PFE Version Finale Inshallah 05
PFE Version Finale Inshallah 05
Réalisé par :
MOUFAKIR Yousra
Encadré par :
[Link] Mohamed
II
Remerciement :
Au terme de ce travail, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes qui ont
contribué à la réalisation de ce projet.
Je tiens tout d’abord à remercier [Link], pour son support et encadrement depuis le début
de mon stage. Je remercie également M. GHAZI Mohamed, mon encadrant à l’EMI pour avoir
guidé et soutenu mon travail. Vos conseils avisés, votre expertise et votre patience ont été
inestimable et m’ont permis d’accomplir ce travail avec succès.
Ma gratitude va aux professeurs de département génie des procédés industriels de l’Ecole
Mohammadia d’Ingénieurs pour la formation qui m’ont inculqué et tout le temps qu’ils m’ont
donné pour avoir une formation solide et de haut niveau, et pour leurs réponses à mes questions
dans cette période de stage spécialement M. ZALIM Yassine, Mme. AHMADI et [Link].
Je voudrais également exprimer reconnaissance à M. TALIBI Hamza et M. ELBOUSTANI
MOHAMED mes encadrants au sein de l’entreprise pour leurs précieux soutien et leurs conseils
tout au long de mon stage et de mon travail sur ce projet. Votre expertise, vos connaissances, votre
expérience et votre suivi ont été un atout majeur pour moi dans la réalisation de ce projet.
Je souhaite également remercier chaleureusement M. RAJI Issam qui m’a énormément aidé et
soutenu pendant mon stage, merci pour votre suivi et soutien, vous m’avez énormément aidé à
surmonter plusieurs obstacles dans cette période. Je tiens aussi à remercier toute l’équipe du
dessalement à JESA, M. LAZRAK Mehdi, Mme ELMESTOUR Radia, M. HESKA Echcherki et
toutes les personnes qui m’ont contribué de près ou de loin l’élaboration de ce mémoire, je rends
hommage à leur bienveillance et leur amabilité.
Pour terminer, je voudrais exprimer mes sincères remerciements à ma famille et mes amis pour
leur soutien constant et leur encouragement tout au long de mes études. Votre amour, vos
encouragements et votre guidance a été indispensable pour moi.
III
Résumé :
Actuellement, le stress hydrique est une crise mondiale qui prévaut à l'échelle planétaire. Le
dessalement de l'eau de mer est désormais ainsi une nécessité impérative plutôt qu'un simple choix.
Cependant, les rejets« saumure » de ce dernier constituent un danger local pour la faune et la flore
de la région. De plus, ils recèlent une ressource abondante à l’échelle mondiale. Ce travail se
focalisera sur la valorisation de cette saumure en termes d’augmentation du taux de récupération
de l’eau douce, et d’extraction de produits de haute valeur ajoutée également : les sels, l’hydroxyde
de magnésium, les carbonates de calcium, la soude, le chlore et l’hydrogène. Nous avons opté pour
un procédé d’électrolyse précédé de plusieurs opérations vu les exigences de cette opération : une
concentration en sel qui dépasse 320g/l, des concentrations très faibles en métaux (de l’ordre de
0,02mg/l). Ainsi, la saumure issue de l’unité de dessalement par osmose inverse subit une
évaporation à effet multiple qui a permis récupérer de l’eau douce avec un taux d’évaporation de
50%, et aussi de concentrer notre saumure à 132,88g/l, un dimensionnement optimisé ainsi qu’une
étude économique ont permis d’évaluer cette technologie. Cette opération est suivie par une
évaporation à l’air libre qui va permettre d’extraire des sels qui serviront à concentrer davantage
notre saumure (332,2g/l). Cette dernière nécessite un prétraitement qui consiste en une
précipitation chimique suivie d’un adoucissement par échange d’ions. Des études paramétriques
ont permis d’évaluer l’impact des concentrations en réactifs à l’entrée de la cuve de précipitation
sur les concentrations des impuretés à la sortie ainsi que la chaleur générée au cours de ce processus
et son interaction avec l’opération d’échange d’ions. Et finalement, l’opération de l’électrolyse qui
produit de l’hydrogène, du chlore, et de la soude a été utilisée et analysée. Cette étude a prouvé la
faisabilité technique de cette valorisation des saumures, et nous a permis de lister les principaux
problèmes à envisager notamment le coût d’opérations de prétraitement et l’existence de quelques
ions qui peuvent présenter des problèmes au niveau de l’électrolyse(I -, F-).
IV
Abstract:
Actually, water scarcity is a global crisis that prevails on a planetary scale. Seawater desalination
is no longer a choice but a necessity. However, its discharges “Brine” is presenting a local danger
for the fauna and flora of the region. Moreover, it presents an abundant resource across the world.
This work will focuse on the valorization of the brine by increasing the rate of the fresh water
produced, and also by extracting high value products: salts, magnesium hydroxide, calcium
carbonate, hydrogen, chlorine and caustic. We chose electrolysis as a valorization process preceded
by several operations due to its requirements: a concentrated solution 320g/l, and low metals
concentrations (0,02 mg/l). Hence, the brine from the reverse osmosis desalination unit undergoes
a multiple-effect evaporation process, which allows for the recovery of freshwater with a 50%
evaporation rate, while also concentrating the brine to a concentration of 132.88 g/L. An optimized
design and an economic study have allowed for the evaluation of this technology. This process is
followed by open-air evaporation, which enables the extraction of salts that further concentrate our
brine (332.2 g/L). The brine requires a pretreatment, consisting of chemical precipitation followed
by softening using an ion exchange column. Parametric studies have assessed the impact of
reactant concentrations at the inlet of the precipitation tank on impurity concentrations at the outlet,
as well as the heat generated by these reactions. Finally, the electrolysis operation produces
hydrogen, chlorine, and caustic soda. A comprehensive study of the entire process has provided
insights into the feasibility of the proposed solution.
V
ملخص:
أصبحت ندرة المياه أزمة عالمية متفشية في العالم بأسره ،مما يجعل تحلية مياه البحر ضرورة ملحة .ومع ذلك ،فإن
تعد هذا المخلفات خطرا محليًا على الحياة البحرية في المنطقة .باإلضافة إلى ذلك
ً مخلفاتها" ملح البحر "تشكل
مصدرا للعديد من المنتجات على المستوى العالمي .سيتم تركيز هذا العمل على استغالل هذا الملح من حيث زيادة
معدل استرداد المياه العذبة ،واستخالص منتجات ذات قيمة مضافة عالية مثاللملح وهيدروكسيد المغنيسيوم وكربونا
الكالسيوم والصودا والكلور والهيدروجين .لقد اخترنا عملية التحليل الكهربائي التي تتطلب عدة إعدادات لملح البحر،
مثل تركيز الملح الذي يتجاوز 320جرام/لتر وتركيزات منخفضة جدًا للمعادن( بحوالي 0.02ملغرام/لتر ).وبالت
الي،تتعرض محلول الملح الناتج من وحدة التحلية بالتناضح العكسي لتبخر متعدد الطوابق الذي يسمح باسترداد المياه
العذبة بنسبة ٪ 50وتركيزالمحلول المالح إلى 132.88جرام/لتر ،وقد قامت دراسة اقتصادية وتصميم محسّن بتق
تبخيرا عن طريقالتعرض للهواء الطلق ،مما يسمح باستخالص الملح الذي سيتم است ً ييم هذه التقنية .تلي هذه العملية
خدامه لتركيز المحلول المالح بشكل أكبر (332.2جرام/لتر ).يتطلب هذاالمحلول المالح معالجة مسبقة تتضمن تر
سباكيميائيا ً يليه تنعيم يتم في عمود التبادل االيوني .دراسات مبنية على ال ،paramètresمكنتنامن تقييم تأثير الم
تفاعالت الكيميائية المضافة إلى خزان الترسب على تركيز الشوائب قبل دخول خلية التحليل الكهربائي و الحرارة
المولدة من هذه المضافات.
VI
Tables de matière :
Dédicaces : ................................................................................................................................. II
Remerciement : ......................................................................................................................... III
Résumé : .................................................................................................................................. IV
Abstract: .................................................................................................................................... V
:ملخص........................................................................................................................................ VI
Liste des figures : ..................................................................................................................... XI
Liste des tableaux : ................................................................................................................. XIII
Chapitre 1 : Introduction Générale ............................................................................................ 14
I. Contexte général du projet : ............................................................................................... 15
II. Problématique : .............................................................................................................. 17
III. Structure et plan du rapport :........................................................................................... 17
IV. Présentation de l’organisme d’accueil : ........................................................................... 18
IV.1 La société JESA : ........................................................................................................ 18
IV.2 Principaux projets : ..................................................................................................... 18
IV.2.1 Des projets qui portent sur l’industrie et l’exploitation minière (MI) : .................. 18
IV.2.2 Des projets qui portent sur la construction et l’infrastructure (BI) : ....................... 18
IV.2.3 Des projets qui portent sur la gestion d’actif (AM) : ............................................. 18
IV.3 Organigramme : .......................................................................................................... 19
IV.4 Management de projet-JESA STEPS : ......................................................................... 19
Chapitre 2 : Etude Bibliographique ........................................................................................... 21
I. Introduction : ..................................................................................................................... 22
II. Caractéristique physico-chimique de l’eau de mer et de la saumure : .............................. 22
II.1 Composition chimique : .............................................................................................. 22
II.2 Propriétés physiques: .................................................................................................. 23
III. Différentes technologies de dessalement: ........................................................................ 23
III.1 Principe de dessalement : ............................................................................................ 23
III.2 Technologies membranaires de dessalement: ............................................................... 24
III.2.1 Osmose Inverse:................................................................................................... 24
III.2.2 Électrodialyse : .................................................................................................... 27
III.2.3 Distillation membranaire : .................................................................................... 28
VII
III.3 Technologie thermique de dessalement :...................................................................... 29
III.3.1 Evaporation à effet multiple : ............................................................................... 29
III.3.2 Evaporation à compression de vapeur : ................................................................ 31
III.3.3 La détente à étages multiples : .............................................................................. 32
III.3.4 Humidification-Déshumidification: ...................................................................... 33
III.3.5 La congélation : ................................................................................................... 34
IV. Comparaison entre ces technologies : ............................................................................. 35
V. Possibilités de valorisation de la saumure : ......................................................................... 37
V.1 Extraction des sels par des bassins d’évaporation : ...................................................... 38
V.2 Production de H2, Cl2 et NaOH par électrolyse : .......................................................... 38
V.3 Extraction de Mg2+ et Ca2+ par précipitation chimique : ............................................... 40
VI. Conclusion : ................................................................................................................... 41
Chapitre 3 : Description du système de valorisation et établissement des bilans par unité .......... 42
I. Introduction ....................................................................................................................... 43
II. Bloc diagramme : ........................................................................................................... 44
III. Descriptif du procédé :.................................................................................................... 45
III.1 Unité d’évaporation à multiples effets avec compression de vapeur : ........................... 45
III.1.1 Unité d’évaporation/condensation : ...................................................................... 45
III.1.2 Un réseau d’échangeurs : ..................................................................................... 45
III.2 Bassins d’évaporation : ............................................................................................... 46
III.3 Opération de concentration + précipitation + Filtration :.............................................. 46
III.4 Traitement secondaire : adoucissement par échange d’ions :........................................ 47
III.5 Electrolyse : ................................................................................................................ 47
IV. Bilan de matière : ........................................................................................................... 48
IV.1 Unité de dessalement par osmose inverse : .................................................................. 48
IV.2 Unité d’évaporation à effets multiples : ....................................................................... 49
IV.3 Bassins d’évaporation : ............................................................................................... 49
IV.4 Prétraitement :............................................................................................................. 50
IV.5 Electrolyse : ................................................................................................................ 50
IV.6 Recapitulatif - Application numérique: ........................................................................ 52
V. Conclusion : ....................................................................................................................... 53
VIII
Chapitre 4 : Dimensionnement de l’unité d’évaporation à effet multiple à compression de vapeur
................................................................................................................................................. 54
I. Introduction : ..................................................................................................................... 55
II. Descriptif de l’unité : ...................................................................................................... 55
III. Modèle mathématique : .................................................................................................. 58
III.1 Hypothèses de travail : ................................................................................................ 58
III.2 Equations des bilans de masse : ................................................................................... 58
III.3 Equations des bilans thermiques : ................................................................................ 59
III.4 Equations de transfert thermique : ............................................................................... 61
IV. Algorithme de calcul : .................................................................................................... 63
V. Résultats et analyse : .......................................................................................................... 66
V.1 Etude et analyse d’effet du diamètre des tubes sur les performances thermiques des
évaporateurs : ........................................................................................................................ 66
V.2 Etude et analyse d’impact du nombre d’évaporateurs sur les performances thermiques et
énergétiques de l’unité d’évaporation :................................................................................... 67
V.3 Evaluation économique et choix optimal des spécifications de l’unité d’évaporation : . 68
VI. Récapitulatif du Résultat final de dimensionnement de l’unité d’évaporation (N : optimisé
égal à 9) .................................................................................................................................... 71
VII. Conclusion : ................................................................................................................... 72
Chapitre 5 : Calcul et dimensionnement de l’unité de traitement des saumures concentrés et de
l’unité d’électrolyse ................................................................................................................... 73
I. Introduction : ..................................................................................................................... 74
II. Descriptif de l’unité : ...................................................................................................... 74
III. Calcul des bassins solaires de vaporisation à l’air libre ................................................... 76
IV. Calcul de l’unité de traitement des saumures : concentration, précipitation et
adoucissement : ......................................................................................................................... 78
IV.1 Unité de précipitation et concentration : dimensionnement de la cuve agitée : ............. 78
IV.1.1 . Calcul des dimensions de la cuve d’agitation...................................................... 80
IV.1.2 Calcul de la puissance d’agitation ........................................................................ 81
IV.1.3 Détermination de la composition de sortie des cuves de précipitation ................... 83
IV.1.4 Bilan thermique et calcul du serpentin (échangeur de refroidissement) ................. 86
IV.2 Unité d’adoucissement par échange d’ions : ................................................................ 87
IV.3 Remarques et recommandation- adoucissement et traitement de la saumure : .............. 91
IX
V. Calcul de l’unité de l’électrolyse : ...................................................................................... 92
VI. Conclusion : ................................................................................................................... 94
Conclusion générale : ................................................................................................................ 96
Bibliographie : .......................................................................................................................... 98
Annexe: .................................................................................................................................. 102
I. Annexe 1: Fiche technique de la résine DOWEX ............................................................. 102
II. Annexe 2 : spécifications géométriques du mobile d’agitation : .................................... 103
III. Annexe 3 : Code de calcul des évaporateurs (4 Effets) : ................................................ 104
IV. Annexe 4 : Code de calcul de la concentration de Ca2+ à la sortie de la cuve: .............. 116
V. Annexe 5 : code de calcul de la concentration Mg2+ à la sortie de la cuve : ....................... 116
VI. Annexe 6: Code de calcul du volume de la résine : ....................................................... 117
VII. Annexe 7 : Code de calcul des pertes de charges au niveau de la résine : ...................... 117
X
Liste des figures :
Figure I-1:La répartition de l'eau Terre ...................................................................................... 15
Figure 2:Bilan global sur l'eau douce ......................................................................................... 16
Figure 3:la dotation en eau douce par habitant/an ...................................................................... 16
Figure 4 :Etapes de dessalement de l'eau de mer. ....................................................................... 24
Figure 5:Schéma simplifié d'un module tubulaire. ..................................................................... 25
Figure 6:Schéma simplifié d'un module spiral ........................................................................... 26
Figure 7:Schéma simplifié d'une cellule d'électrodialyse ........................................................... 27
Figure 8:Schéma simplifié d’un procédé de distillation membranaire ........................................ 28
Figure 9:Différentes configurations procédées de dessalement par évaporation à effet multiple . 30
Figure 10:Procédé d'évaporation à effets multiple avec compression de vapeur ......................... 32
Figure 11:Procédé d'évaporation par détente à étages multiple. .................................................. 33
Figure 12:Dessalement par humidification-déshumidification. .................................................. 33
Figure 13:Organigramme des possibilités de valorisation de la saumure. ................................... 37
Figure 14:Bassin d'évaporation. ................................................................................................. 38
Figure 15:Schéma simplifié d'un électrolyseur à membrane. ...................................................... 39
Figure 16:Bloc diagramme du procédé de valorisation. ............................................................. 44
Figure 17:Vue de colonnes à résine ........................................................................................... 47
Figure 18:Unité de dessalement par évaporation à effet multiple à compression mécanique. ...... 56
Figure 19:Vue interne d’un évaporateur à film tombant à tubes horizontaux. ............................. 56
Figure 20:Ecoulement en film à l’intérieur de l’évaporateur. ..................................................... 57
Figure 21:Désurchauffeur .......................................................................................................... 60
Figure 22:Echangeur à plaques. ................................................................................................. 62
Figure 23: Algorithme de calcul de l’unité d’évaporation à effet multiple. ................................. 65
Figure 24: Impact du diamètre des tubes sur les performances thermiques de l’évaporateur (surface
d’échange et coefficient d’échange vs diamètre). ....................................................................... 66
Figure 25:Impact du nombre d’évaporateurs sur les performances de l’unité d’évaporation (surface
d'échange totale et puissance de compression vs nombre d’évaporateurs) . ................................ 67
Figure 26:résultats de simulation des coûts (coût annuel et coût unitaire de production d’eau
douce). ...................................................................................................................................... 70
Figure 27: Unité de traitement chimique et électrolyse des saumures provenant de l’unité
d’évaporation. ........................................................................................................................... 75
Figure 28:illustration des phénomènes mis en jeu lors du processus d’évaporation dans les bassins
solaires ...................................................................................................................................... 77
Figure 29:Cuve de précipitation et concentration. ...................................................................... 79
Figure 30:Type du mobile d’agitation vs viscosité du fluide à agiter. ......................................... 81
Figure 31 :Nombre de puissance vs nombre de Reynolds pour différents types des mobiles
d’agitation. ................................................................................................................................ 82
Figure 32:Caractéristiques de l’unité de précipitation. ............................................................... 83
Figure 33:Effet de la concentration de OH- (ou débit d’entrée en NaOH) à l’entrée de la cuve sur
concentration de Mg2+, quantité de Mg(OH)2 précipité et chaleur de dissolution de NaOH. ..... 84
XI
Figure 34:Effet de la concentration de CO32- (ou débit d’entrée en Na2CO3) à l’entrée de la cuve
sur la concentration de Ca2+, quantité de CaCO3 précipité et chaleur de dissolution de Na2CO3.
