Perspectives agricoles OCDE-FAO 2022-2031
Perspectives agricoles OCDE-FAO 2022-2031
de l’OCDE et de la FAO
2022-2031
Perspectives agricoles
de l’OCDE et de la FAO
2022‑2031
Cet ouvrage est publié sous la responsabilité du Secrétaire général de l’OCDE et celle du Directeur général de la FAO.
Les opinions et les interprétations exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues officielles des pays membres de
l'OCDE ou celles de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ou de ses membres.
Les noms de pays et territoires, cartes et les avertissements territoriaux employés dans ce document sont ceux
qu’utilise la FAO.
FAO
ISBN 978-92-5-136495-6 (imprimé et pdf)
Crédits photo : Couverture © Concept initial réalisé par Juan Luis Salazar. Adaptations par OCDE.
L’utilisation de ce contenu, qu’il soit numérique ou imprimé, est régie par les conditions d’utilisation suivantes : [Link]
3
Avant-propos
Les Perspectives agricoles 2022-2031 sont le fruit de la collaboration entre l’Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et
l’agriculture (FAO). Les deux organisations mettent en commun leurs connaissances spécialisées sur les
produits, les politiques et les pays, ainsi que les informations fournies par leurs pays membres, afin de
produire chaque année une analyse des perspectives des marchés nationaux, régionaux et mondiaux des
produits agricoles de base pour la décennie à venir.
La présente édition des Perspectives agricoles a été préparée conjointement par les Secrétariats de
l’OCDE et de la FAO.
À l’OCDE, les personnes de la Direction des échanges et de l'agriculture qui ont contribué à l’élaboration
du scénario de référence et à l’écriture du rapport sont : Marcel Adenäuer, Annelies Deuss, Armelle Elasri
(coordonnatrice de la publication), Clara Frezal, Hubertus Gay (coordonnateur des Perspectives), Gaëlle
Gouarin, Lee Ann Jackson (chef de Division), Tatsuji Koizumi, Claude Nénert, Daniela Rodriguez Niño, et
Grégoire Tallard, de la Division des échanges et des marchés agro-alimentaires, et, pour la pêche et
l’aquaculture, Claire Delpeuch et Will Symes, de la Division des politiques agricoles et des ressources. Le
Secrétariat de l’OCDE est reconnaissant à l’experte invitée Eszter Palotai (Department for Environment,
Food and Rural Affairs, Royaume Uni). L’analyse stochastique partielle repose sur les travaux de l’unité
Aspects économiques de l’agriculture du Centre commun de recherche de la Commission européenne.
Carla Barisone, Caitlin Boros, Helia Mossavar-Rahmani et Michèle Patterson se sont chargées de
l’organisation des réunions et de la préparation de la publication. Wilfrid Legg a fourni la révision
linguistique du texte anglais. L’assistance technique à la préparation de la base de données des
Perspectives a été assurée par Karine Lepron, Marc Regnier et Eric Espinasse. Beaucoup d’autres
collègues du Secrétariat de l’OCDE et les délégués des pays membres ont apporté des commentaires
utiles sur les versions préliminaires de ce rapport.
À l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les projections de référence
et le rapport ont été préparés par les membres de la Division du commerce et des marchés (EST) sous la
direction de Boubaker Ben-Belhassen (Directeur, EST) et Josef Schmidhuber (Directeur adjoint, EST),
selon les orientations générales définies par Máximo Torero (Sous-directeur général, Département du
développement économique et social) et par l’équipe de direction du Département du développement
économique et social. L’équipe chargée des projections centrales se composait de Sergio René Araujo
Enciso, Giulia Caddeo, Martina Guerra, Aikaterini Kavallari, Holger Matthey (chef d’équipe), Svetlana
Mladenovic, et Irmak Yaka. Pour les produits halieutiques et aquacoles, l’équipe était constituée de
Adrienne Egger, Pierre Charlebois et Stefania Vannuccini du Département des pêches et de l’aquaculture
de la FAO. Des conseils sur les questions relatives aux farines de poisson et à l’huile de poisson ont été
fournis par Enrico Bachis de l’IFFO (The Marine Ingredients Organisation). La section sur le coton a
bénéficié des données et des conseils techniques de Lorena Ruiz du comité consultatif international du
coton (ICAC). La section sur les bananes et les principaux fruits tropicaux a été réalisée par Sabine
Altendorf, Giuseppe Bonavita et Pascal Liu. Francesco Tubiello a donné des conseils sur les émissions
de gaz à effet de serre. ElMamoun Amrouk, Erin Collier, Shirley Mustafa, Fabio Palmeri, G.A. Upali
Wickramasinghe, et Di Yang ont apporté leurs connaissances spécialisées sur les produits. Monika
Tothova a contribué à l'encadré 1.1. L’assistance à la recherche et la préparation de la base de données
ont été assurées par David Bedford, Harout Dekermendjian, Annamaria Giusti, Grace Maria Karumathy,
Yanyun Li, Lavinia Lucarelli, Emanuele Marocco, et Marco Milo. Cette édition a également bénéficié des
commentaires d’autres collègues de la FAO et institutions des pays membres. Les auteurs tiennent à
remercier Araceli Cardenas, Yongdong Fu, Jonathan Hallo, Jessica Mathewson, Kimberly Sullivan, et
Ettore Vecchione pour leur aide précieuse en matière de publication et de communication.
Tracy Davids du Bureau de la politique alimentaire et agricole (BFAP) a dirigé la rédaction des synthèses
régionales, avec le généreux soutien des bureaux régionaux de la FAO et des bureaux nationaux. Nous
remercions tout particulièrement Mohammed Ahmed (RNE), Julio Berdegue (RLC), Cheng Fang (REU),
Daniela Godoy (RLC), Suffyan Koroma (RAF), Ahmad Mukhtar (RNE), Tamara Nanitashvili (RNE), Pablo
Rabczuk (RLC) and David Dawe (RAP).
Enfin, les informations et commentaires fournis par l’Association mondiale des planteurs de betteraves et
de canne à sucre, le Comité consultatif international du coton, le Conseil international des céréales,
l’Association internationale de l’industrie des engrais, la Fédération internationale du lait, la Marine
Ingredients Organisation (IFFO) et l’Organisation internationale du sucre (ISO) ont été très précieux.
Les Perspectives agricoles complètes, y compris la base de données documentée, qui comprend les
séries chronologiques et les projections, peuvent être consultées sur le site internet commun de l’OCDE
et de la FAO : [Link]
La publication Perspectives agricoles 2022-2031 est disponible sur OECD iLibrary et FAO Document
Repository.
Avant-propos ......................................................................................................................................... 3
Acronymes et abréviations ................................................................................................................. 12
Résumé ................................................................................................................................................. 17
1 Marchés agricoles et alimentaires : tendances et perspectives ................................................. 20
1.1. Introduction ................................................................................................................................. 21
1.2. Hypothèses concernant la situation macroéconomique et les politiques publiques ................... 29
1.3. Consommation ............................................................................................................................ 34
1.4. Production ................................................................................................................................... 49
1.5. Échanges .................................................................................................................................... 64
1.6. Prix .............................................................................................................................................. 75
1.7. L’objectif de « Faim zéro » peut-il être atteint dans le respect de la durabilité ? ........................ 85
Références ......................................................................................................................................... 92
Notes .................................................................................................................................................. 94
GRAPHIQUES
Graphique 1.1. Situation des principaux marchés 27
Graphique 1.2. Croissance de la population mondiale 29
Graphique 1.3. Revenu par habitant 31
Graphique 1.4. Taux de croissance annuels du PIB 32
Graphique 1.5. Consommation mondiale des principaux produits 35
Graphique 1.6. Croissance annuelle de la demande des principaux groupes de produits 36
Graphique 1.7. Contribution des régions à la croissance de la demande alimentaire, 2012-21 et 2022-31 37
Graphique 1.8. Quantités de calories par habitant disponibles dans les principaux groupes d’aliments, par
catégorie de pays selon le revenu 38
Graphique 1.9. Évolution mondiale des indicateurs du triple défi : scénario pour le sucre et les matières
grasses 41
Graphique 1.10. Disponibilité en protéines par habitant, par catégorie de pays selon le revenu 42
Graphique 1.11. Variation annuelle de l'utilisation des aliments pour animaux et de la production animale,
2022-2031 43
Graphique 1.12. Structure de l’utilisation d’aliments pour animaux, par catégorie de pays selon le revenu 44
Graphique 1.13. Évolution de la consommation de biocarburants dans les principales régions 46
Graphique 1.14. Part de la production de biocarburants et des autres utilisations industrielles dans l’utilisation
totale de produits agricoles 47
Graphique 1.15. Tendances de la production agricole mondiale 50
Graphique 1.16. Sources de croissance de la production agricole, 2022-31 51
Graphique 1.17. Évolution de l’utilisation des surfaces cultivées, cultures principales, 2019-21 à 2031 52
Graphique 1.18. Prix du gaz naturel par rapport aux prix du pétrole brut, 2014-16=100 53
Graphique 1.19. Évolutions récentes des prix des engrais 54
Graphique 1.20. Évolution de l’utilisation des terres agricoles, 2019-21 à 2031 56
Graphique 1.21. Évolution de l’utilisation des surfaces cultivées, cultures principales, 2019-21 à 2031 56
Graphique 1.22. Production mondiale des secteurs de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture, exprimée en
nombre de protéines 57
Graphique 1.23. Production mondiale de viande en équivalent poids carcasse 58
Graphique 1.24. Variations du cheptel et des rendements laitiers, entre 2022 et 2030 60
Graphique 1.25. Production de poisson selon les régions 61
Graphique 1.26. Émissions directes de GES de la production animale et végétale, par activités 62
Graphique 1.27. Évolution annuelle de la production agricole et des émissions directes de GES, entre 2022 et
2031 63
Graphique 1.28. Croissance du volume des échanges, par produit 65
Graphique 1.29. Part de la production échangée par produit 66
Graphique 1.30. Solde net des échanges par région, en valeur constante 69
Graphique 1.31. Part des échanges dans la production et la consommation totales, par région et en
équivalents calories 71
Graphique 1.32. Dispersion des taux de fret selon la cargaison et l’exportateur, sur le long terme (janvier 2007
– décembre 2021 73
Graphique 1.33. Part des taux de fret dans le prix coût et fret, par produit (janvier 2007 – décembre 2021) 74
Graphique 1.34. Evolution à long terme des prix des produits agricoles, en valeur réelle 76
Graphique 1.35. Indice des prix alimentaires de la FAO 77
Graphique 1.36. Évolution à moyen terme des prix des produits d’origine végétale en valeur réelle 78
Graphique 1.37. Ratios de prix des céréales 79
Graphique 1.38. Ratios de prix des biocarburants 80
Graphique 1.49. Évolution à moyen terme des prix des produits d’origine animale en valeur réelle 81
Graphique 1.40. Ratios entre le prix de la viande et celui de l’alimentation animale 81
Graphique 1.41. Ratios de prix des produits laitiers 82
Graphique 1.42. Niveau de référence et intervalles stochastiques applicables à certains prix de référence
internationaux 84
Graphique 1.43. Quantités moyennes disponibles par habitant dans les principaux groupes d’aliments (en
équivalents calories), par catégorie de pays selon le revenu 86
Graphique 1.44. Principaux résultats de l'analyse des scénarios 88
Graphique 1.45. Rendements moyens de certaines cultures 89
Graphique 1.46. Croissance mondiale des cheptels et de la production animale 90
Graphique 2.1. La Chine et son influence majeure sur la croissance de la production agricole, halieutique et
aquacole dans la région de l’Asie développée et de l’Est 103
Graphique 2.2. Évolution de la superficie récoltée et de la superficie exploitée dans la région de l’Asie
développée et de l’Est 104
Graphique 2.3. Production animale dans l’Asie développée et de l’Est 105
Graphique 2.4. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des échanges
agricoles dans la région de l’Asie développée et de l’Est 106
Graphique 2.5. Ralentissement de la hausse de la production agricole, halieutique et aquacole en Asie du Sud
et du Sud-Est 112
Graphique 2.6. Évolution de la superficie récoltée et de la superficie exploitée en Asie du Sud et du Sud-Est 113
Graphique 2.7. Production animale en Asie du Sud et du Sud-Est 114
Graphique 2.8. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des échanges
agricoles en Asie du Sud et du Sud-Est 115
Graphique 2.9. Valeur nette de la production des secteurs agricole, halieutique et aquacole par habitant en
Afrique subsaharienne 123
Graphique 2.10. Faible emploi d’engrais par hectare de terre consacré à la production végétale en Afrique
subsaharienne, moyenne 2017-19 124
Graphique 2.11. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres en Afrique subsaharienne 125
Graphique 2.12. Production animale en Afrique subsaharienne 126
Graphique 2.13. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des échanges
agricoles dans la région de l'Afrique subsaharienne 127
Graphique 2.14. Valeur des importations nettes de produits alimentaires par personne de la région Proche-
Orient et Afrique du Nord (produits transformés inclus) 133
Graphique 2.15. Ratio d’autosuffisance de certains produits de la région Proche-Orient et Afrique du Nord 134
Graphique 2.16. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres de la région Proche-Orient et
Afrique du Nord 135
Graphique 2.17. Production animale de la région Proche-Orient et Afrique du Nord 136
Graphique 2.18. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des échanges
agricoles dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord 137
Graphique 2.19. Exportations nettes de produits agricoles, halieutiques et aquacoles de la région Europe et
Asie centrale (produits transformés inclus) 145
Graphique 2.20. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres de la région Europe et Asie
centrale 146
Graphique 2.21. Production animale de la région Europe et Asie centrale 147
Graphique 2.22. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des échanges
agricoles dans la région Europe et Asie centrale 148
Graphique 2.23. Calories utilisées pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, les biocarburants et à
d’autres fins en Amérique du Nord 154
Graphique 2.24. Tendances des parts des marchés d’exportation de certains produits en Amérique du Nord 156
Graphique 2.25. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres en Amérique du Nord 157
Graphique 2.26. Production animale en Amérique du Nord 158
Graphique 2.27. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des échanges
agricoles en Amérique du Nord 159
Graphique 2.28. Tendances d’évolution des parts de la région Amérique latine et Caraïbes dans les
exportations 165
Graphique 2.29. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres de la région Amérique latine et
Caraïbes 166
Graphique 2.30. Production animale en Amérique latine et dans les Caraïbes 167
Graphique 2.31. Demande de produits agricoles par groupe de produits et disponibilité des aliments de la
région Amérique latine et Caraïbes 168
Graphique 3.1. Solde net des échanges de céréales par continent 176
Graphique 3.2. Concentration de la demande mondiale de céréales en 2031 178
TABLEAUX
Tableau 1.1. Variation relative du prix mondial du blé : les scénarios du modèle Aglink-Cosimo 26
Tableau 2.1. Indicateurs régionaux : Asie développée et de l’Est 107
Tableau 2.2. Indicateurs régionaux : Asie du Sud et du Sud-Est 116
Tableau 2.3. Indicateurs régionaux : Afrique subsaharienne 128
Tableau 2.4. Indicateurs régionaux : Proche-Orient et Afrique du Nord 138
Tableau 2.5. Indicateurs régionaux : Europe et Asie centrale 149
Tableau 2.6. Indicateurs régionaux : Amérique du Nord 160
Tableau 2.7. Indicateurs régionaux : Amérique latine et Caraïbes 169
Tableau 3.1. Consommation de riz par habitant 180
Tableau 6.1. Production de viande : niveau et évolution des taux d’exploitation dans un ensemble de pays 229
Tableau 6.2. Production de viande de non-ruminants : niveau et évolution des taux de conversion alimentaire
dans un ensemble de pays 229
Tableau 9.1. Classement des producteurs de biocarburants et principales matières premières 272
Tableau 10.1. Production de coton durable et biologique 290
ENCADRÉS
Encadré 1.1. La guerre de la Russie contre l’Ukraine 22
Encadré 1.2. Répercussions potentielles des évolutions de l’alimentation sur le triple défi que doivent relever
les systèmes alimentaires 39
Encadré 1.3. La hausse des prix des intrants suscite des craintes pour la sécurité alimentaire mondiale 53
Encadré 1.4. Coûts du transport maritime dans le secteur des céréales et des oléagineux 72
Encadré 3.1. Rôle du déficit net dans le domaine de l’alimentation animale de la Chine dans les marchés
internationaux des céréales 188
Encadré 6.1. Évolution de la productivité dans le secteur de la viande 228
Encadré 9.1. Les biocarburants en bref 272
Encadré 9.2. Les carburants durables d’aviation 279
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Acronymes et abréviations
Monnaies
ARS Peso argentin
AUD Dollars australien
BRL Real brésilien
CAD Dollar canadien
CLP Peso chilien
CNY Yuan renminbi
EGP Livre égyptienne
EUR Euro (Europe)
GDP Livre sterling
IDR Roupie indonésienne
INR Roupie indienne
JPY Yen japonaise
KRW Won coréenne
MXN Peso mexicain
MYR Ringgit malaysien
NZD Dollar néo-zélandais
PKR Roupie pakistanaise
RUB Rouble russe
SAR Riyal saoudien
THB Bhat thaïlandaise
UAH Hryvna ukrainian
USD Dollar des États-Unis
ZAR Rand sud africain
Résumé
Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2022-2031 contiennent une évaluation consensuelle
de ce que pourrait être l’évolution, dans les dix ans à venir, des marchés nationaux, régionaux et mondiaux
des produits agricoles, halieutiques et aquacoles, et servent de référence à des analyses prospectives et
à la planification de l’action publique. Fruit de la collaboration entre l’OCDE et la FAO, elles ont été établies
avec l’aide d’experts de leurs pays membres et d’organisations internationales spécialisées dans les
produits de base. Elles mettent en évidence les tendances économiques et sociales fondamentales qui
influencent le secteur agroalimentaire mondial, à partir de l’hypothèse que les conditions météorologiques
et l’action publique ne connaîtront pas de changements majeurs. Les Perspectives de cette année
appliquent un scénario destiné à évaluer le niveau de croissance de la productivité requis pour atteindre
l’Objectif de développement durable n° 2 (ODD 2), « Faim zéro », et faire sensiblement baisser les
émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine agricole d’ici à 2030.
Les prix internationaux de la plupart des produits agricoles s’établissent à un niveau élevé, ce qui tient au
redémarrage de la demande au sortir de la pandémie de COVID-19 et aux perturbations de l’offre et des
échanges que celle-ci a provoquées, qui ont été aggravées par la guerre de la Fédération de Russie (ci-
après la Russie) contre l’Ukraine (ci-après dénommée « guerre »). La guerre a déjà des répercussions
considérables sur les marchés des produits agricoles et des intrants, notamment ceux des céréales et des
oléagineux, dont la Russie et l’Ukraine sont des exportateurs de premier plan. Les Perspectives tablent
sur une production moindre en Ukraine et sur des disponibilités à l’exportation réduites en Ukraine et en
Russie durant l’année commerciale 2022/23.
Le contexte macroéconomique des dix prochaines années est aussi particulièrement incertain. L’économie
mondiale devrait se redresser après la pandémie de COVID-19, mais la guerre accentue les incertitudes.
En Avril 2022, le FMI estimait que la croissance du PIB mondial s’établira à 2.7 % par an en moyenne au
cours de la prochaine décennie, ce qui est inférieur aux prévisions d’avant crises. En outre, les projections
des Perspectives agricoles reposent sur l’hypothèse d’un ajustement à la baisse des prix de l’énergie
aujourd’hui élevés d’ici à 2023, et d’une stabilité de ces prix en termes réels durant le restant de la
décennie.
La demande alimentaire mondiale, qui est la principale utilisation des matières premières agricoles, devrait
augmenter de 1.4 % par an au cours de la prochaine décennie, et être principalement tirée par la
croissance démographique. La demande supplémentaire de denrées alimentaires restera en majeure
partie le fait des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, alors que dans les pays à revenu élevé,
elle sera limitée par la lenteur de la croissance démographique et par la saturation de la consommation
par habitant de plusieurs produits.
L'évolution des régimes alimentaires continue d'être largement déterminée par les niveaux de revenu au
cours de la prochaine décennie. Dans les pays à revenu élevé, les préoccupations accrues pour la santé
et l’environnement devraient se traduire par une baisse de la consommation par habitant de sucre et une
croissance atone de la consommation de protéines animales. À l’inverse, les consommateurs des pays à
revenu intermédiaire devraient consommer davantage de nourriture et diversifier leur alimentation, avec à
la clé une hausse de la part des produits d’origine animale et des graisses durant les dix prochaines
années. Dans les pays à faible revenu, l’alimentation continuera toutefois de s’appuyer largement sur les
produits de base et, d’après les projections, la consommation alimentaire n’augmentera pas suffisamment
pour que l’ODD 2, « Faim zéro », soit atteint en 2030.
Les Perspectives soulignent que les pays à revenu faible et intermédiaire contribueront largement à la
croissance de la demande d’aliments pour animaux dans les dix prochaines années, en raison du
développement et de l’intensification rapides de leur production animale. Dans les pays à revenu élevé et
dans certains pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, le ralentissement de la croissance des
productions animales et l’amélioration de l’efficacité alimentaire devraient freiner la hausse de la demande
d’aliments pour animaux par rapport à la décennie écoulée. La reconstitution des élevages porcins après
l’épizootie de peste porcine africaine en Chine se caractérise par la création d’installations de production
modernes reposant largement sur une alimentation intensive, ce qui devrait entraîner une nouvelle
intensification du recours aux aliments pour animaux.
La demande de produits de base pour les biocarburants de première génération devrait croître lentement
dans les dix prochaines années, en raison principalement du recul de la consommation de carburants et
de la révision à la baisse des incitations mises en place sur des marchés clés comme l’Union européenne.
L’accroissement de cette demande devrait être en majeure partie le fait de l’Inde et de l’Indonésie, et
découler de l’augmentation de la consommation de carburants, du relèvement des taux d’incorporation de
biocarburants et des efforts de soutien du secteur agricole national. La part des biocarburants dans
l'utilisation mondiale de la canne à sucre devrait augmenter pour atteindre 23 % d'ici 2031. Parallèlement,
on s’attend à un recul de la part des biocarburants dans l’utilisation du maïs.
D’après les projections, la production agricole mondiale gagnera 1.1 % par an au cours de la décennie à
venir, et cette augmentation interviendra en majorité dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Les
Perspectives tablent sur une amélioration de l’accès aux intrants et sur une hausse des investissements
propices à la productivité dans les technologies, les infrastructures et la formation, facteurs déterminants
du développement agricole. Cependant, une augmentation prolongée des prix de l’énergie et des intrants
agricoles (les engrais, par exemple) pourrait faire augmenter les coûts de production et peser sur la
croissance de la productivité et de la production dans les années à venir.
Il est prévu que des investissements dans l’accroissement des rendements et l’amélioration de la gestion
des exploitations fassent progresser la production végétale mondiale. Dans l’hypothèse de progrès
continus dans la sélection végétale et d’une transition vers des systèmes plus intensifs, la croissance des
rendements devrait contribuer à hauteur de 80 % à la progression de la production végétale mondiale,
contre 15 % pour l’agrandissement des surfaces cultivables et 5 % pour la hausse de l’intensité de culture.
L’expansion des surfaces cultivables devrait être concentrée en Asie, en Amérique latine et en Afrique
subsaharienne.
À l’instar de celle de la production végétale, la hausse prévue de 1.5 % par an de la production animale,
halieutique et aquacole sera en grande partie le fait de l’amélioration de la productivité, laquelle découlera
d’une gestion plus efficiente des troupeaux et de l’intensification dans l’utilisation d’aliments pour animaux.
La volaille devrait représenter plus de la moitié de la croissance de la production mondiale de viande à la
faveur d’une rentabilité stable et de ratios favorables entre le prix de la viande et celui de l’alimentation
animale. La production mondiale de lait augmentera fortement au cours de la prochaine décennie d’après
les projections, et la moitié de cette hausse proviendra de l’Inde et du Pakistan. Malgré des perspectives
de croissance limitées, l’aquaculture devrait passer devant la pêche en termes de volume de production
mondial d’ici à 2023.
Les Perspectives mettent en évidence la forte contribution de l’agriculture au changement climatique.
D’après les projections, les émissions directes de GES imputables à l’agriculture augmenteront de 6 %
pendant la prochaine décennie, et l’élevage sera à l’origine de 90 % de cette progression. L’agriculture
verra toutefois ses émissions progresser moins vite que sa production grâce à l’amélioration des
rendements et à la diminution de la part de la production de ruminants, de sorte que son intensité
d’émission de carbone baissera. Néanmoins, des efforts supplémentaires doivent être déployés pour que
le secteur agricole contribue réellement à la réduction mondiale des émissions de GES prévue par l’Accord
de Paris sur le changement climatique. Il s’agira notamment de faire appel à grande échelle à des
technologies et des pratiques agricoles intelligentes face au climat, en particulier dans le secteur de
l’élevage.
Les échanges agricoles sont essentiels à la sécurité alimentaire, à la diversification des régimes
alimentaires et à l’amélioration du revenu des populations rurales dans de nombreuses régions. Les
échanges mondiaux des principaux produits agricoles et produits transformés devraient augmenter au
rythme de la production au cours de la prochaine décennie. Cela étant, d’après les projections, certaines
régions exporteront une part croissante de leur production (comme l’Amérique latine et les Caraïbes,
l’Europe et l’Asie centrale), tandis que d’autres importeront une proportion grandissante de leur
consommation totale (l’Afrique subsaharienne, par exemple). Cette interdépendance de plus en plus
marquée entre les partenaires commerciaux fait ressortir l’importance fondamentale d’un système
commercial multilatéral fondé sur des règles, transparent et fonctionnant bien.
Les coûts de transport, composante essentielle des coûts commerciaux, augmentent depuis le milieu des
années 2020 en raison de la hausse des prix du pétrole et des perturbations affectant les échanges. Même
si les projections sont entourées d’incertitudes, les Perspectives tablent sur un retour des coûts de
facilitation commerciaux à leurs niveaux d’avant la pandémie de COVID-19 à partir de 2022.
Les projections des prix agricoles présentées dans ces Perspectives sont le fruit de l’interaction entre les
facteurs fondamentaux de l’offre et de la demande dans l’hypothèse de conditions normales sur le plan
météorologique et macroéconomique comme du point de vue des politiques mises en œuvre. Sur la base
de ces fondamentaux, la hausse actuelle des prix des produits agricoles de base devrait être temporaire.
Les prix pourraient rester élevés durant l’année commerciale 2022/23, mais ils devraient ensuite renouer
avec une baisse tendancielle en termes réels. Les Perspectives s’appuient sur les dernières informations
disponibles au moment de leur élaboration, mais bien évidemment, de même que les hypothèses sous-
jacentes, elles présentent inévitablement un certain degré d’incertitude.
Il ressort des projections qu’en cas de maintien du statu quo, l’ODD 2, « Faim zéro », ne sera pas atteint
en 2030 et les émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole continueront d’augmenter. Pour
atteindre cet ODD tout en maintenant les émissions agricoles sur la bonne voie pour atteindre les objectifs
de l'Accord de Paris, la productivité agricole globale devra progresser de 28 % dans les dix prochaines
années. C'est plus du triple de l'augmentation enregistrée au cours de la dernière décennie. En ce qui
concerne les cultures, cela signifie que les rendements – indicateur de la productivité des cultures –
devront augmenter de 24 %, c’est-à-dire près de deux fois plus vite qu’au cours des dix dernières années
(13 %). Quant à la productivité de l’élevage, elle devra gagner 31 % en moyenne, dépassant largement la
croissance enregistrée au cours de la dernière décennie. Afin de placer le secteur agricole sur la trajectoire
de croissance soutenable de la productivité et de transformation vers des systèmes alimentaires durables
qui doit être la sienne, il est urgent d’agir de façon globale pour stimuler l’investissement et l’innovation
agricoles et permettre des transferts de connaissances, de technologies, et de compétences. Des efforts
supplémentaires seraient en outre nécessaires pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires et
limiter la surconsommation de calories et de protéines, en particulier d'origine animale.
1.1. Introduction
Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2022-2031 sont le fruit de la collaboration entre
l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Organisation des Nations
Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elles présentent un scénario de référence cohérent de
l’évolution des marchés des produits agricoles et du poisson aux niveaux national, régional et mondial au
cours des dix prochaines années (2022-2031). Ce scénario de référence s’appuie sur la connaissance
approfondie, des produits, des politiques mises en œuvre et des pays dont disposent les deux
organisations, ainsi que sur les contributions apportées par les pays membres partenaires et par les
organisations internationales de produits.
Les projections de référence sont établies à l’aide du modèle Aglink-Cosimo de l’OCDE et de la FAO, qui
met en relation les différents secteurs et pays étudiés de manière à assurer une cohérence d’ensemble et
un équilibre global entre tous les marchés. Les projections présentées dans ces Perspectives reflètent les
conditions actuelles des marchés (synthétisées au Graphique 1.1), ainsi que les hypothèses concernant
l’évolution de la conjoncture macroéconomique, de la situation démographique et des politiques publiques,
qui sont décrites en détail à la section 1.2.
La guerre en cours de la Russie (ci-après Russie) contre l’Ukraine (ci-après dénommée « guerre ») a déjà
des répercussions considérables sur les marchés agricoles, notamment ceux des céréales et des
oléagineux, dont la Russie et l’Ukraine sont des exportateurs clés (Encadré 1.1). Dans un certain nombre
d'organisations internationales, les membres ont exprimé leur condamnation de la guerre de la Russie
contre l'Ukraine (par exemple, l'Assemblée générale des Nations Unies et l'OCDE) et/ou ont confirmé les
résolutions de l'Assemblée générale adoptées à cet égard (par exemple, le Conseil de la FAO et la
Conférence régionale pour l'Europe)1. Les projections de ces Perspectives tiennent compte d’une probable
réduction de la production en Ukraine, et d’une moindre disponibilité des exportations en provenance
d’Ukraine et de Russie, durant l’année commerciale 2022/23. L’impact à moyen-terme de la guerre ne
peut être évalué sur la base des données actuellement disponibles.
Le scénario de référence des Perspectives sert de point de départ à une planification prospective des
politiques publiques, et l’utilisation du modèle Aglink-Cosimo qui le sous-tend permet de procéder à une
analyse par simulation, et même d’évaluer les incertitudes quant à l’évolution des marchés. Une
présentation détaillée de la méthode utilisée pour établir les projections ainsi que d’autres informations sur
le modèle AGLINK-COSIMO sont disponibles en ligne à l’adresse [Link]/fr/.
Les Perspectives comportent quatre grandes parties.
Partie 1 : Marchés agricoles et alimentaires : tendances et perspectives. À la suite de la description
des hypothèses relatives à la conjoncture macroéconomique et à l’action publique qui sous-tendent les
projections (section 1.2), ce chapitre présente les principales constatations des Perspectives. Il expose les
principales projections et donne un aperçu des grands objectifs que les systèmes agroalimentaires devront
s’efforcer d’atteindre et des plus importants défis qu’ils auront à relever au cours des dix prochaines
années. Ce chapitre décrit les tendances et les perspectives de la consommation (section 1.3), de la
production (section 1.4), des échanges (section 1.5), et des prix (section 1.6). La section 1.7 s’appuie sur
un scénario illustratif pour évaluer quel serait le degré de croissance de la productivité nécessaire au
niveau mondial pour éradiquer la faim et réduire les émissions de GES de l’agriculture à l’horizon 2030.
Partie 2 : Synthèses régionales. Ce chapitre décrit les grandes tendances et les problèmes émergents
auxquels se trouvera confronté le secteur agricole dans les six régions de la FAO : Asie Pacifique, séparée
en Asie de l’Est et développée (section 2.2) et Asie du Sud et du Sud-Est (section 2.3), Afrique
subsaharienne (section 2.4), Proche-Orient et Afrique du Nord (section 2.5), Europe et Asie centrale
(section 2.6), Amérique du Nord (section 2.7), et Amérique latine et Caraïbes (section 2.8). Il met en
évidence les aspects régionaux des projections de la production, de la consommation et des échanges, et
offre des informations d’ordre général sur les grands enjeux régionaux.
Partie 3 : Chapitres sur les produits. Ces chapitres décrivent les récentes évolutions des marchés et
présentent les projections à moyen terme des prix, de la production, de la consommation et des échanges
des produits examinés dans les Perspectives. Chaque chapitre s’achève par un examen des principaux
problèmes et incertitudes susceptibles d’avoir une incidence sur les marchés dans les dix prochaines
années. Cette partie comporte neuf chapitres portant respectivement sur les céréales (chapitre 3), les
oléagineux et les produits oléagineux (chapitre 4), le sucre (chapitre 5), la viande (chapitre 6), le lait et les
produits laitiers (chapitre 7), les produits halieutiques et aquacoles (chapitre 8), les biocarburants
(chapitre 9), le coton (chapitre 10), et les autres produits (chapitre 11).
Partie 4 : Annexe statistique. L’annexe statistique présente les projections de la production, de la
consommation, des échanges et des prix des différents produits agricoles, halieutiques et aquacoles, ainsi
que des biocarburants, de même que les hypothèses relatives à la conjoncture macroéconomique et à
l’action des pouvoirs publics. L’évolution des marchés durant la période examinée est représentée par les
taux de croissance annuels et par la comparaison entre les données relatives à la dernière année (2030)
et celles correspondant à une période triennale de référence (2018-20). L’annexe statistique n’apparaît
pas dans la version imprimée des Perspectives, mais elle est disponible en ligne.
L’Ukraine est le premier producteur mondial de graines de tournesol, suivie par la Russie. Ensemble,
ces deux pays représentent plus de la moitié de la production mondiale. La majorité de leur production
de cette céréale est transformée sur le territoire national pour en faire de l'huile et du tourteau. L'huile
de tournesol est également exportée dans le monde entier, ce qui fait de l’Ukraine le quatrième plus
gros exportateur d'huile végétale.
Pour ce qui est du colza, du maïs et du soja, les deux pays représentent moins de 5 % de la production
mondiale, la plus grosse part étant assurée par l’Ukraine. Leur consommation intérieure étant limitée,
la majorité de leur production est exportée. L’Ukraine se classe à la troisième place mondiale pour ses
exportations de maïs et de colza. Elle arrive en tête pour les exportations de soja, hors Amériques.
Pour ces trois céréales, l’Ukraine occupe un statut à part sur les marchés mondiaux car elle est le plus
gros pays exportateur de produits sans OGM et un important exportateur d'aliments pour animaux
biologiques.
récolte devrait être plus faible, notamment à cause des dommages directs causés aux cultures d'hiver
par les combats, des cultures de printemps n’ayant pas pu être semées à cause de la poursuite de la
guerre, et du coût élevé des intrants. D’après les premières estimations, la récolte de 2022 devrait être
inférieure de plus de 30 % à celle de 2021 (FAO, 2022[1]) (USDA, 2022[4]), mais la production sera sans
doute supérieure aux besoins intérieurs.
S'agissant de la production animale, son suivi est beaucoup moins détaillé que celui de la production
végétale, mais l’on sait qu’elle n’a pas cessé non plus. Pour autant, la guerre aura probablement des
conséquences sur la capacité de l’Ukraine à contrôler les maladies animales (notamment la peste
porcine africaine), ce qui augmentera significativement le risque de prolifération dans le pays et chez
ses voisins.
Dans la mesure où plus de la moitié de la production végétale ukrainienne est destinée à l’exportation,
la dimension logistique de cette chaîne d'approvisionnement joue un rôle capital. Toute perturbation de
cette chaîne pourrait entraîner des pertes substantielles à l’exportation. Par le passé, plus de 90 % des
exportations ukrainiennes de produits d’origine végétale étaient acheminés par voie maritime depuis
les ports de la mer d’Azov et de la mer Noire. Ces ports ne sont aujourd'hui pas accessibles du fait de
la guerre. Les autres canaux utilisés pour l’exportation (axes terrestres, voies ferroviaires et voies
fluviales) n’ont pas la capacité d’absorber les mêmes volumes que les ports maritimes. Il est donc
estimé que seuls 20 % des quantités habituelles peuvent aujourd'hui être exportés. Des initiatives sont
en cours aux niveaux national et international pour accroître les capacités de ces autres canaux
d’exportation et pour trouver des alternatives. Cela dit, des volumes plus importants qu’habituellement
sont toujours immobilisés du fait des problèmes logistiques limitant actuellement les exportations de la
récolte de 2021. La récolte de juin-septembre 2022 va rapidement se traduire par l'accumulation de
grandes quantités de produits qui devront également être stockées pour éviter des pertes de grande
ampleur. Les dommages causés à certaines installations de stockage et de transformation sont d'autres
facteurs retardant et limitant les exportations.
blé et une grande part des autres produits agricoles distribués par le Programme alimentaire mondial
(PAM) sont achetés à l’Ukraine. Selon les mesures de l’équilibre des marchés établies en avril 2022 à
l’aide du système d'information sur les marchés agricoles (AMIS) du G20, l’offre mondiale de blé et
d'autres produits agricoles est suffisante, mais les marchés sont tendus et n'importe quel choc peut
bouleverser l’équilibre. Cependant, les ajustements des flux commerciaux et la hausse des coûts de
l’énergie se traduisent par l’augmentation du prix des produits agricoles sur les marchés internationaux.
En mars 2022, l’indice FAO des prix des produits alimentaires a atteint son plus haut niveau depuis
1990, à 159.7 points. Bien qu’ayant légèrement reculé en avril – à 158.5 points –, cet indice était encore
30 % plus élevé qu'un an en arrière à la même période (FAO, 2022[5]). Les populations fragiles
consacrant une grande partie de leur revenu à l’alimentation sont particulièrement vulnérables face à
la flambée des prix, surtout dans les pays à faible revenu et à déficit alimentaire.
Compte tenu des ajustements qui s'imposent au regard des échanges internationaux de céréales – afin
de trouver des sources d'approvisionnement alternatives au cas où les exportations de l’Ukraine et,
dans une moindre mesure, de la Russie, continueraient à être perturbées –, il est important de
préserver les échanges de produits alimentaires et d’engrais afin d’éviter que la guerre n’empêche la
satisfaction des besoins de production et de consommation à l’échelle mondiale. Toute mesure mise
en place par les pouvoirs publics pour faire face à la flambée des prix doit être soigneusement réfléchie
en tenant compte de ses effets potentiellement néfastes, à court et à long terme, sur les marchés
mondiaux. La transparence est un autre aspect essentiel lorsque, s'agissant des produits agricoles, les
marchés mondiaux doivent s'adapter aux variations de l’offre et de la demande. Des initiatives comme
l’AMIS sont très importantes pour améliorer cette transparence.
La guerre et ses conséquences sur l’économie mondiale sont les principales incertitudes qui entourent
les projections de référence de l’édition actuelle des Perspectives, en particulier pour les premières
années de la période examinée. Les Perspectives prennent en compte l'impact de la guerre seulement
au cours de l’année commerciale 2022/23 et supposent que la reprise commence par la suite. L’impact
à moyen-terme de la guerre sur les marchés agricoles ne peut être évalué sur la base des données
actuellement disponibles.
Plusieurs scénarios ont été étudiés à l’aide du modèle Aglink-Cosimo, en envisageant différents
niveaux de récolte et d’exportation de toutes les productions végétales de l’Ukraine ainsi que différents
niveaux d’exportation du blé russe pendant la prochaine année commerciale (2022/23). Le Tableau 1.1
montre l’impact de ces scénarios sur le prix mondial du blé. L’absence totale d’exportations de la part
de l’Ukraine entraînerait une hausse du prix du blé de 19 %. On voit donc combien il est important de
préserver la capacité de production et d’exportation de ce pays. Dans le scénario extrême où il n’y
aurait plus non plus d’exportations de la Russie, le prix du blé serait 34 % plus élevé qu’en l’absence
de guerre. Ce scénario équivaudrait à la non-commercialisation par l’Ukraine et la Russie de 36 Mt de
blé, qui serait compensée par une hausse de 16 Mt des exportations d’autres pays due au
renchérissement des prix à l'échelle mondiale.
Dans une autre analyse s’appuyant sur l’évolution des prix mondiaux et de leur transmission, la FAO
(2022[1]) prévoit une augmentation de la prévalence de la sous-alimentation d’environ 1 % à l'échelle
mondiale en 2022/23, soit entre 8 et 13 millions de personnes, en fonction de la gravité supposée de
la réduction des exportations. Un scénario simulant un grave déficit des exportations de l'Ukraine et de
Russie en 2022/23 et 2023/24, et supposant qu'il n'y a pas de réponse de la production mondiale,
suggère une augmentation du nombre de personnes sous-alimentées de près de 19 millions de
personnes en 2023/24. Cela s'ajoute à la récente hausse de la sous-alimentation qui a été enregistrée
au niveau mondial suite à la pandémie de COVID-19.
Les impacts de la guerre qui sont décrits ici découlent de la situation actuelle et ne concernent que les
années de commercialisation 2021 et 2022. L'éventuelle prolongation de la guerre au-delà de 2022
sera source de nouvelles complications et apportera de nouvelles incertitudes aux projections sur
dix ans.
Tableau 1.1. Variation relative du prix mondial du blé : les scénarios du modèle Aglink-Cosimo
Restriction des exportations de blé par la Russie
Note : la cellule située en haut à gauche correspond à la situation hypothétique dans laquelle les exportations des deux pays sont aux
mêmes niveaux que les années passées (donc différentes des données présentées dans les Perspectives). Les pourcentages figurant dans
la colonne de gauche correspondent à la réduction de la production et des exportations de céréales en Ukraine. Les pourcentages figurant
dans la rangée du haut correspondent à la restriction des exportations de blé de la Russie.
Source : OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
Références FAO (2022a), Information Note: The importance of Ukraine and the Russian Federation for global agricultural markets and the
risks associated with the current conflict; 25 March 2022; [Link] FAO (2022b), “In Focus: FAO
responds to the Ukraine crisis” ([Link] UNCTAD (2022), Global impact of war in Ukraine on food, energy and
finance systems, [Link] UNHCR (2022), Ukraine Refugee Situation,
[Link] USDA (2022), World Agricultural Supply and Demand Estimates, May 2022,
[Link]
Céréales : Les prix des céréales sont à la hausse depuis la mi- Consommation de céréales Prix des céréales
2020, et cette tendance se poursuit au cours de la campagne 140 140
2021/2022. Les prix du blé ont fortement augmenté, à la suite
120 120
d’une baisse des récoltes dans les principaux pays producteurs et
d’une réduction des exportations en provenance d’Ukraine. Les 100 100
prix des céréales secondaires ont également fortement augmenté,
80 80
mais les prix internationaux du riz étaient en moyenne en 2021 de
4 % inférieurs à leur niveau de 2020 en raison de l’abondance des 60 60
approvisionnements. 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Oléagineux : Les prix internationaux des oléagineux ont continué Consommation d’oléagineux Prix des oléagineux
de grimper, portés par la forte demande de soja de la Chine dans 140 140
un contexte de baisse de la production mondiale. La récolte de
colza est peu abondante au Canada, alors qu’en Amérique latine 120 120
celle de soja a été affectée par la sécheresse et que la production
100 100
d’huile de palme en Malaisie subit encore les effets des
perturbations provoquées par la pandémie de COVID-19. La 80 80
hausse des prix alimentaires freine la croissance de la demande
de produits oléagineux. 60 60
2019 2020 2021 2019 2020 2021
Viande : Les prix internationaux de la viande ont été à la hausse Consommation de viande Prix de la viande
en 2021, sous l’effet d’une augmentation de la demande 140
140
imputable à la reprise économique, ainsi que d’un alourdissement
des coûts de transport et de distribution. Les prix de la viande ont 120 120
cependant sensiblement baissé par rapport à ceux des aliments
100 100
pour animaux, exerçant une forte pression sur la rentabilité du
secteur. La relance de la production en cours en Chine après 80 80
l’épidémie de PPA a été le principal moteur de la croissance des
marchés mondiaux de la viande. 60 60
2019 2020 2021 2019 2020 2021
Produits laitiers : Malgré les confinements et les perturbations Consommation de Prix des produits laitiers
des transports provoqués par la pandémie de COVID-19, le produits laitiers
secteur laitier a bien résisté. La croissance de la consommation 140 140
de produits laitiers a repris, portée par la forte demande des 120
120
pays asiatiques et, dans une moindre mesure, du Moyen-Orient.
Les prix des produits laitiers, qui avaient chuté en 2020, ont 100 100
rebondi en 2021, stimulés par la demande chinoise
80 80
d’importations de fromage et de lait en poudre, qui a été
satisfaite par des exportations en provenance de Nouvelle- 60 60
Zélande et de l’Union européenne. 2019 2020 2021 2019 2020 2021
Consommation de
Biocarburants : Stimulée par la reprise économique, par la Prix des biocarburants
biocarburants
demande de combustibles fossiles, ainsi que par les taux 140 140
d’incorporation prescrits dans certains pays, la consommation
120 120
de biocarburants se remet actuellement de l’effondrement de la
demande au cours de la première année de la pandémie de 100 100
COVID-19. Cependant, les coûts des matières premières et
ceux de production sont élevés, ce qui érode la rentabilité de la 80 80
production de biocarburants, tels que le biodiesel en Argentine. 60
60
Les prix des biocarburants ont atteint des niveaux 2019 2020 2021 2019 2020 2021
historiquement élevés en 2021.
Consommation de coton Prix du coton
140
Coton : Les prix internationaux du coton ont augmenté en 140
2021, prolongeant leur tendance à la hausse entamée en mai 120
120
2020. Début 2022, les prix du coton étaient en moyenne de près
de 50 % supérieurs à ceux de 2021. Ces prix élevés étaient 100 100
principalement une conséquence des augmentations de la
80 80
consommation dans la plupart des pays producteurs de textiles.
60 60
2019 2020 2021 2019 2020 2021
Note : toutes les données sont exprimées sous la forme d’un indice dont la base 100 correspond à la moyenne des dix dernières années (2012-
21). On entend par consommation les volumes de la consommation mondiale. Les indices de prix sont pondérés par la valeur moyenne de la
production mondiale sur les dix dernières années, calculée à l’aide des prix internationaux en valeur réelle. On trouvera davantage d’informations
sur la situation des différents marchés et leurs évolutions dans les aperçus par produit présentés en annexe, ainsi que dans la version en ligne
des chapitres par produit.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Ces Perspectives présentent un scénario de référence cohérent pour l’évolution à moyen terme des
marchés des produits agricoles, halieutiques et aquacoles qui repose sur une série d’hypothèses relatives
à la conjoncture macroéconomique, aux politiques publiques et à la situation démographique. Cette
section expose les principales hypothèses sur lesquelles repose ce scénario. Les données détaillées sont
disponibles dans l’annexe statistique.
Pour les projections démographiques, les Perspectives utilisent les estimations de la variante moyenne
tirées de la révision de 2019 de la base de données du rapport de l’ONU sur les Perspectives de la
population dans le monde.
Au cours de la période de projection, la population mondiale devrait s’accroître et passer de 7.8 milliards
de personnes en 2021 à 8.6 milliards de personnes en 2031. Cela correspond à une croissance annuelle
moyenne de 0.9 %, en perte de vitesse par rapport au rythme de 1.1 % par an enregistré au cours de la
dernière décennie. L’accroissement démographique est concentré dans les régions en développement,
en particulier en Afrique subsaharienne, qui devrait afficher le plus fort taux de croissance, soit 2.5 % par
an, dans les dix ans à venir (Graphique 1.2). L’Inde, qui comptera 1.51 milliard d’habitants en 2031, devrait
dépasser la République populaire de Chine (ci-après « Chine ») et devenir le pays le plus peuplé de la
planète.
80
2.5
70
2
60
50 1.5
40
1
30
20 0.5
10
0
0 Afrique Sub- Inde Chine OCDE Monde
2003 2007 2011 2015 2019 2023 2027 2031 Sah.
Note : ALC = Amérique latine et Caraïbes ; ASS = Afrique subsaharienne ; EAC = Europe et Asie centrale ; NENA = Proche-Orient et Afrique
du Nord (on en trouve une définition au chapitre 2) ; Reste de l’Asie = Asie-Pacifique moins la Chine et l’Inde.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les estimations du PIB et du revenu par habitant au niveau national au cours de la prochaine décennie
reposent sur les Perspectives de l’économie mondiale du FMI (avril 2022). Les revenus par habitant sont
exprimés en USD constants de 2010.
Après un rebond de 5.4 % en 2021 à la suite de la récession provoquée de 2020 par la pandémie de
COVID-19, la croissance du PIB mondial devrait ralentir en 2022 et 2023 et se stabiliser à un taux moyen
de 2.7 % au cours de la prochaine décennie. Le rythme de la reprise devrait toutefois être inégal selon les
pays et les régions. Les économies de l’Asie-Pacifique, de l’Amérique du Nord, et de l’Afrique
subsaharienne avaient déjà retrouvé leur niveau antérieur à la crise du COVID-19 en 2021. Dans les
régions Amérique latine et Caraïbes, Europe et Asie centrale, et Proche-Orient et Afrique du Nord, le PIB
devrait retrouver sa valeur de 2019 en 2022. Au cours de la période 2022-31, le PIB continuera
d’enregistrer une forte croissance dans la région Asie-Pacifique, en particulier en Inde, en Chine, ainsi
qu’en Asie du Sud-Est, à un rythme moyen d’environ 4 % par an. En Afrique subsaharienne, ainsi qu’au
Proche-Orient et en Afrique du Nord, une croissance moyenne du PIB de 4 % par an et 3 % par an,
respectivement, est prévue au cours des dix prochaines années. Le PIB global des économies de l’OCDE
devrait enregistrer une croissance moyenne plus faible, égale à 1.8 % par an.
Dans ces Perspectives, le revenu moyen par habitant au niveau national est mesuré par approximation à
l’aide du PIB réel par habitant. Cet indicateur est utilisé pour représenter le revenu disponible des
ménages, qui constitue l’un des principaux déterminants de la demande de produits agricoles. Cependant,
comme le montre le Rapport 2020 sur la pauvreté et la prospérité partagée publié par la Banque mondiale,
la croissance économique mondiale est inégalement répartie. Il apparaît en particulier que dans plusieurs
pays d’Afrique subsaharienne, les revenus des 40 % les plus pauvres n’ont pas crû aussi vite que le revenu
moyen. Aussi les projections du niveau moyen de la demande nationale de produits agricoles établies
pour les présentes Perspectives peuvent-elles s’écarter de la trajectoire attendue sur la base de la
croissance du revenu moyen. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a aggravé les inégalités de revenus
au sein des pays. En 2020-21, le taux de croissance annuel du revenu par habitant des 40 % les plus
pauvres de la population a fortement diminué dans toutes les économies (par rapport à la période 2012-
17).
Après avoir baissé en 2020, le revenu mondial par habitant a enregistré en 2021 une progression de 4.4 %
qui devrait toutefois ralentir en 2022 et 2023. Au cours des dix prochaines années, le taux de croissance
annuel moyen devrait s’élever à 1.8 % en termes réels. Une forte hausse est attendue en Asie, où le
revenu par habitant devrait augmenter de 5.3 % par an en Inde et de 4.8 % par an en Chine. Le revenu
par habitant devrait également connaître une forte progression au Viet Nam, à 5.8 % par an, ainsi qu’aux
Philippines, en Indonésie et en Thaïlande à 4.9 %, 4.2 % et 3.1 % par an, respectivement.
En Afrique subsaharienne, les revenus moyens par habitant devraient augmenter lentement, à un rythme
de 1.3 % par an au cours de la prochaine décennie. D’après les projections, le revenu réel par habitant
stagnera probablement au Nigéria et en Afrique du Sud mais sera robuste en Éthiopie, où il devrait
atteindre 3.5 % par an. Dans la région Amérique latine et Caraïbes, la progression du revenu moyen par
habitant devrait atteindre 1.6 % par an, tiré par une forte croissance en Colombie, au Paraguay, et au Chili,
de 2.9 %, 2.4 % et 2 % par an, respectivement, alors qu’un taux de croissance annuel moyen de 1.5 % et
1.7 % est attendu au Brésil et en Argentine, respectivement. Dans la région Proche-Orient et Afrique du
Nord, la hausse du revenu moyen par habitant devrait s’élever à 1.6 % par an, grâce à l’effet
d’entraînement exercé par la région du Proche-Orient, et plus particulièrement par la Jordanie et les
Émirats, où la progression devrait atteindre 2.7 % et 3.1 % par an, respectivement. Une forte augmentation
du revenu par habitant est également attendue en Égypte, à 3.8 % par an, alors qu’en Arabie saoudite le
revenu par habitant devrait progresser au rythme annuel de 1.6 % au cours des dix prochaines années.
Les revenus moyens par habitant devraient s’accroître de 1.8 % et 1.3 % par an en Europe et en Océanie,
respectivement, jusqu’en 2031. Ces taux de croissance sont conformes à la moyenne de la zone OCDE,
où le revenu par habitant devrait progresser au rythme d’environ 1.3 % par an. Parmi les pays de l’OCDE,
la progression la plus forte des revenus par habitant devrait être enregistrée par la Colombie, suivie par la
Türkiye et la Corée, avec 2.9 %, 2.6 % et 2.5 % par an respectivement, alors qu’elle sera probablement la
plus lente au Canada, avec 0.9 % par an. Dans l’Union européenne, aux États-Unis et au Japon, les
revenus par habitant devraient augmenter de 1.8 %, 1.2 % et 1.1 % par an, respectivement.
'000 USD
70
60
50
40
30
20
10
0
Inde Chine Afrique Sub-Sah. ALC ASE Océanie NENA Europe Amérique du Nord Monde
Note : ALC = Amérique latine et Caraïbes ; ASE = Asie du Sud-Est ; ASS = Afrique subsaharienne ; NENA = Proche-Orient et Afrique du Nord
(on en trouve une définition au chapitre 2). Le graphique montre le PIB par habitant en USD constants de 2010.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Le Graphique 1.4 présente aussi une décomposition des hypothèses de croissance du PIB entre deux
éléments : la croissance du PIB par habitant et la croissance de la population pour les principales régions
et certains pays. À l’échelle mondiale, la croissance économique sera principalement déterminée par celle
du revenu par habitant, en particulier dans les pays de l’OCDE et en Chine. La forte croissance
démographique enregistrée en Afrique subsaharienne signifie en revanche que le taux de croissance
économique relativement élevé de la région (près de 3.8 % par an) ne correspond qu’à une modeste
hausse du revenu par habitant (d’environ 1.3 % par an). Il en va de même, dans une moindre mesure,
dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord. À l’inverse, la modeste croissance économique de 1.7 %
par an constatée en Europe, où la population devrait diminuer dans les dix années à venir, se traduira
vraisemblablement par un taux d’augmentation du revenu par habitant de 1.8 % par an au cours de la
prochaine décennie.
