côtoient les girafes, les antilopes (hippotragues, bubales, cobs, dama-
lisques, koudous, reduncas), les gazelles rufifrons, les phacochères et les singes. L’élan de
Derby existe encore à la frontière avec la RCA. Les grands carnivores comme les lions, les
léopards, les guépards, les hyènes tachetées et rayées y vivent également.

De nos jours, le Parc National de Zakouma a vu sa population d’éléphants chuter. Cette vaste
réserve a perdu 90 % de ses éléphants ces dernières années. De 4 300 animaux recensés en
2002, il n’y en avait plus qu’environ 450 en 2012. Ce sont des braconniers puissamment armés,
bien organisés, qui les déciment en vue du retrait de leurs défenses qui alimentent le marché
international de l’ivoire.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 78


Dans ce même parc il existe des milliers d’oiseaux comme les grues couronnées, les pélicans,
les hérons, les marabouts, les jabirus, les canards et dans les sous-bois, de serpents comme le
python, le naja cracheurs…
Des études sont avancées pour faire reconnaître ce parc comme patrimoine mondiale de
l’UNESCO

- Le Parc National de Manda (PNM)

Le Parc National de Manda est situé dans la région du Moyen Chari à 25 km au Nord-Ouest de
la ville de Sarh. Il a été classé en 1951 comme réserve de faune régionale et est classé parc
national en 1965. Sa superficie est actuellement de 114 000 ha. Au départ, riche en faune, le
Parc constituait une attraction touristique remarquable. Les espèces qu’on y rencontre sont les
éléphants, les antilopes, les gazelles, les hyènes… mais l’introduction des armes modernes à
feu a décimé plus de 80 % de la faune dudit parc.

- Le Parc National de Sena-Oura (PNSO)

Créé en 2010, le PNSO est situé au Sud-ouest du Tchad, dans la région du Mayo-Kebbi Ouest,
département du Mayo-Dallah. Le PNSO a une superficie totale de 73 520 ha et est limitrophe
au Parc National de Bouba Ndjida au Cameroun. La diversité floristique est sans conteste abon-
dante, du fait que le PNSO est contigu au Parc National camerounais de Bouba Ndjida. Les
divers écotypes du PNSO hébergent une faune abondante et variée. Parmi les mammifères, on
rencontre des espèces emblématiques telles que les éléphants, les élans de Derby, les hippo-
tragues et les girafes. D’autres animaux sont aussi présents dans le parc comme les bubales, les
damalisques, les céphalophes de Grimm, les redunca, les phacochères, les guib harnachés, les
ourébis, les cynocéphales, les vervets et les patas etc. L’avifaune est importante et diversifiée :
178 espèces regroupées en 58 familles ont été identifiées. La plupart des oiseaux de savanes
arborées et de forêts galeries sont représentés. Les espèces d’oiseaux d’eau sont également
nombreuses.

Le PNSO est un réservoir pour la faune ichtyologique : plus de 40 espèces de poissons y sont
en effet recensées.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 79


Figure 20: Carte végétation et faune (Atlas de l’Afrique : Tchad, éd. Du Jaguar, 2012)

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2. Les ressources en eau
En dehors des lacs, des fleuves, des rivières et des oueds dont les eaux constituent une ressource
naturelle importante, le Tchad possède de vastes régions constituées de formations sédimen-
taires (sables, grès), servant de sièges d’aquifères continus sous les formes suivantes :
- nappes libres (souvent désignées sous le terme « nappe phréatique ») ;
- nappes profondes captives ou semi-captives, artésiennes sous certaines conditions hy-
drauliques et topographiques.

2.1 Les aquifères de la zone saharienne

Les aquifères de la zone sahariennes sont constitués :


- des aquifères discontinus du massif du Tibesti qui sont dans les deux grandes vallées (le Bar-
dagué et le Yébigué) ;
- de l’aquifère des Grès Primaires qui se localise dans le piémont du massif du Tibesti vers le
Sud-est, dans une grande partie de l’Ennedi ;
- de l’aquifère du Carbonifère Marin dont le potentiel en eau souterraine semble faible, mais les
réserves exploitables sont estimées entre 1,9 et 4,75 milliards de m3) ;
- de l’aquifère des Grès de Nubie situé au Nord et au Nord-Est. Il s’étend vers la Libye, le
Soudan et l’Égypte.

2.2 Les aquifères de la zone sahélienne sont :


- les aquifères discontinus du plateau du Ouaddaï ;
- les aquifères discontinus du Massif Central Tchadien au Guéra;
- le système aquifère multicouche tertiaire-quaternaire de la cuvette tchadienne.

2.3 Les aquifères de la zone soudanienne sont :


- les aquifères discontinus du socle de Mayo-Kebbi et du massif de Yadé (Baïbokoum);
- l’aquifère crétacé de Mayo-Kebbi;
- le système aquifère multicouche crétacé-tertiaire-quaternaire de la cuvette tchadienne.
Les potentialités en eau souterraine du pays se situent dans une fourchette de 400 à 750 milliards
de m3 et celles des ressources en eau exploitable entre 260 et 544 milliards de m3.

3. Les mines
De nombreux indices de minéraux ont été signalés sur le territoire tchadien au cours des der-
nières décennies dont certains sont en exploitation et d’autres en attente de valorisation.

2.1 Métaux et pierres précieux


Les travaux de prospection réalisés ont permis de mettre en évidence des filons de quartz
aurifères ainsi que des indices d’or alluvionnaires. Les indices d’or les plus intéressants se
trouvent dans les régions du Mayo-Kebbi, du Batha, du Logone Oriental, du Borkou et du Wadi
Fira.
Le seul indice d’argent connu au Tchad est celui d’Ofouni autour de Bardaï dans le Tibesti. Il
est lié au plomb. En ce qui concerne les métaux précieux, les indices de platine sont signalés au
Sud du Lac Léré, dans le Mayo-Kebbi.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 81


La découverte du diamant par des artisans locaux a été signalée dans la région de Baïbokoum,
située à l’extrémité Sud-Ouest du Tchad. La proximité de l’exploitation artisanale de cette
pierre précieuse de l’autre côté de la frontière en République Centrafricaine et au Cameroun
renforce cette allégation.

Figure 21 : Carte des indices miniers (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

3.2 Minerais métalliques


Bien d’indices de Minerais métalliques existent au Tchad. Ce sont ceux :
- de chrome lié aux roches basiques et ultrabasiques des régions de Léré dans le Mayo-
Kebbi ;
- de titane signalé au Sud du Guéra et au Mayo-Kebbi ;
- de manganèse récemment repéré dans la région de Goz-Beïda ;
- d’étain et de tungstènes liés aux granites ainsi que de niobium, de tantale, de béryllium
connus dans les régions du Tibesti et du Ouaddaï.

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- plusieurs gîtes de fer existent dans le Mayo-Kebbi, le Moyen Chari, au Ouaddaï, à
Koro-Toro, etc. ;
- de plomb, de zinc, de cuivre répertoriés dans le Tibesti, le Mayo-Kebbi et le Ouaddaï.

3.3 Matières radioactives


Des indices de matières radioactives, essentiellement l’uranium, sont connus au Tchad. La ma-
jeure partie de ces indices est de type filonien. C’est dans le Tibesti qu’ils sont les plus nom-
breux. Mais il en existe aussi dans l’Ennedi et au Mayo-Kebbi.

3.4 Marbre et calcaire


Plusieurs gisements de marbre ont été découverts dans le Mayo-Kebbi au Nord-ouest de Léré
(Teubara), au Guéra et au Ouaddaï. Des gîtes de graphite et de kaolin et quelques bancs de
schistes sont connus dans plusieurs régions du pays. Le sable qui pourrait présenter un intérêt
pour l’industrie du verre a été signalé dans la formation quaternaire de diverses régions.
On trouve des calcaires dans plusieurs régions du Tchad mais la majorité des gisements connus
est restée inexploitée. Néanmoins, certains gisements comme ceux du Mayo-Kebbi et du Guéra
ont fait l’objet d’une exploitation artisanale dans le cadre du marché local.

3.5 Les formations salines


Les formations salines ne font pas défaut
au Tchad. Ainsi la production de natron
est relativement florissante au Tchad.
Sept cent trous ou « natronnières » sont
exploitées dans la région du Lac Tchad et
de Faya-Largeau. Les dépôts de sel
gemme sont observables dans de nom-
breuses salines. Leurs superficie totale
est d’environ 20 km2.
Photo 57 : Vue des dépôts de natron dans le cratère de l'Emi-Koussi
4. Les ressources énergétiques
Les ressources énergétiques au Tchad sont variées. Ce sont les hydrocarbures, l’énergie solaire,
éolienne, l’énergie géothermique, l’énergie hydraulique…
Les hydrocarbures sont des ressources énergétiques non renouvelables. Les prospections me-
nées depuis 1970 ont mis en évidence l’existence du pétrole et de gaz dans différents sites no-
tamment à Doba, à Bongor, à Bousso, à Sédigui, à Moïssala, à Kyabé …dont certains sont
exploités et d’autres présagent des fortes potentialités d’exploitation.
Compte tenu de sa situation en latitude le Tchad recèle à profusion l’énergie solaire et éolienne.
Ces ressources énergétiques renouvelables sont malheureusement sous-exploitées. Les énergies
géothermiques existent mais elles ne sont pas exploitées à l’exemple des sources thermales
d’Ounianga et du champ fumerollien de Soborm (BET). Les sources d’énergie hydraulique
également inexploitées à cause des faibles débits des cours d’eau, surtout du Mayo-kebbi qui
alimente les chutes Gauthiot à 19 m de hauteur. Les combustibles comme le bois de chauffe, le

Manuel de Géographie 3ème. Page | 83


charbon, la bouse de vache, les grains de coton, les noix du palmier doum sont des ressources
énergétiques non négligeables.
Les ressources naturelles (en eau, forestières, fauniques, minières, et énergétiques) sont à la
base de l’économie du pays et vitales au développement de l’homme. Elles permettent d’obtenir
des aliments, de produire de l’énergie et de générer des recettes additionnelles. Ces considéra-
tions nous permettent de comprendre la raison pour laquelle les ressources naturelles doivent
être utilisées de façon consciente et avec modération qu’elles soient renouvelables ou non. En
fait, de cette gestion rationnelle de l’environnement dépendent la vie, le bien-être et la survie
des Tchadiens d’aujourd’hui et de demain.

ÉVALUATION
Quelles sont les principales ressources naturelles du Tchad ?
Donne pour chaque zone deux principales ressources naturelles dominantes.
Combien y-a-t-il des aires protégées au Tchad ? Cite-les en les situant.
Explique l’importance de la faune dans le développement économique du pays.

RESUME
Les ressources naturelles sont l’ensemble du règne végétal, du règne animal et du règne mi-
néral dont dispose un pays.
Les ressources forestières et fauniques bien que renouvelables sont rares dans la zone saha-
rienne. La végétation se réduit, dans les ouadis, à quelques acacias et autres épineux et dans
les oasis, aux palmiers-dattiers. La zone sahélienne est le domaine de la steppe arborée à
Acacia nilotica, Acacia Aristida, Balanites aegyptiaca, Faidherbia albida, de la steppe ar-
bustive et herbacée. La zone soudanienne abrite des forêts claires, des savanes arborés et
arbustives où dominent les légumineuses, les combrétacées et les acacias.
Toutes les zones bioclimatiques du Tchad ont une faune riche et variée. Des mammifères,
des carnivores, des rongeurs aussi bien que de multitudes d’oiseaux et reptiles peuplent toutes
les zones. Trois aires protégées, les parcs nationaux de Zakouma, de Manda, de Sena-Oura
sont les royaumes de ces animaux sauvages dont certaines espèces protégées sont gravement
menacées tels que l’éléphant, le rhinocéros, l’autruche, le varan…
Le Tchad dispose d’importantes ressources en eau de surface, et souterraines dont l’exploi-
tation rationnelle pourrait contribuer au développement de l’agriculture et de l’élevage.
L’ensemble du territoire tchadien comporte de nombreux indices de pierres précieuses, de
métaux, de matières radioactives, de marbre, de calcaire, de formations salines dont très peu
sont exploités et d’autres attendent d’être valorisés.
Les ressources énergétiques renouvelables (soleil, vent, combustibles végétaux…) et non re-
nouvelables (pétrole, gaz…) desquelles dépend en grande partie le développement industriel
du pays sont assez variées au Tchad.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 84


LEXIQUE
Biodiversité : diversité des êtres vivants et leurs caractères génétiques.
Floristique : relatif à la flore qui est l’ensemble des espèces végétales dans un milieu donné.
Essences : ce qui constitue la nature d’une chose, espèces, nature.
Ecotype : environnement spécifique (ex écotype sahélien).
Avifaune : ensemble des oiseaux.
Aquifères : couche du sous-sol qui contient de l’eau.
Nappe phréatique : réserve d’eau, produit de l’infiltration des eaux pluviales qui imprègnent
le sous-sol en profondeur et peut alimenter les sources ou les puits.
Nappes artésiennes : nappes d’eau sous pression dans le sous-sol où les puits forés donnent
une eau jaillissante.
Filons de quartz aurifères : des quartzs allongés contenant de l’or.
Or alluvionnaires : or que l’on trouve dans les alluvions.

EXERCICES PRATIQUES

1. Le Tchad dispose des aires protégées. Dis dans quelle région administrative se trouve cha-
cune d’elles et explique la richesse faunique de celles-ci.

2 Observe les photos ci-dessous.

(1) (2)
a) que constates-tu ?
b) s’agit- il d’une épidémie pour la première image ? Et de quoi s’agit-il pour la seconde ? qui
est à l’origine de ces phénomènes et pourquoi ?
c) quelles sont les conséquences de ces destructions ?
3. Les ressources énergétiques ont été localisées dans différents endroits du pays. Quelles sont
celles ayant fait l’objet d’une exploitation ? Quels sont leurs apports dans l’économie nationale.

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10
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
Le Tchad (10) :
L’industrie au Tchad

A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :


- énumérer les différentes unités industrielles du Tchad ;
- décrire l’importance des unités industrielles dans l’économie du pays ;
- identifier les contraintes liées au développement de ces unités industrielles.

STRATEGIES
Observons la carte économique du Tchad et identifions les différents pôles industriels.
Décrivons les différentes industries.
Identifions les différents problèmes de l’industrie au Tchad.

CONTENU
1. Les unités industrielles du Tchad
Le Tchad, de par sa vaste superficie renferme des ressources agro-pastorales, forestières, mi-
nières et énergétiques considérables mais le pays demeure peu industrialisé. Parmi les industries
qui y sont implantées se trouvent entre autres : des industries agroalimentaires, des industries
textiles, des industries extractives, des industries chimiques, des industries de matériaux de
construction et d'ameublement et des industries diverses.

1.1 Les industries agroalimentaires

Au Tchad, les industries agroalimentaires sont peu diversifiées et très anciennes car le pays est
à vocation agropastorale.
Les Abattoirs Frigorifiques de Farcha, créés en 1958 et privatisés sous le nom de La Société
Moderne des Abattoirs de Farcha en 1999, sont redevenus Abattoirs Frigorifiques de Farcha
après la reprise desdits abattoirs par l’Etat en juin 2014. Ils s’occupent de l’abattage des ani-
maux pour la consommation locale et pour l’exportation. Mais depuis 1984, ils n’exportent plus
la viande à cause de la peste bovine dont le Tchad a été déclaré l’un des foyers. Cependant,
depuis 2002, le pays est déclaré indemne de cette peste bovine. Ces abattoirs produisaient en
moyenne 110 tonnes de viande par jour et disposaient de 22 chambres froides pour les carcasses
destinées au marché intérieur et d’un entrepôt de palettisation de 70 tonnes à l’Aéroport inter-
national de N’Djaména pour l’exportation. De nos jours, la capacité de ces abattoirs est réduite
à 30 ou 35 tonnes de viande par jour avec seulement 4 chambres froides fonctionnelles.

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Photo 58 : Abattoir de Farcha Photo 59 : Carcasses de grands ruminants à l’abattoir de Farcha

Les Brasseries du Tchad (BDT) sont nées en décembre 2004 de la fusion des Brasseries du
Logone (BDL) de Moundou démarrées en 1965 et des Boissons et Glacières du Tchad (BGT)
de N’Djaména créées en 1971. Les Brasseries du Tchad à Moundou ont produit en 2012 environ
149 000 hl de boissons. Elles s’occupent de la production et de la commercialisation des bois-
sons alcoolisées (Gala, Chari, Guinness, Castel) et des boissons sucrées et gazeuses (Coca-cola,
Fanta, Top soda, Top ananas, eau minérale …) pour la consommation nationale. En dehors des
usines de Moundou, une succursale est opérationnelle à N’Djaména pour ravitailler la ville et
la partie septentrionale du pays.

Photo 60 : Les Brasseries du Tchad à Moundou

La Compagnie Sucrière du Tchad (CST), privatisée en 2004 en lieu et place de la Société Na-
tionale Sucrière du Tchad (SONASUT) et de la Société Sucrière du Tchad (SOSUTCHAD),
produit du sucre sous diverses formes : en morceaux, en granulé, en pain. En 2013, 33 000
tonnes de sucre ont été produites au Tchad, ce qui est loin de satisfaire le besoin de la population
estimée à environ 80 000 tonnes par an. Le sucre est le deuxième produit agricole exploité de
façon industrielle après le coton.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 87


Photo 61 : La CST à Sarh

Les Sociétés de production d’eau minérale (Excel, Assafi, Al-Madina, Al-Djamal, Cristal, …)
fournissent de l’eau potable captée par forage et assurent sa commercialisation au niveau natio-
nal.
Les boulangeries et pâtisseries (La Rotative, Boulangerie Hanana, Boulangerie Hyba, Al-
Firdos…) fabriquent du pain, des gâteaux, des biscuits… pour l’alimentation des populations.

L’usine de Jus de Fruits de Doba (UJFD) a mis sur le marché intérieur depuis mars 2012 du jus
de fruits. Elle s’occupe de l’extraction, de la préparation et de l’embouteillage de jus des fruits.
Sa capacité de production est de 5 000 à 6 000 bouteilles par jour.

Photo 62 : Bâtiment abritant l’Usine de Jus de Fruits (Doba)

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La Manufacture des Cigarettes du Tchad (MCT) à Moundou, filiale de British Tobago, est une
entreprise de fabrication de cigarettes à base de tabac. Le tabac acheté chez les petits paysans
est mélangé à six autres variétés de tabac brun pour la fabrication de cigarettes. Mais le tabac
blond est entièrement importé.
Beaucoup d’autres produits agro-alimentaires sont fabriqués de façon artisanale ou moderne
par des sociétés évoluant dans l’informel. Ce sont par exemple, les fromageries, les laiteries,
les huileries…
1.2 Les industries extractives
Les industries extractives restent embryonnaires. La branche la plus importante est celle des
carrières où l’on extrait du calcaire, du sable, du kaolin... pour les besoins industriels.
La rhyolite est exploitée dans la carrière de Dandi (Mani) au Sud du Lac Tchad. Cette carrière
produit annuellement autour de 175.000 tonnes de gravier. Une autre carrière a été ouverte à
Fianga pour la construction de la route bitumée Guelendeng-Bongor-Sarh. Le sable est aussi
exploité surtout dans les lits des fleuves Chari et Logone à N’Djaména et dans les autres loca-
lités riveraines des cours d’eau du pays, tandis que l’argile est utilisée sur l’ensemble du terri-
toire pour la fabrication des briques et dans la poterie.
L’exploitation du pétrole de Komé à Doba par les multinationales Esso, Chevron, Petronas,
Exxon Mobil, avec une production de 25 000 barils par jour est l’un des premiers pôles de
richesse du pays. L’extraction de l’or de Gamboké (Pala), du natron dans les dépressions inter-
dunaires au Nord du Lac Tchad (Bagassola, Liwa…), dans les mares salées du Borkou, de
l’Ennedi et dans les cratères volcaniques du Tibesti, du sel gemme des évaporites du bassin des
Erdis et des marais salants sont des industries traditionnelles du pays. La quantité de sel exploi-
table dans les régions de Borkou, de l’Ennedi-Est, de l’Ennedi-Ouest et de Tibesti suffirait à
couvrir les besoins du pays.
L’exploitation du calcaire pour la fabrication artisanale de la chaux vive se fait de façon inter-
mittente par les populations du Mayo-Kebbi et de la région montagneuse du Nord Guéra.

