Gestion de la voix en mixage
Ce document accompagne la vidéo se trouvant ici : [Link]
1. Justesse et tempo :
Si il y a des problèmes de tempo, ça peut être assez facilement corrigeable via le
séquenceur MAO. Dans le cas de la justesse, il peut être nécessaire de faire appel à un
plugin externe.
Prenez votre temps durant cette étape et surtout, faites attention à ne pas tuer le
naturel. Une légère fausseté de temps en temps peut être bénéfique.
Portez surtout votre attention sur les notes de maintien.
Gestion de la voix en mixage
2. Décrassage :
Deux choses à surveiller ici :
● Les fréquences néfastes : 1 coupe bas + vérifiez la zone boueuse en bas du spectre.
Vérifiez aussi qu’il n’y ait pas dans la voix que vous travaillez, une fréquence en
surabondance.
On utilisera ici un EQ chirurgical.
● Les ʺ SSSS ʺ sifflants entre 6000 et 8000 Hz environ. Si le sifflement est important, je
vous recommande de poser un DeEsser ou un EQ dynamique sur la fréquence qui
pose problème. On ne cherche pas forcément du parfait ici.
Exemple type :
VERT : Coupe-bas
BLEU : Zone boueuse
ROUGE : fréquence surabondante
ROSE : EQ dynamique sur un ʺ S ʺ
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3. Finitions :
a. Caractère (optionnel)
À ce stade, il m’arrive très souvent de peaufiner le caractère général de la voix à
l’aide d’outils comme ToneSpote ou équivalent.
Je vous suggère d’être très prudent et délicat sur cette opération. On a vite fait de
dénaturer la voix.
a. Uniformité :
Très souvent, la voix fluctue beaucoup trop pour être
gérée uniquement par un compresseur.
Pour lui donner plus de naturel et d’émotion, je la
ʺréguleʺ très souvent avec un plugin de type Vocal
Rider de chez Waves.
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4. La voix dans son contexte :
Jusqu’à présent, la voix était travaillée en SOLO. Maintenant, nous allons la placer avec
l’ensemble des autres pistes.
RAPPEL : L’opération qui suit s’opère une fois que la balance et la mise dans l’espace
(panoramique) ont été effectuées
Pour cela, nous allons faire appel à des tranches de console. Le gros avantage du
numérique, est que vous pouvez utiliser une tranche différente sur chaque piste. Chose
difficilement réalisable en hardware.
Dans le cas de la voix, j’utilise très souvent SSL ou API (et de temps en temps EMI
TG12345). Ce sont des solutions que l’on retrouve souvent. Mais ce n’est pas pour ça
que c’est LA solution ! C’est juste un point de départ pour vous.
Nous avons donc sous la main un EQ, un
compresseur et un gate, typé par
rapport au fabricant.
L’objectif est de rendre les pistes (dont la
voix) plus harmonieuses.
Elles doivent sembler bien détachées les
unes des autres.
La voix doit être bien présente sans pour
autant ʺbraillerʺ.
Je n’aime pas parler de ʺcolorationʺ à ce
stade. Ça viendra à l’étape suivante.
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5. Couleur et caractère :
À ce stade, je vous suggère avant toute chose, de mettre en fonction le compresseur du
bus Master et de le régler.
Si vous utilisez la technique du multibus (Brauerizing), vous pouvez faire vos envois et
savourer. Rien qu’à ce stade, ça doit réellement changer…!
Brauerizing seulement : ajustez les gains des 5 compresseurs en parallèle pour colorer la
voix comme vous le souhaitez.
Pour passer à la coloration de notre voix, nous allons bien sûr utiliser des compresseurs
vintages. Retenez également qu’il y a 3 approches principales :
a) Un seul compresseur :
Classique, simple et efficace. Vous vous en doutez, il n’y a pas de règles absolues
dans le choix du compresseur. Cependant, vous trouverez souvent un opto-
électrique de type LA-2A ou CL1B de chez TubeTech.
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b) Deux compresseurs en série :
Très efficace ! Il s’agit de placer 2 compresseurs l’un à la suite de l’autre. Le
premier possède une attaque assez lente (pente douce) et le second une
attaque plus rapide.
Cette technique, inventée par un ingénieur du son italien (dont j’ai oublié le nom
– OUPS !) est très souvent proposée avec la configuration suivante : Un FairChild
670 suivi d’un Urei 1176. Bien sur, vous pouvez expérimenter d’autres solutions.
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c) Deux compresseurs en parallèle :
Comme précédemment, la coloration se fait avec 2 appareils, à ceci prêt que la
gestion d’attaque est laissée à votre bon vouloir… Vous pourrez également
rentrer un peu plus dans les compresseurs puisque contrairement à la méthode
précédente, vous partez d’un gain originel sur chaque machine.
Ici, il n’y a aucune règle, même si souvent on trouvera un Urei 1176 en parallèle.
Par exemple, dans mon cas de figure, j’ai toujours un 1176 et un SPL Iron à
l’affût...
À ce stade, vous pouvez envisager de travailler les reverbs et les delays.
Vous pouvez également agrémenter avec de la distorsion ou un harmoniseur, le
but étant de rajouter et de jouer avec les harmoniques.
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6. Réajustement fréquentiel :
Les compresseurs et les reverbs peuvent légèrement changer le fréquentiel initial d’une
piste (et donc de notre voix).
Il peut donc être intéressant de réajuster tout ça avec un EQ vintage.
Là encore, vous n’avez que l’embarras du choix. Cependant, il y a quelques grandes
références concernant la voix, ce qui peut être un bon point de départ pour vous :
● API 550 A ou API 550 B
● Pultec EQP-1A de concert avec un Pultec MEQ-5
● Maag EQ2 ou EQ4
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7. Et pour finir :
Il est tout à fait possible qu’il y ait encore des ʺSSSSʺ dérangeants. Ce n’est pas anormal
de placer encore un DeEsser en fin de chaîne de traitement.
Pour finir, vous n’avez plus qu’à faire une automation générale des gains.
Cool, l’automation hein ?! Pas comme un bourrin …!!! Les doigts légers sur les faders.
Tout dans le ressenti, tout dans l’émotion.
À vous de jouer !