% Croissance du PIB par habitant 2022-31 Croissance de la population 2022-31 Croissance du PIB 2012-21
7
-1
-2
Inde Chine Afrique Sub- ALC ASE Océanie NENA Europe Amérique du Monde
Sah. Nord
Note : ALC = Amérique latine et Caraïbes ; ASE = Asie du Sud-Est ; ASS = Afrique subsaharienne ; NENA = Proche-Orient et Afrique du Nord
(on en trouve une définition au chapitre 2). Le graphique montre le PIB par habitant en USD constants de 2010.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les hypothèses de taux de change sont fondées sur les Perspectives de l’économie mondiale du FMI
(avril 2022). Les taux de change nominaux par rapport au dollar américain sont principalement déterminés
par les différences d'inflation par rapport aux États-Unis. Avec une forte inflation attendue notamment en
Argentine, en Égypte et en Éthiopie, les devises de ces pays devraient se déprécier significativement en
termes nominaux. En termes réels, les taux de change sont supposés plus stables pour la période 2022-
31 ; mais certaines devises devraient s'apprécier significativement par rapport au dollar américain, comme
celles du Chili, du Nigeria, du Brésil et de la Chine. En revanche, une dépréciation significative en termes
réels est attendue pour l'Inde.
Les projections de l’inflation reposent sur le déflateur de la consommation des ménages issu des
Perspectives de l’économie mondiale du FMI (avril 2022). Dans les pays de l’OCDE, l’inflation devrait être
sensiblement plus élevée qu’au cours des dix années précédentes et s’établir à 5.2 % par an, avec un
taux d’inflation annuel très élevé en Türkiye à 15.8% and un taux moyen atteignant 2.1 % par an aux États-
Unis, 2 % par an au Canada et 2.1 % par an dans la zone euro. Parmi les économies émergentes, le taux
d’inflation devrait demeurer élevé en Argentine, où il se situera à 15.8 % et 9 % par an, respectivement,
malgré une forte baisse par rapport à la décennie précédente. L’inflation devrait ralentir en Inde, où elle
passera de 4.9 % par an à 3.9 % par an, ainsi qu’au Brésil, où elle tombera de 6 % par an à 3 % par an.
En Chine, en revanche, les prix à la consommation devraient augmenter au même rythme (2 % par an) au
cours de la dernière décennie. L’inflation devrait demeurer élevée en Afrique subsaharienne (13.4 % par
an en Éthiopie, 10.7 % par an au Nigéria et 6.3 % par an au Ghana). Une inflation élevée est également
attendue en Égypte (7.2 % par an) et au Pakistan (6.5 % par an).
Les projections de la production présentées dans les Perspectives reposent sur un indice composite basé
sur le coût des semences, de l’énergie et des engrais, ainsi que de divers autres intrants faisant ou non
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
33
l’objet d’échanges internationaux. Cet indice est construit en utilisant la part respective des différents
intrants dans les coûts de production totaux pour chaque pays et chaque produit, laquelle est maintenue
constante pendant toute la durée de la période de projection. Les prix de l’énergie sont représentés par le
cours international du pétrole brut exprimé en monnaie nationale. L’évolution des coûts des intrants
échangeables comme les machines et les produits chimiques est estimée à partir des variations du taux
de change réel, et celle des coûts des intrants non échangeables (la main-d’œuvre, principalement) à
partir des variations du déflateur du PIB. Le prix des semences est fonction du prix des cultures
correspondantes, alors que le prix global des engrais est mesuré par approximation à l’aide d’une formule
qui tient compte du prix des cultures et de ceux du pétrole brut.
Les données concernant les cours mondiaux du pétrole correspondent au prix du pétrole brut Brent
en 2019 et sont tirées de la version actualisée des Perspectives économiques de l’OCDE, no 110
(décembre 2021). Pour 2021, on a utilisé le prix spot quotidien moyen de l’année 2021. Pour 2022, on a
utilisé une estimation basée sur la situation en avril 2022. Pour le reste de la période étudiée, on suppose
que le prix de référence du pétrole utilisé dans les projections s’accroît au même rythme que le prix moyen
du pétrole établi par la Banque mondiale, ce qui implique une hausse qui le fait passer de 71 USD/baril
en 2021 à 89 USD/baril en valeur nominale ou et une baisse à 56 USD/baril en valeur réelle en 2031.
Les politiques publiques ont des conséquences importantes sur les marchés agricoles, des biocarburants
et des produits halieutiques et aquacoles, de sorte que les réformes de l’action publique peuvent modifier
la structure de ces marchés. Les projections présentées dans ces Perspectives reposent sur l’hypothèse
que les politiques actuellement mises en œuvre resteront en vigueur durant toute la période examinée, ce
qui permet de disposer d’un utile scénario de référence pour évaluer et analyser les futures réformes qui
pourraient leur être apportées.
Les projections des Perspectives ne tiennent pas compte de la réforme prévue de la politique agricole
commune (PAC) de l’Union européenne (UE), étant donné que les plans stratégiques des États membres,
qui décrivent comment seront atteints les objectifs de la PAC et du Pacte vert, sont encore en cours
d’examen au sein de la Commission européenne. Les plans stratégiques nationaux entreront en vigueur
au début de 2023, aussi ces Perspectives partent-elles de l’hypothèse que les politiques agricoles et
commerciales actuellement mises en œuvre au sein de l’UE seront maintenues tout au long de la période
couverte par les projections.
La relation entre l’UE-27 et le Royaume-Uni (RU) est régie par l’Accord de commerce et de coopération
UE-RU appliqué à titre provisoire depuis le 1er janvier 2021. On supposera que la relation commerciale
entre l’UE et le Royaume-Uni ne donnera lieu ni à l’application de droits de douane, ni à celle de
contingents, et les perturbations à court terme des échanges liées au renforcement des contrôles aux
frontières et aux problèmes logistiques ne seront prises en considération dans les projections que pour
l’année 2022.
Les accords de libre-échange dont il est tenu compte dans les Perspectives sont ceux ratifiés avant la fin
décembre 2021 (comme l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, l’Accord Canada-États-Unis-
Mexique, ou encore la Zone de libre-échange continentale africaine), les autres (tels que le Partenariat
économique régional global ou l’Accord UE-Mercosur) étant considérés comme en suspens.
La pandémie de COVID-19 a conféré un degré supplémentaire d’incertitude aux hypothèses
macroéconomiques qui sous-tendent les projections des Perspectives. Bien que les hypothèses retenues
suggèrent que la reprise économique mondiale se poursuivra dans les années à venir, son rythme effectif
dépendra pour une large part de l’évolution des flambées de coronavirus (par exemple de la propagation
de nouveaux variants) et des taux de vaccination, ainsi que des politiques favorisant la relance de la
demande des entreprises et des consommateurs. Les Perspectives tiennent pour acquis que les
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
34
restrictions appliquées pour contenir la pandémie de COVID-19 ne seront pas permanentes et seront
levées dans le cadre de la reprise économique en 2022.
1.3. Consommation
Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO présentent des projections des tendances futures de
l’utilisation des principaux produits végétaux (céréales, oléagineux, racines et tubercules, légumineuses,
canne et betterave à sucre, huile de palme et coton) et animaux (viande, produits laitiers, œufs et poisson) 2
et leurs sous-produits3 pour l’alimentation humaine ou animale, ainsi qu’en tant que matières premières
pour la production de biocarburants et pour d’autres applications industrielles. Pour la plupart des produits,
l’alimentation humaine constitue la principale composante de leur utilisation globale. Cependant, les
utilisations à d’autres fins que l’alimentation humaine, principalement pour l’alimentation animale et pour
la production de carburants, sont également importantes pour plusieurs produits (Graphique 1.5).
L’importance de la population et les évolutions démographiques, l’augmentation des revenus et leur
répartition, ainsi que les prix alimentaires influent directement sur la demande future de denrées
alimentaires. La demande alimentaire sera également fonction des évolutions socioculturelles et de celles
des modes de vie, dont l’urbanisation et la féminisation croissante de la main-d’œuvre, ainsi que la
sensibilisation grandissante des consommateurs aux problèmes de santé et de durabilité. Les politiques
qui influent sur le prix des produits agricoles (mesures budgétaires et mesures à la frontière, par exemple)
comme, autant que possible, celles qui ont une incidence sur les habitudes de consommation (étiquetage
des denrées alimentaires, réglementations, etc.) sont également prises en compte. Ensemble, ces divers
facteurs détermineront le niveau et la structure de la demande alimentaire dans la prochaine décennie.
La demande de produits agricoles à d’autres fins que l’alimentation humaine est également déterminée
par un certain nombre de facteurs spécifiques. La demande d’aliments pour animaux est fonction de deux
grands facteurs. Premièrement, la demande globale de produits animaux, qui détermine le niveau de
production des secteurs de l’élevage et de l’aquaculture. Deuxièmement, la structure et l’efficacité des
systèmes de production, qui déterminent la quantité de fourrage nécessaire pour obtenir un volume donné
de produits de l’élevage et de l’aquaculture.
L’utilisation industrielle des produits agricoles – essentiellement comme matières premières pour la
production de biocarburants et pour l’industrie chimique – est quant à elle pour une large part influencée
par la conjoncture économique générale, par les politiques réglementaires et par le progrès technologique.
La consommation de biocarburants est très sensible à l’évolution des politiques énergétiques ainsi qu’à la
demande totale de carburant, laquelle dépend à son tour du prix du pétrole brut.
Les hypothèses macroéconomiques sur lesquelles reposent les projections portent à croire que la
pandémie de COVID-19 sera suivie d’une reprise économique généralisée. Cependant, le rythme effectif
de cette reprise dépendra de plusieurs facteurs difficiles à prévoir, ce qui confère une certaine incertitude
aux projections de la demande de produits agricoles. Les projections des Perspectives tiennent également
compte d’une moindre disponibilité des exportations en provenance de l’Ukraine et de la Russie au cours
de l’année commerciale 2022/23 (section 1.3.7).
mrd USD de 2014-16 Produits végétaux Bétail Poisson Croissance de la production, 2019-21 à 2031 (axe de droite) %
1400 30
1200 25
1000
20
800
15
600
10
400
200 5
0 0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Inde Chine Asie-Pacifique Afrique subsah. Proche-Orient et Europe et Asie Amérique du Amérique latine
(hors Chine et Afrique du Nord Centrale Nord et Caraïbes
Inde)
Note : la trituration des graines oléagineuses n’est pas indiquée, car les usages des huiles végétales et des tourteaux protéiques sont inclus
dans le total ; tous les produits laitiers sont comptabilisés en équivalent matière sèche ; le sucre utilisé pour produire des biocarburants provient
de canne et de betterave, converties en équivalents sucre.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
La demande mondiale de produits agricoles (y compris à d’autres usages que l’alimentation humaine)
devrait progresser de 1.1 % par an dans les dix prochaines années, rythme bien inférieur à celui observé
au cours de la décennie précédente (2 % par an). C’est principalement là une conséquence du
ralentissement de la croissance de la demande attendu en Chine (0.6 % par an contre 2.3 % par an au
cours de la dernière décennie) et dans d’autres pays à revenu intermédiaire, ainsi que d’une baisse de la
croissance de la demande mondiale de biocarburants.
Pour la plupart des produits (à l’exception des produits laitiers), la croissance de la demande par habitant
sera limitée dans les dix prochaines années (Graphique 1.6). L’expansion de la population sera donc le
principal facteur d’augmentation de la demande, aussi la demande supplémentaire émanera-t-elle pour
l’essentiel des régions à forte croissance démographique comme l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud,
le Proche-Orient et l’Afrique du Nord.
Dans le cas des céréales et des produits halieutiques et aquacoles, la demande mondiale progressera
environ moitié moins vite que dans la dernière décennie, alors que dans celui des huiles végétales sa
croissance sera trois fois moins rapide que dans les dix années précédentes (Graphique 1.6). Les huiles
végétales ont été le produit qui a connu la croissance la plus rapide au cours des dix dernières années,
en grande partie du fait des politiques bioénergétiques. Au cours de la décennie qui s’annonce, la
croissance de la demande d’huiles végétales sera limitée par la stagnation ou la diminution de la
consommation de biodiesel sur les deux principaux marchés, les États-Unis et l’Union européenne
(section 1.3.5). La demande d’huiles végétales pour l’alimentation humaine devrait également ralentir, les
pays à revenu élevé et certains pays à revenu intermédiaire, dont la Chine, étant proches des niveaux de
saturation.
% p.a. Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
4
-1
-2
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers Plantes sucrières Huile végétale
Note : la contribution de la croissance démographique est calculée en partant de l’hypothèse que la demande par habitant reste à son niveau
de la dernière année de la décennie précédente. Les taux de croissance renvoient à la demande totale (alimentation humaine, alimentation
animale et autres utilisations).
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
1.3.2. Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont les moteurs de la
croissance de la demande alimentaire
La demande alimentaire mondiale devrait augmenter de 1.4 % par an au cours de la prochaine décennie,
du fait de la croissance démographique et de la hausse des revenus par habitant. La plus grande partie
de la demande supplémentaire de denrées alimentaires trouvera son origine dans les pays à faible revenu
et à revenu intermédiaire, alors que dans les pays à revenu élevé elle sera limitée par la lenteur de la
croissance démographique et par la saturation de la consommation par habitant de plusieurs produits
(section 1.3.3).
D’après les projections, la population mondiale devrait augmenter, passant de 7.8 milliards d’habitants en
2021 à 8.6 milliards en 2031. Les deux tiers de cette augmentation devraient se produire en Afrique
subsaharienne, en Inde, au Proche-Orient et en Afrique du Nord (section 1.2.2). Ces régions seront donc
à l’origine d’une grande partie de la demande supplémentaire de produits alimentaires, notamment dans
le cas des céréales (deux tiers de l’augmentation de la demande), et des autres aliments de base (racines
et tubercules, légumineuses) (Graphique 1.7).
La poursuite de la hausse des revenus et de l’urbanisation en Chine, en Inde, et en Asie du Sud-Est
constituera également un facteur d’augmentation de la demande de plusieurs produits alimentaires. La
Chine devrait contribuer respectivement pour 41 % et 34 % à la demande supplémentaire de poisson et
de viande pour la consommation humaine, tandis que la moitié de la demande mondiale supplémentaire
de produits laitiers frais viendra de l’Inde (Graphique 1.7).
140
120
100
80
60
40
20
0
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Sucre Huile végétale
Note : chaque bâton représente la hausse de la demande mondiale sur une période de dix ans, ventilée par région, pour l’alimentation humaine
uniquement. L’acronyme NENA désigne la région Proche-Orient et Afrique du Nord, telle que définie dans le chapitre 2.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
D’après les projections, la disponibilité alimentaire mondiale moyenne par personne augmentera de 4 %
au cours des dix prochaines années pour atteindre plus de 3 070 kcal/jour en 2031. Les aliments de base
et les produits animaux représenteront 70 % des calories supplémentaires (Graphique 1.8). La
disponibilité alimentaire est l’indicateur le plus proche de la consommation alimentaire dans le cadre du
modèle Aglink-Cosimo. Elle est supérieure à la consommation effective, car une partie des denrées
alimentaires potentiellement disponibles pour les consommateurs est perdue ou gaspillée à tous les stades
de la chaîne d’approvisionnement. Afin de faciliter l’interprétation, le terme de consommation alimentaire
sera utilisé à la place de celui de disponibilité alimentaire.
La consommation alimentaire mondiale moyenne par personne masque d’importantes différences selon
les régions et les pays. Les consommateurs des pays à revenu intermédiaire devraient accroître leurs
consommations et diversifier leur alimentation au cours de la prochaine décennie, tandis que les régimes
alimentaires resteront pour une large part inchangés dans les pays à faible revenu. Les projections
paraissent donc indiquer qu’il sera difficile d’atteindre l’Objectif de développement durable (ODD) 2 visant
à parvenir à une « Faim zéro » à l’horizon 2030. La section 1.7 s’appuie sur un scénario illustratif pour
évaluer le degré de croissance de la productivité nécessaire à l’échelle mondiale pour pouvoir atteindre
l’ODD2 ainsi qu’une réduction considérable des émissions de GES de l’agriculture d’ici 2030.
La consommation alimentaire par habitant se stabilisera dans les pays à revenu élevé au cours de la
prochaine décennie, vu qu’elle atteint déjà un haut niveau pour les différents groupes de denrées
alimentaires, et que le vieillissement de la population et des modes de vie plus sédentaires limitent les
besoins supplémentaires en calories (Graphique 1.8). Cependant, la hausse des revenus et l’évolution
des préférences des consommateurs accroîtront le remplacement des aliments de base et des édulcorants
par des aliments nutritifs comme les fruits et légumes ou, dans une moindre mesure, les produits d’origine
animale. La baisse de la consommation d’édulcorants par habitant est une manifestation des inquiétudes
croissantes des consommateurs quant aux effets négatifs sur la santé d’une consommation excessive de
sucre. Plusieurs pays (dont la France, le Royaume-Uni et la Norvège) ont par ailleurs mis en œuvre au
cours des dix dernières années des mesures visant à décourager la consommation d’édulcorants
caloriques, et l’on supposera que ces mesures resteront en vigueur pendant toute la période de projection
et auront pour effet de réduire la demande de ces produits.
Graphique 1.8. Quantités de calories par habitant disponibles dans les principaux groupes
d’aliments, par catégorie de pays selon le revenu
kcal/jour/
Aliments de base Produits d’origine animale Graisses Edulcorants Fruits et légumes Autres
personne
3500
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Monde Revenu élevé Revenu intermédiaire Revenu intermédiaire Faible revenu
supérieur inférieur
Note : Ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant de la base de données de FAOSTAT relative aux bilans
alimentaires et complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux produits non
étudiés dans les Perspectives ont été obtenues par extrapolation. Les 38 pays et les 11 agrégats régionaux pris en compte dans le scénario de
référence sont répartis entre les quatre catégories de revenus selon leur revenu par habitant en 2018. Les limites appliquées sont les suivantes :
faible, < 1 550 USD ; intermédiaire de la tranche inférieure, < 3 895 USD ; intermédiaire de la tranche supérieure, < 13 000 USD ; élevé,
> 13 000 USD. Les aliments de base sont les céréales, les racines et tubercules et les légumineuses. Les produits animaux sont la viande, les
produits laitiers (à l’exception du beurre), les œufs et le poisson. Celle des matières grasses englobe le beurre et les huiles végétales. Les
édulcorants sont le sucre et l’isoglucose. La catégorie « autres » inclut les autres produits végétaux et animaux.
Source : FAO (2022). FAOSTAT, Bilans alimentaires (base de données), [Link] ; OCDE/FAO (2022),
Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
fr.
StatLink 2 [Link]
Dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, la consommation alimentaire par habitant
devrait s’accroître de 4 % d’ici 2030 (Graphique 1.8). Compte tenu de la forte hausse des revenus qui est
prévue et de la nette préférence pour une consommation accrue de viande observée dans plusieurs de
ces pays, dont la Chine, 45 % des calories supplémentaires proviendront de produits d’origine animale, et
20 % de matières grasses. La consommation alimentaire par habitant devrait augmenter de près de 7 %
au cours des dix prochaines années dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, ce qui
constitue la plus forte progression toutes catégories de revenus confondues. Les aliments de base et les
produits d’origine animale contribueront pour les deux tiers à cette augmentation, et les matières grasses
pour 18 %. L’augmentation de la consommation de matières grasses qui est prévue dans les pays à revenu
intermédiaire est une conséquence de l’urbanisation et de l’évolution des modes de vie (à une propension
croissante à manger hors de chez soi, par exemple), qui favorise une plus forte consommation d’aliments
transformés et prêts à l’emploi.
Dans les pays à faible revenu, la consommation alimentaire moyenne devrait augmenter de 5 % pour
atteindre 2 560 kcal/personne/jour en 2031 (Graphique 1.8). Dans les pays à faible revenu, l’alimentation
continuera de s’appuyer pour une large part sur les aliments de base, qui fourniront plus de la moitié des
calories supplémentaires et contribueront encore pour 70 % aux apports de calories en 2031. La forte
augmentation de la consommation par habitant d’édulcorants (11 % des calories supplémentaires) est due
à la tendance à l’urbanisation, qui favorise une consommation accrue de confiseries et de boissons
sucrées. Cependant, compte tenu de son faible niveau de départ, la consommation par habitant
d’édulcorants dans ces pays restera en 2031 bien inférieure à celle des pays à revenu intermédiaire et
élevé. La hausse de la consommation de produits d’origine animale et d’autres aliments nutritifs (les fruits
et légumes, par exemple) restera cependant limitée en raison des contraintes de revenu, exacerbées par
la pandémie de COVID-19. Ces produits étant plus chers, les consommateurs des pays à faible revenu ne
pourront que marginalement diversifier leur alimentation.
Des régimes alimentaires mondiaux plus conformes aux recommandations de l’Organisation mondiale de
la santé mondiale de la santé (OMS) en matière d’apport en sucre et en matières grasses auraient pour
effet d’améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition, ainsi que la durabilité environnementale, mais
risqueraient d’avoir une incidence négative sur les moyens de subsistance des agriculteurs, comme le
montre l’Encadré 1.2.
Encadré 1.2. Répercussions potentielles des évolutions de l’alimentation sur le triple défi que
doivent relever les systèmes alimentaires
Les habitudes alimentaires mondiales ont sensiblement évolué au cours des 50 dernières années, les
consommateurs se tournant de plus en plus vers des aliments à forte intensité de ressources et à haute
teneur en calories. Les évolutions des habitudes alimentaires ont contribué au double fléau de la
malnutrition, avec plus de 1.9 milliard de personnes en surpoids en 2016, au nombre desquelles plus de
650 millions étaient obèses (OMS, 2020[6]), et près de 768 millions de personnes sous-alimentées en 2020
(FAO et al., 2021[7]). L’augmentation de la population et de la consommation alimentaire par habitant a par
ailleurs accru les pressions et la dégradation des ressources environnementales et entraîné une hausse
des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture, de la foresterie et des autres affectations des
terres. Les évolutions en cours des habitudes alimentaires et de la croissance démographique
exacerberont les risques pour la population comme pour la planète. L’adoption d’une alimentation saine
et la mise en place de systèmes alimentaires plus durables pourraient contribuer au respect de bon nombre
des 17 Objectifs de développement durable des Nations Unies (ODD) à l’horizon 2030, ainsi que des
engagements contractés par les pays dans le cadre de l’Accord de Paris de 2015 (COP21).
S’appuyant sur le modèle Aglink-Cosimo et sur les indicateurs du triple défi à relever – sur le plan de la
sécurité alimentaire et de la nutrition, des moyens de subsistance, et de la durabilité environnementale –
(Tallard et al., 2022[8]) examinent quelles pourraient être les conséquences pour les systèmes alimentaires
si les régimes alimentaires mondiaux étaient plus conformes aux recommandations de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS) en matière d’apport en sucre et en matières grasses. Plus précisément, ce
scénario évalue les conséquences d’une réduction de la consommation de sucres et de matières grasses
libres pour en ramener la part à 10 % et 30 % au maximum d’un apport calorique approprié,
respectivement1. Dans les simulations, ces modifications de l’alimentation se produisent sur une durée de
10 ans et touchent la totalité de la population de chaque pays, exception faite des personnes sous-
alimentées.
Après la mise en œuvre de cette modification de l’alimentation, le modèle estime que la consommation
mondiale par habitant de calories issues du sucre diminuera de 8 %, celle de calories issues du sirop de
maïs à haute teneur en fructose de 16 %, et celle de calories issues de matières grasses de 11 % en 2030,
par rapport au scénario de référence des Perspectives 2020-29 (OCDE/FAO, 2021[9]).
Une telle évolution des régimes alimentaires aurait une grande incidence sur la sécurité alimentaire et sur
la nutrition, la prévalence de l’obésité et du surpoids au niveau mondial reculant de 46 % (638 millions de
personnes) et 28 % (1 milliard de personne), respectivement, par rapport au scénario de référence. Par
ailleurs, à la suite de la baisse des prix de la plupart des produits, les dépenses alimentaires mondiales
chutent de 35 %, aboutissant à une réduction de 3 % de la prévalence de la sous-alimentation dans le
monde (20 millions de personnes) (Graphique 1.9).
Cette modification de l’alimentation a également des répercussions notables sur les moyens de
subsistance des agriculteurs et sur la durabilité environnementale. De fortes baisses des prix du sucre (-
28 %), de la volaille (-44 %), du porc (-62 %), du bœuf (-63 %), du beurre (-73 %), et du fromage (-53 %)
aboutissent à un effondrement de 30 % des recettes agricoles par rapport au scénario de référence. La
baisse de la production de plusieurs produits, dont certains tels que la viande et les produits laitiers sont
à l’origine de fortes émissions, se traduit par une diminution de 10 % des émissions de GES de l’agriculture
(-532 Mt éq. CO2). L’incidence sur la surface des terres cultivées au niveau mondial devrait toutefois être
modeste (-0.5 %) (Graphique 1.9).
L’analyse indique que c’est la réduction de la consommation de matières grasses qui entraîne la plupart
des répercussions sur les indicateurs du triple défi, compte tenu de la taille des secteurs des huiles
végétales et de l’élevage, de l’importance de ces produits dans l’alimentation, et de l’écart considérable
entre les niveaux actuels de consommation de matières grasses et les recommandations de l’OMS (Tallard
et al., 2022[8]).
Dans l’ensemble, la réalisation des objectifs d’apport en sucre et en matières grasses définis par l’OMS
aurait un effet positif sur la sécurité alimentaire et sur la nutrition, et elle entraînerait une diminution de la
suralimentation comme de la sous-alimentation, ainsi que sur la durabilité environnementale. Cependant,
la baisse des prix alimentaires et de la production mondiale qui découlent de cette modification de
l’alimentation a des effets négatifs sur les moyens de subsistance des agriculteurs. Cela porte à croire que
la formulation des politiques alimentaires doit tenir compte des synergies et des arbitrages potentiels pour
concevoir un ensemble cohérent de mesures bénéfique pour l’agriculture, la santé humaine et
l’environnement.
Graphique 1.9. Évolution mondiale des indicateurs du triple défi : scénario pour le sucre et les
matières grasses
% de variation par rapport au niveau de référence
Source : Tallard et al. (2022), « Potential impact of dietary changes on the triple challenge facing food systems: Three stylised scenarios »,
OECD Food, Agriculture and Fisheries Papers, [Link]
StatLink 2 [Link]
Note : 1 Pour traduire les recommandations de l’OMS en valeurs spécifiques, ce scénario s’appuie sur les besoins énergétiques journaliers
moyens, qui indiquent les apports caloriques quotidiens nécessaires à un individu moyen, compte tenu de divers facteurs dont les
caractéristiques démographiques et les niveaux d’activité physique.
Source : Tallard et al. (2022[8]).
La consommation moyenne de protéines par habitant devrait augmenter de 4 % pour atteindre 87 g/jour
en 2031. Les différences de composition de la consommation de protéines liées aux écarts de revenus et
à des facteurs culturels devraient persister, les pays à revenu faible et intermédiaire demeurant très
dépendants des protéines d’origine végétale. Les populations des pays à revenu élevé devraient continuer
à tirer la majeure partie de leurs protéines de produits d’origine animale.
Dans les pays à revenu élevé, la consommation moyenne de protéines par habitant ne devrait pas
augmenter de manière significative au cours de la prochaine décennie, en raison de son niveau proche
de la saturation, ainsi que des inquiétudes croissantes concernant la santé et l’environnement
(Graphique 1.10). Ces préoccupations, ainsi que les considérations éthiques relatives au bien-être animal
et à l’acte de manger des animaux, pourraient également stimuler la demande de protéines d’origine
végétale et d’autres sources de protéines (telles que les insectes ou la viande cultivée), comme l’examine
la section 1.3.7.
Une forte croissance de la consommation de protéines par habitant devrait être observée dans les pays à
revenu intermédiaire de la tranche supérieure comme de la tranche inférieure, de 6 % et de 8 %,
respectivement ; et environ 60 % des protéines supplémentaires seront d’origine animale
(Graphique 1.10). La consommation moyenne de protéines par habitant des pays à revenu intermédiaire
de la tranche supérieure atteindra ce faisant un niveau proche de celui des pays à revenu élevé à
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
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l’horizon 2031. Une grande partie de cette convergence est attribuable à la forte croissance de la
consommation de protéines animales par habitant (de viande principalement) en Chine.
Malgré une croissance notable de la consommation de protéines animales par habitant (de produits laitiers
principalement) dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, leur niveau de
consommation demeurera moins élevé que celui des pays à revenu élevé et intermédiaire de la tranche
supérieure, compte tenu de leur faible niveau de départ. L’Inde, où la consommation de protéines animales
– de viande en particulier – est traditionnellement faible, apporte la principale contribution à cette tendance.
La consommation de protéines par habitant devrait progresser de 4 % dans les pays à faible revenu
(Graphique 1.10). La quasi-totalité des protéines supplémentaires sera issue de produits végétaux,
lesquelles continueront de fournir plus de 80 % des protéines disponibles d’ici 2031. La consommation par
habitant de protéines animales est modeste et devrait progresser lentement au cours de la prochaine
décennie, du fait principalement de l’augmentation relativement lente des revenus par habitant après la
pandémie de COVID-19. Les problèmes le long de la chaîne d’approvisionnement (tels que le manque
d’infrastructures frigorifiques) demeurent par ailleurs une contrainte dans certaines zones, alors que les
préférences alimentaires pour les sources de protéines non animales continuent de limiter la croissance
de la demande dans certaines autres. La consommation par habitant de protéines de poisson devrait
même diminuer au cours de la prochaine décennie, étant donné que la croissance démographique en
Afrique devrait être supérieure à l’expansion des approvisionnements.
Graphique 1.10. Disponibilité en protéines par habitant, par catégorie de pays selon le revenu
Produits végétaux Viande Produits laitiers Oeuf Poisson % de protéines animales dans la disponibilité totale en protéines (axe de droite)
g/personne/jour %
120 70
100 60
50
80
40
60
30
40
20
20 10
0 0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Pays à revenu élevé Pays à revenu intermédiaire de la Pays à revenu intermédiaire de la Pays à faible revenu
tranche supérieure tranche inférieure
Note : Les productions végétales incluent les céréales, les légumineuses et les racines et tubercules.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont les moteurs de la croissance de
l’utilisation d’aliments pour animaux
L’évolution des habitudes de consommation mondiales dans le sens d’une augmentation de la part des
produits d’origine animale dans l’alimentation exige l’utilisation d’une quantité croissante de récoltes et
d’autres produits agricoles pour nourrir les animaux. En 2019-21, environ 1.7 milliard de tonnes de
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
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Graphique 1.11. Variation annuelle de l'utilisation des aliments pour animaux et de la production
animale, 2022-2031
3.5
2.5
1.5
0.5
0
Pays à revenu élevé Pays à revenu intermédiaire de la Pays à revenu intermédiaire de la Pays à faible revenu
tranche supérieure tranche inférieure
Note : Les ruminants comprennent la viande bovine et la viande ovine. Les non-ruminants comprennent la viande de volaille et de porc. Les
barres montrent les variations annuelles des volumes de production pour les différents produits de l'élevage. La ligne noire montre les variations
annuelles de l'utilisation des aliments pour animaux.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Dans les pays à revenu élevé, l’utilisation d’aliments pour animaux devrait progresser lentement, de 0.4 %
par an seulement, en raison de la lenteur de l’augmentation de la production animale, mais aussi des gains
d’efficacité alimentaire entraînés par les progrès de la génétique animale, des technologies d’alimentation
animale, et de la gestion des troupeaux (Graphique 1.11).
Bien que la croissance de l’utilisation d’aliments pour animaux soit plus lente dans les pays à revenu
intermédiaire de la tranche supérieure et dans ceux à revenu élevé, ces pays resteront les plus gros
consommateurs de produits d’alimentation animale et compteront à eux tous pour 80 % de l’utilisation
mondiale de ces produits en 2031 (Graphique 1.12). Ensemble, la Chine, les États-Unis et l’Union
européenne continueront de représenter la moitié de l’utilisation totale de ces produits à la fin de la
décennie.
La composition de l’utilisation d’aliments pour animaux, représentée au graphique 1.12 par la part
respective des aliments à forte, moyenne et faible valeur protéique dans l’utilisation totale d’aliments pour
animaux, est très variable selon les pays du fait des différences de leurs technologies de production. Au
cours de la décennie à venir, l’intensification de la production animale dans les pays à revenu intermédiaire
de la tranche inférieure et dans ceux à faible revenu devrait accroître leur utilisation d’aliments pour
animaux à forte valeur protéique, bien qu’à partir d’un faible niveau de départ.
Graphique 1.12. Structure de l’utilisation d’aliments pour animaux, par catégorie de pays selon le
revenu
Mt Faible valeur protéique Valeur protéique moyenne Forte valeur protéique
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
2009-11 2019-21 2031 2009-11 2019-21 2031 2009-11 2019-21 2031 2009-11 2019-21 2031
Pays à revenu élevé Pays à revenu intermédiaire de la Pays à revenu intermédiaire de la Pays à faible revenu
tranche supérieure tranche inférieure
Note : Les aliments à faible valeur protéique incluent le maïs, le blé, les autres céréales secondaires, le riz, le son de céréales, la pulpe de
betterave, la mélasse, et les racines et tubercules. Les aliments à moyenne valeur protéique incluent les drêches séchées de distillerie, les
légumineuses, et le lactosérum en poudre. Les aliments à forte valeur protéique incluent les tourteaux protéiques, les farines de poisson et le
lait écrémé en poudre.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLin [Link]
Dans les pays à faible revenu, l’élevage est largement tributaire des aliments pour animaux produits
localement à petite échelle. Les aliments commerciaux sont relativement peu utilisés et offrent pour la
majeure partie d’entre eux une faible valeur protéique (céréales, racines et tubercules). Cependant, la part
des aliments à forte valeur protéique (principalement les tourteaux oléagineux) dans l’utilisation totale de
Depuis le début des années 2000, la demande de biocarburants (éthanol et biodiesel) a augmenté
sensiblement, à la suite de la mise en œuvre de politiques visant à : (i) contribuer au respect des
engagements nationaux de réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO 2), (ii) faire diminuer la
dépendance à l’égard des importations d’énergies fossiles et (iii) accroître la demande de matières
premières bioénergétiques pour soutenir la production intérieure.
Au cours des dix prochaines années, la demande de biocarburants devrait progresser de 0.6 % par an,
rythme sensiblement inférieur à celui de la décennie précédente (4 % par an), en raison principalement de
la baisse de la consommation de carburants et d’une réduction des mesures d’incitation dans les pays à
revenu élevé. La plus grande partie de la hausse de la demande trouvera son origine dans les pays à
revenu intermédiaire, sous l’effet d’une augmentation des taux d’incorporation et des subventions
destinées à soutenir la production intérieure.
La consommation d’éthanol devrait s’accroître de 12 % entre 2019-21 et 2031, et l’Inde contribuera pour
plus de la moitié à cette demande supplémentaire (Graphique 1.13). En Inde, le taux d’incorporation
d’éthanol devrait atteindre 11 % en 2025 et 20 % en 2031, à la faveur d’une production intérieure
croissante d’éthanol à partir de la canne à sucre. La présente édition des Perspectives tient cependant
pour acquis que l’Inde n’atteindra pas l’objectif E20 fixé par le gouvernement pour 2025, en raison de l’offre
30
25
20
15
10
-5
2009-11 à 2019-21 2019-21 à 2031 2009-11 à 2019-21 2019-21 à 2031
Ethanol Biodiesel
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
D’après les projections, la consommation de biodiesel devrait s’accroître de 7 % entre 2019-21 et 2031,
et l’Indonésie sera à l’origine de 77 % de cette augmentation de la consommation (Graphique 1.13). Le
taux d’incorporation est supposé rester constant à 30 % en Indonésie tout au long de la période de
projection – conformément à l’objectif du programme B30 de 2020 – et la demande de biodiesel devrait
augmenter au même rythme que la consommation totale de carburant. Aux États-Unis et au sein de l’UE,
le déclin de l’utilisation de carburant diesel limitera toutefois la hausse de la consommation de biodiesel.
Au sein de l’UE, la consommation de biodiesel sera en outre freinée par la deuxième directive sur les
énergies renouvelables, qui impose des limites à l’utilisation de matières premières (principalement l’huile
de palme) pour produire des biocarburants dès lors qu’elles sont cultivées dans des écosystèmes qui
séquestrent du dioxyde de carbone, comme les forêts, les zones humides et les tourbières. Compte tenu
des évolutions prévues de la consommation de biodiesel, l’utilisation d’huiles végétales en vue de son
élaboration devrait augmenter de 14 % d’ici 2031, maintenant ainsi aux alentours de 15 % la part des
biocarburants dans l’utilisation cette matière première (Graphique 1.14).
Graphique 1.14. Part de la production de biocarburants et des autres utilisations industrielles dans
l’utilisation totale de produits agricoles
% % de la production de biocarburants dans l’utilisation totale % d’autres utilisations industrielles dans l’utilisation totale
80
70
60
50
40
30
20
10
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Blé Riz Autres céréales Maïs Canne à sucre Huile végétale Mélasse
second.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les perspectives sont radieuses pour l’utilisation de riz et d’huiles végétales pour produire
des produits non alimentaires
Les produits agricoles examinés dans les Perspectives sont également utilisés dans le cadre d’un large
éventail de produits et de procédés. Les Perspectives rassemblent les semences, les pertes après
récoltes, les déchets et l’ensemble des applications industrielles, à l’exception des biocarburants, dans la
catégorie « autres utilisations ». Au cours de la prochaine décennie, la demande pour ces autres
utilisations devrait s’accroître de 0.7 % par an. Les produits agricoles et leurs sous-produits utilisés en tant
que matières premières industrielles contribuent à réduire la dépendance à l’égard des combustibles
fossiles et accroissent la valeur des bioressources, y compris par le recyclage des déchets.
Après leur transformation en fil, les fibres de coton sont utilisées pour produire des vêtements et d’autres
produits textiles. Au cours de la prochaine décennie, la demande de coton devrait augmenter plus
rapidement que la population mondiale (1.6 % par an), soutenue par une hausse continue des revenus.
Cependant, la forte concurrence des fibres synthétiques, du polyester principalement, continuera de limiter
la demande de coton. Cette évolution pourrait être en partie contrebalancée par l’intérêt croissant des
consommateurs pour des textiles plus durables, sous réserve que le coton soit produit d’une manière plus
respectueuse de l’environnement (voir le chapitre 10 sur le coton). La laine – un sous-produit de la
production de viande ovine – est également utilisée par l’industrie textile, mais elle n’est pas prise en
compte dans les projections des Perspectives.
La mélasse est utilisée en tant que matière première industrielle pour la production de levure, de vinaigre,
d’acide citrique, de vitamines, d’acides aminés et lactiques, et son usage devrait augmenter de 1.5 % dans
les dix prochaines années. Cette progression est très inférieure à celle que devrait connaître l’utilisation
de la mélasse pour la production de biocarburants. C’est pourquoi les « autres utilisations » de la mélasse
devraient régresser, passant de 28 % en 2019-21 à 25 % de l’utilisation totale de cette matière première
en 2031 Graphique 1.14).
Les usages industriels des céréales incluent la production d’amidon industriel et d’alcools, ainsi que des
applications dans les industries du papier, du textile, des produits pharmaceutiques et des produits
cosmétiques. Le riz, par exemple, est de plus en plus utilisé comme un ingrédient entrant dans la
composition de nettoyants pour le visage, de savons pour la douche et de produits capillaires, surtout en
Asie. Au cours de la décennie à venir, les « autres utilisations » du riz devraient augmenter de 19 %, et
leur part dans l’utilisation totale de riz devrait s’accroître légèrement pour atteindre 15 % en 2031. Le maïs
revêt par ailleurs une importance croissante dans la production de bioplastique – pour remplacer une
matière dérivée du pétrole. Les autres utilisations du maïs, des autres céréales secondaires et du blé
devraient enregistrer une progression plus lente que les autres utilisations du riz ; et leurs parts
respectives dans l’utilisation totale de ces produits agricoles devraient diminuer au cours de la période
étudiée (Graphique 1.14).
Les huiles végétales entrent dans la composition de produits cosmétiques et d’hygiène corporelle,
d’excipients lipidiques de produits pharmaceutiques, et d’additifs alimentaires pour animaux de
compagnie. Les « autres utilisations » des huiles végétales devraient connaître une hausse de 17 % dans
les dix prochaines années, et maintenir ainsi leur part aux alentours de 19 % d’ici 2031 (Graphique 1.14).
1.3.7. La prochaine décennie pourrait connaître des évolutions sans précédent des
habitudes de consommation alimentaire
Une source fondamentale d’incertitude à court terme tient à la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Une
diminution du volume des exportations en provenance de ces pays exerce une pression à la hausse sur
les prix internationaux des produits destinés à l’alimentation humaine comme de ceux utilisés pour nourrir
les animaux. Il faudra s’attendre à de plus fortes augmentations des prix si la guerre maintient à un niveau
élevé les prix de l’énergie et des engrais et prolonge la disponibilité réduite des exportations mondiales de
ces deux pays (FAO, 2022[10]). Une hausse des prix des produits agricoles aurait des conséquences
négatives pour la sécurité alimentaire mondiale et la nutrition, surtout pour les ménages pauvres
(Encadré 1.1).
Les hypothèses macroéconomiques sur lesquelles reposent les projections paraissent indiquer que la
reprise économique mondiale postérieure à la crise du COVID-19 se poursuivra (voir la section 1.2). Le
rythme effectif de cette reprise dépendra cependant de plusieurs facteurs qui ne peuvent être aisément
anticipés. Ceux-ci incluent l’évolution des flambées de COVID-19 (par exemple la propagation de
nouveaux variants), des taux de vaccination et des autres mesures de santé publique, ainsi que des
politiques de relance de la demande des consommateurs et des entreprises. Par ailleurs, la tendance
induite par la pandémie à la prise des repas à domicile au détriment des services alimentaires et de la
fréquentation des restaurants est supposée s’inverser au fur et à mesure du rétablissement de l’économie
et de l’abandon des mesures de restriction. Cependant, si tel n’était pas le cas, les projections de la
demande alimentaire pourraient s’en trouver modifiées, en particulier pour les produits qui sont
principalement consommés hors du domicile, tels que le poisson et certains morceaux de viande.
Une autre source d’incertitude liée à la demande a trait à l’évolution des préférences des consommateurs.
Les décisions d’achat des consommateurs sont de plus en plus déterminées par des facteurs qui vont au-
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
49
delà des prix, des aspects culturels et des questions de goût, telles que les préoccupations liées à
l’environnement et à la santé, ou encore les considérations éthiques relatives au bien-être animal et à
l’acte de manger des animaux ou des produits qui en sont issus. Cette tendance transparait dans l’adoption
croissante d’un mode de vie végétarien, végétalien ou « flexitarien » dans les pays à revenu élevé, en
particulier parmi les jeunes. Les marchés de la viande et des produits laitiers seraient particulièrement
affectés par un changement de comportement qui ferait la part belle aux protéines végétales ou à d’autres
sources de protéines (telles que les insectes, ou la viande cultivée). Les marchés des aliments pour
animaux pourraient également en subir les conséquences, étant donné que la production de ces autres
sources de protéines pourrait nécessiter de moindres quantités de productions végétales (Oonincx, Van
Broekhoven and Van Huis, 2019[11]) (Kearney, n.d.[12]). Cependant, comme la part de ces produits dans la
consommation devrait rester très réduite au cours de la prochaine décennie, les Perspectives n’en tiennent
pas explicitement compte, ce qui confère néanmoins une certaine incertitude aux projections de la
demande.6
Les évolutions des politiques mises en œuvre constituent par ailleurs une source permanente d’incertitude.
Plusieurs pays ont adopté (ou prévoient de le faire) des mesures visant à réduire la consommation totale
de calories ou à promouvoir une alimentation saine. Il s’agit notamment de mesures budgétaires (telles
que des taxes sur le sucre ou sur les graisses saturées, ou encore des subventions en faveur des produits
alimentaires nutritifs), de systèmes d’étiquetage, de la reformulation des produits en collaboration avec
l’industrie, de recommandations alimentaires actualisées et de programmes d’éducation (concernant par
exemple les repas scolaires). Ces mesures pourraient influencer la demande globale de denrées
alimentaires ainsi que la demande relative des différents produits alimentaires d’une manière difficile à
prévoir.
Les politiques en matière de biocarburants constituent une autre source importante d’incertitude. Les
variations des niveaux d’incorporation prescrits, des mécanismes mis en œuvre pour contrôler le respect
des règles, ou des exonérations fiscales et des subventions dont bénéficient les biocarburants et les
carburants fossiles pourraient modifier la demande de biocarburants et celle des cultures à partir
desquelles ceux-ci sont produits. Les nouvelles politiques et technologies émergeant dans le secteur des
transports auront également une incidence sur la demande de biocarburants. Au cours de la dernière
décennie, diverses politiques destinées à promouvoir les véhicules électriques et les infrastructures de
recharge ont été mises en œuvre sur les principaux marchés (Chine, Europe et États-Unis) et ont contribué
à la forte croissance des ventes de voitures électriques (AIE, 2021[13])7. Un déploiement des véhicules
électriques plus rapide que ne le supposent les présentes Perspectives pourrait avoir des répercussions
sur la demande de biocarburants. Une production et une consommation croissantes de carburant
d’aviation durable (CAD) pourraient par ailleurs soutenir la demande de biocarburants et celle des cultures
à partir desquelles ceux-ci sont produits. Plusieurs pays européens et les États-Unis ont déjà adopté des
mesures de soutien du CAD en vue de réduire les émissions de CO2 du secteur de l’aviation (voir le
chapitre 9 sur les biocarburants).
1.4. Production
1.4.1. Introduction
Les projections des Perspectives couvrent les produits végétaux et animaux énumérés à la section 1.3.
Les Perspectives expliquent les répercussions des évolutions futures des rendements, de l’intensité
d’exploitation des terres et de l’extension des surfaces agricoles sur la production végétale, et elles mettent
en relation les variations de la taille du cheptel et de la production par animal avec les tendances de la
production du secteur de l’élevage.
Les projections reposent sur l’hypothèse que les mesures de distanciation sociale destinées à contenir la
pandémie de COVID-19 auront pour l’essentiel été levées au début de 2022 et n’affecteront pas la
production agricole à compter de 2022. En outre, les projections des Perspectives tiennent compte de la
probabilité d’une production réduite en Ukraine au cours de l’année commerciale 2022/23.
1.4.2. Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont les moteurs de la
croissance de la production mondiale
Dans les dix années à venir, la production agricole mondiale 8 (mesurée à prix constants) devrait augmenter
de 17 %. Cette croissance sera principalement localisée dans les pays à faible revenu et à revenu
intermédiaire, dont l’Inde, la Chine et les autres pays d’Asie (Graphique 1.15). Elle sera stimulée par des
investissements de nature à améliorer la productivité dans les infrastructures et la recherche-
développement agricoles ; la mobilisation des ressources de production (telles que les terres agricoles et
l’eau d’irrigation) ; une utilisation plus intense des intrants agricoles ; et de meilleures compétences en
gestion.
mrd USD de 2014-16 Produits végétaux Bétail Poisson Croissance de la production, 2019-21 à 2031 (axe de droite) %
1400 30
1200 25
1000
20
800
15
600
10
400
200 5
0 0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Inde Chine Asie-Pacifique Afrique subsah. Proche-Orient et Europe et Asie Amérique du Amérique latine
(hors Chine et Afrique du Nord Centrale Nord et Caraïbes
Inde)
Note : Ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant du domaine « Valeur de la production agricole » de FAOSTAT et
complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux autres produits ont été
obtenues par extrapolation. La valeur nette de la production repose sur les estimations des auteurs de l’utilisation de semences et aliments pour
animaux autoproduits. Elles sont exprimées en USD aux prix constants de 2014-16.
Source : FAO (2022). FAOSTAT, Valeur de la production agricole (base de données), [Link] ; OCDE/FAO
(2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
data-fr.
StatLink 2 [Link]
La production devrait augmenter sensiblement en Afrique subsaharienne, quoique par rapport à un faible
niveau de départ. Elle sera favorisée par une extension des superficies, par une évolution de l’éventail de
cultures, ainsi que par les gains de productivité obtenus grâce à des investissements dans des variétés
améliorées adaptées aux conditions locales, à de meilleures pratiques de gestion, et à l’expansion et
l’intensification de l’aviculture. La forte croissance de la production prévue dans la région Proche-Orient et
Afrique du Nord devrait être le fruit d’une plus grande intensité des cultures, d’une augmentation sensible
des rendements, ainsi que du développement du secteur de la viande de volaille.
% Croissance de l'utilisation des terres Croissance des terres à cultures multiples Croissance des rendements
100
80
60
40
20
-20
Monde Chine Inde Asie-Pacifique Afrique subsah. Proche-Orient et Europe et Asie Amérique du Amérique latine
hors Chine et Afrique du Nord Centrale Nord
Inde
Note : Le graphique indique la décomposition de la croissance totale de la production (2012-21 et 2022-31) en agrandissement des surfaces,
intensification moyennant le développement des cultures successives et amélioration des rendements. Il porte sur les cultures suivantes : coton,
maïs, autres céréales secondaires, autres oléagineux, légumineuses, riz, racines et tubercules, soja, betterave sucrière, canne à sucre, blé et
huile de palme.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 1.17. Évolution de l’utilisation des surfaces cultivées, cultures principales, 2019-21 à
2031
t/ha États Unis Chine Brésil Inde Union européenne Afrique subsah. Russie Australie
1.0
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0.0
-0.1
Maïs Blé Autres céréales Riz Autres oléagineux Soja Légumineuses
second.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les projections des Perspectives reposent sur l’hypothèse que l’augmentation des rendements dans les
pays à revenu élevé découlera d’une amélioration des pratiques de gestion des exploitations ainsi que de
l’adoption des techniques d’agriculture de précision (c’est-à-dire de l’optimisation de l’utilisation des
intrants agricoles tels que les engrais et les produits chimiques) et de l’amélioration des variétés cultivées.
L’augmentation des rendements sera toutefois limitée, étant donné qu’ils sont déjà très élevés dans ces
pays et que les possibilités de les accroître encore sont restreintes par des réglementations plus strictes
en matière de protection de l’environnement et de sécurité des aliments.
En Afrique subsaharienne comme dans les autres pays à faible revenu et dans ceux à revenu
intermédiaire, l’augmentation des rendements devrait résulter de l’amélioration des variétés cultivées,
d’une utilisation accrue d’engrais et de pesticides, ainsi que d’une meilleure gestion des exploitations
moyennant la mécanisation et le renforcement des compétences en agronomie acquises par les
agriculteurs à travers les services de formation et de vulgarisation.
Il convient de noter que toutes les projections des augmentations des rendements sont tributaires des
évolutions des coûts des intrants au cours de la prochaine décennie, de sorte qu’une hausse des prix de
l’énergie et des engrais plus forte que prévu limiterait l’utilisation d’intrants et restreindrait par conséquent
l’amélioration des rendements. L’Encadré 1.3 examine les répercussions de la hausse des prix des intrants
sur la production agricole et les marchés alimentaires.
Encadré 1.3. La hausse des prix des intrants suscite des craintes pour la sécurité alimentaire
mondiale
Le secteur agroalimentaire est gros consommateur d’énergie, dont il utilise d’importantes quantités à
l’intérieur de l’exploitation soit directement sous la forme de carburants, de gaz naturel et d’électricité, soit
indirectement par l’utilisation de produits agrochimiques tels que des engrais, des pesticides et des
lubrifiants. La récente flambée des prix des intrants agricoles suscite des inquiétudes liées à la tendance
à la hausse des coûts de production de l’alimentation. Les prix des intrants en rapide augmentation,
notamment ceux de l’énergie issue des combustibles fossiles, exercent une pression à la hausse des prix
alimentaires, et ont des effets négatifs sur la sécurité alimentaire mondiale. Les répercussions sur les prix
se manifestent par la hausse de l’indice des prix alimentaires de la FAO, qui a atteint en mars 2022 son
plus haut niveau depuis 1990. Les évolutions des prix des intrants paraissent en être pour une large part
à l’origine (Graphique 1.18 et Graphique 1.19).
Graphique 1.18. Prix du gaz naturel par rapport aux prix du pétrole brut, 2014-16=100
2014-16=100 Pétrole brut, Brent Gaz naturel, Europe Indice des prix alimentaires de la FAO
600
500
400
300
200
100
0
Jan-90
Jan-91
Jan-92
Jan-93
Jan-94
Jan-95
Jan-96
Jan-97
Jan-98
Jan-99
Jan-00
Jan-01
Jan-02
Jan-03
Jan-04
Jan-05
Jan-06
Jan-07
Jan-08
Jan-09
Jan-10
Jan-11
Jan-12
Jan-13
Jan-14
Jan-15
Jan-16
Jan-17
Jan-18
Jan-19
Jan-20
Jan-21
Jan-22
Source: FAO (2022), "Indice des prix alimentaires de la FAO"; [Link] ; Banque Mondiale
(2022), "World Bank Commodities Price Data (The Pink Sheet)", [Link]
StatLink 2 [Link]
Les graphiques 1.18 et 1.19 laissent penser que la hausse rapide des prix internationaux des produits
agricoles et le sommet sans précédent qu’ils atteignent actuellement coïncident avec une hausse tout
aussi rapide et avec un pic pluriannuel des coûts de production (variables). L’évolution étroitement
synchronisée des recettes et des coûts pèse sur la rentabilité globale des exploitations. Cette évolution
parallèle des prix des produits agricoles et de ceux des intrants a constitué une caractéristique générale
des marchés internationaux ces dernières décennies. Il ne faut toutefois pas considérer que les écarts
entre les prix alimentaires et ceux des intrants correspondent à des marges (brutes) en valeur absolue,
car ils n’indiquent que les variations des marges brutes. À ce titre, leur évolution au fil du temps suggère
que, toutes choses étant égales par ailleurs, les gains tirés par les producteurs d’une augmentation des
prix agricoles et alimentaires ne tardent pas à être résorbés par une rapide hausse des coûts des intrants.