................................................................................................................................................. 85
Figure 35:unité d’échange d’ions............................................................................................... 87
Figure 36:effet des conditions de fonctionnement de la cuve de précipitation sur le volume utile de
la résine à utiliser – durée de fonctionnement : 6 heures, Volume vs concentrations des ions à
éliminer et Volume vs concentration des réactifs à l’entrée de la cuve.Résine DOWEX. ............ 89
Figure 37:Pertes de charge, puissance de pompage et hauteur de la colonne vs diamètre de la
colonne- pour chaque colonne d’adoucissement. ....................................................................... 91
XII
Liste des tableaux :
Tableau II-1:Composition chimique de l'eau de mer et de la saumure ........................................ 22
Tableau II-2:Propriété physique de la saumure .......................................................................... 23
Tableau IV-1:Récapitulatif avec comparaison entre les technologies de dessalement. ................ 35
Tableau V-1:Impuretés et leurs effets sur la technique de la cellule à membrane et concentration à
ne pas dépasser. ......................................................................................................................... 40
Tableau II-1:Caractéristique de fonctionnement de l’unité de dessalement. ................................ 57
Tableau II-2:Caractéristiques techniques des évaporateurs. ........................................................ 58
Tableau VI-1:résultat de design et dimensionnement de l’unité d’évaporation, échangeurs de
récupération et compresseur. ..................................................................................................... 71
Tableau II-1:caractéristique de fonctionnement des bassins d’évaporation. ................................ 76
Tableau II-2:Caractéristiques techniques de l’unité de précipitation. .......................................... 76
Tableau III-1:résultats de calcul de superficie des bassins solaires. ............................................ 78
Tableau IV-1:caractéristiques techniques de la résine. ................................................................ 88
Tableau IV-2:éléments de calcul des colonnes d’échange d’ions ................................................ 90
Tableau IV-3:caractéristiques des colonnes d’échange d’ions. ................................................... 90
Tableau V-1:caractéristiques de fonctionnement des cellules d'électrolyse. ................................ 92
Tableau V-2:Potentiel standard des couples mis en jeu .............................................................. 93
XIII
Chapitre 1 : Introduction Générale
14
I. Contexte général du projet :
Dans le journal Le Monde du 24 mars 1997 : « L’eau pourrait bientôt être plus convoitée que le
pétrole ». La pénurie d’eau peut constituer « Le choc pétrolier » du XXIème siècle.
La croissance exponentielle de la population mondiale et le développement perpétuel industriel et
agricultural créent des besoins croissants et continus en eau à travers le monde entier. Ces besoins
n’arrêteront de croître alors que les réserves naturelles ne font que diminuer en engendrant un
stress hydrique intense. En effet, l’eau sous sa forme douce ne représente que 3% de la réserve
mondiale dont la majorité est sous forme de calottes glaciaires qu’on ne peut pas exploiter (figure
1). Ainsi, le recours au 97% restante de l’eau saline s’avère intéressant et prometteur. Ceci se
concrétise par les techniques de dessalement de l’eau de mer qui produisent une eau utilisable
partir de l’eau de mer ou des eaux saumâtres.
La pénurie d’eau dans le monde se révèle aussi dans le fait que le besoin global en eau, en
additionnant tous les usages, est de 4 millions Km3 /an [1], en moyenne mondiale alors que l’eau
renouvelable produite par cycle naturel ne dépasse pas les 40 000 Km3/an (bilan sur l’eau douce
sur la figure2).
En outre, notre pays affronte constamment des périodes de sécheresse dû à son accroissement
démographique et à l’extension de son tissu industriel. D’ailleurs, la dotation par habitant au Maroc
a diminué au cours des années. Elle a chuté de 2560 m3/an en 1960 à 632m3/an en 2030 (figure 3).
Par conséquent, le passage aux ressources non conventionnelles est non plus une action facultative
mais une obligation. L’OCP adopte ainsi un plan d’urgence afin de remédier à ce dilemme, elle
installe alors, en plus des unités existantes de dessalement, d’autres qui sont mobiles dans le but
augmenter le débit d’eau produit dans une courte durée.
Cependant, les rejets de ces techniques ont des impacts très importants sur l’environnement marin.
Alors qu’ils peuvent être exploités pour en extraire des minéraux de grandes importances et
d’autres produits qui peuvent être utilisés dans le prétraitement chimique de l’eau de mer avant
l’osmose inverse. Notre étude portera sur la valorisation de ces rejets pour augmenter le taux de
récupération de l’eau douce et l’extraction des minéraux tout en limitant l’impact environnemental
sur les milieux marins.
15
Figure 2:Bilan global sur l'eau douce 1
1
Cours « Eux de process et gestion des utilités » de [Link].
16
II. Problématique :
Les rejets des unités de dessalement posent des problèmes sérieux pour le milieu marin et la vie
aquatique en augmentant, localement, la salinité, la température et le pH. Afin de limiter ces
impacts et de profiter de ces rejets concentrés appelés « saumures ».
Une valorisation, qui vise à la fois l’augmentation du taux de récupération de l’eau douce,
l’extraction de minéraux et d’autres produits de haute valeur ajoutée qui pourront être
commercialisés ou utilisés comme réactifs, est suggérée comme solution à notre problématique.
L’étude de faisabilité d’une unité de valorisation de ces saumures fera l’objet de mon projet de fin
d’étude.
Phase 1 : Faisabilité́ :
Identifier les opportunités d’affaire et effectuer une analyse initiale et ce afin de déterminer si
l'occasion vaut une enquête plus approfondie.
Phase 2 : Le conceptuel :
Sélectionner la meilleure approche de projets identifiés, analyser les concepts et préparer une
estimation préliminaire des coûts.
Phase 5 : Construction :
Mobiliser et gérer les forces de construction et effectuer d'autres activités y compris les achats
nécessaires pour construire l'installation en conformité́ avec les documents de construction.
19
Phase 6 : Start-up :
Effectuer des activités de mise en service et de fonctionnement nécessaires pour atteindre les
niveaux de performance de conception.
Phase 7 : Close-up :
Effectuer les activités nécessaires à Jacobs pour fermer le projet d'une manière ordonnée.
20
Chapitre 2 : Etude Bibliographique
21
I. Introduction :
L'eau de mer et les eaux saumâtres représentent une richesse quasiment inépuisable en eau, mais
seulement et seulement si on peut les dessaler. De nos jours, la recherche dans le domaine du
dessalement de l'eau s’avère donc crucial du fait du manque d'eau croissant dans les régions où les
ressources en eau douce sont trop faibles par rapport à la demande de la population et du secteur
agricole. Ainsi, plusieurs technologies ont été découverte dans ce sens, ces dernières se divisent en
deux catégories : des procédés thermiques et des procédés membranaires. Une comparaison entre
ces procédés est essentielle afin de déterminer la technologie adéquate pour l’augmentation du
taux de récupération de l’eau douce à partir du traitement de la saumure issue des unités de
dessalement mobiles. Ensuite, une étude de possibilités de valorisation est primordiale pour
déterminer les types d’opérations à intégrer dans le système notre système de valorisation.
Le choix, le dimensionnement et l’optimisation de ces opérations nécessitera une connaissance des
propriétés physico-chimiques et thermique de l’eau de mer et de la saumure.
Dans ce chapitre, nous verrons la caractérisation de l’eau de mer et de la saumure, ainsi que la
présentation et comparaison des différentes technologies de dessalement actuelles. Il consistera
également sur l’étude des possibilités de valorisation de saumures. Ceci permettra de limiter notre
choix concernant le système de valorisation à adopter.
22
II.2 Propriétés physiques:
Tableau II-2:Propriété physique de la saumure
Propriété Valeur en SI
Densité 1048 Kg/m3
Viscosité (à 20°C) 10-3 Pa.s
Conductivité 0,06 S/cm
Capacité 4,17 KJ/(Kg.K)
calorifique (à 30°C)
Tension de surface 0,071 N/m
à l’air
Saumure
L’alimentation en eau de mer, où se déroule la prise d’eau en utilisant des pompes et une
filtration grossière.
Le prétraitement qui consiste en une filtration plus fine qui a pour objectif de protéger
les pompes et les membranes du colmatage, assurer le bon fonctionnement des
pulvérisateurs ainsi que l’ajout de produits chimiques pour tuer les microorganismes.
Le traitement proprement dit.
Le post-traitement qui consiste en une reminéralisation dans le cas où l’eau est destinée
à la consommation humaine.
23
Figure 4 :Etapes de dessalement de l'eau de mer.
π = RT∑solutésci (2.1)
R (en J/mol/K) est la constante des gaz parfaits, T (en Kelvin) est la température de la solution et
Ci (mol/m3) est la concentration de l’élément ‘i’ dissout dans la solution. La pression π est
exprimée en (Pa). Le transfert de solvant et de soluté à travers la membrane se font par
solubilisation et diffusion, en effet, toutes les espèces moléculaires contenues dans la solution se
dissolvent et diffuse à l’intérieur et à travers la membrane comme dans les liquides sous l’effet du
gradient de concentration et de pression [5]. Ainsi, le transfert de matière à travers les membranes
24
d’osmose inverse ne dépend donc plus de la dimension des particules mais de leur solubilité dans
le milieu membranaire. De ce fait, La séparation par osmose inverse dépend au pouvoir solvant de
la membrane. Dans les applications industrielles, les polymères avec une grande variété sont
utilisés pour la fabrication des membranes qui sont généralement constitués de dérivées de
cellulose [6]. La stabilisé chimique des membranes cellulosiques est réduite. Ainsi, les pH
opératoires doivent rester dans une gamme allant de 4 à 6.5 et la température doit rester inférieure
à 40°C pour éviter l’hydrolyse du matériau. Il y a quatre types de modules, utilisés dans les
applications industrielles, qui supportent les membranes semi-perméables d’Osmose inverse [7]:
Les modules tubulaires : Ce type de module contient plusieurs tubes montés en série ou
en parallèle. L’eau salée s’écoule à l’intérieur des tubes et le perméat est récupéré à
l’extérieur des tubes, ainsi, ces tubes constituent des canaux d’écoulement tangentiel
(voir Figure A.1).
Modules à fibres creuses : ces fibres sont assemblées en parallèle suivant deux
configurations : 1- l’eau à traiter circule à l’intérieur des fibres et le perméat est récupéré
à l’extérieur des fibres, cette configuration est similaire au fonctionnement des modules
tubulaire. 2- l’eau à traiter circule à l’extérieur des fibres et le perméat est récupéré à
l’intérieur des fibres.
Les modules plans : Ce type de membranes sont empilées sous forme de feuilles
multiples séparées par des cadres intermédiaires qui assurent la circulation des fluides.
Modules spirales : Ce type de modules est constitué d’une membrane plane enroulée sur
elle-même autour d'un tube poreux qui recueille le filtrat. On obtient ainsi un cylindre à
couches multiples où le perméat s'écoule selon un chemin spiralé vers le tube poreux
tandis que l'alimentation circule axialement dans les canaux (voir figure A.2).
25
Figure 6:Schéma simplifié d'un module spiral2
Le flux massique (en kg/s) du perméat Mp et soluté Ms traversant la membrane sont liés aux
perméabilités de la membrane au solvant Kw et au soluté Ks respectivement, Ainsi [7] :
Mp = (∆P - ∆π)KwA (2.2)
Ms = (̅c – cp)KsA (2.3)
Avec, A est la surface de la membrane (en m2 ), ∆P est la différence moyenne de pression de part
et d'autre de la membrane (en kPa), ∆ᴨ est la différence moyenne de pression osmotique de part et
d'autre de la membrane (en kPa), ̅c’est la concentration moyenne en soluté de l’alimentation (en
kg/kg) et cp est la concentration de perméat en soluté (en kg/kg). Généralement, l’unité d’osmose
inverse comporte une pompe à haute pression (de 40 à 80 bars) et un système de récupération
d’énergie.
Principaux avantages :
Faible consommation d’énergie et faible cout d’investissement par rapport aux procédés
thermiques.
Taux de récupération d’eau douce élevé.
Mise en fonctionnement permanent et arrêt rapides.
Possibilité de récupération d’énergie.
Principaux Inconvénients :
Nécessité d’utiliser un prétraitement avancé de l’eau saline d’alimentation.
2
C. Fritzmann, J. Löwenberg, T. Wintgens, T. Melin, State-of-the-art of reverse osmosis desalination,
Desalination 216 (2007) 1–76
26
Non convenable aux eaux salines avec des taux une salinité élevée.
Encrassement et contamination des membranes.
Durée de vie réduite des membranes.
III.2.2 Électrodialyse :
Le procédé de dessalement par électrolyse est une technique liée au transfert des anions et cations
à travers une membrane sélective qui leur est perméable, sous l'effet d'un champ électrique imposé
[8]. Au niveau de ce procédé, les ions du sel dissous dans l’eau sont principalement des cations de
sodium Na+ et anions de chlorure Cl- qui peuvent se déplacer sous l’action d’un champ électrique
créé par deux électrodes submergées dans la solution à dessaler. Les cations (ions de charge
positive) sont attirés par la cathode tandis que les anions (ions négatives) sont attirés par l’anode.
La cellule d’électrolyse contient aussi des membranes filtrantes intercalés alternativement qui sont
soit imperméables aux anions et perméables aux cations, soit imperméables aux cations et
perméables aux anions. On obtient ainsi une série de compartiments à forte concentration de sels
et d’autres à faible concentration ou eau douce [9].
27
Effet de la turbidité et substances solubles est moindre en comparaison avec l'osmose
inverse.
Durée de vie des membranes est supérieure à celle de l’osmose inverse.
