Codex Cours Gestion Actifs Passifs Master Banque Finance)
Codex Cours Gestion Actifs Passifs Master Banque Finance)
SUPPORT DE COURS
Mr Steve DEUTCHO
Expert financier
Téléphone : 674 19 10 34
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SOMMAIRE
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CHAPITRE2 : IDENTIFICATION ET CARTOGRAPHIE DES RISQUES BANCAIRES .......................... 18
1. Risque de contrepartie ............................................................................................................... 18
1.1. Risques liés à une créance .................................................................................................... 19
1.2. Risques liés aux engagements de hors bilan ......................................................................... 20
1.3. Risques liés aux titres détenus ............................................................................................... 20
1.4. Risque pays ou souverain ..................................................................................................... 20
2. Risque de marché.......................................................................................................................... 21
2.1. Risque de taux ....................................................................................................................... 21
2.2. Risque de change .................................................................................................................. 21
2.3. Spéculation sur titres financiers .............................................................................................. 22
3. Risque de liquidité ......................................................................................................................... 22
3.1. Définition ................................................................................................................................ 22
3.2. Course aux dépôts ................................................................................................................. 22
3.3. Risque de liquidité et risque de taux ....................................................................................... 22
4. Autre risques liés à l’activité bancaire ................................................................................................ 23
4.1. Risque opérationnel................................................................................................................ 23
4.2. Risque technique .................................................................................................................... 23
4.3. Risque de « fraude » .............................................................................................................. 23
CHAPITRE 3 : OUTILS ET TECHNIQUES DE GESTION DES RISQUES ............................................ 24
1. Gestion du risque de crédit ............................................................................................................ 24
1.1. Approche individuelle .................................................................................................................. 24
A. Méthode du Scoring ................................................................................................................... 25
B. Modèles d’évaluation interne du risque de crédit ....................................................................... 26
1.2. Mesure par la Value At Risk (VAR) ............................................................................................ 28
2. Gestion des risques de liquidité et de taux : Méthodes des impasses ....................................... 31
3. Gestion des postes bancaires ............................................................................................................ 33
3.1. Cession de créances ....................................................................................................................... 34
3.2. Titrisation ........................................................................................................................................ 34
3. Innovations financières et produits dérivés ........................................................................................ 37
CHAPITRE 4 : REGLEMENTATION PRUDENTIELLE DES BANQUES ............................................... 38
1. Composantes de la réglementation bancaire ..................................................................................... 39
2. Surveillance prudentielle .................................................................................................................... 39
2.1. Ratios prudentiels ........................................................................................................................... 39
3
2.1.1. Surveillance de la liquidité ........................................................................................................... 40
2.1.2. Ratio de division des risques................................................................Erreur ! Signet non défini.
2.1.3. Ratio de fonds propres ................................................................................................................. 40
2.2. Réforme de Bâle II .......................................................................................................................... 43
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CHAPITRE INTRODUCTIF :
PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA GESTION ACTIFS PASSIFS
Définition
La Gestion ALM (Assets and Liabilities Management) ou encore Gestion des Actifs Passifs peut être
définie comme une méthode coordonnée permettant aux institutions financières, et notamment à une
banque, de gérer la composition et l'adéquation de l'ensemble de ses actifs et passifs et de son hors-
bilan en vue d’optimiser sur le rapport rentabilité / risque.
C’est une pratique développée par les institutions financières anglo-saxonnes à partir des années 1970-
80 en raison de la déréglementation et de l’accroissement de la volatilité des taux d’intérêt
Objectifs et intérêts de la Gestion ALM
Démarche ALM
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CHAPITRE 1 :
LA BANQUE ET SES EQUILIBRES
Références bibliographiques
F. Bussac et M. Quinault (2000), Le bilan d’une banque, Banque éditeur.
S. de Coussergues (2002), Gestion de la banque : du diagnostic à la stratégie, Dunod.
P.C. Pupion (1999), Economie et gestion bancaires, Dunod.
Les établissements bancaires et financiers ont des fonctions multiples de première importance pour
l’économie, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Celles-ci comprennent notamment :
- les systèmes de paiement pour l’échange de biens et de services,
- la collecte des dépôts et autres fonds afin de financer les demandes de crédits,
- le transfert des ressources économiques à travers le temps, les régions géographiques et les
branches de l’économie,
- les méthodes pour gérer l’incertitude et contrôler le risque,
- les informations qui aident à la résolution de problèmes d’asymétrie d’information.
Toute opération de banque est concrétisée par un enregistrement de type comptable, qu’il s’agisse de
la collecte de dépôts, de l’octroi de crédits ou de la gestion des moyens de paiement. L’enregistrement
se fera par le débit et le crédit de comptes étant reportés en fin d’exercice dans les documents de
synthèse :
le bilan : c’est un état patrimonial des créances et des dettes à un moment donné. A l’actif sont
inscrits les emplois de fonds faits par la banque (avoirs de la banque, crédits à la clientèle, les
placements en titres…). Au passif au contraire sont enregistrés les ressources collectées sous
forme de titres, de dépôts ou de compte épargne. A ce bilan est joint un hors bilan qui retrace des
engagements futurs ou potentiels de la banque.
le compte de résultat : il est composé en premier lieu de comptes de charges qui correspondent
essentiellement aux rémunérations versées aux facteurs de production et aux apporteurs de
ressources (autres que les actionnaires). En second lieu, le compte de résultat est composé de
comptes de produits correspondant aux commissions perçues et à la rémunération des emplois de
fonds.
Les activités et la rentabilité d’un établissement d’une banque peuvent être appréciées à partir d’une
analyse financière réalisée sur ces documents de synthèse.
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1. Bilan de la banque
En raison des conventions adoptées chaque inscription au crédit d’un compte s’accompagne d’une
inscription au débit d’un autre compte.
1.1. Actif du bilan
L’actif du bilan individuel est composé d’une liste de postes et on constate, par rapport à la comptabilité
générale deux différences notables :
- la présentation est inversée puisque les opérations de trésorerie figurent en haut de bilan et les
immobilisations en bas ;
- les valeurs portées dans l’actif sont des valeurs nettes d’amortissement et de provisions.
Quatre catégories d’opérations peuvent être distinguées.
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1.1.2. Opérations avec la clientèle
Ce sont les crédits consentis, sous toutes leurs formes. Par crédit il faut entendre les fonds
effectivement à disposition de la clientèle car les engagements par signature figurent au hors bilan. La
clientèle ne comprend pas les établissements de crédit. Elle est composée d’entreprises, de particuliers,
d’administrations privées ou publiques mais aussi les agents financiers comme les OPCM ou les
entreprises d’investissement. De ce fait, les crédits de type internationaux à d’autres banques sont
enregistrés dans les opérations de trésorerie interbancaires. La qualité de la contrepartie l’emporte sur
le type d’opération.
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1.1.4. Valeurs immobilisées
Bien qu’elles aient en commun la caractéristique d’être un emploi stable, les valeurs immobilisées
constituent un ensemble plutôt hétérogène. Elles incluent :
- les immobilisations financières: les titres de participation, autrement dit les titres acquis afin
d’exercer un contrôle ou une influence durable sur l’entreprise émettrice 1 ; les parts dans les
entreprises liées correspondants aux actions détenues dans les sociétés susceptibles de faire
l’objet d’une consolidation par intégration globale.
