Cours 4
La notion d’échelle en climatologie
Ces notions d'échelle sont fondamentales pour le choix de l'information à analyser et
pour l'interprétation des résultats.
1/Au niveau spatial (géographique) : les différentes composantes du climat peuvent
être analysées à différents niveaux (voir Tableau ci-dessous). Selon REMPP (1937b),
macro, méso et microclimat sont les trois ordres du climat « physique ». Le climat
biologique ou bioclimat représente, en quelque sorte, la transposition des données
du climat physique en facteurs intéressant la vie. Ainsi, on peut dire que la
compréhension des phénomènes augmente au fur et à mesure que l'espace se
réduit, mais que l’analyse devient également plus complexe.
Tableau.1. Ordre de grandeur des échelles spatio-temporelles du climat
(Modifié d'après Beltrando et Chémery 1995 ; Tabeaud 1998).
Échelle horizontale Échelle temporelle Espace
géographique.
Macroclimat > 2000 km quelques années Planète
(climat zonal) au siècle
Mésoclimat 50 à 2000 km Quelques jours à Pays, ville, région
(climat régional ) plusieurs années
Topoclimat 1 à 50 km jour à l'année Vallée, montagne,
versant
Microclimat < 1 km minute au jour Rue, clairières, sous-
bois
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- Les aspects macroclimatiques permettent de définir le climat d'un territoire plus
ou moins étendu (continent, océan, grandes régions). Ils intègrent les grandes
variations liées essentiellement aux différences de régimes thermique et
pluviométrique. C'est à ce niveau que sont définis et classés les grands types de
climats (équatorial, tempéré, océanique, polaire…) et analysée la répartition
spatiale de la végétation (revoir fig.5-cours-1).
- Les aspects mésoclimatiques concernent le climat régional. Le mésoclimat
concerne une région naturelle de taille très variable allant de quelques milliers à
plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés. En Algérie, la distance
caractéristique est de 100 km en plaine. Le mésoclimat est défini à partir des
données météorologiques des principales villes du réseau synoptique. Toute étude
écologique (réalisation des catalogues des stations, projet d’aménagement d’une
forêt….) commence par la caractérisation du méso-climat (régime pluvio-thermique,
fréquence des gelées, calcul d’un bilan hydrique….) à l’aide des données
météorologiques des stations les plus proches possibles de la région d’étude.
- Le topoclimat et le climat local caractérisent une zone le plus souvent de l'ordre
du kilomètre carré en montagne et de la dizaine de kilomètres carrés en plaine. Le
terme climat local est surtout employé pour une forêt, une ville, un littoral, les
bords d'un plan d'eau…. Le terme topoclimat est plus spécialement utilisé quand le
relief est la particularité principale. Ces climats dépendent bien sûr du mésoclimat
mais aussi de la topographie et des écoulements spécifiques de l'air au cours de la
journée. Par exemple, le topoclimat est essentiel à prendre en compte dans
l'analyse de la répartition des groupements végétaux et du comportement des
essences selon l'Altitude et l'Exposition.
- Le microclimat représente l'échelle de variation la plus fine et est étroitement
dépendant des mouvements turbulents de l'air, eux mêmes conditionnés par de
nombreux facteurs tels que l'ombre portée, la rugosité des couverts forestiers et
autres, les différences de température et d'humidité liées au substrat, aux types de
structure (route et champ, forêt et clairière…). Sa distance caractéristique est d'une
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centaine de mètres en plaine et de la dizaine en montagne. Le microclimat aborde,
par exemple, les problèmes du rôle du couvert forestier sur le rayonnement, la
température, le cycle de l'eau… c'est-à-dire des aspects du fonctionnement
écophysiologique des peuplements forestiers.
2/Notion d'échelle en météorologie (Revoir les échelles en climatologie du cours 1)
Les phénomènes atmosphériques décrivent une très grande gamme d’échelles (en
temps et en espace) et un même système d’équations doit pouvoir décrire
l’ensemble de ces échelles. Par exemple, il doit permettre de décrire l’évolution de la
fumée de cigarette ou bien un front atmosphérique. Il est évident qu’on ne peut
étudier en même temps l’ensemble des mouvements de l’atmosphère.
Selon le problème traité, les processus qui dominent diffèrent et des modélisations
appropriées doivent être utilisées. On est ainsi amené à définir plusieurs échelles
caractérisées par leurs dimensions horizontales (m) et les échelles temporelles
associées (s).
Chaque échelle peut être, selon les auteurs, subdivisée en plusieurs sous-échelles,
différentiées selon les phénomènes physiques prépondérants.
Exemple:
- Echelle planétaire : Exemple les courants-jets, oscillations climatiques, régime
de temps, mousson
- Échelle synoptique comme la Dépression et l’Anticyclone des moyennes
latitudes, cyclones tropicaux
- Méso-échelle : vent régionaux, brises.
- Échelle aérologique : Orages isolés, tornades.
- Micro-échelle : Tourbillons de poussières, rafales, microphysique des nuages
(formation de gouttelettes par ex).
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Dans la réalité, toutes ces échelles sont étroitement imbriquées. Dans la
Troposphère : toute la gamme d'échelles. Circulations stratosphériques dominées
par les mouvements d'échelle planétaire (Météo France).