Géographie 3e
Géographie 3e
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Manuel de l’élève
Edition : 2016
Collection : Ecole et savoirs
SOMMAIRE
Pages
Avant-propos…………………………………………………………………………… i
Equipe éditoriale ………………………………………………………………………. ii
Objectifs et contenus…………………………………………………………………... iii
Indications pédagogiques ……………………………………………………………… iv
Progression annuelle des enseignements/apprentissages ……………………………… v
LES LECONS
PALIER 1……………………………………………………………………………… 02
1. LE TCHAD (1) : Présentation physique (relief, hydrographie)……………………. 03
2. LE TCHAD (2) : Présentation physique (climat, sols et végétation)………………. 12
3. LE TCHAD (3) : Peuplement……………………………………………………… 21
4. LE TCHAD (4) : Population (diversités et évolution)……………………………... 25
Avant-propos
La relecture, la révision et la publication du présent manuel ont été rendues possibles grâce à
la Coopération Tchad-Banque Islamique de Développement à travers la mise en œuvre du
Projet de Développement de l’Enseignement Bilingue (PRODEB II).
ii
Equipe éditoriale
Conception
Mme - RONELMBADJE TABITHA, Inspectrice de l’Enseignement Primaire,
chercheur au CNC.
MM - MADJADOUM Gon Ka-NINGUEYO, Docteur en Géographie, Enseignant chercheur
à l’Ecole Normale Supérieure de N’Djaména, personne-ressource.
- IBRAHIM YOUSSOUF ABOULBACHIR, Docteur en Sciences de l’Education,
chercheur au CNC
- RATNA GADOUM, Doctorant en Analyse Spatiale, Enseignant chercheur à l’Université
de N’Djaména.
- PAHIMI GUELVA, Doctorant en Sciences de l’Education, chercheur au CNC.
- NDJERASSEMBAYE DJIMTOIDE, Titulaire de Maîtrise en Géographie, chercheur au
CNC.
Illustration et édition
MM - ADOUM GOUDJA KODNGARGUE, Chef de Division de l’Iconographie, CNC ;
- MOULDESSOU DJACKNA, Chef de Division de la Planification et des Coûts des
Opérations, CNC.
- ABDERAZACK HAROUNE, Chef de Division PAO, CNC.
Avec la collaboration de :
MM. – BANANEH EHNENKI, Assistant en Géographie, Directeur des Etudes de l’Ecole
Normale Supérieure de N’Djaména, personne ressource,
- IBRAHIM HAMIT MAHAMAT, Professeur certifié en économie, chercheur au CNC.
- MAHAMAT AL-BOUKHARY OUMAR, Inspecteur Principal de l’Enseignement
Primaire, personne ressource.
Coordination :
Supervision :
DEWA GOLOUM, Chef de Département des Curricula et Appuis Pédagogiques, CNC
Sous la direction de :
Dr ABOUBAKAR ALI KORE, Directeur Général du Centre National des Curricula
iii
Objectifs généraux
L’enseignement de la Géographie au Cycle Moyen doit permettre à l’apprenant
d’être capable de :
- utiliser correctement les notions élémentaires de Géographie ;
- reproduire des schémas, des croquis, des graphiques ;
- lire une carte, localiser un point ou un phénomène ;
- identifier un phénomène géographique : ses causes, ses conséquences ;
- résoudre un problème géographique par l’observation, la description, l’interprétation et
l’explication ;
- utiliser correctement les notions de géographie acquises ;
- interpréter les graphiques, les cartes relatifs à des paysages ou des phénomènes ;
- manipuler les techniques et outils géographiques ;
- rechercher personnellement les informations d’ordre géographique ;
- utiliser ses connaissances en géographie physique, économique et humaine pour expliquer
les relations entre les hommes et leurs milieux de vie.
Objectifs spécifiques
L’Enseignement de la géographie en troisième doit permettre à l’apprenant de :
- utiliser les connaissances générales sur le milieu physique du Tchad ;
- expliquer les relations entre les hommes et ce milieu ;
- présenter les problèmes liés au développement économique du Tchad ;
- décrire les aspects physiques, humains, économiques de l’Afrique ;
- identifier les problèmes de développement du continent africain.
Contenu
A. Le Tchad
- Présentation physique : relief, hydrographie ;
- Présentation physique : climat, sols et végétation ;
- Peuplement ;
- Population : diversité et évolution ;
- Agriculture : cultures vivrières, atouts, difficultés ;
- Agriculture : cultures commerciales, atouts, difficultés ;
- Elevage : essor, contraintes ;
- Pêche : essor, contraintes ;
- Ressources naturelles : localisation et exploitation ;
- Industries : diversité et contraintes ;
- Transport et communication ;
- Commerce, tourisme et artisanat ;
- Problèmes de développement du Tchad.
B. L’Afrique
- Les grands traits physiques ;
- La population africaine : diversité, évolution ;
- L’industrialisation : conditions et problèmes ;
- L’urbanisation : développement des villes et exode rural.
iv
INDICATIONS PEDAGOGIQUES
- Semaine d’intégration : c’est une période pendant laquelle l’enseignant entraîne les
élèves à la résolution des deux « exercices » proposés à la fin de chaque palier, appelés
situations d’intégration, qui revêtent un caractère d’apprentissage, et les soumet à une
évaluation formative portant sur une autre situation d’intégration se trouvant dans le guide
du professeur.
LE TCHAD
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer sur une carte du continent africain, le Tchad ;
- décrire le relief du Tchad ;
- décrire le réseau hydrographique du Tchad ;
- expliquer le lien entre le relief et l’hydrographie au Tchad.
STRATEGIES
Observons la carte physique du Tchad et identifions les différents types de relief et l’hydrogra-
phie.
Décrivons le relief du Tchad.
Décrivons les différents cours d’eau et lacs du Tchad.
CONTENU
1. Présentation du Tchad
Pays continental, le Tchad est situé entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e
degrés de longitude Est. Il s’étend sur 1 700 km du Nord au Sud et sur 1 000 km de l’Est à
l’Ouest. Il est le trait d’union entre le Maghreb et l’Afrique Centrale. Couvrant 1 284 000 km2,
le Tchad occupe le 5è rang des pays les plus vastes d’Afrique après l’Algérie, la République
Démocratique du Congo, le Soudan et la Libye. Il partage des frontières communes avec la
Libye au Nord ; la République Centrafricaine (RCA) au Sud ; le Soudan à l’Est ; le Cameroun,
le Niger et le Nigeria à l’Ouest. Sur ce vaste pays d’Afrique subsaharienne vit une population
de 11 039 873 habitants (INSEED, 2014). Il comprend de nos jours, 23 régions administratives,
67 départements, 260 sous-préfectures et les 10 arrondissements de la ville de N’Djaména, se-
lon l’Ordonnance n° 027/PR/2012 du 04 septembre 2012.
Figure 2: Carte du relief et de l’hydrographie (Atlas de l’Afrique : Tchad, éd. du Jaguar 2012)
2.1 Le relief
En observant la carte orographique (du relief) du Tchad, il ressort que ce pays continental est
marqué par quatre principales formes, à savoir : les montagnes, les plateaux, les plaines et les
dépressions. Les traits du relief s’ordonnent de manière irrégulière sur le territoire national.
Les hautes montagnes se situent dans les massifs du Tibesti, de l’Ennedi, du Ouaddaï géogra-
phique, du Guéra et des Monts de Lam. Le massif du Tibesti est un massif montagneux du
Sahara central, situé principalement à l'extrême Nord du Tchad, avec une petite extension dans
le Sud de la Libye. Son point culminant, l'Emi Koussi (3 414 mètres d'altitude) se trouve à son
extrémité méridionale. Il est à la fois le plus haut sommet du Tchad et du Sahara. Le tiers du
massif est d'origine volcanique et se compose notamment de cinq (5) volcans, boucliers ma-
jeurs, surmontés de larges cal-
deiras : l'Emi-Koussi, le Tarso
Toon (2 575 mètres), le Tarso-
Voon (2 845 mètres), le Tar-
soYega (2 972 mètres) et le Pic
Toussidé (3 315 mètres). Le Pic
Toussidé est un volcan actif. Il
domine à plus de 1 000 mètres
d'altitude, la caldeira de huit kilo-
mètres de diamètre et de
768 mètres de profondeur au ni-
veau du Trou au Natron.
Photo 1 : Emi-koussi
En bordure de ce massif, les régions désertiques du Borkou et de l’Ennedi présentent un relief
en marches d’escalier avec un point culminant, l’Ennedi à 1 450 mètres d’altitude. Les massifs
montagneux s’observent également dans le Ouaddaï géographique avec des altitudes élevées
aux monts Kapka (1 200 mètres) et Maraone (1 320 mètres).
Le massif du Guéra appelé autrefois massif central tchadien présente des points culminants dont
les plus élevés sont le mont Abtouyour avec une altitude de 1 613 mètres, la chaîne d’Aboutel-
fane (1 506 mètres) où s’observe la « Reine du Guéra », le mont Guédi et le mont Kadam dont
les sommets ne dépassent guère 985 mètres.
Au Sud du pays, le plus haut sommet se trouve dans les Monts de Lam à 1163 mètres d’altitude
à Baïbokoum.
Au Tchad, les plateaux, vastes surfaces plus ou moins plates dominant souvent des plaines,
s’observent principalement à l’Est, au centre et au Sud. A l’Est, ce sont les plateaux gréseux de
l’Ennedi et de l’Erdi séparés par la dépression de Mourdi ; leurs sommets varient entre 500 et
1 500 mètres. Au centre, le plateau granitique de moindre importance d’Hadjer Lamis où se
distingue le « rocher éléphant », surplombe la plaine environnante donnant lieu à un inselberg
« montagne –île » . Au Sud du pays, des plateaux granitiques dont les hauteurs varient entre
500 et 800 mètres d’altitude s’observent dans les régions du Mayo-Kebbi (à Fianga, à Pala et
à Léré), du Moyen Chari (les Monts Niellim) et de la Tandjilé-Est (Koro).
Les plaines sont généralement des cuvettes remblayées par des dépôts fluviatiles (déposés par
les eaux des fleuves), dunaires ou marécageuses. Elles occupent la grande partie de l’intérieur
du pays. Ce sont les plaines exondées et inondées du Chari, du Logone et du Salamat. Les
plaines du bas-Chari et du bas-Logone s’abaissent doucement jusqu’au Lac Tchad. Puis vient
le relief peu contrasté du Kanem, de l’Eguey et la dépression du Bodélé dans le Djourab résul-
tant de la présence des ergs donnant l’aspect d’un paysage onduleux (une alternance de dunes
et de dépressions).
Le rôle économique du Lac Tchad est très important, car il doit fournir l'eau à plus de 20 mil-
lions de personnes des quatre pays limitrophes : le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.
- Le Logone, long de 1 000 km, a un bassin versant de 77 650 km² avec un débit faible de 16
à 20 m3/seconde au niveau du haut Logone. Il est constitué de deux branches principales, la
Vina et la Mbéré qui prennent leur source sur le plateau de l’Adamaoua au Cameroun. Il
reçoit la Lim et la Pendé dont leur source se trouve en RCA dans les Monts Yadé.
Les deux fleuves (Chari et Logone) forment un confluent à N’Djaména et cheminent ensemble
sur près de 125 km pour se jeter dans le Lac Tchad.
ÉVALUATION
Quelle position le Tchad occupe-t-il dans le continent africain ? Donnes-en les coordonnées
géographiques.
Quelles sont les différentes formes de relief du Tchad ?
Où se situent l’altitude la plus élevée et le point le plus bas au Tchad ?
Quels sont les principaux cours d’eau et lacs du Tchad ?
Quelle relation existe entre le relief et l’hydrographie du Tchad ?
RESUME
Le Tchad, situé entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e degrés de longitude
Est, couvre une superficie de 1 284 000 km². Il s’étend sur 1 700 km du Nord au Sud et sur
1 000 km de l’Est à l’Ouest.
Le Tchad est une immense cuvette dont les bordures sont surélevées des massifs montagneux
et des plateaux. Des cours d’eau sillonnent l’intérieur de cette cuvette et se jettent dans des
lacs. Le relief du Tchad est contrasté. Il comprend des montagnes, des plateaux, des plaines
et des dépressions. Les principales hautes montagnes se situent dans les massifs du Tibesti
(l'Emi Koussi à 3 415 mètres), dans l’Ennedi (1 450 m), dans le Ouaddaï géographique
(Maraone 1 320 m), dans le Guéra (Abtouyour à 1 613 m), et dans les Monts de Lam (1 163
mètres).
LEXIQUE
Boucliers majeurs : vastes surfaces de terrains très anciens de l’ère précambrienne.
Caldeiras : dépressions de grandes dimensions et de forme circulaire, qui résultent de l'effon-
drement de la partie centrale d'un volcan.
Baïbokoum : nom donné au chef-lieu du département de la Nya Pendé provenant de la défor-
mation du groupe de mots mbay mboko kone qui veut dire en Mboum, « un chef au pied de la
montagne ».
Oued ou enneri : ce sont des cours d’eau des régions sèches qui gonflent dès que survient un
orage et disparaissent très vite à cause de la forte évaporation et de l'infiltration.
Défluent : bras d’un cours d’eau alimenté par le déversement des eaux d’un fleuve en période
de crue.
Affluent : cours d’eau qui se jette dans un fleuve et l’alimente par ses eaux.
EXERCICES PRATIQUES
1. Réalise la carte hydrographique du Tchad.
2. Dis pourquoi le Chari et le Logone convergent vers le Lac Tchad.
3 Pourquoi le Lac Tchad ne se trouve-t-il pas là où il y a le point le plus bas du pays.
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- distinguer les différentes masses d’air qui règnent sur le Tchad ;
- délimiter les différentes zones climatiques et végétales du Tchad ;
- décrire les aspects bioclimatiques du Tchad ;
- identifier les types de climat, de végétation et de sols du Tchad.
STRATEGIES
Observons la carte bioclimatique et identifions les différents types de climat et de végétation
du Tchad.
Décrivons la carte bioclimatique et pédologique du Tchad.
Identifions les différents types de formations végétales et pédologiques au Tchad.
CONTENU
1. Aspects Physiques
Le Tchad, compris entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e degrés de longitude
Est, permet de distinguer différentes zones climatiques, des domaines végétaux et des types de
sols qui s’accommodent étroitement.
1.1 Le Climat
Le climat au Tchad est sous l’influence de l’an-
ticyclone des Açores et de l’anticyclone de
Sainte-Hélène. C’est un climat chaud où l’am-
plitude thermique est forte toute l’année (supé-
rieure à 10° C).
(Source : DREM)
- Le climat sahélien
Le climat sahélien est chaud. Les vents y sont
assez importants et la température moyenne
est de 27° C. Il concerne les régions du centre
du pays et une partie de l’Ennedi-est, avec
une saison des pluies très courte et une plu-
viométrie comprise entre 100 et 600 mm. Ce
climat connaît une longue saison sèche qui
dure 8 à 9 mois.
Il convient de relever que ce zonage climatique est menacé par l’avancée du désert. Les
isohyètes regressent en latitude. L’isohyète 500 qui était aux latitudes d’Abéché pendant la
période 1951-1975, a reculé de 250 km vers le Sud et est de nos jours, sensiblement aux latitudes
de Mongo-Massénya.
Toutefois entre les trois zones climatiques s’observent des zones de transition : le saharo-
sahélien (entre les climats saharien et sahélien) et le sahélo-soudanien (entre les climats sahélien
et soudanien).
1.2 La végétation
Entre 1 800 et 2 700 mètres d’altitude, sur les versants, la partie en amont des oueds et des
plateaux se trouve le domaine des formations herbeuses saharo-montagnardes. Sur les pentes
supérieures abritées de l'Emi-Koussi, se trouve également l'espèce herbeuse endémique rase
Eragrostis kohorica, du nom du cratère qui coiffe le volcan. Quelques arbustes rabougris, ponc-
tuent ce milieu.
Au-delà de 2 600 mètres d'altitude se trouve le domaine des formations arbustives naines saha-
riennes. Ces plantes ne dépassent pas un mètre de hauteur et leur taille se situent généralement
entre 20 et 50 centimètres. Enfin, sur les sommets les plus élevés du Tibesti, dans les crevasses
humides formées par les anciennes coulées de lave, se trouve le domaine des formations à Erica
arborea, la bruyère arborescente, dont le substrat est assuré par des mousses. Ces ensembles
sont implantés dans une vaste zone totalement dénudée. Dans les oasis se développent des pal-
meraies de dattiers illustrées par celles de Faya. Dans les zones dunaires, des espèces comme
l’Equisetum ramosissimum s’adaptent.
Zone de transition entre le domaine saharien et sahélien, la zone saharo-sahélienne présente une
formation végétale charnière steppique herbeuse à acacia et aristida.
Dans le domaine sahélien, les formations steppiques prennent leur extension en présentant deux
ensembles : la steppe arbustive et herbacée à acacia et aristida d’une part et la steppe arborée à
acacia et balanites d’autre part. Cette dernière est plus importante entre les isohyètes 300 et 500
mm. Le paysage change peu à peu avec des arbres de plus en plus petits au Nord de l’axe
N’Djaména-Abéché. Ce sont des épineux (acacia seyal, acacia senegal, acacia nilotica, acacia
albida, balanites aegyptiaca, boscia senegalensis) ou des palmiers (doum, rônier). Dans cette
zone, le tapis vert dominé par des graminées s’installe à chaque saison des pluies. Le calotropus
procera qui est un indicateur de pauvreté de sol prédomine par endroit.