Mise en fonctionnement permanent et arrêt rapide.
Principaux Inconvénients :
Non adaptée aux eaux d’alimentation avec une salinité élevée.
Le rejet de sel est plus faible que dans le cas d’osmose inverse.
28
Principaux avantages :
Possibilité de fonctionnement à basse température.
Effet d’encrassement est moindre par rapport à l’osmose inverse.
Nécessité de prétraitement est faible par rapport à l’osmose inverse.
Bonne qualité de l’eau produite.
Les membranes utilisées sont plus résistantes à l’oxydation par rapport à celle de
l’osmose inverse.
Principaux Inconvénients :
Technologie non mature, les informations concernant l’application de la technologie à
grande échelle sont limitées.
Membranes utilisées non optimisées.
Cout élevé par rapport à l’osmose inverse et l’électrolyse.
29
Figure 9:Différentes configurations procédées de dessalement par évaporation à effet
multiple
Principaux avantages :
Technologie mature et maitrisée.
Possibilité d’utiliser des faibles écarts de température grâce au développement de la
technologie d’évaporation. Ce qui permet d’augmenter le nombre d’effet et réduire la
consommation d’énergie.
Fonctionnement à faible température (≈70°C).
Faible prétraitement par rapport aux procédés d’osmose inverse.
Bonne qualité de l’eau produite.
30
Principaux Inconvénients :
Consommation d’énergie thermique élevée.
Faible taux d’extraction d’eau à partir de l’eau salée.
Cout de production d’eau douce élevé pour les petites installations.
Nécessité de reminéralisation d’eau produite.
31
Figure 10:Procédé d'évaporation à effets multiple avec compression de vapeur
32
Figure 11:Procédé d'évaporation par détente à étages multiple.
III.3.4 Humidification-Déshumidification:
Ce procédé se base sur l’accélération du cycle naturel de l’eau dans la nature. Initialement, dans
ce procédé, l’air est devenu saturé en humidité par contact avec de l’eau salée chaude pulvérisée
dans un humidificateur, puis l’air chaud et humide obtenu est refroidi afin de condenser l’humidité
qu’il contient. Pendant le fonctionnement permanent de ce procédé, l’eau d’alimentation (eau
salée) est initialement préchauffée par récupération de la chaleur latente de la vapeur contenue
dans l’air humide, puis le chauffage de l’alimentation est complété dans un échangeur de chaleur
à partir de n’importe quelle source externe de chaleur (énergie fossile ou renouvelable) [21]. L’un
des avantages majeurs de ce procédé est que ces conditions de fonctionnement (Pression
atmosphérique et température) permettent d’utiliser des matériaux peu couteux pour sa
construction [22]. Aussi, il est à noter que ce type de procédé est bien adapté aux unités à petites
capacités de production d’eau douce, en effet, sa capacité maximale ne doit pas dépasser des
cinquantaines de mètres cubes par jour [23].
33
Principaux avantages :
Possibilité d’utilisation des sources d’énergie à faible température.
Simplicité de sa conception et sa construction.
Principaux Inconvénients :
N’est pas applicable à des capacités de production élevées.
Faible rendement.
III.3.5 La congélation :
Dans ce procédé, l'alimentation est refroidie en continu jusqu'à ce que la température eutectique
soit atteinte ce qui génère ensuite des cristaux de glace et de sel [24]. En effet, au point eutectique,
la glace et le sel se cristallisent simultanément. Cette technique présente les avantages suivants :
faible besoin en énergie et possibilité théorique de conversion complète de l’alimentation en eau
douce et en solutés solidifiés [25]. Ce procédé peut être classifié selon deux types : Congélation
directe et indirect [26]. Le principe de la congélation directe repose sur la formation de cristaux de
glace par contact direct entre un réfrigérant et l’eau salée dont le réfrigérant subit une évaporation
par détente flash à l’intérieur d’un réservoir contenant l’eau salée, ainsi, l’évaporation du
réfrigérant cause une diminution de la température de l’eau salée puis provoque sa congélation.
Dans le cas de la congélation indirecte, l’eau salée est refroidie puis congelée par contact avec une
surface d’échangeur de chaleur froide. Dans les deux types de congélation, la salinité de l’eau
glacée est très faible par rapport à celle de l’eau salée. Malheureusement, des petites poches d’eau
salée sont souvent emprisonnées dans la glace et contaminent l’eau douce produite [27].
L’avantage majeur de ce type de procédé est que l’enthalpie de solidification de l’eau est très
inférieure à celle de l’évaporation.
Principaux avantages :
Possibilité d’utilisation des sources d’énergie à faible température.
Simplicité de sa conception et sa construction.
Principaux Inconvénients :
N’est pas applicable à des capacités de production élevées.
Faible rendement.
34
IV. Comparaison entre ces technologies :
Tableau IV-1:Récapitulatif avec comparaison entre les technologies de dessalement.
35
Bonne qualité d’eau produite. Nécessite une
maintenance fréquente
du compresseur
Détente à étages Technologie mature, maitrisée et Consommation
multiples largement utilisée dans le monde d’énergie thermique
entier. élevée.
Faible taux de prétraitement Faible taux d’extraction
d’alimentation. d’eau douce.
Bonne qualité d’eau produite. Difficile à contrôler les
pressions pour avoir un
fonctionnement stable.
36
V. Possibilités de valorisation de la saumure :
Evaporation à effets
multiples avec
compression de vapeur
Augmentation du ratio
de récupération de
l eau pure
Osmose Inverse
Valorisation de la saumure
Extraction des sels par
des bassins salants
Extraction de Ca2+ et
Extraction de produit
Mg2+ par précipitation
de valeur ajoutée chimique
37
V.1 Extraction des sels par des bassins d’évaporation :
Les bassins d’évaporation sont des installations conçues pour faciliter l'extraction et la collecte de
sel marin à partir de l'eau de mer, dans notre cas « la saumure concentrée ». Ils s’agissent de bassins
peu profonds revêtus appelés "carreaux". Le sel y est récolté grâce à l'évaporation de l'eau de mer,
qui est provoquée sous l'action combinée du soleil et du vent.
38
Figure 15:Schéma simplifié d'un électrolyseur à membrane.
Comme mentionné ci-dessus, l’électrolyse nécessite un prétraitement de la saumure. Elle doit être
purifiée des éléments qui peuvent être nuisible pour l’électrolyse en se colmatant la membrane et
en se déposant sur les électrodes, comme les ions Mg2+, Ca2+, Fe3+, Sr2+…
Le tableau suivant illustre les impuretés qui peuvent contaminer l’électrolyse, leurs concentrations
dans notre saumure et les concentrations à ne pas dépasser afin de ne pas affecter le processus
électrolytique :
Limite supérieure
typique de Concentration dans Problèmes causés par les impuretés
Impureté Spécification de la saumure (en
saumure ppm)
Mg2+ 0,02 2342 Précipitation fine avec des ions OH- près du côté
anodique de la membrane, précipitation avec du silice
dans la membrane.
Ca2+ 0,02 886,48 Précipitation avec divers anions près du côté
cathodique de la membrane. Précipitation avec du
silice et de l'iode dans la membrane.
Ba2+ 0.05–0.5 0,02 Très fine précipitation avec de l'iode dans la
membrane, précipitation avec du silice dans la
membrane.
Sr2+ 0,1-4 <0,05 Précipitation avec de l'hydroxyde du côté cathodique
de la membrane, précipitation avec de la silice et de
l'iode dans la membrane.
Al3+ 0,1 0,006 Précipitation avec du silice dans la membrane
39
Fe3+ 0,05-0,1 <0,05 Déposition sur la cathode, précipitation avec de
l'hydroxyde du côté anodique de la membrane ou dans
la membrane.
Ni2+ 0,2 <0,05 Déposition sur la cathode, absorption dans la
membrane.
I- 0,1-0,2 0,1 Très fine précipitation avec du calcium, du strontium
ou du baryum dans la membrane, précipitation avec
du sodium du côté cathodique de la membrane.
SO42- 4000-8000 3400 Précipitation avec du sodium près du côté cathodique
de la membrane, revêtement de l'anode avec du
baryum.
F- 0,5 2,3 Destruction du revêtement de l'anode.
SiO2 10 0 La silice elle-même est inoffensive, mais en présence
de magnésium, de calcium, de strontium, de baryum
ou d'aluminium, des silicates peuvent se former.
Tableau V-1:Impuretés et leurs effets sur la technique de la cellule à membrane et
concentration à ne pas dépasser. 3
Les ions Mg2+ et Ca2+ posent un problème majeur pour l’électrolyse. En effet, leurs
concentrations dépassent les marges proposées par [Best available tachniques]. Un
prétraitement serait ainsi proposé afin de les éliminer avant l’électrolyse. Ceci se fera par
une précipitation chimique qui aura pour but à la fois de les éliminer et les récupérer
comme produits désirés, cette opération est suivie par une filtration puis un
adoucissement par échange d’ions afin de les éliminer davantage.
Pour les F- ? (Ils peuvent être éliminé par des résine échangeuses d’anions)
3
Best Available Techniques (BAT) Reference Document for the Production of Chlor-alkali, ch:2; p:37
40
VI. Conclusion :
41
Chapitre 3 : Description du système de valorisation et
établissement des bilans par unité
42
I. Introduction
On rappelle, que l’objectif majeur de travail de fin d’étude est d’établir le choix technologique
concernant la valorisation des saumures issus d’une unité de dessalement par osmose inverse (unité
mobile) de capacité de production de 1250 m3/h avec un taux de récupération de 45%. Ce qui
donne un flux de saumure de 1528 m3/h qu’on cherche à récupérer et valoriser afin de réduire ou
éliminer l’impact environnement d’une telle technologie.
L’étude bibliographique nous a permis de limiter notre choix technologique concernant les
opérations de valorisation à intégrer et d’établir des principales spécifications de ces opérations
qui incluent :la concentration des saumures, une récupération poussée d’eau douce et aussi des
opérations d’extraction de produits supplémentaires à partir des saumures. La comparaison et
l’analyse de ces spécifications nous a amené à déterminer un choix définitif qui consiste en une
succession d’une opération de distillation à effet multiple (Opération 1), suivit par une opération
d’adoucissement et concentration des saumures (opération 2) et finalement un traitement par
électrolyse (opération 3). L’opération 1 va permettre de concentrer davantage la saumure issu de
l’unité d’osmose inverse et de produire un flux supplémentaire d’eau douce, l’opération 2 sert de
traiter la saumure pour qu’il soit compatible avec les exigences d’entrée de l’unité d’électrolyse et
permet d’avoir un produit supplémentaire valorisable (Mg(OH)2 et CaCO3), finalement
l’opération 3 consiste à intégrer la technologie d’électrolyse pour obtenir des produits de haute
valeur ajoutée (hydrogène, chlore et la solution de soude caustique). Ce chapitre donne un
descriptif détaillé de l’unité de valorisation et il est consacré à l’étude et l’établissements par unité
de traitement.
43
II. Bloc diagramme :
3
Saumure 5
Eau
Concentré
Douce
e
60%
Bassins d’évaporation +
Concentration 7 évaporation
6
NaOH
Na2CO3 8
Prétraitement Mg(OH)2
Eau CaCO3
10
9
NaOH 11
Electrolyse
Cl2 12
H2 13
14
Saumures épuisées
44
III. Descriptif du procédé :
III.1 Unité d’évaporation à multiples effets avec compression de vapeur :
III.1.1 Unité d’évaporation/condensation :
Il s’agit d’une unité à N effets de type évaporateur à tubes horizontaux à film tombant, les N
évaporateurs sont montés selon la configuration d’alimentation en parallèle. Une portion de l’eau
de mer au niveau du premier effet est évaporée par l’énergie latente fournie par le fluide caloporteur
qui s’agit de la vapeur du dernier effet. Cette dernière est comprimée puis désurchauffée avant
d’être utilisée pour l’évaporation : c’est le processus d’évaporation à effet multiple avec
compression de vapeur. La vapeur générée au niveau du premier effet est utilisée elle-même
comme fluide caloporteur dans le second effet où règne une pression inférieure à celle du premier,
de ce fait, la vapeur est condensé formant ainsi le second flux de distillat alors qu’une autre portion
de l’eau mer est évaporée et utilisée ensuite comme fluide caloporteur au niveau du troisième où
règne une pression inférieure à celle du deuxième, ainsi le procédé est pour le troisième jusqu’au
Nème effet. A la sortie de cette unité, nous obtiendrons de l’eau douce et une saumure de
concentration supérieure à sa concentration à la sortie de l’unité de dessalement mobile. Cette
saumure doit être concentrée davantage afin de servir comme alimentation de notre unité
d’électrolyse. Ainsi, 60% de cette saumure serait dirigée vers des bassins d’évaporation afin d’n
extraire des sels qui vont servir à concentrer les 40% qui vont alimenter les cellules d’électrolyse
(pourcentages déterminés par un bilan matière).
Choix des évaporateurs à film tombant :
Le choix des évaporateurs à film tombant repose sur plusieurs facteurs [28] :
Ils sont adaptés pour les fluides moussants. Il s’agit de l’eau de mer concentrée dans
notre cas.
L’entartrage n’est pas favorisé pour ce type d’évaporateurs.
Ils dotent d’un coefficient d’échange très élevé surtout dans le cas où les écarts de
température sont faibles.
III.1.2 Un réseau d’échangeurs :
Ce sous-système a pour objectif de récupérer une portion de l’énergie thermique à partir de la
saumure et le distillat sortant de l’unité d’évaporation. Les débits des condensats obtenus ainsi que
les débits de saumure concentrée sont utilisés pour préchauffer l’alimentation initiale (saumure)
afin de réduire la consommation énergétique du procédé (intégration énergétique). Les deux
échangeurs utilisés pour la récupération d’énergie thermique à partir de ces deux flux chauds
(condensats et saumures concentrés) sont de type : échangeurs à plaque. Les échangeurs à plaque
sont choisis par ce qu’ils sont recommandés en cas des fluides ayants des faibles écarts de
température.
45
III.2 Bassins d’évaporation :
Les bassins d’évaporation permettent au concentré de s'évaporer naturellement grâce au vent et à
l'irradiation solaire. Ils s’agissent de bassins peu profonds en terre et revêtus. Au fur et à mesure
de l’évaporation de l’eau douce des étangs, les minéraux contenus dans la saumure concentrées se
précipitent en cristaux de sel qui sont collectés et utilisés dans la concentration de la saumure avant
l’électrolyse, puisque cette dernière nécessite une concentration en sel plus que 300g/l. Après cette
opération vient une opération primordiale qui est la précipitation chimique. Les bassins
d'évaporation pourraient être classés comme : conventionnel, gradient de salinité solaire.
Les bassins d'évaporation conventionnels sont conçus uniquement pour la récupération des sels,
tandis que les bassins solaires produisent la chaleur à partir de l'énergie solaire. Nous allons
travailler avec les bassins d’évaporation conventionnels.
46
III.4 Traitement secondaire : adoucissement par échange d’ions :
Le reste des Mg2+ et Ca2+ contenu dans notre saumure est éliminé par adsorption sur les résines
(échangeurs d’ions). Ces ions sont remplacés par une quantité équivalente de Na+ émise par les
résines selon les réactions :
Mg2+ + Na2R → MgR + 2Na+ (3.3)
Ca2+ + Na2R → CaR + 2Na+ (3.4)
Deux colonnes d’échange sont prévues, quand la première est en phase de production l’autre sera
en phase de régénération. La résine est périodiquement régénérée avec des solutions d’acide
chlorhydrique et d’hydroxyde de sodium de haute pureté.
III.5 Electrolyse :
L’électrolyseur est un réacteur électrochimique constitué de deux électrodes à savoir l’électrode
cathodique et anodique. Il est équipé d'une membrane poreuse qui divise les deux compartiments.
Le système fonctionne comme un échangeur d'ions : la membrane, échangeuse de cations, est
constituée d'un squelette de polymère. Le compartiment anodique est alimenté avec la saumure
purifiée et saturée en chlorure de sodium. Le chlore est libéré à l'anode tandis que l'hydrogène est
4
Best Available Techniques (BAT) Reference Document for the Production of Chlor-alkali, ch:2; p:36
47
produit à la cathode. Les ions sodium traversent la membrane et se déplacent vers le compartiment
cathodique où ils réagissent avec H2O pour former la soude NaOH.
