Université Ibn Zohr
Faculté des Sciences Appliquées
Département de Physique Appliquée
Master
Energie Durable et Systèmes Electriques
Semestre 1
Module
Dynamique des fluides
avancée
Professeur A. EL MANSOURI
Année universitaire : 2024-2025
Chapitre I
Propriétés et statique des
fluides
Sommaire
Description d’un fluide
Ecoulements
Propriétés physiques des fluides
Système d’unités
Forces dans les fluides
Notion de pression
Equation fondamentale de la statique des
fluides
Application aux liquides : Hydrostatique
Application aux gaz : Aérostatique
“ Donnez-moi un point fixe et un levier et je
soulèverai la Terre.”
Archimède
Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
1 Description d’un fluide
La matière existe sous forme solide ou fluide. Un fluide peut être un liquide ou un gaz. Un
fluide est composé d’un grand nombre de particules matérielles libres de se déplacer les unes
par rapport aux autres. Il s’agit d’un corps physique sans rigidité pouvant se déformer
facilement sous l’effet de forces très faibles.
Une particule matérielle correspond à un élément de volume 𝒅𝑽 suffisamment petit pour que
l’on puisse considérer que ses propriétés sont homogènes (pression, masse volumique,
vitesse…). Cet élément de fluide comporte un très grand nombre de particules
microscopique, notamment les molécules (ex. 𝑯𝟐 𝑶 pour l’eau). Même si la particule fluide
est au repos, ses constituants microscopiques sont en mouvement d’agitation permanente.
Malgré sa structure moléculaire, le fluide est perçu comme un milieu continu lorsque le libre
parcours moyen 𝒍 des molécules est très petit devant la longueur caractéristique 𝑳 à l’échelle
macroscopique. Le caractère moléculaire du fluide est ainsi ignoré.
Le libre parcours moyen correspond à la distance parcourue par une molécule entre deux
collisions successives. A l’échelle macroscopique, la longueur 𝑳 peut, par exemple,
correspondre au diamètre d’une conduite.
Figure 1. Illustration d’une particule fluide.
Un liquide, par exemple l'eau, est un fluide pratiquement incompressible. Les forces de
cohésion entres particules élémentaires sont très faibles de sorte que le liquide est un corps
sans forme propre qui prend la forme du récipient qui le contient. Il est caractérisé par une
surface libre plane et horizontal.
Un gaz, par exemple l'air, est un fluide compressible. Il est constitué d'atomes ou de
molécules en mouvement chaotique permanent donnant lieu à des collisions. Un gaz occupe
tout l’espace qui lui est offert.
L’étude de la statique/dynamique des fluides est appelée
« hydrostatique/hydrodynamique » lorsqu’on s’intéresse aux liquides et
« aérostatique/aérodynamique » lorsqu’elle porte sur des gaz.
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
2 Ecoulements
On dit qu’un fluide est en écoulement (ou bien s’écoule) lorsque les particules fluides qui le
constituent se déplacent par rapport à un point fixe (exemple : origine d’un repère fixe). Un
fluide a la capacité de s’écouler grâce à la mobilité de ses particules fluides les unes par
rapport aux autres. Contrairement à cela, les corps solides se déplacent en bloc car les
distances qui séparent ses particules microscopiques deux à deux sont invariables.
Figure 2. Ecoulement d’un fluide dans un tube courbé de section variable.
Les particules fluides au sein du même milieu continu peuvent se déplacer à des vitesses
différentes. Ceci engendre que l'écoulement d'un fluide soit défini par un champ de vitesse
souvent non uniforme. En plus de la vitesse, chaque point du domaine fluide est caractérisé
par une pression et par certaines propriétés physiques, notamment la masse volumique et la
viscosité.
3 Propriétés physiques des fluides
Tous les fluides possèdent des caractéristiques permettant de décrire leurs conditions
physiques dans un état donné. Ces propriétés sont généralement sensibles aux variations de
la température. Dans ce cours, on se contente des fluides isothermes dont les propriétés sont
constantes.
