XIII.
Règles générales d’hygiène et de prophylaxie en élevage avicole
1. Importance de la prophylaxie
2. La maladie intervient :]
3. ➢ Soit directement : Pertes dues à la mortalité consécutive à une épizootie
4. ➢ Soit indirectement :
5. • Diminution des productions de chair et d’œufs
6. • Augmentation des manques à gagner (achat de médicaments,
7. augmentation du temps de travail)
8. • Action sur l’état sanitaire ultérieur en créant des porteurs sains et en
9. provoquant la souillure des locaux par des formes résistantes de l’agent
10. pathogène (spores, kystes, œufs d’helminthes).
11. 2. Définition de la prophylaxie
12. Ensemble de mesures prises pour prévenir l’apparition ou la propagation d’une ou de
13. plusieurs maladies. On distingue la prophylaxie sanitaire (offensive en milieu déjà
contaminé et défensive en milieu sain) et la prophylaxie médicale. Les germes visés
sont :
➢ Parasites : coccidies, helminthes, poux, …
➢ Bactéries : salmonelles, pasteurelles, colibacilles, …
➢ Virus : virus de la maladie de New-Castle, de la maladie de Gumboro, de la
variole, de la maladie de Marek, …
2.1 Prophylaxie sanitaire : Ensemble de mesures visant à soustraire les animaux de l’action
des agents pathogènes les matériels visés sont :
➢ Abreuvoirs et mangeoires
➢ Silos et autres matériels (rideaux, débecqueur, …)
14. Différentes opérations peuvent être entreprises pour :
15. a. La désinfection qui comprend : le nettoyage, la désinfection proprement dite et le
vide sanitaire.
1 Nettoyage
➢ Enlever le matériel mobile
➢ Elever la litière et les déjections
➢ Dépoussiérer (bâtiments et matériels)
➢ Détremper le bâtiment et le matériel (2 heures environ)
➢ Décaper à l’aide de jet d’eau à pression élevée
16. a.2 Désinfection
Le but est de réduire le microbisme de l’élevage à un seuil acceptable.
Différentes manières peuvent être utilisées pour la désinfection :
➢ Petit matériel : Immersion dans le liquide désinfectant
➢ Gros matériel, parois, parquet, … : Projection de liquide désinfectant
Quelques agents de désinfection :
➢ Désinfectants chimiques en solution, en pulvérisation : NaOH (8 g/l), lait de chaux
(10%), eau de Javel (4 cuillerées à soupe / litre d’eau), HTH (1 cuillerée à soupe /
gallon, dérivés iodés, alcool, formol, composés phénoliques (crésyl, créoline, …)
➢ Désinfectants gazeux : Aldéhyde formique (30ml/m3), vapeur de crésyl (5 g/m3)
➢ Désinfection par les éléments naturels : Chaleur humide (eau à 100°C pendant 25
mn min), feu (flamme), chaleur sèche (four Pasteur : 115 – 130°C)
3 a.Vide sanitaire
C’est le vide qui suit la désinfection. Le but est de permettre la destruction des agents
pathogènes, le séchage du bâtiment et la rémanence du désinfectant. La durée est de
8 jours pour une salle, 15 jours pour un bâtiment complet et un mois pour un élevage.
b. La dératisation
➢ Utilisation de raticides (aliments empoisonnés)
➢ Utilisation de ratières (pièges à rats)
c. Désinsectisation
➢ Utilisation d’insecticides (fourmis)
➢ Utilisation d’acaricides (poux)
d. Mise en place de pédiluve
e. Quarantaine
Période d’observation et d’adaptation que subissent les animaux acheter à l’extérieur
avant de les introduire dans l’élevage. La durée de la quarantaine est de 40 jours dont
15 jours d’observation et 25 jours d’adaptation.
f. Hygiène de l’alimentation et de l’eau
➢ Aliment bien conservé et non souillé, balancé et équilibré.
➢ Eau potable et à volonté.