Photo 63 : Forage de puits de pétrole à Komé Photo 64: Torchères à Komé

1.3 Les industries chimiques


Les industries chimiques sont rares et dominées par la société nationale de raffinage du pétrole
implantée à Djarmaya qui traite le pétrole brut issu des champs de rôniers et mimosa (bassin
du Chari-Baguirmi et de Bongor) acheminé par pipeline. La production de la raffinerie est des-
tinée à la consommation nationale mais aussi à l’exportation vers la RCA.
Manuel de Géographie 3ème. Page | 89
La composante huilerie-savonnerie de la société cotonnière de Moundou, privatisée en 2000,
assurait la production d’huile et de savon à partir des graines de coton et d’arachide. Depuis
quelques années, cette huilerie-savonnerie connaît de sérieuses difficultés qui l’ont amenée à
réduire la production de l’huile à 10 000 tonnes en 2010 et à abandonner celle du savon. Les
tourteaux issus de cette transformation sont exportés vers le Nigéria, pour servir à la consom-
mation du bétail et comme engrais pour fertiliser les sols.

1.4 Les industries de matériaux de construction et d'ameublement

Les matériaux de construction et d’ameublement ne font pas défaut au Tchad mais les structures
qui les transforment, même si elles sont nombreuses, ont une capacité de production limitée et
évoluent dans l’informel. C’est le cas des briqueteries, des menuiseries métalliques et/ou bois.

Celles qui évoluent dans le formel sont entre autre la Société de Production, de Commerciali-
sation des Tôles et Divers (SOPCOTOD) à N’Djaména, qui fabrique et commercialise des tôles
standard et sur mesure à la demande des clients ; la SONACIM (Société Nationale de Ciment)
à Baoré produit annuellement 180 000 tonnes et emploie 371 personnes.

Photo 65 : Cimenterie de Baoré

1.5 Les industries textiles


Les industries textiles ne se résument qu’aux deux structures suivantes qui sont les usines
d’égrenage et une usine textile. Sur les 22 usines d’égrenage qu’il y avait au départ dans les
années 1965, 17 sont fermées. Il n’en reste plus que 6 en activité : celles de Moundou, Pala,
Kélo, Léré, Koumra et Sarh qui fonctionnent avec une capacité de 35 000 à 52 000 tonnes de
coton-graines par an et emploient 2 500 à 3 000 personnes permanentes, saisonnières et tempo-
raires.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 90


Photo 66 : Banc à broche à la NSTT (Sarh)

La Nouvelle Société Textile du Tchad (NSTT) à Sarh, née sur les cendres de la Société Textile
du Tchad (STT) puis de la Compagnie Textile (COTEX), peut mettre sur le marché toutes les
gammes de produits d’habillement. Sa capacité régulière de consommation est de 1 000 à 1 300
tonnes de coton-fibre par an.

1.6 Les autres industries


Le Laboratoire de Recherches Vétérinaires et Zootechniques de Farcha (LRVZF), actuel Insti-
tut de Recherche en Elevage pour le Développement (IRED) s’emploie à améliorer la santé
animale en fabriquant des vaccins contre les maladies animales et en diffusant les races (bovines
et de chevaux) économiquement rentables par le système de croisement.

La Société Tchadienne d’Eau et d’Electricité (STEE) aujourd’hui éclatée en Société Nationale


d’Electricité (SNE) pour la fourniture en électricité et en Société Tchadienne des Eaux (STE)
qui se charge de la distribution de l’eau, sont implantées dans au moins chaque chef-lieu des
régions administratives. La capacité fonctionnelle de la SNE de la ville de N’Djaména est de
35 mégawatts pour un besoin estimé à 110 mégawatts. Toutefois, en 2012, une nouvelle centrale
d’une capacité de 60 mégawatts (MW) est construite à Farcha, ce qui rehausse la puissance
disponible de N’Djaména à 95 mégawatts.

La Société Industrielle de Matériels Agricoles et d’Assemblage des Tracteurs (SIMATRAC),


implantée à Farcha est une usine d’assemblage des tracteurs de différentes marques : MAHIN-
DRA, New Holland, John DEERE 5403 2x4 de 65 CV avec 7 modèles. Elle met également sur
le marché un modèle de motoculteurs de type VST SHKTI 130 ID de 13 CV, des charrues, des
semoirs et des pièces de rechange.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 91


Photo 67 : Chaîne de montage des motoculteurs à la SIMATRAC Photo 68 : Des tracteurs à la SIMATRAC

Plusieurs autres industries s’occupent de la construction des bâtiments et des routes : la Société
d’Aménagement en Territoire d’Outre-Mer (SATOM), la Société Nationale d’Entretien Routier
(SNER), la Nouvelle Entreprise de Construction des Bâtiments et des Travaux publics (NECO-
BAT), le CGCOC, sigle chinois qui se traduit en Anglais par China Overseas Construction CO.
LTD etc.

2. L’importance des unités industrielles dans l’économie du Tchad

Disposant d’un certain nombre d’unités industrielles, entres autres, agro-alimentaires, extrac-
tives, chimiques, de matériaux de construction et d’ameublement, textiles, le Tchad connaît un
certain niveau de développement du point de vue santé et longévité, de l’accès à l’éducation et
de vie décente de la population.

En effet, grâce à l’existence de ces quelques unités industrielles qui emploient une bonne partie
de la population, bien de ménages mènent une vie améliorée du point de vue de l’habitat de
l’alimentation, de la santé, de la formation et de l’éducation. Les produits générés par ces unités
industrielles satisfont en grande partie les besoins nationaux de consommation, réduisant de
facto la dépendance des produits d’importation. Le surplus des produits provenant de certaines
de ces unités tels que le pétrole de la raffinerie de Djarmaya, la viande et les vaccins des Abat-
toirs Frigorifiques de Farcha, les cigarettes de la MCT de Moundou est exporté. Ces exporta-
tions sont source de revenus pour le pays même s’ils sont peu importants.

Les quelques unités industrielles du Tchad contribuent également au développement des infras-
tructures sanitaires, d’éducation…

3. Les contraintes des industries du Tchad


L'industrie tchadienne reste faible et handicapée par de nombreux problèmes d'ordre interne et
externe. En 2006, le secteur de l’industrie employait 4,2 % de la population et contribuait pour
54,8 % au PIB. L’industrie textile est en crise. La Société Tchadienne de Textile a été mise en

Manuel de Géographie 3ème. Page | 92


liquidation en 1992 donnant naissance à la Nouvelle Société Textile du Tchad qui peine à fonc-
tionner. Les produits de l’industrie agroalimentaire (huile, sucre, jus de fruits et bière) souffrent
également de la concurrence des produits en provenance du Nigéria, du Cameroun...
Plusieurs obstacles sont identifiés en ce qui concerne la faible industrialisation: infrastructures
de base (routes, télécommunications, énergie) déficientes, main-d’œuvre insuffisamment qua-
lifiée, faible articulation des industries par rapport aux besoins des populations, environnement
juridique et réglementaire peu rassurant, moyens financiers et technologiques limités, coûts éle-
vés des impôts et taxes, monopole étouffant l’esprit d’entreprise, détournement des richesses et
des revenus, inadaptation des circuits financiers aux échanges internes ou régionaux.

ÉVALUATION
Quelles sont les unités industrielles implantées au Tchad ?
Pourquoi les industries agroalimentaires sont-elles les plus nombreuses ?
Quelles sont les matières premières que transforment les industries agroalimentaires et textiles ?
Explique ce qui donne de l’importance aux unités industrielles au Tchad.
Quelles sont les industries extractives qui existent au Tchad ?
Explique les principaux problèmes que rencontre l’industrie au Tchad.

RESUME

Le Tchad a une vaste superficie renfermant des ressources agro-pastorales, forestières, mi-
nières et énergétiques considérables mais le pays demeure peu industrialisé. Parmi les indus-
tries qui y sont implantées se trouvent entre autres : des industries agroalimentaires (les Abat-
toirs Frigorifiques, les BDT, la CST, l’UJFD…), l’industrie textile (la NSTT), des industries
extractives (l’exploitation du pétrole de Doba, la cimenterie de Baoré, exploitation tradition-
nelle du kaolin, du calcaire, du sable et de l’or), des industries chimiques (la raffinerie de
Djarmaya, l’huilerie-savonnerie de Moundou), des industries de matériaux de constructions
et d'ameublement et des industries diverses. Plusieurs autres industries s’occupent de la cons-
truction des bâtiments et des routes.
L’importance des unités industrielles dans l’économie du Tchad n’est point à démontrer, car
touchant à la fois la santé et l’espérance de vie, l’éducation et le bien-être de la population
desquels s’inspire la définition de l’Indice de Développement Humain (IDH).
L'industrie Tchadienne reste faible et handicapée par de nombreux problèmes d'ordre interne
et externe notamment les infrastructures de base (routes, télécommunications, énergie) défi-
cientes, la main-d’œuvre insuffisamment qualifiée, la faible articulation d’une industrie par
rapport aux besoins des populations. L’environnement juridique et réglementaire est peu ras-
surant ; les moyens financiers et technologiques sont limités ; les impôts et taxes sont élevés ;
le monopole étouffe l’esprit d’entreprise ; le détournement des richesses, des revenus et l’ina-
daptation des circuits financiers aux échanges internes ou régionaux sont également des fac-
teurs qui freinent l’industrialisation.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 93


LEXIQUE
Palettisation : action de charger des marchandises sur des palettes.

EXERCICES PRATIQUES
1. Le Tchad est un pays peu industrialisé. Qu’est ce qui peut expliquer cet état de fait ?
2. L’implantation des industries obéit à certaines normes et facteurs. Au Tchad, quels sont les
facteurs qui ont impulsé les industries existantes ?
3. A quoi est destiné le pétrole exploité à Komé? Et celui de Djarmaya ?
4. La Société Industrielle de Matériels Agricoles et d’Assemblage de Tracteurs (SIMATRAC)
œuvre pour la mécanisation de l’agriculture. Enumère les matériels Agricoles produits par
cette société.

5. Donne cinq problèmes que rencontre l’industrie au Tchad et propose quelques solutions.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 94


11 Le Tchad (11) :
Transports et communication

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- identifier les moyens de transport et de communication ;
- décrire les différents types de télécommunications modernes et leur impact sur les diffé-
rents secteurs d’activités.

STRATEGIES
Observons la carte des infrastructures de transport et autres moyens de communication du
Tchad et identifions-en les différents types tout en les localisant.
Décrivons-les en présentant leur importance pour le développement économique.

CONTENU
Depuis l’amorce de la mondiali-
sation au XXe siècle, l’enclave-
ment du Tchad prend une autre
dimension avec les changements
multiformes. D’abord naturel,
contre lequel la lutte est engagée
par la construction des infras-
tructures de transport. Cet en-
clavement s’amplifie par la pré-
sence envahissante des moyens
modernes de communication
auxquels il faut faire face.

Le Tchad est donc obligé, pour ne


pas être en marge du monde,
d’entreprendre le développement
des moyens de transport et de té-
lécommunication moderne (télé-
phonie, internet…).

Figure 22 : Carte des infrastructures routières et


aéroportuaires (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 95


1. Les infrastructures de transport
Le secteur des transports constitue un des principaux facteurs de développement pour un pays
enclavé comme le Tchad. Il détermine autant qu’il accompagne la répartition des activités éco-
nomiques et des populations. Le système de transport tchadien est certes limité pour l’essentiel,
au réseau routier. Cependant, des potentialités pour d’autres trafics pourraient bien être déve-
loppées tels que les voies fluviales, lacustres, aériennes et la voie ferrée.

1.1 Le réseau routier


Principal moyen des échanges intérieurs et extérieurs, le réseau routier tchadien est actuelle-
ment en construction. Il assure l’essentiel de la circulation des biens et des personnes.
Le réseau routier intérieur compte environ 40 000 km de route. Il est hiérarchisé en trois réseaux
de niveau de service et d’exploitation différents. On distingue ainsi :
- les pistes de desserte d’intérêt local qui sont estimées à 15 000 km et comprennent un réseau
rural composé de pistes plus ou moins permanentes et saisonnières, reliant certains villages,
certaines villes et un réseau urbain constitué des voiries communales ;
- les routes d’intérêt régional et national forment un ensemble linéaire de 25 000 km. Elles
comprennent 6 200 km de routes dont 2 578 km de réseau national permanent (RNP), 3 622 km
de réseau national saisonnier (RNS) et 18 800 km de routes constituant le réseau routier régional
(RRR) reliant les collectivités locales intermédiaires (région ou département) au réseau natio-
nal.

Photo 69 : Route Nationale (Guelendeng – N’Djaména)

Avec l’exploitation du pétrole, le gouvernement du Tchad a entrepris l’amélioration des infras-


tructures routières. Les chantiers visent à améliorer la qualité des routes existantes. C’est ainsi
qu’entre 2005 et 2009, 1 090 km de routes ont été bitumées (axes Moundou-Doba et Doba-
Koumra ; Abéché-Oum Hadjer et Bokoro-Ab-Touyour) et la conversion de 440 km de pistes
en routes à praticabilité permanente.
Après cette période, le réseau national reliant les quatre principales villes du pays (Abéché,
N’Djaména, Moundou, Sarh) est entièrement bitumé. Massaguet-Massakory (70 km) et

Manuel de Géographie 3ème. Page | 96


N’Djaména-Dourbali (100 km) sont revêtues de bitume. Certaines routes sont en voie de cons-
truction. Il s’agit des tronçons Kélo-Léré, Massakory-Bol, Sarh-Kiabé. L’importance de ces
routes d’intérêt local, régional et national dépend de l’intensité du trafic, variable suivant le
niveau d’aménagement des routes.
D’après les comptages routiers réalisés deux fois par an par le ministère de tutelle, 65 % du
réseau routier national permanent (RNP) et du réseau routier national saisonnier (RNS) de 6 162
km, supportent un trafic significatif, supérieur à 50 véhicules par jour ; 21 % de ce réseau na-
tional ont un trafic relative-
ment important de plus de 200
véhicules par jour. L’axe
N’Djaména-Djermaya-Massa-
guet au Nord et l’axe
N’Djaména-Guelendeng au
Sud de 229 km, représentant 4
% du réseau routier national
connaissent un trafic supérieur
à 1 000 véhicules par jour.
- Le réseau routier internatio-
nal. Le Tchad, pour être relié
aux ports des pays les plus
proches de la sous-région, est
desservi par sept voies princi-
pales : celles reliant
N’Djaména aux ports de
Douala au Cameroun (1 600
km), à Pointe Noire au Congo
(2 800 km), au Port-Harcourt
(1 700 km), à Lagos (2 000
km) au Nigeria à Cotonou au
Bénin (2 200 km), au Port-
Soudan (3 300 km) et à Tripoli
en Libye (3 800 km)

Figure 23 : Trafic routier 2010 (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013) Carte.

Des routes ouvrant le pays sur l’extérieur sont construites (exemple : Moundou-Touboro-
Ngaoundéré), d’autres sont en projet et attendent d’être construites. Il s’agit des tronçons Kélo-
Léré-figuil (Cameroun), Massakory-Bol-Nguigmi (Niger).
1.2 Le transport routier international
L’essentiel des flux d’échanges extérieurs emprunte la voie camerounaise. A partir de
N’Gaoundéré, ces flux passent soit par l’axe du Nord-Cameroun (via Garoua, Maroua, Kousseri
ou Garoua-Figuil-Léré) ou par l’axe bitumé N’Gaoundéré-Moundou au Sud du Tchad. Ensuite,
la voie libyenne qui avait développé un trafic très important, est de nos jours, avec la crise

Manuel de Géographie 3ème. Page | 97


militaro-politique, moins fréquentée. La voie soudanaise par Port-Soudan, pourrait faire pro-
gresser les échanges, mais elle est tributaire de la situation politique et sécuritaire que connaît
le pays depuis quelques années.

- Les exportations concernent essentiellement les produits agricoles et d’élevage. Avec la chute
des exportations du coton-fibre des années 2000 (étiage en 2009 avec seulement 35 000 tonnes),
les vivriers marchands fournissent les plus gros volumes exportés. Cependant, ils sont difficiles
à quantifier, de même que le bétail sur pied destiné au Nigeria via le Cameroun et le Lac Tchad.

Le pétrole est exporté par oléoduc de Doba à Kribi au Cameroun ; les autres gisements du centre
du pays pourraient bientôt s’y connecter. Parallèlement à l’oléoduc qui va de Komé à Kribi,
une route dont la partie tchadienne n’est pas bitumée, sert pour le convoyage des matériels et
matériaux destinés aux travaux d’exploitation du pétrole. Le projet de construction d’une voie
ferrée transafricaine (Cameroun-Tchad-Soudan) fait espérer un désenclavement effectif pou-
vant contribuer avantageusement au développement économique.

1.3 Le transport aérien

Le transport aérien joue un rôle important dans le développement des pays enclavés. Malheu-
reusement au Tchad, il est peu développé.

Le réseau aéroportuaire national compte 52 aéroports ouverts à la circulation aérienne publique


dont 5 aéroports principaux et 47 aéroports secondaires parmi lesquels 15 sont équipés du sys-
tème d’information de vol AFIS (Aérodrome Flight Information Service). A cela, il convient
d’ajouter 16 aérodromes privés, ce qui porte le nombre total à 68 aérodromes pour le système
aéroportuaire tchadien.

L’Aéroport International de N’Djaména est le seul aéroport du Tchad répondant aux exigences
de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et qui est retenu dans le plan ré-
gional de navigation aérienne Afrique-Océan Indien (ANP/AFI) pour assurer le trafic interna-
tional des vols réguliers.

En 2009, l’Aéroport International de N’Djaména a enregistré environ :


- 1 541 vols réguliers transportant 133 000 passagers (embarqués et débarqués) et 6 000 tonnes
de fret (import et export) ;
- 6 446 vols non réguliers composés de vols humanitaires, de vols liés à l’exploitation pétrolière
et des vols de la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (MI-
NURCAT) transportant 60 761 passagers (embarqués et débarqués) et 13 123 tonnes de fret
(import et export).

Les 4 aéroports (Abéché, Moundou, Sarh et Faya) sont le plus souvent desservis par de vols
hebdomadaires tandis que les 47 restants sont peu utilisés. Plusieurs exploitants aériens existent,
mais seule la compagnie nationale Toumaï Air Tchad, disposant de 3 appareils assure des vols
réguliers domestiques et régionaux. Le trafic aérien intérieur est ainsi estimé à 12 000 passagers
en 2008.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 98


Figure 24 : Le trafic aérien intérieur (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Les trafics internationaux atteindraient 160 000 passagers par an à l’Aéroport international de
N’Djaména selon les estimations de 2008. Le plus important de ce fort trafic provient de l’axe
Paris-N’Djaména, compte tenu des liens historiques entre la France et le Tchad, de l’importance

Manuel de Géographie 3ème. Page | 99


de la communauté tchadienne immigrée en France et du fait que, Air France est la seule com-
pagnie opérant sur le faisceau Sud-Nord.

L’Aéroport International de N’Djaména est desservi par plusieurs compagnies, principalement


par Air France, vers Paris et Ethiopian Airlines, couvrant à eux seuls 60 % du trafic. D’autres
lignes régulières exploitées par les compagnies Asky, Cameroun Airlines ou Soudan Airways,
Air Ivoire jouent un rôle secondaire par rapport aux deux premières.

