Droit patrimonial des couples en France
Droit patrimonial des couples en France
famille
DROIT PATRIMONIAL DE LA
FAMILLE 2022-2023
Panthéon - Assas
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famille
Instaurer des règles permet d’instaurer un certain ordre familiale, une certaine cohésion car la
communauté de vie entraine une communauté de charge et il est bon qu’il y ait des principes
pour ces charges partagées. L’organisation patrimoniale du couple est nécessaire lorsque le
couple a des enfants car ils ont des obligations d’entretiens et il faut pouvoir y faire face.
L’organisation patrimoniale du couple est nécessaire dans le rapport avec les tiers, c’est une
question de confiance. Les tiers pour avoir confiance doivent savoir qui est engagé et
commun. Cette organisation patrimoniale du couple est différente selon la forme du
couple. Certaines sont plus abouties que d’autres comme l’organisation des couples mariés.
Chez les couples non mariés, l’organisation est embryonnaire voir inexistence.
Ce sont d’une part les couples pacsés et d’autre part les concubins. Chez les concubins, il y a
une absence d’organisation patrimoniale contrairement aux personnes pacsés.
Cette absence de statut conduit la jurisprudence a trouvé des solutions pour la palier. Il
n’existe pas de contribution aux charges du ménage de sorte que chaque concubin doit
supporter les dépenses de la vie courante qu’il a engagé. L’enrichissement injustifié peut être
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invoqué par l’un des concubins pour partager les dépenses avec l’autre, mais la Cour de
cassation y est réticente donc chaque concubin supporte ses dépenses même si elle profite à
l’autre. Il n’y a aucune solidarité pour les dettes ménagères, même si c’est pour l’éducation
des enfants ou l’entretien du ménage. Néanmoins en jurisprudence, on admet parfois qu’il y ait
un mandat tacite, les concubins peuvent créer l’apparence à leur créancier qu’ils étaient
mariés ou qu’ils
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entendaient s’engager de manière solidaire. Il n’est pas exclu que soit prévu une stipulation
express de solidarité. Il n’y a pas de protection de leur logement familial ni en tant que
propriétaire ni en tant que locataire. Cela signifie aussi qu’il y a aucun régime des biens pour
les concubins. Aucune règle spéciale ne s’applique pour leur biens que ça soit en cours de
concubinage ou à sa fin donc le droit commun s’applique. Le régime des biens des concubins
est un principe de séparation, chacun est propriétaire de ses biens. Les biens acquis par les
deux concubins répondent aux règles de l’indivision des règles de droit commun :
- Unanimité pour les actes de disposition
- Majorité des 2/3 pour les actes de gestion, donc cela revient a exiger l’unanimité
A la fin du concubinage, parfois un concubin a engagé des dépenses pour améliorer les biens
de l’autre concubin, il entend donc récupérer les sommes engagées. Il n’y aucune règle
spéciale donc deux mécanismes de droit commun ont été invoqués. 1/ L’enrichissement
injustifié, la Cour de cassation accepte rarement cette hypothèse, elle refuse dès qu’elle estime
qu’il y a une intention libérale. Elle fait la différence entre dépense commune et dépense
injustifiée. Les seuls cas ou la Cour de cassation y consent c’est lorsque l’ampleur des
dépenses engagés a abouti à une plus value importante pour le bien du concubin, cela excède
une participation aux dépenses de la vie courante. 2/ La société de fait, elle peut palier l’absence
de statut patrimonial, chacun reprend ses apports et on se partage le boni de liquidation
(financement des travaux du bien, participation à l’activité professionnel de l’autre concubin).
La Cour de cassation est réticence a accepter la qualification de société créé de fait car elle
nécessite l’existence d’apport, un affectio societatis et la participation des bénéfices et des
pertes de ce projet commun. C’est un mécanisme fictif, il n’y a jamais la volonté de partager
un projet commun et d’en partager les dettes et les bénéfices. 3/ Un auteur Francois Chénedé,
a imaginé que les concubins pourraient se prévaloir de la gestion d’affaire.
Il n’est pas exclu que les concubins recourent a une convention de concubinage. C’est une
convention par laquelle le couple organise sa vie commune. Elle peut être conclu devant
notaire ou sous seing privé. Il peut y avoir des règles sur les charges de la vie commune, sur la
solidarité, et sur les modalités d’organisation patrimoniale en cas de rupture. La difficulté reste
néanmoins que ce cas de figure est très rare car le statut des concubins est justement choisi
pour son absence de règle.
La loi du 15 novembre 1999 a fourni aux couples ne souhaitant pas se marier d’obtenir un
cadre juridique, tant pour leur rapport personnels que patrimoniaux. Au moment de sa
création, il était ouvert aux personnes de même sexe. Le statut du PACS s’est rapproché du
statut des couples mariés. L’organisation patrimoniale repose sur deux piliers : Un régime
primaire des partenaires de PACS : règle d’ordre public applicable à tous et un régime des
biens.
Les partenaires de PACS sont soumis à des règles communes que l’on peut qualifier de régime
primaire et qui constitue un statut patrimonial de base. Ce régime existait de manière
embryonnaire dans la loi de 1999 mais a été accentué par la reforme de la loi du 23 juin 2006
et le rapprochement avec le mariage se fait a ce moment la.
Elle est prévue à l’article 514-4 alinéa 1er du Code civil qui dispose que les partenaires sont
tenus d’une aide matérielle réciproque. Cela signifie que les partenaire sont obligés à participer
aux charges de la vie commune : charges afférentes au logement, à l’éducation des enfants et
aux frais de nourritures. Le CC a affirmé que ce devoir était un devoir d’ordre public. Cette règle
a été créée sur le modele de la contribution aux charges entre époux.
La loi de 1999 prévoyait cette règle mais elle était lacunaire sur la manière d’exécuter ce
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famille et c’est la reforme de 2006 qui a énoncé les modalités de distribution de ces charges.
devoir
L’article 514-4 dit que l’aide matérielle est proportionnelle aux facultés respectives. Les
partenaires peuvent décider d’une autre répartition dans la convention de PACS. Si l’un des
partenaires n’exécute pas son devoir matériel réciproque, le code ne prévoit pas de sanction
spécifique, il faut donc recourir aux règles de droit commun. Lorsqu’une obligation n’est pas
exécutée, on peut demander l’exécution forcée et engager la
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responsabilité contractuelle pour inexécution contractuelle. Le juge compétent pour traiter de
cet inexécution contractuelle est le JAF depuis la réforme du code de l’organisation judiciaire
de 2009. Il y a un alignement entre le statut des pacsés et des mariés.
Principe - L’article 515-5 alinéa 1er du Code civile pose le principe que les dépenses engagés
par chaque partenaire reste à leur charge respective, c’est le principe de dette personnels.
Celui qui s’est engagé est celui qui doit payer le créancier. Si un partenaire a payé la dette de
l’autre partenaire, il peut en obtenir le remboursement.
Exception - Il y a une exception à l’article 515-4 alinéa 2 qui prévoit la solidarité entre
partenaire pour les dettes contractées pour les besoins de la vie courante ( éducation des
enfants par exemple). L’aide matérielle réciproque est un devoir entre partenaires alors que la
question du passif est un rapport entre les partenaires et les tiers. Le créancier peut demander
à l’un ou l’autre partenaire de payer l’intégralité de la créance.
Exception à l’exception - Il existe une exception à la solidarité des aides ménagères. Depuis les
reformes de 2006 et 2010 a été introduit une exception de l’exception, le Code civil exclut la
solidarité pour certaine dette. Bien que la dette soit ménagère, elle ne sera pas solidaire car
ces dettes sont jugés dangereuses pour la santé financière du couple : 1/ Les dépenses
manifestement excessive, ex : l’achat d’une voiture peut avoir un caractère ménagé si le
partenaire achète une Ferrari, on va estimer que cela n’a pas de caractère ménagé. 2/ Les
achats a tempérament sauf si ils ont été conclus du consentement des deux partenaires. C’est
un achat à crédit, ex : achat du canapé en 10 fois. 3/ Les emprunts sauf si ils ont été conclu du
consentement des deux partenaires ou si ils portent sur des sommes modestes
Le principe est posé à l’article 515-5 alinéa 1er qui dispose que chacun des partenaires
conserve l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels. Chacun
des partenaires a des biens qui lui sont propres et dispose donc de leurs jouissances et
dispositions. Il existe une exception en matière mobilière qui est prévu à l’article 515-5 alinéa 3
qui pose une présomption de pouvoir sur le biens mobiliers. L’objet est d’imposer une
confiance pour le tiers.
S’agissant des partenaires propriétaires, il y a toujours une différence avec le couple marié car
il n’hésite pas de disposition équivalente à l’article 215 du code civil, et il n’existe pas de
protection du logement de la famille. Le partenaire PACS propriétaire du logement familial peut
donc en disposer comme il le souhaite. Si le logement appartient aux deux partenaires du
PACS, il faut alors le consentement des deux.
S’agissant des partenaires locataires, ils bénéficient du même texte que les époux, article 1751
du Code civil instaure une cotitularité du droit au bail qui sert à l’habitation de la famille. Soit
les partenaires concluent ensemble le contrat de bail, alors la co titularisé s’impose. Soit un
pacsé vit à l’intérieur de l’appartement, puis après la conclusion l’autre partenaire vient,
l’article 1751 revoit une mesure de protection pour celui qui vient de s’installer car il peut
réclamer la co titulaire du bail. Cela permet que les deux se mettent d’accord pour le congé du
bail.
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Droit patrimonial de la
famille A. Le sort des biens pendant le PACS
Les règles d’organisation a fait l’objet d’une évolution entre 1999 et 2006. Avant le régime
était celui de l’indivision, ce qui n’était pas pratique. La réforme de 2006 a renversé le principe
et a opté pour la séparation
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des patrimoines des pacsés mais ceux qui le souhaitent peuvent choisir l’indivision. Il y a donc
un régime légale qui est la séparation des patrimoines, et le régime conventionnel qui peut
être choisi par les partenaires.
À la dissolution du PACS, en principe chacun des partenaires reprend ses biens personnels, on
partage les biens indivis soit selon les règles de l’indivision conventionnelle ou soit celles
dans la convention d’origine. Le première difficulté est celle des créances entre partenaires,
dernier alinéa de l’article 515-7 du Code civil. Ce texte vise le cas ou les partenaires seraient
créancier et débiteur l’un de l’autre et au lieu de précéder à un paiement des créances, le
texte prévoit une modalité de paiement par compensation pour le cas ou cette créance
pourrait être compensé avec les avantages que le créancier a tiré de la vie commune. La
question de l’attribution préférentielle d’un bien est lorsqu’un indivisaire demande à ce que le
bien lui soit attribué à titre préférentiel. Cela est prévu aux articles 831-2 à 832-4 du Code civil.
Le mariage est l’union entre deux personnes de sexe identique ou different, officié par un
officier de l’état civil et produits des effets prévus par la loi. Les règles pécuniaires entre les
époux ou à l’égard des tiers composent le droit des régimes matrimoniaux. Ce statut comporte
un régime primaire avec deux règles d’ordre public qui s’applique à tous les couples mariés.
Aussi il existe un régime pour les biens du couple mariés qui comportement un régime légale
qui est la communauté réduite aux acquêts ainsi que des régimes conventionnelles : la
séparation de biens, la participation aux acquêts notamment.
Le régime primaire impératif des époux figure aux articles 214 à 226 du Code civil, textes
d’ordre public qui s’appliquent à tous les époux quelque soit le régime matrimonial qui
s’applique par ailleurs. Le régime primaire impératif s’impose donc comme un effet direct du
mariage. Les règles de ce régime visent à atteindre un équilibre qui n’est pas toujours facile à
trouver. Le mariage crée un lien personnel entre les époux a forcement des répercussions sur
le plan patrimonial. Un nombre de règle permet d’assurer la coopération des époux au plan
patrimonial. De l’autre cote, il faut aussi respecter l’individualité de chacun des époux et
assurer leur égalité. Enfin les règles visent aussi à prévenir les crises ( mésentente,
maladie…).
L’union sur un plan personnel entraine nécessairement une union sur le plan patrimonial, il faut
donc s’assurer d’un minimum de collaboration. Cette collaboration se voit dans deux domaines.
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1/ Le domaine de l’économie domestique ; idée que la vie courante du couple créée des
dépenses, des charges communes que séparément, article 213 du Code civil ; les époux
assurent la direction matériel et l’éducation des enfants. Il y a donc la contribution aux
charges du mariage, article 214 et la solidarité des dettes ménagères,
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article 220 du Code civil. 2/ Le domaine du logement de la famille, article 215 du Code civil qui
impose une certaine protection découlant du devoir de communauté de vie.
Cette obligation est prévue à l’article 214 du Code civil : « Si les conventions matrimoniales ne
règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés
respectives. Si l'un des époux ne remplit pas ses obligations, il peut y être contraint par l'autre dans les
formes prévues au code de procédure civile. » Cette contribution est d’ordre public quant à son
principe mais pas quant à ses modalités d’exécution. Les époux peuvent organiser comme ils
l’entendent la contribution aux charges.
La contribution aux charges du mariage est une question de rapport entre époux. Elle est liée
au devoir de communauté de vie comme les époux ont le devoir de vivre ensembles, cette vie
commune créée des dépenses communes auxquels il faut faire fasse ensemble. La
jurisprudence a rappelé que les époux même séparés de fait devaient participer à la
contribution aux charges du mariage, elle ne prend fin que lors de la dissolution du mariage ou
en cas de divorce. Ce devoir est indépendant de savoir si l’un des époux est dans le besoin,
elle est due même si l’autre époux se porte bien financièrement.
L’expression charges du mariage englobe toutes les dépenses destinées à assurer le train de
vie ménage que cela concerne les époux eux mêmes ou les enfants. Dans ces charges, on
trouve les dépenses courantes et nécessaires : nourriture, logement, habilement et santé. Ces
dépenses relèvent aussi des dettes ménagères. La jurisprudence a une vision englobante des
charges du mariage et elle accepte que des dépenses plus exceptionnelles soient des charges
du mariage. C’est le cas de dépenses d’agréments pour un voyage, pour des dépenses
d’investissements, des dommages et intérêts en raison du dommage causé par les enfants,
article 242 alinéa 4 ou certains emprunts comme pour l’acquisition d’une résidence principale
ou secondaire ( rarement, il faut que cela corresponde au train de vie du ménage).
Il y a un cas particulier, c’est l’acquisition immobilière alors que les époux sont mariés sous le
régime de la séparation des biens. Si on se trouve dans cette situation, l’un achète mais
l’emprunt est considéré comme des charges du mariage, en cas de dissolution, il y a une
inégalité. La jurisprudence a affiné sa position et a décidé dans un arrêt de la première
chambre civile du 3 octobre 2019 qui a été confirmé depuis s’agissant de l’acquisition d’un
bien immobilier, elle opère une distinction entre le règlement des échéances de l’emprunt qui
peut toujours considéré comme une contribution aux charges du mariage. En revanche si
l’époux a fait un apport en capital, alors cet apport ne peut pas constitué une contribution aux
charges du mariage et conduira a un remboursement de l’époux. La jurisprudence estime que
n’est pas visé au titre de la contribution aux charges du mariage le paiement de l’IR.
Les modalités - La contribution aux charges du mariage peut s’exécuter en argent ou en nature.
Si un époux met a disposition un de ses biens pour abriter le logement de la famille a titre
gratuit c’est une contribution aux charges du mariage en nature. Cela peut se faire aussi en
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industrie, si un époux aide l’autre dans son activité professionnel ou si l’un des époux s’occupe
du foyer.
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Cela se trouve à l’article 214, alinéa 2, l’époux peut saisir le JAF pour réclamer la contribution
et le juge fixe souverainement ce montant, soit pour l’avenir soit pour une période antérieur à
sa décision. C’est une ordonnance qui confère à l’époux un titre exécutoire et il va pouvoir
obtenir le recouvrement de sa créance familiale qui bénéfice de voies d’exécutions particulière
notamment la procédure de paiement directe des pensions alimentaires, le recouvrement
public des pensions alimentaires ou l’intervention d’organisme de prestation familiale pour le
recouvrement des dépenses alimentaires. La CAF paye la contribution et se retourne contre
l’époux débiteur. S’ajoute à cette sanction civile une possible sanction pénal pour abandon de
famille, article 227-3 du Code pénal.
L’alinéa premier de l’article 220 du Code civil dispose que « Chacun des époux a pouvoir pour
passer seul les contrats qui ont pour objet l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants : toute dette
ainsi contractée par l'un oblige l'autre solidairement. »
Les époux ont le pouvoir d’agir seul en matière ménagère et la contrepartie est que l’acte
ménager fait par l’un engage l’autre époux solidairement. La solidarité aux dettes ménagère
évite la méfiance du tiers à l’égard de l’un des époux. Lorsqu’un époux contracte avec un tiers
et que c’est une dette ménagères, le tiers créanciers va avoir un gage sur l’ensemble du
patrimoine du couple soit sur les biens de l’époux qui s’est engagé mais aussi sur les biens
communs ou les biens indivis. Le gage s’étend aux biens qui appartiennent aux deux époux et
même aux biens qui appartiennent à celui qui ne s’est pas engagé. Cette solidarité est de plein
droit et d’ordre public. Par ailleurs cette solidarité est un devoir des époux envers le tiers et
dure tant que dure le mariage. Cela veut dire qu’elle s’applique aussi aux dettes qui sont nés
pendant la séparation de faits, la procédure de divorce ou la séparation de corps. La solidarité
aux aides ménagères ne cessent qu’au moment de la transcription du divorce ou sur le registre
de l’état civil. Séparation officielle ou les tiers sont informés. La dette ménagère vise
l’ensemble des dépenses ordinaires de la vie courante qui couvre l’entretien du ménage ainsi
que l’éducation des enfants (habilement, loyer, enfant, abonnement). Certaine dépense
d’agrément comme des dépenses de voyage peuvent être considérés comme des dettes
ménagères si elles correspondent au train de vie du ménage.
La jurisprudence a étendu l’article 220 du Code civil à des dettes non contractuelles ce qui
n’est pas l’esprit du code. Cela a été le cas de prestation familiale versé indument, la caf a eu
le bénéfice de la solidarité des dettes ménagères. Sont exclues les dettes relatives a une
activité professionnelle de l’un des époux et les dépenses d’investissement. Les dépenses
d’agrément qui ne correspondent pas au train de vie du ménage. La preuve du caractère
manager doit émaner du créancier qui invoque la solidarité. Si il arrive à rapporter. La
preuve, il pourra demander le paiement à n’importe quel des époux et l’époux en question
pourra se retourner contre l’autre.
B. Les exceptions
Les alinéas 2 et 3 de l’article 220 du Code civil disposent que « La solidarité n'a pas lieu,
néanmoins, pour des dépenses manifestement excessives, eu égard au train de vie du ménage, à l'utilité ou
à l'inutilité de l'opération, à la bonne ou mauvaise foi du tiers contractant.
Elle n'a pas lieu non plus, s'ils n'ont été conclus du consentement des deux époux, pour les achats à
tempérament ni pour les emprunts à moins que ces derniers ne portent sur des sommes modestes
nécessaires aux besoins de la vie courante et que le montant cumulé de ces sommes, en cas de pluralité
d'emprunts, ne soit pas manifestement excessif eu égard au train de vie du ménage. »
L’idée est que certaine dettes sont plus dangereuses que d’autres pour les époux. Imposer une
solidarité dangereuse pour des dettes dangereuses n’est pas possible d’ou l’écartement de
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certaines dettes ménagères. L’article 220 du Code civil prévoit 3 exceptions ou la solidarité ne
joue pas. 1/ Les dépenses manifestement excessives, face au train de vie du ménage, à l’utilité
de l’opération… 2/ Les achats à tempérament, achat à crédit qui sont dangereux car on a
l’impression qu’on va payer peu mais en même temps avec les intérêts cela peut être très
cher. La solidarité est donc écarté pour tous les achats à
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tempérament quel que soit leur montant sauf pour les achats à tempérament des lors qu’ils
ont été conclu du consentement des deux époux. 3/ Les emprunts à caractère ménagers
constituent un risque de surendettement et la solidarité ménagère est emprunté pour les
emprunts mémé si ils ont un caractère ménager. La solidarité est écartée sauf pour les
emprunts à caractère ménagers conclu du consentement des deux époux. Aussi la solidarité
revient si les trois conditions de l’emprunt sont cumulatives : si l’emprunt porte sur des
sommes modestes, qu’il est nécessaire au besoin de la vie courante, et si le montant est
proportionné c’est à dire qu’il ne doit pas cumulé des sommes empruntés manifestement
disproportionné au train de vie du ménage.
Il y a une incertitude jurisprudentiel, il peut y avoir des difficultés sur la qualification d’achat
à tempérament ou d’emprunt notamment dans l’hypothèse d’achat qui sont financés au
moyen de l’ouverture d’un credit consenti par un organisme financiers rattaché à un grand
magasin. La jurisprudence ne sait pas si c’est un achat à tempérament ou un emprunt
Article 215 du Code civil, alinéa 1 et 2 : « Les époux s'obligent mutuellement à une communauté
de vie. La résidence de la famille est au lieu qu'ils choisissent d'un commun accord. »
C’est une notion concrète qui renvoie au lieu qui est effectivement occupé par la famille, par le
couple et ses éventuels enfants. Ce logement, article 215 alinéa 2 qu’il est choisi d’un commun
accord par les époux. Les époux doivent partager une communauté de vie et donc habiter
dans un logement familial de leur choix. Le logement familial est protégé par un principe de co
gestion. Il y a aussi des règles concernant la cotitularité du bail de l’article 1751 du code civil.
Ce principe est posé à l’article 215 alinéa 3 du Code civil « Les époux ne peuvent l'un sans l'autre
disposer des droits par lesquels est assuré le logement de la famille, ni des meubles meublants dont il est
garni. Celui des deux qui n'a pas donné son consentement à l'acte peut en demander l'annulation : l'action
en nullité lui est ouverte dans l'année à partir du jour où il a eu connaissance de l'acte, sans pouvoir jamais
être intentée plus d'un an après que le régime matrimonial s'est dissous. »
1. Le domaine de la cogestion
Les biens protégés - D’abord c’est le logement de la famille mais la réserve est que l’article 215
ne s’applique qu’au logement de la famille et non la résidence secondaire ni d’ailleurs le
logement de fonction car si le logement familial est assuré par le logement de fonction,
l’employeur a toujours le droit de reprendre le logement de fonction donc on ne veut pas
obliger l’époux qu’il travaille a garder son emploi pour garder le logement. Il comporte aussi
tous les meuble meublants du logement familial, tous les meubles qui sont destinés à l’usage
et l’ornement du logement de famille. Les meuble semblants sont protégés à cet article et sont
soumis au principe de co gestion.
Les droit protégés - Peu importe la nature du droit qui assure le logement de la famille, tous les
types de droit assurant le logement de la famille sont visés par l’article 215 du Code civil. Que
l’un des époux soit propriétaire, que le logement soit assuré par un droit au bail, un droit
d’usufruit, un droit d’habitation ou de jouissance, le logement de famille est soumis au principe
de co gestion
Les actes concernés - Le principe de co gestion impose aux époux de faire ensemble tous les
actes de disposition sur le logement de la famille. Un époux ne peut pas faire seul un acte de
dispositions sur le logement de la famille. Cela touche la vente, la donation, l’échange, la
demande en partage ainsi que les suretés réelles. Cela touche aussi la résiliation du contrat
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d’assurance garantissant le logement - Cour de cassation - Solution critiquée car acte
d’administration et non de disposition. Solution pragmatique car si résiliation du contrat
d’assurance, si un sinistre advient l’appartement est détruit d’ou l’idée que la Cour de classer
cela comme acte de disposition.
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L’indisponibilité du bien du logement familial n’est pas une insaisissabilité : le logement de
famille reste saisissable par les créanciers sauf exception à savoir la déclaration
d’insaisissabilité de la demeure principe de l’EI.
Comme pour les deux autres obligations, tant que le mariage n’est pas dissout ou que la
séparation de corps prononcé, le principe de co gestion demeure. La seule limite est qu’en
cours de procédure de divorce, un époux peut être autorisé à disposer du logement familial qui
lui appartient en propre.
L’hypothèse est lorsqu’un époux à disposer seul du logement de famille. Dans ces cas la, le
conjoint qui n’a pas consenti possède une action en nullité ouverte seulement dans l’année à
partir du jour ou il a eu connaissance de l’acte mais sans jamais pouvoir être intenté plus d’un
an après que le régime matrimonial s’est dissout. Le délai est allongé a deux ans pour le
régime de la communauté. L’époux qui agit doit avoir un intérêt a agir. On a refusé à une
épouse qui ne vivait plus dans le logement depuis un an d’intenter une action. La nullité de
l’article 215 alinéa 3 du Code civil est une nullité relative ouverte seulement au conjoint mais
nullité de plein droit, le juge n’a pas de pouvoir d’appréciation il sera obligé de prononcer la
nullité.
L’article 1751 du Code civil s’applique ici pour la co titularité du bail. Cet article s’applique sous
différentes conditions : 1/ Dès lors que le logement constitue le logement de la famille. 2/ Bail
d’habitation uniquement. L’article 1751 prévoit une co titularité du bail de plein droit des lors
que le bailleur est informé de l’existence d’un conjoint. Des lors qu’un époux informe qu’il est
marié alors co titularité du bail
Le principe figure à l’article 220 alinéa 1er selon lequel chacun des époux a le pouvoir d’agir
seul en matière ménagère. La contrepartie est la solidarité aux dettes ménagères.
Article 221 du Code civil : « Chacun des époux peut se faire ouvrir, sans le consentement de l'autre,
tout compte de dépôt et tout compte de titres en son nom personnel.
A l'égard du dépositaire, le déposant est toujours réputé, même après la dissolution du mariage, avoir la
libre disposition des fonds et des titres en dépôt. »
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Cette liberté est prévu à l’article 221 alinéa 1er est énoncé que chaque époux peut ouvrir tout
compte bancaire soit des compte personnel de toutes sortes ou des comptes d’indivisions ou
comptes joins. Il peut ouvrir ces comptes seuls sans donner aucune justification au banquier de
son régime matrimonial. Cette règle est bafouée par les banquiers.
