Planche no 11. Rationnels et réels.
Corrigé
no 1 :
1) Soient m et n deux entiers naturels supérieurs à 2.
√ √ a
n
m ∈ Q ⇔ ∃(a, b) ∈ (N∗ )2 / n m = ⇔ ∃(a, b) ∈ (N∗ )2 / an = m × bn .
b
Tout d’abord, si b = 1, m = an et m est une puissance n-ième parfaite. Ensuite, a = 1 est impossible car m × bn ≥ 2.
Supposons alors que a et b soient des entiers supérieurs à 2 (et que an = m × bn ). L’exposant de tout facteur premier
de an ou de bn est un multiple de n et par√unicité de la décomposition en facteurs premiers, il en est de même de tout
facteur premier de m. Ceci montre que, si n m est rationnel,
√ m est une puissance n-ième parfaite.
Réciproquement, si m est une puissance n-ième parfaite, n m est un entier et en particulier un rationnel. En résumé :
√ √
∀(m, n) ∈ (N \ {0, 1})2 , n
m∈Q⇔ n
m ∈ N ⇔ m est une puissance n -ième parfaite.
√
Par suite, si m n’est pas une puissance n-ième parfaite, n
m est irrationnel.
2)
a
log 2 ∈ Q ⇒ ∃(a, b) ∈ (N∗ )2 / log 2 = ⇒ ∃(a, b) ∈ (N∗ )2 / 10a/b = 2 ⇒ ∃(a, b) ∈ (N∗ )2 / 10a = 2b
b
⇒ ∃(a, b) ∈ (N∗ )2 / 5a = 2b−a .
Puisque 5a > 1, ceci impose b − a ∈ N∗ . Mais alors, l’égalité ci-dessus est impossible pour a 6= 0 et b 6= 0 par unicité de
la décomposition en facteurs premiers d’un entier naturel supérieur ou égal à 2.
On a montré par l’absurde que
log 2 est irrationnel.
p
3) Supposons par l’absurde que π soit rationnel. Il existe alors deux entiers naturels non nuls p et q tels que π = .
q
Pour n entier naturel non nul donné, posons
Zπ Z
1 n 1 p/q n n
x (p − qx) sin x dx =
In = x (p − qx)n sin x dx.
0 n! n! 0
p2
p p p
• Tout d’abord, pour 0 ≤ x ≤ , on a 0 ≤ x(p − qx) = p− ×q = , et donc (puisque 0 ≤ sin x ≤ 1 pour
q 2q 2q 4q
x ∈ [0, π]),
Z n n
1 p/q p2 π p2
0 ≤ In ≤ dx = .
n! 0 4q n! 4q
n
π p2
D’après le résultat admis par l’énoncé, tend vers 0 quand n tend vers +∞, et donc d’après le théorème de la
n! 4q
limite par encadrement, la suite (In ) converge et lim In = 0.
n→ +∞
• Ensuite, puisque pour x élément de [0, π], on a xn (p − qx)n sin x ≥ 0, pour n entier naturel non nul donné, on a
Zπ Z 3π/4 n
1 1 1 3π π p p 1
In = xn (p − qx)n sin x dx ≥ xn (p − qx)n sin x dx ≥ − p− ×q √
n! 0 n! π/4 n! 4 4 4q 4q 2
2
n
π 3p
= √ > 0.
2 2n! 16q
Donc, ∀n ∈ N, In > 0.
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 1 http ://www.maths-france.fr
• Vérifions enfin que, pour tout entier naturel non nul n, In est un entier (relatif).
1 p
Soit Pn = xn (p − qx)n . Pn est un polynôme de degré 2n et 0 et sont racines d’ordre n de Pn et donc, pour 0 ≤ k ≤ n,
n! q
(k) (k) (k) p
racines d’ordre n − k de Pn . En particulier, Pn (0) et Pn sont, pour 0 ≤ k < n, des entiers relatifs. De même,
q
(k) (k) (k) p
puisque deg Pn = 2n, pour k ≥ 2n + 1, Pn ≥ 0 et en particulier, Pn (0) et Pn sont, pour k ≥ 2n + 1, des entiers
q
relatifs.
