LICENCE 3 MEDECINE 2022 - 2023
IMMUNOLOGIE PROGRAMME LICENCE 3 MEDECINE
Chapitre 1 : Immunité naturelle/ acquise
Chapitre 2 : Les Immunoglobulines
Chapitre 3 : Le système complément
Chapitre 4 : Le complexe majeur d’histocompatibilité
Chapitre 5 : Hypersensibilité de type 1
Chapitre 1 : IMMUNITE NATURELLE – IMMUNITE ACQUISE
(LES ORGANES LYMPHOÏDES)
Objectifs
1. Présenter les deux grands volets du système immunitaire
2. Décrire les éléments constitutifs de l’immunité naturelle
3. Evoquer les acteurs cellulaires de l’immunité acquise
4. Illustrer l’interdépendance entre ces deux types de réponses immunitaires
Plan
INTRODUCTION
I. IMMUNITE NATURELLE (INNEE/NON SPECIFIQUE)
A. BARRIERES ANATOMIQUES
B. BARRIERES HUMORALES
C. CARRIERES CELLULAIRES
D. PHAGOCYTOSE ET ELIMINATION INTRACELLULAIRES
II. IMMUNITE ACQUISE (ADAPTATIVE/INTRACELLULAIRE)
III. COOPERATIONS CELLULAIRES
CONCLUSION
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INTRODUCTION
En dépit d’une exposition permanente aux agents infectieux, l’organisme bénéficie
d’une remarquable résistance aux infections.
C’est notre système immunitaire qui nous permet de résister aux infections.
Il est reparti en 2 volets avec tous les 2 des composantes cellulaires et humorales :
- L’immunité innée ou non spécifique (1ère ligne de défense)
- L’immunité acquise ou adaptative ou spécifique (2nde ligne de défense)
qui présente la faculté de mémoire immunitaire
Il existe une interdépendance entre ces 2 volets, qui se fait par coopération
cellulaire.
I. IMMUNITE NATURELLE (INNEE/NON SPECIFIQUE)
A. BARRIERES ANATOMIQUES
La peau constitue la 1ère barrière de notre organisme.
- Les facteurs mécaniques
Les surfaces épithéliales forment une barrière physique très imperméable
à la plupart des agents infectieux. La desquamation de l’épithélium de la
peau permet de se débarrasser des bactéries et autres agents infectieux qui
ont adhéré aux surfaces épithéliales.
Les mouvements des cils retrouvés sur certaines surfaces épithéliales ainsi
que le péristaltisme intestinal permettent de maintenir l’aération du
milieu intérieur et débarrassent le tractus gastro-intestinal des
microorganismes.
L’action d’efflux joué par la salive et les larmes permet de prévenir les
infections au niveau des yeux et de la bouche.
Le piégeage des microorganismes par le mucus qui borde les tractus
respiratoire et gastro-intestinal protège également les poumons et le
système digestif des infections.
- Facteurs chimiques
Les acides gras présents dans la transpiration inhibent la croissance
bactérienne.
Le lysozyme et la phospholipase trouvés dans les larmes, la salive et les
secrétions nasales peuvent casser les parois et déstabiliser les membranes
bactériennes.
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Les défensines (des protéines de bas poids moléculaire) trouvées dans les
tractus respiratoire et gastro-intestinal ont des propriétés antimicrobiennes.
Les surfactants pulmonaires agissent comme des opsonines (c’est à dire
des qu’ils favorisent la phagocytose des microorganismes par les cellules
phagocytaires).
- Facteurs biologiques
La flore bactérienne (ou flore commensale) normale de la peau et du tractus
gastro-intestinal prévient la colonisation par des bactéries pathogènes en
sécrétant des substances toxiques ou en entrant en compétition avec ces dernières
pour l’accès aux nutriments ou à l’attachement aux surfaces cellulaires de notre
organisme.
B. BARRIERES HUMORALES
Au nombre de ces facteurs humoraux, on a :
Le système du complément : c'est le principal facteur humoral des
défenses immunitaires non-spécifiques. Une fois activé, le complément
libère des fragments qui sont des signaux (C3a et C5a), et qui auront pour
fonction le recrutement des phagocytes. Le C3b quant à lui a une fonction
d'opsonisation (Il va optimiser la phagocytose).
Le système de coagulation par certains de ces éléments: en fonction de la
sévérité des atteintes tissulaires, le système de coagulation peut être activé
ou pas. Certains produits du système de coagulation peuvent contribuer aux
défenses non-spécifiques du fait de leur capacité à :
- augmenter de la perméabilité vasculaire,
- entrainer le chimiotactisme de phagocytes
- avoir une activité antimicrobienne directe (beta-lysine : protéine qui peut
lyser des bactéries Gram- en agissant comme un détergeant cationique)
C. BARRIERES CELLULAIRES
Les polynucléaires neutrophiles : ils sont recrutés sur le site de l’infection
où ils vont phagocyter les microorganismes et les éliminer par des
mécanismes microbicides intracellulaires. Par ailleurs, les neutrophiles
contribuent aux dommages collatéraux qui se produisent au cours de
l’inflammation.
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Les macrophages : présents dans les tissus et les monocytes nouvellement
recrutés dans les tissus infectés et qui vont pouvoir se différencier en
macrophages, exercent également la fonction de phagocytose et
d’élimination intracellulaire des microorganismes. De plus, les macrophages
peuvent également éliminer nos propres cellules après que celles-ci aient été
infectées ou soient devenues cancéreuses. Par ailleurs, les macrophages
contribuent à la réparation tissulaire et agissent comme des cellules
présentatrices d’antigènes, lesquelles sont requises pour la mise en œuvre
des réponses immunitaires spécifiques.
Les cellules Natural killer (NK) : les cellules NK tuent de façon non-
spécifique les cellules infectées par des virus et les cellules cancéreuses. Ces
cellules ne font pas réellement partie de la réponse inflammatoire mais elles
sont importantes lors de l’immunité non-spécifique lors d’infections virales
et pour la surveillance des tumeurs.
Les polynucléaires éosinophiles : ils possèdent des protéines contenues
dans leurs granules qui sont efficaces pour l’élimination de certains
parasites.
D. PHAGOCYTOSE ET ELIMINATION INTRACELLULAIRES
Les phagocytes sont les cellules en charge de la phagocytose
1. Le neutrophile : Les neutrophiles sont des cellules phagocytaires mobiles
ayant un noyau multi-lobé. Elles sont caractérisées par la présence sur leur
surface d’une molécule particulière, le CD66. Ils possèdent deux types de
granules, dont le contenu permet la mise en œuvre de la phagocytose.
2. Monocytes/Macrophages : ce sont des phagocytes qui ont un noyau ayant
une structure caractéristique en forme de haricot. On peut les identifier sur le
plan morphologique ou par la présence de la molécule de surface CD14. A la
différence des neutrophiles, ils ne possèdent pas de granules mais disposent
de nombreux lysosomes qui ont des contenus similaires à ceux des granules
des neutrophiles.
Réponse des phagocytes à l’infection
En cas d’infection, il y'a émission de signaux SOS : C3a, C5a, les peptides du
système de coagulation, les cytokines produites par les macrophages. Certains
signaux du système SOS peuvent stimuler les cellules endothéliales des vaisseaux
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sanguins proches du site de l’infection ce qui les conduit à exprimer des
molécules d’adhérence comme ICAM-1 ou les sélectines qui se lient à d’autres
molécules d’adhérence de la surface des phagocytes et permettent ainsi
l’adhérence des phagocytes à l’endothélium. Les vasodilatateurs produits au site
de l’infection causent le relâchement des jonctions entre cellules endothéliales et
facilitent la diapédèse (le passage des phagocytes circulants au travers de
l’endothélium vasculaire). Une fois dans l’espace tissulaire, les signaux de dangers
attirent les phagocytes sur le site infectieux par chimiotactisme (mouvement
permettant aux cellules de remonter un gradient de molécules chimiotactiques).
Les signaux SOS activent également les phagocytes afin de leur permettre
d’accroître leur activité de phagocytose.
Pour que la phagocytose puisse se faire, il faut la présence de récepteurs qui sont
de 2 types, soit des récepteurs au fragment Fc soit des récepteurs au fragment
C3b. Ces récepteurs permettent aux phagocytes de se fixer sur la bactérie et
exécuter ainsi la phagocytose.
NB : la phagocytose ne peut se faire que le phagocyte est lié à l’agent
infectieux.
Lorsque le macrophage est lié à l’agent infectieux, il émet des pseudopodes
(extensions de membranes qui se déforment) qui vont entourer la bactérie. C’est la
1ere étape (accolement et absorption de la bactérie par le macrophage).
Ces pseudopodes vont entourer complètement la bactérie et le faire passer dans le
cytoplasme : on dit que la bactérie est dans un phagosome.
Ce phagosome va fusionner avec les granules si le phagocyte est un polynucléaire,
soit avec le lysosome si le phagocyte est un macrophage pour former un
phagolysosome (agent infectieux + substances actives).
Les débris cellulaires sont libérés par exocytose.
Le phagocyte garde néanmoins certains éléments de l’agent infectieux pour le
présenter aux cellules de l’immunité spécifique.
II. IMMUNITE ACQUISE (ADAPTATIVE/INTRACELLULAIRE)
Les principales cellules qui interviennent dans ce type d’immunité sont les
lymphocytes T (LT) et les lymphocytes B (LB).
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Les LB sont produit dans la moelle osseuse ; ils se transforment en plasmocytes afin
de produire des anticorps appelés immunoglobulines.
La différence entre un LB et un plasmocyte : un plasmocyte est un LB différencié et
capable de sécréter les anticorps.
L’anticorps produit est spécifique de l’antigène considéré. Les LB représentent
la composante humorale de l’immunité spécifique.
Les LT sont fabriqués au niveau du thymus après la migration des précurseurs
provenant de la moelle osseuse. Ils assurent le rôle de la composante cellulaire de
l’immunité spécifique.
NB : il y’a aussi bien au niveau des LT que des LB une notion de mémoire
immunitaire notamment présente dans les schémas de vaccination.
Les organes lymphoïdes
On en distingue 2 types :
- Les organes lymphoïdes primaires /centraux /différenciateurs : il s’agit
de la moelle osseuse et du thymus.
- Les organes lymphoïdes secondaires /périphériques/effecteurs : il s’agit
de la rate, les ganglions lymphatiques, les amygdales, les plaques de Peyer.
La moelle osseuse est l’équivalent de la « bourse de Fabricius » chez les oiseaux
d’où le nom de LB aurait été tiré du fait qu’ils sont différenciés au niveau de la
moelle osseuse. Les LB sont également produit dans le foie fœtal.
Le thymus reçoit des cellules immatures provenant de la moelle osseuse. Il se
développe à partir de la 6ème semaine de gestation et est colonisé par les cellules de
la moelle osseuse à partir de la 9 ème semaine de gestation. Il se présente comme un
organe bilobé logé dans le thorax. Chaque lobe est constitué de lobules et dans
chaque lobule il y’a 2 zones, un cortex et une medulla.
Le thymus augmente de taille jusqu’à la puberté et chez l’adulte les thymocytes
deviennent de moins en moins nombreux et sont remplacés par du tissu adipeux.