Eau
Douce
Eau
douce
Q2 = (1-X) × Q1 (3.7)
Q3 = X × Q1 (3.8)
48
La composition chimique à l’entrée et à la sortie de l’osmose inverse est donnée dans le deuxième
chapitre.
Q6 = 764m3/h
49
Bilan en débits volumiques :
Q6 = 40%.Q5 (3.14)
𝑄5 1
= 0,4 (3.15)
𝑄6
Bilan partiel :
C6Q6 = C5Q5 (3.16)
𝑄5
Alors C6 = 𝑄6 × C5 (3.17)
IV.4 Prétraitement :
Saumure
NaOH
concentrée
Na2CO3
6
8
Mg(OH)2
Prétraitement
8̍ CaCO3
9
Saumure traitée
Bilan en débits volumiques :
Q9 + Q8 ̍ = Q8 + Q6 (3.18)
IV.5 Electrolyse :
Eau
Q10 Saumures épuisées
[NaCl]
5014 = 225g/l
Quantités en NaOH, Cl2 et H2 equimolaire :
𝑛̇ (NaOH) = 𝑛̇ c(NaCl) (3.21)
𝑛̇ (NaOH)
𝑛̇ (H2) = (3.22)
2
𝑛̇ (NaOH)
𝑛̇ (Cl2) = (3.23)
2
𝑚̇ c(NaCl)
𝑛̇ c(NaCl) = (3.25)
𝑀(𝑁𝑎𝐶𝑙)
51
IV.6 Recapitulatif - Application numérique:
Q6 = 305,6 m3/h
̇ = 320,26 t/h
𝑚6
6 [NaCl]6 = 332,2g/l
𝑚̇NaOH = 14,17 t/h
[Mg2+]6 = 14,2g/l
𝑚̇Na2CO3 = 3,56 t/h 8
[Ca2+]6 = 4,55g/l
Prétraitement Mg(OH)2
Eau CaCO3
3
Q9= 305,6 m /h
10 [NaCl]9 = 332,2g/l
9
11 [Mg2+]9 = 0,02 mg/l
𝑚̇11= 22,87 t/h NaOH Electrolyse
12
𝑚̇12= 558 kg/h H2 [Ca2+]9 = 0,02 mg/l
𝑚̇13= 19,78 t/h Cl2 13
Saumures épuisées
[NaCl] = 225g/l 52
Le schéma ci-dessus résume les résultats de calcul et d’évaluation des débits et compositions des
différents flux échangés entre les unités qui constituent le procédé de valorisation.
V. Conclusion :
Dans ce chapitre nous avons donné un descriptif détaillé du procédé de valorisation des saumures,
ainsi que l’enchaînement logique des opérations, dont le choix a été justifié dans le chapitre 2.
Nous avons consacré aussi ce chapitre aux bilans de matière en considérant chaque opération
comme une boîte noire. Ce qui nous a permis de spécifier les différents courants de matière qui
constituent les entrées/sorties de chaque opération. Ces spécifications nous servirons comme
éléments de design et dimensionnement de chaque opération. C’est le sujet principale des deux
chapitres suivants.
53
Chapitre 4 : Dimensionnement de l’unité d’évaporation
à effet multiple à compression de vapeur
54
I. Introduction :
L’étude bibliographique présentée dans le chapitre 3, a montré que la première opération de
valorisation du flux de saumure sortant de l’unité d’osmose inverse consiste à intégrer une unité
d’évaporation à effets multiples à compression mécanique de vapeur. Cette unité a comme objectif
d’extraire davantage l’eau douce à partir de saumure et aussi de concentrer encore plus la saumure
qui va constituer l’alimentation d’unité d’électrolyse. Nous avons conclu à partir de l’étude
bibliographique que le nombre d’évaporateurs à mettre en série dans la construction de cette
technologie a un impact considérable sur la consommation énergétique et aussi le coût total de
l’opération de dessalement. Ainsi, le travail technique présenté dans ce chapitre a comme objectif
de réaliser un dimensionnement optimisé de l’unité d’évaporation en tenant en considération
l’impact du nombre d’effets (évaporateurs) et les caractéristiques géométriques des tubes qui
constituent la surface d’échange thermique de chaque évaporateur.
55
Figure 18:Unité de dessalement par évaporation à effet multiple à compression mécanique.
56
Pour chaque évaporateur, la vapeur circule et se condense à l’intérieur des tubes alors que l’eau de
saumure d’alimentation est pulvérisée au long de la surface externe du faisceau tubulaire, formant
ainsi un film tombant. Comme le montre la figure 20 :
57
Tableau II-2:Caractéristiques techniques des évaporateurs.
Type Matériaux- Matériau- Longueur des Diamètre Epaisseur
tubes calandre tubes (m) nominal (BWG-16)
(inches) (inch)
Evaporateurs à Acier au Marge
film tombant à Aluminium carbone 6 d’étude : ½ à 0.065
tubes horizontaux
2 inches
58
Le bilan de masse par rapport aux sels, est exprimé par :
𝐶𝑒 . 𝐹𝑖 = 𝐶𝑠 . 𝐵𝑖 (4.3)
Le bilan de masse global est exprimé par :
𝐹𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = ∑𝑁 𝑁 𝑁
𝑖=1 𝐹𝑖 = ∑𝑖=1 𝐵𝑖 + ∑𝑖=1 𝐷𝑖 (4.4)
Avec Ftotal est le débit total de la saumure d’entrée. Les débits totaux des saumures concentrés et
d’eau distillée sont donnés par les expressions suivantes :
𝐵𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = ∑𝑁
𝑖=1 𝐵𝑖 (4.5)
𝐷𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = ∑𝑁
𝑖=1 𝐷𝑖 (4.6)
III.3 Equations des bilans thermiques :
L’équation de conservation d’énergie pour chaque évaporateur (i) est exprimée par l’équation
suivante :
L’équation (4.7) exprime la puissance thermique consommée lors du processus d’évaporation qui
rassemble la chaleur de chauffage (énergie sensible) et la chaleur latente d’évaporation. Cette
puissance est fournie par la condensation de la vapeur issue de l’évaporateur précédent (i-1), ainsi :
Avec : h est l’enthalpie spécifique de la vapeur. L’indice ‘s’ désigne la sortie du compresseur. Le
calcul du compresseur est effectué en se basant sur l’introduction de l’efficacité isentropique
(ηis=0.85). En cas d’une compression isentropique, la température de sortie du compresseur est
déterminée en utilisant l’équation suivante :
𝑃
𝑇𝑠,𝑖𝑠 = 𝑇𝑁 (𝑃 𝑠 )(ɣ−1/ɣ) (4.10)
𝑁
59
𝑊̇𝑐𝑜𝑚𝑝,𝑖𝑠 = 𝐷𝑁 . (ℎ𝑣𝑎𝑝 (𝑇𝑠,𝑖𝑠 , 𝑃𝑠 ) − ℎ𝑣𝑎𝑝,𝑠𝑎𝑡 (𝑇𝑁 )) (4.11)
Les enthalpies spécifiques sont déterminées en utilisant des tables thermodynamiques et
corrélations présentées en annexes.
Le travail réel et le travail isentropique sont liés via la relation suivante :
Les bilans thermiques autour des échangeurs de récupération d’énergie thermique des saumures
de sortie et de distillat sont exprimés par :
Les équations de transfert thermique pour les deux échangeurs de chaleur de récupération sont
exprimées par la relation suivante :
Avec hebb est le coefficient d’échange par ébullition, hcond : c’est le coefficient d’échange par
condensation, Rf désigne la résistance d’encrassement et k est la conductivité du métal. Les indices
‘int’ et ‘ext’ désigne interne et externe.
Les coefficients d’échange par convection sont évalués en utilisant ce qui suit :
En cas d’ébullition en film tombant : Corrélation développé par Mu & Shen [30]
‘x’ : désigne la qualité de vapeur (taux de vapeur à l’entrée de l’évaporateur) , dans notre cas x
vaut 1 (vapeur saturée). Γ est le débit du liquide par périmètre mouillé (kg/m/sec), μL : viscosité
dynamique, υ est la viscosité cinématique du liquide, k : est la conductivité thermique du liquide
et g : l’accélération de pesanteur. Cette corrélation est valide pour un nombre de Reynolds compris
entre 164 et 827 et un nombre de Prendlt compris entre 2.97 et 4.13.
En cas de condensation de la vapeur à l’intérieur des tubes horizontaux (avec une légère
inclinaison pour faciliter l’écoulement des condensats): Corrélations développées par Shen
et Liu [31,32]
0.25
ρL (ρL −ρv )gk3Li
hcond = 0,05775Ss ( ) (4.24)
μL di ∆Ti
61
Avec : Ss = (0.944s2 + 0.841s + 0.291) (4.25)
‘ρ’ : est la masse volumique, Li désigne la longueur du tube, din : diamètre interne, ∆Ti
c’est la différence de température, et μL c’est la viscosité du liquide.
En cas des échangeurs à plaque, les coefficients de transfert par convection (transfert
d’énergie sensible) peuvent être évalués en utilisant la corrélation suivante [33]:
Le modèle d’équations présenté ci-haut est constitué d’un ensemble d’équations non-linéaires.
Pour cela, sa résolution nécessite l’utilisation d’une méthode numérique de résolution simple, et
facile à converger. Ainsi, méthode de résolution choisie dans cette étude repose sur l’utilisation de
la méthode des approximations successive, comme représenté dans la figure 23. Aussi, il est à
mentionné que le calcul des unités d’évaporation à effet multiple peut se faire selon deux approche
(ou hypothèses) [33]:
Approche 1 : Soit sur le fait de supposer l’égalité entre les surfaces d’échanges des
évaporateurs et égalités des puissances transférées (A1=A2…=AN et Q1=Q2…=QN) ;
Approche 2 : Ou bien, il est basé sur l’égalité des différences de température et puissances
thermiques échangées (∆T1=∆T1=…∆TN et Q1=Q2…=QN).
Dans notre cas nous avons choisi la première approche de calcul. L’algorithme de calcul
commence par l’introduction des données de design qui inclut : le débit d’alimentation, le taux
d’évaporation, la température et pression de la vapeur motrice, la température du dernier
évaporateur, la température d’alimentation, le diamètre et longueur des tubes et aussi le nombre
d’évaporateurs. Puis l’étape suivante, consiste à calculer les bilans ce qui permet de déterminer les
débits d’entrée et de sortie de chaque évaporateur. L’étape suivante consiste à estimer les
coefficients d’échange thermique de chaque évaporateur, puis à calculer les différences de
température (∆Ti) ce qui permet alors de calculer la température d’ébullition au niveau de chaque
évaporateur (Ti), cette étape est suivie par le calcul des surfaces d’échanges puis par la vérification
d’égalité de ces surfaces. Si ce critère de convergence est vérifié l’étape qui suit consiste à
recalculer les coefficients d’échange thermique. Si l’égalité des surfaces d’échange n’est pas
vérifiée, les différences de température sont corrigées par le rapport (Ai/Am) avec Am est la
surface moyenne puis l’algorithme recommence à nouveau le calcul des surfaces Ai, ce processus
63
continue jusqu’à la satisfaction du critère de convergence lié à l’égalité des surfaces d’échange.
Une fois ce critère est vérifié, l’étape suivante comprend le calcul des coefficients d’échange
thermique en utilisant les corrélations décrites ci-haut permettant d’évaluer les coefficients
d’échange en cas de convection (ébullition et condensation) et détermination du coefficient global.
Les coefficients d’échange thermique estimés sont comparés avec les coefficients d’échange
thermique calculés. Si cette comparaison satisfait le critère de convergence de ces coefficients est
satisfaite l’algorithme affiche les résultats numériques de calcul des surfaces d’échanges, nombre
de tubes, et coefficients d’échanges. En cas de non vérification du critère de convergence, les
coefficients estimés sont remplacés par les coefficients calculés et la même boucle de calcul est
répétée encore jusqu’à atteindre sa convergence : c’est une application de la méthode des
approximations successives utilisées à la fois pour la vérification d’égalité des surfaces d’échange
et le calcul des coefficients d’échange thermique. La tolérance utilisée comme critère de
convergence est 1%. En cas de calcul des échangeurs de récupération, la procédure de calcul est
également basée sur l’utilisation des approximations successive, elle est basée aussi sur
l’estimation du coefficient d’échange, calcul de la surface, et re-calcul itératif du coefficient
d’échange thermique.
L’algorithme de calcul de l’unité d’évaporation est présenté schématiquement dans la figure 23.
L’étape finale de l’algorithme consiste à déterminer la quantité de vapeur sortante de chaque
évaporateur, débit vapeur sortante du désurchauffeur, et la puissance consommée au niveau du
compresseur. Cet algorithme est programmé sur le logiciel de calcul et simulation sous forme
d’une fonction de calcul ayant comme données d’entrée : les données d’entrée mentionnées ci-
haut dans cette partie, et comme résultats de sortie : les surfaces d’échange, les coefficients
d’échange, nombre de tubes et la puissance du compresseur.
Ce calcul est appliqué pour différents diamètres et différents nombres d’évaporateurs allons de 6
à 14, c’est-à-dire : pour une unité composée d’un évaporateur, puis de deux évaporateurs, puis
pour une unité composée de trois évaporateurs, ainsi de suite jusqu’à une unité composée de 14
évaporateurs. Cela permettra, comme discuté dans les parties suivantes, de déterminer le design
adéquat de l’unité d’évaporation.
64
Introduction des données : F, B, D,
nombre d’evap :N, L, d, Xev, Tmax,
TN
A1= A 2= … A N ? NON
OUI
OUI
Calcul du compresseur
65
V. Résultats et analyse :
V.1 Etude et analyse d’effet du diamètre des tubes sur les performances thermiques des
évaporateurs :
L’étude d’impact du diamètre des tubes sur les performances thermiques est présentée dans cette
partie en tenant en considération un nombre d’évaporateur égale à 1 (N=1), c’est-à-dire pour une
unité de dessalement composé d’un seul évaporateur. L’objectif de cette partie est de déterminer
le diamètre adéquat des tubes qui vont constituer les évaporateurs. Ainsi, cette étude repose sur le
calcul de la surface d’échange et du coefficient d’échange pour différents diamètres : ½ , ¾ , 1 , 1
¼ , 1 ½ et 2 (inches, 1 inch=0.0254m). Les résultats de cette simulation sont présentés dans la
figure suivante :
Figure 24: Impact du diamètre des tubes sur les performances thermiques de l’évaporateur
(surface d’échange et coefficient d’échange vs diamètre).
Les résultats de la figure 24 montrent que la diminution du diamètre permet d’augmenter le
coefficient d’échange, en effet, un diamètre de 0.5 pouce permet d’avoir un coefficient d’échange
de à peu près 2.9 kW/m2/K ce qui implique l’utilisation d’une surface d’échange de l’ordre de
3000 m2, alors que l’utilisation d’un diamètre de 2 pouce réduit le coefficient d’échange par à peu
près la moitié ce qui résulte en une augmentation de la surface d’échange par à peu près le double.
Aussi, on peut constater qu’à partir d’un diamètre de 1 pouce, l’impact de la réduction du diamètre
devient moins important (taux d’augmentation du coefficient d’échange est de l’ordre de 0.11 en
66
passant d’un diamètre de 1 vers ½ pouces). De ce fait, nous avons recommandé d’utiliser un
diamètre de 1 pouce.
