RSE et PME : Analyse des Pratiques
RSE et PME : Analyse des Pratiques
Rim Oueghlissi
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L
a responsabilité sociale des entre- secteurs d’activité. Une attention particu-
prises (RSE), définie comme l’enga- lière est consacrée à l’investissement social
gement des entreprises à contribuer responsable (ISR) des PME, c’est-à-dire
à un développement économique durable à l’intégration des aspects environnemen-
et à assumer la responsabilité de leurs taux, sociaux et de gouvernance d’entre-
impacts sur la société, a souvent été le fait prise dans les décisions d’investissement.
des grandes entreprises. Cependant, depuis La raison en est que l’ISR représente un
quelques années, sous l’impulsion donnée enjeu considérable comme déterminant des
par différentes institutions et de nombreux stratégies RSE (Scholtens, 2006).
acteurs (l’Union européenne, Programme Notre article s’articule autour de quatre
des Nations unies pour l’environnement parties. La première partie expose un pano-
(PNUE), CSR Europe, etc.) les petites rama des déterminants spécifiques de la
et moyennes entreprises (PME) se révè- RSE pour les PME. La deuxième partie
lent être des acteurs économiques majeurs décrit les principales variables de l’analyse
dans le mouvement en faveur de la RSE. empirique, en particulier les indicateurs
Elles ont un rôle primordial à jouer dans de la RSE. La troisième partie présente
le progrès vers le développement durable, l’analyse des attitudes vis-à-vis de la RSE
puisque, malgré leur petite taille, les PME des entreprises françaises en fonction de la
peuvent apporter de réelles solutions en taille et du secteur d’activité. Et enfin, une
termes de progrès environnementaux ou discussion des résultats eu égard au rôle de
sociaux (Forget, 2011). De fait, le débat l’ISR est proposée dans une dernière partie.
aujourd’hui n’est plus de savoir qui, des
grandes entreprises ou des PME, s’engage I – PANORAMA
sur le terrain de la RSE, mais plutôt en quoi DES DÉTERMINANTS SPÉCIFIQUES
la démarche RSE des unes (les PME) est DE LA RSE POUR LES PME
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dimension sociale renvoie à une gestion gestion et les outils informatiques qui sont
pro-active des ressources humaines. Et la mobilisés dans les différentes pratiques
dimension gouvernance se réfère aux pra- de ressources humaines. La dimension
tiques envers les actionnaires et peut être environnementale concerne la certification
étendue à des comportements d’affaires ISO 140012. La dimension gouvernance
envers la clientèle et les fournisseurs (inté- se réfère aux relations externes de l’en-
gration de la RSE dans la chaîne d’approvi- treprise : les relations clients-fournisseurs.
sionnement, etc.). Enfin, la dernière dimension appréhende
Nous reprenons ces trois dimensions, aux- dans quelle mesure l’activité de l’entreprise
quelles nous rajoutons une quatrième : « la est affectée par la qualité et la sécurité du
qualité et la sécurité du système de mana- système de management.
gement »1. Deux raisons pour justifier ce Au total, nous retenons 22 items (tableau 1)
choix. pour l’ensemble des quatre dimensions.
La première a trait au fait que les entre- Chaque item est binaire : il prend la val-
prises, pratiquant la RSE, portent un intérêt eur 1 si l’entreprise a répondu « oui » à la
certain à la dimension qualité et sécu- question afférente et 0 sinon. L’avantage
rité au travail. En effet, de piètres résul- de cette méthode est de nous permettre de
tats en la matière pourraient nuire à leurs construire une mesure de la RSE directe-
images et menacer directement aussi bien ment à partir des pratiques ESG des entre-
les efforts déployés en faveur de la RSE que prises, plutôt qu’indirectement par notes
la continuité de leurs activités (Zwetsloot et (qui peuvent varier d’un organisme de
Starren, 2004). notation à un autre).