Photo 17: khaya senegalensis (caïlcédrat) Photo 18 : une forêt galerie à Manda (Sarh)
Noms scientifiques et/ou fran- Noms en Arabe Noms en Sara Noms en Noms en Noms en Ba-
çais tchadien Massa Foulbé guirmi
Acacia albida haraz diri, djomdi
Acacia laeta/gomme arabique kitir, kitra
Acacia nilotica garat, suntay mälihä malegiäda gabdi, gawahi kamarädje
Acacia seyal kuk, talayer kunpar, kunda glara bulbi Kalay, klay
Adansonia digitata hamar, hamaraya kobna bokki
Afzelia africana gila, gla
Anogeissus leiocarpus rimte, sab ida, yideh, ira seyetna kadjoli, kojoli dudio, dudjio
Balanites aegyptiaca hidjelij djond, djian codonno tähe, tanni djian
Bombax costatum joho kuna, kura gunura djoe
Borassus flabellifer/palmier rô- delep, daleyb mar uruda, uruna dubbi, mbere kaw, kohu
nier
boscia senegalensis mehret, moheb boldidi, ngas poropora, tä- nkuale ken gas
gasa
Calotropus procera asera, asora kamda,koinkag furuda bambambi karpo
Daniella, oliveri musabi bita, biteye mudasna kayerlahi
Detarium microcarpum abuleyle kutu, kudu gasna, gasta käkei gorklo, ngorkulo
Ficus glumosa djimmis kol gumna,digana
Ficus platyphylla djimeyz al aha- kob, kobu klera dundehi eku
mar
Guiera senegalensis abeS, rabbeS kamda fulafula, gelonde, gelonki bairma
Hyphaene thebaïca/palmier dum, zaf gara, garia urlayda gellehi demu
doum
Khaya senegalensis /caïlcedrat muray dil, mbag, baki gamna dallehi del
Parkia biglobosa mate, made djida naheri
Parinari curatellifolia kuma
Prosopis africana girli sam, ngo hoyna kahi girli
Tamarindus indica ardeb mas, masi cïda, cïna diabbi mas, mase
Terminalia avicennioides rôh, rondu galop, laklarona koulahi koro, kuro
Vitellaria paradoxa ou Butyros- umkurum sihë, roy karehi
perum parkii
Ziziphus mauritiana amnabak ngokro voyda diabi sabil, sabili
- les plaines du piémont du massif du Ouaddai, les plaines alluviales d’inondation du Chari,
du Salamat, du Logone, les sols des polders du Lac Tchad et les oasis du Nord sont le
domaine des sols hydromorphes, des sols halomorphes et des vertisols. On rencontre éga-
lement ces types de sols à Yao, à Ounianga, et dans les oasis de Faya. Les sols minéraux
bruts d’apport éolien, sont localisés dans le Djourab, le Mourdi, et au Nord du Tibesti ;
- les sols halomorphes alcalins plus ou moins salés sont répertoriés dans les ouaddis de Mort-
cha. Ces sols sont favorables à l’activité pastorale et à la plantation des palmiers dattiers ;
- les nombreux types des sols minéraux bruts, squelettiques d’érosion n’ayant aucune valeur
agricole se rencontrent dans la zone des chaînes montagneuses comme celles du Guéra ;
- les sols peu évolués, lithiques se localisent à Bitkine, Mongo, et les sols iso-humiques de
l’axe Abéché Biltine regorgent de potentialités agro-pastorales ;
- les sols lessivés et les sols halomorphes sur les matériaux sablo-argileux des berges et ter-
rasses des ouaddis ont de potentialités agro-sylvo-pastorales ;
ÉVALUATION
Quelles sont les masses d’air dominantes au Tchad ?
Quelles sont les zones climatiques du Tchad ?
Quelles sont les différents types de végétation au Tchad ?
Qu’est-ce qu’un CIT ou un FIT ?
Où se situe la zone sahélienne au Tchad ?
Cite 5 types de sols du Tchad.
RESUME
Le climat du Tchad est sous la dépendance de l’anticyclone des Açores et de l’anticyclone
de Sainte-Hélène. C’est un climat chaud où l’amplitude thermique est forte toute l’année
(supérieure à 10° C).
La rencontre de ces deux flux d’anticyclone forme un Front de Convergence Intertropicale
(CIT) ou Zone de Convergence Intertropicale (ZIT) à l’origine des pluies.
La répartition des types de sols obéit aux conditions climatiques. Ainsi on distingue : les sols
rouges, les sols hydromorphes, les sols halomorphes, les vertisols, les sols ferralitiques et les
sols iso-humiques.
Hydroxyde de fer : une composition chimique résultant de l’union d’un radical hydroxyle avec
le fer.
EXERCICES PRATIQUES
1. Reproduis les diagrammes ombrothermiques ci-dessous.
1. A quel type de zone bioclimatique et sols peuvent correspondre les formations végétales ci-
dessous ?
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- présenter les premiers foyers de peuplement du Tchad ;
- décrire la mise en place de la population du Tchad ;
- citer les langues parlées et les religions pratiquées au Tchad.
STRATEGIES
Observons la carte des différents royaumes qui se sont succédé au Tchad et déterminons les
foyers de peuplement.
Découvrons les différentes langues et religions du Tchad.
CONTENU
1. Le peuplement
L’histoire du peuplement du Tchad remonte à des temps très anciens. La mise au jour le 23
janvier 1995 à l’Est de Koro Toro de la mandibule d’un hominidé, nommé « Abel » ou le
Tchadanthropus , qui a vécu il y a environ 3,5 Ma (millions d’années) par la Mission Paléoan-
thropologique Franco-Tchadienne dirigée par le Professeur Michel Brunet, a permis de situer
le début du peuplement du Tchad.
La présence humaine est également révélée de façon très ancienne et continue par un abondant
outillage lithique : galets aménagés, matériels paléolithiques et néolithiques découverts dans
différents endroits du pays. Dès le néolithique apparaissent les vestiges d’autres activités ou
inventions humaines. L’art rupestre (gravure et peinture) est particulièrement riche au Tibesti
et en Ennedi où les parois rocheuses (grès, tufs volcaniques) formaient un support idéal. Pen-
dant cette même période du Néolithique, des pasteurs venus de l’Est se sont joints aux premiers
occupants. Autour du Lac Tchad au premier millénaire avant Jésus Christ (Av.J.C.), les Sao se
sont installés et ont développé une brillante civilisation. Plus tard, des grands Empires se sont
constitués et se sont succédé, laissant des ruines importantes. Ce sont les Empires du Kanem-
Bornou (un des grands Empires de l’Afrique précoloniale, fondé au IXe siècle), du Baguirmi
(fondé au XVIe siècle probablement par les Kenga) et du Ouaddaï (fondé vers la fin du XVIe
La plupart des langues du Tchad ne sont donc parlées que par un petit nombre de locuteurs. On
comprendra que cette grande diversité linguistique impose au Tchad comme dans d'autres pays,
certaines contraintes fonctionnelles, sans oublier que l'arabe classique et le français constituent
les deux langues officielles du pays.
Quelques langues véhiculaires sont parlées dans les différentes régions du pays. Ainsi, dans la
région du Moyen Chari et du Mandoul, le sara sert de langue véhiculaire, mais plus au Nord,
le long du fleuve Chari, on parle le baguirmi. Mais la langue véhiculaire la plus populaire est
l’arabe tchadien. Au Ouaddaï, presque tout le monde n'utilise que l'arabe tchadien, comme au
Guéra, au Salamat, au Batha et à N’Djaména. Dans les deux Logones, dans une partie de la
Tandjilé et du Mayo-Kebbi-Ouest, la langue dominante est le ngambaye. Au Mayo-Kebbi et
dans la Tandjilé, bien d’autres langues sont parlées telles que le massana, le marba, le moussei,
le kabalaye, le nangtchéré, le foulbé, le moundang, le toupouri, le guidar…Le Kanem, le Lac
Bref, dans l'ordre d’importance de leurs locuteurs, arrive en première place l'arabe tchadien
dans le Nord et de plus en plus dans le Sud, en second lieu le français à peu près partout et, en
troisième lieu, le sara dans le Sud. Toutefois, comme langue de prestige, le français occupe le
premier rang devant l'arabe et le sara,
Photo 21: Une Eglise Catholique (Koumra) Photo 22 : Une Mosquée (Moundou)
ÉVALUATION
Où les hominidés ont-ils été découverts ? Donne leurs noms.
Quelles sont les régions les plus peuplées au Tchad ?
Cite 5 langues parlées au Nord et 5 autres parlées au Sud du pays.
Quelles sont les religions pratiquées au Tchad ?
RESUME
L’histoire du peuplement du Tchad remonte à des temps très anciens par la découverte le 23
janvier 1995 à l’Est de Koro Toro de la mandibule d’un hominidé, nommé « Abel », qui a
vécu il y a environ 3,5 Ma et celle du sahelanthropus tchadensis (Toumaï) dans le désert du
Djourab, d’un âge proche de 7 Ma. La présence humaine est également révélée de façon très
ancienne par d’abondant outillage lithique : galets aménagés, matériels paléolithiques et
néolithiques découverts dans différents endroits du pays.
LEXIQUE
Hominidé : primate tel que l’homme et ses ancêtres.
Australopithèque : hominidé fossile.
EXERCICES PRATIQUES
1. L’histoire du peuplement du Tchad remonte à des temps très anciens. Justifie cette affirma-
tion.
b) Dis pour chaque groupe ethnique la ou les principale (s) région (s) d’origine.
3. Dans ta localité, les résidents forment-ils un groupe ethnique homogène ? Sinon, pourquoi ?
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer dans le temps les différents recensements de la population du Tchad ;
- décrire l’évolution, la diversité et la structure de la population ;
- expliquer les mouvements migratoires de la population du Tchad et sa répartition dans
l’espace.
STRATEGIES
Observons les données des différents recensements et analysons-les.
Observons la carte démographique du Tchad et identifions les mouvements migratoires et la
répartition de la population.
CONTENU
1. Différentes opérations de collecte des données sur la population au Tchad
Le Tchad n’a pas connu beaucoup d’opérations de collecte de données pour déterminer l’effec-
tif de sa population ou encore sa structure.
Avant son indépendance, il n’a connu qu’un comptage administratif exhaustif en 1921 qui avait
dénombré 1 271 700 habitants. L’objectif n’était que pour déterminer le nombre des adminis-
trés. En 1968, un dénombrement était organisé pour déterminer le nombre des personnes impo-
sables. Ce recensement a donné un effectif de 3 229 500 âmes. Il avait un objectif purement
fiscal car il n’avait pas pris en compte les mineurs.
Population
l’une des plus élevée de la sous- 8000
région. Cette évolution au cours 6000
de ces dernières années est due à 4000
l’amélioration de la situation ali- 2000
mentaire, au progrès de la méde- 0
cine et aux taux élevés de la cou- 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020
verture vaccinale (des femmes en Année
grossesse et des enfants de moins
de 5 ans). Figure 7 : Courbe de l'évolution de la population (Ratna, 2014)
Ces facteurs ont eu une incidence sur le taux de mortalité qui passe de 24 %o en 1960 à 14 %o
en 2009 entraînant ainsi une très forte fécondité (7 enfants par femme en moyenne selon
RGPH2). Par ailleurs, la stabilité politique relative et l’exploitation du pétrole ont contribué
également à l’augmentation de la population tchadienne avec le retour au pays de certains Tcha-
diens de l’étranger. Depuis quelques années, le Tchad est devenu un pays d’asile des refugiés
en provenance du Soudan, de la Centrafrique, de la Libye et des travailleurs étrangers.
Photo 23 : Population jeune Figure 8 : Pyramide des âges 2012 (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)
La population tchadienne est marquée par une grande diversité. D’abord, le Tchad symbolise
le trait d’union entre l’islam venu du Nord et les religions animistes traditionnelles dont cer-
taines se sont orientées spirituellement vers la chrétienté introduite durant la période coloniale.
Le troisième ensemble est linguistique, avec une diversité de dialectes encore plus large que
celle des ethnies, diversité qui ne s’approprie aucune des deux langues officielles, d’autant que
le niveau d’analphabétisme reste très élevé.
Demeure enfin une diversité économique encore importante selon les modes de vie sédentaires,
nomades ou semi-nomades qui proviennent eux-mêmes de la façon dont chaque ethnie ou sous-
ethnie s’est organisée, au sein de ce vaste pays, pour assurer la vie de ses familles, de ses clans
ou de ses tribus.
Figure 10 : Carte du solde migratoire du Tchad en 2009 (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)
En dehors de N’Djaména, c’est la région du Borkou qui semble la plus urbanisée avec une
proportion de 39,9 %, vient ensuite le Logone Occidental avec un taux de 24,1%. Les régions
du Mandoul, du Lac, du Batha, de la Tandjilé, de Hadjer Lamis, du Mayo-Kebbi Ouest et du
Mayo-Kebbi Est ont un taux de moins de 15 %. Par contre, c’est dans le Chari Baguirmi que
cette proportion est de loin la plus faible (4,9 %). Le pays paraît très faiblement urbanisé.
ÉVALUATION
Donne l’effectif de la population tchadienne en 1921, 1968, 1993 et 2009.
Quels sont les éléments qui expliquent l’évolution de cette population ?
Qu’est-ce qu’une population rurale et une population urbaine ?
Pourquoi la capitale N’Djaména est la plus peuplée ?
Quels sont les types de migration observés au Tchad ?
RESUME
Au Tchad, avant l’indépendance, un comptage administratif en 1921 avait dénombré
1 271 700 habitants. En 1968, un dénombrement était organisé et a donné un effectif de 3
229 500 habitants. Ensuite, le premier Recensement Général de la Population et de l’Habitat
en 1993 estime la population à 6 288 261 habitants tandis que celui de 2009 a dénombré
10 941 682 habitants. La projection de 2014 (RGPH2) estime la population à 11 039 873
habitants avec une densité de 8,6 habitants au km².
La population du Tchad a augmenté à une vitesse exponentielle car de 1968 à 2014 elle a
quadruplé. Cette augmentation est due essentiellement au taux d’accroissement intercensi-
taire qui a passé de 2,7 % en 1993 à 3,6 % en 2009, à l’amélioration de la situation alimen-
taire, au progrès de la médecine, à l’exploitation du pétrole, au retour au pays de certains
Tchadiens de l’étranger. Aussi, le taux de mortalité est-il passé de 24 %o en 1960 à 14 %o
LEXIQUE
Taux d’accroissement intercensitaire : taux d’accroissement annuel moyen pour la période
séparant deux recensements généraux.
EXERCICES PRATIQUES
1. A l’aide du tableau des effectifs de la population de la région du Kanem ci-après, construis
la pyramide des âges de cette population.
Situation 1
Contexte : Toi et ton camarade Ousmane, vous êtes en classe de 3eme à Am-Timan. Après
quelques mois de cours de géographie générale du Tchad, ton camarade te dit qu’il ne connaît
pas bien les différents aspects physiques et humains du pays, malgré les explications du profes-
seur. Tu l’aides à comprendre.
Consigne :
1. Situe sur une carte d’Afrique, le Tchad avec ses coordonnées géographiques et les pays limi-
trophes.
2. Sur cette carte délimite-lui les différentes zones climatiques et indique-lui les directions fré-
quentes des vents dominants qui soufflent sur le pays.
Situation 2 :
Contexte : Pour évaluer les leçons du premier palier, le professeur te demande d’accomplir les
tâches ci-dessous à l’aide de la carte du Tchad que tu dois reproduire sur ton cahier.
Consigne :
LE TCHAD
5. LE TCHAD (5) : Agriculture (cultures vivrières, atouts, difficultés)
6. LE TCHAD (6) : Agriculture (cultures commerciales, atouts, difficultés)
7. LE TCHAD (7) : Elevage (essor, contraintes)
8. LE TCHAD (8) : La pêche (essor, contraintes)
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer les zones où se pratiquent les cultures vivrières au Tchad ;
- expliquer les techniques culturales ;
- expliquer l’importance de ces cultures dans la vie des tchadiens ;
- identifier les atouts et les contraintes de l’agriculture vivrière au Tchad.
STRATEGIES
Observons la carte de productions céréalières du Tchad et identifions les différentes cultures
vivrières et leurs zones de production.
Expliquons l’importance de ces cultures dans la vie des Tchadiens, dégageons les facteurs fa-
vorisant ces cultures et les difficultés qui sont liées à ces activités.
CONTENU
Le Tchad de par sa situation géographique présente une zone céréalière assez vaste qui se limite
entre les isohyètes 200 et 1 200 mm. L’économie du Tchad repose en partie sur l’agriculture
qui a pu se développer malgré certaines contraintes. Elle occupe une bonne frange (80 %) de
la population à dominante rurale, pour laquelle elle constitue l’activité principale. C’est géné-
ralement une agriculture de subsistance que pratiquent la plupart des tchadiens même si au-
jourd’hui, avec l’introduction de la charrue et du tracteur, il est permis de parler d’une agricul-
ture dont le surplus de certains produits est commercialisé.
- Le mil pénicillaire et le sorgho (rouge, jaune, blanc) sont des cultures pluviales et de dé-
crues. Le mil et les sorghos pluviaux sont produits principalement dans la zone soudanienne
où la moyenne pluviométrique dépasse 800 mm par an. Cette zone correspond aux régions
du Logone Occidental, du Logone Oriental, du Mandoul, du Mayo-kebbi-Est, du Mayo-
kebbi-Ouest, du Moyen Chari et de la Tandjilé. D’autres régions connaissant une pluvio-
métrie annuelle qui oscille entre 600 et 800 mm se prêtent également à la culture de ces
céréales de base. Ce sont entre autres, le Chari-Baguirmi, la partie nord du Guéra, le Sila.
Même si certaines variétés peuvent être produites dans les zones les mieux arrosées, les mils
pénicillaires sont les seules céréales supportant moins de 500 mm de pluie par an. La zone
sahélienne est celle où s’observe la culture de ces céréales, particulièrement celles à cycle
court.
- Le sorgho de décrue (berbéré), repiqué entre septembre et octobre, domine dans toutes les
plaines argileuses du Chari-Baguirmi, du Mayo-Kebbi-Ouest et particulièrement du Sala-
mat.
Les mils et les sorghos cultivés au Tchad, avec de nombreuses variétés locales, sont destinés
aux différents usages : les grains réduits en farine servent à la préparation de la boule, de la
bière, de la bouillie… et les tiges, à la construction des hangars, des maisons, des palissades et
comme combustible ainsi qu’à l’alimentation du bétail. La production de mil et du sorgho est
de l’ordre de 1 354 818 tonnes pour la campagne agricole 2013/2014.
- Le maïs (417 986 tonnes en 2013/2014) a longtemps été une culture d’appoint pratiquée
aux alentours des concessions, en particulier dans la zone soudanienne. Mais aujourd’hui,
cette culture se développe sur de grandes surfaces (340 565 ha en 2013/2014). Les princi-
pales zones de production du maïs sont les abords méridionaux du Lac Tchad, les polders
et certaines régions de la zone soudanienne. Les habitudes alimentaires, surtout des citadins,
font que le maïs entre de plus en plus dans le circuit commercial.
La production agricole en 2010 est de 1 559 152 tonnes (moyenne de dix ans : 2000-2010) pour
une population estimée à 11 578 247 habitants. Le déficit céréalier serait de l’ordre de 392 860
tonnes car la production nationale ne couvrirait que 79 % des besoins de la population tcha-
dienne. Cependant, en 2013/2014 la Direction des Productions Agricoles et des Statistiques
(DPAS) du ministère de l’agriculture a estimé la production céréalière à 2 622 364 tonnes.
Les arachides sont cultivées selon leurs variétés dans les régions où la pluviométrie le permet.
Bien que l’évolution de sa production soit tributaire des aléas climatiques, la culture de l’ara-
chide prend de plus en plus d’importance. C’est ainsi qu’en 2013/2014, la superficie cultivée
en arachide était de 891 039 ha.
Le sésame dont la production commence à prendre de l’ampleur ces dernières années est cultivé
pratiquement dans les mêmes zones que l’arachide : au Guéra, au Ouaddaï, au Sila et dans toute
la zone soudanienne. En dehors de la consommation locale, le sésame est prisé par les popula-
tions des pays voisins tels que le Nigéria, la République Centrafricaine, le Cameroun et le Sou-
dan.
Le pois de terre et le haricot prennent une certaine place dans l’alimentation des populations
tchadiennes. Souvent cultivés en association avec les autres plantes (mil, sorgho, arachide…),
ces légumineuses proviennent en grande partie des cultures pluviales des régions soudaniennes
aussi bien que des zones sahélo-soudaniennes. Toutefois, le haricot ou le niébé est l’une des
cultures de contresaison pratiquées dans la zone du lac Tchad, les vallées inondables des fleuves
et rivières.
Les tubercules cultivés au Tchad sont le manioc, la patate douce, le taro, l’igname et la pomme
de terre. Ces produits entrent dans la consommation locale tant pour l’alimentation familiale
que pour le commerce.