1.4 Le transport fluvial et lacustre

Le transport fluvial et lacustre reste toujours dans le secteur informel, mais assure une part
importante des échanges intérieurs et transfrontaliers.

Depuis le Lac Tchad, les exportations des produits halieutiques et extractifs (natron…) sont
assurées par des pirogues en bois motorisées vers les pays voisins, mais aussi vers N’Djaména
via le port de Guitté dans le Hadjer Lamis. En plus de ces produits d’exportation, la capitale
reçoit des produits manufacturés en provenance du Nigeria. Ces pirogues motorisées sont esti-
mées à plus de 5 000 et ont chacune, une charge moyenne d’une tonne. Sur les fleuves Chari et
Logone, le trafic est opéré en période des hautes eaux (fin juillet à mi-novembre). Le corridor
Bousso-Guelendeng qui ravitaille la capitale en produits agricoles et en bois de chauffe est le
plus important quand la crue rend l’axe routier Bousso-Ba-Illi-Guelendeng impraticable.

Cependant le bac constitue également un moyen de liaison entre certaines villes et/ou localités,
par exemple : Bousso-Mogo, Bongor-Yagoua (Cameroun)...
La navigation fluviale et lacustre au Tchad nécessite une organisation des acteurs et une amé-
lioration de moyens de transport. L’aménagement probable des lits des fleuves avec la sauve-
garde du Lac Tchad ren-
drait florissant le trafic
fluvial et lacustre. Mal-
heureusement, avec la
vague de sècheresse et
d’ensablement des cours
d’eau, les fleuves et le
Lac Tchad ont vu leur
niveau baisser et les
conditions de navigabi-
lité sont devenues plus
restrictives.
Photo 70 : Navigation sur le Lac Tchad

2. Les télécommunications

Le secteur de télécommunication qui est une des composantes essentielles des technologies de
l’information et de la communication (TIC) a connu des bouleversements sans précédent au
cours de la décennie écoulée.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 100


Figure 25 : Carte de différents réseaux de télécommunications (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Le secteur des télécommunications du Tchad souffre d’une insuffisance de réseau et d’une pé-
nétration des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) la plus faible de la
sous-région. Par ailleurs, le Tchad est classé parmi les pays à faible niveau d’accès numérique
(DAI) aux TIC avec comme valeur d’indice 0,1, alors que les pays à niveau d’accès moyen aux
TIC ont leur DAI qui se situe entre 0,3 et 0,4. Le Tchad est également l’un des pays où les
services des télécommunications ont le coût le plus élevé.
Manuel de Géographie 3ème. Page | 101
Dès 2005 et grâce à l’appui des partenaires au développement, le Gouvernement du Tchad a
fait élaborer une Stratégie Nationale de Développement des TIC (SNDTIC) ou plan NICI (Na-
tional Initiative for communication and information) qu’il a adopté en 2008.

Cette stratégie s’intéresserait à la téléphonie et à l’internet, à la gouvernance électronique, à la


téléphonie mobile, à la fibre optique…

2.1 Le réseau postal

Le réseau postal tchadien est en voie de régression avec un service courrier accéléré embryon-
naire, un réseau financier postal précaire. Cette défaillance est due à la vétusté des équipements,
aux structures de transports et surtout à l’essor des TIC (téléphonies mobiles, internet…) qui
réduisent énormément l’usage des services postaux.

2.2 Le réseau téléphonique

Le réseau de téléphonie au Tchad dispose d’un système de transmission international implanté


à N’Djaména et dans la plupart des centres urbains. Opérationnelle depuis 2000, la téléphonie
mobile au Tchad a un marché qui est l’un des plus florissants en Afrique Centrale.

Le Tchad compte trois opérateurs de


téléphonie mobile. Il s’agit des socié-
tés de téléphonie mobile privées Air-
tel et Tigo qui ont fait leur entrée
dans ce marché aux côtés de l’unique
opérateur de l’Etat, la Sotel Tchad
(marques Salam et Tawali) avec sa fi-
liale Mobil Sotel.

La libéralisation de la téléphonie mo-


bile au Tchad a permis sa pénétration
dans les coins les plus reculés du
pays ainsi qu’une croissance
exponentielle de ses prestations. Photo 71 : pilonne de la téléphonie Airtel à Guelendeng
Toutefois, bien que la couverture soitsectorielle et la qualité des réseaux ne soit pas optimale,
le nombre d’abonnés des deux compagnies privées est respectivement de 2,4 millions en 2012
pour Airtel Tchad et plus de 2 millions pour Tigo. Avec cette politique, les deux principaux
opérateurs, Airtel Tchad et Tigo ont mis en place, en accord avec certaines Banques primaires
du pays, un service de transfert d’argent (Tigo cash et Airtel Money).

2.3 Le réseau Internet

L’utilisation d’Internet se diffuse en s’appuyant notamment sur le réseau de la téléphonie. Un


projet de connexion au réseau international des câbles sous-marins à fibres optiques SAT-3 qui
couvre environ 2 900 km a été initié par le Gouvernement pour améliorer l’accès à l’Internet.
Il permettra de réduire les coûts de communication et en étendra les services à l’ensemble du

Manuel de Géographie 3ème. Page | 102


territoire national. La première phase du projet, initiée en septembre 2009, a permis la con-
nexion de la capitale et de quelques grandes agglomérations par des câbles à fibres optiques
d’une longueur de 800 km. Il est envisagé l’extension de ces câbles optiques jusqu’au Soudan.

2.4 Les stations radio.


Au Tchad, au niveau des médias, de nombreuses radios diffusent des programmes à différentes
échelles (nationale, régionale ou locale) en modulation des fréquences (FM) ou en ondes courtes
(SW).

La principale station radio demeure l’Office National de Radio et Télévision (ONRTV), basée
à N’Djaména. Elle est relayée par des stations régionales émettant en bande FM dans les
grandes villes tandis que la télévision nationale est connectée au réseau satellitaire NILESAT
TP 12.051/V/27.478. En plus de ces stations radios, de nombreuses autres privées et commu-
nautaires existent à travers le pays. Elles diffusent, en relayant parfois ceux de l’ONRTV, des
programmes sur le développement dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage… et de sen-
sibilisation sur la santé, l’hygiène et l’assainissement, la sécurité.

ÉVALUATION
Quels sont les principaux moyens de transport et de communication du Tchad ?
Quels sont les principaux réseaux routiers du Tchad ?
Quelle est l’importance des moyens de transport et des voies de communication dans le déve-
loppement d’un pays comme le Tchad ?
Donne les principaux moyens de télécommunication du Tchad. En quoi sont-ils importants pour
le pays.

RESUME
Depuis l’amorce de la mondialisation au XXe siècle, le Tchad est obligé d’entreprendre le
développement de moyens de transport et de télécommunications modernes (route, télépho-
nie, internet…).

Les infrastructures de transports sont constituées principalement par les réseaux routiers in-
térieur et international.

Le réseau routier intérieur, toutes catégories confondues, compte environ 40 000 km de


routes dont plus de 2 000 km sont bitumées. L’importance de ces routes pour les échanges
des produits et pour la circulation de personnes n’est point à démontrer au regard de leurs
trafics qui varient de 50 à 1 000 véhicules par jour.

Le réseau de transport routier international relie le Tchad aux ports des pays de la sous-région
par sept principales voies dont la plus importante est la voie camerounaise qui supporte le
plus grand flux des échanges extérieurs. Ces échanges concernent les produits de l’élevage
et de l’agriculture. Le pétrole est exporté par oléoduc du site de Komé à Kribi au Cameroun.
Une route parallèle à l’oléoduc (Komé-Kribi), sert pour le convoyage des matériels et maté-
riaux destinés aux travaux d’exploitation du pétrole.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 103


Le réseau aéroportuaire national compte 52 aéroports dont 5 principaux, y compris l’Aéroport
International de N’Djaména, desservi par plusieurs compagnies assurant des vols réguliers.
Les 4 aéroports (Abéché, Moundou, Sarh et Faya) sont le plus souvent desservis par de vols
hebdomadaires tandis que les 47 restants sont peu utilisés.
Le transport fluvial et lacustre reste toujours dans le secteur informel, mais assure une part
importante des échanges intérieurs et transfrontaliers.

Au Tchad, les télécommunications modernes ont pour opérateurs l’Office Tchadien de Ré-
gulation de Télécommunication (OTRT), la Société Tchadienne des Postes et de l’Epargne
(STPE) et la Société des Télécommunications du Tchad (SOTEL-TCHAD). Les principaux
réseaux sont ceux de la poste, de la téléphonie mobile, de l’Internet avec connexion à la fibre
optique en construction et les stations radio.

LEXIQUE
Infrastructures de transport : ensemble des équipements nécessaires au transport.
Intensité de trafic : degré de fréquence du mouvement des personnes, des marchandises ou des
véhicules sur une voie.

EXERCICES PRATIQUES
1. Réalise une carte des routes d’importance nationale du Tchad.

2. Quel est l’importance des voies de communication dans le développement du Tchad ?

3. Montre l’importance du réseau internet et de la connexion sur satellite de l’ONRTV.

4. « Voyagez moins, téléphonez plus, de jour comme de nuit, au bureau, au marché, à domi-
cile…Le téléphone est votre partenaire fidèle. » En te servant de ce texte publicitaire, dégage
en quelques lignes, l’importance du téléphone (avec fil ou sans fil) dans la communication.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 104


12 Le Tchad (12) :
Commerce, tourisme et artisanat

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- identifier les principaux produits qui permettent le développement du commerce au
Tchad ;
- décrire les circuits commerciaux ;
- repérer sur une carte les sites touristiques du Tchad ;
- décrire les sites touristiques et les produits de l’Artisanat au Tchad.

STRATEGIES
Observons la carte économique du Tchad et identifions les différents produits commerciaux.
Observons la carte physique du Tchad et identifions les différents sites touristiques.

CONTENU
La République du Tchad, pays charnière entre l'Afrique blanche (Maghreb) et l'Afrique noire
est située au cœur de l'Afrique. C’est un pays fondamentalement importateur de par son encla-
vement géographique mais il a aussi un potentiel non négligeable pour l'exportation.
Dans le domaine touristique, le Tchad offre une multitude de sites d'attraits rivalisant de beauté
et de splendeur. Les différents paysages désertiques sont magnifiques et époustouflants. A ces
curiosités naturelles, se greffe un artisanat fournissant divers objets de qualité.

1. Le commerce
Le commerce constitue le nerf de l’économie d’un pays. Il se distingue en commerce extérieur
et en commerce intérieur.

1.1 Le commerce extérieur


Le commerce extérieur au Tchad est basé sur les produits de l’agriculture, de l’élevage, de la
pêche et de l’exportation du pétrole brut.
Les principaux produits exportés hors pétrole sont : le coton-fibre, le bétail, la gomme arabique
et le poisson frais, fumé ou séché.
- le coton-fibre est exporté essentiellement vers l'Europe et spécialement au Portugal, en Alle-
magne et en France (une moyenne de 65% des exportations). Les flux vers la France sont de
l’ordre de 143 000 tonnes en 2001, 25 300 tonnes en 2009. En 2006, les revenus du coton ex-
porté s’élèvent à 16,68 milliards de francs CFA ;

Manuel de Géographie 3ème. Page | 105


- le bétail, après le coton, constitue le second pilier de l’économie du Tchad hors pétrole. Il
représente 27 % des recettes d’exportation. Le bétail sur pied est exporté vers le Cameroun, le
Nigéria, le Soudan, le Niger et la RCA. Le Cameroun et le Nigéria sont les principaux marchés
pour plus de 200 millions d’euros par an. Les produits dérivés de l’élevage exportés sont la
viande et les peaux. La viande était exportée à destination du Congo, de la RDC, du Gabon et
de la RCA tandis que les peaux approvisionnent principalement les marchés nigérians. Selon
les données de la Direction des Etudes, des Statistiques et de la Programmation (DESP) de
2005, le nombre de peaux de bovins exportées est estimé à 60 123 et celles d’ovins et de caprins
à 17 284. Le pays de destination reste exclusivement le Nigeria.

Les exportations contrôlées ne reflètent pas la réalité. Ce sont les exportations frauduleuses qui
sont plus importantes à cause de la porosité des frontières et de l’insuffisance des points de
contrôle. En effet, des études récentes évaluent les exportations annuelles réelles à plus de
520.000 bovins. Ce qui représente un manque à gagner de 104 milliards de francs CFA au pays ;

- la gomme arabique : le Tchad est l’un des premiers pays exportateurs de la gomme arabique.
Il figure en 2ème position mondiale des pays producteurs juste après le Soudan. En 2007, 15 600
tonnes de gomme ont été récoltées et exportées. En 2006, les revenus provenant des exporta-
tions de la gomme arabique sont de l’ordre de 2,73 milliards de francs CFA ;

Photo 72 : La Gomme Arabique Photo 73 : Chargement de sacs d’arachide destinée à l’exportation

- le poisson frais, fumé ou séché fait l’objet d’un circuit de commerce extérieur entre le Tchad
et les pays voisins voire d’autres pays d’Afrique (Mali…).
L’exportation du pétrole brut représente aujourd’hui plus de 90 % des exportations totales du
Tchad. Il est exporté par oléoduc vers les terminales de Kribi au Cameroun et destiné aux mar-
chés européen, américain et asiatique. Ses revenus ont été de l’ordre de 3 110 milliards de CFA
en 2006.

Outre ces produits, le Tchad exporte l’arachide, le sésame, le natron, le sel gemme, et les ciga-
rettes.

Au Tchad, les importations concernent surtout les produits pharmaceutiques, les biens manu-
facturés, équipements électroménagers, électroniques, véhicules etc. en provenance d’Asie
(transitant par Dubaï), de l’Europe et de l’Amérique. Ces produits empruntent la voie maritime
ou aérienne. Le Tchad importe de plus en plus de produits agro-alimentaires des pays voisins,

Manuel de Géographie 3ème. Page | 106


de la sous-région et de l’Asie. Ces produits sont essentiellement de la farine de blé, du riz, du
sucre, de l’huile, des pâtes alimentaires et du lait en poudre.

Le Tchad a une balance commerciale déficitaire car le montant des importations dépasse celui
des exportations rendant ainsi le pays dépendant des produits extérieurs. Il faut noter aussi qu’en
matière des services, les transferts des salaires des expatriés dépassent largement ce que les
expatriés tchadiens rapatrient, ce qui influence aussi les déficits des balances des paiements. Il
suffit d’analyser les transferts des salariés expatriés du secteur pétrole pour se rendre à l’évi-
dence.
Tableau 5 : Importations et exportations par rapport au PIB

Année 2009 2010 2011 2012


Importations 42 42 41 39
Exportations 35 37 40 29
Balance com- -8 -5 -1 -10
merciale
Source: Tchad country, Banque Mondiale 2012

1.2 Le commerce intérieur

Des relations de complémentarité économique existent entre les populations des différentes ré-
gions et recoins du Tchad. Des échanges se font dans tous les sens et à travers des circuits
d’échange grâce au réseau des marchés hebdomadaires en milieu rural et quotidien en milieu
urbain. Ces circuits sont dominés par les échanges des produits agro-pastoraux et manufacturés.

Ces flux s’orientent de la zone saharienne vers les zones sahélienne et soudanienne par l’appro-
visionnement en natron, sel gemme, datte et dromadaire. L’oignon et l’ail, font un circuit
d’Abéché vers l’intérieur et le Sud du pays.

Photo 74 : Marchand de l'oignon sur le marché Photo75 : Vendeurs d’arachide au marché de Dembé (N’Djaména)

La commercialisation du bétail reste encore rudimentaire et est caractérisée par l’existence de


nombreux intermédiaires entre l’éleveur et l’acheteur. Ceux-ci perçoivent le prix de vente dont
ils ne rétrocèdent qu’une partie à l’éleveur. Les animaux achetés sont ensuite, convoyés sur pied

Manuel de Géographie 3ème. Page | 107


sur de petites ou longues distances de la zone sahélienne vers les zones soudaniennes et saha-
riennes. Les sous-produits de l’élevage, le lait et le beurre par exemple, alimentent également
le circuit du commerce entre les éleveurs et les consommateurs.

Figure 26: Carte des échanges (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 108


Les principaux flux céréaliers du Tchad émanent des zones productrices de la partie souda-
nienne vers la capitale et les autres régions nécessiteuses, par l’intermédiaire des marchés heb-
domadaires et de certains grands centres urbains (par exemple Moundou, Doba, Bodo, Bé-
djondo, Koumra et Sarh). Le flux vers le sahel, portant à la fois sur le mil et le maïs,
augmente au fur et à mesure en fonction de l’ampleur du déficit dans cette zone. L’excédent
céréalier fait l’objet d’un commerce intérieur entre les zones excédentaires et les zones défici-
taires.

Le maïs produit dans la région du Lac, le mil pénicillaire du Sud et de la région de Hadjer Lamis
(Bokoro), le sorgho de décrue en provenance du Salamat et les oléagineux des différentes zones
de production approvisionnent les différents marchés à l’intérieur du pays. Le volume commer-
cialisé pour les produits de rente (principalement niébé, sésame et arachide) est évalué à 1 945
tonnes par semaine. A ces échanges céréaliers s’ajoutent ceux des tubercules, des fruits, des
produits maraîchers et manufacturés.

Le pétrole, le gaz provenant de la raffinerie de Djarmaya et le ciment de Baouré alimentent


aussi le commerce intérieur.

2. Tourisme
Le Tchad possède un capital touristique exceptionnel. Des sites naturels d’une grande beauté et
des populations ayant préservé une bonne part de leurs traditions culturelles donnent au pays
un riche patrimoine d’attrait. Il s’agit notamment des buttes Sao dans la région de N’Djaména,
des remparts fortifiés (vestiges du château de Ouara au Ouaddaï), des dunes mouvantes, des
traces préislamiques et des gravures rupestres de l’Ennedi (Archei) et du Tibesti, les rochers
légendaires de Hadjer Lamais et les
îles flottantes du Lac Tchad avec pos-
sibilités de croisière sur embarcation
typique de la région : "le kadeï", pi-
rogue en papyrus. Les cases ‘‘obus’’
du pays massa ou mousgoum offrent
une particularité saisissante.

Photo 76 : Case obus massa ou mousgoum


D’autres curiosités naturelles sont les
chutes Gauthiot au Mayo-Kebbi
Ouest, les nombreuses sources ther-
males du Tibesti, les sommets de
l'Emi-Koussi avec ses célèbres trous
de natron, les monts du Guéra
(Abtouyour, Abou Telfane avec sa
« reine »), les aiguilles de Sissé, dans
l’Ennedi. Les lacs d'Ounianga,

Photo 77 : les Aiguilles de Sissé:.


Manuel de Géographie 3ème. Page | 109
ces majestueux lacs avec leurs somptueux chenaux entourés d'herbes sont un fleuron touris-
tique en plein désert, au Nord du pays. La beauté des lacs Ounianga est indescriptible avec
l'interconnexion de couleurs différentes (bleue, rouge, verte…), encerclés par des dunes et des
palmiers-dattiers. Depuis 2013, ces lacs sont inscrits au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Les paysages lacustres de Léré avec leurs lamantins qui sont une espèce unique en Afrique, les
lacs Iro et Fitri et surtout le Lac Tchad, repère des hippopotames, caïmans, loutres, pythons de
seba, cobras à cou noir et de centaines d’espèces d’oiseaux, sont des sites merveilleux.

Une grande variété et diversité d'animaux vit dans les Parcs Nationaux et Réserves de faune qui
valent d'être visités, à savoir : les parcs nationaux de Zakouma, de Manda, de Sena-Oura et dans
les réserves de faune de Sinikia Minia, de Mandelia, de Binder-Léré, du Bahr Salamat, de Ouadi
Rimé, de Ouadi Achim, de Fada Archei, de l'Aboutelfane.