La seconde raison est que les activités À partir de là, nous construisons cinq indi-
organisationnelles qui profitent à la qualité cateurs : un indicateur global et quatre indi-
et la sécurité du système de management cateurs par dimensions. L’indicateur global
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écart type de 1,494. Par ailleurs, nous avons dère qu’une entreprise est du type PME si
vérifié la validité de ces indicateurs en cal- elle emploie moins de 250 personnes et a un
culant les coefficients alpha de Cronbach3. chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50
Le tableau 2 présente les valeurs des coef- millions d’euros ou un total de bilan n’ex-
ficients alpha pour les indicateurs retenus. cédant pas 43 millions d’euros. Les micro-
Globalement, on remarque que les indicateurs entreprises emploient moins de 10 per-
présentent un bon degré de cohérence interne. sonnes, et doivent avoir un chiffre d’affaires
Le tableau 3 donne la distribution des indi- annuel ou un total de bilan n’excédant pas
cateurs sur notre échantillon. 2 millions d’euros. Les entreprises de taille
intermédiaire (ETI) sont des entreprises qui
La taille de l’entreprise comptent moins de 5 000 personnes, et ont
La définition officielle de l’Insee (le décret un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas
n° 2008-1354 du 18 décembre 2008) consi- 1 500 millions d’euros ou un total de bilan
rse_global = indicateur global, d_rh_social = indicateur de la dimension sociale, d_envi = indicateur de la dimension
environnementale, d_sécurité = indicateur de la dimension qualité et sécurité du système de management, d_rc_rf
= indicateur de la dimension clients/fournisseurs.
Source : enquête COI 2006.
3. Le coefficient alpha de Cronbach est un indice statistique qui permet d’évaluer la cohérence interne d’un indica-
teur de mesure composé par un ensemble d’items qui contribuent à appréhender une même entité. Cet indice traduit
un degré d’homogénéité d’autant plus que sa valeur est proche de 1. Evrard et al. (2003) considèrent qu’une valeur
d’alpha comprise entre 0,6 et 0,8 est acceptable.
4. Nous n’avons pas retenu l’indicateur de la dimension environnementale car il ne compte qu’un seul item.
5. La moyenne correspond à la moyenne des scores obtenus par les différentes entreprises de notre échantillon, elle
servira de référence par la suite.
170 Revue française de gestion – N° 236/2013
n’excédant pas 2 000 millions d’euros. Les prendre en compte la RSE diffère d’un sec-
grandes entreprises (GE) sont des entre- teur à un autre (Hartmann, 2011).
prises qui ne sont pas classées dans les caté- Deux facteurs peuvent être mis en avant
gories précédentes. Le tableau 4 présente pour expliciter l’intérêt pour le décou-
la distribution de ces différentes catégories page sectoriel. Il y a d’abord, un besoin
d’entreprises sur notre échantillon. Globale-
�������� de différenciation des produits. En effet,
ment, il ressort que la majorité des entre- aujourd’hui, dans plusieurs secteurs d’ac-
prises interrogées sont des PME. Ce constat tivité où la différenciation des produits par
s’explique assez naturellement par la forte les prix ou par la qualité s’est affaiblie, les
proportion des PME dans le tissu industriel entreprises tentent de jouer sur d’autres
français (99 % du total des entreprises6). caractéristiques, comme le contenu envi-
Pour le reste de l’étude nous regroupons les ronnemental ou social de leurs produits ou
ETI et GE dans une seule catégorie : « les de leurs méthodes de production, et ce pour
autres entreprises ». attirer des consommateurs prêts à payer
un peu plus cher des biens ayant des attri-
Les secteurs d’activité buts éthiques. Bien entendu, ce phénomène
Le degré d’implication en termes de RSE dépend de la nature du bien et de l’industrie
dépend du secteur d’activité. En effet, étant qu’il incombe. S’il s’agit, par exemple, de
donnée les caractéristiques d’une industrie, « biens d’expérience8 » (par exemple un
la pression exercée sur les entreprises pour livre) ou de « biens de confiance » (par
exemple du thé équitable), alors les firmes gie, extraction de ressources naturelles,
qui les vendent sont plus enclines à être assainissement de l’eau ou dépollution)
responsables que les firmes qui vendent font qu’ils sont plus à risque de ne pas avoir
des « biens de recherche » (par exemple un l’appui des parties prenantes.