B. La présomption bancaire
Cette présomption joue entre l’époux déposant et le banquier, ce n’est pas une présomption
entre les époux. L’époux déposant est réputé avoir la propriété des fonds qu’il dispose sur le
compte, il a donc une présomption de pouvoir. L’avantage pour le banquier est qu’il n’a pas a
vérifier l’origine des fonds au déposant et d’ailleurs il n’a pas besoin de le faire mais il n’a pas
le droit de le faire. L’avantage est que le banquier est à l’abris de toute responsabilité si
finalement les fonds déposés n’appartiennent pas à l’époux déposant. Cela n’inclut pas ses
autres obligations de banquiers car il doit vérifier l’origine des fonds dans les perspectives de
lutte contre le blanchiment d’argent, la lutte contre le financement du terrorisme.. Le banquier
n’est pas tenu de demander l’origine des fonds mais si il sait que les fonds appartiennent à
l’autre époux et qu’il accepte de les enregistrer alors fraude et l’autre époux pourra engager la
responsabilité du banquier. Cette règle est très importante de pratique mais elle est très
dangereuse pour l’époux du déposant car cela peut le priver à l’accès de ces comptes alors
même que les fonds peuvent lui appartenir. Le conjoint du déposant peut notamment faire
bloquer le compte par voie judiciaire en prouvant que l’époux déposant n’avait pas le pouvoir
de disposer de ces sommes et dans certain cas le conjoint du déposant peut demander un
transfert judiciaire du pouvoir de gérer le compte de son conjoint.
L’indépendance mobilière est prévue à l’article 22 du Code civil : « Si l'un des époux se présente
seul pour faire un acte d'administration, de jouissance ou de disposition sur un bien meuble qu'il
détient individuellement, il est réputé, à l'égard des tiers de bonne foi, avoir le pouvoir de faire seul cet acte.
» Chaque époux est présumé à l’égard des tiers avoir les pouvoirs en ce qui concerne tous
les actes sur les biens mobiliers qu’il détient. Cette présomption permet de protéger les tiers
de bonne foi devant lesquels un époux se présentent pour vendre un bien meuble et pour
fluidifier les échanges entre les époux et les tiers.
Principe - N’importe quel acte quel que soit sa nature est visé par la présomption : acte
d’administration, de jouissance ou de disposition que les actes soit à titre gratuit ou onéreux.
L’époux peut donc faire seul tous ces actes sur des meubles. Cela vise les meubles corporels
mais aussi incorporels. L’époux peut faire seul ces actes sur les meubles qu’il détient
individuellement.
Exception - Pour les meubles meublants de l’article 215 cette règle ne s’applique pas. En aucun
cas la présomption mobilière ne s’applique pour les meuble meublants. Certains meubles sont
exclus sont l’aliénation est soumise à publicité comme les aéronefs et les navires. Cela ne
fonctionne pas pour les meubles qui ne peuvent pas faire l’objet du détention individuelle. Les
meubles qui par leur nature font présumer qu’ils appartiennent à l’autre.
B. Les effets
La présomption a un caractère irréfragable à l’égard des tiers de bonne foi. Cette présomption
ne joue que dans les rapports entre l’époux et les tiers et non le rapport entre les époux entre
eux. L’époux peut donc réclamer son due à l’autre époux. Si un époux a vendu un bien meuble
alors qu’il ne lui appartenait pas en profitant de la présomption, le recours de l’autre époux est
limité car pour récupérer le bien, il dispose d’une action en contestation de l’acte mais l’époux
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doit rapporter une double preuve soit l’absence de pouvoir de l’époux qui a agit mais aussi il
faut démontrer la mauvaise foi du tiers. Ces cas son rares, les chances d’obtenir le retour du
biens sont limitées.
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Le principe de l’indépendance professionnel est assuré par l’article 223 du Code civil mais en
plus de ce principe général, il existe des règles quant à l’indépendance professionnel de
certaine profession particulière comme pour les commerçant, artisans, agriculteurs…
L’article 223 dispose que « Chaque époux peut librement exercer une profession, percevoir ses gains
et salaires et en disposer après s'être acquitté des charges du mariage. »
La libre exercice d’une profession - Il y a une stricte égalité en matière professionnel entre
époux. Il y a une liberté totale de la profession avec comme seul limite le fait que l’époux ne
doit pas mettre en péril les intérêts de la famille comme avec le professions illégales
La libre disposition des gains et salaires - Elle est aussi prévue au même article. Il y a un renvoi
aux charges de mariage de l’article 214 du Code civil. La notion de gain et salaire recouvre
tous les revenus professionnels des époux soit la rémunération principale (salaire mensuel)
mais aussi tous les accessoires (primes, gratifications, indemnités). A cela s’ajoute tous les
substituts de salaire (indemnités de licenciement). Peu importe la forme de la rémunération.
La seul limite et qu’il doit s’acquitter des charges du mariage.
Cette règle vient heurter certaines règles du régime de la communauté légale.
Conjoint d’agriculteur - Les règles sont d’abord apparu pour les agriculteurs et sont étendues.
C’est la loi du 4 juillet 1980 qui a introduit un statut spécial pour le conjoint d’agriculteur
L321-1 et s. du code rural. L’idée est d’assurer l’indépendance dans un contexte particulier ou
très souvent un membre du couple est l’agriculteur et l’autre aide son conjoint sur
l’exploitation. L’idée est de régler le stature de conjoint. Il y a trois statuts possible 1/ Le
conjoint est salarié et le code du travail classique s’applique. 2/ Le conjoint est collaborateur et il
est présumé avoir reçu mandat de son conjoint pour effectuer tous les actes d’administration
de l’exploitation agricole. 3/ Le conjoint co chef d’exploitation, les époux peuvent se donner
mandat mutuel d’agir et la conséquence est que les deux époux sont engagés par les actes
accomplis par chacun d’eux.
Conjoint d’artisans, commerçant et profession libéral - C’est ici l’article L124-1 du Code de
commerce qui s’applique. Il prévoit que le conjoint, du commerçant, de l’artisanat ou de
professionnel libéral qui exerce une activité régulière dans le fonds de son conjoint peut opter
pour 3 statuts. 1/ Le conjoint est salarié et le code du travail classique s’applique. 2/ Le conjoint
associé. 3/ Le conjoint collaborateur qui fait qu’il est présumé avoir reçu le mandat pour faire
tous les actes d’administration du fond
A l’article 225 du Code civil est posé un principe de gestion exclusive des biens personnels «
Chacun des époux administre, oblige et aliène seul ses biens personnels. » Cette règle est du régime
primaire et donc est d’ordre public. Il existe en revanche des exceptions légales comme
l’article 215 alinéa 3 si cela touche au logement familial.
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article 219 alinéa 2 du code civil. Il peut y avoir des aménagements judiciaires.
Section III : Les règles applicables en cas de crise au sein du couple marié
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Cette crise peut avoir deux origines bien différentes. Un des conjoint peut être empêché d’agir
car il est hors d’état d’exprimer sa volonté, ce qui créé un bloquage pour la réalisation d’un
certain nombre d’acte ou il y a besoin de sa volonté. La crise peut viser aussi les époux qui
n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la conclusion d’un acte. Nous allons voir ici les règles
du régime primaire, ll existe aussi des règles spéciales pour gérer la crise dans les régimes
matrimoniaux.
Il y a deux solutions dans ce cas la qui sont judiciaires. D’un cote le recours au mandat
judiciaire de l’article 219 du Code civil et de l’autre l’autorisation judiciaire de l’article 217 du
Code civil. Il y a deux points communs entre ces deux textes. 1/ L’époux doit être hors d’état de
manifester sa volonté ce qui peut résulter d’une cause physique mais aussi d'un éloignement
géographique comme en cas d’absence. 2/ Elles ont une procédure commune, ce sont des
procédures judiciaires qui se passent devant le juge des contentieux de la protection.
A. Le mandat judiciaire
Article 219 du Code civil : « Si l'un des époux se trouve hors d'état de manifester sa volonté, l'autre peut
se faire habiliter par justice à le représenter, d'une manière générale, ou pour certains actes particuliers,
dans l'exercice des pouvoirs résultant du régime matrimonial, les conditions et l'étendue de cette
représentation étant fixées par le juge.
A défaut de pouvoir légal, de mandat ou d'habilitation par justice, les actes faits par un époux en
représentation de l'autre ont effet, à l'égard de celui-ci, suivant les règles de la gestion d’affaires. »
Cet article met donc en place un mandat judiciaire entre époux. Ce texte impératif a vocation à
s’appliquer à tous les époux quel que soit le régime matrimonial qu’ils ont conclu par ailleurs.
C’est un mandat qui suppose qu’un des époux représente l’autre. Pour pouvoir représenter
l’autre, il faut que l’autre est le pouvoir de faire l’acte. Ces règles de la représentation suppose
que le mandat soit demandé pour représenter l’époux soit sur ses biens propres soit sur les
biens communs ou indivis. C’est utile uniquement pour les biens communs ou indivis qui sont
soumis au principe de cogestion ou pour les actes de disposition.
Sur les biens nécessaires à la profession, les époux ont un principe de gestion exclusive. Le
conjoint de celui hors d’état de manifester sa volonté va être habilité pour représenter son
conjoint. Le conjoint de celui représenté va se faire habiliter en justice pour avoir. 1/ Un mandat
général pour tout acte sur tous biens sauf les actes de dispositions. 2/ Un mandat spécial pour
effectuer un acte de disposition procédés sur un bien précis.
Le conjoint représentant agit au nom et pour le compte de son conjoint représenté, qui se
trouve donc engagé à l’égard des tiers par les actes accomplis par le représentant. Le
représentant doit rendre compte de ce qu’il fait, sa responsabilité peut être engagée.
B. L’autorisation judiciaire
Article 217 du Code civil : « Un époux peut être autorisé par justice à passer seul un acte pour lequel le
concours ou le consentement de son conjoint serait nécessaire, si celui-ci est hors d'état de manifester
sa volonté ou si son refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille.
L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'époux dont le concours
ou le consentement a fait défaut, sans qu'il en résulte à sa charge aucune obligation personnelle. »
Cet article ne peut être invoqué que dans le domaine de la cogestion, lorsque les deux époux
doivent consentir à l’acte mais que du fait de l’empêchement de l’autre la conclusion n’est pas
possible. Elle est toujours spéciale qui porte sur un acte déterminé et un bien déterminé. Le
conjoint autorisé agit en son nom personnel et non pour le compte de l’autre , il est donc seul
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engagé par l’acte.
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Dans ce cas, il existe deux remèdes judiciaire mais ce n’est plus le juge des contentieux de le
protection mais le juge aux affaires familiales.
L’article 217 du Code civil dispose que « Un époux peut être autorisé par justice à passer seul un acte
pour lequel le concours ou le consentement de son conjoint serait nécessaire, si celui-ci est hors d'état de
manifester sa volonté ou si son refus n'est pas justifié par l'intérêt de la famille.
L'acte passé dans les conditions fixées par l'autorisation de justice est opposable à l'époux dont le concours
ou le consentement a fait défaut, sans qu'il en résulte à sa charge aucune obligation personnelle. »
Ce qui change uniquement c’est la condition de mis en oeuvre du texte. Il faut démontrer que
le refus de l’époux de consentir à un acte qui nécessite son accord n’est pas justifié par
l’intérêt de la famille. L’appréciation est laissée au juge du fond. La jurisprudence a pu dire que
l’article 217 était valablement utilisé notamment dans un cas particulier, le refus tacite de
l’époux. Quant à l’absence de conformité à l’intérêt de la famille, le juge doit appliquer cela
alors que c’est une notion flou. Souvent il en va de la pérennité financière du couple.
Article 220-1 du Code civil « Si l'un des époux manque gravement à ses devoirs et met ainsi en péril les
intérêts de la famille, le juge aux affaires familiales peut prescrire toutes les mesures urgentes que
requièrent ces intérêts.
Il peut notamment interdire à cet époux de faire, sans le consentement de l'autre, des actes de disposition
sur ses propres biens ou sur ceux de la communauté, meubles ou immeubles. Il peut aussi interdire le
déplacement des meubles, sauf à spécifier ceux dont il attribue l'usage personnel à l'un ou à l'autre des
conjoints.
La durée des mesures prises en application du présent article doit être déterminée par le juge et ne saurait,
prolongation éventuellement comprise, dépasser trois ans. »
Ce texte est en principe applicable que les époux vivent ensemble ou pas, qu’il soit séparé de
fait ou pas mais en pratique il est mobilisé quand les poux sont séparés de fait.
1. Les conditions
Pour que cet article s’applique il y a trois conditions. 1/ Manquement grave aux devoirs du
mariage ( manquement au devoir extra patrimoniaux comme l’infidélité par exemple ou aux
devoirs patrimoniaux comme la contribution aux charges). Gravité laissée à l’appréciation des
juges du fond. 2/ La mise ne péril des intérêts de la famille, il faut un lien de causalité entre le
manquement grave et la mise en péril. Au moment ou on demande les mesures urgentes de
cet article, la mise en péril peut avoir déjà été réalisé soit être imminente. La mise en péril peut
concerner qu’une partie de la famille. 3/ L’urgence signifie qu’on ne peut pas attendre de
mettre en oeuvre d’autres mesures du régime primaire ou du régime légal. La situation est
telle qu’il faut réagir tout de suite.
2. Les effets
Le juge peut prescrire toutes les mesures urgentes qui requièrent les intérêts de la famille.
L’alinéa 2 donne deux exemples comme. 1/ L’interdiction des actes de disposition sur les biens
propres sans le consentement de l’autre. 2/ Interdiction du déplacement des meubles
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Le plus souvent, les mesures prescrites sont négatives et consistent en des interdictions de
faire. Parfois le juge peut aller au de la cas très grave et nommer un administrateur provisoire,
organiser la séparation de fait et donc la garde des enfants. Les mesures d’urgences sont
nécessairement temporaires et provisoires et ne peuvent donc excéder 3 ans. Soit la situation
s’améliore et ces mesures ne sont plus utiles soit cela se dégrade et il faut faire une séparation
de corps ou un divorce. Si un époux se voit interdir de faire un acte au titre des mesures d’urgentes, que
se passe t-il ? Il y a des sanctions à la fois civile et pénale.
Sanction civile - Au titre des sanctions civiles, tout acte pris en violation de l’ordonnance rendue
sur le fondement de l’article 220-1 peut être sanctionné selon l’article 220-3. Ce régime
distingue deux types d’acte. Si l’acte est un acte soumis à publicité, l’acte est annulable de
saros qu’il a été accompli après la publication de l’ordonnance du juge car elle rend les tiers de
mauvaise foi.
Si l’acte accompli porte sur un acte dont l’aliénation n’était pas soumise à publicité, l’acte est
annulable à n’importe quel moment des lors qu’on arrive à reporter la mauvaise foi du tiers. Il
s’agit d’une nullité relative. Action soumise à un délai de deux ans à compter de la
connaissance de l’acte.
Sanction pénale - A cette sanction civile possible s’ajoute une sanction pénale. Le conjoint fautif
qui ne respecte pas les mesures d’urgences encoure des sanctions pénales. L’article 6 de la loi
du 13 juillet 1965 dispose ainsi que sera puni des peines de l’abus de confiance l’époux qui
aura détruit, tente de détruire ou détourné des objets après l’ordonnance d’urgence sur lesdits
objets.
Les époux ont la liberté de choisir leur régime matrimonial. En l’absence de toute initiative de
leur part, le régime légal de communauté réduite aux acquêts ou communauté d’acquêts leur
sera appliqué.
§ 1. La liberté de choix
S’ils décident de choisir leur régime matrimonial, les époux devront recourir aux services d’un
notaire pour conclure un contrat de mariage et choisir entre les différents régimes
conventionnels proposés : séparation de biens, communautés conventionnelles, participation
aux acquêts... ou élaborer avec ce professionnel un régime « sur mesure » qui s’adaptera au
mieux à leurs intérêts.
A. Le contrat de mariage
Droit commun des contrats - Les conventions matrimoniales sont soumises au droit commun des
contrats et donc à l’article 1129 c. civ. selon lequel sont nécessaires à leur validité : le
consentement des parties, leur capacité de contracter et un contenu licite et certain. Chacune
de ces conditions appellent quelques précisions dans leur application aux contrats de mariage.
Consentement - Les futurs époux doivent intervenir à leur contrat de mariage et leur
comparution doit être simultanée, comme prévu à l’article 1394, al. 1er. civ. : « Toutes les
conventions matrimoniales seront rédigées par acte devant notaire, en la présence et avec le consentement
simultanés de toutes les personnes qui y sont parties ou de leurs mandataires. » Le texte admet que le
consentement soit donné par un mandataire qui doit tenir son pouvoir d’une procuration
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Droit patrimonial de la
authentique (= notariée).
Sanction - S’il y a absence de consentement (non-présentation d’un des époux), la nullité est
absolue. S’il y a vices du consentement, la reconnaissance d’une erreur, d’un dol ou de
violence emporte la nullité relative du contrat de mariage dans le délai de droit commun de 5
ans.
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Capacité, Art. 1398 c. civ. - La capacité requise pour conclure un contrat de mariage est la même
que pour contracter mariage : Habiles ad nuptias, habilis ad pacta nuptialia (« celui qui est
capable de se marier est capable de conclure un contrat de mariage »). La règle posée par cet
adage est reprise à l’article 1398 du Code civil. La condition de capacité soulève la question du
contrat de mariage du mineur et du majeur protégé.
Le contrat de mariage du mineur : art. 1398 c. civ. - « Le mineur capable de contracter mariage est
capable de consentir toutes les conventions dont ce contrat est susceptible et les conventions et donations
qu'il y a faites sont valables, pourvu qu'il ait été assisté, dans le contrat, des personnes dont le
consentement est nécessaire pour la validité du mariage.
Si des conventions matrimoniales ont été passées sans cette assistance, l'annulation en pourra être
demandée par le mineur ou par les personnes dont le consentement était requis, mais seulement jusqu'à
l'expiration de l'année qui suivra la majorité accomplie. »
Le mineur doit être assisté, pour la conclusion du contrat de mariage, des personnes dont le
consentement est nécessaire pour la validité du mariage. La loi n° 2006-399 du 4 avril 2006
renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre
les mineurs ayant unifié l’âge du mariage pour la femme et l’homme et fixé celui-ci à 18 ans
(C. civ., art. 144), les hypothèses dans lesquels le mineur se marie sont désormais marginales,
limitées aux cas où il obtient une dispense du procureur de la République (C. civ., art. 145).
Sanction - art. 1398, al. 2 c. civ. : nullité relative qui peut être intentée par le mineur ou les
personnes dont le consentement était requis, le délai est ramené à un an à compter de la
majorité de celui qui s’est marié en étant mineur.
Le contrat de mariage du majeur protégé : art. 1399 c. civ. - « Le majeur en tutelle ou en curatelle
ne peut passer de conventions matrimoniales sans être assisté, dans le contrat, par son tuteur ou son
curateur.
A défaut de cette assistance, l'annulation des conventions peut être poursuivie dans l'année du mariage,
soit par la personne protégée elle-même, soit par ceux dont le consentement était requis, soit par le tuteur
ou le curateur.
Toutefois, la personne en charge de la mesure de protection peut saisir le juge pour être autorisée à
conclure seule une convention matrimoniale, en vue de préserver les intérêts de la personne protégée. »
Le principe, c’est que le majeur protégé doit être assisté, lors de la conclusion du contrat de
mariage (al. 1), par son tuteur ou son curateur, mais ces derniers peuvent être autorisés à
conclure seuls le contrat de mariage par souci de protection du majeur protégé (al. 3). Nota
bene : Pour rappel, depuis la loi du 23 mars 2019, le tuteur ou le curateur ne consent plus au
mariage de la personne protégée.
Sanction - nullité relative qui peut être intentée par le majeur protégé ou son tuteur ou
curateur, le délai est ramené à un an à compter du mariage du majeur protégé (al. 2).
Contenu, art. 1387 c. civ. - « La loi ne régit l'association conjugale, quant aux biens, qu'à défaut de
conventions spéciales que les époux peuvent faire comme ils le jugent à propos, pourvu qu'elles ne soient
pas contraires aux bonnes mœurs ni aux dispositions qui suivent. » Le texte pose un principe de libre
contenu du contrat de mariage, ainsi que des exceptions.
Liberté du contenu - L’article 1387 du Code civil laisse aux époux une liberté de choix et
d’aménagements. Les époux peuvent opter pour l’un des régimes proposés par le Code civil
(séparation de biens, participation aux acquêts, communautés conventionnelles) ou porter leur
choix sur une combinaison de deux ou plusieurs régimes tels que par exemple une séparation
de biens avec société d’acquêts, un régime matrimonial étranger ou une création totalement
originale. Le contrat de mariage peut contenir des dispositions annexes ayant un lien direct ou
indirect avec le mariage. Il s’agit notamment des donations entre époux ou de la
reconnaissance d’un enfant né hors mariage par exemple. Si le mariage n’est pas célébré,
seules les dispositions directement liées au mariage seront caduques alors que les autres,
telles que notamment la reconnaissance d’enfant né hors mariage, conserveront leur efficacité
sauf stipulation contraire.
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Exceptions à la liberté du contenu du contrat de mariage - L’art. 1387 c. civ. prévoit des
exceptions à libre détermination du contrat de mariage dont les stipulations ne doivent pas «
être contraires aux bonnes mœurs ou aux dispositions qui suivent » selon le texte :
- Les bonnes mœurs (renvoi à l’article 6 c. civ.)
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- Les dispositions qui suivent : § Art. 1388 c. civ. : « Les époux ne peuvent déroger ni aux devoirs ni
aux droits qui résultent pour eux du mariage, ni aux règles de l'autorité parentale, de l'administration
légale et de la tutelle. » Sont ainsi visés les règles du régime primaire (tant personnelles que
patrimoniales), ainsi que celle relative à l’autorité parentale et à l’administration légale et la
tutelle. Dans le même esprit, les époux ne peuvent déroger aux règles impératives du
régime matrimonial qu’ils choisissent. § Art. 1389 c. civ. : « Sans préjudice des libéralités qui
pourront avoir lieu selon les formes et dans les cas déterminés par le présent code, les époux ne peuvent
faire aucune convention ou renonciation dont l'objet serait de changer l'ordre légal des successions. ». Le
contrat de mariage doit respecter l’interdiction des pactes sur succession future. Cette
interdiction est néanmoins assouplie dans le cadre des conventions matrimoniales : sont
notamment permises les institutions contractuelles, qui constituent des donations de biens à
venir (C. civ., art. 1082 et s.) ou l’attribution au conjoint survivant de certains biens déterminés (par
exemple clause de prélèvement de biens propres moyennant indemnités) ; voir partie II sur
les successions.
Sanction du contenu - si une clause du contrat de mariage est contraire à l’OP ou aux BM, ou à
une disposition impérative (du régime primaire ou du régime matrimonial retenu), la clause est
illicite est frappée de nullité partielle, ce qui signifie que, pour le surplus, le contrat de mariage
reste valable.
Contrat solennel - Le contrat de mariage est l’un des contrats solennels prévus par le Code
civil : il doit obligatoirement donner lieu à un acte notarié (C. civ., art. 1394, al). 1er. La forme
solennelle vise d’une part à assurer la conservation de l’acte et d’autre part à fournir aux
parties une information suffisante. La rédaction du contrat de mariage doit se faire selon les
règles édictées pour tout acte notarié dans la loi du 25 Ventôse an XI relative à la validité des
actes notariés.
Sanction - nullité absolue pour vice de forme.
Présence des parties - La présence de toutes les parties intéressées sont obligatoires.
Néanmoins, les parties peuvent être représentées par un mandataire, à condition qu’existe une
procuration authentique et spéciale (C. civ., art. 1394, al. 1er).
Sanction - S’il y a non-présentation d’un des époux (et donc absence de consentement), la
nullité est absolue.
Antériorité du contrat de mariage au mariage - Le contrat de mariage doit être signé avant le
mariage. Il prend effet au moment de la célébration du mariage (C. civ., art. 1395).
Des modifications, appelées « contre-lettres » (contrairement aux contre-lettres que l’on
rencontre dans le cadre d’une simulation, il ne s’agit pas d’actes secrets), peuvent être
apportées au contrat initial entre la signature et le mariage. Les contre-lettres peuvent avoir
pour objectif de modifier aussi bien le régime matrimonial lui-même que les conventions qui lui
sont annexes. Les contre-lettres sont valables à deux conditions (C. civ., art. 1396, al. 1er) : 1/
les mêmes formes que pour l’acte initial doivent être respectées ; 2/ les modifications doivent,
comme le contrat de mariage original, être effectués en la présence et avec le consentement
simultané de toutes les personnes qui ont été parties dans le contrat de mariage ou de leurs
mandataires.
Les contre-lettres doivent au surplus être rédigées à la suite de la minute du contrat de
mariage (C. civ., art. 1396, al. 2). Lorsque le notaire délivre des expéditions ou des copies du
contrat de mariage, il doit transcrire à la suite ces modifications.
Sanction - nullité absolue du contrat de mariage si conclu postérieurement au mariage.
Publicité du contrat de mariage - Le contrat de mariage doit faire l’objet d’une publicité pour
être opposable aux tiers. Cette publicité est organisée en deux temps : 1/ Le notaire qui reçoit
le contrat de mariage remet aux futurs époux un certificat indiquant son nom, celui des époux
et la date du contrat (art. 1394, al. 2 c. civ.). 2/ L’officier d’état civil doit interroger les futurs
époux sur l’existence ou non d’un contrat de mariage et faire mention de leur réponse dans
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l’acte de mariage (C. civ., art.75, al. 4). Lorsque les époux répondent positivement, l’officier
d’état civil doit indiquer dans l’acte de mariage la date, le nom et le lieu de résidence du
notaire qui a reçu le contrat de mariage, mais ne doit donner aucune précision supplémentaire.
Lorsque les époux sont mineurs, la question est posée à ceux qui autorisent le mariage.
Sanction - À défaut des mesures de publicité prescrites, les époux seront réputés à l’égard des
tiers mariés sous le régime légal : le contrat est inopposable aux tiers, sauf si les époux
ont déclaré leur contrat de
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mariage dans l’acte conclu avec le tiers (C. civ., art. 1394, al. 3). En revanche, entre époux, le
régime matrimonial choisi reste applicable.
1. Séparation de biens
Esprit communautaire - Dans les régimes de communauté, les biens que les époux acquièrent, à
titre onéreux, pendant le mariage, leur appartient conjointement et forment la « communauté
», et les dettes nées pendant le mariage engagent en principe les biens communs.
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- La clause d’administration conjointe, dont l’objet est d’étendre le périmètre de la
cogestion, est en revanche valable (art. 1503). Les époux sont alors tenus solidairement
des dettes qu’ils ont contractées ensemble.
3. Communautés avec aménagement des règles de liquidation et du partage de la communauté
:
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-
- La clause de prélèvement moyennant indemnité consiste à attribuer à un époux la faculté
de prélever un ou plusieurs biens communs déterminés à charge d’en verser la valeur à la
masse commune (art. 1511 à 1514). La clause commerciale, qui lui confère la même
faculté sur les biens propres, est aujourd'hui expressément validée (art. 1390).
- La clause de préciput permet au survivant des époux, ou à l’un d’eux s’il survit, de
prélever avant le partage un ou plusieurs biens déterminés ou une certaine somme sur la
masse commune. Constitutive d’un avantage matrimonial, la clause s’analyse comme un
gain de survie et une opération de partage.
- La stipulation de parts inégales et la clause d’attribution intégrale de la communauté au dernier vivant
dérogent à l’égalité du partage. Cette inégalité se répercute sur le terrain du passif.