Les variations des coûts de production entraînent généralement une modification des prix des produits,
mais un examen plus attentif des deux séries porte à croire que l’évolution des coûts des intrants peut
également être liée à celle des prix des produits. De plus, la situation globale à l’échelle mondiale risque
de masquer d’importantes différences régionales et sectorielles au sein du secteur agroalimentaire. Par
exemple, la plupart des producteurs de soja dégagent actuellement des marges d’exploitation positives
relativement importantes, car ils ont moins besoin des engrais azotés, actuellement onéreux, alors qu’ils
bénéficient dans le même temps du niveau élevé des prix des produits. Les producteurs de porc sont en
revanche confrontés aux prix bas de la viande et aux coûts élevés des aliments pour animaux, ce qui
aboutit souvent à de faibles marges brutes, et même à des marges nettes négatives.
0 0
avril-22
février-21
janvier-17
mai-19
décembre-19
août-17
mars-18
octobre-18
juillet-20
septembre-21
0
février-21
janvier-17
mai-19
décembre-19
avril-22
août-17
mars-18
octobre-18
juillet-20
septembre-21
janvier-20
avril-20
janvier-21
avril-21
janvier-22
avril-22
juillet-20
octobre-20
juillet-21
octobre-21
Note : DAP, prix au comptant du phosphate diammonique aux États-Unis (Golfe); urée (Ukraine), FAB, Mer Noire ; chlorure de potassium, FAB,
Vancouver
Source: Banque Mondiale (2022), "World Bank Commodities Price Data (The Pink Sheet)", [Link]
markets.
StatLink 2 [Link]
Juste au moment où beaucoup de régions du monde ont rouvert leurs économies dans le sillage de la
pandémie de COVID-19 afin de stimuler la croissance économique, la hausse des prix de l’alimentation et
des combustibles qui est en cours est fortement régressive : elle aggrave les difficultés économiques et a
des effets négatifs pour les producteurs comme pour les consommateurs. Les évolutions des coûts de
production se traduisent par des évolutions des prix des produits, et donc des prix alimentaires. Pour les
producteurs, il s’ensuit que l’augmentation potentielle des marges bénéficiaires est en règle générale
érodée par la hausse des coûts de production. Ce phénomène est certes prévisible d’un point de vue
théorique, mais il est tout à fait remarquable de voir à quel point il est confirmé par les faits, y compris dans
l’actuelle période de flambée des prix.
Pour les consommateurs, il en résulte que les prix alimentaires augmenteront inévitablement du fait de la
hausse des coûts de production, et ce à bref délai. Tel est également le cas dans l’actuelle période
d’augmentation des prix, qui affecte plus particulièrement les consommateurs qui consacrent déjà une part
importante de leur budget à l’énergie et à l’alimentation. Pour les responsables de l’action publique, cela
signifie que la hausse des coûts des intrants agricoles, notamment l’énergie, entraînera inévitablement
une augmentation des prix alimentaires, à moins qu’il soit possible de trouver de nouveaux modèles de
production moins énergivores et, surtout, moins dépendants des combustibles fossiles.
Source : FAO (2021[14]).
À l’échelle mondiale, l’intensification de l’exploitation des terres arables, en y pratiquant plusieurs récoltes
par an, ne contribuerait que pour 6 % à la croissance des productions végétales qui est attendue
(Graphique 1.16). L’augmentation de l’intensité culturale sera facilitée par des systèmes innovants de
rotation des cultures, par une plus large adoption des variétés à cycle court, ainsi que par les techniques
de culture sans travail du sol.
En Amérique latine, l’augmentation de l’intensité culturale au cours de la prochaine décennie reposera
vraisemblablement sur l’extension de la double culture du soja et du maïs ou du blé. Dans les pays
asiatiques, elle proviendra de l’extension de la double culture du riz et d’une seconde culture constituée
d’autres céréales, de légumineuses ou de légumes. En Afrique subsaharienne, le développement de
l’irrigation allongera la saison de végétation afin de permettre des cultures multiples, ainsi que la pratique
de cultures mixtes (de maïs et de manioc ou de millet et de légumineuses, par exemple). En Amérique du
Nord, en Europe et en Asie septentrionale, les possibilités d’intensification de l’exploitation des terres
resteront limitées en raison des conditions météorologiques.
L’expansion des surfaces cultivées devrait contribuer pour 15 % à l’augmentation prévue de la production
végétale. Le Graphique 1.20 présente les évolutions des surfaces cultivées dans la décennie à venir. Les
surfaces cultivées devraient principalement s’accroître dans les pays d’Asie (de 9 Mha), hors Chine et
Inde, et en Amérique latine (6.2 Mha). Dans la région Asie et Pacifique, les pâturages seront
vraisemblablement convertis en surfaces cultivées, alors qu’en Amérique latine et en Afrique
subsaharienne, ce sont principalement des terres non agricoles qui seront mises en exploitation.
Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, l’expansion des surfaces cultivées devrait être limitée par les
conditions naturelles. Les faibles précipitations sont un obstacle à l’agriculture pluviale, et les coûts
d’irrigation sont dans la plupart des endroits prohibitifs. En Amérique du Nord et en Europe occidentale,
les surfaces cultivées devraient diminuer, car l’accroissement des productions végétales est strictement
encadré par les politiques de durabilité environnementale, et l’on devrait également observer une réduction
des surfaces consacrées à la production de fruits, de légumes, ainsi que d’autres cultures qui ne sont pas
prises en compte dans les Perspectives.
Les pâturages devraient perdre 14 Mha dans la région Asie et Pacifique, hors Chine et Inde, du fait du
passage attendu d’une production de viande bovine, ovine et caprine fondée sur le pâturage à des
systèmes d’élevage plus intensif de volailles et de porcs. L’élevage de ruminants devrait également
évoluer vers des systèmes de production reposant sur une alimentation plus intensive, qui nécessitent
moins de pâturages. La superficie des pâturages devrait légèrement augmenter en Amérique du Nord,
compte tenu de l’expansion du cheptel bovin prévue par les projections.
Mha Pâturage Terres cultivées Changement global (Mha) Croissance totale, 2019-21 à 2031 %
18 1.2
14
0.8
10
6 0.4
2
0
-2
-6 -0.4
-10
-0.8
-14
-18 -1.2
Inde Chine Asie-Pacifique Afrique subsah. Proche-Orient et Europe et Asie Amérique du Amérique latine
(hors Chine et Afrique du Nord Centrale Nord et Caraïbes
Inde)
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
La plus grande partie de l’expansion des surfaces cultivées aura lieu au profit de la culture de céréales et
d’oléagineux (Graphique 1.21).
Graphique 1.21. Évolution de l’utilisation des surfaces cultivées, cultures principales, 2019-21 à
2031
10
-2
Chine Inde Asie-Pacifique Afrique subsah. Proche-Orient et Europe et Asie Amérique du Nord Amérique latine et
(hors Chine et Afrique du Nord Centrale Caraïbes
Inde)
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
La production mondiale de porc devrait augmenter de 17 % (18 Mt) d’ici 2031, par rapport à la période de
référence 2019-21, qui a été marquée par la PPA (Graphique 1.23). Le porc contribuera pour 38 % à la
croissance de la production mondiale de viande. Les projections partent de l’hypothèse que le secteur se
sera remis de la PPA d’ici 2023, de sorte que la quasi-totalité de la croissance prévue se produira dès les
premières années de la décennie à venir. La majeure partie de l’augmentation de la production de viande
de porc devrait trouver son origine en Chine dès 2023, ainsi qu’aux Philippines et au Viet Nam, où la
production devrait effacer dans les 2-3 prochaines années les pertes subies à la suite de la flambée de
PPA. Dans l’Union européenne, la production devrait diminuer au cours de la prochaine décennie, car le
durcissement des réglementations relatives à la protection de l’environnement et au bien-être animal
devrait accroître les coûts de production, alors que les préoccupations en matière de santé publique et de
durabilité limiteront la demande.
La production de viande bovine devrait s’accroître de 8 % (6 Mt) et contribuer pour 12 % à l’augmentation
de la production mondiale de viande (Graphique 1.23). L’Amérique latine devrait développer sa production
de 11 % et contribuer pour 33 % à la croissance de la production mondiale. En Amérique du Nord, la
production ne devrait progresser que de 4 %, du fait des faibles perspectives de rentabilité liées à une
demande léthargique, les consommateurs se tournant vers les viandes blanches, ce qui entraînera une
contraction des investissements dans de nouvelles capacités de production et ne débouchera que sur une
modeste augmentation du cheptel. En Europe, la production de viande bovine devrait baisser au cours de
la prochaine décennie (de 8 %) sous l’effet d’une diminution de la taille du cheptel à la suite de la
contraction des débouchés à l’exportation et de l’augmentation des coûts entraînée par des mesures plus
strictes de réduction des émissions des GES.
La production mondiale de viande ovine et caprine devrait progresser de 16 % (2 Mt) au cours de la
décennie à venir, mais cela ne représente que 5 % de l’augmentation de la production mondiale de viande
(Graphique 1.23). La production s’accroîtra de 29 % en Afrique subsaharienne, contribuant pour 26 % à
la croissance mondiale, grâce principalement à l’expansion du cheptel, étant donné que la production
repose sur des systèmes d’élevage semi-nomade, lesquels ne sont pas intensifs. La production de la
Nouvelle-Zélande – premier exportateur mondial de viande ovine – demeurera constante, en raison de la
concurrence pour les pâturages que lui livrent les secteurs de la viande bovine et de la production laitière.
1.4.6. Dans le secteur de l’élevage, la production laitière sera la filière la plus dynamique
Dans le secteur de l’élevage, la production laitière devrait être la filière la plus dynamique ces dix
prochaines années, la production mondiale de lait enregistrant, d’après les projections, une hausse
de 23 %. Le nombre de vaches laitières devrait augmenter de 14 %, en particulier dans les régions où les
rendements sont faibles, comme c’est le cas en Afrique subsaharienne, mais aussi dans les principaux
pays producteurs de lait tels que l’Inde et le Pakistan. Les projections partent de l’hypothèse que les
rendements de lait augmenteront régulièrement au cours de la prochaine décennie, en particulier au
Proche-Orient et en Afrique du Nord, ainsi qu’en Asie du Sud-Est.
Environ la moitié de la croissance de la production laitière trouvera son origine en Inde et au Pakistan,
pays qui représenteront à eux deux 33 % de la production mondiale de lait en 2031. Cette croissance sera
alimentée par l’expansion du cheptel et, dans une moindre mesure, par des rendements plus élevés
(Graphique 1.24). Le lait cru ne sera que peu transformé pour élaborer des produits laitiers frais destinés
au marché intérieur en rapide expansion de ces pays.
Dans l’Union européenne, deuxième producteur mondial de lait, la croissance devrait rester limitée,
entravée par les mesures visant à promouvoir une production durable, ainsi que par l’expansion des
systèmes de production biologique ou de ceux fondés sur le pâturage, dont les rendements sont plus bas.
Les projections prévoient une diminution des cheptels qui limitera la croissance à 5 % d’ici 2031. Aux
États-Unis, troisième producteur mondial de lait, la croissance devrait être plus forte que dans l’Union
européenne, grâce à l’augmentation des rendements. Les taux de croissance de la production de lait de
la Nouvelle-Zélande, un exportateur clé de produits laitiers, devraient être similaires à ceux de l’Union
européenne, cette évolution s’accompagnant d’une diminution des cheptels d’environ 5 %. L’augmentation
des rendements dans ces systèmes de production très intensifs est due à l’optimisation des systèmes de
gestion de la production de lait, ainsi qu’à une amélioration de la santé des animaux, de l’alimentation, de
la gestion des herbages, et de la génétique (Graphique 1.24).
Une importante croissance de la production laitière (39 %) est prévue en Afrique subsaharienne, où elle
sera principalement alimentée par l’expansion des cheptels. La production continuera d’être
principalement basée sur les petits ruminants et sur des systèmes de production pastoraux, ce qui aboutira
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
60
à de faibles rendements laitiers, aussi cette région ne contribuera-t-elle que pour 6 % à l’augmentation de
la production mondiale de lait (graphique 1.24).
À l’échelle mondiale, la plus grande partie du lait est consommée sous forme de produits laitiers frais tels
que le lait frais ou fermenté et les yaourts. Seule une petite proportion subit une transformation industrielle
pour produire du beurre, du fromage, et du lait en poudre entier ou écrémé.
La production de beurre devrait s’accroître de 21 % d’ici 2031, cette augmentation étant principalement
imputable à la production de ghee en Inde et au Pakistan. L’Union européenne conservera sa position
dominante en ce qui concerne la production mondiale de beurre, même si sa production ne devrait
s’accroître que de 4 %, et si sa part dans la production mondiale de beurre devrait tomber d’environ 20 %
en 2019-21 à 15 % d’ici 2031.
La production mondiale de lait en poudre écrémé et entier devrait progresser de 20 % et 15 %,
respectivement. L’Union européenne et les États-Unis devraient conserver leur position dominante dans
la production mondiale de lait en poudre écrémé. La Nouvelle-Zélande, la Chine et l’Union européenne
produisent l’essentiel du lait entier en poudre. La production mondiale de fromage devrait augmenter de
13 %, et l’Union européenne et les États-Unis devraient contribuer pour environ 30 % chacun à la
production supplémentaire d’ici 2031.
Graphique 1.24. Variations du cheptel et des rendements laitiers, entre 2022 et 2030
Variation annuelle
du rendement en %
2.5
2
Inde
1.5
Pakistan
Union européenne
États Unis Afrique subsah.
Chine 1
Nouvelle-Zélande Amérique latine
0.5
Russie
0
-1 -0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
Variation annuelle des inventaires en %
Note : la taille des bulles correspond à la croissance de la production laitière en valeur absolue entre 2019-21 et 2031.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
1.4.7. Le prix élevé des aliments pour animaux et les réglementations environnementales
ralentissent le développement de l’agriculture
La production mondiale de poisson devrait croître de 14 % au cours des dix prochaines années, pour
atteindre 203 Mt en 2031. Cette augmentation devrait avoir pour principal moteur le développement
constant de la production de l’aquaculture, qui progressera de 23 % au cours de la période étudiée, alors
que la croissance de la pêche de capture devrait rester modeste (5 %).
Cependant, la croissance de la production de l’aquaculture devrait être plus lente qu’au cours de la
décennie précédente (56 %), du fait de fortes hausses du coût des aliments pour animaux au début de la
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Asie de l’Est et Asie du Sud et du Sud- Europe et Asie Amérique latine et Afrique subsah. Amérique du Nord Proche-Orient et
développée Est Centrale Caraïbes Afrique du Nord
Note : Les régions Asie de l’Est et développée et Asie du Sud et du Sud-Est sont définies comme indiqué au chapitre 2.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les émissions directes de l’agriculture ont contribué pour environ 11 % aux émissions mondiales GES en
2019 (GIEC, 2022[15]). Les émissions directes de GES imputables à l’agriculture devraient augmenter de
6 % au cours de la décennie à venir, si les politiques actuelles ne subissent aucun changement et que le
progrès technologique poursuit sa tendance (Graphique 1.26).10 L’élevage représentera 90 % de cette
augmentation.
Graphique 1.26. Émissions directes de GES de la production animale et végétale, par activités
8 8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
Total Ruminants Autre bétail Engrais synthétique Culture de riz Autres
Note : Ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux émissions
d’origine agricole et complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les équivalents CO2 sont calculés
sur la base du potentiel de réchauffement planétaire de chaque gaz tel qu’il est indiqué dans le sixième Rapport d’évaluation (RE6) du GIEC.
Pour les catégories d’émission non associées à l’une quelconque des variables étudiées (à savoir émissions liées à l’exploitation de sols
organiques et aux feux de savane), on a conservé la valeur disponible la plus récente. La catégorie « autres » comprend les émissions directes
de GES dues aux résidus de récolte et à leur incinération, aux feux de savane et à l’exploitation des sols organiques.
Source : Base de données de FAOSTAT sur les émissions d’origine agricole, [Link] consultée en janvier 2021 ;
OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les émissions de GES de l’agriculture sont appelées à augmenter mais leur croissance sera plus faible
que celle de la production, ce qui laisse entrevoir une diminution de l’intensité de carbone de l’agriculture
dans les dix années à venir (Graphique 1.27). Tel devrait être le cas dans toutes les régions. L’amélioration
des rendements et la diminution de la part de l’élevage de ruminants dans la production agricole totale
contribueront à ce résultat. La majeure partie de la hausse des émissions directes de GES qui est prévue
devrait se produire dans les pays à revenu intermédiaire et à faible revenu de la région Asie et Pacifique
et d’Afrique subsaharienne, en raison d’une plus forte croissance de la production dans des systèmes de
production qui sont intensifs en émissions. L’Afrique subsaharienne, en particulier, devrait contribuer pour
17 % aux émissions directes de GES à l’échelle mondiale en 2031, mais pour 7 % seulement à la
production mondiale. La région Asie et Pacifique devrait compter en 2031 pour environ 44 % des émissions
directes des GES à l’échelle mondiale, et pour plus de la moitié de la production végétale et animale.
Dans la région Europe et Asie centrale, les émissions devraient par ailleurs baisser de 5 %, alors que la
production agricole devrait s’accroître de 4 %. L’adoption à grande échelle de technologies et de pratiques
agricoles contribuant à diminuer les émissions de GES pourrait conduire à de nouvelles réductions de
l’intensité carbone de la production agricole.
Graphique 1.27. Évolution annuelle de la production agricole et des émissions directes de GES,
entre 2022 et 2031
1.5
1.0
0.5
0.0
-0.5
Asie pacifique Afrique subsah. Proche-Orient et Afrique du Europe et Asie Centrale Amérique du Nord Amérique latine et Caraïbes
Nord
Note : Le graphique indique les projections de croissance annuelle des émissions directes de GES provenant de l'agriculture ainsi que celles
de la croissance annuelle de la valeur nette estimée de la production des produits agricoles et de l'élevage couverts dans les Perspectives
(mesurée en prix constants en USD 2014-16). Les estimations sont basées sur des séries chronologiques historiques des bases de données
FAOSTAT sur les émissions agricoles, qui sont étendues avec la base de données Outlook. Les types d'émissions qui ne sont liés à aucune
variable Outlook (culture organique des sols et brûlis des savanes) sont maintenus constants à leur dernière valeur disponible. La catégorie «
autres » comprend les émissions directes de GES provenant du brûlage des résidus de culture, du brûlage de la savane, des résidus de culture
et de la culture des sols organiques. La valeur nette de la production utilise ses propres estimations pour l'utilisation interne des semences et
des aliments pour animaux.
Source : Base de données de FAOSTAT sur les émissions d’origine agricole, [Link] , consultée en janvier 2021 ;
OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
1.4.9. La variabilité météorologique et les maladies des animaux et des végétaux seront
probablement les principales sources d’incertitude à moyen terme
Les principales incertitudes à court terme concernent les répercussions de la guerre de la Russie contre
l’Ukraine sur la production agricole ukrainienne et sur les marchés des engrais. La production pourrait être
plus faible que ne l’envisagent les Perspectives, en fonction de la durée et de l’intensité de la crise. Compte
tenu de l’importance de ces pays sur les marchés mondiaux des céréales, des oléagineux et des engrais,
une baisse de leurs volumes de production risque d’avoir des répercussions sur les disponibilités
mondiales (Encadré 1.1).
Les effets directs et indirects de la pandémie de COVID-19 sur la production agricole demeurent également
incertains. Les projections reposent sur l’hypothèse que les mesures de distanciation sociale destinées à
contenir la pandémie de COVID-19 n’auront aucune incidence sur les Perspectives du fait qu’elles ne
seront pas prolongées au-delà de 2021. Il n’est toutefois pas certain que des mesures visant à enrayer la
propagation du COVID-19 ne devront pas être réinstaurées à l’échelle locale, ce qui pourrait limiter la
disponibilité de la main-d’œuvre agricole et des autres intrants.
La production de produits agricoles demeure vulnérable aux maladies des végétaux et des animaux. La
récente flambée de PPA a entraîné d’importantes baisses de la production porcine en Asie de l’Est et une
infestation de criquets pèlerins a provoqué de considérables pertes de production en Afrique de l’Est en
2020. Les Perspectives ne prévoient pas que ces événements ou d’autres similaires se reproduisent, mais
l’efficacité des mesures de lutte contre les maladies et contre les ravageurs demeure un motif de
préoccupation.
Les événements météorologiques ont une grande incidence sur l’agriculture, et ils constituent la principale
source d’incertitude pour les productions végétales. Les projections posent pour hypothèse que les
conditions météorologiques ne perturberont ni ne favoriseront la production en aucun lieu ni lors d’aucune
année. Mais les régimes météorologiques réels s’écartent de cette hypothèse et entraînent des
fluctuations des rendements. Bien que le changement climatique puisse modifier les régimes
météorologiques habituels et causer ce faisant une plus grande variabilité, les projections des
Perspectives reposent sur l’hypothèse que des mesures d’adaptation en atténueront les conséquences.
Cependant, étant donné que les effets de ces facteurs de variabilité ne peuvent être quantifiés de manière
fiable, aucune hypothèse chiffrée ne peut être formulée.
Les évolutions de la productivité sont fondées sur l’hypothèse que le progrès technologique et les
transformations structurelles suivront les tendances et les schémas établis au cours de la prochaine
décennie. Cependant, les éventuelles modifications des réglementations gouvernementales, des
dépenses publiques ou des investissements privés dans l’agriculture, par exemple, susceptibles
d’influencer le rythme de ces évolutions auraient des répercussions sur la productivité de l’agriculture et
sur la production globale du secteur. La section 1.7 présente les résultats d’un scénario de simulation qui
évalue le niveau de croissance de la productivité nécessaire pour atteindre l'ODD2 « Faim zéro » ainsi
qu'une réduction considérable des émissions de GES agricoles d'ici 2030.
1.5. Échanges
Les échanges agricoles internationaux jouent un rôle essentiel dans l’amélioration de l’efficacité des
systèmes alimentaires en permettant la circulation de produits depuis des pays relativement bien dotés en
ressources naturelles, entre autres, vers les transformateurs et les consommateurs des pays moins bien
lotis. Les échanges agricoles sont par conséquent essentiels pour assurer la sécurité alimentaire dans
certaines régions, et ils constituent une importante source de revenus dans d’autres.
Au cours de la prochaine décennie, certains pays devraient connaître de fortes augmentations de la
demande alimentaire liées à l’accroissement de leur population et/ou à une hausse des revenus, sans
disposer pour autant de ressources suffisantes pour répondre à cette demande. Par ailleurs, les mutations
socioculturelles et les changements de mode de vie sont en train de transformer les habitudes de
consommation dans la plupart des régions.
Les écarts de croissance de la productivité, le changement climatique et la prévalence des maladies des
végétaux et des animaux affecteront la production. Les échanges contribueront à lisser les fluctuations de
l’approvisionnement et à mutualiser entre les pays les risques liés à la production, et ils joueront en outre
le rôle d’amortisseur en cas de choc interne ou externe.
Dans ce contexte, un système d’échanges internationaux efficace, transparent et prévisible sera essentiel
pour atténuer les déséquilibres régionaux émergents et soutenir un développement mondial durable, en
particulier pour atteindre l’ODD 2 « Faim zéro » d’ici 2030.
Les échanges agricoles devraient continuer à se développer au cours de la prochaine décennie, mais
compte tenu du ralentissement de la croissance de la demande et de la production, ils devraient augmenter
plus lentement que dans les dix dernières années.
Les échanges se sont accrus rapidement depuis le début des années 2000, à la faveur d’une baisse des
droits sur les produits agroalimentaires, de réformes des mesures de soutien aux producteurs génératrices
de distorsions des échanges intervenue au lendemain du Cycle d’Uruguay, ainsi que de la signature de
divers accords commerciaux. Les échanges agricoles ont également été soutenus par la croissance
économique de la Chine et des autres pays à revenu intermédiaire, ainsi que par la rapide expansion du
secteur des biocarburants. Cette forte croissance de la demande d’importation de produits agricoles a été
pour une large part satisfaite par une augmentation des exportations en provenance d’Amérique latine,
d’Amérique du Nord et d’Europe orientale.
Le ralentissement attendu de la croissance des échanges internationaux est dû à une augmentation plus
lente de la demande d’importations émanant de la Chine et des autres pays à revenu intermédiaire, et à
une progression limitée de la demande mondiale d’importations de biocarburants en raison d’une
consommation de carburants en baisse et d’une diminution des mesures d’incitation dans certaines
régions. De plus, les projections des Perspectives reposent sur l’hypothèse d’une diminution des effets de
la précédente libéralisation du commerce international, qui avait stimulé les échanges agricoles, vu que
les efforts de réduction tarifaire multilatérale et les réformes des mesures de soutien aux producteurs à
l’origine de distorsions des échanges marquent largement le pas.
Le Graphique 1.28indique le taux moyen de croissance du volume des échanges des produits examinés
dans les Perspectives. Pour certains produits, tels que le soja, le maïs et la viande de porc, le volume des
échanges a fortement augmenté au cours de la dernière décennie, d’environ 5 % par an. Dans les dix
prochaines années, le plus fort taux de croissance prévu s’élèvera à 2.5 % par an (pour le riz), alors que
plusieurs produits enregistreront une croissance des échanges inférieure à 1 % par an (soja, huiles
végétales, viande ovine, viande de volaille, poisson, et lait entier en poudre, par exemple) voire une
diminution du volume des échanges (biocarburants et viande porcine, par exemple).
-2
Blé
Riz
Coton
Beurre
Soja
Tourteaux protéiques
Viande ovine
Biodiesel
Maïs
Huiles végétales
Sucre brut
Poisson
Viande de volaille
Fromage
Viande porcine
Ethanol
Autres oléagineux
Sucre blanc
Autres céréales second.
Note : taux de croissance annuelle du volume des échanges calculé à partir des prix de référence de 2014-16.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Au cours de la décennie à venir, la croissance des échanges mondiaux de riz sera favorisée par un
excédent de production en Inde, où la production devrait augmenter plus rapidement que la demande
intérieure. L’excédent de riz de l’Inde se dirigera principalement vers l’Afrique subsaharienne, où les
importations de riz devraient augmenter de 5 % par an. Les échanges de coton devraient également
progresser plus vite qu’au cours de la décennie précédente, du fait de la demande croissante de coton
brut émanant de l’industrie textile, qui est principalement située dans des pays dont les capacités de
production sont limitées (comme le Bangladesh et le Viet Nam). La forte demande d’importations de coton
brut sera pour une large part satisfaite par les exportations croissantes des États-Unis, du Brésil et de
l’Afrique subsaharienne.
La part de la production des produits étudiés dans les Perspectives qui fait l’objet d’échanges a progressé
au fil du temps, passant de 15 % en moyenne en 2000 à 23 % en 2019-21, ce qui témoigne du fait que
les échanges ont augmenté plus vite que la production agricole. Si l’on retient l’hypothèse d’une diminution
des effets de la précédente libéralisation du commerce international, qui avait stimulé les échanges
agricoles, et de l’absence de toute réforme majeure des politiques mises en œuvre, la part de la production
échangée devrait se stabiliser au cours de la prochaine décennie, la croissance des échanges étant plus
étroitement liée à celle de la production.
L’importance des échanges est toutefois très variable selon les produits (Graphique 1.29). Pour un grand
nombre de produits, la plus grande partie de la production est destinée au marché intérieur. Les échanges
n’absorbent au moins un tiers de la production mondiale que dans le cas de quelques produits. Il s’agit
notamment du coton, du sucre, du soja, des huiles végétales et des poudres de lait, qui sont importés pour
faire l’objet d’une transformation plus poussée.
50
40
30
60
20 50
40
30
10 20
10
0
-
Huiles végétales
Viande porcine
Lait entier en
Riz
Blé
Coton
Beurre
Biodiesel
Autres céréales
Soja
Maïs
Racines et
Ethanol
Viande de volaille
oléagineux
Fromage
Viande bovine
Poisson
Sucre
Lait écrémé en
tubercules
Autres
poudre
second.
poudre
Note : on calcule cette part en rapportant le volume des exportations à celui de la production (en volume). Les parties hachurées correspondent
aux exportations des cinq principaux exportateurs par rapport aux exportations mondiales (en volume).
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Au cours de la décennie à venir, la part de la production échangée ne variera pas sensiblement pour les
produits examinés dans les Perspectives, vu qu’aucune évolution majeure de la structure des échanges
n’est attendue. Pour certains produits, la part échangée devrait légèrement diminuer, du fait de la faiblesse
de la demande d’importations ou d’une augmentation de la consommation intérieure, ou encore, dans le
cas du biodiesel, d’une conjonction de ces deux évolutions. Par ailleurs, pour le coton, le blé et le riz, les
échanges devraient se développer plus rapidement que la production mondiale, entraînant une
augmentation de la part de leur production qui est échangée (section 1.5.1).
1.5.3. Les exportations agricoles demeurent concentrées aux mains d’un petit nombre
d’acteurs
Pour les produits examinés dans les Perspectives, les cinq plus gros pays exportateurs représentent en
règle générale au moins 70 % du volume des exportations mondiales, et cette tendance devrait se
poursuivre tout au long de la prochaine décennie. Pour le soja, cette part a dépassé les 95 % en 2019-21.
Même dans le cas des produits dont les exportations sont relativement moins concentrées, tels que le
poisson ou la viande bovine, les cinq principaux exportateurs comptaient pour 43 % et 57 % des
exportations mondiales en 2019-21, respectivement. La part des exportations détenue par les cinq
premiers exportateurs est indiquée au Graphique 1.29.
Pour plusieurs produits, la concentration des exportations devrait s’accroître au cours de la décennie à
venir. Le taux de concentration des exportations de riz aux mains des cinq premiers pays exportateurs
devrait passer de 78 % en 2019-21 à 85 % en 2031, en raison essentiellement de la forte croissance des
exportations de l’Inde et de la Thaïlande. La part des exportations que représentent les cinq premiers
exportateurs de biodiesel devrait également s’accroître pour passer de 70 % en 2019-21 à 85 % en 2031,
du fait des exportations croissantes de biodiesel produit à partir d’huile de cuisson recyclée en provenance
de Singapour et de biodiesel issu d’huile de soja en provenance des États-Unis. La part des exportations
de biodiesel détenue par la Chine devrait en revanche reculer en raison de la croissance limitée des
quantités produites à partir d’huile de cuisson recyclée.
La concentration des exportations de produits laitiers devrait également s’accroître, les principaux pays
exportateurs à revenu élevé confortant leur position dominante. Dans le cas du fromage et du beurre, la
part de marché des cinq premiers exportateurs devrait passer de 74 % à 79 %, et de 85 % à 87 %,
respectivement, sous l’effet essentiellement d’une forte croissance des exportations de l’Union
européenne. Le taux de concentration des exportations de lait écrémé en poudre entre les mains des cinq
premiers pays exportateurs devrait également se renforcer, en raison essentiellement de la forte
croissance des exportations en provenance des États-Unis. Ces derniers devraient représenter 35 % des
exportations mondiales de lait écrémé en poudre en 2031, contre 32 % en 2019-21. Le taux de
concentration des exportations de lait entier en poudre entre les mains des cinq premiers pays
exportateurs devrait se stabiliser à 86 %.
La concentration des exportations de céréales (à l’exclusion du riz) devrait par contre diminuer. La part de
marché des cinq principaux exportateurs de blé devrait tomber de 71 % en 2019-21 à 69 % en 2031, du
fait pour l’essentiel de la baisse des exportations de l’Union européenne, dont la production intérieure
n’augmentera vraisemblablement pas au cours de la prochaine décennie. Le taux de concentration des
exportations de maïs entre les mains des cinq premiers pays exportateurs devrait diminuer d’un point de
pourcentage, car les exportations des États-Unis resteront à un niveau inférieur à leur pic de 2019-21. La
part des exportations de maïs en provenance d’Ukraine devrait également être plus faible en 2031 qu’au
cours de la période de référence, tandis que la part des exportations de blé et de maïs venant de Russie
continuera de s’accroître, quoique plus lentement que dans les dix dernières années.
Cette forte concentration fait peser le risque que les marchés mondiaux subissent de fortes perturbations
en cas d’interruption des exportations du fait de chocs négatifs sur la production (tels que de mauvaises
récoltes), d’une réorientation des politiques des principaux pays exportateurs, ou de conflit armé, comme
indiqué à la section 1.5.6. De telles interruptions pourraient affecter les prix et la disponibilité des produits
agricoles, et avoir de graves conséquences sur la sécurité alimentaire mondiale. Ces risques sont élevés
dans le cas des produits qui font l’objet de gros volumes d’échanges (Graphique 1.29).
Comparativement aux exportations, les importations agricoles présentent une plus grande dispersion : en
règle générale, les flux d’échange sont issus d’un petit nombre de pays exportateurs et s’orientent vers un
(plus) grand nombre de pays importateurs. Pour la plupart des produits examinés dans les Perspectives,
les cinq premiers importateurs représentent moins de 60 % du volume des importations mondiales.
La région Amérique latine et Caraïbes devrait renforcer sa position de première exportatrice mondiale de
produits agricoles. Ses exportations devraient continuer d’augmenter plus vite que ses importations, grâce
à une production croissante de maïs, de soja, de sucre, de volailles et de viande bovine. Ses exportations
nettes devraient donc s’accroître de 17 % entre 2019-21 et 2031. Les exportations nettes en provenance
d’Amérique du Nord, deuxième région exportatrice de produits agricoles vers les marchés mondiaux,
devraient progresser plus lentement (de 10 % entre 2019-21 et 2031), du fait d’une plus faible croissance
de la production. Les exportations de maïs et de soja en provenance d’Amérique du Nord, qui ont connu
une forte croissance au cours de la dernière décennie, devraient stagner dans les dix prochaines années.
La région Europe et Asie centrale est progressivement passée du statut d’importatrice nette de produits
agricoles à celui d’exportatrice nette en 2014. C’est principalement là le résultat d’une forte augmentation
de la productivité et de la production en Ukraine et en Russie, pays qui sont devenus en l’espace de
quelques années des exportateurs concurrentiels de blé et de maïs. Une demande intérieure limitée, en
raison de la stagnation démographique et d’une consommation par habitant stable pour plusieurs produits
agricoles, y a également contribué. Au cours de la prochaine décennie, les exportations nettes en
provenance de la région Europe et Asie centrale devraient quasiment doubler, grâce pour une large part
à l’augmentation des exportations de la Russie et de l’Ukraine. Cependant, la guerre de la Russie contre
l’Ukraine pourrait aboutir à une croissance plus faible que prévu de la production et des exportations de
ces pays, comme indiqué dans la section 1.5.6.
Graphique 1.30. Solde net des échanges par région, en valeur constante
80
30
-20
-70
-120
Europe et Asie Amérique du Nord Amérique latine et Asie de l’Est et Proche-Orient et Afrique subsah. Asie du Sud et du
Centrale Caraïbes développée Afrique du Nord Sud-Est
Note : Solde net des échanges (exportations moins importations) de produits pris en considération dans les Perspectives agricoles, exprimé en
USD aux prix constants de 2014-16. Les chiffres relatifs au solde net des échanges tiennent compte des échanges intrarégionaux mais font
abstraction des échanges intra-UE. Les régions Asie de l’Est et développée et Asie du Sud et du Sud-Est sont définies au chapitre 2.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les importations nettes de la plus grande région importatrice, l’Asie de l’Est et développée, devraient se
stabiliser au cours de la prochaine décennie. La Chine est le principal importateur de la région. Les
importations chinoises de produits agricoles (mesurées en USD aux prix constants de 2014-16) ont plus
que doublé au cours des dix dernières années, et elles ont atteint un pic en 2020, une flambée de PPA
ayant provoqué une augmentation soudaine des importations, alors que les exportations sont restées
relativement stables. Au cours de la prochaine décennie, les importations et les exportations chinoises
devraient dans l’ensemble se développer simultanément, en raison d’une croissance démographique
lente, d’une consommation alimentaire proche de la saturation pour certains produits, et d’une expansion
de la production intérieure. Au sein de la région Asie de l’Est et développée, l’Australie et la Nouvelle-
Zélande sont des exportateurs nets de produits agricoles, mais leurs exportations nettes ne devraient
enregistrer qu’une lente progression dans les dix prochaines années, en raison d’une croissance réduite
de leur production.
La région Asie du Sud et du Sud-Est est un important acteur du commerce international, mais son solde
net des échanges demeure modeste, car les importations et les exportations à destination et en
provenance de la région s’équilibrent pratiquement. Au cours de la décennie à venir, les importations
devraient augmenter plus vite que les exportations du fait d’une forte croissance de la demande. Les
importateurs nets tels que le Pakistan, l’Iran et les pays les moins avancés d’Asie devraient accroître leurs
importations nettes, à la suite, principalement, de l’accroissement de leur population. En Asie du Sud-Est,
une région traditionnellement exportatrice nette de produits agricoles, la croissance des importations (de
céréales et de viande, essentiellement) devrait être plus rapide que celle des exportations (riz, huile de
palme), du fait de la forte augmentation de la demande intérieure imputable à l’accroissement de la
population et à la hausse des revenus. En Inde, par ailleurs, la production intérieure devrait progresser au
même rythme que la population et les revenus, et sa position commerciale nette d’ensemble ne subira pas
de grand changement. La forte croissance de la consommation et de la production de produits laitiers en
Inde ne devrait, par exemple, guère n’avoir d’effet sur les échanges mondiaux (voir le chapitre 7 sur les
produits laitiers).
L’Afrique subsaharienne et la région Proche-Orient et Afrique du Nord sont également de grandes
importatrices de produits agricoles, notamment de céréales, qui contribuent à assurer la sécurité
alimentaire de manière directe, mais aussi à travers l’alimentation du bétail. En Afrique subsaharienne, les
échanges intrarégionaux devraient s’accroître au cours de la prochaine décennie, sous l’effet de la mise
en place de la Zone de libre-échange continentale africaine. Cependant, les importations à destination de
la région (de céréales et de soja principalement) devraient connaître une plus forte expansion que les
exportations vers le reste du monde, car l’accroissement de la population sera supérieur à celui que la
production, ce qui entraînera une augmentation des importations nettes (+ 77 % d’ici 2031). L’Afrique
subsaharienne est certes une grande importatrice nette des produits pris dans les Perspectives, mais elle
est aussi exportatrice nette de cacao, de café, de thé, et de fruits et légumes.
D’après les projections, les importations de la région Proche-Orient et Afrique du Nord continueront
d’augmenter au cours de la prochaine décennie, alors que ses exportations devraient baisser. La forte
croissance de sa population et une expansion restreinte de sa production intérieure, conséquence de ses
ressources naturelles limitées, sous-tendent cette tendance à la hausse de ses importations nettes (+30 %
d’ici 2031), qui accentue la dépendance de la région à l’égard des marchés internationaux.
1.5.5. Les échanges sont essentiels pour assurer la sécurité alimentaire et les moyens
de subsistance des agriculteurs
Les échanges peuvent améliorer la disponibilité et l’abordabilité des produits alimentaires et en accroître
la diversité, offrant ainsi un choix plus large aux consommateurs. En particulier, les pays aux ressources
limitées sont hautement tributaires des importations de produits agricoles. Dans plusieurs autres pays, la
production intérieure de produits agricoles est en grande partie exportée, et ces exportations constituent
une importante source de revenus.
Le Graphique 1.31 indique, pour certaines régions, la part de la consommation totale qui est importée et
la part de la production totale qui est exportée, mesurées en équivalents calories. À l’échelle mondiale,
ces parts sont passées de 19 % en 2009-11 à 22 % en 2019-21, mais elles devraient rester à peu près
stables dans les dix années à venir. Ces moyennes masquent toutefois d’importantes différences quant
au rôle joué par les échanges selon les régions et les pays.
Les grandes régions productrices, telles que l’Amérique du Nord et l’Amérique latine, ont respectivement
exporté 31 % et 42 % de leur production intérieure en 2019-21. Dans la région Amérique latine et Caraïbes,
cette part devrait atteindre près de 43 % en 2031. La part de la production intérieure qui est exportée
devrait également sensiblement augmenter dans la région Europe et Asie centrale, où elle passera de
26 % en 2019-21 à 29 % en 2031 (Graphique 1.31, partie a). Cependant, même les grandes régions
exportatrices nettes ont recours aux importations pour satisfaire une partie de leur consommation
intérieure. En Amérique latine et aux Caraïbes, par exemple, les importations contribuent pour environ
22 % à la consommation totale des produits étudiés dans les Perspectives (Graphique 1.31, partie b).
Cette estimation inclut les échanges intrarégionaux, qui occupent une place importante dans cette région.
Graphique 1.31. Part des échanges dans la production et la consommation totales, par région et en
équivalents calories
40
30
20
10
0
Amérique latine et Amérique du Nord Europe et Asie Asie du Sud et du Proche-Orient et Afrique subsah. Asie de l’Est et
Caraïbes Centrale Sud-Est Afrique du Nord développée
Partie b : Part de la consommation importée
% 2009-11 2019-21 2031
70
60
50
40
30
20
10
0
Amérique du Nord Afrique subsah. Asie du Sud et du Europe et Asie Amérique latine et Asie de l’Est et Proche-Orient et
Sud-Est Centrale Caraïbes développée Afrique du Nord
Note : Calculs fondés sur la teneur moyenne en calories des produits examinés dans les Perspectives. Il convient de noter que les données
relatives aux importations et aux exportations incluent les aliments pour animaux et celles sur les quantités disponibles couvrent les produits
transformés susceptibles d’être réexportés. Les échanges intrarégionaux sont pris en compte dans les importations, alors que les échanges
intra-UE en sont exclus. Les régions Asie de l’Est et développée et Asie du Sud et du Sud-Est sont définies comme indiqué au chapitre 2.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
1.5.6. Les échanges internationaux seront mis à rude épreuve par l’évolution de la
guerre de la Russie contre l’Ukraine
La guerre de la Russie contre l’Ukraine est une source majeure de risque et d’incertitude pour les échanges
agricoles, vu l’importance de ces pays pour les marchés mondiaux des produits et des intrants agricoles.
En 2021, la Russie et l’Ukraine se sont respectivement classées au premier et au cinquième rang des
exportateurs de blé, et elles ont représenté à elles deux 27 % des exportations mondiales de blé.
Ensemble, ces deux pays ont également contribué pour 12.5 % aux exportations mondiales de maïs en
2021, et sont de gros exportateurs d’orge, de colza, de graines et d’huile de tournesol. La Russie a par
ailleurs été le premier exportateur d’engrais azotés en 2021, et le deuxième d’engrais potassiques et
d’engrais phosphatés (FAO, 2022[1]) (Encadré 1.1).
Compte tenu de la forte concentration des exportations, les perturbations de la production et des échanges
en provenance d’Ukraine et de Russie ont déjà d’importantes répercussions sur les marchés mondiaux.
Les Perspectives tiennent compte de la disponibilité réduite des exportations en provenance de ces deux
pays durant l’année commerciale 2022/23, en s’appuyant sur les données sur le marché fournies par le
Système d’information sur les marchés agricoles (AMIS). La poursuite ou l’escalade de la guerre pourrait
toutefois entrainer une baisse de la production et des exportations de ces pays plus forte comparée aux
prévisions de la présente édition des Perspectives, en 2022 comme dans les années à venir. On peut
également s’attendre à une certaine réorientation des flux d’échanges, puisque d’autres pays s’efforceront
d’accroître leur production et leurs exportations pour combler le déficit des approvisionnements mondiaux
en céréales et en oléagineux.
La tendance à la hausse des prix du pétrole et les efforts de réacheminement à la suite de la guerre
pourraient également conduire à une nouvelle augmentation des coûts du transport maritime, accroissant
d’autant plus le prix des importations pour les consommateurs. Les coûts de transport, qui constituent une
importante composante des coûts d’échange, augmentent depuis la mi-2020, du fait de la hausse des prix
du pétrole et des perturbations des échanges liées à la pandémie de COVID-19. Bien que pour cette
édition des Perspectives l’on suppose que les coûts de facilitation commerciaux retrouveront leur niveau
d’avant la crise à compter de 2022, l’évolution des coûts d’échange demeure très incertaine. Afin de
remettre les choses dans leur contexte, l’Encadré 1.4 examine la dispersion et l’évolution des coûts du
transport maritime dans le secteur des céréales et des oléagineux entre 2007 et 2021, ainsi que
l’importance de ces coûts dans le prix final payé par les consommateurs.
Encadré 1.4. Coûts du transport maritime dans le secteur des céréales et des oléagineux
Le transport maritime assure plus de 80 % des échanges mondiaux de céréales et d’oléagineux. Une
analyse détaillée de l’évolution au fil du temps des coûts du transport maritime, par produit et par pays,
est désormais possible grâce à une base de données sur les tarifs du fret maritime élaborée par le Conseil
international des céréales (CIC). La série de données retenue pour l’étude de l’OCDE couvre environ
300 routes bilatérales au niveau des ports et rend compte d’environ 70 % des échanges mondiaux de soja,
de blé, de sorgho, de maïs et d’orge.
Le graphique 1.32 a recours à des boîtes à moustaches pour montrer la dispersion des taux de fret
appliqués par les exportateurs d’orge et de grains lourds (blé tendre, blé dur, sorgho et soja) entre 2007
et 2021. Au cours de cette période, les taux de fret pour l’orge et les grains lourds se sont en moyenne
établis à 33 USD/t et 35 USD/t, respectivement. Les variations autour de la moyenne sont cependant
considérables, y compris pour un même pays exportateur : les taux de fret pour les grains lourds en
provenance du Canada vont par exemple de 7 USD/t à 135 USD/t (graphique 1.32). Les taux de fret sont
influencés par plusieurs facteurs et l’analyse empirique menée dans cette étude montre que la distance
en est le déterminant le plus important : d’après les estimations, une augmentation de 10 % de la distance
entre deux ports entraîne une hausse de 2.5 % des taux de fret. La guerre de la Russie contre l’Ukraine
pourrait par conséquent aboutir à une augmentation des taux de fret, étant donné que les importateurs
pourraient devoir s’approvisionner auprès de fournisseurs situés à une plus grande distance.
Pour la plupart des exportateurs, les taux de fret ont atteint leur niveau maximal lors de la crise des prix
alimentaires de 2007-08. Pour l’ensemble des routes commerciales, les taux de fret moyens applicables
aux grains lourds et à l’orge1 ont plus que doublé entre janvier 2007 et juin 2008 (passant de 42 USD/t à
86 USD/t) avant de retomber par la suite à 20 USD/t en janvier 2009. Les taux de fret sont repartis à la
hausse après janvier 2009, mais ils n’ont jamais retrouvé les sommets précédemment atteints. Les taux
de fret appliqués pour les grains lourds et pour l’orge ont fortement augmenté dans la seconde moitié de
2020, et ils ont en moyenne culminé à 57 USD/t en octobre 2021, leur niveau le plus élevé au cours de la
dernière décennie. Ce montant ne représente toutefois que les deux tiers de celui atteint en juin 2008. La
volatilité des taux de fret – mesurée par le coefficient de variation – a également été au plus haut lors de
la crise des prix alimentaires. Les taux de fret ont diminué après octobre 2021, mais ils sont repartis à la
hausse à partir de février 2022, en raison en partie de l’augmentation du prix du pétrole brut. En mars
2022, les coûts du carburant ont représenté, d’après les estimations, 30 % des coûts de fret totaux pour
les céréales et les oléagineux.
Graphique 1.32. Dispersion des taux de fret selon la cargaison et l’exportateur, sur le long terme
(janvier 2007 – décembre 2021
Taux de fret Orge Taux de fret
(USD/t) (USD/t) Grains lourds, sorgho et soja
150
150
120
120
90
90
60
60
30 30
0 0
Australie France Russie États-Unis Argentine Brésil États-Unis Canada France Russie
1er janv. 2007 - 31 déc. 2021
1er janv. 2007 - 31 déc. 2021
Note : Les boîtes à moustaches comportent plusieurs éléments. La boîte verte indique dans quelle fourchette se situent 50 % des observations ;
la barre inférieure de la boîte correspond au premier quartile (Q1/25e centile), la barre du milieu correspond à la moyenne (Q2/50e centile), et
la barre supérieure au troisième quartile (Q3/75e centile). Le losange indique la moyenne. La valeur maximale (minimale) se situe à l’extrémité
de la moustache supérieure (inférieure).
Source : Calculs des auteurs d’après le CIC (2022[16]).
StatLink 2 [Link]
Afin de donner une idée de l’importance des taux de fret maritime dans le prix final des céréales et des
oléagineux, la part des taux de fret dans le prix coût et fret (CFR) a été calculée 2. Les coûts du transport
maritime ont en moyenne représenté 11 % du prix CFR au cours de la période 2007-2021. Cette moyenne
masque toutefois d’importantes variations au fil du temps selon les routes commerciales et selon les
produits : la part des taux de fret varie entre 2 % et 43 %, ce qui met en évidence à quel point les taux de
fret peuvent avoir des répercussions importantes sur le prix final.
Le Graphique 1.33 montre l’évolution de cette part selon les produits entre 2007 et 2021. Pour tous les
produits à l’exception de l’orge, la part des taux de fret dans les prix CFR a atteint un sommet entre la mi-
2007 et la fin 2008. Cette part a ensuite chuté pour tous les produits entre les derniers mois de 2008 et les
premiers mois de 2009, avant de repartir à la hausse entre la mi-2009 et la mi-2010. Entre fin 2010 et juin
2021, la part des taux de fret dans les prix CFR s’est maintenue à un niveau de 5 % à 15 % pour l’ensemble
des produits, et elle a enregistré en mai 2020 un creux de 8 % en moyenne pour tous les produits. Cette
part a cependant de nouveau augmenté à partir de mai 2020 pour atteindre au second semestre 2021 des
niveaux inégalés depuis une dizaine d’années.
Le Graphique 1.33 illustre également les écarts concernant la part des taux de fret dans le prix CFR selon
les produits. Cette part est plus faible pour le soja que pour le sorgho et le blé, par exemple, car si ces
produits sont soumis au même taux de fret (à savoir celui appliqué aux cargaisons de grains lourds), le
prix franco à bord (FAB) du soja est supérieur à celui du sorgho ou du blé.
Graphique 1.33. Part des taux de fret dans le prix coût et fret, par produit (janvier 2007 – décembre
2021)
30
25
20
15
10
0
Jan-07
Jan-08
Jan-09
Jan-10
Jan-11
Jan-12
Jan-13
Jan-14
Jan-15
Jan-16
Jan-17
Jan-18
Jan-19
Jan-20
Jan-21
Jan-22
Note : Le taux de fret moyen est une moyenne simple calculée à partir d’une combinaison exportateur/importateur/cargaison pour lesquels la
base de données IGC dispose de séries de données complètes sur le long terme (janvier 2007-décembre 2021) ; il ne prend donc en compte
que les grains lourds (blé tendre, blé dur) sorgho et soja et l'orge ainsi qu'un ensemble sélectionné d'exportateurs et d'importateurs. La part du
taux de fret dans le prix coût et fret est définie comme le taux de fret divisé par la somme du taux de fret et du prix franco à bord (pour une date
et un itinéraire commercial donnés).
Source : Calculs des auteurs d’après le CIC (2022[16]).
StatLink 2 [Link]
Les répercussions sur les marchés internationaux exercées par la pandémie de COVID-19 et par la guerre
de la Russie contre l’Ukraine ont également relancé les débats sur l’indépendance alimentaire et sur la
relocalisation. Une production plus locale est considérée par certains gouvernements comme un moyen
de mieux se prémunir contre les perturbations des approvisionnements intérieurs. Les préoccupations des
consommateurs concernant la durabilité environnementale pourraient par ailleurs renforcer la préférence
croissante pour les produits « zéro kilomètre » ou issus de « circuits courts », qui peuvent apparaître
1.6. Prix
1.6.1. Introduction
Dans les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO, les prix sur les principaux marchés de produits
de base servent de prix de référence internationaux. Ces prix observés traduisent les conditions
fondamentales de l’offre et de la demande au cours de la période de référence 2019-21, de même que les
chocs à court terme sur l’offre et la demande qui font varier temporairement les prix. Les chocs vont des
fluctuations normales de la météorologie aux événements météorologiques extrêmes et englobent aussi
les infestations de ravageurs, les maladies animales, les catastrophes naturelles, ainsi que les
répercussions d’événements économiques et politiques (conflits armés, par exemple) et de la pandémie
de COVID-19. En outre, comme ces prix sont observés au niveau des échanges commerciaux, ils peuvent
être influencés par la spéculation, vu que les produits de base agricoles entrent dans les portefeuilles
d’investissement. Les effets exercés par ces chocs étant en grande partie imprévisibles et impossibles à
intégrer dans les projections, on suppose dans les Perspectives que les prix convergent vers une
trajectoire déterminée par les conditions fondamentales de l’offre et de la demande.
La production devrait continuer de satisfaire la demande à des prix réels plus bas
Au cours de la décennie à venir, les prix agricoles réels (c’est-à-dire corrigés de l’inflation) des produits
étudiés dans les Perspectives devraient rester globalement stables ou diminuer légèrement
(Graphique 1.34).
Ces prix réels sont orientés à la baisse depuis les années 60 du fait des gains de productivité réalisés
dans l’agriculture et les industries connexes, qui font décroître les coûts de production marginaux des
produits alimentaires. La « révolution verte » des années 60 et l’apparition de nouvelles technologies dans
les années 90 ont fait notablement progresser les rendements dans les grands pays producteurs. Les
coûts de production marginaux ont été sensiblement réduits, de sorte que les prix ont diminué malgré une
augmentation de plus en plus forte de la demande alimentaire sous l’effet de la croissance démographique
et de la hausse des revenus par habitant dans le monde. Il y a certes eu des exceptions, avec par exemple
des flambées de prix dans les années 70 ou au cours de la période 2007-14, mais elles ont été temporaires
et n’ont pas modifié la tendance à la baisse à long terme.