billet d’avion) (Siegel et Vitaliano, 2007). Ceci étant, nous identifions, de l’enquête
Ensuite, la capacité d’un projet à s’in- COI 2006, neuf secteurs d’activité : les
tégrer harmonieusement à un moment biens de consommation, les biens inter-
donné, dans son milieu naturel et humain médiaires, les biens d’équipement, com-
est perçue comme un avantage comparatif merces, construction, finances et activités
important au niveau sectoriel. Un avantage immobilières, industrie agroalimentaire,
que les entreprises mettent en avant non services aux entreprises et médias et trans-
seulement pour atténuer et prévenir les ports. Le tableau 5 présente la distribution
risques d’oppositions des parties prenantes, des entreprises selon ces différents secteurs
mais aussi pour que celles-ci compren- d’activité. D’emblée, on peut remarquer
nent et acceptent ce degré de risque et les qu’il existe une différence sectorielle dans
conséquences susceptibles d’en résulter. la répartition des entreprises en fonction de
On parle, ici, du concept d’acceptabilité la taille.
sociale, un concept reconnu aujourd’hui
comme incontournable à la réalisation des III – ANALYSE
projets (Fournier, 2009). Il s’inscrit au cœur DU COMPORTEMENT RSE
de la gestion des parties prenantes et prend, DES ENTREPRISES
de ce fait, une place de plus en plus critique Nous cherchons, dans cette section, à iden-
dans les démarches de RSE. La prise en tifier si les comportements des entreprises
compte de ce concept explique pourquoi déclarant s’impliquer dans une démarche
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431 1 057 547 2 877 1 024 421 412 1691 882 9 342
PME
4,61 %* 11,31 % 5,86 % 30,80 % 10,96 % 4,51 % 4,41 % 18,10 % 9,44 % 73,64 %
Autres 243 618 333 723 146 153 300 579 249 3 344
entre. 7,27 % 18,48 % 9,96 % 21,62 % 4,37 % 4,58 % 8,97 % 17,31 % 7,45 % 26,36 %
647 1 675 880 3 600 1 170 574 712 2 270 1 131 12 686
Total
5,31 % 13,20 % 6,94 % 28,38 % 9,22 % 4,52 % 5,61 % 17,89 % 8,92 % 100,00 %
déclarant s’impliquer dans la RSE » est être impliquées dans la démarche RSE.
une variable binaire égale à 1 si l’indicateur En effet, l’indicateur global montre qu’au
d’une entreprise donnée est supérieur à la minimum 48,62 % des entreprises ont le
moyenne des indicateurs sur l’ensemble sentiment de mener des actions en ce sens.
de la population et 0 sinon. Elle est déter- La RSE semble ainsi être une démarche
minée pour chacun des cinq indicateurs assez répandue au sein des entreprises
précédemment définis. À partir de là, nous françaises et notamment en milieu PME
étudions9 les différences de comportement (puisque notre échantillon est constitué
entre les entreprises. Nous souhaitons véri- pour sa majorité de PME, 73,64 %).