3. Participation aux acquêts
Régime hybride - La participation aux acquêts (art. 1569 c. civ. s.) est une hybridation, il
s’apparente à une séparation de biens. Chaque époux conserve la gestion de ses biens
personnels et se trouve seul tenu de ses dettes. À sa dissolution, il met en œuvre une
participation en valeur à l’enrichissement du conjoint, plus précisément en valeur des acquêts
nets réalisés. Le conjoint qui s’est le plus enrichi pendant le fonctionnement du régime
matrimonial (différence entre patrimoine originaire et patrimoine final) reverse la moitié de cet
enrichissement à son époux, lors de la dissolution de la participation aux acquêts (créance de
participation partagée).
Comment choisir son régime matrimonial ? Ce sont souvent des critères subjectifs qui
déterminent le choix du régime matrimonial. Deux critères jouent principalement. 1/ La
profession des époux - si l’un des époux ou les deux exerce(nt) une profession comportant un
risque financier (commerçant, entrepreneur individuel, associé d’une société de personnes,
profession libérale not.), il est préférable qu’ils choisissent une régime de séparation de biens
qui permet de placer l’autre conjoint à l’abri des créanciers professionnels du premier (car
dans le régime de communauté, ils peuvent se faire payer sur les biens communs). 2/ L’âge des
époux - plus les époux vieillissent, plus ils aspirent à un régime matrimonial favorable au
conjoint survivant, d’où des communautés universelles avec clause d’attribution intégrale de la
communauté au dernier survivant.
Régime légal français, la communauté réduite aux acquêts - Depuis 1965, le régime légal est celui
de la communauté d’acquêts ou « réduite aux acquêts » : sont inclus dans la communauté les
seuls biens créés ou acquis à titre onéreux pendant le mariage. Ces biens communs sont gérés
de façon égalitaire par les époux. C’est la communauté la plus étroite qui soit (par rapport aux
communautés conventionnelles qui font entrer en communauté plus de biens). Le régime légal
est conçu comme un effet légal du mariage.
Nota bene : avant 1965, le régime légal était celui de la communauté de meubles et acquêts :
étaient alors communs tous les biens acquis par l’un ou l’autre des époux à titre onéreux
depuis le mariage ainsi que tous les biens meubles quelle que soit leur date d’acquisition.
Préférence pour le régime légal - Les Français restant très attachés au principe communautaire ;
le régime légal est en pratique celui qui s’applique majoritairement. Pourquoi ? les raisons sont
variables : simplicité, ignorance des époux d’autres choix, ce régime repose sur une union
patrimoniale qui traduit l’union personnelle des époux.
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l’immutabilité posait des difficultés à la fois au moment du mariage (époux inexpérimentés ou
mal conseillés tenus par leur mauvais choix) et en cours de mariage (composition des fortunes
ou évolution des circonstances économiques ne pouvant pas être prises en compte). C’est
pourquoi le principe connaît aujourd’hui de nombreux tempéraments. Trois types de
modifications peuvent être apportées en cours de mariage au régime matrimonial :
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1/ des modifications indirectes résultant d’opérations juridiques passées entre les époux, en
d’autres termes de contrats entre époux comme la société entre époux, la vente entre époux
(qui étaient autrefois interdites) ou encore les donations entre époux (voir PII) ou les mandats
entre époux (voir régime primaire), mais aussi le contrat de travail entre époux ou contrat de
cautionnement entre époux ;
2/ des modifications directes ordonnées par le juge à la demande d’un époux soit en cas de
crise du couple marié (TII, CI, S3) ; ou soit en cas de demande en séparation de biens judiciaire
(art. 1443 c. civ.) ou en liquidation anticipée des acquêts formée par un époux (en
communauté dans le 1er cas, en participation aux acquêts dans le 2nd) qui ne veut plus
supporter la mauvaise gestion de son conjoint (art. 1396, al. 3) : ces hypothèses constituent un
changement judiciaire de régime matrimonial ; elles ne seront pas plus développées ;
3/ Des modifications directes voire un changement complet de régime matrimonial par acte
notarié à la demande des deux époux (art. 1397 c. civ.). C’est cette dernière exception qui
constitue un changement conventionnel appelle des explications supplémentaires.
Changement partiel ou total de régime matrimonial sur demande conjointe des époux - L’article
1397 du Code civil permet une mutabilité contrôlée du régime matrimonial dont il détermine
les conditions et les effets. Aux termes de l’article 1397, alinéa 1er du Code civil, le
changement de régime matrimonial peut être total ou partiel : « Les époux peuvent convenir, dans
l’intérêt de la famille, de modifier leur régime matrimonial, ou même d’en changer par un acte notarié. » Il
est possible de passer d’un régime à l’autre, mais également de modifier par exemple la
composition de la masse commune et des patrimoines propres, la répartition des pouvoirs ou
les modalités de liquidation du régime matrimonial pour le régime de communauté. Les époux
peuvent également modifier le statut d’un bien déterminé ou les conventions annexes telles
que les donations entre époux.
A. Conditions de fond
Consentement des époux - L’accord des deux époux est nécessaire pour modifier le régime
matrimonial sur requête conjointe. Les époux doivent s’accorder à la fois sur le principe du
changement et sur le contenu du changement, y compris sur les conséquences de la
liquidation du régime matrimonial initial. L’article 1397, alinéa 1er exige en effet que la
convention notariée comporte la liquidation du régime matrimonial existant, si elle est
nécessaire. Le seul consentement des époux est exigé ; le consentement d’autres membres de
la famille, y compris des enfants, n’est pas nécessaire (même si ces derniers bénéficient d’une
information ; v. infra). Le consentement doit être exempt de vices (=> la sanction est alors la
nullité relative, application du droit commun des contrats). Incidence sur le consentement du
décès d’un époux en cours de procédure. Le consentement doit exister à la fois au jour de la
conclusion du contrat modificatif et au jour de son homologation le cas échéant (c’est-à-dire
lorsque cette dernière est nécessaire, nous verrons les cas plus bas). Si l’un des époux décède
avant l’homologation, la requête sera rejetée dans la mesure où la convention modificative ne
prend effet qu’au jour de l’homologation. Or le consentement ne peut exister au jour de
l’homologation en raison du décès de l’un des époux. En cas de décès de l’un des époux avant
le jugement, la dissolution du régime matrimonial rend sans objet la demande d’homologation
(Cass. 1er civ., 12 juill. 2001, n° 99-14082). Dans les cas où l’homologation n’est pas
nécessaire, le décès sera sans effet sur le changement de régime matrimonial en l’absence
d’opposition notifiée dans le délai de 3 mois.
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Capacité des époux - Les conditions de capacité exigées pour un changement de régime
matrimonial sur requête conjointe sont les mêmes que pour le contrat de mariage. Néanmoins,
il n’est pas nécessaire que l’époux mineur soit assisté dans la mesure où il a été émancipé par
le mariage. Lorsque l’un des époux majeur fait l’objet d’une mesure de protection, le
changement ou la modification du régime matrimonial est soumis à l’autorisation préalable du
juge des contentieux de la protection ou du conseil de famille s’il a été constitué (C. civ., art.
1397, al. 7). L’assistance du tuteur ou du curateur selon les cas, bien qu’elle ne soit
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pas prévue spécifiquement par les textes, est préconisée par la doctrine comme par la
jurisprudence (Cass. 1er civ., 6 janv. 2004, no 01-11214).
L’intérêt de la famille peut résider dans celui des deux époux et de leurs enfants, mais
également dans celui d’un seul époux et des enfants ou bien encore dans celui d’un seul
membre de la famille. 1/ dans l’intérêt des époux et de leurs enfants - l’adoption d’un régime de
séparation de biens à la place d’un régime communautaire peut être justifiée par le souci de ne
pas faire courir un danger à la communauté, en prévoyant que les dettes créées par l’activité
professionnelle de l’époux n’engagent que ses biens personnels ; 2/ dans l’intérêt d’un seul
époux, par exemple en vue d’assurer la situation pécuniaire du conjoint survivant. Il peut
également être préférable d’opter pour un régime communautaire lorsqu’un des époux cesse
de travailler pour élever les enfants.
Selon la Cour de cassation (Cass. 1civ., 29 mai 2013, no 12-10027), les époux ne peuvent pas
demander la nullité du changement de régime matrimonial pour absence de conformité à
l’intérêt de la famille : « le changement de régime matrimonial ayant produit effet s'impose à chacun des
époux, de sorte que, à défaut d'invoquer un vice du consentement ou une fraude, aucun d'eux ne peut être
admis à le contester sur le fondement de l'article 1397 du code civil ».
Limite - absence de fraude. Le changement de régime matrimonial ne doit pas être opéré en
fraude des droits des tiers, notamment du fisc ou des créanciers des époux, mais aussi des
enfants. En cas de fraude, action en nullité absolue.
Fraude aux droits du fisc - La jurisprudence considère que la prise en compte par les époux
d’un intérêt fiscal ne constitue pas une fraude (CA Amiens, 9 mai 1977). Ainsi, il est permis aux
époux d’adopter la communauté universelle avec clause d’attribution intégrale même lorsque
l’objectif de cette modification est d’échapper au paiement des droits de mutation. Cependant,
la jurisprudence refuse le changement de régime matrimonial lorsque dans une appréciation
d’ensemble, il apparaît que l’intérêt fiscal attaché à la clause présentée ne justifie pas le
sacrifice que le changement de régime impose aux enfants (Rouen, 3 févr. 1981).
Fraude aux intérêts des créanciers - Art. 1397, al. 9 : « Les créanciers non opposants, s'il a été fait
fraude à leurs droits, peuvent attaquer le changement de régime matrimonial dans les conditions de l'article
1341-2. » (action paulienne, organisation de l’insolvabilité d’un époux)
Fraude aux droits successoraux des enfants - Les enfants ont la possibilité de demander
l’annulation du changement de régime matrimonial lorsqu’ils estiment qu’il est l’instrument
d’une fraude à leurs droits. Ainsi, dans une espèce où l’existence d’un enfant naturel avait été
dissimulée, la Cour de cassation a confirmé la nullité du changement de régime matrimonial
dont l’objectif était de priver ledit enfant, héritier réservataire, de ses droits successoraux
(Cass. 1re civ., 14 janv. 1997, n° 94-20276). En revanche, la dissimulation d’un enfant de l’un
des époux n’entraîne pas forcément la nullité de la convention d’adoption du régime de
séparation de biens dès lors que ce changement est fait sans fraude aux droits de cet enfant
(Cass. 1re civ., 17 févr. 2010, n° 08-14441).
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B. Conditions de forme
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Acte notarié, Parallélisme des formes - La convention organisant le changement de régime
matrimonial doit faire l’objet d’un acte notarié (C. civ., art. 1397, al.1er), en application du
principe du parallélisme des formes avec le contrat de mariage. Toutefois, il n’est pas
nécessaire que le notaire soit le même que lors du mariage. Seuls les époux doivent être
présents et donner simultanément leur consentement. À peine de nullité, l’acte notarié doit
contenir la liquidation du régime matrimonial modifié si elle est nécessaire (C. civ., art. 1397,
al. 1 , in fine), c’est-à-dire le plus souvent lorsque les époux passent d’un régime
communautaire à un régime séparatiste ; la liquidation est au contraire inutile dans le cas
où le changement consiste à apporter un nouveau bien à une communauté déjà existante.
Voies de recours - Le jugement d’homologation peut également faire l’objet d’un appel ou d’un
recours en cassation de la part de chacun des époux. Le jugement étant gracieux, seuls les
époux sont parties à l’instance et peuvent donc exercer ces voies de recours.
Art. 1397, al. 6 c. civ - « Le changement a effet entre les parties à la date de l'acte ou du jugement qui le
prévoit et, à l'égard des tiers, trois mois après que mention en a été portée en marge de l'acte de mariage.
Toutefois, en l'absence même de cette mention, le changement n'en est pas moins opposable aux tiers si,
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dans les actes passés avec eux, les époux ont déclaré avoir modifié leur régime matrimonial. »
Effets à l’égard des parties - À l’égard des parties, le changement de régime matrimonial est
applicable à dater de l’acte ou du jugement (C. civ., art. 1397, al. 6).
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Effets à l’égard des tiers - Le changement de régime matrimonial ne peut porter préjudice aux
tiers. Il n’est opposable à ceux-ci que trois mois après mention en marge de l’acte de mariage
à moins que les époux n’aient déclaré l’existence de ce changement dans l’acte passé avec les
tiers (C. civ., art. 1397, al. 6).
Le régime légale en droit français est celui de la communauté réduite aux acquêts dont il faut
étudier le fonctionnement en cours de mariage.
L’actif dans le régime légale se caractérise par le fait qu’il est divisé en trois masses de biens :
deux propres et la masse commune. Le régime de la communauté réduite aux acquêts
nécessite de définir acquêts. Un acquêt est un bien qui est acquis ensemble ou séparément
par les époux quel que soit le mode d’acquisition. La masse commune est formé par les seuls
acquêts. Cela signifie dont à contrario que sont des biens propres, les biens qui sont acquis à
titre gratuit pendant le mariage et que sont aussi des biens propres, les biens dont les époux
disposés avant le mariage à titre gratuit ou à titre onéreux. En réalité, le critère de l’acquêt est
assorti de très nombreuses nuances.
Ils sont visés à l’article 1401 du Code civil selon lequel « La communauté se compose activement
des acquêts faits par les époux ensemble ou séparément durant le mariage, et provenant tant de leur
industrie personnelle que des économies faites sur les fruits et revenus de leurs biens propres. »
La masse commune est principalement composée de deux catégories de biens : Ceux qui
viennent du travail et ceux qui viennent de l’épargne des époux. Des biens communs désignés
comme tel par la loi s’ajoutent, que ce soit dans le code civil ou dans d’autres codes. En réalité,
les biens communs constituent une catégorie résiduelle, tout ce qui n’est pas propre, est
commun. Il existe pour le bon fonctionnement du régime, une présomption d’acquêts.
A. La présomption d’acquêts
Cette présomption se trouve à l’article 1402 alinéa 1 « Tout bien, meuble ou immeuble, est réputé
acquêt de communauté si l'on ne prouve qu'il est propre à l'un des époux par application d'une disposition de
la loi. » Cette présomption joue pour tous les biens meubles ou immeubles. L’origine de cette
règle est le fonctionnement même d’une communauté. Pour qu’il y ait une masse commune, on
présume que tout est commun.
Le rôle de la présomption entre les époux - Grace a cette présomption la masse commune va
s’enrichir de tous les biens dont la preuve de la propriété n’est pas rapportée. Cela a des
conséquences en terme de pouvoirs pour les époux. En terme de preuve, cela signifie que cela
n’est pas a l’époux qui prétend que le bien est commun de le prouver mais à l’époux qui dit
que le bien est propre. La preuve ne sera pas facile, car le plus souvent quand tout va bien,
on ne se préserve pas des preuves de ces acquisitions.
Le rôle de la présomption entre les époux et les tiers - A partir du moment ou tous les biens sont
présumés être communs, à l’égard des tiers les époux sont réputés pouvoir gérer tous les
biens et il sont réputés pouvoir engager tous les biens communs. Or comme tous les biens sont
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communs, ils peuvent engager tous les biens du couple. C’est aussi une règle favorable pour
les tiers en matière de preuve : il n’a pas besoin de prouver que le bien est commun grâce à la
présomption. Ce sera l’époux qui contexte que le bien est commun de rapporter la preuve qu’il
est propriétaire en propre de ce bien.
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B. Les biens provenant de l’industrie personnelle des époux
Elle désigne les biens qui proviennent du travail des époux. En réalité trois catégories de biens
peuvent être identifiées.
C’est ici la définition stricte de l’acquêt. Peu importe que ces acquisitions aient été faites par
l’un ou l’autre des époux ou par les deux. Peu importe la nature du bien qu’il soit meublé ou
immeuble c’est un bien commun. Quand il s’agit d’acquérir certains droit patrimoniaux cela
peut susciter quelques difficultés.
Droit au bail - La question de l’application de l’acquêt au droit au bail. Le bail a usage exclusif
d’habitation du fait de la cotitularité est considéré comme un bien commun. Mais l’article 1751
du Code civil ne s’applique pas au bail mixte soit usage pro et perso. En revanche, la
jurisprudence estime que c’est un bien commun et que donc ce droit au bail appartient aux
deux époux.
Quand au bail commercial, qui est un accessoire du fonds de commerce, et donc il suit le
régime de propriété du fonds de commerce. Si le fonds de commerce est un bien commun, le
bail commercial sera donc commun. Si le fond de commerce est un bien propre, alors le bail
commercial qui permet d’assurer le fond de commerce, sera lui même propre.
Les parts sociales - Concernant ces parts sociales, on estime que les pouvoirs qui sont attachés
à la part sociale. Ce pouvoir reste propre a celui qui a acquis les parts sociales. La qualité
d’’associé est propre à l’associé. En revanche, les revenus produits par les parts sociales
(dividendes) entrent en communauté et sont des biens communs.
Les stocks options - Droits accordés a des salariés ou à des associés en sociétés posent aussi
problème. Ils confèrent à leur titulaire un droit de transformer les stocks options en action et
donc de percevoir le fruit de ces actions au moment qu’ils choisissent. Le problème des SO
c’est que quand on a juste des SO, on a juste le droit de les transformer en action mais on a
pas encore les actions. Si on fait jouer l’option on sera titulaire d’actions de la société. Cette
ambivalence et différence de situation est traitée de la sorte par la jurisprudence : arrêt du 9
juillet 2014 estime que quand on est juste au droit confère par les SO, il reste au propre au
conjoint ( si une partie de la rémunération du conjoint se fait sous la forme de SO, ils lui sont
propres). Mais si un époux décide de transformer ses SO en actions en cours de mariage, les
actions ainsi acquises sont des biens communs. Cela veut dire que si un époux a des So et
qu’il vient a divorcer et qu’il ne lève l’option qu’après le divorce, les actions ne sont pas venus
en communauté.
Par le passé, il y a eu une controverse, sur la qualification des gains et salaries du à l’existence
qui est la libre disposition des biens et salaires du régime primaire. Confusion du pouvoir et de
l’avoir avec l’article 223 du Code civil.
Les gains et salaries sont la richesses de base du couple marié en communauté, c’est ce qui
fait le patrimoine de tous les couples voir l’unique richesse du couple. 8 février 1978 qui a
qualifié les gains et salaire de bien commun. L’article 141 du Code civil confirme cette solution.
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Notion large qui comprends les salaires proprement dit c’est à dire la rémunération prévue par
les contrats de travail mais cela englobe tout autre forme de rémunération, quelque soit le
nom que porte la rémunération : gare, commission, d’appontement, d’honoraire, pourboire,
produit d’invention ou de brevet, les primes, les indemnités ainsi que les gratifications…
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Conception plus large que l’acquêt, car il s’agit d’acquisition selon un mode originaire, le bien
est créé de toute pièce par les époux. Ces créations peuvent être matériels ou intellectuels. La
création de biens matériels ne suscitant guère de difficultés. Il s’agissait d’un époux qui était
viticulteur est qui a produit du vin et qui avait produit des eaux de vie et du pinot. Au moment
de la dissolution de la communauté, on s’est demandé si les stocks étaient propres ou
communs. La Cour de cassation a considéré que c’était un bien commun.
Les fonds de commerces, libéral ou artisanal, des lors qu’ils sont créés pendant le mariage sont
des biens communs. La date de création du fonds est l’ouverture à la clientèle. Toutes les
créations a caractère industriels ou commerciales sont des biens communs si en cours du
mariage. Il en va de même pour les droits patrimoniaux attachés aux créations intellectuelles a
caractère littéraire et artistique article L121-9 du code de PI.
Les titres - La qualification de biens communs a pu heurter pour des biens à caractère
personnel fort entre la personne et le titre en vertu duquel elle possédait le bien. C’est
l’exemple des offices ministériels, c’est une charge accordée à une personne en particulier.
Distinction selon laquelle le titre demeure propre mais la valeur de la finance est commune.
Elle est appliqué pour les fonds libéraux, agricoles, les officines de pharmacie, les parcs a
huitre et aux licences de taxis. La distinction du titre et de la finance peut être critiquée. Il y a
une confusion entre l’avoir et le pouvoir, qu’il soit propre le titre ne veut rien dire, cela veut
seulement dire que les valeurs générées par les biens tombent en communauté mais pouvoir
exclusif de gestion à celui qui détient le titre.
Ces revenus sont ils des biens propres ou des biens communs ? Il y a une controverse sur cette
question, pour certain, les revenus de bien propre était des biens propres pour d’autres les
revenus de biens propres étaient des biens communs et pour une catégorie intermédiaire, les
revenus des biens propres était propres mais si ils étaient économisés ils étaient des biens
communs. Arrêt du 31 mars 1992 - Les revenus de bien propres sont des biens commun et en
2007 arrêt du 20 février « Les fruits et revenus des biens propres ont le caractère de biens communs »
Le code civil ou d’autres textes bénéficient des biens comme commun. 1/ Les fruits et revenus
de biens communs sont communs. 2/ Les biens communs par la volonté de l’auteur d’une libéralité.
Normalement ce que l’on reçoit à titre gratuit, ce sont des biens propres mais l’objet de la
libéralité peut tomber en communauté dans deux cas. Soit lorsque la libéralité stipule que les
biens appartiendront à la communauté soit aux deux époux, article 1405, alinéa 2. 3/ Les biens
par accession. Article 551 du Code civil et vise tous biens qui s’unit ou s’incorpore à un autre
bien. Dès lors tout bien qui s’unit ou s’incorpore à un bien commun est lui même un bien
commun. Le financement n’entre pas dans le jeu de la qualification du bien. Il existe un
mécanisme de compensation, lorsque la communauté s’est enrichi au détriment de l’un des
époux, il aura le droit a une compensation. 4/ Les biens communs par subrogation réelle,
mécanisme de droit des biens : bien substitué à un bien commun est lui même commun.
L’indemnité d’assurance perdu en réparation du dommage subi est un bien commun.
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Article 1405 du Code civil qui comprends les biens acquis avant le mariage et pendant le
mariage à titre gratuit.
Les biens présents - Ce sont les biens qui existaient déjà avant le mariage, biens propres à
chacun des époux. Ici, ce qui importe est la date d’acquisition. Pour les biens acquis par
usucapion, si la prescription commence à courir avant le mariage, femme si elle finit pendant
le mariage, le point de départ est avant donc ça reste un bien propre. Pour la promesse
unilatérale de vente, si la levée a lieu avant le mariage, c’est un bien propre.
Les biens futurs ou à venir - On désigne ainsi les biens acquis pendant le mariage mais à titre
gratuit. Cela veut dire que les biens est acquis par leg, par succession ou par donation. Il y a
une exception pour les donations ou les leg c’est lorsque l’auteur de la libéralité vise soit les
deux époux soit la communauté.
Il faut bien comprendre qu’on fait fasse à des biens qui sont acquis pendant le mariage a titre
onéreux mais par exception et en raison de leur nature particulière, la loi décide que bien
qu’acquis en cours de mariage et a titre onéreux seront des biens propres. Article 1404 du
Code civil. On peut déduire qu’il y a deux natures de biens soit parce que le bien à un
caractère personnel fort ou professionnel fort.
Sont visés des biens qui vont être propre en raison du lien étroit qui les unie a la personne d’un
des époux.
Les biens propres par nature expressément désigné par le texte - La liste figure à l’article
1401 « Forment des propres par leur nature, quand même ils auraient été acquis pendant le mariage, les
vêtements et linges à l'usage personnel de l'un des époux, les actions en réparation d'un dommage
corporel ou moral, les créances et pensions incessibles, » On peut ajouter le bénéfice de l’assurance
vie en cas de décès de l’époux souscripteur, il s’agit d’un époux qui a conclu un contrat
d’assurance vie, ce contrat a été alimenté par des fonds commun, l’époux souscripteur, le
bénéficiaire est l’autre conjoint qui reçoit le montant de l’assurance vie. Est ce que les
sommes perçus sont des biens communs ou des biens propres. L’article L132-16 du code
des assurances prévoit que dans ce cas la le bénéfice de l’assurance vie perçue est un bien
propre.
La catégorie balais - Article 1404 alinéa 4 qui dit que « plus généralement, tous les biens qui ont un
caractère personnel et tous les droits exclusivement attachés à la personne. » C’est le cas des
distinctions honorifiques, des souvenirs de famille et de la correspondance privée. C’est
aussi le cas au droit au bail rural, la Cour de cassation a estime que le droit au bail rural a un
caractère personnel très fort et que donc il restait un bien propre mais pas commun. A cela
s’ajoute les stocks options quand ils ne sont pas encore levés. Il y a aussi le droit moral attaché
aux propriétés littéraires et artistiques qui permanent l’exploitation de l’oeuvre mais aussi de
protéger son oeuvre, d’en revendiquer la paternité… L’article L121-9 du Code de PI, ce texte
prévoit que l’auteur conserve son droit exclusif sur ces oeuvres pendant le mariage.
La distinction du titre et de la finance - la valeur patrimonial des biens entrent en communauté
mais le titre reste propre à celui qui le détenait.
Sont visés ici les instruments de travail de l’article 1404 alinéa 2 du Code civil « Forment aussi
des propres par leur nature, mais sauf récompense s'il y a lieu, les instruments de travail nécessaires à la
profession de l'un des époux, à moins qu'ils ne soient l'accessoire d'un fonds de commerce ou d'une
exploitation faisant partie de la communauté. »
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Ce texte pose le principe que les instruments de travail nécessaire à la profession de l’un des
époux sont des biens propres à l’époux qui exerce la dite profession. Ce sont uniquement les
instruments nécessaires. Il y a une exception, si les instruments de travail sont l’accessoire
d’un fond de commerce, le texte ne vise que le fonds de commerce mais il s’applique à toute
l’exploitation.
Sont désignés sous cette expression, tous les biens propres qui sont propres en raison d’un
lien étroit qui les rattache à d’autres biens propres. Ces biens propres par rattachement sont
visés à l’article 1406 du Code civil. L’article vise les biens propres par accessoire et ceux par
subrogations.
Les biens propres par accessoire - C’est l’article 1406 alinéa 1er du texte qui joue « Forment des
biens propres, sauf récompense s'il y a lieu, les biens acquis à titre d'accessoires d'un bien propre ainsi que
les valeurs nouvelles et autres accroissements se rattachant à des valeurs mobilières propres. »
Les accessoires de biens propres sont des biens propres. Le stock d’un fonds de commerce
propres sont propres. On fait ici découler également la théorie de l’accession de cette théorie.
Il y a aussi les biens par accroissement de valeur mobilière, si l’a valeur mobilière est un bien
propre, tous ces accroissements seront aussi des biens propres.
Les biens propres par subrogation - Les deux cas de subordination réelles de biens propres sont :
- Les créances et indemnités de bien propre de remplacement des biens propres. Il en va de
même pour les biens acquis en échange d’un bien propre, cas de l’article 1407 du Code civil.