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La medulla est centrale et le cortex est périphérique. Entre chacun de ces 2
compartiments, il y’a des cellules épithéliales qui sont capables de nourrir les
lymphocytes, contribuent à leur différenciation et exerce un rôle dans
l’apprentissage du soi.
Au niveau du cortex thymique : ce cortex reçoit des lymphocytes
immatures et contient à peu près 85% des lymphocytes. Dans ce cortex les LT
vont avoir une sélection positive par les molécules du complexe majeur
d’histocompatibilité :
- Les LT cytotoxiques ou LT CD8 reconnaissent les antigènes qui leur sont
présentés par le CMH de classe I
- Les LT auxiliaires ou LT CD4 reconnaissent les antigènes qui leur sont
présentés par le CMH de classe II
Ensuite les lymphocytes passent dans la medulla.
Au niveau de la medulla thymique : il contient 15% des lymphocytes. Il y’a
des organites appelés corpuscules de Hassal qui sont des sites de
destructions des lymphocytes.
En ce qui concerne les LT :
- Les lymphocytes T cytotoxiques CD8/ CD3 reconnaissent les molécules de
CMH de classe I. Ils agissent un peu comme les NK c’est-à-dire directement sur
la cellule cible
- Les lymphocytes T auxiliaires CD4/CD3 ou lymphocytes Helper reconnaissent
les molécules de CMH de classe II. C’est lui qui contrôle la réaction.
- Les lymphocytes T suppresseurs CD4/CD25/CD3 s’opposent à l’activation des
lymphocytes auto-immuns.
Les organes lymphoïdes primaires sont dits différenciateurs car ils permettent de
différencier les LT et les LB par leur lieu de libération.
Une fois libérée, ils vont vers les organes lymphoïdes secondaires qui sont le lieu
de développement des réactions immunitaires.
CIRCULATION DES CELLULES IMMUNO-COMPÉTENTES : ÉCOTAXIE /
"HOMING" / "DOMICILIATION"
L'Ecotaxie qualifie la migration des cellules immuno-compétentes donné, vers un
tissu permettant à chaque population d'élire domicile dans des zones particulières.
Ce processus reposant sur l’expression tissu/organe spécifique de certaines
molécules d'adhérence entre Lymphocytes B et T.
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Mémoire topographique : chaque lymphocyte sait où il doit aller et si on le
transfère dans un autre organisme il se dirigera toujours vers la même destination.
III. COOPERATIONS CELLULAIRES
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CONCLUSION
La mise en place des mécanismes de défense de l’hôte fait intervenir des réactions
immunitaires non spécifiques et spécifiques.
Dans le cas des réactions immunitaires spécifiques, on a la réaction à médiation
humorale (LB) et la réaction à médiation cellulaire (LT).
Bien que les rôles affectés aux différentes cellules immunocompétentes soient
spécialisés, la réponse immunitaire sera d’autant plus efficace par la mise en jeu
d'interaction cellulaire.
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LES ORGANES LYMPHOÏDES
Objectifs
1. Décrire l’organisation générale des organes lymphoïdes en distinguant les
organes lymphoïdes primaire et secondaire.
2. Présenter les organes lymphoïdes.
3. Montrer l’importance des organes lymphoïdes dans le mécanisme de l’immunité
cellulaire et humorale.
4. Evoquer la notion d’écotaxie ou de l’homing.
INTRODUCTION
Les organes lymphoïdes sont le regroupement du système immunitaire et on distingue
les organes lymphoïdes primaires et secondaires. La moelle osseuse et le thymus sont
le lieu de différenciation des cellules des organes lymphoïdes primaires.
A l’inverse, les organes lymphoïdes secondaires sont des lieux d’activation et de
réponse immunitaire.
I. Les organes lymphoïdes primaires.
Se sont le lieu de différenciation
A. La moelle osseuse
Elle correspond à la source de tous globules blancs. On assiste à une prolifération
cellulaire intense et à la différenciation des monocytes et des lymphocytes B.
Exemple : la bourse de Fabracius, c’est l’organe de maturation des lymphocytes B chez
les oiseaux.
Par ailleurs les lymphocytes B sont également produits dans le foie fœtal. En suite
migration des précurseurs des lymphocytes T vers le Thymus.
B. Le Thymus.
Il reçoit les cellules immatures de la moelle osseuse, il se développe à partir de la 6ème
semaine de la gestation et il est colonisé par des cellules hématopoïétiques à partir de la
9ème semaine. Les LT matures apparaissent à partir de la 16ème semaine de
développement.
Le Thymus augmente de taille jusqu’à la puberté chez l’adulte les thymocytes
deviennent de moins en moins nombreux et sont remplacés par le tissu adipeux.
Chez les mammifère, le thymus est lobé dans le thorax, chaque lobe est constitué de
lobules séparés les uns des autres par le tissu conjonctif.
Chaque lobule est constitué de deux cortex correspondant à la partie externe ou l’on
retrouve des lymphocytes immatures qui prolifèrent très vite, la médulla contient des
lymphocytes matures à très faibles division cellulaire.
NB : dans le thymus (organe lymphoïde primaire), les lymphocytes vont acquérir le
répertoire de reconnaissance pour l’antigène et apprendre à distinguer les antigènes du
soi et du non soi.
Les cellules épithéliales nourrissent les lymphocytes T pour assurer leur bon
développement pour induire leur différenciation pour reconnaître l’antigène du soi.
Les LT corticaux représentent 85% des lymphocytes et ils vont subir une sélection
positive par les CMH. Au niveau de la moelle osseuse, les L T représentent 15% des
lymphocytes. On y trouve des corpuscules de Hassal qui sont le site de destruction des
lymphocytes.
NB : le thymus avent de libérer les L T va se rassurer que les LT sont prêt.
Le thymus contribue à l’immunocompétence des lymphocytes à l’origine de la sélection
immunitaire cellulaire, tout comme la moelle osseuse contribue à rendre
immunologiquement les cellules qui sont à l’origine de la réaction humorale.
II. Les organes lymphoïdes secondaires (périphériques)
Les organes lymphoïdes secondaires sont les effecteurs. Ils vont se développer plus
tardivement que les primaires. Ils n’atteignent leur développement qu’après la naissance
et au contact des stimulants et après être différencié dans les organes lymphoïdes
primaires.
Les lymphocytes vont migrer vers les organes lymphoïdes secondaires. Les organes
lymphoïdes secondaires exercent un rôle de surveillance immunitaire et possèdent des
caractéristiques communes :
• Possèdent toutes des cellules nécessaires à la réponse immunitaire ;
• Reçoivent par voie sanguine ses cellules soit par du thymus pour les lymphocytes
immatures soit la MO pour les LB ;
• Trouvent également des cellules réticulaires qui vont pouvoir présenter l’antigène
(exemple : le macrophage) ;
• Développement maximal en présence de l’antigène.
Les organes lymphoïdes secondaires comprennent deux grandes ensembles appelés
organe structuraux et en capsules (la rate, les ganglions lymphatiques) et des formations
lymphoïdes qui sont annexes aux muqueuses, au tractus digestif, respiratoire et
intestinal (les plaques de PEYER, les amygdales).
A. La rate
Organe lymphoïde placé sous la circulation sanguine. Donc un organe très vasculaire et
le sang arrive à cet organe lymphoïde par l’artère splénique et la rate peut renvoyer des
cellules différentes dans la circulation sanguine.
On distingue trois zones :
La pulpe blanche
Elle a une fonction lymphoïde. Le tissu lymphoïde se retrouve de deux façons
différentes, soit sous forme de gaine qui entoure la ramification artérielle qui est une
zone thymo- dépendante, soit sous forme de lymphoïde primaire et secondaire appelé
corpuscule de Malpighi et qui est une zone thymo-indépendante. Les organes formés au
niveau de la pulpe blanche vont dans la circulation sanguine.
❖ La pulpe rouge ;
Site de destruction des vielles hématies. Stockage des jeunes hématies ; on y retrouve
également des follicules primaires et des amas de LB stimule qui présentent des centres
germinatifs avec des macrophages autour.
❖ La zone marginale
Située à l’interface de la pulpe blanche et de la pulpe rouge constituée de lymphocytes,
monocytes, plasmocytes, plaquettes et hématies.
B. Les organes lymphatiques
Ce sont des amas de cellules disséminées tout au long de la circulation lymphatique et
qui vont permettre l’exclusion des éléments pathogènes au niveau des aisselles, la base
du cou et de l’aine. Ils sont entourés d’une capsule fibreuse et composé des cellules
spécifiques.
On peut distinguer trois zones :
❖ La zone externe / cortex superficiel.
Elle renferme des LB et sert de centre germinatif. En effet, les LB corticaux s’organisent
en follicules lymphoïdes. En l’absence de stimulation antigénique, on a affaire à des
follicules lymphatiques primaire, après stimulation ces follicules se transforment en
follicules secondaires à la suite d’une intense prolifération des L B.
Ces derniers (follicules secondaires) renferment des centres germinatifs qui sont le site
d’une intense prolifération des LB activés par l’antigène.
❖ La zone intermédiaire / cortex profond
Constituée de LB et de CPA, c’est le site d’induction des réponses des LT cellulaires.
❖ Zone centrale :
Contient de nombreux types cellulaires : lymphocytes, plasmocytes, macrophages.
Les ganglions lymphatiques sont le lieu de développement de réaction immunitaire. Les
lymphocytes afférents conduisent les antigènes au niveau des ganglions quant aux
lymphocytes, ils déversent dans la circulation sanguine des anticorps et les cellules et
les cellules sensibilisées (LT auxiliaire, LT cytotoxiques).
C. Les plaques de PEYER :
On retrouve au niveau de l’intestin grêle jusqu’à l’iléon. Elles sont recouvertes de
cellules épithéliales au sein desquelles on retrouve des cellules M. ces derniers
transportent les antigènes vers les plaques de PEYER où on y retrouve des zones B
(majoritairement les follicules primaires et secondaires) et des zones T-dépendantes.
D. Les amygdales
Situées principalement au niveau du pharynx et prennent pour cible des antigènes qui
viennent de la respiration et des aliments.
Chez l’être humain on distingue six amygdales :
❖ Deux amygdales appelées palatines (tonsilles)
❖ Deux amygdales tubulaires (à la sortie de la trompe d’EUSTACHE) ;
❖ Une amygdale linguale (langue) ;
❖ Un pharyngée (pharynx)
Les amygdales sont des amas de tissus lymphoïdes avec des germinatifs et des LT. Les
amygdales sont des ébauches des ganglions.
III. La circulation des cellules immuno- compétentes
Les cellules immunocompétentes vont coloniser les organes lymphoïdes secondaires,
cette colonisation commence chez l’homme un peu avant la naissance. Les L T comme
les LB ne se répartissent pas au hasard.
On appelle écotaxie, cette migration des cellules immunocompétentes vers un tissu
donné. Ce processus repose sur l’expression du tissu, organe spécifique de certaines
molécules d’adhérences entre LB et LT.
Conclusion
Les différents organes lymphoïdes sont fortement engagés dans la lutte contre les
infections et jouent un rôle dans l’immunité.
