Comment les interactions dans cette scène illustrent l’impossible
communication dans la famille ?
L 1 à 27 : colère de Suzanne contre Antoine
L 28 à 46 : Dispute Antoine / Louis
Réplique de la mère réplique de la fin texte clos sur lui-même, voc
apaisant, positif elle est dans l’ignorance ? déni ? ironie ?
Indic temporels de durée crée un effet relaxant ? ennui ?
Ellipse du verbe registre de langue familier, économie de mots, pas d’effort
de verbalisation
Pronom « on » valeur généralisante, constat global, proverbe, discours vide,
dépersonnalisé, ne s’adresse à personne
Emploi du « vous » distance, phrase banale, ne fait pas avancer les
échanges, déclenche le dialogue
Pour Antoine et Suzanne, tous les mots sont prétexte à s’insulter
Suzanne emploie l’hyperbole exagération, colère injustifiée, projection
négative
Echange entre Suzanne et Antoine alors qu’ils n’étaient pas concernés.
Ponctuation exclamative le ton devient agressif
Registre de langue de Suzanne familier, insultant peu d’arguments, exprime
un mal être qui la dépasse
Expression « à la fin » volonté de clôture, absence d’échange
Omniprésence, redondance des verbes de parole le pb est bien le langage,
refus, rejet du dialogue
Emploi du pronom « il » refus de s’adresser à lui, prend les autres à témoin
Ironie sur la question des pronoms
Hyperbole « tout le temps » rapport des pers au temps comme si tout était
immuable, ne changeait jamais
Ironie question / contradiction dans ses propos
Question porte sur la parole avec le mot « dire »
Réplique d’Antoine construite en parallélisme à celle de Suzanne égalité
dans leur incapacité, échec au dialogue
Chp lex de la parole suggère un échange qui n’a pas lieu car ils en restent à
la forme, n’arrivent pas à aller sur le fond, discussion
Antoine fait les questions et les réponses pers omniscient // mère, quasi
chiasme + lignes 18-19-20 parole circulaire, tourne en rond
Lui aussi passe du pronom « tu » au « elle »
Rôle du reste de la famille comme spectateurs, témoins ? le rôle qu’on leur
attribue ? interroge sur les places de chacun dans les familles, les rôles
attribués sans être choisis
Négation « jamais je ne t’ai entendue » manque un complément ? Antoine
ne maîtrise pas bien le langage (contrairement à Louis) / Antoine parle mal
silences de Suzanne comme si elle ne s’exprimait jamais différence
écouter/entendre, n’a jamais fait l’effort d’aller vers elle
Louis absent dans les prises de paroles mais omniprésent dans les échanges par
le « tu » et par son prénom réel enjeu est celui qui se tait les vrais enjeux
sont dans les silences, les non dits
Répliques superposées, interchangeables lagarce montre l’échec du langage
à dire
Redondance des termes sans avancée, sans nécessité comme si les mots
s’amoncelaient
Didascalies interne « bras d’honneur » langage performatif (celui qui décrit
ce qu’on est en train de faire) : rôle du langage ? doubler les gestes ? les mots
n’apportent rien de plus
Bilan : après l’ouverture de la scène par les propos paisibles puis la dispute
lancée sur un non sujet, les réplique de Suzanne et d’Antoine, sont construites
en parallèle, en miroir, interchangeables, vides. Les mots servent alors à
exprimer une colère plus globale, plus générale qui visiblement échappe aux
mots. Les vrais sujets de différends ne sont pas abordés. Par contre, le langage
et son incapacité à dire est au cœur de la dispute.
Intervention de la mère au milieu de la scène rôle prépondérant, comme si
la scène tournait autour d’elle, comme si elle était le moteur, la spectatrice
pour qui se joue ce théâtre Lagarce interroge sur le rôle des parents dans
les relations familiales
Réplique de la mère, absence de didascalies, elle ne bouge pas mais donne des
ordres (impératif, exclamation, conditionnel), elle délègue à ses fils rôle de
mère
Question avec ellipse ignorance ? manque d’intérêt ? surprise ? déni ?
négation des sentiments ?
Réplique d’Antoine au futur, annonce celle de la mère les scènes se
répètent, routine familiale, réactions attendues impossible départ ? on ne
peut pas quitter vraiment sa famille ? même ceux qui partent y restent
attachés ? on n’échappe pas à sa famille ?
Répliques de Louis et Antoine en miroir jeu enfantin manque de maturité
d’Antoine, dispute porte sur la manière de dire les mots, sur rien, sur le vide de
l’échange
Comme si rien ne s’était passé Louis est dans le déni ? comme si sa sœur ne
comptait pas ? comme si il était habitué de calmer le jeu ? Lagarce montre
que les sentiments ne sont pas pris en compte
Interpellations par les prénoms qui ne vont pas plus loin pas d’échange, pas
de capacité à développer un point de vue, une argumentation se
comportent comme des enfants, pas d’explication
Imparfait de la réplique de Louis « payais », « essayais » quelle période il
renvoie, immédiat ? enfance en général ?
Registre familier « tu te payais ma tête » se mettre à la portée d’Antoine ?
agacement ? polysémie de cette expression ?
Répétition de « tous les mêmes » généralité sur la famille
comportements identiques ? échangeables ? lagarce interroge sur les
similarités dans la famille, points communs, difficulté à se différencier,
difficultés de celui qui n’est pas pareil
Départ d’Antoine signalé par une didascalie interne sans réaction
Interrogation sur ces départs qui ne sont pas définitifs, pas pris au sérieux
éternel retour, thème de tragédie
Réplique de la mère qui clôt la scène : parole au futur, oracle, tragédie, pas
d’échappatoire, elle tient les destins de ses enfants entre ses mains, pose la
question de la liberté
Ironie tragique voc mélioratif « contente » (2x), pronoms « tous » déni ?
ironie ? absurde ?
Dernière interpellation par le prénom
Question « où est-ce que tu vas ? » peu appropriée, les vraies questions ne
sont pas posées « pourquoi », « comment retenir »
A la fin, il reste Catherine et la mère, deux femmes, extérieures aux relations
fraternelles rôle de ces femmes ? victimes ? coupables ? témoins ?
Bilan : la 2e partie rejoue la 1e, dans un éternel recommencement qui évoque la
tragédie et l’impossible départ. Les personnages ne peuvent rester dans la
même pièce et en même temps ne peuvent échapper les uns aux autres. Ils se
comportent comme des enfants sur le théâtre que représente la famille,
comme si en famille chacun reprenait le rôle dévolu à sa naissance.