L’article 1407 prévoit un cas particulier entre un échange d’un bien propre a un époux
contre un de la communauté.
- La subrogation réelle formaliste car cette subornation réelle ne jour plus automatiquement de
plein droit mais elle joue uniquement en cas d’emploie ou de remploi. C’est encore l’article
1406 alinéa 2 « Forment aussi des propres, par l'effet de la subrogation réelle, les créances et
indemnités qui remplacent des propres, ainsi que les biens acquis en emploi ou remploi, conformément
aux articles 1434 et 1435. » L’emploi c’est lorsqu’un époux va acheter le bien avec des deniers
propres donc par exemple, une somme d’argent reçu lors de la succession de sa mamie. Le
remploi c’est l’utilisation de prix de vente d’un bien propre pour acquérir un nouveau bien, si
je veux dans ces deux cas que le bien ne tombe pas en communauté, je dois faire une
double déclaration dans l’acte d’acquisition. La première porte sur l’origine des fonds, la
deuxième porte sur sa volonté d’utiliser ses fonds propres pour l’acquisition d’un bien propre
et non d’un bien commun. Si cette double déclaration n’est pas faite, le bien acquis tombera
en communauté.
Il y a un débat sur la nature de la masse commune et les plus grands auteurs se sont
empêchés sur cette question. C’est une figure particulière au sens du droit des biens, c’est ni
une indivision, ni un patrimoine
Il s’agit d’étudier les pouvoirs de époux sur les biens communs et les biens propres. La
question des pouvoirs est importante, car elle a permis l’égalité entre les époux. Il faut
distinguer la question de qui est le propriétaire et qui a le pouvoir sur le biens.
Les époux disposent sur les biens communs du pouvoir de la gestion concurrente. Le principe
de la gestion concurrente connait des exceptions.
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Article 1421 du Code civil, cas générale - Mais il y a des cas où on peut se demander si ce
principe est applicable, donc le code a indiqué des cas où le principe peut être mise en oeuvre.
Le cas général de gestion concurrente - Art 1421 al 1 du Code civil « Chacun des époux a le pouvoir
d'administrer seul les biens communs et d'en disposer, sauf à répondre des fautes qu'il aurait commises
dans sa gestion. Les actes accomplis sans fraude par un conjoint sont opposables à l’autre. »
La gestion concurrente est le fait pour chacun des époux de pouvoir administrer et disposer
seul des biens communs. Sauf dans les cas d’exceptions. Lorsqu’un époux agit ainsi, c’est un
pourvoi propre, il agit uniquement pour lui et pas en représentation d’un autre. L’art 1421 vise
la possibilité de disposer et d’administrer les biens : mais ce sont en réalité les 3 pouvoirs qui
sont soumis à cet article :
- Un époux peut donc faire seul aussi les actes de conservation.
- Un époux peut faire seul faire les actes d’administration : contrats d’entretien, la perception
des fruits et revenus des biens communs, la perception de créances communes.
- Un époux peut faire seul les actes de disposition : que pour ceux qui portent sur les
biens meubles.
S’agissant des biens immeubles => soumission à cogestion. Exception article 215
Les actions en justice - Il y a une catégorie d’actes qui a pu suscité en JP des interrogations Un
époux peut-il faire seul une action en justice en tant que demandeur ou défendeur dans le cas où elle porte
sur un bien commun ? La Jp considère que c’est possible, chacun des époux peut exercer seul les
actions en justice relatives aux biens communs. Par ailleurs, la décision ainsi obtenue par
l’époux seul avait l’autorité de la chose jugée à l’égard de l’époux qui n’avait pas agi en
justice. Quel est l’effet de l’acte accompli seul par l’un des époux ? Art 1421 prévoit que l’acte
accomplie par un époux seul est opposable à l’autre. Il est tenu de le respecter, mais il n’est
pas engagée par cet acte.
Qu’en est-il en cas d’actes contradictoires ? Si les époux font chacun des actes, mais les actes sont
contradictoires. Comment résout-on le conflit entre les actes contradictoires ? Entre époux : l’acte
passé en premier prévaut. Avec les tiers de BF 1/ En matière immobilière l’acte retenu sera
celui qui acquière le premier date certaine. (Dépend des mesures de publicité- Art 222 et
1377). 2/ En matière mobilière : le premier qui est entré en possession prévaut (Art 2276 et
2298)
Les cas particulier de gestion concurrente - Il s’agit d’hypothèse dans lesquels on aurait pu
douter que la gestion concurrente s’applique. La Code civil a préféré les expliciter. 2 cas
particuliers sont ainsi visés :
- Le lègue de biens communs - le lègue c’est l’acte à titre gratuit qui se fait à cause de mort
c'est-à-dire qui est inscrit dans un testament. Le lègue de biens communs est un acte à titre
gratuit, ce sont normalement des actes à cogestion et non pas à gestion concurrente. Mais la
difficulté est que le lègue figure nécessairement dans un testament qui est un acte
nécessairement unilatérale. Art 1423 traite le problème en disant que le lègue de biens
communs est soumis à gestion concurrente. Chacun des époux peut réaliser un lègue de
biens communs.
- Le bail de biens communs - la qualification du contrat de bail dans la classification est difficile,
car dépend du bail dont on est en train de parler. Il y a des baux qui grèvent le bien de
manière durable, en revanche le bail d’habitation auquel on peut mettre fin après un délai de
préavis de 6 mois, c’est un acte d’administration. L’art 1425 C.Civ règle la question en
prévoyant que la conclusion des baux sur des biens communs est soumise à gestion
concurrente, chacun des époux peut faire seul un bail sur les biens communs. À l’exception
des baux qui portent sur un fonds rural ou un baux à usage commercial, industriel, ou
artisanal. Les actes qui porte sur un bail de biens communs qui peuvent être conclu par un
des époux ne peuvent être conclu pour une durée inférieure à 9 ans. Reference à l’article
595 du Code civil avec la distinction des baux de plus ou moins 9 ans. L’idée : si on conclut
un bail pour une durée supérieure, on fixe le bien ce qui représente un risque = acte de
disposition soumis à cogestion.
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Les biens communs soumis à cogestion - La cogestion est imposée à la fois dans les règles du
régime primaire, mais aussi dans les règles du régime légal.
Régime primaire - La cogestion est imposée pour les actes de disposition sur le logement
familiale et les meubles meublants (art 215 al 3 C.Civ) Mais le régime légal prévoit aussi
un certain nombre de biens
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soumis à gestion commune. Pourquoi ? Protection de la communauté en prévoyant l’accord des
deux époux pour les actes les plus graves qui portent sur les biens les plus importants. La
cogestion impose le consentement des deux époux, article 1422 du Code civil. Les époux ne
peuvent l’un sans l’autre. Néanmoins, en matière de consentement, vaut ici pour le régime
légal, les consentent ne doivent pas être simultanés, mais ils peuvent figurer dans des actes
séparés. Il est admis que le consentement de l’un des époux soit donné postérieurement à
l’acte. = souple appréciation du double consentement. Le consentement doit évidemment être
spécial c'est-à-dire il doit considérer l’acte fait.
Effet du consentement double sur le droit de gage du créancier - Lorsque l’époux donne son
consentement, il devient partie à l’acte c'est-à-dire il va engager ses biens. Alors que si l’époux
donne seulement son accord, les biens de l’époux qui donne l’accord n’engage pas ses biens.
1. L’affectation de biens communs à la garantie de la dette d’un tiers ( art 1422 al 2 C.Civ) - question
des sûretés réels pour autrui c'est-à-dire accorder une garantie sur un bien. L’hypothèse
visée : on donne un bien commun en garantie de la dette d’un tiers. Cet acte peut obérer le
patrimoine de manière grave c’est pourquoi on applique la cogestion. Ceci vaut pour tt les
formes de sûretés réelles pour autrui et aussi pour le cautionnement réel.
1. Les actes graves sur les biens importants - Il faut renvoyer à 2 textes : Art 1424 et 1425 C.Civ.
Il y a certains actes qui peut leur nature sont plus graves que d’autres et qui doivent être
soumis à cogestion. Il y a certains biens qui sont tellement important qu’ils doivent être
soumis à cogestion. Afin de prévenir leur dilapidation par un des époux.
L’article 1424 énonce les actes visés - Sont soumis à cogestion. 1/ Les aliénations - fait sortir le
bien de la masse commune. Ce sont les aliénations qui porte sur le biens de l’article 1425, pas
sur tous les biens. 2/La constitution de droits réels - c’est différent de l’hypothèse de l’affection
de biens communs à la garantie de la dette d’un tiers : ici c’est la constitution de tt droit réel
(constitution d’un usa fruit ou d’une servitude) Ou encore la constitution de droit réel
accessoire (constitution de sûreté réelle qui porte sur les immeubles de biens communs). 3/ La
perception de capitaux provenant des actes de dispositions prévu par l’ art 1424 C.Civ. Le texte ce
cite lui-mm. Pour aliéner un biens c’est soumis à cogestion, mais l’aliénation a lieu à la
perception d’un capital. Est-ce que la perception du prix est soumis à gestion concurrente ? L’art 1424
C.Civ prévoit que cette perception est soumise à gestion conjointe. 4/ Le transfert d’un bien
commun dans un patrimoine fiduciaire (Art 1424 al 2) - si un époux veut transférer un biens du
patrimoine fiduciaire, il faut l’accord de l’autre. 5/ Les baux les plus graves qui fixent les biens -
cas de baux ruraux et baux qui portent sur un immeuble à usage commercial, industriel ou
artisanal. ( Art 1425 C.Civ). 6/ L’affectation de biens communs en EIRL - Ei peut créer un
patrimoine d’affectation. (Art L526-6 et s C.Com) S’il y veut mettre un bien commun, le
transfert de ce bien dans ce patrimoine est soumis à cogestion.
L’article 1425 énonce les biens visés - Sont soumis à cogestion. 1/ Les immeubles - richesses les
plus importantes. Attention : Les immeubles sont soumis à cogestion en vertu de l ’art 1424 al 1
sauf le logement de famille qui est soumis à cogestion en vertu de l’art 215 al 3. 2/ Les fonds de
commerce et les exploitations - Les exploitations agricoles ou artisanales ou exploitation d’un
fonds de commerce indépendant c’est l’outil de travail des époux ce qui justifie la soumission à
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Droit patrimonial de la
cogestion. L’acte de dispositions sur le fonds de commerce est soumis à cogestion. Attention :
Mais lorsqu’il agit de céder un élément accessoire du fonds, ce n’est pas de la cogestion, mais
c’est de la gestion exclusive de celui qui exploite le fonds de commerce. 3/ Les droits sociaux
non négociables. Ils sont soumis à cogestion. 4/ Les meubles
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Droit patrimonial de la
corporels immatriculés - nécessitent une formalité de publicité pour le transfert de propriété
(bateaux, navires et aéronefs) Attention : le voiture mm si immatriculé, n’est pas un bien
meuble corporels immatriculés. En matière de véhicule, l’immatriculation est une mesure
administrative qui n’a rien à voir avec le transfert de propriété.
La biens communs soumis à gestion exclusive d’un époux - Dans ce cas, un seul des deux époux
peut agir, l’autre n’a pas le droit d’agir. Les cas de gestion exclusive sont soumis à la fois par le
régime primaire, mais aussi par le régime légal.
Dans le régime primaire - 1/ Il y a une gestion exécutive des fonds qui sont sur les comptes
bancaires (art 221 C.Civ). 2/ La libre disposition des gains de salaires (art 223 C.Civ) : controverse -
L’art 223 C.Civ semble entrer en contradiction avec un texte du régime légal qui est l’art 1422
C.Civ qui porte sur la donation de biens communs. Les donations de biens communs sont
soumis à cogestions, or les gains et salaires sont des biens communs, donc la donations des
gains de salaire devait être soumis à la cogestion. En réalité d’issue de la controverse semble
évidente, car les textes du régime primaire est le socle commun des époux et donc le texte
prime sur les autres régime matrimoniaux. La JP a fait primé l’art 223 sur l’art 1422 et donc la
donation de gains et salaire est soumis à gestion exclusive. Subtilité JP : Si dilapidation des
gains et salaires, on risquerait que la masse commune ne s’enrichit jamais ce qui serait
contraire à l’esprit communautaire : Arrêts Civ1ère 29 février 1984 confirmé par Civ1ère 20
novembre 2019 : la donation de gains et salaires est bien soumis à gestion exclusive, à moins
que les gains et salaires ait été économisé. En d’autres termes, la donation de gains et salaires
économisés est soumis à l’art 1422 C.Civ. Mais quand est- ce que les gains et salaires sont
économisés ? La Cass dit que c’est une question de fait, seuls des décisions de fonds
permettent de distinguer les gains et salaires des gains et salaires économisés. Ces décisions
disent que si le part donné n’excède pas le montant du salaires mensuelles on est en présence
de gains et salaires économisé soumis à cogestion.
Dans le régime légal - Il y a un cas de prévu : les actes qui sont nécessaires à l’activité
professionnelle séparée. (Art 1421 al 2 C.Civ) Il s’agit de tous les actes qui ont pour finalité
l’exercice d’une profession : vente de certains éléments du fonds, de marchandises, location
du fonds, la souscription d’assurances etc. Tous les actes qui permettent l’exercice de la
profession sont soumis à gestion exclusive, si l’époux exerce la profession de manière séparé
c'est-à-dire seul. S’il exerce seul sa profession il gère de manière exclusive ces actes.
B. Le contrôle judiciaire des pouvoirs des époux sur les biens communs
La sanction de la faute de gestion - La faute de gestion d’un époux est prévue à l’art 1421 al 1.
En d’autres termes, si un époux commet une faute de gestion, il peut voir sa responsabilité
civile engagée. Il faut une faute, pour l’engager. La faute de gestion de l’époux n’est retenue
que si elle présente une certaine gravité. En JP, la faute de gestion n’est retenue que si elle
présente une certaine gravité. On ne va pas les sanctionner pour les fautes légères dans leur
gestion. Exemple de faute grave : épouse avait conclu 25 prêt à la consommation en imitant la
signature de son mari pour engager les biens communs. C’est une faute grave. => Civ1ère 14
mars 2012. Cette action en responsabilité s’exerce dans un délai de 5 ans. Mais la prescription
est suspendue pendant la durée du mariage. Sur les effets de cette sanction : L’effet est des
d&i. Mais les d&i sont mis à l’actif de la communauté. Ce n’est pas l’autre époux qui perçoit les
indemnités.
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Droit patrimonial de la
La sanction des actes frauduleux - Elle est aussi prévue à l’art 1421 al 1 C.Civ.: La fraude est un
détournement de pouvoir c'est-à-dire que l’époux use du pouvoir qui lui est conféré par le
régime matrimonial que ce soit son pouvoir de gestion concurrente ou exclusive. C’est la
finalité de l’utilisation qui est critiquable, car elle est frauduleuse et l’époux use de ce pouvoir
dans son seul intérêt personnel. Pour la
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Droit patrimonial de la
caractériser il faut un acte matériel et un élément intentionnel = volonté de détourner le
pouvoir dans son intérêt personnel. De manière général, les actions sont rares et quand elles
sont exercées, elles aboutissent rarement, car la preuve de la fraude est difficile à rapporter.
Il y a une difficulté soulevée par l’art 1421 al 1 - la sanction de la fraude. Q uel est la sanction ?
L’art 1421 al1 prévoit que les actes accomplis sans fraude sont opposables à l’autre époux. À
contrario, il semble naturel de considérer que la sanction des actes frauduleux = inopposabilité
de l’acte à l’époux. C’est ce que décide la JP lorsque le tiers est de BF. Mais la JP a innové : elle
considère que si le tiers est de MF c'est-à-dire s’il y a un concert frauduleux entre l’époux et le
tiers, la JP prévoit que la sanction n’est pas l’inopposabilité, mais la nullité de l’acte. Une autre
difficulté : Le délai de prescription de l’action n’est pas prévu et pas très clair. La doctrine est
partagée :
- Application du droit commun de 5 ans.
- Application d’un plus bref délai de 2 ans qui existent pour les actes accomplis en
dépassement des pouvoirs.
La sanction du dépassement de pouvoirs - Art 1427 C.Civ : Quand peut-on dépasser les pouvoirs ?
Dans le domaine de la cogestion ou dans le domaine de la gestion exclusive. Si un époux
commet un tel dépassement de pouvoirs, la sanction prévue = nullité relative offerte à l’époux
qui est victime du dépassement de pouvoir. L’action en nullité est encadrée dans un bref
délai : 2 ans à compter du jour où l’époux a eu connaissance de l’acte et sans jamais pouvoir
être intenté plus de 2 ans après la dissolution de la communauté. Il s’agit de sanctionner les
actes irréguliers, mieux vaut prévenir.
Ces aménagements judiciaires dont certains sont issus du régime primaire (art 217 et 219 et
220-1 C:Civ) Mais des mesures de crise sont aussi prévues dans le régime légal à l’art
1426C.Civ). Conditions d’application alternatifs de ces textes. 1/ Un époux peut demander la
mise en oeuvre d’un retrait de pouvoir si l’autre est hors d’état de manifester sa volonté de
manière durable. 2/ L’autre époux montre son inaptitude dans la gestion de la communauté ou
se rend coupable d’une fraude dans la gestion de la communauté.
Si l’une des 2 conditions est remplies, le juge va retirer à l’époux tous les pouvoirs qu’il exerce
sur les biens communs. L’époux est donc dessaisi est n’a plus la possibilité d’engager les biens
communs, c’est l’autre époux qui va pourvoi agir seul sur les biens communs. La mesure de
crise prévue à l’art 1426 est prononcée sans limitation de durée, elle ne prend fin que
lorsqu’est rapportée la preuve que la mesure judiciaire n’est plus justifiée.
Texte du régime primaire - Art 225 C.Civ / Texte du régime légal - Art 1426 C.Civ. En d’autres
mots, sur les biens propres, il y a un pourvoir exclusif de l’époux propriétaire qui peut
accomplir tous les actes : actes de conservation, d’administration ou de disposition. Ce principe
a un corollaire : interdiction de l’immixtion de l’autre époux. Si jamais, il le faisait : sanction des
actes accomplis. Si un acte est accompli par un conjoint sur le bien propre de l’autre : non
seulement l’autre peut demander la nullité de l’acte, mais la responsabilité de celui qui a agi
pourrait être engagée en vertu de l’art 1432 al 3 C.Civ.
Les règles du régime primaire - Le logement de famille (Art 215 al 3) - Le conjoint qui est proprio
seul du logement de famille, ne peut pas en disposer librement
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Droit patrimonial de la
Les aménagements conventionnels - Dans la vie du couple, la règle est trop rigide et parfois il
peut être utile que l’un des époux gère les biens propres de l’autre. Il est possible de prévoir
ces aménagements par contrat de mandat. Art 218 pour le régime primaire, Art 1431 pour le
régime légal. (L’un des époux confie à
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Droit patrimonial de la
l’autre l’administration de ses biens propres) C’est alors les règles du mandat qui s’appliquent
entre les époux.
En plus, les textes du régime légal prévoit aussi un certain nombre de situations où les
mandats sont présumés (Art 1432) Un des époux prends en main l’administration des biens
propres de l’autres sans que l’autre lui ait donnée la mission de le faire. On considère qu’on a
un mandat présumé, mais la portée du mandat est réduite par rapport à l’art 1431, car dans
cet art l’époux mandataire peut faire des actes de disposition, tandis que dans l’art 1432,
l’époux ne peut faire que des actes d’administration ou de jouissance, pas d’actes de
disposition.
Les aménagements judiciaires en cas de crise - Sont applicables à nouveaux des textes du
régime primaire et du régime légal. Dans le régime primaire - mesures de crise de l’art 219 et
220-1 ( PAS 217). Dans le régime légal - Art 1429 peut être invoqué pour 2 raisons 1/ Lorsque
l’époux se trouve hors d’état de manifester sa volonté et ce de manière durable. 2/ Lorsque
l’époux met en péril les intérêts de la famille : soit il laisse dépérir ses propres soit il dissipe ses
propres.
Si l’une des deux conditions est remplies le juge va procéder à un retrait de pouvoir. L’époux
va être privé de ses pouvoirs sur les biens propres. Néanmoins l’époux n’est privé que de ses
pouvoirs d’administration et de jouissance, mais il peut encore disposer de la nue-propriété de
ses biens. À qui sont confiés les pouvoirs qui ont été retiré à l’époux : sont confiés à l’autre
époux à moins si le juge est d’avis que la nomination d’un administrateur judiciaire est plus
favorable.
Quelles dettes sont concernées par cette expression ? Comment sont régies ces dettes ?
- Les dettes présentes - biens présents c'est-à-dire des biens qui existent au jour de la
célébration du mariage. Ce sont donc les dettes qui existent au jour de la célébration du
mariage
- Les dettes qui grèvent les successions - Les dettes du défunt, les droits de successions c'est-à-
dire les impôts payés sur une succession
- Les dette qui grèvent les libéralités : libéralités = tous les actes de dispositions à titre gratuit
entre vifs (donations) ou entre morts (lègues) qui provoquent des dettes. Car y reposent des
impôts.
Obligation de la dette - Art 1411 al 1 - les créanciers ne peuvent poursuivre les dettes
personnelles d’un époux que sur ses biens propres et sur ses revenus. Quand un époux a une
dette propre, sont engagés seulement ses dettes propres. Ainsi que ses revenus et gains et
salaires.
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Droit patrimonial de la
Contribution à la dette - Ce sont des dettes propres ce qui signifie qu’elles pèsent définitivement
sur le patrimoine de l’époux débiteur. Si la communauté venait à payer une dette propre, la
communauté aurait droit à récompense (Art 1412 C.Civ ou art 1410 C.Civ)
B. La confusion du mobilier
À quoi se heurte le créancier qui ne peut saisir que des biens propres ? Sur la présomption de
communauté. La situation qui est faite au créancier personnel, n’est pas très favorable. Est
prévu une exception à l’art
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Droit patrimonial de la
1411 al 2 C.Civ : lorsqu’il existe une confusion du mobilier, il est prévu que les créanciers
peuvent dans ces cas là saisir les biens communs des époux et donc en cas de confusion du
mobilier le gage des créanciers est étendu, car il peut alors saisir n’importe quel meuble
commun.
Les dettes nées pendant le mariage, sauf les dettes qui grèvent des successions ou libéralités.
Hormis cette exception tt les dettes nées pendant le mariage qu’il s’agisse de dettes
contractuelles, extra-contractuelles, professionnelles ou non-professionnels.
A. L’obligation à la dette
Les dettes nées pendant le mariage sont dites des dettes communes. Cela a une incidence sur
le droit de gage des créanciers sauf qu’il faut distinguer entre les dettes ordinaires ou
particulières.
Contractée par un seul époux (Art 1413 C.Civ) - sont engagés les biens propres de l’époux
contractant les biens communs du couple y compris les gains et salaires de l’époux
contractant. En revanche, ne sont pas compris dans le droit de gage du créancier, les biens
propres de l’époux non contractant (Art 1418 al 1 C.Civ), ni les gains et salaires de l’époux non
contractant. (Art 1414 C.Civ). Cette règle connait une exception : les gains et salaires de
l’époux non contractant sont engagés pour les dettes ménagères.
Contractée par les deux époux - distinction entre les dettes conjointes : sont engagés les biens
propres de chacun des époux pour moitié et sont engagés tous les biens communs et les
dettes solidaires : tous les biens sont engagés.
Le sort des emprunts et cautionnements - Art 1415 réduit le droit de gage des créancier r/r à
l’art 1413 et 1414. Il est prévu à l’art 1415 que sont engagés par un cautionnement ou
emprunt seulement les biens propres de l’époux contractant ainsi que ses revenus. L’emprunt
et le cautionnement sont considérés comme une dette personnelle. Cette règle de l’art 1415 a
été appliquée largement par soucis de protection des époux en JP qui a assimilé à l’emprunt et
cautionnement tt une série d’autres actes : garanties à première demande, aval d’un billet à
ordre, crédit consenti par découverte en compte courant.
Possibilité de volonté - Lorsque l’autre époux donne son consentement à l’acte, sont engagés
les biens propres de l’époux contractant, les revenus de l’époux contractant, mais aussi les
biens communs. Ainsi le consentent du conjoint permet d’engager les biens communs. Le
ministère de la justice et ministère des finances considère que sont indu les revenus et gains
et salaires de l’autre époux qui ne s’est pas engagé.
Si l’emprunt ou le cautionnement est conclu solidaire par les époux, la question ne se pose pas,
les 3 masses sont engagés. La solidarité s’applique. Le sort des dettes professionnels : Volonté
de protéger les commerçants tout en les incitant à faire du commerce. Cette protection s’est
réalisée de 2 manières. 1/ Rendre certains biens insaisissables : C’est le cas de la résidence
principale pour tt personne physique immatriculé à un registre à caractère professionnel. 2/
Création du statut de l’EIRL : Il va créer un patrimoine d’affectation avec les biens nécessaire à
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Droit patrimonial de la
la profession, mais le gage du créancier de l’entrepreneur est limité au patrimoine
d’affectation. Le créancier voit son droit de gage limité aux seuls biens qui se trouvent dans le
patrimoine d’affectation.
B. La contribution à la dette
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Droit patrimonial de la
Sur quelle masse de biens la dette née pendant le mariage pèsent-t-elle définitivement. Le
principe est que les dettes nées pendant le mariage sont communes. Il y a des exceptions,
certaines dettes qui sont nées pendant le mariage pèsent définitivement sur l’un des époux.
Le Principe est que les dettes nées pendant le mariage sont au stade de l’attribution des
dettes communes et pèsent en principe définitivement sur la communauté. (art 1409 C.Civ)
Mais ce principe doit être affiné. 1/ Il y a des dettes qui pèsent toujours sur la communauté (art
1409) : Les dettes d’aliments et les dettes ménagères => Il n’y a jamais de récompense
possible pour la communauté qui a payé des dettes d’aliments ou les dette ménagère. 2/ Les
dettes qui peuvent être supporté par la communauté : ce sont tt les autres dettes en principe
qui sont nées pendant le mariage sont des dettes communes. Sauf exceptions.
Cas particulier - en principe tt les dettes nées pendant le mariage sont des dettes communes
c'est-à-dire veut dire que la communauté aurait dû payer les dettes. Mais quid si un des époux à
payer les dettes? L’époux a droit à récompense. À chaque fois que la communauté a tiré profit
des biens propre d’un époux, la communauté doit récompense à l’époux. Les cas de
récompenses sont prévus à l’art 1433 : l’al. 1 pose le Principe et l’al. 2 pose l’exemple pratique
le plus courant - la communauté a encaissé des deniers propres
Enumération aux art 1416 et 1417 C.Civ - Sont ainsi à la charge définitive d’un époux :
A. Les dettes extra-contractuelles propre à chaque époux : ex. Amende, d&i
B. Les dettes qui sont constatées par un époux au mépris du devoir du mariage : ex. Dettes
d’entretien d’un enfant adultérin, les dettes qui résultent de l’entretien d’une relation
adultère.
