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Architecture et écologie : enjeux contemporains

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COLLOQUE

INTERNATIONAL

© Hélène Maria photographe - Archiplein


CE QUE
L’ARCHITECTURE
FAIT À L’ÉCOLOGIE
JEUDI 20 &
VENDREDI 21
AVRIL 2023
AMPHITHÉÂTRE
JEAN DUMINY

27, rue Lucien Fromage


76160 – Darnétal
02 32 83 42 00
contact@[Link]
[Link]

UR 746 4
COMITÉ D’ORGANISATION
Valéry DIDELON
professeur, laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université
Tricia MEEHAN
maîtresse de conférences, laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université
Guillaume NICOLAS
maître de conférences, doctorant, laboratoire ATE, ENSA Normandie,
Normandie Université

COORDINATION SCIENTIFIQUE
Claire ROSSET
ingénieure de recherche, laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université

COMITÉ SCIENTIFIQUE
Lionel DEVLIEGER
professeur, Universiteit Gent (Belgique)
Valéry DIDELON
professeur, laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université
Michelle DOBRÉ
professeure, CERREV, Université de Caen , Normandie Université
Wandrille HUCY
maître de conférences, UMR IDEES 6266 Université de Rouen Normandie,
Normandie Université
Panos MANTZIARAS
docteur, Fondation Braillard architectes (Suisse)
Tricia MEEHAN
maîtresse de conférences, laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université
Roberta MORELLI
maîtresse de conférences, UMR IPRAUSS 3329, ENSA Paris-Belleville

visuel Immeuble de logements en pierre massive, Plan-les-Ouates (Suisse)


Architectes : Atelier Archiplein et Perraudin Architecte
© Hélène Maria photographe - Archiplein
CE QUE L’ARCHITECTURE
FAIT À L’ÉCOLOGIE

Les enjeux relatifs à la lutte contre le réchauffement climatique, à


la raréfaction des ressources, et à la préservation de la biodiversité
déterminent aujourd’hui de plus en plus la conception et la
construction des édifices et des espaces urbains. Dans ce contexte,
l’ensemble des protagonistes du secteur du bâtiment et des travaux
publics, qui est l’un des principaux contributeurs aux émissions
de CO2, s’efforce d’adopter des pratiques écoresponsables, parfois
par conviction et militantisme, parfois par opportunisme ou sous la
contrainte. Ainsi, dans le cadre des relations qu’ils tissent avec les
élus, promoteurs, experts, industriels, habitants, etc., les architectes
s’emploient depuis un quart de siècle à répondre à l’impératif
écologique. Ils et elles voient ainsi se transformer leur profession, mais
aussi leur discipline, c’est-à-dire l’ensemble de savoirs et savoir-faire
qui leur appartiennent en propre. Critiques et historiens ont en ce sens
déjà largement documenté et analysé, au cours des dernières années,
le développement progressif d’une architecture qualifiée d’écologique,
de bioclimatique, de durable ou plus prosaïquement de verte.
À partir de ce constat, le colloque international « Ce que l’architecture
fait à l’écologie » a pour ambition d’interroger les possibles effets de
rétroaction : si l’écologie – entendue ici comme science, mais surtout
comme éthique de l’action – change indubitablement l’architecture,
dans quelle mesure l’architecture change-t-elle également l’écologie ?
Cette question se pose à propos des réalisations concrètes dans
lesquelles s’engagent les architectes et assimilés (ingénieurs,
urbanistes, paysagistes, etc.), mais aussi au regard des doctrines
et théories qu’ils et elles formulent. Sommés de répondre à des
injonctions fortes qui émanent de leurs clients privés, des pouvoirs
publics et des usagers, ils et elles façonnent peut-être en retour, à
travers leurs pratiques et discours, les réflexions et comportements
des différents acteurs sociaux, et enrichissent le débat public sur les
moyens de faire face à la crise environnementale. Cette hypothèse qui
interroge in fine la capacité des architectes et des autres concepteurs
à transformer aujourd’hui la société, questionne également à de
nouveaux frais l’autonomie relative de leur profession et discipline.
Le colloque international « Ce que l’architecture fait à l’écologie » qui
se tient à l’ENSA Normandie les 20 et 21 avril 2023 contribuera ainsi
au débat scientifique et public à travers 14 communications originales
rassemblées en 4 sessions thématiques, et une conférence magistrale.

3
SOMMAIRE

SESSION 1 : (DÉ)TERRITORIALISATIONS P.6


« Industrialisation ou artisanalisation de la production architecturale :
une question sociale, matérielle et territoriale pour l’écologie » p.7
Ivan MAZEL, maître de conférences associé, équipe Craterre, unité de
recherche AE&CC, ENSA Grenoble, Université Grenoble Alpes
Yannick SIEFFERT, maître de conférences, laboratoire Sols, Solides,
Structures, Risques (3SR), Institut PhITEM, Université Grenoble Alpes
avec David RODRIGUES-SOARES, Marie FLÉCHEUX, Julien NOURDIN,
Thierry JOFFROY, unité de recherche AE&CC, ENSA Grenoble et laboratoire
3SR, Institut PhITEM, Université Grenoble Alpes

« Une architecture peut-elle transformer son milieu ?


Matériau, Territoire & Société » p.8
Gaël HUITOREL, architecte, enseignant, ENSA Bretagne
Alexandre MORAIS, architecte, enseignant, ENSA Nantes

« Rénovation du bâti scolaire : ce qu’une petite ville peut apprendre de


ses projets architecturaux et urbains dans un contexte de transition
écologique » p.9
Louise MICHAUD, doctorante CIFRe, UMR LET-LAVUE 7218, ENSA Paris-La
Villette, HESAM Université

« L’héritage ambigu des pionniers » p.10


Delphine HYVRIER, artiste, doctorante en arts industriels, laboratoire ECLLA /
CyDRE, École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, Université Jean
Monnet

SESSION 2 : UNPACKING CONTINGENCIES P.11


« Reinterpretations of ecology perspectives through the prism of
architecture » p.12
Malvina APOSTOULOU, chercheuse associée, UMR MAP-MAACC 3495
CNRS/MCC, ENSA Paris-La Villette, HESAM Université

« The Hybrid City:


How the Blanka tunnel revealed a multiple nature » p.13
Demetra KOURRI, enseignante, Manchester School of Architecture,
Manchester Metropolitan University

« Conflating ethics with aesthetics.


The case of a reinforced stone column in Mallorca » p.14
Natalia PETKOVA, doctorante, laboratoire ACS, UMR AUSser 3329,
ENSA Paris-Malaquais

4
SESSION 3 : CRITIQUES DE L’ENVIRONNEMENT
BIEN TEMPÉRÉ P.15
« Le rapport entre l’autoproduction et l’écologie dans les Barrios de
Caracas en situation de projet urbain » p.16
Marcos COLINA, doctorant, UMR LET-LAVUE 7218, ENSA Paris-La Villette,
HESAM Université

« Blocages, tronçonneuses et Limousin.