Graphique 1.34. Evolution à long terme des prix des produits agricoles, en valeur réelle
2007
1961
1963
1965
1967
1969
1971
1973
1975
1977
1979
1983
1985
1987
1989
1991
1993
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2009
2011
2013
2015
2017
2019
2021
2023
2025
2027
2029
2031
Note : les données concernant le soja, le maïs et le bœuf proviennent de la Banque mondiale, "World Commodity Price Data" (1960-1989). Les
données concernant le porc sont tirées des statistiques du ministère de l'Agriculture des Etats-Unis (USDA QuickStats) (1960-1989).
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les prix agricoles réels ont augmenté durant la majeure partie des années 2020 et 2021, ce qui s’explique
par la conjonction de plusieurs facteurs : une offre mondiale restreinte et une hausse des coûts de
production (imputables notamment aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement causées par le
COVID-19, qui ont fait augmenter les prix de l’énergie et les coûts de main-d’œuvre), les mauvaises
récoltes enregistrées dans d’importants pays producteurs, les évolutions de la demande provoquées par
la pandémie et le ralentissement de la croissance économique, ainsi que les incertitudes entourant les
politiques commerciales.
Les projections réalisées pour les Perspectives se fondent sur l’hypothèse que la hausse actuelle des prix
sera temporaire. Les prix des produits étudiés pourraient rester élevés durant l’année
commerciale 2022/23, mais ils devraient ensuite renouer avec une baisse tendancielle en termes réels.
Les projections relatives aux prix agricoles cadrent donc avec les conditions fondamentales de l’offre et
de la demande attendues au cours de la prochaine décennie. Celles-ci tiennent compte de la croissance
des revenus et de la population, des tendances en matière de consommation qui influent sur la demande
et de l’accroissement de l’offre sous l’effet de la progression continue de la productivité. À moyen terme
de la période de projection et à l’échelle mondiale, on suppose en outre que les ressources naturelles
continueront d’être mobilisées à des prix réels en baisse et que l’expansion et l’intensification des capacités
de production ne se heurteront à aucun obstacle empêchant de répondre à la demande la plus élevée
prévue par les projections. Précision importante : les projections relatives à l’offre et à la demande
supposent un système commercial mondial efficace et durable.
L’indice des prix alimentaires de la FAO synthétise en un seul indicateur les évolutions des prix
internationaux de référence des principaux produits alimentaires de base qui font l’objet d’échanges
(Graphique 1.35).
Indice des prix alimentaires de la FAO (nominal) Indice des prix alimentaires de la FAO (réel)
Index 2014-16=100
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note: Les données historiques sont basées sur l'Indice FAO des prix des denrées alimentaires, qui recueille des informations sur les prix
nominaux des produits agricoles; ceux-ci sont projetés en utilisant le scénario de référence des Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO.
Les valeurs réelles sont obtenues en déflatant l'indice FAO des prix des denrées alimentaires par le déflateur du PIB américain (2014-16 = 1).
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les prix réels des produits de base devraient renouer avec leur tendance à la baisse sur le long terme
lorsque les perturbations qui affectent aujourd’hui les marchés cesseront. Les prix du blé, du maïs et des
céréales secondaires ont augmenté en 2021 pour atteindre leur plus haut niveau depuis neuf ans. En
revanche, les prix du riz ont été inférieurs à leur niveau de 2020, l’abondance des quantités exportables
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
78
ayant intensifié la concurrence entre exportateurs. Les prix de l’ensemble des céréales devraient se
maintenir à un niveau élevé en 2022, avant de peu à peu s’inscrire de nouveau durablement à la baisse
(Graphique 1.36).
Graphique 1.36. Évolution à moyen terme des prix des produits d’origine végétale en valeur réelle
180
160
140
120
100
80
60
2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Avec le retour à une baisse tendancielle des prix des céréales sur le long terme, les ratios de prix du blé
et du maïs, des autres céréales secondaires et du maïs ainsi que du blé et du riz se maintiendront ou
reviendront à leur niveau habituel (Graphique 1.37). Cependant, comme ce retour sera plus ou moins
rapide selon les céréales, les ratios de prix habituels seront rétablis seulement à moyen terme. Les
marchés seront perturbés durant les premières années de la période considérée, en raison notamment
des mesures de contingentement des exportations de blé et des restrictions affectant les exportations de
blé et de maïs à partir de la région de la mer Noire, mais on suppose que ces perturbations seront
temporaires et cesseront progressivement dans la mesure où les prix seront déterminés par les conditions
sous-jacentes de l’offre et de la demande.
Les prix des oléagineux ont augmenté rapidement en 2021 sous l’effet d’une forte demande d’importations,
en particulier de la part de la Chine, qui a eu besoin d’importer du soja pour reconstituer le cheptel porcin
après la flambée de PPA vu que sa production intérieure n’a pas beaucoup augmenté. Ces prix devraient
amorcer une baisse dès la première année de la période de projection, car on s’attend à ce que la
production commence à dépasser la demande. Les perspectives de production sont renforcées par les
incitations qui émanent du niveau élevé des prix actuels. Par la suite, la tendance à la baisse à long terme
devrait se poursuivre, les prix des oléagineux et produits oléagineux étant étayés par le prix réel du pétrole
brut et la croissance économique post-COVID-19 qui sont pris pour hypothèse (Graphique 1.36).
1.9
1.7
1.5
1.3
1.1
0.9
0.7
0.5
2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les prix réels du sucre ont également atteint un pic en 2021, en raison d’une baisse des disponibilités à
l’exportation au Brésil et d’une forte demande mondiale. Ils devraient être orientés à la baisse dans les dix
prochaines années, car les gains de productivité feront augmenter la production et la croissance de la
demande devrait ralentir (Graphique 1.36).
Bien que la demande mondiale de biocarburants ait stagné, leurs prix réels ont culminé en 2021, ce qui
tient à la cherté des produits de base et à la hausse des coûts du travail et des intrants. Au cours de la
période de projection, les prix réels des produits de base – canne à sucre, mélasse, maïs et huile
végétale – devraient toutefois renouer avec leur tendance à la baisse sur le long terme, et les prix réels
des biocarburants devraient connaître la même évolution (Graphique 1.36). Néanmoins, les prix des
biocarburants resteront dans une large mesure influencés et déterminés par les politiques publiques, en
particulier les mesures nationales de soutien, les crédits d’impôt accordés aux consommateurs et les
obligations d’incorporation de biocarburants dans les carburants d’origine fossile.
Le niveau élevé atteint par les prix des biocarburants en 2021 s’explique par une réaction décalée à la
hausse des prix des produits de base observée en 2020. Le biodiesel a été concerné au premier chef,
puisque le prix des huiles végétales a quasiment doublé entre 2019 et 2020. Du fait du renchérissement
des produits de base intervenu en 2020, leur prix rapporté à celui des biocarburants a sensiblement
augmenté, avant de retomber en 2021. Au cours de la période de projection, ces ratios de prix devraient
se stabiliser, même si le prix de l’huile végétale rapporté à celui des biocarburants restera supérieur aux
niveaux antérieurs pour cause de tensions sur les marchés mondiaux de l’huile végétale et de hausse de
la demande de biodiesel (Graphique 1.38).
En 2020 et 2021, le niveau élevé du prix des biocarburants rapporté à celui des carburants fossiles (pétrole
brut) a découlé de la cherté des produits de base et de la relative faiblesse des prix du pétrole. Durant la
période de projection, la baisse des prix des produits de base aidant, ce ratio de prix devrait toutefois
redevenir conforme aux valeurs observées dans le passé (Graphique 1.38). À cet égard, l’hypothèse
retenue dans ces Perspectives est que la demande de biocarburants sera liée à celle de carburants
fossiles du fait des obligations d’incorporation, ce qui favorisera la stabilité des prix relatifs.
14
12
10
0
2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
L’année 2021 a vu un rebond des prix réels de la viande, qui s’explique non seulement par la hausse de
la demande sous l’effet de la reprise économique qui a suivi la pandémie de COVID-19, mais aussi par
l’augmentation des coûts de transport et de commercialisation. Ces prix devraient se maintenir à un niveau
élevé les premières années de la période de projection, car le renchérissement de l’alimentation animale
limitera les perspectives d’augmentation de l’offre et les coûts élevés de conditionnement et de transport
rejailliront sur les chaînes d’approvisionnement de la viande. D’après les projections, les prix de la viande
baisseront lorsque les chaînes d’approvisionnement se stabiliseront et que les coûts des aliments pour
animaux diminueront (Graphique 1.39). Ceux de la viande de porc devraient baisser davantage que les
autres du fait de la reprise de la production après la flambée de PPA, notamment en Chine, au Viet Nam
et aux Philippines.
L’indice prix de la viande/coût de l’alimentation animale devrait se stabiliser et recommencer à s’orienter
légèrement à la baisse (Graphique 1.40). Les prix de la viande bovine sont moins influencés par les coûts
de l’alimentation animale, car la majeure partie de sa production mondiale provient de l’élevage sur
pâturage. À l’inverse, les prix de la viande de porc et de volaille sont fortement liés aux coûts des aliments
pour animaux, puisque ces productions font davantage appel à des aliments à base de céréales et de
farines protéiques. Le rapport entre le prix de la viande et celui de l’alimentation animale devrait se
maintenir à l’intérieur d’une fourchette relativement étroite.
Quelque 7 % seulement de la production mondiale de lait entre dans les échanges internationaux, la
majeure partie du lait étant consommée dans le pays de production, sous la forme de produits laitiers frais,
non transformés ou légèrement transformés (pasteurisés ou fermentées, par exemple). Dans ces
conditions, c’est surtout la situation du marché laitier national qui rejaillit sur les producteurs et les
consommateurs, tandis que l’évolution des prix internationaux des produits laitiers est moins importante.
On suppose que les prix locaux des produits laitiers frais suivent la tendance générale qui voit les coûts
de production marginaux réels du lait s’orienter légèrement à la baisse. Les prix sont toutefois sujets à de
fortes variations provoquées par les effets météorologiques saisonniers et la situation des marchés locaux.
Graphique 1.39. Évolution à moyen terme des prix des produits d’origine animale en valeur réelle
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
(2009-11=1) Viande porcine/Indice alim. animale Volaille/Indice alim. animale Viande bovine/Indice alimentation animale
2.5
1.5
0.5
0
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Dans le secteur laitier, l’évolution mondiale des prix est déterminée principalement par celle des prix
internationaux du beurre et du lait écrémé en poudre, qui fixent la valeur des matières grasses laitières et
de l’extrait sec dégraissé du lait, respectivement (Graphique 1.39). Les prix du lait écrémé en poudre et
ceux du beurre ont atteint un pic en 2021 pour cause de demande soutenue et d’offre limitée. Ils devraient
se maintenir à un haut niveau en 2022, en raison surtout des coûts de production élevés et de la forte
demande imputable en partie à la cherté de l’huile végétale, de sorte que les prix du beurre augmenteront
plus vite que ceux de l’huile végétale en 2022 (Graphique 1.41). Les prix du lait écrémé en poudre et du
beurre devraient ensuite commencer à diminuer et renouer avec une baisse tendancielle à long terme sur
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
82
fond d’adéquation entre l’offre et les signaux de prix courants. En outre, les prix réels du fromage et du lait
entier en poudre suivent l’évolution des prix du beurre et du lait écrémé en poudre, respectivement.
Ratio Fromage/beurre Lait écrémé en poudre/beurre Fromage/lait écrémé en poudre Beurre/huile végétale
8
0
2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les prix réels du poisson ont progressé en 2021, car le redressement économique après la pandémie de
COVID-19 a été suivi d’une forte demande des ménages et des services de restauration, et l’offre n’a
augmenté que modestement. On s’attend toutefois à ce que l’augmentation de l’offre en réponse à la
hausse de la demande les fasse diminuer. Après 2024, les prix réels du poisson devraient baisser puisque
la Chine, premier producteur mondial de produits halieutiques et aquacoles, modifiera ses politiques de
telle sorte que la période de limitation de la production mondiale jusqu’en 2023 sera suivie d’une période
de croissance plus rapide jusqu’en 2031. Ces modifications des politiques sont axées sur la protection de
l’environnement et la diversification de la production, et privilégient davantage la production d’espèces
destinées au marché intérieur. Bien que les prix réels du poisson soient appelés à baisser à plus long
terme, les effets du phénomène El Niño entraîneront des fluctuations au cours des dix prochaines années
(Graphique 1.39).
1.6.4. Étant donné les nombreuses incertitudes qui pèsent sur la décennie à venir, les
projections relatives aux prix doivent être interprétées avec prudence
Les projections des prix présentées dans ces Perspectives sont le fruit de l’interaction entre les facteurs
fondamentaux de l’offre et de la demande dans l’hypothèse de conditions normales sur le plan
météorologique et macroéconomique comme du point de vue des politiques publiques. Les Perspectives
s’appuient sur les meilleures informations disponibles, mais les projections et les hypothèses sous-
jacentes présentent inévitablement un certain degré d’incertitude. Les répercussions de la guerre de la
Russie contre l’Ukraine sur la production agricole en Ukraine et les échanges agricoles, l’impact du
changement climatique sur la productivité agricole, les effets exercés sur la production agricole par
l’incidence accrue des maladies touchant les animaux et les végétaux et par la variabilité météorologique
croissante, ceux exercés sur la demande par l’évolution des préférences des consommateurs et de la
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
83
situation macroéconomique, mais aussi l’influence des politiques intérieures et commerciales, voilà autant
de facteurs d’incertitude qui augmentent les risques. Ils sont détaillés dans les sections 1.3.7, 1.4.9 et
1.5.6.
Dans ces Perspectives, l’hypothèse de « normalité » aboutit à une trajectoire régulière pour la plupart des
variables objet des projections, et les écarts par rapport aux évolutions supposées entraînent une volatilité
des prix. Pour évaluer les répercussions de ces écarts, on a procédé à une analyse stochastique partielle
des projections de référence. L’analyse stochastique partielle simule la variabilité potentielle future des
principaux déterminants des prix en s’appuyant sur leur variabilité observée par le passé. Elle tient aussi
bien compte des facteurs macroéconomiques mondiaux que des rendements de certaines cultures. La
variabilité liée aux maladies des animaux ou aux modifications des politiques publiques n’est pas prise en
considération. Les résultats agrégés des simulations multiples réalisées dans le cadre de l’analyse
stochastique partielle indiquent la sensibilité des trajectoires des prix de référence (Graphique 1.42). Les
prix ont une probabilité de 75 % de rester à l’intérieur de l’intervalle bleu, quelle que soit l’année
considérée, et une probabilité de 90 % de rester à l’intérieur de l’intervalle vert. La probabilité qu’un
événement extrême faisant passer un prix à l’extérieur de ces intervalles se produise au moins une fois
au cours de la période de projection est de 40 %.
Dans l’ensemble, l’intervalle de variabilité des prix est généralement plus large pour les produits végétaux
que pour les produits animaux, ce qui tient à la sensibilité des rendements des cultures aux conditions
météorologiques. Parmi les produits végétaux étudiés dans les Perspectives, le riz est celui dont le prix
connaît le moins de variations, vu qu’il est moins sensible aux chocs météorologiques que les autres
cultures. Les cultures pratiquées dans des systèmes de rotation culturale, telles que le maïs et le soja
dans les Amériques, présentent des degrés de variation similaires. En général, les prix des produits
d’origine animale sont moins sensibles aux chocs météorologiques, car la variabilité des prix des aliments
pour animaux ne leur est pas totalement répercutée, du fait principalement que les différents produits
d’alimentation animale peuvent être substitués entre eux. La variabilité des prix de l’éthanol et du biodiesel
est étroitement liée non seulement à celle des prix des produits de base, mais aussi à celle du prix du
pétrole brut, vu qu’il s’agit de biens complémentaires.
Il convient de noter que les prix de référence internationaux qui caractérisent les marchés mondiaux ont
rarement un impact direct sur les décisions de production ou de consommation, celles-ci étant déterminées
principalement par les prix intérieurs à la production et à la consommation. Individuellement, les
producteurs et les consommateurs ne peuvent pas influencer les prix, mais leur comportement agrégé sur
les marchés intérieurs détermine les prix de référence nationaux et, au niveau mondial, les décisions de
production et de consommation agrégées déterminent les prix de référence internationaux.
La relation entre les prix de référence mondiaux et les prix effectifs à la production et à la consommation
dépend d’un certain nombre de processus de transmission qui sont à l’origine de l’incertitude. Les
projections réalisées pour les Perspectives se fondent sur l’hypothèse que la transmission des signaux de
prix entre les marchés mondiaux et les marchés nationaux dépend du degré d’intégration des seconds
dans le système commercial mondial. Cette transmission peut être faussée par des mesures publiques
comme les prix minimums à la production ou les prix administrés à la consommation. En outre, le recours,
dans un souci de simplification, à un prix à la production et un prix à la consommation représentatifs pour
chaque produit de base dans chaque pays, ainsi que les changements intervenant dans la transmission
des prix sur le plan intérieur peuvent influencer le prix de référence international, de sorte qu’une certaine
prudence est de mise dans le calcul et l’interprétation des projections relatives aux prix.
1100 100
2011 2016 2021 2026 2031 2011 2016 2021 2026 2031
Éthanol (cv = 0.11)
USD/t Beurre (cv = 0.1) USD/hl
6000 80
5500 70
5000
60
4500
50
4000
3500 40
3000 30
2011 2016 2021 2026 2031 2011 2016 2021 2026 2031
Note : évolution attendue des prix nominaux dans le scénario de référence des Perspectives (courbe en trait plein) rapportée aux résultats des
analyses stochastiques indiqués dans les intervalles de confiance bleu à 75 % et vert à 90 %.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Outre la transmission géographique des prix, la variation de leur transmission le long des chaînes de valeur
alimentaires constitue un autre facteur d’incertitude. Concernant la consommation, les projections
réalisées pour les Perspectives prennent pour hypothèse un prix à la consommation représentatif fondé
sur un degré de transformation donné des produits au niveau du commerce de détail, ainsi que le revenu
d’un consommateur représentatif. Ces facteurs peuvent être modifiés si la répartition des revenus, les
structures de distribution ou la réglementation relative à la sécurité des aliments changent. Par exemple,
à mesure que leur niveau de revenu augmente, les consommateurs préféreront peut-être consommer
davantage de produits alimentaires transformés ou accompagnés de services (livraisons à domicile,
restaurants...). La prise en compte de ces facteurs influerait sur la transmission des prix des producteurs
aux consommateurs et modifierait donc les projections.
L’éradication de la faim représente un défi important. Elle passe notamment par l’accroissement de la
production agricole disponible pour nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse. Cela étant,
l’agriculture est aussi à l’origine d’émissions de GES significatives et d’autres répercussions sur
l’environnement. Dans ces conditions, faire progresser sa productivité représente une stratégie importante
pour concilier les deux impératifs que sont l’augmentation de la production alimentaire et la réduction de
l’empreinte environnementale du secteur.
D’après les projections établies pour les Perspectives, en l’absence d’efforts supplémentaires, la cible 2.1
des ODD adoptés en 2015 dans le cadre de l’ONU, qui consiste à éliminer la faim, ne sera pas atteinte
en 2030, et les émissions de GES d’origine agricole continueront d’augmenter. Ce scénario quantifie la
croissance de la productivité agricole mondiale qui est nécessaire pour éliminer la faim et, parallèlement,
faire en sorte que le secteur contribue à la limitation du réchauffement planétaire à moins de 2 °C d’ici
à 2050, comme le prévoit l’Accord de Paris de 2015.
D’après les dernières estimations, près de 768 millions de personnes souffraient de sous-alimentation
chronique en 2020, soit 9.9 % de la population mondiale. Parallèlement, 2 milliards de personnes environ
étaient en situation de malnutrition pour cause de consommation excessive (OMS, 2020[6]). Aujourd’hui,
la planète n’est pas partie pour atteindre la cible 2.1 des ODD qui consiste à éliminer la faim, puisque
d’après les projections, quelque 660 millions de personnes souffriront encore de sous-alimentation
chronique en 2030 (FAO et al., 2021[7]).
Les émissions directes de gaz à effet de serre (GES) de l’agriculture représentent 11 % des émissions
mondiales (GIEC, 2022[15]). Dans l’hypothèse où les politiques actuelles et les tendances en matière de
progrès technologique restent inchangées, les Perspectives prévoient que les émissions directes de GES
du secteur continueront d’augmenter les dix prochaines années (voir section 1.4).
Dans le cadre d’une étude de scénario inédite, les Perspectives définissent deux objectifs, à savoir
l’éradication de la faim et la réduction de 6 % des émissions directes de GES d’origine agricole d’ici à 2030,
et évaluent ensuite le niveau de croissance de la productivité qui serait nécessaire pour les atteindre tous
les deux.
La cible 2.1 des ODD est définie comme suit : « d’ici à 2030, éliminer la faim et faire en sorte que chacun,
en particulier les pauvres et les personnes en situation vulnérable, y compris les nourrissons, ait accès
tout au long de l’année à une alimentation saine, nutritive et suffisante ».
Deux indicateurs sont utilisés pour mesurer les progrès vers la réalisation de cette cible : l’indicateur 2.1.1,
prévalence de la sous-alimentation (PsA), et l’indicateur 2.1.2, prévalence d’une insécurité alimentaire
modérée ou grave. Le scénario étudié dans les Perspectives se concentre sur la prévalence de la sous-
alimentation, qui estime la proportion de la population dont la consommation alimentaire habituelle est
insuffisante pour fournir l’apport énergétique alimentaire nécessaire à une vie normale, active et saine
(Plateforme mondiale d'indicateurs des ODD, 2022[19]).
On considère que la cible 2.1 est atteinte lorsque la PsA est inférieure à 2.5 % dans chaque pays. En 2020,
la PsA mondiale était estimée à 9.9 %, ce qui montre clairement que des efforts importants restent à
déployer pour atteindre l’ODD de « Faim zéro » (FAO et al., 2021[7]).
Dans le présent scénario stylisé, on atteint la cible d’élimination de la faim en augmentant la disponibilité
moyenne par habitant de calories dans tous les pays dans lesquels la PsA sera supérieure à 2.5 %
en 2030 d’après les projections (principalement des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure
et à faible revenu), afin de la ramener en dessous de 2.5 %. On suppose que les aliments sont abordables
pour tous et que la répartition des calories reste stable les dix prochaines années. La consommation
alimentaire dans les pays jouissant de la sécurité alimentaire reste inchangée par rapport au scénario de
référence.
Dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, les disponibilités moyennes en calories
devront augmenter d’après les estimations de 10 % (283 kilocalories par habitant et par jour) entre 2019-
21 et 2030 pour que l’objectif de « Faim zéro » soit atteint. Dans les pays à faible revenu, ces mêmes
disponibilités devront parallèlement progresser de 30 % (720 kcal/hab/jour). C’est indispensable pour que
la consommation d’au moins 97.5 % de la population dépasse le besoin énergétique alimentaire minimum
(BEAMin) en 2030 (Graphique 1.43)
En outre, le scénario fait l’hypothèse que la structure des régimes alimentaires dans les pays à revenu
intermédiaire de la tranche inférieure et à faible revenu changera à mesure que la consommation
alimentaire augmentera, avec une part croissante d’aliments nutritifs divers (surtout d’origine animale)
dans l’alimentation.
Graphique 1.43. Quantités moyennes disponibles par habitant dans les principaux groupes
d’aliments (en équivalents calories), par catégorie de pays selon le revenu
kcal/jour/
Aliments de base Produits d’origine animale Graisses Edulcorants Fruits et légumes Autres
personne
3500
3000
2500
2000
1500
1000
500
0
2009-11 2019-21 Référence 2030 Scénario 2030 2009-11 2019-21 Référence 2030 Scénario 2030
Revenu intermédiaire inférieur Faible revenu
Note : Ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant de la base de données de FAOSTAT relative aux bilans
alimentaires et complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux produits non
étudiés dans les Perspectives ont été obtenues par extrapolation. Les 38 pays et les 11 agrégats régionaux pris en compte dans le scénario de
référence sont répartis entre les quatre catégories de revenus selon leur revenu par habitant en 2018. Les limites appliquées sont les suivantes :
faible, < 1 550 USD ; intermédiaire de la tranche inférieure, < 3 895 USD ; intermédiaire de la tranche supérieure, < 13 000 USD ; élevé,
> 13 000 USD. Les aliments de base sont les céréales, les racines et tubercules et les légumineuses. Les produits animaux sont la viande, les
produits laitiers (à l’exception du beurre), les œufs et le poisson. Celle des matières grasses englobe le beurre et les huiles végétales. Les
édulcorants sont le sucre et l’isoglucose. La catégorie « autres » comprend les autres produits végétaux et animaux.
Source : FAO (2022). FAOSTAT, Bilans alimentaires (base de données), [Link] ; OCDE/FAO (2022),
Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
fr.
StatLink 2 [Link]
L’agriculture contribue notablement au changement climatique, d’une part en raison de ses émissions
propres liées à la production, d’autre part en raison de celles imputables à l’utilisation des terres, au
changement d’affectation des terres et à la foresterie (UTCATF). Ensemble, ces deux éléments –
l’agriculture et le secteur UTCATF – sont désignés sous le nom de secteur AFAT (pour agriculture,
foresterie et autres affectations des terres).
En 2019, les émissions annuelles nettes du secteur AFAT ont représenté en moyenne 22 % des émissions
anthropiques mondiales totales de GES. Elles se répartissaient par parts égales (11 %) entre les
émissions des exploitations liées à la production agricole et celles imputables au secteur UTCATF (GIEC,
2022[15]).
Le secteur AFAT pèse donc lourd dans les émissions totales de GES et doit contribuer aux efforts
mondiaux visant à réduire ces émissions pour contenir le réchauffement de la planète en dessous de 2 °C
d’ici à 2050, et de préférence le limiter à 1.5 °C, comme convenu dans l’Accord de Paris de 2015.12
Plusieurs pays lui ont récemment assigné des objectifs de réduction des émissions, que ce soit dans le
cadre de leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) ou, le plus souvent, dans leurs
stratégies nationales de lutte contre le changement climatique adoptées à l’appui des CDN (Henderson,
Frezal and Flynn, 2020[20])
Dans le scénario étudié, l’objectif est une baisse de 6 % des émissions directes de GES d’origine agricole
d’ici à 2030. C’est la moitié de la réduction de 12 % de ces mêmes émissions que le secteur agricole
pourrait réaliser d’ici à 2030 en présence de prix du carbone propres à susciter les efforts nécessaires à
l’échelle de l’ensemble de l’économie pour atteindre l’objectif de limitation du réchauffement à 2 °C
(Henderson et al., 2021[21]).
Le scénario quantifie la croissance de la productivité qui est nécessaire au niveau mondial afin de porter
la consommation alimentaire au niveau requis pour atteindre d’ici à 2030 la cible 2.1 des ODD sur
l’élimination de la faim (objectif 1), tout en réduisant sensiblement les émissions de GES du secteur
agricole (objectif 2). Le Graphique 1.44 synthétise ces deux objectifs et le niveau de croissance de la
productivité qui sera nécessaire pour les atteindre.
Ce scénario prend pour hypothèse un niveau de croissance de la productivité similaire pour les différentes
productions végétales et animales, ainsi qu’une évolution qui voit les pays à faible revenu et à revenu
intermédiaire rattraper les pays à revenu élevé en termes de productivité. En outre, on suppose que la
croissance de la production alimentaire nécessaire pour atteindre l’objectif de « Faim zéro » dans les pays
qui affichent aujourd’hui une prévalence de la sous-alimentation supérieure à 2.5 % découle en majeure
partie de gains de productivité réalisés dans chacun de ces pays. Autrement dit, sous l’effet de la
convergence de la productivité entre les pays qui est prise pour hypothèse, les disponibilités alimentaires
augmentent en grande partie grâce aux gains de productivité intérieurs et non du fait des importations
d’aliments.
Il convient de noter que les investissements dans la R-D et l’innovation qui seraient nécessaires pour
favoriser le progrès technologique et d’autres facteurs d’amélioration de la productivité ne sont pas
spécifiés dans cette étude de scénario. De même, il n’est pas tenu compte de la hausse éventuelle de la
quantité de ressources autres que foncières requises pour accroître la production (l’eau, par exemple).
Note : Les % indiqués correspondent à la croissance en valeur absolue entre 2019-21 et 2030 dans le scénario. La productivité moyenne des
cultures et des animaux est égale au nombre de calories produites par hectare et par animal, respectivement.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
La croissance moyenne mondiale du rendement des cultures qui serait nécessaire pour éliminer la faim et
réduire les émissions de GES agricoles de 6 % est estimée à 24 %. Ce taux est plus de deux fois supérieur
à celui vers lequel le monde s’oriente actuellement dans l’hypothèse de politiques inchangées. À titre de
comparaison, les Perspectives prévoient une croissance de seulement 10 % du rendement des cultures
dans le monde durant la prochaine décennie. La réalisation des deux objectifs suppose aussi une
accélération de la croissance de la productivité par rapport à la dernière décennie, qui a vu le rendement
des cultures progresser de 13 %.
La hausse des rendements mondiaux nécessaire entre 2019-21 et 2030 va de 21 % pour le blé à 31 %
pour les autres céréales secondaires, et elle est systématiquement supérieure à celle enregistrée durant
la décennie écoulée (Graphique 1.45).
L’augmentation du rendement des cultures permet de découpler la croissance de la production végétale
du changement d’affectation des terres. Dans ce scénario, on prend pour hypothèse une hausse absolue
des rendements similaire dans tous les pays, ce qui réduit l’écart de rendement relatif entre les pays à
faible revenu et à revenu intermédiaire et ceux à revenu élevé. Dans cette hypothèse, les pays à faible
revenu et à revenu intermédiaire enregistrent une plus forte augmentation des rendements en
pourcentage, puisqu’ils partent généralement d’un niveau absolu plus bas.
La progression des rendements mondiaux prévue par le scénario s’accompagne d’une hausse de 20 %
de la production végétale et d’une diminution de 5 % de la superficie cultivée au cours de la prochaine
décennie. Cette diminution de la superficie cultivée pourrait ralentir la déforestation et/ou accélérer le
boisement, et faire ainsi baisser les émissions de GES du secteur UTCATF, avec à la clé des réductions
d’émissions supplémentaires.
Pour être durable, la progression des rendements doit idéalement découler d’une utilisation plus efficiente
de l’ensemble des intrants (c’est la croissance de la productivité totale des facteurs, ou PTF) ou de
l’abandon d’intrants qui causent d’importantes émissions, et non se faire au prix d’un recours accru à des
intrants chimiques (engrais, pesticides...) qui risque de ne pas être soutenable. Concrètement, il est
possible de faire progresser la PTF en adoptant des pratiques de gestion agricole plus efficientes, en
produisant de nouvelles variétés végétales et races animales, ainsi qu’en faisant appel aux innovations
numériques (l’agriculture de précision, par exemple).
0
Maïs Blé Autres céréales second. Riz Autres oléagineux Soja Légumineuses
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Productivité de l’élevage
Comme pour les cultures, le scénario prend pour hypothèse une hausse de la productivité de l’élevage
pour atteindre les objectifs 1 et 2. Cette hausse est modélisée sous la forme d’une augmentation de la
production annuelle par animal. Concrètement, il est possible de faire progresser la productivité de
l’élevage en améliorant les pratiques d’alimentation, la sélection génétique et la gestion des troupeaux.
Pour atteindre les objectifs 1 et 2, la productivité de l’élevage devra augmenter de 31 % en moyenne au
niveau mondial entre 2019-21 et 2030. C’est un taux bien supérieur à celui prévu dans le scénario de
référence – 5 % en moyenne – et à celui – nul – observé durant la dernière décennie.
Comme l’illustre le graphique 1.46, pour faire progresser la productivité de l’élevage dans des proportions
pareilles, la production de tous les produits animaux devra augmenter plus vite que le prévoit le scénario
de référence, et le nombre d’animaux devra diminuer alors qu’il continuera d’augmenter d’après le scénario
de référence.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
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StatLink 2 [Link]
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USDA (2022), World Agricultural Supply and Demand Estimates, May 2022, [4]
[Link]
Notes
1
Les documents de référence pertinents sont pour l'OCDE : Déclaration du Conseil de l'OCDE sur
l'agression russe contre l'Ukraine du 24.02.2022; et pour l'ONU : Résolution de l'Assemblée générale des
Nations Unies du 1.03.2022 sur l'agression contre l'Ukraine
[Link]
2
La viande inclut la viande bovine, porcine, ovine, et celle de volaille. Les produits laitiers comprennent le
beurre, le fromage, les produits laitiers frais, le lait en poudre entier et écrémé. Le poisson englobe aussi
bien celui provenant de la pêche de capture que celui issu de l’aquaculture.
3
Les sous-produits de la production végétale recouvrent le son de céréales, la pulpe de betteraves, les
drêches sèches de distillerie, et la mélasse. Les sous-produits de la production animale comprennent
principalement la farine de viande et d’os.
4
L’utilisation de produits d’alimentation animale comprend aussi bien celle d’aliments commerciaux que
celle des récoltes directement employées pour nourrir les animaux.
5
Le plafond d’incorporation correspond à la teneur maximale en éthanol qui n’endommagera pas les
moteurs et les systèmes d’alimentation en carburant des véhicules.
6
En 2019, les alternatives végétales ne représentaient que 0,7 % du marché de la viande et 2,5 % du
marché des produits laitiers dans l'Union européenne et au Royaume-Uni. La part de marché de la viande
et des substituts laitiers devrait passer à 1,3 % et 4,1 %, respectivement, d'ici 2025 (ING, 2020[22]). En
2021, la viande végétale représentait 1,4 % du marché de la viande au détail aux États-Unis (Good Food
Institute, 2022[24]). La viande de culture n'est commercialisée que dans un seul restaurant à Singapour
depuis décembre 2020. Les coûts de production élevés et la faible acceptation des consommateurs restent
un défi pour sa commercialisation et son adoption.
7
Entre 2010 et 2020, le stock mondial de véhicules électriques a été multiplié par mille, passant de
10 000 unités à plus de 10 millions (AIE, 2021[13]).
8
Ci-après, par « production agricole » il faut entendre les productions végétales, animales, halieutiques et
aquacoles.
9
Ce graphique indique la croissance de la valeur nette des productions végétales prises en compte dans
les Perspectives, où la valeur nette est exprimée en milliards USD et aux prix constants de 2014-16.
Les émissions liées aux changements d’affectation des terres ne sont pas modélisées dans les
Perspectives.
11
Les rapports de la plateforme ePhyto, le système mis en place par la Convention internationale pour la
protection des végétaux (CIPV) en vue de l’échange centralisé de certificats phytosanitaires électroniques,
mettent en évidence une sensible augmentation des échanges internationaux de certificats électroniques
pour des produits végétaux au début de 2020.
12
L’Accord de Paris est un traité international juridiquement contraignant sur le changement climatique qui
a été signé par 196 pays. Son but est de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète
nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, et de la limiter de préférence à
1.5 °C.
13
Au cours de la période 2018-20, le soutien apporté par 54 pays membres et non membres de l’OCDE à
leur secteur agricole s’est élevé à 720 milliards USD par an. Seulement 17 % du soutien budgétaire total
a été consacré à la recherche, à l’innovation et à l’investissement public dans les infrastructures et la
biosécurité. Il serait possible de multiplier quasiment par deux ce pourcentage en réorientant les paiements
qui faussent les marchés vers l’investissement dans les biens publics – à commencer par les systèmes
d’innovation (OECD, 2021[23]).
2 Synthèses régionales
2.1. Introduction
Ce chapitre consacré aux synthèses régionales présente les grandes tendances dans les régions définies
par la FAO pour mettre en œuvre son programme de travail général. Compte tenu de la diversité qui existe
entre les régions, le but de ces synthèses n’est pas de comparer la situation de l’une à l’autre mais de
mettre en évidence certaines des évolutions les plus récentes en insistant sur les réponses apportées aux
défis mondiaux et les nouvelles tendances qui s’en dégagent, et en reliant ces dernières avec les
principaux messages émanant des Perspectives. Les évaluations comparent généralement le point final
de la période de projection des Perspectives (2031) avec la période de référence de 2019-21. Cette année,
la région Asie-Pacifique, vaste et hétérogène, fait l’objet de deux synthèses distinctes : d’un côté, l’Asie
développée et de l’Est ; de l’autre, l’Asie du Sud et du Sud-Est.
L’impact de la pandémie de COVID-19 – qui continue de sévir dans le monde entier – et les mesures qui
sont prises pour y faire face varient selon les régions. Les synthèses régionales ne contiennent pas
d’évaluation quantitative particulière de l’impact de la pandémie mais reflètent les dernières projections
macroéconomiques disponibles et montrent dans quelle mesure les actions engagées pour endiguer la
propagation du COVID-19 ont eu une incidence sur le contexte. De même, bien que la guerre de la Russie
contre l’Ukraine puisse avoir des effets à court terme sur les différentes régions, les synthèses n’en
fournissent pas d’analyse quantitative. Il en résulte que les tendances et les problématiques exposées
dans ce chapitre sont celles qui devraient sous-tendre les Perspectives à mesure que les économies se
relèveront des chocs inattendus survenus récemment, en supposant que les effets sur la production, la
consommation et les échanges des produits destinés à l’alimentation humaine et animale et des
carburants s’estomperont peu à peu.
Le chapitre est divisé en sept sections dans lesquelles le texte, les tableaux et les graphiques sont
organisés de manière similaire pour chaque région. Une section Contexte présente les principales
caractéristiques de la région et décrit le cadre dans lequel s’inscrivent les projections de la production, de
la consommation et des échanges figurant dans les sections suivantes. Chaque synthèse régionale
comporte une annexe fournissant des graphiques et tableaux de même type décrivant les principaux
aspects des projections de la région1.
2.2.1. Contexte
L’urbanisation comme facteur déterminant dans une région hétérogène sur le plan
économique
La région Asie développée et de l’Est2 comprend des pays très différents jouant des rôles centraux sur les
marchés internationaux. Elle inclut la Chine et le Japon, qui sont respectivement les deuxième et troisième
plus grandes économies mondiales. Avec 1.6 milliard d’habitants, cette région est la deuxième plus
peuplée parmi celles examinées dans le présent chapitre, mais sa croissance démographique estimée à
0.1 % par an sur les dix prochaines années figure parmi les plus faibles. Ramenés au nombre d’habitants,
les revenus varient de 8 340 USD en Chine à 61 653 USD en Australie. L’urbanisation a progressé
rapidement dans toute la région et l’on estime qu’en 2031, 74 % de la population vivra en milieu urbain,
contre seulement 42 % en 2000. Cette urbanisation a pour corollaire un changement d’alimentation qui
suscite une consommation accrue de produits de plus grande valeur ainsi que d’aliments transformés et
emballés, d'où une transformation rapide des systèmes alimentaires. Si les ressources agricoles
exploitables sont très limitées en Chine, en Corée du Sud et au Japon, elles sont en revanche abondantes
en Australie et en Nouvelle-Zélande.
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
98
Au niveau régional, le PIB par habitant a reculé de 0.7 % en 2020, les baisses enregistrées dans les pays
développés étant contrebalancées par une hausse ininterrompue en Chine (+1.9 %). Du point de vue
économique, ces chiffres signifient que cette région a été l’une des moins touchées par la pandémie de
COVID-19. Sa reprise a également été l'une des plus rapides. La région a enregistré une croissance de
5.4 % en 2021, et la reprise a été générale dans tous les pays – sachant que le revenu moyen par habitant
en 2021 avait déjà augmenté de 4.7 % par rapport à 2019. Ces revenus devraient croître de 3.4 % par an
au cours des dix ans à venir, ce qui signifie qu’en 2031, ils seront de 45 % supérieurs à la moyenne de la
période de référence. La hausse des revenus sera un moteur déterminant de la demande en Chine, tandis
que les préférences des consommateurs risquent d'avoir plus d'importance dans les pays développés à
revenu élevé.
La part de la valeur ajoutée du secteur primaire de l’agriculture et des pêches dans l’économie est en
recul – à quelque 5.5 % – et devrait atteindre 4.5 % en 2031. Compte tenu de la croissance des
économies, la part moyenne des dépenses alimentaires dans le budget total des ménages était de 13 %
au cours de la période de base, variant de 17 % en Chine à seulement 8 % en Australie. Là où les parts
des dépenses alimentaires sont élevées, les prix et les variations brutales des revenus risquent d’avoir
d'importantes répercussions sur la sécurité alimentaire dans la région, même si les chocs mondiaux
pourront être plus ou moins atténués par la protection intérieure mise en place dans certains pays. 3
La région comprend un certain nombre de grands exportateurs et importateurs de produits agricoles et
alimentaires. La Chine et le Japon se situent respectivement à la première et la deuxième place mondiale
en termes d’importations nettes de produits alimentaires, tandis que la Corée du Sud arrive au sixième
rang4. Ces trois pays jouent un rôle important sur les marchés et les chaînes de valeur de l’agriculture au
niveau mondial. À l’opposé, la Nouvelle-Zélande et l’Australie se classent parmi les 10 plus gros
exportateurs nets mondiaux de produits alimentaires en valeur, en particulier de produits laitiers et d'origine
animale. Les domaines de spécialité de la région donnent lieu à de vastes échanges interrégionaux qui
vont en s’accroissant.
La région est confrontée à de nombreux défis de nature diverse. Les ressources naturelles sont limitées
en Chine, en Corée du Sud et au Japon, ce qui donne souvent lieu à une utilisation trop intensive d’intrants,
qui entraîne des problèmes de durabilité. Dans certaines zones, les ressources hydriques ont atteint des
niveaux dangereusement bas. En Australie, les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et intenses,
et cela devrait se poursuivre sous l’effet du changement climatique. Compte tenu de la situation, il sera
essentiel, pour garantir la durabilité future, de continuer à investir pour accroître la productivité dans la
région. La progression de la productivité totale des facteurs dans la région est estimée à 1.6 % par an
pendant la décennie à venir, contre 2 % durant les dix années écoulées5. Alors que la production s’est
accrue de 19 % entre 2010 et 2019, les intrants – avec prise en compte de la qualité – ont augmenté de
seulement 3 %, le recul de la main-d’œuvre (-28 %) étant plus que compensé par la forte hausse du capital
(+62 %) ainsi que celle de l’utilisation de matières et de terres (respectivement +5 % et +2 %).
Les maladies animales comme la peste porcine africaine et la grippe aviaire continuent de menacer la
production de viande dans la région, et des mesures plus ambitieuses sont requises pour y faire face. À
l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, les politiques interventionnistes qui sont menées dans
la région jouent un rôle capital sur les marchés intérieurs et, compte tenu de la place qu’occupent les pays
en question sur les marchés mondiaux, toute modification des politiques intérieures risque d'avoir un
impact considérable au niveau international.
2.2.2. Production
Comprenant seulement cinq pays, la région se classe à la première place mondiale pour la production de
produits agricoles, halieutiques et aquacoles et devrait, en 2031, représenter 27 % de la production
mondiale en valeur. La Chine représente la plus grosse partie de cette valeur : pendant la période de
référence 2019-21, sa part moyenne dans la production agricole, halieutique et aquacole totale de l’Asie
développée et de l’Est approchait les 90 %. Ce pays est le principal moteur de la croissance dans la
région – avec une hausse de sa production agricole, halieutique et aquacole estimée à 20 %, contre une
stagnation dans les autres pays –, les modestes gains réalisés en Australie et en Nouvelle-Zélande étant
contrebalancés par les baisses au Japon et en Corée du Sud. Mis à part la reprise du secteur de l’élevage
après l’épidémie de peste porcine africaine, la croissance dans la région s’est globalement ralentie sous
l’effet de l’arrivée à maturité des marchés intérieurs, de l’évolution des politiques publiques, de l’ouverture
des marchés et de l’intensification de la concurrence commerciale.
Du fait des ressources limitées, les gains de productivité sont essentiels et la progression attendue de
17.7 % de la valeur de la production agricole, halieutique et aquacole au cours de la décennie à venir
surviendra malgré une baisse de 1 % de la superficie agricole totale. Une diminution des pâturages
estimée à 1.8 % dans la plus grande partie de la région ne sera pas totalement compensée par
l’augmentation de 2.2 % des terres affectées à la production végétale, principalement en Australie et en
Nouvelle-Zélande. Alors que la valeur générée sur un hectare de terre cultivée est d’ores et déjà plus
élevée en Asie développée et de l’Est que dans toute autre région, de nouvelles hausses de 1.3 % par an
sont attendues du fait des changements intervenus dans le panachage des cultures et de l’accroissement
des rendements rendu possible par les nouvelles variétés de semences, l’amélioration des méthodes de
production et l’extension de l’irrigation. La valeur de la production végétale devrait progresser de 1.6 %
par an, ce qui amènera sa part dans la production agricole, halieutique et aquacole totale de 61 % à l’heure
actuelle à 63 % en 2031. Cependant, avec la rareté de l’eau et une utilisation record des engrais de
synthèse par hectare dans la région, les préoccupations relatives à l’environnement et à la sécurité
alimentaire sont de plus en plus grandes.
La région contribue de manière significative à la production mondiale de plusieurs végétaux comme le riz,
le maïs et le blé. Elle représente également une part substantielle de la production mondiale de tourteaux
protéiques et d’huile végétale, principalement grâce à la transformation d’oléagineux importés. La Chine
assure presque à elle seule toute la production de maïs de la région et contribue pour plus de 90 % à celle
de riz et pour 80 % à celle de blé. Ses terres consacrées à la production de maïs devraient être étendues
de 5 % au cours des dix ans à venir ; ajouté à la hausse des rendements de presque 7 % d'ici 2031, cela
entraînera une augmentation de la production de 12 %. À l’inverse, les superficies consacrées à la culture
du riz et du blé devraient diminuer respectivement de 2.5 % et 2.4 %. Dans le cas du riz, l’amélioration des
rendements de presque 9 % et la croissance de la production de 6 % suffisent à porter sa part dans la
production régionale totale à 94 % en 2031. Les rendements du blé devraient eux aussi progresser
(+3.6 %), mais avec une hausse de la production de seulement 1.1 %, la part de la Chine dans la
production régionale sera en léger recul. En Australie, les rendements du blé vont s'accroître de plus de
11 % sur une superficie relativement stable et contribuer à une augmentation de la production de 8 % d’ici
2031 ; le pays devrait donc représenter presque 60 % de la production supplémentaire de blé de la région.
Le secteur de l’élevage ne représente que 21 % de la valeur totale de la production agricole, halieutique
et aquacole de la région au cours de la période de base, et ce pourcentage devrait encore baisser du fait
de l'augmentation de la production de seulement 14 % à l’horizon 2031, bien inférieure aux 20 % observés
pour la production végétale sur une superficie qui évolue à la baisse. La Chine est le plus gros producteur
de produits d'origine animale, principalement de viande porcine et de volaille, qui représentent
respectivement 56 % et 28 % de sa production totale de viande. La viande porcine produite en Chine
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
100
2.2.3. Consommation
Une évolution notable vers plus de produits d'origine animale dans l’alimentation
Le léger recul du PIB par habitant, associé aux mesures d'aide au revenu prises dans les pays développés,
implique que les effets de la pandémie de COVID-19 sur la sécurité alimentaire en 2020 ont été moins
marqués dans cette région que dans la plupart des autres. Si la pandémie a assurément eu une incidence
sur le comportement des consommateurs et les chaînes d'approvisionnement de l’agriculture, la
prévalence de l’insécurité alimentaire – de modérée à forte – n’a que peu augmenté en Asie de l’Est, mais
a diminué dans la région Océanie. La disponibilité totale en calories dans la région n’a reculé que de
0.14 %. Elle devrait augmenter d’environ 200 kcal/personne/jour pour atteindre plus de 3 460 kcal en
2031, ce qui représentera 13 % de plus que la moyenne mondiale et placera la région au deuxième rang
le plus élevé parmi l’ensemble des régions.
Le vieillissement de la population est une réalité dans de nombreux pays de la région, avec un taux de
dépendance6 qui devrait atteindre respectivement 53.2 % et 38.2 % au Japon et en Corée à l’horizon 2030.
Le postulat général est que le vieillissement de la population aura un impact négatif sur le taux de
croissance de la consommation alimentaire totale dans ces pays. Dans l’ensemble de la région, et en
Chine en particulier, les modes de vie urbanisés entraîneront une augmentation de la consommation de
viande, de matières grasses et de sucres qui dépassera celle de la majorité des autres groupes d’aliments.
La consommation d'huile végétale devrait atteindre plus de 29 kg par habitant en 2031, dépassant ainsi
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
101
2.2.4. Échanges
De toutes les régions couvertes dans ces Perspectives, l’Asie développée et de l’Est est la plus grosse
importatrice nette, et son déficit devrait croître de 9 % supplémentaires d’ici 2031. Cette situation est due
principalement aux importations de l’Asie de l’Est – en particulier de la Chine et du Japon – et occulte le
statut d’exportatrice nette de l’Océanie. L’Asie de l’Est est une grande importatrice nette de soja, maïs, blé
et produits d’origine animale, alors que l’Océanie se démarque par ses exportations nettes de blé, d’orge,
de colza, de sucre, de viande et de produits laitiers.
La valeur nette des importations de la région devrait augmenter de 13 % entre la période de référence
(2019-21) et 2031. Plus de 80 % des importations supplémentaires reviennent à la Chine, qui est le premier
pays importateur de soja au monde. Après une baisse en 2018 et 2019 due à la combinaison de mesures
commerciales et d'un recul de la demande consécutif à la réduction des troupeaux de porcs, les
importations chinoises de soja ont retrouvé leur niveau record en 2020, malgré les difficultés et obstacles
logistiques liés à la pandémie de COVID-19. Les principales raisons de cette embellie ont été l’expansion
rapide du secteur de la volaille, ainsi que la reprise des élevages porcins. Cette configuration de la
demande devrait se maintenir et, compte tenu de l’environnement commercial devenu généralement
moins restrictif, il est probable que les importations chinoises de soja grimperont de 16 % supplémentaires
à l'horizon 2031. Cela signifie que la Chine représentera 63 % des échanges mondiaux de cette céréale.
Le secteur de l’alimentation animale accroît également la demande de maïs, mais la Chine a ici moins
besoin d'importer et ne représente donc que 11 % des importations mondiales. Compte tenu de la forte
croissance de la production intérieure, les importations de maïs évolueront à la baisse d’ici 2031, ce qui
amènera la part de la Chine dans les échanges mondiaux à moins de 5 %.
Au plus fort de l’épidémie de peste porcine africaine en Chine, les importations de viande ont fortement
augmenté mais elles devraient chuter de 25 % au cours de la prochaine décennie du fait de la progression
continue de la production intérieure chinoise. Malgré l’augmentation de la demande d'importations en
Corée pendant la même période, un recul des importations de viande de 14 % est prévu dans la région.
Une part importante des importations de viande de l’Asie de l’Est sera sans doute satisfaite grâce à la
hausse des exportations de l’Océanie, en particulier celles de l’Australie (+27 %, soit un gain de
516 000 tonnes). Cette augmentation sera composée à près de 80 % par de la viande bovine.
La région Océanie exporte en abondance de nombreux autres produits, dont les exportations vont
vraisemblablement s'accroître durant la prochaine décennie. En 2031, les exportations australiennes de
blé devraient progresser de 8 %. La conséquence est que l’Australie verra sa part dans les exportations
mondiales de blé passer juste en dessous de 10 % mais pourrait bien devenir un important fournisseur
sur le court terme si les livraisons en provenance de la région de la mer Noire venaient à diminuer du fait
de la poursuite de la guerre de la Russie contre l’Ukraine. Malgré sa faible superficie agricole, la Nouvelle-
Zélande représente plus de 30 % des exportations mondiales de viande ovine et 23 % de celles de produits
laitiers. Dans la mesure où la superficie de ses pâturages se réduit de plus en plus et devrait encore
diminuer d’ici 2031, la hausse des exportations devrait ralentir au cours de la prochaine décennie – à la
fois pour les produits laitiers et la viande ovine –, mais elle sera suffisante pour maintenir la part de la
Nouvelle-Zélande dans les exportations mondiales aux niveaux actuels.
Graphique 2.1. La Chine et son influence majeure sur la croissance de la production agricole,
halieutique et aquacole dans la région de l’Asie développée et de l’Est
2031
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2019
2020
2021
2022
2023
2024
2025
2026
2027
2028
2029
2030
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant du domaine « Valeur de la production agricole » de FAOSTAT et
complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux autres produits ont été
obtenues par extrapolation. La valeur nette de la production repose sur les estimations des auteurs de l’utilisation de semences et aliments pour
animaux autoproduits. Elles sont exprimées en USD constants de 2014-16.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Céréales Légumineuses, racines, tubercules Oléagineux Plantes sucrières Autres productions végétales
2 027
3 564
1 986
3 270
%
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Variation en valeur absolue de la superficie exploitée, 2019-21 à 2031 Variation en pourcentage de la superficie exploitée, 2019-21 à 2031
Cultures Pâturage Forêts Autres Cultures Pâturage Forêts Autres
kha %
11 000 10
8
9 000
6
7 000
4
5 000 2
3 000 0
1 000 -2
-4
-1 000
-6
-3 000
-12,820 -8
-11,330
-5 000 -10
Chine Australie Nouvelle- Corée Japon Chine Australie Nouvelle- Corée Japon
Zélande Zélande
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
5
80
4
60
3
40
2
20
1
0 0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Chine Chine Nouvelle-Zélande Corée Japon
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.4. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des
échanges agricoles dans la région de l’Asie développée et de l’Est
Croissance annuelle de la demande totale (alimentation humaine, alimentation animale et autres utilisations) (a)
Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
% p.a.
4
3.5
3
2.5
2
1.5
1
0.5
0
-0.5
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par Quantité de protéines disponibles par personne et par jour
g Aliments de base Animal Autres
Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres
kcal
140
4000
120
3500
3000 100
2500 80
2000 60
1500 40
1000
20
500
0
0
2031
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2031
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
Balances des échanges agricoles dans la région de l’Asie développée et de l’Est (c)
70
20
-30
-80
-130
-180
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux,
[Link] ; OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE
(base de données), [Link]
StatLink 2 [Link]
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées tient compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations) * 100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
2.3.1. Contexte
La région d’Asie du Sud et du Sud-Est7 est la plus peuplée des régions examinées dans le présent chapitre.
