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L’ESSAI FRANÇAIS ET LES ESSAIS DU MONDE
Journée d’étude le 21 février, ENS-Ulm
IHMC, République des Savoirs
ED 540, ENS-PSL
Résumé de la journée d’étude
Qu’est-ce qu’un essai? C’est Michel de Montaigne (1533-1592), l’inventeur de l’essai, qui
semble lui donner une définition. Lui qui entend ce mot au sens propre, « essaye » de peindre « [sa]
façon simple, naturelle et ordinaire, sans estude et artifice » (« Au lecteur », les Essais). Écrire un
essai, c’est faire un portrait de soi-même, un être humain s’observant et observant dans le monde. Un
essai est avant tout personnel, et donc irrégulier. Il peut être philosophique, critique, artistique. De
temps en temps, on peut même mélanger le récit, la fiction et la poésie dans un essai. C’est aussi une
subjectivité qui s’affirme à travers l’appropriation et la réorganisation personnelle de pensées
empruntées. C’est ce qu’a fait Montaigne, et c’est ce dont sa postérité va hériter, qu’elle va développer
et transférer...
En France, l’héritage de Montaigne résonne depuis le XVIIe siècle jusqu’à nos jours. Saint-
Evremond, le chevalier de Méré, Pascal, Sainte-Beuve jusqu’à Proust, ces grands auteurs sont aussi
des lecteurs assidus des Essais et parsèment leurs œuvres de références à Montaigne. En Grande-
Bretagne, nous comptons par exemple Francis Bacon et Alexandre Pope deux des plus brillants parmi
de très nombreux essayistes. En Chine, la propre tradition littéraire nous offre une autre variante
potentielle de l’essai – le genre de « notes au fil de pinceau » (随笔 suibi), féru de lettrés chinois et
dont la dynastie des Ming (1368-1644) témoigne de l’épanouissement. Cependant, ces trois essais
sont différents. En effet, chaque culture nourrit son « essai », ou un équivalent de l’essai français.
Comment se définit donc l’essai dans chaque contexte culturel ? Est-ce un genre libre qui brise
les confins disciplinaires, par exemple entre la littérature et la philosophie ? Quelles sont les traditions
et les caractéristiques de l’ « essai » dans chaque culture ?
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