Récits de trois expériences subversives de formation » p.17
Julien CHOPPIN, architecte, enseignant, ENSA Normandie

« Méthodologie d'analyse des flux et stock de matériaux de


construction en milieu rural.
Le cas des Combrailles (Puy-de-Dôme) » p.18
Victoria MURE-RAVAUD, doctorante, UMR Ressources, ENSA Clermont-
Ferrand, Université Clermont Auvergne

« La ventilation naturelle des bâtiments performants comme


manifeste » p.19
Julie NEUWELS, chargée de cours, Team11, URA, Faculté d’architecture,
Université de Liège

SESSION 4 : DÉPLACEMENTS P.20


« Mettre en récit les espaces de l’école pour faire face à la crise
environnementale » p.21
Maylis LEURET, Collectif CALK, doctorante, UMR 5319 Passages, Université
Bordeaux Montaigne

« Une histoire (en cours) d’archéologie urbaine » p.22


Philippe COIGNET, paysagiste, directeur d’agence, OLM paysagistes et
urbanistes
Alice HALLYNCK, architecte, directrice recherche et développement, OLM
paysagistes et urbanistes

« Nouvelles écologies urbaines dans les territoires auto-construits de


Lima, Pérou » p.23
Marion VERDIERE, architecte, Association Mano a Mano Perú, Université
PUCP, Lima (Pérou)

5
SESSION 1 : (DÉ)TERRITORIALISATIONS

Modératrice : Gabriella TROTTA-BRAMBILLA, maîtresse de conférences,


laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université

Dans cette session sont réinterrogés les pensées théoriques de l’architecture


(Mazel et Sieffert), les savoirs situés des acteurs (Michaud), les pratiques
professionnelles des concepteurs (Huitorel et Morais) au prisme des transitions
écologiques inscrites dans les territoires, mais également le rôle joué par
l’architecture moderne dans l’effacement des cultures écologiques traditionnelles
dans un contexte colonial (Hyvrier).

6
SESSION 1 (DÉ)TERRITORIALISATIONS

« Industrialisation ou artisanalisation de la production architecturale :


une question sociale, matérielle et territoriale pour l’écologie »

Ivan MAZEL, maître de conférences associé, équipe Craterre, unité de recherche


AE&CC, ENSA Grenoble, Université Grenoble Alpes
Yannick SIEFFERT, maître de conférences, laboratoire Sols, Solides, Structures,
Risques (3SR), Institut PhITEM, Université Grenoble Alpes
avec David RODRIGUES-SOARES, Marie FLÉCHEUX, Julien NOURDIN, Thierry
JOFFROY, unité de recherche AE&CC, ENSA Grenoble et laboratoire 3SR, Institut
PhITEM, Université Grenoble Alpes

L’architecture dans sa dimension d’espace bâti pose à l’écologie la question de


la production matérielle : la nature des matériaux et composants de construction
(réemployés, recyclés ou neufs), les ressources naturelles nécessaires à leur
fabrication (matérielles, aquatiques, énergétiques), les savoirs et la main-d’œuvre
nécessaire à la production ainsi que les circuits et territoires de production des
éléments de construction. Cette communication se propose ainsi d’interroger la
production matérielle de l’architecture au travers de l’exploration des pensées de
l’industrialisation et l’artisanalisation, lieu de débats disciplinaires récurrents depuis
le XIXe siècle sur les rapports à l’environnement, à l’organisation sociale et aux
échelles territoriales. Cette exploration de la conceptualisation de la production
matérielle dans la théorie architecturale s’intéresse à la période des années 1970
à aujourd’hui, moments de renouveau des pensées écologiques tout comme celles
concernant la production architecturale. L’analyse porte sur des textes critiques
ou doctrinaux venant d’architectes ou de penseurs connexes à ce champ. Il vise
à mettre en évidence la conceptualisation du système économique à l’aune de
l’usage des matières premières, du niveau de mécanisation, du type de main-
d’œuvre et de l’échelle territoriale. Le but est ainsi d’alimenter dans le cadre des
transitions socioécologiques les réflexions sur les interactions entre les besoins
de la société, les modes de production architecturale, et l’emploi des ressources
naturelles, et ainsi de contribuer à un regard critique sur la production matérielle de
l’architecture contemporaine.

Architecte-urbaniste et docteur en David Rodrigues-Soares, Marie


architecture, Ivan Mazel est maître Flécheux et Julien Nourdin sont
de conférences associé à l’École architectes et doctorants au sein de
nationale supérieure d’architecture. l’équipe Craterre de l’unité de recherche
Chercheur au sein de l’équipe Craterre AE&CC. Au sein de ce même laboratoire,
de l’unité de recherche Architecture, Thierry Joffroy est architecte, ingénieur
environnement et cultures constructives de recherche, habilité à diriger des
(AE&CC), il travaille sur les transitions recherches (HDR) et responsable
socioécologiques de la production scientifique et technique du Labex
architecturale et urbaine, notamment AE&CC. Quant à Yannick Sieffert, il est
sur les filières territoriales de matériaux ingénieur, docteur en génie civil et maître
biosourcés et les formes alternatives de de conférences à l’Université Grenoble
l’habitat. Alpes et chercheur au laboratoire Sols
Solides Structures et Risques (3SR).

7
SESSION 1 (DÉ)TERRITORIALISATIONS

« Une architecture peut-elle transformer son milieu ?


Matériau, Territoire & Société »

