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Cours D'optique Physique

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Licence 2 / MPI

COURS D’OPTIQUE PHYSIQUE

Dr M. Corneille TARPILGA

Année académique 2024-2025


TABLE DE MATIERE
CHAPITRE 1 : LA NATURE DE LA LUMIÈRE ..................................................................... 1
1.1. Définition de la lumière ....................................................................................... 1

1.2. L'optique géométrique ......................................................................................... 3

1.3. L'optique ondulatoire ........................................................................................... 3

1.3.1. La lumière est une onde électromagnétique .................................................. 3

1.3.2. Spécificités de la gamme des ondes lumineuses ........................................... 4

1.3.3. La difficulté pratique de l'approche électromagnétique ................................ 4

1.3.4. Le principe de Huygens-Fresnel ................................................................... 5

1.3.5. Interférences et diffraction ............................................................................ 5

1.3.6. Interactions de la lumière avec la matière ..................................................... 6

1.3.7. L'optique ondulatoire dans cet ouvrage ........................................................ 6

1.3.8. L'optique quantique – le photon .................................................................... 6

CHAPITRE 2 : POLARISATION.............................................................................................. 8
2.1. Le champ électromagnétique ............................................................................... 8

2.1.1. Les équations de Maxwell............................................................................. 8

2.1.2. Équation d'onde dans le vide......................................................................... 9

2.1.3. Equations d’onde ........................................................................................ 10

2.1.4. Propagation dans les milieux matériels homogènes ................................... 11

2.2. Les ondes monochromatiques ............................................................................ 12

2.2.1. Les ondes planes monochromatiques .......................................................... 13

2.2.2. Les ondes sphériques monochromatiques ................................................... 15

2.2.3. D'autres types d'ondes monochromatiques ................................................. 15

CHAPITRE 3 : INTERFERENCES LUMINEUSES .............................................................. 17


3.1. Introduction ........................................................................................................ 17

3.2. Étude générale .................................................................................................... 18

3.2.1. Calcul de l’intensité lumineuse ................................................................... 18

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3.2.2. Principe de réalisation des interférences en optique ................................... 19

3.2.3. Étude quantitative ....................................................................................... 20

3.2.4. Conditions d’interférence............................................................................ 24

3.3. Principaux dispositifs interférentiels permettant l’obtention des franges non


localisées .............................................................................................................................. 25

3.3.1. Trous d’Young (1807) ................................................................................. 25

3.3.2. Biprisme de Fresnel .................................................................................... 26

3.3.3. Bilentilles de Billet ..................................................................................... 26

3.3.4. Miroir de Lloyd : ......................................................................................... 28

3.4. Cohérence .......................................................................................................... 28

3.4.1. Cohérence spatiale ...................................................................................... 29

3.4.2. Cohérence temporelle (ou chromatique) ..................................................... 30

3.5. Interférences lumineuses par division d’amplitude : ......................................... 33

3.5.1. Lame à faces parallèles : (franges d’égale inclinaison) .................................. 33

3.5.2. Lame à épaisseur variable (franges d’égale épaisseur ou franges de Fizeau) . 37

CHAPITRE 4 : DIFFRACTION .............................................................................................. 41


Introduction : ............................................................................................................. 41

4.1. Principe de Huygens-Fresnel : ........................................................................... 41

4.2. Domaine de l’étude : .......................................................................................... 42

4.3. II.4. Diffraction de Fraunhofer :......................................................................... 43

4.3.1. Étude générale : ........................................................................................... 43

4.3.2. Diffraction par une ouverture rectangulaire : .............................................. 44

4.3.3. Diffraction par une fente fine : .................................................................... 45

4.3.4. Diffraction par une ouverture circulaire : ................................................... 46

4.3.5. Diffraction par deux fentes identiques : ...................................................... 49

4.3.6. Diffraction par plusieurs fentes identiques : ............................................... 50

4.3.7. Réseaux de diffraction : .............................................................................. 52

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CHAPITRE 1 : LA NATURE DE LA LUMIÈRE

1.1. Définition de la lumière


La lumière est le phénomène physique qui nous permet de voir autour de nous. Sa
nature et ses propriétés physiques ont attiré la curiosité et l’intérêt des penseurs depuis
l’antiquité. Un des aspects les plus « évidents » a priori est sa propagation en ligne droite dans
les milieux homogènes (nous reviendrons plus loin sur la pertinence de cette notion). Deux
descriptions antagonistes se sont opposées pendant plusieurs siècles.

Figure 1.1 : la lumière

D’une part, la description corpusculaire, selon laquelle la lumière serait constituée de


corpuscules se déplaçant en ligne droite, est souvent associée à Isaac Newton (1643–1727).
Dans les milieux homogènes, la trajectoire de ces corpuscules est constituée de portions de
droites obéissant à un ensemble de lois simples qui constituent les fondements de l’optique
géométrique.

D’autre part, on peut faire remonter la description ondulatoire, selon laquelle la


lumière est une perturbation se propageant dans un milieu (alors appelé l’éther), à René
Descartes (1596–1650), elle fut défendue notamment par Christiaan Huygens (1629–1695),
Leonhard Euler (1707–1783) et d’autres, sous des formes diverses. Cette proposition est loin
d’être naturelle, car la plupart des phénomènes lumineux que l’on observe ne présentent pas
de variation temporelle apparente, ce qui pourtant semble être un minimum pour une onde !
Elle s’avéra toutefois très pertinente et fructueuse, expliquant à la fois l’optique géométrique
et les phénomènes s’en écartant.

Le XXe siècle a vu cette histoire rebondir de façon spectaculaire avec l’avènement de


la physique quantique, lié notamment à l’observation de nouveaux phénomènes lors des quels
la lumière semblait avoir des propriétés corpusculaires dont l’électromagnétisme ne pouvait
rendre compte. En particulier, pour interpréter l’effet photo-électrique, Albert Einstein (1879–

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1955) a supposé que l’énergie lumineuse associée à une onde de fréquence 𝜈 n’est absorbée
que par multiples de ∆E = h 𝜈 où h est une constante fondamentale, indépendante de la
fréquence. Cette hypothèse avait déjà été avancée en 1900 par Max Planck (1858–1947), pour
des raisons très différentes. Après de longs développements, il s’est avéré que
l’électromagnétisme, et donc en particulier la lumière, était mieux décrit par une nouvelle
théorie, appelée électrodynamique quantique. La lumière est alors décrite par un objet
nouveau appelé « champ quantique », ayant des manifestations physiques qui peuvent heurter
le sens commun, puisque certaines pré- sentent un caractère plutôt corpusculaire, d’autres un
caractère plutôt ondulatoire, d’autres encore n’entrant pas dans cette classification
dichotomique. Cette théorie introduit aussi la notion de photon, qu’on décrit parfois comme le
« grain de lumière », mais qui présente aussi des caractères plus complexes, et ne correspond
en aucun cas à un retour en arrière vers les corpuscules de lumière de Newton. Nous
reviendrons plus en détail sur le photon dans la suite.

L’optique se découpe traditionnellement en plusieurs sous-branches qui reflètent en


partie son évolution historique. Dans un certain nombre de situations, il n’est pas nécessaire
de prendre en compte la structure détaillée des ondes électromagnétiques pour étudier la
propagation de la lumière, ni même d’ailleurs son aspect ondulatoire, mais on peut se
contenter d’une description moins complète mais extrêmement plus pratique, en s’appuyant
sur la notion de rayon lumineux. Cette sous-branche est appelée optique géométrique. Ensuite,
dans les cas où cette simplification n’est plus justifiée, il faut revenir à une description
ondulatoire de la lumière, en s’appuyant ou non sur l’électromagnétisme. On peut alors très
souvent se contenter d’une description classique, qui constitue l’optique ondulatoire. Enfin,
certains phénomènes demandent de prendre en compte les aspects quantiques de la lumière,
on parle alors d’optique quantique.

Dans cet ouvrage, nous nous concentrerons essentiellement sur l’optique ondulatoire,
en discutant brièvement la relation entre cette approche et l’optique géométrique, ainsi que, de
façon simplifiée, quelques aspects d’optique quantique.

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1.2. L'optique géométrique
L’optique géométrique décrit la propagation de la lumière en introduisant la notion de
rayons lumineux, qui en sont les objets de base. Ils obéissent à un ensemble de règles
empiriques simples :

– dans un milieu homogène et isotrope (ou dans le vide), les rayons lumineux sont des
portions de droites ;

– à l’interface entre deux milieux, ils obéissent aux lois de Snell-Descartes relatives à
la réflexion et à la réfraction.

Les milieux sont décrits par leur indice de réfraction n qui intervient dans les lois de
Snell-Descartes. Selon cette approche, une fois que l’on connaît le point de départ (ou le point
d’arrivée) et la direction initiale (ou finale) d’un rayon lumineux, on peut en déduire
l’ensemble du rayon lumineux (ou parfois des rayons lumineux, puisque ceux-ci peuvent se
diviser en se propageant) de façon univoque. Cette propriété est à la base des méthodes de
synthèse d’images du type « lancer de rayons » (raytracing en anglais), dans lesquelles on
calcule les caractéristiques de tous les rayons lumineux qui arrivent en un point donné d’une
scène (la caméra virtuelle) ; la figure 1.1 montre un exemple d’image obtenue avec un des
nombreux logiciels libres de raytracing. Cette propriété est aussi utilisée dans l’étude
simplifiée des instruments d’optique, pour comprendre la formation des images.