Ces organes sont constitués d’une part d’organes lymphoïdes centraux qui assurent la
protection des cellules et l’acquisition de leur immunocompétence et d’autre part des
organes lymphoïdes secondaires au niveau desquels se déroulent les premières phases
des réactions des interactions immunitaires acquises.
Le tissu lymphoïde permet l’intégration des interactions des cellulaires qui interviennent
dans les réponses immunes.
La recirculation des lymphocytes et les antigènes spécifiques est un élément capital qui
permet l’augmentation de la probabilité de rencontre entre les lymphocytes et les
antigènes spécifiques.
Ce phénomène actif de recirculation dépend de la présence des molécules d’adhérence.
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LES IMMUNOGLOBULINES
Objectifs
1. Définir une molécule d’immunoglobuline (Ig)
2. Présenter la structure générale d’une molécule d’immunoglobuline
3. Définir et décrire les différents niveaux de diversité des immunoglobulines
4. Lister les étapes de la biosynthèse des immunoglobulines et envisager une
modulation de la réponse immunitaire
5. Résoudre l’énigme de l’extrême diversité des molécules anticorps
6. Montrer l’intérêt de l’utilisation des anticorps monoclonaux
INTRODUCTION
Les immunoglobulines sont des protéines animales glycosylées que l’on
retrouve dans le plasma, les liquides extravasculaires et les sécrétions.
Le principal intérêt de ces molécules d’immunoglobulines est qu’elles sont douées
d’une activité anticorps.
N.B : une Ig ≠ anticorps. Une immunoglobuline peut avoir plusieurs propriétés.
Les immunoglobulines constituent avec le système du complément l’une des 2
composantes plasmatiques de l’immunité humorale.
Immunité spécifique Immunité non spécifique
Aspect humorale Lymphocyte B Complément
Aspect cellulaire Lymphocyte T Macrophage
Les immunoglobulines sont produites et sécrétées par les plasmocytes qui
représentent l’étape terminale de différenciation des lymphocytes B qui sont produites
en réponse à une stimulation étrangère par un immunogène ou un antigène.
Un immunogène est une substance reconnue comme étrangère à l’organisme et
qui conduit à la production d’anticorps qui vont agir contre certaines parties de
l’immunogène qu’on appelle antigène. Donc l’anticorps n’est pas spécifique de
l’immunogène mais de l’antigène.
La principale caractéristique de cette réponse immunitaire concerne la très grande
spécificité d’action de l’immunoglobuline vis-à-vis de l’antigène qui a suscité sa
production.
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I. Structure générale des molécules d’immunoglobuline
A. Structure de base
1. Chaines lourdes et chaines légères
L’unité structurale d’une immunoglobuline appelée monomère comporte 4
chaines polypeptidiques à savoir :
- 2 chaines lourdes
- 2 chaines légères
On peut schématiser la structure de cette molécule par la formule H2L2 (H = heavy =
chaines lourdes / L = Light = chaines légères)
Poids moléculaire Composition
chaine lourde 50.000 Da 450 aa
Chaine légère 25.000 Da 220 aa
Au microscope électronique, une molécule
d’immunoglobuline à la forme d’un « Y ».
Il y’a 2 types de ponts disulfures :
- Intra caténaire : entre 2 chaines identiques
- Inter caténaire : entre 2 chaines différentes
Une molécule d’immunoglobuline pèse environ
150 kDa.
Schéma d’une molécule d’immunoglobuline
Les chaînes lourdes sont propres à chaque classe d’immunoglobulines. Chaque
chaîne lourde détermine une classe d’immunoglobulines (5 types de chaines lourdes).
Il s’agit d’une chaine polypeptidique.
Le site de combinaison à l’antigène est formé par une association de chaines
lourdes et de chaines légères au niveau de l’extrémité NH2-terminal.
En ce qui concerne l’orientation, le 1 er acide aminé est le NH2 et le dernier est le
COOH.
Les chaines légères sont communes à l’ensemble des 5 classes
d’immunoglobulines ; on en distingue 2 types antigéniquement :
- Type ĸ
- Type λ
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Au sein d’une même molécule d’immunoglobulines, les chaines lourdes sont
identiques entre elles ; les chaines légères sont identiques entre elles.
Dans le cas du schéma précédent, la molécule d’immunoglobuline peut neutraliser 2
molécules d’antigène car il y’a 2 sites de liaisons.
2. Autres composantes
En dehors des chaines lourdes et des chaines légères, on a des chaines
oligosaccharides et des chaines de jonction.
Les chaînes oligosaccharidiques sont situées sur les chaînes lourdes. Il y’a un
nombre variable de chaines oligosaccharidiques.
En fonction de la classe d’immunoglobuline, les sucres peuvent être important
ou pas mais cela importe peu dans leur rôle d’anticorps car les sucres ne sont pas à
proximité du site de fixation.
En ce qui concerne les chaines de jonction, dans certaines classes
d’immunoglobuline on peut assister à une polymérisation du monomère de base
[(H2L2)N].
Exemple :
Dans le cas de l’Ig A on aura (H2L2)2
Dans le cas de l’Ig M on aura (H2L2)5
Les chaines de jonctions relient les monomères de base. Plus il y’a de
monomères plus l’immunoglobuline peut fixer des antigènes.
3. Notion de domaine
Il existe sur chaque chaine lourde et légère des ponts disulfures intracaténaires.
Ces ponts vont créer des boucles peptidiques qui renferment entre 60 et 70 acides
aminés. Chacune de ces boucles représentent la partie centrale d’une région globulaire
formée d’environ 110 acides aminés appelé « domaine ».
Selon la classe d’immunoglobuline, chaque chaine lourde peut comporter 4 à 5
domaines contre 2 pour les chaines légères.
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4. Zones variables et constantes
L’étude de la structure primaire des
chaines d’immunoglobulines montre qu’au
sein d’une chaine de même type, des
séquences en acides aminés sont
partiellement différentes.
Ces différences observées entre
chaines lourdes d’une part et chaines légères
d’autre part sont localisées dans la région
aminoterminale des chaines polypeptidiques
(la partie NH2 terminale).
Ces régions constituent des régions
variables de la molécule d’immunoglobuline
et sont constitué en moyenne des 115
premiers acides aminés de la chaine légère
107 premiers acides aminés de la chaine
lourde.
La variabilité permet l’adaptation spécifique de chaque molécule
d’immunoglobuline vis-à-vis de l’antigène spécifique.
La partie NH2 constitue le site de combinaison à l’antigène. En revanche, la partie
COOH des chaines de même type a une structure relativement conservée, de fait elle
constitue la région constante.
Le domaine variable d’une chaine légère associé au domaine variable d’une chaine
lourde qui détermine le site de liaison à l’antigène.
Au sein des régions variables des chaines légères et lourdes, on distingue des
régions hypervariables au nombre de 3 et situés dans des régions homologues.
Ces régions hypervariables permettent d’augmenter l’affinité de
l’immunoglobuline par l’antigène et sont également appelées des CDR à savoir des
régions déterminant la complémentarité entre l’anticorps et l’antigène. Les CDR
augmentent l’activité de l’anticorps pour l’antigène.
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B. Hydrolyse partielle
Les immunoglobulines, étant de nature
protéique, peuvent être clivées sous l’action
d’enzymes protéolytiques à savoir :
- La papaïne
- La pepsine
1. Action de la papaïne
C’est une enzyme d’origine végétale, extraite du papayer. Son action se situe en
avant de la zone charnière (au niveau des ponts disulfures). Elle va ainsi former 3
fragments dont 2 identiques F(ab) et 1 différent F(c).
- F(ab) = fragment Antigen Biding : on a 2 fragments F(ab) identiques car ils
proviennent de la même molécule d’immunoglobuline.
- F(c) : il se cristallise ; il correspond aux 2 moitiés des COOH – terminale des
chaines lourdes qui demeurent reliés entre elles par des ponts disulfures.
Le fragment F(c) permet l’activation du complément notamment les IgM et les IgG.
Il existe sur certaines cellules phagocytaires (macrophages) des récepteurs au fragment
F(c) : le F(c) s’y fixe et va permettre au macrophage d’internaliser le complexe
antigène – anticorps de manière à poursuivre la phagocytose (lorsque l’antigène est
fixé) : c’est la 2e fonction du fragment F(c) (augmente l’activité phagocytaire du
macrophage).
Le fragment F(c) permet aussi le passage à travers le placenta de certaines classes
d’immunoglobulines maternelles vers le sang du fœtus. Seuls les IgG peuvent
traverser.
2. Action de la pepsine
La pepsine est sécrétée par les cellules principales de la muqueuse gastrique et
interviennent dans la digestion des protéines.
L'action de la pepsine se situe en arrière de la zone charnière. On obtient 2 fragments :
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- Un gros fragment F(ab)’2 constitué des 2 fragments F(ab) reliés l’un à
l’autre par des ponts disulfures
- Un fragment F(c) qui va par la suite se fragmenter.
II. Diversité et propriétés des différentes classes d’immunoglobulines
Les chaînes légères sont communes à l’ensemble des classes d’immunoglobulines ;
c’est la nature des chaines lourdes constitutives qui déterminent à la fois sa classe et sa
sous – classe.
Il existe 5 classes d’immunoglobuline qui correspondent chacune à un type de
chaîne lourde :
- les IgG constitués de chaînes lourdes ϒ
- les IgA constitués de chaînes lourdes α
- les IgM constitués de chaînes lourdes μ
- les IgE constitués de chaînes lourdes ε
- les IgD constitués de chaînes lourdes δ
Les différences peuvent porter sur la composition en sucre, en acides aminés, la
mise moléculaire, la charge électrique, en sachant que dans une même classe
d’immunoglobuline il peut y avoir des sous – classes principalement liées à la
variation des chaînes lourdes.
A. Les IgG
Ils constituent chez l’Homme la principale classe d’immunoglobulines car ils
représentent 75% des immunoglobulines sériques. Ils ont une Valence = 2 (ils peuvent
fixer 2 déterminants antigéniques). La teneur en glucide est de l’ordre de 3% du poids
moléculaire.
On distingue 4 sous – classes d'IgG (IgG1, IgG2, IgG3, IgG4) dont la plus
abondante l'IgG1 représente 66% de l’ensemble des IgG.
Les IgG sont capables d’activer le complément par la voie classique et sont les
seuls immunoglobulines à traverser le placenta. Ce transfert placentaire est
relativement faible jusqu’au 7e mois de grossesse et atteint son maximum en fin de
grossesse permettant ainsi que les concentrations sériques d'IgG au niveau du sang du
cordon soit équivalents au sang maternel. Ce transfert est important car il assure la
protection du nouveau-né durant les premiers mois de sa vie.
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B. Les IgA
Ils représentent le 2e groupe d'Ig sérique, environ 15% de l’ensemble des
immunoglobulines. Elles constituent la classe prépondérantes des anticorps dans
les diverses secretions exocrines de l’organisme (sécrétions respiratoires, salivaires,
digestives, larmes, lait maternel) assurant une défense antibacterienne et antiviral
des épithéliums.
On distingue :
- Les IgA sériques : dans le sérum
- Les IgA sécrétoires : dans les secrétions exocrines
a. Les IgA sériques
La forme prépondérante est celle d’un monomère. La chaîne lourde est toujours α
et ne traverse pas le placenta.