Sur ses 2.7 milliards d’habitants – soit 34 % de la population mondiale –, presque la moitié vit en Inde. Les
performances économiques ont été très hétérogènes entre les différents pays de la région au cours des
dernières décennies. Le revenu par habitant varie de 1 157 USD dans les pays les moins avancés d’Asie
à 56 900 USD à Singapour, et la moyenne s’établit à un peu plus de 3 000 USD.
L’activité économique a enregistré un rebond en 2021, le PIB par habitant progressant de 4.5 % après la
baisse de 5.2 % en 2020 liée à la pandémie de COVID-19. L’Inde a été le pays le plus durement touché,
avec un recul de plus de 8 % en 2020, mais une reprise supérieure aux niveaux précédant la pandémie
aura lieu en 2022. Alors que la croissance économique devrait être plus forte dans cette région que partout
ailleurs au cours de la prochaine décennie, les taux de croissance ont pour la plupart été revus à la baisse
compte tenu des mauvaises perspectives économiques à l’échelle mondiale. Les exceptions à cette
tendance sont les pays possédant des réserves énergétiques ou des stocks de produits, car ils profiteront
du prix élevé des produits de base. Dans ce contexte, la part des secteurs primaires que sont l’agriculture,
la pêche et la foresterie devrait continuer à diminuer au fil du temps, passant de quelque 14 % pendant la
période de référence à environ 10 % en 2031.
Sous l’effet de la croissance économique, la part moyenne de l’alimentation dans le budget des ménages
de la région a chuté à moins de 17 %. Dans les pays les moins avancés, en revanche, le pourcentage est
de 30 % 8, ce qui signifie que l’augmentation du prix des produits alimentaires aura un impact considérable
sur la sécurité alimentaire d'une grande partie de la population de ces pays au début de la période de
projection. Les terres agricoles s’étendant sur quelque 580 millions d’hectares, les ressources sont
relativement restreintes, avec seulement 0.2 ha/personne contre une moyenne mondiale d’environ 0.6 ha.
Malgré cela, la région continue d’afficher un excédent commercial pour les produits agricoles.
Les pressions sur les ressources vont s’intensifier car la croissance démographique se maintient à un
niveau proche de 1 % par an. La productivité totale des facteurs a progressé de 2 % par an – soit plus que
la moyenne mondiale de 1.4 % – au cours de la dernière décennie, ce qui a facilité la croissance
économique9. Entre 2010 et 2019, l’augmentation de la production – de presque 3 % par an – a été atteinte
avec une progression de seulement 0.5 % par an des intrants – principalement les matières (comme les
engrais) et, dans une moindre mesure, le capital, la main-d’œuvre ayant diminué. La demande intérieure
de produits agricoles est cependant en train d'augmenter. L’urbanisation progresse dans toute la région :
le pourcentage de la population vivant en zone urbaine devrait dépasser les 45 % en 2031, contre 40 %
en moyenne en 2019-21. Une grande partie de la population de la région étant soit végétarienne, interdite
de viande porcine ou intolérante au lactose, l’évolution des préférences de consommation, dans le
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
109
contexte de la hausse des revenus, demeure relativement incertaine, notamment en ce qui concerne la
consommation de produits d'origine animale.
La région comprend un certain nombre de grands exportateurs et importateurs de produits agricoles et
alimentaires divers. Elle affiche traditionnellement une balance commerciale légèrement positive. Ces
dernières années, presque un quart de la valeur totale de la production agricole, halieutique et aquacole
a été exporté. Les exportations se composent majoritairement de produits végétaux, en particulier de riz
et d'huile végétale qui représentent respectivement 79 % et 61 % des exportations mondiales. L’Asie du
Sud-Est est considérée comme un acteur de premier plan dans les chaînes de valeur mondiales,
particulièrement celles concernant les huiles végétales et les produits transformés qui en sont dérivés 10.
Les principaux défis auxquels est confrontée la région concernent sa capacité à accroître la productivité
et l’innovation – en particulier dans le contexte du changement climatique et des risques qu'il présente –.
L’insécurité alimentaire reste élevée, la région concentrant environ un tiers de la population mondiale
souffrant de sous-alimentation. Maintenir la croissance économique à une période d'incertitude sur les
marchés internationaux est un aspect extrêmement important. Une forte pression a été exercée sur les
ressources naturelles de la région – son capital naturel – lors des précédentes phases de son
développement, en particulier dans les pays d’Asie du Sud-Est, et des solutions innovantes doivent être
trouvées. Les grands défis que doivent relever les autorités publiques concernent la nature et la portée
des dispositifs d’intervention sur les marchés intérieurs, ainsi que leur incidence sur les interactions avec
les marchés mondiaux.
2.3.2. Production
L’Asie du Sud et du Sud-Est se classe à la seconde place mondiale pour la production en valeur des
secteurs de l’agriculture et de la pêche. La production végétale arrive en tête, mais la production animale
croît plus rapidement. La production agricole devrait s'accroître de 25 % d’ici 2031, soit plus que la
croissance démographique, ce qui signifie qu’elle sera en hausse une fois ramenée au nombre d’habitants.
Par rapport à la période 2019-21, la production végétale devrait augmenter de 22 %, pour ainsi représenter
62 % de la production agricole, halieutique et aquacole totale en 2031. Les gains de productivité sont
essentiels à cette embellie car selon les prévisions, les terres consacrées à la production végétale ne vont
progresser que de 1.3 % sur dix ans. En fait, la valeur générée sur un hectare de terre cultivée augmente
de plus en plus au cours de la période de projection – jusqu’à 1.6 % par an –, ce qui témoigne de
l’intensification de l’activité et de l’amélioration de la productivité. La région intervient pour une grande part
dans la production mondiale de plusieurs produits dont le riz, l’huile végétale, les légumineuses et le sucre.
Cette part devrait s'accroître pour tous ces produits sauf l’huile végétale, pour laquelle elle restera stable.
La production de céréales a lieu principalement en Inde, en Indonésie, au Pakistan et dans les PMA que
sont le Bangladesh, le Cambodge et le Myanmar. L’Inde assure à elle seule quelque 70 % de la production
de blé et 40 % de celle de riz – 48 % de la production additionnelle de riz d’ici 2031. La hausse de la
production de riz sera due aux gains de productivité, avec une extension des surfaces cultivées d’environ
2.5 % en Inde et dans les PMA d’Asie à l’horizon 2031 ; les rendements augmenteront quant à eux de
16.5 %.
La région est la première productrice au monde d’huile végétale, cette place s’expliquant par la production
d’huile de palme en Malaisie et Indonésie. En Malaisie en particulier, cette production s'appuie de manière
importante sur la main-d’œuvre étrangère et a, au cours des deux dernières années, été mise en difficulté
par la propagation du COVID-19 et les restrictions associées à la circulation des personnes, exacerbant
les contraintes structurelles qui avaient déjà limité l’offre avant la pandémie. Si une certaine reprise était
manifeste en Indonésie, les conditions météorologiques en Malaisie ont également contribué en 2021 à
un bas niveau de production, non enregistré depuis 15 ans. Malgré une timide reprise en 2022, le
ralentissement de l’augmentation des superficies de palmiers à huile matures implique que la croissance
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
110
de la production en Indonésie et en Malaisie sera plus faible au cours de la prochaine décennie, même si
ces deux pays continueront de représenter conjointement 33 % de la production mondiale d'huile végétale.
Le secteur de l’élevage compte actuellement pour 22 % dans la valeur de la production agricole,
halieutique et aquacole de la région, et sa croissance de 2.9 % par an amènera ce pourcentage à 25 %
en 2031. L’Inde et le Pakistan sont les pays contribuant le plus à cette hausse, tirée principalement par les
produits laitiers. L’augmentation de la production de lait, évaluée à 41 % d’ici 2031, sera due à l’extension
de 21 % du cheptel bovin (malgré une légère baisse de l’utilisation des pâturages) et à une amélioration
de 17 % du rendement par vache laitière. La volaille, principale viande produite dans la région,
représentera plus de 60 % de la production supplémentaire de viande en 2031. La croissance du secteur
sera due en grande partie au recours accru aux aliments pour animaux et à l’amélioration de la sélection
animale. La production de viande porcine est peu développée dans la région et se concentre surtout au
Viet Nam et en Thaïlande. Après de maigres résultats en 2019 et 2020 à cause de la peste porcine
africaine, cette production a repris au Viet Nam et enregistré une hausse de 5 % en 2021. Comme la
production est assurée majoritairement par des petits producteurs, le retour à la normale prendra de
nombreuses années, à tel point qu’il faudra sans doute attendre 2024 pour pouvoir dépasser les niveaux
de 2018.
La production halieutique et aquacole intervient pour une part importante dans la valeur totale de la
production agricole de la région, à hauteur de 15 %. Toutefois, avec une croissance de 15 % à l’horizon
2031, sa progression est la plus faible parmi les trois sous-secteurs de l’agriculture, d'où une érosion de
sa contribution au fil du temps. Alors que la production halieutique devrait rester stable – les ressources
étant limitées –, l'aquaculture connaît une progression de 2.1 % par an, ce qui signifie qu’elle dépassera
la pêche en 2027, pour finalement représenter 52 % de la production totale en 2031.
Les émissions directes de GES imputables à l’agriculture devraient s'accroître au total de 8.8 % en 2031
par rapport à 2019-21, principalement à cause du secteur de l’élevage. Tandis que les émissions liées à
la production végétale resteront stables, celles dues à l’élevage – qui connaîtra un accroissement des
troupeaux de ruminants – augmenteront au même rythme que pendant la précédente décennie, à savoir
de 1.1 % par an. En 2031, 29 % des émissions mondiales de GES de l’agriculture seront imputables à
l’Asie du Sud et du Sud-Est.
2.3.3. Consommation
Les progrès accomplis pendant des années par la région de l’Asie du Sud et du Sud-Est pour réduire
l’insécurité alimentaire et la sous-alimentation ont pris fin en 2020, en grande partie à cause des effets de
la pandémie de COVID-19 sur les revenus et l’accessibilité-prix aux aliments. En Asie du Sud en
particulier, la prévalence de la sous-alimentation a dépassé pour la première fois en dix ans le taux des
15 %, et plus de 300 millions de personnes souffraient de sous-alimentation en 2020. La forte reprise
économique en Asie du Sud et du Sud-Est – avec une hausse des revenus de 4.5 % en 2021 et de 4.7 %
supplémentaires attendus en 2022 – devrait permettre de faire face à l'insécurité alimentaire sur le court
terme, mais l'actuelle flambée des prix des produits de base risque d’empêcher toute amélioration. Sur le
moyen terme, la combinaison d'un léger recul de la croissance démographique, d'une accélération de la
hausse des revenus et d'une urbanisation lente mais régulière contribuera à l’évolution continue des
habitudes alimentaires, à savoir une demande accrue d'aliments plus caloriques et nutritifs (Law, Fraser
and Piracha, 2020[1]) (Kelly, 2016[2]) (Reardon et al., 2014[3]). En 2031, la disponibilité moyenne en calories
dans la région devrait progresser de presque 200 kcal/personne/jour pour atteindre 2 850 kcal en
moyenne, 6.5 % de moins que la moyenne mondiale. Cette hausse sera due principalement à la
consommation accrue de produits laitiers, de viande et d'huile végétale.
Les céréales, en particulier le riz, demeurent la principale source de calories dans la région. D'ici 2031,
elles représenteront 53 % de la disponibilité totale en calories (dont presque 30 % pour le riz). Ces chiffres
sont à comparer avec ceux de 2019-21 – respectivement 55 % pour les céréales et 31 % pour le riz – et
font suite à une légère progression de la consommation de riz par habitant (+3.5 %) au cours de la période
de projection, principalement en Inde. Au Viet Nam et en Indonésie, la consommation de riz est projetée
à la baisse, étant remplacée par le blé.
Bien que restant bien inférieure à la moyenne mondiale, la ration protéique moyenne va croître de
7 g/personne/jour, pour atteindre 75 g en 2031. Cela s’explique par l’augmentation de la consommation
de viande et de produits laitiers. Partant d’un niveau initialement bas, celle de viande s'élèvera à 15.5 kg
par personne en 2031 – soit encore plus de 20 kg en deçà de la moyenne mondiale, en particulier du fait
de la consommation réduite de viande en Inde. La volaille représentera plus de la moitié de la
consommation supplémentaire de viande. La consommation de produits laitiers est déjà bien supérieure
à la moyenne mondiale et une croissance de près de 30 % de la consommation par habitant d'ici 2031 la
fera passer à 32 % au-dessus du niveau moyen mondial. C’est la consommation de produits laitiers frais
qui devrait connaître le plus rapidement, poussée par une hausse considérable en Inde et au Pakistan.
À mesure que la production de produits laitiers et d’origine animale augmentera, la combinaison de
l’extension des cheptels, de l’utilisation accrue d’aliments pour animaux et des gains d’efficience
contribuera à une augmentation de la consommation en alimentation animale de 26 % d’ici 2031. Si le
maïs représente l’essentiel de l’alimentation animale, sa part est plus faible en Asie du Sud et du Sud-Est
que dans de nombreuses autres régions, les tourteaux protéiques occupant également une grande place
dans cette alimentation. La consommation de maïs et de tourteaux protéiques par les animaux devrait
s'accroître de 2.2 % par an, un pourcentage suffisant pour que leur part respective dans le total de
l’alimentation animale demeure relativement stable.
La hausse des obligations d'incorporation, principalement en Inde, entraîne le quasi-doublement de la part
de la région dans la consommation mondiale d’éthanol, de 6.5 % en 2019-21 à 11 % en 2031. S'agissant
du biodiesel, la part de la région dans la consommation mondiale est actuellement bien plus élevée (à
21 %), mais elle devrait également s'accroître d’ici 2031 (pour atteindre 30 %), principalement du fait des
augmentations enregistrées en Indonésie et, dans une bien moindre mesure, en Malaisie et en Thaïlande.
En Indonésie, la teneur obligatoire en biocarburants devrait rediriger l’offre intérieure d’huile de palme vers
le marché du biodiesel. Combiné à un soutien ponctuel important des prix de l’huile végétale – pour
répondre à la pénurie actuelle de l’offre –, cela pourrait favoriser des investissements dans le secteur.
Quoi qu'il en soit, le manque de terres disponibles demeure problématique et reste ces dernières années
la principale cause des retards de plantation de palmeraies à huile. Il explique aussi le ralentissement de
la croissance de la production d’huile végétale par la région au cours de la période examinée, la hausse
devant se limiter à 17 % d'ici 2031, contre 43 % pendant la période de référence.
2.3.4. Échanges
La région est encore aujourd’hui faible exportatrice nette de produits agricoles, mais un léger déficit est
attendu d’ici 2031. Cette situation générale masque toutefois d'importantes différences entre les pays.
L’Inde et l’Asie du Sud-Est devraient continuer d’être des exportatrices nettes, mais l'on s’attend à une
baisse de l’excédent commercial indien. À l’opposé, les PMA et autres pays en développement de la région
enregistrent une hausse continue de leurs importations nettes.
La région se distingue par le niveau élevé de ses exportations nettes de riz, d'huile végétale, de produits
halieutiques et aquacoles et de fruits frais. Les exportations de riz devraient sensiblement augmenter, à
raison de 3 % par an en moyenne, ce qui portera la part de la région dans les exportations mondiales à
86 % en 2031. Cette hausse provient en grande partie de l’Inde, qui représente 51 % des exportations
supplémentaires, mais une forte augmentation est également projetée en Thaïlande, au Viet Nam et dans
les PMA comme le Myanmar. Même si l’Indonésie et la Malaisie continueront de se classer en tête des
exportations d’huile végétale, la part de la région dans les exportations mondiales ne cessera de diminuer.
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
112
La principale raison est la baisse de la part de marché de la Malaisie, dont les exportations d’huile de
palme devraient progresser de seulement 0.6 % par an. Selon les projections, les exportations de produits
halieutiques et aquacoles de la région vont se tasser au cours de la prochaine décennie, la consommation
augmentant plus vite que la production. Une part importante des échanges de produits halieutiques et
aquacoles aura lieu au sein même de la région.
La dépendance de l’Asie du Sud et du Sud-Est à l’égard des importations de blé, de maïs, d'oléagineux,
de tourteaux protéiques et de sucre devrait s’intensifier d'ici 2031. En revanche, la part de la consommation
totale de viande assurée par les importations est anticipée à la baisse, mais la production animale devient
de plus en plus dépendante des aliments pour animaux importés. Cette tendance s’explique en grande
partie par la situation au Viet Nam : après avoir monté en flèche du fait de l’épidémie de peste porcine
africaine, ses importations de viande porcine chutent brutalement par rapport à la période de référence.
En % par an
8
-1
2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 2024 2026 2028 2030
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant du domaine « Valeur de la production agricole » de FAOSTAT et
complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux autres produits ont été
obtenues par extrapolation. La valeur nette de la production repose sur les estimations des auteurs de l’utilisation de semences et aliments pour
animaux autoproduits. Elles sont exprimées en USD constants de 2014-16.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Céréales Légumineuses, racines, tubercules Oléagineux Plantes sucrières Autres productions végétales
8 911
8 819
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 %
Variation en valeur absolue de la superficie exploitée, 2019-21 à 2031 Variation en pourcentage de la superficie exploitée, 2019-21 à 2031
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
20
15
10
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Inde Asie du Sud Est Autres pays en développement Pays les moins avancés
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.8. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des
échanges agricoles en Asie du Sud et du Sud-Est
Croissance annuelle de la demande totale (alimentation humaine, alimentation animale et autres utilisations) (a)
% p.a. Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
6
0
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par jour (b) Quantité de protéines disponibles par personne et par jour (b)
Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres g Aliments de base Animal Autres
kcal
3500 90
3000 80
70
2500
60
2000
50
1500 40
1000 30
500 20
0 10
-500 0
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
Inde Asie du Sud Est Autres pays en Pays les moins Inde Asie du Sud Est Autres pays en Pays les moins
développement avancés développement avancés
Asie du Sud et du Sud-Est Inde Pays les moins avancés Asie du Sud Est Autres pays en développement
En milliards USD de 2014-16
100
70
40
10
-20
-50
-80
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux,
[Link] ; OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE
(base de données), [Link]
StatLink 2 [Link]
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées rend compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations)*100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
2.4.1. Contexte
L’Afrique subsaharienne est une région étendue et hétérogène où vivent 14 % de la population mondiale.
Elle présente, parmi les sept régions11 examinées dans ce chapitre, un profil de croissance économique
et démographique étonnant. La croissance démographique y est la plus élevée de toutes les régions et,
malgré des progrès rapides, l’urbanisation y est de loin la plus lente. D’après les projections, l’Afrique
subsaharienne comptera en 2031 334 millions d’habitants de plus qu’en 2019-21, ce qui représente un
taux de croissance de 2.5 % par an. La part de la population mondiale vivant dans cette région sera en
hausse pour atteindre 16.5 %. Même si les deux tiers ou presque des habitants supplémentaires que
comptera la région vivront en zone urbaine, 52 % de la population continuera de vivre en milieu rural en
2031. L’Afrique subsaharienne est donc la seule région dont plus de la moitié de la population vivra en
zone rurale en 2031, et l’une des deux seulement (avec le Proche-Orient et l’Afrique du Nord) où la
population rurale devrait continuer à croître en termes absolus au cours de la prochaine décennie.
En règle générale, les économies de la région sont très dépendantes des secteurs de production liés aux
ressources, comme l’agriculture, le pétrole et les métaux. L’agriculture, la pêche et la foresterie
représentent environ 17 % du PIB et cette part devrait fléchir à 15 % en 2031. La croissance économique
par habitant devrait être moins vigoureuse que dans d’autres régions émergentes et en développement,
avec une augmentation de 1.3 % par an. Après un recul de 5 % en 2020 dû à la pandémie de COVID-19,
le PIB par habitant a regagné 1.1 % seulement en 2021, et devrait progresser de 1 % supplémentaire en
2022. Malgré la forte poussée des prix des produits alimentaires à l’échelle mondiale, la timide reprise
s’explique par l’impact persistant des mesures restrictives ayant été prises pour endiguer la propagation
de la pandémie, les faibles ressources disponibles pour financer la reprise, ainsi que la prolongation des
restrictions de déplacements (provoquant une baisse des recettes émanant du secteur touristique). Si l’on
s'appuie sur le pourcentage de reprise découlant des projections, il faudra attendre 2025 pour que le PIB
par habitant retrouve un niveau supérieur à celui existant avant la pandémie. Les performances
économiques sont très variables au sein de la région, les économies les moins avancées progressant plus
rapidement, mais en partant d’un niveau plus bas. Les revenus moyens par habitant dans la région sont
les plus bas du monde – à 1 719 USD – et devraient atteindre en 2031 1 920 USD (exprimés en USD de
2010). Dans les pays les moins avancés (PMA) de la région, ces revenus ne dépasseront probablement
pas 1 000 USD par an.
Les ménages d’Afrique subsaharienne consacrent en moyenne 23 % de leurs revenus à l'alimentation, ce
qui représente le pourcentage le plus élevé de toutes les régions. De grandes différences existent
cependant entre les pays, avec par exemple 33 % dans les PMA de la région. 12 Cette forte proportion du
revenu total consacré à l’alimentation rend la région particulièrement vulnérable face à l’augmentation du
prix des produits alimentaires qui est prévue à court terme, ce qui aura des conséquences majeures sur
le bien-être économique, la sécurité alimentaire et la diversité nutritionnelle. La disponibilité en calories
par habitant est d'ores et déjà beaucoup plus faible que dans la plupart des autres régions, ce qui accroît
d’autant plus l'impact de la pandémie de COVID-19 sur l'accessibilité-prix des aliments et la sécurité
alimentaire. Selon l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde de la FAO (2021), la
prévalence de la sous-alimentation est passée en l’espace d’un an seulement de 20.6 % en 2019 à 24.1 %
en 2020, et le nombre d’habitants de la région sous-alimentés s’est accru de 44 millions. Si la sous-
alimentation était en hausse dans la région depuis 2018, la tendance s’est rapidement accélérée sous
l’effet de la pandémie.
L’Afrique subsaharienne est une région riche en terres qui affiche une grande variété sur le plan
agroécologique ; elle représente 15 % des terres cultivées et 20 % des pâturages à l’échelle mondiale.
Cependant, dans de nombreux pays, la forte densité de population dans les zones rurales a entraîné un
manque de terres agricoles et une baisse de la taille des parcelles. Une grande partie des terres encore
disponibles dans la région se situent dans quelques pays seulement et/ou sont des surfaces boisées. C’est
pourquoi la région n’a été à l’origine que de 7 % de la valeur mondiale de la production agricole, halieutique
et aquacole en 2019-21. En revanche, avec une vaste population ayant des besoins de consommation
importants et un régime alimentaire unique reposant sur les aliments de base, la région représente 41 %
de la consommation mondiale de racines et de tubercules et 13 % de celle de céréales, mais seulement
7 % de celle de sucre et 6 % de celle d’huile végétale et de poisson. La part relativement faible de la région
dans la consommation mondiale de viande (4 %) et de produits laitiers frais (5 %) est le reflet d’un pouvoir
d'achat peu élevé et d’un régime alimentaire peu protéiné dans la plupart des pays. Globalement, le taux
d’autosuffisance de l’Afrique subsaharienne pour les principaux produits alimentaires diminue car la
population de la région augmente à un rythme supérieur à celui de la croissance de l’offre intérieure et
l'environnement actuel des prix élevés des denrées alimentaires pourrait peser davantage sur les efforts.
Améliorer la sécurité alimentaire et réduire la faim dans un environnement où les revenus sont faibles sera
l'un des plus grands défis qui attendent la région au cours des dix ans à venir. Malgré les progrès et les
succès enregistrés dans certains pays, le niveau de productivité reste bas dans la plus grande partie de
la région. Selon les estimations, la productivité totale des facteurs a reculé de 2 % entre 2010 et 2019,
l’utilisation plus poussée d’intrants, principalement le capital (y compris l’élevage) – n’étant pas corrélée
par l'augmentation de la production13. La concentration des terres dans un petit nombre de pays peut offrir
des occasions importantes de développer les échanges intrarégionaux, mais une réduction des coûts est
nécessaire pour rendre ces échanges plus compétitifs. Les importations de la région devraient donc
continuer à augmenter au cours de la période de projection. Dans un contexte où le marché mondial est
de plus en plus instable, réduire les coûts commerciaux et améliorer la productivité représentent des pistes
importantes pour permettre à la région d’offrir à sa population croissante des produits alimentaires plus
abordables.
2.4.2. Production
composition de l’alimentation humaine et animale (comme les céréales, les légumineuses, les racines et
les tubercules) seront les principales sources de croissance. S'agissant des céréales, racines et
tubercules, la part de la région sur les marchés mondiaux augmentera au cours de la période de projection.
D’ici 2031, la région pourrait représenter plus de 40 % de la production mondiale de racines et tubercules,
21 % de celle de légumineuses et 6.5 % de celle de céréales. La production de coton devrait progresser
de 1.5 % par an, ce qui portera sa part sur le marché mondial à 8 % en 2031. Elle sera assurée à quelque
70 % par les PMA de la région, et pour une grande part en Afrique de l’Ouest, où le Burkina Faso et le
Bénin sont de gros producteurs.
La hausse de la production végétale de 25 % au cours des dix prochaines années sera le résultat combiné
de l’extension des surfaces, de la modification du panachage des cultures et des gains de productivité. La
valeur réelle de cette production, exprimée en unité de surface agricole, continuera de croître de 1.9 %
par an, signe d'une certaine intensification des cultures. L’alternance des cultures de haricots et de
céréales est courante dans de nombreux pays. Le système de double récolte est fréquent dans les régions
tropicales ayant un régime fluvial binaire, tout comme les cultures d’irrigation sont répandues en Afrique
australe, où le soja et le blé sont souvent produits l’un à la suite de l’autre au cours d’une même année.
Le développement de la culture du riz dans la région, notamment au Nigéria, devrait lui aussi reposer sur
la réalisation de plusieurs récoltes par an.
Si la région est considérée comme riche en terres, cela n’est vrai que pour quelques pays : le Soudan,
Madagascar, la RDC, le Mozambique, l’Angola, la République du Congo, la République centrafricaine,
l’Éthiopie et la Zambie représentent environ 65 % des terres disponibles (Chamberlain et al., 2014).
Partout ailleurs, l’extension de la superficie agricole qui est en cours est limitée par la fragmentation des
parcelles, les conflits dans certains pays riches en terres ainsi que l’existence d’autres utilisations
concurrentes telles que l’exploitation minière et l’étalement urbain. Il est donc d'autant plus important
d'améliorer la productivité dans la région.
Le rendement moyen des céréales dans la région devrait augmenter de 22 % au cours de la période de
projection, soit au même rythme qu’au cours de la décennie écoulée. La hausse ininterrompue des
rendements de la majorité des principales cultures s’explique par les investissements dans des variétés
végétales améliorées et adaptées à l’environnement local, ainsi que par des pratiques de gestion
optimisées. L'augmentation des rendements de la plupart des cultures dépasse les taux projetés à l’échelle
mondiale, mais en partant d’un niveau qui est souvent inférieur à la moitié de la moyenne mondiale. Cela
signifie que l’écart substantiel entre les rendements de la région et ceux obtenus dans le reste du monde
va se réduire mais demeurera important en 2031. Les efforts déployés pour combler totalement cet écart
sont freinés par la faible utilisation d’intrants, ainsi que par le manque d’irrigation et d’infrastructure. Malgré
la mise en œuvre de vastes programmes de subvention des engrais dans de nombreux pays, l’utilisation
de ces intrants en Afrique subsaharienne est la plus faible de toutes les régions ; de plus, dans cette région
qui en est une importatrice nette, la flambée des prix des engrais à court terme pourrait être un obstacle
supplémentaire à leurs achats et leur utilisation (Graphique 2.10). La production est fortement dépendante
de terres arides et face à des défis écologiques croissants, la région pourrait être l'une des plus gravement
touchées par le changement climatique ; la croissance des rendements devra être réalisée dans un
environnement de plus en plus instable.
La valeur nette de la production animale devrait croître de 28 % au cours des dix prochaines années, les
secteurs de la volaille et du lait enregistrant les augmentations les plus rapides. La région produira 10.5 Mt
de lait de plus et 2.9 Mt de viande supplémentaire en 2031, répartis comme suit : 1.0 Mt de volaille, 894 kt
de viande bovine, 629 kt de viande ovine et 362 kt de viande porcine.
Les systèmes de production de viande bovine et ovine de la région sont généralement extensifs, et
l’augmentation précitée sera due davantage à l’augmentation du cheptel qu’à des gains de productivité.
En 2019-2021, l’Afrique subsaharienne représentait seulement 7 % de la production mondiale de viande
bovine, mais presque 17 % du cheptel bovin mondial. Selon les projections, sa part du cheptel bovin
mondial progressera à plus de 19 % en 2031, mais sa production de viande bovine par rapport au total
mondial ne gagnera que 0.5 %. De même dans le secteur ovin, la région comptabilise 14 % de la
production mondiale, mais 25 % du cheptel. La production de viande ovine devrait progresser de 29 % au
cours de la prochaine décennie en Afrique subsaharienne, ce qui permettra à la région de voir sa part
dans la production mondiale passer à 15 %, avec 28 % du cheptel mondial. Cela dit, l’extension du cheptel
en 2031 aura lieu sur une superficie de pâturages presque inchangée.
Bien que les systèmes de production de volaille extensifs soient toujours courants dans la région, le
processus d’intensification s'accroît dans le secteur, en particulier dans des pays comme l’Afrique du Sud,
qui produit un excédent de céréales fourragères. Bien que partant d'un niveau faible, l’utilisation d’aliments
pour animaux devrait continuer à augmenter dans la région, sous l’effet de la modernisation des chaînes
d'approvisionnement dans des pays comme la Zambie et la Tanzanie ; en revanche, de nombreux petits
producteurs utilisent encore des aliments pour animaux autres que des céréales, qu'ils se procurent
souvent de manière informelle. Dans les pays qui utilisent déjà les aliments pour animaux de façon plus
intensive, les améliorations génétiques et celles, progressives, du taux de conversion alimentaire réduiront
la quantité d'aliments requise par animal. À l’échelle de toute la région, le résultat final est que l’utilisation
d’aliments pour animaux progresse légèrement plus vite que la production de viande. Une partie de ces
aliments est utilisée pour la production halieutique et aquacole, dont on prévoit une hausse de 14 % d’ici
2031. L’aquaculture devrait connaître une expansion de 32 %, soit supérieure à celle de la pêche (13 %),
quoique partant d'une base peu élevée ; elle ne représentera en 2031 que 9 % de la production de produits
halieutiques et aquacoles de la région, contre 8 % pendant la période de référence.
D’après ces projections de production, les émissions directes de GES liées à l’agriculture devraient
progresser de 14 % d’ici 2031 par rapport à la période de référence. L’Afrique subsaharienne sera
responsable de 40 % de l’augmentation mondiale desdites émissions et représentera finalement en 2031
16 % des émissions directes du secteur agricole au niveau mondial. En revanche, rapportées à la valeur
de la production au niveau régional (en USD), les émissions du secteur agricole devraient continuer à
diminuer.
2.4.3. Consommation
La contribution des aliments de base à la disponibilité totale en calories est plus élevée en Afrique
subsaharienne que dans toute autre région. Alors que cette contribution évolue relativement peu à
l’horizon 2031, la consommation par habitant des aliments de base devrait quant à elle continuer
d’augmenter. Pour la plupart des autres catégories de produits, dont la viande, les produits laitiers, les
produits halieutiques et aquacoles, le sucre et l’huile végétale, les niveaux de consommation par habitant
sont actuellement les plus faibles du monde. Alors que la consommation par habitant de produits laitiers
et d'huile végétale devrait s'accroître dans les dix ans à venir, celle de viande, de produits halieutiques et
aquacoles et de sucre devrait baisser en raison de la lente reprise post-pandémique de la croissance des
revenus. Cela signifie que la diversification des habitudes alimentaires prendra du temps, mais que la
consommation alimentaire totale augmentera substantiellement pour tous les produits du fait de la
croissance démographique rapide.
Avec une progression de 79 kcal/jour au cours de la période de projection, la disponibilité moyenne en
calories dans la région dépassera en 2031 les 2 500 kcal/jour par habitant. Cela reste très inférieur à la
moyenne mondiale de 3 040 kcal/jour, et signifie que la consommation de calories dans la région sera
toujours la plus faible du monde en 2031. La consommation de protéines – provenant majoritairement de
produits d’origine végétale – ne devrait croître que de 1.2 g par personne et par jour. Une augmentation
de la consommation de produits laitiers est prévue au cours de la prochaine décennie, mais elle sera plus
que contrebalancée par la baisse de la consommation par habitant de viande et de produits halieutiques
et aquacoles, ce qui limitera l’amélioration des apports de nutriments et micronutriments essentiels.
D'ici 2031, les céréales devraient supplanter les racines et les tubercules et devenir la principale source
d'alimentation animale pour le secteur de l’élevage. Cela dit, la consommation totale d'aliments pour
animaux est faible en Afrique subsaharienne et représentera moins de 4 % du total de la consommation
mondiale en 2031, alors que la région abritera 16 % de la population mondiale.
2.4.4. Échanges
Une dépendance aux importations de plus en plus grande et une lente progression des
accords commerciaux régionaux
Selon les prévisions, la région deviendra de plus en plus dépendante aux importations pour combler l’écart
entre la production et la consommation intérieures. Hormis de rares exceptions, la plupart des aliments de
base produits dans la région sont destinés à la consommation intérieure et non à l’exportation. Toutefois,
un grand nombre de pays tirent parti de la différence de saison dans l’hémisphère nord et de la
compétitivité de leurs coûts du travail pour devenir exportateurs nets de produits frais à valeur élevée.
Le déficit commercial de la région pour les principaux produits alimentaires devrait se creuser au cours de
la prochaine décennie. Évalué en prix de référence mondiaux constants (2014-16), ce déficit devrait
considérablement s'alourdir, passant d’environ 9 milliards USD à 26 milliards USD en 2031.
Face aux défis liés à la pandémie en 2020, les importations de céréales ont augmenté, alors que celles
de viande, de produits halieutiques et aquacoles, d'huile végétale et de sucre ont diminué. Au plus fort de
la première vague de la pandémie, le commerce intrarégional a connu de nombreuses difficultés
logistiques qui ont entraîné de longs retards aux postes-frontières terrestres (Njiwa and Marwusi, 2020[4]).
Avec l’allègement des restrictions lors des vagues ultérieures de la pandémie, et au fur et à mesure de
l’adaptation des stratégies, les importations de viande, de produits halieutiques et aquacoles et de céréales
se sont également accrues ; en revanche, la forte poussée des prix a limité celles de sucre et d’huile
végétale. De plus, l’Afrique subsaharienne doit encore faire face aux problèmes qui touchent le monde
entier – comme la pénurie de conteneurs, le coût élevé des transports et la hausse locale du prix des
carburants – et qui renchérissent les échanges, alors que ses résultats dans les indicateurs mesurant
PAPSS supprime de fait les frontières existant entre les systèmes financiers africains et les regroupe de
façon formelle.
Hormis les droits de douane, un autre frein aux échanges intrarégionaux est le niveau élevé des obstacles
non tarifaires. Bien que l’AfCFTA prévoie une reconnaissance mutuelle des normes et des licences ainsi
que l’harmonisation des mesures sanitaires et phytosanitaires, un grand nombre de ces obstacles sont
difficiles à éliminer ou réduire. Selon les données relatives au coût des échanges recueillies par la CESAP-
Banque mondiale, l'équivalent ad valorem du coût des obstacles non tarifaires sur les échanges internes
du continent est estimé à quelque 283 %. Il est en outre de plus de 300 % pour les produits agricoles15 et
dépasse de plus de 100 % celui des produits manufacturés non agricoles. Les facteurs y contribuant sont
le coût élevé du transport routier, qui résulte de la déficience des infrastructures, ainsi que le manque
d’efficacité aux postes-frontières. Cela est corroboré par la présence de seulement six pays d’Afrique
subsaharienne dans la première moitié de l'indice de performance logistique de la Banque mondiale, qui
couvre 160 pays. Compte tenu des réglementations mises en œuvre à ce jour et de la nécessité de finaliser
les programmes de réduction des droits de douane et les listes de produits sensibles, aucun impact visible
n’a été prévu cette année dans les projections de référence.
Graphique 2.9. Valeur nette de la production des secteurs agricole, halieutique et aquacole par
habitant en Afrique subsaharienne
2011=1
1.08
1.06
1.04
1.02
0.98
0.96
0.94
0.92
0.9
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant du domaine « Valeur de la production agricole » de FAOSTAT et
complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux autres produits ont été
obtenues par extrapolation. La valeur nette de la production repose sur les estimations des auteurs de l’utilisation de semences et aliments pour
animaux autoproduits. Elles sont exprimées en USD constants de 2014-16.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.10. Faible emploi d’engrais par hectare de terre consacré à la production végétale en
Afrique subsaharienne, moyenne 2017-19
kg per hectare
land used
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Moyenne mondiale Afrique du sud Ethiopie Autres pays d’Afrique Afrique subsah. Nigeria PMA d’Afrique
subsaharienne subsaharienne
Source : FAOSTAT
StatLink 2 [Link]
1 374
1 450
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 %
Variation en valeur absolue de la superficie exploitée, 2019-21 à 2031 Variation en pourcentage de la superficie exploitée, 2019-21 à 2031
kha Cultures Pâturage Forêts Autres % Cultures Pâturage Forêts Autres
16 000 16
12 000 14
12
8 000
10
4 000 8
6
4
-4 000 2
-8 000 0
-2
-12 000
-4
-16 000 -6
Nigeria Afrique du sud Ethiopie Autres Afrique Moins avancés Nigeria Afrique du sud Ethiopie Autres Afrique Moins avancés
subsah. subsah.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Nigeria Afrique du sud Ethiopie Moins avancés Autres Afrique subsah.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.13. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des
échanges agricoles dans la région de l'Afrique subsaharienne
Croissance annuelle de la demande totale (alimentation humaine, alimentation animale et autres utilisations) (a)
Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
% p.a.
4
-1
-2
-3
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par jour (b) Quantité de protéines disponibles par personne et par jour (b)
kcal Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres g Aliments de base Animal Autres
3000 90
80
2500
70
2000 60
50
1500
40
1000 30
500 20
10
0 0
2031
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2031
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
Nigeria Afrique du sud Ethiopie PMA d’Afrique Autres pays Nigeria Afrique du sud Ethiopie PMA d’Afrique Autres pays
subsaharienne d’Afrique subsaharienne d’Afrique
subsaharienne subsaharienne
Balances des échanges agricoles de l'Afrique subsaharienne (c)
Afrique subsah. Nigeria Moins avancés Ethiopie Afrique du Sud Autres Afrique subsah.
bln 2014-16 USD
10
5
0
-5
-10
-15
-20
-25
-30
-35
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Population (‘000) 823 015 1 078 061 1 412 143 30.99 2.72 2.46
PIB par habitant1 (kUSD) 1.67 1.72 1.92 11.49 -0.43 1.26
Production (mrd USD de 2014-16)
Valeur nette de la production agricole, halieutique et 213 286 357 24.71 2.50 1.96
aquacole3
Valeur nette de la production végétale3 151 213 267 24.92 2.89 1.92
Valeur nette de la production animale3 44 50 65 28.46 1.14 2.47
Valeur nette de la production halieutique et aquacole3 17 22 25 14.03 2.08 1.12
Quantité produite (kt)
Céréales 116 434 160 064 202 852 26.73 3.38 2.07
Légumineuses 13 634 20 468 25 909 26.58 3.77 1.86
Racines et tubercules 61 857 94 412 117 858 24.83 2.92 1.94
Oléagineux4 7 325 8 474 9 687 14.31 1.02 1.13
Viande 9 423 12 268 15 194 23.85 2.59 2.13
Produits laitiers5 3 392 3 619 5 015 38.61 0.47 3.27
Produits halieutiques et aquacoles 5 980 7 803 8 903 14.09 2.08 1.12
Sucre 6 556 7 600 8 898 17.08 1.00 0.89
Huile végétale 5 328 7 513 8 958 19.23 3.03 1.24
Production de biocarburants (mln L)
Biodiesel 0 0 0 148.75 0.00 2.25
Éthanol 732 994 970 -2.44 4.83 2.72
Superficie exploitée (kha)
Superficie agricole totale 860 717 883 817 885 653 0.21 0.14 0.01
Superficie totale affectée à la production végétale6 207 172 223 930 225 314 0.62 0.23 0.00
Superficie totale des pâturages7 653 545 659 887 660 339 0.07 0.11 0.01
Émissions de GES (Mt éq. CO2)
Total 709 842 988 17.28 1.68 1.42
Imputables à la production végétale 215 196 198 0.75 -0.86 0.04
Imputables à la production animale 493 645 789 22.33 2.57 1.80
Demande et sécurité alimentaire
Disponibilité quotidienne en calories par habitant8 (kcal) 2 433 2 433 2 512 3.25 0.01 0.38
Disponibilité quotidienne en protéines par habitant8 (g) 61.7 59.3 60.5 2.02 -0.32 0.27
Disponibilité alimentaire par habitant (kg/an)
Aliments de base9 178.1 196.4 203.7 3.71 0.38 0.24
Viande 10.3 10.7 10.9 1.94 -0.07 0.07
Produits laitiers5 4.5 3.7 4.0 6.65 -1.70 0.82
Produits halieutiques et aquacoles 8.2 7.7 7.5 -3.24 -1.23 -0.34
Sucre 10.4 10.5 10.7 1.84 -0.36 0.30
Huile végétale 7.7 8.4 9.1 8.49 -0.67 0.87
Échanges (mrd USD de 2014-16)
Échanges nets3 -11 -9 -26 199.51 .. ..
Valeur des exportations3 30 48 59 22.88 3.91 1.65
Valeur des importations3 41 57 86 50.13 2.58 3.87
Taux d’autosuffisance alimentaire10
Céréales 84.2 82.3 78.1 -5.03 0.11 -0.45
Viande 88.7 85.3 79.4 -6.89 -0.35 -0.37
Sucre 75.8 66.3 58.4 -11.85 -0.61 -1.98
Huile végétale 58.9 57.4 50.4 -12.25 1.13 -1.52
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées rend compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations)*100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
2.5.1. Contexte
La région Proche-Orient et Afrique du Nord16 comprend des pays aux profils de revenus hétérogènes, qui
sont souvent confrontés à des problèmes similaires en ce qui concerne l’environnement de la production
agricole. Les ressources foncières et hydriques sont limitées, et moins de 5 % des terres de la région sont
considérées comme arables. L’ensemble des pays de la région, à l’exception de l’Iraq et de la Mauritanie,
doivent composer avec la rareté des ressources hydriques, et dans certains pays, cette rareté est extrême,
les niveaux par habitant équivalant à moins d’un quart des niveaux viables. Ses ressources hydriques déjà
limitées rendent la région particulièrement vulnérable au changement climatique.
Parmi son éventail de pays moins avancés et d’économies à revenu élevé et intermédiaire, la région
comprend un grand nombre de pays du Golfe exportateurs de pétrole. Cette ressource étant une manne
financière, les marchés de l’énergie jouent un rôle extrêmement important au regard de l’activité
économique et peuvent avoir un impact majeur sur l'évolution de la demande. À cet égard, l'instabilité des
marchés de l’énergie depuis deux ans ainsi que les prévisions de hausse du prix du pétrole à court terme
vont, si elles s'inscrivent dans la durée, avoir un effet sur le niveau des revenus plus marqué dans cette
région que dans toutes les autres examinées dans les présentes Perspectives.
Du fait des conditions difficiles dans lesquelles a lieu la production agricole, le Proche-Orient et l’Afrique
du Nord est l’une des principales régions importatrices nettes de produits alimentaires et les taux
d’autosuffisance pour la plupart des produits y sont faibles, en particulier pour les céréales, l’huile végétale
et le sucre (Graphique 2.15). Sa dépendance aux importations rend cette région particulièrement
vulnérable aux incertitudes liées au marché comme les fragilités du système commercial mondial mises
en évidence par la pandémie de COVID-19, les problèmes logistiques persistants à mesure que la
pandémie se poursuit, et les éventuelles difficultés d’approvisionnement en provenance de la région de la
mer Noire, où la guerre en cours de la Russie contre l’Ukraine risque d’avoir une incidence sur les
exportations des principaux produits (dont le blé, le maïs et les produits oléagineux). La Russie et l’Ukraine
ont toujours été les deux principaux fournisseurs de blé de la région, mais même si le blé vient d'ailleurs,
la flambée des prix des céréales importées suscite des inquiétudes quant à l’accessibilité-prix des produits
alimentaires de base dans les pays à plus faible revenu. Avec des dépenses alimentaires représentant en
moyenne quelque 15 % du budget total des ménages – 33 % dans les pays les moins avancés –, les
variations brutales des revenus et des prix peuvent avoir des répercussions importantes sur le bien-être.17
Depuis toujours, les ressources limitées de la région ont été utilisées pour financer des politiques publiques
visant à stimuler la production et à réduire la dépendance aux importations de céréales de base. Si de
telles mesures ont pour but de réduire la dépendance commerciale, elles peuvent cependant freiner la
croissance car les céréales sont en concurrence avec des cultures de plus grande valeur en ce qui
concerne l’utilisation des maigres ressources en eau, le résultat étant une disponibilité moindre de produits
frais qui pourraient sinon permettre d'améliorer la diversité de l'alimentation. De surcroît, les conflits
géopolitiques dans la région ont entraîné de nouvelles baisses des investissements et des déplacements
de population, ce qui constitue de nouvelles entraves à la production.
Le secteur de l’agriculture, la foresterie et la pêche représente actuellement quelque 5 % du PIB total de
la région et devrait passer à 4 % en 2031. L’Égypte assure presque 30 % de la valeur nette de la production
agricole, halieutique et aquacole de la région, tandis que les autres pays d’Afrique du Nord en représentent
48 % (14 % pour les PMA et 34 % pour les autres). Ces pourcentages devraient s’accroître d’ici dix ans,
et l’Afrique du Nord représentera presque 80 % de la valeur nette de la production agricole de la région
en 2031.
La croissance démographique, qui joue un rôle important dans l’évolution de la demande, ne devrait
ralentir que modérément, de presque 23 % au cours de la précédente décennie à 20 % dans les dix ans
à venir. Ce taux de croissance, le deuxième plus élevé derrière celui de l’Afrique subsaharienne, portera
la population de la région à plus de 500 millions de personnes en 2031. Presque les deux tiers de cette
population devraient vivre en milieu urbain, ce qui pourrait encourager la consommation de produits de
plus grande valeur, y compris de viande et de produits laitiers, mais aussi de produits essentiels contenant
de l’huile végétale et du sucre. Cela dit, l'accessibilité-prix jouera également un rôle important ainsi que la
forte dépendance à l’égard des recettes provenant des exportations les économies de la région ont été
parmi les plus touchées par la pandémie de COVID-19 en 2020, le revenu par habitant ayant diminué de
plus de 7 % et regagné seulement 1.3 % en 2021. Même dans un contexte de hausse des prix du pétrole,
l’activité économique de la région ne devrait s’accroître que de 3.3 % en 2022, pour atteindre à moyen
terme une moyenne de +1.6 % par an. Il est donc peu probable qu’elle ait une grande influence sur la
demande durant la prochaine décennie. Il s'agit là d'un aspect préoccupant dans une région où une
alimentation saine est financièrement inaccessible pour plus de la moitié de la population (FAO et al.,
2021[5]).
L'un des plus grands défis qui attend la région au cours de la période de projection sera d'assurer
l’accessibilité-prix des produits alimentaires à une population de plus en plus nombreuse, dans un
environnement où les revenus sont faibles. La dépendance aux importations est inévitable compte tenu
des capacités de production limitées et des maigres ressources naturelles ; cependant, dans le contexte
d'un marché mondial de plus en plus instable, une certaine flexibilité dans les politiques publiques et les
pratiques d'approvisionnement sera de mise pour garantir la sécurité alimentaire, car les taux
d’autosuffisance de la région pour la plupart des principaux produits devraient continuer à diminuer au
cours de la prochaine décennie.
2.5.2. Production
La production agricole, halieutique et aquacole de la région devrait progresser de 1.6 % par an dans les
dix ans à venir, soit au même rythme que la croissance démographique. La dépendance de la région aux
marchés mondiaux continuera de s’accroître (Graphique 2.14). La valeur totale de la production agricole
provient pour l’essentiel des cultures, dont la croissance moyenne de 1.4 % par an leur suffira à se
maintenir à 60 % d’ici 2031. La production animale connaît un taux de croissance supérieur – 2.1 % par
an – et sa part dans la valeur totale nette passera à 28 % d'ici 2031.
La production halieutique et aquacole représente une part importante de la valeur totale de la production,
mais sa progression d'un peu moins de 1 % par an la conduira à une légère baisse, pour atteindre 11.2 %
en 2031. L'augmentation de cette production était due récemment à la pêche pratiquée dans les zones
côtières, mais les stocks halieutiques se raréfient, d’où un net ralentissement de l’activité au cours de la
période de projection. La contribution de l’aquaculture à la production totale de produits halieutiques et
aquacoles est en augmentation, sous l’influence de l’Égypte.
La superficie agricole totale devrait rester relativement stable, même si un léger recul des terres
consacrées à la production végétale est attendu d'ici 2031. Ce sera le cas principalement en Arabie
saoudite, où les conditions ne sont pas propices aux cultures à grande échelle, et dans les pays les moins
avancés d’Afrique du Nord. En 2031, presque 38 % de la superficie totale des terres cultivées pourront
être affectées à la production de céréales, contre 34 % pendant la période de référence. Cette
augmentation proviendra en majorité des céréales secondaires et du blé, dont la part dans les terres
utilisées pour la production de céréales devrait s’élever respectivement à 59 % et 38 %.
Les gains de productivité sont une nécessité dans une région où les terres arables et les ressources en
eau sont peu abondantes. Entre 2010 et 2019, la productivité totale des facteurs s’est accrue de seulement
1.2 % par an, principalement du fait d'un apport accru de capital 18. La valeur générée sur un hectare de
terre cultivée a augmenté régulièrement sur les dix dernières années – de 1.4 % par an – et devrait
progresser encore plus vite dans la décennie à venir jusqu'à atteindre 1.6 % par an. Cette tendance résulte
de plusieurs facteurs, dont une intensification des cultures – comme l’atteste le maintien au même niveau
des superficies récoltées, malgré la diminution de 2.8 Mha des superficies exploitées – et une hausse
considérable des rendements. Selon les prévisions, les rendements vont augmenter pour toutes les
cultures importantes : le blé de 0.8 %, le maïs de 0.5 %, les autres céréales secondaires de 1.5 %, le riz
de 1.5 % et les légumineuses de 1.0 % par an en moyenne au cours de la prochaine décennie. Les
rendements du blé s'établiront ainsi à 78 % environ de la moyenne mondiale, tandis que les autres
céréales secondaires ne dépasseront pas 47 %.
La hausse de la production de viande proviendra principalement de la volaille, dont le pourcentage de
progression – 3.1 % par an par rapport à la précédente décennie – devance de loin toutes les autres
viandes, même s'il est nettement plus faible que par le passé. Des progrès sont également attendus pour
la viande bovine, dont la production augmentera de 1.6 % par an, après avoir été en baisse par le passé.
La production de viande ovine restera globalement stable d’ici 2031.
Les émissions directes de GES liées au secteur de l’élevage progresseront dans la région de 3.8 % entre
2019-21 et 2031, ce qui contraste avec les 28.6 % et 24.2 % d'augmentation prévus respectivement pour
la production de viande et de produits laitiers, preuve de l'importance des gains de productivité pour réduire
les émissions. Les émissions imputables aux cultures devraient s'accroître de 2.2 %, tandis que les
émissions directes de l’agriculture augmenteront au total de 3.4 % d'ici 2031. La baisse historique du
volume des émissions par rapport à la valeur unitaire de la production agricole devrait se poursuivre.
2.5.3. Consommation
Le défi est d'opérer un changement vers une alimentation saine et plus variée
Les politiques alimentaires de la région ont traditionnellement été axées sur la sécurité alimentaire en
encourageant la consommation des aliments de base, principalement les céréales, et en favorisant donc
des habitudes alimentaires centrées sur ces produits. Ces dernières années, ces politiques se sont
ouvertes à l’intégration des produits d'origine animale. Il n’empêche que la prévalence de la malnutrition
et le nombre absolu de personnes sous-alimentées ont augmenté ces dernières années et que la
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
132
pandémie de COVID-19 a accéléré cette tendance en 2020. La disponibilité totale en calories dans la
région devrait s'accroître quelque peu, à 3 020 kcal/personne/jour d’ici 2031, soit légèrement en dessous
de la moyenne mondiale. Cela traduit à la fois la lenteur de la reprise économique – il faudra attendre 2025
pour que les revenus par habitant retrouvent les niveaux précédant la pandémie – et la sensibilisation
accrue à la nécessité de se nourrir sainement, comme l’atteste la réduction de l’apport calorique de
produits comme l'huile végétale et les édulcorants. Il existe cependant une grande hétérogénéité entre les
pays : dans les PMA de la région, par exemple, la disponibilité en calories reste faible et ne dépassera pas
2 594 kcal/personne/jour, ce qui est inférieur d’environ 15 % à la moyenne mondiale.