1.3. L'optique ondulatoire


1.3.1. La lumière est une onde électromagnétique

Tout d’abord, la lumière est une onde. Elle correspond à une quantité qui varie dans le
temps et dans l’espace. Ceci semble contradictoire avec l’expérience quotidienne, selon
laquelle la lumière qui nous parvient d’une lampe allumée ne montre pas de variation
périodique. Ces variations sont bien présentes mais se produisent sur des échelles de temps et
d’espace bien trop petites pour que nos sens les perçoivent, comme en attestent les ordres de
grandeur donnés dans le paragraphe précédent.

Ensuite, cette onde est de nature électromagnétique. Elle est donc constituée d’un
champ électrique et d’un champ magnétique variables. Sa propagation est déterminée par les
équations de Maxwell, si l’on se limite à une description non quantique.

L’électromagnétisme classique fournit alors un cadre naturel pour faire de l’optique.

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1.3.2. Spécificités de la gamme des ondes lumineuses

Les équations de Maxwell sont très générales et permettent de décrire des phénomènes
très différents. Cette généralité se paie par une certaine complexité, parfois au prix fort, au
point qu’il peut être impossible de résoudre ces équations dans certaines situations
spécifiques. Il faut alors faire des approximations, en s’appuyant sur la spécificité de la
situation qui nous intéresse. Les approximations pertinentes ne sont pas les mêmes quand on
étudie les ondes radio, le rayonnement gamma, ou le domaine optique.

Par exemple, le rayonnement radio est souvent dû à l’oscillation cohérente d’un grand
nombre de sources microscopiques dont on sait contrôler la phase : une antenne fait intervenir
la vibration d’une multitude d’électrons synchronisés. La cohérence des différents points de la
source a une influence majeure sur les caractéristiques de l’onde émise.

Ce n’est pas le cas pour la lumière : la plupart des rayonnements sont dus à une
multitude de sources indépendantes (le laser constitue une exception importante), dont on ne
contrôle pas la phase. L’indépendance des sources permet de simplifier considérablement les
calculs dans beaucoup de cas pratiques.

1.3.3. La difficulté pratique de l'approche électromagnétique

À ce stade, on pourrait se dire qu’il suffit d’étudier l’électromagnétisme pour couvrir le


domaine de l’optique, et penser que pour comprendre le fonctionnement d’un télescope ou la
propagation de la lumière à la sortie d’une fente fine, il suffise de résoudre les équations de
Maxwell en imposant des conditions aux limites correspondant au système étudié.

C’est malheureusement irréalisable en pratique car dans la plupart des cas (même
parmi les plus simples), la résolution des équations de Maxwell est extrêmement difficile. Il
se trouve qu’on dispose en optique d’un ensemble d’approximations qui sont bien justifiées
dans beaucoup de situations, et qui ne font pas intervenir explicitement les équations de
Maxwell (même si la justification, elle, repose bien sûr sur ces équations).

Tout d’abord, on peut dans beaucoup de situation oublier le caractère vectoriel des
ondes électromagnétiques, on parle alors d’approximation scalaire. Ensuite, la plupart des
phénomènes liés à la propagation de la lumière, y compris ceux d’interférence et de
diffraction, s’expliquent en s’appuyant sur le principe de Huygens-Fresnel.

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1.3.4. Le principe de Huygens-Fresnel

Ce principe consiste à supposer que la lumière se comporte en tout point comme une
source secondaire de lumière, émettant dans toutes les directions, comme si la lumière se
propageait en ré-émettant de la lumière depuis chaque point qu’elle atteint. Ceci semblerait
assez naturel pour la propagation d’ondes mécaniques dans un milieu, où effectivement une
onde incidente met en mouvement les constituants du milieu, lequel mouvement conduit à son
tour à l’émission d’ondes.

En revanche la pertinence de ce principe pour des ondes électromagnétiques, qui se


propagent dans le vide sans support matériel, est moins évidente. Il se trouve que de façon
surprenante, l’approche électromagnétique permet de conforter ce principe, au moins de façon
approchée. En quelque sorte, le passage d’une onde électromagnétique correspond à une
variation locale des champs électrique et magnétique, ce qui par le phénomène d’induction
électromagnétique est source de champs secondaires.

Le principe de Huygens-Fresnel fournit alors un moyen très simple et très puissant


pour décrire la propagation de la lumière. Pour calculer les propriétés de l’onde lumineuse en
un point (appelons-le l’écran) entouré de sources et d’obstacles, on commence par isoler par
la pensée une surface entourant ce point. On place mentalement une source lumineuse en
chaque point de cette surface (avec des propriétés particulières), et on calcule la contribution
de chacune de ces sources secondaires à la lumière reçue par l’écran. Le point crucial est que
cette dernière étape peut se faire de façon très simple, car la seule quantité qui entre en jeu est
le temps mis par la lumière pour parcourir la distance entre chaque source et l’œil.

1.3.5. Interférences et diffraction

Ces figures possèdent plusieurs caractéristiques remarquables. Loin des fentes et au


voisinage de l’axe central, celle de gauche montre une alternance de franges sombres et
brillantes. Il s’agit du phénomène d’interférences, qui provient du fait que l’amplitude des
ondes lumineuses peut prendre des valeurs positives ou négatives. Quand deux ondes se
superposent, leurs amplitudes s’ajoutent et il peut arriver que l’amplitude totale soit nulle.
Près de chaque fente (figures du milieu et de droite), on voit aussi que la lumière se répartit de
façon complexe, la quantité de lumière émise étant nulle dans certaines directions et
importante dans d’autres. C’est une manifestation du phénomène de diffraction. Ces deux
phénomènes ont une importance que l’on ne saurait exagérer, tant du point de vue de ce qu’ils

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nous apprennent sur la lumière que de celui des applications technologiques auxquelles ils
conduisent. Une partie importante de cet ouvrage est consacrée à leur étude.

1.3.6. Interactions de la lumière avec la matière

Dans beaucoup de situations, on a besoin de savoir comment la lumière interagit avec


la matière qu’elle rencontre. L’électromagnétisme fournit une réponse claire à cette question :
d’un point de vue classique (non quantique), la lumière interagit avec les charges électriques.
Elle est absorbée en les mettant en mouvement par la force de Lorentz, et elle est émise sous
une forme différente (avec un déphasage et dans des directions différentes) par les charges
mises en mouvement. L’onde est donc transformée au cours de son passage dans la matière.
Ceci permet de comprendre de façon détaillée les phénomènes de réfraction et de réflexion,
ainsi que ceux, moins simples, de biréfringence, de polarisation rotatoire, etc. L’approche
électromagnétique permet en particulier de comprendre l’origine de l’indice optique dans les
milieux, ainsi que ses propriétés, notamment sa dépendance en fréquence.

1.3.7. L'optique ondulatoire dans cet ouvrage

L’essentiel des développements présentés dans cet ouvrage découlent du principe de


Huygens-Fresnel. Il existe des situations dans lesquelles il cesse d’être valide, et où un
traitement électromagnétique complet serait nécessaire, mais nous ne les considérerons pas
ici. Le lecteur désireux d’aller plus loin pourra consulter les ouvrages de référence.

De plus, nous décrirons les interactions de la lumière avec la matière de façon


classique (non quantique), ce qui dans certains cas n’est pas justifié. Le paragraphe suivant
présente rapidement les apports d’un traitement quantique, sans entrer dans les détails
techniques, qui dépasseraient de loin la portée de cet ouvrage.

1.3.8. L'optique quantique – le photon

Le monde dans lequel nous vivons obéit aux règles de la physique quantique, et les
phénomènes lumineux ne font pas exception. Dans la plupart des situations expérimentales

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usuelles la description quantique coïncide presque exactement avec la description
électromagnétique classique, mais pas toujours. Il existe des phénomènes optiques qui ne
peuvent se comprendre que dans un cadre quantique.

Dans l’approche quantique de l’électromagnétisme, les ondes électromagnétiques se


manifestent sous la forme de quanta. Ceci signifie par exemple que pour une onde
monochromatique de fréquence f, l’énergie ne peut être absorbée, émise, ou affectée de
quelque manière que ce soit, que par paquets élémentaires ΔE = hf où h désigne la constante de
Planck. On appelle photon d’énergie E une excitation du champ électromagnétique ayant cette
énergie. On dit parfois que l’onde électromagnétique est un ensemble de photons, mais il
convient d’être très prudent avec ce type d’interprétation.

En effet un champ quantique est un objet beaucoup plus complexe et aux propriétés
plus subtiles qu’une assemblée de corpuscules. Le photon est une particule, ce qui en
physique fondamentale désigne un objet qui n’est ni un corpuscule, ni une onde, même si dans
certaines situations expérimentales, il peut présenter des caractéristiques semblables à l’un ou
à l’autre.

L’aspect corpusculaire se manifeste plus aisément aux hautes fréquences qu’aux


basses, car d’une part le quantum d’énergie est y plus élevé, et d’autre part il se trouve que les
photons émis par les sources de relativement basse fréquence sont plutôt émis en paquets
cohérents qui se comportent collectivement comme une onde. Dans le domaine des ondes
radio, la notion de photon n’intervient que dans quelques situations expérimentales très
particulières, alors que dans le domaine des rayons gamma elle est omniprésente. Le domaine
optique constitue, de manière intéressante, une frontière assez naturelle entre ces deux
régimes.