2.2 Prophylaxie médicale
Ensemble de mesures visant à rendre les animaux aptes à résister aux actions des
agents pathogènes. On distingue la :
a. Chimio prévention
➢ Antibio prévention (anti-infectieux : antibiotiques)
➢ Coccidio prévention (anti-coccidiens)
➢ Vermifugation (anthelmintiques)
b. Séro-prévention :
Immunité passive. Rare chez les oiseaux.
c. Vaccination : Immunité active
Le vaccin est une substance d’origine microbienne que l’on inocule à une personne ou
un animal pour l’immuniser contre une ou plusieurs maladies. On distingue les :
➢ Vaccins tués ou inactivés : privés de tout caractère d’agressivité Vaccins atténués,
modifiés ou vivants : qui conservent tout ou une partie de leur pouvoir de
multiplication dans l’organisme.
3. Règles générales de vaccination
Voies d’administration :
➢ Vaccination de masse : Eau de boisson : C’est la méthode la plus facile mais aussi
la moins fiable, car la dose d’administration n’est pas connue.
➢ Nébulisation ou aérosols : Cette méthode est assez difficile à utiliser, car la taille
des gouttelettes doit être choisie de façon rigoureuse.
Gouttelettes trop fines : réactions secondaires ; gouttelettes trop grosses :
vaccination inefficace.
➢ Vaccination individuelle :
• Goutte dans l’œil (et les narines) :
Cette méthode présente une bonne efficacité. Son seul inconvénient réside dans
l’obligation de manipuler tous les animaux.
• Transfixion à l’aide de vaccinostyle : Méthode fiable, mais manipulation de tous les
animaux.
• Injection (SC ou IM) : Cette méthode est incontestablement la plus fiable et
techniquement la plus satisfaisante, Mais demande beaucoup de main-d’œuvre.
3.1 Conditions indispensables pour une bonne vaccination
1. Conservation : Elle ne doit pas détruire l’activité du vaccin.
2.3 Transporter le vaccin dans des boîtes isothermes avec de la glace ou un
conservateur de froid
3.3 Le conserver au réfrigérateur à +4°C. Beaucoup de vaccins sont détruits par la
congélation à –20°C
4.3 Eviter tout contact avec la lumière, les antiseptiques, les détergents ou
médicaments.
3.2 Préparation du vaccin (Voie orale)
a. Utiliser de l’eau pure, ne jamais utiliser l’eau contenant des antiseptiques
b. Ajouter du lait en poudre (10 g/gallon) pour inhiber l’action du chlore sur le vaccin
et augmenter sa durée de conservation dans l'eau.
3.3 Distribution
a. Nettoyer les abreuvoirs en ne laissant aucune trace d’antiseptiques, de détergents
ou de médicaments
Assoiffer les oiseaux (2 heures environ)
c. Verser le vaccin dilué dans une quantité d’eau nécessaire pour 2 heures
d’abreuvement dans les abreuvoirs :
➢ ¼ litre d’eau pour 100 volailles : dans les premiers jours
➢ ½ litre d’eau pour 100 volailles : 3 semaines
➢ 2 litres d’eau pour 100 volailles : 12 semaines
➢ 2 ½ litres d’eau pour 100 volailles : 4 mois
d. S’assurer que tous les oiseaux peuvent aisément s’abreuver.
N.B. : La vaccination sera réellement efficace si les oiseaux sont en excellent état de
santé.
3.4 Calendrier de vaccination
a. Poulets de chair et Pondeuses
Poulets de chair Pondeuses
J1 Marek (couvoir) J1 Marek (couvoir)
J7 New Castle J7 New Castle
J7 Gumboro J7 Gumboro
J15 Rappel New Castle J15 Rappel New Castle
J15 Rappel Gumboro J15 Rappel Gumboro
8ieme semaine Variole ( Fowl pox)
12ieme semaine Coryza
14 – 16 semaines Rappel Coryza
Tous les trois (3) mois Rappel Newcastle ou injection de Newcastle
huileux qui protège pour 12 mois
(Contraignant, mais onéreux
XVI. QUELQUES MALADIES AVIAIRES D’IMPORTANCE ECONOMIQUE
A. Maladies virales
1. La Newcastle
C’est une maladie virale très contagieuse appelée aussi pseudo-peste aviaire,
Newcastle disease.