3.1 Masse volumique et densité
La masse volumique 𝝆 d’un fluide en un point 𝑴 correspond à la masse 𝒅𝒎 qui occupe le
volume élémentaire 𝒅𝐕 construit autour de 𝑴. Elle s’exprime en 𝒌𝐠⁄𝒎𝟑 :
𝒎𝒂𝒔𝒔𝒆 𝒅𝒎
𝝆= =
𝒗𝒐𝒍𝒖𝒎𝒆 𝒅𝐕
Le tableau ci-dessous liste des exemples de fluides avec leurs masses volumiques :
Fluide Eau pure Eau de mer Huile Essence Mercure Air
𝝆 (𝒌𝐠⁄𝒎𝟑 ) 1000 1030 900 700 13600 1.2
Table 1. Masses volumiques de quelques fluides.
La densité d’un fluide correspond au rapport de sa masse volumique rapporté à celle d’un
𝝆
fluide de référence. C’est une grandeur sans unité définie par : 𝒅 = 𝝆
𝟎
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
• Le fluide de référence pour les solides et liquides est l’eau.
• Le fluide de références pour les gaz est l’air.
𝝆 𝟕𝟎𝟎
Exemple : La densité de l’essence est donnée par : 𝒅𝒆𝒔𝒔 = 𝝆 𝒆𝒔𝒔 = 𝟏𝟎𝟎𝟎 = 𝟎. 𝟕
𝒆𝒂𝒖
En multipliant la masse volumique par l’accélération de la pesanteur, on obtient le poids
̅ qui représente la force d’attraction exercée par la terre sur l’unité de
volumique du fluide 𝝎
volume 𝒅𝐕, c'est -à-dire le poids de l’unité de volume. Il s’exprime en 𝑵⁄𝒎𝟑 :
̅ = 𝝆𝐠
𝝎
On définit également le volume massique d’un fluide 𝐯 comme étant le volume occupé par
unité de masse du fluide. Il correspond tout simplement à l’inverse de la masse volumique :
𝟏
𝐯=
𝝆
3.2 Viscosité
La viscosité est une propriété intrinsèque au fluide. Elle est responsable des frottements
internes qui apparaissent entre les couches de fluide en mouvement les unes par rapport aux
autres. Dans un fluide stagnant, les couches de fluide sont immobiles, par conséquent les
forces de frottement sont nulles. La friction entre les différentes couches d’un fluide entrave
son mouvement. Ceci est dû au fait que les couches rapides tendent à entrainer avec elles les
couches lentes adjacentes. Comme résultat, les couches rapides ralentissent, les couches
lentes gagnent en vitesse et le mouvement du fluide est globalement ralenti. En d’autres
termes, la viscosité d'un fluide caractérise sa résistance à l'écoulement. Plus la viscosité est
élevée, plus les forces visqueuses (appelées aussi forces de frottement, de friction ou encore
de cisaillement) sont importantes et le fluide s’écoule difficilement. La viscosité diffère d’un
fluide à un autre ce qui explique les différences apparaissant dans les caractéristiques de leurs
écoulements. Pour illustrer cela, on considère deux tubes identiques remplis de deux
liquides différents comme l’eau et le miel. En essayant de les verser simultanément et de la
même façon, on constate que le tube d’eau se vide plus rapidement que celui du miel. Vue
que le miel possède une viscosité plus élevée que celle de l’eau, les effets visqueux sont plus
importants dans le miel et freinent son mouvement.
Figure 3. Illustration de la différence d‘écoulement entre deux fluides de viscosités différentes.
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
On distingue entre la viscosité cinématique, 𝝂, et la viscosité dynamique, 𝝁, qui sont reliées
𝝁
par l’équation suivante : 𝝂 = 𝝆
Dans le système SI, l’unité de la viscosité dynamique est le 𝑷𝒂. 𝒔 ou 𝒌𝐠⁄𝒎𝒔 ou le Poiseuille
𝑷𝑰 alors que l’unité de la viscosité cinématique est 𝒎𝟐 ⁄𝒔. On reviendra sur ce point avec plus
de détails lorsqu’on va aborder la dynamique des fluides visqueux.
Tous les fluides réels sont visqueux et ont une viscosité non nulle. Pour des raisons de
simplification, il arrive qu’on néglige la viscosité d’un fluide en ignorant les frottements
internes entre ses couches. Ce modèle est appelé fluide parfait.
3.3 Compressibilité
La compressibilité d’un fluide caractérise sa capacité à changer de volume sous l’effet d’une
variation de pression. Plus précisément, une augmentation de pression d’un fluide engendre
une diminution de son volume. Le coefficient de compressibilité est défini comme étant le
rapport de la variation relative du volume à la variation de sa pression.