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CHAPITRE 2 : POLARISATION

2.1. Le champ électromagnétique


L’électromagnétisme est la discipline de la physique consacrée aux phénomènes
électriques et magnétiques. Ses objets fondamentaux sont des vecteurs, le champ électrique
𝐸⃗ (𝑟, 𝑡) et le champ magnétique 𝐵
⃗ (𝑟, 𝑡). Le mot « champ » signifie que les caractéristiques de
ces vecteurs (direction et norme) dépendent de la position. En chaque point, la direction et la
norme de ces vecteurs peuvent aussi varier au cours du temps. Ces champs ont un effet sur la
matière : ils sont notamment responsables de la force de Lorentz qui s’écrit :

⃗𝑭 = 𝒒𝑬
⃗⃗ + 𝒒𝒗
⃗ ∧ ⃗𝑩

Où q désigne la charge électrique, 𝑣 la vitesse de l’objet considéré et ∧ le produit


vectoriel.

Les champs sont créés par les charges électriques, les courants mais aussi par les
variations des champs eux-mêmes. Leur évolution est décrite par un système d’équations
différentielles couplées qu’on appelle les équations de Maxwell. Il y a plusieurs façons de
présenter ces équations, la plus répandue faisant appel à des opérateurs différentiels
(divergence et rotationnel) qui permettent de simplifier les notations et les manipulations de
ces équations.

2.1.1. Les équations de Maxwell

Dans les unités du Système International, les équations de Maxwell s’écrivent

⃗⃗
𝝏𝑩
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬 = −
𝒓𝒐𝒕
⃗⃗ = 𝝆⁄𝝐𝟎
𝒅𝒊𝒗𝑬 𝝏𝒕
{ 𝒆𝒕
𝒅𝒊𝒗𝑩 ⃗⃗ = 𝟎 ⃗
𝝏𝑬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑩
𝒓𝒐𝒕 ⃗ = 𝝁 𝟎 𝒋 + 𝝐𝟎 𝝁 𝟎
{ 𝝏𝒕

Où 𝜌 désigne la densité volumique de charge électrique et 𝑗 la densité de courant


associée à la charge électrique. Ces équations font intervenir deux constantes physiques,
fondamentales, la perméabilité magnétique du vide 𝜇0 et la permittivité diélectrique du
vide 𝜖0 , valant respectivement.

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La densité de courant 𝑗 permet de calculer le courant I qui passe à travers un élément
⃗⃗⃗⃗ , grâce à la relation :
de surface 𝑑𝑆

𝒅𝑰 = 𝒋. ⃗⃗⃗⃗⃗
𝒅𝑺

La densité de charge et la densité de courant sont reliées par :

𝝏𝝆
+ 𝒅𝒊𝒗𝒋 = 𝟎
𝝏𝒕

Comme on peut le voir en combinant la dérivée temporelle de la première équation de


Maxwell avec la divergence de la quatrième. Cette équation exprime la conservation locale de
la charge : si la densité de charge varie en un point (premier terme), c’est qu’un courant
transporte cette charge (deuxième terme). C’est l’équation de continuité de la charge
électrique.

Les équations de Maxwell forment un ensemble de 8 équations (les deux dernières sont
des égalités vectorielles, elles donnent chacune trois équations quand on les écrit en
composantes), pour 6 grandeurs (3 composantes pour chaque champ). En fait, elles ne sont
pas indépendantes, et le nombre d’équations ne reflète pas le nombre de contraintes qu’elles
imposent.

Quand les termes sources sont imposés de l’extérieur, les équations de Maxwell sont
linéaires, ce qui signifie que la somme de deux solutions distinctes est aussi une solution.
C’est une propriété fondamentale qui se traduit en pratique par le fait que les ondes
électromagnétiques peuvent se croiser sans interagir. On dit qu’elles se superposent, et la
linéarité est parfois appelée principe de superposition. On peut alors simplifier l’étude
générale d’une situation compliquée et décomposant le problème en une somme d’ondes
ayant des propriétés simples, des ondes planes ou sphériques, par exemple.

2.1.2. Équation d'onde dans le vide

Nous allons d’abord nous concentrer sur la propagation dans le vide, c’est-à-dire dans
des portions de l’espace où 𝜌 = 0 (pas de charge) et 𝑗 = ⃗0 (pas de courant). Les équations de
Maxwell prennent alors la forme

⃗⃗
𝝏𝑩
⃗ =−
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑬
𝒓𝒐𝒕
⃗⃗
{ 𝒅𝒊𝒗𝑬 = 𝟎 𝒆𝒕 𝝏𝒕
𝒅𝒊𝒗𝑩⃗⃗ = 𝟎 𝝏𝑬 ⃗
⃗⃗ = 𝝐𝟎 𝝁𝟎
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑩
𝒓𝒐𝒕
{ 𝝏𝒕

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2.1.3. Equations d’onde

En prenant la dérivée par rapport au temps de la dernière équation et le rotationnel de la


⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬
troisième (𝒓𝒐𝒕 ⃗ ), on arrive à
⃗⃗ ) 𝟏 𝝏𝟐 𝑬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑩
𝝏(𝒓𝒐𝒕 ⃗ ⃗⃗ )
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑩
𝝏(𝒓𝒐𝒕
= 𝟐 𝟐 𝒆𝒕 𝒓𝒐𝒕 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬) = −
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝒓𝒐𝒕
𝝏𝒕 𝒄 𝝏𝒕 𝝏𝒕

Où l’on a permuté les dérivations partielles par rapport à x, y et z du rotationnel avec


celle relative au temps. Comme :

⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝒓𝒐𝒕
𝒓𝒐𝒕 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ (𝒅𝒊𝒗𝑬
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗𝑬) = 𝒈𝒓𝒂𝒅 ⃗ ) − ∆𝑬

Ces deux équations peuvent se combiner pour donner :


𝟏 𝝏𝟐 𝑬
⃗ =𝒐
− ∆𝑬 ⃗
𝒄𝟐 𝝏𝒕𝟐

On montre par des manipulations similaires que le champ ⃗𝑩


⃗ obéit à la même équation.

Chaque composante de ⃗𝑬 et ⃗𝑩
⃗ , que l’on notera A dans la suite (A représentera une des
grandeurs Ex, Ey, Ez, Bx, By ou Bz) obéit donc à une équation de la même forme, appelée
équation de d’Alembert ou équation des ondes,

Où ∆ désigne l’opérateur Laplacien. On dit que 𝐸⃗ 𝑒𝑡 𝐵


⃗ forment une onde

électromagnétique. La résolution de cette équation demande de connaître les conditions aux


limites (les valeurs de A et de ses dérivées en un ensemble de points à un instant donné), ce
qui en pratique signifie de spécifier les conditions expérimentales dans lesquelles l’onde se
propage : la présence d’obstacles, par exemple, impose certaines conditions aux limites qui
font que la solution est alors fondamentalement différente de celle qu’on obtiendrait dans un
environnement complètement ouvert.

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2.1.4. Propagation dans les milieux matériels homogènes

Les ondes électromagnétiques interagissent avec les milieux dans lesquels elles se
propagent, ce qui affecte leurs caractéristiques. Le traitement rigoureux de
l’électromagnétisme des milieux dépasse largement l’objectif de ce cours, et nous allons ici
résumer quelques points importants. En particulier, nous allons ici considérer seulement les
milieux diélectriques, qui présentent une grande importance en optique, sans nous intéresser
aux milieux magnétiques.

Origine microscopique de la polarisation : le champ électrique déforme les distributions


électroniques et sépare les charges négatives (nuages électroniques en gris) des charges
positives (noyaux atomiques en noir). Il apparaît ainsi des dipôles microscopiques qui sont
responsables de l'apparition d'une densité de moment dipolaire 𝑃⃗.

Les milieux sont caractérisés, du point de vue électromagnétique, par le comportement des
charges électriques qu’ils contiennent. Les métaux, les plasmas, les diélectriques, se
distinguent par des réponses très différentes à des champs appliqués. Dans les milieux
diélectriques, les seuls que nous allons envisager ici, les charges électriques peuvent s’écarter
de leur position d’équilibre sous l’action d’un champ électromagnétique, mais restent
localisées près de leur position initiale, contrairement aux métaux dans lesquels les charges
peuvent migrer sur de longues distances. Il apparaît alors une densité volumique de moment
dipolaire ou polarisation volumique ⃗𝑷
⃗ , aussi appelée vecteur polarisation, qui est
proportionnelle au champ électrique si celui-ci n’est pas trop fort :

⃗⃗ font apparaître des charges électriques, qu’on appelle charges liées, correspondant à
𝑷
une densité et un courant

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Origine physique des charges de polarisation : le champ 𝐸⃗ crée des dipôles. Si le
champ est inhomogène, les charges ne sont pas séparées partout de la même façon et il peut y
avoir apparition locale d'une densité de charges.

Ici, au centre de la figure, on voit une accumulation de charges négatives.

2.2. Les ondes monochromatiques


Par définition des ondes monochromatiques, l’évolution temporelle de l’amplitude est
purement sinusoïdale (on dit aussi harmonique) et l’on peut écrire, en chaque point r,

Où l’on a introduit la pulsation 𝝎, l’amplitude maximale 𝓐𝒎 (𝒓


⃗ ) et une quantité ϕ(𝒓
⃗)
qu’on appelle le déphasage ou la phase de référence.

⃗ ) est appelée la phase de l’onde, elle dépend du point 𝒓


La quantité 𝝎𝒕 + 𝝓(𝒓 ⃗ et de
l’instant t considérés.