Gaël HUITOREL, architecte, enseignant, ENSA Bretagne


Alexandre MORAIS, architecte, enseignant, ENSA Nantes

Si l’acte de construire s’attache à résoudre le plus soigneusement possible des


questions d’espace, de programmes et d’inscription dans un site, nous pouvons
nous interroger sur sa capacité à changer le monde. La construction vertueuse de
quelques bâtiments dit « exemplaires » est-elle significative au regard des défis
climatiques qui s’imposent à nous ? Si l’on regarde les constructions pour elles-
mêmes, certainement pas.
En revanche, l’ambition architecturale se situe davantage dans l’écosystème
d’acteurs mobilisés en amont et en aval du temps de la construction et des
répercussions sur l’environnement social, économique et construit.
Comment peut se traduire aujourd’hui cette ambition, qui reste le plus souvent
lente, indirecte et confidentielle ? Comment la quantifier et la représenter pour
mieux l’expliciter, la diffuser et espérer ainsi « faire école » ? Nous constatons
qu’au-delà des équipes de maîtrise d’œuvre, les organismes qui gravitent autour
des projets, tels que les CAUE ou les filières de construction participent de manière
active à diffuser de nouvelles pratiques.
Comment cela prend forme sur le terrain ? En contrepoint de son expression
matérielle, l’inventivité d’un bâtiment peut aussi être invisible, notamment dans
ce qu’elle génère au territoire, à l’économie ou aux personnes qui y vivent. Pour
témoigner de ce processus, nous nous appuierons sur les projets de l’agence
Huitorel & Morais architectes, en apportant un éclairage sur leurs actions à une
échelle régionale, sous trois angles :
• Quels acteurs sont mobilisés en amont ?
• Comment s’opère la diffusion sur un territoire élargi ?
• Quelle esthétique l’architecture incarne-t-elle ?
Afin de mettre en lumière cette ambition, nous nous attacherons à montrer les
coulisses de la maîtrise d’œuvre, notamment à travers des photographies de
chantier, et à cartographier les ressources humaines et matérielles mobilisées pour
construire, afin d’évaluer objectivement les effets plus larges sur le territoire.

Gaël Huitorel et Alexandre Morais sont Parallèlement à cette activité, ils fondent
architectes et enseignent la discipline en 2016 l’atelier Huitorel & Morais
du projet dans les écoles d’architecture. architectes, situé entre Rennes et Nantes,
Gaël Huitorel est maître de conférences où ils investissent les dimensions sociales
TPCAU à l’ENSA de Bretagne et docteur et constructives des intervalles ville-
en architecture. Alexandre Morais est campagne. Leur production architecturale
enseignant à l’ENSA Nantes, et membre a été récompensée à travers plusieurs
du CAUE de Loire-Atlantique et de distinctions, comme le Prix de la
l’ARDEPA (réseau des maisons de Construction Bois 2022.
l’architecture). Ils s’attachent tous les
deux à croiser auprès des étudiants les
échelles territoriales et constructives
pour une conception architecturale post-
carbone.

8
SESSION 1 (DÉ)TERRITORIALISATIONS

« Rénovation du bâti scolaire : ce qu’une petite ville peut apprendre de


ses projets architecturaux et urbains dans un contexte de transition
écologique »

Louise MICHAUD, doctorante CIFRe, UMR LET-LAVUE 7218, ENSA Paris-La


Villette, HESAM Université

Les équipements scolaires ont fait l’objet, ces dernières années, de nombreuses
injonctions institutionnelles à la rénovation. Dans les territoires et notamment dans
les petites villes, ces ambitions nécessitent la mise en œuvre d’ingénieries de
projets complexes pour lesquelles elles manquent de moyens et de compétences
internes, sans compter que les ressources institutionnelles leurs sont parfois
difficilement identifiables. Toutefois, leur connaissance du patrimoine communal,
la proximité avec les utilisateurs et le contact avec des professionnels de
l’aménagement peuvent contribuer à amener ces petites collectivités vers des
solutions de rénovation inventives et à les faire cheminer vers des actions en faveur
de la transition écologique. La mise en œuvre de démarches participatives visant à
éclairer ces projets de rénovation énergétique donne une place nouvelle à la valeur
d’usage dans le processus de programmation et de conception.
Cette communication se propose d’explorer la manière dont une petite ville
peut capitaliser sur les apprentissages issus de ses expériences architecturales
antérieures, pour les exploiter dans le cadre de travaux de rénovation énergétique.
L’étude du cas de la ville de Saint-Cyr-en-Val (Loiret – 45) permet de souligner
la façon dont la prise de conscience écologique émerge, s’accentue et se
traduit projet après projet, en termes de montage d’opération, de gouvernance,
de méthodologies (notamment participatives et de prise en compte des
usages existants), d’outils opérationnels et de choix de dispositifs techniques,
architecturaux et urbains. L’expérience de cette petite ville permet également
de mettre en lumière le rôle que peuvent jouer les professionnels du cadre bâti
(architectes, programmistes, techniciens, chercheurs…) dans l’accompagnement
de ce processus de transition, aboutissant notamment à la coproduction d’un projet
majeur de la mandature et à des décisions politiques en faveur de la durée, voire du
« ménagement ».

Architecte diplômée d’État et du post- Sa thèse est dirigée par Jodelle Zetlaoui-
master « Recherches en architecture » Léger et co-encadrée par Bendicht
de l’ENSA Paris-La Villette, Louise Weber, elle porte le titre provisoire
Michaud mène depuis octobre 2021 un « Penser l’évolution du patrimoine des
doctorat CIFRE au sein du laboratoire écoles et leur rénovation énergétique
LET-LAVUE. par les usages. Le cas des petites villes.
Récit d’une expérimentation à Saint-Cyr-
Dans le cadre de ce contrat CIFRE, elle
en-Val ».
est en immersion au sein de la mairie
de Saint-Cyr-en-Val (Loiret – 45), où
elle coordonne la programmation et la
conception d’un projet de pôle éducatif,
ainsi que la démarche de concertation qui
lui est associée.

9
SESSION 1 (DÉ)TERRITORIALISATIONS

« L’héritage ambigu des pionniers »

Delphine HYVRIER, artiste, doctorante en arts industriels, laboratoire ECLLA /


CyDRE, École Supérieure d’Art et Design de Saint-Étienne, Université Jean Monnet

L’exposé propose une approche théorique historique par une étude de cas. Il
s’agira d’observer la façon dont l’architecture moderne a contribué à l’effacement
de cultures écologiques traditionnelles dans les années 1950-1960 par la
généralisation d’un mode de vie non-durable dit « occidental ». Le cas étudié est la
construction dans les années 1960 de la ville nouvelle de Kourou, dans le contexte
post-colonial de la Guyane française. Conçue après l’expulsion de 600 paysans
créoles, la ville fut bâtie selon des critères modernes métropolitains, reconfigurant
radicalement le territoire et les cultures y étant liées. Par ce retour historique
critique, il s’agit bien d’observer comment l’architecture peut faire évoluer le rapport
au vivant d’une société, mais d’une perspective ni spécialement souhaitable ou
vertueuse.
L’idée n’est donc pas ici de débattre des solutions que l’architecture contemporaine
permet d’entrevoir, mais de se pencher sur le passé pour comprendre quel rôle
la discipline a pu jouer dans la grande accélération et l’appauvrissement global
des cultures de la nature. Ces questions seront abordées à partir de l’analyse
d’archives du Centre Spatial Guyanais, de celles des agences d’architecture y
ayant travaillé et de témoignages de Kourouciens ayant vécu ce bouleversement
radical. À Kourou comme ailleurs, le récit de « la marche du progrès » a naturalisé
l’effacement des paysans et de leurs cultures en les décrivant comme des
populations sous-développées qu’il était nécessaire de moderniser, récit d’autant
plus marqué dans les territoires ayant connu la colonisation. Les bouleversements
écologiques auxquels nous faisons face imposent de remettre en question ces
narrations et d’opérer un retour critique sur l’histoire de l’architecture : comment
envisager de nouvelles façons d’habiter écologiques sans savoir pourquoi et
comment celles qui l’étaient ont disparu ?