La culture du taro qui était une spécialité du pays kim, s’étend de nos jours dans d’autres régions
du Sud. L’igname ayant pour zone de prédilection l’extrême sud du pays, constitue un appoint
alimentaire appréciable. La patate douce est cultivée dans les régions soudaniennes et au Lac
Tchad. Le manioc également cultivé dans les mêmes zones que la patate douce, connaît une
régression dans la zone méridionale à cause des dégâts occasionnés par le bétail et la disparition
des variétés tardives.
Cette filière peu développée et mal connue, est concentrée dans certaines régions, alors que
dans les grandes villes, le marché des fruits et légumes frais est prospère.
Les fruits produits et consommés au Tchad sont en particulier la mangue, la papaye, la goyave,
le citron, les dattes, la banane… En dehors de la zone soudanienne, du Ouaddaï et de Wadi Fira
où des vergers existent, la plantation des arbres fruitiers et des agrumes a pris un grand essor
partout où cela est possible, depuis quelques années.
Les légumes, font l’objet de cultures maraîchères autour des grandes villes aux abords des cours
d’eau et lacs et dans les oasis. On y cultive la tomate, le gombo, l’oignon, l’ail, le melon, le
haricot vert, les choux, les laitues, le piment…
Selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture de 2012, la production d’oignon est évaluée
à 45 000 tonnes et celle de l’ail à 10 232 tonnes. De façon informelle, l’exportation de l’ail, de
l’oignon, du piment, de la tomate et du gombo se fait vers le Nigeria, l’Angola et quelques pays
de la Communauté Economique d’Afrique Centrale (CEAC).
Manuel de Géographie 3ème. Page | 43
Les produits maraîchers sont très sollicités et consommés par tous, surtout dans les grandes
villes.
La production des cultures vivrières au Tchad a des atouts pour son développement mais les
contraintes ne manquent pas.
Le Tchad, par son étendue, dispose de vastes superficies cultivables. En 2010, l’Office National
de Développement Rural (ONDR) a estimé les superficies cultivées à 3 559 841 hectares. Ces
vastes superficies bénéficient de différents types de climats, d’un réseau hydrographique plus
ou moins dense et d’une nappe d’eau souterraine peu profonde dans certaines régions.
En dehors de ce potentiel naturel, le Tchad dispose d’un important capital humain. La popula-
tion tchadienne est jeune ; celle âgée de 15 à 24 ans est estimée à environ 1,3 millions de per-
sonnes dont la majorité vit en milieu rural. Un autre atout est celui du système agro-élevage qui
intègre l’élevage à l’exploitation agricole. Les animaux valorisent mieux les résidus des cultures
car pâturant dans le terroir villageois durant toute l’année, ils fertilisent le sol de leurs déjec-
tions. Ce système est pratiqué par des agriculteurs sédentaires appelés parfois « agriculteurs-
éleveurs ».
La subvention des engrais, les pesticides, la vulgarisation du labour au tracteur introduit depuis
2011, les campagnes de sensibilisation et de formation à l’endroit des paysans par les agents de
l’ONDR et le Programme National de la Sécurité Alimentaire (PNSA) sont autant d’atouts con-
tribuant au développement des cultures vivrières.
Les atouts de l’agriculture de subsistance sont certes variés. Toutefois, la productivité de cé-
réales et celle d’autres produits vivriers est faible. Cela est dû à des multiples facteurs dont les
principaux sont les aléas climatiques persistants, une insuffisance d’équipements agricoles et
L’exode rural est également l’un des facteurs qui handicapent le développement de l’agriculture
en général et des cultures vivrières en particulier.
Par ailleurs, le mode extensif des exploitations agricoles pour les vivriers trouve ses limites
dans la raréfaction de l’espace disponible, la baisse de la fertilité des sols liées à la croissance
démographique et au surpâturage. Les problèmes de l’agriculture vivrière proviennent aussi des
ennemis des cultures (oiseaux, insectes) de la multiplication des conflits fonciers entraînant un
déficit récurrent des vivriers.
Face à cette situation, la production agricole, issue presque exclusivement des exploitations
familiales, n’arrive pas à garantir la sécurité alimentaire dans son concept défini par le Sommet
Mondial de l’Alimentation (SMA) de 1996, à savoir : un état où « tous les êtres humains ont, à
tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive
leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires, pour
mener une vie saine et active ».
ÉVALUATION
Quelles sont les principales zones de cultures vivrières au Tchad ?
Quelle est l’importance des cultures vivrières dans la vie des tchadiens ?
Quelles sont les techniques culturales pratiquées au Tchad ?
Donne au moins quatre facteurs qui peuvent favoriser le développement de la production vi-
vrière au Tchad.
Explique le phénomène récurrent de déficit alimentaire au Tchad.
RESUME
La zone céréalière au Tchad se situe entre les isohyètes 200 et 1 200 mm. Les pratiques cul-
turales sont celles de l’agriculture extensive basée sur de petites exploitations familiales.
Néanmoins, d’autres pratiques sont observées dans certaines régions telles que le parcage des
animaux pour leurs déjections comme engrais organiques, la jachère, l’assolement, l’associa-
tion des cultures et l’usage des produits chimiques voire phytosanitaires.
Les cultures vivrières au Tchad revêtent une grande importance pour 80 % de la population
à dominance rurale, pour laquelle elles constituent l’activité principale. Elles sont constituées
des céréales, des oléagineux, des légumineuses, des tubercules et des fruits qui proviennent
des cultures pluviales ou de contresaison.
Les tubercules cultivés au Tchad entrent dans la consommation locale tant pour l’alimenta-
tion familiale que pour le commerce.
Les légumes, faisant surtout l’objet de cultures maraîchères autour des grandes villes ou toute
autre zone qui s’y prête, sont de diverses variétés. La plantation des arbres fruitiers et des
agrumes a pris un grand essor partout où cela est possible, depuis quelques années.
Les contraintes de la production vivrières sont principalement les aléas climatiques persis-
tants, l’exode rural, l’insuffisance des intrants pour améliorer les rendements et le mode d’ex-
ploitation extensif. Tous ces facteurs font que le déficit alimentaire au Tchad est récurrent.
LEXIQUE
Frange : une partie de quelque chose.
Produits phytosanitaires : produits de soin et de traitement des végétaux.
Légumineuses : plantes dont les fruits sont des gousses ou des légumes et dont les racines pro-
duisent de l’azote.
Culture d’appoint : culture de complémentarité.
Polders : zones basses conquises sur le lac et mises en valeur.
EXERCICES PRATIQUES
1. Fais un croquis de la carte du Tchad.
a) Délimite sur cette carte la zone de production céréalière.
b) Où se pratiquent les cultures maraîchères ? Donne en cinq lignes leur importance comme
appoint alimentaire.
(1) (2)
3. Explique l’apport de l’ONDR dans la production vivrière et dis si elle est présente dans ta
localité. Sinon pourquoi ?
STRATEGIES
Observons la carte agricole du Tchad et identifions les différentes cultures commerciales par
rapport à leurs zones de production.
CONTENU
1. Cultures commerciales
Les cultures commerciales et indus-
trielles sont des cultures de rente. Il
s’agit de l’arachide, du sésame, du
karité, de la spiruline, du coton, de la
canne à sucre, de la gomme arabique,
du tabac… Les opportunités du
marché intérieur motivent pour une
forte diversification des vivriers mar-
chands à destination des villes voire
des pays voisins. Ces vivriers sont,
autant que les cultures industrielles,
sources de revenus non négligeables
dans certaines régions du Tchad. Les
rendements sont fluctuants selon
les années en fonction des aléas cli-
matiques.
1.1 Le coton
Introduit en 1928 pendant la coloni-
sation française, le coton demeure
jusqu’à présent, la première culture
d’exportation et la principale source
de revenus monétaires pour la
masse rurale dans la zone souda-
nienne du Tchad. Figure 14 : Carte agricole (Atlas du Tchad, P-SIDRAT, 2013)
La production du coton qui a connu une croissance intéressante a chuté pendant les années 1980
à cause des crises politico-militaires qu’a vécues le pays. Cette chute a eu pour conséquences
la fermeture de plusieurs usines d’égrenage jugées peu rentables. De nombreuses zones de pro-
duction furent abandonnées. Mais, dans les années 90, la production cotonnière connut une
augmentation spectaculaire à cause des mesures incitatives décidées par le Gouvernement (aug-
mentation du prix au kilogramme du coton-graines, subvention des intrants...). Si la production
en 2010 était de 52 484 tonnes de coton-graines, celle de 2011 a été estimée à 72 742 tonnes
soit une hausse de 38, 60 %.
Le coton, considéré comme « l’or blanc », représente un enjeu économique et social important
puisqu’il fait vivre plus de deux millions de personnes dont 350 000 producteurs. La production
et la vente du coton-graines sont assurées par les paysans organisés le plus souvent en groupe-
ment. C’est le système autogéré.
Photo 41 : Pivot dans un champ de canne à sucre (Banda à Sarh) Photo 42 : Champ de canne à sucre (Banda/Sarh)
1.3 Le tabac
Cultivé exclusivement dans le Logone Oriental (Baïbokoum et Goré) et dans le Mayo-Kebbi-
Est (Bongor) par des petites exploitations familiales conduites sans moyens modernes, le tabac
est un produit consommé traditionnellement sous diverses formes : à chiquer, à priser ou à fu-
mer. Le tabac industriel, cultivé dans le Logone Oriental, alimente la Manufacture des Ciga-
rettes du Tchad (MCT) implantée à Moundou depuis 1970. Elle en assure l’achat, la transfor-
mation en cigarettes et la commercialisation.
La gomme arabique, produite par l’acacia senegal, arbre adapté à la zone sahélienne, est la
troisième source de revenus pour le pays après le coton et le bétail. Les gommiers poussent le
plus souvent à l’état naturel. Cependant,
depuis un certain temps, la plantation sys-
tématique et entretenue de cet arbre à
grand intérêt, se fait un peu partout dans
la zone sahélienne: autour de N’Djaména
et dans l’ancien Chari-Baguirmi, dans le
Batha, le Salamat, le Sila…La demande
sur le marché international de la gomme
arabique est importante car ce produit
entre dans les ingrédients de l’industrie
agroalimentaire, pharmaceutique, chi-
mique, cosmétique et textile.
1.8 La spiruline
1.9 Le karité
Le karité (Butyrospermum parkii), dont les noix sont utilisées pour produire du beurre qui sert
localement comme huile alimentaire et à l’étranger comme hydratant en cosmétique, représente
un fort potentiel. Ayant pour zone de
prédilection le Moyen Chari, le Man-
doul, le Logone Occidental et le Lo-
gone Oriental, cet arbre poussant à
l’état naturel est protégé, même par les
populations locales. Actuellement,
seulement 5 % des 60 millions
d’arbres sont exploités.
Le Tchad dispose de vastes superficies cultivables estimées à 39 000 000 d’hectares. Ces vastes
superficies bénéficient de différents types de climats, d’un réseau hydrographique plus ou
moins dense et d’une nappe d’eau souterraine peu profonde dans certaines régions. Si dans la
zone soudanienne et la partie sahélienne, le réseau hydrographique et la pluviométrie plus ou
moins importants donnent aux terres leurs caractères fertiles, dans les zones sahélo-sahariennes
et sahariennes les terres cultivables bénéficient de nappes d’eau souterraines à fleur du sol.
En dehors de ce potentiel naturel, le Tchad dispose d’un important capital humain. La popula-
tion tchadienne est jeune ; celle âgée de 15 à 24 ans est estimée à environ 2,1 millions de per-
sonnes dont la majorité vit en milieu rural.
L’amélioration des techniques de culture est aussi un facteur de meilleure productivité pour les
cultures commerciales : la CST a remplacé son système d’irrigation par pivots par le système
goutte à goutte plus économique et plus performant ; la mécanisation de la culture du coton et
du riz s’est intensifiée c’est le cas du riz dans les casiers A et B de Bongor, C de Doba, l’amé-
nagement hydro-agricole de Boumou (Laï) et dans la région de Salamat.
Les atouts de la production des cultures commerciales sont variés. Toutefois, la productivité
des cultures commerciales est faible. Cela est dû à des multiples facteurs dont les principaux
sont les aléas climatiques persistants, une insuffisance d’équipements agricoles, d’intrants et
l’absence d’un système de crédit agricole.
Par ailleurs, le mode extensif des exploitations agricoles pour les cultures commerciales trouve
ses limites dans la raréfaction de l’espace disponible, la baisse de la fertilité des sols liées à la
croissance démographique et au surpâturage.
Les cultures maraîchères se développent de plus en plus autour des grandes villes et font vivre
de nombreuses familles. Cependant il n’existe aucune structure d’appui pour aider les maraî-
chers à mieux produire en quantité et en qualité.
RESUME
Les cultures industrielles au Tchad sont rares, mais il apparaît de nos jours des opportunités
du marché intérieur voire extérieur, qui motivent une forte diversification des cultures com-
merciales. Les principales cultures industrielles et commerciales du Tchad, bien que pour la
plupart concentrées dans la zone méridionale, se rencontrent également dans d’autres régions
du Tchad. Ce sont :
- le coton dont la récolte en 2011 a atteint 72 742 tonnes de coton-graine, représente un enjeu
économique et social important qui fait vivre plus de deux millions de personnes dont
350 000 producteurs ;
- la canne à sucre est cultivée industriellement à Banda dans le Moyen Chari. La Compagnie
Sucrière du Tchad en assure la production et la transformation ;
- le tabac, produit très nocif pour la santé, est cultivé autour de certaines villes du Sud. La
MCT en assure la production, l’achat et la transformation en cigarettes à Moundou ;
- la gomme arabique, produite par l’acasia senegal, arbre adapté à la zone sahélienne, est la
troisième source de revenus pour le pays après le coton et les produits de l’élevage. Exportée
vers l’étranger, la gomme arabique entre dans l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique,
chimique et cosmétique ;
- grâce aux nouvelles opportunités du marché dues à la crise cotonnière des années 2 000,
l’arachide, le sésame et le riz connaissent une production de plus en plus forte ;
- le karité (Butyrospemum parkii), arbre poussant à l’état naturel, donne des noix utilisées
pour produire du beurre consommé localement et exporté qui sert dans les produits réhydra-
tants et les cosmétiques ;
- la spiruline qui est produite dans les marais du Lac Tchad est d’une grande importance pour
l’avenir économique du pays. Le Tchad est l’un des principaux producteurs mondiaux de la
spiruline aux côtés de l’Inde et du Mexique.
L’amélioration des techniques culturales, de productivité, la sélection des semences est assu-
rée par l’ONDR, l’ITRAD, la SODELAC…
La production des cultures commerciales a des atouts liés à l’étendue des espaces exploi-
tables, à la richesse exceptionnelle de certaines terres, à la présence des eaux de surface et
souterraines. Mais les aléas climatiques sont un handicap difficilement maîtrisable. De plus,
l’insuffisance et le coût élevé des intrants et des produits phytosanitaires ne favorisent pas le
développement des cultures commerciales.
EXERCICES PRATIQUES
1. Fais un croquis de la carte du Tchad et délimites-y la zone productrice de coton.
2. En examinant la carte du Tchad, relève les raisons pour lesquelles cette culture ne se pratique
pas au-delà de l’isohyète 600 mm ?
3. Où peut-on rencontrer les organismes intervenant dans le domaine agricole comme l’ONDR,
la SODELAC et l’ITRAD ? Quel rôle jouent-ils ?
4. L’exode rural permet aux cultivateurs restés sur place d’avoir plus de superficies cultivables.
Peut-on remettre en cause cette assertion ?
STRATEGIES
Observons la carte du système d’élevage et identifions les différents types d’élevage au Tchad.
Décrivons les différents axes de transhumance.
- Identifions les différents groupes ethnolinguistiques qui pratiquent l’élevage.
CONTENU
Il y a quelques années, le cheptel au Tchad totalisait 20 000 000 millions de têtes de bétail se
répartissant assez bien selon les zones climatiques du pays : dromadaires au Nord dans les zones
désertiques et semi-désertiques ; bovins et ovins dans le sahel central ; dans les savanes du Sud,
bœufs de culture attelée et d’éleveurs transhumants avec les porcs, les ovins et les caprins. Mais
les crises naturelles et politiques successives ont modifié ce schéma. Toutefois, des potentialités
existent pour un développement conséquent de l’élevage au Tchad.
La protection sanitaire du bétail doit faire l’objet d’une action prioritaire car les maladies sont
très invalidantes voire mortelles dans la zone tropicale. Pour cela, le Tchad a le privilège d’avoir
un Institut de Recherche en Elevage pour le Développement (IRED) à Farcha (N’Djaména).
Cet Institut oriente ses programmes de recherche vers la production des vaccins. Dans le cadre
de cette protection de la santé animale, plusieurs postes vétérinaires équipés sont implantés à
travers le pays pouvant intervenir en préventif comme en curatif. Ce réseau couvre 131 postes
réparties dans les 18 délégations régionales d’élevage que compte le pays et surveille actuelle-
ment 12 maladies jugées prioritaires (tableau 5). Cependant, la distribution des médicaments et
produits vétérinaires est de plus en plus assurée par des sociétés privées voire par des particu-
liers. En effet le domaine de la Pharmacie Vétérinaire est caractérisé par la politique de priva-
tisation que l’Etat a mis en place. Cette politique de privatisation a permis la création de cer-
taines centrales d’achat telles que la Société d’Approvisionnement en Produits Vétérinaires
(SAPROVET), la société des Produits et Médicaments Vétérinaires (PROMEVET), etc.
Tableau 5 : Liste des maladies surveillées
Maladies Espèces concernées
Peste bovine Bovine
Peste des Petits Ruminants (PPR) Ovine et caprine
Fièvre aphteuse Ovine, caprine, bovine et dromadaire
Fièvre de la Vallée de Rift Ovine, caprine, bovine et dromadaire
Mycoplasmoses des ruminants (PPCB) Bovine
Mycoplasmoses des ruminants (PPCC) Caprine
Charbon bactéridien Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Charbon symptomatique Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Pasteurellose Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Tuberculose Bovine, ovine, caprine et dromadaire
Newcastle Volailles
Influenza aviaire Volailles domestiques et sauvages
Source : REPIMAT, 2006
Le système pastoral nomade domine dans la bande saharo-sahélienne avec des troupeaux rela-
tivement importants de dromadaires et de petits ruminants. Il est basé sur l’exploitation exten-
sive des ressources naturelles. Ce type repose sur la mobilité des pasteurs et de leurs troupeaux
à la recherche de l’eau, des pâturages et des zones de cure salée.
C’est aussi un système d’élevage extensif où les éleveurs pratiquent l’agriculture et ont deux
types d’habitat : l’un fixe et l’autre mobile. Les éleveurs contrôlent le territoire qui leur sert de
pâturage et une partie de la main d’œuvre familiale cultive les terres à un certain moment de
l’année. Le système d’élevage agro-pastoral se trouve dans la zone à systèmes de production
agricoles.
Ce système d’élevage est intégré à l’exploitation agricole. Il est pratiqué par les paysans du Sud
du pays qui ont adopté la culture attelée et l’agro-élevage (Mayo-Kebbi géographique). Dans
ce système, il y a une forte complémentarité entre l’agriculture et l’élevage. Le bétail peut être
composé de plusieurs espèces qui sont : les bovins, les ovins, les caprins, les porcins, etc.