𝒅𝑽⁄𝑽 𝟏 𝒅𝑽
𝝌=− =− ( )
𝒅𝑷 𝑽 𝒅𝑷
Il s’exprime en Pa-1. Il est à noter que les gaz sont hautement compressibles alors que les
liquides sont faiblement compressibles. Cela signifie que la variation de pression nécessaire
pour observer une variation de volume est très élevée dans le cas des liquides (𝝌 ≈ 𝟎). Par
contre, les gaz sont très sensibles au moindre changement de pression.
4 Système d’unités
La nature d’une grandeur physique peut être identifiée à partir de sa dimension. Afin
d’uniformiser l’usage des unités de mesure, des systèmes de mesure ont été établis. Le
système international des unités, noté SI, est le plus répandu dans le monde. Il est constitué
de sept unités fondamentales auxquelles sont associés des symboles comme indiqué dans la
table 1 suivant :
Grandeur physique Unité du SI
Nom Symbole Nom Symbole
Longueur 𝑙 Mètre 𝑚
Masse 𝑚 Kilogramme 𝑘g
Temps 𝑡 Seconde 𝑠
Température 𝑇 Kelvin 𝐾
Intensité lumineuse 𝑙𝑢 Candela 𝑐𝑑
Quantité de matière 𝑛 Mole 𝑚𝑜𝑙
Intensité du courant 𝐼 Ampère 𝐴
électrique
Table 2. Grandeurs de base du SI et leurs unités.
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
Les unités fondamentales sont le socle sur lequel sont construites toutes les autres unités,
appelées unités dérivées, employées pour mesurer quantitativement une grandeur physique
quelconque. Le tableau ci-dessous regroupe les grandeurs dérivées rencontrées dans la
mécanique des fluides avec leurs dimensions et leurs unités.
Grandeur physique Unité du SI
Nom Symbole Dimension Symbole
Vitesse 𝑉 𝐿𝑇 −1 𝑚. 𝑠 −1
Accélération 𝑎 𝐿𝑇 −2 𝑚. 𝑠 −2
Force 𝐹 𝑀𝐿𝑇 −2 𝑁 (Newton)
Masse volumique 𝜌 𝑀𝐿−3 𝑘g. 𝑚−3
Poids volumique 𝜔 𝑀𝐿−2 𝑇 −2 𝑘g. 𝑚−2 . 𝑠 −2
Pression 𝑝 𝑀𝐿−1 𝑇 −2 𝑃𝑎 (Pascal)
Energie 𝐸 𝑀𝐿2 𝑇 −2 𝐽 (Joule)
Puissance 𝑃 𝑀𝐿2 𝑇 −3 𝑊 (Watt)
Quantité de mouvement 𝑞 = 𝑚𝑉 𝑀𝐿𝑇 −1 𝑁. 𝑠
Viscosité dynamique 𝜇 𝑀𝐿−1 𝑇 −1 𝑘g. 𝑚−1 . 𝑠 −1
Viscosité cinématique 𝜈 𝐿2 𝑇 −1 𝑚2 . 𝑠 −1
Table 3. Grandeurs dérivées en mécanique des fluides.
5 Forces dans les fluides
Les forces agissant sur un volume fluide élémentaire 𝒅𝑽 quelconque sont de deux types :
• Forces de volume (actions à distance) : il s’agit des forces qui s’appliquent à toutes les
particules fluides contenues dans le volume élémentaire 𝒅𝑽. Pour les liquides, il s’agit
souvent des forces de pesanteur et des forces d'inertie.
• Forces de surface (actions de contact) : il s’agit de forces qui s’appliquent uniquement
à la surface du volume élémentaire.
Considérant deux volumes élémentaires appartenant à deux couches fluides en contact (voir
figure 6). La contrainte (force par unité de surface) qu’exerce un volume de fluide supérieur
(volume 1) sur un élément de surface 𝒅𝑺 d’un volume de fluide inférieur (volume 2) est
donnée par :
⃗ 𝟏→𝟐
𝒅𝑭
⃗ 𝟏→𝟐 =
𝝈 ⃗
= 𝝈𝒕 𝒕 + 𝝈𝒏 𝒏
𝒅𝑺
⃗ 𝟏→𝟐 est composée d’une contrainte tangentielle (parallèle à la direction
La contrainte totale 𝝈
du mouvement) dues aux frottements entre les deux couches fluides (𝝈𝒕 = 𝝉) et d’une
contrainte normale due à la pression du fluide (𝝈𝒏 = −𝒑).