Les projections pour le régime alimentaire moyen dans la région indiquent qu’environ 54 % des calories
viendront des céréales en 2031, soit nettement plus que la moyenne mondiale de 44 %. Un phénomène
similaire se produira pour la consommation de sucre : sa part dans l’apport calorique total sera de 9 %,
alors que la moyenne mondiale est de 7 %. Le régime alimentaire de la région, qui se compose de
féculents et de sucre, est riche en calories mais pauvre en nutriments, et il est souvent associé à une
augmentation des cas de surpoids et d’obésité, ainsi que de diverses maladies chroniques comme le
diabète. Parallèlement, la prévalence de la sous-alimentation, ainsi que du retard de croissance et du
dépérissement chez les jeunes enfants, atteint un niveau élevé dans certains pays, en particulier ceux
frappés par un conflit. Cela laisse à penser que le « triple fardeau » de la malnutrition représentera un défi
que les autorités publiques devront relever sur le moyen terme. Le problème est que l’accessibilité-prix
demeure un obstacle majeur à l’adoption d’une alimentation saine.
Le niveau moyen de disponibilité en protéines dans la région devrait être de 85 g par jour en 2031, soit à
peine plus que pendant la période de référence. La baisse de l’apport de protéines provenant de produits
d’origine végétale devrait être plus que compensée par la consommation d’aliments plus riches en
protéines (viande et produits halieutiques et aquacoles).
La croissance du secteur de l’élevage, en particulier celui de la volaille, entraînera une hausse de 20 %
de l’utilisation des aliments pour animaux dans les dix ans à venir. Des produits comme le maïs, l’orge et
les tourteaux protéiques devraient représenter plus de 75 % du total de l’alimentation animale. La majorité
des aliments pour animaux continueront d’être importés, et les importations de maïs passeront par
exemple de 27 Mt pendant la période de référence à 34 Mt en 2031. Cette tendance est la conséquence
de politiques publiques privilégiant les cultures vivrières plutôt que les cultures fourragères, dans un
environnement où le potentiel de production est très limité.
2.5.4. Échanges
2031, les importations de la région conserveront des niveaux élevés sur les marchés mondiaux d'un grand
nombre de produits, dont le blé (26 %), le sucre (22 %) et le maïs (17 %). La région continuera de
représenter une part élevée des échanges mondiaux de viande ovine (33 %), de fromage (19 %) et de
volaille (18 %). Compte tenu du rôle important de la région sur les marchés mondiaux et de celui des
importations sur les marchés intérieurs, les évolutions de ces différents marchés auront de vastes
répercussions en matière de sécurité alimentaire.
Graphique 2.14. Valeur des importations nettes de produits alimentaires par personne de la région
Proche-Orient et Afrique du Nord (produits transformés inclus)
500
400
300
200
100
-100
Egypte Afrique du Nord Arabie Saoudite Moyen Orient Moins avancés
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant du domaine « Indices commerciaux » de FAOSTAT et complétées
à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux produits non étudiés dans les
Perspectives ont été obtenues par extrapolation. Les produits transformés, habituellement absents des variables étudiées dans les Perspectives,
sont également pris en compte dans les valeurs du total des échanges. Les valeurs des échanges sont exprimées en USD constants de 2014-
16 et les valeurs des échanges pour la pêche (non disponibles dans l'indice du commerce FAOSTAT) ont été ajoutées sur la base des données
des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
100
80
60
40
20
0
Céréales Poisson Oléagineux Produits laitiers Viande Huile végétale Légumineuses Sucre
Note : on obtient le ratio d’autosuffisance en rapportant la production à la somme de la production et des importations diminuée des exportations,
le tout multiplié par 100.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.16. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres de la région Proche-
Orient et Afrique du Nord
512
344
524
325
%
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
400 2
200 1
0 0
-200 -1
-400 -2
-600 -3
-800 -4
Egypte Arabie Afrique du Moyen Orient Moins Egypte Arabie Afrique du Nord Moyen Orient Moins avancés
Saoudite Nord avancés Saoudite
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
2.5
1.5
0.5
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Arabie Saoudite Egypte Afrique du Nord Moyen Orient Moins avancés
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.18. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des
échanges agricoles dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord
Croissance annuelle de la demande totale de produits destinés à l’alimentation humaine et animale et à d'autres usages
%
Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
4
-1
-2
-3
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par jour (b) Quantité de protéines disponibles par personne et par jour (b)
Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres Aliments de base Animal Autres
kcal g
3500
100
3000
2500 80
2000 60
1500
40
1000
500 20
0 0
2031
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2031
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
Egypte Afrique du Nord Arabie Saoudite Moyen Orient Moins avancés Egypte Afrique du Nord Arabie Saoudite Moyen Orient Moins avancés
-20
-40
-60
-80
-100
-120
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées rend compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations)*100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux,
[Link] OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE
(base de données), [Link]
2.6.1. Contexte
Une région très hétérogène où les évolutions seront dictées par la guerre de la Russie
contre l’Ukraine
Couvrant deux continents, la région Europe et Asie centrale19 comprend des pays se trouvant à des stades
de développement divers et affichant des différences notables en termes de démographie, de ressources
agricoles et de politiques publiques. Les pays représentant la plus grosse partie de la production agricole
régionale sont l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Russie, l’Ukraine, la Türkiye et le Kazakhstan. La
région abrite 12 % de la population mondiale, mais la croissance démographique y est variable selon les
pays. Elle devrait globalement rester relativement stable, avec une hausse de seulement 1 % au cours de
la prochaine décennie. Ce résultat est le reflet de la stabilité en Europe occidentale, de la baisse en Europe
orientale et de la hausse de 1 % par an en Asie centrale. La région est très urbanisée et, d’ici 2031, 75 %
de sa population vivra en milieu urbain.
Le revenu moyen dans la région est supérieur à 26 000 USD par habitant et par an, mais il existe de
grandes différences entre les pays. Les revenus varient d'un peu plus de 38 000 USD par habitant et par
an dans les économies très développées d’Europe occidentale à 12 250 USD dans les pays de l’Est riches
en ressources et seulement 5 000 USD en Asie centrale. En 2020, la pandémie de COVID-19 et les
restrictions qui avaient été décidées pour endiguer sa propagation ont conduit à une baisse de 5.6 % en
moyenne du PIB par habitant en valeur réelle, même si certains pays ont été plus durement touchés que
d'autres en raison des stratégies différentes adoptées pour gérer l'épidémie. Après une nette reprise en
2021 et une croissance de 5 %, la région connaît en 2022 un nouveau ralentissement à mesure que la
guerre se poursuit. Si l’ampleur et la portée de ses effets dépendront de sa durée et de son issue, cette
guerre a déjà provoqué une crise humanitaire et aura certainement une incidence sur les perspectives de
croissance dans la région et au-delà. Outre les conséquences directes de la guerre, la dépendance de la
région à l’égard de la Russie pour l’approvisionnement en énergie, en engrais et en céréales la rendra
plus vulnérable aux perturbations. Les livraisons de la Russie à l’Asie centrale pourraient elles aussi être
perturbées par la guerre. Cette conjoncture entraînera une révision à la baisse des projections à moyen
terme qui, d’après les hypothèses de base, tablent sur une croissance record de 1.8 % par an du revenu
par habitant en valeur réelle.
Au plus fort de la pandémie de COVID-19, le secteur agricole de la région était déjà confronté à de
nombreux défis tels que des goulets d'étranglement logistiques, des pénuries de main-d’œuvre et des
modifications du volume et de la composition de la demande. Un grand nombre de ces défis ayant été
relevés avec succès, l’actuelle guerre est source de nouvelles difficultés et d'une grande incertitude pour
2022 et au-delà. La Russie est un important fournisseur d’intrants agricoles pour les autres pays d’Europe
et l’Asie centrale, ainsi que pour de nombreux pays d'autres régions. La Russie et l’Ukraine représentent
par ailleurs une part importante des exportations agricoles, et la persistance des facteurs limitant la
production et les exportations aura des répercussions de taille sur le secteur. Ces deux pays sont
également de gros importateurs de plusieurs produits agroalimentaires provenant d'autres pays de la
région, qui auront du mal à trouver rapidement des marchés alternatifs.
La part des secteurs primaires de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche dans le PIB total varie de
1.6 % seulement dans l’Union européenne à 12 % en Ukraine. La part de l’alimentation dans le budget
des ménages est estimée en moyenne à 10 % dans la région pour 2019-2021 (de quelque 6 % au
Royaume-Uni à environ 17 % en Ukraine)20. Une grande disparité existe également en ce qui concerne la
hausse de la productivité totale des facteurs (PTF) de la région : de seulement 6 % en Europe occidentale
entre 2010 et 2019, la PTF atteignait presque 50 % en Europe orientale grâce à la forte augmentation de
la productivité de la main-d’œuvre.
La région est à l’origine de 16 % de la valeur de la production agricole, halieutique et aquacole mondiale,
une part qui pourrait régresser à 15 % à l’horizon 2031, en grande partie sous l’effet de la stagnation en
Europe occidentale. Les cultures représentent en moyenne quelque 56 % de la valeur nette de la
production totale, la pêche et l’aquaculture 8 % et l’élevage 36 %. Ces dix dernières années, la région a
représenté 11 % de la croissance totale de la valeur nette mondiale de la production agricole, halieutique
et aquacole, et 38 % de la croissance des exportations mondiales. Cette orientation croissante vers les
exportations a été largement influencée par l’Europe orientale, où les niveaux de productivité des secteurs
des cultures et de l’élevage se sont améliorés, alors que la croissance de la demande a été faible du fait
d'une certaine stabilité de la population et des niveaux de consommation parvenus à une relative maturité.
Sur le court terme tout au moins, la guerre va probablement inverser cette tendance, la capacité de
l’Ukraine à effectuer des plantations, des récoltes et des transformations de produits agricoles étant déjà
incertaine en 2022. L'infrastructure détruite pendant la guerre pourra nécessiter des années avant d’être
reconstruite, ce qui mettra en péril l’accès aux marchés et suscitera des incertitudes quant au délai de
restauration de la pleine capacité de production. Le risque que ces perturbations se maintiennent à moyen
terme est difficile à déterminer et dépendra au final de l’issue qui sera donnée à la guerre. La durée des
sanctions imposées à la Russie sera un facteur important dans les échanges intrarégionaux, de même
que les embargos russes sur les importations en provenance de l’Union européenne, qui ont été
continuellement renouvelés depuis 2014, ainsi que les futurs arrangements commerciaux entre le
Royaume-Uni et l’Union européenne.
Par rapport à d’autres régions, les produits d’origine animale occupent une place importante, tant dans la
production que la consommation. Ils représentent plus d’un tiers de la valeur nette de la production
agricole, halieutique et aquacole, et respectivement 26 % et 53 % de la disponibilité totale en calories et
en protéines. L’Union européenne produit, consomme et échange de grandes quantités de lait et de
produits laitiers, et si sa part dans la production mondiale de lait ne cesse de diminuer, sa production et
ses échanges de produits à valeur élevée tels que le fromage et le beurre progressent. La consommation
par habitant de fromage et de beurre y est respectivement six fois et trois fois plus élevée que la moyenne
mondiale.
Au sein de l’Union européenne, l’accent est de plus en plus mis sur la viabilité écologique, à la fois par les
consommateurs et par les pouvoirs publics. Ainsi, la stratégie « De la ferme à la table », qui est au cœur
du pacte vert pour l’Europe, préconise une croissance inclusive reposant sur des systèmes alimentaires
équitables, sains, durables et respectueux de l’environnement. Cela pourra à l’avenir avoir une influence
sur la demande, les échanges, le taux de productivité et la croissance de la production de la région. Les
progrès technologiques et leur adoption, notamment les technologies numériques, joueront à cet égard un
rôle essentiel.
De toutes les régions examinées dans les présentes Perspectives, l’Europe et l’Asie centrale est celle qui
est en proie à la plus grande incertitude à cause de la guerre. Il est encore trop tôt pour déterminer
l’ampleur et la durée des effets que produira cette guerre. L'hypothèse implicite de ces Perspectives est
que la région retrouvera sa pleine capacité de production à moyen terme, ce qui lui permettra d’enregistrer
une balance commerciale positive dont la hausse se poursuivra jusqu’en 2031. Toutefois, la prolongation
de la guerre pourrait donner des résultats très différents, compte tenu de son rôle dans la production et
les exportations agricoles en Europe et Asie centrale. De surcroît, la destruction massive des
infrastructures, les pertes humaines et le déplacement de la main-d’œuvre nécessiteront des
investissements considérables pour restaurer la capacité d'action de la chaîne agroalimentaire. De
nombreuses années, voire décennies, pourraient être nécessaires avant un retour à la normale, et la
structure du secteur pourrait bien en sortir complètement modifiée.
2.6.2. Production
La valeur nette de la production agricole, halieutique et aquacole (déduction faite des aliments pour
animaux et des semences) devrait progresser de 8 % d’ici 2031 par rapport à la moyenne de 2019-21 ; la
situation en Europe occidentale restera globalement inchangée, tandis que la croissance de l’Europe
orientale sera de 13 % et celle de l’Asie centrale de presque 28 %. La forte augmentation en Europe
orientale, très incertaine car ne tenant pas entièrement compte d'un impact prolongé de la guerre actuelle,
sera due à l’Ukraine (+5 %), la Türkiye (+20 %) et la Russie (+11 %). En Ukraine et en Russie, la hausse
sera conduite par la production végétale. En Türkiye, en revanche, les productions animale et végétale
devraient augmenter toutes les deux fortement, mais la valeur de la première s’élèvera plus rapidement
que celle de la seconde (respectivement 24 % et 20 %) à l’horizon 2031.
La diminution durable de la superficie exploitée devrait se poursuivre à l’avenir, quoique lentement, ce qui
laisse entendre que la croissance continue du secteur sera rendue possible par des gains de productivité.
Alors que la superficie exploitée évolue globalement à la baisse, une certaine réaffectation des parcelles
devrait avoir lieu entre les pâturages et les cultures. Les terres utilisées pour le pacage devraient reculer
de 0.8 % en 2031, soit deux fois plus que celles affectées à la production végétale.
La valeur de la production végétale devrait croître de 10 % au cours de la décennie à venir, soit plus de
71 % de la croissance de la production agricole, halieutique et aquacole de la région. Si cette hausse sera
due à l’affectation à cet usage de terres supplémentaires, des gains de productivité y contribueront
également pour une part importante. La valeur nette de la production par hectare de terre cultivée devrait
progresser de 1.1 % par an en moyenne, sous l’effet combiné de l’intensification des cultures et de
l’augmentation des rendements. Les superficies récoltées devraient croître de presque 8.8 Mha, alors que
les superficies cultivées devraient diminuer de 1.5 Mha. L’augmentation des superficies récoltées en
Europe occidentale et orientale est due à l’intensification. Une hausse des rendements est également
attendue pour toutes les cultures importantes, de 3 % pour le blé à environ 5.9 % pour le maïs et les
oléagineux.
L'accroissement de la production végétale de la région s’explique en majorité par l’augmentation des
volumes de céréales et d’oléagineux produits dans la région de la mer Noire. Dans l’hypothèse où, selon
ces Perspectives, la capacité de production de la région serait rétablie à moyen terme, la Russie et
l’Ukraine conserveront un niveau de croissance soutenu pour le maïs, le blé, le soja et les autres graines
oléagineuses, leur part conjointe atteignant alors respectivement 41 %, 39 % et 54 % du total de la
production. Dans ces deux pays, c’est la production de maïs qui enregistrera la plus forte croissance parmi
toutes les cultures, celle du blé et des autres graines oléagineuses augmentant également fortement.
Malgré l’expansion des superficies dans les deux pays, la hausse de la production d’ici 2031 y sera due
majoritairement à l’amélioration des rendements. Leur part conjointe de 82 % de la production
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
142
supplémentaire de maïs et de blé qui est projetée pour l’ensemble de la région en 2031 ne tient pas compte
de l'étendue des risques et des incertitudes si la guerre venait à durer.
La production animale devrait croître plus lentement que la production végétale au cours de la prochaine
décennie, à savoir de seulement 0.4 % par an. L’Europe occidentale continue de représenter l’essentiel
de l'activité d'élevage de la région, mais à mesure que la transition vers la viabilité écologique se
poursuivra, un léger recul sera observé sur les dix ans à venir et sa part passera de 62 % en 2019-21 à
60 % en 2031. Une croissance plus soutenue dans le reste de la région entraînera une hausse de 3 % de
la valeur totale de la production animale, la part de l’Europe orientale dans le total régional passant à 29 %
et celui de l’Asie centrale à 12 %. À l’exception de l’Asie centrale, où les effectifs de bétail ne cessent de
s'accroître, la hausse de la production animale sera due principalement à l’intensification, d'où
l'augmentation des poids carcasse. Le volume de la production de volaille devrait croître fortement dans
toute la région, à savoir de 6 % à l'horizon 2031. La production halieutique et aquacole devrait augmenter
de 7 % au cours de la prochaine décennie. La hausse de 12 % pour l’aquaculture – contre 6 % pour la
pêche – fera grimper la part de cette activité dans la production totale à 21 % en 2031.
La production de produits laitiers devrait se maintenir à un niveau élevé. La part de l’Asie centrale et celle
de l’Europe orientale devraient s'accélérer pour atteindre respectivement 39 % et 12 % d'ici 2031. En
Europe occidentale, en revanche, la production ne devrait progresser que de 3 %. Pour autant, la hausse
de la production de produits laitiers sera de plus en plus destinée à répondre à la demande internationale :
une part croissante du beurre, du fromage et des poudres de lait de la région devrait être exportée au
cours des dix prochaines années. La région dans son ensemble représentera 43 % des exportations
mondiales de produits laitiers à l’horizon 2031. L’essentiel des produits laitiers exportés par la région
proviendra de l’Union européenne, dont la part s'élèvera à 71 % en 2031. Cela dit, dans le contexte de
transition vers la viabilité écologique, la part de l’Union européenne dans la production mondiale de lait
passera de 18 % pendant la période de référence à 15 % en 2031.
Les émissions directes de GES liées à l’agriculture devraient baisser légèrement, de 1.3 % d’ici 2031.
Cependant, compte tenu de la hausse de la productivité, le volume de ces émissions rapporté à la
production agricole va diminuer de 8.3 % par rapport à 2019-2021. Cette baisse sera plus forte en Asie
centrale et Europe orientale – respectivement de 12 % et 14 % –, mais elle ne dépassera pas 5 % en
Europe occidentale.
2.6.3. Consommation
Faible croissance des aliments d'origine animale en Europe occidentale, mais évolution
plus prometteuse en Asie centrale
Bien que la région soit pour l’essentiel un marché d'une relative maturité, les consommateurs n’ont pas
été épargnés par les effets de la pandémie de COVID-19 (De Vet et al., 2021[6]) (FAO, 2020[7]) (OCDE,
2020[8]). Les effets sur la consommation alimentaire ont été particulièrement marqués en 2020,
principalement à cause des problèmes d'accessibilité-prix à court terme, en particulier dans les pays où
les consommateurs consacrent une plus grande part de leur revenu total à l’alimentation, et où les mesures
d'aide au revenu ont été plus limitées. Les modifications de la structure de la production et des circuits
d'approvisionnement dans le contexte du COVID-19 ont également eu des répercussions sur la
consommation globale. Les ventes au détail se sont accrues ainsi que la vente alimentaire à emporter ;
les consommateurs se sont également tournés vers les achats en ligne, les produits locaux et les produits
à longue durée de conservation. La pandémie n’a fait qu’accentuer les tendances de consommation qui
se profilaient déjà avant, comme par exemple la sensibilisation accrue à une alimentation saine, qui
continuera d'influencer la demande sur le moyen terme. Si un grand nombre des effets de la pandémie se
sont atténués, de nouvelles préoccupations en termes de sécurité alimentaire ont vu le jour en Europe
orientale, sous l’effet de la guerre (depuis le début de l’invasion russe en février 2022, presque 5 millions
de réfugiés avaient quitté l’Ukraine et plus de 7 millions de personnes avaient été déplacées à l’intérieur
du pays à la mi-avril).
La disponibilité moyenne en calories par habitant et par jour est bien supérieure dans la région à la
moyenne mondiale et devrait encore s’accroître de 35 kcal/jour, ce qui la portera à plus de 3 440 kcal/jour.
Cette augmentation a lieu majoritairement en Europe orientale et Asie centrale, principalement du fait de
la consommation accrue de produits laitiers, de céréales et de légumineuses. Bien que la consommation
de sucre ne cesse de s'accroître en Asie centrale, la demande de ce produit devrait continuer de diminuer
dans la région en raison d'une sensibilisation accrue des consommateurs européens aux questions de
santé. Selon les projections, la consommation de sucre par habitant en Europe occidentale va diminuer
de 1.3 kg par an à l’horizon 2031 mais continuera de dépasser de presque 60 % la moyenne mondiale.
La disponibilité en protéines par personne dans la région devrait augmenter de 2 g par jour pour atteindre
105 g par jour en 2031, un chiffre supérieur d’environ 20 % à la moyenne mondiale de 87 g par jour. La
disponibilité en protéines provenant de produits d’origine végétale est en hausse, la consommation
individuelle de légumineuses progressant de 20 % grâce aux bienfaits pour la santé qu’elle procure, et
atteindra plus de 5 kg par personne et par an en 2031. Cela dit, la principale source de protéines restera
les produits d'origine animale, en particulier du fait de la hausse de la consommation de produits laitiers.
La demande intérieure de produits laitiers pour la consommation humaine restera forte dans toute la
région, contribuant d’ici 2031 à 12 % de l’apport calorique quotidien et à 20 % de la disponibilité
quotidienne en protéines. Les tendances en matière de consommation reflètent celles de la production :
une baisse de la consommation par habitant est prévue en Europe occidentale, qui contrastera avec une
nette embellie en Europe orientale et Asie centrale. La consommation de viande croît plus lentement mais
devrait tout de même avoisiner 59 kg par personne et par an en 2031, soit 2.2 % de plus que pendant la
période de référence. Cette hausse proviendra en majorité de la volaille, dont la consommation
augmentera de 1.4 kg pour atteindre une moyenne de 24 kg par personne et par an. La consommation de
viande porcine et bovine devrait au contraire diminuer de 0.1 % par an en moyenne par rapport à la
précédente décennie. Celle de produits halieutiques et aquacoles va également reculer légèrement d’ici
2031 ; en Europe occidentale, cependant, les niveaux de consommation par personne se maintiendront à
1 kg au-dessus de la moyenne mondiale de 18.8 kg. En Asie centrale, au contraire, elle ne dépassera pas
3 kg par personne, soit environ 16 % de la moyenne mondiale.
En grande partie du fait de l’importance des produits d’origine animale, la région représente près d’un
quart de la consommation mondiale d’aliments protéiques pour animaux. Le ralentissement de la
croissance du secteur de l’élevage, de même que l’utilisation plus efficiente des aliments pour animaux,
vont aboutir à une progression de seulement 3 %, contre 10 % au cours de la précédente décennie. En
2031, la part de la région dans l’alimentation animale mondiale pourrait être ramenée à presque 22 %. Au
même titre que la production du secteur de l’élevage, l’augmentation de l’alimentation animale sera
concentrée en Europe orientale et en Asie centrale, alors qu’un léger recul sera enregistré en Europe
occidentale. D'après les projections, l’augmentation de la consommation animale de maïs sera plus rapide
que celle de blé, sous l’effet d’une forte hausse de la production de viande en Europe orientale (par
opposition à son faible recul en Europe occidentale).
2.6.4. Échanges
La configuration des échanges au sein de la région Europe et Asie centrale a considérablement changé
au cours des dix dernières années. Alors que la région était traditionnellement l’une des plus grosses
importatrices nettes, son déficit commercial en matière de produits agricoles a été divisé par plus de la
moitié en l’espace de dix ans. Cette évolution est due à la hausse des exportations de l’Europe orientale,
qui est devenue progressivement une exportatrice nette (Graphique 2.19). Cette situation trouve son
origine en Ukraine et en Russie, où l'augmentation de la productivité ajoutée à la lente croissance de la
demande intérieure ont suscité une hausse continue des excédents exportables, mais où la guerre actuelle
aura d'importantes conséquences pour l’avenir. Bien dotées en terres, l’Europe orientale et l’Asie centrale
possèdent un avantage comparatif en ce qui concerne la production de céréales et d’oléagineux. Associée
à des niveaux de consommation déjà élevés et à une faible croissance démographique, la hausse des
exportations devrait permettre une nouvelle amélioration de la balance commerciale nette de la région, en
supposant que la guerre prenne fin et que la capacité de production soit rétablie. D'après les hypothèses
de base, la région devrait se classer en 2031 à la deuxième position mondiale pour ses exportations nettes,
derrière l’Amérique latine et les Caraïbes, mais la prolongation de la guerre risque de changer la donne.
Le volume total des exportations de la région pourrait augmenter de 23 % entre la période de référence et
2031 grâce à la poussée de 28 % des exportations de produits d'origine végétale, celles des produits
d'origine animale affichant une progression plus modérée (10 %). Les exportations de céréales de la région
passeront de 161 Mt pendant la période de référence à 190 Mt en 2031, soit une hausse de 18 %, avec
comme principal importateur la région Proche-Orient et Afrique du Nord. Cela portera la part de l’Europe
et l’Asie centrale sur les marchés mondiaux à 36 % d’ici 2031. Si le blé continue de représenter la plus
grosse part des exportations de céréales de la région, celle du maïs est en hausse. Tandis que les
exportations de blé devraient s'accroître de 18 % en 2031 – soit 55 % des exportations mondiales –, celles
de maïs vont progresser de 17 %, soit 22 % sur les marchés mondiaux.
Si la région exporte de grandes quantités de viande et de produits laitiers, la croissance de ces
exportations est plus faible que celle des produits d'origine végétale. L’Europe et l’Asie centrale
représentent 44 % des exportations mondiales de viande porcine et 29 % de celles de volaille. L’UE arrive
en tête, avec 90 % de la viande porcine, 59 % de la viande bovine et 53 % de la volaille de la région. Du
fait de l’UE également, la région est la première exportatrice de produits laitiers au monde. La région
assure 41 % des exportations mondiales de ces produits, qui proviennent à 70 % de l’UE. S’agissant du
fromage, la région alimente 59 % du marché mondial, l’UE contribuant à 40 %. Pour ce qui est de
l’ensemble des produits laitiers, la part de l’UE et celle de toute la région dans les échanges mondiaux
devraient s'accroître. D’ici 2031, l’UE représentera respectivement 44 %, 31 %, 34 % et 11 % des
exportations mondiales de fromage, beurre, lait écrémé en poudre et lait entier en poudre.
Grâce à la Russie et la Norvège, la région est également l'une des plus grandes exportatrices de produits
halieutiques et aquacoles. Les exportations russes pourraient grimper de 31 % au cours de la période de
projection, ce qui aboutirait à une hausse de 14 % à l’échelle de toute la région.
Malgré une hausse plus faible de ses importations, la région continue d'importer abondamment. Une
grande partie de ces échanges ont lieu au sein de la région, l’Asie centrale étant importatrice nette de
produits d’origine animale. Compte tenu de l’importance des échanges intrarégionaux, l’évolution future
de l’embargo sur les importations russes ainsi que la guerre auront des conséquences sur les échanges
à l'intérieur et à l’extérieur de la région. Hormis les produits d’origine animale, l’Europe et l’Asie centrale
importent de grandes quantités de tourteaux protéiques, dont la part dans les importations mondiales
devrait passer de 34 % pendant la période de référence à 29 % en 2031. La région est également une
grande importatrice de sucre et d’éthanol, mais la situation devrait évoluer à la baisse au cours de la
période de projection et pourrait subir les effets des sanctions imposées au secteur énergétique dans le
contexte de la guerre.
30
10
-10
-30
-50
-70
Europe et Asie Centrale Europe de l'Ouest Europe de l'Est Asie centrale
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant du domaine « Indices commerciaux » de FAOSTAT et complétées
à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux produits non étudiés dans les
Perspectives ont été obtenues par extrapolation. Les produits transformés, habituellement absents des variables étudiées dans les Perspectives,
sont également pris en compte dans les valeurs du total des échanges. Elles sont exprimées en USD constants de 2014-16.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les indices commerciaux, [Link] ; OCDE/FAO (2022),
« Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
data-fr.
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.20. Évolution de la superficie récoltée et de l’utilisation des terres de la région Europe
et Asie centrale
3 479
2 729
3 507
2 807
%
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
1.5
2 000
1
0.5
-0.5
-2 000 -1
-1.5
-4 000 -2
Europe de l'Ouest Europe de l'Est Asie centrale Europe de l'Ouest Europe de l'Est Asie centrale
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
50
40
30
20
10
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Europe de l'Ouest Europe de l'Est Asie centrale
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.22. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des
échanges agricoles dans la région Europe et Asie centrale
Croissance annuelle de la demande totale (alimentation humaine, alimentation animale et autres utilisations) (a)
%
Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
2.5
1.5
0.5
-0.5
-1
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par jour (b) Quantité de protéines disponibles par personne et par jour (b)
Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres Aliments de base Animal Autres
kcal g
4000 120
3500
100
3000
2500 80
2000 60
1500
40
1000
500 20
0 0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Europe de l'Ouest Europe de l'Est Asie centrale Europe de l'Ouest Europe de l'Est Asie centrale
20
-20
-40
-60
-80
-100
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
149
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées rend compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations)*100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
2.7.1. Contexte
L’Amérique du Nord est la plus homogène des régions étudiées dans ce chapitre. Les deux pays qui la
composent, les États-Unis et le Canada, affichent un niveau de développement élevé dû à leur économie
diversifiée et parvenue à maturité. Avec 369 millions d’habitants, sa part dans la population mondiale est
actuellement inférieure à 5 % et devrait reculer au cours des dix prochaines années du fait d’une
croissance démographique limitée à 0.6 %. Bien que pesant pour 1.1 % dans le PIB régional, le secteur
agriculture, sylviculture et pêche est un poids lourd de l'agriculture mondiale.
Au plan mondial, l’Amérique du Nord abrite 10 % des terres agricoles et la plus grande superficie agricole
par habitant. Sa production agricole, halieutique et aquacole représente 9 % du total mondial et est la plus
élevée en valeur par habitant. Au cours de la période 2019-21, la région a enregistré le troisième plus gros
excédent commercial agricole (derrière l'Amérique latine et du Sud et l’Asie du Sud-Est) et réalisé 13 %
des exportations mondiales. Cependant, elle perd lentement du terrain sur la scène agricole mondiale car
d'autres régions produisent et exportent à un rythme plus soutenu. D'après les prévisions, l’Amérique du
Nord représentera 12 % des exportations agricoles, halieutiques et aquacoles mondiales en 2031. Son
excédent commercial restera à la troisième place, mais sa valeur aura diminué de 60 % par rapport à la
période de référence.
L’agriculture nord-américaine se caractérise par un usage intensif des moyens de production. On estime
pourtant que la productivité totale des facteurs a fondu de 1 % entre 2009 et 2019, après être montée en
flèche durant la décennie précédente à la faveur, principalement, des dépenses d’investissement en
capital21. La région étant celle qui recourt le plus aux engrais, leur renchérissement à court terme
entraînera certainement un effondrement des marges. Le secteur a pour autre particularité d’être à forte
intensité capitalistique. En effet, l’essentiel de la production agricole est assuré par de grandes unités
commerciales. Ainsi, la productivité des cultures et du bétail ‒ mesurée par les rendements des cultures,
les rendements laitiers et la quantité de viande produite par animal – est très élevée dans la région.
L’érosion continue de la superficie agricole et de la part des terres cultivées ralentissant depuis quelques
années, la contraction aura été modeste sur l’ensemble de la décennie. L'amélioration des rendements
s’est traduite par une hausse de la production végétale de 12 % au cours de la période. Elle devrait
poursuivre sur cette lancée et croître de 13 % d'ici à 2031, même s’il est attendu que la part des terres
cultivées recule de 2 %. L'élevage est un secteur de premier plan : sa part dans la valeur totale de la
production agricole a progressé au cours de la décennie écoulée pour atteindre 36 % en moyenne entre
2019 et 2021. À titre de comparaison, la moyenne mondiale s’élève à 30 %. En revanche, les effectifs de
bétail sont proportionnellement plus faibles vu leur productivité élevée. Par exemple, la production de
viande bovine par animal est trois fois supérieure à la moyenne mondiale. S’agissant des produits
halieutiques et aquacoles, l’Amérique du Nord produit relativement peu par rapport aux autres régions et
sa part dans la production mondiale devrait continuer de baisser, pour tomber à 3 % en 2031.
L’Amérique du Nord est la région du monde dans laquelle la consommation alimentaire par habitant est la
plus élevée. La raison en est que le revenu par habitant (54 588 USD) et le taux d'urbanisation (83 %) y
sont supérieurs à ceux enregistrés ailleurs, ce qui rejaillit à la fois sur le niveau et la composition de la
consommation. Du fait de la pandémie de COVID-19 et des mesures prises pour l’endiguer, la région a vu
son PIB par habitant fondre de 4.2 % en 2020. Cette même année, pour la première fois depuis 2014, la
prévalence de l’insécurité alimentaire a augmenté en glissement annuel, mais du fait de l’existence d'une
base de consommateurs bien établie et des mesures d’aide au revenu et plans de relance ultérieurs, le
choc de la pandémie s’est fait sentir davantage sur la composition et la répartition des ventes de produits
alimentaires que sur les quantités consommées en valeur absolue. À cause de la fermeture des
restaurants et de la diminution de l’activité hôtelière, la restauration hors domicile a perdu du terrain, tandis
que les ventes de produits alimentaires au détail se sont redressées au point de bouleverser la chaîne
d'approvisionnement alimentaire. Avant la pandémie, la part de la restauration hors domicile dans les
dépenses d'alimentation s’élevait à 50 % aux États-Unis et à 35 % au Canada (Saksena et al., 2018,
Canning et al., 2016). Ce phénomène a également rejailli sur la composition de la demande en produits
alimentaires et les tailles d’emballage utilisées. Certes, la chaîne d’approvisionnement alimentaire a mis
du temps à s’adapter, entraînant une hausse du gaspillage à court terme. Mais, il lui a fallu quelques mois
pour effectuer un quasi-retour à la normale et il y a tout lieu de penser qu’elle aura ainsi gagné en résilience
face aux chocs futurs (Weersink et al., 2021).
L'économie s’est bien relevée de la récession provoquée par la pandémie en 2020 : le PIB par habitant a
augmenté de près de 5 % en 2021, si bien que les niveaux en valeur absolue sont supérieurs à ceux
de 2019. Après avoir de nouveau crû de 3 % en 2022, le revenu réel par habitant devrait progresser de
1.1 % par an en moyenne au cours de la prochaine décennie. Alors que les niveaux de revenus sont déjà
élevés et que la croissance démographique est de 0.6 % par an, les changements susceptibles d'intervenir
dans les préférences alimentaires risquent de peser sur la demande d’aliments tout au long de la période
de projection. Outre le pouvoir d’achat, ces préférences pourraient aussi évoluer durablement sous l’effet
de la pandémie, qui a rappelé les avantages d'une alimentation saine.
D'après les estimations qui incluent un gaspillage alimentaire considérable, pendant la période 2019-21,
les disponibilités en calories et en protéines se sont élevées, en moyenne, à 3 808 kcal/habitant/jour et à
114 g/habitant/jour, soit environ 29 % et 36 % de plus que la moyenne mondiale. La consommation de
produits d’origine animale est proportionnellement plus élevée, avec des parts dans les apports caloriques
et protéiques de respectivement 29 % et 64 %, contre 18 % et 40 % en moyenne à l’échelle mondiale. Les
régimes nord-américains sont aussi riches en huile végétale et en édulcorants, dont les parts dans l'apport
de calories s’élèvent respectivement à 19 % et 15 % (10 % et 8 % en moyenne dans le monde). Les
habitudes alimentaires et les modes de vie sont à l’origine d'une montée de l’obésité et des maladies
chroniques d'origine alimentaire comme le diabète. Malgré ce niveau général de la consommation,
l’insécurité alimentaire toucherait entre 10 % et 13 % de la population nord-américaine du fait des grands
écarts de revenu et indépendamment des effets de la pandémie (Tarasuk and Mitchell, 2020[9]).
L’Amérique du Nord (à travers les États-Unis) est la première région productrice de biocarburants,
représentant respectivement plus de 40 % et 35 % de la production et des exportations mondiales. Il s’agit
principalement d’éthanol produit à partir de maïs et, dans une bien moindre mesure, de biodiesel obtenu
à partir d’huile de soja. Bien qu’étroitement liée à l’intervention des pouvoirs publics, du fait que les
obligations d’incorporation – à des taux de mélange proches du taux maximal pour les carburants de
transports – sont largement respectées, la production pourrait bénéficier du maintien des prix élevés du
pétrole brut. Le commerce infrarégional joue un rôle non négligeable : le Canada importe de grandes
quantités d’éthanol des États-Unis pour respecter ses propres obligations d’incorporation.
Si les problèmes d'approvisionnement que la guerre a générés dans la région de la mer Noire engendrent
le maintien à des niveaux élevés des prix agricoles mondiaux, il sera crucial que l’Amérique du Nord,
grande région productrice et exportatrice de produits agricoles, parvienne à accroître l’offre afin de garantir
la disponibilité et l’accessibilité-prix des produits alimentaires à l’échelle mondiale. Une solution
envisageable consiste à mettre davantage de terres en cultures, compte tenu de la baisse de la superficie
cultivée enregistrée par le passé. On observe toutefois que la productivité a marqué le pas ces dix
dernières années (Fuglie, 2021) et que la montée des coûts environnementaux pourrait être érodée à
l’avenir.
2.7.2. Production
Les gains de productivité permettent de produire plus sur une superficie moindre
En Amérique du Nord, la production agricole, halieutique et aquacole devrait continuer à croître au cours
de la décennie à venir, quoique plus lentement (11 %) que par le passé. Cette évolution tient pour
l’essentiel au fait qu’à moyen terme, les prix, pourtant élevés à court terme, resteront stables, en termes
réels, voire diminueront, sous l’effet d'un dollar des États-Unis fort. Contrairement à la tendance observée
durant la décennie écoulée, la production végétale devrait progresser davantage (+13 % en 2031 par
rapport à la période 2019-21) que la production animale, halieutique et aquacole (+7 %).
Malgré une diminution constante de la superficie des terres cultivées, de l’ordre de 2 % d'ici à 2031, la
productivité par hectare de la production végétale continuera d'augmenter. D'après les projections, la
superficie des terres céréalières sera supérieure de 3.6 % en 2031, ce qui portera à 42 % sa part dans le
total des surfaces cultivées. Les surfaces d’oléagineux s'accroîtront de 7 % au cours des dix prochaines
années, à la faveur de prix élevés au début de la période de projection et de la demande d'aliments pour
animaux, stimulée par la hausse de production animale et celle de biocarburants. En conséquence, la part
des oléagineux dans la superficie totale cultivée aura grimpé à 29 % en 2031. Partant d’un niveau
nettement plus bas, la superficie affectée à la production de légumineuses augmentera de 9 % sur la
même période, tandis que celle des cultures de racines et tubercules continuera de décroître. À l’échelle
régionale, la superficie récoltée diminuera de 1.5 % seulement, soit moins que la superficie totale des
terres exploitées, en raison d'un phénomène d'intensification : plus précisément, on table par rapport à la
période de base sur une réduction de 2 % aux États-Unis et sur une hausse de près de 1 % au Canada.
Au total, la production végétale devrait croître de 12 % aux États-Unis et bien plus vigoureusement au
Canada, où une croissance de 21 % est attendue. Ce dernier chiffre tient en partie au faible niveau
enregistré pendant la période de référence, marquée en 2021 par une chute de la production végétale, en
particulier des céréales (29 %) et des oléagineux (25 %). À moyen terme, dans les deux pays, la production
puisera l’essentiel de sa croissance dans le rendement, dont le taux d’amélioration sera compris entre 8 %
(céréales) et 12 % (oléagineux).
En 2020, la récession liée à la pandémie a pesé à la baisse sur les prix de la viande, à cause de la perte
de pouvoir d'achat des consommateurs, mais aussi sous l’effet du COVID et des mesures anti-propagation
imposées à l’égard des installations de transformation. La relance à court terme sera tirée par le
redémarrage de la demande, conjugué aux problèmes d'offre dus au renchérissement de l’alimentation
animale, après quoi les prix réels s'inscriront à la baisse. Il est donc prévu que la production de viande
augmente plus lentement qu'au début de la période de référence pour s’élever toutefois à 56 Mt en 2031
(+6 %). Sur 3.1 Mt supplémentaires ainsi produites, 2.8 Mt (90 %) proviendront des États-Unis. D'après
les prévisions, c’est la viande de volaille qui, parmi les principaux types de viande, verra sa production
croître le plus vite, au rythme de 0.7 % par an : elle représentera 59 % de la viande supplémentaire
produite au cours de la période considérée et 47 % de la production totale de viande en 2031. La filière
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
153
porcine progressera légèrement moins vite, et la filière bovine plus lentement encore, au rythme de 0.3 %
par an seulement.
La production de lait augmentera de 13 %, principalement grâce à l'amélioration du rendement des vaches
laitières. En effet, il est prévu qu’au cours de la période de projection, leurs effectifs croissent de 3 % et la
production laitière par animale de 9 %. Préférences des consommateurs obligent, une part grandissante
de la production de lait sera consacrée aux produits laitiers transformés, et une part décroissante au lait
liquide.
En Amérique du Nord, la production halieutique et aquacole reste dominée par la pêche proprement dite,
qui représente 89 % du total. Son volume devrait augmenter de 7 % entre la période de référence et 2031,
en passant de 6 Mt à 6.4 Mt. Plus de 65 % de ce surcroît de production sera à mettre au compte des États-
Unis. L’aquaculture, qui part de plus bas, poursuit son essor et devrait représenter 12.4 % de la production
totale en 2031.
D'après les prévisions, le niveau des émissions de GES d’origine agricole augmentera moins vite qu'au
cours de la décennie précédente, voire diminuera par habitant. En 2031, il sera supérieur de 1.4 % au
niveau enregistré durant la période de référence. Une grande partie est composée des émissions
imputables aux activités d’élevage, qui progresseront de 1.5 % du fait de la croissance faible des effectifs
de ruminants. En revanche, les émissions du secteur des cultures devraient diminuer de 0.5 %.
2.7.3. Consommation
Dans les économies développées du Canada et des États-Unis, l'évolution de la consommation alimentaire
par habitant est largement déterminée par celle des préférences des consommateurs, qui ne devraient
guère changer. La pandémie aura probablement mis davantage en exergue les régimes alimentaires
sains, ce qui influera de façon notable sur la consommation de produits frais, non étudiés en tant que tels
ici. Pour certaines catégories de produits comme les édulcorants et les huiles végétales, une tendance à
la baisse semble émerger. Telle qu’exprimée en calories disponibles, la consommation alimentaire nord-
américaine ne devrait que faiblement augmenter d’ici à 2031, de 14 kcal/habitant/jour ; elle demeurera
25% supérieure à la moyenne mondiale et la plus élevée de toutes les autres régions étudiées. À l'échelle
régionale, les produits dont la consommation devrait le plus fortement reculer sont les édulcorants
(-55 kcal) et les céréales (-13 kcal). Ces baisses seront en partie compensées par la hausse de la
consommation de produits d’origine animale, dont la viande (+8 kcal) et les produits laitiers (+19 kcal). La
disponibilité totale en calories augmentera davantage au Canada (+24 kcal) qu’aux États-Unis (+13 kcal),
mais son niveau en valeur absolue restera bien plus élevé dans ce second pays d’ici à 2031.
En Amérique du Nord, l’apport en protéines n’augmentera que légèrement, passant de 114 g/jour à
116 g/jour entre la période de référence et 2031. D’après les prévisions, la distribution entre sources
animales et végétales restera relativement stable : la part des protéines animales dans la disponibilité
totale gonflera de moins de 1 % pour s'élever à 65 % en 2031. Tous types confondus, la consommation
de viande augmentera (de 0.7 kg/habitant) : elle sera en hausse dans les filières volaille et porcine
(+1.3 kg/habitant et 0.3 kg/habitant respectivement) et en recul dans la filière bovine (-0.9 kg/habitant). En
équivalent matières sèches, la consommation de produits laitiers aura baissé de 4 % en 2031. Toutefois,
la disponibilité en protéines devrait augmenter, principalement du fait de la hausse de la consommation
de fromage (1.3 kg/habitant par an). La consommation de produits halieutiques et aquacoles augmentera
de 5 % entre la période de référence et 2031. Enfin, sous l’effet de la diminution durable de la
consommation de céréales, la disponibilité en protéines d’origine végétale devrait légèrement fléchir
malgré une augmentation de l’ordre de 14 % d’ici à 2031 de la consommation de légumineuses.
L’alimentation animale est importante dans la région : elle nécessite plus d’énergie/de calories que la
consommation humaine finale (Graphique 2.23). Dans le sillage de la production animale, l’utilisation totale
d’aliments pour animaux devrait croître de 12 % au cours de la période de projection pour s'élever à 304 Mt
en 2031 : la part du maïs (drêches de distillerie séchées incluses) grimpera lentement pour atteindre 69 %,
tandis que celle des tourteaux protéiques chutera à 16 %.
Dans la région, la production de biocarburants constitue un débouché de taille pour les céréales
fourragères. D’après les prévisions, la production d’éthanol gonflera de 5.9 % pour frôler la barre des
64 milliards de litres en 2031, grâce aux programmes de décarbonation. La durabilité étant de plus en plus
importante, la production de biodiesel progressera de 4 %. Les perspectives des biocarburants dépendent
fortement de l'évolution de la situation dans le secteur de l’énergie et des mesures prises à leur égard. Il
est possible que les États-Unis approuvent l’utilisation des mélanges composés à 15 % d’éthanol à partir
de l’été 2022. Si tel est le cas et, surtout, si l’emploi de ce dosage se généralise, les répercussions
pourraient être considérables sur les marchés mondiaux.
Graphique 2.23. Calories utilisées pour l’alimentation humaine, l’alimentation animale, les
biocarburants et à d’autres fins en Amérique du Nord
1000
800
600
400
200
0
Alimentation Alimentation animale nette Biocarburants Autres
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant de la base de données de FAOSTAT relative aux bilans
alimentaires et complétées à l’aide de la base de données élaborée pour les besoins des Perspectives. Les données relatives aux produits non
étudiés dans les Perspectives ont été obtenues par extrapolation.
Source : FAO (2022). FAOSTAT, Bilans alimentaires (base de données), [Link] ; OCDE/FAO (2022),
Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
fr.
StatLink 2 [Link]
2.7.4. Échanges
Graphique 2.24. Tendances des parts des marchés d’exportation de certains produits en Amérique
du Nord
0 2009-11 2019-21 2031
%
60
50
40
30
20
10
0
Blé Maïs Soja Viande porcine Lait écrémé en poudre
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Céréales Légumineuses, racines, tubercules Oléagineux Plantes sucrières Autres productions végétales
815
4 012
831
4 203
%
10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Variation en pourcentage de la superficie exploitée,
Variation en valeur absolue de la superficie exploitée,
2019-21 à 2031
2019-21 à 2031
% Cultures Pâturage Forêts Autres
kha Cultures Pâturage Forêts Autres
1.5
3 200 1
0.5
1 200 0
-0.5
- 800 -1
-1.5
-2 800 -2
-2.5
-4 800 -3
Amérique du Nord États-Unis Canada Amérique du Nord États-Unis Canada
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Viande bovine Viande porcine Viande de volaille Viande ovine Viande bovine Viande porcine Viande de volaille Viande ovine
Mt Mt
60 6
50 5
40 4
30 3
20 2
10 1
0 0
2019-21 2031 2019-21 2031
États-Unis Canada
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.27. Demande en produits essentiels, quantités d’aliments disponibles et balances des
échanges agricoles en Amérique du Nord
Croissance annuelle de la demande totale (alimentation humaine, alimentation animale et autres utilisations) (a)
% p.a. Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
4
-1
-2
-3
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par jour (b) Quantité de protéines disponibles par personne et par jour (b)
kcal Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres g Aliments de base Animal Autres
4 000 140
3 500 120
3 000
100
2 500
80
2 000
60
1 500
40
1 000
500 20
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Amérique du Nord États-Unis Amérique du Nord États-Unis
50
40
30
20
10
-10
-20
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ; OCDE/FAO
(2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données), [Link]
data-fr.
StatLink 2 [Link]
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
160
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées tient compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations)*100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices
commerciaux,[Link] ; OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles
de l’OCDE (base de données), [Link]
2.8.1. Contexte
La région Amérique latine et Caraïbes 22 abrite quelque 8.5 % de la population mondiale et, forte d’une
croissance démographique annuelle de 0.7 %, elle comptera 57 millions d'habitants supplémentaires
en 2031. À cette date, les citadins formeront 84 % de la population de cette région en développement la
plus urbanisée au monde. Si la majorité de ses habitants pauvres vivent en milieu urbain, le taux de
pauvreté n’en reste pas moins élevé dans les campagnes. La région présente un large éventail de
structures d’exploitation agricole, qui va des grandes exploitations commerciales tournées vers
l’agriculture dans le cône Sud, en particulier en Argentine et au Brésil, aux petites exploitations et
exploitations familiales, dont le nombre s'élève à 15 millions et qui assurent une grande partie de la
production alimentaire de la région (OCDE-FAO, 2019).
Depuis quelques temps, la région pâtit d’une grande incertitude économique, que la pandémie de COVID-
19 est venue exacerber23. Le revenu par habitant s’est contracté de 1.8 % par an au cours de la décennie
écoulée. S'ajoutant aux problèmes structurels antérieurs, le COVID-19 a mis à rude épreuve la région,
dont le PIB par habitant a fondu de 7.3 % en 2020. Malgré un sursaut de 5.3 % en 2021, il faudra attendre
2023, d'après les prévisions, pour que le revenu par habitant en valeur absolue dépasse les niveaux
d'avant-pandémie. En outre, la récession provoquée par la pandémie a été plus dure dans certains pays
que dans d'autres en raison de l'ampleur des problèmes disparates auxquels ils étaient auparavant
confrontés. En Argentine, par exemple, la chute du taux de change amorcée avant 2020 s’est accélérée
tout au long de la pandémie au point que le PIB réel par habitant a diminué de près de 11 %. L'activité
économique met aussi plus longtemps à repartir : en 2022, le revenu par habitant sera plus élevé
qu’en 2019, mais n’en restera pas moins plus faible que dix ans auparavant.
Malgré le bon départ pris dans la lutte contre la sous-alimentation, sa prévalence dans la région est repartie
à la hausse après 2014. Cette tendance s’est accélérée sous l’effet conjugué de la récession économique,
de la détérioration de la situation financière et des perturbations des chaînes de valeur, enregistrant en
2020 la plus augmentation annuelle depuis la mise en place du programme de lutte. Le nombre de
personnes souffrant de la faim a augmenté de 79 % entre 2014 et 2020, où 41 % de la population se
trouvaient dans une situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave. Selon la Commission
économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes, la pandémie a fait grimper le taux d’extrême pauvreté
dans la région, puisqu’il est passé de 13.1 % à 13.8 % entre 2020 et 2021. Par rapport à 2019, 13 millions
de personnes supplémentaires sont donc tombées dans l’extrême pauvreté en l’espace de deux ans, ce
qui a considérablement aggravé l’insécurité alimentaire.
D'après les prévisions, le PIB par habitant progressera à moyen terme au rythme de 1.6 % par an en
moyenne pour s’élever à 10 190 USD en 2031, ce qui sera 23 % de moins que la moyenne mondiale et
seulement 3 % de plus que le niveau enregistré en 2014. L'alimentation a représenté quelque 14 % des
dépenses des ménages au cours de la période 2019-21. Il y a tout lieu de penser que l'instabilité
macroéconomique et les prix des produits alimentaires pèseront lourdement sur la sécurité alimentaire de
la région tout au long de la décennie à venir 24.
Riche en terres et en eau, la région représente 13 % de la production agricole, halieutique et aquacole
mondiale, et 17 % de la valeur nette des exportations connexes. Ces pourcentages devraient poursuivre
leur ascension au cours de la prochaine décennie, compte tenu de l’importance accordée dans la région
à l’ouverture des échanges internationaux. La demande extérieure constituera la principale source de
croissance à moyen terme. La hausse des exportations bénéficie d’un regain de compétitivité : la
productivité totale des facteurs a augmenté de 40 % entre 2000 et 201925. Malgré une diminution du facteur
travail, la croissance de la production est soutenue par l’essor des intrants physiques, et plus
particulièrement des engrais dont l'utilisation a été multipliée par deux entre 2000 et 2019. Ces intrants
risquent de freiner la croissance, en raison du renchérissement des coûts dont ils feront l’objet au début
de la période de projection. Si la région est très orientée vers les exportations, ses échanges intérieurs
sont faibles et certains des pays qui la constituent, comme le Panama et El Salvador, ont le statut
d’importateur net.
Bien qu’exportant beaucoup, les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de l’aquaculture représentent
environ 10 % du PIB. Cette part a augmenté en 2020, en raison de la résilience du secteur agricole, par
ailleurs exempté des mesures de confinement. Elle pourrait continuer de croître à court terme si les
difficultés d'approvisionnement induites par la guerre en cours de la Russie contre l’Ukraine maintenaient
durablement les prix à la hausse sur les marchés d’exportation. En effet, une telle situation favoriserait
une hausse de la production. On s'attend toutefois à ce qu’à moyen terme, l’agriculture, la pêche et
l’aquaculture pèsent un peu moins dans le PIB. Ces deux secteurs pâtissent également de la multiplication
des phénomènes climatiques défavorables et de la récente hausse des coûts de transport, d’énergie et
d’engrais.
Bien qu’étant la plus grosse exportatrice nette des régions étudiées dans les présentes Perspectives, la
région Amérique latine et Caraïbes a bien du mal à lutter contre l’insécurité alimentaire. Loin de concerner
la disponibilité alimentaire, les obstacles rencontrés tiennent en grande partie à la répartition des revenus
et aux problèmes d'accessibilité-prix qui en découlent. Les exportations servant de moteur à son activité,
le secteur est moins vulnérable à l’instabilité macroéconomique régionale. En revanche, ses perspectives
de croissance sont sensibles à la volatilité des prix mondiaux et au repli sur les chaînes
d'approvisionnement locales qui s'opère un peu partout dans le monde. Les exportations vont marquer le
pas dans la région, dans le sillage de la production, mais aussi de la demande mondiale d'importations.
La région rencontre en outre des difficultés du fait de la concentration accrue des exportations par
destination, qui expose davantage la demande d'exportations aux risques de marché.