- les immobilisations dont la détention est liée à l’exploitation de l’établissement de crédit dans le
cadre de contrats de crédit-bail ou de location simple.
- les immobilisations corporelles (biens matériels détenus et destinés à servir à la production de
biens et de services : terrains, installations) et incorporelles (fonds de commerce autrement dit la
clientèle, les concessions, les brevets, les logiciels acquis ou créés par l’établissement…).
L’actif du bilan se termine avec deux postes qui peuvent inclure des opérations bancaires spécifiques :
le poste qui comptabilise les primes d’options achetées et le poste d’ajustement qui reprend entre autre
la contrepartie entre autres la contrepartie des produits constatées au compte de résultat sur les
engagements de hors bilan et sur instruments financiers dérivés, évalués en valeur de marché.
1Ces participations sont limitées. Les banques ne peuvent pas détenir des participations dans les entreprises industrielles et
commerciales qu’à hauteur de :
- 15% du montant de leurs fonds propres en ce qui concerne chaque participation,
- 60% du montant de leurs fonds propres en ce qui concerne l’ensemble des participations.
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1.2.3. Opérations sur titres
Ce sont les titres émis par les banques sur les différents marchés de capitaux afin de se procurer des
ressources, à l’exception des actions et des titres subordonnés, les titres de créances négociables ou
les emprunts obligataires.
1.2.4. Provisions et fonds propres
Ces postes correspondent à deux catégories d’opérations.
Opérations de provisionnement
- les provisions pour risques et charges : elles sont destinées à compenser des évènements
futurs qui ne concernent pas une dépréciation d’un élément d’actif (comme en comptabilité
générale).
- les fonds pour risques bancaires généraux (FRBG) : ils sont propres à l’activité bancaire. Ce
sont des provisions pour risques sans affectation déterminée en dérogation de la règle
comptable selon laquelle toute provision compense un évènement à survenance probable et un
risque identifié. Les FRBG font partie des fonds propres réglementaire (ils sont propres à
certains, notamment la réglementation Européenne et ne sont pas autorisés par la
réglementation internationale)
Postes enregistrant les ressources stables de la banque
On distingue :
- les capitaux propres hors FRBG : ils sont composés des capitaux propres au sens habituel du
terme, y compris les provisions réglementées.
- les dettes subordonnées: elles comprennent les émissions de titres avec clause de
subordination qui font partie des fonds propres réglementaires ainsi que les dépôts de garantie
à caractère mutuel.
Le total du bilan (actif ou passif) est en général l’indicateur retenu pour désigner la taille d’une banque.
C’est un indicateur logique car le bilan d’une banque reflète bien l’intensité des relations avec la
clientèle et avec les marchés par le biais des opérations clientèle et sur titres.
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Le hors bilan distingue les engagements donnés et les engagements reçus en les décomposant en :
- engagements de financement comme les confirmations de crédit
- engagements de garantie comme les cautions et avals (garanties apportées par la clientèle lors
de l’octroi d’un prêt, etc.)
- engagements relatifs aux instruments financiers (produits dérivés) qui sont inscrits pour leur
montant nominal. Ces opérations sur instruments financiers font partie des activités de marché
d’une banque. Elles sont utilisées soit à des fins de couverture de risque, soit à des fins
spéculatives.
Le solde des opérations de trésorerie retrace les relations de l’établissement avec les autres agents
financiers dont, en premier lieu la Banque Centrale. Les banques empruntent à court terme les
ressources leur faisant défaut ou place au contraire leur excédent.
Le solde des opérations avec la clientèle se calcule en comparant les opérations de clientèle de
l’actif et du passif. Une banque est soit :
- prêteuse nette en capitaux clientèle si les emplois excèdent les ressources ;
- emprunteuse nette en capitaux clientèle si les ressources excèdent les emplois.
La nature du solde des opérations avec la clientèle résulte en grande partie des choix opérés par un
établissement en matière de financement. Ainsi, une banque disposant d’un réseau étendu de guichets
aura le plus souvent un excédent net de ressources lié à l’importance des dépôts collectés. Elle placera
cet excédent auprès d’établissements de crédit qui au contraire ont besoin de ressources et ont recours
au refinancement sur le marché interbancaire.
Le solde des opérations sur titres n’a que peu de signification, aussi doit-on mener indépendamment
l’analyse de ces opérations à l’actif et au passif. Pour l’actif, certains spécialistes considèrent qu’il existe
un arbitrage entre placement en titres et octroi de crédits. Les opérations sur titres figurant au passif
correspondent à des émissions de titres sur le marché financier et sur le marché monétaire (obligations,
titres de créance négociable).
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Afin d’apprécier l’importance de ce type de collecte de ressources, on calcule le taux de marchéisation.
Il est défini comme le rapport entre les dettes sous forme de titres et les dettes vis-à-vis de la clientèle.
Un fort taux de marchéisation indique une dépendance à l’égard des marchés, mais également une
structure de coûts caractérisée par la faiblesse des frais généraux comparativement aux banques qui
ont étendu leur réseau de guichets afin de développer leur collecte de dépôts.
Le solde des opérations de long terme fait apparaître le degré de couverture des immobilisations par
les ressources permanentes. Ce solde exprime ainsi dans quelle mesure les emplois à long terme sont
financés par les ressources adossées.
Prenant pour critères la répartition des activités d’une banque entre ces 4 types d’opérations, on peut
distinguer 3 catégories de banques :
1. Les banques traditionnelles (ou banques de dépôts) : elles disposent d’un réseau d’agences
leur permettant de développer une activité tournée vers la clientèle (octroi de crédits et collecte
de dépôts), et elles ont un portefeuille de titres qui est faible.
2. Les banques de marché : elles sont caractérisées par l’importance des opérations sur titres et
des engagements au hors bilan sur les instruments financiers. Les dépôts représentent une
faible part des ressources collectées.
3. Les banques universelles sont caractérisées par l’existence d’un développement dans
chacune des trois activités ainsi que du hors bilan.
2. Compte de Résultat
Les stocks de capitaux inscrits au passif et à l’actif engendrent directement des flux de charges et de
produits (intérêts versés et perçus, etc.). Les autres flux de produits correspondent essentiellement à
des commissions qui rémunèrent les prestations de service offertes par l’établissement de crédit
(gestion des titres, encaissement d’un chèque, etc.). Les autres flux de charges concernent
essentiellement les frais généraux.
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Le compte de résultat permet d’identifier la contribution des différents métiers bancaires (ou grandes
activités) au bénéfice réalisé. Il permet également d’apprécier l’impact sur le bénéfice de la survenance
des risques pris dans le cadre de ces activités.
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Produits d’exploitation bancaire
issus des Intérêts
Commissions
- Charges d’exploitation bancaire
Plus ou moins
values
- Frais généraux
- coût du risque
Résultat d’exploitation
Résultat net
D’un métier à l’autre, la structure du PNB ne sera pas identique : prépondérance de la marge d’intérêt
pour les banques de dépôts/banques de détails, prépondérance des commissions pour les banques de
marché.
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3.2. Résultat brut d’exploitation (RBE)
Le RBE est la marge dégagée par les établissements de crédits après prise en compte des frais de
structure. Ce solde permet de rapprocher la production totale d’un établissement de crédit du coût de
fonctionnement de ses structures (frais de personnel et amortissement des équipements). Le RBE est
l’indicateur à utiliser pour les comparaisons entre banques à conditions d’exploitation différentes
(banques avec ou sans réseau).