Photo 78: Les éléphants du parc de Zakouma Photo 79: Les autruches du parc de Zakouma

Le crâne de Toumaï, découvert par la mission paléoanthropologique franco-tchadienne dans le


désert du Djourab âgé d’environ 7 Ma a révolutionné l’origine de l’homme et place le Tchad
comme berceau de l’humanité.

Les compagnies aériennes internationales et nationales, des hôtels et des guides permettent la
promotion et la valorisation de ces patrimoines. Ces compagnies sont entre autres, Soudan Air-
ways, Ethiopian Airlines, Cameroun Airlines, Egypt air, Royal Jordanian, Air Toumaï… ainsi
que des hôtels de luxe qui sont aujourd’hui implantés partout dans les grands centres urbains no-
tamment Hôtel Ledger Plaza, Novotel La Tchadienne, Hôtel Le Prestige, Hôtel Du Chari-Le-
Méridien… (N’Djaména), Hôtel La Palmeraie, VGA Hôtel…. (Moundou), Hôtel SONASUT
(Sarh).

Le projet de développement touristique au Tchad envisage la construction des hôtels dans plu-
sieurs villes telles que Am-Djarass, Abéché, Fada, Mongo…

Manuel de Géographie 3ème. Page | 110


Photo 80 : Hôtel Ledger Plaza

3. Artisanat
L’artisanat au Tchad offre mille et un objets de souvenir riches, d’une valeur artistique indé-
niable : les beaux tapis, les sacoches et les babouches en cuir, les vanneries d'Abéché et de Goz-
Beida d'une grande originalité, les calebasses pyrogravées selon les thèmes traditionnels sécu-
laires illustrant les divers moments de la vie, de la céramique. Une grande gamme de divers
objets tels que : couteaux de jet, arcs, lances, sagaies, peaux, bijoux en argent et en or, objets
en ivoire, etc.

L’industrie des cuirs et peaux (maroquinerie) est en effet encore embryonnaire et peu structu-
rée ; elle est essentiellement artisanale. Cependant, à Abéché et à N’Djaména, les objets pro-
duits et offerts sur le marché sont d’une grande perfection qui n’ont rien à envier aux produits
modernes.

Photo 81 : Objets de la vannerie Photo 82 : Roseaux tressés servant pour la clôture(Bédaya)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 111


Sur le plan culturel, le Tchad a des richesses captivantes et multiples. Chacune des régions du
Tchad entretient avec unicité un art de vivre, une tradition et un folklore d’une grande variété.
Les danses et les chants se pratiquent partout dans chaque village. Les danses rituelles et de
réjouissances sont exécutées et perpétuées par les ballets nationaux.

ÉVALUATION
Quelles sont les matières premières exportées par le Tchad ?
D’où proviennent les produits qu’importe le Tchad ?
Quel est le flux du circuit commercial intérieur ?
Comment se présente la balance commerciale du Tchad ?
Présente quelques sites touristiques du Tchad.
Cite quelques objets de l’artisanat.

RESUME

Pays essentiellement importateur à cause de son enclavement géographique, le Tchad a ce-


pendant, un potentiel incontestable à l'exportation. Le domaine touristique offre une multi-
tude de sites d'attrait rivalisant de beauté et de splendeur. A ces curiosités naturelles, se
greffe un artisanat florissant offrant divers objets.

Le Tchad, dans le domaine du commerce extérieur est le plus grand exportateur de bétail
sur pied en Afrique centrale. Il exporte également du coton-fibre, du pétrole, de la gomme
arabique (2ème producteur mondial derrière le Soudan), de l’arachide, du sésame, du pois-
son, des peaux, des cigarettes…

Le Tchad importe surtout les biens manufacturés : équipements électroménagers, électro-


niques, véhicules etc. en provenance d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Ces produits emprun-
tent la voie maritime ou aérienne. Le Tchad importe de plus en plus de produits agro-alimen-
taires des pays voisins, de la sous-région et de l’Asie. Ces produits sont la farine de blé, le
riz, du sucre, l’huile, les pâtes alimentaires et le lait en poudre. Le Tchad présente une balance
commerciale et de payements déficitaires.

Les produits agro-pastoraux, halieutiques, d’extraction minière, énergétiques, manufacturés


alimentent le commerce intérieur.

Des sites naturels d’une grande beauté sont nombreux au Tchad. Des parcs et réserves héber-
gent une grande variété d'animaux et d’oiseaux.

L’artisanat tchadien offre mille et un objets riches, d’une valeur artistique indéniable : les
beaux tapis, les sacoches et les babouches en cuir, les vanneries d'Abéché et de Goz-Beida
d'une grande originalité; les calebasses pyrogravées selon les thèmes traditionnels séculaires
illustrant les divers moments de la vie ; de la céramique etc. les chants et danses se pratiquent
partout dans chaque village.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 112


LEXIQUE
Pays charnière : pays intermédiaire, de jonction.
Époustouflants : extraordinaires, stupéfiants.
Céramique : l’art de l’argile cuite et les objets qui en sont issus.

EXERCICES PRATIQUES

1. Quelle est la différence entre le commerce intérieur et le commerce extérieur ?

2. Quelle utilité présente la gomme arabique pour le Tchad et pour les pays importateurs ?

3. Donne les raisons pour lesquelles la sortie frauduleuse du bétail est très accentuée au Tchad.

4. Le Tchad regorge de curiosités touristiques attrayantes et d’objets d’artisanat d’une valeur


inestimable. Que faut-il faire pour préserver ce patrimoine ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 113


TROISIEME SEMAINE D’INTEGRATION

Manuel de Géographie 3ème. Page | 114


PALIER 3

Situation 1

Titre : les ressources naturelles

Contexte : Tu as lu dans le journal Tchad et Culture, dans des numéros spéciaux « zoom » sur
les potentialités de certaines régions de ton pays, des informations sur l’économie. Tu as cons-
taté qu’il était question des ressources suivantes : forestières, fauniques, en eau, minières, éner-
gétiques…Selon le journal, ces ressources naturelles peuvent permettre l’implantation de beau-
coup d’industries dans le pays telles que les industries agro-alimentaires, chimiques, de maté-
riaux de construction, textiles etc. et cela te rappelle les cours que tu as eus sur les richesses de
ton pays. Tu en parles à ton oncle Bakari qui veut en savoir plus. Tu lui apportes des informa-
tions supplémentaires.

Consigne :

1. Donne-lui pour chacune des ressources ci-dessus énumérées les principales zones où l’on
peut les trouver.

2. Présente-lui les usines de transformation qui existent et celles qui pourraient être implantées.

3. Explique-lui en trois ou quatre lignes, ce qui peut favoriser le développement économique


du Tchad et ce qui en constitue un frein.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 115


PALIER 3

Situation 2

Titre : La complémentarité dans le développement

Contexte : Au cours de tes leçons de géographie, tu as appris que l’économie d’un pays est
fondée sur plusieurs facteurs et ressources. En t’appuyant sur ces images, accomplis les tâches
demandées.

(1) (2) (3)

(4) (5)

Consigne :

1. Observe ces images et fais ressortir pour chacune d’elle le domaine économique auquel elle
appartient.

2. Relève parmi ces images, celle ou celles qui reflètent les réalités de ta région et explique la
raison de son ou de leur existence.

3 Décris et explique les relations qui peuvent exister entre ces images.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 116


PALIER 4 :

LE TCHAD ET L’AFRIQUE

13 LE TCHAD (13) : Problèmes de développement


14 L’AFRIQUE (1) : Les grands traits physiques (relief, hydrographie)
15 L’AFRIQUE (2) : Les grands traits physiques (climats, sols et végétation)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 117


13 Le Tchad (13) :
Problèmes de développement

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- décrire les différents problèmes qui handicapent le développement du Tchad;
- répertorier les principales stratégies susceptibles d’accélérer le développement du Tchad.

STRATEGIES
Analysons les données concernant les ressources naturelles, humaines et économiques des le-
çons précédentes sur le Tchad et examinons les principales contraintes qui s’opposent au déve-
loppement de ce pays.
Au regard de ces problèmes, proposons de pistes de solutions.

CONTENU
Le Tchad est l’un des pays les plus pauvres du monde malgré la rente pétrolière dont l’exploi-
tation a débuté depuis 2003. Ainsi, le Tchad est classé au 183è rang mondial sur 187 pays en
2011 selon le rapport mondial sur l’indice de développement humain (IDH) des Nations
Unies. Les problèmes qui minent le développement du Tchad sont multiples et relèvent des
aspects physiques, de la démographie, de l’économique et du politique.

1. Les aspects naturels ou physiques


Le Tchad a un vaste territoire (1 284 000km2) dont la majeure partie est désertique rendant
aléatoires les activités agricoles et pastorales. L’avancée prononcée du désert dû aux change-
ments climatiques, entraîne des irrégularités pluviométriques et des sècheresses récurrentes.
Les problèmes climatiques et l’avancée du désert jouent sur le réseau hydrographique par l’en-
sablement des lits des cours d’eau et des lacs. La forte évaporation, réduit leur profondeur et
leur étendue. Pourtant les cours d’eau et les lacs par leur nombre devraient constituer une po-
tentialité pour l’irrigation, l’élevage et la pisciculture. Ils pourraient être d’excellentes voies de
communication et de transport. Cette situation a un impact sur la flore dont la superficie régresse
chaque année et aussi sur la faune entrainant la diminution de sa population ainsi que la dispa-
rition de certaines espèces.

Le Tchad est fortement enclavé, sans débouché sur la mer, ni chemin de fer le reliant à l’exté-
rieur. Le désenclavement intérieur par la construction de voies routières durables est certes
amorcé mais reste encore insuffisant et le développement économique en prend un coup.

2. Les aspects démographiques


Sur le plan humain, la population du Tchad est estimée à 11 039 873 habitants en 2011 dont
plus de la moitié est jeune. Mais cette population est sujette à un faible niveau d’éducation (fort
taux d’analphabétisme et d’échecs scolaires), de formation et d’expérience (insuffisance de
cadres et de mains-d’œuvre qualifiés). Le manque d’emploi entraîne un assez important taux
Manuel de Géographie 3ème. Page | 118
de chômage des jeunes formés. Le système éducatif est caractérisé par une inadéquation entre
la formation et les besoins du marché d’emploi.

La santé, l’un des secteurs prioritaires du pays, n’arrive pas à couvrir les besoins de la majorité
des Tchadiens en matière de soins de base et surtout de qualité malgré les efforts consentis par
le gouvernement pendant la première décennie de 2000. Selon la deuxième Enquête Démogra-
phique et de Santé au Tchad (EDST2, 2012), il ressort qu’il n’y a qu’un médecin pour 28 466
habitants et 1 sage-femme pour 7 537 femmes en âge de procréer.

3. Les Problèmes économiques


Le Tchad, pays à vocation agro-pastorale dispose d’environ 39 000 000 hectares de terres cul-
tivables et de 20 500 000 de têtes de bétail qui pourraient impulser l’implantation des industries
de transformation et de conditionnement. Mais les unités de transformation et de production
existantes sont seulement les suivantes :
- les usines d’égrenage de coton dont une bonne partie est restée fermée à cause de la baisse
des cours mondiaux de la filière coton rendant l’activité de la principale culture de rente
peu compétitive ;
- le complexe huilerie-savonnerie de Moundou n’est opérationnelle que dans sa composante
huilerie ;
- la Nouvelle Société Textile du Tchad (NSTT), implantée à Sarh qui devrait consommer en
principe le 1/3 de la production cotonnière, ne consomme actuellement que 1 000 à 1 300
tonnes de coton-fibre par an;
- la cimenterie de Baoré gérée par la Société Nationale du Ciment (SONACIM) qui produit
annuellement 180 000 tonnes de ciment et avec un prix exorbitant est loin de satisfaire les
besoins du marché national. Le pays continu à importer du ciment en provenance du Came-
roun, du Nigéria et de la Turquie ;
- les Brasseries du Tchad, la Société Sucrière du Tchad et la Manufacture des Cigarettes du
Tchad ont également des difficultés face à la concurrence étrangère ;
- les Abattoirs Frigorifiques de Farcha depuis quelques années, n’exportent plus de la viande
compte tenu de la cherté du transport, de la vétusté du matériel et de la concurrence de la
viande congelée qu’offrent l’Amérique Latine et l’Europe sur le marché international.

L’exportation du pétrole brut de Doba dont les ressources devraient permettre la modernisation
des infrastructures de base (éducation, santé, voies de communication, eau et énergie), des sec-
teurs productifs (industrie, agriculture, élevage, pêche, tourisme) et des services (transports,
administration…) n’est qu’un mirage.

Il y a une grande difficulté à mettre en place un cordon douanier efficace, apte à protéger les
industries nationales confrontées à un très sérieux problème de concurrence déloyale de la part
de nombreux importateurs non fiscalisés. La non-exploitation des ressources minérales et éner-
gétiques est un sérieux handicap à l’industrialisation du pays qui doit recourir à d’onéreuses
importations.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 119


Par ailleurs, face aux besoins du pays, le secteur financier est peu développé et fragile.
L’épargne tant publique que privée est chroniquement insuffisante pour financer les investisse-
ments, obligeant ainsi le pays à recourir à l’emprunt extérieur avec des conditionnalités diffi-
ciles.

4. Problèmes politiques
L’un des problèmes qui handicapent le développement du Tchad est l’instabilité politique en
termes d’absence de paix et de quiétude chez les citoyens devant vaquer avec assurance à leurs
activités.

Aussitôt après l’indépendance, le Tchad a malheureusement connu des soubresauts politiques


qui ont entraîné des guerres ponctuelles (1963 par exemple) et généralisées comme celles de
1979 et 1980 qui furent destructrices économiquement aussi bien que socialement. Non seule-
ment le pays a subi des pertes matérielles et humaines énormes mais le reste du tissu social a
perdu en partie de sa qualité, de sa cohésion et de son dynamisme. Les séquelles de ces guerres
se sont traduites entre autres en rébellions persistantes entraînant d’importants investissements
financiers, matériels, humains et temporels à perte ayant affaibli l’économie du pays.

Les institutions de la République mises en place tels que le pouvoir législatif, le pouvoir judi-
ciaire, la presse ne sont réellement pas indépendants pour jouer leur rôle de régulateurs de la
démocratie et de la bonne gouvernance.

5. Quelques pistes pour le développement du Tchad


Le Tchad, qui est l’un des pays sous-développés de la planète doit, pour sortir de sa léthargie et
se hisser au rang des pays émergeants, relever quelques défis sur les plans physiques, humains,
économiques et politiques.

Sur le plan physique, le Tchad doit mener une campagne réaliste et juste pour la protection de
l’environnement. Cette lutte contre l’avancée du désert doit se baser sur le reboisement et la
mise en défens, pour protéger les cours d’eau et les lacs de l’ensablement.

Sur le plan humain, la réussite du système éducatif passe par une amélioration de la qualité des
compétences pédagogiques par une meilleure formation initiale et continue des enseignants et
des personnels d’encadrement, mais également par la rénovation des programmes d’enseigne-
ment et d’alphabétisation en liaison avec l’emploi.

Le relèvement de l’Indice de Développement Humain (IDH) dépend en partie de la lutte


contre la mortalité maternelle et infantile ainsi que par le renforcement des campagnes de lutte
contre les différentes maladies telles que le VIH/SIDA, la tuberculose, le paludisme, les mala-
dies diarrhéiques etc.
Le développement humain doit aussi prendre en compte l’amélioration des infrastructures sco-
laires, sanitaires, de communication, etc.
Tableau 6: Classement IDH pour le Tchad
Année 2008 2009 2010 2011
Classement du Tchad par rapport à l’IDH 170è/177 178è/182 163è/169 183è/187
Source : PNUD 2008, 2009, 2010, 2011

Manuel de Géographie 3ème. Page | 120


Sur le plan économique, les défis à relever sont entre autres, l’application stricte des politiques
d’orientation économique, la valorisation et l’exploitation rationnelle des ressources naturelles.
Les revenus que génère l’exploitation des différentes ressources naturelles doivent être répartis
de manière équitable et faire l’objet d’une gestion saine en luttant contre la gabegie et la cor-
ruption. L’Etat doit revitaliser les unités de production existantes et promouvoir la création
d’autres unités de transformation des produits de l’élevage, de l’agriculture et de la pêche. L’im-
plantation des usines d’extraction, de transformation des produits miniers ainsi que des sources
d’énergie sont autant des possibilités de développement du Tchad. Ce développement peut
s’appuyer sur un bon partenariat avec les organismes au développement et une bonne intégra-
tion sous-régionale.
Au plan politique, l’indépendance des trois pouvoirs de l’Etat est l’une des conditions essen-
tielles pour garantir le développement harmonieux de tous les secteurs. Le respect de l’autorité
de l’Etat et de la chose publique, l’égalité de tous les citoyens devant la Loi, une justice équi-
table sont quelques-unes des clés de voûte du développement du Tchad. En d’autres termes,
tout dépend de la paix, de la volonté politique et de la bonne gouvernance.

EVALUATION
Quels sont les principaux problèmes qui handicapent le développement du Tchad ? Donne pour
chacun d’eux un ou deux éléments précis.
Quelles sont les raisons qui rendent certaines stratégies peu performantes ?
Donne quatre pistes susceptibles de favoriser le développement du Tchad.

RESUME
Le Tchad, bien que disposant de nombreuses potentialités pour son développement écono-
mique, tel que le pétrole, occupe cependant le 183è rang mondial sur 187 pays en matière
d’indice de développement humain selon les Nation-Unies en 2011.

En fait, des problèmes naturels, humains, politiques ou économiques entre autres, constituent
des défis à relever pour ouvrir le chemin au développement du Tchad.

Le Tchad est un pays enclavé et connaît une avancée rapide du désert due en grande partie à
la dégradation de l’environnement et du climat. Ses différentes structures de communication
et de transport sont insuffisantes voire inexistantes (voie ferrée) pour permettre un réel dé-
collage économique.

Les ressources humaines souffrent d’une insuffisance quantitative et qualitative dans tous les
secteurs et surtout dans le système éducatif et la santé. La formation même des ressources
humaines n’est pas en adéquation avec l’emploi.

Malgré les ressources pétrolières, le Tchad n’échappe pas aux problèmes économiques. Il
s’agit particulièrement du mauvais fonctionnement des rares unités industrielles existantes,
de l’inexploitation de nombreuses ressources naturelles ou de la pratique traditionnelle de
leur exploitation (agriculture et élevage). S’ajoutent à tout cela, la mauvaise gestion, le faible
investissement dû aux conditionnalités des partenaires et de manque des capitaux, la concur-
rence déloyale de la part de nombreux importateurs non fiscalisés.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 121


Le développement du Tchad est aussi handicapé par l’instabilité politique, le faible pouvoir
des institutions de la République…

Le développement effectif du Tchad n’est possible que si l’on s’attelle à relever certains défis
tels que la lutte consciente contre l’avancée du désert par la protection de l’environnement,
le reboisement, la limitation de coupe de bois ; une formation de qualité des ressources hu-
maines, une gestion rationnelle de celles-ci et des ressources financières ; une lutte acharnée
contre la gabegie et la corruption. A la base de toutes les autres actions, les plus importantes
sont la paix, la justice, la volonté politique et la bonne gouvernance.

LEXIQUE
Indice de Développement Humain (IDH) : est un indice composite mesurant le niveau moyen
atteint dans trois dimensions essentielles du développement humain : santé et longévité, accès
à l’éducation et niveau de vie décent.

EXERCICES PRATIQUES
1. Après avoir défini le développement, explique si l’effectif de la population tchadienne est un
atout ou un frein au développement du pays.

2 Quelle est l’importance du pétrole pour un pays sous-développé et enclavé comme le


Tchad ?

3. En quoi les institutions de la République mises en place sont-elles régulatrices du dévelop-


pement.

