Lycée La Bruyère, Versailles 2012/2013
ECS 2 – Mathématiques – A. Troesch
Algèbre 2 – Révisions d’algèbre linéaire (point de vue matriciel)
Exercice 1 – Soit E un R-espace vectoriel de dimension finie d, et soit u ∈ L(E) un endomorphisme nilpotent
(c’est-à-dire un = 0 pour n assez grand). On note n l’indice de nilpotence de u (c’est-à-dire un = 0 et un−1 6= 0.
1. Montrer qu’il existe x ∈ E tel que la famille (x, u(x), . . . , un−1 (x)) soit libre.
2. Comparer n et d.
0 1 0 0
. . ..
.. ..
. 0
3. Si n = d, justifier l’existence d’une base dans laquelle la matrice de u est .
. ..
. . 1
0 ··· ··· 0
Exercice 2 – Soit f ∈ L(R3 ) telle que 2 3
f 6= 0, et f = 0. Montrer qu’il existe une base de R dans laquelle la
0 0 0
matrice de f est égale à 0 0 1 .
0 0 0
Exercice 3 –
Soit n un entier naturel non nul, et soit E un espace vectoriel de dimension 4n. Soit f un endomorphisme de E
tel que f 4 = 0, et tel que rg f 2 = 2n.
1. (a) Montrer que Ker f ⊂ Ker f 2 ⊂ Ker f 3 , et que Im f 3 ⊂ Im f 2 ⊂ Im f .
(b) Montrer que Ker f 2 = Im f 2 .
(c) Soit g la restriction de f à Im f . Montrer que Ker g = Ker f et que Im g = Im f 2 .
(d) En déduire le rang de f .
(e) En considérant h la restriction de f à Im f 2 , calculer de même le rang de f 3 .
(f) En déduire l’existence d’une base B = (b1 , . . . , b4n ) de E dans laquelle la matrice de f est :
0 1 0 0
0 0 1 0
0 ··· 0
0 0 0 1
0 0 0 0
0 1 0 0
0 0 1 0 .. ..
. .
0
0 0 0 1
0 0 0 0
.
.. .. ..
. . 0
0 1 0 0
0 0 1 0
0 ··· 0
0 0 0 1
0 0 0 0
(matrice carrée d’ordre 4n constituée de n blocs d’ordre 4 sur la diagonale, et de 0 partout ailleurs)
Indication : Considérer une base (b4 , b8 , . . . , b4n ) d’un supplémentaire de Ker f 3 dans E.
2. Application numérique, pour n = 1.
1 −1 2 −1
2 −2 2 0
Soit A = , et soit f l’endomorphisme de R4 canoniquement associé à A.
0 0 0 2
1 −1 0 1
1
(a) Calculer A, A2 , A3 , A4 , An pour tout n > 4. Déterminer leur rang.
(b) Déterminer une base de Ker f 3 , et compléter cette famille en une base de R4 .
(c) En déduire une base B = (b1 , b2 , b3 , b4 ) dans laquelle la matrice de f est
0 1 0 0
0 0 1 0
M = .
0 0 0 1
0 0 0 0
(d) Exprimer la matrice de passage P de la base canonique vers la base B. Donner une relation entre P , A
et M .
n
3 −1 2 −1
2 0 2 0
(e) Donner une expression de la matrice sous forme d’un produit de trois matrices.
0 0 2 2
1 −1 0 3
Exercice 4 – Soit f ∈ L(R3 ) telle que f 2 6= 0 et f 3 = 0. Déterminer rg(f
), rg(f 2 ),
dim(Ker(f )), dim(Ker(f 2 )), et
0 1 0
montrer qu’il existe une base dans laquelle la matrice de f est égale à 0 0 1 .
0 0 0
Exercice 5 – (Oral ESCP 2009) On note M3 (R) l’ensemble des matrices carrées d’ordre 3 à coefficients réels.
On appelle carré magique d’ordre 3, toute matrice M ∈ M3 (R) telle que les sommes des coefficients de chacune
des trois lignes, de chacune des trois colonnes et de chacune des deux diagonales soient égales. Cette somme est
notée s(M ).