2.8.2. Production
Bien que la région soit riche en terres, l’intensification sera certainement pour beaucoup dans la hausse
de la production végétale. Avec le développement de la pratique de la double culture, la superficie récoltée
devrait s'agrandir de 6.7 %, mais celle des terres cultivées de 3.4 % seulement, d’ici à 2031. Sur les
12.4 Mha supplémentaires de surfaces récoltées en 2031, presque 3.2 Mt et 2.6 Mt seront consacrées au
développement des cultures de soja et de maïs respectivement. La région restera la plus grande
productrice de soja au monde, avec 53 % du total en 2031. Les cours mondiaux sont par conséquents très
sensibles au moindre fléchissement des approvisionnements régionaux d'origine météorologique. À
supposer que ses conditions météorologiques s’améliorent, la région est donc amplement en mesure
d’accroître sa production pour pallier les problèmes d'approvisionnement susceptibles de surgir au cas de
prolongation de la guerre. La région contribue dans une proportion moindre à la production mondiale de
céréales, mais sa part dans la production de maïs devrait frôler la barre des 18 % en 2031.
La croissance de la production végétale tient pour beaucoup aux gains de productivité enregistrés par le
passé. Dans le cas des grandes cultures comme le maïs et le soja, les rendements ont progressé de 23 %
et 13 % respectivement au cours de la décennie écoulée. D'après les prévisions, cette tendance va se
maintenir, avec, d'ici à 2031, une amélioration des rendements de 10 % en moyenne pour la plupart des
principaux produits agricoles. La valeur nette de la production végétale par hectare ‒ qui est déjà la
deuxième plus élevée par rapport aux autres régions étudiées ‒ pourra ainsi continuer son ascension, au
rythme de 1.2 % par an au cours de la prochaine décennie. S’agissant des engrais, la région en fait un
usage intensif - qui la place au deuxième rang derrière la région des pays développés de l’Asie de l’Est ‒
et les importe en grandes quantités. Il y a donc lieu de penser qu’à court terme, les rendements et la
production seront freinés par l’envolée des coûts des engrais, aggravée par la guerre.
Les gains de productivité expliquent aussi la croissance de la production animale, qui bénéficie de
l’intensification de l'élevage, synonyme d’utilisation accrue de céréales fourragères. La volaille
représentera plus de 55 % de l’augmentation de la production de viande en 2031, tandis que les filières
bovine et porcine y pèseront respectivement 29 % et 16 %. Malgré quelque temps sous pression pendant
les premières années de la période de projection, les prix de la viande rapportés aux prix des céréales
fourragères évolueront de manière avantageuse à moyen terme, au point de stimuler l’essor de la
production de volaille et de viande porcine, laquelle est fortement tributaire des aliments pour animaux.
D’ici à 2031, le rendement de la filière bovine s'améliorera de 10.8 %, grâce à des gains de productivité, à
l’augmentation du poids des carcasses et à une croissance du cheptel de 3 %.
La production halieutique et aquacole, en léger recul au cours des dix dernières années, va redémarrer et
progressera de 12 % d'ici à 2031. Plus de 60 % de ce surcroît sera principalement à mettre au compte de
l’aquaculture, qui se développe dans plusieurs pays de la région, tandis que les chiffres de la pêche
proprement dite varieront au gré d’El Niño, qui influe sur les captures de poissons (en premier lieu, les
anchois) utilisés dans la production de farine et d’huile de poisson.
Le niveau des émissions de GES augmentera peu au cours des dix prochaines années : au rythme de
0.1 % par an, d'après les prévisions. La filière de la production végétale sera principalement responsable
de cette progression : ses émissions croîtront de 3.2 % pendant la période considérée, contre 2.3 % dans
le cas de l’élevage. Cela dit, rapporté à la valeur nette de la productivité agricole, le niveau des émissions
par unité de valeur de production devrait fléchir, quoique plus lentement que par le passé.
2.8.3. Consommation
Après avoir diminué sur une courte durée, sous l’effet de la perte de pouvoir d'achat consécutive à la
pandémie et du retard de la reprise, le nombre moyen de calories absorbées par habitant devrait repartir
à moyen terme pour s’élever à 3 077 kcal/jour en 2031. L’essentiel de ces 60 kcal/jour supplémentaires
(par rapport à la période 2019-21) seront d'origine animale. La hausse des calories d'origine végétale sera
freinée par l’effondrement de la consommation d’édulcorants (-28 kcal), signe possible que les
consommateurs se soucient davantage de leur santé. L’Amérique latine et les Caraïbes n’en resteront pas
moins la région du monde où il sera consommé la plus grande quantité de sucre par habitant. Différentes
mesures ont été mises en place pour lutter à la fois contre la montée du surpoids et de l’obésité et contre
les problèmes persistants de l’insécurité alimentaire et de la qualité nutritionnelle, par exemple :
amélioration des programmes d'alimentation scolaire et obligations légales en matière d’étiquetage. En
général, dans les groupes de population à faible revenu, la qualité de l'alimentation pâtit des problèmes
persistants de pauvreté.
D'après les prévisions, 89 g/jour de protéines seront consommés par habitant en 2031, soit 3.1 g/jour de
plus qu'au début de la période de projection. Cet apport supplémentaire sera surtout d'origine animale
(pour plus de 70 %), principalement du fait d'une consommation accrue de produits laitiers. Bien que son
profil démographique la classe dans la catégorie à revenu intermédiaire, la région Amérique latine et
Caraïbes affiche une consommation de viande déjà élevée : près de 61 kg par an, soit quasiment le double
de la moyenne mondiale. Cependant, la consommation de viande par personne ne devrait augmenter que
de 3.3 % au cours des dix prochaines années, car les consommateurs se tourneront vers d’autres produits
pour augmenter leur apport en protéines. La consommation de produits halieutiques et aquacoles, dont le
niveau, rapporté au nombre d’habitants, représente environ la moitié de la moyenne mondiale,
n’augmentera que de 1 kg/habitant, pour atteindre 10 kg.
D'après les prévisions, la consommation d'aliments pour animaux devrait croître de 15 % d’ici à 2031 du
fait de l’intensification continue du secteur de l’élevage. Cette hausse concernera aux deux tiers le maïs
et à 19 % la farine protéique, dont la part dans l'alimentation animale progressera de 18 % et 13 %
respectivement. En conséquence, le maïs et la farine protéique représenteront 75 % du surcroît d'aliments
pour animaux consommés d’ici à 2031.
La production régionale d’éthanol devrait augmenter de 6 % d’ici à 2031 et contribuer pour 15 % à la
hausse mondiale, malgré une part relativement constante de la canne à sucre. Avec son programme
« Renovabio », le Brésil est le premier producteur d’éthanol de la région et demeurera un grand fournisseur
mondial. Il y a fort à parier que le niveau élevé des prix du pétrole brut dopera la demande en à court
terme. En revanche, à l’échelle de la région, ce secteur restera en proie à une grande incertitude du fait
de l’évolution des secteurs mondiaux de l’énergie et des transports à moyen terme.
2.8.4. Échanges
Vu l’ampleur du surplus agricole régional, les exportations font partie des principaux moteurs de la
croissance agricole et le secteur agro-alimentaire est moins vulnérable aux chocs exogènes et aux risques
économiques régionaux. Les exportations augmentent à un rythme tel que leur part dans la production
agricole totale ne cesse de croître, de même que la part de la région dans les échanges mondiaux. Au
cours de la décennie écoulée, son excédent commercial a quasiment doublé et sa part dans les
exportations mondiales est montée à 17 %. D'après les prévisions, la région verra son excédent
commercial gonfler de 28 % supplémentaires d’ici à 2031, où elle représentera 18 % des exportations
mondiales. Les exportations régionales ralentiront dans le sillage des exportations brésiliennes qui les
composent pour plus de la moitié. Le taux de croissance annuel des exportations brésiliennes n’en restera
pas moins supérieur à 2 %, contre 6 % au cours de la dernière décennie. Si l'on y ajoute le boom des
exportations de fruits et de légumes attendu au Mexique, au Costa Rica et en Équateur, la part de la valeur
nette des exportations dans la production agricole, halieutique et aquacole de la région frôlera la barre des
50 % en 2031.
Forte d'une croissance robuste de l’offre, la région confirmera son statut de grande exportatrice de maïs,
de soja, de viande bovine, de viande de volaille, de farine de poisson, d’huile de poisson, de sucre et
d'éthanol, et gagnera du terrain sur les marchés de ces produits, à l’exception de la farine de poisson, de
l’éthanol et du sucre. En 2031, sa part dans les exportations mondiales s'élèvera à 61 % pour le soja, à
59 % pour le sucre, à 45 % pour la farine de poisson, à 43 % pour le maïs, à 40 % pour la viande bovine
et les huiles de poisson, à 32 % pour la volaille et à 25 % pour l’éthanol.
Vu le poids de la région dans le marché mondial, le degré de son ouverture commerciale ne sera pas sans
conséquences pour le secteur. La pandémie et les restrictions qui en ont découlé ont fait surgir des goulets
d'étranglement dans les systèmes d'échanges internationaux, créant ainsi des coûts supplémentaires et
mettant en évidence les risques existant dans les chaînes d'approvisionnement mondiales. L’ampleur de
leurs répercussions sur les échanges sera déterminante pour la région. En parallèle, celle-ci pourrait
accroître sa part de marché à court terme en surmontant les problèmes posés par les approvisionnements
en provenance de la mer Noire si la guerre perdure. L'accord de libre-échange conclu entre l’UE et le
Mercosur et le Partenariat économique régional global pourraient élargir davantage encore ses débouchés
commerciaux, même s’il faut également compter avec les relations commerciales entretenues en dehors
de la région, notamment entre la Chine et les États-Unis. Si une ouverture sur le marché mondial présente
clairement des avantages pour la région, le commerce infrarégional a tout à gagner de l’intégration des
marchés intérieurs et de l’amélioration des conditions de fonctionnement des PME, des coopératives et
des exploitations familiales, qui diversifieront les débouchés commerciaux du secteur et le rendront plus
résilient.
Graphique 2.28. Tendances d’évolution des parts de la région Amérique latine et Caraïbes dans les
exportations
60
50
40
30
20
10
0
Maïs Soja Viande bovine Viande de volaille
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
4 141
4 969
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 %
Variation en valeur absolue de la superficie exploitée, Variation en pourcentage de la superficie exploitée,
2019-21 à 2031 2019-21 à 2031
kha %
Cultures Pâturage Forêts Autres Cultures Pâturage Forêts Autres
8
7 000 6
4
2 000 2
0
-3 000
-2
-4
-8 000
-6
-13 000 -8
Argentine Brésil Mexique Autres Am. latine Argentine Brésil Mexique Autres Am. latine
et Caraïbes et Caraïbes
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
30
25
20
15
10
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Argentine Brésil Mexique Autres Am. latine et Caraïbes
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Graphique 2.31. Demande de produits agricoles par groupe de produits et disponibilité des
aliments de la région Amérique latine et Caraïbes
Croissance annuelle de la demande totale (alimentation humaine, alimentation animale et autres utilisations) (a)
% p.a. Due à l'augmentation de la demande par tête (alimentation et autre usage) En raison de la croissance démographique
4
-1
-2
2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31 2012-21 2022-31
Céréales Viande Poisson Produits laitiers frais Racines et tubercules Sucre Huile végétale
Quantité de calories disponibles par personne et par jour (b) Quantité de protéines disponibles par personne et par jour (b)
Aliments de base Animal Graisses Edulcorants Autres Aliments de base Animal Autres
kcal g
3500 120
3000 100
2500 80
2000
60
1500
40
1000
500 20
0 0
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
2031
2031
2031
2031
2019-21
2019-21
2019-21
2019-21
Argentine Brésil Mexique Autres Am. latine Argentine Brésil Mexique Autres Am. latine
et Caraïbes et Caraïbes
Balances des échanges agricoles de la région Amérique latine et Caraïbes (c)
Argentine Brésil Autres Am. latine et Caraïbes Mexique
120
70
20
-30
2001 2003 2005 2007 2009 2011 2013 2015 2017 2019 2021 2023 2025 2027 2029 2031
Note : ces estimations sont fondées sur des séries chronologiques provenant des bases de données de FAOSTAT relatives aux bilans
alimentaires et aux indices commerciaux et incluent des produits non considérés dans les Perspectives. a) La croissance démographique est
calculée selon l’hypothèse que la demande par habitant demeure au niveau de l’année précédant la décennie. b) Matières grasses : beurre et
huiles ; Aliments d'origine animale : œufs, poisson, viande et produits laitiers hors beurre ; Aliments de base : céréales, oléagineux,
légumineuses et racines. c) Inclut les produits transformés et la pêche (non couverte par l'indice du commerce FAOSTAT) sur la base des
données des Perspectives.
Source : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur la valeur de la production agricole, [Link] ;
OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Notes : 1. PIB par habitant en USD constants de 2010. 2. Taux de croissance estimés par les moindres carrés (voir le glossaire). 3. La valeur
nette de la production agricole, halieutique et aquacole est calculée selon la méthode de FAOSTAT, à partir de l’ensemble de produits représenté
dans le modèle Aglink-Cosimo et des valeurs des prix de référence internationaux moyens pour 2014-16. Les projections relatives aux cultures
non incluses dans le modèle ont été calculées sur la base des tendances de plus long terme. 4. Les oléagineux désignent le soja et les autres
graines oléagineuses. 5. Les produits laitiers comprennent le beurre, le fromage, les poudres de lait et les produits laitiers frais, exprimés en
équivalent extrait sec. 6. La superficie des terres cultivées tient compte des parcelles donnant lieu à plusieurs récoltes de grandes cultures.
7. Les pâturages désignent les terres disponibles pour le pacage des ruminants. 8. La disponibilité quotidienne en calories/protéines par habitant
désigne non pas la quantité absorbée, mais la quantité disponible par habitant et par jour. 9. Les aliments de base sont les céréales, les
oléagineux, les légumineuses, les racines et les tubercules. 10. Le taux d’autosuffisance est calculé comme suit : production /
(production + importations - exportations)*100.
Sources : FAO (2022). Base de données de FAOSTAT sur les bilans alimentaires et les indices commerciaux,
[Link] ; OCDE/FAO (2022), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », Statistiques agricoles de l’OCDE
(base de données), [Link]
Références
FAO et al. (2021), L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2021, [5]
[Link]
Kelly, M. (2016), “The Nutrition Transition in Developing Asia: Dietary Change, Drivers and [2]
Health Impacts”, Drivers and Health Impacts. In: Jackson P., Spiess W., Sultana F. (dir. pub.)
Eating, Drinking: Surviving. SpringerBriefs in Global Understanding. Springer, Cham, pp. 83-
90, [Link]
Law, C., I. Fraser and M. Piracha (2020), “Nutrition Transition and Changing Food Preferences [1]
in India”, Journal of Agricultural Economics, Vol. 71/1, pp. 118-143,
[Link]
Njiwa, D. and K. Marwusi (2020), Improving the Functioning of Regional Food Supply Chains [4]
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OCDE (2020), “Supporting livelihoods during the COVID-19 crisis: closing the gaps in safety [8]
nets”, Les réponses de l’OCDE face au coronavirus (COVID-19),
[Link]
19-crisis-closing-the-gaps-in-safety-nets-17cbb92d/.
Reardon, T. et al. (2014), Urbanization, Diet Change, and Transformation of Food Supply Chains [3]
in Asia, Michigan State University,
[Link]
pdf.
Tarasuk, V. and A. Mitchell (2020), Household food insecurity in Canada 2017-2018, Toronto: [9]
Research to identify policy options to reduce food insecurity (PROOF),
[Link]
[Link].
Notes
1
Sauf indication contraire, les données utilisées pour décrire la situation historique et actuelle dans chaque
région sont agrégées à partir de la base de données sous-jacente utilisée dans les projections. Ces
données proviennent de diverses sources, notamment des questionnaires des pays membres de l'OCDE
et des bases de données d'AMIS, de FAOSTAT, de l'ONU (Population) et du FMI (Macro), avec des
manipulations réalisées par les secrétariats de l'OCDE et de la FAO.
2
Australie, Chine, Corée du Sud, Japon et Nouvelle-Zélande.
3Source OCDE-FAO interpolée pour 2019-21 à partir de la base de données du Projet d’analyse des
échanges mondiaux (GTAP) de 2011, en utilisant les données sur les dépenses alimentaires et les PIB de
ces Perspectives.
4
Dans cette analyse, l’Union européenne des E27 est considérée comme une seule et même région.
5
Fuglie, Keith (2015). « Accounting for growth in global agriculture » Bio-based and Applied Economics 4
(3): 221-254. Les estimations sont établies à partir d'un ensemble de données sur la productivité de
l’agriculture à l’échelle internationale compilées par le ministère de l’Agriculture des États-Unis. Voir
[Link]
6Le taux de dépendance des personnes âgées est le rapport entre la population âgée de 65 ans ou plus
et celle âgée de 15 à 64 ans.
7
Inde, Indonésie, Iran (République islamique d'), Malaisie, Pakistan, Philippines, Thaïlande, Viet Nam,
pays d’Asie les moins avancés, autres pays d'Asie en développement et Océanie. Pour les régions
mentionnées, voir le tableau récapitulatif pour le regroupement régional des pays.
8Source OCDE-FAO interpolée pour 2019-21 à partir de la base de données du Projet d’analyse des
échanges mondiaux (GTAP) de 2011, en utilisant les données sur les dépenses alimentaires et les PIB de
ces Perspectives.
9
Fuglie, Keith (2015). « Accounting for growth in global agriculture », Bio-based and Applied Economics
4 (3): 221-254 (mis à jour avec les données de 2019, USDA).
10
Voir le chapitre « Asie du Sud-Est : Perspectives et défis » dans les Perspectives agricoles de l'OCDE
et de la FAO 2017-2026.
11 Pour les régions mentionnées, voir le tableau récapitulatif du regroupement régional des pays.
12Source OCDE-FAO interpolée pour 2019-21 à partir de la base de données du Projet d’analyse des
échanges mondiaux (GTAP) de 2011, en utilisant les données sur les dépenses alimentaires et les PIB de
ces Perspectives.
13
Fuglie, Keith (2015). « Accounting for growth in global agriculture », Bio-based and Applied Economics
4 (3): 221-254 (mis à jour avec les données de 2019, USDA).
14
Consultation informelle par la FAO des ministres africains de l’Agriculture le 4 avril 2022, en préambule
de la 32e Conférence régionale pour l’Afrique de la FAO.
15
Base de données CESAP-Banque mondiale sur les coûts du commerce,
[Link]
3 Céréales
La production est portée par l’amélioration des rendements, mais les marchés sont confrontés
à des incertitudes et à la volatilité des prix
Les prix mondiaux des céréales ont augmenté tout au long de 2021 pour atteindre leur plus haut niveau
depuis neuf ans à la fin de l’année. Le resserrement de l’offre mondiale associé à une forte demande et à
l’incertitude entourant les mesures commerciales ont fait augmenter les prix moyens du blé et des autres
céréales secondaires d’environ 30 % par rapport à l’année civile 2020. Les prix du maïs ont augmenté de
plus de 50 % par rapport à ceux de l’année civile précédente, ce qui s’explique principalement par
l’incertitude entourant la production en Amérique du Sud, la hausse des coûts de production et des
quantités importantes de maïs importées par la République populaire de Chine (ci-après « la Chine »). En
revanche, les cours mondiaux du riz ont été inférieurs à ceux de 2020, l’abondance des stocks exportables
ayant intensifié la concurrence entre les exportateurs.
Au cours des dix prochaines années, une plus grande part de la production mondiale de céréales
découlera de la hausse des rendements et de l’intensification de l’utilisation des superficies, compte tenu
la disponibilité limitée des terres arables. Cette croissance des rendements devrait découler d’une
amélioration et d’une plus grande accessibilité des variétés de céréales, de gains d’efficacité dans
l’utilisation des intrants et de meilleures pratiques agricoles. Cependant, l’accès limité aux nouvelles
technologies dans certains pays et un manque d’investissement pourraient limiter la croissance. En outre,
la prise de conscience des enjeux environnementaux, que traduisent également les nouvelles politiques
(comme les objectifs du pacte vert pour l’Europe), pourrait même faire baisser les rendements moyens.
Au cours de la prochaine décennie, la production de céréales devrait augmenter de 343 Mt (+ 12 %). Près
de la moitié de cette hausse de la production viendra du maïs, tandis que le blé et le riz représenteront
une part d’environ 20 % chacun, et les autres céréales secondaires, les 10 % restants. Plus de la moitié
de l’augmentation de la production de blé proviendra de l’Inde, de la Fédération de Russie (ci-après « la
Russie ») et du Canada. Les États-Unis, la Chine et le Brésil seront à l’origine de plus de la moitié de
l’accroissement de la production de maïs. S’agissant des autres céréales secondaires (orge, avoine,
sorgho, millet et autres céréales), la principale hausse de la production sera observée en Inde, en Afrique
subsaharienne (notamment au Niger et au Mali), en Éthiopie et au Canada, tandis que l’Inde, la Chine et
l’Asie du Sud-Est – notamment la Thaïlande, le Viet Nam, le Myanmar et le Cambodge – seront les
principaux contributeurs de l’accroissement de la production de riz.
À moyen terme, la croissance de la demande de céréales devrait être inférieure à celle de la décennie
précédente, en raison de la combinaison de plusieurs facteurs. Tout d’abord, la hausse de la demande
d’aliments pour animaux devrait ralentir. Ensuite, le taux de croissance de la demande de céréales pour
les biocarburants et d’autres utilisations industrielles diminuera. Enfin, la consommation directe par
habitant de la plupart des céréales a atteint un niveau de saturation dans de nombreux pays. Toutefois, la
croissance de la population fera augmenter la consommation humaine de céréales, principalement dans
les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Le blé et le riz, notamment,
garderont une place prépondérante dans les régimes alimentaires en Asie. Le millet, le sorgho et le maïs
blanc resteront des produits alimentaires de base importants en Afrique, et le riz jouera également un rôle
de plus en plus grand dans les régimes alimentaires africains.
À l’échelle mondiale, environ 16 % de la production de céréales a fait l’objet d’échanges internationaux en
2021, les parts s’échelonnant entre 10 % pour le riz et 24 % pour le blé. La part de la production de
céréales entrant dans les échanges internationaux devrait légèrement augmenter pour atteindre 17 % d’ici
2031, en grande partie sous l’effet de la hausse des parts de blé et de riz échangées. En volume, les
déficits et les excédents nets de céréales affichent des tendances régionales claires (Graphique 3.1).
Cependant, ces tendances varient selon les céréales. Par exemple, la majeure partie de l’excédent
exportable de riz devrait rester concentrée dans les pays asiatiques, tandis qu’en Amérique latine et dans
les Caraïbes, les exportations de maïs sont largement compensées par les importations de blé.
Globalement, plusieurs pays africains et asiatiques devraient accroître leur dépendance vis-à-vis des
importations de céréales dans les dix prochaines années.
150
100
50
-50
-100
-150
-200
Europe Amérique du Nord Océanie Amérique latine et Afrique Asie
Caraïbes
Les échanges mondiaux de céréales devraient progresser de 15 % pour atteindre 531 Mt en 2031. Le blé
sera à l’origine d’environ 40 % de cette augmentation, tandis que le maïs, le riz et les autres céréales
secondaires y contribueront à hauteur de 30 %, 16 % et 8 % respectivement. La Russie demeurera le
premier exportateur de blé, avec une part de 22 % des exportations mondiales en 2031. Les États-Unis
resteront le premier exportateur de maïs, suivis par le Brésil, l’Argentine et l’Ukraine. L’Union européenne,
l’Australie, la Russie, le Canada et les États-Unis continueront d’être les principaux exportateurs d’autres
céréales secondaires. S’agissant du riz, les principaux fournisseurs mondiaux resteront l’Inde, la Thaïlande
et le Viet Nam, tandis que le Cambodge et le Myanmar joueront un rôle de plus en plus important. La
demande d’aliments pour animaux de la Chine restera un facteur déterminant pour les marchés des
céréales. D’après les projections, les importations de maïs et de blé de la Chine devraient tomber en
dessous des niveaux définis par les contingents tarifaires d’ici à 2031, mais toute modification de cette
hypothèse aurait une incidence sur les marchés des céréales.
Les prix nominaux des céréales devraient rester élevés pendant la campagne 2022-23, mais si les
rendements moyens et la stabilité géopolitique sont maintenus, ils pourraient renouer avec leur tendance
baissière à long terme en valeur réelle jusqu’en 2031. Ces prix des céréales ont été très instables en raison
des récentes perturbations des chaînes d’approvisionnement nationales et mondiales liées au Covid-19,
à la guerre de la Russie contre l'Ukraine, aux maladies animales, à la variabilité des rendements, aux
coûts élevés des engrais et des transports, ainsi qu’à l’environnement macroéconomique, dont la forte
inflation. Ces facteurs pourraient bien évidemment modifier les prix que prévoient les présentes
Perspectives. En outre, d’autres éléments tels que les perturbations commerciales causées par l’instabilité
politique et les efforts déployés pour régler le problème de l’inflation intérieure pourraient gravement nuire
aux marchés. Si certains pays ont manifesté leur intérêt pour la mise en œuvre de stratégies particulières
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
177
axées sur le contrôle des prix intérieurs, comme la constitution de stocks ou la restriction des exportations,
dans de nombreux cas, le cadre réglementaire et sa mise en œuvre restent flous. Enfin, les prix des
céréales pourraient également devenir plus instables étant donné l’exposition croissante des régions
touchées par des phénomènes météorologiques extrêmes.
3.3.1. Consommation
Entre 49 % et 65 % de la consommation mondiale de céréales a lieu dans les cinq principaux pays
consommateurs de chaque produit, ce qui est moins concentré que la production (Graphique 3.2). La
consommation mondiale de céréales devrait légèrement progresser pour passer de 2.8 Gt pendant la
période de référence à 3.1 Gt en 2031, principalement sous l’effet de leur utilisation accrue pour
l’alimentation animale (+157 Mt) et humaine (+150 Mt). D’après les projections, les pays asiatiques
représenteront plus de la moitié de l’augmentation de la demande.
Pendant la prochaine décennie, la hausse de la consommation mondiale de céréales destinées à
l’alimentation animale devrait être due au premier chef au maïs (1.3 % par an), suivi par le blé (0.8 % par
an) et les autres céréales secondaires (0.7 % par an). Toutefois, la consommation de céréales destinées
à l’alimentation humaine devrait croître à un rythme plus lent que celui des dix dernières années.
Mexique 4%
Philippines 3%
Brésil 6% Viet Nam 4%
Pakistan 4% Union européene 6% Indoénsie 6%
Russie 5% Ethiopie 5%
Russie 6%
Union européene 12% Chine 23% Inde 21%
Inde 7%
Note : les chiffres indiqués correspondent aux pourcentages du total mondial correspondant.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
2031
Maïs
2019-21
2031
Blé
2019-21
2031
céréales
second.
Autres
2019-21
2031
Riz
2019-21
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
La consommation mondiale de maïs devrait augmenter de 1 % par an, soit à un rythme bien plus lent que
celui de 2.9 % par an de la décennie précédente. Cet accroissement résulte principalement d’une hausse
des revenus qui se traduit par une augmentation de la demande d’aliments pour animaux. Cette dernière,
qui représente la majeure partie de la consommation totale, passera de 58 % au cours de la période de
référence à 60 % approximativement en 2031. Les pays asiatiques seront responsables de 33 % de la
hausse de la consommation en alimentation animale, en raison de l’essor rapide des secteurs de l’élevage
et de la volaille. La demande mondiale d’aliments pour animaux devrait passer de 116 Mt à 806 Mt,
augmentant principalement en Chine (+27 Mt), aux États-Unis (+26 Mt), au Brésil (+9 Mt), en Inde et au
Viet Nam (+5 Mt) et en Égypte (+4.5 Mt). En Asie du Sud-Est, en particulier, la consommation évoluera à
la hausse en raison de l’expansion rapide du secteur de la volaille.
L’utilisation du maïs pour l’alimentation humaine devrait augmenter principalement en Afrique
subsaharienne, où la croissance de population est forte. Le maïs blanc, notamment, restera un aliment de
base important, représentant environ un quart de l’apport calorique total. Globalement, les pays africains
sont ceux qui affichent la plus forte hausse de la consommation de maïs pour l’alimentation humaine, à
environ 1.4 % par an.
À l’échelle mondiale, la production de biocarburants devrait rester stable, car le marché international de
l’éthanol est restreint par les politiques relatives aux biocarburants (Graphique 3.3). Cependant, l’utilisation
d’éthanol fabriqué à partir de maïs devrait diminuer en Chine et dans l’Union européenne, mais augmenter
aux États-Unis.
L’utilisation mondiale des autres céréales secondaires devrait augmenter de 32 Mt – soit 0.9 % par an –
au cours des dix ans à venir, contre 0.7 % par an lors de la précédente décennie, tirée par les pays africains
et asiatiques (+ 15 Mt chacun), tandis que la consommation devrait rester stable dans les pays à revenu
élevé. La part de l’alimentation humaine dans la consommation totale devrait passer de quelque 27 % au
cours de la période de référence à 29 % en 2031 du fait de l’accroissement de la demande alimentaire en
Afrique (+14 Mt). Dans les pays d’Afrique subsaharienne, et notamment en Éthiopie, le millet représente
une source essentielle de nourriture.
Le riz est principalement consommé en tant qu’aliment de base en Asie, en Amérique latine et dans les
Caraïbes, et de plus en plus, en Afrique. La consommation mondiale de riz devrait s’accroître de 1.1 %
par an, au même rythme que durant la décennie précédente, les pays asiatiques représentant 70 % de la
hausse prévue, du fait de l’augmentation de la population plus que de celle de la consommation par
habitant (Tableau 3.1). Dans les différentes régions, seule l’Afrique devrait afficher des hausses
significatives de la consommation de riz par habitant. Au niveau mondial, la consommation moyenne de
riz par habitant devrait augmenter d’un kilogramme pour atteindre 55 kg par an approximativement.
Source : OCDE/FAO (2021), « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO », statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
3.3.2. Production
La superficie mondiale récoltée en céréales devrait s’accroître de 19 Mha (3 %) d’ici 2031. Elle s’étendra
principalement dans les pays asiatiques d’environ 9 Mha, surtout en Inde et au Kazakhstan. À l’échelle
mondiale, les superficies cultivées en blé et en maïs devraient augmenter de 3 % et 5 %, alors que celles
consacrées aux autres céréales secondaires et au riz devraient croître de 2 % et 1 %. La baisse des
superficies récoltées en riz en Chine, au Viet Nam et au Brésil sera compensée par des augmentations en
Inde et dans les pays africains. Étant donné que l’extension des surfaces cultivées sera limitée par la
disponibilité restreinte des terres par rapport à la décennie précédente, résultat des contraintes imposées
à la conversion de forêts ou de prairies en terres arables, ainsi que de l’urbanisation en cours, la hausse
de la production mondiale devrait être essentiellement attribuable à l’intensification de l’utilisation des
terres. L’augmentation des rendements, qui découlera de l’amélioration de la technologie et des pratiques
culturales, notamment dans les pays à revenu intermédiaire, devrait contribuer à l’accroissement de la
production de céréales à l’avenir. Les rendements mondiaux devraient augmenter d’environ 6 % pour le
blé, 7 % pour les autres céréales secondaires, 8 % pour le maïs et 12 % pour le riz.
La production mondiale de blé devrait augmenter de 70 Mt pour s’établir à 840 Mt d’ici à 2031, dont 35 Mt
d’augmentation en Asie (Graphique 3.4), un rythme de croissance plus lent que celui de la décennie
précédente.
Asie
Amérique du Nord
Afrique
Europe
Océanie
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
L’Inde, troisième producteur mondial de blé, devrait fournir la plus grande partie de l’offre supplémentaire
grâce à une hausse de la production de blé de 18 Mt d’ici 2031, due dans une large mesure à l’amélioration
des rendements et à l’extension des superficies cultivées à la suite des politiques nationales mises en
œuvre pour améliorer l’autosuffisance du pays en blé. De fortes hausses de la production sont prévues en
Russie (14.1 Mt), au Canada (7 Mt), au Pakistan (5 Mt) et au Kazakhstan (4 Mt). En Russie, en Inde et au
Kazakhstan, les superficies supplémentaires plantées en blé représenteront plus des deux tiers de
l’accroissement mondial des superficies, y compris celles de blé de printemps. D’après les projections, la
Chine continuera d’être le premier producteur de blé en 2031 (Graphique 3.5).
S’agissant du maïs, la production mondiale devrait croître de 161 Mt pour s’établir à 1.33 Gt d’ici 2031, les
hausses les plus fortes étant enregistrées aux États-Unis (50 Mt), suivis par la Chine (32 Mt), le
Brésil (24 Mt) et l’Argentine (6 Mt). Au Brésil, l’augmentation de la production sera induite par la hausse
de la production de maïs de seconde récolte après le soja. Aux États-Unis, le taux de croissance devrait
redescendre à 0.6 % par an pendant la prochaine décennie – contre 1.9 % par an au cours des dix
précédentes années – en raison du ralentissement de la croissance de la demande intérieure, en
particulier d’éthanol. L’amélioration des rendements sera contrebalancée par une réduction des superficies
plantées en maïs en concurrence avec le soja aux États-Unis.
En Afrique subsaharienne, l’accroissement de 25.8 Mt de la production totale de maïs devrait être dû en
grande partie au maïs blanc, qui est une culture de base importante dans la région. La hausse de la
production de maïs devrait s’expliquer principalement par l’amélioration des rendements.
En Chine, la production de maïs a diminué entre 2015 et 2018 en raison des nouvelles mesures prises par
les pouvoirs publics en 2016 pour supprimer le dispositif de soutien des prix et mettre ainsi fin à
l’accumulation des stocks. Ces mécanismes ont été remplacés par des politiques d’achat obéissant à la
logique du marché associées à des subventions directes aux producteurs. En 2015, le ratio
stocks/consommation du maïs était de près de 80 % d’après les estimations. Il est tombé à environ 53 %
ces trois dernières années, un chiffre très proche du ratio estimé pour la période 2007-09 avant le début
de l’accumulation des stocks. Ces chiffres indiquent que la période d’écoulement des stocks temporaires
semble être terminée. Le ratio stocks/consommation devrait s’élever à environ 50 % durant la période de
projection (Graphique 3.6). À mesure que les agriculteurs chinois s’adapteront à la nouvelle politique, la
production de maïs devrait gagner en compétitivité. En effet, la Chine devrait être le deuxième pays qui
contribuera le plus (20 %) à la hausse de la production mondiale de maïs après les États-Unis (26 %).
Note : les chiffres indiqués correspondent aux pourcentages du total mondial correspondant.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
La production mondiale d’autres céréales secondaires – comme le sorgho, l’orge, le millet, le seigle et
l’avoine – devrait atteindre 335 Mt d’ici à 2031, en hausse de 28 Mt par rapport à la période de référence.
Cette augmentation sera due en majorité au continent africain (16 Mt). L’Afrique connaît l’augmentation
de population la plus rapide et s’appuie sur d’autres céréales telles que le millet et le sorgho,
principalement destinées à la consommation humaine. Les pays africains devraient représenter près de la
moitié de la hausse de la production mondiale d’autres céréales secondaires, l’Éthiopie contribuant à
hauteur de 4 Mt pour atteindre 17 Mt d’ici 2031, et l’Inde à hauteur de 5 Mt. Au sein de l’Union européenne,
la production n’augmentera pas par rapport à la période de référence, qui inclut la récolte record de 2020,
en raison du ralentissement de la progression de la demande d’aliments pour animaux et de la modification
de la composition de ces aliments en faveur du maïs plutôt que de l’orge. Aux États-Unis, la production
restera stationnaire après des récoltes historiques en 2021-22.
La production mondiale de riz devrait croître de 68 Mt pour se porter à 584 Mt en 2031. L’augmentation
de la production des pays asiatiques, qui représentent la majeure partie de la production mondiale de riz,
devrait être vigoureuse. La progression la plus importante devrait avoir lieu en Inde (+26 Mt), suivie par
les pays d’Asie les moins avancés (+12 Mt), la Chine (+8.8 Mt), la Thaïlande (+5 Mt) et le Viet Nam (+4 Mt).
L’Inde restera un important producteur de riz Indica et de riz Basmati. Le Viet Nam devrait enregistrer une
hausse de production s’expliquant principalement par de meilleurs rendements ; la superficie récoltée
devrait en revanche diminuer, en supposant que les initiatives gouvernementales visant à encourager une
évolution vers des cultures de remplacement se poursuivent et soient efficaces. La Chine, classée au
premier rang mondial de la production de riz, devrait accroître sa production à un rythme plus lent que
celui des dix dernières années. Dans ce pays, les gains de production prévus devraient également
découler d’une amélioration des rendements, étant donné que les actions visant à cesser toute culture sur
les terres les moins productives devraient se poursuivre, l’objectif général étant d’améliorer la qualité de
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
183
la production de riz. Dans les pays à revenu élevé tels que la Corée, le Japon et l’Union européenne, la
production devrait passer légèrement au-dessous du niveau de la période de référence, tandis qu’aux
États-Unis et en l’Australie, la production progressera d’environ 0.3 % et 1.7 % par an respectivement.
50 5
0 0
2011
2016
2021
2026
2031
2011
2016
2021
2026
2031
2011
2016
2021
2026
2031
2011
2016
2021
2026
2031
Blé Maïs Autres céréales second. Riz
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
3.3.3. Échanges
Les échanges mondiaux de céréales resteront dynamiques, mais la part des pays évoluera
60
50
40
30
20
10
0
Océanie Amérique Europe Amérique du Asie Afrique Amérique du Europe Océanie Asie Amérique Afrique
latine et Nord Nord latine et
Caraïbes Caraïbes
Part des exportations de céréales dans la production Part des importations de céréales dans la consommation intérieure
Note : ces estimations incluent les échanges intrarégionaux à l'exception de l'Union européenne.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
D’ici à 2031, l’Union européenne – qui se classe à la deuxième place des exportateurs de blé –
représentera 14 % des échanges internationaux, même si les exportations resteront inférieures aux
niveaux sans précédent de 2019. Par rapport à la période de référence, l’Union européenne perd des parts
sur le marché international, essentiellement du fait de la production intérieure qui devrait progresser moins
rapidement. D’après les projections, les exportations du Canada et de l’Ukraine dépasseront celles des
États-Unis, qui se classent traditionnellement au troisième rang mondial des exportateurs (graphique 3.8).
Même si les États-Unis, le Canada et l’Union européenne pourraient voir leur part de marché globale
diminuer, ils devraient conserver les marchés du blé de qualité supérieure et à teneur élevée en protéines,
en particulier en Asie. La Russie et l’Ukraine pourraient être amenées à intervenir sur ces marchés, mais
ces deux pays seront plus compétitifs sur les marchés du blé tendre, tels que ceux de l’Afrique de l’Est et
du Moyen-Orient. Du côté des importations de blé, les régions de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient
conserveront une part stable de 26 % des échanges totaux au cours des dix ans à venir.
Les exportations de maïs devraient s’accroître de 22 Mt pour atteindre 196 Mt à l’horizon 2031. Les cinq
principaux exportateurs – États-Unis, Brésil, Argentine, Ukraine et Russie – représenteront près de 90 %
du total des échanges jusqu’en 2031. Les États-Unis devraient conserver la première place du classement
des exportateurs de maïs, même si les exportations resteront inférieures au niveau record de la période
de référence (2019-21), et la part de leurs exportations diminuera légèrement pour s’établir à 29 %. La
part des exportations de maïs du Brésil devrait augmenter (21 %) avec la hausse de la production de maïs
de seconde récolte. Les pays moins avancés de l’Afrique subsaharienne continueront de jouer un rôle
important en fournissant à la région du maïs blanc destiné à la consommation humaine. L’Afrique du Sud
continuera à approvisionner la région, mais sa marge de progression sera limitée car elle produit des
variétés OGM qui sont soumises à des restrictions dans les pays voisins.
Le Mexique devrait devenir le premier importateur de riz étant donné que la croissance des importations
de l’Union européenne ralentit et que les volumes conséquents importés de la Chine en 2020 et 2021, qui
ont fait du pays le premier importateur mondial, ne devraient avoir été qu’un phénomène passager.
L’Égypte devrait supplanter la Corée et devenir le cinquième importateur mondial de maïs d’ici à 2031
(Graphique 3.8).
Le volume des échanges internationaux d’autres céréales secondaires, dont les principales sont l’orge et
le sorgho, est bien moins élevé que celui du maïs ou du blé. Les exportations devraient s’accroître de
12 Mt pour s’élever à 53 Mt d’ici à 2031. Les cinq principaux exportateurs – Union européenne, Australie,
Russie, Canada et États-Unis – devraient représenter 72 % des exportations mondiales à l’horizon 2031,
une part légèrement supérieure à celle de la période de référence qui s’explique principalement par
l’augmentation des exportations en Russie. Les cinq principaux importateurs – Chine, Arabie saoudite,
République islamique d’Iran, Türkiye et Japon – absorbent presque 70 % des importations mondiales, la
Chine en représentant 39 % en 2031 selon les projections.
Exportations Importations
Autres 13%
Autres 19%
Autres 30% Russie 4% Autres 28% Autres 32%
Ukraine 13% États-Unis 4%
Pakistan 7% Autres 56%
États-Unis
Australie 10% Argentine 11% Viet Nam Japon 4%
Note : les chiffres indiqués correspondent aux pourcentages du total mondial correspondant.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
On suppose que la production de maïs en Chine augmentera davantage qu’au cours de la décennie
écoulée, de sorte que le déficit net dans le domaine de l’alimentation animale de 2021 et de 2022 diminuera
à moyen terme. Les importations de maïs retomberont en dessous des contingents tarifaires convenus au
niveau de l’OMC, à 6.8 Mt en 2031, tandis que les importations de sorgho et d’orge devraient augmenter
de 19 Mt.
Au cours de la précédente décennie, les échanges de riz ont progressé au rythme de 1.9 % par an. Ce
rythme devrait accélérer pour atteindre quelque 2.4 % par an, tandis que le volume global des exportations
augmentera de 16 Mt pour s’établir à 64 Mt d’ici à 2031. La part de marché des cinq principaux
exportateurs de riz – Inde, Thaïlande, Viet Nam, Pakistan et États-Unis – devrait augmenter, passant de
76 % à 81 %. L’Inde restera le premier fournisseur de riz au monde, et les modifications actuellement
apportées à la composition variétale de la production et l’importance accrue accordée à la culture de
variétés de qualité supérieure pourraient aider le Viet Nam à développer sa part de marché dans les
régions autres que l’Asie, d’après les projections. La Thaïlande devrait continuer de jouer un rôle important
dans les exportations mondiales, mais en faisant face à une concurrence accrue.
On anticipe que les pays les moins avancés d’Asie, notamment le Cambodge et le Myanmar,
enregistreront une forte progression de leurs exportations : les expéditions de riz augmenteront
globalement de 55 %, passant de 3.8 Mt pendant la période de référence à 5.9 Mt en 2031, car les
importants stocks exportables devraient permettre à ces pays d’accroître leur part de marché sur les
marchés asiatiques et africains. Historiquement, le riz Indica représente la majeure partie des échanges
mondiaux de riz. Toutefois, la demande d’autres variétés devrait continuer à augmenter au cours des dix
prochaines années.
Les importations de la Chine, premier importateur de riz pendant la période de référence, ne devraient
progresser que de manière marginale. Les importations devraient augmenter plus sensiblement dans les
pays africains, où la demande devrait continuer à croître plus rapidement que la production. Le Nigéria
devrait devenir le premier importateur de riz, avec des importations qui augmenteront de 3 Mt pour
atteindre 5 Mt, soit l’équivalent de 45 % de sa consommation intérieure prévue à l’horizon 2031.
Globalement, les importations des pays africains devraient passer de 17 Mt au cours de la période de
référence à 32 Mt en 2031, portant ainsi la part des importations mondiales de l’Afrique de 37 % à 49 %.
Outre la Chine et le Nigéria, en 2031, le groupe des cinq principaux importateurs de riz comprendra les
Philippines, le Viet Nam et l’Union européenne. À cette date, ces pays devraient cumuler 23 % des
importations mondiales de riz, une part similaire à celle de la période de référence.
3.3.4. Prix
Les prix des céréales en valeur réelle devraient fléchir tout au long des dix prochaines
années
Le prix mondial du blé s’est élevé en moyenne à 263 USD/t durant l’année civile 2021, le plus élevé depuis
2015. Les prix nominaux du blé devraient dépasser 271 USD/t en 2031 en raison des prévisions de
récoltes moyennes et de la croissance modérée des exportations et de la consommation en alimentation
humaine.
Le prix mondial du maïs s’est établi en moyenne à 259 USD/t durant l’année civile 2021, son plus haut
niveau depuis 2013. À moyen terme, la diminution des stocks combinée à une forte demande mondiale
d’aliments pour animaux soutiendra le prix du maïs, qui atteindra 206 USD/t d’ici à 2031.
600
500
400
300
200
100
2001
2006
2011
2016
2021
2026
2031
2001
2006
2011
2016
2021
2026
2031
Prix nominal Prix réel
Note : Blé : prix f.a.b. du blé rouge d’hiver de catégorie n° 2, ports du Golfe, États-Unis ; maïs : prix f.a.b. du maïs jaune de catégorie n° 2, ports
du Golfe, États-Unis ; autres céréales secondaires : prix f.a.b. de l’orge fourragère, port de Rouen, France ; riz : indice FAO des prix du riz
normalisé par rapport à l’Inde, riz Indica de qualité supérieure, 5 % de brisures, moyenne 2014-16. Les prix réels sont les prix mondiaux
nominaux corrigés des effets de l’inflation par le déflateur du PIB des États-Unis (2021 = 1). Riz sur l’axe secondaire. Les prix correspondent à
ceux des campagnes de commercialisation.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
S’agissant des autres céréales secondaires, le prix annuel moyen sur le marché mondial s’est élevé à
273 USD/t en 2021, légèrement au-dessous du niveau record de 2012. Le prix nominal sur le marché
mondial des autres céréales secondaires devrait s’élever à 245 USD/t à l’horizon 2031, soutenu par la
hausse de la demande d’importations émanant principalement de la Chine.
Le prix de référence à l’exportation du riz usiné (indice FAO des prix du riz normalisé par rapport à l’Inde,
5 %) a fluctué dans une fourchette étroite comprise entre 387 USD/t et 420 USD/t entre 2019 et 2021. À
moyen terme, même si la demande de la part de certains pays d’Asie, d’Afrique et du Moyen-Orient devrait
croître, la hausse concomitante des stocks des exportateurs devrait donner lieu à des prix nominaux de
416 USD/t en 2031.
Compte tenu de la crise économique actuelle, les prix des céréales devraient augmenter en 2022 et en
2023, mais à moyen terme, les prix du blé, du maïs, des autres céréales secondaires et du riz baisseront
d’ici à 2031 en valeur réelle, une fois corrigés des effets de l’inflation.
perdure. En outre, si la crise se poursuit, les pays de l’Afrique de l’Est et de la région NENA qui dépendent
actuellement des importations de céréales de la région de la mer Noire devront trouver de nouvelles
sources d’approvisionnement en céréales. La hausse des prix des engrais due aux ruptures
d’approvisionnement actuelles, la guerre et d’autres facteurs pourraient entraîner une diminution des
rendements à court terme, en particulier dans les pays à faible revenu. La hausse des prix des produits
qui en résulterait pourrait fragiliser encore la sécurité alimentaire à l’échelle internationale, qui pourrait déjà
être menacée.
Plusieurs facteurs pourraient engendrer des réactions des marchés des céréales qui n’apparaissent pas
dans les projections actuelles. Bien que les hypothèses climatiques classiques donnent lieu à des
perspectives de production positives pour les principales régions céréalières, les phénomènes
météorologiques extrêmes accentués par le changement climatique pourraient entraîner une plus grande
volatilité des rendements des céréales, avec des conséquences sur l’offre et les prix au niveau mondial. Il
existe des risques accrus dans certaines régions où l’eau est rare qui pèsent sur la production.
L’action des pouvoirs publics sera primordiale. Le renforcement de la sécurité alimentaire et l’accent mis
sur une durabilité accrue dans les réformes prévues (p. ex., la stratégie « De la ferme à la table » de
l’Union européenne), ainsi que les politiques favorisant les biocarburants (Brésil et Inde), renforceront la
concurrence à l’égard de la demande de céréales. Les actions menées par la Chine, qui ont une influence
croissante sur la production intérieure et la demande d’importations, sont également cruciales pour
l’évolution future des marchés des céréales (Encadré 3.1). Les restrictions commerciales pourraient
provoquer une réaction des marchés et une modification des flux commerciaux, comme les mesures
appliquées précédemment aux exportations de céréales et de riz. L’évolution des politiques relatives aux
OGM et à l’édition génomique pourrait avoir une incidence notable sur le potentiel de production de
céréales à l’échelle mondiale, tout comme la vitesse d’adoption des technologies disponibles et des
pratiques agricoles améliorées.
Les ravageurs et les maladies animales constituent un risque permanent qui pourrait perturber l’offre et la
demande de céréales. Du point de vue de l’offre, c’est le cas dans les régions disposant de ressources
limitées pour atténuer les répercussions de tels événements. Les invasions récentes de criquets et de
légionnaires d’automne, qui ont ébranlé la sécurité alimentaire dans plusieurs pays asiatiques et africains,
sont quelques exemples de ces événements. Les maladies animales pourraient également faire baisser
la demande d’aliments pour animaux, comme l’ont montré récemment les effets de l’épizootie de peste
porcine africaine en Asie du Sud-Est.
Encadré 3.1. Rôle du déficit net dans le domaine de l’alimentation animale de la Chine dans les
marchés internationaux des céréales
Les prix internationaux des céréales ont fortement augmenté au cours de la campagne de
commercialisation 2020-21. Si les nouvelles hausses de prix survenues depuis le milieu de
l’année 2021 peuvent être attribuées à d’autres facteurs (voir la section 3.1), un facteur important de
l’évolution des prix en 2020-21 pourrait être la hausse substantielle des importations de céréales par la
Chine, nettement au-dessus des niveaux enregistrés précédemment. Les importations ont été tirées
par la reconstitution progressive du cheptel porcin après la période de peste porcine africaine afin de
répondre à la demande d’aliments pour animaux du pays.
L’édition de l’année dernière des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO avait supposé que
ces importants flux commerciaux constitueraient un phénomène de courte durée et que les importations
retrouveraient un niveau plus normal. En effet, en 2021, les importations de céréales étaient toujours
élevées, mais nettement inférieures au pic de 2020.
Adenäuer (2022) a élaboré un scénario afin d’analyser l’impact possible, sur les marchés internationaux
des céréales, d’un maintien de la Chine au premier rang des importateurs de maïs et constate que si
la Chine importait plus de 15 % des échanges mondiaux de maïs en 2030, les prix des produits
agricoles pourraient augmenter de 4 % à 25 % par rapport aux projections des Perspectives agricoles
de l’OCDE et de la FAO 2021-2030.
Ces prix plus élevés pourraient remettre en cause l’hypothèse des prix des céréales à moyen terme
selon laquelle les prix réels baisseraient au cours de la prochaine décennie, qui est utilisée dans cette
édition et les éditions précédentes des Perspectives, comme l’illustre le Graphique 3.1.
Graphique 3.10. Prix mondial réel du maïs (à gauche) et indice FAO des prix des produits
alimentaires (à droite)
Source : Simulations du modèle Aglink-Cosimo fondées sur les projections des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2021-2030.
Source : Adenäuer, M. (2022), « The role of China’s feed deficit in international grain markets », Documents de l’OCDE sur l’alimentation,
l’agriculture et les pêcheries, n° 172, Éditions OCDE, Paris, [Link]
StatLink 2 [Link]
400
350
300
250
200
150
100
50
0
2009-11 2019-21 2031 2009-11 2019-21 2031
Tourteaux protéiques Huiles végétales
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
La production des autres oléagineux devrait augmenter de 1.2 % par an au cours de la prochaine
décennie, soit une croissance plus lente que celle des dix dernières années. Ce ralentissement s’explique
principalement par une stagnation de la demande d’huile de colza pour la production de biodiesel en
Europe et par la concurrence plus vive avec les céréales pour l’accès aux superficies arables limitées en
Chine et dans l’Union européenne. Globalement, la culture des autres oléagineux tels que le colza et le
tournesol est beaucoup moins concentrée que celle du soja. La Chine, l’Union européenne, le Canada et
l’Ukraine affichent chacun une production de ces oléagineux comprise entre 20 et 32 Mt. En Ukraine, la
guerre de 2022 a provoqué des perturbations de la production, de la transformation et du commerce de
graines de tournesol.
Les deux principaux producteurs mondiaux d’huile de palme, l’Indonésie et la Malaisie, continueront de
dominer les échanges d’huiles végétales, exportant environ 65 % de leur production combinée et
représentant à eux deux près de 60 % des exportations mondiales. Premier importateur mondial d’huile
végétale, l’Inde devrait rester sur une forte croissance des importations (1.8 % par an) du fait de la hausse
de la demande intérieure et de la marge de progression limitée de sa production. Les exportations
mondiales de soja, autre produit avec une part d’échanges élevée dominé par les Amériques, devraient
voir leur croissance ralentir considérablement au cours de la prochaine décennie pour cause de
décélération des importations chinoises.
Si la campagne 2021 a vu les prix dans la filière oléagineuse atteindre ou frôler des records, les premières
années de la période de projection devraient être marquées par un ajustement à la baisse. Les prix
devraient ensuite légèrement augmenter en valeur nominale, mais baisser en valeur réelle, suivant la
tendance à long terme qui caractérise les prix des produits agricoles.