⃗ ; t) évolue de façon périodique, et l’on définit la période T comme le


La quantité A (𝒓
temps au bout duquel elle retrouve sa valeur de départ. Il s’agit simplement de la période de la
fonction cosinus, et l’on a immédiatement 𝑇 = 2𝜋⁄𝜔 Enfin on définit la fréquence comme
l’inverse de la période, 𝑓 = 𝜔⁄2𝜋 _. La pulsation et la fréquence ont la dimension inverse de
celle d’un temps. Pour les ondes lumineuses, la fréquence est de l’ordre de 1015 Hz, et la
période de l’ordre de10−15 s.

⃗ ) et ϕ(𝑟). On utilisera dans


Nous allons expliciter la forme de la dépendance spatiale de 𝓐𝒎 (𝒓
toute la suite la notation complexe pour décrire les variations sinusoïdales : la grandeur
𝒜𝑚 (𝑟, 𝑡) devient une quantité complexe

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en gardant à l’esprit que c’est la partie réelle de A qui décrit la grandeur physique de départ A
. Dans la suite nous allons parfois omettre la notation soulignée pour les amplitudes
complexes, lorsque ceci ne prête pas à confusion. Le signe qui apparaît dans l’exponentielle a
été choisi par convention, on peut faire le choix opposé mais il faut prendre garde que dans ce
cas d’autres signes seraient changés dans la suite. En insérant l’expression 2.14 dans
l’expression 2.12, on trouve que la fonction A m vérifie

C’est une équation de Helmholtz. Il existe plusieurs types de solutions à cette


équation, obéissant à des conditions aux limites différentes. Nous allons maintenant en
présenter plusieurs.

2.2.1. Les ondes planes monochromatiques

Un premier type de solution de l’équation 2.15 est de la forme

Où k est un vecteur constant appelé le vecteur d’onde et où ϕ désigne maintenant une


phase constante. En notation réelle,

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Les dérivées spatiales et temporelles de l’amplitude (les champs 𝐸⃗ 𝑒𝑡 𝐵
⃗ ) se calculent
très facilement pour des ondes planes, car la dépendance exponentielle conduit à

⃗ . Les équations de Maxwell dans le vide se réécrivent alors


et de même pour 𝐵

Les vecteurs 𝐸⃗ , 𝐵 ⃗ forment un trièdre orthogonal direct, et on a ‖𝐵


⃗ 𝑒𝑡 𝑘 ⃗ ‖ = ‖𝐸⃗ ‖⁄𝑐

Les amplitudes étant perpendiculaires au vecteur d’onde, on dit que les ondes
électromagnétiques sont des ondes transverses (comme les vagues à la surface de l’eau), par
opposition aux ondes longitudinales pour lesquelles la vibration se fait le long du vecteur
d’onde (comme par exemple pour les ondes sonores dans les gaz).

Représentation schématique des ondes planes (à gauche) et des ondes sphériques (à


droite). Les surfaces sur lesquelles la phase de l'onde a une valeur donnée sont dessinées.

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Le vecteur de Poynting et l’éclairement s’écrivent alors, en notant 𝑛⃗ la direction de
propagation et en utilisant la relation 𝜖0 𝜇0 𝑐 2 = 1,

L’éclairement est donc proportionnel à 〈𝐸 2 〉 𝑇 = 𝐸02 〈𝑐𝑜𝑠 2 𝑤𝑡〉 𝑇

2.2.2. Les ondes sphériques monochromatiques

Définition des coordonnées sphériques.

En écrivant l’équation de Helmholtz (équation 2.15) en coordonnées sphériques, en


posant 𝑟 = ‖𝑟‖ et en introduisant les angles usuels (figure 2.4), on trouve.

2.2.3. D'autres types d'ondes monochromatiques

En écrivant l’équation 2.15 en coordonnées cylindriques cette fois, on obtient

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CHAPITRE 3 : INTERFERENCES LUMINEUSES

3.1. Introduction
Lorsque deux ou plusieurs ondes lumineuses se superposent, on ne peut généralement
pas décrire d’une manière simple les phénomènes observés. Prenons le cas de deux ondes
provenant d’une même source ponctuelle et monochromatique : dans la région de
superposition, l’intensité lumineuses varie d’un point à l’autre entre des maximas qui
dépassent la somme des intensités de deux ondes prises séparément et des minima qui peuvent
être nuls. Ceci constitue le phénomène d’interférences.

Pour préciser les conditions auxquelles deux ondes doivent satisfaire pour pouvoir
interférer, il n’est pas nécessaire d’avoir une idée précise de la nature des ondes
électromagnétiques. Il suffit d’admettre les principes suivants :

1) La lumière monochromatique est composée de vibrations d’une seule fréquence.


𝑐
2) Les vibrations électromagnétiques se propagent à la vitesse de la lumière 𝜈 = 𝑛.

3) Elles sont transverses par rapport à la direction de propagation.

4) Elles peuvent être représentées par une fonction sinusoïdale.

5) La durée de l’émission de la lumière par un émetteur atomique est de l’ordre de 10-9


à 10-8 seconde c'est-à-dire que les trains d’ondes émis ont une longueur comprise entre 30 cm
et 3 cm.

Autrement dit, chaque oscillateur atomique émet une onde monochromatique très fine
pendant un temps bref, puis une autre sans relation de phase avec la précédente : la source est
temporairement incohérente.

6) Chaque oscillateur atomique travaille indépendamment de ses voisins. Il n’y a pas, en


général, de relation de phase permanente entre les radiations qu’ils émettent. On dit que la
source est spatialement incohérente.
7) Les longueurs d’onde des oscillations voisines sont indépendantes en général, dans ce cas,
toutes les radiations sont présentes dans le spectre continu et la lumière est dite blanche.

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8) Les polarisations des rayonnements émis par les divers oscillateurs sont
indépendantes et distribuées au hasard. La source n’est pas polarisée.

3.2. Étude générale


3.2.1. Calcul de l’intensité lumineuse

1) Calcul de l’intensité lumineuse d’un train d’onde


Les phénomènes d’optique que nous percevons sont des réceptions d’énergie. Le détecteur
(oeil, cellule) n’apprécie pas l’amplitude de l’onde, mais l’énergie qu’elle transporte. Cette
énergie est proportionnelle à l’intensité vibratoire, en point donné.
Exemple : Onde sinusoïdale se propageant suivant Oz :

le temps caractéristique du détecteur est très supérieur à la période 𝑇 = 2𝜋/𝜔 , l’intensité ne


dépend pas du temps et s’identifie au carré du module de 𝐸 .
En effet, 𝐼(𝑧, 𝑡) varie très rapidement avec le temps, on prend la moyenne sur un temps
𝜃 très grand multiple de la période T.

2) Calcul de l’intensité lumineuse d’une superposition de trains d’ondes vibrant suivant


la même direction
a) Train d’ondes non cohérentes
Une superposition de trains d’ondes se traduit par une addition des vecteurs représentatifs

𝑬𝟐𝟎𝒎
Cette expression se compose de termes carrés 𝑚 = 𝑛 qui donnent et de terme
𝟐

rectangles 𝑚 ≠ 𝑛 dont la moyenne est nulle car pour tout couple

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𝐸0𝑚 𝐸0𝑛 𝑒𝑥𝑝𝑗[𝜑𝑛 − 𝜑𝑚 ], on peut trouver un couple 𝐸0𝑚 𝐸0𝑛 𝑒𝑥𝑝𝑗[𝜑 ′ 𝑛 − 𝜑 ′ 𝑚 ]
égale et opposé.

Il y a donc simplement addition d’intensité :

b) Trains d’ondes cohérentes


Supposons que l’on introduise une différence systématique de phase entre les systèmes
de trains de la forme (𝜑𝑛 𝑛𝑒 𝑑é𝑝𝑒𝑛𝑑 𝑝𝑎𝑠 𝑑𝑢 𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠) :

Avec est la différence de phase entre les deux

vibrations

est le terme d’interférence entre les

deux ondes.

3.2.2. Principe de réalisation des interférences en optique

On est amené à superposer deux faisceaux (ou plus) de même fréquence et cohérents
(ayant une différence de phase systématique). Ceci peut s’obtenir en prenant deux faisceaux
issus de la même source et ayant suivi des chemins différents.

1) Division du front d’onde

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Il y a division du front d’onde dans les appareils utilisant le principe de la figure
suivante :

La source S émet dans toutes les directions mais on utilise seulement deux portions séparées
(𝟏) et (𝟐) du faisceau. Ces deux faisceaux se superposent ensuite dans la région où l’on
observe les phénomènes d’interférences.
Exemple : Fentes d’Young, Miroirs de Fresnel.

2) Division d’amplitude
Il y a division d’amplitude dans le cas de la figure suivante :

Le faisceau incident est reçu sur une lame semi-transparente 𝐿. Une partie (1) du faisceau
incident transmise et une autre partie (2) réfléchie. Les deux faisceaux (1) et (2) se
superposent ensuite dans la région où l’on observe les phénomènes d’interférences.
Exemple : interféromètre de Michelson, interféromètre de Fabry Pérot.
3.2.3. Étude quantitative

1) Vibration résultante
Soient deux sources lumineuses S1 et S2 ponctuelles monochromatiques et cohérentes. Les
vibrations de S1 et S2 en un point M sont de la forme :

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2) Lieu des points de même intensité lumineuse

a) Les lieux des points de même intensité 𝐼 sont obtenus pour 𝜑2 − 𝜑1 = 𝐶𝑡𝑒 𝑜𝑢

𝜆
(𝑑2 − 𝑑1 ) = (𝜑 − 𝜑1 ) = 𝐶𝑡𝑒
2𝜋 2
La quantité 𝛿 = 𝑑2 − 𝑑1 s’appelle la différence de marche optique entre les deux rayons.
Les lieux des points tels que la différence des distances à deux points fixes S1 et S2 soit
constante, représentent des hyperboloïdes de révolution de foyers S1 et S2.
b) Les hyperboloïdes d’amplitude maximum ont pour équation :

c) Les hyperboloïdes d’amplitude minimum ont pour équation :

On place un écran d’observation devant les sources S1 et S2 parallèlement à la direction


S1S2.
Pour que les vibrations puissent s’ajouter scalairement, il faut que les directions de
propagation S1M et S2M soient presque confondues. S1 et S2 doivent être très proches et
l’écran éloigné.