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
Figure 6. Illustration des forces internes aux fluides.
Dans l’hypothèse d’un fluide parfait, les effets visqueux sont négligés. Par conséquent, la
force de contact exercée par une couche de fluide sur une autre se réduit à la force de pression
qui est normale à surface de contact.
Dans un fluide en équilibre, il n’y a pas de mouvement relatif entre ses différentes couches.
Par conséquent, les forces de frottement sont nulles. On dit qu’un fluide est en équilibre
lorsque qu’il est au repos (fluide stagnant) ou se déplace en bloc (comme un solide rigide).
6 Notion de pression
6.1 Pression d’un fluide sur une paroi
La force élémentaire 𝒅𝑭 exercée par un fluide perpendiculairement à un élément de surface
𝑑𝑆 correspond à la pression 𝒑 donnée par (Figure 1) :
𝒅𝑭
𝒑=
𝒅𝑺
⃗ (pointe vers
La force exercée sur l’élément de surface 𝒅𝑺 de vecteur unitaire normal 𝒏
l’extérieur) s’écrit :
⃗⃗⃗⃗⃗ = −𝒑𝒅𝑺𝒏
𝒅𝑭 ⃗
On rappelle que l’unité de la pression dans le SI est le Pascal : 𝟏 𝑷𝒂 = 𝟏 𝑵⁄𝒎𝟐 . On peut
rencontrer d’autres unités de la pression telles que :
• L’atmosphère : 𝟏 𝒂𝒕𝒎 = 𝟏𝟎𝟏𝟑𝟐𝟓 𝑷𝒂 = 𝟏. 𝟎𝟏𝟑𝟐𝟓 × 𝟏𝟎𝟓 𝑷𝒂
• Le bar : 𝟏 𝒃𝒂𝒓 = 𝟏𝟎𝟓 𝑷𝒂
• Le millimètre de mercure : 𝟏 𝒎𝒎𝑯𝐠 = 𝟏𝟑𝟑 𝑷𝒂
Figure 7. Illustration de la force de pression exercée par un fluide sur un élément de surface.
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6.2 Pression en un point d’un fluide au repos
Considérons un élément de volume sous forme prisme triangulaire dans un réservoir d’eau
(Figure 8a). On choisit un repère galiléen 𝓡(𝑶, 𝒙, 𝒚, 𝒛) dont l’axe (𝑶𝒛) pointe vers le zénith
⃗ ) et l’axe (𝑶𝒚) est parallèle à l’arête du prisme. On suppose que l’épaisseur du
⃗ = −𝐠𝒌
(i.e. 𝐠
prisme est égale à l’unité (𝒅𝒚 = 𝟏). Pour des raisons de simplification, l’étude des forces
agissant sur le prisme se fera dans un plan de section principale du prisme (Figure 8b).
(a) (b)
Figure 8. Forces exercées sur le fluide enfermé dans petit prisme.
Dans le champ de pesanteur, les forces appliquées à un volume élémentaire du fluide au
repos sont :
⃗
⃗⃗ = −𝝆𝐠𝒅𝑽𝒌
Le poids du fluide renfermé dans le prisme : 𝒅𝑷
Les forces de pression exercées sur les faces du prisme :
• ⃗ 𝒙 = +𝒑𝒙 (𝒅𝒚𝒅𝒛)𝒊
Face verticale : 𝒅𝑭
• Face horizontale : 𝒅𝑭 ⃗
⃗ 𝒛 = +𝒑𝒛 (𝒅𝒙𝒅𝒚)𝒌
• ⃗ 𝒏 = −𝒑𝒏 (𝒅𝒍𝒅𝒚)𝒏
Face oblique : 𝒅𝑭 ⃗
• Les forces de pression agissant sur les deux faces perpendiculaires à la direction 𝒋 se
compensent : 𝒅𝑭⃗ 𝒚 = ⃗𝟎
Le volume du prisme considéré correspond à la moitié du volume d’un parallélépipède
rectangle : 𝒅𝑽 = 𝒅𝒙. 𝒅𝒚. 𝒅𝒛/𝟐.