Soit k un entier tel que n ≤ k ≤ 2n.
n n 2n
1 n n 1 n X i n−i i i i
X Cin n−i i i n+i
X Ck−n
n
x (p − qx) = x Cn p (−1) q x = p (−1) q x = p2n−k (−1)k−n qk−n xk .
n! n! n! n!
i=0 i=0 k=n
On sait alors que
(k) k! k−n 2n−k k−n
Pn (0) = k! × (coefficient de xk ) = (−1)k−n
C p q .
n! n
(k) p
ce qui montre que Pn (0) est entier relatif (puisque n ≤ k ≤ 2n). Puis, comme Pn − x = Pn (x), on a encore
q
(k) p (k) (k) p (k)
Pn − x = (−1)k Pn (x) et en particulier Pn = (−1)k Pn (0) ∈ Z.
q q
(k) (k) p
On a montré que pour tout entier naturel k, Pn (0) et Pn sont des entiers relatifs.
q
Montrons alors que In est un entier relatif.
Z p/q
p/q
Une première intégration par parties fournit : In = [−Pn (x) cos x]0 + Pn′ (x) cos x dx.
0
p
cos prend des valeurs entières en 0 et = π de même que Pn . Par suite,
q
Z p/q
In ∈ Z ⇔ Pn′ (x) cos x dx ∈ Z.
0
Z p/q Z p/q
p/q
Une deuxième intégration par parties fournit : Pn′ (x) cos x dx = [Pn′ (x) sin x]0 − Pn′′ (x) sin x dx.
0 0
p
sin prend des valeurs entières en 0 et = π, de même que Pn′ et
q
Z p/q
In ∈ Z ⇔ Pn′′ (x) sin x dx ∈ Z.
0
En renouvelant les intégrations par parties et puisque sin et cos prennent des valeurs entières en 0 et π de même que les
dérivées succesives de Pn , on en déduit que :
Z p/q
(2n)
In ∈ Z ⇔ Pn (x) sin x dx ∈ Z.
0
Mais,
Z p/q Z p/q
(2n) 1
Pn (x) sin x dx = (−q)n (2n)! sin x dx = 2(−q)n (2n)(2n − 1)...(n + 1) ∈ Z.
0 0 n!
Donc pour tout naturel n, In est un entier relatif, strictement positif d’après plus haut. On en déduit que pour tout naturel
n, In ≥ 1. Cette dernière constatation contredit le fait que la suite (In ) converge vers 0.
L’hypothèse π est rationnel est donc absurde et par suite,
π est irrationnel.
n
X Z1
1 (1 − t)n t
4) Montrons par récurrence que : ∀n ∈ N, e = + e dt.
k! 0 n!
k=0
Z1 Z1 Z1 0 Z1
(1 − t)n t t t
X 1 (1 − t)0 t
• Pour n = 0, e dt = e dt = e − 1 et donc, e = 1 + e dt = + e dt.
0 n! 0 0 k! 0 0!
k=0
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 2 http ://www.maths-france.fr
n Z1
X 1 (1 − t)n t
• Soit n ≥ 0. Supposons que e = + e dt.
k! 0 n!
k=0
Une intégrations par parties fournit :
Z1 1 Z 1 Z1
(1 − t)n t (1 − t)n+1 t (1 − t)n+1 t (1 − t)n+1 t
1
e dt = − e + e dt = + e dt,
0 n! (n + 1) × n! 0 0 (n + 1)! (n + 1)! 0 (n + 1)!
et donc,
n Z1 X 1 Z 1 (1 − t)n+1
n+1
X 1 1 (1 − t)n+1 t
e= + + e dt = + et dt.
k! (n + 1)! 0 (n + 1)! k! 0 (n + 1)!
k=0 k=0
Le résultat est ainsi démontré par récurrence.
Soit n un entier naturel non nul. D’après ce qui précède,
n Z1 Z1
X 1 (1 − t)n t (1 − t)n e 3
0<e− = e dt < e dt = < .
k! 0 n! 0 n! (n + 1)! (n + 1)!
k=0
a
Supposons alors par l’absurde que e soit rationnel. Alors, il existe (a, b) ∈ (N∗ )2 / e =
.
b
n
a X 1 3
Soit n un entier naturel non nul quelconque. D’après ce qui précède, on a 0 < − < , ce qui s’écrit encore
b k! (n + 1)!
k=0
après multiplication des trois membres par bn!
n
X n! 3b
0 < a × n! − b < .
k! n+1
k=0
X3b X3b
(3b)! 3b (3b)!
En particulier, pour n = 3b, on a 0 < a×(3b)!−b < < 1. Mais ceci est impossible car a×n!−b
k! 3b + 1 k!
k=0 k=0
est un entier relatif. Il etait donc absurde de supposer que e est rationnel et finalement,
e est irrationnel.