C’est un système rare qui pratique la stabulation temporaire ou permanente. Il concerne les
stations d’embouche ou de production laitière et surtout des fermes avicoles (production des
œufs et des poulets de chair). Le système intensif est principalement localisé dans les zones
urbaines et péri-urbaines de N’Djaména mais également à Sarh, Moundou, Kélo, Pala.
Le deuxième pôle d’activités de la population tchadienne qu’est l’élevage repose sur un mode
de production extensif où les pâturages (herbacés et arbustifs) constituent la principale source
d’alimentation du bétail.
- l’élevage des petits ruminants est pratiqué dans tout le pays mais le Batha et le Lac viennent
en tête (32 %), suivis du Chari Baguirmi et du Salamat (18 %) puis du Wadi Fira et de Hadjer
Lamis (14 %). Les autres régions se répartissent les 36 % restants;
- les trois races d’équins élevés sont la race Dongola, la race arabe et le poney. Les chevaux
sont employés comme moyen de transport, de traction et sont un investissement dans les courses
hippiques ;
- les asins qui, autrefois n’étaient utilisés que pour le transport, ont aujourd’hui une valeur éco-
nomique avérée car de plus en plus utilisés pour la traction des charrues et charrettes. Les ânes
sont partout élevés au Tchad et dans la zone sahélienne en particulier.
- l’élevage porcin est un élevage ignoré mais pourtant bien implanté dans les agro-systèmes
ruraux et péri-urbains du Sud, à l’intérieur et autour de N’Djaména;
- la volaille est constituée de poulets, canards, pintades et pigeons. Les produits de cet élevage
pratiqué partout sur l’étendue du territoire, surtout en périphérie des centres urbains sous formes
de petites exploitations familiales traditionnelles ou modernes, apportent un complément ali-
mentaire carné aux populations. Cet élevage devient de nos jours une source de revenus inté-
ressants.
Pour tirer profit des ressources pastorales extrêmement variables dans le temps et dans l’espace,
les éleveurs se déplacent. Cette stratégie adaptée aux milieux fragiles, permet au bétail d’ex-
ploiter au mieux les ressources en eau et les pâturages qui existent dans différents étages de la
végétation.
Mais il y a plusieurs sortes de transhumance. Selon l’amplitude des déplacements on parle de
grande transhumance (500 à 700 km), de moyenne transhumance (100 à 500 km) et de petite
transhumance (déplacement autour d’un point d’attache).
Dans leurs déplacements, les pasteurs utilisent des couloirs de passage qu’on appelle couloirs
de transhumance. Ces couloirs gérés par les institutions coutumières et l’administration per-
mettaient le mouvement du bétail à l’intérieur des différentes zones écologiques en fonction des
saisons. Les changements climatiques de ces dernières décennies, la croissance démographique
et la croissance du cheptel même ont réduit considérablement les pâturages. Pour s’adapter, les
éleveurs ont modifié leurs mouvements en termes d’amplitude et de durée. Avant les années
70, les mouvements de transhumance ne dépassaient guère le Nord du 11ème parallèle (ligne
Guelendeng-Melfi-Am-Timan).
Connaissant l’insuffisance et la quantité d’eau qu’il faut donner à chaque type d’animal par
jour : dromadaire (40-50 l), bovin (40 l), équin (30-40 l), ovin-caprin (5 l) etc. puis, compte tenu
de la population de ces bêtes par région, il faut créer des points d’eau pour résoudre ce problème.
Mais il faut aussi résoudre le problème d’exhaure car les expériences des pompes à moteur,
des systèmes éoliens ou de noria ne sont pas pratiques. Leur entretien les met hors de portée
des éleveurs en peu de temps.
Outre les problèmes évoqués ci-dessus, les filières animales (bovine, ovine, caprine, laitière,
porcine, avicole, de peaux et de cuirs) sont confrontées à de nombreux obstacles dont les pra-
tiques traditionnelles de commercialisation, l’inexistence d’unité de transformation et de con-
servation qui bloquent leur développement.
ÉVALUATION
Quelles sont les différentes zones d’élevage au Tchad ?
Comment se répartit le cheptel tchadien selon les zones bioclimatiques ?
Comment s’orientent les mouvements de transhumance ?
Quels sont les contraintes qui freinent le développement de l’élevage au Tchad.
STRATEGIES
- Observons la carte présentant les zones de pêche et situons-les.
- Déterminons les différents circuits empruntés par les poissons pêchés dans les eaux du Tchad.
- CONTENU
La pêche joue un rôle important dans l’économie du pays car elle occupe bon nombre de per-
sonnes, procure des revenus substantiels à plusieurs dizaines de milliers de personnes et ses
produits participent à la satisfaction des besoins nutritifs de base des populations.
Les cours d’eau et les lacs ont plus ou moins de poissons selon que les inondations et les eaux
de ruissellement sur les pourtours des rivages mobilisent de fortes quantités de nutriments (phy-
toplancton) dont les poissons se nourrissent.
La productivité des cours d’eau et des lacs est estimée à 31 kg/ha/an, valeur de rendement stan-
dard pour les systèmes soumis au climat sahélien et sahélo-soudanien. La superficie en eau
disponible et potentiellement productrice de ressources halieutiques est considérable, particu-
lièrement lorsque la pluviométrie annuelle est normale (zone de pêche estimée à 70.000 km²).
La pêche se pratique toute l’année mais les rendements n’atteignent un niveau important que
pendant la décrue de décembre, janvier et février et l’étiage de mars, avril, mai et juin.
Les données sur l’effectif des pêcheurs sont très anciennes et peu fiables. Les pêcheurs profes-
sionnels seraient au nombre de 17 000, essentiellement étrangers (nigérians, maliens, ghanéens,
béninois…). Bien équipés de pirogues simples et à moteurs, ils opèrent sur le Lac Tchad, le Lac
Iro et le Lac Léré. S’y ajoutent, un certain nombre de professionnels nationaux (Boudouma,
Kotoko, Kim, Massa…) et près de 150 000 pêcheurs saisonniers (agriculteurs et éleveurs pra-
tiquant la pluriactivité), ainsi qu’un nombre indéterminé de pêcheurs occasionnels. La filière
pêche serait source de revenus pour quelques 300 000 personnes. La pêche proprement dite est
pratiquée par les hommes, alors que les femmes sont surtout impliquées dans la transformation
2. Production et commercialisation
Pour la pêche professionnelle, les engins de pêche les plus utilisés sont les filets maillants, les
palangres... Les palangres sont généralement appâtées au vif pour capturer pendant la période
de hautes eaux les gros individus (capitaines, silures, tilapias, les Heterotis...). Les filets éper-
viers sont les outils les plus employés pendant l’étiage tant par les professionnels que par les
saisonniers et les occasionnels. Ils permettent de capturer de nombreuses espèces de poissons
(salanga, carpes, sardines, gargas, éré-érés, anguille…) qui vivent à faible profondeur dans les
cours d’eau et lacs.
La plus grande partie des captures destinées à la commercialisation est fumée (3/4) ou séchée.
La commercialisation du poisson frais (10% des stocks débarqués) fait l’objet d’une forte de-
mande, mais elle est limitée par l’insuffisance du réseau routier et le faible développement des
chaînes de froid. Le bitumage de l’axe routier
Guitté (Lac Tchad) – N’Djaména facilite de-
puis peu, l’approvisionnement de la capitale
en poisson frais.
Le développement de la pêche est limité au Tchad par de nombreux facteurs. Il s’agit principa-
lement de :
- l’utilisation des filets prohibés (à petites mailles) qui ne préservent pas les petits indivi-
dus pour leur permettre de se développer et ensuite de se multiplier ;
- le non-respect des zones de mise en défens et des réserves ;
- le manque de matériels et de moyens de conservation des poissons frais qui ne sont pas
à la portée des mareyeurs (véhicules frigorifiques, glacières de grande capacité) ;
- le manque de moyens de transformation et de conservation de poissons (fumage et sé-
chage souvent faits avec des moyens inadaptés, toxiques, et sans hygiène) ;
- les mareyeurs, quand bien même organisés, ne semblent pas bénéficier de formation
pouvant renforcer leurs techniques de transformation et de conservation ;
ÉVALUATION
Quelles sont les différentes zones de pêche au Tchad ?
Quels sont les circuits de distribution du poisson frais dans les villes du Tchad ?
Enumère quelques problèmes que rencontre le secteur pêche au Tchad.
RESUME
La pêche joue un rôle important dans l’économie du pays car elle occupe beaucoup de per-
sonnes, procure des revenus substantiels à des milliers d’autres et ses produits contribuent à
une meilleure alimentation des populations.
La pêche est pratiquée dans toutes les eaux de surface dont le Chari, le Logone et leurs af-
fluents et défluents ainsi que dans leurs plaines d’inondation. Elle se pratique également dans
les lacs : Lac Tchad, lac Léré, lac Tréné et lacs Toupouri, lac Fitri et lac Iro.
Pour la pêche professionnelle, les engins de pêche les plus utilisés sont les filets maillants,
les palangres. Les filets éperviers sont les outils les plus employés tant par les professionnels
que par les saisonniers et les occasionnels. Ces différents engins permettent de capturer di-
verses espèces (capitaines, silures, tilapias, heterotis, salanga, carpes, sardines, garga, éré-
éré, anguille …).
La production totale est estimée entre 60.000 et 100.000 tonnes de poissons frais par an. Près
du 1/3 du tonnage proviendrait du Lac Tchad, le reste venant du système Chari-Logone, des
lacs du Mayo-Kebbi et des autres lacs.
La plus grande partie des captures destinées à la commercialisation est fumée (3/4) ou séchée.
C’est ainsi que dans les secteurs de pêche les plus isolés, tout est fumé ou séché (Salamat,
Lac Iro, Batha, Lac Fitri).
Le développement de la pêche est limité au Tchad par de nombreux facteurs. Il s’agit princi-
palement de :l’utilisation des filets prohibés, le non-respect des zones de mise en défens et
des réserves, le manque de matériels et de moyens de conservation des poissons frais, le
manque de moyens de transformation et de conservation de poissons, les très peu d’initiatives
pour la création des espaces de production et de protection des certaines espèces de pois-
sons…
EXERCICES PRATIQUES
1. Observe ces photos.
3. Quelles sont les mesures nécessaires à prendre pour que les poissons ne manquent pas dans
nos cours d’eau et lacs ?
Situation 1
Contexte : Tu es élève de la classe de 3ème. Avec tes collègues de même niveau, vous engagez
une discussion sur la classification, la répartition et l’importance des ressources agricoles et
pastorales de ton pays. Vous ne vous entendez pas parce que les réponses et les arguments
divergent. Par des exemples concrets, fais comprendre au groupe, chacun de ces aspects.
Consigne
3. Donne les principales régions où se pratiquent ces activités. Déduis-en celles de ta région.
Situation 2
Contexte : Pour l’alimentation de sa famille, ton oncle Damba achète souvent du mil rouge, du
maïs et de haricot sur les marchés de N’Djaména où l’on peut trouver aussi pêle-mêle: arachide,
pois de terre, pénicillaire, sorgho, pintade, sésame, veaux, carpes, canne à sucre, mangues, ma-
nioc, bourriquot, chèvre, génisse, brebis, poulet, pouliche, bélier, poulain, anguille, âne, jument,
chevreau, vache, agneau, taro, tétrodon, goyave, patate, taureau. Ton ami Adil s’interroge sur
la provenance et l’importance de ces produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques.
Consigne
1. Pour l’éclairer, regroupe ces produits ou bêtes en famille ou espèce et donne le nom de chaque
groupe ou famille.
2. Donne-lui les principales zones de production du sorgho de décrue, du maïs ; les zones de
l’élevage des bœufs, des dromadaires. Rappelle-lui quelques atouts et contraintes majeurs de la
pêche au Tchad.
LE TCHAD
9. LE TCHAD (9) : Ressources naturelles (localisation et exploitation)
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- identifier sur une carte les ressources naturelles du Tchad ;
- décrire la répartition géographique des ressources naturelles du Tchad;
- expliquer l’importance de ces ressources dans le développement économique du pays.
STRATEGIES
Observons les différentes cartes relatives aux ressources naturelles et identifions-les.
- Décrivons la répartition géographique des ressources naturelles du Tchad et expliquons leur
importance dans l’économie du pays.
CONTENU
On entend par ressource naturelle tout bien provenant de la nature de manière directe, sans
intervention humaine. On en trouve dans le règne animal, dans le règne végétal et dans le règne
minéral.
En plus des méfaits liés à la sécheresse s’ajoutent d’autres éléments tels que les vents violents,
la forte chaleur qui sévit dans les zones sahariennes et sahélo-sahariennes. Ces facteurs entraî-
nent le tarissement des eaux de surface et la baisse du niveau des nappes phréatiques. Les
conséquences sur la flore et sur les points d’eau sont évidentes : des arbres sèchent, les cours
d’eau et les lacs s’ensablent. Le désert progresse, car chaque année, environ 80 000 hectares de
bois disparaissent (source Banque Mondiale, 1989). Ce processus de dégradation des milieux
est accentué par l’action de l’homme. Il s’en suit une zonation bioclimatique qui se présente
comme suit :
- dans la zone saharienne la végétation est très clairsemée et inexistante par endroits. Dans le
Tibesti, les ouadis sablonneux présentent des arbres sahéliens comme Tamarix aphylla,
- dans la zone soudanienne se rencontrent des forêts claires, la savane arborée et la savane
arbustive. Dans ces différentes formations dominent les légumineuses, les combrétacées
(Anogeissus leiocarpus, Combretum glutinosum, guiera senegalensis…) et les acacias. Cer-
taines espèces d’arbres servent à la construction des pirogues, des habitats, des ustensiles
de cuisine, à la fabrication des manches des outils aratoires ainsi qu’à d’autres usages (par
exemple, bois de chauffe).
Ces ressources forestières sont dégradées sur nombre de fronts par l’élevage extensif, les dé-
frichements et dessouchages causés par la culture attelée et le labour au tracteur, l’abattage
abusif pour divers usages, les feux de brousse, la chasse, etc.
Le tracé préalable à la mise en place des pipelines conducteurs du brut et les pistes reliant les
puits de pétrole ont contribué à cette destruction massive.
En conséquence, la vie de l’homme est rendue vulnérable face à ces activités destructrices. Les
tchadiens doivent en prendre conscience et apprendre à préserver leur environnement. La plan-
tation des arbres et leur exploitation rationnelle doivent devenir une règle de vie pratiquée par
tous.
1.2 La faune
Le Tchad est un pays qui a trois grandes zones bioclimatiques qui renferment une diversité
faunique et floristique très appréciable.
1.2.1 Dans la zone désertique où l’aridité des sols ne permet qu’une maigre végétation de
quelques graminées vivaces, l’addax, les gazelles daman et dorcas se partagent l’espace avec
les grands carnivores comme le guépard, l’hyène rayée, ou le chacal commun. Le mouflon à
manchette est adapté aux montagnes du Tibesti mais aussi de l’Ennedi, dans lesquelles il côtoie
le babouin doguera, le patas (singe rouge) et le daman de rocher. Certaines gueltas (sources
existant au pied des rochers) de l’Ennedi abritent encore quelques crocodiles du Nil.
Les rongeurs, (goundi de l’atlas, gerboises et mérionnes) cherchent leur nourriture la nuit en
évitant les caracals, fennecs, renards faméliques, chats des sables, ratels et zorilles de Libye qui
sont des redoutables prédateurs.
La zone soudanienne constitue l’habitat de prédilection des grands mammifères, surtout ras-
semblés dans les aires protégées ainsi que des milliers d’oiseaux qui peuplent les zones hu-
mides. Le bon état des écosystèmes est propice aux rapaces, qui comptent plus de cinquante
espèces. Les réseaux hydrographiques bien développés abritent environ 145 espèces de pois-
sons.
Le Tchad est un pays très riche en matière de diversité biologique, son réseau de parcs et ré-
serves couvre près de 10,2 % de la surface du pays. Il s’agit des parcs nationaux, des réserves
de faunes et des domaines de chasse.
Crée en 1963, le Parc National de Zakouma a une superficie de 305 400 ha. Il est englobé dans
la réserve de faune de Bahr-Salamat créée en 1964 avec une superficie de 2 060 000 ha. Le
PNZ a pour but la propagation, la protection et la conservation de la vie animale et végétale
sauvages. Il revêt un intérêt scientifique, éducatif et récréatif pour le public. Ses ressources en
eau et en pâturage sont permanentes tout au long de l’année si bien que cette aire protégée
constitue un véritable sanctuaire pour la faune soudanienne du Tchad. Dans ce parc, des milliers
d’éléphants et de buffles côtoient les girafes, les antilopes (hippotragues, bubales, cobs, dama-
lisques, koudous, reduncas), les gazelles rufifrons, les phacochères et les singes. L’élan de
Derby existe encore à la frontière avec la RCA. Les grands carnivores comme les lions, les
léopards, les guépards, les hyènes tachetées et rayées y vivent également.
De nos jours, le Parc National de Zakouma a vu sa population d’éléphants chuter. Cette vaste
réserve a perdu 90 % de ses éléphants ces dernières années. De 4 300 animaux recensés en
2002, il n’y en avait plus qu’environ 450 en 2012. Ce sont des braconniers puissamment armés,
bien organisés, qui les déciment en vue du retrait de leurs défenses qui alimentent le marché
international de l’ivoire.
Le Parc National de Manda est situé dans la région du Moyen Chari à 25 km au Nord-Ouest de
la ville de Sarh. Il a été classé en 1951 comme réserve de faune régionale et est classé parc
national en 1965. Sa superficie est actuellement de 114 000 ha. Au départ, riche en faune, le
Parc constituait une attraction touristique remarquable. Les espèces qu’on y rencontre sont les
éléphants, les antilopes, les gazelles, les hyènes… mais l’introduction des armes modernes à
feu a décimé plus de 80 % de la faune dudit parc.
Créé en 2010, le PNSO est situé au Sud-ouest du Tchad, dans la région du Mayo-Kebbi Ouest,
département du Mayo-Dallah. Le PNSO a une superficie totale de 73 520 ha et est limitrophe
au Parc National de Bouba Ndjida au Cameroun. La diversité floristique est sans conteste abon-
dante, du fait que le PNSO est contigu au Parc National camerounais de Bouba Ndjida. Les
divers écotypes du PNSO hébergent une faune abondante et variée. Parmi les mammifères, on
rencontre des espèces emblématiques telles que les éléphants, les élans de Derby, les hippo-
tragues et les girafes. D’autres animaux sont aussi présents dans le parc comme les bubales, les
damalisques, les céphalophes de Grimm, les redunca, les phacochères, les guib harnachés, les
ourébis, les cynocéphales, les vervets et les patas etc. L’avifaune est importante et diversifiée :
178 espèces regroupées en 58 familles ont été identifiées. La plupart des oiseaux de savanes
arborées et de forêts galeries sont représentés. Les espèces d’oiseaux d’eau sont également
nombreuses.
Le PNSO est un réservoir pour la faune ichtyologique : plus de 40 espèces de poissons y sont
en effet recensées.
3. Les mines
De nombreux indices de minéraux ont été signalés sur le territoire tchadien au cours des der-
nières décennies dont certains sont en exploitation et d’autres en attente de valorisation.