C. Les dettes qui sont contractées par un époux dans son intérêt exclusif : les dépenses
d’acquisition de conservation ou d’amélioration d’un bien propre.
Si dette payée par l’autre époux, on a un droit de récompense. Ces hypothèses sont prévues par
l’art 1437 :
A. Lorsqu’une dette personnelle a été payé avec des deniers communs.
B. Lorsque la communauté a financé une dépense d’acquisition, d’amélioration ou de
conservation de biens propres.
C. Lorsqu’un époux a fait une donation de biens communs : normalement soumise à cogestion,
mais si l’un des époux fait donation des biens communs seul, est prévu que l’époux
donateur doit une récompense à la communauté.
La question du montant des récompenses - En principe la récompense est égale, selon l’art
1469 al 1, à la plus faible des deux sommes entre la dépense faite et le profit subsistant. Le
profit substituant = enrichissement que le patrimoine débiteur de la récompense a tiré de
l’opération. C’est la plus-value apporté au patrimoine propre. Pour chaque récompense, il faut
voir la dépense fait et le profit subsistant et il faut retenir l’indemnisation la plus faible.
Exception des récompenses - 1/ Les dépenses nécessaire (Art 1469 al 2) - dépenses nécessaire =
dépense qui a été faite, mais qu’on en pouvait pas ne pas faire. (ex. Dépenses de
conservation) Du fait du caractère nécessaire, il y a une règle de faveur qui est prévue : la
récompense ne peut pas être moindre que la dépense faite. 2/ Les dépenses d’acquisition, de
conservation ou d’amélioration d’un bien (Art 1469 al 3) - pour ces dépenses la récompense ne
peut pas être moindre que le profit subsistant. Si les dépenses d’acquisition, de conservation
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Droit patrimonial de la
ou d’amélioration est nécessaire, la JP a décidé de faire une application combinée des art 1469
al 2 et al 3 : la récompense est dans ce cas égal à la plus forte des deux sommes, entre la
dépense faire et le profit subsistant. 3/ Le communauté a encaissé des biens propres ou lorsque
un époux a encaissé des biens communs : en cas d’encaissement d’une somme, pas de profit
subsistant qui est possible. La Jp a tranché : la récompense est due du montant encaissé c'est-
à-dire de la dépense faite. Valeur nominale de la somme encaissée.
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Droit patrimonial de la
Ce sont des modes d’acquisition de propriété - Art 713 C.Civ. Le droit des succession est des
libéralités est essentiellement une matière législative marquée par des réformes récentes, la
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Droit patrimonial de la
Loi du 3 décembre 2001 et la Loi du 23 juin 2006 qui ont modifiés profondément la matière. Il y
a désormais des règlements européens sur les lois applicables en matière de successions. La
CJUE a assuré l’égalité entre les enfants en terme de
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Droit patrimonial de la
droit des successions. Le CC° moins fréquemment, rend quelques décisions en matière de
successions ou libéralités.
Comment distinguer successions et libéralités ? Le droit des successions a pour objet d’attribuer les
biens d’une personne à son décès. Il s’agit de l’ensemble des règles ouvrant la transmission
du patrimoine à cause de mort de celui qu’on appelle le decujus à ses successeurs. La
transmission par successions est une transmission dite universelle, c'est-à-dire elle porte sur
tous les biens. L’entier patrimoine est transmis par succession. Ceci englobe l’actif comme le
passif. La particularité du droit des successions est que cette transmission s’opère à cause de
mort donc au décès du titulaire du patrimoine. Le patrimoine c’est le contenant et donc est
transmis avec tout ce qu’il contient c'est-à-dire à la fois l’actif et le passif. La personne est
appelée le decujus = celui de la succession dont il s’agit. On parle parfois de défunt au lieu de
decujus, mais la nomination de decujus est plus pertinent. Car si elle rédige sa succession, la
personne n’est pas encore défunt, mais c’est bien le decujus. Cette transmission s’opère en
faveur des successeurs = ceux qui recueillent la successions. Il existe des successeurs légaux
c'est-à-dire que la loi désigne certaines personnes comme étant les successeurs d’autres (ex:
les descendants qui sont les successeurs légaux de leurs parents). On les appelle aussi les
successeurs ad intestate. Et les successeurs testamentaires = ceux qui sont désignés par le
testament qui contient le legs.
Le droit des libéralité - L’article 893 C.Civ. donne une définition dont on peut dégager des
traités caractéristiques du droit des libéralités. 1/ Acte à titre gratuit : une personne appelée le
disposant dispose de ses biens au profit d’une autre personne qu’on appelle le bénéficiaire et
ce sans contrepartie. 2/ Ces libéralités en droit français prennent 2 formes : testaments ou
donation. La donation c’est un acte entre vifs. Pendant que le testament est une disposition à
cause de mort. Le transfert de propriété ne s’opère qu’à la mort du testateur.
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Droit patrimonial de la
collatéraux privilégiés (soeur et frère)
1.1.1.3. Ordre des ascendants ordinaires : grand-parents, arrière
grand-parents 1.1.1.4.Ordre des collatéraux ordinaires : oncle, tante,
grand-oncle etc.
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Droit patrimonial de la
Ces étapes ne se réalisent pas en un trait de temps. Se pose la question de la gestion des
biens. Quand le decujus décède. S’ouvre une indivision sur ses biens entre les héritiers. Mais
qui s’occupe de percevoir les loyers, si le défunt avait des appartements par exemple. Outre
les règles de la succession, de la dévolution et de la liquidation, on doit aussi voir les règles de
l’administration de la succession.
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Droit patrimonial de la
La définition de libéralité se trouve à l’article 893. Elle doit comporter 2 éléments. 1/ Elément
matériel qui se traduit par l’avantage qui est procuré au bénéficiaire qui provoque
corrélativement un appauvrissement du patrimoine du disposant. C’est d’une part l’avantage
procuré et d’autre part un appauvrissement du disposant. 2/ Elément intentionnel La volonté de
gratifier le bénéficiaire. On l’appelle alunis volonti ? La volonté de donner ou de léguer est de
l’essence des libéralités. Permet d’exclure certains mécanismes de la qualification de
libéralités. Notamment :
La donation rémunératoire : il s’agit d’un don d’un bien pour rémunérer un service rendu.
L’acte de donation a une cause = volonté de rémunérer la personne et non par volonté
de gratifier une personne.
Les présents usages : donation de bijoux ou objets mobiliers. Ce cadeau n’est pas donner
par la volonté de gratifier, mais il s’explique par l’usage et la tradition et ce ne sont donc
pas des libéralités.
Il existe 2 types de libéralités 1/ Les testaments acte juridique unilatéral qui est révocable et
formaliste et qui se réalise à cause de mort. Il a un effet direct sur la dévolution. Les donations,
contrat unilatéral qui est irrévocable. Elles n’ont qu’une influence indirecte sur la dévolution. Si
du vivant on a donné une partie des biens à un tiers, la donation du vivant influe sur la
succession à la mort.
Les libéralités sont soumises à l’art 1128 C.Civ c'est-à-dire aux règles de validité des contrats.
Il faut un consentement, capacité, contenu licite et certain. Sur certains points, il y a des
aménagements de ces règles, car on est en présence d’un acte à titre gratuit.
§1. Le consentement
Art 901 C.Civ prévoit que pour faire une libéralité il faut être sain d’esprit, existence du
consentement. Celui qui consent à une libéralité alors qu’il a un trouble mental que ceci soit
causé par une maladie ou autre élément (médicaments, alcool, drogue). La libéralité peut alors
être annulée pour absence de consentement dans un délai de 5 ans. Mais la libéralité peut
aussi être annulée si elle a été vicié par l’erreur, le dol ou la violence. Aucune originalité, si ce
n’est qu’il faut depuis l’ordonnance de 2016 et l’art 1135 al 2 relatif à l’erreur sur les motifs qui
n’est pas une cause de nullité. L’erreur sur les motifs est cependant une cause de nullité en
matière de nullité. Cette erreur sur les motifs remplace l’ancienne nullité pour fausse cause
qui était utilisé pour les libéralités.
§2. La capacité
Art 902 C.Civ prévoit qu’en principe tt personne peut recevoir ou disposer à titre gratuit sauf
ceux déclarés incapables par la loi.
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A. La capacité de disposer
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Droit patrimonial de la
Le législateur a une défaveur à l’égard de la donation qui est considéré comme un acte
dangereux. Si on donne tout bien de son vivant comment vivre jusqu’à la fin. Le testament en
revanche ne se réalise une fois la decujus décédé. Le législateur est favorable au testament. La
seule difficulté : acte purement personnel et qui ne peut être fait que par le testateur lui-
même. L’assistance ou la représentation n’est pas possible en matière de testament. Pour les
personnes à facultés altérés, le testament n’est pas possible.
La capacité du mineur à disposer à titre gratuit - En principe les mineurs ne peuvent pas faire des
libéralités. Il existe deux exceptions. 1/ Ils peuvent faire des donations par contrat de mariage à
condition qu’ils obtiennent le consentement et l’assistance des personnes qui consentent au
mariage (art 1495 C.Civ) Aujourd’hui les hypothèses du mariage du mineur sont très rares.
Donc hypothèse très rare. 2/ Le testament : Le mineur qui est parvenu à l’âge de 16 ans peut
faire des lègues, mais seulement dans la limite de la moitié des biens dont la loi permet au
majeur de disposer. (Art 904 al 1 C.Civ) Si jamais le mineur dépassait la quotité, le lègue n’est
pas nul, mais il est simplement réduit, on revient à la quotité dont il aurait pu faire un lègue.
La capacité du majeur protégé à disposer à titre gratuit - Tout dépend de la mesure de protection
sous laquelle se trouve la majeur protégée.
- Quand il est sous tutelle, le majeur peut faire des donations uniquement s’il est autorisé par
le juge de la protection des contentieux ou par le conseil de famille si constitué, et il faut en
plus qu’il soit assister ou représenter par le tuteur. (Art 476 al 1 C.Civ) Le majeur sous tutelle
peut faire un testament que s’il y a été autorisé. À la différence de la donation, le testament
ne suppose ni assistance ni représentation.
- Pour le majeur sous curatelle, le majeur est libre de disposer quant il l’entent par testament.
Quand à la donation, il peut en faire mais seulement avec l’assistance du curateur.
- Pour les majeurs sous sauvegarde de justice, ils peuvent librement testé ou donné. (Art 435
C.Civ)
- La personne sous mandat de protection future, conserve normalement sa plein capacité et
elle peut donc faire des donations ou testaments. Mais il peut être prévu dans le mandat que
le mandataire soit autorisé par le juge des contentieux de la protection à faire des libéralités
c'est-à-dire des donations.
- Pour les majeurs sous habilitation familiale, c’est la même chose : il peut testé et donné
normalement.
B. La capacité de recevoir
Toute personne physique a la capacité de recevoir à titre gratuit. Mais l’art 906 C.Civ pose
comme condition qu’il faut exister. On applique le concept de l’infans conceptus (art 906 al 3
C.Civ) Est-ce qu’une personne morale a la capacité de recevoir ? Oui, mais il existe un certain nombre
de restriction. Seuls les sujets de droit on la capacité de droit et pas les objets de droit ou les
animaux.
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Droit patrimonial de la
libéralités, Mais une loi de 1987 est venu ouvrir la possibilité pour les associations déclarées
qui ont pour but l’assistance, la bienfaisance ou la recherche scientifique ou médical on la
possibilité de recevoir de libéralités. Les associations dotées d’une utilité publique sont dotées
de la grande personnalité morale. Elle peuvent recevoir tt forme de libéralité. (Donations ou
lègue). 2/ Syndicats ont une pleine capacité juridique à partir de la déclaration en mairie et
peuvent donc recevoir des libéralités. 3/ Fondations et congrégations peuvent recevoir des
libéralités (art 910 al 1 C.Civ)
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Droit patrimonial de la
d’éviter des captations de dérapage. Il y a des personnes qui sont très proches du decujus qui
est très faible et ces personnes du fait de leur profession peuvent essayer de déraper certains
biens de ce decujus. 1/ Le tuteur du mineur, art 907 C.Civ - il exerce sa mission et il peut dans
cet exercice faire pression sur le mineur pour obtenir des biens. Le mineur ne peut pas
disposer même par testament en faveur de son tuteur sauf s’il s’agit de son ascendant. Une
fois le mineur devenu majeur. L’art 907 C.Civ prévoit que si le compte définitif de la tutelle est
apuré, le mineur devenu majeur peut gratifier son tuteur. 2/ Les membres de certaines
professions, médecins, membres des professions médicales, infirmière et pharmaciens. (Art
909 C.Civ) Cette incapacité de recevoir ne joue que si la personne concernée s’occupait de la
personne et l’a accompagné lors de sa dernière maladie dont la personne est décédée.
CC° 12 mars 2021 - était en cause les incapacités spéciales de recevoir concernant les
auxiliaires de vie = personnes qui viennent au domicile de la personne pour s’occuper d’elle.
Une loi avait prévu que les auxiliaires de vie est soumise à l’incapacité spéciale de recevoir
inconstitutionnelle. Aujourd’hui on peut testé en faveur de son auxiliaire de vie.
Art 911 C.Civ prévoit la nullité relative en cas de défaut de capacité. Les libéralisés qui se
répètent par interposition de personnes sont nulles : on ne peut pas tester en faveur de la fille
du docteur. La sanction est la nullité absolue.
On doit avoir un contenu licite et certain - 1/ Contenu licite, objet de la libéralité doit être licite
c'est-à-dire conforme à l’OP et aux bonnes moeurs. Arrêt Gallopin 29 octobre 2004 : homme
âgé avait consenti des libéralités à sa concubine très jeune. Les libéralités avaient été
consenties pour maintenir la relation. Les libéralités consenties pour maintenir une relations
adultères n’est pas contraire aux bonnes meurs. 2/ Contenu certain, objet de la libéralité doit
exister et être déterminé ou déterminable. Tout objet ou tt type de droit peut faire l’objet d’une
libéralité. Il y a aussi des donations ou lègues de non-propriété ou d’usufruit. Tt les formes de
démembrement de propriété sont possibles par une libéralité.
La libéralité peut être grevée d’une charge ou elle peut être conditionnelle - 1/ Grevé d’une
charge, c’est une obligation de faire ou de ne pas faire qui pèse sur le gratifie. On lègue une
chose avec la charge de la conserver. Evidemment la charge n’est valable que si elle est
inférieure à la libéralité. La charge ne doit pas ruiner le caractère à titre gratuit de la
libéralité. Si la charge est plus importante que la libéralité. Ce n’est plus une libéralité. 2/
Assorti à une condition, événement qui affecte une libéralité. Conditions résolutoires et
suspensives sont admises. L'article 900 C.Civ prévoit que les conditions et charges ne doivent
pas être impossibles, illicites ou immorales. Sanction - charge ou condition est réputée non
écrite, mais libéralité est maintenue.
Article 894 C.Civ - La donation entre vifs est un acte par lequel le donateur se dépouille
actuellement et irrévocablement de la chose. Pose les conditions de fonds. Mais s’ajoutent des
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Droit patrimonial de la
conditions de formes.
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A. Les conditions de fonds
L’article 894 pose 2 conditions de fonds. 1/ Le dessaisissement actuel, La donation entre vifs
porte sur des biens présents c'est-à-dire sur des biens qui existent dans la patrimoine du
donateur au moment où il fait la donation. La donation consiste à transférer le bien au
donataire. C’est le dessaisissement actuel. 2/ Le dessaisissement irrévocable, La donation est
irrévocable, on ne peut pas revenir sur la donation. Selon l’adage : Donner et retenir ne vaut.
Solution logique, car donation est un contrat. La volonté contractuelle est irrévocable et les
contrats ne peuvent être révoqués que sur consentement réciproque. Ce principe
d’irrévocabilité peut aboutir à des solutions critiquables, c’est pourquoi il existe des exceptions.
1/ Révocable pour inexécution des charges : Art 954 C.Civ prévoit dans ces cas une révocation
possible. Action demandée en justice et ouverte au donateur ou à ses héritiers. 2/ Révocable
pour ingratitude : Art 955 C.Civ prévoit 3 cas d’ingratitude (Le donataire qui a attenté à la vie
du donateur, le donataire qui s’est rendu coupable de vices, injures graves, le donataire qui
refuse les aliments au donateur). La révocation pour ingratitude nécessite une action en justice
qui sera exercée par le donateur contre le donataire. L’action est enfermée dans un délai prévu
à l’art 957 al 1 C.Civ. = délai d’un an à compter du jour du délit qui est imputé par le donateur
au donataire ou le débit a été connu du donateur. C’est une action en justice par le donateur
ou par ses héritiers. 3/ Révocable pour survenance d’enfants : moins important aujourd’hui.
Avant, on faisait une donation, alors qu’on n’avait pas d’enfant, s’il arrivait des enfants les
donations faites ont été révoqués de plein droit. Désormais l’art 960 C.Civ prévoit que cette
révocation pour survenance d’enfants est possible, mais elle ne s’opère plus de plein droit. Elle
doit être demandée en justice. En plus, le donateur peut renoncer à cette possibilité de
révocation.
Formalité de l’acte authentique - Les donations sont des actes solennels et doivent donc en
principe être reçu devant le notaire. (Art 961 C.Civ) Règle sanctionnée par la nullité absolue
dans les 5 ans de l’acte.
Formalité de l’acceptation - il y a une offre de donation qui doit être accepté par le donataire.
L’acceptation doit être formalisé. Peut avoir lieu soit au moment même soit après. Quelque soit
ce moment, elle doit respecter des règles de formes : fait par acte notarié. Seul le donataire
peut accepter. Ses héritiers et ses créanciers ne peuvent pas accepter à sa place, car
acceptation = acte purement personnel. Cette exigence de formalise est lourd, d’où un certain
nombre d’exceptions.
Le don manuel - C’est un don qui se réalise par la remise matérielle de la chose. Par hypothèse,
il y a vocation à s’appliquer aux biens meubles corporels. Mais la JP a étendu la qualification de
don manuel à certains meubles incorporels : pour les titres porteurs, elle accepte le portefeuille
de valeurs mobilières. La seule remise matérielle de la chose suffit à consister le don et on
échappe à la formalité de l’acte authentique. Preuve - art 2276 C.Civ - possession du bien
Les donations déguisées - Ce sont des actes à titre onéreux qui cachent un acte à titre gratuit.
Dans la donation déguisée on a 2 actes : Acte apparent : acte à titre onéreux / Acte secret :
donation. Typiquement, on vend la voiture, mais le prix n’est jamais payé, car intention de
gratifier. Est-ce que ces donations déguisées sont valables. La JP les a admises à des conditions
particulières : pour être valable l’acte apparent doit respecter les conditions de formes de
l’acte à titre onéreux qu’il prétend réaliser. L’acte secret pour être valable doit présenter des
conditions de fond de validité de la donation. Ces donations sont valables. Mais la donation
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déguisée ne peut pas être utilisé pour contourner une incapacité à recevoir.
Les donations indirectes - Ce sont des donations réalisées par un acte autre qu’une donation.
Typiquement, au lieu de donner qqch, on renonce à un droit. Le droit auquel on rencogne profit
au bénéficiaire. De la mm manière, si une personne doit de l’argent et qu’on lui consent une
remise de dette, ceci peut être une donation déguisée. La validité des donations indirectes
(remise de dette, cautionnement)
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Droit patrimonial de la
a été admise en JP à condition qu’elle présentent les conditions de fond des donations :
dessaisissement actuel et irrévocable et animé par intention libérale. Il faut respecter encore
les conditions de forme de l’acte réalisé.
L’article 895 C.Civ définit le testament comme un acte par lequel le testateur dispose pour le
temps de tout ou partie de ses biens ou de ses droits et qu’il peut révoquer. Il ressort de cette
définition 2 caractéristiques. 1/ Le testament est un acte à cause de mort. 2/ Le testament est
révocable
Le testament a en principe une forme écrite : Art 969 C.Civ qui prévoit 3 formes de
testaments. 1/ Testament olographe - rédigé à la main. 2/ Testament authentique - par acte
authentique. 3/ Testament mystique
Il faut un écrit. Le testament oral est en principe nul. Qu’en est-il des voeux expirâmes au lit de
mort ? Le testament oral est nul, aucune obligation civile de respecter ce qui a été dit au lit de
mort. Si ses voeux sont exécutés, alors l’obligation naturelle se transforme en une obligation
civile. C’est un acte personnel et un acte solitaire, le testament conjonctif est interdit. Ce
seraient deux personne qui se mettent ensemble pour rédiger leur volonté. Ce n’est pas
possible car c’est un acte personnel. Tout acte conjonctif est nul (Art 968 C.Civ)
A. Le testament olographe
Définition à l’art 970 C.Civ impose 3 conditions. 1/ Un écrit, c’est une écriture manuscrite ou
tapé à l’ordinateur. Peu import le support ou avec quoi on écrit (même le sang est accepté) Il
faut que le testateur lui même écrit. On peut accepter cependant le testament à main guidé
mais uniquement s’il a été soutenu par une aide simplement matériel. On lui a aidé à écrire,
mais pas d’aide intellectuel. Le testament recopié : La JP fait la différence entre le testateur qui
avait la compréhension de ce qu’il a écrit et celui qui n’a rien comprit. Civ 1ère 9 juin 2021 :
personne allemande qui a recopié un testament écrit en français. Cette personne vivait en
France, mais ne parlait pas français. Il était avéré que le testament recopié elle n’avait pas le
compréhension. La Cour de cassation retient qu’il ne reflète pas ses volontés, donc pas valable.
Par ailleurs, les ajouts ne sont pas valables, car on ne sait pas si ils ont été faits avant ou après
la signature. 2/ Daté, jour, mois, année. Si date par complète en principe le testament est nul.
La JP a chargé à sauver des testaments pas datés ou mal datés. La technique est de soit
reconstituer la date s’il y a des éléments dans le testament qui permettent de retrouver la
date. La JP utilisé un 2ème moyen: la date est indifférente. À quoi sert l’exigence de la date ? Elle
sert à vérifier que le testateur était sain d’esprit. Si pas de doute sur la santé d’esprit, la date
n’est pas nécessaire. 3/ Signé de la main du testateur, La JP c’est montré souple en admettant la
signature traditionnelle, mais aussi un simple prénom, des initiales, un surnom. La place de la
signature pose problème. Elle doit se trouver à la fin, car ça montre qu’on adhère à tout ce
qui a été écrit. Par hypothèse la formule « Je soussigné » posée au début ne peut valoir
signature. Si signature de l’enveloppe, revient aux juges d’apprécier la situation
B. Le testament authentique
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Les testament par acte public est fait par l’acte notarié. (Art 971 C.Civ) Pour qu’il soit valable, il
faut un testateur, le notaire, 2 témoins ou 2 notaires et 1 témoins. Le testateur dicte ses
volontés au notaire qui les relie au testateur. (Art 973 et Art 974 C.Civ)
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C. Le testament mystique
D. Le testament international
Prévu par la convention de Washington 26 octobre 1973. Peut être utilisé même sans contexte
international.
Il y a 3 formes de lègues visés à l’art 1002 al 2 C.Civ : les dispositions testamentaires sont soit
universelles, soit à titre universel, soit à titre particulier. 1/ Le lègue universel : peut être adressé
à plusieurs héritiers. (Actifs et passifs). 2/ Le lègue à titre universel (art 1010 al 1 C.Civ) : il
permet de léguer une portion du patrimoine. On lègue une quote-part de nos biens. (Actifs et
passifs). 3/ Le lègue à titre particulier (art 1010 al 2 C.Civ) : le lègue d’un bien identifié.
Le lègue de l’ensemble de l’usufruit et de l’ensemble des biens : Ce n’est pas un lègue sur un
bien particulier. Mais le lègue de l’ensemble de l’usufruit n’est pas cité dans l’art des lègues à
titre universel. Donc pas un lègue à titre universel. La JP a décidé d’en faire quand même un
lègue à titre universel malgré l’absence dans la liste.
Trois manières de remettre en cause le testament. 1/ La nullité pour non-respect des conditions
communes à toutes les libéralités soit pour non respect des conditions propres à chaque type
de testament. 2/ La révocation du testament, elle peut intervenir à tout moment et elle est tout à
fait libre. (Art 895 C.Civ) Elle peut être expresse qui se fait pas un nouveau testament qui dit
expressément que ce qui est contenu dans le précédent n’est plus à jour. Ou encore tacite : on
rédige un nouveau testament. On ne dit pas qu’il révoque le précédent, mais on prend des
dispositions contraires au testament précédent. Le 2ème testament révoque alors tacitement
le premier. Si les deux ne sont pas incompatibles, on les applique tous les deux. 3/ Le testament
peut être révoqué pour ingratitude en cas d’inexécution des charges ou en cas de survenance
d’enfants.
Donations entre époux - On peut d’abord parler des donations entre époux qui ont un statut
particulier avec des règles particulières. C’est un point de rencontre du droit des régimes
matrimoniaux et des libéralités. Les donations sont irrévocables en principe mais la possibilité
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Droit patrimonial de la
d’un divorce peut affecter cette condition. Forcément elles sont soumises à des règles
spéciales
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depuis 2006. Il existe autant que de testaments-partages et leurs règles règles ont été
profondément réformés par la loi de 2006. Il s’agit d’un outil de la pratique notariale.
Libéralités graduelles ou résiduelles - un des piliers de l’ordre public successoral était pendant
longtemps la prohibition des substitutions fideicommissaires. C’est donner ou léguer un bien à
qqn qui a la charge de transmettre ce bien à qqn d’autre lorsque lui-même décède. Pendant les
substitutions fideicommissaires étaient interdites car trop de volonté au défunt car même mort
il décidait du sort de ses biens. C’est un coup important porté au droit des propriétés car celui
recevant le bien on le privait de son droit de le léguer à son tour. Donc elles étaient interdites
dans le code de 1804. La loi du 23 juin 2006 a enlevé la prohibition des substitutions
fideicommissaires en admettant des libéralités graduelles ou résiduelles :
La différence entre ces deux sortes : dans la libéralité graduelle le premier est obligé de
conserver le bien alors que dans la libéralité résiduelle il n’y a pas de telle obligation. Le bien
n’est transmis que s’il est dans le patrimoine du défunt au jour de l’ouverture de sa succession.
En ce moment ces mécanismes sont un relatif échec car la liquidation des successions qui
comportent de telles libéralités est très compliquée et donc les notaires évitent de recourir à
ce type d’outil.
Les rédacteurs du Cciv ont pris conscience que par des libéralités, le decujus pouvait rompre
l’égalité entre héritiers. Si le défunt a accordé des libéralités à certains de ses héritiers légaux
mais pas à d’autres, il y a une telle rupture. Le rapport est un mécanisme qui permet de
rétablir l’égalité des héritiers, l’égalité étant un des principes de la dévolution légale. Le Code
civil prévoit alors que certaines libéralités sont rapportables. Cela signifie que l’on considère
que la libéralité n’est qu’une avance qui est accordée par le défunt au bénéficiaire de la
libéralité sur sa succession.