2π 4π 6π
5) Une équation du troisième degré dont les solutions sont cos , cos et cos est
7 7 7
2π 4π 6π
(X − cos )(X − cos )(X − cos ) = 0,
7 7 7
ou encore
3 2π 4π 6π 2 2π 4π 2π 6π 4π 6π 2π 4π 6π
X − cos + cos + cos X + cos cos + cos cos + cos cos X − cos cos cos = 0.
7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7 7
Calculons alors ces trois coefficients.
Soit ω = e2iπ/7 . Puisque ω7 = 1 et que ω + ω2 + ω3 + ω4 + ω5 + ω6 = −1, on a d’après les formules d’Euler
2π 4π 6π 1 1
cos + cos + cos = (ω + ω6 + ω2 + ω5 + ω3 + ω4 ) = − ,
7 7 7 2 2
puis,
2π 4π 2π 6π 4π 6π 1
cos cos + cos cos + cos cos = ((ω + ω6 )(ω2 + ω5 ) + (ω + ω6 )(ω3 + ω4 ) + (ω2 + ω5 )(ω3 + ω4 ))
7 7 7 7 7 7 4
1
= ((ω + ω + ω + ω ) + (ω + ω5 + ω2 + ω3 ) + (ω5 + ω6 + ω + ω2 ))
3 6 4 4
4
2(−1) 1
= =− ,
4 2
et enfin,
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 3 http ://www.maths-france.fr
2π 4π 6π 1
cos cos cos = (ω + ω6 )(ω2 + ω5 )(ω3 + ω4 )
7 7 7 8
1 1 1
= (ω3 + ω6 + ω + ω4 )(ω3 + ω4 ) = (ω6 + 1 + ω2 + ω3 + ω4 + ω5 + 1 + ω) =
8 8 8
2π 4π 6π 1 1 1
Les trois nombres cos , cos et cos sont donc solution de l’équation X3 + X2 − X − = 0 ou encore de l’équation
7 7 7 2 2 8
8X3 + 4X2 − 4X − 1 = 0.
Montrons que cette équation n’admet pas de racine rationnelle. Dans le cas contraire, si, pour p entier relatif non nul
p
et q entier naturel non nul tels que p et q sont premiers entre eux, le nombre r = est racine de cette équation, alors
q
8p3 + 4p2 q − 4pq2 − q3 = 0. Ceci peut encore s’écrire 8p3 = q(−4p2 + 4pq + q2 ) ce qui montre que q divise 8p3 . Comme
q est premier avec p et donc avec p3 , on en déduit d’après le théorème de Gauss que q divise 8. De même, l’égalité
q3 = p(8p2 + 4pq − 4q2 ) montre que p divise q3 et donc que p divise 1.
1 1 1 1 1 1
Ainsi, p ∈ {−1, 1} et q ∈ {1, 2, 4, 8} ou encore r ∈ 1, −1, , − , , − , , − . On vérifie alors aisément qu’aucun de ces
2 2 4 4 8 8
nombres n’est racine de l’équation considérée et donc cette équation n’a pas de racine rationnelle. En particulier,
2π
cos est irrationnel.
7
√ √ √ √ √ √
6) On sait
√ que √ 2, √3 et 5 sont irrationnels mais ceci n’impose rien à la somme 2 + 3 + 5.
Soit α = 2 + 3 + 5.
√ √ √ √ √ √ √ √
α= 2 + 3 + 5 ⇒ (α − 2)2 = ( 3 + 5)2 ⇒ α2 − 2 2α + 2 = 8 + 2 15
√ √
⇒ (α2 − 2 2α − 6)2 = 60 ⇒ α4 + 8α2 − 24 = 4 2α(α2 − 6)
√
Si maintenant, on suppose que α est rationnel, puisque 2 est irrationnel, on a nécessairement α(α2 − 6) = 0 (dans le cas
√ α4 + 8α2 − 24 √ √
contraire, 2 = ∈ Q). Mais α n’est ni 0, ni − 6, ni 6 (car α2 > 2 + 3 + 5 = 10 > 6). Donc
4α(α2 − 6)
√ √ √
2 + 3 + 5 est irrationnel.
no 2 : A et B sont deux parties non vides et majorées de R et admettent donc des bornes supérieures notées respectivement
α et β.
Pour tout (a, b) ∈ A × B, on a a + b ≤ α + β. Ceci montre que A + B est une partie non vide et majorée de R, et donc
que sup(A + B) existe dans R. (De plus, puisque α + β est un majorant de A + B, on a déjà sup(A + B) ≤ α + β).