fier, dans un premier temps, si l’engage- Ensuite, si les entreprises françaises décla-
ment en termes de RSE dépend de la taille. rent mener des actions dans une perspective
Puis, nous nous intéressons à des possibles de RSE, leurs engagements en la matière
différences selon le secteur d’activité. varient en fonction de leur taille. En effet,
quel que soit l’indicateur de RSE retenu
1. Différences d’attitudes vis-à-vis (global ou par dimensions) les entreprises
de la RSE en fonction de la taille sont plus souvent impliquées lorsqu’elles
Le tableau 6 donne la distribution des sont de grande taille. Ainsi, par exemple,
entreprises déclarant s’impliquer dans une en matière de sécurité et qualité du sys-
démarche RSE en fonction de la taille. tème de management et de relation avec
Tout d’abord, on remarque que près de la les clients/les fournisseurs, l’écart est du
moitié des entreprises françaises déclarent simple au double entre les PME impliquées
Note : rse_global_1= variable indicatrice globale, d_rh_social_1 = variable indicatrice de la dimension sociale, d_
envi_1 = variable indicatrice de la dimension environnementale, d_sécurité_1 = variable indicatrice de la dimension
qualité et sécurité du système de management, d_rc_rf_1 = variable indicatrice de la dimension clients/fournisseurs.
* Lecture : sur le total des entreprises du type PME, 36,71 % sont impliquées dans une démarche RSE.
Source : enquête COI (2006).
Tableau 7 – Différences dans le comportement RSE entre les PME et les autres entreprises
Autres
PME Différence
entreprises
Dimension certif_envi =
0,098 0,320 -0,221***
environnementale d_envi_1
Note : rse_global_1= variable indicatrice globale, d_rh_social_1 = variable indicatrice de la dimension sociale, d_
envi_1 = variable indicatrice de la dimension environnementale, d_sécurité_1= variable indicatrice de la dimension
qualité et sécurité du système de management, d_rc_rf_1 = variable indicatrice de la dimension clients/fournisseurs.
Différence significative au seuil de 1 % ***, 5 %**, 10 %* selon le test de Student.
Source : enquête COI (2006).
174 Revue française de gestion – N° 236/2013
du fait que nous nous sommes limités dans clients/fournisseurs et le domaine qualité et
les aspects environnementaux à la certifi- sécurité du système de management.
cation ISO14001. Celle-ci comporte des
2. Différences d’attitudes vis-à-vis de
actions ciblées qui ne concernent potentiel-
la RSE en fonction du secteur d’activité
lement qu’un nombre limité d’entreprises.
En procédant à une étude quantitative plus L’analyse des comportements vis-à-vis de la
fine, test de comparaison des moyennes RSE des entreprises en fonction du secteur
entre les PME et les autres entreprises d’activité (tableau 8) révèle deux constats
(tableau 7), nous pouvons identifier des très intéressants.
différences significatives grâce au test de Tout d’abord, tous les secteurs de l’écono-
Student d’égalité des moyennes entre les mie semblent être affectés par les enjeux
deux sous-échantillons11. Les différences du développement durable. Ainsi, il appa-
de comportement entre les PME qui s’im- raît que ce sont les secteurs des biens
pliquent dans la RSE et les autres sont d’équipement et des biens intermédiaires
globalement significatives. Elles suggèrent qui concentrent le plus les initiatives des
que les PME semblent moins concernées entreprises en matière de RSE, notamment
par la RSE que les grands groupes. En effet, dans le domaine relation clients/fournis-
tous les indicateurs de RSE retenus font seurs (respectivement 52,41 % et 57,40 %
ressortir un moindre intérêt des PME aux pour les PME et 87,06 % et 91,89 % pour
dimensions extra-économiques. Le critère les autres entreprises). Cette focalisation
taille semble donc jouer significativement sur les bonnes pratiques de gouvernance
dans l’implication des entreprises dans la pourrait être la conséquence de la responsa-
RSE. Notons cependant, que les différences bilité croissante des donneurs d’ordres dans
d’implication varient en fonction de l’item ce type d’activité. En effet, l’entreprise
considéré dans la construction de l’indica- est considérée comme coresponsable des
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11. Le test de Student a été corrigé de l’inégalité de variance sur les deux sous-échantillons.