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- la marge sur les opérations avec la clientèle qui compare les rendements et coûts de ces
opérations ;
- La marge globale d’intermédiation qui porte sur l’ensemble des opérations ayant comme
support des capitaux ;
- La marge bancaire globale calculée en rapportant le PNB au total des engagements, y compris
ceux sur instruments financier à terme.
des dépôts
montant des opérations avec la clie nt èle actif
=> pour juger de l’importance de l’activité de prêts
total bilan
On peut calculer ce type de ratios pour les 4 grandes composantes du bilan. On peut aussi affiner
l’analyse en calculant des ratios d’activité : pour les établissements de crédits tournés vers la clientèle
seront calculés des ratios d’activité qui mettent en évidence le type de crédit distribué et le type de
dépôts collectés.
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Ce ratio indique le rendement de l’ensemble des actifs constitués par la banque. Il mesure donc la
capacité d’une banque à obtenir un emploi optimal des fonds empruntés, en d’autres termes le plus fort
rendement. Dans la mesure où les bilans bancaires ne retracent que très imparfaitement les activités de
marché, et que les activités de service n’ont pas de traduction bilancielle, cet indicateur n’est significatif
que pour les banques traditionnelles, orientées vers les opérations de prêt et de collecte de dépôts.
Il est intéressant d’affiner l’analyse de la rentabilité en rapportant pour chaque type d’opération, le flux
de l’exercice à la valeur moyenne du stock. Ainsi on peut calculer pour les opérations avec la clientèle
le coût moyen des dépôts à l’aide du ratio suivant :
int éret versés à la clie nt èle
encours moyen des dépots de la clientèle
Pour les opérations de trésorerie, on compare le coût moyen des emprunts interbancaires au
rendement moyen des prêts interbancaires.
résultat net
Le ratio de rentabilité financière= ROE (return on equity) =
fonds propres
Ce ratio mesure la rentabilité du point de vue des actionnaires. Il indique la rentabilité qu’obtient un
actionnaire de l’investissement de capitaux dans les actions d’une banque.
Un ratio de 15% semble constituer un montant conforme aux exigences de grands investisseurs comme
les fonds de pension et sert de référence pour les dirigeants en matière de communication financière.
Toutefois, il convient de vérifier si un ratio élevé n’est pas lié à une sous-capitalisation et inversement,
et ce en observant le poids des fonds propres dans le total des ressources. On peut écrire :
Pour une même rentabilité économique, la rentabilité financière est d’autant plus élevée que
l’endettement mesuré par le levier des fonds propres est plus grand. Ainsi, si le ROA est de 1% et le
levier de 10 car les fonds propres représentent 10% du total du passif, le ROE est de 10%
Cet effet de levier se situe au cœur des activités d’une banque, l’intermédiation n’étant rien d’autre que
l’utilisation des fonds empruntés à la clientèle pour les prêter à d’autres clients à un taux plus élevé afin
de dégager des marges.
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CHAPITRE 2 :
IDENTIFICATION ET CARTOGRAPHIE DES RISQUES BANCAIRES
Références bibliographiques
Z. Mikdashi (1998), Les banques à l’ère de la mondialisation, Economica
P.C. Pupion (1999), Economie et gestion bancaires, Dunod.
A. Tarazi, Risque bancaire, déréglementation financière et réglementation prudentielle, PUF.
Dans la théorie économique, une situation est dite risquée lorsque l’agent économique est confronté à
l’aléa, cet aléa pouvant être exprimé à l’aide de probabilités numériques objectivement ou
subjectivement définies par l’individu. Ainsi, le risque peut être considéré comme la probabilité qu’un
évènement, ou un ensemble d’évènement, ait lieu. Dans le sens courant du terme, cet évènement ou
ensemble d’évènement est généralement indésirable, et concernant les établissements financiers la
survenance de cet évènement (ou ensemble d’évènements) entraînerait plutôt leur faillite que leur
succès.
Dans le domaine des institutions financières (banques), le risque peut provenir :
- d’une insuffisance de diversification,
- d’une insuffisance de liquidité,
- de la volonté des banques à s’exposer aux risques.
Ces trois sources de risque sont indépendantes.
Si la plupart des risques peuvent être réduits par la diversification, certains requièrent une attention
particulière de la part des dirigeants. De plus, si certaines positions plus risquées sont exclusivement
liées au comportement agressif des dirigeants, d’autres peuvent n’être que la conséquence d’un
environnement moins favorable à l’activité bancaire. Il est toutefois difficile de séparer les causes. Ce
chapitre offre une analyse des principaux risques auxquels est confronté un établissement bancaire.
1. Risque de contrepartie
Le risque de contrepartie ou de signature est le risque de voir défaillir une contrepartie, particulier,
entreprise, établissement financier ou pays avec laquelle la banque est engagée. Les risques de
contrepartie sont classés suivant la forme prise par l’engagement liant le débiteur à l’établissement de
crédit. On distingue :
- les risques liés à une créance,
- les risques liés aux engagements donnés et enregistrés au hors-bilan,
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- les risques liés aux titres détenus.
La défaillance de la contrepartie entraîne une perte correspondant au non recouvrement partiel ou total
des fonds employés par l’établissement de crédit.
Une créance n’est plus classée en créance douteuse lorsqu’elle a été intégralement remboursée ou
lorsqu’elle est définitivement irrécouvrable. Dans le premier cas, la créance est reclassée dans les
créances saines, et les provisions devenues sans objets sont reprises.
Une créance est, en totalité ou en partie, considérée comme irrécouvrable lorsque la banque a accepté,
dans le cadre d’un plan de redressement, un abandon de créance ou lorsqu’elle a épuisé toutes les
voies de recours permettant le recouvrement de la créance douteuse. La perte en capital est alors
inscrite dans le compte « Pertes sur créances irrécupérables couvertes par des provisions » du plan
comptable, et le restant de la créance est reclassé encours sains ; les provisions devenues par force
sans objet sont intégralement reprises.
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1.2. Risques liés aux engagements de hors bilan
De façon analogue, s’il s’agit non d’une créance mais d’un engagement au hors bilan (garanties, avals,
etc.) ledit engagement sera, dans les mêmes conditions, classé en engagements douteux, et le montant
des pertes probables occasionnées par la mise en jeu de ces garanties (ou avals) fera l’objet d’une
provision inscrite au compte « Provisions pour risques d’exécution d’engagements de signature ».
L’interprétation des valeurs prises par ces deux ratios est délicate. Ainsi, un faible taux de créances
douteuses peut exprimer soit une bonne sélectivité dans l’octroi des crédits (un choix de clients
présentant un faible risque de défaillance), soit un retard dans le déclassement des crédits. De même,
un taux de provisionnement faible peut refléter soit une insuffisance de provisionnement des créances
douteuses, soir des prises de garantie importantes lors de l’octroi du prêt.
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L’appréciation et la gestion du risque de contrepartie par la banque sont relativement coûteuses.
Néanmoins, ce risque peut être diversifié en évitant une concentration de montants élevés au sein d’un
débiteur unique ou un secteur d’activité spécifique, voir un pays donné. En d’autres termes, il s’agit
d’éviter de concentrer les prêts au sein d’un groupement de débiteurs présentant des caractéristiques
similaires et dont les résultats peuvent être affectés dans le même sens face à des évènements ou
chocs. Le risque de contrepartie n’est pas toujours indépendant du risque de taux qui sera considéré
par la suite.