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Dans ces conditions, la courbure des hyperboles est faible. Les franges sont rectilignes et
perpendiculaires à la droite 𝑜𝑥.
a) Position de ces franges :

Pour d >> x, a
Dans ce cas, la différence de marche prend l’expression simple :

Les franges sont des droites parallèles à 𝑂𝑦 et équidistantes. La distance 𝑖 entre deux franges
brillantes consécutives, ou entre deux franges noires consécutives est la même. Elle s’appelle
𝝀𝒅
l’interfrange : 𝒊 =
𝟐𝒂

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Les franges brillantes sont obtenues pour :

Les franges sombres sont obtenues pour :

Les abscisses 𝑥𝑘 𝑒𝑡 𝑥𝑘 ′ sont donc des multiples entiers (respectivement demi-entiers) de la


quantité 𝑖 qui ne dépend que du système expérimental.
Remarques :
1) Entre deux franges lumineuses (ou deux franges sombres) consécutives, 𝜑 = 𝜑2 − 𝜑1
varie de 2π et entre une frange lumineuse et une frange sombre adjacentes, 𝜑 varie de
𝜋.
2) Lorsqu’on se déplace dans le champ d’interférences, la conservation de l’énergie
impose que la moyenne spatiale de l’intensité soit égale à la somme des intensités que
produiraient séparément les deux sources, les interférences ne faisant que modifier la
répartition d’énergie :

b) Ordre d’interférence :
On appelle ordre d’interférence le nombre réel :

La frange centrale correspond à l’ordre d’interférence nul.

Exemple : 𝒙=𝒊 𝒑=𝟏


b) Contraste des franges :

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L’intensité oscille entre les deux valeurs extrêmes, 𝐼𝑚𝑎𝑥 et 𝐼𝑚𝑖𝑛

Le contraste des franges est caractérisé par le facteur de visibilité 𝑉 :

Dans le cas où les vibrations ont même amplitude on a :

Dans ce cas, on a le meilleur contraste (𝑉 = 1)

3.2.4. Conditions d’interférence

Pour observer les interférences, certaines conditions doivent être satisfaites :


Les sources S1 et S2 doivent synchrones (𝜔1 = 𝜔2 = 𝜔)
Les vibrations issues de S1 et S2 doivent être cohérentes c'est-à-dire que
Δ𝜑 = 𝜑2 − 𝜑1 = 𝐶𝑡𝑒 (au cours du temps).
Expérimentalement, ces conditions sont réalisées lorsque les deux sources S1 et S2 sont les
images d’une même source ponctuelle et monochromatique.

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Les divers systèmes interférentiels que nous allons voir ont une caractéristique commune : ils
donnent d’une source ponctuelle unique deux images S1 et S2 (réelles ou virtuelles) qui
constituent alors des sources cohérentes.

3.3. Principaux dispositifs interférentiels permettant l’obtention


des franges non localisées
3.3.1. Trous d’Young (1807)
Un écran percé de deux trous de petites dimensions qui diffractent la lumière. Cet écran est
éclairé par une source ponctuelle monochromatique 𝑆. D'après les lois de l'optique
géométrique, nous devrions observer sur un l’écran 𝐸 les traces 𝑀1 𝑒𝑡 𝑀2 des rayons issus de
𝑆1 𝑒𝑡 𝑆2. Du fait des faibles dimensions des trous, la diffraction intervient et l'on obtient un
champ d'interférences dans le recouvrement des faisceaux diffractés.

S1 et S2 sont à égale distance de la source S (ponctuelle et monochromatique). Les sources


secondaires S1 et S2 sont donc synchrones et cohérentes.
L’écran (𝐸) est disposé perpendiculaire au plan de la figure. On observe sur cet écran une
alternance de franges alternativement sombre et brillantes.

Les franges d’interférence sont donc rectilignes (en première approche)


La frange centrale (𝛿 = 0) correspond à 𝑥 = 0 est une frange brillante.

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3.3.2. Biprisme de Fresnel
1) Définition
Ce sont deux prismes identiques accolés par leur base, d’angle 𝐴 au sommet très faible et
d’indice 𝑛.
Le système est éclairé par une source 𝑆 ponctuelle et monochromatique.

S1 et S2 sont deux sources virtuelles images de la même source ponctuelle et


monochromatique S.
S1 et S2 sont donc synchrones et cohérentes. Elles peuvent donc interférer. La zone
d’interférence correspond à la zone de recouvrement des deux faisceaux semblant provenir de
𝑆1 et 𝑆2.

La figure d’interférence est caractérisée par une succession de franges claires et sombres,
deux franges successives de même nature étant distantes de :

3.3.3. Bilentilles de Billet


Une lentille convergente mince 𝐿 de distance focale 𝑓 a été coupée en deux suivant un
diamètre. On intercale ensuite entre les deux demi lentilles, un milieu opaque. Les deux
lentilles obtenues sont espacées de 𝜀 = 𝑂1𝑂2.

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Chaque demi-lentille donne sa propre image réelle de la source 𝑆. Ces deux images S1 et S2
jouent le rôle de sources secondaires dont les positions sont définies par :
𝑝𝑓
𝑝′ =
𝑝−𝑓

Les triangles 𝑆𝑂1𝑂2 𝑒𝑡 𝑆 𝑆1𝑆2 sont semblables ; on a :

La bi-lentille de Billet donne une figure d’interférence symétrique par rapport à la frange
centrale.
L'avantage du dispositif est que les sources 𝑆1 et 𝑆2sont réelles et permet aussi l’observation
des franges de Meslin. Pour ce faire, au lieu d’écarter les deux demi-lentilles par translation
dans leur plan, on les écarte parallèlement à leur axe optique commun. La source S et les deux
images réelles
S1 et S2 sont alors sur l’axe optique.
Le champ d’interférence est cette fois situé entre S1 et S2. Pour améliorer la luminosité, on
peut remplacer la source ponctuelle par une fente parallèle à la coupure de la lentille.

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3.3.4. Miroir de Lloyd :

Ce sont les interférences entre les rayons incidents et les rayons réfléchis sur le miroir. Un
point 𝑀 de l’écran est éclairé par deux rayons, le premier qui va directement de S à M et le
second qui se réfléchit sur le miroir et semble provenir de 𝑆2 (image de S par le miroir). Tout
se passe comme si 𝑀 était éclairé par deux sources synchrones 𝑆 et 𝑆2 distantes de 2𝑎 et
placées à une distance 𝑑 de l’écran[𝐸].
Le point O (𝑆1𝑂 = 𝑆2𝑂) est en dehors du champ d’interférence. En plaçant l’écran [𝐸] tout
près du bord du miroir, on peut observer la frange centrale et constater qu’elle est sombre : les
vibrations provenant de 𝑆 et 𝑆2 sont en opposition de phase en 𝑂’. On voit, en effet que la
réflexion air-verre (milieu moins réfringent par rapport au milieu plus réfringent) introduit un
déphasage supplémentaire égal à π ou une différence de marche 𝛿0 =𝜆/2. La différence de
marche globale devient :

3.4. Cohérence
Nous avons obtenu des franges d’interférence avec une source lumineuse idéale (source
ponctuelle qui émet de la lumière parfaitement monochromatique). Or les expériences ne sont
pas toujours dans ces conditions privilégiées. La source 𝑆 a toujours une certaine étendue et
n’émet pas de la lumière parfaitement monochromatique.

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3.4.1. Cohérence spatiale
Reprenons l’expérience des trous d’Young et supposons que la source 𝑆 n’est pas ponctuelle.

Soit 𝑆′un point de la source étendue 𝑆 situé à la distance 𝑋 de l’axe.


Au point 𝑀, la différence du chemin optique est :

Par conséquent, la différence de marche et la différence de phase varient avec le point


considéré de la source étendue.
Les fluctuations dans l’espace de la différence de phase sont suffisamment petites, elles
peuvent n’entraîner que des variations négligeables de l’intensité I : il y a cohérence spatiale.
Des variations importantes de peuvent produire des variations de 𝐼 assez grandes pour que
le contraste tombe pratiquement à zéro : les franges ne sont plus visibles, il y a incohérence
spatiale.
En effet :
L’ensemble des points de la source constituent des sources ponctuelles incohérentes entre
elles.
L’intensité en 𝑀 due à cette source fente est :

La position des franges brillantes est donnée par :

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On voit que les franges brillantes se trouvent aux mêmes endroits qu’avec une source fine : de
même pour les franges sombres.
A un facteur près, cette expression et celle donnée par une source ponctuelle ne différent que
par le terme 𝑠𝑖𝑛𝑐(𝑚𝑠).
Calculons le contraste :

Traçons la courbe représentant les variations de γ en fonction de 𝑠.