La RSE et les PME 175
Tableau 8 – Distribution des entreprises impliquées dans la RSE selon le secteur d’activité
d_rh_
Secteur rse_global_1 d__envi_1 d_secu_1 d_rc_rf_1
social_1
Biens Effectif 135 139 38 108 161
conso. % 31,32* 32,25 8,82 25,06 37,35
Biens Effectif 503 389 172 464 5545
inter. % 47,59 36,80 16,72 43,90 52,41
Biens Effectif 270 189 51 205 314
équip. % 49,36 34,55 9,32 37,48 57,40
Effectif 976 1016 336 740 1125
Commerces
% 33,92 35,31 11,68 25,72 39,10
Construc- Effectif 330 271 93 318 411
tion % 32,23 26,46 9,08 31,05 40,14
PME
Effectif 165 190 26 109 196
Finance
% 39,19 45,13 6,18 25,89 46,56
Effectif 171 138 74 168 201
IAA
% 41,50 33,50 17,96 40,78 48,79
Services Effectif 624 780 82 481 658
ent. % 39,90 46,13 4,85 28,44 38,91
Effectif 255 269 49 232 321
Transport
% 28,91 30,50 5,56 26,30 36,39
Effectif 3429 3941 921 2825 3381
Total
% 36,71 42,19 9,86 30,24 36,19
Biens Effectif 204 188 65 157 196
cons. % 83,95 73,31 26,75 64,61 80,66
Biens Effectif 555 515 361 462 538
inter. % 89,81 83,33 58,41 74,76 87,06
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Note : rse_global_1= variable indicatrice globale, d_rh_social_1= variable indicatrice de la dimension sociale, d_
envi_1= variable indicatrice de la dimension environnementale, d_sécurité_1= variable indicatrice de la dimension
qualité et sécurité du système de management, d_rc_rf_1= variable indicatrice de la dimension clients/fournisseurs.
* Lecture : 31,32 % est la part des PME impliquées sur le total des PME du secteur.
Source : enquête COI (2006).
176 Revue française de gestion – N° 236/2013
dimension retenue. Ainsi, s’il s’agit des fait qu’elle approche de manière quantita-
dimensions sociale et environnementale, tive les politiques RSE des PME à partir
c’est dans le secteur des biens d’équipe- d’une base de données exhaustive (COI,
ment que l’on note le différentiel de par- 2006). Globalement, si la RSE semble être
ticipation le plus élevé, en revanche pour une démarche assez répandue au sein des
les secteurs services aux entreprises et PME françaises (36,71 %), elle demeure,
finance, l’écart s’affaibli : le comportement pour autant, un concept propre aux grandes
des PME semble se rapprocher de celui des entreprises. En effet, les résultats montrent
autres entreprises. une plus faible prise en compte des enjeux
ESG dans les PME par rapport aux autres
IV – DISCUSSION DES RÉSULTATS : entreprises. Ils suggèrent, en plus, que les
LE RÔLE DE L’ISR pratiques sociales sont les plus divergentes
Cette étude sur les pratiques RSE comparées et que le différentiel d’investissement en
des PME françaises par rapport aux autres termes de RSE varie en fonction du secteur
entreprises (ETI et GE) est originale par le d’activité.
Différences
d_rh_
rse_ global_1 d_envi_1 d_sécurité_1 d_rc_rf_1
social_1
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Note : rse_global_1 = variable indicatrice globale, d_rh_social_1 = variable indicatrice de la dimension sociale,
d_envi_1 = variable indicatrice de la dimension environnementale, d_sécurité_1 = variable indicatrice de la
dimension qualité et sécurité du système de management, d_rc_rf_1 = variable indicatrice de la dimension clients/
fournisseurs. Différence significative au seuil de 1 % ***, 5 %**, 10 %* selon le test de Student.
Source : enquête COI (2006).
La RSE et les PME 177
Les études empiriques portant spécifique- pour mieux expliquer leur engagement en
ment sur les pratiques de RSE en milieu matière de stratégies RSE.