a. Importance :
Il existe des formes graves pouvant entraîner une mortalité importante. C’est une
maladie catastrophique. Les pertes se traduisent par une mortalité variant de 20 à
100%, un retard de croissance, une augmentation de l’IC, une diminution voire un arrêt
de la ponte.
b. Epidémiologie :
La maladie atteint les animaux de tout âge. Cependant, les jeunes de plus de 3
semaines sont plus sensibles. Le virus résiste une à 3 semaines dans les locaux, 5 ½
mois dans les fientes.
Etiologie : La maladie est due à un virus du genre Paramyxovirus. La durée
d’incubation est de 5 à 7 jours.
d. Symptômes : Dans la phase d’état, les symptômes sont :
➢ Atteinte respiratoire : Ecoulement occulo-nasal, dyspnée, respiration sifflante,
éternuements
➢ Atteinte nerveuse : Perte d’équilibre, convulsions, contractions, torticolis
➢ Atteinte digestive : Diarrhée verdâtre
➢ Atteinte génitale : Diminution et même arrêt de la ponte
e. Traitement : Inexistant
f. Prophylaxie :
➢ Sanitaire : Elimination des animaux infectés, vide sanitaire
➢ Médicale : Vaccination
2. La variole aviaire
C’est une maladie infectieuse contagieuse due à un virus de la famille des poxviridae.
On l’appelle également diphtérie, pyan, lapipi.
a. Symptômes : Deux formes
➢ Forme sèche : croûtes au niveau des zones dépourvues de plumes (barbillon,
pattes, crête). La guérison est spontanée en 2 à 3 jours, sauf complication
(surinfection).
➢ Forme humide : Présence de pseudo membrane (chancre) gris jaunâtre au niveau
de la muqueuse buccale qui peut entraîner la mort par asphyxie ou par inanition
(manque d’aliment).
b. Traitement : Non spécifique : Oxytétracycline, pénicilline procaïne.
c. Prophylaxie :
➢ Sanitaire difficile à cause de la résistance du germe dans le milieu.
➢ Médicale : Vaccination.
3. La maladie de Gumboro
Appelée aussi bursite infectieuse, c’est une maladie infectieuse, contagieuse dûe à un
virus appartenant à la famille des birnaviridae. Ce virus résiste 6 mois dans la litière,
52 jours dans l’eau et l’aliment.
a. Importance :
La morbidité peut arriver
Démarche tremblante et chancelante, diarrhée blanchâtre, aile pourrie. L’évolution de
la maladie se fait rapidement vers la guérison en 5 à 7 jours. Cependant, on constate
un retard de croissance et une hétérogénéité des lots. Lésion pathognomonique :
Inflammation de la bourse de Fabricius.
d. Traitement : Non spécifique, on traite les symptômes.
e. Prophylaxie
➢ Sanitaire : Méthode classique
➢ Médicale : Vaccination.
4. La maladie de Marek
C’est une maladie infectieuse contagieuse due à un Herpès virus entraînant une
immunodépression.
a. Importance :
C’est la maladie la plus grave chez les poulets du point de vue économique. Les cas
de mortalité + les saisies à l’abattoir représentent 90%.
b. Epidémiologie :
La maladie atteint les poulets de 4 à 24 semaines. L’incubation est de 3 à 4 semaines.
c. Symptômes :
➢ Forme aiguë : Mort sans signe clinique (7 à 8 semaines)
➢ Forme chronique : Paralysie diverse, aile pendante (12 à 24 semaines)
d. Traitement : Inexistant.
e. Prophylaxie :
➢ Sanitaire : Méthode classique
➢ Médicale : Vaccination à 1 jour au couvoir.
5. Bronchite infectieuse
Elle est due à un Coronavirus (ARN) peu résistant dans le milieu extérieur. La
transmission se fait par contact. Elle est très meurtrière chez les poussins (mortalité :
10 à 60%), moins chez l’adulte (1 à 2%).
a. Symptômes
➢ Poussins de 0 à 2 semaines : Troubles respiratoires avec jetage, éternuement et
râle, augmentation de la soif.