Il s’agit de déterminer qui est tenu au rapport des libéralités et quelle libéralités sont
rapportantes. Le rapport des libéralités est l'institution en vertu de laquelle les héritiers sont
tenus de réintégrer dans la masse partageable les libéralités qu'ils ont reçues du défunt en tant
qu'avance sur leur part successorale afin de rétablir l'égalité entre eux.
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Droit patrimonial de la
Idée est de savoir qui est tenu au rapport et qui peut le demander. Qui est créancier du rapport
et qui est débiteur ? L’article 857 Cciv donne la réponse : le rapport est un outil pour rétablir
entre les héritiers légaux. Donc ceux qui peuvent demander le rapports sont les héritiers . Les
légataires et donataires qui ne sont pas des héritiers légaux ne peuvent pas demander le
rapport. Les héritiers légaux ne peuvent pas demander aux donataires ou légataires non
légaux le rapport.
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Droit patrimonial de la
Toutes les libéralités ne sont pas rapportables. La règle générale est fixée à l’art 843 Cciv qui
pose un double principe : les donations sont présumées rapportables, les legs sont présumés
hors parts. Donc seules les donations sont rapportables en principe. Mais le decujus peut en
décider autrement car cet article n’est pas d’ordre public, le présomption peut être apportée.
Cela vaut pour toutes les donations que l’on a rencontré : la donation solennelle, authentique
et les donations indirectes ( tous les actes qui s’apparentent à des donations ).
Une autre question qui s’est posée est la donation de fruits et de revenus. Un père loge par
exemple dans un de ses appartements gratuitement son fils. Cette situation s’analyse comme
une donation de fruits car si ce serait pas le fils, le père recevrait des loyers. Le fait d’être logé
gratuitement s’est analysé comme une donation de fruits et c’est donc rapportante.
Dispense de rapports pour les présents usages - 1/ Frais d’éducation, pas de rapports pour tous
les frais engagés par les parents pour l’éducation, l’équipement, entreprise et apprentissage de
leurs enfants car ces frais sont une obligation légale qui découle des devoirs des parents. Cela
ne peut donc pas être qualifié comme étant une donation et c’est pas rapportable. 2/ Le capital
versé au titre d’une assurance-vie, le code des assurances prévoit que le capital versé est
dispensé de rapport. Si jamais les primes payées par le souscripteur étaient manifestement
exagérées par rapport à ses facultés financières, alors le rapport est possible
Le rapport s’exécute en principe en valeurs, art 858 Cciv. Donc on évalue la valeur du bien
donné au jour du partage et on va inscrire cette valeur dans la masse partageable comme une
créance de la succession. Par exemple, si quelque’un a reçu par donation une maison, on
regarde la valeur de la maison au jour du partage, si elle vaut 500k, on la met dans la masse
partageable. En plus encore un patrimoine d’1M et donc en total 1,5M. Si 3 héritiers, on va
mettre la créance de 500k euros dans le lot de l’héritier qui a reçu le bien. Il a droit a rien et les
1M se partagent entre les deux autres. Mais le rapport peut avoir lieu en nature, soit si le
gratifié en exprime le souhait, soit si l’acte de donation avait prévu expressément que le
rapport se ferait en nature.
La liberté de disposer de ses biens n’est pas absolue en droit français mais limité par des
règles d’ordre public qui forment l’ordre public successoral. Cet ordre public est censé assurer
la défense des principes jugés essentiels pour la société. L’ordre public successoral a été fondé
sur trois piliers. 1/ La prohibition des substitutions fideicommissaires, possible de disposer de son
bien sur plusieurs générations. Ce premier pilier a disparu depuis 2006. 2/ La prohibition des
pactes sur successions futures, c'est à dire la prohibition de contrats qui porteraient sur une
succession qui n’est pas encore ouverte. Les exceptions de ce pilier se multiplient depuis 2006.
3/ L’interdiction de priver certains de ses héritiers de la successions, c’est la réserve héréditaire.
Une partie de la succession est réservée aux héritiers les plus proches. La réserve a subi elle
aussi subi des modifications et un infléchissement net en 2001 et en 2006.
L’ordre public successoral s’est nettement réduit au profit de la volonté du decujus et d’une
libéralisation du droit.
Le pacte sur successions futures est un acte, c'est à dire une convention. Cela désigne à la fois
un contrat comme une manifestation unilatérale. Une renonciation anticipée à une succession
peut être considéré comme un acte sur succession future. Ce pacte porte sur une succession.
Sur laquelle ? La prohibition concernait les actes qui portent sur sa propre succession mais aussi
des actes qui concernaient la succession d’autrui. La succession future est celle qui n’est pas
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Droit patrimonial de la
encore ouverte. Les pactes sur successions déjà ouvertes sont donc valables, ce sont les actes
post-mortels.
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§1. Le principe de la prohibition
L'article 722 du Code civil prévoit le principe de l’interdiction. Quelles sont les raisons de
l’interdiction depuis 1804 ?1/ vodum mortis, souhaiter la mort de son prochain. On disait que si on
concluait un contrat sur la succession d’une personne, évidement on souhaitait que cette
personne décède pour tirer le bénéfice du contrat ainsi conclu. Mais ceci n’est pas forcément
vrai car aujourd’hui on a mécanismes similaires qui sont par contre admis : l’assurance-vie, la
rente viagère. 2/ Rupture d’égalité, Si le pacte est conclu en faveur de certains héritiers légaux,
c’est un moyen de rompre l’égalité entre eux. Mais on a vu que les libéralités aussi sont un
moyen pour rompre l’égalité donc la raison n’est pas valable. 3/ Mauvaises conditions, Le
disposant le fait souvent en cas de besoin et donc il risque de consentir à l’acte dans des
conditions défavorables. 4/ Perte du droit de propriété, Lorsque le pacte était conclu sur sa
propre succession, on perdait sa liberté se disposer de ses biens pour l’avenir. Or, c’est un
attribut du droit de propriété et d’en disposer à cause de mort. Ces deux dernières raisons sont
tjrs valables. En pratiques se sont multipliées des tentatives de contournement. Mais la Cour
de cassation s’est toujours montré très exigence quant à l’application du principe. C’est
l’intervention de la loi, qui est venue consacrer les pratiques notariales contraires
Certaines exceptions étaient déjà prévues dans le code de 1804. 1/ Les donations de biens à
venir entre époux, ce que l’on appelait aussi les institutions contractuelles. Le plus souvent par
contrat de mariage les époux qui se consentement des donations sur des biens qui seront dans
la successions. Les biens à venir sont les biens de la successions du conjoint qui décède en
premier. 2/ Les libéralités-partage, comment seront composés les lots d’une succession qui par
hypothèse n’est pas encore ouverte ? C’est donc une forme de pacte sur succession future
Certaines se sont formés ultérieurement. 3/ La clause commerciale - lorsque un des époux est
seul propriétaire d’un fonds de commerce, la clause commerciale permet au conjoint survivant
de prélever le fonds de commerce dans la succession. Cette pratique a été invalidée par la
Ccass en 1933 et puis elle a été validée par une loi de 1965. L’article 1390 cciv comprend
désormais l’hypothèse de la clause commerciale. 4/ La clause de tantine, aussi appelée la clause
d’accroissement. Elle prévoit lorsque plusieurs personnes achètent un bien ensemble, que le
bien appartiendra au survivant. Elle est souvent utilisée par des époux séparés de biens et qui
achètent une maison ensemble. Au jour de la mort la maison est mis dans le patrimoine du
survivant et elle ne tombe pas dans la succession ( pas besoin de payer des droits de
succession alors ). 5/ La renonciation anticipée à l’action en réduction, RAAR. Voir les
développements suivants.
C’est le deuxième pilier de l’ordre public successoral. Elle est définie à l’art 912 al 1 cciv : c’est
la part de biens que la loi réserve à certains héritiers ( réservataires), qui bénéficient de cette
part à condition d’accepter la succession. Le revers de la réserve s’appelle la quotité disponible
: la part de la succession, une fois retiré la réserve, dont le decujus peut librement disposer, art
912 al2 cciv.
Que se passe-t-il si les libéralités consenties dépassent la quotité disponible et donc empiètent sur la
réserve ? Si les libéralités sont excessives, on peut obtenir leur réduction. L’article 912 dispose
que la réserve est pars hereditatis : on a droit à une part en nature de la succession qui revient
à l’héritier réservataire. Ce principe est dans le Code civil depuis 1804 mais la réforme 2006
est venue ébranler cette conception de la réserve : elle dit que la réduction qui avant s’opérait
en nature s’opère maintenu en principe en valeurs. Cela change l’esprit de la réserve.
Exemple - père décide de donner tout à la maitresse, cela excède la quotité disponible et donc
on demande la réduction. Avant 2006 la réduction était en nature est donc on pourrait
conserver les biens de famille car les biens revenaient. Aujourd’hui elle s’opère en valeur et
donc la maitresse ne doit que rendre la valeur et non forcément le bien. Cela ruine l’esprit de
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Droit patrimonial de la
famille attaché au mécanisme de la réserve qui protégeait d’une part les héritiers proches et
les biens de famille.
La réserve est d’ordre public et donc le decujus ne peut pas écarter les règles de la réserve.
Mais la loi de 2001 et 2006 a modifié l’étendue car 1. Suppression de la réserve des
ascendants, on a supprimé des
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Droit patrimonial de la
réservataires héréditaires. 2/ Admission de la renonciation anticipée. On donne la possibilité à un
héritier réservataire à renoncer à agir en justice pour obtenir la réduction, c’est à dire pour
défendre sa réserve. 3/ Limitation à l’international, La Cour de cassation a récemment estimé en
2017 que la réserve n’était pas d’ordre public international. Il s’agissait d’un chanteur célèbre
qui a vécu une partie de sa vie en Californie. Aux USA pas de principe de réserve héréditaire et
certains de ses héritiers légaux ne pouvaient pas en bénéficier. Ils ont agi en justice et ont
demandé d’écarter l’application du droit californien. La Cour de cassation a dit que la réserve
héréditaire n’est pas d’ordre public international et donc on peut appliquer le droit californien
même s’il n’a pas de tel mécanisme. Donc on constante que le mécanisme a subi des
coups.
Depuis 2006 il n’existe que deux catégories. 1/ Les descendants, art 913 cciv. Tous les
descendants sont réservataires et sont réservataires tous les enfants quelque soit le mode de
filiation. Or il reste une discrimination à l’encontre de l’enfant incestueux qui ne peut voir sa
filiation établie qu’à l’égard d’un seul parent et donc il est réservataire que d’un seul parent.
S’agissant de l’enfant adopté simplement n’est pas réservataire à l’égard des ascendants de
l’adoptant. Il est biens réservataire à l’égard de ses parents adoptifs mais non à l’égard des
grands-parents adoptifs. 2/ Le conjoint survivant qui n’est réservataire que de manière subsidiaire,
il n’existe pas de descendant. C’est que le conjoint non divorcé qui est réservataire.
B. La condition commune
Ne bénéficient de la réserve que les héritiers qui sont appelés à la succession. Par exemple, si
notre grand- mère décède et si notre père est toujours en vie, c’est lui qui est appelé à la
succession. Or s’il est prédécédé, c’est nous qui somme appelé à la succession et donc c’est
nous qui somme réservataire. Puis, seul l’héritier acceptant bénéficie de sa part de réserve et
celui qui renonce ne peut pas réclamer sa part de réserve. Enfin, l’héritier indigne, celui qui
s’est mal comporté envers le decujus, est privé de sa part de réserve.
Il est prévu que selon les cas les héréditaires réservataires reçoivent une certaines quote part
de la succession du decujus. Néanmoins le taux de réserve et la quotité disponible vont être
impacts par la considération de la personne à qui les libéralités sont adressées. lorsqu’elles
sont adressées à quiconque sauf le conjoint, la part est la quotité disponible ordinaire. Lorsqu’il
les adresse au conjoint, il dispose d’une part plus importante de quotité disponible qui est la
quotité disponible spéciale QDS.
La quotité disponible ordinaire c’est la part de biens dont le decujus peut librement disposer qu
profit de quiconque. Elle est différente en présence d’enfants, donc réservataires ou de
conjoints réservataires.
L’article 913 fait varier le taux de réserve des enfants selon le nombre d’enfants. 1/ Enfant,
Lorsqu’il y a 1 enfant, la réserve est l’1/2, la quotité disponible ordinaire est d’1/2. 2/ Enfants, si
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Droit patrimonial de la
deux enfants, la réserve est de 2/3 et la quotité disponible ordinaire d’1/3. 3/ Enfants et +,
Lorsque 3 enfants ou plus, la réserve est des 3/4 et la quotité disponible ordinaire d’1/4.
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Droit patrimonial de la
Exemple, 1/ Si un père décède en ayant 3 enfants vivants. La réserve est de 3/4 et la quotité
disponible ordinaire d’1/4. 2/ Si un Père décède, il a 3 enfants mais l’un d’eux est prédécédé et
il ne compte pas dans le calcul de la réserve. On compte deux enfants et donc réserve de 2/3
et quotité disponible ordinaire 1/3. 3/ A est prédécédé mais a lui même deux enfants, le défunt
a deux petits-enfants issus de l’enfant défunt et il a encore 2 enfants. Si le decujus a deux
petits enfants et deux enfants, on compte 3 pour la réserve, on compte par souche. Donc 3/4
de réserve et 1/4 quotité disponible ordinaire. 4/ Père décède mais 1 des enfants est indigne,
alors on traite l’indigne comme le prédécédé ce qui signifie que l’on ne le compte pas s’il n’a
pas lui même de descendants. Donc dans ce cas deux enfants. Or si l’indigne a lui même des
enfants, on compte 3 et donc on traite l’indigne comme le prédécédé.
Quid du renonçant ? Le statut du renonçant est claqué sur celui du prédécédé car il n’est pas pris
en compte pour le calcul de la réserve sauf s’il a lui même des descendants. S’il a des enfants
lui même, alors réserve de 3/4 et quotité disponible ordinaire d’ 1/4.
Article 914-1, Son taux de réserve est d’ 1/4. Le conjoint à droit à 1/4 de la succession et donc
la quotité disponible ordinaire s’élève à 3/4.
Lorsque le decujus adresse des libéralités à son conjoint. La part dont le decujus peut disposer
à l’égard du conjoint peut être plus importante que la part dont il peut disposer à l’égard des
autres bénéficiaires de libéralités. L’art 1094-1 cciv prévoit les parts, une option à trois
branches. 1/ Soit le decujus lègue à son conjoint la quotité disponible ordinaire. C’est le cas où la
quotité disponible spéciale = quotité disponible ordinaire. 2/ Le conjoint peut choisir de léguer au
conjoint survivant tout l’usufruit de ses biens. 3/ Choisit le léguer ses biens, 1/4 en pleine propriété
et 3/4 en usufruit.
En principe c’est le défunt qui précise quelle branche de l’option il choisit. À défaut, c’est le
conjoint qui pourra opter pour sa branche préférée. On peut avoir un decujus qui adresse des
libéralités à la fois à son conjoint et à la fois à d’autres bénéficiaires. Or les bénéficiaires autres
ne peuvent recevoir que la quotité disponible ordinaire tandis que le conjoint peut recevoir la
quotité disponible spéciale. Dans ces cas là, le Code civil n’avait pas prévu l’articulation et
c’est la Cour de cassation qui apporte une solution en prévoyant une combinaison.
On est dans le cas où il n’y a pas de descendants et donc pas de réservataires et on est dans
un cas de libéralités du decujus qui sont adressés à la fois à son conjoint (quotité disponible
spéciale) et à d’autres (quotité disponible ordinaire). Comment prévoir cette combinaison ? C’est la
Jp qui a articulé les règles de la quotité disponible ordinaire et la quotité disponible spéciale.
L’arrêt de la première chambre civile 26 avril 1984 pose des règles. Chaque gratifié ne peut
recevoir au delà du disponible qui le concerne. L’ensemble des libéralités adresses aux autres
que le conjoint ne peut pas dépasser la quotité disponible ordinaire et ensemble adressé au
conjoint ne peut pas dépasser la quotité disponible spéciale. La somme totale des libéralités ne
peut pas excéder la quotité disponible ordinaire en pleine propriété majoré du disponible
spécial en usufruit.
Comment calculer le max que peuvent atteindre les libéralités ? Quotité disponible ordinaire + usufruit
de la réserve = maximum. Si on a un enfant, la quotité disponible est 1/2 en pleine propriété et
1/2 en usufruit. Si deux enfants, la QD est d’1/3 en PP et 2/3 en usufruit. Si 3 enfants alors 3/4
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en usufruit et 1/4 en PP.
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Droit patrimonial de la
Que se passe-t-il si la libéralité dépasse la QD ? Cela porte atteinte à la réserve et le moyen de la
protéger est la réduction des libéralités excessives. Idée est prévue à l’art 920 Cciv : lors de
libéralités qui portent atteinte à la réserve sont réductibles à la QD lors de l’ouverture de la
succession. Les héritiers peuvent demander de réduire la valeur. Pour faire cette opération, il
faut une action en réduction dont on va voir les conditions et la mise en oeuvre, mais aussi la
possible renonciation
Elle suppose une atteinte à la réserve, il faut que la libéralité soit excessive, qu’elle dépasse la
QD. Toutes les libéralités sont réductibles : les donations comme les legs.
Qui peut agir en réduction ? C’est celui qui est victime de la libéralité excessive, celui qui subit
l’atteinte à sa réserve. Soit c’est le réservataire lui même, soit son héritier ou soit les
créanciers de l’héritier réservataires qui peuvent agir par la voie de l’action oblique.
Contre qui agit-il ? C’est celui qui a été gratifié au de la du disponible. On peut agir en réduction
contre les légataires, c'est à dire les héritiers non légaux. Donc si on subit une atteinte à la
réserve, on peut agir en réduction contre la maitresse p.ex, mais pas le rapport qui n’est
possible que contre des héritiers légaux. Délais de prescription. L'action se prescrit dans les 5
ans à compter de l’ouverture de la succession ou dans les deux ans à compter du jour où les
héritiers ont eu connaissance de l’atteinte portée à leur réserve. Tout cela sans pouvoir
dépasser les 10 ans à compter du décès du decujus.
La réduction se fait en valeur et exceptionnellement en nature. Quel est l’ordre des réductions ? On
détermine que l’ensemble des libéralités dépasse la quotité disponible et donc comme il y a
atteinte à la réserve on réduit les libéralités. Réduit-on tous au même niveau ou y a-t-il un ordre ? On
réduit les legs avant les donations et la donations sont réduites de la plus récente à la plus
ancienne. Comment réduire ? Art 826 dit que principe est une réduction en valeur et c’est
nouveau depuis 2006. Lorsque la libéralité excède la quotité disponible, le ratifié doit
indemniser les héritiers réservataires et doit donc une indemnité de réduction qui sera
proportionnelle à son caractère excessif. L’exception est une possible traduction en nature
mais elle est possible si le gratifié en exprime le souhait, que s’il dispose encore du bien dans
son patrimoine. La grande innovation de 2006 est d’avoir autorité la renonciation autorisée à
l’action en réduction
La renonciation autorisée à l’action en réduction est un pacte sur successions futures car porte
sur une succession non ouverte. Le decujus accorde par exemple une donation à un
bénéficiaire et il va faire intervenir ses descendants à la donation pour qu’ils renoncent à
l’action en réduction si jamais la libéralité consentie venait porter atteinte à leur réserve. La
consécration de la renonciation autorisée à l’action en réduction porte un coup important au
caractère d’ordre public de la réserve qui était censé protéger les réservataires. La protection
n’est plus absolue car les réservataires peuvent y renoncer.
L’article 929 Cciv et suivants prévoient les conditions. 1/ Elle est obligatoirement faite au profit
d’une ou plusieurs personnes déterminées. 2/ Elle doit être purement gratuite, elle ne peut pas
créer de charges sur celui qui en bénéficie. 3/C’est un acte authentique qui se fait à peine de
nullité devant deux notaires, c'est à dire l’acte doit être reçu par deux notaires, art 930 cciv.
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CHAPITRE II : LA DÉVOLUTION LÉGALE
Les règles sont très précises et envisageant des cas différents. La dévolution légale sans
conjoint car ce dernier est un héritier particulier et celle avec conjoint. Le Code civil prévoit
aussi les successions anormales
: elles sont presque anormales car elles concernent certains biens / personnes et donc des
règles de
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Droit patrimonial de la
dévolution particulières sont prévues. Exemple : le grand père qui a donné en son vivant un
bien à son fils qui n’a pas d’enfants et qui meurt avant le père. Dans ce cas, le bien
retourne au donateur qui lui est toujours en vie. S’il y a pas d’héritier, qui va hériter ? C’est
l’Etat.
Art 725 Cciv prévoit cette condition. Pour succéder, il faut exister à l’instant de l’ouverture de
la succession ou ayant déjà été conçu et être viable. Les enfants simplement conçus au
moment de l’ouverture de la succession peuvent donc succéder. L’enfant est réputé né à
chaque fois que c’est de son intérêt. On fait appel à la présomption légale de conception de
l’art 311 Cciv pour calculer la date de conception qui prévoit qu’un enfant est conçu pendant la
période comprise entre le 300e et 180e jour avant la date de naissance. C’est une présomption
simple. Il faut que l’enfant naisse viable pour pouvoir hériter. Ce sont les enfants nés vivant et
viable. Les vrais mort-nés, nés sans vie, n’ont pas personnalité juridique et ne peuvent
pas héritiers. Les faux morts-nés, c'est à dire ceux qui sont nés en vie mais non viable et donc
dépourvue des organes essentiels à la vie : ce enfant né vivant mais non viable n’a pas la
personnalité juridique et ne peut pas hériter.
Les absents - le présumé absent est réputé vivant et est appelé à la succession, il peut hériter.
Le déclaré absent lui est réputé mort et donc i pas appelé à la succession et n’a pas la qualité
d’héritier.
L’héritier indigne est celui qui s’est mal comportée envers le défunt, qui a commis une faute
grave et qui est privé de son droit d’hériter. L’indignité ne touche que la succession légale sans
testament ab intestad. L’héritier volontaire est frappé par l’ingratitude et non par l’indignité.
Depuis 2001 on distingue plusieurs cas d’indignité et il faut aussi envisager les effets
Indignité de plein droit - art 726 cciv, sont considérés indignes de succéder de manière
automatique : ceux punis d’une peine criminelle pour homicide ou tentative d’homicide sur la
personne du défunt ou pour coups et blessures, violences volontaires ayant entrainé la mort de
la personne du défunt. Il faut une peine criminelle pour qu’il soit indigne.
Indignité facultative - art 727. Il y a 5 cas dont les deux premiers sont les mêmes que ceux de
l’art 726 mais si les peines sont seulement correctionnelles. 1/ Celui qui est condamné, comme
auteur ou complice, à une peine correctionnelle pour avoir volontairement donné ou tenté de
donner la mort au défunt. 2/ Celui qui est condamné, comme auteur ou complice, à une peine
correctionnelle pour avoir volontairement commis des violences ayant entraîné la mort du
défunt sans intention de la donner et commis des tortures et actes de barbarie, des violences
volontaires, un viol ou une agression sexuelle envers le défunt. 3/ Pour témoignage mensonger
porté contre le défunt dans une procédure criminelle. 4/ Volontairement abstenu d'empêcher
soit un crime soit un délit contre l'intégrité corporelle du défunt d'où il est résulté la mort,
alors qu'il pouvait le faire sans risque pour lui ou pour les tiers. 5/ Dénonciation calomnieuse
contre le défunt lorsque, pour les faits dénoncés, une peine criminelle était encourue
Pour l’indignité automatique de plein droit, elle s’applique sans aucune action juridique, elle
découle de la loi. Donc dès lors qu’on a été condamné d’homicide contre le défunt, c’est
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automatique et le jugement n’a pas besoin de le prévoit
Pour l’indignité volontaire, il faut une déclaration d’indignité, l’action peut être intentée par le
ministère public ou par tout autre héritier. L’action est comprise dans un bref délai : elle doit
être formée dans les 6 mois du
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décès si la décision de condamnation est antérieure au décès ou dans les 6 mois de la décision
de condamnation si celle-ci est postérieure au décès.
En dehors de cette différence, les effets sont les mêmes qu’il s’agit d’une indignité de plein
droit ou d’une indignité facultative. 1/ L’indigne perd sa qualité d’héritier, il n’est donc pas appelé
à la succession. Toutefois, une nouveauté de la loi de 2006 prévoit que le decujus peut
pardonner à l’indigne en choisissant d’écarter l’indignité qui a atteint son héritier. Un tel
pardon ne peut logiquement avoir lieu qu’en cas de condamnation de l'hériter avant le décès.
2/L’indignité de l’héritier ne vaut que pour la succession du decujus. Cela signifie que l’héritier
pourra quand même être appelé pour la succession de l’autre parent. 3/ Depuis 2001, une
grande révolution a eu lieu en matière d’indignité. En effet, depuis 2001, les descendants
peuvent être appelés à la succession à la place de l’héritier. Par exemple, un père décède avec
trois enfants A, B et C. Si A est indigne mais qu’A dispose de 2 enfants, deux situations doivent
être distinguées. Avant 2001, les petits-enfants ne pouvaient pas hériter de leur grand-père. En
effet, l’indignité bloquait et empêchait la représentation. De ce fait, les petits-enfants ne
pouvaient venir qu’à la succession de leur grand-mère. Or en principe, l’indignité est une peine
personnelle. De ce fait, la loi de 2001 a supprimé cette règle. Désormais, on peut représenter
des indignes au sein d’une succession. Ainsi, les petits-enfants vont pouvoir représenter leur
père A indigne.
Pour comprendre comment on classe les héritiers dans la dévolution légale, il faut identifier qui
sont ces héritiers. Ce qui permet de déterminer cela, c'est le lien de famille. Une fois ce lien
identifié, on peut classer les différents membres de la famille.
Quand on est dans le cadre de la dévolution légale, les seuls rapports qui sont pris en compte
sont les rapports de parenté et les rapports de mariage.
A. Le rapport de parenté
Pour pouvoir hériter du de cujus, il faut être un de ses parents. La parenté s’entend aussi bien
de la famille par le sang que de la famille adoptive. Cependant, la parenté peut avoir lieu selon
deux formes.
La parenté en ligne directe - C'est la parenté qui forme une ligne droite, c'est à dire : petits
enfants, enfants, grands parents. Cette ligne peut être 1/ Ascendante, si on se place au niveau
du père, alors la ligne ascendante c'est vers les grands parents. Il y a la branche paternelle : le
grand-père et la branche maternelle : la grand-mère. 2/ Descendante, si on se place toujours au
niveau du père, alors la ligne descendante, c'est vers le fils ou la fille. Cette ligne est divisée en
une ou plusieurs souches (selon que les enfants ont eu un ou plusieurs enfants).