Les IgA active le complément par l’intermédiaire de la voie alterne.
En raison des variations des chaines lourdes α, on distingue 2 classes d’IgA seriques
(IgA1 et IgA2).
Les IgA1 représentent la classe prépondérante avec environ 93% de l’ensemble des
IgA sériques.
b. Les IgA sécrétoires
Ils apparaissent sous la forme d’un dimère [(H2L2)2] qui demeurent relié par une
chaîne de jonction. Cette dernière est une chaîne polypeptidique produite par les
plasmocytes. A côté de cette chaîne J, on a une pièce sécrétoire, constituant spécifique
de nature glycoprotéique, produite par les cellules épithéliales et qui permettent à la
fois d’assurer le transport transcellulaire des IgA d’une part et de limiter les
dégradations protéolytiques des IgA d’autre part.
(H2L2)2JS = IgA sécrétoire
La teneur en sucre des IgA est de l’ordre de 11% soit plus que dans le cas des IgG.
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C. Les IgM
Ils représentent environ 10% des Ig sériques. C’est la principale classe
d’anticorps sécrétée dans le sang au cours de la reponse immunitaire primaire.
Ceci peut être due au fait que les IgM représentent la plus ancienne forme d’anticorps
chez les bactéries. Ils permettent donc de dater une infection : plus le taux d’IgM est
élevé plus l’infection est récente et vis – versa.
Les IgM sont caractérisées par leur structure pentamérique (un pentamère de
formule (H2L2)5) avec présence de chaînes de jonction pour maintenir la cohésion
moléculaire : (H2L2)5J.
La capacité de cette molécule à fixer les antigènes = Valence = 10 déterminants
antigéniques.
Les IgM active le complément par la voie classique ; ils possèdent une forte
activité bactéricide et une forte action agglutinante.
Par rapport aux variations des chaines μ, on va distinguer 2 sous – classes IgM1 et
IgM2.
Les IgM ne traversent pas la barrière placentaire. Ils sont capables d’activer le
complément par la voie classique à l’instar des IgG. La teneur en sucre est de 12%.
D. Les IgE
Elles ont une structure classique H2L2 ; leur concentration sérique est relativement
faible (environ 0,01%). Lors d’une infection parasitaire leur taux augmente fortement.
Elles activent le complément par la voie alterne. Ces molécules sont riches en glucides
(12% du poids moléculaire). Elles ne traversent pas la barrière placentaire.
Elles sont impliquées dans la réaction d’hypersensibilité de type I (ou état
allergique). En effet sous l’action des allergènes, les IgE vont entraîner la
dégranulation des mastocytes entraînant la libération d'amines vaso – actives
notamment l’histamine à l’origine des conséquences d’hypersensibilité.
E. Les IgD
Leur concentration est de l’ordre de 0,2% des immunoglobulines. Ces molécules
sont peu voire pas sécrétées. Ce sont pour l’essentiel des immunoglobulines de
surface, à la surface des membranes des lymphocytes B, leur permettant de jouer un
rôle de récepteur cellulaire pour les antigènes. Les lymphocytes T ne sont pas
capables de voir l’antigène s’il n’est pas associé au CMH.
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Les IgD exercent pour rôle l’induction par l’antigène de la différenciation des
lymphocytes B en plasmocytes.
III. Variabilité de la molécule d’immunoglobulines
A. Spécificité moléculaire
Le site de combinaison à l’antigène d’un fragment F(ab) résulte de la coopération
des régions variables des chaines légères et celles des chaines lourdes.
A l’intérieur des régions variables on retrouve des régions hypervariables ou CDR
qui déterminent la complémentarité entre l’anticorps et l’antigène. Chacun de ces
segments hypervariables est constitué d’une dizaine d’acides aminés ; ils sont au
nombre de 3 aussi bien pour les chaines légères que pour les chaines lourdes et sont
situés dans les régions homologues.
Les régions hypervariables délimitent la poche dans laquelle l’antigène sera fixé
sur l’immunoglobuline.
B. Les gènes des immunoglobulines
Pendant très longtemps, on
essayait de comprendre comment
l’organisme élaborait des anticorps
spécifiques contre des millions
d’antigènes différents.
On doit la réponse aux travaux
de l’équipe de TONEGAWA qui ont
montrés qu’avant le stade de la
production d’immunoglobuline
intervenait au cours du développement
des cellules B un processus de
réarrangement des gènes qui va
permettre d’expliquer la grande
diversité des anticorps. Ce processus
de réarrangement intervient avant le
stade de formation des
immunoglobulines.
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LICENCE 3 MEDECINE 2022-2023
Ces chercheurs ont démontrés que les gènes qui codent pour les immunoglobulines
sont arrangés en 3 groupes de translocation qui codent soit pour les chaines légères ĸ,
soit pour les chaines légères ϒ, soit pour les chaines lourdes.
Le chromosome 2 comporte les gènes codant pour les chaines légères ĸ.
Le chromosome 22 comporte les gènes codant pour les chaines légères ϒ.
Le chromosome 14 comporte les gènes codant pour les régions variables et
constantes des chaines lourdes.
N.B : ces groupes sont indépendants c’est-à-dire sur des chromosomes différents.
Au sein de chaque groupe :
- les segments géniques qui codent pour les régions variables des chaines ĸ ne
pourront s’associer qu’aux segments géniques qui codent pour les régions
constantes des chaines ĸ.
- Les segments géniques qui codent pour les régions variables des chaines ϒ ne
pourront s’associer qu’aux segments géniques qui codent pour les régions
constantes des chaines ϒ
- Les segments géniques qui codent pour les régions variables d’une chaine lourde
en particulier ne s’associent qu’aux segments géniques qui codent pour les
régions constantes de la chaine lourde considérée.
Dans chaque groupe de translocation on observe un grand nombre de segments
géniques qui codent pour la région variable et un petit nombre pour les régions
constantes d’une chaine donnée.
Le mécanisme de réarrangement des gènes qui est responsable de la grande diversité
des anticorps consiste en un processus de recombinaison au niveau des gènes
variables.
C. Les niveaux de diversités des immunoglobulines
Isotypie : c’est une spécificité propre à l’espèce. Les variations isotypiques sont des
caractères communs à l’ensemble des individus d’une même espèce (on a tous les
mêmes chaines lourdes et légères ; le même nombre de classe et de sous – classes des
immunoglobulines).
Allotypie : c’est une spécificité propre à l’individu. C’est un type de variations
caractéristiques génétiquement déterminé qui peuvent varier d’un sujet à un autre. On
parle de polymorphe génétique ; elle est portée par les régions constantes des chaines
lourdes et des chaines légères.
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Exemple: Allotypie des chaines légère ҡm
Cet allotypie donne lieu à une substitution d’acides aminés situés entre 153 et
191, elles génèrent 3 spécificités différentes, qui sont: ҡm1, ҡm2, ҡm3.
Dans le système ҡm1 on aura 153 la valine et en 191 on aura la leucine,
en ҡm2 on a en 153 l’alanine et en 191 la valine,
en ҡm3 on a en 153 l’alanine et en 191 la valine.
Idiotypie : c’est une spécificité propre à la molécule de l’immunoglobuline. Ces
variations sont associées au site de combinaison de l’antigène [F(ab)] constitué de
partie variable (en particulier des régions hypervariables) des chaines lourdes et des
chaines légères.
IV. Biosynthèse des molécules d’immunoglobulines
A. Réponse humorale primaire
Lors d’un premier contact d’un organisme avec l’antigène il y a induction d’une
réponse de nature humorale appelée réponse immune primaire.
Le contact ultérieur avec le même antigène chez un sujet dont le taux d’anticorps
circulants correspondant à cet antigène est redevenu nul va induire une réponse
immune secondaire.
La réponse immune primaire comporte 4 phases :
La phase de latence : elle peut durer une dizaine de jours. Durant cette phase
aucun anticorps n’est détectable.
La phase de croissance : le taux d’anticorps augmente de manière
exponentielle.
La phase plateau : le taux d’anticorps est stable et élevé.
La phase de décroissance : le taux d’anticorps diminue progressivement par
deux processus :
o L’organisme arrete la synthèse d’anticorps
o L’organisme détruit les anticorps qui ne servent plus à rien.
Au cours de la réponse primaire on assiste souvent à un ˮSWITCHˮ c’est-à-dire une
commutation. En effet l’organisme produit d’abord les IgM et lorsqu’il se rend
compte que ces derniers ne sont pas efficaces, il produit un autre type, les IgG.
La cinétique et l’amplitude de la réponse primaire dépendent de 2 facteurs :
- En fonction de l’organisme
- En fonction de l’immunogène
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B. Réponse humorale secondaire
Une nouvelle exposition à ce même antigène suscite une réponse secondaire qui
présente des caractéristiques différentes de la réponse primaire, mais qui se déroule
toujours suivant les mêmes phases :
La phase de latence est beaucoup plus courte
La phase de croissance est plus élevée, plus rapide et plus ample
La phase plateau dure beaucoup plus longtemps
La phase de décroissance est beaucoup plus lente de telle sorte que les
anticorps peuvent subsister plusieurs mois voire plusieurs années.
Cette réponse est impliquée dans le schéma vaccinal (au moment du rappel).
Lors de la réponse secondaire, il n'y a plus de COMMUTATION. La réponse
secondaire met donc en exergue la mémoire immunitaire.
Lors de l’expansion clonale qui intervient dans la réponse primaire, l’organisme
identifie 2 pools de cellules :
- Les cellules produisent les anticorps efficaces contre les infections présentes (LB)
- Les cellules mémoires (les cellules pouvant produire des anticorps mais réservées
par l’organisme) utilisées pour une infection ultérieure similaire pour une action
plus rapide.
La réponse immunitaire secondaire se caractérise par :
- L’augmentation de l’affinité de l’anticorps pour l’antigène
- L’augmentation de l’avidité de l’anticorps pour l’antigène (un plus grand
nombre d’antigène est reconnu par un plus grand nombre d’anticorps)
L’antigène augmente les épitopes au cours de la seconde infection, ce qui augmente le
nombre d’anticorps qui agissent sur l’antigène.
Au cours de la phase d’expansion clonale qui suit immédiatement la réponse
primaire, une partie des cellules activées s’engage dans la production d’anticorps, le
reste des cellules se différencie en des cellules mémoires. Ces cellules mémoires ne
produisent pas d’anticorps mais son pré-induites pour devenir des cellules effectrices
lors d’un nouveau contact avec le même antigène et donc avec une capacité de
réponse plus rapide.
La réponse primaire est limité à une épitrope appelé épitrope immun dominant.
Au cours de la réponse secondaire il y a une diversification à d’autre épitropes,
l’avidité des anticorps augmente. Une molécule d’antigène peut se lier à plusieurs
molécules d’anticorps. On a aussi une augmentation de l’affinité.
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C. Hyperimmunisation
Les injections répétées d’antigène auront pour conséquences à la fois l’augmentation
de la qualité des anticorps (donc pour l’affinité) et une augmentation de la quantité des
anticorps produits (avidité).