Delphine Hyvrier mène une thèse de


recherche création en Arts industriels,
à l’Université Jean Monnet et à l’École
Supérieure d’Art et Design de Saint-
Étienne (ESADSE) et est artiste. Elle
s’intéresse à la façon les cultures
matérielles (architecture, design) reflètent
les représentations culturelles de la
nature. Son travail porte sur des lieux
où la notion de « nature » n’est pas
consensuelle et met à jour des fractures
sociales et des enjeux de pouvoir, ainsi
que des ruptures dans la transmission de
cultures écologiques populaires.

10
SESSION 2 : UNPACKING CONTINGENCIES

Modératrice : Tricia MEEHAN, maîtresse de conférences,


laboratoire ATE, ENSA Normandie, Normandie Université

This paper session explores how the experience of confronting contingencies –


contingencies rendered visible through processes (Apostolou), failures (Kourri) or
disappointments (Petkova) of diverse natures – becomes the catalyst of productive
discourse. These events open up, from the actors’ points of view, conversations
about the emerging hybridity of relations and relational systems, thus challenging
not only systemic logics but also notions about what is considered ecologically
ethical in architecture and planning.

11
SESSION 2 UNPACKING CONTINGENCIES

« Reinterpretations of ecology perspectives through the prism of


architecture »

Malvina APOSTOULOU, chercheuse associée, UMR MAP-MAACC 3495 CNRS/


MCC, ENSA Paris-La Villette, HESAM Université

In a time when the imperatives of ecology, inscribed in a more general context of


global warming and resource depletion, interrogate the architectural design and
practice, hybrid ways of thinking on the subject are formed, influenced by diverse
disciplines.
The plurality and heterogeneity of the visions dealing with ecology from different
perspectives, question the meaning, interpretation and appropriation of the terms
we use to describe ecology and sustainability. This epistemological process taking
place, re-shapes the way that social and political actors discuss and deal with
environmental issues. Since the language, medium and tools we use to observe,
analyse and design, impact the way we understand and describe the elements
observed, architecture influences the extended science of ecology.
The proposed presentation seeks to outline the ways in which during the last
decades architects have participated in the representation of society through the
prism of ecology, and how ecology was broadened, including diverse considerations
influenced by these theoretical and practical frameworks. It will outline through
case studies a brief retrospective of the contribution of architectural discourses and
practices to the environmental crisis public action and debate.
The design methods, the interdisciplinary approach and tools chosen in some
concrete practices and case studies demonstrate that the relationship to ecology
has been influenced by architecture and led towards directions that considerate the
discipline through diverse perspectives.
In other words, ecology changes as it widens its terrain of study and application: it
does not concern only ‘green’ or physical elements of the environment, but tend to
incorporate and being understood as a group of fluid and complex relationships,
subject to rethinking, reevaluation and criticism, also incorporating community,
organizational, societal and political models of production and consumption.
Through architecture, ecology seems to gain consciousness of societal and cultural
transformations within locals and global contexts, in a dynamic and non-linear
system prism.

Malvina Apostolou est architecte. recherche et de pratique incluent des


Formée à l’École d’Architecture de recherches scientifiques au Centre
l’Université de Patras en Grèce, elle s’est de Recherche de la Commission
ensuite spécialisée dans les enjeux socio- Européenne et au Programme des
écologiques (master 2 Énergie, Écologie, Nations Unies pour l’Environnement ;
Société - Université Paris Diderot) et à des animations pédagogiques sur les
la recherche (post-master Recherches enjeux énergétiques et écologiques aux
en Architecture, ENSAPLV). Elle est écoles, ainsi que de l’enseignement de
Docteure en Architecture, Urbanisme et la composition architecturale et de la
Environnement. Elle a préparé sa thèse théorie de l’architecture. Elle a participé
de doctorat intitulée « Explorations de à diverses conférences scientifiques et
la conception architecturale au temps ateliers de conception architecturale et
de la transition énergétique » au sein urbaine.
de l’UMR MAP-MAACC 3495 CNRS/
MCC et au CNAM. Ses travaux de

12
SESSION 2 UNPACKING CONTINGENCIES

« The Hybrid City:


How the Blanka tunnel revealed a multiple nature »

Demetra KOURRI, enseignante, Manchester School of Architecture, Manchester


Metropolitan University

Prague’s Blanka tunnel project has been a site for assembling social relations in
the capital city and the Czech Republic for decades. Today it continues to trigger
controversies surrounding practices of planning, negotiation, and contestation of
this project. This paper focuses on a critical moment of breakdown; a collapse in
a protected park, that provides a particular ‘visibility’ and a deeper insight into the
tunnelling process and questions the relationship between the ‘natural’ and the
man-made in city making. The focus shifts from the tunnel as object, as a piece of
infrastructure to ‘infrastructuring’ as a verb, as a process (Merriman 2016), bringing
attention to the molecular and opening up questions of hybrid relations.
The collapse of the tunnel is a lens into three modes of Prague; or three modes
of engagement between nature and technology: the ‘green Prague’ (nature is
out there); the ‘safe Prague’ (nature is predictable); and ‘modern Prague’ (nature
must be tamed). By following the actors surrounding the collapse of the tunnel:
city council members, the mining authority, engineers, citizens associations
representing the public, critical journalists, geologists, and scientists, we see how
the natural becomes multiplied. The collapse, as a ‘failure of the technical gesture’
(Simondon 2016) separates what is usually blended in the repetitive act of using
the park: as long as it works, both nature and infrastructure are invisible. Through
an ANT methodology, the paper maps the practices that allow us to account for
the active participation of experts and non-experts ‘who engage with the multiple
modes’ (Yaneva 2015) of the project in question and that realize the many worlds of
the tunnel and the city.

Demetra Kourri is an interdisciplinary Her research explores the relationship


researcher in Architecture and Urban between infrastructures of mobility and
Studies, and a qualified Architect (ETEK) the urban environment and addresses
with professional experience in the the need to rethink these structures as
UK, the US, and Cyprus. Her teaching integral social and material constituents
focuses on creating cross-disciplinary of the urban. Some of her past research
dialogues between architecture and its focuses on public participation practices
adjacent disciplines in the Humanities in transit planning in NYC, dissecting the
and Social Sciences. She completed relationships of local community boards
her PhD at the University of Manchester and transit authorities, and pinpointing
under the guidance of Prof. Albena their disconnections at both local and
Yaneva and Prof. Graham Haughton, with state levels.
a thesis titled “A Tunnel of Many Worlds:
Unfolding the Blanka Controversy”.