ÉVALUATION
Quelles sont les principales ressources naturelles du Tchad ?
Donne pour chaque zone deux principales ressources naturelles dominantes.
Combien y-a-t-il des aires protégées au Tchad ? Cite-les en les situant.
Explique l’importance de la faune dans le développement économique du pays.
RESUME
Les ressources naturelles sont l’ensemble du règne végétal, du règne animal et du règne mi-
néral dont dispose un pays.
Les ressources forestières et fauniques bien que renouvelables sont rares dans la zone saha-
rienne. La végétation se réduit, dans les ouadis, à quelques acacias et autres épineux et dans
les oasis, aux palmiers-dattiers. La zone sahélienne est le domaine de la steppe arborée à
Acacia nilotica, Acacia Aristida, Balanites aegyptiaca, Faidherbia albida, de la steppe ar-
bustive et herbacée. La zone soudanienne abrite des forêts claires, des savanes arborés et
arbustives où dominent les légumineuses, les combrétacées et les acacias.
Toutes les zones bioclimatiques du Tchad ont une faune riche et variée. Des mammifères,
des carnivores, des rongeurs aussi bien que de multitudes d’oiseaux et reptiles peuplent toutes
les zones. Trois aires protégées, les parcs nationaux de Zakouma, de Manda, de Sena-Oura
sont les royaumes de ces animaux sauvages dont certaines espèces protégées sont gravement
menacées tels que l’éléphant, le rhinocéros, l’autruche, le varan…
Le Tchad dispose d’importantes ressources en eau de surface, et souterraines dont l’exploi-
tation rationnelle pourrait contribuer au développement de l’agriculture et de l’élevage.
L’ensemble du territoire tchadien comporte de nombreux indices de pierres précieuses, de
métaux, de matières radioactives, de marbre, de calcaire, de formations salines dont très peu
sont exploités et d’autres attendent d’être valorisés.
Les ressources énergétiques renouvelables (soleil, vent, combustibles végétaux…) et non re-
nouvelables (pétrole, gaz…) desquelles dépend en grande partie le développement industriel
du pays sont assez variées au Tchad.
EXERCICES PRATIQUES
1. Le Tchad dispose des aires protégées. Dis dans quelle région administrative se trouve cha-
cune d’elles et explique la richesse faunique de celles-ci.
(1) (2)
a) que constates-tu ?
b) s’agit- il d’une épidémie pour la première image ? Et de quoi s’agit-il pour la seconde ? qui
est à l’origine de ces phénomènes et pourquoi ?
c) quelles sont les conséquences de ces destructions ?
3. Les ressources énergétiques ont été localisées dans différents endroits du pays. Quelles sont
celles ayant fait l’objet d’une exploitation ? Quels sont leurs apports dans l’économie nationale.
STRATEGIES
Observons la carte économique du Tchad et identifions les différents pôles industriels.
Décrivons les différentes industries.
Identifions les différents problèmes de l’industrie au Tchad.
CONTENU
1. Les unités industrielles du Tchad
Le Tchad, de par sa vaste superficie renferme des ressources agro-pastorales, forestières, mi-
nières et énergétiques considérables mais le pays demeure peu industrialisé. Parmi les industries
qui y sont implantées se trouvent entre autres : des industries agroalimentaires, des industries
textiles, des industries extractives, des industries chimiques, des industries de matériaux de
construction et d'ameublement et des industries diverses.
Au Tchad, les industries agroalimentaires sont peu diversifiées et très anciennes car le pays est
à vocation agropastorale.
Les Abattoirs Frigorifiques de Farcha, créés en 1958 et privatisés sous le nom de La Société
Moderne des Abattoirs de Farcha en 1999, sont redevenus Abattoirs Frigorifiques de Farcha
après la reprise desdits abattoirs par l’Etat en juin 2014. Ils s’occupent de l’abattage des ani-
maux pour la consommation locale et pour l’exportation. Mais depuis 1984, ils n’exportent plus
la viande à cause de la peste bovine dont le Tchad a été déclaré l’un des foyers. Cependant,
depuis 2002, le pays est déclaré indemne de cette peste bovine. Ces abattoirs produisaient en
moyenne 110 tonnes de viande par jour et disposaient de 22 chambres froides pour les carcasses
destinées au marché intérieur et d’un entrepôt de palettisation de 70 tonnes à l’Aéroport inter-
national de N’Djaména pour l’exportation. De nos jours, la capacité de ces abattoirs est réduite
à 30 ou 35 tonnes de viande par jour avec seulement 4 chambres froides fonctionnelles.
Les Brasseries du Tchad (BDT) sont nées en décembre 2004 de la fusion des Brasseries du
Logone (BDL) de Moundou démarrées en 1965 et des Boissons et Glacières du Tchad (BGT)
de N’Djaména créées en 1971. Les Brasseries du Tchad à Moundou ont produit en 2012 environ
149 000 hl de boissons. Elles s’occupent de la production et de la commercialisation des bois-
sons alcoolisées (Gala, Chari, Guinness, Castel) et des boissons sucrées et gazeuses (Coca-cola,
Fanta, Top soda, Top ananas, eau minérale …) pour la consommation nationale. En dehors des
usines de Moundou, une succursale est opérationnelle à N’Djaména pour ravitailler la ville et
la partie septentrionale du pays.
La Compagnie Sucrière du Tchad (CST), privatisée en 2004 en lieu et place de la Société Na-
tionale Sucrière du Tchad (SONASUT) et de la Société Sucrière du Tchad (SOSUTCHAD),
produit du sucre sous diverses formes : en morceaux, en granulé, en pain. En 2013, 33 000
tonnes de sucre ont été produites au Tchad, ce qui est loin de satisfaire le besoin de la population
estimée à environ 80 000 tonnes par an. Le sucre est le deuxième produit agricole exploité de
façon industrielle après le coton.
Les Sociétés de production d’eau minérale (Excel, Assafi, Al-Madina, Al-Djamal, Cristal, …)
fournissent de l’eau potable captée par forage et assurent sa commercialisation au niveau natio-
nal.
Les boulangeries et pâtisseries (La Rotative, Boulangerie Hanana, Boulangerie Hyba, Al-
Firdos…) fabriquent du pain, des gâteaux, des biscuits… pour l’alimentation des populations.
L’usine de Jus de Fruits de Doba (UJFD) a mis sur le marché intérieur depuis mars 2012 du jus
de fruits. Elle s’occupe de l’extraction, de la préparation et de l’embouteillage de jus des fruits.
Sa capacité de production est de 5 000 à 6 000 bouteilles par jour.
Les matériaux de construction et d’ameublement ne font pas défaut au Tchad mais les structures
qui les transforment, même si elles sont nombreuses, ont une capacité de production limitée et
évoluent dans l’informel. C’est le cas des briqueteries, des menuiseries métalliques et/ou bois.
Celles qui évoluent dans le formel sont entre autre la Société de Production, de Commerciali-
sation des Tôles et Divers (SOPCOTOD) à N’Djaména, qui fabrique et commercialise des tôles
standard et sur mesure à la demande des clients ; la SONACIM (Société Nationale de Ciment)
à Baoré produit annuellement 180 000 tonnes et emploie 371 personnes.
La Nouvelle Société Textile du Tchad (NSTT) à Sarh, née sur les cendres de la Société Textile
du Tchad (STT) puis de la Compagnie Textile (COTEX), peut mettre sur le marché toutes les
gammes de produits d’habillement. Sa capacité régulière de consommation est de 1 000 à 1 300
tonnes de coton-fibre par an.
Plusieurs autres industries s’occupent de la construction des bâtiments et des routes : la Société
d’Aménagement en Territoire d’Outre-Mer (SATOM), la Société Nationale d’Entretien Routier
(SNER), la Nouvelle Entreprise de Construction des Bâtiments et des Travaux publics (NECO-
BAT), le CGCOC, sigle chinois qui se traduit en Anglais par China Overseas Construction CO.
LTD etc.
Disposant d’un certain nombre d’unités industrielles, entres autres, agro-alimentaires, extrac-
tives, chimiques, de matériaux de construction et d’ameublement, textiles, le Tchad connaît un
certain niveau de développement du point de vue santé et longévité, de l’accès à l’éducation et
de vie décente de la population.
En effet, grâce à l’existence de ces quelques unités industrielles qui emploient une bonne partie
de la population, bien de ménages mènent une vie améliorée du point de vue de l’habitat de
l’alimentation, de la santé, de la formation et de l’éducation. Les produits générés par ces unités
industrielles satisfont en grande partie les besoins nationaux de consommation, réduisant de
facto la dépendance des produits d’importation. Le surplus des produits provenant de certaines
de ces unités tels que le pétrole de la raffinerie de Djarmaya, la viande et les vaccins des Abat-
toirs Frigorifiques de Farcha, les cigarettes de la MCT de Moundou est exporté. Ces exporta-
tions sont source de revenus pour le pays même s’ils sont peu importants.
Les quelques unités industrielles du Tchad contribuent également au développement des infras-
tructures sanitaires, d’éducation…
ÉVALUATION
Quelles sont les unités industrielles implantées au Tchad ?
Pourquoi les industries agroalimentaires sont-elles les plus nombreuses ?
Quelles sont les matières premières que transforment les industries agroalimentaires et textiles ?
Explique ce qui donne de l’importance aux unités industrielles au Tchad.
Quelles sont les industries extractives qui existent au Tchad ?
Explique les principaux problèmes que rencontre l’industrie au Tchad.
RESUME
Le Tchad a une vaste superficie renfermant des ressources agro-pastorales, forestières, mi-
nières et énergétiques considérables mais le pays demeure peu industrialisé. Parmi les indus-
tries qui y sont implantées se trouvent entre autres : des industries agroalimentaires (les Abat-
toirs Frigorifiques, les BDT, la CST, l’UJFD…), l’industrie textile (la NSTT), des industries
extractives (l’exploitation du pétrole de Doba, la cimenterie de Baoré, exploitation tradition-
nelle du kaolin, du calcaire, du sable et de l’or), des industries chimiques (la raffinerie de
Djarmaya, l’huilerie-savonnerie de Moundou), des industries de matériaux de constructions
et d'ameublement et des industries diverses. Plusieurs autres industries s’occupent de la cons-
truction des bâtiments et des routes.
L’importance des unités industrielles dans l’économie du Tchad n’est point à démontrer, car
touchant à la fois la santé et l’espérance de vie, l’éducation et le bien-être de la population
desquels s’inspire la définition de l’Indice de Développement Humain (IDH).
L'industrie Tchadienne reste faible et handicapée par de nombreux problèmes d'ordre interne
et externe notamment les infrastructures de base (routes, télécommunications, énergie) défi-
cientes, la main-d’œuvre insuffisamment qualifiée, la faible articulation d’une industrie par
rapport aux besoins des populations. L’environnement juridique et réglementaire est peu ras-
surant ; les moyens financiers et technologiques sont limités ; les impôts et taxes sont élevés ;
le monopole étouffe l’esprit d’entreprise ; le détournement des richesses, des revenus et l’ina-
daptation des circuits financiers aux échanges internes ou régionaux sont également des fac-
teurs qui freinent l’industrialisation.
EXERCICES PRATIQUES
1. Le Tchad est un pays peu industrialisé. Qu’est ce qui peut expliquer cet état de fait ?
2. L’implantation des industries obéit à certaines normes et facteurs. Au Tchad, quels sont les
facteurs qui ont impulsé les industries existantes ?
3. A quoi est destiné le pétrole exploité à Komé? Et celui de Djarmaya ?
4. La Société Industrielle de Matériels Agricoles et d’Assemblage de Tracteurs (SIMATRAC)
œuvre pour la mécanisation de l’agriculture. Enumère les matériels Agricoles produits par
cette société.
5. Donne cinq problèmes que rencontre l’industrie au Tchad et propose quelques solutions.
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- identifier les moyens de transport et de communication ;
- décrire les différents types de télécommunications modernes et leur impact sur les diffé-
rents secteurs d’activités.
STRATEGIES
Observons la carte des infrastructures de transport et autres moyens de communication du
Tchad et identifions-en les différents types tout en les localisant.
Décrivons-les en présentant leur importance pour le développement économique.
CONTENU
Depuis l’amorce de la mondiali-
sation au XXe siècle, l’enclave-
ment du Tchad prend une autre
dimension avec les changements
multiformes. D’abord naturel,
contre lequel la lutte est engagée
par la construction des infras-
tructures de transport. Cet en-
clavement s’amplifie par la pré-
sence envahissante des moyens
modernes de communication
auxquels il faut faire face.
Des routes ouvrant le pays sur l’extérieur sont construites (exemple : Moundou-Touboro-
Ngaoundéré), d’autres sont en projet et attendent d’être construites. Il s’agit des tronçons Kélo-
Léré-figuil (Cameroun), Massakory-Bol-Nguigmi (Niger).
1.2 Le transport routier international
L’essentiel des flux d’échanges extérieurs emprunte la voie camerounaise. A partir de
N’Gaoundéré, ces flux passent soit par l’axe du Nord-Cameroun (via Garoua, Maroua, Kousseri
ou Garoua-Figuil-Léré) ou par l’axe bitumé N’Gaoundéré-Moundou au Sud du Tchad. Ensuite,
la voie libyenne qui avait développé un trafic très important, est de nos jours, avec la crise
- Les exportations concernent essentiellement les produits agricoles et d’élevage. Avec la chute
des exportations du coton-fibre des années 2000 (étiage en 2009 avec seulement 35 000 tonnes),
les vivriers marchands fournissent les plus gros volumes exportés. Cependant, ils sont difficiles
à quantifier, de même que le bétail sur pied destiné au Nigeria via le Cameroun et le Lac Tchad.
Le pétrole est exporté par oléoduc de Doba à Kribi au Cameroun ; les autres gisements du centre
du pays pourraient bientôt s’y connecter. Parallèlement à l’oléoduc qui va de Komé à Kribi,
une route dont la partie tchadienne n’est pas bitumée, sert pour le convoyage des matériels et
matériaux destinés aux travaux d’exploitation du pétrole. Le projet de construction d’une voie
ferrée transafricaine (Cameroun-Tchad-Soudan) fait espérer un désenclavement effectif pou-
vant contribuer avantageusement au développement économique.
Le transport aérien joue un rôle important dans le développement des pays enclavés. Malheu-
reusement au Tchad, il est peu développé.
L’Aéroport International de N’Djaména est le seul aéroport du Tchad répondant aux exigences
de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) et qui est retenu dans le plan ré-
gional de navigation aérienne Afrique-Océan Indien (ANP/AFI) pour assurer le trafic interna-
tional des vols réguliers.
Les 4 aéroports (Abéché, Moundou, Sarh et Faya) sont le plus souvent desservis par de vols
hebdomadaires tandis que les 47 restants sont peu utilisés. Plusieurs exploitants aériens existent,
mais seule la compagnie nationale Toumaï Air Tchad, disposant de 3 appareils assure des vols
réguliers domestiques et régionaux. Le trafic aérien intérieur est ainsi estimé à 12 000 passagers
en 2008.
Les trafics internationaux atteindraient 160 000 passagers par an à l’Aéroport international de
N’Djaména selon les estimations de 2008. Le plus important de ce fort trafic provient de l’axe
Paris-N’Djaména, compte tenu des liens historiques entre la France et le Tchad, de l’importance
Le transport fluvial et lacustre reste toujours dans le secteur informel, mais assure une part
importante des échanges intérieurs et transfrontaliers.
Depuis le Lac Tchad, les exportations des produits halieutiques et extractifs (natron…) sont
assurées par des pirogues en bois motorisées vers les pays voisins, mais aussi vers N’Djaména
via le port de Guitté dans le Hadjer Lamis. En plus de ces produits d’exportation, la capitale
reçoit des produits manufacturés en provenance du Nigeria. Ces pirogues motorisées sont esti-
mées à plus de 5 000 et ont chacune, une charge moyenne d’une tonne. Sur les fleuves Chari et
Logone, le trafic est opéré en période des hautes eaux (fin juillet à mi-novembre). Le corridor
Bousso-Guelendeng qui ravitaille la capitale en produits agricoles et en bois de chauffe est le
plus important quand la crue rend l’axe routier Bousso-Ba-Illi-Guelendeng impraticable.
Cependant le bac constitue également un moyen de liaison entre certaines villes et/ou localités,
par exemple : Bousso-Mogo, Bongor-Yagoua (Cameroun)...
La navigation fluviale et lacustre au Tchad nécessite une organisation des acteurs et une amé-
lioration de moyens de transport. L’aménagement probable des lits des fleuves avec la sauve-
garde du Lac Tchad ren-
drait florissant le trafic
fluvial et lacustre. Mal-
heureusement, avec la
vague de sècheresse et
d’ensablement des cours
d’eau, les fleuves et le
Lac Tchad ont vu leur
niveau baisser et les
conditions de navigabi-
lité sont devenues plus
restrictives.
Photo 70 : Navigation sur le Lac Tchad
2. Les télécommunications
Le secteur de télécommunication qui est une des composantes essentielles des technologies de
l’information et de la communication (TIC) a connu des bouleversements sans précédent au
cours de la décennie écoulée.
Le secteur des télécommunications du Tchad souffre d’une insuffisance de réseau et d’une pé-
nétration des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) la plus faible de la
sous-région. Par ailleurs, le Tchad est classé parmi les pays à faible niveau d’accès numérique
(DAI) aux TIC avec comme valeur d’indice 0,1, alors que les pays à niveau d’accès moyen aux
TIC ont leur DAI qui se situe entre 0,3 et 0,4. Le Tchad est également l’un des pays où les
services des télécommunications ont le coût le plus élevé.
Manuel de Géographie 3ème. Page | 101
Dès 2005 et grâce à l’appui des partenaires au développement, le Gouvernement du Tchad a
fait élaborer une Stratégie Nationale de Développement des TIC (SNDTIC) ou plan NICI (Na-
tional Initiative for communication and information) qu’il a adopté en 2008.
Le réseau postal tchadien est en voie de régression avec un service courrier accéléré embryon-
naire, un réseau financier postal précaire. Cette défaillance est due à la vétusté des équipements,
aux structures de transports et surtout à l’essor des TIC (téléphonies mobiles, internet…) qui
réduisent énormément l’usage des services postaux.
La principale station radio demeure l’Office National de Radio et Télévision (ONRTV), basée
à N’Djaména. Elle est relayée par des stations régionales émettant en bande FM dans les
grandes villes tandis que la télévision nationale est connectée au réseau satellitaire NILESAT
TP 12.051/V/27.478. En plus de ces stations radios, de nombreuses autres privées et commu-
nautaires existent à travers le pays. Elles diffusent, en relayant parfois ceux de l’ONRTV, des
programmes sur le développement dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage… et de sen-
sibilisation sur la santé, l’hygiène et l’assainissement, la sécurité.
ÉVALUATION
Quels sont les principaux moyens de transport et de communication du Tchad ?
Quels sont les principaux réseaux routiers du Tchad ?
Quelle est l’importance des moyens de transport et des voies de communication dans le déve-
loppement d’un pays comme le Tchad ?
Donne les principaux moyens de télécommunication du Tchad. En quoi sont-ils importants pour
le pays.
RESUME
Depuis l’amorce de la mondialisation au XXe siècle, le Tchad est obligé d’entreprendre le
développement de moyens de transport et de télécommunications modernes (route, télépho-
nie, internet…).