Après un certain nombre de stimulation, on atteint un seuil maximum d’anticorps au –
delà duquel l’organisme est incapable de produire d’avantage d’anticorps : c’est ce
qu’on appelle l’hyperimmunisation.
Cette hyperimmunisation dépend de l’individu et de la nature de l’antigène administré.
D. Modulation de la reponse immunitaire
On aura 2 cas de figure :
Stimulation de la réponse immunitaire
On utilise les adjuvants. Ce sont des substrats qui permettent d’augmenter le
caractère immunogène de l’antigène notamment en ralentissant son élimination.
L’adjuvant dont on se sert beaucoup est l’adjuvant complet de FREUND. Il est
constitué d’huiles minérales et de bacilles tuberculeux tués. Il a la capacité
d’augmenter la réaction lympho – plasmocytaire, ce qui favorise donc la réaction
inflammatoire. On va donc pouvoir mobiliser un grand nombre de cellules
phagocytaires.
En favorisant la réaction lympho – plasmocytaire, on stimule les lymphocytes T et
B afin de produire les anticorps spécifiques.
L’utilisation de l’adjuvant peut être à l’origine de maladies auto – immunes ou
encore d’une hypersensibilité retardée. C’est pour cela qu’il n’est pas utilisé chez
l’être humain. Il est surtout utilisé en immunologie expérimentale.
A la place de l’adjuvant complet de FREUND, on utilise des gels minéraux comme
l’hydroxyde d’alumine qui favorise la réaction inflammatoire et donc une réaction
lympho – plasmocytaire.
Blocage de la réponse immunitaire
On fait tout pour rendre invisible ou pour bloquer la réaction inflammatoire et la
réaction lympho – plasmocytaire.
On utilise des immunosupppresseurs chimiques comme la cyclosporine A qui va
bloquer la transcription des gènes des cytokines de l’inflammation (interleukines IL2
et 3 et les interférons ϒ). Cette action est réversible.
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E. Cinétique d’évolution des anticorps chez le fœtus
Le fœtus est capable d’acquérir des anticorps soit de manière active soit de manière
passive. La plupart des immunoglobulines présentes chez le nouveau – né sont
d’origine maternelle et appartiennent à la classe des IgG dont le passage
transplacentaire est relativement modeste durant les 2 premiers trimestres de la
grossesse et devient par la suite significatif au cours du 3 e trimestre de sorte que le
taux des IgG du nouveau – né soit égal à celui de la mère.
On a également mis en évidence dans le sang du fœtus des IgM et des IgA. La
concentration d’IgM augmente progressivement depuis le 1 er trimestre de grossesse
jusqu’à environ 1 an ou le taux de l’adulte est atteint.
Quant aux IgA, IgD, et IgE, leur production commence peu avant la naissance de
sorte que le taux observé chez l’adulte n’est atteint que vers l’âge de 10 ans.
V. Les anticorps monoclonaux
A. Les anticorps polyclonaux
L’une des caractéristiques du système immunitaire concerne la remarquable
spécificité de la réponse immune qui se traduit par le fait qu’un anticorps donné ne
pourra reconnaitre qu’un antigène particulier.
Les anticorps produits par le système immunitaire en réponse à un antigène sont
appelés anticorps polyclonaux parce qu’ils proviennent de la synthèse protéique de
plusieurs clones de plasmocytes. On parle de l’immun sérum polyclonal.
On retrouve donc de nombreuses spécificités contre différent type d’épitopes
antigéniques.
B. Technique de production des anticorps monoclonaux
Elle va permettre de disposer de quantités illimitées des molécules
d’immunoglobuline de structure homogène (ce sont des anticorps qui ne reconnaissent
qu’un seul type d’épitope antigénique).
Historiquement, cette technique a été décrite par l’équipe de KOLHER et
MILSTEN.
Cette technique consiste à fusionner 2 partenaires cellulaires à savoir les LB
d’une part et une cellule cancéreuse d’autre part. On obtient un hybridome.
Les LB proviennent de la rate d’un animal ayant été préalablement immunisé par un
antigène d’intérêt (antigène pour lequel on recherche les anticorps monoclonaux).
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LICENCE 3 MEDECINE 2022-2023
On choisit la cellule myélomateuse
(cancéreuse) en fonction de certains
critères :
- Elle ne doit pas sécréter des
immunoglobulines
- Elle doit être déficiente en
enzyme de la biosynthèse de
Novo des nucléotides
notamment la thymidine Kinase
(TK) et/ou l’hypoxanthine –
guanine – phospho – rybosyl –
transferase (HGPRT).
Ces molécules peuvent se développer et produire des nucléotides grâce à une
seconde voie qu’on appelle la voie métabolique de récupération des nucléotides. Mais
on sait que cette voie peut être inhibée par l’aminoptérine. C’est une substance
chimique synthétique, antagoniste de l’acide folique qui inhibe cette voie.
La fusion des partenaires se fait le plus souvent de manière électrique. Cette
méthode permet d’avoir le meilleur rendement. On va par la suite repartir la fusion
dans des plaques de culture qui comporte un milieu particulier contenant
l’aminoptérine et suffisamment appauvri en nutriments pour permettre la survie des
cellules spléniques normales.
Ce milieu est appelé milieu de sélection HAT (Hypoxanthine Aminoptérine
Thymidine).
On obtient 3 types cellulaires :
- Les cellules spléniques de la rate qui n’ont pas fusionné (éliminées par le milieu)
- Les cellules cancéreuses n’ayant pas fusionnées
- Les hybridomes : ce sont des cellules à la fois LB et cancéreuses. Elles vont
pouvoir proliférer de manière indéfinie (propriété apportée par le génome des
cellules cancéreuses) et sont capables de produire les nucléotides (génome des
LB) ; ils sécrètent également des anticorps monoclonaux. Il s’agit d’anticorps
spécifiques d’un seul type d’antigène : l’antigène d’intérêt.
La plupart des hybridomes ne produisent pas forcément l’anticorps recherché. Ils
peuvent aussi produire d’autres types d’anticorps pour d’autres antigènes. Il y aura
donc une étape supplémentaire qui va permettre de sélectionner les bons hybridomes :
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c’est le criblage. Il permet à la fois d’isoler et de cloner les bons hybridomes sécrétant
les anticorps monoclonaux recherchés.
C. Exemple d’application
Les anticorps monoclonaux sont utilisés aussi bien en biologie, en médecine, et en
même temps dans l’industrie alimentaire.
Ils vont par exemple permettre de détecter des quantités infimes d’agents
infectieux ; par dosage hormonal ils permettent de détecter de manière précoce une
grossesse. Ils permettent également de détecter d’éventuelles contaminations dans les
produits alimentaires.
Aspect diagnostic : les anticorps monoclonaux permettent également de détecter
les infections et les cancers ; en ce qui concerne les cancers, les tissus cancéreux vont
exprimer ou sur-exprimer les molécules qui ne sont pas exprimées dans un tissu sain.
On pourra donc mettre en évidence ces molécules particulières grâce aux anticorps
monoclonaux.
Sur le plan thérapeutique l’idée consiste en l’obtention d’un anticorps monoclonal
d’antigène de tumeur, de le coupler à une molécule effectrice qui va être capable de
détruire directement la cellule cancéreuse. Cette molécule effectrice peut être un
élément radioactif ou une toxine qui pourra détruire la cellule cancéreuse une fois
internalisée par cette dernière.
Conclusion
La structure particulière des molécules d’immunoglobuline caractérise toutes les
protéines appartenant à la superfamille des immunoglobulines. Ces molécules sont le
plus souvent des protéines de membrane qui participent aux interactions cellulaires.
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LE COMPLEXE MAJEUR D’HISTOCOMPATIBILITE
OBJECTIFS
1. Présenter le complexe majeur d’histocompatibilité(CMH)
2. Décrire la structure générale du système « Human Leucocyte Antigen » (H.L.A)
3. Présenter les structures moléculaires des protéines des classes I et II
4. Indiquer la fonction principale de ces molécules de classe I et II du CMH dans la
reconnaissance immune
INTRODUCTION
Le succès des transfusions sanguines dépend de la nature du groupe sanguin
entre le donneur et le receveur. Tout part d’une hypothèse émis par Karl
LANDSTEINER, selon laquelle il existe des analogues au groupe érythrocytaire
qui seraient impliquées dans le succès des greffes d’autres tissus.
Ensuite Gӧrer, en se basant sur l’hypothèse de Karl, va identifier chez la souris
des antigènes d’histocompatibilité qui peuvent prolonger la survie des greffes. Il
s’avère qua dans ce cas-là, ces gènes sont portés par la région H2 du CMH localisé
sur le chromosome 7 chez la souris.
Après, Jean Dausset fait la même découverte que Gӧrer ; mais il fait une
description des antigènes à la surface du globule blanc humain et lui donne le
nom de « Human Leucocyte Antigen » (HLA) localisé sur le chromosome 6.
Propriété : le système HLA est formé de gènes polymorphes c’est-à-dire que
pour un gène donné, il existe de nombreux allèles. Ce sont des gènes co-
dominants c’est-à-dire que tous les deux s’expriment d’où la complexité du
système HLA.
Les gènes du CMH constituent la carte d’identité moléculaire : c’est le sceau de
la personnalité.
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I. Structure générale du système H.L.A
Les récepteurs d’anticorps des LB sont capables d’interagir avec les épitopes
antigéniques de manière directe à l’inverse des récepteurs des LT qui
reconnaissent l’antigène que si celui-ci lui est présenté associé à des molécules
H.L.A. la fonction principale de ces molécules du CMH est de présenter les
antigènes aux LT.
Le système HLA regroupe un ensemble de gènes qui se trouve sur le bras
court du chromosome 6.
On distingue 2 grands groupes :
- Les gènes de classe I : on a - Les gènes de classe II : on a
HLA-A HLA-DP
HLA-B HLA-DQ
HLA-C HLA-DR
Les protéines qui sont codées par ces gènes vont être impliquées dans de
nombreux aspects de la reconnaissance immune intracellulaire. Il peut s’agir :
- D’une interaction entre lymphocytes et cellules présentatrices d’antigène
(CPA)
- Une interaction entre différentes cellules lymphoïdes telles que les LT et LB.
A côté de ces 2 classes, il existe des gènes de classe III du CMH qui codent pour
certaines protéines du complément notamment le facteur B ainsi que les
composants C4 et C2 ; ils codent également pour certaines cytokines comme le
TNF-α et le TNF-β.
II. Structure moléculaire du système H.L.A
De manière générale, les molécules du CMH se présentent sous la forme de
glycoprotéines transmembranaires. Ils appartiennent à la superfamille des
immunoglobulines. On les retrouve exprimé à la surface de nombreuses cellules.
Elles exercent un rôle essentiel dans la réponse immunitaire à la fois en se liant et
en présentant les antigènes aux récepteurs soit des LT cytotoxiques (CD8) soit des
LT Helper (CD4).
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LICENCE 3 MEDECINE 2022 - 2023
1. Structure des protéines de classe I du CMH
Elles se forment par association
non covalente de 2 chaines, une chaine
lourde α polypeptidique glycosylée
porteuse de la variabilité allélique.