Soit alors ε > 0.
ε ε
Il existe a ∈ A et b ∈ B tels que α − < a ≤ α et β − < b ≤ β, et donc tels que α + β − ε < a + b ≤ α + β.
2 2
En résumé,
(1) ∀(a, b) ∈ A × B, a + b ≤ α + β et (2) ∀ε > 0, ∃(a, b) ∈ A × B/ a + b > α + β − ε.
On en déduit que
sup(A + B) = α + β = sup A + sup B.
Pour les bornes inférieures, on peut refaire le travail précédent en l’adaptant ou appliquer le résultat précédent aux
ensembles −A et −B car InfA = −sup(−A).
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 4 http ://www.maths-france.fr
no 3 :
1 1 1 1 1
Posons pour n entier naturel non nul un = +(−1)n de sorte que A = {un , n ∈ N∗ } = 0, + 1, − 1, + 1, − 1, ... .
n 2 3 4 5
1 ∗ 3
Pour n ≥ 1, u2n = 1 + . Donc ∀n ∈ N , 1 < u2n ≤ .
2n 2
1
Pour n ≥ 1, u2n−1 = −1 + . Donc ∀n ∈ N∗ , −1 < u2n−1 ≤ 0.
2n − 1
∗ 3 3
Par suite, ∀n ∈ N , −1 < un ≤ . Donc, sup A et inf A existent dans R et de plus −1 ≤ inf A ≤ sup A ≤ .
2 2
3
Ensuite, = u2 ∈ A. Donc,
2
3
sup A = max A = .
2
1
Enfin, pour chaque entier naturel non nul n, ona −1 ≤ inf A ≤ u2n−1 = −1 + . On fait tendre n tend vers l’infini
2n − 1
dans cet encadrement, on obtient
inf A = −1
(cette borne inférieure n’est pas un minimum).
no 4 : Posons B = {|y − x|, (x, y) ∈ A2 }.
A est une partie non vide et bornée de R, et donc m = inf A et M = sup A existent dans R.
Pour (x, y) ∈ A2 , on a m ≤ x ≤ M et m ≤ yM, et donc y − x ≤ M − m et x − y ≤ M − m ou encore |y − x| ≤ M − m.
Par suite, B est une partie non vide et majorée de R. B admet donc une borne supérieure.
ε ε
Soit ε > 0. Il existe (x0 , y0 ) ∈ A2 tel que x0 < inf A + et y0 > sup A − .
2 2
Ces deux éléments x0 et y0 vérifient,
ε ε
|y0 − x0 | ≥ y0 − x0 > sup A − − inf A + = sup A − inf A − ε.
2 2
En résumé,
1) ∀(x, y) ∈ A2 , |y − x| ≤ sup A − inf A et 2) ∀ε > 0, ∃(x, y) ∈ A2 / |y − x| > sup A − inf A − ε.
Donc, sup B = sup A − inf A.
sup {|y − x|, (x, y) ∈ A2 } = sup A − inf A.
no 5 :
1) A ∩ B peut être vide et on n’a rien à dire. Supposons donc A ∩ B non vide. Pour x ∈ A ∩ B, on a x ≤ sup A et x ≤ sup B
et donc x ≤ min{sup A, sup B}.
Dans ce cas, sup(A ∩ B) existe et sup(A ∩ B) ≤ min{sup A, sup B}.
On ne peut pas améliorer. Par exemple, soit A = [0, 1] ∩ Q et B = ([0, 1] ∩ (R \ Q)) ∪ {0}. On a sup A = 1, sup B = 1,
A ∩ B = {0} et donc sup(A ∩ B) = 0 < 1 = min{sup A, sup B}.
2) Pour x ∈ A ∪ B, on a x ≤ max{sup A, sup B}. Donc sup(A ∪ B) existe dans R et sup(A ∪ B) ≤ max{sup A, sup B}.
Inversement, supposons par exemple sup A ≥ sup B de sorte que max{sup A, sup B} = sup A.
Soit alors ε > 0. Il existe a ∈ A tel que sup A − ε < a ≤ sup A. a est dans A et donc dans A ∪ B.
En résumé, ∀x ∈ (A ∪ B), x ≤ max{sup A, sup B} et ∀ε > 0, ∃x ∈ (A ∪ B)/ max{sup A, sup B} − ε < x et donc
sup(A ∪ B) = max{sup A, sup B}.
3) D’après le no 2, sup(A + B) = sup A + sup B.