On note C le sous-ensemble
des carrés magiques de M3 (R).
1 1 1
On note J = 1 1 1.
1 1 1
1. Montrer que C est un sous-espace vectoriel de M3 (R). Montrer que l’application s définie sur C, qui à tout
M de C associe le réel s(M ), est linéaire et que :
C = Vect(J) ⊕ Ker s
2. On note S l’ensemble des matrices symétriques de M3 (R) et A l’ensemble des matrices antisymétriques de
M3 (R).
(a) Montrer que :
Ker s = (S ∩ Ker s) ⊕ (A ∩ C).
(b) Déterminer A ∩ C et S ∩ Ker s. En déduire une base de C.
(c) Déterminer un vecteur propre commun à tous les carrés magiques. En déduire tous les carrés magiques
M pour lesquels M 2 est un carré magique.
Exercice 6 – (ESCP 2010)
Soit n un entier supérieur ou égal à 3. On considère Rn muni de sa structure euclidienne canonique et rapporté à
sa base canonique B = (e1 , . . . , en ).
n
On note v1 le vecteur v1 = ei .
P
i=1
Soit f l’endomorphisme de Rn dont la matrice dans la base B est M avec :
0 1 ··· 1
.. .. ..
1 1 . . .
M=
.
n − 1 . . .. . ..
. 1
1 ··· 1 0
1
(les coefficients diagonaux valent 0 et les autres valent n−1 )
On note I la matrice identité de Mn (R) et Id l’endomorphisme identité de Rn .
2
1. (a) La matrice M − I est-elle diagonalisable ?
(b) Montrer que Rn = Ker(f − Id) ⊕ Im(f − Id).
2. Soit p le projecteur sur Ker(f − Id) parallèlement à Im(f − Id).
(a) Déterminer p(v1 ), puis p(e1 ), . . . , p(en ).
(b) Expliciter la matrice P de p dans la base B.
3. Soit q le projecteur sur Im(f − Id) parallèlement à Ker(f − Id). Expliciter la matrice Q de q dans la base B.
4. Exprimer M comme combinaison linéaire de P et Q. En déduire M k pour tout entier naturel k non nul.
Déterminer lim M k (la limite s’entendant coefficient par coefficient).
k→+∞
5. Justifier que M est inversible et exprimer M −1 ainsi que M −k , pour tout entier naturel non nul k, en fonction
de P et Q.
Exercice 7 – temps idéal : 1h
Soit n ∈ N. Soit E l’ensemble des applications de R dans R telles qu’il existe un polynôme P ∈ Rn [X] tel que :
∀x ∈ R, f (x) = P (x)ex .
On note, pour tout i ∈ [[0, n]], bi la fonction définie sur R par bi (x) = xi ex .
1. Montrer que E est un espace vectoriel, et que B = (b0 , . . . , bn ) en est une base. Quelle est la dimension de E ?
2. (a) Montrer que D : f 7→ f ′ est un endomorphisme de E.
(b) Déterminer la matrice A de D relativement à la base B
(c) L’endomorphisme D est-il un isomorphisme ? Est-il diagonalisable ? Déterminer ses valeurs propres et
les sous-espaces propres correspondants.
3. Soit B = A − In+1 , où In+1 est la matrice identité de Mn+1 (R), et soit f l’endomorphisme associé à la
matrice B relativement à la base B.
(a) Déterminer en fonction des bi l’expression de f (bj ), j ∈ [[0, n]].
(b) En déduire l’expression de f k (bj ), pour tout j ∈ [[0, n]] et tout k ∈ N.
(c) Déterminer B k , pour tout k ∈ N
(d) En déduire Ak , pour tout k ∈ N.
(e) Déterminer à l’aide de la question précédente, pour tout k ∈ N, la dérivée k-ième de la fonction bn .
Retrouver ce résultat directement à l’aide d’une formule du cours.
4. Dans cette question, et uniquement dans cette question, on suppose que n = 5.
(a) Déterminer A−1 .