Les infrastructures de transports sont constituées principalement par les réseaux routiers in-
térieur et international.
Le réseau de transport routier international relie le Tchad aux ports des pays de la sous-région
par sept principales voies dont la plus importante est la voie camerounaise qui supporte le
plus grand flux des échanges extérieurs. Ces échanges concernent les produits de l’élevage
et de l’agriculture. Le pétrole est exporté par oléoduc du site de Komé à Kribi au Cameroun.
Une route parallèle à l’oléoduc (Komé-Kribi), sert pour le convoyage des matériels et maté-
riaux destinés aux travaux d’exploitation du pétrole.
Au Tchad, les télécommunications modernes ont pour opérateurs l’Office Tchadien de Ré-
gulation de Télécommunication (OTRT), la Société Tchadienne des Postes et de l’Epargne
(STPE) et la Société des Télécommunications du Tchad (SOTEL-TCHAD). Les principaux
réseaux sont ceux de la poste, de la téléphonie mobile, de l’Internet avec connexion à la fibre
optique en construction et les stations radio.
LEXIQUE
Infrastructures de transport : ensemble des équipements nécessaires au transport.
Intensité de trafic : degré de fréquence du mouvement des personnes, des marchandises ou des
véhicules sur une voie.
EXERCICES PRATIQUES
1. Réalise une carte des routes d’importance nationale du Tchad.
4. « Voyagez moins, téléphonez plus, de jour comme de nuit, au bureau, au marché, à domi-
cile…Le téléphone est votre partenaire fidèle. » En te servant de ce texte publicitaire, dégage
en quelques lignes, l’importance du téléphone (avec fil ou sans fil) dans la communication.
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- identifier les principaux produits qui permettent le développement du commerce au
Tchad ;
- décrire les circuits commerciaux ;
- repérer sur une carte les sites touristiques du Tchad ;
- décrire les sites touristiques et les produits de l’Artisanat au Tchad.
STRATEGIES
Observons la carte économique du Tchad et identifions les différents produits commerciaux.
Observons la carte physique du Tchad et identifions les différents sites touristiques.
CONTENU
La République du Tchad, pays charnière entre l'Afrique blanche (Maghreb) et l'Afrique noire
est située au cœur de l'Afrique. C’est un pays fondamentalement importateur de par son encla-
vement géographique mais il a aussi un potentiel non négligeable pour l'exportation.
Dans le domaine touristique, le Tchad offre une multitude de sites d'attraits rivalisant de beauté
et de splendeur. Les différents paysages désertiques sont magnifiques et époustouflants. A ces
curiosités naturelles, se greffe un artisanat fournissant divers objets de qualité.
1. Le commerce
Le commerce constitue le nerf de l’économie d’un pays. Il se distingue en commerce extérieur
et en commerce intérieur.
Les exportations contrôlées ne reflètent pas la réalité. Ce sont les exportations frauduleuses qui
sont plus importantes à cause de la porosité des frontières et de l’insuffisance des points de
contrôle. En effet, des études récentes évaluent les exportations annuelles réelles à plus de
520.000 bovins. Ce qui représente un manque à gagner de 104 milliards de francs CFA au pays ;
- la gomme arabique : le Tchad est l’un des premiers pays exportateurs de la gomme arabique.
Il figure en 2ème position mondiale des pays producteurs juste après le Soudan. En 2007, 15 600
tonnes de gomme ont été récoltées et exportées. En 2006, les revenus provenant des exporta-
tions de la gomme arabique sont de l’ordre de 2,73 milliards de francs CFA ;
- le poisson frais, fumé ou séché fait l’objet d’un circuit de commerce extérieur entre le Tchad
et les pays voisins voire d’autres pays d’Afrique (Mali…).
L’exportation du pétrole brut représente aujourd’hui plus de 90 % des exportations totales du
Tchad. Il est exporté par oléoduc vers les terminales de Kribi au Cameroun et destiné aux mar-
chés européen, américain et asiatique. Ses revenus ont été de l’ordre de 3 110 milliards de CFA
en 2006.
Outre ces produits, le Tchad exporte l’arachide, le sésame, le natron, le sel gemme, et les ciga-
rettes.
Au Tchad, les importations concernent surtout les produits pharmaceutiques, les biens manu-
facturés, équipements électroménagers, électroniques, véhicules etc. en provenance d’Asie
(transitant par Dubaï), de l’Europe et de l’Amérique. Ces produits empruntent la voie maritime
ou aérienne. Le Tchad importe de plus en plus de produits agro-alimentaires des pays voisins,
Le Tchad a une balance commerciale déficitaire car le montant des importations dépasse celui
des exportations rendant ainsi le pays dépendant des produits extérieurs. Il faut noter aussi qu’en
matière des services, les transferts des salaires des expatriés dépassent largement ce que les
expatriés tchadiens rapatrient, ce qui influence aussi les déficits des balances des paiements. Il
suffit d’analyser les transferts des salariés expatriés du secteur pétrole pour se rendre à l’évi-
dence.
Tableau 5 : Importations et exportations par rapport au PIB
Des relations de complémentarité économique existent entre les populations des différentes ré-
gions et recoins du Tchad. Des échanges se font dans tous les sens et à travers des circuits
d’échange grâce au réseau des marchés hebdomadaires en milieu rural et quotidien en milieu
urbain. Ces circuits sont dominés par les échanges des produits agro-pastoraux et manufacturés.
Ces flux s’orientent de la zone saharienne vers les zones sahélienne et soudanienne par l’appro-
visionnement en natron, sel gemme, datte et dromadaire. L’oignon et l’ail, font un circuit
d’Abéché vers l’intérieur et le Sud du pays.
Photo 74 : Marchand de l'oignon sur le marché Photo75 : Vendeurs d’arachide au marché de Dembé (N’Djaména)
Le maïs produit dans la région du Lac, le mil pénicillaire du Sud et de la région de Hadjer Lamis
(Bokoro), le sorgho de décrue en provenance du Salamat et les oléagineux des différentes zones
de production approvisionnent les différents marchés à l’intérieur du pays. Le volume commer-
cialisé pour les produits de rente (principalement niébé, sésame et arachide) est évalué à 1 945
tonnes par semaine. A ces échanges céréaliers s’ajoutent ceux des tubercules, des fruits, des
produits maraîchers et manufacturés.
2. Tourisme
Le Tchad possède un capital touristique exceptionnel. Des sites naturels d’une grande beauté et
des populations ayant préservé une bonne part de leurs traditions culturelles donnent au pays
un riche patrimoine d’attrait. Il s’agit notamment des buttes Sao dans la région de N’Djaména,
des remparts fortifiés (vestiges du château de Ouara au Ouaddaï), des dunes mouvantes, des
traces préislamiques et des gravures rupestres de l’Ennedi (Archei) et du Tibesti, les rochers
légendaires de Hadjer Lamais et les
îles flottantes du Lac Tchad avec pos-
sibilités de croisière sur embarcation
typique de la région : "le kadeï", pi-
rogue en papyrus. Les cases ‘‘obus’’
du pays massa ou mousgoum offrent
une particularité saisissante.
Les paysages lacustres de Léré avec leurs lamantins qui sont une espèce unique en Afrique, les
lacs Iro et Fitri et surtout le Lac Tchad, repère des hippopotames, caïmans, loutres, pythons de
seba, cobras à cou noir et de centaines d’espèces d’oiseaux, sont des sites merveilleux.
Une grande variété et diversité d'animaux vit dans les Parcs Nationaux et Réserves de faune qui
valent d'être visités, à savoir : les parcs nationaux de Zakouma, de Manda, de Sena-Oura et dans
les réserves de faune de Sinikia Minia, de Mandelia, de Binder-Léré, du Bahr Salamat, de Ouadi
Rimé, de Ouadi Achim, de Fada Archei, de l'Aboutelfane.
Photo 78: Les éléphants du parc de Zakouma Photo 79: Les autruches du parc de Zakouma
Les compagnies aériennes internationales et nationales, des hôtels et des guides permettent la
promotion et la valorisation de ces patrimoines. Ces compagnies sont entre autres, Soudan Air-
ways, Ethiopian Airlines, Cameroun Airlines, Egypt air, Royal Jordanian, Air Toumaï… ainsi
que des hôtels de luxe qui sont aujourd’hui implantés partout dans les grands centres urbains no-
tamment Hôtel Ledger Plaza, Novotel La Tchadienne, Hôtel Le Prestige, Hôtel Du Chari-Le-
Méridien… (N’Djaména), Hôtel La Palmeraie, VGA Hôtel…. (Moundou), Hôtel SONASUT
(Sarh).
Le projet de développement touristique au Tchad envisage la construction des hôtels dans plu-
sieurs villes telles que Am-Djarass, Abéché, Fada, Mongo…
3. Artisanat
L’artisanat au Tchad offre mille et un objets de souvenir riches, d’une valeur artistique indé-
niable : les beaux tapis, les sacoches et les babouches en cuir, les vanneries d'Abéché et de Goz-
Beida d'une grande originalité, les calebasses pyrogravées selon les thèmes traditionnels sécu-
laires illustrant les divers moments de la vie, de la céramique. Une grande gamme de divers
objets tels que : couteaux de jet, arcs, lances, sagaies, peaux, bijoux en argent et en or, objets
en ivoire, etc.
L’industrie des cuirs et peaux (maroquinerie) est en effet encore embryonnaire et peu structu-
rée ; elle est essentiellement artisanale. Cependant, à Abéché et à N’Djaména, les objets pro-
duits et offerts sur le marché sont d’une grande perfection qui n’ont rien à envier aux produits
modernes.
ÉVALUATION
Quelles sont les matières premières exportées par le Tchad ?
D’où proviennent les produits qu’importe le Tchad ?
Quel est le flux du circuit commercial intérieur ?
Comment se présente la balance commerciale du Tchad ?
Présente quelques sites touristiques du Tchad.
Cite quelques objets de l’artisanat.
RESUME
Le Tchad, dans le domaine du commerce extérieur est le plus grand exportateur de bétail
sur pied en Afrique centrale. Il exporte également du coton-fibre, du pétrole, de la gomme
arabique (2ème producteur mondial derrière le Soudan), de l’arachide, du sésame, du pois-
son, des peaux, des cigarettes…
Des sites naturels d’une grande beauté sont nombreux au Tchad. Des parcs et réserves héber-
gent une grande variété d'animaux et d’oiseaux.
L’artisanat tchadien offre mille et un objets riches, d’une valeur artistique indéniable : les
beaux tapis, les sacoches et les babouches en cuir, les vanneries d'Abéché et de Goz-Beida
d'une grande originalité; les calebasses pyrogravées selon les thèmes traditionnels séculaires
illustrant les divers moments de la vie ; de la céramique etc. les chants et danses se pratiquent
partout dans chaque village.
EXERCICES PRATIQUES
2. Quelle utilité présente la gomme arabique pour le Tchad et pour les pays importateurs ?
3. Donne les raisons pour lesquelles la sortie frauduleuse du bétail est très accentuée au Tchad.
Situation 1
Contexte : Tu as lu dans le journal Tchad et Culture, dans des numéros spéciaux « zoom » sur
les potentialités de certaines régions de ton pays, des informations sur l’économie. Tu as cons-
taté qu’il était question des ressources suivantes : forestières, fauniques, en eau, minières, éner-
gétiques…Selon le journal, ces ressources naturelles peuvent permettre l’implantation de beau-
coup d’industries dans le pays telles que les industries agro-alimentaires, chimiques, de maté-
riaux de construction, textiles etc. et cela te rappelle les cours que tu as eus sur les richesses de
ton pays. Tu en parles à ton oncle Bakari qui veut en savoir plus. Tu lui apportes des informa-
tions supplémentaires.
Consigne :
1. Donne-lui pour chacune des ressources ci-dessus énumérées les principales zones où l’on
peut les trouver.
2. Présente-lui les usines de transformation qui existent et celles qui pourraient être implantées.
Situation 2
Contexte : Au cours de tes leçons de géographie, tu as appris que l’économie d’un pays est
fondée sur plusieurs facteurs et ressources. En t’appuyant sur ces images, accomplis les tâches
demandées.
(4) (5)
Consigne :
1. Observe ces images et fais ressortir pour chacune d’elle le domaine économique auquel elle
appartient.
2. Relève parmi ces images, celle ou celles qui reflètent les réalités de ta région et explique la
raison de son ou de leur existence.
3 Décris et explique les relations qui peuvent exister entre ces images.
LE TCHAD ET L’AFRIQUE
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- décrire les différents problèmes qui handicapent le développement du Tchad;
- répertorier les principales stratégies susceptibles d’accélérer le développement du Tchad.
STRATEGIES
Analysons les données concernant les ressources naturelles, humaines et économiques des le-
çons précédentes sur le Tchad et examinons les principales contraintes qui s’opposent au déve-
loppement de ce pays.
Au regard de ces problèmes, proposons de pistes de solutions.
CONTENU
Le Tchad est l’un des pays les plus pauvres du monde malgré la rente pétrolière dont l’exploi-
tation a débuté depuis 2003. Ainsi, le Tchad est classé au 183è rang mondial sur 187 pays en
2011 selon le rapport mondial sur l’indice de développement humain (IDH) des Nations
Unies. Les problèmes qui minent le développement du Tchad sont multiples et relèvent des
aspects physiques, de la démographie, de l’économique et du politique.
Le Tchad est fortement enclavé, sans débouché sur la mer, ni chemin de fer le reliant à l’exté-
rieur. Le désenclavement intérieur par la construction de voies routières durables est certes
amorcé mais reste encore insuffisant et le développement économique en prend un coup.
La santé, l’un des secteurs prioritaires du pays, n’arrive pas à couvrir les besoins de la majorité
des Tchadiens en matière de soins de base et surtout de qualité malgré les efforts consentis par
le gouvernement pendant la première décennie de 2000. Selon la deuxième Enquête Démogra-
phique et de Santé au Tchad (EDST2, 2012), il ressort qu’il n’y a qu’un médecin pour 28 466
habitants et 1 sage-femme pour 7 537 femmes en âge de procréer.
L’exportation du pétrole brut de Doba dont les ressources devraient permettre la modernisation
des infrastructures de base (éducation, santé, voies de communication, eau et énergie), des sec-
teurs productifs (industrie, agriculture, élevage, pêche, tourisme) et des services (transports,
administration…) n’est qu’un mirage.
Il y a une grande difficulté à mettre en place un cordon douanier efficace, apte à protéger les
industries nationales confrontées à un très sérieux problème de concurrence déloyale de la part
de nombreux importateurs non fiscalisés. La non-exploitation des ressources minérales et éner-
gétiques est un sérieux handicap à l’industrialisation du pays qui doit recourir à d’onéreuses
importations.
4. Problèmes politiques
L’un des problèmes qui handicapent le développement du Tchad est l’instabilité politique en
termes d’absence de paix et de quiétude chez les citoyens devant vaquer avec assurance à leurs
activités.
Les institutions de la République mises en place tels que le pouvoir législatif, le pouvoir judi-
ciaire, la presse ne sont réellement pas indépendants pour jouer leur rôle de régulateurs de la
démocratie et de la bonne gouvernance.
Sur le plan physique, le Tchad doit mener une campagne réaliste et juste pour la protection de
l’environnement. Cette lutte contre l’avancée du désert doit se baser sur le reboisement et la
mise en défens, pour protéger les cours d’eau et les lacs de l’ensablement.
Sur le plan humain, la réussite du système éducatif passe par une amélioration de la qualité des
compétences pédagogiques par une meilleure formation initiale et continue des enseignants et
des personnels d’encadrement, mais également par la rénovation des programmes d’enseigne-
ment et d’alphabétisation en liaison avec l’emploi.
EVALUATION
Quels sont les principaux problèmes qui handicapent le développement du Tchad ? Donne pour
chacun d’eux un ou deux éléments précis.
Quelles sont les raisons qui rendent certaines stratégies peu performantes ?
Donne quatre pistes susceptibles de favoriser le développement du Tchad.
RESUME
Le Tchad, bien que disposant de nombreuses potentialités pour son développement écono-
mique, tel que le pétrole, occupe cependant le 183è rang mondial sur 187 pays en matière
d’indice de développement humain selon les Nation-Unies en 2011.
En fait, des problèmes naturels, humains, politiques ou économiques entre autres, constituent
des défis à relever pour ouvrir le chemin au développement du Tchad.
Le Tchad est un pays enclavé et connaît une avancée rapide du désert due en grande partie à
la dégradation de l’environnement et du climat. Ses différentes structures de communication
et de transport sont insuffisantes voire inexistantes (voie ferrée) pour permettre un réel dé-
collage économique.
Les ressources humaines souffrent d’une insuffisance quantitative et qualitative dans tous les
secteurs et surtout dans le système éducatif et la santé. La formation même des ressources
humaines n’est pas en adéquation avec l’emploi.
Malgré les ressources pétrolières, le Tchad n’échappe pas aux problèmes économiques. Il
s’agit particulièrement du mauvais fonctionnement des rares unités industrielles existantes,
de l’inexploitation de nombreuses ressources naturelles ou de la pratique traditionnelle de
leur exploitation (agriculture et élevage). S’ajoutent à tout cela, la mauvaise gestion, le faible
investissement dû aux conditionnalités des partenaires et de manque des capitaux, la concur-
rence déloyale de la part de nombreux importateurs non fiscalisés.
Le développement effectif du Tchad n’est possible que si l’on s’attelle à relever certains défis
tels que la lutte consciente contre l’avancée du désert par la protection de l’environnement,
le reboisement, la limitation de coupe de bois ; une formation de qualité des ressources hu-
maines, une gestion rationnelle de celles-ci et des ressources financières ; une lutte acharnée
contre la gabegie et la corruption. A la base de toutes les autres actions, les plus importantes
sont la paix, la justice, la volonté politique et la bonne gouvernance.
LEXIQUE
Indice de Développement Humain (IDH) : est un indice composite mesurant le niveau moyen
atteint dans trois dimensions essentielles du développement humain : santé et longévité, accès
à l’éducation et niveau de vie décent.
EXERCICES PRATIQUES
1. Après avoir défini le développement, explique si l’effectif de la population tchadienne est un
atout ou un frein au développement du pays.
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- situer le continent sur un planisphère ;
- décrire le relief de l’Afrique ;
- présenter l’hydrographie de l’Afrique ;
- décrire le rapport entre le relief et l’hydrographie en Afrique.
STRATEGIES
Observons un planisphère et identifions le continent africain.
Observons la carte orohydrographique de l’Afrique et identifions les différents types de relief
et l’hydrographie.
CONTENU
L'Afrique comprend 54 Etats souverains depuis 2011 et couvre une superficie de 30 368 609
km2 soit 20,3 % des terres émergées et 6 % de la surface de la planète terre. Il s'agit du deuxième
plus grand continent après l'Asie, en surface et en population. Elle est reliée à cette dernière à
son extrémité Nord-est par l'isthme de Suez, aujourd'hui traversé par le canal du même nom.
Ses points extrêmes sont dis-
tants d'environ 8 000 km du
Nord au Sud (du Cap Bon en
Tunisie, au Cap des Ai-
guilles en Afrique du Sud) et
de 7 400 km d'Est en Ouest
(du Cap Gardafui en Soma-
lie, à Santo Antão au Cap-
Vert). Le littoral mesure en-
viron 26 000 km.