Si la dimension 𝑠 de la source est très petite (fente fine) 𝛾 est proche de 1. Lorsque 𝑠
augmente γ diminue.
𝜆𝑑0
Les franges disparaissent si 𝑚𝑠 = 𝜋 c'est-à-dire si 𝑠 = .
2𝑎

Elles réapparaissent ensuite avec un contraste inversé et plus faible ; puis disparaissent à
nouveau pour 𝑠 = 𝜆𝑑0/𝑎 𝑒𝑡 𝑎𝑖𝑛𝑠𝑖 𝑑𝑒 𝑠𝑢𝑖𝑡𝑒.
A chaque nouvelle inversion, le contraste est plus faible. Pour avoir un bon contraste, il faut
𝜋 𝜆𝑑0
satisfaire à la condition suivante : 𝑠 <2m = .
4𝑎

3.4.2. Cohérence temporelle (ou chromatique)


Tout comme une augmentation de la dimension de la source, l’utilisation d’une lumière non
monochromatique affecte la visibilité des franges d’interférences jusqu’à les faire disparaître.
Supposons que la source présente une bande spectrale de largeur Δ𝜈 au voisinage d’une
fréquence 𝜈. Nous admettons que les diverses fréquences correspondent à des sources
incohérentes et que l’intensité lumineuse est constante à l’intérieur de la bande spectrale de
largeur Δ𝜈.

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On remarque l’analogie de cette formule avec la formule précédente (cohérence spatiale).
Nous observons donc au point 𝑀, avec cet éclairement pseudo monochromatique un contraste
𝛾′ = 𝑠𝑖𝑛𝑐(𝜋𝜏Δ𝜈)

Donc la première disparition des franges d’interférence se produira pour un ordre


d’interférence p tel que :

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Plus Δ𝜈 est petit, plus le temps de cohérence est grand et plus l’ordre d’interférence que l’on
peut observer pour un 𝜈 donné est élevé.
La plus grande différence de marche pouvant encore assurer les interférences est donnée par
la relation :

Cas particulier :
1/ Source émettant deux radiations voisines :
Dans ce cas, les deux systèmes de franges données par les deux radiations λ1 et λ2 ont même
aspect, mais ne coïncident pas.
Au point d’abscisse 𝑥 = 0, 𝛿 = 0 pour les deux radiations λ1 et λ2.
Les deux ondes produisent donc des franges brillantes en ce point. En un point 𝑀 de l’écran :

Si |𝑝2 − 𝑝1 | = 𝑘 (entier), on dit qu’il y a concordance en un point 𝐴 entre les systèmes de


franges (c'est-à-dire une frange brillante de la vibration λ1 coïncide avec une frange brillante
de la vibration λ2). Il y a discordance au point 𝐴 dans le cas où une frange brillante λ1 coïncide
1
avec une frange sombre λ2. Dans ce cas : |𝑝2 − 𝑝1 | = 𝑘 + 2

2/ Franges en lumière blanche :


La différence de marche en un point où deux ondes interfèrent est δ, qui dépend de la position
de ce point. La différence de phase des ondes en ce point est 𝜑 = 2π/λ𝛿, qui dépend à la fois

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de 𝛿 et de la longueur d’onde 𝜆. Lorsqu’on réalise des interférences en lumière blanche,
chaque longueur d’onde crée son propre système de franges qui se superpose à ceux des
autres longueurs d’onde : pour chaque longueur d’onde, on a :

Au centre de la figure d’interférence, δ = 0 et les interférences sont constructives pour toutes


les longueurs d’ondes : on voit une frange blanche. Lorsque 𝛿 augmente un peu, les
interférences sont destructives pour certaines longueurs d’onde, et constructives pour d’autres.
On observe des teintes colorées appelées teintes de Newton. Elles apparaissent pour des
différences de marche de 0,1 μ𝑚 à 5 μ𝑚. Lorsque 𝛿 est plus importante, on observe une
couleur blanche appelée blanc d’ordre supérieur. De nombreuses longueurs d’ondes sont
absentes du spectre du blanc d’ordre supérieur car il leur correspond des interférences
destructives : le spectre est composé de fines raies colorées et de fines raies sombres alternées.

3.5. Interférences lumineuses par division d’amplitude :


3.5.1. Lame à faces parallèles : (franges d’égale inclinaison)
a) Anneaux par réflexion :
Soit une lame transparente d’épaisseur 𝑒 (𝑒 >> 𝜆) isotrope d’indice 𝑛, éclairée par une source
monochromatique (qui peut être étendue) sous un angle d’incidence 𝑖.
On obtient des interférences localisées à l’infini en faisant interférer deux rayons obtenus par
dédoublement du rayon incident 𝑆𝐼.

b) Origine des interférences :


L’onde incidente est divergente et est donc constituée d’une infinité de rayons contenus dans
le cône d’émission de la source. Un rayon particulier issu de la source se réfléchit en partie au

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point 𝐼 sur le haut de la lame. De façon complémentaire une fraction du rayon incident est
transmise à travers la lame en subissant une réfraction avant de se réfléchir au point J du bas
de la lame pour ressortir au point 𝐾 après une seconde réfraction. Au point 𝐼, l’onde incidente
d’amplitude 𝐸0 subit donc une division d’amplitude puisque le champ réfléchi s’écrit 𝑟𝐸0 et le
champ transmis t𝐸0. Les coefficients 𝑟 et 𝑡 sont respectivement les coefficients de réflexion et
de transmission en amplitude du dioptre air-lame. Ces coefficients sont définis par les
relations de Fresnel qui traduisent la continuité du champ
électrique et de sa dérivée à l’interface.
En incidence normale, on peut montrer que :
On peut observer les interférences directement à l’œil nu, mais il est plus commode de faire
converger les rayons dans le plan focal d’une lentille.
c) Calcul de la différence de marche 𝜹

𝜆
À 𝛿 ′ il faut ajouter le retard supplémentaire dû à l’avance de phase π produite par réflexion
2

air-verre au point 𝐼.
Finalement :

Remarques :
1) Cas d’une source étendue

Soit S2 un autre point de la source. Parmi les rayons émis par S2 considérons le rayon
S2I2 //S1I1. Le même phénomène se produit et les deux rayons I2L2 aboutissement au même
point M où ils interférent.

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Les phénomènes d’interférences produits en M par S1 et S2 sont incohérents mais comme ils
sont identiques, la visibilité du phénomène reste la même. Ceci est vrai pour tous les rayons
émis par les différents points de S et qui sont parallèles à S1I1.
2) Contraste
Sous l’incidence normale, le rapport de l’intensité réfléchie à l’intensité incidente (pouvoir
réflecteur) est donné par :

Les faisceaux (1) et (2) ont sensiblement la même intensité et par suite la même amplitude ;
les minima sont pratiquement nuls ce qui correspond à un bon contraste.
d) Dispositif expérimental :

Comme on a à faire à un faisceau conique, ce qui fait que l’on obtient sur l’écran (𝐸) non pas
un point 𝑀 mais une famille de points correspondant à 𝒊 = 𝐶𝑡𝑒 (cône de demi angle au
sommet 𝒊).
Le système admet donc une symétrie de révolution autour de l’axe optique de l’objectif 𝑂.
Les franges sont des anneaux d’égale inclinaison.
e) Rayon des anneaux :

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Le rayon des anneaux dépend évidemment de leur ordre. A l’ordre p, on a donc

On aura, en un point 𝑀 de la figure d’interférence, le même état d’interférence qu’au centre si


:
po – p = k (k entier) : nombre d’anneaux entre le centre et l’anneau de rayon 𝒙.

Remarque :
• Du point de vue expérimental il convient de remarquer que la mesure effectuée est
toujours celle du rayon de l’anneau et non celle du rayon angulaire.
• La mesure de 𝑥 permet par exemple de déterminer soit 𝑒, soit n, soit 𝜆. .
1
• 𝑖 étant proportionnel à , les anneaux sont donc d’autant plus serrés que la lame est
√𝑒

épaisse.
• les anneaux se resserrent d’autant plus que k augmente.
f) Anneaux par transmission

T1 et T2 sont parallèles. On obtient des interférences à l’infini. La différence de marche


géométrique est identique et s’identifie avec la différence de marche optique puisque les
réflexions sont de type verre air n’introduisant pas de déphasage supplémentaire :

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Dans ces conditions si les anneaux par réflexion sont à centre brillant, les anneaux par
transmission seront à centre sombre.
𝑇2 = 𝑅 2 𝑇1 , les amplitudes sont très inégales, le contraste sera faible et la visibilité des
anneaux sera médiocre car l’intensité qui domine sur l’écran est celle du premier rayon. Cet
argument est cependant qualitatif car la compréhension du phénomène ne peut se faire
correctement qu’en tenant compte des réflexions et transmissions multiples dans la lame
(anneaux de Fabry-Pérot, ou interférence à ondes multiples).
3.5.2. Lame à épaisseur variable (franges d’égale épaisseur ou franges de
Fizeau)
a) Lame coin : localisation des franges :
Une source monochromatique, envoie un faisceau de lumière parallèle sur une lame en forme
de coin d’angle 𝛼 très petit et d’indice 𝑛 > 1. Cette lame baigne dans l’air.

L’arrête 𝑂 de la lame est perpendiculaire au plan de la figure.