V.2 Etude et analyse d’impact du nombre d’évaporateurs sur les performances thermiques
et énergétiques de l’unité d’évaporation :
Selon le résultat trouvé dans la partie précédente, le diamètre des tubes choisi dans le design de
l’unité d’évaporation est 1 pouce. Dans cette étude, le diamètre des tubes est considéré fixe et égale
à 1 pouce. Cette partie est consacrée à l’analyse et l’établissement du choix adéquat du nombre
d’évaporateurs. Les résultats de simulation permettent d’évaluer l’impact du nombre
d’évaporateurs sur la surface totale des évaporateurs et la puissance consommée au niveau du
compresseur. Ces résultats sont présentés dans la figure suivante :
67
et réduction de la consommation énergétique. Ce compromis n’est obtenu à partir du résultat donné
par la figure 25. Donc, il s’avère nécessaire d’effectuer une évaluation économique afin de
déterminer le coût total (coûts fixes ou d’investissement et coût opératoire) ou bien du coût unitaire
de production d’eau douce afin de justifier clairement le choix du nombre d’effets. Autrement, il
faut choisir le nombre d’évaporateurs qui permettra d’avoir un coût unitaire de production d’eau
douce minimal exprimé en DH/m3 ou Dollar/m3. Cette étude fait donc l’objet principal de la partie
suivante.
V.3 Evaluation économique et choix optimal des spécifications de l’unité d’évaporation :
Dannuel désigne la capacité de production en eau douce annuelle en (m3/année). Dans ce cas cette
capacité vaut : 764m3/h x 24 h/jour x 345 jour/an =6 325 920 m3/an. Il est à noter qu’une durée
de 20 jours d’arrêt a été considérée pour toute opération de maintenance, nettoyage …etc.
La durée de vie des équipements majeurs (compresseurs, évaporateurs, échangeurs, système de
vide …etc.) est considéré égale à n=30 ans. Et le taux d’intérêt est estimé égal à i=5%. Ainsi le
facteur d’amortissement est estimé en se basant sur l’équation suivante :
𝑖(1+𝑖)𝑛
𝐹𝑎𝑚𝑜𝑟𝑡 = (1+𝑖)𝑛−1 (4.31)
Dans le cas des évaporateurs à film tombant, le coût d’investissement est estimé en utilisant la
corrélation développée par [34] (exprimé en DH) :
Avec : Aevap est la surface des évaporateurs, B est le coût du matériau de fabrication des tubes des
évaporateurs (exprimé en DH/m2). Selon une recherche actuelle (effectuée pendant la durée du
stage PFE- mois de Mai, année 2023), le coût des tubes vaut : 50 pound / 6m de longueur, ce qui
fait, le coût B ≃ 104.4 pound/m2 de surface = 1 306 DH/m2
68
Le coût d’investissement des échangeurs de chaleur à plaque est évalué en utilisant le modèle
économique présenté dans la référence [35] (exprimé en DH):
𝐶𝑒𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒𝑢𝑟 = 10000(12.86 + 2. 𝐴0.8
𝑒𝑐ℎ ). 𝐹𝑎𝑐𝑡 (4.33)
Avec : Aech est la surface d’échange de chaleur de l’échangeur (exprimée en m2). 𝐹𝑎𝑐𝑡 est un facteur
d’actualisation par rapport à l’année de publication de [6] (par rapport à l’année 2004, la période
actuelle est 2023), ce facteur est estimée égale à 2. Le coût d’investissement (en DH) du
compresseur est estimé par la relation [7] :
0.7
𝜂𝑒𝑙𝑒𝑐𝑡
𝐶𝑐𝑜𝑚𝑝 = 646𝐷𝑁 𝛽 ( ⁄1 − 𝜂 ) (4.34)
𝑒𝑙𝑒𝑐𝑡
Ainsi :
𝑒𝑙𝑒𝑐𝑡𝑟
𝐶𝑎𝑛𝑛𝑢𝑒𝑙 = 𝑊𝑎𝑛𝑛𝑒𝑙 . 𝐶𝑒𝑙𝑒𝑐𝑡 (4.36)
De ce fait, le coût total annuel est évalué en utilisant l’expression suivante :
𝑒𝑙𝑒𝑐𝑡𝑟
𝐶𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙,𝑎𝑛𝑛𝑢𝑒𝑙 = 𝐶𝑎𝑛𝑛𝑢𝑒𝑙 + 𝐹𝑎𝑚𝑜𝑟𝑡 . (𝐶𝑐𝑜𝑚𝑝 + 𝐶𝑒𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒𝑢𝑟 + 𝐶𝑒𝑣𝑎𝑝 ) (4.37)
Il est à noter que cette évaluation économique n’a pas pris en considération : le coût de
maintenance, de main d’œuvre, pièce de rechange, conduites et tout équipement annexes.
69
Figure 26:résultats de simulation des coûts (coût annuel et coût unitaire de production
d’eau douce).
Cette évaluation a considéré les équipements majeurs pour avoir une estimation approchée de
l’allure de variation des courbes qui représentent l’évolution du coût unitaire en fonction du
nombre d’évaporateurs, on note également que l’objectif majeur de cette partie est de justifier le
choix du nombre d’évaporateurs à utiliser dans la construction et le design de l’unité d’évaporation.
Les résultats de cette simulation économique des coûts sont présentés dans la figure 26. Les
résultats de cette figure montrent clairement que le coût de production d’eau douce unitaire passe
par un optimum qui correspond à un nombre d’évaporateur égal 9. Ce qui fait, le nombre
d’évaporateur qu’on va adopter dans le design de cette unité est égale à 9. Les caractéristiques de
cette unité sont fournies en détail dans la section suivante. La deuxième remarque qu’on peut
ajouter concernant ce résultat est la comparaison du coût unitaire de production d’eau douce via
cette technique et le coût d’eau douce au Maroc. Il est à noter le coût d’eau douce au Maroc
(intégrant le coût des eaux de barrage) serai de 2.71 à 6.95 DH/m3 (selon une recherche sur Web
– sur Google effectuée actuellement –mois de Mai, année 2023), en comparaison avec notre
résultat qui donne un coût unitaire optimal de 6.32 DH/m3, on constate alors que cette technique
est très prometteuse au point de vue environnemental et aussi économique.
70
VI. Récapitulatif du Résultat final de dimensionnement de l’unité
d’évaporation (N : optimisé égal à 9)
Les résultats numériques qui donnent les spécifications de calcul de l’unité d’évaporation à effet
multiple utilisant 9 évaporateurs sont donnés et résumés dans le tableau suivant :
Tableau VI-1:résultat de design et dimensionnement de l’unité d’évaporation, échangeurs
de récupération et compresseur.
Evaporateurs Coefficient Surface Nombre de
d’échange d’échange tubes Fi Di Bi (kg/sec) Ti (°C) Pi (bar)
U A (m2) (kg/sec) (kg/sec)
(kW/m2/K)
1 2.24 4261 9232 48.83 24.58 24.25 93 0.723
2 2.18 4379 9486 48.83 23.81 25.02 86 0.580
3 2.15 4440 9618 48.83 23.05 25.78 79 0.474
4 2.09 4567 9895 48.83 22.91 25.92 72 0.360
5 2.04 4679 10137 48.83 22.81 26.02 65 0.250
6 2.00 4773 10340 48.83 22.72 26.11 58 0.170
7 1.98 4821 10444 48.83 22.66 26.17 51 0.120
8 1.98 4821 10444 48.83 22.14 26.69 44 0.095
9 1.95 4895 10605 48.83 21.95 26.88 40 0.073
Echangeur 1 1.11 612 LMTD1 20 Fluide froid : te=40°C, ts=55°C
Echangeur 2 1.03 660 LMTD2 20 Fluide chaud : Te=65°C , Ts=47°C
Compresseur Puissance consommée (kW) 7 390
Coût de production d’eau douce (MAD/m3) 6.32
71
VII. Conclusion :
Ce chapitre a été consacré à l’étude, l’analyse paramétrique et le dimensionnement de l’unité de
dessalement par évaporation à effet multiple utilisant la compression mécanique de vapeur. Le
dimensionnement de cette unité est effectué en se basant sur l’analyse d’impact du diamètre des
tubes sur les performances thermiques de l’évaporateur. Puis la sélection du nombre d’évaporateur,
un paramètre impactant significativement les performances globales de l’unité, est réalisé sur la
base d’une analyse thermique, énergétique et aussi économique. Le résultat obtenu est une unité
composée de 9 évaporateurs permettant d’extraire 50% d’eau pure à partir du rejet des saumures
de l’unité d’osmose inverse (ce qui vaut 6325920 m3/an d’eau douce) avec un coût unitaire de
l’ordre de 6.32 DH/m3. L’opération de compression est un site très énergivore, qui présente encore
des opportunités d’économie, notamment par utilisation d’une compression multi-étagée à
refroidissement intermédiaire. Cette solution ainsi que son impact peut présenter le sujet d’une
étude future pour évaluer son potentiel dans la réduction du coût unitaire.
Le chapitre suivant sera consacré à l’étude et dimensionnement de l’unité de valorisation des rejets
concentrée (salinité : 127 g/l), sortante de l’unité de dessalement par évaporation avec un débit de
l’ordre de 764 m3/h, en intégrant des opérations de prétraitement et d’électrolyse. C’est le sujet
principal du chapitre 4.
72
Chapitre 5 : Calcul et dimensionnement de l’unité de
traitement des saumures concentrés et de l’unité
d’électrolyse
73
I. Introduction :
Le chapitre précédent fait l’objet d’une étude de dimensionnement et calcul d’une unité de
dessalement par évaporation à effet multiple, permettant à la fois d’extraire davantage l’eau douce
à partir des saumures issues de l’unité d’osmose inverse et aussi de concentrer encore plus ces
saumures afin de s’approcher de la composition et de la concentration qui répond aux exigences
de qualité des solutions d’alimentation des cellules d’électrolyse. Le bilan par rapport aux sels a
montré que la concentration des saumures qui vont quitter l’unité d’évaporation est de l’ordre de
127 g/l. Un bilan supplémentaire sur les sels a montré que cette solution saline nécessite une
opération d’élimination de 60% de l’eau et aussi une opération d’élimination ou réduction de la
concentration des ions Ca2+ et Mg2+. Le processus de concentration supplémentaire, choisi,
consiste à utiliser des bassins d’évaporation à l’air libre, alors que le processus d’élimination des
Mg2+ et Ca2+ est basé sur l’utilisation d’une opération de précipitation et filtration. Les objectifs
majeurs de ce chapitre sont : fournir plus de détail concernant ces opérations, analyser l’impact
des spécifications de fonctionnement et de design sur les performances de chaque unité et de
dimensionner chaque équipement qui constitue ses opérations.
Comme le montre la figure 27, le procédé d’électrolyse des saumures concentrés sortants de l’unité
d’évaporation comprend trois opérations principales : 60 % du flux subit une extraction des sels
via les marais salants, 40% du flux est concentré en ajoutant les sels obtenus à partir des bassin
solaire à l’air libre, puis subit une précipitation des ions Mg 2+ et Ca2+ par ajout des hydroxydes de
sodium (NaOH) et carbonates de sodium (Na2CO3) , les précipités formés sont les carbonates de
calcium et les hydroxydes de magnésium. L’opération de précipitation et concentration est réalisée
dans la même cuve agitée (réacteur de précipitation). Ce réacteur est sous forme d’une cuve agité
muni d’un refroidisseur - échangeur de chaleur à serpentin immergé utilisant l’eau comme fluide
de refroidissement. Le flux sortant de la cuve est filtré en continue dans un filtre, le gâteau de
filtration humide (CaCO3 et M(OH)2) est séché ce qui constitue un produit supplémentaire,
valorisable, issu de cette opération. Le filtrat, solution saline concentrée (332,2g/l), subit une
opération d’adoucissement supplémentaire via l’utilisation de la technique d’échange d’ions qui
permet de substituer les ions Ca2+ et Mg2+ par des ions Na+ ou K+. Finalement, l’eau saline
concentrée et adoucie est introduite dans des cellules d’électrolyse pour produire à la fois le gaz
d’hydrogène (H2) et du chlore (Cl2) et aussi une solution de soude caustiques (NaOH). Le choix et
l’enchainement de ces opérations est discuté et justifié dans le chapitre qui traite l’étude
bibliographique.
74
Figure 27: Unité de traitement chimique et électrolyse des saumures provenant de l’unité
d’évaporation.
75
Les caractéristiques de fonctionnement de cette unité sont résumées dans le tableau suivant :
Tableau II-1:caractéristique de fonctionnement des bassins d’évaporation.
Débit Taux Concentration Taux de T. de Caractéristiques d’air
d’alimentatio d’évaporat. des sels (g/l) production saumure à
n en saumure (%) des sels l’entrée Température Humidité Vitesse
(m3/h) (ton/h) (°C) d’air (°C) (%) d’air
(m/sec)
458.4 100 132,88 60,91 46 25 60 2
Les caractéristiques de l’air ambiant qui sont prises en considération concernent les spécifications
moyenne de l’air dans la région de la ville d’El Jadida- Maroc (il est à mentionné que ce projet de
fin d’étude est réalisé dans le cadre d’une étude de valorisation des saumures des stations de
dessalement de l’OCP installées à Jorf Lasfar-Eljadida). Le calcul estimatif de la superficie des
bassins d’évaporation à l’air libre prend en considération le calcul du transfert thermique (par
convection- énergie sensible d’air) et de matière (flux de vapeur transféré de l’interface liquide
vers l’air). Ce calcul est basé sur les données et spécifications d’air. Il est à noter que le
rayonnement solaire moyen (DNI : direct normal irradiation) est de l’ordre de 900W/m2, avec une
durée d’ensoleillement moyenne de l’ordre de 10 heures par jour (selon une recherche sur Web-
données météorologiques moyenne de la ville d’Eljadida/Google).
Tableau II-2:Caractéristiques techniques de l’unité de précipitation.
Débit saumure Concentration [Mg2+]0 en [Ca2+]0 en Débits sels entrée Concentration en sels –
entrée (m3/h) en sels (g/l) g/l g/l (ton/h) sortie (g/l)
305.6 132,88 5,68 1,82 60.91 332,2
Le modèle d’équations donné ci-dessous est basé sur les hypothèses suivantes :
76
L’intensité du rayonnement solaire est supposée constante et égale à 900W/m2, et la durée
d’ensoleillement est supposée égale à 10 heures.
L’infiltration d’eau et des sels dans le sol est supposée négligeable ;
Les bassins sont supposés alimenté en permanent avec un débit fixe de la saumure et
déchargé avec un débit aussi fixe en sels sèche sous forme de cristaux.
Rayonnement solaire
(DNI) Air ambiant
Solution saline (saturée Transfert
Vapeur dégagée
en sels) thermique par
Convection Cristaux de sels
Figure 28:illustration des phénomènes mis en jeu lors du processus d’évaporation dans les
bassins solaires
Le processus d’évaporation de l’eau à l’interface est un phénomène de transfert de matière activé
par la chaleur. Les deux sources de chaleur utilisées dans ce processus sont la chaleur sensible d’air
transférée vers l’interface via le mode de transfert par convection puis un transfert de chaleur par
rayonnement solaire qui a lieu durant les heures d’ensoleillement.