PME désignent très souvent le manque de Le monde de la finance offre différentes
ressources financières comme le principal possibilités de financement aux PME. Nous
frein à l’engagement des PME en la matière. nous intéressons au capital investissement
En effet, comme le souligne Lapointe et et en particulier aux fonds d’investissement
Gendron (2005) la marge de manœuvre socialement responsable (ISR)12 en capital
financière de la majorité des PME serait investissement. Les fonds de capital inves-
insuffisante pour absorber le coût d’initia- tissement sont des véhicules d’investisse-
tives majeures de RSE et a fortiori pour ments spécialisés dans les entreprises non
supporter la mise en place d’un tel système cotées en Bourse (d’où son nom de capital
de gestion. Ce constat est confirmé par non coté ou de private equity en anglais).
l’enquête de l’ACFCI (2006) qui montre Ils se matérialisent, généralement, par des
que 30 % des dirigeants de PME fran- sociétés en commandite simple, au sein des-
çaises interrogés considèrent le manque de quelles les investisseurs sont des comman-
moyens financiers comme un frein majeur ditaires et les gérants du fonds, des com-
dans la mise en œuvre d’une démarche de mandités. Reconnue comme la principal
RSE, derrière le manque de temps (62 %) source de financement des PME (rapport
et le manque de moyens humains (46 %). du Conseil d’analyse économique (CAE),
L’enquête de l’observatoire européen des 2008), cette classe d’actifs, a connu ces der-
PME (OES, 2002) souligne également que nières années une forte accélération. Ainsi
les PME sont plus vulnérables économi- en 2011, les fonds du capital investissement
quement que les grandes entreprises. Pour ont investi environ 45,5 milliards d’euros
beaucoup d’entre elles, les investissements dans un peu plus de 5 000 entreprises en
à long terme, dans les activités de RSE, non Europe (dont 9,7 milliards d’euros dans
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12. L’investissement socialement responsable (ISR) est le processus d’intégration des considérations sociales, envi-
ronnementales et éthiques dans les décisions d’investissement (Renneboog et al., 2008).
178 Revue française de gestion – N° 236/2013
13. Les fonds indépendants sont les fonds du capital investissement ; et les fonds captifs sont les fonds de capital-
risque détenus majoritairement par un grand groupe. Ils ont souvent pour mission d’assurer une veille technologique
en amont.
La RSE et les PME 179
teur sur la démarche RSE des PME, initié loppement des fonds ISR sur le marché du
par la Commission européenne est néces- capital investissement, marché où les PME
saire, puisque les PME s’avèrent être des se financent, pourrait réduire les différences
acteurs économiques majeurs dans nos éco- de comportement constatées entre les PME
nomies. Globalement, un certain nombre impliquées dans la RSE et les autres entre-
de résultats confirment ceux des études prises. Les résultats de l’étude sont toute-
existantes. Tout d’abord, les PME semblent fois à prendre avec précaution, étant donné
moins impliquées en matière de RSE que la particularité des items retenus pour la
les grandes entreprises. Ensuite, le degré construction de l’indicateur RSE (global ou
d’implication des entreprises dépend de la par dimensions) et une analyse plus appro-
dimension considérée (sociale, environne- fondie intégrant un nombre plus important
mentale, etc.). Enfin, les résultats suggè- d’aspects, notamment environnementaux,
rent que l’engagement en termes de RSE serait nécessaire. Comme perspectives de
varie selon le secteur d’activité. Nous nous recherche futur, il serait judicieux éga-
sommes également intéressés au rôle joué lement d’étudier l’impact de l’ISR pour
par l’ISR sur le comportement responsable réduire les divergences de comportement en
des PME, et il nous a semblé que le déve- matière de RSE.
Bibliographie
ACFCI (2006). « La prise en compte du développement durable et de la responsabilité
sociétale de l’entreprise (DD/ RSE) par les PME-PMI ».
Bazillier R. et Suarez H. (2011). « Les PME et le développement durable : enquête sur
l’application de la responsabilité sociale des entreprises dans les PME en région Centre »,
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