Un rayon incident Ro fournit les deux rayons R1 et R2 qui se coupent en M. quand Ro se
déplace parallèlement à lui-même, tous les angles de la figure restent constants, tous les
triangles restent semblables à eux-mêmes. Le triangle OI1M reste donc aussi semblable à lui-
même, l’angle 𝜃 est constant. M décrit la droite fixe Δ. Par suite la surface de localisation
(lieu des points M) est un plan de trace OM passant par l’arrête du coin. Ce plan est très
voisin de la lame.
Incidence normale :

Le lieu des points M est entre Σ1 et Σ2.

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L’angle 𝛼 étant très petit. Le calcul de 𝛿 effectué dans le cas d’une lame à faces parallèles
reste valable.

Une frange est le lieu des points où la lame a une épaisseur constante (d’où le nom : franges
d’égale épaisseur). Ce sont des segments parallèles à l’arrête du coin où se trouve la frange
sombre (𝑒 = 0).
b) Coin d’air (incidence normale)

Position des franges sombres


Les franges sombres sont données par :

b) Anneaux de Newton :
Ce sont des franges d’égales épaisseurs données par une lame d’air qui est constituée par une
lentille plan convexe en contact avec la face plane d’une lame de verre. Leur géométrie est
due à la symétrie circulaire du système.

Ce système est éclairé par une source monochromatique sous l’incidence normale et étudié
par réflexion.

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Le triangle 𝑂𝐼𝑂’ est rectangle en 𝐼, nous avons :

Les rayons qui se réfléchissent sur la face convexe


de la lentille interfèrent avec ceux qui se réfléchissent sur la face supérieure de la lame à face
parallèles.
c) Différence de marche
La différence de marche 𝛿 entre les deux rayons réfléchis est :

Au point 𝑂, on a un centre noir. La figure d’interférence localisée sur la lame présente une
symétrie de révolution autour de l’axe 𝑂𝑂′. Nous observons donc un système d’anneaux de
centre 𝑂, localisés sur la lame lorsque nous utilisons une source étendue (anneaux de
Newton).
Les anneaux sombres donnés par :

Les rayons des anneaux successifs varient comme la suite des racines carrées des nombres
entiers consécutifs.

➢ Intensité des ondes interférant en réflexion

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➢ Intensité des ondes interférant en transmission
La transmission se fait sans déphasage donc on a interférence constructive quand la différence
de marche 𝛿vaut 𝑘𝜆. Donc tout est inversé par rapport aux franges par réflexion (les franges
brillantes deviennent sombres, les sombres deviennent brillantes).

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CHAPITRE 4 : DIFFRACTION

Introduction :
La diffraction est le phénomène d’éparpillement de la lumière que nous observons lorsqu’une
onde est matériellement limitée. Elle joue un rôle décisif dans la formation des images
puisque tout système optique limite l’étendue du faisceau incident.
L’interprétation de ce phénomène repose sur une théorie ondulatoire dont les précurseurs sont
Huygens-Fresnel. Leurs contributions sont rassemblées sous le nom de principe de Huygens-
Fresnel.

4.1. Principe de Huygens-Fresnel :


L’énoncé de ce principe comporte 2 parties :
A) La lumière se propage de proche en proche. Chaque élément de surface atteint par celle-ci
se comporte à son tour comme une source secondaire (fictive) qui réémet des ondelettes dont
l’amplitude est proportionnelle à cet élément de surface.
B) L’amplitude complexe de la vibration lumineuse en un point M est la somme des
amplitudes complexes des vibrations produites par toutes les sources secondaires.
Remarques :
1. Les sources fictives sont cohérentes : les ondes émises par ces sources secondaires
interfèrent donc entre elles.
2. Le phénomène de diffraction intervient dans des domaines de la physique autres que
l’optique. Nous pensons aux ondes électromagnétiques radioélectriques et à la diffraction
des électrons sur les cristaux. Elle est une signature de la nature ondulatoire d’un
phénomène.
3. Le principe de Huygens-Fresnel est une approximation de la solution rigoureuse au
problème de diffraction donné par la résolution de l’équation d’onde. Il est valable dans
le cadre de l’approximation paraxiale.
4. Soient 𝑆 une source ponctuelle monochromatique et Σ la surface d’onde à l’instant 𝑡.
Nous avons vu que, dans un milieu homogène et isotrope, Σ est une sphère de rayon 𝑉𝑡.
La surface d’onde 𝛴′ à un instant ultérieur 𝑡+𝜃 est alors l’enveloppe des surfaces d’ondes
centrées sur les points précédents et de rayon 𝑉𝜃.
5. Une onde sphérique engendre ainsi une onde sphérique, une onde plane engendre une
onde plane, etc.

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❖ Construction de Huygens
La construction de Huygens a été complétée par l’hypothèse de Fresnel selon laquelle, il peut
y avoir des interférences entre les différentes ondelettes. Autrement dit, la figure de
diffraction observée résulte de l’interférence des ondes émises par l’ensemble des sources
secondaires uniformément répartie sur le diaphragme diffractant.

4.2. Domaine de l’étude :


Soit une onde monochromatique tombant sur un diaphragme plan. On suppose la longueur
d’onde 𝜆 est très inférieure aux dimensions de cette ouverture.
• Diffraction à distance finie ou diffraction de Fresnel :
Il s’agit de décrire la répartition d’intensité lumineuse sur un écran placé à proximité de la
pupille diffractante.
• Diffraction à l’infini ou diffraction de Fraunhofer :
Il s’agit alors de décrire la répartition d’intensité lumineuse sur un écran placé à grande
distance de la pupille diffractante, théoriquement à « l’infini ».

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4.3. II.4. Diffraction de Fraunhofer :
4.3.1. Étude générale :
Dans ce qui suit, on supposera que la source lumineuse (ponctuelle, monochromatique) est à
l’infini. L’écran D, percé de l’ouverture T, est normal au faisceau incident. Calculons
l’intensité diffractée à l’infini par T dans une direction 𝛼.

Chaque point 𝑃 de l’écran (E) reçoit la superposition d’une infinité de vibrations issues des
points M de l’ouverture T.
L’intensité lumineuse au point P dépend donc de la direction 𝛼 et de la forme de l’ouverture
T.
Si l’ouverture est uniformément éclairée, la vibration en un point M est 𝐸0𝑒𝑥𝑝𝑗𝜔𝑡 où 𝐸0 est
nul en dehors de l’ouverture. Choisissons comme origine des phases, la phase au point P due à
la vibration issue du point O pris comme origine.
La vibration produite en P par l’élément de surface dS centré autour du point M est :

L’amplitude au point P due à toutes les vibrations diffractées par l’ouverture T est :

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Remarque:
L’amplitude de la vibration diffractée par l’ouverture 𝑇 a été établie en supposant que
l’amplitude 𝐸0 est la même en tous les points de T. On peut généraliser ceci en supposant
qu’il y a à la fois variation d’amplitude et de phase. Ces deux effets peuvent être représentés
par une fonction
𝐹(𝑋, 𝑌) = 𝐴(𝑋, 𝑌)𝑒𝑥𝑝𝑗∅(𝑋, 𝑌) où 𝐹(𝑋, 𝑌) est identiquement nul en dehors de l’ouverture T.
𝐴(𝑋, 𝑌) 𝑒𝑡 ∅(𝑋, 𝑌) caractérisent les répartitions d’amplitude et de phase sur l’ouverture T.
Dans ce cas, l’expression de l’amplitude s’écrit :

4.3.2. Diffraction par une ouverture rectangulaire :


On intègre la relation précédente sur une ouverture rectangulaire de largeur 2𝑎 et de longueur
2𝑏 en remarquant que les variables X et Y sont indépendantes (l’origine 𝑂 est prise au centre
de l’ouverture).
La lentille L est placée tout près de l’écran (𝐷) pour que tous les rayons diffractés par
l’ouverture 𝑇 soient recueillis par cette lentille. Le centre O de l’ouverture 𝑇 est situé sur l’axe
principal 𝑂𝐶𝑆' de la lentille.
L’amplitude en 𝑃 de la vibration diffractée est :

Remarque :
a) L’intensité en un point de la figure de diffraction est proportionnelle au carré de la surface
libre du diaphragme.

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b) Cette intensité est égale au produit de deux facteurs qui dépendent uniquement : le premier
de la coordonnée 𝑢, le deuxième de la coordonnée 𝑣.

g) La représentation graphique de l’éclairement est donnée sur les figures suivantes:

d) Les franges secondaires de diffraction sont deux fois moins larges que la frange centrale et
beaucoup moins lumineuses.
4.3.3. Diffraction par une fente fine :
Supposons que l’une des dimensions de l’ouverture rectangulaire est très petite devant l’autre.
𝜆 𝜆
On a par exemple 𝑎 ≫ 𝑏. C’est-à-dire 2𝑎 ≪ 2𝑏

La lumière diffractée s’étale pratiquement sur 𝑆′𝑦 car le facteur 𝑠𝑖𝑛𝑐(𝑘𝑢𝑎) pratiquement nul
dès que l’on s’écarte de l’axe 𝑆′𝑦 et égal à 1 sur cet axe.