13
SESSION 2 UNPACKING CONTINGENCIES

« Conflating ethics with aesthetics.


The case of a reinforced stone column in Mallorca »

Natalia PETKOVA, doctorante, laboratoire ACS, UMR AUSser 3329,


ENSA Paris-Malaquais

Upon arrival in Mallorca for a two-month period of fieldwork, I learn from the
architects hosting me that the project whose development I had intended to observe
during my stay on the island would be built with engineered timber from the Spanish
peninsula as opposed to the local marès sandstone originally prescribed. The
architects cite their discomfort at the idea of reinforcing the stone columns that
compose the vertical structure of the project as the principal reason for the material
change. The structural use of stone on the project being the object of my in situ
research, I am somewhat taken aback. As I start to enquire about the nature and
source of this discomfort however, my disappointment and panic subside. This
seeming “failure” to build in massive stone is opening doors to conversations,
encounters and visits that I had not anticipated, not least in relation to the purported
ethics of employing the geo-sourced material today. My contribution to the
symposium will draw on my ongoing doctoral research on stone and its renewed
use as a self-supporting or load-bearing material in architecture today to consider
the potential as well as the limits of conflating architectural aesthetics with an ethical
stance vis-à-vis ecology. Focusing more specifically on ethnographic fieldwork
around the construction of a small educational building in the inland town of Llubí in
Mallorca one of the case studies of my thesis, and by giving attention to the habits,
doubts and emotions of actors diversely involved in the project, I will attempt to
unpack the idea of an apparently “good” way of building with the age-old material
as presented to me by the diverse actors and to discuss it in relation to the notion of
constructive truth in architectural history and theory.

Natalia Petkova is a Paris-based award-winning architectural practices in


architect, graduated from the University London, Paris and Brussels; has been an
of Cambridge (MPhil Architecture & invited speaker, critic and tutor at several
Urban Design) and the École des Hautes European architecture schools and has
Études en Sciences Sociales (Master published her writing in a number of peer-
Territoires, Espaces et Sociétés). Her reviewed journals. Alongside her doctoral
ongoing doctoral thesis, jointly funded by research, Natalia Petkova is teaching
the Caisse des Dépôts and the French master thesis and diploma at ENSA Paris-
Ministry of Culture, associates an interest Malaquais and pursuing construction
for contemporary architectural practice projects that engage questions of
with ethnographic methods and is broadly ressource, memory and workmanship.
articulated around the use of stone as
a structural building material today.
She has previously collaborated with

14
SESSION 3 : CRITIQUES DE L’ENVIRONNEMENT
BIEN TEMPÉRÉ

Modérateur : Valéry DIDELON, professeur, laboratoire ATE, ENSA Normandie,


Normandie Université

Cette session sera l’occasion de se demander comment, dans des contextes très
différents, des pratiques architecturales et urbaines qui se veulent alternatives et/
ou critiques peuvent transformer la relation qu’entretiennent les habitants avec leur
environnement menacé.

15
SESSION 3 CRITIQUES DE L’ENVIRONNEMENT BIEN TEMPÉRÉ

« Le rapport entre l’autoproduction et l’écologie dans les Barrios de


Caracas en situation de projet urbain »

Marcos COLINA, doctorant, UMR LET-LAVUE 7218, ENSA Paris-La Villette, HESAM
Université

L’autoconstruction des quartiers d’habitat (en France, connus sous le nom des
bidonvilles) continue à être le destin de la moitié de la population urbaine pour les
prochaines décennies, bien que ce soit un phénomène privilégié dans la recherche
scientifique depuis les années soixante et que nombre d’alternatives y soient
promues (Turner, 1969; Bolivar, 1987; Martin, 2007; Silva, 2020; ONU, 2016). Or,
en parallèle à cette perspective de nouvelles constructions, nombre des quartiers
autoproduits existants sont en cours de transformation, pour quitter un état de
précarité et d’informalité foncière et dans l’objectif d’améliorer le cadre de vie de ses
habitants. Dans ce cadre, nous présentons l’analyse des situations de projet urbain
à Catuche, un quartier autoproduit à Caracas au Vénézuéla, où, sous le prétexte
de l’aménagement d’un « corridor écologique », ces coproductions cherchent à
modifier l’écosystème urbain. Ainsi, nous soutenons l’hypothèse que la mise en
situation de projet urbain des habitants et des professionnels dans des contextes
autoproduits déclenche un véritable processus de remise en cause de l’écologie au
sein des modalités de fabrication de ces territoires, dans un processus complexe et
dialogique. Nous présentons à cette occasion les enjeux derrière la protection des
berges de la rivière Catuche (qui traverse le quartier et lui a donné son nom), tels
que l’aménagement d’espaces urbains, la programmation des nouvelles pratiques
d’approvisionnement, mais aussi l’utilisation de l’eau et d’autres ressources,
encouragés par une équipe d’architectes en permanence sur site. Nous étudions
dans ces coproductions la circulation des savoirs et savoir-faire, les processus et
les cultures constructives, les discours portés par les acteurs impliqués et leurs
modalités de collaboration. Finalement, nous souhaitons mettre en discussion
la manière dont les discours sur l’écologie des villes peuvent s’enrichir, voire se
reformuler à partir des expériences développées dans ces territoires autoproduits,
avec des contraintes et des savoirs situés.

Marcos Colina est architecte (USB VE Équateur et en France pendant quatre


2014), DPEA RBW (ENSAPBX 2020), autres années. Sa recherche porte sur
DPEA Recherches en architecture les processus de transformation des
(ENSAPLV 2021). Il est actuellement quartiers autoproduits à travers l’étude
en 2e année de doctorat au Laboratoire de leurs circuits d’économie matérielle,
Espaces Travail (LAVUE UMR 7218), les pratiques constructives des habitants,
sous la direction de Jodelle Zetlaoui- ainsi que la circulation des savoirs et
Léger, Bendicht Weber et Florinda savoir-faire entre les acteurs impliqués en
Amaya (FAU UCV). Il a exercé en situation de projet.
tant qu’architecte au Vénézuéla entre
2014 et 2018, notamment dans des
projets d’aménagement des espaces
publics populaires à Caracas, avant
de poursuivre dans des agences en

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SESSION 3 CRITIQUES DE L’ENVIRONNEMENT BIEN TEMPÉRÉ

« Blocages, tronçonneuses et Limousin.