Le vecteur normal à la surface oblique et sortant du volume élémentaire s’exprime dans la
⃗ = 𝒔𝒊𝒏 𝝋𝒊 + 𝒄𝒐𝒔 𝝋𝒌
base du repère 𝓡 par : 𝒏 ⃗
La condition d’équilibre du fluide implique :
⃗⃗ + 𝒅𝑭
𝒅𝑷 ⃗ 𝒙 + 𝒅𝑭 ⃗ 𝒏 = ⃗𝟎
⃗ 𝒚 + 𝒅𝑭
En substituant, on obtient :
⃗ + 𝒑𝒙 (𝒅𝒚𝒅𝒛)𝒊 + 𝒑𝒛 (𝒅𝒙𝒅𝒚)𝒌
−𝝆𝐠𝒅𝑽𝒌 ⃗ − 𝒑𝒏 (𝒅𝒍𝒅𝒚)𝒏 ⃗
⃗ =𝟎
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
On projette l’équation précédente dans le plan (𝑶𝒙𝒛) :
• Projection suivant 𝒊 : 𝒑𝒙 (𝒅𝒚𝒅𝒛) − 𝒑𝒏 (𝒅𝒍𝒅𝒚)𝒔𝒊𝒏 𝝋 = 𝟎
Sachant que 𝒅𝒛 = 𝒅𝒍 𝒔𝒊𝒏 𝝋 et après simplification, on obtient : 𝒑𝒙 = 𝒑𝒏
• ⃗ :
Projection suivant 𝒌 −𝝆𝐠𝒅𝑽 + 𝒑𝒛 (𝒅𝒙𝒅𝒚) − 𝒑𝒏 (𝒅𝒍𝒅𝒚)𝒄𝒐𝒔 𝝋 = 𝟎
Sachant que 𝒅𝒙 = 𝒅𝒍 𝒄𝒐𝒔 𝝋 et 𝒅𝑽 = 𝒅𝒙𝒅𝒚𝒅𝒛/𝟐, on obtient : 𝒑𝒛 = 𝒑𝒏 + 𝝆𝐠𝒅𝒛/𝟐
Si le volume élémentaire est réduit à un point (𝒅𝒛 → 𝟎), son poids devient négligeable et on
obtient : 𝒑𝒛 = 𝒑𝒏
D’où : 𝒑𝒙 = 𝒑𝒛 = 𝒑𝒏 = 𝒑
Finalement, on conclut que :
• En un point d’un fluide au repos, la pression est identique dans toutes les directions
(caractéristique isotrope).
• En un point d’un fluide, la pression agit de la même façon sur un élément de surface
𝒅𝑺 quel que soit la direction de ce dernier.
7 Equation fondamentale de la statique des fluides
Dans cette partie, il s’agira d’établir l’équation fondamentale de la statique des fluides sous
sa forme locale. Pour cela, on considère un élément de volume fluide de forme
parallélépipédique de volume 𝒅𝑽 = 𝒅𝒙𝒅𝒚𝒅𝒛 dans un réservoir d’eau au repos (Figure 9).
On choisit toujours un repère galiléen 𝓡(𝑶, 𝒙, 𝒚, 𝒛).
(a) (b)
Figure 9. Forces exercées sur le fluide enfermé dans l’élément de volume parallélépipédique.
Les forces agissant sur cet élément de volume sont :
⃗⃗ = 𝝆𝐠
La force de volume dans le champ de pesanteur : 𝒅𝑷 ⃗ 𝒅𝑽
La résultante des forces de surface a trois composantes qui correspondent aux forces de
pression agissant sur les faces du volume :
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⃗ = 𝒅𝑭
𝒅𝑭 ⃗ 𝒙 + 𝒅𝑭
⃗ 𝒚 + 𝒅𝑭
⃗𝒛
⃗ est la somme de forces de pression agissant sur la
La force s’appliquant dans la direction 𝒌
face inférieure et la face supérieure :
⃗ ) − 𝒑(𝒛 + 𝒅𝒛)𝒅𝒙𝒅𝒚𝒌
⃗ 𝒛 = −𝒑(𝒛)𝒅𝒙𝒅𝒚(−𝒌
𝒅𝑭 ⃗
⃗
⃗ 𝒛 = (𝒑(𝒛) − 𝒑(𝒛 + 𝒅𝒛))𝒅𝒙𝒅𝒚𝒌
𝒅𝑭
Un développement limité au premier ordre donne :
𝝏𝒑
𝒑(𝒛 + 𝒅𝒛) = 𝒑(𝒛) + 𝒅𝒛
𝝏𝒛
D’où :
𝝏𝒑 𝝏𝒑
⃗𝒛=−
𝒅𝑭 ⃗ =−
𝒅𝒙𝒅𝒚𝒅𝒛𝒌 ⃗
𝒅𝑽𝒌
𝝏𝒛 𝝏𝒛
En suivant la même procédure, les composantes de la résultante des forces de surface suivant
les directions 𝒊 et 𝒋, on obtient :
𝝏𝒑
⃗𝒙=−
𝒅𝑭 𝒅𝑽 𝒊
𝝏𝒙
𝝏𝒑