2. Risque de marché
Les risques de marché sont ceux liés aux fluctuations des taux d’intérêt, des taux de change et des
cours de bourse.
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2.3. Spéculation sur titres financiers
La gestion d’un portefeuille de titres par les établissements financiers pour leur propre compte, les
expose à un risque qui dépend de leur stratégie d’investissement, mais aussi du degré de turbulence ou
de calme régnant sur les marchés financiers. Il s’agit là d’un risque qui se traduit par la fluctuation du
cours des valeurs détenues, indépendamment du risque de contrepartie.
3. Risque de liquidité
3.1. Définition
Le risque de liquidité est lié à la possibilité de retraits massifs de fonds auprès de la banque de la part
des déposants. Plus précisément, le risque survient lorsque ces retraits obligent la banque à obtenir ces
fonds à un coût supérieur à la normale.
Si ces coûts (liés à la liquidation d’actifs à des conditions inopportunes) sont suffisamment élevés, ils
peuvent amener une banque à devenir insolvable. Toutefois, dans un marché des capitaux presque
parfait véhiculant l’information sur le degré de solvabilité de la banque, la possibilité d’emprunter rend
quasi inexistant ce passage de la solvabilité à l’insolvabilité.
A défaut, un prêteur en dernier ressort peut se substituer aux prêteurs imparfaitement informés sur le
marché. En effet, la banque centrale a la possibilité d’agir en « prêteur de dernier recours» pour tout
établissement opérant sous sa juridiction, pour autant qu’il soit solvable. Dans les années 80, et
notamment avec le krach de 1987, la nécessité d’une telle fonction à exercer par les autorités paraît
largement reconnue.
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4. Autre risques liés à l’activité financière
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CHAPITRE 3 :
OUTILS ET TECHNIQUES DE GESTION DES RISQUES
1. Gestion du risque de crédit
1.1. Approche individuelle
La banque réduira les risques de crédit en décidant de n’octroyer des prêts qu’aux personnes
présentant un faible risque de défaillance et en prenant des garanties destinées à limiter les pertes
occasionnées par la survenance d’une défaillance d’un client.
Dans le cas de prêts aux particuliers, la banque doit vérifier que le montant des remboursements et
intérêts demandés est en correspondance avec les revenus actuels et futurs du débiteur. Elle doit
également s’assurer que le client n’est pas fiché aux fichiers d’incidents de paiement et de
remboursement de la Banque centrale.
La banque a également la possibilité de sélectionner ses clients à partir de leur situation familiale, de
leur niveau de revenu et de tous autres éléments servant à différencier les clients défaillants des non
défaillants. Selon, ce procédé, à chaque individu est attribuée une note appelée score qui sert à
déterminer si l’individu à de fortes chances d’appartenir à la population des clients défaillants. La
banque réduit également ses risques de perte en exigeant des garanties (cautions, hypothèque du
logement, assurance).
La décision d’octroyer ou non un crédit à une entreprise est prise au vu d’études de conjoncture de son
secteur économique et après examen de sa situation financière. Le risque de signature d’une entreprise
est évalué soit à partir d’une analyse financière, soit plus simplement à partir de la cotation attribuée à
l’entreprise par la Banque de France. Cette cotation comprend trois éléments :
- une cote d’activité, fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise ;
- une cote de crédit, fonction de la capacité de remboursement de l’entreprise ;
- une cote de paiement, indiquant la plus ou moins grande régularité des paiements effectués par
l’entreprise.
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A. Méthode du Scoring
Le scoring consiste à mesurer le risque de défaillance d’une entreprise. Les modèles de scoring sont
des outils de mesure de risque qui utilisent des données historiques et des techniques statistiques dont
l’objet est de déterminer les effets des diverses caractéristiques des emprunteurs sur leurs chances de
faire défaut ou encore pour ranger les emprunteurs dans des classes de risque. Ils sont de plus en plus
utilisés dans les banques, notamment dans les banques de détail, puisqu’il permet un traitement de
masse, une durée optimales et du faite de leurs coûts minimes.
Dans leur quasi-totalité, les banques et organismes financiers utilisent l’analyse statistique pour prédire
si un emprunteur serait un bon ou un mauvais payeur et prendre ensuite la décision appropriée :
acceptation sans condition, prise de garanties ou refus.
Dans un système de scoring, la modélisation de la décision se base sur l’observation antérieur, pour un
certain nombre de prêts attribués, la qualité du payeur qui est donc une variable qualitative Y a deux
modalités « bon » ou « mauvais » ainsi que les données recueillis lors du dépôt du dossier de prêt. : ce
sont les variables X (X1…, Xp). Formellement, il s’agit de trouver une fonction (XI … ; XP) permettant
de prédire Y.
Le scoring permet de prédire le risque, il ne revendique pas cependant à son utilisateur la manière de le
gérer, l'institution doit établir sa politique en matière de gestion de ces risques quantifiés, et ce par la
classification et la fixation des seuils.
Les clients peuvent être classés en suivant l’importance leurs risques respectifs. Les classes de risques
peuvent être en nombre de quatre : la classe de « risque excellent » qui englobe les prêts qui se
caractérisent par un niveau de risque très faible, la classe de « risque normal », la classe de « risque
limite » et la classe de « risque problématique ».
Le scoring permet à l'institution bancaire d'adopter des politiques différentes pour chaque niveau de
risque prévu ; par exemple les demandes classées dans le segment très problématique seront rejetées
automatiquement, les demandes du segment excellent seront approuvées immédiatement, et
l'institution peut envisager des politiques d'incitation et de fidélisation des clients à risque excellent ;
pour les cas à risque normal, le scoring confirme l'acceptation provisoire de ces prêts. Par contre, pour
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la classe limite, le comité doit examiner les différentes demandes avec beaucoup de soin pour décider
soit du rejet soit de la modification des caractéristiques du prêt par l'exigence de garantie
supplémentaire ou bien par la réduction du montant à décaisser.
Les seuils de risque qui déterminent les limites de chaque classe sont déterminés par les dirigeants de
l'institution suivant leur politique, leur aversion au risque, leur objectif, et le type de clients qu'ils veulent
cibler, sachant que ces seuils peuvent être changés facilement par la fixation d'autres seuils.
B. Modèles d’évaluation interne du risque de crédit
a) Méthode des 5 C
Cette méthode se réfère à 5 critères d'appréciation qui ont tous la propriété, une même technique de
commencer par la lettre C en anglais :
- Character (caractère) : il s'agit de l'honnêteté, de la notoriété des dirigeants de l'entreprise
qui viennent solliciter du crédit.
- Capacity (capacité) : il s'agit de la compétence des dirigeants de l'entreprise mais aussi la
qualification.
- Condition : c'est la capacité de l'entreprise à faire face à des facteurs économiques
conjoncturels qui conditionnent sa rentabilité.
- Capital : il s'agit de l'étude de la structure financière de l'entreprise.
- Coverage (garantie) : il s'agit des différentes garanties offertes par l'entreprise.