Au sein de cette ligne directe, on hérite à l’infini : il n’y a pas de limite pour hériter. Mais la
question est de savoir comment on calculer les degrés au sein de cette ligne directe. La
méthode pour cela est fixée à l'article 743 al 1 du code civil : « En ligne directe, on compte autant
de degrés qu'il y a de générations entre les personnes : ainsi, l'enfant est, à l'égard du père et de la mère, au
premier degré, le petit-fils ou la petite- fille au second ».
La parenté en ligne collatérale - Cette ligne est brisée dans la mesure où il faut remonter à
l’ancêtre commun. Ainsi, les parents en ligne collatérale sont les parents qui descendent d’un
même auteur. La méthode le calcul des degrés est fixée à l'article 743 al 2 & 3 du code civil : «
En ligne collatérale, les degrés se comptent par génération, depuis l'un des parents jusques et non compris
l'auteur commun, et depuis celui-ci jusqu'à l'autre parent. Ainsi, les frères et sœurs sont au deuxième degré ;
l'oncle ou la tante et le neveu ou la nièce sont au troisième degré ; les cousins germains et cousines
germaines au quatrième ; ainsi de suite ».
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Au sein des collatéraux, il convient de distinguer la ligne des collatéraux privilégiée, on hérite à
l’infinie et la ligne des collatéraux ordinaire, on hérite seulement jusqu’au 6e degré.
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B. Le rapport de mariage
Le mariage créé entre les époux, une vocation successorale. Dès lors, le conjoint survivant
hérite de son conjoint décédé. Historiquement, cette vocation du conjoint survivant n’a pas
toujours été admise, et ce, pour des raisons simples : on se concentrait sur la parenté par le
sang, le conjoint étant une « pièce rapportée » qui ne mérite pas de recevoir les biens
familiaux. C'est la loi du 3 décembre 2001 qui finit par améliorer la situation du conjoint. La
vocation successorale ne se trouve que dans le mariage. Ainsi, le partenaire de PACS n’a pas
de vocation légale dans la succession de son partenaire. De la même manière, le concubin
n’a pas de vocation légale dans la succession de son concubin. Mais évidemment, cela
n’empêche pas le partenaire de PACS ou le concubin de prévoir des dispositions
testamentaires en faveur de son partenaire de PACS ou de son concubin. La dévolution
volontaire est évidemment admise. Simplement sur le plan fiscal, le partenaire de PACS est
traité comme le conjoint lorsqu’il reçoit, c'est à dire qu’il paye des droits de successions qui
sont assez réduits. Au contraire le concubin est fiscalement traité comme un tiers, c'est à dire
qu’il est imposé à 60%. Ainsi, seul le conjoint successible a vocation à succéder à son conjoint.
La définition du conjoint successible est donnée à l'article 732 du code civil : « Est conjoint
successible le conjoint survivant non divorcé ».
Les 4 ordres existants sont (voir supra) : les descendants, les ascendants privilégiés &
collatéraux privilégiés, les ascendants ordinaires et les collatéraux ordinaires.
Ces 4 ordres figurent à l'article 734 du code civil, dont l’alinéa 6 dispose : « Chaque ordre prime
les suivants ». Donc si un de cujus décède alors qu’il a non seulement des ascendants, mais aussi
des descendants, seuls vont hériter les membres du premier ordre, à savoir les descendants.
Ces descendants excluent donc de toute vocation successorale les héritiers des autres ordres.
En l’absence de descendant, on passe au deuxième ordre et ainsi de suite. Quid s’il y a plusieurs
descendants ? Il faut alors mettre en oeuvre la deuxième règle pour régler la question.
Au terme de l'article 744 du code civil : « Dans chaque ordre, l'héritier le plus proche exclut l'héritier
plus éloigné en degré ». Ainsi, à l’intérieur d’un même ordre, c'est l’héritier le plus proche en
degré qui hérite. Dès lors, si le grand-père décède, c'est les parents qui vont hériter, et les
petits enfants n’hériteront pas. Quid si le grand-père avaient plusieurs enfants ? Faut-il encore
appliquer une règle de préférence ? À une certaine époque, c’était effectivement le cas : l’ainé
était préféré. Aujourd’hui, ces privilèges ont disparu, et on arrive à un principe d’égalité entre
héritiers qui sont dans la même situation, et on passe alors au deuxième principe : le principe
d’égalité entre héritiers.
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1. Le principe
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Toujours au terme de l'article 744 al 2 du code civil : « A égalité de degré, les héritiers succèdent par
égale portion et par tête ». Néanmoins dans certaines situations, l’application de ce texte peut
aboutir à des résultats non satisfaisants.
Exemple - si le grand père décède, et laisse derrière lui deux fils A et B qui n’ont pas d’enfants
et un petit fils C’, dont le père C (donc le 3e fils du grand père décédé), est lui même décédé
avant le grand père. Dans ce cas, si on applique les règles : le petit-fils C’ sera écarté, et ce
sont les deux fils A & B qui hériteront de moitié chacun. Cette solution apparait choquante
car si C n’était pas décédé avant le grand père, il aurait hérité d’un tiers. Ainsi, cette solution
reviendrait à sacrifier les héritiers de C, qui ne bénéficieront jamais de l’héritage du grand
père. Pour rectifier cette situation, le code civil prévoit de déroger à l’égalité des individus afin
d’établir une égalité des souches. Cette égalité des souches est assurée grâce au mécanisme
appelé la représentation successorale.
L’effet de la représentation - Deux étapes (article 753 du code civil). 1/ On procède à un partage
par souche. Donc si l’on reprend toujours le même exemple, la souche du premier fils A recevra
1/3 de la succession. La souche du deuxième fils B recevra 1/3 de la succession et la souche de
C recevra 1/3 de la succession. 2/ Puis, au sein de la souche, on en revient à la règle de la
proximité du degré. Ainsi, dans la souche de A, premier fils du défunt, il n’y a que A car il n’a pas
d’enfant : c'est donc lui qui va hériter du 1/3 car c'est lui qui est le plus proche en degré du
défunt. Dans la souche de B, deuxième fils du défunt, il n’y a que A car il n’a pas d’enfant :
c'est donc lui qui va hériter du 1/3 car c'est lui qui est le plus proche en degré du défunt. Dans
la souche C, il y a un petit fils : C’, et C est décédé. Donc c'est C’ qui est le plus proche du
défunt et qui recevra le 1/3 de la succession. Si C avait eu non pas un enfant, mais deux
enfants, alors on aurait appliqué le partage par tête. Ainsi, le 1/3 sera divisé par deux :
chaque enfant de C aurait donc 1/6e de la succession.
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Principe - La fente consiste à partager la succession par moitié entre les deux branches. Dès
lors 1/2 de la succession pour la branche paternelle et1/2 de la succession pour la branche
maternelle. À l’intérieur de chaque branche, on applique les principes de dévolution selon le
degré. C'est donc le plus près en degré qui héritera du de cujus. Les ascendants priment sur
les collatéraux ordinaires. S’il y a des collatéraux ordinaires, ils seront exclus de la succession.
Ainsi, la fente ne joue concernant les collatéraux ordinaires que lorsqu’ils sont les seuls
appelés à la succession et qu’il n’y a donc plus aucuns ascendants (ordinaires ou privilégiés).
Dans le cas où il n’y a pas d’ascendants ou de collatéraux ordinaires dans la branche
paternelle ou maternelle, la fente se referme et la totalité de la succession ira dans la branche
dans laquelle il reste des gens. Dans cette situation, on applique d’une part la règle de la
proximité du degré. Dans cette hypothèse, le collatéral ordinaire reste primé par les
ascendants.
Le conjoint ne constitue pas un ordre, mais vient bousculer la présentation des ordres que l’on
connait. Ainsi, le code civil distingue la dévolution avec, et sans conjoint.
Limites - 1/ L’enfant incestueux. Cette limite découle du droit de la filiation, et réside dans le fait
qu’on ne peut établir la filiation d’un enfant incestueux qu’à l’égard d’un seul de ses parents.
Par conséquent, cet enfant ne peut hériter que de ce seul parent. 2/ L’enfant adoptif. De
manière générale, l’enfant adopté plénièrement ne connait aucune différence de traitement.
Cependant, l’enfant adopté simple conserve ses droits avec sa famille d’origine, donc est
toujours parent, et don hérite toujours de sa famille de sang. Cet enfant peut donc hériter des
du coté de ses parents adoptifs et du coté de ses parents de sang (article 364 du code civil). En
outre, l’enfant adopté simple n’a pas la qualité d’héritier réservataire dans la succession des
ascendants de l’adoptant (article 368 du code civil).
§2. Les droits des membres du second ordre : ascendants privilégiés et collatéraux privilégiés
Au terme de l'article 736 du code civil, chacun des pères et mères reçoit une moitié de la
succession. Si jamais dans cette configuration, il y avait, dans une branche, des ascendants
ordinaires, il faudrait envisager l’application de la fente successorale.
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Au terme de l'article 737 du code civil, les frères et soeurs se partagent la succession par tête.
Si jamais un des collatéraux privilégiés est pré-décédé, on fera jouer la représentation
successorale, et alors, la répartition se fera par souche.
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Au terme de l'article 738 du code civil, deux hypothèses. 1/ Si le défunt laisse ses deux pères et
mères et des collatéraux privilégiés. Alors, chacun des parents ont droit à 1/4, et il restera 1/2 de
la succession à se partager entre les collatéraux privilégiés. 2/ Si le défunt ne laisse qu’un seul de
ses parents et des collatéraux privilégiés. Alors le parent en vie reçoit toujours son 1/4, et les
collatéraux privilégiés se partageront les 3/4. Le partage entre les collatéraux privilégiés se
fera par tête ou par souche.
§3. Les droits des membres du troisième ordre : les ascendants ordinaires
Ces ascendants ne peuvent être appelés à la succession d’à défaut de membres des ordres
précédents. Dans cet ordre, les articles 747 & 748 prévoient l’application de la fente. Ainsi, on
fend la succession du défunt entre sa branche paternelle et maternelle, et dans chaque
branche, celui qui hérite est le plus proche en degré, ou à égalité de degré.
§4. Les droits des membres du quatrième ordre : les collatéraux ordinaires
Dans cet ordre, on procède aussi à une fente, et on divise entre la branche maternelle et
paternelle (article 749 & 750 du code civil). Puis, à l’intérieur de chaque branche, on réparti
selon la règle de la proximité du degré : c'est donc le plus proche en degré qui hérite du demi.
Si certains collatéraux ordinaires se trouvent au même degré, on partagera par tête.
Le conjoint fait partie de la famille qui peut hériter. Ainsi, le mariage ouvre droit à une vocation
successorale dans la succession de son époux décédé. Au terme de l’article 732, le conjoint
doit être successible pour pouvoir hériter, c'est à dire non divorcé au jour de l’ouverture de la
succession.
Le conjoint survivant est en concours avec des descendants communs (article 757 du code
civil). Dans ce cas, le conjoint survivant bénéficie d’une option. En effet, il peut choisir entre
1/4 de la succession en pleine propriété ou la totalité de la succession en usufruit
Le conjoint survivant est en concours avec des descendants non communs et communs. Dans ce
cas, le législateur prive le conjoint de son option : il n’a droit qu’au 1/4 en pleine propriété. S’il
y a des enfants non communs, il y a plus de risques de tentions avec le conjoint survivant.
C'est donc pour éviter ces tensions qu’on évite au conjoint de donner un usufruit sur la totalité
des biens.
Le conjoint survivant est en concours avec des ascendants privilégiés (article 757-1 du code
civil). Cette situations se subdivise en 2 hypothèses. Si les 2 parents sont survivants, alors c'est
1/4 de chacun des parents et 1/2 pour le conjoint survivant. Si un seul parent est survivant
alors c'est 1/4 pour le parent survivant et 3/4 pour le conjoint survivant.
Il s’agit des situations dans lesquelles du fait de la présence d’un conjoint, certains héritiers
vont être privés de la succession (article 757-2 du code civil). Lorsque le conjoint est en
concours avec des collatéraux
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privilégiés, des ascendants ordinaires, ou des collatéraux ordinaires, le conjoint prime ces
héritiers. Ainsi, le conjoint reçoit alors la totalité de la succession. Non seulement il y a une
promotion du conjoint survivant, mais en plus, cette promotion s’ajoute aux droits que le
conjoint pourrait retirer par ailleurs de la liquidation du régime matrimonial. D’ailleurs, cette
promotion s’est encore accentuée avec la réforme de 2001. En effet, cette réforme instaure
des droits complémentaires du conjoint survivant visant à le protéger.
Un droit temporaire au logement (article 763 du code civil) - Idée qu’on ne puisse pas mettre à la
rue le conjoint survivant qui vient de perdre son époux. Dès lors, ce texte prévoit que dès que
le logement du conjoint survivant est assuré par un bien qui dépend de la succession, alors
le conjoint survivant dispose d’un droit temporaire de logement dans ce bien pendant 1 an. Ce
droit est d’ordre public, et on ne peut rien demander en échange de ce droit. En outre, ce
droit s’ajoute à la vocation successorale du conjoint survivant : le conjoint peut non
seulement choisir 1/4 de la succession ET résider pendant un an dans le logement.
Un droit viager au logement (article 764 du code civil) - Le conjoint survivant peut demander à
rester dans le logement jusqu’à son décès. Cependant, la nature de ce droit est très différente
de celle du droit temporaire au logement. En effet, ce droit est un droit de succession, qui vient
s’imputer sur la vocation successorale. Ce droit n’étant pas d’ordre public, le de cujus peut en
priver son conjoint par testament.
Un droit à pension alimentaire (article 767 du code civil) - Ce droit est mis en oeuvre si le
conjoint survivant se trouve dans une certaine précarité.
Un droit à l’attribution préférentielle (article 831 du code civil) - Le conjoint peut demander
l’attribution préférentielle de certains biens.
Remarque - le conjoint uni par le PACS n’a pas de vocation successorale légale dans la
succession du de cujus. En revanche, certains droits sont destinés à protéger le partenaire de
PACS lorsque son partenaire décède. Ainsi, on voit s’aligner le statut du partenaire de PACS sur
celui du conjoint. Ainsi, le partenaire de PACS survivant bénéficie du droit temporaire au
logement (article 515-6 al 3 du code civil). En outre, il peut demander l’attribution
préférentielle du logement (article 515-6 al 2 du code civil), dans le cas où le de cujus aurait
gratifié par des dispositions testamentaires son partenaire de PACS survivant.
En résumé - les règles énoncées dans les sections 1 & 2 peuvent être bousculées, en raison de
l’origine ou de la nature d’un bien ou de certains biens qui se trouvent dans la succession. Au
delà de ces deux formes de dévolutions, il y a donc parfois des dévolutions atypiques qui
existent en raison de l’origine et de la nature des biens.
Les droits de l’Etat sur le plan civil - Lorsque la succession est dite en déshérence c'est-à-dire
lorsqu’il n’a pas de successeur ou lorsque la succession est abandonnée. La succession est
acquise à l’Etat (art 724 al 3 C.Civ) En pratique c’est rare, car si le défunt n’a pas de
successeurs légaux souvent, il va néanmoins designer des légataires testamentaires. Une
succession abandonnée est aussi dans les faits assez rare. Particularité : l’Etat doit se faire
envoyer en possession, c’est une formalité = l’Etat n’est pas saisi de la qualité de succession
de plein droit, il doit faire une formalité qui s’appelle l’envoi en possession.
Les droits de l’Etat sur le plan fiscal - L’impôt successoral est un des impôts les plus anciens. La
loi du 21 mai 2007 est venue modifier les règles de cet impôt de manière profonde en créant
notamment une exonération totale des droits de succession pour le conjoint et le partenaire
pacsé. Alignement de la situation du partenaire pacsé sur celui du conjoint survivant. La
vocation successorale du pacsé n’existe pas, en revanche si le partenaire désigne son
partenaire de pacs comme légataire, tt ce qu’il reçoit par testament sera hors taxe de
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Droit patrimonial de la
succession. Comment marche l’impôt successorale ? Il y a des systèmes d’abattement, selon
qu’on est plus ou moins proche du défunt on bénéficie d’un abattement. S’applique sur le
montant de la part un taux d’imposition qui varie en fonction de la proximité avec le défunt.
Plus on est proche du défaut moins le taux est élevé. Attention : mais plus on reçoit plus le
taux s’élève. Les petites successions sont moins imposés que les plus grandes.
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Droit patrimonial de la
Depuis qu’on parle de dévolution on considère la succession comme un tout. On ne fait aucune
différence selon la nature des biens qui se trouvent dans la succession ou l’origine des biens
qui se trouvent dans la succession, cette indifférence de la nature et de l’origine des biens se
trouve justifié par le principe qui se trouve à l’art 732 C.Civ qui prévoyait un principe d’unité de
la succession : « La loi ne considère ni la nature ni l’origine du bien pour en régler la
dévolution. » La loi du 3 décembre 2001 a supprimé ce texte qui n’a pas été remplacé de sorte
que des auteurs ont pu se demander si le principe existait toujours.
Ce principe date depuis 1804 et les rédacteurs du code civil avaient dû faire un choix, car
dans le droit ancien (avant 1804) il y a avait 2 règles. Dans les pays du droit écrit : Les règles
de l’unité de la succession. Dans les pays coutumiers : La règle coutumière « paterna paternis
materna maternis » les biens paternel au parent de la ligne paternel, les biens maternels de la
ligne maternelle. Dans l’AD dès lors que les biens qui venaient de la branche maternelle
devaient retourner vers la branche maternelle. Et inversement pour le père. Façon de prendre
en compte l’origine des biens pour leur dévolution. Tous les biens n’étaient pas soumis aux
mm règles. Les rédacteurs ont dû trancher entre ces 2 règles et ont tranché pour l’unité de la
succession. Le débat est aujourd’hui apaisé. En réalité, en principe les règles ont vocation à
s’appliquer à toute la masse successorale. Le principe d’unité de la succession est maintenu au
moins tacitement. Mais si le principe est maintenu tacitement, les règles de dévolution décrites
sont écartées dans certains cas pour prendre en compte soit l’origine du bien (appartenance
familiale) soit la nature du bien.
On doit distinguer en réalité plusieurs choses. 1/ Les droits de retours légaux. Ce sont des droits
qui permettent à certaines personnes de récupérer des biens de la succession, car ils sont
frappés d’une origine familiale et qu’on veut que le bien retourne à la famille d’origine. 2/ Les
souvenirs de famille, ont forcément une origine familiale et sont soumis à des règles de
dévolution particulières.
Les droits de retours légaux sont inspirés par l’idée de conservation des biens dans la famille.
Depuis la réforme de 2001 et 2006, il existe dans le code 3 droits de retours légaux, Le droit de
retour légal en cas d’adoption simple (Art 368-1 C.Civ), Le droit de retour légal des collatéraux
privilégiés (Art 757-3 C.Civ), Le droit de retour légal des pères et mères (Art 738-2 C.Civ)
Il existe depuis 1804 et il figure dans les règles relatives à l’adoption. (Art 368-1 C.Civ) L’idée
est que l’adopté reste dans la famille d’origine et rentre dans la famille adoptive, il a en réalité
2 familles. C’est possible que l’adopté simple ait reçu des biens de sa famille adoptive ou de la
famille par le sang. L’idée du droit de retour est que la famille par le sang doit récupérer les
biens qu’elle a transmis à l’adopté simple et la famille adoptive doit récupérer les biens qu’elle
a transmis à adopté simple. La justification tient compte de la situation particulière de
l’adoptive simple.
Conditions quant aux personnes - le droit de retour légal de l’art 368 C.Civ s’applique lorsque
l’enfant adopté simple décède sans postérité et sans conjoint survivant. Le droit de retour légal
ne joue que si l’adopté simple n’a ni enfants, ni descendants, ni conjoint survivant. Qui sont les
bénéficiaires du droit de retour ? Les pères et mères par le sang ou adoptif de l’adopté simple
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Droit patrimonial de la
ainsi que leurs descendants. Il faut donc retrouver soit pères et mères soit des descendants et
ce dans chacune des familles.
Conditions quant aux biens - le droit de retour légal pour sur des biens que l’adopté simple a
reçu à titre gratuit : soit par succession soit par donation de la part des parents par le sang ou
adoptif. Ces biens ne font l’objet d’un droit de retour que s’ils se retrouvent en nature dans la
succession. Exclusion dans deux cas, 1/ Si l’adopté simple a vendu ou dispersé le bien reçu.
2/ Si le bien a été donné de son vivant ou légué. Si
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l’adopté simple décède en faisant un testament qui retient que tel bien est donné à un tel, ce
bien ne peut pas faire l’objet d’un droit de retour.
Les effets - Si les conditions sont remplies, le droit de retour va pouvoir jouer et la succession
s’opère en 2 temps. Les biens objets du droit de retour retournent dans la famille d’où ils
proviennent. S’il reste des biens, on procède à une fente entre la famille adoptive et la famille
par le sang, la moitié de ce qui reste ira à la famille adoptive et l’autre moitié à la famille par le
sang.
Figure à l’article 757-3 C.Civ qui date de 2001. C’est un nouveau droit de retour légal. La
situation dans laquelle ce droit joue : texte s’applique par dérogation à l’art 757-2 C.Civ.
prévoit que le conjoint exclut les collatéraux privilégiés. Cette circonstance nous fait
comprendre la raison d’être de ce droit : dans cette succession il y a peut être des biens qui
viennent du père ou mère et qui devraient alors revenir aux parents et non aux conjoints. C’est
pourquoi on a accordé aux collatéraux privilégias ce droit de retour.
Conditions quant aux personnes - Le droit de retour légal est appelé à jouer lorsque le decujus
décède sans postérité. En présence d’un conjoint survivant et en absence d’ascendants
privilégiés (en cas d’absence de père et mère) mais en présence de collatéraux privilégiés. Les
bénéficiaires du droit de retour sont les collatéraux privilégiés : soit frères et soeurs du decujus
soit leurs descendants.
Conditions quant aux biens - Le droit de retour légal joue uniquement si se trouve en nature
dans la succession des biens que le decujus avait reçu à titre gratuit de la part de ses parents
prédécédé.
Les effets - En réalité, l’effet des collatéraux privilégiés est très bizarre prévu à l’art 753-3
C.Civ, car sur ces biens le droit de retour légal ne joue qu’à moitié. La moitié de ces biens sont
dévolus aux frères et soeurs et l’autre moitié est dévolue au conjoint. Bizarre : le bien ne reste
pas forcément dans la famille. Pour que chacun peut récupérer sa part, il faut le plus souvent
procéder à une vente du bien. L’effet de conservation du bien dans la famille est largement
raté. = grande critique faite à ce texte.
Contexte historique : il existait dès 1804 et il avait été supprimé en 1972, mais a été rétabli en
2006. Pourquoi ce rétablissement ? On a supprimé la réserve des ascendants. Pour compenser
cette suppression, on a accordé aux pères et mères un droit de retour légal prévu à l’art 738-2
C.Civ.
Conditions quant aux personnes - Le droit de retour légal s’applique lorsque le decujus décède
sans postérité, mais en présence de son parent (père ou/et mère) qui est à l’origine de la
transmission du bien. Le bénéficiaire du droit de retour légal est donc le père ou/et mère à la
transmission du bien. Difficulté : Art 738- 2 ne prévoit pas s’il s’applique en présence de
conjoint ou en l’absence de conjoint. Contrairement aux deux autres textes, on n’a pas
d’information. Il y a tt un débat en doctrine qui n’a pas été révolu pour l’instant. Certains disent
que « dans tous les cas » = vise le conjoint. Aujourd’hui on a une difficulté sur le fait de savoir
si le texte s’applique en présence d’un conjoint. Ceci ne préoccupe pas vraiment la JP, car
quand on a des donations aux parents aux enfants, on a des clauses de retour conventionnel,
donc le retour au parent est prévu en cas de décès du donataire. = clause de style dans les
donations.
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Droit patrimonial de la
Conditions quant aux biens - Le droit de retour porte uniquement sur les biens que le decujus a
reçu pas donation. Ne concerne que les biens reçus par donation. Autre différence : il n’est pas
nécessaire que le bien se retrouve en nature dans la succession. En d’autres terme on accord
un droit en valeur aux pères et mères, soit le bien se trouve dans la succession et ils le
récupère soit il ne s’y trouve pas alors ils peuvent prélever la valeur du bien.
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Droit patrimonial de la
L’effet - 1/ Le cas simple - Si le bien se retrouve dans la succession. Mais le texte prévoit que le
droit de retour ne joue qu’à concurrence de la part dudit parent dans la succession. La part des
pères et mères dans la succession : ¼ pour chacun des époux. En réalité, le parent donateur
peut récupérer le bien à condition que ça n’excède pas la part dans la succession. Soit le bien
objet du droit de retour correspond à sa part dans la succession, soit on procède à une
licitation du bien ≠ au but de conservation dans la famille. 2/ Le cas compliqué - Si le bien objet
du droit de retour ne se trouve pas en nature dans le patrimoine, il peut exercer son droit en
valeur ce qui montre la promotion d’une nouvelle idée = possibilité d’avoir des droits en
valeur, alors qu’on préféraient avant les droits en nature.
Les souvenirs de famille - le souvenir qui a un lien avec la famille et dont la valeur affective
l’emporte sur la valeur pécuniaire. On y trouve : album de famille, décorations. Il y a une
difficulté : tendance de qualifier trop les choses de souvenirs de famille. Il ne faut pas figer non
plus trop de biens en dehors du commerce juridique sur la base qu’il constitueraient des
souvenirs de famille. Souvent la Cass écarte la qualification.
Le régime - les souvenirs de famille sont intransmissible et indisponibles et ils échappent aux
règles de la dévolution successorale et aux règles du partage telles qu’elles sont prévues par
le code civil, ces souvenir de famille sont confiées à un héritier dépositaire du souvenir de
famille. Les souvenirs sont confiés à un des héritiers à titre dépôt. Si pas d’entente entre les
héritiers, le tribunal choisit l’héritier. Evidemment, cet héritier ne peut prétendre en être
proprio en faisant jouer le principe de la possession, il ne peut pas non plus céder le bien du
moins sans l’accord des autres membres de la famille. Il peut présenter le souvenir de famille
aux autres membres. À la mort de l’héritier dépositaire on désigne un nouveau héritier
dépositaire.
Ces concessions échappent elles-aussi aux règles de dévolution du droit commun. C’est une JP
ancienne qui a décidé que les droits de sépultures passent aux héritiers en état d’indivision
perpétuelle.