Récits de trois expériences subversives de formation »

Julien CHOPPIN, architecte, enseignant, ENSA Normandie

L’anthropocène se digère mal. Même les philosophes qui se nourrissent pourtant


de complexité l’attestent. Bruno Latour confesse y avoir laissé son pancréas. Face
à ces hyperobjets visqueux, comme le dérèglement climatique ou l’extinction de la
biodiversité, les architectes, eux aussi, peinent à avaler l’énormité de ce qui sape
pourtant à grande vitesse le fondement éthique de leur vocation. Que reste-t-il du
noble désir de bâtir des habitats, quand ceux-là mêmes qui englobent tous les
autres, qu’il s’agisse de la planète, de la terre et du monde deviennent de plus en
plus inhabitables ?
Certains architectes désertent, épuisés de prêcher dans le désert. J’en fus.
D’autres résistent, et y trouvent l’occasion de réinventer leur métier sous un
étendard frugal, au beau milieu de cette descente énergétique et matérielle. Je les
soutiens. D’autres encore explorent des postures plus radicales, dont la volonté
transformatrice s’exprime dans des modalités renouvelées de pédagogie. Je me
propose de les étudier.
Ce sont ainsi trois figures d’architectes, aujourd’hui investis dans une conception
subversive de la formation, destinée autant aux politiques qu’aux citoyens, aux
paysans qu’aux futurs architectes :
• Léa Hobson, architecte-scénographe, militante d’Extinction Rebellion et des
Soulèvements de la terre, à l’initiative du blocage des cimenteries Lafarge et
Cemex, à Paris, le 17 février 2020 ;
• Arthur Dietrich, architecte-charpentier, organisateur au sein de l’Atelier Paysan
de formations d’auto-construction à la tronçonneuse de charpentes de hangars
agricoles ;
• Paul-Emmanuel Loiret, architecte-enseignant, fondateur de l’Atelier du
Limousin, une expérience pédagogique d’apprentissage de la résilience.
Par une enquête approfondie et une analyse comparée de leurs différents
protocoles d’action (désobéissance civile, auto-construction, immersion), j’aimerais
vérifier l’hypothèse suivante : j’ai l’intuition que les architectes font autant, si ce n’est
plus pour l’écologie, en s’engageant dans ce type de stratégies d’encapacitation,
qu’en se cantonnant à la seule production d’une architecture écologique.

Julien Choppin est né en 1977. des matériaux, il est commissaire et


Architecte, diplômé (DPLG) en 2002 scénographe de l’exposition « Matière
à Paris-La Villette, il fonde à 24 ans Grise » en 2014 au Pavillon de l’Arsenal
le collectif Encore Heureux avec à Paris, et auteur de l’ouvrage collectif
Nicola Delon. En 2006 il est lauréat associé. En 2018 il est désigné
des Nouveaux Albums des Jeunes commissaire du Pavillon Français pour la
Architectes. Il exerce une activité de 16e Biennale Internationale d’Architecture
maîtrise d’œuvre en réalisant une dizaine de Venise et conçoit l’exposition « Lieux
d’équipements (salle de concert flottante, infinis ». En 2020, Julien Choppin
musée, des centres d’innovation et de quitte ses fonctions de co-gérant au
formation, cinéma) ou encore des tiers- sein d’Encore Heureux. Aujourd’hui, il
lieux expérimentaux (Grande Halle à exerce une activité d’indépendant et
Caen, Hôtel Pasteur à Rennes). Engagé d’enseignant en ENSA.
dans les problématiques du réemploi

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SESSION 3 CRITIQUES DE L’ENVIRONNEMENT BIEN TEMPÉRÉ

« Méthodologie d'analyse des flux et stock de matériaux de


construction en milieu rural.
Le cas des Combrailles (Puy-de-Dôme) »

Victoria MURE-RAVAUD, doctorante, UMR Ressources, ENSA Clermont-Ferrand,


Université Clermont Auvergne

La transition socio-écologique d’un territoire passe par une profonde transformation


de son métabolisme territorial (Barles, 2017). C’est pourquoi, la pratique de
l’architecture doit considérer le cycle de vie des matériaux de construction et sa
spatialisation. L’intégration d’une « approche matériaux » dès les premières phases
de conception permet d’anticiper l’incidence des choix architecturaux sur les
conditions d’approvisionnement (Rouvreau et al., 2012). L’analyse des flux et stock
de matériaux et d’énergie sont des outils utilisés depuis les années 90, en écologie
industrielle puis territoriale, pour mieux comprendre et gérer le fonctionnement d’un
système socio-économique. Plusieurs approches méthodologiques sont proposées,
influant sur les hypothèses et les données utilisées, et inversement (Augiseau
& Barles, 2017). Depuis les années 2000, la littérature scientifique a observé
une forte augmentation de ces analyses (Wu et al., 2014 ; Müller et al., 2014 ;
Augiseau et Barles, 2017 ; Mohammadiziazi & Bilec, 2022). Les reviews permettent
de distinguer les principaux systèmes (villes, régions, pays…) et matériaux de
construction examinés, ainsi que les types d’approches méthodologiques existantes
(dynamiques, statiques, descendantes, etc.). Les territoires ruraux demandent
à être plus mobilisés dans cette littérature, car ils constituent un véritable enjeu
pour la dématérialisation des sociétés (Verhaeghe, 2021). Certains matériaux sont
très peu présents ou sous-estimés (fibres, second-œuvre, etc.) contrairement aux
minéraux et aux métaux. Cela s’explique par une difficulté d’accès aux données
statistiques pour les territoires ruraux. C’est pourquoi, les approches ascendantes
(ou bottom-up) sont utilisées lorsque les données ne sont pas accessibles, ou
jugées peu fiables. Ce type d’approche est aussi privilégié pour engager un travail
prospectif de co-construction avec les parties prenantes du territoire. Dans ce
contexte, cette communication interroge la place des outils de l’architecte mobilisés
dans l’analyse du métabolisme rural à travers une méthodologie ascendante
appliquée au territoire des Combrailles.