⃗𝒚=−
𝒅𝑭 𝒅𝑽 𝒋
𝝏𝒚
Finalement, la résultante des forces de surface est :
𝝏𝒑 𝝏𝒑 𝝏𝒑
⃗ = −(
𝒅𝑭 𝒊+ 𝒋+ ⃗𝒌) 𝒅𝑽 = −𝜵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝒑 𝒅𝑽
⃗⃗ 𝒑 𝒅𝑽 = −𝐠𝒓𝒂𝒅
𝝏𝒙 𝝏𝒚 𝝏𝒛
Si le réservoir d’eau se déplace en bloc dans le repère galiléen 𝓡(𝑶, 𝒙, 𝒚, 𝒛) avec une
⃗ , l’application du principe fondamentale de la dynamique (PFD) au
accélération uniforme 𝒂
volume élémentaire 𝒅𝑽 donne :
⃗⃗ + 𝒅𝑭
𝒅𝑷 ⃗ = 𝒅𝒎 𝒂
⃗
En substituant : ⃗ 𝒅𝑽 − ⃗𝜵
𝝆𝐠 ⃗ 𝒑 𝒅𝑽 = 𝝆𝒅𝑽𝒂
⃗
D’où : ⃗ − ⃗𝜵
𝝆𝐠 ⃗ 𝒑 = 𝝆𝒂
⃗
Finalement, on trouve l’équation fondamentale de la statique des fluides :
⃗ −𝒂
𝝆(𝐠 ⃗𝒑
⃗)=𝛁
⃗ = ⃗𝟎, l’équation précédente se réduit à :
Si le fluide est au repos 𝒂
⃗ = ⃗𝜵
𝝆𝐠 ⃗𝒑
Cette loi peut être généralisée à toutes les forces de volume :
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⃗ =𝛁
𝝆𝒇 ⃗𝒑
⃗ est un champ de force massique.
Où 𝒇
0
⃗
Si le vecteur unitaire 𝒌 est orienté vers le zénith, alors g⃗ = ( 0 ). La projection de l’équation
−g
conduit à :
𝝏𝒑
=𝟎
𝝏𝒙
𝝏𝒑
=𝟎
𝝏𝒚
𝝏𝒑
{ 𝝏𝒛 = −𝝆𝐠
A partir du système d’équations précédent, on conclut qu’en un point d’un fluide au repos :
• La pression dépend uniquement de la hauteur 𝒛 et de la masse volumique 𝝆.
• La pression prend la même valeur en tout point d’un plan horizontal.
• Les plans horizontaux sont des surfaces isobares appelées surfaces équipotentielles.
8 Application aux liquides : Hydrostatique
8.1 Loi de l’hydrostatique
Dans l’hydrostatique, on s’intéresse aux fluides incompressibles ayant une masse volumique
constante dans le temps et dans l’espace :
𝝆(𝒙, 𝒚, 𝒛, 𝒕) = 𝝆 = 𝒄𝒕𝒆
Il s’agit en général des liquides.
Puisque 𝐠 est aussi une constante, alors on peut écrire :
𝒅𝒑(𝒛)
= −𝝆𝐠
𝒅𝒛
Dans le champ de pesanteur, la distribution de la pression est obtenue intégration comme
suit :
𝒅𝒑
𝒑(𝒛) = ∫ 𝒅𝒛 = − ∫ 𝝆𝐠𝒅𝒛 = −𝝆𝐠𝒛 + 𝒄𝒕𝒆
𝒅𝒛
Pour déterminer la constante d’intégration, considérons un niveau de référence 𝒛𝟎 de
pression 𝒑𝟎 . Noter que la constante a la même valeur dans le champ de pesanteur. Ainsi :
𝒑(𝒛) + 𝝆𝐠𝒛 = 𝒄𝒕𝒆 = 𝒑𝟎 + 𝝆𝐠𝒛𝟎
D’où : 𝒑(𝒛) = 𝒑𝟎 + 𝝆𝐠(𝒛𝟎 − 𝒛)
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
Si on prend 𝒉 = 𝒛𝟎 − 𝒛 > 𝟎 la hauteur du fluide sous le niveau de référence, on obtient la loi
de l’hydrostatique donnant la pression en un point quelconque 𝑴 dans un fluide au repos :
𝒑𝑴 = 𝒑𝟎 + 𝝆𝐠𝒉
Application : Soit un liquide contenu dans un réservoir avec une surface libre ouverte sur
l’atmosphère.