En considérant les hypothèses données ci-dessus, on peut écrire l’équation suivante :
𝑞̇ 𝑣𝑎𝑝 . 𝐿𝑒𝑣 (𝑇𝑖 ) = ℎ𝑐𝑣𝑐 . (𝑇𝑎𝑖𝑟 − 𝑇𝑖 ) + 𝐷𝑁𝐼 (5.1)
𝑞̇ 𝑣𝑎𝑝 Est le flux de vapeur en (kg/(s.m2)). Cette équation signifie que le flux de chaleur latente de
vaporisation (ce flux est équivalent au débit vapeur produit par évaporation à la température
d’interface) égale au flux de transfert par convection entre l’air et l’interface plus le flux de chaleur
du rayonnement solaire (DNI). Cette équation traduit un bilan thermique par unité de surface de
contact entre les deux phases (par m2)
En cas d’absence d’ensoleillement, ce bilan devient :
𝑞̇ 𝑣𝑎𝑝 . 𝐿𝑒𝑣 (𝑇𝑖 ) = ℎ𝑐𝑣𝑐 . (𝑇𝑎𝑖𝑟 − 𝑇𝑖 ) (5.2)
77
dépasser 35°C). Le coefficient d’échange thermique par convection est estimé en se basant la
corrélation suivante [36] :
𝑁𝑢 = 2 + 0.6. 𝑅𝑒 0.5 . 𝑃𝑟 0.33 (5.3)
En cas d’air considéré dans cette étude ayant une vitesse de 2m/sec, nous avons trouvé un
coefficient de convection de l’ordre de 84 W/m2/K, cela signifie que la puissance thermique
transférée par convection est de l’ordre de 420W/m2. Pendant les heures d’ensoleillement, le flux
thermique total vaut : 420+900 = 1320W/m2 (convection + rayonnement). En divisant ce flux
thermique par l’énergie latente de vaporisation (voir équation 1), on obtient le flux de vapeur qui
se dégage en (kg/m2/sec ou en kg/m2/h). A partir de ces données on obtient alors la quantité vapeur
dégagée par jour par unité de surface en utilisant un simple bilan :
sec sec
𝑚𝑣𝑎𝑝,𝑝𝑎𝑟𝑗𝑜𝑢𝑟𝑝𝑎𝑟𝑚2 = (9ℎ𝑒𝑢𝑟𝑒𝑠 ∗ 1320 ∗ 3600( h ) + (24 − 9)heures ∗ 420 ∗ 3600( h
))/𝐿𝑒𝑣 (𝑇𝑖 ) (5.4)
La chaleur latente de vaporisation à 15°C vaut : 2465kJ/kg. Puis la surface nécessaire pour réaliser
ce processus de concentration (surface total des bassins solaires de cristallisation des sels et
évaporation à l’air libre) est déterminée en se basant sur un bilan sur l’eau à évaporer pendant une
journée (24h) :
𝑚3 𝑡𝑜𝑛
𝑚𝑒𝑎𝑢à𝑒𝑣𝑎𝑝𝑜𝑟𝑒𝑟𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑡24ℎ = (24 ∗ 𝑑é𝑏𝑖𝑡𝑑 ′ 𝑒𝑛𝑟é𝑒) = 24 ∗ 458.4 = 11002 𝑗𝑜𝑢𝑟 = 11002 𝑗𝑜𝑢𝑟
(5.5)
Finalement la superficie est donnée par le rapport entre les deux équations (5.5)/(5.4).
Le tableau suivant résume ces résultats :
Tableau III-1:résultats de calcul de superficie des bassins solaires.
Flux Flux Flux vapeur Flux vapeur Quantité vapeur Quantité d’eau Surface
convection rayonnement pendant les heures pendant les dégagée par à évaporer par nécessaire (km2)
(W/m2) (W/m2) d’ensoleillement heures de journée par m2 de jour (kg/jour)
(kg/m2/9h) nuit surface
(kg/m2/15h) (kg/m2/jour)
420 900 17.37 9.22 26.59 7334 000 0.42
2
La superficie que nous avons trouvée est de l’ordre de 0.42 km (il est à noter que ce calcul est
réalisé sous certaines hypothèses qui sont défavorable, ce qui fait cette surface pourrait être
inférieur à ce résultat).
78
sa dureté. La dissolution des NaOH et Na2CO3 sont des réactions chimiques totales et
exothermiques :
NaOH Na++OH- ; ∆𝐻𝑟1 = −28,9𝑘𝐽/𝑚𝑜𝑙 (5.6)
Na2CO3 [Link]++CO32-; ∆𝐻𝑟2 = −26𝑘𝐽/𝑚𝑜𝑙 (5.7)
Les réactions de précipitations sont des équilibres chimiques, dont l’avancement de la réaction
dépend du produit de solubilité Ks. Ces équilibres sont exprimés par les équations suivantes :
Mg2++[Link]- == Mg(OH)2 ; 𝑘𝑠1 = 1,8. 10−11 (5.8)
Ca2++CO32- == CaCO3; 𝑘𝑠2 = 3,36.10−9 (5.9)
Le débit des sels à introduire dans la cuve est déterminé sur la base d’un simple bilan sur les sels
pour avoir une concentration de 332,2 g/l. Cela donne un débit de sels de 60,91tonnes/h. Ces sels
contiennent le NaCl mais également des sels de magnésium et de calcium. Ce qui fait, la
concentration initiale des ions de calcium et magnésium (à l’entrée de la cuve) sera comme si la
saumure sortante de l’unité d’évaporation a subi une concentration par élimination de 60% d’eau
(autrement dit, les sels de magnésium et calcium ont subi le même processus de concentration que
les sels NaCl, ceci au dû au fait que les bassins solaires ne font qu’une élimination d’eau par
évaporation). Ainsi, les données d’entrée (d’alimentation) de la cuve sont schématisées dans la
figure ci-dessous :
Eau de refroidissement
Sous-produits: (à déterminer)
Mg (OH)2
CaCO3
Cuve Agitée
(réacteur) Saumure :305.6 m3/h
3
Saumure : 305.6 m /h [Mg2+]s à déterminer
[Mg2+]s à déterminer [Ca2+]s à déterminer
[Ca2+]s à déterminer [sels]=332,2 g/l
[sels]=317 g/l La sortie cuve Filtre
+ Produits de précipitation
Figure 29:Cuve de précipitation et concentration.
79
Le calcul de la cuve de précipitation et de concentration est réalisé en se basant sur les hypothèses
suivantes :
Le cinétique de dissolution des réactifs (NaOH et Na2CO3) et des sels est supposé rapide
par rapport au processus de précipitation ;
Le régime de fonctionnement est permanent ;
La cuve est supposée parfaitement agitée ;
La composition de sortie de la cuve correspond à l’état d’équilibre ;
La température du mélange réactionnel est uniforme et constante ;
Le facteur limitant utilisé pour déterminer la taille de la cuve est lié à la cinétique de formation des
précipités d’hydroxyde de magnésium et carbonates de calcium. Selon une recherche
bibliographique en relation avec une unité à échelle réduite de précipitation utilisant le même
processus chimique, le temps de séjour nécessaire pour atteindre une concentration constante en
Mg2+ et Ca2+ (temps de formation des précipités et de stabilisation de la composition : équilibre)
est de l’ordre de 15min et nombre de Reynolds est de 2.106.
Ainsi, pour un débit de solution d’alimentation de 305.6 m3/h et un temps de séjour de 15 min, le
volume utile du réacteur vaut :
𝑚3
𝑉𝑢𝑡𝑖𝑙 = 305.6 (60𝑚𝑖𝑛 ) ∗ 15(min) = 76.4𝑚3 (5.10)
On rajoute 20% par rapport au volume utile (volume rempli par : mobile d’agitation, échangeur,
chicanes et aussi pour éviter le débordement), ainsi, le volume total vaut :
𝑉𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = 1.20 ∗ 𝑉𝑢𝑡𝑖𝑙 = 92𝑚3 (5.11)
La forme de cuve choisie est cylindrique à fond conique, (pour éviter les zone stagnante), les
dimensions de la cuve sont déterminées en se basant sur l’optimisation de la surface des tôles
utilisées dans sa fabrication. Cet optimum est donné par l’égalité entre diamètre et hauteur. Ainsi :
1
𝑉𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 = 4 𝜋. 𝐷2 . 𝐻 (5.12)
80
Nous avons déterminé le diamètre et la hauteur des cuves (4 cuves en parallèle), maintenant on
détermine l’épaisseur de la paroi en se basant sur le calcul de la pression statique au fond de la
cuve et la limite d’élasticité du matériau (acier au carbone), l’épaisseur minimal nécessaire pour
que le matériau résiste contre les forces pressante est calculée par la formule suivante :
(𝑃𝑓𝑜𝑛𝑑 −𝑃𝑎𝑡𝑚).𝐷
𝑒𝑚𝑖𝑛 = (5.13)
𝜎
Cela donne une épaisseur de : emin= 2.6 mm. Avec 𝜎=350 MPa
On doit ajouter un surplus qui prend en considération les points de soudure (un surplus de 30%) et
aussi une épaisseur supplémentaire liée à la corrosion (dégradation du matériau par corrosion), ce
supplément est déterminé en se basant sur la cinétique de corrosion (courant de corrosion). Le
problème de corrosion a été résolu par l’ajout du revêtement protectif. L’épaisseur que nous avons
calculé est alors égale à e=e min*1.3=3.38 mm.
IV.1.2 Calcul de la puissance d’agitation
Le mobile d’agitation est choisi en se basant sur la viscosité du fluide. La figure suivante est utilisée
comme référence pour le choix du mobile d’agitation [cours d’hydrodynalique ghazi] :
81
On peut déterminer le nombre de puissance en utilisant l’abaque suivant :
Figure 31 :Nombre de puissance vs nombre de Reynolds pour différents types des mobiles
d’agitation.
Pour un nombre de Reynolds de 2.106, le nombre de puissance est égal à 0,45. Le nombre de
puissance est exprimé par :
𝑃𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒
𝑁𝑝 = (5.15)
𝜌.𝑁3 .𝐷5
Alors, on détermine d’abord la vitesse d’agitation N en utilisant l’équation 5.17, cela donne comme
expression :
𝑁 = (𝑅𝑒 ∗ 𝜇)/(𝜌. 𝐷2 ) (5.17)
Application numérique : N= 120 tour/min (vitesse d’extrémité du mobile : 6m/s) ;
Cela donne une puissance d’agitation de :
𝑃𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒 = 𝑁𝑝 . 𝜌. 𝑁 3 . 𝐷5 (5.18)
Application numérique : Puissance d’agitation = 3,77 kW.
82
Les spécifications des cuves agitées utilisées pour la concentration et précipitation des ions Mg 2+
et Ca2+ sont résumées dans le tableau suivant :
Figure 32:Caractéristiques de l’unité de précipitation.
Nombre Volume de Diamètre Hauteur Epaisseur Type du Diamètre Puissance
des cuves chaque cuve Cuve (m) (H) Paroi mobile Mobile D d’agitation
(m3) (mm) (m) (kW)
4 23 3 3 3.38 Hélice 1 3,77
La composition de sortie de l’opération de précipitation est basée sur l’application des équations
des bilans et des équations d’équilibre (produit de solubilité). Les produits de solubilité des
réactions chimiques (5.8) et (5.9) sont exprimés par :
𝑘𝑠1 = ([𝑂𝐻− ]𝑠 )2 . [𝑀𝑔2+ ]𝑠 (5.19)
Les concentrations de sortie de Mg2+ et Ca2+ sont déterminés en résolvant les systèmes d’équations
{5.19 et 5.21} et {5.20 et 5.22}. La résolution de ces deux systèmes a été réalisée graphiquement.
Ces concentrations dépendent de la composition à l’état d’entrée c’est-à-dire la concentration ou
quantité des réactifs (NaOH et Na2CO3). Il est à noter que la concentration de sortie en Mg2+ et
Ca2+ impacte les performances de l’unité d’échange d’ions, de ce fait les conditions d’alimentation
de la cuve de précipitation a un effet simultané sur les performances de l’unité de précipitation et
aussi l’unité d’adoucissement par échange d’ions. De ce fait, nous avons proposé de faire une étude
paramétrique pour analyser l’impact du débit de NaOH et Na2CO3 sur les conditions de sortie des
cuves et dans la partie suivante on va analyser leur impact sur les performances de l’unité
d’échange d’ions.
83
Figure 33:Effet de la concentration de OH- (ou débit d’entrée en NaOH) à l’entrée de la
cuve sur concentration de Mg2+, quantité de Mg(OH)2 précipité et chaleur de dissolution
de NaOH.
La figure 33 représente le résultat de calcul de la concentration des ions de magnésium à la sortie
de la cuve ainsi que la quantité du précipité de Mg(OH) 2 formé et la chaleur de dissolution du
réactif (puissance thermique libérée lors de la dissolution de NaOH) en fonction de la concentration
des ions OH- à l’entrée de la cuve (ou en fonction du débit de NaOH à l’entrée de la cuve). Il est à
noter que la concentration maximale en Mg2+ à ne pas dépasser à l’entrée des cellules
d’électrolyse est de l’ordre de 0.02 mg/l ce qui est équivalent à 8.3.10-7 mol/l, cette exigence est
respectée pour une concentration d’entrée en OH- de 1.29 mol/l, ce qui est équivalent à un débit en
NaOH de l’ordre de 15.7 t/h. Ce processus génère une quantité de chaleur de l’ordre de 3100 kW
et produit un débit de précipité de Mg(OH)2 de l’ordre de 15.75 ton/h.
84
Figure 34:Effet de la concentration de CO32- (ou débit d’entrée en Na2CO3) à l’entrée de
la cuve sur la concentration de Ca2+, quantité de CaCO3 précipité et chaleur de
dissolution de Na2CO3.
La figure 34 représente l’impact de la concentration de CO32- à l’entrée de la cuve (ce qui est
équivalent au débit entrant de Na2CO3) sur la concentration des ions de calcium à la sortie ainsi
que sur la quantité de précipité CaCO3 et la chaleur dégagée lors de la dissolution de Na2CO3. Pour
une concentration d’alimentation en CO32- de 0.115mol/l (ce qui est équivalent à un débit d’entrée
en Na2CO3 de 3.75 ton/h), la concentration en Ca2+ à la sortie vaut : 5.01.10-7 mol/l ce qui est
équivalent à une concentration massique de : 1.810-5g/l. en comparaison cette valeur avec la
concentration en Ca2+ tolérable à l’entrée d’électrolyse (2.10-5 g/l), on constate que le processus de
précipitation est suffisant pour adoucir la saumure. Sous ces conditions, le débit du précipité obtenu
est 3. ton/h et la puissance thermique de dissolution de Na2CO3 générée est 242 kW.
85
IV.1.4 Bilan thermique et calcul du serpentin (échangeur de refroidissement)
La température de fonctionnement des cuves de précipitation est prise égale à 40°C, le courant de
saumure provenant de l’unité d’évaporation est à une température de l’ordre de 47°C, les cuves
sont munies d’échangeur à serpentin immergé pour refroidir la cuve afin de maintenir sa
température à 40°C. La chaleur à extraire comprend l’énergie sensible du courant d’alimentation
et la chaleur produite lors de la dissolution des réactifs. Le bilan (en négligeant les échanges avec
l’extérieur) thermique par rapport à chaque cuve est écrit comme suit :
𝑄̇𝑟𝑒𝑓 = 𝑚̇𝑎𝑙 . 𝑐𝑝,𝑠𝑎𝑢𝑚𝑢𝑟𝑒 . (𝑇𝑒 − 𝑇𝑠 ) + 𝑁̇𝑁𝑎𝑂𝐻 . (−∆𝐻𝑟,𝑁𝑎𝑂𝐻 (𝑇𝑠 )) + 𝑁̇𝑁𝑎2𝐶𝑂3 . (−∆𝐻𝑟,𝑁𝑎2𝐶𝑂3 (𝑇𝑠 ))
(5.23)
Cette chaleur est absorbée par courant d’eau de refroidissement à une température d’entrée du
serpentin de te=20°C et de sortie de ts=30°C. Le choix du fluide de refroidissement peut présenter
le sujet d’une étude future (Dans cette étude nous avons proposé d’utiliser l’eau provenant d’une
tour de refroidissement).
Ainsi,
Comme le montre l’équation (19) et (20), la quantité d’eau de refroidissement et aussi les
performances de l’échangeur sont également impactées par les débits des réactifs à l’entrée des
cuves.
Les résultats de calcul de la puissance de refroidissement(chaleur dégagée) et débit d’eau de
refroidissement sont représentés dans les figures 33 et 34. Pour un débit d’alimentation en NaOH
de 15.7 ton/h et un débit d’alimentation en Na2CO3 de 3.75 ton/h, la puissance thermique générée
par ces deux réactifs est de l’ordre de 3342 kW. En considérant les conditions opératoires de l’eau
de refroidissement citées ci-haut, le débit en eau nécessaire pour réaliser ce processus de
refroidissement (équation 20) est de l’ordre de 80 kg/sec.