1. Aspects Physiques
L’Afrique a un relief accidenté. Il est constitué de dômes et de cuvettes. Dans ce dispositif, les
montagnes exercent une influence décisive sur l'hydrographie.
1.1 Le relief
En observant la carte orographique (du relief) de l'Afrique, il ressort que ce continent est marqué
par trois principales formes, à savoir : les montagnes, les plateaux et les plaines.
Dans le reste de l’Afrique les montagnes sont rassemblées en massifs. Ce sont, au Maroc, le
Mont Djebel Toubkal à 4 167 m d’altitude ; le Mont Cameroun à 4 095 m d’altitude ; en Afrique
du Sud, le Drakensberg, à 3 482 m d’altitude ; dans l'extrême Nord du Tchad, l’Emi-Koussi
dans le Tibesti à 3 415 m d’altitude ; au Soudan, le Darfour à 3 087 m d’altitude et dans
l'extrême Sud de l'Algérie, le Hoggar à 2 918 m d’altitude.
Les plateaux du Sud et de l'Est se situent à une altitude moyenne de 1 000 m et tombent rarement
en dessous de 600 m. Le plateau sud-africain, autour du 12e parallèle sud, est bordé à l'Est, à
l'Ouest et au Sud par des hautes fa-
laises tombant brutalement vers la
mer. Au Sud, trois escarpements
successifs en paliers séparent le pla-
teau de la plaine côtière. Le plus
grand d'entre eux, le Grand Karoo,
est une région aride et infertile. Une
partie de ce plateau constitue le dé-
sert du Kalahari.
Vers le Nord-Est, le plateau sud-africain rejoint celui de l'Afrique de l'Est. Il est composé d'une
succession de chaînes montagneuses, de plaines et de dépressions et est creusé du Nord au Sud
par les deux branches du Rift africain. La partie basse de ce plateau est occupée par les Grands
Lacs (Lac Tanganyika, Lac Victoria, Lac Malawi, Lac Édouard, Lac Albert et Lac Kivu). Après
avoir longé le Lac Victoria sur chaque rive, les deux branches du Rift se rejoignent au Nord du
Lac Malawi pour former une vallée unique, la vallée du Rift parsemée de volcans, dont le Ki-
limandjaro (éteint) est le point culminant du continent à 5 895 m.
Les plateaux d'Éthiopie constituent la troisième zone de hauts plateaux et la plus grande région
d'altitude. Ils descendent rarement en dessous de 1 500 m et certains sommets atteignent 4 600
à 4 900 m. Ils sont situés juste à l'Ouest du grand Rift, dont le prolongement vers le Nord longe
l'escarpement oriental sur sa trajectoire vers la Mer Rouge. Le centre de ces plateaux est cons-
titué d'un bassin circulaire occupé par le Lac Tana.
A l'Est comme à l'Ouest du continent, les hauts plateaux sont bordés par des bandes de terre
parallèles à la côte. Les plateaux d'Éthiopie continuent vers le Nord, le long de la Mer Rouge,
en une série de crêtes atteignant parfois 2 000 m d'altitude. A l'Ouest, le plateau est plus large,
mais aussi moins élevé. Les zones les plus montagneuses se trouvent près du creux du golfe de
Guinée, avec des altitudes allant de 1 800 à 2 400 m. Le mont Cameroun, point culminant de
l'Afrique centrale à 4 095 m, est le sommet d'une chaîne volcanique qui se prolonge dans
Trente-neuf pays africains disposent d'un littoral. À l'exception de l'Afrique de l'Ouest, les côtes
africaines sont relativement droites et pauvres en ports naturellement profonds. Les paysages
côtiers sont composés d'estuaires, de deltas, de lagons, de marécages, de mangroves et des bar-
rières de coraux.
La plaine côtière a généralement deux aspects : celui de cuvettes remblayées par des dépôts
fluviatiles (déposés par les eaux des fleuves) et celui de larges surfaces aplanies. La plaine
côtière, souvent marécageuse, rend difficile l'accès au continent.
Figure 29 : Hydrographie de l’Afrique (Internet : wikipedia) Figure 30 : Le Nil et son bassin versant (Internet : wikipedia)
Le Congo (4 700 km) a sa source en Afrique orientale, près des lacs Tanganyika, Malawi,
Bangweulu et dans les plateaux angolais. Après avoir reçu les eaux de nombreux affluents, il
Le Niger (4 200 km), troisième plus long fleuve africain, prend sa source à la frontière de la
Sierra Leone et de la Guinée dans le Fouta Djalon. Il coule vers le Nord-ouest. Sa trajectoire
s'incurve fortement au Mali entre Tombouctou et Gao, puis il coule vers le Sud-est avant de se
jeter dans l'Atlantique au niveau du golfe de Guinée. Il a un régime tropical, avec des hautes
eaux en été. Le cours inférieur pénètre dans une région de forte pluviosité et les crues se pro-
longent jusqu'en mai. C’est ainsi que le Niger a des eaux abondantes toute l'année. Son débit
moyen atteint 7 000 m3/s contre 30 000 m3/s en période de crue.
Le Zambèze (2 700 km), prend sa source sur les plateaux angolais et katangais. Il traverse la
Zambie du Nord au Sud, puis se di-
rige vers le Sud-est. Au Sud-ouest, le
système fluvial du Zambèze interfère
avec l'Okavango duquel il reçoit de
temps en temps de l'eau. Le Zambèze
a un régime tropical avec des hautes
eaux de novembre à mars sur le cours
supérieur. Son débit moyen est de
3 000 m3/s à l’embouchure. Il se jette
dans l’Océan indien par un delta.
L’Orange (1 850 km) prend sa source sur les hautes terres du Lesotho et sur le Drakensberg. Il
sépare l'Etat libre d'Orange de la province du Cap et traverse d'Est en Ouest des zones arides ;
Le Sénégal (1 750 km) né dans le Fouta Djalon guinéen, il se dirige d'abord vers le Nord-ouest
avant de décrire une boucle de 500 km de longueur et de se perdre dans un delta. Il est tributaire
des pluies tropicales qui arrosent le Fouta-Djalon. Son régime est de type tropical avec des
hautes eaux de juin à septembre (de 4 000 m3/s). Durant l'étiage, entre avril et juin, le débit est
parfois indigent (2 à 3 m3/s).
Outre les principaux fleuves, l’Afrique compte des fleuves secondaires qui sont entre autres,
l’Okavango, le Limpopo, le Jubba, le Chari.
L'Okavango, long de 1 600 km avec un bassin versant de 721 258 km2, a un débit moyen de
475 m3/s. Il traverse l’Angola, la Namibie et le Botswana ; son embouchure se situe dans le
désert du Kalahari. Il irrigue 15 000 km2 le désert du Kalahari dans lequel il se perd sans jamais
aboutir dans l'Océan Indien.
Le Limpopo, d’une longueur de 1 600 km draine un bassin versant de 413 000 km2. Son débit
moyen est de 265 m3/s. Il traverse l’Afrique du Sud, le Zimbabwe et le Mozambique et se jette
dans l'Océan Indien.
La Volta, a une longueur de 1 346 km. Il draine un bassin versant de 407 903 km2 avec un débit
moyen de 1 217 m3/s. Il prend sa source dans le plateau central du Burkina Faso, traverse le lac
Volta au Ghana et se jette dans l'Océan Atlantique au niveau du golfe de Guinée.
Le Chari, long de 1 200 km, prend ses sources en République Centrafricaine. Il coule vers le
Nord-ouest et va se jeter dans le Lac Tchad après avoir reçu le fleuve Logone au niveau de
N’Djaména. Il a un débit de 1 080 m3/s et a un bassin versant estimé à 600 000 km2.
Les Lacs
Plusieurs lacs parsèment le continent africain. Mais la zone lacustre la plus importante est sans
doute celle des Grands Lacs (Lac Victoria, Lac Tanganyika, Lac Albert, Lac Edouard,
Lac Kivu) qui font partie des lacs de la vallée du Rift. Les principaux lacs d’Afrique sont :
le Lac Victoria, le Lac Tanganyika le Lac Malawi, le Lac Tchad.
Le lac Tanganyika (31 900 km2) fait également partie des Grands Lacs. Il est le deuxième plus
grand lac du monde en volume d’eau et en profondeur. Le seul exutoire du lac Tanganyika est
la rivière Lukuga, qui se jette dans le fleuve Congo.
Le Lac Malawi est situé dans le Sud-Est de l'Afrique, dans la Rift Valley. La majeure partie du
lac Malawi (anciennement dénommé lac Nyassa) se trouve sur le territoire du Malawi ; la rive
Nord-Est longe la frontière tanzanienne, tandis qu'une grande portion de la rive Sud-Est se
trouve sur le territoire du Mozambique. La superficie du lac est estimée à près de 28 000 km2.
Ce lac se situe à environ 470 m au-dessus du niveau de la mer. La rivière Chiré, un émissaire
du lac Malawi, se jette dans le Zambèze.
Le Lac Tchad, qui avait une superficie de 25 000 km² dans les années 60 ne couvre de nos jours
qu’environ 1 400 km2. Il est un grand
lac peu profond d'Afrique dont les
eaux sont douces, ce qui est rare pour
un lac endoréique, c'est-à-dire dont les
eaux ne rejoignent pas l'océan. Son
rôle économique est très important,
car il doit fournir l'eau à plus de 20
millions de personnes des quatre pays
limitrophes : le Tchad, le Cameroun,
le Niger et le Nigeria.
Photo 96 : Le Lac Tchad
ÉVALUATION
Où se situe l’Afrique et combien de pays compte-t-elle ?
Quelles sont les différentes formes de relief qu’on rencontre en Afrique ?
De quoi est constitué le réseau hydrographique de l’Afrique ?
Manuel de Géographie 3ème. Page | 131
Quels sont les fleuves et lacs importants de l’Afrique ?
Explique le lien entre le relief et l’hydrographie en Afrique.
RESUME
L'Afrique comprend 54 États souverains depuis 2011.Sa superficie est de 30 368 609 km2.
Du Nord au Sud, l’Afrique s’étend sur environ 8 000 km (du Cap Bon en Tunisie, au Cap des
Aiguilles en Afrique du Sud), et d'Est en Ouest sur 7 400 km (du Cap Gardafui en Somalie,
à Santo Antão au Cap-Vert).
Les régions très hautes ou très basses sont rares. Le paysage rencontré le plus fréquemment
est celui de plateaux de moyenne altitude, parsemés de sommets ou de chaînes montagneuses
isolées. Les plus hauts plateaux se trouvent à l'Est et au Sud ; leur altitude décroit respective-
ment et progressivement vers l'Ouest et vers le Nord.
Les principales hautes montagnes d'Afrique sont surtout localisées dans le Nord (Rif, Atlas
tellien, Haut Atlas et Atlas saharien) et dans l'Est (Kilimandjaro, à 5 895 m d’altitude ; Mont
Kenya, à 5 199 m d’altitude ; Ruwenzori, à 5 119 m.
En Afrique, les plateaux s'inclinent lentement vers le centre du continent pour former des
grandes cuvettes (cuvettes du Niger, du Tchad, du Congo, du Kalahari, du haut Nil). Les
principaux plateaux sont ceux du Sud parmi lesquels le Grand Karoo dont l’altitude moyenne
est de 1 000 m ; les plateaux éthiopiens à l’Est avec une altitude allant de 1 500 à 4 900 m ;
à l’Ouest les plateaux sont larges avec une altitude allant de 1 800 à 2 400 m autour du Golfe
de Guinée.
Les plaines occupent les quatre grands bassins du Nord, de l’Ouest et du centre du continent
africain. Elles se distinguent en plaines côtières et plaines continentales.
Le continent africain, sur le plan hydrographique, est entouré des Mers et des Océans, tandis
que l’intérieur est parcouru par de nombreux fleuves dont les principaux sont : le Nil (6700
km), le Congo (4 700 km), le Niger (4 200 km), le Zambèze (2 700 km)… L’Afrique est
parsemée de lacs dont les plus importants sont : le Lac Victoria (68 100 km²),
le Lac Tanganyika (31 900 km²), le Lac Malawi (28 000 km²).
LEXIQUE
Cuvette : dépression de terre fermée de tous côtés.
Escarpement : pente raide.
Pente : inclinaison d’une surface, position oblique, déclivité.
Bassin versant : Le terme de bassin hydrographique est parfois remplacé par celui de bassin
versant, qui désigne la surface d'interception des précipitations alimentant un cours d'eau.
Exutoire : partie terminale d’un cours d’eau où il se déverse dans la mer ou dans un lac.
EXERCICES PRATIQUES
1. Décalque le contour de la carte du continent africain.
a) Traces-y l’Equateur et place les points des extrémités du continent (du Nord, du Sud, de
l’Est et de l’Ouest) en y inscrivant les noms.
b) Représente enfin sur cette carte calquée, les principaux hauts sommets d’Afrique avec
leurs altitudes.
2. Qu’est ce qui explique le réseau dense des cours d’eau et lacs en Afrique tropicale ?
STRATEGIES
Observons la carte climatique et de végétation de l’Afrique et identifions-y les différents types
de climat, de sols, de végétation et la faune.
Observons quelques images relatives aux aspects physiques de l’Afrique.
CONTENU
1. Aspects physiques
Continent chaud par excellence, l’Afrique s’étend pour sa grande partie dans la zone inter-tro-
picale. Il a, sur de grands espaces, des climats uniformes. Et comme les zones climatiques, les
zones de végétation se présentent en bandes approximativement parallèles à l’équateur. Mais
d’importantes dégradations font que ces bandes ne sont pas absolument calquées sur les bandes
climatiques.
1.1 Le Climat
L’Afrique est un continent chaud présentant quatre grands types climatiques symétriques à
l’Equateur, à savoir : le climat équatorial, le climat tropical, le climat désertique, et le climat
méditerranéen.
- Le climat équatorial (autour de l’équateur) : il compte quatre saisons dont deux de pluies et
deux saisons sèches. L’humidité de l’air y est très élevée, les vents sont assez faibles et la
moyenne des températures y est de 26° C.
On distingue deux variétés de climat équatorial
: une variété humide au Centre et à l’Ouest
(1500 mm à plus de 2000 mm de pluie par an)
et une variété plus sèche à l’Est (total des pluies
inférieur à 1m).
- Le climat tropical règne entre les Tropiques,
à l’exception de la zone équatoriale : il a deux
saisons dont une saison des pluies et une saison
sèche. Les alizés y sont assez importants et la
température moyenne est de 27° C. Il y a deux
types de climat tropical : le tropical humide et
le tropical sec.
Une variété humide entre les isohyètes 1 200 et
1 500 mm de pluie par an avec 3 à 6 mois de
saison sèche et une variété sèche entre 500 et 1
200 mm de pluie par an avec 6 à 9 mois de Figure 31 : climat équatorial d’Afrique (Internet : viatrip.com)
Figure 32 : climat tropical humide (Internet : viatrip.com) Figure 33 : climat tropical sec (Internet : viatrip.com)
- Le climat désertique (près des Tropiques) : avec moins de 200 mm de pluie par an, il est
marqué par une grande irrégularité des précipitations. Il peut y avoir plusieurs années sèches
consécutives (sans pluie). La sécheresse de l’air et les amplitudes thermiques diurnes (jusqu’à
30° C) et annuelles (plus de 50° C) sont considérables.
Le climat désertique concerne le Sahara, le Kalahari et le Namib. Avec des moyennes record
de chaleur (50° C à l’ombre) et des précipitations quasi nulles (moins de 10 mm/an), rien n’y
pousse. C’est le domaine des dunes de sable (erg) et des champs de rocailles (reg). La vie n’est
dense qu’autour des oasis, où l’on irrigue des champs à l’ombre des palmiers.
Figure 34 : climat aride (Internet : viatrip.com) Figure 35 : Climat méditerranéen (Internet : viatrip.com)
En Afrique équatoriale les sols sont très profonds (jusqu’à plus de 10 m), constitués d’éléments
fins (sables et argiles), mais très appauvris en potassium, calcium… Ils sont riches en fer, ce
qui leur donne la coloration rouge. Ce sont des sols latéritiques appelés aujourd’hui sols ferra-
litiques.
La zone tropicale possède une faune riche et variée. C’est la zone de prédilection des grands
mammifères pour la plupart herbivores notamment la girafe, l’éléphant, le rhinocéros, l’hippo-
potame, le buffle et de nombreuses antilopes, le zèbres, le gnous, le grands koudous. Des pré-
dateurs y sont également nombreux : lions, panthères, guépards, léopards, hyènes, chacals, ly-
caons, etc. ainsi que des reptiles, des rongeurs, des oiseaux et des insectes.
Les milieux méditerranéens ont des sols rouges, châtains, gris qui sont riches en sel et en cal-
caire ; les sols à croûte (calcaire et gypse) sont les plus caractéristiques de ces milieux.
Dans la zone méditerranéenne, on rencontre principalement les steppes buissonnantes ou à gra-
minées, les forêts sèches, les chênes-verts, les chênes-lièges, les genévriers, les pins aux feuilles
ou aiguilles coriaces et persistantes ainsi que les cèdres. Les flancs des montagnes sont couverts
également de ces forêts sèches. Mais il ne subsiste le plus souvent qu’une garrigue formée de
petits arbustes et d’herbes aromatiques (thym, lavande).
La faune de la zone méditerranéenne renferme des espèces animales comme le renard, le lapin,
la loutre et l’écureuil, mais aussi la gazelle, le phacochère, la panthère, le babouin et la vipère
cornue.
ÉVALUATION
Quels sont les types de climat que l’on rencontre en Afrique ? Donne leurs caractéristiques.
Dans quelles parties du continent africain peut-on constater la prédominance du climat tropical
d’une part et du climat méditerranéen d’autre part ?
Quels sont les zones de végétation qu’on rencontre en Afrique ?
Quelles sont les principales espèces animales sauvages des zones d’Afrique équatoriale, tropi-
cale et désertique ?
LEXIQUE
Epiphytes : plante qui pousse sur une autre et profite de sa sève sans lui nuire.
Mangrove : formation forestière caractéristique des littoraux tropicaux, constituée essentielle-
ment des palétuviers.
Acheb : type de végétation saharienne qui pousse après une averse et ne persiste pas.
Situation 1
Contexte : Avec Breich ton ami parlementaire d’origine péruvienne, vous avez pris part au
colloque des enfants parlementaires sur l’environnement à Montréal au Québec. Sachant que tu
es africain et plus précisément sahélien, Breich te montre la carte ci-dessous et te demande de
l’aider à mieux connaître la configuration du relief, du climat et de la végétation de ton conti-
nent.
Consigne
1. Après avoir reproduit la carte, montre-lui les principaux hauts sommets en y plaçant des petits
triangles noirs selon leur position dans les pays où ils se trouvent en les nommant et en indiquant
leur altitude.
2. Mets-lui sur cette carte des trames de couleurs différentes représentant les zones clima-
tiques (désertique, sahélienne, tropicale, équatoriale et méditerranéenne) et fais sa légende.
Explique-lui les formations végétales qui correspondent à ces différentes zones climatiques.
Situation 2
Contexte : A la télévision nationale, un éminent économiste explique les atouts et les causes
du problème de développement par les facteurs d’ordre physique. Ton camarade de classe
Dousma avec qui vous suivez la conférence réfute cette assertion. A l’aide des images ci-des-
sous, accomplis les tâches demandées pour le rassurer.