Tous ces critères permettent de se faire une idée de l'entreprise aussi bien partir de ses dirigeants que
de ses propres forces et faiblesse. Il reste que cette méthode est nettement qualitative, les jugements
qui peuvent en résulter sont dont laissés à la discrétion des analyses et décideurs.
a) Méthodes LAPP
Cette méthode s’annonce plus technique que la précédente et se fonde sur quatre critères :
« Liquidity » : ratios de liquidité générale (actif circulant/ dettes à court terme) et de liquidité
directe (actif circulant – stocks)/ dettes à court terme
« Activity » : volume du chiffres d’affaires, des achats, rotation des stocks (coûts des produits
vendus / stocks moyens de produits)
« Profitability » : marge nette (bénéfice net/chiffres d’affaires) ou de rentabilité économique
(bénéfice net/ actif total)
« Potential » : capacité des dirigeants, qualité des produits, garantis.
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Bien que l’évaluation soit quantitative, l’appréciation personnelle de l’agent de crédit joue un rôle
important (parfois arbitraire).
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ainsi qu’il a été mis au point une formule de score (Z) applicable aux PME de l’industrie adhérentes de
la Centrale de bilans.
100 Z = -1,255X1+2,003X2-0,824X3+5,221X4-0,689X5-1,164X6+0,706X7+1,408X8-85
avec :
X1 = frais financiers / EBE
X2 = ressources stables : actif économiques
X3 = CA : endettement
X4 = EBE/CA HT
X5 = dettes commerciales /achats TTC
X6 = taux de variation de la valeur ajoutée
X7 = (stocks + clients - avances clients) / production TTC
X8 = investissements physiques / valeur ajouté
28
- L’horizon temporel de référence
a) Distribution des résultats : soit « normale » soit « historique ». Dans ce dernier cas, il
convient qu’il soit de taille adaptée :
- Trop petit : les probabilités de pertes sont peu précises
- Trop grand : la cohérence dans le temps des résultats est faible
b) Niveau de confiance : généralement de 95% à 99%, il traduit la probabilité que les pertes
éventuelles ne dépasseront pas la VaR
c) Horizon temporel : paramètre très important puisque plus il est grand plus les pertes
éventuelles sont importantes.
Bale II autorise les banques à déterminer leur capital nécessaire pour répondre au risque de marché
par un modèle interne utilisant la VaR (99%, 10j). Ce capital vaut généralement 3 fois cette VaR. Il est
indispensable de vérifier les VaR (« Back-testing ») soient cohérentes :
Il est admis que 3 fois par an on puisse dépasser une perte supérieure à VaR (99%, 1j). Il est admis
qu’une fois tous les 20 jours on puisse dépasser une perte supérieure à VaR (95%, 1j).
VAR à T jours = Vo x k x X T
avec Vo = valeur initiale du portefeuille de crédits
k = valeur calculée à partir de la loi normale sur Excel
k = [Link] (seuil de confiance, 95% ou 99%)
= Ecart type sur le portefeuille de crédits
T = le nombre de jours
Le risque global est d’autant plus grand que l’activité de la banque est concentrée sur un petit nombre
de clients ou sur des clients d’un même secteur, car alors l’établissement ne peut profiter de l’effet
bénéfique d’une diversification sur la réduction du risque global.
Le gestionnaire doit veiller à ce qu’il n’y ait pas une concentration excessive de ses engagements sur
un type de clientèle (particuliers, petites entreprises…), sur un secteur économique (promotion
immobilière, grande distribution…) ou sur un secteur géographique
29
Goyeau et Tarazi (1992) définissent la variable Z’ comme un indicateur du risque de défaillance global
de la banque. La probabilité de faillite de la banque est d'autant plus faible que la valeur de Z’ est
élevée.
Les ratings externes sont délivrés par les agences de notation sur la base d’opinions indépendantes,
objectives, crédibles et transparentes. La réputation d’une agence de notation dépend pour une large
part de la volonté du client ayant réclamé une notation d’accepter l’opinion formulée à son égard. Cette
opinion qualitative est en général présentée sous la forme d’une ou plusieurs lettres symbolisant la
qualité de crédit de l’émetteur. L’ensemble de ces notations forme un ensemble appelé échelle de
notation.
Ces échelles, qui s’appliquent aussi à l’émetteur qu’à un instrument de dette particulier émis par ce
dernier, varient selon l’horizon auquel le rating s’applique. Nous distinguerons à cet égard des ratings
courts terme (portant sur une durée égale ou inférieure à 1 an) et des ratings long terme. Nous
présenterons plus particulièrement les échelles applicables aux ratings long terme.
30
Echelles de notation
Cette échelle de notation se trouve divisée en plusieurs catégories (de AAA à D, par exemple pour
standard and Poor’s). Bien que les ratings produits par différentes sources ne soient pas directement
comparables, il est néanmoins commode de dresser un parallèle entre eux. Un exemple de
comparaison entre les univers de ratings de Standard and Poor’s et de Moody’s. En dépit des
différences, un point commun aux deux échelles est primordial. Chacune est divisée nettement en deux,
séparant distinctement par là deux catégories de notations. Une catégorie dite « investment grade » et
une catégorie « sub-investment grade » ou « speculative grade ».
Si la première catégorie rassemble des firmes disposant d’une relative stabilité dans leurs
modèle de développement et un niveau de risque de crédit modéré, la seconde catégorie inclut des
émetteurs aux caractéristiques financières incertaines, dont la probabilité de faire défaut est assez
élevée. Les entreprises disposant des meilleurs notations sont typiquement notées Aaa/AAA
(Mood’s/Standard and Poor’s), les moins salubres financièrement sont notées Caa/CCC. À cette échelle
de notation viennent se rajouter des signes « + » et « - » de façon à affirmer une catégorie de notation.
Les émetteurs rassemblant les meilleures conditions d’émission pourront ainsi jouir d’une note AAA+
(cas des émetteurs souverains et banques OCDE dans la méthodologie par Standard and Poor’s).
Un rating externe n’est attribué que si une information jugée suffisante et adéquate est fournie par
le client. Dans ce cas seulement, un processus très strict et bien défini conduit l’agence à produire la
notation.
Une impasse en flux positive est une entrée nette de fonds, une impasse négative est une sortie nette
de fonds. Une impasse en flux positive est une entrée nette de fonds, une impasse négative est une
sortie nette de fonds.
31
4.2. Gestion du risque de taux d’intérêt par les impasses
En raison de l’importance du crédit dans les activités d’intermédiation bancaire, les fluctuations des
marges d’intérêt peuvent être une source de pertes considérables. Une hausse des taux d’intérêt passif
(par ex sur les dépôts) peut atteindre ou même dépasser les taux d’intérêt fixés par la banque sur les
crédits à moyen et long termes qu’elle a consenti avant cette période. Tel serait le cas lorsqu’une
hausse imprévisible du niveau des taux d’intérêt du « passif » ne pourrait être répercutée
instantanément sur les taux d’intérêt de l’actif ou ne pourrait pas être couverte par recours à des
produits dérivés appropriés.
Ainsi, pour mesurer l’exposition d’un établissement de crédit au risque de taux à la date t, il faut au
préalable ranger à cette date les actifs et les passifs par ordre croissant de date de renégociation des
conditions de rémunération (1 semaine ou moins, 8 jours à 1 mois, 1 à 3 mois, 3 à 6 mois, 6 à 24
mois…).
On peut alors calculer, pour une période future allant de t à t 1, la différence entre les actifs et les passifs
dont la date de renégociation des conditions est antérieure à t 1. On appelle cette différence l’impasse.