Cette chaine lourde α nous
distingue donc les uns des autres. Elle
s’organise en 3 domaines globulaires :
- Extracellulaire
- Transmembranaire
- cytoplasmique
A côté de la chaine lourde α, il y a une chaine légère β2-microglobuline. Elle
est codée par le chromosome 15 et reste invariante.
La chaine lourde α présente 3 domaines α1, α2 et α3 qui sont exposés à la
surface externe de la cellule. Entre ces 3 domaines globulaires, il existe une cavité
dans laquelle la β2-microglobuline s’insère.
De manière générale, les domaines α1 et α2 portent les sites allo-
antigéniques. Il s’agit d’un site qui détermine la spécificité antigénique de chaque
individu appartenant à la même espèce mais génétiquement différent.
La chaine lourde présente une portion hydrophobe qui traverse la membrane
cellulaire et une portion hydrophile qui s’insère dans le cytoplasme.
A côté de la chaine lourde α, on a la chaine β2-microglobuline qui est constitué
d’une centaine d’acides aminés.
La présence de la β2-microglobuline est nécessaire dans la mise en œuvre des
propriétés biologiques de cette molécule.
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LICENCE 3 MEDECINE 2022 - 2023
2. Structure des protéines de classe II du CMH
Ce sont des dimères qui associent
une chaine α monomorphique glycosylée et
une chaine β polymorphique glycosylée.
Ces chaines α et β présentent
chacune deux domaines extracellulaires α1,
α2, β1 et β2.
On a également une partie
transmembranaire et une cytoplasmique.
Dans le cas des antigènes HLA-DR, la chaine
α est monomorphique et la chaine β est
polymorphique mais ce n’est pas forcément
toujours le cas. Dans le cas des HLA-DQ, les
2 chaines α et β sont polymorphiques.
III. Distribution tissulaire des molécules H.L.A
En ce qui concerne les HLA de classe I, leur distribution est ubiquitaire c’est –
à-dire sur la plupart des cellules nucléées (lymphocytes, macrophages,
hépatocytes…)
En ce qui concerne les HLA de classe II, leur distribution est restreinte à
certains types cellulaires :
- Cellules dendritiques
- Lymphocyte B
- Lymphocytes T
- Macrophages
L’expression des molécules du CMH est soumise à une régulation par
l’intermédiaire des cytokines, en particulier l’INF ϒ sécrété par les LT après
activation par l’antigène. Ces cytokines vont augmenter l’expression des
molécules aussi bien de classe I que de classe II.
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IV. Fonction des molécules HLA
Les molécules HLA sont des structures reporteurs capables d’indiquer en
permanence au système immunitaire ce qu’il se passe en termes de présence ou
non d’organisme étranger.
Pour exercer ce rôle, ces molécules vont se charger en peptide provenant de la
dégranulation des protéines issues de micro – organismes ou des tissus du soi.
Elles acheminent ces peptides à la surface de la cellule afin d’y accomplir leur
fonction de signalisation à l’égard des lymphocytes T.
1. Fonction des molécules HLA de classe I
Ces molécules constituent la carte d’identité de l’organisme et présentent 3 types
de peptides :
1- Les peptides du soi issus des protéines natives
2- Les molécules endogènes issues de la synthèse de protéines virales par
les cellules infectées
3- Les molécules du soi altérées issues d’une cellule cancéreuse
La reconnaissance des molécules de classe I du CMH est restreinte aux
lymphocytes T cytotoxiques (CD8).
2. Fonction des molécules HLA de classe II
- Interviennent dans les phénomènes de reconnaissance antigénique
- Présentent des peptides du non-soi issus d’un pathogène intrus dans
l’organisme
- Déclenche la réponse immunitaire
La reconnaissance des molécules de classe II du CMH est restreinte aux
lymphocytes T Helper (CD4).
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V. Techniques d’étude des antigènes HLA
Le typage HLA ou encore la détermination du phénotype HLA est recherché
dans 2 situations :
1- Dans le cas de greffe d’organes allogéniques c’est-à-dire un organe
provenant d’un autre individu ou d’une même espèce.
2- Dans le cas où il permet de confirmer le diagnostic d’une maladie dont
on sait qu’elle peut être associée au système HLA.
Il existe différentes techniques. Les toutes premières étaient basées sur les
techniques sérologiques. Ces techniques utilisaient des allo-anticorps ; mais elles
présentaient des faiblesses dans la mesure où elles n’étaient pas spécifiques.
Néanmoins elles ont permis de mieux appréhender le polymorphisme allélique
des gènes HLA.
Ensuite, les techniques se sont modernisées avec les techniques cellulaires,
principalement avec la réaction lymphocytaire mixte (RLM).
Enfin, il y a eu la technique de biologie moléculaire qui a permis une avancée
considérable de l’étude des gènes HLA avec la réaction de polymérisation en
chaine (PCR) qui permet de bloquer la polymérisation des segments géniques de
la molécule d’ADN.
La spécificité d’un individu est due à la variabilité allélique qui est situé :
- Dans les domaines α1 et α2 pour les molécules de classe I
- Dans les domaines α1 et β1 pour les molécules de classe II
La RLM permet de réaliser in vitro une culture mixte de deux populations
lymphocytaires provenant de deux individus différents.
Une différence au niveau des antigènes de classe II du CMH entre les cellules
testées et les cellules tests se traduit par une prolifération cellulaire qui peut être
mesurée par l’incorporation de thymidine tritiée que l’on ajoute au milieu de
culture.
Les LT auxiliaires des cellules testées vont reconnaitre par l’intermédiaire de
leurs récepteurs les antigènes de classe II du système HLA de la population test et
seront dès lors stimulés.
La prolifération des cellules tests est quant à elle bloquée soit par irradiation
soit la mytomycine qui va se fixer à l’ADN et empêcher sa réplication.
L’intérêt de la RLM est qu’elle recopie in vitro ce qu’il se passe dans le cas
d’une réaction de sujet in vivo. C’est donc un modèle un vitro de ce qu’il se passe
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LICENCE 3 MEDECINE 2022 - 2023
dans l’organisme humain dans la mesure où les LT auxiliaires sont fortement
impliquées dans les réactions de rejet.
On parlera de RLM positive lorsqu’il y aura une prolifération lymphocytaire.
Lorsqu’il n’y en a pas on parle de RLM négative.
VI. Maladies associées au système HLA
Les molécules du système HLA constituent des marqueurs génétiques qui
permettent de réaliser une médecine prédictive. Cela signifie qu’il sera possible,
grâce à ces marqueurs génétiques, de dépister dans la population, les individus
susceptibles de développer une maladie donnée.
L’incidence d’une maladie chez les individus porteurs d’un antigène HLA
rapporté à l’incidence de la population qui ne porte pas cet antigène constitue le
risque relatif lié à cet antigène.
Quelques exemples de maladies associées aux molécules HLA
1. La sclérose en plaque
C’est une maladie consécutive à la destruction de la substance blanche (la
myéline) qui forme une gaine autour des axones.
L’antigène à risque ici est le HLA-DR2.
2. La myasthénie de type I
C’est une maladie des muscles qui se traduit par une fatigabilité importante et
anormale pendant l’effort. L’antigène à risque dans ce cas est le HLA-DR3
3. La maladie de Basedow
C’est une thyroïdite qui s’accompagne d’une sécrétion excessive d’hormones
thyroïdiennes. L’antigène à risque ici est le HLA-DR2.
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LICENCE 3 MEDECINE 2022 - 2023
CONCLUSION
Toutes les cellules de l’organisme possèdent une marque particulière qui
permet leur reconnaissance et donc leur identification. C’est ce qui constitue la
carte d’identité moléculaire. Elle correspond au système HLA de classe I. le rôle
principal de ces molécules du CMH est de signaler aux L T la présence ou non de
structures étrangères ayant pu pénétrer dans l’organisme notamment au L T CD4.
Lorsque l’antigène est présenté aux CD4, celui–ci sécrètent les interleukines
Il-4 et Il-5 qui vont être nécessaire à l’activation des L B qui à leur tour se
différencient en plasmocytes et produisent les anticorps.
Le polymorphisme élevé des molécules HLA du CMH contribue au rejet des
greffes entre individus d’où l’importance de caractériser ces molécules avant de
faire une greffe d’organe.
A côté du CMH qui est un complexe « majeur », il existe des complexes
mineurs d’histocompatibilité, comme le groupe ABO par exemple. C’est aussi un
marqueur génétique porté par les hématies mais le polymorphisme est beaucoup
moins élevé par rapport au complexe majeur.
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LE SYSTEME DU COMPLEMENT
OBJECTIFS
1. Présenter le système du complément
2. Décrire l’organisation générale et les mécanismes d’activation du
complément
3. Lister les mécanismes effecteurs provoqués par l’activation du complément
4. Montrer les intérêts du complément dans 2 types de réaction
INTRODUCTION
L’inactivation du matériel étranger nécessite 2 facteurs sériques (sérum) :
- Un facteur thermostable et spécifique de l’antigène : l’anticorps
- Un facteur thermolabile et non spécifique de l’antigène : le complément. Il
complète de manière non spécifique l’action spécifique de l’anticorps.
Le complément peut être inactivé par la température : c’est le principe de
décomplémentation du sérum (56° pendant 30 minutes).
L’anticorps neutralise la bactérie pour permettre l’action du complément qui
est de détruire la bactérie.
Le complément est désigné par « C » et est composé d’une quarantaine de
protéines plasmatiques qui vont être activées de manières séquentielles. Le
principal lieu de synthèse du complément se situe au niveau du foie, mais il peut
également se produire au niveau des cellules épithéliales, des myocytes, ou des
macrophages.
Le principal lieu de synthèse de la 1ère composante du complément noté « C1 »
se localise au niveau du tractus gastro – intestinal et uro – génital.
La conséquence de l’activation du complément est l’apparition des produits de
clivage biologiquement actifs et capables d’interagir avec plusieurs types
cellulaires par l’intermédiaire des récepteurs spécifiques.
Le complément est présent indépendamment de toute immunisation mais sous
forme inactive.
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I. Eléments de nomenclature
Le complément est représenté par : « C »
Il est composé d’éléments répertoriés comme suit : C1, C2, C3, C4, C5, etc.
Lorsque le complément est activé, on aura des fragments de clivage qui
comportent une lettre minuscule :
Par exemple C4a : 1er fragment de clivage de la 4 e composante du
complément.
Par exemple C3b : 2e fragment de clivage de la 3e composante du
complément.
Les formes actives sont notées : C1r, C1s
Les formes inactives sont notées : C3bi
II. Les principales voies d’activation du complément
Il existe 2 voies principales d’activation :
- La voie classique
- La voie alterne
1. La voie classique
Elle se fait en 4 étapes :
Activation de C1
Activation de C4 puis de C2
Activation de C3
Activation de C5
Le point de départ de l’activation du complément par voie classique est la
formation d’un complexe immun (antigène – anticorps) au sein duquel l’anticorps
peut être un IgM ou un IgG. Sans ce complexe, le complément reste inactif.
a. Activation de C1
Cette composante est constituée de 3 éléments : C1q, C1r et C1s.
C1q est l’unité de reconnaissance de C1 pour la molécule d’immunoglobuline au
niveau du fragment F(c) de l’immunoglobuline.