4) Pour sup(AB), tout est possible. Par exemple, si A = B =] − ∞, 0] alors sup A = sup B = 0, mais AB = [0, +∞[ et
sup(AB) n’existe pas dans R.
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 5 http ://www.maths-france.fr
no 6 : Soient k un entier naturel non nul et n un entier naturel supérieur ou égal à k.
n + 10 × k! (n + 10 × k!)(n + 10 × k! − 1)...(n + 10 × k! − k + 1)
=
k k!
n(n − 1)...(n − k + 1) + 10 × k! × K
= (pour un certain entier K)
k!
n(n − 1)...(n − k + 1) n
= + 10K = + 10K.
k! k
n + 10 × k! n n + 10 × k! n
La différence − est donc divisible par 10. Par suite, et ont même chiffre des unités
k k k k
en base 10. Ainsi, ∀n ≥ k, un+10×k! = un et donc la suite u est donc 10k!-périodique. On sait alors que
0, uk uk+1 uk+2 ... est rationnel.
no 7 : 1) Si les bk sont tous nuls, l’inégalité est claire.
Sinon, pour x réel, posons
n n
! n
! n
X X X X
2
f(x) = (ak + xbk ) = b2k 2
x +2 a k bk x+ a2k .
k=1 k=1 k=1 k=1
f est un trinôme du second degré de signe constant sur R. Son discriminant réduit est donc négatif ou nul ce qui fournit :
n
!2 n
! n
!
X X X
0 ≥ ∆′ = a k bk − a2k b2k ,
k=1 k=1 k=1
v v
n
u n 2 uX
X uX u n
ou encore a k bk ≤ t ak t b2k , qui est l’inégalité de Cauchy-Schwarz.
k=1 k=1 k=1
2)
n
X n
X n
X n
X n
X n
X n
X
(ak + bk )2 = a2k + 2 a k bk + b2k ≤ a2k + 2 a k bk + b2k
k=1 k=1 k=1 k=1 k=1 k=1 k=1
v v
n
X
u n
X uX
u n n
X
2
u 2t 2
≤ ak + 2t ak bk + b2k (Cauchy-Schwarz)
k=1 k=1 k=1 k=1
v v 2
u n u n
uX 2 uX
= t ak + t b2k
k=1 k=1
v v v
u n n
u n 2
uX uX uX
2 2
u
et donc, t (ak + bk ) ≤ t ak + t bk , qui est l’inégalité de Minkowski.
k=1 k=1 k=1
√ √ √ √ √
no 8 : Pour x ≥ 1, x + 2 p x − 1 = x − 1 + 2 px − 1 + 1 = ( x − 1 + 1)2 ≥ 0. De même, x − 2 x − 1 = ( x − 1 − 1)2 ≥ 0.
√ √
Donc,
√ si on pose
√ f(x) = x + 2 x − 1 + x − 2 x − 1, f(x) existe si et seulement x ≥ 1 et pour x ≥ 1, f(x) =
x − 1 + 1 + | x − 1 − 1|. Par suite,
√ √ √ √ √ √
f(x) = 1 ⇔ x − 1 + | x − 1 − 1| = 0 ⇔ x − 1 = 0 et x − 1 − 1 = 0 ⇔ x − 1 = 0 et x − 1 = 1,
ce qui est impossible. L’équation proposée n’a pas de solution.
no 9 : 1) Soit G un sous groupe non nul de (R, +) ({0} = 0.Z est du type voulu).
Il existe dans G un réel non nul x0 . Puisque G est un sous groupe de (R, +), le réel −x0 est aussi dans G et l’un des deux
réels x0 ou −x0 est strictement positif. Soit alors A = G∩]0, +∞[.
D’après ce qui précède, A est une partie non vide et minorée (par 0) de R. A admet donc une borne inférieure que l’on
note a.
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 6 http ://www.maths-france.fr
1er cas. Si a = 0, montrons dans ce cas que G est dense dans R (c’est par exemple le cas de (Q, +)).
Soient x un réel et ε un réel strictement positif.
Puisque inf A = inf(G∩]0, +∞[) = 0, il existe
dans G un élément g tel que 0 < g < ε. Puis il existe un entier relatif n tel
x−ε
que ng ≤ x − ε < (n + 1)g à savoir n = E .
g
Soit y = (n + 1)g. D’une part, y est dans G (si n + 1 = 0, (n + 1)g = 0 ∈ G, si n + 1 > 0, (n + 1)g = g + g + ... + g ∈ G
et si n + 1 < 0, (n + 1)g = −(−(n + 1)g) ∈ G) et d’autre part
x − ε < (n + 1)g = ng + g < x − ε + ε = x.