4. Explique l’expression selon laquelle « là où passe la route, passe le développement ».

Manuel de Géographie 3ème. Page | 122


14 L’Afrique(1) :
Aspect physiques (relief et hydrographie)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer le continent sur un planisphère ;
- décrire le relief de l’Afrique ;
- présenter l’hydrographie de l’Afrique ;
- décrire le rapport entre le relief et l’hydrographie en Afrique.

STRATEGIES
Observons un planisphère et identifions le continent africain.
Observons la carte orohydrographique de l’Afrique et identifions les différents types de relief
et l’hydrographie.

CONTENU
L'Afrique comprend 54 Etats souverains depuis 2011 et couvre une superficie de 30 368 609
km2 soit 20,3 % des terres émergées et 6 % de la surface de la planète terre. Il s'agit du deuxième
plus grand continent après l'Asie, en surface et en population. Elle est reliée à cette dernière à
son extrémité Nord-est par l'isthme de Suez, aujourd'hui traversé par le canal du même nom.
Ses points extrêmes sont dis-
tants d'environ 8 000 km du
Nord au Sud (du Cap Bon en
Tunisie, au Cap des Ai-
guilles en Afrique du Sud) et
de 7 400 km d'Est en Ouest
(du Cap Gardafui en Soma-
lie, à Santo Antão au Cap-
Vert). Le littoral mesure en-
viron 26 000 km.

L'altitude moyenne est d'en-


viron 600 m, comme celle de
l'Amérique du Nord et du
Sud, mais largement infé-
rieure à celle de l'Asie (900
m).

Figure 27 : Carte politique du continent africain

Manuel de Géographie 3ème. Page | 123


Les régions de hautes ou de basses altitudes sont rares. Le paysage rencontré le plus fréquem-
ment est celui de plateaux de moyenne altitude, parsemés de sommets ou de chaînes monta-
gneuses isolées. Les plus hauts plateaux se trouvent à l'Est et au Sud, leur altitude décroit res-
pectivement et progressivement vers l'Ouest et vers le Nord.

1. Aspects Physiques
L’Afrique a un relief accidenté. Il est constitué de dômes et de cuvettes. Dans ce dispositif, les
montagnes exercent une influence décisive sur l'hydrographie.

1.1 Le relief
En observant la carte orographique (du relief) de l'Afrique, il ressort que ce continent est marqué
par trois principales formes, à savoir : les montagnes, les plateaux et les plaines.

Figure 28 : carte physique de l’Afrique (Atlas de l’Afrique, éd. du Jaguar, 2010)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 124


1.1.1 Les montagnes
Les montagnes sont un relief élevé (élévation de terre) dont les sommets et les bordures ont
une forte ou assez forte pente. En Afrique, elles sont surtout localisées dans le Nord (Maghreb)
et l'Est de l'Afrique. Dans le Maghreb, les montagnes forment de longues chaînes (Rif, Atlas
tellien, Haut Atlas, et Atlas saharien).
Les principaux hauts sommets sont à l'Est du continent. Ce sont le Kilimandjaro (5 895 m d’al-
titude) en Tanzanie, le Mont Kenya (5 199 m d’altitude) localisé au Kenya ; le massif de Ru-
wenzori (5 119 m d’altitude) en Ouganda.

Photo 83 : Massif du Ruwenzori (Ouganda) Photo 84 : Kilimandjaro (Tanzanie)

Dans le reste de l’Afrique les montagnes sont rassemblées en massifs. Ce sont, au Maroc, le
Mont Djebel Toubkal à 4 167 m d’altitude ; le Mont Cameroun à 4 095 m d’altitude ; en Afrique
du Sud, le Drakensberg, à 3 482 m d’altitude ; dans l'extrême Nord du Tchad, l’Emi-Koussi
dans le Tibesti à 3 415 m d’altitude ; au Soudan, le Darfour à 3 087 m d’altitude et dans
l'extrême Sud de l'Algérie, le Hoggar à 2 918 m d’altitude.

Photo 85 : Djebel Toubkal, 4 167 m d’altitude (Maroc)

1.1.2 Les plateaux


En Afrique, les plateaux sont des vastes surfaces plus ou moins plates qui s'inclinent lentement
vers le centre du continent pour former des grandes cuvettes (cuvettes du Niger, du Tchad, du
Congo, du Kalahari, du haut Nil). La surface des plateaux se relève vers les côtes du continent
et aboutissent aux montagnes comme celles du Drakensberg.
Manuel de Géographie 3ème. Page | 125
Photo 86 : Drakensberg Photo 87 : Paysage de l’Ennedi

Les plateaux du Sud et de l'Est se situent à une altitude moyenne de 1 000 m et tombent rarement
en dessous de 600 m. Le plateau sud-africain, autour du 12e parallèle sud, est bordé à l'Est, à
l'Ouest et au Sud par des hautes fa-
laises tombant brutalement vers la
mer. Au Sud, trois escarpements
successifs en paliers séparent le pla-
teau de la plaine côtière. Le plus
grand d'entre eux, le Grand Karoo,
est une région aride et infertile. Une
partie de ce plateau constitue le dé-
sert du Kalahari.

Photo 88 : Grand Karroo (Afrique du Sud)

Vers le Nord-Est, le plateau sud-africain rejoint celui de l'Afrique de l'Est. Il est composé d'une
succession de chaînes montagneuses, de plaines et de dépressions et est creusé du Nord au Sud
par les deux branches du Rift africain. La partie basse de ce plateau est occupée par les Grands
Lacs (Lac Tanganyika, Lac Victoria, Lac Malawi, Lac Édouard, Lac Albert et Lac Kivu). Après
avoir longé le Lac Victoria sur chaque rive, les deux branches du Rift se rejoignent au Nord du
Lac Malawi pour former une vallée unique, la vallée du Rift parsemée de volcans, dont le Ki-
limandjaro (éteint) est le point culminant du continent à 5 895 m.

Les plateaux d'Éthiopie constituent la troisième zone de hauts plateaux et la plus grande région
d'altitude. Ils descendent rarement en dessous de 1 500 m et certains sommets atteignent 4 600
à 4 900 m. Ils sont situés juste à l'Ouest du grand Rift, dont le prolongement vers le Nord longe
l'escarpement oriental sur sa trajectoire vers la Mer Rouge. Le centre de ces plateaux est cons-
titué d'un bassin circulaire occupé par le Lac Tana.
A l'Est comme à l'Ouest du continent, les hauts plateaux sont bordés par des bandes de terre
parallèles à la côte. Les plateaux d'Éthiopie continuent vers le Nord, le long de la Mer Rouge,
en une série de crêtes atteignant parfois 2 000 m d'altitude. A l'Ouest, le plateau est plus large,
mais aussi moins élevé. Les zones les plus montagneuses se trouvent près du creux du golfe de
Guinée, avec des altitudes allant de 1 800 à 2 400 m. Le mont Cameroun, point culminant de
l'Afrique centrale à 4 095 m, est le sommet d'une chaîne volcanique qui se prolonge dans

Manuel de Géographie 3ème. Page | 126


l'Océan Atlantique avec les îles d'Annobón, Sao Tomé et Principe, Bioko. Vers l'extrême Ouest,
la chaîne du Fouta-Djalon donne naissance à de nombreux fleuves.

1.1.3 Les plaines


Les plaines sont un relief continental plat et/ou peu élevé. Aussi, l’intérieur du continent africain
présente-t-il quatre grands bassins qui occupent la majeure partie des plaines basses d'Afrique
du Nord, de l'Ouest et du Centre: celui du Nil, du Congo, du Niger et du Lac Tchad.

Trente-neuf pays africains disposent d'un littoral. À l'exception de l'Afrique de l'Ouest, les côtes
africaines sont relativement droites et pauvres en ports naturellement profonds. Les paysages
côtiers sont composés d'estuaires, de deltas, de lagons, de marécages, de mangroves et des bar-
rières de coraux.

Photo 89 : Plaine du delta de l’Okavango

La plaine côtière a généralement deux aspects : celui de cuvettes remblayées par des dépôts
fluviatiles (déposés par les eaux des fleuves) et celui de larges surfaces aplanies. La plaine
côtière, souvent marécageuse, rend difficile l'accès au continent.

Photo 90 : Plaine côtière de Tunisie

Manuel de Géographie 3ème. Page | 127


2. L’Hydrographie
Le continent africain, sur le plan hydrographique, est entouré des Mers et des Océans. Les
grands bassins de ce continent mettent en relief six (06) fleuves importants : le Nil, le Congo,
le Niger, le Zambèze, l’Orange et le Sénégal ainsi que quatre (04) lacs : Lac Victoria, Lac
Tanganyika, Lac Malawi et Lac Tchad. Le reste du continent est constitué de terres arides irri-
guées sporadiquement par des cours d'eau saisonniers endoréiques.

Figure 29 : Hydrographie de l’Afrique (Internet : wikipedia) Figure 30 : Le Nil et son bassin versant (Internet : wikipedia)

2.1. Les Fleuves


Les bassins de l’Afrique drainent des grands fleuves et ceux d’envergure moyenne.
Le Nil (6 700 km), prend sa source dans la zone montagneuse des Grands Lacs (Lac Victoria)
près de l'Equateur et coule vers le Nord traversant le Lac Albert. Après avoir reçu le Bahr el-
Ghazal sur sa rive gauche et le Sobat sur sa rive droite, le Nil Blanc reçoit sur sa rive droite le
Nil Bleu au niveau de Khartoum. L'Atbara venant des plateaux d'Éthiopie se joint au Nil Bleu.
Le Nil creuse une vallée fertile à travers le désert avant de se jeter dans la Méditerranée en
formant un immense delta. Le Nil a un régime caractérisé par de hautes eaux d'été, qui com-
mencent en mai, renforcées par les apports de ses affluents tropicaux, le Nil Bleu et l'Atbara à
partir de juin. La décrue commence en octobre. Le débit passe de 8000 m3/s (en septembre) à
500 m3/s en juin.

Le Congo (4 700 km) a sa source en Afrique orientale, près des lacs Tanganyika, Malawi,
Bangweulu et dans les plateaux angolais. Après avoir reçu les eaux de nombreux affluents, il

Manuel de Géographie 3ème. Page | 128


s'incurve vers le Sud-ouest avant de se jeter dans l'Atlantique. Le Congo a un débit de 80 000
m3/s à son embouchure. Il est le plus puissant des fleuves africains. Son régime est à la fois
abondant et régulier, en raison d'une alimentation importante et permanente. Ses nombreux
affluents sont alimentés par les pluies équatoriales.

Photo 91 : Le Congo (République démocratique du Congo)

Le Niger (4 200 km), troisième plus long fleuve africain, prend sa source à la frontière de la
Sierra Leone et de la Guinée dans le Fouta Djalon. Il coule vers le Nord-ouest. Sa trajectoire
s'incurve fortement au Mali entre Tombouctou et Gao, puis il coule vers le Sud-est avant de se
jeter dans l'Atlantique au niveau du golfe de Guinée. Il a un régime tropical, avec des hautes
eaux en été. Le cours inférieur pénètre dans une région de forte pluviosité et les crues se pro-
longent jusqu'en mai. C’est ainsi que le Niger a des eaux abondantes toute l'année. Son débit
moyen atteint 7 000 m3/s contre 30 000 m3/s en période de crue.

Le Zambèze (2 700 km), prend sa source sur les plateaux angolais et katangais. Il traverse la
Zambie du Nord au Sud, puis se di-
rige vers le Sud-est. Au Sud-ouest, le
système fluvial du Zambèze interfère
avec l'Okavango duquel il reçoit de
temps en temps de l'eau. Le Zambèze
a un régime tropical avec des hautes
eaux de novembre à mars sur le cours
supérieur. Son débit moyen est de
3 000 m3/s à l’embouchure. Il se jette
dans l’Océan indien par un delta.

Photo 92 : Zambèze (Mozambique)

L’Orange (1 850 km) prend sa source sur les hautes terres du Lesotho et sur le Drakensberg. Il
sépare l'Etat libre d'Orange de la province du Cap et traverse d'Est en Ouest des zones arides ;

Manuel de Géographie 3ème. Page | 129


son cours est entrecoupé de chutes. Il a un régime tropical avec des hautes eaux en saison des
pluies et son débit moyen est de 3 500 m3/s.

Le Sénégal (1 750 km) né dans le Fouta Djalon guinéen, il se dirige d'abord vers le Nord-ouest
avant de décrire une boucle de 500 km de longueur et de se perdre dans un delta. Il est tributaire
des pluies tropicales qui arrosent le Fouta-Djalon. Son régime est de type tropical avec des
hautes eaux de juin à septembre (de 4 000 m3/s). Durant l'étiage, entre avril et juin, le débit est
parfois indigent (2 à 3 m3/s).

Outre les principaux fleuves, l’Afrique compte des fleuves secondaires qui sont entre autres,
l’Okavango, le Limpopo, le Jubba, le Chari.

L'Okavango, long de 1 600 km avec un bassin versant de 721 258 km2, a un débit moyen de
475 m3/s. Il traverse l’Angola, la Namibie et le Botswana ; son embouchure se situe dans le
désert du Kalahari. Il irrigue 15 000 km2 le désert du Kalahari dans lequel il se perd sans jamais
aboutir dans l'Océan Indien.

Le Limpopo, d’une longueur de 1 600 km draine un bassin versant de 413 000 km2. Son débit
moyen est de 265 m3/s. Il traverse l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Mozambique et se jette
dans l'Océan Indien.

Photo 93 : l’Okavango(Botswana) Photo 94 : Le Limpopo.

Le Jubba, long de 1 580 km coule de l’Éthiopie en direction de l’Océan Indien.

La Volta, a une longueur de 1 346 km. Il draine un bassin versant de 407 903 km2 avec un débit
moyen de 1 217 m3/s. Il prend sa source dans le plateau central du Burkina Faso, traverse le lac
Volta au Ghana et se jette dans l'Océan Atlantique au niveau du golfe de Guinée.

Le Chari, long de 1 200 km, prend ses sources en République Centrafricaine. Il coule vers le
Nord-ouest et va se jeter dans le Lac Tchad après avoir reçu le fleuve Logone au niveau de
N’Djaména. Il a un débit de 1 080 m3/s et a un bassin versant estimé à 600 000 km2.

Les Lacs
Plusieurs lacs parsèment le continent africain. Mais la zone lacustre la plus importante est sans
doute celle des Grands Lacs (Lac Victoria, Lac Tanganyika, Lac Albert, Lac Edouard,
Lac Kivu) qui font partie des lacs de la vallée du Rift. Les principaux lacs d’Afrique sont :
le Lac Victoria, le Lac Tanganyika le Lac Malawi, le Lac Tchad.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 130


Le lac Victoria, 68 100 km2 de superficie, comparable à la taille de l'Irlande, est le deuxième
plus grand lac d'eau douce au monde après le Lac Supérieur en Amérique du Nord.
Le lac Victoria reçoit son eau de nombreux cours d'eau dont le plus important est la Kagera.
Les eaux de ce lac alimentent le Nil.

Photo 95 : Lac Victoria...

Le lac Tanganyika (31 900 km2) fait également partie des Grands Lacs. Il est le deuxième plus
grand lac du monde en volume d’eau et en profondeur. Le seul exutoire du lac Tanganyika est
la rivière Lukuga, qui se jette dans le fleuve Congo.
Le Lac Malawi est situé dans le Sud-Est de l'Afrique, dans la Rift Valley. La majeure partie du
lac Malawi (anciennement dénommé lac Nyassa) se trouve sur le territoire du Malawi ; la rive
Nord-Est longe la frontière tanzanienne, tandis qu'une grande portion de la rive Sud-Est se
trouve sur le territoire du Mozambique. La superficie du lac est estimée à près de 28 000 km2.
Ce lac se situe à environ 470 m au-dessus du niveau de la mer. La rivière Chiré, un émissaire
du lac Malawi, se jette dans le Zambèze.
Le Lac Tchad, qui avait une superficie de 25 000 km² dans les années 60 ne couvre de nos jours
qu’environ 1 400 km2. Il est un grand
lac peu profond d'Afrique dont les
eaux sont douces, ce qui est rare pour
un lac endoréique, c'est-à-dire dont les
eaux ne rejoignent pas l'océan. Son
rôle économique est très important,
car il doit fournir l'eau à plus de 20
millions de personnes des quatre pays
limitrophes : le Tchad, le Cameroun,
le Niger et le Nigeria.
Photo 96 : Le Lac Tchad

ÉVALUATION
Où se situe l’Afrique et combien de pays compte-t-elle ?
Quelles sont les différentes formes de relief qu’on rencontre en Afrique ?
De quoi est constitué le réseau hydrographique de l’Afrique ?
Manuel de Géographie 3ème. Page | 131
Quels sont les fleuves et lacs importants de l’Afrique ?
Explique le lien entre le relief et l’hydrographie en Afrique.

RESUME

L'Afrique comprend 54 États souverains depuis 2011.Sa superficie est de 30 368 609 km2.
Du Nord au Sud, l’Afrique s’étend sur environ 8 000 km (du Cap Bon en Tunisie, au Cap des
Aiguilles en Afrique du Sud), et d'Est en Ouest sur 7 400 km (du Cap Gardafui en Somalie,
à Santo Antão au Cap-Vert).
Les régions très hautes ou très basses sont rares. Le paysage rencontré le plus fréquemment
est celui de plateaux de moyenne altitude, parsemés de sommets ou de chaînes montagneuses
isolées. Les plus hauts plateaux se trouvent à l'Est et au Sud ; leur altitude décroit respective-
ment et progressivement vers l'Ouest et vers le Nord.
Les principales hautes montagnes d'Afrique sont surtout localisées dans le Nord (Rif, Atlas
tellien, Haut Atlas et Atlas saharien) et dans l'Est (Kilimandjaro, à 5 895 m d’altitude ; Mont
Kenya, à 5 199 m d’altitude ; Ruwenzori, à 5 119 m.
En Afrique, les plateaux s'inclinent lentement vers le centre du continent pour former des
grandes cuvettes (cuvettes du Niger, du Tchad, du Congo, du Kalahari, du haut Nil). Les
principaux plateaux sont ceux du Sud parmi lesquels le Grand Karoo dont l’altitude moyenne
est de 1 000 m ; les plateaux éthiopiens à l’Est avec une altitude allant de 1 500 à 4 900 m ;
à l’Ouest les plateaux sont larges avec une altitude allant de 1 800 à 2 400 m autour du Golfe
de Guinée.
Les plaines occupent les quatre grands bassins du Nord, de l’Ouest et du centre du continent
africain. Elles se distinguent en plaines côtières et plaines continentales.
Le continent africain, sur le plan hydrographique, est entouré des Mers et des Océans, tandis
que l’intérieur est parcouru par de nombreux fleuves dont les principaux sont : le Nil (6700
km), le Congo (4 700 km), le Niger (4 200 km), le Zambèze (2 700 km)… L’Afrique est
parsemée de lacs dont les plus importants sont : le Lac Victoria (68 100 km²),
le Lac Tanganyika (31 900 km²), le Lac Malawi (28 000 km²).

LEXIQUE
Cuvette : dépression de terre fermée de tous côtés.
Escarpement : pente raide.
Pente : inclinaison d’une surface, position oblique, déclivité.
Bassin versant : Le terme de bassin hydrographique est parfois remplacé par celui de bassin
versant, qui désigne la surface d'interception des précipitations alimentant un cours d'eau.
Exutoire : partie terminale d’un cours d’eau où il se déverse dans la mer ou dans un lac.

EXERCICES PRATIQUES
1. Décalque le contour de la carte du continent africain.
a) Traces-y l’Equateur et place les points des extrémités du continent (du Nord, du Sud, de
l’Est et de l’Ouest) en y inscrivant les noms.
b) Représente enfin sur cette carte calquée, les principaux hauts sommets d’Afrique avec
leurs altitudes.
2. Qu’est ce qui explique le réseau dense des cours d’eau et lacs en Afrique tropicale ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 132


15
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
L’Afrique (2) :
Aspect physiques (climat, sols, végétation et faune)

A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :


- décrire les différents types de climat en Afrique et leurs caractéristiques ;
- présenter les différents types de sols, de végétation et de la faune.