Cette impasse correspond à l’écart entre les actifs et les passifs dont la rémunération peut varier au
cours de la période. Autrement dit, elle mesure donc l’exposition de la banque au risque de taux.
Lorsque l’impasse est positive, la banque est exposée au risque d’une hausse des taux de marché :
toute augmentation des taux renchérit plus le coût des ressources qu’elle n’accroît le rendement des
actifs.
Une Impasse de taux positive signifie que la banque est en position courte en ressources et doit se
refinancer à un taux incertain. Un gap (impasse) positif est favorable pour la banque en situation
baissière des taux sur le marché.
Par contre, en situation haussière des taux, ce gap positif devient défavorable, le coût refinancement
se faisant à un coût supérieur au taux d’intérêt débiteur (crédits clients)
Si l’impasse de taux négative, la banque est dite sur-consolidée ou en position longue en taux. Un
gap négatif est préjudiciable pour la banque en cas de baisse des taux ; la situation est favorable en
cas de hausse des taux.
Si l’impasse de taux est nulle (gap nul) la banque est dite consolidée en taux, il y a adossement
parfait entre ressources et emplois.
32
Afin de réduire son risque de taux, la banque doit chercher à adapter les taux et les échéances sur les
deux côtés du bilan. Elle peut également se couvrir en ayant recours aux différents instruments
financiers (produits dérivés).
Même un prêt à taux d’intérêt fixe financé par un dépôt à terme à taux d’intérêt fixe de même échéance
finale pourrait peut poser un risque de transformation au niveau des marges d’intérêt dans deux cas de
figure :
- si le débiteur a la possibilité de rembourser son prêt avant l’échéance. En effet un risque existe
lorsque le montant du prêt remboursé avant l’échéance finale ne peut être placé pour dégager
une marge nette d’intérêt au moins aussi élevée que celle prévalant avant le remboursement.
- si le déposant a la possibilité de retirer ses fonds prématurément. Il existe un risque de perte si
la banque est obligée de recourir à un financement alternatif plus coûteux.
Dans ces conditions, le management de la banque doit décourager : (i) le débiteur d’avancer le
remboursement d’un crédit; (ii) le déposant de retirer son dépôt avant l’échéance fixée antérieurement.
Cela peut être réalisé moyennant une charge que devra verser, le cas échéant, le débiteur ou le
déposant à la banque. La valeur de la charge devra être liée à l’évolution de la structure des taux
d’intérêt sur le marché financier.
Un intermédiaire bancaire pourrait être amené à modifier la composition de son bilan suite à l’évolution
de la conjoncture ou aux changements dans ses affaires. Ce changement peut être motivé par
différentes raisons. On peut citer le besoin de renforcer ses liquidités, stabiliser ses engagements,
améliorer son ratio de fonds propres/actifs à risque, répartir ses risques, se recentrer sur certains
métiers ou élargir certaines activités. Différentes techniques peuvent être utilisées pour rééquilibrer les
comptes d’une banque. Elles seront choisies en fonction des coûts et des opportunités. Ainsi, une
banque peut lever des fonds sur le marché pour financer certains actifs. Elle peut aussi rallonger les
durées des ressources de tiers, réduire les lignes de crédit, vendre ou titriser certaines créances.
33
4.1. Cession de créances
Pour étoffer ses liquidités ou pour diversifier ses opérations de crédit, une banque peut inciter certaines
entreprises clientes à rembourser leurs dettes bancaires avant l’échéance. En échange, la banque
propose à l’entreprise d’émettre des titres de dette sur le marché financier, les fonds ainsi récoltés
servant à rembourser la banque. La banque garantira alors l’écoulement des titres émis par l’entreprise.
L’avantage financier dans cette opération pour les entreprises est d’avoir un taux d’intérêt sur leurs
titres inférieur à celui qu’ils ont déjà contracté sur leur dette bancaire.
Une autre méthode que peut utiliser un établissement bancaire afin de recomposer la structure de ses
activités est la vente de certaines de ses créances à d’autres intermédiaires financiers, au lieu de les
maintenir jusqu’à leur ultime échéance. La banque peut aussi recourir à l’échange d’actifs avec d’autres
établissements. Le développement du marché des créances bancaire exige une réduction, voire
l’élimination de l’asymétrie d’information entre l’établissement vendeur de créances et l’établissement
acquéreur. En effet, pour céder ses crédits aux meilleures conditions du marché, la banque doit
partager l’information dont elle dispose sur la qualité de ses crédits avec les banques acquéreuses.
L’existence d’un marché pour les créances bancaires facilite l’application d’une diversification opportune
des actifs des établissements concernés.
4.2. Titrisation
Une alternative à la méthode de cession ou vente en bloc de créances bancaires est la méthode de
titrisation, introduite aux Etats-Unis au début des années 1970. La titrisation s’est développée plus tard
en France, après l’adoption de la loi de 1988. Cette loi autorise les établissements bancaires à créer un
fonds commun de créances (FCC) capable de convertir un portefeuille de créances résultant
d’opérations de crédit en titres négociables susceptibles d’être vendus à des investisseurs
institutionnels (tels que les fonds de placement, les assurances, les caisses de pensions…).
En faisant sortir de son bilan une portion de ses actifs non négociables individuellement, la banque peut
améliorer son profil de risque en relevant la proportion des fonds propres par rapport aux actifs à risque,
afin de respecter les normes prudentielles réglementaire dans ce domaine.
La titrisation des créances s’applique à celles qui produisent des flux de paiement raisonnablement
prévisibles (portefeuille de crédits à la consommation, crédits pour les achats de voiture, crédit
hypothécaire…). Le processus de titrisation des créances d’une banque passe par différentes étapes,
34
impliquant plusieurs types d’institutions (voir Schéma 1). Sa mise en œuvre peut nécessiter plusieurs
semaines, voire plusieurs mois.
Société dépositaire
responsable de la Société de gestion des flux (recouvrement des Négoce des parts
conservation des actifs du créances, paiement des intérêts…)
FCC
La première étape d’une titrisation consiste pour la banque concernée, soit à favoriser la création d’un
FCC avec un statut juridique indépendant capable d’attirer des investisseurs institutionnels, soit à
coopérer avec un fonds déjà existant. Ce fonds prendra alors possession d’une façon définitive et
complète d’un portefeuille de prêts de cette banque. Il est possible pour un FCC d’acquérir des prêts
titrisés d’autres établissements par souci de diversification et afin d’augmenter l’intérêt des investisseurs.
En acquérant les parts d’un FCC, les investisseurs deviennent propriétaires directs des actifs sous-
jacents.
L’intérêt des investisseurs pour un FCC peut être rehaussé par différentes techniques :
35
- la garantie d’un rendement sûr et attrayant pour les investisseurs,
- l’émission par le FCC d’une tranche de parts résiduelles souscrites par la banque qui titrise ses
prêts,
- un cautionnement contre l’insolvabilité des créances par la banque vendeuse ou par d’autres
institutions
Des sociétés spécialisées dans la gestion des flux des FCC peuvent faire preuve d’une plus grande
expertise et efficacité comparaison aux banques en ce qui concerne le suivi de ces actifs. Toutefois,
une banque qui titrise ses créances peut souhaiter ne pas perdre la relation d’affaires avec sa clientèle.
Dans ce cas, elle cherchera à diriger ou à participer à la société de gestion des flux.