** Remarques et conclusion concernant le calcul du processus chimique de précipitation :
On peut établir deux principales conclusions concernant cette partie :
Pour atteindre la marge tolérable de la teneur en Mg2+ et Ca2+ à la sortie de ce processus,
la consommation des réactifs s’élève à 15.7 ton/h en NaOH et 3.75 ton/h en Na 2CO3, cela
veut dire que ce processus est caractérisé par une haute consommation en réactif ;
Également, l’opération de dissolution des réactifs est caractérisé par une haute
consommation du froid ;
De ce fait, il faut chercher un compromis entre le fait de réduire la consommation des réactifs et
aussi la réduction des concentrations de Mg2+ et Ca2+, Ce compromis pourrait être obtenu en
introduisant une unité d’adoucissement par échange d’ions. Ainsi, dans la partie suivante on se
focalisera sur le dimensionnement de l’unité d’échange d’ions et son interaction vis-à-vis les
caractéristiques de l’unité de précipitation.
86
IV.2 Unité d’adoucissement par échange d’ions :
L’unité d’adoucissement est utilisée comme complément de précipitation pour réduire la dureté
(les concentrations des ions Ca2+ et Mg2+). Il s’agit d’un échange d’ions qui consiste à utiliser une
résine échangeuse d’ion (cationique) permettant de substituer les ions Mg2+ et Ca2+ qui reste dans
la sortie des cuves de précipitation par des ions sodium (Na+). Généralement, l’unité est constituée
en deux colonnes montées en parallèles, une est en mode de fonctionnement et l’autre est utilisée
pour la régénération. Le volume des colonnes d’échange d’ions dépend à la fois des spécifications
de la résine et le temps de fonctionnement (fonctionnement et régénération). Les pertes de charge
lors de ce traitement est un paramètre clé qu’il faut considérer dans le calcul et le dimensionnement
des colonnes (diamètre et la hauteur de la colonne). La régénération se fait via une solution
concentrée de NaCl ou KCl.
Entrée (conditions de sortie de la
cuve)
Colonnes
d’échange d’ions
87
Les caractéristiques de la résine échangeuse d’ions cationique sont représentées dans le tableau
suivant :
Tableau IV-1:caractéristiques techniques de la résine.5
Résine Diamètre Capacité : Taux de Densité réelle Densité appa.
(mm) Eq/m3 gonflement
DOWEX 5 1900 5% 1.3 0.8
Les hypothèses considérées dans le calcul du volume de la résine sont comme suit :
Le temps de régénération est inférieur au temps de fonctionnement pour chaque colonne ;
L’écoulement à travers le lit formé par la résine se fait sans chemin préférentiel
(écoulement réparti d’une façon uniforme) ;
La concentration des Mg2+ et Ca2+est nulle à la sortie de la colonne d’échange d’ions.
Sous la considération de ces hypothèses, on peut évaluer le volume utile de la résine en utilisant
un bilan par rapport au nombre de moles des ions Mg2+ et Ca2+ captés par la résine durant la période
de fonctionnement, cela est exprimé par :
Le nombre de moles des ions à éliminer est donné par :
Avec : capacité : est la capacité de la résine exprimée en mol/m3, la conversion des équivalents par
m3 en moles par m3 consiste à multiplier par un facteur de 0.5 du fait que chaque ions Ca 2+ ou
Mg2+ est substitué par deux ions Na+ (stœchiométrie de la réaction).
On peut alors tracer les courbes qui représentent l’impact simultané de la concentration des ions
Mg2+ et Ca2+ à l’entrée de la colonne sur son volume, puis on le combine avec l’effet de la
concentration des réactifs à l’entrée de la cuve de précipitation sur ces concentrations, on obtient
5
Fiche technique de la résine de type DOWEX.
88
alors l’impact de la concentration des réactifs utilisés dans la cuve de précipitation sur le volume
de la résine nécessaire pour traiter la saumure. C’est ce qui est représenté par la figure 36 :
89
l’unité de traitement et adoucissement des saumures peut présenter le sujet d’une étude future de
PFE ou par l’organisme d’accueil ou bien cela peut présenter le sujet de recherche d’une thèse de
doctorat.
On donne dans la suite de cette partie un exemple de calcul de l’unité de traitement par échange
d’ions en considérant les éléments d’entrée présenté dans le tableau suivant :
Tableau IV-2:éléments de calcul des colonnes d’échange d’ions
Ainsi, cette unité est constituée de deux colonnes montées en parallèles ayant un volume utile de
19m3 pour chacune. La détermination du volume total nécessite la connaissance de l’allure des
courbes :’isothermes d’adsorption’ pour prendre en considération le volume non-saturé de la résine
qui va se retrouver en bas de la colonne. On prend alors prendre une marge de sécurité de 20%
comme supplément du volume pour déterminer le volume total, cela donne un volume total de la
résine au niveau de chaque colonne de l’ordre de 22.8 m3 puis on lui ajoute le taux de gonflement
qui est de l’ordre de 5% (voir tableau IV-1) cela donne un volume total de la résine de 24m3 pour
chaque colonne. Ce qui fait l’unité d’échange d’ions sera composé en :
Deux colonnes parallèles chacune a un volume 24m3
Ou bien 4 colonnes montées en parallèles (2 en fonctionnement et 2 en mode de
régénération) chacune à un volume de 12m3 ;
Ou bien 6 colonnes montées en parallèle, chacune a un volume de 8m3 … etc.
Dans la suite de ce calcul, on opte pour une unité composée de 6 colonnes. Ce qui fait le débit des
saumures à traiter sera divisé en 3 flux équitables.
Dans ce cas les caractéristiques de chaque colonne sont résumées dans le tableau suivant :
Tableau IV-3:caractéristiques des colonnes d’échange d’ions.
Nombre total des Volume de la résine Débit d’alimentation Débit saumure par colonne
colonnes par colonne total m3/h (m3/h)
6 8 m3 305.6 101.8
Maintenant, on doit déterminer le diamètre et la hauteur de chaque colonne, il est à noter qu’on va
considérer que les colonnes sont identiques. Dans la suite de cette partie on va analyser l’impact
du diamètre sur les pertes de charge afin de justifier notre choix définitif du diamètre et de la
hauteur. C’est l’étude d’hydrodynamique et d’écoulement en milieu poreux. En effet, les pertes de
charge lors de l’écoulement d’un fluide à travers un lit poreux peuvent être évaluées en utilisant
l’équation de Kozeny-Carman qui estime la variation de la pression par hauteur du lit :
90
∆𝑃 𝑄.𝜂.(1−𝜀)2 𝑄2 .𝜂.𝜌.(1−𝜀)
= 150 2 .𝜀 3 + 1,75 (5.27)
∆𝑍 𝑑𝑒𝑞 𝑑𝑒𝑞 .𝜀 3
On appliquant l’équation (5.27), on peut alors tracer l’allure des pertes de charge en fonction du
diamètre de la colonne, ce qui donne l’allure présentée dans la figure suivante :
Les remarques et principales recommandations qu’on peut établir concernant cette partie sont
résumées comme suit :
Le dimensionnement optimal et choix du point de fonctionnement de l’ensemble {unité de
précipitation et unité d’adoucissement par échange d’ions} nécessite l’analyse des
interactions entre ces deux unités en introduisant l’étude économique pour déterminer un
compromis entre les deux unités, c’est le point de fonctionnement et de design qui donne
un coût total minimal en respectant les exigences de qualité à l’entrée de l’unité
d’électrolyse.
L’analyse de la composition de la saumure a montré qu’il y a existences des éléments qui
peuvent être nocifs pour l’opération d’électrolyse dont la concentration dépasse les valeurs
tolérées, c’est le cas d’ions iodure (I-) et fluorure (F-), pour cette raison, on recommande
de chercher à introduire une technique adéquate pour l’élimination de cet élément ou bien
d’utiliser des électrodes d’électrolyse qui sont moins impactés par cette substance
91
chimique. Cela encore peut présenter l’objet des sujets de recherche et travaux future de
projet de fin d’étude.
Dans la suite de ce rapport, on va traiter la partie qui concerne le calcul de l’unité d’électrolyse.
La cellule est équipée d'une membrane poreuse qui divise les deux compartiments. Le système
fonctionne comme un échangeur d'ions : la membrane, échangeuse de cations, est constituée d'un
squelette de polymère. Le compartiment anodique est alimenté avec la saumure purifiée et saturée
en chlorure de sodium. Le chlore est libéré à l'anode tandis que l'hydrogène est produit à la cathode.
Les ions sodium traversent la membrane et se déplacent vers le compartiment cathodique où ils
réagissent avec H2O pour former la soude NaOH.
Principales réactions :
Anode: 2Cl- → Cl2 + 2e- (5.29)
Cathode: 2H2O + 2e- → OH- + H2 (5.30)
Réaction globale : 2NaCl + 2H2O → 2NaOH + Cl2 + H2 (5.31)
Le tableau suivant présente les éléments de calcul des cellules d’électrolyse [39]:
Tableau V-1:caractéristiques de fonctionnement des cellules d'électrolyse.
Calcul de courant i :
1
Cl- → 2 Cl2 + 1e- (5.32)
92
𝑁̇Cl- : Débit en mol de Cl- consommé
𝑚̇Cl- = ( 332,2 – 225 ) × 305,6 = 32 696 kg/h (5.34)
𝑚̇Cl- =9,08 kg/s (5.35)
P = U × i × cos(α) (5.41)
On prend cos(α) = 0,97
- Calcul de U :
U = EA – EC (5.42)
Relation de Nerst :
𝑅𝑇 𝑎(𝐻2)
EA = E°(H2O/H2) - 2𝐹 ln(𝑎(𝐻2𝑂)) (5.43)
𝑅𝑇 𝑎(𝐶𝑙−)
EC = E°(Cl2/Cl-) - 2𝐹 ln( ) (5.44)
𝑎(𝐶𝑙2)
PH2
a(H2O) = 1 a(H2) = = 1,24
𝑃°
Et : ; P° = 1 bar
- - PCl2
a(Cl ) = [Cl ] = 6,01 mol/l a(Cl2) = 𝑃° = 1,2
Tableau V-2:Potentiel standard des couples mis en jeu
93
Par application numérique, on trouve : U = 2,163 V
Ainsi : P = 3140 kW
Calcul de la consommation électrique spécifique :
La production en hydrogène est de 558kg/h, ainsi la consommation spécifique de l’énergie
électrique serait la consommation totale qui est 3140 kW divisée par le débit d’hydrogène par
heure.
3140
Ainsi, la consommation spécifique pour produire 1kg d’hydrogène serait : 558 = 5,62 kW/kg
d’hydrogène.
La production en chlore est de 19,78t/h, ainsi la consommation électrique spécifique serait la
consommation totale divisée par le débit de chlore en heure.
3140
D’où la consommation spécifique pour produire 1kg de chlore est : 19780 = 0,158 kW/kg de chlore
VI. Conclusion :
94
comptabilité des coûts d’investissement et opératoires et d’évaluation des gains relatifs aux
produits de ce processus.
On peut résumer les principales recommandations liées à ce chapitre dans ce qui suit :
Le design et dimensionnement optimisé de l’unité de précipitation et d’adoucissement par
échange d’ions doit prendre en considération les interactions entre ces deux unités en
introduisant une étude économique pour déterminer les points de fonctionnement optimal.
L’analyse de la composition de la saumure a montré l’existence de certains éléments qui
peuvent impacter négativement les performances de l’électrolyse dont la teneur dépasse la
teneur tolérable, de ce fait, on propose comme perspective pour des projets future de
travailler sur cette problématique en cherchant des techniques qui peuvent réduire leur
concentration ou de développer des nouveaux types d’électrodes.
95
Conclusion générale :
Ce travail de projet de fin d’étude a traité la problématique liée à la valorisation des rejets liquides
issus des unités de dessalement par osmose inverse, ces unités sont caractérisées par un taux de
récupération d’eau douce limité, ce qui génère des rejets en saumures qui sont élevés. Ces
saumures peuvent avoir un effet néfaste sur la faune et la flore marine au niveau du point de rejet,
notamment à long terme. Ainsi, l’objectif majeur de ce travail était l’étude de faisabilité de de
valorisation de ces rejets afin de réduire leur quantité et aussi leur impact environnemental. L’idée
principale derrière ce travail consiste à extraire davantage l’eau douce à partir de cette saumure en
introduisant une unité de dessalement par évaporation à effet multiple, ce qui a permis de diminuer
le taux de saumure par 50%. Cette technique a conduit également à l’augmentation de la salinité
de la saumure. Puis ce processus est suivi par une concentration et un traitement chimique pour
augmenter la concentration de la saumure et réduire sa dureté afin de répondre aux exigences de
qualité de la solution saline qui alimente l’électrolyse. La concentration supplémentaire de la
saumure a été réalisée par évaporation à l’air libre dans les bassins solaire, puis la réduction de sa
dureté est réalisée en deux étapes : une précipitation par injection d’hydroxyde de sodium, et de
carbonates de sodium puis par utilisation des colonnes d’échange d’ions. Finalement la saumure
adoucie et concentrée est utilisée comme alimentation d’unité d’électrolyse.
Les principaux résultats obtenus dans cette étude se résument comme suit :
Concernant l’unité d’évaporation à effets multiples :
Le dimensionnement de l’unité est réalisé en se basant sur l’optimisation des spécifications
géométriques des tubes qui constituent les évaporateurs puis une optimisation du nombre
d’évaporateurs basée sur une analyse thermique et économique. Cette unité a permis
d’atteindre un taux de récupération supplémentaire de 50% et de produire de l’eau douce
avec un coût qui entre dans la marge du coût d’eau douce par mètre cube.
Cette unité a permis également de concentrer la saumure par le double.
Concernant l’unité de prétraitement chimique et concentration de la saumure :
Nous avons trouvé, évaluer et analysé les interactions entre l’unité de précipitation et
l’unité d’adoucissement par échange d’ions, ce qui le design final de l’unité de traitement
nécessite une unité globale de ces deux opérations qui intègre l’étude économique.
En relation avec l’unité d’électrolyse :
La faisabilité technique de cette opération a été prouvée. En effet, le calcul et les bilans
autour de cette unité ont montrés que la production simultanée de H2, Cl2 et NaOH peut se
faire avec une consommation spécifique d’énergie électrique de l’ordre de : 5,62 kWh
produisant 1Kg d’hydrogène, 35,5 Kg de chlore et 40 Kg de NaOH.
Le problème majeur rencontré dans cette opération est l’existence des ions I -, F- dont la
concentration dépasse les valeurs tolérées dans la solution d’alimentation (saumure).
96
On recommande de faire une étude approfondie au niveau de l’unité de traitement de la
saumure afin de trouver un compromis entre l’optimisation de l’unité de précipitation et
d’adoucissement par échange d’ions.
On propose également d’ouvrir des nouveaux sujets de recherches pour chercher des
solutions qui permettent de réduire la concentration des impuretés dans la saumure qui
peuvent impacter négativement les performances de l’unité d’électrolyse notamment : les
ions fluorures et les ions iodures ou bien de développer des cellules d’électrolyse qui
peuvent résister à ces éléments.