Consigne
2. En t’inspirant des images ci-dessus, énumère les atouts que pourraient présenter le relief, le
climat et la végétation pour le développement de l’Afrique à ton camarade Dousma.
L’AFRIQUE
16 L’AFRIQUE (3) : La population africaine (diversité, évolution)
STRATEGIES
Observons la carte démographique et identifions-y la répartition de la population et sa diver-
sité ;
Décrivons l’évolution de la population africaine.
CONTENU
1. Population
La population africaine, estimée à 1,051 milliard en 2011, a doublé depuis 1980, et pratique-
ment quintuplé depuis 1950. L'Afrique a dépassé le cap du milliard d'habitants en 2009. La
population est jeune, avec un âge médian de 17 ans tandis que la médiane mondiale est de 23
ans. La tranche d’âge de moins de 15 ans représente 45 %. Par contre, dans les pays de l'Orga-
nisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), elle est de 21 % tandis
que dans le monde celle-ci est de 30 %. Les personnes âgées de plus de 65 ans ne représentent
que 3 % de la population contre 13 % dans le reste du monde.
L’Afrique est un continent qui renferme des populations de race blanche, de race noire et des
métis.
Les populations blanches occupent le Nord, le Nord-est et une partie de l’Afrique du Sud. Celles
du Nord et Nord-est représentent trois grands groupes : les Chamites établis dans la vallée du
Nil depuis 5 000 ans se sont peu à peu mélangés avec les Arabes ; les Hamites ou les Berbères
(Touaregs, Kabyles d’Algérie…) auxquels les Maures sont apparentés, étaient les occupants du
Nord de l’Afrique pendant l’arrivée des Arabes. Ils ont été assimilés ou refoulés dans le Sahara.
Le Sahara est une zone de brassage entre la population blanche et la population noire.
Photo 104 : Bochiman du désert de Kalahari Photo 105 : Des Touaregs Photo106 : Une femme blanche
Sud- africaine
Le relèvement du nombre des Africains est phénoménal. Selon la source la plus unanimement
admise en la matière, la Division Population de l'Organisation des Nations Unies (ONU), a
publié le 15 avril 2011, que les statistiques démographiques mondiales de l'ONU sont sans
équivoque. En 1960, année des “indépendances”, la population africaine était à peu près le tiers
de la population européenne et environ égale à celle de l'Amérique du Nord ou à celle de l'Amé-
rique du Sud et des Caraïbes réunies. A partir du milieu des années 1990, la population africaine
s'élance radicalement au-dessus de celle de ces trois régions. Une pente ascendante porte la
population africaine à 1 milliard d'habitants en 2010.
Avec une population estimée à 1,051 milliard en 2011, soit 15 % de la population mondiale,
l’Afrique se situe loin derrière l’Asie (4,2 milliards d’habitants). Mais elle dépasse l’ensemble
des Amériques-Caraïbes (942 millions) et l’Europe (740 millions).
En Afrique aujourd’hui, le taux de natalité, bien qu’en baisse, est resté très élevé (36 %0) alors
que le taux de mortalité (12 %0) chute de plus en plus : la différence entre la natalité et la mor-
talité est donc très importante, en Afrique ; ce qui entraîne une croissance démographique très
forte. Aussi, l’accroissement annuel s’élève-t-il en 2011 à 2,4 % pour une moyenne mondiale
de 1, 2 %. Ce taux se justifie car celui de fécondité est de 4,7 enfants par femme en âge de
Figure 38:
Courbe d’évolution
de la population
La croissance démographique en Afrique, comme dans bien d’autres continents est un facteur
d’urbanisation.
ÉVALUATION
Quelles sont les régions vides et celles qui sont densément peuplées en Afrique ?
Quels sont les types de population qu’on peut rencontrer en Afrique ?
Quelles sont les principales langues parlées en Afrique ?
Combien y a-t-il de religions en Afrique ? Donne le nombre des adeptes de chaque religion en
2011.
RESUME
La population africaine, estimée à 1,051milliard en 2011, a doublé depuis 1980, et pratique-
ment quintuplé depuis 1950. En Afrique, la population est jeune et est inégalement répartie.
Les grands foyers de peuplement se situent sur les côtes du Golfe de Guinée, sur les hauts-
plateaux de l’Afrique orientale, dans la vallée et le delta du Nil ainsi que sur les côtes du
Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie). L’Afrique demeure encore un continent relativement peu
peuplé avec une densité de 35 habitants au km2 en 2011. Les régions presque vides d’hommes
sont les hautes montagnes du Nord et du Nord-est, les déserts du Sahara, du Kalahari, du
Namib et la forêt équatoriale. L’Afrique est un continent qui renferme des populations de
race blanche, noire et des métis.
Il est difficile d’opérer un recensement complet des langues en Afrique mais des estimations
sérieuses les situent à près de 2000.
Le continent africain est le creuset de différentes religions : l’islam, le christianisme, les
églises indépendantes, des sectes et les religions traditionnelles (ou animistes).
Le taux de croissance démographique (2,4 % en 2011), a atteint le double de la moyenne
mondiale (1,2 %).
EXERCICES PRATIQUES
1. Reproduis le tableau des données sur les populations des pays de l’Afrique centrale de 2013
ci-dessous.
Pays Superficie en km2 Population
Cameroun 274 200 20 549 221
Centrafrique 622 984 5 166 510
Congo Brazzaville 342 000 4 492 689
Gabon 267 667 1 640 286
Guinée Equatoriale 28 051 704 001
Tchad 1 284 000 11 193 452
Total
2. Le continent africain est caractérisé par un métissage accentué et une multiplicité de religions.
Relève les éléments moteurs de ces deux situations.
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- expliquer le processus de développement des villes africaines ;
- identifier les villes millionnaires ;
- décrire les flux et les mobiles de l’exode rural.
STRATEGIES
Observons la carte de répartition des grandes agglomérations en Afrique et identifions les prin-
cipaux centres urbains.
Identifions les villes millionnaires de l’Afrique.
Décrivons les flux et les mobiles de l’exode rural.
CONTENU
L’urbanisation est le phénomène de concentration croissante de la population dans les villes qui
induit l’effacement progressif du caractère rural d’une zone géographique. Le processus d’ur-
banisation est associé au développement de la civilisation et aux mutations sociales et écono-
miques qu’il entraîne. En Afrique comme ailleurs, l’urbanisation est accompagnée d’un exode
massif des campagnes vers les grands centres secondaires et industriels.
Les grandes villes actuelles ont été fondées dans des sites choisis en fonction des considérations
liées aux besoins de la colonisation. Les ports maritimes ont généralement été favorisés : Dakar,
Abidjan, Lagos, Luanda, etc., et la localisation des grands centres urbains reste marquée par
cette extraversion. Dès cette époque, les investissements ont été concentrés dans des capitales
où résidait l'essentiel des cadres dirigeants de l'administration coloniale. Cependant, ces villes
coloniales étaient essentiellement peuplées d’Africains. Au début du XXème siècle, l’urbani-
sation était insignifiante et dans les années 50, son taux de croissance était à peine supérieur à
5 ou 6 %.
Entre 1950 et 2000, l'Afrique a enregistré la plus forte croissance urbaine au monde, soit 4,4
%. Les pays qui ont affiché la plus
forte croissance sont le Botswana
(13,5 %), le Swaziland (10,5 %), la
Tanzanie (10,3 %), suivis par le Le-
sotho, la Libye, la Mauritanie et le
Mozambique. En 2000, 35 villes dans
26 pays dépassaient le million d'habi-
tants, et quatre en comptaient plus de
cinq millions (Caire, Lagos, Kinshasa
et Johannesburg).
On distingue donc nettement les pays encore faiblement urbanisés comme le Rwanda, le Tchad,
et la Somalie dont le taux de croissance de la population urbaine est inférieur à 4 % par an.
D’autres pays sont également faiblement urbanisés mais leur rythme d’urbanisation est parti-
culièrement rapide ; il s’agit en particulier du Burkina Faso, mais aussi du Kenya, de la Gambie
et de la Tanzanie. Certains pays déjà urbanisés à plus de 40 % gardent une croissance soutenue,
comme la Mauritanie et le Cameroun. Enfin, certains pays, dont la moitié de la population est
déjà urbaine, connaissent une croissance urbaine moins soutenue, en particulier les pays du
Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc). La Libye constitue un cas particulier car la population de
l’ensemble du pays est essentiellement concentrée dans quelques villes.
Le taux de croissance urbaine moyen d’environ 4.5 % l’an de l’Afrique, engendre un double-
ment de sa population urbaine en 14 ans ; ce taux est supérieur à celui de l’Asie et de l’Amérique
latine. Vers 2020, plus d’un africain sur deux vivra en ville.
La croissance urbaine de l’Afrique est trois fois supérieure à celle que l’Europe a connue sous
la révolution industrielle. Le phénomène actuel est à peu près comparable à celui créé par les
grandes vagues d’immigration aux Etats-Unis, à la différence que l’industrialisation n’est pas
le moteur de cette urbanisation.
4. L’exode rural
L’exode rural est le phénomène de migration des populations rurales vers les villes. Il fait pro-
gresser l'urbanisation. En 1900, 3 % de la population de l’Afrique vivait en ville, contre 9 %
pour l'ensemble des pays en voie de développement. En 2003, les citadins représentaient 55 %
de la population totale de l’Afrique. Ces migrations, incitées par le niveau de vie et l'accès aux
services (eau, électricité, santé…), ont eu un impact fortement négatif sur le salaire moyen et le
taux d'occupation de l’espace urbain, ainsi que sur l'environnement urbain avec le développe-
ment anarchique de vastes bidonvilles.
En Afrique, les migrations constituent la première source de croissance urbaine (leur contribu-
tion est estimée à 60 %). Mais le rajeunissement de la population urbaine qui en découle (en
raison du faible âge moyen des migrants) contribue à accroître l’excédent des naissances sur les
décès, sous l’action des deux effets: prédominance des personnes en âge d’avoir des enfants,
maintien (au moins temporaire) d’une fécondité élevée alliée à une baisse de la mortalité. La
croissance naturelle prendra donc, en quelque sorte, le relai de l’exode rural. Puis la fécondité
baissant, le poids de l’immigration redeviendra déterminant. Les raisons objectives ou subjec-
tives de se rendre en ville sont nombreuses : pression démographique, insuffisance des revenus
en milieux ruraux par rapport aux revenus réels ou espérés en ville, manque d’infrastructures,
sclérose du milieu rural par rapport aux aspirations de certaines catégories de la population
(jeunes, femmes...). L’exode rural risque, de ce fait, de prendre de l’ampleur dans de nombreux
pays africains encore peu affectés par des départs massifs de la campagne.
L'extension des zones urbaines de très faible densité, habitées par une population sans res-
sources, rend très aléatoire l’accès aux services (eau, égouts, etc.) et engendre des problèmes
d'environnement et de pollution qui dégradent les conditions de vie de cette population mais
aussi celle de l'ensemble de l'agglomération.
Une telle croissance n'est pas allée sans poser de problèmes aux gouvernements en place où
l'accès aux services et infrastructures de base est resté faible. L'accès à l'eau déclina dans un
quart des pays au cours des années 1980. En 1996, 38 % des ménages disposaient d'un accès
direct à l'eau courante, 13 %
aux égouts, 42 % à l'électri-
cité et 12 % au téléphone.
Environ 40 % de la popula-
tion urbaine vit dans des
conditions insalubres.
Des estimations récentes des Nations Unies prévoient une croissance considérable du nombre
des citadins résultant de la combinaison de la croissance démographique rapide du continent
et des “gisements” d’exode rural.
Les villes africaines ont “absorbé” 125 millions de nouveaux habitants depuis l’an 2000 et ab-
sorberont environ 680 millions d’ici 2025.
Photo 111: Habitat traditionnel sur les lagunes de Cotonou (Bénin) Photo112: Bidonville en Afrique du Sud
ÉVALUATION
Comment se sont développées les villes africaines ?
Quel est le facteur majeur qui a contribué au développement des villes africaines ?
Cite sept villes millionnaires d’Afrique et dis quelle est la plus peuplée.
Donne quelques raisons ayant conduit à l’exode rural en Afrique.
Cite quelques conséquences de l’exode rural.
RESUME
L’urbanisation est le phénomène de concentration croissante de la population dans les villes.
L'existence de villes est un phénomène très ancien en Afrique. Toutefois c’est la colonisation
qui lui a imprimé le caractère qu'elle connaît encore de nos jours. Le développement des
villes africaines intègre des héritages successifs et reste très marqué par celui de la colonisa-
tion.
Dans les années 1960 et surtout en 1970, on observe des taux de croissance urbaine record
allant jusqu’à 10 % par an pour certaines villes d’Afrique Noire comme Lagos, Abidjan,
Kinshasa...
LEXIQUE
Extraversion : caractère d’une situation qui s’explique par des intérêts extérieurs (ici l’empla-
cement des villes est imposé dans l’intérêt des colons).
Sclérose : état de ce qui ne peut plus évoluer, ni s’adapter.
Pègres : milieux des voleurs, des malfaiteurs.
EXERCICES PRATIQUES
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
A l’issue de la leçon, l’apprenant doit être capable de :
- expliquer les conditions permettant l’industrialisation en Afrique ;
- décrire les potentialités industrielles de l’Afrique ;
- identifier les problèmes de l’industrialisation en Afrique.
STRATEGIES
Observons une carte des implantations industrielles en Afrique.
Décrivons les potentialités industrielles de l’Afrique.
Déterminons les problèmes de l’industrialisation en Afrique.
CONTENU
L'industrie désigne l'ensemble des activités économiques par lesquelles l'homme transforme les
matières premières en produits semi-finis ou finis.
Les matières premières pour être consommées doivent subir une transformation à travers les
industries. Aujourd'hui, les industries tiennent une place considérable dans la vie de tous les
pays du monde ainsi qu’en Afrique dont plusieurs facteurs sont favorables à l'industrialisation.
Néanmoins, les industries restent très diversifiées, mais inégalement réparties à travers les con-
tinents et confrontées à de multiples problèmes.
L’Afrique a une population estimée à 1, 051 milliard habitants en 2011 dont plus de la moitié
jeune, pourrait contribuer à la diversification économique et au progrès technologique.
Pour réussir l’industrialisation de l’Afrique à la hauteur de ses ressources, les conditions essen-
tielles à remplir sont : la volonté et la stabilité politique pouvant attirer des capitaux étrangers,
le développement des ressources humaines pour la promotion d’une main-d’œuvre qualifiée.
Au lendemain des indépendances pourtant, l’industrialisation était perçue comme la priorité des
priorités sur le plan économique, car c’est le chemin qu’avait emprunté l’Occident pour son
développement et les nouveaux pays indépendants voulaient imiter ce modèle industriel. On
assista alors à la mise en place des industries de substitution aux importations, qui allaient fa-
voriser un développement autocentré. Un demi-siècle plus tard, le développement industriel
reste peu perceptible en Afrique. Dans de nombreux pays, le tissu industriel est encore em-
bryonnaire ou inexistant. Plus grave : il y a eu un recul de l’industrialisation, selon Joseph
Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, qui soutient que l’Afrique compte aujourd’hui moins
d’industries qu’il y a 40 ans. Rien de surprenant donc qu’une étude publiée en 2006 montre
A l’origine de cette faible industrialisation, plusieurs obstacles, qui sont aujourd’hui bien iden-
tifiés : infrastructures de base (routes, rails, télécommunications, énergie) déficientes, main-
d’œuvre insuffisamment qualifiée, faible articulation d’une industrie par rapport aux besoins
des populations, faible diversification, secteur entrepreneurial privé peu structuré, absence
d’intégration régionale effective, environnement juridique et réglementaire peu rassurant,
moyens financiers et technologiques limités, coûts élevés des affaires, politiques étouffant l’es-
prit d’entreprise, la concurrence des produits étrangers et l'insuffisance de l'action gouverne-
mentale, inadaptation des circuits financiers aux échanges internes ou régionaux, etc.
Le vrai problème des ressources naturelles réside également dans le fait que l’Afrique exporte
les matières premières encore et toujours sans leur donner une valeur ajoutée. Ainsi, un pays
comme la Côte d’Ivoire, qui est le premier producteur mondial de cacao, importe les tablettes
de chocolat ainsi que les produits dérivés. De même, le Nigeria, premier producteur de pétrole
d’Afrique subsaharienne, importe plus de la moitié de son essence.
Malgré leur insuffisance et leur inégale répartition à l'intérieur des différents pays du continent
africain, les industries causent de nombreux problèmes dont le plus en vue est la pollution en-
core plus accentuée dans les pays disposant diverses industries.
Photo 116 : Pollution industrielle en Afrique Photo 117 : la pollution de Likasi (katanga/RDC) par
les entreprises minières
ÉVALUATION
Quels sont les principaux facteurs qui pourraient permettre l’implantation des industries en
Afrique ?
Quelles sont les principales matières premières dont regorge l’Afrique ?
Explique les problèmes que rencontre l’Afrique pour son industrialisation.
Qu’est-ce qu’une pollution ?
Quelles sont les conséquences de la pollution sur l’homme et son environnement ?
L’Afrique a plusieurs facteurs favorables à l'éclosion des industries. Elle recèle d’importantes
ressources forestières, agricoles, pastorales, piscicoles, minières et les énergies renouvelables
telles l’énergie éolienne, solaire et géothermique. Plus de la moitié de la population de
l’Afrique est jeune et constitue une source de main-d’œuvre importante.
Les problèmes de l’industrialisation de l’Afrique sont entre autres : les infrastructures de base
déficientes, une main-d’œuvre peu qualifiée, un environnement juridique et réglementaire
peu rassurant, des moyens financiers et technologiques limités, l’inadaptation des circuits
financiers aux échanges internes ou régionaux, l’héritage du colonialisme. Les troubles poli-
tiques, civils et sociaux que connaissent certains pays africains sont aussi une menace pour
l’activité industrielle.
Malgré leur insuffisance et leur inégale répartition en Afrique, les industries dégagent des
polluants qui empoisonnent l’air et l’environnement en général.
LEXIQUE
Secteur entrepreneurial : secteur de la création et de la vie d’entreprise.
Pratiques fiscales : habitudes de perception d’impôts.
Valeur ajoutée : différence entre le prix de vente et le coût de production d’une marchandise.
Effets mutagènes : facteurs chimiques ou physiques qui provoquent des changements chez les
êtres vivants.
EXERCICES PRATIQUES
1. En quoi l’industrialisation est-elle considérée comme le nerf du développement ?
2. Explique les effets directs et indirects de l’industrialisation sur les êtres vivants ?
Situation 1
Consigne
2. Les origines des agglomérations urbaines sont diverses. Mais en te servant de tes différentes
leçons, explique comment sont nées les villes de Dakar, d’Abidjan et de N’Djaména.
Situation 2
2. Observe les images numéros 2 et 3 puis explique ce qu’elles représentent. Dis si ta région ou
ton pays connait aussi un tel phénomène.
3. Si l’Afrique d’une manière générale ou ton pays en particulier possède d’importantes res-
sources agro-pastorales, forestières, énergétiques et minières mais demeure pauvre, relève les
contraintes de cette situation et quelques solutions envisageables.