➢ Poulettes de 2 à 18 semaines : Les sujets atteints restent des fausses pondeuses.
17. ➢ Adultes (supérieur à 18 semaines) : Chute de ponte de 18 à 50%, Œuf déformé,
œuf mou sans coquille, troubles respiratoires inaperçus.
b. Traitement : Pas.
c. Prophylaxie : Sanitaire, vaccination.
B. Maladies bactériennes
1. Le coryza infectieux
C’est une maladie bactérienne contagieuse due à Haemophilus paragallinarum
(bactérie Gram -). On l’appelle également grosse tête.
a. Importance :
➢ Mortalité : 5%
➢ Morbidité : 80 à 100%
b. Symptômes :
Gonflement de la tête, épiphore (écoulement au niveau des yeux), jetage (écoulement
au niveau du nez).
c. Traitement
Sulfamides, antibiotiques à large spectre (tétracycline, dihydrostreptomycine, …)
d. Prophylaxie :
➢ Sanitaire : Isolement, désinfection.
➢ Médicale : Vaccination.
2. Pasteurellose ou Choléra aviaire
Maladie due à une bactérie Gram- Pasteurella multocida. La mortalité peut atteindre
90%.
a. Symptômes :
Dyspnée, œdème au niveau de la tête et des barbillons, diarrhée
b. Traitement :
Tétracycline ou chloramphénicol
c. Prophylaxie :
Sanitaire, Vaccin après 6 semaines
3. Les salmonelloses aviaires Ce sont des maladies infectieuses, contagieuses,
virulentes dues à divers sérotypes de
salmonelles dénommées :
3.1 Salmonella entéritica.
a. Importance : Zoonose
b. Symptômes :
➢ Forme suraiguë : Mort sans signe clinique en 48 heures à 3 jours.
➢ Forme aiguë à subaiguë : Elle touche les sujets de 3-4 jours à 3 semaines. La
mortalité varie de 30 à 40% en 5 à 10 jours (cas extrême : 70 à 100% de mortalité).
Plumes ébouriffées, prostration, yeux mi-clos, diarrhée verdâtre et quelquefois
dyspnée.
➢ Forme chronique : Sujets de plus de 4 semaines. Elle se traduit par des retards de
croissance et une hétérogénéité des lots.
c. Traitement : Oxytétracycline, sulfamides.
d. Prophylaxie :
➢ Sanitaire : Classique. Eviter la contamination au couvoir.
➢ Médicale : Chimioprévention (Attention : Effets secondaires possibles)
➢ Vaccination : personne n’en parle.
4. La colibacillose aviaire C’est une maladie due à plusieurs sérotypes d’Escheiricha
coli (bactérie Gram-), se traduisant par la diarrhée et la prostration, jetage, râle, toux,
chute de ponte, baisse de la fertilité. C’est la maladie de l’abreuvoir. E. coli est une
cause favorisante des maladies respiratoires chroniques dues aux mycoplasmes.
a. Traitement :
Antibiotiques (Tétracycline).
b. Prophylaxie : Sanitaire, Chimioprévention, traitement de l’eau, surélever les
abreuvoirs
. 5. Tuberculose
Elle est due à des bactéries Gram+ M. avium et parfois M. bovis, M. tuberculosis.
a. Symptômes :
Maigreur, Cachexie, boiterie, diarrhée
b. Traitement : Pas
c. Prophylaxie :
Sanitaire (désinfection + vide sanitaire le plus long possible
6. Maladies Respiratoires Chroniques (MRC)
Dues à un Mycoplasme (Mycoplasma gallisepticum) et à une bactérie (E. coli), La
mortalité est faible. La transmission se fait par contact direct, indirect et par l’œuf.
a. Symptômes : Difficulté respiratoire, sinusite, aérosaculite, péricardite périhépatite
b. Traitement :
Tylosine, spiramycine
c. Prophylaxie :
Sanitaire, élever les poussins indemnes de mycoplasmes