(b) En déduire une primitive de la fonction b5 .
Z 0
(c) En déduire la convergence et la valeur de x5 ex dx. Quel résultat classique retrouve-t-on ?
−∞
5. Montrer qu’il existe une base C de Rn [X] dans laquelle la matrice de D est :
1 1 0 ··· 0
.. .. ..
0
1 . . .
MatC (D) = .. ..
0 0 . . 0
.
..
.
. . 1 1
0 ··· ··· 0 1
Exercice 8 – (QC HEC 2010)
Soit F l’espace vectoriel des fonctions définies sur R à valeurs réelles, et E le sous-espace vectoriel de F engendré
par la famille B = (f0 , f1 , f2 , f3 ), où fk : x 7→ xk e−x pour k ∈ N.
3
1. Montrer que B est une base de E. En déduire la dimension de E.
2. Soit D l’application définie sur E par :
∀f ∈ E, D(f ) = f ′ − f ′′ .
où f ′ et f ′′ désignent les dérivées première et seconde de f .
Montrer que D est un endomorphisme de E et écrire sa matrice M dans la base B.
3. M est-elle inversible ? diagonalisable ?
Exercice 9 – (extrait de EDHEC 1999) On considère l’espace vectoriel R2 , on note id l’endomorphisme identité de
R2 , et 0 l’endomorphisme nul. On note B = (e1 , e2 ) la base canonique de R2 · Le but de cet exercice est de trouver
les couples (u, v) d’endomorphismes de R2 vérifiant les quatre assertions suivantes :
(A1 ) u2 = u ◦ u = −id (A2 ) v 6= id
(A3 ) (v − id)2 = 0 (A4 ) Ker(u + v − id) 6= {0}.
1. Étude d’un exemple. Vérifier
! que les endomorphismes
! u et v dont les matrices dans la base B sont
0 −1 1 1
respectivement U = et V = sont solutions du problème posé.
1 0 0 1
2. Retour au cas général
(a) i. Montrer que u et v sont des automorphismes de R2 .
Donner u−1 et v −1 en fonction de u, v et id.
ii. Pour tout entier naturel n, exprimer v n comme combinaison linéaire de v et id.
(b) i. Établir que Im(v − id) ⊂ Ker(v − id).
ii. En déduire, en raisonnant sur les dimensions, que Im(v − id) = Ker(v − id).
(c) Montrer en raisonnant par l’absurde que dim Ker(u + v − id) = 1.
(d) Soit (b2 ) une base de Ker(u + v − id) ; on pose b1 = −u(b2 ).
i. Montrer que B ′ = (b1 , b2 ) est une base de R2 .
ii. Donner les matrices de u et v dans la base B ′ .
(e) Donner la conclusion de cet exercice.
Exercice 10 – Soit f l’endomorphisme de R3 [X] défini par :
1 1
f (P ) = − P (3) (0) · (X 3 − X 2 − 2X) − P ′′ (0) · (X 2 − 3X) + 2XP ′ (0) + 2P (0).
6 2
1. Vérifier que la formule ci-dessus définit effectivement un endomorphisme de R3 [X].
2. Déterminer la matrice A = [f ]B de f dans la base B = (1, X, X 2 , X 3 ) de R3 [X].
3. Montrer que B ′ = (1, X, X(X − 1), X(X − 1)(X − 2)) est une base de R3 [X].
4. Exprimer la matrice de passage P de la base B à la base B ′ .
5. Exprimer la matrice B = [f ]B′ de f dans la base B ′ .
6. Calculer B n ; en déduire An .
Exercice 11 – Soit n un entier naturel non nul, E = Rn [X], et α un nombre réel non nul. On considère f : E → E
définie par f (P ) = P (X + α).
1. Montrer que f est un endomorphisme de E.
2. On note B la base canonique de E. Déterminer A = MatB (f ).
3. Montrer que A est inversible et déterminer A−1 .
4. Montrer que pour tout (p, q) ∈ [[0, n]]2 tel que p < q, on a :
q
X k q
(−1)q−k = 0.
p k
k=p