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Remarque : seuls les IgM et les IgG sont capables de fixer le C1q.
Ce site de liaison est situé sur le 2 e domaine de la zone constante de la chaine
lourde des IgG et sur le 3 e domaine de la zone constante de la chaine lourde des
IgM.
Toutes les classes d’immunoglobuline possèdent un tel site de liaison qui est
inaccessible à l’état inactif ; seules certaines classes d’immunoglobulines sont
capables de l’exposer après fixation de l’antigène.
La fixation de C1q sur le fragment F(c) de l’immunoglobuline entraine un
changement de conformation spatiale C1r qui va aboutir à son auto – activation.
Cet auto – activation lui permet de protéolyse de sorte d’agir sur le C1s.
C1r ainsi actif va agir sur son substrat, le C1s, qu’il va activer permettant au C1s
de développer une activité enzymatique de type estérase.
b. Activation de C4 puis de C2
Cette activation va permettre de former la C3 convertase de la voie classique
composé des éléments C4b2a.
Mécanisme : C1 devenu actif (C1a) ca cliver C4 libérant ainsi 2 peptides, C4a et
C4b ; sur la molécule de C4b apparait un site Mg2+ dépendant pour le C2. On aura
le complexe C4b-C2 sur lequel va agir le C1a pour libérer le C2b et le C2a qui va
rester associer au C4b pour former la C3 convertase de la voie classique.
c. Activation de C3
Cette étape permet la formation de la C5 convertase de la voie classique
constitué de C4b2a3b.
Mécanisme : le complexe C4b2a va cliver le C3 en C3a et C3b. le C3b va se fixer sur
le complexe C4b2a et va former le C4b2a3b.
N.B : le fragment C3a possède une activité anaphylatoxine c’est-à-dire il est
capable de se fixer sur des mastocytes et de provoquer leur dégranulation avec la
production d’amines vaso-actives tel que l’histamine.
d. Activation de C5
La C5 convertase agit sur C5 et forme C5a et C5b.
C5a est également une anaphylatoxine.
Quant au C5b, il va se placer sur la membrane de la cellule – cible, mobilise les
composantes C6, C7, C8 et C9 pour constituer le complexe d’attaque
membranaire composé de C5bC6C7C8C9. C’est un complexe lytique permettant
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des mouvements ioniques notamment la sortie de K + et l’entrée de Na+ qui
aboutissent à la destruction de la cellule – cible suite à des lésions irréversibles.
e. Mécanisme de contrôle
Plusieurs éléments ont pour rôle d’activer le complément parmi lesquelles la
durée de vie limitée des éléments du complément. Par exemple la ½ vie des
éléments C3 et C4 est estimée à 24h environ ; la dissociation spontanée du C2a à
partir du complexe C4b2b peut être accélérée par l’intermédiaire de la C4BP (C4
Binding Protein). La C4BP va se lier au C4b et va servir de co–facteur au facteur I
(inhibiteur), lequel va pouvoir fragmenter le C4b en fragments C4c et C4d le
rendant inactif.
Il existe un inhibiteur de C1r et C1s qu’on appelle C1INH qui est une α-
noramino-glycoprotéine. L’action de cette dernière va conduire à la formation d’un
complexe avec C1r et C1s qui va donc bloquer l’activité de ces 2 composantes.
Dans une maladie congénitale, on constate l’absence de cet inhibiteur, cette
maladie est l’œdème angioneurotique héréditaire. La conséquence de cette
absence est une activation pathologique de la voie classique.
2. La voie alterne
a. Les activateurs
Ils peuvent être des endotoxines bactériennes, des parasites, des cellules
infectées par les virus, ou encore l’agrégat d’immunoglobuline en particulier les
IgA et les IgE.
Dans cette voie, les composants C1, C2 et C4 sont absents ; la composante C3 est
fortement représentée.
Le point de départ de la voie alterne est le fragment de clivage C3b.
La voie alterne présente 3 étapes :
1- Activation de C3b pour permettre la formation réversible de C3b-B.
2- Action de la protéase D qui va permettre la formation de la C3 convertase
de la voie alterne composé de la C3b-B.
3- Action de C5 par le complexe C3b-Bb3b. On aura la formation du complexe
d’attaque membranaire.
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b. Activation de C3b
Le composant C3 est le composant du complément le plus fortement représenté
dans le sérum. Ce C3 peut subir une hydrolyse spontanée qui va générer dans le
plasma à bas bruit des molécules de C3b.
Lorsque le C3b se trouve sur une surface activatrice (comme une bactérie), sa
forme est modifiée, permettant sa liaison au facteur B pour constituer le complexe
C3b-B.
c. Action de la protéase D
Lorsque le complexe C3b-B est formé, la protéase D va agir sur le facteur B qui
va être clivé en 2 facteurs, Ba et Bb. Le C3b-Bb reste unit pour former la C3
convertase de la voie alterne, Ba étant éliminé. L’action de cette C3 convertase est
de cliver de nouveaux éléments C3 en fragments C3b : ceci est appelé boucle
d’amplification.
d. Activation de la C5
Le C3b-Bb peut quitter cette boucle et se lier aux nouveaux fragments de C3 pour
former le complexe C3b-Bb-3b qui est la C5 convertase de la voie alterne. La C5
convertase va cliver C5 en C5a et C5b. le C5b va mobiliser les éléments C6, C7, C8
et C9 pour former le complexe d’attaque membranaire permettant la lyse de la
cellule – cible.
e. Mécanisme de régulation
De nombreux facteurs régulent l’activation du complément.
Le complexe C3b-Bb est un complexe instable qui a tendance à se dissocier
spontanément en quelques minutes en libérant le fragment Bb, ce le rend inactif.
Sa demi–vie est d’environ 5 minutes. Cee complexe peut être stabilisé par une
protéine appelé Properdine. Elle va se fixer au complexe C3b-Bb (on aura le C3b-
Bb,P) de telle sorte que la ½ vie augmente 5 à 30 minutes.
A l’inverse la dissociation spontanée de C3b-Bb peut être accélérée par le
facteur H. Les facteurs B et H entrent en compétition pour le site de liaison au C3b.
le C3b-B favorise la formation du C3b-Bb tandis que le C3b-H est un complexe
inactif, et donc met un terme à l’activation du complément. Mais ce complexe est
dissociable à tout moment pour laisser place au facteur B.
Pour être sur de mettre fin à l’activation du complément, le facteur H va
servir de co–facteur au facteur I qui va cliver le C3b en une molécule inactive le
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C3bI incapable de se lier au facteur B. On peut considérer que le C3b adopte un
comportement de type shakespearien (peut être B ou peut ne pas être B → H)
DIFFERENTES VOIES D’ACTIVATION DU COMPLEMENT
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III. Propriétés biologiques du complément
Elles peuvent être consécutives soit à l’ensemble des fractions du complément soit
à certains éléments intermédiaires de la séquence d’activation.
1- L’action cytotoxique du complément qui permet la lyse cellulaire au
moyen du complexe d’attaque membranaire. Le complément relève de
l’immunité non spécifique.
2- L’activité anaphylactique du complément (contraire à la protection) est
due aux fragments de clivage C3a et C5a. ils peuvent conduire à la
dégranulation des mastocytes avec libération d’amines vaso–actives comme
l’histamine.
3- L’activité chimiotactique du complément rendue possible par les
fragments C3a et C5a lors d’une réaction inflammatoire. En effet dans cette
réaction, les alternations tissulaires et l’activation du complément par les
agents infectieux entrainent la libération de peptides chimiotactiques parmi
lesquelles C3a et C5a. Ces peptides vont diffuser vers les capillaires voisins
provoquant l’adhésion des cellules phagocytaires à l’endothélium voisin. Ces
cellules vont sortir du vaisseau sanguin, remontent le gradient de
concentration du peptide chimiotactique jusqu’au foyer inflammatoire. Ils
permettent donc (C3a et C5a) un recrutement cellulaire.
4- L’activité d’opsonisation du complément dévolue au C3b qui favorise la
réaction phagocytaire en jouant le rôle d’opsonine.
5- Interaction entre le complément et les autres systèmes : par exemple,
les LB possèdent des récepteurs pour le C3, récepteurs grâce auxquels le
complément module la réponse immunitaire et joue un rôle dans l’activation
des LB aboutissant aux plasmocytes et à la sécrétion d’anticorps.
6- Complément et réaction d’hypersensibilité de type II et III
Le type II correspond à des réactions cytotoxiques impliquant des IgG ou des
IgM.
Le type III est lié au complexe immun qui active le complément et libère les
éléments anaphylactiques.
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IV. Complément et réaction de laboratoire
A. Réaction de fixation du complément (test de BORDET – WASSERMAN)
Lorsqu’un complexe immun est formé, il doit pouvoir fixer le complément
présent dans le milieu réactionnel. Ainsi fixé, le complément n’est plus disponible
pour entrainer la lyse des globules rouges sensibilisés qui sont ajoutés dans un
second temps.
A l’inverse, si aucun complexe immun n’est formé, le complément inutilisé va
alors être dévié vers les globules rouges sensibilisés qui seront alors lysés. Cette
réaction est appelé réaction de déviation du complément ou réaction
d’hémolyse.
On met en présence du tréponème (agent pathogène de la syphilis) le sérum
décomplémenté. Dans un second temps on met un système révélateur composé de
globules rouges de mouton et les anticorps anti-globules rouges de mouton. Ce
système va révéler ce qu’il s’est passé lors de la 1 ère étape. On a deux possibilités :
1- Le sujet a contracté la syphilis : Dans son sérum on a des anticorps qui
reconnaissent le tréponème. On aura donc la formation d’un complexe
immun avec les anticorps présent dans le sérum du sujet de sorte que
lorsqu’on ajoute le système révélateur, il n’y aura rien donc on va avoir un
dépôt de globule rouge. Le complément est utilisé dans le 1er complexe
immun et donc ne peut agir dans le 2 nd. Ce dépôt traduit une réaction
négative.
2- Le sujet est sain : Dans son sérum il n’y a pas d’anticorps, donc l’ajout du
système révélateur entraine la lyse des globules rouges car le complément
est libre. La réaction est positive donc le sujet n’est pas malade.
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B. Technique des plages de lyse de JENE
Elle permet de mettre en évidence la formation d’anticorps par une cellule.
Dans un gel d’agarose, on dispose des cellules spléniques de lapin par exemple
immunisées contre les globules rouges de mouton puis on rajoute les globules
rouges de mouton et le complément.
Plage direct de lyse
de JENE (autour de Globule rouge
la cellule LB) de mouton
Cellule splénique
Complément
Cette technique est utilisée essentiellement pour mettre en évidence les IgM en
raison de leur structure pentamérique.
IgM Complément
LB GR Lyse
Mouton
Dans le cas où la cellule produit les IgG, cette technique est peu significative
en raison de la densité trop faible de ces molécules d’anticorps. Pour mettre en
évidence ces plages de lyse, on aura recours à un artifice qui augmente la densité
des IgG de sorte qu’elle se rapproche de celle des IgM.
Cet artifice va consister à faire agir les anticorps dirigés contre les anticorps
anti globules rouges de mouton (anti IgG). On va obtenir des plages de lyse
indirectes car on aura une étape supplémentaire liée à la production d’IgG.