En Indonésie et en Malaisie, la marge de progression de la production d’huile de palme reposera de plus
en plus sur les activités de replantation de palmiers à huile et sur l’amélioration parallèle des rendements
(et non sur l’augmentation des superficies), ce qui soulèvera de nouveaux défis. Les préoccupations
concernant la durabilité (c.-à-d. la déforestation et l’utilisation de certifications de durabilité pour les huiles
végétales) pèsent également sur le développement de la production d’huile de palme dans les pays
producteurs comme dans les pays consommateurs. L’utilisation d’huiles végétales pour produire du
biodiesel est déterminée principalement par la politique relative aux biocarburants, qui fixe les taux
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
193
Les prix nominaux atteignent des niveaux record en raison de l’offre limitée
Les prix des oléagineux et des produits oléagineux ont continué à augmenter en 2021 et dans les premiers
mois de 2022, atteignant de nouveaux records en valeur nominale, notamment pour les huiles végétales,
du fait d’une demande vigoureuse et d’une légère baisse de la production, en particulier de colza et de
soja. Cette flambée des prix a contribué à l’inflation des prix des produits alimentaires dans de nombreux
pays, aggravant les problèmes d’accès à l’alimentation découlant des pertes de revenus provoquées par
la pandémie.
Au premier semestre 2021, la pandémie de COVID-19 a provoqué un ralentissement temporaire de la
demande ainsi que des perturbations à court terme des chaînes d’approvisionnement, ce qui a fait baisser
les prix. En Amérique du Sud, la production de soja a souffert des mauvaises conditions météorologiques
qui ont entraîné une baisse du volume de soja trituré et des rendements. En Malaisie, la récolte de l’huile
de palme a pâti en 2021 d’une pénurie de main-d’œuvre qui a été accentuée par les mesures de restriction
des déplacements adoptées pour contenir l’épidémie de COVID-19, de sorte que la production et les
exportations totales ont diminué. La production de colza canadien a réduit, entraînant également une
baisse des exportations.
Avec la hausse de prix provoquée par le recul de la production mondiale d’oléagineux et d’huile de palme,
les prévisions de croissance de la demande mondiale ont été revues à la baisse pour la
campagne 2021-22. En Indonésie, la nouvelle politique d’obligation de vente sur le marché intérieur
(Domestic Market Obligation) définie par le gouvernement a entraîné une réduction des exportations
d’huile de palme vers l’Inde, la Chine et l’Union européenne.
L’huile végétale est principalement utilisée pour la consommation humaine (65 %) et comme matière
première pour la production de biodiesel (15 %). En outre, les huiles végétales sont employées dans la
fabrication des cosmétiques, des vernis et, de plus en plus, dans les préparations pour l’alimentation des
animaux, en particulier pour l’aquaculture.
La consommation d’huile végétale alimentaire par habitant devrait progresser de 0.5 % par an, ce qui est
bien inférieur à la hausse annuelle de 1.7 % relevée sur la période 2012-21, en raison de la quasi-
saturation de la demande alimentaire des pays développés et des marchés émergents. En Chine (30 kg
par habitant) et au Brésil (27 kg par habitant), la consommation d’huile végétale alimentaire devrait
atteindre des niveaux comparables à ceux observés dans les pays développés, où elle plafonnera à 28 kg
par habitant, soit une hausse annuelle de 0.6 % (Graphique 4.2).
Graphique 4.2. Quantité d’huile végétale alimentaire disponible par habitant dans les principaux
pays
40
35
30
25
20
15
10
0
Monde PMA Inde Amérique latine Indonésie Union européenne Chine États-Unis
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
Deuxième consommateur et premier importateur d’huile végétale dans le monde, l’Inde devrait voir sa
consommation par habitant continuer de croître au rythme de 1.1 % par an pour atteindre 12 kg par
habitant en 2031. Cette nette progression résultera à la fois d’une augmentation de la production intérieure
et de sa trituration, et d’une hausse des importations, principalement d’huile de palme d’origine
indonésienne et malaisienne. À mesure que l’urbanisation progresse dans les pays en développement, on
s’attend à ce que les habitudes alimentaires et les structures traditionnelles des repas changent pour faire
une plus grande place à des aliments transformés contenant davantage d’huile végétale. Dans les pays
les moins avancés (PMA), les disponibilités en huile végétale par habitant devraient augmenter de
0.8 % par an pour atteindre 9 kg par habitant en 2031, en raison de la faiblesse du revenu par habitant.
L’utilisation d’huile végétale comme matière première pour produire du biodiesel (qui représente environ
10-15 % de la consommation mondiale d’huile végétale) devrait rester stable dans les dix prochaines
années, après avoir augmenté de 6.3 % par an au cours de la décennie précédente avec l’entrée en
vigueur de politiques de soutien aux biocarburants (Graphique 4.3). L’utilisation d’huile végétale pour
produire du biodiesel dépend du cadre réglementaire (chapitre 9) et de l’évolution relative des prix de
l’huile végétale et du pétrole brut (voir plus loin). De manière générale, les objectifs nationaux
d’incorporation obligatoire de biodiesel devraient moins progresser que par le passé. Par ailleurs, la part
des huiles usagées, du suif et d’autres matières premières s’accroît dans la fabrication du biodiesel, en
particulier dans l’Union européenne et aux États-Unis, en raison surtout de certaines mesures publiques.
En Argentine, l’industrie des biocarburants, à vocation exportatrice, devrait absorber 1.6 Mt d’huile
végétale à l’horizon 2031, ce qui correspond à 56 % de la consommation intérieure du produit. En
Indonésie, le volume d’huile végétale utilisé dans la production de biodiesel devrait continuer de progresser
fortement et atteindre 8.9 Mt d’ici à 2031 du fait des politiques nationales de soutien. Ce pays sera le
principal moteur mondial de l’accroissement de ce type d’usage de l’huile végétale.
Graphique 4.3. Proportion des huiles végétales utilisées dans la production de biodiesel
70
60
50
40
30
20
10
0
Monde États-Unis Indonésie Thaïlande Union européenne Brésil Argentine
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLi [Link]
Les tourteaux protéiques sont exclusivement utilisés pour l’alimentation animale et leur consommation
devrait continuer d’augmenter de 1.2 % par an, soit une allure bien inférieure aux 3.4 % annuels
enregistrés durant la décennie écoulée. L’utilisation de tourteaux dans l’alimentation animale et la
production animale sont liées : l’intensification de cette dernière accroît la demande de tourteaux
protéiques, tandis qu’une plus grande efficacité alimentaire entraîne une réduction du volume de tourteaux
par animal. De plus, la composition de l’élevage et la taille du troupeau influent également sur ce lien.
Le lien entre production animale et consommation de tourteaux protéiques dépend du niveau de
développement économique d’un pays (Graphique 4.4). Les pays à faible revenu, où l’élevage se pratique
à l’échelle familiale ou artisanale, consomment moins de tourteaux protéiques que les économies à revenu
élevé, qui ont recours à des systèmes d’élevage intensif. L’urbanisation rapide et la demande accrue de
produits d’origine animale conduisent les pays en développement à se tourner vers des modes de
production qui font davantage appel aux aliments pour animaux. La consommation de tourteaux protéiques
tend alors à croître plus rapidement que la production animale. Dans les PMA, où les tourteaux protéiques
sont encore très peu employés, l’intensification de l’élevage devrait se poursuivre, avec à la clé un plus
large recours aux aliments composés. De fait, avec l’intensification, la quantité de tourteaux protéiques
utilisée par unité de production animale augmente considérablement, entraînant une croissance rapide de
la demande totale.
La Chine est à l’origine de plus d’un quart de la demande mondiale de tourteaux protéiques et influence
donc l’évolution de celle-ci. La croissance de la demande chinoise d’aliments composés devrait ralentir
par rapport à la décennie précédente, car la production animale progressera moins vite et la part de la
production utilisant ce type d’aliments est déjà importante. En Chine, la part des tourteaux protéiques dans
les aliments composés devrait se stabiliser après avoir bondi au cours de la décennie écoulée pour
dépasser celle affichée actuellement par les États-Unis et l’Union européenne. Dans le cadre de la
reconstitution des effectifs porcins après l’épizootie de peste porcine africaine, des systèmes intensifs de
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
196
production basée sur des aliments pour animaux ont été déployés à plus grande échelle dans le pays, ce
qui devrait entraîner un accroissement supplémentaire de la demande de tourteaux protéiques.
Aux États-Unis et dans l’Union européenne, où les aliments composés répondent à la majeure partie des
besoins en protéines de la production animale, la consommation de tourteaux protéiques devrait
progresser plus lentement que la production animale du fait d’une plus grande efficacité alimentaire. En
outre, sous l’impulsion des grandes chaînes de distribution qui réduisent leur demande de tourteaux de
soja, les produits d’origine animale – principalement la volaille et les produits laitiers – commercialisés
dans l’Union européenne sont de plus en plus souvent certifiés comme ayant été obtenus sans utilisation
d’aliments pour animaux issus de cultures transgéniques.
-1
PMA Amérique latine Chine États-Unis Union européenne
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
À l’échelle mondiale, la trituration est utilisée pour transformer en tourteaux et en huile quelque 90 % du
soja et des autres oléagineux produits. La demande de graines destinées à la trituration augmentera plus
vite que celle concernant d’autres usages, notamment la consommation directe de soja (substituts des
produits laitiers et de la viande, par exemple), d’arachides et de graines de tournesol, ainsi que l’utilisation
directe du soja dans l’alimentation animale. La situation géographique des activités de trituration dépend
de nombreux facteurs : frais de transport, politiques commerciales (p. ex., droits de douane différents pour
les oléagineux et les produits oléagineux), tolérance à l’égard des cultures transgéniques, coûts de
transformation (main-d’œuvre, énergie, etc.) et infrastructures (installations de trituration, ports, routes,
etc.).
En valeur absolue, la trituration du soja devrait augmenter de 45 Mt pendant la période de projection, soit
moins de la moitié des 100 Mt enregistrées les dix années précédentes. La Chine devrait produire 18 Mt
supplémentaires de soja trituré, soit 40 % environ de la progression mondiale, pour l’essentiel à partir de
soja importé. Bien qu’importante, la croissance projetée pour la Chine sera beaucoup plus faible qu’au
cours de la dernière décennie, car la hausse de la demande intérieure d’aliments composés pour animaux
devrait se tasser sous l’effet du ralentissement de la croissance de la production animale. De plus, la part
des tourteaux protéiques dans ces aliments composés a déjà atteint un niveau relativement élevé en Chine
et sa marge de progression est désormais faible. Au niveau mondial, la trituration des oléagineux autres
que le soja devrait augmenter au rythme de la production, de 28 Mt pendant la période considérée, et
s’effectuer plus souvent dans le pays producteur.
La production mondiale d’huile végétale est tributaire d’une part de la trituration d’oléagineux et d’autre
part de la production de plantes oléagineuses tropicales pérennes, notamment de palmiers à huile. À
l’échelle mondiale, la production d’huile de palme a connu une croissance plus forte que celle des autres
huiles au cours de la décennie écoulée. Cette croissance devrait toutefois faiblir en raison de l’attention
grandissante portée aux questions de durabilité et du vieillissement des palmiers à huile en Indonésie et
en Malaisie. Ces deux pays représentent plus du tiers de la production mondiale d’huile végétale et plus
de 80 % de la production mondiale d’huile de palme.
Au niveau mondial, l’offre d’huile de palme devrait s’accroître de 1.0 % par an. Le durcissement des
politiques environnementales dans les grands pays importateurs d’huile de palme et les normes de
production agricole durable (conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030 de
l’ONU, par exemple) devraient ralentir l’expansion des surfaces plantées en palmiers à huile en Indonésie
et en Malaisie. Cela signifie que la croissance de la production tient de plus en plus aux gains de
productivité, et notamment à l’accélération des activités de replantation. La production d’huile de palme
devrait progresser plus vite dans les autres pays, où elle part, il est vrai, d’un niveau fort bas et alimente
essentiellement les marchés intérieurs et régionaux. Ainsi, la Thaïlande, la Colombie et le Nigéria devraient
produire respectivement 3.8 Mt, 2.1 Mt et 1.8 Mt en 2031. Dans plusieurs pays d’Amérique centrale, une
production de niche d’huile de palme se développe, assortie d’emblée de certifications de durabilité
reconnues à l’échelle mondiale, ce qui place la région en situation de trouver un jour de larges débouchés
à l’exportation.
L’ensemble « huile végétale » comprend l’huile de palmiste, l’huile de coco et l’huile de coton, auxquelles
s’ajoutent l’huile de palme et les huiles extraites par trituration de graines oléagineuses, comme indiqué
plus haut. L’huile de palmiste est obtenue parallèlement à l’huile de palme, sa production évolue donc
comme celle de cette dernière. L’huile de coco est produite principalement aux Philippines, en Indonésie
et dans les îles océaniennes. L’huile de palmiste et l’huile de coco ont de nombreux usages industriels, et
la première est désormais beaucoup plus utilisée que la seconde du fait de la production croissante d’huile
de palme. L’huile de coton est un sous-produit de l’égrenage du coton, dont la production est
essentiellement concentrée en Inde, aux États-Unis, au Pakistan et en Chine. Dans l’ensemble, les
projections indiquent que la production mondiale d’huile végétale devrait augmenter de 1.1 % par an, ce
qui s’explique principalement par la demande alimentaire résultant de l’accroissement démographique et
de la hausse des revenus dans les pays en développement.
La production mondiale de tourteaux protéiques devrait progresser de 1.1 % par an pour atteindre 410 Mt
à l’horizon 2031. Cette production est dominée par le tourteau de soja, qui représente plus des deux tiers
du total. Elle est par ailleurs concentrée dans un petit groupe de pays (Graphique 4.5). En Chine et dans
l’Union européenne, la majeure partie des tourteaux produits le sont à partir de graines oléagineuses
importées, principalement du soja provenant du Brésil et des États-Unis. Dans les autres pays producteurs
de premier plan – Argentine, Brésil, Inde et États-Unis – ce sont le soja et d’autres graines oléagineuses
produites à l’intérieur des frontières qui dominent.
500
400
300
200
100
0
2009-11 2019-21 2031
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
D’après les projections, la production de soja devrait croître de 1.0 % par an, contre 2.9 % par an au cours
de la dernière décennie. La progression de la production d’autres oléagineux (colza, tournesol et arachide)
ralentira pour s’établir à 1.2 % par an, contre 2.3 % par an sur les dix dernières années (2012-21). La
croissance de la production découlera pour trois quarts de l’augmentation des rendements. Le soja
présente l’avantage d’être une culture à croissance rapide, ce qui permet de pratiquer une double culture,
surtout en Amérique latine. Ainsi, la hausse supplémentaire de la superficie récoltée résultera pour une
bonne part de la culture de soja après celle de maïs au Brésil, et après celle de blé en Argentine.
Le Brésil est depuis quelques années le premier producteur de soja et devrait voir sa production progresser
de 0.9 % par an au cours de la prochaine décennie – légèrement plus vite qu’aux États-Unis, deuxième
producteur mondial, où la croissance devrait s’établir à 0.7 % par an – du fait de la double culture du soja
et du maïs. La production de soja devrait continuer de croître fortement ailleurs en Amérique latine, si bien
que l’Argentine et le Paraguay en produiront respectivement 53 Mt et 11 Mt d’ici 2031 (Graphique 4.6). En
Chine, on s’attend à ce que cette production reste orientée à la hausse du fait de la diminution du soutien
des pouvoirs publics à la culture de céréales. La production de soja devrait également s’accroître en Inde,
en Russie, en Ukraine et au Canada.
Les plus grands producteurs d’autres oléagineux sont la Chine (colza et arachide principalement) et l’Union
européenne (colza et tournesol surtout). Leur production annuelle devrait ressortir à 32 Mt et 31 Mt
respectivement en 2031. Elle devrait toutefois connaître une croissance limitée (0.8 % par an en Chine et
1.0 % par an dans l’Union européenne) en raison du prix plus élevé des céréales, qui engendrera une
forte concurrence entre les deux types de culture alors que la superficie des terres arables est limitée. Le
Canada, qui est lui aussi un important producteur et le premier exportateur de colza, devrait voir sa
production d’autres oléagineux augmenter de 1.1 % par an pour atteindre 22 Mt à l’horizon 2031.
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
199
D’après les projections, les stocks de soja correspondront à un ratio stocks/consommation de 11.9 % en
2031. Ce ratio est globalement peu élevé comparé à celui des deux dernières décennies, si bien que le
marché pourrait être rapidement confronté à des pénuries en cas de mauvaises récoltes
Mt Amérique latine et Caraïbes Amérique du Nord Europe et Asie Centrale Asie pacifique Afrique subsah. NENA
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
2009-11 2019-21 2031 2009-11 2019-21 2031
Soja Autres oléagineux
Note : l’acronyme NENA désigne la région Proche-Orient et Afrique du Nord, telle que définie dans le chapitre 2.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
4.3.5. Échanges
Plus de 42 % de la production mondiale de soja entre dans les échanges internationaux, ce qui est
beaucoup par rapport aux autres produits agricoles. L’expansion des échanges mondiaux de soja est
directement liée au ralentissement de la croissance des tonnages triturés en Chine et aux importations,
qui devraient augmenter de 0.9 % par an (contre 5.9 % par an durant la période 2012-21) pour atteindre
environ 112 Mt en 2031, soit les deux tiers environ des importations mondiales. Les exportations de soja
proviennent principalement du Brésil et des États-Unis. Les États-Unis ont cédé la place de premier
exportateur mondial de soja, qu’ils occupaient de longue date, au Brésil, qui voit ses capacités
d’exportation croître de façon soutenue et devrait réaliser 50 % des exportations mondiales de soja durant
la période de projection.
En ce qui concerne les autres oléagineux, la part de la production mondiale entrant dans les échanges
internationaux reste nettement plus faible, à environ 14 %, dans la mesure où les deux premiers
producteurs que sont la Chine et l’Union européenne sont des importateurs nets. Les principaux pays
exportateurs, à savoir le Canada, l’Australie et l’Ukraine, devraient réaliser plus de 67 % des exportations
mondiales d’ici à 2031. Au Canada et en Australie, plus de la moitié des autres oléagineux produits
(principalement du colza) sont exportés (Graphique 4.7). Une partie de la production d’oléagineux est en
outre triturée dans ces pays et exportée sous la forme d’huile végétale ou de tourteaux.
Graphique 4.7. Part des exportations dans la production totale d’oléagineux et de produits
oléagineux des trois plus gros pays exportateurs
% 2019-21 2031
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
États-Unis Brésil Argentine Canada Australie Ukraine Argentine Brésil États-Unis Indonésie Malaisie Argentine
Soja Autres oléagineux Tourteaux protéiques Huiles végétales
Note : ce graphique ne fait apparaître que la part des produits exportés directement, sans tenir compte des exportations de produits transformés,
ce qui augmenterait les valeurs.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les exportations d’huile végétale, qui représentent 40 % de la production mondiale, restent dominées par
quelques pays. L’Indonésie et la Malaisie devraient continuer d’assurer 60 % de ces exportations au cours
de la période de projection (Graphique 4.8). Toutefois, la part de la production exportée par ces pays
devrait diminuer légèrement en raison de l’augmentation prévue de la demande intérieure d’huile végétale
pour l’alimentation, l’oléochimie et surtout la production de biodiesel. Les projections prévoient que l’Inde
continuera d’accroître fortement ses importations – de 1.8 % par an – afin de satisfaire une demande en
hausse du fait de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’augmentation du revenu
disponible. Ces importations devraient ainsi atteindre 16 Mt en 2031, soit environ 17 % des importations
mondiales d’huile végétale.
Les échanges mondiaux de tourteaux protéiques devraient croître au rythme de 1.0 % par an pendant la
période de projection, contre 1.4 % par an durant la précédente décennie. L’Argentine demeurera le
premier exportateur de tourteaux, car elle est le seul grand producteur à privilégier sans équivoque les
exportations. L’Union européenne est le plus gros importateur. Ses importations devraient diminuer en
raison du recul de la demande intérieure de tourteaux protéiques. La quasi-totalité des 10 Mt
d’importations mondiales supplémentaires de tourteaux protéiques devrait avoir lieu en Asie, en particulier
au Viet Nam, où la sortie de l’épizootie de peste porcine africaine devrait stimuler la croissance. La
capacité de trituration dans les pays d’Asie ne pourra vraisemblablement pas suivre le rythme de la
demande de tourteaux protéiques, d’où la nécessité pour le secteur de l’élevage de se tourner vers
l’importation d’aliments pour animaux afin de satisfaire ses besoins.
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
4.3.6. Prix
Les prix élevés actuels fléchiront au cours des dix prochaines années
Le prix des oléagineux et des produits oléagineux a continué d’augmenter en 2021 et a atteint des records
en valeur nominale à la fin de l’année alors que la croissance de la demande mondiale a dépassé celle de
l’offre. Les premières années de la période de projection devraient être marquées par un ajustement à la
baisse, car on anticipe une amélioration des perspectives de production, notamment du fait du niveau
élevé des prix actuels qui incitera davantage les agriculteurs à produire. Par la suite, les prix devraient
légèrement augmenter en valeur nominale, mais baisser en valeur réelle, suivant la tendance à long terme
qui caractérise les prix des produits agricoles (Graphique 4.9). La croissance économique continue à la
suite de la reprise post-COVID-19 devrait soutenir le prix des oléagineux et des produits oléagineux durant
la période de projection, tandis que l’amélioration continue de la productivité exercera une pression à la
baisse sur les prix réels.
1 200
800
400
0
2001 2006 2011 2016 2021 2026 2031 2001 2006 2011 2016 2021 2026 2031
Prix nominal Prix réel
Note : Soja, États-Unis, prix CAF (coût, assurance et fret) Rotterdam ; autres oléagineux, colza, Europe, prix CAF Hambourg ; tourteaux
protéiques, prix moyen pondéré à la production de tourteaux de soja, de tournesol et de colza, port européen ; huile végétale, prix moyen
pondéré à la production d’huile de palme, de soja, de tournesol et de colza, port européen. Les prix réels sont les prix mondiaux nominaux
corrigés des effets de l’inflation par le déflateur du PIB des États-Unis (2021 = 1).
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
cultures alimentaires comme matières premières. L’évolution des prix du pétrole brut, dont dépendent la
compétitivité et la rentabilité de la production de biodiesel, demeure une source de profondes incertitudes.
Le rythme auquel le secteur porcin chinois se rétablira après les épidémies de peste porcine africaine et
la restructuration de la filière porcine auront une influence considérable sur la demande d’aliments pour
animaux, en particulier sur celle de tourteaux protéiques. Ceux-ci rivalisent en partie avec d’autres produits
dans la production d’aliments composés et réagissent de ce fait à toute variation des prix des céréales.
Toute modification des mélanges fourragers aura une incidence sur la consommation de tourteaux
protéiques.
Les inquiétudes des consommateurs concernant le soja sont liées au fait qu’une grande part de la
production est obtenue avec des semences transgéniques. Dans l’Union européenne en particulier, les
dispositifs de certification des produits animaux appliqués par les distributeurs qui garantissent une
alimentation animale sans produits génétiquement modifiés prennent de l’ampleur et pourraient entraîner
une réorientation de la demande d’aliments pour animaux vers des sources de protéines autres que les
tourteaux de soja. Sachant que l’Union européenne représentait 13 % de la demande mondiale de
protéines sur la période 2019-21, cette évolution pourrait réduire encore la demande de tourteaux. La
hausse des préoccupations environnementales concerne notamment le lien potentiel entre la déforestation
et l’essor de la production de soja au Brésil et en Argentine. Ces inquiétudes ont amené le secteur privé à
encourager l’usage de terres déjà défrichées pour agrandir les superficies cultivées afin d’éviter de
nouvelles destructions d’espaces forestiers. En cas de succès, ces initiatives volontaires devraient
dissuader les producteurs de soja de défricher des terres pour mener leurs activités.
La guerre de la Russie contre l’Ukraine fait peser de fortes incertitudes sur la filière du tournesol, étant
donné que ces deux pays sont les plus gros producteurs de graines de tournesol (chacun d’eux représente
plus d’un quart de la production mondiale) et figurent parmi les principaux exportateurs de produits à base
de tournesol. L’Ukraine, en particulier, est aussi un important exportateur régional de colza et de soja. Tout
déficit de production réduit donc les volumes d’oléagineux et de produits oléagineux disponibles sur le
marché, mais peut surtout entraîner une pénurie d’huile végétale et de tourteaux protéiques destinés à
l’alimentation animale en Ukraine.
Les conséquences à long terme de la pandémie de COVID-19 pourraient être graves et dépendront de la
vitesse de la reprise économique, puisque la consommation d’huile végétale tend à augmenter fortement
avec la croissance économique et que les tourteaux protéiques sont étroitement liés à l’évolution de la
production animale, elle-même directement corrélée à la hausse des revenus.
5 Sucre
La consommation par habitant, en hausse dans les pays à plus faible revenu, continue de
baisser dans les pays à revenu élevé
La consommation mondiale de sucre 1 devrait repartir à la hausse pour la deuxième saison consécutive
(octobre 2021-septembre 2022, encore en cours d’estimation à l’heure où ces Perspectives sont
élaborées), principalement sous l’effet de la reprise économique.
Cette tendance haussière devrait se poursuivre au cours de la prochaine décennie, soutenue par la
croissance démographique des pays à faible revenu (Graphique 5.1). L’urbanisation et l’augmentation des
revenus, notamment dans les pays d’Asie et d’Afrique, deux régions où la consommation par habitant est
comparativement inférieure, resteront semble-t-il les principaux moteurs de la consommation mondiale de
sucre, grâce à une hausse de la demande de confiseries et de boissons sucrées. Cependant, le
ralentissement de la croissance démographique mondiale au cours des dix prochaines années devrait
limiter la progression de la consommation de sucre. De plus, dans les pays où la consommation par
habitant est déjà élevée, les politiques publiques, les comportements individuels et les pratiques des
entreprises devraient continuer de décourager de consommer du sucre, du fait des préoccupations de
santé associées. Cela sera d’autant plus visible dans les pays à revenu élevé, notablement en Amérique
du Nord, en Amérique latine, en Europe et en Océanie, avec une baisse attendue de la consommation
d’édulcorants caloriques par habitant.
Graphique 5.1. Offre et demande d'édulcorants caloriques dans les principales régions
Mt Production Consommation
70
60
50
40
30
20
10
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Amérique du Nord Amérique latine et Europe et Asie centrale Afrique du Nord-Est et Pays développés de Autres pays d’Asie du Afrique subsah.
Caraïbes du Nord l’Asie et du Pacifique Sud-Est
Source : OCDE/FAO (2022), « Statistiques agricoles des Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO (base de données) »,
[Link]
StatLink 2 [Link]
Dans l’ensemble, le sucre devrait rester l’édulcorant le plus prisé puisqu’il devrait représenter environ 80 %
de l’utilisation mondiale. Les édulcorants à haute teneur en fructose, en particulier l’isoglucose 2, devraient
demeurer les principaux édulcorants caloriques de substitution après le sucre, avec moins de 10 % de la
consommation totale, le reste du marché revenant aux édulcorants intenses, dont la saccharine, le
sucralose et l’aspartame qui sont à faible teneur calorique voire sans.
En 2021/22, la production mondiale de sucre devrait repartir à la hausse après trois ans de baisse,
principalement du fait de perspectives de production favorables en Inde et en Thaïlande, même si un recul
est prévu pour la deuxième saison consécutive au Brésil, le plus gros producteur mondial. En dépit de
projections, en particulier celles des premières années. Sur l’ensemble de la période de projection, des
déficits de production liés au conditions météorologiques (et aussi au changement climatique), la volatilité
des prix du pétrole brut ou le durcissement de la concurrence entre les cultures pourraient aussi causer
de la variabilité ou faire évoluer différemment l’offre et la demande de plantes sucrières. Le cadre de
l’action publique crée également des incertitudes puisque le secteur du sucre est encore assez
réglementé, malgré les efforts de libéralisation entrepris dans certains pays comme l’Union européenne et
la Thaïlande. Du côté de l’offre, les investissements dans la recherche-développement pourraient offrir de
nouveaux débouchés.
Après s’être contractés à la fin de 2021 et au début de 2022, les prix internationaux du sucre ont nettement
rebondi en mars 2022, principalement car on s’attend à ce que la hausse de ceux du pétrole brut amène
à réaffecter davantage de canne à sucre à l’éthanol au Brésil.
Les premières indications concernant 2021/22 laissent entrevoir une probable deuxième saison
consécutive d’offre-demande tendue de sucre. S’il est prévu que la production mondiale de sucre reparte
à la hausse après trois ans de baisse, on estime néanmoins qu’elle ne se hissera pas au niveau de la
consommation mondiale. Sa reprise en 2021/22 doit largement aux attentes de relance de la production
dans l’Union européenne et en Thaïlande, ainsi qu’aux perspectives favorables en Inde. Au contraire, la
production de sucre devrait décliner en République populaire de Chine (ci-après, « Chine ») et au Brésil,
le premier producteur mondial. S’agissant de la consommation mondiale de sucre, elle devrait être
stimulée par la croissance économique mondiale donc augmenter pour la deuxième année consécutive
après le repli dû au COVID-19 en 2019/20. Les prévisions relatives aux échanges internationaux de sucre
en 2021/22 s’établissent autour de 60 Mt, soit légèrement moins que le volume estimé en 2020/21. Ces
prévisions traduisent avant tout une baisse des exportations du Brésil et de l’Inde par rapport à leurs ventes
record en 2020/21. La demande mondiale d’importations devrait aussi faiblir en 2021/22, principalement
du fait des coûts d’importation élevés, les plus gros pays acheteurs demeurant la Chine et l’Indonésie.
5.3.1. Consommation
La consommation mondiale de sucre est tirée vers le haut par les économies à revenu
intermédiaire et à faible revenu
La consommation mondiale de sucre devrait continuer de progresser d’environ 0.9 % par an au cours de
la prochaine décennie, pour atteindre 188 Mt en 2031, soutenue par la croissance démographique et
l’augmentation des revenus. Cependant, la consommation moyenne par habitant à l’échelle mondiale
devrait peu varier pour se maintenir autour de 21.9 kilogrammes par habitant (kg/hab). Ce chiffre reflète
des variations considérables d’une région ou d’un pays à l’autre, qui devraient persister au cours des dix
prochaines années, la hausse de la consommation par habitant dans les économies à revenu faible ou
intermédiaire étant appelée à compenser son recul dans les pays à revenu élevé (Graphique 5.2). En
général, dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, l’augmentation prévue de la consommation
d’édulcorants caloriques est proportionnellement plus forte quand les revenus sont plus faibles. Au
contraire, dans les pays à revenu élevé, la consommation de sucre par habitant devrait continuer de
baisser au cours de la prochaine décennie, comme elle le fait déjà depuis quelque temps, à mesure que
les consommateurs se tournent vers des denrées alimentaires à plus faible teneur en sucre. Cependant,
c’est encore dans ces pays que le niveau de consommation de sucre par habitant est le plus élevé, un
niveau dont la baisse régulière devrait transparaître au niveau mondial d’ici à 2031.
Sucre Isoglucose
inf. Faible rev.
2031
2019-21
2031
tranche
interm.
Rev.
2019-21
2031
tranche
interm.
Rev.
sup.
2019-21
2031
élevé
Rev.
2019-21
2031
Monde
2019-21
kg/pers
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Note : les données sont exprimées « telles quelles » (tq). Les 38 pays et 11 agrégats régionaux du scénario de référence sont classés dans
quatre catégories selon le revenu par habitant qu'ils affichaient en 2018. Les limites appliquées sont les suivantes : faible, < 1 550 USD ;
intermédiaire de la tranche inférieure, < 3 895 USD ; intermédiaire de la tranche supérieure, < 13 000 USD ; élevé, > 13 000 USD.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Les contributions les plus importantes au supplément de demande par rapport à la période de référence
viendront d’Asie (71 %) et d’Afrique (31 %). Dans ces deux régions déficitaires en sucre, malgré
l’expansion continue de ces dernières années, les niveaux de consommation par habitant restent
généralement plus faibles que dans les autres régions, mais les perspectives de croissance sont élevées,
étant donné l’urbanisation accrue, l’essor de la classe moyenne et la jeunesse de la population. En Asie,
le taux de croissance doit essentiellement au gonflement de la consommation indirecte à des fins
industrielles, notamment pour les confiseries et les boissons sucrées, tandis qu’en Afrique, il résulte
principalement de l’augmentation de la consommation directe, en particulier dans les zones urbaines.
En Asie, c’est d’abord l’Inde, puis la Chine et l’Indonésie, qui devraient contribuer le plus largement à la
hausse globale de la consommation de sucre, en raison de la croissance démographique, de
l’augmentation des revenus et de l’essor du secteur de l’alimentation et des boissons. La consommation
par habitant de l’Asie devrait croître de 0.6 % par an au cours de la prochaine décennie, contre 0.4 % au
cours des dix années précédentes. En Afrique, la consommation totale augmentera surtout dans les pays
subsahariens les moins avancés qui, au cours de la prochaine décennie, devraient afficher les plus fort
taux de croissance de la consommation par habitant de tout le continent. En revanche, en Afrique du Sud,
où les pouvoirs publics ont pris des mesures pour décourager l’utilisation du sucre, la consommation chute
depuis quelques années : la consommation par habitant devrait donc continuer de baisser au cours de la
prochaine décennie. Cela étant, malgré l’augmentation globale en Asie et en Afrique, la consommation
moyenne par habitant dans ces deux régions devrait rester en dessous de la moyenne mondiale.
Au cours de la prochaine décennie, même si l’apport total quotidien en glucides reste plus élevé en Asie
et en Afrique qu’ailleurs dans le monde (en particulier en Afrique du Nord et du Nord-Est), les glucides
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
209
simples (glucose et fructose du sucre, édulcorants à haute teneur en fructose, fruits et légumes et lactose)
continueront de ne représenter qu’une petite fraction de l’apport quotidien en glucides (Graphique 5.3).
Dans ces deux régions, l’augmentation de la consommation de sucre ne modifiera pas substantiellement
le régime alimentaire, du point de vue des apports en glucides, attendu que les trois quarts des glucides
consommés proviennent d’aliments de base.
Graphique 5.3. Consommation de glucides par habitant et par catégorie, dans les différentes
régions
500
9.9% 10.2%
7.0%
14.5% 16.1% 6.4% 7.2%
400 8.4% 10.1% 10.5% 13.9% 13.9% 11.9% 6.9%
10.6% 8.8% 12.0% 6.6%
11.8% 1.9% 1.9% 5.9% 6.2% 3.1% 6.7% 0.9%
1.8% 2.6% 0.9%
20.1% 19.7% 1.7%
24.4% 23.0%
300 34.3% 31.8% 2.7% 6.3% 6.4%
3.5%
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Amérique du Nord Amérique latine et Europe et Asie centrale Afrique du Nord-Est et Pays développés de Autres pays d’Asie du Afrique subsah.
Caraïbes du Nord l’Asie et du Pacifique Sud-Est
Note : les aliments de base sont les céréales, les racines et tubercules et les légumineuses.
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
En Amérique latine, la première région fournisseuse du monde, la consommation de sucre par habitant a
atteint des niveaux qui font craindre d’éventuels effets négatifs sur la santé. Pour tenter de lutter contre
l’obésité, certains pays (Chili, Équateur, Mexique, Pérou) ont instauré une taxe sur le sucre au cours de la
dernière décennie, d’où une croissance régionale relativement faible, de 5 % seulement au cours de la
période de projection. Les tendances baissières qu’on observe déjà se poursuivront, mais à un rythme
plus ralenti qu’au cours des dix années précédentes. La répartition entre les glucides sera modifiée, avec
une réduction des sucres simples au profit des édulcorants à base d’amidon.
Au cours de la dernière décennie, plusieurs pays ont institué une taxe sur les produits sucrés caloriques,
pour tenter de faire baisser la consommation de sucre. De plus, des mesures ont été mises en place pour
limiter la vente et/ou la promotion des boissons et des produits sucrés auprès des enfants de moins de
18 ans, et certaines entreprises ont réduit la taille des portions et la quantité d’édulcorants caloriques dans
leurs produits. Il est donc probable que les apports totaux en édulcorants caloriques continueront de
baisser dans cet agrégat régional au cours de la prochaine décennie.
Les États-Unis sont un pays très consommateur d’édulcorants caloriques, et notamment d’isoglucose,
lesquels représentent la fraction la plus élevée des glucides consommés par habitant. Mais c’est aussi aux
États-Unis que cette fraction devrait décroître le plus au cours de la période de projection, au profit d’une
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
210
L’isoglucose est principalement utilisé dans les boissons. Au contraire du sucre, il se présente sous forme
liquide et s’échange moins facilement. Il continuera de n’être consommé que dans un petit groupe de pays
du monde, cette consommation devant augmenter de 0.6 % par an ou 1 Mt (poids sec) d’ici à 2031.
La hausse la plus importante surviendra en Chine, l’un des rares pays où la consommation d’édulcorants
par habitant est faible. Étant le premier producteur mondial d’amidon, la Chine devrait augmenter son offre
d’isoglucose pour répondre à une demande intérieure en hausse (3.1 kg/hab en 2031), mais il est probable
que cette croissance sera ralentie par un manque de rentabilité. Les projections n’indiquent quasiment pas
d’augmentation au Japon et en Corée, où la consommation devrait être d’environ 6 kg/hab. Dans l’Union
européenne, les édulcorants à haute teneur en fructose, toujours en concurrence avec les autres
édulcorants, ne devraient totaliser que 1.8 kg/hab en 2031 (à comparer à 1.2 kg/hab pendant la période
de référence).
Les États-Unis et le Mexique resteront les principaux consommateurs d’isoglucose, avec respectivement
14.4 et 10.1 kg/hab. Aux États-Unis, le premier pays producteur du monde, on s’attend à un recul de la
consommation à l’heure où le risque potentiel plus élevé pour la santé de l’isoglucose sur le sucre continue
de faire débat ; la part de l’isoglucose dans la consommation totale d’édulcorants caloriques devrait
continuer de baisser, pour passer de 36 % pendant la période de référence à 32 % en 2031. Au Mexique,
les pouvoirs publics agissent pour réduire la consommation d’édulcorants caloriques ; la consommation
d’isoglucose par habitant devrait se lisser au cours des dix prochaines années. Du fait de la faiblesse de
la demande, les États-Unis devraient voir leur production d’isoglucose diminuer (-10 %) au cours de la
période de projection, jusqu’à atteindre 6 Mt d’ici à 2031.
À l’échelle mondiale, la distribution de la demande d’édulcorants devrait peu évoluer : le sucre
représentera toujours 80 % de la quantité totale consommée, et les édulcorants à haute teneur en fructose,
le principal produit de substitution, un peu moins de 10 %. Le reste correspondra aux édulcorants intenses
(à faible teneur en calories), non couverts dans ces Perspectives.
5.3.2. Production
Au cours de la période de projection, la production mondiale de canne à sucre devrait croître de 0.8 % par
an pour atteindre 1 924 Mt à l’horizon 2031 (+168 Mt), le Brésil et l’Inde devant contribuer à 58 % de cette
augmentation du volume global produit (52 % et 19 % respectivement). Cela reflétera principalement la
hausse relative des rendements des cultures en Thaïlande, en Australie, au Pakistan, au Mexique et en
Inde, l’expansion des surfaces cultivées ne devant intervenir qu’au Brésil. Les perspectives sont moins
prometteuses pour la betterave sucrière, dont la production mondiale ne progressera que sous l’effet de
l’amélioration des rendements (+2.3 %). La production de betteraves sucrières devrait atteindre 284 Mt
en 2031, avec un taux de croissance annuel (0.2 % par an) plus faible qu’au cours de la décennie
précédente (0.9 % par an) (graphique 5.4). Par rapport à la période de référence, une hausse de la
production est attendue aux États-Unis (+5 Mt), en Russie (+2.9 Mt), dans l’Union européenne et en
Égypte (+1.2 Mt) et en Iran (+0.7 Mt), tandis qu’une baisse est prévue en Ukraine (-1.6 Mt). Des activités
de recherche-développement sur des variétés améliorées de plantes sucrières, et surtout des variétés
résistantes à la sécheresse, sont actuellement en cours et devraient avoir des incidences positives sur la
productivité globale.
800
700
600
500
400
300
200
100
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Betterave sucrière Betterave sucrière Canne à sucre Canne à sucre Canne à sucre
Europe et Asie centrale Reste du monde Inde Brésil Reste du monde
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
Le Brésil est le plus gros pays producteur de canne à sucre et plus de la moitié de sa production est
destinée à la fabrication d’éthanol. Des expansions des surfaces cultivées y sont prévues au cours des dix
prochaines années mais, du fait de la concurrence avec les autres cultures, la part de la canne à sucre
dans les terres arables (13 %) n’augmentera que faiblement (+7 %). Un retour à des conditions climatiques
plus humides devrait aider à améliorer les rendements, notamment au cours des premières années de la
période de projection. En Inde, la croissance de la production de canne à sucre devrait être intégralement
due à l’amélioration des rendements, puisque la concurrence avec les autres productions agricoles devrait
empêcher toute expansion des surfaces cultivées. En Thaïlande, la production de canne à sucre de la
prochaine décennie devrait aussi compter principalement sur l’amélioration des rendements. Ces
dernières années, les rendements inférieurs à ceux d’autres cultures, les mesures plus strictes mises en
place par les pouvoirs publics pour limiter les pratiques de brûlis pendant les récoltes et les conditions
météorologiques défavorables ont contribué à faire reculer les superficies, qui ne devraient donc pas
beaucoup augmenter au cours de la prochaine décennie. En Chine, malgré l’intention encore récente des
autorités de soutenir la production de sucre, la culture des plantes sucrières progressera faiblement du fait
de la concurrence avec d’autres cultures et de la hausse des coûts fonciers et des coûts des intrants.
À l’échelle mondiale, compte tenu de la hausse du coût des intrants, on prévoit une faible expansion de la
production de betteraves sucrières au cours de la période de projection. Les surfaces destinées à cette
culture devraient diminuer sous l’effet de la hausse des prix des engrais, mais l’amélioration des
rendements signifie que la plante conservera sa part de marché. Cela devrait notamment être le cas aux
États-Unis, où les deux plantes sucrières sont cultivées, avec environ 55 % du sucre continuant de provenir
de la betterave sucrière. Dans l’Union européenne, la croissance de la production devrait être faible, en
raison notamment du manque d’alternatives aux insecticides néonicotinoïdes et des coûts des intrants
plus élevés pour cette culture que pour d’autres. En Égypte, les prix d’achat rémunérateurs devraient
stimuler la plantation de betteraves sucrières, mais des efforts sont également déployés pour l’adoption
de variétés de semences améliorées.
Au cours de la période de projection, quelque 80 % des plantes sucrières seront utilisées pour produire du
sucre (78 % dans le cas de la canne à sucre et 96 % dans le cas de la betterave sucrière) et les 20 %
restants le seront pour l’éthanol. Le Brésil restera le principal producteur de sucre et d’éthanol de canne à
sucre, puisqu’il sera à l’origine de 37 % de la canne à sucre mondiale d’ici à 2031. La canne à sucre qu’il
produit sera utilisée pour 24 % de la production mondiale de sucre et 83 % de la production mondiale
d’éthanol de canne à sucre (contre 21 % et 91 % au cours de la période de référence).
La production mondiale de sucre devrait progresser pour atteindre 190 Mt d’ici à 2031. La plupart des
hausses de production sont escomptées en Asie et en Amérique latine ainsi qu’en Afrique
(Graphique 5.5) ; selon les projections, ces régions totaliseront 73 % de la production mondiale de sucre
d’ici à 2031 (contre 72 % pendant la période de référence), d’où le fait que les pays de l’OCDE continueront
de perdre des parts de marché.
Région classée en tête, l’Asie devrait voir sa part dans la production mondiale passer de 38.6 % pendant
la période de référence à 39.2 % en 2031. La Thaïlande, troisième pays producteur de sucre du monde,
devrait augmenter sa production de +4.1 Mt d’ici à 2031 par rapport à la période de référence, et ainsi être
le plus gros fournisseur de sucre derrière le Brésil. Ce gonflement substantiel de la production va de pair
avec la hausse de la production de canne à sucre et avec des taux d’extraction du sucre dont il est prévu
qu’ils restent à leur niveau élevé de ces dernières années. En Inde, deuxième pays producteur de sucre
du monde, la production de sucre devrait progresser à un taux inférieur à celui de la décennie précédente,
du fait de la croissance ralentie de la production de canne à sucre et d’une plus grande réaffectation des
récoltes à la production d’éthanol. En Amérique latine, le Brésil, qui est aussi le premier producteur
mondial, dispose d’une filière qui peut facilement basculer de la production de sucre destiné à l’exportation
à la production d’éthanol destiné au marché intérieur6. Soutenu par des prix du sucre à l’exportation
rentables et la hausse des prix du pétrole au début de la période de projection, le Brésil devrait récupérer
d’une longue crise financière et d’épisodes de sécheresse ; par rapport à la période de référence, sa
production de sucre devrait croître de 6.6 Mt et la part des plantations de canne destinées à la production
de sucre devrait progresser, tout en restant légèrement en deçà de celle de l’éthanol (49 % en 2031).
L’Afrique devrait obtenir une plus grande part du marché mondial grâce à l’Égypte (+0.7 Mt) et
l’augmentation de la demande industrielle, mais aussi grâce à l’Afrique du Sud (+0.2 Mt) et d’autres pays
d’Afrique subsaharienne, où des mesures de soutien public devraient contribuer à l’essor de la production
de sucre dans les années à venir.
Mt tq 2019-21 2031
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Brésil Inde Thaïlande Pakistan Mexique Australie Afrique Chine États-Unis Union Russie
européenne
Pays producteurs de canne à sucre Pays producteurs de canne à sucre et Pays producteurs de
betterave à sucre betterave à sucre
Par rapport à la période de référence, seuls 13 % de l’augmentation mondiale devraient être imputables à
la production dans les pays de l’OCDE. En 2031, cette région représentera 22 % du marché mondial,
contre 23 % pendant la période de référence. Toujours par rapport à la période de référence, c’est aux
États-Unis et dans l’Union européenne que les hausses seront les plus élevées, avec respectivement
+1 Mt et +0.9 Mt. La production aux États-Unis continuera de bénéficier de plusieurs mesures prises en
faveur de la filière domestique, notamment le programme de prêts aux producteurs de sucre (Sugar Loan
Program) qui soutient les prix payés aux agriculteurs ; les quotas de commercialisation du sucre (Sugar
Marketing Allotments) qui visent à ce que les producteurs puissent satisfaire 85 % de la consommation
intérieure ; le programme de flexibilité de l’approvisionnement (Feedstock Flexibility Program) qui aide à
réorienter les excédents de sucre vers la production d’éthanol au lieu de favoriser le recours au dispositif
de prêt de la Commodity Credit Corporation (CCC) du ministère de l’Agriculture ; et les barrières
commerciales qui limitent les importations aux besoins uniquement (contingents tarifaires, accords
régionaux et accords de suspension relatifs au sucre avec le Mexique). L’Union européenne se
maintiendra en troisième position du classement des producteurs mondiaux, en tirant avantage de
l’amélioration des techniques et d’une stagnation de la production d’éthanol dérivé de la betterave sucrière.
Les stocks mondiaux de sucre, qui ont augmenté pendant la pandémie de COVID-19 jusqu’au plus haut
niveau de ratio stocks/consommation jamais atteint, devraient baisser au début de la période de projection
puis remonter pour lentement ramener le ratio stocks/consommation mondial à son niveau à long terme
(45 %).
5.3.3. Échanges
Le sucre continuera d’être un produit très échangé, puisque les importations devraient représenter 35 %
de la consommation mondiale. L’Asie et l’Afrique resteront des régions importatrices nettes. Cependant,
en Afrique, des efforts engagés pour stimuler les capacités de production intérieure permettront de réduire
la dépendance aux importations qui représenteront encore 67 % de la consommation en 2031, mais à
Graphique 5.6. Importations de sucre brut et blanc pour les principaux pays et régions
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Chine Indonésie Afrique du Nord États-Unis Malaisie Corée Union européenne Inde
Pendant la période de référence, l’Afrique du Nord, l’Indonésie et la Chine ont enregistré les plus grosses
importations (respectivement 6.1 Mt, 5.6 Mt et 5.4 Mt), devant les États-Unis (3.0 Mt), l’Union européenne
(2.5 Mt), la Malaisie (2.1 Mt) et la Corée (2.0 Mt). Au cours de la prochaine décennie, la Chine, dont la
consommation augmentera fortement, devrait consolider sa position de premier pays importateur de sucre
(7.5 Mt en 2031), devant l’Indonésie (6.7 Mt), l’Afrique du Nord (6.6 Mt), les États-Unis (2.3 Mt), la Malaisie
(2.4 Mt) et la Corée (2.0 Mt). Une croissance forte est également attendue, mais à partir d’une valeur de
référence inférieure, dans les pays les moins avancés d’Afrique et d’Asie.
C’est principalement dans l’Union européenne, aux États-Unis, en Inde, en Iran et en Afrique du Sud que
les importations devraient décliner, du fait d’un recul de la demande. Aux États-Unis, pays
traditionnellement déficitaire en sucre, des politiques continueront de favoriser la production intérieure et
limiter les importations. Les flux d’importation seront régis par des contingents tarifaires appliqués en vertu
d’accords de l’OMC ou d’accords de libre-échange et par les limites que le ministère du Commerce des
États-Unis (US Department of Commerce) impose aux exportations du Mexique. Les prix du sucre étant
relativement plus élevés aux États-Unis, le Mexique continuera néanmoins d’exporter sa production vers
son voisin, principalement pour répondre aux besoins de celui-ci. En contrepartie, le Mexique devrait
PERSPECTIVES AGRICOLES DE L’OCDE ET DE LA FAO 2022-2031 © OCDE/FAO 2022
215
continuer d’importer de l’isoglucose des États-Unis pour satisfaire sa demande d’édulcorants. De son côté,
l’Union européenne avait pour habitude d’importer du sucre brut en provenance de pays avec lesquels
elle avait conclu des accords préférentiels, mais les opportunités se sont réduites pour les pays
exportateurs partenaires depuis 2017, lorsque la suppression des quotas a fait baisser les prix. Les
importations de sucre de l’UE devraient suivre la baisse de la demande et diminuer pour s’établir à 1.6 Mt
à l’horizon 2031.
S’agissant des exportations, les marchés du sucre devraient rester très concentrés (Graphique 5.7).
Quatre pays continueront de fournir plus de 84 % du sucre brut à l’horizon 2031 : le Brésil (64 %), la
Thaïlande (10 %), l’Australie (8 %) et l’Inde (3 %). Pour ce qui est du sucre blanc, environ 60 % de l’offre
sera assurée par le Brésil (25 %), la Thaïlande (23 %), l’Inde (6 %) et l’Union européenne (6 %).
Graphique 5.7. Exportations de sucre brut et blanc pour les principaux pays et régions
35
30
25
20
15
10
0
2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031 2019-21 2031
Brésil Thaïlande Inde Autres Amérique Australie Union européenne Mexique Reste du monde
latine
Le Brésil restera de loin le premier exportateur (49 % en 2031) (Graphique 5.7). Les sucreries devraient
bénéficier d’incitations intéressantes à la production de sucre destiné à l’exportation et, si la monnaie du
pays reste durablement faible par rapport au dollar américain, la compétitivité du sucre brésilien s’en
trouvera renforcée. Les rendements favorables à la production d’éthanol de canne à sucre continueront
de jouer un rôle déterminant, mais la croissance de la production de canne devrait être plus élevée pour
la production de sucre que pour celle d’éthanol, ce qui libérera davantage de sucre pour les exportations.
Ainsi, les exportations de sucre brésilien devraient atteindre 33.5 Mt en 2031, soit +6.4 Mt par rapport à la
période de référence, et se faire principalement sous forme de sucre brut, puisque celles de sucre raffiné
sont relativement modestes.
La Thaïlande, deuxième pays exportateur de sucre du monde, produit très peu d’éthanol directement à
base de canne (moins de 2 %), car elle privilégie plutôt la mélasse ou le manioc. D’ici à 2031, la part des
exportations de sucre devrait atteindre 15 %, soit près de 10 Mt, contre 11 % et 6.6 Mt durant la période
de référence, du fait d’un recul de la production en 2019 et 2020. En Inde, les efforts constants des
pouvoirs publics pour promouvoir l’éthanol devraient contribuer à faire baisser les exportations de sucre
qui culminent actuellement à des volumes record. En Australie, autre pays producteur orienté vers
l’exportation, la production de sucre devrait se maintenir grâce à des prix favorables et retrouver une
tendance légèrement ascendante pendant quelques années, mais la culture de la canne à sucre sera
contrainte par la disponibilité des terres irriguées ; les trois quarts de la production de sucre continueront
d’être destinés à l’exportation.
5.3.4. Prix
Comme des éléments indiquent une deuxième saison consécutive de resserrement de l’écart entre l’offre
et la demande, les prix internationaux du sucre devraient rester relativement élevés au cours de la saison
actuelle, après la flambée des prix du pétrole au premier trimestre de 2022. Cette montée des prix du
pétrole brut a incité les sucreries brésiliennes à broyer davantage de canne pour l’éthanol, au détriment
du sucre, d’où une pression à la hausse sur les prix de ce dernier.
Les prix internationaux du sucre devraient rester élevés à court terme puis baisser du fait de l’amélioration
des perspectives de production (Graphique 5.8). En termes nominaux, ils devraient suivre une tendance
légèrement ascendante, puisque la demande devrait revenir à son niveau d’avant la pandémie de COVID-
19 et que l’offre devrait facilement satisfaire la demande, sous réserve que le rapport de prix entre l’éthanol
et le sucre ne soit pas sensiblement modifié. Cependant, les politiques nationales mises en œuvre et la
domination de quelques exportateurs pourraient induire une volatilité des prix.
800
600
400
200
0
2001
2006
2011
2016
2021
2026
2031
2001
2006
2011
2016
2021
2026
2031
Note : prix du sucre brut, Intercontinental Exchange, contrat n° 11 à l’échéance la plus proche ; prix du sucre raffiné, Euronext Liffe, contrat à
terme n° 407, Londres. Les prix réels sont les prix mondiaux nominaux corrigés des effets de l'inflation par le déflateur du PIB des États-Unis
(2021 = 1).
Source : OCDE/FAO (2022), Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO ; Statistiques agricoles de l’OCDE (base de données),
[Link]
StatLink 2 [Link]
En termes réels, les prix devraient décrocher de leur position élevée actuelle et recommencer à bais