STRATEGIES
Observons la carte climatique et de végétation de l’Afrique et identifions-y les différents types
de climat, de sols, de végétation et la faune.
Observons quelques images relatives aux aspects physiques de l’Afrique.

CONTENU
1. Aspects physiques
Continent chaud par excellence, l’Afrique s’étend pour sa grande partie dans la zone inter-tro-
picale. Il a, sur de grands espaces, des climats uniformes. Et comme les zones climatiques, les
zones de végétation se présentent en bandes approximativement parallèles à l’équateur. Mais
d’importantes dégradations font que ces bandes ne sont pas absolument calquées sur les bandes
climatiques.

1.1 Le Climat
L’Afrique est un continent chaud présentant quatre grands types climatiques symétriques à
l’Equateur, à savoir : le climat équatorial, le climat tropical, le climat désertique, et le climat
méditerranéen.
- Le climat équatorial (autour de l’équateur) : il compte quatre saisons dont deux de pluies et
deux saisons sèches. L’humidité de l’air y est très élevée, les vents sont assez faibles et la
moyenne des températures y est de 26° C.
On distingue deux variétés de climat équatorial
: une variété humide au Centre et à l’Ouest
(1500 mm à plus de 2000 mm de pluie par an)
et une variété plus sèche à l’Est (total des pluies
inférieur à 1m).
- Le climat tropical règne entre les Tropiques,
à l’exception de la zone équatoriale : il a deux
saisons dont une saison des pluies et une saison
sèche. Les alizés y sont assez importants et la
température moyenne est de 27° C. Il y a deux
types de climat tropical : le tropical humide et
le tropical sec.
Une variété humide entre les isohyètes 1 200 et
1 500 mm de pluie par an avec 3 à 6 mois de
saison sèche et une variété sèche entre 500 et 1
200 mm de pluie par an avec 6 à 9 mois de Figure 31 : climat équatorial d’Afrique (Internet : viatrip.com)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 133


saison sèche. Le climat tropical sec concerne le Sahel, la steppe du Sud du Maghreb, la Cyré-
naïque, la Somalie, le Kalahari et le Sud-Ouest de Madagascar. Le climat y est toujours chaud,
mais avec une saison des pluies très courte (200 à 600 mm/an) puis une longue saison sèche (à
Niamey au Niger entre novembre et mai,
il ne tombe que 10 mm d’eau).

Figure 32 : climat tropical humide (Internet : viatrip.com) Figure 33 : climat tropical sec (Internet : viatrip.com)

- Le climat désertique (près des Tropiques) : avec moins de 200 mm de pluie par an, il est
marqué par une grande irrégularité des précipitations. Il peut y avoir plusieurs années sèches
consécutives (sans pluie). La sécheresse de l’air et les amplitudes thermiques diurnes (jusqu’à
30° C) et annuelles (plus de 50° C) sont considérables.
Le climat désertique concerne le Sahara, le Kalahari et le Namib. Avec des moyennes record
de chaleur (50° C à l’ombre) et des précipitations quasi nulles (moins de 10 mm/an), rien n’y
pousse. C’est le domaine des dunes de sable (erg) et des champs de rocailles (reg). La vie n’est
dense qu’autour des oasis, où l’on irrigue des champs à l’ombre des palmiers.

Figure 34 : climat aride (Internet : viatrip.com) Figure 35 : Climat méditerranéen (Internet : viatrip.com)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 134


- Le climat méditerranéen est circonscrit aux extrémités nord et sud du continent. Son caractère
principal est la division de l’année en une saison estivale (été) très chaude et sèche et une saison
hivernale (hiver) fraîche et pluvieuse. Les précipitations sont parfois violentes (orages et dé-
luges de pluie) en automne et au début de l’hiver. Il y tombe en moyenne 700 mm d’eau par an.
Le climat méditerranéen concerne les côtes du Maghreb, le delta du Nil et la région du Cap.

1.2 Les sols, la végétation et la faune


En Afrique, les sols, la végétation et la faune sont variés. Les différentes végétations sont fonc-
tion des sols et des zones climatiques.

En Afrique équatoriale les sols sont très profonds (jusqu’à plus de 10 m), constitués d’éléments
fins (sables et argiles), mais très appauvris en potassium, calcium… Ils sont riches en fer, ce
qui leur donne la coloration rouge. Ce sont des sols latéritiques appelés aujourd’hui sols ferra-
litiques.

Dans la zone équatoriale on rencontre principalement la forêt dense, humide et sempervirente


(toujours verte) dans l’Ouest et une végétation étagée des régions d’altitude. La forêt dense dont
les plus hauts arbres atteignent souvent les soixante mètres est composée entre autres du

Photo 97: Forêt équatoriale


Terminalia superba, du Chlorophora excelsa, de l’ébénier ou Diospyros melanoxylon. En des-
sous, une végétation plafonne à 40 m dont l’okoumé, l’acajou d’où pendent les lianes et autres
épiphytes.
La végétation des régions montagneuses est stratifiée en cinq ou six étages. Au de-là de 1 000
m d’altitude les forêts sont moins denses et les
arbres rabougris.

Le long des côtes, dans les parties submergées


(deltas et lagunes), la forêt est remplacée par la
mangrove (palétuviers).

La forêt équatoriale abrite de nombreuses es-


pèces fauniques. Dans les parties aériennes, les
singes, les oiseaux (perroquets, toucans, coli-
bris, perruches, passereaux…) pullulent ainsi Photo 98 : Gorilles de montagne

que la mouche tsé-tsé. De nombreux reptiles et


Manuel de Géographie 3ème. Page | 135
amphibiens, de papillons et des fourmis vivent dans les arbres. L’hippopotame, le buffle et
l’éléphant sont plus petits que ceux de la savane et vivent habituellement en solitaires. Des
primates (gorilles, chimpanzés etc.), des antilopes, des okapis congolais, des tapirs et d’autres
groupes d’animaux sont d’une diversité maximale.
La zone tropicale est le domaine des sols ferrugineux tropicaux riches en oxydes de fer, sableux
en surface et argileux en profondeur avec de types particuliers à cuirasse ou carapace appelé
bowal dans certaines régions d’Afrique occidentale. On y rencontre également des sols bruns
et châtains quand ils contiennent du fer et des sols gris, quand ils ne contiennent plus que des
sels. Ce sont généralement de sols peu profonds (moins de 2 m).
Dans la zone tropicale humide, la végétation dominante est la savane et la forêt claire à feuilles
caduques. A l’état naturel, les arbres de la forêt tropicale dont les cimes se situent entre 8 et 25
mètres perdent leurs feuilles en saison sèche. Les savanes arborées, boisées, et arbustives ont
un tapis d’herbes hautes, de bosquets, parsemées de certaines espèces ligneuses comme les rô-
niers, les caïlcédrats, les baobabs, les acacias.
Dans la zone tropicale sèche, la végétation dominante est la steppe. Cette steppe est composée
d’herbacées vivaces et annelles, de semi-ligneux et d’arbustes épineux et par endroits, des buis-
sons à acacias.

Photo 99: Paysage sahélien aux alentours de Ngouri (Tchad)

La zone tropicale possède une faune riche et variée. C’est la zone de prédilection des grands
mammifères pour la plupart herbivores notamment la girafe, l’éléphant, le rhinocéros, l’hippo-
potame, le buffle et de nombreuses antilopes, le zèbres, le gnous, le grands koudous. Des pré-
dateurs y sont également nombreux : lions, panthères, guépards, léopards, hyènes, chacals, ly-
caons, etc. ainsi que des reptiles, des rongeurs, des oiseaux et des insectes.

Photo 100: Buffle d'Afrique Photo 101 : Léopard ou panthère

Manuel de Géographie 3ème. Page | 136


Dans la zone désertique, la végétation se raréfie et le sol nu prédomine. C’est le domaine des
dunes de sable (ergs) et des champs de rocailles (regs). On y rencontre une végétation dominée
par les plantes xérophiles. Lorsque des précipitations rares surviennent, les grains en dormance
dans le sol germent et constituent l’acheb. Dans les oasis, la présence de nappe d’eau peu pro-
fonde permet le développement des plantations des palmiers dattiers.
Les déserts, aux conditions de vie inhospitalières et défavorables, abritent certains animaux qui
se sont adaptés au milieu : les reptiles (vipère à corne, crocodile du Nil…) et mammifères (fen-
necs, gerboises, addax, mouflons, hyènes, dromadaires…), des insectes et d’espèces d’oiseaux
adaptés tels que les gangas, l’outarde de Nubie, les vautours, etc.

Photo 102 : Sahara algérien Photo 103 : Les Addax

Les milieux méditerranéens ont des sols rouges, châtains, gris qui sont riches en sel et en cal-
caire ; les sols à croûte (calcaire et gypse) sont les plus caractéristiques de ces milieux.
Dans la zone méditerranéenne, on rencontre principalement les steppes buissonnantes ou à gra-
minées, les forêts sèches, les chênes-verts, les chênes-lièges, les genévriers, les pins aux feuilles
ou aiguilles coriaces et persistantes ainsi que les cèdres. Les flancs des montagnes sont couverts
également de ces forêts sèches. Mais il ne subsiste le plus souvent qu’une garrigue formée de
petits arbustes et d’herbes aromatiques (thym, lavande).
La faune de la zone méditerranéenne renferme des espèces animales comme le renard, le lapin,
la loutre et l’écureuil, mais aussi la gazelle, le phacochère, la panthère, le babouin et la vipère
cornue.

ÉVALUATION

Quels sont les types de climat que l’on rencontre en Afrique ? Donne leurs caractéristiques.
Dans quelles parties du continent africain peut-on constater la prédominance du climat tropical
d’une part et du climat méditerranéen d’autre part ?
Quels sont les zones de végétation qu’on rencontre en Afrique ?
Quelles sont les principales espèces animales sauvages des zones d’Afrique équatoriale, tropi-
cale et désertique ?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 137


RESUME
L’Afrique s’étend pour sa grande partie dans la zone intertropicale. Elle a, sur des grands
espaces, des climats plus ou moins uniformes de part et d’autre de l’Equateur : succession de
climats équatoriaux, tropical, désertique et méditerranéen. Les zones de végétation, les sols
et la faune épousent les caractéristiques des zones climatiques.
Le climat équatorial règne autour de l’équateur avec des températures moyennes de 26° C. Il
est humide au Centre et à l’Ouest avec 1 500 mm à plus de 2 000 mm de pluie par an et plus
sec à l’Est où la quantité annuelle des pluies est inférieure à 1 000 mm. C’est le domaine des
sols ferralitiques très profonds (jusqu’à plus de 10 m). On rencontre la forêt dense, humide
et sempervirente au Centre, à l’Ouest et une végétation étagée dans les régions d’altitude de
l’Est.
De nombreuses espèces fauniques vivent dans la forêt équatoriale. Ce sont des mammifères
(généralement de petite taille par rapport à ceux de la savane), des primates, des reptiles, des
oiseaux, des amphibiens et des insectes.
Le climat tropical règne entre les Tropiques, à l’exception de la zone équatoriale, avec une
température moyenne de 27° C. Les sols ferrugineux tropicaux sont riches en oxydes de fer,
sableux en surface et argileux en profondeur. On y distingue le climat tropical humide avec
6 à 8 mois de saison des pluies. La végétation dominante est la savane et la forêt claire à
feuilles caduques. Le climat tropical sec a une saison des pluies allant de 3 à 5 mois. La
végétation dominante est la steppe composée d’herbacées vivaces et annelles, de semi-li-
gneux et d’arbustes épineux et par endroits, des buissons à acacias. C’est la zone de prédilec-
tion de grands mammifères pour la plupart herbivores, des prédateurs, des reptiles, des ron-
geurs, des oiseaux et d’insectes.
Le climat désertique règne près des Tropiques avec moins de 200 mm de pluie par an. Les
amplitudes thermiques diurnes et annuelles sont considérables. On y rencontre une végétation
dominée par les plantes xérophiles. C’est le domaine des ergs et des regs. Les déserts abritent
certains animaux qui s’y adaptent tels que des mammifères, des reptiles et des insectes.
Le climat méditerranéen occupe les extrémités du continent. Ce milieu est celui des sols à
croûte (calcaire et gypse). Il est caractérisé par un été très chaud et sec et un hiver frais et
pluvieux. Il y tombe en moyenne 700 mm d’eau par an. On y rencontre principalement les
steppes buissonnantes ou à graminées, les forêts sèches, les chênes-verts, les chênes-lièges,
les genévriers, les pins et les cèdres.
La faune de la zone méditerranéenne renferme des espèces animales comme le renard, le
lapin, la loutre et l’écureuil, mais aussi la gazelle, le phacochère, la panthère, le babouin et la
vipère cornue.

LEXIQUE
Epiphytes : plante qui pousse sur une autre et profite de sa sève sans lui nuire.
Mangrove : formation forestière caractéristique des littoraux tropicaux, constituée essentielle-
ment des palétuviers.
Acheb : type de végétation saharienne qui pousse après une averse et ne persiste pas.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 138


EXERCICES PRATIQUES
1. Observe les photos ci-après

(1) (2) (3)


a) A quel type de climat peut correspondre chacune de ces trois photographies ?
b) Décris à quelle formation végétale appartiennent ces paysages ?
2 Qu’est ce qui peut expliquer la richesse faunique de la zone tropicale par rapport aux
autres zones?

Manuel de Géographie 3ème. Page | 139


QUATRIEME SEMAINE D’INTEGRATION

Manuel de Géographie 3ème. Page | 140


PALIER 4

Situation 1

Titre : Mon Afrique physique

Contexte : Avec Breich ton ami parlementaire d’origine péruvienne, vous avez pris part au
colloque des enfants parlementaires sur l’environnement à Montréal au Québec. Sachant que tu
es africain et plus précisément sahélien, Breich te montre la carte ci-dessous et te demande de
l’aider à mieux connaître la configuration du relief, du climat et de la végétation de ton conti-
nent.

Consigne

1. Après avoir reproduit la carte, montre-lui les principaux hauts sommets en y plaçant des petits
triangles noirs selon leur position dans les pays où ils se trouvent en les nommant et en indiquant
leur altitude.

2. Mets-lui sur cette carte des trames de couleurs différentes représentant les zones clima-
tiques (désertique, sahélienne, tropicale, équatoriale et méditerranéenne) et fais sa légende.

Explique-lui les formations végétales qui correspondent à ces différentes zones climatiques.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 141


PALIER 4

Situation 2

Titre : Une conférence

Contexte : A la télévision nationale, un éminent économiste explique les atouts et les causes
du problème de développement par les facteurs d’ordre physique. Ton camarade de classe
Dousma avec qui vous suivez la conférence réfute cette assertion. A l’aide des images ci-des-
sous, accomplis les tâches demandées pour le rassurer.

Consigne

1. Fais-lui observer ces photos et décris-lui ce que représente chacune d’elles.

2. En t’inspirant des images ci-dessus, énumère les atouts que pourraient présenter le relief, le
climat et la végétation pour le développement de l’Afrique à ton camarade Dousma.

3. Explique-lui également les contraintes du développement de l’Afrique liées au relief, au cli-


mat et à la végétation.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 142


PALIER 5 :

L’AFRIQUE
16 L’AFRIQUE (3) : La population africaine (diversité, évolution)

17 L’AFRIQUE (4) : L’urbanisation (développement des villes et exode rural)

18 L’AFRIQUE (5) : L’industrialisation (conditions et problèmes)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 143


16
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
L’Afrique (3) :
La population africaine (diversité et évolution)

A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :


- identifier la répartition spatiale, la diversité linguistique et religieuse de la population
africaine ;
- décrire l’évolution de la population africaine.

STRATEGIES
Observons la carte démographique et identifions-y la répartition de la population et sa diver-
sité ;
Décrivons l’évolution de la population africaine.

CONTENU
1. Population
La population africaine, estimée à 1,051 milliard en 2011, a doublé depuis 1980, et pratique-
ment quintuplé depuis 1950. L'Afrique a dépassé le cap du milliard d'habitants en 2009. La
population est jeune, avec un âge médian de 17 ans tandis que la médiane mondiale est de 23
ans. La tranche d’âge de moins de 15 ans représente 45 %. Par contre, dans les pays de l'Orga-
nisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), elle est de 21 % tandis
que dans le monde celle-ci est de 30 %. Les personnes âgées de plus de 65 ans ne représentent
que 3 % de la population contre 13 % dans le reste du monde.

1.1 Répartition de la population africaine

La population africaine est inégalement ré-


partie sur la surface du continent, la densité
moyenne atteint à peine 35 habitants au km2
alors que la moyenne mondiale dépasse 48
habitants au km2.

En Afrique, il y a des régions vides


d’hommes et d’autres densément peuplées.
Celles presque vides d’hommes se localisent
sur les hautes montagnes du Nord et du
Nord-Est ; les déserts du Sahara, du Kala-
hari, du Namib et la forêt équatoriale avec
une humidité excessive constituent égale-
ment des foyers de faible peuplement. Les
régions densément peuplées ou les grands Figure 36 : Répartition de la population en Afrique (Internet :
aurelienloriau.free.fr)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 144


foyers de peuplement se situent sur les côtes du Golfe de Guinée (notamment le Nigeria), sur
les hauts-plateaux de l’Afrique orientale, en Éthiopie, dans la région des grands lacs, dans la
vallée et le delta du Nil (Egypte) et sur les côtes du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie).
1.2 Diversité de la population africaine

L’Afrique est un continent qui renferme des populations de race blanche, de race noire et des
métis.
Les populations blanches occupent le Nord, le Nord-est et une partie de l’Afrique du Sud. Celles
du Nord et Nord-est représentent trois grands groupes : les Chamites établis dans la vallée du
Nil depuis 5 000 ans se sont peu à peu mélangés avec les Arabes ; les Hamites ou les Berbères
(Touaregs, Kabyles d’Algérie…) auxquels les Maures sont apparentés, étaient les occupants du
Nord de l’Afrique pendant l’arrivée des Arabes. Ils ont été assimilés ou refoulés dans le Sahara.
Le Sahara est une zone de brassage entre la population blanche et la population noire.

Figure 37: Afrique, éléments de différenciation des populations (Internet : aurelienloriau.free.fr)

Au Sud du Sahara ou en Afrique sub-saharienne (Afrique noire), on distingue quatre grands


types de populations, d’importance très inégale :
- les Pygmées, les plus anciens, forment de petites communautés dans la zone forestière du
Cameroun à la région des Grands Lacs où ils ont été repoussés par l’avancée des populations
voisines (dont les Bantous). Cependant, les Bochimans sont des nomades chasseurs, évoluant
dans le désert du Kalahari ; les Hottentots sont, quant à eux, des pasteurs qui nomadisent dans

Manuel de Géographie 3ème. Page | 145


le désert de Namib. Les Hottentots et les Bochimans souvent métissés sont en Afrique du Sud,
au Botswana et en Namibie ;
- les Ethiopides occupent la Corne de l’Afrique et les Plateaux éthiopiens : ce sont notamment
les somalis et les populations de l’Ethiopie actuelle. Leurs caractères physiques (peau foncée)
et leurs cultures les rattachent à l’Afrique noire bien que leurs langues soient apparentées à
celles de l’Afrique blanche ;
- les Négroïdes se sont établis au Sud du Sahara et à l’Ouest de la Corne Orientale à la suite
d’une longue série de migrations. Ces Négroïdes constituent près de 70 % du peuplement de
l’Afrique. Ce sont : les Soudanais, qui peuplent les zones de savane du Sénégal au Kordofan,
auxquels se rattachent les Guinéens établis dans la bande forestière qui s’étend le long du golfe
de Guinée, de la Casamance au Cameroun ; les Nilotiques occupant la région du Haut-Nil se-
raient le résultat de métissage avec des Ethiopides, et dont les principaux groupes sont les Din-
kas, les Turkanas, les Massaïs et les Tutsis ; les Congolais et les Zambéziens, répartis sur la
moitié Sud du continent ont des affinités linguistiques qui permettent de les réunir sous le nom
de Bantou ;
- enfin un peuplement résultant du métissage entre Noirs africains et population d’origine
indonésienne se localise dans l’île de Madagascar. Outre cette grande diversité des peuples que
métissage et brassage rapprochent, on trouve d’autres populations implantées plus récemment
sur le sol africain, notamment des personnes d’origine européenne en Afrique du Sud et d’im-
portantes minorités d’origine asiatique et des métis.
La diversité des peuples entraine celle des langues et des religions.