Anti IgG Complément
LB IgB Lyse
GR GR
Chèvre
Mouton
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Conclusion
Le système du complément correspond à une cascade biochimique complexe
pouvant entrainer une cytolyse ou encore une chimiotaxie ou une opsonisation par
l’intermédiaire d’une C3b opsonine.
Il y a 2 principales voies d’activation du complément dont la voie classique
et la voie alterne, chacun ayant sa spécificité mais aboutissant toutes les 2 à la
formation du complexe d’attaque membranaire.
Il existe une 3e voie, la voie des leptines. On considère qu’elle est l’ancêtre
de la voie classique. Dans la voie des leptines, on a une protéine globulaire, la MBP
(Mannose Binding Protein) qui se fixe aux résidus mannose des micro–organismes.
L’apparenté avec la voie classique est que la MBP présente une structure analogue
avec celle de la C1q ; une fois la MBP fixée, elle active 2 sérines protéases qui vont
à leurs tours activer les composants C4 et C2 du complément. A partir de là, on
rejoint d’une part la voie classique et plus largement la voie effectrice commune
(complexe d’attaque membranaire).
Certaines protéines du complément (les composants C4 et C2 de la voie
classique, facteur B de la voie alterne) sont codées par les gènes de classe III du
CMH.
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HYPERSENSIBILITE DE TYPE I
OBJECTIFS
1. Définir la réaction immunologique d’hypersensibilité immédiate
2. Présenter le schéma général de la réaction d’hypersensibilité de type I et le rôle
des principaux types cellulaires intervenant dans ce mécanisme
3. Evoquer le diagnostic allergologique dans la détermination des allergènes, le
principe d’un traitement par désensibilisation et le rôle bénéfique des IgE
INTRODUCTION
La fonction du système immunitaire consiste à nous protéger de notre
environnement dans lequel on peut retrouver des organismes nuisibles au notre. Il peut
s’agir de bactéries, de parasites, de virus etc. le système immunitaire nous protège
également contre les désordres internes.
Le système immunitaire va produire des molécules particulières chargées
d’éliminer les intrus. Ces molécules peuvent être des anticorps.
La réponse immunitaire humorale est une réponse spécifique qui va conserver la
mémoire des antigènes reconnus.
On appelle « hypersensibilité » une réponse immunitaire soit exagérée, soit
inappropriée et qui sera à l’origine de réactions inflammatoires et de lésions
tissulaires.
Selon la classification de Gell et Coombs, il existe 4 types d’hypersensibilité :
- Les 3 premières sont médiées par les anticorps
- La 4e est médiée par les LT et les macrophages
I. Hypersensibilité de type I ou hypersensibilité immédiate
A. Définition
L’hypersensibilité immédiate correspond à une réaction allergique liée à une
réponse d’IgE contre les antigènes (allergènes) qui n’ont pas de toxicité (pollens,
aliments, médicaments, venins) et dont les voies de pénétration sont diverses
(bronches, intestins, sang).
ACETALIQUE – PDF 1
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B. Schéma général de l’hypersensibilité de type I
La réaction d’hypersensibilité de type I se fait en 4 étapes :
1. Production d’IgE
Elle débute par le contact avec l’allergène. Comme il s’agit d’un antigène, il sera pris
en charge par une cellule présentatrice d’antigène (CPA). Cette cellule peut être un
macrophage. Le macrophage présente donc l’antigène au LT CD4 au niveau des
organes lymphoïdes secondaires. Ces CD4 vont se différencier en lymphocytes Th2
qui ont pour caractéristique la synthèse d’interleukines Il – 4, Il – 10 et Il – 13. Ces
interleukines agissent sur les plasmocytes qui vont produire les IgE spécifiques de
l’allergène.
2. Sensibilisation des mastocytes
Les IgE produits vont se fixer par l’intermédiaire d’un fragment F(c) sur le
récepteur membranaire présent à la surface des mastocytes.
3. Activation des mastocytes
Lors d’un 2e contact au moins avec le même allergène, celui – ci va permettre un
pontage d’IgE présent à la surface des mastocytes. Ce pontage entraine la 4 e étape.
4. Libération des médiateurs
C’est la dégranulation mastocytaire. On distingue deux types de médiateurs :
- Les médiateurs pré – formés : le principal, ici, est l’histamine. On le retrouve
aussi bien au niveau des mastocytes que des polynucléaires basophiles.
- Les médiateurs néo – formés : on a les prostaglandines et les leucotriènes
formés à partir de l’acide arachidonique par l’intermédiaire d’une enzyme, la
phospholipase A2 (PLA2). La libération des médiateurs néo – formés est
consécutive à des modifications membranaires consécutives à une stimulation
de la cellule.
L’entrée de calcium dans la cellule est essentielle au phénomène de dégranulation
mastocytaire, on dit que c’est un phénomène calcium – dépendant.
A côté des IgE, d’autres substances peuvent conduire au même effet comme les
fragments de clivage du complément, notamment C3a et C5a qui sont des
anaphylatoxines.
Ce qu’on redoute dans la réaction d’hypersensibilité de type I, c’est le choc
anaphylactique ou le choc allergique (lorsque la réaction d’hypersensibilité de type I
conduit à la mort du sujet). Il peut être caractérisé comme une réaction allergique
d’une extrême violence qui va provoquer une forte perturbation de la circulation
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sanguine et donc entrainer un état de choc avec une chute très brutale de la pression
artérielle, ce qui a pour conséquence de mettre en danger le cœur et le cerveau.
On peut aussi avoir l’œdème de Quincke qui est une manifestation allergique
violente qui se traduit par un gonflement de la peau et des muqueuses au niveau de la
tête et du cou. Il s’accompagne de difficultés respiratoires et doit être pris en charge en
urgence.
II. Diagnostic allergologique et désensibilisation
1. test cutané d’allergie ou PRICK – TEST
Ces tests sont pratiqués avec des extraits chlorifiés d’allergène de différents
types (acarien, pollen) par une technique appelée technique du PRICK qui consiste à
faire pénétrer un peu d’allergène à l’aide d’une lancette (outils quasi – indolore) et qui
donne des résultats fiables qu’on obtient au bout de 20 minutes.
L’apparition de papules confirme la positivité du résultat. Ces papules confirme
témoignent d’une réaction immunitaire. On aura des rougeurs, des démangeaisons et
des œdèmes aux endroits testés.
Les tests ne laissent aucune marque dans la mesure où la réaction va disparaitre
au bout d’une heure environ et surtout dans les heures qui suivent, il n’y a pas de
risque de développer une réaction générale de type choc anaphylactique. Le préalable
à ce genre de test est l’interrogatoire du patient.
2. Test sanguin R.A.S.T (Radio Allergo Sorbent Test)
Il ne présente aucun danger pour le patient qui n’est en aucun cas directement
exposé à l’allergène.
Ce test permet de mesurer la quantité d’IgE spécifique de l’allergène dans le sang,
ce qui permet de déterminer la nature de l’allergie. On peut également prédire le
développement de la maladie et estimer le risque de développer une réaction sévère.
Pour le réaliser, on utilise des disques de séphadex sur lesquels on dépose un
certain nombre d’allergène de nature différente. Ensuite on met au contact des
allergènes le sang du patient. S’il y a des IgE spécifique d’un allergène, on aura la
formation d’un complexe immun.
C. Immunothérapie spécifique ou désensibilisation
Le principe d’un tel traitement consiste à administrer des doses croissantes de
l’allergène, ceci se fait souvent par la voie sublinguale (sous la langue). On dépose
quelques gouttes en augmentant progressivement la dose jusqu’à atteindre un seuil
maximal.
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Le risque de choc anaphylactique est écarté.
L’objectif est de contraindre l’organisme à sécréter davantage d’IgG spécifique
à l’allergène, à stimuler les lymphocytes T suppresseurs de sorte que le taux d’IgE
spécifique à l’allergène diminue dans le temps. Ce traitement est efficace au bout
de 3 à 5 ans.
III. Rôle bénéfique des immunoglobulines E
Quand le 1/3 environ de la population mondiale est atteinte de parasitose, il est
légitime de proposer que les infections parasitaires puissent constituer la pression
évolutive responsable du développement des IgE.
CONCLUSION
L’hypersensibilité liée aux IgE est une réaction d’hypersensibilité immédiate car
le délai d’apparition suite à l’exposition s’effectue dans les minutes qui suivent chez
un hôte sensibilisée à cet allergène.
Cette réaction est liée à la synthèse d’IgE et est stimulée par les allergènes
considérés.
Les IgE se fixent aussi bien sur les mastocytes que sur les polynucléaires
basophiles. Les cellules inflammatoires évocatrices d’une allergie sont les
polynucléaires éosinophiles. Elles peuvent aussi être stimulées par des
anaphylatoxines (C3a et C5a).
Les médiateurs sont essentiellement :
- Les médiateurs préformés :
Histamine : entraine une bronchoconstriction, une vasodilatation, une
augmentation de la perméabilité vasculaire et de la contractilité des muscles
lisses.
Sérotonine : augmente la vasoperméabilité et le chimiotactisme des
polynucléaires.
- Les médiateurs néoformés :
Les leucotriènes dérivés de l’acide arachidonique qui entraine l’agrégation
plaquettaire.
Les manifestations cliniques sont de deux types :
- L’anaphylaxie : risque d’œdème laryngé (œdème de Quincke) avec possibilité
de choc anaphylactique. Cette réaction peut etre causée par des piqures
d’insectes (abeilles…) ou des médicaments (pénicillines).
- L’atopie : c’est une anaphylaxie locale. Les allergènes sont soit inhalés
(pollens, poussières de maison, poils d’animaux, acariens = pneumoallergènes.
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LICENCE 3 MEDECINE 2022 - 2023
Le plus fréquent à l’origine des allergies respiratoires) soit ingérés (fruits de
mer, œufs, etc.)
Les explorations se font à partir de deux tests :
- Dosage biologique des IgE sériques spécifiques (Radio Allergo Sorbent Test)
- Test cutané (Prick Test)
Il est toujours précédé de l’interrogatoire afin de rechercher les antécédents familiaux
et d’analyser l’environnement.
Selon la classification de Gell et Coombs, il existe 4 types d’hypersensibilité. En ce
qui concerne les 3 dernières :
- L’hypersensibilité de type II fait intervenir la reconnaissance de l’antigène par
l’anticorps. C’est une réaction de cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante
d’anticorps (IgG/NK). On aura l’activation du complément principalement par
les IgG et les IgM.
- L’hypersensibilité de type III entraine un dépôt de complexes immuns
(IgG/IgM). On aura activation du complément et réaction inflammatoire.
- L’hypersensibilité de type IV entraine la sécrétion de cytokine Th1 (Il- 2, 12,
18, INF ϒ) qui vont activer les macrophages.
système immunitaire
non spécifique spécifique
CPA/CMH LT LB
Réponse cellulaire Réponse humorale
CD4 CD8
LTh1 LTh2
auxiliaire de la réponse cellulaire: auxiliaire de la réponse cellulaire:
Il- 2, 12, 18, INF ϒ Il- 4, 10, 13
LTCD8 (CTL) réponse humorale
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