Victoria Mure-Ravaud est diplômée transition socio-écologique des territoires


de l’École Nationale Supérieure ruraux de la métropole clermontoise à
d’Architecture de Clermont-Ferrand travers l’analyse des flux et stock de
en 2017 et de l’Institut d’Auvergne du matériaux de construction. Cette thèse
Développement des Territoires en 2018. est encadrée par Jean-Philippe Costes et
Après son diplôme en architecture, elle a Jean-Baptiste Marie.
suivi une formation en géographie avec
un diplôme spécialisé intitulé « Stratégie
d’aménagement des petites et moyennes
villes ». Elle est enseignante contractuelle
à l’ENSA Clermont-Ferrand depuis
2019. En 2021, elle obtient un contrat
doctoral du ministère de la Culture pour
développer un travail de recherche sur la

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SESSION 3 CRITIQUES DE L’ENVIRONNEMENT BIEN TEMPÉRÉ

« La ventilation naturelle des bâtiments performants comme


manifeste »

Julie NEUWELS, chargée de cours, Team11, URA, Faculté d’architecture,


Université de Liège

Le phénomène est largement documenté dans le champ de la sociologie et bien


connu des architectes : la mise en œuvre des politiques environnementales, en
particulier énergétiques, dans le secteur de la construction favorise la technicisation
des bâtiments. Parmi les multiples équipements qui peuplent nos bâtiments
« performants », la ventilation mécanique contrôlée (VMC) en constitue un témoin
privilégié. Plus largement, elle illustre la confiance accordée aux objets techniques
pour résoudre les problématiques environnementales, non sans faire débat.
Considérant l’imposition de la VMC comme un non-sens écologique, des
architectes déploient stratégies et tactiques pour élaborer des logements
performants ventilés naturellement et en faire des manifestes, quitte à parfois se
mettre hors la loi. Prenant appui sur la théorie de l’acteur-réseau, l’analyse des
trajectoires de ces (tentatives de) productions, en France et en Belgique, montre
que ces architectes font à la fois acte politique et œuvre d’innovation, ouvrant des
voies alternatives aux logiques technico-centrées.
Effectivement, il ne s’agit pas de mettre en œuvre des méthodes de ventilation
préexistantes mais de les adapter, de les réinventer pour répondre aux enjeux
écologiques et d’habitabilité actuels, aboutissant à des dynamiques originales
d’association et de dissociation entre entités humaines et non humaines. Il en
ressort des alliances fécondes entre circulation de l’air, matériaux, spatialité, outils
d’objectivation, mais aussi entre architectes, bureaux d’études, maîtres d’ouvrage
voire centres de recherche et artisans.
Par leurs expériences, réalisations, contre-projets et publications relatant tantôt
des succès, tantôt des échecs (car tous les combats n’aboutissent pas), ces
architectes alimentent l’intérêt montant porté au low tech et les réflexions techno-
écologiques concernant notre agir technique et nos rapports à la nature, dans le
secteur de la construction et au-delà. Leurs cheminements nous offrent également
des prises pour identifier certains verrouillages sociotechniques empêchant la
basse technologie de sortir du statut de niche et de participer plus largement à la
reformulation de ce que peut signifier l’écologie.

Julie Neuwels est architecte et docteur elle s’intéresse plus spécifiquement aux
en art de bâtir et urbanisme. Depuis rapports diversifiés que les architectes
2020, elle est chargée de cours dans le entretiennent avec le registre technique
domaine de l’approche sociotechnique de l’éco-construction, avec un intérêt
de la production architecturale à la tout particulier pour ceux qui tentent de
Faculté d’architecture de l’Université de développer des voies alternatives aux
Liège. Au croisement de divers domaines logiques technico-centrées.
de la sociologie et de la recherche en
architecture, ses travaux portent sur la
réception, la mise en œuvre et à l’épreuve
du référentiel de développement durable
par divers acteurs du domaine de
l’habiter, pouvoirs publics, praticiens et
habitants essentiellement. Actuellement,

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SESSION 4 : DÉPLACEMENTS

Modérateur : Guillaume NICOLAS, maître de conférences, doctorant, laboratoire


ATE, ENSA Normandie, Normandie Université

Ici l’architecture opère un déplacement du point de vue écologique des acteurs


à qui elle s’adresse : lors d’ateliers pédagogiques d’architecture, des enfants
se construisent de nouvelles représentations sur leur territoire et ses enjeux
écologiques (Leuret), une maîtrise d’ouvrage remet en question sa conception du
lien entre écologie et renaturation (OLM) et des habitants des bidonvilles péruviens
fondent de « nouvelles écologies primitives » pour se détourner de la violence
quotidienne (Verdière).

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SESSION 4 DÉPLACEMENTS

« Mettre en récit les espaces de l’école pour faire face à la crise


environnementale »

Maylis LEURET, Collectif CALK, doctorante, UMR 5319 Passages, Université


Bordeaux Montaigne

Pour beaucoup, il apparaît difficile de parvenir à établir des liens entre une situation
globale de crises écologiques et l’environnement proche. Une des causes identifiées
de l’inaction en matière d’écologie est précisément l’incapacité des personnes
à ressentir, à se mettre en empathie face à des situations considérées comme
lointaines et abstraites. La transition, le changement, l’écologie, ces injonctions
plurielles réinterrogent sans cesse la diversité de nos champs de recherche
et d’actions. Constituent-elles un enjeu principal de nos positions de jeunes
chercheurs ? Quels peuvent être le rôle et la responsabilité des architectes dans la
sensibilisation et la mise en action écologique ?
L’objectif de cette présentation orale est d’ouvrir un dialogue entre différents « objets
de récits » et de comprendre en quoi ces outils d’action sur l’espace peuvent
construire de nouveaux rapports sensibles à l’environnement et par là-même
répondre à certains des enjeux de la crise environnementale. Cette proposition est
une synthèse du travail de recherche de l’architecte et doctorante Maylis Leuret.
À partir d’actions sensibles et concrètes menées dans deux écoles primaires en
Gironde et Dordogne, ces expérimentations questionnent les représentations (réelles
et imaginées, vécues et ressenties) et usages des espaces comme production de
ressource spatiale et de connaissance du territoire proche. L’objectif étant d’interroger
les modes d’habiter, les usages, les représentations et le vécu, à la fois des élèves
mais aussi des membres de l’équipe pédagogique. Ces « habiter » passant par le
corps, mobile et immobile, les sens et les émotions ; l’action sur le terrain permet
d’interroger les espaces quotidiens, leurs atouts, leurs limites, dans une perspective
d’écologie et revalorisation du « déjà-là ». C’est aussi une manière de préciser le rôle
de l’architecture et l’importance de transmettre des compétences liées à la question
de l’espace dès l’école primaire.
Dans cette perspective, plusieurs hypothèses sont soulevées :
• Construire un imaginaire autour du territoire proche permet une autre
appropriation d’un lieu dans l’objectif du mieux habiter, de prendre soin de (donc
d’agir).
• Les imaginaires sont susceptibles d’être transformatifs dans notre rapport au
vivant et à l’environnement.
• Engager les habitants dans un processus de création sur leurs espaces
quotidiens fait émerger des savoirs vernaculaires dans le territoire proche et au-
delà.
Le collectif CALK est né en 2017 et l’architecture s’impose à elle. Il est
regroupe architectes, illustrateurs et porteur de fabuleuses histoires qu’elle
graphistes. Il est persuadé que construire raconte plus tard par une pratique
un imaginaire autour du territoire acharnée du théâtre. De ces récits, elle
permet une autre appropriation des mène pendant ses études des ateliers
lieux dans l’objectif de prendre soin de auprès du jeune public autour de
ce qui est proche. Il défend l’idée que cette notion qui la nourrit chaque jour :
la construction d’un récit commun est l’espace. Depuis 2020 et en parallèle de
susceptible d’être transformatif dans son travail avec le collectif CALK, son
notre rapport à l’environnement. Enfin, il aventure prend la forme d’une thèse.
souhaite engager les participants dans un Elle souhaite comprendre en quoi l’école
processus de création et de réflexion sur primaire (dans et hors les murs) peut
leurs espaces quotidiens. devenir une ressource de transmission du
territoire proche dans la perspective de
Maylis Leuret fait ses études à l’émancipation des enfants.
l’ENSAPB. Très jeune, le jeu de