L’absence d’une réglementation aussi contraignante que celle s’appliquant aux banques rend les FCC
relativement attractifs pour certains investisseurs. A la différence des banques, ces fonds n’ont pas de
dépôts bancaires à garantir ou à assurer (donc pas de réserves obligatoires), ni de réglementation
prudentielle exigeante.
La titrisation donne lieu à un nouveau partage des risques et des opportunités entre la banque et les
autres intervenants dans cette opération. Le management bancaire doit s’assurer que les coûts de
l’opération de titrisation vont laisser à la banque à l’origine des créances une marge bénéficiaire
raisonnable. Il est aussi utile de savoir si la capacité d’absorption des marchés financiers pour de tels
titres est suffisante.
S’il y a recours à une liquidation de certains actifs bancaires pour améliorer la qualité du bilan, le
management bancaire doit en principe et prioritairement essayer de liquider des actifs à haut risque ou
peu performants. Toutefois, la titrisation des créances bancaires jouissant d’une pondération de « faible
risque » est plus facilement négociable que celles des créances à « haut risque ».
Certains établissements bancaires choisissent de ne pas recourir à toutes les étapes du processus
décrit dans le schéma 1, et notamment de ne pas garantir les créances titrisées. Ils opèrent la titrisation
d’un portefeuille de créances, sans fournir aux investisseurs des garanties en relation avec la protection
de l’intégralité des remboursements auxquels les débiteurs se sont contractuellement engagés.
36
5. Innovations financières et produits dérivés
Certaines banques peuvent vouloir se défaire (ou se protéger) de risques qu’elles ne maîtrisent pas.
Ces risques inclus notamment les fluctuations des taux d’intérêt, des cours de change, des cours des
matières premières, du risque de crédit… Elles n’ont pas par conséquent la possibilité de recourir aux
opérations de couverture sur les marchés financiers, notamment en utilisant des produits dérivés et
d’autres innovations financières.
Les techniques de gestion des risques précédemment citées permettent donc aux banques de se
« protéger » contre les nombreux risques auxquels elles sont confrontées de par leurs activités.
Cependant, certaines banques peuvent être moins efficaces que d’autres dans la gestion de ces
risques, et surtout certaines banques peuvent être incitées à prendre « beaucoup » de risques afin
d’augmenter les gains futurs espérés. La réalisation d’un risque bancaire pouvant engendrer des
difficultés importantes pour l’ensemble du système bancaire, les autorités ont décidé d’édicter une
réglementation bancaire.
37
CHAPITRE 4 :
REGLEMENTATION PRUDENTIELLE DES BANQUES
Références bibliographiques
Z. Mikdashi (1998), Les banques à l’ère de la mondialisation, Economica
D. Plihon (1998), Les banques : nouveaux enjeux, nouvelles stratégies, Documentation Française
P.C. Pupion (1999), Economie et gestion bancaires, Dunod.
L. Scialom (1999), Economie bancaire, Repères
N. Venard (2001), Economie bancaire, Bréal.
Cette porosité entre les zones de la finance (intermédiée et désintermédiée) et entre types
d’intermédiaire financier, ainsi que l’internationalisation croissante des opérations et des intermédiaires
financiers complexifient donc fortement la politique prudentielle. Il faut donc organiser et codifier les
rapporte entre superviseurs de banque, de marché et d’assurance au niveau des Etats mais également
au niveau international.
Par ailleurs, la montée en puissance des activités de marché des banques (en particulier sur produits
dérivés), a conduit à la délégation d’une partie des responsabilités de la supervision aux supervisés
eux-mêmes par le biais de la reconnaissance du contrôle interne. Le superviseur doit alors vérifier la
qualité de cet autocontrôle et donc contrôler les méthodes de contrôle.
38
1. Composantes de la réglementation bancaire
Le système bancaire peut être rendu plus robuste par l’imposition de réglementations organisant
l’industrie de manière à réduire les risques pris et les probabilités de faillites associées. La régulation
des systèmes bancaires prend trois formes principales, décrites dans le schéma 1
Schéma 1. Les composantes de la régulation du système bancaire
- modèles internes de
Régulation publique Discipline de marché gestion des risques
- réglementation -pressions des actionnaires - contrôle hiérarchique
- supervision des autorités et des investisseurs de la prise de risque
de tutelles - évaluation des agences de
notation
2. Surveillance prudentielle
La surveillance prudentielle recouvre 3 fonctions différentes : la réglementation (la définition de règles
de conduite), le contrôle (le monitoring, ie la vérification de l’application de ces règles) et la supervision
(l’observation plus générale du comportement des acteurs financiers). La déréglementation de
l’industrie bancaire s’est accompagnée d’un durcissement important de la réglementation prudentielle.
2
Le concept de réglementation prudentielle est plus étroit que celui de réglementation bancaire. Le premier concerne la
sécurité et la santé des entités opérant sur les marchés financiers. La réglementation bancaire est composée de l’ensemble
des normes régissant le fonctionnement du marché bancaire.
39
concernent notamment des exigences de liquidités et des règles de diversification d’actifs. Il existe
aussi des règles prudentielles qui limitent la possibilité qu’ont les banques de détenir des participations
dans des entreprises non financières. Sans minimiser l’importance de ces réglementations, il demeure
que le principe pivot de la politique prudentielle est que la prévention doit de plus en plus s’appuyer sur
les provisions en capital.
Toute la difficulté vient d’évaluer l’échéancier d’éléments exigibles à vue (dépôts, comptes sur livret) ou
dont l’exercice est optionnel (accords de refinancement, ligne de crédit non utilisées, options…). Les
autorités doivent bâtir un certain nombre d’hypothèses uniformes et qui s’applique à un groupe de
banques hétérogène. Les banques ont pour obligation de fournir des éléments de mesure détaillés
(échéancier du bilan). Avec ces informations, les autorités sont mieux à même d’évaluer, en fonction de
la conjoncture, l’illiquidité potentielle des banques.
1. un ratio de « capitalisation » qui compare les fonds propres au total de l’actif. Ce coefficient a le
mérite d’être simple à calculer (indépendamment des problèmes liés à la définition des fonds
propres) mais il présente le gros inconvénient de mettre sur le même plan des activités avec
des niveaux de risque hétérogènes. Ainsi, une banque respectant le ratio réglementaire avec
un actif entièrement investi en prêts sur le Brésil sera considéré aussi « saine » (sur la base de
40
ce seul critère) qu’une autre banque ayant le même ratio mais avec un actif investi en bons du
Trésor.
2. Pour pallier ce défaut, on a mis en place un ratio de « solvabilité » (ou de couverture des
risques) qui rapporte les fonds propres de la banque à l’ensemble des actifs pondérés par un
coefficient. Ce ratio de solvabilité se définit donc comme suit :
fonds propres
engagements pondérés en fonction de leur risque
Au dénominateur du ratio figure donc l’ensemble des risques, ie l’ensemble des actifs et
engagements hors-bilan, multipliés chacun par un coefficient de pondération qui exprime le caractère
plus ou moins risqué de l’engagement.
fonds propres
.risque de crédit pondérés .ch arg e en fonds propres sur risque de marché .ch arg es en fonds propres sur risques opérationnels
Donc, l’activité de prêt à des instances publiques ne nécessite aucun fonds propres.
41
Un coefficient de 100% signifie qu’une exposition est convertie intégralement en valeur pondérée, ce
qui se traduit par une exigence en fonds propres égale à 8% de cette valeur. Un coefficient de 20%
entraînera une exigence de : 0.08*0.2=0.016 => 1.6%.