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Droit patrimonial de la
La question de la dévolution : qui hérite de combien ? Cette étape est importante, car elle
guide les 2 étapes finales à savoir la liquidation et le partage de la succession. Entre la phase
de dévolution et le partage, il y a une période intermédiaire, car ça demande des opérations
notariales et tt ça ne se réalise pas rapidement. Cette période intermédiaire se caractérise par
3 étapes importantes. 1/ L’option, qui était héritier et est-ce qu’il veut de la succession ? Ce
n’est pas parce qu’on est désigné héritier qu’on est obligé d’accepter la succession. 2/ La
saisine, l’appréhension de la succession. Est-ce qu’on a besoin d’accomplir des formalités
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Droit patrimonial de la
particulières ? 3/ La gestion de l’indivision successorale, L’administration de la succession - il y a
des biens dans la succession qui demandent de s’en occuper. Il y a des décisions à prendre.
Grâce à la dévolution on sait qui est héritier, mais si les règles de la dévolution permettent de
désigner des héritiers en revanche, la loi n’impose aucunement la succession aux héritiers. Cet
héritier peut faire un choix
= option successorale. Cet option en droit français est une option qui repose sur 3 branches.
L’héritier peut accepter la succession. L’héritier peut renoncer à la succession. L’héritier peut
accepter la succession à concurrence de l’actif net
Le droit d’opter c’est un droit subjectif et potestatif, car cela permet à son titulaire d’influer sur
une situation juridique et cette option s’exerce au moyen d’un exercice unilatéral de la part
de l’héritier. Cet acte présent un certain nombre de caractères. 1/ L’option doit être libre :
l’héritier peut choisir le parti qui lui convient. 2/ L’option doit être discrétionnaire : l’exercice de
l’option n’est jamais susceptible d’abus de droit. C’est un choix qui n’appartient qu’à l’héritier.
Avec une limite : cas de l’héritier qui renonce à une succession alors qu’il a des créanciers et
que les créanciers estiment que si l’héritier accepterait la succession ce serait favorable pour
eux. Il est prévu que le créancier de celui qui s’abstient à accepter une succession, peut
obtenir en justice une acceptation de la succession au titre de l’héritier par l’action de la voie
de l’action oblique. 3/ L’option doit être pur et simple : elle ne peut être assortie d’aucune terme
ni d’aucune condition. C’est le tt ou rien de l’option. 4/ L’option est indivisible : Art 769 al 1 -
L’option du successible vaut pour la totalité de la succession et d’ailleurs ce caractère
indivisible de l’option est une des conséquences du principe d’unité de la succession. (Mm si
plus écrit dans le code civil) Exception : s’il y a un droit de retour légal, c’est une dévolution
particulière, donc on peut imaginer de renoncer à la succession normale et d’accepter la
succession anormale ou inversement. Il faut exercer 2 fois son option : une fois pour la
succession normale et une fois pour la succession anormale.
Les titulaires de ce droit d’option - les héritiers qui sont désignés soit par la loi soit par le
testament. Evidemment, comme l’option est libre, chaque héritier peut choisir son partie. Ce
n’est pas parce qu’un accepte, que les autres doivent accepter aussi. Des héritiers peuvent
accepter d’autres peuvent renoncer.
L’acte unilatéral d’opter est soumis à un certain nombre de conditions de validité de l’acte lui-
mm, mais aussi à des conditions de délai et les nouvelles réformes ont raccourci ce délai.
L’acte d’opter est un acte unilatéral qui est soumis aux conditions de validité de tout acte
juridique. 1/ La condition tenant au consentement : le consentement doit non seulement exister,
mais aussi ne pas être vicié, ce qui explique que l’acte d’option peut être contesté sur le
terrain des vices du consentement (dol, erreur, violence). 2/ La condition tenant à la capacité :
règles particulières qui concerne l’héritier vivant, mais aussi l’héritier qui aurait décédé avant
d’exercer son option.
Pour les héritiers vivants - certains font l’objet de règles de protection : 1/ Le mineur sous
tutelle : son tuteur peut accepter purement et simplement la succession, mais uniquement si
l’actif dépasse manifestement le passif. S’il n’y a pas de risque pour le mineur. Pour
l’acceptation : Soit le tuteur obtient une attestation du notaire qui le démontre soit le tuteur
obtient l’autorisation du juge des contentieux de la protection ou du conseil de famille (Art 507-
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Droit patrimonial de la
1 C.Civ) Pour l’acception à concurrence de l’actif net, le tuteur peut accepter seul. 2/ Le mineur
(en présence de parents) : les parents peuvent accepter à concurrence de l’actif net la
succession à laquelle est appelée l’enfant mineur. En revanche, pour la renonciation ou
l’acceptation pure et simple, il faut demander l’accord du juge des contentieux de la
protection. 3/ Le majeur sous tutelle : mm règles que pour le mineur sous tutelle. 4/ Le majeur
en curatelle : il est simplement assisté, c’est le majeur en curatelle seul qui peut accepter à
concurrence de l’actif net. Pour la renonciation ou l’acceptation pure et
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Droit patrimonial de la
simple, il doit être assisté par son curateur. 5/ Le majeur sous sauvegarde de justice : il est
libre d’exercer les 3 partis.
Pour l’héritier qui est décédé avant d’opter - cette personne décède à son tour avant d’avoir
exercer sont droit d’opter. Ce droit d’opter est transmis dans la succession (art 775 C.Civ)
Particularité : le droit d’opter est transmis aux héritiers et ils l’exercent séparément chacun
pour sa part. Celui qui devrait opter avait droit à ½ de la succession, donc le droit d’option est
transmis à ses héritiers, mais en réalité, ils se partagent de ½ et chacun des héritiers peut
opter pour ou contre l’acceptation de la succession du défunt.
Le délai qui précède l’option d’une durée de 4 mois pendant lequel l’héritier ne peut être
contraint d’opter. C’est une forme de délai de réflexion laissé à l’héritier. (Art 771 C.Civ).
Autre délai modifié par la loi du 23 juin 2006 : les héritiers ont un délai maximum de 10 ans à
compter de l’ouverture de la succession pour exercer leur option. C’est un délai de
prescription. (A été largement raccourci, car avant 20 ans) Si au bout de 10 ans l’option n’est
pas exercé, l’héritier est réputé avoir renoncé. (Art 780 C.Civ). Mais est-ce que l’héritier peut être
contrainte d’accepter entre les 4 mois et 10 ans ? Il existe depuis 2006, une action interrogatoire. Les
créanciers successoraux, mais aussi les co-héiritiers disposent désormais de cette action
interrogatoire qui permet de sommer l’héritier de prendre partie. Il dispose d’un délai de 2
mois qui peut être éventuellement prolongé par le juge. La sanction de l’absence d’option :
L’héritier qui est sommé d’opter et qui n’opte pas est réputé acceptant pur et simple. (Art 772
C.Civ)
Attention : les créanciers personnels de l’héritier n’ont pas cette action interrogatoire, ils n’ont
que l’action oblique.
L’acceptation peut soit être expresse soit être tacite. Dans certains cas, elle va être forcée.
Expresse (Art 782 C.Civ) - Elle est expresse lorsque l’héritier prend le titre ou la qualité
d’héritier dans un acte authentique ou acte sous seing privé. L’acceptation pure et simple
expresse nécessite un écrit pas nécessairement un écrit authentique, mais peut aussi être un
écrit sous seing privé. En pratique ceci résulte souvent de l’acte de notoriété qui est un acte du
notaire qui indique qui est héritier du défunt. = forme d’acceptation expresse.
Tacite (Art 782 C.Civ) - Elle est tacite lorsque l’héritier fait un acte qui implique nécessairement
son intention d’accepter. Il accomplit cet acte qu’il n’aurait pas accepté s’il n’aurait pas la
qualité d’acceptant. L’héritier peut faire un acte matériel ou juridique dans lequel il indique la
volonté d’accepter la succession. Il y a un doute sur ce qui valait acceptation tacite en JP. La
réforme de 2006 a fourni des exemples posés à l’art 783 C.Civ qui indique les actes qui
impliquent une acceptation tacite et les actes qui excluent tt acceptation tacite. Par
exemple l’acte de cession accomplit par un héritier de tt ou partie de ses droits dans la
succession vaut acceptation tacite. La renonciation à titre gratuit que fait un héritier au profit
de ses co- héritiers ou des héritiers de rang subséquent. L’art 784 C.Civ donne des actes qui
n’implique pas d’acceptation tacite comme les actes purement conservatoire ou de
surveillance : payer les frais funéraires ou encore certains dette successorales qui présentent
un certain caractère urgent, des actes d’administration provisoire (par exemple :
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Droit patrimonial de la
renouvellement d’un bail ne valent pas acceptation tacite.
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Droit patrimonial de la
peut avoir plusieurs formes soit on l’appréhende de manière direct et matérielle, soit un
héritier qui se trouve ne possession du bien au moment de la succession ou soit des héritiers
ne sont pas connus sauf de certains autres co-héritier, mais celui qui a connaissance du co-
héritier cache la présence de celui-ci. 2/ Élément intentionnel : le recel est caractérisé si on
rapporte la preuve de l’intention frauduleuse c'est-à-dire que l’auteur avait l’intention de
rompre l’égalité entre les héritiers.
Sanction - acceptation pure et simple forcée de la succession. Ce sont les co-héritiers et les
créanciers successoraux pour demander la condamnation de l’héritier au recel successorale.
Non seulement il est considéré comme acceptant pure et simple, mais il se voit aussi privé de
sa part sur les objets recelés. Il est admis en matière de recel successorale : restitution
spontanée est admise. Le recel ne peut être caractérisé et il n’est pas soumis à la sanction.
L’acceptant pur et simple accepte la succession à la fois tout l’actif, mais aussi tout le passif.
L’acceptant se retourne continuateur de la personne, le patrimoine du défunt se trouve
confondu avec le patrimoine de l’héritier. Conséquence : héritier acceptant est tenu du passif
de la succession au de la des force de la succession. On dit que l’héritier est tenu : « ultra vires
sucessoris » (au delà des forces de la succession) Si l’actif de la succession n’est pas suffisant
de payer le passif de la succession, les créanciers peuvent se payer sur le patrimoine
personnel de l’héritier acceptant pur et simple. L’héritier répond indéfiniment des dettes de la
succession.
La procédure a été allégé par la loi du 23 juin 2006 : le nom a changé - avant on parlait
d’acceptation sous bénéfice d’inventaire. Contrairement à l’acceptation pure et simple, elle est
nécessairement expresse. Un formalisme strict est prévu aux art 793 et 794 C.Civ qui
excluent que l’acceptation à concurrence de l’actif net soit tacite.
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Droit patrimonial de la
Les effets concernant le passif - L’héritier acceptant à concurrence de l’actif net n’est tenu
qu’intra vires successionis c'est-à-dire dans la limite des forces de la succession. Seul l’actif de
la succession sera utilisé pour absorber le passif de la succession. De là résulte 2 situations
possibles : Soit le passif a été entièrement absorbé et il reste qqch à l’actif. C’est ce que reçoit
l’héritier. Soit il ne reste rien à l’actif : soit tt
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Droit patrimonial de la
les dettes ont été payés soit tt les dettes n’ont pas été payés. Mais ceci n’a pas de
conséquence pour l’héritier.
Les effets concernant la séparation des patrimoines - C’est le principe en matière d’acception à
concurrence de l’actif net. L’héritier se trouve à la tête de deux patrimoines. Pas de confusion
de patrimoines
Les effets concernant la publication - Il est prévu que le choix de l’acceptation est publié au
BODAC, ce qui a des conséquences lourdes pour les créanciers, car elle déclenche pour les
créanciers une obligation de déclaration de créances. Tous les créanciers de la succession sauf
ceux qui disposent d’une sûreté réelle vont devoir déclarer leur créance dans un délai de
15mois à compter de la publicité faite au BODAC. (art 792 C.Civ)L’absence de déclaration :
extinction des créances des créanciers successoraux.
Si après l’inventaire et après les 15 mois l’héritier se rend compte que le passif dépasse
largement son actif, il peut révoquer son acceptation à concurrence de l’actif net, mais que
pour opter pour l’acceptation pure et simple (art 801 et 802 C.Civ)
§3. La renonciation
C’est un acte unilatéral par lequel l’héritier renonce à la qualité d’héritier à condition qu’il n’a
pas accepté avant. Les intérêts d’une telle renonciation soit la succession est déficitaire ou
quand on renonce à la succession on est dispensé des rapports de libéralités, si on a eu des
biens qui correspondent à plus que la part de la succession, donc on a intérêt à renonce à la
succession.
Sur les conditions de fond, on ne peut pas monailler, c’est un acte nécessairement gratuit. Sur
les conditions de forme, la renonciation ne peut qu’être un acte expresse (art 804 C.Civ) Elle
doit être exprimée dans un document qui soit est déposé au TJ dans lequel la succession est
ouverte, soit devant un notaire.
L’art 805 C.Civ prévoit que l’héritier renonçant est censé n’a jamais hérité, il est
rétroactivement considéré comme n’ayant jamais été héritier. Il ne perçoit aucun actif de la
succession et n’est tenu d’aucune dette résultant de la succession. Exception : les héritiers mm
renonçant peuvent être tenus notamment aux dettes des frais funéraires déboursés pour le
défunt ascendant ou descendant. La renonciation n’a pas un effet désormais, elle n’empêche
pas le jeu de la représentation. Jusqu’en 2001, ce n’était pas possible. Le renonçant est
disposé du rapport des libéralités (Art 754 al2 C.Civ)
Un héritier peut-il révoquer sa renonciation ? On ne peut pas revenir sur l’acceptation pure et simple,
on peut revenir sur l’acceptation à concurrence de l’actif net, mais uniquement pour accepter
pure et simple. Pour la révocation, on ne peut pas la révoquer, sauf en des cas exceptionnels,
1/ Il ne peut la révoquer que si un autre héritier n’a pas entre temps accepté la succession. 2/ Il
faut toujours être dans le délai d’option de 10 ans. 3/ Si jamais la succession a été dévolue à
l’Etat, il faut que l’Etat ne soit pas encore entré en possession de la succession. Le renonçant
peut révoquer sa renonciation si ces conditions sont remplies, mais seulement pour devenir
acceptant pure et simple. Elle se fait de manière tacite ou expresse. En pratique la révocation
de la renonciation est très rare.
Il y a trois autres grands moments. Appréhension du patrimoine du défunt par les héritiers : du
fait du décès et du fait que le droit français a opté pour le système de la continuation du
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Droit patrimonial de la
patrimoine du défunt, les héritiers reçoivent les biens du défunt. Mais les biens du défunt
peuvent se trouver dans le patrimoine de tiers. C’est une question de mise en possession
matérielle des héritiers. Il faut gérer l’indivision et la succession : La gestion de l’actif d’une
part et la gestion du passif de l’autre part. Quand tt ces étapes sont achevées, intervient le
partage de la succession = étape finale par laquelle les biens sont distribués entre les héritiers.
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Droit patrimonial de la
Il faut distinguer la question de la propriété. Qui devient propriétaire ? Les héritiers en raison du
principe de la continuation de la personne. Appréhension matérielle des biens du patrimoine du
défunt. Ces biens ne sont peut-être pas en possession des héritiers, et parfois ces biens sont
entre des mains de tiers, il faut les récupérer. En droit français, l’appréhension passe par la
saisine héréditaire (art 724 C.Civ) qui permet aux héritiers d’appréhender les biens. En réalité,
tous les héritiers ne sont pas saisis, seulement certains sont saisis, donc d’autres vont devoir
une démarche supplémentaire c'est-à-dire s’envoyer en possession pour obtenir
l’appréhension matérielle des biens.
La saisine en principe est attribuée aux héritiers légaux qui sont en rang utile c'est-à-dire appelés
à la succession. En revanche, pour les héritiers testamentaires la situation se complique. Le
légataire universelle est saisi souvent en présence d’héritiers réservataires. Les légataires à
titre universels et particuliers : eux ne sont jamais saisis. Qui est saisi ? Toujours les héritiers
légaux et les légataires universelle à condition qu’il n’y a pas d’héritiers réservataires.
On admet que le défunt ait plusieurs enfants, ils sont tous saisis. Mais la saisine est
l’appréhension matérielle du bien. Le code civil prévoit 2 hypothèses : Un seul héritier
appréhende le bien et les autres sont désintéressés. Dans ce cas, le code civil estime que
l’héritier peut seul appréhender le bien. Il permet d’user le bien, mais ceci ne veut pas dire
qu’on le lui attribue par après. Si plusieurs héritiers veulent de saisir du mm bien, on doit
discuter ou mm saisir le juge pour qu’il désigne une administrateur.
La saisie joue de pleins droits pour les successeurs saisis, ils peuvent donc accomplir des actes
sur ces biens, mais il y a une difficulté, lorsque ces biens se trouve entre les biens de tiers.
L’héritier doit prouver sa qualité d’héritier si les biens se trouve entre les mains de tiers. Elle
peut être rapportée. 1/ Soit de manière non-contentieuse : En 1804, la preuve de la qualité
d’héritier n’était pas bien réglée, c’est une pratique notariale qui s’était composé = acte de
notoriété dans lequel le notaire indique qu’à leur connaissance telle personne est bien l’héritier
du défunt et qu’il a le droit d’appréhender ses biens. La réforme de 2001 a intégré cette
pratique au code civil art 730 et ss. Il est dressé sur déclaration du notaire qui le dresse après
avoir recueilli un certain nombre de documents le prouvant. D’autres modes de preuve non
contentieuses : pour les biens immobiliers on a l’attestation immobilière qui indique qu’un tel
est héritier du propriétaire du bien immobilier. 2/ Soit de manière contentieuse : C’est une action
particulière = action en pétition d’hérédité qui est introduite par une personne qui se prétend
héritier du decujus. Elle a un double objet revendication de sa qualité d’héritier et
revendication des biens de la succession qui lui reviennent.
Les successeurs non saisis sont le légataire universel en présence de réservataire, le légataire
à titre universel et à titre particulier et l’Etat. L’idée est que ces héritiers ne sont pas des
héritiers normaux, il faut donc vérifier leur titre. Il y a une incertitude plus forte qui porte sur
ces héritiers. Ils doivent faire vérifier leur titre avant d’obtenir l’appréhension du patrimoine.
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Comment s’opère-t-il ? La délivrance des lègues : Les légataires vont devoir demander la
délivrance de leurs lègues au successeurs qui sont saisis et à qui ce lègue préjudicie
directement. Cette demande en délivrance peut être expresse. Le successeur saisi qui a le bien
en sa possession va vérifier le titre du légataire non saisi et constate sa régularité et il va
délivrer le lègue. Mais la délivrance peut aussi être tacite c'est-à-dire que le successeur à
partir du moment où il paye le lègue sans mm vérifier le titre.
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Les effets - Le légataire peut entrer en possession du bien qui est l’objet du lègue. L’envoie en
possession n’est qu’une question matérielle, le légataire est dès le décès le propriétaire du
bien. La seule chose à quoi sert la délivrance et l’envoie en possession c’est la récupération du
bien.
Evidemment, cette question ne suscite de difficultés qu’en cas de pluralité d’héritiers. S’il y a
une telle pluralité, on se trouve en situation d’indivision, les successeurs ont des droits de
nature identique sur les mêmes biens. L’indivision : 2 héritiers qui ont les mm droits sur les
mm biens.
Le droit commun de la gestion de l’indivision figure aux articles 815 et s C.Civ. Certains
grandes règles 1/ Nul peut être contraint de rester en indivision. C’est une menace qui plane sur tt
le période de gestion de l’actif successoral. Lors de la grande réforme par la loi du 31
décembre 1976, elle a été assortie de tempéraments. 1/ Lorsqu’un ou plusieurs indivisaires
demandent le partage, si les autres estiment que ce n’est pas un moment opportun de diviser,
on peut demander au juge un sursis de max 2 ans au juge. 2/ Si la majorité des indivisaires,
avait le souhait de rester dans l’indivision, ils peuvent procéder à une attribution éliminatoire.
Ceci consiste à prendre un ou plusieurs biens de l’indivision à l’héritier qui veut sortir, mais les
autres restent en indivision. Il n’y a pas de partage en tant que tel. 2/ Les règles de gestion de
l’indivision ont été amélioré par la réforme de 1976. En 1804, la plupart des décisions se
prenaient à l’unanimité, donc ceci a mené a bcp de blocages. Les articles 815 et s. C.Civ
réduisent l’unanimité et améliorent l’exploitation économique des biens qui se trouvent dans
l’indivision. S’agissant des pouvoirs des indivisaires, il faut distinguer selon le type d’acte qui
sera accompli.
- Pour les actes conservatoires : un indivisaire peut le faire seul. La loi de 2006 a supprimé
la condition d’urgence.
- Pour les actes d’administration : depuis 2006, les actes d’administration peuvent être
accomplis à la majorité des ⅔ des indivisaires.
- En revanche, pour les actes de disposition, il faut toujours l’unanimité des indivisaires.
Les articles 812 à 817 C. Civ. C’est un contrat spécial de mandat dont l’objet est de désigner
un mandataire qui est chargé de gérer la succession pendant un certain temps. Cette
désignation doit se faire par acte authentique. Le mandat est donc nécessairement un acte
notarié. Mais le mandat de gestion post-hume n’est possible que dans certains conditions et
donc que s’il est justifié par un intérêt sérieux et légitime au
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regard de la personne de l’héritier ou du patrimoine successorale. Il y a une obligation de
motivation qui pèse sur le contrat de gestion post-hume, par l’intérêt. Si tous les héritiers sont
mineurs, la configuration familial peut être compliqué et donc il serait mieux de désigner qqn
pour gérer. Le mandat post hume a été conçu par ailleurs, en présence de succession
d’entreprise. Outre cette condition spéciale, le mandat de gestion post hume est donné pour
une durée limitée. C’est une durée de 2 ans qui peut être prorogeante une ou 2 fois. Cette
durée peut mm être portée à 5 ans dans certains cas. Le mandat est en principe un contrat à
titre gratuit, le mandataire exerce sa mission gratuitement, mais le contrat peut prévoir une
rémunération pour le mandataire. Enfin, le mandat de gestion post hume prend fin à l’arrivée
de certains événements, soit l’arrivée du terme prévu par le mandat ou soit par la révocation
judiciaire du mandat
1. Convention d’indivision - les indivisaires organisent les règles qui régissent leur indivision. Il
y a une durée qui est prévue pour l’indivision et souvent les indivisaires s’entendent pour
désigner une mandataire qui va gérer l’indivision pour le compte de tous. On peut aussi
aménager les règles de vote.
2. Désignation d’un héritier - on reste dans les règles de droit commun. Mais on peut nommer
un mandataire (art 813 C.Civ).
3. Ils peuvent mm aller plus loin en prévoyant une 2ème forme de mandat. Un mandat général
d’administration qui présente les ⅔ des droits indivis qui peuvent donner un mandat général
d’administration à l’un ou plusieurs entre eux. (Art 815-3 C.Civ)
Le passif successoral est constitué de trois séries de dettes. 1/ Les dettes du défunt - contractés
de son vivant et qu’il n’avait pas encore payé. Peu importe l’origine de ces dettes. 2/ Les dettes
qui sont nés après l’ouverture de la succession, mais qui ont leur cause dans le décès - On trouve
notamment les frais funéraires, les frais de notaire ou frais de liquidation. Elles sont assimilées
à des dettes successorales pour qu’elles soient plus facilement acquittés. 3/ Les lègues de
sommes d’argent - qui dit créance dit dette pour la succession
Il faut combiner deux informations. 1/ Seuls les successeurs universelles ou à titre universel
sont tenus du passif successoral. On a vocation à tt actif, donc on a aussi vocation à tt passif.
2/ La forme de l’acceptation. Cette règle ne s’exprime comme cela que lorsqu’il y a une
acceptation pure et simple. Alors qu’au contraire, lorsque le successeur qui soit universel ou à
titre universel n’a accepté qu’à concurrence de l’actif net, il ne sera tenu du passif qu’à
hauteur de l’actif qu’on trouve dans la succession. En d’autres termes, il ne sera pas tenu de
son propre patrimoine du paiement des dettes de la succession. Soit l’actif suffit pour payer le
passif.
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Partage de l’indivision et non le partage de la succession qui elle n’existe pas. Une règle
fondamentale est le principe de l’égalité du partage. Ce principe peut être un faux-amis, car ceci
ne veut pas dire que chacun va avoir la même chose. Chaque héritier doit recevoir un lot qui
correspond exactement à sa vocation successorale. Les questions qui se posent, les
demandeurs au partage : qui peut le demander ? Comment se compose la masse partageable ?
Comment répartir les biens ?
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Il y a un principe à l’article 815 C.Civ : nul ne peut être contraint de rester en indivision. Qui
peut demander le partage ? N’importe quel co-indivisaire. Mais aussi les créanciers personnels de
l’héritier. Peuvent avoir demander de la demander, car tant que le bien est en indivision, il est
bloqué. Ils disposent d’une action oblique pour exercer l’action en demande de partage. (Art
815-17 C.Civ)
Exceptions - Le sursis de partage de deux ans qui peut être accordé par le juge, l’attribution
éliminatoire et possible maintien dans l’indivision pour des biens particuliers : si un
apparement est dans l’indivision, mais assure le logement familiale, dans ces cas, le conjoint
survivant ou représentant des enfants mineurs peut demander pour que le bien soit laissé en
indivision pour une durée de 5 ans. Pour protéger les enfants.
Pour l’identifier, il faut recenser tous les biens du défunt qu’on met à l’actif, mais au sens large
c'est-à-dire autant les biens meubles que les biens immeubles ainsi que les créances. On fait le
recensement de tt les dettes du défunt qui constitue la colonne du passif. Mais à cette masse
partageable doit être rajouté la réunion fictive des donations ou libéralités rapportantes. Peut
alors intervenir le partage, mais qui ne peut intervenir que si l’actif est supérieur au passif.
Ces modalités sont la concrétisation des règles de la dévolution. Les règles du partage
permettent d’établir les lots de chacun des héritiers. Ce partage peut prendre trois formes.
Partage amiable - hypothèse la plus simple. Les copartageant sont d’accord et s’entendent par
une convention de partage par laquelle elles se partagent les biens de la succession. Pas
nécessairement un acte authentique, peut aussi être un acte sous seing privé. Mais en
pratique, souvent un acte authentique, car souvent quand il y a un immeuble, il faut un acte
notarié pour la publicité notamment. En terme de preuve par ailleurs, l’acte notarié est
beaucoup plus fort.
Que se passe-t-il si un héritier n’est pas satisfait du partage ? Peut-il le remettre en cause ? Le partage est
un des actes qui permet l’application d’un mécanisme du droit des obligations qui n’est en
principe pas utilisé en droit français. Un des rares cas dans lesquels la lésion est admise,
c’est le partage. Le co-partageant peut demander la décision pour la décision de partage, en
cas de lésion du plus du ¼. Il peut la demander dans l’année qui suit le partage. Elle se fait par
une action en complément de part.
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L’article 883 C.Civ prévoit que le partage a un effet déclaratif, donc les co-partageant sont
tenus de garder directement leur biens du défunt, donc l’effet est d’effacer la période
d’indivision.
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