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SESSION 4 DÉPLACEMENTS

« Une histoire (en cours) d’archéologie urbaine »

Philippe COIGNET, paysagiste, directeur d’agence, OLM paysagistes et urbanistes


Alice HALLYNCK, architecte, directrice recherche et développement, OLM
paysagistes et urbanistes

L’agence OLM travaille sur de nombreux projets où l’on cherche à faire quartier
autour d’infrastructures obsolètes, avec la conviction que la réappropriation de
ces monuments horizontaux est un enjeu écologique majeur pour les paysagistes-
urbanistes.
James Corner, co-auteur du projet de la High-Line à New York, entrevoit
l’infrastructure comme un « amalgame disciplinaire » (Nathalie Roseau, Le Futur
des métropoles. Temps et infrastructure, Genève, MētisPresses, 2022, p. 14).
Cette notion nous intéresse car, que le projet révèle l’architecture de l’infrastructure,
que le paysage agisse comme un révélateur de celle-ci, ou que l’infrastructure
elle-même devienne l’objet d’étude des concepteurs, la mise en tension inédite
des disciplines autour de l’infrastructure permet la création de projets uniques, et
étonnamment territorialisés (alors qu’ils partent d’objets génériques : une autoroute,
un réseau enterré normalisé, une voie ferrée, …).
Ici, nous proposons de partir du cas d’étude du parc Maximilien à Bruxelles,
qui entrera en chantier avant la fin de l’année 2023, et de mettre en parallèle
les enseignements de ces recherches avec le projet du quartier de la nouvelle
gare Saint-Sever à Rouen, sur lequel nous avons commencé à travailler depuis
septembre 2022, et dont la mise en service ne commencera qu’en 2033. Comment
l’infrastructure peut-elle devenir une ressource pour le paysage et l’écologie ?
Nous interrogerons ces aménagements au travers de notre position transversale de
paysagiste-urbaniste, et en mettant en perspective l’aménagement du territoire et la
mise en œuvre d’espaces publics non seulement avec la géographie, mais aussi de
la géologie, de l’archéologie, ou encore le maillage des infrastructures (visibles ou
invisibles) qui ont contribué au développement de la ville.

Après une licence de géographie Arrivée chez OLM en 2013, Alice


à l’université de Paris-Sorbonne, Hallynck est architecte diplômée
Philippe Coignet est diplômé de l’École d’état de l’ENSAP Lille, et urbaniste
Nationale Supérieure du Paysage de (Université Paris Nanterre). Après avoir
Versailles. En 2000, il obtient un master mené de nombreux projets de maîtrise
d’architecture de paysage à l’Université d’œuvre d’espaces publics et des études
de Pennsylvanie, puis travaille chez urbaines et paysagères, Alice Hallynck
Peter Walker & Partners et Tom Leader est désormais responsable de la section
Studio en Californie. Il fonde l’agence Recherche et Développement de l’agence
OLM en 2005 à Paris tout en continuant à OLM paysagistes et urbanistesdepuis
enseigner à l’ETH Zurich, à l’ENSA Paris- début 2022.
Malaquais, à l’université d’Harvard ou
récemment à l’université du Luxembourg.
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SESSION 4 DÉPLACEMENTS

« Nouvelles écologies urbaines dans les territoires auto-construits de


Lima, Pérou »

Marion VERDIERE, architecte, Association Mano a Mano Perú, Université PUCP,


Lima (Pérou)

L’ONU estime que 2 personnes sur 3 vivront en milieux urbain d’ici à 2050. Lima
concentre actuellement 10 millions d’habitants, soit 1 tiers de la population d’un
pays fortement exposé au changement climatique et aux tremblements de terre.
Plus de 93 % de son étalement urbain est informel (Fort, R., & Espinoza, A., 2020).
L’évolution constante de la ville vue comme un « laboratoire social » (Park, R.
1929) pousse à nous questionner sur les rapports de l’être humain à son milieu en
permanente évolution. Le regard sur les territoires du Sud semble pouvoir enrichir
la réflexion globale, vu à travers le prisme d’une intensité plus forte, propre au
contexte dans lequel ces territoires se développent (Lorrain, D., 2011).
La constante expansion des « mégabidonvilles » (Davis, M., 2007) dans les
territoires du Sud met en lumière l’urgence de la réflexion et de l’action qui doivent y
être menées. Au cœur de ces débats, l’habitant est un acteur clé du développement
des villes notamment de par la valorisation de son savoir-faire dans une action
participative et non consultative (Friedman, Y. 2015). Ce même habitant peut aussi
être mis à part de ce développement, dépossédé du pouvoir d’action qui lui est
retiré par des conseillers, des experts (Grafmeyer, Y, & Joseph, I. 2009) ou des
politiques éphémères qui profitent de l’absence de cadre pour tirer un maximum de
profit de ces territoires.
Les expériences menées dans les territoires marginalisés de Lima semblent
proposer différentes solutions à échelle locale, exemplaires ou non, qui peuvent
enrichir le débat global. Cette réflexion propose de visibiliser certaines de ces
pratiques concrètes mises en place, pour questionner l’existence de nouvelles
écologies grâce à la rencontre des savoirs scientifiques et empiriques qui s’y
développent.

Marion Verdiere est architecte. Elle à plusieurs articles académiques


travaille à Lima depuis 10 ans et et participé à des conférences
s’est spécialisée dans la construction internationales (BSO2022). Co-fondatrice
participative d’espaces publics dans de l’association pluridisciplinaire
les lieux marginalisés (Association Homogeneos à Lima, elle participe
Mano a Mano Perú ; projet notamment activement à l’amélioration des espaces
distingué par Onu-Habitat (2018) et publics, avec et à l’initiative des habitants
la COP27 (2022)). Elle travaille avec du territoire concerné.
l’université PUCP (Lima) sur l’accès à
un logement digne et à l’énergie pour les
populations vulnérables à Lima (Pérou)
et Ahmedabad (Inde) en partenariat avec
l’université UCL (Londres-UK) et CEPT
(Ahmedabad-Inde). Elle a collaboré

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