Au numérateur du ratio de solvabilité figure le montant des fonds propres définit par la somme :
FP = fonds propres de base
+ fonds propres complémentaires (limités à 100% des fonds propres de base)
– participations dans les établissements de crédits ou financiers
– garanties données en faveur des fonds communs de créances
avec :
Fonds propres de base = fonds propres (TIER 1) = capitaux propres (capital social, prime d’émission,
réserves, report à nouveau, résultat de l’exercice) + fonds pour risques bancaires généraux
Fonds propres complémentaires = quasi fonds propes (TIER 2) = réserves de réévaluation (poste Ecart
de réévaluation qui prend en compte les écarts constatés lors de la réévaluation d’éléments du bilan) +
emprunts et titres subordonnés à durée indéterminée et, sous certaines conditions, des emprunts et
titres subordonnés d’une échéance supérieure à 5 ans.
Le ratio Cooke constitue une percée importante en matière de réglementation prudentielle internationale.
Chaque banque peut gérer librement l’ensemble des risques qu’elle prend dès lors que ses fonds
propres demeurent adéquats aux positions prises.
Pour satisfaire à cette exigence, l’établissement peut soit accroître ses fonds propres (par augmentation
de capital, par dotation aux fonds pour risques bancaires généraux ou par émission de dettes
subordonnées à durée indéterminée), soit réduire l’assiette de risque en orientant ses activités vers les
engagements les moins risqués ou en cédant certaines créances risquées à un fonds commun de
créances. Le respect de cette exigence influe donc sur l’activité crédit de la banque.
42
La critique la plus importante faite à ce ratio provient de la classification « institutionnelle » adoptée pour
pondérer les actifs. En effet, cette pondération ne reflète absolument pas la qualité réelle de
l’emprunteur ni la diversification (géographique, sectorielle…) du portefeuille et donc le risque total de
l’actif. En effet, les risques de crédit des différents portefeuilles sont simplement additionnés. Cela
revient donc à considérer que ces risques sont totalement indépendants.
L’objectif affiché par le ratio Cooke perdure avec le ratio McDonough. Autrement dit, la provision en
capital demeure l’arme préventive pour se protéger contre l’occurrence des risques. Pour ce faire, le
montant des fonds propres doit être au moins égal à 8% des risques pondérés. Sont pris en compte le
risque de crédit, mais également le risque de marché et le risque opérationnel. Ce nouveau dispositif
propose pour la première fois une mesure du risque opérationnel.
L’accord de Bâle II ne modifie pas la définition des fonds propres. Le numérateur du futur ratio est donc
identique à celui actuellement en vigueur.
Deux innovations importantes apparaissent dans le cadre de cette réforme. Tout d’abord, on prend en
compte les logiques de diversification de portefeuille. Ensuite, la deuxième innovation porte sur les
43
méthodes d’évaluation du risque de crédit. Les banques ont le choix entre une version révisée de la
méthode standard actuelle et la mise en œuvre de modèles internes de risque de crédit.
a) Approche standard pour le risque de crédit
Les établissements de crédit peuvent continuer à appliquer la méthode standard, ie une pondération
forfaitaire du risque de crédit à partir de notation externes (déterminées par les autorités de
réglementation, par les agences de notations homologuées par les autorités de contrôle).
La nouvelle méthode standard présente un certain nombre d’avancées, concernant essentiellement le
système de pondérations afin que l’allocation des fonds propres reflète les risques effectivement
supportés. On constate à partir du tableau 2 que :
- le nombre de coefficients de risques individuels augmente. Une pondération de 150% par
exemple est affectée aux créances de très mauvaise qualité, quel que soit l’emprunteur ;
- les opérations de titrisation font l’objet d’une provision en capital en fonction de leur notation ;
- les Etats de l’OCDE ne bénéficient plus d’un traitement dérogatoire (le taux de pondération était
nul avec le ratio Cooke) ;
- les crédits aux entreprises bien notées (de AAA à BBB-) reçoivent un traitement plus favorable,
puisque la pondération varie de 20 à 50% contre 100% actuellement. En revanche, les firmes
dont la note est inférieure à B- sont pénalisées ;
Autrement dit, l’idée fondamentale est de considérer que les agents les mieux placés pour contrôler les
risques sont ceux qui en sont les initiateurs.
44
La mise en place de ce type de modèle repose sur une définition fine des emprunteurs. On distingue 7
catégories d’emprunteur (et non plus 4 comme avec le ratio Cooke) : souverains, entreprises, banques,
détail, financement de projet, titrisations et actions.
L’affinement de cette classification doit permettre une meilleure évaluation du risque de crédit, puisque
chaque catégorie a été construite de façon à présenter une homogénéité en termes de profil de risque
(par exemple, on distingue le crédit aux particuliers de celui aux entreprises ce qui est justifié car les
opérations avec les particuliers sont nettement moins risquées). Par conséquent, le niveau de fonds
propres pour couvrir le risque de défaillance doit être déterminé de manière plus efficace.
Afin de construire leur propre modèle interne de risque de crédit, les banques doivent évaluer le
montant des pertes potentielles découlant de la détention d’un portefeuille de crédit au-delà du seuil
attendu et ce pour un niveau de confiance prédéterminé. L’idée consiste donc à remplacer l’approche
arithmétique du modèle standard (et du ratio Cooke) par une approche probabiliste.
La méthodologie appliquée au risque de crédit s’inspire des modèles de value at risk (VaR) utilisé pour
les risques de marché. Ces modèles VaR permettent statistiquement de calculer le montant des fonds
propres destiné à couvrir les pertes potentielles maximales sur les portefeuilles de marché à x jours et
pour un niveau de confiance de 99%. Dans l’approche IRB, 4 indicateurs de risque sont retenus :
- la probabilité de défaut de la contrepartie à horizon d’un an, les garanties personnelles étant
prises en compte ;
- la perte en cas de défaut qui, par définition, est spécifique à chaque exposition ;
- l’exposition au moment du défaut ;
- la maturité moyenne restant à courir sur l’engagement.
Pour évaluer le risque de crédit par les notations internes, les banques auront le choix entre le modèle
de base et le modèle avancé. En fonction de leurs activités, de leur taille, de leurs moyens humains,
techniques et financiers, les établissements choisiront l’une ou l’autre méthode d’évaluation. Par
conséquent, la nouvelle réglementation prudentielle introduit un degré de flexibilité supplémentaire dans
la détermination du risque de crédit.
45
2.2.2. Second pilier : processus de surveillance individualisée
La fonction du régulateur est de s’assurer de la qualité des modèles internes adoptés par les banques.
Il doit vérifier que les estimations de pertes fournies par les modèles internes correspondent aux pertes
effectivement constatées et que les fonds propres sont suffisants pour absorber les pertes.
Les autorités de tutelles se donnent officiellement le droit d’exiger des établissements un ratio de
solvabilité supérieur au minimum réglementaire. Ce ratio « sur mesure » sera notamment défini en
fonction de l’appréciation portée par les régulateurs sur la qualité : des risques pris, de la gestion des
risques, du contrôle interne… Une exigence en fonds propres pourra notamment être imposée aux
établissements présentant un risque de taux élevé et des fonds propres jugés insuffisants pour la
couverture de ce risque.
46