97
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[37] Best Available Techniques (BAT) Reference Document for the Production of Chlor-alkali-
chapter 2 page 17
101
Annexe:
I. Annexe 1: Fiche technique de la résine DOWEX
102
II. Annexe 2 : spécifications géométriques du mobile d’agitation :
103
III. Annexe 3 : Code de calcul des évaporateurs (4 Effets) :
TS=100*ones(251,251);% vapor used as Heating medium temperature °C
Tfour=40*ones(251,251);% last effect temperature °C
MF=0.868*ones(251,251);% total mass flow rate of feed seawater
Mb=0.625*ones(251,251);% total mass flow rate of rejected brine
Md=0.243*ones(251,251); % total mass flow rate of fresh water
deltaTloss=2*ones(251,251);% estimation of heat losses for each effect °C
Tf=35*ones(251,251); % temperature of feed seawater outgoing from condenser °C
TCW=40*ones(251,251);% temperature of seawater at the intake °C
Tauxevap=0.5*ones(251,251); %rate of evaporation
Landas=2499.5698-(2.204864*TS)-(2.304*0.001*TS.*TS); %letent heat of eva of heating medium
while error>=0.01
U1=Uone;
U2=Utwo;
U3=Uthree;
U4=Ufour;
%%%%%%%
%%%%%%%
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%% calculation of delta Ti %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
deltaTtotal=TS-Tfour; %difference of temperature between the heating medium and the last effect
deltaTone=deltaTtotal./(Uone.*((1./Uone)+(1./Utwo)+(1./Uthree)+(1./Ufour))); % temperature
difference inside the first effect (°C)
deltaTtwo=deltaTtotal./(Utwo.*((1./Uone)+(1./Utwo)+(1./Uthree)+(1./Ufour))); % temperature
difference inside the first effect (°C)
deltaTthree=deltaTtotal./(Uthree.*((1./Uone)+(1./Utwo)+(1./Uthree)+(1./Ufour))); % temperature
difference inside the first effect (°C)
deltaTfour=deltaTtotal./(Ufour.*((1./Uone)+(1./Utwo)+(1./Uthree)+(1./Ufour))); % temperature
difference inside the first effect (°C)
%%%%%%%
%%%%%%%
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%% calculation of Ti %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
104
%%%%%%%
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%% calculation of latent heat %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
% fresh water Di
Done=Md./(Landaone.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass flow
rate of produced fresh water in the first effect (kg/s)
Dtwo=Md./(Landatwo.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass flow
rate of produced fresh water in the second effect (kg/s)
Dthree=Md./(Landathree.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass
flow rate of produced fresh water in the third effect (kg/s)
Dfour=Md./(Landafour.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass flow
rate of produced fresh water in the fourth effect (kg/s)
% Feed seawater Fi
% Rejected Brine Bi
epsilon=100;
while epsilon>0.01
105
%%%%%%%%%%%%%%%%%%%% calculation of Ti %%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
% fresh water Di
Done=Md./(Landaone.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass
flow rate of produced fresh water in the first effect (kg/s)
Dtwo=Md./(Landatwo.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass
flow rate of produced fresh water in the second effect (kg/s)
Dthree=Md./(Landathree.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass
flow rate of produced fresh water in the third effect (kg/s)
Dfour=Md./(Landafour.*((1./Landaone)+(1./Landatwo)+(1./Landathree)+(1./Landafour)));%mass
flow rate of produced fresh water in the fourth effect (kg/s)
% Feed seawater Fi
% Rejected Brine Bi
epsilon=abs(Aone(1,1)-Afour(1,1));
end
MS=Done.*Landaone./Landas; % mass flow rate of heating medium used for the first effect (kg/s)
106
% Heat transfer
% Heat transfer
% Heat transfer
% Heat transfer
% First effect
Uone=1./(RboilingFone+Rfoulingone+Rmetal+RScondensation);
107
%
%
% Second effect
Utwo=1./(RboilingFtwo+Rfoulingtwo+Rmetal+RDonecondensation);
%
%
%
% Third effect
108
%%%%%%%%%%%% Condensation of vapor %%%%%%%%%%%%%%%%%
Ntthree=Athree./Atube;%number of tubes used in the first effect
muwDtwo=exp(-3.79418+(604.129./(139.18+Ttwo)));
cDtwo=0*ones(251,251);% salts concentration
betaoneDtwo=(1.474*10^(-3))+(1.5*(10^(-5))*Ttwo)-(3.927*(10^(-8))*Ttwo.^2);
betatwoDtwo=(1.073*10^(-5))-(8.5*(10^(-8))*Ttwo)+(2.23*(10^(-10))*Ttwo.^2);
murDtwo=1+betaoneDtwo.*cDtwo+betatwoDtwo.*cDtwo^2;
muDtwo=0.001*muwDtwo.*murDtwo; %% viscosity in (Pa.S)
roDtwo=1006.68-(0.2007*Ttwo)-(0.002515*Ttwo.^2);
kDtwo=0.5755+(0.001638*Ttwo)-(0.05767*(Ttwo/100).^2); % thermal conductivity in (W/m.°C)
hDtwo=0.925*kDtwo.*((roDtwo.^2)*9.18.*Ntthree*3.14.*Dtin./(muDtwo.*Dtwo)).^(1/3);% condensation
heat transfer for the vapor in (W/m2/°C)
hDtwocond=hDtwo/1000; % condenstion heat transfer in (kW/m2/°C)
RDtwocondensation=Dtout./(Dtin.*hDtwocond);
vthree=(Fthree./(Ntthree*(3.14/4).*((Dtout+deltafilmFthree).^2-(Dtout).^2)))./roFthree; %% fluid
velocity
Rfoulingthree=0.101./((vthree.^1.33).*(Dtout.^0.23)); %%% fouling resistance in (m2.°C/kW)
Uthree=1./(RboilingFthree+Rfoulingthree+Rmetal+RDtwocondensation);
%
%
%
% Fourth effect
109
betaoneDthree=(1.474*10^(-3))+(1.5*(10^(-5))*Tthree)-(3.927*(10^(-8))*Tthree.^2);
betatwoDthree=(1.073*10^(-5))-(8.5*(10^(-8))*Tthree)+(2.23*(10^(-10))*Tthree.^2);
murDthree=1+betaoneDthree.*cDthree+betatwoDthree.*cDthree^2;
muDthree=0.001*muwDthree.*murDthree; %% viscosity in (Pa.S)
roDthree=1006.68-(0.2007*Tthree)-(0.002515*Tthree.^2);
kDthree=0.5755+(0.001638*Tthree)-(0.05767*(Tthree/100).^2); % thermal conductivity in (W/m.°C)
hDthree=0.925*kDthree.*((roDthree.^2)*9.18.*Ntfour*3.14.*Dtin./(muDthree.*Dthree)).^(1/3);%
condensation heat transfer for the vapor in (W/m2/°C)
hDthreecond=hDthree/1000; % condenstion heat transfer in (kW/m2/°C)
RDthreecondensation=Dtout./(Dtin.*hDthreecond);
vfour=(Ffour./(Ntfour.*(3.14/4)*((Dtout+deltafilmFfour).^2-(Dtout).^2)))./roFfour; %% fluid
velocity
Rfoulingfour=0.101./((vfour.^1.33)*(Dtout.^0.23)); %%% fouling resistance in (m2.°C/kW)
Ufour=1./(RboilingFfour+Rfoulingfour+Rmetal+RDthreecondensation);
%
%
%
error=(abs(U1(10,10)-Uone(10,10))+abs(U2(10,10)-Utwo(10,10))+abs(U3(10,10)-
Uthree(10,10))+abs(U4(10,10)-Ufour(10,10)))/4;
end
110
Ag= Aone+Atwo+Athree+Afour;
%
% % % % % % % FIRST EFFECT CORRECTION %%%%%%%%%%%%%
Tout=Tone+5; % outlet temperature of solar water from the first effect (°C)
CpM=(4219.58-(1.8725*Tin)+(0.017217*Tin.^2))/1000; % heat capacity of SOLAR water in kJ/kg/°C
M=(MS.*Landas)./(CpM.*(Tin-Tout)); % mass flow rate of solar water (kg/s)
% % % Thermal Power
Qone=MS.*Landas; % thermal power kW
% % Log Mean Temperature Difference (LMTD) Calculation
LN1=log((Tin-Tone)./(Tout-Tone));
LMTD1=(Tin-Tout)./LN1;
% estimation
Ueone=1.2*ones(251,251);
effect=100;
% % % Heat TRANSFER
% % % Heat TRANSFER
while effect>0.01
Ue1=Ueone;
A1=Qone./(Ueone.*LMTD1); % the real heat transfer area for the first effect
RMcooling=Dtout./(Dtin.*hM);
% % Boiling of seawater
111
roFone=1006.68-(0.2007*Tone)-(0.002515*Tone.^2); %density of water used as heating medium (kg/m3)
muwFone=exp(-3.79418+(604.129./(139.18+Tone)));
cFone=35*ones(251,251);% salts concentration
betaoneFone=(1.474*10^(-3))+(1.5*(10^(-5))*Tone)-(3.927*(10^(-8))*Tone.^2);
betatwoFone=(1.073*10^(-5))-(8.5*(10^(-8))*Tone)+(2.23*(10^(-10))*Tone.^2);
murFone=1+betaoneFone.*cFone+betatwoFone.*cFone.^2;
muFone=0.001*muwFone.*murFone;
sigmaFone=0.06*ones(251,251);
CpFone=(4219.58-(1.8725*Tone)+(0.017217*Tone.^2))/1000; % heat capacity of water in kJ/kg/°C
kFone=0.5755+(0.001638*Tone)-(0.05767*(Tone/100).^2); % thermal conductivity W/m/°C
gamaFone=Fone./(Ntone.*Dtout*3.14); % specific flow rate of seawater flowing outside tubes in
kg/s/m
hFonen1=0.014*(roFone.^0.66).*(kFone.^0.35).*(CpFone.^0.65).*(muFone.^(-0.41)).*(gamaFone.^0.4);
deltafilmFone=(3*muFone.*gamaFone./((roFone.^2)*9.18).^(1/3));
BoFone=MS.*deltafilmFone./gamaFone;
KaFone=(muFone.^4)*9.18./(roFone.*(sigmaFone.^3));
if BoFone(10,10)>10^-5
hFone1=hFonen1.*(1+(7*10^7*(BoFone.*KaFone.^(1/11))).^1.6); %% boiling heat transfer
coefficient in kW/m2/°C
else
hFone1=hFonen1; %% boiling heat transfer coefficient in kW/m2/°C
end
RboilingFone1=1./hFone1;
vone1=(Fone./(((3.14/4))*Nt1.*(((Dtout+deltafilmFone).^2)-((Dtout).^2))))./roFone; %% fluid
velocity
Rfoulingone=0.101./((vone1.^1.33).*(Dtout.^0.23)); %%% fouling resistance in (m2.°C/kW)
Ueone=1./(RboilingFone1+Rfoulingone+Rmetal+RMcooling);
% % erreur of convergence
effect=abs(Ue1(10,10)-Ueone(10,10));
end
%
%
% % conversion of units:
G1=M*(3600/0.453); % mass flow rate of solar water converted from kg/s to lb/hr ( 1hr=3600s and
1lb=0.453kg)
Stube=(Dtin.^2)*((3.14/4)/(0.3048^2)); % cross arae of each tube converted to ft2 (1ft=0.3048m)
SG=Stube.*Nt1; % cross arae of all tubes converted to ft2 (1ft=0.3048m)
Gv1=G1./SG; % mass velocity of heating medium flowing inside first effect tubes (lb/(hr.ft2))
Lfeet=(1/0.3048)*Ltube; % tube length in feet
rolb=roM*((0.3048^3)/0.453); % density of solar water converted to lb/ft3
Dinft=Dtin/0.3048; % inside tube diameter converted to ft
% % % Friction factor
112
f=0.046./(Nf.^0.2); % friction factor
%
%
%
%
% % % % % % % Condenser Calculations %%%%%%%%%%%%%%
%
%
Qc=Landafour.*Dfour;% the thermal load for the fourth effect
Ucondenser=1.95*ones(251,251); %the heat transfer coefficient for the condenser
Cpseawater=4.2*ones(251,251);%thermal capacity of seawater (kJ/kg/K)
LMTDc=(Tf-TCW)./log((Tfour-TCW-deltaTloss)./(Tfour-Tf-deltaTloss));%log mean temperature
difference for the condenser (°C)
MCW=(Qc./(Cpseawater.*(Tf-TCW)))-MF;% mass flow rate of cooling water
cond=100;
while cond>0.01
Uc1=Ucondenser;
Acondenser=Qc./(Ucondenser.*LMTDc);%heat transfer area for the condenser (m2)
cond=abs(Uc1(10,10)-Ucondenser(10,10));
end
%
%
%
%
PR=(Md./MS);
113
% % performance ratio PR % %%%
mesh(Dtout,Ltube,PR)
xlabel('tubes diameters in(m)')
ylabel('length of tubes in (m)')
zlabel('Perfermance ratio')
title('Perfermance ratio')
figure
plot(Dtout,Qc)
xlabel('tubes diameters in(m)')
ylabel('heat load in kW')
title('Heat load for the first effect (kW)')
figure
114
plot(Ltube,Qc)
xlabel('tubes length in(m)')
ylabel('heat load in kW')
title('Heat load for the first effect (kW)')
figure
mesh(Dtout,Ltube,Ue1)
xlabel('tubes diameters in(m)')
ylabel('length of tubes in (m)')
zlabel('first effect Heat transfer coefficient in (kW/m2/°C)')
title('first effect Heat transfer coefficient in (kW/m2/°C)')
figure
mesh(Dtout,Ltube,Utwo)
xlabel('tubes diameters in(m)')
ylabel('length of tubes in (m)')
zlabel('Heat transfer coefficient in second effect (kW/m2/°C)')
title('second effect Heat transfer coefficient in (kW/m2/°C)')
% % Pressure drop
figure
mesh(Dtout,Ltube,ReM)
xlabel('tubes diameters in(m)')
ylabel('length of tubes in (m)')
zlabel('Reynolds number')
title('Reynolds number for solar water in the first effect in (kPa)')
115
IV. Annexe 4 : Code de calcul de la concentration de Ca2+ à la sortie de la cuve:
clear all
clc
N=100;
Q=305.6; % m3/h
%massNa2CO3=3.3;% ton/h
%massNa2CO3=3.5;% ton/h
%massNa2CO3=3.75;% ton/h
massNa2CO3=3.8;% ton/h
KsMgOH=1.8*10^(-11);
KsCaCO3=3.36*10^(-9);
X2=linspace(0.007,0.0075,N);
f1=zeros(1,N);
f2=zeros(1,N);
for i=1:N
f1(1,i)=KsCaCO3/X2(1,i);
f2(1,i)=CCae-CCO3e+X2(1,i);
end
plot(X2,f1,X2,f2)
legend('f1','f2')
grid
massNa2CO3=3.37;% ton/h
116
KsMgOH=1.8*10^(-11);
KsCaCO3=3.36*10^(-9);
X2=linspace(0.000001,0.0472,N);
f1=zeros(1,N);
f2=zeros(1,N);
for i=1:N
f1(1,i)=KsMgOH/(X2(1,i)*X2(1,i));
f2(1,i)=CMge-0.5*COHe+0.5*X2(1,i);
end
plot(X2,f1,X2,f2)
legend('f1','f2')
grid
figure
subplot(1,2,1)
mesh(-log10(CMgs),-log10(CCas),Vresine)
xlabel('-log10([Mg2+] mol/l)')
ylabel('-log10([Ca2+] mol/l)')
title('volume résine m3- Durée fct. 6h')
colorbar
subplot(1,2,2)
mesh(COHe,CCO3e,Vresine)
xlabel('[OH-] mol/l)')
ylabel('[CO3^2-] mol/l)')
title('volume résine m3- Durée fct. 6h')
colorbar
[CMgs,CCas]=meshgrid(CMgs,CCas);
Vresine1=zeros(1,8);
Vresine2=zeros(1,8);
Vresine3=zeros(1,8);
117
COHe=[1.145,1.155,1.2,1.227,1.25,1.27,1.28,1.288]; % concentration entrée en OH- kmol/m3
CMgs=[10^(-1.727),10^(-2),10^(-2.05),10^(-2.145),10^(-3),10^(-4),10^(-4.6),10^(-7.15)];
for i=1:8
Vresine1(1,i)=Vresine(1,i);% CO3e=0.1019
Vresine2(1,i)=Vresine(2,i);% CO3e=0.105
Vresine3(1,i)=Vresine(8,i);% CO3e=0.1173
end
figure
subplot(1,2,1)
plot(-log10(CMgs),Vresine1,'-s',-log10(CMgs),Vresine2,'-o',-log10(CMgs),Vresine3,'-v')
legend('Ca2+=10^-^2^.^0^7 mol/l','Ca2+=10^-^2^.^4 mol/l','Ca2+=10^-^6^.^3^3^7 mol/l')
xlabel('-log10 Concentration (Mg2+)')
ylabel('volume résine (m3)')
grid
subplot(1,2,2)
plot(COHe,Vresine1,'-s',COHe,Vresine2,'-o',COHe,Vresine3,'-v')
legend('CO3e=0.1019 mol/l','CO3e=0.105 mol/l','CO3e=0.117 mol/l')
xlabel('Concentration (NaOH)')
ylabel('volume résine (m3)')
grid
118