Figure 10. Pression à des profondeurs différentes dans un liquide à surface libre.
En appliquant la loi de l’hydrostatique, on peut établir les relations suivantes :
𝒑𝑩 = 𝒑𝑨 + 𝝆𝐠𝒉𝟏
𝒑𝑪 = 𝒑𝑩 + 𝝆𝐠𝒉𝟐
𝒑𝑪 = 𝒑𝑨 + 𝝆𝐠(𝒉𝟏 + 𝒉𝟐 )
Souvent, la surface libre du liquide est prise comme référence des pressions. Lorsque celle-ci
est en contact avec l’ambiance, sa pression est égale à la pression atmosphérique : 𝒑𝑨 = 𝒑𝒂𝒕𝒎
Quel que soit un point 𝑴 situé à une profondeur 𝒉 en dessous de la surface libre d’un liquide,
la pression absolue en ce point vaut :
𝒑𝑴 = 𝒑𝒂𝒕𝒎 + 𝝆𝐠𝒉
La pression relative au point 𝑴 est une pression mesurée par rapport à la pression
atmosphérique. Elle est donnée par :
𝒑′𝑴 = 𝒑𝑴 − 𝒑𝒂𝒕𝒎 = 𝝆𝐠𝒉
8.2 Théorème de Pascal
Dans un fluide incompressible en équilibre, toute variation de pression en un point entraîne
la même variation de pression en tout autre point. En d’autres termes :
« Un fluide au repos transmet intégralement les variations de pression. »
Démonstration : Supposons qu’une perturbation du fluide porte la pression au point 𝑩 de
𝒑𝑩 à 𝒑𝑩 + ∆𝒑𝑩 . Calculons la variation de pression ∆𝒑𝑪 induite au point 𝑪 (Figure 10).
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Dynamique des fluides avancée Chapitre I : Propriétés et statique des fluides
On applique la loi de l’hydrostatique entre le point 𝑩 et le point 𝑪 :
• Avant la perturbation : 𝒑𝑪 = 𝒑𝑩 + 𝝆𝐠𝒉𝟐
• Après la perturbation : (𝒑𝑪 + ∆𝒑𝑪 ) = (𝒑𝑩 + ∆𝒑𝑩 ) + 𝝆𝐠𝒉𝟐
La différence donne : ∆𝒑𝑪 = ∆𝒑𝑩 .
Il s’en suit que le changement de pression introduit au point 𝑩 se propage vers le point 𝑪. On
dit qu’il y a transmission de pression dans les liquides.
9 Application aux gaz : Aérostatique
Dans le cas des gaz, la masse volumique dépend de la température et de la pression.
𝝆 = 𝒇(𝑷, 𝑻)
Dans le cas d’un gaz parfait, cette relation est donnée par l’équation d’état suivante :
𝒑𝑴
𝝆=
𝑹𝑻
Où 𝑴 est la masse molaire du gaz, 𝑹 la constante des gaz parfaits et 𝑻 la température absolue
du gaz.
L’accélération de la pesanteur 𝐠 étant constante, la projection de l’équation de la statique des
fluides suivant la direction verticale donne :
𝒅𝒑(𝒛) 𝒑𝑴𝐠
=−
𝒅𝒛 𝑹𝑻
En se limitant aux fluides isothermes, comme indiqué précédemment, la masse volumique
du gaz dépend uniquement sa la pression. Dans ce cas, la distribution verticale de la pression
s’obtient par intégration de l’équation précédente :
𝒅𝒑(𝒛) 𝑴𝐠
=− 𝒅𝒛
𝒑 𝑹𝑻
La pression diminue de façon exponentielle avec l’altitude comme suit :
𝑴𝐠
𝒑(𝒛) = 𝒑𝟎 𝒆𝒙𝒑 (− 𝒛)
𝑹𝑻
𝒑𝟎 est la valeur de la pression à l’altitude de référence où 𝒛 = 𝟎 m.
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