On a montré que ∀x ∈ R, ∀ε > 0, ∃y ∈ G/ x − ε < y < x et donc
si G 6= {0} et si inf (G∩]0, +∞[) = 0, G est dense dans R.
2ème cas. Si a > 0, montrons dans ce cas que G = aZ. Pour cela, montrons tout d’abord que a est dans G.
Mais si a n’est pas élément de G, par définition de a, il existe un réel x dans G∩]a, 2a[ puis il existe un réel y dans
G∩]a, x[. Le réel x − y est alors dans G∩]0, a[ ce qui est impossible. Donc a est élément de G.
Montrons alors que G = aZ. Puisque a est dans G, G contient encore a + a = 2a, puis a + a + a = 3a et plus généralement
tous les na, n ∈ N∗ . Puisque G contient aussi les opposés de ces nombres et également 0 = 0 × a, G contient finalement
tous les na, n ∈ Z. On a ainsi montré que aZ ⊂ G.
x x
Réciproquement, soit x un élément de G et n = E (∈ Z). Alors, n ≤ < n + 1 puis 0 ≤ x − na < a. Or, x est dans
a a
G et na est dans G. Donc, x − na est dans G ∩ [0, a[= {0}, puis x = na ∈ aZ. On a ainsi montré l’inclusion contraire et
donc G = aZ.
si inf (G∩]0, +∞[) = a > 0, G = aZ.
√
2) Soit G = {a + b 2, (a, b) ∈ Z2 }. On vérifie aisément que G est un sous-groupe de (R, +). Maintenant, la formule du
binôme de Newton montre que, pour chaque entier naturel n,
√
( 2 − 1)n ∈ G∩]0, +∞[.
√ √
Or, 0 < 2 − 1 < 1 et donc lim ( 2 − 1)n = 0. Ceci montre que inf(G∩]0; +∞[) = 0 et donc que G est dense dans R.
n→ +∞
3) a) Soit f une application de R dans R et Gf = {T ∈ R/ ∀x ∈ R, f(x + T ) = f(x)}.
0 est élément de Gf (et c’est même le seul élément de Gf si f n’est pas périodique) et donc G 6= ∅.
De plus, si T et T ′ sont deux éléments de G alors, pour x réel donné :
f(x + (T − T ′ )) = f((x − T ′ ) + T ) = f(x − T ′ ) = f(x − T ′ + T ′ ) = f(x),
et T − T ′ est encore un élément de G. On a montré que
Gf est un sous groupe de (R, +).
√
b) Soit
√ f une application de R dans R admettant 1 et 2 pour périodes. Gf contient encore tous les nombres de la forme
a + b 2, (a, b) ∈ Z2 et est donc dense dans R.
Montrons que si de plus f est continue sur R, f est constante.
Soit x un réel quelconque. On va montrer que f(x) = f(0).
Remarque préliminaire
x : soit T une période strictement positive de f. Il existe un entier relatif p tel que pT ≤ x < (p + 1)T
à savoir p = E . On a alors f(x) = f(x − pT ) avec 0 ≤ x − pT < T .
T
1
Soit alors n ∈ N∗ . Puisque Gf est dense dans R, il existe dans Gf un réel Tn tel que 0 < Tn < (ce qui implique que
n
lim Tn = 0).
n→ +∞
x x
Mais alors, puisque 0 < x − E Tn < Tn , on a aussi lim x − E Tn = 0.
T n
n→ +∞ T n
x
Maintenant, la suite f x − E Tn est constante égale à f(x)) et donc convergente vers f(x). On en déduit
Tn n∈N∗
que
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 7 http ://www.maths-france.fr
x x
f(x) = lim f x − E Tn = f lim x−E Tn (par continuité de f en 0)
n→ +∞ Tn n→ +∞ Tn
= f(0)
ce qu’il fallait démontrer .
√ √
no 10 : Soient x un √ réel et ε√un réel strictement positif. On a 3 x < 3 x + ε. Puisque Q est dense dans R, il existe un
rationnel r tel que 3 x < r < 3 x + ε et donc tel que x < r3 < x + ε, par stricte croissance de la fonction t 7→ t3 sur R. On
a montré que
{r3 , r ∈ Q} est dense dans R.
c Jean-Louis Rouget, 2008. Tous droits réservés. 8 http ://www.maths-france.fr