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En effet, La tache centrale est comprise entre 𝑘𝑣𝑏 = −𝜋 𝑒𝑡 𝑘𝑣𝑏 = +𝜋 c’est-à-dire 𝑣 compris
𝜆 𝜆 𝜆
entre 𝑒𝑡 2𝑏. C’est donc bien le rapport qui pilote la diffraction. Plus 𝑏 est petit, plus la
2𝑎 2𝑏

tâche principale de diffraction, c’est-à-dire la tache centrale est grande. De plus, l’éclairement
de l’écran n’est pas uniforme : autour de la tâche centrale existent des tâches secondaires,
moins larges et moins lumineuses.
Remarque :
La diffraction par une fente peut également s’appliquer, en raison du théorème des écrans
complémentaires, pour décrire la figure de diffraction obtenue avec un fil placé sur le trajet
d’un faisceau lumineux.
La distribution de l’intensité sur l’axe 𝑆′𝑦 devient : 𝐼0𝑠𝑖𝑛𝑐2(𝑘𝑣𝑏).
Remarque :
Si la source ponctuelle à l’infini est remplacée par une source fente, chaque point de la fente
source 𝑆 donne un diagramme de diffraction identique au précédent, mais centré sur l’image
géométrique 𝑆′ de 𝑆. La juxtaposition de tous ces systèmes donne des franges parallèles à la
direction de la fente source.

4.3.4. Diffraction par une ouverture circulaire :


C’est un cas très fréquent en diffraction car la monture des lentilles ou des miroirs utilisés
dans les instruments d’optique sont généralement circulaires. La figure de diffraction obtenue
à la symétrie de révolution autour de l’axe de la pupille : elle se compose d’anneaux
alternativement sombres et brillants, entourant une tache centrale beaucoup plus brillante.
Considérons un faisceau cylindrique normal au plan contenant l’ouverture circulaire 𝑇 de
rayon 𝑅. L’image géométrique de la source se trouve au point S'. Les phénomènes sont de
révolution autour de CS'.
L’amplitude au point 𝑃 est donnée par :

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Cette expression ne s’intègre pas au moyen des fonctions élémentaires mais nécessite
l’introduction des fonctions de Bessel.
Si 𝐽0 est la fonction de Bessel de première espèce d’ordre zé𝑟𝑜 , on a :

La figure de diffraction se compose d’une tache centrale appelée tache d’Airy très lumineuse
entourée d’anneaux alternativement brillants et noirs.
Les anneaux noirs correspondent aux racines de 𝐽1(𝑍) = 0 soit :

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Le rayon linéaire du premier anneau noir est :

Remarque : Influence de la diffraction sur la qualité des images


Retenir l’expression de la demi-largeur angulaire à la base des deux pupilles les plus
couramment rencontrées :

La diffraction cause donc un élargissement de l’image géométrique d’autant plus grand que
la pupille diffractante est de faible dimension.
Dans le cas de deux images ponctuelles très rapprochées, les taches centrales de diffraction
peuvent empiéter l’une sur l’autre et, par addition des intensités lumineuses, donner
finalement une répartition d’intensité ne présentant plus deux maximas mais un seul
maximum.
Dans ces conditions, l’oeil ou tout autre récepteur optique ne voit alors plus deux images
distinctes mais une seule ”tache” lumineuse : cette dégradation des performances d’un
instrument d’optique par suite de la diffraction doit être tout particulièrement maîtrisée dans
les spectroscopes destinés à mesurer des longueurs d’onde très voisines. Dans la pratique on
adopte le critère de Rayleigh : Dans le cas d’un système à symétrie de révolution, les images
de deux points lumineux incohérents sont résolues si le maximum de la figure d’Airy relative
à l’un des points est situé sur ou au-delà du premier minimum de la figure d’Airy relative à
l’autre.

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4.3.5. Diffraction par deux fentes identiques :
Le phénomène de diffraction est à la base même des interférences d’Young puisqu’il permet
le recouvrement des faisceaux après le passage des deux ouvertures, qu’il s’agisse de trous ou
de fentes diffractantes. En supposant :
• les deux ouvertures identiques, distantes de 2𝑎,
• une diffraction isotrope, c’est à dire que chaque onde transporte la même intensité lumineuse
dans toutes les directions du demi-espace situé à droite des ouvertures.

Les fentes sont de largeur 2𝑏, leurs centres sont distants de 2a. On obtient l’amplitude
diffractée en un point P de l’écran par intégration :

Cette expression est composée de deux facteurs, le premier représente le phénomène des
interférences obtenu par les fentes d’Young et le second la figure de diffraction. Nous avons
donc obtenu des franges d’interférence modulées par le phénomène de diffraction.

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Remarque :
Pour retrouver l’image d’interférences décrite dans le chapitre sur les « Interférences », il faut
que la diffraction soit suffisamment importante, de façon à ce que la fonction sinus cardinal
ait ses premiers zéros rejetés très loin de 𝑂. Dans ce cas, on reste dans le pic central (qui est
très étalé) et on ne voit pas la décroissance lente de l’enveloppe. On considère ainsi que la
largeur des fentes tend vers zéro.
4.3.6. Diffraction par plusieurs fentes identiques :
On cherche à généraliser le cas précédent à 𝑁 fentes éclairées sous incidence normale par un
même point source pour le même dispositif. Tous les points du plan des fentes sont en phase.
Les fentes sont très fines de manière à ce que seule la diffraction due à la largeur soit
significative.
Les 𝑁 fentes fines ont pour largeur 2𝑏 et sont équidistantes de 2𝑎. La contribution de la fente
𝑁𝑖 à la vibration résultante en 𝑃 s'écrit : 𝑓(𝑣) ∝ 𝑠𝑖𝑛𝑐(𝑘𝑣𝑏)
La contribution 𝑁 des fentes est donc :

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Répartition de l'intensité
Le tableau suivant montre l’évolution des franges lorsqu’on considère cinq fentes, quinze
fentes et un grand nombre de fentes.

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Remarque :
- Plus les fentes sont fines, plus le profil de diffraction est large et l'intensité des pics
principaux diminue ;
- Plus le nombre total de fentes éclairées est important et plus les pics sont fins.
- Au fur et à mesure que le nombre des fentes augmente, les maximas principaux s’affinent et
les maximas secondaires deviennent de plus en plus nombreux et de plus en plus faibles.
Entre deux maximas principaux, on a (𝑁 − 1) minima nuls et (𝑁 − 2) maxima secondaires.
4.3.7. Réseaux de diffraction :
Un réseau est un objet diffractant dont la transparence est périodique. La période 𝑝 s’appelle
le pas du réseau. L’inverse du pas est la fréquence spatiale du réseau ; celle-ci s’exprime
souvent en ”traits par millimètre”, ce qui correspond à l’unité : 𝑚𝑚−1. L’objet étant de
largeur finie 𝐿, la périodicité n’existe l’intérieur d’une ”fenêtre” de largeur 𝐿.

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La possibilité de réaliser des réseaux en enregistrant des franges d’interférences a été suggérée
par Michelson en 1927. Mais ce n’est qu’avec l’invention des lasers que cette technique s’est
répandue.
1) Différents types de réseaux :
Réseaux de phase : un réseau de phase diffracte par effet de retard de phase dû à son profil
microscopique sans variation d’absorption.
Réseaux d’absorption ou d’amplitude : un réseau d’amplitude ou d’absorption diffracte par
une absorption sélective du faisceau incident.
Réseaux mélangés : ce sont ceux dans lesquels à la fois la constante diélectrique et la
constante d’absorption sont modulées partiellement.
Réseaux numériques : peuvent être utilisés en traitement d’image par double transformée de
Fourier.
2) Caractérisation d’un réseau :
Quand nous éclairons un réseau par une onde plane monochromatique. Les divers faisceaux
diffractés interfèrent de telle façon que la lumière soit pratiquement localisée dans les
directions qui satisfont la condition :
2𝑎(𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑 − 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑖 ) = 𝑚𝜆 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑚𝜖𝑍
𝜃𝑑 𝑒𝑡 𝜃𝑖 sont les angles d’incidence et de diffraction, 2𝑎 est le pas du réseau et 𝑛 l’ordre de
diffraction.
3) Pouvoir de résolution :
Si la lumière incidente est composée de deux radiations 𝜆 et 𝜆’ = 𝜆 + Δ𝜆, les maximas du
𝑚𝜆 𝑚𝜆′
nième ordre se trouvent en 𝑒𝑡 . Selon le critère de Rayleigh, on considère que deux
𝑝 𝑝

raies de longueur d’onde 𝜆 et 𝜆′ sont séparées l’une de l’autre dans l’ordre 𝑚 si le maximum
de l’une des taches de diffraction de l’une coïncide avec le minimum de l’autre. Le plus petit
𝑚𝜆
écart en longueur d’onde correspond à la limite de résolution : (𝜆 − 𝜆′)𝑚𝑖𝑛 = 𝐿.𝑚. D’où le

pouvoir de résolution :
𝜆
𝑅 = Δ𝜆 = 𝑚𝑁 avec 𝑁 le nombre total de motifs du réseau.

Remarque :
La résolution d’un réseau de longueur L ne peut pas être augmentée infiniment en diminuant
le pas 𝑝. En effet, d’après la relation des réseaux, L’onde n’est pas déphasée en sortie du
réseau si et seulement si la différence de marche entre les deux faisceaux vaut 𝑚𝜆.
2𝐿
La différence des sinus étant au plus égale à 2, la relation est bornée et : 𝑅𝑚𝑎𝑥 = 𝜆

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Avec un réseau donné, il suffirait de choisir un ordre d’interférence 𝑚 élevé mais dans ce cas
l’intensité de la lumière analysée chute très rapidement. Le compromis consiste à :
- Utiliser des réseaux blazés où pratiquement toute l’énergie lumineuse diffractée est
concentrée dans un seul ordre.
- Utiliser des réseaux holographiques dans lesquels on peut contrôler (par un choix
convenable de la modulation de l’épaisseur ou de l’indice de réfraction ou des deux)
l’intensité diffractée dans un ordre bien déterminé.

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