Photo 104 : Bochiman du désert de Kalahari Photo 105 : Des Touaregs Photo106 : Une femme blanche
Sud- africaine

1.3 Les langues


Il est difficile d’opérer un recensement complet des langues en Afrique mais des estimations
sérieuses les situent à près de 2000. Des spécialistes ont du mal à s’accorder sur la distinction
entre langues et dialectes. A la suite des divers classements proposés par les linguistes, il ressort
que les langues africaines peuvent être regroupées en 6 familles :
- afro-asiatique (les langues berbères, l’arabe, l’amharique, l’oromo, le somali, le haoussa et
l’ancien égyptien) ;
- nigéro-kordofanienne, comprend les langues bantoues et celles du groupe dit soudanais ;
- nilo-saharien qui englobe les langues nilotiques (dinka, nuer, masaï, turkana), le kanuri et le
songhaï ;

Manuel de Géographie 3ème. Page | 146


- les langues khoisanes (ou clics), parlées par les Bochimans et les Hottentots ;
- les langues malgaches (le malagasy) ne se rattachent pas aux langues du continent mais ap-
partiennent à la famille malayo-polynésienne importées d’Asie du Sud-Est ;
- et les langues européennes (français, anglais, portugais…).
La nécessité de communication entre les groupes a favorisé l’essor des langues de liaison
(langues véhiculaires) qui permettent de pallier cette grande diversité. Les plus importantes sont
l’arabe, le haoussa, le peul, le swahili, le dioula, le lingala, le kikongo.

1.4 Les religions


L’Afrique est le creuset de différentes religions. L’islam s’est imposé dès le VIIe siècle dans le
Nord de l’Afrique et n’a cessé de s’étendre au Sud du Sahara. Il est la première religion du
continent avec 330 millions d’adeptes en 2011.
Les religions chrétiennes dont le développement ne remonte qu’au début du siècle dernier sont
aussi en expansion et comptent environ 376 millions de fidèles, dont 137 millions de protestants
126 millions de catholiques et 37 millions des coptes et orthodoxes. Dans le continent prolifè-
rent les Eglises indépendantes (notamment le Kimbanguisme) et des sectes autochtones ou
étrangères (76 millions de personnes) au Sud du Sahara. C’est dans ce même espace que les
religions traditionnelles (ou animistes) demeurent très vivantes et restent même majoritaires
dans de nombreux pays (98 millions d’adeptes).

2. Evolution de la population africaine


Après les hécatombes que firent les razzias esclavagistes, la colonisation, les travaux forcés qui,
durant des siècles, décimèrent la population africaine, celle-ci a connu un regain de vitalité. En
deux décennies, la démographie s’est vigoureusement redressée. C’est une remontée inédite
dans l'histoire humaine.

Le relèvement du nombre des Africains est phénoménal. Selon la source la plus unanimement
admise en la matière, la Division Population de l'Organisation des Nations Unies (ONU), a
publié le 15 avril 2011, que les statistiques démographiques mondiales de l'ONU sont sans
équivoque. En 1960, année des “indépendances”, la population africaine était à peu près le tiers
de la population européenne et environ égale à celle de l'Amérique du Nord ou à celle de l'Amé-
rique du Sud et des Caraïbes réunies. A partir du milieu des années 1990, la population africaine
s'élance radicalement au-dessus de celle de ces trois régions. Une pente ascendante porte la
population africaine à 1 milliard d'habitants en 2010.

Avec une population estimée à 1,051 milliard en 2011, soit 15 % de la population mondiale,
l’Afrique se situe loin derrière l’Asie (4,2 milliards d’habitants). Mais elle dépasse l’ensemble
des Amériques-Caraïbes (942 millions) et l’Europe (740 millions).

En Afrique aujourd’hui, le taux de natalité, bien qu’en baisse, est resté très élevé (36 %0) alors
que le taux de mortalité (12 %0) chute de plus en plus : la différence entre la natalité et la mor-
talité est donc très importante, en Afrique ; ce qui entraîne une croissance démographique très
forte. Aussi, l’accroissement annuel s’élève-t-il en 2011 à 2,4 % pour une moyenne mondiale
de 1, 2 %. Ce taux se justifie car celui de fécondité est de 4,7 enfants par femme en âge de

Manuel de Géographie 3ème. Page | 147


procréer, restant près de 2 fois supérieur à la moyenne mondiale. Selon les projections, de
l’ONU (2007), l’Afrique pourrait compter entre 1,5 et 2 milliards d’habitants d’ici 2050.

Figure 38:
Courbe d’évolution
de la population

Figure 39: Pyra-


mide des âges de
la population afri-
caine

La croissance démographique en Afrique, comme dans bien d’autres continents est un facteur
d’urbanisation.

ÉVALUATION
Quelles sont les régions vides et celles qui sont densément peuplées en Afrique ?
Quels sont les types de population qu’on peut rencontrer en Afrique ?
Quelles sont les principales langues parlées en Afrique ?
Combien y a-t-il de religions en Afrique ? Donne le nombre des adeptes de chaque religion en
2011.

RESUME
La population africaine, estimée à 1,051milliard en 2011, a doublé depuis 1980, et pratique-
ment quintuplé depuis 1950. En Afrique, la population est jeune et est inégalement répartie.
Les grands foyers de peuplement se situent sur les côtes du Golfe de Guinée, sur les hauts-
plateaux de l’Afrique orientale, dans la vallée et le delta du Nil ainsi que sur les côtes du
Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie). L’Afrique demeure encore un continent relativement peu
peuplé avec une densité de 35 habitants au km2 en 2011. Les régions presque vides d’hommes
sont les hautes montagnes du Nord et du Nord-est, les déserts du Sahara, du Kalahari, du
Namib et la forêt équatoriale. L’Afrique est un continent qui renferme des populations de
race blanche, noire et des métis.
Il est difficile d’opérer un recensement complet des langues en Afrique mais des estimations
sérieuses les situent à près de 2000.
Le continent africain est le creuset de différentes religions : l’islam, le christianisme, les
églises indépendantes, des sectes et les religions traditionnelles (ou animistes).
Le taux de croissance démographique (2,4 % en 2011), a atteint le double de la moyenne
mondiale (1,2 %).

Manuel de Géographie 3ème. Page | 148


LEXIQUE
Affinités linguistiques : ressemblances entre deux langues qui n’ont pas la même origine.
Dialectes : formes spécifiques d'une langue, différentes en certains aspects grammaticaux, pho-
nologiques et lexicaux des autres formes de cette même langue.
Essor : développement.
Adeptes : personnes qui obéissent aux règles fixées par une religion, une secte, un groupe éso-
térique ou par leurs représentants.

EXERCICES PRATIQUES
1. Reproduis le tableau des données sur les populations des pays de l’Afrique centrale de 2013
ci-dessous.
Pays Superficie en km2 Population
Cameroun 274 200 20 549 221
Centrafrique 622 984 5 166 510
Congo Brazzaville 342 000 4 492 689
Gabon 267 667 1 640 286
Guinée Equatoriale 28 051 704 001
Tchad 1 284 000 11 193 452
Total

a) Calcule la densité au km2 de la population de chaque pays.

b) Calcule la superficie et la population totale de l’Afrique centrale en 2013.

2. Le continent africain est caractérisé par un métissage accentué et une multiplicité de religions.
Relève les éléments moteurs de ces deux situations.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 149


17 L’Afrique (4) :
L’urbanisation (développement des villes et exode rural)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- expliquer le processus de développement des villes africaines ;
- identifier les villes millionnaires ;
- décrire les flux et les mobiles de l’exode rural.

STRATEGIES
Observons la carte de répartition des grandes agglomérations en Afrique et identifions les prin-
cipaux centres urbains.
Identifions les villes millionnaires de l’Afrique.
Décrivons les flux et les mobiles de l’exode rural.

CONTENU
L’urbanisation est le phénomène de concentration croissante de la population dans les villes qui
induit l’effacement progressif du caractère rural d’une zone géographique. Le processus d’ur-
banisation est associé au développement de la civilisation et aux mutations sociales et écono-
miques qu’il entraîne. En Afrique comme ailleurs, l’urbanisation est accompagnée d’un exode
massif des campagnes vers les grands centres secondaires et industriels.

1. L’origine des villes africaines


L'existence des villes est un phénomène très ancien en Afrique ; c’est le cas de Memphis ou
Thèbes remontant à l'Egypte pharaonique, de Carthage la phénicienne, d’Alexandrie, des villes
arabo-musulmanes établies entre le VIIème et le XIème siècle (Kairouan, Fès...). Il en est de même
des villes de civilisation urbaine comme celles des Yorubas au Sud-Ouest de l’actuel Nigeria,
des villes commerçantes médiévales liées à des empires ou à des royaumes locaux en Afrique
soudano-sahélienne et orientale.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 150


Toutefois, c’est la colonisation qui a imprimé à l’Afrique le caractère qu'elle connaît encore de
nos jours. Le développement des villes africaines intègre cependant des héritages successifs et
reste très marqué par l'héri-
tage colonial. Cet essor re-
monte à l’Antiquité (phéni-
ciens, grecs et romains en
Afrique du Nord) mais il est
surtout lié à la colonisation
européenne entre le XVIème et
la première moitié du XXème
siècle.

Photo 107 : Vestiges de Carthage

Les grandes villes actuelles ont été fondées dans des sites choisis en fonction des considérations
liées aux besoins de la colonisation. Les ports maritimes ont généralement été favorisés : Dakar,
Abidjan, Lagos, Luanda, etc., et la localisation des grands centres urbains reste marquée par
cette extraversion. Dès cette époque, les investissements ont été concentrés dans des capitales
où résidait l'essentiel des cadres dirigeants de l'administration coloniale. Cependant, ces villes
coloniales étaient essentiellement peuplées d’Africains. Au début du XXème siècle, l’urbani-
sation était insignifiante et dans les années 50, son taux de croissance était à peine supérieur à
5 ou 6 %.

2. La croissance urbaine en Africaine


Dans les années 1960 et surtout 1970, on observe des taux de croissance urbaine record : jusqu’à
10 % par an pour certaines villes d’Afrique Noire (Lagos, Abidjan, Kinshasa...). Depuis les
années 1980, le rythme s’est ralenti, en particulier dans les pays qui ont atteint 50 % des popu-
lations urbaines. Mais ce taux d’accroissement est en moyenne de 5 % par an, entraînant un
doublement de la population urbaine en moins de 10 ans.

Entre 1950 et 2000, l'Afrique a enregistré la plus forte croissance urbaine au monde, soit 4,4
%. Les pays qui ont affiché la plus
forte croissance sont le Botswana
(13,5 %), le Swaziland (10,5 %), la
Tanzanie (10,3 %), suivis par le Le-
sotho, la Libye, la Mauritanie et le
Mozambique. En 2000, 35 villes dans
26 pays dépassaient le million d'habi-
tants, et quatre en comptaient plus de
cinq millions (Caire, Lagos, Kinshasa
et Johannesburg).

Photo 108 : Une rue de Lagos (Nigeria)

Manuel de Géographie 3ème. Page | 151


Le Maghreb est bien plus urbanisé que l'Afrique subsaharienne. En Afrique noire, c'est l'Afrique
Centrale qui a le taux d'urbanisation le plus élevé, à l'exception notable de la République Dé-
mocratique du Congo, où, bien que la ville de Kinshasa dépasse les quatre millions d'habitants
en 1995, la majorité de la population vit en milieu rural (71 %). L'Afrique de l'Ouest côtière,
caractérisée par une concentration dans certaines villes portuaires, est aussi assez fortement
urbanisée. A l'opposé, le Sahel, toute la face orientale de l'Afrique et la zone australe (à l'ex-
ception de l'Afrique du Sud et de la Zambie) le sont nettement moins. Cependant, partout la
croissance de la population urbaine est plus élevée que la croissance naturelle.

On distingue donc nettement les pays encore faiblement urbanisés comme le Rwanda, le Tchad,
et la Somalie dont le taux de croissance de la population urbaine est inférieur à 4 % par an.
D’autres pays sont également faiblement urbanisés mais leur rythme d’urbanisation est parti-
culièrement rapide ; il s’agit en particulier du Burkina Faso, mais aussi du Kenya, de la Gambie
et de la Tanzanie. Certains pays déjà urbanisés à plus de 40 % gardent une croissance soutenue,
comme la Mauritanie et le Cameroun. Enfin, certains pays, dont la moitié de la population est
déjà urbaine, connaissent une croissance urbaine moins soutenue, en particulier les pays du
Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc). La Libye constitue un cas particulier car la population de
l’ensemble du pays est essentiellement concentrée dans quelques villes.

3. Les villes millionnaires


De 1950 à 2003, la population totale de l’Afrique a triplé et pendant la même période, la popu-
lation urbaine a été multipliée par 11. Le Caire a vu sa population augmenter à 7 millions d’ha-
bitants entre 1950 et 1990 et elle en compte 17 millions en 2012 ; Lagos compte 10.3 millions
d’habitants en 1997 et devrait se trouver au 3ème rang mondial en 2015 avec environ 24.4 mil-
lions d’habitants. Il y avait 3 villes millionnaires en 1950. En 1995, on en compte une trentaine
abritant 32 % de la population citadine africaine.

Le taux de croissance urbaine moyen d’environ 4.5 % l’an de l’Afrique, engendre un double-
ment de sa population urbaine en 14 ans ; ce taux est supérieur à celui de l’Asie et de l’Amérique
latine. Vers 2020, plus d’un africain sur deux vivra en ville.

La croissance urbaine de l’Afrique est trois fois supérieure à celle que l’Europe a connue sous
la révolution industrielle. Le phénomène actuel est à peu près comparable à celui créé par les
grandes vagues d’immigration aux Etats-Unis, à la différence que l’industrialisation n’est pas
le moteur de cette urbanisation.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 152


Tableau 7 : Les 10 agglomérations africaines les plus peuplées en 2011

Agglomération Population en millions Pays


Le Caire 16 429 199 Egypte
Lagos 12 089 098 Nigeria
Kinshasa 10 076 099 RD Congo
Khartoum 8 940 991 Soudan
Alger 6 488 795 Algérie
Le Cap 5 083 934 Afrique du Sud
Luanda 4 812 959 Angola
Alexandrie 4 594 360 Egypte
Kano 4 296 172 Nigeria
Nairobi 4 240 249 Kenya
Source : Wikipédia (2012)

Photo 109 : Johannesburg (Afrique du Sud)

4. L’exode rural
L’exode rural est le phénomène de migration des populations rurales vers les villes. Il fait pro-
gresser l'urbanisation. En 1900, 3 % de la population de l’Afrique vivait en ville, contre 9 %
pour l'ensemble des pays en voie de développement. En 2003, les citadins représentaient 55 %
de la population totale de l’Afrique. Ces migrations, incitées par le niveau de vie et l'accès aux
services (eau, électricité, santé…), ont eu un impact fortement négatif sur le salaire moyen et le
taux d'occupation de l’espace urbain, ainsi que sur l'environnement urbain avec le développe-
ment anarchique de vastes bidonvilles.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 153


L’exode rural traduit un dépeuplement des campagnes. Ce phénomène s’accompagne généra-
lement d’une mutation professionnelle (l’exode agricole) puisque les populations abandonnent
non seulement le monde rural, mais aussi les métiers liés à la terre qu’ils exerçaient. La moder-
nisation de l’agriculture réduit effectivement les besoins de travail à la campagne, alors que
l’industrie et l’administration offrent des emplois en ville.

En Afrique, les migrations constituent la première source de croissance urbaine (leur contribu-
tion est estimée à 60 %). Mais le rajeunissement de la population urbaine qui en découle (en
raison du faible âge moyen des migrants) contribue à accroître l’excédent des naissances sur les
décès, sous l’action des deux effets: prédominance des personnes en âge d’avoir des enfants,
maintien (au moins temporaire) d’une fécondité élevée alliée à une baisse de la mortalité. La
croissance naturelle prendra donc, en quelque sorte, le relai de l’exode rural. Puis la fécondité
baissant, le poids de l’immigration redeviendra déterminant. Les raisons objectives ou subjec-
tives de se rendre en ville sont nombreuses : pression démographique, insuffisance des revenus
en milieux ruraux par rapport aux revenus réels ou espérés en ville, manque d’infrastructures,
sclérose du milieu rural par rapport aux aspirations de certaines catégories de la population
(jeunes, femmes...). L’exode rural risque, de ce fait, de prendre de l’ampleur dans de nombreux
pays africains encore peu affectés par des départs massifs de la campagne.

L'extension des zones urbaines de très faible densité, habitées par une population sans res-
sources, rend très aléatoire l’accès aux services (eau, égouts, etc.) et engendre des problèmes
d'environnement et de pollution qui dégradent les conditions de vie de cette population mais
aussi celle de l'ensemble de l'agglomération.

Une telle croissance n'est pas allée sans poser de problèmes aux gouvernements en place où
l'accès aux services et infrastructures de base est resté faible. L'accès à l'eau déclina dans un
quart des pays au cours des années 1980. En 1996, 38 % des ménages disposaient d'un accès
direct à l'eau courante, 13 %
aux égouts, 42 % à l'électri-
cité et 12 % au téléphone.
Environ 40 % de la popula-
tion urbaine vit dans des
conditions insalubres.

Photo 110: Pont du 6-Octobre (Le Caire,


Égypte)

La réponse des habitants au manque de logements, d'équipements et d'emplois est l'auto-cons-


truction d’habitations de fortune, la création d'activités locales (commerces, petites activités
productives, certains services) et, quand le contexte l'autorise, le développement associatif qui
leur permet de s'ériger en interlocuteurs des pouvoirs publics et de renforcer leur capacité à
demander des aménagements dans leurs quartiers.
Manuel de Géographie 3ème. Page | 154
Mais ces quartiers sont aussi le théâtre de ségrégations sociales et économiques, souvent occul-
tées sous le prétexte de différences ethniques. Il y a des riches et des pauvres, des dominants et
des dominés et ces différences s'accentuent avec l'ancienneté de l'établissement et la perte de
l'homogénéité du groupe initial. Les mafias ne sont pas absentes, la délinquance non plus, mais
la drogue joue parfois un rôle économique important. Les transactions spéculatives, les loca-
tions usurières, la corruption des fonctionnaires associés aux pègres locales sont monnaie cou-
rante.

Des estimations récentes des Nations Unies prévoient une croissance considérable du nombre
des citadins résultant de la combinaison de la croissance démographique rapide du continent
et des “gisements” d’exode rural.

Les villes africaines ont “absorbé” 125 millions de nouveaux habitants depuis l’an 2000 et ab-
sorberont environ 680 millions d’ici 2025.

Photo 111: Habitat traditionnel sur les lagunes de Cotonou (Bénin) Photo112: Bidonville en Afrique du Sud

ÉVALUATION
Comment se sont développées les villes africaines ?
Quel est le facteur majeur qui a contribué au développement des villes africaines ?
Cite sept villes millionnaires d’Afrique et dis quelle est la plus peuplée.
Donne quelques raisons ayant conduit à l’exode rural en Afrique.
Cite quelques conséquences de l’exode rural.

RESUME
L’urbanisation est le phénomène de concentration croissante de la population dans les villes.
L'existence de villes est un phénomène très ancien en Afrique. Toutefois c’est la colonisation
qui lui a imprimé le caractère qu'elle connaît encore de nos jours. Le développement des
villes africaines intègre des héritages successifs et reste très marqué par celui de la colonisa-
tion.
Dans les années 1960 et surtout en 1970, on observe des taux de croissance urbaine record
allant jusqu’à 10 % par an pour certaines villes d’Afrique Noire comme Lagos, Abidjan,
Kinshasa...

Manuel de Géographie 3ème. Page | 155


Le Maghreb est bien plus urbanisé que l'Afrique subsaharienne. En Afrique noire, c'est
l'Afrique centrale qui a le taux d'urbanisation le plus élevé. A l'opposé, le Sahel, toute la face
orientale de l'Afrique et la zone australe sont nettement moins urbanisés.
De 1950 à 2003, la population totale de l’Afrique a triplé et pendant la même période, la
population urbaine a été multipliée par 11. Il y avait 3 villes millionnaires en 1950 et en 1995,
une trentaine de villes abritait 32 % de la population citadine africaine. Vers 2020, plus d’un
africain sur deux vivra en ville.
L’exode rural est le phénomène de migration des populations rurales vers les villes. Il fait
progresser l'urbanisation et traduit un dépeuplement des campagnes. Les raisons objectives
ou subjectives de se rendre en ville sont nombreuses : pression démographique, insuffisance
des revenus en milieux ruraux par rapport aux revenus réels ou espérés en ville, manque
d’infrastructures, sclérose du milieu rural…
L'extension de zones urbaines de très faible densité, habitées par une population sans res-
sources, rend très aléatoire leur accès aux services (eau, égouts, etc.) et engendrent des pro-
blèmes d'environnement et de pollution qui dégradent les conditions de vie de leurs popula-
tions mais aussi celles de l'ensemble de l'agglomération.

LEXIQUE
Extraversion : caractère d’une situation qui s’explique par des intérêts extérieurs (ici l’empla-
cement des villes est imposé dans l’intérêt des colons).
Sclérose : état de ce qui ne peut plus évoluer, ni s’adapter.
Pègres : milieux des voleurs, des malfaiteurs.

EXERCICES PRATIQUES

1. Reproduis la carte muette de l’Afrique suivante et


places-y les noms des principales agglomérations
(2011) les plus peuplées en te basant sur les points
noirs de la carte.

2. L’Afrique, entre 1950 et 2000, a connu une forte


croissance urbaine au monde atteignant les 4,4 %.
Cite les pays africains ayant affiché la plus forte crois-
sance urbaine pendant cette période.

3. En observant la photographie ci-dessous, justifie si


celle-ci représente un centre urbain ou un centre rural.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 156


4. Enumère les problèmes liés à l’urbanisation des villes africaines et explique si l’exode rural
sert de tremplin à ces problèmes.

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18 L’Afrique (5) :
L’industrialisation (conditions et problèmes)

OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- expliquer les conditions permettant l’industrialisation en Afrique ;
- décrire les potentialités industrielles de l’Afrique ;
- identifier les problèmes de l’industrialisation en Afrique.

STRATEGIES
Observons une carte des implantations industrielles en Afrique.
Décrivons les potentialités industrielles de l’Afrique.
Déterminons les problèmes de l’industrialisation en Afrique.

CONTENU
L'industrie désigne l'ensemble des activités économiques par lesquelles l'homme transforme les
matières premières en produits semi-finis ou finis.

Les matières premières pour être consommées doivent subir une transformation à travers les
industries. Aujourd'hui, les industries tiennent une place considérable dans la vie de tous les
pays du monde ainsi qu’en Afrique dont plusieurs facteurs sont favorables à l'industrialisation.
Néanmoins, les industries restent très diversifiées, mais inégalement réparties à travers les con-
tinents et confrontées à de multiples problèmes.

1. Les facteurs d’implantation des industries en Afrique


Plusieurs facteurs sont favorables à l'éclosion des industries en Afrique. Car celle-ci recèle, des
ressources considérables (30 % de la planète) pouvant contribuer à son industrialisation.
L’abondance des matières premières lui donne beaucoup d’atouts. Ce sont les ressources fores-
tières, agricoles, pastorales, piscicoles et minières. D’autres potentialités non des moindres, sont
les sources d’énergie variées : pétrole, houille, gaz, les puissants fleuves qui se prêtent à la
construction des barrages pour la fourniture d’électricité. En outre, elle possède un important
potentiel d’énergies renouvelables.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 158


Photo 113 : Echantillons de minerais en Afrique du Sud Photo 114 : Diamant en Afrique du Sud

L’Afrique a une population estimée à 1, 051 milliard habitants en 2011 dont plus de la moitié
jeune, pourrait contribuer à la diversification économique et au progrès technologique.
Pour réussir l’industrialisation de l’Afrique à la hauteur de ses ressources, les conditions essen-
tielles à remplir sont : la volonté et la stabilité politique pouvant attirer des capitaux étrangers,
le développement des ressources humaines pour la promotion d’une main-d’œuvre qualifiée.

Tous ces facteurs doivent


être sous-tendus par le dé-
veloppement des infras-
tructures de base (routes,
rails…) et la rationalité
dans l’implantation des
industries tenant compte
des réalités locales, régio-
nales, nationales et sous-
régionales.

Photo 115: exploitation minière en Sierra Leone

2. Les problèmes de l'industrialisation en Afrique

Au lendemain des indépendances pourtant, l’industrialisation était perçue comme la priorité des
priorités sur le plan économique, car c’est le chemin qu’avait emprunté l’Occident pour son
développement et les nouveaux pays indépendants voulaient imiter ce modèle industriel. On
assista alors à la mise en place des industries de substitution aux importations, qui allaient fa-
voriser un développement autocentré. Un demi-siècle plus tard, le développement industriel
reste peu perceptible en Afrique. Dans de nombreux pays, le tissu industriel est encore em-
bryonnaire ou inexistant. Plus grave : il y a eu un recul de l’industrialisation, selon Joseph
Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, qui soutient que l’Afrique compte aujourd’hui moins
d’industries qu’il y a 40 ans. Rien de surprenant donc qu’une étude publiée en 2006 montre

Manuel de Géographie 3ème. Page | 159


que durant les quinze dernières années, la part de l’Afrique dans la production industrielle mon-
diale a stagné autour de 1 %. Actuellement, les produits manufacturés ne représentent que 19 %
du total des exportations des pays africains tandis que les importations d’articles manufacturés
représentent 70 % du total. Avec une telle faiblesse de production, cette industrie, peu perfor-
mante, est incapable d’exploiter les opportunités offertes par les marchés des pays industrialisés
(Accords de partenariat économique de Cotonou entre l’Union Européenne et les pays ACP
[Afrique, Caraïbes, Pacifique], Loi américaine sur la croissance et les possibilités des Affaires
en Afrique [AGOA], etc.).

A l’origine de cette faible industrialisation, plusieurs obstacles, qui sont aujourd’hui bien iden-
tifiés : infrastructures de base (routes, rails, télécommunications, énergie) déficientes, main-
d’œuvre insuffisamment qualifiée, faible articulation d’une industrie par rapport aux besoins
des populations, faible diversification, secteur entrepreneurial privé peu structuré, absence
d’intégration régionale effective, environnement juridique et réglementaire peu rassurant,
moyens financiers et technologiques limités, coûts élevés des affaires, politiques étouffant l’es-
prit d’entreprise, la concurrence des produits étrangers et l'insuffisance de l'action gouverne-
mentale, inadaptation des circuits financiers aux échanges internes ou régionaux, etc.

Autre problème de l’industrialisation et non la moindre est celui de l’héritage du colonialisme.


En effet, l’après indépendance a poursuivi les mêmes pratiques fiscales du temps colonial,
dont la logique répondait aux exigences de l’économie de traite, favorisant les conditions éco-
nomiques du fameux « pacte colonial ». On encourageait la production des produits de
base en vue de leur exportation vers la Métropole où les industries du colonisateur les transfor-
maient en créant la valeur ajoutée et les emplois industriels en Métropole.

En Afrique, on note surtout la disponibilité d’immenses matières premières et des sources


d'énergie diverses. Mais ces richesses pétrolières, forestières, gazières et minières …au lieu
d’être une source de progrès social, ne profitent qu’aux sociétés multinationales occidentales
qui les exploitent et aux dirigeants des pays africains complices de cette exploitation.

Le vrai problème des ressources naturelles réside également dans le fait que l’Afrique exporte
les matières premières encore et toujours sans leur donner une valeur ajoutée. Ainsi, un pays
comme la Côte d’Ivoire, qui est le premier producteur mondial de cacao, importe les tablettes
de chocolat ainsi que les produits dérivés. De même, le Nigeria, premier producteur de pétrole
d’Afrique subsaharienne, importe plus de la moitié de son essence.

Le ralentissement de l’activité économique mondiale aurait aussi des répercussions considé-


rables sur les performances de l’industrialisation en Afrique. Une inflexion du cours des ma-
tières premières et des termes de l’échange au niveau mondial sont également des facteurs de
risque cruciaux auxquels l’Afrique est exposée. Les troubles politiques, civils et sociaux repré-
sentent toujours une menace pour l’activité industrielle dans plusieurs pays africains.

Malgré leur insuffisance et leur inégale répartition à l'intérieur des différents pays du continent
africain, les industries causent de nombreux problèmes dont le plus en vue est la pollution en-
core plus accentuée dans les pays disposant diverses industries.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 160


3. La pollution industrielle
Les industries dégagent des polluants qui sont des gaz ou des particules irritants et agressifs qui
pénètrent plus ou moins loin dans l'appareil respiratoire et qui peuvent induire des effets respi-
ratoires ou cardiovasculaires tels que : une augmentation des affections respiratoires ( bron-
chiolites, rhino-pharyngites), une dégradation de la fonction ventilatoire (baisse de la capacité
respiratoire), excès de toux ou de crises d'asthme, une hypersécrétion bronchique, une incidence
sur la mortalité à long terme par effets mutagènes et cancérigènes (particules fines, benzène),
etc.
Les effets de la pollution atmosphérique sur l'environnement peuvent se ressentir à différentes
échelles géographiques. De fortes concentrations de certains polluants peuvent conduire à des
nécroses visibles sur les plantes. La pollution de l'air peut également entrainer une réduction de
la croissance des plantes, même sans dommages visibles (par exemple l'ozone peut provoquer
une baisse de la production agricole de céréales comme le blé à cause, entre autres, de l’échauf-
fement) ou une résistance amoindrie des plantes à certains agents infectieux. Certaines fumées
industrielles chargées de résidus de combustion et de divers polluants sont une des sources des
retombées susceptibles de polluer les sols et les cours d’eau.

Photo 116 : Pollution industrielle en Afrique Photo 117 : la pollution de Likasi (katanga/RDC) par
les entreprises minières
ÉVALUATION
Quels sont les principaux facteurs qui pourraient permettre l’implantation des industries en
Afrique ?
Quelles sont les principales matières premières dont regorge l’Afrique ?
Explique les problèmes que rencontre l’Afrique pour son industrialisation.
Qu’est-ce qu’une pollution ?
Quelles sont les conséquences de la pollution sur l’homme et son environnement ?

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RESUME
L'industrie désigne l'ensemble des activités économiques par lesquelles l'homme transforme
les matières premières en produits semi-finis ou finis.

L’Afrique a plusieurs facteurs favorables à l'éclosion des industries. Elle recèle d’importantes
ressources forestières, agricoles, pastorales, piscicoles, minières et les énergies renouvelables
telles l’énergie éolienne, solaire et géothermique. Plus de la moitié de la population de
l’Afrique est jeune et constitue une source de main-d’œuvre importante.

Les problèmes de l’industrialisation de l’Afrique sont entre autres : les infrastructures de base
déficientes, une main-d’œuvre peu qualifiée, un environnement juridique et réglementaire
peu rassurant, des moyens financiers et technologiques limités, l’inadaptation des circuits
financiers aux échanges internes ou régionaux, l’héritage du colonialisme. Les troubles poli-
tiques, civils et sociaux que connaissent certains pays africains sont aussi une menace pour
l’activité industrielle.

Malgré leur insuffisance et leur inégale répartition en Afrique, les industries dégagent des
polluants qui empoisonnent l’air et l’environnement en général.

LEXIQUE
Secteur entrepreneurial : secteur de la création et de la vie d’entreprise.
Pratiques fiscales : habitudes de perception d’impôts.
Valeur ajoutée : différence entre le prix de vente et le coût de production d’une marchandise.
Effets mutagènes : facteurs chimiques ou physiques qui provoquent des changements chez les
êtres vivants.

EXERCICES PRATIQUES
1. En quoi l’industrialisation est-elle considérée comme le nerf du développement ?

2. Explique les effets directs et indirects de l’industrialisation sur les êtres vivants ?

3. Propose quelques pistes de solutions aux problèmes de l’industrialisation de l’Afrique ?

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CINQUIEME SEMAINE D’INTEGRATION

Manuel de Géographie 3ème. Page | 163


PALIER 5

Situation 1

Titre : Les composantes de la croissance urbaine

Contexte : La croissance urbaine s'alimente essentiellement à partir de trois sources : la pour-


suite de la croissance démographique naturelle de la population déjà urbanisée, le solde migra-
toire des campagnes vers les villes et l'absorption des petits centres ruraux périphériques par
l'extension des périmètres urbains.

Consigne

1. En t’appuyant sur ce texte, définis la croissance urbaine et explique si cette croissance


s’applique au centre urbain où tu vis ou au chef-lieu de ta région.

2. Les origines des agglomérations urbaines sont diverses. Mais en te servant de tes différentes
leçons, explique comment sont nées les villes de Dakar, d’Abidjan et de N’Djaména.

3. Toutes les agglomérations africaines sont confrontées à un certain nombre de problèmes.


Retrace quelques-uns de ces problèmes dans un paragraphe de cinq lignes.

Manuel de Géographie 3ème. Page | 164


PALIER 5

Situation 2

Titre : les ressources naturelles, les réserves naturelles et la pollution

Contexte : L’Afrique possède d’importantes ressources agro-pastorales, forestières et énergé-


tiques. Les ressources minières représentent un tiers des réserves mondiales, tous minerais con-
fondus. Ces ressources permettent l’industrialisation et occasionnent une urbanisation accélé-
rée. Observe ces images.

(1) (2) (3)


Consigne

1. Lis le texte, observe l’image numéro 1 et décris-la.

2. Observe les images numéros 2 et 3 puis explique ce qu’elles représentent. Dis si ta région ou
ton pays connait aussi un tel phénomène.

3. Si l’Afrique d’une manière générale ou ton pays en particulier possède d’importantes res-
sources agro-pastorales, forestières, énergétiques et minières mais demeure pauvre, relève les
contraintes de cette situation et quelques solutions envisageables.

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CREDITS ICONOGRAPHIQUES
Leçon 1 Leçon 7 Leçon 14
1..wikipedia.org/wiki/Emi_Koussi 48. Photo N’Djéra/CNC 83. Photo Renee Linn/Photo Researchers, Inc.
2. Geoffreoy DETRY 49. Photo ONRTV 84. J and D Bartlett/Bruce Coleman, Inc.
3. Geoffreoy DETRY 50. Photo N’Djéra/CNC 85. Robert Gill/Papillo/Corbis
4. Geoffreoy DETRY 51. Photo N’Djéra/CNC 86. Steve vidler/eStock
5. Photo Carte Postale du Tchad 52. Internet:www.dreamstime.com 87. Internet:site OTT
6. images Zakouma Leçon 8 88. Don Bricoe/Leo de Wys, Inc.
7. Geoffreoy DETRY 53.1. Internet: www.naturabuy.fr 89. Internet:it.wikipedia.org
8. Internet:site OTT 53.2. Internet: www.soledi-artdeco.com 90. Herb Hartmann/The Image Bank
9. Internet:site OTT 54. Photo N’Djéra/CNC 91. Pierre Barbier Roger/Viollet/Getty Images
10. Photo N’Djéra/CNC 55. Photo Amos/ CNC 92. Trygve Bolstad/Panos Pictures
11. Photo N’Djéra/CNC 56. Photo N’Djéra/CNC 93. lindagroomphotography.com
Leçon 2 Leçon 9 94. Limpopo.jpj commons.multimedia.org
12. Photo Félix/CNC 57. Internet.Wikimedia.org 95. LacVictoria/unchartedtanzania. Wordpress…
13. Photo Félix/CNC Leçon 10 96. wikipedia.org
14. Photo Félix/CNC 58. Photo N’Djéra/CNC Leçon 15
15. Photo N’Djéra/CNC 59. Photo N’Djéra/CNC 97. Internet:georgesbosio explorer
16. Photo N’Djéra/CNC 60. Photo N’Djéra/CNC 98. Microsoft Encarta
17. Photo N’Djéra/CNC 61. Photo N’Djéra/CNC 99. Photo Félix/CNC
18. Photo N’Djéra/CNC 62. Photo N’Djéra/CNC 100. Microsoft Encarta
19. Photo N’Djéra/CNC 63. Internet : hollywoodbollywood.co.in 101. Microsoft Encarta
20. Photo N’Djéra/CNC 64. Internet : économie.jeuneafrique.com 102. Sylvain Grandadam/AULLSTOK, INC
Leçon 3 65. Photo Amos/CNC 103. Microsoft Encarta
21. Photo N’Djéra/CNC 66. Photo N’Djéra/CNC Leçon 16
22. Photo N’Djéra/CNC 67. Photo N’Djéra/CNC 104. Marvin E. Newman/Woodfin Camp and Associates, Inc.
Leçon 4 68. Photo N’Djéra/CNC 105. Internet:anthrocivitas.net
23. Photo N’Djéra/CNC Leçon 11 106. Internet:it.wikipedia.org
Leçon 5 69. Photo N’Djéra/CNC Leçons 17
24. Photo N’Djéra/CNC 70. Images JPEG 107. Jason Laure/Woodfin Camp And Associates, Inc.
25. Photo Félix/CNC 71. Photo N’Djéra/CNC 108. Daniel Laine/Corbis
26. Photo N’Djéra/CNC Leçon 12 109. Saouth African Tourism Board
27. Photo N’Djéra/CNC 72. Internet :tchad24.unbloc.fr 110. Spectrum colour Library
28. Photo CNC 73. Photo N’Djéra/CNC 111. M & E Woodfin Camp And Associates, Inc.
29. Photo N’Djéra/CNC 74. Internet wikipedia.org 112. Internet : ri.searches.yahoo.com
30. Photo ONRTV 75. Photo N’Djéra/CNC Leçon 18
31. Photo N’Djéra/CNC 76. Photo N’Djéra/CNC 113. Internet : savannahcands.blogspot.com
32. Photo N’Djéra/CNC 77. Internet:site OTT 114. Internet: publicaffairs.gov.ng
33. Photo Amos/CNC 78. Zakouma 115. Internet:agenceecofin.com
34. Photo N’Djéra/CNC 79. Zakouma 116. Internet:greenpeace.org/Switzerland/fr
35. Photo N’Djéra/CNC 80. Internet: tourisme-en-afrique.net 117. Internet : katanganews.net
36. Photo Amos/CNC 81. Internet:site OTT
Leçon 6 82. Photo N’Djéra/CNC
37. Photo ONRTV
38. Photo N’Djéra/CNC
39. Photo N’Djéra/CNC
40. Photo N’Djéra/CNC
41. Photo N’Djéra/CNC
42. Photo N’Djéra/CNC
43. Photo N’Djéra/CNC
44. Photo OTT
45. Geoffreoy DETRY
46. Internet : www.toutvendre.fr
47. Photo N’Djéra/CNC

Manuel de Géographie 3ème. Page | 166

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